Québec science, 1 janvier 1975, Mars
Volume 13, numéro 7, MARS 1975 UN DOLLAR UEBEC SC ENCE mrdkamfnls 0 'C) ivl 0 \Q~yJ ?THE It NACé?iGéojra- m?(VENIR PARTIENT (X NITRONS NAOIENS 1er iiiquc .sdcnlifique CONCERT [STRAS .IMMENCE SÎï;: f JRRIER JOURNAL CANADIEN DE ZOOLOGIE Je tiens d'abord à vous féliciter pour la qualité ainsi que la diversité de vos articles sur l'environnement.Dans votre numéro de janvier, vous faites mention du «Journal Canadien de Zoologie» dans l'article intitulé: «Zoociologie de l'ours blanc».À quelle adresse pourrais-je obtenir des renseignements relatifs à ce journal?Gilles Quintal UQAM Écologie Vous pouvez vous y abonner en écrivant à: Administration, Journal Canadien de Zoologie, Conseil national de recherches du Canada, Ottawa, Ontario K IA 0R6.Le prix de l'abonnement, pour cette publication mensuelle, est de 12 dollars par année.POUR PRÉVOIR UNE GUERRE NUCLÉAIRE Je serais intéressé à répondre à votre question parue dans le numéro de janvier, à savoir si une guerre nucléaire pourrait éclater entre les États-Unis et l'Union sociétique?Cependant, j'aurais besoin, pour compléter ma documentation, de quelques chiffres pour des fins statistiques.Ces chiffres sont: la population mondiale pour chaque année, de 1900 à 1974, ainsi que la population des États-Unis, de l'Union soviétique, de l'Allemagne, de l'Angleterre et de la France.Après une analyse statistique, je vous ferai part de mes résultats ainsi que de la méthode de travail que je me propose d'utiliser.Raymond Viger Pointe-aux-T rembles Pour obtenir ces statistiques, nous vous référons à /'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture, Place de Fontenoy, 75700 Paris.MAISONS À BAS PRIX Je fais partie d'un groupe qui s'intéresse à la construction d'unités d'habitation à prix modique.Nous avons appris qu'une société ou une fondation quelconque récompensait la maison réalisée au coût le plus bas.Pourriez-vous me renseigner à ce sujet?Merci à l'avance au nom des constructeurs amateurs.Jean-Pierre Trudel Grand-Mère Pour connaître les programmes spéciaux en ce domaine, contacter: M.A.R.Pitt, directeur du groupe des normes et des services techniques, Société centrale d'hypothèque et de logement.Siège Social, Chemin Montréal, Ottawa Kl A 0P7.PARTOUT, POUR TOUS Bravo! pour le texte de Fabien Gruhier: « De la soupe aux mots pour tout le monde».La science au service des humains affamés qui crèvent par millions, c'est plus valable que la recherche, défrayée par le monde, au service des gains de l'industrie (v.g.le hockey professionnel).Cet article devrait être étudié par tous: politiciens, syndicalistes, réformateurs, révolutionnaires, élèves, étudiants, citoyens.Il devrait être diffusé et vulgarisé dans les journaux, à la radio et à la télé.Jacques Côté École Manikoutai Sept-lles JEUX D'ESPRIT Je me dois de vous féliciter de la diversité des articles de votre magazine, qui est bien à la page.Cependant, je crois qu'il serait bon qu'il y ait chaque mois un jeu d'esprit où l'on donnerait à deviner une chose en la décrivant en termes obscurs, ambigus, ou des questions à résoudre par des procédés scientifiques, soit: de géométrie, de mathématiques.Camille Tremblay Université Laval Québec TITRES DES AUTEURS J'aimerais formuler une suggestion, à savoir que les auteurs d'articles spécialisés joignent à leur nom, leurs compétences.Ceci me semble essentiel, afin de porter un jugement sur un texte, en y dégageant l'expérience personnelle et l'implication de l'auteur dans son sujet.Claude Gauthier Département de géologie Université McGill Nous comprenons que, pour les revues scientifiques proprement dites (s'adres-sant à des publics tout aussi restreints que spécialisés), les qualifications de l'auteur constituent un critère fondamental d appréciation d'un article de recherche.Te! n est pas le cas de Québec Science (un magazine scientifique et non une revue), dont les articles ne sont que peu ou pas spécialisés et s'adressent à un vaste public.C'est pourquoi, même s'il fut déjà coutume à Québec Science de mentionner, à la fin des articles, les fonctions et qualifications des auteurs, nous avons cru préférable d'éviter à nos lecteurs l'escalade —bien inutile— des Ph.D.et des doctorats de toutes sortes pour ne souligner qu'à /'occasion, les qualités et activités de recherche de l'un des auteurs du mois (voir à titre d'exemple, Québec Science, janvier 1975,p.30: « Recherches sur le hockey))).Nos critères de sélection des articles sont: 1.l'actualité du sujet traité et sa pertinence avec les centres d'intérêt de nos lecteurs; 2.la capacité de l'auteur de traiter du sujet de la façon la plus claire, la plus complète et la plus captivante possible.Quant à la «vérité scientifique» des articles, Québec Science s'en porte garant: nous effectuons toutes les vérifications nécessaires auprès de scientifiques chevronnés.H n'est pas écarté, bien sûr, qu'à l'avenir, nous faisions un effort spécial pour faire connaftre davantage les auteurs.PRODIGES D'INGÉNIOSITÉ.Comme j'estime avoir réalisé des prodiges d'ingéniosité en vous lisant mensuellement, enfin! presque., sans profiter des ; vertus de l'abonnement, et compte tenu d'une impression sans doute très répandue mais que je fais ici mienne, sur votre incapacité fondamentale d'être médiocre, et surtout en vertu du plaisir que j'ai à vous lire, étrangement, comme vous dites, d'un couvert à l'autre, pour tout cela et pour autre chose encore, je m'abonne aujourd'hui et je vous signe un chèque probablement négociable dès maintenant,, avant que mes impôts me déshabillent complètement, situation éventuellement peu confortable dont vos articles, brèves, ! nodules, analyses, photographies, titres, i couleurs, et présentation générale sauront me consoler.Québécoisement vôtre, Jean Giroux Service de la rédaction Le Soleil PeR L> 5 UWOOLLAH QUEBEC SCIENCE iiudinuiHiils EST IL MENACE?rnrr^if L'AVENIR APPARTIEN AUX NEUTRONS CANADIENS poliii(|W‘ srlfnliriquc LE CONCERT N EST PAS COMMENCE C’est un fait: le médicament a envahi nos vies comme n'importe quel objet de consommation.Et au bout de ce petit jeu de la pilule à toutes les sauces, nous risquons malheureusement tous —du point de vue de la santé ou de celui du porte-monnaie— de passer par la poêle à frire.SOMMAIRE ARTICLES Génétique: notre patrimoine est-il menacé?/ Fabien Gruhier Le respect de la liberté individuelle vient-il en contradiction avec la survie de la collectivité?Médicaments: un régime de drogués / Yanick Villedieu Ou comment on nous fait avaler 1 000 tonnes d'aspirine par année.Énergie: l'avenir appartient aux neutrons canadiens / Jean-Marc Fleury Avec les neutrons lents et Candu, nous arriverons peut-être à une énergie nucléaire douce.Politique scientifique: le concert n'est pas commencé / Jean-Marc Fleury L'orientation de la recherche devra se soumettre aux priorités gouvernementales.RUBRIQUES Courrier Actualité O Des igloos en ciment O L'aluminium sans électron O Congrès sur les lunes du système solaire O Second souffle pour les camions Environnement O Une tempête de soleil O Un lac qui ne veut pas geler O Le pin et la pollution La Science & la Santé O Clinique pour étourdis O La boxe, un sport sans danger O Pour hommes seulement O Pour éliminer la douleur La Science & les Hommes O La traite des «blanches» O Que faire des déficients mentaux O Hécatombes au Québec Parutions récentes 12 18 32 39 2 6 9 45 48 50 En vrac 53 COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada, M.René Banque de Montréal, Imasco Limitée, Institut de recherche de l'Hydro-Québec, La Brasserie Labatt Limitée, La Sauvegarde, Cie d'assurance sur la vie.Fortier, vice-président exécutif, région Est M.R.Muir, vice-président et secrétaire Les produits Imperial Tobacco Limitée M.Lionel Boulet, directeur M.Maurice Legault, président M.Clément Gauthier, président Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l’Éducation et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes, de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.ISSN-0021-61 27.© Copyright 1975 — Le magazine Québec Science-Université du Québec.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1975.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052. COURRIER FAITES-LE VOUS MÊME À la suite de la parution de vos articles sur la technologie douce et l'énergie éolienne, j'ai écrit à l'Institut Brace, mais leur réponse a été très évasive.Quant à la compagnie Budgen et associés que vous suggériez, ils ne sont intéressés qu'à vendre un produit fini.Pourquoi ne pas créer une rubrique du type «Faites-le vous-même» dans Québec Science?Je crois qu'il est bon de savoir où en est rendue la science, mais j'ai horreur d'être un simple spectateur et de ne pouvoir que trouver ça beau.Je ne voudrais pas que Québec Science devienne un magazine «Playboy» scientifique! Bertrand Daigneault Sherbrooke Croyez bien que nous ne voulons pas du tout que Québec Science devienne, comme vous dites, un «Playboy» scientifique! Nous retenons votre suggestion de créer une rubrique du genre «Faites-le vous-mêmes».Pour l'instant, nous vous référons à M.R.Camarero (té!.: 565-4482), au département de Génie mécanique de l'Université de Sherbrooke.// saura certainement répondre à vos questions en ce qui concerne la fabrication d'éoliennes.PRINCIPE DEMANDÉ Vous serait-il possible de me faire savoir par l'entremise de votre courrier s'il existe un principe de modulation du laser?Guy Maheux Montréal Vous pourrez obtenir des informations précises au sujet de la modulation-laser en vous adressant à: RCA Limitée, Division des composantes électroniques, Sainte-Anne de Bellevue (té!.: 457-9000) D'UNE PIERRE DEUX COUPS Dans le numéro de janvier 1975, à la page 5, il y a un article intitulé: «L'électricité souterraine».En le parcourant, il m'est venu une idée à laquelle vous avez peut-être déjà pensé.Pourquoi ne pas récupérer l'air réchauffé par les fils électriques et s'en servir pour chauffer nos demeures.D'une pierre, deux fois plus de dollars (pour les gros).Bertrand Bellisle Ottawa, Ontario PSYCHO.QUOI?Dans le dernier numéro (décembre 1974), a la page 40 vous parliez de «neurochimistes, psychobiologues, neuroanatomistes» dans I article intitulé « Le poids de l'intelligence».J'aimerais obtenir plus de renseignements sur ces «professions» soit par courrier ou par l'intermédiaire de votre magazine.Je m'adresse également aux organismes pouvant me fournir ces informations, spécialement pour le «psychobiologue».Je vous remercie beaucoup de votre attention et je vous encourage à continuer votre excellent travail.Denis Berger Cowansville Nous vous recommandons de vous adresser à: M.Yves Lamontagne, INRS— Santé, Hôpital Saint-Jean de Dieu, Montréal.UNBELIEVABLE At the company where I am employed, we received your magazine «Quebec Science», Volume No.13, No.6, for the month of February 1975.This book is entirely in French and certainly I feel that the Canadian citizens of the Province of Quebec appreciate a science magazine in the French Canadian language.No-one in the offices at the company where I am employed speaks the French Canadian language, nor do they really have any interest in learning to speak it.Some of my fellow workers have ancestors who were French Canadian, but have now blended with the population in the Windsor area and the French language is no longer spoken since it is an isolated language of no use whatsoever other than to a small group of people in the Provinces of Canada with the exception of Quebec, where naturally a fairly large portion of the people want to retain the French Canadian language, although they are isolating themselves from the rest of the world.As a citizen of Canada and a taxpayer of Canada, I personnally deeply resent our Federal Government spending approximately 1 billion dollars a year on the propagation of the French Canadian language when it can only be used in one province to the advantage of the individual citizen, and then it is of no use in the markets of North America, since it is an isolated French Canadian language.It may seem that I am prejudiced and bigoted in my thoughts, but I think one has to be just a little bit pratical.I am sure that you realize that in the sciences and in the language of technology, there are many words that just do not exist in the French Canadian language and really, Bill 22 of the Province of Quebec and some of the actions of our politicians in Ottawa are really trying to promote something that is a personal prestige and really not of value to the citizens of Quebec or Canada.I am sure that everyone in Canada, and especially the people in Quebec, would be much happier and much more prosperous without Bill 22 and without the continued promotion of the isolated language.One does not have to have a very long memory to remember that the French culture from France was quickly forgotten in 1919 and 1939.With the recent proclamation by the Government in Ottawa that they wish to conserve resources, I would suggest that it is not necessary to send us any further issues of your magazine and in that way, we will save some paper, and I would suggest that this thought would be agreed to by most citizens of the country outside of the Province of Quebec.I sincerely trust that in the next few years, we can all blend together in this wonderful country to make sure we have one country, one language, freedom for all, and the opportunity for separate groups to have their own social, traditional, and heritage associations or clubs.Leonard Neal 2548 Lincoln Road Windsor, Ontario POIDS ET MESURE Je sais que vous prenez en considération les lettres de vos lecteurs, c'est pourquoi je m'adresse à vous pour résoudre une ambiguité de la langue française et de la technique.Je viens de recevoir du ministère des Transports du Québec un certificat d'immatriculation pour ma voiture, le poids de celle-ci y est enregistré en kilogrammes et en livres.Immédiatement, j'ai relu le numéro de Québec Science (vol.8, no 3, janvier 1970) qui donnait une traduction d'un article abrégé sur le système métrique, je n'y ai malheureusement pas rencontré l'unité à employer pour le poids d'un objet.Me rapportant à la publication ACNOR-Z234-2-1873 de l'Association canadienne de normalisation —page 15— je lis que la 3e Conférence générale des poids et mesure (1901) déclare que: «Le terme poids désigne une grandeur de la même nature qu'une force; .» Me référant à nouveau à la revue Québec Science reprise en rubrique, je vois que l'unité pour la force est le Newton et non le kilogramme.Pouvez-vous me dire si c'est moi qui me trompe, en voulant employer le mot poids mars 1975/ QUÉBEC SCIENCE «lyforjo ptaaiii yfyrtlia canaiif1'* leliidüefa avec comme unité le Newton, ou si c'est le ministère des Transports qui est dans l'erreur en employant le mot poids, avec comme unité le kilogramme.En attendant une réponse de votre part, recevez les meilleurs vœux de prospérité pour votre excellente revue.O.Deckers Lorraine Vous avez raison, le Newton est effectivement l'unité de poids dans le système métrique (M.K.S.A.)- Le problème réside dans le fait que les Européens utilisent une unité de masse (le kilogramme) et nous une unité de poids (la livre) pour parler de la même chose (embonpoint, etc.).Strictement parlant, une fois que le système métrique sera en vigueur, nous parlerons de masse, en kilogrammes, au Heu de poids, en livres.LE MAGAZINE m QUEBEC SCIENCE Directeur Jean-Marc Gagnon Chef des informations Benoft Drolet Secrétaire de rédaction Diane Dontigny Conception graphique Jean-Pierre Langlois Secrétariat et diffusion Patricia Larouche Françoise Ferland I mpression L'Éclaireur Ltée, Beauceville Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.2860, des Quatre-Bourgeois Sainte-Foy, Québec G1 V 1 Y3 (418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier: $8.00 / Tarif étudiant: $6.00* A l'étranger: $15.00 / A l'unité: $1.00 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 / Télex: 011 3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE * Ce tarif s'apol'Que également aux groupes et organismes qui commandent plus de dix (101 abonnements en même temps Université du Québec Institut national de la recherche scientifique SESSION D'AUTOMNE 1975 PROGRAMMES DE 2 et 3" CYCLES INRS-Eau - M.Sc.Programme: La première année, tous les étudiants suivent les mêmes cours dans les différentes disciplines concernées par l'eau.La deuxième année, par des cours à options, permet la spécialisation dans un domaine d'études spécifiques.Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes: agronomie économique mathématique génie foresterie géographie chimie physique géologie biologie Endroit: Complexe Scientifique du Québec, Sainte-Foy, Qué.INRS-Énergie — M.Sc.et D.Sc.Recherche: La recherche à l’INRS-Énergie se divise en quatre domaines: Interaction Laser-Matière Application des plasmas Confinement d'un plasma chaud Technologie des réacteurs à fusion De plus, les étudiants peuvent participer aux projets de recherche de l'I REQ dans les domaines suivants: Plaute Tension Électrochimie Matériaux Grande Puissance Mécanique Mathématiques appliquées Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes physique génie physique génie électrique chimie génie chimique génie mécanique métallurgie génie métallurgique mathématiques appliquées Endroit: Varennes (20 milles du centre de Montréal).INRS-Télécommunications — M.Sc.Recherche: La recherche à l'INRS-Télécommunications comprend: Traitement des signaux video Téléphonie Transmission de données Conditions d'admission: Les candidats devront posséder un diplôme de premier cycle universitaire ou l'équivalent dans une des disciplines suivantes : génie électrique physique génie physique mathématiques appliquées Endroit: Ottawa SOUTIEN FINANCIER: Aide financière sous forme de bourse et/ou de postes d'assistance de recherche disponible.Les candidats sont cependant encouragés à faire des demandes de bourses à d'autres organismes, et il en sera tenu compte lors de la sélection des candidats.DATE LIMITE DES DEMANDES D'ADMISSION: 15 mars 1975 Pour obtenir les formulaires de demande d'admission et tout renseignement supplémentaire, s'adresser au: Secrétariat général Institut national de la recherche scientifique (INRS) Complexe Scientifique du Québec C.P.7,500 Québec G1V 4C7 LE RÉSEAU DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC L'Institut national de la recherche scientifique est l'une des dix unités constituantes du réseau de l'Université du Québec QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 5 ACTUALITÉ Des igloos en cjment La construction d'un type d'abri pouvant servir d'habitation temporaire ou permanente, d'entrepôt ou de refuge, pour ceux qui tiennent «nordicus» à vivre dans le Nord, a fait I objet de travaux très intéressants, au département de Génie civil et a l'École d'Architecture de l'université Laval.Le professeur Luc Lachance et l'architecte Onil Poulin ont étudié, à la demande du Conseil de recherches pour la défense du Canada, plusieurs types de géométries et divers matériaux de base pour mettre au point un petit abri peu coûteux et bien adapté aux conditions de l'Arctique.Tout compte fait, c'est sur l'abri en forme d'hémisphère ou d'igloo -il fallait s'y attendre- qu'ils ont arrêté leur choix.Toutefois, ce nouveau type d'igloo ne sera pas fait de neige ou de glace mais bien de fer et de ciment.De plus, ils ont rejeté le principe de construction sur place pour choisir la technique de préfabrication.Cette méthode de construction des «igloos en ciment» permet de fabriquer les éléments en usine, à l'abri des intempéries, puis de monter ceux-ci sur place, en moins d'une journée, pour former un petit abri très convenable.Le temps de construction est écourté parce que les seuls travaux qui doivent être faits au site de construction sont le terrassement et l'assemblage.De plus, les contrôles de qualité sont de beaucoup simplifiés puisqu'ils peuvent être presqu'entièrement faits en usine, avant l'expédition.La production en série permet une utilisation optimale des machines outils et réduit la part de travail strictement manuel.Autre avantage, la construction en ferrociment est simple et ne requiert pas une main d'œuvre très spécialisée.Du mortier, du ciment et plusieurs trames métalliques forment ce matériau de base.Élastique et flexible, le ferrociment ne se fissure pas et, par conséquent, présente de bonnes qualités d'étanchéité.6/ ACTUALITÉ T'r.V.i génie civil, u • laval LAST ¦ÿMsüt'' -w .> C\ X V , H •' .-x'- V A MA CABANE AU CANADA — Placée sur une forme de bois, recouverte d'une toile de plastique, la trame métallique est soigneusement imprégnée de béton «styropor» (photo 1 ), pour former l'un des croissants qui serviront à ériger l'igloo.Une fois assemblé, celui-ci mesurera 2,5 mètres de hauteur et 3,5 mètres de diamètre (photo 2).La forme même et le matériau utilisé assurent à l'ensemble une très grande stabilité, même si la paroi n'a que 1,5 centimètre d'épaisseur.La forme d'igloo, de géométrie très simple, facilite aussi la construction à l'aide d'éléments préfabriqués.Il en résulte une structure autoportante sans poutre ni colonne, offrant un maximum d'espace utilisable.Tel que conçu par MM.Lachance et Poulin, l'igloo est formé de 8 croissants réunis et assemblés solidement les uns aux autres par un mélange de ferrociment.La forme d'igloo n'a donc pas été choisie sous le coup d'un caprice.pour faire comme les Esquimaux.De même, le choix du matériau de base trouve aussi sa justifica-13 tion logique.En effet, il fallait un matériau résistant, certes, mais assez léger pour qu'aucun problème ne se pose lors du transport ou de l'assemblage.Du béton de type «styropor» (fabriqué à l'aide d'un mélange de ciment, de sable et de particules de polystyrène expansif) et une trame métallique forment un matériau qui satisfait ces exigences: le ferrociment.Une fois les 8 croissants fabriqués séparément, en usine, ceux-ci peuvent être expédiés au lieu de construction de l'igloo.Sur place, ils sont ensuite reliés les uns aux autres et cimentés, encore une fois avec du styropor, pour former une structure étanche et solide.La dernière étape consiste à recouvrir la structure d'un revêtement de stuc, pour lui assurer une parfaite étanchéité tout en estompant les joints.Le projet étant donc fort bien amorcé, MM.Lachance et Poulin en sont maintenant rendus à la seconde phase de leur étude.Celle-ci consiste en l'étude des possibilités de production en série (sur une petite échelle, pour commencer) et sur les divers procédés d'isolation thermique, pour les conditions climatiques vraiment rigoureuses du Nord canadien.Finalement, des études architecturales doivent être faites pour déterminer l'habitabilité et l'aménagement de ce nouveau type d'igloo.Combien coûtera un tel abri?Qui pourra y avoir accès?Il est ; encore difficile de répondre à la première question.Les études : de fabrication en série ne font que commencer.Pour ce qui est î des utilisateurs éventuels, ce seront fort probablement et majoritairement des militaires en exercice dans le Nord (rappelons que ce projet a été subventionné par le Conseil de recherches pour la défense du Canada).Cependant, les igloos de ciment, ou plus exactement de ferrociment, pourront aussi servir de refuge aux «explorateurs» du Nord, comme les chercheurs de pétrole ou les scientifiques poursuivant des études dans le Nord canadien.» Dansqu par un p traiteme T r a?.’3 D: tOUS II ['"ittte (Man: ilîStlM L'alumim sonttrès del'akn exemple, permet p bauxite, i terreuses 4 AU RO' Uu monde MMtiir rufnoÉiitic % nouvaji,.Mis bar prof.lectio Sa mars 1975 / QUÉBEC SCIENCE — f j istissili I «irésulltiml fraolyn jest few Bnsaoii fijloon'a sa justifie sut, certes, se lois du styropoii [tttfe I àllif I ferfociitiertj usine, ceu*J I'ijIoo.St'l structuie I .nia J unepaifa® oceet is de le»1 inceil!1* , Fioafe poul uveauW* Les et* foui»11”1 iiteotej il de M» 0^>0 it*18 v juaotJ8'" C|£NC£ L’aluminium sans électron Dans quelques mois commencera la production d'aluminium par un procédé révolutionnaire.Ce procédé consiste en un traitement entièrement chimique, ne requérant pas les énormes quantités d'électricité du processus conventionnel.Plusieurs métallurgistes considèrent déjà le procédé Toth, du nom de son inventeur, comme le premier progrès dans le domaine de la métallurgie de l'aluminium depuis près de 100 ans.De tous les métaux, l'aluminium est le plus répandu dans la croûte terrestre.Cependant, ce précieux métal n'existe pas, dans la nature, sous forme métallique pure.Pour le fabriquer, il est nécessaire de transformer ses oxydes ou autres composés.L'alumine (AlaO3 ), un de ses oxydes, est le constituant fondamental des argiles.Malheureusement, même si ces argiles sont très abondantes et faciles d'accès, le procédé d'extirpation de l'aluminium tel qu'utilisé présentement, par l'Alcan par exemple, le procédé Bayer-Hall pour l'appeler par son nom, ne permet pas d'en tirer l'aluminium.L'Alcan utilise plutôt la bauxite, une pâte rouge, hydrate d'aluminium en masses terreuses contenant aussi du fer et des oxydes ferreux (ce sont a A AU ROYAUME DU SAGUENAY — La plus importante aluminerie du monde est située à Arvida, non loin de Chicoutimi.L'Alcan, propriétaire de cette immense usine, devra bientôt se soucier de la compétition que lui fera la Toth Aluminium Corporation.d'ailleurs ces derniers qui confèrent à la bauxite sa couleur rouge).Les gisements de bauxite sont malheureusement difficilement accessibles (l'Alcan puise la sienne des gisements des Guyannes) et vont en s'épuisant.Il faut donc chercher de nouveaux procédés permettant d'extraire l'aluminium d'autres sources que la bauxite.L'argile serait l'une d'elles.Mais elle contient des silicates qui perturberaient les réactions impliquées dans le procédé Bayer-Hall au point de le rendre inefficace.Dans ce traitement, utilisé par l'Alcan, on note deux étapes principales.Le minerai de bauxite est d'abord raffiné, pour obtenir de l'alumine, par un procédé chimique imaginé par le professeur Karl Bayer (en 1880).L'alumine est ensuite dissoute dans de la cryolite (sel d'aluminium) fondue et, par une technique d'électrolyse (séparation des constituants dans un champ électrique), l'aluminium est séparé de l'oxygène pour donner le métal recherché.Le procédé d'électrolyse demande d'énormes quantités d'électricité.C'est pour cette raison que les alumineries sont souvent construites à proximité de barrages hydroélectriques.Au contraire, le procédé Toth ne nécessite pas ces énormes dépenses d'électricité.Il consiste en un traitement purement chimique de l'argile pour en extraire l'aluminium.La terre argileuse est d'abord calcinée pour éliminer l'eau qu'elle peut contenir.On traite ensuite le «calcinât» au chlore pour former un chlorure d'aluminium.Ce dernier est réduit, c'est-à-dire qu'on libère l'aluminium grâce à du manganèse qui accapare le chlore.A diverses étapes, le chlore et le manganèse sont «recapturés» pour être recyclés dans le procédé.L'invention de M.Toth permet donc d'extirper l'aluminium d'une source peu coûteuse et très répandue: l'argile.Le nouveau procédé permet aussi d'économiser l'électricité que consomment, en si grandes quantités, les alumineries conventionnelles.De plus, selon son inventeur, ce nouveau procédé ne produira que très peu de pollution atmosphérique et ne demandera, pour une production équivalente, que 5 pour cent de la surface de plancher requise par l'ancien procédé.D'autre part, la réduction des coûts de fabrication verrait le prix du kilogramme d'aluminium passer de 0,42 dollar (selon le procédé Bayer-Hall) à environ 0,25 dollar par le procédé Toth.La production annuelle canadienne étant de près de 800 000 tonnes d'aluminium, le prix global pourrait donc être réduit d'environ 130 millions de dollars annuellement.Grâce au procédé Toth, il sera donc possible de diminuer le «joug» de l'électricité dans la fabrication de l'aluminium.Congrès sur les lunes du système solaire Il y a quelques mois, des scientifiques de plusieurs pays se groupaient, à l'Université de Cornell, lors du premier «Congrès sur les satellites planétaires».Il ressort des discussions qui s'y sont tenues, telles que relatées en détails par la revue américaine Science (27 septembre 1974), que les satellites naturels des planètes pourraient bien devenir l'indice idéal pour retracer l'origine et l'évolution du système solaire, grâce aux informations fournies par les sondes spatiales, Pioneer et Mariner.Les lunes de Jupiter et de Saturne ont fait couler beaucoup de.salive .et beaucoup d'encre.Jupiter, avec ses 13 satellites, et Saturne avec ses 10 lunes forment chacune un véritable petit système solaire.Les scientifiques croient maintenant qu'en elles-mêmes, ces planètes et leur cortège de lunes pourraient nous guider vers un modèle bien étayé de l'origine du système solaire et de l'évolution de ce dernier.Par exemple, les 4 principales lunes de Jupiter (les plus denses et les plus volumineuses) sont situées à peu près au centre du cortège de lunes de cette planète.Peut-être ces lunes se sont-elles formées autour de Jupiter par un mécanisme semblable à celui qui a prévalu lors de la formation des planètes autour du Soleil?QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 ACTUALITÉ / 7 Malheureusement, ni la masse ni le diamètre des plus petites lunes ne sont connus avec précision.Aussi est-il impossible de les utiliser, pour l'instant, pour confirmer ou infirmer certains modèles de la structure du système solaire.Les lunes qui orbitent autour des dernières planètes du système solaire sont si loin de la Terre (à 1 milliard de kilomètres ou plus) que d'autres sondages par satellites seront nécessaires pour les utiliser comme critère de vérification des modèles d'évolution du système solaire.Pioneer 11 est passé près de Jupiter en décembre dernier et se dirige maintenant vers Saturne, qu'il atteindra dans 2 ans environ.De plus, deux vaisseaux spatiaux Mariner, munis de caméras beaucoup plus perfectionnées que celles des Pioneer, seront lancés en 1977, en direction de Jupiter et de Saturne.Les lunes de ces planètes seront alors leur principal centre d'intérêt.Les planètes externes sont presqu'entièrement fluides et il sera très difficile d'y recueillir des échantillons solides ayant conservé la «marque du temps» et des indices de l'évolution planétaire.Par contre, les lunes dont la surface est solide, permettront éventuellement de ramener des échantillons clefs pour amorcer la science de l'archéologie du système solaire.A MARCHE A SUIVRE — Les sondes Mariner qui seront lancées par la NASA, en 1 977, auront pour mission de frôler Jupiter, puis Saturne, en recueillant des photos de leurs lunes.Secoml souffle pour les camions tion d'un volet spécial rajouté tout simplement sur le toit de la cabine du camion.On se rappellera qu'à vitesse de croisière, environ 100 kilomètres à l'heure (60 m.p.h.), le moteur doit utiliser près de la moitié de la puissance mise en jeu pour lutter contre le freinage de l'air.Cependant, un carénage ou profilage approprié permet de réduire cette proportion.Le volet «pare-vent» conçu par M.Nicholl se présente sous la forme d'un demi-cylindre disposé verticalement sur le toit de la cabine du conducteur.Cette géométrie simple a permis de diminuer d'environ 20 pour cent la force de freinage exercée par le vent, lors des expériences en soufflerie.Selon M.Nicholl, ce pare-vent pourrait être facilement construit en fibre de verre et monté, à peu de frais sur la cabine de pilotage des camions-remorque conventionnels.Aux États-Unis, des études de ce type ont été entreprises, il y a environ 4 ans.Aujourd'hui, après de nombreuses difficultés de mise au point et de persuasion de la valeur pratique de