L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1956, Mars
t MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR IIIe SERIE Volume 15,^Numéro 7 — QUÉBEC MARS 1956 '.' * * * * ., ' ' mm, 'V ¦ S iS:;i .¦ i !.; ; • i ¦ • f ' HRiHWflIII DEPARTEMENT L'INSTRUCTION PUBLIQUE Accusés de réception ÉDITIONS BOURRELIER, 55, rue St-Placide, Paris-6e.Le Cours Élémentaire.La série des Cahiers de Pédagogie Moderne « Les Étapes Scolaires ».Publiée sous la direction de P.Chardon, L.Defond, P.Durand.Ce cahier est rédigé par des collaborateurs.1955.174 p.24 cm.Collection « Primevère » : Lafitte, Louis.Le mystère de la pointe du phare.Elustrations de Maggie Salcedo.1955.153 p.18 cm.Waisbard, Roger et Simone.Chiquita Toréador.Illustrations de Françoise Esta-chy.1955.190 p.18 cm.Collection (( Marjolaine »: Audrix, Claire.Fontugne, Christian.Nie et Nick.Illustrations de Christian Fontugne.1955.155 p.18 cm.Clair, Andrée.Le mur gris de toutes les couleurs.Illustrations de Éliane Cabané.1955.157 p.18 cm.Vildrac, Charles.La Colonne.Illustrations de Jean Terles.1955.141 p.18 cm.Vivier, Colette.La porte ouverte.Illustrations de Françoise Estachy.1955.189 p.18 cm.Préhistoire : Leroi-Gourhan, André.Les hommes de la Préhistoire.Les Chasseurs.[cl955].Index.127 p.19.5 cm.FERNAND NATHAN, Éditeur, 18, rue Monsieur-le-Prince, Paris-(VI)«.Chatel, J.et A.Le nouveau livre unique de Lecture et de Français.Premier livre de lecture courante.Fin de cours préparatoire.Lecture — Élocution — Vocabulaire — Exercices.[1955].160 p.ill.en coul.Liste de volumes: 8 p.ill.21.5 cm.Chatel, J.et A.Le nouveau livre unique de Lecture et de Français.Cours élémentaire (lre année).Lecture — Grammaire — Vocabulaire — Orthographe — Rédaction.[1955].224 p.ill.en coul.Liste de volumes: 8 p.21.5 cm.Chatel, J.et A.Le nouveau livre unique de Lecture et de Français.Cours moyen (2e année).Lecture — Grammaire — Orthographe — Vocabulaire — Compte rendu de lecture — Rédaction.320 p.ill.en coul.Table des lectures.21.5 cm.David.Ferré.Poitevin.Histoire.Grands faits et récits.Cours moyen.lre année.1955.192 p.front, ill.en coul.22 cm.Liste de volumes: 8 p.ill.Godier, A.Moreau, S.et M.Leçons de choses.Exercices d’observation.Cours moyen et supérieur, 8e et 7e des Lycées et collèges.[1955].192 p.front, ill.en coul.23.5 cm.Lombardy, Georges.Jolly, Dominique-André.Pages d'action Lectures.Cours moyen et supérieur.Classe de 7e.1955.256 p.front, ill.22 cm.Paitrault, Ph.Mon Arithmétique.Cours moyen, lro et 2° années.Classes de 8® et 7e.1955.232 p.front, ill.en coul.Liste de volumes: 8 p.ill.FIDES [Les Éditions].Montréal.Paris.Baudoux, S.Exc.Mgr Maurice.Martin, R.P.Paul-A., c.s.c.Le livre français dans l’Ouest canadien.Allocutions prononcées le 2 octobre 1954, lors de la bénédiction de la nouvelle librairie de Fides à Saint-Boniface.16 p.ill.21 cm.Gouin-Décarie, Thérèse.Le développement psychologique de l’enfant.Causeries de Radio-Collège (1952-1953).[1953].177 p.front.20 cm.Lessard, abbé Camille.Le Pèlerinage de la grande misère.Souvenirs vécus 1940-1944.[1955].261 p.Notes biographiques, p.4 de la couverture, portr.20.5 cm.NELSON fl Gascon, Adélard.Carrière, Laurier ill.20 cm.CANADA (Bureau fédéral de la Statistique), front, ill.Index.22 cm.S ED Km Héjk l'Eirji % k 5'3 %5I k (L n\.La Vie canadienne.1954.384 p.front.Canada 1955.Édition française.308 p.Am; Nli %éj Hre itapes Mi: Vol.XV, N° 7, mars 1956, QUÉBEC.Stî' SOMMAIRE Co»' J C®' EDUCATION ET FORMATION Editorial, Une année avec Pie XII, Cécile Rouleau, p.490.— N.N.Pie XII fête son 80e anniversaire, Georges Huber, p.499.— Par la femme, le péché., Armand Croteau, ptre, p.503.— Réflexions sur l'enseignement de l’histoire, André Lefebvre, p.510.— Le coin des Écoles rurales, l'Ecole du rang à une époque critique de notre histoire, Léopold Poulin, p.512.— Initiation à la phonétique, chapitre Y, Mot phonétique.Accents, Rythme, Richard Rergeron, p.514.— Initiation à la phonétique, chapitre VI, L'intonation et quelques phénomènes secondaires, Richard Rergeron, p.518.— Samuel de Champlain, héros national du Canada, Modèle de la Jeunesse canadienne, G.-E.Marquis, p.522.LEÇONS-TYPES Religion; « Le Catéchisme par l’image », Le saint sacrifice de la Messe, 3e à la 7e année, p.525.Langue française; 5e année, p.531; 8e et 9e années, p.532; 11e année, Explication de texte, Le Saint-Laurent, A.R.Routhier, p.544.Langue seconde; « L'Anglais au cours supérieur », Roger Hénault, 10e année, p.548; 11e et 12e années, « Build your own log-cabin », p.550.Mathémat iques; 4e et 5e années, p.554; 6e et 7e années, p.555; 8e et 9e années, p.558; 10e année, p.559; 11° année, p.561; 12« année, p.563.Sciences; 10e, 11e et 12e années, Les métaux et les métalloïdes, p.565.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Directives concernant les cours post-scolaires, Rrevets, Classe R et Classe A, Inscription des élèves, Andre Raymond, p.570.— Journée des fondateurs de l’Eglise Canadienne, p.547.— Littérature pour les Jeunes, Clair, André: Le mur gris de toutes les couleurs, Marguerite Coulombe, p.569.f- Accuses de reception, p.2 de la couverture.— Chronique de Pédagogie, Rona Arsenault, l’Acadie des Ancêtres, Maurice Lebel, p.3 de la couverture.— Cours de Phonétique à la Radio, p.4 de la couverture. 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars ÉDITORIAL Une année avec Pie XII par Cécile Rouleau, directrice de V1"1 Enseignement Primaire” l'occasion du 80' anniversaire de Sa Sainteté Pie XII, « L’Enseignement primaire » veut, de concert avec ses lecteurs, rendre hommage au Saint-Père, en rappelant quelques unes de ses multiples directives données au cours d’un règne que Von souhaite se voir prolonger plusieurs années encore.Les allocutions prononcées en 1951, année qui a suivi l'Année Sainte, ont retenu notre attention.Toutefois, pour rappeler l'activité débordante déployée par le Saint-Père, meme en 1951, alors que le rythme d'un travail ardu n'est aucunement ralenti, quoique les lourdes charges imposées par les cérémonies et les audiences de l’Année Sainte eussent justifié une retraite, nous citerons, par ordre chronologique, les multiples circonstances où le domaine de l’éducation fut l'objet des préoccupations du Chef de l'Église.LE 2 JANVIER 1951, AUX UNIVERSITAIRES DE MUNICH « La guerre et Vaprès-guerre ont considérablement rapproché l'intellectuel de l'ouvrier; et même parmi vous, il y a certainement des étudiants qui doivent travailler pour vivre.Faites de nécessité vertu.Pensez que plus tard, vous appartiendrez aux professions dirigeantes.Ce ne peut donc être pour vous qu'un avantage d'avoir partagé les conditions de vie de ceux dont vous serez les guides.» « Mais si dans la profession dirigeante à laquelle vous aspirez, vou ' voulez accomplir votre tâche comme il faut, vous devez avant tout être des hommes religieux.De tels hommes seuls peuvent guider vers le bien corn- 1956 ÉDITORIAL 491 mun, et seule une communauté de croyants peut être guidée selon les exigences de la dignité humaine.Or, Vétude et la science peuvent, sous tous les rapports, confirmer la valeur de la foi en Dieu et en sa révélation, et la solidité de ses fondements.Cest là leur fonction naturelle.Témoignez par votre parole et votre vie que le savoir conduit à une foi vivante.» LE 3 JANVIER 1951, AUX UNIVERSITAIRES D’ATHÈNES « P ouvrions-Nous en, ce moment où Nous goûtons la joie que Nous cause votre visite, ne pas évoquer ici le souvenir de ce prince de V intelligence, Aristote, dont le nom est à jamais inséparable de celui de Thomas d’Aquin ?» « Socrate, Platon, Aristote ! lumineuse constellation au zénith de la pensée humaine ! Chronologiquement, elle semble si loin du siècle présent ! En réalité, elle est toute proche, car la vérité immuable transcende le temps; elle