Québec science, 1 janvier 1971, Novembre
b*c c* RO 2/NOVEMBRE 1971 /$0.50 üi.Hi! WHH Ewum ONNWiF L^Eggll wWHi DÉVELOPPEMENT ET ACTION POLITIQUE POISSONS EN FUITE LES ENZYMES GLOUTONNES ENGRENAGES, TECHNIQUE DE POINTE QU'EST-CE QUE C'EST ?p.31 rm les presses de l'université du québd v> xAJJJ’J Magazine d'information scientifique publié par les Presses de l'Université du Québec en collaboration avec le ministère de l'Éducation et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Les articles de Québec Science sont répertoriés dans L'Index analytique, publié conjointement par le Centre de documentation de l'Université Laval et le Service des bibliothèques du ministère de l'Éducation Tout écrit publié dans le magazine n'engage que la responsabilité du signataire.Rédaction Directrice et rédactrice en chef Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Jean-Marc Gagnon photos: Gilbert Bériault et Richard Boileau La cellule connait-elle des extases?Edgar Morin, philosophe et sociologue, pose le problème des interactions de la biologie et de la société.Réalisation graphique et composition typographique couthuran et amis, québec Impression l'éclaireur Itée, beauceville Promotion et publicité Daniel Choquette Diffusion et secrétariat Patricia Larouche : SOMMAIRE Administration Québec Science, case postale 250, Sillery Québec 6.Tél.: 651-7220 LES POISSONS EN FUITE, par Étienne Magnin Pourquoi les poissons migrateurs entreprennent-ils d'aussi longs périples et comment s'orientent-ils?9 LE DÉVELOPPEMENT APPELLE L'ACTION POLITIQUE, par Gérald Fortin Les pays pauvres en argent mais souvent riches en d'autres valeurs doivent présider eux-mêmes à leur développement.12 PARADOXES, par Guy Chatillon Les séries convergentes peuvent contribuer à résoudre les énigmes posées par le philosophe grec, Zénon d’Êlée.14 UNE TECHNIQUE DE POINTE: LES ENGRENAGES, par Clifford Nelson Baronet Loins d'être démodés, les engrenages trouvent chaque jour de nouvelles applications.16 L'HUMANITÉ AU SEUIL D’UNE MUTATION?, par Gilles Provost Une entrevue avec le sociologue français Edgar Morin sur la révolution culturelle.19 LES ENZYMES À L'ASSAUT, par Michel Boudoux et Yanick Villedieu Bien plus que simples agents de lessive, les enzymes constituent le ferment de toute vie cellulaire.RUBRIQUES Éditorial: LA SCIENCE SUR LA PLACE PUBLIQUE, par Jocelyne Dugas Comment on devient — PHARMACOLOGUE Denise Leclerc-Chevalier interviewée par Yanick Villedieu L'expérience du mois: LE CHAUD ET LE FROID, par Andrée Mathieu Le labo: LES OISEAUX QUI VOLENT BAS, par Patricia Houle FLASH.FLASH.FLASH.Échec et maths A vous de jouer Voulez-vous lire?Vous dites?© Tous droits réservés 1971 - LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC - Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052 — Dépôt légal quatrième trimestre 1971 — Bibliothèque nationale du Québec — Imprimé au Canada.Abonnements 8 numéros: octobre à mai Tarif individuel: $3 (Canada) $3.50 fétranger) $10.(de soutien) Tarif groupe-étudiants: 15 abonnements et plus livrés à la même adresse: $2 Vente à l'unité: $0.50 Membres du comité d'orientation André Beaudoin, responsable des services collectifs, ministère de l'Éducation Louis Berlinguet, vice-président à la recherche, Université du Québec Claude Boucher, professeur agrégé au Département de mathématique, Université de Sherbrooke Maurice Brossard, doyen aux études graduées et à la recherche, Université du Québec à Montréal Jacques Desnoyers, professeur agrégé en chimie, Université de Sherbrooke Guy Dufresne, directeur des projets spéciaux, Consolidated Bathurst Pierre Dumas, Société Radio-Canada André Fournier, responsable de l'enseignement des sciences au secondaire, ministère de l'Éducation Claude Frémont, directeur adjoint au Département de physique, Université Laval Gordin Kaplan, professeur de biologie, Université d'Ottawa Paul Laurent, agent d'information, Service des relations publiques, Hydro-Québec Gilles Papineau-Couture, directeur du contrôle de la qualité, Laboratoires Ayerst Guy Rocher, professeur de sociologie, Université de Montréal Guy Simard, étudiant, CEGEP du Vieux-Montréal Pierre Tougas, directeur du Bureau d'aménagement scolaire, Commission des écoles catholiques de Montréal i Tvv#/a%\C I es collectifs, :arait* lïJufeetàis Ur^i „P«* [>' jes* ¦* - />.• '*, ^ .©Mîïi Rai’Éiiâl te,Kl'W'Ùu.i>- .W&mw lie §11 •* * 'Â|i r?v =sr.V ritilï "• : fijiHï' * .^V •;;,, ' V:*-*.-.rSîpjJ : .;: JJ :f! tfr .PLAfCM PUBLIOVe par Jocelyne Dugas Ainsi donc, vous ne croyez plus en la Science?Vous la jugez à ses fruits mauvais.Car vous êtes des purs.Car vous êtes des audacieux.Car vous voulez vous donner à une cause qui vaille la peine qu'on se batte pour elle.Qu'à cela ne tienne.La Science en est une.En 1971, au Québec et ailleurs, elle exige des héros et parfois des martyrs.Je n'exagère pas.Tout d'abord, il faut accepter de cheminer, non sans le remettre souvent en question, à travers l'interminable et obscur tunnel du système d'enseignement.Et puis, tout au long de sa formation et de sa carrière, il faut garder vivant en soi l'idéal d'une science dynamique et humaine.En même temps, il faut lutter pour ne pas devenir asséché par la spécialisation au point de se fermer aux autres préoccupations.Car il n'est pas vrai que la science est neutre, puisqu'elle s'inscrit toujours dans un contexte social et politique déterminé.Voilà pourquoi l'homme de science qui veut vraiment jouer son rôle doit faire preuve, devant les Pouvoirs, d'un courage, d'un désintéressement total.L'heure est venue de pratiquer la Science révolutionnaire qui ne se limite pas aux questions de détail, mais s'attaque aussi aux grands problèmes de la société: développement, protection de l'environnement, énergie, nutrition, maladies industrielles, recherches sur le cancer et le coeur, conquête des gènes et du cerveau.La contestation sauvage n'est rien à côté du poids d'un rapport de recherche porté à la connaissance du public.Les faits parlent d'eux-mêmes.Aussi faut-il, pour vaincre dans la jungle des opportunismes individuels et collectifs, recourir aux armes les plus efficaces: la compétence professionnelle alliée à une intelligence passionnée et lucide.En science comme dans le reste, tout est affaire de valeurs, de priorités.Mais hélas, la simple volonté de mettre en commun, par-dessus les considérations de prestige personnel ou institutionnel, les ressources matérielles et intellectuelles exige au Québec un véritable tour de force, pourtant nécessaire à notre épanouissement.Le scientifique, l'ingénieur digne de ce nom doit donc être prêt à mettre de l'avant, en toute circonstance, la notion de «service» plutôt que de «puissance».La science n'a-t-elle pas pour fin première d'améliorer la condition humaine?Il faut lui permettre d'atteindre son but en transformant par elle la structure sociale.L'homme de science responsable ne peut plus s'enfermer dans sa tour d'ivoire.Il doit être présent auprès des gouvernants, dans les grands secteurs stratégiques, afin de les éclairer quant aux meilleures orientations à prendre.En tant qu'expert il connaît les dessous des dossiers sociaux et politiques.Si les décisions qui affectent l'avenir sont tenues cachées ou prises de façon non démocratique, le savant-citoyen doit alerter à temps la communauté scientifique et apporter sur la place publique un avis technique objectif, essentiel à la compréhension des enjeux véritables.Ce devoir de critique doit constituer l'une des activités primordiales des associations «savantes», des universités «foyers de civilisation».Etre un artisan conscient de la société technologique, de nos jours c'est vivre dangeureusement.C'est être prêt à risquer s'il le faut son poste, son avancement, ses subventions de recherche quand la chose s'impose.Ce geste a une plus grande portée que celui du poseur de bombes.Parce que le scientifique est un homme dont la société ne peut se passer.Et alors, la Science, vous n'y croyez toujours pas?^/+:.1A ’ Tout le monde connaît la merveilleuse histoire des saumons revenus frayer dans leur rivière natale après un plus ou moins long séjour en mer.Tout le monde connaît aussi la non moins extraordinaire histoire des anguilles qui vivent dans nos rivières et qui, à un moment donné, s'en vont dans la mer des Sargasses, en plein océan Atlantique, à 1 500milles environ au large des côtes de la Floride.Le but de cet article n'est pas d'entreprendre un nouveau récit de ces étonnantes aventures; il se propose plutôt de présenter quelques aspects de l'étude des poissons migrateurs: l'orientation des poissons et les facteurs qui les poussent à se déplacer.\ Étiquettes utilisées pour le marquage des poissons.\ Poisson muni d'un flotteur.par Étienne Magnin Avant d'entreprendre l'étude des déplacements d'un poisson migrateur, des connaissances assez précises sur la vie de ce poisson s'imposent: sa croissance, l'âge auquel il atteint la maturité sexuelle, les lieux et les périodes de fraye, sa nourriture, son comportement.Il faut aussi disposer de données sérieuses sur sa physiologie, sa capacité d'adaptation aux variations de salinité des eaux, son métabolisme en général, et en particulier le fonctionnement de ses glandes endocrines.Pour recueillir toutes ces données, on utilise des techniques fort diverses et variées que les ichtyo-logistes ont pris des années à mettre au point.Une méthode simple consiste à couper complètement une nageoire ou à en enlever quelques rayons.Ce procédé a l'avantage d'être rapide, ne demande pas d'instruments compliqués et permet de suivre pendant un temps très court le déplacement de tout un groupe de poissons.Mais il présente aussi des inconvénients.D'une part, il peut y avoir régénération des nageoires au bout d'un certain temps.D'autre part, les pois sons, s'ils sont tant soit peu nombreux, ne peuvent pas tous être marqués individuellement, le nombre de marques que l'on peut faire étant relativement réduit.D'autres méthodes employées actuelle ment présentent les mêmes avantages et in convénients que l'enlèvement des nageoires: injection de colorants ou de latex sous la peau, marquage avec des produits radioactifs, etc.Une méthode simple de marquage: enlèvement d'un rayon de nageoire ou de ia nageoire complète.Repérage avec un émetteur d'ultra-sons.Carte d'identité O On peut aussi attacher à chaque poisson capturé une marque ou une étiquette numérotée.Chaque poisson est alors identifié individuellement: on note sur une fiche, véritable carte d'identité du poisson, le numéro de son étiquette, sa longueur, son poids, le lieu de sa capture.On y ajoutera ensuite son âge, une fois celui-ci déterminé en laboratoire à partir des écailles prélevées au moment du marquage.En métal ou en plastique, les étiquettes peuvent être fixées sur la mâchoire, sur une nageoire, sur les opercules ou à travers le corps au moyen d'un fil de nylon.Pour faciliter à la fois les opérations de marquage et la prise de mesures, on peut endormir le poisson avec de l'uréthane (éthyl-carba-mate) ou du méthyl-pentenol.Quand on reprendra ce poisson, on retrouvera facilement sa fiche d'identité grâce au numéro.Cette fiche permettra non seulement d'évaluer si le poisson s'est déplacé, sur quelle distance et en combien de temps, mais aussi s'il a grandi et de combien depuis son marquage.Cette deuxième méthode de marquage donne donc beaucoup plus d'information que la première.Elle présente cependant des inconvénients: elle indique seulement qu'un poisson s'est déplacé d'un endroit à un autre mais non quand et comment s'est effectué le déplacement.Flotteur O Pour suivre le poisson dans l'eau, voici une méthode aussi simple qu'ingénieuse.On accroche au poisson une longue cordelette en nylon au bout de laquelle on attache un léger flotteur, une balle de ping-pong, par exemple.La corde doit être assez longue pour que le flotteur surnage quelle que soit la profondeur à laquelle le poisson se déplace.Cette technique a donné d'excellents résultats.La corde peut cependant s'accrocher aux plantes ou autres objets submergés ou à celle des autres poissons équipés de la même manière.L'utilisation des ultrasons permet de contourner cet obstacle.Il s'agit d'introduire dans le tube digestif du poisson un minuscule émetteur ultrasonique.Les ondes émises sont alors captées par un récepteur placé à bord d'un bateau.Cette méthode ne permet cependant de suivre qu'un seul poisson à la fois.Assez coûteux, l'émetteur ultrasonique ne peut être utilisé sur une grande échelle. 