Québec science, 1 janvier 1971, Octobre
1 /OCTOBRE 1971 4 POU =tOUOi LajEuns BOUDER ÏAÏCiE SAIIS1T-JEAIS1-VIANNEV ALLERGIE LE QUÉBEC ET LA RECHERCHE CODES SECRETS UNE ROCHE VIEILLE COMME LE MONDE QU'EST-CE QUE C'EST ?p.1 POU TOUCH LEiJEUnEi BOUDERE lAXiERCE CTLA BECMEBCME COOES SECRETS UNE ROCHE VIEILLE COMME LE MONDE QU'EST-CE QUE CEST 7 p 19 M Magazine d'information scientifique publié par les Presses de l'Université du Québec en collaboration avec le ministère de l'Éducation et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Les articles de Québec Science sont répertoriés dans L'Index analytique, publié conjointement par le Centre de documentation de l'Université Laval et le Service des bibliothèques du ministère de l'Éducation Tout écrit publié dans le magazine n'engage que la responsabilité du signataire.Rédaction Directrice et rédactrice en chef Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Jean-Marc Gagnon Réalisation graphique couthuran, québec Impression l'éclaireur Itée, beauceville 2 Saint-Jean-Vianney LES QUESTIONS SANS RÉPONSE, par Jean-Yves Chagnon L'état actuel de la recherche ne permet pas de prédire où et quand se produiront les prochains glissements de terrain.5 «IL FALLAIT ÉVITER LA PANIQUE» Une interview de Jean-Yves Chagnon.6 QU'EST-CE QU'UNE ÉTUDE GÉOTECHNIQUE?par Jean Vallée Comment s'assurer de la stabilité du terrain sur lequel on projette de construire un édifice.8 LA FAUNE AFRICAINE EN DANGER, par Gaston Moisan Un spécialiste de la faune montre comment les biologistes québécois peuvent aider à sauvegarder la faune africaine.10 POURQUOI LES JEUNES BOUDENT LA SCIENCE, par Jacques Lazure L'attitude des jeunes pose des interrogations sérieuses à la science contemporaine.15 L'ALLERGIE, MALADIE DU SIÈCLE, par Claude Benezra Le rôle du chimiste dans la prévention et la thérapie de l'allergie.17 LA RECHERCHE DOIT PASSER PAR LE QUÉBEC, par Louis Berlinguet L'orientation de la recherche scientifique nous échappe.18 L'ACFAS CONTRE UN MINISTÈRE DES SCIENCES Les recommandations de !'ACFAS sur la politique scientifique au Canada et au Québec.RUBRIQUES 1 Éditorial: UN NOUVEL ART DE VIVRE, par Jocelyne Dugas 24 Comment on devient — Comment devenir ÉCOLOGISTE Pierre Dansereau interviewé par Huguette Roberge.26 L’expérience du mois: LES CODES SECRETS, par Jean-Paul Boudreault 28 Le labo: COMMENT FABRIQUER UN CONTRÔLE ÉLECTRONIQUE, par Pierre Gervais 30 FLASH.FLASH.FLASH 23 Échec et maths 23 A vous de jouer 32 Voulez-vous lire?33 Vous dites?© Tous droits réservés 1971 - LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC deuxième classe, enregistrement no 1052 — Dépôt légal quatrième trimestre 1971 nationale du Québec — Imprimé au Canada.— Courrier de - Bibliothèque Promotion et publicité Daniel Choquette Diffusion et secrétariat Patricia Larouche Administration Québec Science, case postale 250, Sillery Québec 6.Tél.: 651-7220 Abonnements 8 numéros: octobre à mai Tarif individuel: $3 (Canada) $3.50 (étranger) $10.(de soutien) Tarif groupe-étudiants: 15 abonnements et plus livrés à la même adresse: $2 Vente à l'unité: $0.50 Membres du comité d'orientation André Beaudoin, responsable des services collectifs, ministère de l'Éducation Louis Berlinguet, vice-président à la recherche, Université du Québec Claude Boucher, professeur agrégé au Département de mathématique, Université de Sherbrooke Maurice Brossard, doyen aux études graduées et à la recherche, Université du Québec à Montréal Jacques Desnoyers, professeur agrégé en chimie, Universi- té de Sherbrooke Guy Dufresne, directeur des projets spéciaux.Consolidate | Bathurst Pierre Dumas, Société Radio-Canada André Fournier, responsable de l'enseignement des scienc au secondaire, ministère de l'Éducation Serge Fradette, étudiant en biochimie, Université de Montréal Claude Frémont, directeur adjoint au Département de physique, Université Laval Gordin Kaplan, professeur de biologie, Université d'Ottav Paul Laurent, agent d'information.Service des relations publiques, Hydro-Québec Gilles Papineau-Couture, directeur du contrôle de la qualité.Laboratoires Ayerst Guy Rocher, professeur de sociologie.Université de Montréal Guy Simard, étudiant, CEGEP du Vieux-Montréal Pierre Tougas, directeur du Bureau d'aménagement p scolaire, Commission des écoles catholiques de Montréal W'febCa» rar Jocelyne Dugas a révolution culturelle du Québec est en marche.À commencer par celle de QUÉBEC SCIENCE.'as slogans comme «La science pour tous» ou «La science par plaisir» jourraient n'être pour nous que des clichés de la plus pure eau.