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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1974, Collections de BAnQ.

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\ZINE " $0.75 publié par l'université du québec VOLUME 12/ NUMÉRO 6/ FÉVRIER 1974 .LA NEIGE CETTE WMPT (suite de la page 4) ERRATA Je suis un abonné depuis peu de la revue tordeuse ne passera pas» m'a vivement QUÉBEC SCIENCE quoiqu'un lecteur intéressé.J'aimerais cependant y appor-assidu depuis presque le début.ter quelques remarques.Je prends un plaisir fou à lire cette revue tous les mois, de même qu'à la faire con-naftre, par des références, à mes étudiants et amis.Cependant, même si votre travail de vulgarisation est admirable et bien dosé, je pense, et j'espère que vous serez d'accord, qu'il ne faut pas pour autant galvauder ou escamoter des principes ou des termes scientifiques établis.Les termes de ma remarque sont peut-être forts mais avec des exemples vous verrez ce que je veux dire: dans QUÉBEC SCIENCE vol.12, no 4 (décembre 1973) page 38 de l'article «le Cancer est-il contagieux?» («C'est alors par centaines que les virus ainsi reproduits iront se répandre dans les tissus voisins provoquant de nouveaux éclatements: une inflammation.») Dans cet énoncé, je conteste deux termes: a) un virus se reproduit-il's\ on accepte, comme c'est de plus en plus à l'honneur, que la reproduction est un processus sexué?ne se multiplierait-il pas?b) au lieu à'une inflammation, n'aurait-il pas mieux valu, si j'ai bien compris le sens du texte, écrire infection) une inflammation étant la réaction de l'organisme (défense) au traumatisme infectieux?Le terme reproduction est aussi employé plus loin.De même dans l'article de Gilles Thérien: «3 milliards de rats» à la page 28 il est écrit:«Le rat, qui souffre de septicémie pesteuse, par exemple, transmet le virus aux puces dont il est l'hôte.» La peste est une maladie bactérienne et non virale.D'ailleurs un peu plus loin on mentionne le terme «bacille».Là je suis d'accord mais il ne faudrait pas penser ou faire penser que bacille et virus sont synonymes.Avec toutes ces remarques peut-être remarquerez-vous que je suis microbiologiste-immunologiste.Si j'ai pris la plume c'est que je suis plein d'admiration et d'intérêt pour le travail que vous faites si bien, et je suis sincère.Jacques Liboiron St-Hyacinthe TORDEUSE: PASSERA PASSERA PAS?Dans votre revue de septembre 1973, l'article de M.Michel Boudoux intitulé «La Il est un fait que la tordeuse Choristoneu-ra fumiferana est de plus en plus menaçante pour l'économie québécoise.On peut se demander pourquoi.1.La répartition biogéographique du sapin explique que les épidémies soient plus fréquentes dans l'est du Canada.2.Les coupes qui provoquent la régénération du sapin au détriment de l'épinette amplifient encore cette menace.3.Si la dernière épidémie de la tordeuse au Québec s'est éteinte, c'est que des circonstances favorables ont contribué , au moins autant que les traitements, à cette extinction.L'été froid de 1956 et l'été pluvieux et chaud de l'année suivante ont rendu la population d'insectes plus vulnérable.4.Si l'on sait d'une part que les épidémies ont lieu quand les forêts sont matures et que d'autre part les traitements à l'aide d'insecticides permettent de conserver les forêts en parfait état, on s'aperçoit en fait qu'indirectement les traitements «favorisent» le rapprochement des invasions.Au Nouveau Brunswick, si les programmes d'arrosage ont permis la disparition de l'épidémie dans la partie Nord, on ne doit pas non plus oublier de mentionner qu'au Centre de ce pays une zone a subsisté où l'épidémie a pris de l'ampleur et est même descendue vers le Sud.A cette époque le DDT était utilisé puis fut remplacé par un autre produit moins nocif qui se dégrade.Les arrosages ont continué et n'ont pas encore aujourd'hui permis de stopper complètement cette épidémie.La tordeuse pourrait-elle devenir à la longue résistante aux produits utilisés?On en arrive donc à la conclusion que les arrosages prolongent l'infestation dans cette région, le combustible (les sapins matures) subsistant grâce aux traitements.Inversement, s'il n'y avait pas eu de traitement, l'épidémie serait finie depuis longtemps.Cette constatation pose donc le problème même de l'utilité à long terme des traitements avec les insecticides.Comme l'article de M.Michel Boudoux le signale, heureusement d'autres moyens de lutte sont à l'étude, mais rien ne permet à l'heure actuelle de dire que la tordeuse ne passera pas.Dominique Pépin Chicoutimi (suite de la page 5) maintenant atteint, en recherche, le degré de maturité que l'on retrouvait à McGill et à Toronto il y a dix ou quinze ans.Ces universités ont acquis une expérience certaine au niveau de la compétence de leurs chercheurs, de leurs équipes de recherches, Elles ont mis sur pied plusieurs groupes excellents, dirigés par des chercheurs reconnus, qui connaissent les exigences et les difficultés que pose la gestion de la recherche.Il serait tout à fait normal, il serait même opportun que les organismes pourvoyeurs de fonds considèrent ces groupes très sérieusement, s'ils veulent vraiment investir dans le développement de la recherche universitaire au Québec.mdi mit n dis dm s mm SO/WH/4IRE LE MAGA2INE ¦ NOTRE TROLE •nr- DES REMEDES AUX MEDICAMENTS A LA RECHERCHE DE NOS ANCETRES Si les grands pays producteurs ont coutume de s'exprimer en barils, le «jerricane» constitue une unité plus conforme aux ambitions pétrolières du Québec: les sondages sont formels, notre sous-sol renferme des hydrocarbures.En quantités modestes sans doute, mais, par les temps qui courent, il fait bon se sentir un peu d'huile sous les pieds.CASE POSTALE 250 O L'ordinateur dessine des molécules O Tordeuse: passera, passera pas?O Un magazine apolitique O Domestiquer le golfe O Errata 4 COMMENTAIRES À travail égal salaire égal / CLÉMENT NOLI N La recherche vraiment universitaire court un certain danger/ JEAN-GUY PAQUET 5 ACTUALITÉ O Club de microscopie électronique à Québec O $300 000 pour étudier la cellule O Des plombs de chasse nutritifs O Le cognac ne polluera plus 6 LA NEIGE CETTE INCONNUE / EDWARD LANGHAM 9 POUR MESURER LA NEIGE 11 NEIGE DES VILLES ET NEIGE DES CHAMPS / MARIUS LACHANCE ET JEAN-LOU IS SASSEVI LLE 12 ENVIRONNEMENT O La faune en brochure O 3 000 oies blanches abattues à Cap Tourmente O Réconcilier l'homme et l'automobile O Pleins feux sur Jupiter O Le canular du siècle O À l'écoute des ours polaires 14 UN CRATÈRE «LUNAIRE» EN PLEIN QUÉBEC / JACQUES LAVIGNE 17 ÉNERGIE O Des turbines hydrauliques en bois O Harnacher les rivières de glace O Qui a découpé l'énergie en tranches?20 UNE VAGUE ODEUR DE PÉTROLE / JEAN-MARC FLEURY 22 LA ROCHE-MÈRE ET SON ENFANT 26 LA SCIENCES LA SANTÉ O Un peu d'ordre dans le jargon médical O Prévenir les caries dentaires O Le CRM s'intéresse aux dents des Canadiens O La réparation des cellules 28 TROUVER DES REMÈDES AUX MÉDICAMENTS / FABIEN GRUHlER 30 POISON OU REMÈDE?32 L'UNION FAIT LA FORCE 35 LA SCIENCE & LES HOMMES O Un curieux séminaire O L'avénement du loisir scientifique O Le sport en orbite O Maftriser l'information À LA RECHERCHE DE NOS ANCÊTRES/PIERRE SORMANY 39 TECHNOLOGIE O Des voitures électriques construites en série O Exploration de l'atmosphère O L'ordinateur entre à la vacherie O La télévision se précise O Venise sauvée des eaux par l'holographie O Dénoncé par la télévision O Moins d'azote dans l'acier 43 REVUE DE PRESSE 48 POUR EN LIRE PLUS O Introduction à la psychologie industrielle O Votre coefficient intellectuel: comment le découvrir O Le feu nucléaire O La convivialité O Vivre en forêt 49 ECHEC ET MATHS /CLAUDE BOUCHER Travail à la chaine 50 CKSE POSTM-E 250 L'ORDINATEUR DESSINE DES MOLÉCULES Une correspondance récente m'a signalé la reprise par QUÉBEC SCIENCE d'une dépêche parue dans «CHEM 13 NEWS», en l'occurrence l'article de M.Nigel Burnett sur le tracé des molécules chimiques par ordinateur.Vos lecteurs doivent savoir que M.Burnett a déménagé, et qu'en conséquence les demandes pour recevoir son programme doivent désormais être faites à M.Nigel Burnett 1617 Victoria Park Avenue Appartement 204 Scarborough, Ontario en joignant une grande enveloppe timbrée et auto-adressée.Je me réjouis de ce genre de collaboration entre magazines scientifiques et j'espère que cela va continuer.R.J.Friesen Université de Waterloo LE LASER CHEZ LE DENTISTE J'ai lu avec grand intérêt votre parution de décembre 73 et désirerais obtenir plus de renseignements quant aux ouvrages qui ont inspiré l'emploi du «Laser chez le dentiste», pages 40 et 41.Je vous serais reconnaissant de me fournir la source des publications.Permettez que je vous souligne qu'à mon avis le mot «plombage» devrait être banni puisqu'il n'a aucune signification étymolo gique.Le terme «obturation dentaire» est beaucoup plus juste et significatif.Veuillez croire en mon admiration pour votre QUÉBEC SCIENCE que je trouve essentiel et d'une très grande utilité pour nous les Québécois.Hubert La Belle, d.d.s.Montréal Le professeur Sheldon Winkler, DDS, de la «State University of New York at Buffalo)), nous a transmis les informations concernant ses travaux, auxquels notre correspondant fait allusion.Son adresse: School of Dentistry 240 Capen Hall Buffalo, New York 14214 UN MAGAZINE APOLITIQUE Je juge qu'il vaut la peine, à titre d'essai, de vous lire pendant un an; je suis certain de ne pas être déçu.Un seul accroc: la page publicitaire du gauchisant Québec-Presse, sanctionnée par la non moins gauchisante séparatiste Julien.Je sais que l'argent n'a pas de frontière, cependant je n'ai pas l'impression que votre magazine en soit un de politique.Robert Lafleur Québec DOMESTIQUER LE GOLFE Permettez-moi de vous dire toute mon admiration pour le travail accompli jusqu'ici par QUÉBEC SCIENCE et vous souhaiter tout le succès espéré pour 1974.J'ai lu dans votre numéro de janvier (vol.12, no 5), l'article intitulé «Domestiquer le golfe».Habitant la ville où s'élèvera le futur centre océanographique de l'INRS, ce dossier m'a intéressé tout particulièrement.Je constate avec regret qu'aucune mention n'a été faite du travail accompli par le docteur Louis Lourmais, océanographe, et auquel a déjà fait écho Québec-Presse dans son édition du 9 septembre dernier.Malheureusement votre graphique du golfe (page 20) ne tient pas compte du barrage de Canso qui a détourné le courant au sud de l'Ile du Prince-Edouard.Espérant pour le bénéfice de tous que cet oubli sera réparé, je réitère mon attachement à votre magazine! Jacques Morin Rimouski NDLR Dans l'interview du Dr Aurèle Beau Inès (QUÉBEC SCIENCE, janvier 1974), nous faisions dire à notre interlocuteur que «les activités scientifiques du gouvernement fédéra! représentent 60 pour cent de son budget total».Nos lecteurs auront compris qu'H fallait lire: «les activités scientifiques internes du gouvernement fédéra! représentent 60 pour cent de son budget scientifique total».LE MAGAZINE QUEBEC SCIENCE DIRECTEUR : Jean-Marc Gagnon REDACTEUR EN CHEF : Fabien Gruhier CHEF DES INFORMATIONS: Jean-Marc Fleury CONCEPTION GRAPHIQUE: Jean-Pierre Langlois SECRETARIAT: Patricia Larouche et Françoise Ferland IMPRESSION: l'Eclaireur Itée DISTRIBUTION: les messageries dynamiques inc.COMITE D'ORIENTATION Armand Bastien, CECM O Paul Bélec, INRS-Urbani-sation O Louis Berlinguet, UQ O Roger Blais, CHUL O Claude Boucher, U.Sherbrooke O Maurice Bros-sard, UQAM O Yvan Chassé, UL O Pierre Dansereau, CRE O Jacques Desnoyers, U.Sherbrooke O Guy Dufresne, Cons.Bathurst O André Fournier, min.de l'Education O Gordin Kaplan, U.Ottawa O Paul Laurent, Hydro-Québec Le magazine QUEBEC SCIENCE est publié dix fois l'an par l'Université du Québec en collaboration avec le ministère de l'Education et le Conseil national de recherches du Canada.TOUS DROITS DE REPRODUCTION, DE TRADUCTION ET D'ADAPTATION RESERVES 1974 © Université du Québec, 2875 boulevard Laurier, Ste-Foy.G1V 2M3 / Dépôt légal, bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1974 / Imprimé au Canada / Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052 / PORT DE RETOUR GARANTI QUEBEC SCIENCE Case Postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Téléphone: (418) 657 2426 / Télex: 011 3488 COMITÉ de SOUTIEN ?Bell Canada M.René Fortier Vice-président exécutif Zone de l'Est ?Banque de Montréal M.C.W.Harris Vice-président et secrétaire ?Institut de recherche de l'Hydro-Québec (IREQ) M.Lionel Boulet Directeur ?La Brasserie Labatt Ltée M.Maurice Legault Président ?Hoffmann-Laroche Ltée M.John S.Fralich Président ?Imasco Ltée Les produits Imperial Tobacco Limitée (suite page 2) COMMENTMRE LA RECHERCHE VRAIMENT UNIVERSITAIRE COURT UN CERTAIN DANGER par Jean-Guy Paquet Vice-recteur à l'enseignement et à la recherche Université Laval Nous voyons présentement évoluer diverses politiques de financement de la recherche qui sont axées principalement sur les besoins du milieu.Par exemple, une grande partie des fonds pour la recherche viendra de plus en plus des ministères, afin de faire étudier par les universitaires certains problèmes particuliers.On en arrive rapidement à la conclusion qu'une bonne partie de la recherche universitaire sera ainsi orientée en fonction des besoins que ressentent les organismes extérieurs.L’expérience américaine démontre que la plupart des universités ayant à travailler avec des fonds de recherche venant de sources extérieures risquent de devenir des organismes pourvoyeurs de services, des agences de location pour les cerveaux et l'équipement.L'Université devient ainsi le lieu où s'effectue une recherche axée uniquement sur les besoins du gouvernement et de l'industrie.Je ne dis pas que cela n'entre pas dans le cadre de ses fonctions.Je souligne qu'il y a danger à ce qu'on se limite à ce rôle.Le futur pose donc aux universités un défi des plus intéressants.Doivent-elles en effet abandonner un des rôles propres qui leur sont dévolus, qui est la recherche fondamentale et appliquée et la formation de chercheurs, pour se consacrer aux travaux qui leur seront dictés par l'extérieur?Le défi est de taille et il importe que les universitaires l'étudient sérieusement, car il doit encore y avoir une place à l'Université pour une recherche qui aurait pour but d'élargir l'horizon de la connaissance scientifique, sans nécessairement apporter immédiatement les avantages pratiques.Ceci devrait d'ailleurs constituer une sauvegarde précieuse qui nous mettra à l'abri des erreurs de jugement susceptibles d'être faites dans le choix des domaines privilégiés.Après bien des années d'efforts, les universités francophones du Québec, particulière-l^mentceMesdeMontréaletLavaLont^ A TRAVAIL EGAL SALAIRE EGAL par Clément Nolin Secrétaire de l'Union des Gradués de l'université Laval La recherche universitaire et les études supérieures concourent à l'enrichissement et au progrès du savoir nous affirment politiciens et administrateurs, mais il semble difficile de les faire passer des déclarations de principes aux mesures concrètes.Une manifestation de cet état de chose est la difficulté à leur faire admettre que l'un des facteurs essentiels du développement de la recherche est la présence de jeunes chercheurs, et que l'un des éléments importants des coûts de la recherche et de l'activité scientifique est la formation de ces chercheurs.Les «étudiants gradués» (c'est-à-dire les étudiants ayant terminé un premier cycle universitaire) représentent une très grande partie de ces chercheurs et, puisqu'ils contribuent directement à la production nationale, on s'attendrait à ce qu'ils soient rémunérés d'une façon équivalente aux diplômés d'un premier cycle universitaire qui choisissent de se diriger vers la fonction publique ou l'industrie privée.Eh bien, tel n'est effectivement pas le cas! Les étudiants qui s'adonnent à la recherche ne reçoivent pour leurs travaux que des bourses n'égalant même pas la moitié des salaires de la fonction publique.Encore doivent-ils s'estimer heureux lorsqu'ils réussissent à se procurer de telles bourses.Ils ont, bien entendu, les mêmes besoins que leurs confrères dans tout autre milieu de travail devant se soumettre aux mêmes exigences de l'impôt, et payer en plus des droits de scolarité.Les gens qui s'objectent à ce que les étudiants gradués soient rémunérés adéquatement semblent considérer que ces étudiants ne contribuent en aucune façon au volume et à la valeur de la production.Cette conception du caractère du travail de l'étudiant à la maftrise ou au doctorat apparaft comme nettement erronée à quiconque connaft vraiment la nature de ce travail ou en fait un examen attentif et objectif.En effet, dans le processus même de la formation avancée qu'il cherche à acquérir, l'étudiant ne peut obtenir son diplôme que s'il contribue à améliorer les connaissances dans un champ disciplinaire donné, soit en certifiant ou en éveillant certains doutes à l'égard de certains résultats.Cet apport du gradué contribue de façon indiscutable à l'enrichissement du patrimoine culturel ou de la masse des connaissances acquises.Qui peut alors prétendre sérieusement que cela ne fait pas partie de la production collective?D'autre part, on sait aussi que très fréquemment l'étudiant de deuxième ou troisième cycle collabore à des projets, étrangers à sa thèse, qui éventuellement débouchent sur des découvertes dont les effets peuvent parfois être considérables.Or, très souvent dans ce cas on le considère comme agent de production, et éligible à une rémunération que l'on aura parfois tendance à sous-évaluer, faisant ainsi de l'étudiant un travailleur à bon compte, sous prétexte qu'il est encore en apprentissage.Mais pu/, dans un milieu de recherche, a cessé d'apprendre?Pourquoi donc, dans un monde pourtant évolué comme le nôtre, l'étudiant gradué fait-il encore partie des rares catégories de travailleurs que l'on se refuse à reconnaf-tre comme tel?Pourquoi ce diplômé d'université n'est-il pas reconnu et rémunéré de façon identique à ses confrères œuvrant dans la fonction publique qui ne sont ni plus compétents, ni plus expérimentés et, par conséquent, pas plus productifs.Mentionnons finalement le fait que certaines institutions préfèrent de jeunes chercheurs à d'autres plus compétents afin de les spécialiser plus rapidement conformément aux exigences de leurs programmes d'activité, et quell'attrait monétaire comparé aux sacrifices imposés aux gradués fera sûrement perdre aux universités des chercheurs de qualité parce qu'elles n’auront pas su leur fournir les conditions de travail souhaitées par ceux-ci.• (suite page 2) 6 /4CTUÆITÉ $ 300 000 POUR ETUDIER LA CELLULE Le Groupe de recherches en biologie cellulaire et moléculaire de la faculté des Sciences de l'université Laval vient de recevoir du Conseil national desrecherches du Canada (CNRC), une subvention d'environ $300 000 à répartir sur les trois prochaines années.Cette somme permet notamment l'engagement de plusieurs chercheurs à plein temps —des professeurs-assistants— et vient consolider le travail d'une équipe qui se classe déjà parmi les meilleures du genre au Canada.Elle témoigne concrètement du désir du CNRC de développer la recherche dans le domaine de la biologie cellulaire et moléculaire qui a connu, au cours des vingt dernières années, un développement et des réussites remarquables dans plusieurs pays.Des découvertes fondamentales, comme celle, bien connue, du rôle génétique de l'ADN dans la cellule, ont permis de mieux comprendre les phénomènes de la vie et constituent des contributions essentielles au progrès des sciences de la vie.A Laval, les premières recherches dans ce domaine ont commencé en 1960.Il y a environ 5 ans, le département de Biologie décidait de faire de la biologie cellulaire et moléculaire un de ses cinq domaines prioritaires et, depuis lors, il a orienté le recrutement de ses membres en fonction de ces objectifs.La formation du présent groupe de recherches s'amorçait dès 1970 par l'engagement de nouveaux professeurs.Pour sa part, le ministère de l'Éducation du Québec, dès 1970, a contribué au démarrage de l'équipe en lui versant une subvention au titre «chercheur et action concertée», qui a été régulièrement renouvelée depuis lors, pour un versement total de $140 000.Enfin, dès 1971, le CNRC, par des subventions stratégiques annuelles, rendait possible l'engagement à plein temps de nouveaux chercheurs et contribuait aussi à l'entretien de l'équipement.Actuellement, le Groupe de recherches en biologie cellulaire et moléculaire comprend huit professeurs et professeurs-assistants attachés aux départements de Biologie et Biochimie, dont les formations diversifiées assurent un véritable travail d'équipe et permettent d'aborder diverses facettes, au niveau moléculaire, des problèmes étudiés.Les études du Groupe porteront essentiellement sur la structure et la fonction du noyau de la cellule.Les chercheurs s'intéresseront particulièrement à la composition et au rôle des chromosomes et du nucléole.La biogénèse des ribosomes, constituants cytoplasmiques élaborés dans le noyau, sera aussi étudiée.La consolidation du Groupe de recherches en biologie cellulaire et moléculaire, ainsi que le développement de plusieurs importantes équipes de recherches en biologie, tant à la faculté des Sciences qu'à celle de Médecine, confirment la volonté de l'université Laval de développer de façon prioritaire la recherche, suivant ses grandes orientations parmi lesquelles se trouvent précisément les sciences biologiques.• LE COGNAC NE POLLUERA PLUS La fabrication des grands vins et des alcools célèbres tient beaucoup plus d'un art transmis de génération en génération que de la technique moderne.Certains alcools défient même les chimistes qui ne peuvent encore déterminer les substances responsables de leur goût.Il arrive un moment par contre, où la technique peut avoir sa revanche.Ainsi, la distillation du vin qui donne le cognac conduit au rejet d'un volume important de résidus, les vinasses.Et là, la technique intervient à fond pour éliminer cette forme de pollution.Caria composition chimique des résidus, on la connaft trop bien.On y trouve toute une série d'acides, tartrique, succinique, lactique, citrique et malique; de la glycérine, des insolubles et diverses autres matières dissoutes.La demande en oxygène de ces produits risque d'asphyxier les cours d'eau.Dans la seule région de Cognac, en France, le volume de ces vinasses représente un rejet annuel de 3,6 millions d'hectolitres.Puisque le volume total de la récolte est de 5,4 millions d'hectolitres, le volume des résidus représente plus des deux tiers de la récolte de vin.Pendant les six mois que dure la campagne de distillation, le rejet atteint 60 tonnes d'effluents par jour, soit la pollution d'une ville d'un million d'habitants! Consultée dès 1967 par l'importante société Martell, la compagnie française Saint-Gobain Techniques nouvelles, vient de mettre au point un procédé efficace pour traiter ces effluents.En récupérant l'acide tartrique et en transformant les concentrats de vinasses en engrais, les experts de Saint-Gobain ont non seulement éliminé cette pollution, mais prévoient une épuration presque gratuite, d'ici quelques années.Au taux de 5 à 6 grammes par litre, près de 1 000 tonnes d'acide tartrique sont récupérées chaque année, alors que la production française ne dépasse pas 20 000 tonnes par année.Le résidu des concentrats, 5 grammes par litre, représente en plus l'équivalent annuel de plus de 1 800 tonnes d'engrais.Mélangé à des ordures ménagères broyées, cet engrais devrait résoudre le problème de la fumure des vignes nouvelles.Enfin, la demande en oxygène des effluents traités tombe de 95 pour cent, les matières en suspension disparaissent totalement et l'effluent final est incolore alors que le produit brut est fortement teinté.Ainsi, décantant, concentrant, centrifugeant et précipitant les résidus du cognac, l'usine de 3 millions de dollars de REVI-CO, au coeur de la Charente, va préserver un environnement pour le plus grand plaisir de l'humanité entière.• ACTUALITÉ / 7 DES PLOMBS DE CHASSE NUTRITIFS Dès la fin du XIXème siècle on a découvert, aux États-Unis, des oiseaux sauvages aquatiques empoisonnés par les plombs de chasse.Privés de dent, les animaux à plumes doivent avaler quelques petits cailloux à chaque repas pour permettre à leur gésier de broyer les aliments.Les plombs ronds des cartouches s'y prêtent admirablement.De plus, les chasseurs dispersent annuellement dans la nature des tonnes de telles billes propices à la mastication de ces animaux.Malheureusement, utilisé dans les peintures, dans la poterie ou comme mitraille, le plomb demeure un dangereux poison.Même si le chasseur rate son coup, il peut se consoler en songeant que sa proie mourra à petit feu si elle avale seulement 4 ou 5 plombs.Mince consolation, et combien peu sportive.On estime que 2 à 3 pour cent de toutes les espèces d'animaux aquatiques d'Amérique du Nord meurent chaque année d'empoisonnement par le plomb.Au Canada, le problème n'est pas aussi sérieux, la seule région affectée étant celle du sud-ouest de l'Ontario.Par contre, à long terme, le plomb pourrait rendre mortels les sanctuaires de certaines espèces où la chasse est périodiquement autorisée.Le Service canadien de la Faune du ministère de l'Environnement a étudié la question.En particulier, il a demandé au Conseil national de la recherche et à l'université Guelph, Ontario, d'étudier les effets d'éventuels substituts du plomb.Le CNRC s'est particulièrement intéressé aux propriétés balistiques et aux domma- CLUB DE MICROSCOPIE ELECTRONIQUE A QUEBEC Le Club de Microscopie Électronique de Québec vient d'être fondé par un groupe de personnes s'intéressant à cette discipline, et appartenant aux divers secteurs de la vie scientifique de la région.Créé pour servir chercheurs, techniciens, étudiants, personnel de laboratoire et toute autre personne intéressée, le Club a pour buts de faciliter l'échange d'informations et d'idées, faire connaftre les résultats des recherches impliquant l'usage de la microscopie électronique, promouvoir le développement de techniques avancées, la formation de personnel spécialisé, et encourager la fondation d'autres clubs locaux du même genre dans la province.La cotisation annuelle demandée est de $5.00 pour un chercheur (au minimum), et de $2.00 pour le personnel de laboratoire et les étudiants.Dans le conseil du club, les gouvernements fédéral et provincial, l'Université Laval, l'Université du Québec et le CEGEP Sainte-Foy sont représentés.Vous pouvez obtenir de plus amples renseignements ainsi que votre formule d'inscription auprès de la secrétaire exécutive du Club, département de Pathologie, faculté de Médecine, université Laval, Québec G1 K 7P4.