Québec science, 1 janvier 1976, Juin
Volume 14, numéro 10 JUIN 1976 UEBEC SCIEHCE Ir 69 ZLJZ / > *>1 9»ç: X2H •3*d ItfddJLMOW s i niq is oaz i it/Ddi Lod3q nv3yne giV'JOILi/M 3 no 3 Hi 013 31 9 L’HABITATION r LES FAIBLES LUEURS DU METHANE LE QUEBEC SUR LA BRECHE SCENARIO POUR UNE APOCALYPSE CHTIONS DE 1! HOMME MARABOUT OBERT LAFFONT SmnuiuK «H QtriMtiano noiw & la rec herche des A LA RECHERCHE DES O.V.N.I.Jacques Scornaux et Christiane Piens Un dossier captivant, et dont le ton exempt de parti-pris ne fait qu’augmenter la crédibilité.MB 565 $2.25 U LE GUIDE MARABOUT DE L’AQUARIUM H.Favre Choisir, aménager et entretenir un aquarium; distinguer et acheter les poissons; les nourrir suivant un régime; l’élevage.MS 77 S4.40 BÊRCOFF • DEVIL • SALOMON le livre des possibilités mui$ rciHHci ROBEKTIAFFONT TOUT LE LIVRE DES POSSIBILITÉS A.Bercoff, N.Devil, P.Salomon "TOUT, le livre des possibilités" constitue un inventaire des mouvances actuelles qui ouvrent l’avenir.Dans chacun des domaines du savoir trois jeunes "défricheurs" ont tenté de repérer les fils qui relient ces différentes disciplines en vue d’une meilleure compréhension du monde et de nous-mêmes.$20.10 MATHEMATI- QUES MODERNES POUR TOUS LA PATRIE PLANETAIRE Louis Périllier Répartition de l'énergie et des matières premières, développement, lutte contre la faim, protection contre la pollution, danger atomique, utilisation de l’espace, exploitation des fonds marins, etc.$13.30 INITIATION AU SYSTEME METRIQUE Louts Stanké MATHEMATIQUES MODERNES POUR TOUS VIVRE EN PLEIN AIR Camping — Caravaning Pierre G ingras Comment vous équiper aussi confor tablement qu’économiquement et comment profiter au maximum de la vie sous la tente ou en roulotte.Liste complète des parcs et terrains de camping au Canada et aux Etats-Unis.$4.00 Guy Bourbonnais Un ouvrage indispensable a tous ceux qui veulent mieux comprendre les mathématiques! L’auteur a voulu fournir un livre qui aidera à se "recycler $4.00 INITIATION AU SYSTEME MÉTRIQUE Louis Stanke LA MEDITATION TRANSCENDANTALE Ce guide, en plus de donner des tables d’équivalence, vous permet de corn prendre le système métrique et de vous y retrouver dans divers domaines de la vie quotidienne.$5.00 Jack Forem Ce livre porte sur I enseignement de Maharishi Mahesh Yogi.L’auteur ex plique ce qu'est la méditation transcendantale et en montre les bienfaits tant psychiques que physiques.$6.00 VOUS POUVEZ LES RECEVOIR CHEZ VOUS! REMPLISSEZ SEULEMENT CE COUPON ET RETOURNEZ-LE A A.D.P.Québec-Science C.P.250, Sillery, Qué ?Exodus U.K.R Rohmer S 8.00 ?A la recherche des O.V.N.I., J.Scornaux et C.Piens.MB 565 ?Le Guide Marabout de l'aquarium Favre.MS 77 ?Parties courtes aux échecs, H Tranquille S 5.00 S 2.25 ?Artisanat québécois 1.Les bois et les textiles.C.Simard S 4.40 SI 2.00 ?Contact.Dr L.Zunin .S 6.00 ?Corrigeons nos anglicismes.J.Laurin .$ 4.00 ?Information Voyage.R.Vlau et J.Daunais S 6.00 ?L'Architecture traditionnelle au Québec Yves Laframboise .$10.00 ______________________________________ ?Techniques du tennis, Elwanger .$ 4.00 ?CHEQUE ?MANDAT-POSTE Ci-joint la somme de S ÉGALEMENT EN VENTE CHEZ VOTRE FOURNISSEUR PRÉFÉRÉ OS 5-76 ?La Patrie planétaire, L.Périllier .$13.30 ?Tout, le livre des possibilités, Bercoff.N.Devil.P Salomon .20.10 ?La Méditation transcendantale, J Forem S 6.00 ?Vivre en plein air, camping-caravaning P.Gingras .S 4.00 ?Mathématiques modernes pour tous Bourbonnais .S 4.00 NOM ADRESSE VILLE * Filiale du groupe Sogldes Liée ?Initiation au système métrique Stanké S 5.00 3 JT HliBEC SCIENCE / juin 1976 i lomité de soutien ëll Canada I.J.V.R.Cyr fce-président exécutif Ine de l'Est manque de Montréal R.Muir * fce-président et secrétaire tnasco Limitée fcs produits Itperial Tobacco Limitée Bstitut de recherche de tHydro-Québec I.Lionel Boulet Irecteur rasserie Labatt Limitée j.Maurice Legault [ésident ia Sauvegarde > e d'assurance sur la vie I.Clément Gauthier lésident Université du Québec h magazine Québec Science, lensuel à but non lucratif, est Jjblié par l'Université du Québec |ec le soutien du ministère de iducation du Québec et le Con-||l national de recherches du nada.La direction laisse aux teurs l'entière responsabilité de rs textes.Les titres, sous-titres, xtes de présentation et rubri es sont dus à la rédaction iSN-0021-6127.Dépôt légal bliothèque nationaledu Québec uxième trimestre 1976.Réper rié dans PERIODEX et RADAR.surrier de deuxième classe, enre-|| îtrement no 1052.Port de relut garanti; LE MAGAZINE UUÉBEC SCIENCE, C.P.250, lllery, Québec GIT 2R1.) Copyright 1976 — le magazir uébec Science - Université d uébec.Tous droits réservés poi lius pays.Sauf pour les citatioi hns une critique, il est interdi fins la permission écrite de l'éd lur, le magazine Québec Scîenc > reproduire ou d'utiliser < ensuel, ou une partie de c liensuel, sous quelque forme qi soit, par des moyens mécan (ues, électroniques ou autre nnnus présentement ou qui s (lient inventés à l'avenir, y cor lis la xérographie, la photocop l'enregistrement, de même qi s systèmes d'informatique.Sommaire Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny secrétaire de rédaction Jean-Pierre Langlois conception et réalisation graphiques Nicole Aubin Françoise Ferland Patricia Larouche secrétariat et diffusion Photogravure & quadrichromies Audart Inc.(418) 522-2073 Impression Imprimerie Canada Inc.(418) 688-9121 Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.(418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier: $10.00 À l'étranger: $15.00 À l'unité: $1.50 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE.4 Courrier 6 Photosynthèse Copier les plantes Énergie L'hydrogène remplacera-t-il l'électricité?7 Biochimie Une feuille verte synthétique Inondations La débâcle des dollars 9 Géophysique Le Québec sur la brèche Santé Des plantes contre le cancer 40 Santé Gare au chloroforme Biologie Pour espionner les animaux 41 Eau Des techniciens électroniques Écologie Chassez l'eau 42 Urbanisme Le microclimat des villes 43 Satellite Une balle de golf dans le ciel 44 Sociologie Une certaine lutte des classes 45 Alimentation Avis aux amateurs de fruits de mer 46 Parutions récentes 49 En vrac 10 L'habitation en crise Pierre Sormany L'impact de la conférence HABITAT 76 pour le Canada et le Québec 16 Scénario pour une apocalypse Fabien Gruhier La vision scientifique d'un après-guerre 21 Encart Conseil des sciences du Canada Pour une société de conservation 31 Les faibles lueurs du méthane André De!isle La filière biologique de production d'énergie: alternative limitée, mais envisageable dans un contexte de pénurie 4 Courrier UN SÉISME NUCLÉAIRE?Le quotidien Le Soleil publiait le 4 mars dernier, un bref article où l'on rejetait la responsabilité de la mort de 23 000 personnes lors du terrible tremblement de terre du Guatemala sur la Défense américaine qui a effectué une explosion nucléaire à Yucca Flats (au Nevada) quelques minutes (3,5 minutes pour être précis) avant le début du séisme.Cette possibilité me préoccupe et je suis à la fois intéressé et anxieux de trouver réponses aux questions suivantes: 1.Vos collaborateurs spécialisés en séismologie sont-ils en mesure de confirmer ou d'infirmer la possibilité qu'une explosion nucléaire souterraine puisse provoquer un séisme d'importance à plus de 3 000 kilomètres de distance?2.Pouvez-vous réunir les informations de base permettant de vérifier la relation entre l'explosion de Yucca Flats et l'hécatombe du Guatemala (puissance de la bombe utilisée, son rayonnement possible, etc.)?3.S'agit-il d'un «gag politico-publicitaire»?Je suis convaincu qu'une question aussi lourde d'implications politiques et «morales» ne peut manquer d'intéresser la majorité de vos lecteurs.Bruno Leclerc Rimouski C'est le quotidien guatémaltèque El Tiempo qui a lancé la nouvelle peu de temps après le catastrophique tremblement de terre.U semble bien que celle-ci ne soit pas fondée; les ondes sismiques voyagent à une vitesse qui présente des variations minimes et qui oscille, en moyenne, autour de 3,5 kilomètres à la seconde.Or, alors que El Tiempo prétend que le tremblement de terre a commencé lorsque les ondes de choc de l'explosion de Yucca Flats ont atteint le Guatemala, 3,5 minutes (sic) après l'explosion, c'est plutôt !4,5 minutes plus tard que Tonde de choc a atteint le Guatemala où le tremblement de terre avait déjà commencé depuis une dizaine de minutes.CATASTROPHE EN 1982 Pour répondre à M.Gilles Paquette (voir Courrier, Québec Science, décembre 1975), les professeurs Gubbin'et Plagemann ont fait des déductions à partir de la dérivation des continents et arrivent à la conclusion qu'il y aurait possibilité de séismes lorsque les neuf planètes du système solaire seront alignées, vers 1982.Cette configuration particulière ne se répète qu'à toutes les 179 années.Vous pourriez reculer dans le temps (jusque vers 1803) et voir ce qui est arrivé à ce moment-là.Vous aurez peut-être une réponse à cette question?L'endroit le plus susceptible d'être affecté est celui de la faille Saint-André, en Californie.En terminant, je voudrais vous dire que votre magazine est des plus juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE 1®CSI intéressants et d'une «digestibilité» remarquable.J.Lomer Bourcier Port-Alfred Le Dr Gabriel Leblanc, du ministère fédéra! de l'Energie, des Mines et des Ressources, après consultation d'annales séismiques remontant à l'époque dont vous pariez (c'est-à-dire les débuts du 19ième siècle), nous a révélé qu'il ne s'était produit aucun événement séismique d'importance exceptionnelle au cours de la période «critique» d'alignement des planètes.Raison de plus pour ne pas croire les «prophètes de malheur» qui prédisent une terrible catastrophe au tournant de la décennie.DES CARTES DE TOUTES SORTES Vous serait-il possible de me fournir des renseignements me permettant d'obtenir des cartes géographiques de toutes sortes?Magella Picard Orsainville Ce domaine de l'agriculture intéressant de plus en plus de gens, le M AB a décidé de s'occuper des demandes d'information.Vous pouvez adresser vos demandes de renseignements à: Clément Boulanger, Mouvement pour l'agriculture biologique, 340 Willowdale (app.2), Montréal.; )• ; mcUiü rapr:; tic FRUITS ET LÉGUMES SANS NOYAU ; feito mit Depuis quelques années, nous avons sur le marché de l'alimentation des oranges ne t/'atofpi fepfeursi des concombres.On sait bien que pour faire croftre un arbre, on fait germer les noyaux, on les met en terre, puis au bout de quelque temps, il sort une pousse qui deviendra un arbre.Ceci veut dire que ces oranges et concombres sont par le fait même stériles; que se passe-t-il?J'aimerais avoir des renseignements sur ce genre de culture, ces produits chimiques ou radioactifs qui doivent être administrés aux arbres ou fruits.mchiol witrti élit Wra mk ce/» Ai Cb mim 'âme, 'Mm mit.'mibtn ‘ mn Daniel Parrot Sherbrooke Le ministère fédéra! de l'Énergie, des mines et des ressources tient un bureau de vente de cartes au 1535, chemin Sainte-Foy, Québec, GIS 2P1.TÉMOIGNAGE D'UN DÉTENU Que dire de plus?Suite au brillant article de Charles Meunier intitulé: «La fin des prisons?» Il ne nous reste plus qu'à les abolir sinon, nous ne ferons toujours que palabrer.M.Lamer peut toujours nous dire qu'elles sont un «mal nécessaire» lorsqu'il étudie le «problème» de l'extérieur.Or, il appert qu'en le vivant de l'intérieur pendant près de quinze ans —comme je l'ai vécu et comme je continue de le vivre— la nécessité d'une telle monstruosité devient de moins en moins apparente.Mais, la prison étant le refuge «exclusif» des pauvres, des faibles, des non-instruits, des sans-voix de notre société, il est très improbable qu'on consente un jour à l'occire.Merci quand même à Mlle Hélène Dumont.On sent à travers ses dires qu'elle a compris.Détenu no 6118 Institut Archambault Ste-Anne-des-Plaines MOUVEMENT POUR L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE Dans votre numéro d'avril, il était question du «Mouvement pour l'agriculture biologique» (MAB).Depuis quelque temps, je tente d'entrer en contact avec ce genre de mouvement.Je serais très heureux si vous pouviez me dire à qui m'adresser.Maurice Lavigne Robertville, N.