Québec science, 1 janvier 1977, Février
.V »1 ts A ¦ Volume 15, numéro 6 FÉVRIER 1977 3UEBEC SCIEHC les FOUS du FEU kANS PAUVRES VERS LA S lFplaMtemars ?UNE EXPÉRIENCE CONCLUANTE StlCaii ülilCMi | «cefisi j Zone pic Louis Cardinal Ginette Gervais Serge Pelletier Johanne Rancourt Les pages couverture de QUÉBEC SCIENCE constituent en quelque sorte la marque visuelle distinctive du magazine.Bien des lecteurs nous ont d'ailleurs fait part de leur vif intérêt et de leur attente, chaque mois, de la couverture du prochain numéro.Chargé d'illustrer de la façon la plus frappante et la plus simple possible des thèmes souvent rébarbatifs ou, à tout le moins, difficiles, le concepteur-graphiste de QUÉBEC SCIENCE, Jean-Pierre Langlois, s'en tire toujours avec bonheur.bien souvent en déployant des trésors d'ingéniosité.Aussi avions-nous quelques réticences lorsque deux professeurs au programme de techniques graphiques du CEGEP de Sainte-Foy, MM.Roger Lafortune (graphisme) et André Morneau (photographie), nous proposèrent de demander à leurs finissants de concevoir et réaliser une page couverture: il y a souvent si loin entre la théorie et la pratique! Quoi qu'il en soit, l'expérience eut lieu.Nous leur avons soumis une liste des sujets d'articles susceptibles de faire l'objet de la couverture du numéro de février 1977 et Jean-Pierre Langlois travailla en étroite collaboration avec les étudiants.D'emblée, les étudiants retinrent la pyromanie comme le sujet le plus aisément «illustrable».Une première sélection des projets soumis permit de choisir les cinq illustrations les plus compatibles avec le style habituel des couvertures de QUÉBEC SCIENCE.Une seule devait faire l'objet de la couverture du présent numéro: celle de Richard Martineau.Les quatre autres illustrations retenues sont présentées ci-contre, avec les noms de leur auteur.L'expérience fut-elle concluante?Professeurs et étudiants du programme de techniques graphiques du CEGEP de Sainte-Foy affirment qu'elle leur aura permis de faire enfin du «vrai» travail, avec toutes les contraintes que cela suppose.Quant à nous, nous ne sommes pas mécontents du tout.Et vous?Unqiii J I wtf si BOite l«asto Li ItspiMt |p(Fi:!' Institut ( p'Hydu Ifecta L lixsfai HaSuuttj fiai PCI* il' r5 tente L't, • ' kL* .'«j t, “Et G %?L ' O S.7 QUÉBEC SCIENCE / février 1977 3 -Ip'Î COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Sommaire 5 Courrier 7 Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d’assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l’Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationaledu Québec, premier trimestre 1977.Répertorié dans PERIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti; LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Æ> © Copyright 1977 — le magazine Québec Science - Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois conception et réalisation graphiques Patricia Larouche secrétariat Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Collaborateurs André Delisle, Jean-Marc Fleury, Michel Gauquelin, Fabien Gruhier, Charles Meunier, Gilles Provost, Joseph Risi, Pierre Sormany, Yanick Villedieu Publicité Agence de vente publicitaire A.F.inr (418) 658-0002 Photogravure Audart inc.Impression Imprimerie Canada inc.Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques inc.Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $ 15.00 Groupe (10 et plus): $12.50 À l'étranger: $ 20.00 De soutien: $25.00 À l'unité: $ 1.75 Port de retour garanti LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051-3488 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE.Biologie Vers la plante-animale Pesticides Pour ceux qui veulent des faits 8 Santé Pour une prévention prénatale 9 Physique L'hydrogène devient métal 10 Toxicomanie Cocktail aux statistiques Laser Attention à vos yeux 11 Optique Les mirages du Nord 12 Brevets Déjà un million d'inventions Électronique L'armée à l'abri des indiscrets 41 Paléontologie Des fossiles gaspésiens Insecticides Les virus remplacent la chimie 43 Océanographie Un fjord métallique 44 Politique scientifique L'université aux têtes blanches 45 Astrophysique Les sources des rayons cosmiques 46 Parutions récentes 49 En vrac 14 Les fous du feu Claude Mardi La pyromanie, une maladie énigmatique 19 L'autopsie de la planète Mars Jean-René Roy Le bilan de l'aventure Viking 29 Vers la société sans pauvres Jean-Marc Fleury Un modèle latino-américain pour le développement du Tiers-Monde 36 Le ghetto de l'épilepsie Georgette Goupil et Pierre Sormany Un combat qui est d'abord social publi-reportage Énergie, Mines et Ressources Canada 1+ GÉOTHERMIE La Terre, d'un rayon de 6 400 kilomètres, est formée en grande partie de matériaux en fusion dont la température avoisine les 4 000 C.La croûte terrestre n'est, par rapport à la planète, qu'une mince pellicule de roches refroidies d'une épaisseur d'une trentaine de kilomètres en moyenne.Habituellement, lorsque le flux de chaleur qui provient de l'intérieur de la Terre est normal, la température de la croûte s'élève de 30°C par kilomètre de profondeur.Cependant, les disparités régionales sont très prononcées: ainsi, l'augmentation de température ne dépasse pas 10°C par kilomètre sous les grandes plaines d'alluvions mais atteint 300°C dans certaines régions volcaniques.Le système géothermique est formé d'un «centre de chaleur» d'origine magmatique dont la température doit atteindre 500 à 600°C.Les couches de roches au-dessus de ce centre doivent présenter un réseau de failles et de fissures qui permettent à l'eau de pluie de s'infiltrer dans le sous-sol et d'y circuler.Arrivée à proximité du centre de chaleur, l'eau se réchauffe, devient donc plus légère et remonte vers la surface alors qu'elle est remplacée continuellement, en profondeur, par de l'eau plus froide.En remontant, elle perd une partie de sa chaleur: dans la zone où, devenue froide, elle amorce une nouvelle descente, se forme un réservoir.Celui-ci peut être situé entre 300 mètres et 10 kilomètres de profondeur.À 400 mètres, à une pression hydraulique de 40 kilogrammes par centimètre carré, la température d'ébullition de l'eau est de 250°C.Si l'eau contenue dans le réservoir est également de 250°C, elle entrera en ébullition lorsque le forage, en atteignant le réservoir, fera chuter la pression.L'eau parviendra alors en surface sous forme de vapeur «sèche» à une vitesse proche de 1 000 kilomètres/heure.Par ailleurs, la température normale d'ébullition à une pression de 130 kg/cm2 est de 330°C.Si l'eau du réservoir n'est qu'à 250 C, elle montera dans le puits sous forme de vapeur entrafnant avec elle de l'eau plus froide, contenant une grande LES .NOUVELLES FILIERES ENERGETIQUES quantité de sels dissous et très corrosive.C'est la vapeur «humide».La vapeur naturelle, la forme d'énergie géothermique la plus recherchée mais aussi la plus rare, permet la production d'électricité à des coûts compétitifs.La centrale de Larderello en Italie fournissait en 1973 plus de 360 000 kilowatts: d'une capacité de près de 400 000 kW en 1973, la centrale de The Geyser en Californie produira 900 000 kW en 1980.D'autres pays exploitent ou comptent exploiter la vapeur naturelle au cours des prochaines années parmi lesquels l'URSS, le Japon, le Mexique, l'Islande et la Nouvelle-Zélande.Actuellement, la production mondiale ne dépasse pas 1 100 mégawatts, moins que celle de la centrale nucléaire de Pickering en Ontario.La vapeur sèche est envoyée directement aux turbines et son exploitation n'occasionne aucune pollution.Par contre, la vapeur humide doit être débarrassée de l'eau liquide car à la vitesse avec laquelle elle surgit du sol, une simple gouttelette suffirait à briser les palettes des turbines.Elle pose en outre certains problèmes: incrustation des sels dans le réseau de fissures, dans les tubages et les vannes des puits, corrosion et aussi pollution car de nombreux composés chimiques se retrouvent en surface à des concentrations beaucoup plus grandes que celles qui leur sont propres dans l'atmosphère, les cours d'eau et le sol, menaçant ainsi l'équilibre écologique.La seule solution dans ce cas consiste à réinjecter les eaux salées dans le réservoir par un puits différent de celui d'extraction.La vapeur ne constitue pas le seul filon d'énergie.Autant que cette dernière, les eaux à basse température (80 à 200°C) offrent d'intéressantes perspectives d'utilisation.Ces gisements, très fréquents dans de nombreux pays, se forment aussi bien dans les régions volcaniques que dans les bassins de roches sédimentaires.Les eaux à basse température servent essentiellement au chauffage des maisons et des serres.En France, dans la région parisienne, 40 000 logements sont ainsi chauffés grâce à de l'eau à 71°C seulement et 500 000 autres le seront d'ici 1985.La technologie employée est très simple, se réduisant à une question de plomberie en somme: l'eau thermale réchauffe l'eau de distribution puis est retournée dans le réservoir.Elle doit cependant être utilisée sur place car le transport occasionne de grandes pertes de chaleur: les meilleurs résultats semblent avoir été obtenus au Japon où de l'eau à 70°C perd 7°C sur un trajet de 11 kilomètres.Il est possible de produire de l'électricité grâce aux eaux tièdes en transférant une partie de leur chaleur à un liquide à point d'ébullition très bas comme le fréon, l'isobutane ou le propane.En URSS, une centrale de 680 kW, installée en 1970, fonctionne grâce à de l'eau à 81,5°C seulement.Enfin, il existe de très nombreuses régions où le flux de chaleur est élevé et où des roches à des températures de 250°C à 350°C peuvent être trouvées assez près de la surface, entre 3 et 5 kilomètres de profondeur, mais où le réseau de fractures est insuffisant ou inexistant.Ces roches «chaudes et sèches» pourraient fournir de très grandes quantités d'énergie.Le problème consiste à récupérer cette chaleur qui reste emprisonnée dans le sol puisque l'eau n'y a pas accès.Lorsque les roches sont fracturées, même très faiblement, il est possible de provoquer une fissuration adéquate sur plusieurs kilomètres cubes en utilisant des techniques empruntées à l'industrie du pétrole: thermofracturation ou explosifs.De l'eau est injectée dans le sol, remonte sous forme de vapeur puis est retournée dans le réservoir après exploitation.Lorsque la masse rocheuse n'est pas fracturée naturellement, le recours aux explosions nucléaires devient nécessaire mais pose de nombreux problèmes technologiques qui sont loin d'être résolus.Au Canada, les ressources géothermiques semblent assez abondantes.Des réservoirs d'eau très chaude pouvant être exploités en vue de produire de l'électricité ont été découverts en Colombie-Britannique et au Yukon.Le sous-sol des Prairies renfermerait bon nombre de réservoirs d'eau à basse température.Des études sont actuellement menées afin de dresser l'inventaire des ressources disponibles et de localiser les sites les plus prometteurs. QUÉBEC SCIENCE / février 1977 5 COURRIER POUR RENATURALISER L'ENFANTEMENT Étant une jeune femme qui veut, comme plusieurs autres femmes, être fidèle à sa nature, il y a tendance à se fier à son intuition pour guider quelques fonctions intellectuelles bio-sociales.En ce qui concerne les exigences sociales, physiologiques et chirurgicales lors d'un accouchement dans notre société, on ne peut éviter de remettre en question certaines activités qui entourent l'événement.Puisque Québec Science est bien à la portée de bonnes ressources, il y a intérêt à obtenir de l'information sur ce sujet.Y aurait-il des chercheurs qui remettent en question «la position de la femme lors de la délivrance» dans un hôpital?On entend souvent dire qu'on vise maintenant plus souvent l'accouchement naturel.Selon mon intuition, il y aurait avantage à ce que la mère prenne la position qui lui est la plus naturelle à elle.En plus, il y a le rituel de raser les poils pubiques qui, selon moi, est «contre nature»; puis on a tendance à exercer l'épisiotomie plus souvent que d'habitude.Ou est-ce que le problème découle du fait que trop de femmes ne sont pas assez alertes ou fidèles à leur nature?Tout ça pour dire que certains rituels sont contre nature.Je respecte bien tous les professionnels qui se dévouent dans le domaine, cependant il faut renaturaliser ce qui a commencé à se dénaturaliser.Ne pas dévier sa nature! Jacynthe Savard-Georganas Gaspésienne à Ottawa Nous vous conseillons (entre autres!) de lire Pour une naissance sans violence, par Philippe Leboyer, Le Seuil, 1974, 156 p., 6.75 dollars.POUR COMPRENDRE LA BAIE D'HUDSON Je tiens d'abord à vous féliciter pour votre bon travail et vous dire que j'ai bien apprécié, en particulier, le numéro de novembre 1976.L'article «Un Canada contestable» m'apparaft comme étant celui qui correspond le mieux à ce que j'attends du magazine, c'est-à-dire une présentation de faits ou d'hypothèses avec des critiques honnêtes.Toujours dans ce sens, j'aimerais suggérer à celui ou celle qui signe (P.S.) une référence supplémentaire en ce qui concerne «L'énigme de la baie d'Hudson» parue dans Québec Science, octobre 1976.Il s'agit de Essais de géomorphologie structurale, par Gilles Ritchot, paru aux Presses de l'université Laval en 1975.À lire spécialement les chapitres 20 et 21 où l'auteur traite des structures intra- continentales et de la sphère géomorphologique.Une réaction normale de l'homme, face à un phénomène qu'il ne s'explique pas, a toujours été de faire appel aux causes extérieures: esprits maléfiques ou bénéfiques; dans le domaine des formes de notre terre, notamment ici au Québec, beaucoup de chercheurs font appel aux «glaciers bulldozer», aux météorites géants, etc.Monsieur Ritchot suggère des causes internes, des formes qui s'interinfluencent et auxquelles s'adaptent et influencent à leur tour, les différents agents morpho-génétiques.L'autorégulation des mécanismes naturels qui façonnent notre relief est une des bases du livre; il rejoint en cela la «rétroaction» ou «feed-back», notion depuis longtemps admise en biologie, sociologie.Louis Saint-Hilaire Saint-Romuald d'Etchemin POUR LA SCIENTOLOGIE Je vous écris à propos de votre article publié en septembre par Claude Marcil sur l'Eglise de Scientologie.Ce n'est pas possible de corriger dans cet espace restreint toutes les faussetés à propos de l'Église et communiquées par M.Marcil dans son article de trois pages.Peut-être que si le même espace était offert à l'Église pour répondre, la crédibilité de M.Marcil serait sérieusement questionnée par les lecteurs de cette revue.L'Église est une religion dans le sens traditionnel du mot.Elle aide les gens à avoir une meilleure compréhension d'eux-mêmes, des autres et de l'être suprême, que ce soit le dieu de l'Ancien ou du Nouveau Testament, Boudha ou quiconque.Nous sommes impliqués activement dans la communauté dans le but d'améliorer les conditions de ceux qui sont exclus de la société —le narcomane, le criminel, l'alcoolique, le malade mental et le retardé mental.De même nous prenons un rôle actif dans les sujets qui affectent un grand nombre de gens —l'accès du public aux banques de données gouvernementales pour corriger les informations fausses ou trompeuses, les réformes des taxes, et le travail avec d'autres Églises pour rehausser le rôle de la religion dans la société, pour n'en mentionner que quelques-uns.C'est la ferme conviction de l'Église de Scientologie et de ses membres que les informations fausses et trompeuses font plus pour nuire à la compréhension et la confiance entre les individus et les groupes de notre socitéé que tout autre facteur.Si les lecteurs veulent recevoir une réponse complète à l'article de M.Marcil et veulent en savoir plus sur l'Église de Scientologie, contactez l'Église de Scientologie, département des Affaires publiques, 122, ave.Road, Toronto, Ontario.Des copies de ce matériel peuvent être obtenues en anglais et en français.Doug Pearse Affaires publiques Église de Scientologie TECHNOLOGIE DE LA VIE J'aimerais lire dans Québec Science un article bien documenté sur «la technologie de la vie», ou les recherches sur l'ADN.Qu'est-ce qu'il y a de réalisé jusqu'à maintenant et quelles sont les perspectives pour le futur?Mirianne Desjardins Alma DÉMYSTIFIER L'ASTROLOGIE J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article de Fabien Gruhier (janvier 1977) sur la parapsychologie.Il a un style vivant et enjoué, et il a aussi des connaissances bien assises.Je l'invite par cette lettre à nous préparer un article bien étoffé sur l'astrologie.Cette «science» ou activité suscite beaucoup d'intérêts chez les Québécois.Il serait peut-être bon de la démystifier s'il y a lieu ou de nous mettre au courant des études sérieuses faites sur le sujet.Raymond Paradis Saint-Léonard LES CHARLATANS DE L'ÈRE ATOMIQUE À mon avis, l'article de M.Fabien Gruhiqr mérite plus que des félicitations tant je l'ai savouré.Alliant ouverture d'esprit et rationalité, il n'avait que le défaut d'être trop court.Cet article illustre bien que l'hypothèse scientifique n'est acceptable que dans la mesure où elle demeure conforme au plus grand nombre de faits possibles et à \asimplicité.Pourquoi expliquer la chute de la neige par l'affinité mystérieuse des plantes à couleur d'espérance qui exercent une force «psi» sur les molécules invisibles du fluide vital flottant dans l'éther qui «s'ectoplasmise» en étoiles de David! Pour étayer cette hypothèse (car dans l'esprit de plusieurs, toute hypothèse est vraie a priori, ce qui en fait nécessairement une hypothèse 6 COURRIER scientifiquement valable), il est question de l'expérience inexplicable du prof, machin-truc d'un soi-disant grand labo américain! C'est sous le couvert de la science ou plutôt de la «psitronique» que se présentent les charlatans de l'ère atomique.