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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1970, Collections de BAnQ.

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J - 69 RO 1 /OCTOBRE 1970 puq SCIOfflCOr V . VOiUUE 9 /HUUtRO t /OCTOBRE t97C CUJ Le Québec peut-il se permettre d'ignorer la génération montante des jeunes scientifiques capables d'assurer son essor?SOMMAIRE TEXTES PAGES Éditorial: Un pouvoir qui vous appartient Jocelyne Dugas i SCIENCES Le sommeil, activité du cerveau Si l'homme peut se reposer pendant son sommeil, c'est grâce aux cellules de son cerveau qui, elles, continuent à travailler.Mircea Steriade 2 - 5 L'observation des satellites artificiels Jean-Paul Boudreault 6-8 Un sujet d'expérience à la portée de tous les jeunes astronomes ACTUALITÉ Le Québec aura-t-il sa jeunesse scientifique?Marc Duvivier 9 - 17 Une enquête réalisée par QUÉBEC SCIENCE, en collaboration avec le Conseil de la jeunesse scientifique.Le thème: les mouvements de jeunes scientifiques au Québec et dans plusieurs autres pays du monde.RUBRIQUES Comment on devient: BIOCHIMISTE Comment devenir: Normand Lépine 18 - 19 Flash .Flash .Flash .Marc Duvivier 20 - 21 Flashes-Jeunes Michel Gauquelin 22 Le Labo: Influence des inhalations de colle par des souris Agathe Sauvé 23 Voulez-vous lire?Serge Fradette Jacques Lacroix 24 Vous dites?1 H W—P'n HP——! C Tous droits réservés (£1970 — LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC — trimestre 19?0„— Bibliothèque nationale du QUEBEC — Imprimé au Canada Dépôt légal quatrième Revue mensuelle de promotion scientifique publié par Les Presses de TUniversité du Qqébec, en collaboration avec le ministère de l'Education et 1 l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Rédaction Directrice et rédactrice en chef Jocelyne Dugas Adjoint à la rédaction Marc Duvivier Administration Québec Science, a/s Les Presses de l’Université du Québec, case postale 250, Sillery, Québec 6 Tél.: 651-7220 Abonnements Le volume annuel commence en octobre et se termine en mai, soit 8 numéros Tarif individuel: $3 (Canada); $3.50 (étranger) i Tarif groupe-étudiants; $2 (15 abonnements et plus à une même adresse) Vente au numéro: 50 cents Couverture, illustrations et mise en page Couthuran arts graphiques Composition typographique Caractéra, Incorporée Impression Charrier et Dugal (1965) Limitée Tous droits de reproduction et de traduction réservés par l’éditeur Tout écrit publié dans la revue n’engage que la responsabilité du signataire Courrier de deuxième classe, enregistrement n°10! Membres du comité d'orientation Louis Berlinguet, vice-président à la recherche, Université du Québec Maurice Brossard, doyen aux études graduées et à la recherche, Université du Québec à Montréal Roger Brunelle, professeur, école Regina Mundi, Montréal Pierre Couillard, professeur titulaire au Départemi des sciences biologiques, Université de Montréal Jacques Desnoyers, professeur agrégé de chimie, Université de Sherbrooke André Fournier, responsable de l’ensewnement d€ sciences au secondaire, Ministère de l’Education Serge Fradette, étudiant en biochimie, Université de Montréal Claude Frémont, directeur adjoint du Départemei de physique, Université Laval Jacques Hébert, étudiant, CEGEP du Vieux-Mont G.Kaplan, professeur de biologie, Université d’Ot Pierre Lamonde,économiste.Institut national de recherche scientifique, Université du Québec Paul Laurent, agent d’information, Service des relations publiques, Hydro-Québec Daniel Paquet, étudiant au secondaire, Collège Bourget, Rigaud Guy Simard, étudiant, CEGEP du Vieux-Montréa Pierre Tougas, coordonnateur de sciences, Commission des écoles catholiques de Montréal UN POUVOIR QUI VOUS APPARTIENT par Jocelyne Dugas Nous aurions pu vous faire le coup classique de l'éditorial de la rentrée.Dans le genre "la vie sérieuse recommence, mais les jeunes scientifiques n'ont pas flâné cet été, et nous non plus.Voyez plutôt." Eh bien, non.Des amuse-gueule pour les jeunes Québécois, personne n'en veut plus.Le temps presse.Nous vivons les années de la dernière chance.Bien sûr, les mouvements de jeunes scientifiques, malgré leurs moyens limités, ont été fort actifs ces derniers mois.Les pages de ce numéro en témoignent.Bien sûr, nous nous sommes affairés à suivre l'actualité