Québec science, 1 janvier 1972, Mai-Juin
10 NUMÉROS! $2.(page 25) BILAN DES ÉMISSIONS SCIENTIFI DUES p.8 LES JEUNES SCIENTIFIQUES EN CONGRÈS p.4 LA CRYOGENIE p.11 LE SOL EST VIVANT p.13 QUE PENSEZ-VOUS DE QUÉBEC SCIENCE?p.17 VOLUME W/NUMÉRO 8/MAI-JUIN 1972/$0.50 .Jf DUu les presses de l'université du québec mamm Magazine d'information scientifique publié par les Presses de l'Université du Québec en collaboration avec le ministère de l'Éducation et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).Les articles de QUÉBEC SCIENCE sont répertoriés dans l'Index analytique, publication conjointe du Centre de documentation de l'Université Laval et du i Service des bibliothèques du ministère de l'Éducation.Tout écrit reproduit dans le magazine n'engage que la responsabilité du signataire.Rédaction Directrice et rédactrice en chef Jocelyne Dugas Secrétaire de rédaction Jean-Marc Gagnon Promotion et publicité Daniel Choquette Diffusion Patricia Larouche Secrétariat Diane Guay Réalisation graphique couthuran et amis, que bec Impression l'éclaireur Itée, beauceville Diffusion dans les kiosques les messageries dynamiques inc.Administration QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery Québec 6, Tél.: 657-2435 Abonnements 10 numéros: septembre à juin Étudiants: S2.50 Adultes: $3.50 (Canada, $4 (étranger), $10 (soutien) ; Vente à l'unité: $0.50 Membres du comité d'orientation Claude Arseneau, Association des jeunes scientifiques 4 Les jeunes scientifiques en congrès LE DÉCLIC NE S'EST PAS ENCORE PRODUIT, un commentaire de Jean-Marc Gagnon L’Association des jeunes scientifiques étouffée par ses propres structures.5 LES BUREAUX BIENTÔT REMPLACÉS PAR DES SUPER-CABINES TÉLÉPHONIQUES, par Gilles Provost Une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal propose de travailler dans une bulle.8 INFORMATION SCIENTIFIQUE TÉLÉVISÉE: LE BILAN, parGilles Constantineau Née de la recherche, la télévision oublie pourtant la science.11 LA CRYOGÉNIE, science des très basses températures, par Jean-René Roy Le côté utile du froid: la conservation des corps et de l'énergie électrique par le froid.17 SONDAGE: QUE PENSEZ-VOUS DE QUÉBEC SCIENCE RUBRIQUES QUÉBEC SCIENCE vous présente ce mois-ci trois chroniques portant sur l’étude des sols /pédologie): 13 ENVIRONNEMENT: LE SOL EST VIVANT, par A.C.Blackwood, A.F.Mac- Kenzie et S.A.Visser 21 L'expérience du mois: AU RAS DU SOL, par Michel Boudoux 24 Comment on devient — PÉDOLOGUE, par Jean-Marc Gagnon 3 Éditorial: VIVRE!, par Jocelyne Dugas 26 CONCOURS 26 Échec et maths, par Claude Boucher 26 A vous de jouer, par Laurent Bilodeau et Jean-Marc Fleury 29 Flash, par Marcelle Saint-Laurent 34 Voulez-vous lire?35 Vous dites?31 INDEX DU VOLUME 10 ©Tous droits réservés 1972 - LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC - Courrier de Guy Simard, étudiant, CEGEP du Vieux-Montréal deuxième classe, enregistrement no 1052 — Dépôt légal deuxième trimestre 1972 — Bibliothèque nationale du Québec — Imprimé au Canada.Armand Bastien, coordonnateur de chimie-physique, Commission des écoles catholiques de Montréal André Beaudoin, Éducation et affaires étudiantes, ministère de l'Éducation Paul Bélec, professeur.Centre de recherches urbaines et régionales (INRS), Université du Québec Louis Berlinguet, vice-président à la recherche.Université du Québec Roger Blais, professeur de physique, CEGEP de Sainte-Foy Claude Boucher, professeur de mathématiques.Université de Sherbrooke Yvan Chassé, professeur.Département de physique, ; Université Laval Pierre Dansereau, directeur, centre de recherche écologique de Montréal (CREM) Jacques Desnoyers, professeur de chimie.Université de Sherbrooke Guy Dufresne, directeur des projets spéciaux, Consolidated Bathurst Pierre Dumas, recherchiste.Société Radio-Canada André Fournier, responsable de l'enseignement des sciences au secondaire, ministère de l’Éducation ; Serge Fradette, étudiant, Université de Montréal Jean-Claude Gauthier, étudiant.Collège Bourget, Rigaud Gordin Kaplan, professeur de biologie.Université d'Ottawa Paul Laurent, Service d’information, relations publiques, Hydro-Québec Guy Rocher, professeur de sociologie, Université de Montréal Jacques Sicotte, étudiant, CEGEP Bois de Boulogne | 10 NUMEROS: $2 CONGRÈS | LA CRYOGENIE | LE SOL EST VIVANT p- 13 QUE PENSEZ VOUS DE QUEBEC SCIENCE?p.V B .otuut -c ¦.uuirosu* .wn ter?Sont S'apparentant aux rêves les plus fantaisistes, le projet «Cellule 2)) révolutionnera-t-il le mode d'organisation du travail dans les grandes entreprises?Voir l'article à ce sujet en page 5.SOMMAIRE vivre ! par Jocelyne Dugas Aujourd'hui, l'important ce n'est plus de devenir quelqu'un C'est d'être soi-même.L'authenticité, c'est la santé.C'est aussi, au fond, le bonheur.I Certains spécialistes des sciences du comportement, Skinner, par exemple, fixent entre autres buts à leurs techniques de faire en sorte «que l'homme soit heureux, informé, habile, qu'il se conduise bien et soit efficace».Cette conception d'une vie «réussie» m'apparaît assez superficielle.Sur une longue période, elle est démentie par les faits: l'intégration obligatoire à la société violente, nos aspirations profondes à nous réaliser tels que nous sommes vraiment, nous forçant à devenir tels que nous devons être pour nous faire accepter des autres.D'où la sensation d'un vide difficile à combler sans prendre le risque de vivre à plein, d'aller au bout de soi-même, sans cesse attentif à son cheminement.Pour leur part, d'autres chercheurs en relations humaines, Rogers et Jourard, en particulier, voient l'homme avant tout comme une personne, libre, créatrice, en perpétuel devenir, évoluant de façon idéale dans une société «ouverte», c'est-à-dire où les individus assument les responsabilités de leurs decisions personnelles.Dans un tel univers, le bonheur - la santé de l'esprit et du corps -consiste à capter toute la saveur du moment présent, à s'élancer, lucide, dans l'expérience qui passe, joie ou douleur; à réaliser des échanges vrais, intenses et libres; à trouver, dans une authenticité fidèle au vécu, le pivot de son être.Ces idées bouleversent le concept de la civilisation industrielle qui, pour que la machine fonctionne sans trop grincer, veut chacun à sa place dans l'ordre social, selon des règles extérieures fixées d'avance.Mais qu'on ne s'étonne pas si la sociologie de la maladie révèle que la schizophrénie se rencontre davantage dans les secteurs défavorisés que dans la classe moyenne, que l'ulcère gastrique et les affections coronariennes sont plus fréquents chez l'homme que chez la femme, bref que les accidents de santé d'ordre physique, psychique ou psychosomatique se regroupent selon des catégories de milieu, d'occupation, d'âge, de sexe.Les gens, dans leur mode de vie, sont obligés en effet de se plier à leur râle social accepté, et la discordance entre leur façade et leur moi profond les rend malades.Ce sont souvent des personnalités qu'on dit «normales».C'est plutôt la réaction de leur subconscient qui l'est.Même si elles se sentent mal en point, elles vont de l'avant coûte que coûte.Ces héros et martyrs des temps modernes - qui occupent parfois des postes de premier plan - préfèrent y laisser leur peau plutôt que de rebrousser chemin vers «leur» vérité.Honneur oblige.(Mais les jeunes ne s'y laissent pas tous prendre, eux qui, en trop petit nombre encore, refusent cet esclavage.) Vous pensez que j'exagère?Lisez alors le rapport sur la santé mentale en Ontario publié en 1970 par la Commission d'enquête sur les disciplines de la santé.Vous apprendrez que 1 personne sur 4 environ, dans cette province, a souffert ou souffrira au cours de son existence de troubles psychiques suffisamment graves pour faire appel à des services professionnels dans l'un ou l'autre des établissements spécialisés.Les chiffres équivalents pour le Québec sont rares, même dans le rapport Castonguay.Mais étant donné les connaissances acquises sur les implications du milieu écologique dans la maturation des êtres et leur épanouissement, c'est sur des critères scientifiques que se fondent les explications des informations suivantes fournies par la Commission d'enquête québécoise sur la santé.Ces résultats indiquent que le Québec, de toutes les provinces canadiennes, a) détient le taux le plus élevé de mortalité natale et infantile et b) possède le taux le plus bas de durée de l'existence moyenne.Quant aux données pour l'ensemble du Canada en ce qui concerne la santé mentale, elles corroborent les extrapolations de l'enquête ontarienne et montrent, dans des relevés établis en 1970/71, que le Québec accuse le pourcentage le plus élevé d'aliénés hospitalisés.On se demande alors ce qui peut bien perturber l'homme moderne à ce point.L'hérédité, la qualité de la vie familiale, l'anxiété et le stress attribuables à l'environnement naturel et socio-économique (problèmes scolaires, chômage, risques du métier, changements sociaux ou économiques trop rapides) constituent des facteurs de déséquilibre psychique.Les données démographiques telles que le contexte rural ou urbain, l'appartenance à un groupe ethnique ou culturel particulier, viennent ensuite.Quoi qu'il en soit, pour moi les faits et les statistiques parlent un langage clair: notre rôle social ne peut englober toute notre identité et trop souvent «nous sommes dupes de nos masques sociaux».Réussir sa vie, donc, c'est vivre en accord avec soi-même, par conséquent vivre en santé et vivre plus longtemps.La science en fait la découverte.Chacun de nous, au fond, le savions.Cette transparence expérimentée dans le quotidien d'un environnement souvent artificiel ou répressif représente un tour de force, je l'avoue.Mais cette révolution personnelle, avec ses audaces et ses patiences, si chacun s'y mettait - individus et nations - pourrait changer la face du monde.Et la couleur de l'existence.? Les jeunes scientifiques en congrès le déclic ne s’est pas encore produit un commentaire de Jean-Marc Gagnon «Nous ne sommes pas ici pour élaborer des structures, mais pour faire de la science.» (un participant) La science n'en a pas mené large au 7e congrès des membres de l'Association des jeunes scientifiques (AJS), qui s'est déroulé les 11 et 12 mars dernier à l'université Laval et qui a regroupé quelque 125 participants.En fait, on a surtout parlé de structures, de modes d'organisation, d'information, de communication, de représentation.Plusieurs délégués, presque sur le sentier de la guerre, s'attaquèrent de pied ferme aux dirigeants de l'AJS, les accusant de centralisation excessive, d'inefficacité.A cet effet, la délégation du Saguenay, la plus imposante en nombre et aussi la mieux organisée — comme en témoigne d'ailleurs le vif succès remporté par l'Expo-sciences régionale du Saguenay-Lac-St-Jean en avril dernier — n'y est pas allée de main morte, notamment en ce qui concerne la proportion du budget de l'AJS affectée à cette région.De ce congrès, annoncé de longue date, on était en droit d'attendre beaucoup.Rien n'en fut.Même l'organisation matérielle s'est avérée nettement déficiente, à un point tel que l'ouverture des assises, prévue pour le vendredi 10 mars, n'a pu s'effectuer qu'en matinée du samedi, 11 mars.Une prise de contact brutale O L'horaire, sans cesse remanié et relocalisé, prévoyait à la fois des communications scientifiques de jeunes, des conférences et des ateliers de travail.Mais il était nettement évident que telle n'était pas l'intention des organisateurs du congrès: ils attendaient d'abord et avant tout une confrontation, une prise de contact brutale, certes, mais réelle, avec des membres trop longtemps restés dans l'ombre.Qu'est-ce que cette association qui existe depuis 1963 et dont l'histoire ressemble à un perpétuel recommencement?Née de l'Association canadienne française pour l'avancement des sciences (ACFAS) au temps où proliféraient les clubs-science à travers le Québec, elle a, depuis ce temps, concentré ses efforts sur la promotion et l'animation desdits clubs qui deve- naient de plus en plus rares.Par ailleurs, les dirigeants de l'AJS (tous des étudiants) se sont retrouvés de plus en plus coupés de la base.Qui plus est, de déchirants problèmes financiers vinrent s'ajouter, en 1969-70, aux multiples embûches réservées à ceux qui, avec des moyens fort limités, tentent de lancer un mouvement d'envergure nationale.En 1971-72, le Haut Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports décidait d'attribuer à l'AJS une subvention de l'ordre de 25 000 dollars.En même temps, le ministère de l'Éducation commençait de s'intéresser à l'organisation d'activités scientifiques parascolaires.Un cercle vicieux O Mais les problèmes restèrent les mêmes: indifférence et non-participation des membres et, par conséquent, absence de leadership de la part des dirigeants auxquels les participants au septième congrès ont d'ailleurs reproché leur trop grande concentration à Montréal.A l'heure actuelle, le nombre des clubs-science connus ne totalise que 85.L'AJS, en collaboration avec le Conseil de la jeunesse scientifique (CJS) revient à la charge en publiant, en avril dernier, grâce à l'aide technique de la Direction générale de la planification du ministère de l'Éducation, «L'organisation d'un club-science au Québec».Effort louable, s'il en est, qui met à la portée de tous les éléments indispensables à la formation de tels clubs.Un seul défaut, majeur: on y apprend que «en règle générale, un club-science comprend aux environ (sic) de quinze membres actifs» et qu'il doit posséder une vaste organisation hiérarchique allant de la charte la plus officielle au président en passant par cinq autres personnes détentrices de titres fort prestigieux.Bref, de quoi faire rougir d'envie les neuf membres restants! Pourtant, l'AJS, au cours des dernières années, aura quand même réussi quelques tours de force: en astronautique, notamment.De fait, la section astronautique constitue celle qui, de toutes les activités de l'AJS, a le mieux fonctionné scientifiquement parlant, et même avec certaines réalisations spectaculaires.Paradoxes O Paradoxalement, l'assemblée générale décidait, lors du congrès à l'université Laval, de mettre en veilleuse le rôle des sections à l'intérieur de l'Association des jeunes scientifiques.D'une manière aussi bizarre, les membres revenaient sur leurs positions en entérinant la quasi-totalité des propositions du président sortant, un Guy Robert visiblement satisfait de pouvoir enfin faire approuver ses solutions.Même, le Congrès, faute de candidats, s'est permis d'amender les règlements généraux de l'organisme afin de permettre la réélection de ce dernier à titre de président jusqu'à la prochaine assemblée générale.Au moment d'aller sous presse, nous apprenions que l'assemblée générale spéciale, initialement prévue pour octobre prochain, s'est déroulée samedi, le 22 avril dernier, au CEGEP de Chicoutimi et a procédé à l'élection en bonne et due forme des membres du Conseil d'administration.Auparavant, chaque région avait élu son représentant à ce même organisme.Les élections au Comité exécutif ont porté Michel Gauthier (Montréal) à la présidence, Paul Cotnoir (Montréal) à la vice-présidence aux affaires scientifiques, Michel Gagnon (Sa-guenay-Lac St-Jean) à la vice-présidence à l'administration, André Boutin (Québec) à la vice-présidence aux affaires régionales et Myriam Girard (Saguenay-Lac St-Jean) au secrétariat général.Bref, même si plusieurs facteurs indi- -quent que le mouvement d'opinions qui a cours au sein de l'AJS se traduira par des gestes concrets, il faudra attendre encore un certain temps avant que le «déclic» ne se produise et déclanche des réalisations en chaîne.T out compte fait, le 7e congrès de l'AJS ressemble fort aux délirantes et contradictoires délibérations de la défunte Union générale des étudiants du Québec (UGEQ).Peut-être en connaîtra-t-elle le même sort, pour peu que le Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports lui retire son appui financier.Pourtant, il y a tant de choses à réaliser dans le domaine scientifique au Québec.Encore faut-il que ceux qui se qualifient de «jeunes scientifiques» sortent de leur hermétisme et parviennent à communiquer avec les gens, au moyen d'autre chose qu'un journal qui se nomme VEuglene (du grec «euglênos» qui signifie «aux beaux yeux» ou, en zoologie: «protozoaire flagellé des eaux douces, pourvu de chlorophylle») et dont les «lettres de noblesse» sont aussi attirantes que «Ovoviviparité chez la Gladocère Diaphanosoma brachyurum».1 par Gilles Provost 5 les bureaux bientôt remplacés par des supercabines téléphoniques Le bureau, pivot de toute l'organisation bureaucratique moderne, devra-t-il bientôt céder sa place à un concept nouveau: une cellule entièrement équipée d'appareils de télé-communication permettant l'accès instantané à toutes les informations nécessaires à la bonne marche d'une entreprise?Si le projet «Cellule 2» auquel travaille depuis 3 ans une équipe de chercheurs de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal en collaboration avec Bell Canada s'avère réalisable et rentable, il est fort possible que d'ici 1980, une telle innovation bouleverse complètement le fonctionnement des grandes entreprises.Fini le règne de la paperasse, des manipulations multiples, des documents désuets, des erreurs humaines! Toutes les données, les fichiers, les dossiers, les statistiques, les études seraient désormais stockés sur ordinateur et, surtout, accessibles instantanément grâce aux «bulles» conçues à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal! Est-ce là rêver en couleurs?S'agit-il d'un concept révolutionnaire, mais inapplicable?Pour en juger, il faudra que le prototype en voie de parachèvement franchisse avec succès le test de la réalité.Gilles Provost, journaliste au journal Le Devoir et collaborateur régulier de QUÉBEC SCIENCE, a rencontré l'un des chercheurs, M.Alain Dardennes.«Monsieur vous attend.Il est présentement dans la bulle rouge, au fond, à droite», me déclare, avec son plus joli sourire, la réceptionniste de la compagnie, en ce matin de mai 1980.Cachant ma surprise, je me dirige donc vers le fond de ces nouveaux bureaux en aménagement paysager, à la recherche du bureau de mon ami, directeur des ventes de cette entreprise en expansion rapide.Tout en déambulant dans ce vaste espace sans cloisons, des questions me trottent dans la tête: «que peut donc bien être cette fameuse «bulle rouge» dont la jeune fille a parlé?Que fait donc le personnel de direction dans de telles bulles?» C'est alors que je remarque, à côté d'un pupitre, une espèce de cabine sphérique, haute d'environ six pieds.La moitié supérieure, en plexiglass teinté, laisse deviner la silhouette d'un homme affairé devant une sorte de tableau de bord lumineux.La moitié inférieure de la cabine, opaque, est de couleur jaune.Un peu plus loin, deux autres cabines semblables paraissent inoccupées.La plus rapprochée est bleue.Sa coupole ouverte laisse voir un appareillage complexe, tenant à la fois du pupitre de commande d'un gros ordinateur et de la cabine de pilotage d'un petit avion.Absorbé par cette observation, je me heurte presque à mon ami Jean-Pierre qui venait à ma rencontre depuis la bulle rouge, la plus éloignée. 6 Un paysage de bulles rouges, jaunes et bleues O Les salutations d'usage terminées, il entreprend aussitôt de me faire admirer sa «bulle», semblable aux deux autres qui m'avaient tant intrigué.