est d’une permanente et impérissable actualité.» « Soyez fiers, Messieurs, d’être les héritiers de cette admirable sagesse, honneur de votre patrie.Puisse-t-elle vous faire toujours mieux connaître, toujours mieux servir, toujours mieux aimer, dans sa plénitude, la divine Vérité ! » LE 25 JANVIER 1951, UN RADIOMESSAGE AUX ÉCOLES CATHOLIQUES DES ÉTATS-UNIS POUR LEUR DEMANDER DES SECOURS POUR LES VICTIMES DE LA GUERRE Après avoir raconté la conversion de Saul, le Saint-Père fait l’allégorie suivante: « N’entendez-vous pas la voix secrète et claire parler à votre cœur: mon enfant, mon enfant, pourquoi me négliges-tu ?Qui es-tu Seigneur ?demandez-vous.Et la voix répond: Je suis Jésus que tu négliges dans les enfants du monde torturés, abandonnés et sans défense.Dès que vous aurez réalisé cela, si vous L’aimez, vous vous empresserez certainement à leur venir en aide.Nous en sommes sûr.» « Le temps de Carême est proche et son esprit de pénitence en souvenir de la Passion du Christ vous stimulera à être généreux.Mais avant tout.Nous vous demanderons de prier, de prier pour cette jeunesse dans le besoin et ces enfants orphelins.Ne pouvez-vous aller chaque jour à la messe pendant le Carême et offrir le saint Sacrifice pour eux ?Combien d’entre vous pourrojit communier chaque jour ?Alors, quand Jésus sera votre 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars hôte personnel, en vous, vous lui direz combien vous aimez les enfants du monde entier, spécialement les jeunes victimes innocentes de la cruelle guerre, et pour votre ardent amour.Il les aidera.Si vous faites cela, sachez que vous consolerez aussi Notre cœur paternel qui est lourdement oppressé par la tristesse et l'angoisse pour ces petites créatures du Christ.» LE 24 FÉVRIER 1951, À L’OCCASION DU IVe CENTENAIRE DU COLLÈGE ROMAIN « L'Expérience faite principalement au cours du siècle dernier ne devrait plus laisser aucun doute au sujet des bienfaits qui proviennent de Vécole guidée par des principes catholiques: en revanche elle devrait remplir d'angoisse tout esprit sachant penser avec un sens des responsabilités à une si tendre jeunesse, devant les ruines qu'apporte aux individus et à la société l'école sans Dieu.» LE 26 MARS 1951, À L’UNION DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC DE FRANCE, SUR L’IMPORTANCE DU DÉVELOPPEMENT DE LA VIE SPIRITUELLE « Votre force apostolique émane visiblement de l'exemple que vous donnez de votre foi et de votre conduite éminemment chrétienne; elle émane invisiblement de la surabondance de votre vie intérieure surnaturelle, qui se déverse sur toutes les âmes, à commencer par celles qui vous sont les plus proches, qui vous sont pour une bonne part confiées.» « Il est impossible à qui que ce soit d'exposer avec ampleur et impartialité l'histoire des événements et des institutions sans que, en dehors même de toute présentation, de toute insinuation dogmatique ou apologétique, on y voie briller, dans une clarté surhumaine, la lumière du Christ et de son Église.)) LE 28 MARS 1951, À DES UNIVERSITAIRES ALLEMANDS « Comme celle de son Fondateur, la voie de l'Église est semée de douleurs; elle doit avoir à son centre un signe qui marque le sens de la croix-Or, la croix signifie libération, résurrection, vie éternelle.Ces trois mots sont pleins de vérité et de promesses pour les hommes de bonne volonté.» « Puisse le Christ crucifié et vraiment ressuscité, vous communiquer sa grâce avec surabondance, pour votre vie intérieure spirituelle et pour votre activité professionnelle.» ÉDITORIAL 493 LE 19 AVRIL 1951, AUX FEMMES CATHOLIQUES DE SUISSE « Une solution d'ensemble a été trouvée au grand problème des Ligues féminines: assurer à la femme la place et les droits qui lui reviennent dans l'ordre social et dans la vie publique, selon les exigences chrétiennes.Resteront toujours les deux autres buts à réaliser: former la jeune fille et la jeune femme et les préparer aux tâches qui les attendent, avant tout dans la famille et les tirer de leurs difficultés.Nous entendons avant tout les difficultés d'ordre religieux.Faites tout ce qui vous est possible pour maintenir parmi les femmes suisses, la foi chrétienne dans toute sa pureté, sa vitalité et sa force.» LE 1er MAI 1951, POUR LE 4e CENTENAIRE DE L’UNIVERSITÉ DE LIMA « Aucune contradiction ne peut, en effet, exister entre la foi et la vraie science, car elles sont toutes deux issues de Dieu, source de la vérité; bien plus, si elles sont fraternellement unies, elles permettront, par leur force et leur lumière, au genre humain d'atteindre au bonheur temporel et éternel.Il faut donc estimer grandement les sciences et les arts humains qui, avec Vobservance des lois honnêtes, procurent tant de profit et de joies dans la vie; mais il faut estimer davantage la foi, compagne de la sainteté, foi qui « atteint Vinaccessible, connaît les choses cachées, saisit Vimmensité, embrasse les choses les plus merveilleuses, enfin encercle en quelque sorte l'éternité même dans son vaste sein ».LE 3 MAI 1951, AUX MEMBRES DE L’ACTION CATHOLIQUE ITALIENNE « Il ne serait pas admissible de voir les chefs de l'Action Catholique être comme les manipulateurs d'une centrale électrique devant le tableau de commande, attentifs seulement à lancer ou à interrompre, à régler ou à diriger le courant dans le vaste réseau.» « Ils doivent surtout exercer une influence morale personnelle, qui sera la conséquence normale de l'estime et de la sympathie qu'ils sauront se concilier et qui donnera du crédit à leurs suggestions, à leurs conseils, à l'autorité de leur expérience, chaque fois qu'il s'agira de mettre en mouvement les forces catholiques prêtes à l'action.» LE 4 JUILLET 1951, À L’OCCASION DU CONGRÈS INTERAMÉRICAIN D’ÉDUCATION CATHOLIQUE « Le divin Maître, Voie, Vérité, Vie, a fondé son Eglise sur une doctrine révélée, une loi positive et un magistère vivant.En une époque où l'on exalte 494 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars tant la liberté, la pédagogie catholique insiste pour rappeler que Vexercice de la liberté est limité, dans son origine, par les devoirs inaltérables inhérents à notre condition de créature.» « Que les éducateurs catholiques ne craignent pas de compléter la notion de liberté avec Vaffirmation de la responsabilité qui englobe la première en la subordonnant, cependant, au respect dû au prochain, aux supérieurs et au Créateur.» « Que les éducateurs catholiques ne se laissent pas corrompre par les erreurs que certaines théories modernes, infectées de matérialisme, sont en train d’introduire dans le domaine de Véducation.Les sages préceptes de Vhumanisme chrétien, en insistant davantage sur la formation que sur la multiplicité des connaissances, et davantage sur Véducation que sur le seul enseignement éviteront le danger de ces philosophies qui ont entraîné beaucoup à un déplorable pragmatisme.» LE 5 AOÛT 1951, AU IVe CONGRÈS INTERAMERICAIN DE L’ÉDUCATION CATHOLIQUE Pie XII souligne Vimportance de V éducation de Venfance: « Lenfant, Vadolescent — on Va déjà dit et bien dit — est une « espérance »: espérance qui promet, pour la famille, pour la patrie, pour toute la société humaine, mais en même temps, précieuse espérance de VEglise, du ciel et de Dieu Lui-même, à l'image et à la ressemblance de qui il a été fait, fils de qui il est ou il doit être.» La formation religieuse est indispensable: « L éducation qui s'abstient d'être morale et religieuse est mutilée dans sa plus grande et meilleure part, néglige les plus nobles facultés de l'homme, renonce aux énergies les plus puissantes et les plus vitales et finit par déformer, mêlant les incertitudes et les erreurs à la vérité, les vices à la vertu et le mal au bien.Aujourd'hui, les meilleurs éducateurs le voient, le sentent et s'efforcent de remédier aux déficiences passées, perfectionnant les méthodes et cherchant parfois laborieusement une éducation nouvelle.Mais il n'y a qu'une vraie morale et une vraie religion, comme il n'y a qu'une seule Vérité fondamentale et substantielle, Dieu; révélée, le Christ; conservée et enseignée sans erreurs ni lacunes, l'Eglise Catholique.Il n'était pas catholique le penseur qui a dit: « Le catholicisme, voilà la plus grande et la plus sainte Ecole de Respect que vit jamais le monde ». 