6 Orientation O Toutes les méthodes décrites ont leurs imperfections.Néanmoins, les renseignements ainsi obtenus ont permis d'élucider certains aspects des migrations, en particulier celui de l'orientation des poissons.A cause de la grande variété des modes des migrations, (en mer seulement, en eau douce seulement, de la mer vers l'eau douce et de l’eau douce vers la mer, les unes au moment de la reproduction, les autres apparemment pas), une telle étude s'avère fort complexe.Parmi la longue liste des poissons migrateurs, citons les cas de l'anguille et du saumon.Parcours des larves leptocéphales de la mer des Sargasses jusque sur les côtes européennes et américaines.Larves transparentes O Les jeunes anguilles qui éclosent dans la mer des Sargasses ont une forme bien différente de celle des adultes: elles sont aplaties sur le côté, transparentes et très fragiles; ce sont en fait des larves appelées leptocéphales Comment ces larves arrivent-elles à franchir les distances énormes qui les séparent des côtes atlantiques de l’Amérique du Nord et de l'Europe?Il est évident qu'elles ne peuvent pas le faire par leurs propres moyens à cause de leur fragilité et de leur petite taille: elle n'atteindront tout au plus que 7 cm au bout d'un an.On admet généralement que ce sont les courants marins qui transportent les leptocéphales jusqu'à l'embouchure des rivières.Cette explication semble assez valable dans le cas des anguilles européennes.Elle ne résoud cependant pas le cas des anguilles qui parviennent en Amérique du Nord puisque aucun courant ne peut les y conduire.Pour le moment, le problème demeure insoluble.L'odeur de la rivière O Comment les saumons arrivés à l'embouchure des fleuves reconnaissent-ils la rivière où ils sont nés?L'odorat leur sert de guide, constatent les experts.Chaque rivière possède une odeur particulière provenant des substances minérales ou organiques en solution dans l'eau: ces substances dépendent de la nature du terrain et de la végétation du bassin hydrographique; elles seront donc relativement constantes durant de nombreuses années.L’alevin qui naît dans cette rivière sera pour ainsi dire imprégné de cette odeur caractéristique.Il en conservera le souvenir toute sa vie.Après des séjours en mer plus ou moins longs, il arrivera à reconnaître cette odeur même très diluée comme à l'embouchure des fleuves, par exemple.Il la suivra alors et remontera le courant jusqu'à son ruisseau natal, délaissant sur son passage les eaux des autres affluents.Avec le soleil O L'orientation des poissons en mer pose des problèmes encore plus complexes.A cause de l'immensité et de la profondeur des océans, il est pratiquement impossible d'étudier directement le déplacement des poissons dans ce milieu On a d'abord pensé que les saumons ne s’éloignaient pas beaucoup des estuaires, restaient dans les vallées sous-marines proches et retrouvaient sans difficulté leur fleuve d'origine Mais la recapture de nombreux saumons en haute mer semble démontrer le contraire.Une hypothèse séduisante se présente alors à l'esprit: les poissons ne pourraient-ils pas, comme les oiseaux, se diriger avec le soleil?Mais comment le prouver?Le docteur Hasler, qui a posé cette hypothèse pour la première fois, a procédé à des expériences non pas sur des poissons marins, mais sur un poisson qui effectue des migrations en eau douce: le bar blanc Roccus chrysops, que l'on rencontre dans le fleuve Saint-Laurent.D'autre part, ces observations ont été faites dans un lac d'assez faible dimension, le lac Mendota au Wisconsin, qui ne mesure que 39 km2.Les bars viennent frayer dans deux zones éloignées d'un kilomètre et demi l'une de l'autre et situées au nord du lac.Au moment de la frayef*), on a capturé quelques poissons sur les frayères.Une fois marqués, les bars ont été relâchés en différents points du lac.Peu de temps après, ces poissons ont été repêchés sur les frayères.Grâce aux flotteurs et par la suite aux émetteurs d'ultrasons, on a pu suivre le parcours des poissons depuis leur remise à l'eau jusqu'à leur retour aux frayères.Durant les jours ensoleillés, les bars se dirigeaient nettement vers le nord.Par contre, les jours nuageux, leur navigation était moins précise et se faisait un peu au hasard dans toutes les directions.Il semblait donc que les poissons se dirigeaient avec le soleil.Des expériences en laboratoire ont non seulement confirmé ces observations, mais aussi démontré de façon indubitable que les bars étaient capables de faire les corrections de navigation nécessaires suivant la hauteur du soleil.Compas solaire O Tous les poissons migrateurs possèdent-ils une sorte de compas solaire?Le compas solaire est-il le seul guide des migrateurs en mer?Cette explication vaut-elle aussi pour le saumon et l'anguille?Comment les poissons se déplacent-ils la nuit7 Car il est très bien établi que les saumons, par exemple, poursuivent leur route dans l'obscurité.Aucune réponse ferme ne satisfait encore à toutes ces questions.Quels facteurs poussent un ensemble de poissons à se mettre en branle en même temps et dans la même direction7 Le milieu aquatique lui-même et aussi des facteurs physiologiques, le premier pouvant d'ailleurs agir sur les seconds.Milieu externe O On a cité de nombreux effets possibles du milieu externe sur les migrations.Certains poissons, les harengs par exemple, se déplacent pour trouver une nourriture plus abondante ou plus adaptée à leur taille.La salinité des eaux semble aussi jouer un rôle déterminant.Certains poissons éprouvent le besoin de quitter les eaux douces (les saumons, les aloses, les éperlans, certains esturgeons, les épinoches au moment de la *fraye.D’autres, par contre, éprouvent le besoin de quitter les eaux douces pour gagner la mer (les jeunes de toutes les espèces citées plus haut et les anguilles prêtes à frayer).Certaines espèces, comme les Salmonidés, semblent rechercher des eaux très oxygénées.L'action du courant importe aussi, certaines espèces s'y laissent emporter (anguilles argentées), d'autres, au contraire, luttent énergiquement contre (saumons).Les conditions atmosphériques influencent certains poissons comme les anguilles, par exemple: pression barométrique, état électrique et magnétique de l'air, direction et intensité des vents.La température et la lumière jouent aussi un rôle important dans les migrations Une augmentation de la température provoque le déplacement des épinoches vers les eaux douces et une diminution de la température provoque la migration inverse des jeunes saumons.Quant à l’action de la lumière, on connaît déjà le rôle du soleil dans l'orientation des poissons; il faudrait aussi citer le fait que certains poissons, les jeunes saumons par exemple, sont plus actifs la nuit que le jour.O O 7 nMff«*TU*E LUMIIII :acteurs externes de déclenchement des migrations 'es poissons."îailes i.Cerijiiii qfgjls iteijs ¦ :~!i [[«.pu !.«IS Réactions différentes O Tous ces facteurs xternes exercent une action directe dans a déclenchement des migrations.Ils ne uffisent cependant pas à les expliquer 'lacés dans le même milieu, les poissons éagissent différemment.Ainsi, certains poissons vont se déplacer ilors que d’autres poissons de la même ispèce restent sur place, par exemple, les mguilles argentées ou bronzées se dirigent 'ers la mer alors que la plupart des autres le couleur jaune-brunâtre demeurent sur jlace :• UES nia:;: te rusts si 'rfiei-Ltedu aeipra ; sjerél îrergiq» v&m sais pot setiiplc ïüipiieel eiiiiteositt 1 lumiîit ijariîlKioi' ilaiempd- ie dirai™' ut lirait' | is.Quint à uiidtiil' | udspod#8! jceftiifi ï e*erap|(.out.Certains poissons descendent le courant alors que d’autres de la même espèce le emontent.Les anguilles argentées vont en ner et les jeunes anguilles remontent les ivières Les jeunes saumons se dirigent vers a mer et les saumons adultes viennent frayei en eau douce.Certaines espèces ef fectuent des migrations alors que d’autres de la même famille demeurent au même sndroit.Il n’y a que quelques espèces de Salmonidés qui sont migratrices Par exem ale, les cyprmidés nord-américains et même des autres continents sont typique ment des poissons d’eau douce.Or il existe une espèce en Pologne et en Union Soviétique, la Vimba vimba, qui est migratrice.Comment se fait-il aussi qu’au cours de leur vie ou même d’une année, les poissons d’une espèce donnée réagissent d’une façon exactement opposée aux conditions extérieures?Ainsi, au début du printemps les épinoches recherchent les eaux douces et à partir du mois de juin elles préfèrent les eaux saumâtres ou salées.A toutes ces questions, la seule réponse possible est que les poissons migrateurs doivent se trouver dans un certain état physiologique pour être capables de répondre aux conditions externes.Les migrations Isont déclenchées non seulement par des facteurs externes mais aussi par des facteurs linternes.Changement de livrée O Les facteurs internes qui provoquent les migrations sont de toute évidence de nature endocrinienne.Souvent les migrateurs changent de livrée et deviennent argentés: c’est le cas des jeunes saumons et des anguilles.Un lien entre les migrations et la reproduction peut être établi la plupart du temps.Une activité fébrile caractérise souvent la période qui précède le déplacement Les conditions atmosphériques exercent alors une grande influence sur les poissons.Tous ces phéno mènes manifestent un changement dans l’activité des glandes endocrines.L’hypophyse, la thyroïde, les surrénales et les gonades des poisspns sont identiques aux glandes endocrines humaines, bien que leur structure anatomique ou leur disposition puissent différer.D’autres, comme les parathyroïdes, n’existent que chez les vertébrés supérieurs.Par contre, les poissons possèdent deux glandes endocrines originales: les corpuscules de Stanmus et le système neuro-sécréteur caudal.La constitution chimique et l’effet biologique des hormones sécrétées par les poissons peuvent aussi différer de celles produites par les glandes semblables chez les vertébrés supérieurs Hypophyse O Quelles sont les glandes endocrines impliquées dans les migrations des poissons et comment agissent-elles?Les réponses données à ces questions sont diverses et quelquefois contradictoires.Chez les poissons comme chez les autres vertébrés, l’hypophyse semble orchestrer l’activité de toutes les autres.Son action sur le déclenchement des migrations est indéniable.Elle agit directement par ses hormones propres ou indirectement en provoquant la sécrétion hormonale des autres glandes endocrines, la thyroïde et l'interrénale en particulier.Cette action se traduit chez le poisson migrateur par des changements morphologiques externes, par un besoin d'activité, par une nécessité de rechercher l'eau douce ou l'eau salée, tout cela n'étant finalement que les manifestations externes d'un état physiologique particulier.Mais sous quelle influence, à un moment précis de l'année, l’hypophyse entre-t-elle en activité?Il semble que la longueur des jours (ou photopériode) joue un rôle primordial dans l'activation de l’hypophyse.La température joue aussi un rôle certain, bien que l'on discute encore pour savoir si ce rôle est direct ou indirect: dans ce dernier cas, l'élévation de la température aurait simplement pour effet chez ces animaux à sang froid de permettre ou de favoriser l'action des enzymes.On a démontré aussi que, même si l'on maintient constantes la température et la longueur des jours, l'hypophyse agit à un moment déterminé, obéissant à un rythme endogène ou, en d'autres termes, à une véritable horloge interne.Glandes endocrines chez les poissons et Représentation schématique des facteurs impliqués chez l'homme.dans les migrations.FACTEURS EXTERNES FACTEURS EXTERNES DE DÉCLENCHEMENT Température Longueur du jour Température Facteurs météorologiques Oxygénation Rythme endogène Hypophyse Thyroïde Etat physiologique du poisson Représentation schématique des facteurs impliqués dans les migrations. 