«Avec ça, me dit-il, un accent de fierté dans la voix, nous sommes à la pointe du progrès.Nous sommes la première compagnie équipée de telles cellules de travail.De vraies petites merveilles!» Grâce à ces bulles, la compagnie a pu supprimer presque toute sa paperasse ainsi qu'une grande partie du personnel qui passait normalement sa journée à faire circuler des dossiers, des fiches, des mémos, etc.Dorénavant, les dirigeants ont sur place toutes les informations qu'ils désirent, simplement en actionnant un bouton dans leur cellule de travail (leur bulle).Reliée directement à des banques d'information à la fois publiques et privées, la cellule remplace même les fichiers personnels et la secrétaire: Jean-Pierre, qui ne disposait au préalable d'à peu près aucune connaissance en mécanographie, peut maintenant converser directement avec l'ordinateur de la compagnie et utiliser sa mémoire électronique pour enregistrer tout ce qu'il veut conserver.Une programmation originale lui permet même de mettre au point sa propre méthode de travail.De sa cellule, Jean-Pierre peut aussi communiquer avec les autres membres de la direction, leur envoyer de la documentation, tenir à distance des réunions d'affaires et autres, tout cela, sans jamais se déplacer.Il a sans délai toutes les informations nécessaires pour prendre toutes les décisions inhérentes à son travail.Quant il a le temps, il peut même utiliser sa cellule pour parfaire ses connaissances et consulter diverses bibliothèques.Des bulles publiques et privées O Évidemment, Jean-Pierre peut aussi avoir accès presque instantanément à tous les relevés statistiques sur l'évolution des marchés, des clientèles, sur le taux de développement économique de telle ou telle région, etc.Certes, à l'heure actuelle, de tels renseignements sont disponibles.Mais les documents paraissent avec beaucoup de retard et ne sont pas toujours directement utilisables par une entreprise.En l'absence de Jean-Pierre, pendant la nuit, par exemple, la cellule sert de station automatique.Elle enregistre les ventes effectuées la veille et établit l'état du nouvel inventaire que mon ami n'a qu'à consulter en arrivant au travail au début de sa journée.Bien plus, ces cellules doivent être reliées en un réseau comparable au réseau téléphonique de 1972.A l'aide d'une carte d'identification, chaque usager pourra ainsi utiliser une «bulle publique», dans un aéroport par exemple, pour se mettre en contact avec sa propre cellule personnelle et mener ainsi ses affaires à distance comme s'il était dans son bureau.A mesure que le réseau se développera, chaque utilisateur pourra avoir accès à une foule de services et parvenir ainsi à une efficacité auparavant inégalée.Le temps épargné, grâce aux bulles, servira à intensifier les relations humaines, à augmenter la quantité de travail accompli, à prendre contact avec des clients, etc.Longuement étudiée pour être la plus compacte possible, la cellule de travail contient tous les instruments nécessaires à portée de la main.Construite en série et louée aux utilisateurs, comme un téléphone, elle est de plus insonorisée, climatisée et ajustable pour que chaque utilisateur y soit vraiment confortable.Elle est aussi mobile et complètement indépendante du bâtiment qui l'abrite.Aussi longtemps qu'elle se trouve raccordée au réseau électronique qui l'accompagne et un réseau de communications internes de l'entreprise, elle s'avère d'une flexibilité maximale.Un projet fort sérieux O Une telle image peut sembler utopique et, de fait, elle l'est relativement.Mais il ne s'agit pourtant pas de science-fiction puisque la situation décrite jusqu'à maintenant est directement inspirée d'un programme de recherches mené à la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal et financé par la société Bell Canada qui semble intéressée grandement aux possibilités qu'offre le projet nommé simplement «Cellule 2».«Cellule 2» a pris naissance en janvier 1969, a expliqué à QUÉBEC SCIENCE, M.Alain Dardennes.Il s'agissait au départ de trouver une solution originale aux multiples problèmes qui affligent les bureaux des grandes entreprises.Dans la plupart des cas, on constate, par exemple, une mauvaise utilisation de l'espace disponible alors que le prix de location des édifices à bureaux augmente de façon presque vertigineuse.Les communications internes se faisant le plus souvent de bouche à oreille ou de main à main, il est impossible de dissé- ' U- miner les membres d'un même service sans le paralyser.Comme il faut en même temps prévoir des possibilités d'expansion pour chaque service, on se retrouve finalement avec un bon pourcentage de l'espace louée qui n'est pas utilisé.Quand, au contraire, on est contraint d'utiliser l'espace au maximum, les communications deviennent difficiles et l'on doit faire face à l'envahissement par le papier.Même les moyens technologiques modernes ne peuvent résoudre tous les problèmes: seul le spécialiste peut s'en servir.Souvent, le matériel s’avère trop encombrant ou bruyant pour être placé près de l'utilisateur.Souvent encore, on se retrouve avec un certain nombre d'appareils qui ne parlent pas le même «langage», n'utilisent pas les mêmes moyens de transmission, etc.Voilà pourquoi les chercheurs de la Faculté d'aménagement se sont mis à l'oeuvre pour trouver un instrument, générateur de solutions nouvelles et susceptibles de transformer et d'améliorer, par le fait même, le fonctionnement des grandes entreprises.La conception O Le résultat?Un module, en forme de bulle, n'exigeant qu'un espace minimum de travail, mais capable de remplacer les bureaux actuels qui occupent au moins 50 pieds carrés et, souvent jusqu'à 250 pieds carrés.Dans cet espace le plus restreint possible, le travailleur de l'entreprise devrait trouver tout ce qui lui est nécessaire pour travailler efficacement, accéder à toutes les informations requises et entrer en contact avec tous ses collaborateurs afin de prendre des décisions vraiment pertinentes sans perdre de temps.Cet environnement devait aussi être facilement adaptable à une diversité de besoins et pouvoir servir à un personnel non entraîné.Selon le projet, le module de travail serait un centre d'information et de consultation, servirait prioritairement au personnel de cadre qui doit normalement prendre des décisions dans des entreprises où l'on manipule un fort volume d'informations et où l'on utilise déjà les possibilités de l'ordinateur.Il a d'abord fallu définir les caractéristiques de base de cette cellule de travail: volume, température, humidité, ventilation, éclairage.A cette fin, on a procédé à une étude anthropométrique du corps humain et des principales fonctions qui pourraient définir l'espace de travail.On a tenté d'établir des normes, des critères de confort et d'efficacité.Les éléments O Dans un premier temps, on a alors décidé que «Cellule 2» devrait être un espace fermé (mais pouvant s'ouvrir) de 200 à 300 pieds cubes, ventilé de 15 à 20 pieds cubes par minute, isolé acoustiquement de 40 à 50 décibels et dont la température moyenne varie entre 70 et 75 degrés.Il devrait s'agir d'un élé- WSSmS !Wik«, '"“Oil POD, j U'»»!!, Pïtia 88'saris -i 8*c.¦•¦'MX' 'Sexiis Of ffOi'f'n i}f.v ¦ Off; Of is fSesJ ,-;.: ¦ : ' :.,r • : W : : ¦ : Off : : is perdu di ;¦ - lîmél! ifoiw* rioritiin- lePiviit (j^eiitili- iiprocddf ttiorf1 critei'11 ment mobile et autonome de la structure ambiante construit en au moins trois éléments préfabriqués.Elle devrait posséder un siège complètement mobile, une table de travail ajustable et inclinable, une console électronique reliée à l'ordinateur, à d'autres cellules et à tout un réseau.Cette console devrait inclure un écran de 12 à 21 pouces, un émetteur sonore et un transmetteur.Il va de soi qu'une telle cellule n'est pas destinée à être utilisée à longueur de journée.Ses concepteurs prévoient qu'on pourra y séjourner un maximum de 30 minutes 7 fois par jour, soit un total quotidien de 3h 1/2.Afin d'affiner ce modèle, on a même mis en marche un programme de recherches, auxiliaires nommé «Programme Pantin».Il s'agit de reproduire sur un écran cathodique (un écran de télévision) à l'aide d'un ordinateur, tous les mouvements et attitudes d'un utilisateur humain concret.A l'aide de ces données, il a ensuite fallu définir les modalités concrètes.C'est ainsi qu'après un grand nombre de tâtonnements, on est parvenu à la formule illustrée par les schémas ci-contre, c'est-à-dire l'espèce de sphère déjà décrite formée d'une base rigide et opaque abritant l'appareillage et le plan de travail ainsi que d'une coupole en trois morceaux, que l'utilisateur peut ouvrir complètement ou partiellement.Ces données fondamentales une fois précisées, il a fallu déterminer avec beaucoup plus de précision les tâches à accomplir dans la cellule ainsi que l'appareillage nécessaire.Finalement, il s'agissait de construire un prototype qui pourrait être mis à l'épreuve dans des conditions concrètes.Pour cadres seulement O Étudiants et professeurs de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal ont d'abord songé à observer le fonctionnement de l'un des services de la compagnie Bell Canada.Malheureusement, ils ont vite constaté que ce ne serait d'aucune utilité puisqu'il ne s'agissait que de fonctions subalternes, plutôt mécaniques et dans lesquelles n'intervenait aucune décision d'importance.On a alors procédé à une étude plus théorique des activités des directeurs de compagnies dans un contexte hautement automatisé comme l'exigerait la cellule: activités diverses d'information, de communication, de décision, seul, avec des machines ou avec des collaborateurs, spontanée ou prévue dans la procédure normale.Dans chaque cas, on a essayé de décomposer l'activité donnée en ses éléments essentiels et de déterminer ensuite par quels média une telle activité pourrait être accomplie.Chaque fois, on définissait aussi les qualifications essentielles et idéales de l'appareil ainsi que les «options» supplémentaires, utiles mais non nécessaires.Pour cette analyse, on a mis au point un programme parallèle (le programme «Cell») qui avait pour but de classer sur ordinateur les caractéristiques de tous les appareils, sur le marché.Dans chaque cas, on précisait d'abord le nom, le coût, les dimensions de l'appareil ainsi que le voltage nécessaire, la chaleur et le bruit dégagés, la vitesse de fonctionnement et autres caractéristiques.Une cellule qualifiée O Deuxièmement, on a essayé de systématiser l'analyse de chaque appareil.