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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1975, Collections de BAnQ.

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Volume 14, numéro 1 SEPTEMBRE 1975 1.75 QUEBEC SCIENCE eosoo 9*e XU GOLFE L'EPOPEE DE LA LAURENTIE I MON PAŸS, C'ÉST UN FLEUV^f DES PRINTEMPS DÉBORDANTS POUR QUE LE FLEUVE SE PORTE MIEUX &buï famwi/i dtvn a/tAïe.L’Office de Planification et de Développement du Québec a préparé, en collaboration avec les Ministères impliqués, l’avant-projet d’un schéma d’aménagement du COULOIR FLUVIAL, c’est-à-dire de la zone du tleuve Saint-Laurent qui s’étend de l’île de Montréal au lac Saint-Pierre.L’avant-projet du schéma vise un objectif triple: L'ACCÈS AU FLEUVE - LA RÉCRÉATION - LA CONSERVATION Pour les gens de la région et pour ceux de Montréal, on veut faciliter l’accès aux rives du Saint-Laurent, et leur permettre d’aller s’y adonner aux loisirs de plein air.Pour eux aussi, et pour les générations futures, on veut préserver la faune et la flore.C’est en fractionnant la région en zones à vocations particulières, en garantissant le respect de ces vocations par un zonage et en permettant l’accès aux îles appropriées, que l’Office de Planification et de Développement du Québec va permettre la réalisation d’un vieux rêve de la Fédération québécoise de la Faune, des naturalistes et de l’ensemble de la population de la zone.L’avant projet du schéma d’aménagement du couloir fluvial n’a pas encore fait l’objet de consultations auprès des municipalités et des populations concernées.Ce stade franchi, les agents de développement (les ministères concernés, les municipalités, les organismes paragouvernementaux ou privés) commenceront à poser des gestes concrets.Pour l’amour d’un arbre.et du monde.Office de Planification et de Développement du Québec. •Tibre 1975 QUEBEC SCIENCE 3 Sommaire lr?Ire/L I Couper un bras au fleuve : 23 ; Les portiers de l'Amérique 130 La Côte-Nord sur coussin d'air l39 Çà chauffe à Gentilly 41 Donnez-moi mon pétrole quotidien 42 Au pays du Saint-Laurent 49 Le cancer des rives 57 Gens de la haute 68 Du capelan à la tonne 76 Notre parc sur le fleuve 77 Les souterrains de Montréal 78 Les pollueurs du Saint-Laurent 79 Pour sauver Montréal des eaux 80 Les diffuseurs de Québec 81 Nous avons publié le Saint-Laurent 82 Aux sources de l'information 4 Le Saint-Laurent, joyau du Québec Jeanne Sauvé Commentaire de Jeanne Sauvé, ministre, Environnement Canada 5 L'année du Saint-Laurent André Delisle et Jean-Marc Gagnon Présentation de ceux qui ont contribué à tracer le portrait du fleuve Saint-Laurent 6 Avant de raconter le Saint-Laurent André Delisle L'ornement du pays Jean Poirier C'est à Samuel de Champlain que le Saint-Laurent doit son nom L'épopée de la Laurentie Miche! Brisebois Comment le fleuve a fait son lit 16 Un profil étonnant Alain Soucy Le portrait d'un grand fleuve 24 Propriété publique Lise Potvin S»® ••Ve?Pour rendre le fleuve accessible aux citoyens 32 Pas de police, mais.André Delisle Comment il faudra orchestrer l'aménagement du Saint-Laurent 43 Une merveille.pour biologistes seulement Armand Rousseau Le lac Saint-Louis, échantillon de la qualité du Saint-Laurent 50 Des printemps débordants Claude Triquet L'épineuse question des crues printanières 58 Le trésor du golfe Jacques Gagné, André Cardinal et Louis Legendre L'aventure océanographique québécoise 64 Mon pays, c'est un fleuve Jean-Pierre Langlois Un photo-reportage de 4 000 km 70 Pour que le fleuve se porte mieux André Caillé Comment restaurer, améliorer et protéger le Saint-Laurent mm , Comité de soutien Bell Canada M.J.V.R.Cyr vice-président exécutif zone de I Est Banque de Montréal M.R.Muir vice-président et secrétaire Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de de l'Hydro Québec M.Lionel Boulet directeur Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président septembre 1975 QUEBEC SCIENCE Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal, Bibliothèque nationaledu Québec, troisième trimestre 1975.Répertorié dans PER IODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1.©Copyright 1975 — le magazine Québec Science-Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.Jean-Marc Gagnon directeur Benoit Drolet chef des informations Diane Dontigny secrétaire de rédaction Jean-Pierre Langlois conception &réalisation Patricia Larouche Françoise Ferland secrétariat & diffusion Photogravure & quadrichromies Audart Inc (418) 522-2073 Impression Imprimerie Canada Inc.(418) 688-9121 Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.(418) 658-0002 ' Abonnements (lan// 12 numéros) Tarif régulier: SI 0.00 A l'étranger: SI 5.00 A l'unité: SI.25 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 011 3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUEBEC SCIENCE Joyau du Québec par Jeanne Sauvé, ministre, Environnement Canada Le Saint-Laurent demeure le plus somptueux ornement de la belle province.Jacques Cartier ne tarissait pas d'éloges pour la splendeur de ses coloris, pour la richesse inouie de la faune et de la flore de ses rives.Qui de nous n'a pas chanté avec émotion: «.l'étranger voit avec un oeil d'envie du Saint-Laurent le majestueux cours; à son aspect, le Canadien s'écrie O Canada, mon pays, mes amours».Car nous n'avons jamais cessé de considérer notre grand fleuve comme un spectacle grandiose, lieu de prédilection pour la vie en plein air, la chasse, la pêche, le canotage et les plaisirs de villégiature.Lorsque les premières études sérieuses, il y a une vingtaine d'années, ont commencé à révéler des niveaux inacceptables de pollution dans le Saint-Laurent, la nouvelle a été accueillie avec stupeur et même, avec une certaine incrédulité.Puis, à mesure que s'accumulaient les preuves scientifiques et que nous parvenions à identifier et à dépister de nouveaux symptômes et de nouvelles causes de pollution, on eut l'angoissante certitude que la qualité de notre vie avait été compromise peut-être pour toujours, que l'on ne pouvait plus en toute confiance boire l'eau du Saint-Laurent, ni même s'y baigner.Comment se pouvait-il qu'un fleuve au débit extraordinaire de 8 500 mètres cubes à la seconde au niveau de Montréal et de 14 000 au niveau de Québec ne trouvait plus, dans l'abondance même de ses eaux, le principe de sa propre régénérescence?Graduellement, nous avons appris que les mécanismes d'auto-purification risquaient d'être irrévocablement faussés par l'énormité des quantités de déchets chimiques et organiques que nous y déversions.Que fallait-il faire?Qu'avons-nous entrepris?Où en sommes-nous?C'est là le sujet de ce numéro spécial sur le Saint-Laurent que QUÉBEC SCIENCE a eu l'heureuse idée d'offrir à ses lecteurs.Depuis trois ans, le Comité consultatif Canada-Québec poursuit ses travaux afin de rassembler et d'examiner les renseignements déjà accessible: sur la qualité de l'eau du fleuve, d'établir un programme provisoire d'exploitation rationnelle, de recommander un programme de gestion de la qualité de l'eau et de détermine les objectifs d'un programme de planification à longue échéance.Les premiers stades de ces études sont terminés et le Comité poursuit vigoureusement son objectif afin de présenter, d'ici une trentaine de mois, un programme précis, détaillé et permanent.L'espoir renaTt.Au provincial comme au fédéral et dans tous les milieux de la population, aucun Québécois ne veui laisser se ternir le joyau de la belle province.ûuîi's MB (J I ton septembre 1975 QUÉBEC SCIENCE l'année du Saint-Laurent dion Met ! Que s'est-il donc passé pour que pas I moins de quatre congrès scientifiques I consacrent leur thème au fleuve Saint-Laurent au cours de la même année?I Sans compter que quelques mois auparavant, les gouvernements fédéral et provincial concluaient une entente réservant plus de huit millions de dollars à l'étude du fleuve.ifiques lOUfflUX ut Qu'arrive-t-il à ce compagnon des pionniers québécois?Tout simplement que, malgré sa vitalité, le géant ne parvient plus à encaisser les multiples violences de l'homme: pollutions, canalisations, empiètements.•dinairë ntréal dans ore |0$ Et l'on s'est aperçu en même temps que les connaissances scientifiques accumulées jusqu'à présent sur le fleuve malade étaient bien minces.Or, toute intervention écologique requiert des connaissances étendues et certaines.Autrement, ce serait agir au hasard, donc non écologiquement! illlOI® en alsif|e us! idée Voilà pourquoi QUÉBEC SCIENCE a décidé de consacrer un numéro spécial de près de cent pages au fleuve Saint-Laurent.Il présente le portrait, en 1975, d'un fleuve malade, mais qui peut être sauvé pour peu qu'on réussisse à mettre de l'ordre dans les multiples usages auxquels on a jusqu'à présent subordonné sa santé.Un bref historique du fleuve permet d'abord d'en retracer l'occupation des rives.Puis, Jean Poirier, secrétaire de la Commission de géographie du Québec, nous renseigne sur l'origine et l'évolution de son nom, alors que Michel Brisebois, géologue, décrit le modelage du lit du fleuve.Alain Soucy, professeur-chercheur au Centre de recherche CENTREAU, de l'université Laval, détaille le portrait du Saint-Laurent.Lise Potvin, géographe, décrit tous les obstacles qui empêchent le fleuve d'être accessible à la population à cause du développement anarchique de ses rives.Désordre que les planificateurs du gouvernement du Québec ont eu pour mission d'éliminer; une rencontre avec les responsables de l'aménagement du fleuve, dont André Delisle fait état dans ce numéro, a permis de prévoir les grandes lignes du développement du «couloir fluvial», au moins pour la zone de Montréal.indC ccess* an# e# iis"8" :jt Cette région même qui — Samuel de Champlain le prévoyait déjà — a profité des avantages du fleuve pour bâtir sa prospérité actuelle, retient aussi l'attention des biologistes par sa richesse et sa diversité.Armand Rousseau, professeur-chercheur à l'INRS-EAU, explique comment le lac Saint-Louis sert de laboratoire «naturel» pour définir les critères biologiques u-tilisés dans l'étude qualitative du fleuve.Quant au fameux problème des inondations dans cette même région, il est abordé par le président du Comi- té de régulation du Saint-Laurent, M.Claude Triquet.Mais le Québec, ça n'est pas que Montréal.Sinon Gilles Vigneault aurait en vain chanté la Côte-Nord et inscrit Blanc-Sablon et Natashquan sur la carte.Les scientifiques connaissent eux aussi l'aventure marine du golfe et plusieurs établissements ou groupes universitaires québécois ont tâté sérieu sement de l'océanographie, expliquent Jacques Gagné, chercheur du GIROQ, André Cardinal et Louis Legendre, professeurs à l'université Laval et membres du Gl ROQ (Groupe interuniversitaire de recherche océanographique du Québec).Enfin, l'article-synthèse est signé par celui-là même qui coordonne les étt*4e études et les travaux de recherche sur le Saint-Laurent, André Caillé.Le tout évidemment apprêté à la sauce habituelle des rubriques de Benoit Drolet et de Diane Dontigny.Voilà pour l'information scientifique.Les études sont certes importantes, mais ce numéro aurait manqué son but s'il ne vous avait convaincu que de l'intérêt des scientifiques pour le fleuve.Si les études relèvent de ces derniers, les actions concrètes reviennent au public et la suite du fleuve dépend de tous les Québécois.Une brève promenade sur les bords du Saint-Laurent suffira à vous convaincre, si vous en doutez encore, de l'intérêt des gens pour le fleuve, en forcer l'accès, pour pouvoir profiter vraiment de ses richesses.Les mois qui viennent seront déterminants pour l'avenir du Saint-Laurent.L'année du Saint-Laurent commence à peine! (A.D.& J.-M.G.) 'mm.vv ¦•¦•‘K >+r .AVANT DE RACONTER LE SAINT-LAURENT — : ' iàŒ .) m ^vVV) mmense canal creusé dans la pierre vive, artère ramifiée sur presque un continent, témoin des premiers jours, berceau de vie, le Saint-Laurent».Cette présentation très poétique, empruntée à Jacques Rousseau dans la description du fleuve, détermine un sujet d'intérêt très vaste.Vaste aussi l'entreprise de conter le fleuve, ce «personnage» majeur de la vie des Nord-Américains, personnage qui porte un nom chargé d'histoire, qui coule sur un lit pas l'on découvre, que l'on décrit, que l'on exploite depuis les premiers temps de l'histoire québécoise, de sa préhistoire même! «Ce n'est que depuis 7 000 ans que l'immense calotte glaciaire laurentienne a laissé s'installer les hommes dans un pays tout neuf.Une situation curieuse semble avoir prévalu au Québec.Dans la partie centrale du Saint-Laurent, on n'a trouvé que des sites de villages agricoles construits après 1400, entre autres à Lanoraie et à Tracy.Par ailleurs, tout le long de la vallée, jusque sur la Côte-Nord, plusieurs sites de campements de toujours moelleux, et qui cache pêche, antérieurs ou contem- dans son sein des secrets qu'on commence à peine à découvrir! Quoi de neuf sur le Saint-Laurent?Que dire de plus sur un fleuve que l'on analyse, que porains aux villages agricoles furent mis à jour.» (Québec Science, vol.12, no 10, juin 1974).lÉIilP |pi:J|| WÈÊmSiêmMmMi .¦ -WM y; ¦ ' • m- ieptemti.e 197b QUEBEC SCIENCE Les résultats des rares fouilles archéologiques, fragmentaires bien sûr, laissent supposer que les groupes iroquois furent les premiers occupants du fleuve.Ils commencèrent par venir y pêcher l'été, pour ensuite «dé-ciderc d'habiter les rives du Saint-Laurent à la suite d'une véritable explosion démographique, deux siècles avant l'arrivée des explorateurs européens.À la fin du Sylvicole inférieur, les Iroquois dominent toute la vallée du Saint-Laurent, du Golfe aux Grands Lacs» (Québec Science, vol.12, no 10, juin 1974).Bientôt les Français succédèrent aux Amérindiens et s'intégrèrent dans l'habitat confortable et prospère que constituait la vallée du Saint-Laurent.Désormais, maftres du pays, les nouveaux arrivants y installèrent leurs postes de commerce des fourrures.Une colonisation lente s'ensuivit, française d'abord, puis anglo-saxonne.Les Franco-Canadiens restèrent cependant les principaux habitants du bord du fleuve.Mais les noms des lieux nous renseignent aussi sur cette succession d'habitants du fleuve.En 1534, lors de sa mission de reconnaissance pour la France, Cartier plante sa croix sur la «presqu'fle de la Pénouille», la péninsule de Gaspé.Ce n'est que deux ans plus tard qu'il découvre «la rivière du Canada» qui lui permet de pénétrer à l'intérieur du pays.Le nom moderne de Saint-Laurent ne désigne le fleuve dans son ensemble que depuis Samuel de Champlain, et après un lent cheminement. SCIENCE 7 L'ORNEMENT DU PAYS C'est à Samuel de Champlain que le Saint- Laurent doit son nom par Jean Poirier T* :T r «.du grand fleuve Sainct Laurent, l'ornement du pays.)) C'est à Samuel de Champlain que nous devons ce nom définitif pour désigner la voie d'eau.C'est seulement au XVI le siècle que nous le retrouvons dans les récits de voyages.UNE ERREUR D'IDENTITÉ Pourquoi, cette forme moderne du nom du fleuve.Quel cheminement a pu permettre le remplacement des vocables antérieurs par un nom qui ne désignait au début qu'une petite baie.L'étude des noms laurentins a permis de répondre à ces questions.Disons d'abord quelques mots de cette science de l'étude des noms de lieux, qu'on appelle toponymie et aussi choronymie: la science de l'origine, de la signification, de l'évolution et de la transformation des noms géographiques.Science qui se préoccupe aussi de rechercher méthodiquement les choronymes d'une région, d'une localité ou d'un pays par des enquêtes, des questionnaires et des témoignages.Données qui intéressent aussi les géographes, les historiens, les linguistes, les folkloristes, et qui d'autre?Très souvent, les noms de lieux décrivent le paysage, le relief, renseignent sur la nature du sol, évoquent la flore, la faune et des faits de la géographie humaine.Des vocables peuvent rappeler la grande et la petite histoire et même, des légendes et des anecdotes.Souvenir de noms de lieux qui ressuscitent parfois des termes archaïques et dialectaux.Et plus encore: l'histoire des noms du fleuve permet d'esquisser l'histoire de son occupation.Occupation qui a déterminé les axes de développement actuels.Qu'on pense seulement aux facteurs qui ont fait de Montréal la plaque tournante du transport et des échanges depuis les débuts des colonies! Mais revenons à l'étude toponymique ou choronymique du nom Saint-Laurent que nous n'aborderons ici que de façon très schématique, je le crains.Référons d'abord à deux citations extraites de la Narration de Jacques Cartier de 1535-1536 et surtout, à leurs traductions, d'abord en espagnol en 1552, puis en italien, quatre ans plus tard.En 1535, Cartier explore la Côte-Nord et il nomme un rentrant de côte la baye sainct Laurens (voir la lettre A de la carte).C'était le 10 août, jour de la fête du diacre Laurent, martyrisé en l'année 258! Après avoir poursuivi sa route jusqu'à la pointe ouest de l'fle d'Anticosti, le navigateur malouin fait demi-tour et explore de nouveau la région de la baie Saint-Laurent; la narration d'alors porte le sous-titre suivant: «Comment le cappitaine fict retourner les navires en arrière, jusques a avoir congnoissance de la baye sainct Laurens, pour veoyr s'il y avait aucun passaige vers le nort)).D'après H.P.Biggar, les premiers traducteurs du Bref récit de 1535-1536 ont mal compris les passages du texte de Cartier cités plus haut.Ainsi l'historien espagnol Francisco Lopez de Gomara parle en 1552 du «gran rio dicho san Lorenço que algunos lo tienen por braço de mar» et en 1556, le géographe italien Gian-Battista Ramusio indique le «gran fiume detto disan Lorenzo)); de plus, cet auteur traduit «baye sainct Laurens» par golfo di san Lorenzo.La mauvaise compréhension de la Narration de l'explorateur malouin par ces deux premiers traducteurs est à l'origine des noms du golfe et du fleuve Saint-Laurent.D'autant plus que les cartographes et écrivains du XVIe siècle ont plus souvent référé aux traductions espagnole et italienne du Bref récit de 1535-1536 qu'à l'original français.Cette erreur a suffi pour imposer ces deux toponymes comme en font foi une foule de documents.Ainsi, la célèbre carte de Mercator baptise la section du golfe comprise entre Port-Cartier à l'ouest, Natashquan à l'est et Anticosti au sud (voir la lettre B de la carte) du nom de Sinus S.Laurentii, forme latine de Golfe Saint-Laurent.Cette carte flamande, datée de 1569, fut l'étape cruciale de l'extension du nom Saint-Laurent au golfe, et par la suite au fleuve.Désormais, la même région est désignée par le même mot 8 septembre 1975 .QUEBEC SCIENCE LE BAS SAINT LAURENT Havre Sainte-Geneviève Natashquan Qi Oo Port Cartier 150 km iCib Échelle ?Le nom SAINT-LAURENT a pris une extension continue depuis sa premiere utilisation pour une petite baie de la Côte-Nord.dans la plupart des écrits, mais avec des orthographes parfois très éloignées! Le «goulphe de Saint Laurens» rivalise d'originalité avec le «golfe carré ou de S.Lau Rens» (voir la lettre C de la carte).LE COMBAT DES GRANDS NOMS Le nom Saint-Laurent a quand même éprouvé quelques difficultés à s'implanter définitivement.La succession des grands noms a vu défiler des vocables tant significatifs que poétiques.Certains ne regretteraient-ils pas qu'un nom aussi grandiose que «Golfe des Chasteaulx» n'ait pas laissé sa trace! Même si c'était une erreur de localisation d'un toponyme employé par Cartier, «baye des Chasteaulx» et désignant le détroit de Belle Isle.Le fleuve avait aussi porté plusieurs noms avant de se voir attribuer celui de Saint-Laurent.En 1535, Cartier nomma ce cours d'eau: «grand fleuve de Hochelaga».Même si cette appellation fut reprise par quelques auteurs au XVIe siècle, c'est surtout Rivière de Canada qui a été le nom le plus employé et il semble que ce soit le pilote Jean Alfonse qui ait utilisé le premier ce vocable en 1544.Ce marinier avait en fflgY-KE DÉ XA TERRE .rrEV'-TE, G RAN.DE RIVIERE D£ CANADA, E T C (X Ë S DE I-O CE AN JcNAtS wmm JÔjfêrj )t(A DA s: jssn] £ £ mmm mm Ion JictUne I ACitlol txcuJit /IAR CVS Lr.>C.\RBOT nunvjrrimutn Et!» outre attribué le nom de France Prime à la partie du fleuve située en amont de l'fle d'Orléans.Les récits de voyages regorgent de noms différents pour cette même voie d'eau.De «Rivière de Canada», ou «the river», ou «the mayne River» qu'elle fut, par exemple, pour Richard Hakluyt en 1600, elle est devenue la «rivière de Canadas» pour Samuel de Champlain (1603) et Lescarbot.Même les Jésuites ont placé leur mot: dans leurs Relations de 1611, on donne «grand fleuve Canada».Le nom actuel du Saint-Laurent est apparu pour la première fois dans les compte rendus de voyage effectué en 1583 par Humfrey Gilbert et publiés par Richard Hakluyt en 1600.Il est repris en 1613 par Samuel de Champlain qui l'adopte en exclusivité dans son volume de 1632, sous la même appellation géographique que celle mentionnée dans la Relation des Jésuites de 1626: «.un des plus beaux fleuves du monde, appelé par les Français la Rivière Sainct Laurens».Si le nom Fleuve Saint-Laurent s'est vraiment implanté au majestueux cours d'eau dès le premier tiers du XVI le siècle, il reste que la cartographie a été souvent plus réticente à consacrer le seul nom Saint-Laurent.Par exemple, la carte de Sanson d'Abbeville (1656) indique «la Gr.Rivière de Canada ou de S.Laurens».De même celle de Deshayes (1695) donne «Rivière de Canada ou de St.Laurens» et «Rivière de Canada appellée par les Européens de St.Laurens».Deshayes n'indique qu'une seule fois la forme simple «Rivière St.Laurens» pour désigner la section du fleuve située en amont de Montréal.C'est à partir du début du XVIIIe siècle surtout que l'on rencontre sur les cartes la forme unique Fleuve Saint-Laurent et le nom s'applique en général à toute l'étendue de la voie d'eau.Aux XVI le et XVII le siècles, la section du Saint-Laurent comprise entre Montréal et le lac Ontario a parfois été indiquée et a certainement été connue aussi sous le nom de Rivière de Cataracoui.Mais cette appellation devait disparaftre et être remplacée par le nom de Saint-Laurent par la suite.Si en 1535, Cartier avait connu l'extension du choronyme «baye sainct Laurens» donné à un petit rentrant de la Côte Nord, peut-être aurait-il mieux choisi son nom et retenu celui de «rivière Cartier»?Toutefois, il ne pouvait prévoir une telle extension, que les toponymistes rencontrent fréquemment et qualifient de glissements! C'est compréhensible, Cartier n'était pas toponymiste, mais explorateur.?LA NOUVELLE-FRANCE - Les premières cartes de la Nouvelle-France ont désigné le fleuve sous le nom de « La grande rivière de Canada».Marcus Lescarbot était du nombre de ces auteurs comme le démontre cette carte datée de 1609. •piemure 1975 QUEBEC SCIENCE 9 os ancêtres défricheurs s'installèrent peu à peu sur les bords du fleuve.La bande d'établissement restait très mince, car la forêt dense avançait jusqu'aux rives.Et en plus, le Saint-Laurent était la seule grande route de communication pour les premiers arrivants.Legrand fleuve retient donc les colons; ils en dépendent pour le transport, l'acquisition de vivres et matériaux, l'approvisionnement en eau.La vie toute entière des ancêtres était tributaire des facilités que leur offrait le fleuve.Qui aurait dit que quatre siècles plus tard, c'est la vie même du fleuve qui dépendrait des chances que lui laisseraient ses riverains?Si Vigheault avait vécu dans la région de Montréal lorsqu'il écrivit «JosMonferrand», peut-être aurait-il hésité à lui tremper «les pieds dans l'eau du Saint-Laurent»?Il se serait 1 rendu compte —comme la [plupart des biologistes— que les habitants de la rive ont [plutôt tendance à imiter son lapsus du dernier refrain.«Le [cul dans l'eau du Saint-Laurent» décrit mieux la fonction que les Québécois ont réservé à leur fleuve.«.dans la région de Montréal: [sur une portion du Saint-Laurent qui va du lac Saint-Louis à l'embouchure de la rivière des Prairies (60 kilomètres à peine), environ 1,5 million de personnes déversent chaque jour 3,8 milliards de litres d'eau sale directement dans le fleuve, par l'intermédiaire de 120 émissaires d'égouts.Certains émissaires sont d'ailleurs de véritables petites rivières de 15 ou 18 mètres de large, avec un débit quotidien de 640 millions de litres.Par comparaison, la rivière des Mille-Iles a un débit de quatre milliards de litres, à la sortie du lac des Deux-Montàgnes.Pour avoir un portrait global de la situation, il faut aussi ’tenir compte d'un autre million de citadins qui déversent chaque jour 470 millions de litres dans la rivière des Prairies (27 effluents) et 120 millions de litres dans la rivière des Mille-Iles (10 émissaires).(Québec Science, vol.13, no 3, novembre 1974).Y-a-t-il vraiment amélioration si l'on compare ces chiffres à d'autres qui ont valu au fleuve la réputation peu oenviée de «plus grand égout d'Amérique»! «Les villes de la Communauté urbaine de Montréal déversent quotidiennement 1,2 milliard de litres d'eau non traitée dans le Saint-Laurent.Un épais tapis d'algues a envahi les rives du lac Saint-Louis, où le taux de coliformes est deux fois supérieur à la limite acceptable.Un peu plus en aval, les rapides de Lachine aident à épurer l'eau, mais les 70 bouches d'égout de Lachine et des bouts de l'fle annlillent immédiatement cette autoépuration» (Québec ^Science, vol.11, no 7, avril 1973).Encore une fois —et ce n'est pas la première— on est obligé de conclure que la situation ne s'améliore pas.Au niveau du chenal, on avait observé —en 1972— une moyenne maximale d'environ 2 000 coliformes totaux pour 100 millilitres d'eau (Québec Science, vol.11, no 7, avril 1973).Voilà que les analyses de 1973 révèlent que «cette moyenne avait déjà triplé pour atteindre 6 345 coliformes» (Québec Science, vol.13, no 3, novembre 1974).Est-ce que la détérioration va continuer?On peut espérer que non.si les espoirs de 1978 se réalisent: un plan de gestion de la qualité du Saint-Laurent! De 1534 à 1978, beaucoup de temps s'est écoulé (près de 450 ans).et il reste de moins en moins d'eau.Toutefois, il faudra encore un changement radical de l'occupation du fleuve par l'homme pour corriger l'état de dégradation actuel du Saint-Laurent.Dès son arrivée, l'homme s'approprie le fleuve et ses berges.Sa hache force le recul de la forêt et laisse place à ses champs.o Et l'agriculture riveraine ne va pas sans inconvénients: la partie la plus fertile du sol est arrachée par les pluies, les hautes marées, les débordements et déversée dans le fleuve.Des tonnes de solides en suspension sont charriées par les eaux, qui en plus d'appauvrir considérablement les sols, rendent nécessaire'le dragage permanent pour faciliter la navigation.Plus encore: d'agriculteurs qu'ils étaient, des groupes d'habitants des rives se réunissent et exigent de plus en plus d'eau et de vivres.Ces activités vitales ont aussi leurs inconvénients: il faut éliminer les déchets.L'évolution fut rapide, puisqu'on a retrouvé en 1766, «27 usines de produits alimentaires, sucreries, distilleries, brasseries .et meuneries» (Québec Science, vol.11, no 7, avril 1973) le long des rives du Saint-Laurent.C'est par législation qu'on commence à se servir du fleuve 10 sepiemh.e 1975 QUEBEC SCIENCE comme dépotoir! «Dès 1676, un règlement de police de Québec ordonnait à tous les bouchers «d'emporter à l'instant à la rivière tout sang et immondices (.) sous peine de dix livres d'amende».En 1827, une loi du Bas-Canada stipule que les inspecteurs du port de Québec «indiqueront une place sur la grève pour déposer les vidanges.» En 1851 et en 1856, des lois ont même réalisé l'équation prospérité = pollution (Québec Science, vol.11, no 7, avril 1973).En 1975, on est sur le point d'adopter des lois pour éviter cette pollution.Si on avait pu le prévoir, on aurait probablement plus respecté les eaux du fleuve «qui approvisionne tout de même 40 pour cent de la population en eau potable» (Québec Science, vol.11, no 7, avril 1973).Et paradoxalement, c'est encore seulement les municipalités prospères qui pourront se payer des égouts propres.Près de 150 ans auront été nécessaires pour changer un seul signe d'une équation.L'équation d'ailleurs s'est compliquée d'un paramètre: le temps.Le développement industriel et urbain, qui a fait du fleuve un égout, s'est accompagné d'une croissance économique qui a fait des Québécois des riverains prospères! Les gens à l'aise ont le temps de se récréer.Comment se récréer, on s'est de nouveau tourné vers le fleuve! Et ce qu'on y a vu.des eaux d'égouts dans un cours d'eau.«L'eau de tous ces cours d'eau est donc beaucoup plus polluée le long des rives où l'on peut trouver de l'eau d'égout presque «pure» alors que la partie centrale est beaucoup moins affectée.» (Québec Science, vol.13, no 3, novembre 1974).Ceci n'est pas sans choquer les propriétaires riverains! Les chercheurs intéressés au fleuve sont ainsi poussés à inventer une solution pour redonner le fleuve à ses riverains.Peut-être verrons-nous sous peu un chenal au centre qui servira non seulement au transport des bateaux, mais aussi à celui des déchets! Les eaux de bordure seraient alors réouvertes pour la baignade, la pêche, ou.le repos des yeux! Perspective d'autant plus intéressante que l'on parle déjà depuis quelques années de chauffer l'eau du Saint-Laurent! «La vallée du Saint-Laurent, centrale d'énergie.Devant Québec, le seul Saint-Laurent a un débit maximum de 57 000 mètres cubes par seconde à cause de l'onde de marée.le principal problème des centrales nucléaires est celui de la pollution thermique» (Québec Science, vol.11, no 7, avril 1973).L'eau du fleuve semblerait bien convenir à cet usage de refroidissement, surtout qu'avec une bonne gestion des glaces, le réchauffement de l'eau aurait peut-être comme effet secondaire de rendre la navigation d'hiver aussi facile qu'en été.Toutefois, si l'on se fie aux résistances senties dans les milieux scientifiques, la vocation d'un Saint-Laurent voué à «l'économie hydraulique» peut être retardée encore longtemps.L'une des recommandations des membres du Conseil québécois de l'Environnement, lors d'un symposium sur l'Énergie et l'Environnement en mars dernier abonde d'ailleurs dans ce sens: il faut chercher d'au- tres avenues énergétiques que le nucléaire.Moins de sueurs pour ce grand personnage de notre histoire?Peut-être.C'est ce grand personnage que Québec Science a osé qualifier de «monstre» parce que sa tête et ses pieds sont disproportionnés! Une énorme tête de 750 000 km2, une «ridicule petite partie fluviale de 560 km qui se jette dans une véritable mer intérieure: le golfe (Québec Science, vol.11, no 7, mars 1973).Dans le secteur de l'actualité géologique, les événements, il faut le dire, se succèdent assez assez lentement! La plus récente des failles laurentiennes est la même qu'il y a quelques années: «la terrasse Mic-Mac qui constitue, à environ 4 mètres au-dessus du niveau du fleuve, la berge nord de l'fle d'Orléans» (Québec Science, vol.11, no 10, juin 1973).La naissance et la croissance du fleuve se sont accordées au rythme de l'avance et du recul des glaciers.Le résultat?Un fleuve jeune et vieux en même temps! Vieux, parce que la vallée laurentienne est l'aboutissement de bouleversements qui remontent à plus de 500 000 ans.Jeune parce que son visage actuel, une «ride sur un continent», a pris forme avec la fin de la Grande Ère Glaciaire, il y a environ 5 000 ans (Québec Science, vol.11, no 7, mars 1973).Jeune également, parce que sa face continue à changer.Les eaux du fleuve basculent lentement du nord au sud.Pourquoi?Le continent continue d'émerger, libéré qu'il est du poids des immenses glaciers. 'ptembre 1975 QUÉBEC SCIENCE 11 L'EPOPEE DE LA LAURENTIE par Michel Brisebois Comment le fleuve a fait son lit lhaque fois que l'on parle du Saint-Laurent, les secrets de son histoire géologique reviennent d'actualité.Nous retracerons dans ces quelques lignes l'histoire du fleuve: son origine, son évolution, son âge.Abrégé de son histoire, devrions-nous dire, mais suffisant pour renseigner sur le lit du grand fleuve.Un regard attentif sur la carte géologique du Québec révèle une différence frappante entre la rive nord et la rive sud: la plaine au sud du Saint-Laurent est formée de roches sédimentaires datant du Cambrien et de l'Ordovicien tandis que la Côte-Nord, plus escarpée, est constituée de roches ignées et métamorphiques.D'âge pré-cambrien, celles-ci sont d'ailleurs beaucoup plus vieilles que celles de la rive sud.Pourquoi cette différence de part et d'autre du fleuve?Pour l'expliquer, il faut revenir un peu en arrière dans le temps.Au début de la période ordovicienne, il y a près de 600 millions d'années, des sédiments provenant de l'érosion des Appalaches s'accumulaient dans la vallée du Saint-Laurent, alors submergée.C'est de cette époque que datent les calcaires de Trenton et du Black River, ainsi que les schistes noirs d'Utica, bien connus du géologue amateur.Vers la fin de cette période, l'émergence des montagnes au sud-est de la vallée du Saint-Laurent atteignit son point culminant.Les sédiments du bassin furent violemment poussés vers le Nord-Ouest, le long de plusieurs failles, et entrèrent en contact avec les roches ignées du Bouclier canadien.Cette ligne de contact se nomme la faille de Logan en souvenir du célèbre géologue canadien qui la décrivit pour la première fois.Les roches brisées et écrasées qui se trouvaient tout le long de la faille offraient un passage idéal pour les eaux d'écoulement.Ce fut l'origine du fleuve Saint-Laurent qui suit l'axe de la faille de Logan LE QUADRILLE DES GLACIERS Des glaciers, certains venant du Nord et quelques-uns des Appalaches au sud, recouvrirent la vallée du Saint-Laurent au moins à quatre reprises et se retirèrent autant de fois.Les sédiments accumulés durant les premières glaciations ont été balayés par les avances subséquentes; les seuls sédiments laissés par la dernière invasion des glaces, celle du Wisconsin, sont disponibles pour nos observations.Nous tenterons de revivre cette glaciation la plus récente.Il y a environ 70 000 ans, les glaciers atteignirent encore une fois la vallée du Saint-Laurent.Ils bloquèrent le flot du fleuve à la manière d'un barrage favorisant ainsi la formation de lacs glaciaires.Ces lacs malgré leur brève existence, laissèrent des dépôts d'argile et de limon.Après avoir recouvert complètement l'emplacement actuel du fleuve, les glaces se retirèrent de nouveau.La vallée du Saint-Laurent put alors jouir d'un climat boréal, pendant un bref 5 000 ans! Vers 60 000 ans avant notre ère, le même scénario se répéta: avance des glaciers, formation d'un lac glaciaire à l'ouest de Québec puis, invasion complète des glaces.Le paysage québécois est parsemé de nombreux vestiges de cette époque: le fjord du Saguenay, les collines arrondies, les nombreux dépôts de gravier, les cailloux et les blocs erratiques qui font le malheur des cultivateurs.Il faudra, cette fois, attendre environ 45 000 ans avant que les glaciers ne commencent à fondre et à se retirer vers le Nord.Sur le chemin du retour, un lobe de glace s'attarda près de Nie Verte, le front glaciaire est et ouest s'étant déjà retiré de la vallée.Le fleuve Saint-Laurent se trouvait alors coupé en deux.