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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1976, Collections de BAnQ.

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Volume 14, numéro 6 FEVRIER 1976 QUEBEC SCIENCE ER -69 : $ ;• ' ' ,.r- \ ’iL, -17 m 4 V ' LES DROPOUT POURQUOI ONT-ILS DÉCROCHÉ ?LE MERCURE DOÜ VIENT-IL?LA RECHERCHE LES CHERCHEURS QUEBECOIS QUI SONT-ILS?DEMEDICALISER L’ALCOQUSMB RE: Les Mammifères du Canada / K:** par A.W.F.Banfield Ce livre est destiné non seulement aux naturalistes, mais aussi à tous ceux —jeunes ou adultes— qui s'intéressent aux animaux et à leur mode de vie.BilHOii: I V.; tara Li jlspiodi Mull 196 espèces de mammifères y sont décrites en détail: traits physiques, mues, croissance, caractères anatomiques, mensurations et poids, mœurs, comportement reproductif., le tout dans un langage rigoureusement scientifique mais accessible à tous.Un fort volume cartonné avec jaquette, format 22 x 28 cm, 431 u, pages, 46 planches couleur, 113 figures, 176 cartes de répartition bibliographie, lexique, index des appellations scientifiques et d' noms vulgaires.$19.95 l’exemplaire.Pour le naturaliste, ce livre sera un instrument de référence et d'identification précieux, à l'amateur il offrira d'agréables moments d'évasion dans la nature et des découvertes souvent surprenantes.Ustemj de "S son Jklioi !'S~: K, Publié pour le Musée national des Sciences naturelles par les Presses de l'université Laval.Chez votre libraire ou directement du Service du marketing.Musées nationaux du Canada, Ottawa, Ontario Kl A 0M8.Chèque ou mandat-poste en devises canadiennes à l'ordre du Receveur général du Canada—Compte spécial.N.B.Pour com fccf mander plusieurs exemplaires, on doit s'adresser à l'éditeur.Service du marketing des Musées nationaux ne peut remplir que le commandes d'un seul exemplaire.L Autres titres offerts: Les oiseaux du Canada.506 pages.Publié par Information Canada pour le Musée national des Sciences naturelles.$15.00 Plantes sauvages des montagnes Rocheuses.450 pages, 258 planches couleur.Publié conjointement par le Musée national des Sciences naturelles et Parcs Canada.$5.00 Poissons de pêche sportive d'eau douce du Canada.Publié par le Musée national des Sciences naturelles.$3.75 Musées nationaux Canada National Museums ^ Canada UÉBEC SCIENCE / février 1976 r-efs Sommaire Comité de soutien Bell Canada M.J.V.R.Cyr vice-président exécutif zone de l'Est Banque de Montréal M.R.Muir vice-président et secrétaire Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de de l'Hydro Québec M.Lionel Boulet directeur La Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes Les titres, sous-titres, J textes de présentation et rubri-.> ques sont dus à la rédaction.ISSN-0021 -6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationaledu Québec, premier trimestre 1976.Répertorié dans PER IODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1.©Copyright 1975 — le magazine Québec Science-Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Benoft Drolet chef des informations Diane Dontigny secrétaire de rédaction Jean-Pierre Langlois conception et réalisation graphique Nicole Aubin Françoise Ferland Patricia Larouche secrétariat et diffusion Photogravure & quadrichromies Audart Inc (418) 522-2073 I mpression Imprimerie Canada Inc.(418) 688-9121 Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.(418) 658-0002 Abonnements (lan// 12 numéros) Tarif régulier: $10.00 A l'étranger: $15.00 A l'unité: $1.25 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 011 3488 Les cheques ou mandats postaux doivent être établis A I ordre du MAGAZINE QUEBEC SCIENCE 4 Courrier 6 Médecine Gare aux antibiotiques 7 Mercure La maladie de Matagami 8 Grippe Pour contrer l'attaque de 1978 Physiologie Pour ceux dont le pays est l'hiver 38 Pisciculture Des truites nucléaires Cosmologie Le paradoxe de l'obscurité 40 Climatologie Les climats du Québec 42 Parutions récentes 45 En vrac 12 Démédicaliser l'alcoolisme Yanick Villedieu L'alcoolisme, symptôme d'un mal que la médecine ne peut guérir 20 Les drop out Pourquoi ont-ils décroché?Claire Larouche Le cancer du système d'Éducation: les «drop out» 26 Le mercure, d'où vient-il?André De!isle Les plus récentes données sur les sources de pollution par le mercure 31 Les chercheurs québécois, qui sont-ils?Miche! Gauquelin La suite des témoignages des chercheurs d'ici 4 COURRIER EXPRESSION QUÉBÉCOISE Depuis trois ans, je lis Québec Science mensuellement et croyez-moi, c'est la meilleure revue scientifique québécoise.Je tiens à vous dire qu'elle tient bien la tête même aux revues scientifiques de nos voisins du Sud et à celles de certains pays européens.Par ailleurs, j'aimerais, si possible, que vous fassiez paraftre un article sur la microbiologie (plus précisément sur les micro-organismes).Sinon, j'aimerais que vous me conseilliez un article déjà paru ou un bon livre sur le sujet.Daniel Marquis Sherbrooke Quelques articles relatifs à la microbiologie ont déjà été publiés dans nos pages: « Pour vaincre la lèpre», par Fabien Gruhier, vol.11, no 10, p.42; «Sans salaire et sans syndicat», par Jean-Marc Fleury, vol.21, no 8, p.42; «La variole: Une maladie d'extra-terrestres?», par Fabien Gruhier, vol.13, no 11, p.22.De nombreuses rubriques ont aussi été écrites sur ce sujet dont «Des microbes mangeurs de pétrole», vol.14, no 3, p.42.UN MAGAZINE MULTIDISCIPLINAIRE Le numéro de septembre de votre magazine Québec Science est consacré entièrement, «ou presque», à notre fleuve, le Saint-Laurent.Je vous concède que l'avenir du Saint-Laurent, avec toute la pollution dont il est chargé, est un sujet qui intéresse beaucoup de gens, à divers degrés.Je crois cependant que pour un magazine multidisciplinaire tel que le vôtre, le respect de tous les lecteurs doit demeurer l'objectif numéro un.Si dans l'avenir, d'autres sujets revêtent à vos yeux la même importance, je suggère qu'ils soient divisés en chapitres ou sections et soient traités dans plusieurs numéros subséquents.Jacques Péloquin Varennes QUAND ON A DU CARACTÈRE Je profite de mon premier abonnement à votre magazine qui compte d'excellents articles pour glisser une critique sur des contradictions flagrantes qu'il recèle.Dans votre numéro d'octobre dernier, vous révélez les «Tristes records québécois» en matière de conditionnement physique, de santé, donc d'espérance de vie.Dans les statistiques que vous présentez, les fumeurs québécois arrivent en tête de file, devant toutes les autres provinces du Canada, avec 57,8 pour cent de la population., mais vous n'hésitez pas, quatre pages plus loin (à la toute dernière page), de nous présen- février 1976 / QUÉBEC SCIENC E ter une merveilleuse publicité sur la cigarette Gitane.Entre nous, quand on a du caractère, les autres le sentent bien.Je ne sais pas si votre revue a toujours son caractère bien placé.Jean Filippi Rosemont Montréal Comme tous les magazines au monde, Québec Science a besoin de la publicité pour vivre et garder son caractère.Pour le reste, c'est une question de goût et de choix.EN PLEIN VISAGE J'ai été charmé par le très beau document que vous avez présenté au mois de septembre («En remontant le Saint-Laurent»).Le soin particulier apporté à la présentation mérite des félicitations sans réserve.L'embrun vivifiant du fleuve emportant sa part d'espoir avec la science et de nombreu- La récente grève postale ayant considérablement perturbé notre système de distribution, nous prions nos abonnés qui n'auraient pas reçu leurs exemplaires de novembre ou décembre 1975 de bien vouloir communiquer avec nous le plus tôt possible.La livraison de QUÉBEC SCIENCE est GARANTIE et nous nous ferons un plaisir de remplacer les exemplaires manquants.De plus, nous avons procédé à une révision de notre calendrier de parution de façon à ce que nos abonnés reçoivent leur exemplaire au tout début de chaque mois à condition, bien évidemment, qu'il ne se produise pas de retard indû dans le service postal.Communiquer toute réclamation en mentionnant vos nom, adresse et numéro d'abonné à: QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery GIT 2R1 (418) 657-2426 ses inquiétudes m'est arrivé en plein visage.\-J'avais décidé, un peu avant de recevoir le r numéro de septembre de faire un travail documentaire sur le fleuve.Mais je ne le ferai pas sur la pollution, virus qui a attaqué notre fleuve.Mon objectif est de parler du peuple de la mer, de sa vie, du combat que les marins québécois ont mené pour s'unir et permettre à la marine québécoise de survivre.Si vous pouviez me faire Wn parvenir des articles portant sur ces pec questions, je vous serais reconnaissante.Annie Sarthou Victoriaville h-J Les Cahiers de géographie de Québec ont publié, en septembre 1967, un numéro spécial sur le Saint-Laurent.On y trouve des comptes rendus d'études de géographie historique, économique et géomorphologique.C'est un excellent document de travail.D'autre part, le livre du capitaine Harvey, «Marins du Saint-Laurent», publié aux éditions du Jour, que vous connaissez sans doute, raconte précisément l'histoire des marins québécois et des luttes qu'ils ont menées pour conserver la possibilité d'emprunter le «chemin qui marche».J'AURAIS AIMÉ.Le numéro sur le Saint-Laurent estvraiment .sensationnel.Cependant, j'aurais aimé plus de renseignements sur les fies du fleuve.Au moins une carte nous donnant les noms de ces 110 fies.Cela sera-t-il pour une ta prochaine fois?J'aurais aussi aimé plus de détails sur le projet «Un fleuve, un parc».rAt Raymond Paradis Saint-Léonard Techniquement, // aurait été très difficile de répondre à votre attente en ce qui concerne les 110 fies du Saint-Laurent.Quant au projet «Un fleuve, un parc», vous pourrez obtenir de plus amples informations en vous adressant à M.Tony Lesau-teur.Services de protection de l'Environnement du Québec, 201 Crémazie, Montréal ftél.: 873-4174).: ' ¦ y,.it.ATTENTION.Lors du numéro spécial de Québec Science sur le Saint-Laurent, nous retrouvions en page 14 un texte sur le projet du Bras Nord de Mie d'Orléans.L'article semble présenter le projet de CENTREAU comme étant favorable tant à l'économie qu'à l'écologie; cependant si on étudie attentivement ce rapport, on s'aperçoit que l'étude suggère entre autre l'aménagement de trois campings, deux marinas et de plusieurs plages près du lac artificiel.De plus, afin d remplacer la perte de l'habitat de la grande oie blanche lors de ses haltes migratoires, le rapport suggère la création de sites propice: à la nidification de la sauvagine, ceiqui est Allîj 5 «P .y: ' -ijpfcliiiii ¦i SCIEüt QUÉBEC SCIENCE / février 1976 .æ ; y,! ry'J '"S.peu conciliable avec la navigation de plaisance et les autres activités récréatives! Je crois donc que la population québécoise doit demeurer attentive à un projet ayant un impact aussi important sur notre environnement et espérons qu'ensemble nous pourrons arracher au «progrès» quelques sites favorables à la faune.M Jean-François Giroux Québec - :r pro tt» r publié FUTUR TRADUCTEUR Je tiens à vous féliciter pour la qualité remarquable et la présentation impeccable de votre magazine.Vos articles de vulgarisation scientifique sont d'un précieux secours au futur traducteur que je suis.En effet, le traducteur doit cumuler des connaissances quasi encyclopédiques dans tous les domaines en raison de sa fonction.!) f?: 'J Aussi, j'aimerais bien voir apparaftre, à la fin de chaque article technique, un minilexique des termes anglais-français, disons une vingtaine, sur le domaine traité.Une telle initiative de votre part serait non seulement utile aux traducteurs, mais aussi à tous les étudiants qui ont choisi de faire une carrière scientifique, car souvent ils se servent de livres américains dans le cadre de leurs cours ou recherches.André Sénécal pjUniversité d'Ottawa pat ’• ; 0 n'y a vraiment qu'une chose importante i surveiller lorsqu'il est question de daduction de textes scientifiques de "anglais au français: ne pas traduire '(scientist» par «scientiste», mais bien par 'e terme juste de scientifique.Le scientiste, •.elui qui prétend résoudre les problèmes ihllosophiques par la science, n'est pas técessairement scientifique.Pour le reste, luelques bons dictionnaires spécialisés, et quelques coups de téléphone à des pécialistes lorsque c'est nécessaire, voilà la ¦lé de bonnes traductions de textes ¦cientifiques.Canadiens-français ont des taux supérieurs aux autres groupes ethniques.Nous poursuivons actuellement ces études de l'état de santé sur la base des régions administratives, des comtés et des municipalités du Québec, afin de mieux cerner les facteurs en cause.Je ne doute pas que grâce à des publications telles que «Québec Science» une prise de conscience ne se fasse de notre réalité québécoise.Madeleine Blanchet, M.D.Service des études épidémiologiques Ministère des Affaires sociales du Québec CENTRALES NUCLÉAIRES ET ÉCOLOGIE Il existe actuellement dans la région de Rivière-du-Loup un projet de centrale nucléaire mis de l'avant par l'Hydro-Québec.Un tel projet n'étant pas sans entrafner d'importantes conséquences sur l'écologie et l'économie de la région où il est réalisé, j'aimerais que vous me fournissiez certains renseignements sur le sujet, soit par voie d'articles ou de références à des études approfondies et objectives et ce, dans les plus brefs délais si possible.Roch Michaud Saint-André (Kamouraska) Ce sujet fera l'objet d'un dossier qui sera publié dans un des numéros à venir.PHYTOSOC10LOGIE ET ZONAGE J'aimerais savoir si au Québec il y a des études en cours sur la phytosociologie en regard aux plantes domestiquées présentes dans nos jardins potagers?J'aimerais également savoir (si c'est dans les limites du possible) ce que le ministère de l'Agriculture du Québec pense de la technologie dite «douce» et également que vous m'expliquiez l'illogisme suivant: le M.A.Q.veut augmenter le pourcentage des fermes rentables pour accroftre la production agricole et hausser le niveau de vie des agriculteurs.Des milliers d'hectares de terre arable sont chaque année engloutis pour des fins industrielles, domiciliaires ou pour la construction d'autoroutes.Pourquoi laisse-t-on diminuer le pourcentage des terres arables tout en essayant d'augmenter la productivité de l'agriculture québécoise?En ce qui concerne la phytosociologie, vous pourriez vous adresser à M.Miroslav Grandtner, du département d'écologie et pédologie de l'université Laval.Les problèmes que vous soulevez dans la seconde partie de votre lettre ont déjà fait l'objet d'articles dans nos pages: U n pays à zoner, par André Delisle, dans notre numéro de janvier 1976; L'Est du Québec, aménagement ou déménagement?, par Clermont Dugas, dans notre numéro de février 1975.François Rainville Sainte-Brigitte (Iberville) JE M’ABONNE Au tarif de $10.00 (1 an / 12 numéros)* ?Je m'abonne ?Je me réabonne pour.années au magazine QUÉBEC SCIENCE.À L'USAGE COUPON D'ABONNEMENT DU MAGAZINE remplir en lettres MAJUSCULES! ond ;P |u'i 'étn i,ffoS efl"1 1ÉALITÉ QUÉBÉCOISE )epuis quelques mois, je lis avec beaucoup l'intérêt votre excellent magazine «Québec icience».J'ai noté que vous avez publié lans votre numéro d'octobre un commen-aire de l'article sur l'état de santé au \eQuébec, paru dans le «Médecin du Québec».’eut-être vous intéressera-t-il de savoir que analyse par groupe ethnique faite par iM- Laurent Roy du ministère des Affaires ociales montre un écart de 4 ans entre la leangévité des Canadiens-français et celle des ices utres groupes ethniques.Pour la très ÿt rande majorité des causes de décès les i i 1 _] 1 1 1 i 5 A 7 8 9 11 16 17 20 i i 21 24 25 26 27 29 I I I I I l 30 nom 60 prénom JL ( i 7 8 i i i i i 1 1 1 1 i i i 80 9 numéro i i i i i rue i i i i appartement 28 —i I 1 l 1 1 l 29 ville province ou pays ?Chèque ou mandat postal ci-joint i__i___i__i__i__i__i ?Veuillez me facturer 69 code postal 74 * Tarif en vigueur jusqu'au 30 septembre 1976 6 Gare aux antibiotiques La surconsommation d'antibiotiques, substances utilisées pour combattre les infections bactériennes, est un mal beaucoup trop répandu en Amérique du Nord.Lors de la dernière réunion de la Société canadienne des technologistes de laboratoire, tenue à Edmonton en août dernier, le généticien canadien David Suzuki lançait un cri d'alarme et prédisait que la civilisation nord-américaine serait bientôt sans défense face aux épidémies précisément à cause de la consommation abusive des antibiotiques.La vente de ces médicaments a été si bien moussée par les compagnies pharmaceutiques, estime Suzuki, que beaucoup trop de gens en ont allègrement fait usage et sont aujourd'hui «immunisés» contre leurs effets thérapeutiques et, ainsi, presque sans défense face aux maladies infectieuses.En novembre dernier, avait lieu, à l'université Laval, un colloque intitulé «Le traitement réaliste des infections quotidiennes», tenu sous les auspices du département de microbiologie de la faculté de médecine de cette université.Les spécialistes réunis à ce colloque se sont penchés sur le problème de la consommation abusive des antibiotiques dans le traitement des infections.Même si les médecins disposent de médications efficaces, il n'est pas dit qu'ils sachent toujours s'en servir de la meilleure façon.Pour les antibiotiques, il est clair qu'ils sont trop souvent mal ou abusivement utilisés.Parmi tous les cas de maladies passés en revue lors du colloque, celui du traitement rationnel de la pharyngite aiguë, présenté et commenté par le Dr Pierre Déry, du Centre hospitalier de l'université Laval (CHUL), fut particulièrement éloquent.La prescription d'antibiotiques n'est efficace que lorsque cette maladie est d'origine bactérienne (impliquant des streptocoques).Or, comme l'a souligné le Dr Déry, de tous les cas de pharyngites rencontrés, seulement 10 pour cent sont d'origine bactérienne (cette proportion peut toutefois atteindre 20 pour cent durant l'hiver).Ainsi, le médecin qui prescrit un traite- ment aux antibiotiques pour toutes les pharyngites qu'il est appelé à traiter est «responsable» de la consommation inutile de ces médicaments chez 80 à 90 pour cent de ses patients.février 1976 / QUÉBEC SCIENCE 11 est donc important de vérifier si une pharyngite est d'origine bactérienne ou non, avant de décider du traitement à suivre.L'examen ordinaire ne suffit généralement pas.Il faut effectuer des prélèvements au niveau du pharynx et les faire analyser en laboratoire (à l'hôpitaile plus proche).La procédure qui permet de déterminer si l'infection est bactérienne, s'il y a présence de I Eï( streptocoques, fait appel à une analyse microbiologique des plus simples et il n'y a vraiment I aucune raison pour ne pas y avoir recours, estime le Dr Déry.I ‘',;j En effet, un jour ou deux suffisent pour obtenir le résultat ’ si vous n’avez pas 500000 minutes à perdre lisez la Recherche Mais vous pouvez aussi lire La Recherche : c esl une solution Parce que La Recherche est une revue interdisciplinaire: elle vous offre chaque mois une synthèse de tout ce qui se passe d'important sur tous les fronts de la recherche, de la biochimie à l'astrophysique.Cinq cent mille minutes C'est approximativement le temps dont vous disposez - si vousnefaitesque cela-pour lire les 2 500 000 articles scientifiques publiés chaque année dans le monde entier Même si vous êtes un champion de la lecture rapide cette course contre la montre n’est pas une solution Vous pouvez, bien sûr, renoncer à ce marathon sans espoir et vous résigner à ne plus être au courant de ce qui se passe dans les labora toires français et étrangers : ce n’est pas non plus une solution nœr k Ht offre spéciale lecteurs de Québec Science * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 numéros) à La Recherche au tarif spécial de 20 dollars canadiens.Je réalise ainsi une économie de S15.75 sur le prix de 11 numéros (3.25 x 1 1 = 35.75) et de $6.50 sur l’abonnement normal.[nom | adresse n à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA 539, bd Lebeau Ville St-Laurent P.Q I H4N 1S2 ' offre reservée aux particuliers exclusion de toute collectivité 3 QUÉBEC SCIENCE / février 1976 d'une analyse de ce genre et rien ne s'objecte à reporter, durant ce laps de temps, le début du traitement.Cette façon de procéder permettrait d'éviter d'administrer des antibiotiques aux 80 à 90 pour cent des patients qui n'en ont absolument aucun besoin.En effet, si l'infection est virale, il est totalement inutile de prescrire des antibiotiques.Ce fait est d'autant plus important que la consommation abusive d'antibiotiques entrame, à la longue, une sélection parmi les bactéries, favorisant celles qui résistent le mieux à leur effet thérapeutique.Les infections identifiées comme étant d'origine bactérienne seront traitées, de préférence, avec la benzathine (pénicilline) sous forme d'injection.Les sulfamidés sont généralement contre-indiqués et la streptomycine (antibiotique du groupe des amino-glycosides) ne doit jamais être utilisée pour traiter des enfants.Pour ce qui est des autres antibiotiques, ils coûtent généralement trop cher ou peuvent provoquer des effets secondaires.Ceci n'est qu'un exemple des progrès que les médecins peuvent facilement faire sur la voie des restrictions.D'autre part, des •mesures gouvernementales devraient être mises en vigueur pour «régler» le cas des compagnies pharmaceutiques qui annoncent, à coup de millions de dollars, les «vertus» de leurs produits «miracles».(B.D.) La maladie de Matagami Dès les premiers examens, le lundi matin 24 novembre, à Matagami, la mission médicale québécoise savait qu'elle n'était pas venue pour rien.Mais ce n'est que le mercredi, tard dans l'après-midi, que l'on devait brosser un tableau complet de la situation.Devant une poignée de journalistes, une trentaine de citoyens de Matagami et une vingtaine d'indiens Cris, rassemblés dans une salle du Centre civique, le Dr André Barbeau, qui s'est déjà acquis une réputation internationale pour ses contributions au traitement de la maladie de Parkinson, devait résumer les résultats des deux journées d'examens neurologiques.D'abord, les 23 personnes convoquées par les soins des départements de santé communautaire de Rouyn-Noranda et de Matagami furent divisées en trois sous-groupes.Un premier formé de 12 Indiens qui présentaient des taux de mercure élevés lors d'examens qui eurent lieu à l'automne.Un deuxième pie, le tremblement des extrémités est commun à plusieurs maladies de sorte que son score est faible.Par contre, certains troubles de coordination trahissent une attaque du système nerveux par le mercure organique et se méritent des notes plus importantes.Par exemple, si on demande à une personne atteinte de fermer les yeux et de tenir les deux bras droits devant elle, on observe alors, sans que le patient s'en rende compte, qu'un de ses bras descend et s'écarte lentement.Avec la grille de tests utilisée, une personne présentant tous les symptômes de la maladie aurait obtenu la note maximale de 13.mm comprenait sept habitants de Matagami, gros mangeurs de poisson.Le troisième échantillonnage comptait quatre ouvriers de l'usine de chlore-alkali de la compagnie Domtar, à Lebel-sur-Quévillon.L'une après l'autre, ces 23 personnes furent soumises à une batterie de tests identiques à ceux mis au point par les médecins japonais pour identifier les malades de Minamata.Cette expertise avait été acquise de première main par le Dr Barbeau, lors d'un séjour de deux ans au Japon.Ces tests commencent par un examen neurologique complet.Ensuite, l'accent est mis sur dix-huit points, dont certains spécifiques à l'empoisonnement par le mercure méthylé et d'autres permettant d'éliminer des maladies diverses.Par exem- À Matagami, la compilation des tests indique que, pour cinq Indiens Cris, les scores dépassent 10 sur 13.Deux obtiennent respectivement 6 et 10, tandis que la note des autres n'atteint pas 6.Certains ont 1 ou même 0.Par ailleurs, deux Blancs ont des notes révélatrices, l'un se méritant 5 et l'autre, 7.Pour écarter tout doute sur la gravité de la situation, le Dr Barbeau a précisé que les 5 Cris aux notes élevées présentent 75 pour cent des signes d'empoisonnement par le mercure organique.Cependant, un seul sur 5 est atteint modérément, les quatre autres légèrement.Fait à noter, l'un des Blancs, en réalité une Blanche, ne mangeait du poisson que depuis le mois de juin, mais en très grandes quantités.Ces conclusions du Dr Barbeau ont été entièrement confirmées par le Dr Albert Nantel, directeur du Centre de toxicologie du Centre hospitalier de l'université Laval (CHUL).Indépendamment du Dr Barbeau, le Dr Nantel avait procédé à une mesure du champ visuel, ce dernier étant «comprimé» dans le cas d'attaque du cortex visuel par le mercure méthylé.Ce n'est que le mercredi matin (26 novembre), que les deux médecins ont mis leurs résultats en commun.I Is devaient avouer qu'ils avaient vécu des minutes de perplexité en examinant la femme de race blanche, se demandant si leurs méthodes étaient valables, mais pour voir leurs craintes confirmées par les études de l'autre spécialiste, le lendemain.En plus de la parfaite concordance entre les tests du neurologue et du toxicologue, le questionnaire posé par une nutritionniste du Centre hospitalier de l'université Laval, Francine Goulet, devait aussi démontrer une relation directe entre l'ampleur des symptômes et le volume de poisson consommé.Enfin, l'équipe du Dr Nantel a recueilli de nombreux échantillons de sang, d'urine et de cheveux qui établiront probablement avec encore plus de certitude le lien entre le mercure organique et les déficiences neurologiques constatées.Quant aux remèdes, il n'y en a aucùn de connu.Avec la collaboration de trois Indiens, le Centre de toxicologie expérimente des résines qui réussiront peut-être à accaparer le.mercure présent dans leur organisme de façon à l'expulser.Mais personne ne s'attend à une cure-miracle.Le mercure méthylé tend à s'installer à demeure dans le corps humain, contrairement au mercure métallique qui, lui, est graduellement éliminé.C'est ce qui explique pourquoi on n'a décelé aucun symptôme d'empoisonnement chez les ouvriers de la Domtar, exposés aux vapeurs de mercure métallique.Toutefois, leur dossier n’est pas clos puisque l'on croit que le corps humain peut transformer lentement une partie du mercure métallique en mercure organique.L'analyse des échantillons permettra de faire le point sur cet éventuel auto-empoisonnement des ouvriers. 8 février 1976 / QUÉBEC SCI ENCE Du côté des Cris, c'est la colère des Chefs et l'incrédulité des autres.Les leaders n'admettent pas qu'on leur dise tout simplement de cesser de manger du poisson, tandis que la grande masse des 200 Waswanipi de Matagami ne croiront cette mystérieuse histoire que lorsqu'ils auront vu des preuves claires et nettes.Mais alors, il risque d'être trop tard.(J.