(On a utilisé cette même grille de référence pour définir les qualifications que devrait posséder l'instrument correspondant à chaque activité élémentaire à effectuer dans la cellule.) D'abord, les opérations effectuées par chacun: trier, classifier, calculer, enregistrer.Ensuite, chaque fiche précisait aussi à quel type de communication servait l'appareil: la distance (près ou loin), le mode (tactile, auditif, visuel, électrique), le sens (unique, double alternatif ou double simultané), les délais, le langage (normal, graphique ou codifié pour l'appareil).Puis, on établissait le degré d'automatisme et le type d'information reçue ou fournie par l'appareil: «hard copy» (ruban magnétique, carte perforée) ou «soft copy» (voix, signal sonore, signal électrique ou tout autre message qui n'est pas conservé physiquement).Enfin, on indiquait si cette information était reçue ou transmise à un homme ou à une machine.Une fois toutes ces informations rassemblées, on a essayé de mettre en relation les appareils existants avec les qualifications essentielles ou facultatives que devraient comporter les appareils de la cellule pour être en mesure d'effectuer les diverses opérations inhérentes aux objectifs fixés, soit 37 fonctions au total.Dans quinze cas, on a trouvé plusieurs appareils remplissant toutes les conditions.Dans les autres cas, les appareils étudiés remplissaient toutes les conditions sauf une.On a alors poursuivi la sélection à l'aide des critères suivants: 1) le plus petit 7 nombre possible d'appareils pour le plus grand nombre de possibilités; 2) un minimum de poids, de chaleur et de bruit dégagés, un maximum de vitesse; 3) un volume ou une surface minimum; 4) la compatibilité de l'appareil avec les moyens de communication et les divers types d'ordinateurs et 5) le coût.Le test de la réalité O Selon la pondération accordée à ces divers critères, les choix peuvent varier et il faut maintenant avoir recours à une expérimentation sur prototype.En avril dernier, la construction de ce prototype allait bon train.Très bientôt, l'appareil imaginé pourra subir le test de la réalité.Les performances seront-elles à la hauteur?Les hommes d'affaires s'avèrent-ils vraiment capables de travailler dans un si petit espace?Les appareils utilisés sont-ils à la portée du premier venu?Pourra-t-on mettre au point la programmation nécessaire au fonctionnement d'un tel système?Même en admettant que toute l'expérimentation s'avère un succès et que le concept de la cellule de travail paraisse viable, «Cellule 2» sera-t-elle rentable commercialement?Selon M.Dardennes, il est difficile de répondre de façon précise à une telle question: il est encore impossible de définir le coût de la cellule et du réseau d'informatique qui doit l'accompagner.Quels gains en espace, en personnel et en efficacité permettra-t-elle à l'entreprise?Les évaluations ne sont encore que très approximatives.Dans quelle mesure peut-on considérer le prestige qu'une compagnie ou un industriel acquerra en s'équipant de telles cellules?Présentement les grands bureaux luxueux servent à impressionner les clients.Sera-t-il possible d'obtenir le même résultat en remplaçant le bureau par une cellule?Si l'on tient compte des structures syndicales actuelles, sera-t-il possible à une entreprise de survivre au bouleversement exigé par l'introduction des cellules de travail?Le personnel parviendra-t-il à modifier son comportement de façon à utiliser vraiment le potentiel de ces nouveaux instruments de travail?Autant de questions auxquelles il est encore presque impossible de répondre.Dans un autre ordre d'idées, l'introduction de ces cellules de travail aura-t-elle pour effet de concentrer davantage la puissance de l'information entre les mains d'une petite minorité de dirigeants ou, au contraire, permettra-t-elle un accès plus universel à des sources d'information jusqu'ici inaccessibles?Réduira-t-elle l'autorité des dirigeants en rendant le premier venu capable de faire presque aussi bien, simplement en utilisant au maximum les possibilités des ordinateurs?Si les tests effectués sur le prototype s'avèrent encourageants, l'avenir seul pourra répondre à ces interrogations.^ 8 par Gilles Constantineau l’information scientifique télévisée : le bilan Que dans le monde de l'information électronique, l'information scientifique soit traitée en parent pauvre, c'est à première vue si vrai, qu'à le dire on a un peu l'impression de faire de la tautologie.D'un côté, c'est par milliers d'heures tous les ans que la télé et la radio, tant d'État que d'industrie privée, fournissent au citoyen québécois toute l'information générale qu'il peut souhaiter, d'actualité immédiate ou du genre documentaire.D'un autre côté, dans le domaine scientifique, point n'est besoin d'aller très loin ni de chercher longtemps pour savoir ce qui est disponible; l'information, que la Société Radio-Canada est seule à fournir, se résume au total à une heure par semaine: les 30 minutes de «La flèche du temps», à la télé du dimanche soir, et les 30 minutes de «La science et vous», à la radio du samedi après-midi.Une demi-heure de télévision et une demi-heure de radio, qui ne font même pas l'année complète; de sorte que l'information scientifique donnée par ces deux media tient toute en une trentaine d'heures annuelles.Aux U.S.A.: pas une minute par année O Mais le problème n'est pas particulier au Québec.Bien au contraire, puisque les clients canadiens des réseaux anglophones CBC et CTV n'ont, quant à eux-mêmes, pas une minute par année d'information scientifique programmée.Ce qui ne veut pas dire que les anglophones du Canada soient privés de toute information du genre.C'est plutôt que cette information vient, quand il en est, un peu à la fortune du pot, comme on dit; ou bien elle se trouve intégrée à l'actualité générale, ou bien elle est présentée sous la forme d'émissions spéciales, quand l'occasion s'en offre.Il faut alors prendre le mot «information» dans son sens de «documentaire» le plus large.Aux États-Unis, d'autre part, un seul des trois grands réseaux américains de télé consent à diffuser, à ma connaissance, une demi-heure par semaine d'information scientifique, du genre le plus vulgairement vulgarisateur, à peu près exclusivement centré sur les développements technologiques.(En France, la télé n'est pas plus généreuse: aucune des deux chaînes ne semble savoir ce qu'est l'information scientifique vulgarisée, bien que la radio lui donne plusieurs heures d'antenne chaque semaine, spécialement le samedi.) Il est incontestable que pour des entreprises de télévision, quelles qu'elles soient, mais principalement pour les commerciales que traque l'irrépressible souci de la cote d'écoute, l'information scientifique est une denrée périlleuse. 9 Là flèche du temps O Voyons la cote d'écoute moyenne de «La flèche du temps» pour l'automne dernier: elle était de 5 pour cent de l'auditoire total (moyenne de 16 semaines du dernier calcul «trimestriel» des services de sondage de la Société).C'est une cote très faible pour l'heure de diffusion de cette émission; à 22h, en effet, on est encore en heure de pointe.Comment expliquer le phénomène?Choisissons une semaine au hasard: comment comprendre que le 19 septembre 1971, par exemple, «La flèche du temps» n'ait eu que 4 pour cent de l'auditoire possible, alors que l'émission précédente, simple reprise d'une vieille émission de variétés intitulée «Les deux valses», retënait 19 pour cent de cote, et qu'on estimait ce chiffre assez faible?«La flèche du temps» s'applique à suivre l'actualité scientifique.Son réalisateur, M.Jean Martinet, est plus précis: il «essaye de précéder les autres media d'information».A la télé, la formule est nouvelle; elle a été mise à l'essai au début de l'automne.Est-ce la formule qui n'accroche pas?Son allure trop décousue?La trop grande variété des sujets abordés, qui leur fait donner un traitement trop superficiel?Un simple coup d'oeil aux cotes de l'émission «Atome et galaxies», qui avait tenu l'affiche pendant plusieurs années avant de céder la place à «La flèche du temps», semble indiquer qu'il n'en est rien.En 1969, la cote automnale moyenne de «Atome et galaxies» n'était que de 6 pour cent; pourtant cette émission avait un style très différent, et n'hésitait pas à consacrer plusieurs épisodes successifs au traitement d'un seul dossier scientifique de portée plus générale.Faut-il alors s'interroger sur les qualités formelles de l'émission actuelle?Ici, l'évaluation comparative est à peu près impossible.D'autre part, on ne saurait se permettre de critique absolue sans avoir reconnu au préalable les handicaps particuliers qui peuvent gêner la réalisation d'une émission du genre.FLÈCHE DU TEMPS La culture absolue O Le principal de ces désavantages tient à la compétence presque invraisemblable qu'il serait pourtant normal de demander aux artisans de l'information scientifique, au niveau de la sommation des recherches et de la formulation du message.Une compétence qui se définirait bien comme étant culture absolye.Le medium télévision (et celui de la radio plus encore peut-être) exige que l'effort de vulgarisation soit poussé au maximum: il n'offre pas, comme l'imprimé, la