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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Supplément 1
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1977, Collections de BAnQ.

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Vue d ensemble Ides dangers de la contamination par le chlorure de vinyle au Canada Conseil des sciences du Canada üi lipfllfis • l ^rV I S.; WM m &3ÎjV I ¦ ¦ - l '1 X;- .v; - • S : mm | .M;'-,: 'W:Wÿ& cHæKæSaaü' .¦ «Si ilpj4 PP k.Ç> .' QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 Table des matières Introduction .3 Le dossier du chlorure de vinyle .4 Propriété du chlorure de vinyle.4 Dossier industriel.4 Aspects médicaux de l’exposition au chlorure de vinyle .7 Sources et ampleurs de la contamination par le chlorure de vinyle gazeux .13 Mesures prises depuis qu’on a pris conscience de la nocivité du chlorure de vinyle.16 Brèves conclusions.20 Bibliographie.23 Comité de la politique en matière de contaminants .24 Nous tenons à remercier particulièrement M.J.Arnold, de la société Esso Chemicals, et le Dr M.J.Phillips, de l’Université de Toronto, pour les données techniques et médicales qu’ils ont eu l’obligeance de nous communiquer.Liste des tableaux I Production de CPV au Canada.5 II Production de CPV.7 III Livraisons interprovinciales et exportations de CPV pour 1969 .8 IV Données concernant les firmes productrices de chlorure de vinyle et de CPV.9 V Consommation canadienne de résines de CPV .10 VI Tiré des données de Maltoni (1974) .11 VII Estimation des effluents de chlorure de vinyle avant la mise en oeuvre des nouvelles techniques.13 VIII Teneurs maximales de chlorure de vinyle dans les ambiances professionnelles au 2 Canada.17 juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE Introduction Le Conseil des sciences reconnaît que l’amélioration du niveau de vie est étroitement liée à l’activité industrielle, mais il est préoccupé par les coûts parfois cachés, et parfois inconnus, de cette dernière.Il partage l’inquiétude croissante du public au sujet de l’exposition involontaire à des contaminants à 1 action insidieuse, à l’usine comme ailleurs.Il est sûrement possible de réduire les risques de l’activité industrielle, tout en stimulant la croissance de l’industrie et l’innovation en son sein.Le Conseil des sciences s’intéresse en permanence au rôle des sciences et des scientifiques dans l’élaboration des lignes de conduite.Il estime donc qu’il faudrait améliorer la communication entre les parties intéressées.Et il faudrait faire de même avec le public, eh raison des controverses croissantes suscitées par l’addition de cyclamates dans les aliments ou les contaminations par le plomb, le mercure et l’amiante, et les substances radioactives.Il faut analyser les faits connus et les diffuser, et cerner explicitement les domaines qu’il y aurait lieu d’élucider.Au cours de son étude sur la politique en matière de contaminants, le Conseil examinera six risques technologiques: les contaminations par les substances radioactives, le plomb, l’amiante, le mercure, les oxydes d’azote et le chlorure de vinyle, des points de vue médical, technique, juridique et réglementaire.Le Conseil a réuni des séminaires au sujet de ces contaminants et a demandé aux participants de cerner les grands problèmes soulevés par chacun.On s’efforce actuellement de rédiger des vues d’ensemble, de les comparer et de les analyser en vue d’étayer un futur Rapport du Conseil.Ce dernier estime que les six risques technologiques choisis couvrent une gamme de contaminants suffisante pour lui permettre de faire des observations et des recommandations d’ordre général à propos des méthodes employées au Canada pour réduire le danger des contaminants d’origine technique, et d’action insidieuse et persistante.Le Conseil a choisi le chlorure de vinyle gazeux, car il représente bien les composés organiques de synthèse relativement nouveaux qui sont lancés de plus en plus souvent dans le commerce et qui se répandent dans l’environnement.On ne s’accorde pas sur le nombre exact de ceux qui sont créés chaque année; selon la littérature technique, ce nombre varie de plusieurs centaines jusqu’à cent mille.On a calculé que la biosphère contenait présentement quelque 2,5 millions de produits chimiques différents.C’est surtout depuis la Seconde Guerre mondiale qu’on en a créés de très nombreux; mais rares sont ceux qui ont fait l’objet d’essais complets de leurs effets nocifs.Des 3 000 produits ayant subi des essais de carcinogénèse, mille se sont révélés cancérigènes.On note des différences entre la contamination par le chlorure de vinyle et celle par les autres substances étudiées: /.Ces autres contaminants sont des produits rejetés au cours de l’activité industrielle.Le chlorure de vinyle.aux dangers duquel certains sont exposés, n'est pas un produit rejeté, mais il est perdu.Il constitue une étape de la fabrication du chlorure de polyvinyle (CPV), et le pourcentage perdu représente en fait une mesure de l'inefficacité des processus de fabrication.2.L exposition au chlorure de vinyle se produit, semble-t-il, surtout en usine.Rien n’indique jusqu’ici que des personnes aient été au contact d’une contamination dangereuse à l’extérieur des usines de CPV, ou d’objets commercialisés contenant du CPV.Par contre, les autres contaminants étudiés sont présents tant sur les lieux de travail qu’à l’extérieur.3.Les mesures de lutte contre le danger d’exposition au chlorure de vinyle gazeux ont été appliquées sans délai, dès que sa toxicité a été reconnue publiquement en 1973.L’action concertée de l’industrie, des travailleurs et des autorités publiques a été si exemplaire que certains les ont qualifiés de «succès éclatant», car ils estiment que les travailleurs ne sont plus exposés au danger.S’il est vrai que le cas du chlorure de vinyle ait été résolu avec succès, il faut en tirer une leçon et des conclusions, car on n’a pas pu le faire dans le cas d’autres contaminants, en raison des controverses qu’ils suscitent encore. QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 * Comme le chlorure de vinyle appartient à la même famille que le chloroforme, le formaldéhyde, le tétrachlorure de carbone, etc.qui sont tous toxiques pour le foie, on aurait pu entrevoir ses effets néfastes sur la fonction hépatique, et effectuer des 4 essais toxicologiques beaucoup plus tôt.Le dossier du chlorure de vinyle Propriétés du chlorure de vinyle Le chlorure de vinyle est un composé organique de synthèse dont la molécule est petite et de structure simple comme le révèlent sa formule CH2 = CHC1 et son poids moléculaire, qui est de 62,5.Du point de vue technique, le chlorure de vinyle est un carbure d’hydrogène chloré*, sans couleur, gazeux à la température et à la pression ambiantes.Mais on le transporte sous forme de liquide, sous sa propre pression de vapeur.Avant qu’on n’interdise son emploi domestique, le chlorure de vinyle servait d’agent propulsif dans les bombes à aérosols aux États-Unis.Le chlorure de vinyle gazeux a une odeur agréable, et il n’est pratiquement pas soluble dans l’eau; mais il l’est dans l’alcool, l’éther, le tétrachlorure de carbone et les corps gras.On peut donc supposer que le chlorure de vinyle non polymérisé restant dans la résine de CPV qui constitue les parois des contenants puisse se dissoudre ou diffuser dans les substances contenues.On étudie présentement le mécanisme et la rapidité de ces processus de dissolution et de diffusion.La densité du chlorure de vinyle gazeux est 2,15 fois celle de l’air, ce qui influe sur sa rapidité de dispersion dans l’atmosphère du lieu de travail et à l’extérieur.Le chlorure de vinyle gazeux présent dans l’air est explosif lorsque sa concentration y atteint entre 4 et 22 pour cent, en volume.Son point d’éclair se trouve à -78° C, et il peut s’enflammer spontanément à 472° C.Le chlorure de vinyle est photodégradable et, à la lumière solaire, il se décompose en molécules plus simples et inoffensives; sa période (demi-vie) est alors de deux jours, c’est-à-dire que 50 pour cent du produit est décomposé en 48 heures.Dans certaines conditions de température et de pression, et en présence de catalyseurs, le chlorure de vinyle gazeux se polymérisé en longues chaînes de molécules.Les substances possédant cette propriété sont appelées des monomères; le produit final est alors appelé un polymère.La polymérisation du chlorure de vinyle donne une résine, le chlorure de polyvinyle, qu’on façonne aisément en feuilles, en films ou en objets rigides.C’est cette possibilité de polymérisation qui rend le chlorure de vinyle utile à l’industrie.Dossier industriel Produit pour la première fois en Allemagne au cours des années 1930, le chlorure de polyvinyle, dit également CPV {PCV en anglais) a été le premier plastique de synthèse complète.En 1974, sa production mondiale dépassait 8 millions de tonnes.On peut l’utiliser à de nombreuses fins: sous forme élastique: gaines et isolant des fils électriques sous forme de feuilles: vêtements, rideaux, garnitures intérieures de voitures sous forme rigide: carreaux thermoplastiques, parements, disques sous forme de tube ou de tuyau: pour les hydrocarbures liquides et gazeux, et l’eau sous forme de profilé: châssis de fenêtre, appareils électroménagers sous forme de mousse: coussins, flotteurs pour la pêche wk ,tii sous forme de latex: imprégnation des cuirs, tissus et papiers sous forme de copolymère: feuilles d’emballage extensible.La plupart des usines de synthèse du chlorure de vinyle construites au cours des cinq dernières années utilisent le procédé de production en continu où le seul carbure d’hydrogène utilisé est l’éthylène.Dans la méthode dite «non équilibrée», le HCl obtenu comme produit secondaire n’est pas utilisé.Certains procédés utilisent à la fois de l’éthylène et de l’acétylène.La synthèse est effectuée dans des appareils clos dont une bonne partie est à l’extérieur des bâtiments, de sorte que toute fuite de chlorure de vinyle est rapidement dispersée: tout contact avec les travailleurs se trouve réduit au minimum.La synthèse comporte trois étapes principales: 1.Chloration directe: on fait réagir le chlore sur l’éthylène pour produire du dichloréthane symétrique.La réaction a lieu à 20° - 38° Csous circulation continue de dichloréthane, en présence de Fe Cl} soluble comme catalyseur.2.Pyrolyse: le dichloréthane est purifié par distillation et décomposé, par craquage thermique, en chlorure de vinyle et en HCl.On limite le craquage à 50-60pour cent par cycle, afin de réduire la production d’HCl et la formation de calamine.3.Oxydochloration: on fait réagir de l’éthylène, du HCl et de l’oxygène (habituellement de l’air) pour former du dichloréthane.La réaction est effectuée en phase gazeuse à 200° - 260P C, en présence du CuCI-CuCI2 et de KCl sur de l’alumine comme catalyseur.Le dichloréthane est extrait du mélange obtenu, neutralisé, rincé, puis mélangé au dichloréthane obtenu par chloration directe, et le mélange est purifié.Le HCl est entièrement combiné, car le milieu réactif contient habituellement un excès d’éthylène.La réaction est fortement exothermique: il faut régler sa température de façon très précise pour maintenir sa spécificité et éviter la volatilisation du catalyseur.L’oxydochloration n’est pas employée au Canada.Voici les trois équations de la synthèse: c2h4cl Chloration: C2H4 + CI2 Pyrolyse: C2H4CI2 -> C2H,C1 + HCl Oxydochloration: ils CF'' ikèt C2H4 + 2HC1 + (L -?C,H4CL + H,0 2C2H4 + CL + 02 -> 2C2H3C1 + H:0 On signale que le taux de combinaison en chlorure de vinyle est de 93-96 pour cent pour l’éthylène et de 91 -92 pour cent pour le chlore.Contrairement à la synthèse du chlorure de vinyle, la polymérisation de ce dernier en résine de chlorure de polyvinyle (CPV) est effectuée par lots: le chlorure de vinyle et les agents de polymérisation sont introduits dans une cuve pressurisée et, à la fin de la réaction, on en retire la résine pour séchage et purification.On ouvre ensuite le récipient pour le nettoyer, puis on répète l’opération.À l’étranger, on emploie plusieurs procédés industriels de polymérisation du chlorure de vinyle, et divers genres de résines de CPV.Mais au Canada, deux types de résines juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE Tableau I Production de CPV au Canada Emplacement Fabricant de l'usine Production (en k T*) Production prévue pour 1979 (en k T) Esso Chemical Canada Sarnia (Ont.) 41 113.2 B.F.Goodrich Canada Ltd.Niagara Falls (Ont.) 32,6 122,3 B.F.Goodrich Canada Ltd Shawinigan (Qué.) 22,6 22,6 Diamond Shamrock 90,6 'milliers de tonnes Arnold.1976.p.4 Remarque: On signale, à titre de comparaison, que la production étatsunienne de CPV atteint 2.95 MT.et que 40 usines, sont exploitées.La production mondiale de CPV a atteint 8.33 MT en 1974.5 QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 seulement sont fabriquées: en émulsion et en suspension (celui-ci constitue quelque 95 pour cent de la production canadienne).Chaque type de résine comprend différentes qualités, destinées chacune à un usage particulier.On polymérise le chlorure de vinyle (additionné parfois d’un comonomère) en milieu aqueux, en présence de surfactifs ou d’émulsionnants et d’un inducteur, à une température bien précise, de façon à obtenir une résine du poids moléculaire voulu pour l’utilisation prévue.Il est nécessaire de régler soigneusement la température de la réaction, car celle-ci est exothermique.Les nombreuses utilisations du CPV nécessitent toute une gamme de traitements, dont le mélange, le broyage, le laminage, l’enduction, l’extrusion, le boulettage et le moulage.Le matériel utilisé à ces fins est fort divers, mais les principes de traitement sont similaires.En général, on mélange la résine à divers agents d’addition et de traitement, variant selon le produit désiré, puis on la malaxe à chaud et sous pression, pour lui donner un état pâteux ou plastique et, enfin, on la façonne sous la forme voulue1.Plus de 90 pour cent du chlorure de vinyle synthétisé au Canada en 1973 a été utilisé pour la fabrication de CPV.Le reste a servi à produire du 1,1,1-trichloréthane2.On ne connaît pas la quantité de chlorure de vinyle synthétisée au Canada, car la Loi sur la statistique interdit de divulguer les chiffres de production et d’exportation lorsque moins de quatre sociétés sont concernées, ce qui est le cas.Le seul fabricant de chlorure de vinyle au Canada est la Dow Chemical of Canada Limited dont l’usine de Sarnia (Ont.) permet, signale-t-on, une production annuelle de 91 000 T.Cette production représente environ 5 pour cent de la production mondiale.Jusqu’à la fin de 1975, la Gulf OU Canada Ltd.fabriquait également du chlorure de vinyle à son usine de Varennes (Qué.).Depuis lors, on importe du chlorure de vinyle des États-Unis pour compenser l’arrêt de sa production.La Dow Chemical a annoncé son intention de construire pour 1978 une seconde usine d’une capacité annuelle de 320 000 T, à Fort Saskatchewan (Alb.).Les É.