-B.De tels fruits ou légumes sont le «fruit» de recherches sur la parthénogénèse, sur les plantes qui se reproduisent sans fécondation.On pourrait comparer l'orange ou le concombre, par exemple, à To va ire.Le fruit se développe sans fécondation et est donc dépourvu des agents reproducteurs que sont les noyaux.Les fruits qui en résultent sont donc stériles et, pour la reproduction des plantes concernées, on doit faire appel à des phyto-hormones (hormones des végétaux).Pour en savoir davantage, vous pourriez vous adresser à M.Marc Trudel, professeur-chercheur à la faculté d'agriculture de l'université Lavai Oi': -®r: .DE.;-;.-M: LES CAUSES DE L'ASTHME J'aimerais savoir qu'elle est la cause de l'asthme?On parle beaucoup de ses effets et des symptômes, mais on ne parle que rarement de sa cause.Or, tout effet ayant une cause, j'aimerais que quelques spécialistes se prononcent.Le problème est-il d'ordre génétique?Je crois qu'on est au moins d'accord sur le fait que l'asthme soit héréditaire et qui dit hérédité dit génétique.Mon fils est broncho-asthmatique et les médecins sont plutôt évasifs (même les spécialistes) lorsqu'on les questionne! En connaft-on vraiment si peu sur les causes des maladies des voies respiratoires?Où dois-je m'adresser pour obtenir des réponses claires et précises?SSoCKj hïi 'fe','.;, 'So SVï: SjvV k; ' Lm; ww R.Desrocher Saint-Hubert Selon le Dr Pierre Letarte, spécialiste en médecine interne au Centre hospitalier de /'université Laval, on ne peut cerner une cause unique de l'asthme.On se sert souvent d'adrénaline pour soigner les asthmatiques; les petits muscles qui contrôlent les bronchioles (petites P L P - «sur1 arçane récîrrifi^ lueifflir «les Sul MOU! le foil J'imr! çenre de ou 8ECSCIElluÉBEC SCIENCE / juin 1976 ®il dt wdéde «à 'des de t rc onches) par lesquelles l'air pénètre dans b poumons se relâchent au Heu de se ontracter, sous l'influence de l'adrénaline.>r, dans l'asthme, les muscles des ronchioles sont justement contractés et le raitement à l'adrénaline —par piqûre sous ; peau ou par voie d'inhalation— provoque ’ relâchement des bronchioles et le malade > remet alors à respirer normalement, insi, l'on suspecte comme l'une des luses de l'asthme, un problème au niveau ?l'absorption de l'adrénaline par les cepteurs normalement actifs des 'onchiotes.D'autre part, l'asthme peut jssi être causé par une allergie à certaines ubstances pour lesquelles les membranes es bronchioles seraient trop perméables imme ce pourrait être le cas pour le que®) 'pHen.Certaines infections parasitaires de ême que des problèmes de durcissement es artères pourraient aussi causer des mblèmes asthmatiques.Pour plus 'information, vous pourrier communiquer >ec le Dr Letarte à l'adresse suivante: entre hospitalier de l'université Laval, 705 boulevard Laurier, Sainte-Foy.MM».il.¦H 5 soleil.Dans ce cas, le rôle du soleil est trois fois moins important que celui de la lune.» Pourriez-vous apporter une rectification et me dire laquelle des deux proportions est la bonne?Pierre Bournival Loretteville Comme vous pourriez le vérifier vous-même, l'attraction gravitationnelle du soleil sur la terre représente bien 99,417 pour cent des attractions gravitationnelles combinées de tous les astres du système solaire.De même, la proportion correspondante pour la lune est bien de 0,582 pour cent.D'autre part, les marées prennent naissance à cause de la différence d'attraction gravitationnelle entre différents points de la terre.L'attraction exercée par le soleil sur la terre est beaucoup plus grande que celle qu'exerce la lune, mais H est si distant qu'il exerce presque la même force sur les pôles que sur l'équateur.La lune, elle, est assez près de la terre pour que /'attraction qu'elle exerce sur les pôles soit substantiellement plus faible que celle qu'elle exerce sur l'équateur.En d'autres termes, les écarts de /'attraction gravitationnelle de la lune sur la terre (source des marées) sont plus importants que les écarts des forces gravitationnelles exercées par le soleil sur différents points de la surface terrestre.Pour cette raison, les marées lunaires sont plus importantes que les marées solaires comme /'indiquait l'article d'André Delisle.À NOTER Dans l'article Des plantes carnivores.et québécoises (mai 1976), veuillez prendre note que les deux photos du haut de la page 29, ont été malencontreusement inversées.La photo de gauche représente une Sarracénie pourpre et correspond au bas de vignette de droite.La photo de droite, la Népen-thès, est décrite par le bas de vignette de gauche.'itoM îfi ?J .irUl £>?' ! :r : i: - s!t: '"Cï ' iGuW ioi*;l iiei' des#’11' 010 MAJEURS D'ASTRONOMIE } vous félicite pour l'excellente qualité de Dtre magazine qui a remporté le prix du lurnalisme scientifique canadien.Ce n'est je justice.D'autre part, j'aimerais bien que vous ie fassiez part des noms et adresses de fférentes associations d'astronomes nateurs (dans les limites de la ville de ontréal).Espérant commencer des études ans ce domaine, cela me servirait de point a départ.Je voudrais aussi me procurer a l'équipement pour mon télescope.harles A.Bertrand lontréal s Société d'astronomie de Montréal (dont adresse est: 3860 est, rue Rachel, Montréal 1Y 1X9; téléphone: 254-1224) regroupe a grand nombre d'astronomes amateurs 9 la région montréalaise.Ses activités insistent en des conférences portant sur astronomie et des sujets connexes, des urées d'observation, la fabrication de &?&% gllpsppf •g3' ' «ai ‘e ,.#C\ - ,- .,.; ;-v •• V iy .MmM ¦ 7'- i ^;V ¦ : sÿS .psg® g*' ;7 cj* MsÜ&j 'T, b '•::r- .y,f,' ¦mÊM ÿ-vx-ji-V.(ViLikhi >¦ •• vi •Tr^v: '. bUÉBEC SCIENCE / juin 1976 'Si L’HABITATION EN CRISE L’impact de la conférence HABITAT 76 pour le Canada et le Québec 11 ,-5»- » '« 12 i „ i ville de montréal La plus grosse D'ici l'an 2000, Montréal aura absorbé la quasi-totalité de la croissance démographique du Québec.Un cercle Vicieux office du film du québec Loin de faciliter la circulation routière, la construction d'autoroutes amène de plus en plus d'automobiles dans les centre-villes et crée le besoin sans cesse croissant de.nouvelles autoroutes.¦JF?lmm 'i information L'habitat à l'ordre du jour ministère des Affaires extérieures du canada Vancouver en Colombie-Britannique, troisième ville canadienne en importance, est l'hôte, ces jours-ci, de la conférence des Nations Unies sur les établissements humains, HABITA T.juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE par Pierre Sormany «Je ne voudrais pas exagérer.Je n'attends pas de cette conférence qu'elle transforme les Nations Unies.Mais nous avons cette chance, et j'espère que nous pourrons en profiter, de démontrer que l'ONU peut fonctionner de manière efficace, dans un domaine qui concerne le bien-être de l'homme.» Barney Danson, ministre canadien des Affaires urbaines, qui s'adressait en ces termes, en janvier dernier, aux délégués du comité préparatoire de la conférence de l'ONU sur les établissements humains (HABITAT), pourrait être qualifié de rêveur par tous ceux qui considèrent les Nations Unies comme un sénat de la haute diplomatie verbale.Mais il ne s'agissait pas que d'une rhétorique de ministre: tout pour Habitat a été pensé en vue de solutions concrètes.C'est ainsi que, depuis le 31 mai jusqu'au 11 juin, se tiennent à Vancouver deux conférences simultanées.La première, l'officielle, regroupe quelque 5 000 délégués de 144 pays inscrits (d'après les chiffres provisoires de mars dernier).Parmi ces pays, 56 se sont dotés, au cours des derniers mois, de comités de préparation à la conférence, comités qui ont fait le tour de tous les problèmes relatifs à l'habitation, l'urbanisme et les services à la population, dans leurs pays respectifs.Mais au-delà d'une longue énumération de problèmes, ils ont été chargés de dénicher des cas où ces solutions ont semblé fonctionner.Chaque pays inscrit a ainsi le privilège de présenter, à Habitat, 3 films de 26 minutes (quoiqu'on encourage des présentations plus courtes) sur de telles solutions originales.Une version abrégée (3 minutes) est aussi disponible sur place, ainsi qu'un texte succint présentant chaque «solution».Pour les 5 000 délégués, la conférence représente donc une intense quête de solutions.Informés du contenu de chaque film, ils peuvent assister, dans la grande salle du Queen Elizabeth Theatre, aux discussions qui suivent chaque présentation ou, s'ils le préfèrent, se faire diffuser, en circuit fermé dans de petites salles des divers hôtels de la ville, les films qui les intéressent particulièrement en fonction des problèmes non résolus de leur propre pays.Parallèlement à cette conférence officielle, en banlieue de Vancouver, le «Comité international des organismes non gouvernementaux pour Habitat» présente une seconde conférence, «Forum-HABITAT», où l'on attend entre 5 000 et 20 000 personnes.Les évaluations sont beaucoup plus difficiles, étant donné le caractère non officiel de bien des participants.Là aussi, les organisateurs ont fait large place aux présentations audio-visuelles et aux expositions.On y présente, par exemple, certains sujets non sélectionnés par les délégations officielles, ou certaines approches originales proposées par divers organismes mais n'ayant pas encore fait leurs preuves.Les délégués officiels ont aussi, bien sûr, accès à Forum-Habitat qui vient compléter leur documentation.T : èlojtmi «me: pour te ffl pim qui kitmi Di ns l'nir tonftreiii «SinisÉ te mods i rappeler tafeiero pifOiiK te, on peu swiscon oeiîdétéi Mils sj (J'y POJIlJl [indes y évidence M:li «es» pose ««enjtioi et pour raenioy itpliniee «ne INïo, Ce pu Wolu J®"1 derm ®ditiuss las «caresi ««Pisse t.,;- Nissan - '"% les PHI ;a N» H 13 UÉBEC SCIENCE / juin 1976 ijuésé «tliî latat ssailpji ut pour im premiere, rèsles .Faimi.¦T uni le tour «ijlil oùcei 'h3Qll6 lions pinulîsl lu'un pi» éditeur officiel du québec Un effet non prévu Selon la théorie de l'osmose, la construction de logements pour les travailleurs, la classe moyenne et supérieure devrait libérer des logements convenables à prix abordables cour les moins nantis.Mais on n'avait pas orévu que les bas prix pour ces logements inciteraient leurs propriétaires à les laisser dépérir.ir.en les #t rfjfl- .(i# par CHACUN POUR SOI Dans l'histoire récente des grandes conférences des Nations Unies, pareille organisation présente toute une innovation.Pour comprendre comment on est arrivé à ce mode de fonctionnement, il faut se rappeler la première de ces grandes Conférences, celle de Stockholm sur l'environnement, en 1972.Cette conférence, on peut le dire aujourd'hui, a obtenu un succès considérable: la prise de conscience de la détérioration de nos conditions de vie.Mais si, d'une part, elle n'a pas empêché le «smog» de couvrir, encore aujourd'hui, les grandes villes industrielles, elle a mis en évidence un autre problème, plus important celui-là: la protection de l'environnement ne se pose pas dans les mêmes termes pour une nation surdéveloppée qui se permet la coquetterie de refuser une usine polluante, et pour une nation en voie de développement qui cherche désespérément à implanter chez elle, à n'importe quel prix, une fraction du potentiel industriel international.Ce qui fait que, quatre ans après Stockholm, la protection de l'environnement demeure, pour bien des pays, un débat aussi désincarné que celui concernant le sexe des anges.La seconde conférence, celle de Bucarest sur la population, elle-même issue des débats de Stockholm, a conduit à une impasse semblable: si les pays développés peuvent se permettre le luxe de contrôler les naissances, alors qu'ils n'en n'ont pas vraiment besoin, leurs techniques sont le plus souvent inapplicables dans les pays sous-développés.et le seul moyen de limiter les naissances, c'est encore de commencer par développer ces pays.Une fois de plus, sautait aux yeux ce clivage entre les nantis et les affamés, et le seul mérite de la conférence de Bucarest, en 1974, aura été d'en faire prendre conscience.A Rome, la même année, la conférence mondiale sur l'alimentation permettait de dégager une certaine unanimité: il était possible de remédier à la famine dans les pays pauvres.si les riches acceptaient de se priver, ou même de rationaliser leurs habitudes alimentaires.Mais comme cette solution repose sur beaucoup de bonne volonté et s'avère politiquement peu rentable, elle rejoint elle aussi le sexe des anges! Habitat est donc née des recommandations de la conférence de Stockholm.Mais cette fois, on a voulu éviter les grands débats théoriques et s'arranger pour que chaque pays, développé ou non, puisse assister à «sa propre conférence».Les solutions que le délégué de New Delhi (Inde) vient puiser à Vancouver, ne lui sont pas dictées par Washington ou Paris: il peut au contraire rencontrer les délégués des pays qui lui ressemblent, culturellement ou socialement.PROBLÈME URBAIN OU RURAL?Car une fois de plus, il est évident que le problème des établissements humains ne se pose pas de la même façon dans les pays du Tiers-Monde que chez nous.D'ici l'an 2000, la population de la Terre, 7 milliards d'êtres humains estime-t-on, sera sans doute mi-rurale, mi-urbaine.Mais si dans les pays développés, les urbains compteront pour 90 pour cent de la population, peut-être plus, il y aura encore 60 pour cent de la population du Tiers-Monde qui habitera les régions non urbaines, comme le mentionnait Barney Danson, devant l'Institut américain des urbanistes, en mars dernier.