Québec science, 1 janvier 1975, Décembre
Volume 14, numéro 4 DÉCEMBRE 1975 QUEBEC SCIENCE _ 9Xt X^H R •O'd “lv3diNUW 59 SIN3Q is uou ^6l0 1V931 iOdau nvidiiy 330300 3 |vNO11VN 3no3HlOildid Fêter pour vrai ! f S;:; 'V; ¦ Alerte au mercure création >lutôt que la croissance 'cience «fiction » t «I ikuonmitv .f'1 11 » Unum ' ^nvîronnongnf lui 1 marabout ^un i ve rs ité dictionnaire «=i —— ,l¥*aux 3 non terreux '— bfàoBiauJ blobglque diCTIONNAIRE DEL'ENVIRONNEMent oiclionnalri comporte ' plu^'j ^ Bny*ronnement originalité da p,éc,.d/r '¦2® >"ots.8 les noti(jns çi .p,m er non seulement 'a''l de ce dom "rs esse"'iels «“‘l" 'o lecteur T, “",plexe mals de-* '* Acumen,a,^Se^'es MU 260 S4.M D'CTIONNAIREDES METAUX NON FERREUX ««ques.'n!echnaiq°ês h^,or!#s.tteien- »Vt»tiUiui iuuv^w,,, i t£n.RÉVOLUTION BIOLOGIQUE greffe du cerveaL''!.6 aint-Ambroise-du-Saguenay, par exemple, outes les activités du programme sont eliées au produit fêté: au Banquet à la ’atate, la soupe, le mets principal, le 1(iessert, les bonbons et le vin sont faits iniquement à partir de ce légume, et il y a lien sûr une Reine de la Patate.«Certains festivals sont par contre I inspiration purement historique, )oursuit-elle: les Fêtes du Vieux Saint-mstache, qui veulent commémorer les vénements de 1837, ou encore le Festival acques-Cartier à Gaspé.On rappelle son rrivée, le 24 juillet, avec un souci de vérité istorique avancé; le personnage débarque un bateau à.voile, plante sa croix selon ne technique apprise d'une famille aspésienne célèbre pour sont art de planter is poteaux de téléphone; s'ajoutent au ébarquement de Jacques Cartier coprement dd des festivités organisées utour de descendants des premiers de ses ompagnons qui s'installèrent dans la igion.«Un autre type de festivals largement ipandu est le festival orienté sur la culture, s coutumes et les traditions locales.Le estival des Cantons, par exemple, où la Iture actuelle est vécue en relation avec 1 cu!ture traditionnelle, ou encore le arnaval souvenir de Chicoutimi.D'autres Rivais sont pour leur part axés sur des ements de la vie quotidienne, comme ce estival du travailleur de la forêt, dans le Ord-Ouest, ou ce Festival du travailleur de ^er, en Gaspésie.Il y a enfin de lu tiples festivals qui servent simplement à ter certaines période de l'année en direction générale du tourisme :r;0 “t a particulier: je pense par exemple au Pakwaun de Maniwaki, qui a lieu chaque printemps et qui tire son nom du mot indien signifiant dégel.Il n'existe que très peu de festivals qui n'ont pas de visées touristico-économiques directes ou indirectes, selon Louise Roy-LeFrançois.Quelques-uns pourtant sont des fêtes à l'état pur, comme cette Fête au Village de Cap-Santé organisée dans le but exprès et presque exclusif de «faire revivre le bon vieux temps».Pour ouvrir les réjouissances, on porte en procession «le monseigneur» jusqu'à l'église; chacun expose sur sa galerie ses plus beaux vieux objets; on fait des nuits des poètes et des feux de joie sur la grève; on organise une parade de costumes anciens et le roi et la reine de la fête sont «le plus vieux couple en santé du village».UN ÉVÉNEMENT INCROYABLE Mais la démarcation n'est pas toujours facile à faire entre les fêtes populaires qui en sont véritablement et les réjouissances où prime la commercialisation.Il n'y a pas de normes infaillibles en ce domaine, et des festivals intéressants dans leurs premières années d'existence peuvent bien souvent «mal tourner» au fur et à mesure qu'ils connaissent le succès.Un exemple parmi d'autres symbolise bien ce danger de commercialisation et de perte d'authenticité qui guette nos fêtes populaires.Un exemple où la transformation n'est pas achevée, mais est actuellement en cours.Il s'agit du Festival de l'Oie blanche de Montmagny, une petite ville d'une douzaine de milliers d'habitants, sur la rive sud du Fleuve, à mi-chemin entre Québec et Rivière-du-Loup.Dans leurs mouvements migratoires du printemps et de l'automne, les oies blanches —et elles sont des dizaines de milliers— font une halte à Montmagny.On les chasse l'automne, sur les berges du fleuve et dans les fies avoisinantes.À File aux Grues par exemple, où les gens vivaient traditionnellement de pêche et de chasse à l'oie, on fêtait toujours cette période de l'année.«Il n'y avait rien d'organisé, raconte Réjeanne Lachance, mais c'était pratiquement des réveillons à toutes les semaines, à l'oie et au caribou.Faut dire que si tu restes sur une fie, tu n'as pas grand'chose d'autre à faire que fêter.» C'est ainsi en tout cas qu'est née l'idée du Festival de l'oie blanche, dans la tête de Réjeanne Lachance et d'une dizaine d'amis, dont le premier président du festival, André Paradis.«À sa première édition, en 1972, le Festival durait trois jours, raconte ce dernier.Il commençait avec l'arrivée de l'Oie par bateau, au Quai du Large, se poursuivait avec des activités sociales et sportives.À la messe sur le Quai, le dimanche, et par un temps magnifique, il s'est produit un événement incroyable: les 10 000 oies et plus qui étaient dans les environs se sont envolées d'un coup au moment précis de l'élévation.Le soir, le Festival se terminait avec le Souper du chasseur —qui se déroula cette année-là.au canard: la Gendarmerie Royale avait saisi nos oies parce qu'il est interdit de décembre 1975/ QUÉBEC SCIENC vendre du gibier! Qu'importe, la population locale avait embarqué dans la fête; plusieurs avaient même découvert à cette occasion une chose qu'ils ignoraient complètement, l'oie.Et je crois qu'on n'a jamais vu autant de joie, d'ambiance et de participation que cette année-là.» POUR NOUS OU POUR LES AUTRES?La première édition du Festival de l'Oie blanche avait attiré environ 8 000 personnes en trois jours.Cette année, le Festival a duré 10 jours et l'on estime qu'il a attiré environ 50 000 personnes.Mais «ça a changé».L'équipe d'organisation en tête.Le président fondateur, André Paradis, un postier qui était en grève au moment où je l'ai rencontré, a été remplacé par un avocat de la place.L'Oie blanche n'est pas arrivée par bateau au Quai du Large, mais.en jeep dans un centre d'achat ou autre lieu poétique du même acabit.Le centre nerveux de l'événement n'était plus le sous-sol de l'église, mais la tente d'une compagnie de bière.La petite effigie de boutonnière du Festival, une oie bien sûr, était naguère de bois et fabriquée par un artisan de la ville; cette année, elle était de plastique et fabriquée à l'extérieur.L'ancienne effigie nous montrait une oie en vol; la nouvelle, symbole du symbole, nous montre une caricature d'oie, affublée d'une casquette de fêtard et à l'œil quasi vitreux.Est-ce à dire que c'est le chant du cygne du Festival de l'Oie blanche?Pas tout à fait, et l'on n'en est pas encore rendu aux sommets de mercantilisme dans lesquels peuvent évoluer, par exemple, le Carnaval de Québec et son gros et gras Bonhomme.Mais le piège est tendu, un piège qui a nom, pour les fêtes populaires de ce genre, croissance à tout prix.«Cette année, dira encore André Paradis, ce n'était pas tout à fait la même chose car le Festival avait pris une allure plus provinciale que locale ou régionale: les manifestations avaient parfois l'air d'être faites d'abord pour les gens de l'extérieur.Il faudra bien penser à ça, à savoir si l'on fait un festival pour nous ou pour les autres.» Autrement dit, pour prolonger cette question, il faudra savoir jusqu'où on est prêt à faire des concessions pour attirer le visiteur extérieur, le touriste et ses dollars.Kiiantli le, au nia oui '¦ taiïiole, ip.lesoi itonatt !( .pjîlaoi isewti ie.Cel lit fum ma p fait» jupe! Fia pis « mis pays, le ons.A unie :¦ ÉiiSii $VE[ IS SPEC pel dq sèment ppuenoi Pa show w de la las sped 'La paie "aotéat, •d'unf ’«set pi 'tues a 1 lOitte; LA PARENTÉ Ceci dit, pourquoi nos fêtes populaires tombent-elles aussi facilement, à ce qu'i semble, dans le piège de la commercialisa tion?Parce qu'il y a des commerçants, bien évidemment.Mais ce n'est pas tout.«Le plus important, dit Lucien Gagnon c'est le sujet, la raison de la fête, le motif I qu'on a d'être ensemble.Et cette raison doit être assez forte pour amener beaucoup de monde, et assez précise pour amener des gens qui vont pouvoir retrouver cette paix d'être ensemble qui caractérise la fête.Si tu manques ces deux aspects, tu manques la fête.» Pour Lucien Gagnon, «la fête, dans nos sociétés modernes, c'est la même affai- !«ieSr ! Clprr •Nos, «Jes ttEv ht P “ fN, : (tàtelfluï «.elle M ®%sci QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 oite.lipgr |.re que la corvée: mais comme on ne peut plus se mettre à construire des cathédrales, ieitàt(j|Dn se retrouve au travers des fêtes qu'on se C3Rffli forme.Ce besoin de se retrouver, on le !Misqi/dmvivait d'une façon particulièrement intense l'ambiicft,au Nouvel An», dit Lucien Gagnon en née.|j, évoquant les fêtes qu'il a connues dans sa amille, au Lac Saint-Jean, l'oncle très en :orme qui venait les chercher à la gare avec ;$?;a carriole, la carriole qui renversait à tout !Stiyj||je|,oj(:oup, le souper énorme, les oncles-vedettes i0font on attendait, chaque année, les gags, nuée ijf^ es chansons ou les danses, ime qu'il ntt «Dans ces fêtes de famille, explique-t-il, >n savait exactement pourquoi on était nsemble: parce que nous étions de la oneinète, |ilaren't®- Dans les fêtes actuelles, qu'elles ’éParadisim °'ent grosses ou petites, c'est finalement la in moment oiname ch°se: les 9ens due tu rassembles t par on a» l°ivent avoir une parenté entre eux pour n'estpasant lu'il V a'1: véritablement fête, que ce soit j(Mjs mj ur le plan social, politique ou culturel.A a Super Franco Fête, c'était une parenté le gens intéressés à des phénomènes rulturels nouveaux et désireux d'affirmer tentefa eur PaVsJe Québec, nation parmi les .lations.À la Chant'Août, c'était la é ;.lparenté de la chanson.Aux Fêtes nationa- .jîs de la Saint-Jean, cette année à Montréal, c'était une parenté politique, luébécoise d'abord et avant tout.» mW® ontnitw'jQs VEDETTES ’ledusipC'j0S gpECTACLES doilà pour la raison profonde, le moteur ssentiel de toute fête: qu'elle s'adresse récisément à un groupe qui soit, en fait, Je la même parenté.Mais dans ces grandes êtes que nous venons d'évoquer, ne ourt-on pas quand même le risque de omber dans le spectacle pur et simple, ans le show pour le show?Dans une arme de participation finalement très assive de la part de gens qui ne sont plus ue des spectateurs?«La parenté, répond Lucien Gagnon, parenté a toujours besoin de se retrouver !È*flutour d'un feu, ou d'un feu de camp, ou 'un feu de joie qui parfois devient très, es gros et qui s'appelle une scène.Mais uand tu es assis à 500 pieds de la scène, ce est pas ce qui se passe dessus qui est le lus intense: c'est ce qui se passe autour de )i, dans la foule.Comme par exemple vec les 125 000 personnes que nous avons menées sur les Plaines d'Abraham, à la >irée d'ouverture de la Super Franco Fête, our le spectacle Charlebois, Vigneault, eclerc.Nos vedettes et nos spectacles, nous n avons toujours eu dans et pour nos tes traditionnelles.Les violonneux, les r:r 3;i !Î3^ jiosêS® est IM fêtes toutpnx- éCet re plu* desiui1' l'jlsefaitK niffit téri» iil'on ens saioid1 *erl[SSUl[e „|ndl((Ct - r .usqu^' Itllâi^ qenD -0.'' iemot li»; tq®1 stl^1 Entours, les danseurs, les gagmen, c'était 3s vedettes: nous connaissions par cœur s gags de mon oncle, comme nous nnaissons les chansons de Charlebois, de 'gneault et de Félix, mais nous voulions s revoir, comme nous voulons les ^ er|tendre.«Côté spectacles, poursuit Lucien (eittfagnon, nous en avions de très, très gros, P_ui se déroulaient.à l'église.Le diacre, :vèque, le sous-diacre, c'étaient nos tistes en scène; le show coûtait cher, les Jjlairages et les costumes étaient de l(H{i première qualité, mais tout ça ne servait finalement que de prétexte à se retrouver pour une fête entre parenté.D'ailleurs, si l'église a perdu les trois quarts de son monde, c'est parce qu'elle a enlevé le spectacle.Et c'est comme dans le sport, tu ne peux pas changer la combinaison gagnante.» Saurez-vous, de votre côté, trouver ou conserver la combinaison gagnante pour les Fêtes que vous vous apprêtez encore une fois à vivre ce mois-ci?C'est bien évidemment à souhaiter.Rappelez-vous simplement que pour fêter, et bien fêter, il suffit d'avoir une bonne raison d'être bien ensemble.En un mot, de se trouver une parenté pour vrai.Bibliographie Les festivals populaires du Québec, par Gilberte Massey, Centre d'études en loisir de l'Université du Québec à Trois-Rivières, 1974 (miméographié) Le temps et la fête dans la vie sociale, par Denise Lemieux, Québec, 1966, (thèse de maftrise) Les gens de mon pays, par Gilles Vigneault, Éditions de l'Arc, Québec, 1966 18 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENC PLUTÔT jUiSECî- IS: Co/ LA CREATION QUE LA CROISSANCE Propos recueillis par Fabien Gruhier tu un r-: bru / 'kfruw toltar'f OUSSOfliï neurgM rr:- np//-/ liir l u voir Is |0 î;.::.: Une interview avec Joël de Rosnay, l'auteur du livre LE MACROSCOPE \ MiOVriO T:~ o I ob-.b : ir- chito æÈmma übéE i m mr Pour explorer «les deux infinis» de Pascal —['infiniment grand et ['infiniment petit— l'hommA a inventé le télescope et le microscope.Toutefois les progrès scientifiques dus notamment à ces instruments ont révélé l'existence d'un troisième infini: l'infiniment complexe.Celui-ci se rencontr d'abord en biologie, dans la cellule vivante, théâtre d'une extraordinaire cascade de processus enzymatiques autorégulés.Puis, à plus forte raison, dans l'organisme pluricellulaire.Mais on le trouve aussi en politique, en sociologie, en économie, en écologie: un État, une entreprise, une forêt, l'économie mondiale, etc.sont autant d'organismes dont l'équilibre repose sur le déroulement harmonieusement concerté de très nombreuses fonctions qui s'expriment par des flux de matière, d'énergie, d'information.flips, Lik (iitauxii bis itttspb fll::.-.'ce sens, nuL, ¦: Ciltt L'actuelle crise économique tombe à point nommé pour illustrer ce point de vue.Comment rétablir l'équilibre menacé de cet organisme malade qu'est l'économie mondiale?Il faudrait avant tout disposer d'un outil en prise sur l'infiniment complexe.C'est un tel «outil symbolique» que propose Joël de Rosnay dans son livre Le Macros-cope, publié aux éditions du Seuil, un outil «fait d'un ensemble de méthodes et de techniques empruntées à des disciplines très différentes».Un outil, et plus encore un état d'esprit, une nouvelle manière de regarder les choses: le macroscope.Pour Joël de Rosnay, le recours au macroscope s'impose: lui seul permet l'approche globale, ('«approche systémique» grâce à laquelle notre civilisation évitera —peut-être— la catastrophe.Pour ériger I enfin —après l'économie de survie des sociétés primitives et l'économie de croissance aujourd'hui si mal en point— la véritable économie d'équilibre: l'écosocialisme.Wlmin.L** ¦ : it:' - : ; o!:-.Stir-C ftr- .CT: rr;.'tfi M.Joël de Rosnay est le directeur du développement à l'Institut Pasteur de Paris. > QUîbec ¦ ÎCi QUÉBEC SCI ENCE / décembre 1975 Q.S.: Contrairement au microscope et au télescope, le macroscope est un symbole, non un instrument que l'on pourra trouver dans les laboratoires.Mais H y a une autre différence: télescope et microscope ont été inventés par des gens qui cherchaient seulement à satisfaire leur curiosité.L'instrument qui nous permettra d'aborder dans leur ensemble les systèmes auxquels nous sommes soumis constitue quant à lui une urgente nécessité.J.de R.: Exactement.Agir sur le système économique, notamment, c'est une impérieuse nécessité.Mais l'approche systémique repose sur l'acquis des sciences traditionnelles, analytiques, et elle n'aurait pu voir le jour sans elles.D'autre part, beaucoup de gens utilisent d'ores et déjà cette approche systémique à différents niveaux et de façon quotidienne.Les économistes et les biologistes, par exemple, qui doivent chacun appréhender des systèmes complexes d'un point de vue global.D'ailleurs, en tant que biologiste, je communique généralement mieux avec les économistes qu'avec les physiciens! -ra :ope.looti 111:'; : Q.S.: Cette affinité révèle sûrement une parenté entre la biologie et l'économie?oki serait ei ocessusent « raison, en a cooo unes dont èt, ireose J.de R.: Elle révèle une identité conceptuelle entre les sciences qui intègrent le temps.La biologie, l'écologie, l'économie font intervenir des cycles, des flux, des mécanismes de régulation, des stocks, des capitaux (argent, énergie, matériaux.), notions basées sur le concept de durée.Les sciences physiques, par contre, n'intègrent pas la durée, car elles n'en ont pas besoin.En ce sens, elles ne sont pas «dynamiques», alors que la biologie ou l'économie le sont.lux de rot a point110 luuientt*13' Q.S.: Ces sciences «non dynamiques)) sont-elles condamnées, vouées à servir d instruments inféodés aux sciences «dynamiques»?aeanttoot ni mai1 M"e"01 "’S jreLeM3' onou ivilisa110" pour" 55 ¦ de R.: Non.Elles resteront complémentaires.Comme l'aveugle et le paralytique, I approche analytique et l'approche systémique peuvent s'aider, se renforcer mutuellement.Il faudra continuer d'étudier, d'analyser, de disséquer en profondeur pour perfectionner les modèles systémiques qui bénéficieront en retour aux analystes.Un peu comme l'audio-yisuel et l'imprimé: la télévision n'a pas tué écrit et les deux modes d'expression sont complémentaires.Q.S.: Mais revenons au macroscope: reste-t-il assez de temps pour perfectionner net instrument et agir avant qu'il soit trop tard?d- de R.: De toute façon, l'approche systémique est probablement un des seuls cadres de référence qui permette d'agir efficacement.Le macroscope, intégrant les acquis de plusieurs sciences, est donc mstrument de l'action.Quant à compter sur lui et lui seul pour sauver le monde, c est une autre histoire.19 Q.S.: Votre livre décrit une série de systèmes complexes qui s'emboftent les uns dans les autres comme des poupées russes: la cellule, l'homme, l'entreprise, la ville, / économie.Tous sont des systèmes complexes autorégulés, y compris ceux créés par l'homme: le mécanisme de l'offre et de la demande, par exemple, régule le niveau des prix.Or, ces systèmes se sont construits tout seuls, sans que nu! n'y songe.J.de R.: C'est un point fondamental.Si vous prenez un organisme cybernétique, un avion piloté par un pilote automatique par exemple, sa finalité a été décidée de l'extérieur, par l'homme.Si par contre vous considérez la teneur en glucose du plasma sanguin, la concentration de sel dans les océans ou l'établissement d'un prix optimum pour un objet manufacturé, alors vous ne trouvez pas l'«horloger» qui a décidé arbitrairement: ces valeurs (prix, teneur en sel ou en glucose) résultent d'un équilibre spontané entre divers antagonismes.Un prix s'établit —je m'excuse de \ m me citer moi-même et d'utiliser une expression qui figure dans mon livre, mais c'est une expression des économistes qui me satisfait