possibilité de revenir à l'illustration ni aux déclarations antérieures, et il interdit l'emploi d'une terminologie trop spéciale, ainsi que le recours à des ellipses dont l'envergure prêterait trop de connaissances au client moyen.D'autre part, il lui faut toucher indifféremment à cent disciplines diverses, chacune plus complexe que les autres et évoluant à un rythme affolant, passer au besoin de l'une à l'autre et les mettre à la portée d'un quotient moyen d'intelligence, et retenir l'attention du client par de nombreuses évocations des données les plus concrètes.Enfin toute l'information doit être irréprochablement exacte, et se présenter sous une forme d'expression impeccable.Ce qui revient à attendre idéalement de chacun des artisans en question qu'il ait la compétence de cent spécialistes différents, les connaissances pratiques des meilleurs techniciens, une insatiable curiosité journalistique, une culture générale immense, un vif esprit de synthèse et des moyens d'expression magistraux.Cette conception est fort idéaliste, certes.Elle est pratiquement inaccessible: on ne peut faire mieux que de s'en approcher plus ou moins.Mais elle n'est pas du tout fantaisiste.Les exigences étant à peu près les mêmes, bien qu'à un degré moins élevé peut-être, à l'égard des aspirants chroniqueurs scientifiques dans les media imprimés, on comprend qu'il ne se trouve pas au Québec, à l'heure actuelle, plus que deux ou trois chroniqueurs ou animateurs scientifiques de compétence avérée.Et pourtant la vulgarisation scientifique s'adresse à tous les publics, «aussi bien aux profanes qu'aux gens cultivés, aux spécialistes qu'aux hommes politiques», comme le soulignait en mars dernier l'animateur de «La science et vous», Fernand Séguin.Plus encore: «les hommes de science, ajoutait-il, doivent désormais considérer la vulgarisation comme un outil essentiel de leur insertion dans la société, et comme la condition même de leur survie en tant que groupe».Les faiblesses O Ceci dit, revenons à notre mouton du départ, et n'hésitons plus à souligner les faiblesses d'une émission comme «La flèche du temps».De l'animateur Paul-Émile Tremblay, disons tout de suite qu'il n'est là que comme solution d'économie, parce qu'il est du personnel permanent de la maison, et que si compétent qu'il puisse être en d'autres matières, il ne fait absolument pas le poids dans le monde de la vulgarisation scientifique.Quand il anime, il récite manifestement ses textes et se trouve lui-même exactement au niveau de ceux à qui il est censé enseigner.Quand il interviewe, son ignorance des sujets traités et des techniques qui s'y rapportent restreignent la portée de ses questions; aussi le dialogue est-il totalement absent de son émission.D'autre part le faible effectif de l'équipe, qui pour les recherches et les textes ne compte que deux personnes, est cause sinon toujours d'erreurs, du moins souvent d'insuffisances de perspective.Un exemple entre autres: au début de mars, «La flèche du temps» consacrait quelques minutes à la présentation d'un pacemaker alimenté par une pile nouveau genre, non plus chimique mais «atomique» (simple effet thermo-électrique avec du plutonium comme source de chaleur).Cet élément d'information avait été tourné en France.On a pu voir (sans autre information) que le pacemaker en cause portait la marque de la société américaine Medtronics, qui fabrique la majorité des appareils du genre utilisés par les cardiologues du monde occidental, mais on n'a pas cru opportun de préciser si la pile au plutonium était américaine ou française, sinon de conception, du moins de fabrication.On aurait également aimé savoir ce qu'on pensait ici de ce nouveau type d'alimentation, et savoir si on l'employait ou si on avait l'intention de l'employer.L’Institut de cardiologie de Montréal est quand même l'un des grands centres mondiaux du genre, et il y a près d'une dizaine d'années qu'on y dote de pacemakers les cardiaques qui en ont besoin.Effectivement l'Institut n'utilise pas encore la pile longue durée; mais «La flèche du temps» ne nous en a rien dit.Et puisque l'occasion se présentait, que n'en profitait-on pour signaler la mise en garde que le Service de la santé publique des USA faisait, quelque temps plus tôt, à tous les porteurs de pacemaker, soulignant les risques de malfonctionnement de ces appareils à proximité de sources d'énergie électromagnétique intense, comme les antennes d'émetteurs radio, les nouveaux fours-miracle de cuisson par micro-ondes, ou plus simplement les systèmes d'allumage des automobiles?Les Québécois: favorisés O Ne soyons cependant pas trop sévères.Cinq pour cent de cote moyenne, c'est quand même autant que n'en ont d'autres émissions qui, comme «Format 30», pourraient dans leur genre se gagner une écote bien plus considérable.Et sous un autre angle, ces 5 pour cent représentent quand même un auditoire moyen de plus de 190 000 personnes.«Nous ne visons pas au public de Symphorien», déclare à ce propos le réalisateur Jean Martinet.Il est entendu que les émissions d'information en général, et d'information scientifique en particulier, n'ont pas le public des émissions de variété.Mais ne pourraient-elles pas, pour ce qui est du scientifique, aspirer quand même à plus de 5 pour cent?On se pose sûrement la question à Télé-Métropole, d'autant plus que le 10 joue depuis quelques mois le rôle de chef de file de réseau.Le directeur de la production du 10, M.Jean Faquin, reconnaît comme souhaitable que Télé-Métropole aborde le domaine de l'information scientifique par le moyen d'une «vulgarisation intelligente», et déclare qu'il a déjà un projet d'émission dans ses dossiers.Mais l'hésitation est forte, et s'il arrive qu'on la surmonte, il ne sera pas question d'envisager rien de pratique avant l'automne prochain.Il y a quand même là un changement d'attitude extrêmement important.Aurait-on, voici un an ou deux, parlé d'information scientifique à un administrateur de cette station, qu'on se serait fait regarder comme on regarde un hurluberlu détraqué.Il convient enfin de signaler qu'à Radio-Canada, l'information de cet ordre ne fait pas que répondre statiquement à un principe officiel, que l'émission «La science et vous» sera diffusée tout l'été, pour la première fois, et qu'elle durera non plus 30, mais 45 minutes à compter de l'automne prochain.Dans ce domaine, les Québécois pourront alors se croire nettement favorisés, malgré toutes les insuffisances.? SlOdi O' j;}.Witiofl Itpslt list in le 10 joue dit! de fill irataiofi uitiwie leewoe lir:.; tiOM* nprajet lit Min 'oniitui' dmiajer «pratm lifjeineiii nutAuiei' ü'itlfalW MWie itàun rw,iw isij non rnpw* jcoiipw- favonsBi la cryogénie,science des très basses températures L'application la plus spectaculaire de la cryogénie est certes la conservation des corps des personnes décédées à la suite d'une maladie qu'on croit pouvoir guérir dans un proche avenir.Cela explique pourquoi tant de gens recourent à ce procédé peu banal.Mais ia cryogénie ne se limite pas qu'à cela.Son intérêt réside dans les propriétés étonnantes que manifestent ia plupart des substances à des températures voisines du zéro absolu.La plus connue et ia plus prometteuse de ces qualités physiques est ia supraconductivité.Après nous avoir fait vagabonder aux confins de notre galaxie (voir «Les vagabonds de notre galaxie», QUÉBEC SCIENCE, vol.10 no 4, janvier 1972, p.8), notre collaborateur, Jean-René Roy, nous amène cette fois, au pays du froid, là ou l'air même se transforme en glace.Habitués à la rigueur de nos hivers canadiens, ne nous croyons pas devenus pour autant les maîtres du froid.Même si pour la majorité d'entre nous, nous avons déjà affronté des températures de —20° F ou —30° F, nous ne pouvons éviter de frissonner en pensant aux —100°F des régions polaires.La température atmosphérique terrestre la plus basse jamais enregistrée est de —126,9° F et a été observée en 1960 à la station de recherche soviétique «Vostok» dans l'Antartique.Ce froid semble cependant très chaud pour les physiciens qui se spécialisent dans la production de très basses températures ou, en langage plus savant, en cryogénie (du grec «kyros» qui signifie froid).Les hommes de sciences travaillent à des températures si basses que la plupart des gaz se liquéfient, l'air devient solide comme de la glace, le meilleur acier se fracasse comme du verre et une balle de caoutchouc s'émiette comme une ampoule au lieu de rebondir.L'intérêt de la cryogénie réside dans les propriétés étonnantes que manifestent la plupart des substances à ces températures.Utilisant ces qualités fantastiques, plusieurs applications révolutionnaires sont en train de surgir.On sait que, défiant toute loi de la gravité, l'hélium liquide, peut grimper les parois du vase où il est placé et s'en échapper.Mais l'une des manifestations les plus surprenantes et les par Jean-René Roy plus susceptibles d'application de la cryogénie, demeure la supraconductivité: ce phénomène représente l'état d'un corps qui a perdu toute résistance au courant électrique, pouvant ainsi livrer passage à une densité de courant de 100 000 ampères par centimètre carré.La supraconductivité fut découverte en 1911 par le physicien hollandais Heike Kamerlingh Om-nes.P j* 12 Les atomes, perpétuels contestataires O Le domaine de la cryogénie se situe entre quelques degrés et quelques millionièmes de degré du zéro absolu, une température qu'on peut approcher indéfiniment mais qui ne pourra jamais être atteinte.Cette limite détermine la base de l'échelle de température Kelvin; le zéro absolu est dénoté 0°K.L'intervalle d'un degré K a la même valeur qu'un degré centigrade.Traduit dans les échelles familières Fahrenheit et Centigrade, le zéro absolu correspond respectivement à —459,72°F et —273,16°C.L'eau