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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1975, Collections de BAnQ.

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Journaux, romans à grand tirage, mass media en général, autant d'entreprises que l'on assimile à l'industrie-clé du 20ème siècle: celle du façonnement des esprits.Et il n'est pas loin d'être prouvé que manchettes et bandes dessinées déteignent sur notre esprit collectif au point d'asservir la culture.: r: ¦ r : : r::":-' : ARTICLES Le conditionnement culturel / Guy Amyot 10 Les mass media entrafnent l'uniformisation de notre mode de pensée.Pour que reverdisse le Sahel / Madeleine Vaillancourt 18 Grâce au reboisement du Sahel, on espère freiner l'avance du désert.Mieux que la baie James / Benoft Drolet 25 L'usine marémotrice de la baie de Fundy serait une source d'énergie plus économique que notre baie James.Les travailleurs de la mer / René Goblot 28 La plongée en eau profonde, de sport, est devenue un gagne-pain dont les risques élevés n'ont pas encore été complètement écartés.L'Est du Québec, aménagement ou déménagement?/ Clermont Dugas 34 L'aménagement, jusqu'à maintenant, a profité moins à la population qu'aux pouvoirs économique et politique.RUBRIQUES Courrier 4 Actualité 6 O Au secours des avions O 10 milliards de soleils O Trait d'union spatial Environnement 8 O «Potasser» sous terre O Des villes en orbite La Science & la Santé 42 O Un «trip» dans le cerveau O Des cerveaux mal nourris La Science & les Hommes 44 O Marijuana et mauvaise conduite O Prolifération des armes nucléaires O Bénéfices spatiaux Parutions récentes 47 l'oilffl- En vrac 49 ::r -'-:' COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada, M.René Fortier, vice-président, zone de l'Est Banque de Montréal, M.R.Muir, vice-président et secrétaire Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel Boulet, directeur La Brasserie Labatt Limitée, M.Maurice Legault, président La Sauvegarde, Cie d'assurance sur la vie, M.Clément Gauthier, président Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.©Copyright 1975 — Le magazine Québec Science-Université du Québec.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1975.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.7 QUÉBEC SCIENCE / février 1975 3 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique SESSION D'AUTOMNE 1975 PROGRAMMES DE 2'et 3" CYCLES INRS-Eau - M.Sc.Programme: La première année, tous les étudiants suivent les mêmes cours dans les différentes disciplines concernées par l'eau.La deuxième année, par des cours à options, permet la spécialisation dans un domaine d'études spécifiques.Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes: agronomie économique mathématique génie foresterie géographie chimie physique géologie biologie Endroit: Complexe Scientifique du Québec, Sainte-Foy, Qué.INRS-Énergie — M.Sc.et D.Sc.Recherche: La recherche à l'INRS-Énergie se divise en quatre domaines: Interaction Laser-Matière Application des plasmas Confinement d'un plasma chaud Technologie des réacteurs à fusion De plus, les étudiants peuvent participer aux projets de recherche de l'I REQ dans les domaines suivants: Haute Tension Électrochimie Matériaux Grande Puissance Mécanique Mathématiques appliquées Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes: physique génie physique génie électrique chimie génie chimique génie mécanique métallurgie génie métallurgique mathématiques appliquées Endroit: Varennes (20 milles du centre de Montréal).INRS-Télécommunications — M.Sc.Recherche: La recherche à l'INRS-Télécommunications comprend: Traitement des signaux video Téléphonie Transmission de données Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes: génie électrique physique génie physique mathématiques appliquées Endroit: Ottawa SOUTIEN FINANCIER: Aide financière sous forme de bourse et/ou de postes d'assistance de recherche disponible.Les candidats sont cependant encouragés à faire des demandes de bourses à d'autres organismes, et il en sera tenu compte lors de la selection des candidats.DATE LIMITE DES DEMANDES D'ADMISSION: 15 mars 1975 ^?r^iabterVr-leS fprVlulaires de demande d'admission et tout renseignement supplémentaire, s adresser au : 3 Secrétariat général Institut national de la recherche scientifique (INRS) Complexe Scientifique du Québec C.P.7,500 Québec G1V 4C7 LE RÉSEAU DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC L'Institut national de la recherche scientifique est l'une des dix unités constituantes du réseau de l'Université du Québec COURRIER OPTIMISME LINGUISTIQUE J'ai lu avec enthousiasme votre article sur l'assimilation (octobre 1974).Je suis sociologue spécialisé en relations ethni- ques.Je suis de langue maternelle anglais îjW! immigré au Québec il y a deux ans.Je m'intègre assez bien à la communauté québécoise francophone, même si je ne parlais aucunement français à mon arrivé Je suis tout à fait d'accord avec votre politique d'assimilation («Assimilons les Anglais»).C'est la plus réaliste que j'ai rencontrée jusqu'ici.Je vous félicite.(.) Terminant une analyse des données du recensement de 1971, j'ai constaté qu la communauté francophone est plus grande que jamais (elle est passée de 4 269 000 en 1961 à 4 870 000 en 1971 et elle augmente de jour en jour.Il n'y a presque pas de pertes vers l'anglais (20 000).Encore ce phénomène ne se produit-il qu'à Montréal qui assimile vers l'anglais la majorité des immigrants.On; ^ d'ailleurs proposé une politique pour régler ce problème.À l'extérieur de la métropole, les Québécois francophones sont déjà dominants.tailesra; enretiie taiqiBîu ïiloifm Nantlet eaijrcep' Voilà pourquoi je trouve votre article un peu trop alarmiste.Cette tendance à exagérer le problème de la langue se retrouve un peu partout au Québec, même dans les articles dits scientifiques.Je soupçonne qu'on exagère notre situation linguistique parce qu'on ne veut pas —ou ne peut pas— faire face à la coalitior (jif^ capitaliste qui nous domine, qu'elle soit américaine, anglaise ou québécoise.Ce sont eux qui profitent de nos divisions linguistiques.Il n'y a quand même aucune nécessité de déformer les chiffres.Les faits eux-même sont assez significatifs.Nous, scientifique avons une responsabilité publique: préser ter la réalité, même si elle ne rejoint pas notre politique.Pour ma part, je suis entièrement d'accord avec la politique que vous préconisez, davantage pour les raisons brièvement exposées ci-haut, que pour celles que vous avez présentées.Calvin J.Veltman, Ph.D.Sociologue POLITIQUE SCIENTIFIQUE Auriez-vous l'amabilité de me dire si le rapport Lamontagne se trouve encore sur le marché?Si oui, où pourrais-je me le procurer?Merci pour le renseignement.Lyne Boyer Québec Ce rapport du Comité sénatorial de la politique scientifique intitulé « Une politi que scientifique canadienne» est disponible à: Information Canada, 171 rue Slatei Ottawa.liitipaiiiau itecScef squîW érepp m intérêt* giciwft nt lia tauneém tmfel'i ¦TT.; it«Sv0U! Mesdevt ’IsQüintii .v sw le si t»iine épj ps lunes ]i ’«e.distj «s à ^ ^ïcipi, :!jn iall! “Dus,, ::;tsClEl février 1975 / QUÉBEC SCIENC QUE I !' JîSuis “WïiiJe •lilUUtj * si je S UN JOUR CE SERA TON TOUR |je tiens à remercier publiquement Québec Science et le groupe Sogides, distributeur au Québec des éditions Marabout, pour le ’fUmagnifique prix auquel j'ai eu droit en participant au concours de promotion de Québec Science.Les cinquante volumes que j'ai reçus sont aussi intéressants les uns que les autres et j'en suis complètement satisfait.s Je désire par la même occasion souligner mon intérêt au magazine Québec Science et encourager toute l'équipe à continuer l'excellent travail qu'elle fait.Ltec vote ] îlisteijuej'al m félicita Mlplus c PiSÉà \ OOOOeiiffilj njout.Ilit’ya as eusse luiasimilevai wans Ona IjjStC'jl ïi.syilela 'rttt'csss Daniel Massé Granby itte article ilaojuese oüiiébec, i iSCBifl* otitievaiiipai saSii® qu'elle soi «Oise.Ce] es C VS « > eiiétes# ils eot ^sciailiM M.m oerejo'etP*1 partit ‘ eoléa / ëenco'i^ is-ie"*l!' ill ft K.ni^ Ç}!p )U£6:1 CSC|£^ ENQUETE SUR L'EAU Dans votre numéro de novembre 74 paraissait l'article «Le dossier noir de l'eau potable», où vous faites le point sur l'eau potable au Québec.Selon une émission télédiffusée (canal 10: Parle, parle, jase, jase.) il serait possible de rendre l'eau aussi pure qu'il y a un siècle: et cela, tout en purifiant, et filtrant nos eaux usées.Nous pourrions même, selon les «savants» invités à cette émission, en retirer un des meilleurs engrais organiques au monde.Il y a longtemps que ce projet existe, cependant le gouvernement se ferme les yeux sur ce projet, à mon avis, primordial.Que diriez-vous d'enquêter à ce sujet et d'en faire paraftre un article afin d'éveiller l'opinion publique?Je tiens à vous féliciter de la diversité des articles de votre revue.Gilles Quintal Laval-des-Rapides /Vous suivons une bonne piste depuis déjà un mois.Patience, nous publierons un article sur le sujet dès que nous aurons obtenu tous les renseignements nécessaires.ANNUAIRE ASTRONOMIQUE Depuis un certain temps je m'intéresse beaucoup à l'astronomie.J'aimerais bien avoir une éphéméride des planètes et de leurs lunes ainsi que des renseignements (masse, distance du Soleil, orbite, densité) relatifs à ces dernières.De plus, une éphéméride des comètes qui nous rendront visite d'ici plus de 20 ans.Où et à quel prix pourrais-je me procurer ces renseignements.Je me dois de vous féliciter pour votre excellent travail.Continuez! Raymond Fallon Lacolle Nous vous recommandons /'«Annuaire astronomique de l'amateur (1975)» publié par la Société d'astronomie de Montréal.Cet annuaire contient tous les renseignements dont vous faites mention (à QUÉBEC SCIENCE / février 1975 l'exception de la position des comètes).Vous pouvez vous le procurer, pour environ trois dollars, en écrivant au secrétariat de la Société d'astronomie de Montréal, 3860 est, rue Rachel, Montréal fil Y 1X9.D'autre part, pour des données précises et très à jour sur les comètes, le Central Bureau for Astronomical Telegrams de l'Union Astronomique Internationale (Smithsonian Astrophysi-cal Observatory, Cambridge, Massachusetts 02138, E.-U.) expédie des télégrammes, à chaque fois que des événements astronomiques le justifient, à tous les observateurs qui en font la demande.Le prix est de 15 dollars pour 100 numéros.PLANS DE MOULINS A VENT Je suis abonné au Magazine Québec Science depuis deux ans.Je voudrais vous féliciter pour la qualité de vos articles.Dans votre numéro de septembre, vous traitez des éoliennes dans un article intitulé: « La revanche des moulins à vent».Depuis quelques mois, je m'intéresse aux éoliennes.Je participe à l'Expo-science depuis deux ans et cette année, j'ai l'intention d'en faire une.Pourriez-vous me faire parvenir toute la documentation que vous avez en main sur ce sujet, si c'est possible.Également, j'aimerais bien me procurer un plan d'une éolienne.Je vous serais reconnaissant si vous pouviez aussi me recommander des personnes qualifiées en ce domaine.Je vous remercie à l'avance pour ce service.Richard Mongeon Roberval Nous vous référons au professeur R.Camarero, du département de génie mécanique de l'Université de Sherbrooke (té!.: 565-4482).M.Camarero s'occupe des relations publiques pour le groupe de chercheurs de l'Université de Sherbrooke travaillant sur des projets d'éoliennes.D'autre part, nous projetons de publier un article où nous expliquerons comment en construire une.NÉOLOGISMES DE BON ALOI Québec Science est une revue bien à la page.Ce n'est pas une affirmation gratuite, car j'ai effectué un travail de recherche qui consistait à monter un fichier sur les néologismes employés dans une revue.(Évidemment j'ai choisi Québec Science).J'ai été surprise de l'ingéniosité des journalistes qui possèdent un langage qui leur est propre.Plusieurs des termes que j'ai relevés ont une bonne chance de survivre dans la langue française: refranciser, puissance linguistique, attraction linguistique, pré-cylindre, moteur à explosion stratifiée, méthylable; tous des termes rencontrés dans les numéros de septembre, octobre et novembre.Félicitation, c'est avec de telles revues que l'on promeut l'implantation des mots nouveaux dans l'usage, et que la langue peut évoluer.Je suis abonnée à Québec Science depuis quelques mois, et j'ai prolongé mon abonnement de deux ans après avoir lu le deuxième numéro.Je suis emballée, continuez votre beau travail.Suzanne Valois Étudiante en traduction UQTR L'UQAR DEVIENT L'UQAC J'aimerais vous féliciter de l'article intitulé «Quand l'électricité gèle» dans la rubrique «Actualité» du numéro 4 de votre revue.L'information que vous y avez ajoutée complète celle que j'ai écrite dans le bulletin de «Recherches» de l'Université du Québec.Je tiens cependant à porter à votre attention que notre équipe de recherches fait partie du Centre de recherches du Moyen Nord à l'Université du Québec à CHICOUTIMI et non pas à RIMOUSKI.Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, l'expression de mes sentiments distingués.Dr C.Luan Phan Professeur au département des Sciences appliquées Université du Québec à Chicoutimi Lb MAbAZINb m QUEBEC SCIENCE Directeur Jean-Marc Gagnon Chef des informations Benoft Drolet Secrétaire de rédaction Diane Dontigny Correspondant pour l'Europe Fabien Gruhier Conception graphique Jean-Pierre Langlois Secrétariat et diffusion Patricia Larouche Françoise Ferland Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.2860, des Quatre-Bourgeois Sainte-Foy, Québec G1V 1Y3 (418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier: $8.00 / Tarif étudiant: $6.00* A l'étranger: $15.00 / A l'unité: $1.00 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 / Télex: 011 3488 Les chèques ou mandais postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE • Ce tarif s'applique également aux groupes et organismes qui commandent plus de dix (101 abonnements en même temps. actualité 10 milliards de soleils Depuis leur découverte, à l'Observatoire du Mont Palomar, en 1960, les quasars (objets quasi-stellaires) intriguent et mystifient les théories en vigueur.Plusieurs astronomes croient que les quasars sont les plus distantes, les plus brillantes et les plus vieilles étoiles de l'Univers.Cependant, aucun n'a encore réussi à expliquer le comportement de ces énigmatiques étoiles avec les lois de l'astrophysique moderne.Deux théoriciens, les Drs C.Whipple et T.E.Holzer, de la National Oceanographic and Atmospheric Administration (NOAA), soutiennent maintenant que les mystérieux quasars pourraient trouver leur explication grâce à une non moins étrange découverte de l'astrophysique moderne: les trous noirs.Loisqu'une étoile s'effondre sur elle-même, pour n'occuper qu'une petite portion de son volume initial, elle devient ce qu'il est convenu d'appeler un trou noir (voir Québec Science, mai 1974).Les chercheurs de la NOAA ont utilisé des modèles d'absorption et d'émission de lumière par un milieu gazeux pour tenter d'expliquer les effets lumineux observés dans les quasars.Ils sont arrivés à mettre au point un modèle qui explique les extravagances «quasariennes».Ces extravagances vont d'une distance énorme (plusieurs milliards d'années-lumière), à un âge époustoufflant (de 10 à 20 milliards d'années), en passant par un éclat intrinsèque extrême (1 000 milliards de fois celui du Soleil).Ces faits réunis violent les lois de la physique qui, pourtant, s'appliquent très bien dans le cas des autres étoiles connues.Une de ces lois, celle du décala- 1 TROU NOIR 2 Région de capture 3 Zone d’ionisation 4 Zone de recombinaison 5 Plasma intergalactique 6 Limite de l'atmosphère du quasar ?GOUFFRE GALACTIQUE — Ce diagramme illustre le modèle qui permis de ramener les quasars à des distances plus réalistes que celles qu on avait acceptées jusqu'à présent.Le plasma (gaz ionisé) intergalactique s engouffre dans un trou noir (au cœur de ce modèle de quas et traverse les zones de recombinaison, d’ionisation, et région de capt re.Grace à ce modèle, MM.C.Whipple et T.E.Holzer, de la NOAA ont réussi à expliquer le comportement des étranges quasars 6/ ACTUALITÉ - IC.'-.rf iil»a toonts ge vers le rouge, du rayonnement émis par une source lumineu- jiitflM se indique la vitesse d'approche (bleuissement du spectre) ou d'éloignement (rougissement) par rapport à l'observateur.Plus ce décalage est grand, et plus l'étoile se déplace rapidement.De plus, l'astronome américain Hubble a montré que cette vitesse augmente proportionnellement avec la distance, dans notre Univers.Pour la plupart des galaxies connues à ce jour, le décalage vers le rouge est faible, de quelques pour cent seulement, ce qui correspond à des vitesses de 100 à 1 000 km/sec, indiquant par la loi de Hubble, des distances de l'ordre de 1 à 2 milliards d'années-lumière.Les vitesses de récession des quasars, vitesses déduites du fort rougissement de leur spectre, sont beaucoup plus élevées, allant même jusqu'à 250 000 kilomètres par seconde, soit près de 80 pour cent de la vitesse de la lumière!!! Les raies g spectrales qui seraient normalement dans l'ultra-violet devien- RH nent alors visibles et y sont si décalées en longueur d'onde llll qu'elles y apparaissent dans le jaune et même le rouge, pour les quasars les plus rapides.Ceci signifierait, selon les théories a établies, que ces étoiles seraient parmi les objets les plus dis-tants de nous.Cette distance irait même jusqu'à une dizaine de milliards d'années-lumière.Ainsi, si on ne remet pas en question les lois qui se sont avérées vraies dans tous les autres cas, il faut conclure que les quasars sont les objets les plus brillants de l'Univers.Si brillants même que, pour être visibles de la Terre à de si grandes distances, il faudrait qu'ils produisent un rayonnement 100 fois plus intense que celui des plus grandes galaxies connues (lesquelles comptent chacune plus de 1 milliard d'étoiles du type du Soleil).En effet, à mesure qu'un rayonnement se propage, il se disperse et décroft comme le carré de la distance parcourue.Ces étonnantes étoiles ont donc suscité la curiosité de nombreux astronomes et astrophysiciens qui s'acharnent, depuis une quinzaine d'années, à en élucider le mystère.Par quel mécanisme, ces «petits» objets célestes (on estime leur diamètre à environ 1 année-lumière) peuvent-ils produire autant d'énergie lumineuse?Voilà la question! Le nouveau modèle de Whipple et Holzer part de l'hypothèse d'une étoile de grande masse (sous forme d'un trou noir) dont certaines zones de l'atmosphère perturbent le rayonnement de telle façon qu'il ressemble à celui des quasars.Dans ce modèle les gaz inter-galactiques (gaz ionisés, c'est-à-dire chargés d'électricité) «tombant» vers le trou noir perdent de l'énergie à mesure que leurs atomes entrent en collision avec ceux de l'atmosphère de l'étoile.L'énergie ainsi libérée émane sous forme d'un rayonnement (les physiciens appellent ce phénomène «radiation de Bremstrahlung» ou «radiation de freinage»).À cause des collisions qui ralentissent leur chute, les atomes tombant vers le quasar perdent de la vitesse et des électrons libres de l'atmosphère de l'étoile peuvent les rattraper et s'y «agripper».Ce phénomène donne lieu à une zone dite de recombinaison, où les ions se réunissent à des électrons pour devenir électriquement neutres.Au cours de ce processus, l'électron capturé perd de l'énergie qui se dégage, encore une fois, sous forme de rayonnement.Ensuite, à mesure que la particule poursuit sa descente vers l'abfme, elle atteint des régions chaudes où elle s'excite et perd son ou ses électron(s) et, par là, émet aussi un rayonnement.Ce phénomène se produit dans la zone que les chercheurs ont désignée «front d'ionisation».Dès lors, l'atome est suffisamment près de la surface du «quasar-trou-noir» pour être très fortement attiré vers celui-ci.L'accélération considérable qu'il subit alors l'amène à des vitesses de l'ordre de celle de la lumière (300 000 kilomètres par seconde).Les photons émis de ce front d'ionisation «reflétant» donc une très grande vitesse d'éloignement —de la matière en chute vers l'étoile— par rapport à l'observateur et donc, un décalage vers le rouge compatible avec celui que l'on observe pour les quasars.’PWliül 5«t(iesa .- = P«i»ïié WPOüi l‘!tieiiti|j ;; ^ou Enfin, la matière capturée par le quasar atteint une région d'où plus rien ne s'échappe, pas même la lumière.Le rayonnement des atomes qui ont dépassé le front d'ionisation demeurera donc captif de l'étoile.février 1975 / QUÉBEC SCIENCE ., ‘lean ^rvjrr US(:f^teur.icomyjsjg iWidïl'ori, ¦¦3:> ! ïiÈlflii; ei'iifi Ce modèle appliqué au quasar 3C - 273 ramènerait celui-ci à une distance de 150 millions d'années-lumière, au lieu de 3,6 milliards d'années-lumière.Cependant, pour expliquer son spectre, le modèle Whipple-Holzer nécessite une masse stellaire équivalente à environ 10 milliards de Soleils! Chiffre astronomique il va sans dire, mais dans le contexte les astrophysiciens le jugeront sans doute «réaliste».Les quasars seraient donc des trous noirs, pas si loin et pas si rapides que ça! Les très grandes vitesses observées pour ces objets découleraient de leur voracité insatiable pour le gaz intergalactique, qu'ils gobent à une vitesse fulgurante.Au secours WIRpouils Méoiits ! m faine fuel pas en ousiesauifes des auions lui eue (ailla as is oms tela ctiplss era Hf:ccn Bien qu'il y ait déjà des années que l'on sache que le train électrique est plus rapide, plus propre et plus rentable que la locomotive diesel, les entreprises de chemin de fer canadiennes s'en sont toujours tenues à cette dernière.Il se pourrait donc que le premier train électrique canadien digne de ce nom soit construit par le gouvernement du Québec, entre Montréal et l'aéroport international de Mirabel.iiKto isn h.; a.Pat paal jiie aut® Toutefois, on pourrait être déçu de la conclusion du Rapport du ministère des Transports québécois sur l'implantation d'un système de TR R AMM (pour Transport Rapide Régional Aéroportuaire Montréal Mirabel) qui, parmi tous les Systèmes de transport modernes, a choisi un modèle aussi classique que le traditionnel train électrique.üjrci'i:® •P1"'' ,iië;.CïSH- lidoifH®11 'lUOllisiOP ainsi lit*® aensapp*1 ifa't* intte j liai J# jntàdK Auco®*8 isuite, 3 faliiitt811® it.C* ¦dœuri?"1 (iti#1»"1' ' 0Ufé»ft[!Sg ü i-jgquil isaiai»1 Pplf 'yeisle^ iuasJ(i' rÿ>B IIK , nf« il0>a KlJîl't De toutes les technologies passées en revue par les experts de ce ministère, le train électrique s'affirme comme le meilleur choix étant donné les objectifs fixés: relier Montréal et Mirabel en 35 minutes et assurer un service de transport en commun au territoire situé sur l'axe Mirabel-Montréal.Les municipalités traversées par le train desservant l'aéroport n'apprécieraient certainement pas de «regarder» passer le train et il vaut mieux prévenir que guérir, comme le démontre l'expérience française avec le projet de liaison Paris-Aéroport Charles de Gaulle.En premier lieu, l'autocar a été éliminé à cause de son coût élevé et de sa faible capacité.Le prolongement du métro sur pneumatique de Montréal ne représente pas une solution non plus à cause de sa vitesse limitée à 80 km/heure et parce qu'il a été conçu pour circuler en tunnel.De même l'utilisation d'autorails (wagons diesel autopropulsés) a été rejetée à cause de leur faible fiabilité et de leur coût d'entretien élevé.Deux technologies avancées ont aussi été étudiées, mais se sont révélées inadéquates, et pour cause.Elles ont été spécialement conçues pour relier des villes distantes de 100 à 600 kilomètres à des vitesses de 200 à 400 km/heure.L'aérotrain Bertin, qui doit être utilisé pour relier Paris à l'aéroport Charles de Gaulle, se trouve ainsi pénalisé par sa grande vitesse de 300 km/heure.De plus, les ingénieurs du ministère des Transports du Québec ne croient pas que les problèmes d'aiguillage, d'opérations en rames, de signalisation et des manœuvres en gare soient résolus pour 1980, date prévue d'entrée en service du système TRRAMM.De même, le véhicule à suspension magnétique Trans Rapid de la firme allemande Krauss-Maffei s'essoufflerait inutilement entre les 16 stations du circuit Montréal-Mirabel.Enfin, ces deux systèmes futuristes n'ont que 10 à 15 pour cent de la capacité en passagers des trains électriques modernes qui desserviront Mirabel.Le train électrique, en lui-même, constitue déjà une innovation dans le paysage de nos désuets transports en commun.\)ioz ¦l QUÉBEC SCIENCE / février 1975 Un trait d’union spatial Deux «petites» galaxies, les Nuages de Magellan, voisinent la nôtre, la Voie Lactée.Ces «nuages» sont nos plus proches voisins galactiques.Grâce au radiotélescope de 64 mètres de l'Observatoire Parkes (en Australie), on sait maintenant qu'un «pont» d'hydrogène nous unit à eux.Situés à seulement 150 000 années-lumière (une année-lumière correspond à une distance d'environ 9 425 milliards de kilomètres) de nous, les astronomes peuvent y observer des étoiles ayant un éclat intrinsèque aussi faible que celui du Soleil.C'est chose impossible dans le cas d'Andromède, qui est 15 fois plus éloignée (elle vient en second dans l'ordre de la proximité) où l'on ne peut étudier que des étoiles ayant un éclat propre au moins 25 fois plus élevé que celui du Soleil.On savait déjà que les Nuages de Magellan étaient enrobés d'une énorme enveloppe d'hydrogène neutre, dont la présence fut signalée par son émission radio, à la longueur d'onde de 21 centimètres.Récemment, les astronomes de l'Observatoire Parkes ont découvert un «pont» d'hydrogène liant les Nuages de Magellan à la Galaxie.On estime la masse de ce «filament» galactique à environ 10 millions de fois celle du Soleil (dont la masse est de 2 X 1033 grammes).Il forme, en quelque sorte, un tube de gaz, d'un diamètre de près de 10 000 années-lumière, nous rattachant à nos voisins.Les astronomes croient que les Nuages de Magellan, en s'approchant de la Voie Lactée pour en devenir captifs, auraient attiré cette colonne de gaz vers eux, par attraction gravitationnelle.Un tel «trait d'union spatial» n'est toutefois pas exceptionnel: depuis plusieurs années déjà, on a observé que des galaxies lointaines sont ainsi reliées entre elles par des ponts d'hydrogène semblables.Mais, comme il arrive souvent en astronomie, c'est l'observation des autres «mondes» qui nous guide vers une meilleure représentation du nôtre.AVOISIN D'EN HAUT — Grand Nuage de Magellan pris avec le télescope Schmidt de 1 mètre de l'Organisation européenne pour les recherches astronomiques dans l'Hémisphère Austral (ESO), à Las Serena au Chili.On distingue nettement la structure du Nuage ainsi que plusieurs régions nébuleuses d'hydrogène.Toutefois, ce n'est qu'avec un radiotélescope que l'on pourrait déceler la présence du «pont» d'hydrogène.ACTUALITÉ / 7 ENVIRONNEMENT “Potasser1 sous terre Sans potasse, ni la vie animale, ni la vie végétale ne sauraient exister.En conséquence, chaque découverte d'un gisement de ce minéral est accueillie avec un grand enthousiasme.Le dernier de ces gisements, et peut-être le plus important de tous, a été découvert en Saskatchewan.11 y a seulement 15ans, enl 960, le Canada ne produisait pas de cet engrais.Aujourd'hui, le pays en produit en si grandes quantités qu'il n'est surpassé dans ce domaine que par l'Union soviétique.Les dépôts de potasse des Prairies canadiennes sont les plus importants de la Planète et constituent une source de fertilisant d'une importance considérable pour maintenir un équilibre entre la demande mondiale de nourriture et la production agricole.La production mondiale de potasse, en 1973, a été d'environ 20 500 000 tonnes, dont 90 à 95 pour cent a été utilisé comme fertilisant.Le reste fut utilisé dans l'industrie chimique.Le plus souvent, certains éléments chimiques manquent au sol pour assurer la pousse normale des plantes.Ces éléments déficients sont: le potassium (constituant fondamental de la potasse), l'azote ou le phosphore.Le potassium favorise le développement de leurs racines, et permet aux végétaux de supporter certaines maladies ou conditions climatiques difficiles.De plus, cet élément stimule la synthèse et les échanges des sucres et de l'amidon dans les végétaux, durcit les tiges des plantes céréalières, et contribue au développement de la pleine couleur des fleurs de même qu'au mûrissement des fruits.La potasse, en tant que fertilisant, se concentre dans les tiges et les feuilles des plantes (les racines n'en accumulent que très peu).Ainsi, lors des récoltes, il s'ensuit un appauvrissement du sol en potasse qu'il faut donc compenser par un épandage de potasse après les récoltes.Reconnaissant l'importance de ce fertilisant, les gouvernements provinciaux des Prairies, en collaboration avec le gouvernement fédéral, ont mis sur pied un important programme d'exploration des gisements de potasse de l'Ouest canadien.Les dépôts considérés s'étendent II 1 fi'AÜV’ a^jiïC £*kx; -%, ÎMfcc, ' .* Vi ***'.?¦ ^ X» -*¦ •fl1iWl.• * .*jfl !««|3 r .»-¦’ • • i.* *?feV ias@5? (P lé îr 1 I I POUR QUE REVERDISSE LE SAHEL par Madeleine Vaillancourt L'avance du désert serait en moyenne de 8 kilomètres par année.Il s'agit d'une catastrophe écologique et la désertification y est synonyme de surpopulation, de surexploitation des ressources végétales et d'érosion.On ne peut s'empêcher de songer à notre Grand Nord non moins aride et fragile, et de la menace que fait planer sur son écologie le développement de ses immenses ressources minières.Saura-t-on faire reverdir le Sahel?Est-il trop tard pour sauver notre Grand Nord?Les recherches forestières pour le reboisement du Sahel sont effectuées, en partie, dans les laboratoires du département de foresterie de l'université Laval à Québec.L'arbre du Ténéré est mort et la nouvelle, bien qu'elle date de 18 mois, n'en est pas moins consternante.Au sud du Sahara, dans ce désert du Ténéré qu'on appelle le «désert dans le désert» tant il est aride et désolé, un arbre jetait depuis des siècles la seule ombre portée à des centaines de kilomètres à la ronde.Les nomades le vénéraient.Il était pour eux un symbole de vie et un point de repère indispensable le long de la piste de l'Azalai que parcouraient autrefois les caravanes du sel.La renommée de cet arbre unique s'étendait bien au-delà des frontières des pays avoisinants.Il présentait cette distinction d'être le seul arbre à figurer en tant qu'individu végétal sur la carte du monde.Il fut renversé, croit-on, par une tornade après avoir été sérieusement endommagé, quelques années plus tôt, par un camion.Sa hauteur ne dépassait pas trois mètres mais on le voyait de très loin et on imagine aisément le chauffeur, hypnotisé par la silhouette rabougrie de l'arbre, lui fonçant dessus dans l'immensité du désert.C'était un acacia, d'où notre intérêt.L'acacia est le seul arbre du Sahel capable de s'aventurer avec le mil jusqu'aux sables du désert.On en compte 500 espèces qui vont de l'arbuste jusqu'au grand arbre.De la famille des mimosacées, les acacias sont aussi typiques des zones tropicales semi-arides d'Afrique que les pins, les sapins et les épinettes de nos paysages nordiques.QUÉBEC SCIENCE / février 1975 Acacias et palmiers là-bas, conifères et bouleaux ici; dans les deux cas une végétation adaptée à des conditions climatiques extrêmes et à la sécheresse.Le Sahel est une zone de transition entre le Sahara, au nord, et la forêt humide au sud comme la tai'ga canadienne marque par sa forêt clairsemée, aux arbres chétifs, le passage des immensités désertiques de la toundra à la forêt dense et feuillue du sud.La tai'ga caractérise les régions aux hivers longs et rigoureux qui durent de huit à dix mois comme le Sahel, les steppes et les savanes aux étés sans pluie longs de huit à dix mois aussi.La sécheresse impose, dans les deux cas, l'espacement des végétaux, chaque plante cherchant l'eau dans un grand volume de terre.Notre tai'ga, mot russe qui s'applique aux zones similaires de tous les pays, est peuplée de sapins, de mélèzes et d'épicea (ces deux derniers désignés chez nous sous le nom d'épinettes) et parfois de bouleaux et de peupliers trembles.Gelées durant la plus grande partie de l'année, leurs racines ne peuvent assurer le ravitaillement en eau de ces arbres qui ne survivent que par l'aptitude de leurs aiguilles et de leur écorce à s'accommoder des basses températures et de l'air du temps.Leur mécanisme d'adaptation à la longue sécheresse hivernale demeure mystérieux.L'acacia, par exemple, garde sa verdure et fleurit en dépit d'un ensoleillement forcené et du harmattan, le vent chargé de sable du désert, grâce à ses racines chercheuses d'eau profonde qui l'abreuvent tout au long de la saison sèche.Le célèbre acacia du Ténéré en fournit un exemple.DES RACINES PIPE LINE Quand on fit creuser un puits à côté de l'arbre du désert peu avant la dernière guerre mondiale, il fallut forer jusqu'à 33 mètres de profondeur (plus de cent pieds ou l'équivalent d'un immeuble d'une dizaine d'étages) avant de trouver l'eau.A 35 mètres, on se buta aux racines de l'acacia qui baignaient dans la nappe phréatique (nappe d'eau souterraine).Il s'agit là, bien sûr, d'un cas exceptionnel, d'une sorte d'aberration de la nature, un peu, dans un autre ordre d'idée, comme la tour de Pise.Ce qu'il faut en retenir, à part le caractère de pipe-line des racines de l'acacia, c'est la présence d'eau sous le sol du désert le plus féroce au monde.L'eau existe également sous les terres avares du Sahel, sous les épineux, les cactées, les plantes à rhyzome et les graminées qui en forment la fragile couverture végétale.Sans cette humidité souterraine, la désertification de ces territoires serait un phénomène irréversible et leur régénération, une chimère.Les pluies alimentent la nappe phréatique et c'est d'ailleurs par le volume des préci- 19 ¦hhimbhmh Parcelle d'acacias (fourrage aérien) ( 150 ha) Zones de verdure et d'ombre de forage Piste d'accès Piste d'accès îf:*îfc*5f:*ïîc*5jc*:fc ^ Parcelle de Dalbergias (50 ha).Abreuvoir Zone d'emprise du forage (14 ha) Parcelle de Gommiers (100 ha) On pense à planifier un aménagement intégral de l'espace et des ressources végétales aux abords d'un point d'eau.Un schéma comme celui-ci pourrait alors être adopté.Les superficies sont exprimées en hectares, chacun équivalant à 10 000 mètres carrés.pitations qu'on définit le mieux ces régions.Le Sahara se trouve dans cette zone où il tombe moins de 100 mm de pluie par année.Au contact du sable des ergs ou du roc brûlant du désert, la plus grande partie de cette eau s'évapore empêchant la formation d'une réserve suffisante dans le sous-sol.Le désert devient sahel, mot arabe pour frange, quand les pluies atteignent 125 mm.L'acacia et certaines formes de mil peuvent s'y acclimater.On entre alors dans la région des steppes, des grands espaces buissonneux où l'herbe est rare et dure.Une steppe se transforme en savane quand des arbres pleine grandeur croissent au milieu de grandes herbes.Il faut au moins 500 mm de pluie chaque année pour créer une savane, 800 mm environ pour que devienne possible la culture des céréales.C'est ainsi que les géographes distinguent entre les aires climatiques sahélo-saharien-nes, sahéliennes, sahélo-soudaniennes et soudaniennes.Le tout forme le Sahel, un territoire grand comme la moitié habitée du Canada, s'étirant de l'océan Atlantique jusqu'à la.Mer Rouge.Divisez-le en pays plutôt qu'en provinces et vous obtiendrez, de gauche à droite, la Mauritanie, le Sénégal, la Haute-Volta, le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan.L'agriculture et 20 l'élevage dominent leur économie, ce qui fut vrai au Canada pendant très longtemps; et leur population globale de 25 millions d'habitants se compare à la nôtre par le nombre, à cette différence près qu'elle est beaucoup trop forte pour les ressources écologiques des territoires au sud du Sahara.Qu'on imagine la population présente du Canada transportée du jour au lendemain en bordure de la toundra sans pouvoir compter sur un apport alimentaire et commercial massif en provenance du Sud et on aura une idée assez juste de la situation présente au Sahel.Pour manger, faire cuire leurs aliments, construire leurs habitations, gagner leur vie, agriculteurs et nomades coupent les arbres et rasent la végétation.Le sol mis à nu s'érode sous l'action du vent et de I eau.Il,se durcit et devient incapable de retenir I eau qui se gaspille en surface au lieu d alimenter la nappe phréatique.Le niveau souterrain de l'eau baisse, les puits s assèchent, les arbres ne peuvent plus se régénérer, bref c'est la désertification.Les pays du Sahel ont été victimes de 1968 à 1973 d'une succession de sécheresses catastrophiques qui ont causé la famine que l'on sait.La télévision, les revues, les journaux nous ont montré l'image tragique d'enfants et d'adultes morts de faim, de carcasses d'animaux crevés au bord des routes.Les victimes se comptent par dizaines de milliers et les deux tiers du cheptel ont été détruits.Privés de leurs troupeaux, les nomades s'entassent dans les camps de secours aux abords des villes.Ils voient compromis un mode de vie millénaire auquel se rattachent toutes leurs croyances et leurs traditions.Quant aux agriculteurs, ils ont mangé, pour survivre, leurs réserves de graines.Quand la pluie s'est remise à tomber, l'an dernier, ils n'avaient plus de semences pour leurs champs.i»** LE CLIMAT COUPABLE?! tes résulta «yltofis îriutieM jri;: - On s'est interrogé sur les causes de cette sécheresse, on a formulé des hypothèses.Pour les uns, la terre aurait bougé sur son axe et les vents de l'Atlantique Sud souffleraient plus au sud; pour d'autres, les nuages surmontant la calotte polaire se Bdoiwla seraient réchauffés.En réalité, rien ne permet de conclure à une modification radicale du climat.La sécheresse de ces dernières années aura servi à mettre en évidence un problème qui allait s'aggravant depuis des années: l'avance inexorable du désert, de 5 milles par année en moyenne, qui irait jusqu'à 35 milles à certains endroits.11 faut se garder cepen dant d'interpréter ces chiffres comme le signe d'une progression linéaire, le Sahara ;j;|KCl roulant toujours plus avant ses vagues de sable vers le sud à la façon d'une marée.jlts, tl|8ii dtîtliP11" [A HOLLA ¦un dtliW Ksinfiditts iiffipti ! 