L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 juin 1955, Juin
y MIEUX savoir I POUR MIEUX SERVIR Volume 14, Numéro 10 — QUÉBEC JUIN 1955 , s y ¦a.% "A V.'a>*j Df PARTEM ENT «L'INSTRUCTION PUBLIQUE juin 1955, QUEBEC.DF SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Réflexions au seuil des vacances, Omer-Jules Désaurniers, p.729 — Les objectifs fondamentaux de VEducation, Son Éminence le Cardinal Paul-Émile Léger, p.730 — Opération « Noyau », Armand Croteau, ptre, p.735 — Un siècle en Amérique, Une religieuse de Jésus-Marie, Sillery, p.743 — Le coin des écoles rurales, L'Ecole rurale, une institution méritante et nécessaire, Clovis Aube, i.e., p.746 — Semaine de la coopération.Le coopérateur épargne (Du 5 au 12 juin 1955), Suggestions du Conseil de la Coopération du Québec, p.748.SUGGESTIONS POUR REVUE GÉNÉRALE DU PROGRAMME DE L’ANNEE 1954-55 Religion: lre, 2e et 3e années, p.750 — 4e et 5e années, p.751 — 6e et 7e années, p.752 — 8® année, p.754 — 9e année, p.755 — 10° année, p.756 — 11e année, p.758.Langue française: lre année, p.761 — 2e année, p.762 — 3e année, p.763 — 4e et 5e années, p.764 — 6e et 7e années, p.768 — 8e et 9e années, p.772 — L’Enseignement de l’histoire littéraire au cours primaire supérieur, 10e année, p.778 — 11e année, p.783 — « Je suis fier de ma Langue, est-elle fière de moi ?» Rulletin No 3, p.786.Langue seconde (leçons-types): 8e et 9e années, « La Méthode directe de conversation anglaise », Gertie Kathleen Hart, p.787 — 10e, 11 et 12e années, Thème d’imitation, « Plan your future », Roger Hénault, p.789.Mathêmat iques: lre année, p.793 — 2e année, p.794 — 3e année, p.794 — 4e année, p.796 — 5e année, p.796 — 6e année, p.797 — 7e année, p.798 — 8e et 9e années, p.798 — 10e année, p.800 — 11® année, p.802.Biologie: 10e année (filles), p.805.Chimie: 10e année (garçons), p.806 — 11e année (garçons), p.808 — 11e année (filles), p.810.Physique: 10e année (garçons), p.807 — 11e année (garçons), p.809.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Avis au personnel enseignant.Examens d'août 1955, André Raymond, p.812 — Canadian Passenger Association, p.813 — Cours d’été 1955 en Géographie à Québec, p.814 — Table des matières du volume XIV, septembre 195U à juin 1955, p.816 — Voix de France, Jean Mousel, p.742 — Lirez-vous?Biographie, Dina, Marie Assunta, R.J.M., p.745 —Musique, Jean Ruault et Roger Blin, Commentaires d'œuvres musicales, p.760 — Biographie, Thério Adrien, Jules Fournier, Journaliste de combat, 1904-1918, p.804 — Pédagogie, Rigour Pierre, Comment réussir mes études, p.815 .Marguerite Coulombe Avis important, p.749 — Chronique de Pédagogie, Ph.-A.Miller, Administration et Législation du Système scolaire de la province de Québec, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture. 1955 ÉDITORIAL 729 I ÉDITORIAL Réflexions au seuil des vacances par O mer-Jules Désaulniers, Surintendant de VInstruction publique.n ^UIN met un terme à l année scolaire.Après dix mois d’efforts soutenus, les \y vacances sont accueillies avec joie.Vacances ! Pour le maître, ce mot signifie le dégagement de Vhoraire quotidien ainsi qu’une profusion de loisirs.Pour l’élève, il évoque le plaisir du congé qui se renouvelle tous les jours mais qui finit par s’affadir à cause de l’habitude.Vacances.Repos ?Oui.Oisiveté ?Non.Période féconde ou stérile selon le sens que chacun lui donne.Après dix longs mois de dur labeur, l’esprit et le corps ont évidemment besoin de détente.Autant le repos est bienfaisant et salutaire, autant l’oisiveté est amoindrissante et annihilante.L’homme est un être en perpétuel devenir.Il avance ou il recule; il grandit ou il s’amoindrit.L’éducateur, qui a conscience de Vimportance de son rôle, ne peut se permettre de reculer ni de s’amoindrir.Il doit éviter les routines faciles qui conduisent à la médiocrité.Aussi bien que l’année scolaire, les vacances peuvent et doivent être pour tous les maîtres et maîtresses une période d’accomplissement.Le vrai, sens des vacances est la préparation au travail de l’année suivante.Cette préparation suppose évidemment une phase de réfection des forces intellectuelles et physiques.Les vacances doivent donc être d’abord reposantes et reconstituantes.A cette partie passive se superpose une partie active qui est la préparation proprement dite.Les éducateurs doivent profiter des mois d’été pour acquérir de nouvelles connaissances et accroître leur culture.Tous peuvent faire de très utiles lectures.Un bon nombre peuvent s’inscrire aux cours de perfectionnement organisés par le Département de VInstruction publique.Chacun, à sa façon, fera servir le temps des vacances à son enrichissement personnel.Il y a d’ailleurs une joie de connaître qui précède la joie d’enseigner et qui, jusqu’à un certain point, la conditionne.La joie d’enseigner, c est-à-dire de communiquer à ses élèves ses richesses intellectuelles et morales, est d’autant plus grande que la joie de connaître a été mieux ressentie.Enseigner est un art difficile qui exige beaucoup d’effort, de compétence et d’amour.Les vacances porteront tous leurs f ruits si, en septembre, maîtres et maîtresses retournent à leur classe la volonté fortifiée par le repos physique et mental, l'esprit enrichi de nouvelles connaissances et le cœur rempli d’une sereine ferveur.A tous bonnes et saines vacances.Omer-Jules Désaulniers Surintendant de VInstruction publique 730 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Juin Les objectifs fondamentaux de l'Education par Son Eminence le cardinal Paul-Émile Léger.N.B.