leurs travaux, les scientifiques qui y ont travaillé, voient la crise du pétrole comme l'argument décisif en faveur de ce genre de recherche.Près de 20 000 camions sur une possibilité de 500 000, c'est donc dire environ 4 pour cent des flottes de camions des États-Unis, sont munis d'un tel dispositif.Il faut toutefois noter que le pare-vent mis au point par M.Nicholl, dans la soufflerie du département de Génie mécanique de l'université Laval présente plusieurs avantages sur ceux qui sont actuellement en usage aux États-Unis.Moins coûteux, il s'adapte plus facilement aux camions conventionnels et se comporte mieux lorsqu'il y a des vents de travers.M.Nicholl estime que l'économie d'essence que son pare-vent pourrait permettre, se chiffrerait à un peu plus de 5 pour cent de la consommation actuelle des mastodontes qui sillonnent nos routes.Cependant, si le camionneur profite de cette amélioration de l'aérodynamisme pour rouler un peu plus vite, le bénéfice, au point de vue de la consommation d'essence, s'envolera en fumée.?UN CAMION AU COTON — La photographie 1 illustre l'effet du «pare-vent», en demi-cylindre vertical, sur l'écoulement de l'air le long d'un des côtés de la caisse de chargement, à une vitesse équivalente de 100 kilomètres par heure.Les très faibles oscillations des rubans de coton, disposés le long des parois, indiquent que l'air circule de façon adéquate.Sur la photographie 2, pour un vent de côté, équivalent à 15 kilomètres par heure, on note encore un bon écoulement d'air, cette fois le long du toit de la caisse de chargement.1 Nous avons déjà parlé des études d'aérodynamisme conduites par la NASA, pour réduire la consommation de carburant des camions-remorque (voir Québec Science, décembre 1974).Les modifications dont il avait alors été question portaient sur la forme de la remorque même (caisse de chargement).Depuis lors, le professeur Christopher Nicholl, du département de Génie mécanique de l'université Laval, poursuit des travaux dans le même sens, mais, cette fois, pour mettre au point un volet qui améliorerait l'écoulement de l'air autour du camion et réduirait ainsi l'emprise du vent sur le véhicule.C est.f |a demande d'une compagnie de transport de Québec que M.Nicholl a entrepris des expériences en soufflerie sur des modèles réduits.Pour sa part, il rejette l'idée d'arrondir les coins des remorques en raison des problèmes de chargement (perte d espace) que cela occasionne.De plus, pour des raisons economiques, il a écarté la possibilité de modifier les formes déjà existantes.La solution retenue porte plutôt sur l'utilisa- génie mécanique, u.laval -v- 8/ ACTUALITÉ mars 197 5/QUÉBEC SCIENCE ENVIRONNEMENT Une tempête de soleil usis Grâce au laboratoire spatial Skylab, les scientifiques disposent maintenant de photographies astronomiques inédites.Le Soleil a été la principale cible des caméras de Skylab.' \ f Aujourd'hui, un an après que la station ait été désertée pour de bon, des scientifiques continuent à analyser les clichés recueillis par Skylab.Leur but: comprendre les mécanismes mis en jeu lors des fréquentes secousses qui froissent la surface de «notre» étoile.La photographie qui suit montre d'immenses nuages d'hélium poussés à plus de 560 000 kilomètres de la surface solaire, lors d'une éruption.Traitée électroniquement, elle permet, en un coup d'œil, d'observer les «points chauds» de l'éruption.Plus une plage est claire, et plus la température y est élevée, allant de 6 000 degrés Celsius, pour les zones sombres, à près de 100 000 degrés Celsius, pour les plages blanches.Ce genre de photographie ne pourrait jamais être obtenu de la surface terrestre, car le rayonnement émis par l'hélium, surtout concentré dans l'ultraviolet, est entièrement absorbé par l'atmosphère terrestre.Un lac qui ne lient pas geler Malgré des températures extrêmement basses, le lac de Smith Sound, dans le Nord canadien, refuse de geler et sa surface demeure libre de glace à longueur d'année.Cet étrange lac (d'une superficie 40 fois plus grande que celle du lac Saint-Jean), situé entre le Groenland et Tile Ellesmere, et ses effets sur les «terres» environnantes intriguent les scientifiques depuis longtemps.Le professeur Fritz Müller, du département de Géographie de l'université McGill, a mis au point un programme d'observations détaillées de la «glacio-climatologie» de cette région.Le lac de Smith Sound pose un problème écologique particulièrement intéressant.Comment se fait-il que même le froid mordant de l'Arctique n'arrive pas à en durcir la surface?En hiver, la température de l'air y est souvent inférieure à moins 55 degrés Celsius et peut se maintenir à ce bas niveau durant des semaines.Pourtant, à part quelques icebergs, cette étendue d'eau ne se couvre jamais de glace.D'énormes quantités d'énergie thermique et de grandes nappes de vapeur d'eau quittent la surface du lac pour se disperser dans l'atmosphère.A grande échelle, l'évaporation de l'eau de surface du lac contribue à grossir les glaciers et les champs de neige environnants.Nulle part ailleurs, dans l'hémisphère nord, autant de glaciers atteignent les eaux de marée pour former autant d'icebergs.Pour percer le mystère du lac de Smith Sound, M.Müller a mis sur pied le Projet Eau du Nord (ou North Water Project).L'entreprise multidisciplinaire implique la participation de scientifiques du Canada, des États-Unis, du Danemark et de la Suisse.Météorologues, climatologistes, océanographes, biologistes et glaciologues unissent leurs connaissances pour percer les secrets du lac qui ne veut pas geler.Après plusieurs années de planification et de reconnaissance par brise-glace, expéditions atteignant leur paroxysme avec une tentative infructueuse d'atteindre le lac en février 1972, le programme dut être révisé.La solution de rechange a consisté à établir un réseau de stations permanentes aux abords du lac.Un tel réseau permet maintenant de recueillir, à longueur d'année, toutes les mesures climatologiques et glaciologiques requises.Depuis deux ans maintenant, trois petites stations habitées, à l'fle Coburg, à ITIe Carey et au cap Herschel, recueillent toutes les données voulues.Chaque station est occupée par une équipe de trois ou quatre scientifiques.Ceux qui y séjournent n'ont pas le temps de s'ennuyer: le programme est très chargé.Ils doivent effectuer régulièrement des observations synoptiques du lac (nombre d'icebergs, présence de nuages, etc.), déterminer la radioactivité d'échantillons d'eau du lac, et recueillir les données des petites stations météorologiques automatiques.Les mesures sont ensuite transmises, par radio, à la station gouvernementale de Resolute Bay (Territoires-du- QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 ENVIRONNEMENT/ 9 mathématiques ^S« / ïl L ^ I -/T tr ** miPm documentation photographique, gouv.du québec P 28 prix d'un médicament x déjà sur le marché, on peut lancer un médicament y, plus cher comme par hasard (mais tellement plus moderne et efficace) et destiné à remplacer le premier.Et indépendamment du fait que moins un médicament est nouveau, plus il coûte cher à imposer sur le marché (si vous lancez un médicament qui guérisse le cancer, vous n'aurez pas besoin de lui consacrer un gros budget de publicité), le renouvellement de la pharmacopée est certainement cause de surconsommation et d'augmentation des prix.Car même si l'indice général du prix des médicaments d'ordonnance a baissé de 6 pour cent entre 1961 et 1972, comme le rappelle _ l'ACIM dans une brochure, on observe généralement que le coût du traitement HH d'une maladie donnée augmente sensible-ment avec les années parce que le rl médicament employé n'est plus le même.• «Bien sûr que l'indice des prix diminue, nous dit M.Yves Courchesnes, mais à W' condition de comparer les mêmes médica-* - ments.Or, avec les années, chaque HH médicament est remplacé par un autre, IHi plus coûteux et rarement plus efficace.C'est le cas par exemple de la streptomy-P?" cine, utilisée dans le traitement de la tuberculose, qui a été remplacée par la rifampicine, qui n'a d'avantage sur la première que de pouvoir être prise par voie orale alors que l'autre était injectable.Une semaine de traitement à la streptomycine coûte à un hôpital 75 cents et une semaine à la rifampicine 14 dollars.» DES SOLUTIONS?Le roman, nous le disions en commençant, est plutôt noir.D'autant plus que toute ressemblance avec des personnages ou des situations existant réellement n'est pas le fruit du hasard.Mais existe-t-il des solutions?Peut-on sortir de cette situation «bloquée», comme disent Dupuy et Karsenty?En tout cas, par quel bout doit-on commencer, si l'on veut voir la fin de ce cauchemar dans lequel toutes les situations semblent inextricablement enchevêtrées?Pour le public, le premier type de solutions se situe au niveau du réflexe d'autodéfense pure.Une éducation populaire bien faite sur les médicaments, sur le danger qu'ils représentent en soi, sur le danger, aussi, de l'automédication, permettrait peut-être de freiner en partie la consommation.«Une antipublicité pharmaceutique s'impose même au niveau du public», écrit le docteur Pierre Biron.L'expérience du Comité de médicaments de Pointe Saint-Charles, à Montréal, est révélatrice de ce que des citoyens peuvent faire dans un domaine aussi «bloqué» quand ils décident de prendre en main leurs propres affaires: «À partir d'un groupe d'une dizaine de personnes bien pognées dans le problème, nous dit Lorraine Guay, nous avons commencé à chercher les causes de cette aliénation, puis à aller les expliquer à d'autres citoyens du quartier.Après un gros tra- mars 1975/QUÉBEC SCIENCE "aisttt il'tifeftié SlOUi irisse le in dt lui «Miciitl,], spte lOmmatinn ¦ai «Mil tfamenti Jrcent appelle iteseisible- elt uslenàit, (Jmiiiüe, mais à mts médita- aniip «nautit, efficace.cents etrae Hats.) comiMint, pue toute lajesoudes «eitout uteoiila iel toutes las not bjd’auto-liopulaiee ( sur le ici, sut I* lion,pa®'1' irtiela .-pdfs ntrPül niiw'i tire'»" moes^ mP 1 tuti» fCS»11 euce vail de sensibilisation, de mobilisation, tout cela a abouti à l'ouverture, en janvier 1973, de notre pharmacie populaire.Une pharmacie dont le but n'est pas commercial, donc qui peut véritablement faire de l'éducation (et c'est parfois long quand on va à contre-courant des paroles d'un médecin tout-puissant) et de l'anti-publicité (et c'est parfois dur quand on se bat contre un adversaire aussi matraquant que la télévision).Mais il y a eu des résultats: plus les gens ont été impliqués dans l'expérience, plus leur comportement vis-à-vis du médicament a changé; d'un autre côté, la pharmacie remplit aujourd'hui, moins de deux ans après son ouverture, près de 60 pour cent de prescriptions de plus.Enfin, le travail d'animation va reprendre, avec des cours populaires sur les médicaments et sans doute une opération anti-vitamines.» Au niveau des médecins aussi, une éducation visant à les faire moins prescrire («le synonyme de bien prescrire») peut s'avérer utile.C'est d'ailleurs par là qu'il faut commencer, dit Yves Courchesnes en relevant le fait que la présence de pharmaciens dans les institutions de santé a permis de baisser le niveau de prescriptions des médecins.Et le docteur Albert Nantel, du Centre de toxicologie du CHUL, d'ajouter: «Moins prescrire est peut-être une solution individuelle dans son application, de relativement peu d'efficacité tant qu'un autre confrère continue de surprescrire.Mais au moins, si un homme veut se jeter dans le fleuve, je n'irai pas le conduire moi-même au milieu du pont.Je ne donnerai pas à un suicidaire une carabine chargée en lui recommandant bien fort de ne pas s'en servir.» Des formules d'éducation permanente sur les médicaments à l'intention des médecins devraient aussi être mises de l'avant: «Un médecin qui a plus de 50 ans et qui n'aurait reçu aucun enseignement permanent, dit le docteur Pierre Biron, n'aurait pas pu entendre parler de 90 pour cent des médicaments actuels pour la simple raison qu'ils n'existaient pas au moment où il a fait ses études.» Au niveau des pouvoirs publics —qui deviennent payeurs quand des programmes d'assurance sociale couvrant ces dépenses de santé sont mis en vigueur—, des contrôles sur la qualité, voire la quantité et les coûts des médicaments consommés, peuvent être utilement exercés.Depuis quelques années, le gouvernement fédéral, de qui relève la responsabilité de donner le feu vert à la mise en marché d'un médicament, exige du fabricant qu'il fasse la preuve de l'efficacité de son produit, et non plus seulement de son innocuité.De son côté, le Conseil consultatif de pharmacologie du Québec a, depuis trois ans, abattu un travail remarquable d'assainissement dans le domaine du médicament, au niveau de la qualité du moins.La liste des médicaments qu'il établit pour fin de couverture des frais de pharmacie de plus de 10 pour cent de la population québécoise depuis la dernière extension du régime (la liste, de plus, est obligatoire dans les hôpitaux) nous a été QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 décrite comme l'une des meilleures au monde, et nos voisins du Sud commenceraient à s'y intéresser.Cette liste contient environ 4 000 produits pour lesquels de très solides preuves d'efficacité ont été exigées (et les dossiers restent ouverts: un produit, voire un fabricant, est parfois rayé d'une édition à l'autre).Toutes les «associations» ont été exclues de ce formulaire, à moins de preuve formelle d'avantages pharmacologiques, ce qui limite un peu la surconsommation due à la polypharmacie.Au niveau des coûts, le Conseil ne contrôle pas les prix des produits qu'il inscrit dans sa liste, sauf pour les 28 médicaments les plus prescrits, qui représentent près de 25 pour cent de la consommation globale et pour lesquels il détermine un prix (en calculant le prix pondéré moyen): «Cette mesure, dit la présidente du Conseil, Mme Denise Leclerc-Chevalier, représente une économie annuelle d'environ un demi-million de dollars pour l'État.» RENDRE POSSIBLE LA SANTÉ Au niveau des pharmaciens, l'examen de conscience auxquel ils se sont livrés publiquement à l'occasion des audiences tenues par l'Office des professions du Québec, l'action entreprise par leur Collège aussi (et que nous évoquons ailleurs dans ces pages), permettent d'espérer en certains changements, même s'il est vrai que le pharmacien détaillant doit malgré tout rester pris dans le conflit d'intérêts.Dans les institutions de santé, où les pharmaciens sont simplement des salariés, ce conflit n'existe pas et c'est là que les freins les plus sérieux sont mis à la consommation des médicaments.En matière de prix enfin, il faut noter que les pharmaciens viennent d'obtenir, au Québec, le droit de substituer un médicament prescrit par un autre médicament équivalent dont le prix serait moindre, ce qui n'a d'ailleurs pas eu le bonheur d'enthousiasmer l'industrie qui oriente sa publicité sur «l'image de marque» laissée auprès du médecin.Ce qui nous amène, bien sûr, à l'industrie et à la publicité.Le besoin de la réglementer sévèrement est la plus douce recommandation que nous ayons entendue.Il faudrait même la supprimer, et le doyen de la Faculté de pharmacie de l'Université de Montréal, M.Julien Braun, note avec satisfaction que l'une des revues médicales les plus prestigieuses au monde, \e Journal of American Medical Association, vient de supprimer la publicité de ses pages.Quant à la publicité visant directement le grand public et portant sur les médicaments brevetés, nos interlocuteurs sont unanimes à la dénoncer.«Quoique, note un haut fonctionnaire du ministère des Affaires sociales, des études très sophistiquées menées aux États-Unis ont montré que la suppression de la publicité sur la cigarette à la télévision s'accompagnait.d'une augmentation du nombre de fumeurs!» Toujours en ce qui concerne l'industrie, il faudrait freiner le rythme avec lequel elle renouvelle ou augmente '%.