-M.F.) Pour contrer l'attaque de 1978 La grippe, appelée aussi influenza, est probablement la maladie infectieuse la plus répandue dans le monde, et depuis longtemps.Peu de personnes peuvent se vanter de n'en avoir jamais souffert.Comparativement aux autres maladies infectieuses, telle la variole que l'on a pratiquement réussi à faire disparaftre, on connaft encore peu la grippe ou influenza.Toutefois, on est arrivé à identifier l'agent responsable, un myxovirus, et à mettre au point la méthode pour fabriquer un vaccin (voir Québec Science, vol.11, no 7).Les chercheurs rencontrent cependant beaucoup de difficultés car le virus de l'influenza a la malencontreuse faculté de jouer à cache-cache avec les mécanismes de défense de l'organisme humain en subissant des mutations fréquentes qui le rendent méconnaissable.Par conséquent, les vaccins mis au point deviennent inopérants dans un laps de temps relativement court.Au Québec, une équipe de chercheurs, à l'Institut Armand Frappier, travaillent sur ce sujet depuis bientôt 20 ans.Elle est actuellement sous la direction du Dr Armand Boudreault.Cet institut est d'ailleurs le seul à produire le vaccin anti-grippal au Canada.Les recherches en cours présentent un aspect fondamental, soit l'étude du virus lui-même, de sa structure, de ses propriétés.On possède déjà plusieurs données sur cet aspect.Le virus de l'influenza est un parasite qui ne peut vivre à l'extérieur des cellules épithéliales des voies respiratoires de l'homme.Son matériel génétique est constitué d'ARN et, une caractéristique qu'il ne partage qu'avec trois ou quatre autres virus des végétaux, se présente sous la forme de segments plutôt que sous celle d'une chafne continue.Ce matériel génétique est entouré d'une enveloppe composée de glucides (sucres), de lipides (graisses) et de protéines.Actuellement, deux protéines ont été identifiées à la surface de cette enveloppe: l'hémagluttinine et la neuraminidase.Ces deux protéines venant les premières en contact avec l'organisme infecté agissent comme antigènes et provoquent la formation d'anticorps, c'est-à-dire une réponse immunologique de l'organisme.On cherche maintenant à identifier les autres protéines qui entrent dans la constitution du virus ainsi que le rôle joué par les différents constituants.On peut provoquer l'immunisation artificielle de l'organisme, sans qu’il ait à subir une première infection, en lui administrant un vaccin fait du virus inactivé de la grippe.Malheureusement, le virus de l'influenza ne se présente pas sous une seule forme, lien existe plusieurs souches, possédant toutes une légère différence entre elles.Déplus, ce virus est parmi ceux qui subissent le plus de mutations.Ainsi, dans une personne infectée simultanément par des virus de deux souches différentes, il peut se produire une recombinaison de leur matériel génétique donnant un virus hybride différent des deux premiers.Ces recombinaisons seraient facilitées par le fait que le matériel génétique se présente sous la forme de segments.Si la mutation ainsi subie par le myxovirus affecte seulement une des deux protéines de l'enveloppe, l'organisme infecté pourra encore identifier la protéine intacte et conserver une immunité partielle.Cependant, environ tous les dix ans, une épidémie balaie le monde, du Sud de l'Asie jusqu'en Amérique.Ce fut le cas de la grippe espagnole, la grippe asiatique ou celle de Hong-Kong.On pense que ces épidémies seraient provoquées par une mutation simultanée des deux protéines de l'enveloppe.Pour expliquer ces mutations majeures, on a avancé l'hypo- thèse qu'en Asie du Sud, et plus spécifiquement en Chine, des conditions favorables permettraient une recombinaison entre le matériel génétique du virus humain et celui d'un virus de l'influenza animal, engendrant ainsi un virus hybride avec des caractéristiques nouvelles.Certains animaux peuvent en effet souffrir de la grippe, par exemple les poules, les canards et les dindes.Des recherches se poursuivent actuellement pour déterminer le bien-fondé de cette hypothèse.L'organisme se trouve donc en présence d'un virus nouveau, ne le reconnaft plus, ne peut lui opposer aucune défense immunologique et les vaccins disponibles deviennent totalement inefficaces.Il faut alors produire un nouveau vaccin.Quand l'épidémie s'annonce dans les régions du Sud de l'Asie, tous les laboratoires se dépêchent de se procurer le virus responsable, de le caractériser, de l'adapter à son nouveau milieu de culture, en l'occurrence des embryons de poulet, de le cultiver et de produire le vaccin qui, une fois administré, exigera encore deux semaines pour faire effet.Il faut donc compter un bon trois mois avant que nous soyons prêts, ici, à faire face à l'épidémie.Au Canada, il n'y a que l'Institut Armand Frappier qui puisse produire les vaccins anti-grippe.On vient d'ailleurs d'y entreprendre une mécanisation de la production de vaccins afin de produire un minimum de 300 000 doses par année en 1977 et même un million de doses au cours des années suivantes si cela s'avère nécessaire.Le Canada sera donc prêt à faire face à la prochaine épidémie prévue pour 1978 par les spécialistes.Le ministère de la Santé et du Bien-Être social a participé à cette rénovation en fournissant un montant de 200 000 dollars pour l'aménagement des locaux.De plus, les gouvernements provinciaux se sont engagés à acheter un nombre minimal de doses de vaccin à chaque année, ce qui permettra à l'institut de défrayer les coûts d'achat des équipements.Ces stocks de vaccins devront cependant être renouvelés à chaque année, car ils deviennent rapidement inefficaces en raison des mutations fréquentes que subissent les virus de l'influenza, de même que la sélection qui s'exerce favorisant la multiplica- tion des souches contre lesquelles l'organisme humain n'est pas immunisé.Les chercheurs de l'institut travaillent à mettre au point de nouveaux types de vaccins qui permettraient un jour de contourner cette difficulté.On pense par exemple à un vaccin comprenant seulement les deux protéines qui se trouvent à la surface du virus, ou bien à un vaccin constitué de virus vivants mais atténués, ayant perdu leur virulence.Dans ce dernier cas, les virus continueraient à se multiplier dans l'organisme et pourraient constituer une source plus diversifiée d'antigènes, ne se restreignant pas aux deux seules protéines de la surface, octroyant ainsi à l'organisme une protection beaucoup plus élargie.On procède aussi à des études épidémiologiques de la grippe car cette maladie pourrait être responsable de troubles qui se manifesteraient plus tard.Ainsi des études statistiques suggèrent que les enfants ayant eu la grippe seraient plus susceptibles d'être atteints d'une encéphalite.De même, chez la femme enceinte, la grippe pourrait occasionner des malformations chez le fœtus, comme c'est le cas pour la rubéole.Ces énoncés ne se basant que sur des statistiques demeurent très controversées et des études beaucoup plus approfondies seront nécessaires avant de tirer des conclusions définitives, comme nous l'expliquait le Dr Boudreault.(D.D.) Pour eaux dont la pays ast I'hivar Pour plusieurs, les plaisirs de l'hiver sont gâchés par le froid qu'ils ne tolèrent que difficilement.Les hommes se hâtent de s'emmitoufler dès que le mercure du thermomètre descend sous 15 degrés Celsius.Pourtant l'organisme humain doit bien disposer de moyens pour lutter contre le froid.Plusieurs chercheurs, dont le Dr Jacques Leblanc de la faculté de deux iese 56ülS llui ::: ?fal itpoe l'élre 11 Oel lues ¦ * Hydro-Québec a 3.Produire l’électricité Une série expliquant les divers procédés actuellement employés dans le monde pour produire l’électricité et ceux qu’on est à mettre au point.les réacteurs nucléaires à neutrons modérés La production de l’électricité est réalisée dans une centrale nucléaire de la même façon que dans la presque totalité des autres types de centrales.On obtient l’électricité d’un alternateur entraîné dans un mouvement rotatif par une turbine, laquelle capte l’énergie d’un fluide en mouvement.En l’occurrence, le fluide est un gaz poussé par une source de chaleur.L’originalité des centrales nucléaires tient au recours à la fission de l’atome comme source de chaleur.La fission nucléaire Certains noyaux atomiques lourds sont dits fissiles.Ils ont la propriété de se scinder en noyaux de masse inférieure après avoir été atteints par un neutron, ceci en libérant une quantité considérable d’énergie et deux ou trois autres neutrons.D’où vient donc cette énergie?Chose étonnante, la masse de ce qu’on avait avant la fission, soit un noyau lourd et un neutron, est légèrement supérieure à la masse totale de ce qu’on obtient.Le défaut de masse observé signifie qu’il y a eu perte de matière lors de la réaction.Une certaine quantité de matière s’est transformée en énergie suivant la célèbre équation d’Einstein, E = mc!, et cette énergie doit être considérée parmi les produits de réaction.Rien ne se perd, rien ne se crée.Ce qui est intéressant, c’est la possibilité d’obtenir une Principaux types de réacteurs à neutrons modérés réaction en chaîne.La matière fissile peut être disposée de façon à ce que les neutrons émis lors de la fission d’un noyau servent à provoquer la fission d’autres noyaux dans une réaction qui s’entretient.Les combustibles nucléaires Par analogie avec les combustibles ordinaires, on emploie la désignation de combustibles nucléaires pour parler des matières fissiles servant de sources énergétiques dans les réacteurs.L’uranium est le seul élément chimique qui présente des noyaux fissiles à l’état naturel.Le minerai d’uranium contient 99,3% d’uranium 238 non fissile et 0,7% d’uranium 235 fissile.Malgré cette faible concentration de matière fissile, une livre d’uranium naturel peut pourtant produire, par fission, autant de chaleur que quinze tonnes de charbon parcombustion.D’autres noyaux fissiles sont obtenus de façon artificielle, par exemple en transformant l’uranium 238 en plutonium 239 ou encore le thorium 232 en uranium 233.Modérateur Combustible Caloporteur Type U naturel métallique CO2 GCR UOj enrichi (2,8%) CO; AGR graphite carbure d'U fortement enrichi (93%) et de Th hélium HTGR U naturel ou enrichi (1,8 à 5%) H2O pressurisée LWGR eau légère UOi enrichi (1,5 à 4,2%) H2O pressurisée PLWR UO; enrichi (1,5 à 3,6%) H2O bouillante BLWR UO2 naturel D2O bouillante CANDU-BHW UO; naturel H2O bouillante CANDU-BLW UO2 naturel D2O pressurisée CANDU-PHW eau lourde UO2 naturel ou légèrement enrichi (1,5%) gaz HWGCR UO2 naturel liquide organique OCR L’uranium est utilisé dans les centrales soit à l’état métallique, soit sous forme d’oxyde ou de carbure.Certaines centrales l’emploient à sa concentration naturelle de noyaux fissiles; d’autres exigent de l’uranium enrichi, c’est-à-dire un combustible dont la concentration en uranium 235 a été augmentée.Le combustible est confiné dans une enveloppe qui, entre autres, offre l’avantage de retenir les produits de fissions.Les modérateurs Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas la force de l'impact du neutron sur le noyau qui provoque la fission.La cohésion du noyau dépend d’un équilibre déterminé par des lois naturelles dont nous connaissons encore bien peu de chose.Lorsqu’un noyau lourd capte un neutron, son équilibre se trouve modifié et ce noyau devient instable.Le noyau excité atteindra un nouvel équilibre en émettant des radiations et, s’il est fissile, en se scindant en deux noyaux de masse inférieure.Il s’avère que les neutrons sont plus efficaces à provoquer la fission si on les ralentit à la vitesse approximative de 2 km/s (ils sont souvent émis à plus de 20 000 km/s).Autrement dit, un neutron sera plus facilement capté par un noyau s’il s’amène avec une énergie cinétique limitée.Pour servir de modérateur, une substance doit comporter de nombreux atomes légers et absorber le moins possible les neutrons.C’est par des rencontres répétées avec ces atomes légers que les neutrons perdent de l’énergie, donc de la vitesse.T rois substances sont employées: le graphite, Echangeur de chaleur Caloporteur * Modérateur l’eau ordinaire (HLO) et l’eau lourde (D2O).Il y a un rapport entre le choix du combustible et celui du modérateur; un meilleur modérateur peut faire la paire avec l’uranium naturel, un modérateur moins efficace doit être utilisé avec l’uranium enrichi.Dans le coeur du réacteur, le combustible est généralement réparti dans des tubes séparés par le modérateur.La réaction peut être contrôlée par l’insertion et le retrait de barres ayant la propriété d’absorber les neutrons.Il faut régler ces barres de façon à ne laisser agir que le nombre de neutrons requis pour entretenir la réaction au niveau désiré.Les caloporteurs La chaleur produite est extraite du réacteur au moyen d’un fluide caloporteur qui, directement ou par l’intermédiaire d'un second fluide, permet de faire tourner le turboalternateur.Le caloporteur est amené à circuler au moyen de pompes ou d’une soufflerie.Un caloporteur doit avoir quatre qualités: être chimiquement stable aux conditions qui existent dans le réacteur, être non corrosif, avoir une très bonne conductivité calorifique et n’absorber que très peu les neutrons.On utilise principalement le gaz carbonique, l’eau légère pressurisée ou bouillante et l’eau lourde pressurisée.Dans le cas des centrales à eau bouillante, la vapeur produite est dirigée immédiatement vers la turbine.Dans presque tous les autres cas, le caloporteur passe par un échangeur de chaleur où de la vapeur est produite dans un second circuit pour actionner la turbine.Une centrale CANDU-PHW J Vapeu Bâtiment du turbo-alternateur Eau Turbine/ I C=c Alternateur -Pompe Pompe ^Combustible Eau de refroidissement TECHNOLOGIE PHYSIQUE Programme 244.00 CEGEP LA POCATIERE Perspectives professionnelles: Le programme de Technologie Physique, offert en exclusivité au Québec par le Cégep de La Pocatière, prépare des technologistes en physique pour les domaines de services ou pour l'industrie.Dans les secteurs de service, le technologiste en physique peut travailler: dans les laboratoires d'enseignement de la physique au niveau collégial ou universitaire; dans les laboratoires de recherche des universités; dans les centres de recherche gouvernementaux; dans la vente d'appareillage.Dans l'industrie, le spécialiste en Technologie Physique est apte à participer: au développement de nouveaux appareils; au contrôle de la qualité; aux méthodes physiques d'analyse; à la mise au point de procédés industriels de production.Programme: La première année du programme, tronc commun avec le programme d'électrotechnique, initie l'étudiant aux sciences de base, au dessin technique, à l'électricité et à l'électronique.La deuxième année du programme utilise les cours de base du tronc commun d'électrotechnique et inclut des travaux d'atelier mécanique et de technique du vide.À la fin de la deuxième année, l'étudiant participe à un stage industriel.La troisième année est essentiellement réservée à la spécialisation dans les différents domaines de la Technologie Physique: physique de la radiation, optique, lasers, physique atomique, acoustique, instrumentation, asservissements et physique nucléaire.L'étudiant doit également intégrer l'ensemble de ses connaissances dans les projets de technologie qui le placent en situation concrète d'apprentissage.Pré-requis: Secondaire V réussi ou l'équivalent Mathématiques 522 Physique 422 ou 432 Chimie 432 ou 522 Aux étudiants d'électrotechnique 1ère année: Les étudiants qui ont réussi la première année du programme d'Ëlectrotechnique sont admissibles en deuxième année du programme de Technologie Physique.Informations supplémentaires: Le Registraire Cégep de La Pocatière LA POCATIERE GOR 1Z0 Téléphone: (418) 856-1525 1UÉBEC SCIENCE / février 1976 Chez les mammifères, certaines caractéristiques anatomiques limitent les pertes de chaleur.Si l'on considère la surface du corps et sa masse, on s'aperçoft que plus la première est grande par rapport à la masse, plus la chaleur s'échappe.La forme du corps est un autre facteur important: un individu petit et gros résiste mieux au froid qu'un autre grand et mince.L'isolation thermique joue aussi un rôle important.Elle peut être fournie par la fourrure de l'animal, mais aussi par la couche sous-cutanée de tissu adipeux qui, en raison de son faible coefficient de conductivité thermique, réduit la perte de chaleur.llii!lS(PiS médecine de l'université Laval, n'ont pas manqué de se poser la question, et d'étudier ce problème.Pour l'organisme humain, la température interne idéale se situe entre 37 et 39 degrés Celsius.Une variation de seulement 7 degrés Celsius produit éventuellement des dommages irréversibles et même la mort à plus ou moins brève échéance.Comme l'être humain pouvait peu se fier à sa fourrure naturelle pour se protéger du froid, il a tôt fait d'adapter son comportement à son environnement, par exemple son activité, son alimentation, son habillement.Cela ne lui évite pas pour autant d'avoir à s'exposer au froid.Des mécanismes lui aermettent alors de conserver sa température interne constante.Ces mécanismes dépendent du système nerveux par l'intermé-fiaire de terminaisons spécifiquement sensibles aux changements 'apides de température.Celles-ci sont reliées à un centre de "égulation situé dans l'hypothalamus, à la base du cerveau.Dans e cas où ces récepteurs font face à une stimulation froide, ils envoient un signal qui active la égion de l'hypothalamus.-omme réponse, cette région du :erveau suscitera d'abord une constriction des vaisseaux sanguins cutanés, entraînant sinsi un refroidissement de la jeau.Comme on perd davantage fe chaleur si la différence de empérature entre le corps et le milieu ambiant est plus grande, e refroidissement de la peau îinsi obtenu diminue cette fifférence de température et, par onséquent, minimise l'échange hermique à la surface du corps.Si la situation se maintient, surviendra le frissonnement qui fournit un apport supplémentaire de chaleur.Cette résistance au froid peut aussi être augmentée par des moyens artificiels, tel que l'administration de vitamine C.Le Dr Leblanc avait remarqué, au cours d'expériences avec des singes, que la vitamine C augmentait la température musculaire et diminuait la possibilité d'engelures.Parla suite, il a observé les mêmes effets de cette vitamine chez l'être humain.11 note toutefois que l'action bénéfique de la vitamine C est maximum lorsqu'administrée simultanément à l'exposition au froid.Le stress provoqué par l'exposition au froid, la constriction des vaisseaux sanguins, le frissonnement, la douleur ressentie et la demande accrue entraînent un accroissement de l'activité endocrinienne.Il se produit une sécrétion de noradrénaline et une activation du système hypophyso-adréna-lien stimulant le métabolisme des glucides et des lipides.Si Celle-ci servira surtout à réchauffer les zones clés de l'organisme: la région de la colonne vertébrale, le cœur et la cage thoracique.Chez un animal exposé au froid, la production de chaleur est due à une hypersensibilité à la noradrénaline.Il est d'ailleurs possible d'induire une adaptation artificielle au froid chez un animal en lui injectant de la noradrénaline pendant plusieurs semaines.Quant à l'être humain, il peut développer une habitude par une exposition répétée au froid intense.Il se produit alors une réduction de la réponse au stress et de son effet sur le système.Expérimentalement, il fut démontré que l'habitude amène une plus grande tolérance au froid, mais sans qu'il y ait véritablement adaptation, et cela seulement chez un certain pourcentage de sujets observés.Le Dr Leblanc a particulièrement étudié les populations esquimaudes de l'Arctique.Fait étonnant, il ne semble pas que les Esquimaux aient développé une FJ l'exposition au froid continue, la sécrétion de noradrénaline reste élevée, tandis que celle d'adrénaline revient à un niveau normal et le tremblement cesse.L'organisme tente alors de s'adapter.L'action de la noradrénaline est importante à ce moment en raison de sa capacité de mobiliser et d'oxyder les acides gras libérés dans le sang et produire ainsi une certaine quantité de chaleur.adaptation générale au froid.Ils ont trop bien réussi à se protéger efficacement eux-mêmes en adaptant leur comportement à leur environnement.Leurs mains, exposées fréquemment au froid au cours de leurs activités, démontrent cependant une adaptation locale.Ils peuvent travailler plusieurs heures durant, les mains dans l'eau glacée, sans pour autant ressentir aucune douleur.Afin d'établir une comparaison, le Dr Leblanc a tenté de déceler un phénomène semblable chez les pêcheurs gaspésiens.Ces derniers poursuivent leurs activités d'avril à décembre alors que la température de l'eau atteint environ 9 degrés Celsius et celle de l'air, 12 degrés Celsius Ils n'éprouvent aucune douleur aux mains, contrairement à un groupe témoin soumis aux mêmes conditions.Comme pour les Esquimaux, les pêcheurs gaspésiens ne présentent cependant aucune adaptation pour l'ensemble du corps.Par contre, on a observé une certaine adaptation chez les aborigènes d'Australie et quelques peuplades primitives qui peuvent dormir presque nus et sans abri au cours de nuits où la température descend près du point de congélation.Le Dr Leblanc a aussi mis en évidence que cette habitude au froid pouvait être très spécifique à la situation qui l'engendre.Il a pu le démontrer en soumettant deux groupes de sujets à une exposition au froid, soit la main plongée dans l'eau glacée pendant 2 minutes et demi, deux fois par jour.Le deuxième groupe devait en plus s'appliquer à faire simultanément un calcul mental.Après une vingtaine de jours, les deux groupes toléraient beaucoup mieux le froid.Cependant, si après ce même temps, le deuxième groupe devait se concentrer uniquement sur le test du froid en éliminant l'exercice mathématique, celui-ci ne manifestait pas davantage d'adaptation au froid qu'au début de l'expérience.L'habitude du froid qu'il avait acquise durant ces vingt jours ne valait donc que dans une situation bien précise: quand il effectuait un calcul mental qui le distrayait du stress auquel il était exposé.(D.D.) DEMEDICALISER L' par Yanick Villedieu ALCOOLISME L'alcoolisme, symptôme d'un mal que la lÉfc; ministère de l'éducation médecine ne peut «L'ivrognerie est l'œuvre du Démon, mais la Sainte Tempérance de la Croix est l'œuvre de Dieu.Hommage d'un dévouement profond offert aux Associés de la Croix par Al.Mailloux.» Ce titre paraft aujourd'hui peu banal.Coiffant un ouvrage de quelque 440 pages publié à Québec en 1867, il est pourtant particulièrement révélateur de l'esprit qui régna longtemps face à la «maudite boisson».En prendre était péché, tare et vice en cette époque fofolle de conférences épiscopales et de croisades religieuses contre l'alcool, l'alcoolisme et les alcooliques.La tempérance est toujours une vertu cardinale.Mais l'alcoolisme.Dieu merci, n'est plus hanté par le fantôme de Satan.Arraché il y a vingt ou trente ans à l'univers de la magie, il est entré dans celui de la science par la porte de la médecine: le pionnier québécois de l'alcoolisme-maladie est le Dr André Boudreau, directeur de l'Office de la prévention de l'alcoolisme et des autres toxicomanies; TORTAT ayant été démembré l'an passé pour être intégré au réseau des établissements de santé, il est maintenant directeur du service de consultation et d'assistance en toxicomanie au ministère de la Justice du Québec.FUIR LE RÉEL «L'alcoolisme, explique donc le Dr Boudreau, c'est la maladie du buveur excessif qui a définitivement perdu le contrôle de ses consommations.C'est une maladieprogress/Ve et incurable puisque le buveur ne pourra plus jamais boire modérément et que pour lui, la seule force de modération sera désormais l'abstinence totale.Car on ne guérit pas l'alcoolique, du moins dans l'état actuel de nos connaissances, ajoute le Dr Boudreau, et la personne qui a arrêté de boire peut reprendre sa maladie exactement où elle l'avait laissée dix, quinze ou même vingt ans plus tôt.» Cette conception de l'alcoolisme-maladie est toutefois sérieusement remise guérir en question depuis quelques années, par des sociologues, des psychologues, des travailleurs sociaux et aussi par des médecins.«La consommation de drogue est un symptôme», dit Louise Nadeau, du Programme de Portage.Lucien Laforest, sociologue attaché au département des sciences du comportement de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, plaide pour sa part «l'abandon d'une idéologie démodée: celle qui a soutenu pendant quelques décennies le processus de médicalisation de l'alcoolisme».Deux psychiatres du département clinique d'alcoologie et de toxicomanie de l'hôpital Saint-François d'Assise à Québec, les docteurs P.-A.Marquis et Jules Lambert, constatent que «la toxicomanie devient véritablement un symptôme et non une maladie, symptôme qui recouvre une série de troubles psycho-pathologiques se manifestant sous forme de troubles de la personnalité, de troubles névrotiques ou même d'équivalents psychotiques».Un autre médecin, praticien au même département à Saint-François d'Assise également, le Dr Guy Marcoux, n'y va pas par quatre chemins: «Pour moi, nous a-t-il dit, les toxicomanes ne sont pas des malades.Ils peuvent bien sûr relever de la médecine proprement dite, au moment où ils sont en état d'intoxication ou dans la mesure où ils présentent des complications somatiques dues à l'abus des toxiques.Mais la toxicomanie elle-même est un mécanisme de défense de l'individu par rapport à une réalité qu'il trouve pénible à vivre —comme le sont, pour d'autres, le jeu, l'érotisme, la poésie, les voyages ou la vitesse.» L'EMPRISE MÉDICALE Une vision étroitement médicale de l'alcoolisme, critique le Dr Guy Marcoux, est préjudiciable à plus d'un titre.«Considérer l'alcoolique comme un malade, dit-il en substance, c'est créer d'emblée une relation traitant-traité: face au médecin, un QUÉBEC SCIENCE / février 1976 13 ce totale et définitive, rangent ceux qui en souffrent dans une catégorie d'êtres anormaux.«Des clients font souvent des rechutes, explique le Dr Marcoux, tout simplement parce qu'ils n'en peuvent plus de vivre leur «anormalité» et qu'ils tentent de se prouver qu'ils ne sont pas «plus bêtes» que ceux qui peuvent boire normalement: ce n'est pas tellement le fait de ne pas boire qu'ils trouvent inacceptable que le fait de se compter pour toujours au sein d'une minorité de personnes pas comme les autres.» D'une façon plus globale enfin, la réduction de l'alcoolisme à une maladie a pour effet d'en faire une petite chasse gardée des médecins et de leur médecine, qu'on sait symptomatique plutôt que causale, curative plutôt que préventive.Commentant le rapport d'une enquête sur l'alcoolisme récemment menée aux États-Unis par le ministère de la Santé, de l'Éducation et du Bien-être, Lucien Laforest rapporte les analyses d'Edwin Lemert montrant combien l'idéologie médicale domine dans tout ce rapport, «bien que éditeur officiel du qué.malade se doit de présenter des symptômes bien tangibles de sa maladie, et dans ce cas parlera de son anorexie, de sa dyspepsie, de son insomnie, de ses trous de mémoire, de sa gueule de bois et de ses tremblements.Si nous essayons de le diriger vers une autre piste, il s'y refusera par crainte que nous ne cherchions à insinuer qu'il est atteint d'une «maladie mentale».De cette façon, nous en restons toujours au niveau des conséquences de la consommation excessive d'alcool sans jamais toucher aux causes profondes pour lesquelles l'individu en question se comporte de cette façon.» Un autre effet préjudiciable de cette conception de l'alcoolisme-maladie, toujours selon le Dr Marcoux, est qu'elle fournit souvent à l'alcoolique l'excuse idéale pour continuer ou recommencer à boire: «Ce n'est pas ma faute si je bois: je suis malade».