Québec science, 1 janvier 1974, Septembre
< I < SEPTEMBRE 74 O UN DOLLAR PER fc-69 TT • • ' ' i fcV tj < OÙ vAster1-'- -r\t 0 t "L ^X> 'l T i.tëSeÿs K ri j ' ¦rrrr"ii - " ¦¦|- • - \________ +Z^JUUM*iC£^S* ^ .y XV ' ¦*• ( WlSSÊ^ • '“~r< "‘ ¦ ¦ 7^ i ïi x-,'ûkeir/ v~> ¦ -f ¦ v h • M YÇÿ \ " \ V M 1 ' , : V TADOUSSA0, REFUGE DES BALEINES ' TROP PEU POUR LE SOLEIL- LA REVANCHE DES MOULINS À VENT Depuis longtemps, «énergie électrique» et «hydroélectricité» sont pratiquement synonymes au Québec.C’était normal que nous mettions à profit des ressources qui nous appartiennent pour répondre économiquement à nos besoins d’énergie.Mais toute bonne chose a sa fin: en admettant que nous employions la totalité de nos ressources hydroélectriques utilisables, il restera à trouver à une ou d’autres sources, d’ici l’an 2000, un supplément de 30 000 à 45 000 mégawatts.Le nucléaire a déjà sa place chez nous, et il faut prévoir que son rôle ira en s’accentuant.Gentilly 1 constitue actuellement la seule centrale nucléaire québécoise.Elle représente environ 2% de la puissance totale dont l’Hydro-Québec dispose, c’est-à-dire de la somme de sa puissance installée et de la puissance garantie qu’elle obtient par contrat.Cette centrale est un prototype qui appartient à l’EACL (Energie atomique du Canada, Limitée) et est exploitée par l’Hydro-Québec.¦IllÉfli - • ; GENTILLY 2 Au début de 1972, la Commission de l’Hydro-Québec fixait ses critères en vue du choix d’un type de réacteur nucléaire pour Gentilly 2, la première centrale de son programme nucléaire commercial.Le réacteur requis devait: 1) être de conception fiable et comporter des éléments éprouvés; 2) offrir une puissance nominale de 600 mégawatts; 3) être mis en service commercial en janvier 1979.Une autre condition importante stipulait que cette centrale devait pouvoir être reproduite à plusieurs exemplaires tout en conservant une disposition similaire des divers éléments qu’elle comporte.Vers le milieu de 1972, l’Hydro-Québec demandait à l’EACL et à CANATOM de préparer, en collaboration avec ses propres services techniques, un rapport d’avant-projet concernant une centrale nucléaire satisfaisant aux exigences précitées et pouvant être sise dans le voisinage immédiat de Gentilly 1.À la suite de la présentation de ce rapport, l’EACL se vit confier le rôle de consultant pour l’aspect nucléaire de la réalisation, et CANATOM pour l’ingénierie classique, l’Hydro-Québec assumant la gérance du projet.Une approbation de l’emplacement et une licence de construction devaient être obtenues de la Commission de contrôle de l’énergie atomique.Ces permis furent demandés au printemps 1973, et l’approbation de l’emplacement fut obtenue en août 1973.Par exception, elle permettait de procéder à l’excavation et aux premières phases des fondations du bâtiment du réacteur.A la mi-octobre, Gentilly 2 était mise en chantier.La licence de construction nous a été accordée en avril 1974; et, depuis, le rythme des travaux va s’accélérant.DESCRIPTION SOMMAIRE Gentilly 2 est située sur la rive sud du Saint-Laurent, à 120 milles environ au nord-est de Montréal, à peu près à 15 milles en aval de Trois-Rivières, plus précisément à l’est de Gentilly 1 à laquelle elle est adjacente.Tout près se trouve le Parc industriel du centre du Québec.Gentilly 1 et Gentilly 2 partageront un système d’évacuation des eaux de refroidissement (nouveau) et une zone d’exclusion commune, mais seront en fait indépendantes l’une I de l’autre.La puissance de Gentilly 2 sera de 685 MW(e), comparativement à 266 pour Gentilly 1.Cette centrale sera du type CANDU-PHW (eau lourde pressurisée), c’est-à-dire du même type que toutes les autres grandes centrales nucléaires canadiennes à l’exception de Gentilly 1.Il s’agira donc d’une centrale utilisant des grappes d’uranium naturel comme combustible et de l’eau lourde comme modérateur et caloporteur.Le bâtiment du réacteur comportant la calandre et les systèmes étroitement associés à la production de vapeur consistera en une enveloppe de béton cylindrique et étanche, capable de résister à des pressions internes de 18 lb/po2 en cas d’accident, et limitant les fuites accidentelles à 0.5% de son volume par jour.Il comprend une membrane imperméable et un réservoir d’eau d’arrosage de 560 000 gallons lmp.Ce réservoir est de conception nouvelle: il est façonné à même la structure de béton et situé de façon périphérique à l’intérieur du bâtiment.La jupe (mur cylindrique) sera réalisée au moyen d’un coffrage glissant, une technique qui s’est avérée efficace dans le cas de Gentilly 1.Deux ouvertures temporaires permettront d’introduire l’équipement, puis seront refermés en utilisant des vérins plats pour répartir uniformément les efforts dans le béton, lors de la précontrainte finale.Les autres bâtiments et structures sont de type classique.Notons seulement que le bâtiment des services abritera, entre autres, la salle des commandes, la piscine destinée à recevoir le combustible usé, les réservoirs de déchets radioactifs et les salles de.traitement de l’eau lourde; et qu’il est prévu que la station de pompage ainsi que la prise d’eau de Gentilly 3 seront annexées à celles de Gentilly 2, lors de son éventuelle addition.* * * Avec Gentilly 2, l’Hydro-Québec répondra, dès 1979, à une partie des besoins d’électricité québécois, tout en commençant déjà à vivre l’après-Baie-James.Le Québec entre donc dans une ère de transition en ce qui regarde l’énergie électrique: une ère qui sera marquée par l’aménagement de nos dernières ressources hydroélectriques intéressantes et par la préparation de l’époque nucléaire qui doit suivre.Gentilly 2, peut-on dire, c’est une centrale à la fois d’aujourd’hui et de demain.Hydro-Québec ___________________/ Québec Science / septembre 1974 • iir< va LE CUm4T TADOUSSAC, RffUGE BfS BALEINES TROP PEU POUR LE SOLEIL - LA REVANCHE DES MOULINS À VENT l'Ainsi donc, tout le monde avait raison: j les hivers se font plus rigoureux et les .I|étés.pluvieux.Rassurons-nous, clima-j tologues et météorologues sont à l'œuvre.Ii À bourrer les ordinateurs de données.A I; observer, décortiquer, quantifier.Pour !ur 1 que la météo cesse de se comporter com-snclie, || me girouette au vent.0.5% il Volume 13, numéro 1, septembre 1974 mpf* I SOMMAIRE REPORTAGES Nos grandes baleines nationales / Jean-Marc Fleury Quelques-unes des plus grandes baleines au monde ont adopté le Fleuve Saint-Laurent SYNTHÈSES Où va le climat / Benoft Drolet Les habitants de la planète n'auront bientôt que le temps qu'ils méritent, trop sec, trop chaud, trop froid, trop.Trop peu pour le soleil / Fabien Gruhier Notre étoile emprunte plusieurs voies détournées pour nous donner son énergie La revanche des moulins à vent / Jean-Marc Fleury Après l'eau, le vent va devenir notre deuxième source d'énergie naturelle renouvelable RUBRIQUES Courrier O La densité des trous O Pessimisme électrique O Rationalistes vs parapsychologie Commentaire O Place à l'énergie naturelle / Pr Thomas Lawand 24 18 30 36 4 5 liras ÇOffllS a iesi i®.ra.i rfjà Is slauii rs n- '•Sr jyfg, u- 1 LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Directeur Jean-Marc Gagnon Rédacteur en chef Jean-Marc Fleury Chef des informations Benoft Drolet Correspondant pour l'Europe Fabien Gruhier Conception graphique, montage et photographie Jean-Pierre Langlois Secrétariat et diffusion Patricia Larouche Françoise Ferland Impression L'Éclaireur Liée, Beauceville Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de ventes publicitaires A.F.Inc.2860, des Quatre-Bourgeois Sainte-Foy, Québec G1W 2K6 (418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier: $8.00 / Tarif étudiant: $6.00* À l'étranger: $15.00 / À l'unité: $1.00 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 / Télex: 011 3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis â l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Ce tarif s'applique également aux groupes et organismes qui commandent plus de dix (10) abonnements en même temps Actualité O Le plein de méthanol O De bleuets à vin O Tentez l'expérience de bleuets en vin O Gentilly nucléaire, acte 2 Environnement O L'espion du Golfe O Pour sauver les Grands Lacs Santé O Victoire sur le diabète O Le cancer; un retour en enfance O Flaro sur le plomb La Science & les Hommes O La responsabilité médicale O Les tout premiers Américains Parutions récentes O Montréal en évolution O Les objets familiers de nos ancêtres O La petite flore forestière du Québec O Lexique anglais-français de l'électronique au Québec O L'Université dans une société éducative O Télétraitement par terminaux lourds Bibliographie En vrac Échec & maths 6 11 14 43 46 47 48 50 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.©Copyright 1974 — Le magazine Québec Science-Université du Québec.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1974.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada, M.René Fortier, vice-président exécutif, zone de l'Est, Banque de Montréal, M.R.Muir, vice-président et secrétaire.Institut de recherche de l'Hydro-Québec (I RED), M.Lionel Boulet, directeur, La Brasserie Labatt Ltée, M.Maurice Legault, président. 4 septembre 1974 / Québec Science COURRIER LA DENSITÉ DES TROUS.PESSIMISME ÉLECTRIQUE J e suis un lecteur assidu de votre revue QUÉBEC SCI ENCE.Votre article: «Des trous dans le ciel» m'a particulièrement intéressé.Il y a toutefois un point qui demeure obscur à mes yeux: il s'agit de la dernière partie du développement de la formule ayant rapport à «l'horizon des événements»: P M _ M = ^ M ._ 1 Volume ^ r3 M33 M2 ' J'ai bien tenté, avec plusieurs de mes amis, de comprendre la relation: ck JYL _ « r3 “ K M3^ 1 , r1 IVI-" M2 ' mais sans succès.Nous aimerions avoir de plus amples explications concernant cette formule.Bernard Fournier Étudiant La conclusion qu'il faut tirer de cette relation, comme il était mentionné dans le texte, c'est que la densité (ou masse spécifique) d'un trou noir est inversement proportionnelle au carré de sa masse.En toute rigueur, il aurait fallu écrire: n M M Volume 4nr3 3 K^r r3 ou: r - ¦ 2G M On a donc: P = K M 2G M K cb M 8 G3 M3 K'w ou: K' = 3cb 32ti3 G3 ' Ainsi, en conclusion, on obtient: P a -j~p- ce qui signifie que la densité est inversement proportionnelle au carré de la masse.Cette explication pourra sans doute jeter un peu de lumière sur le problème des trous noirs, tel que vous le soulevez.N.D.L.R.Nous invitons nos lecteurs à nous faire part de leurs RÉACTIONS sur les sujets abordés dans chaque numéro et à formuler leurs suggestions et commentaires.Une seule adresse: MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 J'ai lu avec intérêt l'article intitulé «Les électrons dans votre moteur» par Fabien Gruhier.C'est une revue très détaillée des sources d'emmagasinement