scientifique pour nos premières parutions de l'année scolaire.Mais tout cela est peu.Le besoin vital du Québec, en ce qui nous concerne, c'est une poussée, une ruée des étudiants vers les carrières scientifiques et techniques de pointe.A quoi bon, diront les défaitistes, dans le contexte actuel nous n'aurons jamais les postes clés.A quoi bon, diront les révolutionnaires, la société capitaliste doit sauter pour que nous recommencions à neuf.Mais l'avenir déjà est en marche.Et une nation qui ne prépare pas sa jeunesse n'a pas d'avenir.Si on leur donne les moyens d'agir plus tard sur le cours de l'histoire, les jeunes accepteront de participer à leur formation.Alors vous connaissez la rengaine.Nous avons besoin de compétences.Des compétences non serviles, mais éclairées.Il y en a plusieurs sur la brèche, qui attendent la relève.Pour humaniser la civilisation technique, les Québécois, ces latins d'Amérique, doivent pouvoir mettre leur griffe sur l'oeuvre commune de la science universelle.QUÉBEC SCIENCE, au début de sa deuxième année de publication, s'engage à faire sa part pour susciter des vocations scientifiques et techniques, de concert avec le monde de l'enseignement, de la recherche et de l'industrie.Comment?En axant son effort surtout sur la participation active des étudiants, tendance déjà amorcée l'an dernier dans de nombreuses chroniques telles que Le Labo, les Flashes-jeunes, Vous dites?, des sondages et enquêtes, des tables rondes.Sans compter la présence de plusieurs étudiants au comité d'orientation de la revue.Et aujourd'hui, nous entrons dans une voie nouvelle.Afin de familiariser les étudiants avec la méthode expérimentale, nous allons leur suggérer des expériences scientifiques faciles à réaliser.Dès ce mois-ci, l'article sur l'observation des satellites artificiels doit leur servir de guide pour des travaux qu'ils pourront ensuite imaginer.Cette formule, nous avons l'intention de vous la proposer dans d'autres numéros.Ainsi donc, en se mettant au service des étudiants, QUÉBEC SCIENCE leur offre un instrument, parmi d'autres, pour leur promotion personnelle et celle de la collectivité québécoise.Cet outil n'est pas parfait.A vous, lecteurs, de l'améliorer par vos commentaires, vos articles, vos nouvelles.A vous de faire de QUÉBEC SCIENCE votre revue d'information scientifique.Ce pouvoir est entre vos mains e sommeil a toujours ete considéré comme un phénomène passif.Or, cette ^ thèse, soutenue depuis l'antiquité vient d'être remise en question.Des études^^ récentes ont en effet prouvé que l'état dé sommeil pouvait être engendré par la mis en jeu active de certaines structures dug^ système nerveux.Les recherches qu' effectue dans ce domaine permettent au' neurophysiologiste M.Steriade de fournil des détails sur cette théorie du sommeil^ actif.999999999999 3 par Mircea Steriade Le sommeil, cette annihilation de 'esprit qui occupe le tiers de notre vie nais qui nous est nécessaire pour la récu->ération des forces dépensées à l'état de /eille, est une fonction du cerveau.Or, toute fonction cérébrale implique la lise en jeu active de certaines struc-^tures du système nerveux central.Cette instatation, aujourd'hui banale, est le fruit de recherches assez récentes.Les fenêtres de l'âme O Depuis l'antiquité en effet, le sommeil était considéré comme un phénomène pass/f, revers négatif de l'éveil ou fatigue résultant des fonctions ininterrompues de la veille.En d'autres termes, c'était un manque d'activité cérébrale.Dans la mythologie grecque, Thanatos et Hypnos, le dieu de la Mort et le dieu du Sommeil, étaient frères, le sommeil n'étant que la mort passagère du cerveau.L'idée que le sommeil n'apparaît pas à la suite d'une activité de certaines zones cérébrales, mais qu'il provient d'un arrêt des fonctions éveillantes, a parcouru toute la littérature philosophique et scientifique.Il y a 2 500 ans, Héraclite définissait le sommeil comme une interruption des canaux sensoriels qui nous apportent les messages du monde environnant, comme la fermeture des fenêtres de l'âme.Plus près de nous, à la fin du siècle passé, le philosophe français Henri Bergson, reprenant le principe du philosophe grec, écrivait dans Matière et mémoire que nous dormons dans la mesure où nous nous désintéressons et nous détachons.Cette théorie du sommeil est