Québec science, 1 janvier 1972, Avril
Pifepyj ?LES SCIENCES COURENT VERS UNE MORT CERTAINE p.4 UN SITE IROQUOIS SUR LE RICHELIEU p.7________ LE MICROSCOPE p.9 QUE PENSEZ-VOUS DE QUÉBEC SCIENCE?p.12 VOLUME W/NUMËRO 7/AVRIL 1972/$0.50 -¦>: -v tmiïi iüuui tfwim .-xrs: bolluKon 'ïmÊÊ; 2 À 3 saxtër IENCES COURENT \ ORT CERTAINE p 4 Qu'en est-il de la pollution de l'air en généra! et à Montréal en particulier?LE MICROSCOPE p « I voiuue io huutno > ¦ la pollution de l'air à Jtontréal Photo: Antoine Godbout SOMMAIRE Magazine d'information scientifique publié par lésj ’ Presses de l'Université du Québec en collaboration avec le ministère de l’Éducation et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Les articles de QUÉBEC SCIENCE sont répertoriés dans l'Index analytique, publication conjointe du Centre de documentation de l'Université Laval et du Service des bibliothèques du ministère de l'Éducation.Tout écrit reproduit dans le magazine n'engage que la responsabilité du signataire.Rédaction Directrice et rédactrice en chef Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Jean-Marc Gagnon Promotion et publicité Daniel Choquette Diffusion Patricia Larouche Secrétariat Diane Guay Réalisation graphique couthuran et amis, québec Impression l'éclaireur Itée, beauceville Diffusion dans les kiosques les messageries dynamiques inc.Administration QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery Québec 6, TéL: 657-2435 Abonnements 10 numéros: septembre à juin Étudiants: $2.50 Adultes: $3.50 (Canada, $4 (étranger), $10 (soutien) Vente à l'unité: $0.50 Membres du comité d'orientation Claude Arseneau, Association des jeunes scientifiques Armand Bastien, coordonnateur de chimie-physique.Commission des écoles catholiques de Montréal André Beaudoin, Éducation et affaires étudiantes, ministère de l'Éducation 4 Si le Canada applique le rapport Lamontagne LES SCIENCES COURENT VERS UNE MORT CERTAINE, par Marcel Desjardins Une entrevue avec le détenteur canadien du Prix Nobel de chimie 1971, le Dr Gerhard Herzberg.7 UN SITE IROQUOIS SUR LE RICHELIEU, par Laurent Girouard Un aperçu des fouilles en vue de retracer les vestiges de la civilisation iroquoise sur le Richelieu.9 LE MICROSCOPE, par Paul-Emil Messier Comment fonctionne cet indispensable outil de recherche.17 SONDAGE: QUE PENSEZ-VOUS DE QUÉBEC SCIENCE?3 Éditorial: LA SCIENCE QUÉBÉCOISE À UN CARREFOUR, par Jocelyne Dugas 12-21 ENVIRONNEMENT: AIR PUR.AIR POLLUÉ.IL FAUT RESPIRER, par Maurice Boulerice et Walter Brabant LA QUALITÉ DE L'AIR À MONTRÉAL, par Maurice Boulerice et Walter Brabant 22 L'expérience du mois: LES PLANTES ET LA LUMIÈRE, par Michel Boudoux 26 CONCOURS 27 Échec et maths, par Claude Boucher A vous de jouer, par Laurent Bilodeau et Jean-Marc Fleury 29 FLASH, par Jean-Marc Gagnon 32 Comment on devient-SPÉCIALISTE DE LA VULGARISATION SCIENTIFIQUE, Fernand Seguin interviewé par Gilles Provost 34 Voulez-vous lire?35 Vous dites?© Tous droits réservés 1972 - LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC - Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052 — Dépôt légal premier trimestre 1972 — Bibliothèque nationale du Québec — Imprimé au Canada.Paul Bélec, professeur, Centre de recherches urbaines et régionales (INRS), Université du Québec Louis Berlinguet, vice-président à la recherche, Université du Québec Roger Blais, professeur de physique, CEGEP de Sainte-Foy Claude Boucher, professeur de mathématiques, Université de Sherbrooke Yvan Chassé, professeur.Département de physique.Université Laval Pierre Dansereau, directeur, centre de recherche écologique de Montréal (CREM) Jacques Desnoyers, professeur de chimie.Université de Sherbrooke Guy Dufresne, directeur des projets spéciaux, Consolidated Bathurst Pierre Dumas, recherchiste.Société Radio-Canada André Fournier, responsable de l'enseignement des sciences au secondaire, ministère de l'Éducation Serge Fradette, étudiant.Université de Montréal Jean-Claude Gauthier, étudiant.Collège Bourget, Rigaud Gordin Kaplan, professeur de biologie, Université d'Ottawa Paul Laurent, Service d'information, relations publiques, Hydro-Québec Guy Rocher, professeur de sociologie.Université de Montréal Jacques Sicotte, étudiant, CEGEP Bois de Boulogne Guy Simard, étudiant, CEGEP du Vieux-Montréal 3 v'T 51 WÊÊÊ- La principale mission de la centrale nucléaire Gentilly est d’établir la rentabilité^ la fiabilité de ce type de centrale.Réalisée par l’Hydro-Québec de concert avec l’Energie atomique du Canada, Limitée, Gentilly est un prototype.C’est, en effet, la première fois que l’on construit au Canada une centrale atomique utilisant l’eau bouillante naturelle comme caloporteur.Mais Gentilly c’est aussi une école de formation.Car lorsque l’Hydro-Québec se tournera vers le nucléaire pour produire davantage d’électricité, tout l’argent du monde ne pourra procurer, du jour au lendemain, le personnel scientifique et l’expérience nécessaires à l’exploitation commerciale de centrales nucléaires.lomment fonctionne la entrale nucléaire Gentilly pr * ;omment fonctionne la entrale nucléaire Gentilly?3S centrales hydroélectriques utilisent inergie des chutes d'eau pour faire tourner s turbines qui entraînent les génératrices électricité.Dans une centrale thermique assique, Tracy par exemple, on utilise la laleur provenant de la combustion de >mbustibles fossiles tels le charbon, le azout et le gaz pour produire la vapeur qui it tourner les turbines, ms une centrale nucléaire, c’est toujours vapeur qui fait tourner les turbines.Mais fte vapeur ne provient pas de la chaleur oduite par la combustion de combustibles ssiles, mais de celle résultant de la ssion” d’atomes d’uranium, sentiellement, la centrale nucléaire mtilly se compose du réacteur, d’une 'bine et d’un alternateur.La cuve en acier jxydable du réacteur est traversée par 8 tubes de force verticaux; ces tubes ren- ferment l’uranium (grappes de combustibles) et baignent dans de l’eau lourde (D20).La turbine à vapeur entraîne un alternateur d’une puissance de 250 000 kilowatts.