«Si par le passé, soulignait-il encore, certains de nos efforts en matière de développement se sont soldés par des échecs c'est que nous avons essayé d'amener le Tiers-Monde à suivre un modèle trop semblable au nôtre.Nous avons voulu aider à construire des maisons, mais nous nous sommes également fait une idée de ce que doit être une bonne maison.» Avec le résultat qu'il n'y a encore que 9 pour cent de la population rurale d'Asie, 20 pour cent de celle de l'Afrique et 23 pour cent de celle de l'Amérique du Sud qui ont accès à l'eau potable.Or, les nations développées n'ont jusqu'ici apporté des solutions que par la voie d'équipements d'épuration à caractère essentiellement urbain.Les modes de distribution des denrées alimentaires sont aussi conçus en fonction du cadre urbain.Mais dans des pays où les «ruraux» sont en majorité, il arrive que la surabondance de produits entrafne une chute des prix alors que la famine règne encore dans les campagnes avoisinantes! Dans cette optique, il est évidentqu'un vaste débat général comme ceux de Stockholm, Bucarest, Rome ou Mexico n'aurait, encore une fois, été d'aucune utilité pour les pays sous-développés.LA VILLE À LA CAMPAGNE Ce qui est vrai pour le Tiers-Monde ne l'est certes pas pour le Canada.Ici, nous sommes carrément des urbains.De 1950 à 1970, le pourcentage de Canadiens habitant dans des villes de plus de 1 000 habitants et d'une densité de plus de 400 habitants par kilomètre carré est passé de I 62 pour cent à 75 pour cent.Nous étions à l'époque au septième rang des pays urbanisés; nous sommes maintenant au sixième rang.Et notre rythme de croissance nous situe au second rang derrière le Japon, si l'on exclut de petits pays comme la Finlande, la Yougoslavie ou la Turquie qui partaient de presque rien et demeurent, aujourd'hui encore, faiblement urbanisés.Chez nous, les questions relatives aux établissements humains, à savoir l'habitation, les communications, l'eau potable, les soins de santé, la répartition des richesses et des possibilités d'emploi, etc., ont essentiellement un caractère urbain.En fait, comme le constate Peter Oberlander, de l'Université de Colombie-Britannique, dans Perceptions (Étude du Conseil des sciences sur la population et la technologie, vol.1): «Quand on souligne que 76,1 pour cent de la population canadienne est citadine, on ne remarque pas que la vie urbaine est l'option choisie par tous les Canadiens.Non seulement la plupart d'entre eux habitent-ils les villes, mais encore tous vivent grâce aux villes.» Dans un pays comme le Canada (c'est aussi vrai des États-Unis et de bien d'autres pays fortement industrialisés), l'automobile, les communications directes faciles, la radio et la télévision, ainsi que le mode de distribution des biens de consommation font qu'en fait, la ville étend ses ramifications partout à la campagne.«Il se peut que le dualisme ville-campagne soit disparu en l'an 2000» notera, toujours dans Perceptions, Louis Dernois, urbaniste-conseil de Montréal.Alphonse Allais, l'humoriste français, suggérait de régler le problème de la pollution urbaine en construisant désormais les villes à la campagne.Force nous est de constater que son vœu est déjà réalité! CROISSANCE DÉMESURÉE Il est donc évident que les documents présentés par le Canada à HABITAT porteront sur des questions d'urbanisme et de gestion de la croissance démesurée de certaines villes.C'est aussi dans ces questions qu'ils puiseront, peut-être, des solutions originales applicables au Canada.Mais si les délégués de certains pays sous-développés (ou en voie de développement) peuvent espérer rapporter de ces deux semaines à Vancouver des solutions «technologiques» applicables à court terme chez eux, il est fort à parier que la conférence n'aura que peu d'effet sur le développement futur au Canada ou au Québec.Pareille conclusion, pessimiste certes, écrite avant même la clôture d'HABITAT, peut étonner.Mais il faut préciser que la conférence a été précédée chez nous de plusieurs symposiums, et que les questions d'urbanisme, d'habitation et de problèmes de gestion des services dans les grands centres ont fait l'objet, depuis quelques mois, d'études fouillées, tant à l'échelon fédéral qu'au Québec.De tout ça, il se dégage une certaine impression d'impuissance.D'ici 25 ans, plus de 90 pour cent des Canadiens habiteront dans les villes et une bonne proportion des ruraux seront 14 juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE essentiellement liés à la ville pour leur travail, les soins hospitaliers, etc.Au Québec, la situation s'aggrave du fait que la structure urbaine repose essentiellement sur un grand centre urbain.À lui seul, il regroupe près de la moitié de la population québécoise.Dans 25 ans, Montréal aura absorbé la quasi-totalité de la croissance démographique de la province.Les études de prospective sont extrêmement fragiles à cause des facteurs nouveaux en démographie dont on ne peut encore mesurer la permanence (entre autres la baisse de natalité, le taux extrêmement volatile de l'immigration, l'effet de l'arrivée à l'âge adulte du «baby boom» d'après-guerre).Mais dans l'ensemble, on prévoit pour le Québec une population allant de 7,5 à 9,5 millions en l'an 2000.De ce nombre, 3,8 à 5,1 millions se concentreront à Montréal, c'est-à-dire entre 50 et 60 pour cent de la population totale.Ce phénomène est d'autant plus irréversible que les politiques gouvernementales encouragent, inconsciemment, ce déséquilibre urbain.En fait, un ensemble de facteurs rendent séduisantes les grandes villes: présence d'un marché nombreux et regroupé (pour les commerces notamment), existence de réseaux de communications modernes et diversifiés, présence de nombreuses industries (souvent interdépendantes, réduisant les coûts de fournitures), accès à des services spécialisés (communication, finance, administration, recherche, etc.) qui ne sauraient se rentabiliser dans des villes de moindre importance.Or, au Québec, une seule ville a atteint la «taille critique» qui lui procure ce pouvoir d'attraction.Pour le gouvernement, tenter de dissuader une entreprise ou un service de s'installer à Montréal, c'est le plus souvent les refouler à Toronto, Boston, Chicago ou ailleurs.Pas étonnant que, loin de vouloir contrebalancer l'attrait de la grande ville, l'État cherche bien plus à en minimiser les inconvénients.Mais ironiquement, plus on réussit à vaincre un problème, plus la ville devient attrayante, plus la population s'y regroupe.jusqu'à ce que le problème réapparaisse de plus belle.Le cas le plus classique de pareil déroulement est celui des autoroutes ultramodernes qui permettent d'éliminer l'encombrement du centre des villes.En favorisant une circulation plus rapide, elles attirent une nouvelle clientèle dans le centre des villes, jusqu'à ce que les nouvelles autoroutes soient elles-mêmes engorgées.Cercle vicieux de la croissance, où les constructions humaines, comme tout organisme biologique, semblent n'exister que pour se reproduire! LES VILLES VIEILLISSENT Ce rapprochement entre un réseau autoroutier et un tissu vivant n'est pas le seul qui puisse être fait dans le domaine de l'urbanisme.Vers 1920, deux sociologues américains, Robert E.Park et Ernest W.Burgess, ont analysé les caractéristiques sociales et les fonctions particulières de l'espace urbain en se penchant sur Chicago, en pleine croissance démographique à l'époque.Cela a donné lieu à la théorie dite des «aires concentriques» selon laquelle la ville se développe d'abord autour d'un centre des affaires (édifices à bureaux, commerces, activités culturelles et sociales) formant une zone de transition constituée soit d'aires résidentielles accueillant une population flottante (où l'on retrouve surtout des personnes seules, des immigrants, des personnes âgées, des groupes démunis ou marginaux), soit d'aires industrielles orientées sur le centre-ville.Au-delà de cette zone de transition, on retrouve une zone circulaire formée d'habitations ouvrières, puis un quatrième anneau groupant les maisons à appartements un peu plus luxueux, enfin les zones résidentielles moyennes ou huppées.Une jbJ I iP-S*-'— •-1 Une entreprise florissante La construction de maisons unifamiliales va bien, mais seulement 13,9 pour cent des Québécois peuvent en profiter sans y consacrer plus de 25 pour cent de leur revenu brut.fois dépassés ces anneaux concentriques qui forment la ville elle-même, on retrouve un réseau plus ou moins serré de villes de banlieue et de villes satellites.Selon Burgess, la croissance d'une ville implique essentiellement que chaque zone s'étend vers l'extérieur, déplaçant la zone suivante.C'est ainsi que les établissements hôteliers, les édifices à bureaux et l'infrastructure nécessaire à la vitalité du centre-ville finiront par gruger la zone de transition.Les populations ainsi déplacées par le progrès n'ont toutefois pas le moyen d'émigrer en banlieue.Elles envahissent alors les quartiers ouvriers à mesure que les anciens habitants de ces quartiers, profitant de la croissance de leurs revenus qu'entraf-ne le développement urbain, émigrent vers les zones périphériques ou la banlieue.Il s'ensuit que les anciens logements «décents» sont occupés par une couche sociale de plus en plus défavorisée qui n'a pas les ressources suffisantes pour en justifier l'entretien.Les anciens quartiers ouvriers dépérissent à leur tour et forment la nouvelle zone de transition.Mises à part certaines particularités locales (la présence d'une montagne non loin du cœur de Montréal par exemple), le modèle de Burgess s'applique intégralement tant à Montréal qu'à Québec ou Hull, les trois seules villes qui, au Québec, connaissent présentement une «crise du développement».UNE OSMOSE URBAINE La théorie des cercles concentriques explique parfaitement la dégradation du stock de logements dans les zones entourant le centre des villes (Saint-Jean-Baptiste ou l'aire 10 à Québec; Saint-Henri, Pointe-Saint-Charles ou Hochelaga-Maisonneuve à Montréal).Il faut dire aussi que les politiques gouvernementales n'ont guère aidé à compenser ce phénomène.Loin de s'y attaquer, les interventions se basaient sur la «théorie de l'osmose», selon laquelle si l'on fournit des maisons pour loger les travailleurs, la classe moyenne, voire même la classe supérieure, les gens ainsi logés convenablement libéreront leurs logements antérieurs, provoquant une chute des prix des loyers et permettant ainsi aux plus pauvres de se loger à meilleur prix dans ces appartements convenables.La théorie fonctionne.Sauf qu'on oublie que la chute des prix des loyers vacants décourage les propriétaires d'en continuer l'entretien et que cette «osmose» s'accompagne toujours d'une dégradation des conditions locatives des moins nantis.Toutes les politiques d'encouragement à la construction domiciliaire, au Québec, n'ont ainsi porté que sur le résidentiel détaché ou semi-détaché, ou sur le locatif de prestige, avec quelques exceptions pour les appartements à loyer subventionné (HLM).Bien pire, en tentant de protéger le citoyen moins nanti de hausses inconsidérées de son loyer, le Québec a créé une Régie des loyers qui rend moins attrayante la construction ou la propriété de logements locatifs et finit par causer une pénurie grave.Il faudra, note le rapport du Groupe de travail sur l'habitation (Rapport Legault, publié en mars dernier), construire dans les cinq prochaines années au Québec 300 000 logements neufs, et en rénover 360 000 autres.Actuellement, le rythme de rénovation n'est que de 5 000 par année environ, alors que le nombre de mises en chantier de logements locatifs est tombé à 20 000 en 1975.La construction unifamiliale est bien sûr florissante (34 000 l'année dernière), mais seulement 13,9 pour cent des Québécois peuvent présentement devenir propriétaires sans y consacrer plus de 25 pour cent de leurs revenus bruts (comparativement à 23,7 pour cent en 1971).En outre, la majorité des mises en chantier dans ce domaine concernent des maisons unifamiliales détachées, celles qui sont les moins «rationnelles» sur le plan de l'utilisation de l'espace et du coût des services à fournir.Si le rapport Legault ne propose que des mesures timides pour «inciter», par l'intervention de l'État, une réorientation de la construction domiciliaire, Mme Jeanne Leblanc, membre du même groupe de travail où elle représentait les intérêts des locataires, n'a pas hésité pour sa part à suggérer des mesures contraignantes: interdire toute démolition, exproprier 0U^:' La vie de q feç: 'il miis kir::.linrticr Cîi lueim mi mpwi kvl.