celle de la désafférentation (ou déconnexion).Ici, le sommeil est conçu comme l'effet du retrait des afférences sensorielles ou de la suppression des informations qui parviennent à l'écorce cérébrale pendant l'état de veille.Les philosophes, ou des écrivains tels que Lucretius dans De natura rerum (De la nature des choses), ne furent pas les seuls à juger le sommeil de cette façon.Lorsque la neurophysiologie, science qui étudie les mécanismes du cerveau, fait son apparition, ce point de vue continue de prévaloir.Un sommeil perpétuel O Vers 1822, Flourens présente à l'Académie Royale des Sciences de France deux mémoires dans lesquels il décrit les effets de la destruction des hémisphères cérébraux chez le pigeon: ''Figurez-vous un animal condamné à un sommeil perpétuel: tel, à peu près, était devenu le pigeon auquel j'avais retranché les lobes cérébraux." Ceci représente un des premiers documents expérimentaux sur la physiologie du sommeil.Vingt-cinq ans plus tard, dans le chapitre écrit pour un Dictionnaire physiologique allemand, le grand savant tchèque Purkinje interprétait le sommeil des pigeons de Flourens comme une interruption des connexions qui relient les hémisphères cérébraux au tronc cérébral, région située à un niveau plus bas et assurant la transition entre la moelle épinière et le cerveau.L'hypothèse ancienne de la désafférentation a été reprise vers les années 1930 par Kleitman.Cet auteur, n'acceptant comme mécanisme générateur du sommeil que l'interruption des messages sensoriels, affirmait que ce n'est pas le sommeil qu'il faut expliquer, mais l'état de veille, le premier résultant passivement du dernier.En 1935, cette hypothèse se trouvait définitivement vérifiée par l'expérience du physiologiste belge Frédéric Bremer.En sectionnant le système nerveux central, dans la partie supérieure du tronc cérébral, celui-ci interrompait la plupart des voies sensorielles qui alimentent le cerveau par un flux continu d'informations.Ceci entraîna un sommeil profond du cerveau isolé. V Bombardement continu O Par la suite, un grand nombre de travaux, partant de l'observation fondamentale issue, en 1949, de la collaboration entre Giuseppe Moruzzi et Horace Magoun, ont souligné que l'essentiel, dans le maintien de l'éveil, ce ne sont pas les messages sensoriels (comme la vision, l'audition ou le tact), mais plutôt l'existence d'une structure ayant des propriétés spéciales, c'est-à-dire d'un vrai centre de l'éveil.Cette structure, la formation réticulée du tronc cérébral, reçoit des informations par l'intermédiaire des voies sensorielles, mais ses cellules nerveuses ont la propriété d'intégrer des informations de multiples origines et de les transformer en un tout, qui devient une source de bombardement continu, activant l'écorce cérébrale et maintenant ainsi l'éveil.Si chacune des voies sensorielles apporte une particularité précise du message, cette spécificité disparaît dans l'intégration que la formation réticulée effectue à partir de ces informations.D'après l'anatomiste américain A.B.Scheibel, qui a beaucoup contribué à élucider sa structure, la fonction principale de la formation réticulée n'est pas de peindre les différentes couleurs d'une parade, mais de faire entendre le bruit global des acclamations qui l'accompagnent.Le flux éveillant est transmis vers l'écorce cérébrale par \esystème thalamique diffus qui continue plus naut la formation réticulée et qui a été amplement étudié par Herbert Jasper de Montréal, après les expériences des "pionniers" Morisson et Dempsey Le sommeil actif O Jusqu'ici, toutes ces expériences qui, depuis 1950, ont permis de disséquer la structure et les mécanismes fonctionnels des systèmes éveillants, n'ont pas ébranlé la théorie passive du sommeil.On considérait toujours cet état comme dû à une diminution de la fonction éveillante des systèmes qui activent l'écorce cérébrale.Cependant, certains faits d'expérience montraient déjà qu'il est très difficile de comprendre la complexité du sommeil par la seule théorie passive et que la notion d'un somme//acf/T s'impose.Considérons, par exemple, l'endormissement: on s'endort en prenant des précautions afin que des bruits intenses ou des lumières fortes ne nous réveillent pas, maison connaît bien les vertus hypnogènes des gouttes de pluie sur la fenêtre