À l'opposé, l'idée que l'alcoolisme est une maladie incurable et son corollaire à l'effet que l'alcoolique n'aura jamais d'autre choix que l'abstinen- l'on ne soit pas arrivé à y identifier une seule recherche ou expérience établissant la causalité médicale de l'alcoolisme, bien que la symptomatologie décrite soit empruntée à des critères qui sont à peu près exclusivement de type social, et bien qu'il soit écrit en toutes lettres dans ce rapport que l'alcoolisme ne peut pas être défini comme une simple maladie dont l'étiologie est identifiable et spécifique et qui résulte d'un agent chimique particulier».LA SOCIÉTÉ COMPLICE L'alcoolisme n'est donc pas, à proprement parler, une maladie comme la tuberculose ou le cancer: il est plutôt un symptôme, un signe révélateur de problèmes d'adaptation de l'individu à ses conditions de vie.Autrement dit, et pour être pratique, ce sont les problèmes qu'il faut résoudre si l'on veut en supprimer la conséquence: l'alcoolisme.D'autant plus qu'une série de causes viennent favoriser le développement de cette toxicomanie.Dans nos cultures, l'alcool et les boissons alcooliques sont symboles de maturité et signes de réjouissance et d'hospitalité.Jouissant de très solides préjugés favorables et ce, dans tous les milieux, l'alcool est fortement associé à l'esprit de fête: il n'est qu'à regarder le contenu des annonces publicitaires pour telle ou telle boisson alcoolique pour le comprendre.Certains vont de plus attribuer à l'alcool une valeur calorifique ou énergétique, ce qui est un peu vrai et considérablement faux à la fois, voire des vertus franchement thérapeutiques.D'un point de vue plus social, il faut aussi tenir compte du fait que l'alcool est offert à l'individu en de multiples occasions et qu'il est en soi une drogue «facile»: bien acceptée par la société, à la fois du point de vue légal et du point de vue des mentalités, cette drogue est facile à obtenir, se présente sous une multiplicité de formes toutes plus agréables les unes que les autres, est relativement peu coûteuse et a des effets euphorisants rapides.Pris en trop grande quantité, l'alcool n'a enfin que relativement peu d'effets désagréables.Des causes d'ordre économique, voire politique, s'ajoutent aux précédentes.Le marché de l'alcool représente des enjeux financiers considérables, tant pour les magnats de l'industrie que pour les gouvernements.Ces derniers, d'ailleurs, sont encouragés dans leur politique du laisser-faire à la fois par les puissants groupes de pression de l'industrie et par les substantielles rentrées d'argent que leur assurent les taxes de toutes sortes perçues sur la vente de l'alcool.Politiquement, un gouvernement qui voudrait s'attaquer avec un brin de vigueur à la consommation d'alcool y perdrait sans doute assez vite des plumes, coincé qu'il se trouverait entre la «réprobation» des grands fournisseurs de caisses électorales et le mécontentement des électeurs au sujet de mesures forcément impopulaires.DES ABUS CROISSANTS Devant cette multiplicité et cette complexité de causes, face au fait aussi que l'alcoolisme ne puisse être considéré «comme une simple maladie dont l'étiologie est identifiable et spécifique», les spécialistes de la question ont tendance à parler non plus «d'alcoolisme» mais, simplement, de «problèmes liés à la consommation d'alcool»: problèmes au niveau de la santé physique et de la santé mentale —les plus connus et les plus facilement identifiés à l'alcoolisme lui-même— mais aussi, problèmes au niveau de la «santé sociale» du groupe auquel appartient le buveur.Les problèmes de santé physique liés à l'alcool ne cessent d'augmenter.De 1965 à 1973, le nombre des décès attribués à la cirrhose du foie au Canada est passé de 1 248 à 2 508, soit une augmentation de plus de 100 pour cent; les décès par cirrhose directement causée par l'alcool ont augmenté pour leur part de plus de 186 pour cent durant la même période de huit ans, passant de 378 à 1 082 (il convient de noter que selon la commission LeDain, 65 à 90 pour cent des cirrhoses du foie 14 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE c.:: seraient attribuables à une forte consommation d'alcool dans certaines parties de l'Amérique du Nord).Le taux de mortalité est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, mais la tendance est la même pour les deux sexes: si l'on ne tient compte que des cirrhoses directement causées par l'alcoolisme, le taux masculin est passé de 6,3 en 1965 à 11,7 en 1973, et le taux féminin de 1,9 à 4,3 durant la même période (taux pour 100 000 habitants).La cirrhose n'est pourtant pas la seule complication gastro-intestinale qui puisse être provoquée par l'abus d'alcool.Au niveau du foie d'abord, puisqu'il s'agit de l'organe le plus facilement atteint, on constate dans nombre de cas une affection appelée dégénérescence graisseuse (le foie peut doubler de volume) et qui est en quelque sorte le premier stade de la cirrhose.On constatera, à un stade plus avancé, l'hépatite alcoolique et enfin, mais dans peu de cas seulement, la cirrhose à proprement parler.Oesophagite, gastrite, diarrhée chronique et pancréatite —qui est au pancréas ce que la cirrhose est au foie— sont les principaux autres troubles du système digestif occasionnés par l'abus d'alcool.SI VOUS BUVEZ, MANGEZ PLUS D'une façon générale, le premier effet de l'alcool sur la santé physique du buveur est la dénutrition et, par voie de conséquence, l'avitaminose (vitamine B, notamment, dont le manque provoque l'apparition de la polynévrite alcoolique).L'alcool peut contribuer aux maladies cardiaques (cardiomyopathie) et au cancer de l'œsophage, de la bouche, du pharynx et du foie.Pneumonie et tuberculose sont également des maladies fréquemment associées à l'alcoolisme.Si les causes principales de tuberculose résident dans les conditions de vie du malade (logements surpeuplés et insalubres, mauvaise alimen- tation), l'alcoolisme (qui peut avoir le même genre de causes) contribue à créer un terrain plus favorable encore à l'affection.Le tableau est noir, on le voit.Mais ce ne sont pas tous les alcooliques qui seront aussi gravement atteints dans leur santé physique.«Dans 95 pour cent des cas peut-être, nous dit le Dr Guy Marcoux, une semaine de bonne alimentation et de repos, avec réhydratation et revitaminisation, sera suffisante pour remettre physiquement sur pied l'alcoolique que nous avons à traiter.Les complications plus graves ne se présentent que dans les autres 5 pour cent des cas.: Dans un même ordre d'idées, la formule de Jellinek permettant de calculer le nombre d'alcooliques d'une population à partir du nombre de décès par cirrhose du foie (appliquée au Québec, la formule donne un minimum de 125 000 alcooliques) a été relativisée par Mulford selon qui, 5 pour cent des alcooliques ainsi dénombrés seraient «très détériorés», 20 pour LES ALCOOLISMES C LEURS ALCOOLIQUES apparaissent, ainsi que les problèmes sociaux, professionnels, familiaux.Cette forme d'alcoolisme peut se maintenir durant toute une vie, mais elle peut elle aussi évoluer vers l'alcoolomanie des groupes suivants.Les symptômes de sevrage (tremblements, transpiration, etc), n'existent pas dans les formes d'alcoolisme des 1er et 2e groupes, mais apparaissent dans les 3e et 4e groupes.Selon une classification établie par E.-M.Jellinek, on distingue quatre groupes d'alcooliques chroniques auxquels il convient d'ajouter cette forme particulière et périodique d'alcoolisme qu'est la dipsomanie.3e groupe: L'alcoolomanie avec perte de contrôle.L'alcoolique de ce groupe, s'il peut s'abstenir de boire pendant des jours ou même des semaines, ne peut plus s'arrêter dès qu'il prend la moindre consommation.S'il se repentit, et sincèrement, après ses excès, il les recommence à la première occasion.Cette forme d'alcoolisme se rencontre fréquemment dans les pays anglo-saxons.1er groupe: L'alcoolisme névrotique, à troubles sous-jacents antérieurs.Il affecte des sujets qui cherchent dans l'alcool détente, allègement, oubli.Leur dépendance à leur «tranquillisant» est psychologique.Capables au besoin de s'abstenir, ils subissent néanmoins des contrecoups de leur alcoolisme dans leur vie sociale, professionnelle, familiale et économique.Cet alcoolisme peut en rester à ce degré d'évolution pendant des dizaines d'années, mais on observe également qu'il peut conduire petit à petit à l'alcoolisme du 3e groupe.4e groupe: L'alcoolomanie avec incapacité de s'abstenir de boire.L'alcoolique de ce groupe, qu'on rencontre surtout dans les pays viticoles comme la France, est pour sa part capable d'adapter dans une certaine mesure sa consommation d'alcool aux circonstances et d'éviter l'état d'ivresse manifeste.Il ne lui est par contre pas possible de se passer totalement d'alcool sans manifester de graves malaises de sevrage, qu'un nouveau verre viendra supprimer.Buveurs habituels, les alcooliques de ce groupe sont intoxiqués depuis plusieurs années et présentent les lésions physiques, nerveuses et même cérébrales souvent très graves.2e groupe: L'alcoolisme non compliqué.La simple habitude de l'alcoolisation est au départ en cause: les alcooliques du second groupe, qui ont commencé et continuent à boire par goût, par imitation, par entrafnement, absorbent régulièrement de telles quantités d'alcool qu'ils en ressentent à la longue des conséquences de tous ordres.Les maladies physiques 5e groupe: La dipsomanie.C'est une forme d'alcoolisme très particulière qui se manifeste par des excès considérables mais régulièrement espacés dans le temps, provoqués par de soudaines et violentes impulsions à consommer de l'alcool.Le dipsomane, qui peut alors ingurgiter à peu près n'importe quoi, peut être, en dehors de ces espèces de «crises de boisson», un consommateur modéré ou un abstinent.12 13.U H.», li.: IS, QUÉBEC SCIENCE / février 1976 15 ÊTES VOUS ALCOOLIQUE ?1.Vous considérez-vous comme un buveur normal?(Par normal nous voulons dire boire moins ou autant que la plupart des autres gens.) 2.Vous êtes-vous déjà réveillé le matin après avoir bu la veille et ne pas pouvoir vous rappeler une partie de la soirée?3.Est-ce que votre épouse, votre époux, un membre de la famille ou autre proche parent s'inquiète ou se plaint parfois parce que vous buvez?4.Pouvez-vous arrêter de boire sans avoir à lutter après un ou deux verres?5.Vous sentez-vous coupable parfois après avoir bu?6.Vos amis et vos parents vous prennent-ils pour un buveur normal?7.Pouvez-vous arrêter de boire quand vous le voulez?8.Avez-vous déjà assisté à une réunion des Alcooliques Anonymes?9- Vous êtes-vous déjà battu alors que vous étiez en état d’ébriété?10.Le fait de boire a-t-il déjà occasionné des problèmes entre vous et votre épouse, époux, un membre de la famille ou autre proche parent?11.Votre épouse, époux, un membre de la famille ou autre proche parent a-t-il (elle) déjà demandé l'aide de quelqu'un parce que vous buviez?12.Avez-vous déjà perdu des amis ou amies parce que vous buviez?13.Avez-vous déjà eu des ennuis au bureau parce que vous buviez?14.Avez-vous déjà perdu un emploi parce que vous buviez?15.Avez-vous déjà négligé vos obligations, votre famille ou votre travail pendant deux jours consécutifs ou plus, parce que vous buviez?16.Buvez-vous assez souvent avant midi?17.Vous a-t-on déjà dit que vous étiez malade du foie?Que vous aviez une cirrhose?18.Après avoir beaucoup bu avez-vous déjà été en proie au delirium tremens (D.T.) ou à des tremblements violents, entendu des voix ou vu des choses imaginaires?19.Avez-vous déjà demandé de l'aide à cause de l'alcoolisme?20.Avez-vous déjà été hospitalisé à cause de l'alcoolisme?21.Avez-vous déjà été interné dans un hôpital psychiatrique ou dans une salle commune psychiatrique d'un hôpital général où l'alcoolisme était une partie du problème qui nécessitait l'hospitalisation?22.Avez-vous déjà été ausculté à une clinique psychiatrique ou d'hygiène mentale, ou êtes-vous allé voir un médecin, un travailleur social ou un religieux pour obtenir de l'aide à cause d’un problème émotif, causé en partie par l’alcoolisme?23.Avez-vous déjà été arrêté pour ivresse au volant, conduite en état d'ébriété ou conduite sous l'influence de boissons alcoolisées?24.Avez-vous déjà été arrêté, ne serait-ce que quelques heures, à cause de votre comportement en état d'ivresse?Source Toxicomanies, vol.8, numéro 1, janvier-mars 1975 Oui Non Notation ?_________ ?_________ ?_________ ?_________ ?________ ?- ?_________ ?_________ ?_________ ?_________ ?- ?_________ ?- ?_________ ?_________ ?_________ ?_________ ?________ ?_________ ?_________ ?Mis au point en 1970 par Melvin L.Selzer, de l'Université du Michigan, le test de dépistage de l'alcoolisme du Michigan —le MAST pour l'appeler par son sigle anglais-présente l'avantage de pouvoir être administré par le sujet à lui-même.A la fois très sûr et valable, selon les études qui en ont été faites depuis qu'il existe, le MAST est un instrument de sélection, qui s'avère «utile pour dépister l'alcoolisme».Le MAST, diront certains, est un peu trop sévère.Peut-être, répond Selzer, et il se peut qu'il range dans la catégorie des alcooliques quelques buveurs sociaux; mais il faut aussi admettre qu'il y a sans doute plus d'alcooliques qu'on ne le croirait.De plus, chaque point au-dessus de la note marquant le seuil de l'alcoolisme rend le diagnostic plus sûr.Inscrivez vos réponses dans les espaces réservés à cette fin et reportez-vous en page 19 pour établir votre diagnostic. 16 février 1976 / QU ÉB EC SCI E N C E cent «détériorés» et 75 pour cent des «buveurs-problèmes» simplement.L'ALCOOL HOMICIDE C'est parmi les cas graves d'alcoolisme qu'il convient certainement de ranger les buveurs chez qui l'alcool a entramé des problèmes de santé mentale: désorientation, rigidité des membres et réflexes incontrôlables, obnubilation de la conscience, perte de mémoire, hallucinations, sont les symptômes les plus fréquents de ces troubles d'ordre neurologique ou psychologique.Les plus connues de ces maladies sont l'hallucinose alcoolique et le delirium tremens.Il faut leur ajouter les cas —rares il est vrai— de la maladie de Wernicke (troubles de la démarche et de l'équilibre), de la psychose de Korsakov (diminution de l'intelligence et perte de la mémoire récente) ou de la maladie de Marchiafava (état démentiel et troubles neuromusculaires).Quelques chiffres permettront de donner une idée de l'incidence des maladies mentales d'origine alcoolique: en 1972, 17,1 pour cent des premières admissions dans les établissements psychiatriques canadiens et 16,2 pour cent des réadmissions étaient liées à la consommation excessive d'alcool.Côté santé sociale, l'alcool a aussi sa bonne série de conséquences.Il est bien sûr directement responsable d'un nombre respectable d'accidents de la route: la moitié environ des conducteurs tués dans des accidents automobiles et morts dans les six heures sont sous l'effet de l'alcool, montrent, de façon assez constante, les statistiques canadiennes.L'alcool est également fortement associé à la délinquance et au crime (c'est d'ailleurs, de toutes les drogues, celle qui l'est le plus fortement et le plus constamment): l'alcool était en cause dans 35 pour cent des homicides commis au Canada entre 1961 et 1970, ainsi que dans 29 pour cent des cas de viol, et même plus selon certaines études.Socialement, l'alcool a aussi une incidence plus ou moins forte sur les problèmes familiaux, sur l'absentéisme au travail ou sur les taux de suicide, pour ne citer que quelques problèmes parmi tous ceux qu'on peut, directement ou indirectement, relier à sa consommation immodérée.Si bien qu'on a pu calculer que le coût global des problèmes liés à l'alcoolisme au Canada était d'au moins un milliard de dollars par an, dont plus du tiers pour les seuls programmes de santé et de bien-être.Et si l'on prend pour base un calcul américain portant sur l'année 1971 et évaluant à 25 milliards de dollars les coûts pour l'économie des problèmes de l'alcoolisme, il faudrait même monter le chiffre canadien à quelque 2,5 milliards par annéel P DES STATISTIQUES EFFARANTES Le fait que le nombre des buveurs et que la consommation d'alcool ne cessent d'augmenter depuis les dernières années —et à des vitesses parfois impressionnantes— n'est pas pour rassurer.Quelques données tirées du rapport du Comité d'études sur les boissons alcooliques publié à Ottawa en 1973 sous le titre: La bière, le vin et les spiritueux: leurs caractéristiques et les politiques gouvernementales au Canada, illustrent particulièrement bien cette croissance constante du nombre d'adeptes de l'alcool et des quantités qu'ils consomment.En 1950, 67 pour cent des Canadiens adultes consommaient de l'alcool; en 1968, la proportion était passée à 80 pour cent.La tendance était la même chez les deux sexes: durant cette période, la proportion d'hommes qui buvaient était en effet passée de 79 à 86 pour cent, et la proportion de femmes de 56 à 75 pour cent.Chez les 21-29 ans, les chiffres étaient de 67 et de 92 pour cent respectivement; chez les 30-49 ans, de 73 et de 89 pour cent; chez les 50 ans et plus, de 59 et de 68 ('sitôt c# pîSSf L'iujrf port»! «oyeiir : r I».tf UNE INTOXICATION LENTE MAIS PERNICIEUSE Aussitôt introduit dans l'organisme, l'alcool est à plus de 90 pour cent absorbé tel quel en passant dans le sang au niveau de l'estomac et du petit intestin.Le reste, soit à peine 10 pour cent, sera éliminé par les reins, les poumons et la transpiration.Par le sang, l'alcool est diffusé à travers tout l'organisme, notamment là où la circulation sanguine est abondante: c'est entre autres le cas du cerveau.L'alcool ainsi absorbé est métabolisé à un rythme bien précis (une personne de 70 kilos «brûle» 1,5 once de spiritueux, 5 onces de vin ou 16 onces de bière à l'heure): d'alcool éthylique, il devient acétaldéhyde grâce à l'action d'une enzyme présente dans le foie, puis acide acétique et enfin, dioxyde de carbone et eau.L'alcool passe donc rapidement et presqu'entière-ment dans le sang et donne au buveur la sensation recherchée au bout de quelques minutes seulement.Mais le corps développe petit à petit une tolérance à l'alcool —si bien qu'il faudra en absorber toujours un peu plus pour obtenir le même effet.Jusqu'à devoir atteindre et même dépasser les limites de l'intoxication.Et jusqu'à créer une dépendance vis-à-vis de ce toxique.L'absorption répétée de telles quantités d'alcool pourra entrafner chez le buveur les problèmes de santé physique et mentale décrits ailleurs en ces pages.Se sent-on devenir alcoolique?Sans doute.Les quatre phases identifiées par le Dr André Boudreau décrivent ce cheminement.Il y a d'abord la phase pré-alcoolique du buveur social: à la période d'initiation succède la période pré-alcoolique à proprement parler pendant laquelle la tolérance augmente avec la fierté qu'en retire le buveur.La phase prodromique est celle des signaux d'alarme: trous de mémoire, préoccupation de l'alcool, dédoublement de la personnalité, dégustation avide et sentiment de culpabilité.La phase dite «cruciale» inclut la perte de contrôle des consommations, la recherche de justifications, des idées de grandeur, de l'agressivité, des périodes d'abstinence et le verre matinal qui devient indispensable.La quatrième et dernière phase, celle de la déchéance, est celle de l'ivresse matinale dès le premier verre et de la dégradation psychologique et physique.«Le meilleur signe que la dépendance a commencé, dit pour sa part le Dr Guy Marcoux, c'est le petit tremblement du matin.» Et dans son remarquable Dossier Alcoolisme, Dominique Dallayrac note les quatre premiers «signaux d'alarme» en ces termes: «Si, après usage d'alcool, le réveil nécessite une prise de boisson alcoolisée: danger.Si la boisson, ou l'évocation de la boisson, entraîne des insomnies: danger.Si l'alcool provoque des crises de la mémoire ou des réflexes: danger.Si l'usage de la boisson alcoolisée semble diminuer l'attention intellectuelle ou le tonus musculaire: danger.» Ninii \k ^lin Ns florin I «e sû(Jre F un urç fcrj QUÉBEC SCIENCE / février 1976 pour cent, dans la même période.Toujours selon le même rapport, la consommation d'alcool pur (c'est-à-dire alcool contenu dans les différentes catégories de boissons alcooliques consommées) avait augmenté de plus de 25 pour cent entre 1950 et 1970 au Canada, passant de 9,32 litres par an et par buveur de plus de 15 ans, à 11,74 litres.L'augmentation la plus spectaculaire portait sur la consommation de vin (plus 26 pour cent); venaient ensuite les spiritueux (plus 43 pour cent) et enfin, la bière (plus 10 pour cent).Dans le tableau canadien, si l'on fait exception des cas tout à fait excessifs du Yukon et des Territoires-du-Nord-Ouest, le Québec se classait en 1970 en cinquième position pour sa consommation d'alcool pur, par adulte de plus de 15 ans cette fois buveur ou non-buveur).Avec une moyenne de 8,64 litres, il était devancé par la Colombie-Britannique (11,24), l'Ontario 10,01), l'Alberta (9,92) et le Manitoba 9,46).Calculée de cette façon, la moyenne canadienne était alors de 9,37 itres.Signalons toutefois que le Québec se classait tout de même en tête des buveurs de bière.QUI EST ALCOOLIQUE?Ceci dit, et puisqu'on sait que deux à trois pour cent de la population sont alcooliques, qui sont les alcooliques?Une étude récente réalisée par un sociologue attaché au ministère des Affaires sociales.Normand Gosselin, apporte d'intéressants éléments de réponse à cette question.Cette étude a porté sur les dossiers cliniques de 3 543 personnes traitées en 1973 dans six cliniques spécialisées au Québec, ce qui, selon le sociologue, constitue un échantillon stratifié largement représentatif de la population traitée cette année-là (soit environ 12 500), mais pas nécessairement de toute la population alcoolique (les riches et les femmes ayant moins tendance, pour des raisons différentes, à se faire traiter dans des centres où est en quelque sorte «officialisé» leur état d'alcooliques).L'alcoolisme, constate Normand Gosselin à la suite de nombreux autres chercheurs, est un fait largement masculin 6 contre 1 en général, et 10 pour 1 dans le cas de son étude).«À elle seule, et de la manière la plus élémentaire, commente-t-il au passage, cette variable nous invite à prendre conscience de l'importance fondamentale d'étudier le phénomène sous 'angle d'un comportement appris et modelé dans un contexte culturel donné.» Pour un marié ou un veuf, l'alcoolisme frappe deux célibataires et huit divorcés.Sans généraliser trop rapidement à cause de la nature de l'échantillon observé, l'étude indique de plus «que les individus alcooliques présentent un statut socio-économique elativement faible qui n'est pas sans 'apport avec leur déviance comportementale».Quant aux conditions socio-économiques et culturelles dans lesquelles se développe l'alcoolisme, elles sont analysées 17 sous sept aspects dont certains surprendront parfois.Ainsi, contrairement à une opinion largement répandue, il n'y a pas de relation directe et significative entre l'alcoolisme des parents et celui des enfants (19,6 pour cent des cas étudiés avaient un père alcoolique, et 2,4 une mère alcoolique).On sait d'autre part que l'alcoolisme n'est pas une maladie biologiquement héréditaire.L'âge de la première consommation est en moyenne 14 ans, au Québec comme en Amérique du Nord.Les alcooliques étudiés ,-! c.¦Jà Mt.h v.* n #• •wv* % légaré & kedl n'ont commencé à boire ni plus tôt ni plus tard que la moyenne des consommateurs.L'âge critique d'une consommation d'alcool devenue problématique se situe avant la trentaine, même si les alcooliques ne se font en général traiter qu'autour de la quarantaine.De plus, cet âge critique se présente plus tôt chez les hommes que chez les femmes: il se situe en effet entre 20 et 24 ans pour les premiers, et entre 25 et 30 ans chez les secondes.La boisson constituant le premier choix des sujets traités est la bière chez 80,3 pour cent des hommes et chez 63 pour cent des femmes.Suivent les spiritueux chez 16,3 pour cent des hommes et 28,4 pour cent des femmes, et le vin chez 2,6 pour cent des hommes et 7,4 pour cent des femmes.«L'alcoolisme, écrit Normand Gosselin, n'est pas nécessairement relié à la consommation de boissons fortement alcoolisées et son explication a finalement très peu à voir avec le type de boissons consommées.» 67 pour cent des individus boivent chez eux, 19 pour cent, à la taverne et 11 pour cent, dans un bar, mais pratiquement jamais en compagnie régulière de parents ou d'amis: plus l'âge avance, plus la consommation d'alcool est un phénomène solitaire.La fréquence est quotidienne dans 75 pour cent des cas.Les individus sous traitement sont surtout des 40-44 ans, bien que les femmes se fassent traiter à un âge moyen plus avancé (50-54 ans).Les célibataires se font traiter plus jeunes que les hommes mariés.Le premier traitement intervient à l'âge moyen de 39 ans (35 pour les célibataires, 40 pour les mariés) et chaque patient «récidive» 3,3 fois en moyenne.LE BONHEUR AVANT LA BOUTEILLE Le traitement de l'alcoolisme, justement, est à la fois simple et complexe.Simple par sa partie purement médicale —il ne s'agit, dans 95 pour cent des cas, que de «retaper» l'alcoolique en lui ménageant repos, alimentation saine et vitamines.Mais complexe dans sa partie psychologique et sociale —et l'on a vu plus haut que si l'alcoolisme n'est pas une maladie, mais un symptôme, c'est aux causes profondes du besoin d'un recours à l'alcool qu'il faut s'attaquer.C'est la phase de la réadaptation.Et alors que la conception de l'alcoolisme-maladie ne laissait finalement pas de véritable espoir à l'alcoolique —il devait apprendre à vivre en abstinence totale pour le reste de ses jours—, la vision de l'alcoolisme comme symptôme d'un problème psycho-social d'adaptation permet d'espérer un dénouement plus «normal».«La réadaptation, explique le Dr Guy Marcoux, ne doit pas consister tellement en un apprentissage à ne pas boire, mais surtout en un apprentissage à savoir vivre sa vie de tous les jours tout en étant suffisamment bien dans sa peau.Et lorsque, après plusieurs années peut-être, il aura appris à faire adéquatement face à la réalité de la vie tout en demeurant passablement bien dans sa peau, lorsqu'il n'aura plus l'obsession de boire ni celle de ne pas boire, il pourra généralement redevenir un consommateur social.Je ne dis pas à l'alcoolique: «ne bois pas et tu L-Liji V éditeur officiel du qué.seras heureux; je lui dis: sois heureux et tu seras peut-être sobre.» L'idée est généreuse, d'autant qu'elle permet de ne pas nécessairement enfermer l'alcoolique dans l'anormalité étouffante de l'abstinence-totale-à-tout-jamais.Mais on imagine qu'elle est sans doute plus difficile à mettre en œuvre, pour le thérapeute surtout, que la traditionnelle «condamnation» au régime ultra sec ad vitam aeternam.«Je ne crois pas à un point de non-retour dans l'alcoolisme, nous dit le Dr Marcoux, car toute trace d'alcool disparaft naturellement de tout organisme humain en quelques jours seulement.Mais la plupart du temps, quand un alcoolique cesse de boire, il n'a pas réglé son problème: il s'est 18 simplement mis à sec.Et lui faire peur avec le premier verre qui serait fatal —une lapalissade que cette légende, puisqu'il va de soi qu'on recommence à boire au premier verre, pas au second.— lui faire peur de cette façon ne servira finalement qu'à lui donner une excuse de rechute quand au fond il aura décidé de recommencer.» PROBLÈMES DE 5 À 9 Pourtant, il faut bien admettre que nombre d'alcooliques, au Québec et ailleurs dans le monde, ne «tiennent le coup» que grâce à un régime sec observé avec discipline et volonté: c'est le cas entres autres des A.A., les Alcooliques Anonymes qu'on estime à plus de 15 000 au Québec.À des degrés divers, c'est aussi le cas des quelque 6 000 actifs des 57 autres organismes bénévoles regroupés au sein d'une Fédération québécoise à laquelle le ministère des Affaires sociales apporte un support technique, des permanents dirigés par M.Joachim Perron, et des subventions annuelles de l'ordre de 88 000 dollars.Selon M.Perron, ces organismes «de première ligne» évitent à la moitié des personnes identifiées comme ayant des problèmes de boisson d'aller subir un traitement en milieu hospitalier.