¦vXi radio-québec ï T' -S ; A Pointe Saint-Charles.«Une pharmacie dont le but n'est pas commercial, donc qui peut véritablement faire de l'éducation et de l'anti-publicité.» 29 UNE INDUSTRIE «D’UTILITÉ PUBLIQUE» À la suite d'une enquête sur les milliards de doses d'amphétamines et de barbituriques qui sont détournées du marché officiel, John Pekkanen, journaliste américain, publie un livre, The American Connexion, chez Follet Publishing Company, à Chicago en 1973.Il y parle des «détournements» des médicaments ainsi que des mœurs commerciales et des liaisons des grandes compagnies pharmaceutiques avec certaines caisses électorales.Cependant la filiale canadienne de la multinationale Hoffmann-LaRoche a acheté du distributeur torontois McGraw-Hill l'ensemble du tirage de ce livre destiné à notre marché.Cette anecdote nous donne une idée de certaines pratiques en usage dans ces États au-dessus des États que sont les compagnies multinationales.Or celles-ci occupent une place prépondérante dans le domaine du médicament.Des chiffres rapportés par la Commission royale d'enquête sur les services de santé (la Commission Hall, en 1964) montrent qu'à cette époque, plus du tiers des compagnies pharmaceutiques installées au Canada étaient contrôlées par des intérêts étrangers, américains pour la plupart (au moins 97 compagnies sur 276).Des 57 membres de l'Association des fabricants de produits pharmaceutiques canadiens qui se présenta devant la Commission Hall, 34 étaient des filiales de compagnies américaines, 9 de compagnies européennes, tandis que 7 compagnies étaient canadiennes et que pour les 7 autres, on n'avait pas «les renseignements voulus pour identifier les propriétaires».Chose plus importante cependant, plus de 90 pour cent du marché canadien du médicament est entre les mains de compagnies étrangères, et les auteurs du rapport cité (en l'occurrence le ministère de la Santé Nationale) ajoutent: «On pourrait même aller jusqu'à dire que le marché canadien, dans ce domaine, n'est qu'une simple extension du marché américain.La tendance, bien sûr, est à la concentration.Le reste du marché est occupé par des compagnies canadiennes, dont environ la moitié par des compagnies dites «éthiques» (qui vendent des produits de marque et qu'on retrouve en grande majorité au Québec), l'autre moitié par des compagnies qui vendent des produits génériques (des médicaments 30 vendus sous leur «dénomination commune» chimique) et qu'on retrouve surtout en Ontario.Les compagnies québécoises réalisent 80 pour cent de leur chiffre d'affaires au Québec et n'occupent environ que 10 pour cent de l'ensemble du marché canadien du médicament.L'industrie du médicament se présente comme une industrie qui fait beaucoup de recherche.La question est controversée, d'autant qu'il faut savoir ce qu'on appelle recherche (ou quelles dépenses une compagnie inscrit sous cet item dans ses états financiers) et dans quelle proportion la recherche est de la recherche de base ou du développement.Certaines compagnies, nous a-t-on par exemple dit, appellent recherche ce qui est en fait du contrôle de qualité.Au niveau des grands trusts du médicament, selon Charles Levinson, c'est environ 8 pour cent du chiffre d'affaires qui est consacré au budget recherche et développement, mais c'est à peine le cinquième de ce 8 pour cent qui va à la recherche de base.Au Canada, royaume des filiales, les témoignages recueillis sur la question varient entre le très peu et le pas du tout.Selon l'Association canadienne de l'industrie du médicament, le budget R & D serait de 6,8 pour cent du chiffre d'affaires (se répartissent comme suit: 25 pour cent de recherche pure, 39 pour cent de recherche appliquée et 36 pour cent de développement).Par contre, citant la Commission d'enquête canadienne sur les pratiques restrictives du commerce et son Livre Vert, l'étude produite par le ministère de la Santé Nationale devant la Commission Hall montrait que sur 27 grosses compagnies pharmaceutiques, 21 affectaient réellement de l'argent à la recherche et au développement, et ce dans une proportion représentant 2,12 pour cent de leurs ventes.«Toutefois, nous fait remarquer le vice-président marketing de Merck-Frosst, M.Hubert Martel, il est très difficile de distinguer entre recherche fondamentale et recherche appliquée dans ce domaine, tant il est vrai que plusieurs petites découvertes ou même simples améliorations apportées à un produit peuvent soudain conduire à de grandes et importantes découvertes.» M.Martel reconnaît pourtant que «la recherche pure est faite par des organismes publics, comme ça a toujours été, les labora- toires privés utilisant des filons, c'est-à-dire des bases théoriques générales».Pour sa part, le doyen de la faculté de Pharmacie de l'Université de Montréal, M.Julien Braun, ajoute: «Je sais bien qu'il y a par exemple une firme allemande qui fait de la recherche pure en cancérologie, et qu'elle ne récupérera au mieux qu'une infime partie des fonds qu'elle dépense dans ce domaine depuis vingt ans.Mais ce n'est finalement qu'un exemple de mécénat.C'est une compagnie pétrolière qui finance un orchestre symphonique.» Quant aux sommes consacrées par l'industrie pharmaceutique à la publicité, elles représentent au bas mot 15 pour cent du chiffre d'affaires des compagnies, soit au moins le double des sommes affectées à la recherche.Si l'on se réfère, encore une fois, à l'étude produite devant la Commission Hall et qui prenait pour base l'enquête très méticuleuse du Livre Vert, le total des dépenses de démarchage auprès des médecins, de représentation et de vente directe s'élevait, pour 40 firmes, à 29,2 pour cent du total de leurs ventes (à rapprocher du 2,12 pour cent de R & D cité par la même étude).Pour ce qui est des bénéfices, là plus encore que pour les autres questions, les chiffres varient selon.les opinions et la façon de présenter les tableaux: 6,5 pour cent, dit l'industrie, 15 à 20 pour cent, dit Levinson qui rappelle que le caractère multinational de ces entreprises permet bien souvent de «jouer» avec certains coûts, de très gros bénéfices pouvant par exemple être réalisés par telle filiale installée dans un «paradis fiscal» quelconque et qui par hasard achète de la maison-mère la matière première qu'elle revendra à une autre filiale.Ajoutez à cela que l'industrie pharmaceutique fait très souvent affaire directement avec les détaillants (les grossistes n'ont que 40 pour cent du marché canadien), et vous aurez finalement une assez bonne image de cette industrie dont tous les membres, pour reprendre une publication de leur Association, sont convaincus qu'ils «jouent un rôle d'utilité publique et que toutes leurs activités sont liées à ce rôle».mars 1 975 / QUÉBEC SCI ENCE l'éventail des médicaments sur le marché, ce qui aurait, comme on l'a vu plus haut, une incidence sur la quantité de médicaments consommés et surtout sur leur prix de revient (mais pas nécessairement de vente).Plus loin encore, un médecin, le docteur Maurice Jobin, écrit dans Québec Médical: «Devant l'anarchie qui règne dans le secteur du médicament, l'État devrait mettre sur pied et au plus tôt une régie qui contrôlerait la fabrication, la distribution, la publicité et le coût des produits pharmaceutiques.» Quant à la solution de la nationalisation de ces entreprises, elle paraft difficilement réalisable, pour des raisons tant politiques qu'économiques, dans le cadre d'une société libérale faisant face à des multinationales des plus «musclées».Il faudrait aussi, d'une façon générale, changer quelques-unes des règles du jeu les plus communément admises pour lutter contre le cancer de la surconsommation des médicaments.«Établir le salariat pour toutes les professions médicales», pense M.Pierre-Paul Leblanc, de l'université Laval.«Mettre l'accent, au niveau de la formation des médecins et des pharmaciens (bien que le problème soit moins grave de ce côté), sur l'acquisition d'une conscience sociale», ajoute le doyen Julien Braun.Et globalement, c'est à une démédicalisation du mal-être qu'il faut procéder, disent les auteurs de L'invasion pharmaceutique.C'est à une société qui rende possible la santé qu'il faut en arriver, dit Illich, au lieu de continuer à entretenir la maladie sans chercher à la combattre à la base.Autrement dit, c'est dans la prévention qu'il faudrait, et massivement, investir: éducation, hygiène physique et mentale, dé-professionnalisa-tion de la médecine.MAIS.«Pourtant, nous dit M.Robert Goyer, je demeure persuadé que toutes les prises de conscience qu'on peut constater depuis quelque temps, que toutes les actions même qui sont posées ici et là, ne suffiront pas à enrayer l'augmentation de la consommation des médicaments.» De son côté, dressant un premier bilan du Comité de médicaments de Pointe Saint-Charles, Lorraine Guay se dit que toute cette action, que toute cette mobilisation, n'est rien auprès de l'immensité du problème.En quelque sorte, une goutte d'eau populaire dans l'océan multinational.Car plus encore que les mentalités qu'ils exploitent, les intérêts en jeu sont énormes.Et solidement installés.Ivan Illich cite cette commission chilienne dont le docteur Salvador Allende avait animé les travaux et qui avait mis en doute l'efficacité de la très grande majorité des médicaments vendus sur le marché national: tous les médecins qui faisaient partie de cette commission, toujours selon Illich, ont subi le sort de Salvador Allende dans la semaine qui a suivi le coup d'État militaire du 11 septembre 1973.Et si le médicament représente un enjeu économique énorme, il joue aussi un rôle politique «normalisateur» de première importance.Dans L'invasion pharmaceutique, Dupuy et Karsenty relèvent ces incroyables lignes tirées d'une brochure que l'industrie pharmaceutique consacre aux bienfaits des tranquillisants: «De plus en plus, dit l'industrie, l'individu devra être lucide, vigilant, équilibré du point de vue mental, avoir des réflexes rapides et précis.Rares sont les hommes que la nature a doués de ces qualités.Les autres pourront avoir recours fréquemment aux tranquillisants afin de se maintenir au niveau psychophysiologique nécessaire pour la satisfaction de leurs ambitions (.).La complexité croissante de la vie économique, l'érosion monétaire, les problèmes de l'emploi, la concentration démographique urbaine et bien d'autres facteurs de la vie moderne perturbent l'équilibre psychosomatique de l'individu et provoquent souvent des états pathologiques dont le traitement vient grever le budget national par le biais de la Sécurité sociale.Les tranquillisants et les sédatifs hypnotiques constituent des médications préventives et régulatrices qui évitent souvent ces complications et, à ce titre, contribuent à moindre frais à maintenir en activité des sujets qui se seraient temporairement ou définitivement retirés des circuits économiques.» Rapprochez de cette belle littérature le fait que près de 40 pour cent des médicaments payés en 1973 aux bénéficiaires de l'assistance-médicaments au Québec étaient des médicaments du système nerveux central, que ces bénéficiaires étaient en gros les assistés sociaux, et vous aurez bouclé la boucle politico-pharmaceutique! «Une médecine qui prétend traiter les maladies sans se soucier de leur socio-génèse, écrit encore Michel Bosquet après avoir lu Illich, ne peut avoir qu'une fonction sociale très équivoque.» Dans ces conditions, ce n'est qu'au prix «de changements radicaux que nous mettrons un terme à cette intoxication collective», pour reprendre les mots du docteur Serge Mongeau ou les conclusions de citoyens actifs comme Lorraine Guay.Et ces changements, ils sont bien sûr d'ordre socio-politique.Et Michel Bosquet de conclure, au terme de sa lecture «politique» d'Illich: «En fait, un rapport sain, démédicalisé, à la santé et à la maladie ne sera possible que lorsque seront abolis, avec le salariat, les rapports «malsains» qui, soutenus par les institutions et les industries médicales, forment le tissu de la société présente.» Mais d'ici là, je crains fort que ce vieil Oncle Sam et ses frères ennemis suisses, allemands, français ou anglais aient encore pas mal de pilules à nous sortir de leurs gros sacs.Pour nous les vendre.Bibliographie Jean-Pierre Dupuy et Serge Karsenty, L’invasion pharmaceutique, Éditions du Seuil, 1974 Charles Levinson, Les trusts du médicament, Éditions du Seuil, 1974 Comité spécial de la Chambre des Communes, Le coût et les prix des produits pharmaceutiques, Éditeur de la Reine, 1967 Commission Royale d'enquête sur les services de santé, Fourniture, distribution et coût des médicaments au Canada, Editeur de la Reine, 1965 Commission d'enquête sur la santé et le bien-être (annexe 4, par F.D.Laçasse), Les mécanismes de distribution des médicaments et prothèses: analyse économique.Éditeur officiel du Québec, 1970 Statistiques annuelles 1973, Régie de l’assurance-maladie du Québec Dr Henri Pradal, Guide des médicaments les plus courants.Éditions du Seuil, 1974 Michel Bosquet, Quand la médecine rend malade, («lecture» de Medical Nemesis de Yvan Illich), Le Nouvel Observateur, 21 et 28 octobre 1974, et les numéros suivants pour le débat Québec Médical, numéro spécial sur Les médicaments dans notre société de consommation, vol.12, no 10, janvier 1973 Michel Lelèvre, L’industrie pharmaceutique, Le Devoir, 30 mars, 1er, 2 et 3 avril 1974 Source du tableau de la page 20: Service de la recherche et des statistiques de ia Régie de l'assurance-maladie du Québec (1973).Données établies d’après Coûts des soins personnels au Canada 1960-1970 (Ministère de la Santé et du Bien-Etre social, Ottawa, 1971), Retail Trade (Statistique Canada numéro 63-005), Survey of Retail Trade 1965 et 1968 (Statistique Canada numéro 63-51 8), et d'après l'Annuaire du Québec 1972.Il est à noter que pour les médicaments non prescrits, les chiffres représentent des estimations et portent uniquement sur les ventes en pharmacies.QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 31 ?NLKV^IL par Jean-Marc Fleury L’AVENIR APPARTIENT AUX NEUTRONS GINbDIENS À l'inverse de tous les pays «avancés», le Canada a développé la solution nucléaire qui comporte le moins de risques pour I environnement parce que réaliste et conforme aux lois de la nature: I énergie nucléaire selon CANDU.Mieux encore, la technologie canadienne serait à même de produire le combustible de l'heure: les neutrons.La guerre des neutrons a commencé.D'un côté, les neutrons rapides, de l'autre, les neutrons lents.Ces derniers ont déjà le monopole de toutes les centrales électronucléaires en existence.Leur règne tire à sa fin pourtant, car les grandes nations industrialisées se préparent à dépenser des milliards de dollars pour donner la vedette aux neutrons rapides.Pendant ce temps, les gens soucieux de l'environnement s'alarment des dangers de la technologie nucléaire «rapide».À un point tel que plusieurs proposent de renoncer pour de bon à l'énergie nucléaire.Mais, les neutrons lents —technologie nucléaire plus douce pour le milieu— n'ont pas dit leur dernier mot.Le Canada vient de se lancer dans la bataille à leur côté.0,1% D'EFFICACITÉ Jusqu'à présent, à part de produire une faible fraction de l'électricité du monde, les réacteurs nucléaires n'ont surtout réussi qu'à gaspiller le minerai d'uranium.Les réacteurs américains en dilapident 99,5 pour cent tandis que les réacteurs canadiens, deux fois plus efficaces, n'en perdent que 99,0 pour cent! Ceci tient au fait que l'uranium naturel, tel qu'on l'extrait du sol, se compose d'un mélange disproportionné: une partie d'uranium de masse 235 pour 140 parties d'uranium 238.Malheureusement, c'est la première partie qui est la plus intéressante.L'isoto-Pe_235 (nom donné aux atomes d'une même substance mais de poids atomique différent) demeure le seul élément trouvé dans la nature apte à se fracturer instantanément sous le choc d'un neutron.Son éclatement libère cent fois plus d'énergie que la plupart des réactions nucléaires en plus de deux ou trois autres neutrons qui provoquent de nouvelles explosions nucléaires.On appelle cette réaction énergétique réaction de fission, et la substance capable de l'entretenir est dite fissible.Des savants français ont même découvert, au Gabon, un réacteur nucléaire naturel.' La concentration en uranium 235 avait atteint un niveau assez élevé pour que la 32 hydro-québec m.