“Fission” L’uranium est constitué de deux types d’atomes qui se retrouvent à peu près toujours dans la même proportion.Moins de 1% des atomes sont de l’uranium-235 et plus de 99% sont de l’uranium-238.Seuls les atomes d’uranium-235 peuvent être fissionnés dans un réacteur nucléaire.L’uranium-235 contient 92 électrons, 92 protons et 143 neutrons.Lorsqu’il est frappé par un neutron lent, l’atome d’uranium-235 se fragmente en deux parties qu’on appelle “produits de fission”.Ceux-ci s’éloignent alors violemment l'un de l’autre, en se déplaçant de quelques millièmes de pouce.Ces produits Bâtiment du réacteur n I3 |5 Réservoir d’aspersion (sécurité) Réservoirs de vapeur Réacteur Grappes de combustibles Pompe Pompe Pompe D Bief de prise d’eau dans le fleuve Bâtiment du turbo-alternateur Turbine Alternateur Électricité Transformateur Condenseur | Pompe Sortie de l’eau de refroidissement entrent en collision avec d'autres atomes, provoquant un échauffement de l'uranium.Lorsque l’atome d’uranium-235 estfis-sionné, deux ou trois neutrons rapides (se déplaçant à la vitesse de 26 000 milles à la seconde) sont émis.Pour qu'une nouvelle fission se produise, ces neutrons doivent être ralentis à une vitesse d’un mille par seconde.C'est l’eau lourde contenue dans le réacteur qui les ralentit.En effet, cette eau contient des atomes d’hydrogène lourd qui font rebondir les neutrons.Les neutrons ainsi ralentis fissionnent alors d’autres atomes d’uranium-235 en produisant davantage de neutrons.Il se produit alors une fission continue des atomes (“réaction en chaîne”) et une chaleur constante.Une livre d’uranium naturel produit autant de chaleur que 15 tonnes de charbon.Pour fonctionner à pleine puissance, Gentilly doit utiliser 80 livres d’uranium en 24 heures.Il faudrait 1 200 tonnes de charbon pour fournir la même quantité d’énergie.Caloporteur Le caloporteur, chargé d’évacuer la chaleur produite dans le réacteur, est de l’eau naturelle pompée dans des tubes.Cette eau se met à bouillir sous l'effet de la chaleur dégagée par la fission continue des atomes.La vapeur produite est canalisée vers la turbine qui entraîne l’alternateur.Lorsqu’elle sort de la turbine, la vapeur est dirigée vers un condenseur où elle est transformée en eau.Puis le cycle recommence.Hydro-Québec 26 PARTICIPEZ À «ÉCHEC ET MATHS» ET «ÀVOUS DE JOUER» CONDITIONS ET MODALITÉS DE PARTICIPATION 1.Indiquer le nom de la chronique à laquelle on participe.2.Répondre sur la formule d'a-bonnement-concoursdûment remplie (joindre une feuille supplémentaire si nécessaire).3.Faire parvenir sa réponse avant le 20 du mois apparaissant en page couverture (le cachet de la poste en fera foi).4.Être abonné ou s'abonner à QUÉBEC SCIENCE (voir la formule au bas de cette page).5.Un jury composé de scientifiques et de mathématiciens sélectionnera les bonnes réponses et choisira au hasard parmi celles-ci, 10 gagnants par mois.Les gagnants se verront attribuer le volume de leur choix, gracieuseté des Éditions de l'Homme.6.A cause des délais de publication, les réponses ainsi que les noms des gagnants ne seront reproduits dans la revue que deux mois suivant leur parution.7.Les membres du personnel de QUÉBEC SCIENCE ainsi que leurs familles et les personnes à l'emploi des sociétés liées par contrat à la revue ne sont pas éligibles à ce concours.8.Toutes les réponses reçues deviennent la propriété de QUÉBEC SCIENCE qui peut en disposer une fois le délai expiré.ET GAGNEZ LUN DE CES VOLUMES, GRACIEUSETÉ DES ÉDITIONS DE L HOMME LES EDITIONS DE L’HOMME EüffiPi pfi otogrephV ê rrt0rttc du qtiottdiert^a Presse * ' * > v: \ ' VOLUMES OFFERTS: 1.La Météo par Alcide Ouellette 2.Apprenez la Photographie par Antoine Désilet 3.Technique de la Photo par Antoine Désilet 4.Apprenez à connaître vos médicaments par René Poitevin 5.Les Poissons du Québec par E.Juchereau-Duchesnay 6.Les Mammifères de mon pays par J.St-Denys Duchesnay 7.La Bourse par Albert Lambert 8.Premiers pas sur la Lune par Neil Armstrong, Michael Collins, Edwin E.Aldrin 9.La Taxidermie par Jean Labrie 10.Une culture appelée québécoise par G.Turi Découpez ce coupon, joignez-le à votre réponse et postez le tout à: CONCOURS QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec 6 0Je participe à «Échec et maths» L_ 0Je participe à «A vous de jouer» £Si je gagne, veuillez m'adresser le livre numéro.ou encore, le livre numéro.à: Nom.Prénom Adresse:.rue ville comté ou région Téléphone: Étudiant province Autre par Laurent Bilodeau et Jean-Marc Fleury LES BRUITS DE FOND «Les frontières de l'univers humain sont faites de bruit de fond: c'est là une des découvertes les plus fondamentales de notre siècle.C'est vrai pour l'espace, à la limite microscopique comme à la limite cosmologique et, également, pour le temps qu'on veuille explorer le passé ou prédire l'avenir.» Ces paroles de Denis Gabor, récipiendaire du prix Nobel de physique 1971 et inventeurde l'holographie, peuvent sembler ténébreuses à première vue.En effet, le bruit de fond, ce n'est que le chuintement d'un radio mal synthonisé ou la «neige» qui embrouille les émissions de télévision.Mais le problème s'élargit singulièrement lorsqu'on cherche à se débarrasser du bruit de fond: tout fait du bruit et la moindre résistance ohmique émet des petits cris à cause de l'agitation thermique de ses molécules.Pour les scientifiques, le bruit de fond c'est la partie de tout signal dont on ne peut tirer d'information et qui est imprévisible.Il pose une limite ultime à la distance qu'on peut sonder au radiotélescope, au grossissement qu'on peut obtenir au microscope, à la fidélité dans la reproduction des sons et de l'information.Nous vous proposons ce mois-ci d'étendre la notion de «bruit de fond» à d'autres domaines de la haute fidélité: quel serait, par exemple, l'analogue du bruit de fond dans l'évolution, la mémoire et l'intelligence, l'économique?Place à l'imagination! 