• Microscope électronique Philips EM 300.?ges provoqués dans le canon des fusils par les «plombs» substituts.De leur côté, les chercheurs de Guelph se sont penchés sur la toxicité du plomb et de ses éventuels succédanés.De sorte qu'à l'automne dernier, M.Nolan Perret, du Service canadien de la Faune, pouvait annoncer qu'une solution avait été trouvée au problème de l'empoisonnement par le plomb.Le nouveau plomb fabriqué au CNRC, par agglomération d'une poudre contenant autant de plomb que de fer, est presque aussi moux que ceux fait entièrement de plomb.11 n'endommage donc pas le baril des fusils.Sa densité demeurant assez élevée, il transporte suffisamment d'énergie pour tuer et non seulement écloper.De plus, une compagnie d'Ann Arbour, au Michigan, assure déjà pouvoir en entreprendre la production commerciale à un coût compétitif.Mais sa grande qualité demeure sa non-toxicité.Les chercheurs de Guelph ont démontré qu'un canard mallard devait en avaler au moins huit pour manifester des signes d'empoisonnement.Des canards ayant avalé un, deux, trois ou même quatre de ces «plombs», mi-fer mi-plomb, ont conservé une excellente forme physique.Or, les autopsies d'animaux aquatiques empoisonnés révèlent que seulement dix pour cent des oiseaux ont avalé plus de quatre plombs.L'utilisation des «mi-plombs» pourrait donc éliminer la mortalité dans 90 pour cent des cas.En pratique, ajoute M.Perret, on assistera à une réduction de mortalité encore plus importante puisque l'équipe de Guelph a découvert qu'une bonne alimentation empêchait presque complètement l'empoisonnement par le plomb.Ce n'est que lorsque les animaux sont nourris exclusivement de mais que des signes d'empoisonnement se manifestent.Chez les oiseaux nourris adéquatement de mais et de fèves soja, additionnés de vitamines et de minéraux, l'empoisonnement s'avère presque impossible à réaliser.Une bonne diète inhibe l'interférence du plomb dans le processus de la digestion et assure la détoxication en éliminant le plomb absorbé par le sang.Cet aspect a semblé si important aux chercheurs qu'ils en poursuivront l'étude pendant deux ou trois ans.On espère identifier les éléments nutritifs antagonistes du plomb pour éventuellement les incorporer aux plombs des cartouches.À ce moment, les chasseurs maladroits contribueront non plus à empoisonner les canards et les oies, mais à les nourrir.• DES REACTEURS REQUINS Une seule centrale nucléaire de la Nouvelle-Angleterre tue chaque année environ 179 millions de larves de poisson.De concert avec ses semblables, elle se comporte comme un gigantesque prédateur artificiel.Le choc thermique infligé aux poissons qui empruntent accidentellement leur système de refroidissement explique ce rôle fatal.La plupart des centrales thermiques (au charbon, au pétrole ou à l'uranium) sont refroidies par un unique passage de l'eau de refroidissement.L'eau circule une seule fois dans les condenseurs avant de retourner à sa source (lac, rivière, estuaire ou océan) dotée d'une température accrue.Les êtres vivants entraînés dans ce système subissent des stress mécaniques, chimiques et thermiques.Au cours d'expériences on a constaté que le stress thermique s'avérait particulièrement redoutable.Aucun des jeunes de neuf espèces de poissons de la côte Atlantique américaine n'est sorti vivant du système de refroidissement d'un réacteur nucléaire lorsque la température de l'eau dépassait 30° C à la sortie.Aujourd'hui, après des expériences effectuées au laboratoire de la «National Oceanic and Atmospheric Administration» (NOAA) à Beaufort, Caroline du Nord, on sait que les différentes espèces de poisson possèdent chacune leur seuil thermique au delà duquel leur chance de survie tombe en flèche.De plus, on a constaté que les poissons lentement acclimatés à des milieux aux températures plus élevées de 5°C, 10°C ou 1 5°C voyaient leur résistance au choc thermique diminuée de plus en plus.Par exemple, des «poissons tachetés» (spot-fish) habitués à une augmentation de 5°C ont survécu à un saut soudain de 18°C, par contre, aucun représentant de la même espèce acclimaté à un réchauffement de 15°C n'a pu survivre àu même écart de température.Les larves de flet (flounder) ont démontré la meilleure capacité de survie au choc thermique.La grande majorité survivait à des augmentations brusques de 12°C et de 15^0 et près de 30 pour cent à une augmentation de 18°C.Mais ce n'est pas tout.A leur retour dans l'eau froide, les poissons subissent un second choc thermique qui peut achever les survivants.Des «pinfish» acclimatés à +5°C, par exemple, ne démontrent aucun signe de stress lorsque soumis à un accroissement de température de 12°C, mais sont étourdis à leur retour dans l'eau froide.Ainsi, même si le poisson n'est pas directement tué par l'échangeur de chaleur de la centrale, il devient beaucoup plus vulnérable vis-à-vis ses prédateurs naturels.Le choc thermique présente un problème très grave si le réacteur puise son calopor-teur dans un lac, une rivière ou sur le bord de la mer, mais la situation devient dramatique s'il est situé dans un estuaire.Ces zones de mélange des eaux douces avec les eaux venues de la mer constituent de véritables pouponnières pour larves de poisson.Il semble donc évident que l'on doive interdire la construction de centrales nucléaires sur les bords des estuaires.Il y a encore plus, les graphiques des chercheurs de la NOAA indiquent clairement quelle quantité de poissons il faut être prêt à sacrifier pour obtenir notre énergie électrique.En effet, quelle que minime soit l'écart de température infligé, les réacteurs sont des requins, et d'autant plus efficaces que le choc thermique est considérable.• ACTUALITÉ / 9 la neige cette inconnue Cette neige qui, six mois par année, fait la loi chez nous, dissimule encore bien des mystères sous son innocente blancheur.par Edward Langham Si la neige nous est familière, les propriétés et les phénomènes qui s'y rattachent le sont beaucoup moins.Au Québec, par exemple, la neige constitue un tiers des précipitations.C'est donc une importante ressource en eau.Malgré l'intérêt qu'on porte à la protection de l'environnement, le manque de connaissance sur la neige est grand.Comme l'eau, la neige fournit un milieu unique pour la récréation, mais elle entraîne aussi des frais élevés quand, par exemple, elle bloque les routes et les aéroports.Elle possède cependant toutes sortes de caractéristiques dont les effets sont peu connus.Elle constitue, par exemple, un très bon isolant thermique.A cause de cette propriété, elle protège les lacs et les rivières par temps froids et diminue le taux de formation de la glace.Moins connu encore que son importance comme ressource: le caractère polluant de ce «blanc manteau» qui habille le Québec à peu près six mois par année.Évidemment, la valeur de la neige en terme de ressource dépend des quantités dont on dispose.Mais l'estimation de la quantité disponible n'est pas facile.Car la répartition sur le terrain varie beaucoup en fonction des obstacles qui influencent le vent, tels que maisons, arbres, collines et bois.Une plus grande variabilité encore est due aux systèmes météorologiques.Dans ce cas-ci, il s'agit de distances supérieures à quelques dizaines de kilomètres.En outre, la densité varie énormément.Une chute de neige par temps calme peut avoir une densité aussi faible que 0,05 grammes par cm3.Lors d'une tempête, ou encore si la neige est mouillée, la densité peut atteindre 0,5 g/cm3.C'est ainsi que l'accumulation de neige acquiert une structure en couche.On note d'ailleurs une évolution du manteau nival reliée au changement de forme des cristaux.Les flocons de neige, par exemple, se composent d'un enchevêtrement de cristaux en forme d'étoiles.Après une certaine période, cette structure délicate est perdue, et les cristaux deviennent plutôt sphériques, s'agglomérant les uns aux autres.LE PÈSE-IMEIGE Pour faire des relevés, on mesurera l'équivalent en eau plutôt qu'en neige, à cause de la variation de densité qui rend inutile une mesure de l'épaisseur de la neige.Cette mesure correspond à la quantité d'eau par unité de surface qui serait fournie, si la neige fondait.Il n'est cependant pas besoin de faire fondre la neige, et il suffit de peser des échantillons cylindriques (carottes) prélevés dans la couche, c> 0 10/ ACTUALITÉ sur toute son épaisseur.On fera dix ou douze relevés à des intervalles d'environ 100 mètres sur une piste type fixe.Au Québec, il y a un réseau de stations où ces relevés sont effectués régulièrement au cours de l'hiver.Il est cependant plus simple de faire les mesures dans les régions peuplées.Malheureusement, les bassins versants qui fournissent l'eau pour nos réservoirs se trouvent souvent dans les régions peu accessibles.À cause de ces difficultés, on doit donc chercher d'autres moyens d'estimation des quantités de neige sur le terrain.Les procédés qui s'offrent au chercheur sont variés.Parmi les caractéristiques naturelles du manteau nival se prêtant à de telles mesures, mentionnons sa radioactivité gamma et l'émission de micro-ondes; on recours également à la photogrammétrie par radar.Il s'agit dans tous les cas de techniques de téléperception.La tendance actuelle est aux mesures aériennes et par satellite, qui permettent un relevé bidimensionnel continu, beaucoup plus satisfaisant que l'échantillonnage ponctuel.Les satellites offrent par ailleurs une nouvelle sorte de données.Certains d'entre eux survolent le Québec tous les jours.On peut alors suivre la ligne de retraite de la limite nivale pendant le printemps, et savoir ainsi quelle partie de la superficie A d'un bassin versant est constituée par les eaux de fonte pour chaque jour de la durée de la fonte.Car, si la répartition de la quantité de neige pose des problèmes, la fonte elle-même en pose de plus grands encore.FONDRE AU PLUS FORT DE L'HIVER Il est en particulier surprenant de constater que la fonte des neiges se produit continuellement, même au plus fort de l'hiver, sous l'action de la chaleur emmagasinée par le sol durant l'été.Évidemment, le sol n'a rien de brûlant, et la quantité de neige fondant durant l'hiver ne constitue qu'une proportion assez infime de l'équivalent en eau.Néanmoins, cette chaleur est responsable d'une grande partie de l'écoulement hivernal des rivières, et elle réduit sensiblement le taux de vidange des nappes aquifères.Ce processus demeure pourtant assez mystérieux, et fait actuellement l'objet de recherches intensives.Pour ce qui est de la fonte de la surface supérieure par temps doux, il n'existe pas, malgré les efforts déployés par les chercheurs, de bonne base pour calculer le ruissellement à partir des paramètres météorologiques.Il ne faut pas oublier non plus que la météorologie s'occupe d'un des milieux les plus complexes sur la terre.?Aussi, la connaissance progresse lentement, encore que les satellites fournissent des techniques nouvelles, beaucoup plus puissantes.Nous pouvons, par exemple, mesurer le profil vertical de température et d'humidité à travers l'atmosphère Ces données ont trait aux taux de transfert de chaleur sensible et latente qui composent le bilan énergétique, lequel contrôle lui-même le taux de fonte.Les satellites permettent aussi d'estimer le bilan radiatif qui est la source d'énergie pour la fonte.Outre ce taux de fonte, la présence d'eau liquide dans la neige occasionne bien des difficultés.En effet, la neige peut «éponger» l'eau de fonte et ne permettre qu'un faible ruissellement.Puis, déclencher soudainement un ruissellement dont l'ampleur n'a aucun rapport avec le taux de fonte du moment.On est donc à la recherche d'un mécanisme capable d'expliquer cet effet de surprise .D'après les études sur la neige mouillée, il semble que le phénomène soit lié de près à la structure stratifiée dogt nous avons parlé plus haut.C'est à 0 C que le processus d'évolution cristallographique est le plus rapide.Mais il faut considérer le déplacement de l'eau, de la vapeur et de l'air dans un milieu instable où les changements de phase sont nombreux.Malgré la complexité du système, on peut suivre l'écoulement de l'eau de A l'aide d'un colorant, on peut suivre l'écoulement de l'eau de fonte dans le manteau ni val.m *£ï l Sts’ m k, ¦ * üiiP ''N POUR MESURER LA NEIGE Comme mentionné dans l'article ci-contre, plusieurs techniques avancées peuvent être employées pour faire les relevés de l'équivalent en eau de la neige.Celle faisant appel aux rayons gamma naturels est peut-être la plus prometteuse.Pendant l'hiver 1972-73, par exemple, au Canada, on a parcouru ainsi près de 8 000 kilomètres de relevés.De nombreux isotopes naturels présents dans le sol sont radioactifs.Citons le potassium-40, le bismuth-214 et le thallium-208, émetteurs de rayons gamma.Ces radiations sont plus ou moins absorbées par le manteau de neige, et leur intensité au-dessus de la neige est inférieure à celle mesurée en été.La masse de la neige est ce que nous avons appelé l'équivalent en eau.Si on fait un relevé du niveau de radioactivité en un endroit avant que la neige tombe, et les mêmes relevés au cours de l'hiver, on peut suivre l'augmentation progressive de l'équivalent en eau du manteau nival.Cette méthode présente le grand avantage de pouvoir se faire en avion, en survolant une région, et de fournir directement des chiffres moyens correspondant à une grande superficie, ce qui n'est pas le cas des échantillons ponctuels prélevés à la main.Mais, si l'idée de base est d'une simplicité séduisante, plusieurs effets secondaires rendent nécessaires des raffinements de la technique.Par exemple, les isotopes radioactifs de l'air, dont le plus important est le radon-222, gaz naturel continuellement émis par le terrain.Sa demi-vie est 3,8 jours et ses produits de désintégration, le bismuth-214 et le plomb-214, sont également émetteurs de rayons gamma.Afin de tenir compte de ce rayonnement de fond et d'autres rayonnements naturels de l'atmosphère, y compris ceux provenant des rayons cosmiques, on survole préalablement les lacs.La profondeur d'eau d'un lac est telle que tout rayonnement terrestre est absorbé, et il ne reste donc que le fond atmosphérique.On connaît ainsi l'intensité du rayonnement atmosphérique, qu'on peut soustraire des mesures faites sur la neige.L'humidité du sol est une autre source de complications, car elle absorbe les rayonnements et, en même temps, elle est variable.Il faut donc en tenir compte.La masse d'air, entre l'avion et le terrain, absorbe elle aussi une partie des rayonnements qu'on s'efforce de mesurer.Ceci oblige à voler à basse altitude, à contrôler précisément cette altitude, et à la maintenir constante, pour effectuer les corrections.Malgré toutes ces complications, le système d'enregistrement des données sur ruban magnétique et le traitement informatique permet d'obtenir les résultats d'un relevé quelques heures seulement après l'atterrissage.Les comparaisons avec les données fournies par les meilleurs réseaux de carottage ponctuel montrent que la technique par rayons gamma naturels fournit des mesures au moins aussi précises et, ce qui est plus important, sur des superficies infiniment plus vastes et les résultats sont beaucoup plus rapidement disponibles.¦ • - E.J.Langham Appareil utilisé pour la mesure aérienne de l'épaisseur de neige par rayons gamma.y ACTUALITÉ / 11 fonte dans le manteau nival à l'aide d'une technique simple.ROUGE COMME NEIGE On prépare des cubes de glace en utilisant de l'eau colorée.Il est préférable alors que la congélation soit rapide pour empêcher le colorant de s'échapper des cristaux.Puis on réduit ces cubes de glace en petits grains à l'aide d'un broyeur.On met ensuite les cristaux dans un tuyau de plastique comme on en trouve dans les quincailleries.Avec un second tuyau, mais vide cette fois, on fait un trou horizontal dans la neige où on insère le tuyau de cristaux.Et on retire enfin le tuyau à l'aide d'une tige de bois, afin de libérer les cristaux colorés qui se mêlent à la neige.Pendant la période de fonte qui suit, on coupe des sections verticales perpendiculaires à la ligne des cristaux.L'eau de fonte qui s'écoule dans la neige à travers les cristaux acquiert alors de légères quantités de colorant.Dans la recherche sur les phénomènes affectés par la température, on fait face à un problème double: un manque de contrôle des conditions météorologiques et une variation simultanée du nombre de paramètres.Pour étudier les processus naturels, il faut des mécanismes et pour préciser les mécanismes, il faut des expériences contrôlées.D'où l'importance d'un programme expérimental qui vient compléter le travail sur le terrain.• 12/ ACTUALITÉ la neige des villes et la neige des champs par Marius Lachance et Jean-Louis Sasseville Assaisonnées de calcium, entassées dans des dépotoirs, imbibées des polluants de l'atmosphère qu'elles stockent jusqu'au printemps.mais où sont les neiges d'antan?Les eaux atmosphériques constituent un maillon essentiel du cycle hydrologique.Leur composition physico-chimique est conditionnée par leur origine et leur temps de séjour dans l'atmosphère en présence de gaz ou aérosols d'origine naturelle.Tout comme celles des lacs et des rivières, susceptibles d'être contaminées par les eaux usées d'origine urbaine, les eaux atmosphériques viennent en contact avec des émanations moléculaires ou particulaires.En hiver, lorsque l'eau se condense, elle tombe sous forme de neige et donne lieu à des accumulations moyennes annuelles de 75 à 100 centimètres au Québec.La neige représente donc un très important volume d'eau; elle contient des substances diverses accumulées lors de son séjour dans l'atmosphère ou sur le sol.L'eau et les substances qu'elle contient s'infiltreront, au moment de la fonte, vers les eaux souterraines et les eaux de surface dans un laps de temps relativement court.Cette infiltration en modifiera la composition physico-chimique.Au Québec, la neige, loin des centres urbains, conserve une bonne qualité, et continue de justifier le symbolisme de pureté reflété par des expressions du gen- re «blanc comme neige».On ne peut malheureusement plus en dire autant de la neige des régions urbaines.Par les émanations qu'elle essuie et par les manipulations qu'elle subit, cette neige-là est singulièrement polluée.BLANCHE NEIGE Heureusement, la faible densité de la population québécoise, très inégalement répartie de surcroft, permet à la «neige pure» de conserver le dessus en termes de quantité.La neige subit seulement l'influence de l'atmosphère d'où elle origine et qu'elle traverse avant de se déposer sur le sol.Même si la qualité de l'atmosphère est très bonne, la neige recueillie contient des substances dont la concentration dépend de l'intensité et la durée de la précipitation ainsi que du type de flocons.La proximité des océans, l'origine et le cheminement des eaux atmosphériques au-dessus de régions plus ou moins industrialisées, la présence de gaz (S02, CO2, O2 , N2, NO2, NH3) et de particules (poussiè- res, sels marins, résidus de combustion) sont toutes des causes qui influencent la composition chimique des précipitations.Les concentrations mesurées sont habituellement plus faibles que celles mesurées dans les cours d'eau, sauf parfois pour les ions nitrate et sulfate.Mais tous les éléments y sont.Les précipitations sous forme de neige jouent donc un rôle important dans le cycle des substances nutritives et, particulièrement, dans les milieux pauvres en substances organiques.La neige qui s'accumule sur le sol est soumise aux interactions multiples de son environnement physique et biologique.C'est ainsi que la qualité originale de la neige au sol, résultant de la composition chimique de chaque précipitation, se modifie au cours du temps.Plusieurs facteurs influenceront les caractéristiques physico-chimiques de la neige: exposition plus ou moins longue de chaque couche de neige à l'atmosphère, évaporation qui s'ensuit, accumulation de particules et débris provenant des arbres ou de l'épandage naturel, conditions d'ensoleillement, pluie et température ambiante.En outre, il se produit un échange ionique entre la matière végétale et la neige, selon la composition chimique du sol et sa température.C'est cette neige qu'on retrouvera au ' \ , \ \ \ \ ‘ ü.iV Wefpc J.P.LANGLOIS ACTUALITÉ / 13 printemps.Elle contribue à l'augmentation du débit des ruisseaux et des rivières; elle élève aussi le niveau des lacs.GRISE NEIGE On désigne comme une neige de qualité intermédiaire celle qui tombe dans les régions rurales, à proximité des régions urbaines.Cette neige est de bonne qualité quand elle arrive au sol.Elle contient cependant un peu plus de solides dissous provenant des régions industrielles qui jettent dans l'atmosphère des gaz plus ou moins toxiques, des particules ou des poussières sèches.On y trouve donc des concentrations relativement élevées en sulfates.On ne peut pas qualifier cette neige de polluée, même si elle subit l'influence de l'épandage d'abrasifs (sable et sel).La présence de sel en quantité relativement faible ne présente aucun danger pour l'environnement.Dans les régions non urbaines où les vents dominants entra ment avec eux les émanations des grandes villes, il y a pendant l'hiver accumulation de résidus de toutes sortes; carbone, huiles, graisses, poussières, et métaux lourds tels que le plomb et le zinc.A la fonte des neiges, ces résidus plus ou moins solubles s'accumulent en surface et offrent un spectacle disgracieux.Les concentrations de matières toxiques dans les eaux de fonte sont toutefois plus faibles que celles des cours d'eau en général.De plus, le sol, à travers lequel perco-le l'eau de fonte, retient certains ions et résidus.L'eau de fonte, filtrée, viendra diluer l'eau sale des rivières et des lacs des régions rurales .SALE NEIGE! Pour faire fondre rapidement la neige sur les rues et les routes du Québec, on a recours à une technique bien connue.On y déverse chaque année environ 800 000 tonnes d'abrasifs, sous forme de chlorure de sodium (80 à 95%) et chlorure de calcium (5 à 20%) habituellement mélangé à du sable.Les fondants ne sont efficaces que sur les minces couches de neige.Le surplus de neige sera soufflé le long des rues et des routes, ou transporté vers les dépotoirs ou les tondeuses, ou encore déversé directement dans des cours d'eau.Chacun de ces modes aura un impact plus ou moins prononcé sur l'environnement.La neige amassée sur les chaussées et le long des rues contient des sels de sodium et de calcium.Les sels servent au déglaçage et leur concentration augmente aux intersections et dans les côtes.À mesure que progresse l'hiver, la neige soufflée sur les pelouses accumule des substances minérales constituées principalement de sable ou de gravier, de métaux lourds toxiques provenant de la corrosion des automobiles (fer, zinc) et de retombées atmosphériques de produits de combustion (plomb, zinc, vanadium).Elle accumule aussi des substances organiques telles que des huiles et des graisses, produits d'une combustion incomplète d'hydrocarbures, et toutes sortes de rebuts laissés par les humains.Il est difficile d'évaluer l'impact sur l'environnement des eaux de fonte du milieu urbain, à cause des directions multiples qu'empruntent ces eaux.Ainsi, une partie de la neige fond lentement dans les rues et s'en va dans les égouts.La charge en toxiques de ces eaux varie pour chaque municipalité et dépend de la densité de la circulation.La neige qui fond sur les pelouses n'empêche pas l'herbe de repousser l'année suivante.La neige déversée dans les cours d'eau, dans les lacs, ou encore dans les égouts au moyen de tondeuses à neige, agit également sur l'écosystème aquatique.En effet, la matière particulaire qu'elle contient et les toxiques qui y sont rattachés sédimen-tent dans le cours d'eau.Ils affecteront à la longue la vie des organismes de fond et des organismes supérieurs qui s'en nourrissent.De plus, les excès de salinité provoqués par le déchargement de grandes quantités de neige perturbent un équilibre fragile.Elles provoquent chez les organismes une réaction d'ajustement à la salinité du milieu et exigent de leur part une dépense d'énergie rendue difficile par la basse température de l'eau qui ralentit leur métabolisme.Les eaux de fonte de haute teneur en sels injectées dans les lacs ont tendance à s'écouler vers le fond, car leur densité est plus grande.Outre qu'elles transforment la qualité physico-chimique des eaux de fond, elles peuvent s'accumuler dans des fosses et modifier, à la longue, la stratification thermique du lac; ce qui pourrait s'avérer fatal pour plusieurs organismes supérieurs.La neige des dépotoirs est de qualité semblable à celle que l'on trouve sur le bord de la chaussée.Le temps que ces dépotoirs mettent à fondre varie selon les quantités de neige déversées.Dans cer- tains cas, il y subsiste encore de la neige de l'hiver précédent! Les conditions météorologiques affectent peu la rapidité de fonte de ces tas si on n'enlève pas la croûte noire isolante qui recouvre la surface et dont l'épaisseur peut atteindre un mètre.La surface de ces dépotoirs est le siège d'une prolifération microbienne; on trouve notamment des mono, des duplo, des strepto et des staphylocoques dont on connaft mal la pathogénie.Ils peuvent en tout cas se transmettre à d'autres organismes et affecter la vie aquatique et terrestre.Les eaux de fonte de ces dépotoirs contiennent beaucoup de métaux lourds comme le plomb, le zinc, le cuivre et le fer qui affectent la qualité des eaux réceptrices.Le danger, cependant, demeure minime, car la fonte est étalée sur une longue période et une partie de cette eau est filtrée puis épurée par le sol adjacent au dépotoir.Par conséquent, si les accumulations de neige sale dans nos villes constituent un spectacle assez désolant, elles mettent —pour le moment— moins en péril notre santé qu'une «certaine idée» de la neige.0 NASA 14 ENl/IRQNNE/VIENT LE CANULAR DU SIECLE ques extrêmes, présente un grand intérêt pour les biologistes et écologistes de l'Artique.Le comportement des ours en liberté est comparé à celui d'ours captifs servant de témoins.Un collier, passé au cou de la bête, permet de lui faire porter un émetteur radio auquel sont reliés des sondes assurant une étude suivie de la fréquence cardiaque, de la température interne, de même que de la température épidermique.Il serait aussi souhaitable de mesurer la consommation d'oxygène des ours polaires lors de leurs pérégrinations, mais la mise au point d'un masque étanche et suffisamment résistant demeure problématique.De façon générale, le projet en cours à Fort Churchill vise à accroftre les connaissances déjà acquises en rapport avec les habitudes de vie de l'ours polaire et les perturbations qu'y entraîne l'activité humaine.Les appareils télémétriques utilisés devraient agir, en quelque sorte, comme des détecteurs de mensonge; les réactions de surprise et de peur se traduisant en une accélération des rythmes cardiaque et respiratoire.Annoncée comme «la comète du siècle», Kohoutek devait, au dire même de ses zélateurs les moins optimistes, marquer d'un vif éclat ce début d'année nouvelle.Point lumineux parmi tant d'autres, elle aura bien déçu.On doit cependant lui reconnaftre un mérite: celui d'avoir incité plus de gens à contempler le ciel et à s'initier à l'astronomie.Ce n'est pas un mince résultat.Espérons cependant que Kohoutek saura se montrer plus brillante lors de sa prochaine visite.dans 75 000 ans.