Québec science, 1 janvier 1978, Mai
$1.75 LE D’ÊTRE TROP GROS v '-¦v'^îjrF , .COMMENT MOURIR SITRfbEPTION: AUX GRANDS MAUX LES GRANDS R&ÿ CHINE: UN NOUVEAU BOND EN AVANT DES INSECTICIDES: DES ARMES À DOUBLE TRANCHANT ¦ ¦ NOUVEAU CONTRETEMPS Une des principales erreurs de notre temps est de croire résolu le problème de la production.Le système industriel moderne épuise chaque jour un peu plus les richesses sur lesquelles il s'est édifié: les ressources fossiles, les marges de tolérance de la nature et l’espèce humaine elle-même.Pour éviter une catastrophe, nous devons susciter un nouveau style de vie et de nouvelles habitudes de consommation.Les structures sont devenues trop grandes: organisations, hôpitaux, écoles, gouvernements., rien n'est plus à la mesure de l'homme, qui se sent perdu.Afin de redonner à ce dernier le sens de ses responsabilités et la possibilité de s'épanouir dans son travail et sa vie quotidienne, l'auteur propose d'adopter une technologie intermédiaire utilisée dans le cadre de plus petites unités de travail décentralisées, permettant de tirer parti de la main-d'oeuvre et des ressources locales.C'est en se référant à la petitesse naturelle de la race humaine que E.F.Schumacher, stigmatisant la tendance actuelle au gigantisme, affirme: «Small is beautiful», expression devenue slogan dans le monde anglo-saxon.Ernst Friedrich Schumacher (1 91 1 -1 977), économiste britannique d'origine germanique, fut conseiller économique du British National Coal Board de 1 950 à 1 970.Il fut par ailleurs consulté par de nombreux gouvernements du tiers monde.Créateur du concept de technologie intermédiaire, il sut mettre en pratique sa théorie et ouvrit des centres de développement des techniques intermédiaires dans de très nombreux pays.Ses ouvrages ont un grand retentissement aux États - Unis et en Grande -Bretagne.Jerry Brown, le gouverneur «écologiste» de Californie, a fait de Small is beautiful son livre de chevet et Jimmy Carter lui-même, après avoir reçu E.F.Schumacher à la Maison-Blanche, s'écrie aujourd'hui «Small is beautiful».Ce volume est aussi en vente dans les librairies le Seuil L O H Contretemps / Le Seuil EF SCHUMACHER A m ^ ; vI JaK Une société mesure de l'hc s®* œ*.SMALL IS BEAUTIFUL, 320 pages, $11.9E Veuillez me faire parvenir.exemplaires de SMALL IS BEAUTIFUL au prix de $11.95 chacun Vous trouverez ci-joint ?un chèque ou ?un mandat postal au montant de.Nom: .Adresse: .Code postal: .Téléphone: .II., DIFFUSION DIMEDIA INC., 539, boulevard Lebeau, Ville Saint-Laurent, Québec H4N 1S2 (514)336-394' i \ f f QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 3 Sommaire Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l’Université du Québec avec lesoutien du ministèrede l’Éducation du Québec et le Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1978 Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti; LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE.C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 f © Copyright 1978 — le magazine Québec Science - Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de THydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Brasserie Labatt Limitée M.Maurice Legault président La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny Louis de Bellefeuille adjoints à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Marie Prince-Giasson promotion et publicité Patricia Larouche administration, composition et secrétariat Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur liée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 1 2 numéros) Régulier: $1 7.00 Groupe (10 et plus): $1 5.00 A l'étranger: $21 00 A l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 Les chèquesou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 6 La tête en fleur 9 Recherche appliquée Un institut de génie des matériaux au Québec Cancer Le marché de l'espoir 12 Formation professionnelle Le biologiste ce méconnu 13 Astronomie La vérité sur Phobos 47 Prospective De nouveaux scénarios pour l'avenir du Québec 48 Médecine Les mauvais conseils d’une industrie satisfaite 49 Histoire Le Moyen-Âge, un tournant dans la vie des femmes 50 Art dentaire Soigner les gencives pour sauver les dents 52 Pharmacologie Des pilules à tête chercheuse 54 Temps pleins 55 Parutions récentes 57 En vrac 16 Le mal d'être trop gros Luc Chartrand L’obésité, considérée depuis toujours comme une maladie, apparaît maintenant comme un symptôme commun à une multitude de maux 21 Comment mourir Diane Hardy Une entrevue avec un historien des mentalités, Philippe Ariès, qui a étudié