«Les bénévoles, la plupart du temps des ex-alcooliques eux-mêmes, travaillent en complémentarité avec des professionnels, dit encore M.Perron; et c'est une chose qui nous semble de plus en plus importante, car les professionnels travaillent surtout de 9 à 5, alors que les problèmes d'alcoolisme, c'est de 5 à 9 qu'ils se manifestent.» Côté établissements publics de santé, on est actuellement en plein chambardement.L'OPTAT a été démembré l'an passé pour être intégré au ministère des Affaires sociales.Certains de ses employés ont cependant refusé l'intégration, comme son directeur lui-même, le Dr Boudreau.Les autres ont accepté et travaillent depuis, à définir une politique de lutte à l'alcoolisme qui mettrait davantage l'accent sur la prévention et le dépistage précoce en milieux scolaires et industriels, notamment.Mais on ne sait quand ces nouveautés pourront être approuvées, et surtout, si l'on saura trouver pour les financer les argents suffisants.Les personnes avec qui nous avons discuté de la question ne semblent en effet pas plus optimistes qu'il le faut.Malgré les grandes déclarations du ministre Forget au congrès de la Fondation canadienne sur l'alcool et la dépendance aux drogues, en septembre dernier à Québec, il semble peu probable que le 1,5 million de crédits nouveaux annoncés soit vraiment disponible.On connaft la sauvage politique de «coupures» budgétaires pratiquée à Québec pour payer les folies mégalolympiques de Montréal.Il faut simplement espérer qu'il y aura tout de même assez d'argent pour continuer de faire fonctionner le réseau d'établissements spécialisés actuellement en place, qu'il s'agisse des six centres internes de Kénogami, Québec, Trois-Rivières, Flauterive, Laprairie et Montéral, des 17 centres externes ou encore d'organismes février 1976 / QUÉBEC SCIENCE les JEUNES LEURS FAMILLES et U ALCOOL Moins de 5 pour cent des jeunes se définissent comme des abstinents, alors que près de 19 pour cent d'entre eux peuvent être classés dans la catégorie des «buveurs excessifs».Tels sont les chiffres qui ressortent d'une enquête menée en 1970 auprès de plus de 300 jeunes Québécois issus de milieux ouvriers de Montréal et des environs par des chercheurs de l'Université de Montréal dirigés par Ezzat Abdel Fattah.Les résultats de cette enquête —qui en bien des points corrobore les résultats d'autres enquêtes menées auprès des jeunes ont été publiés par les Presses de l'université Laval sous le titre: L'alcool chez les jeunes Québécois.L'âge moyen de l'échantillon étudié était d'un peu plus de 18 ans.Le comportement des quelque 95 pour cent d'entre eux qui consommaient de l'alcool était étudié sous deux aspects: la première consommation et la consommation actuelle.L'enquête n'a pas permis de comparer, faute de combattants d'un bord bien sûr, les buveurs aux non-buveurs.Mais elle a permis par contre de comparer les buveurs modérés aux buveurs excessifs, ce qui a donné lieu à des constatations particulièrement intéressantes: — les buveurs excessifs n'ont commencé à boire ni plus tôt ni plus tard que les autres (l'âge moyen de la première consommation étant dans les deux cas d'environ 14 ans); — les raisons invoquées pour cette première consommation sont surtout d'ordre personnel pour les buveurs excessifs (puis social, puis mixte), et surtout d'ordre social pour les buveurs modérés (puis mixtes, puis personnelles); — dans le cas des buveurs excessifs, les partenaires d'initiation à l'alcool ont été des amis dans 61 pour cent des cas et la famille dans 29 pour cent des cas (seul ou avec un étranger: 10 pour cent); pour les buveurs modérés par contre, c'est la famille qui arrive cette fois en tête (53 pour cent) et les amis en second (40 pour cent); — cette corrélation entre une consommation modérée d'alcool et l'intégration familiale du fait de boire se retrouve d'ailleurs au niveau de ce que l'enquête appelait la «consommation actuelle» des jeunes: les partenaires de consommation étaient les familles chez 30 pour cent des buveurs modérés, mais chez moins de 2 pour cent des buveurs excessifs; — « L'adolescent qui abuse de l'alcool, écrivent donc les auteurs de l'enquête, est souvent celui qui, d'une part, cherche à se soustraire au contrôle parental et qui, d'autre part, perçoit la boisson soit comme une drogue anti-dépressive, soit comme un agent socialisateur permettant de lier amitié avec des gens de son âge».À la lumière de cette enquête et de plusieurs autres recherches, l'équipe d'Abdel Fattah en arrivait à la grande conclusion que «le temps n'est plus à la prohibition, même pour les jeunes, mais plutôt à l'éducation.Ce n'est pas contre les boissons alcooliques qu'il faut protéger les jeunes, c'est contre une éventuelle consommation excessive.» Et d'autant plus, comme on nous l'a par ailleurs fait remarquer, qu'un jeune risque de devenir «alcoolique avancé» beaucoup plus rapidement qu'une personne plus âgée: quelques mois d'une consommation excessive peuvent suffire pour produire des effets désastreux chez un adolescent de 14 ou 15 ans, alors qu'un homme d'âge mûr ne connaftra le même sort qu'au bout de dix ou quinze ans de consommation excessive. QUÉBEC SCIENCE / février 1976 19 LES OLYMPIADES LA BOUTEILLE Une étude menée en 1970 sur les consommations d'alcool d'une trentaine de pays (Europe surtout, mais aussi Amérique du Nord, Japon, Israël, Australie et Nouvelle-Zélande) a donné le palmarès suivant: Consommation totale d'alcool pur T970, en litres par habitant: 1.France 17,23 2.Italie 13,82 3.Espagne 12,09 4.Allemagne de l'Ouest 12,05 5.Suisse 10,73 16.Canada 6,59 Bière 1970, en litres par habitant: 1.Allemagne de l'Ouest 141,15 2.Tchécoslovaquie 139,92 3.Belgique 131,83 4.Luxembourg 127,01 5.Australie 123,10 11.Canada 74,37 Vin 1970, en litres par habitant: 1.Italie 112,01 2.France 107,01 3.Portugal 72,51 4.Espagne 61,51 5.Suisse 41,91 24.Canada 4,14 Spiritueux 1970, en litres par habitant: 1.Pologne 7,96 2.Allemagne de l'Ouest 7,41 3.Yougoslavie 7,27 4.USA 7,18 5.Espagne 7,05 11.Canada 5,46 éditeur officiel du qué.1 i r comme Portage et Alternatives.Et enfin, pour rêver tout haut, souhaiter qu'en cette période d'austérité olympique, ce ne seront pas une fois de plus les mal-nantis qui trinqueront.Et qui confirmeront l'adage: du vin, des jeux et.des cirrhoses du foie.NOTATIOti— Voici la notation des réponses aux 24 questions du MAST.Inscrivez les notes dans le questionnaire rempli apparaissant en page 15 de ce numéro.Faites l'addition.Si vous obtenez un total de 0 à 3 points: non-alcoolisme.De 4 points: risque d'alcoolisme.De 5 points et plus: alcoolisme.Questions Oui Bibliographie Dominique Dallayrac, Dossier Alcoolisme, Robert Laffont éditeur, Paris, 1971 André Boudreau, Connaissance de la drogue, Marabout Service Comité d'étude sur les boissons alcooliques, La bière, le vin et les spiritueux: leurs caractéristiques et les politiques gouvernementales au Canada, Association des brasseries du Canada éditeur, Ottawa, 1973 La collection de Toxicomanies, revue trimestrielle de l'O PT AT : 7V :• - :w§mê ; ; Wr’ ^AStSSî Üli ¦I- ¦- ¦ -;.• ¦ 'J-l' mmm Î •; ' ; - • : 1 A-':' - -X^r?r.'S;t000$0 •V'v pj,fj!papi!!!i|ipip^jpwppsi||||^^ g»awa6 ¦ : : ¦ iÇ- .r.-i.-'U’: ISSmgMSiÉÊBt i A:v: ¦’•':< V,'-A.M&Mm %Ê?$iÊÊeÈÊ$ ^SmmÈÊÊm ÜHIÜ WËkWâê ja ty' i mM&i; ¦ -V IfSSî :.v%'^ '*:>-¦'-.À;; : ’msmé&êtM mm s AA'::’ SW QUÉBEC SCIENCE / février 1976 21 LES DROP OUT POURQUOI ONT-ILS DÉCROCHÉ?Le cancer du système d'Éducation: les « drop out » ¦WPW V'ûZSMÆ éditeur officiel du qué.par Claire Larouche «Le défi à relever n'est pas de faire entrer les jeunes à l'école, mais de les intéresser à y rester!» Au Québec, 10 pour cent des élèves du niveau secondaire (soit plus de 60 000) abandonnent leurs études avant d'avoir obtenu leur diplôme.La Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM), à elle seule, perd chaque année une population équivalente à celle de trois écoles polyvalentes! Voilà que les jeunes décrochent à qui mieux mieux, rejettent le système scolaire, remettent en question les valeurs établies.Considérés il y a quelques années comme des mésadaptés, les «drop out» se font maintenant si nombreux qu'il faut bien changer son fusil d'épaule: et si l'école, après tout, n'était pas au point?La question fait frémir l'institution éducative tout entière, mais doit être posée avant qu'il ne soit trop tard: le phénomène de l'abandon constitue une menace latente pour la société.Qui sont ces jeunes qui se permettent de lever le nez sur les belles écoles mises à leur disposition?Divers organismes ont tenté d'analyser la situation, d'en déterminer les causes et les conséquences, de fournir quelques interprétations, d'ébaucher un semblant de solution.Voyons voir.La Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec (FCSCQ) s'intéresse de près au phénomène de l'abandon scolaire au niveau secondaire.Un comité d'étude, dont font partie des représentants de 5 commissions scolaires, soient la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) et les commissions scolaires régionales Saint-François, de l'Estrie, du Saguenay et des Vieilles-Forges, a été mis sur pied en 1974 afin de cerner le problème de l'abandon scolaire.La recherche entreprise par ce comité comprend deux volets.La première étape a été franchie en 1974: il s'agit d'une enquête effectuée dans certaines polyvalentes des commissions scolaires participantes, visant à dégager le profil des «drop out» de 1973-1974 de même que l'image de l'école telle qu'ils l'ont perçue.La seconde étape consistera à effectuer les mêmes démarches auprès des «drop out» de l'année 1974-1975 afin de comparer les opinions d'une génération-année à l'autre et de voir s'il y a stabilité.De plus, le comité tient à vérifier l'hypothèse selon laquelle la perception des «drop out» ne serait non pas marginale ou biaisée mais, au contraire, sensiblement la même que celle des élèves qui restent à l'école.Les «drop out» ne sont pas des inadaptés à pointer du doigt, à mépriser ou à prendre en pitié: «Ce sont eux qui font le procès du système scolaire; leur opinion correspond à celle des élèves qui demeurent à l'école quoiqu'ils soient plus radicaux lorsqu'il s'agit d'en dénoncer les faiblesses», affirme M.Louis Jamin, l'un des principaux artisans de la recherche sur l'abandon scolaire.Bref, le comité créé par la FCSCQ se propose de tâter le pouls de l'école polyvalente par le biais des renseignements fournis par ses décrocheurs.PAUVRES ET «ÉCOEURÉS» L'enquête révèle «qu'un sujet d'abandon sur deux a un père comptant 7 années d'études ou moins, qu'un sujet sur deux a une mère dans le même état de scolarisation et que près de 30 pour cent des «drop out» viennent d'une famille qui dispose de revenus insuffisants (5 000 dollars et moins)».Ces chiffres indiquent sans l'ombre d'un doute que l'abandon scolaire touche plus profondément les milieux scolairement et financièrement défavorisés.Si l'on prend comme référence un niveau de scolarisation et de revenus plus élevé, on constate alors que 80 pour cent des «drop out» ont un père et une mère comptant moins de 11 ans de scolarité et 70 pour 22 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE OUiBi cent d'entre eux sont issus de familles financièrement modestes (10 000 dollars et moins).Beaucoup de ces familles doivent d'ailleurs être en deçà du seuil de pauvreté: celui-ci est, en effet, fixé à 8 000 dollars par an pour une famille de 4 personnes.Priés d'identifier la principale circonstance les ayant amenés à mettre un terme à leurs études, 22 pour cent des «drop out» invoquent la découverte d'un emploi convenable, 40 pour cent rendent l'école responsable de leur abandon; la plupart d'entre eux se sont dit «écœurés de l'école»; les autres considéraient que «leurs cours ne correspondaient pas à leurs goûts et à leurs aspirations».L'évaluation de l'école par les «drop out» était, nous l'avons mentionné précédemment, l'un des buts de l'enquête.A ce sujet, il ressort que le «drop out» ne se perçoit ni plus ni moins satisfait que le reste de la population étudiante de l'école.En fait, il s'agirait d'une «demi-satisfactiôn pour tous».A leur avis, ce qui fonctionne le mieux à l'école ce sont tous les aspects propres à individualiser les cours, les programmes et les activités.La plupart apprécient l'horaire des cours, les activités parascolaires, les matières inscrites au programme individuel, la possibilité d'obtenir les cours choisis.Par contre, ils contestent fortement les méthodes d'enseignement, considèrent que l'école ne favorise ni la participation ni l'initiative et s'insurgent contre les règlements jugés tatillons et répressifs.La communication avec les adultes serait gravement handicapée, difficulté de discuter de ses préoccupations, de rencontrer un membre des services aux étudiants, de se faire comprendre du principal et de ses adjoints; en outre, les professeurs et la direction essaieraient de leur transmettre des principes dont ils ne sont même pas convaincus.Enfin, l'élève ne serait pas considéré comme un être humain mais plutôt comme une machine à apprendre.DES «DROP OUT» ILLÉGAUX Depuis 1970-1971, la Commission des écoles catholiques de Montréal effectue ses propres enquêtes sur les cas d'abandon à l'intérieur de son territoire.L'enquête menée en 1973-1974 par le «Comité d'étude sur l'abandon scolaire» met en évidence la relation étroite existant entre le phénomène de l'abandon et le milieu social d'origine.Le territoire de la CECM est divisé en 5 régions administratives; les régions I et 11, considérées comme zones socio-économiquement faibles, présentent les plus forts taux d'abandon, soient 14,3 et 10,8 pour cent.Les autres régions enregistrent des taux nettement inférieurs de 8,1,8,5 et 5,4 pour cent.Aussi, le garçon a davantage tendance à abandonner ses études que la fille, et cette tendance s'accentue avec les années: en 1971-1972, 6 pour cent des garçons ont quitté l'école par rapport à 5 pour cent des filles; en 1973-1974, la proportion est passée à 10 pour cent chez les garçons comparativement à 7 pour cent chez les filles.L'âge moyen se situe entre 16 et 17 ans (58 pour cent des cas).Cependant, les «drop out» illégaux, c'est-à-dire les élèves n'ayant pas atteint 15 ans, âge limite de fréquentation scolaire obligatoire, se font plus nombreux: de 9 pour cent qu'il était en 1971-1972, le taux est passé à 16 pour cent en 1973-1974.Le taux d'abandon grimpe.les décrocheurs sont de plus en plus jeunes et pour la plupart d'entre eux, issus du secteur général.Le comité d'étude de l'abandon scolaire de la CECM s'inquiète avec raison de cette situation: «Que penser de l'avenir des jeunes de 13, 14 et 15 ans, qui n'ont pas terminé leur secondaire III et qui ne sont pas préparés à l'apprentissage d'un métier?» La plupart des décrocheurs n'ont pas suivi une scolarité régulière au cours de leur carrière scolaire: 60 pour cent d'entre eux présentent au moins une année de retard dans l'une ou l'autre des matières suivantes: français, anglais, mathématiques.En français, par exemple, les difficultés d'apprentissage obligent 54 pour cent des décrocheurs à fréquenter les voies dites éditeur officiel du qué.VT/.«faibles» ou «allégées».L'échec scolaire (et sa conséquence: le catalogage dans une voie allégée, perçu comme très dévalorisant par l'élève) serait donc l'un des facteurs les plus importants pouvant inciter l'élève à abandonner ses études.LES «PROFESSIONNELS» Les taux d'abandon selon le secteur de formation fournissent des données fort intéressantes: 62 pour cent des décrocheurs proviennent du secteur général.Étant donné que la majorité des élèves du secondaire sont inscrits au secteur général, il est «normal» que celui-ci fournisse aussi le plus grand nombre de décrocheurs.Cependant lorsque l'on considère le nombre de décrocheurs par rapport à la population de chacun des secteurs de formation, les statistiques ont de quoi surprendre.Ainsi, en 1973-1974, le professionnel court a perdu 36 pour cent de ses effectifs! Vient ensuite le professionnel long qui a vu 20 pour cent de ses élèves prendre la clé des champs, suivi par le secteur occupationnel, 16 pour cent.Par rapport à sa population totale, c'est le secteur général qui présente le moins de pertes avec 7 pour cent «seulement» de décrocheurs.Les motifs d'abandon les plus fréquemment invoqués diffèrent selon qu'ils sont identifiés par les conseillers scolaires ou par les décrocheurs eux-mêmes.Selon les premiers, les raisons d'ordre scolaire expliquent la plupart des abandons: difficultés d'apprentissage et d'orientation, insatisfaction par rapport à l'école, manque de motivation, absence de relations avec les enseignants.Viennent ensuite les raisons d'ordre familial et pécunier (besoin d'aide à la maison, nécessité de renflouer le budget familial, situation familiale problématique.Les «drop out», pour leur part, considèrent plutôt le goût du travail comme étant la principale raison de leur abandon (42 pour cent); les conseillers ne partagent leur avis que dans 16 pour cent des cas seulement, insistant sur le fait que nombre de jeunes confondent cause et conséquence: on laisse l'école parce qu'on s'y sent mal ou parce qu'on y est contraint et on ne développe le goût du travail que par la suite.Que deviennent les «drop out» après un an d'abandon?17 pour cent sont en chômage; 50 pour cent travaillent à temps plein, la plupart occupant des emplois d'ordre clérical tels que commis de bureau, messager, téléphoniste, ou des emplois non spécialisés tels que journalier, gardien de nuit, laveur d'autos, de vitres, de vaisselle, etc.Les autres ont repris leurs études, aident à la maison ou vivent des «expériences personnelles».UNE SÉLECTION PAS NATURELLE Écœurement, non-correspondance des cours avec les aspirations de l'élève, problèmes d'orientation, goût du travail, échecs: au-delà des raisons invoquées, est-il possible de dégager la cause profonde motivant l'élève à mettre un terme à ses études?Le comité sur l'abandon scolaire de la FCSCQ estime qu'il y aurait «inadéquation de l'école par rapport à l'étudiant».mais ne va pas jusqu'à en déterminer la nature exacte.Selon M.Guy Brouillette, agent de liaison à la Centrale des enseignants du Québec (CEQ) et un des auteurs de «L'école et lutte de classes au Québec», l'école n'est pas, malgré ce qu'elle prétend, au service de l'élève, mais à celui de la classe dominante dont elle doit transmettre les valeurs et l'idéologie.De plus, elle doit fournir une main-d'œuvre soumise et préparer chaque individu à occuper une place précise dans le mode de production.Pour ce faire, elle a créé tout un système de sélection et de classification des élèves qui fait fi de leurs «goûts ou aspirations».L'école impose subtilement à chaque élève une orientation qu'il n'a pas choisie.Le processus de catalogage débute dès l'élémentaire pour s'accentuer au secondaire et au collégial; plus les années passent, moins l'élève a de chance d'y échapper.«Dès qu'un enfant présente un léger retard, on le place dans une classe de «faibles» sous prétexte qu'il faut respecter son rythme d'apprentissage.Le respect du rythme.c'est rien qu'une blague! Certains professeurs avec qui j'ai discuté, étaient catégoriques: l'apprentissage individualisé, ça n'existe pas.D'ailleurs comment QUÉBEC SCIENCE / février 1976 23 CltSCE ilion, 'fc les OOi aide à idçei IQüC.làfeni la OOUf a.ii mes fC: en r" ide : ei .^ ' lossible uitio» |(Hl* L î®' JüSf :l« Cl»»-J [in1* fl jliÜ> - ;[>• ie»1.pourrait-on appliquer des méthodes pédagogiques semblables quand il y a quarante élèves dans la classe?Au-delà du discours de l'école, au-delà des belles paroles, il existe une volonté très nette de sélectionner les élèves».Le classement d'un élève dans une classe de «faibles» stigmatise son état d'arriéré.L'école ne lui aide pas à surmonter ses difficultés: bien au contraire, elle lui fait sentir et fait connaître à tous.gu'il ne répond pas aux normes imposées! À partir de ce moment-là, plus de doute, il peut se considérer comme «un pas assez intelligent».Il le sait.ses amis, ses professeurs et ses parents le savent aussi.L'IMPASSE DE L'ÉCHEC Au niveau secondaire, le système de sélection devient évident, très bien organisé .et ne pardonne plus.Non seulement les élèves sont classés selon les voies faible, moyenne ou enrichie, mais ils sont «enrôlés» dans un secteur d'où il leur sera pratique- moins satisfaisant.«Lorsqu'un élève subit un échec, on lui fait croire que c'est entièrement de sa faute.On le culpabilise, on le dénigre, on lui dit: «Si t'as un échec, c'est parce que t'es pas intelligent».Et quand on est cancre, on s'inscrit au professionnel; si on est cancre mais pas trop tout de même, on peut s'inscrire au général, mais il faut alors choisir ce qu'il y a de plus facile.Les élèves ont l'impression de faire un choix personnel: c'est faux.Combien y a-t-il d'élèves qui ne savent pas ce qu'ils devraient faire dans la vie?Beaucoup au secondaire, encore plus au cégep.pis, même à l'université! Les élèves sont «embarqués» dans un système qui les oriente malgré eux.Les «drop out» sont des gens qui refusent tout ce qu'on leur passe ou qui sont devenus incapables de fonctionner là où l'école les a placés.» VOLONTAIRES ET INVOLONTAIRES «Je crois qu'il existe deux catégories de ment impossible de sortir.Ceux qui, à l'élémentaire et au début du secondaire, accumulent les retards d'apprentissage ou les échecs sont dirigés par l'école (le service d'orientation, les enseignants et, parfois, l'administration) vers les secteurs professionnels.Ceux-qui-traînent-la-patte-mais-qui-réussissent-tout-de-même sont dirigés vers le général mais.en sciences humaines, dans les voies faible ou moyenne.Enfin, ceux-qui-réussissent-bien sont orientés à coup sûr vers le général.S'ils sont «forts en mathématiques», on les pousse alors vers les sciences.Quelle importance accorde-t-on aux goûts et aux aspirations des élèves là-dedans?Eh bien.il semble que l'école ne s'attache pas tellement à des détails aussi futiles.Le critère de classification, c'est le rendement.Afin que personne ne puisse en contester la pertinence, l'école fait bon usage des sentiments de culpabilité.Selon Guy Brouillette, on conditionne les élèves à se sentir responsables d'un rendement plus ou «drop out»: les drop out volontaires sont ceux qui se disent dégoûtés de l'école dont ils contestent les valeurs, les structures et le mode de fonctionnement.Ils se rendent compte, que ce soit au niveau conscient ou inconscient, que l'école n'est pas au service de sa clientèle, qu'elle n'est pas conçue en vue de répondre aux besoins de chacun mais qu'au contraire, elle exige que tous se plient aux mêmes normes et aux mêmes exigences quels que soient leur bagage culturel, leurs intérêts ou leurs aptitudes.Les drop out non volontaires quant à eux ont souvent des problèmes d'apprentissage ou de discipline, accumulent les échecs, perdent graduellement leur statut d'étudiant et concluent que l'école —vraiment— ne doit pas être faite pour eux.» Selon le rapport de la CECM, 93 pour cent des décrocheurs présentaient déjà, au niveau du Secondaire I, des retards importants.Au Secondaire V, la proportion n'est plus que de 20 pour cent puisque «tout au long du secondaire, une sorte de sélection naturelle s'est effectuée».Sélection naturelle!?Guy Brouillette est loin de partager cet avis: «La plupart des «drop out», et particulièrement ceux que je qualifie de non volontaires, sont issus du milieu ouvrier».L'école, à qui l'on a reproché il y a quelques années de n'être qu'au service de la classe dominante et d'éliminer les enfants de familles modestes, serait-elle demeurée la même, malgré les nombreuses modifications qu'elle a subies?Comme le rappelle le comité de la CECM, «les transformations profondes du système scolaire au Québec depuis 1962, devaient permettre à tout élève d'entreprendre, de poursuivre et de terminer un cours secondaire à la mesure de ses talents».Le niveau de scolarisation de la population québécoise s'est élevé, cela ne fait aucun doute.Cependant, l'objectif de «démocratisation de l'enseignement» a-t-il été atteint?Rien n'est moins sûr.Faciliter l'entrée à l'école de la «populace», c'est une chose; donner la possibilité à chacun de se réaliser pleinement, c'en est une autre.METTRE LE VÉCU DE CÔTÉ L'école accueille les jeunes issus de familles scolairement et financièrement défavorisées éditeur officiel du qué.mais exerce toujours, à leur égard, une forte discrimination.De quelle façon?«L'école ne tient pas compte de la réalité des enfants des milieux ouvriers, explique Guy Brouillette.Pour apprendre et progresser, ils doivent mettre leur vécu de côté afin d'endosser les valeurs et l'idéologie bourgeoises.qui ne sont évidemment pas les leurs.Avec les années, la nécessité d'adhérer au discours de l'école s'accentue: plus cette adhésion devient essentielle au progrès académique, plus la division des classes sociales, elle, devient évidente.En première année, tous les enfants apprennent au même rythme.Cependant, dès la 3e année, le rythme d'apprentissage diffère selon la classe sociale d'origine: les enfants issus de la classe bourgeoise réussissent très bien, les enfants des classes moyennes obtiennent des résultats moyens.et les enfants de la classe ouvrière commencent déjà à tirer de l'arrière».«Leur bagage linguistique, culturel et social ne correspond pas à celui que l'école HH 24 i";.• exige.Leur vocabulaire, par exemple, est lié à la vie quotidienne, il est donc concret alors que l'école exige la connaissance d'un vocabulaire abstrait.De plus, ils font montre d'une intelligence pratique qui n'est guère appréciée.Et comment pourraient-ils développer leurs facultés d'abstraction, quand le vécu qui leur est proposé ne correspond pas au leur?C'est comme demander à des enfants Inuits de dessiner des arbres: ça a l'air ridicule mais ça s'est fait.Les manuels scolaires proposent une réflexion sur les vacances à la plage ou à la montagne alors que l'élève provenant d'un milieu défavorisé ne connaft bien souvent que les ruelles.Quand la réalité suggérée.imposée plutôt., n'est pas celle que l'on connaft, l'apprentissage est plus ardu et la capacité d'abstraction, beaucoup plus longue à acquérir.Or, l'aspect théorique prend de plus en plus d'importance à mesure que le niveau scolaire s'élève.Quand ils commencent leur secondaire, ces élèves sont déjà tellement handicapés qu'il leur sera presqu'impossible de remonter la pente».En raison de leurs difficultés d'apprentissage, une bonne partie d'entre eux seront orientés, par l'école vers le secteur professionnel.ce réservoir de «cheap labour».Mais qu'ils soient refoulés vers le professionnel ou tolérés au général, la plupart d'entre eux rejoindront, tôt ou tard, les rangs des «drop out».PONCE PILATE N'AURAIT PAS MIEUX DIT Ne serait-il pas du domaine des divers comités d'études de mettre en corrélation l'origine socio-économique, l'échec et l'abandon?Le comité de la FCSCQ constate que l'abandon scolaire touche particulièrement les milieux défavorisés.Un point, c'est tout.Le rapport, même scruté à la loupe, ne fournit aucune interprétation de ces faits: pas de contestation, pas de protestation, pas de suggestion.Le comité de la CECM s'est penché pour sa part sur le phénomène de l'abandon dans les milieux ouvriers, mais a escamoté avec éditeur officiel du qué.beaucoup de doigté les aspects les plus importants du problème en ramenant celui-ci à une question de sous.Selon le rapport, entre 8 et 1 3 pour cent des décrocheurs se verraient contraints d'abandonner les études pour des raisons strictement financières: soit qu'eux-mêmes avaient besoin d'argent, soit qu'ils devaient apporter un revenu supplémentaire à la maison.Voilà qui indigne fort les auteurs du rapport: «Nous trouvons qu'il s'agit ici d'une injustice criante à l'égard du jeune à qui on retire le «droit à l'éducation pour tous».Des mesures d'ordre social sont alors requises pour suppléer aux déficiences des familles.Autrement, on perpétue les différences sociales en continuant à préparer des jeunes pour des emplois où ils risquent fort d'être exploités une bonne partie de leur vie.» On peut se permettre de dénoncer avec ardeur une situation inacceptable.lorsque la solution se réduit à un signe de piastre.Mais quand il s'agit de mettre en relation l'origine socioéconomique et l'échec scolaire qui pourtant, conduit vers l'abandon aussi sûrement que les difficultés pécunières, alors, on se fait beaucoup plus discret: «Nous nous interrogeons sérieusement sur la nature de l'inadéquation qui existe entre l'école et ces milieux et qui nuit à la poursuite des études».On se pose des questions.mais en évitant d'y répondre de quelque façon que ce soit: «Nous croyons qu'il est préférable que les réponses proviennent d'un dialogue entre le personnel du milieu scolaire et les gens du milieu c'est-à-dire les jeunes eux-mêmes et leurs familles».Ponce Pilate n'aurait pas mieux dit.Tant que les solutions envisagées ne tiendront pas compte du contexte social, économique et politique, l'école continuera à jouer son rôle de filtre.Grâce à elle, la société pourra garder ses pauvres.70 POUR CENT AU GÉNÉRAL Les études réalisées par le Comité sur l'enseignement technique et professionnel (1962) et reprises par la Commission février 1976 / QUÉBEC SCIENCE Royale d'Enquête sur l'Enseignement prévoyaient qu'en 1973-1974, la population scolaire du secondaire serait distribuée comme suit: 33 pour cent au secteur général et 67 pour cent dans les secteurs professionnels long et court.Les relevés effectués cette année à la CECM indiquent que 84 pour cent de la clientèle est inscrite au général alors que les secteurs professionnels ne récoltent qu'un maigre 16 pour cent! Et cette situation se retrouve dans toutes les polyvalentes du Québec où la proportion d'élèves inscrits au secteur général dépasse 70 pour cent.Comment expliquer l'entrée massive des élèves au secteur général?Plusieurs facteurs y contribuent.L'un d'entre eux vaut la peine qu'on s'y arrête: la pression sociale.Selon Louis Jamin, trop de parents valorisent les longues études au détriment des goûts de leur progéniture:1 «Les parents tiennent à ce que leurs enfants aient accès aux études collégiales et universitaires.La population québécoise s'est peut-être sentie dévalorisée, insatisfaite par le passé: les anglophones obtenaient les meilleurs postes, tandis que les francophones devaient se contenter d'emplois subalternes, sans possibilité de monter dans l'échelle sociale.Les parents qui ont été frustrés dans leurs ambitions espèrent tirer une satisfaction personnelle de la réussite de leurs enfants.Le père se dit: «Mon garçon se salira pas les mains comme moi, j'vais me saigner à blanc pour qu'il aille à l'université.» Je trouve que c'est là un sentiment noble mais il faut tout de même être raisonnable dans les ambitions que l'on caresse pour ses enfants.» Est-ce raisonnable de limiter ses aspirations au professionnel lorsque l'on éditeur officiel du qué.sait pertinemment que les finissants de ce secteur vont grossir la masse des exploités?Dans toutes les polyvalentes du Québec, le secteur professionnel est très mal perçu, tant par les élèves que par les éducateurs.Sa mauvaise réputation n'est pas surfaite: le recrutement de la clientèle s'effectue auprès des élèves qui ont de grandes difficultés d'apprentissage ou qui, c'est encore mieux, collectionnent les échecs.Par ailleurs, la qualité des cours offerts est loin d'être satisfaisante.A ce sujet, le comité de la CECM note que «les raisons invoquées par les élèves qui abandonnent ODES r— ! MAI O.:'': în graf forte, et du -cil» fait loi.iileji sui/re % h.Ce, 'ioippj H »ait Li nu nu Kés : 'usa !