• A L'ECOUTE DES OURS POLAIRES L'étude comporte aussi des analyses sanguines qui devraient permettre de déterminer les cycles saisonniers de migration, d'alimentation et de reproduction.Alors que les activités industrielles deviennent de plus en plus intensives dans les régions arctiques, de tels travaux prennent de l'importance.Les études dynamiques, énergétiques des populations animales, ne sont donc pas qu'une question de savoir, mais aussi et surtout un facteur déterminant en vue des décisions qui devront être prises pour la protection et l'utilisation des terres arctiques.• D'après un article publié récemment par «Science Forum», une étude du comportement et des habitudes de vie de l'ours polaire est en cours à Fort Churchill, au Manitoba.Ces travaux menés en collaboration avec le College of Biological Science de l'Université de Guelph, le Service canadien de la Faune et le Department of Mines, Ressources and Environmental Management (Manitoba) pourraient ainsi assurer au Canada une place enviable dans le domaine de la recherche arctique.L'ours polaire, par ses capacités remarquables d'adaptation à des conditions climati- SCIENCE FORUM 3glpS ENVIRONNEMENT/15 LA FAUNE EN BROCHURES 3000 OIES BLANCHES j.du QUÉBEC L nos PfRDdid ¦/•r .: ABATTUES AU CAP TOURMENTE Pour le compte du gouvernement et avec la collaboration du Service de la Faune, M.René Pomerleau a rédigé récemment quatre brochures, dont deux portent sur des oiseaux sauvages, le canard noir et la perdrix, et deux sur des poissons d'eau douce, le brochet et l'omble de Fontaine.Une première série de plaquettes semblables avait été publiée il y a un an.Les sujets présentés étaient: l'orignal, le caribou, le cerf de Virginie et la grande oie blanche.Cette initiative du ministère est fort valable.Elle permet de répandre dans le grand public des notions élémentaires sur le monde animal.Pour chaque espèce, le ou les auteurs ont suivi une certaine méthodologie de présentation, comprenant introduction, nomenclature, origine et distribution, traits distinctifs, habitats, aliments, vie et moeurs, facteurs limitatifs, productivité, fécondité, population, aménagement, etc.Ces opuscules de huit pages ne s'avèrent pas des articles savants, même si certaines terminologies sont un peu prétentieuses.Ils semblent conçus pour l'étudiant ou l'amateur de chasse ou de pêche, bref pour celui qui veut se faire une idée générale de certains gibiers à plume, à poil ou d'eau.On peut se demander incidemment pourquoi, dans le cas de la «truite mouchetée», on présente ce poisson par son nom scientifique d'«omble de Fontaine», alors que nos «perdrix», que l'on nomme ici de cette appellation commune, sont en réalité des gélinottes, des tétras ou des lagopèdes?Seule la «perdrix européenne» fait exception.De même, on a présenté notre «chevreuil» sous son nom savant de «cerf de Virginie».Tout cela n'est pas grave en soi.Les huit brochures déjà publiées sont distribués gratuitement à partir des bureaux régionaux du Service de la Faune.On peut aussi les obtenir en s'adressant au ministère du Tourisme, sans oublier de mentionner les sujets choisis.Marcel-Aimé Gagnon La chasse à la Grande Oie blanche a été excellente, l'automne dernier, à la Réserve nationale de la faune de Cap Tourmente, près de Québec.Comme les jeunes oies étaient exceptionnellement nombreuses, les chasseurs —dont les noms avaient été tirés au sort par un ordinateur parmi les requêtes— ont abattu vingt fois plus de jeunes que d'oies adultes (cette proportion n'avait été que de 1/10 àTautomne 1972).250 groupes de chasseurs avaient été sélectionnés en 1973, et presque tous se sont prévalus de leur privilège.La chasse devait avoir lieu du 1er octobre au 10 novembre; cependant, comme l'année précédente, les oies sont parties plus tôt que prévu et la dernière semaine de chasse a dû être annulée.Les chasseurs ont abattu un total de 3 254 oiseaux, dont 2 877 oies et 377 canards et sarcelles.C'est environ trois fois plus que lors de la saison 1972, mais très insuffisant encore pour mettre en danger la survie de l'espèce: contrairement à bien des espèces sauvages menacées, la Grande Oie blanche connaît depuis quelques années une fabuleuse «revanche des berceaux».• 16/ ENVIRONNEMENT RECONCILIER L'HOMME AVEC L'AUTOMOBILE Sous le titre «Incidences sur l'environnement de diverses options concernant la mobilité dans les villes», l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de publier un rapport consacré à l'un des défis les plus ambitieux de la société moderne: la «réconciliation» de l'homme et de l'automobile dans une coexistence harmonieuse.Résultat d'un travail de trois années mené par le Comité de l'environnement de l'OCDE, le rapport, et plusieurs documents de base qui l'accompagnent, débouche sur diverses observations et conclusions, concernant en particulier le bruit et la pollution de l'air par les véhicules à moteur.Un certain nombre de questions d'ordre politique sont traitées, allant de l'analyse coût/efficacité des différentes technologies de lutte contre la pollution jusqu'aux moyens de restreindre l'utilisation de ces véhicules polluants.Il s'agit également d'établir des normes internationales uniformes, de peser les avantages et les inconvénients des instruments économiques par rapport à ceux de la réglementation pour mener la lutte contre la pollution et contre le bruit, sans éluder les conséquences sur le commerce international des automobiles.Mais, même si la pollution de l'air et le bruit étaient complètement éliminés, une foule de problèmes subsisteraient, tels la rareté croissante des ressources en pétrole, les encombrements en zones urbaines, la coupure de certains quartiers par les autoroutes ainsi que la condition désavantageuse dans laquelle se trouvent ceux qui n'ont pas de voiture et ceux qui ne peuvent pas conduire.L'étude estime que les solutions ne seront trouvées ni dans des investissements massifs consacrés aux autoroutes, ni dans des constructions souterraines onéreuses, mais dans des a-méliorations peu coûteuses des systèmes existant.Ces améliorations devront porter sur la priorité aux autobus, les semi-métros, ainsi que les services de voitures banalisées, en attendant que de nouvelles technologies et des plans novateurs en matière d'aménagement foncier soient mis au point en vue de solutions plus durables.On remarque cependant qu'une dépendance trop exclusive à l'égard des transports en commun s'avérerait tout aussi irréaliste que la motorisation individuelle intégrale.Les deux modes de transport doivent être considérés comme complémentaires, répondant à des objectifs différents, et l'amélioration optimale de la qualité de la vie dans les villes passe par leur intégration L'OCDE ne prétend donc pas livrer une guerre totale à l'automobile, mais suggère d'en faire un usage rationnel.Ses prochains travaux mettront d'ailleurs l'accent sur les politiques permettant de restreindre l'utilisation des voitures en zone urbaine.• PLEINS FEUX SUR JUPITER La tache rouge de Jupiter (en bas), l'ombre du satellite lo, l'une des «lunes» de la «planète géante», ainsi que la structure nuageuse de l'astre, apparaissent sur cette photo enregistrée par la sonde automatique «Pioneer 10», alors qu'elle croisait dans les parages, à 2 500 000 kilomètres de Jupiter, le 1er décembre 1973.Transmises sous forme de signaux radio, les images, recueillies sur bandes magnétiques, sont expédiées quotidiennement à l'Université d'Arizona où on les décode, rectifie et interpole, pour finalement les transférer sur films noir et blanc ou couleur.L'ensemble du processus demande 70 heures.# .I W -¦ ENVIRONNEMENT/17 un cratère «lunaire» en plein Québec Quand le ciel se mêlait de bouleverser de fond en comble un coin du paysage québécois.riv.MALBAIE lermont La Malbaie riv.du • Les Éboulements L'L'L J ¦ St-Joseph de la Rive ILE AUX COUDRES Baie St-Paul La Pocatière JÉ ZONE DE L'IMPACT MÉTÉORITIQUE fleuve ST-LAURENT par Jacques Lavigne La région de Baie St-Paul-La Malbaie constitue une des curiosités géologiques de la province de Québec.Les spécialistes ont coutume de la diviser en trois composantes structurales, soient l'ensemble des trois plateaux s'enfonçant dans l'arrière pays, les vallées des rivières «Malbaie» et «du Gouffre», et enfin le Mont des Ebou-lements.C'est ce dernier qui dissimule, sous son appellation paisiblement caillouteuse, une origine pour le moins surprenante.Mais commençons par esquisser un rapide «portrait».D'aspect vertical, le cadre général de la région présente trois plateaux successifs, le plus haut gradin, à l'intérieur, atteignant 1 000 mètres d'altitude.Au niveau du bassin de la rivière Malbaie, on observe une soudaine dénivellation de 800 mètres sur à peine 1 kilomètre.Un second plateau intermédiaire, très ondulé avec une altitude moyenne de 400 mètres, constitue l'assiette médiane du secteur, alors que les dépressions littorales, sur les rives du fleuve, avec les basses vallées des deux cours d'eau (rivières «du Gouffre» et «Malbaie»), dont l'affaissement s'intercale dans le plateau intermédiaire, représentent le troisième gradin. 18/ ENVIRONNEMENT Trois époques géologiques successives (Précambrien, Primaire et Quaternaire) se partagent le terrain.De beaucoup les plus importantes, les formations précambriennes sont principalement représentées par les affleurements d'anorthosite, les gneiss et les granites.Le calcaire Trenton de l'ère primaire se retrouve en bordure du fleuve.L'intense rabotage des glaciers a laissé maintes cicatrices au paysage, sous la forme de moraines réparties sur la plus grande partie de la région, en particulier au sud où l'on retrouve des moraines terminales.Dans les petites plaines comme celle du lac St-Agnès, les étendues de sables d'origine lacustre prédominent, entrecoupées parfois de graviers.Les glaciers ont remodelé le paysage non seulement par des dépôts de graviers moraini-ques, mais encore en façonnant la roche en place: la haute vallée de la Malbaie, par exemple, leur doit la forme d'auge qu'on lui connaft aujourd'hui.UN NOMBRE ÉTONNANT DE CASSURES Mais érosions et rabotages glaciaires sont des éléments normaux dans l'évolution morphologique de tout paysage.Ici par contre, la fréquence étonnante des failles et des diaclases, c'est-à-dire des cassures de la croûte terrestre, suggère immanquablement l'idée qu'une catastrophe brutale a dû survenir à une époque lointaine.Les basses vallées des rivières «du Gouffre» et «Malbaie» sont elles-mêmes le résultat d'un affaissement entre deux failles constituant ainsi un «graben».FAILLES GRABEN Le fait que l'on retrouve le calcaire de l'ère primaire en-c/essous du précambrien au niveau des deltas des deux rivières révèle qu'il s'agit bien d'un effondrement.Le système de failles de la rivière Malbaie s'enfonce jusqu'à 5 kilomètres dans les terres un peu au nord de Clermont.Puis, HYPOTHESE DE L'IMPACT METEORITIQUE (STRUCTURE DE CHARLEVOIX) I___I PRÉCAMBRIEN 1LLLU CALCAIRE ?brèche et roche fondue nrriTTTTTmTiT^ A APPROCHE DU MÉTÉORITE r y y A A PÉNÉTRATION ET EXPLOSION A RÉAJUSTEMENT Mont des Éboulements Rivière Malbaie Rivière du Gouffre A ISOSTASIE ET ÉROSION ENVIRONNEMENT/19 St ¦ Joseph.de ¦ la ¦ Ri ve • Roche en place • Terrain meuble avant l'éboulement • Terrain meuble éboulé St-Laurent i#li —.le système oblique vers l'ouest et le gra-ben est alors occupé par les lacs au Brochet, Sainte-Agnès et Sainte-Marie, pour finalement rejoindre la vallée de la rivière du Gouffre.D'autres systèmes de failles se retrouvent plus haut, les plus importantes ayant une direction nord-nord-est.Plusieurs phénomènes géomorphologiques peuvent être notés dans les basses vallées des rivières «du Gouffre» et «Malbaie», notamment les terrasses marines et les glissements de terrain.La glaciation a laissé une autre marque: la compression et l'enfoncement du continent sous le poids de la glace.Une fois les glaciers retirés, il y a environ 10 000 ans, la mer Champlain a ainsi envahi tous les creux correspondant aux terrains que l'on retrouve aujourd'hui jusqu'à une hauteur d'environ 200 mètres.La mer a de ce fait recouvert les moraines de matériaux marins.Ceci se distingue aisément: alors que les dépôts glaciaires sont surtout constitués des matériaux non triés, traînés en vrac par les glaciers, les sédiments marins représentent au contraire un matériel trié constitué de sable et d'argile.Mais, soulagée de son poids de glace, la croûte terrestre, par saccades successives, s'est relevée, chassant la mer; dans son retrait plus ou moins rapide, la mer Champlain a alors constitué différentes terrasses marines correspondant chacune à l'une de ces saccades du continent et du retrait simultané de la mer.C'est ainsi que l'on retrouve des terrasses marines et fluviales très bien marquées le long des basses vallées des deux rivières.Certaines de ces lignes de rivage peuvent être suivies sur plusieurs kilomètres entre La Malbaie et Clermont, l'une d'elles, qui apparaft à une altitude de 150 mètres, étant la plus évidente.Ces terrasses sont ordinairement composées de sable reposant sur de l'argile, le tout ayant été déposé par la mer Champlain et par l'apport sédimentaire des rivières.Ces dépôts expliquent la fréquence des glissements de terrain dans la région: la couche imperméable d'argile localisée sous une accumulation de matériaux perméables amène une accumulation d'eau qui mine la base.Les terrains bas de la «Malbaie» et de la rivière «du Gouffre» sont ainsi parsemés de masses d'argiles éboulées des hauteurs environnantes.Les formes coniques arrondies que l'on retrouve à l'emplacement du club de golf de La Malbaie sont de cette origine.Le plus spectaculaire de ces glissements de terrain se situe à St-Joseph-de-la-rive où de grandes formes bosselées en bordure du fleuve témoignent d'un éboulement survenu en 1663.Un immense morceau de terrain s'est alors décroché de la falaise et a glissé dans le fleuve.RECONSTITUER LA CATASTROPHE Mais ces glissements de terrain constituent somme toute des événements bien anodins si on les compare à la dépression semi-circulaire formée par la basse Malbaie, les lacs au Brochet, Sainte-Agnès et Sainte-Marie et la partie inférieure de la rivière «du Gouffre».Il s'agit d'une enceinte ayant pour centre le Mont des Éboule-ments.La limite externe du cercle s'étend sur un rayon d'environ 25 km autour du mont.A l'intérieur de cette dépression, on retrouve une éminence d'environ 10 km de rayon gravitant également autour du Mont des Éboulements.Le second hémicycle, du côté sud, se situe sous le St-Laurent; il est donc de ce fait plus difficilement observable.Des échantillons géologiques prélevés par le ministère des Richesses naturelles ont permis de démontrer qu'on est en présence de roches fondues cristallisées.L'altération de la roche en place est de plus en plus marquée à mesure que l'on se rapproche du Mont des Éboulements.Fractures et fusion de la roche dans la région ne s'expliquent que par une explosion.Deux hypothèses ont été formulées quant à la nature de cette explosion: premier phénomène volcanique et impact d'un gigantesque météorite.La thèse volcanique repose principalement sur des critères d'ordre pétrographique et structural.Les principaux éléments de référence proviennent de la situation du massif en bordure du bouclier laurentien et de la présence de roches d'écoulement s'apparentant à la lave.Mais seule la thèse météoritique explique la rapidité avec laquelle semble s'être produit l'événement.C'est M.Jehan Rondot, géologue au ministère des Richesses naturelles du Québec, qui a le premier songé à la possibilité d'une telle intervention céleste.Selon cette hypothèse, un météore serait venu percuter la région, bouleversant ainsi la structure géologique, altérant la roche en place et transformant de fond en comble le paysage.La découverte de pseudo-tacylite —une sorte de verre produite sous l'action d'une grande chaleur— de même qu'un changement de stratification dans la roche, et souvent un mélange parmi celle-ci, porte à croire que cette hypothèse est la plus justifiée.De nombreux «shatter cônes», (roche dont la stratification épouse la forme de cônes) témoignent quant à eux de la violence du choc subi.La succession des événements découlant de l'hypothèse météoritique pourrait être décomposée en trois temps.Le premier est constitué par l'impact du météore qui provoque une forte onde de choc et de la chaleur.Deuxième temps: l'onde de choc amène la remontée, sitôt après le choc, de la partie centrale allégée de la pression du météore.A ce mouvement de remontée correspond un déplacement par succion de la périphérie vers le centre, d'où la double cassure (graben) annulaire.Dans un troisième temps se produit un réajustement de l'écorce terrestre.L'impact météoritique du Mont des Éboulements fournit donc une explication aux multiples failles que l'on retrouve dans la région.Dans l'ensemble, ce territoire a donc été soumis à des mouvements tectoniques et à un travail d'érosion et de déposition.Toutefois, le premier facteur apparaît de beaucoup le plus important et le lent travail de l'érosion ne représente qu'une cicatrisation très insuffisante pour cacher aux géologues d'aujourd'hui une «catastrophe» survenue à une époque où elle ne risquait guère de déranger des êtres humains. ENERGIE QUI A DECOUPE L'ENERGIE EN TRANCHES ?Notion maintenant familière à tous les étudiants qui, armés de la fameuse constante de Planck («/?»), la découpent allègrement en quanta, l'énergie est discontinue.Non moins allègrement, on attribue à Planck la paternité de cette idée révolutionnaire, qui devait sonner le glas de la mécanique classique et inaugurer la physique quantique.Le motif officiel d'attribution du prix Nobel à Max Planck en 1918 —soit 18 ans après la communication fameuse à la Société de physique de Berlin qui annonçait la naissance de «/?»— faisait d'ailleurs explicitement référence à la «découverte des quanta d'énergie».Or le mensuel français «La Recherche» publiait dans son numéro de novembre 1973 un article qui vient remettre sérieusement en cause cette paternité légendaire.Pour Rémy Lestienne, qui signe l'article en question, «l'analyse historique des textes de Planck nous invite à nous montrer circonspects».Et c'est en réalité à Albert Einstein que revient le mérite d'avoir démontré le caractère discontinu de l'énergie.Pour Planck, cette constante/?n'était qu'un simple artifice de calcul sans signifi- cation physique, et non seulement il n'a pas découvert les quanta, mais il en a longtemps et opiniâtrement combattu l'idée, «contre la logique de sa propre découverte», pour ne s'y rallier que sur le tard et en désespoir de cause: en 1913 encore, «Planck et plusieurs de ses collègues écrivirent une importante recommandation pour Einstein: ils parlèrent en termes très chaleureux de ses succès, mais, à propos des quanta, ils expliquèrent qu'on ne devait pas tenir rigueur à un audacieux innovateur de s'emballer parfois».Pour Rémy Lestienne, Planck méritait son prix Nobel, mais, issu de la vieille aristocratie prussienne et foncièrement conservateur, «n'était pas préparé à accepter l'aventure de la relativité» et a tout fait pour sauver la mécanique classique.«Des deux femmes qu'il épousa —poursuit le collaborateur de La Recherche— la première était une amie d'enfance, la seconde une cousine: ultime trait qui montre que Planck n'était probablement pas prédisposé à l'aventure.» # HARNACHER LES RIVIERES DE GLACE Mer de glace rivière de l'Arveyron 1 717 m Bassin de prise en charge Chute verticale \ 304 m \ j Canal de fuite USINE Le moindre torrent de montagne ayant été harnaché à des fins hydroélectriques, les Français ont entrepris de domestiquer les rivières de glace.En effet, la Société Travaux hydrauliques et entreprises générales vient d'achever la construction d'une usine hydroélectrique située sous l'un des plus importants glaciers de France, la «Mer de glace», dans le massif du Mont-Blanc.Un bassin, creusé au coeur de la montagne, capte à 1 419 mètres d'altitude les eaux emprisonnées sous l'immense glacier.A cet endroit, le lit rocheux de la rivière de glace épouse la forme d'un V accentué de sorte que l'eau s'y accumule.Après le bassin de prise en charge, une galerie de 3 mètres de diamètre et de 1 717 mètres de longueur achemine l'eau à la tête d'un puits de 304 mètres de profondeur.Au pied de la chute verticale se trouvent les turbines actionnées par un débit utile de 14 mètres cubes par seconde.Le principal problème demeure l'élimination des graviers continuellement apportés par le glacier, mais l'usine produit régulièrement ses 42,5 mégawatts de puissance électrique.• ÉNERGIE / 21 DES TURBINES HYDRAULIQUES EN BOIS A-t-on jamais entendu parler de bombe solaire ou de missile actionné par l'énergie éolienne?Évidemment non.Comme si notre mode de vie industriel ne se trouvait pas assez perturbé par la pénurie d'énergie, on vient nous rappeler maintenant que, faute de recourir à une technologie dite «douce», fondée sur des sources d'énergie non polluantes comme le vent et le soleil, les techniques actuelles risquent fort de nous conduire à un mode de vie analogue à celui qu'engendre la guerre.Dans le dernier numéro de la revue Impact, publiée par l'UNESCO, Robin Clarke, écrivain scientifique britannique renommé attire notre attention sur l'urgence d'une technologie de rechange.Auteur, entre autres ouvrages, de We ail fall down: The Prospect of Biological and Technical Warfare, Clarke distingue soigneusement l'attitude «réformiste» qui part du principe que notre technologie actuelle n'est pas fondamentalement mauvaise, et «la solution de rechange qui repose, au contraire, sur la conviction qu'elle est foncièrement viciée».Il fait également justice de l'argument selon lequel la pollution industrielle serait un bien pour les pays en voie de développement: «Si considérables que soient les sommes consacrées par les pays riches aux pays pauvres au titre de l'aide internationale, déclare-t-il, créer dans les pays en voie de développement des emplois en y implantant une technologie de pointe se révèle une entreprise extrêmement coûteuse».Mohammed Mansur Hoda, ingénieur en mécanique et directeur de Y Appropriate Technology Development Unit, au Gandhian Institute of Studies (Inde), reprend ce point de vue et le développe vigoureusement: «Maintenant, après vingt-cinq ans ou presque d'efforts désespérés, il apparaft que le développement selon les méthodes occidentales n'est, pour la plupart des pays en voie de développement, qu'un rêve irréalisable.Ce qui est plus grave, c'est que ces efforts de développement ont créé, dans les sociétés en voie de développement, un déséquilibre entre villages et villes.On crée ainsi des flots de prospérité, voire d'opulence, sans s'inquiéter du reste du pays».Il fait également observer que tout le monde n'est pas riche dans les pays riches: «Les exploiteurs de technologie.sont plus soucieux de faire voler des avions à des vitesses supersoniques que d'améliorer les conditions de vie.Les inventions du chauffage central et de la chaleur irradiée ont permis à la technique du chauffage des habitations d'atteindre presque la perfection; mais il y a encore des milliers de gens qui n'ont pas les moyens de payer leur note de combustible en hiver, et aussi quelques-uns qui meurent de froid, cependant que les riches malades incurables survivent, par une sorte d'emprunt sur l'avenir, grâce à des coeurs et à des reins artificiels».Un des principaux partisans des «techniques douces», l'écrivain scientifique britannique Peter Harper, tient sur les effets des «technologies dures» des propos cinglants.Il constate qu'une critique quelque peu sensible «voit tous ses rêves déçus ou pervertis.Il voulait le socialisme, il a la technocratie; il voulait l'égalité, il a la hiérarchie; il voulait l'autogestion, il a la bureaucratie; il voulait comprendre, il a le jargon; il voulait une communauté, il a des cités-dortoirs; il voulait travailler dans la joie, il a un travail presse-bouton; il voulait des heures de travail plus courtes, il a le chômage, ou de longs trajets entre son lieu de travail et son domicile; il voulait de l'air pur, il a un masque à gaz».Harper pense que la Chine représente un espoir: «La leçon capitale que nous donne la Chine, c'est de nous montrer clairement que, même lorsque les forces de production sont relativement peu développées, il est possible de pourvoir à tous les besoins essentiels du peuple.Il n'est pas nécessaire de différer la réalisation des objectifs humains fondamentaux jusqu'à ce que les impératifs de production soient satisfaits.Au contraire, et cela pourrait bien être le principal apport de la Chine à l'humanité, les grands objectifs humains peuvent être à l'origine d'une réussite économique extraordinaire».Seize pour cent de l'énergie hydro-électrique utilisée dans ce pays provient de plus de 35 000 petites centrales dont la capacité va de quelques kilowatts à quelques centaines de kilowatts.«Un manuel national sur la construction des petites centrales électriques donne des instructions détaillées pour la fabrication de turbines hydrauliques en bois.Si le charbon et l'énergie hydroélectrique jouent encore un rôle prépondérant, diverses autres sources d'énergie sont exploitées.Il y a des localités où les éoliennes sont d'usage courant.Dans un des districts de la province de Shangai' et plus au sud, sur la côte, on trouve de petites stations marémotrices dont la plupart semblent fonctionner aussi bien à marée montante qu'à marée descendante.«On dit que 320 centrales hydro-électriques ont été construites dans un district du Kouang-tong sur des chutes de 30 cm seulement.Ailleurs, on utilise des eaux souterraines chaudes pour actionner de petites génératrices.Enfin, l'emploi du gaz naturel pour répondre aux besoins d'énergie locaux a aussi été signalé.» • 22/ ÉNERGIE DES REVES DE GÉOLOGUES Le Québec n'est pas l'Arabie, ni même l'Alberta: géologiquement parlant, son territoire n'est guère de ceux que l'or noir affectionne d'ordinaire.Du moins à première vue, car en cherchant bien, on trouve de quoi entretenir des espoirs qui se chiffrent à quelques milliards de dollars d'hydrocarbures.Ce n'est pas si mal.une vague par Jean-Marc Fleury Le Québec importe tout son pétrole, tout son gaz naturel, tout son charbon et tout son uranium.Faut-il conclure pour cela que nous sommes complètement dépourvus de ces ressources énergétiques qui dirigent la géopolitique mondiale?Pas encore.Une fraction du Québec, le huitième, est constituée de «provinces géologiques» susceptibles de contenir d'importantes réserves de pétrole, de gaz et de charbon.Quant à l'uranium, il n'y a aucun gisement en exploitation au Québec, mais on connait quelques endroits où des travaux de prospection actifs sont en cours.En fait, si nous ne produisons encore aucune ressource minérale énergétique, c'est surtout que la géologie de l'immense Bouclier canadien favorise plutôt les gisements de fer, de cuivre, de nickel, d'amiante, de plomb, de zinc, etc.Les hydrocarbures demeureront toujours les parents pauvres parce que le Québec est avant tout cet immense bloc de roche endogène, masse de lave issue des profondeurs de la Terre.Lorsqu'on traite de pétrole au Québec, on ne parle pas de réserves prouvées, mais de ressources potentielles.Cette distinction est très importante.Les réserves sont des champs pétrolifères au contenu déjà identifié et assez bien délimité.Les ressources potentielles de leur côté sont baptisées «rêves de géologue».Ce sont des hypothèses basées sur des réalités géologiques et géophysiques qui permettent d'identifier les régions susceptibles de receler des hydrocarbures.Ces rêves ne se transforment en réserves prouvées qu'après des dizaines et même des centaines de millions de dollars de travaux de sondages géophysiques et de forage.Au Québec on a identifié 200 000 km2 de terrain répartis dans cinq provinces JSW.rations au largo Nauvet iobjetc mile "H suri déco tonnes ( ft au» laiCan tstimt; la et 3d ferésèn tdté.la toestm Pétrole «Ve /ji\ ^ .