surtout celles qui entourent la mort 25 Contraception: aux grands maux les grands remèdes Nicole M.Gratton La Québécoise qui veut s'assurer une contraception efficace et permanente, fait de plus en plus appel à la stérilisation 31 Chine: un nouveau bond en avant Michel G auquel in Pour avoir un pays socialiste puissant et prospère en l'an 2000, les Chinois entreprennent aujourd'hui les «4 modernisations», dont celle des sciences et des techniques 39 Des insecticides: des armes à double tranchant Jean-Pierre Drapeau Pour contrer l'avance de la tordeuse des bourgeons de l'épinette, les arrosages avec les insecticides chimiques ne semblent plus l'arme idéale 4 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE » COURRIER.RÉPONSE A M.MARMET AU SUJET D'EDGAR MORIN Vous ayant connu personnellement, à l'occasion de mes études en physique, et ayant une grande admiration à la fois pour la qualité de vos travaux de recherche et l'excellence de votre enseignement, j’ai été fort déçu de votre lettre, publiée dans Québec Science en mars dernier.(.) Oublions d'abord le mépris que vous semblez porter au fait qu'un sociologue discute de physique.A une époque où on parle d'interdisciplinarité, et où on manque si cruellement de vision d'ensemble, cet effort constitue plutôt un point méritoire qu'une tare, et j'espère que vous ne resterez pas longtemps de cette catégorie de savants qui croient qu'il faille avoir 30 ans de recherches dans un domaine gros comme un pois pour en parler en public.Apprenez qu'un homme intelligent, qui consacre trois à cinq ans de sa vie à rencontrer des physiciens, des biologistes et des chercheurs en sciences humaines peut obtenir de l'ensemble de ces trois disciplines, une vision plus exacte que la vôtre, centrée essentiellement sur un secteur particulier de l'univers atomique.«Pourtant, comme sociologue, il prétend préconiser des idées scientifiques meilleures que celles de Kepler, Galilée, Copernic, Newton et Laplace», dites-vous.Mais pas du tout.Tout ce que propose Morin (selon le journaliste Bernard Levy), c'est de rompre avec la rationalité trop bien huilée de ces grands penseurs.Que signifie cette proposition?Tout simplement que si la rationalité simplifiée de la science classique (la relation cause-à-effet linéaire; le fait de considérer les phénomènes comme s’il s’agissait de systèmes isolés, sans interaction avec l'extérieur; le fait de considérer les problèmes à plusieurs corps comme une superposition de problèmes à deux corps; etc.) a donné de grands résultats, elle a aussi conduit à des contradictions apparentes, et des incapacités de comprendre les systèmes plus complexes comme ceux de la biologie et de la sociologie.Ce que propose Morin, c'est de ne pas renoncer aux contradictions, de les voir comme inhérentes au monde qu’on étudie, et justement de partir de ces contradictions apparentes pour tenter de mieux comprendre les lois de la nature, lorsque leur interdépendance ne permet pas de les isoler aussi facilement qu'on lefaisait dans la science classique.Cette démarche n'a rien de novatrice en soi.N'est-ce pas ce qu'a fait Einstein en affirmant le premier qu'il n'y avait pas de raison de rejeter l'hypothèse selon laquelle la lumière était à la fois onde et particule?N'est-ce pas ce qu'a fait plus récemment la physique atomique en admettant simultanément une causalité directe et une causalité statistique, une interpréta- tion physique et une interprétation probabiliste, dans toutes ses équations.(.) Voilà donc ce que Morin appelle une «rationalité de la contradiction».Les contradictions, soutient-il, ne sont que des apparences qui peuvent être comprises, justifiées.Et cette compréhension issue de la résolution des contradictions constitue l'essentiel de sa «méthode».Elle ne contredit pas Kepler et les autres.Elle les généralise.Elle leur permet de demeurer vrais non seulement dans le domaine particulier de la physique des systèmes clos, qu'ils ont toujours étudiée, mais au-delà d'elle, dans l'ensemble des choses réelles, vivantes ou non, complexes ou non, etc.Deuxième attaque: «le titre est faux».Vous affirmez péremptoirement que n'est scientifique que ce qui est certain.Je vous corrigerais: n'est scientifique que ce qui est démontré.Mais la certitude est affaire de conviction.Si un physicien démontre que deux corps se comportent toujours d'une certaine manière, décrite précisément par une loi, la description devient «scientifique».Elle est démontrée.Mais il est de l'essence même de la démarche scientifique de se voir prêt à tout remettre en question à la première