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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1974, Collections de BAnQ.

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.1 MAGAZINE NOVEMBRE 19740UN DOLLAR Volume 13, numéro 3 n Mi i* BOIRE DE L’EAU USAGÉE SURPOPULATION: un faux problème Résoudre le casse-tête du cerveau Le grand accélérateur de particules de Vancouver Dans un premier article (Québec-Science, mai 1974), nous avons expliqué les dangers que représentent les radiations ionisantes et ce en quoi consiste la radioprotection.Voici, plus concrètement, un aperçu de l’effort déployé par l’Hydro-Québec pour la radioprotection du personnel de ses centrales électronucléaires et du public en général.Dans la centrale La radioprotection commence à la centrale, et même dès sa conception.Tout comme le sera Gentilly 2, Gentilly 1 est construite de façon à minimiser les contacts avec les différentes substances radioactives qu’on peut rencontrer dans une centrale nucléaire, et à minimiser aussi les méfaits que ces substances peuvent exercer à distance par leurs radiations.Pour ce faire, on cherche d’abord à éviter tout contact avec le combustible nucléaire et les produits de fission en les confinant à l’intérieur de gaines appropriées.Les fluides servant à ralentir les neutrons (modérateur) et à transporter la chaleur produite (caloporteur) ne circulent qu’en circuit fermé.D’autre part, par protection contre le rayonnement, des écrans efficaces ont été mis en place entre les sources de radiations et les endroits accessibles aux humains.De nombreux dispositifs de détection veillent continuellement à la sécurité de ceux qui fréquentent la centrale en décelant et révélant toute défaillance impliquant un danger de radiocontamination ou d’irradiation.Lorsqu’une défaillance se produit (rupture de gaine, fissure de tuyau, etc.), la réparation est faite sans tarder au moyen d’un équipement et de techniques qui permettent aux techniciens d’agir en toute sécurité.Les bâtiments ont été divisés en quatre sortes de zones en fonction des risques existants.Chaque employé reçoit une formation spéciale qui le rend apte à assurer son autoprotection dans les endroits auxquels il a accès.Préalablement à leur entrée en fonction et périodiquement par la suite, tous les membres du personnel sont soumis à un examen médical approfondi.Ces précautions sont complétées par une surveillance dosimétrique des employés et des visiteurs de la centrale.Chacun doit porter divers appareils enregistreurs (certains en permanence, d’autres pour des besoins spéciaux) qui permettent de connaître, et ce de façon cumulative, la dose de radiations qu’ils ont eu à subir.Si un travailleur (ou un visiteur) était exposé à une dose excessive, des dispositions appropriées seraient prises immédiatement.Mais aucun problème de cet ordre ne s’est présenté jusqu’ici.Au contraire, cette surveillance n’a révélé qu’une dose moyenne de 0.236 rem par employé en 1972 (et de 0.337 rem en 1973, à cause de travaux de réfection), alors que les normes établies acceptent jusqu’à 5 rems.Le contrôle des effluents L’exploitation d’une centrale nucléaire implique inévitablement la production de déchets radioactifs qu’il est pratiquement impossible d’éliminer totalement des effluents qui doivent être rejetés dans l’environnement.Mais la quantité de ces déchets dans les effluents est très faible en regard des normes établies par la Commission internationale de protection radiologique.Les effluents solides sont facilement contrôlables.Le combustible usé est conservé dans une piscine spéciale à l’intérieur des bâtiments.Il pourra servir plus tard, dans de nouveaux types de centrales.Les autres déchets solides n’ont qu’une activité moyenne ou faible et sont enfouis dans un endroit spécialement aménagé à cette fin, tout près de la centrale.Les effluents liquides radioactifs sont constitués des eaux utilisées dans le centre de décontamination, dans les laboratoires, etc.Ils passent par un système de traitement et sont analysés avant d’être évacués dans le fleuve en procédant de façon à ce qu’ils soient rapidement dilués.Ces effluents sont en fait si peu radioactifs qu’on pourrait en boire deux litres par jour sans absorber la dose de rayonnement admise pour un individu de la population.Les effluents aériens provenant de la ventilation des locaux comportent certains gaz radioactifs et certaines particules radioactives en suspension.Ils sont soumis à plusieurs systèmes de filtration avant d’être rejetés dans l’atmosphère au moyen d’une cheminée de 60 mètres destinée à favoriser leur dilution.Des dispositifs de détection assurent une surveillance continue de ces effluents, permettant un renforcement de la filtration ou un arrêt de la ventilation au besoin.REJETS AÉRIENS PAR LA CHEMINÉE (moyenne Ci/jour 1970 1971 1972 1973 1311 (x10-3) N.D.0.01 2.02 N.D.Tritium (oxyde) négligeable 29 19 4 Gaz rares N.D.3 34 N.D.Aérosols N.D.N.D.N.D.N.D.N.D.