1956 ÉDITORIAL 495 L’école doit poursuivre la formation religieuse: « Voilà le premier, le plus grand devoir qui incombe aujourd’hui à l’éducateur catholique: suppléer à la déficience de l’école familiale.» « Votre éducation doit graver dans Vadolescence l’image définitive du Créateur, selon le modèle du Fils Premier-né de toute la création, et lui donner une trempe si solide qu’elle ne s’émousse pas et mieux encore qu’elle devienne meilleure une fois lancée dans le tourbillon de la vie civile et sociale de tous les jours, c’est-à-dire: dans un monde traversé en tous sens par des propagandes habilement organisées, par des intérêts opposés qui ne distinguent pas le juste de l’injuste, le moral de l’immoral; où l’on entend si souvent les erreurs les plus absurdes érigées en maximes de vie honnête; où le rythme même de la vie de plus en plus essoufflant entraîne l’homme et le tient penché sur les intérêts matériels du moment fugitif sans lui laisser le temps de se redresser pour regarder le ciel, chercher sa voie, penser aux intérêts éternels.» LE 15 AOÛT 1951, AUX UNIVERSITÉS DE GRÈCE « Souvenez-vous de ces géants de la pensée, vos illustres ancêtres, ces génies dans l’histoire spirituelle de l’humanité; ils reconnaissaient les droits de Dieu et défendirent ces valeurs morales fondamentales sans lesquelles ne peuvent subsister ni la dignité de la personne humaine, ni le vrai bonheur des peuples.Dans les batailles de l’esprit qui se livrent aujourd’hui, restez fidèles à ces saintes traditions ! » LE 14 SEPTEMBRE 1951, AUX RELIGIEUSES ENSEIGNANTES Nécessité de comprendre la jeunesse et de se faire comprendre: « Comprendre la jeunesse: cela ne signifie pas, certes, tout approuver et tout admettre dans ses idées et dans ses goûts, dans ses caprices fantasques, dans ses enthousiasmes factices; mais cela consiste avant tout à discerner ce qu’ils ont de fondé et à le reconnaître loyalement, sans regret ni dépit; cela consiste ensuite à chercher l’origine des déviations et des erreurs, qui ne sont souvent que la tentative infortunée de solution de problèmes réels et difficiles; enfin, à suivre avec attention les vicissitudes et les conditions du temps présent.» « Se faire comprendre: ce n’est pas adopter les abus, les imprécisions, les confusions, les néologismes équivoques du vocabulaire ou de la syntaxe; mais c’est exprimer sa pensée clairement, sous une forme variée et toujours exacte, en cherchant à deviner celle des autres et en tenant compte de leurs difficultés et de leur ignorance ou de leur inexpérience.» L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Une éducatrice doit se vouer tout entière à V œuvre d'éducation: « La jeune fille moderne ! Mieux que beaucoup d'autres, vous pouvez mesurer les problèmes encore sans solution et les sérieux périls qu'ont apportés les récents bouleversements du monde féminin et la brusque introduction de la femme dans tous les domaines de la vie publique.Y eut-il jamais une époque comme la nôtre, où la jeune fille ait dû être gagnée et préparée intérieurement selon sa conviction et sa volonté, à la cause du Christ et à une conduite vertueuse, en sorte qu'elle demeure fidèle, malgré toutes les tentations et tous les obstacles, à commencer par la modestie du vêtement, jusqu'aux questions les plus graves et les plus angoissantes de la vie ?» « Que jamais des avantages matériels, l'autorité de la personne, la richesse, la puissance politique ou d'autres considérations semblables vous induisent à renier votre idéal d'éducation et à devenir infidèles à votre mission.Un examen de conscience durant votre Congrès peut se révéler fort salutaire.Cette exhortation paternelle n'est inspirée que par Notre bienveillance envers vous, parce que vos soucis sont également les Nôtres.» LE 14 OCTOBRE 1951, AUX PARTICIPANTS DU 1er CONGRÈS DE L’APOSTOLAT LAÏC Prêtres et laïcs doivent collaborer fraternellement: « D'une manière générale, dans le travail apostolique, il est à désirer que la plus cordiale entente règne entre prêtres et laïcs.L'apostolat des uns n'est pas une concurrence à celui des autres.» « L'appel au concours des laïcs n'est pas dû à la défaillance ou à l'échec du clergé en face de sa tâche présente.Qu'il y ait des défaillances individuelles, c'est l'inévitable misère de la nature humaine, et l'on en rencontre de part et d'autre.Mais, à parler en général, le prêtre a d'aussi bons yeux que le laïc pour discerner les signes du temps, et il n'a pas l'oreille moins sensible à l'auscultation du cœur humain.Le laïc est appelé à l'apostolat comme collaborateur du prêtre, souvent collaborateur très précieux, et même nécessaire à raison de la pénurie du clergé, trop peu nombreux, disons-Nous, pour être en mesure de satisfaire, lui seul, à sa mission.» Il est faux de vouloir limiter l'action de l'Église aux œuvres pieuses: « Nous vous félicitons de votre résistance à cette tendance néfaste, qui règne chez des catholiques, et qui voudrait confiner l'Église dans les questions dites « purement religieuse »: ce n'est pas qu'on se mette en peine de savoir 1956 ÉDITORIAL 497 au juste ce qu'on entend par là; pourvu qu'elle se terre dans le sanctuaire et la sacristie, et qu'elle laisse paresseusement l'humanité se débattre au déhors dans sa détresse et ses nécessités, on ne lui demande pas davantage.» « L'Action Catholique ne doit pas entrer en lice dans la politique de parti.Mais, comme Nous le disions aussi aux membres de la Conférence Olivaint, « autant il est louable de se tenir au-dessus des querelles contingentes qui enveniment les luttes des partis ., autant il serait blâmable de laisser le champ libre, pour diriger les affaires de l'État, aux indignes ou aux incapables ».Jusqu'à quel point l'apôtre doit-il et peut-il se tenir à distance de cette limite ?Il est difficile de formuler sur ce point une règle uniforme pour tous.Les circonstances, la mentalité ne sont pas les mêmes partout.» LE 14 NOVEMBRE 1951, AU COMITÉ INTERNATIONAL POUR L’UNITÉ ET L’UNIVERSALITÉ DE LA CULTURE « C'est ainsi que les peuples, loin de se faire concurrence, et de s'opposer entre eux, prendront goût à se compléter mutuellement, chacun apportant ses dons et chacun bénéficiant des dons de tous les autres.» « Vous l'avez heureusement compris, Messieurs; vous avez compris combien sont stériles, combien désastreux, plutôt sont les efforts de trop d'utopistes, qui prétendent établir l'unité grâce au nivellement par en bas.Cette unité si désirable, vous aspirez, vous, à la réaliser par en haut, aidant chaque nation, chaque peuple, à s'élever avec ses caractères propres, ses richesses matérielles et spirituelles respectives, vers les sommets.Mais vous avez compris aussi, et vous le déclarez bien haut avec une noble fierté, que cette unité ne tendra vers sa perfection que dans la mesure où elle se cherchera en Dieu, dans la charité éclairée par la science, selon la vérité unique de l'Évangile, sous la conduite de l'Église une et sainte.» Et voilà terminée la revue des principaux documents pontificaux de l'année 1951.Puissent ces divers passages nous rappeler la richesse de documentation que forme l'ensemble des messages, lettres, allocutions, encycliques qui émanent du Vatican, nous inciter à en garnir nos bibliothèques et à en nourrir nos esprits-Meme dans cette seule sphère éducationnelle, la diversité des aspects sous lesquels l'éducation est envisagée, suivant la nature du groupe d'auditeurs, est une preuve non équivoque de la portée universelle de ces écrits. 