8 Conflit permanent O Malgré sa difficulté, l'étude de la migration des poissons présente un intérêt primordial, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique.Au point de vue théorique, les poissons migrateurs nous éclairent sur les mécanismes fondamentaux de la vie.Qu'est-ce que la vie, sinon un conflit permanent entre l'organisme vivant et son milieu?(a continuous adjustement of interna! relations to externa! relations — H.Spencer).Face à ce conflit, les êtres vivants ont adopté trois attitudes différentes: la lutte, l'inertie ou la fuite.Les migrateurs ont choisi la troisième solution: ils quittent les milieux qui ne leur sont pas propices.Comme exemple de la première solution, on pourrait citer les animaux à sang chaud ou homéo-thermes qui luttent constamment pour garder un milieu interne à température constante quelle que soit la température externe, et comme exemple de la deuxième, la marmotte et les autres hibernants qui, au lieu de lutter contre le froid, entrent en état de léthargie lorsque les conditions externes deviennent mauvaises.L'intérêt pratique de ces études est peut-être encore plus évident.Tout d'abord, les poissons migrateurs sont des poissons très recherchés sur le marché: pensons par exemple aux harengs, aux morues, aux saumons, aux anguilles, aux esturgeons, aux bars, aux aloses, aux éperlans.Il est donc important de bien les connaître, non seulement pour les pêcher efficacement, mais aussi pour les protéger.Les recherches sur les poissons migrateurs ont été, d'autre part, à l'origine de découvertes très importantes: rôle de la rate, structure des protéines, action des glandes endocrines à basse température.Il faudrait ajouter enfin que les poissons migrateurs peuvent véhiculer avec eux des maladies ou des agents de pollution: entre autres, les thons radioactifs du Pacifique.¦ 'Fraye: «L’ensemble des actes accomplis au cours du rassemblement sexuel est la fraie (ou fraye), terme qu’il ne faut pas confondre, malgré l’indécision habituelle à cet égard, avec celui de frai qui désigne l’ensemble des oeufs émis par une femelle».GRASSE, P.P., Traité de zoologie, Masson, Paris, 1958, Tome 13, fasc.2, p.1615.CLASSIFICATION DES POISSONS MIGRATEURS Nous donnons ici la classification descriptive des poissons migrateurs proposée par Page et Fontaine (1958).Nous avons ajouté, entre parenthèses, l'ancienne classification qui a été proposée par Tortonese ( 1949) et Meyers ( 1949) et qui est encore couramment utilisée.Les poissons migrateurs que nous donnerons en exemple dans les différentes catégories se trouvent tous dans les eaux du Québec.I- Migrateurs holobiotiques (mono-dromes qui effectuent leur migration dans le même milieu marin ou d'eau douce: 1.Thalassobies (océanodromes): qui se déplacent en mer seulement.Tels le hareng Clupea harengus, la morue Gadus morhua et le caplan (Nabotes villosus).2.Potamobies (potamodromes): qui effectuent tous leurs déplacements en eau douce.C'est le cas du bar blanc Roccus chrysops.II- Migrateurs amphibiotiques (dia-dromes), qui, au cours de leur migration, passent de la mer vers les eaux douces ou inversement.On distingue parmi eux les: 1.Agamodromes, ceux dont les migrations ne sont pas reliées à la reproduction.C'est le cas des muges (ou mulets) Mugi cephalus.2.Gamodromes, ceux dont les migrations sont reliées à la reproduction.Ceux-ci se divisent à leur tour en: a) Thalassotoques (catadromes), qui vont frayer en mer.C'est le cas de l'anguille.b) Potamotoques (anadromes), qui vont frayer en eau douce.C'est le cas des saumons Salmo salar, des esturgeons de mer Acipenser oxyrhynchus, desa\osesAlosa sapidissima, des éperlans Osmerus mordax, des bars d'Amérique Roccussaxatilis etdesépinoches Gasterosteus aculeatus.^8 BIBLIOGRAPHIE BANKS, J.W., A review of the littérature on the upstream migration of adult Salmonids.J.Fish Biol.1:85 136, 1969.D'ANCONA, U., The life-cycle of the Atlantic eel.Symp.Zool.Soc.London 1 :-61-75, 1960.BAGGERMAN, B., Factors of diadromousi migration in fish.Symp Zool.Soc.London.1 :-33-60, 1960.PAGE, L.et FONTAINE, M., Migrations Traité de Zoologie de Grassé, 13:1850-1884, 1958 FONTAINE, M., Facteurs externes et internes régissant les migrations des poissons Année biologique, Pans 27 (71:337-580, 1951.FONTAINE, M., L'étude des mécanismes physiologiques des migrations et le centre d’études et de recherches scientifiques de Biarritz.Bull.Centre d'É-tude Rech.Scientifiques, Biarritz, 3:343-351, 1957.HASLER, A.D., Guideposts of migrating fishes.Science, 132:785-792, 1960.HASLER, A.D., Underwater guideposts.Univ.Wisconsin Press, 1966.HOAR.W.S., The evolution of migratory behaviour among juvenile salmon of the genus Oncorhynchus.J.Fish.Res.Bd.Canada: (15)3:391-428, 1958.HOAR, W.S., Endocrine factors in the ecological adaptation of fishes.Symp.Comp.Endocrinol., J.Willey and Sons 1-23, 1959.© o 0_(D° o U ,Oo o >®Q © . IO oO, o o _ O o^O ® ° O °o o © L 'auteur est professeur titulaire au Département des sciences biologiques de l'Université de Montréal. m Les notions de développement et de sous-développement sont d'origine toute récente.H a fallu l'accession à l'indépendance d'une quarantaine de colonies africaines après la seconde guerre mondiale pour que l'on se rende compte de l'écart sans cesse croissant entre les pays riches et les pays pauvres.Depuis lors, le développement est devenu un impératif pressant aux yeux de tous mais aussi une réalité mouvante selon l'angle sous lequel on analyse la situation.Témoin actif des premiers efforts de développement accomplis au Québec dans le cadre du BAEQ, l'auteur aborde le problème dans sa dimension globale et montre son évolution.GH3ZU par Gérald Fortin L'idée générale contenue dans la première utilisation du concept de développement résidait dans le fait que les pays développés s'enrichissent à un rythme beaucoup plus élevé que ceux en voie de développement.En termes relatifs, les pays pauvres (dits sous-développés) s'appauvrissent de plus en plus par rapport aux riches (dits développés).Devant l'évidence que les lois normales de l'économique ne permettraient pas de faire disparaître un tel fossé, il fallait intervenir directement et contrecarrer la loi implacable de l'offre et de la demande.$30 À $2 500 PAR HABITANT • Reliés presque entièrement au niveau de vie et au degré de consommation d'une société, les critères utilisés pour mesurer le développement consistèrent d'abord à comptabiliser la quantité de nourriture, de biens et de services disponibles à l'habitant moyen d'un pays.On traduisit la capacité de consommation des citoyens en dollars constants, utilisant le revenu moyen annuel par habitant comme indice de développement.Ce procédé révélait des montants allant de $30 à $2 500 par habitant.Toutefois de telles mesures demeuraient presque exclusivement économiques même si elles comprenaient parfois certains indicateurs dits sociaux mais qui restent au niveau de la consommation tels que le nombre d'hôpitaux, d'écoles et de services communautaires.Si la mesure du développement en termes de niveau de vie ou de revenu disponible permettait de saisir les écarts entre les pays, elle se limitait à une description passive et n'indiquait ni les causes de ces disparités ni l'action à entreprendre pour remédier à la situation.TRACTEURS ET CHARRUES • A partir des années 50, une définition nouvelle aida à dégager au moins une partie des causes de la pauvreté et établit un lien direct entre le développement et la productivité d'un pays.Plus l'économie d'un pays manifestait un taux de productivité élevé, plus on le disait développé.Inversement un pays dit sous-développé accusait une productivité ou un gain de productivité beaucoup plus faible.Distinct de la production, le terme «productivité» désigne la quantité de production qu'un facteur (par exemple, un homme ou un acre de terre) peut fournir dans une période de temps.L'utilisation des techniques modernes permet d'augmenter considérablement la productivité.Ainsi, par exemple, un agriculteur se servant d'un tracteur et d'une machine agricole moderne produit jusqu'à 50 fois plus que celui qui laboure à la houe ou même à la charrue de bois traînée par un boeuf.Cette nouvelle définition du développement permettait d'établir un index de productivité comme base de comparaison entre les divers pays.Elle laissait entrevoir aussi une façon de s'attaquer au sous-développement: augmenter la productivité soit en rationalisant le travail, soit en industrialisant l'économie.De plus, même si cette définition demeurait économique avant tout, une certaine dimension culturelle commençait à paraître.En effet, rationaliser vMw 10 la production implique le plus souvent rationaliser les producteurs, c'est-à-dire leur inculquer la rationalité, la façon de penser de l'économiste ou de l'ingénieur, transformant ainsi les traits culturels et le mode de vie des populations.Transformations souvent considérables, impliquant presque toute la culture d'une société y inclus la religion, les relations entre les individus et le pouvoir social.COLONIALISME • Ainsi présenté, le développement apparaissait comme une action délibérée en vue de transformer non seulement une économie mais une société tout entière.Comme l'a douloureusement fait sentir l'expérience des années 50, il ne suffisait pas d'envoyer des tracteurs pour que le développement s'accomplisse.Tant que l'aide technique aux pays pauvres s'est limitée à l'outillage, la machinerie est devenue inutilisable en moins d'un an.De leur côté, les pays sous-développés se définissaient d'une tout autre manière.Sans doute acceptaient-ils jusqu'à un certain point d'être catalogués comme pauvres ou non rationnels; mais ils se considéraient davantage comme «marginaux» par rapport aux autres pays plus privilégiés, modernes et industrialisés.Le colonialisme européen en particulier s'était bien gardé d'étendre aux régions colonisées les avantages dont il bénéficiait.Certains critères, appelés indicateurs, beaucoup plus intuitifs et par conséquent moins quantifiables que les définitions précédentes, permettaient de circonscrire la notion de marginalité.La solution au problème du sous-développement apparaissait non plus comme la transformation d'un groupe par rapport à une seule variable, la rationalité, mais comme une véritable mutation, remettant