•- Nr, wSSimmlmSmXmmÿ éditeur officiel du qué MH ï mw mettent le doigt sur une faille du système scolaire soit, le manque de continuité entre l'école et le monde du travail.Généralement, ces jeunes abandonnent pour entrer en apprentissage sur le marché du travail et pour acquérir la formation qu'ils réalisent ne pas avoir eue de façon suffisante à l'école.» Enfin, il n'existe aucune possibilité de passage entre ce secteur et les études de niveau collégial: le professionnel, c'est un cul-de-sac.GOÛT DU TRAVAIL-MAIS PAS DE L'ÉCOLE Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que très peu d'élèves optent pour ce secteur .et à ce que ceux qui y sont, décrochent en grand nombre.Pourtant, le travail manuel exerce encore un attrait certain: la forte proportion de «drop out» (du général et du professionnel) invoquant le «goût du travail» pour expliquer leur abandon, en fait foi.Le comité de la CECM estime que «trop d'élèves s'inscrivent à des cours destinés à les préparer à des études collégiales tandis qu'ils devraient plutôt suivre un bon cours de formation professionnelle».Si «bon cours» il y avait, une bonne partie des élèves du général se découvriraient probablement, en effet, des dons pour la technologie.Cependant, il faudrait que soit d'abord | renippée et rehaussée l'image du secteur professionnel.Louis Jamin déplore le fait que les élèves de ce secteur soient défavorisés: «L'école devrait combattre ce réflexe qui consiste à juger un élève en se référant au secteur auquel il appartient.Il faut que chaque individu soit apprécié pour ce qu'il est et non pas parce qu'il est issu de tel milieu ou parce qu'il étudie dans tel , domaine.L'école doit combattre les préjugés, abattre les barrières sociales.en organisant par exemple, des activités où les élèves, quelle que soit leur classe sociale d'origine, quelle que soit leur formation académique, puissent communiquer les uns , avec les autres, se connaftre, s'apprécier».Guy Brouillette ne partage pas ce point de vue: «Tenter de valoriser le secteur professionnel en misant sur les relations humaines, c'est beaucoup trop moral et pas du tout réaliste: les employés dans une entreprise recevront toujours des ordres du gérant qui, lui, aura une formation générale.La communication, le respect d'autrui, c'est très beau mais ça ne change en rien la situation des futurs ouvriers qui se retrouvent sur le marché du travail en situation d'infériorité et de domination».Selon lui, des transformations radicales s'imposent: éliminer le processus de sélection qui oriente les élèves dans une voie qui ne répond absolument pas à leurs aspirations; éliminer aussi le système de classification basé sur le rendement qui n'engendre que sentiments de culpabilité, voire d'infériorité.LA MAIN-D'OEUVRE D'ABORD «Il faudrait faire disparaftre ces secteurs «général» et «professionnel».Le processus de catalogage qu'ils impliquent est extrêmement nuisible pour tous les élèves.Mais ça, c'est impensable.L'école doit fournir la main-d'œuvre et maintenir les classes sociales.Dans une société telle que la nôtre, croire que l'école puisse se placer au service de sa clientèle, c'est utopique.Une autre solution consisterait, tout en gardant les deux secteurs puisqu'il le faut bien, à permettre aux élèves du professionnel de faire des stages sur le marché du travail un peu comme cela se pratique en Chine.Mais ça aussi c'est impensable: ça coûterait trop cher à l'entreprise privée.Il s'en fait des stages actuellement, d'une durée de 2 semaines à un an: les jeunes travaillent sans être payés, ils ne sont pas protégés en cas d'accident.C'est de la sur-exploitation.» «Toute transformation qui ne concerne que l'école, sans référence aucune au système social, est nécessairement limitée, incomplète et superficielle.mais entre deux maux, il faut savoir choisir le moindre.On devrait, au moins, donner éditeur officiel du qué.mM aux élèves du professionnel, de bons cours pratiques qui ne soient pas complètement coupés de la réalité comme c'est le cas actuellement, leur donner aussi des cours théoriques qui leur permettent de prendre conscience de leur situation d'exploités.Cependant, ce n'est pas du tout en ce sens que seront orientées les prochaines modifications.Le rapport Nadeau, par exemple, préconise la création d'écoles qui ne dispenseront que les cours professionnels seulement.On veut enseigner aux élèves ce qui leur est nécessaire pour faire leur job.Rien de plus.On veut coller l'école sur l'entreprise, empêcher les futurs travailleurs de comprendre ce qu'ils sont et de théoriser sur leur situation.» Est-il possible de rendre au secteur professionnel une certaine attractivité sans ébranler la société tout entière?Peut-être.à la condition que ce secteur cesse d'être un parking de (supposés) cancres pour se transformer en carrefour de ceux qui aiment le travail manuel; que les cours théoriques soient d'aussi bonne qualité que ceux offerts au secteur général tout en étant adaptés aux intérêts de ceux qui les suivront; que des facilités de passage au niveau collégial et universitaire soient prévues; que les finissants aient en mains tous les moyens de se faire respecter dans la société, qu'ils aient conscience de la force qu'ils représentent, qu'ils soient capables d'agir sur les structures économiques et politiques.Ainsi sera atteint l'objectif de «valorisation du travail manuel».Quoiqu'il soit peu réaliste d'en espérer autant, ce sont là les seuls moyens de conserver au professionnel, les jeunes qui se sont résignés à s'y inscrire, d'attirer vers ce secteur tous ces élèves qui s'emmerdent au général.et de ramener à un niveau plus rassurant, la petite aiguille de l'abandon qui, actuellement, oscille dans le rouge.Bibliographie L'abandon scolaire au secondaire, Comité d'étude sur l'abandon scolaire, division des services spéciaux.Commission des écoles catholiques de Montréal, juin 1975 Rapport d'une enquête effectuée auprès de drop out 1973-1974 de niveau secondaire, La Fédéra tion des commissions scolaires catholiques du Québec, mai 1975 École et lutte de classes au Québec.Centrale des enseignants du Québec (C.E.Q.), deuxième édition, octobre 1974 26 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE QijE5‘ LE MERCURE, D'OÙ VIENT-IL?: r:-:- ' .- Les plus récentes données sur les sources de pollution par le mercure.CH H fieu ryl it wimw^ww*** mmM - - * .* TT T ¦ -.itZ#*- ¦ ;¦ •v*; - QUÉBEC SCIENCE / février 1976 par André Delisle Le problème du mercure a été maintes fois traité dans les dernières semaines.On s'inquiète, à tort ou à raison, des intoxications possibles à la suite de l'ingestion de poisson contaminé provenant des pêches commerciales ou sportives.Toutefois, il semble que l'on s'attache surtout à mesurer les effets de l'intoxication au mercure sans pour autant pouvoir déterminer son origine dans les écosystèmes.La localisation des sources de pollution —naturelle ou artificielle— par le mercure prend ainsi autant d'importance que ses effets sur l'organisme, si l'on veut régler le problème à sa base.Il convient donc de pouvoir faire le point sur la présence du mercure dans l'environnement particulièrement dans ces régions contaminées présentant des dangers, advenant une grande consommation de poissons.C'est le cas, par exemple, du Nord-Ouest québécois où des problèmes ont été soulignés à maintes occasions (Québec Science, décembre 1975).Mais d'où vient ce mercure que l'on retrouve dans la chair des poissons, aussi bien au nord, dans des régions inhabitées, qu'au sud, dans des secteurs fortement industrialisés?Cette question a donné lieu à une première enquête, menée par Environnement Canada au cours de l'été 1971, dans le Nord-Ouest québécois.Depuis, plusieurs travaux ont été réalisés par les services de protection de l'environnement, par les chercheurs d'INRS-Eau et par le centre de recherches de la compagnie DOMTAR, pour tenter de préciser l'origine du mercure dans l'environnement.À LA RECHERCHE DES COUPABLES Le problème du mercure est complexe.Dans les régions développées, urbanisées ou industrialisées, on mesure depuis peu la concentration de mercure dans l'eau et dans l'air.Il semble facile de trouver les coupables: on accuse les industries de pollueurs! Toutefois, ce n'est pas si simple que cela, et pour cause.Des recherches récentes laissent supposer que la concentration naturelle de mercure est élevée dans l'environnement: la nature serait coupable aussi?La présence du mercure dans l'environnement est attribuée à deux types de sources: les sources ponctuelles et les sources diffuses.Les sources ponctuelles sont bien identifiées: les activités humaines se traduisent par un input continuel de mercure dans l'eau et dans l'air.Les industries, les mines et les villes sont les principaux responsables de cet apport.Quant aux sources diffuses —celles qui causent de multiples maux de tête aux chercheurs—, elles amènent, de façon constante, du mercure dans l'environnement sans être localisables directement.Le mercure accumulé dans les sédiments des lacs et des rivières, suite à des décennies d'opérations industrielles incontrôlées, se dissout petit à'petit dans l'eau.Et il ne faut pas oublier les sources naturelles de mercure dans l'environnement, dont la contribution est difficile à caractériser: la géologie du Québec favoriserait un tel input d'origine naturelle.Au cours des deux ou trois dernières années, les chercheurs se sont ainsi efforcés de distinguer les apports dus à l'activité humaine, des sources naturelles de mercure.L'apport artificiel est évidemment reconnu; mais pour évaluer son impact réel, il faut pouvoir comparer à la situation antérieure.Le Nord-Ouest québécois s'est révélé le laboratoire idéal pour mener de telles expériences, puisqu'on peut y retrouver à la fois des régions où l'impact industriel est facile à délimiter, et d'autres encore inhabitées, jusqu'ici soustraites à toute influence humaine.Les comparaisons établies peuvent alors devenir significatives et permettre éventuellement de mieux contrôler la pollution par le mercure.Les sources de pollution par le mercure sont multiples.Les propriétés exclusives de ce métal liquide et de ses composés en ont fait des produits extrêmement utiles pour la technologie industrielle et agricole.Ainsi, quotidiennement et probablement sans le savoir, vous «utilisez» du mercure, même dans votre bouche! Le dentiste se sert d'alliages de mercure et d'argent ou d'étain pour ces obturations nommées à tort «plombages».Les pertes de stocks constatées dans les cliniques dentaires constituent une source potentielle de contamination, pertes évaluées à 8 tonnes j.m.fleury par an en Suède.Le mercure scellé dans les thermomètres, baromètres, les thermostats se libère souvent à l'occasion des bris accidentels! La rupture des thermomètres médicaux dans les hôpitaux canadiens ajoute annuellement à elle seule environ 6 tonnes de mercure dans les eaux urbaines.Imaginons l'impact du changement récent des thermomètres «Farenheit» aux thermomètres «Celsius»! Enfin, les peintures à l'huile ou à l'eau contiennent des composés du mercure comme fongicides.Les Européens, à eux seuls, étendent sur les murs, les plafonds et les planchers, plus de 2 000 tonnes de mercure! Il faut néanmoins remarquer que dans le Nord-Ouest québécois, l'impact de ces utilisations domestiques est négligeable.La pollution industrielle existe pourtant du fait de la présence des usines de pâtes et papiers et des mines.Au cours de l'été 1975, la compagnie DOMTAR, installée à Lebel-sur-Quévillon, a été maintes fois pointée du doigt.Cette compagnie utilise du mercure dans son usine de fabrication du chlore et de soude caustique —l'usine de chlore-alkali servant au blanchiment de la pâte— et dans le procédé de fabrication de pâtes à papier.Ses rejets dans l'environnement sont de deux types: des effluents liquides qui viennent contaminer l'eau de la rivière Bell, et des émissions gazeuses qui se perdent dans l'atmosphère.DOMTAR:OUI OU NON?Essayons de préciser la nature de ces inputs mercuriels dans l'environnement.Voyons d'abord le problème des vapeurs de mercure qui s'échappent dans l'air.Une étude d'Environnement Canada, à la fin de l'hiver 1972, s'est attachée à déterminer la concentration de mercure dans l'air, aux alentours de quatre fabriques de chlore et de soude (du même type que celle de Lebel-sur-Quévillon).Les échantillons recueillis ont souvent indiqué une forte concentration de mercure; près de 28 pour cent d'entre eux se situaient au-dessus de la norme de sécurité en vigueur aux États-Unis, c'est-à-dire un millionième de gramme par mètre cube.Toutefois, l'aire contaminée semble réduite.Selon les chercheurs suédois, les retombées atmosphériques directes, dues à une usine de chlore-alkali, sont limitées à environ 16 kilomètres.La concentration en mercure des rejets dans l'eau peut, quant à elle, être mesurée directement.Depuis 1971, la compagnie DOMTAR doit faire rapport au gouvernement de ses rejets quotidiens de mercure.Un contrôle sévère est exercé de façon à ne pas dépasser la norme permise de 2,5 milligrammes de mercure par kilogramme de chlore produit.Malgré cela, la compagnie ne réussit pas encore à se soumettre entièrement aux règlements gouvernementaux.En 1972-1973, l'usine a dépassé les dépôts journaliers autorisés 36 pour cent du temps; encore maintenant, les quantités de mercure déversées excèdent les quantités permises en moyenne une journée sur trois.Les pertes ainsi occasionnées se sont élevées à 152 kilogrammes, comparativement aux 58 kilogrammes permis, durant 16 mois de mesures continues en 1973 et 1974.Ces déversements ont comme conséquence des concentrations élevées de mercure dans les eaux environnantes, soit dans le cours inférieur de la rivière Bell, dans la rivière Quévillon et peut-être dans le lac Matagami.La majeure partie du mercure rejeté par l'usine est sous forme métallique.La quantité ainsi perdue est de l'ordre de 110 grammes par jour et sa concentration dans l'effluent de l'usine de chlore-alkali varie autour de 0,002 ou 0,003 partie par million (ppm).Après dilution dans l'effluent de l'usine de pâtes, sa concentration tombe à 0,001 partie par million.Ce mercure métallique se dépose alors au fond où il s'ajoute au mercure déjà présent dans les sédiments provenant des opérations préalables à 1971 ou des sources naturelles.Si l'on en croit les chercheurs suédois, le 28 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE Les principaux flux de mercure à travers la biosphère activité industrielle hôpitaux, etc.fongicides ÉMETTEUR -> AIR EAU I -> SOL sources naturelles -?HOMME ?-> POISSON, ETC.OISEAUX -?CÉRÉALES-?BÉTAIL ILIEU AMBIANT ORGANISMES VIVANTS rivière Nottaway lac Mistassini lac Matagami rivière Chibougamau lac au Goéland Chapais ¦ rivière Waswanipi lac Chibougamau Matagami lac Waswanipi rivière Bell lac Pusticamica lac Quévillon lac Paren t A Mines • Usine chlore-alkali ¦ Barraute 50 km ¦ Senneterre Principales activités commerciales dans le Nord-Ouest québécois Les fortes concentrations de mercure trouvées dans le Nord-Ouest ont valu aux Indiens de cette région l'interdiction de se nourrir du poisson des rivières qui y coulent.Les mines et I usine de chlore-alkali, dont la carte nous indique la position, sont parmi les sources de ce métal.dir.générale du tourisme taux de conversion de ce mercure métallique (inorganique) en méthyl-mercure serait très bas.Ce composé organique du mercure constitue la forme assimilable par les organismes vivants.Ainsi, l'impact tant géographique que biochimique des apports de mercure dus à l'usine de la DOMTAR semble réduit.Les quelques dizaines de kilomètres contaminés ne suffisent pas à expliquer les hautes concentrations de mercure observées dans d'autres secteurs du Nord-Ouest québécois, secteurs pour le moins, «hydrauliquement» isolés de Quévillon.Les inspecteurs du gouvernement et les écologistes des laboratoires de recherche ont dû chercher ¦d'autres explications.EXPOSER LE MERCURE L'activité minière a alors été scrutée par rapport à ses effets sur l'environnement.Ce «filon» était sûrement pertinent, si l'on se rappelle que l'opération des mines constitue l'activité industrielle la plus répandue dans le Nord québécois.Chose assez surprenante, l'enquête de 1971 n'a révélé rien de significatif dans ce domaine;.le rapport suggérait toutefois d'effectuer des recherches plus complètes pour évaluer l'effet des opérations minières intensives.Environnement Canada a donc réalisé une étude, en collaboration avec le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, pour mesurer l'apport mercuriel dû aux mines.Des échantillons de concentrés et de résidus de minerais ont été recueillis dans certaines mines de cuivre, de zinc et de plomb.Les résultats d'analyses périodiques de la teneur des échantillons en mercure ont révélé une certaine reproductibilité à long terme, malgré les grandes fluctuations quotidiennes dépendant de la qualité du minerai produit.Les mines visitées sont situées près de Chibougamau (cuivre), Chapais et Matagami (zinc), ainsi que Val-d'Or et Noranda (cuivre, zinc et plomb).L'enquête a permis de déduire que, dans ces minerais de métaux non précieux, le mercure se retrouve le plus souvent en présence du zinc.La teneur en mercure dans les concentrés de zinc varie de 2 parties par million (ppm) dans la région de Matagami, à 20 ppm dans la région de Noranda; elle atteint même 150 ppm dans la région de Val-d'Or.Le mercure est toutefois beaucoup moins abondant dans QUÉBEC SCIENCE / février 1976 29 les concentrés de cuivre: habituellement de 1 à 10 pour cent de la quantité trouvée dans les mines de zinc.Dans le cas des mines de fer, on a retrouvé sensiblement moins de mercure: moins de 0,20 ppm de mercure dans la plupart des résidus, et un peu plus de 1 ppm dans les mines de la région de Val-d'Or et de Noranda.Les rejets de ces mines se font pour la plupart dans des étangs, des lacs ou des marais.On constate alors un apport important de mercure dans l'environnement aquatique.Si l'on sait que la concentration toxique reconnue officiellement est d'une partie par million, on devine les problèmes pour la vie aquatique environnante.Les travaux de l'INRS-Eau au lac Mistassini ont d'ailleurs confirmé les soupçons: des analyses effectuées sur des échantillons de rebuts miniers jetés directement dans le lac ont révélé une concentration moyenne de mercure de 4 ppm, ce qui constitue un apport ponctuel important.La mine de cuivre Icon Syndicated déverse l'eau de lavage des minerais dans une baie du lac Mistassini, au taux de 65 litres par seconde! L'activité minière est ainsi responsable de rejets directs de mercure dans l'eau, le sol ou le sous-sol.Cet impact direct n'est cependant pas le seul.Les géologues ont remarqué des pertes importantes de vapeurs de mercure, vapeurs libérées par la mise à nu des minerais, et de gaz mercuriques éliminés par les cheminées pendant l'affinage primaire.Ces émissions, bien que difficiles à évaluer, semblent assez importantes: une société finlandaise récupère annuellement de ces gaz issus du grillage du zinc, 20 tonnes de mercure métallique! Ces vapeurs mercuriques sont faciles à déceler, mais difficiles à mesurer.Elles viennent d'ailleurs s'ajouter à l'évaporation naturelle du mercure, évaporation continuelle dans les régions du Nord du Québec.QUAND LA NATURE S'EN MÊLE Le mercure est un métal qui se retrouve de façon naturelle dans toute la biosphère, entrant dans la composition de plusieurs types de roches et concentré dans les minerais sous forme de composés inorganiques.La présence de mercure dans le sol d'une concentration excédant 0,04 ppm est j.m.fleury Concentrations de mercure mesurées dans la biosphère AIR Moyenne 0,003 à 0,005 x 10"*1 g/m3 New York 1,0 à 14,0 x 10^ g/m3 EAU Usine de chlore (valeur extrême) Traitement de minerai (valeur extrême) Océans (valeur moyenne) Pluie (valeur moyenne) Surface (valeur moyenne) Rejets industriels (valeur extrême) SOL Écorce terrestre (valeur moyenne) 0,07 x 10“3 g/kg Charbon (valeur moyenne) 0,001 à 33,0 x 10 3 g/kg Sédiments (zones industrielles) (valeur extrême) 0,2 à 2 800,0 x 10"3 g/kg 100,0 x 10^ g/m3 20 000,0 x lO'6 g/m3 0,03 à 2,0 x 10-6 g/kg 0,2 x 10-6 g/kg 0,15 x 10-6 g/kg 0,2 à 2 800,0 x 10^ g/kg Autres concentrations naturelles LITHOSPHÈRE Croûte terrestre 0,2 x 10^ g/g Pédosphère 0,1 5 ppm ATMOSPHÈRE Zones sans minerai 0,001 à 0,009 x 10^ g/m3 Océans 0,001 x 10^ g/nrr HYDROSPHÈRE Pluie Zones minéralisées 0,1 à 0,2 x 10-9 g/g Mer 0,01 à 0,3 x 10^ g/g Rivières et lacs 0,02 à 0,07 x 10^ g/g Gisements de minerais 10 à 80 x 10^ g/g BIOSPHÈRE 1,0 ppm j.m.fleury un des indices utilisés par les prospecteurs pour déceler les gisements de minerais.Les formations géologiques du Nord-Ouest québécois, d'origine volcanique ou sédimentaire, sont particulièrement bien fournies à ce chapitre.Le Bouclier canadien présente des concentrations de mercure très élevées, autour de 0,5 ou 0,6 ppm.Se basant sur ces données, on peut penser que les fortes concentrations de mercure dans le Nord-Ouest québécois ont d'abord une origine géochimique naturelle.La libération du mercure, provenant de la géologie naturelle, se fait donc par lessivage des roches et des gisements miniers, lessivage qui entrame la dissolution et la mise en suspension du mercure sous sa forme élémentaire.Les multiples failles et l'exploitation industrielle, qui se traduisent par l'exposition des gisements aux conditions atmosphériques, favorisent aussi l'évaporation du mercure.Ces apports naturels sont loin d'être négligeables.Contrairement aux lacs et rivières des régions habitées, où l'on mesure une concentration croissante de mercure de la source à l'embouchure, les eaux nordiques sont caractérisées par des taux de mercure qui augmentent, eux, à mesure que l'on remonte vers la tête des eaux! Ainsi, sur la rivière Bell, qui reçoit les effluents de la DOMTAR, le rapport d Environnement Canada a mentionné une concentration maximale moyenne de 1,93 ppm au lac Parent, situé en amont de QuévHlon et séparé de l'usine par une chute; alors que la valeur correspondante en aval est de 1,43 ppm, au lac Matagami.Il va sans dire que le mercure introduit dans une rivière peut difficilement la remonter, et même sauter des chutes à la façon de la truite ou du saumon.La concentration élevée de mercure, à la tête des eaux, serait ainsi due à la mise en solution du mercure naturel, dilué de plus en plus à mesure que la rivière grossit dans sa descente vers son embouchure.DE LA TERRE À LA CELLULE Les résultats sont tout aussi significatifs dans le cas des concentrations atmosphériques du mercure.Ce même mercure qui est restitué au sol par la pluie, la neige et la grêle.Les laboratoires de la DOMTAR ont ainsi mesuré des valeurs atteignant 1,3 partie par milliard de mercure dans des échantillons de grêle provenant de Senneterre, alors que les scientifiques s'entendent sur la valeur de 0,01 partie par milliard, comme concentration moyenne dans l'atmosphère.Cette recherche des processus qui amènent Je mercure dans l'environnement serait incomplète si on ne parlait pas des transformations du mercure qui le rendent assimilable par les organismes vivants.Le fait le plus important dans ce domaine est sans contredit la découverte récente de la transformation du mercure inorganique en composés organiques sous l'action de certaines bactéries {Québec Science, décembre 1975).Le mercure métallique peut ainsi être transformé en méthyl-mercure et en diméthyl-mercure sous l'action de micro-organismes dans les conditions aérobiques.On a montré que ce processus a lieu dans les sédiments et est favorisé par un milieu alcalin.Le composé ainsi formé est volatile et s'échappe facilement dans l'air, l'eau et le sol où il peut être absorbé par les êtres vivants.Le mercure décelé chez les poissons se présente surtout sous cette forme de méthyl-mercure dont la forte toxicité cause tant de soucis aux écologistes! La méthylation du mercure, sa mise en solution, son introduction dans la chafne alimentaire et sa toxicité ont fait de cet élément un danger majeur pour l'environnement et pour l'homme.DESTINATION INCONNUE Le fonctionnement exact de tous ces mécanismes est encore mal connu.De là, la nécessité de recherches supplémentaires pour répondre aux questions qui se posent toujours.Quelle est l'origine du mercure?Comment atteint-il les tissus humains?Jusqu'à quel point est-il toxique?Un fait reste sûr cependant: l'homme exerce une influence directe sur le bilan du mercure dans l'environnement.Influence dont les effets sont encore mal connus, mais qui, quantitativement, est importante.Pour nous convaincre, il peut être intéressant de réfléchir quelques instants sur les quantités de mercure en jeu, et ce, seulement au Canada.Selon l'OCDE, on peut prendre comme exemple la situation américaine pour faire le bilan de l'utilisation du mercure dans un pays industrialisé comme le Canada.Sur un stock total de 100 pour cent, provenant de la production intérieure et de l'importation, 26 pour cent sont dispersés dans l'environnement sous forme irrécupérable (peintures, produits pharmaceutiques, produits dentaires, etc.).Le reste est destiné à des usages qui permettent le recyclage: 33 pour cent pour la fabrication de chlore et de soude et 41 pour cent pour la fabrication d'appareils divers.A l'heure actuelle, on recycle seulement 18 pour cent du mercure utilisé, c'est-à-dire qu'une proportion de 82 pour cent du mercure en circulation se retrouve sous une forme ou sous une autre dans l'environnement.Pour le Canada, ceci revient à «semer à tous vents» près de 700 tonnes de mercure annuellement sans pouvoir le récupérer, ni en mesurer les conséquences.Selon Environnement Canada, 62 pour cent de ce mercure perdu se retrouve dans l'eau, le reste étant dispersé dans l'air, le sol ou le sous-sol.Le problème reste encore grave.A LIRE En page 7 de ce même numéro Jean-Marc Fleury nous présente dans l'article intitulé La maladie de Matagami les résultats des examens neurologiques auxquels furent soumis les habitants du Nord-Ouest québécois.Bibliographie Les enquêtes des services d'Environnement Canada ont donné lieu à trois rapports distincts sur la provenance et la distribution du mercure dans l'environnement.Ils sont disponibles aux services d'information d'Environnement Canada.Le Centre de Recherches de DOMTAR, situé à Senneville, s'intéresse aussi au problème du mercure dans le Nord-Ouest québécois.Des rapports de recherche peuvent être obtenus sur demande.L'OCDE a fait le point sur le problème du mercure dans Le mercure et l'environnement, Paris, 1974. QUÉBEC SCIENCE / février 1976 31 : SCIENCE LES CHERCHEURS QUEBECOIS, QUI SONT-ILS?E,or udtion ni» S1 : ir li :::: ouciri liCJ! AÉ li K par Michel Gauquelin La suite des témoignages des chercheurs d'ici ^Gaston ALLARD ?Bernard BOBÊE TGuy BERTRAND •- .La recherche au Québec est si récente que le métier de chercheur n'a pas encore été inventé, disions-nous dans la présentation de la première série de ces interviews.Les témoignages des différents chercheurs permettent en effet de constater qu'il est encore impossible de donner une définition générale de la recherche comme profession.Chacun est un cas particulier.Les milieux et les conditions de travail varient d'un chercheur à l'autre, de même que le type de la recherche entreprise: pure ou appliquée, libre ou imposée.Selon la formation et l'expérience acquises, les points de vue diffèrent.Dans le numéro précédent, c'est un pharmacologue, M.Pierre Biron, chercheur à l'hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et professeur à l'Université de Montréal, et Mme Renée Cloutier-Cournoyer, sociologue faisant de la recherche à la pige, qui nous livraient leur témoignage.Ce mois-ci, c'est un chercheur à plein temps à l'Institut national de la recherche scientifique: M.Bernard Bobée, un administrateur de la recherche chez Bombardier: M.Guy Bertrand et enfin, un chercheur à l'emploi du gouvernement: M.Gaston Allard, qui s'adressent aux lecteurs de QUÉBEC SCIENCE. 32 UN CHERCHEUR A TEMPS PLEIN À 32 ans, Bernard Bobée fait de la recherche depuis bientôt cinq ans.Originaire de France, il fit ses études supérieures à l'École nationale supérieure d'électrotechnique, électronique, informatique, hydraulique de Toulouse.Il en sortit avec le titre d'ingénieur hydraulicien et poursuivit des études en sciences économiques adaptées aux ingénieurs, durant deux ans.En 1968, à la suite de visites de professeurs québécois à Toulouse, il demande et obtient une bourse du Conseil des arts pour venir au Québec faire une maîtrise.Il l'obtiendra à l'Université de Sherbrooke, puis s'en viendra à l'Institut national de la recherche scientifique dont le premier centre, l'INRS-Eau, est en train de naître.Bernard Bobée travaille toujours à l'INRS-Eau dont les bureaux et laboratoires sont situés à Québec, dans les locaux du Complexe scientifique du Québec.Q.S.: Est-ce au Québec que vous avez fait vos premiers pas dans le milieu scientifique?B.B.: Oui, car en France mes seuls contacts avec ce milieu étaient mes professeurs et la hiérarchie qui existe là-bas.Tandis qu'ici, j'ai eu la chance d'avoir un véritable contact avec un milieu sociologique différent et scientifique.Dès la fin de 1970, je suis entré à l'INRS avec plusieurs collègues de Sherbrooke sans, au départ, avoir vraiment l'idée d'y rester longtemps.C'était plus pour une expérience, car à Sherbrooke, je n'avais eu que des tâches d'assistant de recherche.Nous avons commencé à l'INRS avec un assez gros projet, la rationalisation du réseau hydrométrique du Québec, et je peux dire que c'est ce projet, sur lequel travaillaient huit personnes, qui a orienté mes activités pour les quatre années suivantes.À Sherbrooke, il se fait peu de recherche, sinon individuellement, et c'est à l'INRS que j'ai réellement connu de près la recherche pour la première fois.UNE STRUCTURE MULTIDISCIPLINAIRE Q.S.: Comment s'est réalisé ce premier contact?Est-ce à ce moment-là que vous avez décidé de vous consacrer à la recherche?B.B.: Sans doute, car la vocation première de l'INRS était la recherche, et j'y ai vraiment pris goût.Le second élément qui m'a fortement intéressé, c'est la structure multidisciplinaire du centre.C'est là que je me suis rendu compte que j'avais besoin, d'être en contact physique fréquent avec des gens d'autres disciplines pour résoudre des problèmes.Par exemple, en tant qu'hydraulicien, quand je pensais à un barrage, je voyais les aspects hydrologiques, économiques, mais je n'envisageais pas les aspects écologiques.La véritable préoccupation de cette dimension, je l'ai apprise au centre.Même s'il n'y a pas d'osmose à 100 pour cent, il y a au moins une forte volonté de se comprendre.Pour moi, cette notion est bien importante car je crois que le véritable approfondissement d'une question reste une affaire individuelle.C'est la somme des approfondissements qui fait le travail et la valeur de l'équipe.En échange chacun y gagne, car on se perfectionne.Cette démarche permet de nuancer ses jugements, puisqu'il faut prendre en considération d'autres problèmes.qui n'en étaient pas avant.Q.S.: Existe-t-il d'autres facteurs qui vous ont décidé à continuer dans la recherche, et à l'INRS plutôt qu'ailleurs?B.B.: Je crois que le mécanisme contrat-recherche m'a déterminé à rester.Les contrats, du moins certains, sont donnés à un centre parce qu'il y a des problèmes concrets que les méthodes classiques ne peuvent résoudre.Ici, on a le temps de s'arrêter à réfléchir; ce qui n'est pas le cas dans un ministère qui doit répondre quotidiennement aux besoins, ou dans une firme d'ingénieurs qui a des soucis de rentabilité immédiate.Même si on n'arrive pas à résoudre tout dans un contrat, on a pu au moins soulever quelques problèmes et en régler une partie.C'est ce mécanisme qui permet de faire avancer les choses.et d'avoir d'autres contrats.Par ailleurs, l'environnement est bien important.Le fait de pouvoir discuter avec des gens compétents autour de moi m'a beaucoup stimulé.On soulève les questions en commun, même si on ne va pas être forcément ensemble à trouver les réponses.Cette atmosphère, ce langage commun et le fait que ça marchait bien m'ont fait rester à l'INRS-Eau.février 1976 / QUÉBEC SCIENCE Q.S.: Que représente l'enseignement à l'INRS-Eau?B.B.: Pour moi, c'est 20 pour cent de mon temps et une activité très motivante.J'essaie de plus en plus d'intégrer mes cours avec ceux de mes confrères afin de respecter les principes d'interdisciplinarité.Cela donne un élément dynamique bien intéressant.De plus, le fait de donner des cours au niveau de la maîtrise a des avantages: moins d'étudiants, donc plus de communication.CONDITIONS DE TRAVAIL Q.S.: Le métier de chercheur fait-il vivre?Êtes-vous obligé de faire de la consultation?B.B.: Nos salaires, ici, se comparent avec ceux qui sont donnés au gouvernement.J'estime avoir un assez bon salaire, mais je sais que si j'allais ailleurs, j'aurais plus.Le petit sacrifice est compensé par l'intérêt et le milieu de travail, et cela malgré des journées très chargées.La consultation n'est pas autorisée à l'INRS et il est sûr que, pour certaines personnes qui ont dans les 45 ans, une bonne expérience et un salaire près de 25 000 dollars, c'est peu.Ces personnes vont préférer rester dans une autre université car elles complètent, et parfois doublent, leur revenu avec de la consultation.Moi, j'accepte le sacrifice de l'exclusivité car je ne suis pas sûr que, scientifiquement, ce serait toujours bien intéressant.Avec les contrats que nous avons au Centre, nous nous frottons à des expériences pratiques très diverses et cela suffit, sinon on devient des ingénieurs-conseil.Q.S.: Sans contrat, feriez-vous les recherches que vous menez actuellement?B.B.: Même si j'ai un salaire et une certaine sécurité d'emploi, je crois que sans contrats je ne ferais pas la recherche que je fais.Je veux dire que je ne pourrais pas avoir tous les moyens dont je dispose actuellement.De plus, les contrats sont importants pour leur rôle moteur.Mais il faut se définir des limites à ne pas dépasser, des limites d'éthique professionnelle.Q.S.: L'encadrement matériel et administratif est-il satisfaisant? ÉBEC SCIENCE / lévrier 1976 33 B.B.: Matériellement, je n'ai guère de problèmes.Je travaille beaucoup avec l'ordinateur et j'en suis très satisfait.Il n'est pas question de sous-équipement, même si on veut toujours avoir un peu plus.Par contre, du point de vue administratif, je me pose la question de savoir s'il est nécessaire d'avoir une machine aussi lourde.J'aimerais évaluer combien un dollar investi à l'INRS va effectivement à la recherche.En plus, je ne suis pas sûr que cette machine soit vraiment au service du chercheur.L'exemple de l'implantation de PPBS est significatif: il n'y a pas eu de consultation et on nous a imposé un système qui se révèle inefficace.Je suis d'accord pour qu'il y ait des bilans, pour qu'on sache où va l'argent, mais je trouve le comptage à la cenne inutile.Ça agace et irrite.À chaque fois qu'on augmente les services d'administration, c'est autant de moins pour la recherche.Je trouverais plus logique de véritables investissements dans une direction scientifique forte, alors qu'elle n'est encore qu'embryonnaire, sinon inexistante.Cela, selon moi, est très grave.ET LES PUBLICATIONS Q.S.: Un ingénieur en hydraulique doit-il publier souvent pour être reconnu dans son milieu?B.B.: Je pense qu'il ne faut pas avoir le désir effréné de publier, comme ceux qui coupent leur publication en dix.Malgré tout, et pour bien des raisons, la publication est importante, même s'il faut la faire en anglais, malheureusement.Dans la hiérarchie des revues, les plus importantes ne considèrent que la qualité et ne publient que le haut du pavé.La vraie satisfaction pour moi, c'est d'être publié dans ces revues, car c'est la confirmation de la valeur de mes travaux.De plus, il ne faut pas se cacher que cela joue pour les octrois du Conseil national de recherches du Canada.D'autre part, il faut, à l'occasion, écrire pour des revues moins prestigieuses peut-être, mais qui vont vulgariser ce qu'on fait.Nous avons une responsabilité à assumer à ce niveau.Q.S.: Quelles sont les relations que vous entretenez avec les chercheurs qui sont dans le même secteur que le vôtre?B.B.: Plus on se spécialise, plus le nombre de confrères diminue.Cela oblige à augmenter la communication avec l'étranger, surtout les États-Unis.Dans mon secteur, il n'y a que quatre ou cinq personnes qui travaillent sur le même type de projets.On est relativement isolé et c'est dommage car cela prouve qu’il se fait peu de recherche en eau au Québec et au Canada.Le malheur, bien connu, c'est qu'il y ait aussi des dédoublements comme l'INRS-Eau et CENTREAU de l'université Laval.Cela crée toutes sortes de tensions alors qu'entre nous, chercheurs, on a besoin d'être en contact, de se compléter.Pour ma part, mes relations avec les chercheurs de l'université Laval sont excellentes.Enfin, le plus gros problème est sans doute au niveau fédéral, là où la présence anglophone traditionnelle est toujours très forte.Là-bas, on s'obstine à ne pas croire aux francophones. 34 février 1976 / QUÉBEC SCIENC UN ADMINISTRATEUR DELA RECHERCHE Ingénieur, marié et père de trois enfants, Guy Bertrand est, à 48 ans, directeur du centre de recherche de la compagnie Bombardier à Valcourt.Après avoir fait ses études à l'université Laval en génie civil et mécanique, à l'université McGill en mécanique-aéronautique, il entre en 1951 au Centre de recherches pour la défense de Valcartier.Dès 1953, Guy Bertrand ne se limite pas à ses recherches en mécanique des armements, mais assume déjà des responsabilités administratives.Il est en charge d'une équipe.De 1955 à 1961, tout en continuant son travail au CRDV, il enseigne la thermodynamique, la mécanique des gaz et les principes hydrauliques à l'université Laval.1969 est une année sabbatique qu'il consacre à l'obtention d'une maftrise en sciences politico-socio-économiques du collège pour la défense nationale de Kingston.De retour à Valcartier en 1970, il assume le poste de chef de projet en génie mécanique.En 1971, il est approché par Bombardier et abandonne sans regrets la recherche militaire qui, depuis trois ans, est plus ou moins en récession.Un an après son arrivée à Valcourt, Guy Bertrand est promu vice-président.Recherche et Développement.Actuellement, il est vice-président et directeur général de la recherche et du marketing.Il est également membre du Conseil des politiques scientifiques du Québec.Q.S.: Votre venue dans le milieu de la recherche est-elle due à un attrait particulier?G.B.: Je pense qu'on vient à la recherche plus par hasard que pour autre chose.J'avais éliminé dès le début les occupations d'ingénieur d'usine et d'ingénieur-conseil car, du point de vue scientifique, cela ne valait guère mieux qu'appliquer des formules.Il fallait que je me penche sur des problèmes de recherche appliquée.Je suis colonel dans l'armée et c'est à Valcartier que j'ai commencé avec le centre qui démarrait.Nous avions beaucoup de contrats de la part des Américains et le personnel augmentait à vue d'œil.C'est l'époque où les Canadiens-français ont fait la percée.Q.S.: Au fi! des années, vous avez assumé de plus en plus de tâches administratives.Faites-vous encore de la recherche chez Bombardier?G.B.: Très peu.Quand je suis arrivé ici, il m'a fallu pratiquement monter le centre de recherche et développement.J'avais aussi pour mandat de diversifier les produits.De la motoneige, on est passé au voilier.J'ai continué à diriger de la recherche, mais mes fonctions m'ont obligé à arrêter d'en faire personnellement.Il y a tout de même plusieurs projets que je suis plus particulièrement à titre de chef de groupe.Je peux ainsi garder une certaine souplesse intellectuelle qui m'aidera le jour où je voudrai me recycler.LA RECHERCHE DANS L'INDUSTRIE Q.S.: Que! est le processus que suit la recherche dans une entreprise comme Bombardier?G.B.: Le but de l'industrie, c'est faire de l'argent, qu'on le veuille ou non.Donc, toute innovation doit être rentable d'une façon ou d'une autre, car on n'y fait pas de la science pour le plaisir de la science.Ainsi, nous travaillons en fonction du marketing, une fois que des produits nouveaux, des nouveaux concepts, ont été pensés, Q.S.: Le milieu industriel est-il favorable à la recherche?Y dispose-t-on de solides moyens financiers et de systèmes administratifs adéquats?G.B.: Pour ma part, j'ai pleine liberté d'action en autant que je respecte les échéanciers établis.Nous sommes tenus par les dates de mise en marché.Par contre, les contraintes budgétaires sont autrement plus importantes qu'au gouvernement ou à l'université.Mais on réagit beaucoup plus vite que dans ces milieux-là.Ici, un chercheur n'est pas surchargé de tracasseries administratives.Quand je suis arrivé, le centre était embryonnaire et les gens payés à l'heure ou à la semaine.J'ai retiré les machines à poinçonner.Maintenant on travaille comme une famille, de 180 personnes, et ma porte est toujours ouverte.On est professionnel ou on ne l'est pas.Bien sûr, il est difficile de dire ce que les jeunes pensent de l'administration, mais quand il y a des concours internes chez Bombardier, on cherche presque toujours à venir travailler au Centre de recherche.Q.S.: Faut-il avoir des qualités particulières pour être chercheur dans une industrie?G.B.: Oui, il faut être capable d'une grande souplesse.Beaucoup plus qu'ailleurs.Et la motivation vient du fait de la pression.Il faut faire vite.On ne peut se permettre d'attendre car cela coûte de l'argent.Il m'arrive parfois de recevoir un téléphone du président qui me dit: «On a un problème, peux-tu me donner une réponse pour demain matin 9 heures?» Dans ces conditions, une équipe se réunit et, s'il le faut, la nuit y passe.Les décisions sont prises rapidement, en quelques heures.La motivation est créée par la pression, mais aussi par l'ouvrage car, selon moi, plus un homme travaille, plus il est heureux.La satisfaction du travail accompli, on l'a donc beaucoup plus ici qu'ailleurs.Il n'en allait pas de même à Valcartier où il était difficile de motiver les jeunes chercheurs à travailler pour la défense.I Is disaient qu'ils n'étaient pas intéressés à envoyer des bombes au Viêt-nam.Q.S.: Est-H intéressant, financièrement, de travailler comme chercheur dans une compagnie privée?G.B.: La masse salariale, comme à Valcartier ou ailleurs, est de 70 pour cent sur le budget du Centre.La matière grise coûte cher et il faut la justifier.Le salaire d'un chercheur peut varier entre 12 000 et 17 000 dollars.Pour nous, le vrai problème est d'amener le chercheur à venir s'installer à Valcourt qui est à une bonne heure de Montréal.Et cela même si l'on a de gros avantages sociaux, une fondation Bombardier, un club de chasse et pêche, etc.PEU DE PUBLICATIONS, MAIS DES BREVETS Q.S.: A-t-on l'occasion de publier ou de breveter dans l'industrie?G.B.: On ne publie pratiquement pas.Par contre, nos gens présentent assez régulièrement des travaux dans les sociétés 35 spécialisées.Ici, ce sont surtout les brevets qui comptent.Un brevet est toujours au nom d'un individu qui vend ses droits à la compagnie pour un dollar symbolique.Ce n'est pas que la compagnie veut exploiter l'employé, mais en venant ici, le chercheur accepte ces conditions qui, d'ailleurs, sont assez générales dans le milieu.Dans une année, il se prend une vingtaine de brevets.On brevètera un nouveau moteur avec des valves rotatives, mais non un trou carré qui change l'outillage, par exemple.De toute façon, un brevet, ça vaut ce que ça vaut, car il y a des gens spécialisés pour passer à côté.Q.S.: Le chercheur trouve-t-il normal de se faire payer un dollar pour une invention?G.B.: C'est une pratique courante dans le milieu industriel.Il est sûr que s'il s'agissait d'une découverte sensationnelle qui permettrait de faire des millions, la compagnie paierait des redevances.Mais il faudrait une autre idée du siècle.comme celle de la motoneige! LES RELATIONS AVEC LES AUTRES MILIEUX Q.S.: Le milieu scientifique en génie mécanique est-il assez riche pour que le chercheur ne soit pas obligé d'aller souvent à l'étranger?G.B.: Historiquement, c'est le secteur anglophone qui a tenu le haut du pavé.Maintenant, les Canadiens-français s'en viennent assez bien car il y a plus d'industries.Les séminaires à travers le monde permettent de se tenir au courant.À Bombardier, cela est facilité du fait que nous avons un centre de recherche sur les moteurs à combustion interne, en Autriche, au sein de la compagnie Rotax qui travaille également sur les tramways.Q.S.: Pensez-vous qu'il y a une possibilité de dialogue entre chercheurs de différents milieux?G.B.: Il faudrait organiser un mouvement de rotation pour intéresser le chercheur à se recycler en changeant de milieu, ce qui ne se fait pas à l'heure actuelle.Il y a une certaine auréole sur la tête du chercheur universitaire qui préfère rester sous sa cloche de verre plutôt que d'affronter la compétition réelle.Il risquerait d'être manchot pour deux ou trois ans.Ce qui paralyse en fait le mouvement, ce sont les fonds de pension, l'ancienneté et la sécurité d'emploi.En changeant, il faut repartir à zéro, parfois perdre 20 ans de fonds de pension.Q.S.: Depuis que vous êtes ici, n'avez-vous pas été tenté d'aller ailleurs?G.B.: En général, dans le secteur du génie, après 43 ans il est trop tard pour espérer se lancer.On a atteint le maximum.Il est sûr que je suis arrivé chez Bombardier à un âge un peu avancé.Je pense que je compléterai la boucl e en milieu universitaire ou gouvernemental. 1976 / QUÉBEC SCIENCE ]lj(!ECS( février mmê r: it it'tii If pr-Tt K h.t.i.i::, M» 'ti'S':', mM ¦ Wisi Mlf] UN CHERCHEUR GOUVERNEMENTAL Gaston Allard travaille au ministère de l'Agriculture du Québec.Après avoir obtenu son baccalauréat ès arts au séminaire Saint-Charles de Sherbrooke, il s'en vient à l'université Laval à Québec où il étudie en génie rural pour finalement devenir ingénieur agricole.À l'automne 1973, il se marie et commence une maftrise en génie rural, avec les érables comme champ d'intérêt.C'est au cours de l'été 1974 qu'il entre au ministère de l'Agriculture et y entreprend des recherches sur les érables.Q.S.: Pourquoi faire des recherches sur les .A.: J'ai choisi l'érable parce que c'est euf.et archaïque.Il n'y avait personne ans ce domaine, alors j'avais les coudées anches pour me lancer là-dedans.En fait, n'y a pas de problème d'emploi en génie gricole: les ministères de l'Agriculture et le: rmes d'ingénieurs-conseil demandent de lus en plus d'ingénieurs agricoles.Si j'ai écidé de faire ma maftrise, c'est parce que ; me suis aperçu, à la fin de mon cours niversitaire, que je ne savais pas travailler, e n'avais appris que des énoncés et des alutions toutes faites.Il me fallait donc ne formation plus scientifique et c'est insi que j'ai commencé ma maftrise.Et c'est là que mes problèmes ont ommencé.J'avais la certitude que je ourrais avoir une bourse du Conseil des echerches agricoles et c'est avec cette ertitude que je me suis marié.Je donnais ussi quelques cours du soir pour me faire n petit revenu.Mais après huit mois, la ameuse formule qui devait être signée par = sous-ministre pour l'obtention de la lourse dormait encore sur le bureau d'un onctionnaire quelque part.J'avais toutes ortes de problèmes d'argent qui ne n'aidaient pas beaucoup dans mes recher-:hes, aussi j'ai décidé d'arrêter de «niaiser» '¦«qi/ti ®laii r utentd,.mil Pour fia Na 11 Par 'NI lî»es(ii.t'Hlegr P"1*! et lNh '.Ifi h; fui Juste à cette époque, on m'a porposé Sont-i/s ma! en point?erables? QUÉBEC SCIENCE / février 1976 UN TRAVAILLEUR-ÉTUDIANT Q.S.: Est-ce que cela a signifié un choix définitif entre le travail et la poursuite des études de maftrise?G.A.: Non, pas tout à fait, car le ministère m'a laissé la possibilité de continuer ma maftrise.Mais en fait, je travaille au ministère à 100 pour cent de mon temps.La maftrise, j'y consacre un 20 pour cent additionnel, certains soirs.et fins de semaine! Cela fait donc un an que je suis ici, après être passé d'occasionnel à temporaire, et maintenant comme permanent.Ma maftrise ne m'apportera pas grand-chose quand je l'aurai: peut-être deux échelons, certainement pas plus.Alors qu'avec du bon travail et un bon rapport, je peux avoir autant.La maftrise, c'est donc du surplus car, de toute façon, je fais de la recherche au ministère, et c'est ce qui m'intéresse.Q.S.: En avez-vous encore pour longtemps et comptez-vous tout de même la terminer?G.A.: Oui, bien sûr.L'essentiel, c'est de trouver le temps.De plus, il y a des saisons pendant lesquelles je ne peux pas travailler beaucoup.À l'heure actuelle, j'en suis aux montages et je suis retardé par des délais de livraison de pièces qui viennent des États-Unis et qui ont de 4 à 5 mois de retard.Il ne me reste que l'expérimentation.Si j'étais à temps plein, et sans ces retards de livraison, je pourrais finir en un mois environ.POURQUOI LA RECHERCHE?Q.S.: Pourquoi faire de la recherche?Est-ce que cela remonte à longtemps?37 ;’Bt lÇf$onne • jjp# En fiit, nlléd*' ,$11» UJ tldit j jitdî»1 ic'eit j [iif, J •; C't J |lrf • J .dti cetti I •d# idi|a «aJ njS#*1' |{l< G.A.: Pas très longtemps car, au secondaire, je voulais me destiner au droit.