498 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars En ce jour anniversaire, nous voulons ojfrir un hommage au Saint-Père, avons-nous dit.Pourquoi notre résolution de vivre de la pensée pontificale ne serait-elle pas un « serment de fidélité » ?Hommage très simple, mais combien sublime si nous en considérons Vobjet et les conséquences ! En effet, la mise en pratique de ces nombreux et judicieux conseils, la diffusion de cette parole, vrai flambeau intellectuel, prodigieux rayonnement de sainteté ne peuvent-elles pas témoigner de notre vénération et de notre docilité filiales à V égard de Vauguste personne de Sa Sainteté, de ces directives très claires, vérités doctrinales et morales consignées dans les documents précités ?« Vivre de la pensée de Sa Sainteté Pie XII, que ce soit notre serment de fidélité dont les bénéficiaires seront les « enfants » d’aujourd’hui, les « hommes » de demain.» Cécile Rouleau, directrice.Si nous aimions notre tâche quotidienne nous l’accomplirions naturellement, sans sacrifice, et le grand mot de devoir cesserait d’être l’épouvantail; mais il faut y mettre tout son cœur et c’est ce qui coûte le plus.Ls YEUILLOT. 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 499 CHRONIQUE ROMAINE S.S.Pie XII fête son 80e anniversaire par Georges Huber, journaliste, Rome.TA NE récente biographie du cardinal Schuster, le saint archevêque de Milan décédé le 30 août 1954, rapporte un fait suggestif du conclave qui élut le Pape actuel.C’était le 2 mars 1939, les voix allaient se concentrant sur le nom du cardinal Eugène Pacelli.Plus de doute désormais sur l’issue de l’élection.Le futur Pape, qui célébrait ce jour-là son 63e anniversaire, se mit en devoir de choisir un nom.Il hésitait entre Eugène et Pie.Le premier nom rappelait le concile de Florence, dont on fêtait alors le 5e centenaire, concile qui vit les églises dissidentes d’Orient revenir à l’unité catholique, l’empereur et le patriarche de Constantinople signer la bulle d’union avec le Pape Eugène IV.D’autres motifs militaient pour le nom de Pie: en reprenant le nom de son Prédécesseur, le futur Pape affirmerait son intention de continuer l’œuvre de son Prédécesseur interrompue par la mort.Consulté par le Cardinal Pacelli, le cardinal Schuster déclara, qu’il trouvait préférable le nom de Pie, expression d’un programme plus urgent.Le cardinal Pacelli se rangea à cet avis.Et une heure plus tard, à l’immense foule massée sur la place Saint-Pierre, le cardinal Caccia-Dominioni annonça une grande joie: (( Nous avons un Pape, l’éminentissime seigneur cardinal Eugène Pacelli, qui a choisi le nom de Pie XII.Qui a vécu cette heure historique, n’oublie pas l’intense émotion qui déferla sur la place Saint-Pierre: privée de Pape pendant trois semaines, l’Eglise retrouvait un Chef visible, et quel Chef! PRÉPARATION PROVIDENTIELLE Pie XII continua l’œuvre de Pie XI.Et pourtant, quelle différence entre le Pape Ratti, comme disent les Italiens, le Lombard silencieux qui s’était providentiellement initié à sa mission par de longs travaux à l’Ambrosienne de Milan et à la Bibliothèque Vaticane de Rome, et le Pape Pacelli, le distingué prélat romain, que le Seigneur avait de longue date préparé au souverain pontificat comme collaborateur de saint Pie X, Benoit XV et surtout Pie XI.Il est malaisé de donner une description adéquate d’un homme.La difficulté s’aggrave encore lorsque l’individu à décrire est une personnalité de l’envergure du Pape actuel.Relevons du moins quelques traits saillants. 500 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars HAUTE CONSCIENCE C’est avant tout la haute conscience qu’il a de sa mission de Souverain Pontife.Des amis du cardinal Pacelli affrment que son accession à la chaire de Pierre marqua son caractère.Une page de Daniel Rops décrit la solitude du Pape placé entre Dieu et l’humanité qu’il a mission de conduire vers Dieu; toute l’humanité, les chrétiens et les non-chrétiens, car tous ont été créés par Dieu et pour Dieu, et racheté par le sang du Verbe incarné.Cette conscience de sa dignité de Vicaire du Christ parait dans le recueillement du Pape en conversation avec des pèlerins: tel un patriarche de l’Ancien Testament, il semble marcher en présence de Dieu.Il aime d’ailleurs, en parlant, tenir la main gauche à sa croix pectorale.Cette conscience se traduit aussi dans son geste de bénédiction: debout, les bras largement ouverts comme pour embrasser toute la création, il semble une croix vivante.Cette haute conscience s’incarne encore dans la fermeté du Pape à défendre le droit et la vérité, a Je ne crains pas de mourir dans un camp de concentration)) dit-il à l’ambassadeur italien Alfieri, interprête de l’irritation des deux dictateurs Mussolini et Hitler contre le Chef de l’Église.Et le Pape ne change rien à sa ligne de conduite lorsqu’il apprend que Hitler songe à l’enlever.Condamnant dans l’Encyclique Humani generis des positions théologiques et philosophiques erronées.Pie XII pouvait prévoir qu’il susciterait des résistances sourdes, des réactions violentes, des insinuations irrespectueuses.Il passa outre et tint bon; (( Si je plaisais aux hommes, je ne serais pas le serviteur de Dieu ».PAS DE VACANCES Le vénérable Antoine Chevrier (1826-1879) fondateur du Prado de Lyon, voulait que par le don de soi le prêtre fût un homme mangé.Reprenant cette image, on pour- rait peut-être dire du Pape qu’il est un homme dévoré par sa mission.Depuis son élection le 2 mars 1939, il n’a pas pris un seul jour de vacances .Il pourrait faire sienne la boutade du cardinal Lercaro, le zélé archevêque de Bologne: Mon contrat de travail ne comporte pas de vacances, et c’est normal .«Si pendant » la canicule romaine, Pie XII quitte la Cité du Vatican pour Castel Gandolfo, c’est qu’à cette saison le climat de la campagne romaine se prête mieux au travail.Le Pape passe alors chaque jour plusieurs heures dans les jardins de sa résidence .à une table couverte de dossiers.Dans ce don total de ses énergies à sa mission apostolique, Pie XII est méthodique, ressemblant en cela davantage aux Germains qu’à ses compatriotes.Il suit exactement son horaire de travail.Sa ponctualité aux audiences et aux cérémonies est proverbiale à Rome: jamais il ne fait attendre ses visiteurs; moins exacts, ceux-ci parfois le font attendre .Cet esprit méthodique se révèle dans l’écriture du Pape, toujours menue et soignée, pour nombreuses que soient ses occupations.Les manuscrits du Saint-Père semblent des pages de calligraphie.LE CILICE DU PAPE Jusqu’à ses épreuves de ces dernières années, Pie XII a toujours joui d’une santé remarquable.La force de travail de Pie XII et la souplesse de sa démarche étonnaient ceux qui l’approchaient.Aujourd’hui elles ont légèrement baissé.Pie XII a dû restreindre le nombre des audiences, chères à son cœur de Pasteur avide de contacts directs avec les fidèles et le clergé, mais aussi fatigantes: aux audiences publiques, les pèlerins se disputaient et s’arrachaient parfois la main droite de Pie XII pour baiser l’anneau papal, et il 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 501 est arrivé que ces excès de piété filiale laissent des traces de sang.De ces audiences un peu tumultueuses on a pu dire qu’elles étaient le cilice du Pape .Interrogé il y a 3 ou 4 ans par des journalistes, le docteur Galeazzi-Lisi, médecin de Pie XII, a donné des détails intéressants sur l’étonnante santé du Pape: elle tiendrait, selon le praticien, à l’excellente