\ moins de les vivre vraiment./est ce que nous voulons faire avec plus d'intensité que jamais cette année.'e premier numéro du volume 10 nous engage résolument dans la voie d'une >lus grande démocratisation de l'information scientifique et technique._a réduction de nos coûts de production et le recours à des sources de financement diversifiées nous met en mesure d'offir à nos lecteurs, au même prix, jn contenu plus considérable ouvrant franchement la porte aux sciences humaines.article du professeur Jacques Lazure sur les réactions de la jeunesse luébécoise face à l'évolution scientifique inaugure brillamment cette politique edactionnelle.espace dont nous disposons facilitera également la publication régulière analyses, d'enquêtes, d'interviews, de sondages sur les problèmes propres à iotre milieu scientifique.L'exposé de M.Louis Berlinguet sur la situation le la recherche au Québec offre un bon exemple des écrits que nous entendons aire paraître.La présentation exclusive de dossiers capables d'apporter un éclairage scienti-ique à l'événement, en l'occurrence ce mois-ci Saint-Jean-Vianney, voilà jour nous une autre façon de mieux incarner QUÉBEC SCIENCE dans la éalité québécoise.liais même si nous avons pignon sur rue au Québec, nous n'en voulons pas noins ouvrir à nos lecteurs des fenêtres sur le monde.A preuve, l'article de l/î.Gaston Moisan sur les risques de disparition de la faune africaine et la résence des biologistes québécois dans cette région du globe, afin, les disciplines scientifiques vues à travers la grille de l'actualité, par îxemple la chimie dans un texte de fond comme «L'allergie, maladie du liècle», prennent une tout autre couleur que lorsqu'elles restent enfouies ms la grisaille des manuels de classe, complétant ainsi «sans douleur» la ormation scolaire des jeunes et des adultes.La science par plaisir.Utopie?Réalité pour quelques initiés?Pourtant, il iff irait, pour se convertir, d'avoir la chance «d'y goûter», de vivre aventure.Demandez ce qu'ils en pensent aux stagiaires des camps de scien-s.Demandez aux amateurs adultes de nos sociétés d'astronomie.Demandez ix étudiants qui ont participé à des projets de recherche de Perspectives-ieunesse.onnaître et comprendre, afin de changer la vie et de transformer la société, est la révolution à laquelle QUÉBEC SCIENCE vous convie cette année encore, avec plus de force et de détermination que jamais, vez la science dans votre vie quotidienne afin que la science devienne art de /ivre.24 23 22 21 20- 19- 18- 17 16- 15 14- 13- 12 11 10 9 5 4 3 2 1 / I * glisâlil % V’ r.m v ¦r; < r -**‘'; ¦^r ^ ,> 4 *' r* **y ^ v * 4 * \ \ Va^V.-^ -Cr -r 4'\ T yj?-' r " ) .K^- J V'V' ,L: ^t;- ^ ^>3- *p5R« Saint-Jean-Vianney LES QUESTIONS SANS RÉPONSE La catastrophe qui a détruit une partie de Va paisible municipalité de Saint Jean-Wianney, le 4 mai 1971, a soulevé dans l'esprit du public de nombreuses questions fur la stabilité des sols au Québec, sur la fréquence et la répartition des glissements < pe terrain en généra! et des coulées d'argile ensible en particulier, sur l'ampleur de ces hénomènes et surtout sur la possibilité le les prédire et de les prévenir.En plus 'expliquer la nature des glissements de erra in, cet article rédigé par le géologue lépêché sur les lieux par le ministère des ichesses naturelles se veut une réponse à des questions.parfois sans réponse.' ; v É %- VvA Quelques faits se dégagent du battage publicitaire qui a entouré l'événement de ), Saint-Jean-Vianney: les opinions contradic-/' , toires avancées sur la prédiction et la pré-v ' (Vention des coulées, les accusations f, d'inaction ou d'incurie portées contre divers organismes gouvernementaux et municipaux sensés être au courant de ces phénomènes, la mise en question de la stabilité du sol d'une grande partie du territoire, enfin l'inertie des scientifiques face à V^un problème qu'ils connaissent pourtant bien.Une fois calmée la frénésie des premiers moments et avant que Saint-Jean-Vianney n'évoque plus qu'un souvenir, une mise au point s'impose.