d'énergie électrique que la technologie peut mettre à la disposition des constructeurs de voitures électriques.Je n'entends pas revenir sur le sujet.Mes commentaires ont trait surtout à la conclusion fort pessimiste de cet article sur l'avenir de la voiture électrique.Depuis déjà plusieurs années, il était bien évident à tous les ingénieurs électriciens que la voiture électrique ne pourrait pas avoir les performances de la voiture fonctionnant au moyen d'un moteur à combustion dans un avenir prévisible.C'est pourquoi des chercheurs ont proposé d'intégrer la voiture électrique à un système de transport personnalisé rapide à mode double.Ceci consiste à utiliser des voitures électriques autonomes dans les rues du centre ville, puis à les raccorder à des chariots d'un système du type «transport personnalisé» pour parcourir des distances supérieures à 4 ou 5 milles.Ce chariot se déplace grâce à l'énergie fournie par le réseau électrique publique.Il atteint facilement des vitesses comparables à celles de la voiture à combustion.De plus, au cours de ce trajet la batterie de la voiture se recharge.Une fois rendue à la destination choisie, la voiture redevient autonome.On conçoit donc qu'un tel système offre une solution fort avantageuse aux problèmes de la pollution des grandes villes et de la mobilité entre les banlieues et le centre ville.Sa réalisation ne présente pas de grandes difficultés techniques.Du point de vue socio-économique, la crise de l'énergie rend cette solution encore plus attrayante.Dr Jules O'Shea Chef, section Automatique Département de Génie électrique École Polytechnique RATIONALISTES vs PARAPSYCHOLOGIE Face à l'invasion actuelle des charlatans dans les media de communication, je me demandais combien de temps votre maga zine pourrait tenir dans le droit chemin de la raison et de l'information scientifi- que sérieuse.J'ai eu ma réponse dans votre dernier numéro (celui de juin 1974) où vous avez laissé passer l'inqualifiable article «Feu vert à la parapsychologie» par un certain A.Dorozynski.On se serait cru revenu aux plus mauvais jours de la revue Planète de triste mémoire.Rien n'y manquait: affirmations douteuses, sollicitation des faits, preuves qui ne prouvent rien, paranoia envers la science officielle, etc, etc.Cette littérature de mauvais goût donne elle-même sa juste mesure quand elle affirme sans rire: «Les chercheurs les plus enthousiastes, en effet, obtiennent les meilleurs résultats, alors que les sceptiques ont, le plus souvent, des résultats négatifs.» (p.22).Ces contes à dormir debout ont souvent été réfutés par plusieurs personnalités bien connues du monde des sciences.À ce sujet, je vous conseille de lire les ouvrages suivants: 1— sur l'ensemble de la question: Jean Rostand, L'Homme, coll.Idées, Gallimard (p.162) 2— sur les «méthodes de recherches» en parapsychologie: Roger I mbert-Nergal, Les Sciences occultes ne sont pas des sciences.Publications de l'Union Rationaliste, 24 rue des Grands Augustins, Paris 6e 3— sur les travaux du célèbre Dr Rhine: Martin Gardner, Fads and Fallacies in the name of science, Dover Publications (M.Gardner est collaborateur à la revue Scientific American) 4— sur les prétendues découvertes faites en Russie: Vladimir Lvov, La télépathie démasquée.Les Cahiers Rationalistes, no 281, 16 rue de l'École Polytechnique, Paris 5e Evry Schatzman, Critique du livre Fantastiques recherches parapsychiques en U.R.S.S., Les Cahiers Rationalistes, no 304, p.84 R.Imbert-Nergal, idem, no 310, p.384.Pour ceux qui trouvent «le fun» que l'on investisse du temps et de l'argent dans de telles «recherches», j'aimerais leur rappeler que des maux bien réels et pressants nous affligent chaque jour faute des ressources nécessaires pour y remédier; pensez-y quand vous verrez l'un de vos proches atteint de cancer.Louise Martin Professeur Département de Mathématiques UQTR 5 Québec Science/septembre 1974 COMMENTAIRE place à l'énergie naturelle par Thomas Lawand Directeur de l'Institut de recherches Brace Université McGill L'Institut de recherches Brace a été fondé en 1961 grâce à une donation du Major James Brace.Il voulait que l'on étudie les moyens de fertiliser les terres arides.Depuis, nous avons continuellement cherché à inventer des méthodes auxiliaires de l'agriculture d'une conception simple, les régions arides étant la plupart du temps dans des pays pauvres.En pratique, cela mène à l'utilisation d'énergies naturelles renouvelables disponibles sur place, le tenant au tour des gouvernements de porter attention à notre recherche.Ainsi, en juin dernier, on m'a invité à témoigner devant le Comité du Sénat américain sur les Affaires intérieures afin de discuter la mise sur pied d'un centre de recherche en énergie solaire.Ce centre devrait être doté d'un budget de 600 millions de dollars pour ses seules quatre premières années d'existence.Le ministère d'État aux Sciences et à la Technologie du Canada, de son côté, nous a donné $5 000 Le Pr T.Lawand, directeur de l'Institut de recherches Brace, discute du fonctionnement d’un capteur solaire avec un stagiaire.vent et le soleil.En effet, même dans les régions les plus dépourvues, un moulin à vent peut pomper l'eau des nappes souterraines ou celle de la mer.Dans ce dernier cas, et dans les régions favorables, l'énergie du soleil est toute indiquée pour distiller cette eau salée en eau douce.De plus, l'énergie solaire chauffe l'eau des besoins domestiques, sèche les récoltes et cuit les aliments.Tout dernièrement, la soi-disant «crise de l'énergie» a suscité beaucoup d'intérêt pour nos travaux chez les pays dits développés.Après les jeunes gens, c'est main- pour indiquer les domaines d'études souhaitables pour le Canada en énergie solaire et éolienne .Dans tous les pays, il faut s'efforcer d'attribuer un indice d'efficacité nette à chaque mode de production d'énergie.E.J.Hoffman, aux États-Unis, a démontré que si l'on tenait compte de tous les efforts déployés pour construire les centrales nucléaires américaines, la production nette d'énergie pourrait être dix fois plus faible que l'efficacité officielle.Une centrale annonçant une efficacité thermique de 30 pour cent, en s'appuyant uniquement sur la quantité maximale d'énergie contenue dans le combustible, n'aurait qu'une efficacité réelle de 3 pour cent.On nous affirme que la filière canadienne Candu est plus efficace, j'espère bien que c'est le cas.Par contre, l'énergie nette des installations solaires est beaucoup plus élevée, du seul fait qu'il entre très peu d'énergie dans leurs matériaux.Je crois qu'il faut garder nos précieuses ressources énergétiques non renouvelables pour des utilisations essentielles.Ainsi, un nombre limité de centrales nucléaires de l'Hydro-Québec pourrait continuer à alimenter les grands centres industriels.Les habitations, de leur côté, devraient le plus possible s'alimenter individuellement, à partir du soleil ou d'autres sources renouvelables.Nous pouvons, par exemple, employer dès maintenant des systèmes de chauffage hybrides soleil-électricité et soleil-combustible fossile.Pour les fermes, nous construisons présentement un moulin à vent peu coûteux capable de débiter 1,5 kilowatt.Tous nos projets visent à rendre les gens moins dépendants de grands systèmes complexes.Plus il y aura de monde qui produiront leur propre énergie, plus il y en aura qui auront réussi leur «éducation énergétique».Déjà nous avons expérimenté avec succès une serre spécialement conçue pour le climat du Québec.Elle utilise plus efficacement l'énergie solaire de façon à économiser le chauffage et accroftre la production végétale.Il faut espérer qu'un grand nombre d'individus s'emparent de cette technique dans un pays qui importe une très grande part de ses fruits et légumes.Mais tout cela n'est qu'un début.La mise au point du réacteur canadien Candu a duré des années et coûté 30 milliards de dollars.Il faudra aussi une trentaine d'années et autant d'argent avant qu'on puisse exploiter l'énergie naturelle renouvelable avec la même efficacité.Les gouvernements doivent donc prendre des décisions le plus tôt possible.Nous avons la grande chance d'être un pays riche en énergies classiques, mais pour combien de temps encore?£ /OUÆITÉ septembre 1974 / Québec Science LE PLEIN DE METHANOL Il existe une solution immédiate au problème de la pénurie du pétrole.Pour ne rien gâter du tout, cette solution permettrait aussi d'éliminer, en bonne partie, la pollution automobile.C'est très simple: il s'agit d'utiliser un carburant connu depuis fort longtemps: le méthanol (alcool méthylique).En mai 1973, à une réunion de la Society of Automotive Engineers, tenue à Détroit, les résultats d'une étude exhaustive des combustibles et carburants ont été divulgués.Il ressort de cette étude que le méthanol constitue un candidat sérieux qui devrait éventuellement prendre la place du pétrole comme carburant; il est même supérieur à l'hydrogène, sous ce rapport.Formé de deux molécules d'hydrogène (H2) et d'une molécule de monoxyde de carbone (CO), le méthanol (CH3OH) possède donc plusieurs des «vertus» de l'hydrogène pur.Il peut être fabriqué à partir de presque n'importe quel autre combustible: gaz naturel, pétrole, charbon, shistes bitumineux, bois, ou déchets urbains.Ainsi, une économie au méthanol serait d'une grande souplesse et pourrait puiser à plusieurs sources à mesure que les conditions d'approvisionnement se chargement de déchets modifient (on n'aurait plus à mettre toutes ses huiles dans le même bidon).De plus, le méthanol peut facilement être stocké dans des réservoirs conventionnels et expédié de façon tout aussi classique.On peut aussi —et ce n'est pas le moins important— en ajouter, dans une proportion d'environ 15 pour cent, aux carburants actuellement en usage, sans pour cela effectuer de modifications aux moteurs.Un mélange essence-méthanol permet une économie accrue, en terme de coût du carburant, une diminution des gaz d'échappement et de meilleures performances dans le cas des moteurs à combustion interne.Le méthanol peut aussi être brûlé proprement pour satisfaire de nombreux besoins en carburant et est très approprié aux piles à combustible (pour générer de l'électricité).Mais comment peut-on fabriquer cette panacée?Jusqu'en 1925, on produisait le méthanol à partir de la distillation du bois.Depuis lors, on en fait une synthèse plus raffinée.Entre autres, la combustion du méthane (gaz naturel qui peut être obtenu directement de la décomposition des déchets naturels) permet d'obtenir du méthanol de haute qualité.Ainsi, tout en réduisant le problème de l'élimination des ordures ménagères, il est possible de produire assez de carburant pour subvenir au besoin en énergie des automobiles de tout le continent nord-américain.Dans cette veine, le «convertisseur de rebus par