Le lingot : un journal du Saguenay, 1 février 1952, Supplément
Le Lingot Un Journal du Saguenay La culture est une curiosité désintéressée que l'individu a de soi-même, de son milieu de ses relations avec l'univers; c'est une recheiche de ce qui a été pensé, senti, exprimé avant nous et ailleurs que chez-nous.— André SIEGFRIED Le Lingot, Arvida, jeudi 28 février 1952 Le texte qui apparaît est celui qui annunce la nomination du nouveau gouverneur général le T.H.Vincent Massey et le départ de Lord Alexander.On remarquera que cette nouvelle a été envoyée aux journaux a l'avance, mais avec instruction de ne pas la publier avant X h.:«• du soir, le janvier.M.Jean Saint-Georges, journaliste, est publicité de la Société Radio-Canada.Au mois d'août 1951, il fut prêté à la Canadian Press pour l'aider à établir son service français.Le travail d'organisation a duré quatre mois.'•A'yy?n-*.’ *** , ******* ^ ***** f:r » *** ***** xrrZl™* ^ c**mm/**«t *** » * ***», « rJs Z Z*”***"™* ™ ****** « ****n «w ^ ws «««tsso» Photo David Bier OUS êtes-vous déjà demandé ce que signifiait le sigle iPC» que l’on remarque à la première ligne de presque toutes les dépêches publiées dans nos journaux quotidiens?La plupart d'entre nous parcourons les nouvelles d’un oeil plus ou moins distrait, sans attacher d'importance à leur provenance.Et pourtant, ces deux lettres — ou d’autres du même genre — devraient frapper notre imagination, piquer notre curiosité.En effet, elles sont en quelque sorte la signature de l’information, l’indication de son origine.Les initiales PC signifient: Presse Canadienne.La Presse Canadienne est une agence d’information, une a-gence de presse parmi une bonne douzaine dans le monde.C’est sûrement la plus connue au Canada, car elle dessert à peu près 90' ; des journaux quotidiens.Le rôle d’une agence de presse consiste à recueillir des informations partout dans le monde et de les transmettre à ses abonnés le plus rapidement possible a leur tour, les journaux impriment des renseignements et les vendent à leurs lecteurs.Il y a donc deux aspects à considérer: la collecte des nouvelles et leur transmission.Au Canada, la PC est une coopérative.Elle appartient à ses abonnés, les journaux.En vertu du contrat signé avec chacun d eux, chaque journal met à la disposition de la PC toutes ses informations recueillies par ses rédacteurs dans un rayon d’environ 50 milles.En retour, la PC expédie ces informations à tous ses abonnés, sauf ceux qui sont publiés à l’intérieur de ce rayon de 50 milles.Cela protège l’exclusivité des informations recueillies par tel ou tel journal dans son territoire.Pour opérer la perception des nouvelles, la PC maintient des bureaux dans les principaux centres du pays.De plus, elle dispose de sa propre équipe de reporters là où les informations sont de nature controversée, comme les différentes législatures provinciales et fédérales.Quant aux informations qui prennent leur origine en dehors du Canada, la PC puise à même les dépêches de deux autres agences, la PA (Presse Associée) des E-tats-Unis et Reuters de Grande-Bretagne.Ces deux a-gences, en plus de ’’courir'’ leur^jropre pays, disposent de correspondants dans à peu près tous les pays au monde.La transmission de toutes ces dépêches s’opère au moyen de télétypes - ou télescripteurs - qui sont en quelque sorte des clavigraphes automatiques.Afin d’assurer une transmission simultanée à tous les abonnés, les journaux sont reliés régionalement au bureau le plus rapproché de la PC.Toutes les lettres s’impriment en majuscules à raison d'environ 3 000 mots à l’heure.Sans l’invention du télégraphe, les agences de presse n'auraient certainement pas pu se développer au rythme accéléré qui a caractérisé leur expansion depuis le début du siècle.En effet, c est surtout au moyen de fils télé- graphiques que les agences peuvent recueillir et distribuer les informations à toute heure du jour et de la nuit.Il faut évidemment ajouter à ce moyen le téléphone, le câble sous-marin et, de plus en plus, la radio à haute fréquence.Antérieurement à la Presse Canadienne, la collecte des nouvelles au Canada se faisait par l’entreprise de deux agences télégraphiques: Pacifique Canadien et Great North Western.Les télégraphistes avaient pour fonction de regarder ce qui se passait dans leurs territoires avoisinants.Toutefois, leur manque de formation professionnelle devait se trahir constamment.Pour obtenir des informations en provenance de l’extérieur du Canada, il fallait avoir recours à des sources surtout américaines.Comme, d'autre part, aucun journal canadien ne pouvait disposer de fonds suffisants pour lui permettre d’établir des postes d’écoute dans les principaux centres du Canada et de l’étranger, le besoin d'une coopérative devenait de plus en plus évident.La première entreprise du genre date de juillet 1907, alors qu’elle groupait un certain nombre de journaux de l’ouest du Canada.Quelque temps plus tard, c® fut au tour des journaux de l’est de se grouper pour la cueil- lette des informations, surtout à l’étranger.En 1910, une compagnie du nom de Canadian Press Limited fut établie à Toronto, et elle s’employa immédiatement à conclure une entente avec une organisation a-nalogue des Etats-Unis: The Associated Press.La guerre de 1914 devait donner une impulsion formidable à la jeune agence canadienne qui.pour maintenir ses services, dut faire appel au trésor de l’Etat fédéral.Le budget annuel s'établissait à environ $400 000 et le gouvernement en soldait le huitième.Le gouvernement prenait pour acquis que le service d’information était essentiel à la nation et qu’il se devait de combler le déficit provoqué surtout par la location des circuits télégraphiques.L’n 1923 cependant, la Presse Canadienne, au cours d’une assemblée mémorable, décida de ne jamais plus accepter d’argent de quelque gouvernement