(e: ¦ Uüirct ne r: ; oc os ST:.-.iqelés c: H:;::; LAVILL dé:r;.- encore d(l K:.PL de: “O' le pi;» e-tes; ¦ flaires aesén,.; cs®« QUÉBEC SCIENCE / juin 1976 ¥." ont, p nllsuis lint Mill» oublie .a vie de quartier 'lusieurs quartiers qui avaient autrefois une ie intense disparaissent maintenant pour sisser la place à des édifices à bureaux ou à 'es autoroutes.C'est ie cas, entre autres, du ’uartier Saint-Jean-Baptiste à Québec, et ce era peut-être le sort du quartier chinois de Montréal.cT.i itinuer s'ation r:: ré (après avis et délai raisonnable) toute naison ou usine désaffectée ou délabrée, ne jamais subventionner les constructions du achats d'unifamiliales détachées, subventionner surtout les achats de maisons usagées et la construction d'immeubles sans but lucratif, exproprier les terrains «gelés» pour fins de spéculation, etc.Vlais déjà, on quitte le système de libre Dntreprise qui nous caractérise.oupfdij |)â «les nibs® y pour îifliit jiplus il isesC |eslyl pli»11* e(|Ui pjrt LA VILLE INHUMAINE Problèmes de circulation, de pénurie et de dégradation du logement, là ne s'arrête pas la liste des faiblesses de la grande ville.Il pst bon de préciser toutefois que le Canada et le Québec encore bien moins) n'a pas encore de mégalopoles.Notre conurbation la plus grande n'arrive qu'au vingtième rang mondial et, encore, le type d'habitation privilégié fait qu'en terme de densité de population, Montréal tomberait beaucoup plus bas dans la liste.Les problèmes relatifs à la promiscuité (hygiène publique, qualité des logements, pollution) n'y ont pas la gravité qu'on leur trouve dans certaines villes du Tiers-Monde, voire des États-Unis.Sur le plan économique, Montréal ne se caractérise pas, comme la plupart des jgrandes conurbations du Tiers-Monde, par existence d'une couche sociale ^désœuvrée hypertrophiée par rapport à ensemble des travailleurs, avec ses corollaires de criminalité, de dégradation des équipements urbains, etc.Il est probable que, face aux problèmes évoqués HABITAT, les Canadiens se sentent en (heureuse position! Mais le développement selon le modèle [des cercles concentriques, extrêmement (accentué au Québec depuis la Révolution (tranquille, juxtaposé au fait que cette (période s'est accompagnée d'une centrali-(sation poussée des services communautaires iautrefois distribués à l'échelon de la paroisse (services hospitaliers et scolaires), ainsi que la disparition effective du rôle de cette «paroisse» font qu'à Montréal, plus que partout ailleurs, la ville a perdu en peu d'années son caractère «humain».Certains quartiers de New York ont su conserver, au cœur même de la ville, un aspect de village.C'était aussi vrai de Montréal il y a quinze ans, et ça l'est encore de Québec.Pas étonnant que ce thème de la vie de quartier, des «petites patries» ait été le thème fondamental de l'opposition au maire Jean Drapeau lors de la dernière élection municipale de Montréal.Mais encore une fois, nous sommes dans un pays où le développement urbain n'est pas planifié.Il est le produit d'un processus de concurrence, de conflits, d'accommodation ou de coopération d'une pléiade de groupes, d'individus, d'entreprises, ou d'autorités politiques.Alors que les seuls moyens efficaces d'empêcher ce «développement sauvage» passent, aux yeux des planificateurs du moins, par une gestion centralisée qui permet de tenir compte de tous les aspects (il n'est pas tout d'interdire une démolition, encore faut-il identifier un espace alternatif pour éditeur officiel du québec Ce n'est pas une solution Déménager n'est pas une solution pour les moins nantis: démolitions et ((politiques» de construction domiciliaire ont rendu quasi-impossible le logement à prix raisonnable, et créé une pénurie.l'établissement de l'entreprise ou de la tour à bureaux, et planifier l'acheminement des services vers cette nouvelle aire), les citoyens optent de plus en plus vers un pouvoir décentralisé, un retour aux paroisses en quelque sorte.Une enquête effectuée auprès de 1 000 habitants de Boston a révélé, rappelle Lloyd Axworthy, de l'Institut d'études urbaines de l'Université de Winnipeg, que le problème le plus grave que leur pose la vie en ville n'est pas la pénurie de logements, ni la pollution, ni la criminalité, mais plutôt la perte d'appartenance sociale.Toute gestion rationnelle de la croissance urbaine au Canada rencontrera donc de plus en plus cette opposition de la base.Tous les symposiums préparatoires à Habitat, à travers le pays, ont mis en évidence cette réalité, pourtant ignorée du rapport Lithwick (mars 1970, pour le compte du gouvernement fédéral) ou du rapport Castonguay (mars 1976, pour le compte du gouvernement québécois), qui n'ont rien proposé sur le plan de la décentralisation administrative.Si, dans le domaine du logement, l'application des solutions requiert des interventions radicales que notre régime politique est réticent à poser, dans le domaine de la gestion urbaine, les solutions passent par une participation des citoyens qui, eux, ne seront pas présents à Habitat.Car cette conférence, si pratique qu'elle soit, réunira des planificateurs, des concepteurs et des politiciens.Les villes canadiennes, elles, continueront à vieillir sous de toutes autres influences.Bibliographie L'urbanisation au Québec.rapport du groupe de travail sur l’urbanisation (rapport Castonguay), Éditeur officiel du Québec, Québec, février 1976 Habiter au Québec, rapport du groupe de travail sur l'habitation (rapport Legault), Éditeur officiel du Québec, Québec, mars 1976 Perceptions 7, étude sur la population et la technologie: Croissance démographique et problèmes urbains.Conseil des sciences du Canada, Information Canada, Ottawa, novembre 1975 Barbara Ward, L'Habitat de l'homme, Éditions La Presse, Montréal, 1976 G.Bauer et J.-M.Roux, La rurbanisation ou la ville éparpillée.Le Seuil, Paris, 1976 juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE .1.:¦¦¦ MMM * fWm** • ••• •• fi ¦¦ mmüst Hj&SXjj&t&LXX**-r: - \.X£.‘S, ^.—>-T—-‘•- jf—n- - -ir-r-r" ^—ftr -^-an:- U.S.air force WMâ %: îîg;L ¦¦ .‘mvfjÿ.msssf.•.***{< 'ra rrsteaafSi, ¦X - i PME •âfîwfc r-r •• MÜi- 17 SCÉNARIO POUR UNE APOCALYPSE La vision scientifique d’un après-guerre par Fabien Gruhier Selon le quotidien Washington Post, la banque centrale américaine a installé en Virginie, et sous bonne garde, le plus gigantesque coffre-fort que la planète Terre ait porté: une réserve de plusieurs milliards de dollars en argent liquide.Plus encore que son montant astronomique —une telle quantité de billets n'aurait jamais été rassemblée nulle part ailleurs— la destination de ce magot a de quoi étonner: il servirait, le cas échéant, aux survivants d'une guerre nucléaire! Un «trésor de paix» pour lendemains d'apocalypse en quelque sorte.Comme les responsables des finances américaines ne passent pas pour des spécialistes de l'humour -fût-ce de l'humour noir— il faut croire que les éventuels rescapés auraient besoin d'argent.Ceci suppose en outre qu'il resterait quelque chose à acheter dans un monde dévasté, vitrifié et pourri de radioactivité.Et surtout que la monnaie de papier y conserverait sa valeur.Une telle précaution, aussi généreuse qu'elle paraisse, représente donc d'abord un audacieux pari sur la solidité du système économique américain.On aurait le droit d'en rire si toute accoutumance et toute préparation à l'idée de l'horreur nucléaire ne risquait peu ou prou de la précipiter.Or, l'idée commence à se répandre qu'une guerre nucléaire, eh bien!.on n'en mourrait pas.Ou du moins, on n'en mourrait pas tous.«La biosphère et l'espèce Homo sapiens survivraient-elles?La réponse de notre Commission est: oui!», écrit Philip Handler, en préface à un récent rapport publié sous sa direction par l'Académie nationale des sciences américaine.La Commission en question a examiné les effets planétaires à long terme de la mise à feu d'une moitié du stock de bombes nucléaires et thermonucléaires détenu actuellement dans les arsenaux.Soit l'équivalent en énergie explosive de 10 milliards de tonnes de TNT (tri-nitrate de toluène, le plus puissant explosif chimique connu, et qui sert de référence pour mesurer les champignons de la nouvelle «variété» née à Hiroshima en 1945).LES «EFFETS BOOMERANG» Qu'arriverait-il si ces champignons devaient subitement proliférer dans une gigantesque catastrophe atomique de 10 milliards de tonnes de TNT?«Nul rapport ne saurait décrire l'énormité, la suprême horreur qui s'abattrait sur les régions cibles», admet Philip Handler.Mais ce n'était pas l'objectif de sa Commission, qui s'est penchée sur le sort global de la planète après un tel feu d'artifice: exception faite des pays directement visés —ou atteints— que deviendraient tous les autres?Dans quelle mesure seraient-ils affectés par la propagation du phénomène?Établi par les plus éminents spécialistes des disciplines concernées, le rapport américain dresse une synthèse, passant en revue et évaluant l'ensemble des impacts prévisibles sur l'écosystème, sur l'homme et sur la descendance des survivants.Puisque survivants il y aurait, ce qui constitue la première et la plus importante conclusion annoncée par la Commission.Non sans quelques réserves, afin que les futurs survivants ne se réjouissent pas trop vite: les modèles mathématiques généraux décrivant la haute atmosphère indiquent que la plus grande partie de la radioactivité libérée par les explosions retomberait à proximité.Mais on doit compter avec le hasard qui ne fait pas toujours si bien les choses: les courants stratosphériques, capricieux et imprévisibles dans le détail, pourraient concentrer des nuages de radioactivité qui, dans une atroce loterie céleste, s'abattraient sans raison particulière sur tel oi>tel pays éloigné.Voire sur celui qui aurait lancé les bombes.Autre éventuel «effet boomerang»: dans une guerre atomique mondiale, le 18 juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE continent nord-américain serait quasi automatiquement visé puisqu'il abrite l'une des deux seules super-puissances nucléaires.Or, ce même continent, véritable grenier à blé de la planète, produit les deux tiers des céréales échangées sur le marché international.Les survivants d'un conflit qui aurait détruit l'Amérique devraient donc renoncer à un appoint de nourriture essentiel.Beaucoup ne seraient que des survivants provisoires.La perspective de cette revanche supplémentaire, indirecte.et non-violente dissuadera peut-être les mangeurs des blés canadiens et américains de nous anéantir.Et le poids stratégique de la «bombe B» —«B» comme blé— sera sans doute de plus en plus déterminant dans un monde surpeuplé.Mais ceci ne nous autorise pas à oublier les bombes H et A, car la furie guerrière ne s'est jamais arrêtée aux arguments rationnels.ON NE MEURT QU'UNE FOIS Revenons donc à la sinistre hypothèse d'une guerre nucléaire de 10 milliards de gilson photos limitée La bombe «blé» La destruction de l'Amérique du Nord, le plus grand fournisseur de céréales de la planète, rendrait la survie des rescapés de la guerre nucléaire encore plus problématique.La famine serait leur lot.tonnes de TNT (10 000 mégatonnes) intervenant dans l'hémisphère Nord qui contient toutes les actuelles puissances nucléaires: États-Unis, URSS, Chine, France, Grande-Bretagne et Inde.Nous ne nous intéressons pas aux zones ravagées, dont il n'y a plus grand-chose à dire sinon que vous devriez changer vos habitudes pour quelques siècles si vous aviez coutume d'y passer vos vacances.Mais les explosions ont eu lieu dans l'atmosphère qui ignore les frontières.Plus une bombe est puissante, plus ses «cendres» pénètrent la haute atmosphère et entrent dans la stratosphère.Or, celle-ci se caractérise par son calme: elle ignore les courants, les