oxygénation» est très promet- convertisseur de méthanol reservoir de stockage sechage (-100°C) cokéfaction (600°C) carbonisation (1 500°C) injection d'oxygène scories depots de métaux résiduaires cuve collectrice DES DÉCHETS DEVIENNENT CARBURANT — En brûlant les déchets des villes, dans un tel four, il est possible d'en extirper un carburant qui peut se «mêler à toutes les sauces»: le méthanol.A teur.Son principe de fonctionnement est illustré au diagramme suivant.Les rebus sont versés directement dans la gueule du four.De l'oxygène, injecté au bas, crée une zone de fusion où la température peut atteindre 1 500°C; à cette température, les métaux et morceaux de verre qui encombraient les précieux détritus fondent et s'écoulent dans une cuve collectrice.Le carbone se consume et produit du monoxyde de carbone (CO).En traversant les dépôts de déchets, ce dernier provoque la dissociation des hydrates de carbone et des plastiques en divers composés dont: l'hydrogène, le bioxyde de carbone et le méthane.Se combinant à l'hydrogène ainsi dégagé, le monoxyde de carbone forme le précieux méthanol.Dans ce procédé, le rendement peut être accru d'environ 50 pour cent si de petites quantités d'autres alcools sont tolérées dans le produit fini.Un tel mélange, appelé méthyl-carburant, renferme plus d'énergie potentielle que le méthanol pur et peut être produit en grandes quantités et à moindre coût, sans pour cela constituer un carburant de moindre qualité.Un moteur à combustion interne de type courant peut facilement être converti à un régime au méthanol ou au méthyl-carburant.Pour y arriver, il suffit de réduire le rapport air-carburant et d'assurer une bonne recirculation des gaz d'échappement vers le carburateur.Cette conversion pourrait se chiffrer à environ 100 dollars pour une automobile conventionnelle.Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology, utilisant des voitures tout à fait conventionnelles, ont vérifié les effets produits par un apport de 5 à 30 pour cent de méthanol au carburant.Les résultats obtenus parlent par eux-mêmes: économie de 5 à 15 pour cent de carburant, réduction de 10 à 70 pour cent des émissions de monoxyde de carbone, et accélérations accrues par environ 10 pour cent.Ce méthanol, tout feu tout flamme, fait miroiter d'intéressantes possibilités tant au plan économique qu'au plan écologique.La gestion des ressources énergétiques est la gestion du «sang» de notre économie et quelles que soient les sources futures d'énergie, elles doivent se marier le mieux possible avec l'environnement et les solutions techniques disponibles, dans un cadre économique réaliste.Ainsi, il faut prévoir au cours des prochaines années de vigoureuses polémiques sur les vertus de divers carburants.# S Québec Science / septembre 1974 ACTUALITÉ / 7 Tentez l'expérience ww ea tifeboî mit du is,«ét iture ïtirtilui us ion- Bleuets en vin A l'intention des oénologues amateurs nous publions ici un procédé qui permet d'obtenir une délicieuse boisson de bleuets.?Choisir des bleuets sauvages nains (5,5 kilogrammes de bleuets donneront environ 5 litres d'un vin capiteux et fruité).t«[- ?Écraser les fruits à la main pour obtenir une pâte visqueuse et homogène.Éviter tout contact direct avec des surfaces en fer ou en cuivre.tas de Mm- ?Ajouter 1,25 litre d'eau pour chaque kilogramme de fruits.limwd oxyde de mol.Btéiie de petites olétees iiM tplos ml pot inimités a coté ni.mertià Sa; mi.Cette lemiioo ecoitteo- tores toot fié les 5J30 itanl Les x-mimes: lecatLO' ¦ petit des one, et ?Incorporer 0,2 gramme de métabisulfite de potassium (o.u de sodium) pour chaque litre du mélange obtenu.Cette opération a pour but d'empêcher le brunissement du vin et une mauvaise fermentation par les levures sauvages et autres micro-organismes.Ajouter aussi quelques gouttes de pectinol, enzyme qui liquéfiera le mélange.?Bien mélanger le tout et laisser reposer durant 24 heures, à la température à laquelle se fera la fermentation (environ 20 degrés Celsius).?Dissoudre du sucre (blanc ou brun au goût) dans une petite quantité du mélange eau-bleuets.Pour chaque litre du mélange eau-bleuets, 230 grammes de sucre produiront un vin alcoolisé à 13 pour cent en volume.?Ajouter 0,5 gramme de phosphate d'ammonium dibasique, et aussi, 0,1 gramme de thiamine pour chaque litre du mélange eau-bleuets.?Ajouter un sachet de levure à vin par 5 litres du mélange.?Laisser fermenter à température constante de 20 degrés Celsius.De plus, le «chapeau» formé par les peaux de bleuets qui remontent à la surface doit être recalé quotidiennement.L'utilisation d'une trappe à gaz ou d'une bonde est fortement recommandée, pour que l'air ne s'infiltre pas dans le contenant à fermentation.?Après 2 à 5 semaines de fermentation, lorsque la levure s'est déposée au fond du contenant, le vin peut être siphonné et transvasé dans des bouteilles qu'il faudra remplir jusqu'au bord.Laisser ensuite reposer et déposer à la noirceur durant 3 à 6 semaines.nitt® litéstii'l ÎC* ?Après que le vin se soit clacifié, siphonner et ajouter du sucre au goût.A une densité de 1 gramme ou moins par litre, il sera sec, à 10 grammes par litre il sera demi-doux et à 20 grammes par litre vous aurez un vin doux.11 faut ensuite ajouter 0,1 gramme de métabisulfite de potassium par litre de vin.COI#"1 |W8 , ta®'81* tliss*' IS#1' if, 10^11 vertus^ ?Transférer le vin dans des bouteilles et pasteuriser en les plaçant dans de l'eau chauffée à 75 degrés Celsius.Garder les bouteilles, complètement immergées, à cette température pendant environ 20 minutes.Le tour est joué, il ne reste plus qu'à conserver les bouteilles de vin à la noirceur dans un endroit frais.L'opération suivante est laissée à votre discrétion.DE BLEUETS A VIN A Dolbeau, au coeur du pays du bleuet, on mijote déjà un nectar qui ne manquera pas de faire vibrer les papilles gustatives des Québécois.La Compagnie JULAC Incorporée vient en effet de commencer la fermentation de ses premières cuvées de vin de bleuets.Cette entreprise pourrait avoir une résonnance favorable sur l'économie de la région du Saguenay Lac Saint-Jean.En effet, elle permettra enfin d'amorcer la transformation sur place d'une bonne partie des 5,45 millions de kilogrammes de bleuets qu'on se contentait autrefois de vendre à rabais à des compagnies multinationales de l'alimentation.C'est le Dr R.E.Simard, du département des Vivres de l'université Laval, qui a été chargé des recherches en laboratoire.Dans un rapport intitulé «Production de produits alcoolisés à partir du bleuet», le Dr Simard relate les étapes qui ont permis de mettre au point le nectar que nous attendons avec impatience.Comme il le souligne, les vins de fruits revêtent une importance particulière dans les régions où les raisins ne peuvent arriver à maturité.C'est le cas du Québec dans ses moindres recoins et déjà le bleuet nain ou vacci-nium angustifolium y est occasionnellement utilisé dans la fabrication du vin-maison.Mais les bleuets du Saguenay Lac Saint-Jean, constitués principalement des espèces vaccinium angustifolium, espèce la plus répandue, et vaccinium myrtilloide, peuvent aussi être utilisés pour la fabrication industrielle de produits alcoolisés.Le Dr Simard et son équipe de chercheurs ont étudié cette possibilité et sont arrivés à cerner les meilleures conditions de fermentation et à mettre au point des procédés de fabrication de divers types de vin à partir des récoltes de la manne bleu-du Lac Saint-Jean.Ces procédés portent sur la fabrication de vins, de liqueurs, de vermouth et de liqueurs de bleuets, de façon à permettre une production industrielle rentable.Pour la fabrication du vin de bleuets, la méthode consiste à broyer des bleuets, sans toutefois en briser les graines, et à diluer la pâte visqueuse ainsi produite dans une quantité égale d'eau.11 faut ensuite ajouter 200 ppm (parties par million) de métabisulfite de potassium (ou de sodium), pour éviter le brunissement et une mauvaise fermentation du vin que pourraient provoquer les levures sauvages et autres micro-organismes.Du sucre est ensuite ajouté pour donner un potentiel de 12 à 16 pour cent d'alcool (2 pour cent de sucre par degré alcoolique, car le fruit contient déjà 20 pour cent de sucre).Quelques heures après la préparation du moût, celui-ci est inoculé avec 5 pour cent de levure et la fermentation est menée à 20 degrés Celsius.Les fluctuations de température doivent être évitées, car elles pourraient ralentir, sinon stopper complètement, la fermentation.Deux à quatre jours après le début de la fermentation, le moût est pressé et si on désire un vin de table, c'est le moment d'ajouter du sucre, sinon, on laisse fermenter.À la fin des fermentations, le vin est soutiré dans des fûts en chêne; on soutire généralement tous les trois mois.À la fin de la période de maturation, le vin est filtré, pasteurisé et embouteillé.La Compagnie JULAC Inc.vient tout juste de commencer ses premières fermentations.Comme l'indique M.J.-P.Binet, président de cette compagnie, les premières bouteilles du fameux vin de bleuets québécois pourront briller sur les comptoirs de la Société des Alcools du Québec dès le mois de mars 1975.Quatre sortes de boissons seront alors lancées sur le marché dans les types appéritifs et vins secs de table.JULAC Inc.aura une capacité de production initiale de 270 000 litres, qui pourra rapidement être portée à 450 000 litres.Au cours de la première année on prévoit y utiliser quelque 135 000 kilogrammes de bleuets.Les tests préliminaires de dégustations ont démontré la très grande popularité de ces vins.Ceci laisse présager un brillant avenir pour ce produit du Québec.Après tout, le Saguenay Lac Saint-Jean n'est-il pas reconnu mondialement comme la région par excellence du vaccinium angustifolium?% POUR CUVER LE VIN — C'est dans des cuves de ce type que fermentera le vin de bleuets. 