-Sa odeur de pétrole géologiques, susceptibles de contenir du pétrole.Par contre, on a effectué jusqu'ici seulement une douzaine de forages d'envergure et dépensé 6 millions de dollars en travaux de prospection pétrolière.« Le Québec est donc un territoire vierge pour la prospection pétrolière», affirme M.Bernard Cloutier, président de la Société québécoise d'initiatives pétrolières (Soquip), qui possède des droits d'exploration sur 80 pour cent des territoires à potentiel pétrolier.On a qu'à songer au plateau continental, au large de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du Labrador, qui a déjà fait l'objet de 300 millions de dollars de travaux de prospection.De même dans la mer du Nord, au large de l'Écosse, dans une région que les experts de Soquip jugent analogue à la région du Golfe Saint-Laurent, on a dû forer 200 puits échelonnés sur une vingtaine d'années avant de découvrir des réserves de 3 milliards de tonnes de pétrole (une tonne vaut environ sept barils de pétrole) et de 1 000 milliards de mètres cubes de gaz.Mais que promettent les rêves des géologues aux Québécois?La «Canadian Petroleum Association» estime à 300 millions de tonnes de pétrole et 300 milliards de mètres cubes de gaz les réserves potentielles du Golfe.De son côté, la Commission géologique du Canada est moins optimiste pour le potentiel pétrolier, qu'elle fixe à un maximum de 200 millions de tonnes pour le Golfe et toute la plate-forme du Saint-Laurent, jusqu'en Ontario.Et plus optimiste pour le potentiel gazier qu'elle établit à 350 milliards de mètres cubes.«À $10 dollars le baril, le prix qui sera offert pour le pétrole du Golfe, à l'époque où il sera extrait, dit M.Cloutier, cela représente une richesse potentielle de 22 milliards de dollars.Ceci justifie amplement la dépense de centaines de millions de dollars en exploration et exploitation.» Gardons-nous toutefois de pavoiser exagérément: les réserves potentielles de tout le Canada sont estimées à 14 milliards de tonnes de pétrole (100 milliards de barils), selon les derniers chiffres de la Commission géologique, et à 140 milliards de tonnes (1 000 milliards de barils) selon Imperial Oil.Constituant 15 pour cent de la superficie du Canada, le Québec n'a donc pas été spécialement favorisé par la nature côté hydrocarbures.C'est que l'on trouve du pétrole uniquement dans des bassins sédimentaires, des régions basses du globe où les rivières ont charrié leurs alluvions pendant des dizaines et des centaines de millions d'années.Or la majeure partie du Québec, en fait presque toute la partie au nord du Fleuve Saint-Laurent, forme la plus vieille bosse de la Terre, le Bouclier canadien.Il n'y a pas une goutte de pétrole dans cette bosse de roche dure puisqu'elle s'est formée avant même que la vie apparaisse sur terre.Or les hydrocarbures sont issus de la transformation de la matière organique, végétale et animale.Les végétaux tèrrestres donnent surtout du charbon et les autres matières organiques (débris d'animaux, plancton, protéines et graisses) produisent du pétrole et du gaz.-; ENERGIE / 23 I LA RECETTE DU PÉTROLE À M Tour de forage, dans /7/e d'Orléans M.R.G.McCrossan, de l'«Institute of Sedimentary and Petroleum Geology», de Calgary, a expliqué au colloque sur l'éner- gie organisé par la Société royale du Canada, en octobre dernier, la suite des circonstances nécessaires à la formation de réservoirs de pétrole, de gaz et de charbon.Par toute la Terre, les bassins se comblent lentement par la boue et le sable charriés par les rivières.De plus, les bassins marins génèrent eux-mêmes de grandes quantités de sédiments en précipitant les sels de l'eau de mer et en accumulant des squelettes d'organismes marins riches en calcite (CaCOs ) au fond du bassin.En plus de ces bassins marins, il y a des bassins continentaux, comme celui des sédiments récents de l'Alberta.Dans cette région, les rivières descendant les Rocheuses durant les derniers millénaires ont accumulé des débris dans la sorte de mer intérieure qui recouvrait alors les plaines de l'Ouest.Aujourd'hui, l'Alberta, le seul bassin pétrolier canadien en production, vaut 2,3 milliards de tonnes de pétrole dont environ un milliard de tonnes a déjà été consommé.Mais, M.Frederik Van Oyen, géologue en chef chez Soquip, souligne que les bassins marins sont généralement 7 à 8 fois plus prolifiques en pétrole que les bassins continentaux.Plusieurs bassins québécois sont du type marin, et leur genèse mérite donc d'être contée.Il faut d'abord réaliser que les accumulations de sédiments ont connu des développements majeurs dans les deltas des grands fleuves et le long des côtes.Les premiers bassins marins se trouvaient donc sous l'eau.Si l'on excepte les bassins continentaux, il y a donc eu une époque où n'existait que le pétrole «offshore».Aujourd'hui, on peut avoir accès à ce pétrole en forant en surface émergée puisque, par le processus d'orogénie, les bassins marins se transforment en montagnes.En effet, les géologues ont prouvé que les , continents dérivent sur le globe terrestre, f* Ils se sont même séparés et réunis à plus L, 24/ ÉNERGIE d'une occasion.Lors des «collisions», les strates de sédiments marins ont été repliées contre les continents pour former les chaf-nes de montagnes.Voilà pourquoi on ramasse des fossiles marins au sommet des Rocheuses et dans le rocher Percé.C'est aussi pourquoi on trouve souvent beaucoup de pétrole dans ces sédiments repliés.Mais, la soif d'or noir est telle que les pétroliers n'ont plus la patience d'attendre ces collisions à quelques centaines de millions d'années d'intervalle.On n'a pas encore fini d'exploiter le pétrole des bassins marins émergés, que l'on fouille déjà les jeunes sédiments au large des côtes.Dans les bassins continentaux comme dans les bassins marins, des carcasses animales et des tissus végétaux s'accumulent, en même temps que les glaises et les sels.Lorsque tout un récif de corail, d'immenses bancs d'huftres, ou des marécages remplis de tourbe s'enfoncent, à cause de l'affaissement de la croûte terrestre sous le poids des sédiments (subsidence), il se produit alors de grandes concentrations de matières organiques.Par exemple, les importants réservoirs pétroliers de Redwater et de Leduc, en Alberta, sont d'anciennes chaînes de récifs maintenant enfouies entre 1 500 et 4 500 mètres de profondeur.De façon générale le pétrole provient de sédiments dont la matière organique était riche en carbone et hydrogène et pauvre en oxygène.Cette matière organique provient principalement des revêtements cireux (cuticules) des plantes, des résines, des lipides (graisses) et des protéines, en un mot surtout de la matière organique d'origine animale.HUIT PROVINCES PÉTROLIÈRES On ne connaft pas encore parfaitement l'allure des terrains à potentiel pétrolier du Québec, mais on sait au départ que leur faible envergure ne permet pas d'en espérer d'énormes quantités de pétrole et de gaz.Par contre, leur proximité des marchés de consommation de l'Est canadien, qui importe 100 pour cent de son pétrole et de son gaz, mérite qu'on les explore méthodiquement.Cette vaste opération, commencée il y a peu d'années, a été très activement poursuivie par la Soquip, à compter de 1970, quelques mois seulement après la création de cet organisme.Soquip a commencé par identifier huit régions d'intérêt: — le Lac Saint-Jean — les basses terres de la baie James — le bassin des Basses-Terres du Saint-Laurent — le Complexe taconique — la baie des Chaleurs — la Fosse de Gaspésie — le Bassin d'Anticosti — le Bassin du Golfe Saint-Laurent.Les deux premiers bassins ont été immédiatement éliminés à cause de la faible étendue des sédiments et parce que leur épaisseur ne dépasse pas 200 mètres, à la baie James, et 100 mètres au Lac Saint-Jean.Ainsi, les traces de gaz et d'huile des séries sédimentaires du Lac Saint-Jean ne présentent aucun intérêt commercial.Les Basses-Terres du Saint-Laurent, de Québec à Montréal, font l'objet d'une prospection active.Le dernier forage a été effectué à Sainte-Croix, à environ 50 kilomètres au sud-ouest de Québec.A cette occasion, comme lors des forages précédents, on a trouvé des traces de gaz.Les sédiments de cette région ont été arrachés au Bouclier canadien à une époque où les Appalaches n'existaient pas.Un ancêtre de l'océan Atlantique, le proto-Atlantique, était alors en contact direct avec le Bouclier, le long de la faille de Logan.Par la suite, les mécanismes d'orogénie, dont deux collisions entre l'Amérique, l'Afrique et l'Europe de l'ouest, ont replié des sédiments contre le continent pour former les Appalaches.Mais les Basses-Terres furent épargnées par ces bouleversements.On y trouve quand même des pièges constitués par des failles, de légers bombements et des interactions stratigraphiques propices.Les roches-réservoirs sont des grès (sables consolidés) très vieux, datant du Cambrien supérieur (il y a plus de 550 millions d'années).Le prolongement ontarien de ce bassin sédimentaire produit du gaz, mais tous les puits forés au Québec n'ont donné que des émanations non rentables.M.Jacques Plante, directeur de l'exploration chez Soquip, croit qu'il faudra avoir recours à des explosions nucléaires souterraines pour forcer le gaz hors du grès.Ce genre d'expérience a déjà été tenté dans d'autres parties du monde et, aux États-Unis, on estime à un demi-million de dollars le coût d'une telle opération.Ce serait peut-être le seul moyen de rendre exploitables les réservoirs de grès du Québec, qui ne possèdent pas assez de fractures pour permettre aux hydrocarbures de s'accumuler dans les pièges.Par dessus les vieux sédiments des Basses-Terres se trouvent des morts-terrains très jeunes, âgés de quelques dizaines de milliers d'années.Ces derniers produisent un peu de gaz à Pointe du Lac, près de Trois-Rivières.LES REBORDS DU CONTINENT Une bande de terrain large d'une centaine de kilomètres, longeant le Saint-Laurent de la frontière américaine à Gaspé, excite particulièrement le flair des pétroliers.On l'appelle le «Complexe taconique», et sa géologie rappelle les riches piedmonts pétrolifères de l'Alberta.Les Cantons de l'Est, l'fle d'Orléans et Rimouski sont assis dessus.Le Complexe taconique a été formé lorsque l'océan proto-Atlantique achevait de se former, il y a environ 500 millions d'années.A ce moment, les strates de sédiments, accumulées le long du Bouclier, ont été poussées hors de l'eau pour chevaucher le continent.Puis, lorsque l'Amérique a heurté l'Europe et l'Afrique, les sédiments résiduels ont été plissés pour former des montagnes et des bassins.À leur tour, les jeunes montagnes ont été grugées par l'érosion, et leurs sédiments ont empli la Fosse De Gaspésie, au nord du Môle de Pabos, et la Baie des Chaleurs, au sud du Môle.C'est pourquoi les sédiments de la Fosse et de la baie des Chaleurs sont plus récents que ceux du Pabos et du Complexe taconique.Ayant subi un bouleversement majeur, le Complexe contient de nombreux pièges à pétrole et à gaz.Dans la région de Rimouski, par exemple, on a identifié un dôme de 15 par 80 kilomètres susceptible de contenir plusieurs strates gazières.Trois forages ont révélé des traces encourageantes mais non commercialement rentables de gaz dans cet important piège.La Fosse de Gaspésie, elle, est pleine d'épais sédiments de grès et de calcaire âgés de 350 à 400 millions d'années.La Commission géologique du Canada estime que le potentiel pétrolier de cette région est faible.Elle explique, dans l'annexe A au volume sur la Politique canadienne de l'énergie, que les nombreuses failles de la Fosse auraient permis au pétrole de s'échapper.Par contre, Soquip affirme avoir trouvé des endroits où les failles auraient guidé les hydrocarbures vers des pièges.Cette région a fait l'objet de recherches pétrolières dès 1880 à cause des nombreux suintements d'huile qu'on y trouve.L'exploitation a toujours été artisanale, et la production limitée à quelques barils par jour.Le Bassin de la Baie des Chaleurs, qui a à peu près le même âge (375 millions d'années) pourrait contenir des dépôts réci-faux avec possibilité d'hydrocarbures.Les derniers relevés indiquent que le fond de la baie comporte les caractéristiques les plus intéressantes.Et des carottes de sol, recueillies sur la côte nord de la baie, possèdent les qualités exigées pour des roches-réservoirs.Quant au Golfe, il se subdivise en deux régions: la partie nord, dite bassin d'Anticosti, qui constitue le prolongement des Basses-Terres, et le bassin du Golfe proprement dit, au nord de la faille de Logan.Le Bassin d'Anticosti comprend des sédiments très vieux de l'Ordivicien et du Silurien, comme dans les Basses-Terres.On y a trouvé plusieurs cibles, dans sa partie nord-est, où les pièges semblent se situer à faible profondeur.De nombreux indices d'huile et de gaz ont été décelés lors de sept forages sur l'fle d'Anticosti. SOQUIP ^ ~ " SOQUIP ÉNERGIE / 25 La plate-forme Sedco-H lorsqu'elle était amarrée au-dessus du plateau de Bradelle, dans le Golfe du Saint-Laurent.Cette fie métallique de $20 millions peut forer jusqu'à 7 000 mètres de profondeur, que l'on soit prêt à défrayer son coût d'opération: $40 000 par jour.A v - f'C -, - - .' , ¦ .sif.rv-","-; S3 :I3GS9mbSl*S®S® ;ts; -• .it: .^.NÜÉ|W> Enfin, depuis un an, le Bassin du Golfe est devenu une des préoccupations majeures de Soquip et de ses associés.Séparé du Bassin d'Anticosti par la faille de Logan, sa superficie de quelque 40 000 kilomètres carrés correspond en étendue à la partie sud de la mer du Nord, où de grandes réserves de gaz et de pétrole ont été découvertes.UNE MER MORTE DISPARUE Le plus grand des bassins sédimentaires du Québec possède une histoire très complexe puisqu'il a été tour à tour marin et continental.Profil d’un immense dôme de sel de 3 kilomètres de diamètre et de 8 kilomètres de hauteur, situé quelque part sous le Golfe du Saint-Laurent, te! que ie révèle la réflexion d'ondes sonores.Une soixantaine de pièges à pétrole semblables ont été repérés dans le Golfe.?Ainsi, le Golfe a été un bassin de type continental lorsque l'Amérique, l'Europe et l'Afrique étaient soudées ensemble, au début du Silurien, il y a 350 millions d'années.À cette époque, l'océan Atlantique n'existait pas, mais une dépression à l'endroit du Golfe formait une sorte de mer intérieure.Lorsque les continents se séparèrent, la partie sud-est du bassin s'enfonça encore plus.L'eau du jeune océan Atlantique put alors pénétrer dans le Golfe.Par contre, explique M.Bernard Granger, directeur de la géophysique chez Soquip, une longue barrière de récifs ne permettait à l'eau salée d'entrer que pendant les grandes marées.Une fois emprisonnée dans le bassin, l'eau s'évaporait et le sel se déposait au fond.Ainsi, pendant des millions d'années, l'Atlantique est venu perdre une partie de son sel dans un golfe qui ressemblait à l'actuelle mer Morte.Le processus devait être très efficace puisqu'il s'est accumulé une couche d'un kilomètre d'épaisseur de sel; on la trouve maintenant sous le bassin salifère de Madeleine, entre 5 et 10 kilomètres de profondeur.Il y a 320 millions d'années, les terrains entourant le bassin se sont soulevés, et au lieu de sel, des boues, sables et graviers arrachés à ces jeunes montagnes ont commencé à se déposer.Bien entendu, à ces sédiments était mêlée de la matière organique dont seulement le centième, précise M.Bernard Kubler, d'INRS-Pétrole, peut évoluer pour donner du pétrole ou du gaz. 26/ ÉNERGIE - Îj ' o » 'h lasi aM Seuiem itîeif! É8nt I tael n \0hIIu | HCtal» I split» I aactta I :hh I and raune Golfe, i tioniol et les Mis a èlîjént | lyse des etSMO de lu de sorte Cette photographie perd beaucoup de son sens en noir et blanc, mais il s'agit d'authentiques traces de charbon et de bitume québécois.(Le pétrole est un bitume liquide.) La diagonale, du coin gauche, en bas, au coin droit, en haut, est du charbon; tandis que le bitume forme une sorte d’arche, dans la partie inférieure droite de la photo.Les zones claires sont des minéraux sans intérêt.A LA ROCHE ¦ MERE ET SON ENFANT V.C'est seulement lorsque les matières organiques se trouvent sous plus de 1 000 mètres de sédiments que les températures deviennent assez élevées pour générer de l'huile.À des profondeurs moins grandes, l'action des bactéries peut produire du gaz naturel, comme ce pourrait être le cas à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières.Plusieurs importants champs gaziers d'Alberta sont de ce type.Les hydrocarbures naissent dans les parties les plus calmes des bassins, là où les particules de matière organique se déposent mêlées aux fragments de roc les plus fins.Une fois comprimée sous la pression des sédiments accumulés cette formation géologique devient la roche-mère.À mesure que cette boue s'empile, l'eau est expulsée par la pression due à la masse de sédiments.Lors de son expulsion, elle entrafne les molécules d'hydrocarbure.Lorsque cette soupe remonte à travers une couche de sable aux grains plus gros, les molécules d'hydrocarbures sont capturées tandis que l'eau s'échappe.Dans ces interstices plus larges les hydrocarbures s'agglutinent et ne peuvent sortir du sable si celui-ci est entouré d'une enveloppe compacte de sédiments plus fins.L'eau, 1 I form ?’ I àtlesl I wvo; I iypsft I sont te comme ( tomb «KporJ Weré Unjnrc iel’Ouf Ur';; s*, les l'oauorr j I.wternef I i.Ünpi(j( «os plis, occurm* ftoitrej Wp ÉNERGIE / 27 Les dernières couches de sédiments s'empilèrent sur sept à huit kilomètres.La charge pesa tellement sur le sel que celui-ci commença à se comporter comme un fluide très visqueux.En certains endroits, d'énormes montagnes de sel de plusieurs kilomètres de hauteur surgirent à travers les sédiments.Jusqu'ici on a repéré une soixantaine de ces dômes, excellents pièges à pétrole.Seulement quatre forages profonds ont été effectués dans le Golfe; sur le plateau de Bradelle, sur l'fle Brion, au large de la Nouvelle-Écosse et dans le détroit de Northumberland.On a trouvé des strates de charbon dans le bassin salifère et dans le plateau de Bradelle.Leur épaisseur exacte est confidentielle, mais il semble qu'elles aient été plus épaisses dans le bassin de Madeleine que dans le plateau de Bradelle.nor 19 rr PSI el £ Il est encore beaucoup trop tôt pour donner une idée exacte des sédiments du Golfe, mais M.Kubler, expert de réputation internationale, conclut que seulement les 1 500 premiers mètres de sédiments ont connu une évolution favorable à la génération de pétrole.Ensuite, l'analyse des sédiments rencontrés entre 1 500 et 5 000 mètres indique que l'évolution de la matière organique a été trop poussée, de sorte qu'il y aurait plutôt du gaz que du pétrole.Ces données, encore très partielles, viennent confirmer la tendance des estimations de la Commission géologique du Canada qui a augmenté de 60 pour cent sa dernière prévision quant au gaz contenu dans le Bassin du Golfe et de seulement 30 pour cent celui relatif au pétrole.Selon la CGC, le Bassin du Golfe contiendrait 130 millions de tonnes de pétrole et 250 milliards de mètres cubes de gaz.Chaque kilomètre cube de sédiment du Golfe comparé à un kilomètre cube de sédiment de la côte du Labrador contiendrait quatre fois moins de pétrole.La principale raison qui explique le faible potentiel serait l'absence de roches mères, selon la Commission.Les sédiments qui se sont accumulés sur le sel auraient été peu propices au développement d'hydrocarbures.De son côté M.Bernard Cloutier, président de Soquip, rappelle que les estimations ont toujours été dépassées.Il se dit convaincu que le Golfe recèle plusieurs cibles au potentiel de 35 millions de tonnes de pétrole.En novembre dernier, Soquip, associé à Shell, a foré jusqu'à 5 000 mètres dans une de ces cibles.sans faire jaillir de pétrole.Plusieurs autres cibles, situées entre 1 500 et 5 000 mètres attendent leur tour.En 1970, la consommation annuelle de pétrole au Québec a dépassé 20 millions de tonnes.Selon les estimations les plus optimistes, les réserves potentielles québécoises ne pourraient répondre à cette demande que pendant quelques années.Par contre, la valeur prise par les hydrocarbures oblige les pétroliers à ausculter et à piquer chaque zone susceptible de receler du pétrole.Et malgré le jugement sévère de la Commission géologique sur les sédiments québécois, il n'est pas encore dit qu'ils ne cachent pas pour quelques milliards de dollars de barils de pétrole.ffiO'û} itms i[(j« treltM litres, ers if AI1 lespï' I «F-i îffis' I [OÜ1'' -it^' opP* L'# | par contre, poursuit son chemin.Cette formation rocheuse qui filtre et emmagasine les hydrocarbures s'appelle roche réservoir.On en connaft deux grands types, les grès et les carbonates.Les grès sont des sables cimentés et d'autant plus productifs que la cimentation est faible, comme au Koweït, par exemple.Les carbonates (calcaires) forment des réservoirs aux pores petits ou très grands, de sorte que le réservoir sera pauvre ou très riche.Un grand nombre des réservoirs récifaux de l'Ouest canadien se trouvent dans des strates carbonatées.Une fois dans les pores de la roche réservoir, les hydrocarbures, moins denses que l'eau ordinairement saline, s'accumulent lentement au sommet du réservoir.Mais cette accumulation se produit uniquement lorsque la roche réservoir est recouverte d'une couche imperméable, d'argile par exemple.Cette couche doit de plus épouser la forme d'un dôme, à la suite d'un plissement de l'écorce terrestre.Un piège à pétrole peut aussi être formé sans plissement de l'écorce, par la simple accumulation des sédiments sur un banc d'huftres ou un récif corallien.Par contre, les extrémités doivent être bien bouchées.Ainsi, pour obtenir l'accumulation de pétrole et de gaz, il faut rencontrer les conditions suivantes: 1.Une roche-mère de sédiments à grains fins enfouie à la bonne profondeur; 2.Une roche réservoir de sédiments à gros grains à la fois poreux pour capturer les hydrocarbures et perméables pour en permettre l'extraction; 3.Unp/ège imperméable; 4.Une synchronisation adéquate des événements, c'est-à-dire que le piège doit être en place lorsque les molécules d'hydrocarbures apparaissent.Seule une petite fraction du pétrole et du gaz fabriqués dans les bassins sédimentai-res est capturée dans de tels pièges.Il peut aussi arriver que des bactéries s'introduisent en profondeur pour manger tous les alcanes, ou hydrocarbures filamenteux.Il ne reste alors que les huiles en anneaux, beaucoup plus visqueuses.Ceci s'est produit dans le nord-est de l'Alberta, où des centaines de milliards de barils de pétrole sont intimement collés à des sables.Quant au charbon, il est né à la suite de la subsidence de vastes marécages remplis de matière végétale.Il a commencé à apparaître voici environ 300 millions d'années.et a connu une autre période importante de formation il y a environ 100 millions d'années.Le pétrole, lui, a commencé à se former aux débuts de la vie marine, à la fin du Précambrien, il y a 555 millions d'années.Par contre, la grande majorité des réserves commerciales mondiales se trouvent dans des roches beaucoup plus jeunes: 29 pour cent au Cénozoique (les derniers 75 millions d'années), huit pour cent pendant le Permien (200 à 225 millions d'années) et moins de six pour cent avant cette période.• y 28 LA SCIENCE & LA S/4NTÉ LE CRM S'INTERESSE AUX DENTS Le Conseil de recherches médicales (CRM) et l'Université de Toronto ont signé début janvier un accord instituant un «Groupe CRM» en physiologie parodontique, à l'Université de Toronto, sous la direction du Dr A.H.Melcher.Sous le bénéfice de l'accord, le Conseil consacrera, au cours des cinq prochaines années, un peu plus de $1,5 million à la recherche fondamentale sur les facteurs qui influencent les cellules du tissu de soutien des dents.Si elles ne mettent pas la vie en danger, les affections des dents et de leurs structures de soutien sont très douloureuses et embarrassantes.Et le traitement de cesé maladies absorbe une partie impressionnante des dépenses que les Canadiens consacrent annuellement à leur santé.Chez les adultes, les troubles concernant la structure de soutien des dents et apparais- De 1 5 à 25 % des cas d'infertilité chez la femme sont dus à l'absence d'ovulation.Jusqu'à tout récemment, on ne disposait que de méthodes agissant à l'échelon de l'adénohypophyse.Ces méthodes sont d'application difficile et présentent des effets secondaires.Aujourd'hui il est possible d'agir à un niveau supérieur, celui de l'hypothalamus, grâce à la synthèse d'hormones ( LH - RH ) qui induisent dans l'adénohypophyse la sécrétion, les hormones (LH - FSH ) qui causent l'ovulation.Les chances de succès du traitement de l'infertilité s'en trouvent donc considérablement accrues.Fait marquant, des hormones ayant une activité de 10 à 30 fois plus grande que l'hormone LH - RH naturelle sont déjà disponibles et devraient permettre d'administrer des doses très faibles pour obtenir l'ovulation.D'autre part, une substance chimique semblable au LH- RH mais pouvant cette fois inhiber l'ovulation en bloquant les mécanismes normalement déclenchés, pourrait conduire à la mise au point d'une forme de contraception sans doute dépourvue des inconvénients liés aux anticonceptionnels utilisés aujourd'hui.Ces hormones hypothalamiques sont des molécules relativement simples ( formées de quelques sant sous forme d'affections parodonti-ques, causent la perte d'un plus grand nombre de dents que la carie.Dans le cas des jeunes, on doit manipuler la structure de soutien pour corriger les malpositions dentaires, si l'on veut prévenir des troubles fonctionnels et psychologiques.En agissant indirectement sur les activités des cellules des tissus parodontiques, on peut assurer le traitement des troubles de la structure de soutien des dents et prévenir les maladies qui l'affectent.L'objectif du groupe est d'approfondir la nature des stimuli qui affectent directement les cellules de ces tissus de soutien.Les connaissances acquises serviront à mettre au point des méthodes de traitement plus efficaces et plus rapides.