en cause un ensemble de valeurs, de normes sociales, de structures et un système d'organisation.Un changement aussi radical et profond requérait une action autrement plus énergique que l'automatisme des mécanismes sociaux ou économiques.A cette fin, ('industrialisation, l'émigration et ('augmentation du niveau de scolarité constituaient autant de moyens pour l'intégration des pays marginaux.Mais ces mécanismes agissaient si lentement qu'une action politique s'imposait afin d'accélérer le processus de développement.CUL DE SAC • Désormais, le développement passe par l'action politique des pays sous-développés eux-mêmes.C'est pourquoi, aux yeux des nombreux pays d'Amérique latine et d'Afrique qui se sont affirmés sur le plan politique au cours des dix dernières années, le sous-développement est lié davantage à une situation de dépendance qu'à la marginalité.Dépendance économique d'abord mais aussi culturelle, sociale et politique ressentie avec une acuité croissante.Cette prise de conscience d'une dépendance globale, souvent interprétée comme du nationalisme, diffère totalement du nationalisme européen du XIXème siècle.La définition du sous-développement en termes de dépendance dépasse de beaucoup celle de la marginalité.Elle implique que le modèle de développement est donné d'avance par les pays développés, plaçant ainsi le pays sous-développés dans une sorte de cul-de-sac.Le développement signifie-t-il vouloir devenir comme les États-Unis d'Amérique ou les pays d'Europe occidentale au risque de perdre toute originalité?Non.Au contraire, les sociétés en voie de développement doivent s'affirmer et s'épanouir telles qu'elles sont, comme les adolescents cherchent à devenir adultes.Les leaders africains aussi bien que les penseurs sud-américains ont maintes fois exprimé ce problème: comment atteindre un certain niveau de consommation et une certaine productivité sans faire disparaître complètement les valeurs propres à une société historiquement valable?Toute société doit-elle, pour se développer, devenir une image plus ou moins fidèle de la société américaine ou russe?Peut-on être développé et rester Africain, Chilien, Japonais, et l'on pourrait ajouter Canadien français?RICHESSE ET VERTU • L'envergure du problème soulevé dépasse largement la simple dimension économique.L'économique ne constitue qu'une valeur au sein d'un système à partir duquel il faut construire une société.Chaque société doit choisir elle-même son destin et prendre les moyens pour réaliser ses objectifs.Dans cette optique, les sociétés les plus industrialisées ne sont pas nécessairement les plus développées.En fait, le véritable développement réside dans la capacité pour un pays de s'autocritiquer et de s'autodéterminer.Cette réalité doit être vécue quotidiennement tant au niveau de la société elle-même qu'à celui de chacun des individus qui la composent.Paradoxalement, une société industrialisée et riche peut être décrite comme sous-développée.Cette définition du développement est beaucoup moins rassurante pour les pays riches: elle ne confond plus la richesse avec la vertu et s'appuie sur la réalité mouvante des valeurs et du politique plutôt que sur le froid calcul économique.CHUTE LIBRE • Le développement devient ainsi une sorte de processus de construction d'utopie au sens positif du terme, une définition ou une redéfinition constante de ce que représente une société idéale pour un groupe précis d'hommes.Tant qu'une société ne remet pas en question son système de valeurs et les choix qui en découlent, on peut dire qu'elle est en croissance ou en expansion, mais on ne peut affirmer qu'elle est en développement.En effet, les mécanismes du social et de l'économique peuvent y jouer selon leur déterminisme propre.Il s'agit alors d'une société en chute libre.Au contraire, une société en situation d'autodétermination corrige constamment ses orientations ou les change complètement le cas échéant.Autodétermination devient ainsi synonyme d'autocorrection.Même les critères d'évaluation sont soumis à la critique.Toute société se fonde sur un ensemble de relations de production, de classes, de groupes, de secteurs d'activités et se construit à partir d'une définition globale des relations de l'homme avec, l'univers et avec la société elle-même.S'autocritiquer, c'est remettre constamment en question ces relations avec l'univers et la société, et les relations entre les divers groupes de la société.Définir une société idéale, c'est établir une image de cet ensemble de relations nouvelles. PAUVRES MAIS.• Alors qu'au début des années 50 on croyait régler le problème du sous-développement en envoyant du blé, des tracteurs, des capitaux et par la suite des experts, il apparaît maintenant que le sous-développement ne peut être réglé que par les pays sous-développés eux-mêmes prenant en main leur destin.La charité des pays riches à l'égard des pays pauvres n'a pas suffi à résoudre le problème.Même dans les pays développés, la notion de justice distributive est en train de dépasser celle de charité Au plan international, l'apparente charité des pays riches doit être remplacée par une justice qui reconnaisse et respecte entièrement la volonté d'auto détermination des pays pauvres en argent mais soûvéht riches en d'autres valeurs.¦ L'auteur est directeur du Centre de recherches urbaines et régionales (CRUR) à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) de l'Université du Québec.BIBLIOGRAPHIE ROSTOV, W.W., The Economies of Take off into Sustained Growth, MacMillan, London, 1963.GALBRAITH, J.K., The Affluent Society, New American Library, New York, 1958.FORTIN, Gérald, La société de demain: ses-impératifs, son organisation, Commission d'enquête sur la santé et le bien-être, Annexe 25, Éditeur officiel, Québec, 1970.FREIRE, Paolo, Éducation, praxis de liberté.Archives internationales de sociologie de la coopération et du développement, no 23, pp.3-29, 1968.______ CONSEIL CANADIEN DE L'AMENAGEMENT RURAL, Deuxième rap'-port annuel, 1968.: ' par Guy Chatillon Parmi les philosophes de l'antiquité grecque, Zénon d'Élée (environ 450 ans avant J.-C.) fut l'un de ceux qui posèrent des problèmes très difficiles aux sages de son temps et des siècles postérieurs.Encore aujourd'hui, quelques-uns de ces problèmes n'ont pas vraiment reçu de réponse satisfaisante de la part des philosophes.A vec les séries mathématiques, on peut assez facilement saisir la clef de ces énigmes.Achille et la tortue O Le plus connu de ces problèmes est celui d'Achille-aux-pieds-lé-gers essayant de rejoindre une tortue en marche.Au départ, la tortue (en A2 ) a une certaine avance sur Achille (en Aj ) (figure 1 ).Lorsqu'Achille arrive au point A2 où se trouvait la tortue, elle n'y est déjà plus, puisqu'elle avance.Disons qu'elle se trouve en A3.(figure 2) Lorsqu'Achille arrive en A3, la tortue a encore progressé jusqu'en A4.Il ne la rejoint donc pas encore; et ainsi de suite, (figure 3) On peut reprendre l'argument indéfiniment: lorsque la tortue se trouve en An, Achille est encore derrière, en An_i; mais lorsqu'Achille arrive enfin en An, la tortue a progressé jusqu'en An+1, et Achille n'a donc pas encore rejoint la tortue.Zénon conclut qu'Achille ne peut en aucun moment rejoindre la tortue, et que le mouvement n'existe pas vraiment.Ce n'est qu'une illusion des sens.La flèche et le talon d'Achille O Une autre histoire du même genre met encore ce pauvre Achille en vedette.Zénon démontre que la flèche tirée par un archer ennemi ne peut pas vraiment atteindre le talon d'Achille (c'était son point faible: il avait un talon qui résistait très mal aux flèches!).Voici l'argument de Zénon (figure 4): Avant d'atteindre le talon d'Achille, la flèche doit passer au point Di, qui est le milieu de la distance séparant Achille de l'archer.A ce moment-là, la flèche ne touche pas Achille.Avant de parcourir le reste de la distance, la flèche doit passer au point D2 , le milieu de la distance entre ?! et Achille.A ce moment-là, la flèche n'est pas encore rendue.On répète l'argument indéfiniment: avant de parcourir la distance qui reste entre Dn et Achille, la flèche doit passer en Dn+i, milieu de cette distance.A ce moment-là, la flèche n'est pas encore rendue.Donc, en aucun moment, la flèche ne parvient au talon, puisqu'il reste toujours une demi-distance à parcourir.Zénon conclut que le mouvement n'existe pas vraiment, et que la flèche n'atteint le talon d'Achille que dans l'imagination des humains.Il est évident qu'Achille aurait de la difficulté à accepter cet argument.Certains philosophes ont répondu que l'espace est divisible à l'infini mathématiquement, c'est-à-dire mentalement (c'est ce que Zénon fait dans les deux problèmes), mais n'est pas physiquement découpable à l'infini.Cela signifie qu'en pratique, la distance entre la flèche et le talon d'Achille deviendra si petite qu'elle sera négligeable.Cette explication laisse perplexe, car: 1.elle dissocie la réalité physique d'avec son modèle mathématique.Depuis le XVIIème siècle, les physiciens utilisent continuellement les mathématiques pour expliquer et découvrir les lois de la physique.Les mathématiques constituent des modèles très fiables pour les sciences expérimentales.Il semble curieux de dire que telle opération est sensée mathématiquement et ne l'est pas physiquement.2.elle ne rend pas compte d'un fait qui semble bien arriver; c'est qu'Achille non seulement peut rejoindre la tortue, mais peut même la dépasser allègrement! Réponse mathématique O Reprenons l'histoire de la flèche et du talon d'Achille, en prenant soin d'identifier et de mesurer les distances et les temps considérés (figure 5): Disons que l'archer se trouve au point 0, à une distance d'Achille.La distance OD1 = Ë.puisque Ü! est le milieu du trajet 2 La distance 0^2= ^ puisque D est le milieu du trajet restant 4 La distance D2D3= j pour la même raison Et ainsi de suite.Supposons que la vitesse de la flèche est constante (en fait elle est plutôt décroissante, mais l'explication est simplifiée par cette hypothèse).Le temps que prend la flèche pour parcourir une certaine distance est proportionnel à cette distance.C'est une notion évidente de physique: si je roule toujours à 50 m/h, il me faudra deux fois moins de temps pour parcourir 10 m que pour en parcourir 20.Soit: _____ t0 = le temps pris pour parcourir OD, qui mesure d/2 _____ tj = le temps pris pour parcourir Dj D2 qui mesure d/4 _____ t2 = le temps pris pour parcourir D3qui mesure d/8 tn = le temps pris pour parcourir DnDn+1 qui mesure d/2n+1 üdilipe On a immédiatement que t] = î0 puisque les distances correspondantes sont2 dans le même rapport.tj _ to tj — 2 ~ 4 = î2 = 1?ta 2 8 Transcrivons l'argument de Zénon: Au temps t0, la flèche n'a pas rejoint le talon Au temps t0 + tj, la flèche n'a pas rejoint le talon Au temps t0 + tt +12, la flèche n'a pas rejoint le talon Au temps t0 + tj + t2 + .+ tn, la flèche n'a pas encore rejoint le talon.Et ainsi de suite, indéfiniment.Zénon conclut: en aucun temps, la flèche ne rejoint le talon. Da D3 Da Da leimdla ttinediitaiH iocj.C'm |ut:sSiüci uiifOjDjV j|Sophisme O C’est là que se trouve le sophis me.Et c'en est bien un puisque la conclusion dépasse les prémisses.On ne peut pas logiquement généraliser «en aucun temps», puisque l'argument ne considère que des temps d'une forme bien déterminée: to + 11 t0 + t1 + t2 to + ti + t2 + t3 wD.L 'daisliirt iflon: rejoW1* la 11!^ En général:t0 +tj +t2 +t3 + .+tn Tout ce que l'on peut logiquement conclure de l'argument, c'est que: «En aucun temps du type t0 + t, +12 + .+ tn, la flèche n'atteint le talon.» Or:t0+tj +t2+.