-U.comptent neuf producteurs importants de chlorure de vinyle, disposant de 14 usines, et en fabriquant annuellement près de 3 MT.La production canadienne de chlorure de polyvinyle est indiquée au Tableau I.Un troisième fabricant, la Monsanto Canada Limited, qui signalait une production annuelle de 18 000 T, a fermé son usine de La Salle (Qué.) vers la fin de 1975.La production de chlorure de polyvinyle augmentera au Canada en 1979.La B.F.Goodrich Canada Ltd.a dévoilé un projet d’agrandissement de son usine de Niagara Falls, et la société Diamond Shamrock a fait savoir qu’elle construirait une usine à Fort Saskatchewan3.L’usine de la B.F.Goodrich Canada Ltd.de Shawinigan a été érigée en 1942: c’est le plus grand producteur de résine de chlorure de polyvinyle à partir de chlorure de vinyle gazeux.Elle appartenait auparavant à d’autres sociétés, qui étaient presque entièrement en mains étatsuniennes, comme c’est le cas pour d’autres grandes firmes de produits chimiques du Canada.Le chlorure de polyvinyle constitue 25 pour cent des résines synthétisées au Canada (voir le Tableau II).Cette production de CPV tient une place importante dans l’économie canadienne, car cette résine sert à la fabrication de milliers de produits divers.Ce secteur est en pleine croissance, et sa production augmente de 10,5 pour cent chaque année.Bien que l’enquête de Statistique Canada sur les livraisons interprovinciales et les exportations n’ait porté que sur une année, elle indique la proportion de résines CPV exportées.Depuis 1969, le nombre des producteurs du Québec a diminué, et la proportion de résines de CPV expédiées en Ontario a probablement baissé.Si on considère la production approximative pour 1969 et la quantité de résines CPV exportées, on s’aperçoit que celles-ci constituent moins de 0,03 pour cent de la production de CPV du Canada (Tableau III).Le Tableau IV présente le nombre approximatif de travailleurs de l’industrie canadienne du vinyle s’occupant de fabrication, de transformation, d’entretien, de travaux techniques et de supervision4.Aux États-Unis, la branche du vinyle (fabrication de chlorure de vinyle et de CPV, et transformation de celui-ci) emploie environ 600 000 travailleurs5.Le secteur de la fabrication du chlorure de vinyle et du chlorure de polyvinyle n’est pas l’un des plus grands employeurs au Canada (550 travailleurs d’usine et 1 426 employés).Il est difficile d’évaluer le nombre de travailleurs de l’industrie de transformation du CPV, en raison de la diversité des produits et du nombre de petites firmes qui utilisent cette résine.Selon le Plastic Industry Council, les usines de façonnage du plastique emploient 50 000 travailleurs et leur paient environ 500 millions de $ en salaires.La production canadienne permet de satisfaire près de 70 pour cent des besoins internes en résines de CPV.Le volume des exportations est négligeable par rapport au bilan de l’offre et de la demande.L’importation de 30 pour cent des besoins du pays montre que l’industrie.canadienne pertinente pourrait se développer (Tableau V).Le Canada importe des résines de CPV en vrac, en feuilles et en plaques.Les États-Unis fournissent en moyenne 80,8 pour cent des résines en vrac et 72,5 pour cent des feuilles et des plaques.L’Allemagne occidentale, le Japon, la Suède, l’Italie, la France et l’Espagne fournissent environ 20 pour cent des importations canadiennes de CPV.En 1975, celles-ci atteignaient un montant de 33 818 000 de dollars, soit 0,1 pour cent du total des importations canadiennes, ou 0,6 pour cent du total des importations de produits façonnés non comestibles.«La construction d’une usine devant produire 181 000 T de CPV par an, par la société Diamond Shamrock, filiale de la Diamond Shamrock Canada Ltd.et de Y Alberta Gas Trunk Line Co.Ltd., coûtera environ 50 millions de dollars.Une première unité, pouvant produire 100 000 T de CPV par an sera ouverte au cours du premier trimestre de 1979.Les associés créeront un organe commun pour exploiter l’usine qui, prévoit-on, sera érigée près de Fort Saskatchewan, en Alberta.On estime que cette unité attirera dans la région des industries de transformation du CPV, y compris des fabricants de tuyaux et d’isolants pour fils et câbles.La matière première sera achetée à la société Dow Chemical Canada, qui synthétisera le chlorure de vinyle grâce à l’éthylène fourni par Y Alberta Gas Ethylene de Red Deer, en Alberta.Celle-ci entreprendra bientôt la construction d’une unité de production de 544 000 T d’éthylène.»6.Il est probable que la production du chlorure de polyvinyle continuera à croître de 10,5 pour cent par année. juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE 11 PlillK °® tilt s® y Jii pone IBCPV toi à iltCPVjl onsifc iiiié fc UUUdlli taï® yletidii | jii et! ïiilkurs ou delà m\ cil, ks di S ill me.tu sent tu | •iirR® laie, le rn@i eCPV.îide laiioni UMOT rtufiai dolafi.?¥ Ijisil* fin.i0 ion des ils.lJ •are ^ ¦a»^' L’installation d’une nouvelle usine en Alberta accélérera fortement cette croissance.Si le développement de la production et de la consommation au cours des cinq prochaines années se maintient comme durant les cinq I dernières, et si l’usine albertaine atteint sa production prévue de 100 000 T, la production canadienne de CPV en 1979 sera de 360 pour cent plus forte que celle de 1974.Il s’agit là d’une augmentation considérable, de grande importance pour l’économie canadienne, car elle aura un effet de multiplication dans le secteur de la transformation.Aspects médicaux de l’exposition au chlorure de vinyle C’est en décembre 1973 que les spécialistes du Monde entier prirent conscience de la léthalité du chlorure de vinyle, grâce à la publication de trois cas d’une forme rare de cancer hépatique, l’angiosarcome, chez les travailleurs de l’usine de la société B.F.Goodrich de Louisville, au Kentucky.Ces cas avaient attiré l’attention, en raison de la rareté de ce genre de cancer.On n’aurait probablement jamais découvert le potentiel cancérigène du chlorure de vinyle si ces ouvriers avaient été atteints d’un carcinome du poumon ou du côlon.Outre ses effets cancérigènes, le chlorure de vinyle a d’autres effets toxiques.La plupart des données disponibles résultent d’examens pratiqués sur des travailleurs de cette industrie, ou d’études effectuées sur des animaux de laboratoire.Ce sont les réactions de l’Homme qui sont les plus importantes, mais il faut étudier les données obtenues avec des animaux de laboratoire pour mieux cerner les problèmes.Au début de la production de CPV à l’échelle industrielle, vers la fin des années 1930, on considérait le chlorure de vinyle comme l’un des produits les plus inoffensifs de l’industrie chimique.Exception faite de deux cas d’intoxication aiguë par le chlorure de vinyle, sans conséquences graves, aucune menace pour la santé des travailleurs n’avait été signalée.C’est en 1949 que Tribukh et coll.signalèrent des cas d’hépatite sans ictère, d’hypotension, d’anémie, de gastrite chronique et de lésions de la peau et de l’appareil respiratoire chez 73 travailleurs d’une usine soviétique de matières plastiques.On attribua ces affections à la présence de plastifiants7.Ce n’est qu’en 1963 que Suciu, en Roumanie, nota qu’il y avait probablement eu inflammation toxique temporaire du foie.En raison de l’inaccessibilité des données, ces observations faites en U.R.S.S.et en Roumanie passèrent inaperçues en Occident.C’est en 1968 seulement que Schottek, lors d’une conférence donnée à Leipzig, arriva à la conclusion que les lésions hépatiques et rénales étaient causées par une exposition durable au chlorure de vinyle.Vers 1965, on signala en Occident les réactions pathologiques des travailleurs chargés de nettoyer les cuves de polymérisation.On changea alors d’avis au sujet de l’innocuité du chlorure de vinyle gazeux.Les effets pathologiques se manifestaient de façons très diverses: affections osseuses en bandes au niveau des phalanges distales de la main (acro-ostéolyse); troubles de la circulation sanguine dans les mains; fourmillement et sensibilité anormale au froid (maladie de Raynaud).De plus, on observait une induration en plaque du tissu conjonctif, surtout au niveau de l’avant-bras (sclérodermie).Ces observations ont été publiées en 1966; on a considéré les symptômes comme des manifestations d’une maladie Tableau II Production de CPV Année CPV synthétisé (en T) Pourcentage annuel d’augmentation Résines Pourcentage synthétisées de CPV dans (en T) le total 1974 114 068 10,2 429 893 27 1973 112 330 11,4 478 758 24 1972 98 484 10.0 417527 24 1971 77 858 10,7 332 140 23 1970 72 643 10,0 298 043 24 1969 65 841 251 802 26 Moyenne 10,5 24.7 Remarque: Les chiffres de 1975 ne sont pas disponibles.Ils sont gardés confidentiels, conformément aux stipulations de la Loi sur la statistique.Source: Statistique Canada.Certains produits chimiques.Information Canada.Ottawa, décembre 1972-1975.no de catalogue 46-002.p.2 1 QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 Tableau III Livraisons interprovinciales et exportations de CPV pour 1969 Destination Valeur en k$* Pourcentage du total des expéditions Pourcentage approximatif de la production totale Québec 7 094 35,9 Ontario 10 707 54,3 Étranger 1 558 7,9 0,03 Totaux relevés 19 736 98,1 0,4 • milliers de dollars Remarque: La source des expéditions est gardée confidentielle, conformément aux stipulations de la Loi sur la statistique.Source: Livraisons interprovinciales et à l'étranger de certains produits chimiques 1969.Statistique Canada, no de catalogue 31-517.juin 1971, p.I d’origine professionnelle8.Malgré ces rapports, on était arrivé à la conclusion générale que la synthèse du chlorure de polyvinyle à l’échelle industrielle ne constituait pas une menace sérieuse pour la santé des travailleurs.Même en 1972, nombreux étaient les manuels qui soulignaient l’innocuité de la production de CPV9, probablement à la suite des études effectuées sur des animaux avant 1970.Les études toxicologiques à propos du chlorure de vinyle gazeux remontent à 1930, alors que Patty observa des intoxications aiguës de cobayes soumis à l’inhalation d’air contenant de fortes teneurs en chlorure de vinyle.Après exposition à des concentrations de chlorure de vinyle de 5 à 7 pour cent et de 2,5 pour cent, ces animaux survivaient respectivement 1 et 8 heures; cependant, on ne décelait aucun effet pathologique après une exposition d’une heure à une concentration de chlorure de vinyle de 1,5 pour cent ou de 0,5 pour cent.Depuis, un certain nombre d’études ont porté sur l’intoxication aiguë provoquée par l’exposition à de fortes teneurs de chlorure de vinyle.Les conclusions de ces études ne sont utilisables que dans le cas d’accidents industriels.Elles soulignent l’action narcotique du chlorure de vinyle: des convulsions, la respiration accélérée suivie d’insuffisance respiratoire, la congestion de tous les viscères, l’inhibition du système nerveux central et l’hyperhémie hépatique et rénale précèdent la mort10.Jusqu’à récemment, très peu d’études ont été effectuées sur l’intoxication chronique par l’exposition répétée au chlorure de vinyle gazeux.En 1938, Schaumann n’a décelé aucune lésion au foie et au coeur des souris et des rats qui avaient été légèrement anesthésiés pendant 4 heures, durant 5 à 8 jours consécutifs, et quotidiennement pendant 1 heure, durant 4 semaines.On ne décelait ni lésion hépatique ni lésion rénale chez des chiens anesthésiés pendant 3 heures avec un mélange d’air contenant 10 pour cent en volume de chlorure de vinyle.Cependant, des concentrations plus élevées (20 pour cent en volume) causaient une salivation plus intense, un arrêt respiratoire et des vomissements".Au début des années 1960, Torkelson, Oven et Rowe ont exposé des lapins, des rats, des cobayes et des chiens à des concentrations de 500, 200, 100 et 50 millionièmes (1 280, 512, 256 et 128 mg/m3) de chlorure de vinyle dans l’air pendant des périodes atteignant 7 heures par jour, 5 jours par semaine, durant 6 mois ou moins.À une concentration de 500 millionièmes (1 280 mg/m3), on notait une augmentation du poids du foie des rats et des effets pathologiques.