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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1956-02, Collections de BAnQ.

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MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR** V\ % \.x Volume' 15y Numéro 6 — QUÉBEC FÉVRIER UH Vol.XV, N ° 6, février 1956, QUÉBEC.D SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Onze février, Cécile Rouleau, p.405 — Corps et esprit, Armand Croteau, ptre, p.408 — Le coin des Écoles rurales.L'école rurale; foyer de formation religieuse, Émile Parayre, i.eM E, 415 — Réflexions sur l'enseignement de l'histoire, l'Histoire recherche de la vérité, (suite), André efebvre, p.418 — Initiation à la phonétique, Déformations du Franco-Canadien, Richard Bergeron, p.420 — Initiation à la phonétique, Sons et lettres du Français, Richard Bergeron, p.424.LEÇONS-TYPES Religion; La mort de Jésus sur la croix, 3e à la 7e année, p.432.Langue frança ise; 1" année, p.438; 6® année, p.441; 8e et 9e aimées, p.442; 10®, 11® et 12® années, Explication^de texte, Le càr, Alfred de Vigny, p.448.Langue seconde; 8e et 9® années, « La méthode directe de conversation anglaise », Gertie Kathleen Hart, 8e année, p.455; 9® année, p.458 — « L'Anglais au cours supérieur », Roger Hénault, 10® année, p.459; 11® et 12® années, p.462.Mathématiques; 4® et 5® années, p.466; 6® et 7® années, p.467; 8® et 9® années, p.469; 10® année, p.471; 11® année, p.473; 12® année, p.475.Biologie; 10® année, (filles), L'évolution, p.478.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Retour de Mademoiselle Rouleau, Omer-Jules Désaulniers, p.417 — Avis relatif aux examens pour le Personnel enseignant, p.437 — Directives du Comité de Régie concernant les prochains examens au certificat d'études primaires, André Raymond, p.481 — Horaires adoptés pour les examens du C.E.P., p.482 — Chronique de Pédagogie, La Société du Parler français au Canada (1902-1952), Etudes sur le Parler français au Canada, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture. 1956 ÉDITORIAL 405 ÉDITORIAL Onze février par Cécile Rouleau, directrice de L’Enseignement Primaire w % IERGE douce, secourable aux malheureux qui vous implorent humblement, gardez-moi.Je crois en Vous.Vous avez voulu répondre à mon doute par un miracle éclatant.Je ne sais pas le voir et je doute encore.Mais mon plus grand désir et le but supérieur de toutes mes aspirations est de croire, de croire éperdue-ment, aveuglément, sans plus jamais discuter, ni critiquer ».« Votre nom est plus doux que le soleil du matin.Prenez le pécheur inquiet et au cœur agité, au front plissé, qui s'épuise à chercher des chimères.Sous les conseils profonds et durs de mon orgueuil intellectuel gît, malheureusement étouffé encore, un rêve, le plus séduisant de tous les rêves, celui de croire en Vous, et de Vous aimer, comme les moines à Vâme blanche ».Ainsi priait, le grand savant que vous avez tous reconnu, que vous revoyez à Lourdes scrutant les événements extraordinaires qui s'y déroulent à travers le prisme de la science.Catholique, il avait déjà été; sceptique il est; aussi comme il se sent malheureux f D'ailleurs, il le dit lui-même: « J'ai d'abord été catholique sincère, puis stoïque; je suis ensuite tombé dans le scepticisme absolu.J'ai été de plus en plus malheureux.C'est le catholicisme que, malheureusement, je n'ai pas compris, qui m'a donné le plus de satisfaction.» Et il continue: « Je suis seul dans la nuit.Les systèmes purement intellectuels n'existent plus.Qu'importent les théories devant la vie et la mort ?Nous n'avons pas besoin de science pour notre vraie vie, mais d'âme et de croyance ».Si un voyage à Lourdes fut une halte salutaire pour le grand Carrel; un rappel des événements qui ont fait le sanctuaire de Lourdes pourrait-être, semble-t-il, une invitation à la réflexion.Si, comme ce chercheur, nous n'entretenons pas une série de doutes