• acides aminés ) qu'il s'avère possible de synthétiser rapidement par des méthodes standards.Par une approche multidisciplinaire impliquant principalement la physiologie, la biochimie et la morphologie, un groupe de chercheurs du Centre hospi-lier de l'Université Laval , sous la direction du Dr Fernand Labrie, tente de mieux connaftre le mécanisme de l'hypothalamus dans l'adénohypophyse (qu'on désigne souvent comme le chef d'orchestre endocrinien ).Cette dernière est située à la base du cerveau et sécrète six hormones qui contrôlent l'activité de toutes les cellules de l'organisme.La clef des problèmes de fertilité et de régulation des naissances réside, en fait au niveau de l'hypothalamus qui, par ses hormones (RHs) contrôle l'activité même de l'adénohypophyse et est donc le véritable chef d'orchestre de l'activité endocrinienne.Le Conseil de recherches médicales du Canada vient d'accorder une subvention d'un million cinq cent mille dollars (couvrant une période de cinq ans) au groupe de recherches du Dr Labrie.VERS LA REPARATION DES CELLULES Petit à petit le génie génétique se prépare à passer de la science-fiction-à la réalité.Le Dr Jerry Schneider, un chercheur de l'Université de Californie à San Diego, a réparé des cellules défectueuses provenant d'enfants atteints de cystinurie.Cette maladie héréditaire très rare entraf-ne souvent la mort avant l'âge de dix ans.A cause de son patrimoine génétique, les cellules de l'enfant ne possèdent pas l'information nécessaire pour fabriquer les enzymes nécessaires aux métabolisme de la cystine; cet acide aminé s'accumule alors dans l'organisme jusqu'à provoquer la mort.Jusqu'ici le seul recours de la médecine était de détecter la maladie le plus tôt possible pour alimenter l'enfant de façon à minimiser l'accumulation des substances non métabolisées.Les travaux du docteur Schneider ouvrent une perspective toute nouvelle puisqu'il deviendrait possible de résoudre le problème à sa source.Et même si on n'a pas encore identifié le défaut génétique précis responsable de cette maladie, la solution proposée par le Dr Schneider pourrait tout de même être appliquée.Elle consiste tout simplement à croiser des cellules saines avec les cellules de l'enfant malade.Les nouvelles cellules hybrides possèdent toutes un taux normal de cystine.Jusqu'à présent ce croisement de cellules a été effectué dans des milieux de culture, c'est-à-dire sur des cellules retirées de l'enfant, mais le résultat est extrêmement encourageant puisqu'il débouche éventuellement sur la guérison des cellules/n vivo par manipulation génétique.Enfin, un test est sur le point d'être développé pour détecter la cystinurie avant la naissance.Déjà on détecte le mongolisme assez tôt pour provoquer un avortement thérapeutique.Au terme des recherches en génétique il sera possible de guérir l'enfant dans le sein de sa mère sans que l'avortement s'impose.# CHEF D'ORCHESTRE ENDOCRINIEN ift WM ' LA SCIENCE & LA SANTÉ / 29 I UN PEU D'ORDRE DANS LE JARGON MEDICAL Le Dr Roger A.Côté, directeur du département de Pathologie de la faculté de Médecine de l'Université de Sherbrooke, a été nommé récemment président du Comité national sur la nomenclature et la classification des maladies du Collège des pathologistes américains, le 25 octobre 1973.Le projet «SNOMED» a obtenu l'appui d'une dizaine de sociétés médicales et d'organismes nationaux américains, tels que l'«American College qf Surgeons», l'«American Society for Iriternal Medicine» et l'«American Academy of Pediatrics».• Grâce à l'avance prise par l'équipe du Dr Côté, l'Université de Sherbrooke a désormais acquis une réputation internationale dans le domaine de la nomenclature médicale.Pour comprendre le sens et la portée de tels travaux, il suffit de rappeler que la médecine s'est d'abord développée comme un art avant d'être une science, que par conséquent l'évolution des termes médicaux s'est effectuée un peu au hasard sans avoir jamais fait l'objet d'une systématisation logique sauf en certains domaines plus particuliers, si bien qu'aujourd'hui la même réalité peut parfois être désignée par plusieurs termes différents.Le développement des régimes d'assurance-maladie, l'intervention de plus en plus grande de l'informatique dans le domaine de la santé publique, l'adoption de lois en vue d'une évaluation systématique de l'acte médical, obligent aujourd'hui la médecine à développer une nomenclature systématisée, à la fois logique et exploitable par l'ordinateur.Telle est la mission du Comité parrainé par le Collège des pathologistes américains et que préside le Dr Côté.Cette nouvelle nomenclature s'appelle «SNOMED», c'est-à-dire «Systematized Nomenclature of Medicine» et présente, entre autres, les avantages suivants: 1.«SNOMED» constitue la première vraie nomenclature systématisée en médecine; 2.sa structure permet d'obtenir les données informatisées en plusieurs langues; 3.elle relie les procédures administratives, diagnostiques et thérapeutiques aux problèmes des malades et aux diagnostiques à tous les niveaux; 4.l'appréciation de l'acte médical devient plus facile par un tamisage automatique de l'information; 5.la détermination des coûts des services de santé devient plus facile et plus sélective.PREVENIR LA CARIE Le Dr John Stamm, de la faculté d'Art dentaire de McGill, expérimente depuis quelques mois une nouvelle technique de prévention de la carie, qui consiste à recouvrir la surface des dents de pâtes plastiques (polyuréthane et acryliques).Ces pâtes ont été mises au point à Rochester (État de New-York) et font maintenant l'objet d'essais cliniques.Il s'agit en somme de protéger le dessus de la dent par une couche transparente, résistante et suffisamment dure pour permettre de mâcher.Le plastique isole les cavités naturelles qui constituent l'un des points faibles de la molaire vis-à-vis de la carie.Ces cavités n'ont d'ailleurs pas besoin d'être comblées, pourvu qu'elles soient isolées de l'«environnement» buccal.L'adhérence de la pâte n'est pas due à une liaison chimique, mais résulte d'un accrochage purement mécanique, à l'échelle microscopique, dans les pores de l'émail.La «mise sous plastique» s'opère très rapidement: le dentiste, après avoir vérifié que la dent est tout à fait exempte de carie, la sèche, traite l'émail avec une solution légèrement acide pour ouvrir les pores et faciliter l'adhérence, et dépose le produit.15 secondes suffisent pour que le liquide plastique imbibe convenablement la surface, après quoi 30 secondes d'illumination à l'ultra-violet le solidifient et lui confèrent la même dureté que celle de l'émail recouvert.La protection est effective durant au moins une année, puis le plastique se décolle et tombe en un seul morceau.Il n'y a alors qu'à réitérer le traitement.Deux sérieuses limitations empêchent toutefois le procédé de constituer une solution globale au problème de la carie dentaire: la période d'application idéale se Interface de l'émail dentaire et du plastique protecteur (surface noire en haut I.Grossissement: 664 fois.A situe à l'intérieur des premiers six mois suivant l'apparition de la dentition définitive chez l'enfant.Passé ce délai, la plupart des dents, déjà fissurées, ne peuvent plus être protégées de cette façon.Et surtout, la méthode convient uniquement à la surface «mâchante» des dents postérieures.Hélas, la plupart des caries se déclarent latéralement, en des zones où le plastique ne saurait être appliqué.Cependant, compte-tenu de l'état déplorable dans lequel se trouve la dentition des Québécois, nulle méthode de prévention —fut-elle partielle— de la carie n'est à négliger. 30 trouver des remèdes À mesure qu'il se complique, l'arsenal pharmaceutique moderne rend de plus en plus souvent malade.Le Conseil de recherche médicale du Canada a donc décidé de favoriser les actions d'envergure en toxicologie médicamenteuse.Parmi les innombrables hypothèses qui ont fleuri pour expliquer la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, il en est une faisant appel au calomel (chlorure mercu-reux) que l'empereur exilé aurait pris comme purgatif, sur ordre de son médecin, un jour où il avait par ailleurs croqué des amandes.Or les amandes renferment de l'acide cyanhydrique, lequel, conjugué au calomel, aurait déterminé un empoisonnement au cyanure mercurique.Cette thèse semble abandonnée par les historiens, mais elle a le mérite de souligner l'importance des interactions médicamenteuses: il est déjà présomptueux de prendre pour acquise l'inocuité d'un remède, mais il l'est encore bien davantage d'affirmer que tel médicament inoffensif en lui-même ne risque pas de s'avérer dangereux en association avec un autre médicament, ou tout simplement un quelconque amuse-gueule, fût-il aussi anodin que les amandes.Ce qui n'était qu'hypothèse anecdotique à l'époque de Napoléon devient douloureuse certitude aujourd'hui, alors que des médicaments de plus en plus complexes et nombreux sont administrés à tour de bras à des patients faisant trop souvent figure de cobayes.MÉFIEZ-VOUS DE L'ASPIRINE Il n'est pas nécessaire de rappeler une catastrophe comme celle imputable à la thalidomide: en règle générale, les industries pharmaceutiques, aussi bien que les services gouvernementaux habilités à leur délivrer des autorisations, font preuve d'une grande circonspection avant de commercialiser un nouveau remède.Aussi le défi primordial, pour les toxicologues, réside-t-il dans les interactions entre des médicaments plus ou moins courants qui, pris isolément, ont fait leurs preuves.«Il n'est pas rare, pour un patient hospitalisé une semaine, d'absorber quarante drogues différentes», remarquait le Dr lan Henderson, pharmacologue, lors de la dernière réunion, tenue à Ottawa en septembre 1973, de la section ontarienne du Collège royal des médecins et chirurgiens.D'où l'acuité croissante du problème des interactions, qui contribue de plus en plus à alimenter la littérature médicale.On a signalé ainsi, entre autres incompatibilités, celle des anti-acides (hydroxydes d'aluminium ou de magnésium) avec les tétracyclines (antibiotiques), celle de la phénylbutazone (antirhumatismal) avec l'acétohexamide (utilisé par les diabétiques); ou encore les hémorragies attribuables à l'usage conjoint de certains anticoagulants et du phénobarbital (barbiturique) par les malades cardiovasculaires.Même des médicaments extrêmement ba-nals et pas seulement, comme on pourrait le croire, les molécules les plus sophistiquées, doivent être tenus pour dangereux a priori: «Méfiez-vous de l'aspirine —déclarait le Dr K.S.Khéra, du ministère fédéral de la Santé, à la réunion d'Ottawa— elle est de plus en plus suspecte».Des chercheurs ont en effet supposé que l'aspirine, prise par les femmes enceintes, pouvait être responsable des difformités de certains nouveau-nés, en particulier si cette aspirine s'associe à l'acide benzoi-que.Or l'acide benzoique constitue un préservatif largement répandu dans notre nourriture par l'industrie alimentaire.Nous ne sommes pas si loin de Napoléon et de ses amandes.DES EXCÈS COÛTEUX Mais depuis, tout comme le nombre des médicaments (et des amuse-gueule!) disponibles, le coût de l'hospitalisation a connu un accroissement fabuleux, et un spécia- LA SCIENCE & LA SANTÉ / 31 .médicaments Chirurgie abdominale pratiquée chez un chat dans le but de créer une sympathectomie chimique à la 6-Hydroxydopamine par injection de ce produit directement dans la veine porte.Cette opération chez le chat se fait dans les meilleures conditions d'aseptie.?liste en la matière, le Dr James Campbell, évalue à plus de 3 millions de dollars, pour un hôpital de 600 lits, les dépenses annuellement imputables à la toxicité des combinaisons de médicaments.Il s'agit d'autre part d'élucider certains phénomènes rares de pathologie développées par quelques sujets en réaction à un produit utilisé, pour leur plus grand bien, par des millions d'autres personnes.Les essais effectués sur quelques centaines de volontaires, avant la commercialisation d'un médicament, ne représentent pas, en effet, une garantie totale contre des accidents statistiquement exceptionnels, déterminés par l'âge (on cite la grande toxicité du chloramphénicol chez le nou-veau-né), l'héritage génétique, les maladies hépatiques ou rénales, les divers agents physiques ou chimiques présents dans le milieu, ou d'autres facteurs modulant une réponse individuelle, éventuellement différente de la moyenne, à tel ou tel médicament.Mais.évidemment la loi ne saurait —sans être tout à fait absurde— exiger des firmes une expérimentation préa/aô/e de leurs produits sur plusieurs millions d'individus.Dans le domaine de la santé comme ailleurs, l'homme doit se résoudre à accepter un certain taux de risque calculé, sous peine de s'interdire formellement tout progrès technique.Bien sûr, la première solution qui traverse l'esprit, pour réduire ce taux de risque calculé, consiste à réduire la consommation de médicaments, car la frénétique boulimie de pilules qui caractérise notre société est assurément excessive: lors du Congrès international des médecins de langue française, en octobre dernier, M.Yves Courchesne affirmait que, dans un hôpital, plus le diagnostic est précis, moins on prescrit de remèdes.Inverse- j.ment, si l'on ignore tout à fait de quoi |\ souffre un malade, on lui fait ingurgiter Vy université de MONTRÉAL 32 / LA SCI ENCE & LA SANTÉ r- L'effet thérapeutique d'un médicament se base sur une réaction qui, si elle est excessive, peut mener à des phénomènes de toxicité.Le problème est donc de déterminer un dosage optimal, afin que les avantages du traitement l'emportent sur ses désavantages; l'antique devise des médecins [primum non no-cere\ d'abord ne pas nuire) prouve qu'il s'agit d'une très vieille préoccupation.De nos jours, on classe les réactions toxiques aux médicaments en trois catégories: La toxicité fonctionnelle, due à l'action pharmacologique normale d'un médicament qui, pour des raisons individuelles ou de circonstances, ne convient pas à un patient.Agressivité, nausées, troubles visuels, congestion nasale, hallucinations, constipation, brûlures de l'oesophage, maux de tête, etc, les symptômes varient à l'infini, et cessent généralement avec le traitement.La Xox\c\té biochimique n'implique aucun dommage majeur, mais une modification des réactions chimiques associées à un ou plusieurs organes.Elle se traduit par un déséquilibre hormonal, un changement dans le taux d'acidité, les électrolytes du sérum, la coagulation sanguine ou tout autre paramètre biochimique.La Xoxmté structurale enfin, signifie l'altération de tissus ou d'organes comme le foie, la peau, les organes des sens, les os, le coeur, les intestins, le foetus, etc.Ce type d'effet toxique peut aussi entraîner du même coup les précédents.Ainsi une cataracte (altération de la cornée) retentit sur la vue (trouble fonctionnel), et l'altération du foie détermine naturellement des troubles biochimiques.Les phénomènes de toxicité médicamenteuse n'ont rien de rare: une compilation rétrospective, publiée en 1963, et portant sur 21 239 patients, en chiffrait la fréquence à 7,3% des sujets, après avoir pris soin d'écarter ceux qu'on pouvait suspecter d'avoir dépassé les doses normales, et ceux soignés pour des maladies graves.Même les drogues d'usage courant prises en quantités «normales» risquent de conduire à des effets secondaires néfastes avec une probabilité suffisamment élevée pour qu'on s'en inquiète.Que ces effets secondaires néfastes échappent aux expériences préalables à la commercialisation d'un produit s'explique de plusieurs façons: nombre insuffisant d'animaux testés, nécessité d'une consommation prolongée pour qu'apparaissent les symptômes de toxi- cité ( c'est le cas des drogues cancérigènes), différence entre la réaction humaine et celle de l'animal.Ou tout simplement, mutisme du cobaye: il est toujours difficile de faire avouer à un lapin ou à un rat qu'il souffre de nausées, d'insomnie, de maux de tête ou de dépression.L'emploi simultané de plusieurs médicaments —situation extrêmement coutumière— multiplie les risques de manifestations toxiques, par interaction éventuelle entre les drogues.De telles interactions peuvent survenir à chacune des étapes par lesquelles passe un médicament: absorption, distribution dans Yorqar\\sme, biotransformation ex élimination.Ainsi, on s'est aperçu que l'absorption par les tissus de certains antibiotiques était gênée par le diphosphate de calcium présumément inactif avec lequel on mélangeait le produit pour former la pilule.Un exemple d'interférence au niveau de la distribution est fourni par les sulfonamides en présence d'aspirine, laquelle, masquant les sites des liaisons des protéines plasmatiques, empêche les sulfonamides de s'y fixer, ce qui conduit à une concentration dangereusement élevée de sulfonamides libres dans le plasma.L'altération du taux d'acidité rénale par une drogue peut activer ou ralentir l'élimination d'une autre.On exploite d'ailleurs ce fait pour le traitement des intoxications aux barbituriques.Mais les interactions médicamenteuses les plus complexes et les plus nombreuses surviennent au niveau de la biotransformation des produits, lorsque le métabolisme de l'un affecte celui de l'autre.Beaucoup de ces phénomènes sont mal compris, et l'on doit se borner à prendre acte de certaines incompatibilités, comme celle de l'alcool et des barbituriques, dont la combinaison provoque un état de profonde dépression.• y en vrac toutes les drogues susceptibles d'atténuer chacun de ses symptômes considéré isolément.Dans ce contexte, on aura compris que la toxicologie médicamenteuse représente un champ de recherche extrêmement vaste et à peu près vierge.Son exploration s'impose comme une urgence, et les scientifiques ont là une excellente occasion de répondre à un très réel besoin social à l'échelon mondial.L'UNION FAIT LA FORCE Une enquête du Conseil de recherche médicale du Canada, chargée en 1966-1967, de mettre en évidence les points faibles de la recherche médicale canadienne, désignait justement, dans une de ses recommandations, la toxicologie médicamenteuse comme l'un des secteurs sur lesquels il convenait de mettre un accent tout particulier.Il s'agissait en même temps, pour le Conseil de recherche médicale, d'instaurer une politique de subvention de groupes, avec un financement par plans quinquennaux, plutôt que de chercheurs isolés dont les crédits sont remis en question chaque année.L'union fait la force, et de tels groupes —où plusieurs chercheurs acceptent d'articuler les travaux de leurs équipes respectives conformément à un schéma général— semblent en effet, beaucoup plus que la «cellule» de recherche traditionnelle, adaptés aux objectifs de la science actuelle.Et tout spécialement en science médicale: quand l'objet d'étude est la machine humaine —entité complexe dont tous les éléments interagissent— l'approche concertée s'impose encore davantage.Il y avait, à la faculté de Médecine de l'Université de Montréal, un noyau de quelques chercheurs travaillant dans le domaine de la toxicologie médicamenteuse, et ceux-ci convinrent de collaborer, d'orienter leurs travaux de manière cohérente, et de former un groupe, qui bénéficiait en 1971, d'un plan quinquennal de financement, sous la direction du Dr Gabriel L.Riaa, associé aux docteurs Jules Brodeur, Michel Côté, Hanspeter Witschi, avec six assistants ou stagiaires munis de doctorats, quatre étudiants de deuxième et troisième cycles et onze techniciens.Le thème central en fonction duquel s'orientent les recherches du groupe concerne «la modification de la toxicité des médicaments par des facteurs agissant sur le métabolisme».Les montants alloués totaliseront environ 1,5 million de dollars à l'issue de l'entente actuelle, en 1976.En plus de leur objectif explicite, le Dr Riaa voit dans les travaux de son groupe la promesse d'un «bénéfice marginal» très important pour la collectivité québécoise: la formation, par un programme ad hoc.POISON ou REMEDE LA SCIENCE & LA SANTÉ / 33 ! des spécialistes qui lui faisaient cruellement défaut dans cette branche.LES MYSTÈRES DU FOIE Le Dr Aurèle Beaulnes, Secrétaire du ministère d'État aux Sciences et à la Technologie, soulignait d'ailleurs, lors d'une interview que QUÉBEC SCIENCE publiait dans son dernier numéro, que la toxicologie médicamenteuse constitue désormais un des domaines prometteurs de la science québécoise.Mais que fait le groupe du Dr Plaa avec tout cet argent?Un de ses premiers intérêts a trait aux effets des médicaments sur le fonctionnement du foie.Ces effets sont multiples, et comme le foie constitue une «usine chimique» particulièrement complexe, l'étude des interactions médicaments-foie s'avère fort épineuse.Conformément à l'usage, ce sont des rats qui font les frais des expériences, et l'on s'efforce de reproduire chez ces malheureux animaux des phénomènes pathologiques affectant l'homme, et attribués à l'usage de certains médicaments, afin d'en comprendre la genèse.Mais, on l'a dit, ces intoxications représentent des phénomènes statistiquement rares.D'où la difficulté de les provoquer à volonté chez l'animal.Cela étant, les chercheurs n'utilisent pas des médicaments véritables, mais des substances modèles possédant l'une ou l'autre des caractéristiques de tel ou tel médicament.On espère ainsi réussir à isoler le facteur responsable.Et on postule qu'une fois isolé ce facteur, et le mécanisme d'apparition d'une maladie parfaitement compris, il deviendra possible de prédire si un médicament nouveau risque de produire le même effet; dans ce cas on éviterait bien entendu de le prescrire aux sujets prédisposés.Sur la liste des difficultés qui séparent généralement les chercheurs de ce but final, figure naturellement la démonstration que l'effet pathologique induit chez l'animal cobaye est effectivement celui recherché, et non une maladie toute différente présentant par hasard des symptômes similaires.La mesure des paramètres biologiques, l'observation morphologique du rat, la microscopie de ses tissus, permettent généralement de trancher.Autre axe de recherche pour le groupe: l'évacuation biliaire des médicaments.C'est là encore le foie qui est en vedette.Car tout médicament subit une dégradation métabolique, c'est-à-dire que sa molécule participe à la vie chimique de l'organisme —c'est bien dans ce but qu'on l'y introduit— et s'y transforme en un ou plusieurs métabolites finalement expulsés.DU POISON DANS LES BOURRELETS Contrairement à ce qu'on a longtemps cru, les reins ne possèdent aucune exclusivité dans cette épuration: de nombreux métabolites, mêlés à la bile, sont excrétés par le foie dans l'intestin.Dès lors, on peut se demander si les métabolites en question ont, ou non, à leur tour une activité biologique, c'est-à-dire s'ils sont réabsorbés par le tissu intestinal, plutôt que directement évacués.Tel est le cas de bien des médicaments; parfois même, une drogue n'exerce son action qu'à ce niveau.Alors, ce qu'on donne à l'organisme représente une matière première, ne devenant médicament actif qu'après transformation dans le foie.Ou encore les métabolites sont au contraire toxiques.Tout dépend donc du produit, mais une perspective s'offre aux pharmacologues: intervenir dans le cycle médicament-métabolite-réabsorption du métabolite.Par exemple, si un médicament exerce un effet au niveau de la réabsorption après biodégradation, on peut fort bien envisager de modifier le taux de cette réabsorption pour selon le cas, augmenter ou diminuer l'intensité ou la durée d'action d'une drogue, ou sa nocivité.Cela revient à faire meilleur usage d'une quantité donnée de substance, en rationnaiisant sa gestion par l'organisme.Encore faut-il percer le mystère de cette gestion, qui diffère pour chaque type de remède, et trouver ensuite des moyens pour la modifier.tissu intestinal, est réintroduite dans le sang et agit de nouveau sur le coeur.Or on sait, en augmentant le débit biliaire, accélérer l'élimination du produit, et on sait aussi, au moyen d'une résine absorbante introduite par voie orale, empêcher le retour de la digitoxine dans le sang, c'est-à-dire en débarrasser complètement l'organisme.Le groupe montréalais ne travaille pas sur la digitoxine, mais sur d'autres cycles médicamenteux, avec l'espoir de les maftriser de la même manière.Il lui faut pour cela se pencher d'autre part sur les «coefficients de partage» des drogues entre les divers tissus.Ainsi un médicament peut avoir une affinité plus ou moins marquée pour les graisses.L'exemple classique est celui du DDT, insecticide extrêmement liposoluble s'accumulant dans les tissus adipeux où il se trouve provisoirement hors-circuit.Mais tout phénomène biologique mobilisant les graisses va également mobiliser le DDT stocké, d'où risque de voir à tout moment se réveiller une intoxication latente.Cette résurgence éventuelle des effets toxiques de drogues liposolubles met particulièrement en lumière le rôle de la diète, du jeûne, des régimes amaigrissants, etc, dans la mesure où ceux-ci impliquent le recyclage de divers bourrelets qu'on serait parfois moins pressé de voir fondre si on savait toujours ce qu'ils cachent.Le Dr Brodeur étudie en tout cas certains dérivés barbituriques: quelques-uns de ces produits se caractérisent précisément par un fort taux de stockage dans les graisses.Un exemple: la digitaline (extrait végétal employé depuis des siècles pour combattre l'insuffisance cardiaque) est excrétée, sous forme de digitoxine, par le foie dans la bile.Cette digitoxine, récupérée par le CONTRÔLER LA ClRCULATION Mais toutes les fonctions de la machine humaine sont étroitement imbriquées.0 Analyse des taux sanguin et tissulaire d'un barbiturique à l'aide d'un spectrophotomètre.?université de MONTRÉAL 34 / LA SCI ENCE & LA SANTÉ Des rats Sprague ¦ Dawley sont placés dans une cage après avoir été traités à l'aide d’une substance psychotrope dans le but d'apprécier leur comportement.A •V MH.nntflu ill Mi n JfflHHMUUl BMMignEriaj iliiHiHBBlüBin Humu** - w» ^4 £BSîSBf£ sinon toujours solidaires, et les chercheurs montréalais s'occupent encore de l'influen ce du système nerveux sur l'efficacité biologique du foie, qui est, répétons le, en relation directe avec la toxicité des médicaments (capacité à produire de la bile, à dégrader les drogues, à les excréter).La meilleure façon de vérifier ceci consiste à détruire, chez un rat, par traitement à \a6-hydroxydopamine, les terminaisons nerveuses du foie.C'est ce qu'on appelle \a sympathectomie, et il s'agit en réalité d'une dégénérescence réversible, car les terminaisons nerveuses se reconstituent après une quinzaine de jours.Mais c'est plus qu'il n'en faut pour constater l'importance du système nerveux vis-à-vis les fonctions hépatiques, par le biais du contrôle de la circulation sanguine dans l'organe.Or, si le système nerveux module le débit sanguin traversant le foie, ce débit module à son tour celui de la bile.Comment?Là est la question, et si