constitution du Saint-Père, à la régularité de sa vie, à la pratique d’exercices physiques, à la frugalité des repas, enfin et surtout, au rejaillissement du moral sur le physique, une grande âme ayant nécessairement une heureuse influence sur la santé et la vigueur du corps.L’ENSEIGNEMENT Pie XII a peut-être consacré le meilleur de ses énergies à l’enseignement.A eux seuls ses discours occupent une vingtaine de gros volumes.Discours prononcés dans les circonstances les plus variées: consistoires, canonisations, béatifications, pèlerinages, assises eucharistiques, rassemblements de militants d’Action Catholique, visites de diplomates, de militaires, de parlementaires, de savants, d’éducateurs, de techniciens, de touristes, congrès nationaux ou internationaux, etc.Pie XII semble être à l’affût des occasions d’exposer la pensée de l’Église.A ce désir du Pape, conscient plus que tout autre du désarroi intellectuel du monde actuel, répond souvent, même de la part de milieux non catholiques, le désir de connaître la pensée de l’Église.Ainsi le Pape actuel a été appelé à parler aux catégories les plus diverses, des maîtres de l’école primaire aux membres de l’Académie pontificale des sciences, des banquiers, acteurs de cinéma.Il serait difficile de dire quelle profession — je parle de professions honnêtes — n’a pas entendu la parole du Chef de l’Église! TOUT CE QUI EST SAIN Deux idées maîtresses semblent inspirer le Pape dans ses discours sur des matières profanes, comme le sport, la finance, la littérature, la médecine, etc.: il reconnaît et bénit tout ce qui est sainement humain; et il le réfère toujours à la fin dernière de l’homme.L’attitude positive du Pape devant les valeurs humaines a de quoi étonner les hommes chagrins, trop enclins à exagérer le mal et à minimiser le bien.Avec une ampleur de vues magnifiques, Pie XII se plait à relever tout ce qui est valable dans les diverses activités humaines.Et il en parle avec la compétence d’un connaisseur.On admire sa capacité d’entrer dans la mentalité des représentants des diverses activités: il devient professeur avec les professeurs, musicien avec les musiciens, alpiniste avec les alpinistes.A l’entendre traiter des problèmes médicaux, des médecins ont cru se trouver en présence d’un collègue.Au fond, cette affirmation des valeurs humaines authentiques ne devrait pas surprendre, puisque, non moins que la Révélation et la Grâce, la nature saine est l’œuvre de Dieu.« Tout ce qui s’est dit de bien, est à nous, chrétiens )> écrivait au deuxième siècle de l’ère chrétienne l’apologiste saint Justin, en une formule magnifique de densité et d’envergure qu’Étienne Gilson définit (( la charte éternelle de l’humanisme chrétien ».Et saint Thomas explique que tout ce qui s’est fait dans le monde de bien s’est fait avec l’aide secrète du Verbe, qui est le Christ. 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars PRIMAUTÉ DU SPIRITUEL Mais Pie XII ne s’en tient pas là.Autant il se complait à célébrer les valeurs humaines, autant et plus encore il s’applique à les rapporter à Dieu, fin de toutes les activités de l’homme.Cette référence est capitale.L’omettre serait tronquer la pensée du Chef de l’Église.Toujours il relève la destinée ultraterrestre des habitants de cette terre et la primauté du spirituel: nous sommes en marche vers l’éternité.Ainsi, dans le discours du 8 janvier 1956 à un millier de médecins sur la position de l’Église en face de l’accouchement indolore, le chef de l’Église constate avec satisfaction les récents apports de la technique obstétrique, pour rappeler ensuite, devant certains engouements, que la charité surnaturelle prime le bien-être matériel: « Bien qu’il applaudisse aux nouvelles découvertes scientifiques et les utilise, le chrétien rejette toute apothéose matérialiste de la science et de la culture.II sait que celles-ci occupent une place sur l’échelle objective des valeurs, mais que sans être la dernière, ce n’est pas non plus la première.Même à leur égard, il répète aujourd’hui, comme jadis et comme toujours: « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice ».La plus haute, 1 ultime valeur de l’homme, elle se trouve, non dans sa science et ses capacités techniques, mais dans l’amour de Dieu et le dévouement à son service ».Devant les découvertes de la science, les conquêtes de technique et les joies de la culture, le chrétien se garde de tout enthousiasme excessif : « il les juge d’une façon positive et réfléchie, à la lumière de la saine raison naturelle, et à celle, plus vive, de la foi et de l amour, qui émane de Dieu et de la croix du Christ ».ÉCARTER ET PROMOUVOIR L’Encyclique de Pie XI sur le sacredoce {1936) rappelle cette maxime de saint Thomas d’Aquin: Dieu n’abandonne jamais son Église au point de la priver de chefs vraiment dignes: il importe toutefois d’écarter les incapables et de promouvoir les capables.On ne saurait louer tous les conclaves du moyen-âge et de la renaissnace d’avoir suivi cette sage maxime.Celle-ci a par contre présidé manifestement aux conclaves de l’Église contemporaine: quels Papes que Pie VII, Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, saint Pie X, Benoit XV et ses deux successeurs, Pie XI et Pie XII! Comme ils ont répondu aux besoins de leurs temps! L’Évangéliste saint Jean nous révèle un des plus beaux attributs de Dieu: II est l'amour, Il est celui qui brûle de donner.La papauté est un des grands dons de Dieu aux hommes: à travers ses vicaires visibles, le Christ poursuit invisiblement son œuvre au fil des siècles.Et les grands Papes sont, eux aussi, des dons de Dieu.Les hautes qualités humaines et les éminentes vertus chrétiennes des Papes contemporains sont pour le Christ des instruments idéaux à travers lesquels il continue la Rédemption.S’il est juste qu’à l’occasion de son 80e anniversaire les hommages des chrétiens montent vers la chaire de Pie XII, le Pape mangé par les âmes, il est aussi équitable que les actions de grâce s’élèvent vers le trône de Dieu, qui, dans une période cruciale, nous a donné et conservé un tel Pontife.Georges Huber. 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 503 Par la femme, le péché.Catéchisme Catholique Nos 10^-110 par Armand Croteau, prêtre, Office Catéchistique Provincial, Evêché de Saint-Jean.P J petit de l’homme naît, jouit un instant de son innocence dorlotée et s’absorbe quelques années dans ses jeux insouciants (on songe au Paradis Terrestre).Mais vite il s’éveille au désir d’expérimenter le défendu et déguste tôt ou tard la (( science )) du péché.Alors ses yeux s’ouvrent et il devient conscient de la douloureuse condition humaine, de cette tension incurable qui l’écartèlera (jusqu’à sa dernière expiration) entre la Loi inéluctable d’un Dieu invisible et les appétits chroniques de sa nature ombreuse (on pense au Paradis Perdu).De naïfs fiancés rêvent d’entente entière et de bonheur 100%, mais à peine les harmoniques de la Marche Nuptiale se sont-elles éteintes qu’ils rencontrent d’intimes désillusions: le mari se lasse des bavardages féminins, (( montée sablonneuse )) (Ecclésiastique 25.19), des colères venimeuses de sa moitié (Eccli.25.14-), de sa beauté trompeuse (Eccli.25.20); l’épouse s’irrite de la brutalité de celui qui jurait de l’aimer et du goût périodique de l’homme pour la page des sports.