systématiques, notre confiance est-elle au niveau des faits ?La fête de Notre Dame de Lourdes n'est-t-elle pas une invitation à raviver notre esprit de foi, à raffermir nos convictions et à renouveler nos ardeurs spirituelles au contact de cette puissance surnaturelle qu'est la dévotion mariale ?L'anniversaire des apparitions n'est-elle pas, en effet, pour nous, une excellente occasion de rappeler aux élèves l'histoire de Bernadette et la proclamation par le pape Pie IX, du dogme de V Immaculée Conception ?Par ce récit, ils seront édifiés, encouragés et, si notre enseignement sait la leur succiter, se réveillera, peut-être, en eux, une dévotion plus grande en Marie Immaculée.Que dire de la nature du message: « Pénitence ! » « Pénitence ! » « Pénitence ! » A l'approche du Carême, que pourrait-on trouver de plus approprié et de plus conforme aux instructions évangéliques ?Si l'Eglise adapte les prescriptions de la Sainte Quarantaine aux temps modernes en diminuant ses exigences disciplinaires, il n'est pas moins impérieux, pour tout chrétien, de se conformer à l'esprit liturgique. 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Des dialogues entre V Immaculée et Bernadette, nous pouvons aussi tirer d'excellentes leçons.Si, autrefois, Notre-Seigneur avait dit: « Laissez venir à moi les petits)), aujourd'hui, Sa Mère fait le même geste.Bernadette, humble bergère, est choisie par Marie.Avec quelle douceur, quel tact, elle l'attire à elle et lui parle ! Quelle merveille Marie n'accomplit-elle pas en Bernadette ! Surnaturelle confiance en soi ! Qui a rendu Bernadette, si humble, si ignorante, si pauvre, capable de triompher des influences concertées autour d'elle pour fausser le texte du message ?Sens de la responsabilité ! Qui a rendu capable la faible enfant de Lourdes de porter d'écrasantes responsabilités confiées par le Ciel ?Responsabilités qui eussent épouvanté même de très grands personnages ! Joie ! La « Grande Dame », comme disaient les gens du peuple, n'en a-t-elle pas inondé sa protégée, même au moment où elle lui transmettait son message de pénitence ?Nous pourrions multiplier ces réflexions et en tirer de très nombreuses applications pratiques pour le temfps de la Sainte Quarantaine.Quelle force convaincante dans l'enseignement de Marie Immaculée, de Notre Dame de l'Assomption et de la Reine du Monde ! Depuis près d'un siècle —1958 sera le centenaire des Apparitions — Lourdes prêche aux humbles et aux grands, libère les uns et les autres; redonne aux esprits l'équilibre, la foi en un grand idéal, en un grand amour, perpétue le message de la Paix.C'est dans son sanctuaire que Marie réunit, en un climat des plus fraternel, des gens de toute race, de tout rang, de toute croyance.Si un petit nombre seulement des milliers de malades qui vont à Lourdes solliciter le soulagement de leurs maux sont guéris, innombrables sont ceux qui repartent résignés, pacifiés, heureux d'être jugés dignes de coopérer, par leur calvaire, au salut et à la paix du monde.Voilà le perpétuel miracle de Lourdes ! De ce message de Paix, de Joie et de Pénitence, faisons-nous les propagandistes.Rappelons-le dans le milieu scolaire, familial, social, professionnel.Comme la petite Thérèse qui, en son cloître fut considérée comme la plus grande missionnaire, nous serons, dans notre milieu les apôtres infatigables de la dévotion à Marie Immaculée, à la Vierge de Lourdes.En ce faisant, nous répondrons au désir de S.S.le Pape Pie XII qui ne cesse d'exhorter la chrétienté à la dévotion mariale.Nous n'avons qu'à nous rappeler la lettre encyclique « Ad Coeli Reginam » sur la royauté de la Bienheureuse Vierge Marie et l'institution de sa fête.Publiée le 11 octobre 1954, elle a pour but de ranimer dans tous les esprits une piété plus ardente envers Marie et de contribuer ainsi au bien spirituel de tous les chrétiens.Commencées par une prière qui, à Lourdes même, a surgi