\ T, ROSION SUR LES BORDS DU GOUFFRE -terre photo prise au mois d’août à ia base du glis-]ment de mai dernier illustre bien Faction érosive de Feau dans l’argile, (photo: J.Y.Chagnon) 2 000 glissements par année O Environ 2 000 glissements de divers types se produisent chaque année au Québec.Seuls quelques-uns sont portés à la connaissance des autorités et de la population habituellement parce qu'ils causent des dégâts matériels ou des pertes de vie.Les autres, plus nombreux, surviennent dans des lieux inhabités.On constate leur présence après coup sans que les journaux en entendent même parler.Dans la plupart des cas, il s'agit d'affaissements limités aux berges abruptes des rivières, surtout en période de crue.De dimensions restreintes, ils résultent directement du sapement des pentes par l'action érosive de l'eau.Phénomène naturel, les glissements de terrain sont généralement considérés comme une manifestation normale des processus géologiques dynamiques sans cesse à l'oeuvre sur notre planète.Les glissements les plus spectaculaires et les plus désastreux sont presque invariablement des coulées d'argile sensible.Ces coulées, généralement mineures, se produisent au rythme d'une douzaine par année.Tous les sept ou huit ans environ, le Québec enregistre une coulée majeure.Mentionnons: Nicolet, le 12 novembre 1955, Saint-Joa-chim-de-Tourelle, le 11 décembre 1963, Desbiens, en juin 1964 et Saint-Jean-Vianney, le 4 mai 1971.Plusieurs facteurs contribuent à provoquer de façon sporadique de tels cataclysmes.Le facteur climatique semble dominer.Un inventaire des anciennes coulées d'argile présenté en T9681 a révélé la présence de 686 cas répartis irrégulièrement sur notre territoire.Ce nombre ne comprend que les coulées identifiées de façon positive.A la suite d'un examen attentif de la distribution des coulées, on a constaté qu'elles se limitaient à quelques régions distinctes.Ces régions furent, sans exception, recouvertes récemment (12 000 à 10 000 ans) par des étendues d'eau salée.D'où une distinction importante: aucune coulée n'ayant été observée dans les endroits recouverts par les dépôts lacustres (lac Barlow-Ojibway dans le nord-ouest du Québec, Lac Deschaillons près de Québec, etc.), elles se manifestent uniquement dans les dépôts marins, plus précisément d'argile ou de silt (mer de Champlain, dans les Basses-Terres du Saint-Laurent, mer de La-flamme, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et mer de Tyrrell, sur les côtes de la baie d'Hudson et de la baie James).Toutefois, elles ne se rencontrent pas partout où ces dépôts sont connus.La figure 1 ci-contre présente les limites approximatives de ces différents dépôts dans le sud du Québec et aussi les zones où abondent les coulées.En forme de poire O Quels caractères identifient la coulée d'argile sensible?Le premier est sa forme typique, celle d'une poire, semi-circulaire avec une ouverture ou porte de sortie en forme de goulot (figure 2).Par exception, la forme peut varier quelque peu.Le second caractère réside dans la nature et le comportement de la matière affectée.Il s'agit généralement d'une argile ou d'un silt à forte teneur en eau (jusqu'à 70 pour cent), qui, à cause de sa structure interne due aux conditions prévalant au moment de sa déposition, se liquéfie sous l'effet de chocs, vibrations ou autres perturbations.Une troisième caractéristique est la rapidité et le mode de propagation des coulées: elles se produisent très rapidement, c'est-à-dire en quelques minutes comme à Nicolet et à Desbiens, et se propagent par une série de ruptures qui atteignent progressivement la configuration finale.Dans la plupart des cas, la matière affectée se déplace très peu et ce facteur limite l'ampleur des coulées.9 000 000 de verges cubes O A Saint-Jean-Vianney, la matière a littéralement coulé sur une grande distance et atteint le Saguenay où elle s'est déplacée librement.Ceci peut expliquer en partie l'ampleur extraordinaire de ce glissement (9 millions de verges cubes de sol furent déplacées) et le fait que le site de la coulée soit presque entièrement nettoyé.Les coulées se produisent sur des terrains inclinés de quelques degrés seulement.A Saint-Jean-Vianney, la topographie était irrégulière et certains points plus élevés que le secteur extérieur à la coulée ont été emportés.Toutefois, le point de départ de la coulée est généralement une pente abrupte où un glissement mineur ouvre la voie à la matière.Le glissement qui a précédé de plusieurs jours la coulée du 4 mai à Saint-Jean-Vianney, a sans doute formé le goulot par lequel toute la matière a coulé.Ce fait, maintenant évident, ne pouvait être prévu.Le glissement, probablement causé par l'érosion du pied de la pente accentuée par la crue printanière, a affecté la berge ouest du ruisseau Petit-Bras.En général, contrairement à ce qui s'est produit à Saint-Jean-Vianney, le glissement précède immédiatement la coulée et n'est pas identifié séparément.Donc, pour qu’il y ait coulée, il faut une ouverture.Remarquons que les dimensions finales ne sont pas proportionnelles à celles du glissement initial et que la direction du mouvement rétrograde n'est pas indiquée par celle du premier glissement. A la fonte des neiges O Les coulées