brassages verticaux, les pluies qui agitent et nettoient les couches basses.Les produits radioactifs qui y sont injectés ont donc toutes les chances d'y demeurer suspendus beaucoup plus longtemps que dans la basse atmosphère.Et de s'éparpiller davantage autour du lieu de l'explosion lors de la retombée, car la stratosphère connaft par contre des courants horizontaux.C'est à la fois un inconvénient (contamination de zones plus vastes) et un avantage: plus les déchets séjournent longtemps dans l'atmosphère, et plus leur radioactivité a décru au moment où ils regagnent le sol.Il s'ensuit que 2 bombes de 5 mégatonnes n'ont, de ce point de vue, pas le même effet que 10 bombes d'une mégatonne (Mt).Dès lors, comment prévoir la distribution de la radioactivité consécutive à une guerre de 10 000 Mt au total?Les spécialistes américains ont retenu une hypothèse «raisonnable», basée sur la répartition des diverses puissances de bombes figurant dans les stocks: «notre» guerre a comporté 500 à 1 000 explosions de 10 à 20 Mt et 4 000 à 5 000 explosions de 1 à 2 Mt.Peu importent les points de chute, puisqu'il s'agit toujours de l'impact atmosphérique global.Ces sites d'explosions ont subi, aussitôt la guerre finie, des averses radioactives contenant toutes les cendres envoyées dans la basse atmosphère.Rien là de bien gênant: on ne meurt qu'une fois! Quant à la dose de radioactivité qui est entrée dans la stratosphère —et qui menace la planète entière— elle se calcule aisément moyennant quelques approximations sur les limites de cette stratosphère, qui fluctuent avec les lieux considérés et la saison: on doit s'attendre à une «pluie» moyenne totalisant environ 40 milliards de becquerels de strontium-90 et 110 milliards de becquerels de césium-137 par kilomètre carré, dans toutes les latitudes moyennes de l'hémisphère Nord.Nous verrons plus loin ce que signifie cette radioactivité pour les survivants que nous sommes, mais voyons d'abord la définition du becquerel: quantité d'un corps radioactif qui donne lieu, en moyenne, à une désintégration par seconde.Telle est la radioactivité de 2,7 X 10~*1 gramme de radium.LE STRONTIUM S'INSINUE INCOGNITO Cette pluie sûrement malfaisante durera plusieurs années, mais les deux tiers du total auront atteint le sol en une année.La raison pour laquelle les latitudes moyennes —donc tempérées— de l'hémisphère Nord auront le douteux privilège de cet arrosage est fort simple: la radioactivité de la stratosphère, après une dissémination horizontale, contaminera la basse atmosphère par de lents échanges gazeux et par gravité.Elle sera alors soumise aux phénomènes météorologiques et évacuée par les pluies.Mais les pluies concernent surtout les zones tempérées qui en tirent précisément leur fertilité agricole et leur haute densité de population.Les retombées à long terme et à longue distance affecteront donc les cultures et les hommes de toute la «ceinture verte».D'abord et surtout dans l'hémisphère Nord, théâtre de la guerre, mais aussi dans l'autre: c'est également la ceinture verte tempérée qui, pour les mêmes raisons météorologiques, aura droit aux retombées distribuées par la stratosphère.Toutefois, l'hémisphère Sud recevra trois fois moins de strontium-90.Pourquoi mentionner spécialement le strontium?Il constitue le principal déchet à longue durée de vie (la moitié du stock initial n'aura disparu qu'après 28 ans).Or, les cendres radioactives qui ont transité par la stratosphère ont eu le temps de se débarrasser des radioéléments à courte période, disparus avant le retour au sol.Reste surtout ce strontium.Malheureusement, ses propriétés chimiques le font ressembler de très près au calcium.Au point que les organismes vivants ne font pas la différence.Résultat: il s'insinue incognito dans la chafne alimentaire, en commençant par le lait, usurpant l'identité du calcium.On le retrouve finalement dans les os où il continuera très longtemps d'être radioactif et d'irradier dangereusement les tissus, de l'intérieur.En tout cas, nous voici prévenus: en tant que rescapés d'une guerre nucléaire de 10 000 Mt, il va falloir s'habituer à vivre avec 40 milliards de becquerels de strontium-90 par kilomètre carré.En moyenne.Car, précise le rapport de l'Académie nationale des sciences américaine, la répartition de cette radioactivité ne sera pas uniforme, et la dose pourra se doubler, se tripler ou se décupler de façon aléatoire en «hot spots» sur des régions plus ou moins étendues.Avant de chercher à savoir s'il est réaliste d'espérer subsister dans ces conditions, passons en revue les autres effets atmosphériques —car il y en a d'autres— de la guerre qui vient de s'achever.LE JEU DE L'OZONE ET DES POUSSIÈRES L'explosion nucléaire délivre en effet suffisamment de chaleur pour «caraméliser» l'atmosphère, composée d'oxygène et d'azote, en brûlant une petite partie de ce dernier.Des explosions de 10 000 Mt produiraient, outre la radioactivité, 5 milliards de tonnes d'oxyde d'azote (NO).C'est entre 5 et 50 fois plus (on ne sait au juste) que la quantité d'oxyde d'azote 1UÉBEC SCIENCE / juin 1976 19 m ill ni l 1 Un maillon de la chaîne Un des déchets radioactifs d'une explosion nucléaire, le strontium-90, ressemble tellement au calcium qu'il s'insinuerait dans notre chame alimentaire en commençant par le lait et jusque dans nos os.2 Le végétarien n'aura plus le choix A part le maïs et le soja, très résistants aux ultraviolets, les plantes potagères telles que pois, haricots, tomates, laitues, oignons.grilleraient sous la lumière solaire non filtrée par l'ozone.présente dans la stratosphère à l'état naturel.Or, l'oxyde d'azote attaque et détruit la couche d'ozone qui nous protège des rayons ultraviolets solaires.Ce risque d'une destruction de l'ozone par l'oxyde d'azote est même l'un des principaux arguments sur lesquels s'appuient les adversaires de l'aviation supersonique (voir Québec Science, juillet-août 1973).Pourtant, les plus farouches ennemis de «Concorde» ne craignent qu'une égratignure du bouclier d'ozone: les avions ne sauraient qu'augmenter légèrement la teneur naturelle en oxyde d'azote de la stratosphère.Que dire d'une guerre nucléaire qui la multiplierait par 5, 10 ou 50?En se basant sur des modèles mathématiques dont elle reconnaft le caractère incomplet et simpliste par rapport à la réalité complexe des phénomènes atmosphériques, la Commission américaine estime que la couche d'ozone serait détruite à 30-70 pour cent au-dessus de l'hémisphère Nord, et à 20-40 pour cent au-dessus de l'hémisphère Sud.Elle postule d'autre part que le taux naturel de réparation de ce filtre protecteur n'atteindrait que 60 pour cent après 2 à 4 ans environ.Ce n'est pas tout: notre guerre a en outre envoyé dans l'atmosphère 10 à 100 millions de tonnes de poussières.Des poussières qui, radioactives ou pas, mangeuses d'ozone ou pas, ont comme toutes les poussières l'inconvénient de faire écran à la lumière.10 à 100 millions de tonnes, c'est, estime-t-on, à peu près la quantité de débris émise par l'éruption du volcan de l'fle Krakatoa (Indonésie) en 1883.De quoi réduire pendant un à trois ans et de quelques pour cent l'ensoleillement reçu au sol.Là encore, on ne dispose que de modèles mathématiques très simplistes.Ceux-ci prévoient une baisse de quelques dizièmes de degré Celsius de la température terrestre moyenne.Un vrai désastre: diminution de la saison agricole, dont la durée est déjà critique dans de nombreux pays.D'ailleurs, la machine climatique, si inextricable et si mal comprise aujourd'hui encore, pourrait très bien se détraquer complètement pour beaucoup moins que cela: outre son importance comme filtre à ultraviolets, la couche d'ozone joue un rôle primordial dans la régulation thermique de l'atmosphère.Son amputation, conjuguée avec les millions de tonnes de poussières insufflées dans les cieux, représente un risque absolument imprévisible.Aussi un «bouleversement climatique majeur et global» n'est-il pas exclu par le rapport de l'Académie nationale des sciences, qui recommande notamment des recherches plus poussées sur l'oxyde d'azote stratosphérique.LE PARAPLUIE ET L'AVERSE Mais les dégâts enregistrés par l'atmosphère ne nous intéressent que dans la mesure où ils se répercutent sur l'écosystème et en fin de compte sur l'homme.Il va sans dire que cette répercussion a bel et bien lieu: aussi mince que la peau d'une pomme si on compare son épaisseur au rayon de la Terre, l'atmosphère est une membrane qui règle tous les flux d'énergie entre la planète et l'univers, et qui assure un grand nombre de fonctions chimiques vitales: contrairement à une pomme, nul tronc nourricier n'alimente notre planète qui doit se débrouiller toute seule à travers son atmosphère.La Terre se compose en fait de trois écosystèmes interdépendants qu'il est commode d'examiner séparément: l'écosystème terrestre naturel, l'écosystème artificiel géré par l'homme, et l'écosystème aquatique.Dans les trois cas, les perturbations atmosphériques dont on peut attendre d'importants effets sont la radioactivité, l'augmentation des rayonnements ultraviolets et les modifications climatiques.Selon la Commission américaine, entre une semaine et 30 ans après la fin du conflit nucléaire, toutes les plantes recevront en moyenne un total de 0,02 gray de radioactivité.Contrairement au 20 juin 1976 / QUÉBEC SCIENCEpBt£Sl Le mangeur d'ozone L'effet des avions supersoniques tels que le Concorde sur la couche d'ozone, est minime comparativement à la destruction de l'ozone qu'entrafnerait une guerre nucléaire.becquerel déjà rencontré, le gray ne s'applique pas au rayonnement déversé dans l'environnement, mais —notion tout à fait différente— à celui effectivement reçu par un matériau cible: un corps a absorbé un gray lorsqu'une quantité d'énergie d'un joule a été dissipée dans chacun de ses kilogrammes.En d'autres termes, le becquerel est l'unité de l'arroseur, le gray est celle de l'arrosé.Pour ce dernier, il importe plus de connaftre l'étanchéité de son parapluie que l'intensité de l'averse.Il importe surtout de connaftre le degré de nocivité du fluide qui s'abat sur lui.Or, si la plupart des plantes apprécient l'eau de pluie, leur sensibilité à la radioactivité varie énormément selon les espèces, par un facteur de 1 à 5 000, les plus sensibles étant les mousses et les lichens.Néanmoins, les experts semblent optimistes: d'après les résultats dont on dispose, obtenus en laboratoire, et sauf exceptions très localisées dans les «hot spots», la végétation du globe devrait supporter sans trop de problème ces 0,02 gray d'arrosage moyen.Même chose pour la faune: «Les dommages infligés aux animaux par les radiations n'auraient probablement aucune conséquence significative à long terme pour leur survie ou leur bien-être.» Il s'agit d'irradiation externe.Reste à prendre en compte l'irradiation interne, par le biais de la chafne alimentaire —plantes radioactives mangées par des animaux mangés à leur tour par d'autres animaux, etc.Là encore, les conclusions des scientifiques se veulent grosso modo rassurantes.Des processus de concentration existent.Ainsi, la teneur en césium-137 (radioactif) double à chaque étape de la chafne lichen-caribou-loup.Mais c'est là une exception, car, pour la plupart des autres radioéléments constituant les retombées, l'effet de concentration est ou bien peu marqué, ou bien insuffisant pour aboutir à des niveaux menaçant réellement la survie des espèces.Sauf dans les écosystèmes où les mousses et lichens prennent beaucoup d'importance (toundra et tafga nordiques).UN SUPPLÉMENT DE 650% Une chute de la température moyenne de l'ordre d'un degré Celsius ne devrait pas non plus se solder par une altération irréversible des écosystèmes terrestres naturels: cette baisse thermique, associée à la présence de poussières stratosphériques retombant progressivement au sol, ne durerait pas.En attendant le complet nettoyage de l'atmosphère, les effets temporaires éventuels seraient du même ordre que ceux dus aux fluctuations climatiques normales.Les chercheurs semblent nettement moins optimistes à propos du supplément d'ultraviolets consécutif à la destruction partielle de l'ozone.En fait de supplément, on pourrait observer une augmentation de 650 pour cent du flux de ces rayons! On manque malheureusement de données expérimentales pour évaluer l'influence d'un tel supplément.On sait pourtant que les ultraviolets inhibent la croissance des plantes, accélèrent les mutations cellulaires, diminuent le rendement de la