que ce fût et depuis, la PC vit suivant les limites de son budget.La PC offre deux services aux journaux: le service complet qui consiste en trois circuits de télétype et un service condensé d’un seul circuit.Le servies complet représente environ 86 000 mots par jour, expédiés depuis 5 heures le matin jusqu’à 3 heures le lendemain matin.Les informations touchent à tout ce qui est d’intérêt humain: nouvelles générales, religieuses, sportives, féminines.etc.Depuis toujours, c'est-à-dire depuis la fondation de la PC il y a 35 ans, les dix journaux de langue française abonnés à la PC ont reçu les dépêches comme les autres en anglais.C’est dire que chacun d’eux devait de son côté s'imposer la tâche de traduire en français.Il est inévitable que a un journal à l’autre la traduction variait au point de déformer parfois le sens des informations.A plusieurs reprises dans le passé, il est venu à l’idée des journaux français qu’il serait plus logique de faire traduire les dépêches à un point central, plutôt que de laisser à chaque journal le soin de le faire à sa façon.Dès 1923.la PC instituait un service français qui, au début, semblait satisfaire tous les abonnés.Quelques mois plus tard cependant, et ce pour des raisons plutôt économiques, le service dut être abandonné.Après la guerre, en 1945, l’idée d’un service français rebondissait à une assemblée annuelle.Mais ce ne fut qu’en 1951 que la PC décida de tenter l'expérience de nouveau.A une assemblée tenue au printemps et que dirigeait M.Hervé Major de La Presse, président de la PC pour une deuxième année consécutive, les journaux-membres furent unanimes à recommander l’établissement sans délai d’un service français.Plus d une centaine de candidats-traducteurs se présentèrent.Le 30 septembre, la premiere transmission en français était expédiée, marquant une date historique dans l’histoire du journalisme canadien.Dix journaux reçoivent le service.Ce sont: Le Droit, d’Ottawa; La Presse, La Patrie, Le Devoir et Le Canada, de Montréal; La Voix de l’zst, de Granby; La Tribun^, de Sherbrooke; Le Nouvelliste, des Trois-Rivières; et Le Soleil et L'Evénement-Journal, de Québec.Tous ces journaux sont reliés ensemble de 6 heures du matin à 1 heure de l’après-midi et de 4 heures du soir à minuit, recevant et échangeant des informations de tous genres dans leur langue.Ce n’est évidemment qu’un début.Il est à prévoir en effet que dans les années qui vont suivre, la PC française trouvera avantage à donner de l’expansion à son service en établissant des bureaux non seulement au Ca nada mais aussi à l’étranger afin de fournir à nos quotidiens - et, par ricochet, à la radio de l’expression fran-, çaise - des informations de nature à les satisfaire et à les tenir au courant, autant que quiconque, de la marcche quotidienne de 1 histoire dans tous les domaines.Salir dr la rrdarlion rl dr IVxpêdltinn du nouveUrs da srrvlré français, assis dr gauchr à droite: Jean I.emont, l’an! Rorhon et Larry Lemieux (opérateur), debout: Marcel Vlemineha.Photo David Bier LA PRESSE CANADIENNE (PC) LA PRESSE CANADIENNE (PC) LA PRESSE CANADIENNE (P L'histoire d'une agence qui vous en conte bien d'autres.par JEAN SAINT-GEORGES RESSE CANADIENNE (PC) LA PRESSE CANADIENNE (PC) LA PRESSE CANADIENNE (PC) L l ?* Le Lingot, Arvida, jei di 28 février 1952 Des gants pour éviter les empreintes des doigts, une loupe, des plumes et des pinceaux auxquels s'ajoute le sens créateur et une patience inépuisable! (Photo de l’ONF.) Un Cinéaste d'avant-garde NORMAN McLaren N grand jeune homme timide, cravate en boucle, figure ronde, lunettes rondes pour qui l'art n’est pas uns affaire à compartiments; il a sur toutes choses des vues personnelles que domine le sens de l’humour; ce que vous lui dites l’amuse follement, et pour peu que vous vous y prêtiez, il en tirera les conclusions les plus inattendues.Un américain qui n'est pas des Etats-Unis; un cinéaste qui nest pas de Hollywood; un auteur d'animation qui ne se revendique pas de Walt Disney; bref, un Canadien d'origine écossaise, comme l’indique son nom qui évoque la montagne.Norman McLaren réalise du cinéma d’avant-garde pour la masse des spectateurs, et travaille pour le compte de l’Office national du film à produire des documentaires cinématographiques.Comme tous les grands du septième art, connus, méconnus ou inconnus.McLaren a eu un jour l’ambition de réaliser un film dont il serait l’unique auteur de la bande sonore et de la photographie, du visuel et des effets d'optique; les étapes de la réalisation de ce rêve constituent les étapes de sa carrière, ce qui permet à Henri Langlois d’écrire dans la Revue du Cinéma qu'"à trente ans d'intervalle.McLaren arrive et reprend, avec tous les moyens de la technique contemporaine, couleur et son les choses où Cohl les avait laissées".Le jeune artiste n’est donc pas un disciple, encore moins un imitateur du maitre: il ’’reprend” les choses où son inventeur les avait laissées.Alors que les successeurs d'Emile Cohl s’adjoignent à coup d’or un nombre sans cesse croissant de collaborateurs, comme l’exige la production en série, McLaren, lui, se rapproche de plus en plus de son sujet, s’y identifie autant qu’il est possible de le faire."Je m’efforce de conserver entre mon film et moi-méme, cette “relation intime qui existe entre le peintre et sa toile.La chose n’est sans doute pas toujours facile puisque entre le peintre et son oeuvre il n’y a qu’un bout de bois auquel sont attachés des poils de chameau, alors que dans mon cas, je dois pour réaliser un film, me soumettre à une longue série d’opérations techniques: prises de vues, enregistrement du son, développement de la pellicule, etc., pour le moment, je cherche donc à faire en sorte que toute la partie visuelle soit le travail d’un seul et même homme.” “Pour le moment.”, car à ses heures, Norman McLaren rumine une histoire de musique dessinée, peu banale en apparence, et nous ne sommes donc pas très é-tonnés de l’entendre dire: “Ce que j’ai fait pour l’Office national du film diffère presque toujours de ce qu’on utilise dans l’industrie du dessin animé".