d'un esprit où les hypothèses, les théories, les inquiétudes intellectuelles ont soudainement disparu à la suite d'un miracle accompli sous les yeux de l'auteur, afin que jamais semblable doute ne s'empare de notre intelligence et n'attaque notre cœur, ces réflexions pourraient se terminer par une autre prière composée et récitée par S.S.Pie XII, le 1er novembre 1955, à la cérémonie où la sainte Vierge fut couronnée Reine du Ciel et de la terre: 1956 ÉDITORIAL 407 « Du fond de cette terre de larmes, où Vhumanité souffrante se traîne péniblement, dans les remous d'une mer sans cesse agitée par le vent des passions, nous levons les yeux vers vous, ô Marie, Mère très aimée, pour puiser du réconfort dans la contemplation de votre gloire et pour vous saluer Reine et Maîtresse des deux et de la terre, Notre Reine et Notre Dame ».« Votre Royauté, nous voulons l'exalter avec une légitime fierté de fils et la reconnaître comme due à la suprême excellence de tout votre être, ô très douce et vraie Mère de Celui qui est Roi par droit propre, par héritage, par conquête ».« Régnez, ô Notre Reine, et Notre Dame, nous montrant le chemin de la sainteté, nous dirigeant et nous assistant, afin que nous ne nous en éloignions jamais ».((Au plus haut des deux, vous exercez votre Royauté sur les chœurs des Anges, qui vous acclament comme leur Souveraine, sur les légions des Saints, qui se réjouissent dans la contemplation de votre éclatante beauté; régnez donc aussi sur le genre humain tout entier, surtout en ouvrant le chemin de la foi à ceux qui ne connaissent pas encore votre divin Fils ».(( Régnez sur l'Eglise qui professe et fête votre suave domination et qui recourt à vous comme à un sûr refuge au milieu des calamités de notre temps.Mais régnez spécialement sur cette portion de l'Eglise qui est persécutée et opprimée, lui donnant la force pour supporter les adversités, la constance pour ne pas plier sous les injustes pressions, la lumière pour ne pas tomber dans les embûches de l'ennemi, la fermeté pour résister aux attaques ouvertes, et à chaque instant une inébranlable fidélité à votre Royaume ».« Régnez sur les intelligences, afin qu'elles ne recherchent que la vérité, sur les volontés, afin qu'elles ne suivent que le bien, sur les cœurs, afin qu'ils aiment uniquement ce que vous aimez vous-même ».« Régnez sur les individus et sur les familles comme sur les sociétés et les nations; sur les assemblées des puissants, sur les conseils des sages, comme sur les simples aspirations des humbles ».« Régnez sur les routes et sur les places publiques, dans les cités et les villages, dans les vallées et les montagnes, dans les airs, sur terre et sur mer; et accueillez la prière de ceux qui savent que votre Royaume est un Royaume de miséricorde, où toute supplication est entendue, toute douleur réconfortée, toute infortune soulagée, toute infirmité guérie et où, comme sur un signe de vos très douces mains, la vie renaît souriante de la mort elle-même ».« Accordez-nous que ceux qui maintenant, dans toutes les parties du monde, vous acclament et vous reconnaissent Reine et Maîtresse, puissent jouir un jour au ciel de la plénitude de votre Royaume, dans la vision de votre divin Fils, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, dans les siècles des siècles ».Ainsi soit-il.Cécile Rouleau.Directrice de VEnseignement primaire. 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Corps & Esprit par Armand Croteau, prêtre.Office Catéchistique Provincial, Evêché de Saint-Jean, P.Qué.CATÉCHISME CATHOLIQUE numéros 83 à 88 \\ % _OUS sommes pris par les entrailles et l’homme se débarrasse de la religion quand il l’imagine éloignée de la vie (sic).Or, les cours d’instruction religieuse ont une tendance infiniment fâcheuse à nier le corps.)) écrit un critique contemporain.— Que dites-vous de ces lignes ?