photosynthèse et modifient le comportement des insectes transporteurs de pollen, indispensables à ce titre pour la reproduction végétale.On peut d'ailleurs craindre que des espèces végétales ou animales aient déjà atteint, dans les conditions actuelles, la limite de leur tolérance aux ultraviolets.Une intensification de ceux-ci «doit être considérée comme une menace pour la survie de certaines espèces, et par conséquent de l'écosystème tout entier», reconnaft l'Académie nationale des sciences.D'autant qu'à la faveur d'une guerre nucléaire, la destruction de l'ozone et l'«inondation» ultraviolette subséquente se produiraient presqu'instantanément.Donc pas question d'espérer une adaptation de ['écosystème à un événement aussi soudain.A défaut d'informations plus pertinentes, le rapport américain esquisse toutefois un parallèle avec les dommages des radiations ionisantes (radioactivité et rayons X) pour lesquels les écosystèmes manifestent certaines facultés de réparation spontanée.Jusqu'à preuve du contraire, rien n'interdit de supposer que le même phénomène de réparation jouerait vis-à-vis de l'ultraviolet: l'espoir fait vivre.LES VACHES AIMENT L'OMBRE Pour cet écosystème artificiel orchestré par l'homme qu'est l'agriculture, les ultraviolets constituent également la plus inquiétante conséquence de la guerre atomique: quelques plantes (mais et soja par exemple) présentent une résistance élevée à ce type de rayonnement, mais les pois, haricots, tomates, betteraves à sucre, laitues, oignons, etc.appartiennent aux espèces les plus fragiles de ce point de vue.De tels végétaux seraient littéralement grillés sur pied et détruits par la lumière solaire en l'absence du filtre d'ozone.Quant au bétail à robe claire, il faudrait s'attendre à le voir conta® caii(W,!t sontmiM dynyom en temps t Leconp lest;?:» atutjtion, (ozone sr fewer ini lient semble-t-ii, senournii On [(trou: per litre de années de diminuerai années dur lait.Ondi fatréme attuellemi Périodes di le tas eu le nudéaire- Piquele seraient co Ons'Mtiti n'aurait pa Audi faudrait cc commune kiUunpe Mations Wains vii Mations Pedoisàl ^niïirul K disposa fj'>èn O'oillacr; sttsurlei ^ Propic 21 SCIEN leit 191, QUÉBEC SCIENCE / juin 1976 contracter des maladies de peau, tumeurs, cancers, etc.On sait aujourd'hui que les organismes animaux disposent de mécanismes de réparation vis-à-vis des dommages causés par les ultraviolets.Ces mécanismes sont mobilisés en permanence par les effets du rayonnement qui traverse l'atmosphère en temps normal, et la survie s'obtient au prix d'un équilibre entre les rythmes de détérioration et de régénération des tissus.Le comportement du bétail, qui recherche systématiquement les ombrages durant les périodes de fort ensoleillement, laisse supposer que ses défenses naturelles contre les rayonnements arrivent facilement à saturation.Une destruction massive de l'ozone stratosphérique risque donc de s'avérer insupportable pour ces animaux.Là encore, la radioactivité poserait, semble-t-il, moins de problèmes: les vaches te nourriraient de fourrage contaminé, et m retrouverait 40 becquerels de strontium par litre de lait durant les trois premières années de l'après-guerre.Cette teneur diminuerait ensuite pour se stabiliser, des années durant, à 7 becquerels par litre de lait.On dépasserait ainsi, mais de très peu, l'extrême limite des niveaux jugés actuellement tolérables.Dans les graves périodes de crise —et ce serait assurément e cas au lendemain d'une guerre thermonucléaire— on ne peut se permettre de faire la fine bouche.Ce qui incite les rédacteurs du rapport américain à «supposer qu'en pratique le lait et les aliments en général seraient consommés, et non mis au rebut».On s'habitue à tout.ou du moins, on n'aurait pas d'autre choix que d'essayer.Au dire de nombreux généticiens, il faudrait compter avec un autre danger, sans commune mesure avec celui de boire du lait «un peu strontié»: soumis à des radiations ionisantes de très forte intensité, certains virus pathogènes subissent des mutations profondes qui aboutissent parfois à la création d'espèces particulièrement virulentes contre lesquelles les plantes ne disposent d'aucune résistance.Ce phénomène a été observé en laboratoire.D'où la crainte que de tels virus apparaissent sur les lieux des explosions, milieu très propice car extraordinairement ta# lies 11# Une économie à toute épreuve?D'après les chercheurs américains, seul leur système économique pourrait résister aux effets des explosions nucléaires.radioactif, pour ensuite se propager et ravager entièrement tel ou tel type de culture.Cette hypothèse fait l'objet de vives controverses parmi les spécialistes.LES SEUILS «ADMISSIBLES» À côté de cela, un léger refroidissement du climat, imputable au déversement de poussières dans la haute atmosphère, semble peu de chose.Prenons-y garde: «Une baisse d'un degré Celsius éliminerait la culture commerciale du blé au Canada», avertissent les experts américains.Dans les pays à longue saison agricole, un tel rafrafehissement pourrait par contre se solder par un accroissement des rendements (10 pour cent de plus pour une baisse d'un degré Celsius de la température maximum moyenne).Quant à l'impact de cette chute de température sur les animaux de ferme, il est imprévisible.Sauf une éventuelle amélioration de la production laitière d'été: le lait contiendrait du strontium, mais on en récolterait davantage! De toute manière, il y aura toujours sur Terre beaucoup moins de lait que d'eau de mer: les océans recouvrent les trois quarts de la surface du globe, et l'écosystème aquatique recueillerait la plus grande partie des retombées.D'autant que, par le biais de l'érosion, les fleuves apporteraient à la mer une partie de la radioactivité tombée sur les continents.Néanmoins, après une guerre nucléaire, les teneurs en radioéléments des océans demeureraient inférieures aux seuils actuellement jugés «admissibles» pour les rejets volontaires de déchets radioactifs au large.Cette radioactivité diluée dans la colossale masse océanique manifesterait évidemment une certaine tendance à se propager et à se concentrer au long de la chame alimentaire marine.Des modèles mathématiques décrivent ce cheminement jusqu'à l'homme.Mais ces modèles demeurent très imparfaits: dans la réalité, les coefficients de transfert et de concentration d'une espèce à l'autre varient en fonction d'un très grand nombre de paramètres.Comme varient les habitudes alimentaires humaines vis-à-vis des produits de la mer.On avance toutefois les résultats de certains calculs: les doses ainsi absorbées par l'homme resteraient «en général» très inférieures à celles qu'il ingurgite du fait de la radioactivité naturelle (moins de 2 pour cent de cette «alimentation» radioactive naturelle, concluent, non sans quelques réserves, les membres de la Commission).Les organismes aquatiques, quant à eux, devraient supporter un supplément d'irradiation qui doublerait le niveau naturel.Ce qui, estime-t-on, ne saurait remettre globalement leur existence en question.Pas plus que le léger refroidissement du climat ou la «douche» ultraviolette.Le rapport précise pourtant que «de nombreuses espèces aquatiques ne semblent disposer que d'une faible réserve de tolérance à l'ultraviolet solaire».Autant avouer que les poissons ou le plancton «nagent» malgré tout en pleine incertitude quant à leur sort d'après-guerre.KILO DE PLUME ET KILO DE PLOMB Et l'homme dans tout cela?Atout seigneur, tout honneur, et il nous faut introduire une troisième unité de mesure de la radioactivité, spécialement créée pour lui: le «Rôntgen equivalent man» ou rem.Il s'agit en fait du gray, corrigé d'un coefficient lié au rayonnement considéré: lorsqu'on le reçoit sur la tête, un kilo de plumes ne ressemble pas du tout à un kilo de plomb.De même, à énergie égale, les dégâts infligés aux tissus par la radioactivité dépendent de sa nature.Le gray ne suffit donc pas à exprimer des dommages que l'on a tout intérêt à savoir chiffrer aussi exactement que possible.Au cours des 30 ans qui suivraient les détonations de 10 000 Mt, l'individu survivant dans l'hémisphère Nord recevrait en moyenne un total de 4 rems (et 3 fois moins dans l'hémisphère Sud).Comme chacun de nous absorbe déjà, en moyenne annuelle, 0,1 rem de radioactivité naturelle et 0,05 rem de radiographie médicale —soit 0,15 rem par an et 4,5 rems en 30 ans— la guerre aurait pour effet à long terme de doubler approximativement (8,5 rems au lieu de 4,5) notre dose individuelle statistique.Nul n'est en mesure aujourd'hui de décrire avec certitude les conséquences d'un tel supplément.En se basant sur des extrapolations très contestables et très contestées (résultats expérimentaux acquis en laboratoire en irradiant très fortement des animaux cobayes), on estime qu'un accroissement de 2 pour cent des morts par cancer en résulterait.Ajoutons-y une augmentation des cancers de la peau, due au rayonnement ultraviolet.Augmentation qui se situerait entre + 10 et + 200 pour cent selon le taux de destruction de l'ozone.On devrait craindre en outre les effets toxiques d'un très fort excès de vitamine D, substance qui naft dans les tissus où elle est précisément créée par les ultraviolets.Enfin, tous ces malades ne devraient pas s'attendre à être bien soignés dans un monde bouleversé, aux services médicaux saturés et désorganisés.603275 22 juin 1976/ QUÉBEC SCIENCE Mer contaminée Circulant à travers les eaux de ruissellement, les rivières et les fleuves, toute la radioactivité engendrée par une guerre nucléaire aboutirait à la mer, contaminant ainsi les organismes qui y vivent.Heureusement, et contrairement aux champs de céréales, l'homme aura toujours le loisir d'aller se mettre à l'ombre pour échapper à la douche solaire.On pourrait pronostiquer une croissance fulgurante des ventes de parasols.Mais le rayonnement solaire ne saurait de toute façon attaquer que la peau.Il n'en va pas de même de la radioactivité pénétrante —contre laquelle on trouverait difficilement des parasols efficaces— et qui attaquerait le matériel génétique des survivants.Dans quelle mesure leurs descendants seraient-ils ainsi affectés?On doit de nouveau recourir à des hypothèses et extrapolations plutôt aléatoires.Quelques-unes optimistes, d'autres exagérément pessimistes: les chercheurs ont par exemple supposé que la dose de 4 rems (en 30 ans) serait intégralement reçue avant procréation.Ceci revient à supposer que les futurs parents attendraient patiemment la totalité de «leur» dose.Or, le contraire aurait probablement lieu: on se hâterait de «faire» ses enfants avant d'avoir des cellules génitales complètement ravagées.Néanmoins, même en attribuant la totalité des retombées à la première génération avant procréation, on ne prévoit qu'une faible recrudescence des maladies génétiques: de 6,01 à 6,10 pour cent des nouveaux-nés au lieu des 6 pour cent actuels.Soit 100 à 1 000 malades génétiques de plus pour chaque million de naissances.Et ceci pendant 30 générations.La fin du monde La guerre nucléaire, selon les scientifiques américains, ne constituerait pas la fin du monde.L'homme et la biosphère survivraient.Ça ferait quand même beaucoup de monde à la longue.Pas assez pour empêcher la Commission américaine d'écrire: «Sans porter de jugement de valeur, il est clair qu'un accroissement de cet ordre ne menace pas l'aptitude à la reproduction de l'espèce humaine.» Cette dernière serait néanmoins bien inspirée de ne pas s'offrir trop souvent le luxe d'une apocalypse.Bibliographie Long-term worldwide effects of multiple nudear-weapons detonations, Printing and Publishing Office, National Academy of Sciences, 2101 Constitution Avenue, NW, Washington, DC 20418 Science et guerre, Impact, science et société, vol.26, no 1/2, janvier-avril 1976, Les Presses de l'Unesco, Paris £CSCIEIici QUÉBEC SCIENCE / juin 1976 23 POUR , , UNE SOCIETE DE CONSERVATION Conseil des sciences du Canada * *¦ ¥ - .v -•Vfeav.