l'hypothèse retenue (l'activité biochimique des cellules hépatiques dépend de l'irrigation sanguine) était infirmée, on aurait quand même un résultat intéressant.Mais si elle est confirmée, on peut espérer influer à volonté sur l'efficacité de certains médicaments, par modification de la vascularisation hépatique.Et d'autre part comprendre un peu mieux le mécanisme d'apparition des cirrhoses qui demeure passablement nébuleux.Si l'irrigation sanguine exerce une influence sur le volume du flux biliaire, bon nombre de médicaments sont susceptibles d'interrompre ce flux, en partie ou en totalité.Le phénomène (choléstase) est excessivement difficile à reproduire chez l'animal, car il faut là encore isoler le ou les facteurs responsables.Ce à quoi on s'efforce d'aboutir en élaborant des modèles de choléstase déclenchée chimiquement.Alors on pourra d'une part songer à une investigation sérieuse des conséquences de cette condition pathologique sur la toxicité des médicaments, et d'autre part prédire si une drogue risque de provoquer une choléstase.QUAND LES POUMONS S'EN MELENT Il faut compter aussi avec les cellules pulmonaires: de même que les reins ne constituent pas la seule «soupape à vidange» de l'organisme, une partie de cette fonction étant assumée par le foie via la bile, on a fini par s'apercevoir que ce dernier organe ne jouit à son tour d'aucun monopole dans sa fonction classique d'«usine chimique»: les poumons se mêlent eux aussi de dégrader certains types de médicaments, indépendamment de leur fonction «pneumatique».Ceci est particulièrement vrai des vaso-actifs (drogues qui agissent sur le calibre des vaisseaux sanguins).Mais, plus encore que le rôle excrétoire du foie, le rôle biochimique des poumons demeure fort obscur.Le groupe dirigé par le Dr Plaa entend justement apporter un peu de lumière, en appliquant aux cellules pulmonaires les techniques qui ont permis de connaître la biochimie des cellules hépatiques, même si, sur ce plan, l'importance des poumons est sans commune mesure avec celle du foie.:v Ils,™*11 iitquiseï liants® «lions |«è®K || litoiie.Il li poilu | Bit, If dioam usines p! «plie téiersaié liimeilesi : - S étui presque j: - quest» - rations s 1:1": - iilférente tiles, pou homooèiK " " S ; - I I • OîlsV; " CenU[li: t:::, Atteint; Puinp nj| ttnitniii D'ailleurs, et ceci va sans dire, les poumons sont les premiers organes concernés par la pollution atmosphérique.Or les substances, naturelles et surtout industrielles, que nous respirons bien malgré nous, et qui se déposent dans le tissu pulmonaire, sont susceptibles d'interférer avec les réactions chimiques qui s'y déroulent, même celles indépendantes du cycle respiratoire.La pollution de l'air augmentant constamment, le risque de phénomènes de toxicité médicamenteuse à ce niveau ne peut que croître en proportion.S'y ajoutent les pathologies (cancer et emphysème), elles-mêmes plus ou moins reliées à la pollution atmosphérique, et qui, influant sur la biochimie de l'organe, sont susceptibles d'altérer sa réponse aux drogues au métabolisme desquelles ses cellules participent.Hélas, les chercheurs doivent quasiment partir de zéro: les poumons ont toujours été étudiés en tant que «pompes à air», presque jamais sur le plan biochimique.Les cellules pulmonaires sont sans nul doute le siège de transformations chimiques concernant les médicaments.Mais de quels médicaments, de quelles transformations s'agit-il?Et de quelles cellules?On a affaire à des tissus formés non pas d'un seul, mais de plusieurs dizaines de types de cellules aux caractéristiques bien différentes.D'où un préalable de taille: mettre au point les méthodes expérimentales, pour isoler des cultures de cellules homogènes, afin de caractériser sans ambiguité les propriétés biochimiques de chaque type.Et les reins?Le programme du groupe montréalais ne les a pas oubliés, et le problème consiste, là encore, à développer des méthodes expérimentales, et isoler les facteurs-clefs responsables de phénomènes qui demeurent obscurs.Un exemple soulignant l'intérêt qu'il y aura à voir de tels travaux aboutir: le mé-thoxyfluorane, anesthésique d'usage courant, présente, à côté d'immenses avantages, l'inconvénient de provoquer un arrêt de la fonction rénale chez de rares sujets.Quand on connaîtra la raison de cet accident, on saura sans doute du même coup le prévenir.Chaque patient s'endormira donc en toute sécurité et confiance dans les bras de son chirurgien.Rien de tel que la confiance de l'opéré pour le succès d'une intervention.Et si celle-ci échoue quand même, au moins vos reins resteront-ils indemnes.• LA SCIENCE & LA SANTÉ / 35 L'UNION FAIT LA FORCE Outre celle du Dr Gabriel Riaa, dont il est question dans l'article ci-contre, seules deux équipes québécoises bénéficient d'un octroi du Conseil de recherche médicale du Canada au chapitre des subventions de groupes.Le CRM inaugurait en effet ce programme en 1967, en accordant un «plan quinquennal» de financement au Centre de recherche en sciences neurologiques du Dr Herbert H.Jasper, de l'Université de Montréal.Reconduit, dès son échéance de 1972, pour un nouveau terme de cinq années, ce programme aura valu aux équipes dirigées par M.Jasper un total d'environ 3,3 millions de dollars répartis sur dix ans.Avec cet argent, le Centre de recherche en sciences neurologiques entend «contribuer à l'élucidation des mécanismes responsables du fonctionnement normal et pathologique du système nerveux, grâce à une approche multidisciplinaire».Car le fonctionnement du système nerveux constitue un vaste programme et comporte de nombreuses facettes débouchant éventuellement sur autant de remèdes aux pathologies variées dont le système nerveux est le siège (épilepsie, maladie de Parkinson, troubles du langage, etc.) ou auxquelles on le soupçonne de participer (hypertension, troubles du rythme cardiaque, complications cardiovasculaires, l'une des principales causes de décès chez l'homme moderne).Le Centre s'intéresse donc aussi bien au système nerveux at/fonome (celui responsable par exemple des battements du coeur) qu'aux fonctions cérébrales supérieures.Transmission de l'influx nerveux, métabolisme cérébral des acides aminés, mise au point de drogues capables de pénétrer le cerveau, phénomène de la vision, analyse informatique des signaux bioélectriques (électroencéphalogrammes et électrocardiogrammes), mécanismes de l'apprentissage, de la mémoire et de la parole, sommeil, rêve, etc.Ces programmes regroupent plus d'une centaine de personnes dans l'exploration concertée d'un domaine fascinant: l'esprit humain.Mais le corps n'a pas été oublié par le CRM, qui agréait en 1972 une demande du Dr Jacques Genest, de l'Institut de recherches cliniques (affilié à l'Université de Montréal) prévoyant une subvention d'environ 2,2 millions de dollars en cinq ans, pour des travaux sur l'hypertension artérielle.Cette pathologie affecte 9% de la population nord-américaine et représente donc un véritable fléau, mais ses causes réelles demeurent fort hypothétiques.«Actuellement —déclare le Dr Genest— on attaque le problème sur plusieurs fronts à la fois.Nous croyons être sur la bonne piste pour découvrir la cause fondamentale.» Troisième et avant-dernier au Québec à profiter de la politique de subventions quinquennales du CRM, le groupe du Dr Genest répond comme les deux autres à la «philosophie» de ces programmes permettant «de réunir des équipes qui normalement ne l'auraient pas été dans le cadre universitaire normal.Un des buts poursuivis est la constitution d'équipes multidisciplinaires de distinction.» Enfin, au moment où nous mettons sous presse, et comme signalé par ailleurs dans ce numéro, on nous annonce que l'université Laval bénéficiera à son tour d'un «plan de groupe CMR».Il s'agit d'une subvention de 1,5 million de dollars sur cinq ans pour des travaux en endocrinologie moléculaire • J 36 LJ SCIENCE & LES HOMMES LAVENEMENT DU LOISIR SCIENTIFIQUE S'il n'en tient qu'à une poignée d'individus, la civilisation des loisirs dépassera l'assistance passive aux matchs sportifs, les balades en automobile et le visionne-ment des films de fesses.Fernand Miron, directeur du Conseil de la jeunesse scientifique, à Montréal, est l'un de ceux qui n'ont pas craint de sacrifier les leurs pour améliorer la qualité de nos loisirs.Récemment, il a bien voulu commenter, pour QUÉBEC SCIENCE, le rapport de la Commission sur l'orientation du loisir scientifique au Québec, dont il a fait partie et qui vient d'être remis au Haut-Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports (HCJLS).«La consolidation du loisir scientifique est en bonne voie, juge M.Miron.L'aide apportée par le Haut-Commissariat commence à être raisonnable.Un effort honnête a été accompli pour le loisir scientifique depuis un an, en particulier depuis la nomination de M.Lucien Thibault au poste d'agent de développement scientifique, en décembre 1972.Dans tout le Québec, les activités de loisir scientifique représentent maintenant un montant d'environ un quart de million de dollars, selon le directeur du CJS.C'est tout un bout de chemin qui a été parcouru depuis la fondation des Cercles de Jeunes Naturalistes, en 1931.Longtemps la biologie constituât la principale activité des jeunes.Puis, en 1962, nous dit M.Miron, des jeunes de Montréal en eurent assez du paternalisme des bons frères et des bons pères.Ils décidèrent de fonder l'Association des jeunes scientifiques.L'association excluait les adultes et regroupait des étudiants du niveau collégial et des premières années universitaires.L'activité des Jeunes Scientifiques déborda les cadres de la biologie pour toucher l'électronique, la mécanique, l'électronique et même l'astronautique (fusées et ballons-sondes).Aujourd'hui, par contre, l'AJS n'existe plus.Il s'est produit un rapprochement entre les jeunes et les adultes autour du Conseil de la jeunesse scientifique, fondé en 1968 sous l'égide de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).La première recommandation du rapport visait d'ailleurs la disparition de l'Association des jeunes scientifiques et le regroupement des scientifiques amateurs dans trois organismes: les jeunes de l'élémentaire et du début secondaire dans les Cercles de Jeunes Naturalistes; les étudiants du secondaire, du collégial et du début d'université dans le Conseil de la jeunesse scientifique, et les adultes dans une éventuelle Fédération québécoise du loisir scientifique.Cette dernière fédération n'existe pas encore mais pourrait regrouper les sociétés adultes d'astronomie, d'ornithologie et de biologie.Le rapport de la Commission sur le loisir scientifique recommande au CJS, qui a pour rôle de coordonner le loisir scientifique à travers la Province, d'assumer pleinement ce rôle en se nommant des représentants dans cinq régions qui n'en ont pas encore (du point de vue de l'organisation des loisirs, le Québec est divisé en dix régions).Il recommande aussi au CJS d'accroftre le nombre de ses animateurs.En effet, dans chaque école un montant de $6.50 par étudiant est disponible pour les activités étudiantes.La façon habituelle d'utiliser cette subvention pour le loisir scientifique consiste à fonder un club-science.Mais encore, faut-il quelqu'un pour le lancer, d'où le rôle des animateurs.Selon le rapport, il existerait entre 340 et 580 clubs-sciences parmi la population étudiante des niveaux secondaire V, Cegep I, Il et III.Le CJS a là un immense travail de coordination à accomplir, puisqu'il n'y a que 80 clubs bien identifiés, dont seulement une douzaine sont affiliés au Conseil.En octobre, le CJS a lancé une vaste opération pour créer des clubs-sciences en astronautique (voir QUÉBEC SCIENCE, décembre 1973).Une quinzaine de clubs ont été fondés depuis ce temps.Par ailleurs, l'activité de loisir scientifique qui touche le plus de personnes et accapare le plus d'argent est sans aucun doute l'organisation des stages d'été.L'été dernier, près de 800 jeunes ont participé à des stages de sciences naturelles et d'astronautique dans des universités, des camps-écoles et même dans des centres de recherche prestigieux comme l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec.Au cours de ces stages de quinze jours les jeunes ont l'occasion d'accomplir divers travaux et le rapport recommande l'uniformisation des critères d'évaluation de ces travaux.Ainsi, l'été prochain, prédit M.Miron, les certificats décernés aux jeunes intéressés à devenir animateurs dans les camps de loisir scientifique seront émis selon des critères généralisés pour tout le Québec.Les auteurs du rapport recommandent aussi que les camps-écoles étendent leur activité sur toute l'année.Dans cet ordre d'idée, deux camps entendent organiser des classes de neige en activités scientifiques, dès le printemps prochain.L'expo-science, où les jeunes scientifiques soumettent leurs travaux est probablement l'activité la plus connue.Au Québec, elle a disparu de plusieurs régions et n'existe plus à l'échelle nationale.Pourtant, le rapport croit qu'il pourrait facilement se tenir chaque année 250 expos-sciences locales et 13 régionales, couronnées par une exposition québécoise nationale.Sans attendre que la pyramide soit complète les organismes de loisir ont décidé d'aller de l'avant et une exposition québécoise se tiendra à Québec, en mai prochain.L'année prochaine Jonquière accueillera l'expo-science pan-canadienne.La région du Saguenay a toujours été particularisée par une vigoureuse activité de ses jeunes scientifiques.C'est aussi dans cette région, plus précisément à Dolbeau, sur les bords du lac Saint-Jean, que les adultes ont embofté le pas en construisant un centre d'astronomie amateur avancé puisqu'il est doté d'un astrolabe, important instrument utilisé pour vérifier le temps astronomique.Dans leur rapport, les membres de la Commission sur le loisir scientifique invitent les adultes et les jeunes à collaborer plus souvent.M.Miron se dit convaincu que les scientifiques professionnels pourraient profiter consfdérablement de l'enthousiasme des jeunes.Par exemple, un scientifique intéressé par les papillons pourrait convier les jeunes à un vaste programme de cueillette de ces lépidoptères.Il compléterait alors en l'espace d'un été un travail qui lui prendrait normalement plusieurs années.Le directeur du CJS garantit la qualité du travail des jeunes, si les adultes prennent la peine de bien les conseiller.M.Paul Marmet, de l'université Laval, a déjà réussi de cette façon une intéressante expérience astronomique en conviant des jeunes de la région de Québec à observer l'occultation rasante d'une étoile par la Lune.Mais il n'y a pas que les scientifiques professionnels.De nombreux adultes se sont regroupés pour observer les oiseaux. LA SCIENCE & LES HOMMES/37 cueillir les champignons, surveiller le ciel, explorer les cavernes, chercher des minerais et enregistrer le temps.Il a été proposé dans le rapport que ces groupements adultes se réunissent dans une Fédération québécoise du loisir scientifique.De cette façon, la pyramide serait complétée, mais M.Miron ne croit pas que le nouvel organisme existe avant 1975.La création de clubs-sciences du côté des sciences appliquées (dans les universités) et du secteur professionnel (techniques administratives, biologiques, mécaniques, infirmières, etc.) dans les Cegep, la formation de la Fédération adulte et le regroupement des clubs-sciences dans le CJS, constituent maintenant les principaux défis du loisir scientifique au Québec.On est bien en retard lorsqu'on songe qu'il se tient chaque année près d'une vingtaine d'expos-sciences en Ontario.Malgré tout, M.Fernand Miron se dit optimiste et note l'effort financier croissant consenti par le gouvernement du Québec dans le secteur du loisir scientifique.Ainsi, un montant total de 2 705 dollars de subvention en 1965, le gouvernement a donné près de 170 000 dollars en 1972-1973.Là-dessus, le CJS a reçu $90 000, les expos-sciences $8 000 et les stages $70 000.En incluant les 800 inscriptions de $65 à $85 aux stages d'été en sciences on atteint presque le quart de million de dollars.Ceci ne représente encore qu'une partie du montant dépensé.Si l'on inclut en plus les télescopes des astronomes amateurs, les opérations Perspective s-Jeunesse, l'administration des divers clubs adultes, on peut réaliser que cette forme de loisir ne peut plus être laissée pour compte.• MAITRISER L'INFORMATION En 1985, on prévoit que les informations scientifiques et techniques nouvelles seront produites et consommées à une cadence de quelque 12 à 14 millions de «documents» par année, soit six fois plus qu'actuellement.Pour traiter cette masse d'information, les systèmes et services informatisés verront leur capacité et leur nombre multipliés par 50 ou 100, particulièrement dans les secteurs de la santé, de l'éducation, des communications de masse et de la recherche fondamentale et appliquée.Telles sont les projections publiées dans un rapport établi par M.Georges Anderla, consultant de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).Afin de maftriser l'extraordinaire dynamique de l'information, l'auteur de L'information en 1985 — Une étude prévisionnelle des besoins et des ressources préconise une action vigoureuse de la part des gouvernements.• UN CURIEUX SEMINAIRE Le Dr Myron L.Fox, une autorité mondiale dans le domaine de «l'application des mathématiques au comportement de l'être humain», a été invité à donner une conférence sur La théorie des jeux mathématiques appliqués à l'éducation physique.Son auditoire se composait de 55 professeurs de médecine, psychologues, psychiatres et administrateurs spécialisés en éducation.Jusqu'ici, rien d'extraordinaire, direz-vous, sauf que le respectable Dr Fox, à la carrière impressionnante, était en réalité un imposteur, un comédien professionnel pourvu de diplômes fictifs.Les instigateurs de la supercherie lui avaient recommandé de présenter sa conférence et de diriger une période de questions en usant de doubles sens, de néologismes, de contradictions et en assaisonnant le tout d'humour et de références à des articles inexistants.Ce curieux séminaire, organisé par trois éducateurs médicaux, avait pour but de voir si les participants seraient séduits par le style de la présentation.Ils le furent! Aucune des 55 «victimes» ne s'aperçut de la mystification.L'un des auditeurs était même persuadé d'avoir lu les publications du «Dr Fox»! Tous ne furent pas à ce point impressionnés: un participant trouva la présentation un peu trop «intellectuelle», un autre lui reprocha d'être quelque peu confuse.Mais tous, selon les auteurs du rapport, répondirent favorablement, et à un niveau significatif, à un questionnaire sur leur attitude à l'égard de cette conférence.MM.D.M.Naftulin (directeur de la division de l'Éducation permanente en psychiatrie à l'University of Southern California), John E.Ware jr (professeur adjoint d'éducation médicale à Southern Illinois University) et F.A.Donnelly (professeur en psychiatrie à l'University of Southern California) sont les auteurs de cette étude et ils ont ainsi démontré que même des éducateurs d'expérience pouvaient être intéressés par une conférence totalement dénuée de sens.Leur rapport «The Doctor Fox Lecture: A Paradigm of Educational Seduction», publié dans le Journal of Medical Education est cité dans «Chronicle of Higher Education» (15 octobre 1973).• On jurerait que nos anciens registres paroissiaux, particulièrement complets et bien conservés, ont été écrits à l'intention des ordinateurs d'aujourd'hui.à la recherch par Pierre Sormany C'est le 22 octobre de l'an de grâce 1650, en la seule paroisse de la Vieille Capitale (qui ne portait pas encore ce surnom, bien sûr!) que Mathieu Amiot, né à Boissons, France, épousait une autre canadienne d'origine française, dénommée Marie Miville.Ce mariage entre deux immigrants n'avait certes rien de surprenant, dans une colonie qui n'avait pas encore un demi-siècle.On n'a guère à s'étonner non plus du fait que l'union fut bénie par nul autre que le jésuite Barthélémy Vimont, celui-là même qui, selon nos petits manuels d'histoire du Canada catholique, célébra la première messe sur Nie de Montréal, sous l'éclairage de mouches à feu.Mais quittons quelque peu la petite histoire.Car si les noms de Mathieu et Marie Amiot n'y sont guère cités, on les retrouve en revanche abondamment mentionnés dans des documents demeurés beaucoup plus obscurs: les registres civils et paroissiaux.En effet.Dieu a bien voulu que Marie soit féconde, et cette femme a engendré entre 1651 et 1678 une solide famille de 8 garçons et 7 filles.De cette nombreuse progéniture, 2 enfants sont morts en bas âge (l'un à 17 ans, l'autre peu après sa naissance), alors que tous les autres se sont mariés, puis ont fait souche à leur tour.Si bien qu'en feuilletant avec soin les registres de la plus ancienne paroisse du Québec, le curieux pourrait trouver près d'une cinquantaine de fois la mention de Mathieu et Marie.DÉMOGRAPHIE ET BÉNÉDICTINS Mais personne, direz-vous, ne s'imposera un pareil travail de bénédictin.Qui donc, mis à part quelque descendant, maniaque de généalogie, a besoin de savoir quel fut le destin de ce couple ancestral?Erreur! Depuis quelques années déjà, ces bénédictins existent.Et c'est à l'Université de Montréal que les démographes ont décidé de dépouiller systématiquement l'ensemble de nos registres paroissiaux et civils, dans un effort de reconstitution intégrale de la population canadienne française, de l'origine jusqu'en 1850.Et bien mieux, cette recherche, impliquant trois démographes, un historien et un informaticien, en plus d'un grand nombre d'étudiants (collaboration ou emplois périodiques) a trouvé jusqu'ici à se financer sans trop de peine, à raison de $50 000 chaque année.Il faut bien le dire toutefois, le Québec constitue un terrain particulièrement propice à ce genre de travail.Population restreinte, du moins pour la période étudiée, de caractère semi-fermé (les entrées et les sorties dues à la migration sont très faibles, par rapport aux facteurs naturels); le Canada français a aussi grandement bénéficié de sa tradition religieuse et de son histoire pacifique, facteurs qui expliquent à la fois l'excellente qualité de nos registres, dès l'origine de la colonie, et leur parfait état de conservation.Mais quel intérêt les démographes peuvent-ils donc trouver à disséquer de la sorte nos vieilles archives oubliées?Pour répondre à cette question, il faut tout d'abord connartre exactement ce qu'est la démographie.Laissons donc parler Hubert Charbonneau, père de ce vaste projet de démographie historique: «Le domaine propre de la démographie, c'est, essentiellement, l'analyse de la natalité et de la mortalité d'une population.En quelque sorte, l'attitude des vivants par rapport à la reproduction et la mort.Ce domaine peut sembler très restreint, mais le démographe rayonne bien sûr, à partir de là, vers les autres facteurs de croissance d'une population: économie, sociologie, santé, etc.» Le premier problème, auquel se heurtent les démographes du présent, demeure l'impossibilité de faire des recoupements significatifs entre les divers événements démographiques, dans la vie des membres d'une population.On a bien sûr des statistiques globales sur le nombre de naissances, de mariages, de décès, par région ou par année.Mais le démographe n'a jamais accès aux fiches individuelles, vu les lois protégeant l'intimité.Son seul recours demeure l'enquête; mais ce procédé pose à la fois un problème d'échantillonnage et de coût, pour une opération toujours sujette à erreur, (certaines personnes peuvent refuser de répondre, en particulier les morts!).C'est donc le premier avantage de la démographie historique, que d'avoir accès à toutes les fiches de renseignements de caractère individuel.«De plus, souligne M.Charbonneau, il est assez peu significatif d'étudier au jour le jour les courbes de la population.La démographie, ça doit s'étirer dans le temps.» EN REMONTANT AUX SOURCES Là, le chercheur donne un exemple.Les enfants de l'après guerre, engendrés en plus grand nombre (pour des raisons économiques et sociales), ont posé ces dernières années des problèmes au niveau d'un système scolaire surchargé.Actuellement, c'est sur le marché du travail ou au niveau universitaire que ces gens rencontrent des difficultés.Mais en l'an 2020, ces «jeunes» auront entre 60 et 75 ans, l'âge de la retraite.Ils constitueront alors, par leur nombre, une charge très lourde pour leurs cadets.De telle sorte que la réalité sociale et démographique de 1929-1945 se trouvera répercutée jusqu'au premier quart du 21ème siècle.La «reconstitution de la population cana-dienne-française», entreprise par le département de Démographie de l'Université de Montréal, fournira donc pour la première fois chez nous cet «échantillon laboratoire», étendu sur près de 250 ans, exhaustif, et à partir duquel il sera possible de retrouver toutes les composantes démographiques du Québec: (natalité, nuptialité, fécondité, mortalité, et mouvements migratoires), voire même d'obtenir des renseignements sur l'évolution des moeurs.Cela pourrait permettre par exemple de mettre en relief, pour la première fois au monde, le processus de prise de possession d'un territoire par une population donnée.Bien plus qu'une simple recherche généalogique, c'est l'histoire individuelle de chaque Canadien-français qui a été entreprise il y a maintenant 6 ans.À Hubert Charbonneau revient donc l'honneur d'avoir introduit la démogra- LA SCIENCE & LES HOMMES / 39 de nos ancêtres phie historique dans une université québécoise.Avant lui pourtant, Jacques Henripin avait déjà mis en évidence le profit que les démographes pouvaient tirer des généalogies et des registres paroissiaux, dans le cadre d'une étude portant sur la nuptialité, la fécondité et la mortalité infantile au Canada français, pour le 18ème siècle.Mais le démographe Henri-pin n'avait pas poussé sa recherche jusqu'aux sources, utilisant comme outil de travail le «dictionnaire généalogique des familles canadiennes», préparé au siècle dernier par l'abbé Tanguay.dont la rigueur laisse parfois à désirer.Pour enrichir un de ses cours d'histoire de la population canadienne, Hubert Charbonneau se pencha d'abord sur le recensement nominatif de 1666 (dont c'était justement le tri-centenaire cette année-là).Par la suite, avec son collègue Jacques Légaré, directeur actuel du département de Démographie, il entreprit le traitement par ordinateur des trois recensements nominatifs du Canada au 17ème siècle.Réalisées avec une surprenante rigueur pour l'époque (il faudra attendre le 20ème siècle pour retrouver des recensements de qualité comparable), les listes nominatives de 1666, 1667 et 1681 n'en péchaient pas moins par omission, comme en furent bientôt convaincus les démographes de Montréal.C'est pour combler ces lacunes que l'on mit sur pied le vaste projet de démographie historique, dans le but d'établir une banque de données débouchant à la fois sur des réponses précises à des questions d'ordre démographique certes, mais aussi d'ordre économique ou historique.