—“Alors, comment résolvez-vous les nombreux problèmes techniques que pose la réalisation d’un film?" Voilà qui semble bien l’amuser: il s’agite, rit doucement.dépose une plume avec laquelle il traçait des hié-roslyphes sur un chiffon, et ganté de blanc (comme l’exige le travail de toute personne qui manipule le film) il explique d'un geste: —“Permettez que j'utilise à titre d’exemple des courts métrages en couleurs faits pendant la guerre pour aider aux emprunts de la victoire R’l de son beau parler d’Ecossais qu'il prononce lentement, il cite: ".Dollar Dance.Five for Four, V for Victory, Hen Hop.Dans chacun de ces films, les différentes opérations ont été réduites au stricte minimum, surtout par le dessin direct sur la pellicule.” —“Selon une technique qui vous est personnelle?” —“Oui, en effet! J’élimine par là la prise de vues, ainsi ave nombre d’autres opérations secondaires.” —“Dessiner sur la pellicule, c’est sans doute comme pour la peinture à l’eau: il est impossible de faire des retouches?” —“Pas du tout! La preuve.” Il retire son gant de coton, mouille le bout de son doigt avec un peu de salive, et voilà le tour est joué: —“.Ce n'est peut-être pas très orthodoxe, mais c’est tellement plus expéditif!” Une table à dessin, un dispositif qui immobilise le film, une loupe, un porte-plume bien garni et de l'encre constituent les éléments de travail de Norman McLaren qui préconise en tout la simplicité des moyens.Est-il question de cinéma en relief?11 vous montre un appareil collé au mur qui a tout l’air d’un jouet, et dont le but est d’isoler le regard de chacun des jeux, et de faire voir une image sur deux plans.Eat-il question de musique?Il tire une flûte à bec et vous déchiffre un thème délicieux.Est-il question d'effets sonores?Avec des appareils de téléphone disposés à tel ou tel endroit, il vous prouve que l’oreille est un sens dont on a tout à fait méconnu la valeur.Mais pour le moment, laissons-le nous parler de la technique de ses films: dessines directement sur la pellicule: —“J'enregistre d'abord la musique, et s’il y a lieu, le commentaire.Ceci constitue une piste sonore que j’installe sur cette moviola.” Il montre un instrument plus haut qu'une machine à coudre, plus bas qu’une linotype, mais qui ressemble un peu à l’une et à l'autre et qu’il me dit être “aussi indispensable au cinéaste que la couleur au peintre ’.Muni de pédales, ce dispositif permet d’examiner l’image du film, grossie par une loupe, soit immobile, soit en mouvement.Va sans dire que cette moviola est sonore.—“Je marque ici au crayon gras où se termine chaque phrase musicale, où est située chaque note de la partition.Je calcule ensuite le nombre d’images qui correspondent à la longueur de cette bande sonore.Alors que géneialement le travail du compositeur de musique consiste à transformer, si l'on peut dire, des centimètres en secondes, le mien, tout au contraire consiste à transformer des secondes en centimètres.Une note vibre pendant tant de temps: il me faudra créer (au rythme de 24 images à la seconde )tant d’images pour couvrir cette note.Vous comprenez?” —“Oui, je comprends que ça ressemble à un pensum ! ” —“Pas tellement un pensum comme un travail qui comporte beaucoup plus d’imprévu qu’on ne pourrait d'abord le croire.Je ne m'en plains pas plus que lorsque je dois mélanger mes couleurs avant de peindre une toile.Puis je transcris ce brouillon sur une feuille propre, c'est-à-dire que je transcris à l’encre de chine mes indications sur une pellicule toute neuve.Ce qui n’est pas plus mahn pour moi que pour vous, de transcrire vos brouillons.Reste le principal: dessiner en fonction de la musique.” —“Le travail de création proprement dit!” —“C’est ça! Et afin de pouvoir travailler dans les meilleures conditions possibles, j’ai mis à point le dispositif que voici.Je superpose deux bandes de pellicule: une première annotée à l’encre de chine tel que vous avez vu, et une autre, vierge celle-là.Cet appareil est tout simplement une fenêtre de caméra avec des griffes et un système d’optique qui reflète l’image précédente sur celle que je suis en train de dessiner.Va sans dire que ce système me permet de faire avancer ou reculer au besoin mes deux bandes de pellicules synchronisées l’une sur l’autre.Mes plumes, mes encres de couleurs, et me voici au travail.” —“Puisque vous êtes le pionnier du dessin sur la pellicule, quels sont d’après vous, les avantages de cette technique?” —“Je les crois nombreux: d’abord, sauver du temps Mais surtout, me permettre de demeurer sans cesse en contact direct avec mon travail, avec mon oeuvre, comme le peintre avec sa toile.Ainsi par exemple, la grandeur de l’image m’empêche-t-elle de faire des dessins compliqués, donc peu cinématographiques.Je dois négliger le détail au profit du mouvement: ainsi le veut ma tech nique.Voilà où ma méthode d’animation différé largement des autres, où d'image statique est un jeu, mais 1 image mobile un cauchemar.” —"Bref, une technique dont il ne ressort que des a-vantages?” —“Malheureusement non: elle comporte aussi des restrictions.Ainsi, mon dessin devra-t-il être nécessairement linéaire, sans quoi il serait impossible de reproduire d’une image à l’autre les nuances, les lumières, les ombres.” —"Et c'est la seule technique que vous utilisez dans vos films?” —“Oh, mais non! Celle-ci convenait, je crois, à certains films d’information, à des fantaisies telles que Fiddle-De-Dee et Caprices en couleurs (Begone Dull Care) où j’ai voulu synchroniser des couleurs et des sons, des rythmes et des formes, sans autre ordre que celui inspiré par la