—- > vvxjl VVV' LSW A LE DÉBUT D'UN TEMPS NOUVEAU -Avec le début des travaux de la centrale Gentilly-2, dont le réacteur sera de type CANDU, le Québec entre de plein pied dans l'ère de la production électrique par énergie nucléaire.La mise en service de cette centrale est prévue pour la fin de la décennie.fission en chaîne s'amorce d'elle-même.Mais ceci est un événement tout à fait exceptionnel, presque incroyable, lorsqu'on songe aux difficultés rencontrées par les ingénieurs pour faire fonctionner leurs réacteurs.Leur dilemne se présente comme suit.Les neutrons libérés par la fission de l'uranium 235 possèdent une très grande énergie initiale, de l'ordre du million d'électrons-volts.Autrement dit, ils se déplacent à 13 000 kilomètres par seconde.À cette vitesse, les noyaux d'U23 5 ne parviennent à les capter qu'avec difficulté.Les atomes d'U2 3 8 , qui ont aussi l'avantage du nombre, y parviennent plus facilement.Mais ceci n'aide en rien la combustion nucléaire.Ils les gardent.Après quelques heures, l'uranium ainsi engrossi se transforme en plutonium 239, matériau fissible créé artificiellement dans les réacteurs.Ce comportement égoiste de l'uranium 238 fait porter tout le fardeau de la réaction nucléaire sur l'uranium 235, qui ne peut même pas avaler les neutrons disponibles.Au premier abord, l'uranium fait donc figure de piètre combustible nucléaire.On pourrait songer à transformer tout l'uranium 238 en plutonium.Ce combustible artificiel garde en effet son caractère fissible sous l'impact des neutrons rapides.Construisons donc des réacteurs convertisseurs d'uranium en plutonium.Au moins, on disposera alors d'un combustible nucléaire qui reconnaît ses neutrons.Mais il faut beaucoup de neutrons pour fertiliser l'uranium 238 et la seule source initiale demeure l'uranium 235.On n'a donc pas le choix: pour obtenir de grandes quantités de neutrons, il faut absolument passer par la fission de l'uranium 235.UN CODE DE LA ROUTE La voie fut tracée lorsque les physiciens des années trente découvrirent que les neutrons étaient plus facilement absorbés par les noyaux, après avoir passé dans des substances riches en hydrogène, comme de l'eau ou de la paraffine.L'hydrogène mars 1975/ QUÉBEC SCIENCE ijltntitfjr frappe un» tansifl*01 [iMisse® rjtw#1* |plm dense i les neutrons ment Is I® la tempérai uisionfoui De plus, le n [entente pas neutron.Il (Msetiant drojènedeu deutérium, «'accepte pu supplémenta meilleuimot sert tout sim [oxygène au neutrons.L à utiliser seu molécules d' d'oxyjènee1 rium.diteee ne se déplact a Messed atomes dun obtient alors ou neutrons Cette partiel terser les atomes, à tr «ntlesrép électrons ou Peutprendn ter dans le i Nue les mentl'urani enfin clairei caler un nj P* 1 m énergétique cimier à les Snerilari I eau lourde nraximuus.serait donc I “«qui Pouicei %>, ^lueLD ."’S, H wl ralentissait énormément les neutrons rapides.En effet, une balle de billard qui frappe une autre balle de plein fouet, lui transmet toute son énergie.Alors que si elle frappe un boulet de canon sur la table, elle rebondira tout simplement, conservant toute son énergie initiale.La collision des neutrons avec des noyaux d'atomes de petite masse assurait leur ralentissement.L'idéal aurait donc été de remplir le réacteur d'hydrogène liquide (plus dense qu'un gaz) car, par bonheur, les neutrons lents provoquaient facilement la fission des noyaux d'U23s.Mais la température de l'hydrogène liquide, —205°C, s'oppose radicalement à la mission fournaise du réacteur.De plus, le noyau d'hydrogène ne se contente pas seulement de ralentir le neutron.Il lui arrive souvent de le capter pour se transformer en un isotope d'hydrogène deux fois plus lourd, appelé deutérium.Ce dernier, par contre, n'accepte que rarement un neutron supplémentaire et constitue finalement le meilleur modérateur.En pratique, on se sert tout simplement de l'eau, car l'oxygène aussi a peu d'affinité pour les neutrons.Le raffinement ultime consiste à utiliser seulement les 0,02 pour cent de molécules d'eau faites d'un atome d'oxygène et de deux atomes de deutérium, dite eau lourde.Ainsi, après leur passage dans un modérateur, les neutrons ne se déplacent plus qu'à une vitesse égale à la vitesse d'agitation thermique des atomes du milieu, soit 2,2 km/sec.On obtient alors des neutrons dits thermiques, ou neutrons lents.Cette particularité du neutron de pouvoir traverser les couches électroniques des atomes, à très basse vitesse, tient à sa neutralité électrique.Il ne ressent aucunement les répulsions électriques des électrons ou des protons de sorte qu'il peut prendre tout son temps pour pénétrer dans le noyau.Puisque les neutrons lents allument facilement l'uranium 235, la voie nucléaire est enfin clairement tracée.Il s'agit d'intercaler un modérateur entre les atomes d'U2 3 5 pour ralentir leurs neutrons.Les neutrons deviennent le véritable capital énergétique du réacteur.L'habileté de ce dernier à les investir dans d'autres fissions donnera la mesure de son efficacité et l'eau lourde lui garantira des intérêts maximums.Dès la dernière guerre, on savait donc que la meilleure économie neutronique passait par l'eau lourde.Ce modérateur permettait même d'alimenter des centrales nucléaires à l'uranium naturel, bien que ce dernier ne contienne que 0,7 pour cent de véritable «bois de chauffage».De plus, il fallait bien aller chercher la chaleur dans le cœur du réacteur, et l'eau avait déjà un long passé de transporteur de calories dans les centrales au charbon et au fuel.Donc, avec l'eau lourde comme caloporteur et modérateur, et l'uranium naturel comme combustible, on aurait pu voir là les premières centrales électro- QUÊBEC SCIENCE / mars 1975 énergie atomique du canada limitée nucléaires.Pourtant, il n'en fut rien.Des considérations à court terme eurent raison du bon sens physique.ALE CANADA PRECHE PAR L'EXEMPLE-La centrale nucléaire de Pickering de type CANDU est le centre de production d'énergie nucléo-électrique le plus important au Canada.On estime qu'en l'an 2000, les centrales de type CANDU fourniront la moitié du trillion de POUR DE MEILLEURES BOMBES.kW/h d'électricité qui seront requis pour répon- Les neutrons perdus dans l'eau ordinaire, dite légère, pouvaient être remplacés par un combustible plus riche en atomes fissibles.On avait donc un choix, enrichir l'uranium ou l'eau.En pratique, ce choix ne se posait même pas pour les Américains, leader de la technologie nucléaire.Pendant la deuxième guerre, les États-Unis avaient construit deux immenses usines capables d'enrichir l'uranium en U2 3 5 jusqu'au-delà de 99 pour cent.L'uranium 235 donnait les meilleures bombes nucléaires car il peut aussi se fissionner par neutrons rapides.(Ceci ne change rien pour notre réacteur électronucléaire puisque c'est l'U2 3 8 , constituant de 97 à 99,7 pour cent du combustible, qui les absorbera).Des expériences démontrèrent qu'un combustible enrichi seulement jusqu'à 2 ou 3 pour cent en U2 3 5 permettait de se passer d'eau lourde.Étant donné que la demande pour les bombes nucléaires demeure relativement limitée, on trouvait là une nouvelle vocation toute indiquée à ces usines d'un milliard de dollars chacune.En peu de temps, les ingénieurs américains réussirent donc à fabriquer les réacteurs les moins coûteux en utilisant de l'uranium enrichi, évitant l'investissement initial de 500 000 kilogrammes d'eau lourde au prix de 50 dollars le kilogramme.Mais le réacteur à l'uranium enrichi et à l'eau légère faisait fi de l'économie neutronique.Beaucoup de neutrons se perdent dans le réacteur américain, captés par l'eau légère, de sorte que son efficacité pour brûler le minerai d'uranium est la moitié de celle d'un réacteur à l'eau lourde.Ceci, malgré qu'il se brûle deux fois plus de combustible nucléaire dans le réacteur à l'eau légère et à l'uranium enrichi, car le processus d'enrichissement rejette 45 pour cent de l'uranium 235 extr.ait du sol.dre à la demande annuelle du Canada.De plus, elles permettront d'ici là une économie de 7 milliards de dollars.33 FISSION: noyau fissible •200 MeV neuti produits de fission neutrons FUSION: + O + 3.25 MeV hélium 3 neutron deutérium deutérium + 17,6 MeV hélium 4 neutron deutérium tritium A QUAND LES NOYAUX RÉAGISSENT -Les réactions de fusion sont proportionnellement beaucoup plus généreuses en neutrons qu'en énergie lorsqu'on les compare à la fission des noyaux lourds.Cette richesse neutronique pourrait être exploitée pour fabriquer de la matière fissible dans un éventuel réacteur hybride fusion-fission.34 Seuls les savants de l'Énergie atomique du Canada (EACL) s'obstinèrent à demeurer fidèles au bon sens physique.Il leur fallut du temps, à cause de moyens réduits, mais le succès de leurs centrales à l'uranium naturel et à l'eau lourde ne fait plus de doute.Elles brûlent, un pour cent de l'uranium en un seul passage du combustible, grâce à la contribution du plutonium (qui s'accroft avec le temps que passe la gaine de combustible dans le réacteur), tandis que les centrales américaines n'utilisent que 0,5 pour cent du minerai d'uranium.Un autre avantage à court terme invoqué par les Américains pour choisir l'eau légère et le combustible enrichi, était la possibilité de fabriquer des réacteurs plus compacts, prenant place dans des sous-marins nucléaires.Ainsi, les retombées, si souvent invoquées, de la technologie militaire donnèrent rapidement aux Américains,un réacteur relativement peu coûteux.À long terme, par contre, on reconnaissait la nécessité de développer un autre type de réacteur plus économe de ses neutrons.LA SEMENCE NUCLÉAIRE Il était clair dès le début que si l'uranium 235 constituait le seul combustible nucléaire éventuel, les 175 000 tonnes accessibles sur terre, ne permettraient pas au feu nucléaire de brûler longtemps.Si l'on proposait quand même l'énergie nucléaire, c'est que l'on savait que non seulement l'uranium 238 mais aussi le thorium 232, trois fois plus abondant dans la croûte terrestre, pouvaient devenir des matières fissibles.Les neutrons se comportent vis-à-vis ces deux substances comme une véritable semence, transformant l'uranium 238 en plutonium 239 et le thorium 232 en uranium 233.Ces deux nouvelles substances, inexistantes dans la nature se comportent comme l'uranium 235 et peuvent entretenir des réactions en chaf-ne.De plus, parce qu'elles émettent davantage de neutrons que l'uranium 235, une partie de ceux-ci peut être détournée vers la transformation des matières fertiles en matières fissibles pendant que le réacteur produit de l'énergie.Les données géologiques devenaient donc beaucoup plus intéressantes: 175 000 tonnes d'uranium 235 auxquelles on pouvait maintenant ajouter 26 millions de tonnes de matière fertile accessible, dont 25 millions de tonnes d'uranium.(En moyenne, chaque tonne de croûte terrestre contient 12 grammes de thorium, mais les gisements en haute teneur sont beaucoup plus rares.Il y en a un à Blind River, en Ontario.) Or, la fission rapide du Pu239 dispose de 2,6 neutrons.De son côté, la fission lente de l'uranium 233 libère tout juste un peu plus de 2,2 neutrons par neutron absorbé dans la fission.D'un strict point de vue de l'économie neutronique, le cycle rapide du plutonium semblait donc le meilleur investissement.Mais il fallait mettre au point une toute nouvelle technologie nucléaire, celle des réacteurs à neutrons rapides.Ce fut comme si, saisies de remords après avoir gaspillé tant de neutrons dans les réacteurs à l'eau légère, les grandes puis- On disposait donc de deux grands cycles nucléaires, le couple u2 3 8 —Pu23 9 et le couple Th2 3 2 _ (J2 3 3 , comportant chacun une matière fissible et une matière fertile.De plus, la fission de chacun des combustibles pouvait fabriquer de ce même combustible.On avait qu'à entourer les réacteurs au plutonium de couches fertiles d'uranium 238 et ceux à l'uranium 233 de couches de thorium 232.On baptisa piles couveuses, ou surgénérateurs, ces piles créatrices de combustible nucléaire.Cependant une différence distingue les deux cycles.L'uranium 238 se transforme en plutonium grâce à l'absorption de neutrons rapides, comme nous l'avons vu, tandis que le-thorium préfère les neutrons lents.Pour préciser, disons que chacune des matières fertiles acceptent des neutrons de n'importe quelle énergie, mais le nombre de neutrons émis par fission sera plus grand si les neutrons sont rapides dans le cas de l'uranium, tandis que le thorium en émettra davantage si les neutrons sont préalablement ralentis.Il est essentiel d'atteindre le rendement neutronique le plus élevé si l'on tient à dépasser le seuil de surgénération.En effet, il faut toujours conserver un neutron pour maintenir la réaction en chafne.Il faut aussi disposer d'un autre neutron pour fertiliser un noyau afin de produire au moins autant de combustible qu'on en brûle.De plus, il y a toujours une perte inévitable de 0,2 neutron par fission dans la structure, le caloporteur et les débris de fission, de sorte que le seuil de surgénération a été fixé à 2,2 neutrons émis par neutron absorbé dans la fission.mars 1975/ QUÉBEC SCIENCE JN Pointant:î 1 Brtlwi thoiiumam O'aWJss micefabr il'uri kMI'imi ptitésdi poactsISS rntniitun antjt «’ttaitntpa pnttilitû ittl'at WtewaiH :ï!fton '¦awaiap, Htadtpj %t(m ¦Wesoj -dent em ^ôledon % So, neitot '*11)1(01=» frllDPrati *7 ' r'MItéa, Hap ‘tuipo.Ht! «%, % 'Msenclui.'uranium^ .owsd'uij.®t mainte-Mes de ¦ M 25 million ottantdiactm ¦ ¦ descombys- - - lütrti ai'V:- .“Z .¦: :: - .- .- ’¦i :ii sartiç; r : - s.: ¦ ¦ r-: ¦ li.sr:» |riar; r it" :r .