- **• juin 1976/ QUÉBEC SCIENCE COMITÉ de la SOCIÉTÉ DE CONSERVATION auprès du CONSEIL DES SCIENCES DU CANADA Président Mme U.Franklin (à partir de décembre 1975) M.J.A.Pollock Gusqu’à décembre 1975) Membres M.G.Filteau Mme U.Franklin M.R.T.Ide M.J.A.Pollock Cadres scientifiques M.AJ.Cordell M.R.W.Jackson M.J.A.Potworowski (à partir de juin 1975) Conseil des sciences du Canada Président : M.J.Kates Vice-président : Dr C.Fortier Directeur général : M.JJ.Shepherd Directeur de la recherche : M.R.D.Voyer Secrétaire du Conseil : M.B.L.Edwards POUR UNE SOCIÉTÉ DE CONSERVATION : UNE PREMIÈRE RÉFLEXION L’exposé qui suit trace les grandes lignes de ce qui pourrait être une société de conservation, après en avoir montré la nécessité.Il concrétise les opinions du Comité de la société de conservation, sans toutefois constituer une déclaration du Conseil des sciences lui-même.Le Comité espère que l’expression de ses préoccupations en cette matière stimulera le débat public.Il accueillera avec plaisir les réactions des lecteurs, dont les opinions et points de vue particuliers lui permettront d’élaborer un rapport final plus complet.Ce dernier, pas plus que l’exposé actuel, ne peut décrire la société de conservation dans tous ses détails.Le Comité estime que la société canadienne effectuera une transition graduelle entre économie de gaspillage (société de consommation), et économie d’épargne (société de conservation), grâce aux décisions et aux actions multiples de ses membres.C’est dans cet espoir que le Comité présente cet exposé : il inspirera certaines décisions, en justifiera d’autres, et, le Comité l’espère, jettera les bases d’un vigoureux débat public.Ursula Franklin, Présidente du Comité de la société de conservation. I QUÉBEC SCIENCE / juin 1976 25 La société qui nous entoure est une société industrielle évoluée.Nous avons éminemment réussi à accroître la producti-I vité, et nous avons réduit l’effort humain contribuant à la produc-| tion; en conséquence, nos immobilisations se sont accrues très rapidement, particubèrement au cours des trente dernières années.En termes d’économique, on dirait que le rapport entre travail et capital a diminué.Peu à peu, notre secteur industriel, qui visait à satisfaire les besoins fondamentaux de la société, s’est orienté vers la satisfaction de plus en plus coûteuse d’appétits de plus en plus extravagants.Nous croyons que notre société industrielle peut nous exaucer, et nous donner des satisfactions que les relations interpersonnelles permettent sans doute d’atteindre beaucoup mieux.Nous nous sommes peu à peu persuadés que la production et la consommation pouvaient constituer les raisons de vivre de notre collectivité.L’agitation stérile et l’obsession de croissance qui caractérisent notre société persisteront peut-être quelque temps, mais nous commençons à nous rendre compte qu’il doit y avoir des limites à leur exagération.Les processus de croissance, qu’ils soient biologiques ou sociaux, atteignent un paher à un moment donné, soit que l’ambiance leur devienne défavorable ou que les approvisionnements se ralentissent, soit que le capital manque ou que les consommateurs soient repus, soit que les déchets deviennent gênants ou que la complexité croissante des interactions sociales engorge les échanges.L’impression se répand, et les preuves confirment, que les nations industrialisées ont atteint cette phase de leur évolution.Il serait simpliste de s’appuyer sur une analogie biologique pour élaborer les lignes de conduite d’une société moderne et complexe, dans tous ses aspects et en tous points du Canada.I Cependant, il semble que notre société va vivre une époque de transition, au cours de laquelle bien des façons de faire seront modifiées.La croissance aveugle, sans rime ni raison, devra être remplacée par une croissance plus raisonnée.On peut décrire ce changement en disant que les Canadiens passent d’une «société de consommation» à une «société de conservation».Nous allons examiner ici quelques traits généraux de cette «société de conservation», comme nous la concevons ! actuellement, afin de mettre au jour les conditions scientifiques et techniques d’une telle transition.L’économie de conception La Société de conservation a pour devise de «faire le plus possible avec le moins possible».C’est là ce qui doit être l’objectif primordial du concepteur ou de l’ingénieur.Le concepteur expérimenté s’est toujours efforcé d’optimiser le rendement et l’utilité des objets qu’il dessinait, en tenant compte des nécessités d’économie.Il a toujours fait grand cas des ressources et des matériaux, particubèrement lorsqu’il pressentait qu’ils pourraient devenir rares, ou indispensables à l’avenir.Dans notre société de consommation actuebe, ces considérations sont souvent écartées, à cause des nécessités de la commerciabsation.La mise en place d’une société de conservation, non seulement nécessiterait la remise à l’honneur d’une conception judicieuse, mais aussi l’élargissement de cette notion pour qu’ebe tienne compte des coûts sociaux, et considère le cadre biophysique comme un système fermé.Ainsi, le critère $ économie ne signifie-t-il pas simplement la réduction des coûts pour le fabricant ou pour l’utüisateur, mais aussi pour notre cadre biophysique.Chaque modèle d’objet devrait être de haut rendement, sûr, fiable, de faible incidence écologique, de consommation énergétique réduite et de faible coût d’entretien; b devrait utüiser les matériaux de façon élégamment économe.On évaluerait l’excebence du rendement en fonction des conditions d’utüisation.Il faudrait donc que l’effort de concep- tion ne dépasse pas les besoins, et tienne compte des préférences et des caractéristiques de l’utibsateur.De même faudrait-il que cet effort soit fait en fonction de la structure de la société et de ses institutions, et qu’il respecte l’utihsateur individuel.Ainsi le concepteur devrait-ü accorder beaucoup plus d’attention à la pobu-tion produite par l’objet qu’il conçoit, et à la récupération des matières premières rares qui seront utüisées dans sa fabrication.Le concepteur devrait s’étayer sur son jugement et ses valeurs morales, sans cependant laisser de côté les conditions de commerciabsation et les diverses obbgations réglementaires.De cette façon, notre cobectivité évitera l’imposition de réglementations tâtibonnes.La prise en considération du cadre biophysique nécessite un nouvel examen des notions de productivité et IIHItt IIIIIIIIIIH iiiriliïl»»l ¦¦¦¦¦riiiiBi gmilSIIIH ainiiuiRBi sHHirriir ¦¦¦¦¦ni»"' .¦¦¦¦¦¦¦¦¦h llllilISBBI 'jV iiiiinnnî&jjé ’ 1 IMEirilSII «M %» CIIUIUKI tnwfï! ¦iiiiiiiia .iiirmrnn imillliii h ¦EUfiilllII «1,(2 ¦iiiiiii’mi immime cmmim ¦¦¦¦¦¦¦¦ni ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ üüiiumn ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ ¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦¦ lllllll mill ¦¦¦II» ¦¦¦!¦¦ ¦¦¦¦¦¦¦ ¦¦¦MIS linn ¦IICBII ¦SEW ¦ ¦¦MI> huh 1118888 EBBBEI ¦Bines mm IIIIIIB mm ¦¦¦un mm lllllll mm iiieiii mm ¦¦¦¦¦¦¦ mm lllllll mm lllllll mm iiiiiin mm lllllll simi minii Bimi IIBIIÜI mm IIIIIIB mm lllllll mm lllllll ISIBlI lllllll mm lllllll linn IIBIIBI min lllllll mm lllllll urns IIIIIIB mm IIIIIIIIIIIIIBBIBB lllllll IIIBII ¦¦¦¦¦Il mm J' mm IIIIIIIIIILII II mm III mm lllllllllllll III mm imiüiiHanei III imii !toui«n »f de :: Lia lalile ou com ptdraii ainsi coi juantiti Ifes?À cause cors: foiïrs; fentcHi due: lentio| Ws maadai 201 nia L'urbanisation ne favorise pas seulement la pollution massive de l'air, mais elle exerce aussi une influence considérable sur l'enveloppe atmosphérique en altérant les conditions normales de température, de précipitation et de vent, pour ne mentionner que ces trois phénomènes fondamentaux qui contribuent pour beaucoup à la qualité de l'environnement.Cette influence a récemment été étudiée par une équipe de spécialistes dirigée par le professeur Landsberg de l'Université du Maryland [The Sciences, vol.15, no 7).La combustion et la climatisation de l'air ne contribuent ensemble que pour 30 pour cent environ de la chaleur du budget énergétique global d'une région urbaine; elles ne jouent donc qu'un rôle secondaire dans la création de ITIe thermique qui sf forme au centre des villes.Le ! grand responsable doit plutôt être cherché du côté des changements superficiels dus à l'intervention de l'homme.À la suite des transformations croissantes de terres cultivables et d'espaces verts en blocs de béton, de briques et d'asphalte, la surface des bâtisses et du réseau routier d'une ville ressemble bien plus à une terre rocailleuse inculte dont l'effet est de modifier brutalement les caractéristiques physiques de l'environnement.C'est ainsi que PL; fc- h- ah - , ' Ce 3^ cr.' heTi' Fois i I%le [j; at (ill lie J,ie ;, 2UÉBEC SCIENCE / juin 1976 le désert de pierres créé par le «génie» deThomme diminue le Douvoir de réflexion des surfaces tout en augmentant Jeurs-conductivité ef capacité thermiques.De plus, le cycle naturel de l'eau est radicalement bouleversé: alors que la terre arable ou forestière retient l'eau comme une éponge, la pluie qui tombe sur une ville est rapidement drainée au loin, diminuant ainsi considérablement la quantité d'énergie dissipée par l'évaporation de l'eau.À cause du faible pouvoir de réflexion des matériaux de construction modernes, la formation de l'fle thermique au centre-ville est en majeure partie due à l'absorption et à la rétention de l'énergie solaire par les murs des bâtisses et le macadam des rues.Les températures superficielles au centre-ville augmentent en fonction de la superficie de l'agglomération urbaine, c'est-à-dire de sa population.Ainsi a-t-on trouvé (au Maryland) que des villes de 20 000 et de 100 000 habitants développaient des Pies thermiques centrales où la température est respectivement de 4 et de 6 degrés Celsius plus élevée que dans la campagne environnante.Ne dit-on pas qu'à New York, on peut frire des œufs sur le trottoir d rant les jours d'été particulièrement chauds?Une certaine proportion de l'air chaud accumulé pendant la journée se perd dans l'atmosphère sous la forme d'une colonne ascendante: mais durant la nuit et en absence de vents, le centre-ville continue néanmoins à enregistrer des températures plus élevées qu'en périphérie.D'autre part, la colonne d'air chaud provoque la formation de brouillards ou de nuages et peut apporter des précipitations locales non pronostiquées par le bureau de imétéorologie, suite à la dissipation d'énergie de ladite fie thermique via le mécanisme de l'instabilité convective.Plus la ville est grande, plus les averses ainsi produites sont intenses et fréquentes.Ce phénomène entrame d'autres conséquences autrement plus graves.Les vagues de chaleur, parfois insupportables même en rase campagne, peuvent devenir «meurtrières» dans la région des Pies thermiques des grandes villes; elles y provoquent une augmentation significative du taux de mortalité.La raison est que le système physiologique de régulation thermique n'est pas encore développé chez les bébés alors que chez les vieillards, il disparaft souvent.Voilà pourquoi, durant la vague de chaleur qui s'était abattue sur la ville de New York en juillet 1966, le taux de mortalité au centre-ville, normalement de 11 décès, a grimpé à 14 ou 15 décès par 1 000 habitants par semaine.Un autre problème typiquement urbain est celui de l'accumulation d'aérosols comme produits de la combustion industrielle, domestique et automobile.L'interaction des particules d'aérosols de divers types avec les colonnes d'air ascendant des fies thermiques aboutit à la création de noyaux de condensation ou, selon le cas, de noyaux de congélation, causant ainsi les diverses formes de précipitations locales: pluie ou grêle en été, neige en hiver.Vu que le «chapeau» d'aérosols couvrant une ville est transporté par le vent à des distances considérables, parfois des centaines de kilomètres, il s'ensuit que cet effet mutuel peut avoir des répercussions importantes sur le microclimat.Au-dessus des grandes villes industrielles, les nuages d'aérosols peuvent deve- nir tellement denses que le soleil s'obscurcit presque en permanencefexemple: Londres).D'autre part, le transport par le vent de particules d'aérosols peut se manifester à des distances énormes; ainsi trouve-t-on sur les glaces de l'Antarctique et du Groenland des traces de plomb qui ne peuvent provenir que des gaz d'échappement des millions de moteurs à combustion interne qui circulent surtout dans les grandes villes de l'Amérique du Nord.Les agglomérations urbaines n'influencent pas seulement la température, les nuages et les précipitations, mais aussi le vent dont la force diminue généralement de 10 à 20 pou r cent en fonction du profil vertical (gratte-ciel) et de l'étendue de la ville.Or, le vent est le principal agent de dispersion de particules polluantes.Cela signifie dès lors que la pollution de la basse atmosphère est plus stagnante, plus permanente, au-dessus des grandes villes qu'en campagne; donc, temps nuageux et «lourd» en ville, brise frafche et temps plus clair dans les régions rurales avoisinantes.On sait par ailleurs que la visibilité et les heures en quête .revue bilingue du ministère fédéral des Communications présente des articles intéressant tous les domaines des télécommunications.Elle vise à familiariser le lecteur avec la situation présente et future des télécommunications au Canada et à l'étranger.Pour figurer sur nos listes de distribution, veuillez retourner la partie inférieure dûment remplie à: EN QUÊTE MINISTÈRE DES COMMUNICATIONS OTTAWA, ONTARIO Kl A 0C8 NOM .ADRESSE O .CODE POSTAL 43 d'insolation ont considérablement augmenté dans les grandes villes situées dans les pays qui ont eu le courage de prescrire par la loi des mesures ayant pour effet de diminuer la pollution de l'air par particules solides en suspension ou par aérosols.On voit que la météorologie urbaine a du pain sur la planche.Son but est de trouver une solution au problème de la pollution atmosphérique, des précipitations et des tempêtes au-dessus et près des immenses villes actuelles et futures.On prévoit qu'en l'an 2000, il y aura une douzaine de monstres urbains avec 20 millions d'habitants ou plus.Ces derniers pourront-ils encore entrevoir la couleur du ciel ou vivront-ils l'enfer sur terre?