résultent d'un concours de facteurs distincts, certains bien connus, d'autres peu et quelques-uns peut-être pas encore identifiés.Parmi les facteurs bien connus signalons: a) les propriétés mécaniques et physiques de l'argile et du silt.L'étude de ces caractères relève surtout du domaine de la mécanique des sols et est assez avancée.Quelques-uns, telles la faible résistance au cisaillement, la haute sensibilité, la haute teneur en eau, sont à peu près identiques dans toutes les zones de coulées.Toutefois, elles ne peuvent constituer des éléments de prédiction, car on les retrouve à plusieurs endroits où les coulées ne se sont jamais manifestées.b) Les conditions climatiques.Les coulées se produisent souvent à la fonte des neiges ou après des périodes de forte précipitation.Plusieurs coulées ont eu lieu au printemps ou à l'automne.c) Le réseau d'écoulement d'eau dans le sol.Les coulées sont fréquemment associées à des zones où les pressions de l'eau contenue dans le sol sont élevées.Une correction efficace à l'instabilité locale consiste d'ailleurs à diminuer ces pressions au moyen de drains souterrains.Facteurs peu connus: a) La présence de certains éléments géologiques rattachés à l'histoire des zones où les coulées surviennent.Des études locales2 ont démontré que les coulées étaient situées le long de dépressions dans le socle rocheux dépressions maintenant comblées par les dépôts marins.Ces dépressions, vallées préglaciaires, glaciaires ou failles, facilitent le développement de quelques facteurs énumérés plus haut.Cependant, les études sur ce sujet sont à peine amorcées et des généralisations ou conclusions définitives ne peuvent être envisagées pour le moment.b) Les relations entre les propriétés mécaniques particulières aux glissements et la minéralogie, la physico-chimie et l'évolution des argiles depuis leur déposition ne sont pas encore établies clairement.La définition précise de ces relations pourrait éventuellement conduire à l'identification des facteurs déterminants des coulées.Prophètes de malheur O Tous ces facteurs se retrouvent à chaque coulée, mais aussi à certains endroits où il n'y en a pas.Il nous manque donc quelques liens ou autres données pour en arriver à une explication claire de la cause des coulées.A la suite de ce court résumé, le lecteur constatera que l'étude de ces phénomènes naturels implique plusieurs disciplines scientifiques hautement spécialisées (génie civil, mécanique des sols, géologie, hydrogéologie, hydraulique, etc.).Soulignons ici la nouveauté de l'étude des coulées et la rareté des travaux multidisciplinaires réalisés.La carence de données sur les causes Carottier électrique indiquant la nature et l'épaisseur de chaque couche du terrain foré, (photo: J.Y.Chagnon) ny- .des coulées constitue l'obstacle majeur à leur prédiction et leur prévention.A la suite de la coulée de Saint-Jean-Vianney, on a pu lire dans quelques journaux des exposés sur la prédiction de ces glissements.On a même identifié plusieurs zones où ils peuvent se produire, il ne s'agit pas vraiment de prédiction, mais plutôt d'une déduction logique selon laquelle les régions qui ont connu des coulées peuvent en connaître d'autres.La véritable prédiction consisterait à prévoir non seulement le site exact des coulées, mais aussi le moment et les dimensions.Régions instables O Ces exposés ont aussi soulevé le problème de la stabilité des sols au Québec.On a même avancé que toutes les régions situées à l'intérieur des limites des mers de Champlain et de Laflamme étaient instables.Tel n'est pas le cas.Les zones affectées par les coulées ne représentent qu'un faible pourcentage de la surface des secteurs couverts autrefois par ces mers.Les zones où les coulées abondent sont généralement connues non seulement des organismes provinciaux et municipaux mais surtout des résidents.Il est plus facile de dire que ces zones sont instables que de le prouver.Deux glissements majeurs ont affecté les berges des rivières Sainte-Anne et Blanche à Saint-Alban en 1894 et à Saint-Thuribe en 1898.Aucune coulée majeure ne s'y est produite depuis.Il est possible de suggérer que d'autres coulées s'y manifesteront dans l'avenir.Mais comment pourrait-on préciser où et quand?Devons-nous condamner irrémédiablement de nombreux secteurs par crainte de nouvelles coulées?Ce serait peut-être en vain; car il n'est pas assuré que le phénomène se reproduise.De toute façon, je doute que la population accepte d'évacuer les lieux.San Francisco prévoit un tremblement de terre majeur depuis des années, tous le savent et continuent d'y habiter.En plus de l'état