L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1956, Avril
MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR IIBE SERIE yi n i i Volianw 15, Numéro 8 — QUÉBEC AVRIL 19S8 ;.ï r ¦ Tr i fe: •- .JOUÏiV"' L'INSTRUCTION PUBbIQU DEPARTEMENT Vol.XV, N° 8, avril 1956, QUÉBEC.SOMMAIRE La semaine de la Survivance française (20 au 27 mai) Thème: « La situation économique des Canadiens français ».ÉDUCATION ET FORMATION Message du Surintendant, Omer-Jules Désaulniers, p.574 — Éditorial, Propos sur notre vie économique, Cécile Rouleau, p.575 — Semaine de fierté nationale, Michel Savard, p.580 — Notre situation économique, Mgr Paul-Émile Gosselin, p.582 — La femme, une économiste, Reine Malouin, p.584 — Faut-il croire que l’argent est anglo-saxon et protestant?Jean-Charles Bonenfant, p.587 — Les Caisses d’épargne scolaires, Émile Girardin, p.590 — Influence des facteurs géographiques dans le développement industriel et économique de la province de Québec, Gilles Boileau, p.595 — Investissement, épargne et position économique des Canadiens français, Albert Faucher, p.599 — L’industrie de la province de Québec, James Hodgson, p.606.LEÇONS-TYPES Religion; 8* à la 12® année, Le sens chrétien dans la vie économique, p.613.Langue française; 5®, 6® et 7® années, Accord du participe passé avec « avoir », p.620; 8® et 9e aimées, Les caisses populaires Desjardins, p.622; 10®, 11® et 12® années, Explication de texte, L'économie canadienne et la guerre, Jean Bruchési, p.631.Maihémat iques; 4® et 5® années, p.637; 6® et 7® tumées, p.637; 8® et 9® années, p.639; 10® année, p.640; 11® et 12® années, p.640.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Cours de vacances pour le personnel enseignant organisés, par le Département de l’Instruction publique, André Raymond, p.642 — Université du Nouveau-Brunswick, Frédéricton, N.B., p.649 — Columbia University New-York, p.650 — Bourses d’études offertes par l’Université d’Ôttawa, &650 — Eugène Acbard, Elizabeth 1 /, reine du Canada, p.641 — Manuel de botanique, Gauvreau arcelle; Volume instructif et captivant.à lire, Audet Louis-Philippe, Le chant de la forêt, Marguerite Coulombe, p.652 — Au rayon des jeunes avec Dollard des Ormeaux (Frère Charles-Henri, i.c., Dolbeau), Albert Gervais, p.636 — Chronique de pédagogie, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture. 2 8 MAR 1956 ^ ' Je la Survivance Française ieë win miste, 1BLES DU 20 AU 27 MAI «étec, osai!, H'el Oï; n,^ THÈME: ilore1' U SITIIATIOU ÉCOMIOIIE DES (MDIEIS FRMEAIS 7266 574 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Message du Surintendant \ EST maintenant devenu une coutume pour la revue pédagogique du Département de T Instruction publique de consacrer annuellement une édition spéciale à la Survivance française.Le thème traité cette année est la situation économique des Canadiens français.Voilà certes une question fort importante, car, on Ta souvent répété, à quoi serviraient les droits politiques et juridiques si l’on n’a pas les moyens matériels de les exercer.La puissance économique, quand on l’apprécie à sa juste valeur, est un facteur efficace d’accomplissement.Ce numéro de L'Enseignement primaire contient plusieurs articles portant sur divers aspects de notre économie.Ces textes seront d’un grand intérêt pour les membres du personnel enseignant qui, mieux informés, pourront davantage éclairer leurs élèves.Il est cependant un point particulier sur lequel je voudrais insister, celui de la fierté nationale.Le peuple canadien-français porte l’empreinte de ses origines religieuses et françaises ainsi que de ses trois siècles d’histoire.Ce sont ces traits ethniques qu’il s’agit non seulement de conserver mais de mettre en valeur.Nous sommes héritiers d’une civilisation, d’une culture et d’un humanisme que nous devons faire rayonner.Notre caractère propre doit se traduire dans tous les champs d’activité.Ainsi nous agirons sur le milieu dans le sens de ce que l’on a appelé nos « constantes historiques ».Si nous voulons que le milieu nous donne, il faut d’abord lui donner.La qualité du milieu est conditionnée par la qualité des individus qui le forment.Pour être fidèles à nous-mêmes, il importe de nous affirmer dans tous les domaines de l’activité nationale.Et cette affirmation ne doit pas se limiter aux idées et aux intentions, car les plus belles idées et les plus généreuses intentions sont vaines si elles ne se transposent pas dans la réalité quotidienne.Il appartient aux