gèle à +32°F, 0°C ou +273°K.Qu'est-ce que la température?C'est simplement une mesure physique de l'énergie thermique de la matière; les particules qui forment toute substance, manifestent toujours un degré plus ou moins grand d'agitation: la température mesure cette activité.Mais il faut demeurer prudent dans nos généralisations; car même à 0°K, une agitation très faible se manifeste et l'on parle de l'énergie au point zéro.Les atomes demeurent des contestataires perpétuels.L'immobilité absolue s'avère physiquement impossible.Pour atteindre de très basses températures, les scientifiques utilisent un cycle répété de compression et d'expansion d'un gaz jusqu'à ce qu'il se liquéfie et se solidifie.Vous avez sûrement expérimenté ce phénomène de refroidissement par expansion, lors de l'échappement brusque de l'air d'un pneu ou du gaz d'une bonbonne.Vous avez pu constater la formation de frimas dû à la cristallisation de la vapeur d'eau de l'air ambiant; on a même mis au point un procédé analogue pour refroidir instantanément la bière en canette.La plus basse température atteinte en laboratoire est 0,000001°K, soit un millionième de degré au-dessus du zéro absolu; pour ce faire on a utilisé l'un des isotopes liquides de l'hélium au moyen duquel on descend jusqu'à 0,3°K; ensuite le refroidissement se poursuit à l'aide d'un procédé de démagnétisation très sophistiqué jusqu'à 10'6°K.Quoique ces températures demeurent intéressantes pour l'étude de la structure de la matière, il s'avère plus pratique de chercher à faire apparaître les propriétés cryogéniques des substances à des températures plus élevées réduisant ainsi le coût de ces expériences et facilitant leur application technologique.Par exemple, il est plus simple et moins dispendieux d'opérer avec l'hydrogène liquide (20°K) qu'avec l'hélium liquide (4°K) dont le comportement «pathologique» demeure difficilement prévisible.Aucune résistance O Jusqu'à tout récemment, on croyait encore que la limite supérieure de température à laquelle un corps demeurait supraconducteur était 18°K.Mais une recherche intense, attisée par les applications révolutionnaires envisagées, à contribué à franchir le cap de 20°l< où il devient possible d'utiliser l'hydrogène liquide.En novembre 1968, une équipe de physiciens des Laboratoires Bell, assistée de chercheurs des Universités de Californie et de Chicago, poussait de quelques dixièmes de degrés significatifs, la limite de température de supraconductivité dans un alliage à phases multiples.A 20,7°K, leur substance de niobium, d'aluminium et de germanium demeurait supra-conductrice.La supraconductivité ne constitue pas une propriété des atomes mais plutôt des électrons libres qui voyagent dans le cristal.Le fait que deux composés comme l'or et le bismuth qui, individuellement ne sont pas supraconducteurs, le deviennent dans la combinaison chimique Au2 Bi le prouve.En 1961, on montrait que les supraconducteurs pouvaient être parcourus par de très grands courants électriques; on sait qu'un courant circulant dans une bobine (ou une solénoïde) produit un champ magnétique proportionnel au courant et au nombre de tours des enroulements de fil par unité de longueur de la bobine.Dans les supraconducteurs, on crée aujourd'hui des champs magnétiques de 100 000 gauss et plus dans des éléments de très petites dimensions (le champ géomagnétique de la Terre a une intensité de moins d'un gauss).On a aussi observé un effet de permanence incroyable du courant; lorsqu'un courant est induit dans un anneau de métal supraconducteur plongé dans un bain d'hélium liquide et qu'on ouvre le circuit d'alimentation, le courant continue de circuler dans l'anneau! L'atténuation est si faible que des courants ont été conservés une année entière sans que les instruments puissent déceler la moindre baisse.100 milliards de watts O La caractéristique du supraconducteur consiste donc à n'offrir aucune résistance au passage de l'électricité; par le fait même, aucune perte d'énergie ne survient.On pourrait imaginer que dans de telles conditions, une ligne de haute tension longue de plusieurs centaines de milles, pourrait transporter sans aucun échauffement un courant continu d'une puissance de 100 milliards de watts.On le devine aisément: la réfrigération d'une telle ligne s'avérerait assez complexe.Mais il reste que l'économie d'énergie demeurerait intéressante surtout dans les lignes plus courtes.Au lieu d'électro-aimants géants de plusieurs tonnes consommant une puissance de 50 000 watts, un aimant supraconducteur ne pesant qu'une livre (associé à un système de réfrigération de 200 livres) et alimenté par une pile de 6 volts, produirait un champ aussi intense que l'ancien montage gargantuesque.On envisage pour résoudre les casse-tête du transport des grandes métropoles, la mise au point de trains ultra-rapides suspendus au-dessus de leurs rails, et filant sur leurs coussins électro-magnétiques créés par des aimants supraconducteurs, à des vitesses de 300 milles à l'heure.Plus de 1 000 métaux supraconducteurs sont maintenant connus; plusieurs de ceux-là gardent leur supraconductivité même plongés dans des champs magnétiques très intenses.Cet avantage est certes très important.Malheureusement, la majorité des supraconducteurs perdent leur propriété dès qu'un champ magnétique très faible les frôle.Un nouveau record dans la limite de température rapproche le jour de l'utilisation de la supraconductivité dans la vie de tous les jours.En même temps que la recherche en supraconductivité, la cryogénie fait surgir de son côté une foule d'outils nouveaux pour la technologie, l'informatique, les communications et la médecine.T POUR EN SAVOIR PLUS LONG HOLDEN, A., The Nature of Solids, Columbia University Press, 1965.HULM, J.K., CHANDRASEKAR, B.S., RIE-MERSMA, H., Superconducting Magnets, «Modern Science and Technology», Van Nostrand, 1965, pp.443-450.KUNZLER,J.E.,/4imantssupraconducteurs, «Endeavour», Mars 1967, pp.115-121.MEYER, J.S., ABC de la physique.Marabout Université, 272 p.MURPURGO, M., La production de champs magnétiques intenses, «Industries atomiques», vol 7, p.73-79, 1963.L'auteur est étudiant au doctorat au Département d'astronomie de l'Université Western en Ontario. tî,ic,«isti(|yj 'toncirïnf.uoepsii; WülijK wtcimiimi rtdewtts, fÿiilitn ityrepè rantsipu le de 6 toit, istqut i.Oiuoti' iiiii loltsjlise essuspeoiius iotsuileuis ëpei à te ncoiidiic-isieyi taitité tape est irgiissnMt etiRperdent ipioejiiéii' Oüti*l itoMenp- us les jw1^ relie eo je fait soi!11 iOOl»îîW atipuejü iee.T t; i fc-': B, !s" «jj* KUl^1, r Tableau 1 — Surface de terre moyenne disponible par personne par hectares.MONDE QUÉBEC Terre inculte 2,0 Forêt 1,5 Prairie naturelle 1,0 Terre cultivée 0,5 13,0 9,0 (forêt pro-0,1 ductive seu-0,5 lement) TOTAL 5,0 23,5 Surface de terre totale: 335 370 000 acres le sol est vivant illii par A.C.Blackwood, A.F.MacKenzie et S.A.Visser L'emploi de fertilisants, herbicides et pesticides en agriculture a permis d'augmenter la production alimentaire.Le sol est utilisé de façon plus rationnelle.Mais on sait déjà que de tels procédés altèrent et accélèrent les cycles de la nature.L'utilisation de produits chimiques ne risque-t-elle pas d'étouffer la vie dans le sol?Les terres de certaines régions du Québec sont contaminées par l'application d'insecticides.U s'avère donc nécessaire de mieux connaître les réactions des organismes vivants dans le sol.L'équilibre écologique et le bien-être de l'homme en dépendent.La surface de terre arable disponible par personne sur le globe s'élève à 0,5 hectare (tableau 1).Il semble que, dans un avenir rapproché, l'homme en quête de nourriture continuera de dépendre largement des produits de la terre et de la mer, et ce, même si l'on a suggéré divers moyens non reliés à la terre pour résoudre le problème de la faim dans le monde.Au Québec, notre potentiel limité en agriculture et en production alimentaire requiert une utilisation intensive du sol, et même, il nous faut recourir à l'importation de nourriture.La roche mère O Le milieu terrestre dérive de matériaux organiques et de minéraux façonnés par l'action combinée de la végétation et des micro-organismes soumis à des conditions de climat et de topographie.La désagrégation du matériel de la roche mère pourvoit à la partie minérale du sol.C'est ainsi que plus de 99% des sols sablonneux, de 92 à 97% des sols productifs et bien égouttés et de 60 à 80% des sols pauvrement égouttés — où la matière organique est protégée par des niveaux anoxi-ques — sont formés par cette fraction minérale.Les facteurs physiques principaux qui influencent le processus de formation du sol résident dans les changements de température soutenus par l'action du gel et la cristallisation des sels.Les facteurs chimiques comprennent l'eau de pluie, l'eau de surface, l'eau souterraine ainsi que les solides et les gaz qui y sont dissouts.La fraction organique du sol provient principalement des résidus de plantes constamment altérés par les microorganismes du sol.Les horizons du sol O L'eau d'infiltration et les matériaux sont solubilisés par un mouvement descendant, ce mouvement étant accompagné de divers changements chimiques et physiques.Ces facteurs mènent graduellement à la formation de strates horizontales dans le sol, appelées «horizons» et possédant des caractéristiques physiques, biologiques et chimiques différentes.Ensemble, ces strates constituent le profil terrestre.Dans les sols minéraux normaux, le profil possède trois principaux horizons.On désigne habituellement le premier par horizon A: c'est une strate dans laquelle la matière organique s'est accumulée et d'où l'on a extirpé des minéraux par filtration descendante.Horizon B constitue une strate plus profonde où les matériaux filtrés