8/ ACTUALITÉ septembre 1974 / Québec Science «GEIMTILLY NUCLEAIRE» ACTE 11 Après deux années d'arrêt, le mois prochain, les barres d'uranium seront de nouveau introduites dans le cœur de Gentilly-1, le seul réacteur nucléaire du Québec.On sait que l'Énergie Atomique du Canada Limitée dut stopper la centrale alors qu'elle produisait à pleine puissance, en novembre 1972, afin de prêter son eau lourde à la centrale de Douglas Point.En pleine pénurie d'eau lourde on a préféré stopper Gentilly plutôt que Douglas Point puisque cette dernière alimente en vapeur une usine d'eau lourde.Mais cet arrêt venait aussi à point pour permettre aux constructeurs de Gentilly-1 de remettre leur machine en état.En effet, le premier réacteur nucléaire construit au Québec était aussi le premier réacteur canadien à utiliser un caloporteur d'eau légère, nom dont les physiciens nucléaires affublent l'eau ordinaire.La cuve de la filière canadienne classique est remplie d'eau lourde qui joue deux rôles: elle ralentit les neutrons à la vitesse qui leur permet de mieux fracturer les noyaux d'uranium et elle circule à l'extérieur du réacteur (caloporteur) pour donner sa chaleur à un circuit d'eau légère qui fait tourner les turbines des groupes générateurs.L'eau lourde étant une substance longue à raffiner et très coûteuse, l'EACL cherche à construire un réacteur Candu qui en nécessiterait le moins possible.Il baignerait toujours dans de l'eau lourde essentielle au maintien de sa réactivité, mais elle ne sortirait plus du réacteur.Le circuit d'eau légère passerait directement des turbines au cœur du réacteur.Ceci permettrait de réduire considérablement l'investissement initial en eau lourde.Le cycle direct améliorerait aussi le rendement thermique de Candu, autre point faible de la filière canadienne.Enfin, l'emprisonnement de l'eau lourde à l'intérieur du réacteur élimine le problème du tritium, isotope radioactif formé par la capture de neutrons par l'eau lourde.Pourtant, dès sa mise en service, en 1971, Gentilly-1 soulevait le cortège de problèmes qui embêtent la plupart des prototypes.Dans un Candu ordinaire, une pression élevée empêche l'eau lourde de bouillir.Par contre, dans le prototype Gentilly-1 on laisse bouillir l'eau légère qui circule dans le réacteur.Étant donné que l'eau que nous buvons constitue un frein très efficace aux réactions nucléaires, l'endroit du réacteur où beaucoup de bulles d'air s'accumulent devient immé- diatement un endroit où la réaction s'amplifie, avec l'accroissement de chaleur qui s'ensuit.Ces bulles se produisent n'importe quand n'importe où, de sorte que des pointes de puissance se développaient un peu au hasard, dans le réacteur.Tout réacteur, de quelque filière qu'il soit, connaft de ces instabilités de puissance.On les combat au moyen de barres d'absorption dispersées dans la calendre et que des servomécanismes abaissent au bon moment.Tout de même, ces instabilités prennent normalement plusieurs minutes ou des heures à se développer, mais dans le cas de Gentilly-1, elles pouvaient appa-raftre en quelques secondes.Le nombre de barres de contrôle pouvait difficilement subvenir à la tâche et le temps de réaction des servomécanismes se trouvait presque battu de vitesse.De plus, le réacteur Gentilly-1 est un réacteur à coefficient positif, c'est-à-dire que toute cause tendant à augmenter la RÉACTEUR À EAU LOURDE PRESSURISÉE vapeur bouilloire tubes de force reacteur combustible pompe eau lourde, caloporteur et modérateur Québec Science / septembre 1974 ACTUALITÉ / 9 puissance du réacteur amorce un processus d'autoamplification jusqu'à ce que le réacteur s'emballe.C'est un réacteur instable.Le processus d'autoamplification le plus courant est sans doute celui qui oblige l'animateur des émissions de ligne ouverte à exiger que son interlocuteur baisse le volume de son appareil radio.Sans cela, le système électronique reprend son propre signal qu'il amplifie à saturation jusqu'à production de l'habituel sifflement insupportable.Pour l'objet de nos préoccupations, le réacteur à eau bouillante Candu, toute augmentation de puissance entrafne un dégagement de chaleur accru.Cette chaleur supplémentaire fait prendre de l'expansion à l'eau lourde modératrice, dont le surplus doit s'épancher hors du réacteur, dans une cuve prévue à cet effet.11 y a donc moins de modérateur, d'où plus de puissance.Or, l'augmentation de la puissance amène une nouvelle détente du modéra- teur, et ainsi de suite.En pratique, la situation est loin d'être aussi dramatique que cette description voudrait le faire croire.Les temps de réactions sont suffisamment lents pour permettre aux mécanismes de venir continuellement rétablir la puissance à un niveau normal.Avec Gentilly-1, pourtant, les bulles, conjuguées au coefficient positif exigeaient l'installation de détecteurs de puissance très sensibles.Il fallait se donner des marges de sécurité très grandes.Finalement, le système de détection était si chatouilleux qu'il entrafnait régulièrement la vidange du réacteur et son arrêt complet.Candu est en effet muni d'un système de sécurité unique au monde qui provoque son arrêt instantané.Des trappes laissent alors s'écouler toute l'eau lourde modératrice dans une piscine aménagée sous le réacteur.Sans modéra- RÉACTEUR À EAU LÉGÈRE BOUILLANTE vapeur ballon de vapeur reacteur tubes de force combustible pompe eau lourde, modérateur eau légère, caloporteu i 2 teur, les vitesses folles des neutrons empêchent alors la réaction de se poursuivre.Un autre problème de Gentilly-1 était l'usure des grappes de combustible contre les parois des tubes de force.On a aussi profité de l'arrêt prolongé du réacteur pour remplacer six tubes de combustible par autant de nouvelles barres de contrôle, installer plusieurs nouveaux détecteurs ainsi que des écrans de blindage antiradiation.Selon le Dr C.H.Millar, directeur des recherches sur les réacteurs avancés à l'EACL, Gentilly-1 est maintenant parfaitement en ordre.De même, M.J.-Albert Labbé, de l'Hydro-Québec, directeur du projet Gentilly-1, affirme que le réacteur devrait reprendre son fonctionnement dès le mois prochain.M.Labbé considère que Gentilly a atteint ses objectifs.Il ne peut quand même pas encore préciser tout à fait l'amélioration de rendement apportée par le cycle direct.Elle se situe autour de 4 pour cent.Pourtant, tout à côté de Gentilly-1, l'Hydro-Québec est en train de construire son premier véritable réacteur pour la production d'électricité.Il s'agit d'un Candu traditionnel (à l'eau lourde pressurisée) de 600 mégawatts.Alors que l'EACL semblait espérer que l'Hydro-Québec veuille s'associer avec elle pour mettre au point le réacteur à eau légère bouillante, la compagnie d'électricité n'envisage pas de relever le défi.Pour le moment, on préfère acheter des réacteurs qui produisent de l'électricité, précise-t-on, à l'Hydro-Québec.Le réacteur Gentilly-1 demeurera propriété de l'EACL qui utilisera toute sa puissance, peut-être réduite de 250 à 200 MW, pour alimenter en vapeur une usine d'eau lourde.Quand au perfectionnement du réacteur Candu avancé, la récente décision de la Grande-Bretagne de ne pas acheter de réacteurs américains et de s'associer avec le Canada, indique que c'est plutôt outremer qu'il sera mis au point.Quant à nous, rien ne permet de croire que l'Hydro-Québec ne voudra jamais s'associer un jour avec l'EACL pour répéter l'heureuse association avec l'Ontario-Hydro qui a donné Candu.# LE VÉTÉRAN — Le réacteur à eau lourde pressurisée (Candu-PHW) constitue le fer de lance de la filière canadienne.Il a déjà fait ses preuves et c'est lui que l'Hydro-Québec a acheté pour la centrale Gentilly-2.La chaleur parvient aux turbo-génératrices en deux étapes, premièrement, en passant par l’eau lourde, puis, par de l'eau légère.LE PROTOTYPE EXPÉRIMENTÉ - Construite pour la première fois au Québec, la version à eau légère bouillante de la filière canadienne (Candu-BLW) constitue le réacteur Gentilly-1.L'eau légère se transforme en vapeur dans le réacteur et se rend directement aux turbines.948294912843 .V La réussite appartient à ceux qui savent juger les autres avec rapidité et précision UNE FORCE DANS LA VIE: CONNAITRE LES AUTRES • COMMENT CONNAITRE LES AUTRES?Il existe aujourd'hui des méthodes scientifiques mises au point par la psychologie moderne.Vous aussi vous pouvez les utiliser tous les jours dans votre vie.• SACHEZ CE QUE REVELE UN VISAGE Découvrez le tempérament et.le caractère de cet homme assis en face de vous dans le train ou de cet autre venu vous voir chez vous.Quand vous connaîtrez lesthéories de Corman, les autres vous apparaîtront sous un nouveau jour.• LA FORME DU CORPS EST-ELLE SIGNIFICATIVE?OUI! Découvrez quelle est la personnalité d'un gaillard rond et trapu, d'une femme grande, mince, frêle, d'un homme sportif, musclé, carré, grâce aux travaux approfondis de Kretschmer, de Sheldon.f/ • DECOUVREZ LA PERSONNALITE DE CELUI OU DE CELLE QUI VOUS ECRIT Vous connaîtrez certains des secrets de la graphologie, même pour rédiger une lettre de candidature.• COMMENT «FONCTIONNENT.» LES TESTS?Dans les écoles, les entreprises, de plus en plus on sélectionne avec des tests.Vous saurez tout sur le test de la tache d’encre, le test des images, le test du village, etc.• LES CLEFS POUR REUSSIR AVEC LES AUTRES Oui, connaître les autres, c’est être plus efficace, c'est mieux comprendre votre conjoint, vos enfants, c’est mieux s’expliquer telle attitude ou tel comportement chez vos collègues, vos amis, c’est, enfin, posséder les clefs pour réussir votre vie votre vie sociale, votre vie privée.• 256 pages, grand format • reliure plein balacron frappée à l’or, protégée par une jaquette quadrichromie.• un test complet BON D’ESSAI GRATUIT à renvoyer à BIBLIOTECA, a/s le magazine QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 401-904 PARTEZ A LA DECOUVERTE DES AUTRES ET DE VOUS-MÊME Petit à petit, le monde des personnes avec lesquelles vous vivez chaque jour vous apparaîtra différent.N’attendez pas: utilisez et consultez pendant 10 jours, gratuitement, ce livre passionnant.une production Je désire recevoir, sans engagement de ma part, en examen gratuit, votre ouvrage «CONNAÎTRE LES AUTRES».Durant 10 jours, je pourrai l'examiner en toute tranquillité.Passé ce délai, si ce livre m'intéresse, je pourrai l'acquérir au prix de $9.50 plus de légers frais de poste; sinon, je vous le retournerai et ne vous devrai rien d'autre.Mme .Mlle M.FRANCE - CANADA - BELGIQUE - SUISSE mon nom (lettres moulées) mon prénom mon adresse App.No.localité code postal signature SANS INSCRIPTION A UN CLUB - SANS RIEN D'AUTRE A ACHETER insTiTUT a ocearrograpme ue ocuiu 11 6 Québec Science/septembre 1974 I ENVIRONNEMENT L'ESPION DU GOLFE POUR ESPIONNER LES POISSONS - Un petit submersible, porteur d’un radar acoustique, est remorqué par un chalutier.Il contient un émetteur dirigé vers le fond et des récepteurs acoustiques pour capter les échos renvoyés par les habitants du fond de la mer.A notre époque de «raréfactisme», nous ne pouvons rester indifférents aux problèmes d'approvisionnement, qu'ils soient d'ordre économique ou écologique.Pour rattrapper le temps perdu et refaire les énergies gaspillées, il nous faut accorder de plus en plus d'importance à la gestion de nos ressources naturelles.Dans cette veine, le problème de l'approvisionnement en nourriture revêt une importance capitale.Le sol s'appauvrit rapidement et les troupeaux de bestiaux satisfont de moins en moins bien nos appétits.Heureusement, tout près de nous, à quelques kilomètres de distance, puis à quelques brasses de fond, fourmillent encore de nombreuses populations de poissons qui attendent le moment du frétillement ultime dans nos poêlons.Cependant, nous mettons leur survie en péril, chaque jour davantage; nous les pêchons à l'aveuglette sans trop savoir à quel moment les filets remonteront irrémédiablement vides.Mais, pour gérer intelligemment ces ressources et pallier à cette incertitude, il faut davantage d'information.C'est ainsi que dans le cadre du Programme Biologique International (PBI), l'étude du Golfe Saint-Laurent, amorcée en 1969 par des scientifiques de l'université McGill, a permis d'accroftre nos connaissances de l'océanographie biologique de cette région.Les travaux des scientifiques du GIROQ (Groupe interuniversitaire de recherches océanographiques du Québec), entre autres, y ont grandement contribué.