particulièrement- «au point de convergence entre la rareté et le désir».C'est très important, car on voit qu'un système économique, écologique ou biologique «sécrète» spontanément sa finalité de l'intérieur.Q.S.: Non.D'abord nous ne disposons pas d'un temps suffisant pour attendre que s'établissent d'eux-mêmes les équilibres qui chito J- Q.S.: Alors, à quoi bon étudier les systèmes, et pourquoi ne pas faire confiance à ces équilibres spontanés?Les choses devraient s'arranger d'elles-mêmes.nous plaisent.Ensuite, rien ne prouve, par exemple, que la régulation optimale et spontanée de l'écosystème ne passe pas par la disparition de l'espèce humaine.Pour éviter cela, l'approche systémique ne fait appel à aucune doctrine, elle n'introduit pas de nouvelle théorie.Elle se borne à utiliser un axe d'observation inédit.Il s'agit de regarder avec des yeux neufs l'ensemble des choses, en intégrant des méthodes et des techniques empruntées à des disciplines très différentes.Q.S.: Les problèmes auxquels on tentera ainsi d'apporter une solution sont en gros ceux soulevés par le Club de Rome: épuisement des ressources, pollution, surpopulation, finalité de la croissance, etc.' 20 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE Mais il reste la fameuse question, que vous posez dans votre livre, de la dégradation de l'énergie et de l'évolution des systèmes vers une entropie maximum, c'est-à-dire en fin de compte vers le désordre et la mort.Pour vous, cette évolution n'a rien d'inéluctable?J.de R.: En effet.On sait désormais que la vie, par les fluctuations, cycles et oscillations qui la caractérisent, va à contre-courant de la création d'entropie: à partir d'un certain degré d'organisation, on assiste donc à une contradiction flagrante du second principe de la thermodynamique, puisque des structures naissent du désordre.Ceci est le fait de ce que le biologiste belge lllya Prigogine nomme des «structures dissipatives».Pour ma part, je vais un peu plus loin en supposant que ces «structures dissipatives» se manifestent également au niveau d'une organisation économique et sociale: l'action créatrice de l'homme contrebalance l'accroissement de l'entropie.L'évolution vers la complexité génère de l'information, qui est d'une certaine façon le contraire de l'entropie.Q.S.: Vous êtes donc un optimiste?J.de R.: Je suis un optimiste inquiet.Mon livre est d'un abord facile.J'ai tout fait pour en rendre la lecture agréable.Mais tout lecteur sérieux s'apercevra qu'on y pose des questions graves.Seuls ceux qui refusent de voir la réalité en face, et se complaisent dans leur petite homéostasie personnelle, éluderont ces questions.Malheureusement, j'ai bien peur qu'un grand bouleversement soit de toute façon inéluctable.La présente crise constitue un signal d'alarme, ou un signe avant-coureur.Le renchérissement du pétrole n'est pas une cause: il n'a fait que déclencher l'ébranlement d'un système à l'équilibre métastable.Apparemment, on va s'en sortir pour cette fois.Les économistes proclament qu'ils ont aperçu «le bout du tunnel», et chacun va, le cœur soulagé, retourner à ses chères habitudes.Déjà, les images de la Hollande privée de voitures le dimanche nous semblent appartenir au passé.Il n'empêche que, outre le pétrole, l'or et les denrées alimentaires ont vu leur prix subir un bond spectaculaire.Le désordre monétaire et de nombreux autres indicateurs laissent présager la dislocation du système économique.A cela peut s'ajouter une «crise climatique»: sécheresse par-ci, moussons désastreuses par-là.Résultat: de très mauvaises récoltes.Et il y a l'explosion démographique.Toutes ces crises s'amplifient mutuellement et pourraient bien conduire à un effondrement du système économique mondial.Quant à la relance actuellement mise en œuvre par les gouvernements des pays industrialisés, elle me paraft assez illusoire.En effet, on prétend à la fois «relancer la machine économique» et économiser l'énergie, ce qui est parfaitement contradictoire.Quand on relance une machine, il faut injecter de l'énergie.Q.S.: Vous ne prenez pas de pari sur la date de cette grande crise que vous annoncez?J.de R.: Certainement pas.Mais disons que je serais très étonné si un second signe avant-coureur très net ne se manifestait pas avant dix ans.Q.S.: Cette crise ressemblera à celle de 1929?J.de R.: Pas du tout.La crise de 1929, c'était une crise purement boursière, et non pas économique.Celle dont nous parlons sera de nature tout à fait différente car elle affectera véritablement la machine économique, paralysée par des distorsions trop importantes.Q.S.: Elle n'épargnera pas les pays du bloc communiste?J.de R.: Elle n'épargnera personne, car ce sont les principes mêmes des échanges mondiaux qui sont en cause.Or tous les chito ¦s» m] Étas, socialistes ou non, se conforment à ces principes, et poursuivent au fond le même modèle de croissance.De manière très schématique, songez que tous les pays s'efforcent d'exporter plus qu'ils n'importent.Comment voulez-vous qu'un tel système dure?C'est un non-sens systémique.Dans un organisme, chaque cellule ne cherche pas à s'enrichir sur le dos des autres! Elle fonctionne de manière optimale et c'est tout.Il y a autre chose: la nature de la croissance économique traditionnelle.Le vieux principe de lutte contre la mort commande d'investir toujours plus: il faut d'abord annuler l'usure normale des équipements, et on investit donc à un rythme supérieur à cette usure.Ce faisant, on a l'impression de maintenir un équilibre.En réalité, on puise les ressources correspondantes —qui sont limitées— à un rythme accéléré, avec toutes les implications que cela entrafne pour l'environnement.Par conséquent, croyant maintenir un équilibre, on en détruit un autre, ce qui revient à mettre la poussière sous le tapis après avoir balayé.La seule façon d'alimenter un équilibre, c'est de puiser les flux requis à une source non tarissable.Il faut donc imaginer un nouveau modèle de croissance, non matérielle, qui s'alimente aux sources de la création humaine.Un modèle qui s'apparente à la «société conviviale» d'Ivan Illich.Le modèle d'une croissance qualitative, et non plus quantitative.Vers une forme de création collective plutôt que vers la croissance collective.Q.S.: Pourtant, bien des gens restent attachés à l'idée d'une croissance traditionnelle au nom de la justice sociale: la croissance matérielle serait indispensable pour assurer un niveau minimum au plus grand nombre.J.de R.: Mais le problème est de définir ce «niveau minimum» de jouissance matérielle.Les gens n'ont pas le temps de profiter des biens que leur travail leur procure; il y a «abondance de biens et pénurie de temps», comme le dit très justement Jean-Pierre Dupuy.D'autre part, la croissance matérielle trafnera toujours derrière elle le décalage dans la répartition des biens.Donc il faut s'arrêter, faire des choix, aller dans le sens d'une croissance qualitative privilégiant les relations humaines, abandonner la poursuite du bien-être à tout prix et s'occuper enfin de «plus-être».C'est ainsi que l'on bâtira l'écosocialisme. 2UÊBEC SCIENCE / décembre 1975 21 SCIENCE-FICTION LE MICROCOSME par Alix Renaud Des univers qui s'emboîtent Quand le visiteur eut achevé son histoire, le psychiatre lui dédia un très gentil sourire et se renversa dans son fauteuil en hochant la tête, comme pour signifier qu'il en avait vu (et entendu) d'autres.«Le traitement pourrait être long, susurra-t-il en se pourléchant.— Mais je ne suis pas fou, docteur! gémit Paul Therrien.Il fondit en larmes et se prit la tête dans les mains.— Huit spécialistes en un mois! pleurait-il.Cardiologues, cancérologues, psychologues.Ils disent tous que je n'ai rien, que je me fais des idées.Vous me prenez pour un fou! — Permettez.commença le psychiatre.— Je ne suis pas fou ! Je vous jure que je ne suis pas fou ! » Le psychiatre se leva et vint tapoter l'épaule du jeune homme, en murmurant des «mais non» paternels et cyniques.D'un bond Therrien fut sur pied, la face durcie, les yeux rouges et brillants.«Imbéciles! aboya-t-il, au comble de la révolte.Docteurs de mon c.— C'est plutôt la tête.— Crétins! Je me tuerai! et ce sera votre faute!» Sobre, le psychiatre avança la main comme pour décliner une invitation.Mais le jeune homme avait déjà franchi les quelques pieds qui le séparaient de la fenêtre.«Attendez!» Un cri plongea dans le vide quand la vitre vola en éclats. 22 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE U®15 Deux heures après son suicide, Paul Therrien gisait, nu, sanglé comme une momie, sur une table occupant le centre d'une petite pièce haute de plafond, éclairée par quatre appliques ornant les murs blancs.Autour de lui, c'était une concentration d'appareils divers, un enchevêtrement polychrome de fils électriques, l'affolement multiple d'une dizaine de petits cadrans.À l'écran d'un oscilloscope se tortillait, sur fond vert jungle, une sinusoïde vert pâle, tandis que l'unique téléviseur montrait une succession arythmique de lignes et de points allant de gauche à droite, puis de bas en haut, puis de gauche à droite et ainsi de suite.Un gros câble coaxial partait du fouillis et traversait la pièce pour disparaître sous une lourde porte métallique peinte en gris.À quelques pieds de la table, installé à un tout petit bureau qu'éblouissait une lampe orientable, un homme vêtu d'une blouse blanche observait les appareils et, par intervalles, notait hâtivement ses observations dans un cahier ouvert devant lui.Il approchait la quarantaine, montrait un visage énergique et pouvait passer pour beau.Il répondait au nom de Lessard.De part et d'autre de son bureau, quelques chaises inoccupées.Bertrand Lessard observait ses appareils depuis trente minutes quand soudain, ôtant ses lunettes, il se frotta les yeux, bâilla de lassitude et consulta sa montre.Un moment de réflexion, puis il pressa le bouton d'un interphone et lâcha: « L'équipe avec moi, tout de suite! Et prévenez le commandant que nous pouvons lui soulever un coin du voile.— Le commandant est justement parti vous voir, répondit une sorte de crachotement asexué.— Merci.» La porte s'ouvrit sur ces entrefaites, laissant déferler dans la pièce, en même temps qu'une vague d'air trop frais, un ronflement sourd d'ouragan lointain, orchestré de ronronnements tristes et de crépitements subaigus.«Serai-je le dernier à savoir ce qui se passe?» interrogea une voix grave et chaude, tandis que se refermait la porte.Un colosse avait fait irruption dans la pièce, impeccable dans son uniforme d'officier général, la démarche souple et les yeux pétillants de malice.Il était rasé de près et sentait la lavande.Son nom: André Miville.«Je vous ai fait soumettre un bref rapport, dit l'homme à la blouse blanche.— Bref, oh oui! Les journaux vont sûrement monter l'affaire en épingle.Je vois ça d'ici: UN HOMME VIVAIT AVEC UN SCIE»CS QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 23 COEUR MORT.LA DÉFENSE SÉQUESTRE SON CADAVRE.— C'est presque la vérité, admit Lessard.Le commandant s'assit.— Presque.Ce n'est évidemment ni tout à fait la vérité, ni toute la vérité?— Évidemment, sourit Lessard, ironique.Ils rirent doucement quelques secondes, puis: — Il s'agit d'un petit organisme, si j'ai bien compris.commença l'officier général.— Oui, si vous entendez par «organisme» un univers ultra-microscopique aussi parfaitement organisé —c'est le mot! — que notre galaxie.Le commandant secoua la tête.— Une histoire de fous, en somme!.Mais l'affaire est-elle vraiment de notre ressort?— Qu'en pensez-vous, vous?Miville haussa les épaules et fit la moue.— Elle regarde la science, non l'Armée.— Ah! Parce que selon vous, en Amérique du Nord, cela fait une différence?— Nous finirons par parler politique», jeta l'officier général en s'allumant une cigarette.Les deux hommes dégustèrent ensemble quelques secondes de silence, puis la porte s'ouvrit.Six individus arrivaient, serviette à la main ou dossier sous le bras.Ils saluèrent et prirent place.«Messieurs, fit l'homme à la blouse blanche, je ne vous demanderai aucune interprétation personnelle de la situation cauchemardesque où nous évoluons depuis le début de l'après-midi.Toutefois, le commandant Miville voudrait entendre de votre bouche ce que vous m'avez dit et consigné dans vos rapports.Tenez-vous-en à l'essentiel.Nous commencerons par Thompson.» Le dénommé Thompson, maigre et chauve, s'éclaircit la voix et dit: «Nous sommes en présence d'une chaîne de macromolécules disposée en spirale sur le diaphragme de Paul Therrien, juste en dessous du cœur.Elle se contracte et se dilate à la fréquence de soixante-dix périodes par minute.Elle émet en outre suffisamment d'énergie pour neutraliser en quelques secondes le cœur le plus robuste.Cette énergie, elle, se manifeste tantôt sous la forme d'ondes sonores d'une fréquence de 25 000 hertz. AY-i-A.-.'ill i •' , V.V^ÎmWMM 24 mm .jJjJWv décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE — Un instant! fit le commandant.La limite d'audibilité n'est-elle pas de 20 000 hertz pour l'oreille humaine?— Exact.Et nous n'en serions peut-être pas là si Paul Therrien n'avait pas joui d'une ouie exceptionnelle.À propos: les chiens, sensibles aux ultrasons, le poursuivaient partout.Il y avait de quoi désespérer, non?.— Pensez-vous qu'il ait été sensible aux ultrasons depuis longtemps?interrogea Miville.Thompson sembla hésiter.— C'est possible.Mais il est également possible que l'apparition du microcosme ait provoqué en lui des transformations.^ — Merci.Continuez, je vous en prie.— Tantôt, ai-je dit, sous la forme d'ondes sonores; tantôt encore, en l'espèce d'ondes électromagnétiques dont la longueur varie du dixième de micromètre au décamètre, c'est-à-dire de l'ultraviolet aux ondes ultra-courtes.— Mince! fit le commandant.— Merci, dit Thompson, feignant de croire à un compliment.À présent, si vous le permettez, je laisserai continuer le capitaine Brousseau.» Et il sourit à son voisin de gauche.Martin Brousseau avait le visage ovale, le front haut et les sourcils broussailleux.Sa bouche de jouisseur laissait couler une voix chaude et quelque peu rauque.«Si, toutes proportions gardées, notre technologie «moderne» nous permettait de produire et de domestiquer autant d'énergie qu'en dépense le microcosme pour émettre ces ondes, nous pourrions, du fond de la plus creuse vallée, faire trembler la Lune.— Poétique! grinça le commandant.— Car c'est bien ce qui s'est produit, poursuivait Brousseau, imperturbable.Entre autres, le microcosme a, à la fois, neutralisé le bulbe rachidien et assumé toutes les fonctions du cœur.Un merveilleux hasard, messieurs, si le hasard existe! — Les médecins consultés par Therrien ne se sont jamais aperçus de la chose?interrogea le commandant, incrédule.— Ils ne pouvaient pas s'en rendre compte.Dans un stéthoscope ordinaire, les bruits perçus devaient nécessairement, pour un médecin, être ceux d'un cœur qui bat.Or, il n'en était rien.Ce cœur ne battait pas; «on» le faisait trembler! — Fantastique! — Tout mort que soit maintenant Paul Therrien, son cœur continue de.trembler.Le sang circule normalement dans ce corps qui refuse de refroidir. SCIENct 3 QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 - Est-il mort, oui ou non?s'énerva Miville.- Qui sait!.fit Brousseau en hochant la tête.Il s'enflamma, soudain: — Si cet homme a pu vivre plus d'un mois avec un cœur absolument inerte, tous les rêves sont permis! Une équipe formée de nos meilleurs chirurgiens pourrait peut-être.Il se calma tout aussi soudainement: — Je m'égare.Excusez-moi.— Dites-moi.commença le commandant.- Oui?— Pourquoi ces tremblements se manifestaient-ils au rythme même des pulsations cardiaques?Brousseau s'agita sur sa chaise.— Je laisserais volontiers la parole au major Yves Bolduc.» Une grosse voix de basse jaillit d'un freluquet particulièrement laid.Petite tête affligée de grandes oreilles décollées, rasée quelque part pour imiter un front clouté à sa base de petits yeux d'insecte.Un nez en bec d'aigle, et le reste du visage rappelant une feuille de papier froissée.«De toutes les hypothèses élaborées par moi, aussi folles les unes que les autres, une seule s'impose encore à mon esprit comme étant la bonne.presque une certitude.— Nous vous écoutons, fit le commandant, un tantinet agacé par le préambule.— Voilà, dit le major après avoir claqué la langue.Né dans le corps même de Paul Therrien, le microcosme a tout de suite été influencé par les contractions les plus régulières, celles du muscle cardiaque.Ce phénomène est assimilable à l'adaptation des organismes vivants au milieu naturel.— Il y avait quand même d'autres contractions.celles du tube digestif, par exemple.- Elles n'étaient ni aussi fréquentes ni aussi régulières que celles du cœur.Persuadé, sans raison valable d'ailleurs, que la chame de macromolécules constituait un organisme vivant et autonome, et non des parasites, j'ai soumis nos ordinateurs à un interrogatoire en règle.La philosophie, la botanique, la zoologie, tout y est passé! — Et alors?souffla le commandant, tendu comme un arc.— Alors: premièrement, il s'agit bien d'un organisme microscopique, vivant et autonome; deuxièmement, ce microcosme a adopté le rythme cardiaque de Therrien comme un fœtus dans le sein de sa mère; troisièmement -et tenez-vous bien!-ce rythme, avant d'être adopté entre tous les autres, avait été étudié et jugé rassurant pour un psychisme supérieur mais décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE* fragile.— Étudié! Adopté! bégayait le commandant.Un psychisme supérieur!.Vous y allez un peu fort, non?— Dans cette histoire, s'irrita Bolduc, tout le monde y va un peu fort.