(non détectable) signifie que les rejets sont Inférieurs aux seuils de détection.La surveillance de l’environnement Une surveillance de l’environnement s’ajoute aux divers contrôles des effluents exercés avant rejet.A cette fin, il faut distinguer entre l’environnement public et la zone d’exclusion délimitant autour de la centrale une aire dont l’accès est limité.Quatre stations de contrôle radiologique installées à la limite de la zone d’exclusion permettent une surveillance continue que certains contrôles périodiques viennent compléter.Diverses analyses sont effectuées sur l’eau de pluie, la neige, l’eau de ruissellement, l'eau d’infiltration, etc.Ces observations ont principalement révélé l’existence dans les eaux étudiées de tritium à l’état de traces et, à quelques occasions, de traces d’iode-131, ainsi que l’augmentation du débit de dose gamma dans le voisinage immédiat de la centrale.Mais, à la limite de la zone d’exclusion, ce rayonnement gamma est indiscernable du rayonnement naturel.Une surveillance efficace est également exercée au niveau de l’environnement public.Des prélèvements sont faits régulièrement dans le milieu fluvial (eau de surface, retombées sédimentaires, herbes aquatiques, poissons) et dans le milieu terrestre (air, eaux de boisson, herbes, neige, relevé du débit de dose gamma, etc.).Une attention particulière est portée à la chaîne alimentaire “herbe-vache-lait-homme”.De toutes ces observations, il ressort que l’influence des effluents de la centrale ne peut se distinguer de la radioactivité préexistante dans ces milieux à l’exception d’une faible quantité de tritium notée à l’occasion dans l’eau de surface du fleuve et dans le lait provenant de fermes voisines de la centrale.Pour vérifier le respect des normes relatives à la dose individuelle, on a calculé quelle serait la dose subie par un récepteur hypothétique situé en permanence au lieu le plus critique et se comportant de façon à accumuler une dose maximale.Même en exagérant beaucoup tous les risques, les doses subies par ce récepteur n’ont jamais excédé le tiers des valeurs admises.Pour le tritium, la dose est 500 fois inférieure à la norme.* * * La technique nucléaire n’est pas la seule à comporter des dangers.A y regarder de près, il apparaît que l’industrie nucléaire pourrait servir de modèle à l’industrie en général pour ce qui est du soin qu’elle met à assurer la sécurité des humains. LE MAGAZINE ¦ • l'I' BOIRE DE L’EAU USAGEE SURPOPULATION: un faux problème Résoudre le casse tète du cerveau Le grand accélérateur de particules de \fcncouver SQ4WMIRE ARTICLES Le dossier noir de l'eau potable / Gilles Provost Nous avons transformé une grande partie de la richesse hydraulique de notre pays en eau usagée.qu'il nous faut boire, maintenant Une usine de ciment nucléaire / Jean-Marc Fleury L'Ouest canadien dispose aujourd'hui d'un grand accélérateur à faisceau de mésons, les particules qui maintiennent l'unité du noyau atomique Le cerveau, un casse-tête / Georgette Goupil Un portrait vivant des travaux effectués au Québec sur l'objet le plus capital de la recherche scientifique Surpopulation, un faux problème?/ Fabien Gruhier Les pays en voie de développement croient que la «crise de la surpopulation» est avant tout une grande peur des pays riches vis-à-vis le Tiers monde 14 21 28 34 Le Saint-Laurent (et toutes les rivières qui y convergent) est devenu un véritable musée des horreurs.Et si les robinets ne sont pas tous comme celui de notre couverture, la réalité n'est pas différente: l'eau du robinet provient des égouts et n'y retourne que pour mieux s'y infiltrer encore.Notre attitude?Celle de l'eautruche.LE MAGAZINE ¦ ¦ Directeur Jean-Marc Gagnon Rédacteur en chef Jean-Marc Fleury Chef des informations BenoTt Drolet Secrétaire de rédaction Diane Dontigny Correspondant pour l'Europe Fabien Gruhier Conception graphique Jean-Pierre Langlois Secrétariat et diffusion Patricia Larouche Françoise Ferland Impression L'Éclaireur Ltée, Beauceville Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.2860, des Quatre-Bourgeois Sainte-Foy.Québec G1V 1Y3 (418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier: $8.00 / Tarif étudiant: $6.00* A l'étranger: $15.00 / A l'unité: $1.00 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 / Télex: 011 3488 Les chèques ou mandais postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Ce tanl s'applique également aux groupes et organismes qui commandent plus de dix (10) abonnements en même temps RUBRIQUES Courrier Commentaire Actualité O Une solution explosive O Variations sur une constante O Dix ans pour créer O Jupiter: le mystère s'éclaircit O Économiser des énergies O Pas de semence pour les nuages Environnement O Écouter la température O À la recherche d'un équilibre O L'éléphant de mer menacé O Un poison nourricier O Où sont les orignaux O La diète du marsouin Santé O Le carbone contre la douleur O Des muscles ne répondent plus O La vitamine de reproduction O Le sang n'est pas raciste O Manger machinalement O Un médicament controversé O A votre bon cœur La Science & les Hommes O A l'assaut du sport O Les enfants problèmes O Modèles pour coup d'État O La science moucharde Parutions récentes Bibliographie En vrac 4 5 6 10 39 43 46 47 49 CO/HITE DE SOUTIEN Bell Canada, M.René Fortier, vice-président exécutif, zone de l'Est Banque de Montréal, M.R.Muir, vice-président et secrétaire Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel Boulet, directeur La Sauvegarde, Cie d'assurance sur la vie, M.Clément Gauthier, président Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.