À la lumière de ces travaux l'Institut d'océanographie de Bedford (en Nouvelle-Écosse) publiait l'année dernière un rapport intitulé: «Étude interdisciplinaire de la région du Golfe Saint-Laurent».Quelle est l'abondance actuelle des poissons pélagiques du Golfe?Comment cette abondance est-elle perturbée par les pêcheries?Quelle méthode est la plus efficace pour effectuer un inventaire permanent de cette faune aquatique?Comment peut-on recueillir assez de renseignements pour comprendre les règles du renouvellement de ces ressources?Voilà quelques-unes des questions auxquelles les océanographes cherchent à répondre.Il y a à peine un an, les renseignements accumulés demeuraient peu précis et de faible portée.La technique alors utilisée consistait à repérer les bancs de poissons par l'intermédiaire de radars à bord de chalutiers.Les données recueillies n'étaient analysées qu'après coup au retour des bateaux une fois par jour tout au plus, d'où l'imprécision.Ces temps sont révolus.Les océanographes canadiens disposent maintenant d'un atout majeur: un petit appareil mis au point par le Dr Richard Dowd, du Laboratoire d'Écologie Marine (LEM) de l'Institut d'océanographie de Bedford.Cet appareil, un radar acoustique perfectionné, permet d'évaluer l'abondance des poissons de fond, avec une précision inégalée.Le compteur du LEM est basé sur les principes du radar ultrasonique.Il en diffère toutefois par le fait qu'il est submersible, mais aussi et surtout parce qu'il émet des sons avec une très grande fréquence.Là où les radars conventionnels ne peuvent observer les poissons que par des «visées» périodiques, le compteur du LEM arrive à les suivre sans cligner de l'oeil.En effet, pour être en mesure d'observer les poissons individuellement et de bien les dénombrer il faut les observer avec une rapidité suffisante pour que leur déplacement ne perturbe pas le comptage.Pour visualiser ce fait, imaginez que vous vouliez dénombrer avec précision les membres d'une volée d'oies blanches qui, pour les besoins de l'analogie, passe derrière une rangée d'arbres.Si ces arbres sont d'un diamètre suffisamment petit pour n'obstruer, dans la volée d'oiseaux, que moins de la longueur d'une oie, vous pourrez tout de même effectuer un C> 12 / ENVIRONNEMENT septembre 1974 / Québec Science Institut d'océanographie de Bedford (N.E.) * • « « « 4 fc # * L « .>dénombrement précis, sans jamais perdre complètement de vue aucun des volatiles.Dans le cas du dénombrement de poissons par radar, c'est l'interruption périodique du signal émis qui peut entramer une perte de «vue» momentanée pouvant provoquer des erreurs de comptage.Les observations doivent donc se succéder dans un temps plus court que celui que les poissons mettent, en moyenne, à parcourir l'équivalent de leur longueur.Alors seulement, est-il possible de suivre chaque poisson et d'en arriver à un dénombrement précis.Lors des sondages, le radar immergé est remorqué par un chalutier, laissant dans son sillage une «zone de sons».Dans cette zone, les poissons (plus précisément leur vessie natatoire: poche remplie de gaz, située dans l'abdomen de certains poissons et qui sert à la stabilisation) renvoient un écho qüi trahit leur présence.Cet écho, une fois perçu, est analysé par un ordinateur qui détermine la taille et le nombre des poissons, puis emmagasine les renseignements pertinents.Pour l'instant, le radar acoustique du LEM ne sert qu'au recensement des espèces dont la vessie natatoire représente au moins cinq pour cent du volume.Cette contingence provient de ce que seuls les poissons qui sont munis de cet appendice (dans les proportions mentionnées) réfléchissent assez bien les signaux radars pour révéler, sans ambiguité, leur présence.Ainsi, est-il possible de dénombrer les populations de goberges, de morues, de colins, d'aiglefins et de sébastes, alors que les maquereaux et les plies passent inaperçus des recenseurs du LEM.En effet, ces poissons sont dépourvus de vessie natatoire et au prix d'une nage ininterrompue (rendue nécessaire par l'absence d'appendice stabilisateur), ils peuvent déjouer la vigilance des recenseurs.Mentionnons toutefois que ces «forcenés de la nage» ne forment qu'une petite minorité.Selon le programme établi par le Laboratoire d'écologie marine de l'Institut d'océanographie de Bedford, les sondages porteront sur tout le plateau Scotian (au sud de la Nouvelle-Écosse), soit une superficie de plus de 100 000 kilomètres carrés.Une quarantaine de zones y ont été choisies en fonction de leur profondeur et des possibilités de pêche qu'elles offrent.Muni du compteur du LEM, le chalutier traverse ces zones, notant sans interruption tous les poissons (à l'exception des «sans vessie») rencontrés au cours de l'expédition.Pour pallier à l'impossibilité de déterminer directement (au radar) les espèces de poissons ainsi dénombrés, des stations de pêche sont chargées de recueillir, le long de chaque parcours, des spécimens représentatifs.À la suite d'un contrat conclu avec la Société d'ingénierie de Montréal, le premier sondage de ce type a eu lieu en mars A L'ÉCOUTE — A bord du chalutier Brandal, les scientifiques du Laboratoire d'écologie marine analysent les données recueillies par le radar acoustique.Ainsi, ils sont en mesure de connaître avec rapidité et précision, le nombre et la densité des populations de poissons qui répondent à l'appel.dernier, à bord du chalutier Brandal.Les renseignements recueillis laissent présager un important apport aux prises de décision sur la gestion des stocks de poissons de ces régions.Les pressions grandissantes qu'exercent les voraces flotilles de pêche domestiques et étrangères de même que les problèmes écologiques dont l'ampleur croft chaque jour rendent nécessaire une gestion stricte et intelligente des biens de la mer.C'est sur la base de travaux tels que ceux du Laboratoire d'Écologie Marine de l'Institut d'océanographie de Bedford que nos dirigeants devront fonder leurs politiques de gestion des pêcheries.Ainsi, est-il permis d'espérer que l'extermination de certaines espèces de la faune aquatique ne se reproduira plus.• Québec Science / septembre 1974 ENVIRONNEMENT/13 POUR SAUVER LES GRANDS LACS Avec un grand battage publicitaire, le Canada et les États-Unis signaient le 15 avril 1972 une vaste entente pour interdire l'introduction de phosphates dans les Grands Lacs.Jusqu'ici, pourtant, seulement le Canada et quelques États américains ont interdit la vente de détergents contenant plus de 2,2 pour cent de phosphate.Le Minnesota, le Michigan et le Wisconsin ont choisi d'éliminer les phosphates en traitant les eaux municipales et cela seulement à partir du premier janvier prochain.Cette approche compromet gravement la survie des Grands Lacs, selon M.D.W.Scfhindler, du Freshwater Institute de Winnipeg, puisqu'elle ne touche pas les municipalités de 2 500 habitants et moins.On a d'abord fermé le chenail au moyen d'un rideau de vinyle.Puis, les deux bassins ont été fertilisés au nitrate et au carbone.Mais on a ajouté du phosphate uniquement dans le bassin nord-est.Cela se passait en mai 1973.Trois mois plus tard, le 4 septembre 1973, le bassin phosphaté était complètement recouvert d'algues vertes et bleues tandis que l'eau de l'autre conservait toute sa limpidité originale.Conclusion: le coupable est le phosphate.Mais il y a plus encore: on croyait que les sédiments du fond réintroduiraient du phosphore dans l'eau, condamnant les lacs phosphatés à l'eutrophisation permanente.On a donc fait vieillir un troisième lac à l'aide de phosphate, de nitrate et de carbone, en 1971 et 1972.Puis, en 1973, on a continué à ajouter du carbone et du nitrate, mais on a diminué l'addition de phosphate, dans les proportions prévues par une interdiction des détergents phosphatés.Dans l'espace de cinq à six mois, le lac avait retrouvé sa jeunesse.Conclusions: le phosphate est capté de façon permanente par le plancton qui se sédi-mente au fond du lac; l'eutrophisation au phosphate n'èst pas irréversible.Espérons que cette découverte ne deviendra pas une excuse pour retarder l'adoption des mesures qui s'imposent.• FAIRE LES FOINS — Sauver un lac de l'eutrophisation n'est pas une tâche de tout repos.Les vacanciers trouvent peu d'attrait aux moissons, surtout aux moissons aquatiques.M.Schindler explique que de telles tergiversations n'existeraient pas si l'on pouvait trancher les questions suivantes: 1) le phosphate est-il le principal responsable de l'eutrophisation (vieillissement prématuré des lacs)?2) la seule élimination du phosphate stoppera-t-elle l'eutrophisation?3) quelles concentrations de phosphate peut-on tolérer dans un lac?Pour répondre à ces questions, des expériences à grande échelle ont été réalisées dans quelques lacs du Nord-Ouest ontarien.Le contenu de ces lacs était chimiquement et biologiquement semblable à 50 pour cent de l'eau qui alimente les Grands Lacs.Dans un premier lac, pauvre en carbone, on a ajouté des phosphates et des nitrates pour voir si l'on pouvait arrêter l'eutrophisation en limitant le carbone.Après quelques semaines, le lac était devenu une véritable soupe verte de plantes aquatiques microscopiques.De plus, on n'a observé aucune augmentation du taux de phosphate qui était aussitôt assimilé par le plancton.Conclusion: les algues tirent tout le carbone dont elles ont besoin de l'atmosphère.Diminuer l'arrivée de carbone ne peut en aucune façon préserver la jeunesse d'un lac.Dans un autre lac, que de lointaines circonstances géologiques ont eu la bonté de diviser en deux bassins analogues séparés par un étroit chenail, le rôle «lacucide» des phosphates a été confirmé sans rémission.-ï-f.F' • .