À l'ouest de Nie Verte, une nappe d'eau douce, provenant de la fonte des glaces, s'étendait du front glaciaire jusqu'aux Appalaches; à l'est, l'eau salée de l'Atlantique s'était infiltrée.Quand fondit finalement ce lobe de glace, les deux masses d'eau se rejoignirent.Ce mélange heureux, entre 12 000 et 9 500 avant Jésus-Christ, forma la Mer de Champlain.LE CONTINENT REBONDIT Sous le poids des glaciers, la vallée du Saint-Laurent s'était enfoncée et formait alors un vaste bassin.Ce bassin fut comblé, nous l'avons vu plus haut, par l'eau provenant de la fonte des glaces.L'étendue de cette mer intérieure est représentée sur la figure 1.Les dépôts de la Mer de Champlain sont bien connus, surtout ceux d'argile bleue contenant de petits pélécypodes blancs.Pourquoi cette mer a-t-elle disparu?Le sol qui avait fléchi sous le poids des glaces reprit peu à peu sa forme originale, comme un morceau de caoutchouc-mousse.Cette émergence du bassin du Saint-Laurent provoqua le retrait graduel de la Mer de Champlain vers l'Atlantique.Graduel, car ce mouvement fut plusieurs fois interrompu.Durant ces périodes de stabilité, l'eau entamait et faisait reculer les rives formées de sédiments meubles.A la suite d'une nouvelle baisse du niveau d'eau, ces «terrasses» étaient laissées à découvert.On peut voir, à certains endroits, le long du fleuve, ces terrasses successives des marches d'un escalier qui descend jusqu'au fleuve.Ce recul de la mer entraîna aussi l'érosion, par les eaux de ruissellement, des anciennes rives de la Mer de Champlain.À cette époque, des millions de tonnes de sable furent transportées par les rivières et déposées dans le fleuve Saint-Laurent.CONSULTONS LES SÉDIMENTS La forme actuelle du Saint-Laurent ne date que de 5 000 ans.Qu'arrive-t-il maintenant au point de vue géologique?Pour le savoir, «consultons» les sédiments! Quels types de sédiments trouve-t-on dans l'estuaire du Saint-Laurent?Attardons-nous aux deux divisions de l'estuaire: l'estuaire moyen, de Québec au Saguenay, et l'estuaire maritime, du Saguenay à Pointe-des-Monts.L'estuaire moyen est surtout recouvert de sable, mélangé à de fins sédiments de limon et d'argile.Le sable provient des dépôts glaciaires, transportés dans l'estuaire durant le retrait de la Mer de Champlain.Les sédiments fins proviennent du dépôt des matériaux en suspension, apportés par le fleuve dans l'estuaire.Sédiments constamment remaniés et remis en suspension par des courants de marée.Ces courants de l'estuaire moyen sont si forts qu'à certains endroits, le fond est presque complètement dénué de sédiments meubles.Les glaces flottantes assument une part importante du transport.Au printemps, les glaces arrachent les sédiments des hauts fonds et les transportent dans l'estuaire, durant la débâcle.À la fonte des glaces, des sédiments hétérogènes sont ainsi déposés dans le Saint-Laurent.L'estuaire maritime présente un tableau moins complexe.La région est caractérisée par une vaste vallée sous-marine: le Chenal Laurentien atteignant plus de 400 mètres de profondeur.Les sédiments fins en suspension qui s'échappent de l'estuaire moyen viennent s'y déposer.Les courants de marée ayant peu d'effet, on calcule qu'environ 40 mètres de sédiments se sont accumulés dans le chenal depuis la dernière glaciation.Ces observations ne constituent qu'un bref résumé de la sédimentation récente dans l'estuaire du Saint-Laurent.La reconstitution géologique de l'histoire et de l'évolution du fleuve est un processus lent.Le fleuve ne livre pas en un jour les secrets accumulés pendant des millénaires.Nous devons à la patience des géologues et des océanographes les parcelles connues de l'historique laurentien.Les sédiments, documents-témoins des phénomènes géologiques, renferment encore des curiosités géologiques.L'examen plus poussé de cette facette de l'océanographie géologique au Québec donnera encore lieu à des découvertes intéressantes sur le lit du fleuve.L'avenir géologique le dira. 12 septembre 1975 QUÉBEC SCIENCE A, ?Au début, la mer de Champlain était retenue à l'intérieur du continent par une barrière de glaces.LE FLEUVE & L’ESTUAIRE Figure IA La mer de Champlain (15 000 ans A.C.) Glace Eau douce Eau salée Québec r Moraine de DrummondviUe Monirpul 1 50 km lac Champlain ?Suite à la fonte de ces glaces, les eaux douces ont rejoint les eaux salées, élargissant les limites de la mer de Champlain.LE FLEUVE & L’ESTUAIRE Figure IB La mer de Champlain (10 000 ans A.C.) Glace Mer de Champlain Québec 1 50 km e mouvement de balancier des glaciers a façonné peu à peu le relief québécois, déposant plusieurs couches de sédiments, témoins des époques les plus reculées.Sédiments qui alimentent les rêves des prospecteurs pétroliers! La commission géologique du Canada a évalué les réserves potentielles à un maximum de 200 millions de tonnes pour le Golfe et toute la plate-forme du Saint-Laurent jusqu'en Ontario.Les appétits voraces des générations consommatrices d'énergie changeront peut-être le rythme de l'histoire géologique.Sans modifier pour autant le cours du fleuve, ces pompages de l'or noir québécois, si jamais ils ont lieu, ne seront pas sans influencer la composition des dessous du lit lauren-tien.Sans parler des supertransporteurs qui sillonneront la voie d'eau vers les points chauds, gourmands énergétiques québécois.L'histoire d'un personnage qui existe depuis des dizaines de milliers d'années ne peut être que trop courte.Connaf-tré son nom, ses secrets, son menu, son lit ne peut pas suffire.La nature a pris des milliers d'années à le concevoir et la vie ne lui a été «prêtée» que depuis quelques centaines d'années.Prêtée, il est vrai, car la vie du fleuve dépend maintenant de ses habitants, en même temps ses gardiens.Il faudrait des siècles pour écrire toute l'histoire du fleuve.Nous n'avons plus que quelques années pour en inventer les pages probablement les plus importantes pour l'homme.i lÉF» Wm v v.-vi ¦ : ïlip; - if- WmËmà. ConseIL des ports INatIonaux Président Vice-président — St-Laurent Membre — Pacifique Membre — Atlantique Delmer F.Taylor Guy Beaudet Dr Steve H.Weyman POSTS CANADA dmimstre les Le Conseil des ports nationa ports du Québec: O Montréal O Trois-Rivières O Québec O Chicoutimi O Baie des Ha! Ha! (Port Alfred et O Sept-Iles La contribution de ces ports à l'économie québécoise est très importante.Quelques données sur les ports de Montréal et Québec: TONNAGE NOMBRE D'EMPLOIS SALAIRES IMPACT $ $ 54 000 000 204 000 000 QUÉBEC 13 900 000 4 825 MONTRÉAL 23 800 000 17 864 $ 54 000 000 $ 130 000 000 $ 204 000 000 $ 345 000 000 14 sepiemh.e 1975 QUEBEC SCIENCE Couper un bras au fleuve Les chercheurs de CENTREAU (université Laval) gagneront sûrement des appuis politiques et financiers au projet d'aménagement du chenal nord de l'Ile d'Orléans, présenté au gouvernement du Québec.En plus de faire ressortir les dimensions récréatives et touristiques du projet, on souligne maintenant l'intérêt d'un tel projet du point de vue des transports routiers.L'aménagement d'un passage de la rive nord à l'Ile d'Orléans devient un premier pas vers la seconde liaison rive-nord-rive-sud.Une digue construite entre la rive nord et l'Ile d'Orléans pourrait en effet faire place à une autoroute qui, après un bond sur la pointe ouest de l'fle, sauterait sur la rive sud.Et ainsi serait bouclée la ceinture d'autoroutes du Québec! Mais, traçons les grandes lignes de ce projet souvent intitulé le projet Bras Nord: il s'agit de créer un lac artificiel par la fermeture, au moyen de digues, du tronçon du fleuve passant au nord de l'Ile d'Orléans.La création de ce lac, alimenté par deux rivières aux qualités presque irréprochables (la Montmorency et la Sainte-Anne-du-Nord), aurait pour effet de consacrer la vocation récréative de la côte de Beauport, de la côte de Beaupré et de Nie d'Orléans.En plus de conserver la fonction agricole de ces mêmes régions, l'aménagement du chenal nord aurait comme avantage de préserver une zone de migration particulièrement choyée par les oies et les canards.La digue ouest serait située en amont de la rivière Montmorency, dans le prolongement de l'autoroute 40 à sa jonction avec l'autoroute Dufferin-Montmo-rency.11 va de soi que cette digue pourrait avantageusement servir de lien routier avec l'fle.Le prolongement de cette liaison par un tunnel, par exemple, du côté sud de Nie d'Orléans, compléterait le circuit d'autoroutes périphériques constitué par l'autoroute 40, le pont Pierre-Laporte et l'autoroute 20.À l'autre bout de ce lac «fluvial», soit à l'aval de la rivière Sainte-Anne-du-Nord, serait construite la deuxième digue.Située assez loin de la réserve de Cap-Tourmente, cet aménagement n'affecterait pas de façon significative les formations végétales qui servent de nourritures à plusieurs oiseaux aquatiques.Combinée au complexe récréatif du Mont Sainte-Anne, ainsi qu'aux attractions touristiques et historiques qu'offre Nie d'Orléans, ce vaste lac artificiel (65 km carrés), au dire de ses concepteurs, ferait de ce territoire la «cité des loisirs de l'agglomération urbaine de Québec».Sans parler du bénéfice indirect qu'est la constitution d'une réserve d'eau potable suffisante (7,1 x 108 mètres cubes) pour alimenter toute la région de Québec en l'an 2000.( A.D.) UN PONT INUTILE?- Si le projet du bras nord de Tile d'Orléans se concrétise, le pont de Tüe deviendra pratiquement inutile.L'accès sera beaucoup plus facile, si on en croit le projet, par la digue ouest, entre Montmorency et Sainte-Pétronille, et ia digue est, entre Beaupré et Sain t- François.éditeur officiel du québec /A- t RECHERCHE POUR LA SOI SOCIÉTÉ Agriculture Canada Les chercheurs vétérinaires et les agents de réglementation du ministère de l'Agriculture du Canada travaillent ensemble pour protéger la santé du cheptel canadien.Leurs travaux ont permis aux agriculteurs canadiens de réaliser des économies directes d'environ 27 millions de dollars par l'extirpation de la tuberculose animale (10 millions), la lutte contre la brucellose (10 million) et contre la peste porcine (7 millions).En raison de ces travaux, le Canada a l'un des cheptels les plus sains au monde, ce qui a ouvert plus de portes à notre pays sur les marchés d'exportation qu'à n'importe quel autre pays du monde.L'élevage, production très importante au Québec, a grandement profité de ces travaux.Hon.Eugene Whelan, Ministre S.B.Williams, Sous-Ministre Productions audio-visuelles duSGME système international d'unités physiqu economique cx^tecUon KWHËMATIQUE A L'ÉLEMEt 10 Wms 16mm les OPERATIONS NtATHÊMAT 4 füms lôrrm 1 audiovision 'a philosophie des rnathem^tq 2 fins 16mm 6 films 16mm les implications mathématique! du tirage de la mtru-tolo 1 film 16mm administration 5 films 14 audiovisions série ORGANISATION DE L'ENTREPRISE 25 audio-visions Qou»*Twnent ou CXiéoec Mn*)ér« d« itOutW.y' Serve* U*» moyt* Le ministère de l’Éducation a produit de nombreux documents audio-visuels sur les sujets suivants: • Administration • Économique • Mathématique • Physique • Système international d’unités (si) Pour plus de détails, procurez-vous gratuitement les dépliants d’information en écrivant au: ecor administration 1 A Service général des moyens d’enseignement Secteur Distribution or\r\ _ i—.il_h a___*__i ioix ai r> 600, rue Fullum, Montréal H2K 4L6 16 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE UN PROFIL ÉTONNANT par Alain Soucy Le portrait d'un grand fleuve i.•• • V"-' ' information canada Le développement socio-économique du Canada a été, depuis les premiers temps de la colonie, amplement conditionné par la présence du Saint-Laurent, immense échancrure dans les terres qui prolonge la mer jusqu'au cœur du continent.Cette unité hydrographique exceptionnelle comprend trois grandes divisions: le secteur des Grands Lacs, le secteur du fleuve proprement dit et de son estuaire, et le secteur du golfe.Ces trois divisions composent respectivement 57, 29 et 14 pour cent de la longueur totale de ce cours d'eau qui s'étend sur près de 4 000 kilomètres de sa source la plus à l'ouest, sur la rivière Saint-Louis, au détroit de Cabot, à l'est.Les Grands Lacs drainent une superficie de près de 775 000 kilomètres carrés et fournissent un débit fortement régularisé d'environ 7 000 mètres cubes par seconde; le bassin du Saint-Laurent et de son estuaire jusqu'à Nie d'Anticosti, y ajoute quelque 500 000 kilomètres carrés et porte les apports d'eau douce à 17 000 mètres cubes par seconde en moyenne.De son côté, le golfe du Saint-Laurent et les bassins qui s'y jettent couvrent une superficie d'environ 1 50 000 kilomètres carrés selon les frontières qu'on lui donne.T rois divisions hydrographiques, dont la première constitue la plus grande réserve d'eau douce au monde; le golfe, entièrement maritime, se distingue, lui, par ses riches pêcheries.Entre les deux, le fleuve (et son estuaire, sans doute le plus imposant qui soit) forme, avec ses ports, la voie maritime intérieure la plus importante du monde.En même temps, ses rapides et ceux de ses affluents fournissent la majeure partie de l'énergie hydroélectrique du Québec.UN RÉGIME SAGE Dans cette partie du Canada, dominée par le Bouclier canadien, les altitudes demeurent faibles malgré la présence des Laurentides, des Appalaches et des Adirondacks.Le réseau hydrographique du Saint-Laurent est marqué par deux événements hydrologiques d'importance.Tout d'abord, le recul du front des glaciers qui laissèrent derrière eux les Grands Lacs, les vallées fluvio-glacières et les plateaux parsemés de lacs, caractéristiques du centre et du Nord québécois.Ensuite, le retrait vers l'ouest des Grands Lacs et le nord-est, de la mer de Champlain dont les effets combinés ont façonné le profil actuel des basses terres du Saint-Laurent.En somme, un bassin au relief presque entièrement constitué de plateaux ou de plaines de faibles déclinités.Plusieurs affaissements tectoniques et des barres rocheuses sont venus former les rapides et les chutes reliant les Grands Lacs entre eux et les affluents au fleuve.En plus, le mouvement de va-et-vient des glaciers a laissé sur le support rocheux d'abondants dépôts capables de retenir et de retarder l'écoulement d'une grande quantité d'eau de précipitation.Ces particularités et la profusion des lacs du bassin en font un fleuve à l'écoulement, paisible la plupart du temps, et dont les écarts d'humeurs sont bien prévisibles.Cette régularité de débit et les variations périodiques —ce qui constitue un régime saisonnier pondéré pour l'hydraulicien— ont valu au fleuve son caractère de «sagesse».[# !gio'; «KCtl ou I, Cl |Belle efortfii Lebï ressenti insi.lei® rit de ïWJ'.'U' nesiisont ligeproet aneeuT nversebri «te fan «Mt*t iiiiiB.ara:' - influence our l'hoir LA VALLÉE DES CYCLONES Le climat du bassin du Saint-Laurent est relié à la facilité de circulation des masses d'air dans le relief modéré du bassin.Du côté de l'ouest, cette région reçoit et absorbe la plupart des cyclones de l'Amérique du Nord.La vallée du Saint-Laurent concentre en quelque sorte le trajet des dépressions venant de l'intérieur du pays, d'où la prédominance des vents sud-ouest et nord-est.À l'est, la proximité des régions marines influence grandement le climat de la vallée.Ainsi, le courant froid du Labrador descendant vers le sud cause les étés frais de la région estuarienne; le «Gulf Stream» s'y fait sentir lui aussi, lorsque les vents océaniques apportent des ondes de chaleur et d'humidité des côtes jusque dans les basses terres du Saint-Laurent.En hiver, leurs effets sont beaucoup moins sensibles, même si les eaux de l'estuaire et du golfe tempèrent quelque peu les extrêmes; les vents de l'intérieur dominent suivant le grand axe du Saint- Lauren ¦ ’oni'o,™ ntn ¦ ¦ bpre (globe l’t iis: Bimetii reautiM [liai de f kieetl'ét nportant 'eau.Oui ajmcoini à tëeduflei I La du isqn'soSi tents a :or itions r'a» ! «liées On;-;:, ïf:- m "'Hit* Latio Ht Ftine, iC ’Ha® 17 »e 1975 QUEBEC SCIENCE Le climat subit aussi les contrecoups des ncontres parfois brutales de masses d'air origines différentes.L'air froid et sec des gions arctiques, venant du nord et de iuest, heurte les courants chauds et humi-s, venant du sud le long de la côte est du ïnada.Ces «choix aériens» expliquent les lages et les pluies d'été; ils donnent lieu à ; fortes accumulations de neige en hiver.Le bilan hydrologique du Saint-Laurent ressent de ces variations climatiques, insi, les écoulements d'été sont faibles, du !it de l'évaporation des masses d'eau et de évapotranspiration due à la végétation qui couvre presque tout le territoire.La lon-je saison froide et les précipitations de ;ige privent momentanément le fleuve de in eau, tandis que le dégel de printemps lui i verse brusquement.Combiné aux nbâcles de glace, cet apport des eaux de >ntes favorise les pointes de débit et les iveaux extrêmes de la plupart de nos vières.prépondérance des courants du golfe.Par contre, l'influence des affluents sur les ressources biologiques peut revêtir une importance capitale du fait de la sensibilité écologique des milieux estuariens.UN LIT EN ESCALIER Le cours des eaux du Saint-Laurent, bien que fortement régularisé, est conditionné par de nombreuses singularités physiques.Le secteur des rapides, du lac Ontario au port de Montréal, est maintenant presque entièrement harnaché et canalisé.Les efforts des hommes, ajoutés à ceux de la nature n'y ont laissé que des lacs: le lac Saint-Laurent, le lac Saint-François, le lac Saint-Louis et le lac des Deux-Montagnes sur l'Outaouais.Le tronçon inférieur, de Montréal à l'estuaire, ne présente qu'une dénivellation de 6,75 mètres.Aux multiples fies et chenaux succède un lac peu profond et entièrement canalisé: le lac Saint-Pierre, simple élargissement du fleuve.direction générale du tourisme plain que rtdu bit et 115 p31)X ROIS FLEUVES DANS UN e bassin du Saint-Laurent peut être divisé i trois régions distinctes.Chacune se aractérise par son régime hydrologique, par nfluence de ses affluents et par son utilité pur l'homme.La première région, région lacustre, aglobe l'ensemble des Grands Lacs.La arface des terres qui les alimentent —son assin versant— y est particulièrement iduite par rapport à la superficie des masses eau libre; le rôle des affluents est assez linime tant au point de vue du volume jeau transporté que par leurs effets sur la jalité de l'eau de l'ensemble.Seules la luie et l'évaporation jouent un rôle nportant dans la variation du volume 'eau.On peut considérer cette première agion comme le réservoir de tête du Saint-aurent, dont le débit constitue le régime de ase du fleuve en aval.La deuxième région, des Grands Lacs isqu'au Saguenay, constitue \b partie 'uviaie et estuarienne du Saint-Laurent.Les ffluents ajoutent au fleuve un débit omplémentaire important; la qualité de eau s'en ressent d'autant.Les apports très ariables dus à ces affluents affectent ainsi uniformité du régime et produisent des onditions d'écoulement particulièrement omplexes.La qualité varie aussi énormé-lent, à cause des transports de sédiments et e matières solides par les affluents.Ces pports sont augmentés par le régime arrentiel de plusieurs affluents et par le ype sédimentaire des couches superficielles u sol.Une forte concentration de la opulation urbaine et des développements idustriels et agricoles, contribuent aussi à la étérioration des eaux de cette section du leuve.La troisième région, l'estuaire maritime t le golfe du Saint-Laurent en aval du aguenay, a un caractère exclusivement naritime.Les principaux affluents sont bcalisés en majeure partie sur la rive nord.Is forment en se jetant dans la mer, un jnsemble d'estuaires particulièrement ensibles aux changements physiographiques ilu bassin.Malgré ces apports d'eaux douces ionsidérables, la dynamique globale du Saint-Laurent reste influencée par la hydro-québec •• • j IIHiHIRHIj ¦MM — j- ___ -V.tfc ¦ fc* • -Vf.•, ; LA CENTRALE THERMIQUE DE TRACY — Malgré les installations actuelles de production d'énergie électrique, d'importants développements énergétiques sont à prévoir le long du Saint-Laurent.La capacité de refroidissement du fleuve sera mise à contribution pour produire les 80 000 mégawatts nécessaires pour satisfaire la demande de l'an 2000.De Trois-Rivières au Saguenay, l'estuaire se creuse davantage; il rétrécit en devenant plus profond au niveau de Québec, pour élargir à nouveau après Nie d'Orléans.Là, le fond se relève quelque peu et forme des barres de mélange des eaux douces et salées.Enfin, au Saguenay, on assiste à un effondrement brutal de tout le lit de l'estuaire: en l'espace de 15 kilomètres, les profondeurs passent de 25 à 365 mètres.LE FLEUVE SE TROUBLE Cette diversité des tronçons, tantôt lacustres, rapides ou fluviaux, détermine une grande diversité dans la nature des écoulements.En général, toutefois, les courants demeurent parallèles à la direction principale de l'écoulement.La chute de Beauharnois, les rapides de Lachine, le chenal sud du tronçon Varennes-Sorel, les rapides de Deschaillons et tout l'estuaire depuis Portneuf jusqu'à Nie d'Orléans constituent des zones à grande vitesse et à turbulence élevée.La marée agit aussi sur la variation des vitesses et des débits.De 0 à 1,5 mètre par seconde dans le secteur fluvial, la vitesse du fleuve peut atteindre 2,75 mètres par secon- 18 hydro-québec V 'Dp «jji ?BARRAGE SUR LE FLEUVE — La Beauharnois, la plus importante centrale hydro-électrique au Canada, est aussi l'une des plus considérables au monde.Située près de Montréal, elle produit plus de 1 675 mégawatts.sepiemlne 1975 QUEBEC SCIENCE de dans le haut estuaire où s'effectue le renversement du courant sous l'effet de la marée.Au niveau de Québec, le débit maximum vers l'amont à marée montante est de 45 000 mètres cubes par seconde, tandis que le débit vers l'aval au reflux atteint 55 000 mètres cubes par seconde, soit quatre fois plus que les apports fluviaux.La qualité des eaux n'échappe pas non plus à cette diversité.On assiste à d'importantes variations cycliques de salinité, de la pointe est de l'Ile d'Orléans jusqu'au Saguenay.La variabilité des débits du Saint-Laurent et les cycles de marée de l'estuaire rendent difficile l'étude de ce facteur qui préside non seulement à l'équilibre des espèces biologiques de cette zone de transition, mais également au régime des sédiments et des suspensions.Le mélange des eaux douces aux eaux saumâtres provoque une augmentation considérable des matières en suspension.C'est là qu'on retrouve les eaux les plus troubles de tout le parcours du Saint-Laurent vers la mer, un véritable «bouchon de turbidité».À partir du Saguenay, où s'effectue le mélange des eaux profondes venant de la mer par le chenal laurentien avec ceux de l'estuaire et du fjord, ce sont davantage les courants de type océanique qui contrôlent la dynamique du milieu.La portion maritime de l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent deviennent ainsi une véritable mer intérieure dont les caractéristiques sont plus celles d'un océan que d'une rivière.DES AFFLUENTS DISTINGUÉS.Même si l'immensité du Saint-Laurent fait paraître bien petites les rivières qui s'y jettent, ces 6 dernières laissent leur marque en poursuivant indépendamment leur cours il! A' L '.ySl R encoi;1-!' Saint-" mtlaf'1 laqu#' fluents â matititü fleuïttt y went,! lins fctt-t œrt'tt tor - ai» v r .-par r: L.i:’.' : ¦illyei fe tepai Ois Ces Ink ftnt, rçniiiïia Knenn ils élut fesuos LE SAINT LAURENT Les courants Portneuf Saint-Vallier Limite de la salinité Nicolet Limite amont d'inversion de courant Limite de la marée 300 km Échelle lantt «salinité, st|u'au i« Saint- stoirî no.las Hi':- T.aux aune Iris en les eaux duSa* ludion lue le e la mer l'elua'-courants item riles d'un maniue ¦cours iptembre 1975 QUEBEC SCIENCE lans le lit du fleuve sur plusieurs kilomètres vant de se mélanger aux eaux laurentiennes.\insi, l'Outaouais reste collé à la rive nord usqu'au Saint-Maurice qui prend alors la elève jusqu'aux rapides de Deschaillons.Le Richelieu, la Yamaska et la Saint-rançois longent la rive sud, se distinguant des eaux du fleuve; ces rivières ajoutent ncore davantage à la variété des eaux du lac 5aint-Pierre.Ce comportement de non-nélange conditionne, dans le secteur fluvial, a qualité des eaux, la dispersion des ef-luents urbains et industriels, le transport des matières en suspension des affluents jusqu'au leuve et l'harmonie entre les organismes qui ! vivent, tous des paramètres très interreliés.ET DES DÉPÔTS TUI NE LE SONT PAS a connaissance du régime sédimentaire du leuve en est encore à ses débuts; on commence toutefois à localiser les principa-es zones de dépôts.Zones de reproduction de plusieurs organismes aquatiques, mais sussi, malheureusement, d'accumulation de a majeure partie des polluants.Notons Darmi les principales: la région de Valleyfield-Beauharnois, les fies de Boucherville et de ^/erchères, la partie nord du delta de Sorel et a rive sud du lac Saint-Pierre, les battures de Sentilly et de Portneuf, le Bras Nord de Nie Orléans et les chenaux Saint-Thomas et eaujeu au sud de l'Ile-aux-Grues et aux ies.Ces zones de sédimentation et d'accumulation de polluants correspondent également, selon l'indice de diversité des organismes benthiques, à des zones biologiquement dégradées.Il est donc important de les étudier avec plus d'intérêt et d'orienter les études d'impact à ce niveau.19 UN RÉGIME DE GLACE Mises à part les eaux saumâtres et salées de la région de l'estuaire moyen et maritime, la température des eaux du Saint-Laurent semble évoluer en masse au cours des saisons.Durant les trois mois d'hiver, les eaux se maintiennent près du point de congélation.Durant les trois mois d'été, les températures sont supérieures à 15 C et atteignent, à la fin d'août, des valeurs extrêmes de 24 C environ.Dans un pays nordique comme le nôtre, le régime des glaces en hiver, et particulièrement à la débâcle au printemps, joue un rôle dominant dans les processus fluviaux, peut-être davantage pour les aspects quantitatifs mais sûrement aussi pour la qualité de l'eau.Pour les affluents comme pour le Saint-Laurent, c'est davantage sous l'effet des embâcles de glaces que surviennent les inondations.L'érosion des berges et le transport des sédiments sont grandement influencés par l'action des glaces de rive, capables de charrier d'énormes matériaux.En hiver, l'action combinée de la glace et du frasil peut entramer l'obstruction complète des chenaux secondaires.On peut discerner trois régions d'hiver, selon le comportement de leurs glaces.Une première zone, celle des couverts de glace, en amont de Montréal, est fermée à la navigation d'hiver.Plus en aval, la zone des embâcles, de Montréal à Québec, est sillonnée par les brise-glaces et reste ouverte à la navigation d'hiver, de façon intermittente.Enfin, la zone de dérive des glaçons, de Nie d'Orléans jusque dans le Golfe, permet la navigation tout au long de l'année.LE PÈRE DU QUÉBEC Voie de pénétration au coeur même du compagnie iron ore du canada N\ ÉTs AQUAI DE SEPT-I LES — Avec l'aménagement de la voie maritime, le tonnage transporté sur le fleuve dépasse aujourd'hui les 45 millions de tonnes par an.Le minerai occupe une large part dans cette activité portuaire.LE SAINT LAURENT Les secteurs portuaires 1er SECTEUR H 2'ème SECTEUR Havre Saint-Pierre Sept-lles # Baie Co Matane Quebec rtneuf V^lle d’Orléans nv.Outaouais 300 km Échelle 20 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE continent, source énergétique et voie d'accès facile aux richesses naturelles que recèle son bassin, le Saint-Laurent a orienté le développement socio-économique du Québec.Celui-ci a même façonné son visage selon les traits dominants de ce grand fleuve.Les ressources de ce grand bassin ont donc attiré les populations qui y vivent.Le relief facile, le climat modéré et la fertilité des terres de la plaine de Champlain ont favorisé la concentration de la population le long de l'axe du Saint-Laurent.Un corridor relativement restreint de 80 kilomètres de large par 1 000 kilomètres de long, compris entre Windsor et Québec, abrite près de 60 pour cent de la population du Canada et 80 pour cent de son industrie.Pour le Québec, le tronçon à partir de Cornwall supporte près de 90 pour cent de la population, les 2/3 dans la seule région de Montréal.Ce facteur d'occupation englobe à lui seul tous les éléments de l'intervention humaine sur le Saint-Laurent.Cependant, il convient de les examiner par le biais de l'utilisation d'autres ressources et de l'aménagement du territoire.IL ÉTAIT UN GROS NAVIRE.Depuis les premiers temps de la colonie, la navigation est présente sur le fleuve.Avec l'aménagement de la voie maritime, le tonnage dépasse aujourd'hui les 45 millions de tonnes par an.En 1971, plus de 8 000 navires ont emprunté la voie maritime du Saint-Laurent.Grâce à la navigation d'hiver, le port de Québec, par exemple, a vu passer le tonnage des manutentions en hiver de 90 000 tonnes en 1961 à près de 2 millions de tonnes en 1973.Si l'on exclut les Grands Lacs, on peut diviser le Saint-Laurent en deux grands secteurs portuaires: le secteur fluvial, comprenant les ports de Montréal, Sorel, Trois-Rivières et Québec, et le secteur maritime réunissant les ports de la Côte-Nord et de la Gaspésie.Le premier secteur est davantage orienté vers une marchandise diversifiée, alors que le second est centré sur deux grandes ressources, le fer et le papier.Par ses exigences dans le tronçon fluvial, la navigation modifie sensiblement le Saint-Laurent.La canalisation et l'approfondissement du chenal ont diminué la capacité de mélange des eaux du Saint-Laurent à celles de ses affluents.Les dragages fréquents y influencent le régime des suspensions et des sédiments; ils entrafnent dans le moyen estuaire, par exemple, une augmentation appréciable de la turbidité.USER L'EAU D'une part, le plateau des Laurentides, dominé par la forêt boréale de conifères, alimente l'industrie première du Québec, les pâtes et papiers.D'autre part, les basses terres du Saint-Laurent fournissent la majorité des fermes commerciales de la région.Ces deux activités couvrent respectivement 55 millions d'hectares en production et 5,25 millions d'hectares occupés par plus de 80 000 fermes.Les effets des pratiques sylvicoles influencent surtout le cycle hydrologique et favorisent l'érosion.Les pratiques agricoles, de leur côté, s'attaquent d'abord à la qualité des eaux par le lessivage des terres; ce «lavage» amène les matériaux fins, les éléments nutritifs et les additifs chimiques jusqu'au fleuve (principalement dans le lac Saint-Pierre).L'approvisionnement en eau à des fins municipales et industrielles demeure encore une des formes importantes d'utilisation directe de l'eau du Saint-Laurent, même si sa qualité s'est grandement détériorée au cours des âges.Plusieurs municipalités de la région de Montréal et de Québec doivent donc traiter leurs eaux avec beaucoup d'attention et à grands frais afin de les rendre propres à la consommation.Par ailleurs, les berges du Saint-Laurent, de Montréal jusqu'à Québec, foisonnent d'émissaires (connus ou inconnus) d'eaux usées, urbaines et industrielles, alors que moins de 5 pour cent de ces eaux usées reçoivent un traitement dépassant rarement le stade primaire.Il existe donc un paradoxe entre ces deux formes d'utilisation.Dans la région du haut estuaire, où l'on ne peut bénéficier de la règle «prélèvement en amont et rejet en aval» ce problème est particulièrement délicat.