À commencer par le microcosme et le suicidé! — Bon, bon.admit le commandant en levant la main.Puis, s'adressant à eux tous, il lança, feignant la désinvolture: — Au fait, pourquoi s'est-il suicidé, le bonhomme?.Cette question me semblait si banale que j'hésitais à la poser.Mais du moment qu'on est tous fous de la même clinique.» Il y eut un silence lourd, que rompit l'homme à la blouse blanche, Bertrand Lessard: «Paul Therrien en avait marre de n'être cru de personne et de passer pour un dément.Il entendait une petite voix de femme ou d'enfant qui, plus aiguë qu'un cri de piccolo, lui sortait de la poitrine et disait à toute vitesse et sans arrêt: 'Microcosme appelle Macrocosme.Répondez!'» À la mine stupéfaite de l'officier général, on devinait qu'aucun des autres rapports ne pouvait lui réserver de surprise.Les miracles même lui sembleraient banals désormais.Les machines ne dérougissaient pas, absorbant, infatigables et dociles, problème sur problème, les données les plus complexes, hypothèses sophistiquées ou questions extravagantes.Elles vomissaient simultanément un flot ininterrompu de réponses ou de commentaires.Les bobines magnétiques tournaient, folles ou comme lasses, tandis que deux imprimantes s'activaient dans un vacarme de géhenne où entraient tant leurs hoquets et leur mitraillage que la pétarade des lecteurs.Dans la grande salle réfrigérée, délimitée par un mur de métal et trois de verre épais, une douzaine d'hommes et quatre femmes s'affairaient, allant d'une console à un fichier, se jetant quelques mots dans l'oreille ou se montrant tel détail d'une sortie fraîche imprimée par l'ordinateur.Il arrivait que se formât, pour une ou deux minutes, un petit groupe d'individus excités ou désabusés, dont le visage exprimait l'enthousiasme ou la fatigue, le scepticisme et parfois l'orgueil.Un mot revenait sur toutes les lèvres, un mot cent fois lu dans un listage ou composé sur un clavier: microcosme.L'homme de la rue, lui, l'entendait peut-être pour la première fois et apprenait avec une indifférence superbe qu'il signifiait «univers microscopique», sinon «cosmos en réduction».Pour lui, tous les imbroglios se ressemblaient: une poignée de savants criant au prodige, d'autres à l'imposture, les demi-scients à l'épouvantail /.ECSCI ÉBEC SCIENCE / décembre 1975 politique et les dévots à l'infernal.Par contre, pour les seize hommes et femmes rassemblés dans la salle des machines, il s'agissait de résoudre au plus vite une énigme —une nouvelle! — imposée à la Science par la Nature.A qui s'adressait donc le message: «Microcosme appelle Macrocosme»?En d'autres termes, qui était le macrocosme?Sur le plan de la relativité, Paul Therrien lui-même?Ou bien la planète Terre et ses habitants?Le Cosmos?Une autre question préoccupait davantage les intelligences mobilisées: comment répondre?.Car, quelques heures plus tôt, à la fin du sixième rapport fait au commandant Miville, l'équipe supervisée par l'homme à la blouse blanche avait reçu un ordre sans équivoque: «Vous devez absolument leur répondre!».L'officier général n'avait pas dit «lui», pour parler du microcosme; mais: «leur répondre».Il avait enfin admis l'évidence: dans le corps d'un homme ordinaire avait pris naissance un univers peuplé d'êtres raisonnables qui tentaient par tous les moyens d'entrer en communication avec ce qu'ils appelaient «Macrocosme».Bertrand Lessard lui-même avait dû ravaler son orgueil pour reconnaître au monde de ces «microbes pensants», comme disait Miville, une avance considérable sur celui des hommes, au plan de la technologie tout au moins.Émettre de l'énergie n'est rien; la première difficulté avait dû consister en la parfaite domestication de cette énergie, au point qu'il fût possible de la convertir en oscillations s'étalant sur une si large bande de fréquences, que le message eût au moins une chance sur mille d'être capté par n'importe quel récepteur existant ou pouvant exister.La seconde difficulté: concevoir, fabriquer même, et utiliser à des fins évidentes, soixante-quatorze langues fondamentalement différentes, de telle sorte qu'au moins l'une d'elles fût langue naturelle d'un auditeur éventuel.Quel savoir avait délimité le registre des combinaisons phoniques possibles, puis effectué, actualisé en laboratoire l'infini des virtualités linguistiques! Ce n'était pas un hasard si neuf de ces langues étaient humaines: le turc, le russe, le français (mais un français rudimentaire), le khmaer, l'anglais, le hongrois, l'hébreu ancien, le chinois et le kalispel.L'élite scientifique en restait baba.Quant aux autres langues utilisées par le microcosme, deux spécialistes —un linguiste et ün cybernéticien— avaient juré d'en percer le secret, sitôt réglés les problèmes urgents. Ce fut justement ce cybernéticien-là qui, à un certain moment, du fond de la salle où il déchiffrait un document, poussa une sorte de hurlement désespéré qui couvrit le vacarme ambiant.Tout le monde s'était figé.Mais bientôt on entourait l'homme, on le pressait de questions.«11 reste au microcosme quinze minutes à vivre, lâchâ-t-il dans un sanglot de rage.— Merde et merde! jeta Brousseau.Puis, âpre à la plus mince consolation: — À sa propre échelle chronométrique, dit-il, le microcosme en a encore pour environ trente mille ans.— Que pouvons-nous faire, nous, en quinze minutes?» ragea l'homme à la blouse blanche en l'incendiant du regard.Et comme si tout, dès lors, devait se précipiter, le téléphone sonna.Déjà Bertrand Lessard abattait sa main sur le combiné.«Allô!» 3 Cible de tous les regards, il écoutait en fronçant les sourcils.Son visage sembla s'éclairer.«Branchez la console 4! Branchez aussi le convertisseur vocal! Enregistrez et déchiffrez tout! Raccrochant avec violence, il dit à la cantonade: — Prévenez le général que le microcosme nous entend!» Le temps d'un cillement, ce fut comme si personne n'avait compris.Et, brusquement, le délire! Les sauts, les cris.Les embrassades auraient suivi si Lessard n'avait hurlé de nouveau: «Prévenez le commandant, nom de Dieu!.Et tous à la console 4!» Quelqu'un se jeta sur l'appareil téléphonique.Les autres entouraient bientôt la console élue, où s'installait un Bertrand Lessard nerveux comme jamais auparavant.Il appuya sur quelques boutons pour mettre en veilleuse les traitements en cours.Les imprimantes se turent.S'emparant alors du micro relié au convertisseur vocal, lui-même branché aux machines, il parla le plus calmement qu'il put: «Macrocosme appelle Microcosme.A vous! Macrocosme appelle Microcosme.À vous!» Une minute d'un silence absolu.Chacun se retenait de respirer, serrait les poings ou se tordait les doigts.Lessard suait à grosses gouttes; une veine battait avec force à la tempe de Brousseau.Et soudain, en même temps que fondait sur le groupe une frayeur sans nom, les haut-parleurs du plafond laissèrent tomber une espèce de cafouillage chantonnant: «Paix sur toi, Macrocosme! Longtemps-longtemps que nous ¦SCIENCE JÉBEC SCIENCE / décembre 1975 ! 'IK 29 appelons.Quel es-tu?» Les imprimantes s'étaient décharnées et l'on avait envie de crier.Lessard jeta autour de lui des regards affolés.Maintenant, il suait à nager et ses narines frémissaient.«Nous nous appelons 'hommes'.» dit-il en s'étranglant.Il tendit le micro à une jeune femme et se comprima l'estomac des deux mains.Il glissa de sa chaise et vomit sur le carrelage.«Hommes.hommes.crachotait les haut-parleurs.Pourquoi?La jeune femme munie du microphone demanda: — Et toi.Microcosme, quel es-tu?Elle se mit à trembler de tous ses membres.— Nous nous appelons 'créatures', répondait le microcosme.Longtemps-longtemps que nous appelons.Nos mondes se ressemblent peut-être.— Non! cria la jeune femme, claquant des dents.Vous êtes des microbes! Des microbes!» Elle piqua une crise de nerfs et deux hommes l'emmenèrent, tandis que les haut-parleurs poursuivaient: «Mais des générations passent avant que vous répondiez.L'écart est si grand.Macrocosme!.Si grand.» Lessard se relevait, s'essuyait la bouche du revers de la main et reprenait sa place.«Sais-tu où tu vis, Microcosme?interrogea-t-il.Une sorte de sifflement lui répondit.— Tu vis dans le corps d'un homme! Le sifflement reprit, s'arrêta.— En bonhe santé, l'homme où nous vivons?Il y avait comme de l'ironie dans la question.— Il est mort, articula péniblement l'homme à la blouse blanche.Le cafouillage reprenait: — Vos émetteurs à trop faible puissance, Macrocosme.Difficultés à vous comprendre.Augmentez la puissiiiiiiiii.» Le sifflement était maintenant intolérable.Happant le micro des mains de son supérieur désemparé, Brousseau se dépêcha de parfer: «Sur quels principes repose votre civilisation?Parlez-nous de votre technologie.Le sifflement augmentait en acuité à chaque seconde.— Votre technologie?s'énervait Brousseau.Quelle source d'énergie utilisez-vous?Pourquoi nous appelez-vous?Lessard lui reprit le micro: décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE ¦¦ 'mm* — Quelle est la cellule de base de votre société?— Regardez!» cria quelqu'un, une femme, en montrant du doigt l'écran d'un téléviseur.Ce qu'y virent ces êtres déjà frissonnants, serrés les uns contre les autres, leur glaça le sang dans les veines.Sur l'écran, trois formes humaines dessinées en pointillé noir! Elles semblaient se tenir par la main et s'éloigner.Au-dessus de leur tête, une grosse tache d'où partaient comme des rayons.Au second plan, deux cercles concentriques tournaient en sens inverse l'un de l'autre.L'image s'embrouilla et les haut-parleurs se mirent à crachoter des bribes de phrases: «Vide comblé.toute génération.Tout macrocosme est microcosme.soleil glacé.horreur baignée.de rêve.cappeler comète.la dernière constriction.casque d'oubli.horés vain.sang de (ou 102?) lumière(s).» Il se fit un silence de crypte, car les ordinateurs s'étaient tus.Les hommes retenaient leur souffle et les trois femmes présentes pleuraient sans bruit.«Il lui reste trois minutes», chuchota le cybernéticien.On ne l'entendit pas.Les regards allaient des haut-parleurs muets à l'écran où pleuvaient des étincelles.On attendait.N'importe quoi.Ce fut à ce moment-là que claqua la voix du commandant: «Que se passe-t-il?» Il arrivait à peine, essoufflé, la casquette à la main et la veste mal boutonnée.Lessard lui jeta un regard qui ne le vit pas.«Merde! — Pardon?— C'est fini! — Mais il reste encore deux minutes! s'indigna le cybernéticien.» Lessard lâcha le micro, se leva et, raide comme un clou, s'éloigna.«Il reste deux minutes!» s'écria le cybernéticien, comme révolté par une injustice.Lentement, sans un mot, sans un regard pour le général pantois, l'équipe quittait les lieux. QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 LA TOURTE EST MORTE VIVE LA TOURTIÈRE! par Réjean Talbot Une autre victime de la « civilisation » de l'homme Les créatures ailées ont toujours, au fil des siècles, suscité fascination et admiration chez l'homme.Adorées par les Égyptiens, elles alimentèrent l'inspiration des pionniers de l'aviation.Et voilà qu'aujourd'hui, la conquête de la lune fait déjà partie de l'histoire.Pourtant, rrous en sommes à peine à la renaissance en ce qui concerne la protection de l'environnement.Depuis plus de trois siècles, en effet, l'homme s'est acharné à éliminer, outre quelques mammifères, près de 80 espèces d'oiseaux de la surface du globe.L'essor de la civilisation, à la fin du siècle dernier, contribué à la disparition d'une espèce de olatiles par année.Parmi celles-ci, l'une es rares dont on connaisse le moment de l'extinction avec précision était urnommée, par les fermiers, du nom avalier de tourte.Linné la classait sous la omantique appellation à'Ectopistes igratorius.Il s'agissait d'un pigeon des lus ordinaires parmi les cinq cents espèces isséminées à travers le monde.Une ueue et des pattes sveltes, des pieds ourtauds munis de trois doigts dont un à 'arrière, un cou relativement allongé urmonté d'une tête menue, un bec droit, e plumage lisse et abondant, des ailes vissantes et une vue télescopique associées un doux roucoulement, en faisaient un iseau agréable à regarder et à entendre, on originalité, en même temps que sa ulnérabilité, résidait surtout dans son ombre immense.Vers 1800, on l'estimait u double de la population humaine ctuelle.EPOQUE ES CHASSES MIRACULEUSES n effet, ce qu'on en raconte nous semble ncroyable: les branches se brisaient sous eur poids, leurs excréments recouvraient le o! sur plusieurs centimètres et leur passage oircissait le ciel.En 1866, un vol de ourtes masquait le soleil pendant quatorze cures au Canada: on a estimé la volée à 483 kilomètres de long et 1,6 kilomètre de large.Audubon, le célèbre naturaliste américain, parcourant le Kentucky durant l'automne de 1813, en a vu passer 163 bandes en vingt minutes.La fiente des tourtes tombait comme de la neige, raconta-t-il, et le bruit de leurs ailes produisait un sifflement monotone.Un rapide calcul, à partir de la vitesse des tourtes et de leur «densité» lui révéla le nombre astronomique de 1 11 5 136 000 individus.Outre les naturalistes, les chasseurs aussi étaient en quête de records.Un habitant des Maritimes rapportait avoir abattu 132 tourtes d'une seule rafale de plombs.Bill Loane, chasseur professionnel de tourtes, en a capturé plus d'un millier d'un seul coup de filet à Toronto.Le Dr Welford, de Woodstock, à court de munitions après avoir tiré plus de quatre cents pigeons, se cacha derrière une barrière et en assomma plusieurs à l'aide d'une simple perche en bois.Jusqu'aux fermiers qui engraissaient leurs porcs et nourrissaient leurs chiens de la chair des tourtes! En raison d'un effectif aussi innombrable, l'espèce occupait un vaste territoire qui s'étendait, d'une part, du district du Mackenzie jusqu'au golfe du Mexique et, d'autre part, des Rocheuses à l'Atlantique.Elle fréquentait essentiellement les arbres fruitiers et les feuillus.Durant l'été, elle se reproduisait au Canada, puis migrait vers le sud des États-Unis lorsque la saison froide arrivait.Au Canada, on la retrouvait surtout dans l'est central de la Saskatchewan, le sud du Manitoba, le midi ontarien et la totalité des provinces maritimes, sauf Terre-Neuve.Au Québec, on en rencontrait indifféremment tout le long des deux rives du Saint-Laurent, souvent loin à l'intérieur des terres.Peter Kalm, naturaliste suédois qui visita l'Amérique septentrionale en 1749 à la demande de Linné, citait Baie Saint-Paul comme limite nord de nidification, mais on en a signalé jusqu'à l'fle d'Anticosti.En fait, elle s'étendait entre le 58ième et le 62ième parallèle.UNE VÉRITABLE PLUIE DILUVIENNE À chaque printemps, tantôt durant les sucres, tantôt durant les semailles, c'était un spectacle renouvelé: hommes, femmes et enfants délaissaient la routine quotidienne pour contempler, avec un mélange de crainte et d'admiration, le défilé de hordes de tourtes qui s'abattaient sur la forêt en pluie diluvienne à la recherche d'un territoire pour manger.Leur appétit était insatiable, et lorsque le fermier évitait la dévastation de ses champs, les insectes, eux, n'échappaient pas à la décimation.Leur menu était des plus variés et leur habileté à le dénicher, exceptionnelle.Tout y passait: noisettes, fruits du hêtre, du chêne, de l'érable et de l'orme, sarrazin, froment, riz, mais, blé, avoine, composaient le plat de résistance, en plus des sauterelles, chenilles, vers colimaçons et moustiques.Fraises, framboises, groseilles, mûres et bleuets constituaient un bon dessert.L'eau servait de boisson et la tourte la buvait sans lever la tête.L'extrême diversité d'un tel régime, associée aux immensités sauvages des forêts, évitait l'épuisement total d'un territoire en nourriture.Toutes les bandes se suivaient et chacune répétait systématiquement les mouvements de la précédente.Dès qu'une troupe avait repéré un réfectoire possible, elle passait de la formation de vol à haute altitude sur un front étendu à une formation linéaire à basse altitude pour mieux explorer le terrain.S'il semblait satisfaisant, on assistait à un déluge de tourtes durant lequel certains arbres ne manquaient pas d'y laisser quelques branches.Assurées d'un bon garde-manger et d'un logis adéquat, c'était dans l'allégresse générale que les mâles, d'un même décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE le ministère fédéral de l'Énergie, des Mines et des Ressources a un bureau à Québec?En effet, nous avons un bureau dans la Vieille Capitale depuis plusieurs années.Il est situé au 1535 cnemin Ste-Foy (Édifice Bellevue) et notre numéro de téléphone est: 694-3325.Un personnel très compétent est à votre disposition pour vous fournir gratuitement toutes sortes de renseignements, de publications, de dépliants et de conseils.Vous pouvez également consulter notre bibliothèque, acheter des échantillons de minéraux et une multitude de cartes à un prix vraiment ridicule.Vous êtes chanceux! Notre bureau de Québec est le seul que notre ministère ait au Québec et c’est votre région qui peut en bénéficier.Alors, venez vite nous voir; vous serez surpris de découvrir tout un monde de connaissances scientifiques mis à votre portée gratuitement.Nous vous attendons dès maintenant! siaro1, 'oulii nelle oo: UK.UfDs'C retour qu'au c: Tiédi IA IR SO1' s deuil pi ateileui U, Lntre autres services, nous avons: des cartes générales, topographiques, thématiques, géophysiques, géologiques, mi nières et gravimétriques; • des publications traitant de géologie, des mines, des ressources minérales, du pétro le, des sources d’énergie, de l’uranium, de l’électricité, de la géodésie et de l’astro nomie Energie, Mines et Ressources Canada Energy, Mines and Resources Canada ia QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 accord, s'empressaient de courtiser la partenaire de leur choix.Fiers et pompeux, ils exhibaient leurs plus belles plumes.Le cou gonflé et les yeux brillants, ils poursuivaient les femelles qui, d'abord timides, répondaient bientôt aux avances de leurs prétendants.Les embrassades étaient promptes et, aussitôt l'accouplement terminé, les tourtereaux entreprenaient l'aménagement du foyer.Les nids étaient construits sur des feuillus ou des résineux selon le cas.Arthur Bent, naturaliste américain, a observé au-delà de cent nids par arbre.Dans ces HLM pour tourtes, la femelle assemblait les brindilles sèches que le mâle devait aller quérir.Construit près du tronc, entre 2 et 15 mètres du sol, le nid formait une plate-forme fragile.La ponte survenait trois à quatre jours plus tard.Les cycles d'incubation se déroulaient d'une façon très régulière.La femelle occupait le nid le matin jusqu'à dix heures.Le mâle revenait alors de déjeuner pour garder le nid jusqu'à quinze heures.De retour, la femelle rassasiée patientait jusqu'au coucher du soleil en guettant 'arrivée de son partenaire.ALLAITÉ 'AR SON PÈRE ET SA MÈRE Les deux pigeonnaux à terme faisaient |péclater leur coquille blanche de douze à quatorze jours plus tard.Faibles et aveugles, ils étaient nourris avec du lait de igeon, sorte de bouillie composée d'un élange d'aliments prédigérés et de ¦ sécrétions du jabot.Deux semaines s'écoulaient ainsi où le jeune profitait du «lait» de son père et de sa mère.Puis, soussé hors du nid par ses parents, il prenait son premier envol très maladroite-nent, alourdi par l'inaction et la uralimentation.Au bout de quatre jours eulement, il devenait un as du vol, et après ix mois, un partenaire apte à procréer.Jne seconde couvée obligeait à la onstruction d'un nouveau nid.Puis les ifférentes colonies erraient d'un endroit à autre.L'automne s'installait rapidement et le |ignal du départ était donné.Assemblées n bandes ici et là, les tourtes quittaient eur juchoir vers la mi-septembre d'une açon plutôt décousue.Chaque bande uivait la précédente pendant plusieurs ours en direction du Sud et de la chaleur, out au long de cette odyssée, la tourte, insi que sa progéniture, risquait d'être I riblée de balles, emprisonnée dans un filet, | touffée par des gaz sulfurés, dévorée par n faucon, et de servir de repas aux renards, ynx et fouines bien que l'homme demeu-ait son prédateur le plus redoutable.Ainsi, n I espace d'un siècle, les milliards jevinrent millions, puis milliers, et enfin lisparurent.Déjà à l'époque de la colonisation rançaise, on menait une guerre sainte à la ourte, et «Monseigneur l'Évêque fut ontraint de les foudroyer à grosses gouttes eau bénite, pour le salut des biens de la îrre».D'abord utilisées comme ourriture par les fermiers dont les récoltes vaient été dévastées, elles devinrent vite V objets de commercialisation aux États-Unis.Vendues à 2 sous la pièce, elles étaient exportées à pleins barils un peu partout par train et par bateau.Plus tard, on fabriqua des pièges à pigeon en vue de la capture de tourtes vivantes pour les engraisser et les vendre ou les utiliser comme cibles aux tournois de tir au pigeon.Vers 1860, plusieurs chasseurs se spécialisèrent dans leur capture, et chacun d'eux pouvait ainsi totaliser des gains de 40 dollars par jour à 35 sous la douzaine.On ne consommait alors que la poitrine de l'oiseau.Les plumes servaient à bourrer les lits et les oreillers.Comme la tourte était un oiseau grégaire, peu farouche, et comme son potentiel reproductif était limité, la disparition fut inévitable.Les colonies se volatilisèrent d'abord à l'est, puis peu à peu, à l'ouest, avec l'avance du cheval de fer.TOUTES LES EXCUSES SONT BONNES En 1909, l'espèce ne comptait plus que deux spécimens en captivité: une femelle et un mâle.Malgré des offres de récompenses de milliers de dollars pour la capture d'un couple de tourtes, personne n'y parvint.Après la mort du mâle, la femelle tomba malade.Et c'est le premier septembre 1914 à 13 heures, au jardin zoologique de Cincinnati, que Martha, âgée de 29 ans, rendit l'«âme», entourée d'ornithologues en larmes.iwt! 33 Les contemporains du massacre ont cherché bien des excuses pour expliquer cette «soudaine et mystérieuse» disparition: tempête de neige, tornade, orage en mer, feux de forêt, épidémie, ouragan.N'a-t-on pas émis l'hypothèse d'une migration en masse vers l'Amérique du Sud?! La persécution croissante de l'homme, voilà la cause principale.Des concours de tirs au pigeon où l'on sacrifiait plus de vingt mille tourtes, des massacres indescriptibles durant la saison de procréation, des tonnes de glace employées pour le transport.de centaines de barils de tourtes par jour, des porcs nourris de tourtes et quoi encore! De la tourte rôtie, frite dans l'huile, bouillie, sans oublier la tourtière! When I can shoot my rifle clear At pigeons in the sky I'll say good-bye to pork and beans And live on pigeon pie, disait un poème anglais.Aujourd'hui, le courlis esquimau, la grue blanche d'Amérique et le condor de Californie sont menacés de rejoindre la tourte au paradis des oiseaux.Cette hécatombe a de quoi laisser songeur.Nous et nos descendants ne pourront plus jamais voir la migration de la tourte, ni goûter à une vraie tourtière.Bibliographie J.