-a i,'L'r s» i.W\c: 14 SANTÉ VICTOIRE SUR LE Récemment, une équipe de chercheurs du Toronto Hospital for Sick Children et de Nnstitute of Biomedical Engineering de l'Université de Toronto, sous la direction du Dr A.M.Albisser, a mis au point un appareil qui permet de combler les lacunes des traitements conventionnels du diabète.Ces traitements (régime alimentaire pauvre en graisses et injection quotidienne d'insuline) sont certes simples et peu coûteux, mais ils ne s'avèrent pas entièrement satisfaisants: ils impliquent de grandes fluctuations du taux de sucre dans le sang et ne parviennent jamais à ramener parfaitement à la normale la teneur en sucre du sang.Le pancréas artificiel vise, lui, à rétablir l'équilibre de cette concentration, chez les diabétiques.Il y parvient en agissant presque de la même manière que le pancréas chez un sujet sain.Pour comprendre comment les chercheurs de Toronto sont arrivés à mettre au point un tel appareil, voyons d'abord ce qu'est le diabète.Maladie fort commune chez les habitants des pays industrialisés, le diabète touche environ 400 000 Canadiens (125 000 Québécois).L'évolution de cette maladie se traduit par une perte d'appétit (anorexie) et une diminution importante du poids, une sécrétion excessive d'urine (polyurie), une concentration élevée de sucre dans le sang et les urines (glycosurie), un état de faiblesse et de dépression (asthénie), la torpeur, puis le coma.Le diabète se manifeste aussi par des accidents cutanés ou muqueux.Ces accidents sont de deux types: les uns sont dus à la diminution de résistance de l'organisme (anthrax: tumeur inflammatoire et gangrène); les autres proviennent de l'action irritante exercée par des sécrétions anormalement chargées en sucre (comme c'est le cas des infections des plis des muqueuses génitales).C'est en 1893 qu'on se rend compte que les flots de Langherhans, petites glandes endocrines du pancréas, ont le pouvoir de sécréter la substance qui manque à l'organisme atteint du diabète.En 1922, les Canadiens Banting et Macleod extraient cette substance: l'insuline.Leur découverte bouleverse le pronostic de cette maladie souvent meurtrière qu'est le diabète.C'est pour cette découverte qu'ils ont d'ailleurs obtenu le prix Nobel de médecine, en 1923.On sait maintenant que le diabète est un trouble de l'utilisation du glucose (sucre) septembre 1974 / Québec Science DIABETE 44 / LA SCIENCE & LES HOMMES septembre 1974 / Québec Science OMais il faut se méfier des médicos'cono-mistes qui tentent de résoudre le problème du coût de plus en plus lourd de la santé publique.Certes, l'acharnement médical n'est pas rationnel, mais la suppression de toute protection, de tout soin onéreux à certains malades, sous prétexte que leur vie ne mérite pas d'être vécue et qu'ils sont socialement inutiles, l'est peut-être trop.Les membres du CIOMS sont unanimes: «La diffusion des techniques médicales de pointe ne doit pas être laissée à la seule discrétion des industriels, qui sont parties prenantes, ni à celle des médecins-chercheurs et de leurs centres hospitaliers qui y trouvent matière à prestige et renommée».Les questions sociales et morales que soulèvent les techniques de la vie justifient la création d'un tribunal compétent à la fois pour apprécier la pertinence scientifique et défendre les intérêts des citoyens, et pour donner de fermes directives sur la politique à suivre.Le moment est proche où il faudra mettre en balance les dépenses affectées aux techniques médicales radicales et celles que requièrent des mesures moins élaborées mais susceptibles de contribuer plus efficacement à l'amélioration de la santé publique.Il est probable que des efforts pour soulager la misère, menés de pair avec un programme d'éducation en matière d'hygiène, auraient plus de portée sur le plan de la santé que des dépenses de même importance consacrées à la médecine et aux techniques de pointe.Thèse que soutient d'ailleurs le ministre canadien de la Santé et du Bien-Etre social, M.Marc Lalonde, dans un document de travail publié juste avant le déclenchement des dernières élections fédérales et intitulé: ((Nouvelles perspective de la santé des Canadiens».Encore une fois, la sagesse populaire avait raison: mieux vaut prévenir que guérir! # LES TOUT PREMIERS AMERICAINS Quand l'homme a-t-il mis le pied en Amérique pour la première fois?Voilà probablement un débat qui ne cessera jamais.Jusqu'ici, les plus vieux ossements humains découverts en Amérique datés de façon directe remontent à près de 24 000 ans.Ils ont été découverts aux alentours de Los Angeles en 1933.Mais la première prise de contact s'est certainement produite plus tôt à cause du jeu des glaciers et de la mer (voir La préhistoire québécoise, QUÉBEC SCIENCE, juin 1974).Dans un premier temps, une période d'intensification glaciaire entrafnait le stockage de l'eau des océans dans les glaciers continentaux, ce qui permettait aux hommes de Sibérie de se rendre en Alaska à pied sec.Mais les glaciers empêchaient les arrivants de descendre vers le sud des Amériques.Il leur fallait attendre un deuxième temps de recul glaciaire pendant lequel les glaciers desserraient leur étreinte et les océans retrouvaient leur niveau élevé, bloquant la venue de nouveaux immigrants.D'après les données géologiques, l'Amérique du Nord a connu deux principaux cycles «avance-recule» des glaciers au cours de la dernière grande période glaciaire.L'avance maximale du premier cycle s'est produite vers l'an —55 000 et sa longue retraite de —50 000 à —20 000, tandis que l'avance du second cycle eut lieu vers —25 000 et sa retraite «définitive», à partir d'il y a 13 000 ans.De façon générale, les paléoanthropologues croient que l'occupation de l'Amérique s'est réalisée au cours du premier cycle.Pourtant, il y a eu un tout petit cycle, beaucoup plus tôt, avec une avance en —70 000 et un recul en —65 000.La période de poussée glaciaire porte le nom de Nicolet, et sa retraite s'appelle Saint-Pierre-les-Becquets, d'après l'étude des sédiments de ces deux localités riveraines du Saint-Laurent, entre Québec et Montréal.Le cycle Nicolet-Saint-Pierre revêt maintenant un grand intérêt puisque trois chercheurs américains.Jeffrey Bada et Roy Schroeder, du Scripp Institution of Oceanography, et George Carter, de l'Université A & M du Texas affirment maintenant que c'est pendant ce temps que l'homme mis le pied en Amérique.Pour prouver ce qu'ils avancent, ils ont eu recours à une nouvelle méthode de datation des restes humains, la racémisation des acides aminés.Cette méthode prend la relève de la datation au carbone 14 qui devient inadéquate pour des vestiges organiques vieux de plus de 32 000 ans.Cette nouvelle méthode doit son origine à nul autre que Pasteur, lorsqu'il découvrit que les molécules des organismes vivants pouvaient se présenter sous deux formes, l'une étant l'image de l'autre dans un miroir.Il constata que les êtres vivants, sans exception, ne possédaient qu'un des inverses optiques, celui qui fait tourner le champ électrique de la lumière vers la gauche.Au cours des périodes géologiques, par ailleurs, les acides aminés «gauche» des restes organiques retournent vers un état d'équilibre comprenant autant de molécules «droite» que de molécules «gauche».Ce processus s'appelle la racémisation.Il devient alors possible de mettre au point un nouveau chronomètre naturel en calculant le taux de racémisation de restes organiques déjà datés.De cette façon, la racémisation de l'acide aspartique des os fossiles indique l'âge des squelettes vieux de 5 000 à 100 000 ans.S'il y a eu crémation, la méthode s'applique quand même puisque l'on constate aussi un taux de racémisation caractéristique des os brûlés.Cette méthode a aussi le grand avantage de nécessiter des échantillons organiques beaucoup plus petits que la datation au carbone 14.Les trois chercheurs ont donc récupéré des os fossiles découverts dans le sud de la Californie et entreposés au Musée de l'Homme de San Diego, sans qu'on ait pu déterminer leur âge.Grâce à leur nouvelle approche, ils ont pu déterminer qu'un |j H ensemble d'os fossiles composés d'un crâne, avec mâchoire inférieure, et de fragments d'os des jambes et des épaules avait environ 48 000 ans.Il s'agit maintenant des plus vieux vestiges humains jamais découverts en Amérique.# )MME ET MÉRIDIENS Thomson Volume 2 LE VOICI! .LE VOLUME II DE L’HOMME ET LES MÉRIDIENS L’Histoire du Canada vécue par les arpenteurs, ces hommes formidables qui ont littéralement “mis le Canada sur la carte” ! L'édition du deuxième volume de la trilogie écrite par Don W.Thomson, L'Homme et les Méridiens est maintenant en vente aux bureaux des cartes de Québec et d'Ottawa du ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, ainsi qu'à tous les comptoirs d'information Canada.Parmi les 19 chapitres qui forment cette deuxième partie de l'Homme et les Méridiens, on remarque: les origines et les débuts des associations d'arpenteurs, l'arpentage du premier chemin de fer transcontinental dans l'Ouest, le renouvellement des levés de la frontière internationale, les débuts de l'astronomie au Canada: observations et cartes du ciel, les premiers levés des réserves indiennes, et la revendication de la souveraineté du Canada sur l'archipel Arctique.Dès que se concrétisa, en 1867, le concept de la nation canadienne, le pays modifia ses cadres tandis que, du même coup, la population témoignait d'une vision et d'une vitalité nouvelles.Les regards du monde entier se tournèrent vers l'intérieur du continent nord-américain, terre brillante de promesses et d'avenir.Bientôt le centre de gravité démographique du Canada commença à se déplacer vers l'Ouest quand plus d'un million de personnes essaimèrent vers les prairies et s'installèrent sur plus de 80 000 fermes.Ce livre intéressera particulièrement les professeurs et étudiants des écoles de géodésie ainsi que toute personne s'occupant de cartographie.Bureau régional de distribution des cartes 1535, chemin Ste-Foy, Québec, Qué.GIS 2P1 (418) 694-3325 Le Volume 2 comprend 363 pages, 132 photographies et 18 cartes dont certaines sous la forme de dépliants.Préparé en collaboration avec l'Association canadienne des sciences géodésiques et le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, ce volume se vend au prix modique de $8.Les chèques ou mandats-postaux doivent être libellés au nom du Receveur général du Canada.Bureau des cartes du Canada 615, rue Booth, Ottawa, Ontario Kl A 0E9 (613) 994-9663 1+ Énergie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada 46 PARUTIONS RECENTES MONTRÉAL EN ÉVOLUTION HOftZREAL EH EVOEUHOH par Jean-Claude Marsan, Fides, 1974, 423 pages, $12.95 En vente dans les librairies «Nous avons hérité d'une des villes les plus remarquables de l'Amérique du Nord, mais ce qui a fait son unicité, sa qualité de vie et d'environnement, apparaft désormais menacé.(.) Pourquoi ce gouffre, subitement, après trois siècles d'évolution sans menaces?» La ville doit être modelée pour répondre aux besoins des hommes qui y vivent et Montréal constitue l'une des rares métropoles du monde à posséder assez de richesses naturelles pour ce faire.