mélodie.Mais lorsqu’il s’agit d'animer des chants de folklore, par exemple, une méthode nouvelle s’impose, une technique qui convienne mieux à des thèmes poétiques où l'action est lente.Alors j’ai opté pour la formule du clair-obscur: moins de mouvement dans les images.” -“Est-ce que ce n’est pas ainsi que vous avez procédé dans la réalisation du film Poulette Grise?" —“Exactement! Pour illustrer par l'image cette vieille berceuse française répandue au Canada, j’ai placé sur un mur un carton d'un mètre par un mètre 33, sur lequel j’ai dessiné ma première image à la craie et aux pastels plutôt qu'à la peinture à l’huile, afin d’éviter les reflets.Devant, j’ai bien assis ma caméra avec de la pellicule de couleurs.Ce premier dessin photographié, je faisais une retouche, puis une nouvelle photographie, puis une nouvelle retouche et ainsi de suite au rythme d’une photo par quart d heure.Alors si vous avez le goût du calcul.” —“Et à la fin?” —“Il me restait un carton fatigué et 140 metres d’images! Je crois quand même que cette technique était la plus apte dans les circonstances à produire de la variété, à exprimer le mouvement d'une façon qui convienne au sujet du film.Elle m’a permis d'observer les réactions du public et de voir si ce mouvement pouvait suffire à créer l’intérêt; elle ma permis aussi de découvrir de nouveaux aspects du clair-obscur et de les transformer en quelque chose de vivant.” Et j’écoute parler ce jeune homme timide, cravates en boucle, figure ronde, lunettes rondes pour qui l’art n’est pas une affaire à compartiment; un Américain qui n’est pas des Etats-Unis; un cinéaste qui n’est pas de Hollywood; un auteur d’animation qui ne se revendique pas de Walt Disney, bref, un Canadien qui realise du cinéma d'avant-garde pour la masse des spectateurs! D'un côté la piste sonore, de l'autre la piste vi~ suelle! Après avoir appris à lire la première, l'auteur est en train de produire la seconde, de sorte que le rythme et la forme s'agencent parfaitement pour ne former qu'une seule et même expression.(Photo de l ONF.) J (Photo de l'ONF.) Le Lingot, Arvida, jeudi 28 février 1952 * * * Dans l'une de scs populaires causeries radiophoniques quelle donne tous les jeudis soir sous le titre gênerai de: "Ce que raconte les merles", madame Marguerite Aubin-Tellier a fait l'historique, autant que faire se peut en quelques minutes, de la grande famille des Tremblay auxquels le Saguenay doit tant.Nul doute que nos lecteurs, dont quelques milliers portent le nom de Tremblay, liront ce travail avec grand intérêt.L.L, ANS faire la nomenclature complète de tous les patronymes qui tirent leur origine des divers bosquets encadrant primitivement les habitations de nos ancêtres, nous parlerons de celui qui évoque tout particulièrement un bois de tremble ou une tremblaie, d'où probablement le nom de famille.Tremblay.Au Canada, tous les individus qui portent ce patronyme descendent d'une souche unique, celle de Pierre Tremblay qui venait de la province du Perche, en une nombreuse famille.La deuxième génération canadienne des Tremblay compte 75 petits-enfants.Le premier des fils, Pierre, qui porte le prénom de son pere, devint seigneur des Eboulements.A 23 ans, il contracta une première union, le 3 novembre 1683, à Sainte-Anne de Beaupré, avec Madeleine Simard qui mourut l’année suivante en donnant le jour à un fils; un an plus tard, il épousait en secondes noces, à l'Ange-Gardien, Marie Houssin, âgée de 16 ans, qui lui donna 14 nay et dans toute l'Amérique, d’innombrables familles, aussi vigoureuses que celles du XVIIIe siècle.Comme toute leur progéniture a épuisé depuis longtemps les prénoms du calendrier liturgique, elle adopta des surnoms ou sobriquets qui blasonnent actuellement plus de 90 branches de cette vaste famille.Adopter n’est peut-être pas le terme juste, du moins pour un certain nombre au sens péjoratif puisque l’héritier d’un tel surnom est souvent une victime impuissante.Que peut un individu contre la blague et le sarcasme?La plupart des surnoms sont des prénoms ou des altérations de prénoms: Tremblay-Mathias, Tremblay-Jules, Gabélus, Goliath, Biaise, Garni de Camille, Boise d’Amboise, Gotte de Godefroy, Busse de Tiburce, Festin LA GRANDE FAMILLE DE Pierre Tremblay France.Fils de Gilbert Tremblay et de Jeanne Coignet, de la paroisse de Randonnay, située à quatorze milles de Mortagne, Pierre Tremblay, âgé de 31 ans.épousait à Québec, le 2 octobre 1657, Anne ou Ozanne ou Suzanne Achon, fille de Jean A-chon et de Hélène Regourde, de Saint-Pierre Avand, évêché de La Rochelle, en Aunis.C'est dans la paroisse naissante de Chàteau-Richer que les é-poux Tremblay élevèrent leurs quatre fils et leurs six filles.A ce nombre, il faut ajouter deux autres enfants dont l’un mourut le jour de sa naissance, et l’autre qui se noya à l’âge de 9 ans.Lors du recensement de 1681, Pierre et Ozanne vivent encore.Dix ans plus tôt, leur fille ainée, Madeleine, avait épousé à l’âge de 13 ans.Nicolas Roussin, de l’Ange-Gardien.Les autres enfants dont les âges, à cette é-poque, varient de trois à vingt ans.com^.