ÉNERGIE ET ÉCOLOGIE Actuellement, la majeure partie de la demande d'énergie électrique de la vallée du Saint-Laurent est satisfaite par des aménagements hydroélectriques installés dans le fleuve ou dans ses affluents.Après le harnachement des rivières de la Baie de James, de la Côte-Nord et de l'Ungava, le Québec devra se tourner en 1985 vers d'autres formes de présager de sérieux problèmes pour l'environnement.Il est cependant possible par une gestion éclairée d'utiliser les régions du Saint-Laurent les plus propices à ces installations, où la présence d'un fort débit et de grandes vitesses permettent d'assimiler les rejets thermiques des centrales nucléaires et les fluctuations brutales de débit des réserves pompées.Les milieux aquatiques supportent difficilement des augmentations brutales de température ou des variations brusques de niveau; il faudra aussi procéder avec prudence pour protéger les ressources biologiques du fleuve.PETIT POISSON DEVIENDRA GRAND SI.En dehors du Golfe du Saint-Laurent, où l'on comptait 117 millions de kilos capturées en 1970 pour une valeur de 23 millions de dollars, il semble peu sérieux de parler de pêcheries commerciales sur le Saint-Laurent.Pourtant, il reste encore quelques industries mourantes.comme les poissons qui les alimentent.Ainsi, pour l'anguille et l'esturgeon, on assiste à une chute dramatique des prises entre 1965 et 1970, soit 300 000 et 100 000 kilogrammes à 65 000 et 450 kilogrammes respectivement.Plus récemment, des mortalités importantes d'anguilles sont survenues à l'été 1972 et 1973.Dans l'estuaire et le lac Saint-Pierre, l'avifaune (oiseaux aquatiques) reste encore présente grâce surtout au séjour temporaire et court d'espèces migratrices comme la grande oie blanche, dont la population a HH production d'énergie, comme les centrales nucléaires et les centrales de pointe à réserve pompée.D'importants développements énergétiques sont donc à prévoir le long du Saint-Laurent d'ici l'an 2000, pour répondre à la demande estimée à plus de 80 000 mégawatts.Les aménagements à prévoir, selon les données actuelles de la technologie, seront constitués de centrales d'une puissance de 1 000 à 2 000 mégawatts.L'implantation et l'opération de telles unités laissent considérablement augmenté depuis le début du siècle.Dans le domaine de la récréation, même si la majorité des plages d'autrefois présentent des dangers à proximité des grandes villes, il semble assez surprenant qu'on ait si peu mis en relief jusqu'à maintenant le potentiel récréatif et touristique énorme du Saint-Laurent.Les lacs et les fies de Cornwall jusqu'au Saguenay forment des zones récréatives de grande envergure qui ne demandent qu'à être mises eh valeur.Deux Les Services de protection de (’environnement du Québec participent au programme conjoint d’étude sur le fleuve Saint-Laurent comme administrateurs du programme de l’acquisition des connaissances sur le territoire québécois et comme maîtres-d’oeuvre, dans le cas de certaines études.Les Services de protection de l'environnement dü Québec comptent trois directions générales: la direction générale de l’Environnement urbain, la direction générale de l’Environnement industriel et la direction générale des Recherches et de la Planification.La direction générale de l’Environnement urbain contrôle les déversements d’eaux usées d’origine domestique et approuve les travaux d’aqueduc et d’égout en milieu urbain.La direction générale de l’Environnement industriel, pour sa part, accorde après étude, les autorisations aux industries qui désirent s’implanter le long du Saint-Laurent selon les normes établies pour les divers types d'industries et contrôle les déversements d'effluents industriels dans ce cours d’eau.En fait, c’est à la direction générale des Recherches et de la Planification que revient le rôle de coordonnateur de l’acquisition des données quant à la qualité des eaux du fleuve et, de ce fait, elle est responsable, pour le Québec, du programme conjoint.Cet important programme met en lumière la nécessité de la mise à contribution de tous les scientifiques, tant du secteur privé que du secteur public, pour la sauvegarde de notre patrimoine écologique dont le fleuve constitue le pilier. 22 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE .GOLFE DU SAINT-LAURENT ESTUAIRE PLATEAU CONTINENTAL COUCHE DE SURFACE Québec COUCHE FROIDE INTERMÉDIAIRE Les Grands Bancs -1 à 2 C COUCHE PROFONDE Pointe des Monts Cap de Gaspé Courant Détroit de Cabot Bord du plateau continental 1 000 1 100 1 200 1 300 1 400 Distance (kilomètres) régions méritent de retenir l'attention: l'ensemble des fies de Boucherville, de Varennes, de Verchères et de Sorel en aval de Montréal et les fies de l'estuaire dont Nie d'Orléans près de Québec et l'archipel de Montmagny.DÉCOUPER LE SAINT-LAURENT Pour bien distinguer les caractères dominants d'un ensemble hydrographique de l'envergure du Saint-Laurent, nous avons subdivisé le fleuve en tronçons sous plusieurs aspects.Résumons rapidement.Le bassin du Saint-Laurent comprend trois divisions hydrographiques: les Grands Lacs, le fleuve proprement dit et le golfe.Les conditions d'écoulement des eaux permettent aussi de distinguer trois régimes hydrologiques dans le Saint-Laurent; un régime lacustre, une partie fluviale et estuarienne et une section maritime.Le lit aussi présente des singularités physiques qui déterminent des secteurs distincts: le secteur des rapides, du lac Ontario au port de Montréal, le tronçon des fies et chenaux, en aval de Montréal, de Trois-Rivières au Saguenay, un secteur étroit et profond avec un seuil à l'fle d'Orléans et enfin, la zone des grandes profondeurs à partir du Saguenay.Le régime des glaces nous a aussi permis de tracer trois zones différentes: la zone des couverts de glace en amont de Montréal, la zone des embâcles de Montréal à Québec et la zone de dérive des glaçons à partir de l'fle d'Orléans jusque dans le golfe.La situation des ports a permis de diviser le fleuve en deux secteurs: le secteur fluvial de Montréal à Québec et le secteur maritime couvrant la Côte-Nord et la Gaspésie.D'autres subdivisions auraient été possibles à partir, par exemple, des diverses utilisations du fleuve ou par les espèces aquatiques qui l'habitent.Il est toutefois nécessaire de faire le point sur toutes les divisions et d'essayer de régionaliser le fleuve, c'est-à-dire de définir des régions de références pour le Saint- Laurent.Plusieurs auteurs se sont penchés sur les grandes divisions du Saint-Laurent, en particulier pour l'estuaire et le golfe.A l'heure actuelle, des divisions sont nécessaires pour fins d'orientation des études et de définition des objectifs de gestion.11 convient alors de reconnaftre à travers les traits dominants exposés précédemment, la structure régionale qui cadre le mieux avec les objectifs poursuivis.Le but ultime étant l'amélioration de la qualité de l'environnement, c'est par les modes d'intervention, d'une part, et leurs effets directs sur le milieu, d'autre part, qu'il faut maintenant classifier.EN QUATRE En dehors des Grands Lacs et du Golfe qui forment l'un, un milieu lacustre, et l'autre, un milieu marin, le fleuve comprend quatre grandes régions.La région de Montréal, avec son réseau complexe de chenaux, de lacs et d'fles, est dominée par la rencontre du Saint-Laurent et de l'Outaouais.Elle est de plus en plus modifiée par l'urbanisation intensive de son territoire et une forte concentration industrielle.La régularisation des débits pour le contrôle des niveaux d'eau et des inondations, le traitement d'énormes quantités d'eaux usées, la protection et la restauration du milieu aquatique pour une population urbaine grandissante constituent le programme principal de ce premier secteur du Saint-Laurent.En aval, la région de Trois-Rivières aux eaux mixtes et ralenties, est caractérisée par la présence du lac Saint-Pierre, récepteur du drainage de la majorité des sols agricoles des basses terres laurentiennes.Les problèmes d'eutrophisation et de protection de la faune aquatique de ce milieu très productif et par ailleurs fort influencé par l'utilisation du territoire, demeurent le point central des préoccupations de cette région.Les fortes mortalités d'anguilles qui y sont survenues récemment démontrent l'urgence d'une intervention dans ce sens.I jS: 'eau a jnecs jaK.' -lean-Ûai illE '¦ liée : jfîr: CDC1'' La région de Québec, typiquement estuarienne depuis Portneuf jusqu'au Saguenay, se distingue par le régime dynamique de ses marées et la zone de mélange qui transforme radicalement toutes les pollutions reçues de l'amont, y compris les sédiments.Par son caractère dynamique et la nature mixte de ses eaux, cette région de transition entre le fleuve et la mer sert d'aire de repos à des espèces aquatiques très sensibles mais aussi de grande valeur.En même temps, les caractéristiques sédimentologiques de l'estuaire entrafnent de nombreux dragages qui modifient le comportement des suspensions.La connaissance du comportement et du rôle du «bouchon de turbidité» qui domine la région comprise entre Nie d'Orléans et l'I le-aux-Coudres constitue l'un des défis majeurs de la science des estuaires.Enfin, la région du Bas Saint-Laurent, ou l'estuaire maritime, est soumise aux courants du Golfe, où se mélangent plusieurs masses d'eau.En plus de la pollution amont, le harnachement des rivières pour l'hydroélectricité et l'exploitation forestière des bassins de la Côte-Nord risquent d'être significatifs dans l'équilibre de cette région encore épargnée et dont dépendent les riches pêcheries du Golfe Saint-Laurent.Ce découpage du Saint-Laurent ne doit pas nous faire perdre de vue son unité première.Un bassin versant reste une entité à l'intérieur de laquelle les actions doivent être globales.Études, plans de gestion, projets d'aménagement se situent alors dans ce cadre, même si les connaissances préalables réfèrent à une classification par régions.C'est la condition d'une gestion saine et intégrée du Saint-Laurent.ÏIS:.' .sp'ti inrr y nor; 23 lemh.e 1975 QUEBEC SCIENCE Les portiers l'fimèrique Sis* e Saint-Laurent est le seul cours eau au monde qui soit parcouru la fois par des océaniques et par ne batellerie intérieure, les ateaux des Grands Lacs.M.ean-Claude Lasserre, professeur u département de géographie de Université de Montréal s'est itéressé de très près à cette rande voie de pénétration du ontinent nord-américain./!.Lasserre, qui vient d'obtenir n doctorat d'État de l'Univer-té de Paris, pour sa thèse titulée « L'homme et le Saint-aurent, étude géographique» 1259 pages dactylographiées en :inq volumes), a passé près de dix ms à étudier les aspects géopoli-iques, économiques et sociaux du àaint-Laurent.De par sa situation géographique, e Saint-Laurent a modelé le àbeuplement de l'Amérique du Mord.Il a favorisé l'établissement ,les pune population d'origine rançaise le long de ses rives et, ajaja Éprès la conquête de 1760, il a ;ervi de voie de passage aux porte- immigrants, surtout des anglo-jfiêi phones, qui allèrent coloniser non seulement l'Ontario, mais aussi le Middle West et le Far West.M.Lasserre insiste sur le fait que l'importance de cette mmigration européenne en Amérique du Nord par le Saint-Laurent paraft avoir été sous-estimée jusqu'à présent.Selon ses travaux, de 1886 à 1891,80 000 à 100 000 personnes ont emprunté annuellement le Saint-Laurent, en transit vers les États-Unis; or, ces chiffres ont été exclus des relevés publiés par le Canada ou les États-Unis.Cet important rôle du fleuve dans le peuplement de l'Amérique du Nord a toutefois été «ambivalent»; seule la majorité anglophone du continent a profité du transit des immigrants.«Le Saint-Laurent, selon M.Lasserre, présente le cas unique d'une population vivant dans l'isolement sur une grande porte continentale, et privée de l'usage de cette voie de passage que le colonisateur britannique a confisquée à son profit.C'est pourquoi encore aujourd'hui, les deux groupes linguistiques n'ont pas la même perception du fleuve».«Cantonnés dans leur isolement, après la conquête de 1760, les Québécois n'ont été que des -ÎM m*1 7"ï “Y BÜltfr éditeur officiel du québec A NOS GOÉLETTES - De telles scènes ne sont pas rares sur les berges du Saint-Laurent.La plupart des goélettes de bois qui ont fait les beaux jours du transport sur le fleuve Saint-Laurent il y a plusieurs années ne servent plus à rien.Le gros des marchandises qui voguent sur le fleuve est acheminé par des bateaux spectateurs de ce grand mouvement d'immigration.Ils ont pratiquement oublié qu'ils étaient situés sur les rives d'une grande voie de passage,» déclare M.Lasserre.Parmi les Québécois du ISième siècle, seuls les explorateurs et les coureurs des bois voyaient le Saint-Laurent comme une importante voie vers un arrière-pays où il y avait mille richesses à exploiter C'est en bonne partie pour cette raison que nous sommes presque totalement absents de la grande navigation sur notre fleuve.Notre papier et notre minerai quittent la Côte-Nord sous pavillons européens pour se rendre à New York.Nos goélettes ont pratiquement disparu de la circulation.Pendant ce temps, à Sorel, Marine Industries construit des bateaux pour l'Europe.Selon M.Lasserre, il est grand temps qu'on tienne compte de l'importante fonction de transit du fleuve, dans les politiques d'aménagement du territoire.Nous pourrions tirer un meilleur parti des milliards de dollars en marchan dises qui voguent chaque année sur notre fleuve, sous nos yeux.Il est incompréhensible que le gouvernement québécois, comme le souligne Gérard Harvey dans son livre «Marins du Saint-Laurent», n'ait pas cru bon de moderniser nos modestes goélettes qui navigaient encore sur le fleuve, il y a quelques années.Pourquoi ne pas mettre sur pied une véritable marine marchande afin de porter nous-même notre minerai vers les sidérurgies des Grands Lacs et, éventuellement, vers nos propres sidérurgies.(B.D.) fi (: ' srid® jfCilK li0li «cjus reala- ejioitf- et éditeur officiel du québec battant, la plupart du temps, pavillon étranger.?PENDANT QUE LES B A TE AUX-Pendant que nos dirigeants se demandent s'il serait bon de doter le pays de sa propre flotte marchande, nos chantiers maritimes, comme ceux de Sorel et de Lauzon, construisent des bateaux qui iront grossir les flottes grecques, japonaises, françaises.et permettre aux autres de tirer profit de notre voie de navigation, le Saint-Laurent.LE NAUTILUS roches minéraux coquillages insectes matériel et outils pour amateurs lapidaires entomologistes naturalistes.CATALOGUE GRATUIT Montréal: 4840, rue St-Denis tél: 849-7409 (magasin ouvert du lundi au samedi) Québec: 16, rue Petit-Champlain tél: 692-1631 (magasin ouvert le samedi seulement) septembre 1975 QUEBEC SCIENCE 24 ¦¦ PROPRIÉTÉ PUBLIQUE par Lise Potvin ^ Pour rendre le fleuve accessible aux citoyens La région montréalaise regroupe la plus forte concentration de population du Québec (près de trois millions d'habitants en 1971); c'est donc là que se fait sentir de la façon la plus cruciale la nécessité d'aménager des zones récréatives et de protéger les espaces verts contre une urbanisation de plus en plus envahissante.Or, selon une étude effectuée en 1971 par le Service d'aménagement du territoire de la région aéroportuaire (SATRA), la superficie des parcs régionaux entourant Montréal en 1966 n'atteignait pas 30 pour cent de la norme de 6 000 m2 d'espaces verts et de parcs fixée par l'Outdoor Recreation Ressources Review Commission.Si l'on considère que la population de la région de Montréal devrait atteindre les 6 500 000 habitants en l'an 2000, l'idée de repenser complètement l'usage récréatif du fleuve s'impose de toute urgence.De fait, cette région est loin d'être dépourvue de ressources aquatiques.Reste à savoir dans quelle mesure elles peuvent être utilisées et utilisables pour les loisirs de plein air.Les espaces actuellement aménagés et utilisés à des fins récréatives sont dotés d'équipements tels que résidences secondaires ou chalets, plages, ports de plaisance, aires de pique-nique, terrains de camping, terrains de golf, sentiers pour la promenade ou le cyclisme, etc.Nous devons cependant faire une distinction entre les zones destinées à la récréation de villégiature et celles permettant la récréation de courte durée.Les aires de villégiature, équipées de résidences secondaires privées, servent pour des week-end ou des séjours plus longs, à un nombre restreint de personnes jouissant de bons revenus.Les autres zones, par exemple les parcs urbains ou régionaux sont accessibles à un plus grand nombre de personnes car ils exigent moins de temps et moins d'argent étant utilisés sur une base journalière ou de courte durée.Ces aires, situées à proximité des agglomérations urbaines, permettent la pratique de certaines activités de plein air.L'AIRE DES RICHES D'HIER Dans la région métropolitaine de Montréal, certains centres de villégiature ont déjà connu une époque très florissante.C'était avant la vague d'expansion urbaine des années 50 et la détérioration de la qualité des cours d'eau qui en a résulté.Les lieux de villégiature les plus fréquentés étaient situés en bordure de la rivière des Prairies (Ste-Dorothée, Ile Bizard, Laval-des-Rapides), de la rivière des Mille-Iles (Ste-Rose, Laval Ouest) et du lac des Deux-Montagnes (Oka, Pointe-Calumet et le sélect Laval-sur-le-Lac).Sur la rive sud du fleuve, Boucherville et Varennes attiraient chaque été une foule d'estivants.La rive sud du lac Saint-Louis, le secteur allant de Beauharnois à Châteauguay pouvait héberger au-delà de 7 000 personnes en été.Aujourd'hui, les sites que l'on peut encore qualifier de centres de villégiature sont localisés principalement autour du lac des Deux-Montagnes (Oka-sur-le-Lac, Sainte-Marthe, Pointe-Calumet, Saint-Raphaël de Nie Bizard et Vaudreuil-sur-le-Lac) ainsi que sur la rive sud du lac Saint-François de Saint-Anicet à Valleyfield.Les rives et les fies de la rivière des Mille-Iles contiennent encore plusieurs chalets bien que certains d'entre eux soient dans un état de délabrement tel qu'ils détruisent parfois l'aspect enchanteur des fies.Cependant, la région de Montréal ne semble manifestement pas avoir de vocation pour la récréation de villégiature.Les vacanciers préfèrent plutôt se diriger vers le nord de Montréal, dans les Laurentides.Une enquête menée en 1972 par l'INRS-Urbanisation indique en effet que des 65 pour cent des ménages qui sortent de la zone métropolitaine durant les fins de semaine, 63 pour cent se dirigent vers le nord de Montréal, en été (859 000 personnes).Les efforts des aménagistes ne doivent donc pas tellement être orientés vers l'aménagement de centres de villégiature mais plutôt vers celui de parcs.LA PAUVRETÉ DES PARCS.Les besoins en parcs sont toutefois divers.Il tiembre 1975 QUEBEC SCIENCE camping ou de golf.Ils permettent donc la pratique de plusieurs activités sportives ou de détente; les sports nautiques, la promenade, le cyclisme, le pique-nique, l'interprétation de la nature semblent les activités privilégiées.Les quelques parcs de la région de Montréal, déjà surexploités, ne parviennent plus à satisfaire la population.C'est le cas du parc Paul Sauvé d'Oka et du parc de Côte Sainte-Catherine.CONGESTIONNÉS.À seulement 55 kilomètres de Montréal, un immense boisé de 280 hectares est situé à Oka, sur la rive nord du lac des Deux-Montagnes.Sa plage de près de 3 kilomètres de longueur permettait encore, en 1974, la baignade libre en eaux courantes.Il est aussi doté d'un immense terrain de camping de plus de 1 000 emplacements de tentes et de roulottes, ainsi que d'une rampe de mise à l'eau pour embarcations.La pêche et l'observation des quelque 75 espèces s «de situés es), de : (Oka, le-Lic], ouïs, le : lu lac Sainte-¦ !: ISÎ £]U2 iSaint’ v: Lffice du film du québec ¦J \ w v Y , oèi.' * V V :»5Tss tY TT" .1^ * l wSÊfSBSi ¦ A POLE D'ATTRACTION — Le parc Paul Sauvé à Oka, sur les bords du lac des Deux-Montagnes, attire un grand nombre de Montréalais.Il offre une gamme incomparable d'installations pour l'exercice des sports de plein air.ne ication (tisle « Une atone ine,$ Les cpas iconvient alors de distinguer entre parcs urbains et parcs régionaux.Les parcs urbains sont des espaces verts aménagés inclus dans le tissu urbain.Les citadins peuvent fréquenter ces parcs de quartier pour s'y adonner à la promenade, au cyclisme ou au pique-nique.De tels parcs publics couvrent déjà une superficie de 19,5 km2 dans l'ile de Montréal.Pour ne citer que les principaux, mentionnons les parcs du Mont-Royal, de l'fle Sainte-Hélène, de l'fle Notre-Dame, le parc Belmont et le parc riverain de Verdun.Les parcs régionaux constituent, eux, des espaces verts extra-urbains, mais à proximité de l'agglomération montréalaise et sont voués aux activités quotidiennes de plein air.Facilement accessibles au grand public et n'exigeant pas ou peu de frais, ces parcs sont généralement dotés de plages, de marinas ou de rampes de mise à l'eau pour embarcations de plaisance, de quais, de terrains de d'oiseaux et de plusieurs animaux sauvages en font un territoire très propice à la récréation de grande nature mais, hélas! fréquenté bien au-delà de sa capacité maximale.La congestion y est telle que, certaines fins de semaine, plus de 25 000 personnes réussissent à s'y entasser! Sur la rive sud du fleuve entre les écluses de la Voie Maritime et les rapides de Lachine, le parc de Côte Ste-Catherine, un boisé d'environ 0,5 kilomètre carré abrite pour sa part un terrain de camping gouvernemental de 375 emplacements.Un étang aménagé sur le terrain sert à la baignade.Plusieurs espèces, dont le canard, le bécasseau, le goéland, le carouge à épaulettes ont trouvé refuge dans un secteur du parc protégé par Environnement Canada.La vue magnifique sur le Saint-Laurent est agrémentée par le passage des grands navires qui sillonnent la Voie Maritime.Encore là, ce parc est fréquenté au-delà de sa capacité.ET POLLUÉS De fait, la superficie consacrée aux parcs dans la région métropolitaine s'avère nettement insuffisante.La congestion est telle qu'elle risque de provoquer une dégradation et une pollution de ces zones développées.Une étude effectuée en 1971 par le Service d'aménagement du territoire de la région métropolitaine indique que la superficie des parcs régionaux (55 kilomètres carrés) entourant Montréal en 1966, n'atteignait pas 30 pour cent de la norme de 6 hectares par 1 000 habitants fixée en 1962 par l'Outdoor Recreation Ressources Review Commission.Il existait donc déjà en 1966, un déficit régional de 140 kilomètres carrés à combler.Il est sans doute encore possible de combler ce déficit en considérant les espaces verts ou autres sites intéressants qui n'ont pas encore été aménagés.DOUZE ZONES À PROTÉGER En premier lieu, sur l'fle de Montréal même, il existe trois zones d'espaces verts que la Communauté urbaine de Montréal se propose de «protéger contre la vague d'expansion urbaine, d'acquérir et d'aménager dans les meilleurs délais possibles».Il s'agit de la pointe est de l'fle de Montréal à Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles, du bois de Liesse et de l'ensemble du Cap Saint-Jacques et de l'Anse à l'Orme.Dans les environs de l'fle de Montréal, d'autres aires devraient être aménagées ou simplement protégées pour des raisons écologiques; une énumération est nécessaire pour s'en faire une bonne idée.Les environs de la Grande Baie d'Oka (à l'est du parc Paul Sauvé), les berges du lac des Deux-Montagnes, la baie et l'fle de Carillon (au confluent de la rivière du Nord et du lac des Deux-Montagnes), les collines boisées d'Oka et de Rigaud, les berges et les fies de la rivière des Mille-Iles, le bois de Verchères (sur la rive sud), la zone formée par l'extrémité est du canal Soulanges, Pointe des Cascades et les petites fies qui lui font face, sur le lac Saint-Louis, les fies de la Paix dans le lac Saint-Louis, le canal de Beauharnois (dont les deux rives sont en partie boisées), le canal Lachine, certaines plages sablonneuses de la rive sud du lac Saint-François et, enfin, les berges et les fies du fleuve situées entre Montréal et Sorel.UN FLEUVE, UN PARC Cette dernière zone présente le plus d'espoir.Elle comprend les 110 fies parsemant le cours du Saint-Laurent entre Montréal et Sorel, sur une distance de 70 kilomètres.Cette section du fleuve a déjà fait l'objet d'une étude par la Fédération québécoise de la faune, dans un projet intitulé «Un fleuve, un parc».Ce projet bien connu propose la récupération des fies et des terres en bordure du fleuve entre Montréal et Sorel, afin d'y aménager un vaste parc public consacré à la récréation de plein air: camping, caravaning, pique-nique, navigation de plaisance et, dans l'éventualité de la dépollution du fleuve, des possibilités de baignade.De plus, certaines fies seraient désignées «zones de nature sauvage», d'autres, «sanctuaires d'oiseaux».Plusieurs de ces fies constituent des terrains 26 sepiemlire 1975 QUEBEC SCIENCE propices au repos ou à la nidification de certaines espèces d'oiseaux: canards, goélands argentés, etc.Les fies de Sorel, en particulier, constituent l'habitat par excellence des canards.Les eaux baignant ces fies contiennent 34 espèces de poissons dont les plus communs sont la barbotte brune, la perchaude, le crapet soleil, le grand brochet et le doré jaune.Malgré les vigoureuses campagnes menées par les supporteurs du projet, seulement 7 de ces 110 fies (les plus petites d'ailleurs) sont propriété publique.Les autres restent propriété privée.Quelques fies servent aux agriculteurs comme pâturages ou pour la culture du mais, alors que d'autres sont transformées en dépotoir pour les déchets provenant du dragage de la Voie Maritime.Pour faire suite à ce projet, le gouvernement du Québec a décidé d'exproprier les fies de Boucherville (Grosbois, de la Commune, Picard et Saint-Jean) et les placera sous la juridiction du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche qui les aménagera en réserves écologiques.Le gouvernement fédéral conservera sa juridiction sur les oiseaux migrateurs séjournant sur les battures situées au nord de ces fies et connues sous le nom d'fles de la Broquerie.On note également que les agriculteurs pourront encore y pratiquer la culture du mais, cette activité n'entrant pas nécessairement en conflit avec l'aménagement récréatif et écologique proposé.Quant à l'fle Charron-Sainte-Marguerite où le pont L.-H.Lafontaine prend appui, elle ne sera pas expropriée: il en aurait coûté trop cher.D'ailleurs, sa «vocation écologique» est déjà compromise par l'implantation d'un hôtel et l'accumulation de détritus.L'fle Sainte-Thérèse, en aval des fies de Boucherville présente également des possibilités intéressantes à cause de sa proximité de Montréal, de sa superficie boisée et du fait qu'elle est peu inondée comparativement aux autres fies.Cette fie, qui sert de plus en plus au camping, devrait être éventuellement prise en charge par un organisme gouvernemental qui l'aménagerait en parc.lo'-dé'T ‘ MONTREAL & SA REGION Zones de récréation 1 1 Sites à à fort potentiel récréatif Ile Sainte-Thérèse / ^0 Varennes Laval Sainte-Rose I Pointe aux Trembles /# Boucherville Ile Charron i Carillon Sainte • Laval-des-Rapides Rigaud Vaudreuil I Dorothée nte Calumet Montréal Ile Bizard Verdun ,0 Lachine rapidest>Sjiï V / lac Saint-Louis Chateauguay Pointe des canal Soulanges Cascades! Beauharnois Échelle 10 kn ,Vf i.YJtfiï- • tOUüL deytt111 UN FLEUVE INACCESSIBLE Les rives et les plans d'eau restent dans l'ensemble assez peu accessibles à la population.Car la plupart des beaux sites sont des propriétés privées.Ainsi, les meilleures plages du lac Saint-François sont entourées de résidences privées.Les deux rives du fleuve entre Montréal et Sorel sont propriété privée r p«: qiifV ; lltlilfM limie Him nient pm tOMerCii Ij» et, ¦ ' ¦' |r 1 pond Nesienèi ititspo1 dtprei jiice à I km des n În3|.[nèieio 395l;:lon «Oincî : lue fond itSWale; Hens cej: kde ipoe;i: ken Pphysi eu fleets Pîdey, kliis Hlï Pesos >o: Enfin f piemhre 1975 QUEBEC SCIENCE 27 io saiie.ttlti fede die, wait ion ajeraii pmee )u appartiennent à l'industrie; seuls quelques ulomètres de rivage du côté sud appartien-lent aux municipalités de Boucherville et de longueuil.Faute de contrôle sur le Jéveloppement près des plans d'eau, l'aspect jsthétique des rives se trouve donc souvent .•ompromis: remblayage des berges, ;onstruction de routes, construction de aomplexes domiciliaires, présence de 'industrie et accumulation de détritus de outes sortes.De plus, les marinas et les clubs de yachting ne sont réservés qu'à des groupes ;élects de gens aisés.L'inaccessibilité du ;leuve s'avère donc autant physique qu'économique.Heureusement, quelques organismes ont aris conscience de la nécessité d'assurer au oublie une vue sans obstacle du fleuve, ainsi que son libre accès.La Communauté Urbaine de Montréal, dans son schéma ?'aménagement, propose que «les voies qui peinturent l'fle de Montréal et l'fle Bizard soient protégées des grandes circulations commerciales et converties en voies de aromenade.En ce sens, le contact avec l'eau devrait être assuré par la protection des sndroits où la route n'est séparée de la rive que par de minces rubans de grèves, véritables fenêtres sur l'eau, l'établissement de petits ports de plaisance et l'aménagement de parcs riverains comme il en existe déjà grâce à la prévoyance de certaines municipalités (ex.: Verdun)».L'Office de planification et de dévelop-jpement du Québec, dans son schéma d'aménagement du couloir fluvial situé entre Montréal et Sorel, préconise l'aménagement de «bases d'accès» en différents points le long des routes longeant le fleuve (les routes 2 et 3).Des aires de repos seraient installées là où le panorama sur le fleuve et les fies s'avère intéressant.POUR UN FLEUVE PUBLIC D'ici l'an 2000, la région de Montréal aura à faire face à une augmentation vraisemblable de plus de 5 fois la consommation présente d'équipements et d'espaces de plein air.Si nous considérons les besoins en parcs régionaux, la population de l'an 2000 (6 500 000 habitants) devrait disposer de 395 kilomètres carrés pour satisfaire à la norme de 6 hectares par 1 000 habitants.Et c'est dans la région immédiate de Montréal que l'on devra trouver ces zones récréatives régionales, le nord de Montréal (Laurentides) étant voué à la récréation de villégiature.Dans cette optique, les plans d'eau et les berges de la région métropolitaine sont appelés à jouer un rôle capital.Il faudra prendre des mesures parfois draconiennes pour permettre une accessibilité physique et économique réelle du public au fleuve et à ses berges.Les développements près des plans d'eau devront être contrôlés et le zonage devra assurer des percées vers l'eau.La navigation de plaisance devra devenir plus accessible en augmentant le nombre de ports de plaisance publics et de rampes de mise à l'eau pour l'utilisation ou la location de petites embarcations à peu de frais.Les plages devront à tout prix retrouver leur propreté initiale, même celles qui sont situées en aval de Montréal, dans l'éventualité de la dépollution du fleuve.Enfin, le panorama enchanteur offert par le ?ï'.y «'‘"ay.i -ro .Les plages La région de Montréal compte plusieurs plages, bien que certaines d'entre elles ne soient plus utilisées.Et pour cause! En raison de la qualité lamentable des eaux, la baignade se trouve interdite sur la plupart de ces plages.On évalue à environ 90 kilomètres la longueur totale des plages longeant le fleuve, de la pointe ouest de Valleyfield jusqu'aux fies de Sorel.Ces plages ne sont cependant pas toutes aménagées et plusieurs ont été abandonnées, soit parce qu'elles ont été ensevelies sous les détritus (argile, surtout) provenant du creusage et de l'entretien de la Voie Maritime, soit parce qu'elles ont été envahies par les plantes aquatiques.(Preuve de la trop grande concentration de nitrates et de phosphates dans l'eau.) D'autre part, les plages sablonneuses situées en amont de Valleyfield, sur la rive sud du lac Saint-François, notamment celles de Hungry Bay, sont entourées de propriétés privées.L'accès s'en trouve donc interdit au public, ce qui est déplorable, puisque les eaux du Lac Saint-François sont d'assez bonne qualité et qu'elles constituent l'un des rares plans d'eaux courantes où la baignade est encore possible.Une analyse bactériologique de 35 plages situées dans la région métropolitaine de Montréal effectuée par la division du Génie sanitaire en 1972, a révélé que 31 d'entre elles étaient classées comme polluées, c'est-à-dire qu'on y avait compté un nombre de bactéries conformes supérieur à 1 000 par cent millilitres d'eau.Quant aux quatre plages non encore polluées, elles furent classées «médiocres» du fait qu'on y a dénombré de 501 à 1 000 bactéries conformes par 100 ml d'eau.Il s'agissait des plages situées en bordure du lac des Deux-Montagnes et en amont de la Rivière des Prairies: celles d'Oka-sur-le-lac, du Parc provincial d'Oka, de Pointe-Calumet et Crystal, à Pierrefonds.Tout indique qu'en 1975, la situation s'est encore détériorée.Du côté des fies comprises dans le secteur Montréal-Sorel, la même analyse a établi que sur 19 plages, 18 devaient être considérées comme très polluées.À Lanoraie, par exemple, le nombre des bactéries conformes par 100 ml d'eau atteignait 14 000. 