éducateurs de déposer dans l’esprit de notre jeunesse des germes de véritable patriotisme.L’éducation patriotique suppose une connaissance approfondie de ce que nous sommes et de ce qui constitue notre patrie.Alors entre en jeu le sentiment de fierté qui pousse à l’action, car un patriotisme sans fierté est comme une pâte sans levain.Notre histoire est riche de faits mémorables susceptibles d’éveiller chez les jeunes un sentiment de légitime fierté.Nos héros et nos saints sont des figures que notre jeunesse sera naturellement portée à imiter.Avec le sentiment de fierté se développera simultanément le sentiment de solidarité qui donne à l’action une force irrésistible.C’est en dirigeant cette action vers la conquête de notre part légitime dans la vie économique de la nation, sans négliger bien entendu les domaines religieux et culturels, que la nation canadienne-française atteindra son plein épanouissement.Omer-Jules Desaulniers, Surintendant de V Instruction publique. 1956 ÉDITORIAL 575 ÉDITORIAL Propos sur notre vie économique par Cécile Rouleau^ directrice de “ L'Enseignement Primaire " as l’occasion de la Semaine de Fierté nationale, nous vous présentons un numéro spécial sur « VÉconomie au Canada français ».Si ce sujet a été choisi par les dirigeants du Conseil de Vie Française, c’est qu’ils ont jugé que tous nous devons être renseignés sur la vie économique au Canada français.Ce domaine, pensent-ils, ne doit pas rester l’affaire d’un petit nombre de spécialistes, mais bien de l’ensemble des citoyens qui ont le devoir de se renseigner sur les ressources de notre Province puis de notre pays.Il est utile, voire nécessaire, d’avoir une idée exacte de l’activité économique actuelle ainsi que de l’organisation sociale et politique de chez nous en face des problèmes de l’heure et en raison de la montée rapide de l’industrie et du commerce.Les études qui suivent répondent, croyons-nous, à ce besoin.Préparés par des spécialistes, ces travaux de vulgarisation décrivent une situation de fait, en font l’analyse et en tirent des conclusions qui sont, pour nous, de précieuses informations.Ils nous apprennent l’immense travail qui s’accomplit dans le domaine économique; ils insistent sur la nécessité de sauvegarder notre capital: capital-argent, capital-ressources naturelles provenant de notre immense territoire, capital-intelligence que nous offrent la société d’aujourd’hui et de demain.« Organiser les forces, diriger les initiatives, grouper les intérêts, ne rien laisser au hasard, voilà la clef du succès.> « Pour produire davantage, apprenons les moyens d’augmenter la production et sachons où nos forces s’emploieront.1 « Quoi qu’il nous en coûte, formons des compétences et confions-leur les destinées de notre jeune pays.» (Édoum-d Montpetit) 576 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avril Ces conseils d’Édouard Montpetit, sur la qualité de nos disciplines et de nos enseignements, n’ont-ils pas un caractère permanent d’actualité ?En effet, si l’on se rapporte aux directives de ce pionnier de l’orientation de la pensée économique dans la Province, on peut trouver matière à l’application de ces principes, même en 1956 au moment où il se fait de sérieux efforts pour tirer le meilleur parti de nos virtualités économiques.Si ce grand économiste n’est plus, il vit encore par la doctrine et les écrits qu’il a laissés et par les chefs qu’il a formés.A l’occasion de la publication de ce numéro sur l’économie au Canada français, rendons hommage au remarquable économiste canadien-français que fut Édouard Montpetit.On ne saurait parler « sciences économiques » sans citer le directeur de l’École des Hautes-Études commerciales de Montréal, Esdras Minville.On lui doit d’avoir instauré un enseignement basé sur « l’observation de la réalité et sur l’adaptation de nos disciplines ethniques à notre milieu ».Ces quelques lignes de la préface de l’étude sur le « Milieu », ouvrage publié en collaboration, donnent une juste idée sur sa méthode de travail et sa façon d’interroger les faits.