+ tn =t0 + ^ + +- |0n(vu) :t0 (l + 2 + 4 + ^ + + (mise en évidence de t0) 1- ) n + 1 — tn — tn si on se rappelle la formule de la somme d'une progression géométrique: a (1 -rn+l) 1 - r 1 - 1 /2 i 1-77 (2— -— ) = 2 t0 — ^r 2 n On obtient: t0 + tj + t2 + .+ tn = 2 t0 - qui est toujours inférieur à 2 t0 puisque to est positif.2n Donc, tous les temps considérés dans l'argument sont des temps inférieurs à 2 t0.Erreur O La seule conclusion logique que Zénon avait le droit de faire, c'est: «En aucun de ces temps (qui sont tous inférieurs à 2 t0), la flèche n'atteint le talon d'Achille».Mais alors, il n'y a plus de problème.En effet, si la flèche file à vitesse constante, qu'elle prenne un temps t0 pour couvrir la moitié de la distance, il est bien évident que la flèche n'arrivera pas au talon avant 2 t0.Il n'y a plus de difficulté: la conclusion de Zénon devient une évidence.On peut remarquer que si la vitesse de la flèche est décroissante, l'argument reste valide.Mais alors, qu'est-ce qui arrive au temps 2t0?L'argument n'en parle pas; nous n'avons donc aucune raison valable de ne pas croire ce pauvre Achille.Bon nombre d'arguments du même type se résolvent de la même manière.Par exemple, l'histoire d'Achille et de la tortue.Il suffit de supposer les vitesses constantes, et l'on obtient des temps de la forme to + tor2+tor3 + + t0rn où (Kr méthode Loi de Fourier O Quand l'extrémité d'une tige de métal est exposée à l'action constante d'une source de chaleur et que tous les points de cette tige ont atteint leur température maximale, ce système équilibré correspond exactement à une table de logarithmes: les nombres sont donnés par l'élévation de chaque thermomètre placé en différents points, et les logarithmes, par la distance de ces points à la source de chaleur.Prenons pour exemple une tige cylindrique mince, d'une substance quelconque et infiniment longue.Supposons que l'on maintienne une extrémité de la tige à une température élevée et constante T, tandis que le reste de la tige est à la température du milieu ambiant Te, également constante.Il y aura alors transfert d'énergie, sous forme de chaleur, de l'extrémité chaude vers la froide.Pour un point x de la tige, on peut écrire: (T-Te) = (To-Te)e“Vk| lfex Vk où c désigne la chaleur spécifique du corps en question et C, une constante.Les autres symboles sont tels que définis précédemment.Vérification O II est très facile de vérifier expérimentalement les lois de Fourier et de Newton.Voici comment on procède.Pour vérifier la loi de Fourier: 1.On chauffe une tige cylindrique d'une substance quelconque à l'une de ses extrémités; 2.on attend que chaque point de la tige ait atteint sa température maximale, i.e.que le système soit en équilibre; 3.on mesure la différence de température entre la tige et le milieu ambiant (T — Te) en différents points de cette tige; 4.et enfin, on trace la courbe de (T — Te) en fonction de x, la distance à la source.Cette courbe doit être exponentielle: son équation étant (T On peut, de la même façon que pour la loi précédente, tracer le graphique des logarithmes de cette courbe en fonction du temps écoulé et chercher la pente de la droite ainsi formée: 1 n (T - Te) = 1 n (T0 - Te) -Ifî CsC d'où: = m = Ccr La loi de Fourier donne: 7 - (Cp)2r La loi de Newton donne: 7 = CNCcr 2t .(1) .(2) Te) = (To où S désigne la section de la tige, y, la conductibilité thermique superficielle et s, la surface extérieure de la tige.¦Te)e- Iix Vks Égalisant la valeur de dans (1 ) et (2), on obtient: k = c c CN (Ce) 2 Graphique du refroidissement d’une tige métallique en fonction du temps (Newton) Matériel: Cuivre Graphique de la distribution de la chaleur en fonction de la distance à la source (Fourier) _ „ .é 41 Matériel:C ^ ¦¦ ¦ i ¦ “ ' " ^— La loi de Fourier permet d'étudier le comportement de la chaleur à l'intérieur I d'un corps chauffé, au moment où il a I atteint un équilibre thermique.Il serait I également intéressant d'étudier le compor-I tement de la chaleur à l'intérieur d'un 1 corps chauffé qui n'a pas encore atteint I son équilibre thermique.Ceci nous amène I à vérifier la loi du refroidissement de New-I ton.|! Loi de Newton O Si on introduit dans une 1 pièce maintenue à température constante I un corps chauffé de dimensions assez | petites pour que la température demeure 1 sensiblement la même en tous les points I même si elle diminue, il s'ensuit que la I quantité de chaleur émanant à chaque ins-I tant de la surface du corps est proportion-| nelle à la différence de température entre 1 ce corps et le milieu ambiant au même ins-I tant.D'où l'on peut conclure que la ligne | dont l'abscisse représente le temps écoulé | et dont l'ordonnée représente la différence I de température correspondant au temps I écoulé, est une courbe logarithmique.(T - Te) = (To - Te) e TÜl CcS Maintenant, si on prend le logarithme népérien de chacun des points de cette courbe, et si l'on trace le graphique de ces logarithmes en fonction des mêmes distances de la source, on doit obtenir une droite dont il sera facile de trouver la pente.En effet, pour une tige cylindrique In (T — Te) = In (T forme: (y) et m W- _ ( /727rr1 I k7tr21 cr=m=B Pour vérifier la loi de Newton: 1.On chauffe la même tige cylindrique uniformément jusqu'à une température quelconque; 2.on laisse refroidir la tige en prenant des lectures de température à des intervalles de temps réguliers; 3.on trace la courbe de (T — Te) en fonction du temps écoulé.Cette courbe doit également être exponentielle, son équation étant (T - Te) = (To - Te) e ~ Tiî CcS Les graphiques 1 et 2 illustrent les mesures expérimentales obtenues dans le cas du cuivre.Du calcul de la pente de ces graphiques, on trouve la valeur de k pour le cuivre: 0.943, à peu de chose près, la valeur admise actuellement.D'autres mesures peuvent être tentées avec le fer, le laiton, l'aluminium et même le verre.Une nouvelle méthode O Voici esquissée une nouvelle façon de mesurer le coefficient de conductibilité thermique d'une substance solide.Dans cette méthode, il n'est nullement nécessaire d'utiliser une isolation thermique, ce qui compliquerait le procédé traditionnel.En effet, puisque la constante k ne dépend que de p, la densité du corps, c, sa chaleur spécifique, et de deux autres constantes, C|^| et Cp, trouvées expérimentalement, on n'a donc plus à se préoccuper d'une quelconque perte de chaleur par d'autres moyens que la conduction.L 'auteur est étudiante au Département de physique de l'Université Lavai.mm mmm §SP$}$| ' V 111’ : 24 Alors étudiante au secondaire IV, Patricia Houle, de La Sarre en Abitibi, a effectué cette expérience au Camp-école Chicobi du 8 au 16 août 1969.Nu! doute que nos lecteurs, observateurs attentifs et passionnés de la nature, sauront mettre à profit l'ingénieuse méthode de Patricia Houle pour déterminer le déplacement vertical des oiseaux.par Patricia Houle 100 PIEDS Corneille d'Amérique = 0 £ 20 N.obs.Bec croisé à ailes blanches = 7 N.obs.^ r y v Pic mineur = 5 N.obs.y y Méthode O Pour déterminer avec une plus grande exactitude la hauteur du déplacement des oiseaux, j'ai d'abord mesuré la hauteur du terrain par rapport au niveau du lac que j'ai désignée comme le niveau zéro pour les fins de mon observation (le niveau zéro réel et absolu étant le niveau de la mer).Pour évaluer ensuite l'altitude de tout objet (un arbre, par exemple, comme sur la figure 1 ) par rapport à ce niveau, je place un grand rapporteur à 100 pieds de l'objet, déterminant ainsi l'angle formé par son sommet avec un axe parallèle au lac (donc horizontal).Un calcul trigonométrique simple, la tangente, permet de trouver la hauteur de l'objet à partir de cet angle: tangente X' = hauteur, d'où la hauteur égale tangente X' x 100.Grâce à cette technique, j'ai pu mesurer la hauteur du boulevard Fortin à partir de la grève, le boulevard Chicobi et le terrain près des bâtiments du camp jusqu'aux filets japonais.Quant au plateau près du camp, qu'on le mesure en passant par le séchoir de boyaux ou par le boulevard Chicobi, on obtient dans chaque cas 33 pieds environ.Ce qui prouve Tassez grande précision de la méthode utilisée.Fauvette à croupion jaune = e Mésange à tête noire = f N.obs.N.obs.Pluvier kildir = t ^ r Pinson à gorge blanche - t N.obs._y y N.obs. 25 IJJJ par Jean-Marc Fleury et Laurent Bilodeau Si vous avez trouvé la solution au problème suggéré en octobre dernier et que vous l'avez gardée pour vous sans nous en faire part, vous serez sûrement plus intéressé à nous faire parvenir votre réponse au problème de ce mois-ci: ((En buvant une bière».Nu! doute que la bière fera couler plus d'encre que les «jets d'eau».N'hésitez pas, écrivez-nous! JETS D'EAU (réponse) Lorsque de l'eau jaillit d'un mince tube, elle forme d'abord une colonne de liquide uniforme à proximité du bec.Ensuite, à mesure que le liquide s'éloigne, la colonne se disperse en un éventail de gouttes d'eau de plus en plus large.Pourquoi?Jacques Lagacé, de Charlesbourg, nous écrit que des turbulences dans le boyau étaient transmises au liquide et que ceci entraînait l'apparition des gouttes.Cela n'est pas tout à fait exact.Pour décrire le phénomène, il faut tenir compte de la «tension de surface» qui retient les molécules d'eau lorsque, par exemple, vous remplissez lentement un verre jusqu'à ce que le niveau de l'eau dépasse la hauteur du contenant.Dans le cas du jet d'eau, c'est encore la tension de surface qui resserre l'eau en un cylindre uniforme.Puisqu'il est impossible d'isoler complètement le boyau de toute vibration, le bec du tuyau transmet des secousses irrégulières à la colonne d'eau.Sans ces secousses, la tension de surface ferait en sorte que toutes les gouttes d'eau produites auraient le même volume.Chaque fois que le cylindre est trois fois plus long que large, la tension de surface le morcelle graduellement en gouttes d'eau.Les vibrations font en sorte oue les cols plus minces de la colonne d'eau se développent selon des espacements irréguliers.Il y a donc des gouttes plus grosses que d'autres.De plus, lorsque les gouttes sont en voie de formation, le col d'eau qui les sépare, les attire les unes vers les autres tout en disparaissant.On observe alors des collisions entre les gouttes de différentes grosseurs et c'est pourquoi elles s'étalent sur une plus grande surface.Quant au moyen de prévenir la formation de gouttes, il s'agit d'approcher, mais pas trop, un objet de plastique chargé d'électricité statique.L'action du champ électrique a pour effet d'attirer les gouttes les unes vers les autres et de briser leur enveloppe.V ~ ~ Nouveau problème: EN BUVANT UNE BIÈRE Un jour qu'un physicien buvait un verre de bière avec ses amis, il remarqua que les pétillements rafraîchissants naissaient tous aux mêmes endroits du liquide, sur la paroi du verre, sur le fond ou autour d'un grain de sel, puis ils montaient en grossissant.Les scientifiques commes les autres, se demandent toujours «pourquoi».Donald Glaser, le physicien, se mit un jour à en chercher l'explication.L'étude de cette curiosité lui donna les idées avec lesquelles il construisit la première «chambre à bulle».Il s'agit d'un instrument dans lequel les particules nucléaires laissent sur leur trajectoire une trainée.de bulles.La chambre à bulle est tout à fait indispensable à l'étude des réactions nucléaires.Dans la bière et les boissons gazeuses, les pétillements viennent du fait que le liquide est sursaturé de gaz CO ,.De même, l'eau bouillante se trouve sursaturée de vapeur.Pouvez-vous imaginer pour quelles raisons les bulles naissent en certains