27 par Claude Boucher UN PROBLEME DEVIN Problème numéro 12: .On possède un récipient de 24 litres rempli de vin que l'on désire partager en trois parts égales et l'on dispose pour le faire de trois récipients vides dont les capacités sont 13, 11 et 5 litres.Comment, par des transvasements successifs, parviendra-t-on à réaliser ce partage?PLUS VITE QUE LA LUMIÈRE (réponse) Le problème du mois dernier portait sur une audacieuse affirmation: «Dans l'ionosphère, les ondes électromagnétiques se propagent parfois bien plus vite que la lumière.» Et bien ce problème-ci était réellement difficile! Mais le hardi professeur qui avait fait cette déclaration occupe toujours son poste, même si son assertion porte à croire qu'il ait oublié le principe fondamental suivant lequel «rien ne va plus vite que la lumière».•Voyons donc grâce à quelle subtilité cet audacieux a pu échapper à la fureur de ses élèves.Nous commencions la discussion en faisant la différence entre la vitesse d'un groupe d'ondes et la vitesse (plus grande) des ondes individuelles dans ce groupe.Vous pourrez observer cette différence en faisant tomber des gouttelettes à la surface d'un bassin d'eau calme.Mais pour aller plus loin, il fallait réaliser une expérience «à la Einstein», c'est-à-dire imaginaire.Supposez que vous êtes à «A» et que vous vouliez saluer votre ami qui est à «B» en lui envoyant un «flash».Le salut que vous lancez n'est autre qu'un groupe d'ondes lumineuses.Votre message se propagera donc de A en B à la vitesse des groupes d'ondes.On en déduit, en bon physicien, que le transport de l'énergie et de l'information se fait à la vitesse des groupes d'ondes.Dans l'ionosphère, la vitesse des crêtes des ondes est parfois supérieure à la vitesse de la lumière, mais elle ne correspond à aucun transport d'énergie ni d'information.Elle est due à une certaine synchronisation entre les vibrations des atomes ionisés.D'ailleurs, cette synchronisation des atomes s'établit de proche en proche.et justement à la vitesse lente du transport de l'énergie et de l'information.Nous vous demandions aussi s'il existe des phénomènes plus rapides que la lumière.Henri Carrier de Montréal propose d'envoyer un point lumineux sur la lune à l'aide d'un rayon laser.Une petite rotation du rayon laser suffit alors pour que le point lumineux se déplace plus vite que la vitesse de la lumière.Notez bien cependant que le point lumineux ne transportera jamais de message entre deux cratères! Michel Rousseau de Saint-Jean nous questionne au sujet de la vitesse de la force de gravitation.Il est possible qu'elle soit plus élevée que celle de la lumière.Cependant cette vitesse semble être une des inconnues les mieux gardées par la Nature.En attendant qu'on la connaisse, il reste malheureusement vrai que «rien, ni matière, ni énergie, ni information ne se transmet plus vite que la lumière.» J Radio-Canada, plus que jamais au carrefour du Canada français La Maison de Radio-Canada ouvrira toutes grandes ses portes aux visiteurs, à l'été de 1972 mmik ¦Ni .yi- i^kskSiâaci; w&iëk m.mm 'Bm mm mgm&ï âïâHw-v'V'-.'1 mm mm*, :^SWSk^$m vav ;; /'¦CsiJ msmi 29 LES EXPOS-SCIENCE EN AVRIL ET EN MAI Plusieurs expos-science auront lieu en avril et en mai dans différents Cegep ou polyvalentes du Québec.On sait que le but de ces expos-science est de faire connaître les travaux effectués durant l'année par les jeunes scientifiques d'une région ou d'une institution.Il ne faut donc pas s'étonner du fait que la plupart de ces expositions soient concentrées dans les mois d'avril et de mai.En voici une liste sommaire.- à Sherbrooke: Exposition régionale à l'École secondaire Le Ber, du 7 au 10 avril; - à Jonquière: Exposition Sague-nay-Lac Saint-Jean, les 8 et 9 avril; - à Lachute: Exposition à la Polyvalente Lavigne, les 18 et ISavril; - à Montréal: Exposition de la Polyvalente Le Plateau, la première semaine d'avril; - à Rivière-du-Loup: Exposition de l'École Saint-Pierre, les 10, 11 et 12 avril; - à Mont-Laurier: Exposition Mont-Laurier, la date est à déterminer.En mai: - à MontréakExposition de l'École La Dauversière, de 10 au 13 mai; - à Berthierville: Exposition de la Polyvalente Pierre-Lestage, du 22 au 26 mai.?'autres expositions sont aussi prévues pour le mois de mai mais les dates restent encore à déterminer.Ce sont les expositions des Écoles Marie-de-la-Jemmerais à Montréal, Dominique-Racine à Chicoutimi, des Polyvalentes de Roberval, Beloeil et de Saint-Hilaire, du Séminaire de Sherbrooke, du Cegep Bois-de-Boulogne et de Duvernay.Pour obtenir plus de renseignements, vous pouvez contacter le responsable de chacune de ces expositions.LES APPLICATIONS DU LASER par Georges Marey C'est en 1917 qu'Albert Einstein donna l'explication d'un phénomène physique nouveau: l'émission stimulée.Mais il fallut attendre l’année 1958 pour que deux physiciens américains Townes et Shallow découvrent l'«effet laser».Quel-années plus tard, en'1966, le savant français Kastler recevait le prix Nobel pour ses travaux sur le «pompage des électrons».Le terme de «laser» signifie, en anglais, « Light activation by stimu-led emission of radiations», c'est-à-dire «Amplification de lumière par émission stimulée de radiations».A l'inverse de