©Copyright 1974 — Le magazine Québec Science-Université du Québec.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1974.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1974 COURRIER COURRIER DE L'UNESCO Je désirerais m'abonner au Courrier de l'Unesco.Pourriez-vous m'indiquer à quelle adresse je dois faire part de ma demande et quel est le coût de l'abonnement à ce périodique?Merci! André Bernier Manceau Adressez votre demande à: Le Courrier, C.C.P.Paris 12598-48, Librairie Unesco, place de Fontenoy, 75700 Paris.Le coût de /'abonnement est de 24 francs français (environ 5 dollars) par année.LES BALEINES PARLENT-ELLES ANGLAIS?Dans votre édition de septembre 1974, vous faites mention en page 29 de la Société zoologique de Montréal, en disant d'elle qu'elle organise des excursions qui ont pour but l'observation des baleines non loin de Tadoussac.A la suite de la lecture de cet article, je décidai de m'adresser à cette société dans le but de recevoir les informations inhérentes à une de ces excursions.Vous trouverez-ci-inclus copie de la lettre de retour de cette «society».Toute en anglais, s'il-vous-plaft.Je vous prierais de noter plus particulièrement le premier paragraphe qui, de par son ironie malsaine, ne peut que provoquer, à l'heure du fameux bill 22.Je tenais à vous faire connaftre toute mon indignation face à une telle publicité gratuite de votre part, et j'ose espérer que de telles erreurs de votre part resteront choses du passé.Et si les baleines parlaient anglais, elles aussi.Normand Desjardins Montréal Dear Mr Desjardins: We acknowledge receipt of your letter of the 16th instant, and regret that it is not possible for us to reply in your language as at present the Society is essentially English speaking.We note your interest in our whalesighting excursions and wish to inform you that at the moment of writing our final trip of this year is fully booked.All that we can suggest is that you call the undersigned at 484-8692 during the week of the 23rd to find out whether we have any space available as the result of a cancellation.Meanwhile, we enclose a reprit of a book on whale watching, which we trust you will find of interest.We also enclose a leaflet giving details of our whale excursions.Gerald T.lies Managing Director Les baleines ne parient pas encore anglais, mais si jamais elles choisissent d'adopter une langue ce sera certainement celle-là.La seule organisation qui prend la peine d'organiser des excursions pour les observer, la «Zoological Society of Canada», est unilingue anglaise.Le seul lai oratoire qui les étudie, la Station de biologie arctique d'Environnement Canada, à Sainte-Anne-de-Bellevue, ne compte pas un seul francophone.Pire encore, le Dr Edward Mitchell, celui qui a découvert le sanctuaire de la baie du Bon Désir est un Américain.Enfin, les étudiants qui sont en voie de se mériter des doctorats en étudiant les baleines de Tadoussac sont soit américains, soit anglo-québécois.Bref, la biologie et les biologistes québécois francophones ne sont certainement pas aussi actifs qu'ils le devraient.Car, le seul tort de tous ces anglophones, c'est peut-être seulement de faire quelque chose.À vous et à nous.Monsieur, de nous grouiller et de prendre nos affaires en main.NUMÉRO SPÉCIAL Permettez-moi de donner suite à une invitation, parue dans Québec Science, voulant de la part des lecteurs certaines suggestions concernant le numéro thématique de septembre.Je propose un numéro thématique sur le «Traitement des eaux», avec comme sujets principaux la filtration de l'eau potable et l'épuration des eaux usées (industrielles et urbaines).Le sujet étant vaste, on peut mettre l'accent sur les principes du traitement de l'eau et les procédés employés pour les appliquer.De plus, il est possible de décrire l'approvisionnement en eau dans les régions rurales (captage en surface, puits, etc.) et l'épuration de leurs eaux usées (fosses septiques et éléments épurateurs).Quoiqu'il en soit, je crois qu'une vision globale du traitement des eaux peut non seulement faire connaftre les procédés de dépollution, mais faire réfléchir sur le contenu et la provenance des polluants.Voilà pourquoi il serait préférable d'élaborer une synthèse sur le traitement de l'eau (surtout l'eau potable qui touche chaque individu), plutôt que de morceler le sujet et risquer d'en faire perdre une certaine valeur.Bien entendu, j'espère quand même retrouver dans Québec Science d'autres articles portant sur des cas particuliers de pollution, mais votre initiative d'un numéro thématique m'a incité à vous proposer ce sujet si dense, qu'il comblerait facilement les pages de ce numéro.Pierre LaFrance Hydrotechnicien Longueuil Votre suggestion concorde parfaitement avec les préoccupations de Québec Science.Le numéro spécial de septembre 1975 répondra d'ailleurs en grande partie à votre suggestion.En effet, nous avons choisi de faire du fleuve Saint-Laurent le thème du premier numéro spécial de notre revue.Nous traiterons du fleuve sous tous ses aspects, l'accent étant mis sur la qualité de son eau.