-J.Audubon, Les oiseaux d'Amérique, Payot, Paris, 1945 Arthur Cleveland Bent, Life Histories of North American Gallinaceous Birds, U.S.Government Printing Office, Washington, 1932 Jean-Guy Deschênes et Réjean Talbot, La tourte, Éditions René Fradette, Imprimerie du CEGEP, La Pocatière, 1973 W.Earl Godfrey, Les oiseaux du Canada, Musée national du Canada, Imprimeur de la Reine, Ottawa, 1967 P.A.Taverner, Les oiseaux de l'Est du Canada, ministère des Mines, Canada, 1922 34 décembre 1975/ QUÉBEC SCI ENE ALERTE AU MERCURE par Gilles Provost La pire des pollutions Dans le passé, la pollution ne faisait des victimes que chez les poissons, les oiseaux et les autres animaux sauvages.Il n'y avait certes pas de quoi se réjouir, mais on ne s'alarmait pas vraiment non plus.«Après tout, disait M.Tout-le-Monde, que m'importent quelques animaux que je n'avais jamais vus ailleurs qu'au zoo?» Aujourd'hui, toutefois, la page est tournée: c'est la survie de populations humaines qui est en jeu.Depuis trois mois environ, les media fourmillent d'informations disparates au sujet de la pollution par le mercure et de la terrible menace qui plane sur des populations indiennes du Québec et de l'Ontario.Bien des questions restent pourtant sans réponse: le danger est-il grave?Y a-t-il des victimes bien identifiées?Suis-je menacé personnellement?Cette pollution est-elle «naturelle» ou industrielle?Existe-t-il une parade à cette menace?Que font les gouvernements?Le présent article (premier d'une série de deux) tente de répondre à ces questions bien légitimes.Le problème de la pollution par le mercure est inséparable des caractéristiques exceptionnelles de cet élément que les Anciens nommaient «argent liquide» ou «hydrargyrum», d'où son symbole chimique Hg.Liquide à la température ambiante, ce métal est 13 fois plus dense que l'eau et 20 pour cent plus lourd que le plomb, à volume égal.Il a aussi une viscosité très faible, mais une tension superficielle élevée (force d'attraction qui s'exerce entre les molécules à la surface d'un liquide, les empêchant de se disperser).Cela lui donne d'étranges propriétés mécaniques: il coule avec une très grande facilité sans adhérer nulle part et il éclate en gouttelettes minuscules qui roulent partout, au moindre choc.Renversé par mégarde, il est presqu'irrécupérable: en plus d'être insoluble et insensible aux aimants, il ne s'imbibe à peu près pas.Enfin ce métal liquide, capable de s'infiltrer dans de lt,E«Clf,: UÉB EC SCI ENCE / décembre 1975 35 linces fissures, peut aussi s'évaporer sèment en raison de sa forte pression de ipeur.Avec les gaz rares, le mercure est ailleurs le seul élément dont la vapeur est honoatomique.Chimiquement, ce métal pt relativement peu actif et on peut même trouver à l'état liquide dans la nature; les actions auxquelles il participe sont lativement complexes puisque ses sels auvent exister sous une forme mercurique Hg)++ ou mercureuse (Hg-Hg)-”.La toxicité du mercure est aussi un nénomène peu ordinaire: il y a en réalité aux sortes d'empoisonnements au mercure, implètement différentes l'une de l'autre.dus sa forme métallique pure, le mercure iporisé peut causer un empoisonnement i pénétrant dans le sang par l'intermédiaire as poumons, ou à travers la peau saine et, videmment, par le système digestif.Ce l'pe d'intoxication exige de fortes jincentrations et on ne le trouve |>uramment que chez les ouvriers qui lavaillent avec de grandes quantités de étal ou dans des cas très particuliers.On jdéjà vu des familles intoxiquées parce que as étudiants avaient renversé du mercure r le tapis sans penser que les vapeurs mpliraient bientôt la maison.Le métal t alors absorbé plus rapidement que arganisme ne peut l'éliminer, ce qui itrafne une perte de l'appétit, des problè-es digestifs, des complications rénales ou spiratoires, une altération de la arsonnalité, etc.Cette forme d'intoxica-M Dn est réversible et les symptômes fl sparaissent si le malade est placé dans un fl ivironnement sain, mais si on tarde trop à irriger la situation, les dommages peuvent re permanents et l'issue, mortelle.Malgré tout, c'est la deuxième forme intoxication qui pose un problème ajeur aujourd'hui.Elle est beaucoup plus ¦ agique: le mercure agit en dose infime, Bitruisant irrémédiablement le système irveux et les premiers symptômes apparaissant que lorsque les dommages nt suffisants.Ici, ce sont les composés ganiques du mercure qui sont en cause, grande majorité d'entre eux sont xiques, mais la palme, en cette matière, vient aux plus simples comme le méthyl-;rcure (CH3 -Hg)+ et le diméthyl-mercure Hs-Hg-CHs).Or, on sait depuis 1967 e les bactéries ordinaires peuvent insformer le mercure ordinaire en méthyl- JDrcure, beaucoup plus meurtrier.On se end maintenant à regretter amèrement centaines de tonnes de ce métal qu'on ait déversées innocemment dans les cours sau ou libérées dans l'atmosphère.3QI8 BJl iqef 1 xu ; 3353 ¦ HJ:'1 ooc iioq -US DE 3 000 VICTIMES premier cas grave d'intoxication llective par le méthyl-mercure est survenu Minamata, un petit village de pauvres cheurs japonais, en 1953.Il aura fallu it ans aux chercheurs pour mettre le igt avec certitude sur la cause de la iladie.Cela explique pourquoi, jourd'hui, on déplore au moins 110 Drts, 800 victimes officielles et au moins 300 cas «douteux» aux yeux des torités politiques qui doivent décider à i on paiera un dédommagement.Les données actuelles permettent pourtant de penser que ces victimes n'absorbaient que 120 milligrammes de méthyl-mercure par mois par l'intermédiaire du poisson contaminé qu'ils attrappaient.Les autopsies du docteur Tadao Takeuchi ne laissent aucun doute sur le mode d'action du mercure méthylé; dans les cas chroniques, on pouvait remarquer à l'œil nu l'atrophie générale du cerveau qui se trouvait ratatiné sur lui-même.Le cervelet était particulièrement touché et la matière grise, décomposée, ressemblait à une éponge.Même dans les cas moins graves, un examen microscopique de la zone cérébrale responsable de la vision révélait la disparition de la majorité des neurones.Dans les cas les plus graves, il n'en restait aucun.Les dommages aux fibres nerveuses étaient apparents jusque dans les régions périphériques: fibres dépouillées de leur gaine de myéline, incomplètement développées et disposées de façon anarchique.Dans le cas où l'individu avait été intoxiqué au cours du stade fœtal, dans le sein maternel, les symptômes étaient beaucoup plus prononcés et l'architecture même du cerveau pouvait être affectée.Toutes les victimes fœtales souffraient aussi de microcéphalie, c'est-à-dire que leur cerveau n'atteignait que la moitié ou le tiers de la taille normale.À part un sous-développement des extrémités chez les jeunes victimes, le mercure organique n'a pas occasionné de difformités; il a cependant provoqué une dégénérescence du foie et des reins, une érosion des parois intestinales et une sous-production des spermatozoïdes.Dans les cas extrêmes, le décès était dû aux effets secondaires et non pas aux lésions nerveuses qui ne semblent pas mortelles.LES SYMPTÔMES APPARAISSENT TROP TARD En raison de la grande flexibilité du cerveau qui se réorganise constamment pour corriger les conséquences des lésions qu'il subit, les symptômes de la maladie de Minamata ne se manifestent qu'au moment où les dommages deviennent trop importants pour que le cerveau puisse y parer.En d'autres termes, les symptômes n'apparaissent que lorsqu'il est trop tard: le mal est déjà fait.Dans beaucoup de cas, ce n'est qu'au moment de l'autopsie qu'on a découvert qu'une intoxication au méthyl-mercure était la cause du décès! Parfois, les symptômes ne sont apparus qu'une dizaine d'années après l'intoxication elle-même.Les premiers symptômes sont très difficiles à déceler en raison de leur apparition progressive et de leur caractère peu spécifique.Les trois manifestations principales sont l'ataxie (tremblements et manque de coordination des mouvements), la restriction du champ visuel et des difficultés d'élocution.À cela s'ajoute une atténuation des sensations tactiles, de l'ouie, etc.Dans les cas plus graves, le patient devient aveugle, incapable de marcher et ses tremblements incontrôlables peuvent atteindre l'intensité d'une crise COMPARAISON DE LA DISTRIBUTION DES LÉSIONS Maladie de Minamata chez l'adulte Maladie de Minamata non-congénitale chez l'enfant Maladie de Minamata congénitale .> 36 d'épilepsie.Les symptômes sont beaucoup plus forts chez les enfants et certains cas d'intoxication fœtale se sont soldés par une paralysie cérébrale congénitale.Tous ces symptômes, évidemment, sont irréversibles et ils persistent encore au bout de quinze ans.Dans beaucoup de cas, ces manifestations se sont même aggravées progressivement à mesure que la vieillesse ajoutait ses atteintes à celles du poison.De toute façon, même si la victime cesse d'absorber du mercure organique, il faut au moins huit mois avant que le cerveau puisse se débarrasser de la moitié à peine du poison qui le détruit; il en restera toujours une certaine quantité.Les autres organes.smith ?h 'H! Lorsque les symptômes d'une intoxication au mercure apparaissent, il est trop tard: le ma! est déjà fait.décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE! .,![Sc eux, semblent pouvoir concentrer le mercure plus rapidement, mais ils le rejettent aussi plus vite.Le taux de mercure mesuré dans le sang, dans l'urine ou dans les reins d'un individu peuvent évidemment donner une idée de la gravité de l'intoxication, mais ce critère est souvent trompeur parce qu'il indique plutôt la quantité de mercure éliminé.Si l'absorption de mercure a cessé depuis un certain temps, ces tests donneront une image fautive qui portera à sous-estimer la gravité de la situation.Si l'on tient compte de la différence entre le mercure métallique et le méthyl-mercure, l'analyse des cheveux sera le critère le plus valable pour déterminer le degré de l'intoxication et elle permettra même d'en conserver une sorte d'enregistrement dans le temps.Et encore, il y a de grandes variations dans la réaction individuelle au même degré d'empoisonnement.mposee m, normal fi lippu Mdi it je entre ri, tel «acé.ei mitre LES CRIS DE MATAGAMI Dans ce contexte, la situation canadienne est très difficile à évaluer, d'autant plus que les autorités médicales commencent à peine à admettre la possibilité de mener des examens approfondis hors des grands centres urbains.Jusqu'à ces toutes derniè res semaines, c'est surtout une grande période d'inertie qui a suivi la découverte de taux de mercure extrêmement élevés dans le sang des Indiens Cris de la région de Matagami, au Québec, et dans celui des Ojibwés de la résion de Kénora, en Ontario] Pour réveiller les corps publics, il aura fallu] que la Fraternité nationale des Indiens prenne elle-même le taureau par les cornes! en invitant en Ontario le docteur Masazumi Harada, connu à l'échelle internationale pour ses études sur les intoxications infantiles ou fœtales par le mercure méthylé.Avec le docteur Jun Di de ¦ l'Université de Tokyo.M.Flarada est venu., : faire une tournée des réserves de Grassy Narrow et de White Dog, examinant 89 Indiens Ojibwés.Le 24 septembre, coup de théâtre fortl embarrassant pour les autorités canadien- r nés: une collaboratrice des deux médecins j annonce que 37 des 89 autochtones examinés présentent certains symptômes de la maladie de Minamata, ce qui permet de conclure que leur cerveau est déjà endommagé par le poison.Même si plusieurs de ces cas restent douteux de l'avis même du docteur Flarada, au moins seize d'entre eux présentent une restriction, caractéristique du champ visuel, symptôme, qui ne prête guère à confusion.Autre indice alarmant, l'auteur de ces lignes a lui-même constaté, sur des films, que les chats domestiques élevés sur les réserves indiennes de l'Ontario présentent exactement les mêmes symptômes que ceux de Minamata.Il était pathétique de voir ces animaux à l'allure habituellement si souple] se tramer lamentablement, incapables de coordonner leurs mouvements et trébuchant à chaque pas.Ces chats, incidemment, se nourrissaient des mêmes poissons que leurs maftres.En juillet dernier, au Québec, on mesurait des taux astronomiques de lEamed' le liais il mesun ifenif ffiSda, fetaiK Witntoi h 0tanlf( ISJI Stiluir s'était I seoïf- I * tlOu î(i! ‘ 'dur 'ecliaitî: v «1! lest:;, ic PtettR, înaitct ontjp], ,.M'e|es ¦lesrp la catijp 1% le K, ""niai,,, OUtlECS urn le ™» ils le Km défis te feins fi tnt donner (iiEitufe (fiBcufei portefaà situation ¦ lecfitèfik iepiéde listrement D'aOCBS indiïiduell non canal QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 mercure chez une trentaine d'indiens Cris de la région de Matagami.Dans quatre cas, on enregistrait des taux supérieurs à 0,5 partie par million (ppm) dans leur sang, ce qui est au-dessus de tout ce qui avait été mesuré auparavant au Canada, même en tenant compte des Indiens du Nord-Ouest ontarien.Bien que ces résultats soient moins intéressants qu'une analyse des cheveux (dont les résultats sont attendus impatiemment), ces taux sanguins sont alarmants: dans une population qui n'est pas exposée d'une façon particulière au mercure, le taux de mercure dans le sang R[( est normalement cent fois moindre.Les toxicologues québécois compétents en la matière estiment qu'un taux supérieur à 0,01 ppm dans l'ensemble d'une population est déjà suffisant pour justifier une intervention immédiate.Lorsque le taux se situe entre 0,05 et 0,1 ppm chez un individu, celui-ci devient sérieusement menacé, et les symptômes commencent à apparaftre lorsqu'on atteint 0,2 et 0,3 ppm.« UN LAISSER-FAIRE ALARMANT Les gouvernements savent depuis 1971 que plusieurs Indiens de l'Ontario et du Québec ijiadiprésentent des taux de mercure sanguin sstouMygi-jpnt entre 0,1 et 0,3 ppm.Leur seule unîjOTvéaction aura été de faire examiner une -jdouzaine d'indiens plus gravement menacés nenwhjjèt de «laisser évoluer la situation».On liidîlî'ÿeut mesurer le tragique de cette attitude IWCMndifférente en remarquant que les quatre •X^rnembres de la famille d'Andrew Ottereyes liRflaff âgé de 90 ans) qui présentaient les plus auts taux de mercure, en juillet dernier, paitet figuraient déjà parmi les cas les plus graves octim'li m 1971.Et malgré cette circonstance internat»! aggravante, on aura attendu jusqu'au 27 Dxicationsoctobre 1975 pour les faire examiner à utrciitl 'Institut neurologique de Montréal.Ces jynUiElt riêmes spécialistes, en 1971, n'avaient HjîdaeLrouvé aucun symptôme et c'est pourquoi (](Gtîi>n s'était contenté de renvoyer les Indiens hez eux en leur recommandant de ne pas nanger trop de poisson.Évidemment, on jjthîàlte leur a fourni aucune source alimentaire ^sBrële rechange.En Ontario, on a repris les tests en 3 1973 pour constater que la situation ne ^'améliorait aucunement.C'est à partir de ¦¦ (es lie G) 3 1(,f »;fil d T ¦r-' a®,* i;(|Ui(l :e moment que la Fraternité nationale des ndiens est entrée dans la danse, exigeant Lf,,ji iue les tests soient faits quand le risque tl)]jl'intoxication est maximum, dénonçant Jubliquement l'inertie des gouvernements ete, (-es et prenant contact avec les groupes les plus jjjnilitants du Japon.Ce sont ces pressions .M lui ont amené Environnement Canada à #ilUJ -ni eprendre les tests au Québec, pendant 'qiiivec les résultats que l'on sait." • La cause immédiate de cette situation .ÿfst bien connue: les Indiens ont la témérité, rtiin ce siècle de l'industrialisation à outrance, i^1; Ji, iE: '.