— Le 17 avril dernier, VInstitut familial de Saint-Jacques de Montcalm célébrait son vingt-cinquième anniversaire.A cette occasion, Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger rappela, dans une allocution d’une singulière densité, les devoirs essentiels et les exigeantes grandeurs de l’apostolat de Véducation.Nous publions avec plaisir le texte de Son Eminence.Il constitue un document d’une exceptionnelle valeur et d’une permanente actualité.Les éducateurs devront lire et méditer ces lignes inspiratrices.Ils y trouveront des directives sûres, des sujets d’examen de conscience, et des ouvertures d’horizons exaltantes.C’est, en condensé, une Somme sur Véducation, dans laquelle l’essentiel est dit.Un texte à conserver à portée de la main, pour le relire périodiquement.La Direction.P Instituts Familiaux sont des foyers de vertu et de science.Ceux qui les ont organisés ont voulu en faire un prolongement du milieu providentiel qu’est la famille.Celles qui les fréquentent se préparent, dans la prière et l’étude à remplir saintement la tâche que le Seigneur leur confiera.Le foyer, voilà un terme riche de sens et qui peut se rapporter à des choses nombreuses et bien diverses.Je ne veux pas les énumérer en ce moment.J’indiquerai brièvement le fondement qui permet de justifier ce terme commun de foyer.Lorsque vous étiez jeunes, il vous est certainement arrivé de jouer à faire brûler, à l’aide d’une loupe, un bout de papier.Sans le savoir, vous transformiez le jeu en une expérience scientifique: en fixant la lampe juste au point voulu, les rayons de soleil convergeaient vers un centre; la chaleur, répandue dans l’espace, était ramenée à un point de feu qui redevenait un petit soleil.C’est cela \e foyer: le point où tout se concentre pour de là rayonner ensuite. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 731 Le foyer, c’est la maison paternelle où nos cœurs se sont épanouis comme des fleurs sous les rayons chauds de l’amour d’un père et d’une mère.Heureux l’homme, heureuse la femme, qui sentiront toujours, jusqu’au dernier jour de leur vie, un point de feu au cœur au simple souvenir du foyer paternel: L’éducation qui ne repose pas sur une telle expérience sera toujours précaire.A quoi bon consacrer de longues heures à sculpter les chapiteaux si les colonnes du temple reposent sur le vide !.La tragédie de notre époque commence là.Forment-ils un foyer, ces parents dont l’unique satisfaction est de vivre le plus souvent possible hors de la maison et qui cherchent la joie dans les fêtes, les évasions, les spectacles mondains ?La maison délaissée, froide, déserte, muette et vide n’est pas un foyer ! Le foyer, c’est un lieu où convergent des rayons.C’est un centre de lumière et de chaleur.Les Instituts familiaux veulent remplir la fonction physique de la lentille qui ramasse les rayons pour les diriger sur un point déterminé.Ce point, ce sont vos cœurs, mes chères enfants, que la grâce du Seigneur doit brûler de son saint amour et que le dévouement de vos maîtresses doit orner de science et de vertus.Je résumerai en quelques mots les lignes essentielles de cette formation qui doit a) créer des convictions dans l’esprit, b) soulever des enthousiasmes dans le cœur, c) cultiver la spontanéité dans la volonté.Comment former des convictions ?— En donnant à toute la vie, mais surtout à la vie spirituelle, des bases rationnelles et non point sentimentales.Il ne s’agit pas de transformer, dans nos écoles, nos garçons et nos filles en bibliothèques ou en laboratoires.Ne perdons jamais de vue que l’homme s’attache d’autant plus à une idée qu’il a été amené à la retrouver par lui-même, qu’il s’est en quelque manière identifié avec elle.Nos programmes scolaires, et le programme religieux ne fait pas exception, sont trop souvent conventionnels et n’engendrent pas, hélas ! dans l’esprit de nos enfants, la conviction.La conviction suppose des idées claires sur le sens de la vie, la religion, la vocation chrétienne.L’initiation à ces vérités-vie doit se faire au foyer.Si, de bonne heure, les enfants en vivent, ces principes pénètrent leur esprit, informent leur conduite et constituent l’élément de base de leur structure psychique.L’exemple doit toujours être un tonique pour l’esprit.C’est pour continuer cette ambiance familiale que les Instituts ont été fondés.Il faut bien avouer, en effet, que trop souvent l’école n’est pas le prolongement du foyer.Heureux l’enfant qui trouve dans ses maîtres l’affection forte et tendre d’un père et d’une mère ! Heureux l’enfant qui découvre dans ses compagnons de classe une amitié fraternelle ! L’école travaille sur les cerveaux.L’enfant devient un candidat à l’examen; une unité susceptible de