// sera, bien entendu, question des techniques d'épuration de l'eau puisqu'une part de plus en plus grande de la population puise son eau potable dans ce cours d'eau, qu'elle a transformé en égout, voir en page 14, Le dossier noir de l'eau potable.JOURNALISME SCIENTIFIQUE Je suis abonnée depuis près d'un an à votre revue que je trouve très intéressante! Le journalisme scientifique m'attire beaucoup et je crois que vous pouvez m'aider dans ce domaine.Je voudrais savoir si des études en journalisme sont obligatoires pour en faire une carrière.Je suis diplômée en biologie moléculaire de l'UQAM et possède un an d'expérience dans les brevets d'invention.J'ai entendu parler de l'Université de Carleton, Ottawa, qui organise des cours pour une période d'un an à ceux qui ont déjà une formation universitaire, est-ce valable à votre avis?Vos conseils seront très appréciés! Une impatiente Montréal Plusieurs des journalistes scientifiques du Québec possèdent des diplômes en science, mais à notre connaissance, il n'y en a pas un qui ait étudié le journalisme.Par ailleurs, le ministère de /'Education a commandé une étude, dans le cadre de T Opération sciences fondamentales, sur le meilleur profil d'étude qui pourrait conduire au journalisme scientifique.Ce travail n'est pas terminé, mais il semble que Tune des solutions envisagées soit analogue à ce qui se fait à Carleton, soit une maftrise en journalisme après un cours universitaire.M.Brian Taylor, de l'Université Carleton accomplit un excellent travail et cette approche est certainement valable.Tout de même, la faculté d'émerveiller et de communiquer avec les autres demeurent les seuls véritables critères d'efficacité en journalisme, qu'il soit scientifique ou non.H y a des exemples vivants, ici, de personnes qui n'ont étudié ni le journalisme ni les sciences et qui sont d'excellents reporters des sciences.Pour ne pas citer un exemple local, mentionnons seulement le cas du journaliste français François de Closets.H a déjà près d'une vingtaine de volumes à son actif, travaille à la télévision française et collabore à la revue Science et Avenir.De Closets est diplômé en droit.iiPppPp mmmm, 5 novembre 1974 / QUÉBEC SCIENCE -JCOMMENTMRE Milita Gentil ii, lie WSOUs ^iwil 'Pnikj, lîcv «h près d'unu trèsintéress ipusm'ittin pouvez fii s éludes en j pouienfain fevets dm Université t KSinisedes màceu 12 3 4 5 6 7 é 4 I # .> » A IDENTIFICATION DES RESTES DE NOURRITURE - Pour identifier les poissons que mangent les marsouins, les Drs Smith et Gaskin ont recueilli ces petites particules minérales retrouvées dans l'estomac des mammifères étudiés.Ces otolites, minuscules concrétions minérales de l'appareil auditif des animaux, diffèrent d'une espèce à l'autre.La série A constitue un groupe d'otolites de référence alors que celle de B provient des restes trouvés chez les marsouins «autopsiés».En comparant ces derniers à la série de référence, les biologistes ont pu déterminer que le régime alimentaire de ces mammifères se compose de: colins (1), merlans (2), morues (3), sébastes (4), éperlans (5), harengs (6), et maquereaux (7).haute mer), lesquelles revêtent une grande importance économique pour les pêcheries hauturières.En ce qui concerne le hareng, principale source de nourriture pour le marsouin, les Drs Smith et Gaskin soulignent même que l'accusé peut en ingurgiter jusqu'à 500 par jour! Selon la saison, le vorace mammifère passe donc le plus clair de son temps au sein de bancs de poissons (hareng, morue ou maquereau) où il se glisse pour y apaiser sa faim, sans trop se fatiguer.Les résultats de ces travaux inciteront peut-être certains pêcheurs à protester de nouveau contre le marsouin.Cependant, il faut rappeler que ce mammifère prend bien soin de diversifier son régime alimentaire, en fonction des saisons, et que par là, il se garde bien de menacer la survie d'une espèce.Il n'est «coupable» qu'aux yeux des hommes qui lui font la lutte pour s'accaparer sa nourriture.LA CONSTRUCTION ET LES COMMUNAUTÉS NORDIQUES Petit chef-d'œuvre de concision et de clarté, ce rapport intéressera toute personne (aussi peu spécialisée soit-elle en la matière) désireuse de connaftre les préoccupations et les techniques de la construction nordique, des structures au contrôle de la pollution en passant par les implications psychologiques.PROCUREZ-VOUS LE AU PRIX DE $4.00 EN VOUS ADRESSANT A: L'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences 2730, Chemin Côte Ste-Catherine Montréal.Tél.: (514) 342-1411 MICROSCOPE STÉRÉOSCOPIQUE WILD M5 Conçu pour observation d'insectes et de plancton.Fond noir, fond blanc.Source: quartz-allogène.Six mois d'usage.Valeur de $2 500 pour $1 500.Contacter à Montréal M.Normand Bourgeois 527-6985 ou 526-4132 i 14 QUÉBEC SCIENCE / novembre 1974 Le dossier noir de l'eau potable Coliformes, bacilles, bactéries, entérobacter, citrobacter, escherichia, salmonelles, protéus, shigelles, méningocoques, vibrions et virus, voilà la petite faune sympathique que des milliers de Québécois accueillent en eux lorsqu'ils s'envoient un verre d'eau derrière la cravate.par Gilles Provost Parmi les 490 réseaux d'aqueducs municipaux québécois que les Services de protection de l'Environnement ont surveillés de façon intermittente en 1973, 72% ont dépassé au moins une fois le maximum acceptable de quatre coliformes dans leurs échantillons d'eau potable.Bien plus, 39% de ces villes ont trouvé au delà de quatre coli dans plus d'un échantillon sur dix, ce qui dépasse sérieusement les taux considérés comme «intolérables» en regard des normes canadiennes.échantillons en mai 1973 après avoir constaté que 88% des analyses effectuées indiquaient plus de quatre coliformes.Le gouvernement a finalement réagi en juillet dernier en informant la population que l'eau n'était sans doute plus propre à la consommation «depuis quelques semai- • nés».Les 15 000 citoyens de Beauport reçurent aussi un avertissement semblable même si le problème des années précédentes avait été officiellement «réglé» par l'installation d'un nouveau chlorateur, aux dires du ministre de l'Environnement, M.Goldbloom.UlLEÎI liiitli#if!1 ¦jit it'11® LpWî Lpîsft1 [iOiioiirt ’ jeidf® pbecont» Uie Bm était |;jiatiO«i (da parais! lOUflïll"® nie 11 fationpw Mtesestt Ktionies *) Beaux ( |ri d'épuration ïMitipla.lba liitlondispo! depuis deux 'l'a jamais ét test efficace Hisabiesont Mcessaires ifaratiooses rit coûté trap bs sut à te Mire du m sapensedesf itaderc L'HIVER FAIT SON POSSIBLE Même en se confinant aux villes les plus importantes, on découvre un grand nombre de situations proprement affolantes: de juin à novembre 1973, par exemple, les deux tiers des échantillons prélevés à Sept-lles contenaient plus de quatre coli.(il faudra attendre juillet 1974 pour que les 27 000 habitants soient avisés de faire bouillir leur eau avant de la consommer).Pour leur part, les 12 000 citoyens de Port Alfred ignorent probablement encore que 83% des prélèvements effectués chez eux entre mai et octobre 1973 contenaient plus de quatre coliformes.Il en était aussi de même à Dolbeau où l'on prenait moins de sept échantillons par mois en moyenne.En un sens, c'est quand même mieux qu'à New-Glasgow, près de Saint-Jérôme, où l'on a décelé plus de quatre coliformes dans chacun des treize maigres échantillons prélevés en 1973.Autour de la Vieille Capitale, Québec, la situation n'est guère plus rassurante: à Courville, on a cessé de prélever des On pourrait continuer à aligner les exemples de ce type ad vitam aeternam.Les données sur les plages de Montréal et Québec ne sont guère plus encourageantes.Dans la région métropolitaine, 14 plages sur 42 ont fermé leurs portes l'été dernier et seulement six pouvaient encore être classées comme «bonnes» ou même «médiocres».L'eau de toutes les autres était soit mauvaise (plus de 1 000 coli), soit «polluée» (plus de 2 400 coli).En 1973, seulement cinq plages sur 30 étaient «bonnes» pour la baignade dans la région de Québec.L'été dernier, ce nombre est passé à dix parce qu'on a ajouté du chlore, ici et là.IHeuis, dotés 'Aptimin failuor te tas| dans ptpsl'appaf ™'C'îstein toise des ts Wlasouw ri filai de mimed! toutes, on Niantes di to syst(!M A priori, une telle situation a de quoi surprendre dans la Belle Province qui s'en-norgueillit à juste titre de ses milliers de lacs, de ses innombrables cours d'eau, du majestueux Saint-Laurent, etc.C'est même d'autant plus étonnant que nous bénéficions d'un climat froid pendant une bonne partie de l'année.Normalement, cela limite grandement la prolifération microbienne ainsi que les mécanismes de dégradation biologique.C" "ans les ‘tola pro, îtoPlintpIi ! topent ( Hntaiin «Citons ^ novembre 1974 / QUÉBEC SCIENCE 15 r apiBiir lyseieffîctàl 'ColiloraiK.l! it réagi injuilkll ipulalionqie us propre à la I lelques semai' I séeBeauporl I mentseml)lit;| innées précéi-'l liréjléipai J dilorateur, I EntironnerJ ignerlese»! eternam.I e encourajîi»B| I tes l'été*» encore ét« | ou mi®1»! les autres é®; 10 col),®1 I , En m I .jointe011 jouté )«*| ofincefl111 lesniii lurs)’® I etoC01 ijpenOa'11 ri oritiîl'*"1 rolifé«ll0"J lécan»1118 DES PELLETÉES DE FLUOR En fait, nos problèmes proviennent simplement de l'insouciance de la population.Présentement, environ deux municipalités sur trois n'ont aucune usine de traitement pour leur eau.Dans la moitié de ces cas, on n'a pas d'aqueducs et les fosses septiques côtoient les puits