exception, justement selon le principe que vous énoncez: «toute exception détruit une règle».Voilà pourquoi on peut dire que la science ne saurait être le domaine des certitudes.Tout y est, par définition, en instance de fausseté.Et n'est considéré comme valable que ce qui n'a pas encore été trouvé faux.Vous mentionnez la conservation de la matière-énergie, du mouvement linéaire et angulaire, mais vous avez omis de mentionner la loi de la conservation de la parité.justement parce que celle-là, on a réussi à la mettre en défaut! Non, la certitude est l'ennemie de la science.Et si Einstein (encore une fois) avait été certain des lois de Newton, on en serait encore à la vision du monde d’il y a cent ans! Depuis Descartes, le doute méthodique fait partie de la science autant que la loi de la causalité.Le titre de l'article ne voulait pas dire autre chose.Troisième attaque: «Le but de la science n'est pas de simplifier la vie, mais plutôt de comprendre».Je passe sur ce point, puisque vous êtes si merveilleusement d'accord avec le sociologue Morin, qui veut justement qu'on cesse de simpli- AVIS Nous vous prions de noter que les photos accompagnant l'article «Le retour des couleurs naturelles» (avril 1978) et créditées à Jean-Pierre Martin, doivent en fait être créditées à M.Jacques Corriveau.Nous devons à M.Martin la photo de la page 1 6.fier pour adopter une méthode scientifique de compréhension du complexe.Quant à votre exemple de la simplicité pour un adulte de comprendre que le fait de déplacer une chose en change la localisation, il démontre simplement que vous n’avez rien compris des propos tenus entre le journaliste et le sociolo-logue.et que peut-être vous n'auriez pas compris le merveilleux livre de Morin, si vous l'aviez lu! Dommage! Je vous laisse réfléchir là-dessus, en vous conseillant malgré tout de la lire, cette «méthode».Vous trouverez les premières pages, celle de la présentation du projet, d'un tel niveau d'abstraction et d'embrouillement que vous voudrez abandonner.Mais continuez! Car au-delà de ces premières pages, vous apprendrez à découvrir qu'un homme a pu, grâce à une équipe nombreuse et multidisciplinaire, rendre accessible une connaissance vaste, véritable encyclopédie de notre vision du monde moderne.Il ne vous apprendra peut-être pas grand-chose en physique de l'atome.Mais dans le reste, beaucoup! Et surtout, il vous apprendra à ne pas dédaigner un homme simplement parce qu'il est sociologue et s'intéresse aussi à la physique, qu'il soutient que rien n'est certain, et que rien n'est simple, que la rationalité linéaire doit désormais être élargie pour analyser les systèmes complexes, et que la meilleure méthode pour y parvenir, c'est d'utiliser les contradictions du monde comme base de notre effort de compréhension.Pierre Sormany, Rédacteur scientifique et diplômé en physique.¦ I 1 !i J: » 9 r: I )¦ ! 1 É I b h ¦y ., te.' B: j Bii !ï; 1:1 : * ïï i •::: I i"f I s il he ! ;?i.13 !ir:' ! l'i ;y :L: y- LIGATURE VERSUS VASECTOMIE On lit assez souvent dans différentes revues d'information et d'actualité des articles (plus ou moins scientifiques) qui expliquent en long et en large les inconvénients de la vasectomie.Par contre, je n'ai jamais trouvé d'articles du même genre sur la ligature des trompes.Les gynécologues sont (comme d'habitude) assez muets, rébarbatifs ou ignorants quand on risque une question un peu précise sur ces sujets.Il me paraît urgent qu'une revue comme la vôtre publie un article sur les effets secondaires de ces deux genres de contraceptions radicales (tableau comparatif, statistiques, etc.).i S ?:*Si '"•i % bi, îç m Mme E.Poinlane Saint-Nicolas %, L article de Mme Nicole M.-Gratton publié dans le présent numéro démontre l'importance qu'a pris pour la Québécoise la stérilisation comme moyen de contra ception.Cet article répond probablement à quelques-unes de vos questions, et aussitôt que l'occasion se présentera, nous publierons sûrement d'autres articles sur le sujet 5 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 • •• COURRIER in1 UNE INEXCUSABLE NÉGLIGENCE J'ai été bien étonné et même choqué de prendre connaissance de l'article sur la pollution: «La bonne volonté ne suffit pas», paru dans Québec Science, volume 16, numéro 7, mars 1978.Mon mécontentement ne vient pas de la qualité de l'article, mais plutôt de son contenu.Pour en venir au fait, il s'agit de «l'incident» qui s'est produit dans les rivières Moisie et Pékans.La compagnie Québec-Cartier qui dit avoir laissé échapper ses eaux usées de minerai de fer dans ces cours d'eau; et bien je me suis mis en «beau