Québec science, 1 janvier 1976, Août
VOLUME 14, NUMÉRO 12 AOÛT 1976 $1.50 UEBEC SCIEnCE •v 9»£ XZH ?l ]2 * 0'd 1V3 d iN0W ^£1, SINdd 1S OOZl v 22610 1V931 lodda nvadiiR •33830?) 33VN0I1V?') 3 0 Q3 H.A A ' Le gaspillage de A lébécoisf )s Irlandais ji s’ignorent?- ictière Is Irlandais n-or dinateurs M îs Cris ¦ •vivront-ils progrès?1 '•* “/ 'i ¦' * * l’usine alimentaire La boucle métropolitaine à 735 kV Historique La moitié de la charge d'électricité du Québec est concentrée dans un rayon de 100 kilomètres autour de l'île de Montréal.Actuellement, la charge totale de la région métropolitaine est d'environ 6 500 MW; vers 1985, elle sera d'environ 13 000 MW, tandis qu'elle devrait atteindre près de 40 000 MW en l'an 2000.Avant les années 1950, l'alimentation de la région métropolitaine provenait principalement des centrales Beauharnois et les Cèdres situées à l'ouest de Montréal.Une boucle métropolitaine à 120 kV suffisait pour desservir le nord et le sud de la région, ainsi que l'île de Montréal, principal centre de consommation.Les besoins des années 1950 justifièrent l'aménagement des centrales Bersimis 1 et 2 sur la Côte Nord.Pour intégrer la production de ces centrales au réseau et l'acheminer jusqu'à Montréal, l'utilisation de lignes à 315 kV s'avéra nécessaire.Quatre lignes vinrent ainsi alimenter la région métropolitaine à l'est et au nord; des postes de transformation 315-120 kV furent construits afin de desservir les différents centres de la région.Les aménagements hydroélectriques des rivières Manicouagan et aux Outardes, au cours des années 1960, amenèrent l'Hydro-Québec à adopter un nouveau niveau de tension en première mondiale.Ce niveau de tension, le 735 kV, allait rendre possible l'intégration au réseau de nouvelles sources de production d'énergie prévues: Churchill Falls au Labrador et le complexe La Grande à la Baie James.Les besoins actuels Afin d'assurer l'alimentation en énergie électrique à haute tension de la région de Montréal ainsi que la fiabilité du réseau à 735 kV, il apparaît avantageux de relier le réseau existant (notamment le complexe Manie-Outardes et la centrale Churchill Falls) aux futures lignes à 735 kV du complexe La Grande par une boucle métropolitaine.Pour intégrer au réseau l'énergie provenant des grands centres de production et pour alimenter les divers postes de répartition et de distribution de la région, cinq postes à 735 kV sont prévus: Duvernay, Boucherville, Hertel, Châteauguay et Chénier.Déjà depuis 1971, deux postes, Boucherville et Duvernay, sont en place et reliés par une ligne de transport à 735 kV.Ces deux postes reçoivent l'énergie provenant du complexe Manie-Outardes et de la centrale Churchill Falls.Ils alimentent divers postes 315-120 kV de la région métropolitaine.Les trois autres postes prévus sont le poste Hertel à La Prairie, sur la rive sud de Montréal, destiné à alimenter le centre-ville de Montréal et la rive sud; le poste Châteauguay, à proximité de Beauharnois, qui desservira l'ouest métropolitain et assurera un lien avec les États-Unis; et le poste Chénier, au sud du nouvel aéroport de Mirabel, qui recevra les deux premières lignes en provenance du complexe La Grande à la Baie James et qui alimentera les postes au nord et à l'ouest de l'île de Montréal.L'environnement L'implantation d'une boucle métropolitaine à 735 kV, épine dorsale du transport d'électricité à haute tension pour les 25 prochaines années, est soumise à de nombreuses contraintes géographiques, sociales, technico-économiques ainsi qu'à des contraintes d'environnement inhérentes à l'historique du développement, à l'occupation actuelle du sol et aux perspectives de croissance et d'aménagement.L'Hydro-Québec estime que la mise en place de la boucle métropolitaine à 735 kV assurera la fiabilité de l'alimentation en électricité de la région.Cette fonction ne doit toutefois pas faire oublier et négliger la qualité de l'environnement.Suivant ses études détaillées des critères techniques et économiques et des facteurs d'environnement, tant humains que bio-physiques, l'Hydro-Québec espère pouvoir minimiser les impacts que pourrait engendrer l'implantation de la boucle.Des efforts certains ont été consacrés à la planification et au design du tracé.D'autres efforts devront être apportés au déboisement, à la construction et à l'exploitation de la ligne.C'est ainsi que des études de déboisement sélectif, qui limite la coupe des boisés aux seules superficies requises pour fins de construction et d'exploitation, sont présentement en cours.De même, des mesures spéciales de contrôle et de surveillance durant la construction seront appliquées.D'autre part, des réaménagements d'emprises seront proposés dans les zones sensibles, identifiées au cours des études de localisation.Consciente des modifications qu'entraîne sur l'environnement l'implantation des lignes de transport, l'Hydro-Québec s'efforce de sauvegarder la qualité du milieu de vie des Québécois en adaptant ses pratiques aux valeurs de la société.DUVERNAY BOUCHERVILLE CHÉNIER 1979 HERTEL 1977 A CHATEAUGUAY 1977 Tracé étudié Poste à 735 kV Ligne construite Autoroute ÉBEC SCIENCE / août 1976 3 ' V'v/.'v'v Sommaire iiques slac- ttanl liflues, e im- jeu- la ftains ijn ils au stiuc- stoi- ties tons- un, «s.isspé- esui- istruc- léna-eront es sen-ouïs ion t ntetle du «ois ues ){g.jtrt y jy *0 Comité de soutien Bell Canada M.J.V.R.Cyr I vice-président exécutif (jzone de l'Est Banque de Montréal M.Jean Savard ÜVice-président—Division du Québec Imasco Limitée a Les produits ji Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec IM.Lionel Boulet ¦directeur La Brasserie Labatt Limitée i M.Maurice Legault t président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie II M.Clément Gauthier : président "I Université du Québec Le magazine Québec Science, jlmensuel à but non lucratif, est [publié par l'Université du Québec tavec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et le Con-iseil national de recherches du ICanada.La direction laisse aux fauteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, (Textes de présentation et rubri-jques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1976.Répertorié dans PERIODEX et RADAR.J Courrier de deuxième classe, enre-Igistrement no 1052.Port de re-|tour garanti; LE MAGAZINE [QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, IjlSillery, Québec G1T2R1.: © Copyright 1976 — le magazine Québec Science - Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, c connus présentement ou qui se-; raient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie î et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny secrétaire de rédaction Jean-Pierre Langlois conception et réalisation graphiques Nicole Aubin Françoise Ferland Patricia Larouche secrétariat et diffusion Photogravure & quadrichromies Audart Inc.(418) 522-2073 Impression Imprimerie Canada Inc.(418) 688-9121 Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Inc.(514) 332-0680 Publicité Agence de vente publicitaire A.F.Inc.(418) 658-0002 Abonnements (1 an / 12 numéros) Tarif régulier; 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' ' LE GASPILLAGE DE L’USINE ALIMENTAIRE L’industrie alimentaire nord-américaine fait « bouffer » huit fois plus d’énergie qu’elle n’en procure ! montréal-matin aa?** Il 1 Une gastronomie dispendieuse Pour toute joule utile ingérée, nous «bouffons» les 8 joules nécessitées pour amener cette joule sur la table.// faut se rappeler que l'emploi des calories n'est plus permis dans le système international.Ainsi, une calorie équivaut à 4 185 joules et la Calorie, utilisée en diététique, vaut 1 000 calories et, par conséquent, 4 185 joules.par André Delisle La nourriture, une fois sur la table, sort d'un processus de production fort complexe, du champ au garde-manger, en passant par le supermarché.Ce voyage, du producteur au consommateur, n'est pas sans marquer les aliments.La vogue nutritionniste des dernières années a incité plus d'un à la remise en question de son mode d'alimentation.La recherche d'une meilleure santé par une alimentation plus équilibrée polarise les questions controversées; des régimes très variés sont brandis en réponse à ces interrogations.Le végétarisme, le fruitarisme, le naturisme, la macrobiotique, et quoi encore, recrutent des adeptes nombreux, très convaincus du bien-fondé de leurs préférences.Les non-initiés voudraient pouvoir se référer à des critères précis pour adhérer à une méthode ou à une autre, sur des bases autres que des connaissances partielles et intuitives.La définition de ces critères serait cependant hasardeuse, touchant dans certains cas les croyances religieuses, la pensée philosophique et même la conscience morale des individus.Ces quelques pages ne cachent pas la recette d'une alimentation saine et équilibrée.Aucun régime alimentaire n'y est proposé sur la foi de ses garanties de bonne santé.L'alimentation est plutôt envisagée dans son ensemble, la fonction de se nourrir recouvrant plus que les mets que l'on déguste régulièrement: disposer d'un congélateur, fréquenter l'épicerie, dfner au restaurant sont quelques exemples des activités reliées à cette fonction vitale.Et chacune de ces activités requiert sa part d'énergie dans le processus complet de fabrication et de consommation de la nourriture.Plus les étapes s'additionnent, du produit naturel à l'aliment consommable, plus la quantité d'énergie injectée est grande.À tel point qu'il devient indispensable d'analyser le contenu calorifique, non plus seulement du mets lui-même, mais du processus dans son ensemble, autant le contenant que le contenu.Il est révélateur de comparer le coût énergétique d'un mets à son apport calorifique pour l'organisme.DÉVORER DES DOLLARS La situation mondiale des quelques dernières années laisse pressentir une «crise des calories», aboutissement d'un mauvais partage entre les pays riches et les pays pauvres.La raison est simple: le mode de vie industriel a fait peu à peu glisser les habitudes alimentaires vers un modèle de consommation très dispendieux.A l'époque de l'énergie à bon marché et de la technologie à tout prix, de nombreux intermédiaires se sont introduits entre le producteur et le consommateur.Avec un consentement tacite de ce dernier, pour des raisons de facilité et de faibles coûts à court terme, une multiplicité d'aliments traités et préparés ont envahi le marché, devant faire épargner quelques minutes aux préparateurs de repas.Insidieusement, l'idée de pouvoir acheter des patates épluchées à l'usine a conduit aux vastes industries de déshydratation des pommes de terre.Loin du marché, emballées dans des contenants attrayants pour leur commercialisation, transportées dans des véhicules «énergivores» et emmagasinées dans de vastes entrepôts, ces patates industrielles ont supplanté la traditionnelle «poche de patates»; des industriels ont remplacé les fermiers, petits producteurs d'antan.Le tribut de ces pseudo-améliorations pèse lourd dans la balance énergétique: les patates en poudre sont au moins cinq fois plus coûteuses en énergie que les patates ordinaires.Une évolution identique a caractérisé plusieurs autres denrées courantes; les petites fermes, fournisseurs proches des marchés, ont cédé la place aux complexes agricoles industriels, branchés sur les usines de transformation.De nourritures rustiques ou fermières, les transformateurs font des éléments de repas Usospr Des et ternir ;; (tdel'Er# dé' H cours in faultier feunte tesaièsj, lesdtpîn* fabric-v-résultit; aliment.( énerqétini rendemen Permet jii conscmju formes de ffiiniry,, rrçénie J1 Tenets; de .am; efoffrn UNE g lortc farda; con$Of POlirn 'ne a hits et Petra* IÜUÉBEC SCIENCE / août 1976 éditeur officiel du québec •iwate 'W IHnS « -j-rîT' * S i très dispendieux.Des études récentes sous la direction i;r" I des ministères américains de l'Agriculture jams': .;t (jg l'Environnement ont cherché à ! démontrer le plus clairement possible la •épartition de la consommation d'énergie s i su cours du processus complet de produc-*i:; : don de la nourriture.Réalisées pour maiitifi ichacun des aliments du menu américain, 0 les analyses consistent à compiler toutes noW es dépenses d'énergie requises pour la arlss ; :abrication d'un aliment et à comparer le •ésultat au contenu énergétique de cet aliment.Ce rapport rend compte du coût ietieliÉnergétique réel d'un aliment et de son endement pour l'organisme.Un tel bilan permet ainsi à celui qui est soucieux de sa lonsommation énergétique sous toutes ses :ormes de choisir un menu à impact ninimal sur les ressources de la biosphère.JNE GASTRONOMIE - VIÉTALLIQUE Jn ingénieur du laboratoire d'Oak Ridge îu Tennessee, Eric Hirst, a établi le budget de l'énergie dans le secteur alimentaire iméricain.Les habitudes alimentaires des Québécois étant sensiblement les mêmes lue celles de leurs voisins du Sud, les ihiffres de cette étude peuvent s'appliquer 1 la table québécoise.On peut même les :onsidérer comme des valeurs minimales luand on connaît le goût des Québécois Dour des plats très bien apprêtés! Selon »/l.Hirst, durant les années 60, la consommation individuelle des viandes, des roissons, des fruits et des légumes en :onserve a augmenté, alors que celle des .,3foi ruits et des légumes frais a diminué.Ainsi otites H-on glissé vers des nourritures u(î Iconomiquement et énergétiquement jlispendieuses, telles que le bœuf et les mets ' jijeoii préparés en usine.En 1963, toutes les j.ÿjü» ictivités reliées à l'alimentation ont retenu me portion de 12 pour cent du budget mergétique américain.L'agriculture, point •le départ de cette industrie, combinée à l'étape transformation des produits reçus de la ferme, est responsable d'un peu plus de la moitié de cette dépense.Pas moins de 30 pour cent de cette énergie touche la partie domestique du processus: cuire, réfrigérer, congeler et se procurer les aliments.Enfin, la commercialisation de la nourriture se réserve 16 pour cent de l'énergie injectée nationalement dans le secteur alimentaire.C'est dire que les services liés indirectement à l'alimentation consomment presqu'autant d'énergie que la production de la nourriture et son traitement pré-domestique.Sur la ferme, 44 pour cent de l'énergie consommée sert au fonctionnement de tracteurs, de camions et de machineries aratoires.Le reste est acheminé vers les fournisseurs de services aux agriculteurs, fabricants de fertilisants, de pesticides, d'insecticides et d'outils.Environ 75 pour cent des produits de la ferme sont destinés aux usines de transformation: ceci laisse supposer une dépense supplémentaire d'énergie sur la plus grande part de ces aliments.Quant à l'opération de commercialisation, incluant construction de supermarchés et d'entrepôts, fabrication de contenants, publicité, elle nécessite presqu'autant d'input énergétique de base que la culture et le traitement des légumes.Enfin, chaque ménage, pour s'alimenter, exige une disponibilité énergétique importante dont 85 pour cent environ est dirigée vers les appareils de conservation et de cuisson des aliments, le reste servant à la production de ces appareils et aux déplacements nécessaires pour subvenir aux besoins de la maison.Ce dernier débouché alimentaire dépasse de 50 pour cent l'énergie nécessaire pour produire la nourriture à la ferme.DU PÉTROLE DE FAMINE Si l'on partage le budget énergétique agroalimentaire entre les diverses catégories d'aliments, on se rend compte que la majeure partie va à la production animale (27 pour cent) plutôt que végétale (18 pour Du pétrole dans nos champs La production des fertilisants chimiques est tellement dépendante des combustibles qu'une augmentation du prix du pétrole se traduit par une augmentation du prix des engrais.Facile à comprendre si l'on sait qu'il faut 34 000 mégajoules pour faire une tonne de fertilisant azoté.cent), même si, en poids, la consommation de plantes est plus grande que celle des viandes.En second lieu viennent les produits laitiers, les