l'émission spontanée des sources lumineuses classiques, l'émission stimulée est un phénomène cohérent, dans lequel les atomes d'un corps, excités par un procédé de pompage (optique, électronique ou chimique), émettant des ondes lumineuses de même longueur, de même amplitude, de même phase.Ces radiations sont contenues dans un «pinceau» d'énergie d'une extrême finesse et d'une extrême intensité, capable de franchir des dizaines ou des milliers de kilomètres sans diverger.Les appareils lasers sont constitués par trois éléments essentiels: le moyen de pompage, le corps où sont emprisonnés les atomes et la structure «résonnante», celle-ci formée de miroirs parallèles.La lumière peut jaillir soit par impulsion, soit de façon continue.Suivant la nature du corps, on peut réaliser plusieurs familles de lasers: lasers à solides (cristal, rubis, verre dopé au néodyne, «yag» formé d'yttrium, d'alluminium et de grenat), lasers à fluides, gaz ou liquides (CO2, hélium-néon), lasers à semi-conducteurs (arséniure de gallium), lasers moléculaires.Ces derniers font l'objet d'actives recherches de la part de la Compagnie industrielle du laser (CILAS) qui est une filiale de la CGE.Ce qui est frappant dans les applications du laser - et cela dix ans seulement après sa découverte - ce sont la diversité, l'ampleur et l'originalité des multiples techniques déjà mises au point ou en cours d'exploration.Leur champ d'action s'élargit d'ailleurs chaque jour.Télémétrie, télécommunications spatiales, visualisation d'objets, guidage de missiles, alignement, métrologie, topographie, outillage chirurgical, procédés d'usinage et de soudure, holographie (photogra- jcKques parizeau lilærté Jacques Parizeau, le célèbre économiste du parti Québécois, rédige une chronique à caractère économique tous les dimanches dans QUÉBEC-PRESSE.Quand Jacques Parizeau parle d'économie, il en parle en expert: il a été conseiller du gouvernement québécois sous les administrations Lesage et Johnson.Il faut aussi lire; ¦ nos grands dossiers; ¦ nos bandes dessinées exclusivement québécoises; ¦ nos pages spectacles qui vont au fond des choses; ¦ nos chroniques destinées aux consommateurs; ¦ nos pages politiques qui ne ménagent personne, etc.QUEBEC-PRESSE QUÉBEC-PRESSE est en vente le dimanche dans tous les kiosques à journaux.Pour recevoir votre exemplaire à domicile (Montréal et Québec) ou par le courrier, remplissez le coupon ci-dessous.Je désire m'abonner à QUÉBEC-PRESSE.?$15 pour une année ?$8 pour 6 mois Nom .Adresse Faites votre chèque ou mandat-poste à l'ordre de QUÉBEC-PRESSE, 9670 Péloquin, ^Montréal 358.Tél.: 381-9936.^ 30 phie en relief), découpaae de métaux et même coupe de vêtements.telles sont quelques-unes - et quelques-unes seulement - des applications aujourd'hui connues.Auxquelles il faut ajouter de très nombreux et très importants emplois militaires.Voici, succinctement, quelques notes sur les possibilités offertes par les techniques lasers.L'une d’entre elles, et non la moins importante, est fondée sur la faculté du laser de localiser les objets et de mesurer leurs distances.Il s’agit donc d'alignement, de métrologie, de télémétrie.On utilise des appareils de ce type dans les travaux publics, les constructions mécaniques, le guidage automatique des machines de forage de tunnels ou de construction d'autoroutes.Les télémètres lasers rendent de grands services en géodésie terrestre à courte portée.Le «géomètre» est un appareil récent, qui fonctionne par impulsions et évalue la distance d'un point, jusqu'à une soixantaine de kilomètres, avec une précision de 6 mm au km, ceci grâce à un rayon lumineux émis par l'appareil et renvoyé par un réflecteur.Des télémètres lasers, actuellement en essais, équiperont certains matériels militaires, en particulier l'avion «Jaguar» version marine (portée 10 km), les hélicoptères de l'armée de terre, les chars AMX 13 et AMX 30 et des pièces d'artillerie.Dans l'espace, où l'absorption atmosphérique ne joue pas, la portée du laser est considérable, avec des puissances relativement faibles.En 1963, l'Observatoire de Saint-Michel de Provence, près de For-calquier, a obtenu avec un laser à rubis le premier écho sur la Lune.On y localise les satellites depuis janvier 1965.Certaines observations ont atteint des portées de l'ordre de 3,000 km, ce qui per-O met de calculer des «arcs d'orbite» avec une précision dix fois plus grande que celle fournie par les autres méthodes.Cette précision est indispensable pour connaître la position exacte des satellites de radionavigation.En laboratoire, on a réussi à obtenir la fusion du deutérium; ce qui amène à penser qu'il serait possible de remplacer, par une émission laser, l'explosion atomique servant d'«allumette» de la réaction thermonucléaire.On envisage dans le même ordre d'idées, la mise au point d'armes émettant des rayons lasers suffisamment puissants pour détériorer le système de guidage des missiles adverses ou même détruire ces projectiles.Les applications industrielles de ce type de lasers à forte puissance touchent les secteurs les plus variés.Citons seulement l'usinage, le traitement thermique de matériaux réfractaires, la soudure.On peut faire de la micro-soudure avec des points localisés au lOOème de millimètre.On peut percer ou découper une couche très mince de métal sans toucher à celle du dessous.On peut tailler des pièces de très petites dimensions dans des métaux difficiles et très durs ou dans du verre.Asserti à un ordinateur, un laser peut faire office de tailleur d'habits et couper des vêtements soit dans la confection en série, soit même sur mesures.En médecine-chirurgie, on a beaucoup parlé du bistouri électrique formé par un faisceau laser, avec lequel certaines