^pourrissent, surtout les brochets, les dorés r 't les poissons blancs, ont un taux de j# nercure qui peut atteindre 1 5 ppm, 30 cl*,,!, ois plus que ne le permet la norme le vouloir conserver leur style de vie mcestral.Les poissons dont ils se tpj anadienne de 0,5 ppm pour la consomma-[S., ion humaine.Même les oiseaux piscivores r- ,., lépassent le taux permis aux environs de l'usine de chlore et de soude de la Domtar, à Lebel-sur-Quévillon.Cela ne veut pas dire pour autant que le méthyl-mercure n'exerce ses ravages qu'à proximité des industries particulièrement polluantes comme on aurait tendance à le croire a priori.En juin dernier, par exemple, le Journal de l'Office de recherches sur les pêcheries du Canada, dans un article signé par deux chercheurs d'Environnement Canada, Thomas Smith et F.Armstrong, affirmait que la contamination des phoques et des baleines par le méthyl-mercure est suffisante pour mettre en danger les populations esquimaudes des fies de l'Arctique.Depuis 1972, on sait que la moyenne du méthyl-mercure dans le sang de plusieurs communautés Inuits de ces territoires canadiens est souvent voisine de 0,04 ppm.Ce n'est pas encore tragique, mais il faut tenir compte du fait que plusieurs individus sont inévitablement situés au-dessus de la moyenne et que leur degré d'intoxication peut varier grandement selon le régime alimentaire propre à chaque saison.En été, la petite communauté de Flalman, sur File Victoria, au fond du golfe d'Amundsen, se nourrit presqu'exclusivement de phoques annelés, le caribou étant rare et la pêche, pas encore bonne.Or, Smith et Armstrong ont découvert que la chair de ces animaux contient 2 ppm de mercure (quatre fois la norme tolérable pour le poisson) dont 73 pour cent se présente sous forme méthylée.Dans le foie, le mercure peut même grimper aux environs de 180 ppm, mais à 95 pour cent sous forme métallique.Est-ce parce que le foie est capable de réduire le méthyl-mercure en mercure métallique ou est-ce tout simplement parce que le mercure métallique présent dans l'organisme tend à se concentrer dans le foie?On ne sait trop encore.Chez les phoques barbus, la contamination est encore bien plus grande, pouvant facilement atteindre 90 ppm dans la chair et 400 ppm dans le foie.Dans d'autres villages Inuit, à Tuktoyaktuk par exemple, on a aussi trouvé des taux de contamination mercurique comparables à ceux de Flalman.Cette fois, ce ne sont plus les phoques qui sont responsables, mais plutôt les baleines blanches (bélugas) dont ces Esquimaux raffolent pour leur chair et leur lard.UN CONTREPOISON DOUTEUX Chose curieuse, ni les phoques ni les baleines ne semblent affectés par cet empoisonnement au méthyl-mercure.Depuis 1973, certains chercheurs pensent que le taux également élevé de sélénium dans leur organisme pourrait faire office d'antidote.Pour l'instant, ce n'est encore qu'une simple hypothèse de travail.Quoi qu'il en soit, il est incroyable de constater que les autorités canadiennes n'ont encore pris aucune mesure pour venir en aide à ces communautés esquimaudes quand on considère que le comité d'experts de la FAO sur les additifs alimentaires a fixé, en avril 1972, à seulement 0,3 milligramme la quantité de mercure qu'une personne peut absorber sans danger en une semaine.Et encore, on précise bien que le 37 méthyl-mercure ne doit jamais représenter plus des deux-tiers de cette dose.Or, Smith et Armstrong constatent que les Esquimaux n'ont qu'à manger environ 10 grammes de foie de phoque ou 310 grammes de chair par semaine pour dépasser cette limite sécuritaire! SOMMES-NOUS MENACÉS?Au départ, les habitants des villes disposent d'une bonne marge de sécurité puisque leur taux moyen de mercure est bien inférieur à celui des populations indigènes.Il n'en reste pas moins que c'est l'ensemble du territoire québécois qui est soumis à la pollution par le méthyl-mèrcure: la pêche commerciale de plusieurs espèces est déjà interdite dans l'Outaouais, le Saint-Laurent (en amont de Trois-Rivières), le Saguenay, le Richelieu, le lac Champlain, etc.La pêche sportive, par contre, ne fait l'objet d'aucune restriction parce que le gouvernement présume qu'un sportif peut difficilement attrapper assez de poissons pour en manger plusieurs fois par semaine pendant de longues périodes.Prenons, par exemple, un poisson contaminé juste suffisamment pour que sa pêche commerciale soit interdite (0,6 ppm).Pour atteindre la limite sécuritaire définie à Genève en 1972, il faudrait en consommer un demi-kilo par semaine (soit deux à trois repas ordinaires).À une telle dose, l'organisme peut éliminer le mercure avant qu'il puisse s'accumuler.Les porte-parole gouvernementaux, de leur côté, affirment formellement que le poisson disponible sur le marché canadien ne peut contenir plus de 0,5 ppm sous peine d'être retiré de la circulation.Depuis l'enquête Dutil sur le commerce de la viande avariée, le citoyen sait cependant ce que valent de telles assurances.Non seulement il est impensable d'examiner tous les poiSsons capturés, mais de hauts fonctionnaires québécois nous ont avoué qu'on ne disposait pas du personnel requis pour faire appliquer de façon stricte les interdictions de pêche commerciale dans la province.Ceci explique pourquoi le gouvernement possède même des statistiques sur les prises commerciales d'espèces.dont la pêche est interdite.Dans ces conditions, il faudrait être bien naif pour croire que ce poisson contaminé ne peut aboutir sur notre table.L'histoire d'ailleurs le prouve abondamment: en 1971, des tests effectués sur des groupes d'Américains susceptibles de manger beaucoup de poisson (les weight watchers) ont révélé que le taux moyen de mercure dans leur sang était dix fois plus élevé que pour le reste de la population.Ces mesures, il est vrai, ont été faites avant que le gouvernement des États-Unis ne retire du marché 12,5 millions de bottes de thon en conserve dont la teneur atteignait souvent 0,8 ppm et avant qu'on demande de ne plus consommer d'espadon parce que le mercure y atteint 1 ppm.Dans beaucoup de cas, la teneur moyenne en mercure peut bien être conforme aux normes, mais cela n'empêche pas certains poissons individuels d'être exceptionnellement contaminés: la perche océane, par exemple, atteint souvent 0,8 ppm même si la teneur moyenne est de décembre 197 5 / QUÉBEC SCI ENCE 0,4, juste sous la norme officielle de 0,5 PPm.L'ÉQUILIBRE PLANÉTAIRE EST ROMPU Généralement, les autres aliments sont moins gravement contaminés que le poisson, mais cela ne veut pas dire que leur teneur en mercure soit toujours négligeable, loin de là.Ainsi, en 1972, M.Frank d'Itri publiait les résultats de ses analyses prises un peu partout dans le monde et au Canada.Ses données indiquaient qu'en 1970, dans notre pays, les patates, les autres légumes ainsi que les produits laitiers pouvaient atteindre 0,2 ppm et la viande hachée, 0,1 ppm.Toutes ces petites quantités, à la longue, ajoutent leurs effets et c'est pourquoi M.d'Itri, à l'époque, a logé un vibrant plaidoyer en faveur de normes plus sévères, de façon à mieux protéger la population.Le drame, ici encore, vient du fait que la gravité de la pollution par le méthyl-mercure augmente en flèche à l'échelle du globe.Ainsi, en 1934, on estimait à 5 microgrammes la quantité quotidienne de mercure absorbée par le citoyen moyen.Par contre, en 1972, cette quantité avait quadruplé pour atteindre 20 microgrammes.A cette date, l'absorption moyenne correspondait encore à la moitié de ce que permettent les normes établies à Genève par la FAO, mais pour combien de temps si la consommation de mercure continue d'augmenter au rythme actuel?.L'étude des «carottes» forées dans les glaces du Groenland par Weiss révélait, en 1973, que la pollution mercurique revêt l'allure d'une véritable explosion.Depuis trois millénaires jusqu'en 1952 environ, le taux de mercure dans la glace était resté stable, oscillant entre 0,04 et 0,07 partie par million.À partir de cette date pourtant, le taux de mercure s'est mis à grimper de plus en plus vite; il atteignait déjà 0,23 partie par million en 1962, il y a dix ans.Weiss en conclut que c'est l'explosion industrielle actuelle qui a rompu l'équilibre immémorial établi à l'échelle planétaire.C'est dans ce contexte très particulier qu'il convient d'évaluer la situation des Indiens, des Inuits et la nôtre.En plus de la «pollution naturelle» provenant du lavage des gisements de mercure par les eaux de pluie et de l'évaporation naturelle du mercure, l'industrialisation agit de deux façons: en libérant de grandes quantités de mercure présent à l'état de traces dans les autres matières premières transformées et par les pertes inévitables de mercure métallique raffiné.Présentement, l'industrie métallurgique libère chaque année des centaines ou même des milliers de tonnes de mercure par le smeltage.Cette technique a pour but de raffiner les minerais soufrés en oxydant le soufre sous forme de S02.Si le minerai contient aussi une certaine proportion de mercure, comme c'est généralement le cas (surtout dans les gisements de zinc), ce mercure est raffiné en même temps que l'autre métal désiré et il se perd dans l'atmosphère.Une autre source majeure de pollution provient de la combustion des produits fossiles: pétrole, charbon, etc.Ces combustibles contiennent généralement environ une partie par million de mercure qui avait été fixé par les plantes dont la décomposition a donné naissance au pétrole au cours des millénaires.On a eu tendance dans le passé, à négliger ces traces de mercure, mais on commence à mesurer la gravité de cette erreur depuis que l'Américain Joensu a calculé, en 1972, que la combustion du pétrole libère chaque année dans l'atmosphère environ 3 000 tonnes de mercure.On peut mesurer facilement la gravité du phénomène puisque, depuis des millénaires, la quantité de mercure dans l'atmosphère terrestre s'était stabilisée autour de 4 000 tonnes! ES Cl usai Lier hiiiK [nie initi V Lient; fure la plci ce ut.Ci fate.80 POUR CENT DE PERTES DITES MYSTÉRIEUSES Si l'on passe maintenant à l'industrie du mercure proprement dite, retenons que la consommation mondiale de ce métal est d'environ 10 000 tonnes par an.Or, au moins la moitié de ce métal est déversée dans l'environnement, directement ou indirectement.Par exemple, une partie de ||,auci ce mercure sert directement à la fabrication de fongicides pour traiter le te bois des usines de papier, les semences qu'on doit conserver jusqu'à l'année dana suivante ou encore pour fabriquer des neic peintures destinées à éviter la prolifération b d'algues sur les coques de navires.Rien qu'aux États-Unis, en 1968, 430 tonnes de -Quéi mercure ont disparu sous forme de fongicides.Notons toutefois que la pollution par les fongicides perd progressi- étiej, vement de l'importance depuis qu'on a t« découvert les dangers qu'elle présentait.Aux États-Unis, en 1969, des familles ont tcüon été gravement intoxiquées après avoir nourri leurs porcs avec des graines traitées aux fongicides mercurés.Ici, au Canada, |Scfe on utilisait en 1970 environ 13 tonnes de mercure pour le traitement des semences.Cela a été suffisant pour empoisonner gravement plusieurs espèces d'oiseaux comme les faisans ou les perdrix qui avaient le malheur de se nourrir des graines des agriculteurs des Prairies.Chez certains oiseaux malades, on a retrouvé plus de 400 ppm de mercure.L'autre source majeure de pollution industrielle est située dans les usines de chlore et de soude caustique (chlore-alkali) Le mercure y servant d'électrolyte, cette industrie est assez répandue au Canada qui possède d'abondantes ressources électriques: En 1971, on estimait que les deux-tiers du mercure perdu au Canada provenait de ces usines.Des normes anti-pollution plus strictes imposées depuis 1972 n'ont rien changé au problème si l'on considère que les quatre usines québécoises de chlore-alkali ont «mystérieusement perdu» 80 pour cent des 70 tonnes de mercure qu'elles ont acheté depuis trois ans.Certains scientifiques sentiront le besoin de prendre le contre-pied de ce qui vient d'être dit et soutiendront que le mercure est beaucoup moins dangereux que ne le prétendent les défenseurs de l'environnement.Ce métal, soutiennent-ils, possède une profonde affinité pour le 'Si %r, - 39 • traæde à I'amitt tuiduei if lapiolif3^ floiojf! ffrff put If QUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 soufre.Lorsqu'il est libéré dans -Ces !®ale« l'atmosphère, il aura donc tendance à Nema réagir avec le S02 pour former de l'inof-fensif sulfure de mercure (HgS).®naup|Malheureusement, cette thèse rassurante est durement contestée par deux chercheurs de l'université Laval, M.Louis Azzaria ïfKsir^département de géologie) et M.Fathi Habashi (département des mines et de la ai 181! métallurgie).iw3|LES CREVETTES DU SAGUENAY JtiKw Dans un article encore inédit soumis en (¦eue août dernier au «Bulletin of the Canadian iis,lapInstitute of Mining and Metallurgy», ces ï!tïiitijderniers démontrent que cette prétendue Mtoni affinité du mercure pour le soufre n'est qu'un mythe dans les conditions qui TES régnent à la surface du globe.Bien sûr, le sulfure de mercure est fréquent à la surface indiaiede la planète et il est même le seul minerai eteransi|ide ce métal qui soit exploité commerciale-CEBtaj ment.Cependant, il ne s'est pas formé à la an.0(, surface.Son apparition a exigé de hautes lîslfeer températures et de fortes pressions :otsouterraines.Dans les conditions ambian-iirtes, au contraire, ce minerai s'avère ¦ ; nstable et donne parfois naissance à des .aoches de mercure métallique.jjjjufnjt D'autres interlocuteurs auront plutôt endance à revenir sur la distinction entre e mercure métallique et le méthyl-mercure.r exemple, la direction de la Domtar (qui jjfexploite l'usine de chlore-alkali de Lebel-ur-Quévillon, au beau milieu de la zone d'intoxication des Indiens Cris du Québec) t'a pas manqué d'affirmer qu'elle ne peut tas être gravement responsable parce qu'elle déverse simplement du mercure métallique t non pas du méthyl-mercure.Cette j( tbjection, toutefois, a perdu beaucoup de mis qu'on erf; Its foi® granits ï Ici, an ûf 13 to"* ([()[« if tsfS1^ ile|»lllf ItsysW.¦glort icauS"! mitesÉli p[°»i lîffit1 jnP1 COtsi s(s^ lefo»ty" s^i,û! iff* J,°yl »st ànsW ise«,i sa valeur depuis qu'on a démontré en 1967 que les bactéries du sol et de l'eau sont parfaitement capables de «méthyler» le mercure et même de le «bi-méthyler» pour former un poison très volatile qui ira polluer des étendues aquatiques éloignées.Relativement lent, le phénomène n'en est pas moins inéluctable.11 suffit en effet de quantités infimes de méthyl-mercure pour causer un problème majeur.Généralement, ce produit n'est présent qu'à l'état de traces infinitésimales dans l'eau, c'est-à-dire moins d'une partie par dix milliards et tous les efforts de dilution qu'on pourra faire se verront réduits à néant par les processus biologiques qui concentrent ce poison peu biodégradable le long de la chafne alimentaire.Chaque forme de vie conserve le mercure organique dans ses cellules et le transmet aux espèces plus grosses.Une fois que le mercure méthylé aura été concentré successivement par le phytoplancton, le zooplancton, les insectes, les petits poissons et les gros poissons carnivores, sa concentration se trouvera multipliée par 10 000 et c'est pour cela qu'on trouve des taux de l'ordre de la partie par million chez les poissons servant à la consommation humaine.C'est aussi par un mécanisme similaire qu'on explique le taux moyen de 12 ppm dans les crevettes du Saguenay.IL FAUT RÉDUIRE LA POLLUTION DES USINES En somme, le problème est réel et ce serait jouer à l'autruche que de vouloir l'ignorer.Les solutions, toutefois, sont difficiles à trouver et leur mise en œuvre se heurte à de nombreuses difficultés.Par exemple, tous admettent que les Indiens devraient changer de régime alimentaire.En pratique, cela implique qu'ils renoncent à leur mode de vie ancestral, ce qu'ils refusent farouchement.Beaucoup d'entre eux pensent même que le problème du mercure est inventé de toutes pièces par les Blancs pour les déposséder.De toute façon, où trouveraient-ils une autre source alimentaire aussi disponible et aussi économique que ce poisson qu'ils peuvent pêcher partout où ils vont?À court terme, une autre solution serait de fournir aux populations menacées un antidote qui pourrait les mettre à l'abri.Malheureusement, l'usage du sélénium à cette fin ne constitue encore qu'une hypothèse plus ou moins utopique et les traitements destinés à faciliter l'élimination du mercure naturel s'avèrent d'efficacité réduite pour le méthyl-mercure.Le seul espoir, dans cette veine, réside dans la mise au point de «résines synthétiques avides de mercure».Là encore, pourtant, le traitement n'a jamais été utilisé à grande échelle.L'efficacité aléatoire de ces antidotes et la gravité prévisible des lésions incurables au cerveau incitent à chercher plutôt du côté de la dépollution ou, au moins, de l'arrêt de la pollution.Dans cette veine, il y a eu un certain progrès dans le sens de l'élimination des fongicides au mercure.Par contre, il semble utopique de vouloir éliminer le mercure provenant de la combustion du pétrole ou du charbon.Dans le cas des industries métallurgiques, il existe déjà une technologie capable de récupérer le mercure, mais elle est évidemment onéreuse.Restent les usines de chlore-alkali.Ces dernières prétendent que leurs effluents ne sont qu'une «goutte d'eau dans la mer», à côté des masses de Schéma de la cellule Hooker Sortie du chlore Alimentation en saumure Chapeau en béton Sortie de l'hydrogène Schéma d'un électrolyseur à mercure f Saumure Écoulement Cathodes \ de la saumure __Arfivée du clurant électrique ompe Anode Amalgame Cathode Mercure HONa Eau Bac en béton Anodes ïolution de rechange a technologie des cellules de Hooker pour fabriquer le chlore et a soude ne nécessitent pas l'emploi de mercure.Elle est utilisée _>ar l'usine de chlore-alkali de Dryden depuis que le gouvernement i;r' mtarien a interdit toute utilisation de mercure.Une des sources de pollution L'électrolyse d'une solution de se!pour obtenir du chlore et de la soude, telle que pratiquée à Lebel-sur-Quévillon, exige la présence de mercure pour empêcher la réaction de l'hydrogène dégagé avec le chlore, le sodium et l'eau.Les pertes du métal sont inévitables. décembre 197 5 / QUÉBEC SCI ENCE Inconscience meurtrière Les quatre usines québécoises de chlore-alkali ont perdu 80 pour cent des 70 tonnes de mercure qu'elles avaient acheté depuis trois ans.Celle de la Domtar à Lebel-sur-Quévillon se trouve justement au milieu de la zone d'intoxication des indiens Cris du Québec.mercure qui sont mises en circulation par la «pollution naturelle» issue des gisements de mercure.Il est vrai que les incidents causés par le mercure surviennent de préférence dans les pays qui ont déjà un fort taux de mercure naturel.En même temps, il faut aussi rappeler que jamais, jusqu'à maintenant, on n'a décelé de problème grave dans des régions démunies de toute source de pollution industrielle immédiate.