maudit» devant l'inexcusable négligence de cette compagnie ainsi que devant l'inertie gouvernementale devant ces faits.Ce minerai de fer dans l'eau précipite sous forme de Mn02 (précipité brun noir) et de Fe(OH)2 ou 3 (précipité rouille), on dit que c'est non toxique mais inesthétique.Cependant, en considérant que, normalement, la concentration de ces cations dans l'eau des rivières est négligeable, soit de l'ordre de 0,1 à 0,8 ppm pour leferetpratiquementnullepour le manganèse, est-ce que, en concentration excessive, cela ne risque pas de causer des désordres écologiques importants?En tout cas, les saumons n'apprécient sûrement pas.Les rivières de la Basse Côte-Nord sont une richesse formidable pour nous, formidable parce qu'elles sont «relativement» vierges.La sottise «industrielle» ne doit-elle pas être contrôlée et contenue par qui de droit, en occurrence le gouvernement?Je pense donc que la «bonne volonté» de ceux qui s'inquiètent devant ces faits ne suffit effectivement pas à contrebalancer la quasi-absence de «bonne volonté» des pollueurs industriels.Québec 00 * Louis Saint-Cyr ^ ' «s Ifli' iOfifi [»¦ ¦r ; ¦ SANS FOLICHONNERIE En voyant le titre, «Le temps des phoques», je me suis empressé de trouver lé page et de lire cet article.Et je n'ai pas été déçu.Enfin un article qui couvre entièrement le problème, sans folichonnerie.Cet article, couvrant le plan économique, écologique et émotionnel, est le meilleur que j'ai jamais lu sur le sujet.La mise au point était importante et devait 2tre faite.Maintenant, ceux qui ont lu cet article connaissent beaucoup mieux le sujet.Il serait temps que l'on mette à leur ilace ceux qui sont en mal de publicité Dans Le Devoir (lundi, le 6 mars 1 978, )a9e 7), on parle des bouffons qui vont >arcourir les États-Unis et le Canada >our leur campagne de protection du ihoque.Je ne crois pasen leurtravailqui tient beaucoup plus du «show business» que de la protection.Pourquoi faire passer les chasseurs, qui veulent gagner leur vie, pour des assassins?C'est ridicule.Un article comme le vôtre est beaucoup plus valable.On peut voir le problème sans avoir de parti pris.Laurier Riopel Montréal UN COUP A RATÉ LA CIBLE Dans votre numéro de mars, un article intitulé «Temps pleins» et signé Félix Maltais comporte une petite erreur.Dans le problème «Concours de tir», si on fait la somme des points de la cible, on n'obtient que 203 points, ce qui nous empêche de poser comme prémisse l'égalité des trois tireurs.François Tôth Granby Le total des points doit en effet être de 213.Trois coups, au Heu de deux, ont atteint ia zone des 10 points.AVEC UNE RÉSERVE POMPÉE Je lis régulièrement votre revue et dans le volume 1 5, numéro 11 (mois de juillet 1 977), il y avait un article sur «Les centrales à réserve pompée».Je fais un projet de science sur ce sujet et je me demandais si vous pourriez m'envoyer des informations sur leurs fonctions et comment en faire une petite.Maurice Boudreau Kapuskasing, Ontario L'article auquel vous faites référence est en fait un pubH-reportage de THydro-Québec.Cette société d'État est sûrement la meilleure source d'informations sur ce sujet.Vous pouvez communiquer avec elle en écrivant à son siège social situé au 75 ouest, rue Dorchester, Montréal.UNE BONNE NOUVELLE QUI N’ARRIVE PAS SEULE Nos abonnés auront certes remarqué que, depuis le mois dernier, Québec Science leur parvient sous emballage plastifié.De plus, l'étiquette d'adressage se trouve désormais apposée sur un carton.Cette formule évitera donc à nos lecteurs de recevoir des exemple ires détériorés et, surtout, leur permettra de collectionner Québec Science sans que les pages couvertures soient «polluées» par un collant d'adressage.Pourquoi un emballage de plastique plutôt qu'une enveloppe de papier?À cause des exigences de la mécanisation: les machines servant à pareils emballages sont en effet conçues exclusivement pour le plastique.Comptez sur nous pour rester à l'affût de toute innovation moins polluante! Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, deux collaborateurs de Québec Science, François Picard (à gauche sur la photo) et Pierre Sormany, ont reçu, le 3 avril dernier, le prix canadien d'excellence en journalisme scientifique 1977 et le prix canadien d'excellence en journalisme médical 1977.L'article de François Picard qui a reçu le prix de journalisme scientifique décerné annuellement par le ministère d'État, Sciences et Technologie et accompagné d'une bourse au montant de $1 000, a été publié dans notre édition d'avril 1977 sous le due.L'avenir du passé.De son côté, PierreSormany a reçu le prix de journalisme médical décerné par la compagnie de produits pharmaceutiques Ortho, pour sa série de deux articles intitulée: Les fronts du cancerparue dans nos éditions de septembre et d'octobre 1977.