embryonnaire des études sur les causes des coulées, la difficulté d'obtenir des renseignements utiles Foreuse telle qu'utilisée à Saint-Jean-Vianney et à Sainte-Scholastique, (photo: Krieber — Richesses naturelles) WM constitue un obstacle majeur à la prédiction.On ne peut, par un simple examen superficiel, recueillir assez de données pour juger de l'instabilité d'un terrain argileux.11 faut aller chercher ces renseignements dans le sol par des moyens complexes (forages spéciaux, piézomètres, essais au sismographe, essais de pénétration, mise en place d'instruments délicats qu'il faut surveiller pendant de longues périodes).12 spécialistes au Québec O Ces études très dispendieuses requièrent les services d'un personnel hautement spécialisé.Même si l'on consacrait à cette fin la totalité du budget du Québec pendant dix ans, il n'est pas sûr que l'on parviendrait à prédire les glissements.La pénurie de personnel qualifié rendrait impossible l'utilisation rationnelle de ces fonds.On ne dénombre à l'heure actuelle au Québec qu'une douzaine de chercheurs spécialisés et actifs en ce domaine, et une trentaine au Canada.Advenant même la réalisation de telles études, les résultats n'en seraient pas nécessairement concluants.Il semble donc réaliste d'affirmer que la véritable prédiction des coulées n'est pas pour bientôt.Nous sommes probablement moins avancés dans nos recherches que les médecins dans l'étude du cancer.Les recherches vont se poursuivre et de nouvelles études géotechniques régionales pourront nous fournir plusieurs renseignements sur les zones instables et la prédiction des coulées.Quant à la prévention, elle suit la prédiction.Dans certains cas spécifiques comme, par exemple, à la suite d'un glissement mineur menaçant une propriété ou un immeuble, il est possible de recourir à des mesures appropriées, à la lumière d'études locales.Ces expertises peuvent durer quelques semaines et la réalisation des travaux correctifs, quelques jours.Actuellement, aucun moyen ne permet de stabiliser rapidement une zone douteuse.Quant aux mesures préventives à l'échelle régionale elles ne s'avèrent ni efficaces ni rentables. sp-1' Où se produira la prochaine coulée?O Ce point est important, car il constitue l'élément principal de la réponse aux accusations d'inaction ou d'incurie lancées à la suite de la coulée de Saint-Jean-Vianney.Personne n'aurait pu la prédire.Même si le glissement antérieur à la coulée avait été connu et étudié, personne n'aurait été en mesure de prévoir cette dernière et encore moins, d'en prédire l'ampleur.En conclusion, les recherches sur ces problèmes n'en sont qu'à leurs débuts et les solutions, encore lointaines.On peut espérer en arriver un jour à délimiter avec précision la majorité des zones instables et éventuellement à prédire les coulées.Afin d'obtenir les données indispensables sur la stabilité des terrains argileux, des études géotechniques à la grandeur du Québec s'imposent.Je doute cependant qu'elles débouchent sur la véritable prédiction.Où se manifestera la prochaine coulée?Peut-être dans une zone où des glissements se sont déjà produits, mais pas nécessairement: qu'on se souvienne de la coulée de Saint-Joachim-de-Tourelle, la première jamais enregistrée dans cette région.A la lumière des connaissances actuelles, cette question demeure encore sans réponse.! BIBLIOGRAPHIE 1 CHAGNON, Jean-Yves,Lescou/eescTarfir/'/e dans la province de Québec, Le Naturaliste canadien, numéro 95, 1960, pp.1327-1343.2 LAROCHELLE, P., CHAGNON, J.Y., LEFEBVRE, G., Regional Geology and Landslides in the Marine Clay deposits of Eastern Canada, Can.Geotechnical Jour., vol.7, no.2, 1970, pp.145-156.Publié avec /'autorisation du ministre des Richesses naturelles.fcïL FALLAiü EHlPEChE?LA PAIliQUE» Jean-Yves Chagnon Venu porter lui-même son texte à nos bureaux, M.Chagnon fut aussitôt assailli de questions par l'équipe de QUÉBEC SCI ENCE.Voici le bilan qu'ii trace de son expérience de scientifique placé au coeur d'une tragédie plus humaine que géologique.«Depuis le drame de Saint-Jean-Vianney, nous sommes débordés de requêtes et de demandes de renseignements sur la stabilité du sol aux quatre coins du Québec», déclare l'un de nos rares spécialistes en glissements de terrain, M.Jean-Yves Chagnon.Géotechnicien au Service des gîtes minéraux du ministère des Richesses naturelles du Québec, M.Chagnon a été dépêché à Saint-Jean-Vianney le matin du tragique événement.