opérations délicates deviennent aisées, par exemple la cautérisation de la rétine (dans le cas d'un décollement de la rétine), la destruction sélective de certaines cellules irradiées, dans le cas de cancers ou de caries dentaires.Citons enfin un procédé de photographie en relief, grâce à un appareil à base de laser, l'hologra- phe.Ce terme signifie «enregistrement total».Ici le laser permet la photographie à trois dimensions et reconstitue en relief l'image d'objets photographiés.La télévision en relief sortira de cette technique nouvelle; et les spécialistes attendent cette réalisation dans un proche avenir.Les hologrammes donneront également le relief de portions de terrain, et, sous la mer, au moyen d'ondes acoustiques, la détection de fonds marins.La découverte de l'effet laser est encore toute récente et, pour- tant, malgré les quelques exemples évoqués ici, les savants et les techniciens n'ont fait encore qu'effleurer le monde de ses applications scientifiques et pratiques.Le champ des recherches reste largement ouvert et s'étendra, déplus en plus, à la plupart des secteurs de l'activité humaine.On peut affirmer, sans crainte de se tromper, que l'influence du laser dans la vie de l'humanité ne sera en rien inférieure à celle d'une autre des grandes découvertes de notre temps: l'énergie nucléaire.D I D A - S C IE N C F S ,nc 350 AVi:\Ui: VICTOIflA MONTHKAJ.215.l*.Q.• Verrerie et matériel de laboratoire • Produits chimiques • Microscopes et accessoires • Matériel de biologie • Films et diapositives PRIX MODÉRÉS POUR ÉTUDIANTS Catalogue sur demande d NSI TEL.481-0148 «lll'llllly.««ion >»,!«! Wl’iJ Iftlliltl.Na iH •Nl'b me, Vers Chîcajgo, 3 vols par jour sans escale .et ça ne traîne pas! Al R CANADA ® '/"nm "ill an .o°; o l Ôr 31 Pas de temps à perdre! Il vous faut partir pour Chicago et revenir en douce le soir même?Commencez donc votre voyage d’affaires par une bonne affaire: appelez votre agent de voyage ou Air Canada.Air Canada vous offre 3 vols par jour sans escale vers Chicago, autant de retours à Montréal.Tous nos départs ont Montréal comme point d’origine et c’est là que vous passez la douane américaine et l’immigration.Sur un coup de téléphone, vous aurez votre place réservée à bord de l’avion, votre chambre dans un hôtel de Chicago et même une voiture louée si vous en avez besoin.De Chicago, vous pouvez facilement attraper une correspondance à destination de n’importe quelle ville du “Mid-West” américain.Chez nous, ça ne traîne pas.Demandez à Richard Carneau.Il s’y connaît.Alors.on y va?On y va! André LeCoz 32 «Il serait très important qu'il y ait un plus grand nombre de vulgarisateurs scientifiques au Québec même si les carrières ou les débouchés possibles sont présentement extrêmement rares» déclarait récemment M.Fernand Seguin à QUÉBEC SCIENCE.«De plus en plus, estime-t-il, les décisions politiques et économiques reposent sur des développements techniques et scientifiques.Si le public ne connaît pas vraiment les données de base, comment pourra-t-il éviter des erreurs coûteuses?» Fernand Seguin est à peu près le seul québécois qui ait fait carrière dans la vulgarisation scientifique et qui ait réussi à s'imposer.Depuis l'époque de la radio, il a animé à peu près toutes les émissions scientifiques diffusées par Radio-Canada.Il est maintenant revenu à la vulgarisation scientifique à la radio après avoir fait ses preuves dans un autre domaine en animant, l'émission «Le sel de la semaine».Selon lui, la vulgarisateur scientifique est surtout un éducateur populaire, un «explicateur» professionnel.Il doit non seulement donner une information à la portée de tous mais aussi la replacer dans son contexte, en montrer l'importance et, surtout, les répercussions sociales.Comme il n'y a aucun cours qui prépare à cette profession, le vulgarisateur devra être autodidacte.D'ailleurs, rappelle M.Seguin, aucun cours ne peut apprendre à se documenter en profondeur et à réfléchir.«C'est une question de travail personnel, ça ne s'apprend pas à coup de diplômes.» Malgré tout, estime-t-il, il faudrait que les universités se rendent compte de la nécessité de diffuser largement les connaissances.Il faudrait qu'elles aient des programmes de formation où l'on pourrait acquérir à la fois une très vaste culture scientifique et une initiation très sérieuse aux techniques modernes de diffusion.«Il est si passionnant d'apprendre, dit-il.Pourquoi l'enseignement traditionnel est-il si terne?» M.Fernand Seguin: «Si les hommes de science ne se rendent pas compte de ia nécessité de communiquer, ia politique scientifique va se faire sans eux et même contre eux.Le public y restera indifférent parce qu'ii ne sait rien de ce qui se passe dàns les laboratoires.» Mené par les circonstances O «En fait, mon orientation personnelle a été bien plus le résultat des circonstances que d'un choix délibéré», dit-il en parlant de sa propre carrière.«Je viens d'un milieu ouvrier et, à l'époque, un jeune du secteur de l'enseignement public qui voulait poursuivre ses études n'avait pas un choix très vaste.A la sortie de l'école primaire supérieure, en 1940, je n'avais que trois possibilités: les Hautes études commerciales (HEC) (qui ne m'intéressaient pas), l'École Polytechnique (dont le cours était trop long pour mes moyens) et la Faculté des sciences.C'est ainsi qu'il devint en 1945 professeur à l'Université de Montréal avec un salaire de $45 par mois après avoir obtenu une maîtrise en biochimie.Pour joindre les deux bouts, il dût enseigner aussi à l'École de technologie médicale.Il y devient responsable de l'enseignement en 1948, date où il créa aussi le «Laboratoire de recherches sur la biochimie des maladies mentales».La même année, on proposa son nom pour animer la série «Radio-collège», une émission éducative qui passait sur les ondes tous les jours de 4h à 6h.