À noter que Pierre Sormany partage ce prix avec Tim Patmore du quotidien VancouverSun, le jury ayant décidé que les textes des deux journalistes méritaient également le prix.Enfin, (jamais deux sans trois!) c'est le 15 avril dernier que paraissait le premier numéro du magazine Science Forum dont Québec Science est devenu l’éditeur à la suite d'une entente d'une durée de trois ans, consacrant par là même le savoir-faire de QuébecScience dans le domaine de l'édition scientifique.Avec son tirage mensuel de 25 000 exemplaires, Québec Science est en fait (et de loin) le plus gros magazine scientifique au Canada.Science Forum, avec un tirage de 2 800 exemplaires, venait en seconde place.Publié depuis dix ans par les Presses de l'Université de Toronto, Science Forum se consacrait surtout aux commentaires sur l'actualité et la politique scientifiques.À la suite de sa prise en charge par Québec Science, il devient un magazine d'information et sa formule rédactionnelle sera adaptée aux besoins du marché canadien.Science Forum continuera de paraître six fois l'an et sera dorénavant distribué dans les kiosques à journaux des principales villes canadiennes.On peut aussi se procurer Science Forum en s'adressant à Québec Science. mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE Thérèse Dionne et Bernard Dupuis La fête du printemps (fin Le mois dernier, nous avons esquissé les grands principes de l'aménagement paysagiste.Nous avons vu que les végétaux — arbres, arbustes, conifères — jouent un rôle primordial parmi les éléments du décor.Bien qu'ils aient plusieurs qualités en commun, il existe quand même une différence entre eux.On appelle arbres tous les végétaux qui atteignent de 6 à 7 mètres (arbres de petite tail le) jusqu'à 20 mètres ou plus (arbres de grande taille).La plupart des espèces ont un tronc unique dégarni de branches sur une certaine hauteur.Les grands arbres conviennent mieux aux maisons à deux ou plusieurs étages et aux grands terrains tandis que les arbres moyens ou petits encadrent plus harmonieusement les maisons basses.Les conifères forment un groupe bien particulier parmi les arbres d'ornement.Leur feuillage persistant, échelonné tout le long de leur tronc, en fait à toute fin pratique les seuls arbres qui soient verts durant la saison d'hiver sous notre climat.Les grands conifères s'emploient en isolés, en massifs ou en haies, et les sujets moyens ou bas, en plantes de base pour la décoration des abords immédiats de la maison ou des rocailles.Les arbustes poussent plutôt en touffes ou buissons ramifiés à partir du sol.Leur hauteur peut varier de 30 centimètres pour les plus petits jusqu'à 4 à 5 mètres pour les plus grands.Les arbustes qui peuvent atteindre leur maturité aussi rapidement que cinq ans après leur plantation sont tout désignés pour donner plus d'intimité aux propriétés et dissimuler les objets inesthétiques.Ils servent à adoucir les angles aigus des maisons, cacher les fondations, délimiter les différentes zones du jardin, etc.Si l'on veut obtenir de réelles satisfactions des plantations d'arbres et arbustes, il faut choisir les espèces qui conviennent aux conditions climatiques du milieu.La rusticité L'Institut de recherches pédologiques du ministère fédéral de l'Agriculture a publié une carte de rusticité pour tout le Canada.(La rusticité, en parlant des végétaux, est une mesure de la résistance au froid et aux intempéries.) Les provinces y sont divisées en zones qui vont de 0 pour les régions les plus froides à 9 pour les plus chaudes, les zones désignées A étant plus froides que celles désignées B.Sept-îles est dans la zone 2B et Noranda, 2A; Normandin, dans la zone 3A et Mont-Joli, 3B; Sainte-Agathe, Sherbrooke et Gaspé dans la zone 4A et Trois-Rivières et Québec, 4B; Ottawa dans la zone 5A, Montréal — zone 5B.Les arbres et arbustes achetés en pépinière sont codés selon leur rusticité; ce qui Planter au bon moment La plupart des arbres, les arbustes et les conifères peuvent être transplantés au printemps ou à l'automne.Quelques exceptions: saules, peupliers, bouleaux et érables argentés ne se plantent qu'au printemps.Au printemps, la transplantation peut se faire aussitôt que le sol est dégelé et suffisamment sec pour se travailler.On obtiendra de meilleurs résultats si l'on transplante avant l'apparition des nouvelles pousses.