28 septembre 1975 / QUEBEC SCIENCE fleuve et ses berges devra être mis en valeur pour rendre agréables de simples promenades sur ses berges.En ce sens, le projet «Un fleuve, un parc» s'est avéré bénéfique en alertant l'opinion publique sur le problème de la récupération des berges et des fies du Saint-Laurent pour des fins récréatives et écologiques.Toutefois, pour être plus réaliste, ce projet devra être intégré au contexte actuel de l'expansion urbaine et industrielle nécessaire et inévitable.On doit en effet convenir que le développement de l'agglomération montréalaise s'effectue en majeure partie sur la rive sud du fleuve à partir de Longueuil-Boucherville jusqu'à Sorel-Tracy.Les villes de Varennes et de Contrecœur ont toutes deux des vocations industrielles, l'une pour la pétrochimie et la seconde, pour la sidérurgie.Les berges et les fies qui font face à ces municipalités verront sans doute leur vocation récréative et écologique compromise.Un des objectifs du schéma d'aménagement du couloir fluvial est «d'harmoniser la nécessaire expansion de l'activité urbaine et industrielle le long du fleuve sans dénaturer le milieu».Heureusement, les zones riveraines à bon potentiel récréatif ne sont pas toutes 1ti tfi> situées dans le secteur aval de Montréal.Il faut compter avec l'amont de l'fle de Montréal, et procéder à un meilleur aménagement des berges des lacs Saint-François et des Deux-Montagnes.Seuls des choix politiques clairs pourront redonner au fleuve sa vocation récréative.Le fleuve est magnifique.Ses rives et ses berges se prêtent facilement à toutes formes de récréation.Il suffit d'y avoir accès, de l'exiger.Des pressions vigoureuses des utilisateurs et des amoureux du fleuve sont indispensables pour ouvrir le Saint-Laurent à ses riverains.La meilleure façon: fréquenter le fleuve, y pêcher, se promener sur ses bords, s'y baigner là où c'est possible! Cette occupation paisible et amicale remettra en valeur une qualité du fleuve que l'on a oubliée trop souvent: sa disponibilité pour le repos, la détente et les loisirs.Et ceci, bien sûr, en harmonie avec les utilisations découlant de la vie économique montréalaise: pourvu que l'on choisisse les bonnes places pour les bonnes choses! Le fleuve est grand.il y a de la place pour tout le monde.Qu'il y ait de la place pour tous! • -'aryfcL .A ACCES AU FLEUVE — Les projets d'aménagement du Saint-Laurent préconisent, pour la plupart, la mise en place de bases d'accès pour faciliter les activités récréatives sur le fleuve.La navigation de plaisance La baignade étant pratiquement prohibée dans le fleuve, la navigation de plaisance constitue, avec la pêche, une activité aquatique des plus populaires.Mais non sans difficultés cependant, car la présence de nombreux rapides, récifs et écluses, de même que la réglementation de la Voie Maritime sont autant d'obstacles à la liberté des «marins d'eau douce».Il n'en reste pas moins que la région métropolitaine occupe une position privilégiée et fort propice à la navigation de plaisance, car elle offre des débouchés sur quatre grandes routes d'eau: l'Outaouais (vers l'ouest), l'amont du fleuve (vers le sud-ouest), l'aval du fleuve (vers le nord-est) et le Richelieu (vers le sud).Bien qu'encore insuffisant, le nombre de ports de plaisance et de rampes de mise à l'eau est impressionnant: 15 marinas et 3 rampes sur le Lac Saint-Louis, 2 marinas et 3 rampes sur le lac Saint-François, 11 marinas sur le Saint-Laurent, dans le secteur de Lachine-Sorel, 7 marinas sur le lac des Deux-Montagnes, une sur la rivière des Mille-Iles et 5 sur la rivière des Prairies.Un estimé du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche indique que 20 000 bateaux de plaisance sont enregistrés ou immatriculés dans la région administrative de Montréal.Quant aux bateaux battant pavillon des divers clubs de yacht dans le secteur compris entre Valleyfield, Oka et Varennes, leur nombre est estimé à 3 070.Le lac Saint-Louis est le cours d'eau où la navigation s'avère le plus populaire.On y pratique aussi la voile et le ski nautique.Par ailleurs, 36 terrains de camping peuvent accueillir 4 418 tentes et roulottes dans les municipalités riveraines du fleuve, du lac des Deux-Montagnes et des rivières des Prairies et des Mille-Iles. SCIENCES CE N’EST PAS SEULEMENT LA CONNAISSANCE DES ÉVÉNEMENTS SCIENTIFIQUES, C’EST AUSSI UNE APPROCHE SCIENTIFIQUE POUR EXPLIQUER LES ÉVÉNEMENTS.3 GRANDES RUBRIQUES regroupent environ 20 articles de fond • SAVOIR : cette partie, consacrée à la recherche fondamentale, permet au lecteur de se tenir au courant de tout ce qui se passe d'important dans les principaux laboratoires du monde, • POUVOIR : c'est la recherche appliquée, consacrée aux réalisations de la technique moderne, cette rubrique dévoile les applications de la science qui bouleversent l'ordre des choses, modifient sans cesse notre monde.• UTILISER : de caractère résolument pratique, cette 3e partie offre de nombreuses informations utilisables dans la vie de tous les jours (les tests des appareils photo ciné son, font référence auprès des plus avertis) - VOUS SEREZ LE PREMIER TÉMOIN DES DÉCOUVERTES - VOUS SUIVREZ LEUR ÉVOLUTION - VOUS CONNAITREZ LEURS APPLICATIONS LES PLUS MODERNES, LES PLUS VITALES 2.100.000 personnes lisent Science et Vie à travers le monde.POURQUOI PAS VOUS?Formule d'abonnement 509-81A PERIODICA C.P.220 Ville Mont-Royal, P.Cl.H3P 3C4 Veuillez Q m'abonner ou abonner la personne ci-dessous désignée à ?Science & Vie: 1 an — 12 numéros 18.00 ?Science 8i Vie et Hors-Série: 1 an - Je paie à PERIODICA Inc.par ?chèque ou ?mandat (ci-joint) au montant de $.ou par [] J Carte no .Signature.16 numéros »24.00 ?Ml r CLIENT \ ABONNÉ \ Mme Q Mlle ?M ?nom prénom Mme Q Mlle ?M Q nom prénom adresse adresse V localité code postal L localité code postal S'il t'agit d'un cadeau, PERIODICA adrettera gratuitement une carte de souhaits de votre part.écrivez vos souhaits carte signée: min.des transports du québec 30 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE La Côte-Nord sar coussin d'air En hiver, les gens de la moyenne et de la basse Côte-Nord, surtout entre Havre Saint-Pierre et Blanc-Sablon, sont souvent isolés par les glaces sans qu'aucun bateau ne puisse les ravitailler.Bientôt, on remédiera peut-être définitivement à cette situation si les résultats d'une expérience de transport par aéroglisseur, réalisée l'hiver dernier, s'avèrent concluants.Un aéroglisseur, le Voyageur 004, fut mis à l'essai dans cette région grâce â une entente entre les ministères des Transports du Québec (Direction générale des systèmes de transports) et du Canada, en collaboration avec l'Agence Maritime Incorporée et la transport dans ces régions.Se déplaçant sur un coussin d'air, il n'est pas incommodé par la formation des glaces qui, en hiver, bloquent les ports et entravent la circulation maritime le long des côtes.Il est facile à manoeuvrer même par des vents de 30 noeuds et des vagues de 1,2 à 1,8 mètre de hauteur.Au cours de l'expérience sur la Côte-Nord, on l'utilisa à des vitesses variant entre 55 et 75 kilomètres à l'heure bien que ses deux puissants moteurs lui permettent d'atteindre près de 100 kilomètres à l'heure.A de telles vitesses, la distance séparant Havre Saint-Pierre et Blanc-Sablon peut être parcourue en une journée avec retour le lendemain.-A-rvk Æ ?VOYAGEUR 004 - Cet aéroglisseur, construit par Bell Aerospace Canada, a été utilisé pour le programme expérimental sur la Côte-Nord, durant l'hiver 1974-1975.H peut transporter des charges de près de compagnie Bell Aerospace Canada.Cette expérience avait pour but de déterminer les impacts socio-économiques de la mise en service régulière d'une flotte d'aéroglisseurs qui pourraient, en toutes saisons, desservir les municipalités comprises entre Havre Saint-Pierre et Blanc-Sablon.L'activité commerciale de cette région pourrait ainsi se poursuivre sur toute l'année, au lieu d'être limitée à la période estivale.L'aéroglisseur présente en effet de nombreux avantages pour le 25 tonnes et ses deux puissants moteurs (de 1 300 C.V.chacun) lui permettent d'atteindre des vitesses de l'ordre de 100 kilomètres à l'heure.Au cours de l'expérience, on a surtout tenté d'établir les coûts de transport des marchandises par aéroglisseur, d'évaluer son efficacité de déplacement, par exemple d'un port à un autre ou d'un navire au large à la rive.Même si le «Voyageur» ne peut porter que 25 tonnes de charge utile, il s'est révélé un véhicule très efficace pour le transport des marchandises notamment entre un bateau ancré au large et un port bloqué par les glaces.De plus, il n'est pas nécessaire de faire de gros investissements dans les installations portuaires pour l'aéroglisseur qui se «pose» presque n'importe où, et les coûteux recours aux brise-glace sont pratiquement éliminés.Le Comité du programme de l'aéroglisseur doit analyser les résultats des essais et bientôt soumettre ses conclusions aux gouvernements provincial et fédéral qui ont investi conjointement près d'un million de dollars dans cette expérience.Selon nos informations, il semble que les recommandations seront favorables et qu'un service permanent d'aéroglisseur sera éventuellement établi.Même si le gouvernement du Québec est en voie de construire une route de Sept-lles à Havre Saint-Pierre, route qui devrait normalement être ouverte à la circulation en 1976, il restera encore à desservir 14 autres municipalités établies le long de la côte, sur les quelque 500 kilomètres qui séparent Havre Saint-Pierre de Blanc-Sablon, et qui ne seront reliées par aucune route.C'est dans le cadre de cette même expérience qu'un aéroglisseur a aussi été mis en service en- £ !B.| I A PRISES DE GLACES - Les glaces, emprisonnant les bateaux de ravitaillement, placent souvent les gens de la Côte-Nord dans une pénible situation.Les brise-glace doivent alors intervenir, à grands frais, pour libérer les bateaux.Quelques aéroglisseurs pourraient remédier à ce problème.tre l'Ile aux Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive, le 19 mai dernier.Il assure l'expédition de la tourbe et le ravitaillement de la population de lïle pendant la période des réparations effectuées au quai de l'ile.(D.D.) OFFRE SPÉCIALE Pour mieux comprendre la médecine Pour satisfaire votre soif de savoir vra ABONNEMENT À LA VIE MÉDICALE AU CANADA FRANÇAIS pour deux ans: $20.00 au lieu de $40.00 écrivez à: LA VIE MÉDICALE AU CANADA FRANÇAIS 2860 des Quatre-Bourgeois, Ste-Foy S.V.P.joindre votre paiement. 975 QUEBEC SCIENCE 31 Cl Pour oou> ranyzignar L’Hydro-Québec met diverses publications à la disposition du public.Les personnes intéressées à se les procurer peuvent les demander à l’adresse suivante: Centre de documentation Relations publiques Hydro-Québec 75 ouest, boul.Dorchester Montréal Des dépliants et des brochures d’intérêt général • L’électricité, de la centrale à la maison Une brochure qui explique les installations nécessaires à la production, au transport et à la distribution de l’électricité.• Une histoire d’eau Un dépliant qui décrit une centrale hydroélectrique et différents types de barrages.• L’énergie nucléaire au Québec Une brochure qui trace les grandes lignes du fonc- tionnement des centrales nucléaires et précise leur rôle dans le contexte québécois.• Bienvenue chez vous Un dépliant qui répond à toutes les questions de ceux qui voudraient visiter nos installations (disponible en été seulement).• L’Hydro-Québec vous explique .votre compteur, votre facture, le Service de la clientèle.Une brochure qui répond aux questions que les abonnés se posent le plus fréquemment.• L’Hydro-Québec et les pannes d’électricité Un dépliant qui explique comment l'Hydro-Québec se préoccupe des pannes et que faire quand l’électricité vient à manquer.• Les films à l’Hydro-Québec Un dépliant à l’intention de ceux qui désirent emprunter les films que l'Hydro-Québec met à la disposition du public.Des dépliants et des brochures décrivant nos principales centrales • Manie 1 • Manie 2 • Manie 3 • Manie 5 • Outardes 3 • Outardes 4 • Bersimis 1 et 2 • Beauharnois • Carillon • Les centrales du nord-ouest • Les centrales de la Mauricie • Gentilly 1 • Gentilly 2 • Tracy Des publications expliquant certaines réalisations techniques de l’Hydro-Québec • Le laser à la rescousse de la topographie • Pour vraiment forer à la verticale • Quand il faut mesurer le verglas • Gentily 2 • Les télécommunications à l'Hydro-Québec • Le laboratoire à grande puissance de l’Ireq.Une sérié de publications sur le thème “électricité et environnement” • Croissance et qualité de vie • Une énergie propre • L’ingénierie d’un aménagement hydroélectrique • Les lignes • Radioactivité et radioprotection • La radioprotection à Gentilly Deux publications exposant autant de moyens de stocker l’électricité • La centrale à réserve • La pile à combustible pompée T**”*'* -tr- BtJBi .a ^ A * iàt «w,î'v-: «il ; *• ^ %> - -w ., » —a»»'.^ ¦"» ’^! ¦ •raiir^ ''"'fjNr l'v*r^7 '-'• ^rVT‘ '^^r v-f.W* s •r .• «.»» .';* .r jflf'tif»/.Vi :** X#*4 ; 'VU1 ' iî l kW»'.'',-'^' * tyîËÊjsfr'.BPsr .| .WMfcaw*- 'byMaest "^4lC, : Oiembre 1975 QUÉBEC SCIENCE 33 PAS DE POLICE, MAIS par André Delisle r Comment il faudra orchestrer l'aménagement du Saint-Laurent Dès 1971, 110 fies du Saint-Laurent itaient réclamées par la Fédération québé-:oise de la faune, dans le cadre d'un projet 'aménagement polyvalent visant à [{récupérer» le fleuve et ses deux rives de ontréal à Sorel.Un fleuve, un parc, la roposition d'un parc de plein air sur le aint-Laurent, avait pour but de soustraire oute une région aux travaux de construction, e remplissage, de développement détruisant u transformant des fies entières et des ilomètres de rivage.Déjà, à ce moment, un sondage révélait ue 88 pour cent des gens étaient en faveur Ide décréter cette région de 72 kilomètres lentre Montréal et Sorel «zone réservée à la récréation publique».Ça n'allait pas être chose facile puisque seulement 17 des 110 fies —curieusement, les plus petites— relevaient du domaine public.La dégradation du milieu se faisant plus inquiétante, on réclamait un programme global d'aménagement.Devant l'insistance de la Fédération québécoise de la faune et en réponse aux pressions quasi unanimes de la population montréalaise alertée du péril des îles, le gouvernement s'est engagé à élaborer un schéma d'aménagement du fleuve, dans le secteur concerné.LES CANARDS DE LONGUEUIL Les atteintes au milieu soulignées dans le rapport du projet Un fleuve, un parc étaient nombreuses: un site de reproduction du canard, enseveli sous les monuments résidentiels et commerciaux du progrès de Longueuil, prolifération des dépotoirs-champignons sur les fies de Boucherville, empilements de déchets provenant des excavations de la Voie Maritime sur les fies Deslauriers, Bellegarde et Saint-Ours.Autant d'exemples de la menace qui pesait sur les seuls espaces verts à proximité de Montréal.Menace qui rendait urgente une intervention pour l'utilisation rationnelle de ces sites.Les demandes de la Fédération québécoise de la faune étaient claires: il fallait redonner toute cette région à la population.Des zones devaient être prévues et aménagées pour la récréation, le pique- nique, le camping; d'autres, pour la chasse et la pêche, d'autres, enfin, —dans l'éventualité d'une dépollution du Saint-Laurent— pour la baignade! Différentes propositions d'aménagement des îles apparaissaient dans le projet présenté au gouvernement et au public par la Fédération de la faune.Ce projet d'aménagement devait constituer le point de départ d'un travail de synthèse confié à l'Office de Planification et de Développement du Québec, synthèse indispensable pour ajuster les propositions diverses aux réalités économiques et politiques de la région montréalaise et aux contraintes d'application des mesures essentielles à la préservation du milieu.En juin 1973, un projet d'étude des possibilités d'aménagement fut conçu par un groupe de travail composé de représentants des neuf ministères ou organismes gouvernementaux les plus impliqués dans le contrôle du développement et de l'utilisation du fleuve et de ses espaces riverains.Agriculteurs, villégiateurs, forestiers, promoteurs, conservationnistes, tous étaient représentés par leurs ministères respectifs.Le mandat du groupe: élaborer un schéma d'aménagement du territoire compris entre l'agglomération de Montréal et le lac Saint-Pierre, c'est-à-dire un guide devant permettre aux intervenants de poser des gestes compatibles avec des objectifs collectivement choisis.La configuration en bande longeant le fleuve de part et d'autre a valu à ce territoire sous étude son nom de «couloir fluvial».Le schéma d'aménagement du couloir fluvial devrait être rendu public sous peu, schéma qui sera le compromis entre les deux axes de développement de cette région: la protection du milieu et l'expansion économique.Objectif difficile, qui a supposé la coordination des actions gouvernementales et une intégration des vues de chacun des ministères pour en faire un tout cohérent.Le rôle de coordonnateur dévolu à l'Office de Planification et de Développement du Québec a par le fait même influencé les grandes orientations retenues dans la proposition finale de schéma d'aménagement du couloir fluvial.LA PRIMAUTÉ DES MUNICIPALITÉS Une bande de soixante-douze kilomètres, de l'île de Montréal au lac Saint-Pierre, se trouve découpée en vingt-sept municipalités riveraines et deux municipalités insulaires! Vingt-neuf municipalités, elles-mêmes rattachées à différents comtés fédéraux et provinciaux et soumises aux législations des neuf administrations provinciales mentionnées précédemment, sans compter les multiples compétences fédérales dans le même secteur.Il est facile de comprendre que dans un tel contexte les actions de ces multiples entités administratives s'avèrent souvent incohérentes pour ne pas dire néfastes à l'équilibre et à la vocation du fleuve.Voilà le champ d'analyse du groupe chargé de l'élaboration du schéma et capable de coordination interministérielle à l'échelle exclusivement provinciale: des zones grises, des juridictions enchevêtrées, des interventions sectorielles.Comme il fallait s'y attendre, le groupe mandaté a choisi la limite municipale pour circonscrire le territoire à l'étude.La réalisation future des propositions d'aménagement en dépendait.Certes, de telles propositions doivent d'abord faire l'objet d'un consensus administratif entre les paliers de gouvernement.Mais, finalement, le pouvoir de contrôle et de réglementation de l'utilisation du territoire appartient aux municipalités.Il était alors essentiel d'adapter les modifications prévues au découpage municipal.Dans un milieu aussi complexe que la région montréalaise, les fonctions du fleuve et de ses rives sont multiples et variées.Toutefois, la situation actuelle est caractérisée par une juxtaposition de choix sectoriels et contradictoires pour l'utilisation de ce territoire.Ainsi, le potentiel d'un même site peut être convoité par les promoteurs urbains, alors qu'il représente un actif unique pour les conservateurs de musées.Ce fut 1e cas, par exempte, des îles Charron et Sainte-Marguerite dont certains terrains, propices à la nidification, furent détruits par tes travaux de remblayage de la municipalité. 34 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE ?AGRICULTURE ET RÉCRÉATION — Plusieurs utilisations sont compatibles et respectent la vocation naturelle des sites: ainsi la récréation dans les Fies est prévue en harmonie avec les besoins de l'agriculture.gResÉgy^ Choisir l'une des options, nous le constatons, équivaut généralement à rejeter l'autre.Et, hélas! les règles du développement du territoire n'étant considérées que pour des secteurs restreints, les besoins de croissance économique priment, le plus souvent au détriment du milieu naturel.PAS DE POLICE.Mais, qui pouvait se permettre de baliser le développement et de canaliser les efforts des intervenants?Le mandat de l'Office de Planification et de Développement du Québec (OPDQ) et ses expériences passées ont milité en sa faveur.Pourquoi l'OPDQ?La loi de l'Office lui reconnaft la compétence pour l'élaboration des plans de développement et d'aménagement du territoire québécois et de ses régions.De plus, les différents ministères acceptent progressivement ce rôle de coordonnateur assumé par l'organisme de planification; coordonnateur consultatif cependant, puisque l'OPDQ n'est pas le martre d'œuvre des réformes qu'il propose.Avantage, bien sûr, du fait que l'OPDQ ne peut se trouver dans une situation de conflit entre ses propres objectifs de mise en œuvre et ceux d'autres mandataires du gouvernement.Désavantage peut-être, du fait que son rôle consiste seulement à établir une cohérence théorique des objectifs d'aménagement des maîtres d'oeuvre gouvernementaux.Donc, non pas une fonction de police des ministères chargés d'aménager le couloir fluvial, mais un rôle de guide-surveillant pour assurer la compatibilité des objectifs sectoriels et pour encourager une action collective rationnelle à court et à long terme.Un schéma d'aménagement élaboré dans les murs de l'OPDQ, verra donc le jour dans les prochains mois.Les propositions présentées refléteront principalement des préoccupations d'aménagement du territoire.Ce qu'il faut avant toute chose retenir de ce schéma d'aménagement, c'est qu'il a dû faire passer les exigences de deux forces opposées dans une série d'objectifs fondamentaux pouvant satisfaire cette dualité du développement.MAIS DE L'ENCADREMENT Le message des conservationnistes ne prête pas à équivoque: le territoire sous étude est riche d'un paysage unique et d'autant plus précieux qu'il est menacé par l'imprévoyance et le gaspillage.Le premier objectif à retenir est sans aucun doute la protection du milieu.Le milieu aquatique, le paysage naturel et le paysage agricole doivent être abrités contre les agressions du progrès sans contrainte et ouverts au public pour la récréation.On n'arrêtera par contre pas l'expansion de l'activité urbaine et industrielle le long du fleuve; il conviendra de l'encadrer pour éviter la détérioration du milieu.C'est le deuxième objectif.On peut s'étonner de trouver dans le schéma plutôt des propositions d'aménagement que des options de développement.La répartition des masses en pôles d'influence explique partiellement cette approche.La population du couloir fluvial ne représente que 6 pour cent de celle de la région de Montréal.Ce n'est donc pas à l'intérieur des limites du tronçon étudié qu'il faudra chercher le dynamisme moteur de son développement.Le poids énorme de l'agglomération de Montréal et son dynamisme conditionneront le développement et l'occupation du territoire du couloir fluvial.Or, l'expansion économique et spatiale de Montréal s'exerce sur toute sa périphérie.En pure logique, il eût fallu commencer par faire le schéma de la région économique et administrative de Montréal, avant d'aborder le couloir fluvial.L'urgence et l'acuité des problèmes ont dicté les démarches les plus pressantes et voulues par la collectivité; le fait de proposer un schéma d'aménagement du couloir fluvial ou de la région nord de Montréal répond alors aux besoins du milieu et ne constitue pas en ce sens une hérésie de planification.MONTRÉAL TIENT LES CORDEAUX Les options de développement du territoire dépendent de l'entité économique et administrative qu'est Montréal.Dans le cas du couloir fluvial, il fallait d'abord évaluer le potentiel du territoire en regard des hypothèses de développement retenues pour la région métropolitaine.Le problème qui se posait alors au moment de bâtir le schéma d'aménagement du couloir fluvial était de choisir une voie de développement plausible et acceptable par tous les intervenants.Deux voies se présentaient au groupe de planification; bâtir différents schémas d'aménagement à partir des tendances sectorielles et privilégier un programme d'aménagement orienté sur une option de développement ou partir d'un objectif plus général et accepté par tous pour élaborer un plan de développement fonctionnel, utilisant au maximum les potentialités du milieu pour satisfaire plusieurs besoins concurrents.Dans la première optique, il était possible de proposer une série de scénarios axés sur les possibilités de développement des secteurs d'activités, possibilités liées au potentiel du fleuve, de ses fies et de ses rives.Ainsi, ne considérant que le développement économique de la région de Montréal, on pouvait illustrer toutes les possibilités offertes par le couloir: centres industriels, ressources hydrauliques, facilités de transport, et autres.Ou bien, on pouvait tracer un programme d'action pour atteindre un objectif inverse: la conservation et la régénération du milieu naturel.Des zones protégées, des milieux de vie adéquats constituent alors la richesse disponible du couloir fluvial.On pouvait enfin combiner divers scénarios et étudier l'impact sur le milieu d'une décision précise de développement.On imagine aisément qu'une telle option, d'ailleurs fort séduisante sur le plan académique ne pouvait satisfaire à une intervention aiguillonnée par les pressions du milieu.La voie choisie, la deuxième suggérée, s'assoit sur une option de développement très générale, le plus compatible possible avec des objectifs de qualité de vie.Ainsi, sans imposer d'orientation précise, le schéma d'aménagement procède par réponses ajustées aux besoins.On a d'abord tenu compte des fonctions propres à chacun des neuf ministères directement impliqués dans le développement du territoire.Par la suite, le schéma élaboré a privilégié pour chacune des fonctions la portion du territoire offrant le plus fort potentiel.CULTIVER LES VOCATIONS NATURELLES Une esquisse du schéma d'aménagement du couloir fluvial, modèle du schéma définitif, a été fabriquée à l'intérieur de l'Office de Planification et de Développement, avec peu de contacts à l'extérieur.Il a suffi de mmi'M ¦Membre 1975 QUÉBEC SCIENCE 35 té; le I ' ¦ V: I it de ¦ upede IMPLANTATION DE NOMBREUSES CENTRALES CANDU m AU CANADA Depuis la mise en marche (en 1962) d'une petite centrale de démonstration ayant une puissance de 20 000 kilowatts, jusqu'à la production commerciale des 2 millions de kilowatts de la centrale Pickering (achevée en 1973), le Canada a parcouru une longue route pour développer les centrales CANDU dont les frais d'exploitation sont les plus bas du monde.L'Ontario aura, d'ici dix ans, une capacité nucléaire de 11 millions de kilowatts.Le Québec construit actuellement Gentilly 2, sa deuxième centrale CANDU, qui aura une capacité de 600 000 kilowatts.Le Nouveau-Brunswick construit, lui, sa première centrale CANDU de 600 000 kilowatts et il en construira, éventuellement, une deuxième.D'autres provinces songent sérieusement aux centrales CANDU pour répondre à leurs futurs besoins en électricité, car le pétrole, le charbon et le gaz sont en voie de devenir des combustibles trop précieux pour servir uniquement à produire de la chaleur.En 1974, les quatre réacteurs CANDU de la centrale Pickering ont produit 15% de toute l'électricité employée dans l'Ontario cette année-là.Il y a seulement quelques années, presque toutes les centrales ontariennes étaient L'usine d'eau lourde de La Prade hydroélectriques.Puis, ses sites hydrauliques étant tous exploités l'Ontario a dû recourir à des centrales thermiques alimentées par des combustibles fossiles.Maintenant que les combustibles fossiles coûtent de plus en plus cher et qu'ils sont nécessaires pour les installations de dépollution, d'autres sources énergétiques doivent être exploitées.La plus importante de ces sources est, de loin, l'énergie nucléaire.On a estimé qu'il va falloir construire au Canada avant l'an 2000, des centrales nucléaires dont la capacité totale atteindra plus de«130 millions de kilowatts, c'est-à-dire qu'il faudra environ 216 centrales de la taille de Gentilly 2.Non seulement ces centrales répondront à l'augmentation de la demande habituelle mais, elles devront également répondre aux besoins créés par l'utilisation de l'électricité à des fins nouvelles pour pallier aux difficultés d'approvisionnement des combustibles fossiles.La construction de ces nombreuses centrales CANDU mettra à l'épreuve les ressources industrielles et financières du Canada mais elle permettra de répondre aux besoins qui se feront sentir dans l'avenir.L’Énergie Atomique du Canada, Limitée Siège social: 275, rue Slater, Ottawa, Kl A 0S4 Bureau de Montréal: 2001, rue Université, 9e étage, Montréal, Québec 36 septembre 1975 I QUEBEC SCIENCE A Ll EN SOREL-MONTRÉAL — Les sidérurgies seront reliées directement à Montréal par «l'autoroute de l'acier».Le résultat?Un tissu urbain qui s'étire vers l'est, le long de la rive sud du fleuve.•^Trjjyawriir .'"TOwir ¦«?/., recueillir toutes les informations déjà disponibles concernant l'aménagement de ce territoire, de dégager sommairement les contraintes et de présenter sous forme de synthèse une première hypothèse d'aménagement aux différents intervenants.Cette esquisse a été soumise aux représentants des neuf ministères intéressés.Ces membres, après avoir étudié les différentes options proposées dans l'esquisse, ont émis des commentaires sur les secteurs d'activités les concernant davantage.L'intégration des velléités sectorielles aux exigences du milieu a abouti au schéma d'aménagement.Quelles sont les grandes fonctions retenues par le schéma?D'abord la protection intégrale du milieu; non seulement ces espaces seront-ils soustraits à tout 4S changement de leur vocation naturelle, mais on les aménagera de façon à enrayer toute tentative d'affectation à des fins autres que la conservation.Les espaces ainsi protégés auront plusieurs utilités, de la conservation intégrale à la récréation intensive.En fait, toute cette gamme d'espaces à protéger se retrouve dans le schéma: les réserves écologiques, les zones de conservation et les sites de récréation.Le schéma propose la création de trois réserves écologiques identifiées par le ministère des Terres et Forêts.En plus de ces zones de nature sauvage, des sanctuaires seront consacrés pour la protection de la faune et de la flore aquatiques.La population pourra aussi bénéficier de zones de récréation, soit dans des sites prévus et aménagés près de Montréal, soit dans des endroits éloignés et plus discrets pour une forme de récréation compatible avec l'objectif de conservation intégrale.Des bases d'accès seront prévues à certains points des berges ou sur certaines fies présentant un potentiel récréatif important du fait de leur situation par rapport au reste du parc récréatif; ces bases permettront d'accéder à un groupe d'fles pour des activités spécifiques comme l'initiation à la nature, l'observation, la photographie, etc.La protection du milieu trouve également son application dans l'utilisation rationnelle des sols et plus particulièrement la protection des meilleures terres agricoles, terres requises le plus souvent comme assises à l'expansion urbaine.Les phénomènes avant-coureurs de l'urbanisation sont bien connus; l'arrêt de la production agricole suit la surenchère des espaces ruraux et la spéculation foncière; la situation n'est pas encore irréversible toutefois.La fonction de protection des terres arables est donc essentielle et urgente: la vie rurale des fies fait partie du patrimoine historique à préserver.La mise en valeur de ce patrimoine collectif complète d'ailleurs les fonctions rattachées à la protection de ce tronçon du Saint-Laurent.L'histoire des fies et du fleuve, ses monuments à l'architecture du passé, l'héritage qu'ils représentent pour la culture québécoise méritent d'être préservés.Rappelons-nous le «Survenant» et son petit patelin.On peut songer à ce que seraient le «Chemin du brûlé» ou le «rang des terres noires» s'ils étaient submergés, non par un trop plein d'eau mais par un débordement de citadins! ORIENTER POUR SAUVEGARDER Le schéma, nous le voyons, opte résolument pour la protection et l'aménagement des sites de récréation et des espaces de conservation du patrimoine naturel et culturel afin de contrôler et de contraindre le développement urbain et industriel.Contrôler sans conduire, contraindre sans empêcher.Position qui peut sembler timide, mais qui a l'avantage de situer sur un même plan les objectifs et les moyens d'intervention.Moyens très limités, il faut l'admettre, tant sur le plan administratif que financier.L'une des tâches du groupe de planification a été alors d'ordonner les objectifs poür ensuite préciser les moyens.L'objectif global du schéma est d'intégrer les différentes activités de l'homme dans le territoire, d'harmoniser le développement et, plus particulièrement, de favoriser l'usage optimal des sols en fonction de leurs potentiels.Deux sous-objectifs viennent préciser cette intention trop générale, peut-être.Le premier vise la sauvegarde intégrale des fonctions propres à certaines parties du territoire; le second favorise la récréation de plein-air pour la population de la région montréalaise.Trois concepts de base soutiennent l'opérationalisation de ces objectifs et serviront, s'il y a lieu, à hiérarchiser les moyens d'intervention et à les inscrire dans les politiques sectorielles des ministères.D'abord, on se préoccupe de la conservation du milieu dans son état naturel ou même de sa régénération, si nécessaire; les projets d'intervention seront alors toujours évalués prioritairement en regard de leur impact sur les écosystèmes aquatique et terrestre et sur les paysages naturels et agricoles.Le deuxième critère est celui du maintien d'un équilibre entre les activités humaines permises dans une région et les divers éléments bio-physiques du territoire.Enfin, il faut tenir compte dans les propositions d'aména- gement de la coexistence, de la compétition parfois, entre la nécessité de la conservation du milieu et les pressions exercées par l'agglomération montréalaise sur l'utilisation du territoire.CHOISIR SES CONTRAINTES Choix complexes, si l'on se réfère à l'échelle des priorités qui sous-tendent le développement en l'absence de contrôles.Choix complexes, si l'on songe aussi à l'ensemble des contraintes d'application d'un schéma d'aménagement théorique.La qualité de l'eau, la nature des sols et le développement urbain ont surtout guidé les concepteurs du schéma d'aménagement du couloir fluvial.On se doute que la croissance de la ville est la contrainte majeure à la protection intégrale du territoire.C'est la compétition directe entre les tentacules du progrès et les barrières de la conservation.Ports fluviaux, parcs industriels, quartiers banlieusards et infrastructures de liaisons inter-centres repoussent de plus en plus loin plages de sable, forêts naturelles, communautés rurales et rangs de campagne.II faut convenir qu'une des principales lignes de développement de l'agglomération montréalaise suit la rive sud du fleuve à partir de Longueuil-Boucherville.Une tête de pont de cette marche vers l'est se consolide autour du complexe industriel Tracy-Sorel.Centrales thermiques et nucléaires s'érigent en témoins de cette poussée industrielle.Entre ces deux points —la banlieue sud de Montréal et la conurbation de Sorel— la «soudure» par une urbanisation continue est entrevue, sinon entreprise.D'autant plus tentante que plusieurs «liants» sont déjà en place: la sidérurgie de Contrecœur et, surtout, Yautoroute de l'acier (pour dissiper toute équivoque sur sa fonction première).Une étude du ministère des Affaires municipales sur l'occupation de la rive sud, plus précisément le territoire compris entre nombre 1975.' QUEBEC SCIENCE ipÊtitiOl iration )!f ililisation l’kMlî «loppe- oi* [(S s lie s nirals clopps rira ' Tlii l(iy(I«l|t' ton» (iifltt" a route 3 et le fleuve, indique qu'en extrapo-ant les tendances passées, ce territoire sera irbanisé aux quatre cinquièmes avant trente ns.Et l'extrapolation est basée sur une orojection linéaire sans tenir compte d'une iraisemblable accélération du phénomène! ’eut-on raisonnablement arrêter l'urbanisa-.ion de ce territoire?En avons-nous le oouvoir?Sans doute non.Néanmoins, :ette urbanisation ne pourra se faire à l'importe quel prix et surtout pas en .acrifiant la protection du milieu.1E COMBAT DES CONTRAINTES Talions pas penser que l'agrandissement de a ville est la seule contrainte à l'aménage-nent du territoire environnant la métropole.L'eau pose ses limites.Si l'on réserve des ites pour la récréation ou pour la conserva-:ion, l'eau doit présenter les caractères idéquats à ces utilisations: une eau propre jour la baignade, une eau viable pour les arganismes aquatiques.