^nt tous sur leur père pour manger leur pain quotidien.Malgré la collaboration de ses quatre fils, initiés depuis leur enfance aux travaux de la terre, Pierre engage un domestique; il possède maintenant dix arpents de terre en culture et un troupeau de seize tètes.Les années passent.Garçons et filles se marieront: celles-ci auront peu d'enfants contrairement à leurs quatre frères qui, tous élèveront enfants.Il mourut à la Petite-Rivière à l'âge de 73 ans.Le deuxième fils, Michel Tremblay, choisit pour épouse, la jeune Geneviève Bouchard, presque une enfant puisqu’elle n’avait que 14 ans.Les épousailles eurent lieu dans l'église de Baie-Saint-Paul, le 20 juin 1686.Fille de Claude Bouchard, tailleur, originaire du Perche, et de Louise Gagné, Geneviève eut neuf garçons et cinq filles.Ces nombreuses maternités et les durs travaux de la ferme.loin d'abréger sa vie, lui permirent même d'atteindre l’âge de 82 ans.Le troisième fils, Jacques, demeura sur la terre paternelle.Le 5 novembre 1696, il épousait A-gathe Lacroix qui lui donna six fils et deux filles.Jacques mourut à l’Ange-Gardien, après a-voir vécu 77 ans.Le quatrième et dernier fils, Louis Tremblay, se maria quatre fois; en novembre 1691, il épousa Marie Perron, à l’Ange-Gardien; en juillet 1706, Françoise Morel, à Sainte-Anne de Beaupré, en août 1716, Marie Letarte, à l’Ange-Gardien; enfin à Québec, en juillet 1727, Marie-Madeleine Marquis, veuve de Henri Châteauneuf.De ses trois premières épouses, naquirent 14 enfants.Et ce sont les descendants de ces quatre fils Tremblay qui, a-près avoir essaimé sur la côte de Charlevoix, fondèrent au Sague- de Faustin, Quiénon d'Etiennon: petit Etienne ou fils d’Etienne, Jacomac de Jaco â^iviarc c’est-à-dire Jacob fils de Marc.Souvent les surnoms viennent de la famille animale: Tremblay-Le Loup, Le Renard, Le Chien, Siffleux, ou encore la Piroche, qui marche en se dandinant comme une piroche, une oie.Parfois, les surnoms symbolisent une qualité ou un travers; Tremblay-Ti-Flu, fluet, mince; Tremblay-Pierriche, Pierre le riche; TT-emblay-Beau-Fouette, qui possède trop d’entregent; Trem-blay-Berliche, qui lèche le beurre; Tremblay-Bouleau, qui se cachait dans un bouleau afin d’épier ses voisins.D’autre fois, ils désignent un é-vénement, une habitude, un métier; Tremblay-Picoté, qui seul survécut à une épidémie de petite vérole; Tremblay-Catalogne, dont l’épouse portait sur les é-paules une petite catalogne en guise de châle; Tremblay-Beau-Velours, porteur d’une longue barbe que caressait sa douce moitié en s’exclamant d’admiration; Beau Velours! Tremblay-Lagadelle cultivait de magnifiques gadeliers; l’un de ses fils est receveur des postes dans un hameau aux environs de Sainte-Agnès, et ce hameau porte le nom de Lagadelle en l’honneur du fonctionnaire.Tremblay-Bédoche remplissait probablement 1 e s fonctions de sacristain; Trem- M.François Tremblay, né en 1818, qui se fit une gloire d'avoir abattu le premier arbre de l'Anse-Saint-Jean alors qu'il était engagé, à l'âge de 20 ans, par la Société des Vingt et un.Il est décédé à Saint-Jérôme, Lac-Saint-Jean, en 1904.Il était le grand-père de M.le chanoine Victor Tremblay, président de la Société Historique du Saguenay.blay-Terrine tournait des articles de poteries; Tremblay-La-Couchette fabriquait des lits qu’il vendait de porte en porte; Tremblay-Canotte traversait les voyageurs sur la rivière du Gouffre; Tremblay-Mes-Bottes, dont les clients impatients criaient du seuil de la porte: Tremblay, mes bottes! Il y a encore Tremblay-Petenben qui disait très vite et à tout propos: Vous savez pourtant ben .Si beaucoup de sobriquets sont typiques ou piquants, combien d’autres connaissent une gloire moins illustre.Malséants ou mal sonnants, ils épitaphent leur propriétaire pour l’éternité.(Qu’ils reposent en paix!) La bienséance m’empêche ici d’entrouvrir même la liste.Tous les surnoms n'ont pas un sens connu; un grand nombre, quoique jeune, s’entourent déjà de mystère.Leur origine fut-elle un hommage ou une ironie?On ne saurait le dire.Que ces surnoms soient des symboles, des caricatures ou des calembours, leur pittoresque et leur esprit bien français valent la citation: Tremblay-Pas-de-Dépense, Trem-blay-Trop-Beau, Tremblay-Grain-de-Blé, Tremblay-Tonnerre, Tremblay-Lacervelle, Tremblay-Temps-Couvert, Tremblay-1 e s-Cannes, Tremblay-Dégelé, Tremblay-Rouillé.Tremblay-La-Bibolu et Tremblay-Chapelet.Est-ce que tous ces surnoms passeront à la postérité?Seule, peut répondre la vitalité des générations à venir.Marguerite Aubin-Tellier PARIS.— Afin d’aider les peuples à "prendre conscience de leur passé commun’’ et à comprendre “comment ils se trouvent de plus en plus confondus dans une communauté d’intérêts’’, plusieurs centaines d’historiens réputés se préparent à rédiger une volumineuse “Histoire scientifique et culturelle de l'humanité ”.Cet ouvrage sera publié en six tomes séparés au cours de l’année 1957, sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).Cette organisation a récemment affecté une somme de 400 000 dollars à l'exécution de ce travail.L'origine du projet Selon les membres de la Commission internationale pour une Histoire scientifique et culturelle de l’humanité, créée au cours de l’année 1950 par la 5ième Conférence générale de l’UNESCO et avec l’approbation du Conseil international des Unions scientifiques ainsi que du Conseil international de la philosophie et des Sciences humaines, le projet de “dresser un tableau des grands faits de culture qui ont façonné l'existence de l’homme et enfanté lentement la civilisation’’ s’inspire de la Conférence des Ministres alliés de l'Education, réunie à Londres, pendant la deuxième guerre mondiale.En 1948, l’organisation procéda à des travaux préliminaires en vue de publier les recherches entreprises sous forme de mémoires ou “cahiers’’ séparés; ceux-ci seront ultérieurement incorporés dans l’ouvrage de synthèse.En 1949 se réunit au siège de l’UNESCO, à Paris, un Comité d'experts chargé d'établir le plan de l’histoire.Plus tard, la nouvelle Commission désigna un Comité de rédaction, un Bureau et un Directeur des “cahiers”, dont le premier exemplaire paraitra en janvier 1953.Présentation Tandis que la Commission assurera la publication des “cahiers”, son Comité de rédaction, composé de représentants des cultures asiatiques, européennes et américaines, en dressera le plan détaillé.D’autre part, les experts que la Commission aura élus respectivement directeurs des six volumes choisiront leurs assistants parmi les collaborateurs des “cahiers”.La Commission a déclaré que l’ouvrage sera “largement