(( Hier le clair de lune baignait leurs épanchements romantiques mais aujourd’hui la lune peut briller toute la nuit, les mariés ne s’en soucient guère: l’homme est rentré fatigué de son travail à l’usine et se plaint du dîner brûlé, tandis que la femme lui répond de la chambre au-dessus, occupée à bercer le jeune enfant qui refuse de dormir .Partout le labeur éreintant, sur la pelle à vapeur, la grammaire anglaise ou la planche à repasser; partout la terre maudite (Genèse 3.17) qui produit à l’envi des orties luxuriantes et des chardons fidèles (Prov.24-31).Et ce noyau inchangeable du travail toujours recommencé s’ourle tenacement de séparations larmoyantes, de douleurs hospitalisées ou non, de rhumatismes et de cancers, d’arthrites ou de mastoïdites, de radotages séniles, Partout infirmeries fréquentées et hôpitaux surpeuplés, partout chirurgiens dispendieux et dentistes vrillants, partout salons funéraires inévitables et corbillards qui vous attendent.Et pour farcir ce pâté de nos laideurs cordiales, de nos labeurs essoufflants et de nos infirmités universelles, sans cesse, sur nous qui sommes pourtant nés entre deux guerres innommables, la menace d’un bombardement supernucléaire et de pulvérisations téléguidées; sans cesse les lancinants appels d’une humanité aux 80% sous-alimentée; sans cesse l’agaçante mémoire des prisonniers enterrés vivants en Corée, des fours crématoires à Auschwitz, des procès où l’on dépersonnalise complètement les accusés pour leur arracher des aveux. 504 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Le Dieu que vous dites infiniment bon a-t-il donc créé une espèce aussi pitoyable que la nôtre ?Sinon, d’où vient cette pléthore de misères humaines, cette absence totale d’homme qui ne pèche pas (Ecclé.7.20), ces penchants de crapaudière du cœur qui bat dans notre poitrine (Genèse 8.21), cette constatation lugubre de saint Thomas que (( chez nous le mal arrive plus fréquemment que le bien ))?— (( Quoique les misères actuelles du genre humain soient, absolument parlant, inhérentes à la nature humaine, si l’on tient compte de la bonne Providence divine on peut en déduire avec une "probabilité suffisante que l’humanité est viciée d’une certaine faute originelle » (Saint Thomas, C.Gentes, IV.52).On ne comprendrait rien de rien à notre souffrante espèce si l’on ne remontait à ce scandale que, jadis, une certaine femme donna â un homme, à ce Drame de l’Éden « qui n’a d’égal en importance que celui du Calvaire » (Attout), à cette sottise d’Ève et d’Adam qui, comme le Golgotha, balança le sort de toute notre race.PIEGES ACHALANDÉS Mais ce drame incommensurablement important, dont le Catéchisme Catholique traite aux numéros 104-110, n’est pas toujours enseigné dans la clarté qu’il exige.Le professeur ouvre-t-il l’Histoire Sainte ou la Genèse, il fait face à une narration très imagée où « Thistorien primitif, s'adressant à un peuple enfant encore mal dégrossi )) enveloppe quelques vérités doctrinales d’immense pesanteur dans une mise en scène hautement coloriée.Insuffisamment averti qu’il s’agit là d’un style notablement différent de celui de Luc racontant la Passion, le titulaire risque fort de négliger la doctrine théologique fondamentale pour appuyer indûment sur un serpent lourd et palpable, sur un arbre de bois et d’écorce, sur une pomme juteuse et empoisonnée .Or, à tout prix, il faut que dans ce récit il sache séparer distinctement le « film en couleurs )) et les précieuses vérités religieuses.« Donner à l’écolier l’idée que le fruit du Paradis a autant de réalité que le bois de la Croix, c’est .préparer pour plus tard un éboulement de sa confiance en la vérité de la Sainte Écriture )) (Junker).(( Il ne faut pas réaliser à la lettre les récits des premiers chapitres de la Genèse, il ne faut pas penser que le Paradis Terrestre correspond à tel endroit de notre terre, il ne faut pas obliger à croire que l’arbre de la science du bien et du mal est une espèce végétale cataloguable .» (Colomb, Aux Sources, I.89).Je ne prétendrai pas, à l’extrême opposé, qu’il faille initier nos blonds bambins aux arides discussions de l’exégèse, qu’il soit opportun de leur avouer que nous ignorons si le serpent tentateur était (a) un serpent remuant en chair, (b) une apparition de serpent dans l’imagination d’Ève, ou (c) simplement le démon (tout seul) symbolisé littérairement sous le mot commode de serpent (comme lorsqu'on dit que Marie écrase la tête du serpent): nos mioches du 4e rang se troubleraient inutilement de telles incertitudes chez leur savant maître .,.Mais je soutiens que le catéchiste,| lui, pour ne pas imposer de croire aux métaphores autant qu’aux dogmes, doit savoir clairement isoler les réalités historiques que l’Église oblige d’admettre et les images auxquelles il est loisible d’accoler un point d’interrogation.C’est pour répondre à ce besoin des titulaires de classes élémentaires que j’entreprends deux articles sur la chute d’Adam et Ève.Comme nous mettons ici le pied sur un terrain glaiseux et que j’ai déjà vu de mes yeux certains professeurs se scandaliser (« la religion change ») de quelques opinions que je dois mentionner, il ne paraîtra pas mauvais de prévenir que les positions que je vais aligner se retrouvent toutes dans les ouvrages sérieux dont la liste apparaît à la fin de cet article. 1956 ÉDUCATION ET FORMATION 505 PAS DE FRUIT ?(ou le No 104) Les créatures matérielles chantent, à leur manière limitée, la gloire de Dieu; elles font sans résistance ni mérite ce qu’U veut, elles exécutent son plan sans aucun amour.Ainsi « obéissent )) les étoiles brillantes, le caillou pesant, le lis effeuillé, le lion malcommode.Mais l’homme, lui, est libre, il est capable d’aimer volontairement, et Dieu est en droit d’en attendre une soumission expresse qui sera à la fois gloire au Créateur et source du bonheur humain authentique.Dieu donne donc dans l’Éden un commandement qui permettra à l’homme de prouver librement sa fidélité et sa reconnaissance au Créateur qui l’a gratuitement posé dans l’existence.C’est une loi qui concerne à la fois Adam et Ève: si la Genèse (2.17) ne la formule qu’au singulier, dans un chapitre où Eve ne semble pas encore apparaître parmi les fougères, on constate qu’au moment de la tentation la première femme connaît très bien la défense divine, — soit qu’elle ait été présente (silencieuse) quand Dieu l’énonça, soit qu’Adam l’ait apprise à sa femme nouvellement extraite de lui.C’est un précepte qui oblige, non un conseil facultatif de perfection: l’Écriture dit que (( Dieu donna cet ordre: Tu peux manger de tous les arbres du Jardin, mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas )) et plus loin, après la chute stupide.Dieu y rappellera qu’il s’agissait d’une interdiction sérieuse: (( Tu as mangé de Varbre do?it je t’avais défendu de manger ».C’est une loi qui oblige sous peine de faute mortelle : sa matière, pour autant qu’il s’agisse d’un fruit réel (cf plus loin), nous paraîtrait légère, mais l’obligation est grave comme le montrent à la fois le but poursuivi par le Créateur (protestation de soumission entière de sa créature) et la peine lourde qui la sanctionne (le jour où vous en mangerez, vous mourrez certainement).C’est un commandement facile à observer: en raison de son état privilégié, des dons extraordinaires reçus, le premier couple pouvait aisément se soumettre à cette défense restreinte.DANGER Le titulaire de nos classes aura grand soin de ne pas se prononcer trop catégoriquement sur Vobjet du commandement divin.Inutile de souligner, je pense, que la Bible ne parle nullement de pomme ni de figue défendues.Certains commentateurs (vg H.Lusseau) maintiennent qu’il s’agissait d’une quelconque restriction alimentaire, dans les habitudes de ce Dieu qui plus tard interdira à Noé (Genèse 9.1/.) de manger du sang.D'autres catholiques enseignent qu’il n’est pas requis de croire que l’objet interdit était du domaine de la nourriture: tel parle d’un péché de magie, — d’autres, très discrètement, opinent qu’il était question d’une abstinence temporaire du mariage (Clément d’Alexandrie, saint Ambroise, saint Zénon de Vérone, peut-être saint Grégoire de Nysse, saint