pâtisseries et les breuvages.Il est possible de préciser ces constatations en calculant le rendement énergétique de chacun des aliments.La moyenne nationale de 1963 se situait à 6,4 joules investies par joule produite.Entre diverses nourritures, les écarts sont parfois surprenants.Ainsi, les légumes et les fruits en conserve ou congelés ont un faible rendement, coûtant plus de 15 joules par joule ingérée; à l'opposé, la farine, les céréales et les légumes frais sont très avantageux, exigeant un investissement inférieur à 5 joules par joule ingérée.Tenant compte de toute la chaîne de prqduction agro-alimentaire, la répartition de l'énergie entre les groupes d'aliments est aussi un indice de leur coût énergétique.La viande, nous l'avons vu, requiert la «part du lion», alors que les laitages, les céréales et les farines se partagent également environ 45 pour cent du capital énergétique alimentaire; le sucre, les boissons alcooliques et les autres nourritures absorbent la fraction résiduelle de 25 pour cent.Ces quelques chiffres, vieux d'une douzaine d'années peuvent sembler désuets.Leur intérêt est toutefois incontestable, du fait que, depuis ce temps, la consommation énergétique alimentaire a augmenté de plus de 3 pour cent par an; la tendance est actuellement à la hausse.Des extrapolations simples permettent de déduire des valeurs plus actuelles.Reportée à l'échelle individuelle, la consommation qui était de 34 200 mégajoules par an en 1963 est passée à 41 500 mégajoules en 1970.Et de plus en plus, la hausse du niveau de vie, la croissance de la population, et l'augmentation du coût des combustibles fossiles et des matières premières exercent une pression ascendante sur les coûts énergétiques, pression qui ne fait que diminuer l'efficacité globale du secteur agro- 14 août 1976 / QUÉBEC SCIENCI éditeur officiel du québec Haro sur le boeuf // faut environ 60 mégajoules pour produire un kilogramme de bœuf, ce qui représente environ 355 mégajoules par kilogramme de protéines.Par contraste, la production d'un kilogramme de maïs dont on nourrit le bœuf ne nécessite que 5,6 mégajoules.alimentaire.Les remises en question de l'agriculture ne manquent pas.On se rend compte maintenant de la plus en plus grande quantité d'énergie, sous une forme fossile, qu'il est nécessaire d'investir pour en recueillir de moins en moins sous une forme consommable par l'organisme.La mécanisation et l'électrification des unités de production intensive fournissent des substituts au travail manuel; les engrais, pesticides et insecticides chimiques remplacent les engrais naturels.Encore là, les agriculteurs ont fait appel aux combustibles fossiles pour remplacer le travail de la nature et maintenir une productivité brute élevée.Ainsi, depuis 1920, la quantité de travail manuel est cinq fois moindre et la production a doublé.Toutefois, l'input énergétique nécessaire a été multiplié par un facteur huit.Cette tendance à une agriculture «fossile» aboutira bientôt à un investissement de dix joules pour obtenir une joule assimilable, alors que la production de riz en Extrême-Orient peut se suffire de 0,1 joule par joule alimentaire produite.Cette situation de l'agriculture n'est pas sans inquiéter les organismes internationaux préoccupés des problèmes de la faim dans le monde.Les solutions à ces problèmes sont connues; cependant les actions concrètes se font attendre.L'agriculture repensée réfère à des notions telles que les techniques biologiques, la culture extensive, la décentralisation de la production.L'inégalité alimentaire dans le monde donne aussi libre cours à plusieurs hypothèses d'un partage égal des calories entre pays riches et pays pauvres.Le temps d'implantation de ces mesures laisse planer le spectre d'une crise alimentaire mondiale.Il faut garder en mémoire ce contexte agricole, en faisant l'examen du mode d'alimentation occidental.Car la demande des consommateurs exerce évidemment des pressions sur les producteurs, les UNE PATATE CHAUDE Le problème de la production industrielle des aliments (et de ses implications énergétiques et internationales) vient d'éclater au Canada, par suite de la démission de M.Fernand Seguin comme membre du Conseil des Sciences du Canada.M.Seguin, pionnier de l'information scientifique au Québec, a voulu ainsi manifester sa dissidence avec la position du Conseil voulant que le Canada développe de façon massive la technologie alimentaire.Le rapport du Conseil sur la question de la population et de l'alimentation, n'était pas encore disponible au moment d'aller sous presse, mais M.Seguin a confirmé à QUÉBEC SCIENCE qu'une telle politique reviendrait à aligner le Canada sur «l'impérialisme alimentaire» américain, de telle sorte que les pays touchés par la famine devraient «venir manger dans notre main».Elle risquerait aussi, a déclaré M.Seguin, «de livrer le pays aux mains de ('«agro-business» américaine (qui seule dispose des capitaux requis) et contraindrait le Canada à construire de 100 à 125 centrales nucléaires supplémentaires dans le seul but de produire l'énergie exigée par une telle production agro-industrielle, sans parler, bien évidemment, des dangers accrus pour l'environnement».Plus de détails au prochain numéro, lorsque la version officielle sera connue.transformateurs et les vendeurs qui cherchent alors à la satisfaire «à tout prix».Il est donc urgent de repenser aussi nos propres habitudes alimentaires en regard de leurs exigences énergétiques.Pour ce, il faut considérer tout autant la composition des mets qui arrivent sur la table, que leurs emballages et les véhicules qui les ont transportés à la maison.LE BOEUF OU L'INDIEN Bien nourrie, une personne «mange» environ 4 200 mégajoules par an, si l'on se réfère à la moyenne des années 60.Les données des paragraphes précédents suggèrent qu'il faut huit fois plus d'énergie pour amener la nourriture sur la table, que nous en recevons de cette même nourriture.On dit différemment: nous mangeons huit fois plus d'énergie qu'en contient réellement la nourriture.Est-ce un gaspillage nécessaire?La ration minimale pour la survie d'un être humain se situe à environ 5,5 mégajoules par jour; s'il mène une activité modérée, le même individu brûle 10,5 mégajoules par jour.Dans une étude sur la situation mondiale de l'alimentation, la FAO (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture) a comparé le régime des pays riches et des pays pauvres.Dans l'ensemble, il ne semble pas y avoir de carence en protéines.L'inégalité se traduit surtout par le mauvais partage de l'énergie alimentaire.Ainsi, dans les pays dits développés, les excédents de ressources alimentaires et la stabilité des approvisionnements entra ment une sécurité confortable.La consommation énergétique moyenne atteint 10,5 à 12,6 mégajoules par jour; au Canada, la diète quotidienne contient près de 13,4 mégajoules par jour, ce qui est plus que suffisant.Par contre, dans les pays en voie de développement, malgré une moyenne acceptable de 7,1 à 10,9 mégajoules par jour, l'instabilité de l'approvisionnement et l'insuffisance de la production laissent constamment planer la menace de la LA BLANCHEUR IMPROPRE Le gaspillage inhérent au mode d'alimentation des riches n'est pas seulement dû au goût de la viande.La recherche de la blancheur est un autre symptôme de ce luxe.La farine blanche, le sucre blanc, le riz blanc, le pain blanc sont devenus, à leconl Mil y famine.Et le déficit d'apport énergétique alimentaire dans ces pays est causé, entre autres, par la gourmandise des pays industrialisés «bouffeurs» d'énergie.En Amérique, sur 1 000 kilogrammes de grains utilisés pour la production de nourriture, 54 sont mangés directement; tandis qu'en Chine, des 180 kilogrammes de grains requis pour la production, 164 aboutissent dans l'estomac des Chinois.Quel est le principal responsable de cette alimentation gaspilleuse qui accompagne le confort matériel.De façon simplifiée, il faut répondre: le bœuf.Sur une production mondiale de 1 200 millions de tonnes de grains par an, près de 400 millions de tonnes sont servies en rations concentrées aux bestiaux.Une fois transformés en joules animales, ces grains fournissent 13 fois moins d'énergie (et cinq fois moins de protéines) qu'à l'état végétal.En moyenne, tenant compte des fourrages et des grains, de même que des productions animales moins gaspilleuses que les bovins, sept joules végétales fabriquent une joule animale.De toute façon, les Américains et de plus en plus, les Européens sont de gros mangeurs de viande.Cette surconsommation de viande par des nantis retire les grains de la bouche des affamés.C'est du «cannibalisme indirect», pour reprendre l'expression de l'agronome-écologiste français, René Dumont.Une seule façon d'éviter ce gaspillage énergétique: manger moins de viande.Si chacun des Québécois mangeait un hamburger de moins par semaine, 100 000 tonnes de grains seraient «libérées» pour une meilleure utilisation dans les pays moins bien pourvus.toit, ter Nuct sucres di À titre (fj Wine co talie powceiit Product» moine; tr casd'uiin la même dans let} wnsoimj: Product» Win sittnéue tsthan,.almentu.s «iiness, mened'i', Nicatii, (Ni lastonr" Neifc, apport,' rs 7% te.v. «TT* :C:cie:J QUÉBEC SCIENCE / août 1976 15 Le contenant plus énergétique que le contenu Pour sauver quelques minutes, on mange davantage d'aliments en conserve, mais on dépense aussi beaucoup plus d'énergie.Ainsi il y a une différence de près de 3 600 mégajoules par tonne entre les tomates frafches et les tomates traitées.eit! ie.En dij» s qu'm lins il! de ii#li sjraw lUiuî8 boni# e jouit icainset les 'estdu II! ifîtO" (11®" tort, les symboles d'une alimentation de qualité.Tant du point de vue contenu énergétique que coût énergétique de production, les farines de blé entier, les sucres non raffinés et les riz bruns non décortiqués ont une efficacité supérieure.A titre d'exemple, une tranche de pain blanc contient 210 kilojoules, alors qu'une tranche identique de pain de blé entier (50 pour cent) fournit 310 kilojoules.Dans ce dernier cas, l'input énergétique pour la production et la mise en marché est le même; toutefois, le coût énergétique du blanchiment s'ajoute au bilan total, dans le cas d'un pain fait à base de farine blanche.La même remarque s'applique d'ailleurs dans le cas du sucre et du riz.De façon générale, toute nourriture, modifiée par rapport à son état naturel, ou consommée très loin de son lieu de production, présente un bilan énergétique négatif en comparaison de la même nourriture mangée à son état brut, sur le site même de sa production.Ce principe est beaucoup trop général pour se traduire par des applications directes.Il aide toutefois à identifier de façon certaine les aliments énergétiquement dispendieux.C'est le cas notamment des fruits et des légumes en conserve qui font partie du menu d'à peu près tous les gens.À titre indicatif, on peut comparer l'efficacité énergétique de deux aliments courants.Les tomates font sans doute partie des ; repas bien québécois; frafches, elles ^contiennent à la récolte 840 mégajoules par tonne, alors qu'elles ont nécessité un apport en combustible et en électricité de plus de 1 090 mégajoules.Mises en iconserve, leur contenu tombe à 800 f|mégajoules par tonne; l'input énergétique ^supplémentaire dépasse alors 4 600 ^mégajoules par tonne.Ces chiffres ^provenant du ministère californien de S l'Agriculture et de l'Alimentation c soulignent une différence énergétique de ; près de 3 600 mégajoules à la tonne entre i les tomates traitées et les tomates frafches.Coût énergétique de divers aliments sucre, graisses et huiles céréales et farines légumes frais produits laitiers viandes et volailles œufs fruits frais poisson fruits et légumes traités 2,740 joule par joule servant à l'alimentation 10,013 10,540 16,864 Source des données: Energy use for food in the United States, Au dessert, le cas des poires est identique, quoique moins frappant; l'investissement énergétique pour les mettre en conserve excède 2 600 mégajoules par tonne.Toute transformation d'un produit original se paie donc en pétrole ou en électricité.Ainsi, en 1970, les consommateurs américains ont puisé dans les ressources énergétiques (locales ou extérieures) 160 X 109 mégajoules pour leurs emballages de papier, 200 X 109 mégajoules pour les contenants en verre, et 510 X 109 mégajoules pour les récipients métalliques.L'achat de mets congelés et leur consommation ont contribué à une dépense énergétique dépassant les 1 050 X 109 mégajoules.Pour aller chercher à l'épicerie 5 à 10 kilos d'aliments à une distance de 10 à 20 kilomètres, dans une auto américaine moyenne, on dépense plus de carburant que pour tout le processus de production et de transformation.Près de 1 055 mégajoules ont ainsi été nécessaires pour faire l'épicerie de chacun des Québécois en 1970.S'ALIMENTER À LA SOURCE Ces quelques données permettent de déduire facilement les économies d'énergie réalisable au chapitre de l'alimentation familiale.Des choix restent à faire au niveau du régime pour appliquer quotidiennement les mesures d'économie.Une phrase résume une attitude alimentaire économique; les moyens pratiques de vivre cette attitude seront élaborés plus loin.Les nourritures à l'état nature, ni traitées, ni enveloppées, ni précuites, ni congelées, produites le plus près possible de chez soi, sans additifs, sans préservatifs, achetées en éliminant au maximum les intermédiaires, sont les plus énergétiquement rentables.Ces exigences supposent de biffer sur la liste d'épicerie, les repas à réchauffer, les aliments en conserve, les mets instantanés et les denrées raffinées.A titre d'exemple, les «TV dinners», les gâteaux congelés ou plus simplement les mélanges en boftes, le sucre, la farine et le riz blancs sont à remplacer par des substituts de base non transformés tels que des légumes frais, des viandes non cuites, des cafés en grains, des thés en feuilles, .Préparer la plupart de ces aliments à domicile exige moins d'énergie que de les cuire d'avance et de les conserver prêts à servir.À chacun d'analyser ses besoins alimentaires par rapport à ces informations nouvelles.On peut déjà prévoir qu'une telle réflexion occasionnera un transfert graduel de la consommation de protéines animales vers une ration végétale plus importante.Les grains et les céréales prendront une part grandissante du menu.Ce passage d'une énergie animale à une autre végétale peut se faire par étapes et doit aussi être réalisé prudemment pour assurer un équilibre des protéines et de l'énergie ingérée.Ainsi, le lait et les œufs peuvent constituer des aliments de transition utiles, fournissant les protéines et l'énergie animale tout en diminuant le coût énergétique.Dans le cas des produits animaux, il faut le plus possible éliminer le bovin provenant des parcs d'engraissement pour le substituer, dans un premier temps, par du «bœuf d'herbe», et ensuite par des viandes «douces» telles les volailles et le porc, et plus encore le mouton et la chèvre.Le lait des vaches étant le plus «fossile» du point de vue production, on peut couper les factures d'énergie par trois en choisissant plutôt le lait de coco, un peu moins en buvant du lait de chèvre.Même le choix de la race de bovin a un impact énergétique; dans certains pays, on songe à remplacer les races lourdes par des races plus légères, telles que la vache Jersey, vache domestique traditionnelle en Amérique! Plusieurs pensent déjà à l'impossibilité de contrôler l'origine des morceaux de viande, fait indéniable si l'on s'approvisionne au comptoir des grandes chaînes.Récemment toutefois, des coopératives d'achat se sont créées ouvrant la porte à l'influence de l'acheteur sur les modalités de production 16 août 1976 / QUÉBEC SCIENCE OlflECS'- ii rr éditeur officiel du québec Pour améliorer le budget énergétique Manger davantage de fruits et de légumes frais, tout en diminuant notre consommation de viande est la seule façon d'éviter de gaspiller de l'énergie.de ses aliments.Pour la partie végétale de l'alimentation, les possibilités sont plus nombreuses.Le moyen le plus efficace est sans doute le jardinage.