À l'heure actuelle, la qualité de l'eau est un obstacle important à 'aménagement pour des fins de loisirs ou de Drotection.L'utilisation du fleuve à des fins multiples, la navigation commerciale, l'adduction d'eau, les rejets d'égouts urbains et industriels deviennent des contraintes ;érieuses pour la conservation du territoire.Vlême les écarts de débits s'avèrent contraignants: les variations du niveau d'eau qui en résultent limitent passablement les possibilités d'utilisation des rives et, en particulier, des fies.Les aménagements prévus doivent alors s'ajuster aux humeurs du climat, sans quoi les risques de dégâts s'en trouveraient augmentés.Les ingénieurs et les biologistes sont aux prises avec ces problèmes.Les caractéristiques des sols environnants entrent aussi dans les facteurs limitants.Selon sa nature, le sol peut devenir un obstacle à certains types d'utilisation.La spéculation foncière ou la stérilisation des terres agricoles, par exemple, contraignent énormément la planification du territoire, en rendant impossible leur acquisition par les pouvoirs publics ou en rendant prohibitifs les coûts de restitution des qualités originelles du sol.C'est deux impératifs en confrontation voire en opposition —la protection et le développement— que l'administration québécoise tentera d'harmoniser par les actions des organismes susceptibles de se prêter à une coordination gouvernementale.Dans un deuxième temps, lorsque ces actions concourront à des objectifs communs, lorsque les agents provinciaux de développement seront d'accord entre eux, ils pourront alors amorcer un dialogue avec les autres paliers gouvernementaux: fédéral et municipal.Que pouvons-nous attendre de l'avenir?L'élaboration du schéma est pratiquement complétée.Les dossiers soumis par les ministères consultés ne contredisent aucunement les options de base retenues lors de la confection de l'esquisse.Toutefois, avant la publication de la première version du schéma, l'Office de Planification et de Développement du Québec doit faire le consensus de tous les intervenants.À quand la publication officielle?Sous peu sûrement.Surtout que par la suite, les organismes tant publics que privés, impliqués de près ou de loin par l'aménagement de ce territoire, seront consultés.Le schéma, modifié par la suite, deviendra le guide du développement du territoire bordant le Saint-Laurent entre Montréal et le lac Saint-Pierre: le couloir fluvial.jean-pierre langlois •*S*S*^ .i,- ^ I ?LE FLEUVE PERD DU «TERRAIN» — Les appétits des promoteurs du développement urbain et industriel sont difficiles à satisfaire.L'urbanisation se fait donc de plus en plus menaçante pour la conservation du fleuve.éditeur officiel du québec '¦v.( ¦.ï-m wm mimm.?PAS DE POLICE .DE L'ENCADREMENT — Les planificateurs gouvernementaux ne peuvent exercer de contrôles policiers, ne jouissant même pas de pouvoirs équivalant à ceux des garde-chasse.Ne nous attendons donc pas à voir circuler une police de l'eau, analogue à la «patrouille des Fies de Sorel» du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche. m .une réalisation du génie humain au service du commerce maritime canadien ladministration de la voie maritime du saint-laurent Ottawa, canada MÆsw.'.mw».wmmmÉmmMwr p;-' hj iLst dïtîil Euudt fcpnt èw' te par lines i fcde.luirai ¦ms ipœ ¦lanei IfïUÈ Desti «et,p llteti Wiet' tembie 1975 QUEBEC SCIENCE 39 aéro-photo inc.Sur le plan écologique, la prise d'eau en elle-même ne pose aucun problème.Cependant on ne peut en dire autant du canal de rejet des eaux de refroidissement.Le problème consiste à epuis quatre ans, I Hydro-Québec ploite sur les rives de Gentilly à ne quinzaine de kilomètres en al de Trois-Rivières, la première ntrale «nucléo-électrique» du uébec.La construction d'un euxième réacteur, Gentilly 2, 'une puissance de 600 mégawatts, portera, en 1979, la puis-tnce totale du complexe de entilly à 850 mégawatts.Pour roduire cette énergie, les réac-îurs auront besoin d'une rande quantité d'eau qui sera uisée, puis rejetée au fleuve.n effet, l'eau contenue dans le ircuit fermée du réacteur et hauffée par ce dernier actionne îs turbines des alternateurs pour roduire de l'électricité, et doit tre refroidie!recondensée) avant e reprendre son circuit dans le oeur du réacteur.Pour ce sfroidissement, on utilise de eau pompée à même le laint- Laurent.e rendement d'un réacteur fest évidemment pas de 100 >our cent; on ne peut utiliser oute la chaleur dégagée par la ission dans le réacteur pour proluire de l'électricité.Le rende-aent d'un réacteur de type :aNDU est de 30 pour cent inviron et, pour chaque kilo-vatt d'électricité produit, 'équivalent de deux kilowatts ;st perdu et dissipé dans l'eau de efroidissement._e complexe nucléo-électrique de jentilly, une fois doté du réac-:eur Gentilly 2, rejettera près de 50 mètres cubes d'eau dont la température, à la sortie des 'éacteurs, sera de quelque 12 fegrés Celsius plus chaude que 'eau puisée au fleuve.Le Service hydraulique de l'Hydro-Québec, division des projets de centrales, s'est employé à trouver la meilleure façon possible de tirer du Saint-Laurent l'eau nécessaire au refroidissement tout en cherchant à minimiser les effets du rejet de cette eau dans le fleuve, une fois son rôle rempli.Comme cette eau de refroidissement ne vient jamais en contact avec les matériaux radioactifs, elle ne peut charrier aucun déchet radioactif.C'est sa tern- 1 pérature élevée qui pose des problèmes.Les chercheurs de l'Hydro-Québec ont fait construire, aux Laboratoires hydrauliques Lasalle de Montréal, une maquette de la portion du fleuve touchée par le projet Gentilly 2.Longue de 29 mètres et large de 9 mètres, cette maquette a permis d'analyser tous les problèmes d'écoulement et de mélange des 2 eaux rejetées dans le fleuve.La prise d'eau a été étudiée pour satisfaire aux besoins éventuels de Gentilly 3 dans l'étape qui suivra la construction de Gentilly 2.Les problèmes à résoudre pour la prise d'eau, ont trait aussi bien au débit qu'aux glaces, aux sédiments, à la marée et à la voie de navigation.laboratoires hydrauliques lasalle Un best-seller de tous les temps: «DIANÉTIQUE: LA SCIENCE MODERNE DE LA SANTÉ MENTALE» peut changer votre vie comme elle a déjà changé celle de millions de gens de tous milieux.Commandez-le dès aujourd'hui Prix $9.00 port payé Les bases essentielles de la Scientologie sont la physique nucléaire, les mathématiques supérieures et la compréhension des Anciens orientaux.BON DE COMMANDE NOM .TËL.ADRESSE .VILLE.Nombre d'exemplaires.SCIENTOLOGIE 781, CHAREST-EST QUÉBEC Tél.: 524-1432 LA DIANETIQUE DE IA UN MANUa DE MÉTHODES DIANÉTIDUES IRON HUBBARD 1 GENTILLY INFRAROUGE -Cette photo, prise dans la gamme des infrarouges, permet de visualiser l'écoulement des eaux chaudes à la sortie du canal de rejet du réacteur nucléaire Gentilly 1.Les eaux chaudes y apparaissent en clair alors que les eaux plus froides du fleuve ( au haut de la photo ) sont sombres.2 GENTILLY EN LABORATOIRE -Sur la maquette réalisée par les Laboratoires Lasalle, de Montréal, Teau de rejet a été teintée.On a ainsi pu étudier le comportement du «panache» des eaux de refroidissement de Gentilly 7 et 2, une fois rejetées au fleuve, dans des conditions similaires à celles qui existeront sur place.«dissoudre» cette eau chauffée le plus rapidement possible sur une grande étendue, de telle sorte que son influence sur la faune et la flore aquatique soit la plus faible possible.Evidemment, on peut facilement imaginer que les soucis écologiques sont passés au second rang: la véritable préoccupation des ingénieurs de l'Hydro-Québec a sans aucun doute été d'éliminer les eaux chauffées de manière à ce qu'elles ne soient pas repompées comme eau de refroidissement, entramant des problèmes de surchauffe.La maquette réalisée a permis de reproduire les conditions de 40 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE nouveautés marabout andrâ gôrard LA SPÉLÉOLOGIE Une aventure, une science, un sport.Depuis les grands classiques sur le sujet, le premier livre vraiment complet et moderne.Par Fernand Lambert et Anne de Martynoff.$11.00 Q RUIMTfS "LES COQŒLitiES la science ® en l’an 2000 Ck’wSéï: ÿocir*.- vivre dans l’espace iemt)ie 1975 QUEBEC SCIENCE 43 UNE MERVEILLE POUR BIOLOGISTES SEULEMENT par Armand Rousseau de sur H irloca- gion sdiïer- nir- f ; ir ¦ ;.r: on- ftûr 1 ; " es ide ires* ides.Le lac Saint-Louis, échantillon de la qualité du Saint-Laurent V* v > f f f ‘V V V Vous êtes triste, dit le chevalier sur un ton inquiet Laissez-moi vous chanter un chant pour vous réconforter.Est-il très long?, demanda Alice, car elle avait entendu beaucoup de poésie ce jour-là.Oui, il est long, dit le chevalier, mais il est très, très beau.A chaque fois que quelqu'un m'entend le chanter, les larmes lui viennent aux yeux sinon.Sinon quoi?, demanda Alice, car le chevalier avait fait une pausse soudaine.Sinon, les larmes ne lui viennent pas aux yeux, voilà!.Le nom de mon chant est appelé «Oeil de Morue».Oh, c' est le nom du chant?, dit Alice, essayant de paraftre intéressée.Non! vous ne comprenez pas, dit le chevalier d'un air un peu vexé, c'est ce que le nom est appelé.En réalité le nom est: «Le Vieil Vieil Homme».Alors, je devrais avoir dit: c'est ce que le chant est appelé?, corrigea Alice.Non! vous n'avez pas à vous corriger; c'est une toute autre chose! Le chant est appelé «Chemins et Moyens», mais sachez que c'est seulement l'appellation du chant.Bon! mais quel est ce fameux chant alors?, dit Alice, maintenant complète ment désorientée.J'y venais, dit le chevalier.Le chant est en réalité «Assis sur une Barrière» et la musique est de ma propre invention.En disant cela, il arrêta son cheval et laissa tomber les rênes; alors battant lentement la mesure d'une main, et avec un sourire à peine perceptible sur son visage un peu ridicule, comme s'il jouissait de la musique de son chant, il commença.)ffice national du film ((Au travers de la loupe», par Lewis Caroll 44 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE jS?• direction générale du tourisme service de la faune du québec A LES HABITUÉS DU LAC SAINT-LOUIS — Plusieurs espèces de bernaches, de canards et d'oies sont très courantes dans la région du lac Saint-Louis.Cette entrée en matière, tirée du conte «Alice, au pays des merveilles» peut paraTtre déroutante à première vue.Elle illustre bien toutefois la complexité géographique de la région de Montréal.Le lac Saint-Louis est un élément important de cette complexité.Lui donner le nom de lac peut sembler étrange, puisqu'il n'est en réalité qu'un élargissement du fleuve.L'assimiler au fleuve est aussi faux si on s'attache au comportement de ses eaux: l'évolution des eaux du Saint-Louis s'apparente plus à celle d'un lac qu'à celle d'une rivière.Une rivière qui se comporte comme un lac ou un lac qui coule en rivière.on ne peut vraiment établir une nette distinction.Malgré la difficulté de qualification d'une telle masse, il reste qu'on doit connaftre toutes ses caractéristiques pour évaluer son utilité pour la région de Montréal.Cette région au cœur du Québec est nettement privilégiée.Ce n'est donc pas pur hasard si elle connaft un développement écologique exceptionnel par rapport à * l'ensemble du Québec.Le géant montréalais constitue le centre nerveux d'un vaste système et semble être le moteur et l'âme de ce système; les régions excentriques assistent, impuissantes, à son évolution.LE MONTRÉAL DU FLEUVE L'eau n'est évidemment pas étrangère à cette vitalité économique et.biologique.Le bassin du Saint-Laurent a en son centre le lac Saint-Louis, le lac des Deux-Montagnes, ainsi que les rivières des Milles-Iles et des Prairies.Ces eaux baignent toute la région montréalaise et y forment un carrefour biogéographique presque unique au monde.Les grandes masses d'eau venant du Nord et des Grands Lacs y convergent avant de s'engouffrer dans la grande avenue vers l'Atlantique.Très productif, ce milieu présente des qualités écologiques certaines.Cependant, la proximité du milieu urbain et les perturbations causées par l'homme —aménagements hydro-électriques, aménagements maritimes, émissaires d'eaux usées— risquent de couper des voies majeures de communication biologique: les aménagements du lit et des berges, le rejet des eaux usées et les effets de l'agriculture causent des stress sur les équilibres biologiques et les détruisent complètement dans certains cas.La vie biologique exige de l'eau et des conditions spéciales de salinité, de pH, d'oxygénation et de concentration de nutriments.Le milieu pour être productif, doit présenter un arrangement très précis de ces paramètres; à l'extérieur de cet optimum, la productivité du système diminue sensiblement.Parce que nous ne pouvons chiffrer en dollars cette production, il ne faut pas pour autant accorder moins d'attention à ce système biologique.Les zones fortement urbanisées près des lacs Saint-Louis et des Deux-Montagnes entrafnent une forte demande d'activités récréatives, sportives et commerciales.La qualité du Saint-Laurent subit les contrecoups de ces activités.Tout ce tissu urbanisé est centré sur Montréal: ceci en fait la plaque tournante de tout le système.Le lac Saint-Louis en est l'équivalent hydrologique.Depuis les années '30, plusieurs études biologiques ont été entreprises sur les eaux de la région.Région importante puisque le lac Saint-Louis et le lac Saint-François servirent de base pour définir la qualité biologique du milieu.DE L'OR EN BORDS En 1945, le professeur Pierre Dansereau entreprenait le premier travail d'envergure sur le lac Saint-Louis, étudiant en particulier les animaux et les plantes du cours moyen du Saint-Laurent.La confluence du fleuve et de la rivière Ottawa, le lac Saint-Louis, est en fait une autoroute de migration; de saison en saison, les «colons» aquatiques y voyagent vers leurs lieux de repos ou de reproduction.Cette grande voie de migration a ainsi amené sur son cours et sur ses bords une flore et une faune d'origines très diverses.Les divers déplacements de ces colonisateurs sont complexes à retracer.Le brochet du nord et la perchaude ont des ancêtres en Europe et sur les côtes d'Amérique.D'autres co-habitants, chassés des régions boréales par le glacier, sont demeurés dans les eaux plus chaudes du sud.Le crapet soleil et le poisson armé sont venus, eux, de l'autre pôle, éloignés de leur aire principale par un réchauffement de leurs eaux originelles.Quant au brochet vermiculé, il a émigré de l'ouest vers l'est, par l'ancienne voie de communication des Grands Lacs et de l'Ottawa.Venus des quatre coins du globe, ces nouveaux immigrants côtoient maintenant des arrivants plus récents, implantés par l'homme: la carpe allemande compte parmi ces étrangers.Les plantes aussi ont voyagé et voyagent encore.Les espèces installées sur les hauts-fonds profitent du passage des glaces pour entreprendre leurs pérégrinations.Les eaux de débâcle entrafnent aussi plusieurs espèces et les transplantent dans des sections inférieures du Saint-Laurent.Ces victimes sont toutefois vite remplacées par des individus provenant des régions supérieures.Ce va-et-vient continuel a fait du lac Saint-Louis un carrefour pour la vie aquati- - SOU! irf; Ser, ; POis::; lion;::; te:, 00611% 11ti(|éoe| tofts b; feuten •tir?to Pftfn: Membre 1975 QUEBEC SCIENCE MONTREAL & SA REGION Un carrefour des eaux nv.des Mille nv.des Prairies Montreal nv.Outaouais lac des Deux Mon tag nés fleuve Sain t-Laurent lac Sain t-Louis lac Saint-François 10 km Échelle arun les.GltOÎ iiites haut*' pou' b tau* nil# lue.Les flores aquatique et riveraine y ont très diversifiées.On y retrouve, selon le Service de la faune, 76 des 107 espèces de aoissons d'eau douce du Québec.La végétation aquatique comprend au-delà de 350 spèces sur les rives et plus de 100 espèces dans l'eau.Quant aux organismes de fond, )n en dénombre au moins 90 espèces.Le nombre des espèces présentes et la variété des plantes et poissons du lac Saint-Louis, la profondeur moyenne faible et les longues battures littorales de ce secteur du fleuve en ont fait un véritable lac dans le fleuve.Un lac qui ne vieillit toutefois pas comme tous les lacs.Son processus de vieillissement ne se fait pas en toute tranquillité, ce qui a fait dire aux biologistes du Service québécois de la faune que ce milieu est parvenu à maturité, bien que drainé en permanence.Un vieux lac qui rajeunit en permanence! UNE DIVERSITÉ SINGULIÈRE L'étude de la faune de fond ou benthique entre Cornwall et Varennes confirme l'impression générale: la qualité du milieu est relativement bonne.Certaines exceptions ressortent toutefois, particulièrement dans la aval de Longueuil et dans la Rivière des Prairies, en aval du collecteur du versant nord desservant 600 000 habitants.Les concentrations très élevées de microorganismes d'origine fécale et la haute teneur en matière organique des sédiments confirment d'ailleurs la première impression.Les effluents urbains déversés dans la région portuaire, ou sur la rive sud par les municipalités de Longueuil et de Boucherville, ou dans la rivière des Prairies ont un impact considérable sur la qualité de l'eau.Le peu de récupération des eaux sur de longues distances en aval, combiné aux apports locaux d'eaux usées font de la rive nord du Saint-Laurent un milieu tout simplement insalubre.Par contre, dans la rivière des Milles-Iles, la situation semble plus belle.Les teneurs élevées en conformes fécaux et en streptocoques indiquent plusieurs déversements d'eaux usées.Toutefois, l'analyse des sédiments ne révèle pas un déséquilibre benthique alarmant.L'échantillonnage des organismes de fond —le benthos— reflète un habitat de bonne qualité par sa diversité; cette salubrité est d'ailleurs assurée par la vitesse d'écoulement des eaux qui limite la conséquent, l'enrichissement des sédiments en déchets organiques.De la même façon, on observe une faune de fond diversifiée, à la sortie du lac des Deux-Montagnes, cet indicateur d'une bonne qualité fait ressortir la capacité épurative du lac et laisse présager une productivité biologique élevée.Sans avoir de valeurs exactes des productivités aux différents niveaux trophiques, on peut se faire une bonne idée de la productivité potentielle du milieu, en consultant les prises des pêcheurs dans ce secteur.Les chiffres publiés par le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche mentionnent des captures de 1 087 200 poissons, sur une période de 11 ans soit de 1962 à 1973.Au dire des biologistes de la faune du district de Montréal, cet échantillonnage représente seulement 10 pour cent des captures réelles.C'est en réalité 10 782 000 poissons qui ont rempli les paniers des pêcheurs, si l'on croit cette affirmation.En supposant un poids moyen individuel de près de 450 grammes, et une valeur marchande respective de 50 cents le kilo, les pêcheurs de la région ont retiré du fleuve un «poisson» de 2 695 500 dollars, et ce durant l'hiver seulement! Et la perchaude, III# région sud de Montréal immédiatement en sédimentation dans ce secteur et, par qui constitue 94,6 pour cent des captures.t 46 septemhie 1975 QUEBEC SCIENCE ?INDICE DE PRODUCTIVITÉ — Les prises commerciales renseignent sur la productivité d'un cours d'eau.Sur une section de 80 kilomètres de la rivière Outaouais, on a pêché près de 34 000 kilogrammes de barbotte et plus de 1 000 kilogrammes de perchaude.serait encore sous-exploitée.LE NOIR ET LA BLANCHE Les chiffres sur les pêches commerciales sont aussi rares que ceux sur les pêches sportives.Les seuls que nous ayons pu trouver, renseignent sur la production d'une section de 80 kilomètres de la rivière Outaouais, de Pointeaux-Chênes à Hull.Ce territoire est partagé entre 8 pêcheurs, dont 3 vivent exclusivement de leurs prises.Celles-ci se répartissent entre la barbotte (33 800 kg) et la perchaude (1 360 kg).Voilà pour les poissons.Et les oiseaux?Encore une fois les seules données que nous possédions proviennent des biologistes du Service québécois de la faune.Dans une étude sommaire sur les oiseaux aquatiques de la région de Montréal, ces biologistes ont tenté de dresser la liste des espèces recensées ou observées dans le secteur du lac Saint-Louis.Les différentes espèces de bernaches, d'oies et de canards semblent être retrouvées le plus souvent.Cependant, l'évolution de ces populations est mal connue sauf pour les espèces stables dont le nombre d'individus est élevé, comme la bernache canadienne et le canard noir.Par contre, il est difficile de savoir exactement ce qui arrive à des espèces rares comme l'oie à front blanc, ou en voie de diminution, comme le canard huppé.Ces questions sans réponse sont importantes, d'autant plus que la chasse au canard constitue une activité importante au lac Saint-Louis, au lac Saint-François et aux fies de Sorel.Notons toutefois, qu'au lac Saint-François, on a aménagé des aires de protection de ces oiseaux aquatiques.DES TAPIS DE FLEURS D'EAU À la lumière de ce qui précède, il nous est permis de croire que les eaux du lac Saint-Louis et de la région sont encore dans un état satisfaisant, malgré que l'on commence à remarquer des indices de changements du milieu.Les teneurs en sulfates et en chlore, élevées dans certaines zones, sont inquiétantes.La même inquiétude est soulevée par la couleur verte des eaux du Saint-Laurent et les eaux brunes de l'Outaouais, couleurs caractéristiques des algues qui s'y développent.Au cours des dix dernières années, des fleurs d'eau formées d'algues filamenteuses pour la plupart ont infesté le lac Saint-Louis, à la suite du flot continu des substances nutritives, fertilisants provenant des différentes sources de pollution.Ces algues s'agglomèrent en masse autour de la tige des fleurs d'eau.On assiste alors à la formation d'un tapis assez dense pour se laisser «chevaucher» par une plante habituellement de rivage, le «chevalier des Sables».Ce phénomène porte à croire que l'évolution de cet élargissement du Saint-Laurent vers l'eutrophisation touche à son terme; ceci, malgré que le lac Saint-Louis soit un lac drainé par un fleuve! Quant aux plantes et aux poissons, les changements ont été mineurs au cours des trente dernières années.Le céleri sauvage reste la plante dominante et la plus stable du lac Saint-Louis.Ne nous réjouissons pas trop vite: c'est une plante qui résiste bien à la pollution.Elle crée cependant un milieu favorable à la nidification, la reproduction et la croissance de plusieurs oiseaux aquatiques.Quant aux poissons, il semble que les populations de perchaudes et de brochets soient restées constantes au cours des dernières années.Les changements constatés aux autres espèces vont autant dans le sens d'une augmentation que d'une diminution.Il est ainsi difficile d'en tirer des indications sur la qualité du milieu, même si l'on sait que ces variations sont dues à une augmentation des plantes aquatiques, à une élévation générale de la température de l'eau, à un plus grand transport de sable et d'argile, ainsi qu'à certaines voies migratoires nouvelles.Lueur d'espoir.les eaux vertes du Saint-Laurent contiennent plus d'espèces de poissons que les eaux brunes de l'Outaouais.Donc, plus de niches écologiques.Ceci constitue, à notre avis, un indice de la meilleure qualité des eaux du Saint-Laurent.COMMUNICATIONS ÉCOLOGIQUES BRISÉES Cette analyse rapide de la qualité de l'eau du Saint-Laurent, plus particulièrement de celle du lac Saint-Louis, nous a permis de déterminer les caractéristiques biologiques du milieu.La connaissance du milieu est utile; il faut aller plus loin et chercher à améliorer le milieu.Comment faire?Après avoir bien identifié le problème, on doit préciser les contraintes avant de planifier les actions concrètes à entreprendre.L'identification des contraintes à la vie aquatique est basée sur l'acceptation de certains critères.En fait, toutes les modifications évidentes des conditions naturelles ont été retenues comme négatives: la prolifération des plantes aquatiques, l'enrichissement des fonds en matière organique, la pollution bactériologique et le bris des communications écologiques.Par ailleurs, les analyses de la qualité des sédiments et de l'eau ont permis d'identifier des singularités, exceptions considérées comme des détériorations du milieu.Enfin, les concentrations élevées en carbone, en azote ou en phosphore, restent aussi des indices d'eutrophisation du milieu.Voyons de plus près les contraintes en rapport avec la qualité biologique du milieu.L'évacuation des eaux usées, l'hydroélectrici té et l'occupation des berges sont sans contredit les contraintes majeures qui s'exercent sur la vie aquatique.La prolifération des plantes aquatiques, la détérioration des eaux des rives, la dégradation longitudinale de la qualité physico-chimique des eaux de l'amont vers l'aval, la présence de substances toxiques dans les sédiments et la diminution de l'indice de diversité (biologique) du milieu constituent des raisons suffisantes pour piembre 1975 QUEBEC SCIENCE 47 onclure que l'enrichissement des eaux dans ensemble du bassin et les déversements l'égouts urbains et industriels contribuent à létériorer la qualité biologique du milieu.Il aut nuancer cet énoncé, étant donné que les pports locaux ne font sentir leur influence lue dans des aires limitées le long des rives, /lême si la qualité biologique du milieu peut tre satisfaisante aux endroits éloignés des ives ou des points de déversements, il n'en este pas moins que les eaux usées ont :ertainement une influence sur la qualité de a vie dans le milieu aquatique.L'occupation du lit et des berges s'avère lussi néfaste.Dans le cas de l'hydroélectri-ité, la construction d'un barrage introduit me barrière écologique pour la faune iquatique.Les barrages de l'fle de la /isitation, des Cèdres et de Beauharnois, de nême que le barrage Saint-Laurent, instituent de telles barrières.L'empiète-nent des berges, quant à lui, conduit à la lisparition de l'une des zones les plus )roductrices du point de vue biologique.Le emblaiement de frayères a été maintes fois :onstaté, le terrassement, maintes fois iratiqué au détriment des aires de nidifica-:ion de la sauvagine.Toutefois, il y a un :ribut à payer à cette diminution de la qualité de l'eau.La prolifération des plantes iquatiques limite les possibilités de baignade ;t de canotage.Sans parler des désavantages îsthétiques: la beauté des rives en souffre.odiiclM planifelü l'identifi- imtiipieBt ait® isienuü ROUVRIR LES ROUTES ÉCOLOGIQUES Due faire pour assurer les conditions d'une 4e aquatique saine, diversifiée et équilibrée?Le lac Saint-Louis, nous l'avons vu, semble le :ritère cherché pour évaluer la qualité du nilieu favorable à la vie aquatique.Il ressort en effet des différentes études que le lac Saint-Louis supporte la vie aquatique la plus diversifiée de tout le parcours du Saint-Laurent.La meilleure approche consiste ainsi à protéger ces conditions et à les recréer dans d'autres tronçons du fleuve, notamment par le rétablissement des routes écologiques.Ceci suppose, par exemple, de traiter les rejets se déversant dans des baies fe plants Pour limiter la fertilité des eaux.D'autres mesures s'imposent: contrôler les pêches et protéger les frayères en évitant les grandes fluctuations de niveaux et les redressements des berges.Ces mesures supposent, entre autres, la réglementation sévère des pêches et la localisation adéquate des marinas.Selon les tronçons qui doivent être améliorés, plusieurs possibilités s'offrent, s'ajustant aux problèmes spécifiques de ces secteurs.En ce qui concerne le lac Saint-François, il semble utile de rétablir une liaison avec le lac Saint-Louis pour maintenir ou favoriser une bonne diversité des espèces.Dans ce sens, l'éventualité d'un réaménagement du canal de Soulanges comme route écologique devrait être étudiée, ce qui éviterait pour l'avenir des ensemencements artificiels.Dans le cas de la baie de Valleyfield, en plus d'éliminer les toxiques et de traiter les rejets, il devrait être possible d'assurer un débit sanitaire convenable pour éviter la stagnation des eaux.De même, un débit minimum devrait être assuré dans tous les bras -bras-nord du fleuve à Valleyfield et chenal Perdu— afin d'éviter les «meurtres massifs» des poissons dus aux fluctuations brusques de niveaux.Pour le lac Saint-Louis, le «statu quo» semble souhaitable.On ne devrait chercher à modifier ni les apports d'eau au lac des Deux-Montagnes, ni la sortie sur les rapides de Lachine.Pour les rivières des Prairies et des Mille-Iles, après la réalisation des interceptions et des traitements prévus, on peut espérer un rétablissement progressif de l'écosystème naturel.Évidemment, après un nettoyage des baies, un contrôle de l'aménagement des berges et un dragage ultérieur de la rivière des Mille-Iles.Dans le cas où l'on souhaiterait rétablir les routes écologiques, on pourrait reconsidérer l'usage, en été surtout, du barrage de l'fle de la Visitation; au sud de Montréal, on peut penser à nettoyer les baies et à piéger les déchets flottants du port.Dans la Voie Maritime et le bassin associé, un contrôle de l'aménagement des berges serait utile, de même qu'un renouvellement assuré de l'eau et une réduction au minimum des fluctuations de niveau.?DES BERGES QUI POUSSENT — Au cours des 10 dernières années, on a assisté à la formation d'un tapis de végétation dense, sur le fond et les bords du lac Saint-Louis.LA POLLUTION DES BERGES Ces solutions sont partielles, convenons-en.Mais elles sont aussi basées sur des connaissances partielles.On ne peut actuellement prétendre très bien connaftre le fleuve Saint-Laurent.Concernant sa qualité, certains points très généraux ressortent toutefois, points que nous retiendrons comme conclusion.Les tributaires (en particulier l'Outaou-ais) et les émissaires d'égouts (surtout ceux de la région de Montréal) constituent des sources importantes d'azote et de phosphore dans le fleuve.Ils sont également responsables de la pollution bactériologique observée, pollution qui se manifeste le plus clairement et affecte surtout les activités récréatives.D'autant plus que les eaux de ces tributaires et émissaires ne se mélangent que lentement aux eaux du fleuve.Les méfaits sont donc sentis plus fortement près des berges.Malgré ces apports importants de polluants, on observe que la qualité biologique du fleuve se maintient à un niveau bien convenable, sinon acceptable.Sont-ce seulement des apparences?Il existe une grande lacune au niveau des mesures biologiques qui nous empêche de répondre de façon plus précise à cette question.Alors quoi?.Continuer les études, rendre les données homogènes et faire la synthèse des résultats.Programme encore assez vaste pour pouvoir arriver à affirmer avec assurance: le fleuve est d'une «bonne» qualité par rapport aux eaux du lac Saint-Louis.Ou bien, le fleuve a une «mauvaise» qualité, comparé au même tronçon standard.Sans pouvoir conclure aussi précisément, terminons en nous faisant une idée générale de la qualité des eaux du lac Saint-Louis.Première observation: la qualité des eaux n'est pas homogène.On peut y distinguer les eaux en provenance de l'Outaouais et celles apportées par le Saint-Laurent.L'Outaouais, nous l'avons dit, est plus coloré et plus chargé en substances nutritives que le Saint-Laurent.Les deux affluents du lac coulent de bord et d'autre: les eaux du Saint-Laurent se maintiennent dans la région sud alors que les eaux de l'Outaouais longent la rive nord.De façon générale, on a pu observer une évolution longitudinale du phosphore, de l'azote, de l'oxygène dissous et de la turbidité.La pollution bactériologique et l'augmentation de la demande biochimique en oxygène sont d'ailleurs des signes de la dégradation des eaux par les effluents municipaux.Peut-être pourrons-nous sous peu qualifier le fleuve, du point de vue pollution.C'est toutefois secondaire.Il importe plus de pouvoir en comparer les différents tronçons à une section «étalon».Le temps et l'histoire ont arrêté leur choix sur le lac Saint-Louis.Choix qui s'avère maintenant judicieux économiquement et hydrologique-ment.Écologiquement et géographiquement.Cette région est devenue la plaque tournante de tout le système relié au Saint-Laurent, voire, de toute l'Amérique du Nord.