«Repentez-vous et, pour la modique somme de X, je vous exorciserai par la force Y.Oui, un miracle, garanti, vous verrez les guérisseurs des Philippines jouer avec des restes de boucherie sur l'étal improvisé en creusant l'abdomen d'une bonne poire! Pour de saines lectures, je recommande l'article paru dans La Recherche du mois d'avril 1976: «Uri Geller ou la grande illusion».Aux parascientifiques, je souhaite qu'ils ne se sentent pas persécutés.La parapsychologie n'est pas une science prolétarienne.Claude Coulombe Rivière-du-Loup LE BIG BANG La théorie voulant qu'un amas de matière très concentrée et très chaude ait explosé pour former l'univers actuel se nomme la théorie du «Big Bang».L'onomatopée (Bing Bang) utilisée dans l'article «Où l'espace-temps n'existe plus», édition de décembre, page 35, dernier paragraphe, a dû faire frémir plus d'un astronome.Malgré ses erreurs typographiques, Québec Science n'en demeure pas moins une de mes lectures préférées.Après tout, «Errare Humanum Est».Gilles Guénette Montréal POUR UN CHANGEMENT PROGRESSIF On parle sans arrêt de chauffage par énergie solaire et éolienne.11 paraft très coûteux de se fier à l'une ou l'autre de ces deux sources à cause des montants exorbitants nécessaires pour emmagasiner cette énergie pour temps d'arrêt en approvisionnement.Il me semble désavantageux actuellement de viser à remplacer totalement les sources d'énergie usuelles.Cela retarde la mise en marché des unités de transformation de l'énergie solaire et éolienne.Pourquoi ne pas plutôt viser à se servir de ces sources lorsqu'elles sont disponibles et revenir automatiquement à l'énergie électrique (ou autre) la nuit ou par temps sombre.Si mille foyers pouvaient épargner 20 pour cent de leur énergie électrique, ce serait beaucoup mieux que si deux ou trois privilégiés pouvaient s'en passer à 100 pour cent.Dans cette optique, on pourrait concentrer les recherches sur les unités de transformation d'énergie plutôt que sur celles d'emmagasinage.Tout comme la télévision couleur a succédé à la télévision noir et blanc, une unité combinée de transformation d'énergie solaire et éolienne pourrait allonger le temps d'utilisation de cette énergie gratuite et ainsi nécessiter de moindres facilités d'emmagasinage.En conclusion, on semble mettre la charrue devant les bœufs dans ce domaine.Pourquoi ne pas commencer par le commencement, mais commencer dès maintenant.Jean-Charles Poirier Limoges, Ontario POUR FABRIQUER SES CADEAUX À la fin de votre article: «Des cadeaux qui font dépenser» (décembre 1976), vous mentionnez que certains organismes se spécialisent dans le rassemblement et la suggestion de cadeaux «faits à la maison».J'aimerais beaucoup avoir le nom de ces organismes et leurs adresses.Même si pour cette année, ce renseignement m'arrive un peu tardivement, on ne peut oublier que Noël vient à chaque année.Jeanne-Mance C.Peters Québec Plusieurs organismes ont publié des brochures sur ce sujet, par exemple la Société pour vaincre la pollution (B.P.65, Place d'Armes, Montréal) et Society to overcome pollution (2052, Sainte-Catherine ouest, Montréal 108).// existe aussi des catalogues qui fournissent les noms des organismes ainsi que les titres de livres spécialisés dans ce domaine.H y a entre autres le Whole Earth Catalogue.Access to tool, que vous pouvez vous procurer, pour 7 dollars, en vous adressant à Penguin Book Canada Limited, 41, Steelcase Road west, Markham, Ontario, Canada L3R 1B4, ou en faisant la demande dans une librairie.Une prochaine publication québécoise répondra probablement encore davantage à vos désirs.H s'agit du Répertoire québécois des outils planétaires, publié par l'équipe de Main Mise, et dont la parution est prévue pour le mois de mars.UN PROBLÈME DE CHEMINÉE Je veux référer à un article paru dans votre numéro de janvier 1977: «Des cheminées à bout filtre», en page 41.Actuellement, je suis particulièrement intéressé et impliqué dans des problèmes février 1977 / QUEBEC SCIENCE de dégagements gazeux et de poussières par des sources fixes telles les cheminées.Vous comprenez dès lors mon intérêt à chercher des solutions à cette situation.Je désire donc obtenir des informations complémentaires sur le procédé, l'efficacité, les coûts., de cette nouvelle technique de la pollution.Aussi, je souhaite obtenir les adresses des chercheurs du Centre canadien de la technologie des minéraux et de l'énergie du ministère de l'Énergie, des Mines et des | Ressources, qui ont mis au point ce procédé, ainsi que de l'aciérie de Winnipeg où cette nouvelle technique semble fort appréciée.André D'Aragon Sept-lles L'adresse du Centre de la technologie des minéraux et de l'énergie est 555, rue Booth, Ottawa K IA OG1.Vous pourrez y rejoindre les chercheurs responsables de ce projet qui vous communiqueront toute information nécessaire sur cette nouvelle technique ainsi que sur les applications qui en ont déjà été faites.LES INSTITUTIONS PÉNITENCIÈRES Précision, imagination et qualité sont les adjectifs que j'ai pu retrouver dans votre mensuel durant l'année qui se termine.Un travail pareil ne peut que s'améliorer durant les prochaines années.J'aimerais par le fait même que vous parliez dans un prochain numéro des institutions pénitencières du Canada, des détenus qui y vivent et leur réhabilitation dans la société.Ne lâchez pas, car vous êtes la seule revue intéressante et informative au Québec.Will; ’nique r K hüiK Wjm, Jocelyn Bordua Montréal Dans son édition d'avril 1976 (vol.14, no 8), QUÉBEC SCIENCE a publié, sous la signature de Charles Meunier, un article intitulé: «La fin des prisons?».Le constat fondamental des criminologues au sujet des prisons est qu'elles constituent de véritables manufactures de criminels.Quant à savoir par quoi remplacer le système carcéral actuel, bien peu de gens : • ont une idée précise là-dessus. QUÉBEC SCIENCE / février 1977 7 BIOLOGIE PESTICIDES Mre taira mtéiéta.itiiatim.intaiBî 'oceié, VERS LA PLANTE • ANIMALE lolojif* 5, IS|»//® «ij/it irct» fin p fail® i;î!È«eî gQU^1 crir -act/* /if Depuis quelques années à peine on voit sporadiquement dans la littérature biologique des nouvelles à propos d'une mystérieuse technique de génie génétique qui permettrait de fusionner des cellules animales et végétales en une sorte d'union non naturelle que d'aucuns appellent déjà cellule «plantimale».Cette technique de création d'hybrides artificiels place la génétique sur une toute nouvelle voie d'un intérêt fantastique tant du côté purement biologique que médical.L'hybridation est aujourd'hui une manipulation génétique courante, mais jusqu'à tout récemment la fusion de cellules ne s'est jamais faite autrement qu'entre cellules végétales ou entre cellules animales.Ce n'est que depuis peu qu'on a réussi, dans trois laboratoires, en Angleterre, aux États-Unis et en Hongrie, à fusionner des cellules animales et des cellules végétales, abattant ainsi la frontière classique qui séparait les deux règnes (voir A/enz Scientist, vol.72, no 1012).Même si cette jeune technique n'est pas encore capable de «fabriquer» les monstres de science fiction, elle permet cependant de préparer dès maintenant des cellules vivantes, hybrides entre cellules animales et végétales dont la viabilité est encore limitée puisqu'elle ne dépasse pas quelques heures.Cette découverte est importante parce qu'elle signifie la naissance d'un nouvel outil de recherche qui permettra d'analyser le mécanisme génétique du monde vivant tout en laissant entrevoir une véritable révolution dans les sciences de la santé, la production de vivres et de bien d'autres domaines technologiques relevant de la biologie.Si la fusion de cellules mâles et femelles est normale dans les phénomènes sexuels naturels, elle se limite, comme on sait, à des êtres appartenant à la même espèce ou, tout au plus, d'espèces voisines de même complexité chromosomique.L'incompatibilité entre cellules d'espèces différentes -et à plus forte raison entre cellules animales et végétales- est due à plusieurs facteurs que l'on croyait jusqu’ici insurmontables principalement à cause du fait que la culture de cellules animales et végétales exige des milieux nutritifs très différents.C'est en 1960 qu'une équipe de chercheurs en biologie animale, dirigée par le professeur Henry Harris à Oxford, a réussi pour la première fois à fusionner des cellules somatiques (non sexuelles) et à créer le premier hybride animal complet, c'est-à-dire un hétéro-karyon.L'équipe a pu observer que dans l'hétérokaryon produit à partir de cellules de souris et de cellules humaines, la proportion des dernières diminue graduellement d'une génération d'hybrides à l'autre.Si la cause du rejet de cellules humaines n'est pas encore bien connue, le fait a déjà trouvé une importante application dans la recherche pour localiser certaines maladies génétiques sur les chromosomes.La fusion de cellules non sexuelles végétales est plus difficile à effectuer à cause de l'épaisse paroi cellulosique qui entoure chaque cellule.Ce n'est qu'en 1970 que Edward Cocking et Brion Power, de l'Université de Nottingham (Angleterre), ont pu surmonter les difficultés opératoires en réussissant la fusion entre un protoplaste de tabac et celui d'une vigne.Cette technique s'est vite répandue par la suite, car dès 1972 Harold Smith et Peter Carlson (de Nottingham) ont produit la première plante hybride de deux espèces de tabac.Beaucoup d'autres hybrides végétaux existent aujourd'hui dans de nombreux laboratoires; ne mentionnons que les hybrides de pétunia et ceux entre la pomme de terre et la tomate qui forment une plante non naturelle appelée «pomate».A cause de toutes ces difficultés, il a fallu attendre cinq autres années pour que l’équipe de Nottingham réussisse enfin à faire le lien entre les règnes animal et végétal en produisant, en 1975, la fusion entre une cellule rouge du sang et une cellule de levure, grâce à l'utilisation d'un «ingrédient magique», le polyéthylèneglycol, qui lui avait été suggéré par Jack Lucy de Londres.Cette victoire historique de la recherche biologique sur les barrières naturelles entre les deux règnes a été décrite dans la revue Nature de mai 1975.Depuis, d'autres chercheurs produisent maintenant des cellules «plantima-les».Mentionnons à titre d'exemple l'hybride entre une cellule sanguine d'un coq et une cellule de tabac récemment réalisé par l'équipe du professeur James Hartmann de l'Université de Floride qui utilisait des enzymes pour rompre les parois cellulaires et faciliter la fusion, ainsi que l'hybride obtenu perfusion d'une cellule cancéreuse de tabac et celle d'une tumeur humaine —appelée «HeLa»- réalisée par une équipe du Brookhaven National Laboratory à New York.Quelle est la signification réelle de ces recherches et à quoi aboutiront-elles?Réponse difficile à donner aujourd'hui, mais une chose semble déjà certaine: ces recherches en génétique entrafneront des applications pratiques d'une immense portée en nutrition et en médecine.Ainsi pouvoir introduire certains gènes dans les cellules végétales en culture de façon à obtenir une production cellule animale cellule végétale fusion hybride plante-animal de protéines mieux balancée pour l'alimentation animale serait une des possibilités.En médecine, une cellule cancéreuse humaine pourrait être fusionnée avec une cellule végétale si étrangère que l'organisme humain les rejetterait toutes deux en déclenchant une réaction générale de rejet du cancer.Maintenant que les deux règnes, animal et végétal, n'en forment en principe plus qu'un, tous les espoirs sont permis, non seulement en médecine et en nutrition, mais aussi dans l'évolution future des sciences de base telles que la biologie moléculaire, la cyto-génétique, la physico-chimie des membranes, la phyto- et la zootechnie, et bien d'autres.(J.R.) POUR CEUX QUI VEULENT DES FAITS Titre curieux pour une brochure sur l'utilité des pesticides.Surtout quand le document est produit par l'un des plus importants fabricants de ces produits.La compagnie DOW CHEMICAL inaugure, par cet exposé de faits sur les pesticides, une série de brochures techniques sur des sujets peu connus, mais qui concernent un peu tout le monde de la ménagère à l'ingénieur.Bien sûr, l'option des auteurs est claire: dans l'esprit des utilisateurs de pesticides, qu'ils soient fermiers, forestiers ou jardiniers, l'utilité de tels produits n'est aucunement mise en doute.L'Amérique doit faire appel à l'assistance chimique aussi bien pour nourrir une population croissante que pour venir en aide aux populations affamées.Les insecticides sont essentiels pour protéger les arbres de la forêt, les légumes du jardin et les aliments de la maison contre une multitude de papillons, de chenilles, de pucerons et de vers nuisibles.Pour leur part, les herbicides sont vitaux pour réduire le coût des récoltes, pour conserver l'abondance des prairies.Bref, les pesticides sont un prérequis à la préservation et à «l'amélioration de la qualité de notre environnement».Les chapitres du document s'attachent à démontrer cette perception de l'utilité des pesticides.C’est ainsi que l'on peut lire page après page qu'aucun aliment ne peut vraiment être mangé sans danger, et que les risques seraient probablement plus grands suite à une réduction de l'arsenal des armes chimiques pour lutter contre les insectes, maladies et parasites.Que le cancer de l'estomac est celui dont la fréquence diminue sensiblement au chapitre des causes de mortalité, malgré l'ingestion d'aliments «chimifiés».Qu'au cours des 25 dernières années, l'espérance de vie a augmenté en Amérique, durant cette même période d'usage intensif des techniques chimiques.L'homme est en plus doté de mécanismes de défense contre les toxiques et d'élimination des déchets et matières nuisibles.Ces 8 Coût de développement du produit chimique agricole 1956 millions de dollars 1964 1969 1971 - 1/5,000 1/10,000 1/15,000 1/20,000 -1/25,000 J /30,000 .1/35,000 -1/40,000 1975 B possibilité de mise en marché Nombre de pesticides mis en marché aux États-Unis depuis 1931 1971.1961-70 1941-50 1951-60 1931-40 Source: Proceedings of the 30th North Central Weed Control conference, Milwaukee, Wisconsin, décembre 1975, selon un article présenté par le Dr Wendell Mullison fonctions vitales sont très complexes et diffèrent des mêmes fonctions retrouvées chez les organismes souvent utilisés dans les tests de laboratoire.C'est dire que les données sur la toxicité de certains produits doivent être interprétées avec prudence.La provocation de cancers, de mutations génétiques et d'autres troubles physiologiques peut être observée chez des rongeurs ou des oiseaux, dans des conditions d'expositions extrêmes.Toutefois, de telles concentrations ne se retrouvent qu'accidentellement, soit très rarement, dans le cas des humains.Le seuil de tolérance de ces derniers permet donc l'ingestion ou l'exposition à une certaine quantité de pesticides, sans risque apprécia- ble.La recherche d'un «niveau de risque zéro» est donc un faux problème: un exercice de laboratoire tout à fait inutile.D'autant plus que s'il fallait éliminer du marché tous les produits industriels présentant un risque même très minime, les tablettes du supermarché seraient très peu garnies.Quant au spectre d'une crise alimentaire mondiale, c'est l'argument de choix pour les tenants de l'agriculture chimique.Malgré une diminution des surfaces en culture dans les pays développés, les récoltes ont augmenté de façon spectaculaire depuis 1940.Encore aujourd'hui, la productivité agricole est très élevée.L'emploi de pesticides n'est pas étranger à l'obtention de telles performances, «expliquant probablement 20 pour cent de l'augmentation des récoltes» Ces gains justifient largement les énormes dépenses que les fabricants investissent pour mettre au point des produits nouveaux, et que les agriculteurs consentent pour les utiliser en quantités considérables.Ces quelques observations, et beaucoup d'autres du même type relevées dans la brochure de la firme DOW CHEMICAL, amènent ses auteurs à dénoncer les ennemis des pesticides.Des rumeurs et des informations fausses fondent souvent l'action de ces opposants, action qui aboutit parfois à des réglementations inadéquates et trop sévères restreignant l'utilisation des pesticides.