À ce moment-là, le Barreau était saturé et il y avait encore au moins trois ou quatre promotions avant moi.C'est devenu alors une question pratique: les sciences, le génie, et, pour ne pas renier mes origines terriennes, je me suis dit: «Allons en agronomie!» L'idée de la recherche est venue bien tranquillement.J'étais curieux, c'est certain, mais mon orientation fut établie surtout par l'évaluation que j'ai faite de mes possibilités.J'aime concevoir des affaires et, pour cela, il faut être capable de déterminer certains paramètres qu'on ne peut trouver sans faire de recherche.Quand tu as tous les gros «handbooks» pour aller trouver les conductivités thermiques, ça va bien.Tu mets cela dans tes formules et tout va pour le mieux.Dans la pratique, quand tu veux concevoir quelque chose, les handbooks ne servent plus à rien et on ne nous a jamais appris comment faire autrement.C'est là que je me suis aperçu que je devais, par nécessité, faire de la recherche.Une fois embarqué, et une fois laissées de côté les formules toutes faites, j'ai trouvé une foule de points ^interrogation.Il suffit alors d'en enlever j an pour avoir le goût de faire pareil avec les autres.Q.S.: Est-ce que cet enchamement ne donne pas le goût d'aller toujours plus loin et donc de vous rendre au doctorat?G.A.: Non, je n'en ai pas envie, et cela pour les mêmes raisons qui m'ont fait hésiter à entreprendre la maftrise.Pour le doctorat, il faut une approche fondamentale, alors que je ne me reconnais pas cet état d'esprit.Ce qui m'intéresse, c'est la recherche appliquée.Les besoins sont tellement immédiats que cela prend une réponse immédiate, surtout dans un domaine comme le mien, très en arrière et où les notions scientifiques sont très récentes.Les recherches qu'on entreprend touchent directement la production.On doit donc viser à des résultats assez simples pour qu'ils puissent être appliqués facilement par les agriculteurs.Cela se résume toujours à une amélioration de rendement ou à une diminution du coût de production des produits de l'érable, sinon ça n'a pas d'intérêt.Il nous faut toujours penser facile, peu coûteux, flexible, même s'il y aurait parfois de très belles recherches fondamentales à entreprendre.Q.S.: Sur quoi portent vos recherches à l'heure actuelle?G.A.: C'est surtout sur l'aspect production de la sève, du sirop d'érable.Je travaille sur les techniques de collecte de la sève.Ma maftrise porte sur la conception d'un nouveau type d'évaporateur.Il y a très peu de monde à travailler là-dessus.Au Québec, nous ne sommes que deux, mon patron de thèse, M.Désilets, et moi-même.Pour les à-côtés, il y a d'autres chercheurs ou des professeurs qui peuvent aider partiellement.CONDITIONS DE TRAVAIL Q.S.: Les conditions matérielles que vous avez au ministère favorisent-elles la recherche ou sont-elles plutôt un frein?G.A.: Du point de vue budget, on est bien nanti ici.L'érable est un secteur qui intéresse beaucoup le ministère de sorte que si la demande est bien faite, les administrateurs ne font pas de problème.Surtout quand on montre les résultats concrets qui sont au bout de la demande.De plus, mes recherches ne nécessitent que des équipements modestes: il faut toujours penser au travail sur le terrain, quitte à avoir des appareils qui font perdre un 5 pour cent de précision.Statistiquement, on s'aperçoit d'ailleurs que ce raffinement n'est pas nécessaire.En cas de besoin, j'ai l'aide de laboratoires, ici ou à l'université Laval.On se débrouille toujours.Du côté administratif, c'est assez chargé, mais sans trop de paperasses.Au ministère, il n'y a pas de statut de chercheur.On nous demande de faire de la recherche, mais aussi de la vulgarisation, même si les deux sont souvent inconciliables.Je prends près de 50 pour cent de mon temps à répondre à des producteurs qui veulent savoir quel type de fertilisant utiliser.Les bureaux régionaux ne sont pas toujours capables de donner les réponses dans le domaine de l'érable.En tant que tel, ce travail ne nuit pas à mes recherches, mais c'est une perte de temps.Il y a encore bien d'autres tâches administratives.Un budget de 100 000 dollars à administrer, le personnel, 7 ou 8 personnes qui sont souvent sur le terrain, les achats, les factures, tout cela accapare, même si je ne suis pas chef de la division.C'est un travail d'organisation qui ne me déplaft pas car je suis nouveau et c'est une bonne expérience que je prends.Q.S.: Cette accumulation de tâches administratives ne vous donne-t-elle pas le goût de lâcher le ministère pour aller dans l'entreprise privée, ou ailleurs?G.A.: Pas vraiment car, pour moi, le milieu gouvernemental ne m'oblige pas à trop de contraintes.Cela ne nuit pas à mes recherches.De toute façon, j'aurais très peu de choix ailleurs, du moins en recherche.Du point de vue hiérarchique, mon patron me laisse une grande liberté d'action.Je fais mes rapports sans me demander si je vais choquer quelqu'un.De même, je n'ai pratiquement jamais subi de pressions, qu'elles soient administratives ou politiques.LES ÉCHANGES POSSIBLES Q.S.: Vous disiez tout à l'heure qu'il n'y avait que deux chercheurs québécois dans votre domaine.Vos échanges se limitent-ils à un dialogue ou avez-vous des contacts avec l'étranger?G.A.: Les contacts s'élargissent à d'autres chercheurs québécois, même s'ils ne travaillent pas directement dans mon secteur.Mais en fait, c'est avec les Américains que les échanges sont nécessaires.Il ne faut pas oublier que si le Québec produit 75 pour cent de la sève d'érable, l'Ontario, 10 pour cent, et les États-Unis, 15 pour cent, ce sont les États-Unis qui ont toujours fait 100 pour cent de la recherche, surtout à l'Université du Vermont.Nous avons donc des échanges fréquents, formels et informels, ne serait-ce que pour éviter les duplications.Le Québec ne fait que commencer la recherche dans ce domaine.Jusqu'à ces dernières années, il n'y avait pas de problèmes, donc pas de recherche.Maintenant, avec la crise de l'énergie, la fermeture du marché, la baisse de vente du sirop de qualité inférieure et le coût de la main-d'œuvre, il n'y a plus le choix, il faut repenser et réorganiser ce secteur traditionnel.trop traditionnel! : 38 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE)»®1® Des truites nucléaires Si le Canada possède, comme nul autre pays au monde, de vastes réserves d'eau de bonne qualité pour la pisciculture, il n'en est pas moins vrai que la rigueur du climat pose de sérieux problèmes dans ce domaine.Des chercheurs de l'Énergie atomique du Canada semblent avoir trouvé la clef qui permettra à la pisciculture canadienne de prendre son essor.Selon J.E.Guthrie, D.R.Prowse et D.P.Scott, du Whiteshell Nuclear Research Establishment de Pinawa au Manitoba, les eaux chaudes rejetées par les centrales nucléaires (du type CANDU) pourraient permettre de maintenir des bassins de pisciculture à des températures appropriées pour la croissance optimale de bon nombre d'espèces de poisson, dont la truite.Les eaux de refroidissement des centrales électronucléaires canadiennes, la plupart de type CANDU, sont actuellement rejetées en pures pertes et posent même certains problèmes de pollution thermique (voir «Ça chauffe à Gentilly», Québec Science, vol.14, no 1).Un réacteur CANDU de 600 mégawatts —du même modèle que celui dont on procède à l'installation à Gentilly— rejette par seconde environ 25 mètres cubes d'eau (de quoi remplir l'évier de votre cuisine en moins de 20 millièmes de seconde.ou inonder votre cave complètement en moins de 30 secondes) chauffée à une température de 15 degrés Celsius lorsque la température de l'eau d'alimentation de la rivière, du lac ou du fleuve est de 5 degrés Celsius.Des chercheurs comme Guy Vaillancourt et Jean Dubé, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, se sont déjà intéressés à l'utilisation de ces grandes quantités d'eau chaude pour irriguer les champs et améliorer la culture des fruits et légumes.J.E.Guthrie, D.R.Prowse et D.P.Scott, de l'Énergie atomique du Canada, tentent maintenant | de l'utiliser pour donner un nouvel essor à la pisciculture en pays froid.De façon générale, la température du milieu de croissance détermine le rendement d'un bassin de pisciculture.Les trois chercheurs de l'Énergie atomique du Canada ont étudié plus particulièrement la production de truites en milieu contrôlé.La température joue un rôle extrêmement important dans le métabolisme de ces salmonidés et, par conséquent, sur la rapidité de leur croissance.Les températures optimales pour la production de truites se situent entre 13 et 18 degrés Celsius; au-dessus de 18 degrés Celsius, le taux de croissance est ralenti par la demande accrue de nourriture nécessaire au maintien du métabolisme basal; au-dessous de 13 degrés Celsius, les processus métaboliques de la plupart des salmonidés sont ralentis au point que le taux de croissance devient trop bas.Il est donc primordial de conserver les bassins de production à une température stable.Cette exigence est respectée avec les centrales nucléaires qui, servant de source primaire d'énergie au même titre qu'un barrage hydroélectrique, produisent uniformément, à moins d'imprévus, et rejettent leur eau aussi uniformément.Il faut toutefois noter que si l'élévation de la température de l'eau dans un bassin de pisciculture permet d'y maintenir une bonne croissance, même pendant les mois rigoureux de l'hiver canadien, elle entrame par contre une diminution de la quantité d'oxygène dissous.Ce dernier facteur est aussi très important pour la croissance des truites et pour leur survie (elles ont besoin d'environ 8 grammes d'oxygène par mètre cube d'eau) et il est donc nécessaire d'aérer l'eau artificiellement.Il faudra aussi trouver un moyen de se débarrasser des chlorures et autres produits chimiques utilisés pour prévenir la formation d'algues dans les tuyaux d'alimentation en eau de refroidissement des centrales nucléaires.Il serait donc intéressant d'étudier ce qui se passerait à petite échelle, dans un plant pilote.Celui-ci permettrait de connaftre la meilleure façon d'alimenter un bassin aquiculturel en eau de manière à y maintenir une température la plus uniforme possible en regard du photopériodisme.L'installation pilote permettra aussi de déterminer le nombre d'employés qui seront nécessaires pour l'entretenir et de quelle manière le personnel devra se comporter.Elle devrait servir surtout à démontrer l'efficacité du procédé proposé, mais aussi, et ce n'est pas négligeable, tenter de montrer au public canadien que ces «truites nucléaires» sont bonnes pour la consommation.En raison des rythmes de croissance des truites, la production aurait toutefois tendance à atteindre son maximum deux fois par année.Cependant, par des contrôles de croissance sous l'effet de la température et des rations alimentaires ajustées en conséquence, les trois chercheurs manitobains estiment qu'il serait possible de produire des truites de belle grosseur et de les mettre sur le marché de façon assez uniforme durant toute l'année.Une autre solution envisagée pour assurer la rentabilité du projet à l'année longue, sans que les périodes de production bi-annuelle ne l'affectent trop, consisterait à élever deux espèces de poisson dans un même bassin, deux espèces dont les saisons de croissance ne sont pas les mêmes.De façon générale, le Canada exporte environ 10 fois plus de poisson qu'il n'en importe.Le poisson importé est cependant plus coûteux au kilo que celui que l'on exporte.Les truites arc-en-ciel constituent une part très importante de ces importations.Pour cette raison, Guthrie, Prowse et Scott proposent que des bassins chauffés à l'eau de rejet des centrales nucléaires soient construits pour y élever cette espèce de poisson.Un seul réacteur CANDU, capable d'alimenter en eau chaude à l'année longue, mais surtout en hiver, un bassin de pisciculture, rendrait possible, selon ces chercheurs, une production d'environ 12 000 tonnes de truites arc-en-ciel.Grâce à des poissons plus frais, à chair ferme, de meilleur goût et d'apparence améliorée, on réussirait à prendre une part beaucoup plus grande du marché déjà occupé par des truites surgelées importées du Japon, du Danemark et des États-Unis, et l'on pourrait rencontrer les prédictions de production rentable de 12 000 tonnes par année.Le Fresh Water Fish Marketing Corporation de Winnipeg estime entre 5,50 dollars et 8,80 dollars du kilo le prix qu'il serait possible d'obtenir pour ces truites dépendant de la qualité de la chair et de la taille des poissons.Cependant, amener le public à accepter de consommer des truites élevées dans un bassin où circule de l'eau qui vient de passer dans un réacteur nucléaire est loin d'être chose faite.(B.D.) La paradoxe da l'obscurité ieij*pa(: C;nr; \iU:r K A': O:"- : pifT : (IS.L'S - :: ter: : br:; K.0fI3l Ar,.tt'V Mliie ai L'Univers compte un nombre véritablement astronomique d'étoiles, dispersées à peu près uniformément dans l'espace.Paradoxalement, on devrait s'attendre à ce que le fond du ciel soit donc toujours très brillant, en d'autres termes, qu'il fasse «jour» en pleine nuit.Pourtant, lorsque la rotation de la Terre dérobe le pays à la lumière du jour, le ciel devient évidemment obscur même si quelques étoiles, les plus brillantes, sont visibles à l'œil nu.Ce paradoxe qui préoccupe les astronomes depuis près de 250 ans, a fait naftre des théories de toutes sortes dont aucune n'a vraiment réussi à faire l'unanimi ' Déjà, en 1720, l'astronome anglais Edmund Halley (qui a donné son nom à la célèbre comète) avait noté que si l'Univers est uniformément peuplé d'étoiles et est de grandes dimensions (sinon infini.), il devrait nécessairement s'ensuivre que même la nuit, le ciel soit clair comme en plein jour.Edward Harrison, du département de physique et d'astronomie de l'Université du Vlassachusetts, a dressé un bilan des théories les plus valables, les a comparées aux résultats de ses cropres calculs pour proposer poiissire «JfSdlIiir wllOfl K % £ SCIENCE ïs pa Weinj ijBim id dob «ip® ! laiiis deb ' mici ristcpi- itde it 1UÊBEC SCIENCE / février 1976 Hi ai près jace.irait Hid du irès aw d^1 vieux paradoxe {voir Physics Today, vol.27, no 2).Comme l'avait souligné Halley, quelle que soit la direction vers laquelle nous regardons, dans le ciel, notre ligne de visée intercepte éventuellement une étoile.Par conséquent, les étoiles devraient nous apparartre comme étant toutes «accolées» les unes aux autres et former un «rideau lumineux» uniformément brillant.Selon le physicien Hermann Bondi, les remarques de Halley marquèrent «la première découverte d'un lien nous unissant aux régions distantes de l'Univers», et les premières tentatives d'explication constituèrent les débuts de la cosmologie en tant que science.Les tentatives ont été nombreuses.On a d'abord supposé que l'Univers était de dimensions finies et que les étoiles qui le constituent n'étaient pas en nombre aussi élevé que Halley et ses contemporains le supposaient.Les observations astronomiques accumulées depuis des centaines d'années infirment cette vision simpliste.D'autres ont prétendu qu'une importante fraction de la lumière des étoiles était absorbée par les «poussières» interstellaires au cours du voyage pour nous parvenir très atténuée.Cette explication n'est cependant pas [valable elle non plus; en effet, si la matière interstellaire devait absorber la fraction requise du rayonnement lumineux des étoiles de fond de scène, et conserver indéfiniment cette PH frh* g Aux confins de l'Univers Cette petite tache sombre vers où pointent les flèches, la source quasistellaire 3d23, est une galaxie géante que viennent de découvrir des astronomes de l'Université de Californie.« Visible» dans la constellation du Taureau, elle serait environ 10 fois plus grande que notre galaxie, la Voie Lactée, et se situerait presqu'aux confins de l'Univers, soit à environ 8 milliards d'années lumière de nous.Elle vogue allègrement vers des «ciels plus radieux» à plus de 135 000 kilomètres à la seconde (soit près de la moitié de la vitesse de la lumière).énergie dérobée, elle s'échaufferait de plus en plus au cours du temps et entramerait une élévation considérable de la température de l'Univers.Les astrophysiciens appellent cela «la catastrophe des radiations».phénomène qui rendrait l'Univers «invivable».Une autre tentative d'explication, semblable en partie à cette dernière, est basée sur le regroupement des étoiles en amas ou systèmes galactiques dont les nuages de gaz (constitués d'hydrogène et d'hélium) absorberaient les rayonnements lumineux des étoiles plus lointaines situées sur la même ligne de visée.Mais là aussi intervient l'implacable «catastrophe des radiations».L'explication la plus généralement acceptée de nos jours est celle du décalage vers le rouge.Dans le cas d'un univers en expansion, où les étoiles s'éloignent les unes des autres à cause d'un «gonflement du Monde», chaque étoile présente - runî'1 [s'ensi» ieiso'1 ou'- it# PAPETERIE JACQUES ENR SPÉCIALITÉS O TOUS PETITS ARTICLES DE BUREAU & SCOLAIRES O LA PAPETERIE DE COMPTABILITÉ O TOUS FORMATS D'ENVELOPPES O LA PHOTOCOPIE XEROX O LE PAPIER FIN O SERVICE DE PHOTOCOPIE régulière, format réduit ou COULEUR 'I V® [Op^ï 5301 avenue Gatineau MONTRÉAL (X Jean-Brillant) 737-8733 COTE h- Z DES NEIGES GATINEAU DECELLES < UJ un spectre qui est décalé vers le rouge en raison de l'effet Doppler (voir Québec Science, vol.13, no 6).Ce décalage spectral correspond à une augmentation de la longueur d'onde des photons qui sillonnent l'espace et donc, à une perte d'énergie pour chacun de ces photons.Cette explication est valable si, et seulement si, l'Univers est effectivement en expansion.Harrison a cherché une explication plus générale —applicable à d'autres modèles d'univers— en se basant sur les données récentes de la cosmologie.En tenant compte de la densité de matière dans l'Univers (en moyenne 10”28 gramme par centimètre cube), de la durée de vie moyenne des étoiles (que les astrophysiciens estiment à environ 5 milliards d'années) et de l'âge de l'Univers (quelque 10 milliards d'années), il est parvenu à trouver une explication au paradoxe de l'obscurité, explication qui pourrait bien remettre en question plusieurs des modèles cosmologiques.En se servant des données que nous venons d'énumérer, il est possible de calculer, comme l'a fait Harrison, le temps moyen au cours duquel un photon peut voyager dans l'Univers avant de rencontrer un atome susceptible de lui barrer le chemin.On arrive ainsi à 1024 années, ce qui correspond au temps pris par l'Univers pour atteindre l'«équilibre thermodynamique».Ceci signifie que l'âge de notre Monde devrait être d'au moins 1024 ans pour que tous les photons émis dans notre Univers aient frappé un atome au moins une fois.Ce serait la condition essentielle pour que le rayonnement de toutes les étoiles de l'Univers ait atteint l'atmosphère terrestre et fasse briller le ciel de nuit.Or, d'après l'un des modèles de la cosmologie moderne où l'Univers aurait été créé à partir de l'explosion d'un «atome originel» —contenant dans un très petit volume toute la matière de l'Univers actuel— l'âge de l'Univers serait d'environ 10 milliards d'années.En effët, si l'explosion initiale, comme l'implique ce modèle, a éparpillé des débris (les noyaux des étoiles et des galaxies) dans toutes les ¦ directions, à la vitesse de la lumière, les étoiles n'ont pu se rendre plus loin qu'à 10 milliards d'années-lumière de nous. 40 Cependant, dans un univers statique, autre modèle compatible avec les données actuelles de la cosmologie, il n'est pas «interdit» que des étoiles se trouvent à des distances aussi grandes que 1024 années-lumière et donc que l'équilibre thermodynamique soit atteint en ce qui a trait aux rayonnements des étoiles.L'argument qui permet d'élucider le problème se rapporte au fait que les étoiles «vivent» assez peu de temps (à l'échelle cosmologique il va sans dire).D'après les meilleurs modèles stellaires, la durée de vie moyenne d'une étoile, soit la période au cours de laquelle elle émet la majeure partie de son rayonnement, est de l'ordre de 100 millions d'années.Aucune étoile ne peut rayonner continuellement pendant une période de 1024 années et il est donc impossible que toutes les étoiles contribuent simultanément à faire «briller» le ciel nocturne.Dans un des modèles cosmologiques les plus récents —proposé par Bondi, Gold et Hoyle— appelé «steady state en expansion», les étoiles se forment.évoluent et, au cours de cette évolution, «émettent» de l'énergie sous forme de radiations lumineuses pour la majeure partie.Dans l'espace interstellaire en expansion, de la matière nouvelle est créée spontanément, d'on ne sait où, pour donner naissance à de nouvelles étoiles.et le cycle se répète.Cependant, comme de toute façon la durée de vie moyenne d'une étoile est beaucoup plus courte que le temps qu'il faudrait à l'Univers pour atteindre l'équilibre radiatif, le problème du paradoxe de l'obscurité ne s'y pose pas non plus.La question que bien des astronomes et astrophysiciens se sont posée depuis le 18ème siècle, à savoir pourquoi le ciel nocturne est obscur, joue encore aujourd'hui un rôle important dans l'élaboration des modèles cosmologiques.On ne sait toujours pas comment est né l'Univers et comment il a évolué, mais des travaux comme ceux de Harrison permettront éventuellement d'en faire un portrait assez fidèle.Déjà, on voit qu'il n'est pas nécessaire de faire appel au modèle d'univers en expansion pour élucider le paradoxe de LA CHIMIE: EXPÉRIENCES ET PRINCIPES Version française par J.Leclerc L'ouvrage s'inspire de la philosophie du CHEM Study.La démarche met l'accent sur la méthode scientifique: expérimentation, observation et réflexion qui conduisent aux principes reliant les divers phénomènes.46 laboratoires, 35 démonstrations, nombreux exercices et problèmes.Révision systématique à la fin de chaque chapitre.AVEC UNITÉS DE MESURES DU SI : Livre de l'élève: Code no 1075-8-200, $12.95: Manuel de laboratoire: Code no 1075-8-201, $3.50.En préparation: Guide du maître, Guide de laboratoire.Toujours disponible, édition de 1974: Livre de l'élève: Code no 1075-8-190, $12.95; Manuel de laboratoire: Code no 1075-8-191, $3.50 LIFE LE MONDE DES SCIENCES février 1976 / QUÉBEC SCIENCE JUIBECS l'obscurité.Le modèle «steady state en expansion» de Bondi, Gold et Hoyle fera sans doute de ce fait l'objet de travaux plus approfondis encore.(B.D.) Les climats da Québec Le Québec est un pays immense où régnent plusieurs types de climats.Grâce à un réseau de plus de 1 000 stations météorologiques dont plusieurs sont en opération depuis des décennies, il a été possible de tracer le «portrait climatique» du Québec.Dans le Feuillet météorologique (vol.18, no 8), la géographe Angèle Houde, du ministère québécois des Richesses naturelles, relate comment les données de ces stations ont permis d'identifier les diverses zones climatiques.La classification de Kôppen, précisément basée sur des données climatologiques, permet de quantifier des informations climatologiques qui, autrement, ne pourraient être objectivement interprétées.Il s'agit de subdiviser les climats en cinq grandes catégories: «A» — pour les climats pluvieux tropicaux; «B» — pour les climats secs; «C» — pour les climats tempérés chauds et pluvieux; «D» — pour les climats de forêt boréale; et enfin, «E» — pour les climats polaires.D'après cette classification, les climats de type D et E décrivent la totalité du territoire québécois.Il faut toutefois apporter quelques nuances en tenant compte de l'humidité du climat concerné.Pour le Québec, les climatologues qui se servent de la classification de Kôppen ajoutent un «f» à l'indicatif climatique «D» précisant par là qu'il n'y a pas de saison sèche.La lettre «T» qui suit l'indicatif climatique «E» précise qu'il s'agit d'un climat de toundra.D'autre part, les milieux naturels homogènes peuvent être V PHYSIQUE PSSC troisième édition par Haber-Schaim, Cross, Dodge, Walter et Tougas Cet ouvrage s'appuie sur des expériences vécues dans le milieu québécois dans l'enseignement du cours de physique du PSSC.Il insiste sur l'importance pour l'étudiant de découvrir lui-même les lois régissant les phénomènes physiques.Le guide des travaux pratiques a été largement remanié; chaque expérience a été reformulée de façon à la rendre claire et accessible aux jeunes québécois.Avec unités de mesure en S.I.Livre de l'élève, 600 p.Code no 1075-8-1 80, $15.95; Guide de travaux pratiques: Code no 1075-8-181, $2.95; Guide du maître: en préparation L'ATLAS NATIONAL DU CANADA k»; | R lit-.Les phénomènes scientifiques expliqués clairement et simplement par d'éminents spécialistes de renommée internationale.Une combinaison ingénieuse de textes, d'illustrations, de photographies et de schémas.Une merveilleuse documentation pour les étudiants et un irremplaçable instrument de culture pour tous.La collection comporte 24 titres, dont: Les Mathématiques, L'Homme et l'espace, L'Énergie, Le Corps.Chaque Volume: plus de 200 pages, 70 en couleurs, bibliographie et index.Chacun $9.45 Un ouvrage grand format (27 x 38 cm) de plus de 250 pages.307 cartes en couleurs: les régions de l'agriculture, de la population, de la pêcherie, de la sylviculture, les mines de houille, les pipelines et les matières premières, ainsi que les voies de transport, les régions industrielles et les chantiers de construction lourde.Les cartes renseignent sur les conditions climatiques, les ressources et le développement du pays.Une excellente source de références.Code no 4500-8-050 $56.00 ; ir" ; : R CSC Qenke FHnrntif et 8101, BOUL MÉTROPOLITAIN.MONTRÉAL, QUÊ nilfiirpj Inc.HU 1J9.TÊL (514) 351-6010 QUÉBEC SCIENCE / février 1976 41 tie dûs iiemct, ferai icinq pour sets tempérés pi èeieet lion, les ftfent - ; : nant lu climat (ton icatif oarlà iitit * Ita'U':» Les zones climatiques du Québec d'après Koppen I%&-1 Toundra W~1 FORÊT boréale humide moins de 4 mois d'été plus chaud que 10°C en moyenne leant Échelle Me d Anticosti Golfe Saint-Laurent circonscrits en fonction de la pluviosité et de la température moyenne.La ligne de démarcation entre les climats québécois où l’été est tempéré ou frais subdivise les régions pour lesquelles on enregistre des températures moyennes supérieures ou égales à 10 degrés Celsius durant les quatre mois les plus chauds de l'année de celles où cette température moyenne n'est atteinte que durant moins de quatre mois par année.Le taux de variation des paramètres climatiques sur une distance donnée reflète les caractéristiques géographiques de cette région.Dans les endroits accidentés, le changement est brusque alors que dans les régions où le relief est peu marqué, les variations sont faibles.Pour délimiter une zone climatique donnée, on fixe une valeur limite, plus ou moins précise puisque les changements climatiques qui se produisent d'une année à l'autre peuvent la déplacer.Certaines années exceptionnelles ont vu ces limites varier de plusieurs centaines de kilomètres, précise la géographe.Dans la classification de Koppen, on cerne davantage les zones climatiques générales en tenant compte des températures moyennes régionales.Ainsi, la lettre «a» suivra les indicatifs climatiques «Df» pour une région dont le climat est du type forêt boréale humide où la température moyenne du mois le plus chaud de l'année est supérieure à 22 degrés Celsius; ce sera la lettre «b» si les températures moyennes des quatre mois les plus chauds de l'année ont été supérieures à 10 degrés Celsius; enfin, la lettre «c» suivra lorsque la température mensuelle moyenne n'atteindra 10 degrés Celsius que pour moins de quatre mois par année.La frontière entre les climats Dfb et Dfc oscille, au Québec, entre les 47ième et 50ième parallèles en raison des reliefs du territoire.Les facteurs climatiques planétaires (comme le rayonnement solaire et la circulation générale de l'atmosphère) sont largement modifiés par les influences locales ou régionales dont la couverture végétale, la topographie, la proximité de la mer et l'altitude.Ces facteurs se combinent pour donner des valeurs climatiques variées.A l'extrémité ouest du Québec, la limite climatique est bornée au nord par les basses terres marécageuses du bassin de la baie James, paysage typique des régions subarctiques, et au sud par le plateau abitibien.Angèle Houde s'est intéressée aux variations, à long terme, des moyennes de températures utilisées dans la classification de Koppen.Elle a étudié les fluctuations annuelles des types de climat en se servant de données météorologiques accumulées depuis environ 35 ans.L'analyse de ces variations climatiques a révélé que les changements sont beaucoup moins importants en haute altitude qu’au niveau de la mer.Ainsi, la station météorologique de Stoneham (située à 600 mètres d'altitude) et celle du lac Jacques-Cartier (à 800 mètres d'altitude) présentent des climats stables à 69 et 87 pour cent respectivement, sur une période d'observation de quelque trente ans.D'autre part, il ressort que les basses terres du Saguenay et du lac Saint-Jean ont un climat comparable à celui des régions situées plus au sud; elles jouissent d'un climat continental à été tempéré.À l'est, les eaux froides du golfe Saint-Laurent maintiennent des températures froides sur les rivages de la Côt-e-Nord, même en été.Sur la rive sud, le massif gaspésien se détache des régions côtières et présente un climat humide à été frais.La position moyenne de la ligne ET —celle qui démarque la zone québécoise de climat polaire de toundra-voisine le 58ième parallèle, mais descend vers le sud sur les rivages de la bie d'Hudson où l'humidité et la violence des vents côtiers recréent la rigueur des régions nordiques.L'altitude (des Monts Torngat) et le courant froid du Labrador sont responsables du prolongement de la toundra sur la côte.Le Québec est un pays froid aux précipitations abondantes.Ces dernières diminuent toutefois à mesure que l'on «monte» vers le nord ou que l'on se déplace de l'est vers l'ouest.Ceci s'explique par le fait que les importantes précipitations qui «tombent» sur le Québec ont pour origine le balayage fréquent des systèmes cycloniques qui proviennent du sud.C'est en réaction aux climats trop froids et aux précipitations trop importantes que les Québécois se sont regroupés en grande majorité dans la zone climatique Dfb —de forêt boréale humide à été tempéré.(B.D.) 42 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE If CS' PARUTIONS RÉCENTES LA COULEUR par Hubert Roigt, Les Éditions B.R.S., Trois-Rivières, Qué., 1975, 272 pages, $12.00 L'auteur de ce volume est professeur au CEGEP de Trois-Rivières.Son ouvrage est pour le moins original et, probablement, unique en son genre.On y trouve une explication scientifique du spectre solaire et de la perception des couleurs par le sens de la vision.Au moyen d'observations simples et d'expériences fort bien imaginées, agrémentées par ailleurs de très nombreux dessins allant de l'humoristique au scientifique, l'auteur conduit le lecteur des concepts élémentaires des origines de la couleur à leurs innombrables applications dans l'industrie et dans la vie quotidienne de tous et de chacun, pour terminer son «voyage lumineux» par l'explication des effets physiologiques, psychologiques et et parapsychologiques de la couleur.Une impressionnante bibliographie complète cet ouvrage qui ne devrait manquer dans aucune bibliothèque.