modifier les statistiques.Mais comment l’école a-t-elle travaillé à résoudre les problèmes personnels de chaque enfant ?Car l’enseignement doit être un échange vivant, un dialogue animé et non un monologue imposé à quelques individus.Pour créer une conviction, il faut rendre consciente, dans un esprit, la présence d’une chose.Ainsi la conviction religieuse commence lorsque l’adolescente prend conscience 732 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Juin de la présence, du pouvoir et de l’amour de Dieu, comme du motif suprême de sa vie.Autrement sa religion se résume dans la formule apprise par cœur: « Il faut aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces.)) Préparer des candidates à un examen ne signifie donc pas préparer des chrétiennes à entrer dans la vie.L’illusion peut être grossière dans ce domaine et les désillusions cruelles.Pour réussir un examen, il n’est pas nécessaire d’engager l’être tout entier.On peut même subir cette épreuve pour atteindre un but sordide.Celui qui choisit une profession pour faire plus d’argent afin de satisfaire ses passions, n’est pas un être vertueux: la science qu’il recherche ne produit point en lui la conviction et lorsqu’il aura atteint son but, il abandonnera tout effort.N’est-ce pas le spectacle désolant que donnent les (( finissants )) et les (( finissantes )) de nos institutions, après la réception de leur diplôme ?Au lieu de servir la vérité qu’ils avaient recherchée, ne cherchent-ils pas à oublier ses exigences dans l’évasion vers les plaisirs, dans la paresse et parfois l’oubli de Dieu ?.Un formation qui ne tendrait pas à créer des convictions dans l’esprit des enfants ne mériterait pas le beau mot d'éducation.Il y manquerait \a force du foyer.II » Mais cette force, elle engendre le feu.La formation donnée à l’école doit soulever des enthousiasmes dans le cœur.Dans le domaine affectif, une éducation sérieuse et adéquate doit préserver l'amour et le développer.On a souvent appelé l'adolescence (( l'âge ingrat ».Et cependant, voyez ce qui se passe dans le monde: les jeunes sont encore sur les bancs de l’école primaire et ils ont déjà eu des expériences sentimentales.Us pensent aimer, mais ils ne savent pas qui aimer et comment aimer.L’insouciance cause, chez l’enfant, une apparente dureté de cœur.L'adolescent devient facilement le centre du monde et il oublie ceux qui souffrent.Ce n’est pas par mauvaise volonté: il ne connaît pas la vie, et la seule expérience de la souffrance qu'il ait, se limite très souvent à sa personne.Il faut donc que l’éducation développe, dans le cœur des jeunes, le souci des malheureux et l'habitude du renoncement volontaire.La jeunesse professe naturellement le culte des héros.Cet enthousiasme représente une force pour l’éducateur chrétien.En regardant à travers ceux et celles qu’il admire, l’adolescent doit discerner ce qui fait leur vraie grandeur: force de résistance physique; l’honneur de la parole donnée; sentiment de noblesse; fierté dans la victoire.Jeanne d’Arc conquit la confiance de ses armées par la pratique de ces vertus naturelles, autant que par l’amour qu’elle portait à Jésus et à Marie dont les noms brillaient sur son étendard.Craignons les enthousiasmes religieux qui auraient pour objectifs la tranquillité du cœur, le contentement intérieur, la satisfaction de soi ou la dévotion sensible.Les choses faciles à faire ne déclenchent aucun ressort intérieur et leur recherche s’identifie souvent avec la faiblesse de caractère.Il faut être capable de souffrir pour désirer une chose avec ardeur.Cet amour de la vertu dans des êtres vertueux éloigne du mal et agit sur les sens 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 733 à la maniéré d un frein.Plus que jamais, nos écoles doivent être des foyers d'amour d’où une jeunesse sortira rayonnante de force et de bonté.La société, helas ! propose aux adolescents des modèles de vie bien différents.Le mannequin de mode est plus admiré que la grande sœur qui se dévoue auprès de ses frères et sœurs.Les reines de beauté sont plus recherchées que les jeunes filles timides, réservées et vertueuses.Le cinéma et les spectacles transforment les jeux d’enfants en drames d’amour.La littérature du cœur réveille des sentiments qui affolent les sens, avant que la conscience ne puisse les diriger.Un grand éducateur a dit que « peu d'enfants se dérèglent par la malice de leur cœur; mais la plupart se corrompent par les mauvais exemples et par les occasions dangereuses qu'ils rencontrent.Aussi n'y a-t-il rien sur quoi, ceux qui ont la conduite des enfants, doivent plus veiller qu'à empêcher qu'ils ne soient pervertis par d'autres.)) (S.Jean Baptiste de la Salle).L’éducation chrétienne doit essayer, par tous les moyens, de garder au cœur de la jeunesse, la fraîcheur des sentiments.La béatitude de l’Évangile est toujours d’actualité: (( Bienheureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu.)) Aussi doit-on favoriser, dans l’éducation, tout ce qui fortifie le corps et la volonté, apaise l’imagination, nourrit l’esprit, fait vibrer les sentiments supérieurs et réalise des formes concrètes