À cause de l'importance de la question alimentaire et de la fonction qui lui est liée de près, l'agriculture, il semble que si les «activistes» s'arrêtaient à ne retenir que les faits vérifiés, ils réorienteraient leurs interventions dans des secteurs où les besoins sont plus pressants.Par exemple, la stabilisation de la population, la lutte contre l'érosion ou l'aménagement du territoire pour préserver les terres agricoles.À ce chapitre, «le véritable activiste environnemental est sans doute le scientifique critique et bien informé».En ce sens, la présentation de la brochure est un avertissement.Le public et les gouvernants sont particulièrement mal informés sur des questions telles que les pesticides et ses conséquences, à cause de la technicité des questions en cause.« Les journaux, les revues et la télévision fournissent rarement des données quantitatives sur les applications essentielles des pesticides.» Ainsi, les lecteurs ou les auditeurs sont incités à une fausse perception et à une opinion erronée sur des questions aussi vitales.Et les gouvernants risquent de perpétuer des craintes sans fondements dans leurs législations, s'ils veulent satisfaire les réclamations de leurs électeurs.Une analyse s'attachant à exposer les faits peu connus sur les pesticides et leur usage, devenait ainsi une nécessité.Un fabricant de produits chimiques en a pris l'initiative.L'exposé est très convaincant.Excellent résumé de l'argumentation des opposants de l'agriculture biologique.Toutefois, les quelques faits mis en lumière, copieusement arrosés de pesticides, restent plus difficiles à avaler du fait des intérêts des auteurs de la brochure, dans la vente de produits chimiques.(A.D.) février 1977 / QUÉBEC SCIENCE SANTÉ POUR UNE PRÉVENTION PRÉNATALE ÉEIIif fa, EIU( H«,É Mnuli Ml» Il Jurai i Ml,! i[lii 4ttr; Nelli Hioitj Niiid Nu ta.1 Hti, «11)3 Sk lit 1,1 N *!> S -'%, Ni; N,1 St 9 QUÉBEC SCIENCE / février 1977 ilE üiiiitM Mes teiwti najii* «lit® nitaiw üfiiii IB ill® Il (il lliîif onpiiW* juini* l'impylliii lÜitlW pu ¦im in HlIlW .#9)^ il! il™11 ûlUÎ1^ iieiî'1*’1 pi1* l'itijiiiî* .«liS»1 .lilt ( li,1111* iiii!llîl|l1 ;|I»H rf’1"* 1» M 11^! SOP^ y) y* y uof11 / médecins et au public s'impose donc, en conclut le Dr Louis Dallaire, de Sainte-Justine, qui fut membre du groupe d'étude et qui en commente la présentation dans le Journal de l'Association médicale.À ce jour, seule la Colombie-Britannique a offert ce service à 10 pour cent des femmes d'âge maternel avancé (plus de 35 ans) comparativement à des taux de 2 à 3 pour cent dans les autres provinces.Plusieurs patientes à risque élevé préfèrent, en l'absence de tels tests, recourir à un avortement thérapeutique, en particulier dans le cas de premières grossesses après 40 ans, ou dans le cas de parents présentant la même anomalie génétique où le risque d'enfants handicapés ou condamnés à court terme atteint les 25 pour cent.Par contre, pratiquée avec tous les soins requis, l'amniocentèse semble présenter un risque minime.11 y a bien sûr eu 4,7 pour cent de décès prénataux, et 0,5 pour cent de décès au cours des premiers jours, dans le cas de femmes ayant subi ces tests, mais ces pourcentages sont comparables à ceux qui surviennent dans les groupes contrôles (femmes de 35 ans et plus n'ayant subi aucun test prénatal).Surtout l'échantillonnage, on n'a décelé que 62 cas d'anomalies génétiques diverses, 66 cas de tests non concluants, et 51 avortements thérapeutiques ont dû être pratiqués, avec l'accord de la mère.Le nombre d'erreurs est remarquablement faible: sept en tout, dont deux cas où cela ne concernait que l'identification du sexe.Enfin, le seul cas où l'amniocentèse semble avoir, très faiblement, augmenté le taux d'accidents prénataux est le cas où le médecin a dû recourir à plus d'une insertion dans la même opération.Le rapport recommande donc de recourir à deux amniocentèses, séparées par quelques jours, plutôt que de multiplier ainsi les insertions, par mesure de prudence.Dans son commentaire accompagnant le rapport, le Dr Dallaire souligne que ces techniques, mis à part les rares cas d'erreurs de diagnostic qui pourraient être encore réduits avec la poursuite des recherches, permettent d'une part de diminuer considérablement les avortements inutiles, et d’autre part de rassurer les nombreuses mères «à risque élevé», et à améliorer d'autant le déroulement de leur grossesse.Compte tenu des réserves indiquées par les auteurs du rapport, quant aux conditions opératoires, il est donc à prévoir que l'amniocentèse se répandra (modérément) dans les prochaines années, chez un nombre de plus en plus grand de femmes âgées ou dont les enfants sont susceptibles d'avoir des déficiences génétiques.(P.S.) PHYSIQUE L’HYDROGÈNE DEVIENT MÉTAL Dans le tableau périodique des éléments chimiques, dit de Mendelei'ev, l'hydrogène se trouve à la tête des métaux alcalins, au-dessus du lithium, sodium, potassium, rubidium, caesium et francium.Les physiciens ont depuis longtemps pensé que l'hydrogène, un gaz de propriétés diélectriques -donc non métalliques- à température et pression normales, devrait également montrer des propriétés métalliques à l'état solide.La transformation de l'hydrogène gazeux en un métal solide pose cependant des problèmes théoriques et pratiques fort complexes à cause des énormes pressions exigées pour effectuer le changement de phase: gaz-liquide-solide.Aux États-Unis, des essais dans ce sens ont été faits au moyen d'explosions, les ondes de choc produisant des pressions excessivement fortes allant jusqu'à lOtéra-pascals(1013 pascals), mais cette méthode entrafne des difficultés expérimentales presqu'insurmonta-bles parce que ces ondes développent en même temps des températures très élevées de l’ordre de 1 000 K (kelvins) et n'exercent la pression que pendant une fraction de seconde, de sorte qu'il est difficile d'obtenir dans ces conditions de l'hydrogène solide et de le maintenir dans cet état.Les chercheurs russes de l'Institut de physique des hautes pressions de Moscou ont développé une technique différente.Ils utilisent une pression statique super-élevée, mais, pour le moment du moins, ils ne peuvent l'appliquer que sur un minuscule volume d'hydrogène.En 1972, ils ont réussi pour la première fois à obtenir une pression statique de 0,3 térapascal, alors qu'à 0,1 térapascal, ils avaient déjà transformé le diamant, la silice et plusieurs autres substances de l'état diélectrique à l'état métallique.A la suite de ce premier succès, ils se sont alors attaqués au problème de la préparation d'hydrogène métallique.Il fallait d'abord déterminer théoriquement la pression requise, mais ce calcul présente déjà une première grande difficulté parce que la transition entre l'état diélectrique et l'état métallique s'effectue seulement lorsque les potentiels chimiques respectifs sont identiques; en d'autres mots, les courbes montrant la dépendance des potentiels par rapport à la pression s’entrecoupent à un angle extrêmement petit; néanmoins, plusieurs physiciens ont pu situer la pression critique entre 0,1 et 10 térapascals.La revue New Scientist (vol.71, no 1016) rapportait leur méthode expérimentale (parue originellement dans la revue TV/roc/a).Il s'agit de passer de l'hydrogène chimiquement pur dans un espace très restreint entre les joues d'une enclume en diamant, refroidie à 4,2 K.L’hydrogène se solidifie alors, sous forte pression, en mince couche dont l'épaisseur dépend de la forme de l'enclume et de la distance qui sépare les deux joues.La forme finalement choisie devait permettre de concentrer la pression maximale au centre sans risquer de trop fortes pertes dans les parties périphériques.L'enclume est intégrée dans un circuit électrique.Dès qu'un courant électrique est enregistré dans le circuit, on peut conclure que la transition de l'hydrogène en sa phase métallique a eu lieu, alors que l'absence de courant indique que la pression critique n'a pas encore été atteinte.A une pression située entre 0,1 et 0,3 térapascal, les physiciens russes ont pu constater que la résistance électrique tombait subitement de 108 à 102 ohms, indiquant par là que la transition en hydrogène métallique s'est bel et bien effectuée.Le fait a d'ailleurs été vérifié de diverses façons afin de pouvoir éliminer avec certitude l'intervention éventuelle d’autres motifs de chute de résistance électrique et de conclure scientifiquement à la présence d'hydrogène métallique.Cet exploit pourra un jour conduire à des développements insoupçonnés.Mais il reste bien d'autres recherches à faire avant de penser à des applications pratiques.Il y a d'abord l’important problème quantitatif; pour le moment la méthode ne permet de produire de l'hydrogène métallique qu'en très petite quantité.Dès que la construction de la presse hydraulique géante de 50 000 tonnes sera terminée, l'équipe russe pourra répéter l'expérience avec une chambre de transition d'un centimètre cube! Loin de la dimension industrielle, elle représentera néanmoins une amélioration considérable de l’échelle expérimentale.De plus, comme on le fait dès à présent avec d'autres substances, il deviendra peut-être possible de préparer un jour de l'hydrogène métallique métastable grâce à l'incorporation d'autres éléments à l'état de traces, opération qui permettra éventuellement de le stabiliser au point de pouvoir le conserver pendant un certain temps à température et pression normales; on sait que des techniques de cette nature permettent maintenant de préparer du diamant synthétique stable.De cette façon l'équipe russe a déjà réussi à retarder la transition en hydrogène diélectrique en diminuant de moitié la pression critique.Une autre étude fondamentale qui reste à faire consiste à déterminer le réseau cristallographique de l'hydrogène métallique; même si par analogie avec les autres éléments du même groupe périodique on peut supposer que les cristaux appartiennent au système cubique, la preuve reste à faire; à cette fin on pense déjà d'utiliser une variante de la méthode d’analyse par diffraction de neutrons.Mais pourquoi tant d'efforts et de dépenses en vue de la fabrication éventuelle de l’hydrogène solide?Les théories récentes laissent prévoir que l'hydrogène métallique se comporte comme un superconducteur avec une très haute température critique de l'ordre de 200 à 300 K, donc dans une région assez proche de la température de la chambre.Si donc il devenait possible de préparer industriellement et de conserver l'hydrogène métallique métastable dans son état de super-conducteur même à une température, disons, de 200 K, le monde assisterait à une véritable révolution dans le domaine énergétique, car on aurait enfin le combustible idéal qui posséderait une très haute densité d'énergie dont l'utilisation universelle ne créerait aucun problème de pollution.(J.R.) 10 février 1977 / QUÉBEC SCIENCE TOXICOMANIE COCKTAIL AUX STATISTIQUES Si les Canadiens continuent à lever le coude comme ils le font actuellement, le nombre de décès par cirrhose du foie d'origine alcoolique doublera d'ici à 1985.Cette même année, chaque adulte ingurgitera près de 18 litres d'alcool, une augmentation de 73 pour cent par rapport aux chiffres de 1972.L'alcoolisme reste, avec le tabagisme, la toxicomanie numéro un dans nos sociétés où les «drogués» n'ont pas toujours les cheveux et les barbes aussi longs qu'on pense.Selon cette même étude d'un chercheur de l'Addiction Research Foundation of Ontario, Wolfgang Schmidt, un décès sur 115 était dû à la cirrhose alcoolique chez les hommes de 40 à 49 ans en 1945.En 1972, c'est un décès sur 18 qui était attribuable à cette cause, toujours chez les hommes de ce groupe d'âge.Rapportés dans l'une des dernières livraisons de The Journal, le mensuel publié par la fondation ontarienne, ces quelques chiffres laissent entrevoir l'étendue des problèmes liés à l'ahus de l'alcool.Mais le mensuel -et le phénomène est frappant- consacre une très large majorité de ses articles à cette toxicomanie-là.Au Manitoba par exemple, c'est le problème de l'alcoolisme féminin qui prend «des proportions alarmantes».Dans 63 pour cent des cas, rapporte un centre spécialisé en alcoolisme de Winnipeg, les familles suivies présentent un cas d'alcoolisme féminin.Chez les Alcooliques Anonymes, les femmes en sont venues à représenter 40 à 50 pour cent des effectifs: il y a cinq ans pourtant, elles n'en représentaient que 20 pour cent environ.Le nombre de décès par cirrhose alcoolique a doublé chez les Manitobaines depuis 10 ans.Chez les femmes, note le même article, l'alcoolisme est souvent associé à l'abus de médicaments d'ordonnance, barbituriques et tranquillisants.Selon le Drug Abuse Warning Network américain, le DAWN, la cause la plus fréquente de toxicomanie est l'alcool pris en combinaison avec d'autres produits (l'organisme ne comptabilise pas les cas d'alcoolisme «pur», de peur sans doute d'engorger ses ordinateurs.).La cause numéro 2 est le Valium.Plus près de nous, rapporte encore The Journal, 64 pour cent des conducteurs tués dans des accidents de la circulation survenus à Québec et à Montréal en 1975 éditeur officiel du québec \ Une des premières causes d'accident Depuis les quatre ou cinq dernières années, 35 pour cent des conducteurs étaient intoxiqués à l'alcool au moment de l'accident et une autre tranche de 45 pour cent avaient consommé de Talcool peu avant le fatal événement.étaient sous l'effet de l'alcool.Si l'on ne tient compte que des conducteurs présentant des taux supérieurs au seuil d’intoxication (le fameux 0,08 pour cent), la proportion était tout de même de 49,5 pour cent.De façon plus générale d'ailleurs, le directeur de l’Institut médico-légal du Québec, M.Jean-Paul Valcourt, croit pouvoir affirmer que depuis les quatre ou cinq dernières années, 35 pour cent des conducteurs qui se sont tués au Québec étaient intoxiqués à l'alcool au moment de l'accident, et qu'une autre tranche de 45 pour cent avaient consommé de l'alcool peu avant le fatal événement.Ce qui laisse un énorme groupe de.20 pour cent de personnes parfaitement sobres au moment de l'accident qui leur a coûté la vie.(Y.V.) LASER ATTENTION Àvos YEUX Mis au point au début des années '60, les lasers ont connu un développement extrêmement rapide.