«A l'époque, ce n'était pour moi qu'un prolongement de mon travail d'enseignement, dit-il, même si ce furent en fait mes débuts dans la vulgarisation scientifique.» Un tel travail était assez mal vu de plusieurs professeurs d'université: ce n'était pas de calibre universitaire! De plus, l'école de technologie médicale fut par la suite intégrée à la Faculté de médecine de l'université et M.Seguin fut remercié de ses services: il n'était pas médecin! Entretemps, en 1952, la télévision était arrivée.Plusieurs responsables de «Radio-collège» furent appelés à y occuper des postes de direction.Ils proposèrent à Fernand Seguin d'animer des émissions d'information scientifique à la télévision.«C'est alors que j'ai dû me décider: la télévision demandait tout mon temps.» Une oeuvre de pionnier O II demanda ensuite deux ans de recyclage et recommença par lui-même ses études de physique, de mathématiques et même de biologie.«Ce n'était pas un luxe parce que l'enseignement universitaire était pitoyable, à l'époque, avoue-t-il.En physique, par exemple, on utilisait encore des manuels du XIXe siècle!» En 1954, il dirigera donc «La science en pantoufles» (un dialogue entre un homme de science et un profane sur les principes scientifiques des principales disciplines).De 1954 à 56, ce sera «La Joie de connaître» (à l'intention des jeunes) puis, jusqu'en 1960, «Le roman de la science» (la vie des principaux inventeurs).En 1961, il s'attacha plutôt aux recherches de pointe dans la série «Aux frontières de la science».Il s'attacha alors à délimiter les grandes implications sociales du progrès scientifique et les options auxquelles la race humaine se trouve confrontée (avenir de l'espèce, surpo pulation, etc).Pendant toute cette période, il eut souvent à faire oeuvre de pionnier et à rassembler sa documentation personnelle puisque rien n'existait au Québec.A d'autres moments, il eut à lutter à l'intérieur même de Radio-Canada, devant parfois accepter des émissions qui ne l'intéressaient pas pour qu'on lui permette en retour de poursuivre son oeuvre de vulgarisation scientifique.En 1962, if avait épuisé à peu près toutes les approches possibles, depuis l’histoire de la science jusqu'aux reportages sur des découvertes, en passant par les éléments des principales disciplines et une réflexion prospective sur les implications sociales des applications de la science.C'est alors qu'il a dévié de sa ligne: Radio-Canada venait de remettre à l'affiche sa série «Le roman de la science».On lui demanda donc de remplacer René Lévesque en commentant l'actualité.made mort une ni une que daiiimenti ::.-¦ dit.) En 19 mluicmfi Is'ajissait ¦alités.Iivieetl'oe fais intern de poser les «aiment tfe e.s tnscientifi Pesspectue «ment ti[sra une «"tsurladj Seti*, st d'abord fte.tFjji •SOjï; ""'mènu 33 'i*hk f-lrwy'- •!ttWiepJ Comment et pourquoi Fernand Seguin est devenu vulgarisateur scientifique.I «OT-r;; I IfîKijne- 1 : 'ip» I La sciera ntieyeto lyilespiinci' ipli-La Joie ie I 1 .::s:e spécialiste de la vulgarisation scientifique par Gilles Provost Éducateur avant tout O «En fait, avoue-t-il, cela m'a demandé un nouveau recyclage mais cela restait dans la ligne d'éducation populaire que j'avais choisie: il s'agissait encore une fois de se documenter à fond sur une question puis de l'expliquer le plus clairement et le plus simplement possible pour que tout le monde puisse comprendre.» En 1965, nouveau recyclage quand on lui confie la série «Le sel de la semaine».Il s'agissait alors d'interroger diverses personnalités.«J'ai gardé la même méthode, dit-il: je me renseignais le plus possible sur la vie et l'oeuvre de la personne que je devais interroger.Ainsi, j'étais en mesure de poser les questions qui lui permettraient irslinlfe .vraiment d'exprimer tout ce qu'elle avait | fell scierai üjiicd lèSSCHl ïtamiiüt en elle.» Depuis lors, il est revenu à la vulgarisation scientifique mais strictement dans une ¦perspective d'éducation populaire.Il a obstinément refusé, par exemple, de participer à une série récente qui mettait l'accent sur la dimension «science-fiction».A ses yeux, la vulgarisation scientifique est d'abord un service public, un prolongement de l'enseignement par des voies nouvelles.« Faire goûter la joie du savoir», tel jest son objectif.Il semble qu'il l'ait atteint puisque, lors d'une visite à l'École polytechnique en 1967, il devait découvrir que 30 pour cent des étudiants avaient autre-fa#1 j fois suivi assidûment ses émissions.Pen-|j!üP* fant la série «Le sel de la semaine», s'il nterrogeait un auteur quelconque, tous J .es ouvrages devenaient automatiquement îles*'' ntrouvables en librairie la semaine sui-'ante même si les librairies étaient prévenues à l'avance.La responsabilité des chercheurs O A ses yeux, «le peu de place accordée à l'information scientifique constitue une faille aussi bien dans les journaux qu'à la radio et à la télévision.Les sports, par contre, jouissent d'une importance démesurée.Dans les salles de rédaction, les journalistes scientifiques sont considérés comme les parents pauvres.Le plus souvent, on utilise simplement les dépêches d'agences qui insistent sur des aspects sensationnels.Il y a pourtant là une éducation populaire absolument indispensable à faire, dit-il.S'ils ne connaissent rien à la science et la technique, qu'est-ce que le public et les politiciens peuvent comprendre aux problèmes actuels?» Selon lui, les chercheurs ont aussi une responsabilité dans cette situation: «Les chercheurs doivent enfin comprendre que la vulgarisation n'est pas un amusement.Non seulement elle peut être utile au