« .Nous pourrions nous interroger, dit-il, au sujet de la population qui est censée vivre de l’exploitation de ses ressources.En regard du sol et de ses virtualités, l’homme et ses besoins.Que conviendrait-il d’entreprendre pour réaliser ce que quelqu’un appelait récemment « l’équation de l’homme et de la terre ?» La famille, se plaît-on à redire depuis Le Play, est la véritable cellule sociale.Mais pour nous, elle a une signification plus haute encore si possible; elle est le gage de notre survivance et de nos progrès comme entité ethnique et culturelle.Or, si tant de nos familles depuis cent vingt ans ont dû émigrer, quitter le sol et le pays, serait-ce par hasard parce que notre terre se révélait trop généreuse, notre vie économique trop soucieuse de s’adapter à leur cas ?Quelle est à l’heure présente la situation de la famille canadienne-française à la ville, à la campagne, aux divers étages de la société ?Ses conditions de vie répondent-elles à ses besoins normaux, peut-elle établir tous ses enfants ?La vie économique est-elle conçue et organisée de façon à créer de larges cadres à l’établissement des nouvelles générations ?Nos lois ont-elles un souci suffisant de la préservation et du progrès de la famille: lois fiscales, lois dites sociales, loi régissant l’exploitation des ressour- ces naturelles, etc.?» « Voilà un bien faible aperçu de la multitude des problèmes qui sollicitent notre attention et que nous devons résoudre.Il y a de quoi occuper pendant longtemps des chercheurs de toutes catégories, ceux que nous comptons déjà et ceux que, d’ici plusieurs années à venir, nous pourrions former: les uns s’attachant surtout à l’aspect économique, les autres à l’aspect social, d’autres à l’aspect scientifique, mais tous en étroite collaboration et en vue d’une fin unique.» (Esdras Minville, (( Notre Milieu », p.13.) 1956 ÉDITORIAL 577 Au nombre de ceux qui ont mis leur intelligence et leur savoir au service de l’avenir économique du pays, il convient de faire une mention particulière à l’endroit du professeur, de l’historien dont tous apprécient la compétence et l’érudition.A monsieur Jean Bruchési, sous-secrétaire de la province, l’histoire en général, et l’histoire économique, en particulier, lui sont redevables de plusieurs ouvrages.Citons, entre autres, le chapitre premier de « Montréal économique ».Traitant des principaux facteurs qui influencent le développement ' économique d’une ville, à savoir, le milieu, l’homme et l’histoire, l’auteur se pose deux questions: Dans quelle mesure le milieu influence-t-il l’homme ou l’homme transforme-t-il le milieu?Jusqu’à quel point l’histoire parvient-elle à expliquer l’évolution dans un sens plutôt que dans un autre ?Après un franc exposé des faits, l’auteur en dégage des conclusions qui, sans nous faire oublier les temps héroïques du début de la colonie nous font mesurer la distance parcourue depuis.La lecture de cet article rendra service aux professeurs des écoles publiques qui ont à enseigner cette partie de l’histoire.Si l’Université de Montréal a fourni un apport précieux par ses enseignements, l’Université Laval n’est pas moins méritante.Les présentes chroniques écrites par des professeurs de cette institution, prouvent jusqu’à quel point la Faculté des Sciences sociales politiques et économiques a contribué à éveiller l’intérêt pour la recherche scientifique et à orienter les esprits vers l’organisation sociale et commerciale de l’économie canadienne-française.La Chambre de Commerce, de son côté, remplit un rôle fort appréciable en ce sens, depuis longtemps.La revue Culture, septembre 1954, publie un article très au point du secrétaire de la Chambre de Commerce de Québec, monsieur Roger Vézina.L’auteur énumère quelques-uns des facteurs qui conditionnent l’établissement d’une véritable économie canadienne.« Avons-nous la possibilité de faire mieux ?Je réponds: incontestablement oui.A quelles conditions?J’en énumère quelques-unes: « L’esprit de sécurité, souvent imposé par les obligations familiales, paralyse trop tôt chez des jeunes de talent l’esprit de risque et d’aventure.Cet état d’esprit en relègue plusieurs au rang d’employés permanents, alors qu’ils avaient l’étoffe pour devenir des chefs d’entreprise.Sur ce point, on ne doit pas oublier que si l’on ne songe pas à partir et bâtir pour soi avant trente ans, on y songe rarement par la suite.Et plus vous avancez dans la vie, plus il devient difficile de faire le saut décisif et fonder une entreprise.» « Trop de nos hommes d’affaires se laissent emballer par des premiers succès faciles.Ou ils plongent dans un agrandissement inconsidéré, ou ils augmentent leur train de vie de la même façon, immobilisant ainsi ou réduisant à néant le plus indispensable actif pour durer, c’est-à-dire le fonds de roulement.» L' E NSEIGNEM ENT PRIM AIRE Avril
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