À une concentration de 200 millionièmes (512 mg/m3) et de 100 millionièmes (256 mg/m3), on observait une augmentation du poids du foie des rats, mais aucun effet pathologique.Cependant, des lapins exposés à une concentration de 200 millionèmes (512 mg/m3) présentaient des lésions hépatiques.La même concentration ne provoquait aucune lésion chez les chiens et chez les cobayes.Une concentration de 50 millionièmes ( 128 mg/ m3) pendant 6 mois n’entraînait aucun symptôme chez les animaux de laboratoire.Il en était de même après leur exposition répétée de 1 heure par jour à une concentration atmosphérique de 200 millionièmes (512 mg/m3) ou de 100 millionièmes (256 mg/m3)12.Jusqu’à récemment, toutes les données certaines sur la toxicité du chlorure de vinyle pour les animaux provenaient de ces études.S’appuyant sur ces données, et sur l’utilisation de ce produit comme anesthésique à des concentrations de 7 à 10 pour cent en volume, les toxicologues étaient d’accord pour dire que sa toxicité était faible.On croyait alors que juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE seule son inflammabilité constituait un danger dans l’industrie13.En 1975, Prodan et coll.décrivirent des symptômes d’intoxication chronique après exposition quotidienne de cobayes à un air contenant 10 pour cent de chlorure de vinyle pendant 2 heures, durant des périodes pouvant aller jusqu’à 3 mois.Ils avaient décelé des troubles de la croissance et de graves lésions du foie, de la rate, des reins et des poumons14.Le Center for Disease Control des États-Unis effectua une étude épidémiologique des malformations congénitales parmi les populations vivant au voisinage d’usines de fabrication du chlorure de vinyle; il en dénombra 53 cas pendant la période 1970-1973, alors que statistiquement il n’aurait dû en trouver que 31.L’Institut national de sécurité et d’hygiène du travail des É.-U.avait précédemment signalé un nombre anormalement élevé de malformations congénitales, de mortinatalités et de fausses-couches dans trois villes où fonctionnaient des usines de fabrication de chlorure de vinyle15.En 1970, Viola et coll.constatèrent que le chlorure de vinyle induisait des tumeurs chez le rat.Après avoir exposé quotidiennement 26 rats à une atmosphère contenant 30 millièmes de chlorure de vinyle pendant 4 heures, 5 jours par semaine, durant de 10 à 12 mois.Viola observa 17 tumeurs cutanées, 7 tumeurs pulmonaires, principalement des carcinomes, et 5 ostéochondromes.D’après Maltoni et Lafemine, qui firent une analyse critique des observations de Viola, les tumeurs pulmonaires étaient surtout des métastases de cancers cutanés qui s’étaient développés à partir de la glande de Zymbal (glande sébacée du conduit auditif externe).Maltoni et Lafemine entreprirent une étude poussée en administrant le chlorure de vinyle principalement par inhalation, mais aussi par injection endopéritonéale et sous-cutanée, par ingestion et par voie transplacentaire.Les observations de Maltoni furent impressionnantes.Il démontra que le chlorure de vinyle provoquait des tumeurs chez les trois espèces étudiées, soit le rat, la souris et le hamster.Parmi la grande diversité de tumeurs produites, on peut citer les suivantes: carcinomes de la glande de Zymbal, néphroblastomes, neuroblastomes, angiomes et angiosarcomes du foie et d’autres organes, trichoépithéliomes, hépatomes, adénomes pulmonaires, adénomes et carcinomes mammaires, et lymphomes.La gamme de tumeurs produites variait légèrement d’une espèce à l’autre.Les trois espèces présentaient des angiosarcomes hépatiques.Outre ceux-ci, on observait fréquemment, au niveau du foie, une ectasie des vaisseaux sanguins, une hyperplasie endothéliale, avec ou sans atypie cellulaire, et des lésions fibroblastiques.De plus, on découvrait souvent une prolifération fibroangioblastique de la rate.Les études de Maltoni ont montré l’existence d’une relation bien définie entre la concentration de chlorure de vinyle et ses effets, du moins en ce qui concerne les angiosarcomes et les néphroblastomes.Il a pu relier la formation d’angiosarcomes hépatiques à une exposition à des concentrations aussi faibles que 50 millionièmes, et a observé deux angiosarcomes sous-cutanés chez les petits d’animaux exposés pendant 7 jours à du chlorure de vinyle, lors de leur gestation, ce qui montre la possibilité d’une diffusion par voie transplacentaire16.Certaines données obtenues par Maltoni (1974) sont résumées au Tableau VI.On constate sans surprise que les études portant sur la toxicité du chlorure de vinyle pour l’Homme ne sont pas Tableau IV Données concernant les firmes productrices de chlorure de vinyle et de CPV Société Emplacement Mainmise Pays de étrangère mainmise Effectifs Usine Bureaux (en %) Chlorure de vinyle gazeux Sarnia (Ont.) Dow Chemical Sarnia (Ont.) 100 É.-U.90 250 Gulf Oil (jusqu’à 1972) Varennes (Qué.) 71,10 É.-U.210 Chlorure de polyvinyle B.F.Goodrich Chemical Shawinigan (Qué.) 100 É.-U.160 47 Niagara Falls 82 29 Imperial Oil (Exxon) Sarnia (Ont.) 80,20 É.-U.100 1 100 Monsanto (jusqu’à 1975) Ville La Salle 99.40 É.-U.410 Gulf Oil (jusqu’à 1972) Varennes (Qué.) 71,10 200 Total des effectifs 550 1 426 Source: Statistique Canada.Liens de parenté entre firmes 1972.Information Canada, novembre 1974.no de catalogue 61-513 Scott's.Québec Industrial Directory 1973-1974.6e édition.Penstock Publications Limited Scott's.Industrial Directory of Ontario Manufacturers.10e édition.Penstock Publications Ltd., /uin 1976 QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 10 Tableau V Consommation canadienne de résines de CPV Année Production (en T) Pourcentage de la production canadienne dans le total consommé Importations (en T) Pourcentage des importations dans le total Consommation consommé totale (en T) 1974 114 068 68,6 52 175 31,4 166 243 1973 112 330 72,5 42 552 27,5 154 882 1972 98 484 67,8 46 798 32,2 145 281 1971 77 858 69,9 33 473 30,1 111 331 1970 72 643 74,9 24 403 25,1 97 047 Moyenne 70,7 29,3 Source: Statistique Canada.Certains produits chimiques.1972-1975.no de catalof'ue 46-002 aussi poussées que celles réalisées avec des animaux.En principe, les études épidémiologiques devraient permettre d’établir des courbes concentration-effet liant les caractéristiques de l’exposition à la fréquence des tumeurs (ou autres effets).Vu la très forte concentration de chlorure de vinyle que l’on observe dans les usines, l’insuffisance (sinon l’absence) de dispositif de surveillance fiable, le roulement du personnel et l’absence de dossier médical le concernant, et compte tenu des effets synergiques inconnus de la présence dans l’ambiance d’autres produits chimiques utilisés dans le processus de fabrication, il est impossible de déterminer la forme de la courbe concentration-effet dans le cas de l’Homme, sauf peut-être en gros et qualitativement.Les travailleurs exposés à une forte concentration atmosphérique de chlorure de vinyle, en montrent des symptômes presque immédiatement.Les toutes premières aspirations donnent un goût agréable dans la cavité buccale, puis une sensation d’euphorie.Ensuite, le travailleur subit habituellement des vertiges, des maux de tête, de la somnolence ou même une narcose totale.Souvent la somnolence persiste, bien après que le travailleur a quitté l’usine.Le sommeil est profond et sans rêve, et dure habituellement de 9 à 14 heures.On a observé le cas d’un travailleur ayant dormi pendant 3 jours de façon intermittente.À un certain moment, on a même songé à utiliser le chlorure de vinyle comme anesthésique, en raison de son effet narcotique.L’odeur de ce produit le dénonce lorsque sa concentration dans l’air atteint 1 800 millionièmes.Une forte exposition à une concentration de 4 000 millionièmes pendant cinq minutes ou plus provoque une sensation de vertige et de la confusion mentale.Des concentrations supérieures peuvent provoquer l’évanouissement, et même la mort.Finalement, le chlorure de vinyle n’a pas été retenu comme anesthésique, car la marge qui existe entre la dose anesthésique et la dose mortelle est trop étroite.On a déjà signalé deux morts accidentelles par intoxication aiguë au chlorure de vinyle.On avait observé la cyanose, les brûlures localisées, la congestion des poumons et des reins et la perte du pouvoir de coagulation du sang de ces accidentés.Après exposition répétée ou durable du travailleur au chlorure de vinyle, ses principaux symptômes neurologiques sont: maux de tête, irritabilité, vertige, sommeil anormal, diaphorèse, amnésie, asthénie généralisée et paresthésie.On note également ses sensations cutanées de fourmillement et de chaleur, ainsi que des symptômes dyspeptiques, des douleurs épigastriques et de l’anorexie.On observe également ce qui suit: hépatomégalie accompagnée de fibrose hépatique, splénomégalie, hépatite, ulcères, maladie de Raynaud, dermatite allergique, sclérodermie, acro-ostéolyse, thrombocytopénie, affections pulmonaires invalidantes par fibrose de type linéaire et emphysème, apparents à la radiographie, et troubles cutanés, particulièrement dermatite de contact.Les examens de laboratoire ont notamment révélé qu’il y avait rétention de sulfobro-mophtaléine de sodium, excrétion urinaire accrue d’acide monochloracétique, augmentation du taux de peroxydase, d’indophénol-oxydase et de glutathion, augmentation du taux de catalase dans le sang, de sérum-albumine, de cholinestérase et de pseudocholinestérase.Les symptômes observés dépendent du degré d’exposition au chlorure de vinyle.La plupart des manifestations cliniques graves ont été observées chez les travailleurs chargés de nettoyer les cuves.Dans une de leurs études, Suciu et coll.ont comparé je tableau différente concentra manitesta vinyle ont à la suite Lecb pnatile diverses 'usine.i contenant tpojyditiu dermar substances respirator aussi cont comme pl dans des : malade su conseouen premier eti clairement, projressivt doigts, et luméfact du lit des ¦ pastalisi pourtnray maladie de de I’eiposi lavage des périodique sont ceti!; premier^ C’est : $|0ng|ûrpn, ique u est pas || I"’* l'à chlorure Il , H chlorure < départi, morts, 3 e J^Uat 2 enYoug : finyle »ttein.chan cette ’te °pér travail) laie juillet 1977 QUÉBEC SCIENCE «¦b taiatij.nit it f(siiiot traaii le tableau clinique d’ouvriers travaillant dans deux usines différentes, avant et après la réduction au 1/22 de la concentration de chlorure de vinyle dans l’air.Toutes les manifestations cliniques de l’intoxication par le chlorure de vinyle ont été considérablement réduites (d’environ les 2/3) à la suite de l’adoption de telles mesures17.Le chlorure de vinyle et le CPV provoquent une dermatite de sensibilisation chez les travailleurs en usine, attribuée à l’utilisation de plastifiants.Il est bon de noter que diverses réactions ont aussi été observées à l’extérieur de l’usine.Ainsi, on a signalé que certains consommateurs devenaient hypersensibles au maniement d’objets en CPV contenant des plastifiants-stabilisants à base de résines époxydiques.Le chlorure de vinyle et le phtalate de dibutyle dégagés par les revêtements de sol ont donné lieu à des dermatites eczématiformes chez certains enfants.Les substances volatiles dégagées par des carreaux en chlorure de polyvinyle ont causé une irritation des yeux et des voies respiratoires chez des enfants en bas âge et des adultes.On a aussi constaté que le phtalate de dioctyle, qui est utilisé comme plastifiant, peut se diffuser dans le sang contenu dans des sacs en CPV, et ainsi passer dans les tissus du malade subissant une transfusion; mais on en ignore les conséquences toxicologiques.11 y a lieu de mettre en relief le cas de l’acro-ostéolyse, premier effet toxique du chlorure de vinyle à être identifié clairement.Cette affection est caractérisée par la fonte progressive de la phalange distale d’un ou de plusieurs doigts, et elle s’accompagne d’hippocratisme digital, de tuméfaction et de raccourcissement des phalanges distales et du lit des ongles.Cette affection a été attribuée au nettoyage manuel des cuves de polymérisation, bien qu’elle ne paraisse pas localisée.Il est primordial de faire un diagnostic rapide pour enrayer dans leur évolution les cas de sclérodermie, de maladie de Raynaud et d’acro-ostéolyse provoqués par le chlorure de vinyle.Les mesures à prendre sont la réduction de l’exposition au chlorure de vinyle atmosphérique, le lavage des tissus exposés, le port de gants, un examen médical annuel, la radiographie des mains et la numération périodique des thrombocytes car, de tous les symptômes, ce sont ceux de la thrombocytopénie qui se manifestent en premier18.C’est aux É.