«Il est antiéconomique et antisocial de sacrifier ces ressources sur l'autel de l'économie libérale individualiste, de laisser polluer les cours d'eau, dégrader les paysages, éroder les bassins de loisirs, en somme, de détruire pour des siècles l'immense potentiel de qualité de vie de notre région.(.) A un autre niveau, les citoyens doivent prendre conscience qu'ils peuvent remodeler leur environnement urbain de manière à satisfaire leurs besoins et leurs aspirations de chaque jour.» C'est à Samuel de Champlain, excellent géographe et cartographe hors pair, que l'on doit le choix d'un site aussi heureux pour Montréal, à l'un des carrefours les plus importants de l'Amérique du Nord, sur une fie étonnamment riche et fertile.Percevoir et faire sentir toutes les facettes de la croissance et la vie d'une métropole à travers les siècles n'est pas une mince tâche, surtout si l'on se préoccupe de cerner l'essence même de la ville: la cohésion sociale.Mais il faut dire que Jean-Claude Marsan n'est pas le premier venu et que Montréal en évolution constitue à peu de choses près sa thèse de doctorat en urbanisme présentée à l'Université d'Edimbourg.(Si toutes les thèses de doctorat étaient aussi accessibles et portaient sur des sujets aussi importants, personne ne s'en plaindrait et le public y gagnerait beaucoup.Ouvrage on ne peut plus documenté, analyse serrée qui met en valeur les données essentielles, illustrations abondantes et toujours dignes d'intérêt.Cependant, la partie contemporaine nous semble trop rapidement esquissée: le livre aurait mis davantage le lecteur «dans le coup» si l'auteur avait adopté comme point de départ les problèmes actuels de Montréal pour ensuite remonter dans le temps et décrire la cohérence antérieure.Peut-être qu'en procédant ainsi, l'auteur aurait pu mieux mettre en valeur et explorer toutes les implications de la solution qu'il préconise pour résoudre les problèmes de la métropole: la prise de conscience et l'action des citoyens.L'approche adoptée, elle, incite davantage, étant donné le gigantisme de la ville actuelle, à abdiquer aux mains des autorités en place et assimile trop les problèmes de Montréal à ceux de toutes les grandes villes du monde.Ainsi, par exemple, tout en prouvant que l'architecture domestique constitue la seule architecture authentique de Montréal (par son adaptation aux caractéristiques de notre climat et à nos ressources en matériaux) s'avéra une réponse appropriée au besoin de loger rapidement des milliers d'immigrants ruraux particulièrement démunis, il aurait pu faire sentir davantage que la solution aux problèmes actuels de Montréal doit être trouvée par les Montréalais eux-mêmes.Mais cela ne fait sans doute pas l'objet d'une thèse de doctorat et doit plutôt servir de motivation principale à une action concertée des citoyens.Jean-Claude Marsan en est d'ailleurs, puisqu'il participe activement à toutes les luttes que mènent les Montréalais pour la protection et l'amélioration de leur environnement.Si les physiciens n'ont qu'à prouver qu'ils savent domestiquer des électrons pour décrocher un doctorat, les urbanistes, eux, ont affaire —comme les sociologues d'ailleurs— à descendre dans la rue et à mobiliser les personnes, s'ils veulent que leurs thèses servent à quelque chose.Montréal en évolution, un livre qu'il faut lire pour découvrir, comprendre et agir.Il n'est pas encore trop tard.septembre 1974 / Québec Science LES OBJETS FAMILIERS DE NOS ANCETRES les objets familiers de nos ancêtres par Nicole Genêt, Luce Vermette et Louise Décarie-Audet, Les Éditions de l'Homme, 1974, 304 pages, $6.00 En vente dans les librairies et kiosques à journaux Comme l'écrit Robert-Lionel Séguin dans la préface de cet ouvrage aussi pratique que bien documenté: «Dans toute discipline historique, la recherche n'est scientifique qu'en autant qu'elle est d'intérêt universel.A ce titre, les objets familiers de nos ancêtres s'intercalent dans l'histoire de l'homme, du moins drôlement plus que les narrations à panache.» Sans doute, puisque Les objets familiers de nos ancêtres mettent à la portée de tous les meubles, ustensiles, lingerie et autres objets qui ont composé l'univers domestique des pionniers du Régime français.Présenté sous la forme d'un répertoire de plus de quatre cents mots dont la description est accompagnée d'environ trois cents photographies et dessins, l'ouvrage est le fruit de plusieurs années de recherches effectuées auprès des sources mêmes.De plus, les auteurs situent chacun des objets dans son contexte et donnent une idée, le plus souvent possible, de la fréquence de son emploi.Chose curieuse: c'est au régime du mariage en communauté de biens que nous devons de retracer l'existence de tous ces objets.En effet, à la mort d'un des conjoints, un notaire dressait un inventaire systématique des biens meubles et immeubles du défunt afin d'en effectuer le partage entre les héritiers.Chacun n'ignore pas que l'un des rôle essentiels du notaire e$t de conserver bien et, surtout, longtemps, les papiers officiels.Par ricochet, ce livre met en valeur la vie quotidienne des femmes de l'époque en décrivant l'étonnante variété des instruments dont elles devaient se servir tous les jours.Enfin, ceux qui s'intéressent aux affaires d'or que réalisent depuis quelques années les antiquaires québécois, se serviront certainement de ce livre à titre de guide d'achat. 47 Québec Science / septembre 1974 DENOS LA PETITE FLORE FORESTIÈRE DU QUÉBEC Petite flore forestière du Québec , 'H*.Service de l'inventaire forestier, ministère des Terres et Forêts, 1974, 216 pages, $3.75 En vente chez l'Éditeur officiel du Québec irslirip ."H: mm pie et '«BS wims ijC::î,;p- ç: ït;; Of me ft I' lueiictiie jlIlMfiî' Les botanistes mis à part, bien peu de gens peuvent se vanter de savoir identifier la plus grande partie des arbres et des plantes qu'ils rencontrent lors de leurs promenades dans la grande nature ou dans un parc public quand ce n'est pas dans leur propre cour.Bien des gens aussi aspiraient à le faire sans éprouver pour autant l'envie de consulter les ouvrages conçus pour les spécialistes.Le libre qu'il leur fallait est paru au début de l'été: La petite flore forestière du Québec.Description simple, format de poche, reliure souple, plus de 300 photos couleurs, carte des zones de végétation, glossaire, index, mesures, tout y est conçu pour rendre passionnante la découverte de la plus importante de nos ressources: la forêt.Et en plus, les concepteurs de l'ouvrage se sont permis (avoir bonheur) d'innover en optant carrément pour l'usage du système métrique international (S.I.).Que le lecteur non familier se rassure: toutes les mesures sont expliquées à la fin du volume.fccof- [(C'î lEflS ¦f :'y Is du ¦SfïJi Une toute petite ombre: les photographies ne montrent pas toujours la fleur ou le fruit de la plante illustrée.Sans doute pour des raisons d'espace et de coût.Mais l'ouvrage n'en perd pas pour autant sa clarté et l'ensemble des illustrations s'avère plus que suffisant pour identifier les principales plantes du Québec.811 v'r isms# Souhaitons que La petite flore forestière du Québec connaisse une large diffusion et atteigne son but ultime: la conservation de la forêt.Après tout, on n'aime bien que ce qu'on connaft! LEXIQUE ANGLAIS-FRANÇAIS DE L'ÉLECTRONIQUE AU QUÉBEC (électricité, radio, télévision, appareils de mesure, composants électroniques), Cahiers de l'Office de la langue française no 22, 1974, 213 pages (plus schémas et illustrations).Disponible sur demande au Service général des communications, ministère de l'Éducation.On ne peut manquer de signaler la parution d'un nouveau cahier de l'Office de la langue française: ils sont toujours bien faits et marquent un pas de plus dans notre «reprise en charge» de la langue française au Québec.Pour ne pas que tant d'efforts restent lettre morte, nous suggérons à nos lecteurs qui travaillent ou étudient dans ce domaine, de se procurer ce cahier et, surtout, d'en faire un usage quotidien.L'UNIVERSITÉ DANS UNE SOCIÉTÉ ÉDUCATIVE «de l'éducation des adultes à l'éducation permanente», Gaétan Daoust et Paul Bélanger, Les Presses de l'Université de Montréal, 1974, 244 pages (miméogr.) Spécialistes de l'éducation des adultes, les auteurs révèlent des faits qui obligent les universités québécoises à réviser l'image d'une institution vouée traditionnellement à la formation des jeunes, et à se comporter comme des instruments de développement collectif.TÉLÉTRAITEMENT PAR TERMINAUX LOURDS, Dossiers de la vice-présidence aux Communications de l'Université du Québec, 2875 boulevard Laurier, Ste-Foy, 1974, 161 pages (miméogr.), $5.00 Cette collection à circulation restreinte vise à rendre accessibles certaines études ou réalisations de l'Université du^Québec en matière de Communications.A noter cependant que le dernier né de la collection: «Télétraitement par terminaux lourds», s'avérera tout à fait indigeste pour quiconque ne possède pas une formation en informatique.BIBLIOGRAPHIE TADOUSSAC, REFUGE DES BALEINES ¦Edwards Mitchell, THE STATUS OF THE WORLD'S WHALES, Nature Canada, octobre-décembre 1973 ¦Daniel Robineau, DES BALEINES À PROTÉGER, La Recherche, mai 1974 ¦Jacques-Yves Cousteau, NOS AMIES LES BALEINES, Flammarion OÙ VA LE CLIMAT ¦Alcide Ouellet, LA MÉTÉO, PRÉVISIONS, STATISTIQUES ET CARTES DES NUAGES, Les Éditions de l'Homme ¦Reid A.Bryson, A PERSPECTIVE ON CLIMATIC CHANGE, Science, 17 mai 1974 ¦Torn Alexander, OMINOUS CHANGES IN THE WORLD'S WEATHER, Fortune, février 1974 LA REVANCHE DES MOULINS À VENT ¦E.W.Golding, THE GENERATION OF ELECTRICITY BY WIND POWER, E.