ou des autres stimulations monotones.Ceci laisse supposer que le sommeil peut être induit, non seulement par la suppression du flux continu des informations qui nous parviennent du milieu extérieur mais aussi, dans certaines conditions, par des stimulations, donc par une mise en jeu active du cerveau.On a reproduit en laboratoire ces observations de vie courante, le sommeil étant alors provoqué par des stimulations électriques de certaines zones précises et très localisées du système nerveux central, surtout au niveau des ganglions de la base du cerveau.D'autre part, vers 1958-1959, certaines expériences de l'école neurophysiologique de Rise ont suggéré l'existence d'une zone qui provoque activement le sommeil.En effet, la destruction de cette région ou une transection du système nerveux juste devant cette zone entraînent un état d'insomnie de longue durée.Capter l'influx nerveux O Enfin, l'idée que le sommeil n'est pas un repos total du cerveau, mais une forme d'activité réorganisée, résulte aussi des recherches très récentes qui ont utilisé la technique des microélectrodes pour énregistrer l'activité électrique des cellules nerveuses.La pointe d'une microélectrode qui ne mesure pas plus de 1 ou 2 microns permet de capter l'influx nerveux déchargé par une seule cellule du cerveau.Chaque mouvement, même le plus imperceptible, peut déplacer la microélectrode par rapport à la cellule, perdre celle-ci ou la léser.Il est très facile, dans ces conditions, d'imaginer les difficultés que rencontrent les chercheurs pour conserver intacte la cellule qu'ils enregistrent.C'est pourquoi l'analyse de l'activité électrique des cellules nerveuses, unités de fonction du cerveau pendant l'éveil et durant toutes les phases du sommeil, n'a été effeptuée que récemment, grâce à l'évolution des techniques d'enregistrement.Des études ont été réalisées sur différentes espèces d'animaux, particulièrement sur le chat et le singe, les résultats obtenus sur le singe permettant de tirer des conclusions plus facilement applicables à l'homme.Les travaux des dernières années dans ce domaine permettent de conclure que le sommeil ne représente pas une inactivation généralisée des cellules nerveuses, une diminution ou un silence nerveux total, mais une forme réorganisée de l'activité neuronale: certaines cellules sont moins actives, d'autres, au contraire, sont plus actives qu'à l'état de vigilance.Un des phénomènes les plus importants est la connaissance des différentes modalités des décharges cellulaires.Réguliers dans l'éveil, émettant des influx qui dépassent rarement la fréquence de 50 par seconde, les mêmes neurones ont des rythmes différents au cours du sommeil: des bouffées de décharges de très haute fréquence (de 300 à 500 par seconde), séparées par des périodes de silence total (cf.figure).Ce tableau, décrit pour la première fois dans différentes régions de l'écorce cérébrale par Hubel (1960) et par Evarts (1964), a été retrouvé dans les régions profondes du cerveau et, tout récemment, au niveau du cervelet, par notre laboratoire.Différents aspects de décharges neuronales dans le sommeil et l'éveil.A et B: deux cellules enregistrées dans un noyau thalamique qui est en relation avec la zone motrice de l'écorce cérébrale.Chaque déflexion verticale représente un seul influx nerveux émis par la cellule.Remarquer dans les deux cas (A et B) que pendant l'éveil (/J; à droite en A, la ligne de bas en B) les décharges sont quasi-régulières.Pendant le sommeil (SWS) les deux cellules ne sont pas inactives, mais elles déchargent d'une tout autre façon: groupes de décharges de très haute fréquence (cca 300-400/sec) séparés par des périodes de silence.Le temps est marqué par les lignes horizontales qui représentent un dixième de seconde (d'après des expériences, non publiées, de Steriade, Apostol et Oakson, 1969).Récupération des fonctions de la veille O Le sommeil semble donc s'accompagner de processus très actifs, puisque les périodes prolongées de silence entre les décharges cellulaires correspondent vraisemblablement à la mise en jeu de structures inhibitrices.Il s'agit donc non seulement d'une fatigue neuronale qui se propage en avalanche à partir d'un certain point, comme une boule de neige, dans tout le système nerveux central, mais encore, et peut-être dans