À l'automne, la transplantation des conifères peut débuter à la mi-août mais doit se terminer au moins six semaines avant la gelée du sol.On permettra ainsi aux racines de bien s'établir et on évitera le déchaussement par le gel.Les arbres et arbustes à feuilles caduques se transplantent après la tombée des feuilles jusqu'au gel.Depuis quelques années, on peut se procurer des plants en contenants, ce qui prolonge la saison de plantation.On peut très bien transplanter avec succès un arbre pris en forêt, à la condition de choisir un spécimen de taille modeste croissant à découvert plutôt que dans un peuplement.Il est préférable de le soulever et de le transporter avec une motte de terre pour prévenir la perte de petites racines nourricières (radicelles) et pour garder les racines maîtresses à l’humidité.Qu'un arbre vienne de la pépinièreou de la forêt, en aucun temps les racines ne doivent rester exposées au soleil et au grand vent.Si l'on ne peut le planter la journée même, il faut le placer en terre dans une jauge temporaire.L'idéal, c'est de le planter par une journée sombre et humide.Il est préférable que les fosses destinées à recevoir les plants aient été creusées et le sol préparé avant même d'aller les chercher, de sorte que soit réduit le délai avant le moment de la transplantation.«Savez-vous planter les choux.?» Il faut d'abord creuser une fosse qui soit suffisamment grande pour loger les racines, de sorte qu'elles soient bien étendues et non repliées sur elles-mêmes.S'il s'agit de plants avec motte de terre, comme les conifères, il faut qu'il y ait au moins 1 5 centimètres de terre arable autour de la motte.La fosse devrait donc avoir au moins de 60 à 100 centimètres de diamètre par 50 à 60 permet à chacun de choisir selon la région qu'il habite.Ainsi, les espèces Acer Saccharum (érable à sucre, zones 4 à 9); Fraxinus Americana (frêne d'Amérique, zones 3B à 9); Quercus Rubra (chêne rouge, zones 3 à 9) et Betula Papyrifera (bouleau à papier, zones 2 à 9) sont des essences de grande taille qui sont rustiques pour à peu près toutes les régions, c’est-à-dire qu'elles peuvent y croître.Ceci ne veut pas dire cependant que l'Acer Platanoides (érable de Norvège, zones 5 à 9) ne vivra pas dans une région comme celle de Québec (4B), surtout s'il est placé à l'abri des grands vents du nord, reste qu'un arbre dont l'indice de rusticité estsupérieur à celui d'une région donnée sera dangereusement exposé aux rigueurs de l'hiver; un abaissement de température en-deçà du seuil minimum supporté par cet arbre peut le faire mourir.Un indice d'un autre ordre peut nous indiquer quelles espèces d'arbres ont le plus de chances de survie.C'est l'observation des espèces indigènes qui se développent bien dans les boisés environnants.Notre choix étant fixé maintenant sur les arbres, arbustes ou conifères quant à leur rusticité, libre à chacun de choisir selon la forme, la hauteur, la couleur et la floraison.Nous sommes prêts pour la transplantation.?‘ \ S Hl.ton j QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 tige principale TAILLE APRÈS LA TRANSPLANTATION 1 5 cm de sol arable sol arable sous-sol I > COMMENT PLANTER UN ARBRE de profondeur.En creusant, on sépare la terre arable de surface, qu'on place d'un côté de la fosse, de la terre du sous-sol, qu'on élimine si elle est stérile.Ceux qui projettent de construire une maison devraient voir à faire mettre de côté par l'excavateur la terre de surface qui s'est enrichie au cours des ans.Malheureusement, cette bonne terre, qui peut avoir de 20 à 25 centimètres d'épaisseur, est souvent gaspillée et rendue inutilisable parce qu'elle a été mélangée à la terre du sous-sol.L'expérience montre qu'un sous-sol stérile mis en surface par excavation met 20 ans à acquérir une fertilité moyenne.Au coût actuel des chargements de terre arable, ça vaut la peine d'y voir.Une fois la fosse creusée, si l’on découvre que le fond semble imperméable il faut le défoncer avec une barre de fer ou un pieu pour faciliter le drainage.La bonne terre devant servir à remplir le trou doit être mélangée avec du fumier bien décomposé ou du fumier pulvérisé du commerce et de la mousse de tourbe dans les proportions de une partie de fumier et une partie de mousse de tourbe pour trois parties de terre.Le compost fera tout aussi bien l'affaire —vous serez peut-être surpris des résultats! Pour assurer à l'arbre plus de stabilité et éviter que le vent en le secouant ne brise les radicelles à mesure qu'elles se forment, il est préférable de placer un tuteur solidement enfoncé avant la plantation.S'il s'agit d'un grand conifère, tenez-le