001)1 Pü Mptrit d Soudan, a plus en plu luents qui ( stores.Di èitoitsprat sdépressic La désertification se produit par taches et Miquem ïelàmest présente des caractéristiques différentes pour chaque région.Seule la cause demei: re la même: «l'action de l'homme sur des forêts médiocres soumises à des conditions écologiques favorisant la dégradation».C'est en ce sens qu'un grand expert forestier français, J.C.Delwaulle, préfère en parler, la présentant comme une stérilisation.pWimstt ovelimitie Elle est particulièrement marquée autour des agglomérations et des puits où conver gent les troupeaux.On rencontre partout au Sahel, d'immenses territoires, autrefois! cultivés, transformés en champs de pierre: ou de sable.Alors que la population y augmente, la superficie de la terre arable et des pâturages diminue chaque année.Le seul espoir réside dans les mesures que prendront les gouvernements de ces pays pour freiner l'avance du désert et lui reprendre les terres perdues.Le président du Centre de recherches pour le dévelop- T; i n+orr-io+Io! / T-* D FT I \ fT o»/î/-J pement international (CRDI), David Hopper, a comparé l'entreprise aux efforts des Pays-Bas qui travaillent sans relâche, depuis des siècles, à repousser l'invasion de la mer.Le reboisement apparaft comme une des tâches les plus urgentes.Il ne faut cependant pas confondre la déforestation de la terre sahélienne avec la désertification.La déforestation est indispensable au dévelop pement agricole d'un pays.Le premier soin de nos ancêtres colons ne fut-il pas de couper les arbres?Seulement, quand elle est abusive et effectuée sur des sols Otdel Wifnpi "L février 1975 / QUÉBEC SCIENCE] : • v: .mmmm T: vAS. Monades '«oyrsail Wctsetlf entas, ilii srémade «rsniistà «ientplüsid Pi.LE?K de Kite WidultB ^îniniam «Inrse fragiles, elle aboutit à la stérilisation.Le vent et la pluie, surtout quand elle tombe en tornade comme cela se produit souvent là-bas, usent les sols dénudés au point de les empêcher de se reconstituer.LA HOLLANDE EXEMPLAIRE tapi son ta Sud poui d'auto, ilottepoW à ne modifaion rase de ta a mettre en allait s'afa-mee inexora-l larannaeen 35 milles à Pour faire reverdir le Sahel, on devra faire appel à toutes les ressources de la science et de la technologie, inventer des techniques inédites, trouver des arbres et des plantes particulièrement adaptables.Un beau résultat que les générations présentes ne verront pas.En foresterie, une planta-! tion expérimentale prend dix ans avant de donner des résultats.Il faut compter vingt autres années pour la mise en œuvre de ces résultats et en tirer du bénéfice, davantage pour que l'équilibre écologique agro-sylvo-pastoral se soit rétabli.C'est ici que l'exemple de la Hollande prend tout son sens.Si les Hollandais avaient abandonné la partie au 12e, au 16e ou au 18e siècle, aujourd'hui, il n'y aurait plus de Hollande.tor": : aie, leSalwi tscsvajuesde dtamarà.litprtM csdilf liommcscidei I.Delwtai itint comme irtoiit o’ires, eita0* dÏiM .prise i11*'' epousses f1:" u iîW jfteW L|j|eJ«r Au Soudan, ce sont les barrages construits de plus en plus nombreux sur le Nil et ses affluents qui ont conduit à l'ensablement des terres.Dans le nord du pays, les habitants pratiquaient l'agriculture comme au temps des pharaons dans les grandes dépressions ou cuvettes en bordure du Nil que les crues du fleuve emplissaient périodiquement d'eau et d'alluvions.Au fur et à mesure que l'eau se retirait, les hommes mettaient chaque cuvette en culture et creusaient parfois des puits peu profonds qui leur permettaient d'irriguer leurs terres et de les cultiver toute l'année.Depuis que les barrages empêchent le grand fleuve de déborder, la culture se trouve limitée aux berges et, chaque année, des cultivateurs sont forcés d'abandonner leurs fermes ensablées.Le vent du désert de Nubie charrie des tonnes de sable qui bloquent leurs canaux d'irrigation et ensevelissent les terres.On estime qu'au Soudan, l'avance du désert absorbe, tous les dix ans, un tiers des terres irrigables.L'Institut de sylviculture et de recherche forestière de ce pays espère protéger les terres encore cultivables et récupérer le reste en plantant des cordons boisés capables de faire échec au vent et au sable.C'est une pratique que les agronomes du Québec ne cessent de préconiser depuis des décennies.Nos belles terres «planches», veuves de tout arbre d'un bout à l'autre de l'horizon, se font raboter par le vent et emporter par les pluies au printemps et au début de l'automne alors que ni la neige, ni les plantes de culture ne les protègent de l'érosion.Au Soudan, les recherches se poursuivent sur une parcelle expérimentale d'une superficie de 1 500 km carrés située dans une cuvette particulièrement désertique où la pluviométrie est inférieure à 75 mm par année.QUÉBEC SCIENCE / février 1975 LA FAUTE AU COUSCOUS La même solution sera appliquée au Mali, dans la vallée du fleuve Niger, où le déboisement est non moins intensif qu'au Soudan mais pour des raisons toutes différentes.Comme disait l'autre: «C'est la faute au couscous».Agriculteurs ou nomades, les Maliens mangent du mil, du sorgho, de la semoule de blé et la viande de leurs animaux.Ils boivent du thé à la menthe.La cuisson ne se fait pas comme ici en tournant un bouton sur une cuisinière électrique.La vie au Sahel est un vaste camping où tout un chacun rassemble des bouts de bois et allume son feu dès potron-minet.Les céréales possèdent cette merveilleuse qualité de se conserver sans réfrigération par les plus grandes chaleurs mais elles ne se mangent pas crues.Une famille moyenne fait deux repas chauds par jour, une famille pauvre, un seul, le bois étant hors de prix.On calcule que chaque Malien consomme par année l'équivalent de 1,15 stère de bois, la stère représentant un mètre cube.Multipliez cette stère annuelle par les 5 millions d'habitants du Mali, les 4 millions du Niger, les 3,8 millions du Tchad et vous verrez une bien grande forêt partir en fumée.Dans ces pays où le revenu annuel est inférieur à 100 dollars par année, une famille moyenne d'environ 8 personnes consacre le quart de son budget à l'achat du bois.Sa rareté entrafne son coût élevé.A défaut de bois, on brûle les graminées, les buissons, la bouse des chameaux, des chèvres, des zébus, des moutons.Aussi le sol dénudé de sa couverture et de son engrais naturels s'érode et se dégrade.Plus rien ne pousse autour des agglomérations.Ce n'est pas tant le désert qui avance que les gens qui l'étendent, bien malgré eux d'ailleurs.La proximité du Niger, le principal fleuve d'Afrique, offre la possibilité de plantations irriguées.Ainsi, le CRDI appuie plusieurs projets de reboisement dont les résultats seront utiles à toute la zone sillonnée par des cours d'eau, en mettant à leur disposition ses deniers et les services des experts en foresterie de l'université Laval à Québec.v Deux fleuves prennent leur source dans le Fouta Djalon, en Guinée, qu'on appelle, pour cette raison, le château d'eau du Sahel: le fleuve Niger et le fleuve Sénégal.Le fleuve Niger qui a donné son nom à deux pays, le Niger et le Nigéria, suit un cours compliqué.11 forme une grande boucle à l'intérieur de laquelle se trouve la savane, plus verdoyante et fertile, tandis qu'à l'extérieur règne la steppe austère.DES FORÊTS BRISE-VENTS Au Mali, avant d'amorcer son virage, le Niger s'éparpille dans un immense delta où des essais de plantations irriguées sont en cours.Ces recherches ont pour but la sélection des espèces à planter avec le mode d'emploi, les quantités d'eau à g.lessard r -.- :V' 1 DES ARBRES BRISE-VENTS - On essaie de récupérer les terres envahies par le sable au Soudan.Une plantation d'arbres en forme de brise-vents permet de faire obstacle au vent qui souffle chargé de sable du désert de Nubie.Sur cette parcelle expérimentale, les experts forestiers sélectionnent les espèces les mieux adaptées aux conditions écologiques de la région.2 UNE VICTIME DE LA SÉCHERESSE - Les pasteurs en quête de fourrage pour leurs troupeaux coupent les branches maftresses des arbres pour les mettre à portée de leurs bêtes.Cet acacia, dans une région désertifiée du Sahel, n'a pas survécu à l'émondage.Au mois de mai, à la fin de la saison sèche quand des feux de brousse s'allument spontanément partout un peu à la manière de nos feux de forêts, cet arbre desséché brûlera et ne pourra se régénérer en dépit de ses racines profondes qui plongent dans la nappe d'eau souterraine.Les arbres des régions semi arides, comme l'acacia, le balanites ou l'eucalyptus, ont une écorce qui les protège des flammes tant qu'ils sont en santé.Les feux de brousse ne causent pas la désertification mais redonnent un regain de vie aux graminées.21 crdi daniel robert w.-*- '• v 's>.¦üUwMMmHH WM 1 UN LINCEUL DE SABLE — En Mauritanie, on peut observer de ces palmiers ensevelis jusqu'à leur couronne de feuillage.Les régions dépouillées de leur couverture végétale par l'action de l'homme et des animaux subissent une érosion qui les transforment en désert.De grands espaces vides se créent qui n'opposent plus aucun obstacle au harmattan, le terrible vent du Nord qui charrie le sable du Sahara.2 UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE -Dans la pépinière du forage de M'Bidi, une section est consacrée aux plants d'acacias gom-miers plantés dans le cadre du programme de recherches sur la gomme arabique.Un acacia prend quatre ans à se faire des racines avant qu apparaissent les premières pousses.En pays tropical, il faut compter dix ans dans une pépinière expérimentale avant d'obtenir des résultats.22 appliquer et la rentabilité probable de telles plantations.Il s'agit de savoir comment on peut produire du bois de manière intensive, à des endroits facilement accessibles et à proximité des communautés rurales.On cherche également une méthode de plantation d'arbres en forme de brise-vents pour protéger les terres, donner de l'ombre aux animaux et améliorer le rendement des cultures marafchères.On espère que ces dernières se pratiqueront sur une plus grande échelle.Restera à persuader les populations, peu habituées aux légumes, à les manger.Au Sahel, on est fermement convaincu qu'hormis les céréales, les plantes sont tout juste bonnes pour les animaux.On attend de ces recherches des résultats applicables à toute la zone soudano-sahélienne, la mieux arrosée de l'Ouest africain.En satisfaisant les besoins en bois des villageois et des nomades, on mettra un frein à la déforestation de ces régions; en plantant les arbres en brise-vents, on espère arrêter les déprédations du harmattan, le «norouêt» desséchant du Sahara.Toutes les régions traversées par les grands cours d'eau sahéliens, les fleuves Sénégal, Niger et Chari notamment, en bénéficieront.Diverses espèces d'acacia figurent parmi les arbres des plantations expérimentales dont Y Acacia albida et Y Acacia catechu, Y Acacia Gao et d'autres sortes exotiques importées d'Australie.La tâche d'acclimater des arbres dans des sols abfmés et de composition quelque peu différente à chaque endroit est aussi ardue que complexe.De là le nombre de projets de recherches entrepris par les gouvernements avec l'aide de plusieurs organismes internationaux.32 DOLLARS PAR ANNÉE Le Sahel n'étant pas le Québec, on n'y trouve pas des lacs et des cours d'eau partout.Un regard sur la carte suffit à nous en convaincre.Si on exclut le Soudan, le territoire du Sahel est grand comme trois fois et demie le Québec (5,3 millions contre 1,5 million de km carrés), mais 50 pour cent de sa superficie totale est un désert, et 20 pour cent reçoit moins de 500 mm d'eau par an.Les précipitations pour la région de la ville de Québec sont, par comparaison, de 1 100 mm par année.Par conséquent, l'agriculture n'offre de possibilités sérieuses que dans le tiers, environ, des territoires de la région sahélienne.Les immenses savanes et steppes des pays du Sahel servent de pâturage aux troupeaux des pasteurs nomades et semi nomades.En saison sèche, leur ravitaillement dépend des eaux souterraines fournies par des puits creusés à la main, la plupart en très mauvais état.L'eau que l'on trouve habituellement entre 8 et 70 m est amenée à la surface dans des seaux tirés par l'homme ou des animaux.Ces éleveurs, au nombre d'environ six millions comptent parmi les populations les plus démunies du Sahel.Leur revenu annuel ne dépasse pas 32 dollars par année et le taux de mortalité infantile est chez eux de 50 pour cent.Ils n'exploitent pas leur cheptel sur une base commerciale.Leurs animaux sont avant tout un moyen de subsistance et un signe extérieur de riches se.Ils ont été les plus éprouvés par la récente sécheresse.Au fur et à mesure que baissait la nappe phréatique et que se tarissaient les puits, ils se sont rassemblés, avec leurs troupeaux ou ce qui en restait, autour des points d'eau les plus sûrs.Quand des milliers de bêtes piétinent le sol, qu'affamées, elles mangent les plantes! jusqu'à la racine et broutent à outrance les arbustes et les branches basses des arbres, quand un pasteur soucieux de sauver son cheptel émonde les arbres et en abat les branches maftresses pour le nourrir, toute végétation finit par disparaftre.Rien ne pousse dans un rayor de 20 kilomètres autour des points d'eau, et les sols toujours fragiles au Sahel se sont dégradés au point de devenir impropres à toute tentative de récupération.janjWjjL J ! ! ‘S 1 ¦k POUR QUE LA FORÊT BATTE LA SÉCHERESSE C'est dans ce contexte que le gouvernement du Sénégal, alarmé par les progrès de la désertification, a entrepris, avec le concours de l'aide internationale et notamment du CRDI, de mettre au point M des méthodes de reboisement faisant ap-pel à des espèces rustiques connues pour leur résistance à la sécheresse.On procède présentement au forage de M'Bidi, dans le Nord-Est du pays, à l'établissement d'un modèle d'aménagement intégral de l'espace et des ressources végétales autour d'un point d'eau en zone pastorale.On s'y attache à la régénération ou à l'introduction d'espèces utilisa blés par les pasteurs, les paysans et les artisans.IpoiMaiI *3 du fleuve î?pompage qi ¦sacisdei C'est une façon de dire qu'on essaie d'arrêter la désertification en combattant ses causes, et d'améliorer la qualité de la vie de la population en s'intéressant à celle de l'environnement.Il s'agit d'abord de fournir aux troupeaux des sources abondantes de fourrage capables de se renouveler et de ménager au bétail des voies d'accès à l'abreuvoir, de même qu'une aire de piétinement bien ombragée.Ieausoui ^ ce puits (jaf 'eau sous le c’est la na •“«Wtai Une fois garantie la subsistance de son bétail, voilà le pasteur rassuré.Sa famille et lui ne risquent pas de manquer de viande, de lait ou de peaux.Il lui faut tout de même un peu d'argent pour acheter les céréales qui complètent la diète familiale, des objets d'usage courant ou se payer le luxe d'un transistor.Certains arbres comme l'acacia Sénégal, source de gomme arabique et de tanins, le Dalbergias dont le bois sombre et très dur au grain fin, est connu sous le nom d'ébène du Sénégal, lui permettront de gagner sa vie.Ses besoins ne s'arrêtent pas là.Comme le villageois, il a besoin de bois pour la cuisson des aliments, de perches, de poteaux.février 1975/ QUÉBEC SCIENCE Au forage de M'Bidi, les parcelles expérimentales vont permettre de sélectionner les espèces forestières les