(J.R.) UNE BALLE DE GOLF DANS LE CIEL Le 4 mai dernier, la NASA lançait un satellite d'un tout nouveau genre sur une orbite rigoureusement circulaire, à une altitude de 5 900 kilomètres.Il fournira des renseignements extrêmement précieux sur les mouvements de la croûte terrestre et des pôles, sur la rotation de la Terre et les «marées» des continents, ainsi que sur la localisation très précise de divers points du globe.La NASA estime qu'il pourra transmettre les informations désirées pendant une période de 50 ans environ, mais qu'il restera en orbite pendant plus de 8 millions d'années.Ce satellite appelé LAGEOS ( LAser GEOdynamic Satellite) est une sphère pleine et lourde en aluminium (le centre est en bronze), ayant un diamètre de 60 centimètres et pesant 411 kilogrammes.Contrairement aux autres satellites placés en orbite jusqu'à présent, le LAGEOS ne contient ni parties mobiles ni circuits électroniques à l'intérieur.Cependant, la surface de cette boule «passive» M Ét SKHSaaflhw&OQWfflfl! ; "vi’-.'iSwfto :•: 44 est couverte de 426 prismes tridimensionnels, en quartz synthétique (silice pure fondue).L'apparence de l'ensemble fait penser à une immense balle de golf.Ces prismes agissent comme rétro-réflecteurs; indépendamment de l'angle de réception, ils réfléchissent et retournent à leur source les faisceaux intermittents de rayons laser qui leur parviennent des stations terrestres de la NASA.Au moment de quitter l'émetteur, chaque impulsion émise actionne un mécanisme d'horlogerie qui mesure avec une très haute précision le temps écoulé entre le départ du signal laser et son retour à la station d'envoi.Connaissant le temps, on peut alors calculer la distance exacte entre la station et le satellite et, s'il y a lieu, évaluer juin 1976 / QUÉBEC SCIENCE corrélations avec d'autres phénomènes dynamiques.On a déjà prouvé par des méthodes modernes de télémétrie que la «dérive des continents» (selon la théorie de Wegener) se fait effectivement à la vitesse de quelques centimètres par année.Or, cette dérive n'est pas sans créer d'immenses tensions internes, particulièrement dans les environs des grandes failles géologiques le long desquelles se situent les plus importantes régions périodiquement secouées par des tremblements de terre.Ainsi, la faille de «San Andréas» est une des plus connues pour la fréquence et l'intensité des secousses sismiques; elle s'étend de la Californie au Mexique, puis au Guatemala, au Honduras et à d'autres pays de l'Amérique latine qui bordent l'immense faille du Pacifique.Dans un Pour voir d'en haut Le satellite LAGBOS étudiera les mouvements et les tensions de la terre qui causent les désastres naturels tels que les tremblements de terre.l'angle de déviation, c'est-à-dire la distance précise entre deux points terrestres.C'est le principe de la télémétrie au laser qui, à cause de l'orbite circulaire extrêmement stable du satellite, permettra à la NASA de s'en servir comme point de référence géodésique dans son programme de recherche en dynamique terrestre.Grâce à cette ingénieuse technique, on s'attend à pouvoir mesurer les déplacements de la surface terrestre aussi minuscules que 20 centimètres.En accumulant les données pendant des années, on pourra alors déterminer les caractéristiques (nature, ampleur, direction.) des mouvements de la croûte terrestre et établir leurs même contexte tragique, on peut également mentionner la grande faille de l'Adriatique.Grâce au lancement du LAGEOS, les sciences de la Terre feront un immense pas dans la voie de nouvelles connaissances.La précision des mesures que la NASA pourra dorénavant effectuer ne permettra pas seulement d'évaluer au centimètre près (!) le mouvement des masses continentales et d'observer de très près les phénomènes dynamiques qui se déroulent le long de toutes les failles critiques du monde, mais surtout de comprendre enfin le mécanisme qui cause des tremblements de terre.(J.R.) UNE CERTAINE LUTTE DES CLASSES L'électorat créditiste a toujours constitué, au Québec, un phénomène imprévisible, ou du moins imprévu pour les membres des autres formations politiques, ou pour les observateurs «objectifs» que sont les analystes ou les journalistes, par exemple.Pourtant, plus d'un Québécois sur quatre a voté créditiste en 1962.Vote de protestation contre le pseudo-choix Diefenbaker-Pearson, certes, mais même dans les plus belles années Trudeau-Bourassa, l'électorat créditiste n'est jamais retombé au-dessous de 11 pour cent de la population québécoise.Réflexe sage en sociologie, on s'est dit qu'un tel phénomène devait bien avoir ses raisons profondes, et que son caractère de surprise continuelle devait originer d'une parfaite ignorance du «portrait-robot» réel de cet électeur.Gabriel Gagnon, professeur de sociologie à l'Université de Montréal, avec Alfred Sicotte, sociologue, Pierre Beaucage, ethnologue et Guy Bourassa, politicologue, ont entrepris, à l'automne 1973, une étude exhaustive de cette «classe» politique.Ils n'étaient pas les premiers dans cette voie, il faut le dire.Et les résultats sont parfois surprenants.Si l'étude de Pinard ( 1971 ) avait alors confirmé que l'électeur créditiste habitait en dehors de Montréal, jouissait d'un revenu moyen et était de préférence commerçant ou petit entrepreneur, elle avait aussi mis en évidence qu'il n'était pas conservateur de tempérament.Plutôt jeune, il n'était ni autoritaire ni intolérant face aux minorités ou aux marginaux.En 1973, Stein se penchait sur le leader créditiste qu'il assimilait sans peine aux autres leaders québécois traditionnels, dans la catégorie des «protestataires modérés».L'équipe de Gagnon a voulu dépasser ce contexte froid des idées socio-politiques, en étudiant d'une façon plus générale la manière de vivre des sympathisants créditistes.En ce sens, ses travaux vont plus loin que ceux de ses prédécesseurs.Sans qu'il ne s'agisse là d'un parallèle inattendu, cela a perm de mettre en évidence le rapprochement entre les conceptions et convictions créditistes, et une certaine form de coopératisme socialiste qui existe dans certains pays en voii de développement, par la «conscience d'appartenir à une classe dominée», principal dénominateur commun des créditistes, affirme Gabriel Gagnon.Il faut bien se rappeler que le crédit social, c'est avant tout ur théorie monétaire qui conteste pouvoir actuel des banques sur contrôle du crédit.Au contrair les créditistes prônent une juste répartition de ce crédit, sous forme d'avances de l'État qui sont rapidement assimilées à un revenu minimum garanti.Mais l'intérieur de ce système où l'Etat joue un grand rôle de régulateur en contrôlant les monopoles, en distribuant le crédit et le «dividende national) et en se faisant garant d'une certaine égalité, les créditistes croient à la propriété privée individuelle et coopérative.A l< «petite propriété», par opposition aux grosses compagnies.Peu conscients de l'exploitation du travailleur dans l'entreprise, et des problèmes de relations de travail, les créditistes ont une forte conscience de classe qui s'exprime en termes de «petits» et de «gros».En fait, le parti créditiste unit les revendication: de deux classes dominées (petit: entrepreneurs, comprenant notamment les agriculteurs, et classe ouvrière) face au capitalisme monopolistique.Il véhicule donc, lui aussi, un rejet catégorique de la légitimité de \i classe dominante, qui s'exprime à tâtons, passant de revendications de droite à des revendications de gauche (ce qu caractérise aussi les revendications de la contre-culture, des mouvements écologiques, de certains mouvements autogestionnaires, etc.).(P.S.) OUT tir mW1 Insoiffi ou de lac prierai lusd'ea s eau* ré pries, que les po Wiles! Ipelourt; MB®! fcscoisor pro® te te tel tor et: au lieu de à le;:;:; fere1' fedie [rtaiiisli (fais à I Idinsle Hitat médicale pi il y; latte les mer sous iitaow cours d» C tesiar;" liireitjjr êtreinsjf P® moins KEmr":-liteifJ taie faitg j IM.!;; Itaioet deiïaiü- i3n JTIvq Cr pre^- cL ecscienc Québec science / juin 1976 45 'P h cela a pen Le public est aujourd'hui assez aien informé sur le danger de la aonsommation de fruits de mer ou de lac ou de rivière) arovenant de régions dont les aours d'eau ont été pollués par es eaux résiduaires de certaines ndustries.On sait en particulier gue les poissons, les crustacés ^crevettes) et les mollusques palourdes) ont la propriété de :oncentrer dans leur organisme es poisons métalliques mercure, cadmium et autres) à des doses nuisibles ou franche-nent toxiques pour l'homme qui bsorbe ces aliments.Mais l'État, u lieu de s'attaquer directement la source de la pollution ndustrielle, se contente de défendre la consommation de :ertains fruits de mer dans les égions à haute dose de pollution it, dans la plupart des cas, feeulement après la constatation nédicale de graves intoxications.Mais il y a un autre danger qui guette les amateurs de fruits de ner sous la forme de tontamination par bactéries au tours de la conservation et de la aréparation des mets dans un nouveau type de chames de 'estaurants ou de comptoirs alimentaires.Ce danger, peut-àtre insuffisamment connu, n'est aas moins réel.Il a été 'écemment mis en évidence à la suite d'une recherche fondamentale faite par N.Venkataramaiah at A.G.Kempton, du département de biologie de l'Université de Waterloo, dont les résultats furent publiés dans la revue ^Canadian Journal of Microbiolo-(vol.21, no 11).-rUlCe travail avait pour but, - •¦premièrement, d'étudier les > Ichangements provoqués dans les s fcrotéines musculaires des fruits ______________________________________ lam ncipal ris lîipiiel! MttOüt , (0B| Auto* ftaiflui mi Mi «où rôle de lam les toi" li rd’ure AVIS AUX AMATEURS DE FRUITS DE MER de mer par la présence de bactéries au cours de la préparation et de l'entreposage de filets de poisson, de crevettes et de palourdes et, en second lieu, d'élaborer un guide de conservation et de manipulation de ces aliments, s'adressant aux restaurants et comptoirs qui en offrent à leur clientèle.Les mêmes normes prescriptives peuvent par ailleurs être avantageusement suivies dans la préparation des fruits de mer à domicile.On sait depuis longtemps que l'activité bactérienne s'attaque aux protéines du muscle des fruits de mer; il y a formation de triméthylamine, facile à reconnaftre par son odeur ammoniacale caractéristique.Le poisson strictement frais est inodore, mais dès qu'il y a contamination au cours de la conservation ou du transport, il «sent le poisson»! Le dosage de la triméthylamine constitue donc une mesure du degré de contamination et de l'activité éditeur officiel du québec Pour du poisson sans odeur C'est à tous les niveaux, du pêcheur à la cuisinière, que des précautions doivent être prises pour éviter la contamination bactérienne des fruits de mer, dont l'indice le plus évident est la «senteur de poisson».,L':" ' id#1 ;# IP*' PAPETERIE JACQUES ENR SPÉCIALITÉS O TOUS PETITS ARTICLES DE BUREAU & SCOLAIRES O LA PAPETERIE DE COMPTABILITÉ COTE DES NEIGES O TOUS FORMATS D'ENVELOPPES / O LA PHOTOCOPIE XEROX /, OLE PAPIER FIN /5 O SFRVIRF DF PHDTnmPIF / < H Z GATINEAU régulière, format réduit ou COULEUR / ?/LU / z / LU
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