¦ septembre 1975 QUÉBEC SCII E | le ministère fédéral de l'Énergie, des Mines et des Ressources a un bureau à Québec?En effet, nous avons un bureau dans la Vieille Capitale depuis plusieurs années.11 est situé au 1535 cnemin Ste-Foy (Édifice Bellevue) et notre numéro de téléphone est: 694-3325.Un personnel très compétent est à votre disposition pour vous fournir gratuitement toutes sortes de renseignements, de publications, de dépliants et de conseils.Vous pouvez également consulter notre bibliothèque, acheter des échantillons de minéraux et une multitude de cartes à un prix vraiment ridicule.Entre autres services, nous avons: • des cartes générales, topographiques, thématiques, géophysiques, géologiques, minières et gravimétriques; • des publications traitant de géologie, des mines, des ressources minérales, du pétrole, des sources d’énergie, de l’uranium, de l’électricité, de la géodésie et de l’astronomie.Vous êtes chanceux! Notre bureau de Québec est le seul que notre ministère ait au Québec et c'est votre région qui peut en bénéficier.Alors, venez vite nous voir; vous serez surpris de découvrir tout un monde de connaissances scientifiques mis à votre portée gratuitement.Nous vous attendons dès maintenant! Énergie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada piembre 1975 QUEBEC SCIENCE 49 .e cancer des eaux e ministère des Richesses aturelles a marqué un point ans une lutte rigoureuse pour la rotection des rives du Saint-aurent, lors du congrès de Association québécoise des achniques de l'eau, en mai der-er.Cette lutte est une lutte ntre les géants du même parc, es pires interventions sont dues u ministère des Transports ou ux différents ministères des ravaux publics.Ponts, tunnels, )orts, canaux et écluses présen-ent un bilan chargé d'empiète-nents sur le cours du fleuve; ces ravaux supposent bien sûr ilusieurs modifications aux onditions naturelles d'écoule-nent des eaux.Le remplissage t le remblayage des rives laissent spparaftre sur les rives du fleuve fes «tumeurs géantes» qui onfèrent à la rive une structure snarchique.Ce «cancer des ives» pour reprendre l'expres-ion du ministère des Richesses naturelles façonne le fleuve à la anière d'un canal où les roblèmes d'écoulement se ultiplient.L'envahissement du lit du fleuve par les riverains inconscients aboutit à des "ituations critiques: à la cité du Havre par exemple, le lit originel du fleuve a été rétréci de près d'un kilomètre, à l'endroit même où passait le courant Ste-Marie, c'est-à-dire la partie la plus profonde du fleuve où coulait le plus fort du débit.Sur la seule section des fies de Boucherville aux Rapides de Lachine, sept interventions ont modifié de façon quasi catastrophique des rives du Saint-Laurent.Les organismes responsables de ces dévastations sont très importants et souvent rattachés à un niveau gouvernemental.Le Port de Montréal, la Voie Maritime et l'Expo 67, constituent les trois exemples les plus frappants.Le port de Montréal s'est «accaparé» une largeur moyenne de 152,4 mètres du lit du Saint-Laurent entre Pointe-aux-Trem-bles et le Pont Victoria.À la cité du Havre, cet empiètement est de l'ordre du kilomètre dans la partie la plus profonde du fleuve.Nous pouvons imaginer les conséquences d'un tel rétrécise-ment: érosion, suspensions.La construction de la Voie Maritime a aussi fortement modifié la rive sud entre la ville de Longueuil et celle de Saint-Lambert.L'empiètement moyen est d'environ 366 mètres sans parler du changement de direction du courant qui a été ainsi tourné vers la rive sud.L'Expo 67, érigée dans le lit du Saint-Laurent, détient le record des empiètements, si l'on inclut le réseau routier aménagé pour faciliter l'accès aux fies.Pour aménager les terrains de Terre des Hommes, la ville de Montréal a créé de toutes pièces Nie Notre-Dame, dans un secteur en eau peu profonde.D'autres fies Nous pourrions ajouter de nombreux exemples d'empiètements et de remplissages de battures, quelquefois même, avec des ordures ménagères! Et avec des permis bien en règle.Les villes riveraines gagnent peu à peu du terrain à même le lit du fleuve.Des travaux considérables de remblayage ont été réalisés sur les territoires de Lasalle, Verdun, Saint-Lambert et Longueuil.Les concessions comportaient toutefois la restriction que les terrains ainsi acquis devaient être utilisés exclusivement à des fins d'intérêts publics.A cette maladie qui gruge petit à petit le lit du fleuve, le ministère des Richesses naturelles suggère un i-—y * ^ 3 s» armour landry ont été agrandies ou modifiées, ce qui a provoqué la destruction d'fles sauvages et de battures.La route 20, a été, elle, construite sur toute sa longueur entre le pont-tunnel Hippolyte Lafontaine et le pont Champlain, dans un secteur en eau peu profonde.L'empiètement dans le lit initial du fleuve atteint une largeur d'environ 457 mètres en certains endroits.Les ponts ont aussi apporté des modifications importantes, entre autres, l'aménagement de certaines fies.L'Ile des Sœurs a été agrandie sur tout son pourtour d'une largeur de plusieurs centaines de mètres.L'fle Charron et l'fle Molson ont été reliées par le remplissage d'un chenal ne laissant qu'une seule fie.?MAISONS A LA MER - Toutes les raisons sont bonnes pour empiéter sur le Saint-Laurent.A titre d'exemple, ces maisons construites «sur» le fleuve, dans une zone où des déchets jetés en grandes quantités ont formés de nouvelles «terres».A TERRE DES HOMMES- La création de toutes pièces de Tfle Notre-Dame et l'agrandissement de Tfle Sainte-Hélène pour la tenue de /'exposition universelle de 1967 ont constitué un empiètement important sur le fleuve Saint-Laurent.Ces masses de terre, de gravier et de roches deviennent de véritables «tumeurs» pour le fleuve en perturbant /'écoulement de ses eaux.remède; l'aménagement des rives.Une première proposition d'aménagement a vu le jour pour rectifier la rive du lac Saint-Louis, en amont de Montréal.Cette partie de la rive du Saint-Laurent est habitée depuis longtemps et rares sont les endroits qui sont demeurés à l'état naturel.Plusieurs interventions ont dévasté la rive; le plan vise ainsi à corriger la situation rendue déplorable, plutôt que de reconstituer la rive originale.Le ministère cherche donc à rectifier les berges à partir des ouvrages existants et à éviter de nouveaux empiètements.À plus long terme, des solutions juridiques et administratives seront envisagées comme moyens de combattre cette maladie du Saint-Laurent.De telles solutions se feront probablement attendre un certain temps, puisqu'il faudra d'abord donner un statut juridique à l'eau.La construction d'ouvrages en cours d'eau ne pourra être efficacement contrôlée que si l'on donne l'administration et le pouvoir à un agent de cours d'eau capable d'intervenir rapidement.Ces mesures sont inspirées des propositions de la commission d'étude des Problèmes Juridiques de l'eau et ces propositions n'ont pas encore provoqué l'enthousiasme de l'Assemblée Nationale.S'agirait-il encore d'un cancer sans véritable guérison?(A.D.) jean-pierre langlois - li?-: îVaS • ••s». 50 septembre 1975 QUEBEC SCI EM- DES PRINTEMPS DÉBORDANTS par Claude Triquet L'épineuse question des crues printanières Quel riverain montréalais n'est pas un peu inquiet de la venue du printemps?Plusieurs d'entre eux sont d'ailleurs bien avertis des problèmes de régularisation, à cause des inconvénients provoqués par les variations du régime hydraulique du fleuve.Évidemment, ces riverains ne sont pas les seuls à subir les assauts du printemps, tous les cours d'eau devant écouler les eaux de fonte.Cependant, comme les débordements du Saint-Laurent ont lieu dans la région la plus importante du Québec, tant du point de vue de l'activité économique que de la densité de population, les conséquences sont nécessairement plus remarquées.Pour agir à sa guise, l'homme voudrait pouvoir contrôler le comportement des éléments naturels.Certaines de ses activités requièrent, par exemple, une grande stabilité de niveau ou de débit des lacs ou des rivières.Le Saint-Laurent, un fleuve bien québécois, n'échappe pas à ces exigences.Cependant ces désirs, en apparence faciles à satisfaire, supposent des interventions beaucoup plus complexes qu'on ne pourrait le croire: d'une part, les quantités d'eau impliquées sont considérables, d'autre part, ces eaux proviennent en grande partie de l'extérieur du Québec et enfin, les trop grands changements aux processus naturels qu'ils supposent peuvent créer des problèmes écologiques majeurs.Existe-t-il une solution à ce dilemme?Cette question épineuse est confiée à des hydrauliciens qui œuvrent dans le domaine de la régularisation des eaux.Leur mandat n'est pas facile: ils doivent se situer entre les partisans de principes absolus (respect intégral de la nature, même aux dépens de l'homme) et les partisans du développement à outrance (qui aboutit souvent à moyen et à long termes à des conséquences néfastes pour l'homme).Dans le cas spécifique du Saint-Laurent, un comité fédéral-provincial analyse les différents moyens envisagés pour réduire les hautes eaux et rehausser les basses eaux dans la région de Montréal, afin de pouvoir recommander par la suite une ligne d'action.DES ANNÉES HAUTES, DES ANNÉES BASSES Dès 1965, le ministère des Richesses naturelles était appelé à se préoccuper directement ou indirectement de problèmes reliés au régime hydraulique dans la région de Montréal.Problèmes posés à la navigation de plaisance par les basses eaux des lacs Saint-Louis et des Deux-Montagnes.Problèmes d'inondation avec ou sans glace en plusieurs secteurs de la région.Problèmes de basses eaux dans le port de Montréal.Problèmes d'empiétements non contrôlés dans toute la région en général.Problèmes de dilution insuffisante des eaux vannes dans les rivières des Prairies et des Mille-Iles en période d'étiage.Problèmes de déversements de neige dans la rivière des Prairies.Lesquels méritent de retenir l'attention en priorité?L'accent a porté, suivant les périodes, soit sur les problèmes de basses eaux, soit sur les problèmes en période de crue.Le cycle hydro-météorologique suit un processus capricieux; une période de quelques années, sujette à des débits de crue relativement faibles et à des étiages sévères, est suivie d'une autre période de quelques années, sujette à des crues importantes et à des étiages relativement bénins.Alors, pas de solutions miracles qui puissent s'appliquer toujours et partout! L'analyse de tous ces problèmes et la recherche de solutions locales ont conduit à identifier une difficulté bien hydraulique: comment isoler un secteur par rapport à un autre dans la recherche de solutions à caractère hydraulique?Les éléments du système hydraulique formé par les lacs Saint-Louis et des Deux-Montagnes, les rivières des Prairies et des Mille-Iles et le tronçon du fleuve Saint-Laurent entre le lac Saint-Louis et Repentigny sont très interdépendants; un changement de régime dans un secteur particulier provoque des changements dans l'ensemble du système! Ceci explique qu'à partir de 1972 environ, on a commencé à considérer la question de la régularisation des eaux dans la région de Montréal dans son ensemble.La première étape consista naturellement à ___5! »=-, .jm éditeur officiel du québec «ill iiÜÜISl ptembre 1975 QUEBEC SCIENCE 51 hydro-québec 5tH6F%V ¦* •; AQUAND L'OUTAOUAIS NE FOURNIT PLUS — Au début de 1975, le débit des eaux à la centrale de Carillon a grimpé à plus de 8 000 mètres cubes par seconde.L'Outaouais ne fournissait plus à évacuer l'eau de fonte du printemps.et les riverains, l'eau de leur cave! ecueillir et à colliger les données disponibles.:tape laborieuse, car les données disponibles, jien que nombreuses, n'étaient pas lomogènes; il fallut d'abord rendre compati-ales les chiffres provenant de sources très diverses avant de pouvoir les utiliser.Sans aarler des données manquantes qu'il fallut établir dans certains cas, ou fabriquer de toutes pièces dans d'autres cas simulés mathématiquement! Entre autres, des travaux d'arpentage extensifs durent être exécutés pour déterminer les sections transversales des rivières des Prairies et des Mille-Iles, c'est-à-dire la configuration exacte du lit de ces rivières.Par la suite, des études ont été menées pour déterminer les débits et les niveaux, ainsi que leurs variations.Ceci, dans les affluents du Saint-Laurent et dans le fleuve lui-même.Au début de ces études, les données de débit, provenant des Grands Lacs et de la rivière Outaouais, servaient telles quelles pour les calculs; ces débits représentent de fait la quasi-totalité des apports d'eau dans la région de Montréal.On se rendit vite compte que les modalités d'exploitation des barrages régularisateurs existant à la sortie des Grands Lacs et dans le bassin de la rivière Outaouais, avaient un impact sur les conditions d'écoulement des cours d'eau sous observation.Par conséquent, l'administration fédérale chargée de l'opération de ces barrages devait être impliquée dans l'étude.Après quelques rencontres préliminaires entre des fonctionnaires du Québec et du Canada, une entente officielle concernant la mise sur pied d'un comité technique fédéral-provincial fut ratifiée, le 16 mai 1974, par un échange de lettres entre le Ministre des Richesses naturelles du Québec et le Ministre d'Envi-ronnement Canada.Ce comité est maintenant connu sous le nom de comité Canada-Québec, pour la régularisation du Saint-Laurent.UN PETIT COEUR, DES GRANDES ARTÈRES L'ensemble des régions qui alimentent le Saint-Laurent en eau, en amont de Montréal —son bassin versant— sont surtout retenues pour cette étude.Ces dernières se subdivisent en une région principale, que l'on désigne plus spécifiquement la région de Montréal.Cette région comprend les lacs Saint-Louis et des Deux-Montagnes, les rivières des Prairies et des Mille-Iles et le fleuve Saint-Laurent du lac Saint-Louis jusqu'à Repentigny; on établit comme limites amont, la centrale de Carillon dans l'axe de l'Outaouais et les barrages de Beauharnois et les Cèdres dans l'axe du Saint-Laurent.Les autres régions sont qualifiées de connexes à la région principale, soit en amont, soit en aval.On retient généralement deux régions connexes amont, soit l'ensemble du réseau hydrographique de la rivière Outaouais jusqu'au barrage Carillon, et la région des Grands Lacs comprenant les Grands Lacs eux-mêmes et le tronçon du fleuve Saint-Laurent entre les Grands Lacs et Beauharnois.La région connexe aval commence où finit la région principale.Elle inclut le tronçon du fleuve Saint-Laurent allant de Repentigny jusqu'au lac Saint-Pierre inclusivement.La région principale est celle qui fut tout d'abord délimitée au début de l'étude.Les régions connexes à l'amont ont été par la suite intégrées compte tenu, d'une part, de leur effet sur la région principale et, d'autre part, dans le cas de la rivière Outaouais, de la nécessité d'y étudier également la possibilité de régulariser les crues.Dans le même ordre d'idées, la région à l'aval fut intégrée afin de déterminer les effets que pourraient y avoir des changements de régularisation.LE COEUR.Pour bien comprendre la portée des études et la complexité des solutions, il vaut la peine de nous attarder à une description plus détaillée des caractères hydrauliques des diverses régions à l'étude.Un bref regard sur une carte de la région de Montréal nous permet de constater la complexité du réseau hydraulique dans ce secteur.Iles, rivières, canaux et barrages y font le partage des eaux.Deux bassins de drainages majeurs se déversent dans deux lacs qui s'écoulent à leur tour par trois cours d'eau.Le lac Saint-Louis se déverse entièrement dans le fleuve, alors que le lac des Deux-Montagnes distribue ce déversement entre trois cours d'eau.La répartition de ses eaux varie avec le niveau de ce lac.Cette répartition est également affectée par le niveau du lac Saint-Louis: lorsque ce dernier dépasse une certaine valeur, il se développe un effet de blocage des chenaux reliant les deux lacs.De ce fait, indirectement, les débits des Grands Lacs affectent l'écoulement dans les rivières des Prairies et des Mille-Iles.La région possède un certain nombre de stations de mesure en plus de celles servant à mesurer les débits d'entrée aux centrales de Beauharnois, les Cèdres et de Carillon.Ces stations donnent les niveaux d'eau des deux lacs et les débits des rivières des Prairies, des Mille-Iles et du fleuve Saint-Laurent à Lachine.Les principaux tributaires locaux sont les rivières du Nord et Châteauguay: les débits à l'embouchure de ces rivières sont connus et les autres apports locaux peuvent être évalués.On possède donc les données nécessaires pour analyser les conditions d'écoulement dans la région.Plusieurs ouvrages et équipements sont en place dans le secteur.Ne mentionnons que les principaux.Les besoins d'électricité ont nécessité la construction de barrages et de centrales; plus précisément les centrales de Beauharnois, les Cèdres, de Carillon, et la centrale Rivière-des-Prairies sur la rivière du même nom.La navigation commerciale et de plaisance exige aussi de multiples installations portuaires et des travaux de canalisation majeurs: le port de Montréal, la Voie Maritime et le canal Lachine sont de ce nombre.Il reste à souligner le nombre considérable de ponts qui enjambent les cours d'eau montréalais.ET LES ARTÈRES Le tronçon du Saint-Laurent, entre Montréal et le lac Saint-Pierre, du point de vue hydraulique, est beaucoup moins complexe que le précédent.Cependant, les fluctuations du niveau du fleuve y créent pour les riverains des problèmes majeurs.Ces problèmes sont de trois types: inondations de terres agricoles et parfois de propriétés, érosion des berges, et certains problèmes en période d'étiage.D'une part, les problèmes d'inondation de terres agricoles (principalement entre Berthier et Pointe-du-Lac sur la rive nord, entre Sorel et l'embouchure de la rivière Nicolet sur la rive sud, sur l'Ile Bouchard, sur les Iles de Berthier, et sur les I les Dupas et Saint-Ignace), affectent en moyenne 240 kilomètres carrés de terrain.Les problèmes d'érosion, quant à eux, se situent principalement à Sorel, aux Iles de Varennes et Verchères; quelques érosions ponctuelles se font également sentir surtout sur la rive sud près du chenal maritime.Enfin, il semble que la période des basses septembre 1975 QUEBEC SCIENC 52 eaux constitue un problème surtout pour la faune et la flore, sans oublier évidemment que la navigation exige un niveau minimum.Le bassin de l'Outaouais comprend plusieurs équipements hydro-électriques, beaucoup trop nombreux pour être énumérés ici.Ce bassin, à l'amont du lac des Deux-Montagnes, couvre une superficie de 145 000 kilomètres carrés.Près de 90 000 kilomètres carrés se trouvent au Québec; les autres 55 000 kilomètres carrés appartiennent à l'Ontario.Le bassin de l'Outaouais est limité à l'est par le bassin de la rivière Saint-Maurice, au nord par le bassin versant de la Baie James, à l'ouest et au sud par le bassin des affluents des Grands Lacs ou du Saint-Laurent.Cette rivière est le principal affluent du Saint-Laurent, elle accuse une chute de plus de 335 mètres sur une distance d'environ 1 100 kilomètres.La superficie en eau des différents lacs et réservoirs est d'environ 15 000 kilomètres carrés, soit 10 pour cent de la superficie totale du bassin.Les Grands Lacs ne sont pas moins impressionnants.La région des Grands Lacs a déjà fait l'objet d'études très élaborées.Nous nous contenterons ici de faire ressortir quelques éléments caractéristiques de cette région.Le bassin versant total des Grands Lacs est d'environ 765 000 kilomètres carrés, alors que la superficie en eau de ces lacs est de 250 000 kilomètres carrés: un rapport de près de 30 pour cent.Les débits sortant du lac Ontario sont régularisés par une série d'ouvrages à l'aval situés à environ 80 km.Le principal ouvrage régularisateur est le barrage Moses-Sanders.POLIR LE FLEUVE Pour en revenir à l'étude de régularisation des eaux de la région de Montréal, disons qu'elle s'attache aux deux excès du Saint-Laurent.On examine d'abord tous les moyens susceptibles de réduire la fréquence des hautes eaux du lac Saint-Louis, du lac des Deux-Montagnes, de la rivière des Prairies, de la rivière des Mille-Iles et du fleuve Saint-Laurent dans la région de Montréal.On cherche ensuite les moyens de réduire la fréquence des bas niveaux sur ces mêmes cours d'eau.Les solutions retenues devront toutefois tenir compte de la navigation commerciale et récréative, de la production d'énergie hydro-électrique, des impacts sur l'environnement et des considérations internationales et interprovinciales.Les outils hydrauliques disponibles sont nombreux; trois types principaux de moyens ont néanmoins été analysés de façon détaillée: le changement des apports venant de l'amont, des interventions techniques à l'intérieur de la région ou des modifications sur les rives.La majorité de ces moyens sont déjà à l'étude depuis quelque temps.Ils sont à des degrés d'avancement plus ou moins grand suivant les disponibilités et les difficultés techniques inhérentes à chacun.FERMER LE ROBINET.Les surfaces drainées par les Grands Lacs et la rivière Outaouais, nous l'avons vu précédemment, sont immenses, surtout si on les compare à la grandeur de la région principale Il est donc évident que la grande majorité des apports en eau, vers la région principale de l'étude et également vers la région connexe aval, provient des Grands Lacs et de l'Outaouais.Il est également évident qu'un changement de débit à la sortie du lac Ontario provoquera beaucoup plus d'efforts sur les niveaux du Saint-Laurent, en particulier sur ceux du lac Saint-Louis, que sur ceux du lac Ontario lui-même.Si l'on se réfère aux valeurs moyennes à long terme de débits, la valeur annuelle moyenne provenant de MONTREAL & SA REGION Zones d'inondations rie Sainte-Thérèse riv.des Mille Iles.Laval riv.Outaouais barrage de Carillon riv.des Prairies fie Bizard Montréal / fleuve / Saint-Laurent , lac Saint-Louis île Perrot Valleyfield riv.Chateauguay Échelle Membre 1975 QUEBEC SCIENCE aÇOû testions | ’“"Idéjài «liiljBei Kupfitj.si on la 0'Psiot:pj|| ‘mjoiité i principale jion s Lacs ei de odianje-Inlario irtssurles SÛ csynifulic maux leftilsja «tde LE SAINT-LAURENT EN LABORATOIRE — La complexité des phénomènes qui affec-ent l'écoulement des eaux du fleuve nécessite des études en laboratoire.Cette maquette lu Saint-Laurent permet aux scientifiques du Conseil national de recherches du Canada 'étudier ces phénomènes .J :l Outaouais est de l'ordre de 2 OOO mètres nubes par seconde, celle des Grands Lacs, 'environ 6 800 mètres cubes par seconde.Cependant, en période de crue, la différence n pourcentage entre les débits diminue de açon appréciable: le débit maximum de Outaouais atteint assez souvent 5 500 Mètres cubes par seconde et plus alors que es Grands Lacs débitent quelque 8 750 à 3 350 mètres cubes par seconde (au printemps 1975, le débit de l'Outaouais à larillon atteignait 8 150 mètres cubes par econde alors que celui du Saint-Laurent à 3eauharnois-Les Cèdres s'élevait à environ 3 750 mètres cubes par seconde.) De plus, a période de crue des Grands Lacs peut s'étendre sur quelques mois, alors que celle de l'Outaouais est concentrée sur quelques semaines.Ces différences de comportement des deux bassins découlent naturellement de leurs physiographies respectives.Le pourcentage de superficie en eau par rapport au bassin total est de près de 30 pour cent dans le cas des Grands Lacs et de seulement 10 pour cent dans l'Outaouais; les fluctuations annuelles du débit sont ainsi beaucoup moins prononcées et se produisent de façon beaucoup moins brusque à la sortie des Grands Lacs.Cette partie de l'étude consiste à évaluer les possibilités suivantes: réduire le débit à la sortie du lac Ontario durant la crue de Outaouais, utiliser les réservoirs existants et rechercher de nouveaux sites de réservoirs sur le cours de la rivière Outaouais pour atténuer les périodes critiques de hautes eaux à sa sortie.Le même genre d'analyse sera mené pour les périodes de basses eaux.Cette évaluation implique la détermination des bénéfices et des coûts reliés à chaque possibilité et ce, pour les divers intérêts en cause.Dans le cas des Grands Lacs, et plus directement du lac Ontario, il est évident que les intérêts s'opposent de part et d'autre.En période de crue, les riverains du lac Ontario désirent la plus grande évacuation possible des eaux de printemps à la sortie du lac, alors que les riverains de la région de Montréal souhaitent le contraire.Le même phénomène se produit, mais à l'inverse, en période d'étiage.OU AGRANDIR L'ÉVIER! Dans un autre ordre d'idées, on peut analyser les moyens de modifier le régime actuel des eaux par des travaux à l'intérieur de la région elle-même.Dans ce cas, les différentes analyses touchent la détermination des quantités d'eau à l'entrée et la sortie de tous les cours d'eau impliqués.Ceci pour toutes sortes de conditions prévisibles, autant des sécheresses que des périodes fort pluvieuses.Il existe donc un grand nombre de conditions différentes d'apports d'eau.Il faut déterminer, pour chacune d'entre elles, la répartition des débits et des niveaux dans l'ensemble de la région; cette analyse se complique du fait que les débits du lac des Deux-Montagnes dépendent non seulement de son niveau mais aussi de la différence de niveaux entre ce dernier et le lac Saint-Louis.Une fois connues les quantités d'eau à faire passer par les différentes «portes de sortie» possibles, au lac des Deux-Montagnes et au lac Saint-Louis, on évalue différentes possibilités de canalisation de ces «portes de sortie» pour améliorer les conditions en période de crue, et d'implantation à ces mêmes endroits de barrages pour améliorer les conditions en période d'étiage.Ce genre de travaux implique des changements aux conditions d'écoulement dans la région elle-même, mais n'affecte pas les débits d'entrée et le débit à la sortie: la quantité totale d'eau qui passe dans la région n'est pas modifiée; on ne fait que changer la répartition de ces débits dans les trois cours d'eau.Le nombre de combinaisons possibles d'aménagement est théoriquement très grand: les conditions physiques des lieux 53 permettent une première élimination, mais il reste quand même au-delà d'une certaine de combinaisons à analyser.L'amélioration de l'écoulement le long des rivières des Prairies et des Mille-Iles est aussi possible par une canalisation dans les rivières mêmes; ce genre d'intervention n'affecte que localement les niveaux et n'a pas d'effet sur le reste de la région.On étudie en plus la possibilité de dériver certaines parties du débit en période de hautes eaux: compte tenu de la forte urbanisation de la région, on peut difficilement envisager de construire des canaux de dérivation.Il reste à voir la possibilité d'utiliser les canaux existants (Canal de Lachine et Canal de la Rive Sud) comme voies de dérivation.Pour chacun des travaux envisagés, et aussi pour différentes combinaisons de ceux-ci, il faut déterminer les nouvelles conditions de niveaux et débits qui en découleront dans la région de Montréal.De tels calculs, sans l'aide de la mécanographie seraient pratiquement inabordables: on utilise présentement un modèle de simulation hydrodynamique créé pour le compte du comité fédéral-provincial sur l'étude de la qualité des eaux du Saint-Laurent.Ce modèle a été ajusté à nos fins, et il rendra possible la détermination des conditions actuelles ou modifiées de l'écoulement des eaux dans la région.Les nouvelles répartitions de débits et niveaux devront alors être étudiées en fonction des bénéfices qu'elles apporteraient, du coût des ouvrages impliqués et des avantages ou inconvénients engendrés.SINON HAUSSER LES BORDS La dernière partie de l'étude porte sur l'analyse de moyens qui, tout en protégeant les riverains contre l'envahissement des eaux, n'affectent pas les conditions d'écoulement elles-mêmes.Sans entrer dans les détails techniques du calcul, il s'agit de localiser les zones qui sont inondées à mesure que l'eau monte.Il suffit, par la suite, d'établir les parties des rives où des digues sont nécessaires pour éviter les inondations, en période de hautes eaux; la longueur et la hauteur de ces endiguements sont calculées de façon à prévenir les dommages les plus coûteux.Cette solution, à première vue intéressante, ne va pas sans problèmes, surtout pour les riverains.Dans certains cas, par exemple, la hauteur des digues serait telle que la vue sur le fleuve serait complètement bloquée.L'autre possibilité bien sûr, consiste à rehausser les secteurs inondés; cela implique le remplissage de terrains, de propriétés et de rues.Encore ici, ces travaux seront évalués à partir des prévisions des zones inondées à certaines hauteurs d'eau.Il reste enfin la solution de relocaliser les propriétés affectées par les inondations.Les implications de ces déménagements sont nombreuses et particulièrement importantes sur le plan humain.Cependant, en termes d'efficacité, cette solution comporte de nombreux avantages: on ne provoque aucun changement aux conditions d'écoulement existantes et on ne change pas non plus la topographie actuelle des rives.Hélas, les solutions les plus efficaces ne sont pas les 54 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE V .v; T ft Hirection générale du tourisme ?A lisse%K**» - i ^ ' ’ âj'- te'-' 7— .‘r* m,* ymmk ¦iWm IMlHt mrnmmm mmmmt mm IwEïm r~ ïUi?plus faciles à implanter, surtout lorsqu'elles passent par la bonne volonté des gens.INONDÉS.DE CALCULS! S'il suffisait de subir les inconvénients périodiques des crues pour être convaincu du bien-fondé d'une approche aussi drastique, les études des ingénieurs seraient moins complexes.Il semble toutefois que l'eau attire très fortement les gens, et qu'au lieu de s'en éloigner, ils s'en rapprochent davantage! Le problème reste donc très complexe, la question difficile à cerner en quelques pages.La quantité de relevés, de mesures et de calculs impliqués est énorme.Plusieurs spécialistes, tant au gouvernement provincial qu'au gouvernement fédéral, sont à l'œuvre.Ceux qui subissent plus directement les effets de la crue des eaux, peuvent se plaindre de la longueur des études; pourtant, il n'y a pas moyen de faire autrement.À part les quelques mesures préventives et temporaires déjà utilisées pour soulager les riverains durant la période des inondations, toute mesure à caractère permanent doit être évaluée en connaissance de cause.Il ne suffit pas de déterminer les dommages aux riverains immédiatement impliqués; il faut connaftre les coûts, les bénéfices et toutes les conséquences qu'auront les mesures sur l'ensemble de la population.Les données du problème sont alors très nombreuses et les solutions, complexes.On ne peut donc s'attendre à voir sortir dès aujourd'hui les pelles et les pics qui modifieront de façon drastique les habitudes et les humeurs du fleuve Saint-Laurent.Peut-être devrions-nous alors garder nos bottes à portée de la main pour le printemps prochain?A ENTRAVES — Les aménagements dans le lit et sur les berges du fleuve perturbent considérablement l'écoulement des eaux du fleuve.Les ports, les ponts, les canaux et les écluses sont les exemples les plus évidents de ces «embarras».LES GRANDS LACS & LE FLEUVE Les régions étudiées (Â) Le bassin de l'Outaouais (1) Les G rands Lacs © Montréal © Aval riv.Outaouais barrage de Carillon ontrea! 