une plus large mesure, de l'entrée en scène de systèmes spéciaux qui produisent une inhibition active à différents niveaux du cerveau.Le sommeil a été considéré pendant longtemps comme un repos des cellules nerveuses qui leur rendait la capacité de décharger l'influx nerveux.Mais le délai nécessaire à la récupération de cette capacité est beaucoup plus court que la période de sommeil dont l'organisme, a besoin.C'est pourquoi G.Moruzzi émettait récemment l'hypothèse selon laquelle le sommeil n'est pas en relation avec les processus rapides de récupération mais avec des événements lents qui affectent la structure des cellules, pour que la mémoire et l'apprentissage redeviennent possibles dans une nouvelle période d'éveil.L'auteur est professeur de neurophysiologie et directeur du laboratoire de neurophysiologie au Département de physiologie de ia Faculté de médecine de l'Université Laval. L OBSERVATION DE?ÿS 0 par Jean-Paul Boudreault Il existe, pour observer la course des satellites artificiels, plusieurs méthodes.La plus accessible, celle qui nécessite les instruments les moins perfectionnés, est la méthode optique.Elle permet cependant à ceux qui savent l'appliquer de faire des découvertes intéressantes et d'obtenir des résultats extrêmement précis.L'expérience que décrit ici Jean-Paul Boudreault sera très utile aux jeunes astronomes.Ïjï ri 1851 : Jtifiîiel Dès qu'un satellite est lancé, un réseau complexe de surveillance entre en action pour suivre son orbite.¦ .•; . CIEL BRILLANT )ES SATELLITES ARTIFICIELS Ceux qui eurent la chance d'assister, en 1957, au passage du premier satellite artificiel en ont gardé un souvenir impérissable.Aujourd'hui encore, l'observation de ces engins spatiaux reste un spectacle passionnant.Méthodes d'observation O Dès qu'un satellite est lancé, un réseau de surveillance entre en action.Il faut à tout prix connaître la position de la sonde au moment de la mise en orbite et les jours suivants, car, même si les appareils deviennent défectueux, l'orbite peut nous apprendre beaucoup sur la forme de la Terre et sur la densité de la haute atmosphère.Les méthodes d'observation des satellites artificiels se divisent en trois catégories: a) Méthode optique: c'est la méthode la plus courante.Elle va de la simple observation à l'oeil nu jusqu'aux chambres photographiques les plus perfectionnées.Mais ce système présente quelques défauts majeurs: • il est à ia merci de la température, • le satellite est souvent petit, donc difficile à étudier, • on ne peut, certains jours, observer qu'un seul passage de l'engin (fig.1 ).b) Méthode radio: la méthode radio n'est utilisable que si le satellite émet des signaux.Elle est indépendante de l'heure du jour et de la présence des nuages.c) Méthode du radar: presque indépendante, elle aussi, des conditions météorologiques, la méthode du radar comporte des difficultés dues à la distance et à la petite taille du satellite.Il ne sera question ici que de quelques méthodes optiques d'observation des satellites.Cependant, ceux qui préfèrent le confort peuvent adopter la méthode radio, soit en achetant un récepteur approprié dans un magasin de surplus militaire, soit en construisant un convertisseur de fréquence à partir des instructions données dans The Radio Amateur's Handbook.Quant au radar, mieux vaut ne pas y songer.CIEL SOMBRE LUMIÈRE DU SOLEIL RÉGION DOBSERVATIONl SATELLITE DANS L’OMBRE ORBITE DU SATELLITE OMBRE DE LA TERRE Un satellite n’est visible que s'il est éclairé par le Soleil et si le ciel est noir au-dessus de la région d'observation.Au cours d’une orbite, il ne peut être observé que d'une petite région de la Terre.Un astrolabe simplifié O Si l'on suppose que l'orbite d'un satellite artificiel est circulaire, des considérations mécaniques élémentaires indiquent que la vitesse angulaire de ce satellite est fonction de sa hauteur.Plus la sonde artificielle est élevée, plus elle se déplace lentement autour de la Terre.Il est facile de mesurer cette vitesse angulaire avec un astrolabe simplifié constitué de deux morceaux de bois en croix sur lesquels sont fixés trois clous peints en blanc (figure 2) .Les clous servent de mires.Lorsqu'un satellite artificiel atteint son plus haut point dans le ciel, l'observateur appuie l'astrolabe sur un piquet et vise le-satellite.Il