illustré, qu’il comportera notamment les cartes et graphiques nécessaires à une vision claire de l'histoire humaine”, enfin, qu’il paraitra en volumes distincts afin d’inviter chacun à s’intéresser à l’ordre des problèmes présentés.Dans l’ouvrage dont il s’agit, ces différentes périodes seront réparties comme suit: Volume 1.Chaque groupe humain constitué au cours de centaines de milliers d’années doit s’adapter à des milieux naturels propres et acquérir les connaissances nécessaires pour y agir efficacement.Ainsi apprend-il à domestiquer des animaux, à cultiver des plantes et puis à travailler des métaux.C’est alors que surgissent les premieres cités de Mésopotamie, d’Egypte, de Crète et de la Vallée de l’Indus.Ces cités, comme les Etats et les Empires qui en sortiront, sont à l'origine de traditions juridiques artistiques, scientifiques et religieuses, longtemps vivaces dans notre patrimoine historique.Volume 2.Les progrès gagnent de nouvelles régions; de nouveaux peuples apparaissent, qui fondent de nouvelles cités et de nouveaux Etats, et c’est l’ère classique, où se forme tant en Chine que dans l’Inde, en Perse, en Palestine, en Grèce puis à Rome, l’essence même des cultures et des traditions scientifiques, qui encore aujourd’hui sont au coeur de notre vie.Ces pays multipliant leurs échanges, notamment après la constitution des grands Empires, exercent leur influence, non seulement les unes sur les autres, mais encore sur de nombreuses régions voisines.Volume 3.Lorsque les peuples d’alentour réussissent à pénétrer dans les terres du classicisme, leurs propres traditions reçoivent une nouvelle expression.En Asie, les cultures chinoise et indienne restent vivaces, et la culture islamique s’élève.Grâce à l'Islam, les réussites et les découvertes des contrées les plus diverses fusionnent pour un nouvel enrichissement.Et le chris- tianisme se répand dans toute l'Europe, cimentant la diversité de ses cultures; les échanges é-conomiques et intellectuels reprennent et serrent de nouveaux liens entre l’Europe et l’Asie.Volume 4.Comprenant le sens des inventions de la Grèce, et stimulés par Rome et l'Islam, redécouvrant l’Inde et la Chine, les peuples de l’Europe explorent le monde entier, découvrant de nouveaux continents, des peuples de culture millénaire.Enrichis par ces nouveaux contacts, é-clairés par une connaissance nouvelle de la nature, ces peuples é-laborent un nouvel usage de la raison et de l'enquête scientifique, une nouvelle conception de l'individu et de la nation, et enfin organisent le capitalisme moderne.Ce sont là les bases nouvelles du développement de l’Europe et de nombreuses régions du monde.Volume 5.Or, l’activité européenne pénétrant en maintes con- trées du monde, un grand bouleversement s’ensuit.Voici que se dessinent des migrations de peuples.Voici que de nouvelles nations se constituent.Et à la suite des grandes révolutions des XVIIe et XVIIIe siècles, voici que se forme autour de l’Océan Atlantique une vaste communauté reposant sur les traditions de la culture européenne, divisée aussi par les sentiments nationalistes.L'autorité de cette communauté s'exerce à peu près sur tous les autres peuples du monde: tantôt c'est l’oeuvre pacifique du sentiment religieux, tantôt celle de l’appétit de richesse et du goût des conquêtes impérialistes.Mais toujours se répandent techniques et idées, à la mesure de la science qui les fonde.Volume 6.Les nouvelles découvertes scientifiques, les progrès de la technique et des moyens de communication, et l'accroissement des populations, tendent à faire du monde un tout économique et technique.Les diverses nations prennent une conscience plus aiguë de leur personnalité, cependant qu’elles doivent s’associer en un nombre toujours plus réduit de groupes.Ceux-ci s'opposent encore par la divergence de leurs ambitions et de leurs systèmes.Ils s’efforcent bien pourtant de rendre organique leur propre unité, d'assurer leur ordre intérieur et leur paix civile.Reste donc la grande tâche de l’humanité actuelle: trouver l’unité appuyée sur la dépendance économique et technique tout en piéservant la diversité des cultures de notre héritage.Une Histoire de rhumanité lit $ * * Le Lingot, Arvida, jetdi 28 février 1952 :;;é i v ,1 N à s « IP i M ' 'T^i Boys aid their sires by portaging loads, build' ing canoes.(Jacques Rousseau Photo) Polit cal Life.Women have no recognized place in the political life of the band.They had no positions in the tribal councils, which are, in fact, mere artificial bodies introduced to the tribe by the Indian Affairs Branch and have not a great deal of influence inside the band.Female chieftains are" unknown.However, as has already been indicated, women have an indirect voice in tribal politics, working through their husbands.Religious Life.The writer has been unable to find any record of women acting as shamans, or conjurers.Women, however, do practice divination for which they use a bowl of water in much the same manner as a Gypsy fortune-teller uses her crystal.They are also very fond of using playing cards for divination purposes.Beyond these two facts no information is available on woman's position in the native religious life.Thev take an active part, however, in the Catholic religion.General.As has already been noted, women have a subordinate position in the providing of food.They fish and also hunt Full-fledged membership in the tribe would seem to be accorded to boys on their marriage, but this is by no means certain.The writer has had the impression, from continuous observation of the tribe over a number of years, that full membership comes only at the birth of the first child The Montagnais themselves do not seem to be conscious of any such thing as initiation into tribal membership.They do recognize, however, that, wtien a boy marries, he leaves behind him the