([ynia»; OP- sances voulurent racheter leur faute en se lançant dans l'autre extrême.Les USA, la France, l'URSS et la Grande-Bretagne se sont donc embarqués dans d'ambitieux programmes de recherche sur les piles couveuses à neutrons rapides, plus communément appelées surgénérateurs rapides.Il était en effet évident que le véritable enrichissement ne passait pas par la séparation isotopique de l'uranium naturel, mais par la fertilisation neutroni-que directe des minerais d'uranium et de thorium.UN POISON DES PLUS VIOLENTS Pourtant, la mise au point du surgénérateur thermique fondé sur le cycle du thorium aurait été beaucoup plus facile à réaliser puisqu'on maftrisait déjà la technologie lente.Fascinés par la panacée «rapide», tous se lancèrent quand même à l'assaut du surgénérateur à neutrons rapides.C'est qu'il y avait aussi d'autres bonnes raisons à part le rendement neutronique élevé.D'abord, les réacteurs thermiques en service fabriquent déjà du plutonium à partir de l'uranium 238.Au bout de quelques années, les stocks de plutonium allaient devenir suffisants pour amorcer plusieurs couveuses rapides.Aussi puisqu'il faut bien commencer par extraire tout l'uranium 235 du sol, on récupérait par la même occasion de grandes quantités d'uranium 238.Pas surprenant que dès 1951, les Américains aient déjà construit un petit surgénérateur rapide.Pourtant, les problèmes technologiques n'étaient pas près d'être tous réglés.En premier lieu, pour maximiser la probabilité de rencontre entre le neutron rapide et l'atome d'U2 3 8 , il faut un réacteur au cœur le plus petit possible.Ceci signifie une très grande concentration locale de chaleur.De plus, la vitesse de réaction s'accélère beaucoup plus rapidement.Il faut donc recourir à des contrôles extrêmement précis et complexes.Pour aller chercher la chaleur dégagée, on doit faire appel à une substance aux propriétés diamétralement opposées à celles d'un modérateur, c'est-à-dire de poids atomique élevé.Ce caloporteur ne doit quand même pas capter les neutrons, dont la gestion devient encore plus critique à cause de leur rôle double d'allumette à fission et de semence à combustible.Le meilleur candidat étudié jusqu'à présent a été le sodium.Son utilisation ne va pas sans poser d'énormes problèmes.Il coûte horriblement cher; il est encore solide à la température de l'eau bouillante et il est extrêmement corrosif.Il devient radioactif en passant dans le cœur du réacteur.Enfin, il réagit violemment avec l'eau.Pourtant, après avoir passé dans le réacteur pour aller chercher la chaleur, c'est à de l'eau qu'il doit la céder en la côtoyant de très près sur des centaines de mètres carrés de surface d'échangeur thermique! QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 Réserves d'énergie du Canada LU O 12 500 En milliards de kW/h, évaluations de 1971 ) Depuis quelques mois, pour ajouter aux difficultés du surgénérateur, une campagne mondiale a été lancée contre son combustible, le plutonium 239.Cette substance, non satisfaite de constituer le matériel le plus abordable pour la fabrication d'une bombe nucléaire par des terroristes, constitue un poison digne de la guerre bactériologique.Il suffit d'en respirer dix microgrammesj dix millionièmes de gramme) pour avoir un cancer du poumon.Une boule grosse comme un pamplemousse suffirait pour tuer tous les habitants de la planète.Or, si l'on voulait répondre à la demande énergétique mondiale par les surgénérateurs rapides, il faudrait produire et manipuler 15 millions de kilogrammes de ce poison par année, vers l'an 2000.Pas surprenant que le Club de Rome recommande maintenant l'abandon complet de l'énergie nucléaire en faveur de l'énergie solaire! Le danger est même immédiat puisque, pour se rentabiliser, les centrales à eau légère doivent absolument recycler le plutonium qu'elles produisent.La plus grande efficacité des centrales thermiques canadiennes leur permet de le stocker dans des cuves remplies d'eau légère.L'entretien de ces cuves pose quand même un problème puisque le plutonium ne perd la moitié de son activité radioactive qu'après 240 siècles! COUVEUSES ET SURGÉNÉRATEURS Tout comme on a mis longtemps à reconnaftre les mérites des centrales canadiennes à l'eau lourde, on oublie encore la possibilité de la couveuse thermique, alimentée par le cycle thorium-uranium.C'est cette voie que les savants de l'EACL s'évertuent maintenant à défendre.Il vient en effet un moment où il faut placer l'économie neutronique dans une perspective plus large, celle de l'environnement et de l'économie tout court, deux notions appelées à se confondre.Bien sûr, la marge de manœuvre permise dans le surgénérateur est plus élevée, avec 2,6 neutrons émis par neutron absorbé dans la fission.Ce n'est pas trop si l'on tient compte que, dans le surgénérateur français Phénix, celui qui a connu le plus de succès jusqu'ici, chaque kilogramme de plutonium brûlé ne produit que 1,1 kilogramme de combustible réutilisable.Pire encore, le temps de doublement, temps nécessaire pour produire autant de combustible qu'on en a brûlé, serait de 50 à 60 ans.Pas si rapides, les surgénérateurs rapides.Délai un peu trop long aussi, pour des réacteurs généralement construits de façon à durer 30 ans.Les deux autres grands surgénérateurs, le BN-350 mégawatts soviétique et le PFR-250 mégawatts anglais ont connu aussi leur lot de malchances.Le réacteur britannique n'est pas encore en marche.Le réacteur soviétique ne fonctionne plus qu'à puissance réduite après trois accidents de contact entre le sodium et l'eau des échangeurs de chaleur.Toutes ces difficultés ont fait dire au Pr Lew Kowarski, savant français codécouvreur de l'émission neutronique de fission avec F.Curie et H.von Halban: «S'il y a une chance d'éviter le recours aux «surgénérateurs rapides», il faut la saisir.» Le réacteur thermique, dont le type le plus efficace a été fabriqué au Canada par l'EACL et qui a fourni à certains moments 20 pour cent de toute l'électricité de l'Ontario, offre cette possibilité.Les savants de l'EACL ont parfaitement démontré leur maftrise des neutrons lents.En modifiant les réacteurs CANDU actuels, ils pourraient fabriquer le surgénérateur thermique au thorium.Ce progrès technologique par étape serait beaucoup plus facile et moins coûteux à réaliser que le saut vers le réacteur rapide.A l'EACL, on envisage même la fertilisation des minerais nucléaires sans passer par les réacteurs.UN «GIN» COMME ACCÉLÉRATEUR Ainsi, la fusion, cette fameuse source d'énergie de l'avenir, constitue en pratique une bien meilleure source de neutrons que d'énergie.Par neutron produit, la réaction de fusion libère soixante fois moins d'énergie que la réaction de fission.Cette relative abondance de neutrons pourrait donc être dirigée vers des substances fertiles.Au début, l'opération se ferait dans des usines spéciales d'ensemencement par fusion.Par la suite, les spécialistes de l'EACL prévoient construire un réacteur fusion-fission.Au centre, la réaction de fusion émettrait des neutrons dirigés sur des couches de thorium et ceci, pendant que l'uranium fabriqué sur place brûlerait dans le réacteur hybride.Cet objectif est 35 : ¦fe no on 1 GeV n Q k u/on yi/ ^ ©T-©r©T noon no / no \ ^ no On \ / \ nOOn On ?GERBES DE NEUTRONS - Bombardés par des particules très énergétiques, certains noyaux ne se brisent pas, mais émettent des neutrons en gerbes.Un seul proton d'un milliard d'électrons-volts, 1 GeV, arrache entre 20 et 24 neutrons à une demi-douzaine de noyaux de plomb.RÉACTEUR À EAU LOURDE PRESSURISÉE vapeur bouilloire- réacteur tubes de force 1 FUEL pompe eau lourde, caloporteur et modérateur A CANDU MIS À NU — Gentilly-2 sera doté de ce type de réacteur à eau lourde pressurisée, d'une puissance de 600 mégawatts.Bibliographie L'Énergie atomique du Canada a publié plusieurs textes résumant les caractéristiques des reacteurs nucléaires canadiens.On peut se les procurer en écrivant au Service de distribution des documents officiels.L'Énergie atomique 1J0Canada Llrnitee' Chalk River, Ontario, KOJ Voici quelques suggestions: ("f acMat)mme nucléo'électriclue du Canada Energy for five thousand years (20 cents) *d'avenir ' ( ÉcTeents) ^éal'sations et perspectives ^tuTandCu%7ro%Zrsin n?7LUla!,re nucléaire‘ publié Par l'Hydro-Quebec, division traduction et linguistique siege social, Montréal 'yuisuque, 36 beaucoup plus réaliste que la centrale électrique à fusion pure.Cette réaction produisant relativement peu d'énergie, elle requiert un processus d'allumage très peu gourmand d'énergie, lequel n'existe pas encore.Toutes les approches étudiées jusqu'ici introduisent un véritable gouffre énergétique dans le cycle de fusion.Par exemple, selon une étude de l'EACL, il faudrait 4 000 réactions de fusion par seconde, déclenchées par des faisceaux de laser efficaces à 30 pour cent, pour produire 2 000 mégawatts d'électricité dans une centrale à fusion pure.Grâce au mariage de la fusion à la fission, on pourrait obtenir le même rendement électrique en se contentant de dix réactions de fusion par seconde et d'un laser d'une efficacité réaliste de trois pour cent.Cette approche a le grand avantage d'exiger de chaque type de réaction ce qu'il a vraiment à offrir, des neutrons de la fusion et de l'énergie de la fission.Enfin, l'électricité d'une centrale nucléaire pourrait servir à alimenter un grand accélérateur de particules suffisamment énergétique pour produire des gerbes de neutrons dans des réactions d'éclatement.Cette production électrique de neutrons a été envisagée sérieusement dans le passé lorsque l'EACL a proposé la construction d'un énorme accélérateur de particules appelé GIN, pour générateur intense de neutrons.En plus d'apporter une contribution remarquable à la recherche nucléaire, GIN, par la grande intensité de son flux neutronique, aurait permis d'étudier la rentabilité de l'ensemencement neutronique par accélérateur.La machine aurait propulsé des protons jusqu'à plus d'un milliard d'électrons-volts (elle ne peut agir sur les neutrons qui n'ont pas de «poignée électrique»).Lorsqu'il frappe un noyau, un proton aussi rapide déclenche l'émission de faisceaux secondaires de neutrons, par exemple jusqu'à 25 neutrons arrachés à une demi-douzaine d'atomes de plomb.Par contre, la production de «graine» de neutrons par accélérateur demeure encore non rentable.UNE PLUIE DE NEUTRONS Comme on peut le constater, les physiciens nucléaires sont prêts à s'adonner à n'importe quelle «danse» pour faire tomber la bonne pluie neutronique.L'intérêt que l'on porte aux neutrons, leur donne une valeur marchande estimée à plus d'un million de dollars le kilogramme.A la société d'État Énergie atomique du Canada probablement parce qu'on ne travaillait pas pour une entreprise privée impatiente de faire des profits à court terme en vendant «la» solution énergétique, il faut bien constater qu'on ne s'est pas laisser enfermer dans une technologie étroite.Le modèle actuel CANDU est susceptible d'une multitude d'améliorations graduelles.L'utilisation de tubes de force, par exemple, permet d'attribuer les rôles du modérateur et du caloporteur à deux substances différentes.Le modérateur demeure de l'eau lourde, mais le caloporteur peut devenir de l'eau légère, comme à Gentilly, Québec, ou un liquide organique à point d'ébullition élevé.Un gaz pourrait même être envisagé pour augmenter l'efficacité thermique de CANDU, son point faible avec 30 pour cent, comparé air 40 pour cent d'un réacteur à gaz à haute température.Dans le cadre du débat sur la construction éventuelle d'une usine d'enrichissement de l'uranium au Québec, il faut ajouter que l'Énergie atomique du Canada ne rejette pas la possibilité d'utiliser un combustible légèrement enrichi dans ses futurs réacteurs.Bien sûr, ce serait renoncer à la caractéristique la plus originale de CANDU, l'uranium naturel.Par contre, en sacrifiant un peu le grand principe de l'économie neutronique, l'EACL posséderait un réacteur disposant d'un surplus de neutrons.On éliminerait l'absolue nécessité de la coûteuse eau lourde.De plus, des matériaux moins économes en neutrons, mais offrant d'autres caractéristiques utiles, pourraient entrer dans la fabrication des réacteurs.D'ailleurs, la filière proche de CANDU que la Grande-Bretagne veut développer utilisera un combustible légèrement enrichi.Toutes ces améliorations «étapistes» sont du domaine du possible parce qu'on a préféré les lois de la physique aux retombées de la technologie militaire.CANDU est une sorte d'être organique susceptible de modification et d'évolution.Enfin, il semble de plus en plus évident que pour éviter la société monolithique et oppressive, les individus devront apprendre à s'alimenter eux-mêmes en énergie du soleil ou de piles à combustible.Tout de même, il y aura toujours une place pour de gros blocs de puissance.Alors, puisque l'énergie nucléaire est un mal nécessaire, pourquoi ne pas minimiser les risques en préférant les neutrons lents aux neutrons rapides?L'Hydro-Québec, en particulier, devrait s'associer le plus tôt possible à l'EACL, comme l'a fait l'Hydro-Ontario, pour construire les centrales nucléaires de demain.Et, qui sait, peut-être que nos grandes compagnies d'électricité réussiront à fabriquer, ici, une technologie nucléaire douce?ors Itelifos rF mars 1975/ QUÉBEC SCIENCE '™ «SM, I 011 un liquid} “Uîbt.Ugl liquede 'fc 30 pout entd'ui - I icfemm I Jtiioutet ultgimd tonique, sractK leCANDU lilételoppet :| LemodétJ .«isle «taïute.Iinatiane iiiljfiisi ïsetiit t le plus nseteu u* trains offrant ticistai sont te qu'on a te eunetotn' site.CANOll on.ilusésitat onolitltipu"1! -tonlipp* f senénetj» une pied mce.ut un «1 |[onslt*lWl ,1e plus t»f _ 'efeitl'^l : central® uisait^ I ici, pi* A A 4' ir I* I V' ,-r • ».r\il >! \x +* v.^ n *-*.si \ \ \ POLITIQUE SCIEIMTI v LE CXDNCERT N'EST PASJI COMMENCE ttcsc» t'c£ I Photo & quadrichromie, courtoisie de l'IREQ mmR f M : itilipn'oifl iieiptadmi atomipiKi, its?Tous lifipuBSont iectifs aussi u yoyaja aller-s'ajissail alors NTES urbains, la tie, sont ijectilsse à la tie be la .lle-mime flu’» uniMt,™1'* it construit Is aussi résoofc public- litsM*!1.lbletlîsl*l0,,l' iien»a-t-ila alors, l> at, par surtout*® t[«liM0»JÎ iriorites- Les ante afts’n»1':0'1 et 'j/'S paut'*!,î® ^ Notre tclî ifjpK' fcscltl :\CÎ n'est pas scientifique, mais dépend d'un réaménagement de la forêt avec tout ce que cela suppose de discussion avec l'industrie.» LE CONCERT SCIENTIFIQUE Jean-Jacques Salomon va encore plus loin et accuse les artisans des «gadgets géants de la technologie militaire, nucléaire et spatiale», qui proposent de résoudre les problèmes de la société avec la même approche, de jeter de l'huile sur le feu et de vouloir s'assurer la sécurité en continuant leur même routine, alors qu'il leur reviendrait d'étudier les vrais problèmes de la société, plutôt que d'attendre de la société qu'elle se penche sur les problèmes de la science.Au Québec, on attend beaucoup de la part des scientifiques québécois étant donné la faible envergure de nos ressources en ce domaine.Quant aux priorités elles-mêmes, le secrétariat des sciences croit qu'il appartient aux divers ministères de les formuler.«Par définition, poursuit M.Slivitsky, une priorité est une préoccupation de la base.Elle provient de pressions exercées par les gens directement concernés.Ce n'est qu'une fois la priorité identifiée qu'il appartient aux spécialistes de décider comment l'atteindre.Par exemple, un dossier comme celui de la politique des océans, mis de l'avant par le MEST, est mal parti, probablement parce que venu d'en haut.D'un autre côté, le projet de fusion thermonucléaire (proposé par RCA, l'Hydro-Québec, le Centre de recherche pour la défense de Valcartier et des universités québécoises) émane de la base, de ceux qui y sont impliqués.En fait, je ne vois pas pourquoi les priorités ne seraient pas décidées par le même jeu de pressions qui gouverne la politique.Le rôle de notre groupe est de faire en sorte que nos systèmes de recherche apprennent à évoluer avec nos priorités.QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 L'activité scientifique devrait finalement en venir à faire tout bonnement partie de la vie de la société.» Le défi?Harmoniser toutes ces pressions avec les priorités gouvernementales.PAS DE STRUCTURITE Bien sûr, le Québec comme la plupart des autres pays, a pensé résoudre le problème en mettant sur pied des structures.Mais, comme tout le monde le sait, ce ne sont pas les structures, même les mieux faites, qui résolvent les problèmes! Présentement, le système scientifique québécois comprend une «structure» pour la politique scientifique et une autre pour la recherche scientifique.Du côté de la politique scientifique, on trouve un organisme purement consultatif, le Conseil de la politique scientifique, et un organisme décisionnel, le Comité ministériel des politiques scientifiques.M.Michel Slivitsky, secrétaire de ce comité ministériel, avec quatre autres spécialistes, forme ce qu'on peut appeler le secrétariat des sciences, même si un tel organisme n'existe pas officiellement.Le Conseil, de son côté, ne comportant aucune personne à temps plein, il faut bien se rendre compte que le secrétariat de M.Slivitsky devient le moteur principal de la politique scientifique québécoise.Restructuré en septembre 1973, l'importance prise par le nouveau secrétariat constitue l'événement récent le plus important survenu sur la scène de la politique scientifique québécoise.La structure de la recherche scientifique comprend quatre couches: les universités, les centres de recherches universitaires, les centres de recherche du secteur para-public (comme le Centre de recherche industrielle du Québec, par exemple) et les