«L'originalité de notre projet —affirme un texte préparé récemment par trois des chercheurs— c'est de vouloir mettre au point une fiche propre à chaque individu.Sur cette fiche apparaftra la liste de tous les événements démographiques auquel il aura participé, soit à titre de sujet d'acte, soit comme simple témoin.» Mais la mise au point d'un tel système de fiches ne va pas sans quelques opérations préalables: dépouillement de toutes les sources possibles, regroupement par ordi- Page d'un registre de la Nouvelle-France.On recense sur /'/7e de Montréal les sujets et leurs biens les plus importants, yf 0 u/c dcJVmtroiLdc/n nouuelfo.franco rCiïù QaA£tr-vùcs cucrai .CM.i, ylcitio (S’-r-ripi >t -Oi /c 4 • rl/7i o-fi fia-ui- '€U\coi4e^ • 40 / LA SCIENCE & LES HOMMES nateur de tous les événements se rapportant à un même individu, identifié non seulement par son nom, mais aussi ceux de son épouse, de ses parents, ou de ses fils et filles.UN ORDINATEUR AVERTI EN VAUT DEUX A ceux qui s'interrogeraient sur l'utilité d'un traitement par ordinateur, précisons que la colonie comptait déjà 4 000 personnes au recensement de 1666, 20 000 en 1700, et 200 000 un siècle plus tard.Or, chaque personne peut être mentionnée dans plusieurs actes différents, comme on l'a vu plus haut dans le cas de Mathieu et Marie Amiot.Ainsi, de 1608 à 1765, durée couverte par la première étape de la recherche, l'ordinateur devra absorber quelque 268 940 actes, contenant une moyenne de 6,66 mentions chacun! Et il va sans dire que de 1765 à 1850, les démographes devront dépouiller encore plus de documents, compte tenu de l'accroissement de la population.Et il ne s'agit là que des actes paroissiaux ou civils.Les démographes disposent en outre de plusieurs autres sources, moins abondantes, mais susceptibles de compléter les données: listes nominatives des trois recensements; listes des confirmations, listes d'abjuration d'hérésies (!), liste des soldats du régiment de Carignan, liste des malades de l'Hôtel-Dieu de Québec, listes imprimées des immigrants.Mais la dispersion de tels documents posait un problème qu'il a fallu résoudre par un micro-filmage systématique.Venait ensuite la nécessité de dépouiller ces manuscrits; les pires dressés lors des baptêmes collectifs d'une petite bourgade indienne, le nom de chaque «néochrétien» griffonné à la hâte par un curé pressé.Toutes ces phases préliminaires (microfilmage, dépouillement et transcription, codage, mise en ordre chronologique, perforation des cartes pour l'ordinateur, vérification des listages) ont été confiées à des étudiants rémunérés et encadrés par les membres permanents.Leur revient aussi la tâche de corriger les erreurs trop évidentes, relevées dès le départ par l'ordinateur qui, doté d'un programme ad hoc, ne laisse passer aucune faute de logique ou de cohérence.Par exemple, le cas d'une femme qui aurait eu plusieurs enfants à quelques mois d'intervalle.Les variations orthographiques des noms sont très courantes aux 17e et 18e siècles.En conséquence, de peur de fausser les La pyramide provisoire de la population (par groupes d'âges de 5 ans) reconstituée au premier janvier 1667.Les zones pâles font voir l'imperfection des recensements.La pyramide met clairement en évidence le déficit du sexe féminin par rapport au sexe masculin, ainsi que la double pyramide superposée.La partie supérieure correspond principalement aux canadiens d'origine européenne (au dessus de 20-24 ans) alors que la pyramide inférieure comprend principalement les natifs.?FÉMIN JUIN! SEXE MASC SEXE 75-79 70-74 Inscri :s dans uit recen ement et 65-69 dans les reaistr ;s ou da is le; seulenent stres 60-64 55-59 Inscri recent :s aux deux ements 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 3)0 0-4 informations recueillies, on a demandé aux responsables du dépouillement de transcrire l'orthographe des noms tel qu'il leur paraissait avoir été écrit à l'origine.Résultat: le nom de Marie Houdin, épouse de François Gariépy, revient plus de vingt fois, mais sous 10 formes différentes, dont la plus incroyable est «Dadin».Un ordinateur non averti distinguerait alors une dizaine de personnes là où il n'y en a qu'une seule.Le problème se complique encore lorsqu'on tente d'identifier les gens en les rapprochant de leurs proches, puisque le nom du mari, François Gariépy, devient Guarieppy, Guéripin, ou autres variantes.Deux opérations ont donc été proposées à l'ordinateur.D'abord une reconnaissance des noms grâce à un code phonétique indépendant de l'orthographe, puis le rapprochement de toutes les mentions deux à deux, afin de retracer, même lorsqu'elles diffèrent sensiblement, les mentions susceptibles de se rapporter à la même personne.C'est à partir d'un code phonétique américain (une lettre suivie de trois chiffres) que Louis Henry, démographe français, a conçu en 1970 un code mieux adapté aux caractères propres de la phonétique de la «langue de Molière».En gros, le code Henry est composé de la première lettre du nom (telle que perçue phonétiquement), puis des deux consonnes significatives qui la suivent.Ainsi, Bélanger deviendra BLJ, Cloutier sera KLT, et Gariépy donnera G RP.TRIER LES JEAN-BAPTISTE TREMBLAY La mesure des performances respectives du code américain (Russell) et du code Henry s'est effectuée à partir de l'échantillonnage de 2 483 paires de mentions préalablement jumelées à la main.L'orthographe des noms n'y était identique que dans 45,1% des cas.Sans l'aide d'un code phonétique, l'ordinateur n'aurait pu réussir que cette proportion de jumelage.Or les codes Russell et Henry ont permis de faire passer ce pourcentage respectivement à 69,9% et 81,4%, ce qui confirme bien la supériorité du second sur son prédécesseur américain.La seconde opération confiée à l'ordinateur devait permettre de rapprocher les notions se rapportant à un même individu, au delà des changements de noms fréquents à cette époque, ou des déformations ayant trompé le code Henry.Cette opération devait aussi distinguer les cas d'homonymie, caractéristiques d'une population où la totalité démographique origine en fait d'un nombre restreint de familles.Pour distinguer ainsi les multiples Jean-Baptiste Tremblay, il suffit de compléter chaque identification en ajoutant, au nom »!«( I ttteli)i/i| [¦ lorijijj, r fc, (pons '(ntKfioot (((comp:, taifitrltj I sprate, I OiiGllipyf I ii antra 1 npofc ; JWWlV I lOüftiflüi 1 puiilî sitions wtlors-1 Ismeiv I aàlaë I ifloeame- ckial métique I |roi,l( rmiire I pllOOîti' I mtssijni- I élioga I I, et ;te lotions n.L'on rip lideifiio loraitpo uiritlii*' spettii'f oiifimt soopii' 'oniioa- kills jiodP- isfii- iforina' y.ClW lests 'HI# kiqi* (iiitilt * ¦.v HW nn et au prénom, ceux de l'épouse (s'il est marié), ainsi que ceux des parents, ce qui conduit à des fiches individuelles comprenant en outre les détails démographiques impliquant chacun des proches.Pour obtenir une telle fiche, il devient cependant nécessaire de rapprocher deux à deux toutes les mentions mises en dossier.ce qui n'est pas une mince tâche! Pour simplifier l'opération, on procède à un tri initial qui réduira le nombre de paires que l'ordinateur devra examiner.Ce tri s'appuie sur l'hypothèse que deux mentions ont des chances de se rapporter au même couple seulement si au moins deux des éléments nominatifs (noms et prénoms de l'homme et de la femme) sont identiques.L'ordinateur rapproche donc les noms codés des conjoints, puis le nom de chacun avec son prénom et celui de son conjoint, ces dernières opérations permettant des rapprochements que des variations orthographiques ou des changements de noms auraient empêchés autrement.Vient ensuite l'étape du jumelage proprement dit, soit la comparaison des mentions retenues après le tri initial, puis la décision d'accepter ou de refuser leur appariement.Pour parvenir à ce choix, les démographes ont opté pour un systè- me de pondération, tel qu'élaboré par H.B.Newcombe, généticien travaillant pour le compte de l'Energie atomique du Canada.Pour chacun des éléments nominatifs retenus, le système Newcombe propose de calculer leur probabilité d'apparition, ceci étant établi à partir d'un échantillonnage couplé à la main.Deux mentions identiques (par exemple: le nom de l'époux, semblable sur deux fiches différentes) reçoivent un poids positif dépendant de la rareté de cette mention.Par contre, deux mentions différentes reçoivent une pondération analogue, mais négative.UN SIÈCLE EN SIX ANS Afin de savoir si Barbe Cloustier (KLT) est la même personne que Marie Cloutié (KLT), l'ordinateur rapproche les deux prénoms (pondération négative) puis les deux codes (pondération positive).En procédant de la même manière avec les époux respectifs de Barbe et Marie, l'ordinateur établit ainsi quatre pondérations qu'il lui suffira d'additionner.La pondération totale ,,eut être négative ou positive.Il faut maintenant établir à partir de quelle valeur arbitraire l'ordinateur retiendra une paire.Pour ce faire, les démographes ont procédé à partir d'un LA SCIENCE & LES HOMMES / 41 échantillonnage: le couplage mariages-naissances, pour la période 1621-1681.Le tri initial a établi 8 709 paires possibles, à partir des 1 645 mariages et des 7 453 naissances contenues en fichier, et le calcul a porté non seulement sur les noms et prénoms, mais aussi sur les surnoms et les dates inscrites.Par une première opération entièrement manuelle, on a montré que 5 940 paires étaient assorties, parmi celles retenues.Placées par ordre décroissant de pondération, l'ordinateur retrouvait 89,4% de ces paires avant que ne se glisse la première erreur.Si on acceptait un critère de sélection plus bas, l'ordinateur pouvait retracer 98,8% des paires assorties, moyennant quelques erreurs seulement.Or il est beaucoup plus facile de retracer les erreurs dans les quelques milliers de paires assorties, que de retrouver des paires manquantes.Une différence apparaft à ce niveau, entre le travail du généalogiste et celui du démographe.Alors que le premier s'arrête aux certitudes, le dernier pourrait se permettre quelques mauvais appairements.En fait, le fichier individuel ne servira pas à l'élaboration d'arbres généalogiques, mais à des calculs de courbes statistiques et de recoupements.L'essentiel, c'est d'obtenir En 1681, le fleuve est encore la seule artère, le boulevard en somme.Mais déjà la population s'étire tout au long de son cours, au Heu de n’être cristalisée qu'à Québec, Trois-Rivières et Montréal, comme aux recensements de 1666 et 1667.? 42/ LA SCIENCE & LES HOMMES Pyramide des âges (détaillée) en 1681.Les nouveau-nés semblent avoir été très ma! dénombrés.L'analyse des régistres paroissiaux, lorsqu'il aura atteint cette période, mettra en évidence le fait que dès cette époque reculée, les femmes avaient tendance à mentir sur leur âge.et à se rajeunir face aux recenseurs! Y AGE % •mm&s J 90 85l 80 70 65 60 55 50 45 4»l 35 30 . non pas l'exactitude de chaque fiche, mais le nombre maximum d'appariements exacts, pour le minimum d'erreurs de jumelage.Une première utilisation démographique des fichiers ainsi élaborés a permis une critique réciproque des divers documents consultés.Par exemple, on peut mesurer l'efficacité des premiers recensements à partir des listes fournies par l'ordinateur.On peut aussi, à l'aide de documents postérieurs, découvrir des lacunes dans l'enregistrement des naissances ou des mariages.Cette première étude, portant sur la période antérieure à l'année 1667, autorise déjà une approximation de la population du Canada au premier janvier de cette année-là, chiffre qui viendra corriger celui figurant aujourd'hui dans nos manuels d'histoire.Or ce chiffre, nouvellement établi, pourra à son tour être modifié, au fur et à mesure que l'analyse des fichiers subséquents fera ressortir l'existence de nouvelles lacunes (par exemple, un immigrant qui serait retourné mourir en France et n'aurait pas fait enregistrer la naissance de ses enfants restés au pays).Pourtant, les démographes Charbonneau, Légaré et Raymond Roy, ainsi que leurs deux collaborateurs André Larose et Pierre Beauchamps, soutiennent déjà que l'erreur finale sera très largement inférieure à 1%, chiffre qui dépasserait déjà la qualité de toute autre étude démographique actuelle.Mais bien sûr, tout ça n'est pas pour demain.En six ans, l'étude a franchi à peine un siècle d'histoire, et plus on avance, plus l'abondance des documents (accroissement démographique) ralentit la progression.Il faudra encore quelques années avant que l'on achève la première étape, soit la période avant 1765 (régime français).Ce n'est probablement que dans un quart de siècle que le défi sera entièrement relevé, et que chaque citoyen, de 1608 à 1850 (ère pré-industrielle), aura sa propre fiche.et les démographes leur population-laboratoire.• lldàn iscata mire Its 1 partii i mue teim justin’) i Éiillûl put It J! lut nt il mitpi liais tou ta tiw mpaj nies qui nouveau) tatou tonnais! *1,!) tfepoinl tompîj tfel’imaiii Mi et «ntà la ftnimp la Ni tonfi «tirai Ctptndi lion qui listulss ïpaieils stiontij WtletH ItjaCo VEN % "Nu p Parait,îj ’""Mu «lotion ?N(] '“"sk S no ^nris %! "N TECHNOLOGIE LA TELEVISION SE PRECISE McLuhan devra peut-être revoir ses grandes catégories: il a établi des distinctions entre les média HOT et les media COOL, à partir de données de base techniques comme la haute et la basse définition d'une image.En effet, la télévision était jusqu'à maintenant considérée comme un médium de basse définition, étant donné que le grain de l'image, à la télévision, était nettement apparent comparé à celui d'une image de cinéma, qui n'est évidemment pas composée électroniquement.Mais tout ceci est en train de changer, si l'on en croit une annonce faite par la compagnie japonaise Matsushita Electronics qui travaille à la mise au point de nouveaux tubes vidéo, dont l'image serait beaucoup plus précise que celle que nous connaissons maintenant.En augmentant de 1,27 millions à 6 millions le nombre de points de phosphore sur la grille, la compagnie prétend obtenir une précision de l'image 5 fois plus grande que sur les tubes traditionnels.La compagnie Matsushita prétend que la définition de l'image, sur ce tube, se compare avantageusement à la définition d'une diapositive ou d'un imprimé par photogravure couleur.La production de ces tubes, dans les configurations 20, 15 et 13 pouces, commencera au Japon en février prochain.Cependant, à cause des coûts de production qui sont 10 fois plus élevés que pour les tubes conventionnels, ces nouveaux appareils de télévision ne seront pas d'abord offerts sur le marché domestique.On prévoit que les premières utilisations seront dans le domaine médical et industriel et pour les terminaux d'ordinateurs.(Mega Communications) • VENISE SAUVEE DES EAUX PAR L'HOLOGRAPHIE Tout un passé précieux est en train de disparaître à cause des effets corrosifs du temps, du développement urbain et de la pollution industrielle.Des cités entières comme Venise sont menacées, tandis que des œuvres d'art, et plus particulièrement toute la grande statuaire de plein air, risquent d'être perdues pour les générations futures si on ne trouve pas des méthodes nouvelles pour les conserver.Mais si l'on ne peut pas conserver intact l'original, ne pourrait-on pas au moins garder une image de ce qu'ont été ces chefs- d'œuvre?C'est la question que se sont posée des chercheurs du groupe TRW Systems sous la direction du docteur Ralph Weurker en utilisant la technique holographique.Ils ont pu obtenir des enregistrements grandeur nature d'œuvres d'art, en utilisant la technique holographique des deux rayons lasers.A la reproduction, l'hologramme tridimensionnel aux dimensions de la sculpture originale est si près de la réalité que les visiteurs ne se rendent pas compte que c'est une reproduction à moins qu'ils n'essaient de la toucher.Le docteur Weurker a travaillé également à d'autres applications des laser dans le domaine de l'art; comme l'enregistrement et la mesure de l'usure apportée par le temps aux statues en bois et le nettoyage des dépôts polluants sur les statues de marbre.Mais tout ceci risque de rester au stade expérimental; le seul obstacle à la conservation, au moins sous forme virtuelle, des objets d'art est celui-là même que l'on retrouve dans la conservation tout court: le manque de fonds.(Mega Communications) # DENONCE PAR LA TELEVISION Une reconstitution, sur ruban magnétoscopique, d'un accident d'automobile vieux déjà de trois ans a été admis en preuve, pour la première fois, par la Cour Supérieure de Los Angeles.L'avocat de la défense a présenté la reconstitution de la collision, rejouée dans tous ses détails, et s'est efforcé de faire voir au jury les différents événements survenus avant l'accident lui-même de telle sorte que les membres du jury puissent se faire une idée beaucoup plus précise de ces événements que celle qu'ils auraient pu obtenir par les seuls témoignages oraux.La présentation télévisée a montré, de l'avis de tous, que la voiture du plaignant suivait de beaucoup trop près la voiture du défendeur et que J'accident était à peu près inévitable.À la suite de cette présentation, le jury a déclaré que le défendeur n'était pas responsable.La télévision fait une entrée de plus en plus rapide dans le domaine de la Justice.Ainsi l'Université du Pacifique vient de mettre au point une Cour expérimentale du futur.Chaque membre du jury a un pupitre équipé d'un écran de télévision sur lequel il peut voir, à demande, les témoignages pré-enregis-trés et les différentes pièces d'évidence.(Mega Communications) • DES VOITURES ELECTRIQUES CONSTRUITES EN SERIE La société Teihol (France), jusqu'ici spécialisée dans la fabrication de divers types de carrosseries, va se lancer dans la construction en série de trois types de véhicules à traction électrique avec l'aide de la compagnie nationale Électricité de France L'un des modèles, baptisé «la Citadine», est une voiture en polyester comportant deux roues directrices à l'avant et une roue motrice à l'arrière.Son poids total est de 610 kilogrammes —dont près de la moitié pour les seules batteries d'accumulateurs— et sa vitesse utile de 50 kilomètres/heure avec une autonomie de 75 à 100 kilomètres.Avec seulement deux places assises, la Citadine, comme son nom et ses caractéristiques l'indiquent, est conçue pour la circulation en ville.# MOINS DANS L'ACIER La Société Sidbec-Dosco a fait appel à l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec pour essayer de résoudre les problèmes posés par l'absorption d'azote par l'acier élaboré au four à arc électrique.Cet acier a en effet une teneur relativement élevée en azote, dont l'absorption se fait au moment de la fusion de la ferraille, dans l'air entourant l'arc électrique; les atomes dissociés, oxygène et azote, ont en effet une grande affinité pour l'acier liquide.Cette caractéristique de l'acier au four électrique, qui se traduit par une plus grande dureté du métal, présente certains avantages, pour l'acier d'armature par exemple, mais par contre, affecte défavorablement «l'emboutissabilité» des tôles laminées à froid.Face à ce problème, le service de la recherche de Sidbec-Dosco, que dirige le Dr Hugues Marquis, a fait appel aux services de l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec, afin de neutraliser l'effet de l'azote dans les tôles laminées à froid ou d'éliminer l'absorption de l'azote dans l'acier liquide.Ce projet conjoint de recherche est subventionné par le Conseil national des recherches du Canada. 44/TECHNOLOGIE Les travaux de l'Ireq sont en cours depuis quelques mois, sous la direction du Dr Ghislain Bégin; déjà, ils ont permis de déterminer le taux de vieillissement des tôle à haute teneur en azote.Le vieillissemem est cette caractéristique qu'ont certains aciers de durcir avec le temps.EXPLORATION DE L'ATMOSPHERE Déjà, on a mis au point une méthode qui permet de savoir si l'azote contenu dans l'acier est neutre ou actif; on se sert des propriétés magnétiques de l'acier et de l'influence de l'azote sur les variations de ces propriétés.En somme, conclut le Dr Bégin, ces travaux permettront de localiser l'azote et de connaître la forme sous laquelle il se présente.Alors, il sera possible d'envisager des formes de traitement qui puissent neutraliser, en partie du moins, l'effet néfaste de l'azote dans les tôles laminées à froid.Une autre équipe de l'Ireq, sous la direction du Dr Edna Dancy, tente de trouver un moyen d'empêcher l'azote d'entrer dans l'acier liquide lors de l'élaboration de l'acier au four électrique.Pour ce faire, on élabore en laboratoire des laitiers à très forte affinité pour l'azote, de sorte que, lors de la fusion et de l'affinage dans le four, l'azote se loge ailleurs que dans l'acier liquide, de préférence dans le laitier.En théorie, il semble possible d'élaborer des laitiers à forte affinité pour l'azote, mais du point de vue économique, il faut tenir compte des éléments qui entrent dans la fabrication du laitier, soit la silice, l'alumine, le magnésium, la chaux, l'oxyde de fer et l'oxyde de manganèse, et garder une proportion de ces éléments qui se prête à une exploitation rationnelle du four électrique.• Ce satellite («Atmosphere Explorer C») se livrera à 14 expériences scientifiques visant à mieux connaître le «no man's land» de l'espace.Grâce à une orbite très elliptique, le vaisseau visitera les régions supérieures de l'atmosphère terrestre (à environ 100 km d'altitude), à propos desquelles on ne connaît jusqu'à présent que fort peu de chose.fF^-r-^SÜ J.P.LANGLOIS TECHNOLOGIE / 45 •v ' ;5:, l'ordinateur entre à la vacherie En 1970, un candidat aux élections provinciales dans la région de Montréal promettait, entre autres, de mettre l'ordinateur au service des agriculteurs.Plusieurs y ont vu une de ces promesses électorales farfelues que l'on sert en toute dernière extrémité.Pensez donc, l'ordinateur à l'étable! Pourquoi pas des spectromètres infrarouges pour analyser le lait! Pourtant, celui qui est aujourd'hui député connaissait —sans doute— tout simplement l'existence du programme d'analyse des troupeaux laitiers mis sur pied par le Collège MacDonald, la faculté d'Agricul-ture de l'université McGill.En effet, depuis 1966, une équipe du département des Sciences animales de ce collège, à Sainte-Anne de Bellevue, gérait la production de quelques milliers de vaches québécoises à l'aide d'un ordinateur.Bien entendu, une dizaine de programmes d'évaluation de troupeaux existaient déjà aux États-Unis et le gouvernement fédéral lui-même avait instauré dès 1905 son Service de contrôle de la production laitière.Mais le service du Collège MacDonald comportait certaines innovations extrêmement importantes.Ainsi, tandis que la plupart des autres programmes servent à accorder des certificats de production aux animaux, ou encore étudient l'amélioration génétique à long terme des troupeaux, le service dirigé par le professeur Brian Kennedy met la puissance de l'informatique au service de la gestion quotidienne d'un troupeau laitier.0 46/ TECHNOLOGIE C'est un programme «en temps réel», expression chère aux informaticiens pour dire que l'ordinateur intervient en même temps que le phénomène se déroule.C'est-à-dire qu'il permet au cultivateur d'améliorer le rendement de son troupeau à chaque mois, et non seulement d'obtenir un bon prix lorsqu'il vend un animal.En surveillant et calculant 70 paramètres, ayant trait à la nourriture, la production et l'état de chaque vache, l'ordinateur indique au cultivateur comment tirer constamment le maximum de ses animaux.Mis en marche en 1966, le service ne comptait alors que 980 vaches inscrites, réparties dans 28 troupeaux.Aujourd'hui, le cheptel «électronique» de MacDonald comprend 85 000 animaux et s'étend jusque dans les provinces maritimes.Ultimement, il devrait inclure les 900 000 vaches laitières du Québec, mais le conservatisme des fermiers explique sa lente pénétration dans le milieu.Cette année, le ministère de la Colonisation et de l'Agriculture du Québec lance une vaste opération destinée à enrôler les cultivateurs québécois.Le responsable, M.Claude Plante, du Service des productions animales au ministère, se console d'avance en songeant que même aux États-Unis, 30 pour cent des vaches seulement sont inscrites dans des programmes semblables.Mais voyons comment fonctionne le Programme d'analyse des troupeaux laitiers du Québec, ou PATLQ, nom porté par l'initiative de l'université McGill depuis que le gouvernement du Québec la soutient.Fondamentalement, le PATLQ coordonne les activités de quatre unités de base: le fermier, le surveillant itinérant, le laboratoire d'analyse du lait et l'ordinateur.Les deux dernières unités sont situées à Sainte-Anne de Bellevue.Une trentaine de surveillants alimentent le laboratoire et l'ordinateur en données en visitant chaque ferme participante, une fois par mois.Le tout constitue un cycle fermé qui débute et se termine à la ferme.« Le même jour de chaque mois, le surveillant arrive chez le fermier.Avec l'aide de celui-ci il remplit un formulaire précisant une quinzaine de renseignements au sujet de chaque animal.Prenons Aurore, par exemple, une des doyennes du troupeau de M.Jacques Dussault.La journée précédant la visite du surveillant, elle a consommé 13,5 kilos de moulée (plus du fourrage et/ou de l'ensilage) et produit 32 kg de lait.Le surveillant prend note de ces chiffres et recueille des échantillons du lait produit.Ensuite, toujours avec l'aide du fermier, il doit obtenir plusieurs renseignements quant au statut d'Aurore.Ainsi, elle en est à sa septième lactation, elle est âgée RAPPORT MENSUEL ÉCHANTILLONS DE LAIT questionnaires FERME LABORATOIRE D'ANALYSE DU LAIT SURVEILLANTS ITINÉRANTS ORDINATEUR ANALYSE DU LAIT questionnaires A«CfSl| I: I 1 I I I I : de 9 ans et 4 mois et pèse 530 kilogrammes.Enfin, la présente lactation dure depuis 45 jours, pendant lesquels elle a produit 1470 kg de lait, et elle n'a pas encore été saillie.(Voir encadré sur le cycle de production d'une vache laitière.) La visite du surveillant dure de une heure à une heure et demie.Il faut ensuite trois à quatre jours pour que les questionnaires et les échantillons parviennent à Sainte-Anne de Bellevue.Aussitôt arrivés au Collège MacDonald, le laboratoire d'analyse s'empare des échantillons pour en déterminer automatiquement la teneur en gras et en protéines.Le laboratoire traite environ 50 000 échantillons par mois.Dans le cas d'Aurore, en tenant compte de son état et de sa production, il affirmera, entre autres, qu'elle aurait pu se contenter de 12,15 kg de moulée au lieu de 13,5, d'où une première économie pour le cultivateur.C'est d'ailleurs au niveau de l'alimentation du troupeau que le cultivateur retire le plus de bénéfice du programme.Il semble en effet, que comme leurs maftres, et la majorité des Canadiens, la plupart des vaches soient suralimentées.Par contre, l'ordinateur dira quand il ne faut pas ménager la moulée.En particulier, lorsque la vache traverse une période où elle transforme un maximum de nourriture en bon lait à $13.50 les cent kilogrammes.Ces données viennent s'ajouter à celles du questionnaire rempli sur la ferme et, une fois codées, elles peuvent enfin être digérées par l'ordinateur du centre de compilation.Ici, Aurore peut encore attendre quelques jours avant d'être saillie, mais l'ordinateur peut aussi indiquer quand il faut tarir une vache et quand la saillie est en retard.