de bien, contribue à sauvegarder le véritable amour et enfin permet au cœur de prendre son élan vers Dieu, source de tout amour et gardien des cœurs.III Enfin, l’éducation doit cultiver la spontanéité de la volonté.L’expérience et la psychologie nous apprennent que l’activité humaine résulte d’habitudes prises depuis longtemps.Que l’on songe aux difficultés que doit vaincre quelqu’un pour apprendre à lire, à nager, à parler une langue étrangère et on admettra facilement que l’éducation doit être une création d’habitudes.Le rôle de l’éducateur ici est double: d’une part, il doit favoriser l’acquisition de bonnes habitudes qui permettront à l’enfant d’agir facilement, non seulement dans l’exécution des techniques, mais aussi dans l’exercice du bien; d’autre part, il doit cultiver la spontanéité qui demeure, jusqu’à la fin, la réponse unique d’une personne aux appels providentiels de la grâce.L’école ne favorise pas toujours cette spontanéité, puisque les exercices y sont faits dans un style qui s’apparente au grégarisme: prières collectives; études en commun; sorties en groupe.Le danger de ces exercices imposés est de provoquer la passivité, l’indifférence, qui ont tôt fait de les transformer en routines formalistes et vides.Aussi assistons-nous à ce spectacle navrant de la défection d’un grand nombre de chrétiens et de chrétiennes qui avaient vécu, durant cinq ans, dix ans, dans la serre-chaude de nos maisons d’éducation.Line serre-chaude n’est pas un foyer.On y cultive des fleurs, on y recueille rarement des fruits.Et le parfum des fleurs peut devenir nocif.Les jeunes poumons ont besoin d’un air plus pur. 734 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Juin Il faut placer l’enfant dans un milieu qui lui permettra d’exprimer librement ses réactions aux appels de Dieu.L’éducateur ne doit pas agir à la place de l’enfant, lui imposer sa manière de faire, se substituer à sa personnalité.Mais il doit réveiller, dans son âme, les énergies latentes que la nature et la grâce y ont déposées, provoquer des désirs d’action, tremper son caractère et orienter sa volonté vers le bien en lui fournissant tous les moyens de le réaliser pleinement.Tant qu’on n’a pas fait aimer, désirer, tant qu’on n’a pas fait assimiler, tant qu’on n’a pas provoqué le reflexe qui permettra d’agir soi-même, on n’a rien fait en éducation.La discipline a été respectée l’âme a été ignorée.Il ne faut donc pas donner à la prière, aux sacrements, à l’organisation du cadre religieux, une efficacité créatrice qui serait indépendante de la participation active de l’enfant à l’œuvre de l’éducation.Tout reste à faire tant que l’adolescente n’a pas adopté par elle-même des habitudes religieuses personnelles.On ne peut pas tout dire en dix minutes lorsqu’il s’agit de traiter un sujet aussi vaste que celui de l’éducation.Les tenants de la méthode d’autorité m’en voudront d’avoir tenu un tel langage.Les avocats de la méthode de liberté me reprocheront de n’avoir pas fait le procès de nos institutions.Il y aurait peut-être certaines exagérations chez les uns comme chez les autres.La méthode d’autorité est indispensable au début de l’éducation et malheur à l’enfant qui serait introduit dans le royaume de la liberté sans avoir connu les rudes disciplines de l’autorité.Il risquerait d’aboutir, avec les héros sartriens, à (( Vexaltation du moi avec la nausée de vivre ».L’autorité doit être ferme et irrésistible, mais à la manière du poids qui s’abat sur le ressort pour provoquer une réaction.Les enfants que nous recevons dans nos maisons d’éducation n’y resteront pas.L’éducateur ne travaille pas pour lui, ni pour sa maison, mais pour la vie.Il vise à dégager des valeurs, à préparer des chrétiens et des chrétiennes convaincus, des chefs, des élites.Nos maisons d’éducation doivent favoriser l’esprit d’initiative, donner le sens et le goût des responsabilités, entraîner au travail d’équipe.Faute de respecter ces principes, elles risquent de tourner à vide et d’absorber sans profit, de précieuses ressources matérielles et spirituelles.Ce n’est pas le cas de cette maison dont nous célébrons le glorieux anniversaire.Son passé nous invite à regarder l’avenir avec confiance.! Le Cardinal Paul-Émile Léger.St-Jacques-de-l’Achigan, le 17 avril 1955. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 735 Opération " NOYAU // par Armand Croteau, prêtre, Office^ Catéchistique Provincial, Evêché de Saint-Jean.sur mon crâne bosselé végète un bosquet de fils brunâtres, — si mon œil droit a fréquemment des reflets plus variés que celui d’une défunte per-chaude, — si mon index bref et jauni presse quelques manettes de mon clavigraphe électrique, — si mes pieds sont encore tièdes dans mes souliers usagés, — tout cela est dû, si je comprends bien, à un muscle non-négligeable dans mon thorax et qui s’appelle le Cœur.Et s’il arrive que je permette au stéthoscope indiscret de quelque médecin d’en entendre les battements généreux, c’est afin d’assurer que ma chevelure croîtra encore pendant quelque temps et que mes prunelles pourront se promener dans ces livres récents que le courrier européen vient