— Qui pensez-vous s’intéresse le mieux au corps humain, l'espèce de civilisation ( ?) actuelle ou le catéchisme catholique ?Le (( monde » moderne rampe plantureusement autour de la chair humaine: il la lave, la graisse de lanoline, la parfume, la grille de rayons ultraviolets, la bourre de vitamines, l’imbibe d’alcools coloriés et de nicotine portative, l’adule à « votre soirée de lutte », la couronne dans les concours de beauté, la photographie sous tous les angles pour le film avilissant.Mais le « monde » méprise le corps qui vieillit et se plisse, le brûle volontiers dans la crémation maçonnique et l’oublie bientôt de toute la force de ses excitations superposées.L’Eglise romaine, elle, oint les membres d’un octogénaire de l’hospice avec autant d’amour que le front du confirmé radieux; elle verse soigneusement son eau lustrale sur la tête du bébé pleurnichard, met des cendres violettes dans la chevelure dorée de Suzanne, touche des cierges de saint Biaise le cou de Pierrot, joint physiquement les mains des nouveaux époux, élève à la préface les bras fatigués du vieux curé, encense avec sollicitude ce cadavre d’un gueux dont le Service Social a « payé)) les funérailles.Voici une leçon {la 9e) extrêmement intéressante et d’actualité, qui, des numéros 83 à 91 traite non seulement de la (.(création de l’homme» mais de sa nature et de sa destinée.LE MARIAGE ÉTONNANT ou le no 83 Sans ((nier le corps,)) notre enseignement quelqu’excuse à ce critique littéraire que religieux n’aurait-il pas, parfois, donné je citais au début de ces lignes ?Plus que 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 409 des phrases explicites, certaines attitudes n’auraient-elles pas considéré le corps comme une (('partie extérieure)) de notre personne, comme un support {plus ou moins négligeable) de l’âme, comparable au cheval qui véhicule le cowboy, à l’autobus que manipule le chauffeur de la C.T.P., au ((husting)) qu’utilise avec désintéressement l’orateur électoral ?En fait, ce n’est pas l’âme qui constitue la nature humaine; une âme du purgatoire n’est pas une personne humaine.Ce qui constitue la nature humaine, c’est l’union étroite d’une âme et d’un corps.«N’est-ce pas le lieu de rappeler la parabole des talents: nos talents essentiels sont le corps et l’âme, étroitement unis, étroitement dépendants l’un de l’autre; notre premier devoir est d’en tirer parti.)) {Pie XII, 26-1^-1952) C’est parce que chair et esprit,— mariage original — ne font qu’un être (texte de la réponse 83) qu’il nous est permis d’attribuer au même individu, à la même personne, au même sujet (cf analyse) des actions aussi disparates que celles d’un corps épais et celles d’un esprit apparenté aux Chérubins: c’est le même ((moi)) qui naît en pleurnichant, mange des épinards, engraisse et transpire, croit dans la Trinité éternelle, définit la vérité objective, admire le martyre de Jeanne d’Arc, digère des oignons, flambe d’appétits inavoués et meurt fort prosaïquement d’un minuscule caillot domicilié dans une veine coronaire.Chair et esprit, âme et viscères font tellement un seul être que leur séparation diffère fondamentalement de celle du couple « coursier-cavalier », (( orateur-tréteau )), (( mécanicien-locomotive )): la séparation des deux éléments de notre nature s’appelle une (( dé-composition ».L’homme est un être composé, une créature mixte, une synthèse étonnante et difficile à comprendre: « Dieu {dans la formation de l’homme) éleva la matière au service immédiat de l’esprit et par là rapprocha et unit en une synthèse difficile à explorer, le monde spirituel et le monde matériel dans l’unité de la nature humaine» {Pie XII, 8-11-1952).Si cette (( composition )) d’esprit et de corps n’est pas aisée à enseigner à des philosophes, elle l’est encore moins à des mioches de troisième année {no 83), mais il reste que YEglise a insisté et insiste fortement sur l’unité de l’être humain et que que nous devons nous en souvenir au risque de prêcher un angélisme