de l'horizon A se sont accumulés.Horizon C consiste principalement en des fragments de roches inaltérés provenant des matériaux-mère.Ces zones possèdent des caractéristiques qui permettent de les différencier: la couleur, la texture, la porosité, la quantité de matière organique, la croissance des racines, les microbes et autres organismes présents.La terre qui respire O Pour qu'un sol soit idéal, tous les agrégats et les cavités entre les agrégats doivent communiquer les uns avec les autres, comme dans un tissu spongieux.Les particules solides du sol constituent 40 à 70% du volume total du sol, selon l'horizon et le type de sol dont il est question.L'espace pore constitue l'espace vital pour les organismes du sol.Cet espace pore et l'espace pour l'eau peuvent correspondre à 30% du volume total d'un sol sablonneux et même dépasser 50% lorsqu'il s'agit de sols argileux.L'air pénètre immédiatement dans les sols bien égouttés de façon à toujours bien oxygéner même les régions les plus profondes.L'humus améliore le sol, la structure, le système d'égoût, l'aération, et augmente la capacité de rétention d'eau et de nourriture.En même temps, elle constitue une source d'énergie pour les micro-organismes.La stabilité de structure du sol résiste aussi longtemps que demeurent les substances humiques.Un apport régulier de résidus organiques s'avère donc nécessaire.La partie organique du sol est formée de 60% de carbone et de 5% d'azote.Ce dernier existe à 98% sous forme organique, l'azote inorganique excédant rarement 2 à 3%.L'agriculture moderne intervient dans ces cycles naturels et on ne connaît pas les conséquences de cette interférence.Par exemple, si l'on augmente l'utilisation des résidus en plantes et de fertilisants azotés, des effets nocifs peuvent se manifester 14 sur la matière organique, sur les niveaux d'humus et sur les concentrations en azote présents sous forme N03 dans nos eaux souterraines.Que doit-on connaître du sol et de ses composantes vivantes pour comprendre et contrôler ces phénomènes?Une population sous nos pas O Le sol n'est certainement pas un milieu uniforme.C'est plutôt un système biologique compliqué composé de micro-climats.Ceux-ci sont créés par une déposition de matière organique, par l'action de micro-organismes et par la proximité des racines des plantes.Le sol contient toute une gamme d'animaux vivants formant une population qui s'étend à partir des petits organismes, des protozoaires jusqu'aux vertébrés (tableau 2).Certains, comme les vers de terre, passent leur cycle vital entièrement dans le sol alors que d'autres, comme les reptiles et plusieurs insectes, n'y résident qu'une partie de leur temps.Il existe une fluctuation continuelle dans le nombre d'animaux.Cette variation est due à des facteurs de l'environnement comme les saisons, la température, l'humidité, le système de récolte, le traitement par fertilisants ou même à des interactions à l'intérieur de la population elle-même.Les bactéries sont les organismes les plus nombreux du sol, particulièrement en ce qui a trait aux six premiers pouces de profondeur.Ainsi 1 gramme de sol fertile peut contenir plus de 109 bactéries, soit plus de 3 000 lbs par acre.Quoique les animaux du sol soient importants pour assurer un mélange et une aération des couches supérieures du sol, les micro-organismes demeurent néanmoins les agents de contrôle des écosystèmes terrestres.On peut citer plusieurs fonctions relevant du contrôle microbien: la fixation de l'azote, la minéralisation et l'immobilisation des nutrients dans le protoplasme microbien, les transformations chimiques, la production d'acides organiques, de sous-produits toxiques, d'antibiotiques et de vitamines.L'indispensable azote O L'azote atmosphérique peut être utilisé et incorporé dans la matière organique.Ce travail est accompli par des micro-organismes vivant librement ou en association symbiotique avec certaines plantes supérieures.Les espèces vivant librement, en plus des espèces classiques telles que Azotobacter et Clostridium, comprennent un grand nombre de bactéries hétérotrophes, d'organismes autotrophes, de bactéries photosynthétiques et un grand nombre d'algues bleues-vertes.Un exemple de fixation symbiotique d'azote nous est fourni par l'association entre les bactéries du genre Rhizobium et les Légumineuses.D'une part, la fixation non-symbiotique est un processus lié à la croissance.La fixation dans le sol d'une quantité significative d'azote par \'Azotobacter dépend donc de la présence d'une grande population de cellules proliférantes et d'une quantité substantielle de matière organique immédiatement disponible (soit à peu près 50 — 20 livres pour chaque livre d'azote fixée).D'autre part, les cellules au repos du Rhizobium servent de médiateur pour la fixation symbiotique de l'azote.Ce dernier utilise pour ce phénomène l'énergie fournie par son hôte.La plupart du temps, la plante utilise l'azote sous la forme la plus oxydée, c'est-à-dire sous forme de nitrate.Par conséquent, il est très important que les micro-organismes du sol, responsables de la conversion de l'ammoniaque en nitrate soient capables de fournir aux plantes en croissance l'azote sous forme assimilable.L'activité des organismes responsables de ces conversions (les bactéries nitrifiantes) dépend des conditions environnantes.Par exemple, leur taux de métabolisme se trouve diminué en milieu acide.Il est donc préférable dans ce cas, d'ajouter de la chaux pour favoriser une augmentation marquée du taux de la nitrification.Lorsqu'un sol se noie O Les organismes de nitrification en tant qu'aérobes, sont sensibles à l'humidité excessive ou à la structure du sol, facteurs pouvant limiter la disponibilité immédiate de l'oxygène.Il est cependant logique que dans des conditions anaérobiques et acides, l'ammoniaque s'accumule dans le sol: l'ammonisation y est en effet moins grande que la nitrification.Le procédé réduisant les nitrates en produits gazeux s'appelle «dénitrification».Il se produit quand l'apport d'oxygène se trouve réduit, soit, en général, lorsque le sol est excessivement humide (normalement au-dessus de 60% de sa capacité de rétention d'eau).Ce procédé peut causer des pertes significatives d'azote dans un sol.Par conséquent, d'une importance économique considérable.La santé des terres au QuébecO Comme les autres êtres vivants, les sols sont affectés par les conditions de leur milieu.Ainsi, les sols imbibés d'eau peuvent manquer d'air libre et, par conséquent, devenir rapidement anaérobiques, leur seule source d'oxygène étant celle dissoute dans l'eau.Tel est le cas de plusieurs terres de la plaine de Montréal pauvrement égouttées et peu aérées.Dans les sols du nord du Québec, la minéralisation de la matière organique se fait lentement.L'humidification formera donc seulement des composés humiques de poids moléculaires faibles, hydrophiles et très mobiles.Ceci favorisera le transport des nutrients vers des horizons plus bas et plus éloignés des racines des plantes.Dans ces endroits, les podzols, sols cendrés et très délavés prédominent.Ceux-ci comportent un horizon de surface composé de restes de plantes partiellement décomposées.Vient ensuite un mince horizon (A) de sol de surface, lui-même situé au-dessus d'un horizon blanchi (Ae) dans lequel les nutrients des plantes, les composés de fer et d'aluminium ont été lavés par les acides organiques de l'horizon supérieur.Un ho- Tableau 2 — Nombre et biomasse des principaux groupes biologiques présents dans une communauté typique d'un sol d'une prairie.(Source: T.D.Brock: «Principles of Microbial Ecology») ORGANISMES Nombre par m2 Masse (g/m2 ) Bactéries Champignons Protozoaires Nématodes Vers de terre (Lumbricidae) Autres vers de terre (Enchytracidae) Mollusques (Mollusca) Myriopodes (Myriopodae) 10 15 5 x 108 107 103 105 50 500 000 400 38 12 120 12 10 12,5 Tableau 3 — Estimé pour 1970, des besoins en terre arable au Québec pour des cultures avec et sans fertilisants Besoins en Besoins en terres arables terres arables avec fertili- sans fertili- sants sants Foin 3 335 000 Céréales 925 000 Mais en grains 93 400 Légumes 867 000 5 220 400 6 900 000 1 200 000 125 000 2 170 000 10 395 000 + 5 174 600 J ÏÏTg «s DT ,B mm@LO.£H& 3 ce 550 metiers les Québécois 550 MÉTIERS ET PROFESSIONS POUR LES QUÉBÉCOIS Francine Charneux-Helmy, Éditions du Jour, 1971 277 pages, $2 En vente dans les librairies Les données précises et scientifiques sur les différentes carrières disponibles aux étudiants, ont toujours été l'un des problèmes épineux des services d’information scolaire.Certes la majorité des écoles possèdent des centres d'information fort bien pourvus dans l'ensemble.On y retrouve un nombre illimité de documents de toutes grandeurs, épaisseurs, couleurs et qualités.Certains documents sont objectifs et affichent une facture rigoureusement scientifique, d'autres (ce sont les plus nombreux) présentent une information plutôt tape-à-l'oeil.C’est toujours avec une certaine méfiance qu'il convient d’aborder ces sources d'information.A quoi se fier, voilà déjà un épineux problème?Et quoi chercher?Bien souvent la quête d'information se limite à des lieux communs circonscrits dans l'univers immédiat de chaque individu.Chacun porte son intérêt aux 6 ou 7 professions dont il a le plus entendu parler.Est-il possible de penser à 550 carrières et professions au Québec?Si nous demandions à des étudiants d'énumérer des noms de carrières ou de professions, arriveraient-ils à 50 seulement?En parcourant ce premier recueil d'informations, nous ne cessons d'apprécier le souci de précision, l'esprit de synthèse et de recherche de l'auteur.Dans une première partie, nous retrouvons la définition des termes employés à la description de chacune des occupations.Ces premières définitions, fort