À l'heure actuelle, ils sont monnaie courante dans l'industrie, et bon nombre de laboratoires des écoles ou des Cegep en sont équipés.Cet accroissement spectaculaire du «parc» des lasers fait peut-être oublier que ces appareils ne sont pas inoffensifs et que des précautions élémentaires doivent être prises quand on les utilise.Dans un cours qu'il donne au Cegep de La Pocatière, Pierre A.Bélanger, professeur à l'université Laval, s'attache tout particulièrement à alerter les techniciens travaillant en milieu industriel avec des lasers sur les dangers du rayonnement de ces appareils.Les mises en garde ainsi que les conseils élémentaires de protection suggérés peuvent s'appliquer, en fait, à toute personne appelée à fréquenter de près un laser.Les principaux dangers concernent la focalisation par l'œil et les forts voltages des sources d'alimentation.Mais il existe aussi des risques moins connus, tels que l’effet du rayonnement sur l'épiderme, les produits nocifs dégagés lors d'expériences d'interaction laser-matière, les produits cancérigènes utilisés dans certains appareils, les rayons X produits par la décharge électrique de certains lasers, les problèmes dus au haut niveau de bruit dans plusieurs cas, etc.Jusqu'à présent, les accidents graves imputables directement à des lasers sont rares.Mais avec les augmentations rapides de puissance, les risques ne font que s'accroître, les fortes tensions utilisées présentant un risque de mort certain pour les opérateurs imprudents.Le rayonnement lui-même a fait l'objet de recherches médicales qui ont mis en valeur les possibilités de dommages temporaires ou permanents auxquels l'œil se trouve exposé.Ainsi, un petit laser hélium-néon, modèle très fréquent dans les écoles, présente une intensité qui devrait faire réfléchir.Lorsqu'il est focalisé sur la rétine de l'œil, le rayonnement de ce laser est dix fois plus intense que celui d'un arc électrique à souder.Il est vingt fois plus intense que le soleil de midi, 10 000 fois plus intense qu'un filament de tungstène, et un million de fois plus intense qu’une ampoule électrique.La première mesure de prudence consiste donc à se protéger du rayonnement en portant des lunettes filtrantes et absorbantes.De plus, l'opérateur devrait exiger de son employeur un examen médical annuel et un examen périodique des yeux.Des experts américains, qui ont étudié en profondeur les dangers des lasers sur les yeux, ont établi des protocoles dont les ophtalmologistes québécois pourraient très facilement s'inspirer.Une autre mesure élémentaire consiste à s'informer des caractéristiques et dangers éventuels que représentent ces appareils.Pour cela, le technicien a tout intérêt à consulter des experts indépendants, plutôt que son employeur ou le fournisseur du laser.Enfin, les visiteurs devraient être soumis aux mêmes précautions que celles qui s'appliquent à l'opérateur.Pour en savoir plus, lire le «Laser Safety Guide», publié par le Laser Institute of America, 4100 Executive Park Drive, Cincinnati, Ohio 45241, États-Unis.Le prix de ce livre est de 2.50 dollars.(M.G.) [ES n ¦ii de jtiiing flKSOlii pndu: du® de Misante; pnpiiétés fail, laij soit tille _.t| Lu, Ni PKjH Wttîlii pntali Mitii ff; f»liB( m «lit tien PU: ottyinne; ; "asüieti fcl’oiseï piste Pmine, Nu %, 1 btr, Sût, fuie i i> Jfeiei, ; feu Hi r% K Jn iiÿi Y , 11 .'» QUÉBEC SCIENCE / février 1977 OPTIQUE ItitllijUl iit* spi® iiilii* LES MIRAGES DU NORD hIîîi Le mirage désertique, ou fata Morgana, est un phénomène bien connu des voyageurs qui traversent, iiiif par exemple, le Sahara, lise produit lorsque l’air au-dessus laps d’une surface chaude est chauffé par conduction, ce qui a pour effet : : de créer des gradients verticaux de température d’une amplitude suffisante pour modifier les propriétés optiques normales de l’air.La réfraction et la réflexion sont telles que la lumière, passant |l;n:r d’un objet à l’œil d’un observateur, est apparemment déviée de la ligne droite, avec le résultat que l’image est optiquement déplacée, : verticalement et parfois même horizontalement, par rapport à la position réelle de l’objet.C’est pourquoi le voyageur croit voir des faux lacs, des montagnes flottantes, des oasis, des images interverties de toute sorte, en plein désert.Or, il existe un phénomène : analogue à effet inverse, peut-être moins bien connu mais aussi fréquent, dans les latitudes moyennes et élevées.C’est le mirage arctique, appelé «hil/ingan) en islandais, qui produit aux yeux de l’observateur une image déplacée, en direction verticale seulement, par rapport à la position réelle de l’objet.MM.H.L.Sawatzky et W.L.Lehn, deux professeurs à l’Université du Manitoba à Winnipeg, le premier en géographie let le second en génie, se sont particulièrement intéressés à ce phénomène.Comme ils le irapportent dans la revue Science (vol.192, no 4246), ils voient dans Jle mirage arctique un facteur qui a rjoué un rôle important dans le ^développement des premiers c concepts de la nature du monde.Le mirage arctique se produit lorsque les couches inférieures de .: sf’atmosphère se trouvent au-dessus dd’une grande surface beaucoup plus nfroide, telle que la mer Arctique ou Iun glacier.Cette situation physique entrafne une pression de vapeur plus élevée dans les basses couches d’air qui, cependant, ne ctouchent pas la surface froide de nTaçon immédiate; l’inversion de la température qui amène un haut degré de stabilité; et des gradients verticaux de température qui f engendrent une stratification de ll’air particulièrement favorable à la .réfraction.Il arrive donc que la lumière, entre un objet et l’observateur à l’intérieur d’une couche d’air ainsi qualifiée, est continuellement réfractée suivant une ligne d’arc, la terre étant toujours située du côté concave de l’arc.Le résultat pratique est qu’au-dessus d’immenses surfaces relativement unies le trajet de la lumière entre l’objet et l’observateur est tellement dévié par réfraction que les distances normalement accessibles à la vision paraissent considérablement plus grandes que la distance réelle entre l’observateur et la ligne normale de l’horizon.L’existence de «cellules» à haute pression relativement stationnaires et le mode de chauffage adiabatique de l’air au taux uniforme de l’ordre d’un degré Celsius par 100 mètres d’altitude expliquent pourquoi le mirage est généralement plus prononcé et plus net dans les régions froides que dans les déserts tropicaux; dans le nord, la plus forte réfraction de la lumière déplace l’image d’un objet loin au-dessus de la limite normalement imposée par la courbure de la terre, impression qui a, pendant des siècles, plaidé en faveur de la croyance ancienne que la terre était un immense disque, le mirage ayant pour effet apparent de reculer l’horizon vers l’infini.Pour égaliser, ou plutôt pour neutraliser la courbure de la terre par le phénomène du mirage, MM.Sawatzky et Lehn ont calculé que la réfraction de la lumière devrait se faire entre gradients verticaux de température de 0,11 degré Celsius par mètre d’altitude.Au-delà de ce gradient, la ligne de l’horizon semble être repoussée vers l’infini et dès lors la terre apparaft à l’observateur comme une soucoupe géante; or, dans des conditions favorables,de vision et de forte inversion optique, on a déjà observé dans l’Arctique des gradients verticaux de température allant jusqu'à 0,5 degré Celsius par mètre.L'immensité de l'Atlantique de haute latitude et des glaciers de l'Islande et du Groenland a toujours favorisé le mirage arctique qui donne au navigateur l'impression de voir la terre, une falaise ou un glacier, phénomène qui d'une part a causé beaucoup de naufrages dans les champs de glace flottante et, d'autre part, attiré des navigateurs hardis vers l'aventure.Il a été prouvé en effet que selon l’intensité du mirage -c'est-à-dire l'amplitude de la différence entre gradients de température- les navigateurs peuvent, par temps clair, distinguer et identifier des montagnes ou des glaciers situés à des distances variant entre 50 et 500 kilomètres! Le mirage pouvait dès lors remplacer la boussole encore inconnue à ce moment-là.Les vieux navigateurs celtes et vikings seraient à l'origine de la conception classique de la terre comme disque, autant sinon plus que les philosophes grecs et romains qui s'imaginaient que toute «l'fle» de la terre était située sur le côté «haut» du disque, alors que l'abfme sur son bord conduisait à l'obscure région de V Ultima Thule.Les linguistes associent aujourd'hui l'origine du mot «Thule» des Romains au vieux mot «tel» des Celtes et «tulach» des Irlandais d'origine celte, l'expression signifiant: «lever» ou «se lever» ou «hauteur» ou «monticule», ou dans un sens plus complet, «terre émergeante».Les gréco-romains auraient-ils appris cette interprétation de la nature «plate» de notre globe des vieux peuples nordiques?Plusieurs historiens le pensent maintenant.Les Celtes avec leurs frêles embarcations couvertes de peaux, puis les Vikings qui construisaient des majestueux bateaux en bois, étaient des grands navigateurs.Partis probablement d'Irlande ou d'Ecosse, les Celtes atteignaient facilement les fies Féroé à 360 km de la pointe nord de l'Ecosse, puis la côte est de l'Islande (385 km), puis, de la pointe nord-ouest de l'Islande, ils passaient à la côte orientale du Groenland (300 km), ensuite, de la côte occidentale du Groenland à la Terre de Baffin (400 km), enfin, de là, vers le Labrador.Il est donc fort probable que déjà les Celtes, mais à coup sûr les Vikings, après avoir colonisé l'Islande dès 874, aient découvert et couramment visité la partie nord de l'Amérique et ce vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ.Il est à remarquer qu'aucune des distances mentionnées dans cet itinéraire n'est supérieure à celle que le mirage arctique permet d'atteindre visuellement, soit jusqu'à 500 km.Ainsi, par temps clair et mirage parfait, un observateur sur l'fle Féroé voit à l'œil nu le glacier Vatna qui se dresse à 2 000 m d'altitude droit sur le bord de la côte est de l'Islande, à une distance de 385 km.Mais lorsque le temps n'était pas propice aux mirages, les navigateurs celtes ou vikings, ne connaissant pas encore le compas, utilisaient un «truc» pour se guider en pleine mer entre deux fies ou deux terres: ils relâchaient périodiquement des corbeaux qui s'envolaient immédiatement en droite ligne vers le point de départ, indiquant ainsi la direction que le navigateur devait suivre en sens opposé.On sait par ailleurs que le climat nordique, vers la fin du Moyen-Age, était beaucoup plus tempéré qu'aujourd'hui, donc plus favorable à la navigation; à preuve le nom de Groenland donné à la «terre verte» par son légendaire découvreur Éric le Rouge.De nos jours, les vaisseaux et les avions de l'OTAN qui patrouillent l'Atlantique à haute latitude rapportent souvent l'extrême visibilité par temps clair dans cette région, rendant l'observation du mirage nordique non seulement fréquente mais bien utile même aux navigateurs modernes.Aujourd'hui encore, les Esquimaux du Grand Nord canadien profitent du mirage pour scruter le ciel arctique en vue d'obtenir de l'information sur la nature du terrain au-delà de leur champ de vision directe.( J.R.) 12 février 1977 / QUÉBEC SCIENCE BREVETS DÉJÀ UN MILLION D’INVENTIONS C'est en 1791 que fut délivré le premier brevet canadien, ou peut-être devrait-on écrire «haut-canadien» puisqu'à l'époque la confédération canadienne n'existait pas.185 ans plus tard, le bureau canadien des brevets s'est animé pour la millionième fois.C'est le 19 novembre dernier, au cours d'une cérémonie en présence du ministre de la Consommation et des Corporations, responsable de ce bureau, que les deux co-détenteurs du millionième brevet ont reçu leurs «papiers officiels» ainsi qu'une médaille d'or commémorative.L'invention ainsi protégée est en fait une amélioration «commerciale» à une invention déjà brevetée en 1971 par le professeur James E.Guillet, de l'Université de Toronto, première invention qu'on avait tenté de commercialiser sous le nom d'ECO LYTE.Il s'agissait en fait d'un plastique entièrement biodégradable, dont il avait abondamment été question, à cette époque, dans la presse canadienne et internationale.C'est en ajoutant des molécules photosensibles (des cétones) aux chaînes moléculaires plastiques que le professeur Guillet avait obtenu un plastique qui se réduisait en poussière après quelques jours passés à l'extérieur, sous l'effet des ultraviolets.La firme qu'il créa, avec quelques amis et force promotion dans les media canadiens (Ecoplastics Inc.), signait alors une entente de commercialisation avec la société hollandaise Royal Packaging Industries Van Leer, qui en arriva à la conclusion que le produit breveté était très difficilement commercialisable, puisqu'il nécessitait une machinerie différente et coûteuse.Avec la collaboration d'un ingénieur de la société Van Leer, M.Harvey G.Troth, le professeur torontois développa donc un nouveau concept pour la commercialisation de son produit: un concentré de plastique photo-décomposable, réalisé à base de cétones lui aussi, mais en proportion beaucoup plus forte que l'écolyte antérieur.Si le nouveau produit se prête mal aux applications directes, il peut.pratiquement sans frais additionnels, être incorporé aux mélanges de plastiques ordinaires, juste avant la polymérisation.C'est probablement sous cette forme «concentrée» que la société Van Leer commercialisera l'écolyte.Outre ses applications dans le secteur de la grande consommation (des verres à café qu'on peut jeter n'importe où, par exemple), l'écolyte trouve des applications dans bien d'autres domaines, notamment en agriculture où les engrais et humus peuvent être «emballés» dans une mince couche de ce plastique qui se décomposera progressivement au cours de la saison, équivalent alors à un épandage très progressif de ces produits.MM.Guillet et Troth ont reçu conjointement les documents relatifs à ce millionième brevet canadien.Le bureau canadien des brevets ne fut en fait officiellement créé qu'en 1919.Auparavant, la délivrance et la garde des brevets relevait du ministère de l'Agriculture, structure héritée de la province du Haut-Canada.Au moment de la confédération, ce ministère ne comptait que 23 employés.et était pourtant un des plus importants du nouveau gouvernement central.Sept d'entre eux étaient affectés aux brevets.Lorsqu'il fut assassiné, l'honorable D'Arcy McGee, un des pères de la confédération, s'apprêtait à se retirer de la vie politique active pour devenir le premier Commissaire aux brevets, au salaire annuel remarquable de 3 200 dollars! Jusqu'en 1892, la grande majorité des brevets concernaient des inventions technologiques, et les inventeurs devaient soumettre un modèle de leur réalisation.Une bonne partie de l'activité du bureau consistait donc en la tenue de ce musée des modèles.A la réforme de la loi, en 1892, cette obligation de soumettre un modèle fut remplacée par des exigences relatives à des dessins et croquis, et les 50 000 modèles du musée furent vendus en bloc, pour 800 dollars.L'acheteur revendit d'ailleurs la majeure partie de ces modèles aux inventeurs ou à leur famille.( P.S.) ÉLECTRONIQUE L’ARMÉE À L’ABRI DES INDISCRETS Le nouvel édifice du ministère de la Défense nationale, à Ottawa, est équipé depuis l'été dernier du premier réseau interne de communications entièrement basé sur les fibres optiques.Chaque fois que nos hauts stratèges politico-militaires discutent entre eux par téléphone, par télévision bi-directionnelle en circuit fermé, ou chaque fois qu'ils acheminent des données à un de leurs ordinateurs, la communication se fait par impulsions lumineuses.C'est parce qu'on lui avait demandé de mettre au point un système de communication interne parfaitement sécuritaire que la compagnie Recherches Bell-Northern a eu recours à la fibre optique.Les fils électriques «ordinaires» laissent échapper une «couronne» de champ magnétique, qui rend très facile de filtrer une conversation téléphonique sans avoir à placer un appareil enregistreur sur le téléphone.A l'inverse, les champs électromagnétiques externes viennent parfois perturber le signal, sous forme d'interférences et de bruits parasites.Avec la fibre optique, au contraire, les «pertes latérales» sont nulles, de sorte qu'il est virtuellement impossible d'enregistrer une conversation autrement qu'en plaçant un micro à portée des deux interlocuteurs.En outre, les signaux optiques étant à l'abri des interférences, la communication des données informatiques à un ordinateur présente alors une fidélité quasi parfaite.Recherches Bell-Northern a estimé que l'installation de ce réseau optique présentait plus de sécurité, et à moindre coût, que la conception d'un système classique parfaitement isolé et protégé contre les indiscrets.Le système du ministère de la Défense est donc le premier système optique opérationnel au Canada.Aux États-Unis, c'est une compagnie de câblodistribution de New York qui a été la première à opérer ce changement, avec à peine quelques semaines d'avance sur le ministère canadien.