d’apporter sur ma table de chevet .Il n’en va guère autrement de la religion chrétienne, à y songer de près.Si la Messe et les Sacrements (8e) communiquent la Vie, — si mon intelligence s’agrémente d’une Foi expansive (9e), — si quelques Vertus surnaturelles fonctionnent encore dans mes facultés (10e), — si l’Eglise a quelqu’autorité sur ma libre et consciente personne (11e), — tout cela est dû, si je comprends bien, à un Centre non-négligeable de ma religion et qui s’appelle Jésus.Et s’il arrive, comme aujourd’hui, que je me permette bravement d’en ausculter les mystères fondamentaux, c’est afin d’assurer que ma vie christo-centrée continuera de pousser pendant quelque temps et que ma Foi s’ajuste sur le noyau de la synthèse doctrinale de mon catéchisme.En conséquence de quoi, il me semble que le présent article est le plus vital de la série publiée, cette année scolaire, par « U Enseignement primaire )), — tout comme le manuel de 12e, (( Jésus Notre Sauveur », est le plus basal de toute la collection « Témoins du Christ ».Car nous voici au cœur même du christianisme, au mystère central, à la clef explicative, au noyau indispensable, à Jésus; et en Lui, sous les enveloppements géographiques et les habillements historiques et les gestes sensibles, nous arrivons aux problèmes artésiens de ses mystères fondamentaux, — L’Incarnation, la Rédemption, la Résurrection.Et logiquement, pour un prêtre intéressé 24 heures par jour au salut éternel des âmes, ce manuel est le plus succulent à commenter, comme sa méditation, loin d’être réservée aux titulaires de 12e année, peut indiscutablement alimenter l’enseignement, la prière et la vie quotidienne de tous les professeurs de catéchisme.N’ayant pas ici l’espace qui suffirait pour annoter chacun des chapitres de ce tome impressionnant, et désirant appuyer avec amour sur le plus radical de ce qu’ils englobent, je ne ferai pas de remarques sur l’identité des évangélistes (peu souvent discutée par les adolescents canadiens entre deux manches de baseball) ni sur les courbures des collines de la Palestine bénie, — mais je consacrerai toutes les lignes qui me sont allouées (avec une chaleureuse bienveillance) à inspecter les trois grands mystères (et trop ignorés) du Christ-Sauveur, — l’Incarnation, la Rédemption et la Résurrection. 736 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Juin INCARNATION Voici le mystère radical de Jésus, la synthèse fondamentale, la lumière primordiale de cette autre synthèse qui charpente tout l’ensemble de (( Témoins du Christ ».S’il serait enfantin de construire dans la vie publique du Sauveur des étapes hermétiques, il semble à plusieurs exégètes que sa première partie, disons sa première moitié, soit plus particulièrement employée à faire progressivement la révélation pédagogique de ce mystère initial et synthétique.Regardons et écoutons: Jésus opère des miracles et il articule des paroles profondes sur sa personne et sa double nature.Il égrenne des prodiges qui établissent suffisamment sa divinité: « tout ce qu’il fait est admirable » (Mc 7.37): le vent et l’eau lui obéissent, il fait entendre les sourds et jaser les muets, les morts remuent dans leurs récents suaires, et {serait-ce le signe capital dans une énumération progressiste ?) les pauvres sont évangélisés.Il sème des discours gradués et prudents, laisse entendre à Pierre et à André qu’il est le Messie que l’histoire juive attendait, invite Nicodème à méditer sur Celui sur qui (( montent et descendent les anges » (Jean I.51), ne contredit pas les démons qui le proclament Fils de Dieu, jusqu’à ce que, environ au milieu des années de sa prédication, il se fasse dramatiquement déclarer par Simon à Césarée: « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt XVII).* * * Mais nous aurons garde, en traitant des preuves de sa divinité, de Lui prêter inopportunément des mitrailleuses de prodiges superflus ou des séries de démonstrations livresques et prématurées.Ce n’est peut-être pas une déviation totalement inconnue chez certains catholiques, incapables de distinguer nettement définitions conciliaires et légendes apocryphes considérablement biaisées.Il germe parfois, à côté de notre foi surnaturelle au Christ, une tendance malvenue d’embellir {gratuitement et avec un goût inquiétant) la vie de Jésus, de Marie et de Joseph .Exemples: En Égypte, Jésus regarde les gros lions s’accroupir d’adoration à ses pieds minuscules, les palmiers se plier avec révérence pour lui offrir leurs fruits aériens, mourir (( subito presto » ce malheureux camarade qui a osé démolir une digue que le Fils divin venait de façonner, revivre ce récent défunt à la prière de la future Médiatrice de Cana; — à Nazareth, Jésus modèle des oiseaux d’argile un jour de sabbat, puis, pour justifier ce « labeur » qui scandalise, les fait s’envoler, chantonnant leurs trilles inédites, dans le ciel oriental; bientôt assis sur les bancs de la synagogue, il pose précocement aux scribes vénérables des questions qui feraient blêmir de fadeur les problèmes les plus profonds de Thomas d’Aquin, de Suarez et de Scot rassemblés — et pour clore cette