irresponsibility of youth and has reached a more important position in tribal soc'ety.Neverthless, married men, who have not yet fathered a child, are the butt of the jokes of their fellows, and it would seem as if full recognition is not accorded i ntil proof of virility has been demonstrated.Physical Education.There is no regular s’stem cf physical training for children.From a ^ ery early age, the young people of the band take a part in the daily routine of the family.Girls assist their mothers in the routine of the home: care for the younger children, mind the cooking pots, rather wood, draw water, etc.Boys, aid their sires by portaging loads, setting traps, hunting, etc.Thus each sex learns its own duties as it grows to maturity.Much of the play of the youngsters is imitative.Both bovs and girls play with sleighs and toboggans and.in so doing, train the pupp’es which will be used eventually as the family draught animals.Children are given tiny «no^shoec.p’most from the time that they begin to walk.Only two customs have been observed wtvch may be intended to ensure that the children will grow up strong and healthy.The first of these is that infants are confined in a mossbag, from birth to the time when thev begin to toddle around the tent.It is said that this confinement ensures that the child’s legs will grow straight, and.indeed, there may be some truth in this idea for.despite the habitual unbalanced diet of the Montagnais, the writer has yet to see a child with legs bowed and deformed from rickets.The Lac-St-Jean Monta-rna's do not use the cradleboard, or a Di-Dmak.as do their neighbours to the west, the Têtes-de-Boule.nor are the children carried on the mother’s back.The child is laced into a bag, which extends up to the THE WOMAN AND THE CHILD AMONG THE LAC-ST-JEAN MONTAGNAIS by J.Allan BURGESSE Part in around the tents There is no definite evidence of the existence at present of a sib system.Enquiries have been made in regard to the existence of cross-cousin marnage laws but no trace of them was found.However, this matter may be well worth closer inquiry.There is no indication that the subordination of woman to man.as has already been pointed out, is anything more than theoretical.In practice, she is man s equal in every way.No marked individual differences have been observed in the position or treatment of certain women.There is a legend in the band that at one time one of their women was a hermaphrodite, and the impression given was that the Indians thought of her as having been something of a monster.However, she had been long dead before the writer came into contact with the band.The elderly spinster is regarded as a peculiar sort of person but there is no evidence that she is not treated with every bit as much respect as the mother of a family.B.EDUCATION OF CHILDREN General.Four different periods are recognized by the Lac-St-Jean Montagnais in the growth of children from birth to a-dulthcod.These are: infancy (awac, “an infant”); childhood (napec.“boy: icGtvec.“girl”) ; adolescence (usinitcu, “adolescent boy”: us'nitcGweu, “adolescent girl”); and adulthood (naBio, “man,” ucGweu, “woman”).Sometimes the term “icGwecic" is used for the smaller girls, and one might include, between adolescence and adulthood, the period of unmarried adulthood.Be':uGicit naBio, “unmarried man”; also tciac icGwec, "spinster”, in the sense of the English “old maid” and the French “vieille fille.” The usual age of marriage is quite young.Bovs marry between the ages of eighteen and twenty years, and girls some three or four years younger.shoulders, and moss is packed around the legs and buttocks.This moss serves the same purpose as a napkin and is changed regularly throughout the day- A sort of hammock, slung between the tent poles, serves as a cradle or crib.The second custom referred to is that children are often nursed at the mother’s breast until the age of four or five years.The only reason given the writer '.vas that this is a form of birth control, for the Mon-tagnais women believe that they cannot become pregnant during this nursing period.However, there may be some other reason for it because it has been noted that their theory does not always hold good.The m & ¦» 1 custom is more to be remarked amongst the Mistassini than the Lac-St-Jean Montagnais, for f'e latter are more familiar with the customs of the whites, and it is rare indeed to see a Lac-St-Jean woman nursing her child in public.As an illustration, we mav mention a little scene witnessed in the trading-room of the Hudson’s Bay Post at Pointe Bleue, some years ago.A certain Mistassini hunter came to the post to do some business, accompanied by his wife and a little boy between three and four years old.Whilst the father did his business with the factor, the wife squatted on the floor near the door, and the little fellow amused himself by exp’oring around the room.Presently, however, he tired of this and.climbing up into his mother’s lap, he began to nurse at her breast.He was wearing a marine type cap, with a stiff peak.This peak was sometlrng of a nuisance, for it prevented him from settling his head against his mother’s bosom as comfortably as he seemed to wish.Therefore, he turned the cap around on his head, so that the peak covered the nape of his neck, and then he continued his repast in tranquility.After fifteen minutes or so, he decided that he had refreshed himself sufficiently and he clambered down to the ground again, not forgetting to swing back the peak of his cap to its accustomed position.Next he approached his father and, giving him a poke in the leg with his elbow, demanded “Be Dauctemà!” (give me tobacco!’’) The father rolled a cigarette and gave it to the boy, who pulled a match from his pocket and, lighting-up, settled himself on the floor of the room to enjoy