& F.N.Spon Limited ¦ G.Lacroix, L'ÉNERGIE DU VENT, La Technique moderne, mars-avril 1949 ¦Anonyme, CETTE ÉOLIENNE TRÈS SIMPLE DONNE DES KW PEU COUTEUX, Science Dimension, octobre 1972 TROP PEU POUR LE SOLEIL ¦Roger Peyturaux, L'ÉNERGIE SOLAIRE, Que Sais-Je?no 1294 ¦M.Calvin, SOLAR ENERGY BY PHOTOSYNTHESIS, et M.Wolf, SOLAR ENERGY UTILIZATION BY PHYSICAL METHODS, Science, 19 avril 1974 ¦François de Closets, LA CRISE DE L'ÉNERGIE RÉHABILITE LE SOLEIL et UN MOTEUR POUR LE SOLEIL, Science et Avenir, juin et octobre 1973  BONNES REVUES .ABONNE-TOI! DE LA DÉTENTE À LA CONNAISSANCE psyd*'Sog»e J ?Nouveau Pilote.?Psychologie .?Science et Vie , ?Vie des Bêtes .?Historia .?Atlas .?Paris-Match.?6 ?Maison de Marie ?La Recherche.1 an/13 1 an/12 1 an/12 1 an/12 1 an/12 1 an/12 1 an/52 mois/26 Claire .1 an/12 numéros: numéros: numéros: numéros: numéros: numéros: numéros: numéros: numéros: $12.00 $18.75 $15.00 $12.00 $19.00 $15.60 $42.00 $21.50 1 an/11 numéros: à renvoyer à PÉRIODICA a/s le magazine QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 MCI I N T ( R N A T I O N AlE D'ABONNIMf 408 81A - periodica ,A ^ERNATIONAl SUBSCRIPTION A G E H Veuillez m’abonner Q ou abonner la personne ci-dessous désignée Q aux revues que j’ai cochées \7] et que |e paie à PERIODICA Inc.par Q chèque.Q mandat poste de $ ou par ?CHARGEX.?MASTER CHARGE Carte No.Mon adresse Je désire abonner ecrnru vos souhaits mi nom prénom signature l l 1 i I 1 J adresse app no localité code postal nom prénom adresse app no localité abonnement cadeau, PERIODICA adressera gratuitement une carte de souhaits de votre part.carte signée code postal Hâtez-vous de faire votre choix, car ces prix ne peuvent être garantis au-delà de 30 jours, peut s'écouler un délai de 10 à 12 semaines avant que l'abonné ne reçoive des éditeurs le 1er numéro Québec Science/septembre 1974 EN VRAC STATISTIQUES STUPÉFIANTES Le nombre de nouveaux usagers de la jbannabis (marijuana et haschich) est passé le 12 695 en 1972 à 23 251 en 1973, ;elon les statistiques officielles du minis-itère de la Santé nationale et du Bien-être social.On a dénombré également 2 992 jnouveaux cas de personnes faisant usage id'hallucinogènes, contre 2 411 en 1972.Les narcomanes ne laissent pas leur place mon plus, puisqu'on en a enregistré 2 266 nouveaux.Ces statistiques sont basées sur les rapports de police ainsi que sur les •Renseignements fournis par des médecins, des pharmaciens et les centres de traite-;rnent spécialisés.LE COMBLE DU SADISME Une centaine d'Américains se préparent à Jenvahir et à prendre Québec au début d'octobre 1975.afin de faire revivre l'invasion américaine de novembre 1775 à mai 1776, marquée notamment par le (siège de Québec.L'attaque est actuelle-Iment préparée sous l'égide de l'Arnold Historican Society qui se propose de renouveler le coup de main d'Arnold avec (les mêmes accoutrements, armes et embarcations qu'il y a deux siècles.Les envahisseurs s'attendent à un excellent accueil de la part des autorités de la ville de Québec, puisqu'ils se feront accompagner de nombreux touristes, procurant ainsi au Québec historique des revenus supplémentaires.DES LECTEURS PASSIONNANTS 407 de 474 abonnés de notre magazine dont le nom avait été choisi au hasard simple sur notre liste d'envoi, ont répondu en mars dernier au questionnaire que nous leur avions fait parvenir, soit un taux de réponse de plus de 85%.Cette enquête effectuée par un groupe d'étudiants en journalisme et information sous la direction du professeur Jean-François Bertrand de l'université Laval, nous a permis de connaître le profil exact de nos abonnés, profil qui a beaucoup changé depuis deux ans.Mentionnons, entre autres, parmi les données particulièrement significatives, que 13% des abonnés ont 19 ans de scolarité et plus, 26%, de 16 à 20 ans de scolarité, 34%, de 13 à 15 ans et, 27% ont étudié moins de 13 ans.60% sont des étudiants, 26%, des professionnels, 6%, des techniciens et 8% exercent divers métiers.96% collectionnent QUÉBEC SCIENCE et 97% le trouvent intéressant.On pourrait décliner des chiffres encore longtemps.Contentons-nous de remercier tous ceux qui se sont prêtés de si bonne grâce à nos questions et de signaler que cette enquête sera suivie d'une seconde (au printemps prochain) qui, cette fois, portera sur le contenu du magazine.UNE ADMINISTRATION ORIGINALE Le nouveau recteur de l'Université du Québec à Montréal, M.Maurice Brossard, déclarait lors de sa nomination qu'il considérait la gestion d'une université «comme un projet de recherche emballant».Bien sûr, ajoute-t-il, il s'agit «d'un projet de recherche un peu spécial qui offre une dimension humaine considérable».UN MONSTRE PAS ORDINAIRE Selon l'agence France-Presse, un bébé né avec quatre jambes, quatre mains et trois oreilles dans un hôpital du Kénya, est (heureusement) décédé aussitôt après.Le médecin qui a procédé à l'accouchement, l'enfant avait une têteoblongue avec deux oreilles rattachées aux yeux et une troisième située à la jointure de la tête et de la colonne vertébrale.Le moins que l'on puisse dire c'est qu'une telle anomalie relève de sérieux désordres chromosomiques.LA SURPOPULATION, C'EST SÉRIEUX Le dernier numéro du «Courrier de l'U-nesco» est entièrement consacré à la démographie, 1974 ayant été décrétée année mondiale de la population par l'ONU.Rappelons que notre planète (qui a toujours la même taille) comptait 1 650 millions de bouches à nourrir au début du siècle.Aujourd'hui, la population humaine atteint le 4 milliards et l'on prévoit qu'en l'an 2000, nous serons 6,5 milliards.Combien d'hommes notre planète peut-elle nourrir?Nul ne le sait, étant donné la quantité de variables impliquées.Jusqu'à 15 milliards, supputent certains experts.LA SAUCISSE À HOT DOG, POURQUOI PAS?Une équipe du Centre de recherches en nutrition de l'université Laval conteste les conclusions de l'enquête menée par l'Institut de Promotion des Intérêts du Consommateur sur la médiocrité nutritive de la saucisse à hot dog.Non pas que ces chercheurs prétendent accorder à la saucisse à hot dog des vertus qu'elle ne possède pas.Ils contestent tout simplement la méthode utilisée et relèvent certaines erreurs, en rappelant qu'il faut toujours considérer un régime alimentaire dans son tout plutôt que dans ses parties (qui sont forcément incomplètes!).ILS VIENNENT D'Y PENSER Un industriel américain déclarait lors d'une réunion conjointe du Chemical Institute of Canada et de l'American Chemical Society tenue en juin dernier, que 10 millions de gallons d'huile usagée étaient gaspillés chaque mois «purement» et simplement, alors qu'ils pourraient être recyclés et servir à l'industrie du caoutchouc, entre autres.Et le conférencier ne peut s'empêcher d'ajouter: «Imaginez, dit-il, que chacun de ces gallons mêlé aux déchets finit tôt ou tard par trouver son chemin jusqu'à nos rivières».UN RÉPERTOIRE RECHERCHÉ Le ministère d'État vient de publier le « Répertoire des centres canadiens de recherche-développement industriels» (1973).Excellente initiative, certes.Mais ceux qui ont la corde québécoise et francophone sensible ne pourront s'empêcher de réaliser le nombre environ deux fois supérieur et la taille beaucoup plus imposante des centres installés en Ontario, par rapport à ceux du Québec.De plus —il fallait s'y attendre— les noms des responsables de ces centres ne sonnent pas très «de chez nous».Mais, après tout, les répertoires ne sont pas là pour changer la réalité.LES À-CÔTÉS DE LA SCIENCE Le Dr D.W.Schindler, directeur du projet d'études sur la pollution dans les lacs, décrit à la page 13 de ce numéro, a connu un mois de juillet infernal.Des incendies de forêt ont gravement menacé l'environnement des lacs expérimentaux de son Institut, dans le nord-ouest ontarien.Pendant qu'il dirigeait les opérations de lutte contre le feu, son avion s'est écrasé.Chanceux malgré tout, il s'en est sorti avec seulement une fracture à un bras.Aucunement démonté par l'accident, il a continué à diriger les opérations.Cette complication imprévue sera d'ailleurs mise à contribution puisque, dit-il, «Nous allons pouvoir étudier l'impact des incendies de forêt sur les lacs»! NUMÉRO SPÉCIAL QUÉBEC SCIENCE paraîtra désormais tous les mois.De plus, chaque année, le numéro de septembre sera entièrement consacré à un thème.Nous avons déjà quelques bonnes idées, faites-nous connaître les vôtres en nous écrivant. septembre 1974 / Québec Science ECHEC & /VMTHS par Claude Boucher SOLUTION DU PROBLÈME NUMÉRO 32 Il n'existe pas de solution unique à ce problème.La solution la plus économique que je connaisse exige 44 sauts de grenouille.On indique ici le numéro de la grenouille qui, à chaque étape, doit se déplacer.12 1 3 2 12 11 1 3 2 5 7 9 10 8 6 4 5 7 9 10 8 6 4 5 7 9 10 8 6 4 5 7 9 10 8 6 4 3 2 12 11 2 1 2 SOLUTION DU PROBLÈME NUMÉRO 33 Il existe beaucoup de solutions à ce jeu de patience.Supposons, par exemple, que l'on recouvre toutes les intersections sauf F.Une solution possible serait: IHF - EFH - BJI - CDF - G HJ - IJB - ABD - FDC, où IHF indique que le premier pion était situé en I, qu'il saute en F et que le pion éliminé est en H.N.D.L.R.La solution des problèmes nos 32 et 33 termine la série «Échec & Maths)).["caùrgcr' Bien rares sont les entreprises qui avisent leur clientèle quatre mois à l'avance d'une prochaine augmentation de prix.Nous l'avons fait.Beaucoup ont sauté sur l'occasion de se réabonner pour plusieurs années.Faites comme eux.Il n'est pas trop tard, mais.ÇA URGE! | 1 an/12 nos: RÉGULIER: $6.00*, ÉTUDIANT: $4.20* .ilÜous En ITUMQUE?Veuillez trouver ci-joint mon paiement (chèque ou mandat) au montant de $_pour_^exemplaires des numéros antérieurs suivants au prix de $0.75 l'unité.?Vol.12, no i ?Vol.12, no 6 ?Vol.12, no 2 ?Vol.12, no 7 ?Vol.12, no 3 ?Vol.12, no 8 ?Vol.12, no 4 ?Vol.12, no 9 ?Vol.12, no 5 ?Vol.12, no 10 NOM________________________________________ ADRESSE__________________________________ numéro rue appartement ville CODE POSTAI_________________________________________ Postez le tout accompagné de votre paiement-à l'ordre de: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 LA CARTE MONDIALE DU FOND DES OCÉANS Veuillez me faire parvenir_exemplaire(s) de la CARTE MONDIALE DU FOND DES OCÉANS au prix de $6.00 chacun*.Ci-joint la somme de $_.___en chèque ou mandat pos- tal à l'ordre des PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.I I I 1 I I I I I I I I I I I I i I I I I I I I I I I ?ABONNEMENT ?RÉABONNEMENT Veuillez trouver ci-joint mon paiement (chèque ou mandat) au montant de $_____ pour____ années d'abonne- ment au magazine QUÉBEC SCIENCE.NOM_________________________________________ *Ajouter $0.60 pour les frais de manutention et d'envoi.N.B.Pour les commandes de 2 exemplaires et plus, ces frais sont réduits à $0.30 par exemplaire.NOM__________________________________________ ADRESSE______________________________________ numéro rue appartement ! ADRESSE_____________________________________________ numéro rue appartement _______________________CODE POSTAI__________________ ville Postez le tout accompagné de votre paiement à l'ordre de: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 * Tarifs en vigueur jusqu'au premier octobre 1974.ville CODE POSTAL____________________________________ TÉLÉPHONE______________________________________ Découpez le coupon de commande et retournez-le accompagné de votre paiement à: LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Case postale 250, succursale N Montréal, Québec IL VOUS en rrumouE?Pour l'une ou l'autre raison vous avez peut-être raté un ou plusieurs numéros du volume 12 de QUÉBEC SCIENCE.Postez tout de suite votre commande: il n'en reste que très peu.Vol.12, no 1 / septembre 1973 Se laisser polluer par le confort, l'argent et l'huile La tordeuse ne passera pas Faire taire le bruit Énergie nucléaire: le triomphe de CANDU Les équations du futur t ¦?y • .8YSSALE ^ T»’*'* „ASv rr^is.-.^ Df/?£ BLAK f'A /YA/JPES ) -^JÊjUtAMAS JIJ*J \A.*r -1^ .h • • «t Dt N/tHf VERT 4 — 5 508 m ^-SSf i - là •‘j.' r w H ^ /
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.