«Je comprends, dit-il, que la population s'inquiète à la suite d'un tel sinistre et nous faisons de notre mieux pour répondre à toutes les demandes.Mais à trois, nous n'y suffisons pasl» Du personnel supplémentaire viendra bientôt prêter main-forte à la «division géotechnique», qui n'existe encore qu'officieusement.C'est pourtant cette équipe qui a réussi à l'aide de photographies aériennes, à détecter la plupart des endroits où des glissements se sont produits au Québec.«La mission qu'on m'avait confiée à Saint-Jean-Vianney, reprend l'expert, était de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher le glissement de s'étendre.Ce qui fut accompli en quelques jours seulement.«Par la suite, mon rôle s'est transformé; les préoccupations humanitaires prirent le pas sur les aspects techniques et scientifiques, poursuit-il.L'impact psychologique de ce drame atteint des proportions considérables.La presse écrite et parlée rapportait chaque jour des faits et des opinions alarmantes pour la population.Il me fallait empêcher la panique.«La situation devint plus intolérable encore lorsqu'on chercha à en attribuer la responsabilité au gouvernement québécois.Or, comme je l'explique dans mon article, la science s'avère impuissante à prédire de telles coulées avec les moyens dont elle dispose à l'heure actuelle.«Des recherches se poursuivent sur le terrain, à Saint-Jean-Vianney.Placés sous la direction de M.Pierre Larochelle de l'Université Laval, conseiller technique auprès du ministère des Richesses naturelles, ces travaux permettront sans doute de faire avancer notre connaissance des glissements.«Sur le plan scientifique, ajoute M.Chagnon, les glissements du type cou/ée d'argile sensible présentent un intérêt certain.On n'en rencontre qu'en Suède, en Norvège, en Alaska et dans l'est du Canada (Québec et Ontario en partie), parce que ces régions ont sans doute connu les mêmes conditions de formation du sol.Il faudra plusieurs glissements encore avant que nous parvenions au stade de leur prédiction exacte.Mon seul souhait est qu'ils se produisent dans des zones inhabitées et qu'on prenne toutes les mesures possibles pour prévenir un cataclysme comme celui de Saint-Jean-Vianneyl»! tlapft 'ynjlise-•jjlÉOU ,.,[![ 3 liàfS d ^ ittki'f nds Je# in#* .¦ vjj|3 v, é \ mtf's Av ,.v^ % - -''' ' , ÿ/.- à** * '} » '-v OUEiü-C 9uun EvUDE CEOlECH RiOUE ?par Jean Vallée A la suite de la tragédie de Saint-Jean-Vianney, de nombreux individus et organismes s'inquiètent de la stabilité des terrains sur lesquels ils projettent de construire.Un professeur de l'Université du Québec à Chicoutimi, M.Jean Vallée, spécialiste de la mécanique des sols, a préparé une série de brochures traitant de la géotechnique et des mesures à prendre avant /'érection d'un bâtiment.Avec la permission de l'auteur, QUÉBEC SCI ENCE présente à ses lecteurs un résumé de ces textes inédits.Il y a quelques années encore, il suffisait d'un coup de talon dans un champ pour décider d'un type de fondation.Seul un expert en mécanique des sols et des roches (ou géotechnicien) peut étudier les propriétés physiques, hydrauliques, mécaniques et géologiques des sols et conseiller les constructeurs quant au type de fondation et aux matériaux à utiliser.Science relativement jeune au Québec, la mécanique des sols compte au plus une cinquantaine de spécialistes répartis dans les universités, les gouvernements et les bureaux d'ingénieurs-conseils spécialisés.Une étude géotechnique comprend trois étapes majeures: l'exploration du sol, les essais de laboratoire et le rapport géotechnique.m;:sm ïV-i,} -.f , wBÊBBBÈm Forages O Qu'il s'agisse d'une route, d'un édifice à plusieurs étages ou d'un mur de soutènement, le géotechnicien, après la consultation des plans, se rend sur place pour examiner le sol (argile, sable, remblais) et les édifices avoisinants.Cette visite lui permet d'évaluer approximativement la profondeur du socle rocheux, le relief du terrain, son drainage et son accessibilité.Il établit ensuite un programme de sondage.Ce programme comprend le type de forage à effectuer, la profondeur et le nombre de sondages, leur localisation et l'outillage nécessaire.Il prévoit aussi l'exécution d'essais sur le terrain et le prélèvement d'échantillons.Afin de vérifier l'exactitude des données sur lesquelles s'appuie le programme, le premier forage doit être le plus profond possible et comprendre nombre d'essais et d'échantillonnages.Cette première cueillette permet ainsi d'ajuster le programme à la nature réelle du sol.Photographies O Par la suite, on procède à l'arpentage du terrain, à la localisation des forages et à la photographie du site et de l'équipement employé.Fournir une série complète de photographies s'avère indispensable.Car, très souvent, des personnes qui ne