-U., en 1974, que Creech et Johnson14 signalèrent pour la première fois des cas d’angiosarcome hépatique chez des travailleurs exposés au chlorure de polyvinyle.L’angiosarcome est une forme rare de cancer qui n’est pas seulement causée par le chlorure de vinyle.Bien qu’on l’ait contesté au début, on reconnaît maintenant que le chlorure de vinyle est un carcinogène pour l’Homme.Jusqu’à mars 1976, on a relevé dans le Monde 48 cas d’angiosarcome hépatique causé par l’exposition au chlorure de vinyle; trois des malades vivent encore.Ces cas se répartissent ainsi: 10 au Canada, 17 aux États-Unis (14 morts, 3 encore vivants), 9 en Allemagne, 3 en France, 2 en Italie, 2au Royaume-Uni, 2en Suède, 2en Tchécoslovaquis, 2 en Yougoslavie et I en Norvège.Tous ces malades (sauf un comptable) manipulaient de grandes quantités de chlorure de vinyle liquéfié, sous pression.Parmi les 48 personnes atteintes, 46 travaillaient directement au processus de polymérisation et, pendant de longues périodes, avaient été chargées du nettoyage des cuves.C’est précisément lors de cette opération que l’exposition au chlorure de vinyle aurait été la plus élevée.Au Canada, neuf des personnes atteintes travaillaient dans la même usine (à Shawinigan, au Québec); Tableau VI Tiré des données de Maltoni (1974) Concentration du chlorure de vinyle (en millionièmes) Nombre d'animaux Nombre atteints d'angio- d’animaux exposés sarcome hépatique 6 000 72 II 2 500 74 2 500 67 7 250 67 7 50 64 0* • On a décelé ultérieurement la présence d'angiosarcomes hépatiques dans ce groupe.On effectue actuellement des études sur les suites d'expositions à des concentration! de 25.lOct 5 millionièmes de chlorure de vinyle1’.Source: Phillips.IV76./>.IV QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 aux États-Unis, neuf cas provenaient de la même usine, soit celle de Louisville (Kentucky).Ces deux usines étaient assez vieilles, mais en Europe occidentale et aux États-Unis il existe aussi une vingtaine d’usines aussi anciennes où l’on n’a jamais décelé un seul cas d’angiosarcome hépatique.Au moment où les angiosarcomes ont été diagnostiqués, l’âge des 48 travailleurs atteints variait de 38 à 71 ans, leur moyenne d’âge étant de 47,5 ans.Dans les nombreux cas d’angiosarcome que Makk et coll.ont étudiés, les symptômes les plus fréquents étaient la fatigue, la perte de poids et les douleurs abdominales19.Les observations cliniques décelaient le plus souvent de l’hépatomégalie suivie par la splénomégalie.L’examen biochimique, comprenant la bilirubimétrie, le dosage de la glutamate-oxaloacétate-transaminase sérique, de la lacticodéshydrogénase, de la phosphatase alcaline, de la glutamate-pyruvate-transami-nase sérique, de la y glutamyl transférase de la globuline placentaire et de l’antigène carcinoembryonnaire, a donné des résultats variables, et n’a guère montré d’utilité pour le dépistage ou le diagnostic.Les études cliniques donnent des raisons de croire qu’il existe une relation concentration-effet entre l’exposition au chlorure de vinyle et l’incidence de l’angiosarcome chez l’Homme.Elle sert de fondement à la réglementation des concentrations admissibles de chlorure de vinyle dans l’atmosphère des usines.Même si elles sont incomplètes, on dispose de certaines données sur la durée totale d’exposition (qui varie de 4 à 32 ans) et sur le nombre d’années entre la première exposition et la mort (de 9 à 32 ans).Ces données montrent à l’évidence qu’il existe une longue période de latence d’une dizaine d’années, ce qui est d’ailleurs courant pour les carcinogènes.Cette durée de latence revêt une importance toute particulière, si l’on songe qu’il est logique de s’attendre à de nouveaux cas d’angiosarcome dus au chlorure de vinyle chez des travailleurs exposés à ce produit avant la mise sur pied des mesures de décontamination.Les décès par angiosarcome sont survenus au cours d’une période de 14 ans, et leur nombre augmente d’année en année.Il se peut que cet accroissement découle de l’expansion rapide de la branche du chlorure de polyvinyle, mais peut-être aussi de la prise de conscience graduelle du danger représenté par ce produit; ainsi la plupart des nouveaux cas sont-ils signalés.Aux États-Unis, on évalue le nombre des travailleurs courant encore un danger à la suite d’une exposition antérieure à 5 ou 6 000, de sorte qu’on peut s’attendre à d’autres cas d’angiosarcome.Il se peut toutefois que la probabilité de diagnostic d’un angiosarcome soit relativement faible, surtout dans le cas de personnes qui n’ont pas été exposées au chlorure de vinyle depuis plusieurs années.La probabilité de diagnostic approprié est bien faible si le pathologiste ignore la relation de cause à effet entre le chlorure de vinyle et l’angiosarcome, si l’équipement de l’hôpital et le matériel de diagnostic ne sont pas perfectionnés, si les antécédents médicaux et professionnels du malade ne sont pas connus, ou si une autopsie n’est pas effectuée.On doit noter que dans l’angiosarcome hépatique de l’Homme, deux lésions, la fibrose et la péliose, précèdent l’apparition de l’angiosarcome.De plus, certaines observations indiquent que l’angiosarcome hépatique n’est pas la seule tumeur causée par le chlorure de vinyle.On croit maintenant que ce composé est responsable de carcinomes hépatocellulaires.En outre, l’angiosarcome hépatique peut 12 être causé par d’autres produits que le chlorure de vinyle.On a établi une relation entre l’exposition chronique à des insecticides contenant des composés minéraux de l’arsenic et des cas de carcinome hépatocellulaire et d’angiosarcome hépatique20.Nous avons résumé les principaux effets de l’exposition au chlorure de vinyle.Il reste deux questions: Qu’arrive-t-il au chlorure de vinyle absorbé par l’organisme humain ou animal?Quelles méthodes diagnostiques doit-on utiliser dans le cas d’une exposition au chlorure de vinyle pour appliquer un traitement efficace?Sans entrer dans les détails, on sait, d’après des études effectuées avec des rats, que le chlorure de vinyle est métabolisé, et que ce sont les produits qui en résultent (métabolites), et non le chlorure de vinyle même, qui sont cancérigènes.En outre, il semble que le taux de glutathion, tripeptide sulfuré qui normalement neutralise ces métabolites, est réduit par le chlorure de vinyle, permettant ainsi à ces mêmes métabolites de réagir avec d’autres macromolécules intracellulaires, comme l’ADN, EARN, les protéines et- les lipides.Il s’agit là d’un des mécanismes expérimentaux bien connus de cancérisation par les produits chimiques.Il y a lieu de noter que ces résultats sont basés sur des études effectuées avec des chats; on ignore donc jusqu’à quel point elles peuvent être appliquées à l’Homme.En matière de diagnostic et de traitement, un certain nombre de rapports portant sur le traitement médical des travailleurs exposés au chlorure de vinyle et au chlorure de polyvinyle ont déjà été publiés.On reconnaît généralement qu’un bon programme de surveillance médicale devrait comprendre une étude complète des antécédents médicaux et professionnels, un tour d’horizon de tous les appareils corporels, des données sur la consommation d’alcool, la mention de cas antérieurs d’hépatite, d’utilisation ou d’exposition antérieure à des produits pharmaceutiques ou chimiques hépatotoxiques, de transfusions sanguines, etc.De plus, il y aurait lieu de faire subir annuellement aux travailleurs concernés un examen médical, une radiographie pulmonaire et une radiographie des mains, un examen de l’appareil pulmonaire (capacité pulmonaire vitale et volume expiratoire maximal par seconde), ainsi que toute une batterie d’épreuves de laboratoire comprenant numération globulaire, chimisme sanguin complet, etc.21.Cependant, tous ces examens posent un problème particulier, car chaque symptôme observé n’est pas spécifique.Par exemple, on a constaté des cas d’acro-ostéolyse, de maladie de Raynaud, de sclérodermie et de modifications thrombocytaires chez des personnes qui n’avaient pas été exposées au chlorure de vinyle gazeux.La numération des thrombocytes peut varier considérablement et très rapidement chez une personne donnée, et on peut facilement poser un diagnostic incorrect si l’on se base uniquement sur ce symptôme.Les modifications hépatiques observées chez les travailleurs exposés au chlorure de vinyle sont très spécifiques; mais les dégénérescences hépatiques qualifiées de fibroses ne peuvent être caractérisées que par l’examen microscopique de tissus (biopsie)22.Les tests hépatiques, l’angiographie et la biopsie du foie, la scintigraphie hépatique, méritent une attention particulière.Il est bien connu que les tests hépatiques utilisés en médecine ne sont pas vraiment efficaces, car ils ne fournissent que des informations grossières sur le mauvais fonctionnement du foie, sans en indiquer la cause.En outre, juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE comme une forte proportion des travailleurs consomment de l’alcool, il est difficile, en présence d’une anomalie, d écarter la possibilité d une étiologie éthylique.L’examen de la fonction hépatique ne permet pas de déceler des lésions telles que la fibrose hépatique qui, semble-t-il, précède 1 angiosarcome, il ne permet pas non plus le dépistage précoce de l’angiosarcome.L’utilisation de techniques importunes comme l’angiographie et la biopsie hépatique par la veine jugulaire semble très exagérée, et une biopsie hépatique ordinaire constitue un risque en présence d’angiosarcome.Popper recommande la scintigraphie hépatique qui, selon lui, donne le meilleur tableau d ensemble de la fonction hépatique.Elle devrait être effectuée annuellement (en même temps qu’un examen médical) chez les travailleurs exposés au chlorure de vinyle.De plus, il semble raisonnable d’effectuer une scintigraphie chez les travailleurs dont les tests hépatiques ont donné des résultats anormaux, particulièrement lorsqu’on peut écarter les causes éthyliques.En présence d’un scintigramme anormal, il y a lieu d’effectuer une angiographie; si les résultats sont toujours anormaux, on recommande une intervention chirurgicale23.Vu les mesures de sécurité qui sont appliquées, il est peu probable que ceux qui commencent actuellement à travailler dans l’industrie du chlorure de vinyle soient atteints ultérieurement d’un angiosarcome.Cependant, on prévoit l’apparition de nouveaux cas chez les travailleurs qui ont déjà été exposés; il importe donc de les soumettre à un contrôle médical permanent.Comme une exposition minimale de quatre ans (phase d’induction) est nécessaire, et que la phase de manifestation couvre environ dix ans, de nouveaux cas apparaîtront vraisemblablement au cours des quatorze ou quinze années prochaines chez les travailleurs qui ont déjà été exposés24.Sources et ampleurs de la contamination par le chlorure de vinyle gazeux Il existe trois principales sources de contamination par le chlorure de vinyle.Il diffuse dans l’atmosphère avoisinant les usines; les travailleurs le respirent et, dans certaines circonstances, les objets en chlorure de polyvinyle peuvent libérer du chlorure de vinyle dans l’atmosphère ou contaminer les aliments, ou des solvants comme l’alcool.On a évalué à quelque 6 000 T la quantité de chlorure de vinyle émise dans l’atmosphère au Canada en 1973, soit 5 pour cent de la production totale.On estime que 89 pour cent de ces émissions provenaient des usines de polymérisation et 10 pour cent des usines de synthèse du chlorure de vinyle.Le 1 pour cent qui reste a été émis par l’industrie des matières plastiques, au cours de l’usinage des objets en CP V, par libération du chlorure de vinyle gazeux contenu dans la résine.En 1976, les quantités émises ont diminué, car l’efficacité du processus de fabrication a progressé d’au moins 98 pour cent.La quantité de chlorure de vinyle provenant de la décomposition du CPV est négligeable, à cause de la grande stabilité de ce polymère.On a évalué à quelque 126 000 T la quantité totale de CPV émise dans l’environnement nord-américain en 1973.À cause de ses caractéristiques physiques (bas point d’ébullition, tension de vapeurélevée et faible solubilité dans l’eau), le chlorure de vinyle passe rapidement dans l’atmosphère et ne se retrouve qu’à l’état de traces dans l’eau Tableau VII Estimation des effluents de chlorure de vinyle avant la mise en oeuvre des nouvelles techniques Type ou Pourcentage des effluents source d'émission en cours de fabrication Synthèse Polymérisation Façonnage du chlorure du CPV de vinyle I.Émissions périodiques Cuve/malaxeur 0,05 0,1 0,04 Transvasement intermédiaire 0.04 0.9 Déchargement et purification du produit 0,21 1,05 0,01 Produit 0.05 — Total des émissions périodiques 0,3 2,1 0,05 II.Total des pertes transitoires 0,1 1.4 — III.Totai des émissions 0,4 3,5 0,05 Source: Arnold.1976.p.Il 13 QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 ou le sol.La photolyse dans l’atmosphère constitue, semble-t-il, le seul mécanisme notable d’élimination du chlorure de vinyle de l’environnement.Sa période (demi-vie) de photodécomposition hors laboratoire est d’environ deux jours.Il est possible de calculer la concentration d’équilibre du chlorure de vinyle dans l’air de l’hémisphère septentrional grâce aux données sur les émissions, et sa période dans l’atmosphère.Pour l’année 1973, on a calculé que cette concentration atmosphérique d’équilibre était de 1,4 billionième (10512) en volume25, soit 3,6 nanogrammes par mètre cube25.Toujours pour l’année 1973, on a signalé que les émissions de chlorure de vinyle atteignaient 0,4 pour cent du poids total du CPV façonné pour le secteur de la synthèse du chlorure de vinyle, 3,5 pour cent pour le secteur de la polymérisation du CPV et de 0,05 pour cent pour le secteur de façonnage des objets en CPV.Il serait possible de réduire ces émissions de 95 pour cent en employant des techniques et des méthodes de travail appropriées.On classe les émissions de chlorure de vinyle gazeux en émissions périodiques ou pertes transitoires.Les premières sont les rejets de ventilation nécessaires pour l’ordonnancement de la production ou la qualité du produit.Les émissions transitoires sont les fuites par les joints de raccordement, les vannes et les joints d’étanchéité des pompes, ou les pertes qui se produisent en cours d’échantillonnage, de transvasement du chlorure de vinyle et de déchargement des cuves.Le volume des émissions périodiques dépend surtout du processus lui-même ou de la capacité du matériel de fabrication, et celui des pertes transitoires dépend principalement de l’entretien de ce matériel, des techniques suivies et de la discipline du personnel.Le Tableau VII indique les pourcentages typiques d’effluents émis périodiquement ou transitoirement.Ces données sont relatives à l’année 1973, c’est-à-dire avant l’application de techniques récemment mises au point.On ne connaît pas avec précision le mode