150 km Echelle lac Ontario mljre 1975 QUEBEC SCIENCF J ’ COMPTE SUR VOUS Que diriez-vous d'aller à l'Université à nos frais?La chose peut fort bien se produire pour vous ou l'un de vos proches si vous participez au présent concours.En plus de bénéficier du tarif spécial de $8.00 par année d'abonnement, vous pouvez vous mériter l'une des 8 bourses d'études énumérées plus bas.QUÉBEC SCIENCE, comme vous le savez sans doute, est un organisme à but non lucratif et ne dispose pas des ressources nécessaires pour se permettre publicité et promotion dispendieuses.Aussi comptons-nous sur vous pour vous faire le promoteur de notre avenir.Pour rester libre et vivre longtemps, un magazine doit tirer la majeure partie de ses revenus de ses lecteurs, la publicité ne constituant qu'un revenu d'appoint.Voilà pourquoi, avec la collaboration des unités constituantes de l'Université du Québec qui ont généreusement accepté d'offrir des bourses, nous avons organisé le présent concours qui durera jusqu'au 30 novembre 1975., Prix offerts Tout abonné qui en recrute un autre ou tout nouvel abonné au magazine QUÉBEC SCIENCE, a droit à une chance par année d'abonnement, lors du tirage au sort de huit (8) bourses d'études universitaires, soit: O 2 bourses équivalant respectivement à un an de scolarité au niveau de la maîtrise ès sciences (eau) et ès sciences (énergie) à l'INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE; O 2 bourses équivalant chacune à une année de scolarité de maftrise ès sciences (océanographie) à l'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À RIMOUSKI; O 1 bourse équivalant à un an de scolarité à l'UNIVERSI-TÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI; O 1 bourse équivalant à un an de scolarité à l'UNIVERSI-TÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL; O 2 bourses équivalant chacune à un an de scolarité dans l'un ou l'autre des établissements universitaires du Québec, offertes par QUÉBEC SCIENCE.Durée du concours Du premier août au 30 novembre 1975.Mode de participation Remplir les coupons-réponse de la page 42 en lettres moulées et poster le tout, accompagné de votre paiement, avant minuit, le 30 novembre 1975.Participants Tous les abonnés de QUÉBEC SCI ENCE, anciens et nouveaux, peuvent se prévaloir du droit de concourir, à l'exception des membres du personnel, rédacteurs, représentants, collaborateurs et fournisseurs du magazine, ainsi que leur famille.Tirage et remise des bourses Le tirage au sort des noms des huit (8) gagnants sera effectué au cours du mois de décembre 1975.Les bourses ainsi attribuées pourront être échangées entre les gagnants ou leurs proches parents avec le consentement du directeur de QUÉBEC SCIENCE.Elles doivent cependant être utilisées dans les cinq (5) ans suivant le tirage.Pour recevoir leur bourse, les gagnants devront présenter la preuve écrite de leur admission et de leur inscription au programme désigné.Pour ce faire, ils doivent évidemment se conformer à toutes les autres exigences d'admission requises par l'établissement universitaire concerné.BONNE CHANCE! on compte sur vous A L'USAGE DU MAGAZINE COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) 30 nom 60 prénom i-1-1-1-1—i—i—i-1 i i i i i i i i i 9 numéro rue appartement 28 29 ville province ou pays Au tarif spécial de $8.00 (1 an / 12 nos) ?Chèque ou mandat postal ci-joint i___i i i ?Veuillez me facturer ____i___i i____i___i__i 25 26 27 29 69 code postal 74 ?Je m'abonne ?Je me réabonne D Je fais s'abonner années au magazine QUÉBEC SCIENCE.voici la liste des personnes que je fais s abonner 30 nom 60 prénom i 9 numéro rue appartement 28 29 ville province ou pays ?Chèque ou mandat postal ci-joint i i i i i i i ?Veuillez me facturer 69 code postal 74 i i i i____i___i___i 25 26 27 29 iiii l I l i i i I I I I I I I-1-1-1-1-1 30 nom 50 i i i i i i i i i i i i i i—i 1—i 1 1—i—i 60 prénom 80 9 numéro rue appartement 28 29 ville province ou pays ?Chèque ou mandat postal ci-joint i i i i i i ?Veuillez me facturer i___i .j i___i____i__i 25 26 27 29 69 code postal 74 tarif en vigueur jusqu'au 30 novembre 1975 tore 1975 QUEBEC SCIENCE 57 ue vous «descendiez» vers le s du fleuve ou que vous montiez» sur la Côte-Nord, us remarquerez le changement 'appellation du fleuve.Le euve, pour la majorité de ces verains du bas ou du haut, c'est mer.Et plus la mer est proche, lus le caractère maritime du euve est imprégné dans l'esprit es riverains.Jne enquête menée auprès des ens de la Haute Côte-Nord, par 3S géographes de l'Université du iuébec à Chicoutimi, a permis e constater ce fait et d'autres, out aussi intéressants.Cette nquête, dont les résultats ont té publiés par le professeur Jean )ésy, avait pour but de léterminer l'impact du fleuve sur e comportement et les activités le la population côtière.Bien sûr —et on n'est pas surpris— I en ressort que le Saint-Laurent le peut être réduit à un simple iccident géographique.Son mportance dans la vie des gens st toutefois moindre au-ourd'hui que dans le passé, our son travail, par exemple, homme de la côte tourne le dos la mer; seulement neuf pour tent des travailleurs tirent leur subsistance de la mer.Les autres Boivent se replier vers l'arrière-oays; l'exploitation industrielle des mines et des forêts constitue maintenant la principale source de revenus des résidents de la côte.Les corps de métiers recrutent à eux seuls plus de cinquante pour cent de la population active.Ouvriers spécialisés, travailleurs forestiers, opérateurs de machines et manœuvres doivent aller chercher leur revenu loin de chez eux.Pendant ce temps, les métiers liés à la mer disparaissent peu à peu.Pêcheurs, navigateurs et matelots sont des espèces en voie d'extinction; la pêche, par exemple, fait vivre seulement quatre pour cent des habitants de la côte —ceux qui vivent hors des agglomérations—.Il faut classer comme métiers marins, les assureurs, les constructeurs de bateaux, les «excursionnistes», les gardiens de phares, les pisciculteurs et les réparateurs de quais, pour atteindre la proportion de neuf pour cent des emplois directement ou indirectement liés à la mer.Cependant, même si son travail la obligé à s'éloigner de la mer, homme de la côte en conserve la nostalgie.Ses habitudes de Gens de la haute éditeur officiel du auébec 'r ' A i/UE SUR LA MER - Les habitants de la Côte-Nord tournent de plus en plus le dos au fleuve.Les nouvelles maisons sont rarement construites avec comme premier sou ci l'orientation de la façade vers la mer.loisirs trahissent des velléités de retour aux activités maritimes traditionnelles.La pêche au large, la pêche au quai et la chasse sur les battures occupent une partie de plus de soixante-quinze pour cent des activités de loisirs.La promenade en voiture sur la route qui longe le fleuve vient aussi en bonne place.Car les côtiers aiment admirer la mer.Ce magnétisme de la mer se traduit aussi au niveau des INSTITUT D'HISTOIRE ET DE SOCIOPOLITIQUE DES SCIENCES L'Institut offre un programme interdisciplinaire intégré de cours et de séminaires conduisant à une Maftrise en histoire et sociopolitique des sciences.Les débouchés éventuels pour les diplômés de l'Institut incluent l’enseignement et la recherche ainsi que des postes dans le domaine de la politique scientifique.L’Institut a comme objectif de contribuer, par le développement de méthodes d'analyse, par la conduite d'études empiriques et par des élaborations théoriques, à une meilleure compréhension des divers aspects de l'activité scientifique et technique.L'intégration des étudiants aux travaux de recherche des professeurs est aussi poussée que possible.Les étudiants sont encouragés à acquérir une connaissance pratique de l'élaboration de la politique scientifique au cours de leurs stages d'été.Vu la diversité des préparations des étudiants s'inscrivant pour cette Maftrise, la souplesse du programme permet pour chaque étudiant un profil de formation individualisé.La liste des cours contient: Physique depuis Newton, —Histoire de la biologie moderne, —Histoire de l'écologie, —Histoire de la chimie moderne, —Applications industrielles des sciences de la nature.—Sciences et cultures, — La Science et l'État aux 19e et 20e siècles, — Institutions scientifiques et sociétés savantes, —L'analyse systématique des activités scientifiques, —L'organisation de la recherche scientifique, —Recherche scientifique et croissance économique, —Prévision technique, —Politiques nationales de la science, — La politique des sciences sociales, —Science et technologie comme facteurs de la politique internationale, —Science, technologie et pays en voie de développement.Pour être admis comme candidat à la Maftrise, il faut être porteur d'un premier grade universitaire en sciences de la nature, en médecine, en sciences sociales, en histoire ou de l'équivalent.# La durée de la scolarité exigée est de deux ans.% Le programme du Ph.D.est en cours d'adoption.Université de Montréal C.P.6128, Montréal, P.Q.Tél.: 343-7351 caractéristiques d'habitation.Près de soixante-cinq pour cent des résidents affirment avoir localisé leur maison en fonction de la mer.On aménage des solariums qui, tournés vers la mer, permettent l'observation du paysage et des activités maritimes.On garde aussi le fleuve à l'œil, en prévoyant des dégagements et des ouvertures qui assurent une vue sur la mer.Ces caprices de constructeurs se perdent néanmoins, surtout dans les agglomérations où les maisons sont tournées vers la rue.Bref, les résultats de cette enquête révèlent des tendances à la rupture de la relation homme-fleuve, même dans les régions où seule la côte est habitée.L'industrialisation amène la migration de travail hors du cadre de vie normal, pour l'exploitation des richesses de l'arrière pays.Le regroupement dans des villes ou des villages accentue aussi ce déracinement des gens de la rive.Cette perte de l'équilibre entre l'homme et la mer s'accompagne d'une inévitable dégradation du fleuve.Au dire des enquêteurs, la mer —seule richesse véritable de la côte— est devenue le prolongement de la route, soutien d'une économie primaire et objet d'exploitation commerciale.Elle se pollue ponctuellement, mais sans trêve.(A.D.) éditeur officiel du québec A.LES HABITUDES ONT CH ANC É-Ce vieux pêcheur qui répare son filet pour la prochaine pêche est Tun des derniers à s'affairer à une telle tâche.La pêche n'intéresse pas les jeunes qui préfèrent aller gagner de gros salaires ailleurs, dans les mines, par exemple. 58 * ¦ :-;sj LE TRÉSOR DU GOLFE par Jacques Gagné, André Cardinal et Louis Legendre L'aventure océanographique québécoise La civilisation qui a envahi l'est du continent nord-américain doit une grande partie de ses succès au fleuve Saint-Laurent.C'est ainsi que le Golfe, en.plus de constituer' la porte ouverte sur l'intérieur des tefrëÉpiæ depuis les débuts de la colonisation, s'avère un important réservoir de nourriture et de matières premières.Le rôle de voie d'accès est partagé avec l'estuaire qui, d'autre part, se révèle être le fournisseur de cette richesse biologique .Oe façon simplifiée, un estuaire se : définit comme étant cette section d’un ^ fleuve soumise à l’action des marées.Dans lê fleuve Saint-Laurent, la marée se fait sentir sur plus de 150 kilomètres, de l'Ile d'Orléans jusqu'en amont de Ttois^ivièreL Dans : cette partie de l'estuaire qualifiée de «Huv talé»., ne coulent que des eaux stfiete-ment douces.Cette caractéristique suffit pour exclure cè; tronçon du cadre des lk;; rechercfies.océanographiques qui, par définition,.rte s'intéressent-qu'd l'eau salée, ¦ Dans le fleuve, des eaux de salinités intermédtaifes apparaissent efi.aval'de i'Ife.>;l;: êSbç u- rs?' ii m Eîfll d'Orléans et se retrouvent jusqu'à rembou-cisure du Saguenay, à quelque 150 kilomètres plus bas.Dans cent; région appelée estuaire moyen, les marées atteignent 6 , mètres aq moment dés grandes mers.La profondeur du chenal y est aussi relative mont grande, de l'ordre de 100 mètres.; Entre l’embouchure du Saguenay et ta Pointe des Monts, soit sur une distance de: .plus de 200.km, les salinités de surface sont ^ très voisines de celles mesurées à la surface du Golfe, délimitant ainsi une troisième partie de l'estuaire, dite «maritime».C'est dans cette section que vient mourir te Chenal; ^ Laurentien, tranchée s'étendant depuis l'Atlantique, et qui, à des.profondeurs .dépassant les 30.0 mètres, permet la remontée dans .l'estuaire d'une masse d'eau à peine,: moins salée que.les eaux de surface de; ; .l'océan, h-' 1 «SSlSli Ces eaux de nature océanique consti tuent l'une des trois masses d'eau retrouvées aussi bien dans l'estuaire que dans le golfe.En été, elles sont recouvertes d'une masse d'eau plus froide, mais de moindre salinité, qui provient des eaux refroidies au cours de: l'hiver, et qu'une saison estivale trop courte et trop fraîche ne parvient pas à réchauffer: : c'est là couche d'eau froide intermédiaire.Les eaux de.surface,, quant à elles, se réchauffent au cours de l'été pour.former lày: ;.trdisième masse d'ëau caractéristique de ce système.En hiver, leur température s'abaissi pour se rapprocher de celle de la couche ¦ intermédiaire, si bien qu'il ne subsiste que l'eau distinctes.¦ftp- ¦:-yï 1 ^ ¦ '¦ ^ÉmI M1 wsmm .¦ :.‘ y,.- fÈïMâÊim ; ' mm , ¦ ¦ ¦ ¦ .iiSüi® il mmmam Les eaux venant de l'Atlantique remontent le Chenal Laurentien jusque dans l'estuaire maritime où elles se butent à une rupture de pente.En effet, la tranchée se termine à la hauteur du Saguenay, la orofondeur passant de plus de 300 mètres à moins de 30 mètres sur une distance de quelque 20 kilomètres seulement.Les eaux océaniques sont alors forcées vers la surface où elles se mélangent aux eaux superficielles de l'estuaire maritime, de l'estuaire moyen et du Saguenay.Cette région dite de mélange, constitue le cœur du système estuarien et joue un rôle important dans toute sa dynamique.LE CYCLONE MARIN Il existe donc dans l'estuaire une double circulation: un écoulement vers l'aval des eaux des couches superficielles et vers 'amont, des eaux océaniques.Le courant qui se dirige vers le golfe se voit donc enrichi d'éléments nutritifs d'origine marine lors du mélange; l'eau est ensuite déviée du côté sud de l'estuaire, où elle donne naissance au courant de Gaspé.Pendant son écoulement le long de la péninsule gaspésienne, ce courant reçoit une partie des eaux de la Côte-Nord, puis pénètre dans la Baie des Chaleurs avant de se diriger vers le plateau madelinot.L'interaction entre ce courant et d'autres courants de surface, l'action de la force de Coriolis et la configuration même du Golfe, contribuent à doter celui-ci d'une circulation cyclonique, c'est-à-dire dirigée dans le sens contraire à celui des aiguilles d'une montre.LES TRÉSORS DE LAMER Sous l'impulsion de la marée, la zone de mélange ramène deux fois par jour les eaux intermédiaires, froides et pauvres en sels nutritifs, de l’estuaire maritime près dé la surface; elle les mélange non seulement avec les eaux superficielles mais également avec les eaux profondes riches en éléments nutritifs.Ce mélange dans des conditions de-très grande turbulence entraîne une forte turbidité et une grande instabilité de la massé d'eau; ces deux phénomènes seraient responsables de la faible production primaire observée dans cette région.Ainsi, les' éléments nutritifs présents en surface ne peuvent être complètement utilisés sur place et vont.enrichir les eaux qui s'écoulent vers la rive sud où la stabilité des masses d'eau est plus grande.Cette quantité importante d'éléments nutritifs mis en disponibilité Permettes pullulements de plancton végér tal observés dans la région de Rimpuski au milieu de l'été, et est responsable d'une très grande partie de la production de matière .organique dans le golfe.En plus des sets nutritifs, la couche profonde apporterait à la surface de la zone de mélange une grande quantité de zoo-, plancton, pourriture préférée des baleines et des jeunes capelans au cours de l'été.Ainsi, l'affleurement joue un rôle clé dans la productivité de l'estuaire et, par conséquent, du golfe.Il permet une forte production de matière organique, une bonne oxygénation des eaux jusqu'au fond, le maintien en suspension des particules nutritives.Il assure aussi une grande hétérogénéité des habitats benthiques, favorisant ainsi de fortes diversités d'organismes pélagiques et benthiques (voir encadré).Dans un estuaire, le benthos littoral joue généralement un rôle important dans les cycles biologiques; le Saint-Laurent n'échappe pas à la règle.En certains points de la rive sud, les algues atteignent des masses biologiques de l'ordre de 280 tonnes par kilomètre de rivage; elles servent d'abri et de nourriture à d’importantes populations d'oursins, de coques, de moules, d'oeufs et de larves de poissons.D'autre part, les marécages à spartines —graminée particulièrement éditeur offieiët du québec importante dans l'économie d'un estuaire-couvrent, dans la région de Montmagny, une; superficie de 1 200 hectares, Cette zone sert de refuge aux millions d'oiseaux migrateurs qui chaque printemps viennent y attendre la libération de leurs territoires estivaux des glaces.Parmi ceux-ci, les bécasseaux et les pluviers sont tes plus nombreux, les bernaches et les oies blanches tes plus populaires.C'est par dizaines de milliers que se dénombrent les autres espèces d'oiseaux aquatiques qui vivent en relation avec les régions côtières (canards, goélands et cormorans).La partie occidentale du golfe abrite également des populations importantes d'oiseaux, notamment dans ta région de l'Ilé d'Anticosti où abondent les goélands, les fous de bassan, les macreuses et autres.- Le littoral de l'estuaire sert également de zone de frai au hareng ou au capelan, deuxi especes de po issons à potentiel 59 part importante à l'alimentation des phoques et des baleines nombreux dans l'estuaire et le goJfe à certaines époques de l'année.Cette fresque des grandes richesses biologiques de l'estuaire maritime ne saurait être complète sans la mention de quelques espèces d'animaux qui vivent en relation avec le fond et qui présentent un intérêt direct pour l'homme: le pétoncle, le crabe, le homard, la crevette, le flétan et la plie.L’estuaire moyen, quant à lui, semble moins productif que l'estuaire maritime.Il serait incapable de servir d'aire de croissance pour les jeunes poissons qui s'en échappent après l'éclosion.Autour de l'Ile d'Orléans, ses eaux sont de type presque fluvial et riches en plancton d'eau douce tolérant.De l'Ile d'Orléans à Rivière Quelle, elles sont troubles et pauvres en zooplartcton.LES EAUX RICHES Les eaux estuariennes assurent toutefois un enrichissement continu des eaux de surface du golfe.Ceci permet au golfe de maintenir un niveau de production extraordinairement élevé, comme en témoignent la valeur de ses pêches et son importance comme aire dé reproduction et de maturation des poissons, des oiseaux et de nombreux mammifères .marins.Sous l'influence du courant de Gaspé, la partie ouest du golfe jouit d'une forte production phytoplanctonique qui permet, vers la fin de l'été, te développement subséquent d’importantes populations de zooplancton sur le plateau madelinot.Les niveaux de production dans ta partie occidentale sont inférieurs à ceux retrouvés , dans la partie orientale, mais demeurent .supérieurs à ceux de LAtlantique, probablement parce qu'une partie importante des eaux riches de surface circule à plusiCURsLySp:;| reprises.Cette richesse des eaux superficielles, bien que redevable en grande partie à Tap port estuarien, s'explique aussi.par le brassage hivernal et peut-être par fa présence de tourbillons cycloniques qui assureraient la remise en circulation des éléments nutritifs.Ainsi, l'estuaire et le golfe du Saint- ' .Laurent constituent un système auquel une -forte production biologique confère une grande.importance économique.Cette importance justifie à elle seule i'effort | scientifique entrepris pour mieux.Cohnaftre l ce système, On devrait ainsi en arriver à une meilleure évaluation de l'impact de ce rôle qu'une civilisation inconsciente veut lui voir jouer de plus en plus, celui d'un immense : collecteur de déchets: /¦ i-'- ¦ -¦ - v PETITE HISTOIRE DE GRANDES RECHERCHES L'exploration océanographique de l'estuaire’ a commencé au.19e siècle par des.relevés, hydrographiques en vue de faciliter la navigation {) 837).Eite s'est continuée par des : i ’ commercial élevé, qui contribuent pour- uné.T ; dragages et la coilecte épai se des spécimens .,V-ïr,.:,Sÿ . 60 sepiemli.e 1975 QUEBEC SCIENCE! zoologiques.La véritable recherche quant à elle, vit le jour en 1 931 lorsque l'université Laval établit la Station biologique du Saint-Laurent à Trois-Pistoles.Entre 1931 et 1937, et bien qu'elle n'ait été ouverte qu'en juillet et août, elle fut à l'origine de croisières océanographiques dans l'estuaire et dans le golfe qui permirent de mesurer plusieurs paramètres physiques, chimiques et biologiques.Elle permit également d'acquérir d'intéressantes données sur les cycles des marées et la couche d'eau froide intermédiaire.En 1939, les recherches dans l'estuaire furent suspendues au profit des bancs de pêche gaspésiens et la station, déménagée à Grande-Rivière, dans la Baie des Chaleurs.En 1950, sa direction passait au département des Pêcheries du gouvernement québécois.L'université Laval devait être l'instigatrice d'un renouveau d'intérêt pour l'estuaire lorsqu'en 1963, quelques professeurs de son département de biologie s'intéressèrent à la physiologie et à la biologie de certains organismes estuariens.La même année, le gouvernement québécois créait la direction des Pêches du ministère de l'Industrie et du Commerce, organisme qui devait par la suite entreprendre de nombreux travaux appliqués dans toutes les eaux québécoises concernées par les pêches commerciales.En 1969, les recherches prenaient un caractère purement océanographique alors qu'une volonté de collaboration entre des chercheurs des universités Laval, McGill et de Montréal donnait naissance au GIROQ (Groupe Interuniversitaire de Recherches Océanographiques du Québec).L'arrivée subséquente sur la scène de l'océanographie québécoise de la SOUQAR (Section d'Océanographie de l'Université du Québec à Rimouski), puis de l'INRS-Océanologie est venue confirmer l'intérêt du Québec dans ce domaine.Les recherches océanographiques dans le golfe ont commencé à la même époque que celles qui furent faites dans l'estuaire.Elles ont suivi le même cheminement et ce, jusque vers 1910.En 1915, la «Canadian Fisheries Expédition» inaugurait les travaux à grande échelle sur les problèmes d'hydrodynamique et de production biologique.Huit ans plus tard, apparaissait au sein de la communauté océanographique, le Dr Huntsman qui devait par la suite inspirer et diriger une grande partie des travaux à caractère biologique dans le golfe.Certains aspects fondamentaux des recherches de cette époque furent délaissés plus tard sous l'influence des intérêts commerciaux pour être repris récemment.En 1930, le rythme des recherches s'est accéléré sous l'impulsion de l'Office de recherche sur les pêcheries du Canada, puis de la station de biologie de l'université Laval.Le «Newfoundland Research Laboratory» et la station de biologie de St-Andrews (N.B.) devaient collaborer par la suite à l'intensification des travaux océanographiques.Après la seconde guerre mondiale, l'intérêt scientifique se porta principalement sur les espèces commerciales, la circulation des eaux, la chimie des éléments nutritifs, la distribution de l'oxygène, la productivité et la pollution; les principaux laboratoires engagés étaient alors la Station de biologie marine de Grande-Rivière et la LE BAS SAINT LAURENT Estuaire maritime et golfe Sept-lles Havre Saint-Pierre OQ Pointe des Monts •j Ile d'Anticosti GASPËSI E Rimouski i Trois-Pistoles Grande-Rivière Rivière-du-Loup baie des Chaleurs* Iles-de-la-Madeleine 150 km Echelle Station de biologie de St-Andrews.Ces dernières années, les principaux groupes de recherche impliqués dans l'océanographie du golfe furent l'Institut Bedford de Dartmouth (N.E.) et l'université McGill par l'entremise de son «Marine Sciences Centre».Les universités Memorial de Terre-Neuve et de Moncton (N.B.), de même que le GIROQ ont également dirigé des projets dans cette région.LE CANADA NAVIGUE La présence du gouvernement fédéral dans la recherche océanographique de l'Est canadien est assurée surtout par l'Institut Bedford situé à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.Cet organisme qui entreprend généralement des travaux à caractère synoptique s'est principalement intéressé aux eaux du golfe, n'accordant que peu d'attention à l'estuaire jusqu'à l'apparition de groupes d'océanographes québécois.Depuis, sa présence y est plus fréquente, généralement motivée par un esprit de collaboration avec l'un ou l'autre des groupes québécois.Auparavant, ses incursions estuariennes se limitaient à un maximum d'une ou deux croisières par année à l'occasion de campagnes de mesure des paramètres physiques, chimiques et géologiques de l'estuaire et du Saguenay.Récemment, ce groupe a réalisé un programme de recherche important sur les régimes physiques et biologiques hivernaux du golfe.Conjointement avec des groupes universitaires et diverses agences gouvernementales, l'Institut Bedford compte maintenant entreprendre un nouveau programme de recherche, toujours sur le golfe.Ce «Programme du Golfe» vise à obtenir une interprétation des phénomènes de cette région à partir des lois de l'océanographie physique, chimique, géologique et biologique.Il se propose aussi de démontrer la possibilité technologique de protéger l'environnement en tenant compte de l'entrée d'eau douce, de la couche de glace saisonnière, du climat et de la productivité biologique.Ce projet est devenu nécessaire par suite des désordres apportés inopinément par l'activité humaine dans cette région: bouleversement des apports d'eau douce par les aménagements hydroélectriques, rupture des équilibres naturels par le déversement de toutes sortes de polluants ou par des pêches effrénées.La réalisation de ce programme assurerait une connaissance approfondie des systèmes du golfe et permettrait d'éviter d'autres changements imprévus.Pour ce faire, il faudra évaluer la portée des modifications qui se sont déjà produites, expliquer l'interaction complexe des diverses parties du système et, enfin, fournir des renseignements sur la possibilité et les conséquences d'une manipulation délibérée de celui-ci.Ainsi, ce programme au coût approximatif de 30 millions de dollars doit permettre d'accorder la gestion de l'environnement aux ressources du golfe.Coïncidant avec ce programme, dans le cadre de la politique de décentralisation du gouvernement fédéral, une partie des centres de décision et de recherche pourrait être localisée dans le Laboratoire fédéral en Sciences marines dont il est question de doter le Québec.LE QUÉBEC PÊCHE Au Québec, l'administration des pêches commerciales relève du ministère de l'Industrie et du Commerce.Son rôle consiste à veiller à la capture des espèces, aux méthodes de pêche, au sort du pêcheur et à la transformation des poissons, crustacés et mollusques recueillis.En plus Bi,r nuEît) léri rcf l’UWE'i ' ojmr1.|| int-UjTi seconc: : fut props:: i Propt Ifnc ¦ : ooiouedt topoir:; (lisasKi K JE: t: - jV - E.¦or - WtiliK :: ill;;-'- OlOjipue) i Lis chert INierpe, loloî ; .F "ique ¦Kl:!',.! j ¦" PC;-, ; %0i lii&i ¦ieptemtwe 1975 QUEBEC SCIENCE 61 de faire connaftre les produits de la pêche, l'administration des pêches doit concilier la protection des espèces avec la pêche intensive.Ces différentes fonctions nécessitent certaines recherches pour analyser les problèmes rencontrés.Les méthodes de t, ^repérage et de capture, la diversification de ^ la pêche, la recherche des méthodes inédites pour capturer les espèces traditionnelles et l'exploitation de nouvelles espèces par des moyens classiques ou originaux sont des exemples des préoccupations des différents groupes du service.Depuis quelques années, la Direction de la recherche s'est intéressée aux divers aspects de la dynamique des populations d'espèces commerciales telles que la morue, le sé-baste, le capelan, l'anguille, l'éperlan, l'alose, les crevettes et les mollusques.Ses recherches sont principalement centrées sur les eaux de la baie des Chaleurs et du golfe en : général, mais les résultats obtenus peuvent s'appliquer à l'estuaire.On accorde un intérêt particulier aux effets de la pollution sur ces espèces à valeur commerciale.DES PÊCHES MIRACULEUSES?De 1969 à 1972, le «Marine Sciences Centre» de l'université McGill a réalisé un important programme de recherche dans le Golfe du Saint-Laurent.Intitulé «Production primaire et secondaire dans le Golfe du Saint-Laurent», il fut proposé par les chercheurs de McGill au Programme Biologique International qui accepta de le financer.On avait choisi d'étudier cette région parce qu'on ignorait pratiquement tout des conditions qui gouvernent la production biologique de base dans le golfe et à cause de l'importance directe ou indirecte de celui-ci sur la subsistance d'un grand nombre de gens.Le programme se proposait de répondre aux questions suivantes: le golfe constitue-t-il un système biologique aussi spécial et aussi riche qu'on le prétend?Si oui, de quoi cette nature spéciale dépend-elle?Y a-t-il des propriétés responsables de la grande variabilité et de l'utilisation intensive du golfe en tant que système de production biologique?Les chercheurs de McGill entreprirent d'étudier pendant trois ans les cycles saisonniers de la production primaire et secondaire, ainsi que les phénomènes biologiques qui y sont reliés et ce, dans tout le golfe.Parallèlement à ce projet central, des études annexes furent réalisées: étude de la faune hyperbenthique, effets de la segmentation horizontale des masses d'eau, étude des ondes internes et de la biologie de certains groupes particuliers d'animaux planctoniques.Ces travaux permirent de démontrer que le golfe du Saint-Laurent constitue un système biologique où la production est in-habituellement élevée et que ces caractéristiques spéciales dépendent de l'estuaire.Depuis 1970, la plupart des chercheurs du «Marine Sciences Centre» qui réalisent des travaux océanographiques dans l'estuaire ou dans le golfe le font en tant que membres du GIROQ.’ussidein I j compte de I tore de J; ep'cciK e lifctrj i apports d llshydi# les natorà I tes de polit» Latealisai l( connais!1 du jolie al ¦esctojiit s |l faudra éva Itiisesontt [action co11 : lèmeet, s sur la pos ^ : i, ce N1 jmilliPfS1 corder I* 9 ssources mitre, |li,|s lisationdP .partie des ;io11 ¦ a» ainiste^f.Son" su^ sPcifp, is effiei ^ UN SAVOIR SALÉ En 1970, un groupe de chercheurs des universités Laval, McGill et de Montréal décidèrent de s'unir pour former le Groupe Interuniversitaire de Recherches Océanographiques du Québec.Dans le but de travailler activement au développement de la recherche océanographique au Québec, le regroupement des chercheurs universitaires du domaine océanographique permettait la réalisation de programmes concertés de recherches ayant un intérêt pour le Québec.La mise en commun des ressources intellectuelles, matérielles et financières des membres permet alors de recruter des chercheurs québécois dans tous les secteurs de l'océanographie et de fournir un mécanisme convenable de coopération entre les universités du Québec et les agences ou ministères œuvrant dans le domaine de l'océanographie.Les premiers projets de recherches du GIROQ furent centrés sur la zone de mélange de l'estuaire.On voulait suivre l'évolution des propriétés physiques, chimiques et biologiques du fleuve dans leurs fluctuations géographiques, verticales et temporelles.La grande ignorance de l'estuaire conférait un caractère descriptif aux premiers projets d'alors.L'acquisition des connaissances de base permit la présentation, dès 1971, d'un programme de recherche plus vaste et plus exigeant, connu sous le nom 6'Estuaire II.Estuaire // s'attacha à l'étude des mécanismes physiques du mélange des eaux au confluent du Saguenay et de l'estuaire, ainsi que des effets sur les différentes composantes de l'écosystème.Le programme regroupa un total de 44 projets de recherche dont 33 furent mis en marche au printemps 1972.L'ensemble des projets se répartissait en deux groupes: sciences biologiques et sciences physiques.Les projets des sciences biologiques s'intéressaient à la production primaire, au phyto-plancton, au zooplancton, aux algues benthiques, au zoobenthos, aux poissons et aux cétacés.Ceux des sciences physiques relevaient de la géologie, de la géochimie, de la chimie et, bien sûr, de la physique.L'année 1975 constitue une nouvelle étape pour le GIROQ: fort des connaissances accumulées lors de la réalisation & Estuaire II, il est maintenant prêt à s'orienter vers l'étude de problèmes spécifiques mis en lumière par les travaux des années dernières.Dans cette perspective, les projets sont regroupés sous deux thèmes nouveaux: milieux pélagiques et milieux benthiques.Les projets du domaine pélagique veulent étudier les cycles caractéristiques des estuaires qui masquent les variations rencontrées ailleurs en milieu marin.