À ce jour, on lapî «il ne compterait pas plus de trois ou quatre autres systèmes de ce genre dans le monde.La conception et la mise en place du système n'a exigé que six mois environ.Grosso modo, le principe ressemble à celui de la téléphonie traditionnelle, avec la différence suivante: le signal électrique, au lieu de circuler dans les fils, après amplification, ne sert ici qu'à exciter le filament d'une diode émettrice de lumière.C'est cette lumière qui circule dans des fils de verre, sans la moindre atténuation (par réflexion interne totale).Ces fibres sont beaucoup plus légères et plus petites que les fils électriques, tout en permettant d'acheminer une bande de fréquences beaucoup plus large (c'est-à-dire plus d'informations, ou plus de conversations téléphoniques à la fois sur le même fil).(P.S.) es! la .Test V, : tm l’eau '¦ alw 7: Tept Neie fer es! ai |uscu veau' fart lOtia jese PluSE auiri Etjei Nai û’ikie lilow, «cec octot soest sap,[ nees I : Ill'll [.tfpli lilfls ::7i aioti l!,H iiOlii n'i atiiii lililli! K'l' llil.t3 ill HI ’ M iii.i:.isil! S.I A Manic 3 une coupure étanche et prqfonde de 128 mètres La particularité la plus remarquable qu'offrent les ouvrages de Manie 3, dont le parachèvement vient de compléter l'aménagement de la rivière Manicouagan, est la moins visible.C'est la double membrane de béton qu'il a fallu établir sous le barrage principal pour empêcher l'eau de s'infiltrer à travers les alluvions dont est remplie la profonde gorge sur laquelle tout l’ouvrage repose.Au point le plus profond, ce double mur d'étanchéité plonge de 128 m sous le lit de la rivière et est ancré d'au moins 30,5 cm dans le roc de fondation.Il va jusqu'à plus de 24 m sous le niveau de la mer, alors que la crête du barrage lui-même est à 210 m au-dessus du niveau de la mer.On a coulé les deux murs en 1971 dans des trous de forage qui ont exigé un très haut degré de précision.A cause de leur profondeur, ils font du barrage principal de Manie 3 l'un des barrages en matériaux meubles les plus extraordinaires qui existent au monde, et ils promettent de demeurer longtemps un sujet d’étude pour les ingénieurs et un objet de curiosité pour les profanes.D'une puissance de 1 183 200 kilowatts, la centrale souterraine de Manie 3 est équipée de six groupes générateurs mis en service du LO décembre 1975 au 29 octobre 1976.Elle fonctionne sous 94 m de chute normale et sa productibilité annuelle moyenne est de 5.4 milliards de kWh.Elle est située à 93 km au nord de Baie-Comeau et à quelque 620 km au nord-est de Montréal.En plus du barrage principal et de la centrale, les ouvrages comprennent un barrage-déversoir en béton qui a servi à verrouiller une vallée secondaire du côté est de la rivière et dont font partie la prise d'eau, le déversoir et la passe-à-billes.Il faut remonter aux époques géologiques les plus reculées pour trouver l'explication du ou des sillons alluvionnaires rencontrés au cours de la construction des barrages de Manie 5 et de Manie 3.La découverte d'un sillon d'une pareille profondeur a été particulièrement décevante à Manie 3.En effet, à cet endroit, la rivière Manicouagan s'enchassait entre deux rives très hautes et très escarpées qui semblaient idéales comme points d'appui pour un barrage-voûte en béton.Mais les sondages préliminaires firent constater que le lit de la rivière reposait sur un sillon alluvionnaire encore plus profond que celui qu'on avait rencontré à Manie 5.Sans qu'il soit possible de l'affirmer en toute certitude, il s'agit probablement du même sillon.D'après les géologues, ce sillon ou canyon fut érodé par la Manicouagan il y a environ un million d'années, à la fin du Pliocène et probablement aussi durant la période géologique suivante, le Pléistocène.La fonte des glaciers après les glaciations de cette dernière période eut pour effet de combler le sillon d'allu-vions.Le cours inférieur de la Manicouagan s'est apparemment déplacé au cours des siècles.En effet, les études géo- logiques qui précédèrent la mise en chantier de la centrale de Manie 2, firent constater que la Manicouagan ne coulait pas à cet endroit sur un sillon alluvionnaire comme à Manie 5 et à Manie 3.Cependant, on a décelé à 1,6 km à l'ouest de Manie 2 la présence d'une gorge comblée par plus de 125 m d'alluvions et, selon toute vraisemblance, c'est le même sillon qu’à Manie 5 et à Manie 3.A Manie 5, la profondeur du sillon alluvionnaire variait de 38 à 68 m entre le batardeau amont et le batardeau aval.La gorge fut vidée et curée à grand peine dans l'été de 1962, puis remplie de béton maigre.Ces travaux permirent ensuite d'édifier en toute sécurité le majestueux barrage à voûtes multiples qu'est le barrage Daniel-Johnson, dont la voûte centrale repose sur le sillon.Mais à Manie 3, cependant, le dépôt d'alluvions perméables sur lequel coulait la rivière avait une profondeur de 128 m à l'emplacement choisi pour construire le barrage.L'excavation et le remplissage d'une gorge aussi profonde aurait entraîné une forte dépense de temps et d’argent.Pour établir une coupure étanche jusqu'au socle rocheux à travers les alluvions, on avait à choisir entre diverses techniques déjà employées ailleurs pour ré- soudre des problèmes semblables.Par exemple, le barrage de Serre-Ponçon, en France, repose sur un écran composé de plusieurs voiles d'injections de coulis A Manie 3, il fut décidé, en perfectionnant une technique déjà connue, de couler à travers les alluvions un double mur de béton qui pénétrerait jusqu'au fond de la gorge et serait ancré d'au moins 30,5 cm dans le roc de fondation.La double membrane fut entièrement coulée dans des trous de forage en 1971 et elle est incurvée vers l'amont tout comme le barrage lui-même.Espacés de 3 m, les deux murs ont une épaisseur de 61 cm chacun et leur longueur au niveau supérieur est d'environ 190 m.Deux murs transversaux de même épaisseur divisent la cou-poure en trois zones.Une galerie de visite ou d'inspection, en forme de fer à cheval, surmonte les deux murs et est accessible des deux rives.Cette galerie permettra d'effectuer au besoin des injections de coulis entre les deux murs.Elle renferme aussi une multitude d'appareils de mesure qui veilleront sur le comportement du barrage et sur l'étanchéité de la coupure pendant toute la durée des ouvrages.L'intérieur de la galerie a 2 m de largeur et 3 m de hauteur.Ses parois sont formées de deux plaques d'acier espacées de 61 cm, cet intervalle ayant été rempli de béton.La masse du barrage (8.4 millions de m3) devant reposer directement sur la galerie, celle-ci a été coiffée sur toute sa longueur d'un coussin de bentonite pure, qui a pour fonction de prévenir toute concentration de contraintes sur la galerie.A l'intérieur de la galerie, des ouvertures permettent de prélever des échantillons de bentonite au besoin pour en vérifier le comportement.crête du barrage alluvions perméables socle rocheux coupe verticale du sillon alluvionnaire réservoir zone imperméable bentonite galerie d’inspection —diaphragme d’étanchéité (double mur de béton) alluvions alluvions IM 1 y ï i ^ r '/Ifiè ''' ^ .,; ^ y : '.'V, .- M ¦«ëÜK WmÉSlm 'P> ¦•;;'•'Miy '8 mm 1 ïSSül 1 mm0m 3?'- r- ' ’'A .''Fr- '' ••• 5- / *.3‘.4 '^'V • , ¦ m H •' j.-; .fi-., -• '.fi/; ./ ' ''- .• ÿ'Mmgè W£:,% ;-v.fag' WÊm §uÊm QUÉBEC SCIENCE / février 1977 15 LES FOUS DU FEU par Claude Marcil La pyromanie, une maladie énigmatique Ü! l"‘- ¦JH' HOT- Swiw éditeur officiel du québec Quatre-vingt-dix pour cent des incendies sont involontaires.I Is sont dus à la négligence, fumeurs endormis par exemple, à des défectuosités techniques, des accidents.Les dix pour cent qui restent sont voulus, donc criminels, et leurs auteurs passibles d'une peine d'emprisonnement de 14 années de pénitencier.Dans ce dix pour cent, on trouve les commerçants qui veulent frauder les compagnies d'assurance, les criminels spécialisés dans le «racket» de la protection et pour qui le feu sert à intimider.Dans ces deux cas, le motif est simple: le profit.Incendiaire aussi, le cambrioleur qui fait disparaftre les traces de son passage en mettant le feu.L'incendie criminel peut aussi être le fait de personnes poussées par la vengeance, la passion ou les déceptions.Récemment, un jeune marié incendiait la maison de son rival où sa jeune épouse d'une journée avait trouvé refuge le lendemain de ses noces.De même, on se rappelle l'incendie du restaurant Blue Bird, à Montréal, provoqué par des personnes désireuses de se venger du portier qui les avait expulsées.Chaque année, des dizaines de personnes comparaissent ainsi devant le commissariat aux incendies parce qu'elles ont choisi le feu comme moyen de corriger des torts réels ou imaginaires.Évidemment, elles auraient pu réagir par l'empoisonnement du chien appartenant à un rival, par la lacération des pneus d'une automobile, ou tout simplement en se battant.Les criminels et les «vengeurs» se servent du feu comme moyen d'atteindre leur but et ils sont responsables des deux tiers des incendies criminels, le reste étant le fait des personnes pour qui le feu n'est pas un moyen, mais une fin, les pyromanes.On se chicane encore allègrement sur la définition du pyromane.Pour certains psychiatres, ce sont des personnes qui causent des incendies à la suite de conflits psychologiques (par exemple par frustration, par désir de vengeance; d'autres considèrent comme pyromanes tous ceux qui allument des incendies sans raisons conscientes.Quoi qu'il en soit, le pyromane est celui qui a un désir incontrôlable de mettre le feu; en clair, c'est un fou du feu (pyr-feu).Les Israélites associaient le feu avec Dieu lui-même: on se souvient de l'histoire de Moise et du buisson ardent.Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, le feu a un rôle punitif et on menace les athées du feu du ciel.Les Vestales, gardiennes du feu sacré à Rome, étaient fouettées si elles le laissaient s'éteindre.En effet, le feu était un cadeau des dieux quand il ne leur avait pas été volé.Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu de l'Olympe et enseigna aux hommes comment s'en servir.Jupiter-Zeus se vengea en enchafnant le pauvre Prométhée sur une montagne du Caucase.Tous les jours, un vautour venait déchirer et manger son foie.Châtiment éternel car Prométhée voyait son foie repousser toutes les nuits.UNE FASCINATION SÉCULAIRE ET IRRÉSISTIBLE Si l'on voulait illustrer à quel point la notion de feu est, chez l'homme, profondément imprégnée d'affectivité, il suffirait de donner la liste des expressions du langage courant où le feu est utilisé comme symbole, entre autres de puissance, de destruction, de purification, de création et de re-création.De même, la relation entre le feu et la sexualité est bien exprimée dans les expressions «se consumer d'amour», «revoir une vieille flamme», «une passion brûlante», etc.L'individu normal est fasciné par le feu.Des foules se sont précipitées pour voir le film La tour infernale, et des milliers de lecteurs ont fait de deux livres écrits sur les pompiers, «Report from Engine CO.82» et «The Final Pire», des best-seller.Depuis septembre, 15 000 abonnés ont déboursé dix dollars pour Firehouse, revue qui s'adresse non 16 ier 1977 / QUÉBEC SCIENC seulement aux pompiers, mais aussi aux «amateurs».Firehouse, de même que Emergency, n'est pas une revue technique.On y trouve des photos de feux en rouge, jaune, orange brûlé, des articles excitants et de reportages sur le vif.L'incendie, et particulièrement l'incendie criminel, est un des actes qui frappent le plus l'imagination.11 n'est pour s'en convaincre que de lire la presse à sensation.L'effet dramatique est toujours réussi et ça suscite des vocations.Dans le journal Le Soleil, le docteur Pothier, de l'hôpital psychiatrique de Saint-Michel-Archange, parlait du phénomène d'entrainement des incendiaires par la faute des media.D'ailleurs, n'importe qui peut constater à quelle vitesse la foule s'agglutine autour des camions à incendie lors d'un feu.Et les pyromanes ne sont pas les derniers.S'ils ont mis le feu, c'est pour le voir.«Je voulais voir des lumières qui flashent et entent 'e beaucoup de bruit de sirènes.Je reçois une très forte émotion à l'intérieur de moi-même à chaque fois que je mets le feu.Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je mets le feu à Québec, ville que j'aime beaucoup.» (Raymond, 46 ans, contremaftre) INCENDIER POUR INCENDIER La pyromanie a fait l'objet de plusieurs thèses, surtout en Europe à la fin du 19ième siècle.Bizarrement, on constatait que le pyromane était souvent une adolescente.Ce n'est plus le cas.Les études intensives sont le fait des Français et des Allemands, car la pyromanie a peu intéressé les Anglais et les Américains.(On retrouve au Québec une excellente thèse sur le sujet, écrite par Jacques Laplante: Étiologie différentielle chez un groupe d'incendiaires pathologiques.) Par contre, il existe un bon nombre d'études statistiques américaines comme le monumental travail de Nolan Lewis et d'Helen Yarnell, Pathological Firesetting (Pyromania), qui porte sur 1 624 cas d'incendiaires répartis dans tous les États américains.Parmi ces cas, une bonne partie relevait de la vengeance, de la haine ou de la déception, mais il en restait 688 qui avaient mis le feu sans raison, sinon pour le feu lui-même.Même genre de réponses de la part des 72 incendiaires étudiés par une équipe de médecins psychiatres de l'Université de Strasbourg.Après une étude assez longue, leur première constatation était: « Les motifs sont variés et souvent absents.Les motivations véritables sont souvent inconscientes.» Les pyromanes disent seulement qu'ils se sont sentis obligés de mettre le feu.Certains se sentent même comme des victimes impuissantes devant une impulsion très forte.Dans plusieurs cas, l'impulsion s'accompagne de symptômes tels qu'agitation, tension intérieure, bourdonnement d'oreilles et sentiment d'irréel.Après coup, l'acte leur paraft éditeur officiel du québe< si: "J'L.l- ».f étranger.Pour certains, le processus s'achève, une fois le crime commis, par une agréable sensation de détente.Le pyromane rentre chez lui, se couche et dort bien.UN CLUB DES PYROMANES ANONYMES Certains pyromanes avertissent même les pompiers quand ils sentent le besoin de mettre le feu, et le sergent-détective Pierre-Yves Pothier racontait dans une entrevue donnée à La Presse: «On a le cas d'un gars qui nous appelle chaque fois que l'envie lui prend.Un peu comme s'il s'adressait à un club d'alcooliques anonymes.Il me dit: «Pothier, parle-moi, je ne tiens plus, j'ai envie de mettre le feu quelque part.».Après un bon moment, il se calme et me dit que ça va.Il est bon pour un bout de temps.» M.Pothier se demandait même, à la blague, s'il ne faudrait pas créer des clubs de pyromanes anonymes.Pas si fou, car tous les pyromanes ne sont pas actifs.Certains subliment leur passion.Selon quelques auteurs, le désir d'être pompier peut être de la pyromanie sublimée.De plus, selon Lewis et Yarnell, des écrivains comme Dante et Milton ne diffèrent des incendiaires uniquement parce qu'étant de grands artistes, ils sont assez doués pour sublimer leur fascination pour le feu.Si les motifs sont obscurs, la façon d'opérer du pyromane ne l'est pas moins.Il y a des vagues de pyromanie comme il y a des vagues de suicide.Par exemple, on n'a eu à déplorer aucun incendie d'origine criminelle durant les Jeux olympiques, l'attention étant attirée par les jeux.Par contre, on remarque une recrudescence en période de malaise économique, comme entre 1925-1935 en Allemagne.Selon le commissaire Cyrille Delage: «L'incidence criminelle dans le domaine des incendies est directement proportionnelle à l'indice économique.» On a ainsi observé que les milieux défavorisés sont les plus propices aux pyromanes en partie à cause d'un certain laisser-aller de la part des propriétaires et des locataires.