mieux adaptées au milieu et au mode de vie sahéliens.Les experts forestiers ont fait appel à des plants indigènes et exotiques.On essaie d'introduire, à titre de plantes fourragères, des cactées originaires d'autres continents, des écotypes d'acacias perfectionnés en Australie, toute la gamme des arbres utiles à une population dont les activités sont largement dépendantes de la végétation naturelle.On s'intéresse particulièrement aux possibilités qu'offre \e Balanites aegyptiaca, un épineux comme l'acacia qui semble capable de supporter encore mieux la sécheresse.UN PROGRÈS DÉVASTATEUR Une partie des travaux de recherches s'effectue dans les laboratoires du département de foresterie de l'université Laval à Québec.Une fois mis au point ce modèle d'aménagement sylvopastoral, toutes les populations riveraines du désert pourront s'en inspirer.On n'a jamais éprouvé auparavant le besoin d'étudier en profondeur les conditions nécessaires à l'équilibre agro-sylvo-pastoral du Sahel.Il se maintenait de lui-même en quelque sorte et les chefs traditionnels des nomades et des sédentaires appliquaient avec rigueur des mesures de conservation dont on se transmettait le principe de génération en génération.Depuis la dernière guerre mondiale, l'avènement du véhicule automobile (la première traversée du désert en automobile a eu lieu en 1938), l'évolution politique, les progrès d'un modernisme particulièrement destructeur pour une société au mode de vie biblique, ont bouleversé l'ordre établi au point de compromettre l'existence de 25 millions d'êtres humains.On ne peut s'empêcher de penser, en songeant aux grands espaces, au climat implacable du Sahel et à cet art de vivre auquel il a donné naissance, à la menace qui plane sur les régions encore vierges de notre Grand Nord et sur la vie des Inuits qui savent si bien y vivre.Saurons-nous éviter la catastrophe écologique que laisse présager l'exploitation de ses richesses minières?LA GOMME MIRACULEUSE Les ignorances d'aujourd'hui face aux problèmes que posent la désertification, la famine et la pauvreté au Sahel ont aussi une autre cause.Les ressources agricoles et forestières médiocres de ces pays longuement colonisés n'ont jamais eu une grande valeur commerciale sur le marché de l'exportation.Leur conservation ne fut jamais le souci dominant des colonisateurs, d'autant plus que les préoccupations d'ordre écologique n'étaient guère à la mode à l'époque.Un arbre pourtant y produit une matière unique, merveilleuse, que la chimie moderne n'est jamais parvenue à supplanter: la gomme arabique.C'est un produit que nous connaissons bien et dont nous nous servons tous les jours sans pouvoir le reconnaftre.La gomme arabique, c'est la couche de colle à l'endos d'un timbre ou sur le rebord d'une enveloppe; c'est le liant qui donne sa consistance au chocolat au lait, retarde la formation des cristaux dans la crème glacée et les bonbons, empêche les mayonnaises et autres sauces vendues dans le commerce de tourner, aide les poudings et les gâteaux «tout faits» à prendre.Elle joue un rôle semblable dans les fonds de teint, crèmes démaquillantes, bâtons de rouge à lèvres et autres cosmétiques, les onguents, les «peintures à l'eau» et les encres d'imprimerie.On n'en finirait plus d'énumérer ses usages.C'est le cadeau du Sahel à l'humanité.La gomme arabique est produite, faut-il nous en étonner, par l'acacia.Elle provient, plus précisément, de l'exsudation de deux espèces d'acacia: Y Acacia senega! et Y Acacia laeta.Quand on les entaille, la sève suinte et forme de petites boules que l'on n'a plus qu'à cueillir.On en récolte ainsi 65 000 tonnes par année qui rapportent 27 millions de dollars aux pays producteurs.L'aire de distribution des deux arbres s'étend à la largeur de l'Afrique, de l'Atlantique à la Mer Rouge et à l'Océan indien.Ils croissent à l'état sauvage dans neuf pays: la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Tchad, le Soudan, l'Ethiopie et la Tanzanie.DES ÉRABLIÈRES POUR LE SAHEL La gomme arabique est exportée d'Afrique depuis très longtemps mais, assez curieusement, les acacias qui la produisent n'ont jamais fait l'objet d'aucune étude systématique en vue d'améliorer la quantité et la qualité de leur sève.Celle-ci se fait de plus en plus rare et son prix monte, ce qui incite les entreprises-clientes à consacrer des fonds considérables à des recherches pour la fabrication d'un produit de remplacement.On n'y est pas parvenu jusqu'ici et il n'empêche que ce serait dommage d'y arriver.Les gommiers poussent dans les régions les plus pauvres du globe qui ont grand besoin de revenus pour se procurer des denrées essentielles et n'ont à peu près rien d'autre à vendre.La rareté actuelle de la gomme arabique est attribuable en partie au dépérissement des peuplements naturels de gommiers.C'est pourquoi le programme de recherches pour l'établissement d'un modèle d'aménagement intégral de l'espace et des ressources végétales autour d'un point d'eau, entrepris en 1973 au forage de M'Bidi, se double d'un programme de recherches sur les gommiers.Le Sénégal vient en deuxième place, après le Soudan, pour la production de la gomme arabique.L'Acacia senega! et Y Acacia laeta n'ont jamais été cultivés.Nous avons depuis longtemps nos érablières soigneusement plantées et exploitées.Mais les gomme-raies se sont toujours formées spontané- 23 ment dans des conditions plus ou moins favorables, d'où les écarts de qualité entre le produit d'arbres souvent voisins.On fait appel aux connaissances de pédologues, de chimistes et de spécialistes de la physiologie végétale déjà à l'œuvre dans diverses stations de recherches forestières du Sahel de même qu'aux experts de l'université Laval à Québec.Les travaux pour l'amélioration génétique des plants de gommier présentent peut-être l'aspect le plus intéressant des recherches entreprises à M'Bidi.On espère, par l'étude comparée de peuplements expérimentaux d'origines diverses, être en mesure de sélectionner les meilleurs éco-types et de propager leurs clones par bouturage et par greffage.On projette de doubler les plantations de provenance comparable par des plantations conservatoires afin de disposer de semences de l'origine qui donnera les meilleurs résultats.Cette collection de graines et de réserves de gènes d'Acacia de différente provenance est extrêmement importante pour la réussite du projet.CULTIVER LA FORÊT Le reboisement du Sahel constitue un moyen de lutte contre la désertification et, partant, la famine qui ne pourrait que s'installer en permanence dans des régions en voie de stérilisation.On a mis en œuvre des mesures de développement écologique afin de satisfaire les besoins individuels en bois des pasteurs, des agriculteurs et des villageois.Des recherches sylvicoles, génétiques et agronomiques tentent d'améliorer le rendement et la qualité de la gomme arabique, source indispensable de devises étrangères pour des pays particulièrement dépourvus de ressources exportables.Mais on fait aussi des efforts pour mettre en valeur la vaste forêt sahélienne qui a résisté jusqu'ici à la destruction.On ne peut négliger non plus les quantité de boisés situés en bordure du désert, mais on n a jamais étudié correctement les propriétés d'un grand nombre des essences forestières qui s'y trouvent.La connaissance des propriétés technologiques des espèces les plus intéressantes est pourtant indispensable aux pays qui vi-sent à I autosuffisance économique.Au Mah, ou l'inventaire forestier reste à fairt e gouvernement met en œuvre, avec I appui du CRDI, un programme de recherches sur l'exploitation rationnelle des bois qui paraissent les plus prometteurs a cet égard.On procède à des essai physiques et mécaniques pour déterminei les caractéristiques physiques du bois à des essais de sciage pour évaluer leur ' resistance à la coupe; on étudie la durabilité des bois, leur résistance aux attaques des insectes ou à la pourriture; on met au point des traitements de préservation pour diverses espèces.Le projet doit conduire, dans un dernier temps, à la mis f'^ fkC"i?t j u,n pJaP ^’industrialisation à echelle de la region, apte à promouvoir la mise en valeur des forêts de savane.24 Avec le commerce du bois, son façonnage, sa vente, on semble loin des considérations d'ordre écologique.Pourtant, tout se tient.Le mot «exploiter» n'a-t-il pas deux sens?Une des acceptations du terme se définirait plutôt par dépouiller un pays de ses richesses, abuser de ses ressources, les détruire sans espoir de retour.Mais exploiter signifie aussi tirer parti, utiliser, gérer, conserver, transformer utilement les ressources naturelles, pour vivre mieux aujourd'hui, pour assurer l'avenir des futures générations.La recherche forestière au Sahel manquerait son but si elle ne s'attaquait aux côtés pratiques de l'exploitations forestière.Mais elle embrasse tous les aspects de la question, des plus fondamentaux aux plus prosaïques et s'inscrit dans le cadre beaucoup plus vaste des projets de recherche et de développement auxquels participent les gouvernements des pays au sud du Sahara, des organismes scientifiques et des organisations internationales.Dans le désert, plus encore que dans le Grand Nord, toute perturbation écologique finit par entramer mort d'hommes.Et ça, nous l'avons assez vu.— wjjf ¦ 11 Joseph Ki-Zerbo, Histoire de l'Afrique noire Hatier, France Revue Bois et Forêts des Tropiques, organe de^France- Centre techniciue forestier tropica ~ Jc'C, Delwaulle, Désertification de i'Afriqu PP 3-20 Sahara' no 149' maHuin 1973, râr/nS; r5Ulle.' Résu,tats de six ans d'obse aoûtWS ppT5°-36ü ^ 00 15°' iUi"et- nnPi^ICh0-M'/-e s.ahara avance-t-il vers le Suc no 150, juillet-aout 1973, pp.3-24 — J.-C.Delwaulle et Roederer, Le bois de feu Pp'bbSQ0 52' noverribre'décembre 1973, - R.Catinot, Contribution du forestier à la “o%C°Tai t^^Cation ™ ™nés sïches "u iod, mai-juin 1974, pp.3-13 gilles lessard -A****; A le MIRACLE DES TOUKOUNOUSS - En 1972, au plus fort de la sécheresse qui a dévasté le Sahel pendant six ans, les photos aériennes du vaisseau spatial Skylab ont révélé la présence d'une seule tache de verdure au milieu de cette immense région semi aride.C'était la ferme expérimentale d'élevage de Toukounouss au Niger.La gestion scientifique de cette ferme, les mesures de conservation appliquées avec rigueur ont sauvé cette ferme gouvernementale de la destruction.Il pourrait en être ainsi pour l'ensemble du Sahel, de l'Atlantique à la Mer Rouge.février 1975 / QUÉBEC SCIENCE HUIT* ilTlimS E à ife- s.C' J % » ¦¦ Jn 1-^ ' ï.-.:«• •>: ’¦ ¦-' r- QUÉBEC SCIENCE / février 1975 Jusqu'à tout récemment, l'énergie produite par les centrales hydroélectriques conventionnelles ou les centrales thermiques est demeuree a un coût suffisamment bas pour que la construction d'usines marémotrices soit considérée comme injustifiée.Un projet de grande envergure, axe sur les énormes marées de la baie de Fundy, dans les Maritimes, pourrait bientôt corriger cette situation et ce, à un coût pondéré trois fois moindre que celui de la baie James.À condition, évidemment, que le projet ne connaisse pas les aléas du projet québécois.Depuis déjà plusieurs siècles, l'homme a rêvé d'exploiter les mers pour en tirer d'énormes quantités d'énergie.A une époque où l'opinion publique est de plus en plus sensibilisée aux problèmes écologiques, l'énergie que l'on pourrait obtenir des marées devient de plus en plus intéressante.Cette attrayante source d'énergie est constamment renouvelable et, par surcroît, ne provoque aucune pollution.NOUVEAU- BRUNSWICK Ward NOUVELLE ÉCOSSE baie de FUNDY, 26 IBIÉ ÉLECTRICITÉ EN DIFFÉRÉ Toutefois, il faut noter que la production d'électricité des usines marémotrices ne se fait pas de façon continue.La clef du succès de ces usines dépend donc de la technique utilisée pour alimenter le réseau électrique dont elles font partie.En fait, il faut pouvoir créer un délai entre le moment de production d'électricité et l'instant où celle-ci doit être injectée dans le réseau de distribution.Le principe est d'ailleurs fort simple: une usine marémotrice implique la construction d'un barrage ou de digues munis de turbines en un endroit où l'eau des marées doit passer.L'exploitation la plus simple de ces usines consiste à laisser l'eau de la marée montante entrer dans le réservoir ainsi constitué, à fermer les portes des sas quand la mer est haute, puis à les réouvrir à marée basse.Ainsi, les eaux temporairement accumulées dans le réservoir font tourner les turbines en s'écoulant vers la mer.C'est là le principe de l'usine dite à «effet simple».On peut cependant utiliser plus avantageusement, mais à plus grands frais, l'«effet double», c'est-à-dire un ensemble de turbines pouvant aussi tourner durant la marée montante ?GUET-APENS POUR LES MARÉES - La baie de Fundy se prolonge à l'intérieur des terres, entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, pour se terminer par la baie de Chignecto et le bassin Minas séparés l'un de l'autre par le cap Chignecto.L'un des meilleurs sites pour l'installation d'une usine marémotrice semble être situé, d'après des études approfondies, entre Economy Point et la côte sud du bassin Minas.Le barrage fermerait la petite baie de Codequid dont la largeur atteint environ 8 kilomètres à cet endroit.L'installation de 1 10 groupes électrogènes perprettrait d'en tirer près de 3 400 Mégawatts.A cette usine s'ajouterait celle de Wand Point, fermant les