public mais elle peut vite être très utile aux chercheurs eux-mêmes.En effet, dit-il, le chercheur est trop spécialisé pour dégager lui-même les implications de ses travaux.De plus, la vulgarisation est souvent le seul moyen qu'a le public pour saisir l'importance de la science.Si les hommes de science ne se rendent pas compte de la nécessité de communiquer, la politique scientifique va se faire sans eux et même contre eux.Par exemple, le rapport du sénateur Lamontagne sur la politique scientifique propose de démanteler le Conseil national des recherches, un organisme qui a un budget de $300 millions, trois fois celui de Radio-Canada.Le public reste indifférent parce qu'il ne sait rien de ce qui s'y fait.»D (, |M»; Injlfepuiïl' I J I | : I; Ifli” I"' ' Î.C* Isasirü'1 l • S'il n'existe pas de programme scolaire spécifique pour devenir «vulgarisateur scientifique», comme en témoigne M.Fernand Seguin, on peut néanmoins se préparer à une telle carrière dans le cadre du cours de techniques de communications (Collège régional du Saguenay-Lac Saint-Jean, Campus de Jonquière) au niveau collégial ou celui de Journalisme et information (Université Laval) au niveau universitaire, tout en se préoccupant d'acquérir une solide formation générale dans chacune des disciplines scientifiques majeures.• Cependant, comme le journalisme constitue une profession ouverte, un diplômé en sciences pures, en sciences appliquées ou en sciences humaines ou encore, un professeur, peuvent assez facilement accéder à une carrière en ce domaine comme recherchiste, rédacteur, interviewer, etc.• Si les débouchés semblent très rares à l'heure actuelle, le besoin de «vulgarisateur» commence à se faire sentir de façon assez cruciale tant dans les media d'information (presse écrite et parlée) que dans des organismes comme l'Hydro-Québec, Bell Canada, les grandes entreprises industrielles, les Centres de recherche, les universités, les ministères à vocation technique, etc., qui ont à renseigner le public sur leurs activités aux niveaux technique et scientifique.-/ 34 stwini (In sckuilirhuM: L'ENGAGEMENT SOCIAL DU SCIENTIFIQUE Jean-Jacques Salomon, André DesMarais et Jean Dorst Conférences du cinquantenaire de la Faculté des sciences de l'Université de Montréal Les Presses de l'Université de Montréal 1971, 100 pages, $1 En vente dans les librairies «La science est neutre comme discours, mais ce discours n'est pas séparable de la fonction qu'il remplit dans la société.» «Aujourd'hui où la connaissance ne se distingue plus des conséquences qu'elle entraîne, l'éthique de sa profession entraîne le chercheur vers un devoir nouveau, celui d'informer la société sur les implications de ce qu’il cherche et de ce qu'il trouve.» (J-J Salomon) L'engagement social du scientifique, un petit livre qui contient de grandes choses.En effet, la Faculté des sciences de l'Université de Montréal a jugé bon, dans le cadre de son cinquantenaire, d'inviter trois conférenciers de grande valeur à aborder avec eux le thème de l'engagement social du scientifique.Leurs propos ont par la suite fait l'objet d'une publication par les Presses de l'Université de Montréal.Le premier, Jean-Jacques Salomon, bien connu entre autres pour son ouvrage Sc/ence et politique, explique le sens des interrelations inévitables entre le pouvoir politique et les scientifiques ainsi que la nécessité pour ces derniers de s'interroger sur les conséquences de leurs recherches et les responsabilités sociales qu'elles entraînent.Le second, André DesMarais, secrétaire adjoint au nouveau Ministère canadien des sciences et de la technologie, effectue d’abord une sorte d'inventaire de l’évolution de l'enseignement et de la recherche universitaires au Canada, la compare avec celle des autres pays et nous livre ensuite ses propres réflexions sur le développement de la science.Il souligne notamment la nécessité pour les chercheurs de participer activement à l’élaboration de la politique scientifique, de se débarrasser de leurs oeillères, d'adopter une approche multidisciplinaire et enfin, d'accepter de travailler dans des domaines prioritaires.Le dernier, Jean Dorst, spécialiste de l'écologie animale de réputation internationale, montre d'une manière indéniable que l'écologie constitue le domaine par excellence où se manifeste le lien vital entre la science et la société.«Les responsabilités sociales de l’écologiste sont évidentes.Il lui est interdit de ne pas s'engager», écrit-il.Il continue: «L'écologiste n'a pas le droit de se confiner dans des travaux scientifiques spécialisés et partiels quand le sort de la biosphère (.) est en jeu.» Bref, la lecture de ce petit livre est à conseiller à tous ceux qui, noyés sous une «bibliographie inflationniste», veulent se concentrer et réfléchir sur.l'essentiel.Jean-Marc Gagnon ANNUAIRE ASTRONOMIQUE DE L'AMATEUR 1972 Édité par Jean Vallières, 1972, 88 pages, $1.50 En vente à la Société d'Astronomie de Montréal 5069, Bélanger, Montréal 410, (Qué.) Cet ouvrage renferme d'innombrables renseignements sur tout ce qui peut intéresser l'astronome amateur.On y retrouve des explications claires et précises sur la mesure du temps, les planètes et leur(s) satel-lite(s), la Lune et ses cratères, des éclipses de Lune et de Soleil en en 1972, etc.En plus de ces renseignements généraux l'annuaire comporte des dessins et des cartes sur la plupart des planètes du système solaire.L'Univers sidéral n'en n'est pas oublié pour autant.Cinq ou six cartes célestes indiquent la situation des constellations par rapport à la terre, ainsi que leur magnitude.L'astronome amateur aura également des indications sur les étoiles les plus brillantes et les plus proches, des photos sur les amas stellaires, les nébuleuses et les galaxies.Pour ceux que la chose intéresse, les premières pages sont consacrées à la description de la Société d'Astronomie de Montréal.L'annuaire a été conçu intelligemment, et tous les renseignements sont d'un accès facile et rapide.Bref, l'astronome amateur se doit de posséder cet ouvrage et nous ne pouvons que souhaiter qu’il devienne le fidèle compagnon de leurs observations.Benoît Drolet 16 JL Étude de documentation pour le Conseil des sciences du Canada Septembre 19?