Maxime le Confesseur; récemment Jean Guitton, Coppens).Je m’empresse d’ajouter que si cette dernière opinion allègue des arguments ingénieux (le fait que (( connaître » se dit dans l’Écriture du domaine conjugal, (( je ne connais pas d’homme », — la honte immédiate d’Adam et Ève qui s’aperçurent qu’ils étaient nus, — les châtiments de la femme qui sont du domaine matrimonial—), cette opinion, dis-je, n’est le fait que d’une infime minorité de catholiques, qui ne la proposent qu’avec une extrême circonspection, uniquement dans des traités techniques et jamais dans des livres de classe pour enfants.Si je prends, après réflexion, la peine de la mentionner, ce n’est donc pas, évidemment, pour qu’on la signale imprudemment à nos écoliers du Québec — ce qu’à Dieu ne plaise, — mais afin que le titulaire se souvienne, grâce au choc qu’il peut en avoir reçu, de ne jamais déterminer avec une précision trop affirmative quel était au juste l’objet du mystérieux commandement divin.Il est beaucoup plus simple, et plus sûr à la fois, d’enseigner que Dieu avait fait à nos premiers parents défense de quelque action extérieure, afin que la soumission nécessaire de leur esprit se manifestât, comme il convenait à leur nature corporelle, en 506 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars quelqu’abstention sensible.Il est beau- Catholique (No WJt-), qu’Ève et Adam de- coup plus simple de dire, avec le Catéchisme vaient - Zn + CO On peut dans certains cas, réduire les oxydes avec l’aluminium: 2A1 + Fe20s->- 2Fe + AI2O3 Voici un tableau de quelques propriétés physiques des métaux les plus usuels: 1956 LEÇON-TYPE 567 Métal Densité Fusion (°C,) Ébullition (°C.) Aluminium 2.7 659.7 2057.Antimoine 6.6 630.5 1380.Baryum 3.5 850.1140.Bismuth 9.8 271.3 1560.Cadmium 8.6 320.9 767.Calcium 1.5 842.1240.Chrome 7.2 1890.2200.Cobalt 8.9 1495.2900 Cuivre 8 9 1083 2336 Or 19.3 1063.2600.Fer 7.8 1535.3000.Plomb 11.3 327.4 1620 Lithium 0.5 186 1336 Magnésium 1.7 651.1107.Mercure 13.5 -38 8 356 5 Nickel 8 9 1455 2900 Platine 21 4 1773 5 4300 Potassium 0.8 62.3 760 Argent 10 5 960.8 97.5 231 8 1950.880 Sodium 0 9 Ktain ' 5.7 2260 Tungsten 19 4 3370 5900 Zinc 7 1 419.4 907.ACTIVITÉ RELATIVE DES MÉTAUX On constate que les métaux varient considérablement dans leur activité chimique.Le tableau qui suit indique l’ordre décroissant de cette activité électrochimique: Métal Minerai Lithium LEO Rubidium Rl^COs Potassium KC1 Baryum Ba(N03)2 Strontium Sr(N03)2 Calcium CaCOs Sodium NaCl Magnésium MgCb Aluminium Ah O 3 Manganèse Mn02 Zinc ZnO Chrome Cr203, FeO Fer Fe203 Cadmium CdS.Cobalt CoAs Nickel NiS Etain Sn02 Plomb PbS HYDROGÈNE Bismuth Bi Cuivre Cu2S Mercure HgS Argent Ag Palladium PdCh Platine Pt Or Au DÉPLACEMENT DES MÉTAUX Quand un ruban de zinc est plongé dans une solution de sulfate de cuivre il se recouvre de cuivre pendant qu’un peu de zinc entre dans la solution sous forme de sulfate de zinc: Zn + CuSOé->- ZnSO-t + Cu L’équation électronique de cette réaction peut s’écrire: Zn° — 2e->- Zn++ Cu-h- + 2e->- Cu° Le zinc est plus actif que le cuivre étant situé avant ce dernier dans la liste d’activité chimique.Il a une plus grande tendance à perdre des électrons.Ainsi, deux électrons quittent l’atome de zinc neutre qui devient un ion du zinc et l’ion zinc remplace l’ion de cuivre chargé positivement qui devient un atome de cuivre neutre, se déposant sous forme de cuivre métallique.L’ion sulfate ne subit aucun changement.De la même façon le cuivre remplacerait l’argent dans une solution de nitrate d’argent.Chaque métal de la liste peut remplacer, en solution, n’importe quel autre métal situé sous lui dans la liste d’activité chimique.L’hydrogène est inclus dans la série de déplacement des métaux.Quoique étant un métalloïde il forme des ions positifs en solution et il agit comme un métal.Les métaux au-dessus de l’hydrogène le déplacent des acides dilués, alors que les métaux au-dessous de lui ne le déplacent pas des acides. 568 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars DÉPLACEMENT DES MÉTALLOÏDES Certains métalloïdes ont la possibilité de déplacer d’autres corps en solution.Les halogènes en sont un bon exemple.Quand nous ajoutons du chlore à une solution de bromure de potassium, le brome est libéré et il se forme du chlorure de potassium : CL + 2KBr-2KC1 + Br2 L’équation électronique peut s’écrire ainsi: 2Br - 2e-2Br° 2C1° + 2e->- 2CT Le chlore étant un métalloïde plus actif que le brome, il a une grande tendance à gagner des électrons.Ainsi, chaque atome prend un électron d’un ion brome devenant alors un ion chlore.L’ion brome devient un atome neutre et s’unissant avec un autre atome de brome il forme une molécule de brome libre.LES ALLIAGES Un alliage est un mélange de deux ou de plusieurs métaux.LIabituellement ces mélanges se font quand les métaux sont à l’état de fusion.La nature de l’alliage dépend de sa structure physique.Trois classes d’alliages sont connues: 1.Les métaux peuvent être présents sous forme de mélange de cristaux comme dans le cas de l’alliage or-argent.C’est une solution solide.2.Un ou plusieurs métaux peuvent cristalliser d’une solution saturée comme dans le cas de certains alliages de cuivre et d’argent.3.Les métaux peuvent former un composé chimique défini l’un avec l’autre comme dans le cas de l’alliage « sodamalgam » qui a la formule NaHg2.D’autres composés du même genre ont les formules CusAl, FesC et Cu2Zns.A titre d'exemples voici quelques alliages importants : Composition Nom vulgaire Usages Al 90% — Mg 10% Al 95% — Cu 4% — Mg 1% Cu 90% —Al 10% Cu 75% — Sn 25% Fe 85% — Cr 15% Fe 97% — Cr 3% Ni 60% — Cu 34% — Fe 6% .Ni 60% —Cr 15% —Fe 25%.Au 75% —Cu 25% Pb 82% — Sn 3% — Sb 15% .Magnalium Duralumin Bronze d’aluminium Métal de cloche Acier inoxydable Acier chromé Métal Monel Nichrome Or à 18 carats Aliiagepour caractères d’impri-merie avions, balances avions, ustensiles instruments scientifiques cloches ustensiles filières, billes réservoirs pour acides éléments d’appar.électriques bijouterie PROPRIÉTÉS DES ALLIAGES Comme règle générale, les alliages diffèrent radicalement des métaux constituants en ce qui regarde leurs propriétés.Quelques-unes de ces propriétés sont: 1 — Dureté.Habituellement un alliage est plus dur que n’importe quel de ses constituants.Ainsi l’or pur est relativement mou, mais l’addition de cuivre en fait un alliage suffisamment dur pour être utilisé en joaillerie.2 — Point de fusion.Le point de fusion d’un alliage est plus bas que celui d’un des composants et quelquefois de tous les composants à la fois.Ainsi, le laiton, fait de cuivre et de zinc, a un point de fusion situé entre celui du cuivre et du zinc; alors que la soudure, faite de plomb et d’étain, fond à une température inférieure à celle de ses deux constituants.3 — Activité chimique.Habituellement, l’alliage est moins actif que ses constituants.Ainsi, l’amalgame de sodium (sodium et mercure) décompose l’eau très lentement alors que le sodium seul réagit vigoureusement avec l’eau.Cette propriété des alliages est utilisée pour protéger un métal de la corrosion.Par exemple, l’acier inoxydable est réalisé en ajoutant une petite quantité de chrome à l’acier pour former un alfiage.4 — Conductibilité électrique.Un alliage n’est pas un aussi bon conducteur de l’électricité que n’importe lequel de ses constituants.Sa résistance est plus grande.Cette propriété est utilisée dans le grille-pain électrique dont l’élément est fait de nichrome, un alliage de nickel, chrome et fer.5 — Couleur.Diverses combinaisons de métaux sont réalisées pour produire des alliages ayant des couleurs distinctives.Ainsi, l’addition de l’argent, du 1956 LEÇON-TYPE 569 cadmium, du fer à l’or, nous permet d’obtenir des ors blancs, verts et bleus, utilisés