individuels.L'eau «potable» de ces 1 OOO municipalités n'est jamais inspectée en vertu du principe selon lequel «l'eau doit être saine puisque l'on n'a pas jugé bon de l'épurer».Au moment où les 106 inspecteurs sanitaires du Québec ont abandonné toute responsabilité sur l'eau potable, en décembre 1972, ils avaient dressé une liste partielle de 139 cas problèmes.Dans 15 de ces cas, le seul problème était qu'on n'utilisait pas l'usine d'épuration existante, aussi incroyable que cela paraisse.Pourtant, les cas de ce genre fourmillent littéralement: selon le Ministre de l'Environnement, la non-utilisation pure et simple des installations existantes est responsable d'une bonne proportion des problèmes décelés au sein des 490 réseaux d'aqueducs dotés d'une usine d'épuration.A Pointe-du-Moulin, par exemple, (banlieue de Montréal, fie Perrot) on dispose d'une usine d'épuration depuis deux décennies mais le chlora-teur n'a jamais été raccordé aux conduites.Ça, c'est efficace! Dans d'autres cas, les responsables ont cessé d'acheter les produits nécessaires ou ont omis d'effectuer les réparations essentielles parce que cela aurait coûté trop cher.Le plus souvent, l'incompétence des opérateurs suffit à tout expliquer: quand le beau-frère du maire a obtenu le poste en récompense de services rendus aux dernières élections municipales, on ne peut lui demander de miracles.C'est pourquoi on a déjà signalé des cas où de tels opérateurs, dotés d'une deuxième année d'études primaires, ont déversé des pelletées de fluor (un poison violent à de telles doses) dans la citerne d'eau potable parce que l'appareil de dosage était en panne.C'est en vain que l'Association québécoise des techniques de l'eau (AQTE) a souvent demandé au gouvernement d'établir des critères de compétence.L'EAU D'ÉGOUT SERAIT-ELLE POTABLE?Dans ce même dossier de l'insouciance des municipalités, on peut ranger les constatations suivantes de l'AQTE à l'issue d'un examen systématique de la situation qui prévaut dans les 154 villes les plus importantes de la province, c'est-à-dire celles qui comptent plus de 5 000 habitants et qui regroupent ensemble 70% de la population québécoise: le tiers de ces villes n'exercent aucune surveillance de leur eau potable.Le quart d'entre elles n'ont aucune idée de la quantité d'eau qui circule dans leurs conduites et 40% n'en mesurent jamais la pression.Enfin, le tiers des villes ignorent les sommes approximatives à investir pour la construction d'aqueducs ou d'égouts au cours des cinq années à venir.Lorsqu'il s'agit de la deuxième tranche de cinq ans, l'ignorance atteint les deux tiers.Si encore l'incurie des édiles municipaux ne concernait que l'alimentation en eau potable, ce serait un moindre mal.Tout le malheur vient de ce que les Québécois sont tout aussi insouciants en ce qui concerne leurs eaux usées.C'est vraiment une curieuse aberration mentale de considérer tous les cours d'eau comme des sources valables d'alimentation en eau potable au moment même où on en fait de simples prolongements naturels du réseau d'égouts.Personne ne semble encore s'étonner de voir 40% de la population du Québec s'alimenter en eau potable dans le Saint-Laurent alors que c'est justement dans ce cours d'eau qu'aboutissent les déchets de toute la province! bouchure de la rivière des Prairies, (60 kilomètres à peine) environ 1,5 million de personnes déversent chaque jour 3,8 milliards de litres d'eau sale directement dans le fleuve par l'intermédiaire de 120 émissaires d'égouts.Certains émissaires sont d'ailleurs de véritables petites rivières de 15 ou 18 mètres de large avec un débit quotidien de 640 millions de litres.Par comparaison, la rivière des Mille Iles a un débit de quatre milliards de litres, à la sortie du lac des Deux-Montagnes.Pour avoir un portrait global de la situation, il faut aussi tenir compte d'un autre million de citadins qui déversent chaque jour 470 millions de litres dans la rivière des Prairies (27 effluents) et 120 millions de litres dans la rivière des Mille Iles (dix émissaires).Ces derniers ont généralement un débit inférieur à ceux qui se jettent dans le fleuve même si un de ces émissaires a un débit quotidien de 300 QJ i N- ‘Z yf.'¦* • - —: Q- ¦ Jfcv •y*;»-.• - VUE DE L'USINE D'ÉPURATION DU LAC ETCHEMIN — Seulement un tiers des municipalités du Québec possèdent une usine d'épuration pour traiter leur eau.Parmi les usines existantes, bien peu fonctionnent convenablement souvent à cause de l'insouciance des municipalités.L'insouciance est telle que, parmi.,les 124 municipalités qui ont répondu au questionnaire de l'AQTE, 14 ignoraient même le nombre exact de leurs émissaires d'égouts! Exactement le même nombre (11%) traitent une partie de leurs eaux usées.En pratique, cela fournit à peine un traitement primaire (filtration-décantation) à 4% ou 5% de la population concernée.Les résultats d'une telle incurie sont particulièrement critiques dans la région de Montréal: sur une portion du Saint-Laurent qui va du lac Saint-Louis à