laboratoires industriels.Dans le même ordre, on l'aura deviné, on y retrouve les quatre types de recherches: fondamentale, appliquée, de développement et des méthodes de fabrication.En ce moment, le gouvernement du Québec étudie les recommandations d'études concernant l'avenir du Conseil de la politique scientifique, du Complexe scientifique (laboratoires gouvernementaux regroupés à Québec) et de l'Institut national de la recherche scientifique (ensemble de cinq centres de recherche rattachés à l'Université du Québec).Il recevra bientôt plusieurs études importantes sur l'enseignement des sciences fondamentales (Opération sciences fondamentales), sur l'information scientifique et technique (étude du secrétariat des sciences) et sur les effectifs en personnel scientifique au Québec (Conseil de la politique scientifique).Enfin, le secrétariat envisage ou de demander à l'OCDE de se pencher sur les problèmes du Québec ou de lancer lui-même une étude sur le système québécois de la science.LE CONSEIL DES SAGES Le conseiller scientifique se refuse à faire toute déclaration quant aux décisions éventuelles du gouvernement.Tout de même, il a l'impression que, d'un côté, l'on a besoin d'un groupe de sages pour éviter que les politiques s'élaborent en vase clos et, de l'autre, d'un certain nombre de personnes pour le conseiller au jour le jour et «lui servir d'yeux pour voir tout ce qui peut originer de l'extérieur».M.Slivitsky évite de porter tout jugement sur le Conseil de la politique scientifique.Par ailleurs, plusieurs observateurs constatent qu'on a très peu entendu parler de cet organisme.C'est un peu normal puisque ses avis sont présentement confidentiels.Malgré tout, sa performance ne peut que décevoir.D'abord, il n'a publié jusqu'ici que son rapport annuel pour 1972! Dans ses recommandations, on retrouve uniquement les préoccupations personnelles de certains de ses 41 A BONNES REVUES .ABONNE-TOI! DE LA DÉTENTE À LA CONNAISSANCE 1 an/13 numéros: $12.00 1 an/12 numéros: $ 18.75 1 an/12 numéros: $ 15.00 1 an/12 numéros: $ 12.00 1 an/12 numéros: $ 19.00 j 1 an/12 numéros: $20.001 1 an/52 numéros: $ 52.00 mois/26 numéros: $ 26.50 Claire .1 an/12 numéros: $ 12.00 ?La Recherche.1 an/11 numéros: $ 26.50, ?Nouveau Pilote.?Psychologie .?Science et Vie , ?Vie des Bêtes .?Historia .?Atlas .?Paris-Match.?6 ?Maison de Marie psychologie ».VCE INTERNATIONAL! O ABONNEMf à renvoyer à PERIODICA , a/s le magazine QUEBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 503-81 A , PERIWDlVA '''r £ R N AT I O N A l SUBSCRIPTION A G ! H C Veuillez m'abonner Q ou abonner la personne ci-dessous désignée Q aux revues que j'ai cochées \7\ et que |e paie à PERIODICA Inc.par Q chèque.Q mandat poste de $ ou par ?CHARGEX, ?MASTER CHARGE Carte No.Mon adresse nom prénom signature i i i i i I 1 adresse app no localité code postal Je désire abonner app.no localité S'il s'agit d'un abonnement cadeau, PERIODICA adressera gratuitement une carte de souhaits de votre part.j i i i i code postal ecrivw vos souhaits carte signée Hâtez-vous de faire votre choix, car ces prix ne peuvent être garantis au-delà de 30 jours.Il peut s écouler un délai de 10 à 12 semaines avant que l’abonné ne reçoive des éditeurs le 1er numéro membres pris isolément, que ce soit pour la fusion thermonucléaire, le Jaser TEA ou la médecine industrielle.À cette objection, M.Lionel Boulet, directeur du | centre de recherche de l'Hydro-Québec et président du Conseil, répond que la quinzaine de membres provenant de milieux différents amèneront des recommandations valables pour l'ensemble des I Québécois.I Le Conseil se réunit présentement une dizaine de fois par année.Son minuscule budget de 200 000 dollars par année et le peu de temps que lui consacrent ses | membres enlèvent au Conseil tout presti-i ge.A part de cautionner des décisions gouvernementales, on peut se demander à quoi sert un organisme aussi dépourvu de moyens?A court terme, la meilleure façon de lui donner une certaine stature serait de lui permettre de rendre ses rapports annuels publics.Il faudrait aussi qu'il compte au moins quelques personnes à temps plein.LA RECHERCHE UNIVERSITAIRE ET L'INRS Du côté de l'appareil de la recherche, le secteur universitaire constitue la préoccupation majeure du gouvernement.«C'est là que se trouve la majeure partie de nos effectifs scientifiques.» Pour M.Slivitsky, la création de l'INRS, sorte d'université exclusivement vouée à la recherche, a certainement accéléré le processus qui amène aujourd'hui les universités québécoises à se préoccuper davantage des problèmes sociaux.«N'oublions pas que nous sommes seulement cinq millions de Québécois francophones.Peut-on se payer des structures parallèles en construisant d'autres centres voués aux priorités sociales à côté des universités.lorsqu'on sait que toutes les universités francophones réunies n'ont produit que le tiers des détenteurs de doctorat au Québec pendant les cinq dernières années?«Si l'on prend l'exemple des petits pays proposé par l'OCDE: la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas et la Suède, on réalise que leurs universités sont très liées à l'industrie et aux gouvernements.Et pourtant, cela ne les empêche pas de faire de la bonne science.Ici, par exemple, nous avons une vingtaine de spécialistes de l'océanographie et ils sont presque tous dans les universités.Irons-nous les chercher pour les installer dans un laboratoire d'État tout neuf?On n'en a tout simplement pas les moyens.«De façon plus générale, poursuit M.Slivitsky, nous demandons aux universitaires d'intensifier leur effort de réflexion sur le rôle de la science.L'époque des comparaisons avec l'Ontario doit cesser.Il est temps de chercher des solutions originales à nos problèmes sans toujours vouloir répéter ce qu'on a fait ailleurs.Il faut en finir avec la manie de penser en termes de rattrapage.Nous avons déjà des réalisations qui nous sont propres.Il doit y avoir d'autres domaines à découvrir et à développer.Nous attendons beaucoup de groupes comme celui en futurologie de l'Université du Québec, de l'Institut d'histoire et de sociopolitique des sciences de l'Université de Montréal (qui devrait s'intéresser un peu plus aux problèmes québécois) et du groupe sur l'innovation, de l'École Polytechnique.«La réflexion sur la formulation d'une politique scientifique d'harmonisation dans un contexte fédéral, par exemple, mériterait d'occuper les réflexions de plusieurs.Si la recherche se fait en Ontario, mais les retombées viennent au Québec, ou si les retombées de la recherche québécoise vont en Ontario, est-ce si valable de soutenir aveuglément certaines recherches au Québec?Du côté de la recherche universitaire encore, comment s'assure-t-on que les découvertes de nos universitaires soient brevetées et exploitées ici?Enfin, le gouvernement doit-il faire ou faire faire sa recherche?Et dans quelles proportions?Voilà le type de questions sur lequel se penche notre équipe.Et nous avons absolument besoin des gens de l'extérieur pour trouver des réponses.Les grandes déclarations sur les priorités ne sont pas de notre ressort.Notre travail n'attirera peut-être jamais l'attention du public, mais il n'en demeure pas moins essentiel.» Telle est la leçon de l'effort international de politique scientifique.À la population de faire appel aux scientifiques et à ceux-ci de démontrer qu'ils peuvent être aussi utiles en tant de paix qu'en temps de guerre.Bibliographie Peter Aucoin et Richard French, Savoir, pouvoir et politique générale.Étude de documentation numéro 31 pour le Conseil des sciences du Canada, novembre 1974, Conseil des sciences du Canada, 7e étage, 150, rue Kent, Ottawa, Ontario Kl P 5P4, 2 dollars Jean-Jacques Salomon, L'avenir de la science, La Recherche, novembre 1974 Rapport annuel 1972, Conseil de la politique scientifique du Québec, Secrétariat du comité ministériel des politiques scientifiques.Complexe H, Gouvernement du Québec, Québec Les principes de la politique scientifique du Québec, à la même adresse QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 43 1 La réussite appartient à ceux qui savent juger les autres avec rapidité et précision UNE FORCE CONNAÎTRE • COMMENT CONNAITRE LES AUTRES?Il existe aujourd'hui des méthodes scientifiques mises au point par la psychologie moderne.Vous aussi vous pouvez les utiliser tous les jours dans votre vie.• SACHEZ CE QUE REVELE UN VISAGE Découvrez le tempérament et.le caractère de cet homme assis en face de vous dans le tram ou de cet autre venu vous voir chez vous.Quand vous connaîtrez lesthéories de Corman.les autres vous apparaîtront sous un nouveau |Our • LA FORME DU CORPS EST-ELLE SIGNIFICATIVE?OUI! Découvrez quelle est la personnalité d'un gaillard rond et trapu, d'une femme grande, mince, frêle, d'un homme sportif, musclé, carré, grâce aux travaux approfondis de Kretschmer, de Sheldon.DANS LA VIE: LES AUTRES ;¦?/ • DECOUVREZ LA PERSONNALITE DE CELUI OU DE CELLE QUI VOUS ECRIT Vous connaîtrez certains des secrets de la graphologie, même pour rédiger une lettre de candidature.• COMMENT «FONCTIONNENT» LES TESTS?Dans les écoles, les entreprises, de plus en plus on sélectionne avec des tests.Vous saurez tout sur le test de la tache d'encre, le test des images, le test du village, etc.• LES CLEFS POUR REUSSIR AVEC LES AUTRES Oui.connaître les autres, c'est être plus efficace, c'est mieux comprendre votre conjoint, vos enfants, c'est mieux s'expliquer telle attitude ou tel comportement chez vos collègues, vos amis, c'est, enfin, posséder les clefs pour réussir votre vie votre vie sociale, votre vie privée.• 256 pages, grand format • reliure plein balacron frappée à l’or, protégée par une jaquette quadrichro- mie.• un test complet BON D’ESSAI GRATUIT à renvoyer à BIBLIOTECA, a/s le magazine QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 503-81 A PARTEZ A LA DECOUVERTE DES AUTRES ET DE VOUS-MÊME Petit à petit, le monde des personnes avec lesquelles vous vivez chaque jour vous apparaîtra différent.N'attendez pas: utilisez et consultez pendant 10 jours, gratuitement, ce livre passionnant.une production Je désire recevoir, sans engagement de ma part, en examen gratuit, votre ouvrage «CONNAÎTRE LES AUTRES».Durant 10 jours, je pourrai l'examiner en toute tranquillité.Passé ce délai, si ce livre m'intéresse, je pourrai l'acquérir au prix de $9.50 plus de légers frais de poste: sinon, je vous le retournerai et ne vous devrai rien d’autre.Mme Mlle M.mon nom (lettres moulées) mon prénom mon adresse App.No.FRANCE - CANADA - BELGIQUE - SUISSE localité code postal signature SANS INSCRIPTION A UN CLUB - SANS RIEN D'AUTRE A ACHETER SANTE CliniQue pour étourdis Lorsque vous voyez une personne qui souffre d'étourdissements, ne la jugez pas trop vite en pensant qu'elle a sans doute trop «fêté».Ses étourdissements peuvent avoir des causes beaucoup plus «sérieuses».Des problèmes cardio-vasculaires, neurologiques, sanguins ou auditifs peuvent tous provoquer des sensations de déséquilibre.Les Drs A.Katsarkas et J.S.Outerbridge, de l'université McGill, ont travaillé à mettre sur pied une «clinique pour étourdis».Cette clinique a maintenant pignon sur rue à l'hôpital Royal Victoria de Montréal et on s'y intéresse surtout aux problèmes de l'oreille.L'oreille n'est pas seulement le siège de l'oui'e.Elle comporte une partie, dite oreille interne, qui régit aussi l'équilibre du corps grâce à des récepteurs sensibles à l'orientation de la tête et à ses mouvements.Ces récepteurs se trouvent dans les canaux semi-circulaires et le vestibule (cavité osseuse de l'oreille).Le patient chez qui ces structures sont endommagées éprouve automatiquement de la difficulté à conserver son équilibre et souffre donc d'étourdissements.Pour déceler la nature exacte de ses troubles, les médecins doivent soumettre l'«étourdi» à toute une batterie de tests.L'un de ces tests, mis au point par les chercheurs de l'université McGill, permet de détecter toute anomalie de l'oreille interne (particulièrement des canaux semi-circulaires) et de voir si celle-ci est bien la cause des étourdissements.Ce test, appelé électronystagmogramme, reproduit un phénomène qui a lieu normalement lorsque l'on tourne la tête.En effet, les canaux semi-circulaires sont remplis d'un liquide qui suit les mouvements de la tête de la personne.Les petits cils qui tapissent les parois de ces canaux «sentent» les déplacements de ce liquide et transmettent au cerveau des renseignements sur la position de la tête et du corps dans l'espace, et sur le sens de leurs mouvements.Une rotation de la tête s'accompagne d'un mouvement réflexe des yeux, appelé nystagmus.Si la stimulation des récepteurs situés dans les canaux semi-circulaires est perturbée, le mouvement des yeux sera anormal, d'où la possibilité d'utiliser ce phénomène pour diagnostiquer toute anomalie dans ces structures de l'oreille.Mais il est important de pouvoir examiner séparément les deux oreilles internes.C'est l'avantage que présente le test de stimulation calorifique imaginé par MM.Outerbridge et Katsarkas.En injectant de l'eau (plus ou moins chaude que l'organisme) dans une oreille, on provoque une réaction analogue à celle d'une rotation de la tête, et par suite un mouvement réflexe des yeux.En répétant des injections dans l'une, puis dans l'autre oreille, on peut savoir laquelle est responsable des étourdissements du patient.M.R.Demers, du laboratoire du Dr Outerbridge, travaille présentement à mettre au point un modèle mathématique des échanges de chaleur entre l'eau injectée et les parois de l'oreille interne.Ce modèle devrait permettre au clinicien de prévoir, d'après l'intensité et la durée de la réaction visuelle d'un patient (réaction qui dépend des échanges de chaleur), si une partie de l'oreille interne est responsable de ses étourdissements, et aussi s'il y a infection ou présence de cire.En plus d'aider les gens atteints d'étourdissements, ces travaux seront d'un grand intérêt pour les astronautes qui, sans le réaliser pleinement, peuvent être sérieusement désorientés lors de manœuvres.MM.Outerbridge et Katsarkas estiment que leurs recherches serviront éventuellement à mettre au point des véhicules spatiaux où les astronautes seront moins soumis à des problèmes de déséquilibre et de désorientation.La bONC, un sport sans danger Sport violent par définition, la boxe a toujours soulevé l'enthousiasme des uns et la désapprobation des autres.Ces dernières années, par des réglementations plus sévères, on a cru écarter tout danger sérieux dans la pratique de ce sport.Les boxeurs sont en effet mieux suivis au point de vue médical; on impose maintenant une limite à la fréquence et à la durée des combats.mjk, De plus, les affrontements sont organisés, autant que possible, entre deux boxeurs de même calibre.Pourtant toutes ces précautions ne suffisent pas puisque, de nos jours encore, peuvent survenir des cas de traumatismes cérébraux à la suite de la pratique de ce sport.Les Drs P.K.P.Harvey et J.N.Davis, de Londres, nous rapportent, dans la revue The Lancet, le cas d'un jeune boxeur de 25 ans.Ayant débuté dans ce sport à l'âge de 14 ans, il poursuivit une brillante carrière dans la boxe amateur jusqu'à ce qu'il remporte le championnat international de sa catégorie, poids moyen.Il devint ensuite boxeur professionnel et, après 25 combats, il dut abandonner complètement la pratique de ce sport en raison des troubles dont il était victime.Ces troubles se manifestaient par une difficulté d'élocution, une raideur dans les membres, une humeur changeante, une grande agressivité et une instabilité sociale.Ils s'accompagnent, entre autres, d'une atrophie du cerveau et de dommages au système du cervelet.QUÉBEC SCIENCE / mars 1975 SANTÉ/45 Dans le cas de ce jeune boxeur anglais, le grand nombre de combats amateurs ainsi que le fait qu'il dut affronter des boxeurs plus expérimentés que lui expliquent en partie