-J: L:; En l'espace d'une fraction de seconde la machine électronique analyse le rendement d'Aurore et dicte ses recommandations à son sujet.En pratique, l'ordinateur commence par comparer les données du dernier questionnaire avec celles qu'il avait déjà en mémoire.Il peut alors rectifier une erreur qui aurait pu s'introduire quant à l'âge de la doyenne de M.Dussault.La vie intime de chacune des 85 000 laitières inscrites au programme tient dans 15 rubans magnétiques.Une fois ces précautions prises l'ordinateur émet son verdict.Enfin, le rapport de l'ordinateur permet à M.Dussault de comparer Aurore à l'ensemble de son troupeau, ou même, à l'ensemble des 85 000 «vaches électroniques».M.Dussault possède alors des renseignements hors pair sur ses vaches lui précisant celles qu'il doit garder et celles qu'il devrait expédier à la boucherie.1 Onpîuij toinait Le professeur Brian Kennedy a calculé qu'après cinq années de participation au programme, la production laitière du «troupeau électronique» a augmenté de 10,7 pour cent et les profits des cultivateurs participants de 17,3 pour cent.N# foiiii «ntl TECHNOLOGIE / 47 «Concrètement, ajoute M.Plante, cela signifie que certains cultivateurs ont augmenté leur profit de $3 000 par année.En se référant à la production annuelle d'une vache, poursuit M.Plante, on constate qu'elle donne en moyenne 340 kilogrammes de lait de plus, la première année, 580 kg, la deuxième, et 750 kg, la troisième.(Toujours en prenant comme base l'année précédant l'inscription au programme.) Traduit en dollars, ceci représente $37.60 d'accroissement de profit par vache la première année, $64.24, la deuxième et $85.65, la troisième.Présentement, il n'y a que 10 pour cent des cultivateurs québécois inscrits au PATLQ.Si tous participaient, la communauté des éleveurs laitiers augmenterait ses profits de $4 à $5 millions de dollars par année», conclut M.Plante.Quant au cultivateur, il lui en coûte $120 ou $250 par année pour s'inscrire, selon qu'il participe au programme non-officiel ou officiel.Dans ce dernier cas les performances de ses vaches sont garanties par le surveillant.Et il n'y a pas que les bénéfices directs d'une gestion améliorée, le programme comporte d'importants avantages à long terme.Le professeur Brian Kennedy, en particulier, s'intéresse à l'amélioration génétique du cheptel québécois.Ceci devient possible du fait que 40 à 45 pour cent des vaches laitières du Québec sont maintenant inséminées artificiellement avec les semences de 120 taureaux exceptionnels, gardés au Centre d'insémination de Saint-Hyacinthe.La moitié de ces taureaux sont de race Holstein, la principale vache laitière du Québec.Le programme PATLQ les concerne aussi de très près puisqu'il permet de mesurer de façon précise les performances de leur progéniture.Par exemple, M.Kennedy a pu utiliser l'ordinateur de Sainte-Anne de Bellevue pour découvrir de quels taureaux proviennent les filles les plus productives.Cette recherche est extrêmement importante car, même si les filles du taureau H58 de Saint-Hyacinthe, par exemple, ne produisent que 50 kg de plus de lait par année que leurs consoeurs, cela peut représenter une augmentation annuelle de 500 000 kg, puisque H58 pourrait avoir 10 000 filles par année, grâce à l'insémination artificielle.On peut aussi demander à l'ordinateur de trouver le père dont les filles ont le lait le plus riche en gras ou en protéine.Présentement, seul le taux de gras entre dans le calcul de la valeur marchande du lait, mais il se pourrait que l'on tienne bientôt compte du taux de protéine, à cause de la demande croissante pour les fromages, souligne M.Kennedy.A ce moment, le taureau H82 de Saint-Hyacinthe risque de devenir très populaire puisque ses filles ont un lait beaucoup plus riche en protéines que la moyenne.Par contre, elles produisent 2 pour cent de moins de lait.On ne peut tout avoir.Mais encore là, l'ordinateur déterminera si la valeur accor- f-^ cycle de production d'une vache laitière Une jeune taure Holstein devient vache arrête alors de la traire, 50 à 60 jours en donnant naissance à son premier avant un nouveau vêlage.Ceci lui per-veau ou à sa première génisse.Elle pè- met de reconstituer ses forces et ses se alors entre 315 et 360 kg et est âgée tissus mammaires.Une fois le petit né, de 24 à 30 mois.Cette première nais- un nouveau cycle recommence, sance annonce le début de période commerciale, dite période de lactation.En principe, une vache Holstein peut Il faut de 30 à 60 jours pour qu'elle vivre 12 à 15 ans, mais on l'envoie atteigne son maximum de production généralement à l'abattoir vers 7 ans.de lait.C'est à ce moment qu'elle est Elle aura vécu ses deux premières an-saillie (fécondée) artificiellement ou nées comme jeune taure et connu cinq naturellement.Ensuite la production périodes de lactation, dont la troisième de lait diminue lentement pour descen- est la plus productive.# dre en-dessous de 5 kg par jour après une dizaine de mois de lactation.On 2 4 6 8 10 I i I l I ® “Z- durée UN CYCLE COMPLET (environ un an) ^PÉRIODE DE GESTATION (282 jours) PÉRIODE DE LACTATION (305 jours) vêlage ¦ ¦ vêlage dée au taux de protéine compense cette production brute légèrement plus faible.Enfin, l'ordinateur peut aussi recueillir des données plus complètes sur la composition et le coût des aliments.On commence à tenter d’établir des corrélations entre la nature des aliments et la production de lait, le taux en gras et en protéine.On peut donc s'attendre à ce que M.Kennedy et son équipe puissent bientôt indiquer quelle alimentation au moindre coût favorise la production de lait, ou le taux de gras ou le taux de protéine.Le programme d'analyse des troupeaux laitiers s'adresse donc d'abord à la vache Aurore, à tout le troupeau de M.Dussault, à M.Dussault lui-même et à l'ensemble de toutes les vaches du Québec.Il démontre hors de tout doute que les «vaches électroniques» sont les meilleures.Tout ceci, en fait, confirme ce que souligne avec force M.Sherman Touchburn, nouveau directeur du département des Sciences animales du Collège MacDonald, «La recherche agricole ne profite pas seulement au fermier, mais permet finalement au consommateur de se nourrir à un moindre coût.» • REVUE DE PRESSE La NASA a lancé le premier satellite dont l'orbite pourra être changée à volonté.Il descendra dans l'atmosphère pendant quelques jours pour ensuite remonter à haute altitude en attendant que de nouvelles circonstances justifient une autre série de passages en rase-mottes.La région de l'atmosphère étudiée, entre 115 et 192 km d'altitude est cruciale pour l'équilibre thermique de la Terre puisque c'est là que sont absorbés les énergétiques rayons ultraviolets.(Le Devoir, 17-12-73) Des savants chinois ont effectué l'autopsie d'une femme morte il y a 2 000 ans.Le corps, protégé par six cercueils hermétiques, était si bien conservé qu'ils ont pu déterminer qu'elle souffrait d'un début de tuberculose et d'une maladie coronaire avancée.C'est d'ailleurs probablement d'une attaque cardiaque que cette épouse d'un ancien notable chinois est décédée.(The Globe and Mail, 29-11-73) Le problème de l'obésité touche environ 600 000 personnes au Québec, et doit être attaqué sur tous les fronts pour être résolu, selon le Dr Jean-Guy Boileau, du nouveau Centre d'évaluation et de traitement en bioénergétique, obésité et nutrition de Montréal (CETBON).Le pourcentage de succès permanent ne dépasse pas 5 pour cent chez les patients soumis à la seule approche médicale.Le Centre entend s'attaquer au problème de santé numéro un des Canadiens selon une nouvelle approche intégrée.(Le Devoir, 29-11-73) Grâce à un vaccin mis au point par les Laboratoires Connaught de Toronto, l'Ontario pourrait bien devenir le premier endroit au monde où l'on immunise les animaux sauvages contre la rage.Le ministère des Richesses naturelles vise surtout à protéger le renard rouge qui représente à lui seul 40 pour cent des cas de rage rapportés chez les animaux sauvages.Le vaccin est contenu dans de petits sachets, inoffensifs pour les humains, inoculant les animaux qui les mâchent.Il y a quelques années, avant que la rage devienne la principale cause de mortalité chez les renards, leur population était dix fois plus nombreuse.Si le programme d'immunisation réussit, les chercheurs ontariens s'attendent à être obligés d'inventer une pilule anticonceptionnelle pour limiter la population des renards! (The Globe and Mail, 29-11-73) Sept services de presse américains et un quotidien torontois, le Toronto Star, ont décidé de s'associer à la société IBM dans la réalisation d'un procédé de mise en page par ordinateur, au coût de plusieurs millions de dollars.(Le Devoir, 13-12-73) Pour être en santé la plupart des gens croient qu'il faut aller à la selle au moins une fois par jour.Lorsqu'ils passent une journée sans se soulager, il se croient aussitôt constipés et ont recours à une panoplie de laxatifs.En fait, une personne peut déféquer trois fois par jour ou une seule fois par semaine et être en parfaite santé, écrit la publication américaine Medical Letter, dans un éditorial.En cas de constipation, les meilleurs laxatifs sont les céréales, les fruits, les carottes crues et les légumes feuillus.(The Globe and Mail, 29-11-73) Demain, l'Arctique vivra à l'heure du pétrole, selon le professeur Jacques Malaurie, directeur du Centre d'études arctiques de l'École des hautes études de Paris.La France, en particulier, a largement démontré l'intérêt qu'elle avait pour cette région puisque le groupe pétrolier français ERAP détient la plus grande surface nette de permis dans l'Arctique, soit 460 000 kilomètres carrés.(Le Soleil, 17-11-73) Au Gage Research Institute, à Toronto, des volontaires sont payés $2 l'heure pour pédaler sur une bicyclette d'exercice dans une cage contenant jusqu'à 0,75 partie par million d'ozone.L'ozone, une molécule formée de trois atomes d'oxygène, est rencontré dans l'air pollué des villes et peut irriter les voies respiratoires.Les expériences du Dr Silverman indiquent que les volontaires éprouvent certaines difficultés à respirer, ont une légère envie de vomir et subissent un rétrécissement des voies respiratoires.L'irritation disparaft complètement en l'espace de 24 heures.La norme est de 0,1 ppm, en Ontario, mais elle atteint parfois 0,35 ppm dans la banlieue de Toronto.Dans le centre-ville, un autre agent polluant, le bioxyde de soufre, élimine l'ozone! (The Globe and Mail, 26-11-73) La France prend la tête dans la construction d'usines nucléaires, en Europe.En effet, avec ou sans partenaire européen, le gouvernement français a décidé d'aller de l'avant avec la construction d'une usine d'enrichissement de l'uranium par diffusion gazeuse.À partir de 1979, l'usine devrait commencer à assurer progressivement l'alimentation de 80 centrales nucléaires de 1 000 mégawatts.(La Presse, 26-11-73) Un rapport remis à Environnement-Canada recommande le développement de l'activité touristique et commerciale de la baie James et sa prise en charge par les Indiens et les Inuits, à titre de compensation pour les droits et privilèges perdus par suite de la construction du complexe hydro-électrique.Les spécialistes recommandent en particulier la création d'un circuit de monorail s'alimentant à même l'électricité de la région, administré et géré par les Indiens du territoire.(Le Soleil, 12-12-73) Les sceptiques en prendront pour leur rhume: il semble bien que des doses massives de vitamine C protègent efficacement contre la grippe commune.Du moins, telle est la conclusion d'une expérience à laquelle se sont soumis des soldats de l'armée canadienne, en manoeuvre dans le Grand Nord.Seulement 10 pour cent des soldats recevant un gramme d'acide ascorbique par jour ont attrapé la grippe contre 24 pour cent chez ceux qui recevaient un placebo, c'est-à-dire une imitation.(The Globe and Mail, 20-11-73) Un groupe d'étudiants en génie de l'Université de Colombie Britannique, va tenter de découvrir comment rendre plus agréable l'utilisation des autobus, au cours de l'année scolaire en cours.Ils s'intéressent en particulier à l'amélioration des modes d'embarquement et de débarquement des personnes âgées et des handicapés physiques.(The Ottawa Citizen, 15-11-73) Le nouveau câble téléphonique transatlantique Cantat-2, propriété conjointe de la Société canadienne des Télécommunications transmarines, à Montréal, et du Post Office de Grande-Bretagne, est maintenant en place.Cantat-2 décuplera la capacité canadienne de transmission avec l'Europe grâce à ses 1 840 circuits téléphoniques.(Le Devoir, 17-12-73) À l'encontre d'une multitude de données archéologiques indiquant que l'homme a commencé à s'établir dans les Amériques en traversant de la Sibérie à l'Alaska il y a environ 12 000 ans, des géologues américains viennent de trouver des objets fabriqués datant de 250 000 ans, dans le lit d'un ancien ruisseau, près de Pueblo, au Mexique.(The Montreal Gazette, 14-11-73) 49 VIVRE EN FORÊT par Paul Provencher, Les Éditions de l'Homme, 223 pages, $4 En vente dans les librairies L'auteur de cet ouvrage est ce qu'on peut vraiment appeler un coureur de bois de profession.Ingénieur forestier, Paul Provencher a passé une grande partie de sa vie dans la forêt.Il peut donc en parler avec autorité.Au cours de ses voyages, qu'il a entrepris surtout sur la Côte Nord, très souvent en compagnie du guide Félix Poitras, cet aventurier moderne au meilleur sens du mot a su observer avec discernement et noter scrupuleusement les choses de la grande nature sauvage.Avec aussi les trappeurs et les forestiers, les Indiens Montagnais, il a appris tous les «trucs» du métier.Il les transcrit dans un style clair, avec une plume alerte qui dénote beaucoup de lectures et de connaissances historiques.De nombreuses illustrations, d'un art naif, appuient très bien les explications techniques.Ce livre est le complément naturel du Guide du trappeur, œuvre publiée par ce même auteur il y a quelques années.Provencher enseigne d'abord comment lire une carte topographique, une boussole, un terrain, puis comment s'orienter, se servant au besoin de points de référence, comme les étoiles, le soleil, les ombres, les vents, la montre.Il dit comment il faut voyager en été et en hiver, ce qu'il faut savoir d'essentiel pour de telles randonnées à la mode d'autrefois; ce qu'il faut connaftre des wigwams et des tentes; des ustensiles rudimentaires de cuisine; des outils primitifs, des vêtements, du trappage, de la capture des oiseaux, de certaines méthodes de chasse et de pêche, de la conservation des viandes et du poisson, des plantes comestibles et médicinales.C'est probablement un des meilleurs traités publiés jusqu'ici au Québec sur les notions qu'il faut acquérir ou posséder pour survivre en forêt, et pour les gens débrouillards, y vivre même agréablement comme les anciens coureurs de bois.A bien souligner que l'auteur s'est surtout appliqué à divulguer les secrets et méthodes de travail ou de dépannage des gens de bois.Il n'a pas voulu, mais pas du tout, mettre à la portée du lecteur des renseignements sur les nombreuses «commodités» courantes qu'offrent les manufacturiers d'articles de sport, chasse, pêche et camping.POUR EN LIRE PLUS Au contraire, il s'est ingénié à nous transmettre des connaissances puisées dans la tradition orale ou dans la vie pratique.Par exemple, les quelque 70 pages consacrées à la trappe et à la pêche, expliquent minutieusement les méthodes de capture des bêtes à poil, à plume ou à écaille, telles qu'elles se pratiquaient il y a 300 ans.Les abris qu'il nous présente sont ceux qu'utilisaient Indiens et voyageurs de naguère; l'équipement de cuisine, de chauffage et de couchage, est ce qu'il y a de plus élémentaire.C'est donc un guide sûr pour toute personne qui se perd dans la forêt et qui est par le fait même livrée à son propre sort.Avec ce livre, elle apprendra comment construire un toboggan, des raquettes, un harnais à chien, un radeau, un umiak, un wigwam, un teepee, un «poêle de tôle», un fourneau, un couteau «croche», des mocassins, des sandales d'urgence, des pièges, etc.Précieuse compilation de renseignements du point de vue artisanal et historique, bagage d'information des plus pratiques, de quoi rendre heureux les amants de la grande nature, de quoi permettre la survie de l'imprudent qui se perd dans nos vastes forêts.D'autres, par contre, y découvriront une synthèse magistrale sur l'une des plus importantes questions au monde: à savoir si l'Humanité mettra fin à la guerre ou si la guerre mettra fin à l'humanité, pour utiliser les mots du président John Kennedy.La première partie du volume décrit les systèmes d'armements nucléaires pour faire disparaftre de notre esprit tout doute quant à leur efficacité.Mais, c'est la seconde partie de l'ouvrage qui apporte sans doute le plus d'éléments nouveaux au grand public.Au moyen d'une mathématique élémentaire, à la portée de tous, les auteurs résument en quelques courbes tout le marchandage et le «bluff» qui entourent le débat sur les armes stratégiques.Ils démontrent avec une élégance déconcertante le dangereux dynamisme de l'escalade nucléaire et les raisons qui font de la route vers le désarmement un quasi cul-de-sac.L'un des plus dramatiques exemples de mathématiques appliquées.Un livre indispensable à celui qui veut comprendre le noeud de la politique internationale.QUÉBEC SCIENCE SUR MICROFILMS Marcel-Aimé Gagnon LE FEU NUCLÉAIRE par Albert Legault et George Lindsay, publié par les éditions du Seuil, nombreux schémas et graphiques, 256 pages, $11.90 Auriez-vous imaginé que la fantastique partie de poker nucléaire jouée par les USA et l'URSS puisse être résumée en un dessin?MM.Albert Legault, directeur du Centre québécois de relations internationales à l'université Laval, et George Lindsay, directeur du «Defense Research Analysis Establishment» à Ottawa, ont réussi ce tour de force avec quelques graphiques.Les courbes sont tellement claires et nettes que The Avalon Hill ou Parker Brothers pourront y voir le germe d'un nouveau jeu.Le manque d'espace ne constitue plus une raison pour se priver de conserver QUÉBEC SCIENCE.On peut en effet se procurer notre magazine en édition microfilmée standard.Actuellement, les volumes 8 à 10 (novembre 1969 à juin 1972) sont disponibles en un seul rouleau de film vendu au prix de $7.60 par Xerox University Microfilm 300 North Zeeb Rd Ann Arbor, Mich.48106 INTRODUCTION À LA PSYCHOLOGIE INDUSTRIELLE par Gilbert Tarrab, Les Éditions La Presse, 160 pages, $3.95 La machine est venue briser le lien qui unissait l'homme à son ouvrage artisanal.Impuissant et dépaysé devant la prolifération continue de techniques de plus en plus élaborées, l'être humain s'est vu écar- (suite page 51) décou 50 ECHEC & AMTHS par Claude Boucher PROBLEME NUMÉRO 29 On a neuf chaînettes: une de 3 anneaux, une de 4 anneaux, deux de 5 anneaux, trois de 6 anneaux, une de 7 anneaux et une de 8 anneaux.On veut former à partir de ces chaînettes une seule chaîne circulaire de 50 anneaux, ce qui oblige à ouvrir certains anneaux, puis à les ressouder.Il s'agit de déterminer de quelle façon on doit s'y prendre pour minimiser le travail.Puisque la recette totale ne comporte pas de cents, le nombre d'enfants doit être un multiple de 10.Si l'on avait eu 60 enfants, les 40 adultes qui restent auraient fourni au moins $120, ce qui dépasse le total de $100.Si le nombre des enfants avait été de 50, 40, 30, 20, 10 ou 0, le montant fourni aurait été encore plus grand.Il faut donc que le nombre des enfants ait été supérieur à 60.Si l'on avait eu 90 enfants, ils auraient fourni $9 et les 10 adultes qui restent auraient fourni au plus $50.Cette fois-ci, on est en deçà du total de $100.Il faut donc que le nombre d'enfants ait été 70 ou 80.UNE ?ABONNEMENT SOLUTION DU PROBLEME NUMÉRO 28 Il faut donc que I on ait eu 80 enfants.On obtient alors les équations 5h + 3f = 92 h + f = 20 qui ont comme solutions h = 16 et f = 4.y avait donc 16 hommes, 4 femmes et 80 enfants.TUEL: Supposons que l'on ait eu 70 enfants, alors 30 adultes auraient dépensé $93.Si l'on désigne par h le nombre d'hommes et par f le nombre de femmes, on devrait avoir les équations 5h + 3f = 93 h 4- f = 30.Mais ces équations n'admettent pas de solutions entières.CONTRE LA PÉNURIE Aussitôt distribué, QUÉBEC SCIENCE disparait des kiosques.Prenez unç assurance contre la pénurie: abonnez-vous à QUÉBEC SCIENCE.?RÉABONNEMENT NOM ADRESSE CODE POSTAL VILLE ?Chèque ?Mandat-poste TARIFS 1 an / 10 nos: RÉGULIER: $5.00, ÉTUDIANT: $3.50.insérer dans une enveloppe et adresser à: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 NOTRE PROCHAIN ^Santé des Québécois: si on en juge par les indications de ce «thermomètre» que constitue l'état de nos dents, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.^Technologie douce: est-il encore temps d'abolir la machinerie lourde et polluante qui nous écrase, au profit d'une technologie plus élégante et plus subtile, à la fois économique et respectueuse de l'environnement?^Contrôle anti-dopage: pour empêcher les amphétamines et autres drogues d'être les vrais vainqueurs des prochains Jeux Olympiques, une opération de grande envergure se prépare à Montréal.?f:Le yoga et la science: depuis quelques temps l'acupuncture accapare l'intérêt de nos médecins, mais une autre science venue de l'Orient a fait l'objet d'années d'examen de la part des savants occidentaux, quel est le verdict?finsivea.kit iny ^testiD •t qui |K j de sel.vÇfgLj.i s 1 télé entre la puissance des moyens et le caractère dérisoire de la production.Telle est l'inadaptation professionnelle.La psychologie industrielle vise à instaurer une harmonie entre l'homme et son métier.Elle a donc une double valeur, individuelle et sociale, et se doit de réconcilier le travailleur et l'employeur.Cet objectif ambitieux implique les systèmes de sélection, les méthodes d'augmenter les rendements en quantité et en qualité, la diminution en fréquence et en gravité des accidents du travail, la réduction de l'absentéisme et de l'instabilité professionnelle, l'amélioration du moral des travail-| leurs.C'est bien beau, et ça doit même être possible puisqu'on a pris la peine d'écrire J ce volume pour expliquer comment s'y prendre.Un livre qui reconciliera les psychologues industriels avec leur travail.VOTRE QUOTIENT INTELLECTUEL: COMMENT LE DÉCOUVRIR par Victor Serebriakoff, Les Éditions La Presse, 125 pages, $3.50 quotient intellectuel Comment le découvrir =(• Après avoir fait du club britannique Mensa ! (le club des «grosses têtes») une société : internationale, Serebriakoff a écrit cet ou-i vrage «afin de susciter un intérêt dans la matière, tout en donnant aux gens l'inoffensive occasion de s'amuser en mesurant leur intelligence et leur personnalité par des tests parallèles aux tests scientifiques et qui les illustrent».«Inoffensive»?Pas si sûr! Car la furieuse manie de classer les gens sur la base de ces tests confine parfois à l'absurde.Mais rien ne vous empêche de vous amuser chez-vous et de calculer votre score: l'exercice restera anodin aussi longtemps que vous saurez en prendre le résultat avec un grain de sel.Serebriakoff, parlant sans doute d'expérience, met d'ailleurs en garde les déten- teurs d'un «Q.l.» élevé: «Au revoir, créature intelligente et équilibrée.Si en plus vous êtes séduisant, comme vous serez fiai'».LA CONVIVIALITÉ par Ivan Illich, Éditions du Seuil, 160 pages, $6 La convivialité Seuil C'est un néologisme qui sert de titre à l'ouvrage, car «convivialité» (étymologiquement: vivre avec) ne figure pas au dictionnaire.Le mot n'existait pas car, pour les hommes d'autrefois, le fait de vivre (les uns) avec (les autres) allait de soi.Ce n'est plus le cas dans notre monde complexe, et Ivan Illich continue ici sa croisade contre la société industrielle, tout en la radicalisant et en l'amplifiant: il ne vise plus une institution particulière (comme l'école par exemple qui l'a rendu célèbre) mais «l'organisation globale», et «dénonce la servitude née du monde industriel de production, le gigantisme des outils, le culte de la croissance indéfinie».On connaît la chanson, direz-vous.Sans doute.Illich cependant, «considère ce livre comme un outil avec lequel poursuivre l'analyse.Il veut qu'on tienne ce texte pour inachevé, modifiable par l'expérience à venir.Car la prise de conscience sociale, le réveil politique, l'inversion des institutions ne seront pas l'œuvre d'un homme seul, ni d'une poignée d'agitateurs.Il faut des hommes lucides qui prennent le risque, il faut des dormeurs qui s'éveillent et qui parlent.» Précisons que l'ouvrage fait suite à la participation d'Illich, en janvier 1972, à une réunion de juristes et de législateurs canadiens, tenue à Ottawa pour discuter de l'orientation de la législation canadienne pendant les dix prochaines années. La Recherche a des lecteurs dans 78 pays.Il doit bien y avoir une raison.„ ,o° Si La Recherche - '•v a des lecteurs dans 78 pays, si les articles qu’elle publie sont répertoriés dans tous es grands périodiques bibliographiques mondiaux, si, en bref, La Recherche a une audience internationale, c’est d’abord parce que son contenu est international : dans ses sommaires, des chercheurs du monde entier se donnent render-vous.La Recherche egt une revue interdisciplinaire destinée aux scientifiques.Interdisciplinaire, elle fait le point des activités de recherche dans tous les domaines, de la biologie moléculaire à l’astrophysique ou à l’informatique.Destinée à des scientifiques, La Recherche est donc rédigée aussi par des scientifiques, français et étrangers, qui font l’effort de décrire clairement, pour des collègues appartenant à d’autres spécialités, leurs expériences, leurs hypothèses et leurs résultats.Grâce à une équipe permanente de rédacteurs qui ont tous une expérience de la recherche en laboratoire, grâce à ses cinquante correspondants, La Recherche est souvent informée la première de tous les développements scientifiques importants.Ce n’est pas tout.Il y a des revues qui publient le genre d’articles qu’on se promet de lire.le jour où l’on aura le temps.Refusant de confondre le sérieux * et l’ennui, nous avons décidé, nous, de faire de La Recherche une revue qu’on lit même quand on n’a pas le temps.Et c’est sans doute pour cet La Recherche a des lec 78 pays.i IONALE bureau DEPOT LEGaL 170u RUE ST-DENIS MONiÎReaL PU DU QUEBEC 71 101977 OFFRE GRATUITE Veuillez m’envoyer, sans engagement de ma part, numéro spécimen de La Recherche NOM ADRESSE wf VILLE à retourner à PERIODICA INC., 7045 avenue du Parc, Montréal 303, Que.CO O < O
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