rem- millions de litres à lui seul, ce qui commence à être «respectable».Ces débits plus faibles s'expliquent par un développement industriel moins intense dans la partie nord de Montréal: les effluents strictement résidentiels et commerciaux ont un débit quotidien moyen de 900 litres par personne tandis que les effluents industriels ont un débit dix fois plus élevé en moyenne.DES RIVIÈRES DANS LE FLEUVE Les études les plus récentes ont livré des informations extrêmement intéressantes sur le comportement des eaux d'égouts dans un cours d'eau: contrairement à ce qu'on croyait jusqu'à maintenant, les deux types d'eau se marient difficilement et préfèrent couler côte à côte dans le même lit sur de longues distances, sans se pénétrer.Le plus souvent, le contenu 16 QUÉBEC SCIENCE / novembre 1974 ,,«1*1 Vv\ K: \ > t *.'V1 1 de l'égout repoussera donc l'eau propre au large et il adhérera au rivage sur de grandes distances, au grand désespoir des propriétaires riverains.Le phénomène n'est pas rare puisqu'il a été constaté dans l'Outaouais, dans le fleuve Saint-Laurent et dans les deux rivières de l'archipel de Montréal.L'eau de tous ces cours d'eau est donc beaucoup plus polluée le long des rives où on peut trouver de l'eau d'égout presque «pure» (!) alors que la partie centrale est beaucoup moins affectée.On a aussi étudié avec beaucoup d'attention le confluent très particulier formé à l'aval de l'archipel de Montréal, là où les rivières l'Assomption, des Mille Iles et des Prairies se jettent dans le Saint-Laurent.Tous ces cours d'eau continuent à couler en parallèle en transportant chacun leur charge de pollution particulière le long de la rive nord du fleuve.On a pu suivre leur trace au-delà du lac Saint-Pierre, jusqu'à Trois-Rivières dans le cas de la rivière des Prairies.Il est même possible que ce dernier cours d'eau poursuive sa vie autonome au-delà de Trois-Rivières en passant sous les eaux du Saint-Maurice.Malheureusement, cela devient alors difficile à discerner.A la hauteur de Repenti-gny, là où les mélanges sont encore réduits au minimum, un nageur qui tenterait de traverser le Fleuve du nord au sud se trouverait à avancer d'abord dans l'eau de la rivière l'Assomption, puis dans celle de la rivière des Mille Iles puis dans celle de la rivière des Prairies puis dans la zone exceptionnellement polluée formée à l'extrémité de ITIe de Montréal par la jonction des eaux d'égouts qui longeaient les rives des deux côtés, puis une zone formée surtout par les eaux de l'Outaouais qui s'étaient déversées directement dans le lac Saint-Louis (et qu'on peut identifier jusqu'au lac Saint-Pierre), puis dans l'eau du Saint-Laurent en provenance des Grands Lacs puis, en fin de compte, dans l'eau des égouts de la rive sud.Ces découvertes obligent évidemment à nuancer énormément les résultats des analyses effectuées dans le passé parce qu'il devient maintenant extrêmement important de savoir exactement où chaque échantillon avait été recueilli et d'où provenait l'eau ainsi étudiée.La situation est d'autant plus complexe que le lit du Saint-Laurent possède un relief assez tourmenté et que ces écoulements peuvent parfois se croiser sans se mélanger.Un tel croisement se produit notamment entre Batiscan et Portneuf: l'eau «pure» du Saint-Laurent se trouve alors à couler directement le long de la rive sud entre Portneuf et Québec tandis que la partie polluée qui longeait auparavant la rive sud se voit repoussée au centre du fleuve.LE FLEUVE A LE COEUR PUR Malgré le principe général déjà énoncé, il arrive aussi que deux cours d'eau se mélangent très rapidement.Cela se produit dans le cas du Richelieu, de la Nicolet et de la Chaudière, tous sur la rive sud du fleuve.Par contre, cela n'empêche pas la Yamaska et la Saint-François qui se déversent aussi dans la même région de poursuivre leur vie en parallèle sur une bonne distance.Règle générale, les affluents de la rive nord se mélangent plus difficilement, si bien que ces rivages sont pratiquement pollués continuellement de Montréal jusqu'à quelques milles avant Québec.Le détournement de tous les égouts de Montréal vers une seule usine d'épuration qui rejetterait tous ses effluents à l'extrémité de l'fle Sainte-Thérèse, à la hauteur de Varennes pourrait probablement 2 General Biology Inc.améliorer un peu la situation de la côte nord: au lieu d'aller se méfanger à l'eau de la rivière des Prairies et des Mille Iles, ces égouts se déverseraient au centre du fleuve, à l'endroit qui est actuellement le moins pollué.Par contre, il n'est pas encore certain que l'on pourra éviter toute influence néfaste sur la rive sud.De plus, l'eau de la rivières des Mille Iles et de la rivière des Prairies continuera à longer la rive nord en charriant toute fa pollution de ville de Laval et de Repenti-gny, deux régions en expansion rapide.Au total, l'amélioration envisagée pour la rive nord risque donc d'être plus théorique que réelle.L'AUTO-ÉPURATION VAINCUE Les études intensives menées par le comité Canada-Québec