suffit ensuite de calculer le temps que met l'objet pour parcourir la distance angulaire entre les deux clous extérieurs.Le graphique de la figure 3 permet de déterminer la hauteur du satellite ainsi que sa période de révolution.Si le satellite est à plus de 15° du zénith, il faut multiplier la distance trouvée sur la figure 3 par le cosinus de l'angle entre le zénith et la portion d'orbite utilisée pour obtenir la bonne' hauteur.: Dessin fourni par l'auteur Figure 2 8 Détermination visuelle de la position d'un satellite O Pour ceux que le calcul n'effraie pas et qui peuvent identifier quelques constellations avec une carte d'étoiles, voici une façon d'obtenir les paramètres d'une orbite quasi circulaire d'un satellite artificiel.Lorsque l'observateur est familiarisé avec l'aspect général du ciel, il est capable, dès qu'un satellite émerge de l'horizon, de reconnaître son orbite approximative et les principales constellations qu'il traverse.Au moment où l'engin passe entre deux étoiles brillantes ou qu'il forme, avec deux étoiles, un triangle rectangle ou une autre figure remarquable, il faut noter l'heure et la position.Un observateur expérimenté Un astrolabe simplifié pour l'observation des satellites.enregistre jusqu'à huit positions au cours d'un seul passage.Ces positions sont inscrites dans certains atlas tels que le Norton's Star Atlas ou le Skalnate Pleso Atlas of the Heavens édité par Sky Publishing Corporation, 49-50-51 Bay State Road, Cambridge, Mass.02138.Par extrapolation avec les grilles de l'atlas, on trouve les coordonnées équatoriales (ascension droite et déclinaison) du satellite aux di- ^ vers instants enregistrés.Ces coordonnées ë correspondent à la longitude et à la i latitude terrestres.Elles servent à déterminer avec précision la position d'un objet dans le ciel.Il est alors possible d'entreprendre les calculs.A chaque instant, le satellite forme, avec le zénith et le pôle, un triangle sphérique, c'est-à-dire un triangle dont les côtés sont des arcs de cercle (figure 4).Ces côtés se mesurent en degrés, minutes et secondes d'arc.Un côté de 90° est formé d'un arc de cercle sous-tendu par un angle droit.Dans la figure 4, pour l'hémisphère nord: C = 90° — latitude de l'endroit A = 90° — déclinaison du satellite B = angle horaire du méridien— ascension droite du satellite L'angle horaire du méridien vaut approximativement 3m 56s .56, multiplié par le nombre de jours entiers depuis le 21 mars précédent à midi, plus le nombre d'heures, de minutes et de secondes écoulées depuis midi (heure solaire moyenne).Il faut ajouter à cela une correction égale à la longitude de l'observateur moins la longitude du méridien standard (75° pour la zone de l'heure normale de l'est) le tout converti en temps (360° = 24h).Enfin, l'observateur situé à l'ouest de Greenwich doit ajouter la longitude du méridien standard exprimé en temps (5 heures pour la zone de l'heure normale de l'est).Il suffit de connaître ces quantités pour tracer la position du satellite sur un globe terrestre.On procède de la même manière pour les autres mesures qui sont à leur tour reportées sur le globe.Par la suite, la trajectoire apparente est extrapolée à l'aide d'une corde ou d'un élastique.L'angle entre l'équateur et la trajectoire de la sonde est l'inclinaison i de l'orbite.Il reste ensuite à trouver la période, puis à calculer la hauteur du satellite par l'équation classique de l'égalité de la force d'attraction gravitationnelle et de la force centripète: G M m _ M v2 R2 R Le plan de l'orbite n'est pas lié à la Terre: en première approximation, l'orbite du satellite est fixe par rapport aux étoiles tandis que la Terre fait un tour HAUTEUR AU-DESSUS DU SOL TERRESTRE (MILLES) Nomogramme pour le calcul de la hauteur et de la période de révolution des satellites artificiels.La courbe graduée se lit avec l'axe des vitesses.complet en presque 24 heures.Donc, à chaque périple, le satellite ne passe pas au-dessus du même point car, pendant ce temps, la Terre a tourné de quelques degrés.3 .Ol i Observations au télescope O Le télescope n'apporte guère d'informations supplémentaires pour l'observation des satellites mais il permet de détecter des objets de faible dimension.A ce propos, il faut distinguer la photographie et l'observation visuelle au