À la ville ou à la campagne, qui ne peut, chez lui ou ailleurs, réserver un coin de terrain pour un potager.Quelques efforts supplémentaires et l'on pourra aussi se suffire en petits fruits.Les arbustes décoratifs choisis en fonction d'une production fruitière sont bien sûr avantageux.De même, certains légumes du jardin potager, et plus particulièrement les herbes fines sont très décoratifs, même à l'intérieur de la maison.Les boftes à fleurs, les haies devraient aussi regorger de produits consommables directement, à peu de frais.Il faut souligner toutefois la nécessité de recourir à des techniques peu coûteuses énergétiquement, pour s'adonner au jardinage (voir Québec Science, avril 1975, Une agriculture qui respecte l'écologie).Sans quoi, la somme de l'énergie investie dans des productions artisanales dépasserait, et de loin, la consommation énergétique d'une agriculture bien organisée.L'ANTICHAMBRE DE LA CONSOMMATION La diminution de sa «gourmandise» énergétique suppose aussi la surveillance de tout ce qui entre dans la maison.Une évaluation rigoureuse des coûts en énergie s'impose.Il faut garder à l'esprit que tout élément apporté à la maison, non utilisé et non consommé sur place, doit être rejeté; l'élimination des déchets peut aussi devenir une opération très consommatrice d'énergie (Québec Science, août 1975).De là, l'utilité de connaftre certains trucs ménagers, comme l'achat de produits dans des emballages consignés ou recyclables —un contenant recyclé peut resservir trente fois—, comme le choix des mets d'après le contenu et non l'emballage, et comme le recours à des sacs ou des filets à provisions pour faire ses courses —un sac, ça se refuse! Dépense énergétique per capita dans le secteur alimentaire en kilojoules par personne IQ O O par an l\J/o \J\J/o 6 119,35 Agriculture Transformation Commercialisation Transport Alimentation X y m’V’ f'«aussi leîWup: P'éfe ' db c: de r-;.I|P rw r «%» '«U 'ni, «a ’üfiliel H, S; les, I ^ %: rçfn 17 éditeur officiel du québec iQUÉBEC SCIENCE / août 1976 george povey *5 mim mm Il faut aussi faire une sélection parmi tous les produits de nettoyage connexes à la oréparation des aliments: les serviettes de oapier, les mouchoirs de papier, les chiffons :enj: Cgh.111 Pas ach H ^ttaienn COflyL Viri QUÉBEC SCIENCE / août 1976 23 Des moyens bien faibles Sur Grosse He, l'hôpital ne contenait que 200 lits alors que les immigrants irlandais arrivaient par milliers.r”- r;: |ue,lK tii s ifS: K * (cJ! pai ,|3 de soupes populaires et d'un peu de mais que le gouvernement s'est décidé à acheter aux Américains.Certains, plus fortunés, s'embarquent pour les États-Unis, évitant le Canada qui à l'époque est encore une colonie de l'Angleterre.On sème de nouveau mais un tiers de moins que l'année dernière.Mai et juin sont bons, on ''remarque ici et là des champs contaminés, mais on reste optimiste.Dès la première semaine d'août la récolte est perdue au grand complet.Le Times de Londres, qu'on peut difficilement soupçonner de sympathie pour les Irlandais, titre le deux septembre «ANNIHILATION TOTALE».Rien n'avait été prévu par le gouvernement et 1846 est une mauvaise année pour toute l'Europe.Le blé quitte encore une fois l'Irlande.Des bandes d'hommes rôdent dans la campagne.Des dizaines de milliers d'Irlandais n'ont plus rien et ne peuvent rien faire pendant que les enfants meurent de faim.On vend ce qu'on a sur le dos pour acheter le peu de nourriture disponible.Le 12 novembre, quinze centimètres de neige recouvrent le sol.L'hiver 1946 sera le plus dur depuis le début du siècle.Des médecins avertissent le gouvernement.Un tel état de famine ne peut que déclencher une épidémie.Ce sera le typhus.La panique règne.L'Irlandais n'a plus de foyer et voit ses proches mourir de faim ou de typhus.Il n'a plus qu'un but: quitter 'l'Irlande.DES CHARNIERS FLOTTANTS J îtÿ|Les Britanniques voient là une occasion de jjjoi, ipeupler une colonie assez rébarbative, le ai.( ^Canada.Même les armateurs sont intéres-ISés.À cette époque, l'Angleterre ne tvendait pas grand-chose au Canada, dont la JT population ne dépassait pas le million |U j; ijd'habitants.Par contre, les marchands y ‘ Cachetaient beaucoup de bois avec comme «conséquence que les navires partaient à vide pour revenir chargés.iV111 langlois : ¦!* ' «Fil Le prix du voyage Irlande-Québec sera de trois livres sterling, souvent payées par le gouvernement ou les propriétaires désireux de se débarrasser de leurs locataires.Les Irlandais aimeraient mieux les États-Unis, mais les Américains sont peu intéressés à recevoir des immigrants sans le sou et porteurs de typhus.On mobilise tout ce qui flotte et peut encore porter le nom de navire.On ajoute des banquettes de bois pour y installer les émigrants, dont le voyage durera trois mois.Pendant ce temps, au Canada, des officiels s'inquiètent.Le docteur Douglas responsable de Grosse Ile avertit les autorités que selon ses informations des milliers d'Irlandais se préparent à quitter leur pays.Les Britanniques n'avaient pas jugé bon d'avertir les Canadiens de l'ampleur de l'immigration.Deux cents lits seulement sont disponibles à Grosse Ile et on ignore tout de l'épidémie de typhus.Le 17 mai 1847, le Saint-Laurent a encore trois centimètres de glace lorsque le premier navire accoste à Grosse Ile pour y subir la quarantaine.Sur les 241 passagers du Syria, cent doivent être débarqués pour isolation.Des familles sont désunies, des enfants se retrouvent seuls sur Grosse Ile pendant que leurs parents sont autorisés à continuer sur Québec ou Montréal.La moitié des lits de Grosse I le sont déjà occupés et ce n'est que le premier bateau.Quelques jours après, huit bateaux arrivent, avec 430 malades à bord.C'est la panique.Manque de personnel, plus un lit de disponible à l'hôpital, pas de médicament.D'ailleurs on ne sait pas comment soigner le typhus.On connaft seulement le rôle que jouent la saleté et la famine.Les malades sont logés dans des tentes, le long de la grève, un peu partout.L'eau potable commence à manquer car les abords de Grosse Ile sont souillés par les déchets des bateaux qui attendent, ainsi que par la paille infectée et les cadavres qui sont dans l'eau.Pour une raison ou pour une autre, on ne jetait pas toujours les cadavres lors de la traversée.Des navires comme le Erin's Queen, le Triton arrivèrent comme des charniers flottants dégageant une horrible puanteur.Le 20 mai, 30 navires attendent devant Grosse Ile, et à la fin du mois ce sont 40 navires qui s'échelonnent sur une file de trois kilomètres de long.Quinze mille passagers sont à bord et on attend encore 50 000 immigrants.C'est la débâcle.Les passagers doivent subir la faim et la soif deux ou trois jours dans des bateaux infestés avant la visite du docteur.Celui-ci ne peut consacrer plus de cinq minutes à chaque bateau se contentant de faire une évaluation.Quelques jours plus tard, des hommes viennent enlever les cadavres des cales au moyen de crochets.La peur de la contagion est telle qu'on doit payer jusqu'à cinq dollars par cadavre enlevé.Ceux-ci sont enterrés précipitamment sur l'Ile.Souvent à moins de 30 centimètres de profondeur.Les rats des navires se mettent de la partie et on constate avec horreur qu'ils grugent le sol pour aller manger les cadavres.Devant les dangers de la peste, les autorités de la quarantaine font transporter des tonnes de sable pour recouvrir les corps.LES 12 000 VICTIMES En juillet, le thermomètre grimpe à 37 degrés Celsius et l'eau potable se fait encore plus rare.Deux mille malades sont sur l'Ile.Des médecins et des prêtres meurent, on vide la prison des femmes de Québec et les détenues deviennent infirmières.De grands hangars sont construits, mais les malades y sont cordés sur trois rangs en hauteur et l'un d'eux peut attendre des jours avant qu'on ne lui enlève un mort qui est au-dessus de sa tête.Au milieu de juillet, l'idée d'une quarantaine efficace est abandonnée.Il est physiquement impossible d'appliquer les QUÉBEC SCIENCE / août 1976 ; 24 iffcsc langlois TdVTà y" rv- i t - »' •- i- tr< C f i' ryy-j và- r 'V' f =LS- s "S'OllSI teoni n;.- i^ia op Damas Potvin, Le Saint-Laurent et ses fies, Les Éditions Carneau, Québec, 1946 UÉBEC SCIENCE/août 1976 25 k LES MINI-ORDINATEURS S! iis a ::: : (.Le En se miniaturisant, les ordinateurs sont devenus capables de contrôler à un coût moindre un nombre croissant d’activités en It les y it illitis Mtitfl jMt «iiay «ta eniwts iroat feflvi' it la ¦eseia 6 tital itombtt tlflcS ».il U èvs par Louis Brunei Les premiers à se réjouir de l'apparition des mini-ordinateurs seraient certainement les Gracques, s'ils vivaient encore.Le monde de l'informatique, avec ses gros ordinateurs, est resté pendant longtemps l'affaire d'une élite de spécialistes.On comprendra donc que la venue des mini-ordinateurs et le développement des réseaux de communica-jtion soient considérés par certains comme une démocratisation.L'informatique à la portée de tous, à visage humain, bon marché, est-elle enfin pour demain?On serait tenté de le croire.Ne suffit-il pas de deux fins de semaines, de quelques centaines de dollars et d'un peu d'habileté pour se monter son propre ordinateur en kit?Le grand public ne le sait peut-être pas toujours mais l'informatique miniaturisée se rend de plus en plus jusque dans les Objets de consommation quotidienne.Les iautomobiles, par exemple, commencent à être équipées de micro-processeurs.Ainsi peut-on contrôler des fonctions comme le freinage ou le chauffage, et relever en temps réel un certain nombre de paramètres tels la consommation d'essence, le niveau d'huile, la température de l'eau ou la pression des pneus.Il aura fallu moins d'un quart de siècle pour que l'informatique connaisse des développements qui affectent notre vie quotidienne.J» , 200 000 FOIS MOINS CHER C'est au début des années 50 que naquit à proprement parler l'ère des grands /ordinateurs.Vingt-cinq années plus tard, non évalue à 60 milliards de dollars la valeur du parc de ces grands ordinateurs.Cette expansion étonnante est due avant tout à lune véritable petite révolution technologi-¦que qui a permis d'accroftre les îoerformances, et, par conséquent, d'abais-»>er le coût de revient.Ainsi, à la fin des années 40, un million d'opérations arithmétiques.effectuées sur une machine à calculer électrique, revenait à quelque 1 000 dollars.La première génération d'ordinateurs a permis d'abaisser ce prix de revient à dix dollars.Dix ans plus tard, l'exécution de la même tâche ne coûtait plus que cinq cents et, aujourd'hui, la dépense est de l'ordre d'un demi-cent.Cela veut dire 200 000 fois moins, en trente ans! De nouveaux types de mémoires, appelées «mémoires de masse» à cause de leur grande capacité de stockage d'information, introduisent également des changements considérables dans l'économie générale de la technologie.Il en existe déjà (et nous n'en sommes qu'à la première génération!) qui ont une capacité de mille milliards de «bits» d'information.Le coût de stockage se situe à environ deux dollars par mois par million de caractères.À titre indicatif, des unités de disques actuellement disponibles contiennent 100 millions de caractères à un coût de six à sept dollars par mois, par million de caractères.Ce prix de revient sera bientôt réduit au tiers, grâce à l'arrivée des mémoires de masse qui accroftront la capacité par un facteur de 1 000.C'est donc un fait certain: l'expansion vertigineuse de la technologie informatique s'est accompagnée d'une réduction du prix de revient d'un ordre de grandeur encore jamais vu.Le type même d'utilisation des ordinateurs a subi une révolution au cours des vingt dernières années.D'abord autonome, l'ordinateur disposait d'une configuration du type A UN MARIAGE RÉCENT La téléinformatique, caractérisée par des ordinateurs en télétraitement, résulte de la combinaison de l'ordinateur et du réseau téléphonique.Le mariage récent de ces deux technologies a permis de transmettre un volume considérable de données sur de très grandes distances pour une multitude d'utilisateurs avec un minimum de temps hewlett-packard Plus qu'un calculateur Ce calculateur programmable se rapproche davantage de l'ordinateur.// dispose d'un large even tail de périphériques.H peut exécuter, entre autres, des calculs matriciels, des analyses statistiques.Cet appareil peut stocker sur cassette les informations qu'on y a introduit par /'intermédiaire du davier. 26 août 1976 / QUÉBEC SCIENCE1 [0ECSE CHACUN SON METIER ! es mini-ordinateurs ne représentent que 15 pour cent du parc informati-JJ|J que total, mais on en dénombre tout de même plus de 300 000 à travers le monde et les huit milliards de dollars qu'ils représentent constituent quand même une jolie somme.En tant que parties d'un tout, l'utilité des mini-ordinateurs s'est révélée précieuse dans les grands domaines que sont le contrôle des processus, l'exploitation autonome en mode dialogué, les systèmes dédiés, le contrôle des télécommunications, les réseaux hiérarchisés et les réseaux à intelligence distribuée.LE CONTRÔLE DE PROCESSUS La première application des mini-ordinateurs fut pour le contrôle de processus.Dans de telles utilisations, l'ordinateur, informé continuellement par des senseurs, ou autrement, de l'état du système à contrôler, fait les calculs nécessaires et commande les ajustements requis.Un cas bien connu de ce type d'utilisation des mini-ordinateurs est le contrôle de processus et d'acquisition de données dans un laboratoire de recherche.Dans une telle situation, les données acquises par le mini-ordinateur sont transmises, immédiatement ou plus tard, à un plus gros ordinateur qui est partagé par plusieurs laboratoires et qui peut analyser les données et émettre des rapports.L'EXPLOITATION AUTONOME EN MODE DIALOGUÉ Ce type d'utilisation voit le jour lorsqu'une dizaine de terminaux servent principalement et fréquemment à l'apprentissage d'un langage de programmation ou de techniques de calculs simples ou à la résolution de problèmes mathématiques classiques portant sur un petit volume de données.Le mini-ordinateur du CEGEP Edouard Montpetit, dédié au développement de LOGO, en est un exemple.Les gros calculateurs programmables tombent également dans cette catégorie.LES SYSTÈMES DÉDIÉS De plus en plus de systèmes peu dispendieux de 8 000 et 20 000 dollars à l'achat, seront disponibles pour s'attaquer à des applications particulières: traitement des mots, comptabilité, traitement des images.Ce traitement des mots, notamment, devient de plus en plus populaire.Le système, constitué d'un mini-ordinateur, de disques magnétiques et d'une douzaine de dactylos ou de terminaux à écran cathodiques, permet la dactylographie automatique et l'édition de textes.Chacun des douze terminaux peut être actif simultanément avec les autres et utilisé à différentes fonctions.Grâce aux disques magnétiques, des textes sont emmagasinés sur disques.Ils peuvent alors être imprimés, revus et corrigés autant de fois que nécessaire.Ce type d'application est utilisé principalement dans les situations de préparation de longs rapports, de dactylographie répétée d'un même texte, ainsi que pour la tenue à jour des listes d'envois.LE CONTRÔLE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS Les mini-ordinateurs ont tendance à remplacer les contrôleurs de télécommunications en agissant comme préprocesseurs ou ordinateurs frontaux.Dans ce cas, le mini-ordinateur est situé entre l'ordinateur central d'un réseau et les terminaux ou les ordinateurs satellites qui y sont reliés.Le préprocesseur accomplit les fonctions suivantes: contrôle des lignes de transmission, vérification des erreurs, conversion des codes, réponse automatique, etc.Un réseau qui dispose d'un préprocesseur peut gérer, sans affecter l'ordinateur central, différents types de lignes, de vitesses, de codes et d'appareils.Le préprocesseur réduit le temps de traitement et les besoins de mémoire principale sur l'ordinateur central puisqu'il gère les télécommunications indépendamment de l'ordinateur central.LES RÉSEAUX HIÉRARCHISÉS Les réseaux hiérarchisés sont constitués d'ordinateurs de différentes capacités ayant des «responsabilités» et des «mandats» définis les uns par rapport aux autres, tout comme dans l'organisation d'une entreprise.Par exemple, dans une usine de fabrication, chaque pièce de machinerie peut être contrôlée individuellement par un mini-ordinateur, chaque groupe de pièces de machinerie contrôlé par un mini-ordinateur plus puissant, chacun de ceux-ci étant relié à l'ordinateur satellite de l'usine de fabrication qui lui-même est relié par lignes téléphoniques à l'ordinateur central de la compagnie.On ignore encore si le principe de Peter s'applique à ce type de réseau.