endroits précis du liquide?Serait-il possible de chauffer un liquide sans qu'il bouille?En réfléchissant à ça, demandez-vous aussi pourquoi votre boisson gazeuse est tellement plus «piquante» lorsqu'elle est glacée?Postez votre réponse dès aujourd'hui à «A vous de jouer» Québec Science Case postale 250 Sillery, Québec 6 A.Observations O Mes observations sur le déplacement des oiseaux ont porté sur les huit espèces suivantes identifiées par une lettre de l'alphabet grec: 1.Grand corbeau (Corvus corax) = ol 2.Corneille d'Amérique (Corvus brachy-rhynchos) = (3 3.Bec croisé à ailes blanches (Boxia leucop-tera) = y 4.Pic mineur (Dendrocopos pubescens) — b 5.Fauvette à croupion jaune (Dendroica coronata) = e 6.Mésange à tête noire (Parus hudsoni-cus) = f 7.Pluvier kildir (Charadrius vociferus) = t?8.Pinson à gorge blanche (Zonotrichia al-bicollis) = 0 La figure 3 illustre la façon dont je consignais mes observations sur un plan en coupe du terrain.Pour qu'une observation s'avère concluante, il faut la répéter au moins cinq fois pour chaque espèce.De plus, les oiseaux pris dans le filet japonais m'ont aidé à établir l'altitude du vol de certaines espèces.Conclusions O A partir de ces observations, on peut conclure que le comportement des oiseaux varie selon leur hauteur par rapport au niveau du sol et non par rapport au niveau du lac, probablement parce que les espèces observées étaient toutes terrestres.Il est vrai cependant que le terrain est assez plat dans cette région.Le Grand Corbeau se tient principalement entre 35 et 60 pieds.Mais il arrive qu'on en surprenne à plus de 100 pieds.Une fois, son vol a baissé à 12 pieds: il planait au-dessus de la nourriture! La Corneille d'Amérique se déplace un peu plus bas que le corbeau: entre 25 et 35 pieds.Le Bec Croisé à ailes blanches ne vole qu'entre 25 et 35 pieds comme la corneille.Il entreprend fréquemment de petits vols.Le Pic Mineur se tient habituellement entre 5 et 20 pieds.L'insuffisance d'insectes à cette hauteur peut influencer ses déplacements.La Fauvette à croupion jaune se déplace entre 15 et 25 pieds.La Mésange à tête noire a été observée à une altitude de 3 à 20 pieds.Le Pluvier Kildir (1 adulte et 3 immatures observés) marche très souvent sur le sol.Il se perche sur le toit d'une vieille grange de 25 pieds, un excellent poste d'observation du champ de la pointe Fortin en même temps qu'une distraction pour les observateurs trop curieux à l'égard de sa progéniture.Le Pinson à gorge blanche se tient dans les buissons et se déplace au sommet des arbustes.Plus le buisson est petit, plus le pinson est bas.Je l'ai observé entre 15 et 0 pieds.De plus, à la suite de toutes ces observations, j'ai pu constater que les filets japonais du Camp Chicobi ne sont pas disposés de façon idéale: plusieurs espèces d'oiseaux volent à une hauteur nettement supérieure aux 7 pieds des filets, diminuant ainsi de beaucoup le rendement de capture pour le baguage.¦ Mme Denise Leclerc-Chevalier: «Informer, expliquer à ceux qui en ont besoin les effets positifs ou néfastes de te! médicament, de telle ou telle drogue.)) par Yanick Villedieu Le quinzième étage du ministère des Affaires sociales où me reçoit Denise Leclerc-Chevalier, dans la petite salle de réunion du tout nouveau Conseil consultatif de pharmacologie dont elle est présidente, n'a décidément rien de la pharmacie du coin! Pas plus, d'ailleurs, que son bureau du Centre de recherches sur la santé à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), à Montréal, où elle mène des études sur l'usage non médical des drogues.C'est que pharmacologie et pharmacie ne sont pas une seule et même chose même si, comme c'est le cas pour Denise Leclerc-Chevalier, on peut arriver à l'une par la voie de l'autre.Le praticien et le chercheur O «Le pharma cien, explique-t-elle, est le spécialiste du médicament: il le connaît, le prépare au besoin, le met en marché et en contrôle la distribution.«Le pharmacologue, lui, pourrait être défini comme le scientifique du médicament, tant au niveau de la recherche fondamentale qu'au niveau clinique et appliqué: des études en laboratoire en vue de la mise au point de nouveaux médicaments aux recherches sur la consommation non médicale de produits pharmaceutiques, en passant par l'étude de l'action de médicaments sur l'organisme ou les investigations cliniques.» En somme, le pharmacien est un praticien de la science du médicament, le pharmacologue, un chercheur.Ce dernier a donc besoin d'une formation plus spécialisée après ses études en pharmacie ou médecine, ou encore en biochimie (c'est une voie de plus en plus fréquente).Et c'est sans doute ce qui explique que les pharmacologues soient si peu nombreux au Québec (une centaine environ), ou encore qu'il y a cinq ans ils aient été le seul groupe à bénéficier d'une prime «de rareté» dans la Fonction publique américaine.Un rôle spécifique O Denise Leclerc-Chevalier, elle, s'est tournée du côté de la recherche, de la pharmacologie.Après un baccalauréat et une maîtrise en pharmacie à 'Université de Montréal, elle a exercé sa professiog en milieu hospitalier pendant plusieurs années.Plus tard des études de doctorat et quatre ans d'enseignement universitaire l'ont orientée vers la pharmacologie.Aujourd'hui elle oeuvre dans les deux domaines qui ont fait connaître au grand public ce mot de pharmacologie: l'assistan-ce-médicaments d'une part, et l'usage non médical des drogues d'autre part.«Ces deux questions, poursuit Denise Leclerc-Chevalier, montrent bien que les pharmacologues sont appelés à jouer un rôle de plus en plus spécifique et important dans notre société.«Il y a d'abord le contexte de socialisation partielle des services de santé offerts à la population.Depuis l'adoption de la Loi 69 sur l'assistance-médicaments (ce n'est pas encore un système d'assurance, le régime n'étant pas universel), un-conseil consultatif où siègent des pharmacologues, des pharmaciens et un économiste va devoir conseiller le Ministre dans la mise à jour de la liste des médicaments, sur leur valeur thérapeutique et la justesse des prix exigés.C'est là le mandat immédiat du Conseil consultatif de pharmacologie.» Quant au rôle du pharmacologue dans 'étude de la consommation des drogues — question d'actualité s'il en est —, il est là aussi primordial, pour des raisons de rigueur scientifique bien évidentes.Denise Leclerc-Chevalier, pour sa part, a animé cet été quatre projets de recherche sur la question dans le cadre de Perspectives-Jeunesse: l'un de ces projets, par exemple, visait à étudier a relation entre l'accessibilité aux psychotropes, l'automédication et l'usage non médical des drogues; un autre, à étudier les facteurs socio-culturels influençant la consommation de drogues en milieu francophone et en milieu anglophone.Un besoin: informer O «Le travail que je fais à l'INRS et mes fonctions au Conseil consultatif de pharmacologie, explique Denise Leclerc-Chevalier, visent le même objectif fondamental: informer, expliquer à ceux qui en ont besoin les effets positifs ou néfastes de tel médicament, de telle ou telle drogue.» Ce souci d'informer, qui mérite d'être souligné chez un scientifique, Denise Leclerc-Chevalier ne l'a pas d'hier.Elle parle depuis longtemps — ses étudiants vous le confirmeront d'ailleurs —, d'un centre d'information sur les médicaments qu'il faudrait créer au Québec.De la documentation sur chaque produit pharmaceutique serait réunie et, une fois le produit approuvé par un comité formé à cette fin, accumulée dans une banque de données.Cette information objective serait ensuite mise à la disposition des organismes dispensant les soins (les centres locaux de services communautaires, les centres hospitaliers universitaires), des professionnels des sciences de la santé (médecins, pharmaciens, pharmacologues, biochimistes), des chercheurs, des services gouvernementaux.De l'information pourrait aussi être diffusée auprès du grand public grâce à certains programmes spéciaux de vulgarisation.Denise Leclerc-Chevalier, on le voit, n'est donc pas de ces scientifiques qui s'enferment dans une tour d'ivoire ou se retranchent derrière des murailles d'éprouvettes.Son besoin d'action par l'information pourrait d'ailleurs bien trouver les moyens concrets de se réaliser à grande échelle.La création du centre d'information sur les médicaments dont elle parle depuis dix ans — sa marotte, comme elle dit dans un langage qui ne s'embarrasse ni des lourdeurs des technocrates, ni des mots à rallonge des savants —, la création de ce centre d'information ne serait-elle pas en effet dans la logique de l'action entreprise par le Conseil consultatif de pharmacologie?¦ Ummu iroioiic!: «FOI El fa Vxhi mtinphii btriiliL » «aux life, je nUitamei fraction t,le ldi fraetseï frllnt loptait® 6 Ma wiineir frdit.Mriei feifepi ffrivail heoti p»ia»i Mette ütitappm Manqn Mttef frtofes 111 «peine.: .¦ V;: ' mfcMjmEs&p.-.- «ail que jt auComeil axpüque itlamitt expliquai fats positifs ,Mltoü ititeii'tttt Denise Le-[.Elle parte Jn nouveau diplômé en pharmacologie se erononce: (UNE FORMATION EXTRAORDINAIRE» /lare Vachon, 26 ans, détenteur d'un doc-orat en pharmacologie de l'Université de /lontréal et responsable des laboratoires à 'Hôpital St-Joseph de La Tuque depuis nai 1971.» centre dïn-squ'iliaéiit jesmiuisi' ¦ouvépai cctllltllléî Cette infot- mcescontK crsunrtw ¦clieyrs,rt« |'infoI«til, pfisdup1^ unies mie «it ^ luisent' useteW-'jpioiieeWS- \près une formation initiale en biochimie iux niveaux du baccalauréat et de la naftrise, je me suis orienté vers la pharma-ologie.Ma thèse sur le métabolisme des nédicaments terminée, je me retrouve en xleine action concrète: responsable des la-xoratoires dans un hôpital.En fait, le travail que j'effectue relève lavantage de la biochimie que de la pharma-ologie et sert de base aux diagnostics mé-iicaux.Il ne comporte pas de recherche stjroesdt xroprement scientifique mais constitue à ^«ensnes yeux la meilleure des préparations sur ¦ terrain en vue d'un éventuel retour à la echerche.J'avais besoin d'une pause riche n expériences concrètes afin de puiser les idées pratiques pour la recherche appliquée, travail épuisant s'il en est et qu'il ne aut entreprendre qu'en équipe.A mon avis, la formation scientifique ictuelle des pharmacologues est non seule-nent appropriée mais encore extraordinaire.I ne manque que les débouchés.Ce fait 'explique facilement par la nouveauté de :ette profession au Québec: cinq ou six ms à peine.lepuis®1® dais u"11"' s!o#(S jialW*B .ntiedï*' En plus des emplois actuellement offerts dans la recherche et l'enseignement universitaires, je crois que très bientôt les grands hôpitaux ouvriront des sections de toxicologie pour faire face aux problèmes causés par l'usage des drogues.Quant aux entreprises de produits pharmaceutiques, leurs besoins se trouvent comblés pour l'instant.Pour peu que les gouvernements consentent à investir dans ces secteurs primordiaux, le rôle des pharmacologues deviendra prépondérant dans le traitement et la prévention de la pollution de l'eau et l'étude du métabolisme des médicaments.En attendant, je crois avoir atteint le but que je me proposais: acquérir assez de connaissances pour travailler et évaluer les obstacles par moi-même.