baies de Cumberland et de Shepody, dont le barrage serait long d'environ 15 kilomètres avec un potentiel de 2 600 Mégawatts de puissance exploité par 100 groupes de turbines.Les ingénieurs ont déjà imaginé plusieurs techniques de «retiming» pour l'électricité produite par les usines marémotrices.La plus simple et la moins coûteuse consiste à pomper une partie de l'eau du bassin vers des petits lacs situés à une altitude plus élevée, constituant ainsi des bassins de réserve.Pour ce pompage on peut utiliser l'énergie électrique produite par la marée elle-même, ou celle que peut fournir le réseau dont l'usine forme un maillon.Aux heures de pointe, c'est-à-dire aux heures où la demande est la plus forte, l'eau de ces réserves est libérée vers les turbines pour produire l'électricité requise.Certes, ce pompage nécessite une grande quantité d'électricité (20 pour cent du potentiel des marées, estiment les ingénieurs du projet de la baie de Fundy), mais il permet d'assurer un approvisionnement constant, bien dosé et fiable au réseau.Une autre méthode, plus coûteuse celle-là, consiste à utiliser des pales variables (qui peuvent être inversées) tournant, pour entramer les génératrices, aussi bien par marée montante que par marée descendante.Le gain en énergie est alors de près de 80 pour cent, mais les coûts d'investissement grimpent aussi dans la même proportion.Le projet de la baie de Fundy, tel qu'on le conçoit pour l'instant, utilisera plutôt des turbines à effet simple, et produira de l'électricité uniquement par marée descendante.Au Canada, plusieurs sites présentent un bon potentiel marémoteur: la baie de I Ungava (au Nord du Québec), la baie de Frobisher, et la passe de Cumberland (fie de Baffin) sont du nombre.Cependant la baie de Fundy, dans les Maritimes, demeure le plus intéressant.Cette baie est une partie de l'océan Atlantique qui pénètre entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse.Les marées y atteignent près de 16 mètres, dans le bassin Minas, et sont parmi les plus hautes de la Planète.Dans les petits ports de la côte du bassin Minas, les bateaux amarrés montent et baissent, par plus de 15 mètres, entraînés par I énorme marée qui s'engouffre, puis se dérobe sous leur coque.UN VIEUX RÊVE Au cours des 50 dernières années, plus d'un projet ont été étudiés pour exploiter les marées de cette baie, mais tous sont tôt ou tard «tombés à l'eau».Ainsi, en 1969, une étude, faite pour le compte du gouvernement canadien en collaboration avec les gouvernements du Nquveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, a été rendue publique.Plusieurs aspects du développement d'une usine marémotrice à la baie de Fundy y avaient été abordés.Le rapport du Bureau des programmes de ’'usine marémotrice de l'Atlantique, fruit de cette étude, renferme des propositions relatives aux meilleurs sites de construction d'un barrage-usine et des évaluations de la puissance qu'on pourrait en tirer (de l'ordre de 4 500 Mégawatts).En raison du coût élevé du projet (plus de 1 milliard de dollars à l'époque), le rapport conclut que l'entreprise n'était pas économiquement justifiable (le coût du kilowattheure aurait été d'environ 0,8 cent).Pourtant, le projet de la baie de James, qui produira 10 340 Mégawatts coûtera près de 12 milliards de dollars, et le prix que nous aurons à payer pour le kilowattheure sera de 2,1 cents.En plus de cette comparaison, avantageuse pour le projet de la baie de Fundy, les malheurs financiers des uns allaient faire le bonheur économique des autres.Ainsi, le coût croissant des carburants fossiles a considérablement fait grimper le prix de l'énergie des centrales thermiques (passam de 0,3 cent en 1950 à 1,7 cent du kilowatt-heure aujourd'hui) et, par le fait même, apporté de l'«eau au moulin» des protagonistes du projet de l'usine marémotrice de la baie de Fundy.De plus, de nouvelles techniques pour la construction des caissons servant à formel) le barrage ont été mises au point en Europe.Des caissons de béton précontrain sont fabriqués en usine, amenés sur place par flottaison et immergés les uns près desj autres dans la position voulue.Les coûts élevés de fabrication de coffrages servant, selon la technique conventionnelle, à mouler le béton sur place, et les frais de pompage lors de la construction sont donc chose du passé.On comprend aisément que les conclusions pessimistes de 1969 soient maintenant reléguées aux oubliettes et que le projet refasse surface, fort de ces nouvelles techniques.MARÉES SUR ORDINATEUR Il reste cependant à connaître avec précision le comportement des marées de cette baie et les perturbations que pourrait provoquer cet aménagement sur le milieu environnant.Les gouvernements du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse ont commandé une étude en profondeur au Dr J.F.Duff, chef du département de Mathématiques de l'Université de Toronto.Grâce à des modèles mathématiques, M.Duff tente de simuler, le plus fidèlement possible, l'écoulement des eaux et les échanges baiel de Fundy-Atlantique.Le modèle utilisé par ce chercheur repose sur des équations) février 1975 / QUÉBEC SCIENCES miiff cMP, cor#1111 éneiniw MDufi®1 (««IXJK «M1 iwquanti potiiMoin baie de Its court lesiraés nngisi piogressiseï iMesenti sÉtntfe piopieseti raifccbai tetfuiéco ayant lieu I wet six i plusimporl diurne, La 25 minutes flu’ellepioi m, au fm diurnes dm de la Lune ® 535 kj atteint I,} «sane fnùtdesjjj frixilerj.Î[»nt4 ‘«s N(H1 'h b, feb; ’c> QüCi «CSC ^ miemot/iœ Ittîilxiife.'firamail! spropoifem Powapioiij '¦ Ainsi, m itcompi ioutup.feid iit(pfa((j( Emàn si! lia ppoftcon-HS fa» iukiloratt’ Sctntl.rs,(tl(prà orlekiM HiunlsjeiH de Fondy.lü jllaiaitfiire spties, Ainsi, rsots fossiles i ni du kilo-pif le fait mouliniies :nndy.juantMoff* point en E*j piécontiain diksiitM les tins pré" lue.Les tote O I i et les fiais “A (el^éesa»* ipiies- 0 -~fcsc sans la participation populaire et même, en bien des cas, en opposition réelle aux aspirations populaires.Malgré l'affirmation contraire du B.A.E.Q., ces dernières n'ont été respectées qu'à demi.On a tenu compte des aspirations d'ordre économique, mais on n'a pas respecté celles d'ordre culturel et social.Les gens du territoire voulaient que leur région atteigne un niveau économique comparable à celui de la province mais ils ne voulaient pas être obligés de se déraciner, de déménager, de changer d'occupation et de milieu socioculturel pour en arriver à cet objectif.Le remodelage proposé du territoire, tant par les programmes de réaffectation de l'utilisation des ressources que par ceux de relocalisation, de fusion municipale et d'urbanisation, pouvait plaire aux élites régionales qui se voyaient les bénéficiaires d'un tel chambardement, mais ne se méritait sûrement pas l'assentiment des dizaines de milliers de personnes qui devaient en faire les frais.Or, ces gens étaient pour la plupart dans l'ignorance du sort qui les attendait.Le contenu de la première Entente de coopération ne respectait pas non plus les volontés populaires.Fortement inspiré du Plan du B.A.E.Q., il mettait surtout l'accent sur la valorisation de la main-d'œuvre pour fins de mobilité professionnelle et géographique et sur divers programmes engendrant des relocalisations.Valoriser la main-d'œuvre est toujours une mesure très valable en soi.Toutefois, sa portée devient discutable dans une région donnée lorsque le but recherché est de «faciliter la mobilité effective de la main-d'œuvre excédentaire vers l'extérieur de la Région».Les technocrates de l'État demandaient donc beaucoup trop à la population lorsqu'ils réclamaient sa collaboration et sa participation à l'atteinte d'objectifs qui n'étaient pas les leurs.MAIS ILS SE MANIFESTENT Les programmes de l'Entente amendée de 1971 répondaient davantage aux souhaits que la population avait exprimés, quelques fois même assez violemment par le biais de comités de citoyens.Lorsque les programmes d'aménagement étaient élaborés uniquement à partir de Québec, documentation photographique, gouv.québec 2 sjsegg V ¦ V ** par des fonctionnaires inconnus de la population régionale, il était relativement facile de mettre une certaine distance entre les objectifs des technocrates et ceux de la population.Toutefois, après qu'une importante équipe administrative se fut implantée dans la région, il est devenu beaucoup plus difficile pour cette dernière de rester sourde aux protestations populaires.Ainsi, dans le cadre de la deuxième Entente, depuis les incidents de Cabano et depuis la naissance des opérations dignité, les technocrates réajustent davantage leurs programmes aux volontés de l'ensemble des citoyens.Ils le font parfois avec scepticisme et sans conviction, mais ils réalisent graduellement ce qui aurait dû être fait entre 1965 et 1973.Le rôle de la population comme agent de développement a toujours été reconnu.Les apports pour valoriser cette dernière n'ont pas été vains, loin de là.La restructuration du système d'éducation dans l'ensemble du Québec a eu des effets très positifs dans le territoire pilote.Le territoire dispose maintenant en surabondance d'une main-d'œuvre professionnelle et spécialisée qu'il ne peut employer.Le taux de fréquentation des Cegeps du territoire, par rapport à la population régionale, est plus élevé que celui de la province.La variable ressources a été et demeure un point d'appui du plan d'aménagement, mais on n'a jamais réussi à optimaliser sa mise en valeur.Ce n'est d'ailleurs pas facile d'organiser un plan d'exploitation et de transformation de toutes les ressources qui tienne compte de leur localisation, de leur nature et de leur richesse, et également de la localisation de la population, de sa densité, de sa formation, de sa culture, de ses traditions et de ses aspirations, qui tienne compte enfin d'une rentabilité économique à court et à long termes, de l'évolution des marchés et de la dynamique d'un large contexte politique, économique et social.En réalité, l'optimum dans l'utilisation rationnelle des ressources est un idéal pratiquement impossible à atteindre.Il y a dans le territoire une sous-exploita-tion évidente des ressources en raison de causes structurelles profondes.Par 1 VI ENS JOUER DANS MON I LE - Les Iles-de-la-Madeleine deviennent un lieu touristique de plus en plus fréquenté.Mais la population insulaire vit surtout des produits de la pêche.2 VIVRE DE LA PÊCHE — Le Plan d'aménagement prévoyait la modernisation des secteurs de base traditionnels, dont la pêche.Bien que cette activité ait été améliorée, elle n'est pas encore exploitée à son maximum.exemple, les activités de la pêche ne rendent pas ce qu'elles pourraient donner, l'excellent sol du comté de Bonaventure est peu utilisé pour fins agricoles, le potentiel touristique est faiblement mis en valeur et ainsi de suite.De plus, les ressources exploitées subissent peu de transformation dans la région.Mais comment suppléer à ces situations en satisfaisant à la fois les exigences et les possibilités de la population et celles de l'économie provinciale?Comment aussi planifier l'utilisation des ressources d'une région, alors que l'ensemble politique et économique dans lequel elle s'insère ne connaft pas de plan global d'aménagement?Quelle orientation doit être donnée à l'agriculture, à l'exploitation des forêts, à l'utilisation des mers, quand on sait qu'elles sont dans un état de dépendance totale de l'extérieur?MAIGRES RÉSULTATS Face à de tels dilemnes, on a pris certaines options qui ne se sont pas avérées être les meilleures.Le B.A.E.Q.a établi un zonage grossier de l'utilisation des ressources que les ministères pouvaient difficilement respecter.À toute fin pratique, en essayant de se conformer à certains objectifs communs, chaque ministère a procédé comme bon lui semblait en accord avec ses propres politiques.Le ministère des Terres et Forêts étudie certaines formules d'exploitation de la forêt privée, tandis que le ministère de l'Agriculture cherche toujours à établir son zonage des productions.Pour favoriser une plus grande transformation sur place des ressources, le B.A.E.Q., le C.R.D.et de nombreux organismes régionaux ont réclamé avec insistance des primes spéciales à l'investissement et à la création d'emplois.Ces primes ont été appliquées dans presque tout le Canada sans que la région soit privilégiée.Les recherches intensives des deux dernières années menées conjointement par la population, le Fonds de recherche forestier de l'université Laval et les technocrates de l'État, pour empêcher la fermeture de localités à économie dite marginale, commencent à avoir des aboutissements heureux.Un projet d'aménagement QUÉBEC SCIENCE / février 1975 39 documentation photographique, gouv.du québec BÎ- r- P - •-»: yi Y intégré des ressources dans trois localités du Témiscouata est en voie d'expérimentation.Par ailleurs, un comité permanent d'aménagement des ressources groupant des représentants de plusieurs ministères vient de prendre naissance.Ainsi du côté de l'utilisation rationnelle des ressources, les solutions se font toujours attendre et on ne peut certes pas parler davantage en ce domaine de la mise en œuvre d'un véritable plan d'aménagement.La structuration de l'espace est particulièrement dépendante du mode d'utilisation que l'on fait des ressources, de la distribution spatiale de la population et des investissements consentis par l'État en travaux d'infrastructures routières.Or, on n'a pas encore réussi à rationnaliser l'utilisation des ressources.La population dispersée est plutôt hostile à son regroupement dans les villes et l'on ne fait que commencer à reconstruire le réseau routier.La restructuration de l'espace demeure donc à faire.