de dispersion du chlorure de vinyle à l’extérieur de l’usine.Sa concentration atteint 0,1 millionième à 1 km de l’usine, et elle est inférieure au seuil de détection à une distance de 1,6 km.On ignore la relation qui existe entre le débit rejeté et la teneur de l’air ambiant en chlorure de vinyle.Les ingénieurs utilisent parfois une méthode générale de calcul de la dispersion pour évaluer la concentration d’un polluant particulier dans l’air ambiant au niveau du sol.Les facteurs qu’ils prennent en considération sont: la hauteur de cheminée, la température ambiante, la vitesse et la direction du vent, le débit de l’effluent, la période (1/2 vie) de ce dernier, etc.L’exposition des travailleurs au chlorure de vinyle peut se produire lors de la synthèse du monomère et de sa polymérisation.Le chargement et le déchargement des wagons-citernes et des camions contenant du chlorure de vinyle et du CPV peuvent aussi entraîner des risques d’exposition.Au cours de la synthèse, c’est le nettoyage de la cuve de polymérisation qui constitue le plus grand risque.Habituellement, le polymère contient encore du chlorure de vinyle non polymérisé qui se dégage partiellement au cours du séchage, de l’emballage et de l’entreposage.Il peut aussi y avoir dégagement du monomère au cours du mélange, de l’addition d’autres produits et de l’extrusion du CPV.La chaleur excessive entraîne la décomposition de ce dernier 14 qui donne de l’acide chlorhydrique gazeux, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, et probablement des traces de phosgène et d’autres gaz26.Les données recueillies sur les concentrations de chlorure de vinyle auxquelles les travailleurs étaient exposés avant que l’on ne reconnaisse ce produit comme un risque pour la santé sont peu nombreuses.On admet généralement que les concentrations atmosphériques atteignaient fréquemment 3 millièmes (0,3%) particulièrement dans les usines les plus anciennes.Selon certaines sources industrielles, les concentrations atmosphériques dans les usines, de 1970 à 1973, variaient de 35 à 50 millionièmes.Au mois de décembre 1975, la situation avait changé: 92 pour cent des mesures étaient inférieures à 5 millionièmes tandis que 8 pour cent seulement étaient supérieures à 10 millionièmes, et la moyenne était alors de 4 millionièmes.Aujourd’hui, à la suite de nombreuses améliorations au processus de fabrication et de la mise au point de nouvelles techniques, les concentrations atmosphériques de chlorure de vinyle auxquelles le personnel est exposé au Canada sont, signale-t-on, inférieures à 5 millionièmes.La synthèse du chlorure de vinyle s’effectue en continu, dans un appareil dont la plus grande partie est en contact direct avec l’atmosphère.Les cas d’exposition sont surtout causés par des pertes transitoires peu fréquentes.Les cheminées d’aération sont habituellement assez élevées, de sorte que les travailleurs ne sont pas normalement exposés au produit.La mise en oeuvre de techniques perfectionnées et l’emploi de nouvelles méthodes de travail ont permis de réduire les concentrations atmosphériques auxquelles sont exposés les travailleurs à moins de 5 millionièmes, et il paraît possible de les réduire encore.On a récemment signalé des concentrations inférieures à 1 millionième à l’usine de la société Dow à Sarnia27.Le danger d’exposition au chlorure de vinyle gazeux existe principalement dans les usines de polymérisation.Le traitement par charges (batchj nécessite l’ouverture fréquente des cuves de polymérisation, ce qui contamine l'atmosphère en chlorure de vinyle gazeux29.Le rendement de la polymérisation n’atteint que de 85 à 90 pour cent.La plus grande partie du chlorure de vinyle non polymérisé est récupérée, mais la résine qui est expédiée à l’usine de façonnage peut en contenir jusqu’à 1 millième (0,1%).Une partie importante du monomère recyclé et du monomère retenu est perdue dans l’air à l’intérieur de l’usine et dans l’atmosphère extérieure.Il semble que les risques d’exposition dans les usines de façonnage du CPV soient faibles.Leurs travailleurs ne sont pas exposés aux concentrations atmosphériques de chlorure de vinyle que l’on observe dans les usines de synthèse et de polymérisation.Comme la résine de CPV contient peu de chlorure de vinyle non polymérisé, et que l’aération est très efficace dans les usines, le risque est très faible29.Jusqu’à récemment, toutefois, certains genres de poudres de CPV produites par polymérisation à la charge et en suspension contenaient plus de 0,1 pour cent de chlorure de vinyle non polymérisé.Le dégazage après polymérisation et le séchage à température élevée ne permettent pas d’éliminer complètement le chlorure de vinyle retenu, lequel est partiellement libéré au cours de l’entreposage et des traitements subséquents.C’est pourquoi on ne peut négliger le risque d’une concentration accrue en usine.L’adoption d’une méthode de travail toute nouvelle permettrait d’améliorer considérablement la sécurité juillet 1977 - QUÉBEC SCIENCE industrielle et de réduire les émissions de chlorure de vinyle30.Le transbordement du CPV du wagon à l’usine de façonnage constitue une opération délicate à cet égard.Un rapport récent élaboré par le Département d’hygiène du milieu, à l’Université de l’État de Washington, déclare que: «Parmi les 13 usines de façonnage du CPV situées dans notre État, seules les usines d’extrusion semblent présenter des risques de contamination.On doit noter que ces six usines emploient 398 travailleurs, soit environ 80 pour cent de la main-d’oeuvre exposée au chlorure de vinyle.On a relevé dans cinq des six usines des concentrations atmosphériques générales de chlorure de vinyle supérieures au plafond admissible, soit 1 millionième.Les concentrations relevées à l’usine 12 étaient bien inférieures au millionième.L’usine 11 était la seule usine où certains travailleurs subissaient des concentrations supérieures au plafond admissible.Le poste de malaxeur y entraînait une exposition à une concentration de 4 millionièmes, en teneur pondérée sur une période de 6 heures.Les postes d’extrudeur et de technicien de laboratoire entraînaient des expositions à des concentrations égales ou supérieures à 0,5 millionième.L’échantillon prélevé au travers de l’enveloppe en plastique recouvrant le wagon à décharger à l’usine 10 contenait une concentration de chlorure de vinyle de 814 millionièmes.Vingt-quatre heures après l’ouverture du wagon et son déchargement partiel, la concentration de chlorure de vinyle de l’air intérieur n’atteignait plus que 70 millionièmes.À l’usine 1, l’air intérieur du wagon contenait 77 millionièmes de chlorure de vinyle immédiatement après avoir été ouvert, et 12 millionièmes une heure après l’ouverture»31.On a exprimé certaines inquiétudes à propos des problèmes que pourrait constituer pour la santé publique et l’environnement l’emploi de produits en CPV contenant du chlorure de vinyle non polymérisé.Les études réalisées ont permis de conclure que le danger est négligeable, et aucun effet nocif n’a été signalé32.Sous sa forme commercialisée, le CPV est un matériau inerte, c’est-à-dire qu’il ne peut pas se dépolymériser en chlorure de vinyle gazeux.Selon le ministère ontarien de la Santé et l’Office pour la sécurité et l’hygiène du travail des E.-U., les objets en CPV «ne constituent aucun danger pour la santé».On n’a pas découvert de preuve du contraire.Les consommateurs utilisent des objets en CPV depuis presque quarante ans33.À ce propos, on a effectué des études rétrospectives dans certaines villes de l’Ohio, où des usines de façonnage d’articles en CPV étaient établies, afin d’évaluer les effets mutagènes et cancérigènes de cette activité sur la population.Les résultats ne sont pas concluants34.On a détecté la présence de chlorure de vinyle dans des bouteilles en chlorure de polyvinyle.On a aussi signalé que du chlorure de vinyle gazeux avait contaminé certains produits contenant de l’alcool ou des dérivés: vins, spiritueux et vinaigre contenus dans des bouteilles en CPV.Cependant, rien n’indique que cette contamination ait mis en danger la santé des consommateurs.On n’a pas décelé la présence de chlorure de vinyle non polymérisé dans les feuilles d’emballage plastique pour produits alimentaires, même en utilisant des instruments sensibles au 1/20 000 00035.15 QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 Mesures prises depuis qu’on a pris conscience de la nocivité du chlorure de vinyle Lorsqu’on a reconnu les dangers de l’exposition au chlorure de vinyle, on a pris les mesures suivantes: 1.promulgation de normes, 2.mise au point de meilleures techniques de décontamination et de surveillance, et 3.recherches.Le chlorure de vinyle et le chlorure de polyvinyle ont été commercialisés en 1937 aux États-Unis, et en 1943 au Canada.Pendant de nombreuses années, on a considéré que le chlorure de vinyle n’avait qu’une toxicité légère, en expositions uniques ou répétées36.On estimait que sa grande inflammabilité était son danger le plus sérieux, et c’est pourquoi les premières normes de teneur maximale étaient basées sur ce critère.En 1949, une étude effectuée par les chercheurs d’URSS montra une forte incidence de troubles hépatiques chez des travailleurs manipulant du chlorure de vinyle.C’est pourquoi les normes soviétiques fixèrent la teneur maximale tolérable à 12 millionièmes.Cependant on ne sait pas si cette norme a été appliquée.Les conclusions de cette étude restèrent inaperçues, parce qu’elles n’étaient pas communiquées aux autes pays; d’ailleurs, on n’en connaît toujours pas tous les détails37.Jusqu’en 1962, Y American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH) recommandait de ne pas dépasser une teneur maximale, pondérée sur huit heures, de 500 millionièmes de chlorure de vinyle dans l’atmosphère où séjournent régulièrement les travailleurs.Cette recommandation se basait sur l’étude d’une seule exposition d’animaux et d’êtres humains.Dépassant les recommandations de l’ACGIH, la Dow Chemicals Ltd.réduisit, en 1961, cette teneur maximale à 50 millionièmes, à la suite d’expériences effectuées sur des animaux.Au cours des années 1960, la branche du vinyle s’alarma de rapports sur les maladies professionnelles des nettoyeurs de cuves de polymérisation, et notamment de cas d’acro-ostéolyse et de maladie de Raynaud.Une étude faite par la Manufacturing Chemists Association (MCA) ne permit pas d’éclaircir le rôle exact du chlorure de vinyle dans ces maladies.Néanmoins, la branche du vinyle adopta des mesures d’hygiène industrielle et modifia les méthodes de travail selon les recommandations; depuis, on n’a constaté pratiquement aucun nouveau cas.En 1963, l’ACGIH modifia sa recommandation afin de fixer à 500 millionièmes la teneur maximale admissible, plutôt qu’une moyenne pondérée sur une période donnée.C’est cette teneur qui figure sur la liste de 1970 des teneurs maximales admissibles promulguée le 29 mai 1971 par l’Office de la sécurité et de l’hygiène du travail comme normes étatsuniennes.L’ACGIH proposa en 1970, et homologua en 1972, une réduction de la teneur maximale pondérée à 200 millionièmes38.En Allemagne, à peu près à la même époque, la teneur maximale admissible était réduite à 100 millionièmes, après publication des conclusions d’expériences effectuées avec des animaux, au cours desquelles on avait observé des lésions hépathiques à la suite d’exposition au chlorure de 16 vinyle39.Les travaux du Dr Viola, effectués en 1969, permirent de déceler pour la première fois une relation entre le cancer et l’exposition au chlorure de vinyle.Les hygiénistes industriels prêtèrent peu attention au rapport du Dr Viola, signalant le potentiel carcinogène du chlorure de vinyle, parce que l’expérimentateur avait utilisé des doses extrêmement fortes au cours de ses recherches40.Un an plus tard, en Europe, la Manufacturing Chimists Association (MCA), et les sociétés Montedison, Imperial Chemical, Solvay et Rhône-Prolig confièrent un programme de recherche au Dr C.Maltoni; mais ses conclusions ne devaient pas être divulguées à l’extérieur de ce groupe sans le consentement de celui-ci.Bien que les résultats de C.Maltoni aient été publiés en août 1972 et communiqués aux chercheurs américains en janvier 1974, l’Institut national de sécurité et d’hygiène du travail des É.-U.(NIOSH) n’en fut pas informé, et ni les travailleurs ni le public n’en furent avertis.D’autres résultats expérimentaux, publiés en novembre 1973 et en mai 1974, confirmèrent les découvertes faites par C.Maltoni en 197 241.Ce n’est qu’en janvier 1974, lorsque la société B.F.Goodrich publia trois cas d’angiosarcome chez des travailleurs exposés au chlorure de vinyle dans son usine de Louisville (Kentucky), que le danger attira l’attention du monde entier.On réduisit alors les teneurs maximales admissibles de chlorure de vinyle dans l’atmosphère que respiraient les travailleurs.En mai 1974, l’Allemagne occidentale promulgua une norme de teneur maximale admissible atteignant 50 millionièmes.Peu après, on abandonna cette norme et l’on fixa une teneur maximale pondérée annuelle de 5 millionièmes42.En Grande-Bretagne, les autorités ont promulgué une norme fixant la teneur maximale pondérée à 50 millionièmes.En février 1975, un groupe mixte comprenant des syndicats, des associations patronales et les services de santé élabora un code des méthodes.En octobre, on adopta une nouvelle norme de teneur maximale admissible de 30 millionièmes, et de teneur maximale pondérée de 10 millionièmes, et l’on choisit comme objectif de réduire le plus possible l’exposition des travailleurs.On mit en route trois études pour évaluer les dangers de contamination par le chlorure de vinyle en Grande-Bretagne: études prospectives des usines de polymérisation et des usines de façonnage des articles en CPV, et étude rétrospective des cas d’angiosarcome primaire43.Après la publication des cas observés chez B.F.Goodrich les autorités étatsuniennes mirent en oeuvre les mesures les plus coûteuses et les plus complètes jamais prises pour réduire les dangers de maladie de travail.On mobilisa pratiquement toutes les équipes de chercheurs de l’Institut national de sécurité et d’hygiène au travail pour effectuer des études épidémiologiques des groupes de travailleurs dans diverses usines de CPV44.Les autorités promulguèrent une norme provisoire établissant une teneur pondérée dans le temps de 25 millionièmes, et une teneur maximale admissible de 50 millionièmes.En février 1974, l’OSHA, le NIOSH et les syndicats (IUD de l’AFL —CIO, OCAW, URW) fixèrent les normes permanentes.On recommanda une teneur maximale admissible inférieure au seuil de détection, ce qui correspond en fait à 1 millionième45.En octobre 1974, l’OSHA proposa une teneur pondérée sur huit heures de 1 millionième, pour les travailleurs r rien oiillioi it adnK' 5( r: L'EP-rtiei: U' s stra i r dtl'EP fl dr'Éa p :: IK" la'- ¦ D' m Cf c 9': ai';:;: F .e:.