qui tente de vivre comme un ange en cette vallée de larmes où un matérialisme qui se concentre autour des instincts fondamentaux de l’animal.Dans le numéro 83 du Catéchisme Catholique je soulignerais les trois mots « un être composé ».TU EXISTES, DONC TU ES AIMÉ ou le no 84 Ce composé de chair et d’esprit est créé.L’âme humaine est créée de rien par Dieu; le corps humain doit son existence à Dieu.1.L’âme humaine est créée de rien par Dieu: l’Ecriture Sainte l’enseigne en maint endroit.La Genèse {II.7): après avoir créé sans effort le ciel et la terre, les végétaux et les animaux, Dieu opère une « création spéciale » en deux actes distincts: « Dieu forma l’homme de la poussière du sol et lui insuffla dans les narines un souffle de vie » dont il n’avait été question pour aucune autre créature terrestre.L’Ec-clésiaste {XII.7): «la poussière retourne à la terre selon ce qu’elle était et le souffle de vie retourne à Dieu qui l’a donné)) {trad.Bonsirven-Crampon), texte qui, en plus de faire évidemment allusion au récit des origines d’Adam, traite de l’âme de tout homme et laisse entendre que Dieu seul est l’auteur de nos esprits.L’âme humaine est créée de rien par Dieu: avec quelque labeur la raison païenne pourrait le démontrer.Une âme spirituelle ne peut pas être produite par la génération corporelle: « ce qui est né de la chair est chair )); elle ne peut pas être un morceau, une division de l’âme de la mère: un esprit ne se divise pas comme un gallon de crème glacée; l'esprit qui vient à l’existence ne 410 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février peut qu’être créé.Par ailleurs, les anges et les hommes ont bien quelque pouvoir d’agir sur ce qui est déjà, mais Dieu seul possède la puissance infinie requise pour faire passer du rien à l’existence; c’est donc Dieu qui crée les âmes.« J’ai acquis un homme avec l'aide de Dieu » s’écrie la nouvelle mère 'Èwe^Genève IV.1) et Pie XII écrira que dans le sein de la mère «berceau silencieux et obscur, Dieu accorde au germe fourni par les parents une âme immortelle» (29-10-1951).(Cette action créatrice de Dieu a fait donaer à la conception d’un bébé humain le nom de « pro-création»j.2.Le corps humain doit son existence à Dieu.L’origine du corps d’Adam ne nous est pas connue avec les détails d’un reportage télévisé; elle se situe dans la création « seconde », alors que la matière du monde avait déjà été « tirée du néant »; à la différence de l’âme qu’il créa absolument de rien, Dieu fit le corps du premier homme d’une « matière déjà existante ».Selon quel procédé précis, l’Eglise catholique ne l’a pas enseigné « ex cathedra » et nous catéchistes ne tenons pas à donner ici des précisions curieuses que ni la Bible ni les Conciles ne se préoccupent de fournir.Il suffît de savoir qu’on peut penser deux manières diverses de (( créer » à partir d’une matière déjà existante: a) tout en se gardant bien à'imaginer que Dieu « avec des mains humaines aurait façonné le corps d’Adam du limon de la terre — car c’est là une foi trop enfantine » (S.Augustin, Sur la Genèse, VI, 12, 20), on peut tenir que le Créateur, en le pensant et le voulant, a disposé immédiatement ce limon à recevoir une âme humaine; b) Dieu a pu former le corps d’Adam en se servant d’un organisme déjà vivant qu’il aurait progressivement perfectionné ou instantanément transformé en vue de lui faire recevoir une âme spirituelle (Hervé, Théol.Dogm., 1958, tome II, p.298).Se rappeler que l’on ne peut imposer aux élèves de croire à l’une exclusivement ou à l’autre de ces méthodes de production du premier corps humain: « l’Église n interdit pas que la doctrine de Vévolution, pour autant qu’elle recherche si le corps humain fut tiré d’une matière déjà existante et vivante.soit l’objet de recherches et de discussions de la part des savants.Certains outrepassent (toutefois) cette liberté de discussion en faisant comme si on avait déjà