en position au moyen de trois fils de fer attachés au tronc par un collier de caoutchouc et fixés au sol sur trois piquets disposés en triangle.Remplissez la fosse avec la terre enrichie de manière à ce que la motte de terre ou les racines bien étendues soient enterrées à une profondeur de 2,5 centimètres de plus qu'elles ne l'étaient auparavant.N'oubliez pas de détacher le jute qui entoure les mottes tout en évitant de désagréger la terre qui entoure le faisceau de racines.Tassez au pied la terre pour qu'elle soit en contact direct avec les racines.Une fois le trou comblé, nivelez à la pelle en laissant une légère dépression au centre pour permettre à l'eau de couler vers la plante.Arrosez généreusement afin d'affermir le sol.Répétez l'arrosage en profondeur à tous les cinq ou six jours.L'application d'un paillis au pied des arbres et arbustes transplantés aide à conserver l'humidité et empêche la croissance des mauvaises herbes.Attachez l'arbre à son tuteur au moyen d'un collet de caoutchouc, jamais avec de la broche ou de la corde, lesquelles blessent l'écorce des arbres.Pour diminuer les pertes d'eau par transpiration, entourez le tronc des arbres à feuilles caduques de bandes de jute disposées en spirale à partir de la base jusqu'à la naissance des premières branches.Dernière étape de la transplantation, la taille des plants.Pour les arbustes à feuilles caduques, il est bon d'enlever le tiers de la pousse de l'année précédente, ainsi que les branches fines et faibles.Taillez les arbres à feuilles caduques de façon à enlever un quart de la pousse de chaque branche, tout en ayant soin de ne pas endommager la tige principale.La plupart des conifères requièrent très peu de taille lors de la transplantation.Il suffit d'égaliser le bout des branches.Pour en savoir plus SherkC.et Buckley A , >4r6tysfes ornementaux pour le Canada, ministère de l'Agriculture, Ottawa Liste d'arbres ornementaux pour le Canada, ministère de l'Agriculture, Ottawa (publication 1343) La transplantation des arbres et des arbrisseaux.Service de la Recherche sur les plantes ornementales, Ferme expérimentale centrale, Ottawa (publication 1168) Roland Gilbert, Les arbustes, ministère de l'Agriculture, (publication 244), Ottawa Hydro-Québec Produire l’électricité Une sécie expliquant les divers procédés actuellement employés dans le monde pour produire l'électricité et ceux qu'on est à mettre au point.Les centrales marémotrices Les marées Les marées sont dues à l'action combinée de la rotation de la terre et des forces gravitationnelles lunaire et solaire.Selon le phénomène de l'attraction universelle, la lune exerce sur la terre une force d'attraction permanente.Cette force soulève légèrement les eaux des océans sur la partie de la terre qui est dirigée vers la lune.L’eau est également soulevée aux antipodes à cause de la force centrifuge qui s'exerce dans l'axe lune-terre par suite de la rotation des deux astres l’un autour de l'autre.La rotation de la terre sur elle-même a pour effet de déplacer sur la surface terrestre le point d'application de la force gravitationnelle lunaire et celui de la force centrifuge opposée, créant ainsi un déplacement d'eau.Les marées freinent imperceptiblement la rotation de la terre qui constitue donc la source véritable de l'énergie marémotrice: c’est l'énergie de rotation perdue qui permet le mouvement des eaux.La gravitation solaire, deux fois moindre à cause de la plus grande distance, joue de la même façon.Les plus fortes marées surviennent quand la lune et le soleil forment une droite avec la terre, parce qu'alors les effets s'additionnent.Les plus faibles s’observent quand la lune et le soleil sont à angle droit par rapport à la terre.Le principe de fonctionnement Lorsqu'il est question de mettre à profit les déplacements d’eau que représentent les marées pour produire de l'électricité, il est naturel de penser à la technologie bien connue des centrales hydroélectriques classiques.Les centrales marémotrices font appel au même principe général.L’eau est amenée à s'écouler à travers des conduites où elle actionne des turbines qui, à leur tour, font tourner des alternateurs.Les alternateurs transforment en électricité la plus grande partie de l'énergie qu'ils reçoivent de cette façon.Les conditions propres dans lesquelles se produisent les déplacements d'eau des marées dictent toutefois les nombreuses modalités qui différencient les centrales marémotrices.Des difficultés Certaines difficultés sont inhérentes au caractère cyclique des marées.Il y a alternance du sens de l'écoulement des eaux, et