¦4 LES VILLES GRANDISSENT — L'aménagement de l'Est du Québec a amené un déplacement de la population rurale vers les villes.La construction domiciliaire a alors connu un essor 21 Dans le but de polariser la région, le B.A.E.Q.avait proposé une transformation radicale des structures municipales et le développement de quelques villes par des transferts de population et la création de nouveaux emplois.Or, dans les Ententes de Coopération, on a eu la sagesse de rejeter le projet de restructuration des municipalités, projet qui impliquait la fusion de 214 localités en 25, mais on a retenu l'objectif d'urbanisation.Cepen- 40 ¦¦ ¦ • : elîSÏ1®.lüiunica® mu du W'1 iis 19' unenm® pauxW m Étant ÉMÏ Laauxttài litat llï^0! ilatéjW' Iras rassi à aJ kàsasMt Halorisétt#1 hlations n'ont implement» as pitapat Itojtrad1 Éionalttlas ptsdadîte Item in [dit fonda «ides pi: |saptapeu jatiimoinecu.Iment.Lesefli Isfeiont senti dant, les seuls moyens que l'on a trouvés à date pour atteindre cette fin, se traduisent en primes pour financer des travaux d'infrastructure de centres désignés et en politiques incitatives pour orienter le flot des relocalisés dans ces mêmes centres.Rien d'important n'a été fait pour créer des activités dynamiques nouvelles indispensables à la naissance et à l'expansion de villes.Certains centres de services, comme Bonaventure, Amqui, Causapscal, Matapédia, Trois-Pistoles sont en décroissance démographique et ont perdu durant ces dernières années des emplois dans le secteur tertiaire (commerce, services publics et privés).Le déséquilibre d'une structure urbaine déjà difforme en 1963 s'accentue constamment.Des comtés complets comme ceux de Bonaventure, de Matapédia et du Témiscouata, couvrant ensemble une superficie de plusieurs milliers de kilomètres carrés, ne possèdent aucune localité d'une population supérieure à 4 000 habitants.Dans ces comtés, l'influence de la capitale régionale qu'est devenu Rimouski se fait très peu sentir.Ce titre de capitale est d'ailleurs un peu prétentieux puisque la ville sert surtout de relais administratif pour des décisions provenant de l'extérieur.Elle a un pouvoir de commandement pratiquement nul sur l'ensemble de l'économie régionale et son rayon de diffusion de l'information demeure très limité, débordant très peu, sur la rive sud, les limites du comté de Rimouski.VERS L'UNIFICATION «ne Is [(«sont à |L un intripr en pli» Int limités et Comme la restructuration spatiale basée sur le déplacement des ruraux vers les villes est un échec, on projette actuellement la formation en milieu rural de centres de services à vocation agro-forestière.Étant donné qu'il n'y a pas de schéma d'aménagement et surtout de programmes intégrés pour le milieu, il est encore trop tôt pour œuvrer à la constitution de ces centres.Des efforts de polarisation coercitive de localités rurales ont abouti à de cuisants échecs en Gaspésie.La nouvelle ville de Gaspé, formée par la fusion de douze localités, est devenue, avec ses 17 200 habitants, sa superficie de 943 kilomètres carrés, sa densité de population de 18 habitants par kilomètre carré, ses 315 kilomètres de voies publiques et son compartimentage ethnique, un monstre administratif grevé de dettes et impuissant à régler seul ses problèmes.Wml iik N politique & lisgoii 11 part, ni tomlojuesi r'îsulfisimm PBter iW ly.PCOfK I ¦ Le B.A.E.Q., l'O.D.E.Q.et le C.R.D.croyaient que la formation d'une conscience régionale favoriserait une nouvelle réorganisation de l'espace.Mais comme l'unité spatiale que l'on appelle région n'est pas intégrée par une polarisation urbaine et par des liens économiques, culturels et sociaux, c'est tout simplement un agrégat de secteurs insuffisamment différenciés, un simple périmètre administratif duquel il est difficile de faire naftre un sentiment commun d'appartenance.Les gouvernements ne font que commen- |ÏSJ I *8 de comsl I : S’J J r:;d«dis pince.février 1975/ QUÉBEC SCIENCE cer à s'intéresser à l'intensification des communications indispensables à l'unification du territoire.Ce n'est, également, que depuis 1971 que les gouvernements œuvrent à «désenclaver» le territoire et à l'intégrer au reste du Québec.profits à réaliser, les investisseurs demeureront peu motivés à capitaliser dans une région en voie de vidage.Pourtant le meilleur frein au vidage réside dans les investissements générateurs d'emplois bien rémunérés.Un plan d'aménagement doit modifier des niveaux d'organisation d'une région tout b en étant étroitement assujetti à ces mêmes I niveaux et à ceux d'une province ou d'un IÉtat.Il y a donc lieu d'analyser des niveaux d'organisation interne et externes 6 à la région.Dans l'Est du Québec, on n'a B pas réussi à améliorer sensiblement 1 l'organisation spatiale.Comme toutes les I inter-relations reliées à l'espace se mou-I lent à sa structure et que l'on a peu I revalorisé cette dernière, les jeux de I relations n'ont pas atteint la densité et la ) complémentarité souhaitées.Tandis que I les préoccupations d'ordre social, telles [ que la transformation des mentalités, I l'émergence d'un leadership local et régional et la scolarisation de la popula-\ tion, ont toujours retenu l'attention des agents de développement et ont produit des résultats heureux, la culture a toujours été négligée.Pourtant son influence joue [ un rôle fondamental dans la transforma-[ tion des genres de vie.Depuis 1971, on se préoccupe un peu de la valorisation du patrimoine culturel et de son enrichissement.Les effets d'une telle attention ne se feront sentir que plus tard.uxwles tteacwfr mal de J in tencore W utionde® ; iiisaM ; soiitaW1' nie.LeoW' j aitcsts Bien que les véritables moteurs économiques soient à l'extérieur du territoire-pilote, un entrepreneurship régional s'affirme de plus en plus.Mais ses moyens demeurent limités et sous la contrainte du système politico-économique provincial et national.Il est aussi tributaire de la perception négative qu'ont, de la région, les gens de l'extérieur.Quant aux pouvoirs politiques régionaux, ils sont inexistants.Les gouvernements locaux, pour leur part, ne peuvent faire plus que leurs homologues du reste de la province et, en milieu rural, ils ne pourront jamais atteindre suffisamment de puissance pour orienter d'une façon valable l'organisation de l'espace.LE POUVOIR POLITIQUE GAGNE ENCORE [Oble^ eC.K.& Ce sont donc finalement les forces politiques et économiques externes au territoire qui détiennent le véritable pouvoir de l'aménager.L'étude de ces dernières est trop complexe pour être entreprise ici.Toutefois, le cours des événements a permis de constater que le pouvoir politique ne s'est jamais engagé à fond dans l'aménagement de la région.Les actions entreprises l'ont été timidement et davantage à titre expérimental que dans le but arrêté de régler définitivement le problème des disparités entre la région et la province.Les grandes priorités politiques du Québec pour les années à venir ne semblent pas concerner tellement une région périphérique comme la nôtre.Il va de soi que sans l'orientation ferme de l'État et sans la perspective de grands QUÉBEC SCIENCE / février 1975 Le Plan du B.A.E.Q.était trop global, trop engageant pour être exécuté en entier.Après de longues tergiversations, on en a retenu les principes et une fraction seulement des programmes.Ces derniers ont été mis en branle avec difficulté, modifiés et appliqués sans toujours avoir entre eux l'interdépendance nécessaire.A l'aube de 1975, il est très difficile de qualifier de plan d'aménagement, les divers programmes de l'État, administrés dans le territoire d'une façon décousue, désarticulée, sans référence à un cadre d'aménagement plus vaste, et souvent mal ajustés aux ressources physiques et humaines disponibles.Le constat de la difficulté d'aménager, incite à une analyse du concept même de l'aménagement.Un plan d'aménagement en territoire humanisé, ne serait-il en fin de compte que la synthèse d'objectifs impossibles à atteindre, un catalyseur d'énergies populaires, un instrument pour donner bonne conscience aux hommes politiques, un outil dans l'arsenal des économistes ou un somnifère servi à une population trop éveillée et trop revendicatrice?Est-ce que ceux qui parlent d'aménagement ont tous les mêmes desseins?Est-ce que l'on n'a pas tendance à faire d'un plan un ensemble de mythes pour ses éventuels bénéficiaires, servant à camoufler des intrigues et des luttes orientées vers certains intérêts personnels de pouvoir de promotion sociale et professionnelle et de profits?Toutes ces questions, gravitant autour du concept, méritent d'être analysées si l'on veut découvrir la portée réelle de l'expression «aménagement du territoire».Bibliographie Clermont Dugas, L'Est du Québec à l'heure du développement régional.Cahiers de l'Université du Québec à Rimouski, 1974 Bureau d'aménagement de l'Est du Québec, Plan de développement, 10 cahiers et un atlas, Mont-Joli, juin 1966 Guy Bussière, Bas-Saint-Laurent-Gaspésie, Schéma d'aménagement touristique, ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, Rimouski, 1972 Pierre Cazalis et Henri Dorion, Les cadres régionaux de l'aménagement.Université Laval, Québec, 1967 41 SANTÉ Des cerveaiiH mal nourris Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, on croyait que le développement du cerveau se terminait avec la naissance de l'enfant et qu'aucun facteur extérieur ne pouvait en modifier la structure et le fonctionnement.Un certain psychologue (Dr Jensen, Université de Californie) allait même jusqu'à prétendre que la race déterminait la capacité intellectuelle, à l'avantage des Blancs naturellement.Cette théorie, favorisant le fanatisme raciste, trouva même un supporter chez les prix Nobel dans la personne du Dr Chockley, physicien.Mais on sait maintenant que le cerveau est loin d'avoir terminé son développement lors de la naissance.Il connaft une poussée de croissance durant les trois derniers mois de la grossesse mais, selon les Drs Dobbing et Sands de l'Université de Manchester (Angleterre), 80 pour cent de son développement se poursuit durant les deux premières années de l'enfance.Aussi rien de surprenant à ce que des facteurs extérieurs puissent affecter le niveau de développement du cerveau.L'un d'eux fait l'objet d'une étude poussée actuellement: l'alimentation de la mère au cours de la grossesse et celle de l'enfant au cours des deux premières années de sa vie.La malnutrition durant la période où le cerveau de l'enfant est si vulnérable, peut entrafner des effets physiques néfastes qui présentent presque tous un caractère d'irréversibilité.L'effet le plus apparent est une réduction des dimensions du cerveau et plus particulièrement du cervelet.Cette atrophie s'accompagne d'une diminution du nombre des cellules cérébrales, surtout celles de la névroglie (tissu conjonctif, entre les neurones).Cependant elle touche aussi quelques neurones au niveau du cervelet et de certaines couches du cortex cérébral, les neurones servant au transport de l'influx nerveux entre le cerveau et les autres parties du corps.On observe aussi une perturbation enzymatique qui affecte entre autres, l'acetylcholinestérase.Cette enzyme agit sur I acetylcholine, substance présente dans les neurones qui, une fois libérée, transmet les signaux d'un neurone à l'autre dans le cerveau, ou bien aux cellules musculaires et aux cellules sécrétrices situées à l'extérieur du cerveau.De plus, d'après un travail effectué par le Dr B.Cragg, de I Université Monash en Australie, une malnutrition durant cette période critique provoquerait une diminution des fibres très fines qui relient les neurones entre eux, réduisant ainsi I efficacité de la transmission des messages nerveux.Tous ces effets se manifestent naturellement par des troubles de comportement, tels qu'une déficience intellectuelle, des relations sociales altérées ainsi qu'une difficulté de coordination manuelle.Ces résultats ne viennent pas contredire l'importance que l'on accorde a l influence du milieu familial sur le développement des facultés intellectuelles de l'enfant.Au contraire, les effets de ces deux facteurs s'additionnent.Cependant une malnutrition chez les enfants en bas âge peut diminuer leur faculté de percevoir leur environnement et les rendre plus apathiques et ainsi moins aptes à agir sur leur iTc naUtet 3 l.aP'léll°!'er- Ceci expliquerait peut-être pourquoi les nations riches hésitent tant à fournir une alimentation suffisante aux regions pauvres et exploitées par crainte qu'elles ne décident de prendre leur sort en main.queues 42/SANTÉ Cervelet 100- Cerveau antérieur Conception Age (années) ?DÉVELOPPEMENT DU CERVEAU - À la naissance de l'enfant, environ 20 pour cent de son cerveau est formé, son développement se poursuivant au cours des deux premières années de sa vie.Un “trip” dans le cerveau Quels sont les effets des «drogues» sur le cerveau?Les perturbations du comportement pourraient-elles s'accompagner de modifications au niveau de ses cellules?Le Dr Gilliane Nosal et son équipe de chercheurs, du département de pharmacologie de la faculté de médecine de l'université Laval viennent de compléter des travaux qui ont permis, pour la première fois, de