à savoir que chaque ordinateur atteindrait son niveau d'incompétence! LES RÉSEAUX À INTELLIGENCE DISTRIBUÉE Jusqu'à nos jours, les réseaux étaient constitués d'ordinateurs «intelligents» et de terminaux «non intelligents».Cela signifie que toute la capacité de traitement était réservée à l'ordinateur, les terminaux n'en ayant aucune.Ce temps est révolu puisque les mini-ordinateurs permettent maintenant de donner de plus en plus de puissance autonome de traitement aux terminaux.Il en résultera des réseaux d'intelligence distribuée où il y aura une meilleure utilisation de la puissance de traitement à partager par télé-exploitation, grâce à une meilleure distribution des ressources.Les réseaux de compagnies aériennes en sont de beaux exemples.En effet, sur ces réseaux, un groupe de terminaux installés aux bureaux de réservations emmagasinent les données dans un «concentrateur», constitué d'un mini-ordinateur, qui les transmet au centre par blocs.Selon ce qu'il y a à faire, les messages sont orientés sur des ordinateurs dédiés à des travaux spécifiques: réservations, contrôle des vols, comptabilité.Dans ce contexte, on recherche un équilibre dans des réseaux où l'intelligence est distribuée de façon hiérarchisée: un premier niveau au terminal pour guider l'usager, effectuer les traitements simples, dialoguer avec l'usager et mettre en forme les messages qui seront communiqués au prochain niveau de traitement; des niveaux intermédiaires pour établir la jonction avec les réseaux de télé-informatique; finalement, un niveau de télé-exploitation partagée où est concentrée une base à caractère unique de données, de programmes, de cours, de messages, ou de puissance de traitement./ w.::y , Onpié fo- : ?l r fctaoir Sy::;-;: v Mitions, - tÊlÉcomm.Cepey et: Wusis, les ter- Per e(([I)p|( inform^ ' et des l^ntéié ^Ptione; «rie sont y L- te.Xrj A le si Wikiij teiiie, 'it.j l'C'tSt '(Cy %e tous :'>d, 27 UNITÉ DE SORTIE UNITÉ D'ENTRÉE MÉMOIRES AUXILIAIRES MÉMOIRE PRINCIPALE PUPITRE DE COMMANDE UNITÉ CENTRALE DE TRAITEMENT CONFIGURATION DE TYPE A UN ORDINATEUR AUTONOME Les chefs de file aux États-Unis Les mini-ordinateurs ventes 1975 répartition $000 000 du marché % Digital Equipment 500 37 Hewlett-Packard 235 17,4 Data General 113 8,4 Honeywell 62 4,6 General Automation 59 4,4 Texas Instruments 55 4,1 Interdata 43 3,2 Modular Computer Service 38 2,8 Varian 37 2,7 Control Data 30 2,2 Les grands empires répartition du production 1975 marché $000 000 % IBM 6 500 65,5 Honeywell 760 7,6 Burroughs 710 7,1 Sperry Univac 630 6,3 NCR 300 3 Control Data 265 2,7 Source: Business Week, avril 1976 perdu pour la transmission, une économie d'utilisation de temps d'ordinateur et une réduction des duplications.On prévoit qu'au cours de la présente décennie quelque 260 milliards de dollars seront dépensés aux États-Unis, uniquement pour développer et construire des systèmes d'informatique et de télécommunications.Pendant la même période, les systèmes intégrant ordinateurs et télécommunications seraient multipliés par un facteur de 200.Cependant, malgré les besoins sans 'cesse croissants et la surcharge des réseaux actuels, les bénéfices du croisement de ces technologies n'ont pas encore été atteints.Par exemple, la presque totalité des iinformations transmises entre des ordinateurs et des utilisateurs à distance l'est sur les réseaux téléphoniques conventionnels jqui ont été conçus pour relier des (téléphones et non des ordinateurs et des terminaux.Ces réseaux conventionnels ont |été conçus pour la transmission analogique et ne sont utilisables pour la transmission numérique (langage des ordinateurs) qu'avec l'utilisation de modems (modulateurs-démodulateurs) qui convertissent les données numériques en signaux analogiques.Or, le signal analogique supporte mal les inconvénients du voyage! En effet, il s'affaiblit avec la distance.Il faut donc lui ¦ donner plus de force et de puissance: on l'amplifie.Toutefois, cela ne va pas sans i causer certains problèmes; amplifier le signal, c'est également amplifier les bruits parasites recueillis en voyageant.Chacun d'entre nous a souvent expérimenté «l'écoute» de bruits parasites lors de conversations téléphoniques.En informatique, ces bruits parasites ne sont pas seulement incommodants, ils sont aussi sources d'erreurs.C'est ce qui explique que des plans nationaux ont été élaborés dans divers pays afin d'introduire des réseaux de transmission numérique qui prennent le signal directement de l'ordinateur ou du terminal et l'acheminent sous sa forme originale sur le réseau.Pour pallier l'affaiblissement du signal, on le regénère en un nouveau signal, identique au premier, plutôt que de l'amplifier.On évite ainsi le problème des parasites.Au Canada, DATAROUTE, premier système commercial de transmission numérique de données au monde, a vu le jour il y a déjà plus de trois ans.Le réseau DATRAN est l'équivalent américain.DISTRIBUER L'INTELLIGENCE L'importance de ces réseaux ne fait aucun doute et les besoins croissent à un tel rythme que le groupe Diebold estime que le nombre total de terminaux aux États-Unis devrait passer de 30 000, en 1965, à 2 millions au début de cette année.Les terminaux, pour leur part, seraient au nombre de 7 millions en 1982, alors qu'on n'en comptait que 700 000 en 1972.On estime, par ailleurs, que le nombre d'appels informatiques atteindra les 250 milliards avant la fin de cette décennie, toujours aux États-Unis.Il n'y a pas que les humains à être bavards! La tentation est grande, devant les possibilités mirobolantes de la technologie, de constituer des réseaux hautement centralisés.Mais les réseaux risquent fort d'atteindre des tailles critiques où les ordinateurs centraux ne pourront plus suffire à la tâche.La gestion de gigantesques banques d'information exigera des investissements énormes et risque de ne pas présenter assez de souplesse face aux multiples et changeants besoins des utilisateurs.Il ne fait aucun doute que le système d'informatique de demain se présentera plutôt sous la forme d'un ensemble de sous-systèmes spécialisés, reliés entre eux par des réseaux de télécommunications très évolués.Ce système global permettra ainsi de transmettre d'un sous-système à un autre les demandes auxquelles un sous-système donné ne pourra répondre.Il assurera la satisfaction des demandes spécifiques des utilisateurs grâce à des adaptations particulières rendues possibles par l'échelle «humaine» de chaque sous-système.Ce sera «l’intelligence distribuée, contexte fort propice à l'arrivée des miniordinateurs.Leur apparition change considérablement l'échiquier du marché de l'informatique.LES ORDINATEURS MINIATURES Dans le marché de l'informatique, l'ordinateur n'est qu'un élément d'un ensemble plus vaste, appelé système d'ordinateur qui comprend, en plus de l'ordinateur lui-même, du matériel périphérique, un logiciel d'exploitation, c'est-à-dire les mémoires et dispositifs qui règlent la marche générale de l'ordinateur, et des logiciels d'utilisation.Auparavant, Confiez vos calculs à: HEWLETT PACKARD < 5 3 * S B f ® ® ® a CK AR I.S3H5B1E-S1 MK 1 U^j PREFIX STK 'tENTERV liiTr7n,l '.g; H-MS+ ¦ ' ni.?RMS' LAgfx 251 M 5 6T a - » \\\ -Si) lY'Jsi PAUSE.'' D 25 J pACKAR WLETT HP-21 HP* 27 HP-25 Ce calculateur est un des appareils les plus compacts de la gamme Hewlett-Packard pourtant il comprend 32 fonctions pré-programmées, convertit les coordonnées polaires en rectangulaires.En plus des fonctions mathématiques, logarithmiques et trigonométriques usuelles (degré ou radian), il utilise la notation polonaise inverse combinée à une pile opérationnelle à 4 régistres vous permettant d'introduire les données dans l'ordre où vous les rencontrez dans une équation mathématique.— affichage scientifique ou décimal fixe — choix du nombre de décimales affichées — mémoire sur laquelle vous pouvez effectuer les 4 opérations de base — grand choix d'accessoires optionnels — manuel d'utilisation en français si désiré — livré avec batterie Ni-Cad, adaptateur, étui souple et livre d'instructions — DIMENSIONS: 13 X 6.8 X 3 cm $ 94PO + TAXE Puissant calculateur polyvalent, le HP-27 est doté de fonctions financières, commerciales, statistiques et 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pas pour ainsi le vérifier ou le corriger.8 instructions spéciales vous permettent d’effectuer des branchements directs ou conditionnels.Sa mémoire de programmation contient 50 étapes.En plus de toutes les caractéristiques du HP-21, le HP-25 vous offre ceci: — 8 mémoires adressables — moyenne et écart-type — la notation d'ingénieur affiche tout nombre avec un exposant de 10 toujours multiple de 3 (kilo, méga, milli, pico, etc.) — sommation de nombres ou de couples, sommation des carrés, etc.— conversion d'angles décimaux en degrés, minutes, secondes — valeur absolue, partie entière, décimale — manuel d'instructions et de programmation — livré avec étui, adaptateur, etc.— grand choix d'accessoires optionnels — DIMENSIONS: 13 X 6.8 X 3 cm $ 170.00 + TAxe Nous avons aussi: HP-55: $400, HP-65: $925, HP-22: $199, HP-80: $358, HP-91 : $586, HP-25-C: $235 Écrivez ou téléphonez pour plus de renseignements — Commandes postales acceptées avec chèque visé COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE École polytechnique, local C-136 Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, suce.«A», Montréal Tél.: (514) 344-4841 Vf MARIE-GUYARD LUES NEIGES A OECE COTE co QUEEN-MARY LU O ÎUÉBEC SCIENCE / août 1976 Honeywell Plus petits et moins chers U n'est plus nécessaire de monopoliser de grands espaces pour l'installation des mini-ordinateurs.Les entreprises de moyenne importance peuvent maintenant posséder \e leur, ainsi que plusieurs terminaux.orsqu'on se procurait un système d'ordinateur, on signait une entente avec jn fabricant qui fournissait l'ordinateur, le matériel périphérique (lecteur de cartes, imprimante, unités de rubans magnétiques 2t de disques magnétiques et contrôleurs de télécommunications), le logiciel d'exploitation, les logiciels d'utilisation, le service ’ d'entretien, les analystes résidents pour le ïupport du logiciel, la formation du personnel et les manuels techniques.Le coût de l'ensemble de ces services divers se •etrouvait dans ce qu'il était convenu d'appeler le coût de location du matériel.Mais au cours des années 60, les .orogrès de l'électronique ont fait évoluer es coûts de revient de ces composantes de :açons différentes.Le coût des services, tels l'entretien du matériel, le support du ogiciel, ou la formation, ont augmenté avec | celui du coût de la main-d'œuvre.Le coût j (des logiciels croft encore plus rapidement à cause de la complexité croissante de ces croduits et des besoins de plus en plus îophistiqués des utilisateurs.Le coût du matériel périphérique, à forte composition mécanique, décroft environ de moitié tous es six ou sept ans avec l'amélioration des méthodes de production.Enfin, le coût des circuits électroniques diminue lui aussi de façon vertigineuse.Et cela est dû en Donne partie à l'intégration progressive des | 'circuits électroniques, qui amène à la fabrication de circuits électroniques de plus ;n plus denses.Ils occupent alors moins d'espace, requièrent moins de puissance ilectrique pour fonctionner, dissipent évidemment moins de chaleur et sont donc dIus fiables.Il en résulte la possibilité de construire des ordinateurs moins volumineux, d'où leur nom de mini-ordinateurs.On en est rendu à ce point que les abricants de circuits électroniques sont parvenus à reproduire sur un minuscule ectangle de silicium recouvert d'une Jjî imulsion photographique, l'image, réduite jn million de fois, d'un circuit électronique, .orsque l'image est développée, certaines parties demeurent sensibles et l'on peut y introduire des impuretés qui respectent le contour du dessin.On parvient ainsi à créer un réseau de transistors et de résistances microscopiques qui possède les mêmes caractéristiques que les circuits imprimés d'antan.Ce minuscule rectangle de silicium peut équivaloir à 5 000 transistors! UN MINI POUR 2 000 DOLLARS Les premiers fabricants à mettre en marché ces ordinateurs moins volumineux furent pour la plupart des firmes de taille modeste.Ils s'attaquèrent donc à la fabrication d'ordinateurs de faible puissance, d'où l'habitude de considérer les mini-ordinateurs comme des ordinateurs de faible puissance.Ils offraient la plupart du temps un système comprenant peu de périphériques, un logiciel d'exploitation élémentaire et presque pas de produits logiciels.Cette modestie des firmes et des systèmes, jointe à l'intégration des circuits électroniques, permit d'abaisser fortement les coûts.En 1965, un mini-ordinateur se vendait 20 000 dollars.Aujourd'hui, le même se vendrait environ 2 000 dollars.Le prix de vente de la mémoire centrale d'un mini-ordinateur moderne coûte à peine 0,001 dollar par bit.Le prix comparable sur un ordinateur moyen de la fin des années 60 variait entre 10 cents par bit pour les mémoires plus rapides et 2 cents par bit pour des mémoires magnétiques intermédiaires.Une réduction par un indice de 1 000 en une décennie! Depuis quelques années, l'intégration des circuits a progressé à tel point que l'on en vient à parler de micro-électronique et de micro-ordinateur.La chute des coûts de l'électronique se poursuivant, il est fort possible qu'on en arrive un jour à trouver sur le marché des ordinateurs de quelques millimètres cubes pour quelques centaines de dollars.Pour accompagner ces nouveaux ordinateurs, il se développe une gamme de nouveaux périphériques, diskettes, imprimantes à points, ou unités à cassettes magnétiques, plus modestes; de telle sorte qu'un système complet ne revient à guère plus de 10 000 dollars.Par ailleurs, les fournisseurs de miniordinateurs offrent maintenant des «maxi-mini-ordinateurs» qui ont une puissance de traitement comparable à celle de grands ordinateurs traditionnels.Toutefois, il ne faut pas oublier que l'ordinateur n'est qu'un élément de l'ensemble plus vaste que constitue le système d'ordinateur avec ses périphériques, son logiciel et les services.Ces maxi-mini se vendent sans doute beaucoup moins chers que les grands ordinateurs traditionnels, mais les coûts n'incluent pas le logiciel et l'entretien.D'autre part, le marché des mini-ordinateurs est encore relativement nouveau et plutôt instable.Il en résulte des risques de survie de certains manufacturiers, des problèmes d'implantation et d'isolement technologique.De plus, il ne faut pas négliger la capacité des manufacturiers traditionnels d'ordinateurs dans le domaine des nouvelles technologies, même s'ils ne peuvent 29 abaisser radicalement leurs prix sans voir s'éroder leur base de revenus et risquer que leurs clients actuels les inondent de demandes de conversion.Il faut noter également que tous ces développements sont essentiellement des perfectionnements de l'ordinateur de troisième génération et qu'il faudra sans doute attendre l'arrivée d'une quatrième génération d'ordinateurs pour assister à un véritable accroissement des performances.Pour toutes ces raisons, il est probable qu'à l'issue d'une période de transition de quelques années, après l'élimination de plusieurs manufacturiers nouveaux et même anciens, la situation redeviendra plus claire.LA MORT DES GRANDS EMPIRES Le monde de l'informatique nous avait habitués depuis quelques années aux grands empires des spécialistes, caractérisés par des ordinateurs de plus en plus puissants et rapides, auxquels étaient reliés le plus grand nombre possible de terminaux et d'ordinateurs-satellites.Ces grands empires se sont avérés des accélérateurs du progrès scientifique.Le programme spatial APOLLO, par exemple, n'aurait pu voir le jour sans eux.De même pour l'aéronautique commerciale, la finance et les banques.Mais du même coup la technologie s'est retrouvée la grande complice d'une vague de centralisation dont notre société n'est pas près de se défaire.Il est certain que, face à ce mouvement général, les mini-ordinateurs ont le mérite de hiérarchiser les besoins, de répartir les tâches, d'utiliser les grands empires lorsque leurs caractéristiques leur conviennent, et de traiter chez eux tout ce qui peut l'être.Une informatique pour tout le monde est en train de naftre.Que ce soit au guichet de votre banque, dans votre marché d'alimentation ou au comptoir de l'aéroport, à chaque fois que vous sortez votre carte de crédit, un ordinateur risque d'intervenir.L'informatique est-elle en train de favoriser l'envahissement de la vie privée?La réponse, c'est l'homme qui la détient, dans sa sagesse à se servir de cette technologie.Bibliographie T.W.Blackburn et H.W.White, Comprendre les ordinateurs, Marabout Université, no 265, Ver-viers (Belgique), 1975 P.de Miribel, Pr/nc/pes des ordinateurs.Dunod, Paris, 1972 M.Ponte et P.Braillard, L'informatique, Le Seuil, collection «Le rayon de la science», no 31, Paris 30 août 1976 / QUÉBEC SCIENCE LES CRIS SURVIVRONT-ILS AU PROGRÈS?k':"- ' (JCiÉtË 3' juisynts * Ipire.SOUIiiü ' KK3:;; éler:-3.: inillim ci' Je pi sel iwitmh :k- Les6i Les Indiens cris sont d’ores et déjà contraints d’assumer eux-mêmes un développement venu du Sud «ilT: - lier:.ISS'jre' p rtionr IVigraU toutes les te lerss::.est ¦ *; : - WMâ ÊÊÊiê 'mèc* ' - ive ’ j :: mmÊmmgm • V ; s MÊmm I" / wmsm ?