(A cet égard, si la situation des Esquimaux s'aggrave encore, elle constituera un précédent.) UN PROBLEME D'EAU DE JAVELLE Quoi qu'il en soit, la pollution issue des usines actuelles de chlore-alkali est absolument inadmissible, d'autant plus qu'il existe depuis 1909 une technologie presqu'aussi économique qui ne requiert pas la moindre goutte de mercure.On fabrique le chlore et la soude par électroly-se d'une solution de sel.Le principal problème auquel on doit faire face est causé par les dégagements d'hydrogène au cours du procédé.Cet hydrogène a tendance à réagir avec le chlore, le sodium et l'eau pour former.de l'eau de Javelle! On a justement recours au mercure pour empêcher ce phénomène indésirable.La méthode consiste à faire couler du mercure au fond du bassin de solution saline et de l'utiliser comme cathode.Le sodium produit par l'électrolyse formera un amalgame avec le mercure en circulation et il sera emporté jusqu'à un régénérateur rempli d'eau et de carbone.C'est seulement là que le sodium réagira avec l'eau pour former de la soude.Il libérera de l'hydrogène qui ne pourra évidemment réagir avec le chlore puisque ce gaz s'était déjà dégagé dans la première électrolyse.I Débarrassé du sodium, le mercure est simplement recyclé.Les pertes de mercure sont pourtant inévitables lors des accidents, des fuites dans la tuyauterie, de l'évapora-l tion au sein de l'hydrogène dégagé, de l'incorporation de traces métalliques dans le chlore et la soude fabriqués, etc.L'autre technologie concurrente, celle des cellules Hooker, n'utilise qu'un seul réacteur et l'hydrogène est évacué à l'intérieur des cathodes poreuses.Pour éviter les réactions indésirables, ces cathodes sont régulièrement recouvertes de fibres d'amiante qui forment écran.C'est vers une version moderne de cette technologie que l'usine de chlore-alkali de Dryden vient de se tourner depuis que le gouvernement ontarien a interdit toute utilisation du mercure, il y a deux mois, fl CE NE SONT QUE DES INDIENS.Si le Québec adoptait une attitude aussi I intransigeante, ce serait certes une améliora- "Snat iO;;p wiiorii;- V %lï:; 3dieni ton plut, font,, kd’aiq Wj, ü; %Cl ^Je jnsimi Siie 1UÊBEC SCIENCE / décembre 1975 41 15 ®IE8E( ^ .-.-a' ./diiii® ,îl*Qi iieeicifl un or(.C« [{ijiiai*® «bais iufaci iecî ipiîia^ eipf®?(S lois ^ ((le# ,,ois/td .îCO»",.fiién" poi^1 Isi# .flignU' .;ff3 \0'[ ï*l il»1 0^ ;'5 ion, mais cela ne réglerait en rien le aroblème causé par les centaines de tonnes te mercure métallique qui dorment au fond tes cours d'eau et qui se transformeront ncore en méthyl-mercure dans un siècle! 'our l'instant, on ne connaft aucun moyen ile et inoffensif de récupérer ces oroduits.Quoi qu'il en soit, les Japonais jt soulignent que l'intoxication au mercure autant une maladie sociale qu'une maladie biologique causée par la pollution, lonséquence de l'industrialisation, cet mpoisonnement terrible n'a pu se répan-re qu'à cause de l'imprévoyance des nommes de science et de l'inertie des I autorités politiques.Le gouvernement canadien, par exemple, est conscient du j-jdanger depuis 1969 et il a même mis sur nied un comité conjoint avec le Québec tour étudier le problème, en 1971.ourtant, cette étude terminée en 1973 a hé gardée secrète jusqu'en 1975 et n'a été uivie d'aucune intervention concrète pour trotéger les populations indiennes.Encore à la fin d'août 1975, trois semaines après la tublication fracassante des taux astronomiques de mercure dans le sang des Indiens québécois, le ministère des Affaires sociales hait incapable d'identifier le moindre onctionnaire qui aurait été responsable de ce dossier explosif! La seule réaction du Huébec avait pris la forme de commentaires oporifiques du ministre de l'Environnement, le docteur Victor C.Goldbloom.Ce n'est qu'en octobre, à la suite d'une nvitation officielle des autorités fédérales •t de quelques commentaires des journaux.UP< que le Québec a décidé de former un comité d'étude et d'intervention.Au moment d'écrire ces lignes, il était question que ce comité organise des examens systématiques dans le Nord-Ouest, fin novembre.Au niveau fédéral, on en était encore aux négociations avec les porte-parole indigènes pour savoir quel salaire auraient les travailleurs qui prendront en mains une éventuelle campagne de persuasion auprès des autochtones.Cette inertie suscite une rancœur évidente chez les leaders indigènes qui ne manquent pas de souligner que si le mercure menaçait des ingénieurs impliqués dans le projet de la baie James, par exemple, on n'hésiterait nullement à mettre sur pied d'importantes mesures d'urgence et on ne perdrait pas de temps à compter quelques centaines de dollars.Mais, que voulez-vous, ce ne sont que des I ndiens.L'homme blanc, inconsciemment, les a déjà rangés sagement dans le folklore et il est toujours étonné quand il doit reconnaftre qu'ils existent encore réellement ailleurs que dans des réserves urbanisées.Dans ces conditions, comment pourrait-il se sentir concerné par le péril qui les menace?Bibliographie Frank M.d'ltri.The Environmental Mercury Problem, The Chemical Rubber Co.Press, Cleveland, 1972 N.Fimreite, Mercury uses in Canada and their possible hazards as sources of mercury contamination.Environmental Pollution, 1,119, 1970 Lars Friberg et Jaroslav Vostal, Mercury in the Environment, The Chemical Rubber Co.Press, Cleveland, 1972 W.Eugene Smith et Aileen M.Smith, Minamata, Holt, Rinehart and Winston, New York, 1975 Le mercure et l'environnement.Études sur l'utilisation du mercure, ses émissions, ses effets biologiques et son contrôle, OCDE, Paris, 1974 Mercury in Man's Environment, Proceeding of Symposium, février 1971, Ottawa, Canada, The Royal Society of Canada, Ottawa, 1971 42 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE !C$-' Bruits et travail l'expérience s'est estompée peu à peu dès le quatrième jour d'expérimentation.Sans doute le caractère de nouveauté du bruit est-il responsable de ce fait, diminuant à mesure que l'expérience progressait.L'étude n'en suggère pas moins que les bruits peuvent accroTtre les performances de travailleurs dans certaines conditions de bruits intenses et intermittents.Les bruits industriels intenses peuvent, dans certaines conditions, améliorer le rendement des travailleurs chargés de tâches complexes, sans affecter celui des ouvriers s'afférant à des tâches plus simples.C'est ce que révèle une étude faite pour le compte de l'Armée des États-Unis, au laboratoire de recherches sur les performances de l'Université de Louisville, au Kentucky.Cependant, l'effet «stimulateur» de ces bruits ne dure pas très longtemps.Le bruit semble provoquer l'association complexe d'un état de vigilance et de distraction.Il faut toutefois noter que l'amélioration des performances des sujets soumis à Deux groupes d'étudiants de l'Université de Louisville furent formés.Chacun des sujets se prêtant à l'expérience prenait place dans un «cubicule», face à un tableau muni de lumières, de boutons et de cadrans.Chacun devait effectuer six tâches différentes, cinq à la fois pour simuler une période de travail intense, ou quatre en même temps pour simuler des moments de travail normal.Les sujets devaient presser des boutons lorsqu'un signal lumineux s'allumait, additionner des chiffres apparaissant au tableau, etc.heures, prendre un repos subséquent de quatre heures, puis revenir au travail pour une autre période de quatre heures.Ensuite, on lui donnait congé pour le reste de la journée.Ils furent soumis à ce régime durant six jours dont quatre avec des bruits et deux jours sans.Les bruits pour les sujets d'un des deux groupes étaient continuels et d'une intensité de 90 décibels alors que pour l'autre groupe, ils étaient intermittents, mais plus intenses, à 96 décibels.Les expérimentateurs jugeaient du rendement sur la foi de la rapidité des sujets à réagir au signal d'un voyant lumineux, ou la facilité à effectuer des opérations mathématiques données.Chaque jour, un sujet devait «travailler» pendant quatre Le résultat le plus remarquable de ces tests a sans doute été une amélioration d'environ 5 pour cent du rendement, pour un travail intense, dans le cas des sujets soumis à des bruits intermittents.11 semble que les conditions de demande maximale de rendement créent aussi les plus hauts niveaux de rendement.Néanmoins, le revers de la médaille est moins reluisant.Le?bruits intenses et continus ont pour effet de provoquer une perte temporaire d'audition.Ainsi, pour les sujets soumis à des bruits continuels de 90 dB, I le seuil d'audition a augmenté de 30 dB.En termes clairs, cela | signifie qu'un sujet qui pouvait! percevoir normalement des bruits faibles, entre 10 et 20 décibels, ne pourra plus perce-1 voir les sons au-dessous de 50 I décibels, et éprouvera donc de la difficulté à suivre une conversât tion normale.Les expérimental teurs ont aussi constaté qu'un^MiteesI certaine perte temporaire ! ircp d'audition était encore présente! fente après la période de repos de 121 heures.Ceci signifie que si quelqu'un travaillait tous les jours sous ces conditions, il souffrirait d'une perte permanente d'audition.(B.D.) Mil?Annuaire du Québec ïô®$ [ ir'l •: Annuaire du Québec 1974 1224 pages 800 tableaux statistiques 46 graphiques De nombreuses photographies et cartes • $ 10.00 Editeur officiel du Quebec C.P.12, Édifice ''G" Cité parlementaire, Québec G1R 5B3 OUiEC: :bec SCIENCE / décembre 1975 43 ®as de minsieluij ietcmiii piovoouei lired'audi tineelsde! tionejjje mes clins, sujetdyip Balmeeti ’rix Nobel 1975 iiemporai il encore | ;ijniliei|i me paie ouraplüii epuis leur première réunion, en iHteouic )01, les comités de sélection Mmes lauréats des prix Nobel ont ilvieyneco maintenir des critères justes et tapi ijectifs et, par là, conserver une iconstatéip haute estime de la part de la mmunauté scientifique du onde entier.L'attribution d'un ix Nobel demeure encore jourd'hui la consécration des ivaux du ou des lauréats.en elque sorte une «reconnais-nce pour services rendus à la ience».himie y a quelques semaines, Xcadémie royale des sciences Suède annonçait que le prix abel de chimie 1975 serait cerné aux professeurs Vladimir elog et John Warcup Cornforth A- professeur Prelog, suisse ^¦origine yougoslave, se mérite ^Htte distinction «pour ses ^Havaux relatifs à la stéréochimie molécules et des réactions Mganiques», et le professeur Hirnforth, australien d'origine, iour ses travaux sur la stéréo-'mie des réactions catalysées W r des enzymes».r lurs recherches ont surtout rté sur l'interprétation dimensionnelle des mécanisas impliqués au cours des actions biochimiques, entre très.professeur Prelog a aussi ntribué au développement de adustrie pharmaceutique suisse aidant à la mise au point antibiotiques efficaces.hysiquc Prix Nobel de physique 1975 té décerné à deux physiciens rtois, Aage Bohr et Benjamin ittelson, et à un physicien éricain, James Rainwater.3 trois spécialistes de la physi-a nucléaire sont renommés «pour leur découverte conjointe de la relation entre les mouvements collectifs des particules constituant les noyaux atomiques et pour l'élaboration de la théorie relative au noyau atomique».Le professeur Aage Bohr (fils du célèbre physicien Niels Bohr), chercheur à l'université Niels Bohr de Copenhague, et son collègue Benjamin Mottelson sont les auteurs du modèle nucléaire le plus complet dont on dispose à l'heure actuelle.Il faut toutefois rappeler, souligne l'Académie royale des sciences de Suède, que ce sont les travaux du professeur Rainwater qui leur ont permis de regrouper les modèles nucléaires dits «modèle collectif» et «modèle en couches» pour établir leur «modèle unifié».Médecine Le prix Nobel de médecine 1975 a été décerné aux professeurs David Baltimore, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Howard Martin Temins, de l'Université du Wisconsin et Renato Dulbecco, présentement au laboratoire impérial de cancérologie de Londres.Ils ont tous trois consacré lèurs travaux à l'interaction entre le virus vraisemblablement responsable de certaines tumeurs et le matériel génétique de la cellule.Leurs recherches, menées indépendamment, ont eu un aboutissement commun: la démonstration du mécanisme d'action des virus responsables de certains types de cancers.Ces trois chercheurs ont en effet réussi à démontrer que le matériel génétique propre au virus peut perturber complètement l'évolution et le fonctionnement d'une cellule normale en s'intégrant à son matériel génétique.Jusqu'à ces dernières années, le rôle des virus dans le développement des cancers avait été sérieusement mis en doute et il fallut attendre les résultats de récentes expériences pour progresser à nouveau dans ce domaine.Dulbecco a prouvé que certains virus peuvent rendre des cellules cancéreuses en y intégrant leur propre patrimoine génétique.Pour leur part, Temins et Baltimore ont surtout étudié le mode d'action des virus dont le code génétique est basé sur l'acide ribonucléique (ARN).Ils ont remis en question la théorie, il n'y a pas si longtemps très largement acceptée, selon laquelle l'acide désoxyribonucléique (ADN), base universelle du code génétique (sauf pour certains virus), pouvait se transcrire en ARN, mais que l'inverse était impossible.Contredisant cette théorie, ils réussirent à prouver, en 1970, que l'ARN d'un virus est capable de se transcrire en ADN, ce dernier pouvant s'intégrer au code génétique des cellules hôtes.Ils découvrirent en effet une enzyme (à laquelle ils donnèrent le nom de «reverse transcriptase») capable de transcrire le code de la molécule d'ARN du virus en ADN cellulaire.Ainsi, cet ADN «faussé», qui résulte de l'intervention d'un virus, donnerait des ordres incompatibles avec le développement cellulaire normal et il y aurait alors apparition d'un cancer.Economique Le prix Nobel d'économique a été institué en 1968 par la Banque de Suède, à l'occasion de son tricentenaire et à la mémoire d'Alfred Nobel.Son attribution est elle aussi confiée à l'Académie royale des sciences de Suède.Deux économistes, les professeurs Léonid Kantorovich, soviétique, et Tjalling Koopmans, américain, se partageront le prix Nobel d'économique 1975.Ces deux scientifiques ont travaillé isolément en recherchant la meilleure façon d'utiliser les ressources productives disponibles dans la production de biens et dans la mise sur pied de services, notamment dans le cas du choix des biens à fabriquer, les méthodes les plus appropriées pour la production de ces biens et les quantités qu'il faut s'assurer de mettre en réserve.Le professeur Koopmans, mathématicien renommé présentement professeur à l'université Yale, s'est intéressé au calcul de prix optimaux, lia notamment montré que les possibilités de décentralisation des décisions au sein des économies planifiées sont liées à l'existence d'un système de prix rationnel, particulièrement à un taux d'intérêt homogène, fondement essentiel des décisions d'investissement.Kantorovich est professeur à l'Université sibérienne de Novosibirsk.Prix Staline en 1949, la condamnation sous Staline de l'emploi des mathématiques l'avait contraint à ne publier qu'en 1959 son ouvrage fondamental intitulé «Calcul économique et utilisation des ressources».Il symbolise maintenant la réforme économique en Union soviétique.Paix Le Comité Nobel de la paix, composé de cinq membres élus par le Parlement norvégien (ne pas confondre avec l'Académie royale des sciences de Suède) a désigné comme lauréat 1975 le physicien soviétique André Sakharov.Ce comité n'a pas toujours eu la main heureuse.Le choix de Kissinger, en 1973 -moins d'un an après les terribles bombardements d'Hanoi— n'avait-il pas été vivement contesté ?En choisissant Sakharov, il semble que le Comité veuille se réhabiliter.C'est un peu un retour aux sources car, de même que Nobel, inventeur de la dynamite, avait voulu «expier» sa découverte «guerrière» en stimulant la recherche de la paix dans le monde, de même Sakharov, qui collabora étroitement à la mise au point de la bombe H soviétique (certains disent même qu'il en est le «père»)/a-t-il résolument tourné le dos à ses anciennes activités pour devenir «un apôtre de la paix et de la compréhension entre les hommes».À certains égards, Sakharov est un peu l'Oppenheimer soviétique et à ce seul titre mérite bien le Nobel de la paix.Les observateurs estiment que les dirigeants soviétiques restent résolument hostiles à cette «libre circulation des idées et des hommes» qui leur a été demandée à Helsinki, lors de la dernière Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe.Le choix du Comité d'Oslo leur rappelle que Sakharov et plusieurs autres citoyens soviétiques, dont évidemment le physicien et romancier célèbre Soljénitsyne, ne voient pas les choses de la même façon.Ces derniers temps, Sakharov se 44 décembre 1975/ QUÉBEC SCIEN8 !ECS® trouvait semble-t-il de plus en plus seul, isolé par le «départ» de ses amis.Il prêchait de plus en plus dans une sorte de désert créé autour de lui par les autorités.Ces dernières ne pardonneront pas au Comité du prix Nobel de la paix d'avoir donné un «second souffle» à André Dimitrievich Sakharov.