visitent jamais les lieux consultent les rapports géotechniques.Essais en laboratoire O Comme certains essais en laboratoire peuvent durer plus d'une semaine, il est très important de commencer le plus tôt possible l'analyse des échantillons prélevés.Dans les cas où quatre essais consécutifs doivent être effectués sur le même appareil, il faut compter plus d'un mois avant d'obtenir les résultats. üsi Coupe géologique O A l'aide de dessins et de graphiques, on décrit ensuite pour chaque forage les types de sol rencontrés, leurs propriétés, l'épaisseur des couches et le relief du terrain.Un résumé de tous les rapports de forage appelé profil stratigra-phique ou coupe géologique et une vue en plan du site montrant la localisation des forages, le contour des fondations du projet et leurs dimensions, complètent les dessins.Calculs O Par la suite, pour chaque type de fondation, on doit calculer: la capacité portante du sol à diverses profondeurs, les dimensions des fondations et leur élévation par rapport à la surface du terrain, le tassement des fondations et les facteurs de sécurité.Types de fondation O II faut ainsi discuter chacune des solutions envisagées en donnant ses caractéristiques.A titre d'exemple, voici quelques types de fondation et de mur de soutènement: pieux forés et coulés en place, pieux battus en béton ou en acier, semelles individuelles ou combinées, radier souple ou rigide, caissons, mur de palplan-ches, mur-poids en béton, mur de gabion, pavement de protection.- .r" I ‘ ^ ; - üp i ¦ ¦ ." jfÿïMt: Construction O Après l'inventaire des solutions possibles, viennent les recommandations détaillées relatives à l'exécution du projet: stabilité des pentes de l'excavation, drainage ou capacité de pompage nécessaire pour assécher une fouille, tassement et épaisseur des coussins de sable, et contrôle de l'exécution du projet.Ce contrôle est fortement recommandé, au cas où, par exemple, des poches d'argile que le forages n'auraient pas permis de déceler se trouveraient sous les fondations de l'édifice.¦ L'auteur est professeur de génie à l'Université du Québec à Chicoutimi.QUAND DOIT-ON CONSULTER UN SPÉCIALISTE?Prenons comme exemple une organisation désireuse de faire construire un édifice.A l'achat du terrain, un géotechnicien pourra selon le site envisagé, expliquer le type de sol à cet endroit, le genre d'édifice à construire et le type de fondations le plus économique.Il conseillera, soit un site plutôt qu'un autre, soit une architecture plutôt qu'une autre, et cherchera à éviter l'achat d'un terrain qui ne convient pas au_ but visé.èiiï A-.:/ Une fois les plans de l’édifice établis, le géotechnicien précisera le genre d'étude géotechnique requis et donnera une première estimation de son coût.Une étude géotechnique complète et comportant les recommandations appropriées coûte de $15 à $20 par pied de forage.Par exemple, le prix de 5 forages d'une profondeur.moyenne de 50 pieds variera de $4 000 à $5 000.Un estimé du coût des travaux peut être effectué en même temps que le programme de sondage.Étant donné qu'une étude géotechnique dépend d'une foule de facteurs non contrôlables (la température, l'accessibilité du terrain, le type du sol, la profondeur du socle rocheux), il est préférable dans certains cas de ne pas fixer le prix à l'avance.Les conseils du spécialiste peuvent également s'adresser à l'entrepreneur en construction: par exemple, dans les cas où le terrain est tellement mou que l'outillage risque de s'y enfoncer, il peut recommander un drainage efficace, une stabilisation à la chaux ou même la construction en hiver lorsque le sol est gelé et dur.Certains types de sols contiennent parfois des substances susceptibles d'attaquer le béton et de le détériorer en quelques années.L'emploi de ciment spécial est alors indiqué.Cet exemple ne constitue qu'un des aspects familiers au géotechnicien.On peut aussi recourir à lui pour la construction de routes, le creusage de tranchées et de puits, le développement de quartiers résidentiels, industriels ou commerciaux, le drainage des sols, l'érosion des rivières, l'exploitation des dépôts de sable et de gravier et en cas de glissement de terrain.