vie fantastique dans le même style surchargé, il exhibera une résurrection sensationnelle qu’on saura nous décrire avec détails surabondants comme si on y avait assisté en reporter: « deux anges soutenaient le ciel, et Jésus sortit portant sa croix » (sic).De même Marie aura passé sa prime jeunesse dans le Temple de Jérusalem {il est permis de se demander où elle logeait, près du bassin de bronze et de l’autel des parfums), les anges fidèlement l’y nourrissaient {pourquoi s’ÉTONNERA-T-ELLE donc des paroles de TAn?ionciation ?), et à sa mort, les apôtres, même défunts, seront transportés miraculeusement, comme par avion à propulsion, à ses singulières funérailles .Et Joseph, au lieu d’être ce charpentier effacé que Pie XII devait décrire soigneusement en l’an 1940, sera choisi spectaculairement pour époux d’une Vierge connue de TOUS grâce à ce bâton de voyage dont sortiront des fleurs capiteuses ou .une colombe pour le moins étonnée elle-même.Non, non, non ! Comment comprendrions-nous, après une telle exposition, que la propre parenté médiate de Jésus n’ait 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 737 « pas cru en lui )) (Mc 3.21), que les bonnes gens de son village n’avaient pas foi en sa puissance (« il s'étonnait de leur incrédulité », — Mc 6.6), et que ce fut étrangement un des DOUZE qui le vendit pour quelque chose comme $18.00 ?* * * Contentons-nous plutôt des faits; nous aurons amplement matière à réflexion.Le Fils Unique de Dieu a voulu assumer une nature humaine qu’il n’est pas bon de négliger, même sous la poussée d’une foi vive en sa divinité, et que quelques bons paroissiens paraissent parfois avoir réduite inconsciemment à une apparence d'humanité, penchant ainsi, sans pécher, vers une hérésie fort ancienne et poussiéreuse (docétisme) .Demandons à nos élèves de 12e si Jésus ressuscité était plus puissant qu’avant le jour de Pâques (Colomb, Doctrine de Vie, I, p.189 suiv.); plusieurs répondront sans inquiétude qu’il était aussi puissant avant sa résurrection, puisqu’il avait déjà la nature divine.Pourtant saint Paul, inspiré, écrira aux Romains (I.If) que « Jésus fut établi en sa puissance de Fils de Dieu, pour son esprit de sainteté, en suite de sa résurrection ».Et c’est quelque temps APRES la résurrection que Jésus, sur une colline de Galilée, dira aux Apôtres: (( Toute puissance m’a été donnée, allez donc enseigner .» (Mt 28.18).Il fallait donc dire: Par sa résurrection, le Christ est entré dans l’EXERCICE de la puissance de Fils de Dieu qu’il est de toute éternité.Demandons-leur si Jésus a appris la langue maternelle, les prières traditionnelles et les commandements de Dieu, l’histoire sainte et les prophéties de l’Ancien Testament, si au Temple, à 12 ans, il interrogeait avec un désir de savoir dont nous n’avons pas d’idée (Colomb, ibid., p.HO), s’il « ignorait » de quelque façon le jour précis de la fin du monde (Mc 13.32, à voir), s’il a appris, durant sa passion, ce qu’était concrètement la laideur du grand-prêtre et la saveur des lanières plombées (Ileb.5.8).Demandons-leur, pour voir, si Jésus admirait réellement les anémones rouges des prés, s’il remarqua une première fois une poule qui abritait ses poussins, s’il a regardé attentivement sa mère moudre du grain, s’il dormait vraiment dans la chaloupe ballottée par la tempête, s’il s’est assis vrai.ent fatigué au puits de la a .ar'Liune .Demandons-leur enfin s’il Lui en coûtau de donner sa vie, s’il a réellement demandé dans une prière véritable que « ce calice s’éloigne de moi » s’ij a eu peur de sa Passion, la plus myst.', ieuse peur qui ait jamais envahi un cœur de chair, s’il a connu des dégoûts profonds et indéfinissables, parents de ceux qui submergent parfois nos propres poitrines, s’il préférait Marthe, Marie, et Lazare à d’autres citoyens de Judée, s’il s’est sincèrement réjoui à des noces humaines, s’il s’étonnait de l’incrédulité de ses voisins (Mc 6.66) .J’insiste parce que je suis profondément persuadé qu’il serait grave de ne pas voir que Jésus était homme, qu’il avait un vrai corps (ave verum corpus natum), une sensibilité, un cœur humain, une âme douée d’une intelligence semblable à la nôtre, une volonté libre (Jn 10.17; 7.1), telles passions que la colère (Mc 3.5) ou la tristesse (Mt 26.37) .Comment trouverions-nous en lui, autrement, toute la consolation que Dieu le Père veut que nous y puisions: « Vous qui souffrez et qui êtes surchargés, venez à moi, et vous trouverez le repos .» ?comment les martyrs plaintifs se seraient-ils enthousiasmés sur leurs gibets pour un Jésus idyllique tel que l’a rêvé Renan ?* * * C’est sans doute cela le mystère de l’Incarnation: n’étant qu’un seul JE, qu’un seul responsable de ses actes, qu’un seul individu distinct des autres êtres, ayant une existence propre et une unité telle qu’on ne peut le diviser sans le détruire, Jésus a cependant, phénomène unique, deux natures, deux principes d’activité, deux sources de puissances, de perfections dont il se sert pour accomplir les actes qui lui sont attribués et attribuables (cf.Sul-lerot, Le Maître de la Vie, p.115).Et c’est apparemment en « tenant » bien ses DEUX natures que nous aurons, — avec nos grands élèves, — la foi, la joie, l’admiration, la contemplation qui conviennent . 