¦ Aptitudes • Goût pour la recherche fondamentale, appliquée et clinique • Facilité pour les sciences biologiques, chimiques et physiques • D'une façon générale, toutes les aptitudes requises pour les sciences exactes (rigueur, sens de la précision, de l'expérimentation Formation • Au collégial, concentrations en biologie, chimie et physique • A l'université, deux voies possibles: les études en médecine ou en pharmacie, ou, comme cela se fait de plus en plus, les études en biochimie ou biologie • Dans l'un ou l'autre cas, maîtrise, puis doctorat en pharmacologie Établissements d'enseignement • Les universités Laval, de Sherbrooke, de Montréal et McGill 28 fee o^v QUE SE PASSE-T-IL?Le ministère de I Education offre des bourses d enseignement supérieur pour Tannée universitaire 1972-1973 À QUI?Aux citoyens canadiens ou immigrants reçus, résidant au Québec de.puis un an, qui poursuivent des études de 1er, 2ème ou Sème cycle, post-doctorales ou de perfectionnement DE QUEL MONTANT De $1,500 à $8,000 suivant le niveau d études, la situation de famille des candidats et le lieu des études Pour plus de renseignements, un dépliant explicatif est mis à la disposition des candidats.Au ministère de ( Éducation Direction générale de renseignement supérieur Service des ressources humaines Section des bourses Services d aide aux étudiants des universités du Quebec Laval 656-3332 Montréal 343-6936 H.E.C.343-4336 Polytechnique 739-2451 Sherbrooke 565-5640 Bishop s 569-9551 McGill 392-4311 Sir George Williams 879-5980 Université du Québec à: Montréal 876-5627 Trois-Rivières 379-1740 Chicoutimi 549-4354 Rimouski A 723-1986 QUEBEC ?GOUVERNEMENT DU QUÉBEC MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION BOURSES DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR mmam I I I I QUEBEC- PRESSE le journal qui n'a pas peur des mots QUÉBEC-PRESSE est en vente le dimanche dans tous les kiosques à journaux.Pour recevoir votre exemplaire à domicile (Montréal et Québec) ou par le courrier, remplissez le coupon ci-dessous.Je désire m'abonner à QUÉBEC-PRESSE.?$12 pour une année ?$6 pour 6 mois ?$3 pour 3 mois Nom .Adresse .Faites votre chèque ou mandat-poste à l'ordre de QUÉBEC-PRESSE, 9670 Péloquin, Montréal 358.Tél.: 381-9936.29 APPRENTISSAGE ET HAPPENING .e congrès de l'Association québécoi-e de l'éducation qui s'est tenu à i/lontréal les 11 et 12 septembre 1971 itait certes un congrès d'un type nou-eau.Tous les moyens techniques pos-ibles et imaginables avaient été mis n oeuvre pour créer de toutes pièces in environnement capable de placer es participants dans une situation l'apprentissage.Imaginez 2 000 délé-ués de tous âges et conditions socia-es forcés de «vivre» les sciences, les nathématiques, la musique.au lieu le s'astreindre à parler pendant deux ours des mesures à prendre pourdé-relopper l'enseignement traditionnel.En ce qui concerne les sciences, le eul but du congrès: faire comprendre :iux responsables de l'éducation que 'enseignement doit se brancher sur la éalité directement vécue, s'humaniser.Quels en seront les résultats con-rets?Il est encore trop tôt pour éva-jer cette expérience.Mais depuis uelques années déjà, ce qui apparaît arfelu aux yeux de certains fait l'ob-et de recherches fort sérieuses com-ne celles de l'équipe de professeurs de iologie de l'Université du Québec à Montréal (AINVEQ: apprentissage et ivestigation en équipe), dont l'abou-issement ne saurait tarder: dégager la onnaissance de son carcan sévère pour mettre vraiment à la portée de tous.CHICOBI ET L'ÉCOLOGIE Dans une livraison récente Au Journal Chicobi, le directeur, M.Gaston Ga-boury, annonce que les travaux et les cours du camp-école adopteront désormais l'approche écologique.Une telle approche permettra d'étudier un sujet en fonction de ses relations avec son milieu.Ainsi, au lieu de décrire simplement l'anatomie d'un insecte, le professeur cherchera à expliquer les causes et les conséquences de telle ou telle forme particulière.Il insistera sur les relations existant entre les plantes et les particularités anatomiques d'un insecte, pour en arriver à une compréhension globale du milieu et en déduire certaines explications susceptibles d’amener des solutions pratiques à certains problèmes.En conclusion, M.Gaboury ajoute: «Chicobi ne s'oriente pas vers quelque chose de nouveau comme tel, mais évolue plutôt vers l'écologie comme vers une suite normale à l'étude systématique déjà accomplie.» LA RUBÉOLE DÉFINITIVEMENT La rubéole (rubella), maladie infantile bien connue, est une affection bénigne.Toutefois, elle peut devenir extrêmement dangereuse lorsqu'elle contamine une future maman, au cours des quatre ou cinq premiers mois de la grossesse.Elle peut entraîner des fausses couches ou être à l'origine de malformations diverses chez le nouveau-né, telles qu'atteintes oculaires, troubles auditifs, malformations cardiaques, retards psychiques, anomalies physiques.Cette maladie cyclique revêt souvent un caractère épidémique.Dans les années 1964-1965, elle prit aux États-Unis une envergure catastrophique: 30 000 enfants morts-nés et plus de 20 000 enfants atteints de graves malformations congénitales.On craint une nouvelle épidémie dans le courant des années 1971-1973.Toutefois, l'enfant qui contracte \arubèo\e après sa naissance est immunisé contre elle pour le restant de ses jours et ne sera point porteur de virus.VAINCUE Un nouveau vaccin découvert par une équipe de chercheurs belges de la firme Recherche et Industrie thérapeutiques (filiale depuis 1968 de Smith Kline and French Laboratories) a obtenu des résultats remarquables puisqu'une immunité totale a été enregistrée dans98 pourcent des cas.Le vaccin a été adopté par 18 pays.Ce sont les enfants en âge scolaire, surtout de 4 à 9 ans, qui sont les porteurs principaux du virus rubéolique.Seules les vaccinations de groupe pratiquées massivement, croit-on, permettront de contrôler efficacement la rubéole et de prévenir les dangers d'épidémie.Les USA ont même décidé la vaccination de tous les enfants, de l'âge d'un an à la puberté, sans distinction de sexe.On est généralement d'avis que, dans chaque pays, les adolescentes devraient être vaccinées de manière systématique, entre l'âge de 10 et 15 ans.aif# f « Techniciens effectuant la récolte des virus. 30 LE MOYEN-NORD, CET INCONNU Avant même que le Centre de recherche nordique de l'Université du Québec à Chicoutimi soit créé, le Conseil national de recherches du Canada vient de lui octroyer une subvention spéciale de $120 000 pour l’année 1971-1972.Loin de doubler des initiatives déjà existantes, les études porteront sur un territoire quasi inexploité: le Moyen-Nord.C'est après avoir longuement délibéré et consulté tousles membres de son personnel d'enseignement et de recherche que l'UQAC, sur recommandation du doyen de la recherche et des études avancées, M.Robert Bergeron, a opté pour ce secteur.Le Moyen-Nord fournit le terrain tout indiqué pour la poursuite et la découverte de connaissances nouvelles et complémentaires aux travaux des autres centres.C'est Louis-Edmond Hamelin, directeur du Centre d’études nordiques de l'université Laval, qui en a le mieux défini les frontières: la zone hémiarctique du Québec comprise entre le 50e et le 58e degré de latitude nord et recouvrant un territoire d’environ 625 km de largeur.Ontrouvedans le Moyen-Nord des ressources minières énormes, d'immenses forêts boréales et de grandes rivières à harnacher pour la production d'énergie hydroélectrique.De nombreux Indiens habitent ce paradis des chasseurs et des pêcheurs du Québec et d'ailleurs.Pour la première fois au Québec, les énergies des chercheurs universitaires se polariseront autour d’un seul et même objectif.Selon un sondage effectué auprès de tous les professeurs, le développement du Moyen-Nord constitue en effet leur préoccupation majeure, l'Université du Québec à Chicoutimi étant le seul établissement universitaire à la porte de ce vaste territoire si près de nous et pourtant ignoré.Une telle orientation correspond d'ailleurs au but précis de cette université: son insertion réaliste dans le milieu où elle se situe au plan géographique et sociologique.Les principaux secteurs de recherche à' privilégier en vue de trouver de nouveaux débouchés vers un développement qui se fait de plus en plus désirer au Saguenay-Lac Saint-Jean, regroupent en fait toutes les disciplines.Les didacticiens s'intéresseront tout particulièrement à la formation de personnel spécialisé dans l'enseignement aux populations autochtones.Des recherches archéologiques et anthropologiques porteront sur les Indiens ayant habité et habitant encore la forêt boréale.Les biologistes procéderont à l'inventaire de la flore et de la faune semi-nordique et axeront aussi leurs recherches sur la productivité biologique, c'est-à-dire sur le potentiel biologique renouvelable ainsi que sur les seuils d'équilibre critique de certains facteurs biocénotiques afin d'être à même de guider l'intervention humaine.De leur côté, les géologues étudieront le Bouclier canadien.Moins spectaculaire que celui de la Baie James, le développement du Moyen-Nord marquera peut-être un jour l'aboutissement de toutes ces recherches, ramenant ainsi à l'échelle humaine et à l'harmonie la conquête du Nord.Jacques Gilbert Tremblay CONSCIENCE CRITIQUE L'Institut national de la recherche scientifique (INRS), unité constituante de l'Université du Québec, vient d'annoncer la formation de sa commission scientifique.Composée de scientifiques reconnus à l'échelle internationale, cette commission, selon le directeur général de l'INRS, M.Charles-E.Beaulieu, devient en quelque sorte «la conscience critique» de l'Institut.Les premiers membres de la commission scientifique de l'INRS sont: Pierre Bauchet, économiste français, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Paris et directeur scientifique du Centre national de la recherche de l'École polytechnique de l'Université de Montréal, Gilles Cloutier, directeur des recherches à l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec, Fernand Dumont, directeur de l'Institut supérieur des sciences humaines de l'Université Laval, William Gauvin, directeur du Centre de recherche No-randa, Paul Haenni, président fondateur du Centre d'études industrielles de Genève, Charles Leblond, directeur du Département d'anatomie à la Faculté de médecine de l'Université McGill, Cyrias Ouellet, professeur au Département de chimie de l'Université Laval et Otto Thür, vice-président du Conseil économique du Canada.En se dotant ainsi d'une commission «de vigilance», l'INRS veut s'assurer que ses efforts de recherche demeureront axés sur les objectifs et sur les besoins de la collectivité.La commission scientifique aura libre accès à tous les laboratoires de l'INRS, pourra consulter tous ses dossiers et convoquer ses chercheurs pour discuter de certains projets. 31 qu’est-ce que cest?Devinez "QU'EST-CE QUE C'EST” et vous recevrez gratuitement le livre «La Jeunesse du Québec en Révolution» de Jacques Lazure.Condition: être abonné à QUÉBEC SCIENCE.Profitez-en pour vous abonner en remplissant la fiche au verso.Découpez la page et expédiez-nous la avec votre réponse et votre abonnement ou réabonnement.Si vous êtes déjà abonné à QUÉBEC SCIENCE, inscrivez vos nom, adresse et numéro d'abonnement, tels qu'ils apparaissent sur le collant d'adressage de votre exemplaire.Les cinquante premières bonnes réponses seront acceptées.Ma réponse est:___________________________________________________ Nom:______________________________________________________________ S'agit-il de roches lunaires, de cubes de sucre ou d’une quelconque sculpture moderne?mues lazure LA JEUNESSE DU QUEBEC ENREVOim ESSAI DINTTRtWTATION Adresse: Renouvellement ?Nouvel abonné ?La réponse paraîtra dans le numéro 3.Procurez-vous QUÉBEC SCIENCE dans un kiosque à journaux, une tabagie, une bonne librairie ou à votre coopérative étudiante.Non, ce n'est pas un cratère volcanique ni un trou dans le sable, mais bien une simple cavité dentaire grossie 100 fois et photographiée à N'aide d'un microscope électronique.Aie! (en capitales) Adresse: ; - ' ;__________________________________________________________________________________________________________ (rue) (ville) (zone) m’abonne c.p.250, Sillery, Québec 6.