pour l'étude du fleuve Saint-Laurent pendant l'année 1973 ont aussi permis de mesurer avec précision le pouvoir «auto-épurateur» du fleuve.Comme on le dit depuis déjà cinq ou six ans, ce pouvoir auto-épurateur est réel mais il est pratiquement saturé sur la plus grande partie du tronçon Montréal-Québec.Pour ces calculs, on a divisé le fleuve en quatre sections: a) de Montréal à Sorel, b) le lac Saint-Pierre, c) du lac à Québec et d) du pont de Québec à la pointe aval de l'fle d'Orléans.On a mesuré la charge de pollution véhiculée à la frontière de chaque section ainsi que celle de tous les affluents, de façon à mesurer l'évolution de la situation.On a donc constaté que la région comprise entre Montréal et le lac Saint-Pierre a un excellent pouvoir d'épuration.À la hauteur de Sorel, le cours d'eau a déjà réussi à faire disparaftre un cinquième de sa charge biologique (besoins en oxygène, quantité de nitrates, de phosphates et pnoiiplus ÿi Québec, atquedtlï S to te en» p les métaux peljeim k c'est mini lie It plus hi tfepuelesm Z'KieuU isNon, |0n ttfécolojii tl, le lletive 'ese croissant ^métaux ÎWMt.^Oeux-Mi ^ dans une s ^«ferse ^‘311 iii'ite, 17 CE/ novembre 1974 / QUÉBEC SCIENCE y*' p >* * 7 < ; if À.*»*- Ut*?J J iiüs failelitoti I d'azote ammoniacal).Le lac lui-même a élanserSl'Bt un^pouvoir plus faible (10%).Enfin, dès KÉtll(i,tî| ciu'on dépasse le lac Saint-Pierre, le poten-«œntfdljfel îiel d'auto-épuration semble saturé: ue||(menj|t | iusclu'à Québec, les polluants ne dimi-ijlifestps nuent que de 1% et ils augmentent de oomWerlJ 17% dans les environs de la Vieille Capi-)ii»e«Kl.0t| tale-tsHtllKtl J n , ovoerai I ,r les métaux, (fer, cuivre, zinc et man-irriantloutef I 9ar|èse), le même phénomène se répète ile!cîfl!pît([ mais c'est maintenant le lac Saint-Pierre anmidt.| C|ui a le plus Potentiel d'épuration miaéixwl Parce due les métaux ont tendance à se treplustlitai I daP°ser aü for,d avec les matières en .suspension.(On ne dit pas que c'est bon pour l'écologie du lac.).Plus loin en aval, le fleuve n'arrive plus à absorber la IIVAINCUEl- n?asse croissante de pollution et la quantité de métaux recommence à augmenter feparfccoîj légèrement, étude du (te I nnee BEAUCOUP DE SOUFFLE ., îKu'/iür fjoliféir .r jla»-1 : • ] jjésirji ^ a cfi' Heureusement, le Saint-Laurent jouit d'une excellente aération puisque le taux d'oxygène dissout se maintient toujours au-delà de 90% sur l'ensemble du parcours.(Par comparaison, ce taux n'est que de 60% dans l'Outaouais et dans le lac des Deux-Montagnes qui sont tous deux dans une situation déplorable à cause des déversements des usines de pâtes et papier établies dans la région d'Ottawa-Hull.) Cette constatation est extrêmement réconfortante puisque l'oxydation biologique naturelle des déchets déversés dans le fleuve consomme de grandes quantités d'oxygène.Ainsi, entre le pont Champlain et Varennes, la demande biologique en oxygène (DBOs ) augmente de 310 tonnes par jour mais le taux d'oxygène dissout ne diminue que de 1,8% et il se rétablit rapidement par la suite.Ces mêmes études sur le potentiel d'autoépuration du Saint-Laurent ont aussi démontré que l'apport des autres cours d'eau est loin d'être négligeable.Ensemble, ils augmentent de 22% la quantité de phosphore total, de 21% la quantité d'oxygène requise pour l'oxydation chimique des polluants, de 9% la quantité d'azote ammoniacal et de 7% celle des nitrates.Le fleuve, pour sa part, réussit à éliminer 25% des nitrates qu'il reçoit, 10% du phosphore, 56% du cuivre, 11% du zinc et 9% du manganèse.Par contre, il est incapable de faire face au fer dont la quantité augmente de 14% entre la Métropole et Montmagny.LA VICTOIRE DES COLI Cette pollution par les égouts s'accompagne évidemment d'une énorme contamination bactérienne.Comme il s'agit manifestement du facteur le plus important au niveau de l'eau potable, il y a lieu de s'y arrêter.La région de Montréal est particulièrement intéressante à cet égard parce que les études récentes ont montré que la pollution bactériologique de l'Outaouais est concentrée le long de ses rives à l'endroit où il se déverse dans le lac des Deux-Montagnes.L'eau polluée d'une des rives passe directement dans le Saint-Laurent à la hauteur de l'fle Perrot et l'autre filet de pollution reste collé à la rive nord-ouest du lac.En conséquence, la partie centrale de l'Outa-ouais et surtout l'essentiel du lac des Deux-Montagnes sont constitués d'eau potable sans aucun traitement.Il en est de même au début de la rivière des Prairies et le long de la rive sud du lac, si on fait exception de la pollution locale provoquée par des installations sanitaires défectueuses. rivière Maskinongé rivière Yamachiche Trois-Rivières ,rivière Saint-Charles rivière Nicolet Québec rivière Chaudière De tout cela, une conclusion à retenir: la moitié des villes québécoises de plus de 5 000 habitants devraient normalement être à la recherche d'une nouvelle source d'eau potable.#
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