Æ&?; Si mmmÊmm ¦ li0l,0ii.V'i'sî üfjH :,_ -y' > 7 '' ;.;¦.• s.- j' '-•'i’v - i V æ « SVi-vr.V W~' " /.-, MsÊs êmmd w9B$M f.: ¦ .•Vyf’f ¦'V ;','r- .s-1'-'1 -r' mm -J .¦' v cV à’ "Si /:; mmÈÊz 4477 EC SCIE',." HJÉBEC SCIENCE / août 1976 3ar Jean-Marc Fleury 31 endant des millénaires, les Indiens cris de È a baie James ont vécu en marge de la iociété blanche du Sud.Aujourd'hui, de jpuissants mécanismes d'intégration sont à œuvre.Bien avant que le premier ministre ourassa ne «découvre» la baie James, et e décide de mettre ses ressources hydro-lectriques au service «de tous les uébécois» (et des Américains), des iers de Peaux-Rouges en tiraient déjà e quoi se loger, se vêtir et se nourrir.Il y ivait même des surplus, que l'on confiait à rhuetenshu, le vent du Nord.Les 6 500 Indiens cris de la baie James, e plus important groupe amérindien à uvre encore près de la vie traditionnelle, avaient que chaque année les animaux tiendraient à eux en nombre suffisant pour issurer leur subsistance.Pour cela, il fallait lue l'homme tue rapidement le castor et 'orignal, sans les faire souffrir, qu'il utilise outes les parties de l'animal et disperse :orrectement les ossements et les restes.Si e chasseur n'a.ssumait pas ses responsabilités, s'il tuait trop de castors ou d'orignaux, ilors les animaux et chuetenshu boudaient 'homme et sa chasse languissait.Aujourd'hui, c'est le vent du Sud qui îst mauvais.D'abord, il y a eu ces gros itres dans les journaux du Sud, qui ont i ippris soudainement à Philip Awashish que a ligne de trappe de son père allait iraisparaftre sous les eaux d'un lac artificiel.5uis, le vent du Sud a poussé devant lui des racteurs et des camions qui ont déroulé un morme ruban d'asphalte.Maintenant, chaque jour, des milliers d'hommes, casqués comme à la guerre, percent et iynamitent des montagnes, vomissent du téton jour et nuit et sèment d'affreux barils d'huile un peu partout (voir la description du projet hydro-électrique de la taie James dans Québec Science, octobre 1973).Le chef de ces hommes qui parlent rançais, un homme pas bien gras, à unettes et toujours bien peigné, a même déclaré que les forêts, les rivières et les lacs r tccupés de père en fils depuis 5 000 ans, l'appartenaient plus aux Cris.Dans un 5ton geste, il a quand même offert 63 000 dollars, pour racheter les «soi-disant» iroits indiens.Pourtant.Un an plus tard, en décembre 1975, le :hef québécois apposait sa signature en bas l'une entente qui accordait 225 millions de iollars aux Inuit et aux Cris, en échange de :ous leurs droits indiens sur le territoire, ".'entente stipule que les Cris ne possèdent Jésormais des droits d'utilisation complets tue sur 5 231 kilomètres carrés.Par contre.Is conservent des droits exclusifs sur les i-mnimaux pour une superficie de 64 813 t ' kilomètres carrés et des droits prioritaires, ’•vi Mnais non exclusifs, sur le reste du territoire I Je la baie James.De plus, tout Indien qui décide de vivre de la chasse et de la trappe lura un revenu minimum garanti par le louvernement du Québec.Enfin, le peuple :ri participera étroitement à l'administra-ion quotidienne du territoire et aura son mot à dire dans tout projet risquant de modifier l'environnement.C'est à la fois beaucoup, pour des gens dont le revenu ne dépasse pas 3 500 dollars par année —la majeure partie en assistance sociale—, et peu, lorsque l'on considère que le front commun initial de tous les Indiens du Québec réclamait cinq milliards de dollars pour la cession des droits indiens sur tout le Québec.UN GRAND CHEF DE 27 ANS L'entente interdit la distribution de sommes d'argent à des individus.C'est donc collectivement que les Cris devront administrer leurs millions et participer à la gestion du territoire.Ceci représente toute une transformation sociale pour les premiers habitants de la baie James.En effet, depuis les débuts, il n'y avait jamais eu de réunion de tous les Cris de la baie James.Les chefs de bande exerçaient une autorité plutôt diffuse et il n'y avait pas l'ombre d'un gouvernement indien.Depuis 1970, tout a changé.shamans, les vieux chasseurs, n'avaient plus guère d'efficacité.Très tôt, la poignée de jeunes qui avaient poursuivi leurs études au-delà du secondaire prit l'initiative de la contre-attaque.Ceux qui avaient une solide expérience du contact des Blancs, et qui savaient lire et écrire, devinrent soudainement indispensables.Et dire que plusieurs d'entre eux se considéraient comme des parias, n'ayant su s'intégrer à la société blanche et ne pouvant se réhabituer à une vie de chasse et de trappe.Alors que la tradition donnait l'autorité aux vieux, les jeunes devinrent les leaders de la communauté des Cris.C'est ainsi qu'à 27 ans, Billy Diamond, fils du chef de la bande de Rupert House, est aujourd'hui le grand chef du Grand Conseil des Indiens cris, un organisme qui représente les 6 500 Cris du Québec et qui n'existait en aucune façon il y a moins de dix ans.C'est dire que les Cris vivent toute une «révolution tranquille».Cette structuration politique et sociale sans précédent est sans doute le développe- Municipalité de la Baie James rivière Grande Baleine LG 2 rivière La Grande lac Sakami rivière Opinaca Eastmain rivière Eastmain rivière Rupert lac Mistassini rivière Nottaway L'assaut brutal du projet de la baie James a obligé les Cris à se doter de représentants et à mettre en place des mécanismes de consultation de la population.C'était la seule façon de donner du poids à leurs revendications devant les juges et les gouvernements du Sud.Mais en face de ces interlocuteurs instruits, la grande sagesse des chefs et l'expérience des ment le plus positif à surgir de l'agression du projet hydro-électrique de la baie James.DES FIANÇAILLES ACTIVES Lorsque l'on veut remonter dans le passé et retrouver dans leurs moindres détails les traditions culturelles et religieuses des Cris, la tâche est pratiquement impossible.En effet, très tôt, avant que quiconque n'ait sii! X'Xv'v 32 août 1976/ QUÉBEC SCIENCE EVINCES DES CHANTIERS La participation des Indiens cris à la construction du complexe hydro-électrique de la baie James a subi de curieuses fluctuations, tout en restant fort modeste.Aussi curieux que cela paraisse, il n'y a eu pratiquement aucun Cri d'embauché sur les chantiers de la baie James avant le printemps 1975, à l'exception de quelques rares individus, une dizaine au maximum.Et tout à coup, de mai à septembre 1975, ce sont 325 Indiens qui sont engagés, venus de Fort George et de Mistassini principalement.Mais au printemps 1976, ils ne sont plus que 34.Les Cris boudent-ils le chantier, ou les employeurs boudent-ils les Indiens?Il se pourrait que la réponse soit ailleurs, quelque part dans les à-côtés de la politique.Pour la période qui précède 1975, on se rappelle que le système d'embauche pour la baie James fonctionnait selon des méthodes pour le moins anormales.Il n'est donc pas étonnant que dans ces tripotages les Indiens se soient trouvés évincés.L'afflux de l'été 1975 pourrait être dû à des décisions politiques du gouvernement du Québec, entrant dans sa stratégie de négociation des droits indiens et inuit.Un bon geste en quelque sorte, posé au bon moment, pour faire bonne mesure.Mais l'entente est maintenant signée et les Indiens ont donc appris qu'on n'avait plus besoin de journaliers, mais plutôt d'ouvriers spécialisés, le chantier étant bientôt fini, paraft-il.Presque tous les Cris sont des journaliers.Une question de langue a peut-être également joué, puisque sur ce chantier francophone, les Cris, dont la deuxième langue est l'anglais, ne pouvaient que difficilement communiquer avec leurs collègues ou contremaftres.Des cours de français ont été offerts, qui remporteraient un bon succès, surtout chez les jeunes.Tripotage administratif, jeu politique, racisme, quelles que soient les raisons pour lesquelles les Indiens cris se sont retrouvés à l'écart du projet du siècle, une chose est certaine, les Blancs ont manqué une splendide occasion d'accélérer le processus d'intégration des Indiens à leur si «belle» civilisation du Sud.ta feme s màh ttëm mn 1 BiSOr; E «lliipîts.abaroor construct! cours des i de mène conditioK SO" ucc toteàt ibsoliiF lor,;:;-;; POU! fais;-:; enregistré ces traditions, les croyances furent modifiées par les missionnaires.L'édifice culturel de ce peuple de nomades et son mode de vie se révélant très perméable, les Cris se laissèrent rapidement convertir à la religion anglicane, bien que les premiers missionnaires arrivés aient été catholiques.Le Père Alain, chef de la maison des Oblats de Fort George, explique que les Indiens accordèrent plus d'importance aux missionnaires protestants, car ces derniers parlaient la langue des employés de la Compagnie de la baie d'Hudson, la langue des affaires, la langue des puissants.De sorte qu'aujourd'hui, les chants folkloriques indiens sont pour la plupart des hymnes anglicans traduits en cris.Le directeur de la mission catholique, qui ne compte aucun Indien converti à sa religion et dont les bâtiments se trouvent désormais en territoire soumis à l'autorité des Cris, explique que la religion chrétienne correspondait tout de même parfaitement aux préceptes de vie des habitants de la baie James.La nouvelle religion leur disait d'aimer leur prochain «et il n'y a rien de plus naturel pour eux que de s'entraider».Pour ce qui est du mariage, pas de problème.Bien sûr, l'Indien vit des fiançailles «actives».Mais il est entendu qu'il épouse sa fiancée aussitôt qu'elle a le bonheur de tomber enceinte.Ce n'est que si elle ne démontre aucun signe de maternité prochaine que le garçon se sent libre d'aller ailleurs.C'est pourquoi bien des jeunes Indiennes ne voient pas d'objection à répondre favorablement aux avances d'un Blanc.Par contre, elles sont cruellement déçues lorsque les premiers signes de grossesse font fuir le fiancé au lieu de le conduire à l'autel.Par ailleurs, la mère célibataire n'est pas rejetée par la bande.Les enfants jouissent de trop d'estime.Ce sont eux les vrais rois des villages cris.Rien n'est trop bien pour eux et leurs parents les laissent faire tout ce qu'ils veulent sans jamais les gronder.Pourtant, jamais on entend ceux-ci pleurer ou faire des colères d'enfant gâté.L'enfance est une période merveil- Si le taux de scolarisation a monté dans son ensemble, il n'en reste pas moins que le nombre d'étudiants cris n'est guère à la hausse aux niveaux collégial et universitaire; entre 1973 et 1976, il est passé de 22 à 15 pour le collégial et de six à onze pour l'universitaire.en; de Cor;;- - h- La population des Cris en 1974 Total Dans Extérieur Total décembre 1975 e village du village de la bande (estimation) Eastmain 262 37 299 306 Fort George 1 044 59 1 503 1 541 Vieux Comptoir (Paint Hills) 547 81 628 644 Mistassini 1 481 237 1 718 1 761 Nemiska 49 50 Fort Rupert 980 25 1 005 1 030 Waswanipi 703 721 Poste-de-la-Baleine 359 3 362 371 6 267 6 424 leuse et un vrai déchirement se produit chaque fois que les parents doivent se séparer de leurs enfants pour les envoyer dans les écoles du Sud.Toutes les excuses pour les faire revenir sont bonnes.Le cheminement scolaire devient alors long et laborieux de sorte que tant qu'on n'aura pas trouvé une façon d'adapter la vie scolaire au contexte social, le niveau d'instruction des Cris demeurera très faible.UN VILLAGE CONDAMNÉ Plusieurs traits constituent l'originalité du peuple cri.Le fait que la langue ait été conservée constitue un caractère distinctif capital.Il y a un siècle que cette langue a été dotée d'une écriture syllabique qui lui garantit sa continuité.Bien entendu, les seuls livres en cri sont des catéchismes, des manuels scolaires.et des rapports d'impact sur le projet hydro-électrique.Les ressources culturelles d'une communauté de 6 000 personnes restent limitées, mais, il y a l'amorce d'un folklore cri, avec ses interprètes et ses chansons.En même temps, il y a le drame des jeunes trop longtemps exilés dans le Sud qui ont oublié la langue.Leurs connaissances pourraient être très utiles à la communauté, mais ils ne peuvent communiquer avec de larges segments de la population qui ne comprennent que le cri.Cette population est présentement répartie en huit bandes autour d'autafft d'établissements: Eastmain, Fort George, Vieux Comptoir (Paint Hills), Nemiska, Fort Rupert, Waswanipi et Poste de Mistassini.La bande de Rivière Grande Baleine se trouve juste à l'extérieur du territoire de la baie James.L'aspect extérieur des villages indique bien les profonds changements qui sont en Gec- ¦ délTFr;:: da(is|,fmi un- irintemj.Atl fl, 'Sc 1° IfifT":, .n*iî,v; Pt TMfl rH; > AllUfnl s,;:: dirv :s®!cfcuÉBEC SCIENCE / août 1976 .La tente demeure le Heu privilégié pour passer la soirée, tout en mangeant le «bannick», pain cuit au bout d'un bâton, jpf des morceaux d'orignal rôtis au-dessus pu feu.jmarche.Au Poste de Mistassini, les 1 500 [habitants vivent maintenant dans des [maisons tout à fait décentes et bien y Equipées.A Fort George, plusieurs cabanes (abandonnées et des dizaines de maisons en ponstruction indiquent l'amélioration en [pours des conditions de logement.Il en est il pe même à Fort Rupert.Mais les conditions de vie de la bande Waswanipi tont inacceptables.Une partie de la bande ladite à Matagami, dans des cabanes bsolument insalubres et a attendu bien ^longtemps que les autorités se décident pour le site d'un nouveau village.Cela ifaisait déjà plusieurs fois que l'on changeait d'endroit et le dernier retenu risquait 'encore d'être rejeté depuis puisqu'on avait découvert que le poisson de la région était (contaminé par le mercure (voir Québec 'Science, décembre 1975).L'avenir de l'établissement de Fort George illustre bien les problèmes actuels.Il est de plus en plus question de déménager tout le village, alors qu'on vient d'y construire un splendide hôpital.Le jvillage est construit sur une fie de sable, dans l'embouchure de la rivière La Grande.’D'abord, l'alimentation en eau potable est lun problème insoluble qui empire à chaque printemps.Au mois de mai dernier, par exemple, l'eau des puits creusés par le gouvernement était d'une couleur et d'un goût répugnants.Tout consommateur devenait candidat à la gastro-entérite.De sorte que les Blancs s'adonnaient au Seven-Up pendant que les jjfemmes indiennes se rendaient jusqu'à la rivière faire provision de glace, toute propre.