738 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉDEMPTION Juin Comme il serait néfaste de laisser nos élèves négliger consciemment la vérité de la nature humaine de Jésus, il serait désastreux de ne pas montrer suffisamment la place de la Croix dans sa vie et, conséquemment comme attitude, dans la spiritualité d’un (( Témoin du Christ » de 1955.Il n’est pas sûr qu’on la voie toujours avec tout son « scandale )) {voir I Cor.1.28).L’abbé Charles Moeller ose même écrire que la foi de beaucoup de jeunes catholiques, devant la beauté de l’art humaniste païen, (( ne reste intacte que parce qu'elle est souvent inexistante ou tiède )) et qu’ils ne voient pas (( l’OPPOSITION entre le christianisme douloureux du crucifié et les divinités heureuses et harmonieuses de la civilisation antique » {Littérature du 2CP siècle, pp.322-328).Et c’est peut-être pour cela qu’ils ne savent pas que (( Vivre selon l’Évangile, ce n’est pas du tout vivre confortablement et AJOUTER à cette vie agréable le luxe des aspirations mystiques, mais se lever tous les matins et reprendre sa croix là où on l’avait laissée la veille » {Julien Green).* * * Nous ferons donc remarquer que ce n’est qu’à partir d’un point précis de sa prédication publique que Jésus a entrepris de laisser entrevoir qu’il déambulait vers la faillite apparente de la Passion: « à partir de ce moment, Jésus commença à enseigner qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem et souffrît .» {Mt 16.21).Il est très intéressant de souligner que cette PREMIÈRE annonce de la Passion se situe, dans saint Mathieu, immédiatement après la catégorique profession de foi de Pierre: on dirait que Jésus n’attendait que cet acte de foi fraîche et ferme pour passer au (( programme du deuxième cycle », pour construire un autre étage de son message.On aimera peut-être aussi à observer la juxtaposition étonnante de la Transfiguration radieuse et de la conversation qu’y tinrent Jésus, Moïse et Elie: (( ils parlaient ensemble de .sa mort qu’il devait subir à Jérusalem » {Mt 17.81) .Nous appuierons sur ce fait que Jésus a prévu, annoncé, détaillé, motivé à l’avance ses souffrances et son ignominieuse « finale » la Passion n’est pas un accident secondaire, un phénomène distrayant, un détail accessoire, une parenthèse dans la vie du Sauveur appelé Jésus, — c’est (( son heure » {son heure n’était pas encore venue .), il est venu pour elle {je suis venu donner ma vie pour beaucoup), on ne la lui inflige pas sans qu’il y consente {personne ne me ravit ma vie, je la donne de moi-même), il la désire d’un grand désir {je suis dans l’attente jusqu'à ce que je sois baptisé de ce baptême) Parvenus à la description de la Passion, nous ne craindrons pas, à des grands de 17 ans, d’exposer les détails sûrs, historiques, stupéfiants de ses tortures.Je ne donnerai que l’exemple de la Flagellation: elle se fit sur la place publique, {in Lithos-trotos, dit saint Jean), non dans un cachot solitaire comme l’imagine tel film usé, — et fort plausiblement sur la chair d’un patient entièrement dévêtu {c'était la façon habituelle de procéder des Romains; voir Simon-Prado, Nouveau Testament, p.961f), avec un fouet robuste à plusieurs queues de cuir agrémentées de boules de métal ou décorées de pointes aiguës, — en une série de coups dont le nombre n’était limité que par l’appétit obscur des flagellants ou la mort imminente du supplicié.La chair se rayait d’abord de stries bleues, s’enflait vite en lisières tuméfiées, se fendait bientôt en crevasses rougeoyantes, les veines éclataient, les muscles étaient même déchirés, souvent on pouvait apercevoir les côtes: le flagellé était littéralement, à la fin, un amas de chairs, ?.*.*>.9.° • • • o a * ® .o * • .° • » 9 e • a » O «A « « *009 «099 9 O * /> 9 ^ ‘ 9 0990 0 9*9 O 0 0 • * » ° * » O 9 0 O l * * ,0 0 9 * * « ® •• * « « 9 9 9 0 * O 0 9 0 750 753 761 778 9 » o * « a o o • 9 9 0 824 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Juin — Histoire de la littérature canadienne de langue française.Les origines (1608-1860) : 10e année.“ 781 — Histoire de la littérature française: 11e année.“ 783 — Histoire de la littérature canadienne-française: 1860-1900: 11e année.“ 784 — Langue française: Je suis fier de ma langue, est-elle fière de moi ?.“ 786 Langue seconde (Leçons-types) — La Méthode di- fecte de Conversation anglaise: 8e et 9e années.Gertie Kathleen HART.787 « L’Anglais au cours primaire supérieur »: 10e, 11e et 12e années.Roger HÉNAULT.789 Mathématiques: lre à la 11e année.Anonyme.793 Biologie: 10e année (filles).“ 805 Chimie: 10e année (garçons).“ 806 Physique: 10e année (garçons).“ 807 Chimie: 11e année (garçons).“ 808 Physique: 11e année (garçons).“ 809 Chimie: 11e année (filles).“ 810 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES: Avis au personnel enseignant.Examens d’août.André RAYMOND.812 Canadian passenger Association.J.A.BRASS.813 Cours d’été 1955 en géographie, à Québec.Rensei- gnemenis généraux.Anonyme.814 Voix de France.Jean MOUSEL.742 Lirez-vous ?.