simples dans leur présentation, sont essentielles.Le lecteur devrait y apporter une attention toute particulière, puisque c'est à partir de ce schéma que chaque carrière sera décrite.Nous y retrouvons d'abord une description générale de l'occupation.La tâche présente le sommaire des principales tâches susceptibles d'être accomplies dans une occupation.Sous le titre des qualités requises, l'auteur fait ressortir la distinction souvent mal comprise, entre intérêt et aptitude.Les définitions simples et opérationnelles de ces deux termes expliquent sans équivoque la portée des intérêts et des aptitudes, dans le choix vocationnel.Le goût pour une profession n'est pas synonyme d'aptitude nécessaire à la réussite dans cette profession.Pourtant, trop nombreux sont ceux qui confondent ces deux facteurs.Sous chaque description, d'autres renseignements fort précieux s'ajoutent: collaborateurs, type et niveau de formation, débouchés, débouchés connexes, perspectives d'emploi, associations professionnelles.Est-il possible de retrouver autant de renseignements pertinents dans si peu de texte?C'est pourtant ce que nous offre ce livre.En se le procurant, chacun s'offre le luxe d’une bibliothèque d'information, format de poche.Pierre Pépin L'HOMME INFORMATIFIÉ Raymond Moch, Éditions Robert Laffont, Paris, 1971 Le monde qui se fait/Robert Laffont 218 pages, $4.50 En vente dans les librairies Que présage ce nouveau qualificatif?,.Informatifié! Dépersonnalisa tion et déchéance de l’homme ou revalorisation et domination di l'homme?Tel est le problème que Raymond Moch tente de circonscrire et au quel il apporte des éléments de réponse en le démystifiant.Il débutf d'abord en nous faisant suivre le cours de l'évolution lente ou rapidt des événements qui ont bouleversé la vie de l'homme et qui ont ame né l'avènement des ordinateurs.Une fois ce fait établi, Moch montrt que ce nouvel outil que l'homme a découvert peut devenir très puis sant par sa souplesse (gestion et recherche), sa rapidité (sa vitesse d'exécution ne se compte même plus en seconde), sa mémoire (qu peut retrouver à n'importe lequel moment des informations emma gasinées en nombre presque illimité), sa flexibilité (peut être utilisé localement ou à distance) et j'en passe.L'auteur nous définit ensuite les principaux centres de coût et leui évolution sans pourtant nous donner de coûts précis sur chacune de; composantes d'un ordinateur puisque les combinaisons possibles peu vent varier presque indéfiniment.L'auteur aborde ensuite le coeur du problème en décrivant les différents centres de décision et d'exécutions et les conséquences qui peu vent affecter le travailleur.Ces conséquences pourront, selon l'au teur, démunir et dégrader l'homme, selon que celui-ci acceptera l'ordinateur comme un outil utile et non comme un adversaire implacable qu'il faut abattre.La lecture de ce livre est très facile et instructive et ne requiert pas nécessairement des connaissances approfondies en informatique.Pour les uns, ce sera la levée du voile qui cachait le mystérieux «cerveau électronique» et pour les autres l'éclaircissement de certains points demeurés dans l'ombre jusqu'à présent.Vue d'un oeil nord-américain, «l’informatification» de l'homme, tel que conçu par Moch, est peut-être pour demain.-, , „ .Claude Cangnan J LA MÉDECINE MOLÉCULAIRE Publié sous la direction du Dr J.Djian Éditions Robert Laffont, Paris, Collection Science Nouvelle 361 pages, $5 En vente dans les librairies Après avoir résumé l'état actuel des connaissances en biologie moléculaire (synthèse des protéines à partir de l'ADN héréditaire) et en génétique moléculaire (mutationset recombinaisons), les auteurs ana-| lysent les différentes maladies dont on connaît aujourd'hui divers aspects moléculaires (altération de l'hémoglobine du sang, déficiences génétiques pour certaines enzymes, etc.).La seconde partie de l’ouvrage traite de l'infection: antigènes et anticorps, agression bactérienne et interféron, multiplication virale, virus oncogènes et cancer, processus d'immunisation moléculaire et cellulaire, limites de nos systèmes de défense.On y insiste aussi sur le fondement moléculaire de notre spécificité individuelle et les problèmes de greffe qui en découlent.Un ensemble de trois chapitres est ensuite consacré aux sources moléculaires connues de quelques processus nerveux et mentaux: mémoire, sommeil, modificateurs du comportement tels que LSD, sédatifs, amphétamines, etc.Pour conclure, les auteurs présentent une approche de pharmacologie moléculaire pour une thérapeutique plus rationnelle.Les connaissances exposées par des scientifiques et médecins compétents dans ce livre s'avèrent complexes et lient de façon très heureuse les aspects biologiques fondamentaux à nombre de cas médicaux.Cette liaison interdisciplinaire forme un tout complet et constitue sans nul doute une initiative très valable.Car le prochain progrès scientifique se trouve dans de telles liaisons.La forme de l'exposé se situe à mi-chemin entre le style schématique des livres américains et le texte abondant des ouvrages français traditionnels.On peut cependant reprocher plusieurs répétitions, peut-être dépendantes d’un souci pédagogique.A notre avis, ce livre, à la fois élevé au point de vue fond mais bien expliqué au point de vue forme, doit être recommandé à tous ceux qui s'intéressent à la recherche médicale et à la biologie expérimentale.Raymond Van Coillie 35 ses Des circonstances hors de notre contrôle ont retardé la livraison du numéro 7, avril 1972.page 9: ASPECTS ÉCOLOGIQUES DES SAISONS AU QUÉBEC J'ai été extrêmement surpris de voir que QUÉBEC SCIENCE se permettait de publier des critiques de volumes aussi farfelues que celle parue dans le numéro de mars 1972, concernant l'ouvrage de M.Raymond Gervais, intitulé Aspects éco/o-giques des saisons au Québec; une année dans la vie d'un paysage.M.Benoît Drolet, auteur de cette critique, semble rechercher dans cet ouvrage une encyclopédie de l'écologie québécoise que les étudiants et les professeurs pourraient mémoriser afin d'obtenir de bons résultats.Alors qu'il s'agit d'un instrument de travail où l'auteur fournit les éléments de base, fait de brefs commentaires, pose des questions et suggère des travaux de recherche.De l'état passif où il se trouvait avant, l'étudiant est amené à observer, à se poser des questions, à élaborer des hypothèses et à vérifier ces hypothèses en comparant les photographies ou en consultant le jeux de diapositives qui est mis à la disposition des responsables.Cet ouvrage d'une conception tout à fait nouvelle et révolutionnaire transporte le laboratoire de la nature à l'école et permet à des classes entières d'y faire une excursion des plus enrichissantes dans l'espace et dans le temps.Je me contenterai ici de citer une partie de la critique faite par le directeur du magazine «Le Magister», parue dans le numéro de février 1972: «L'auteur de ces Aspects écologiques des saisons au Québec, Raymond Gervais, est professeur et coordonnateur de l'enseignement des sciences à la Commission scolaire régionale Le Royer.Cette Régionale bat la marche dans l'enseignement de l'écologie et ses étudiants ont été les premiers à bénéficier de cette initiative pédagogique.La collaboration de cette Régionale et du Centre de Psychologie et de Pédagogie permettra aux étudiants des autres régionales, et même éventuellement de certains établissements cégépiens et universitaires, de profiter eux aussi de ce dossier original, de ce pan de nature étalé sur vingt-quatre quinzaines.Ces 26 fiches 8 1/2x11, illustrées en 4 couleurs, 104 pages, s'accompagnent de 40 diapositives également en 4 couleurs, avec chargeur plastique et feuillet descriptif.Bref, tout le matériel nécessaire à une génération d'étudiants qui se doit d'assumer de plein-pied la chance et la responsabilité d'être la première au Québec à scruter systématiquement son environnement pour mieux le connaître, l'aimer et le protéger».Nous souhaitons les meilleures chances de succès à M.Raymond Gervais et nous l'encourageons très fortement à continuer l'oeuvre entreprise afin de doter la population du Québec de nouveaux jeux de photographies sur les sous-bois, les montagnes, le milieu marin, etc.Fernand Miron, B.Sc.(biologie).Université de Montréal EXCUSEZ-NOUS! Dans l'article de M.Jean-René Roy Les vagabonds de notre galaxie, je relève différentes erreurs soient: - page 8: 2.7 x 1019 = 2 700 000 000 000 000 000 et non 27 000 000 000 000 000 000 000 1012 = 1 000 000 000 000 et non 10 000 000 000 000 10 '3 = 1/1000 ou 0,001 et non - 10 000 = -104 et 10"6 = 1/1 000 000 soit 0,000 001 et non - 10 000 000 = -107.1 trillion (page 10) depuis 1948 vaut 1018 et non 1012 (ref: Petit Robert, page 1836, année d'édition 1er trimestre 1970).Vous me pardonnerez de telles remarques, en tant que «prof de maths» j'ai de '«grosses misères» à faire digérer les puissances positives et négatives de 10 à mes élèves.Alors, sans rancune! P.F.Munoz, Professeur ACDI, Douala, Cameroun J — - .LE PROCHAIN NUMÉRO DE QUÉBEC SCIENCE PARAITRA LE PREMIER SEPTEMBRE PROCHAIN NE MANQUEZ PAS LE BATEAU: RÉABONNEZ-VOUS TOUT DE SUITE. COMITÉ DE SOUTIEN BELL CANADA Monsieur René Fortier, vice-président Zone de Montréal LA BRASSERIE LABATT LTÉE Monsieur Maurice Legault, président BANQUE DE MONTRÉAL Monsieur C.W.Harris Vice-président et secrétaire INSTITUT DE RECHERCHE DE L'HYDRO-QUÉBEC (IREQ) Monsieur Lionel Boulet, directeur Aidez-nous à soutenir financièrement le seul magazine québécois d’information scientifique Adressez vos don£ QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec Tél.(418) 657-24 BÊçy " % JiM M i M X0 «IBLTOTq.NATIONALE Dû QUEBEC bUREôU DEPOT LEGAL i7no PyE st-denis MONTREAL PQ 4 1
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