¦ ' : I: on: 1.9 ifaç;:, s .'P': : v v: .1 ( 1 «a Et - dcfOC; - L n [ 1 ' L; ' tiiloru : - E ' ' Ptofess : "oifon, juillet 1977 - QUÉBEC SCIENCE lîi à » ii( exposés au chlorure de vinyle, avec une teneur plafond de 25 millionièmes pendant 15 minutes.Cette norme est entrée en vigueur en avril 1975 et, en avril 1976, on réduisit à 5 millionièmes le seuil au-dessus duquel Futilisation d’un masque respiratoire est exigée46.Ainsi la teneur maximale admissible aux États-Unis est passée de 500 millionièmes à 50, puis à 1 millionième au cours de la période 1968-1974.L’EPA a promulgué des normes définitives concernant les rejets de chlorure de vinyle dans l’air et dans l’eau par les usines tant anciennes que nouvelles.La teneur maximale sera de 10 millionièmes, ce qui nécessitera l’emploi des meilleures techniques disponibles47.Toutefois, cette norme de l’EPA a été contestée par \'Environmental Defence Fund (EDF), qui a déposé une requête auprès de la Cour d’appel des États-Unis.Cette requête se base sur les conclusions les plus récentes de Maltoni, selon lesquelles les carcinomes mammaires peuvent être provoqués chez les animaux de laboratoire par des teneurs inférieures au millionième.D après l’EDF, la norme de l’EPA se base sur l’efficacité des meilleures techniques de dépollution disponibles, et non sur celle nécessaire à la protection de la santé publique, ce qui est contraire à la Loi sur la qualité de l’air48.D’une façon générale, les autorités canadiennes ont attendu les accidents survenus en 1974 à la B.F.Goodrich pour réagir.Les organismes réglementaires du Canada ont été informés des dangers du chlorure de vinyle par les organismes étatsuniens, et les filiales canadiennes par leurs maisons-mères des É.-U.Les articles de la presse et des revues scientifiques, et les communications entre spécialistes ont renforcé cette réaction.L’Administration fédérale canadienne a été lente à réagir, car sa compétence en matière d’ambiances professionnelles est limitée.Après avoir été informée au début de 1975 par la Commission de sécurité des produits de consommation des É.-U.des effets délétères du chlorure de vinyle comme agent propulseur des bombes à aérosol, la Direction de la sécurité des produits du ministère de la Consommation et des Corporations interdit immédiatement l’importation et la vente de bombes à aérosol utilisant cet agent propulseur, de même que la publicité concernant ces produits.Elle interdit également les jouets et les tétines dégageant des quantités décelables de chlorure de vinyle.En 1975, le Bureau des dangers des produits chimiques, auprès du minsitère de la Santé nationale et du Bien-être social, réagit également.Après que ses chercheurs eurent découvert des traces de chlorure de vinyle dans des bouteilles en plastique contenant du vinaigre et de l’huile d’arachide, il demanda aux industries d’emballage de modifier leurs produits, puis interdit l’utilisation de matériaux d’emballage renfermant du chlorure de vinyle49.De plus, tous les produits alimentaires où la méthode officielle (mai 1976) permet de déceler du chlorure de vinyle provenant d’un matériau d’emballage en CPV doivent être rejetés.Les spécialistes du ministère de l’Environnement s’efforcent d’élaborer les critères d’une norme de taux maximal de chlorure de vinyle dans les rejets des usines de chlorure de vinyle et de CPV, laquelle sera distincte de la norme d’ambiance professionnelle50.Au Canada, ce sont en général les Administrations provinciales qui ont compétence en matière d’ambiance professionnelle, de protection de la santé et de services de prestation des soins.Leurs réactions n’ont pas été uniformes, comme l’indique le Tableau VIII.- Tableau VIII Teneurs maximales de chlorure de vinyle dans les ambiances professionnelles au Canada Province Teneur pondérée sur 8 h (millionièmes) Teneur plafond pendant 15 min (millionièmes) Date d'entrée en vigueur Alberta 5 10 octobre 1975 Colombie- Britannique 1 5 norme projetée Ontario 10 25 octobre 1974 Québec 1 5 norme proposée Source: Arnold, 1976.p.14 17 QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 Le ministère ontarien de la Santé a publié des directives en matière d’exposition tolérable au chlorure de vinyle.Suivant les recommandations du ministère du Travail, il appliquera ces directives aux ambiances professionnelles.Le ministère de la Santé a communiqué aux associations de l’industrie et aux firmes des fiches techniques d’hygiène professionnelle précisant les précautions à prendre.La loi d’hygiène publique donne aux inspecteurs le pouvoir d’exiger la mise en oeuvre des mesures recommandées.Le ministère ontarien de l’Environnement a publié et appliqué une directive sur les ambiances professionnelles fixant une teneur maximale pondérée sur 24 heures de 0,1 millionième et une teneur plafond de 0,2 millionièmes pendant 30 minutes.Il a informé les chefs d’entreprises à ce propos, et leur a accordé un délai suffisant pour mettre en place l’équipement permettant de satisfaire à la norme.Cette directive restera en vigueur jusqu’à ce qu’on ait réuni les données nécessaires à la promulgation de normes appropriées.La loi des établissements industriels et commerciaux charge le ministère québécois du Travail d’élaborer des normes et de les appliquer.Le Service de la protection de l’environnement inspecte les lieux de travail, et recommande au ministère du Travail des mesures à prendre le cas échéant.Le ministère des Affaires sociales se charge sur demande des examens médicaux des travailleurs.Lorsqu’une proposition de réglementation de la qualité de l’ambiance professionnelle deviendra loi, le ministère de l’Environnement sera chargé de promulguer des normes et de les appliquer.Cette proposition de réglementation comporte une norme de teneur pondérée sur 8 h de 1 millionième, et une norme de teneur plafond de 5 millionièmes pendant 15 minutes.Le Service de protection de l’environnement effectue des contrôles à l’usine de la B.F.Goodrich à Shawinigan: il a signalé que les teneurs pondérées y atteignent 3 millionièmes.Il a également fixé à cette société une teneur de 1 millionième à atteindre d’ici juillet 1977.La norme officielle suivant les règlements de la Loi des établissements industriels et commerciaux est encore de 200 millionièmes.L’industrie a réagi vivement au problème du chlorure de vinyle, particulièrement depuis la publication des cas observés chez B.F.Goodrich en 1973, comme le montrent les mesures prises pour diminuer l’exposition à ce produit.En 1974, lorsque les autorités réglementaires des É.-U.ont recommandé une teneur maximale non décelable, la branche du vinyle a fait savoir que cette norme n’était pas réaliste, et qu’elle entraînerait la ruine des firmes si elle était imposée.Toutefois, elle réussit par la suite à réduire les teneurs ambiantes beaucoup plus qu’elle ne prétendait pouvoir le faire sans hausser le prix du CPV.La norme américaine promulguée par l’OSHA est celle d’une teneur pondérée sur 8 h de 1 millionième, et d’une teneur plafond de 5 millionièmes pendant 15 minutes.Il ne semble pas s’être produit de controverse en matière de normes au Canada, et particulièrement en Ontario.Les porte-parole de l’industrie ont indiqué que la teneur maximale de 10 millionièmes prévue en Ontario est facilement atteinte, et qu’en fait l’utilisation des techniques les plus modernes avait permis de réduire les teneurs effectives à 3 millionièmes.Ils estiment qu’on ne pourrait satisfaire à la norme américaine qu’en utilisant des masques respiratoires ou en plaçant les travailleurs exposés dans des 18 atmosphères d’air pur pendant quelques heures par jour.Après la publication des cas observés chez B.F.Goodrich, les trois producteurs de chlorure de vinyle en Ontario se concertèrent au sujet des mesures à prendre.Ils rencontrèrent des représentants des Administrations fédérale et ontarienne en juillet 1974.Les ministères provinciaux concernés étaient ceux de la Santé, du Travail et de l’Environnement, et l’Administration fédérale était représentée par le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social et celui de l’Environnement.Par la suite, la Fondation ontarienne de traitement et de recherche sur le cancer délégua des représentants aux réunions.En mars 1975, des représentants de l’Administration québécoise s’y joignirent et ceux de l’Administration albertaine vers le milieu de 1975.La Société des industries du plastique rédigea un exposé sur le chlorure de vinyle et le communiqua aux diverses Administrations, aux firmes industrielles et à la presse.Cette démarche mit en route le mécanisme d’élaboration de la réglementation pertinente.En Ontario, où la norme de teneur maximale est de 10 millionièmes, on a pris des mesures pour réduire la teneur réelle jusqu’à zéro.Au cours des trois dernières années, les teneurs sont passées de quelques centaines de millionièmes à moins de 3 millionièmes.En 1974, on créa un comité industriel canadien pour oeuvrer avec la Société des industries du plastique, qui inclut la branche du vinyle.On discuta alors librement des techniques de détection et de décontamination.La société B.F.Goodrich a consacré 42 millions de dollars à la mise au point de techniques de lutte contre la pollution par le chlorure de vinyle, et ces techniques sont disponibles sous licence51.On a tenu des réunions d’information sur les rapports entre chlorure de vinyle et angiosarcome, non seulement pour le personnel d’entretien et de fabrication, mais aussi pour les ouvriers chargés du transport et de la manutention de ce produit chimique52.Les fabricants de chlorure de vinyle gazeux et de résine de CPV effectuent la mesure permanente des teneurs de l’atmosphère d’usine en chlorure de vinyle.Leurs ingénieurs s’efforcent de réduire cette exposition grâce à des modifications techniques, à l’utilisation de nouvelles méthodes de travail, et aux moniteurs portés par les travailleurs.Ils installent aussi, soit dans l’usine soit à l’extérieur, des équipements de réduction des rejets de chlorure de vinyle53.Les progrès réalisés en Grande-Bretagne se fondent sur l’amélioration des techniques de détection et de décontamination.Avant la publication des cas observés chez B.F.Goodrich, les mesures étaient effectuées irrégulièrement, et au 1/5 000 près.On a mis en oeuvre des techniques plus précises, se fondant sur la chromatographie en phase gazeuse, laquelle permettait une précision du 1 /1 000 000.Par la suite, on a encore amélioré cette précision jusqu’au 1/20 000 000.Les mesures sont maintenant effectuées en permanence, afin d’informer immédiatement les travailleurs.On espère mettre en service bientôt des avertisseurs de contamination.Les progrès se fondent surtout sur l’amélioration des équipements de ventilation, la réduction des fuites aux vannes, et la mise au point de méthodes de nettoyage des cuves par eau sous forte pression.Cependant, les progrès sont très lents, à cause des délais de mise en oeuvre et du manque de pièces54.Au début de 1974, on ne connaissait guère les techniques de mesure du chlorure de vinyle à quelques millionièmes près.Mais on a mis au point de nouveaux instruments, de juillet 1977 - QUÉBEC SCIENCE limit 8 pris lists I '¦ I I iLisoci I J I ^ I I I I si ïfflfiilj OllfSpf tu P*1 rllltîS nouvelles méthodes d analyse et de nouveaux modes d’échantillonnage de l’air.Au cours des deux dernières années, de nombreux appareils ont été utilisés pour mesurer les teneurs en chlorure de vinyle.La chromatographie en phase gazeuse est, semble-t-il, la technique la plus répandue et sa sensibilité dépasse le 1/100 000 OOO55.Dans les usines de synthèse du chlorure de vinyle de Dow Chemical et de polymérisation du CPV d’Esso à Sarnia, certains travailleurs portent des moniteurs individuels indiquant le niveau de pollution par le chlorure de vinyle auquel ils ont été exposés pendant 8 heures.Ces moniteurs sont examinés quotidiennement, de sorte que toute teneur excessive est immédiatement décelée, et qu’on prend rapidement les mesures qui s’imposent.En outre, ces usines disposent d’un équipement automatique de détection qui mesure la teneur de l’air en chlorure de vinyle toutes les 60, ou 30, ou 15 minutes en trente endroits différents.Les observations sont compilées à l’ordinateur, et sont communiquées aux travailleurs intéressés grâce à des rapports mensuels, des réunions mensuelles à propos de sécurité, et à l’occasion de réunions