— Biographie — Dina.par Marie-Assunta, R.J.M.Marguerite COULOMBE.745 — Musique — Commentaires d’œuvres musicales, par Jean Ruault et Roger Blin.“ 760 — Biographie — Jules Fournier, journaliste de com- bat, par Adrien Thério.“ 804 — Pédagogie — Comment réussir mes études P par Pierre Ricour.“ 815 Table des matière du volume XIV : septembre 1954 à juin 1955.Anonyme.816 Chronique de pédagogie: — Administration et Législation du Système scolaire de la province de Québec.Maurice LEBEL.3 couverture. Chronique de pédagogie par Maurice Lebel Ph.A.Miller, avocat, chef du service légal au Département de l’Instruction publique.Administration et Législation du Système Scolaire de la province de Québec.Québec, 101, rue Saint-Roch.1954.XII + 206 pages.La Fédération des Commissions scolaires catholiques du Québec a eu l’heureuse idée de faire imprimer, dans la série des Questions scolaires, le présent ouvrage de Me Philippe-Auguste Miller, qui a pour but de (( remplacer avantageusement le code scolaire entre les mains de tous ceux qui ne sont pas versés dans Vinterprétation des lois et règlements scolaires dans la province de Québec ».Me Ph.A.Miller, qui est affecté depuis 1936 au service légal du Département de l’Instruction publique, était tout désigné pour mener à bien cet essai de vulgarisation de la loi scolaire, des règlements et des ordonnances du Comité catholique et du Département de l’Instruction publique.Il va sans dire que cet ouvrage, ainsi que le note le surintendant, M.Omer-Jules Désaulniers, dans la Préface, « rendra service à nos éducateurs et à ceux qui s’occupent d’administration scolaire ».En effet, il est attrayant et lisible, riche d’aperçus et bien présenté.Bien peu de gens, à part les spécialistes, lisent le Code scolaire, dont les diverses éditions {Paul de Cazes, 1899; J.N.Miller, 1919; Lionel Bergeron, 1927; Orner Legrand, 1988; édition de 1950) encombrent les rayons de nos bibliothèques.Le livre sera lu et consulté; il est accessible aux profanes, il est plus aéré, plus vivant et plus intéressant que le Code.Son auteur y a groupé les faits essentiels.L’ouvrage comprend, outre une substantielle introduction d’ordre historique et juridique (pp.1-15), onze chapitres et quatre appendices.La Table des Matières (pp.197-205) est si détaillée et si bien faite qu’elle facilite grandement la consultation du texte.Bien que les chapitres manquent d’un titre général, ils ne sont pas dépourvus cependant d’unité; à part le onzième, où l’auteur a groupé divers renseignements, ils traitent chacun un thème particulier.Ainsi Me Miller consacre trois chapitres aux commissions scolaires (ch.VI, VII, VIII), deux chapitres à l’administration (ch.I, II); puis il étudie tour à tour ce qui a trait aux différents types d’écoles (ch.III), à la population scolaire (ch.IV), au personnel enseignant (ch.V) et aux taxes (ch.X).Ce volume renferme beaucoup plus qu’une mine de renseignements précis.On y trouve ici et là des jugements de valeur.Ainsi Me Miller écrit (p.9) que la Commission scolaire représente les parents; à dire vrai, cela n’est plus aujourd’hui tout à fait exact, car seuls les propriétaires peuvent élire les commissaires.Tous les gens âges de 21 ans ne devraient-ils pas être appelés à élire des commissaires ?Cette modification de la loi contribuerait peut-être à réduire l’apathie de bien des parents a 1 egard de 1 education; elle verrait peut-être aussi des gens plus compétents à la direction de nos commissions scolaires.Me Miller parle aussi (p.13) du «rôle supplétif de l’État» dans le domaine de l’éducation.Mais notre gouvernement provincial fait beaucoup plus qu’accorder sa protection et son assistance; il paie les dettes des commissions scolaires, sans quoi les commissions scolaires perdraient leur autonomie financière, il subventionne quantité d’institutions, il dépense même $50,000,000.par année aux fins d’éducation.A la page 62, Me Miller écrit: «Les nouveaux livres de classe du cours primaire élémentaire mettent la Province au tout premier rang dans l’adaptation de la technique méthodologique aux différents stages de l’évolution psychologique de l’enfant».Le Département de l’Instruction publique a fait de plus depuis une dizaine d’années des efforts très louables pour faire préparer des manuels par des pédagogues canadiens-français, de sorte que tous les textes aujourd’hui en usage dans nos écoles primaires sont originaires du pays et adaptés à notre milieu.Nous avons toutes les raisons de croire que l’on continuera à perfectionner ces instruments de travail.La lecture de l’ouvrage de Me Miller m’a réconcilié avec le Code scolaire, que je n’avais jamais eu le courage de consulter souvent; elle m’a permis de le reprendre, et de mesurer ainsi tout le travail d’adaptation, de clarification et de réflexion qu’il s’est imposé pour nous présenter, de façon aussi limpide et aussi soignée que possible {quelques erreurs d'impression, pp.2, S, 62, 146), une excellente synthèse sur l’administration et la législation de notre système scolaire.Maurice Lebel.
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