Étude spéciale n*16 Étude sur les sciences et la technologie de la mer LA SOCIETE OAST»K»iO«æ oc MOVTSCAL LE CANADA SE TOURNE VERS L'OCÉAN Stewart, R.W.et Dickie, L.M.Étude spéciale no 16, Conseil des sciences du Canada Publiée par Information Canada, 180 pages, $2.50 En vente chez Information Canada à Ottawa et dans les libraires d'information Canada Ce livre constitue le rapport officiel d'une étude sur les sciences et la technologie de la mer au Canada.Il a été commandé par le Conseil des sciences du Canada en vue de l'établissement d'une politique nationale de l'exploitation des océans.L'océanographie y est présentée comme un domaine où le Canada doit assumer une vocation scientifique et technologique.Trois océans limitrophes en constituent la preuve.A moyen terme, la grande tâche de cette vocation serait que les Canadiens entreprennent eux-mêmes une exploitation propre et rationnelle des 10.0 milliards de barils de pétrole qui gisent au large de leurs côtes.Le côté passionnant de ce livre vient du grand nombre de phénomènes et de techniques cités (courants marins et contrôle du climat, chaînes trophiques et pollution, navires et instrumentation).L'aspect multidisciplinaire de l'océanographie y est nettement mis en valeur et l'ensemble du livre se situe à un niveau très abordable pour le lecteur moyen.Ce rapport marquera sans doute une étape importante dans l'élaboration des politiques scientifique et économique du Canada.Il est urgent qu'on le lise au Québec, autant pour son riche contenu que pour son relatif silence au sujet de l'aspect québécois des développements à venir.Laurent Bilodeau l! \â 35 ianniiaçij feilf (;¦;•; îiWilaÿ -’ 0: So1») El) *P0It(fefc (soliiü.l'B oosiBia*! Ortiliftl!, iilEiEiiieiiiJa ip*,fc i lilaiü.Pm iccjsstiaili.ÜPSiilt-™ mræiuou ttmpip i lp}W ' je.rci^ l laS^ iiiiii**M j.tJjpCUl15 (««tew LE MOIS PROCHAIN DANS • les jeunes scientifiques en congrès • la critique des émissions scientifiques à la radio et à la télévision • la cryogénie PROBLEME DE PHOTOGRAPHIE Prenant en considération que QUÉBEC SCIENCE est un des meilleurs moyens pour diffuser des informations scientifiques, moi qui suis un scientifique, j'aimerais vous exposer mon problème: Je suis photographe amateur et, comme j'utilise un Super 8 Nikon avec zoom, je peux faire des films 8 mm ou bien encore (c'est ce que je fais le plus souvent) faire de la photo simple sur 8 mm.Dans le premier cas, je n'ai pas de problème pour faire développer mais, dans le deuxième cas, c'est la que se résument les problèmes.Quelle compagnie ou quelles gens accepteraient (ou me diraient comment faire et où m'adresser) de me faire des diapositives ou des photographies à partir du film 8 mm que la compagnie m'envoie une fois développé.Est-ce qu’il faudrait que je demande à la compagnie Kodak qu'elle m'envoie avec ce film, le film en «négatif».Le film étant en couleur, je peux le couper en parties (chaque partie représentant une photographie) et là, peut-être y aurait-il un moyen?Je vous remercie d'avance du conseil ou de l'aide que vous m'apporterez.Un scientifique confiant, Gilles Morin, 920, Bon-Air, Sainte-Foy, Québec 10 COMMENT ON DEVIENT ZOOLOGUE Abonné depuis deux ans à votre revue, je lui porte un intérêt de plus en plus croissant et apprécie l'effort que vous faites pour satisfaire vos lecteurs.Aussi je me permet de vous demander, pour quelques camarades de classe et moi-même, de faire, dans la rubrique «Comment on devient.», un article sur le zoologue.William Biard, Collège Stanislas, Outremont CORRESPONDANTS DEMANDÉS J'effectue des recherches sur les lépidoptères de la province de Québec.Tout en les collectionnant, je pratique aussi l'élevage.La superficie de notre province est très vaste.C'est pourquoi je suis à la recherche de gens qui comme moi s'intéressent aux papillons.En ayant ainsi des correspondants situés un peu partout, l'étude des espèces au niveau provincial s'effectuerait plus rapidement et plus adéquatement.Je m'adresse à vous dans l'espoir que par votre revue vous publierez ma lettre ou une petite annonce qui invitera et permettra aux intéressés d'entrer en contact avec moi.Je m'intéresse aussi aux coléoptères.Je peux fournir des spécimens de lépidoptères et de coléoptères du monde entier.Je m'adresse aussi à vous afin de savoir si vous possédez quelque documentation sur les lépidoptères et les coléoptères du Québec.Si oui, est-il possible de se procurer ces textes et à quel prix?Gilles Deslisle, 230, chemin de la Rive, Sainte-Anne de Sorel, Sorel, Qué.J COMITÉ DE SOUTIEN BELL CANADA Monsieur René Fortier, vice-président Zone de Montréal LA BRASSERIE LABATT LTÉE Monsieur Maurice Legault, président BANQUE DE MONTRÉAL Monsieur C.W.Harris Vice-président et secrétaire INSTITUT DE RECHERCHE DE L'HYDRO-QUÉBEC (IREQ) Monsieur Lionel Boulet, directeur Aidez-nous à soutenir financièrement le seul magazine québécois d’information scientifique Adressez vos dons à: QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec 6 Tél.(418) 657-243Ï ha ri] 4-tTHl JDU (—¦ CD CD [ O ->i c H-* [ ^ O X CE -i O m r~ > i—i XI c o > (Z —i 1 1— m O o m • -0 en Tl i -» —< a m r~ O z m Z i—“l Q J> C/1 f- r- m o /
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