périodiques d’information56.En outre, tous les travailleurs s’occupant de la synthèse du chlorure de vinyle ou de sa polymérisation doivent subir, au moins une fois l’an, des tests médicaux mis au point par des hépatologues et des cancérologues expérimentés pour le dépistage des symptômes avant-coureurs de maladie.La branche du vinyle finance des recherches médicales afin de mieux connaître la pathologie du chlorure de vinyle et les symptômes avant-coureurs57.Les fabricants de résine de CPV ont réussi à réduire la teneur du CPV en chlorure de vinyle inclus et ils poursuivent leurs travaux.Ultérieurement, les travailleurs des usines de façonnage du CPV seront complètement à l’abri d’une exposition à ce gaz.Les firmes et les associations de l’industrie parrainent actuellement de nombreux programmes de recherche et de développement technique dans de nombreux pays58.On a accordé la priorité à une récupération plus complète du chlorure de vinyle gazeux, pour trois raisons fondamentales: tout d’abord, pour réduire le risque d’exposition des travailleurs, ensuite pour réduire les rejets de chlorure de vinyle dans l’atmosphère; et, enfin, pour diminuer la teneur en gaz du CPV et de ses composés, afin de réduire les risques d’exposition des travailleurs façonnant la résine et des utilisateurs d’articles en CPV.On a d’abord réduit l’exposition des travailleurs en améliorant la ventilation dans l’usine, probablement parce que c’était la chose la plus simple et la plus rapide à faire.11 restait encore à mettre au point des techniques pour atteindre les deux autres objectifs.Il semble qu’on ait fortement modifié les méthodes d’échantillonnage et de chargement des wagons.Les moniteurs en continu installés un peu partout dans l’usine décèlent immédiatement les fuites ou les anomalies des opérations, et permettent d’y remédier rapidement.Les dispositifs de nettoyage automatique des cuves de réaction ont été perfectionnés, afin de réduire la fréquence des nettoyages manuels.Il existe maintenant des techniques permettant de réduire ou même d’éliminer l’accumulation de polymère sur les parois de la cuve, visant le même but.Mieux encore, en avril 1975, la société Esso mit en oeuvre un processus de décrassage interne des cuves qui sera bientôt utilisé dans toutes les usines des sociétés Esso et B.F.Goodrich au Canada.La méthode de base utilisée pour le décrassage n’est pas nouvelle; cependant, ses perfectionnements permettront d éliminer la croûte de résine accumulée sur les parois des cuves, et qui nécessite l’ouverture de celles-ci et leur nettoyage manuel à l’aide de produits chimiques.Ces progrès et la mise au point de dispositifs automatiques de nettoyage par jets d eau sous pression ont permis d’accroître la taille des cuves, dont la contenance est passée en quelques années de 9 000 à 230 000 litres59.On a installé des dispositifs spéciaux pour faire face à des situations d’urgence, telles que l’emballement des réactions et les ruptures de disques.L’utilisation à plein des nouvelles techniques et des perfectionnements aux méthodes permettront, paraît-il, de réduire de 95 pour cent les rejets de chlorure de vinyle dans l’atmosphère par rapport à 1973.La société B.F.Good'/'/c/! vend sous licence son dispositif de décrassage à la vapeur qui permet d’éliminer le chlorure de vinyle des résines de CPV obtenues en suspension.La firme Tenneco a mis au point une méthode d’absorption au carbone du chlorure de vinyle entraîné par les gaz d’évacuation.On évalue actuellement la rentabilité d’une autre méthode d’oxyphotolyse permettant d’éliminer le chlorure de vinyle des gaz de cheminée.Il est peu probable que ces sociétés réalisent de grands profits en faisant breveter leurs nouvelles techniques, mais elles espèrent amortir ainsi le coût des recherches60.Il est évident que les programmes de réduction des teneurs en chlorure de vinyle ont accru les coûts dans tous les secteurs de cette industrie.Le coût de la recherche et du développement technique, les immobilisations et les coûts d’exploitation, de l’entretien et de la surveillance médicale permanente des travailleurs y ont concouru61.La plupart de la recherche sur le chlorure de vinyle effectuée au Canada est menée par le Dr F.Delorme, de l’Hôpital régional de la Mauricie, et par le Dr G.Thériault, de l’Université Laval.Leurs travaux sont centrés sur l’épidémiologie des maladies dues à ce produit, et sur le diagnostic des tumeurs précédant l’angiosarcome.Sous la direction du Dr S.Safe, M.H.Plugge, étudiant diplômé au Département de chimie de l’Université de Guelph, étudie les interactions cancérigènes du chlorure de vinyle et de ses métabolites avec les acides nucléiques.En d’autres termes, il s’efforce d’établir un rapport de cause à effet entre l’exposition au chlorure de vinyle et l’apparition d’un cancer.Les spécialistes de Santé et Bien-être Canada n’effectuent pas de recherche particulière sur les dangers de l’exposition au chlorure de vinyle.Ils ont compilé les données provenant de diverses sources, et alerté Environnement Canada en lui fournissant les données permettant l’élaboration de normes pour les rejets de chlorure de vinyle.Le ministère ontarien de la Santé compile les données recueillies lors de contrôles médicaux auprès des travailleurs de l’industrie du vinyle, et les compare.Les autres travaux sur le chlorure de vinyle comprennent des recherches épidémiologiques, des études sur des animaux et la mise au point de techniques de décontamination.Ils sont surtout effectués dans les laboratoires universitaires des É.-U., grâce au parrainage de l’industrie, ou dans ceux des entreprises elles-mêmes, qui communiquent ensuite les conclusions à leurs filiales canadiennes.Des programmes de recherches ont été entrepris par la Manufacturing Chemists Association, la Society of the Plastics Industry, les firmes de vinyle, ainsi que des 19 QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 20 fabricants européens.La branche étatsunienne du plastique emploie des centaines de scientifiques et de techniciens à plein temps pour mettre au point de nouvelles techniques permettant de i éduire l’exposition au chlorure de vinyle et la teneur résiduelle des résines de CPV en ce produit.On estime que ces programmes de recherches coûteront plus de 100 millions de dollars au cours des trois prochaines années62.En Italie, Maltoni continue à tracer les courbes concentration-effets à l’aide d’animaux de laboratoire.Brèves conclusions Nous nous sommes efforcés de décrire, aussi objectivement que possible, la nature et l’ampleur des problèmes posés par l’exposition au chlorure de vinyle, et les mesures prises pour y remédier.Nous allons résumer le dossier du chlorure de vinyle, et tirer quelques conclusions en signalant certaines lacunes, en soulignant des leçons de l’expérience, et en préconisant certaines réformes.Le chlorure de polyvinyle est une résine constituant de nombreux articles en matière plastique, très largement commercialisés.On l’obtient par polymérisation du chlorure de vinyle, qui est un produit organique de synthèse de structure relativement simple.Depuis la Seconde Guerre mondiale, la synthèse de chlorure de vinyle et sa polymérisation en CPV se sont développées très rapidement.En 1974, la production mondiale de CPV dépassait 8 MT.Jusqu’en 1973, on croyait que le chlorure de vinyle était relativement inoffensif, bien que l’on eût signalé des cas d’acro-ostéolyse et de maladie de Raynaud.L’envoi des travailleurs dans des locaux non contaminés diminuait souvent ou supprimait ces effets.En décembre 1973, la société étatsunienne B.F.Goodrich reçut un rapport médical signalant que l’un de ses travailleurs était décédé des suites d’un angiosarcome.Après vérification, cette firme découvrit que deux autres employés avaient succombé des suites de la même maladie.Des recherches plus poussées permirent de l’attribuer à l’exposition au chlorure de vinyle.Cette firme publia les conclusions des travaux vers la fin de janvier 1974.Un relevé effectué à l’échelle mondiale a permis de compter 48 décès, dont 10 au Canada.Les difficultés du diagnostic de l’angiosarcome font qu’on ne connaît pas le nombre effectif des personnes décédées à la suite de cette maladie.Avant la publication des cas observés chez B.F.Goodrich, certaines études avaient montré les suites chroniques d’une exposition des travailleurs à des teneurs élevées de l’air en chlorure de vinyle.Celui-ci provoque une maladie du travail spécifique, l’acro-ostéolyse, associant la maladie de Raynaud aux lésions sclérodermiformes.En fait, certaines études publiées en U.R.S.S.en 1949 avaient déjà montré une forte incidence de troubles hépathiques chez des travailleurs exposés à ce produit.En mai 1970, le Dr Viola, en Italie, annonça que le chlorure de vinyle avait provoqué des cancers chez des animaux de laboratoire.Ses constatations restèrent ignorées.Toujours en Italie, les conclusions du Dr Maltoni, estimant que le chlorure de vinyle est cancérigène, ne furent publiées par les firmes concernées qu’après la déclaration de la B.F.Goodrich.Cette déclaration reçut beaucoup de publicité dans les organes d’information.Les organismes officiels, les firmes industrielles et les syndicats ouvriers réagirent rapidement et, en général, de concert.On promulgua des normes plus strictes et on étudie encore des techniques de décontamination et de surveillance, et on effectue des recherches très diverses sur des problèmes biomédicaux et techniques posés par la contamination par le chlorure de vinyle.Le dossier de celui-ci se conclut-il par une réussite?Dans l’optique de la fin de 1973, celle-ci semblait partielle.On a pu constater que la faiblesse de l’action fédérale et la diversité des facteurs économiques et des intérêts en place ont entraîné un manque d’uniformité des réactions et des normes.On ne connaît guère (du moins pas encore) les suites données à la réglementation des ambiances professionnelles. juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE b.; rappo dtctd lit f Olüllél ItJfCt llti lessüil eiitifl voijue •¦xiaif es.En fl scte! Dr Vio proioj toiulil p!»' * éiai lesM ruts fl SltW lt.0»1 Jivfis -H .jltii11 car la plupart des normes plus strictes sont encore à la phase de mise en oeuvre.On peut encore douter de leur efficacité et de leur permanence.Mais il semble certain que le respect des normes actuelles (ce qui semble aller de soi au Canada), permet de réduire le danger d’exposition au chlorure de vinyle.11 est difficile de savoir s’il a été éliminé complètement ou s’il a été réduit à un niveau acceptable, car on n’a pas encore tracé la courbe concentration-effets du chlorure de vinyle pour les travailleurs.Certains soutiennent qu’il est intolérable de les exposer à une quantité quelconque d’un cancérigène connu.De toute façon, la personne pénétrant dans une atmosphère qui pourrait contenir des traces de chlorure de vinyle ne court maintenant qu’un très faible danger de contracter une maladie; il est de beaucoup inférieur à celui qui était possible avant 1973.De ce point de vue, le dossier du chlorure de vinyle débouche sur un succès.Cependant, comment allons-nous identifier et indemniser les victimes futures d’une exposition antérieure?Il s’agit d’une question complexe, à cause de la longue période de latence de l’angiosarcome, de la difficulté de diagnostiquer cette maladie, des relevés d’exposition naguère peu complets, et de l’instabilité de la main-d’oeuvre dans la société contemporaine.D’un point de vue plus général, cependant, on peut douter que le dossier du chlorure de vinyle se conclue heureusement.Nous savons depuis longtemps que presque tous les carbures d’hydrogène halogénés sont nocifs pour l’Homme.Des rapports publiés en 1949, 1958 et 1975, dans les pays du bloc soviétique, ont signalé les troubles divers des travailleurs exposés au chlorure de vinyle.Vers 1965, un certain nombre de rapports ont traité des modifications physiologiques observées chez les ouvriers chargés du nettoyage des cuves de polymérisation; en 1970, le Dr Viola a signalé que le chlorure de vinyle causait des cancers chez des animaux.En dépit de ces avertissements, on a prétendu jusqu’en 1973 que l’exposition au chlorure de vinyle ne constituait pas un risque grave pour la santé.Presque tous les intéressés ont négligé ces avertissements.On peut en rendre responsables: les Administrations publiques, à cause de leur apathie et de leur inertie en matière d’ambiance professionnelle, les milieux d’affaires et les syndicats qui ont fait la sourde oreille, à cause d’intérêts commerciaux et pécuniaires (bénéfices et emplois), et les milieux scientifiques qui se sont rencognés dans leur tour d’ivoire.On n’a pas réellement négligé la santé des travailleurs, mais on s’est surtout intéressé aux intoxications spectaculaires ou aiguës, et non aux effets à long terme et presque chroniques des expositions à de faibles teneurs en polluant.Il est évident, après coup, qu’il aurait fallu tenir compte des signaux d’alarme et entreprendre des programmes de recherches et d’essais, et des études épidémiologiques, faciliter la communication et rendre obligatoire la diffusion des données.Il faut mettre l’accent sur le diagnostic et le traitement des maladies du travail, l’hygiène industrielle et la surveillance des ambiances professionnelles.Plus important encore, il faudrait tenir compte des dangers à long terme des produits chimiques industriels (nouveaux ou anciens) et des méthodes de fabrication pour évaluer la rentabilité d’une nouvelle activité industrielle.L’évaluation du pouvoir cancérigène d’un produit chimique exige beaucoup de temps et d’argent.C’est pourquoi il