(B.D.) On a photographié un atome Depuis près d'une centaine d'années, les physiciens «scrutent» les théories et raffinent leurs modèles pour connaftre l'intérieur des atomes.Ces efforts n'ont certainement pas été vains et l'on peut dire qu'ils ont même permis de dresser une image fidèle de l'atome.Cependant, il a fallu attendre jusqu'à il y a environ un an pour obtenir une photographie des nuages d'électrons entourant l'atome.Les travaux du physicien E.W.Müller ont permis, en 1956, de discerner pour la première fois des images d'atomes d'uranium, de mercure et de tungstène par sa méthode appelée microscopie à émission de champ.Cependant, les images qu'il avait obtenues ne permettaient pas encore d'observer directement la distribution spatiale des électrons «planétaires» autour des noyaux atomiques.Plus près de nous, en 1973, trois chercheurs de l'Université de Toronto, F.P.Ottensmeyer, E.E.Schmidt et A.J.Olbrecht, ont pu obtenir, toujours par microscopie électronique, l'image grossière d'un atome de soufre dans une molécule complexe (le tétracétoxymercu-rithiophène) en superposant plus de soixante clichés de cette molécule.C'est l'année dernière que devait être franchi le pas décisif.Deux scientifiques du département de chimie de l'Université du Michigan, L.S.Bartell et C.L.Ritz, parvenaient à photographier les nuages d'électrons entourant les atomes de néon et d'argon.Ils ont publié un compte rendu de leurs travaux dans la revue Sc/ence (Vol.185, pp.1163-1164).La clé de l'amélioration de la résolution (de la définition des images) en microscopie électronique a été trouvée par le physicien Denis Gabor, en 1948.C'est lui qui formula le principe de l'holographie, technique photographique qui permet d'obtenir l'information de l'amplitude (correspondant à l'intensité lumineuse des différents points de l'objet) et celle de la phase (correspondant à la relation existant entre les différents points d'un front d'onde) de l'image d'un objet sur une plaque photographique (constituant l'hologramme).Ainsi, l'holographie permet d'enregistrer le front d'onde d'un objet et non seulement une projection en deux dimensions de ses plages brillantes ou sombres.Gabor, qui obtint le prix Nobel de physique en 1971, pour ses travaux de pionnier en holographie, avait déjà suggéré, en 1948, la possibilité de construire un microscope électronique d'une «puissance» énorme en employant le faisceau d'un microscope électronique et en le faisant interférer avec un faisceau de lumière de plus grande longueur d'onde.Il prévoyait ainsi pouvoir obtenir un grossissement d'environ 100 000 fois.Bartell et Ritz ont cherché à appliquer la technique de Gabor et sont parvenus, grâce à quelques modifications, à mettre au point un microscope électronique dont la limite de résolution est de 0,08 Angstroëm (un A correspond à une longueur de 1CT10 mètre).Puisque le diamètre des nuages électroniques des atomes est, en moyenne, de 2 à 3 A, ce microscope permet aisément d'observer les sphères d'électrons gravitant autour des noyaux des atomes.Cette grande définition obtenue par Bartell et Ritz est environ cent fois meilleure que tout ce qui avait été obtenu auparavant avec des microscopes électroniques conventionnels.On pourrait se demander pourquoi il a fallu attendre près de trente ans pour que les idées de Gabor soient appliquées avec succès dans le domaine de PAPETERIE JACQUES ENR SPÉCIALITÉS O TOUS PETITS ARTICLES DE BUREAU & SCOLAIRES O LA PAPETERIE DE COMPTABILITÉ COTE DES NEIGES OTOUS FORMATS D'ENVELOPPES / O LA PHOTOCOPIE XEROX /, O LE PAPIER FIN /E ^ SFRVICF PF PHOTOCOPIF / ^ h- z GATINEAU régulière, format réduit ou COULEUR y ^ —I _l Æ LU DECELLES 5301 avenue Gatineau (X Jean-Brillant) / i MONTRÉAL 737-8733 / l'observation de l'intérieur des I atomes?En fait, ce qui a retar! dé les progrès dans ce domainel c'est qu'il est presqu'impossiblej de produire une onde de référence (avec laquelle l'onde* de l'objet sera amenée à interférer) de dimension suffisante tout en étant cohéren te avec l'onde objet.En holographie optique, on utilise des sources lumineuses j cohérentes, des lasers, mais en microscopie électronique, il n'existe évidemment pas de pendant.11 fallut jouer d'astuci pour contourner cet épineux I problème.JlfOi’ Dans le cas des nuages d'élec- I trons des atomes, lorsque le faisceau d'électrons du microscope traverse l'échantillor placé sous observation, les électrons de ce faisceau, qui viennent en quelque sorte sonde l'objet, sont diffusés; ils le sont faiblement par les nuages électroniques, mais beaucoup I plus fortement par les noyaux! atomiques.Il est possible d'utiliser ces portions de faisceaux d'électrons fortement déviées comme élément d'uni front d'onde électronique de I référence.Les portions du faisceau du microscope électron que seront déviées plus faible-J ment par les nuages électroniquf et viendront interférer avec le | front d'onde de référnece.Dans la technique de Bartell et Ritz! chaque atome produit donc sa! propre onde de référence.ilnnnnhic / On 0: O": f, 2t lu'.' itif -r U C 5 • : •: s ¦ z n ¦ ’ - .Pour les deux chercheurs de I l'Université du Michigan, l'astuc déterminante a consisté à mettrf au point une cache permettant de masquer certaines portions® l'onde de référence résultant m diffusions fortes de manière à et faire un front d'interférence 1 uniforme.Les ondes modulées par les nuages électroniques I peuvent alors y interférer en | produisant un hologramme, l'enregistrement photographiqu-des interférences, facilement utilisable pour la reconstitution de leur image.ïïioup et;, hüejç ÈtCr.;.¦lait m lech, lE, Par cette technique, chaque atome génère son propre hologramme et les images atomiques sont toutes centrées exactement les unes sur les autres.Pour cette raison, l'échantillon doit être très purjt monoatomique pour que la reconstruction de l'image finals ne soit pas perturbée.Ht, Cüilcerr; "Uiioiy.¦ %(|jw noHi Jll ïir M mondedi dilllEHioi Jtentoi it.tOptiM utces tail ileaoniiii ¦eut pa l&tjow mr cet épi s'cæi Kjoisj itioesilo wise ceiaiseati pielpoesa « maistet Hat r; iraerie cepiii etaeitt licioicope ™a58f intw detéfét lepiodeit1 eacot® «ti8l ireoce'1 .8 intef' ,„tpd' oet’1' les8' nies91 dp»81 qü«r :fîU^C‘ ÉBEC SCIENCE / décembre 1975 Pour voir l'intérieur des atomes En appliquant les techniques de 'holographie à la microscopie électronique, deux scientifiques i américains ont réussi à photographier l'intérieur d'un atome.Ces deux clichés représentent 'atome de néon et l'atome d'argon vu avec un grossissement de 260 000 000 de fois.L'anneau diffus encerclant la «sphère lumineuse» dessinée •ar les tramées des électrons hravitant autour du noyau atomique, à peine visible dans le cas du néon mais assez marqué dans le cas de l'argon, est causé par des effets instrumentaux inhérents à la méthode photographique utilisée.La sphère lumineuse correspond à la deuxième couche électronique (la couche «L» ) à partir du noyau atomique de l'argon et du néon (d’un diamètre de 0,37 À ) est moins étendu que celui du néon ( 0,48 A ) en raison de la charge électrique plus importante portée par son noyau.is# Er n éclairant la diapositive pS obtenue avec un faisceau de ^lumière cohérente —celui d'un S laser He-Ne par exemple— on obtient une image des nuages 'électrons des atomes de 'échantillon étudié.t d'i 'fâ La ¦ technique mise au point par ai Bartell et R itz représente une j amélioration considérable en ce ikQui concerne la limite de feCoii résolution en microscopie électronique.À date, elle n'a été appliquée que pour des échantil-di 'pns gazeux simples ( le néon et i argon) mais les deux chercheurs jdj tentent maintenant de l'appliquer à l'observation de molécules.Le noyau d'un atome lourd, iis au sein d'une molécule échantillon pourrait, dans ce cas, fournir l'onde de référence ink Permettant d'enregistrer I hologramme des atomes qui l'entourent.(B.D.) Le syndrome des buveurs ON COMPTESURVOUS POUR NOËL! de bière Deux chercheurs danois, Tage Hilden et Tage Libso Svendsen, se sont intéressés à ce problème et décrivent dans la revue The Lancet Vol.Il, no 7928, 1975) le cas de personnes consommant de grandes quantités de bière.Un examen plus approfondi révéla aux chercheurs un taux sanguin de sodium et de potassium anormalement bas.Ces deux électrolytes jouent un rôle important dans l'organisme pour maintenir le potentiel électrique nécessaire à la transmission des impulsions électriques dans les nerfs et les fibres musculaires.On pourrait croire que la bière, faite à partir de céréales, soit très nutritive; elle contient en effet beaucoup de vitamines B.Par contre, des expériences /7jf> //// NtM?°r e cor|: sa Pt-prolongés jusqu'au 3 L art râ&d-fi dej la récente Même si de nombreuses études ont porté sur l'alcool et ses effets dans l'organisme, bien des lacunes restent à combler dans ce domaine.C'est pourquoi plusieurs recherches concernant l'action de l'alcool sur l'équilibre des électrolytes, tels que le sodium et le potassium dans le sang, ont été entreprises.r\t spêcis^de $8.0; frgn / la^hos focémbté 197$ •: §ve postale.PRÉVALEZ V( POUR FAERS; DES HEUj et vous donner unfiïn! plusieurs ^—'• de gagne l'une dès i bourses u! Hr XJ: ^ EUX % NOËL tnces supplémentaires!!] zersitaires CHJt-sgjront tirées^, janvier 1 sort Ces personnes absorbaient en moyenne cinq litres de bière par jour et n'ingéraient pratiquement aucune nourriture.Elles présentaient un ensemble de symptômes, entre autres des étourdissements, de la fatigue, de la faiblesse musculaire, des pertes d'équilibre et, occasionnellement, de la confusion dans les idées.eu Magazine ABONNEMENT .lertres MAJuscCJ^$fc; ¦ 'rxi y.< 25 1> CUÉ BE C • .aiijpédiera g r a rOTTgrfeiitf :Wff8:c'3f:l:ê:de touhaits -.é;:» u s ceu x et cgirgHt-qui xVqtKrCÿf'tqirez un aboana3i|tEÿSi$^'iig:X^ Postez tôT1—k Deux facteurs seraient à l'origine de ces différents symptômes: le peu de sodium contenu dans la bière et l'insuffisance de nourriture absorbée.Ces symptômes disparaissaient après deux semaines si l'on éliminait la bière et la remplaçait par un régime alimentaire normal.indiquent que l'alcool qu'elle contient interviendrait dans le métabolisme de ces vitamines en les rendant complètement inefficaces.Ainsi des rats soumis à un régime alimentaire complet auquel on avait ajouté de l'alcool présentaient les mêmes symptômes de déficience vitaminique que ceux que l'on avait astreints à un régime totalement dépourvu de vitamines B.(D.D.) 46 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE PARUTIONS RÉCENTES LES OISEAUX DE MON PAYS par Alice Duchesnay, Les Éditions La Presse, Montréal, 1975, 3e édition, 151 pages, $3.95 Cet ouvrage vous permettra de vous familiariser avec la vie, les mœurs et les habitudes d'environ 80 espèces d'oiseaux.Vous y trouverez une bonne description vous permettant de les identifier et de connaftre leur comportement.Les illustrations, simples et belles —dont plusieurs en couleur— sont l'œuvre d'un peintre-animalier réputé.Dans une brève étude zoographique de l'oiseau, le lecteur trouvera des données fort intéressantes sur l'origine et la classification, les particularités anatomiques, la coloration du plumage, les saisons et les amours, la nidification et les soins de la couvée, le langage et le chant, le vol et les migrations, enfin, l'importance économique et écologique des oiseaux.LE SUCRE DU PAYS 1)1 CI STE n IIK l.\ PAROI.K/ll LE SUCRE DU PRVS Jeim-Cltiuilr Durant par Jean-Claude Dupont, Leméac, Montréal, 1975, série «Traditions du geste et de la parole», 117 pages, $3.95 Excellente initiative de Leméac et de l'ethnographe Dupont de rendre ainsi accessible au grand public les traditions reliées à des industries ou travaux domestiques.Après Le Pain d'habitant, voici Le sucre du pays, véritable inventaire d'un ;iec» patrimoine qui évolue rapidement depuis quelques années, par suite de la technologie et sans doute de la pénurie de main-d'œuvre.L'auteur a concentré sa recherche sur le terrain, en Beauce, dans trois sous-régions connues sous les noms de Vieux-Bois, Vallée et Montées.Les Vieux-Bois se situent au sud de la Beauce, la Vallée, le long de la Chaudière et les Montées, dans les terres qui surplombent les versants de la Vallée.On peut croire qu'en général, les grands thèmes présentés ici —traditions techniques, geste et résultat, science populaire— s'appliquent au reste du Québec.On y décrit donc, en premier lieu, les trois types de sucreries rattachées aux sous-régions; on traite des feux de cuisson, des modes de transport, de la récolte et de la distribution des produits de l'érable.En deuxième lieu, Jean-Claude Dupont évalue l'évolution des modes d'exploitation.Un tableau indique qu'en 1920, le «sucrier» c'est-à-dire l'habitant qui fait les sucres, devait effectuer quatre «étapes-travail» pour récolter 90 litres de sève: en 1960, grâce aux nouvelles techniques de cueillette, deux seules «étapes-travail» rapportent 364 litres de sève.En dernier lieu, on trouve probablement à peu près tout ce que la science populaire a pu retenir des croyances et coutumes relatives aux sucres, du langage du sucrier, de la nourriture à la cabane, des sucres dans le décor quotidien, le tout agrémenté d'une trentaine d'illustrations.Quelques chiffres: les familles moyennes de sucriers d'avant 1900 consommaient par année environ 113,4 kilogrammes de produits de l'érable, soit 20 pour cent de la production.Le produit de l'érable au Québec représente une production annuelle de 13,6 millions de kilogrammes, 90 pour cent de la production canadienne et 70 pour cent de la production mondiale.En 1920, une production de 570 kilogrammes rapportait 150 dollars; en 1960, la même production sera de 1 360 kilogrammes et donnera 1 650 dollars.Autres faits saillants: les signes avertisseurs de la coulée de la sève sont le gel nocturne, la neige au pied des érables le matin, le vent du sud-ouest ou la bordée de neige.S'il y a peu de neige l'hiver, l'eau d'érable sera peu abondante ou peu sucrée.Quant apparaft l'«oiseau de sucre» (de la famille des mésanges), c'est le temps d'entailler et quand le «papillon de sucre» (gris ou blanc) tombe dans les chaudières de sève et s'y noie, c'est la fin des sucres, comme aussi le passage des outardes.Des symboles comme ceux-là, à saveur de croyances populaires ou de superstition, de même que les témoignages sûrs obtenus de vieux sucriers (il y en aurait même un âgé de 110 ans.Monsieur Philias Bernard, de Beauceville, ce dont je doute) réussissent à créer une ambiance chaleureuse autour du contenu de ce petit livre, pour qui veut faire une bonne «trempette» dans la vieille cabane à sucre de ses ancêtres.M.-A.G.irèjo s Ali ime cio-;::' iïenn!ll LA PHOTO AÉRIENNE Hugues Gagnon la UllijiëÆ ¦ aerienne lans les études de l’aménagement loire Son interprétation dans les études de l'environnement et de l'aménagement du territoire par Hugues Gagnon, Les Éditions HRM Ltée, Montréal, 1974, 278 pages, $16.50 Cet ouvrage constitue le premier traité de ! photo-interprétation publié au Québec.Il comble donc une importante lacune, en ce : sens que les étudiants québécois, particulièrement les cégépiens et ceux des : 1er et 2e cycles universitaires, disposent dorénavant d'un manuel de base, largement appuyé sur un matériel photographique préparé au Québec, leur permettant de s'initier de façon valable aux nombreuses i applications de cette technique scientifique relativement nouvelle chez nous.Le volume est surtout axé sur l'aménagement I du territoire; il ne s'adresse donc pas aux techniciens et chercheurs spécialisés en la matière, même si l'auteur touche certaines connaissances fondamentales qui pourront se révéler utiles aux géographes, géologues, biologistes, écologistes, forestiers, agronomes, pédologues, urbanistes, aménagistes des ressources naturelles, etc., appelés à procéder à la photo-interprétation de phénomènes et d'observations relevant de leur discipline respective.L'auteur définit la photointerprétation dont il expose les notions de base; il décrit la nature et les propriétés de la photo aérienne, puis il insiste de façon I particulière sur l'analyse des formes de relief.D'autres chapitres traitent, dans terrain tflic:; brefjlo iqut.0 trail f; er repu err;-: ké: - D'un fourni k terni " - JSlfu'; fep sphoti rtain$; ance; rmits lfio, le riennet Urraiu J|^ % ¦Wi, Ui ^ .QUEBEC! IUÉBEC SCIENCE / décembre 1975 uneambiai mb Jett «(tame cabine à I l'ordre, l'occupation du sol, l'affectation des sols, la délimitation des régions homogènes, l'incidence historique et socio-économique de la photographie aérienne, la photo-interprétation préventive (détection des zones de catastrophes éventuelles, particulièrement de glissements de terrain), enfin, les nouvelles techniques de télédétection (dont plusieurs ne sont présentement qu'au stade d'essai ou de développement).L'ouvrage se termine par un exposé des implications économiques et politiques de la photo-interprétation, par un bref glossaire et une sélection bibliographique.Dans la dernière, on peut s'étonner de l'absence totale d'une liste des nombreuses publications (sur le Québec, entre autres) faites par les étudiants et les chercheurs de l'équipe du professeur Brandenberger (université Laval), spécialiste jde réputation internationale, l'un des [fondateurs de la photogrammétrie moderne et directeur du plus grand centre d'enseignement et de recherche dans ce domaine en Amérique du Nord.D'une façon générale, la présentation |de l'ouvrage est soignée et la rédaction, assez bonne.Le matériel photographique provient en grande partie de la photothèque du gouvernement fédéral; il est abondant et fort varié, mais de qualité très inégale.^Plusieurs photographies sont plutôt médiocre, quelques-unes, franchement mauvaises.De plus, l'absence de l'échelle des photographies peut être gênante pour certains lecteurs; il en est ainsi de l'insuffisance assez générale des explications fournies par les légendes des photographies.'jjOiiS Enfin, la majorité des photographies aériennes verticales ne permettent pas une vision stéréoscopique et, partant, une interprétation plus complète à laquelle on pourrait normalement s'attendre.«HI nieitw jjgjois, liens îltS ispo >1» * liüf ^PROBLEMES D'AUTOMATISMES ;NyMER|QUES: APPLICATIONS i DES METnODËS DE L'ANALYSE qBINAI RE MénaS- (oiid11 MU'00 fdp5 o-est» b «.ini* •f-1 .PROBltMES d'automatismes numériques -pAfUf applications des méthodes de l'analyse binaire g rer a# " MASSON & CIE par R.L.Vallée, Éditions Masson et Cie, Paris, 1974, 168 pages, $23.40 Cet ouvrage a pour but de prouver les très vastes possibilités de l'analyse binaire au moyen de nombreux problèmes d'automatisme, accompagnés de leurs solutions et de rappels fort appropriés aux définitions et théorèmes de base.La séparation des énoncés de problèmes d'avec les solutions est pour le moins originale et contribue à la clarté du texte.Ce livre s'adresse surtout aux ingénieurs, mathématiciens et techniciens spécialisés en analyse binaire qui pourront ainsi apprécier, juger et choisir librement l'outil théorique qui leur est déjà familier ou soumettre à l'expérience industrielle les méthodes nouvelles que l'auteur leur propose.La première partie de l'ouvrage est consacrée à l'énoncé des problèmes qui sont de deux types: (1) théorie et applications aux circuits combinatoires, (2) clef des automates numériques.Dans la seconde partie, on trouve la solution des problèmes par les méthodes de l'analyse binaire.Quant à l'aspect pratique des problèmes, ils ont fait l'objet de contrôles expérimentaux, soit qu'ils aient été réalisés en série par l'industrie, soit qu'ils aient été construits pour montage dans des ensembles automatiques qui ont effectivement fonctionné.LES MAGNÉTOPHONES À CASSETTES |gg magnétophones a cassettes par Charles de Salmiech, Eyrolles Éditeur, Paris, 1975, 163 pages, $8.00 Ce petit livre sera certes bienvenu à tous ceux qui œuvrent dans le domaine de l'audio-visuel et qui cherchent de l'information vulgarisée sur les magnétophones à cassettes.L'auteur s'exprime dans un langage simple, accessible aux non-spécialistes, et son exposé est accompagné de nombreuses photographies et de dessins schématiques.47 L'auteur fait d'abord l'historique de la cassette et aborde les distinctions —avec les avantages et les inconvénients— entre bobines et cassettes, cartouches et cassettes, électrophone et magnétophone, cassette et disque.Il rappelle ensuite les éléments d'électro-magnétisme et d'acoustique ainsi que les nombreux phénomènes qui caractérisent la voix humaine.Il passe ensuite à l'étude de l'enregistrement magnétique (circuits électriques, parties mécaniques, anatomie de la cassette), puis à la description des accessoires (microphones, haut-parleurs, casques, autres accessoires et perfectionnements).Il explique alors le principe de la haute fidélité et les différents types de stéréophonie.Suivent des instructions pratiques relatives à la technique à suivre dans le choix de prises, fiches et cordons, ainsi que dans l'enregistrement proprement dit.L'auteur énumère et décrit par la suite les diverses utilisations et applications de la cassette.Enfin, il est question d'entretien et de réparations de cassettes (parties mécaniques et électroniques) ainsi que de pannes et de leurs causes; le souci du détail de l'auteur va jusqu'à montrer comment effectuer une petite soudure en fil.PALÉONTOLOGIE GÉNÉRALE par Jean Roger, Éditions Masson et Cie, Collection Sciences de la Terre, Paris, 1974, 432 pages, $26.95 La paléontologie n'est plus un simple inventaire de fossiles ou, encore moins, une science réservée à quelques chasseurs isolés de bêtes préhistoriques.Elle est devenue une science fondamentale étroitement liée à la géologie qui, elle-même, devient de plus en plus «précise» par le fait que la paléontologie permet de mettre des dates sur les phases évolutives de notre planète ainsi que sur l'apparition des plantes, des animaux et des hommes qui se sont succédés depuis des millions d'années.Plus que cela, la paléontologie participe aujourd'hui de façon significative aux méthodes scientifiques, aux idées modernes et au concept philosophique qu'on se fait des origines de la terre et même de l'univers.La paléontologie classique était descriptive, systématique, taxonomique; aujourd'hui elle devient fondamentale ou générale, biochimique et biologique.C'est cet aspect que l'auteur traite dans cet ouvrage dont l'objectif ambitieux est de rechercher l'intégration du temps géologique aux concepts majeurs de la biologie.L'étude de la place de la biosphère dans l'évolution du cosmos, l'explication de l'origine des écosystèmes actuels et l'espoir d'entrevoir l'avenir réclament cette nouvelle symbiose scientifique entre la paléontologie et la biologie. 