(comté ou région) (province, état ou pays) Âge: ______________________________ Profession: _______________________________________ Sexe: ______________________________ Degré de scolarité: _______________________________ Si étudiant ou professeur, inscrire le nom de l'établissement: D école D collège D université Tarif individuel ?1 an, 8 numéros: $3 ?2 ans, 16 numéros: $5.50 ?3 ans, 24 numéros: $7.50 Tarif groupe 15 (ou plus) envois à la même adresse ?1 an, 8 numéros: $2 ?Abonnement de soutien — 1 an, 8 numéros: $10 /l/.Aut 'I'Li’.f.Le Voyagem, Place des Arts Place Vtlle-Marie Place Desjardins Métro plus que jamais au carrefour du Canada français 34 I.Mironov i:»(.vu wmi\ tlOÜKNAL DE CALIEOUNIi] M l II.l0t4 JOURNAL DE CALIFORNIE Edgar Morin, Le Seuil, Paris, 1970 267 pages, $5.40 En vente dans les librairies Quand un sociologue en liberté pénètre et travaille dans un institut de recherche comme le Salk Institute for Biological Studies —«cette pépinière de Prix Nobel, cette tête chercheuse de la biologie»—, quand il s'immerge, «intellectuellement high)), dans un «bouillon de culture» dont l'enjeu est «la mutation nécessaire» de l’espèce, il écrit le Journal de Californie.La problématique de ce qu'il est convenu d'appeler la révolution biologique, aussi bien que la recherche de nouveaux modes de vie en cet Extrême-Occident (communes, mouvements et sectes de tous genres et de toutes contestations, expérience de la drogue, bouleversement des valeurs), amènent en effet à la même constatation: «Nous approchons du seuil où la question de la survie, de la mutation, de la révolution vont devenir la seule et même question.» Foisonnant d'idées, d'intuitions, de notes, le livre de Morin passionne quand il sonde à grands coups les liens entre la biologie, l'anthropologie et la sociologie: «La structure sociale n'est pas calquée sur la structure biologique, mais la répète en écho inachevé et assourdi»; «L'évolution biologique n'a pas été remplacée par l’évolution culturelle, elle est actuellement responsable de celle-ci»; «Le répresseur biologique relance la réflexion sur la répression sociale, conçue non pas seulement comme oppression du pouvoir, mais comme aspect de l'organisation.Pas de vraie pensée révolutionnaire sans une repensée générale du système d'organisation-répression propre à la vie et à la société.» Il apparaît donc «que l’homme doit être saisi comme un être trinitaire — espèce, individu, société.L'homme relève de la biologie, de la psychologie, de la sociologie conçues non pas comme secteurs juxtaposés, mais comme manifestations de la même réalité.» En d'autres termes, la traditionnelle barrière que nous dressions entre les sciences humaines et les sciences exactes ne serait-elle pas désuète et moyenâgeuse?Enseigner les «sciences» et les «humanités» ne relève-rait-il pas de conceptions intellectuelles et pédagogiques rétrogrades?Et s'il est vrai que le principe de l'évolution biologique est l'invention et que l'homme nouveau est à inventer aujourd'hui pour demain, alors ne convient-il pas pour finir de respirer ce conseil joyeusement subversif?«Il me plaît que ce soit la fermeture de l'université qui ait déverrouillé le génie de Newton.En lisant Watson, La Double Hélice, on voit clairement que l'institution scientifique officielle n’est bonne que dans la mesure où elle peut être contrariée, contournée.Tricher avec les sujets de recherche, se débrouiller malgré la stupidité des commissions anonymes («les savants sont en majorité stupides»), telles sont en fait les conditions de l'invention.» LA BIONIQUE ou «Les Ingénieurs à l'école de la nature» I.Mironov, Éditions de Moscou Collection «La science pour tous» Moscou, 1970, 342 pages, $2.10 En vente dans les librairies Les meilleurs sujets font les meilleurs livres.Ce volume de 342 pages n’en aurait que 250 s'il ne traitait que de bionique.Mais l'auteur aime les digressions, les allusions et les citations, particulièrement lorsqu'il s'agit de mythologie et de politique.Autres faiblesses, ce livre n'est agrémenté d'aucune illustration et, ce qui est plus grave, certains avancés semblent douteux.Néanmoins cet ouvrage reste à lire.Les talents de vulgarisation de l'auteur ne font aucun doute et ses exposés sont tous faciles à suivre, sauf le chapitre sur le neurone.Certaines pages sont particulièrement brillantes, lorsqu'il décrit les différentes théories de la mémoire.Le volume traite aussi de l'hydrodyna-misme des dauphins, de leurs moeurs sociales, de l'aérodynamisme, de la mécanique du vol des oiseaux, de la protection du scorpion contre les radiations, de l'odorat, de l’organisation des systèmes nerveux et des ordinateurs, de la migration, du sens de la chaleur chez les serpents, des araignées et de leur système hydraulique de marche, de la classification et de la rationalisation des sentiments, et de bien d'autres sujets.Donc, un livre fort instructif et qui s'adresse à un très vaste public.Jacques Lacroix Î&SÏS5ÏSSE _ .VOCABULAIRE DE L'ASTRONAUTIQUE ! fASOCUUI VOCABULAIRE DE L'ASTRONAUTIQUE Cahiers de l'Office de la langue française nos 10, 11 et 12, Ministère des Affaires culturelles Gouvernement du Québec 115 pages, 1971 Pour qui s'intéresse à l'astronautique, les cahiers nos 10, 11 et 12 de l’Office de la langue française sont une nécessité.On y trouve quelques centaines d'expressions et de termes scientifiques et techniques français avec leur équivalent en langue anglaise.Un lexique anglais-français, une série de schémas et une bibliographie ayant trait à l'astronautique complètent ces publications.Notons que l'auteur semble avoir voulu faire de ce «vocabulaire» une petite encyclopédie en donnant pour chacun des termes tantôt une définition, tantôt une explication qui se voudrait scientifique.Malheureusement plusieurs définitions sont imprécises ouTnême parfois erronées.Signalons aussi que les nombreux exemples et applications qui complètent les définitions peuvent intéresser le lecteur mais donnent à l'ouvrage un caractère provisoire qui le fera vieillir rapidement.Enfin les quelques schémas présentés ajoutent très peu à la compréhension du texte; quelques-uns appartiennent même au domaine de la science-fiction, comme celui de la fusée photonique avec son réservoir d’antimatière! Dans l'ensemble cependant, les cahiers atteignent leur but et mettent à la disposition des amateurs et des spécialistes des termes français très corrects en matière d'astronautique.Yanick Villedieu Claude Frémont 35 MSUriiffl.^1 IWïjll'il ' tiliiiin'si HttltJU ww.Cfit).«Mis» Hliyiiojyiif '«dvirnim ^ d1! wtm ssyitnsiei-Wilwcls Viâeiwdii, taimiiji ICfôlilïOI kuLij* par Claude Boucher jUi'ez-i/OL/s trouvé la solution du mois dernier?Pour te savoir, comparez vos réponses à celle que vous donne Claude Boucher.Et exercez à nouveau votre perspicacité sur le septième problème qu'il vous propo- PROBLEME NUMÉRO 7 2=3! Ce mois-ci je vous proposerai de détecter {dans le raisonnement suivant l'étape incor-recte qui entraîne la conclusion farfelue suivant laquelle 2 = 3.Vous êtes tous d'accord sur ce qui suit: [i-10 + ^r = 9 4 moslM1 tojnii!* I»» ut tut ^ Itilif, 1 iicj»i»8l!'1! lists tl* lllOIli flin»"1 LA RECHERCHE D'ABORD Je tiens d'abord à vous exprimer mes plus sincères félicitations pour l'esprit d'excellence que vous avez imprimé à la revue Québec Science tant au point de vue de la présentation que de la rédaction.En particulier, j'ai apprécié dans le dernier numéro votre éditorial «Homme ou Robot» où vous posez très clairement tout le problème du monde scientifique déshumanisé auquel doivent faire face le jeune étudiant ou même le chercheur.Ce dernier souvent consacre plus de temps à remplir des formules de subventions, à rédiger des descriptions de projets, à assister à des réunions, à faire partie de comités, à composer des rapports inutiles, etc.qu'à effectuer ses recherches.Il va sans dire que ce grave malaise ressenti dans toute l'Amérique du Nord se manifeste déjà par une diminution en nombre et en qualité des découvertes scientifiques dont il ne pourra résulter à longue échéance qu'une baisse culturelle pour tout l'occident.Louise Martin, Dir.Dépt.Mathématiques, Université du Québec à Trois-Rivières 4-10 = 9-15 Aux deux membres de cette égalité, on UN INSTRUMENT INDISPENSABLE Deut ajouter ^ ; ce qui donne 15 + |5 4 25 Le premier nombre 4 — 10 + ^ possé-ie un premier et un troisième termes qui ;ont les carrés de 2 et respectivement, :andis que le second terme est égal au dou-tle du produit de ces nombres.Ce premier tombre est donc égal à (2 — |-)2, en vertu Tune règle d'algèbre bien connue.Par un raisonnement semblable, on arri-/e à la conclusion que le second nombre îst égal à (3 -|)2.On peut écrire 2 - |)2 = (3 xi, en extrayant la racine carrée de chaque tombre, 3 _ 5 = q _ 5 v T 6 1.^près simplification du terme |-, on arrive nfin à 2 = 3 5)2 2' Il nous paraît clair que Québec Science est un instrument indispensable à la jeunesse scientifique du Québec en général et aux organismes en particulier.L'idée de la revue de présenter la science comme une manifestation privilégiée de l'affirmation culturelle du Québec me paraît susceptible de promouvoir des enthousiasmes et des énergies nouvelles.Tous les organismes qui oeuvrent dans ce secteur d'activités ont besoin, me semble-t-il, d'une parole dynamique pour véhiculer leurs expériences et encourager leurs initiatives.Votre projet de rendre Québec Science accessible à un plus grand nombre tout en lui conservant sa haute qualité professionnelle s'inscrit parfaitement dans le cadre de notre travail en vue de promouvoir plus largement ce type d'activités dans le milieu étudiant.André Beaudoin, responsable des services collectifs.Bureau des Affaires étudiantes Ministère de l'Education PLUS DE SCIENCE PURE Je ne suis abonné à Québec Science que depuis le début de l'année 1970/71 et j'en suis très satisfait.J'aimerais cependant vous faire quelques remarques.Dans vos articles traitant de science et d'actualité, vous devriez appuyer sur la science pure, on dirait qu'elle est délaissée pour les sciences appliquées.Vos articles devraient être plus longs car aussi passionnants qu'ils soient on en voit la fin beaucoup trop vite.Quand aux différentes rubriques, très bien!!! elles sont très bien pensées.J'aime particulièrement «Voulez-vous lire» et «A vous de jouer».Jacquelin Jolette, 14 ans SOLUTION DU PROBLÈME N° 6: ÉCHEC ET MATHS Il n'est pas possible de réaliser un tel recouvrement.En effet, lorsqu'on découpe deux carreaux situés dans un coin et opposés par une diagonale, on se trouve à enlever deux carreaux de la même couleur.Pour plus de précision, supposons que les carreaux enlevés soient noirs.Il reste alors 30 carreaux noirs et 32 carreaux blancs.Or, lorsqu'on recouvre deux carreaux adjacents par un rectangle de carton, on recouvre nécessairement un carreau blanc et un carreau noir.On ne peut donc pas recouvrir complètement une superficie où le nombre des carreaux noirs n'est pas égal au nombre de carreaux blancs.WM HHi nu QUEBEC P5ÎbU0T,?%Ü^‘5'lE lBRW^bEnEPO-f\LEr,(»l- r Noy m Sx/deNIS I7N0V .W| - s,*, t ; :T:>v ÜHi segai- i,” _ ü.i’i,>rfaèèïs:5 , rc'y; ; :W.o •s-w ' 7-':.:
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