déceler certains effets des hallucinogènes au niveau du cervelet en développement.C'est au cours d'une exposition scientifique intitulée «Contribution de la microscopie électronique à la recherche biomédicale», tenue à la faculté de Médecine en décembre dernier sous l'instigation du Dr Nosal, qu'elle et ses collaborateurs, MM.kLN.Lin et G.Lapointe, faisaient part de leurs résultats.Grâce à la microscopie électronique ils sont parvenus à noter une modification de la structure des cellules du cervelet en développement, chez des rats et des souris, sous l'effet de doses élevées de LSD et de cannabis.Bien sûr, ces expériences ne furent pas faites chez des êtres humains.Ce sont des souris et des rats, le cerveau de ce dernier possédant des similitudes avec celui de l'homme, qui furent utilisés.Les chercheurs québécois ont voulu montrer d'une part, le développement normal de la cellule nerveuse au cours des 2 premières semaines suivant la naissance et, d'autre part, les effets des «drogues» sur le développement neuronal.février 1975 / QUÉBEC SCIENCE Disposai'’B1J tÈuote® injtcw1®”1 jlîSSOUIftt Ukifrf liemptaw idînsfétW Dts coups' niémtpuecl' auitrcW moteui.Les fattentioni intéressai® sidirenci déieloppm cotrelafione Ltsdimlieui électmipuel Éeaudelasl doses répétée! cas).Lesmiti participent à mentpomnl la cellule, lac ucnicu'c a pi ffililfcnnrm des cellules di (happer;, dcpcp’aïopi wnt moteur plusésidentj ments folont 'Wintdtie, dais uiaijr Sr';;nL.l élimine pu J" fournit ( "Wiinsuit' d'une hyjtjj, janièiep,c ^ ' Disposant d'un groupe de spécimens test et d'un groupe de • témoins, des doses élevées d'hallucinogènes furent injectées jchez les premiers dès 3 heures après la naissance, répétant ce ! traitement quotidiennement.Les témoins, eux, reçurent des J injections d'une solution saline (substance inactive) de manière j à les soumettre exactement aux mêmes conditions expérimen-j taies que les «drogués», exception faite, bien sûr, des effets | hallucinogènes.Après 8 jours de ce traitement, les animaux furent sacrifiés.Pour éviter toute perturbation du cerveau lors du sacrifice, celui-ci fut fait sous anesthésie et suivi d'une perfusion (remplacement du sang par une substance fixant les cellules dans l'état où elles se trouvaient juste au moment de la mort).Des coupes de cervelet prélevé chez les animaux traités de J même que chez leurs frères témoins furent ensuite observées [ au microscope électronique.Notons que les chercheurs avaient choisi d'observer les modifications possibles du cervelet en raison de son rôle important au niveau du comportement moteur.Les cellules, dites cellules de Purkinje, qui reçurent l'attention des chercheurs possèdent les caractéristiques intéressantes d'être facilement identifiables, volumineuses, de se différencier rapidement au cours des premiers stades de développement du cervelet et, enfin, de présenter une étroite corrélation entre leur structure et les effets moteurs de l'organisme.Les chercheurs avaient vu juste: les clichés pris au microscope électronique leur révélèrent d'importantes modifications au niveau de la structure des cellules de Purkinje soumises à des doses répétées d'hallucinogènes (LSD ou cannabis suivant les cas).Les mitochondries, granules isolés du cytoplasme, qui participent à la respiration cellulaire, avaient subi un gonflement pouvant altérer leur fonction.De plus, dans le noyau de la cellule, la chromatine (contenant de l'ADN, acide désoxyribonucléique) s'était agglutinée en petits ilôts plutôt que de demeurer à peu près uniformément distribuée comme dans les cellules normales.Les cellules du cervelet ainsi affectées laissent présumer une altération de leur rôle.Ces changements des cellules de Purkinje, par des hallucinogènes en fortes doses et, rappelons-le, sur le cervelet en développement, pourraient donc provoquer certains problèmes au niveau du comportement moteur pour le sujet en croissance.Les symptômes les plus évidents de ce désordre se situent au niveau des mouvements volontaires, comme ceux de préhension et des mécanismes de la coordination motrice.Rappelons toutefois que ces travaux n'ont porté que sur l'aspect morphologique de ces cellules.Une étude biochimique de celles-ci serait nécessaire pour déterminer les relations entre les doses administrées et l'état des cellules partiellement ou entièrement affectées.De plus, le Dr Nosal souligne que le cerveau en développement est plus sensible aux perturbations venant de l'extérieur.Les barrières biologiques qui protègent, dans une certaine mesure, le cerveau de l'adulte ne s'y sont pas suffisamment développées et le cerveau encore en croissance n'élimine que très mal les agents perturbateurs.On pourrait donc se demander si la consommation de LSD, ou de cannabis, par un adolescent (à une étape où le cerveau humain suit un développement analogue à celui d'un raton d'une huitaine de jours) n'affecterait pas le cervelet à la manière de ceux des sujets de l'expérience que nous venons de décrire?Les données scientifiques actuelles ne permettent pas encore de répondre d'une manière définitive, mais n'en apportent pas moins une sérieuse mise en garde! •s3Ss*S t- V ¦*» - 2'-^.+; f v'* ¦- & ____- i .y, & > ;iV A>;C.r > (j: v*'*' ¦*' '¦ v A RATON «DROGUÉ» — Sur ces deux micrographies (grossissement d'environ 25 ,000 X) nous apercevons les effets du LSD sur une cellule du cervelet.En haut, cellule d'un témoin, non traité, et en bas, celle d'un de ses frères «drogués».Ces coupes ont été faites 8 jours après la naissance, suite à des éjections quotidiennes d'environ 2 microgrammes de LSD chez ce dernier (ce qui correspondrait à une consommation d'environ 5 milligrammes chez l'être humain).Les mitochondries (visibles dans la portion supérieure des photos) apparaissent comme des formations noirâtres, plus ou moins ovales, et filamenteuses; leur structure est normale chez le témoin, alors que chez l'animal traité au LSD, elles sont gonflées et prennent l'allure de bulles, peu contrastantes, traversées par de petits filaments.De plus, la chromatine, substance contenant l'ADN, y est agglutinée alors que chez le témoin, elle est dispersée à peu près uniformément en petits points (portion inférieure des photos).QUÉBEC SCIENCE / février 1975 SANTÉ/43 LA SCIENCE &LES HOMMES Bénéfices spaliauH Les progrès scientifiques et techniques réalisés en raison des efforts déployés par les États-Unis pour conquérir la Lune, commencent à se faire sentir.Cinq ans après la première marche de l'homme sur la Lune, on se rend compte que les recherches accélérées qui ont rendu possible cet exploit, ont amené des progrès qu'une progression technologique normale aurait mis plus de 25 ans à réaliser.Des applications industrielles et médicales de la technologie spatiale sont maintenant devenues choses possibles.Ainsi, les quelque 30 milliards de dollars que nos voisins du Sud ont englouti bon gré, mal gré, dans cette course folle leur rapportent néanmoins quelques dividendes.Le plus important de ces bénéfices —et aussi le plus connu— reste le «pacemaker» (stimulateur cardiaque) rechargeable.Adaptant les techniques des circuits et des piles mises au point par les chercheurs de la NASA, des scientifiques du laboratoire de physique appliquée de l'université John Hopkins, ont développé cet appareil révolutionnaire.Non seulement le nouveau pacemaker est-il plus petit que ses prédécesseurs, mais —ce qui est plus important— ses batteries au nickel-cadmium peuvent être rechargées à domicile par le patient.Il lui suffit de «se brancher» à une prise de courant conventionnelle pour recharger cet appareil qui lui est vital.Une autre application médicale de la technologie spatiale est aussi le résultat des efforts de miniaturisation des équipements de la NASA.C'est ainsi qu'une trousse médicale d'urgence, appelée «Telecare», permet le diagnostic et le traitement des blessés sur les lieux mêmes d'un accident.Une composante-clé de cette trousse est un système de communication émetteur-récepteur de télémétrie.Il permet aux infirmiers qui en disposent, d'administrer promptement et sur place les soins requis, sur recommandation d'un médecin spécialiste.L'ensemble comprend, en plus du radio, une bonbonne d'oxygène, un défibrillateur pour les stimulations cardiaques externes, un appareil semi-automatique indirect de mesure de pression sanguine et une trousse pharmaceutique.Encore en médecine, les techniques d'augmentation du contraste des images, par traitement sur ordinateur, techniques mises au point par le Jet Propulsion Laboratory, ont été adaptées pour analyser les radiographies des vaisseaux sanguins et y déterminer l'épaisseur des plaques qui se forment sur les parois des vaisseaux.Ces plaques provoquent un durcissement des arteres —c est l'artériosclérose— qui conduit à une pression artenelle trop élevée et à des troubles cardiaques.La technique de l'augmentation des contrastes des images («image enhancement») - d'abord perfectionnée pour l'analyse des images recueillies par les vaisseaux Mariner, explorant la planete Mars- permet une détection précise, rapide et directe des changements d'épaisseur de ces plaques d'artériosclérose.Dans un autre domaine, le principe de base des piles à combustible combinant de l'oxygène à de l'hydrogène pour ea-Ui Ü?pro1duire' au c°urs du processus, de l'électri-cite bien qu il date de plus d'une centaine d'années- a vu les par Ia nasa- " ,ra"s,°i'™ »" - Pendant des années, certains métaux de rebut ont été récupérés par des méthodes simples et peu coûteuses.Toutefois, jusqu'à 44/LA SCIENCE ET LES HOMMES tout récemment, ce n'était pas le cas des métaux non-ferreux (cuivre, zinc et aluminium).Des recherches, menées au Lewis Research Center de la NASA, sur les propriétés magnétiques de certains fluides appelés ferro-fluides, utilisés comme carburant sous une gravité zéro, ont résulté en la mise au point de techniques qui rendent commercialement possible la récupération de métaux non-ferreux.Un ferro-fluide est une suspension colloidale de petites particules magnétiques dans un liquide.Lorsqu'un champ magnétique est appliqué, le fluide entier se comporte comme une substance magnétique et sa densité relative peut être modifiée selon l'intensité du champ qui lui est appliqué.Bien contrôlée, cette caractéristique permet, par un procédé de flottaison, de séparer des métaux non-ferreux les uns des autres.En raison de la montée du prix des métaux et de la grande quantité d'électricité requise pour les produire, cette nouvelle technique de récupération est sûrement promise à un brillant avenir.Après tout, la conquête de la Lune n'aura pas été seulement une course au «prestige».Cependant, il faut bien le réaliser, les bénéfices qu'on en retire sont encore bien maigres.Prolifération des armes nucléaires Pour éviter qu'un conflit nucléaire éclate, l'organisme suédois SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) organise, à chaque année, une assemblée de spécialistes pour discuter de la technologie nucléaire, de sa croissance et de la sauvegarde du Traité de non prolifération des armes nucléaires.Cet organisme vient de rendre public, son cinquième rapport intitulé «Offensive Missiles».On y note que les grands discours et la bonne volonté des dirigeants américains et soviétiques ne manquent pas, mais que le Traité qu'ils ont signé demeure lettre morte.Chaque amélioration que les Américains apportent à leurs missiles stratégiques est inexorablement suivie, quelques années plus tard, d'un effort soviétique pour combler le retard.Évidemment, les militaires et les politiciens, américains ou soviétiques, seraient rétissants à signer un véritable accord de limitation des armes s'ils se trouvaient en état d'infériorité.Le seul moment propice à une véritable entente de limitation des armes nucléaires sera celui où ces deux nations disposeront d'une puissance nucléaire égale.En 1973, les États-Unis disposaient d'une force de frappe nucléaire globale 5 fois supérieure à celle de l'URSS.Les négociations SALT (Strategie Armement Limitation Treaty) de 1974 ont précisément échoué à cause de la grande disparité entre le nombre de «lanceurs» soviétiques et américains (en faveur de ces derniers).5 1 4 N (loéiedtli srasnt ira Forts de ta ¦temnti «is«il-ilsftiie Afin de contrôler ia prolifération des armes nucléaires, un Traité a déjà été négocié, en mars 1970.Ce traité stipule qu'au début de 1975 une conférence de révision des objectifs atteints doit être tenue.Actuellement, 82 nations ont entériné le Traité de 1970.Toutefois, un bon nombre de nations, à la veille de disposer d'armes nucléaires, n'ont pas encore rallié ce groupe.r:?00[[J|l« m par la1 lidioactiœ.Client.m Si la tendance actuelle se poursuit, SIPRI prévoit que ce ne sera pas avant 1980 que des pourparlers sérieux deviendront possibles.Ce n'est en effet que vers le début de la prochaine décennie que les Soviétiques auront réussi à rattrapper les Américains dans la course aux armements nucléaires, pour le 3': h;; février 1975 / QUÉBEC SCIENCE WfteiK "«i»Le« ^cCr-T.:; -, 'WCJllmijdi «tie '^itecuperj.^üuipen-ijnsei) l^lellyijf tijMsa énaipue liSiiode MteBoyvelle iünWM Sdjffltnt fB, S § O) o ë O États-Unis Union soviétique 1962 66 70 74 1978 Année lisire suédois ituKl ialistesF jcettdo^ BSBÜt&Sl èueiippoi1 qu'ils ont out la estiva- liants 3 s s'ils S! , p[opicejyll! rjsseiî®^1 uutléii'8 ilBSS.lts 5«
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