ÈS® fjj SE NOURRIR DE LA MER - Les eaux du golfe sont très productives.Le poisson constitue le principal gagne-pain des gens du bas du fleuve.office du film * -‘Wtm iAini 7- V 62 sepiemlxe 1975 QUEBEC SCIENCE ro T3 ro c (U u c o mm bérard A LA PECHE AUX INFORMATIONS — Les scientifiques recueillent des spécimens dans les eaux et sur les rives pour mieux connaftre l'effet des marées.Les connaissances acquises sur la variation spatiale lors des recherches antérieures permettent d'aborder résolument la variabilité temporelle.Ces études portent sur tous les organismes vivant dans l'eau, sauf les poissons et les mammifères marins.Dans ce dernier cas, on continuera à étudier leur distribution puisque pour eux l'importance de la structure du milieu l'emporte sur sa stabilité à court terme.Les études du fond marin portent sur la couche et les communautés benthiques.Une première série de projets s'intéresse à la géochimie et aux processus physiques de la sédimentation.D'autres projets étudient les communautés benthiques, tant animales que végétales.Enfin, l'océanographie comparée fait l'objet d'un effort important.En 1973, les connaissances nombreuses et variées qu'avait acquises le GIROQ au cours de ses trois premières années d'existence, l'autorisèrent à contribuer au débat sur le port pour super-pétroliers dans le Saint-Laurent, en présentant l'aspect océanographique du problème.Aujourd'hui, le grand intérêt théorique des travaux accomplis peut aider à l'établissement sur des bases sérieuses de politiques de contrôle et d'aménagement du Saint-Laurent.DÉMONTER LA POMPE L'année 1971 vit apparaftre la recherche océanographique au Centre d'Études Universitaires de Rimouski (CEUR).La transformation du CEUR en université constituante de l'Université du Québec et la décision de faire de l'océanographie l'axe majeur de son développement, encouragèrent les chercheurs du département des sciences pures à se réunir pour former la Section d'Océanographie de l'UQAR (SOUQAR).C'était au printemps 1973.Ces scientifiques voulaient aussi tirer le plus grand profit des ressources disponibles et faciliter la collaboration avec d'autres organismes.Peu de temps après sa création, la SOUQAR mettait en branle deux programmes de recherche.Le premier, sur le régime chimique, puise son importance dans ce rôle de pompe d'éléments nutritifs que joue l'estuaire.Souvenons-nous que ce tronçon du fleuve draine vers le golfe les composés chimiques, organiques et inorganiques de la plus grande partie de l'Est canadien et du Nord-Est américain.Ainsi, pour protéger un système de cette importance, il faut connaftre les concentrations et le transport des éléments nutritifs et des polluants, ainsi que la variation de certains paramètres chimiques à l'entrée et à la sortie de la région.D'autre part, une connaissance approfondie des paramètres physiques indicateurs des mouvements d'eau et des paramètres biologiques caractéristiques de la production primaire, est essentielle également à la bonne compréhension de la chimie du système.Une fois les méthodes mises au point dans l'estuaire maritime, les analyses débordent maintenant dans le golfe où elles suivent le courant de Gaspé.Lorsqu'il sera terminé, ce projet pourra servir de base à l'élaboration d'un programme de surveillance continue et systématique de l'environnement marin.Le second programme concerne la pollution par le pétrole.Les études impliquées dans ce cas portent sur les échanges aux interfaces pétrole-eau-air, la formation d'émulsions par l'action des vagues, la biodégradation du pétrole dans le milieu d'eau saumâtre, les effets des particules en suspension sur la sédimentation possible des nodules de pétrole émulsifiés et enfin, sur la toxicité biologique du pétrole.Par ces deux programmes de recherches appliquées, la SOUQAR est assurée de jouer un rôle important dans l'élaboration des politiques de surveillance et d'aménagement du fleuve Saint-Laurent, politiques pour lesquelles le besoin se fait de plus en plus pressant.C'est d'ailleurs ce besoin qui amena la création d'un nouvel organisme de recherche océanographique au Québec: NNRS-Océanologie.L'apparition du nouvel organisme concrétise la volonté gouvernementale de s'impliquer davantage dans la recherche sur le Saint-Laurent.SE NOURRIR DES MARÉES L'INRS-Océanologie a mis en œuvre deux projets principaux dans l'estuaire: l'un sur la dispersion des particules en suspension, l'autre sur les mollusques intertidaux, c'est-à-dire, les mollusques vivant dans la zone recouverte à marée haute et découverte à marée basse.Le premier projet, réalisé en (jKîilîfe y ¦or es,ilfer i précis ¦ iplacci'i ixaut'îL s popes prit oc;;: irntfiC: )UM0i r i udcîfc.item's ihiimok ms.Unepr jic pire, mais [ )t irojiessive it tinua supr sponsaWes « tioniiW 8Si Efl \M- EAU LES L'usine d'épuration vers laquelle les tunnels collecteurs achemineront les eaux à traiter sera construite a l'est de Montréal, dans le quartier de Rivière-des-Prairies.Son effluent sera déversé, après le traitement des eaux, dans le chenal de navigation du fleuve, en amont de l'île Sainte-Thérèse.Dans la phase initiale des travaux, qui ne doit être complétée qu en 1981, on ne prévoit pas de traitement secondaire des eaux.Cependant, les installations, telles que conçues, permettent la construction ultérieure d'une station de traitement secondaire des eaux.Avec les premières installations, qui seront complétées en 1981, on prévoit pouvoir réduire de 65 pour cent les matières Les souterrains de Montréal BASSIN NORD BASSIN SUD ÉMISSAIRE USINE D'EPURATI VILLE DE LAVAL STATION DE POMPAG en suspension, de 35 pour cent la demande biochimique en oxygène et de 95 pour cent la concentration des bactéries conformes qui «infestent» les eaux du fleuve.La première phase des travaux porte essentiellement sur la construction des deux tunnels (l'un longeant la rive nord et l'autre la rive sud) qui seront reliés à tous les réseaux d'égout existants pour intercepter leurs eaux et les acheminer vers l'usine de traitement primaire située à l'est de Montréal.A leur arrivée à l'usine d'épuration, les eaux des tunnels seront «relevées» d'environ 45 mètres, depuis l'intercepteur sud, et de 30 mètres, depuis l'intercepteur nord, par l'intermédiaire d'une station de pompage.(Incidemment, avec ses 70 mètres de diamètre, celle-ci sera l'une des plus importantes stations de pompage d'égout en usage dans le monde.) De la station de pompage, les eaux usées seront dirigées vers 8 grilles auto-nettoyantes qui retiendront les plus gros déchets solides.Les résidus captés par-ces grilles seront ensuite déshydratés par des pressoirs et expédiés à un incinérateur municipal.Les eaux usées qui poursuivront leur avance dans les canalisations de l'usine passeront par 14 dessa-bleurs aérés (mesurant chacun 7,5 mètres de largeur et 67,0 mètres de longueur).Ceux-ci enlèveront les sables et matériaux de même nature qui se précipitent facilement.Les sables, après lavage, seront transportés vers une carrière pour fins de remplissage.28 bassins de décantation (mesurant chacun 30 mètres de largeur et 90 mètres de longueur) permettront de recueillir les matières en suspension qui s'y déposeront.Les solides, recueillis par des râcleurs, seront pompés vers un centre de traitement des boues.Les écumes et les matières flottantes seront elles aussi dirigées vers ce centre pour y être concentrées et brûlées dans un incinérateur.Les eaux usées qui auront complété ce cycle de traitement se seront ensuite dirigées vers l'effluent de l'usine qui les rejettera dans le chenal de navigation du fleuve.Du chlore sera ajou- té dans les canaux de rejet et les eaux traitées seront en contact avec ce désinfectant tout au long de leur descente dans l'émissaire; celui-ci consiste en deux conduites de 6 mètres de diamètre s'étendant sur environ 5 kilomètres, de l'usine au chenal.Toute cette panoplie permettra d'éliminer les déversements urbains le long des berges des cours d'eau autour de Montréal.A l'endroit où les canaux rejetteront les eaux de l'usine d'épuration, dans le chenal du fleuve Saint-Laurent, en amont de ITIe Sainte-Thérèse, le facteur de dilution moyen est bon et se chiffre à 1 dans 125.La qualité bactériologique des eaux de la rivière des Prairies et du lac Saint-Louis sera grandement améliorée grâce à ce gigantesque système de collecte et de traitement des eaux usées de la Communauté urbaine de Montréal.Il en sera de même pour les eaux longeant la rive nord du fleuve, entre Varennes et et le lac Saint-Pierre.Des études ont en effet démontré qu'en aval de l'fle de Montréal, les eaux de la rivière des Prairies s'écoulent sur une grande distance le long de la rive nord du fleuve, sans se mélanger aux eaux du fleuve lui-même.Toutefois, selon une autre étude, faite par les Services de protection de l'environnement du Québec, la situation n'est pas la même pour les eaux de la rive sud.Celles-ci sont affectées par les eaux du chenal de navigation, dans lesquelles seront déversées les eaux de l'usine d'épuration de la CUM.Les projets d'agrandissement permettant d'inclure un traitement secondaire (plus complet) devront tenir compte de ce fait.(B.D.) I | J J ¦ 78 septembre 1975 QUEBEC SCIENCE Les pollueurs du Jaint-Lourent La pollution des eaux du Saint-Laurent est, dans une grande mesure, d'origine industrielle.En se basant sur les données des Services de protection de l'environnement du Québec(SPEQ), il ressort en effet que les industries sont responsables de plus de 80 pour cent de la pollution des eaux du fleuve.Lors du dernier Colloque sur le Saint-Laurent, tenu à Québec, M.Jean Roy, directeur de la section Environnement SPEQ, faisait le point sur la pollution des eaux du fleuve et les industries.Selon M.Roy, les sept raffineries de pétrole en opération au Québec, produisant environ 110 millions de litres de pétrole brut par jour, rejettent quotidiennement près de 365 millions de litres d'eaux usées dans le Saint-Laurent.La quantité totale des déchets qu'elles déversent dans le fleuve est estimée à environ 15 tonnes par jour, se répartis-sant comme suit: 5 650 kilogrammes d'azote ammoniacal, 3 775 kilogrammes de matières solides en suspension, 3 300 kilogrammes d'huiles et de graisses, 1 875 kilogrammes de sulfures et 875 kilogrammes de phénols.Afin de rencontrer les normes fixées par Environnement Canada, en novembre 1973, dans un règlement que le Québec a entériné, les raffineries de pétrole devront réduire leurs rejets dans les proportions suivantes: les sulfures par 97 pour cent, les phénols par 85 pour cent, l'azote ammoniacal par 82 pour cent, les huiles et les graisses par 62 pour cent et les solides en suspension par 30 pour cent.Les compagnies pétrolières impliquées ont commencé à élaborer des programmes, dont le coût total s'élève à environ 90 millions de dollars, qui ne devraient pas s'étendre au-delà de 1979.Pour l'industrie des pâtes et papiers, le problème est plus sérieux encore.A trois exceptions près, soit pour les usines de Lebel-sur-Quévillon, de Chandler et de New-Richmond, les 47 plus importantes usines de pâtes et papiers du Québec rejettent tous leurs effluents dans le Saint-Laurent dont 15 directement dans le fleuve, 18 dans ses af-fluentsjnotamment dans l'Outa-ouais, le Saint-Maurice, la Saint-François et la Chaudière) et 14 dans ses sous-affluents(dont la Rivière-du-Lièvre, la Rivière-du-Loup, la rivière Malbaie, la Ales granospollueurs - Les usines de pâtes et papiers, comme celle-ci à Pointe-Gatineau, sont parmi les plus grands pollueurs des eaux du Saint-laurent.Qu'ils les polluent di- AaU SECOND RANG - Les raffineries de pétrole détiennent la deuxième position parmi les grands pollueurs du Saint-Laurent.Aux résidus rivière Portneuf, la rivière Sainte-Anne, la rivière l'Assomption, la Jacques-Cartier, la Nicolet et la Rivière-au-Sable).Actuellement, la production des usines de pâtes et papiers du Québec se chiffre à environ 20 000 tonnes de papier par rectement, en rejetant leurs effluents dans le fleuve, ou indirectement, en rejetant leurs eaux résiduaires dans ses affluents, le résultat est aussi déplorable.qu'ils rejettent directement dans le fleuve s'ajoute la menace d’accidents maritimes impliquant les pétroliers qui les ravitaillent.george hunter / u .r» : "*S2.-c.1 jean-pierre langlois k5w\V jour.Pour maintenir une telle production, ces usines doivent «souiller» près de 3 milliards de I litres d'eau par jour et rejeter quotidiennement plus de 650 tonnes de matières solides en suspension dans le fleuve en y provoquant une demande biochi-| mique en oxygène(DBO) de 1 300 tonnes par jour.Cette der-| nière représente la quantité d'oxyj gène extirpée de l'eau pour oxyde! les déchets, par l'intermédiaire des bactéries, réduisant d'autant I l'oxygène disponible pour les organismes vivants, parfois jusqu'à des valeurs impropres à toute vie, et formant des produits organiquesjdont la putrécine et la cadavérine) ou minérauxlEhS, substance à odeur caractéristique d'oeuf pour] ri) qui sont souvent toxiques.Selon les critères des SPEQ, il faudra qu'en 1978 les usines de 1 pâtes et papiers aient réduit la quantité de matières solides en suspension rejetée dans les eaux I du fleuve à environ 275 tonnes par jour et la DBO à 635 tonnes par jour.Les compagnies I concernées auront à investir une I somme de près de 365 millions de dollars pour corriger les problèmes que leur peu de soucis pour l'environnement a fait naftre.Outre les industries des pâtes et papiers et des pétroles, les enquêteurs des Services de protec- | tion de l'environnement du Québec ont évalué, sur un territoire compris dans un rayon de 200 kilomètres autour de Montréal, à environ 500 le nom- | bre des industries susceptibles de I rejeter des déchets chimiques liquides qui peuvent souiller nos I eaux.C'est l'industrie chimique qui retient le plus l'attention du SPEQ.Au Québec, elle compte près de 400 entreprises dont la majorité, localisées dans la région j de Montréal, déversent présente- j ment leurs effluents dans le Saint-Laurent.ndatio^’ 5 ir b isla#'1 me rr- ial et ;idéàit,; rets 2 se répété ipHte Seint-Leu 1 - ps :s a -r: rt ; a::.s :r c Profil- Selon M.J.-A.Roy, la première action à prendre dans ces industries se situe au niveau des procédés de fabrication.Et il ajoute: «la stratégie et la tactique sont maintenant élaborées et mises en oeuvre.Il faut s'y tenir avec détermination en cette période où la crainte des difficultés économiques peut faire penser à certains que les préoccupations d'environnement pourraient passer au second plan.»(B.D.) iepiemi)>* 1975 QUEBEC SCIENCE 79 niaicie usines Pèsdej pioufeit! 'iEn 1974, les dommages dus aux inondations se sont chiffrés à plus de 5 millions de dollars, seulement dans la région de Montréal! En :1f,Jsmême temps, une proportion importante des plaines agricoles de la vallée du Saint-Laurent, entre .Montréal et Trois-Rivières ont e été rendues inutilisables, ayant ^'Wqerité submergées au printemps.Le c gouvernement du Québec s'est (.décidé à faire ressortir le lien Pour sauver Montréal des eaux mterfcentre ces accidents désastreux -qui se répètent à tous les printemps- et le plan de régularisation des Grands Lacs.wants, iorniantd Le Saint-Laurent, au moment où ¦ «ldi = il pénètre dans le Québec, perd tlstadavér ouson statut de fleuve international.S.sttan Cependant, le contrôle de toute wifiedifp'l3 partie internationale, c’est-à-tfflventtojg dire les Grands Lacs et un tronçon d'environ 70 kilomètres à partir de Kingston, a été confié tî 1(5!à un organisme conjoint Canada-r( t États-Unis.Faisons une courte ;f.reconnaissance des lieux pour c: bien situer le problème.L'écoulement des eaux du lac Ontario, «teS n lïsatnt nlfe îdaide environ 2]hr: laDBOàK ui.Lcsco n auront à in iru ions kilomètres en aval du lac Ontario, se trouvent les centrales Moses-Saunders, opérées conjointement par l'état de New York et l'Ontario; le barrage du Long-Sault sert lui à l'écoulement du trop-plein en périodes de hautes-eaux.Le lac artificiel créé par l'endiguement du fleuve dans ces structures s'appelle le lac Saint-Laurent.Plus loin, le fleuve se scinde pour contourner ITIe Cornwall.Il s'élargit ensuite pour former le lac Saint-François.De Kingston au lac Saint-François le fleuve s'écoule donc entre le Canada et les États-Unis.11 revient alors à la Commission de contrôle de déterminer la quantité d'eau à laisser s'écouler dans le Saint-Laurent, tenant compte des utilisateurs des Grands Lacs et des utilisateurs présenté à la Commission Mixte Internationale par le ministère des Richesses naturelles du Québec, il semble qu'en pratique, la règle pour le contrôle des Grands Lacs soit quelque peu différente.La philosophie de base de la régularisation du lac Ontario consisterait à viser d'abord et avant tout l'amélioration des conditions d'en haut, en se contentant de stipuler que les riverains d'en bas, c'est-à-dire les Québécois, ne devraient pas subir plus de dommages qu'ils n'en auraient éprouvés dans des conditions naturelles, sans l'intervention de l'homme.Ces règles, non comprises dans le plan accepté en 1958, ont donné lieu à des abus.La Commission a elle-même admis avoir dépassé, depuis quelques années, les mesures prévues dans le plan de Grands Lacs, proposé par la Commission au cours de l'année.Le Québec s'est tout simplement opposé à l'application de ce nouveau plan, au moins avant 1976, année où seront connus les résultats des études sur la régularisation des eaux de la région de Montréal.Les spécialistes québécois seront alors en mesure de prévoir les conséquences de ce nouveau plan de contrôle sur la région de Montréal et d'en modifier les règles s'il y a lieu.De fait, les études préalables à ce nouveau plan ont semé le scepticisme chez les ingénieurs québécois.Elles ont démontré que les dimensions physiques du Saint-Laurent ne sont pas suffisantes pour assurer l'absorption des alimentations records du lac Ontario en 1972-1973, tout Profil du bassin de drainage des Grands Lacs et du Saint-Laurent lUfcoiïi «tapi l'eiwii nu de es; ^pétroles, 5 Se* d otet- won ériftsof riidaosui'f È tem n on nor \3C \3C ,(3 v>c r^eS de \0° .0° A-3' vf'0 \0C S» 3 .KB autour enviroo ssuscf >|K3 diets cli rp Irno! 'atti0,1 “¦ elle HP® nt le \0° ¦ S®’ À0 ,0's e"1 Ne S3' niveau zéro 631 100 371 148 393 58 250 128 46 86 55 583 golfe Saint-Laurent xdar " distance en kilomètres ndut proè i^lfsont æsf jetlî» (OtiV^f J»1* , iode depuis 1958 — date d'achèvement de la Voie Maritime du Saint-Laurent —, a été régularisé sous la surveillance de la Commission internationale de contrôle.A partir de la sortie du lac Ontario à Kingston, sur les premiers 40 kilomètres de son parcours, le fleuve est parsemé de nombreux flots et bancs rocheux: les Mille-Iles.riant faireP^Lifî ^ a suite de l'aménagement de !a Voie Maritime, les caractéristiques du Saint-Laurent ont été profondément modifiées.A 65 üir rduOT I du Saint-Laurent.La Commission, selon son mandat, doit faire en sorte que les intérêts aval ne souffrent pas plus de dommages que les intérêts amont.Ceci veut dire que même si le lac Ontario est à un niveau dangeureusement élevé, on ne peut évacuer plus d'eau par le Saint-Laurent, si cette mesure est susceptible de causer des dommages plus considérables dans le Saint-Laurent, surtout dans la région de Montréal.Or, si l'on se fie au mémoire 1958.Ces excès ont entraîné les variations les plus extrêmes enregistrées dans le fleuve depuis quelques années.Avec les conséquences désastreuses que l'on sait.Et des déversements supérieurs à ceux correspondant aux conditions naturelles sont encore à envisager, advenant des cas d'urgence où la Commission Mixte Internationale jugerait nécessaire de telles interventions.Tous ces événements n'ont certes pas facilité l'introduction d'un nouveau plan de régularisation des en répondant aux critères de 1958.Ces critères, prévus pour la protection égale des riverains amont et aval, devaient donc être changés.Et les conséquences des hautes-eaux ont été absorbées par les Québécois, alors même que la Commission reconnaissait s'être guidée sur son nouveau plan» pour cette opération exceptionnelle! Le Québec serait-il voué à la noyade annuelle et à demeurer un éternel perdant, advenant l'application de ce nouveau plan?(A.D.) 80 septembre 1975 / QUÉBEC SCIENCE] Les diffuseurs de Québec Depuis de nombreuses années, la berge nord du Saint-Laurent, entre Neuville et la rivière Montmorency, est interdite à la baignade en plusieurs endroits; on y a relevé la présence de bactéries dangereuses pour la santé humaine.Déjà, en 1967, cette déplorable situation faisait réagir la Régie des eaux qui décida alors d'entreprendre une étude couvrant 25 municipalités, de Cap-Rouge, à l'ouest, à la rivière Montmorency, à l'est, et au nord, aussi loin que le lac Beau-port et Val Saint-Michel.Selon les recommandations issues de cette étude, la construction de deux collecteurs majeurs et de collecteurs secondaires capables de recueillir toutes les eaux usées de chacune des municipalités et de les conduire à deux émissaires majeurs, l'un situé à l'embouchure de la rivière Saint-Charles et l'autre à la limite de Cap-Rouge, permettrait de régler le problème de la pollution des rives.A la suite de la réception du rapport de cette étude, le ministre des Affaires municipales du temps, M.Robert Lussier, décida de créer le Bureau d'assainissement des eaux du Québec métropolitain, lui assignant la tâche d'appliquer les recommandations du rapport des ingénieurs.Depuis, le BAEQM a terminé la construction de tous ses collecteurs et a entrepris l'achat ou l'acquisition de certaines parties du réseau général.Une firme d'ingénieurs a été chargée de l'étude du traitement des eaux usées déversées au fleuve par les deux émissaires.Les conclusions de cette dernière étude, terminée à la fin de 1971, tenaient compte à la fois des conditions écologiques du Saint-Laurent et des contraintes budgétaires.Aujourd'hui, les plans sont tirés et la construction d'un premier diffuseur, à l'embouchure de la rivière Saint-Charles, est commencée.Selon une étude hydraulique faite en 1969, le fleuve, entre Saint-Augustin et Pointe Laval, est une masse d'eau à peu près uniforme.Le changement des marées ne modifie pas beaucoup les courants qui y sont d'environ 2 mètres par seconde et le débit du fleuve y est important (environ 21 500 mètres cubes par seconde lors de la marée descendante et de près de 13 000 mètres cubes par seconde à marée montante).Dans le chenal, le mouvement des eaux forme un «cône de diffusion» s'ouvrant jusqu'à près de 35 kilomètres en aval de Québec par marée descendante et 20 kilomètres par marée montante.Ces quent d'un mode de traitement approprié des eaux usées déversées dans le fleuve par le diffuseur; et enfin, la construction d'une usine de traitement.Lors du 13ième Congrès de l'Association québécoise des techniques de l'eau (AQTE), tenu à Québec en avril dernier, le projet des diffuseurs de Québec a suscité de nombreuses remarques, pas toujours favora- If f f f f f r f f k k k k k k k k k k * * m * * * * * -K * * * * * * -K * * * * * * * -K * * * * î -K s POUR $1.50 vous pouvez recevoir la série des onze articles traitant du Saint-Laurent déjà parus dans QUÉBEC SCIENCE.Adressez dès aujourd'hui votre commande accompagnée de votre paiement à: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 * Escompte de 30%, pour les commandes de 15 et plus.************************* conditions favorables feraient que les eaux usées de Québec, déversées dans le chenal du fleuve à la hauteur de l'embouchure de la rivière Saint-Charles et de Cap-Rouge, n'atteindraient le rives que 150 kilomètres plus bas, en aval de Québec.Les projets du BAEQM comportent les étapes-suivantes: la construction d'un premier diffuseur, celui de la Saint-Charles (déjà en chantier); la vérification du débit et des caractéristiques de la diffusion; le choix subsé- bles.Ainsi, le fait que les ingénieurs du BAEQM aient choisi de construire le diffuseur d'abord et de vérifier ses effets après coup, sans avoir pu les prévoir avec exactitude, a fait dire à de nombreux scientifiques présents au colloque de l'AQTE qu'ils «mettaient la charrue devant les boeufs».Selon M.Réal L'Heureux, de la Protection des eaux, à l'INRS, par son potentiel auto-régénérateur, le fleuve se chargera d'épurer partiellement les eaux usées de Québec, mais des déchets qui peuvent être toxiques (comme le mercure) pourront s'introduire dans la chame alimentaire.Le seul bon point du diffuseur, selon lui, c'est qu'il protège les rives du fait que les eaux riveraines et celles du chenal ne se mélangent pas.Mais, ce faisant, il polluera les eaux du centre du fleuve qui, jusqu'à présent, étaient demeurées très propres à cause de ce phénomène de «non-mélange».Économiquement, le diffuseur permettra de retarder le moment où le besoin d'une usine de traitement des eaux usées se fera criant.Toutefois, la solution finale nécessitera la construction d'une usine d'épuration des eaux qui seront acheminées dans les diffuseurs.M.Armand Rousseau, de l'INRS, en bon biologiste qu'il est, voit pour sa part un problème au niveau de la productivité biologique du Saint-Laurent.Selon lui, elle souffrira des diffuseurs puisqu'elle dépend, en grande partie, des apports de Québec et de Montréal.M.Rousseau soutient que les diffuseurs de Québec créeront une sorte de barrière écologique qui entravera la migration des poissons.Il considère que la construction des deux diffuseurs de Québec est une erreur écologique et il s'y oppose fortement.Selon lui, les anciennes méthodes de déversement des eaux usées dans le fleuve sont encore moins néfastes.D'autre part, M.Jean-Louis Ver-rette, conseiller technique du BAEQM, soutient qu'il s'agit présentement de relocaliser la pollution des eaux de Québec.Les diffuseurs seront construits pour cela et terminés, si tout va bien, vers la fin de 1976.Mais, lui aussi a bien fait remarquer aux participants du Congrès qu'on procède à l'inverse en construisant sans avoir déterminé au préalable leur impact sur l'environnement.C'est d'autant plus grave qu'on ne peut prévoir avec précision les conséquences des diffuseurs sur les eaux de consommation que plusieurs villes situées en aval de Québec puisent dans le fleuve.(B.D.) le Saint - Laurent nous avons Dute personne désireuse de se y procurer des exemplaires splémentaires de ce numéro sut se prévaloir d'un escompte Jécial de 30% du prix de vente à l'unité pour toute commande de 10 exemplaires ou plus.Un numéro spécial sur le fleuve Saint-Laurent, une idée nouvelle, mais pas un sujet nouveau.Depuis trois ou quatre ans, le Saint-Laurent (son histoire, sa géographie, sa biologie et ses usages) est revenu souvent dans nos pages.Il est intéressant de confronter ces «actualités d'hier» aux affirmations incluses dans le numéro d'aujourd'hui.Cette reconstitution historique constitue un indicateur sûr pour qui veut se faire une idée de l'évolution des connaissances et des attitudes des Québécois vis-à-vis de leur fleuve.Une première esquisse biogéographique du Saint-Laurent a été tracée par Jean-Marc Fleury dans le cadre de son Dossier Saint-Laurent, réuni suite au S.O.S.Saint-Laurent lancé par des journalistes du Soleil et du Montreal Star.Ce dossier se voulait une redécouverte du fleuve.Son histoire géologique, ses divisions géographiques et l'état de ses eaux étaient rapidement décrits en relation avec les utilisations principales du monstre d'eau douce et.sale, l'évacuation des eaux usées, le transport et la récréation (Québec Science, vol.11, no 7).Les poissons du fleuve—les plus menacés— étaient présentés en rapport avec la qualité de leur habitat aquatique.Deux régions principales furent reprises par la suite et étudiées de façon plus approfondie.Les projets du golfe ont été scrutés, encore une fois par Jean-Marc Fleury.Une tentative de prévision du futur est faite sur la base des modifications possible, «au bénéfice des Canadiens», du plus important système écologique de l'Est du Québec.La connaissance du golfe dans ses moindres détails permettrait la «domestication» de ses ressources, par exemple en adoucissant la température par l'aménagement d'une barrière climatique.Les réserves de pétrole et la productivité marine sont aussi convoitées.Qu'adviendra-t-il alors du golfe «naturel»?On se le demande, si l'on réfère seulement aux périls que subit ce super garde-manger à la suite de la régularisation des grandes rivières! (Québec Science, voi.12, no 5).L'estuaire a aussi eu droit à ses pages.Le mariage du fleuve et de la mer, des eaux douces et des eaux salées a été rapporté par un «invité», représentant de Gl ROQ, Jean-Pierre Laprise.Le problème de la définition d'un estuaire est abordé pour essayer d'éclaircir le fouillis des divisions du Saint-Laurent.Qui n'est pas averti du brassage constant des eaux en aval de Québec et du réseau très complexe des courants en aval du Saguenay, ne peut deviner quelle sorte d'eau il puise dans ces régions sans avoir préalablement compris certains mécanismes.Ces «joutes» de masses d'eau sont opposées aux risques qui les guettent: pétrole, barrages, pollution.Qu'arrivera-t-il si l'on finit par être obligé de se passer de cette machine à épurer le fleuve et à fertiliser le golfe qu'est l'estuaire?(Québec Science, voi.!2, no 9).Les utilisations du fleuve n'ont pas été négligées non plus.L'alimentation des villes a fait l'objet du dossier noir consacré à l'eau potable et aux eaux usées (Québec Science, vol.13, no 3).Les possibilités de refroidissement du fleuve pour l'énergie nucléaire et les avantages du réchauffement résultant pour la navigation d'hiver sont envisagées dans la perspective d'un Québec hydraulique (Québec Science, vol.11, no 5).Les dangers d'un super-port, de même que ceux des aménagements hydroélectriques sont soulignés (vol.12, no 2) en relation avec les pêches.Enfin, les écarts du Saint-Laurent, particulièrement dans la région de Montréal, ses débordements et les effets de refoulement sur les eaux de ses affluents donnent des maux de tête aux riverains, aux hydrauliciens et.aux journalistes! Les inondations sont aussi décrites, de même que les façons de se mettre à l'abri (Québec Science, vol.12, no 8).Les amoureux des oies blanches (vol.11, no 8) n'ont pas été oubliés.Ni les amateurs de poissons des chenaux (vo/.11, no 5).Ni même les observateurs de baleines! (voi.13, no 1).Que reste-t-il?Les archéologues (vol.12, no 10), les géologues (vol.11, no 10) les collectionneurs de fossiles (vol.10, no 6), presque tous ceux qui s'intéressent au Saint-Laurent trouveront —ou ont trouvé— «chaussure à leur pied»! Il manquait sûrement quelque chose.on le retrouvera probablement dans ce numéro sur le Saint-Laurent! (A.D.) 82 ON VEUT SAVOIR Quel article avez-vous préféré?Pourquoi?Quel article vous a le moins plu?Pourquoi?Quelles difficultés de lecture ou de compréhension avez-vous rencontrées?Quel usage avez-vous fait de la carte du fleuve?Vous êtes-vous servi de ce numéro après lecture?Comment?Faites-nous part de toute question, remarque, suggestion ou initiative au sujet de ce numéro.Toutes vos lettres seront bienvenues.Nous nous chargerons de les transmettre aux auteurs concernés et de faire paraftre les réponses aux questions les plus essentielles dans la rubrique «COURRIER», dont la parution reprendra à compter du prochain numéro.Une seule adresse: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 aux sources de rinformation Aux lecteurs désireux d'entreprendre des recherches sur le Saint-Laurent, nous conseillons la consultation des documents dont on trouvera ici une brève présentation.ÉTUDE DU FLEUVE SAINT-LAURENT (TRONÇON CORNWALL-VARENNES): SYNTHESE DES É-TUDES 1972-1973 publiée par l'Institut National de la Recherche Scientifique, Complexe scientifique, Saint-Foy, mars 1974, miméogr., 105 pages, appendices.Cette publication de synthèse mérite d'être mentionnée à cause de son impact considéra- ble sur la connaissance du fleuve.En 1972, le Comité d'étude sur le fleuve s'est donné comme objectif de développer les connaissances sur le Saint-Laurent.Étant donné la quantité de résultats disponibles et la complexité du sujet, on a alors convenu de revoir annuellement l'ensemble des résultats acquis, de façon à permettre une meilleure orientation du programme.Dans cette optique, le Comité a publié une première synthèse des résultats obtenus jusqu'en 1973, à partir de neuf rapports de recherches.La publication comprend en appendice un résumé de chacun de ces rapports et l'ensemble des résultats a par la suite été replacé dans les cadres d'interprétation proposés par les auteurs du rapport.On a ainsi septembre 1975 QUEBEC SCIENCEl complété ou appuyé les interprétations données aux résultats; dans certains cas, on a fait ressortir les divergences entre les constatations des auteurs.La plupart des publications concernant le Saint-Laurent, depuis 1954, ont été consultées pour compléter les données de base.Finalement, la synthèse esquisse les différentes perspectives d'aménagement du secteur étudié, pour faire ressortir les points à éclaircir, avant que des actions concrètes ne soient entreprises.D'année en année, cette synthèse est mise à jour, à partir des publications récentes.Cet effort périodique d'interprétation permet aussi de préciser la nature des études à entreprendre pour obtenir les résultats manquant dans la synthèse précédente.Pour qui veut se faire une idée de l'état de la question concernant le fleuve Saint-Laurent, ces ouvrages de synthèse seront sûrement d'une grande utilité.LE SAINT-LAURENT numéro spécial des Cahiers de Géographie de Québec, septembre 1967, les Presses de l'Université Laval, Québec, 295 pages.Cet ouvrage un peu plus vieux, mais un peu moins technique que la majorité des publications sur le fleuve, saura sûrement intéresser les adeptes du Saint-Laurent.Un numéro complet des Cahiers de Géographie de Québec a été consacré au fleuve Saint-Laurent.Sans brosser un tableau exhaustif des aspects géographiques du cours d'eau, le cahier rapporte des études de géographie historique, économique et géomorphologique du Saint-Laurent- Ce numéro renseigne donc sur la physionomie, l'histoire et l'activité du grand fleuve québécois.On y retrouve aussi une bibliographie classifiée des ouvrages concernant le Saint-Laurent.ÉTUDE DU FLEUVE SAINT-LAURENT: BIBLIOGRAPHIE compilée par Flenri-Paul Lemay, Institut National de la Recherche Scientifique, Complexe scientifique, Sainte-Foy, mars 1974, miméogr., 159 pages.Dans le cadre du programme d'études du fleuve Saint-Laurent, on a exécuté un relevé bibliographique de la littérature traitant, de près ou de loin, du fleuve Saint-Laurent.Cette compilation ne constitue cependant pas un relevé exhaustif de toutes les études publiées sur le Saint-Laurent; elle contient toutefois une section sur les sources documentaires que l'on peut consulter pour des besoins particuliers. *1*0' Ofla ur-fi •J ''**¦ y a ?,»¦ •5» v, i'i mn ¦ w.Mk mm jr***$i rsai rassa irfuï m .f / »*.4.I-Lau- ! ifte *«u S;ÿ:: iïv:;:?tewfl !Jl rid ETES-VOUS CHEZVOUS La plupart des lacs et des cours d'eau du Québec appartiennent au domaine public.Seul le ministère des Richesses naturelles est en mesure d'autoriser des travaux et des ouvrages situés, en tout ou en partie, en-depà de la limite des hautes eaux ordinaires ou de la végétation aquatique.L'utilisation des lacs et des cours d'eau à des fins récréatives, domiciliaires ou résidentielles peut parfois demander aux propriétaires riverains certains travaux d'aménagement: - un quai - une remise à bateaux - un mur de soutènement - des travaux de remblayage aWa L utilisation des lacs et des cours d eau a des fins récréatives, domiciliaires ou résidentielles peut parfois demander aux propriétaires riverains certains travaux d'aménagement: - un quai - une remise à bateaux - un mur de soutènement - des travaux de remblayage GOUVERNEMENT DU QUEBEC ministère Mais attention, toute modification de la rive comporte certains risques! Le ministère des Richesses DES richesses NATURELLES naturelles peut alors vous aider à trouver des solutions à vos problèmes d'aménagement qui respec-SERVICE DU milieu HYDRIQUE teront l'équilibre écologique.Faites appel à ses spécialistes.Ils sont là pour vous aider! É * %2 VI y m \ Ai i N Quand on a du caractère, les autres ft ÿÉNs y y REÇU 12 SCP 1975 bibliothèque nationale Du QUÉBEC iesenîenl bien.'S NT Avis: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger croit avec l’usage-éviter d'inhaler.Moyenne par cigarette: goudrons 12 mg, nicotine 0.8 mg.
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