(À la mi-mai, la débâcle ne s'était pas encore produite, mais elle était imminente.Le soir, les vieux s'installaient sur les bords de l'fle dans l'attente de ilstlv I d'événement.Ils en profitaient pour (sermonner les téméraires qui traversaient j files glaces sur leur motoneige pour aller lirt™” ('chasser les grosses outardes criardes.) Au problème chronique de l'eau eG['~ fcpotable s'ajoute aussi la menace d'une (P11 jcontamination de la nappe souterraine par : les eaux salées de la mer, lorsqu'on ii#1 (diminuera le débit de La Grande pour ,i^ remplir les réservoirs des barrages.Enfin, les grandes marées continuent à gruger l'fle régulièrement.Comme le gouvernement s'est engagé à maintenir des conditions de vie acceptables pour les 270 familles de la bande de Fort George, il semble qu'il en coûtera moins cher de tout reconstruire ailleurs que de lutter contre l'ensalement, l'effritement et la pollution.DES CHÈQUES VITE DÉPENSÉS Déménager ne présentera aucun problème pour les Cris.Ils ont toujours été nomades et le restent encore au fond d'eux-mêmes.Le nouveau site et les nouveaux aménagements devront tout de même être adéquats.Traditionnellement, les Cris de l'intérieur vont trapper d'octobre à juin et passent l'été à la réserve.Ceux de la côte (Rivière Grande Baleine, Fort George, Vieux Comptoir, Eastmain et Fort Rupert) abrègent la saison de trappe pour chasser l'outarde au printemps et à l'automne.Pendant l'été, tous les Cris augmentent considérablement leur consommation de poisson.C'est pendant l'été, aussi, qu'ils ont commencé à s'installer autour des magasins que la Compagnie de la baie d'Hudson ouvrait pour acheter les fourrures et vendre de l'équipement et de la nourriture.Chaque magasin de La Baie est devenu un point d'attraction irrésistible.Ainsi, sont apparus autant d'établissements permanents dans un monde où les notions de maison et de village n'avaient X/ Les femmes cris n'arrêtent jamais.Pendant la saison des outardes, elles en déplument souvent plus d'une demi-douzaine par jour.jamais existées.Toujours aussi vulnérables aux initiatives du Sud, les Cris sont maintenant installés autour de ces postes.Le magasin de La Baie tient tellement de place dans leur vie que lorsque la Compagnie ferma sa succursale de Waswanipi, en 1965, les Indiens se dispersèrent.En fait, beaucoup vivent la société de consommation, et d'une façon particulièrement intense, par l'entremise de ces magasins.Les chèques de paie et de sécurité sociale ne font que passer brièvement entre leurs mains avant d'aller s'entasser dans le tiroir-caisse du magasin de La Baie.Aujourd'hui, l'Indien cri authentique 33 est chasseur et trappeur.Idéalement, la chasse peut nourrir et habiller son homme tandis que la trappe permet d'acquérir le superflu.Mais ce superflu tend à prendre beaucoup d'importance.De plus, la trappe n'est pas un mode de vie d'origine purement indienne, mais plutôt une réponse indienne à une demande exprimée par les Blancs pour les fourrures de castor, de loutre et de rat musqué.Néanmoins, les Indiens ont fait de la trappe quelque chose d'unique et qui leur appartient maintenant en propre.Pourtant, la trappe n'est pas une activité particulièrement lucrative.Le gouvernement a fixé des quotas de 100 castors par chasseur par année.Le prix des peaux varie de 25 à 40 dollars, mais en 1971-1972, par exemple, le revenu moyen n'était que de 575 dollars par chasseur.Ce revenu se trouve complété par les allocations gouvernementales.Le seul ministère fédéral des Affaires indiennes a versé, en 1974, pour 1 193 000 dollars en assistance sociale, et ce chiffre est monté à 1 363 000 en 1975.Actuellement une famille comptant au moins deux enfants peut recevoir plus de 400 dollars d'assistance sociale.De son côté, le gouvernement du Québec étudie la possibilité de transformer en «salaire de chasseur» ('«allocation de chômage» que reçoit le trappeur pendant ses quatre à huit mois d'inactivité.Le fait est que les Cris trappeurs ne trappent pas seulement pour l'argent.Ils font la chasse des animaux à fourrure parce que cette activité leur donne l'occasion de vivre dans la forêt et que, pour plusieurs encore, c'est en forêt qu'ils se sentent le plus à l'aise.Chaque bande compte sa proportion de trappeurs à temps plein et, souvent, la majorité des hommes s'adonnent à la chasse ou à la trappe au moins à temps partiel.Allez visiter un village cri au mois de mai, vous n'y trouverez que des femmes.LE CASTOR SE FAIT RARE En 1937 et 1938, le gouvernement a divisé le territoire de la partie sud de la baie James en 275 lignes de trappe, et ce de façon tout à fait unilatérale.La raison invoquée était la diminution dramatique du nombre des castors.Encore aujourd'hu on ne connaft pas les raisons précises de cet effondrement des populations d'animaux à fourrure, mais il semble que l'arrivée soudaine de nombreux trappeurs blancs, attirés par les prix, en soit la cause.Chaque chasseur a une ou plusieurs lignes de trappe.Dans la mesure du possible, on ne chasse pas deux années de suite sur la même ligne.Les prises baissent parfois de plus de 30 pour cent lors de la deuxième année consécutive de chasse sur le même terrain.Tout l'art consiste à conserver les espèces en nombre suffisant.Ainsi, il arrive souvent qu'un chasseur laisse reposer sa ligne de trappe pendant toute une année.Il pourra alors emprunter celle d'un autre.Le meilleur trappeur n'est d'ailleurs pas celui qui rapporte le plus de peaux, mais celui dont les prises sont les plus régulières, d'année en année.De même, dans le cas de l'orignal et des autres espèces, les Cris ajustent continuellement leur chasse pour maintenir les populations animales.L'anthropologue Harvey Feit, qui a étudié les rapports entre l'écologie et la culture des Cris, a démontré que cette sagesse équivalait à une véritable gestion rationnelle des ressources.Conclusion qui va à l'encontre du préjugé selon lequel les experts des gouvernements ont le monopole du savoir, car scientifique, des ressources.La plupart du temps, fonctionnaires du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche et trappeurs cris s'entendent sur les limitations de prises de castors, d'orignaux, et d'outardes.Ils trouvent que ces quotas correspondent souvent aux normes qu'ils se fixeraient eux-mêmes afin de ne pas diminuer le nombre des animaux.C'est d'ailleurs dans les normes qui régissent leurs relations avec les animaux de la forêt qu'il faut chercher les croyances animistes des Cris.Pour eux, les animaux, les rivières et les vents ont une âme et une personnalité.Si un orignal a été abattu, c'est qu'il avait lui-même décidé de s'offrir au chasseur.Ce dernier doit donc continuellement respecter les êtres qui l'entourent s'il veut assurer sa subsistance.Lorsque la chasse est infructueuse, c'est que l'animal a décidé qu'il n'était pas encore temps de se faire capturer.Et si la situation se prolonge, alors c'est que le chasseur a failli à une de ses responsabilités.La principale étant de ne pas tuer trop d'animaux.Chuetenshu et les animaux rappellent ainsi à l'homme ses devoirs fondamentaux.Après quelques siècles, il s'est créé une situation d'équilibre entre les hommes et les ressources du milieu.Ceci fait dire à M.Feit que l'économie de cueillette du chasseur est beaucoup plus qu'un simple épiphénomène superposé à l'environnement.11 faut aller plus loin que les apparences et réaliser que les chasseurs cris administrent un véritable système ethno-écologique, gage de la conservation des espèces.À LA RECHERCHE DU REMÈDE A long terme, malheureusement, il n'y a aucune possibilité de voir la vie de trappeur et de chasseur devenir celle de la majorité des Cris.Les ressources du milieu sont trop maigres et la population augmente beaucoup trop rapidement.Les forêts du sud de la baie James ne manquent pas de beaux arbres et de sauvagine.On y a dénombré 15 000 cabanes et digues construites par les castors.En comptant cinq animaux par cabane, cela fait une population de 75 000 bêtes dont on peut sans danger chasser 15 pour cent des individus par année.La trappe demeure donc une activité profitable.En une année, la bande de Mistassini, par exemple, peut récolter de 7 000 à 8 000 peaux pour un revenu total de 160 000 dollars à partager entre 200 trappeurs.A la hauteur de Fort George, par contre, la pauvreté de la végétation et le nanisme des arbres trahissent la faible productivité biologique de la taiga.Chaque HÜÇfil reste/;::' .'.-/‘S»-' I.m ».s ¦V famille y reçoit déjà en moyenne 6 500 dollars d'aide gouvernementale par année.Le territoire de la baie James ne peut supporter que quelques milliers d'habitants, niveau atteint depuis longtemps.De plus, on assiste depuis plusieurs années à une véritable explosion démographique.Plus de 70 pour cent de la population a moins de 30 ans et les familles de cinq à huit enfants sont la norme.L'amélioration considérable des soins médicaux —que les Cris sont les premiers à reconnaftre— a presque complètement éliminé la mortalité infantile.À titre d'exemple, la population de la bande de Mistassini a été multipliée par dix, de 1915 à nos jours.Cet accroissement rapide de la population, attribuable à l'introduction des soins de santé modernes, couplé à une stagnation des ressources, correspond exactement au processus qui a conduit la plupart des pays sous-développés à leur situation actuelle.L'introduction sournoise dès soins de santé avancés en l'absence de tout développement économique rapide demeure la meilleure amorce du cycle du sous-développement.Personne n'a encore trouvé de remède parfait à cette situation.Toutefois, il semble que l'entente intervenue entre les Cris et, principalement, le gouvernement du Québec pourrait rompre favorablement le processus de sous-développement déjà en marche à la baie James.La signature de l'entente a nécessité la formation d'une structure politique appartenant entièrement aux Cris, le Grand Conseil des Indiens cris.Avec cet instrument, les Cris satisfont à la première condition préalable à tout développement.Ensuite, l'impossibilité de verser les sommes repes à des individus oblige la communauté à maintenir des structures chargées de veiller sur l'utilisation, au meilleur profit de la collectivité, des intérêts générés par ces millions.Enfin, les Cris pourront lancer des projets afin de participer au développement économique de leur région.Certains parlent de mettre sur pied des services Les outardes sont aussi grosses qu'elles le paraissent et ont besoin de toute la soirée pour rôtir.aériens, possédés et administrés par les Indiens, ou encore de construire des magasins pour faire concurrence à la Compagnie de la Baie d'Hudson.Tout le problème des Cris consiste maintenant à vivre et à bâtir un développement original.La question ne se pose pas de choisir entre la vie de chasseur, ou le travail dans le Sud.Plusieurs croient qu'il sera possible de vivre la vie traditionnelle de chasseur pendant une partie de l'année et la vie «blanche» pendant l'autre moitié.D'autres disent que les Cris iront bientôt vivre la vie de trappeur quelques jours par année, tout comme les Blancs du Sud font du camping.Pourtant, on peut leur faire confiance.Tout comme ils ont inventé le mode de vie du trappeur, ils sauront bien inventer une façon de vivre originale.Ce coin du Québec demeurera différent pour le plus grand bénéfice de tous les Québécois.Bibliographie La baie James indienne.Texte intégra! du jugement du juge Albert Malouf, Éditions du Jour, 1973 Robert Bourassa, La baie James, Éditions du Jour, 1973 Boyce Richardson, Strangers devour the Land.MacMillan of Canada, 1976 Developmental Change Among the Cree Indians of Quebec, publié par le Rural Development Branch of the Department of Forestry and Rural Development, Ottawa, Canada, 1968.La Convention de la Baie-James et du Nord québécois.Convention entre le Gouvernement du Québec (la société d'énergie de la Baie James, la société de développement de la Baie James, la commission hydro-électrique de Québec ou Hydro-Québec), le Grand Council of the Créés (of Quebec), la Northern Quebec Inuit Association et le Gouvernement du Canada.Publiée par l'Éditeur officiel du Québec, Gouvernement du Québec cei::::': inc.ao reste;:;:;' ?.- : DES BOISES AU REGIME h scia îles tCSCiacÉBEC SCIENCE / août 1976 mli emiu'il onnelli faiwf [inioi tieniot ^o«P), mi ^ntfi P jnltim E Xprès cinq ans d'efforts pour ~1|nettre en valeur les forêts privées Illans les régions dites marginales, “'est encore l'État qui retire le )lus de bénéfices de l'exploita-ion et de la transformation du lois qui provient de la estauration de ces forêts.Un ngénieur forestier de l'Union Iles producteurs agricoles (UPA), /I.André Côme Lemay, tire ette conclusion d'une évalua-ion du programme québécois de estauration intensive de la forêt urale, programme du ministère es Terres et Forêts.Les revenus iscaux, provenant des salaires, :es taxes sur l'outillage et les nachineries, ainsi que des taxes ur la vente des produits, onstituent l'essentiel du endement des investissements ouvernementaux.)ans un dossier publié au cours le l'été à l'intérieur de La Terre le Chez Nous, M.Lemay retrace histoire de cette politique luébécoise d'aménagement des ermes forestières; il fait ensuite e bilan de son application au ours des dernières années.Cette lolitique s'est traduite par le egroupement des forêts privées n 55 unités de gestion commu-1e; jusqu'à maintenant, 27 Organismes ont été accrédités pur coordonner l'exploitation le leur zone.À la fin de l'année 975, environ 1110 kilomètres carrés de territoires forestiers, recrutés à même les terrains privés et les propriétés publiques proches des villages, étaient ainsi placés sous le régime de gestion en commun.Les seuls revenus des organismes de gestion (Groupements forestiers ou Sociétés sylvicoles) proviennent du bois récupéré au cours des travaux de restauration; c'est dire qu'à court terme, les groupes de gestion ne s'autofinancent pas.De là, la nécessité pour l'État de consentir des budgets pour la réalisation de travaux en forêt.Au cours des cinq dernières années, le ministère des Terres et Forêts a ainsi affecté aux travaux de mise en valeur de la forêt rurale plus de 10 millions de dollars, dont la moitié a servi aux recherches et à l'encadrement technique.Cette somme a permis le traitement de 195 kilomètres carrés de terres privées et publiques, et le reboisement de seulement 28 kilomètres carrés.La restauration forestière constitue une œuvre à long terme; la rentabilité des investissements est maximisée après une période de 50 ans! Le bois récupéré dans les premières années d'opération ne représente donc qu'une faible part du revenu des investissements; le rendement financier se situe alors au niveau des revenus fiscaux.L'État retire évidemment ces bénéfices.Cette observation permet à l'ingénieur Lemay d'affirmer que celui qui récupère le plus d'une politique doit aussi investir le plus.Toutefois, pour assurer la rentabilité de ses investissements et même l'augmenter, le gouvernement devra surveiller de plus près l'exécution du ICUfV programme.Le choix du site des travaux est primordial: une productivité potentielle élevée ou la disponibilité de bois à haute valeur commerciale est nécessaire au départ.La piètre qualité des terrains fournis par les propriétaires participants aux unités de gestion commune constitue probablement la principale pierre d'achoppement du programme depuis ses débuts.Le deuxième problème touche plutôt le débouché pour les produits récupérés des travaux de restauration; le territoire traité est caractérisé par une forte disponibilité de feuillus: de bois à pâtes.Or, la grande majorité des moulins à pâtes n'utilisent qu'un faible pourcentage de feuillus.Cette absence d'usines utilisatrices des essences les plus courantes limite les possibilités de revenu pour les producteurs regroupés.Enfin, des techniques précises sont requises pour accroftre la productivité forestière; et ici, les ouvriers sylvicoles spécialisés manquent.Bref, après cinq années d'application et de développement de cette politique de mise en valeur de la forêt rurale au Québec, le bilan semble positif.Assez pour que l'État intensifie sa participation au programme.Le ministère des Terres et Forêts devra cependant épauler cette politique de mesures concrètes de nature à rentabiliser ses investissements.L'implantation de nouvelles usines de pâtes à base de feuillus ou la conversion d'usines existantes, la formation d'ouvriers sylvicoles compétents et l'intégration de meilleures terres privées et publiques dans les unités de gestion sont quelques-unes des propositions retenues par l'ingénieur forestier de l'UPA.La plupart d'entre elles apparaissaient dans le Livre Blanc publié en 1972 pa'r le ministère des Terres et Forêts.Les cinq prochaines années révéleront s'il est possible de réaliser ces propositions et ainsi d'optimiser la contribution des forêts privées au développement économique et social des régions marginales.