en joaillerie.ACTION DE L’AIR SUR LES MÉTAUX A l’exception de l’or et du platine, tous les métaux ternissent ou rouillent, résultat de l’action lente de l’oxygène, de la vapeur d’eau, du gaz carbonique et des autres substances présentes dans l’air.Quand ces forces de décomposition pénètrent dans l’intérieur du métal, le procédé est appelé corrosion.Nous en avons un exemple par l’action de la rouille sur le fer qui le rongera jusqu’à complète désintégration à moins que son action soit arrêtée par des moyens artificiels.La rouille, par son action sur le fer, nous occasionne des pertes annuelles de plusieurs millions de dollars.PRÉVENTION DE LA ROUILLE Certains métaux sont attaqués par l’air, mais il se forme un composé sur la surface du métal qui agit comme une couche de peinture interceptant ainsi Faction de l’air.L’aluminium, le plomb, le cuivre et le zinc sont des exemples de métaux qui se protègent de cette façon.Les autres métaux doivent être traités de différentes manières pour obtenir le même résultat.Les procédés suivants pour protéger le fer de la rouille en sont des exemples: 1° Couvrir le métal avec un recouvrement non métallique.On peut réaliser cela par la peinture, l’huile, l’émail ou en recouvrant avec une mince couche de l’oxyde du métal à protéger.2° Couvrir le métal avec une couche d’un métal plus résistant.Ceci est accompli en recouvrant avec du zinc (galvanisation), avec de l’étain (étamage) ou par galvanoplastie avec le cuivre, le nickel ou le chrome.3° Alliage avec d’autres métaux.L’acier est rendu inoxydable en l’uinssant au chrome.La silice est ajoutée au fer pour former le duriron qui ne rouille pas.LITTEMA T U RE POUR LES JEUNES Clair, Andrée: Le mur gris de toutes les couleurs.Illustrations de Eliane Cabane.Paris, Éditions Bourrelier, 1955, 157p.20cm.{Collection (( Marjolaine ))).Les fillettes, de 8 à 12 ans, peuvent parfois cultiver des fleurs et changer tout l’aspect d’un coin de jardin triste et dénudé, telle que cette jeune admiratrice de la belle nature qui, à force de ténacité, réussit à mettre à contribution la bonne volonté de ses parents et de ses amis.Aidée par eux, elle transforme (( un mur gris situé dans la cour d’un immeuble parisien )) en un pan embelli de plantes fleuries aux multiples couleurs.Marguerite Coulombe, Bibliothécaire. 570 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars RENSEIGNEMENTS et DIRECTIVES Directives ccmcemant les Cours Post-scolaires BREVETS CLASSE B ET CLASSE A Inscription des élèves L'école normale a la responsabilité d’admettre aux cours post-scolaires, pour l’obtention d’un nouveau brevet, les seuls candidats pourvus des qualifications requises.Admissibles aux cours du brevet classe “B”: Les candidats et candidates pourvus du brevet classe “C”.(Voir également article 278 et 279 des nouveaux règlements des écoles normales.) Admissibles aux cours du brevet classe “A”: En 14e année spéciale: Les candidates pourvues des brevets supérieur, académique, supplémentaire.Les candidats pourvus du brevet complémentaire.(Il est actuellement plus avantageux d’obtenir le brevet supérieur, puis de s’inscrire en 15e année spéciale.) En 15e année spéciale: Les candidats pourvus du brevet supérieur.Les candidates qui ont terminé les cours de la 14e année spéciale.(Le cours de philosophie 11 peut être suivi même si l’on n’a pas terminé la 14e année.) En deuxième philosophie-pédagogie: Les candidats ou candidates qui ont obtenu le certificat temporaire classe “B” après avoir terminé le cours de première philosophie-pédagogie à l’école normale.N .B.— Tous les cours suivis ou examens réussis seront annulés si les candidats ou candidates ne satisfont pas aux exigences énumérées plus haut.FICHE D’INSCRIPTION Dès le début des cours, l’école normale doit demander le nombre de fiches d’inscriptions nécessaires en s’adressant au Chef des examens officiels.Qui doit remplir cette fiche ?Tous les candidats ou candidates qui s’inscrivent pour la première fois aux cours post-scolaires du brevet classe “A”, ou du brevet classe “B”. 1956 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 571 LES COURS Autorisation : Les cours post-scolaires pour l’obtention des brevets classe “A” et classe “B” doivent être autorisés par le Département de l’Instruction publique; tout autre cours ne peut être crédité sans une permission spéciale.Équivalences: Des équivalences peuvent être accordées pour des cours suivis avant septembre 1954, sur présentation d'attestations officielles contenant la matière étudiée, le nombre d’heures et le résultat de l’examen.Présence: Les présences aux cours doivent être contrôlées avec soin, compilées sur les formules spéciales fournies par le Département et inscrites sur le bulletin.EXAMENS DE L’ÉCOLE L’école normale doit organiser un ou des examens à la suite des cours autorisés.Seuls les élèves qui ont suivi au moins 75% des leçons ont le droit de subir l’examen.Un minimum de 55% est exigé pour chaque matière.Les résultats seront inscrits sur les bulletins dont il est question plus bas.EXAMENS OFFICIELS Les élèves inscrits au cours du brevet classe “B”, en 15e année spéciale et en deuxième philosophie-pédagogie doivent subir l’examen officiel du Département lorsqu’ils ont terminé les cours et les examens sur un groupe de matières.Il faut s'inscrire à ces examens officiels avant le 15 avril -pour la session de juin et avant le 15 juillet pour la session d'août.Pour s’inscrire aux examens officiels, il faut: 1.Indiquer clairement le groupe des matières sur lequel on désire subir l’examen; 2.Indiquer à quel cours ou pour quel brevet l’élève est inscrit (brevet classe “B” 15e année spéciale, deuxième philosophie-pédagogie) ; 3.Indiquer à quelle école on désire subir l’examen; 4.Indiquer son adresse personnelle.N .B.— Lorsque l’examen officiel est laissé à l’école normale, on suivra les directives qui seront adressées aux écoles normales pour les élèves réguliers, questionnaire approuvé par le Service des écoles normales — date de l’examen — résultat transmis au Chef du service des examens officiels.BULLETIN DE NOTES Les notes obtenues à la suite de l’examen à l’école ainsi que les présences aux cours doivent être inscrites sur des bulletins fournis aux écoles normales par le Service des examens officiels.Pour chaque session, on expédiera au Service des examens officiels deux bulletins par candidat, pour chaque catégorie de cours.Ces bulletins ne doivent être remplis que pour les élèves: 572 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars 1.Qui satisfont aux conditions d’admission.2.Qui ont suivi au moins 75% des leçons.Il faut avoir bien soin d’inscrire les notes et les présences sur le bulletin correspondant à la catégorie des cours suivis par l’élève.Le cas suivant servira d’exemple.Les cours (( orientation professionnelle » et (( diagnostic et enseignement correctif )) sont organisés par l’école normale de x.Comme ces deux matières sont au programme de la deuxième pédagogie, trois groupes différents d’élèves peuvent s’inscrire à ces cours.Groupe 1: Ces candidats pourvus du brevet classe “C” obtenu à l'école normale sont admis au cours post-scolaires du brevet classe ‘‘B” (deuxième pédagogie); les notes et présences seront inscrites sur des bulletins “deuxième pédagogie-post-scolaire.Groupe II: Ces candidats sont admis aux cours post-scolaires de 15e année spéciale.Les notes et présences seront inscrites sur des bulletins « 15e année spéciale-post-scolaire.)) Groupe III: Ces candidats, pourvus du certificat temporaire classe “B” à l’école normale, sont admis aux cours post-scolaires de deuxième philosophie-pédagogie.Leurs notes et présences seront inscrites sur des bulletins
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