À Montréal par exemple, il y a une prolifération de garages de ruelle qui ne servent aujourd'hui que pour le remisage de tout ce qui ne sert pas, vieux meubles, chiffons, qui ravissent le pyromane.À Québec, un «slumlord» (propriétaire de taudis) laissait ses propriétés se délabrer lentement: portes ouvertes à tout venant, vitres cassées, etc.En revanche, dans les quartiers aisés, on assiste à très peu d'incendies criminels, les résidents y exerçant une surveillance de tous les instants.Ce qui complique la tâche du pyromane qui fonctionne par impulsion.Pas de gadgets, rien de sophistiqué, le pyromane utilise des allumettes, de l'essence ou des contenants d'essence à briquet.Il enflamme n'importe quoi, toute cible étant bonne dès que l'impulsion le saisit.Conséquemment, les feux causés par les pyromanes ne sont généralement pas les plus coûteux: feux de poubelles, d'arrière-cour, d'escaliers.Par contre, ces feux sont loin d'être tous déclarés.UNE SPÉCIALITÉ MASCULINE Agissant sans motif tangible, frappant rapidement dès que l'impulsion les saisit, les pyromanes n'ont pas de méthode de travail facilement repérable, ce que les enquêteurs appellent le modus operand!.Certains pyromanes mettent le feu une fois par mois, d'autres toutes les semaines pendant une année, puis plus rien.En 1975, la moitié des incendies suspects '"¦H [-L.P'üj» Sli P/'ürfj ksipéci Trij' s:’': ;; IK hem [>i p Peu 1% Si %s«i K S (y, liY t:-L 17 / J QUÉBEC SCIENCE / février 1977 éditeur officiel du québec survenus à Québec ont été le fait d'un seul pyromane.À Montréal, il y a quelques années, un seul pyromane a allumé plus de deux cents incendies, au rythme de deux ou trois par semaine avec une journée intense de cinq feux.On a enquêté, des policiers en civil se sont promenés dans le quartier, mais il ne s'est plus jamais manifesté.Si l'on ignore quand et pourquoi les pyromanes causent des incendies, si tous les spécialistes sont d'accord pour affirmer qu'il n'y a pas deux pyromanes semblables, par contre des statistiques compilées par l'équipe de Strasbourg et par Lewis et Yarnell permettent de situer un peu mieux le pyromane.La première constatation est qu'il y a très peu de femmes pyromanes.Au cours de 1976 (au 31 août), sur 332 incendies d'origine criminelle, et pour lesquels 103 arrestations ont été effectuées, des accusations ont été portées contre 36 hommes, 60 adolescents, deux adolescentes et cinq femmes.Dans l'étude faite par l'équipe de Strasbourg, on ne comptait que deux femmes sur les 72 cas étudiés.Lewis et Yarnell affirment pour leur part: «Les femmes ne semblent pas causer des incendies pour le plaisir de voir des pompiers en action.Les rares cas connus semblaient impliquer des femmes en amour avec des pompiers».Souvent le pyromane est un adolescent.L'équipe de Strasbourg remarque une fréquence maximale entre 1 6 et 25 ans.Lewis et Yarnell ont découvert eux aussi que le plus haut taux d'incidence arrivait à l'âge de 17 ans avec des pointes à 27, 40, 49 et 60 ans.Le groupe d'âge qui comprenait le plus de pyromanes se situait entre 1 5 et 20 ans.Ce qui s'expliquerait par les tendances agressives des jeunes et les troubles psychophysiologiques de éditeur officiel du québec 'i iç'_* j * « s «ta » » » ¦ - ¦ ¦ ^ l'adolescence.De plus, le geste incendiaire est facilement réalisable et demande peu de force physique.LE GOÛT D'ÊTRE UN HÉROS On retrouve davantage de déficients mentaux parmi les pyromanes.Ils allument des incendies pour le spectacle du feu ou simplement pour voir des pompiers à l'action.La plupart du temps, leur conduite pendant l'incendie les rend facilement repérables.Mais les pyromanes ne sont pas tous des déficients mentaux, loin de là.Dans Pathological Firesetting, 17 pour cent des cas étudiés par Lewis et Yarnell sont d'intelligence supérieure et il s'agit alors de ceux qui ont été arrêtés.Beaucoup échappent longtemps aux enquêteurs et faussent les statistiques comme ce pyromane qui répandait de l'essence sur la bofte à fusibles.Pendant longtemps, les enquêteurs crurent qu'il s'agissait de troubles électriques.Si l'on excepte les déficients mentaux, la plupart des pyromanes savent les conséquences d'un feu aussi bien au point de vue des dommages qui en résultent qu'au point de vue des pertes de vie.Cependant chez le pyromane, la pression est trop forte; sa déception, son chagrin d'amour, son goût d'être un héros fait sauter la barrière des lois, des conventions sociales et de ses propres inhibitions.Il met le feu quand il en éprouve le besoin, sans s'attarder à calculer les conséquences de ses actes.Toutefois, malgré le peu de sens de responsabilité du pyromane, de son manque de remords, il peut lui arriver de commettre son crime de façon à assurer son arrestation, en laissant sur place des pièces d'identité ou des objets qui lui appartiennent.Même dans les cas où il éprouve des remords, ce n'est pas ce qui va l'empêcher de continuer.Une étude portant sur cinquante incendiaires emprisonnés à Grendon (Angleterre) montre une pathologie sociale évidente: familles désunies, mauvais résultats scolaires ou au travail, vie sexuelle insatisfaisante, alcoolisme et tentatives de suicide.Le crime d'incendie peut suivre un stress émotif, résultat d'une chicane familiale, d'un revers financier, etc.On constate le même manque de vie familiale chez les vagabonds, les itinérants qui sont fréquemment des pépinières de pyromanes.Il va de soi que l'utilisation de drogues ou d'alcool réduit les inhibitions au point qu'on parle maintenant de l'alcoolique-pyromane.Souvent, ils sont parfaitement rationnels vis-à-vis le feu, mais allument des incendies après quelques verres.Lucides durant la soirée et pyromanes durant la nuit.UN SUBSTITUT À UNE SEXUALITÉ NORMALE Si le feu symbolise la puissance, la conquête, il signifie aussi la pénétration, la chaleur et l'intimité.La recherche de ces sensations est quelquefois le mobile du pyromane.L'incendie sera alors utilisé comme substitut à une sexualité normale impossible du fait de la condition sociale du pyromane, de son niveau mental, de son allure physique ou toute autre raison.Les études de Lewis et Yarnell ont montré de nombreux cas où la vie sexuelle insatisfaisante a fortement contribué à la pyromanie.Les exhibitionnistes, les voyeurs, les homosexuels qui ne s'acceptent pas reviennent constamment dans l'analyse des cas de pyromanie.Dans tous ces cas, les inhibitions normales sont insuffisantes. février 197 / , wcJEBEC SCIENCE d'autant plus que Lewis et Yarnell relèvent 40 cas pour qui le feu conduisait à l'orgasme.Ils ont des rêves érotiques de feu, se sentent excités après des films où ils ont vu des scènes d'incendie.Ce sont souvent des masturbateurs chroniques et le feu les stimule.Tout aussi stimulés sont les psychotiques.Répondant à une question du commissaire aux incendies sur sa profession, un inculpé répondait: «Je suis gardien au royaume de mon père».Un autre expliquait qu'il avait jeté de l'huile sur le poêle pour en chasser les démons.Dix pour cent des pyromanes sont aliénés et, de l'avis général, les chances de réhabilitation sont presque nulles.Par contre, le héros est plus malléable.L'an dernier, une douzaine de gardiens de sécurité ont été arrêtés pour avoir allumé des incendies.Pour eux, c'était un moyen de se valoriser auprès de leur patron en lui montrant qu'ils travaillaient.De même, certains pompiers causent des incendies, prétendent le découvrir et sonnent l'alarme.Ils désirent être des héros aux yeux du public et attirer l'attention des spectateurs (51 cas dans Pathological Firesetting).La fascination du pyromane pour le feu le pousse quelquefois à s'engager comme pompier volontaire ou à fréquenter les casernes de pompiers.Il peut même y être parfaitement accepté et considéré comme correct.Dans tout le Québec, une quarantaine de municipalités seulement possèdent un équipement autonome, doté d'une équipe de pompiers; 519 autres n'en ont aucun, fut-il des plus sommaires.Sur 29 000 pompiers au Québec, 13 300 sont volontaires.Ils ne subissent aucun examen psychiatrique ou psychologique.Ils ne sont pas tous comme ce personnage d'Hervé Bazin, dans le livre L'huiie sur ie feu, qui est à la fois le meilleur pompier et le meilleur pyromane, mais il n'en faut pas beaucoup.Tous les auteurs qui ont étudié la pyromanie entretiennent les plus grands doutes vis-à-vis les possibilités de guérison des pyromanes.On constate par exemple que les incendiaires de Glendon ont une attitude plus négative en face des traitements.Trente pour cent des incendiaires ne pouvaient subir de traitement et on constatait un manque de motivation à changer de comportement.On recommande l'internement dans des hôpitaux psychiatriques, suivi d'un traitement psychiatrique intensif.Selon M.Daoust, psychiatre longtemps attaché aux causes d'incendie, le point tournant se situe au début de la trentaine.Auparavant, les peines étaient lourdes avec pour résultat que le pyromane avait environ trente ans lorsqu'il sortait de prison.Or, ce n'est pas tellement la longueur de la peine que le fait de devenir adulte responsable qui est important.Même s il faut attendre d'avoir trente ans.Malgré tout, on n'est jamais certain que le pyromane ne recommencera pas.Tous les auteurs veulent voir dans l'incendie volontaire pathologique un élément d'un ensemble beaucoup plus vaste, soit l'homme en relation avec le feu dans toutes sortes de domaines: cultes et mythes religieux (les Doukhobors de la Colombie-Britannique), folklore, langage, etc.Il ne suffit pas de baser la recherche" sur des cas uniquement cliniques et criminels, il faut élargir le champ de l'étude, franchir les limites de la psychiatrie légale, chercher à dépister le problème dans d'autres formes de comportement humain dont les actes pathologiques ne sont que des déformations.Bibliographie Gunnar Axberger, L'incendiaire dans le réel et dans l'imaginaire, Annales médicaux psychologiques, janvier 1973 Th.Kammerer et al.Les incendiaires.Etude criminologique, clinique et psychologique de 72 cas, Annales médicaux psychologiques, avril 1973 N.Lewis et H.Yarnell, Pathological Firesetting (Pyromania), Department of Psychiatry, University of Columbia, New Yord, 1951 L.B.Macht et J.E.Mack, Firesetter Syndrome, Psychiatry, Journal for the study of interpersonal processes, Washington, 1968, pp.277-288 QUÉBEC SCIENCE / février 1977 19 ÎSCIENC ffi'iela i'if lemddie ititi «pile ;e,niait iie is teles n'i L’AUTOPSIE DE LA PLANÈTE MARS par Jean-René Roy recherches photographiques: Claude Faubert Le bilan de l’aventure Viking N ' * ^ y.La première photo sur Mars Quelques minutes après avoir touché le sol de Mars, le « Lânder» de Viking / prit cette photo.La bande foncée à gauche est due à une obscuration du soleil (poussière soulevée par le «Lânder», parachute passant devant le soleil).Une quantité de poussière, soulevée à l'atterrissage, s'est par la suite déposée dans le creux du pied du module.Dans le cas d'une panne totale peu de temps après l'arrivée au sol, cette seule photo aurait donné au moins quelques détails, entre autres sur le genre de sol, sa dureté.Déjà avant 1970, les sondes spatiales avaient accumulé beaucoup de connaissances sur la planète Mars (voir Québec Science, vol.8, no 6, «Mars: un dossier en progrès»).Depuis lors, les États-Unis et l'Union soviétique ont expédié avec succès neuf véhicules qui sont entrés en orbite ou se sont posés sur la planète rouille.La publication récente (avant même les résultats des Vikings) d'un volumineux ouvrage sur la géologie de Mars illustre bien l'avalanche d'information recueillie lors de ces randonnées spatiales.Passablement criblé de cratères, le paysage martien affiche une topographie d'une variété surprenante: de gigantesques volcans, des gorges et des canyons immenses, de vastes dépôts sédimentaires dans les régions polaires, des glaciers et des vallées aux méandres élégants qui paraissent avoir été creusées par des crues soudaines.Tout trahit un milieu sujet à des bouleversements périodiques qui contraste avec l'apparence paisible du paysage révélé par les caméras de Viking.Que peut nous enseigner Mars sur le passé et le futur de la Terre?La recherche d'une réponse à cette question et la curiosité motivent les expéditions coûteuses chez notre planète voisine.LA PHYSIQUE D'UN GLOBE DIFFÉRENT Mars a une densité (3,9) plus faible que celle de la Terre (5,5); ceci indique une origine sensiblement distincte de celle de notre planète.Mars s'étant formée dans une région plus froide de la nébuleuse solaire originelle, une plus grande quantité de fer s'est combinée avec d'autres éléments, en laissant moins sous forme métallique.Ce processus semble confirmé par Viking I qui a trouvé sur le site de Chryse Planifia un éventail de minéraux hydratés riches en fer et de nature basaltique.Tout comme la Terre et la Lune, Mars s'est apparemment formée / 20 février 1977 / QUÉBEC SCIE Ni (BECS®1,1 très rapidement, en moins de 100 000 ans.Au début, la température intérieure élevée permit la fusion du fer et des triolites (minéraux formés de fer et de soufre) qui s'enfoncèrent au centre et formèrent un noyau ferreux.Les mesures précises du champ gravitationnel à l'aide des sondes orbitant autour de Mars ont confirmé l'existence de ce noyau dense.La seconde phase de différenciation du globe martien eut lieu un milliard d années plus tard, lorsque les couches extérieures se furent réchauffées suffisamment pour fusionner les roches du manteau.Différenciées en éléments lourds, pauvres en aluminium et silicium, et en éléments légers riches en ceux-ci, ces laves créèrent les plaines et les structures volcaniques.L'activité volcanique s'est poursuivie jusqu'à nos jours.En effet.Mars possède de gigantesques volcans, le plus jeune et le plus grand étant Olympus Mons qui, de sa base de 600 kilomètres, s'élève jusqu'à 25 kilomètres d'altitude (2,5 fois l'Everest) et forme une masse trois fois plus énorme que le Mauna Loa d'Hawai', le plus grand de nos volcans.Une intense activité tectonique souleva de quelques kilomètres les grands plateaux martiens; de nombreuses fractures résultèrent de l'étirement de la croûte martienne.Ces tensions excessives engendrèrent les grands volcans de Tharsis.Contrairement au tectonisme terrestre, dominé par le mouvement et le réarrangement des plaques continentales, le tectonisme martien n'affiche aucun mouvement horizontal de la croûte.LES GAZ D'AIMTAN, GLACIERS D'AUJOURD'HUI Cette fusion de l'intérieur au début de Mars conduisit à la création d'une atmosphère grâce au dégagement des gaz emprisonnés à la surface et à l'intérieur des roches.Une proportion importante de la vapeur d'eau et du gaz carbonique ainsi produits est maintenant condensée dans les glaciers des pôles, dissimulée sous forme solide dans la régolithe ou adsorbée par les poussières de surface.Viking a donné très tôt la composition atmosphérique, constituée surtout du gaz carbonique C02 (95 pour cent) un peu d'azote moléculaire N2 (2-3 pour cent), d'argon Ar (1 - 2 pour cent), d'oxygène moléculaire 02 (0,1 - 0,4 pour cent),de vapeur d'eau H20 (0,1 pour cent), de monoxyde de carbone CO et d'oxygène atomique O.L'azote est une découverte de Viking.D'autre part, la proportion d'argon demeure très inférieure à celle (35 pour cent) mesurée par la sonde soviétique Mars 6.Un si bas niveau d'argon suggère un dégazage cent fois plus faible que celui qui eut lieu sur la Terre.Le méthane et le néon n'ont pas encore été détectés, mais Viking a trouvé des traces de krypton et de xénon.Les compositions isotopiques d'oxygène i s o/i 6 o et de carbone 1 3 C/1 2 C sont semblables aux nôtres tandis que le rapport isotopique d'azote 15 N/1 4 N indique que Mars est plus riche en 1 SN de 75 pour cent; il y aurait eu échappement préférentiel de l'isotope plus léger aux premiers temps où Mars avait une atmosphère plus dense.La pression atmosphérique à la surface est à peine deux pour cent de la pression de l'atmosphère terrestre au niveau de la mer.L'eau ne peut exister sous forme liquide dans une atmosphère aussi ténue.Jusqu'à 25 pour cent du gaz carbonique de l'atmosphère se condense dans l'une ou l'autre des calottes