faut mettre sur pied une séquence d’essais de laboratoire tenant compte des priorités.Il faut entreprendre des recherches pour la mise au point de méthodes rapides et peu coûteuses d évaluation de la nocivité à long terme des produits chimiques.Certains progrès sont prometteurs.On peut tirer deux grandes leçons de cette expérience.Premièrement, le chlorure de vinyle n’est qu’un produit parmi de nombreux autres, considérés naguère ou encore aujourd’hui comme inoffensifs, mais qui sont en fait dangereux pour 1 Homme.On note avec inquiétude que la relation entre l’exposition au chlorure de vinyle et l’angiosarcome n a été établie que parce que ce dernier est rare.On n’aurait pu le faire pour un cancer plus répandu.Certaines études ont montré qu’il y a une relation entre le cancer primaire du foie et la présence de produits chimiques dans l’environnement63.Il paraît donc primordial d’établir la fréquence des carcinomes dus à de telles expositions, et d identifier les produits chimiques responsables présents dans 1 ambiance professionnelle ou les produits de consommation.Selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé, 60 pour cent de l’ensemble des cancers sont provoqués par des polluants, et non par des virus.Bien sûr, on admet que la cigarette est probablement responsable d une proportion forte, mais indéterminée, des cancers imputables à l’environnement.La deuxième leçon à tirer de cette expérience porte sur la nécessité d’améliorer nos organes de vigilance.Pendant beaucoup trop longtemps, on a réagi après l’événement.Il est inadmissible d’utiliser implicitement les travailleurs, ou la population, comme des cobayes pour évaluer les périls technologiques.Il faut, dans toute la mesure du possible, soumettre les produits chimiques à des essais exhaustifs avant de les utiliser dans l’industrie ou de les commercialiser, surtout en raison de la longue période de latence des cancers.Mais l’importance accordée aux études prospectives ne devrait diminuer en rien l’intérêt porté à la recherche épidémiologique.Au contraire, il faudrait étendre ce genre de recherche afin d’évaluer la situation actuelle et de s’assurer que les précautions à prendre seront efficaces.Les difficultés posées par les études épidémiologiques sont considérables, mais il faut les surmonter.Notons, par exemple, que l’utilisation des dossiers médicaux et des certificats de décès habituels fournirait probablement des renseignements incomplets et conduirait erronément à des conclusions négatives.L’étude du dossier du chlorure de vinyle permet d’en tirer d’autres leçons et fournit d’autres arguments en faveur de modifications64: — Il faudrait définir internationalement les risques technologiques.Leur gamme est si vaste que les Nations Unies, les sociétés multinationales et les fédérations syndicales devaient concerter les efforts en cette matière.Le monde du travail devrait s’y intéresser particulièrement, car les travailleurs ne sont généralement pas indemnisés pour une maladie découlant d’un risque technologique non reconnu officiellement.— Il faudrait que l’effort de recherche fondamentale, tant au Canada qu’à l’étranger, soit effectué par des scientifiques dégagés de tout intérêt financier dans l’industrie concernée.Les renseignements obtenus devraient être communiqués à tous les intéressés, quelle que soit leur nationalité.— Il faudrait effectuer une partie des recherches sur les produits chimiques dans l’ambiance professionnelle.En effet, la plupart d’entre eux sont essayés en l’absence d’autres produits, isolément, sans tenir compte de l’alimentation des travailleurs et d’autres facteurs indépendants du travail, tel 21 QUÉBEC SCIENCE — juillet 1977 l’état de santé, qui pourraient les rendre plus susceptibles à une substance particulière.Il faudrait entreprendre des recherches tant rétrospectives que prospectives: les premières pour identifier et corroborer tous les cas diagnostiqués d’angiosarcome primaire du foie, et pour évaluer leurs liens avec l’exposition au chlorure de vinyle, et les secondes pour évaluer la léthalité et la morbidité de l’exposition au chlorure de vinyle parmi les anciens travailleurs des usines de CPV, même s’ils n’ont montré aucun symptôme inquiétant65.— Il faudrait que tous les services médicaux nécessaires (y compris ceux de diagnostic) soient accessibles aux travailleurs, de façon à dépister les maladies du travail dès leur début.— Il faudrait informer les travailleurs, les syndicats et le public de la nature des effets nuisibles pouvant résulter de l’exposition à certaines substances ou phénomènes.Ils pourront ainsi décider si ce risque est acceptable.De plus, il faudrait publier ce genre de renseignement de façon à ce que les intéressés puissent reconnaître les maladies du travail ou de l’ambiance, et en identifier et analyser les causes pour y remédier.— Il faudrait faciliter l’échange de données entre sphères médicale et scientifique, Administration, secteur industriel, travailleurs et public, particulièrement en matière de santé.Les Administrations ont deux responsabilités importantes sur ce plan: assurer l’accès aux données qu’elles ont recueillies et obtenir la publication des résultats obtenus par d’autres.Nous proposons que le ministère du Travail soit l’organisme fédéral chargé de recueillir les données concernant la santé des travailleurs, peut-être grâce à certaines modifications au Code du travail.Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social et celui de l’Environnement devraient être chargés de la surveillance plus étendue de la santé publique.- Il faudrait que l’analyse de la corrélation entre degré d’exposition à des produits chimiques dangereux et leurs effets sur la santé se base sur des données fiables concernant l’exposition.Elles permettraient de choisir la nature, le genre et l’envergure des mesures nécessaires.— Il ne faudrait jamais définir restrictivement la maladie du travail.Il serait injuste de la restreindre à un seul type histologique, ce qui empêcherait un travailleur souffrant d’une maladie similaire d’être indemnisé.L’identification de nouveaux cancers professionnels souligne la nécessité de remanier la législation de l’indemnisation.La longueur de la latence d’un cancer professionnel dépasse souvent les délais de prescription légaux.— Il faudrait que les travailleurs et le public concernés participent pleinement à chaque étape du dépistage des risques technologiques.Ils doivent être informés des dernières découvertes en matière de sécurité dans l’industrie et le milieu ambiant.Les syndicats et les organismes s’occupant de la main-d’oeuvre, particulièrement, devraient participer à des rencontres paritaires avec les chefs d’industrie pour étudier les progrès de l’hygiène industrielle, de la surveillance et de la réduction des pollutions chimiques et, dans certains cas, pour élaborer de nouvelles techniques assurant la mise en oeuvre de toutes les mesures sécuritaires.— Enfin, il faudrait que les autorités compétentes promulguent des normes d’exposition maximale, et les appliquent.Ces normes, tout en tenant compte des risques admissibles, doivent être assez souples pour qu’on puisse les 22 adapter aux dernières données recueillies.Il faudrait aussi qu’on dispose des moyens de surveiller leur mise en oeuvre, car il s’agit plus de protéger la santé du public que de prouver l’efficacité des techniques de dépollution.Nous avons insisté sur les problèmes de la pollution des ambiances professionnelles par le chlorure de vinyle car, à l’extérieur, elle ne semble pas encore constituer un risque pour la santé.Mais il ne faut cependant pas négliger cet aspect.Selon les conclusions récentes de Maltoni, des teneurs atmosphériques en chlorure de vinyle inférieures à 1 millionième peuvent provoquer le cancer du sein.Il est donc nécessaire de remanier les normes de rejets atmosphériques et d’air ambiant.Le dossier du chlorure de vinyle suggère l’existence d’un péril causé par la multitude des produits chimiques présents dans les usines ou commercialisés.Nous connaissons bien peu leurs dangers, qu’il faudrait éclaircir par un effort constant de tous les intéressés: syndicats, patronat, services de santé.Administrations et collectivité scientifique.Les leçons données par le dossier du chlorure de vinyle ne doivent pas être perdues.La sécurité est onéreuse, mais la négligence coûte des vies. juillet 1977 — QUÉBEC SCIENCE Bibliographie 1.E J.Arnold, Technical Aspects of Vinyl Chloride in the Environment, étude réalisée pour le Conseil des sciences du Canada mai 1976 pp.7.8, 9 2.A B.Gibson, State of the Art Draft Report: Vinyl Chloride Emission Sources and Abatement Technology, Environnement Canada, Ottawa, avril 1976 3.E.J.Arnold, op.cit., pp.3, 4 4.EJ.Arnold, op.cit., p.5 5.Ibid.6.Chemical Week, 118 (25), McGraw-Hill Publications, New York, 23 juin 1976, p.17 7.M.J.Phillips, Medical Aspects of Vinyl Chloride, étude réalisée pour le Conseil des sciences du Canada, juin 1976, pp.1.2, 3 8.Verband Kunststofferzeugende Industrie, VC/PVC: An Example of a Problem Resolved, Francfort, R F A., 1975, p.9 9.M.J.Phillips, op.cit., p.3 10.Ibid., p.17 11.Ibid.12.Ibid 13.M.Grimard, P.Toft, G.S.Wiberg, Report of Task Force on Vinyl Chloride, Direction de l'hygiène du milieu, Santé et Bien-être social Canada.Ottawa, juin 1976, p.1 i 14.M.J.Phillips, op.cit., p.17 15.R.Williams, Government Regulation of the Occupational and General Environments in the U.K., C.S.A., and Sweden, with Particular Reference to Six Selected Hazards, Université de Manchester, août 1976, p.C50 16.M.J.Phillips, op.cit., pp.17, 18, 19 17.Ibid., p.5 18.S.Gauvain, «Vinyl Chloride», Proceedings of the Royal Society of Medicine, vol.69, avril 1976, p.275 19.M.J.Phillips, op.cit., p.9 20.Ibid., pp.4-10 21.Ibid., p.29 22.V.K.I., op.cit., p.12 23.M.J.Phillips, op.cit., pp.29, 30 24.Ibid.25.M.Grimard, op.cit., p.4 26.Ministère de la Santé de l’Ontario, Vinyl Chloride Monomer, Fiche technique 21, Direction de la planification de la santé des travailleurs, septembre 1976, p.1 27.E.J.Arnold, op.cit., p.16 28.Plastics Industry Council.Some Facts About Vinyl Chloride Monomer and Polyvinyl Chloride, Don Mills, Ont., 15 mars 1975, p.4 29.E.J.Arnold, op.cit., pp.17, 18 30.V.K.I., op.cit., p.21 31.Environmental Health and Safety News, Vinyl Chloride Investigation, Université de l’État de Washington, Seattle, U.S., décembre 1975, p.6 32.M.Grimard, op.cit P- 15 33.Plastics Industry Council, op.cit., p.6 34.M.Grimard, op.cit., p.12 35.Plastics Industry Council, op.cit., p.7 36.E.J.Arnold, op.cit., p.12 37.C.Clutterbuck, «Death in the plastics industry».Radical Science Journal, vol.4, Londres, R.-U., 1976, p.63 38.E.J.Arnold, op.cit., pp.12, 13 39.V.K.I., op.cit., p.10 40.C.Clutterbuck, op.cit., pp.64, 65; M.J.Phillips, op.cit., p.33 41.Ibid.42.V.K.I., op.cit., p.12 43.British Medical Journal, «Vinyl Chloride: the carcinogenic risk», 17 juillet 1976, p.135 44- C.Clutterbuck, op.cit., p.65 45.M.J.Phillips, op.cit., p.34 46.E.J.Arnold, op.cit., p.13 47.Chemical and Engineering News, «Emission limits set for vinyl chloride», vol.54.no 45, 1er novembre 1976.p.5 48.Environmental Health Letter, 1er décembre 1976, p.5 49.B.Doern, Regulatory Processes and Jurisdictional Issues in the Regulation of Hazardous Products in Canada, étude réalisée pour le Conseil des sciences du Canada, août 1976.pp.139, 140 50.E.J.Arnold, op.cit.p.13 51.Summary of the Non-Public Seminar on Vinyl Chloride, Conseil des sciences du Canada.Ottawa, 6 juillet 1976, pp.6.7 52.D.V.Hamilton, Position Statement re Vinyl Chloride, Dow Chemical Ltd., Sarnia, 6 mai 1976, p.1 53.Plastics Industry Council, op.cit., p.5 54.C.Clutterbuck, op.cit., p.66 55.E.J.Arnold, op.cit., p.21 56.D.V.Hamilton, op.cit., p.I 57.Plastics Industry Council, op.cit., p.5 58.Ibid.59.E.J.Arnold, op.cit., pp.17-19 60.«Getting out the last traces of VC M», Chemical Week, 119(6) llaoût 1976, p.35 61.E.J.Arnold, op.cit., p.21 62.Plastics Industry Council, op.cit., p.5 63.G.P.Thériault, P.J.Jacob, «Distribution of primary cancers in the Province of Quebec», Canadian Medical Association Journal, vol.112, 8 février 1975, p.305 64.C.Levinson, «The Malevolent Workplace», Ambio, vol.4.no 1 1975 pp.26, 27 65.P.J.Baxter, «Epidemiological Studies», Proceedings of the Royal Society of Medicine, vol.69, avril 1976, pp.297-299 23 QUÉBEC SCIENCE - juillet 1977 Le Comité des contaminations industrielles dangereuses du Conseil des sciences Président: Dr David V.Bates, Membre du Conseil des sciences, Doyen de la faculté de médecine Université de la Colombie-Britannique.Membres: M.John E.Akitt, Vice-président général, Esso Chemicals.M.Gordon C.Butler, Directeur, division de la biologie, Conseil national ae recherches.M.James H.Ham, Chef du département d’ingénierie.Université de Toronto.F.Kenneth Hare, Directeur de l’Institut des études sur l’environnement, Université de Toronto.M.Terence G.Ison, Professeur, faculté de droit, Université Queen’s, Ancien directeur de la Commission des accidents du travail, Colombie-Britannique.Dr A.J.Nantel, Directeur, Centre régional de toxicologie, Université Laval, Québec.M.Cornelius Reimer, Directeur général, Oil, Chemical and Atomic Workers Union.Dr H.Rocke Robertson, Membre du Conseil des sciences, Ancien président de l’université McGill.Ce dossier a été préparé par M.J.Basuk, conseiller scientifique.Ce supplément, imprimé sur du papier contenant 50 pour cent de fibres désencrées et recyclées, a été payé par le Conseil des sciences du Canada.© Conseil des sciences du Canada 1977 Conseil des sciences du Canada 150 Kent Ottawa, K1P5P4 Ontario sjsj 24
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