télescope.a) Observations photographiques: Une simple caméra fixée sur un trépied suffit pour débuter.Pendant que le satellite traverse le champ de l'objectif, l'obturateur est laissé ouvert et la plaque photographique enregistre une traînée qui correspond à la trajectoire de la sonde artificielle.Cette traînée peut être hachurée en interposant périodiquement (pendant 10 secondes toutes les 30 secondes, par exemple) un carton devant l'objectif.La longueur du trait est fonction de la vitesse du satellite.Ne pas oublier de noter la date et l'heure.b) Observations visuelles: Jusqu'à présent, la plupart des observateurs de satellites artificiels utilisaient de petits télescopes à grossissement élevé et donc à champ ridiculement étroit.Or, l'instrument idéal serait une paire de jumelles prismatiques, 7 ou 10 x 50.Les équipes de surveillance Moonwatch, par exemple, utilisent l'équivalent d'un monoculaire 7 x 50 devant lequel est placé un miroir à 45° par rapport au plan de l'objectif.L'instrument est posé sur une table et, grâce au miroir, l'observateur regarde vers le bas, évitant ainsi les malaises provoqués par une session prolongée.A ces quelques méthodes d'observation des satellites artificiels, d'autres peuvent être ajoutées, avec un peu d'expérience et d'imagination.Derrière le point lumineux qui se déplace parmi les étoiles, l'observateur fera de merveilleuses découvertes.L'auteur est professeur au Département de physique de l'Université Laval.ZENITH SATELLITE y ipos, liliiiSS D'AUTRES PAYS LA CHERCHENT, CERTAINS L'ONT PEUT-ÊTRE TROUVÉE par Marc Duvivier ¦V.La jeunesse scientifique québécoise piétine.Régression des activités extrascolaires, stagnation des clubs, lenteur des tentatives de planification.Les raisons de ce malaise, QUÉBEC SCIENCE essaie de les analyser tout en présentant, en collaboration avec le Conseil de la jeunesse scientifique, un panorama des principaux mouvements existants.Mais avant d'étudier ce qui se fait (ou ne se fait pas) ici, nous avons voulu donner quelques coups de projecteur sur des expériences réalisées ailleurs dans le monde.Peut-être ces initiatives européennes et nord-américaines seront-elles, un jour, utiles aux Québécois.: • •.v.v.v.y • v y 10 L'école n'est plus seulement dans l'école.Télévision, revues, rencontres, cinéma, voyages: pour l'adolescent de 1970, les sources d'information se diversifient.Désormais, le professeur n'a plus le monopole de la transmission du savoir.Ses élèves accumulent davantage de connaissances chez eux ou dans la rue que sur les bancs de leur classe.Cette évolution, sensible dans toutes les disciplines scolaires, est encore plus rapide pour les matières scientifiques.En effet, les manuels et les programmes sont rarement alignés sur les plus récentes découvertes des biologistes ou des mathématiciens.Dans ces conditions, seule l'organisation d'activités extrascolaires nombreuses et attrayantes peut permettre d'éviter ce décalage.C'est pourquoi, depuis quelques années, les camps, les expositions, les clubs et les stages de sciences se multiplient dans la plupart des pays du monde.Mais, comme tous les novateurs, les responsables de ces mouvements rencontrent de nombreuses difficultés, aggravées par l'incompréhension des uns et la méfiance des autres.La nature même de ces activités, à mi-chemin entre l'éducation et les loisirs, ne facilite guère les rapports avec l'industrie, l'université et les pouvoirs publics.Ici, la pénurie d'animateurs qualifiés constitue le handicap le plus sérieux; là, l'absence de subventions limite les moyens matériels; ailleurs, c'est la représentativité de tel ou tel groupement qui n'est pas assurée ou l'information des étudiants qui reste insuffisante.Le Québec doit faire face, simultanément, à plusieurs de ces problèmes mais ceux-ci se sont posés avec la même acuité dans d'autres régions, que ce soit en Amérique du Nord ou sur le vieux continent.Aujourd'hui, toutes les nations industrialisées tentent, avec des moyens inégaux et des fortunes diverses, de promouvoir la recherche scientifique extrascolaire auprès des étudiants.Même si les expériences des mouvements européens ou américains sont rarement exportables, elles ne peuvent laisser les jeunes scientifiques québécois indifférents.;:rD V.:'7
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