(A.D.) LE RETOUR DES DIRIGEABLES Près de 200 ans après l'invention des dirigeables par les frères de Montgolfier, la NASA a réouvert le dossier à toutes fins pratiques fermé depuis la dernière guerre mondiale.Les nouvelles exigences de conservation de l'énergie et de qualité de l'environnement forcent les entreprises aérospatiales à réviser les concepts de véhicules aériens.Les premiers exploits des ballons gonflés remontent à 1783.À cette époque, ils étaient remplis d'air chauffé par un feu de paille! Dès la première guerre mondiale, les forces alliées utilisent les dirigeables pour les patrouilles d'observation maritime ou pour la surveillance des convois terrestres.Après cette guerre, les États-Unis persévèrent dans l'étude et l'emploi des «moins lourds que l'air».Au lendemain de la dernière grande guerre, la marine américaine dispose de 134 dirigeables légers, souples et économiques à tous les points de vue.Cette flotte volante avait Depuis 1945, ces aérostats servent surtout comme stations servi, en 1943, de rempart aérien pour bloquer le détroit de Gibraltar aux sous-marins allemands.Les derniers modèles, lourds, rigides, et de conception allemande, ont joué un rôle vital dans le transport intercontinental, avant l'apparition des transporteurs rapides à ailes.Gonflés à l'hydrogène, ces engins de 245 mètres de long occupaient un volume de 200 000 mètres cubes.Mus par quatre moteurs de 1 100 chevaux, ces dirigeables pouvaient parcourir 16 500 kilomètres à une vitesse de 135 kilomètres à l'heure et 40 passagers prenaient place à bord.Pour leur part, les dirigeables américains, plus petits (27 000 mètres cubes), plus souples, plus légers et gonflés d'hélium, atteignaient la même vitesse, propulsés par deux moteurs de 800 chevaux. 36 d'observation météorologique, comme véhicules de sauvetage, ou comme relais de radar pour la marine américaine.Leur seule utilisation civile est la «diffusion aérienne» de messages publicitaires! Les dirigeables sont totalement absents du secteur des transports.C'est pour cette raison que le Centre AMES de la NASA, situé à Mountain View (Californie) a entrepris une recherche sur le transport par aérostats.Deux techniques sont présentement en expérimentation.Un premier véhicule est développé en vue des transports aériens sur de courtes distances pour décongestionner les circuits courts très achalandés.De même inspiration que le Système ADAC (avions à décollage et atterrissage courts) expérimenté au Canada, le ballon américain offre toutefois plus de souplesse et une plus grande efficacité de transport, à un moindre coût énergétique: le dirigeable a une longueur de 60 mètres et une capacité de 80 passagers.Sa vitesse de croisière est de 160 nœuds (près de 300 km/h); il décolle et atterrit verticalement.La force de propulsion est fournie par quatre turbines entrafnant autant d'hélices inclinables pour les décollages et les atterrissages.Le deuxième concept touche plutôt le transport des marchandises.Ce second véhicule combine le système moteur de l'hélicoptère et la capacité portante des grands aérostats.A vide, la machine se comporte comme un dirigeable autonome; la force ascendante du rotor est utilisée complètement pour soulever et supporter le chargement.De cette façon, la capacité en poids atteint 225 tonnes.Le prototype qui sert aux tests est une version réduite du supertransporteur, d'une capacité de 67 tonnes.Une coque dirigeable de 75 000 mètres cubes combinée à quatre hélices constitue l'essentiel de ce véhicule.Des deux concepts, il semble que le dernier soit le plus susceptible duplication immédiate, à cause de ses nombreux usages éventuels.Les transferts de fret maritime vers les zones intérieures et le transport des chargements lourds aux grands chantiers des régions éloignées sont deux exemples de ces possibilités.( A.D.) JUPITER, LA PLANETE LIQUIDE Lors d'un récent symposium de la NASA, tenu à Mountain View en Californie, on a révélé des détails fort intéressants sur la composition de la planète Jupiter et les conditions qui y existent.La revue Chemical and Engineering News (vol.54, no 23) publiait récemment le résumé des communications qui y furent présentées.Les renseignements jusqu'ici accumulés proviennent de données transmises par les engins spatiaux «Pioneer» 10 et 11 qui ont doublé la planète, il y a deux et trois ans, ainsi que d'observations faites sur Terre grâce surtout à la technique de la radiospectroscopie.Contrairement à la Terre, Jupiter n'a pas de croûte solide.Son intérieur est en majeure partie composé d'hydrogène métallique liquide dont l'existence n'a pas encore été observée ailleurs dans l'univers.La température au centre de la planète est environ six fois plus élevée que celle de la surface du Soleil, tandis qu'elle descend à — 150 degrés Celsius dans les couches externes de son atmosphère toujours nuageuse.Les bandes parallèles qui encerclent la surface entière de la planète sont dues à des tempêtes qui durent pendant des années.Les conditions des couches intermédiaires de l'atmosphère ne sont pas très différentes de celles qui existent sur Terre; on y trouve de l'oxygène, de la vapeur d'eau et des composés organiques simples.La vie sur Jupiter est possible, mais peu probable; dans sa forme terrestre, elle est certainement impossible dans les parties superficielles liquides, beaucoup trop chaudes, de la planète, mais des micro-organismes à croissance rapide pourraient éventuellement exister dans les couches atmosphériques à moyenne altitude où l'on rencontre des températures variant entre 0 et 100 degrés Celsius et des pressions de 5 à 10 fois plus élevées que celles qu'exerce l'atmosphère terrestre.Dans ces régions intermédiaires, on trouve ce qui en principe est nécessaire à la vie: du méthane (carbone), de l'ammoniac (azote), de l'eau (oxygène et hydrogène) et des quantités énormes d'énergie.Toutefois les réactions chimiques tendant à former des protéines, puis des organismes vivants simples, sont d'avance compromises par le fait que l'atmosphère de Jupiter contient plus de 90 pour cent d'hydrogène gazeux qui entramerait par diffusion les produits éventuels de telles interactions vers les parties inférieures très chaudes où ils seraient automatiquement détruits.août 1976 / QUÉBEC SCIENC # La planète liquide est essentiellement composée d'hydrogène et d'hélium.Quelques spécialistes pensent que son centre forme une masse solide de 10 à 20 fois supérieure à la masse de la Terre mais, comparée à la masse totale de Jupiter, ce noyau solide est , tellement «petit» que les mesures gravitationnelles de «Pioneer» 10 n'ont pu confirmer son existence.Le quart exté- | rieur de la masse planétaire est composé d'un mélange d'hydrogène moléculaire liquide et d'hélium.Cependant, à environ 3 000 kilomètres sous la surface, la température atteint près de 5 500 degrés Celsius alors que la pression monte à 90 000 atmosphères terrestres, de sorte qu'à partir de cette profondeur, en direction du centre, l'hydrogène est converti en sa forme métallique, état qui est d'ailleurs responsable du champ magnétique très élevé de la planète.D'autre part, la conductivité thermique très faible de l'hydrogène métallique explique pourquoi la planète a pu conserver sa réserve thermique originale depuis la formation du système solaire il y a 4 milliards et demi d'années environ.Quant à l'importante quantité j d'énergie solaire que l'atmosphère de Jupiter reçoit, surtout dans les régions équatoriales, elle est uniformément répartie par convection via le noyau liquide vers les régions polaires, conduisant à une uniformisation de la température atmosphérique sur toute la planète à une altitude donnée, j : toierr-; naiJ!taiio Peru Enfin, les fameuses taches rouges caractéristiques de Jupiter que ) d'aucuns prennent déjà pour des balises d'une éventuelle aventure humaine, sont en réalité forméesv de traces de phosphore condensées au sommet de nuages |fe, qui flottent à des altitudes élevées de l'ordre de 8 kilomètres.(J.R.) ¦Or-; ; lueu '¦dh teSîüfj, EC®ï*JÉBEC SCIENCE / août 1976 les presses de l’université du québec üîlaï?aa deest ellscî a-::- .a'aa.:: làî'Cj a-: a aa'a-aaj: i'a Caa.i: ;jÇ!w aa.aaa:' i'a’a'aa.'t, a" a :: a; su aa: n UCilïlI! de a- ipu ^l'économie QUÉBÉCOISE ^'ÉCONOMIE ^QUÉBÉCOISE ^l'économie /QUÉBÉCOISE /l'économie Fquébécchse L'ÉCONOMIE UÉBÉCOISE L’Économie québécoise (Histoire, développement, politiques) Sous la direction de Rodrigue Tremblay Le lecteur de cet ouvrage dégagera une image plus factuelle et plus complète de la situation économique du Québec.Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de S.pour.exemplaires de l’Économie québécoise ; pour.exemplaires de la Politique au Canada et au Québec.Un volume de xvi +494 pages $12.50 Nom Adresse La Politique au Canada et au Québec par André Bernard Il y a un siècle, les activités du gouvernement n’étaient qu’un pâle reflet de ce qu’elles sont aujourd’hui.On lui demande maintenant d’intervenir dans tous les domaines.Un volume de xxiv + 520 pages $12.50 J Tél.: .Postez ce bon de commande ou un fac-similé accompagné de votre paiement aux : Presses de l’Université du Québec, C.P.250, Suce.N, Montréal, H2X 3M4.J fT+4 æ || :,r": j s'';::' I ms I ¦+: ¦ LUE DES SOEURS AU COEUR DE LA RECHERCHE iyoe I lempw #12 (jiesiKl pitefH itîfo^ [î j e 3 juin dernier, la société lecherches Bell Northern (RBN) naugurait officiellement son remier laboratoire montréalais la Place du commerce de nie |es Sœurs, à 15 minutes à peine u centre-ville de Montréal, vec elle, l'INRS-Télécommuni-itions emménageait aussi dans i métropole, après avoir passé as cinq premières années l'existence dans le grand aboratoire de RBN à Ottawa (il ura été le premier élément de Université du Québec hors des 'ontières du Québec!).faisant ailleurs.Et même dans les laboratoires industriels, la recherche est nettement en perte de vitesse.C'est un peu pour combler cette lacune, d'ailleurs, que l'Université du Québec avait mis sur pied l'INRS-Télécommunications.Mais là encore une difficulté demeurait: l'absence de spécialistes québécois en ce domaine obligeait à importer des compétences étrangères; et ces «compétences» ne trouvaient guère au Québec de quoi les attirer.omme le soulignait le ministre [uébécois des Communications, I.Denis Hardy, invité à rendre la parole lors de cette [lauguration, l'arrivée au Québec je ce nouveau centre de ^cherche marque un certain pvirement.Jusqu'ici, mis à part uelques laboratoires industriels \/larconi et RCA), les recherches n communications se limitaient, ,j Québec, à l'aspect théorique e cette science, l'ingénierie se Pour sa part, la société Recherches Bell Northern, installée principalement en Ontario a une vocation pan-canadienne.RBN pourrait être définie, grosso modo, comme la section recherche dans la grande famille de Bell Canada (où Northern Telecom, anciennement Northern Electric, s'occupe du développement, alors que Bell, la société-mère, se charge de l'exploitation).On y trouvera donc tous les secteurs de recherches essentiels au développement des communications, voire de l'informatique: technologie des mémoires et semi-conducteurs, communications optiques, transmission numérique, systèmes de commutation mécanique ou électronique, télécommunications par ondes hertziennes, étude des câbles et autres moyens de transmission, technologie des ordinateurs, conception des systèmes, planification des réseaux de communication, etc.Toutefois, la majeure partie de ces domaines sont couverts par le personnel du laboratoire principal, près d'Ottawa (1 600 employés), le laboratoire de Bramalea, près de Toronto, ne couvrant que le champ spécifique des commutations électromécaniques.Ce qu'on vient de transférer à l'Ile des Sœurs (Verdun), c'est la division de la planification des réseaux, des méthodes de distribution des lignes, des méthodes d'entretien et de maintenance, de normalisation d'équipement.En somme, il s'agit d'un laboratoire qui s'occupera plus de questions technico-économiques que de micro-circuits ou autres composantes électroniques, et qui travaillera plus avec l'ordinateur qu'avec le fer à souder, pour reprendre les paroles de M.Terreault, vice-président des Recherches Bell Northern, lors de la cérémonie d'inauguration.Cependant, il ne faudrait pas croire que le laboratoire de Montréal se limitera pour autant à un travail de «comptable en planification».D'une part, les chercheurs de Montréal continueront à travailler très étroitement avec leurs confrères d'Ottawa, tant les besoins des nouveaux réseaux ont des conséquences sur les gadgets à mettre au point, et aussi parce qu'une nouvelle technologie force à repenser la planification des réseaux et, surtout, leur entretien et leur «adaptabilité» avec le réseau déjà en place.Mais en outre, le champ de recherche de l'INRS, de son côté, touche déjà un secteur plus spécialisé: celui du traitement des signaux.Comment, par exemple, pouvoir transmettre deux fois plus de données en même temps et avec le même apport d'énergie?Comment déchiffrer une image déformée pour en éliminer toutes les interférences?En second lieu, l'INRS-Télécommunications a choisi le domaine de la télé-informatique, notamment 38 des inter-relations entre plusieurs ordinateurs.C'est donc un peu tout ça que l'on retrouve aujourd'hui à l'Ile des Sœurs.C'est bien peu dans le vaste domaine de l'ingénierie des communications.Mais l'essentiel, ce n'est pas de tout faire, mais plutôt de former et d'entretenir un petit groupe de spécialistes qui soient capables, ensuite, de travailler au développement des communications au Québec, ou d'adapter en fonction de nos besoins, les résultats obtenus ailleurs.C'est ce qui nous manquait encore.(P.S.) Les gestes de l'humanité sont guidés par deux instincts fondamentaux: la survivance et la reproduction.Les mesures pour garantir la première remontent à l'homme des cavernes, mais c'est depuis peu que l'on commence à comprendre les causes de la stérilité.