48 décembre 1975/ QUÉBEC SCIENCE Cet ouvrage est fort bien fait et richement illustré.Dans un premier chapitre, il traite la paléoécologie (paléobiochimie, paléophysiologie, fonctions de reproduction, populations fossiles, paléogénétique et paléoécologie proprement dite).Le deuxième chapitre est consacré à la taphonomie et synthèse de la fossilisation).Dans un dernier chapitre, sans doute le plus important, il est question de biostratigraphie; on y parle de l'espèce (classification, taxinomie et parataxino-mie), de stratigraphie et paléontologie, de distribution des organismes suivant le temps et, finalement, de distribution dans l'espace des organismes et taxons au cours des temps géologiques (paléobiogéographie).Une bibliographie d'une valeur exceptionnelle (près de 1 500 titres) fera le régal de tout chercheur dans ce nouveau et passionnant secteur de la science.ÉLÉMENTS DE MÉTÉOROLOGIE ELEMENTS DE METEOROLOGIE P.QUENEY par P.Queney, Éditions Masson et Cie, Paris, 1974, 300 pages, $30.25 Ce livre fait partie de la Collection de l'École nationale supérieure de techniques avancées.Il s'agit d'un manuel de météorologie générale qui fait la synthèse des résultats les plus importants relatifs à l'atmosphère.Il s'adresse non seulement aux étudiants qui préparent une carrière en météorologie, mais plus généralement à tous ceux dont l'activité a quelque rapport avec la science de l'atmosphère: ingénieurs hydrographes ou océanographes, climatologues, géographes, agronomes, responsables de centres sportifs, etc.Pour répondre à ce besoin, l'auteur a évité l'encombrement de développements mathématiques avancés en faisant des rappels fréquents des lois classiques de physique ou d'hydrodynamique.L'ouvrage commence par une brève description des méthodes courantes d'observations météorologiques au sol, aérologiques, par fusées et par satellites.Il traite ensuite de la structure générale de l'atmosphère: stratification, densité.I n pression, température et composition, puis il passe à l'étude des processus thermodynamiques qui s'y produisent.Vient ensuite un chapitre sur l'approximation hydrostatique (équilibre, stabilité, applications de l'équation hydrostatique), et un autre sur les phénomènes radioactifs: rayonnements électromagnétique, solaire et tellurique.Les derniers chapitres sont consacrés à l'étude des mouvements atmosphériques de diverses échelles, soit les phénomènes hydrodynamiques (échanges verticaux et force géostrophi-que), les mouvements à échelle modérée (turbulence, convections, ondes de relief, brises thermiques et mouvements orographiques), enfin, les mouvements de grande échelle (systèmes cycloniques, aérojets, marées atmosphériques).Le travail se termine par des considérations relatives à la prévision du temps et une bonne bibliographie pour chacun des huit chapitres.OPTOÉLECTRONIQUE par G.Broussaud, Éditions Masson et Cie, Paris, 1974, 360 pages, (Collection de monographies d'électronique publiées sous la direction du professeur Pierre j Grivet), $39.90 Même si les frontières de cette nouvelle science n'ont pas encore été définies, celle-ci tente de jeter un pont entre l'optique et l'électronique.Son nom semble avoir été créé pour désigner l'ensemble des activités électroniques directement rattachées à l'optique que l'apparition du MASER et du LASER a rapidement porté à une place de premier plan.Cet ouvrage est hautement spécialisé.Destiné à des électroniciens et physiciens déjà solidement confirmés, il suppose acquis les fondements essentiels de l'électronique, de la théorie électromagnétique, de la physique des solides et de l'holographie (le dernier aspect est traité dans un chapitre spécial qui fait un retour sur la formation des phénomènes de base).L'auteur ne vise à nulle part à l'analyse en profondeur des divers phénomènes; au contraire, il cherche à faire une synthèse compréhensive de l'optoélectronique en traitant tour à tour les générateurs optiques, les détecteurs optiques, les surfaces photo- (et thermo-) sensibles, les milieux de propagation, les modulateurs et déflecteurs, les corrélateurs optiques, ainsi que les cristaux liquides en rapport avec le processus de visualisation.Un dernier chapitre, non le moindre, parle des champs d'application de l'optoélectronique à la métrologie, à la détection, au stockage de l'information et aux télécommunications.ABRÉGÉ DE CHIMIE (P.C.E.M.): CHIMIE GÉNÉRALE (avec exercices et tests) par G.Germain, R.Mari et D.Burnel, Masson et Cie, Paris, 1975, 274 pages, $9.90 ,A$UIÎ lilr - able:; mire, Cet ouvrage constitue le volume no 1 de la collection «Comprendre et appliquer» dirigée par le professeur G.Germain et qui comprend toute une série d'abrégés analogues, avec exercices et tests, de divers domaines de physique, de mathématiques et de chimie.Cet abrégé de chimie s'adresse aux étudiants de premier cycle en sciences pures et appliquées, en médecine, pharmacie, biologie et biochimie, c'est-à-dire à des étudiants qui ont déjà acquis les notions de base.Il est construit selon un nouveau principe didactique aussi ambitieux que réaliste: faire comprendre aux étudiants les bases d'une science —la chimie dans ce cas— et leur donner la possibilité de bien appliquer leurs connaissances.Les «cours» qui expliquent les fondements théoriques sont suivis de l'énoncé de 500 exercices et de 120 tests, avec exposé des problèmes et de leur solution.Un tel apprentissage extrêmement dynamique permet à chaque étudiant de suivre son propre rythme, sans risque de saturation ou de «refus».Lorsqu'il constate avec satisfaction qu'il a bien compris une notion nouvelle, une théorie ou un problème, il se verra encouragé dans son effort au fur et à mesure qu'il pourra mesurer son progrès.sr:: !0ftL.: 6S H s'] III: - M:"' rr : Mr; r ; .en; - h !r; e.\: JVfAli ICAICI ni!:' L.; ' îfc ; ; - a! >: ::: i" lar • A 3 CHIMIE ANALYTIQUE QUANTITATIVE par Gaston Chariot, Éditeurs Masson et Cie, Paris, 1974.Tome I: Méthodes chimiques et physico-chimiques, $41.25; Tome II: Méthodes sélectionnées d'analyse chimique des éléments, $33.00 Ce traité d'analyse chimique quantitative est la sixième édition entièrement refondue de l'ouvrage «Les méthodes de la chimie analytique — Analyse quantitative minérale».Il n'englobe pas toutes les méthodes ni tous les éléments connus, mais il présente une sélection judicieuse de méthodes variées allant de la gravimétrie classique aux méthodes physicochimiques les plus sophistiquées.Cependant, on n'y trouve pas les méthodes purement physiques d'analyse, ni les techniques particulières telles que la micro-analyse, l'analyse des gaz, etc.D'autre part, chaque section, parfois même chaque méthode ou description de procédé analytique, est accompagnée d'une liste des ouvrages correspondants les plus récents, de sorte que ce traité s'avère utile à l'analyste engagé à résoudre des problèmes pratiques d'analyse.mbleij] s et d» Sfteajj POflftj efc-,- fed; (P Ifcd! il Sdk 'Ont:., f «CSC JÊBEC SCIENCE / décembre 1975 49 gn vrac Ml Bumtl, ÎUpsjes, «ne ml «ipf p.ifd'ibiÉji lesls,(le denMi stio* ni scient etM.pi çstWn cpuiste [fuit selon aussi COIWfK e science LA SUITE DE «JAWS» e film «JAWS» en aura impressionné plus un., mais la découverte d'un chercheur Jbstralien saura peut-être réconforter lusieurs des pauvres spectateurs de ce film épouvante.M.Théo Brown, de Sydney t Australie, a mis au point un appareil tpable d'éloigner les requins mangeurs hommes, et même de les chasser des lieux u'ils habitent ordinairement.C'est grâce des sons que les requins jugent ésagréables qu'il est parvenu à ce résultat, î près 14 ans de recherches et de nombreu-s expériences dangereuses avec des quins en maraude, M.Brown vient de rmonter le dernier obstacle, celui de accoutumance des requins aux sons émis, s'agit de modifier soigneusement les iotifs sonores de telle sorte qu'il leur ivient impossible de s'y habituer.Selon .Brown, une «barrière sonore» établie le mg d'une plage ou d'une baie éloignerait s requins en permanence.Icuis erciccstt rfihlèmss i jment g étuW off'il fl a bien b l;auetl* h eucoui^ Bisuieti ii#"" .nfl ,p pli» ,eA OUVEAU TRAITEMENT ES CALCULS BILIAIRES epuis environ trois ans, il est possible de ire disparartre, dans certaines conditions, s calculs (pierres) formés de cholestérol et 'gés dans la vésicule biliaire.En effet, âce au traitement des calculs par un acide apelé l’A.C.D.C., on peut faire diminuer ;s derniers dans un pourcentage important cas.Cependant, le traitement par .C.D.C.présente quatre inconvénients tportants: son action est irrégulière, 'rganisme ne le tolère que difficilement, >n coût est élevé et la dissolution des ilculs est très lente.Un jugement définitif r la valeur de ce traitement ne pourra )nc être porté que dans quelques années, semble toutefois raisonnable de l’essayer ores et déjà chez les malades pour qui ntervention chirurgicale conventionnelle importerait trop de risques.Il faut iputefois noter que le traitement à l'A.C.D.s applique qu'aux cas de calculs biliaires U"6iculs de formation récente.: ^ RECHERCHE «MADE IN QUÉBEC» ne des raisons pour lesquelles les scientifi m ,es québécois reçoivent moins de g bventions du Conseil national de cherches du Canada (CNRC) que l'Onta-c est que les installations de recherche it moins nombreuses de notre côté de la rontière», estime le Dr W,G.Schneider, ésident du CNRC.Le Québec compte oins d universités et moins de chercheurs Je I Ontario.Cependant, comme le 'alignait M.Schneider aux Communes, il V a pas de différence en ce qui concerne taux d'acceptation ou de jugement wrable parmi les demandes de subvenons soumises au CNRC.Le CNRC doit se tf sparer à investir beaucoup d'argent pour neliorer le potentiel de la recherche iQOeeeÇ- [TOYfijIÉi ¦BETOmiH (DmtuuTOi] ¦cr VIOI1f!£ ¦mai [mxZgri I T* E WÎIWL c fc je U fi [mmi lîimujj [imiiimü iWWnxu < ¦m ro&a mm iûTfUüi SflllllflHIM [cniKinv On compte sur eux HOP.JEAN TALON 1385 Jean Talon Montréal TABAGIE 2111 Jean Talon E.Montréal VARIÉTÉ POISSANT 5936 Bélanger Montréal TABAGIE GOSSELIN 6342 Sherbrooke est Montréal UNITED CIGAR STORE 7275 Sherbrooke E Montréal LÉO TABAGIE 6484 Beaubien Montréal U.C.STORES 2183 Galeries D'Anjou Ville D'Anjou PHARMACIE ANJOU 6560 Joseph Renaud Ville D'Anjou TABAGIE LUMOR 14013 Dorchester Pointe-aux-Trembles réclamez*y votre exemplaire scientifique au Québec afin que nous réussissions un jour à rattraper «nos voisins d'à côté».DES SCIENTIFIQUES AUX TOILETTES Si vous avez utilisé les toilettes du Centre national des arts d'Ottawa en 1973 ou en 1974, vous avez peut-être collaboré, sans le savoir, à une expérience du Conseil national de recherches du Canada.Au nom de la science, une dizaine de scientifiques du CNRC, division des bâtiments, se sont postés à tour de rôle dans les toilettes du Centre national des arts pour recueillir certaines observations.Selon un de ces chercheurs, M.D.N.Henning, les résultats de cette étude indiquent que près de 75 pour cent de ceux qui ont fréquenté ces toilettes l'ont fait pour se «soulager».Les autres ne voulaient que se donner un coup de peigne ou se laver les mains.On a aussi remarqué que les femmes font généralement la queue lorsque la salle de toilette est bondée de monde, mais les hommes, rarement.Ces derniers passent en moyenne 41 secondes aux urinoirs alors que pour les femmes, le temps d'occupation des W.C.varie entre 59 secondes et 155 secondes selon la nature des besoins.L'information recueillie servira à établir des codes de construction plus réaliste en ce qui concerne l'utilisation et la fréquentation des salles de toilette dans les lieux publics.«Chaque fois que nous réussissons à prouver qu'un W.C.n'est pas nécessaire, c'est une économie de 1 600 dollars environ que nous faisons réaliser au constructeur», dit M.Henning. 50 UN CERTAIN SOURIRE Un pédiatre danois estime que le célèbre sourire de la «Joconde» pourrait être le reflet d'une paralysie congénitale des muscles faciaux affectant cette «pauvre» jeune fille qui a servi de modèle à Léonard de Vinci.Le Dr Finn Becker-Christensen, de l'Hôpital national de Copenhague, croit en effet que le sourire qu'arbore la jeune femme dont de Vinci a fait le portrait, il y a plus de quatre siècles, serait la conséquence d'une déficience des muscles faciaux.Seul le coin gauche de la bouche de Mona Lisa esquisse un sourire, l'autre côté du visage étant complètement figé.D'autre part, elle avait des doigts plutôt longs, un indice souvent observé chez les personnes atteintes de paralysie faciale congénitale.L'INSTITUT D'ASTROPHYSIQUE HERZBERG L'Institut d'astrophysique Herzberg regroupera l'Observatoire radioastronomi-que du Parc Algonquin (sur la photo), en Ontario, l'Observatoire radioastronomique de Penticton, en Colombie-Britannique, et l'Observatoire d'astrophysique de Victoria (D.A.O.), en Colombie-Britannique également.Le Conseil national de recherches du Canada vient en effet d'annoncer le regroupement de ces centres de recherche en un seul institut qui portera le nom du scientifique canadien Gerhard Herzberg, spécialiste de spectroscopie moléculaire et prix Nobel de chimie 1971.DEUX «NOUVELLES» UNITÉS Lors de la 15ième Conférence générale des poids et mesure, tenue à Paris il y a trois mois, deux nouveaux noms ont été adoptés pour désigner des unités de radioactivité.Le «curie» a été remplacé par le «becquerel» et le «rad» par le «gray», le premier en l'honneur du physicien français Henri Becquerel, qui découvrit la radioactivité, et le second en l'honneur du physicien britannique Louis Henry Gray qui œuvra dans le domaine des radiations ionisantes.Le gray (Gy), unité de dose de radiation absorbée, est égal à une énergie d'un joule par kilogramme de matière.Il remplace le rad qui était égal au centième de cette énergie (soit 0,01 joule/kilogramme).Le becquerel (Bq), unité de radioactivité, correspond à une désintégration par seconde d'un quelconque corps radioactif.Il remplace \e curie, qui équivalait à 37 milliards désintégrations par seconde.LA MORT AMBULANTE Depuis son invention à la fin du siècle dernier, l'automobile a fait plus de victimes que les guerres durant le même laps de temps.25 millions de personnes ont en effet péri par l'automobile alors que 23,5 millions sont tombées, victimes des guerres qui se sont produites au cours de la même période, selon le responsable des autoroutes américaines, M.Robert Tiemann.Et pourtant, nul ne songerait à comparer Henry Ford à Adolf Hitler.décembre 1975/ QUÉBEC SCIEN NOM numéro d'abonné date d'entrée en vigueur ANCIENNE ADRESSE NUMÉRO RUE APPARTEMENT VILLE PRO VI NCE ou pays CODE POSTAL NOUVELLE ADRESSE NUMÉRO RUE APPARTEMENT VILLE PROVINCE ou pays CODE POSTAL LE MOIS PROCHAIN T^André Delisle fera le point sur les problèmes du zonage au Québec, problèmes beaucoup plus importants que des clôtures.Michel Gauquelin présentera la premiere partie des cinq entrevues qu'il a réalisées avec des chercheurs d'ici.Joseph Risi commentera les implications d'une récente découverte américaine permettant de transformer la cellulose en glucose.lll«aire % “kl 'XvXv jXVfèM' N.\vi- •W-'.'S-'ft-'i; vSoJ.t ''¦.\>\\.''W\vù\ 2200 illustrations en couleurs 34,000 noms propres classés en ordre alphabétique 200 cartes originales en couleurs W VOICI LE PETIT ROBERT 2 Le dictionnaire universel des noms propres eiif* les événements les lieux • les hommes les oeuvres du monde entier Le petit Robert 2 c’est le complément indispensable du petit Robert.C est le dictionnaire universel des noms propres, illustré et en couleurs qui suit la méthode analogique chère à Paul Robert.C’est plus qu’un dictionnaire, c’est une source unique d information et de culture sur.L histoire.Les dates, les batailles, les traités, les alliances.avec le.» renvois.Tout y est abordé d’um façon concise.La Géographie.De nombreuses cartes originales, entièrement nouvelles et en couleurs, claires et précises.Lettres.Les livres, les pièces, les écrivains, les romans modernes de tous les pays, avec leurs auteurs, leur vie, leur oeuvre.une nomenclature réellement universelle.Les arts.Des reproductions, en couleurs, des grandes oeuvres du monde entier.Peinture, sculpture, musique, cinéma, théâtre.l’univers des arts de l’antiquité à nos jours.Sciences.Les découvertes récentes et anciennes, de l’économie politique à l’astronautique.tout est noté, répertorié, classifié.petit ROBERT 2 pour avoir réponse à tout îs-*V-i‘2 Inspection des grappes de combustible nucléaire.Les centrales nucléaires canadiennes fonctionnent à la perfection grâce au combustible qu'elles emploient.Ce combustible est préparé par des entreprises du Canada à partir de l'uranium naturel extrait du sol canadien.Le même combustible alimentera Gentilly II, centrale nucléaire de 600 000 000 de kilowatts que l'Hydro-Québec est en train de construire à côté de Gentilly I, à mi-chemin entre Montréal et Québec.D'abord converti en bioxyde d'uranium le combustible nucléaire canadien est transformé en pastilles lesquelles sont empilées dans des tubes en alliage de zirconium.On peut voir sur le dessin les énormes quantités de charbon ou de fuel qu'il faudrait faire brûler pour obtenir l'énergie donnée par une seule grappe de combustible nucléaire.Une ces conséquences de la crise énergétique actuelle est que nous nous rendons mieux compte de l'importance de nos vastes gisements uranifères et des centrales C/ NDU qui permettent au Canada d'être pratiquement indépendant en ce qui concerne tous les aspects de la production nucléo-électrique.y '.»* iff É»-M« >1 DifiLim LE cflnrafl ETTIPLDIE L’UFmum nflTUREL cammE SOURCE U En ER GIE QUANTITtS D URANIUM ET DE COMBUSTIBLES FOSSILES PRODUISANT LA MÊME ÉNERGIE URANIUM CHARBON FUEL 50 LBS.(22,68kg) * 500 TONNES = 450,000 LITRES L’Énergie Atomique du Canada, Limitée Siège social: 275, rue Slater, Ottawa, Kl A 0S4 Bureau de Montréal: 2001, ru?Université, 9e étage.Montrée', Québec
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