his smoke, with something of the air of a well-fed stockbroker enjoying a post-prandial cigar.Tommie Moar, resident at Pointe Bleue, but born at Nemeska, described to the writer a custom whereby a child is not allowed to make its first steps out of doo"s • ntil there is snow on the ground.A child which begins to toddle during the summer months is kept confined strictly to the tent o rcabm until winter comes.Failure to observe this custom, according to Moar, wou1d bring bad luck upon the child in after life.However, this custom does not seem to be known in Lac-St-Jean- Moar also described a custom of mens-t’-ual seclusion practiced by the northern Montagnais.but, though there are indications that this may have been known in the past, there is no trace of it now in Lac-St-Jean.At first signs of puberty the girl wras separated from the rest of the family, and isolated in a tent of her own.She was served.during the full period of the first menstrual flow, by one of the female members of the band and, according to Moar, new' utensils were purchased for the occasion.In some families, these new utensils were destroyed afterwards.Men and boys were warned awey from the tent and, in order that there might be no mistake, an evergreen bough was tied to the peak as an identifying mark.Moar also related a tale which recounted how-, many years ago.a young boy disregarded the warnings of his elders, approached one of these tents and caught a glimpse of the girl in it.He was struck blind.Moar said that this tale is to’d to the Indian boys so that they will not venture near the girl at this critical period of her life.Additional in formation furnished by Moar, in this regard, was that moss is used for hygienic purposes during this seclusion.No particular types of actives games, etc., are indulged in by the Montagnais children beyond ^hose already mentioned.Rough and tumble fighting and archery are indulged in by.the boys.(to be continued) ¦m m Girls assist their mothers in the routine of the home, such as making fishing nets.(Jacques Rousseau Photo) I es acheteurs cle dis(|ues On peut diviser les acheteurs de “musique en conserves” en plusieurs categories.Il y a par exemple ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent, qui entrent dans un magasin de disques, qui demandent “un beau morceau de piano’, “’ ne belle chanson”, une belle Rhumba” ou “une belle gigue”, qui choisissent une douzaine de disques et qui, après les avoir entendus, disent: “Je reviendrai”.On compte aussi ceux qui se souviennent de l’air mais non du titre et qui demandent par exemple: “La chanson où qu’on entend: Don’t stop, don’t stop, go, go, go, go, go, go” ou qui désirent “une pièce où qu’on chante: la, la, la, la, la, la” ou qui fredonnent la chanson en entier au commis, ou qui désirent “un ben beau morceau de violon qu’i ont joué au radio hier soir” ou encore “la chanson que chantait Mario Lanza dans Taste of New Edeen”.II s’en trouve aussi qui ne savent pas bien le titre.Ce sont les plus nombreux.Ils demanderont par exemple la Danse virtuelle du Fou, la Danse du Sable, la Dônâ môbilé (chanté par Mario Lanzâ si possi-ï)lc), Ici Vais6 du Tennis (Tennessee Waltz), la Pomoonaice de Choo n.d?la musique vénérienne (wagné-rienne), des enregistrements des Kodak du Ton, Begin the Begouine, ou la Chanson des Lilas (Samson te Dalila).Un mot de ceux qui n?connaissent pas beaucoup les compositeurs, comme cette dame qui voulait la Polonaise de Chopin louée par Frédéric Chopin .Au lieu de connaître le prénom du compositeur, elle aurait dû savoir que Chopin est mort il y a cent deux ans! Dans se groupe, on peut inclure ceux qui veulent une pièce de Ouagner (Wagner), de Hidden (Haydn), de Bitôveune 'Beethoven), Je m’en voudrais d’oublier les amateurs de musique typiquement canadienne.Ces acheteurs, pour la plupart, font une visite régulière au ma^asm d^ disoues et finissent oar posséder tous les enregistrements de ces grands artistes qui contribuent si efficacement à la culture des nôtres.Il y a d’abord Mme Eddy Bolduc (R.I.P.), qui aura, avant bien des années, son buste à l’Académie des Arts, le classiqi’Q soldat Lebrun et sa guitare, J.-O.T,a1H0,vie:n‘», gîrt Plemon^on nui a enregistré, croyez-le ou non, un Reel en A mineur.Lionel Parent, Jeanne-d’Arc Charlebois.Tommy Duchesne, Paul Brunelle, Marcel Martel, Willie Lamothe, La Poune (Madame Rose Ouellette).Taffnut (prononcer toff-nott), Archibald et bien d’autres.Ainsi, l’autre jour, dans un populaire magasin de disques, une grosse dame, ron^e i-.ne namrdemoi’sse, accompagnée de ses trois petits garçons, à qui elle voulait sans doute com-munioner un oeu de sa haute culture.présenta au commis une longue liste de disques, parmi lesquels: Le Baiser d’un Cowboy, J’ai que-q’cchose dans 1° coeur.Jnue-moô pas dans les oreilles.Souvenir d’Est-man, et plusieurs disques de Madame Bolduc, entre autres (Tenez-vous bien!): Si les saucisses pouvaient parler.J’ai un bouton sur la langue.Mouman, Ah ! c’qu’il est slow.Jos, et Ca va v’nir, découragez-vous pas., Une autre fois, dans le même magasin, un monsieur demanda: Je suis fille des Prairies, Je suis seul, Je suis un Cowboy canadien.Je suis un condamné.(Es-tu là au n't''-'n«!?).Deux filles entrèrent: “Vite, on est pressé.La shop rouvre à un heure.Passez-nous: Monte icitte oue j’t’agraffe.pi Envoyé fort.Nicéphore.C’est pour un party de première communion”.Un maigre monsieur aux yeux rêveurs et à la langue pendante demanda ensuite: v*ourr,*’oi m’«s-V’ ou’tt'V Arr1R,4''>?vn-fin.une jeune fille entra et demanda: Allons cueillir des fraises.“Je regrette, mademoiselle, mais je n’ai pas le temps”, répondit le commis.“Si vous êtes icitte pour rire du monde, gardez-les vos d’sques.J’vas aller m’en acheter n illeurs!" Claude Gingras Le Quartier Latin.I i
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