À Montréal, le Royal Victoria Hospital Infertility Center poursuit des recherches dans ce domaine depuis 18 ans.Une équipe de chercheurs composée de médecins, biochimistes, physiologistes, gynécologues, endocrinologistes, et dirigée par le docteur George Arronet, étudie chaque année le cas d'environ 200 nouveaux couples qui y viennent en consultation pour des problèmes de stérilité.Seulement 80 pour cent environ des nouveaux couples réussissent à amorcer une conception au cours de la première année.Les autres auraient dès lors intérêt à consulter des spécialistes.Au Centre de McGill, la période d'investigation s'étend sur environ deux mois et comprend au moins six visites.Les statistiques ont montré que la stérilité du couple est due à celle de l'homme dans un cas sur trois.Chez l'homme, le diagnostic du facteur de stérilité est encore imprécis.Les causes sont attribuables soit à une défectuosité du système endocrinien, soit à une incapacité fonctionnelle.Le spécialiste doit d'abord orienter ses recherches vers les organes de secrétion du sperme qui se produit de façon constante selon un cycle de maturation de dix semaines.Il peut arriver que dans les testicules, les cellules germinales soient partiellement détruites à la suite d'une energies pour aujourd’hui Il est facile d'expliquer, a posteriori, les causes des événements passés.Dans sa première partie, cet ouvrage se borne à exposer clairement la situation présente et à démontrer pourquoi les consommations de la dernière décennie nous ont conduits à la situation présente.La seconde partie étudie complètement, et en toute indépendance, les «énergies pour demain».Elle en indique les possibilités et les limites.Elle précise quand et à quel prix elles pourront devenir opérationnelles.Chacun y trouve les réponses aux multiples questions que l’on se pose à leur sujet.Bon décommandé Veuillez expédier a: à découper et à retourner à: NOM.somabec 2475, Sylva Clapin Case postale 295 St-Hyacinthe, Que.J2S 5T5 ADRESSE .CODE POSTAL.exemplaires de ÉNERGIES POUR AUJOURD'HUI ET DEMAIN à $10.90 chacun Ci-joint mon règlement CD par chèque d par mandat .ET ILS EURENT DE NOMBREUX ENFANTS infection ou d'un traitement antérieur au moyen d'irradiations, de sources de chaleur, d'hormones ou d'autres médicaments.Il ne reste alors que peu de cellules intactes pour produire le sperme.Dans ce cas, il y a peu d'espoir de rétablir une situation normale.La stérilité masculine peut cependant avoir d'autres causes: soit une anomalie d'ordre biochimique, dont le traitement hormonal soulève toujours des discussions, soit des anomalies anatomiques qui peuvent généralement être corrigées par intervention chirurgicale.En somme il est encore difficile de dire ce qui constitue vraiment un traitement de la stérilité chez l'homme parce que, présentement, on n'est pas encore certain de son efficacité.— I Chez la femme, les causes de la stérilité sont plus nombreuses, mais, paradoxalement, plus faciles à identifier et à traiter.août 1976/ QUÉBEC SCIENC1 On peut déterminer exactement sa période d'ovulation par l'étudi de la courbe de sa température matinale alors que l'examen du col utérin ou la biopsie de la muqueuse utérine indique si l'ovulation a eu lieu.D'autre part, l'anovulation, principale cause de la stérilité, n'est pas due à une anomalie congénitale mais à un dérèglement du mécanisme physiologique de contrôle hormonal.Grâce aux*: recherches faites dans ce secteur au cours des trente dernières années, on connaft maintenant l'action individuelle et les interrelations des glandes impliquées: l'hypothalamus, la pituitaire, les surrénales et la thyroi’de, sur les ovaires, les trompes de Fallope et l'utérus.Le cycle menstruel dépend du fonctionnement coordonné de ces organes.' us.lu LA© - 11' C'est uni tijitesm aïîiœi tfiemip auteuijn jeolosip étyiMi chalem p rayoflw Carnet, p la mesure Finflueno pliysipui lion, de l'exploit La glande pituitaire, glande maftresse, règle tous les phénomènes endocriniens du corps humain.Son intervention dans le processus de l’ovulation est primordial.Les connaissances de son fonctionnement ont conduit à la détection et à la synthèse de protéines hormonales qui peuvent stimuler l'ovulation.Par ailleurs, on a aussi découvert que de petites tumeurs bénignes dans cette glande peuvent empêcher l'ovulation normale: la chirurgie rétablit alors la situation.quelques: l’éruptior que, les dé Entermir.ilesfacteu mie à réel LES OR ffllT: im Cl- La pilule anticonceptionnelle, j prise pendant des années sans j discrimination, peut aussi, chez ¦ certaines femmes, supprimer l'ovulation en agissant au niveau de l'hypothalamus.La situation peut se rétablir d'elle-même ou • non.paiî.y/ tionfc.Parfois, une perte de poids rapide due à des problèmes psychologiques occasionne des j déficiences nutritives qui peuvent provoquer l'anovulation un traitement combiné, psychiatrique et médical, corrige généralement la situation.Ainsi les diverses causes de stérilité féminine peuvent être éliminées avec une facilité relative dans la majorité des cas, par traitement hormonal ou par chirurgie.Le Centre de McGill j est déjà en mesure de produire des statistiques fort encourageantes.Depuis 1964, le taux annuel de succès des traitements est de l'ordre de 50 pour cent, j (J.R.) Cetouujj ÎWisletjij ^ttîou Louis 14,1 ['Pfiocip, Noaitii !:.Sifllplî [j; tasty.' So, L.lllllUt, >iti Un la tei' "'sont L-.OOlfi ^Sorii mots, Pi LA GÉOTHERMIE par Jean Goguel, Doin, éditeurs, Paris, 1975, 171 pages, $24.20 UEBEC SCIENCE / août 1976 parutions recentes F C'est un ouvrage hautement technique qui traite sur une base physique-mathématique avancée de tous les phénomènes du régime thermique externe et interne du globe.Son auteur, ingénieur des mines, est vice-président du Bureau des recherches géologiques et minières de France, étudie d'abord les processus de transfert de chaleur par conduction, convection et rayonnement à la lumière du principe de Carnet, puis il traite de la distribution et de la mesure du flux géothermique et de 'influence de l'eau sous ses divers états physiques.Il parle ensuite de la prospection, de la technique et de l'économie de l'exploitation de l'énergie géothermique.Enfin il considère les aspects thermiques de quelques phénomènes géologiques tels que l'éruption volcanique, l'explosion phréatique, les déformations tectoniques et autres.En terminant il dresse un bilan énergétique des facteurs qui contribuent à la géothermie à l'échelle du globe.COMPRENDRE ' LES ORDINATEURS icl*f laclw' ition.(lïiS'fl aussi.** 001| irmiaraioxônyRE lüII nilfyADIRSIH3S COMPRENDRE LfS ORDINATEURS par T.W.Blackburn et FI.W.White, collection Marabout Université, 1975, 288 pages, $4.00 ;!fit t»* cilié I iiéss^J jcaltsf’i aP#'î a#1’" Cet ouvrage, publié d'abord aux États-Unis sous le titre de «Understanding Computers», a été traduit, adapté et mis à jour par Louis Lohlé-Tart.Son mérite est de mettre le principe et le développement de l'ordinateur à la portée de tout lecteur, même le non-initié, le texte étant claire, simple, dépourvu de notions mathématiques complexes.Il y a très peu d'ouvrages simples en langue française sur les ordinateurs; ce bouquin remplit donc une lacune.Comme la majorité des documents sur le sujet sont rédigés en anglais (la plupart des ordinateurs sont d'origine américaine), le vocabulaire technique dans les pays francophones est constitué d'un abominable jargon franglais.Dans un effort vers la correction de cette situation, l'ouvrage est complété par un glossaire de plus de 400 mots.GÉOLOGIE GÉNÉRALE: TERRE, LUNE ET PLANÈTES -_____ Terre/Lune/Planètes A.CAILLEUX par André Cailleux, Les Éditions Masson (Paris) et Fides (Montréal), 1976, 346 pages, $15.00 Voilà un traité de géologie fort bien fait, richement illustré et complété par des tableaux, des listes, un index et une table très détaillés.Il s'adresse aux étudiants du premier cycle universitaire et à toute personne qui désire acquérir de solides notions en géologie.Ce manuel de sciences de la terre se dit «général», mais il est néanmoins très particulier parce qu'on y trouve un grand nombre de références, de textes et de figures se rapportant à la géologie du Québec (l'auteur est professeur à l'université Laval).Ainsi les données sur le terrain fossilifère d'Escuminac (Gaspésie) et sur la région de Québec sont particulièrement remarquables.L'ouvrage débute par une description systématique des méthodes de recherche utilisées en géologie: datation, géophysique, géochimie et télémétrie; puis il place le globe dans le système solaire et dans l'univers, en donnant des renseignements précis sur les couches extérieures et internes, les phénomènes d'isostasie et les sources d'énergie de la terre.Viennent ensuite des chapitres d'un intérêt palpitant sur les minéraux et sur les roches endogènes, sédimentaires et métamorphiques, ainsi que sur les cycles pétrogénétiques, les gftes minéraux et leur exploitation.Le chapitre sur les fossiles et la portée de la paléontologie dans le cadre évolutif universel est particulièrement passionnant; il en est ainsi de la description des actions géologiques externes (érosion, etc.) et internes (volcanisme, séisme, tectonique, théories de l'expansion des océans, de la dérive des continents, des plaques et des pôles).L'auteur poursuit avec l'exposé des découvertes les plus récentes sur la géologie de la Lune, de la planète Mars, des autres planètes du système solaire et sur les possibilités d'existence de la vie extraterrestre, puis l'ouvrage se termine par le roman de l'origine des terres, des mers et de l'atmosphère, ainsi que de l'arrivée de l'homme et de son évolution au cours de l'histoire de la terre vieille de quatre milliards et demi d'années.39 SAVOIR REVIVRE par Jacques Massacrier, Éditions J'ai lu, Paris, 1976, 191 pages, $2.90 Intéressant, sommaire et empirique.Voilà comment on pourrait qualifier cette réédition d'un catalogue de moyens à l'intention de ceux qui visent l'autosuffisance.Intéressant pour ceux qui cherchent des trucs pour avoir une vie saine et peu coûteuse, sommaire quand il s'agit de s'y référer comme manuel d'initiation à la vie autonome, et malheureusement empirique dans plusieurs cas où les méthodes sont proposées sans explication ou vérification possible.Malgré la faiblesse du contenu, ce recueil d'idées reste d'une conception originale et d'un style agréable à lire.L'auteur l'a destiné aux milliers de gens qui prennent conscience de la stérilité de leur vie sociale et qui cherchent à réapprendre à vivre.En quelques chapitres, Jacques Massacrier survole tous les aspects de l'activité humaine, de l'alimentation à la reproduction.On y retrouve donc des rubriques sur le jardinage biologique, sur les plantes médicinales, sur le végétarisme, le yoga, l'astrologie et même l'accouchement.S'y glissent à l'occasion quelques trucs utiles tels que des plans de meubles, des listes d'outils essentiels, des recettes naturistes et des guides de plantations.Le lecteur qui n'a encore aucune notion du «choix philosophique de la nature» trouvera dans ce petit bouquin une introduction aux moyens de reprendre contact avec cette nature.C'est une première initiation à tout un mode de vie, initiation qui se devra d'être complétée par des textes plus étoffés avant de prendre la décision de plonger dans cette façon de vivre que plusieurs qualifient maintenant «d'alternative».LA SCIENCE ET LE MILITAIRE Georges Menahem La science et le militaire Seuil_________________ par Georges Menakem, Le Seuil, Paris, 1976, 211 pages, $13.95 L'auteur, économiste et scientifique, met le lecteur en garde contre les effroyables conséquences du détournement à des fins politiques et meurtrières d'une science que ses créateurs avaient pourtant orientée vers l'amélioration du sort de l'humanité.Après les gaz de combat, la guerre bactériologique, les lance-flammes, l'arme nucléaire, il y a liill 40 août 1976 / QUÉBEC SCIENCE maintenant la bombe laser.Le progrès scientifique se met étrangement au service du progrès militaire.Pourquoi?L'auteur nous l'explique, documents en main.Il prouve qu'auprès des grandes puissances impérialistes de ce monde, c'est l'armée non pas le gouvernement, qui dirige le développement scientifique.Avec une grande franchise, il montre les effets politiques en matière technologique, économique et sociale.En fait ce n'est pas une crise de la science, mais une alarmante crise de la conscience! L'ÉLOGE DE LA FUITE - IAB0RIT —’ pour savoir ce qui se passe lisez plutôt la Recherche *1 r'rtmmont ci i iv/ro I ’'ar*ti\/itô Hoc- éi/iiiir-voi iTOIÇ Comment suivre l’activité des équipes de recherche en toutes disciplines dans le monde entier?Comment être informé de ce qui se passe dans les laboratoires les plus réputés?Vous pouvez essayer de dépouiller la littérature spécialisée.Mais il paraît chaque année plus de deux millions et demi d’articles scientifiques originaux.Bien sûr, vous n’êtes pas obligé de les lire tous.Mais comment trier les plus importants ?Ecouter aux portes des laboratoires ?Ce n’est pas seulement une solution d’une éthique discutable : c’est une solution démodée et nefficace.Elle expose d’ailleurs les James Bond de la science à un lumbago permanent.Lire la recherche est beaucoup plus simple et beaucoup plus rentable.Parce que La Recherche est une revue interdisciplinaire : elle vous offre chaque mois une synthèse de tout ce qui se passe d’important sur tous les fronts de la recherche, de la biochimie à l’astrophysique.La Recherche est une revue internationale publiée en français.Ses articles sont écrits par des chercheurs du monde entier.Et lus dans le monde entier.offre spéciale pour les lecteurs de Québec Science * Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 numéros) à La Recherche au tarif spécial de 20 dollars canadiens au lieu de 28 dollars.! à retourner accompagné | de votre paiement à | DIMEDIA Pnom I adresse .I |______________________________________________________________________________QSJ * offre réservée aux particuliers, à l’exclusion de toute collectivité.539, bd Lebeau Ville St-Laurent P.Q.I H4N 1S2 par Henri Laborit, Les Éditions Robert Laffont, Paris, 1976, 234 pages, $9.90 Un peu plus et l'auteur de cette recension aurait classé le titre de cet ouvrage dans la catégorie des abstractions philosophiques.Mais non, c'est l'œuvre profonde, sage et humaine d'un grand biologiste qui nous livre un dialogue simple et presque amical sur les questions fondamentales de la vie.En somme, Henri Laborit étend les lois de la biologie aux comportements humains et à l'organisation actuelle de la société.En homme de science il répond à nos interrogations sur le problème de libre arbitre et à toutes les préoccupations reliées à la personnalité.L'homme, de son enfance à la vieillesse, la liberté, la foi, le plaisir, le bonheur, le travail, le sens de la vie, la politique, la société moderne, les événements passés, présents et futurs, même la mort, prennent une toute autre dimension sous l'habile plume de cet auteur qui, en biologiste rigoureux, est hanté par l'image du Christ.Ce texte met en relief nos dépendances sociales, il exalte notre imagination, bref, il fait un vibrant éloge de la fuite vers la vie et la créativité humaine.Pour ceux qui l'ignorent, ajoutons que Henri Laborit était un célèbre chirurgien à Hanoi'.Il a introduit en thérapeutique le premier tranquillisant et l'hibernation artificielle; il a abandonné une brillante carrière pour se pencher davantage sur l'étude des comportements humains en situation sociale.Cet ouvrage est à lire parce qu'il catalyse de sérieuses réflexions sur.nous-mêmes.Compléments au nouveau traité de chimie minérale (de P.Pascal).5- Molybdène J.Aubry, D.Burnel, G.Gleitzer Masson, Paris, 1976, 166 pages Les allergies.Types - causes - tests - traitements Pierre Delorme Les Éditions de l'Homme, Montréal, 1976, 115 pages, 4 dollars Le long chemin des hommes Jean Fourastié Éditions Robert Laffont, Paris, 1976, 285pages, 11.95 dollars Les clientèles de l'école secondaire privée Louis Gadbois Centre d'animation, de développement et de recherche en éducation, Montréal, 1976, 240 pages Évolution individuelle et évolution collective.Ou qu'est-ce qu'un pays adulte?Étienne Got Maloine-Doin éditeurs, collection Recherches interdisciplinaires, Paris, 1976, 309 pages ;!E£SCIEj-RJÉBEC SCIENCE / août 1976 41 «tant rajieni itiiiuelt ition illinte jîSÜI r'b0 %.ôe*- ^S-0
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