l'apparition précoce de ces troubles.Ainsi on ne peut pas encore considérer la boxe comme un sport sans danger.Les jeunes boxeurs devraient subir un contrôle médical beaucoup plus serré si l'on ne veut pas que des cas semblables se reproduisent.Pour hommes seulement Bientôt les hommes ne pourront plus dire que tout ce qui se rapporte aux moyens anticonceptionnels sont des histoires de femmes qui ne les impliquent pas.En effet, des chercheurs américains pensent avoir trouvé une substance qui pourrait très bien devenir un contraceptif pour hommes seulement.Il semble que la capacité des testicules à produire du sperme soit directement reliée à la quantité de D-glucose (un sucre) que peuvent absorber les cellules testiculaires.Aussi si l'on pouvait bloquer le métabolisme du D-glucose, il s'ensuivrait une inhibition de la production spermatique.C'est d'ailleurs ce qui arrive fréquemment aux diabétiques chez qui on observe souvent un taux plus élevé d'impuissance sexuelle, une diminution du nombre des spermatozoides dont la mobilité est altérée, ainsi qu'une atrophie des testicules.Or le Dr Whistler et ses associés, nous rapporte la revue Science (novembre 1974), ont réussi à synthétiser une substance qui pourrait agir dans ce sens: le 5-thio-D-glucose, un analogue sulfuré du D-glucose.La structure de ce composé ressemble à celle du D-glucose au point que les cellules se trompent et l'utilisent comme s'il s'agissait de la molécule normale du sucre.Cependant le 5-thio-D-glucose ne peut être métabolisé comme le sucre normal et les réactions subséquentes se trouvent ainsi inhibées.Ces chercheurs ont effectué leurs expériences avec des souris et ont obtenu des résultats encourageants.Aux doses utilisées, le 5-thio-D-glucose n'est absolument pas toxique pour ces animaux.90 à 95 pour cent de la quantité ingérée est excrété dans I urine au cours des six heures suivantes.Mais le 5 à 10 pour cent qui reste suffit à empêcher le D-glucose de pénétrer dans les cellules.La plus faible dose qui peut être administrée (33 milligram-mes par kilogramme) occasionne une atrophie des testicules et une inhibition complète de la génèse du sperme.Ces effets sont entièrement réversibles.Les souris mâles, après absorption de cette substance, ne peuvent féconder les souris femelles mais rassurez-vous, leur libido ou désir sexuel demeure intact.' reste maintenant à savoir si ces résultats seront aussi valables pour 1 homme.Cette substance ne serait pas utile seulement aux hommes qui veulent assumer leur part de responsabilité dans la contraception.En effet, elle pourrait avoir son mot à dire dans la lutte contre le cancer.A la suite d'expériences avec des cellules cancéreuses en culture, les chercheurs américains se sont aperçus que le 5-thio-D-glucose inhibe leur croissance et même réduit leur nombre de 40 pour cent.Avec ce composé, on pourrait donc faire d'une pierre deux coups.Pour éliminer la douleur Qu'est-ce que la douleur et comment l'éliminer?Les neurophysiologistes ne peuvent pas encore répondre à cette question de façon entièrement satisfaisante, mais des progrès récents permettent d'envisager l'avenir avec plus de sérénité.Aux niveaux cérébral et psychologique, la douleur est une notion confuse qui varie d'un individu à un autre.Une même sensation douloureuse n'est généralement pas perçue de la même façon par deux sujets différents.L'un peut la ressentir intensément, alors que l'autre la tolérera très facilement.k plus, less re K® iKÉtestp La douleur, sans suivre une voie précise et bien individualisée, est conduite d'une façon privilégiée par des fibres nerveuses de petit calibre.Les unes ont des gaines de myéline (substance molle et grasse), surtout dans la substance blanche de la mœlle: la vitesse de conduction de l'impulsion nerveuse y est d'environ 25 mètres par seconde.Les autres fibres, dépourvues de Mêlit plu (ioiiyporti Idle (b A SOULAGEMENT SUR COMMANDE — Ce schéma représente les voies de la douleur et le mode d'action du stimulateur de la mœlle.1 — Une piqûre d'aiguille entraîne une douleur.2 — L'impulsion atteint le nerf principal.3 — Sur commande, l'émetteur envoie des impulsions électriques vers l'antenne du récepteur (ici implantée au niveau de la cage thoracique).4 — Le récepteur implanté réagit au signal.5 — L'impulsion douloureuse a été interrompue (en pointillés, le trajet qu'elle aurait normalement suivi jusqu'au cerveau).6 — Le thalamus, relais cérébral des voies de la douleur.7 — Si l'impulsion douloureuse était parvenue jusqu'au cortex frontal, c'est à partir de ce moment qu'elle serait devenue consciente.ijiedi [irsque®' 'oduitunpl jplsioi^1 iraJJU, l ijitilorsw Wtain» ni, lout au it mw' ' la porte do fiilateuré WîE! Ainsi, lassen Wonti feuispuel: fecemi spectacul ^«ters le ïieilqoj ser ^aclatic ^ucteiiif «encejys puises pou."Knei 'Inéii & î’funtuj ''Wiem ¦Afil;; 'la nars 1975/QUÉBEC SCIENCE :t>.46/SANTÉ iwmti nite.urea une .UneméK nwJe _______1 myéline, ont un diamètre plus petit: la vitesse de conduction y varie de 0,6 à 2,0 mètres par seconde.Lorsque ces fibres véhiculent les impulsions nerveuses, il se produit un phénomène d'interférence complexe entre les impulsions douloureuses et d'autres impulsions venant du cerveau.Un système, connu sous le nom de «gate-control», agit alors comme une barrière que les impulsions nerveuses de la douleur doivent franchir avant de parvenir au cerveau.Divers influx inhibiteurs de la douleur aboutissent à cette barrière et Lkbwo- tentent de s'opposer au passage de la stimulation douloureuse, ou, tout au moins, à ce qu'elle soit perçue par le cerveau comme douloureuse.Cette «porte de la douleur» est située au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière.De plus, les grosses fibres périphériques qui acheminent la sensibilité tactile entrent en jeu.C'est en exploitant les impulsions douloureuses qui empruntent ces dernières voies qu'une thérapeutique moderne, celle des «stimulateurs de la mœlle», est parvenue à «contrôler» la douleur.BÉiÉilè.En fait, l'électrophysiologie vient d'apporter une explication sureusesi scientifique à un phénomène bien connu: le fait que la douleur peut être plus ou moins bien contrôlée suivant l'attention qu'on y porte.Il est bien connu qu'il est beaucoup moins difficile de supporter une sensation douloureuse si l'on s'efforce de porter son attention sur autre chose.En provoquant une diversion, on augmente les décharges inhibitrices de la douleur, et la porte de la douleur peut se refermer complètement.Le stimulateur électrique de la mœlle épinière fait précisément appel à cette stimulation des fibres inhibitrices de la douleur.Ainsi, les sensations douloureuses peuvent se buter à cette porte et s'en voir interdire le passage si des impulsions électriques ont déclenché la fermeture de la porte en question.Depuis quelques années, comme c'est le cas au centre de consultation de la douleur de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec, l'implantation d'un «stimulateur de la mœlle» est utilisée pour améliorer la condition des patiénts souffrant de douleurs chroniques contre lesquelles tous les autres traitements se sont avérés inefficaces.Dans certains cas, ces interventions procurent un soulagement si spectaculaire au malade qu'elles ont pris une place de choix dans la lutte contre certaines douleurs intolérables.Le stimulateur, aussi appelé «myélostat», est un émetteur d'impulsions électriques.Deux boutons de contrôle permettent au patient de varier le voltage (de 0 à 9 volts environ) et la fréquence (de 9 à 250 cycles par seconde) des impulsions émises vers le récepteur.Ce dernier constitue la partie de l'appareil qui sera implantée dans l'organisme.L'antenne est logée sous la clavicule ou au niveau de la cage thoracique et un fil conducteur relie cette dernière à l'électrode implantée dans la dure-mère, à un endroit précis de la colonne vertébrale selon la douleur à soulager.Lorsque le patient qui a subi l'implantation d'un myélostat éprouve de la douleur, il ajuste voltage et fréquence jusqu'à ce qu'il ait «synthonisé» les impulsions requises pour éliminer la sensation douloureuse.Les cas traités sont multiples: maladies d'origine traumatique (blessures neuro-musculaires, syndromes de membres amputés, etc.); maladies d'origine squelettique ou orthopédique (douleurs lombaires ou sciatiques); maladies d'origine inflammatoire (névralgies); maladies du système nerveux; cas de cancer (sein, rectum, prostate, etc.).Le myélostat est d'une grande efficacité, mais il faut bien comprendre qu'il ne s'agit là que d'un traitement symptomatique.Il ne pourra que permettre au patient de «prendre son mal en patience».La maladie subsiste, comme ce serait le cas pour un cancer, mais au moins, le patient ainsi traité peut espérer mener une vie plus normale, soulagé de la douleur qu'elle lui causait.¦Si M (liYJ2 -Lr IB» ,ECS.i-U.DA LA RENTABILITÉ DES POSTES Une agence de publicité américaine évalue à plus de 100 millions de dollars par an les revenus que pourrait rapporter au ministère américain des Postes, la vente de publicité sur les timbres.Au Canada, on y appose gratuitement le portrait d'Elizabeth II.Québec sont déjà bien assez confession-nelles comme ça.Mais plutôt du programme de conversion au système international d'unités (S.l.) que le ministère de l'Éducation a rendu public au début de cette année.Le programme s'étend sur trois ans, chacune de ces années marquant une étape essentielle dans l'implantation du S.l.Ce programme revêt une importance primordiale: les nouveaux concepts ne peuvent en effet s'acquérir de façon rapide qu'à l'école.Le reste de la population devra en bonne partie, jusqu'à l'écoulement des générations «non métriques», traduire les pieds en mètres, les chopines en litres, et ainsi de suite.Quand on pense que le général de Gaulle a institué le «nouveau franc» en 1960 et que certains Français comptent encore leurs sous en «anciens francs», on a une juste idée du délai d'implantation d'un nouveau système de mesure, quel qu'il soit! SAUVONS NOS CERVEAUX Un éminent médecin soviétique, le Dr Ivan Khorol, affirme dans un rapport publié sous l'égide de l'UNESCO, que le cerveau humain est surchargé au point qu'il faille craindre une dégénérescence de l'organe mental le plus raffiné déjà planète.« L'homme du 20ème siècle, écrit le savant, doit emmagasiner et utiliser c/ragrwe jour une quantité d'information plus grande que celle d'un homme d'une génération précédente penc/arrf toute sa vie)).Les millions de dépressions nerveuses enregistrées chaque année à travers le monde constituent des signaux d'alarme significatifs.Il faut à tout prix, conclut le savant, lancer une campagne mondiale d'hygiène mentale et déterminer les limites d'adaptation du cerveau humain.ILS ONT JOUÉ AU MONOPOLY Selon M.C.K.Mallory, assistant secrétaire américain à l'Énergie et aux Ressources minérales du Département de l'Intérieur, les pays exportateurs de pétrole pourront, d'ici 30 ans, accumuler assez de réserves monétaires pour acheter les 500 plus importantes compagnies américaines, toutes les fermes du pays, et il leur restera encore assez d'argent pour acheter ce que tout le monde possède sur le territoire américain.OÛ EST LA SECONDE PERDUE?Pour revenir au Québec —et à des propos moins terre à terre—, nous vous rappelons que la Planétarium Dow présente jusqu'au 16 de ce mois Surprises cosmiques, et, du 19 mars au 4 mai prochains.Où est la seconde perdue?.Le Planétarium Dow, administré par le service des sports et des loisirs de la ville de Montréal, est ouvert au public tous les jours de la semaine, sauf le lundi.Pour plus de renseignements, composez le 872-3455, à Montréal.POUR CONVERTIR LES ÉCOLES Rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une conversion religieuse! Les écoles du Veuillez trouver ci-joint mon paiement (chèque ou mandat) au montant de $________pour_______^exemplaires des numéros antérieurs suivants VOLUME 12 : $ 0.75 L'UNITÉ ?no 1 ?no 2 ?no 3 ?no 4 ?no 5 ?no 6 ?no 7 ?no 8 ?no 9 ¦ no 10 VOLUME 13 : $ 1.00 L'UNITÉ ¦ no 1 ?no 2 ¦ no 3 ¦ no 4 ?no 5 NOM________________________________________________ ADRESSE____________________________________________ numéro rue appartement ville CODE POSTAL_____________________________________ Postez le tout accompagné de votre paiement à l'ordre de: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 54 mars 1975 / QUÉBEC SCIENCE RICHESSES ^yUCTlQUESV ,, P0UR/11li>VIER FCftPS / âOUI DtSJ v^7 l£OM4DKNUOB«E 1 l£S EQUATIONS DU jlliL encore un peu.Dépêchez-vous de compléter votre collection.Bon de commande en page 50.LA LOGIE DOUCE TECHI utiuswIes pianETES U CURIE DECTHIRE SICOE DE CIUIUS4TIOI1 sclo/nco/ ASSIMILER ou ÊTRE ASSIMILÉ POLLUTION.LE TEMPS DES REMEDES QUEBEC SCIENCE la vasectomie COMPRENDRE LES TMiï PETITS DOMPTER LE StlNT lAURENT CES MC1ERIES OUI NOUS RESSEMBLENT LE I QUÉBEC TORIQUE ' LECLIITMT TADOUSSAC.RHUSt WS BALEINES LROPKU POUR LESaa-LAREWNCHE DES MOUUNSÀVWI QUEBEC SCIENCi la crise ^alimentaire ^ pcvfici 12 A17 BOIRE DE L'EAU USAGEE CA SAPPREND LELECTRICrTE ^ UE TINT OUA UN RL DU PETROLE ’OUR QUC REVERDISSE LE-SAUF,! “ L T.ST _______________ La centrale nucléaire Gentilly 2 La centrale nucléaire Gentilly 2 & < I tl La centrale nucléaire Bruce ^ v \ _ — mm ISvJii ^ .Depuis la mise en marche (en 1962) d'une petite centrale de démonstration ayant une puissance de 20 000 kilowatts, jusqu'à la production commerciale des 2 millions de kilowatts de la centrale Pickering (achevée en 1973), le Canada a parcouru une longue route pour développer les centrales CANDU dont les frais d'exploitation sont les plus bas du monde.L'Ontario aura, d'ici dix ans, une capacité nucléaire de 11 millions de kilowatts.Le Québec construit actuellement Gentilly 2, sa deuxième centrale CANDU, qui aura une capacité de 600 000 kilowatts.Le Nouveau-Brunswick construit, lui, sa première centrale CANDU de 600 000 kilowatts et il en construira, éventuellement, une deuxième.D'autres provinces songent sérieusement aux centrales CANDU pour répondre à leurs futurs besoins en électricité, car le pétrole, le charbon et le gaz sont en voie de devenir des combustibles trop précieux pour servir uniquement à produire de la chaleur.En 1974, les quatre réacteurs CANDU de la centrale Pickering ont produit 15% de toute l'électricité employée dans l'Ontario cette année-là.Il y a seulement quelques années, presque toutes les centrales ontariennes étaient hydroélectriques.Puis, ses sites hydrauliques étant tous exploités l'Ontario a dû recourir à des centrales thermiques alimentées par des combustibles fossiles.Maintenant que les combustibles fossiles coûtent de plus en plus cher et qu'ils sont nécessaires pour les installations de dépollution, d'autres sources énergétiques doivent être exploitées.La plus importante de ces sources est, de loin, l'énergie nucléaire.On a estimé qu'il va falloir construire au Canada avant l'an 2000, des centrales nucléaires dont la capacité totale atteindra plus de«130 millions de kilowatts, c'est-à-dire qu'il faudra environ 216 centrales de la taille de Gentilly 2.Non seulement ces centrales répondront à l'augmentation de la demande habituelle mais, elles devront également répondre aux besoins créés par l'utilisation de l'électricité à des fins nouvelles pour pallier aux difficultés d'approvisionnement des combustibles fossiles.La construction de ces nombreuses centrales CANDU mettra à l'épreuve les ressources industrielles et financières du Canada mais elle permettra de répondre aux besoins qui se feront sentir dans l'avenir.f REÇU le: 5 mt1975 BIBUOTHËQUE «^11 ON ALE ?Hr BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC 1 BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS MONTREAL H2X 3K0 Ljlünergie Atomique uu e unada, Limitée Siège social: 275,rue Slater, Ottawa, Kl A 0S4 Bureau de Montréal: C.P.2000, Station «H»
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