polaires deux fois par année (année martienne).L'eau qui gèle à une température plus élevée que le C02 demeure emprisonnée en permanence dans les calottes glaciaires.La calotte permanente qui survit à l'été martien serait constituée de glace et aurait des centaines de mètres d'épaisseur.L'eau est aussi retenue à toutes les latitudes dans la régolithe, la substance granuleuse recouvrant Mars d'une couche d'un kilomètre d'épaisseur.Viking a détecté de l'eau à partir des échantillons du sol chauffés; on a estimé qu il y avait de 0,1 à 1 pour cent d'eau emprisonnée dans la régolithe.Si les eaux gelées des pôles, et celles prisonnières des poussières, de la régolithe et du pergélisol étaient libérées et répandues, elles recouvriraient Mars d'une mer d'au moins 20 mètres d'épaisseur.Enfin, Mars a vraisemblablement perdu une fraction importante de son eau originelle par dissociation photochimique de cette molécule dans la haute atmosphère.De plus, les produits de cette réaction peuvent réagir et détruire l'ozone qu'on trouve dans la calotte polaire de l'hémisphère plongé dans la saison hivernale.Lors de son passage au périhélie (le point orbital le plus près du Soleil), l'atmosphère martienne subit un surchauffage qui donne lieu à la saison des grandes tempêtes.La prochaine saison est attendue en avril 1977.La sonde Mariner 9 nous a rendu familières les grandes tempêtes de sable qui brouillent complètement la planète.Ces perturbations donnent lieu au magnifique réseau de dunes et d'empilement de sable, mais ne représentent que le réajustement de l'atmosphère martienne pour redistribuer l'énergie de cette grande machine thermodynamique.BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE DE MARS En nous révélant les conditions météorologiques à Chryse Planitia, Viking nous expédiait le premier bulletin météo interplanétaire.Durant les 20 premiers sols (nom donné au jour martien), la température à Chryse Planitia a atteint un maximum de -31,4 degrés Celsius et un minimum de —86 degrés Celsius; les vents dominants du sud ont maintenu une vitesse moyenne de 2,4 mètres par v-»iic paiaïc yeclMie De/mos, le plus petit et le plus éloigné deux satellites de Mars, présente une surface couverte de cratères et possiblement très vieille.Les deux plus gros cratères ont des diamètres de 1,3 kilomè tre et 1,0 kilomètre respectivement.de:\ m 2.La marge de manœuvre Vikmg 2 toucha le sol dans la région d'Utopia.La grande ellipse, mesurant 260 kilomètres par 100 kilomètres, indique la zone où le «Lânder» avait une probabilité d'atterrissage de 99 pour cent.La petite ellipse correspond à une probabilité de 50 pour cent.Le cratère dans le com supérieur droit est le résultat d'un impact météoritique.Toute cette région de la plaine d'Utopia est couverte de dunes qui recouvrent la plupart des pierres éjectées par le météorite lors de l'impact.3.Un paysage tourmenté L'énorme vallée - Valles Marineris-s étend sur près du tiers de la circonférence de la planète.Au bas de la photo, on remarque une série de canaux qui auraient pu être causés par une érosion due à la relâche d'eau dans le sol ou encore aux mouvements de masses de débris qui se seraient produits lors de fractures, de retraits magmatiques, d effondrements.L'autre côté de la vallée aurait subi plusieurs grands glissements de terrains.(.r « •V'.oT\ Vi' ( 21 PHOBOS ET DÉIMOS DES MONTAGNES KXANTES Découverts par Asaph Hall en 1877, deux satellites naturels, Phobos (la Peur) et Deimos (la Terreur), orbitent autour de Mars à des distances respectives de 9 300 kilomètres et de 23 000 kilomètres.Attendant la fin des tempêtes de sable faisant rage sur Mars à la fin de 1971, la sonde Mariner 9 braqua sa caméra sur Phobos et Deimos.Ressemblant étrangement à deux patates géantes, les satellites apparurent aussi criblés de cratères qu'un champ des hauts plateaux lunaires.Un des cratères de Phobos atteint huit kilomètres de diamètre; sur cet astre mesurant en gros 20 pour 28 kilomètres, l'impact du bolide qui créa ce trou dut être fulgurant.Deimos ne mesure que 10 par 1 6 kilomètres.Dans leur révolution autour de Mars, ces deux «montagnes volantes» pointent continuellement leur grand axe vers le centre de gravité de Mars.Agés de plusieurs milliards d'années, Phobos et Deimos sont probablement deux vestiges des blocs qui servirent à la formation des planètes de type terrestre.Il sera tentant d'y envoyer une sonde-robot recueillir un échantillon de cette matière qui recèle sûrement certains secrets des origines du système solaire.I 22 février 1977 / QUÉBEC SCIENCE OUÏ ~ 1 ' Plus haut que l'Everest Olympus Mans est le plus grand et le plus jeune volcan de Mars.De sa base de 600 kilomètres, H s'élève jusqu'à 25 kilomètres d'altitude, soit 2,5 fois l'Everest.seconde (8,7 km/h), soit la force d'une brise légère.L'évolution de la température en fonction de l'ensoleillement suit une courbe semblable à ce qu'on observe dans les déserts du Sud-Ouest américain, si l'on exclut que ce soit beaucoup plus froid sur Mars.La pression atmosphérique présente des variations qu'il est facile d'attribuer aux effets de marée solaire.Le phénomène barométrique le plus intriguant est la baisse continue de la pression diurne; on explique cette chute par la condensation du gaz carbonique atmosphérique à la calotte polaire australe.Cette chute de la pression suit une loi simple: P = 7,6844 — 0,0122 N, où P est la pression en millibars et N le nombre de sols écoulés depuis l'atterrissage.Voilà une découverte montrant que, même sédentaire, Viking peut fournir des données sur les conditions globales de l'atmosphère martienne.Plusieurs signes convergent vers l'inévitable conclusion que le climat martien a subi au cours des temps plusieurs sautes d'humeur.L'atmosphère martienne est sujette aux seuils critiques qui la font basculer d'un état à l'autre.En effet, la variation de la température polaire entraîne une fluctuation du contenu atmosphérique en gaz carbonique.Un accroissement suffisant de la teneur en CO2 fait passer l'eau par la phase liquide au lieu de se sublimer directement.L'augmentation de la vapeur d'eau amène le réchauffement de la surface de Mars par «effet de serre».Le processus peut donc s'emballer et a pu, dans le passé.entraîner des conditions atmosphériques de pression et température plus élevées, créant un climat plus chaud et plus humide.D'ailleurs, l'apparence fortement stratifiée des calottes glaciaires indique que le climat d'antan a subi des fluctuations prononcées.Les changements dans l'orbite de Mars et la variation de la luminosité du Soleil peuvent aussi en avoir été responsables.VIKING SUR LE PLANCHER DES VACHES Viking I s'est posé sur Mars dans Chryse Planitia, par 22,46 degrés Nord et 48,01 degrés Ouest, sur un terrain rocailleux mais assez plat, le 20 juillet 1976.Le 3 septembre 1976, Viking 2 se posait dans Utopia Planitia, par 47,86 degrés Nord et 225,86 degrés Ouest.Chryse Planitia est une dépression de 4 000 mètres en-dessous du niveau moyen du sol martien.Les analyses préliminaires du sol montrent que les éléments les plus abondants sont le silicium, le fer, le calcium, l'aluminium et le soufre; le titane y est présent en quantité moindre.On attribue toujours la couleur rougeâtre du sol à l'oxyde ferrique; cependant la pellicule qui en recouvre les grains de silicate doit être très mince et discontinue.' La présence de bancs de sable ondulant vers l'horizon martien, photographiés par Viking, a quelque chose de frappant.Ces bancs de sable ont «tim ^ , 1 .l., .immédiatement donné au paysage martien IV une allure familière, un aspect exotique, mais sympathique.Le site où repose Viking I aurait été enseveli sous plusieurs mètres de sable jusqu'à très récemment; ce n'est que lors de la dernière tempête de sable que l'endroit aurait été dégagé.Le sort de Viking sera probablement scellé à très court terme.par le sable! Même le ciel est rouge.La présence de maintes particules d'un diamètre de l'ordre du micromètre en suspension dans |VrJ;¦ l'air donne au ciel martien cette étonnante couleur rose-orange.C'est aux grands angles de diffusion que le ciel devient le plus rouge.DES EAUX INVISIBLES La surface de Mars a été le champ d'action d'une panoplie d'agents d'érosion, cratères formés par impact météoritique, volcanisme, activité tectonique, effondrement, crues des eaux et tempêtes.Révélés par les sondes Mariners, les cratères continuent de faire l'objet attentif des orbiteurs qui ont transporté les sondes Vikings dans les parages de Mars.Contrairement aux cratères bien préservés des plaines volcaniques de l'hémisphère nord, ceux plus anciens du sud sont dans tous les états.Cette dégradation trahit l'activité des agents d'érosion beaucoup plus efficaces dans l'hémisphère austral.Cette activité atteignit son paroxysme juste avant la phase volcanique, il y a plus d'un milliard d'années, qui noya les cratères de l'hémisphère nord.Ces QUÉBEC SCIENCE / février 1977 23 inondations chroniques de lave expliquent la disparité prononcée dans la population des cratères.Les structures sinueuses des régions équatoriales représentent l'évidence géomorphologique la plus claire de la présence de l'eau sur Mars.Les plus gros canaux sinueux (ne pas confondre avec les «canaux» illusoires dont les querelles firent couler tant d'encre) atteignent 1 500 kilomètres de longueur et 200 kilomètres de largeur.Creusés à une époque où le climat était plus chaud et relativement humide, ces canaux aux méandres multiples rappellent un terrain victime d'une inondation soudaine («flash flood»), par exemple à la suite du bris d'un barrage.Mars aurait connu des déluges déversant des torrents de millions de mètres cubes par seconde à des vitesses atteignant plusieurs dizaines de mètres par seconde.Comment expliquer l'accumulation de vastes réservoirs d'eau demeure à ce moment une énigme.Les volcans ont pu faire fondre soudainement des masses de glace et libérer l'eau nécessaire.L'une des plus spectaculaires régions de Mars est située juste au sud de l'équateur; c'est Valles Marineris, un gigantesque système de canyons de 2 700 kilomètres de longueur, 500 kilomètres de largeur et 6 kilomètres de profondeur rayant la planète comme une grande cicatrice.Ce réseau de canyons aurait été l'aboutissement d'une série de fractures, de retraits magmatiques, d'effondrements et d'érosion fluviale.Une série de convulsions tectoniques auraient soulevé Labyrinthus Noctis pour fissurer la région parallèlement à l'alignement de Valles Marineres.«Y A-T-IL DE LA VIE SUR MARS?».EST-CE LA BONNE QUESTION?Vous l'avez sans doute lu et relu dans les journaux; les résultats des trois expériences biologiques visant à détecter la vie sur Mars, sous forme de micro-organismes ou de bactéries, restent ambigus sinon contradictoires.Il y a de quoi demeurer perplexe; si le même comportement expérimental était observé sur Terre, on aurait conclu sans broncher à la présence de micro-organismes très actifs.Mais là-bas, à plusieurs minutes-lumière de distance, les analyses de Viking forcent à une prudence extrême.Il est clair que nous avons affaire à des réactions chimiques.Le défi est de déterminer si elles sont dues à un agent biologique ou à un processus de chimie pré-biologique.L'expérience d'échanges gazeux consistait en l'injection d'un mélange nutritif dans un échantillon de sol martien recueilli à la surface et transbordé dans le laboratoire de Viking.Non seulement l'échantillon se mit à libérer rapidement de l'oxygène, mais après deux heures, cette quantité était devenue quinze fois supérieure à celle attendue en l'absence Une caractéristique martienne Ce jeune cratère, dans la région de Lunæ Planum, mesure quelque 18 kilomètres de diamètre.La morphologie des cratères sur Mars est différente de celle des cratères observés sur Mercure et sur la Lune.Ils sont caractérisés par les écoulements lobés qui les entourent.%, S "V (sîo-Vf'T .r- f .Autrefois des rivières La surface de Mars abonde en lits de rivières desséchées.En plus de l'eau concentrée dans les pôles, une quantité importante existerait sous forme de pergélisol.Les canaux seraient le résultat d'un ou plusieurs dégels de ce pergélisol.Le dernier dégel aurait eu Heu H y a plusieurs millions d'années.La plupart des cratères visibles sont des cratères d'impact météoritique. Marquer la vie L'utilisation du C permet de déceler /'activité dans les échantillons du sol martien.Dans la première expérience illustrée, l'échantillon du sol, placée dans un incubateur, est chauffé et mis en contact avec une atmosphère de 1 4 C02 On recherche le'*0 dans l'échantillon pour déterminer s'il y a eu activité chlorophyllienne.Dans la deuxième expérience, on ajoute à l'échantillon du sol un substrat où le sucre est marqué au 1 4 C.On observe alors si le14C s'échappe de l'échantillon sous forme du gaz 14C02.de toute activité chimique.Dans l'expérience de libération des gaz marqués au carbone 14 radioactif, on mouillait un échantillon de sol avec une solution contenant du carbone 14; un grand nombre de molécules de 1 4C02 s'échappa au cours des premières heures avant de se stabiliser.Néanmoins cette croissance très rapide de la réponse de l'échantillon et la stabilisation au bout de quelques heures s'accordent mal avec le métabolisme d'une population de bactéries de type terrestre; nos bactéries auraient produit une augmentation plus lente et plus longue.Une explication chimique paraft donc de mise.Dans la troisième expérience biologique, un échantillon de soi est plongé dans une atmosphère de 1 4 C02 .On recherche en chauffant le sol si du 1 4 C a été fixé au cours d'une photosynthèse organique.On a détecté une fixation prononcée du carbone, mais encore là, la fixation peut être soit biologique ou chimique; pourtant il est difficile d'attribuer cette réaction de réduction au processus chimique, étant donné les propriétés oxydantes du sol martien.Les deux expériences utilisant le carbone radioactif furent répétées avec des échantillons stérilisés par un chauffage à 160 degrés Celsius durant trois heures.Les courbes reproduites furent alors différentes, mimant celles qu'aurait données un échantillon de sol stérile de l'Antarctique.La réponse positive de l'échantillon normal était donc éliminée par stérilisation.L'expérience de contrôle favorise décidément une interprétation biologique.Mais il demeure toujours possible que cette activité soit attribuable à des peroxydes, des super-oxydes ou des ozonides du sol martien (les ozonidessont des composés d'addition que forme l'ozone avec les corps organiques possédant une liaison éthylénique); tout en étant responsables de l'activité chimique des échantillons normaux, ces composés seraient détruits par une chaleur supérieure à 100 degrés Celsius.L'interprétation des expériences biologiques est rendue plus difficile par l'échec inattendu pour déceler des composés organiques lourds sur Mars.Aucun composé organique plus lourd que le méthanol ou le propane n'y est présent avec une abondance supérieure à 0,1 à 50 parties par milliard.Le sol martien est donc très pauvre en matière organique nécessaire à la survie de matière vivante selon le mode de la biosphère terrestre.En l'absence d'une couche d'ozone planétaire, la surface de Mars reçoit un flux élevé de rayons ultraviolets du Soleil.Cette irradiation peut produire des composés très actifs capables d'oxyder les éléments nutritifs utilisés dans les expériences de Viking.Toute théorie devra rendre compte de la cinétique des réactions ainsi que de l'inactivité des oxydants et des catalyseurs à 170 degrés Celsius.Les responsables de Viking regretteront longtemps d'avoir supprimé une expérience impliquant un détecteur de reproduction qui aurait éliminé l'ambiguité frustrante des résultats actuels.Il appartiendra à une future sonde mobile à la surface de Mars de résoudre l'énigme .si le payeur de taxes américain n'en a pas marre.Bibliographie Albert Ducrocq, À la recherche d'une vie sur Mars, Flammarion, 1976 W.K.Hartman et O.Râper, Mars as viewed by Mariner 9, U.S.Government Printing Office, Washington, 1974 T.A.Mutch, K.L.Jones, Head III, R.E.Arvid-son et R.S.Saunders, The geology of Mars, 1975 L'hebdomadaire scientifique Science, vol.1 93, du 27 août 1976 (pp.759 éa 81 5) et vol.1 94, du 1er octobre 1976 (pp.57 à 105), publie une série d'articles rédigés par les expérimentateurs de la mission Viking. sciei; QUÉBEC SCIENCE / février 1977 25 POTENTIEL DE RECHERCHE DU CANADA EN PÉRIL Conseil des sciences du Canada L7>."