établi de façon absolument certaine l’origine du corps humain à partir d’une matière déjà existante et vivante.» (Pie XII, Humani Generis, 12-8-1950).Pédagogiquement le professeur chrétien s’en tiendra sur ce chapitre au très judicieux conseil de saint Augustin: «Considère surtout ce que Dieu a fait, et non comment il l’a fait » (Enar.in Ps.CXVIII, 18).Il insistera surtout sur ceci que « être créé » signifie dépendre entièrement d’un autre pour exister, être suspendu à la libre volonté de Dieu au point que l’on cesserait automatiquement d’être si le Créateur arrêtait « un instant » de vouloir sa créature.a Je suis celui qui est, tu es celle qui n'est pas », disait le Seigneur à l’extatique Catherine de Sienne.On tirera un exaltant acte de confiance et d’amour de cette vérité que nous sommes entièrement faits corps et âme, que nous ne pouvons durer un seul millionnième de seconde sans que Quelqu’un nous « continue »; puisque mon cœur matériel bat sensiblement, puisque je respire l’air de cette terre, puisque simplement mes yeux voient encore ces lignes imprimées, puisque je vis, c’est que Dieu agit sur moi, agit en moi, me «/aff » en ce moment même.Or, dans cette action il ne peut rien rechercher qu’il ne possède d’avance, il ne peut être enrichi.Je suis donc sûr que s’il me produit c'est parce qu'il m'aime.(Initiation Théologique, 1955, tome II, p.216-7).« Créatures portées sur l'abîme de notre rien par votre amour infini, nous voulons vous aimer, Seigneur ».LE SENS DE L’HOMME ou le no 85 Je dis le « sens » de l'homme comme on ce composé de corps et d’esprit qu’est dit le « sens » de la rivière Richelieu, le l’homme ?« sens » des aiguilles d’une horloge; où va 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 411 Mais avant d’admirer la réponse traditionnelle étonnons-nous de la question elle-même: « pourquoi Dieu nous a-t-il créés ?)) Dans la création matérielle, dans cet univers inimaginable d’ancienneté et d’étendue, l’homme est un cas unique.Cette étoile bleue, là-bas, brûle à 20,000 degrés centigrade et chacun des centimètres carrés de sa surface dégage 1,200 chevaux-vapeur (P.Couderc, Parmi les étoiles, 1953, p.108); elle éclaire puissamment et le rayon de lumière qui vient d’elle, en ce moment, en ma prunelle, est parti il y a (très vraisemblablement) quelques millions d’années; on ne lui demande pas davantage de se perfectionner, de progresser vers un idéal; au contraire on constate qu’elle s’éteint (lentement) avec l’usure des milliers de siècles.— La rose sent bon tant qu’elle peut, elle plaît à maman, je n’en attends pas autre chose, je prévois que la semaine prochaine elle ne sera que pétales chus.— Une perruche jaseuse intéresse la ménagère du presbytère; j’en suis satisfait; je ne m’interroge nullement sur sa destinée.Mais dès qu’un être humain paraît, on ne se contente plus d’énergies matérielles ni de charmes sensibles ni de gazouillements délectables; il est créé pour une fin sublime et il est chargé d’y tendre librement et on le tiendra responsable de ce qu’il sera devenu.Pourquoi donc Dieu nous a-t-il créés ?Les raisons profondes de l’existence de l’homme restent un mystère mais la réflexion naturelle et la Révélation divine nous éclairent sur notre destinée.L’homme est fait pour atteindre au bonheur.(( Tous les hommes recherchent le bonheur, même celui qui va se 'pendre )) (Pascal).Mais Dieu ne nous a pas créés pour un « bonheur )) puisé dans les sensations: au niveau de la chair le bonheur n’est jamais que plaisir, c’est-à-dire la satisfaction d’un besoin ou d’une tendance, donc quelque chose de partiel (Initiation Thêol., tome III, 1952, p.80).Dieu ne nous a pas créés pour une possession décevante de la terre, bientôt nous n’en occuperons que les quelques pieds dont il est besoin pour un cercueil.Dieu nous a créés pour nous faire goûter son bonheur trinitaire:
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