® Des biologistes québécois aident à sauvegarder FAUfli Ar^iCAiRE ER DARGER par Gaston Moisan Que! fervent de la nature n'a pas rêvé un jour d'un safari en Afrique?Mais aucune ressource n'est inépuisable.Si bien que la faune africaine de l'Ouest court de graves dangers.Des biologistes québécois contribuent à la sauvegarde de cette richesse, explique l'auteur de cet article.Les temps ont bien changé depuis l'époque où nos seules occasions d'entendre parler du continent africain se limitaient aux touchants appels que tes missionnaires venaient lancer régulièrement du haut de la chaire à la messe dominicale.A présent, la télévision nous montre des images d'Afrique presque toutes les semaines; il s'agit trop souvent de scènes de violence ou de famine, mais aussi de spectacles grandioses montrant le fourmillement de la grande faune africaine et les moeurs des populations noires.Quel fervent de la nature ne s'est pas surpris un jour ou l'autre à rêver qu'il se trouvait au milieu de ces grandes savanes peuplées d'éléphants, de buffles, de girafes et d'antilopes?Ce rêve s'est enfin réalisé pour l'auteur de cet article.Il s'est vu confier, par l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), diverses tâches en Afrique de l'Ouest qui lui ont permis de se familiariser avec la situation de la faune et des parcs nationaux dans les pays francophones.Au départ, il faut corriger une fausse impression créée par les media d'information: on pense généralement que la grande faune africaine ne persiste qu'en Afrique du Sud et dans les pays de l'Est africain comme le Kenya, le Tanzanie et l'Ouganda parce que les nombreux livres publiés et les films populaires se limitent presque toujours à décrire ces régions.Or, il existe aussi des territoires très giboyeux en Afrique occidentale, centrale et équatoriale.Pourquoi en sommes-nous si mal informés?Les raisons en sont multiples et complexes, mais nous allons tenter d'en faire ressortir les principales.Sft".La girafe dans son habitat préféré, ia savane à acacias; elle est abondante dans cet habitat partout où elle est protégée contre les braconniers (Cameroun).Le tourisme supplante l'agriculture O II faut d'abord constater que si la grande faune est abondante dans l'ouest du continent africain, on n'y trouve quand même pas les troupeaux de centaines de milliers de gnous, de gazelles et de zèbres qu'on rencontre dans les plaines du Serengeti ou dans le cratère de Ngorongoro en Tanzanie.Le paysage accidenté de l'Est africain offre une gamme complète d'habitats et de climats que la topographie uniforme de l'Ouest ne présente pas.Ces immenses concentrations d'animaux ont frappé l'imagination des explorateurs d'abord et, plus tard, celle d'écrivains comme Hemingway et de cinéastes qui y ont trouvé un matériel inépuisable.Les livres et les films diffusés à travers le monde ont provoqué une affluence de touristes telle qu'aujourd’hui, l'industrie touristique africaine est florissante.Au Kenya, le tourisme dépassera bientôt, si ce n'est déjà fait, l'agriculture comme principale activité économique et source de devises étrangères.Nairobi, capitale du Kenya, constitue la plaque tournante du tourisme pour tout l'Est africain.Un climat agréable dû à la proximité de l'équateur, à la présence de montagnes et de hauts plateaux variant entre 2 000 et 7 000 pieds d'altitude et à l'alternance de quatre saisons (deux saisons sèches et deux saisons de pluies, ni très longues ni très contrastées), permet aux touristes d'y circuler pendant toute l'année.Les Anglais, mieux que les Français.O L'Est et le Sud africains ont été colonisés par des Anglais qui se sont ancrés à la terre en la faisant produire.La faune qui les entourait a été souvent surexploitée, mais on s'est efforcé aussi de la mieux connaître et de la conserver par la création de parcs nationaux.Avec le temps, des programmes d'aménagement et de mise en valeur ont vu le jour grâce à l'aide étrangère.De nombreux biologistes américains, canadiens et québécois y ont travaillé; des stations de recherche sur la faune sauvage y ont été fondées; une société d'histoire naturelle très active y publie une revue scientifique hautement cotée (East A fricain Wildlife Journal), de même qu'un périodique de vulgarisation (Africana), une spécialisation en aménagement de la faune est offerte dans les Universités de Nairobi et de Kampala; une école en Tanzanie forme chaque année, depuis six ans, une cinquantaine d'Africains en aménagement de la faune.Tous ces efforts, en plus de la création de parcs nationaux et de la protection de la faune par des centaines de gardes dans chaque pays, sont déployés en vue de conserver et d'utiliser rationnellement cette faune sauvage maintenant reconnue comme une ressource naturelle à part entière, au même titre que la forêt et l'agriculture. I :mm mu! .iirTous, in de pues .cliapiia wseiveia1 tone saune® «au même ‘:3d ma msi m -.—r » *)&-lj** , -2k __ ^ _*:V- ~ Vi - - -^> .¦,*¦ ~7 « ¦• - •«'/¦•jjatr ¦ «t » -V?J ._j>:i-
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