ÉTUDES D'INFORMATIQUE: Vol.6 - L'ÉVALUATION DE L'EFFICACITÉ DES SYSTEMES INFORMATIQUES 1974, 178 pages, $5.50 Vol.7 - L'INFORMATIQUE ET LES COLLECTIVITÉS SOCIALES 1974, 180 pages, $5.00 a pour objectif principal de promouvoir une saine expansion économique sur une base multilatérale et non discriminatoire.Cette puissante organisation tient des colloques internationaux et fait faire, par des experts de réputation universelle, des études et des enquêtes sur des sujets d'actualité dans les domaines de l'économie, du commerce et de l'administration, tant à l'échelle internationale que nationale, urbaine et régionale.Ainsi a-t-elle créé un Groupe informatique qui, prodigieusement actif, a récemment publié sept volumes (dont les deux qui font l'objet de la présente recension) avec trois autres en préparation dans cette série d'études d'informatique.tion fort intéressante du traitement des données par ordinateur au niveau des collectivités locales aux États-Unis (projet USAC).Enfin, une impressionnante bibliographie générale et par pays termine cet ouvrage.Le volume 6 est en somme un aperçu des politiques et des tendances en matière d'informatique administrative.Après avoir donné les définitions de base, les auteurs dissèquent les composantes du coût et de l'efficacité des systèmes informatiques, ils décrivent les fonctions administratives impliquées et l'évaluation de l'efficacité des systèmes, ils traitent des instruments d'évaluation (modèles et moniteurs), ils définissent les critères d'évaluation de l'efficacité des systèmes exploités par les services publics, enfin, ils résument les politiques actuelles en usage dans six pays membres de l'OCDE et formulent des perspectives d'avenir quant à l'efficacité des systèmes informatiques à la lumière de l'évolution du hardware, du software et des applications dans les petits et les grands pays.À la fin de chaque chapitre, on trouve une liste de références pertinentes et le volume est complété par une imposante bibliographie couvrant tout le sujet.DES ASTRES, DE LA VIE ET DES HOMMES Robert Jastrow Des astres, de la vie et des hommes par Robert Jastrow (traduit de l'américain par C.de Richemont), Les Éditions du Seuil, collection Points, Paris, 1975, 248 pages, $3.75 par le Groupe informatique de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Dépositaire canadien: Information Canada, 171, Slater, Ottawa L'OCDE qui groupe 24 pays, dont le Canada, dans toutes les parties du monde Le volume 7 présente les résultats d'une enquête sur le développement de systèmes d'information urbains et régionaux dans cinq pays d'Europe, soit la France, l'Allemagne de l'Ouest, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni.Dans chaque cas les auteurs étudient le cadre institutionnel de l'administration locale, l'organisation actuel, les initiatives et le développement du traitement des données, les problèmes rencontrés et l'évolution future de l'informatique administrative dans ces pays.En annexe, on trouve une descrip- L'auteur, professeur de géophysique à Columbia University (New York), est actuellement directeur du «Goddard Institute for Space Studies», un organisme qui dépend de la NASA.Physicien d'origine, il s'intéresse aux orbites des satellites et aux problèmes des planètes.Son ouvrage sur les origines et l'évolution de l'Univers et de la vie a été salué par Werner von Braun comme un chef-d'œuvre.Quel livre fascinant! C'est le roman de l'Univers qui décrit en un langage simple l'histoire du monde dans toute sa complexité, à partir des premières nébuleuses aux astres et aux planètes, de l'atome d'hydrogène à celui de l'uranium, du mélange d'hydrogène, de méthane, d'ammoniac et d'eau aux acides aminés, des protéines simples à l'ADN, des êtres unicellulaires à l'homme pensant! Comment est-on arrivé aujourd'hui à expliquer presque soudainement la piodijii MP I'Iiomî niées! iipkysi amies théorie mnime.liirart signe su Ce satellites lesté»! kilo]™ wm IsLuoe, dlspifei et demi i'.tÜJ'S c : saosdof de gusto Ce msoguer jeune scii DES SI IHOCKI PsrJscqi 19?S 351 Utiifrjji Ni gui Hy.On sj Omlireu] isskt 4««*La au Québec par La Brasserie Labatt Limitée QUÉBEC SCIENCE / février 1976 43 prodigieuse genèse de l'Univers et de la vie?C'est parce que les découvertes que l'homme vient de faire dans l'espace n'intéressent pas seulement l'astronome et le physicien.On y a acquis des connaissances capitales sur l'évolution de l'Univers, connaissances qui permettent d'étendre la théorie de Darwin même à la matière inanimée.Tout évolue! de la naissance à la mort d'une étoile, de la cellule d'une algue au cerveau humain.Ce sont les étoiles, les planètes et les satellites naturels qui ont été et sont encore les témoins des phénomènes premiers d'où est sorti le monde.C'est pour en trouver la clé qu'on est allé chercher quelques kilogrammes de roches sur la Lune.Pourquoi?C'est parce qu'il n'y a pas d'érosion (pas d'eau, pas d'atmosphère) sur la Lune, alors que l'érosion sur Terre a fait disparaftre toute trace du premier milliard et demi d'années de son histoire, période au cours de laquelle la vie primitive s'est développée.La Lune révèle donc l'histoire complète du système solaire de la Terre et sans doute aussi des autres planètes, histoire de quatre milliards et demie d'années! Ce merveilleux petit livre ne devrait manquer dans aucune bibliothèque de jeune scientifique.APPRENTISSAGE DES SPORTS COLLECTIFS (HOCKEY ET BASKET) par Jacques Caron et Christian Pelchat, Les Presses de l'Université du Québec, Montréal, 1975, 359 pages, $5.95 L'ouvrage est préfacé par Pierre G.Robi-neault qui se dit «amateur de patate chaude».Les auteurs sont professeurs au module d'éducation physique de l'Université du Québec à Montréal.On sait que les résultats de récentes compétitions internationales ont frustré les nombreux amateurs de hockey et de basket-ball en Amérique du Nord.Il convient donc de remettre en question notre conception de ces deux sports d'équipe.C'est ce que les auteurs ont tenté de faire en élaborant une théorie des sports collectifs.Dans une première partie, ils étudient les fondements théoriques impliqués; ils y analysent la situation actuelle, traitent les diverses notions d'équipe et le réseau de communication utilisé (la langue du jeu), arrivent à des conclusions précises d'ordre pédagogique et détaillent les étapes de développement du joueur de sport collectif.Dans la deuxième partie, ils appliquent leur théorie au développement des joueurs de basket-ball et de hockey en illustrant leur pensée par de très nombreux dessins schématiques concernant les consignes et les modalités d'exécution de ces deux jeux d'équipe par excellence.MÉTROLOGIE - ANNÉE 100 REVUE DU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE METROLOGIE ANNEE 100 Livraison spéciale no 5 de la «Revue du Palais de la Découverte», juin 1975, 147 pages, environ $1.15 La « Revue du Palais de la Découverte», peut s'obtenir au Grand Palais, avenue Franklin-D.Roosevelt, à Paris.Même si Québec Science ne fait pas habituellement le recensement de numéros de revues scientifiques, il fait exception pour ce numéro très spécial issu à l'occasion du centenaire de la signature de la convention internationale du mètre.Les divers chapitres sont signés par des spécialistes de réputation établie.On y trouve un grand nombre d'illustrations et de photographies d'appareils de mesure qu'on ne voit que très rarement ailleurs.Au début il y a un excellent article sur le système international d'unités et les étalons de départ, de masse, de longueur et de temps, ainsi que sur les étalons électriques, thermodynamiques, physicochimiques et photométriques.Suivent ensuite des chapitres fort intéressants sur la définition interférentielle de l'unité de longueur (raies spectrales, lampe à krypton, lasers), sur la métrologie des masses et du temps, la mesure de l'accélération, des forces et des pressions, la métrologie électrique, la mesure de la température, la mesure des rayonnements par radiométrie et photométrie, la métrologie des rayonnements ionisants.Les derniers chapitres traitent des structures et du fonctionnement du Bureau national de métrologie et du Bureau international des poids et mesures.Le numéro se termine avec un tableau fort détaillé des unités du système international (S.I.), un autre sur les origines des unités de base du S.l.et une bibliographie des principaux ouvrages sur la métrologie.DESCRIPTION GRAMMATICALE DU PARLER DE L'ILE-AUX-COUDRES par Émile Seutin, Les Presses de l'Université de Montréal, 1975, 459 pages, $15.50 Après une étude historique, géographique et démographique de l'Ile-aux-Coudres, l'auteur de cet ouvrage monumental développe ses théories sur les particularités grammaticales et syntaxiques du parier des habitants de cette fie, en interprétant de façon systématique un très vaste matériel récolté par de nombreux enquêteurs.Il va de soi que l'isolement de l'fle et les activités de ses habitants (pêche maritime, agriculture, navigation fluviale) ont fortement façonné le langage quotidien, en plus de l'héritage du parler ancestral provenant des diverses régions de France d'où originaient les premiers colons de ITIe.Le matériel issu de l'enquête était principalement constitué d'enregistrements faits sur place par les membres de l'équipe ou par le cinéaste Pierre Perrault.Environ 500 000 mots ont été transcrits dont à peu près 130 000 ont été dépouillés par ordinateur, en suivant une méthode d'analyse statistique adaptée à la linguistique.L'auteur consacre la première partie de son étude au syntagme normal: le nombre, le genre et les substituts, tandis que la deuxième partie se présente selon les divisions de la grammaire traditionnelle, soit: le nom, l'adjectif, le verbe, l'adverbe, la préposition, la conjonction de coordination, la subordonnée et les conjonctions de subordination.Une bibliographie imposante complète cet ouvrage.BIOLOGIE GÉNÉRALE -APPRENTISSAGE INDIVIDUEL BIOLOGIE GÉNÉRALE apprentissage individuel paul thibault 1 H éditions hurtubise par Paul Thibault, Les Éditions Hurtubise, Montréal, 1975; tome I: Volume de l'étudiant, 220 pages, $3.95, tome II: Guide pédagogique et commentaires, 220 pages, $8.50 Voici, pour la première fois à notre connaissance, un ouvrage destiné à l'apprentissage individuel de la biologie générale; il s'adresse donc aussi bien aux étudiants (du niveau secondaire ou collégial) en classe ou non, qu'aux adultes qui désirent acquérir des connaissances fondamentales en biologie.11 ne s'agit donc pas d'un traité spécialisé ou avancé, mais bien d'un aide conçu de façon fort original afin de familiariser le lecteur avec les grands principes de la biologie générale.L'auteur groupe ces derniers en six sections: diversité, origine et évolution de la vie; y/W^EvXv;;.: .'-ivXvX-: 44 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE ; CARTE MONDIALE DU FOND DES OCÉANS Veuillez me faire parvenir_exemplaire(s) de la CARTE MONDIALE DU FOND DES OCÉANS au prix de $7.50 chacun.Ci-joint la somme de $_._en chèque ou mandat postal à l'ordre des PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.NOM .ADRESSE .numéro rue appartement ville CODE POSTAL .TÉLÉPHONE .Postez ce bon de commande ou un fac-similé accompagné de votre paiement à: LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Case postale 250, succursale «N» Montréal, Québec CE MOIS-CI lnJ(lîC\][riO LES GRANDS MEDICAMENTS SEUIL NJX EDITIONS DU SEUIL LES GRANDS MÉDICAMENTS par Henri Pradal Le médicament, de Sumer à nos jours.Classification des médicaments.La traversée de l'organisme par les médicaments.Le rôle de l'hérédité sur la réaction aux médicaments.La description des 36 médicaments de base (de Amphétamines à Vaccins).Annexes: perspectives anti-cancéreuses, bibliographie et index.PROCUREZ VOUS LE AU PRIX DE: $15.50 Retournez dès aujourd'hui le coupon ci-dessous ou un fac-similé, accompagné de votre paiement à l'ordre de QUÉBEC SCIENCE.LES GRANDS MÉDICAMENTS Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de $.pour.exemplaire(s) NOM.ADRESSE .(numéro) (rue) N'II®) (code postal) TÉLÉPHONE .QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 (418) 657-2426 organisation de base des organismes vivants; fonctions de nutrition; fonctions de relation; fonctions de reproduction; écologie.Chaque section est subdivisée en thèmes et en unités de travail couvrant un nombre variable de périodes d'étude, ainsi que des périodes de travaux pratiques.Dans le tome I, l'auteur expose d'abord les objectifs visés, pour chaque unité de travail, puis il donne la liste des ouvrages que l'étudiant devra consulter avant de répondre aux nombreuses questions très spécifiques et posées dans un ordre pédagogique donné.Quant aux laboratoires, l'étudiant doit faire des observations ou suivre des démarches en vue d'atteindre des objectifs précis, puis interpréter les résultats en tenant compte d'éventuelles hypothèses ou théories impliquées.Le tome II répète le tome I, mais s'y ajoutent les réponses et des commentaires.PHYSIQUE STATISTIQUE Ya.P TERLETSKII Traduit du russe par J.Mdetic par Ya.P.Terletskii (traduit du russe par J.Miletic), Les Presses de l'Université du Québec, Montréal, 1975, 351 pages, $8.95 L'auteur est professeur à l'Université d'État de Moscou.Son ouvrage est préfacé par nul autre que le professeur A.Kastler, prix Nobel de physique.Ce manuel s'adresse aux étudiants des facultés de sciences spécialisés en physique mathématique, en d'autres mots, pour l'utiliser avec profit, il faut disposer d'un bagage de connaissances suffisamment élevées et en physique théorique et en mathématiques.La méthode utilisée n'est pas simple.Fondée sur la méthode de Gibbs, elle exige de la part du lecteur une forte dose de notions mathématiques avancées dans les domaines de la mécanique analytique et des espaces à grand nombre de dimensions.Dans son premier chapitre, l'auteur résume d'abord les théories de base, soit la méthode thermodynamique, la théorie des probabilités et de distribution des vitesses de Maxwell-Boltzmann.Il explique ensuite les notions fondamentales de la mécanique statistique classique, puis il passe à l'étude de la théorie classique des états d'équilibre, I de la théorie des fluctuations et de la théorie statistique classique des processus non quasi statiques.Il développe enfin les divers aspects de la statistique quantique et termine son exposé par l'étude de quelques problèmes généraux de la physique statist!-1 que.eu ir:'T ^ stitution h ÜT.:; 'ntl U'tS, Pfcra- % L;,.*C| CSC;'.;; wants; itli-single, et isedes :efe gees- en puis QUÉBEC SCIENCE / février 1976 EN VRAC PLUS HAUT QUE L'EVEREST Le mont Everest n'est pas la plus haute montagne de la planète! Il est dépassé par le mont Chimborazo, en Équateur, à mi-distance entre Quito et Guayaquil.La terre n'est pas parfaitement sphérique mais légèrement ellipsoidale, présentant un léger renflement à l'équateur.Le mont Chimborazo s'élève au milieu de ce renflement.Ainsi la distance entre son sommet et le centre de la terre a été évaluée à 6 384,4118 kilomètres par la Smithsonian Institution de Washington (D.C.), alors que le sommet du mont Everest situé hors de ce renflement n'en est éloigné que de 6 382,2606 kilomètres.Il ne faut donc jamais se fier aux apparences! DES PLASTIQUES «BIODÉGRADABLES» Dans quelques milliers d'années, pour connaftre le mode de vie de l'homme du vingtième siècle, on étudiera peut-être tous les produits de plastique qu'il aura éparpillés dans la nature.À moins que la technique mise au point par le professeur Gerald Griffin, de l'université Brunei en Angleterre, soit appliquée à l'échelle mondiale.M.Griffin a trouvé qu'ajouter de l'amidon à la composition des plastiques, rend ceux-ci bien digestibles par les bactéries du sol.Ces plastiques biodégradables devraient se décomposer environ cinq ans après leur mise en circulation.DU CANCER EN BOUTEILLE Même si on a maintenant l'espoir de rendre les plastiques biodégradables, les problèmes ne sont pas terminés.Le chlorure de vinyle qui entre dans la composition de beaucoup de plastiques est la cause de cancers du foie.Dès le printemps 1976, une réglementation entrera en vigueur qui défendra d'employer ce produit pour la fabrication de plastiques qui peuvent entrer en contact avec les produits alimentaires On compte sur eux isrf’ it! du y itl jid! utliéitia- ri Cul DE f 1 iesîti" ijtigu8- lin# illeedî* i«d( da^U.iitS» teiied* (ittiS ijaiifl fi» jeü METROPOLITAIN NEWS 1248, Peel Montréal U.C.S.no 2701 Place Bonaventure Métro Montréal 114 ENTREPRISES DUSSAULT Carré Victoria Montréal CATER PLAN 75 ouest, Dorchester Montréal METRO MAGAZINE Station Métro Place d'Arme Montréal TABAGIE M.R.C.1400, Dorchester Montréal DUPUIS FRERES 1460, St-André Montréal VARIÉTÉS LOUISE 1020, Cherrier Montréal TABAGIE LAVAL 826, Ste-Catherine Montréal WOLFE'S NEW DEPT.1257, Guy Montréal MACY'S NEWSTAND 1621, Berrï Montréal COMPTOIRS P.G.Métro Berri-Bourassa Montréal COMPTOIRS P.G.Métro Berri-Bonaventure Montréal LIBRAIRIE HACHETTE 554, Ste-Catherine Montréal réclamez-y votre exemplaire lorsqu'utilisés comme empaquetage.Cette substance entre dans la composition des plastiques transparents, mais non dans ceux qui sont opaques comme, par exemple, certaines bouteilles de lait.PAS DE QUOI SE RÉJOUIR S'il n'est pas encore mort, le Conseil de Recherche pour la Défense ne vaut guère mieux.La réorganisation du ministère de la Défense nationale mise en branle par le ministre Edgar Benson en 1972 lui a, à toutes fins.pratiques, enlevé tout pouvoir.Bien des gêns, pour des questions de principes, s'opposaient à l'existence de «recherches militaires» au Canada.Ce qu'ils ignoraient cependant, c'est qu'une bonne partie des argents servaient à faire avancer les sciences expérimentales.(C'est ainsi, par exemple, que le laser COaTEA est né et qu'il put, par la suite faire l'objet d'une exploitation commerciale et contribuer au renom du pays dans cette technologie de pointe.) De plus, des experts, comme le Dr O.M.Solandt qui fut, jusqu'à l'an dernier, président du Conseil des sciences, considéraient l'organisation du Conseil de Recherche pour la Défense comme un modèle du genre.D'autres enfin, ne voient qu'une seule raison à sa disparition: il marchait trop bien! UNE BONNE REVUE Les lecteurs désireux d'en connaftre davantage sur cette question, ainsi que sur toute autre question concernant la politique scientifique canadienne peuvent se procurer au prix de 10 dollars par année, l'excellente revue «Science Forum», publiée mensuellement par les Presses de l'Université de Toronto, Toronto, Ontario, Canada MBS 1A6.EINSTEIN VINGT ANS APRES Pour faire le point sur l'œuvre d'Einstein, vingt ans après sa mort et préparer la voie à une rétrospective plus globale lors du centenaire de sa naissance (en 1979), physiciens et philosophes ont participé au colloque Einstein tenu les 11, 12 et 13 novembre derniers à l'université Laval.Environ 400 personnes ont assisté aux conférences d'ouverture prononcées par M.Larkin Kerwin, professeur titulaire au département de physique et recteur de l'université Laval, et par M.Thomas De Koninck, doyen de la faculté de philosophie.Au cours des deux journées qui suivirent, environ 125 personnes ont participé à chacune des quatre sessions de conférences et de discussions.Bien que physicien, Albert Einstein n'a pas moins contribué de façon marquante à l'avancement d'autres domaines de la connaissance humaine, notamment en mathématiques et en philosophie.En 1905, il publiait trois articles traitant chacun d'un domaine différent.Ils sont aujourd'hui reconnus comme les pièces maftresses et les sources de nouvelles branches de la physique dont la théorie des photons, le mouvement brownien et évidemment la relativité. 46 février 1976 / QUÉBEC SCIENCE Einstein fut le premier à comprendre que certains problèmes de physique ne pouvaient être solutionnés sans une analyse logique des notions fondamentales de l'espace et du temps, avec le bouleversement philosophique que cela implique.Bien que l'utilisation de langages différents ait rendu la communication difficile entre physiciens et philosophes, ce premier contact est prometteur quant au succès de futures rencontres.PRIX SCIENTIFIQUES DU QUÉBEC 1975 Les Prix scientifiques du Québec ont été attribués, pour l'année 1975, aux docteurs Albert Cholette (sciences chimiques) et Louis Poirier (sciences biologiques), tous deux de l'université Laval.Le premier y est professeur titulaire au département de génie chimique et le second directeur du département d'anatomie et du laboratoire de neurobiologie.Le docteur Cholette est un spécialiste de la théorie de l'agitation des liquides et le docteur Poirier mène des recherches sur les causes de troubles moteurs comme la maladie de Parkinson.LA MOLÉCULE LA PLUS LOURDE La constellation du Sagittaire, à quelque 30 000 années lumière de la terre recèle de nouvelles molécules interstellaires.Une dernière vient d'y être détectée par le radiotélescope de l'Observatoire du parc Algonquin.Il s'agit de la molécule la plus lourde trouvée jusqu'à maintenant: une molécule de cyanodiacétylène (HC5 N).En se servant de données observées en laboratoire par le chercheur anglais Harry Kroto, le Dr Takeshi Oka, de l'Institut Herzberg d'astrophysique d'Ottawa, a pu prévoir la fréquence précise pour laquelle la molécule émet de l'énergie.En quelques jours, la fréquence radio prévue, caractéristique de cette molécule, a été détectée et enregistrée.Cette découverte laisse espérer que les acides aminés qui sont à la base de l'édifice des protéines peuvent également se trouver dans l'espace interstellaire.PLUS, PLUS, PLUS S'il n'en tient qu'aux responsables de la vaste enquête entreprise depuis près de trois ans (et qui se continue toujours) par le ministère d'Etat, Sciences et Technologie, Orest Dubas et Lisa Martel, les media d information devraient augmenter considérablement l'espace consacré à l'information scientifique et technologique.En effet, leur étude prouve noir sur blanc (à la suite d'un sondage pan-canadien effectué en ce sens) que seul un quart de la population globale se dit satisfait de I information scientifique disponible dans les mass media.C'est donc dire qu'il y a place pour de l'amélioration! Les lecteurs désireux d'en savoir plus long sur cette étude intitulée Media Impact datée de juin 1975, mais rendue publique en janvier 1976 seulement, peuvent s'adresser aux: Services d'information, Ministère d'Etat, Sciences et Technologie, 270, rue Albert, Ottawa Kl A 1A1.NOM numéro d abonné ANCIENNE ADRESSE date d entrée en vigueur NUMÉRO RUE APPARTEMENT CODE POSTAL VILLE PROVINCE ou pays NOUVELLE ADRESSE NUMÉRO RUE APPARTEMENT CODE POSTAL VILLE PROVINCE ou pays LE MOIS PROCHAIN Charles Meunier fera le point sur l'insémination artificielle humaine, ses implications biologiques, psychologiques et légales.André Delisle présentera quelques expériences scientifiques qui appuient l'hypothèse de l'influence lunaire sur les comportements périodiques des êtres vivants.Jean-Marc Fleury analysera le fonctionnement des loteries. LES COMMUNICATIONS AU QUEBEC Les télécommunications En découvrant le comportement des ondes électro-magnétiques.Faraday, Maxwell, Hertz et Branly révolutionnent le monde des communications.Samuel Morse invente le télégraphe, Alexander Graham Bell réalise la première communication téléphonique et Marconi réussit la première liaison radio.A peine un siècle plus tard, d'importants réseaux de communications encerclent le globe terrestre et permettent à l'homme de communiquer avec tous ses semblables.Aujourd'hui, ces installations tant terrestres que sous-marines et spatiales relient divers terminaux de communications.Le téléphone permet à la voix de franchir l'horizon, les ordinateurs peuvent échanger d'importantes quantités de données à de très grandes vitesses, la radio et la télévision permettent au son et à l'image de pénétrer dans la majorité des foyers.L'information, l'éducation et les loisirs des individus s'en trouvent diversifiés.Graham Bell n'a sûrement pas imaginé le développement que prendraient les télécommunications au cours du premier siècle de l'ère téléphonique.Sur le plan économique, la contribution du secteur des télécommunications au Produit national brut (P.N.B.) canadien était de 2,9% en 1972.Les services téléphoniques et télégraphiques à eux seuls contribuent à 1,6% de ce P.IM.B.L'apport des services téléphoniques est particulièrement important dans ce domaine puisqu'à eux seuls ils emploient autant de salariés que la totalité du secteur manufacturier québécois des communications.Des 300 millions de téléphones répartis à travers le monde, près de la moitié se retrouvent en Amérique du Nord et plus de 3 millions au Québec.Ainsi au Québec, on compte actuellement 28 compagnies de téléphone qui acheminent annuellement un peu plus de 4 milliards d'appels, dont 5% sont des appels interurbains.C'est à partir des 36 centres interurbains répartis à travers le Québec que sont acheminées les communications internationales québécoises.Ce réseau téléphonique permet aussi la transmission de messages écrits et le transfert de données vers ou entre des ordinateurs.Le développement du réseau téléphonique interurbain de même que l'avènement du téléscripteur ont considérablement diminué l'importance de la télégraphie.En effet dans les dix dernières années, le volume de télégrammes transmis a diminué de plus de 50%.La forte pénétration de la radiodiffusion au Canada, 98,7% pour la radio et 97,3% pour la télévision en 1972, nous classe parmi les pays les mieux desservis au monde.Les Québécois, il est vrai, sont particulièrement friands d'émissions radio-télédiffusées.La forte pénétration des appareils récepteurs en fait foi: 96,6% des foyers québécois possèdent un appareil de télévision et 96,9% possèdent un appareil de radio.Dans ce secteur, l'entreprise privée livre une dure concurrence à Radio-Canada, l'entreprise d'état.On compte actuellement plus de 200 municipalités québécoises desservies par 150 réseaux indépendants de câblodistribution.Le but principal de ces réseaux est d'assurer à partir d'antennes communes la qualité et la diversité en matière de radio-télédiffusion.On étudie actuellement la possibilité d'utiliser les réseaux de télécommunications, y compris les réseaux de câblodistribution, pour assurer une foule de nouveaux services à l'abonné tels: le télémagasinage les transactions bancaires à distance la télévision payante, etc.Le Québec peut donc s'enorgueillir de posséder sur son territoire des moyens de communication dont le taux d'utilisation se range parmi les plus élevés du monde.Saviez-vous que le ministère des Communications du Québec, c'est votre ministère?Gouvernement du Québec Ministère des Communications ^2731608 LA CARTE MONDIALE DU FOND DES OCÉANS Cette page reproduit un tout petit fragment de la carte que tout esprit curieux se doit de posséder.Dans son entier, elle mesure 68 cm x 104 cm, est imprimée en couleurs sur carton glacé et coûte S7.50 l'exemplaire.Commandez-la dès aujourd'hui en remplissant et retournant le coupon en page 40 - 57 m 2 853 m JF' *ALL NORD è ZONE De FRm r^Àcr£3 .À 1 TERRE-NEUVE .— 4 500 m Montréal New York • GRANDS BANCS Washington .c, v y FL VIN ST-LA’ .O' $ GUYpT , \ FLEMISH^ \ PIC .MLLI^E , » A ,Aw_ '_r*- v x.• - ^ ^ '4^ ^ v-' PLAINE ABYSSALE 5A.,' r.JJv •ZJiÿt * * KSi “LAINE iYSSALE miteras1 « ^ ' • — 5 -Ot S m .* *fcif yVll - BANC , ''ZV Dublin • ^ TROlSTNfIRn E ¦ /AN L.4 ABVSSALt - AO * '-Tv y~ 3 Pt* ‘SJ • Lisbonn i .AT ' T -— ^ J' " «Av -> - À * fMADÈRE LES**,' \ms J Ral itm: ¦%% Lco *i‘ * ' w T' d^nAreI ^ ^'9 F'^ y Am ^ PORTO -.' 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