# v"| Es#?* ; f- 11! Xlrûÿ i'/v : H 0m tir*' - ¦: sM ¦sis .•SS**-' : .,;C' 1 ,-v .'"«ÿ' «HS I Ï0ÊUÊ ¦' '.^ 5- < • ili; ¦ ' 'I 41 i c *¦• .ÿ:'Si r': ;! " -‘OlTB ddiiï*1 ifji )b>W ¦étant11*.poaifl 'Sx' < "5* t^j'* Il* LA SCIENCE FACE À LTNCONNU par F.L.Boschke (traduit de l'allemand par A.Muller), Les Éditions Robert Laffont, Paris, 1976, 334 pages, $13.00 Cet ouvrage s'inscrit dans la collection «Les énigmes de l'univers» dirigée par Francis Mazière.Son titre original, «L'inexploré», indique bien la nature de son contenu.L'auteur de «Les sept jours de la création» répond à la question la plus troublante que l'inventaire actuel des découvertes scientifiques pose à l'homme: «Que savons-nous aujourd'hui sur le monde dans lequel nous vivons?».Le livre s'ouvre sur une belle pensée de Niels Stenson, fondateur de la paléontologie: «Ce que nous voyons est beau, plus beau encore ce que nous savons, le merveilleux, pourtant, réside dans ce que nous ne comprenons pas encore.» L'auteur oppose les résultats de la plus récente recherche scientifique au savoir scolaire, sclérosé, souvent dépassé, qui stérilise de trop nombreux esprits.Il montre que notre connaissance de l'univers est très fragmentaire et ce qui nous paraft «exploré» est en réalité l'inconnu.L'auteur aborde tous les sujets se rapportant à la science moderne et il saute de l'un à l'autre avec une surprenante originalité: de l'espace universel à la terre encore inachevée, du savoir occulte aux frontières invisibles du monde, de la terre aux océans, des catastrophes qui affligent l'humanité à l'économie énergétique, de la pensée positive aux erreurs de pensée, de l'histoire de la terre à la fin du monde, de l'origine de la vie aux semences venant du cosmos; bref, il fait une brillante démonstration de notre ignorance de l'univers pour dire que «croire est plus sûr que savoir» tout en remettant continuellement en question notre conception même du monde.Cet ouvrage est révolutionnaire dans le sens qu'il soumet à l'examen critique tous les phénomènes qui stimulent la curiosité et défient l'intelligence de l'homme.On dit de ce livre que celui «qui l'a lu voit le monde avec d'autres yeux et se comprend soi-même d'une autre façon».(J.R.) LE CADRE D'UNE RECHERCHE ÉCOLOGIQUE INTERDISCIPLINAIRE: ÉCOLOGIE DE LA ZONE DE L'AÉROPORT INTERNATIONAL DE MONTRÉAL (EZAIM) par Pierre Dansereau, Les Presses de l'Université de Montréal, Montréal, 1976, 343 pages, $12.00 Suite à la décision du gouvernement fédéral d'exproprier 36 000 hectares de terres en vue de la construction de l'aéroport de Mirabel, il convenait d'entreprendre d'abord une recherche interdisciplinaire afin de mieux connaftre toutes les implications sur l'intégration bio-sociologique des diverses composantes écologiques.Cet ouvrage est le fruit d'une vaste recherche dirigée de 1970 à 1972 par le professeur Pierre Dansereau, avec la collaboration de toute une équipe de spécialistes appartenant aux diverses disciplines concernées.En formant les équipes du projet EZAIM il a été convenu d'élargir le cadre traditionnellement biologique de l'écologie et de l'étendre aux problèmes socioéconomiques, suivant en cela le modèle même d'un écosystème.Ainsi trouve-t-on dans cet ouvrage la subdivision suivante des recherches effectuées sur le terrain: minérotrophie (géologie, géomorphologie, drainage, sols); phytotrophie (flore et végétation); zootrophie (faune et activité animale); zootrophie (ornithologie et péril aviaire); investissement (occupation des terres); investissement et contrôle (impact industriel et urbain, pollution, planification); investissement et contrôle (démographie, migration, perception de l'environnement, psychologie sociale); direction et coordination des recherches.Le but de ce projet était triple: aviser le gouvernement des dangers encourus à court et à long terme par l'environnement régional dans toutes ses dimensions, faire un essai d'ensemble de méthodologie interdisciplinaire et jeter les bases pour la planification de toute la région.Bref, c'est un ouvrage de taille, une véritable borne d'orientation pour l'étude écologique du territoire québécois.(J.R.) BIOLOGIE Tome 1: BIOLOGIE CELLULAIRE, 189 pages, $11.20 Tome 2: GÉNÉTIQUE, 139 pages, $9.60 par Claude-Louis Gallien, Les Presses Universitaires de France, Paris, 1976 La nouvelle collection BIOMED des P.U.F.est dirigée par l'auteur des deux premiers tomes, le professeur Gallien de l'université Descartes à Paris; le tome 3 traitera de la biologie de la reproduction et du développement, couvrant ainsi les trois domaines fondamentaux englobés par la biologie générale.L'ensemble répond à un besoin; il offre aux étudiants du niveau collégial et du premier cycle universitaire un document de travail à la fois théorique et pratique d'une grande perfection, leur permettant d'acquérir les notions fondamentales, le langage et la méthodologie de la biologie moderne.L'auteur cherche de façon particulière à susciter l'intérêt des étudiants engagés dans des études médicales en leur montrant tout au long, par un choix judicieux des exemples, que la biologie est vraiment la science de base de la médecine à laquelle elle doit être profondément intégrée.Le plan suivi est rigoureusement logique, la présentation fort soignée, les informations scientifiques exposées avec clarté et concision, les exemples concrets choisis en vue de stimuler le travail personnel de l'étudiant, le tout étant accompagné d'un très grand nombre d'illustrations et de dessins d'une réelle originalité et d'une grande valeur pédagogique.Le vocabulaire est précis et chaque nouveau terme est bien défini et répertorié; la méthode de travail est soutenue par des exercices bien expliqués et corrigés.(J.R.) RESSOURCES QUÉBEC vol.1, no 1, septembre 1976, ministère des Richesses naturelles, Québec Un peu dans la même veine que la revue Antennes, du ministère des Communications du Québec (quoiqu'avec un peu moins de luxe dans la présentation).Ressources Québec se veut un outil de dialogue entre le ministère des Richesses naturelles et la population.Curieux outil de dialogue qu'un magazine, trop souvent synonyme de monologue! Mais pour y arriver, Ressources Québec orientera donc son contenu sur la remise en question de nos politiques de ressources, sur la réflexion libre, confiée à des journalistes ou des experts qui ne sont pas nécessairement liés au ministère (tout comme Antennes, d'ailleurs).Malheureusement, le premier numéro ne va guère loin en ce sens, et ne se distingue guère de la moyenne des publications officielles sans trop d'envergure.Attendons donc la suite, pour juger sur pièces.(P.S.) 48 février 1977 / QUÉBEC SCIENCE CANNABIS ET FONCTIONNEMENT INTELLECTUEL cannabis et fonctionnement intellectuel Maurice Bourassa par Maurice Bourassa, Les Presses de l'Université de Montréal, Montréal, 1976, 231 pages, $14.25 Entreprise il y a à peine 30 ans, la recherche scientifique sur la marijuana et ses effets est donc relativement récente.Les écrits à ce sujet sont cependant abondants; mais il s'agit surtout de témoignages personnels, d'observations, de rumeurs ou d'anecdotes dont la valeur scientifique laisse beaucoup à désirer.D'une part, les rares expériences scientifiques valables ne permettent pas d'évaluer les effets de la marijuana sur l'ensemble du rendement intellectuel: elles se limitent très souvent à ses effets sur la mémoire et sur la coordination motrice, deux dimensions secondaires de l'intelligence.D'autre part, elles concernent des dimensions différentes de l'intelligence, à partir d'épreuves psychométriques et de méthodologies différentes.C'est pour pallier à cette déficience de la recherche que Maurice Bourassa, membre de la Corporation des psychologues et docteur en psychologie de l'Université de Montréal, a procédé à une recherche expérimentale sur la marijuana et ses effets sur le fonctionnement intellectuel, plus particulièrement le raisonnement analogique, le jugement, la mémoire ainsi que les capacités de planification, d'anticipation et de structuration spatiale.L'expérience a naturellement été conduite selon des critères très caractéristiques de la consommation normale de marijuana dans notre société et selon des normes très précises de contrôle des différentes variables à évaluer.La recherche s'est faite auprès de 60 étudiants masculins, volontaires, âgés de 21 à 30 ans, ayant au moins 14 années de scolarité, d'un poids variant entre 55 et 80 kilogrammes.Ces sujets étaient en bonne santé physique et psychique et n'avaient jamais pris de drogue auparavant.L'analyse statistique des résultats des différents tests psychométriques amène Maurice Bourassa à conclure que la dose de marijuana employée (correspondant à ÏECSCIENt deux «joints») diminue à court terme, soit durant une heure suivant l'inhalation, dans l'ordre de 10 à 22 pour cent le rendement intellectuel mesuré par les tests utilisés! Compte tenu de l'usage massif de la marijuana en Amérique, les résultats des multiples épreuves révèlent des réalités pour le moins troublantes.La marijuana diminue la capacité d'adaptation face à des situations nouvelles et perturbe l'aptitude à établir des comparaisons et à raisonner par analogie.Elle rend difficile le fait de penser le déroulement des événements, d'ordonner mentalement les faits et d'en prévoir les conséquences respectives.Elle nuit également à la capacité d'analyse et de synthèse ainsi qu'à la coordination perceptivo-motrice.Elle diminue enfin significativement le rendement de la mémoire.Le Dr Bourassa nous met cependant en garde: les données recueillies sont restreintes et ne permettent donc pas de préciser si les effets restent les mêmes à long terme.De même, il n'est pas exclu que le cannabis donne des résultats différents si l'on examine d'autres fonctions intellectuelles ou cognitives, notamment la créativité et la pensée divergente que de nombreux usagers prétendent amplifiées par cette drogue.Et il laisse sous-entendre que ces données ne suffisent pas à elles seules à prouver la nécessité d'une limitation ou d'une libéralisation de l'usage du cannabis.Le rôle de la science est d'éclairer et de fournir des données objectives; ce n'est pas de remplacer, dans l'esprit de l'individu ou de la société, les valeurs personnelles, sociales, culturelles et morales.La science éclaire les choix, mais elle ne se substituera jamais au niveau politique pour la prise de décision.(J.-P.D.) BIEN DORMIR par James C.Paupst et Toni Robinson, Les Éditions de l'Homme, Montréal, 1976, 187 pages, $5.00 Cet ouvrage, traduction du livre publié en 1975 par Macmillan (Toronto) sous le titre «The Sleep Book», répond à toutes les questions qu'on peut se poser au cours d'une longue nuit d'insomnie.On connaft l'importance du sommeil pour la santé puisque nous passons environ un tiers de notre vie à dormir.Malgré la banalité quotidienne du phénomène, le sommeil a toujours conservé son allure de mystère.Les recherches de James Paupst à l'Hôpital Saint-Michel à Toronto essayent de faire reculer les frontières de ce mystère; dans son bouquin, il nous livre les conclusions de son travail.Il définit le sommeil et les bonnes habitudes à acquérir pour bien dormir; il traite des causes et des remèdes de l'insomnie; il parle des avantages et des dangers de De la biologie à la culture Jacques Ruffié Flammarion, collection «Nouvelle bibliothèque scientifique», Paris, 1976, 594 pages, 28.50 dollars ptfenla ix satellite e tenir npiMi?I et Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde Ben Weider VLB Éditeur, Montréal, 1976, 175 pages, 4.95 dollars Applications thermiques de l'énergie solaire dans le domaine de la recherche et de l'industrie colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique.Éditions du Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1976, 738 pages, 39.00 dollars (disponible au Québec aux Presses de l'Université de Montréal! Socialisme et multinationales colloque de la Fédération de Paris du Parti socialiste, préface de François Mitterrand, Flammarion, collection «La rose au poing», Paris, 1976, 189 pages, 5.95 dollars Structure et dynamique des systèmes séminaires interdisciplinaires du Collège de France réalisés avec la collaboration de l'Institut collégial européen et de l'I.S.M.E.A.sous la direction de A.Lichnerowicz, F.Perroux et G.Gadoffre, Maloine-Doin éditeurs, collection «Recherches interdisciplinaires», Paris, 1976, 191 pages, 23.75 dollars Le Théâtre canadien-français - tome V Archives des Lettres canadiennes F ides, Montréal, 1976, 1 005 pages, 25 dollars.Édition de luxe, reliée sous boîtier, 50 dollars Les fêtes populaires.Annuaire 1976 publié par La Société des festivals populaires du Québec, Montréal, 1976, 4.50 dollars Les prophéties du Chilam Balam version et présentation de J.M.G.Le Clézio, Gallimard, collection Le Chemin, Paris, 1976, 202 pages, 8.95 dollars Physique des mouvements dans les atmosphères stellaires Colloques internationaux du Centre de la recherche scientifique, no 250, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, Paris, distribué par les Presses de l'Université de Montréal, 478 pages, 31.20 dollars l'usage de somnifères et il fait une intéressante incursion dans la vie de notre subconscient en expliquant le mécanisme du rêve et des cauchemars.En bref, il décrit aussi l'hypersomnie, le noctambulisme, le ronflement, la dépression, les maladies cardiaques et autres problèmes se rapportant au sommeil.L'exposé est très clair, toujours chaleureux, parfois même assez humoristique pour remonter le moral des insomniaques.(J.R.) Kjiiecesont IELSATI ou jtarcialede tantmidix Oft perns à (ta, toc feisetfra NérenH emaineiuS prop'amm; i Pi foisfcC J un franc s ®wpo(ii Wfsitédei s® % liens prear N des Et; petits, j Writ ptroijvef, me m «Produit, 6 Sene; “Su Ca, Si.D1 Protilp, .pui 11 tout r :e.'ente nWatit ffto «les; Sent JS J* sont faiteS >rt P% SbÜ \*y,V:A:.iiiiiliiii iMSÉSi^iÜ «Mis» msmmtPÀ m&mmmim LO'., , is»ii ss»iias MiiiMli ïmm(& > i 'V'.\ v.^ i*.* Yanick Villediei postface de fernand Soâuin y.v.^ -i; r Lm DOSSIERS 4 \ tfs ¦ Les lossier; Yanick Villedieu DEMAIN LA SANTÉ Vivre et mourir au Québec Veuillez trouver ci-joint un chèque ou mandat postal au montant de $.pour.exemplaire(s) NOM.ADRESSE .(numér-et (rue) Yanick Villedieu DEMAIN LA SANTÉ Vivre et mourir au Québec Postface de Fernand Seguin Un état de santé stationnaire ou qui se détériore.Une médecine essentiellement curative et individuelle plutôt que préventive et communautaire.Une augmentation vertigineuse des coûts d'un système laissé aux mains d'entrepreneurs privés: les médecins.Il n'en faut pas davantage pour diagnostiquer l'impasse.Car subventionner encore et encore la maladie —au lieu d'investir dans la santé— c'est chercher à remplir un tonneau sans fond.Le «virage vers la santé», pourtant, sera très difficile à prendre.Il faudra réformer notre système de maladie, démédicaliser nos vies, changer nos mentalités.Et transformer en profondeur le contexte politique et économique de ce qui nous sert de civilisation.DEMAIN LA SANTÉ, un dossier d'envergure exceptionnelle qui ne laissera personne indifférent, est le premier volume de la collection LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE.Les 11 chapitres de DEMAIN LA SANTÉ: Le diagnostic.De quoi meurent les Québécois.Grandir à Montréal, vieillir en Gaspésie.Les inégalités devant la santé.Être Indien, être femme.Les points chauds du dossier santé.Le système de lutte contre la maladie.Les médecins et les autres.Les institutions en cause.Le fonctionnement du système.La formation et la recherche en sciences de la santé.Le combat pour la santé.La médecine, bien, mais plus que la médecine.Choisir la santé.(ville) (code postal) TÉLÉPHONE .QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery.Québec GIT 2R1 (418)657 2426 OS 0476 296 pages 13,5 X 21,5 cm $8,50 Dans la collection LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE
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