cela selon un horaire qui varie d une journée à l'autre.Les marées se modèlent sur le cycle lunaire alors que la demande d'électricité à satisfaire épouse le cycle solaire.L'amplitude des marées est faible en regard de l’objectif poursuivi.On sait que la puissance obtenue d'une turbine hydraulique dépend de la hauteur de chute et du débit.Les plus hautes marées sont de 16 mètres alors qu'une centrale hydroélectrique classique de faible chute comme celle de Beauharnois qui exploite principalement un fort débit présente une chute de 25 mètres.LUNE TERRE OCÉANS A: Force gravitationnelle B: Force centrifuge bassin barrage turbo-alternateur ü du type bulbe Une centrale marémotrice De plus, la dénivellation créée par la marée varie au cours d'un cycle et d'un cycle à l'autre.Les centrales marémotrices doivent donc recourir à un très fort débit et ne peuvent offrir mieux qu'une puissance qui fluctue suivant les variations de la hauteur de chute.À moins d’un aménagement très spécial, la puissance est même nulle pour une importante partie du cycle.Les centrales marémotrices sont coûteuses parce que le besoin d’un fort débit va de pair avec un aménagement de grande envergure.L'adoption de diverses solutions pour parer au problème de l'intermittence des marées ajoute considérablement aux coûts.Le coût de l'électricité produite par une centrale marémotrice est de beaucoup supérieur à celui de l'hydroélectricité ordinaire.Il faut encore souligner la salinité de l'eau de mer qui entraîne des problèmes de corrosion et des coûts additionnels.Des solutions Les emplacements propices à l'aménagement d'une centrale marémotrice sont peu nombreux.C'est normalement dans les estuaires, certaines baies et les bras de mer bien encaissés qu'on observe les plus grandes dénivellations entre la marée haute et la marée basse.Un barrage est construit pour délimiter un bassin qui se remplit avec la montée des eaux.L'eau est retenue lorsque la mer se retire et on la laisse redescendre en la faisant passer par les turbines.Le temps de production peut être allongé en utilisant des turbines capables de fonctionner aussi bien lors du remplissage du bassin que lors de sa vidange.Ces turbines sont munies de pales orientables de sorte qu elles tournent toujours dans le même sens quel que soit le sens de l'écoulement de l'eau.Les turbines-bulbes renferment l'alternateur, ce qui facilite l'amenée de l'eau par les deux extrémités.On envisage également l'utilisation de turbines à flux rectiligne qui consistent en une grande roue transmettant son énergie mécanique par l’extrémité de ses pales.Il y a un moyen d'obtenir d une centrale marémotrice une production énergétique continue.Il s'agit de diviser le bassin en deux au moyen d'un second barrage perpendiculaire au premier ou, ce qui est moins onéreux, d'aménager deux baies voisines.Il est possible de concevoir un tel aménagement et la façon de l'exploiter de sorte à obtenir un écoulement ininterrompu du réservoir A au réservoir B.La centrale est alors construite entre A et B.Un tel aménagement ne corrige toutefois pas parfaitement le caractère cyclique des phénomènes en cause; la puissance disponible demeure variable.barrages centrale Un aménagement à double bassin Une autre façon de planifier l'emploi de centrales marémotrices consiste à les coupler avec des centrales hydroélectriques classiques suréquipées.Cela signifie que ces dernières seront dotées d une puissance installée supérieure à ce que permettrait normalement les cours d’eau où elles se situent.Le surcroît de puissance amène une diminution des taux d'utilisation de ces centrales; mais ceci est compensé par la production des centrales marémotrices.Le potentiel d'énergie marémotrice peut donc ainsi être utilisé selon son cycle de disponibilité et s'ajouter à celui des rivières en cause.On peut encore ajuster la production des centrales marémotrices à la demande par l'intermédiaire d'un mode de stockage de l'énergie produite.Les perspectives québécoises Au Québec, seule la baie d’Ungava présente des ressources marémotrices importantes.Compte tenu du bilan peu convaincant des réalisations étrangères en ce domaine et des problèmes propres à cet emplacement (distance, glace.), il serait peu réaliste d'imaginer la construction d une centrale marémotrice compétitive d'ici l'an 2000.Di : lüll 1 wl# ; « ' W« üïp I Bfe ifffi SMI( i ta I ÏT teisi felJi ïï't (fit a in Hü ^ill \k ?S» à i fil I N \\ :ï p; % K 'Nn fill s 9 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 RECHERCHE APPLIQUÉE UN INSTITUT DE GÉNIE DES MATÉRIAUX AU QUÉBEC Les matériaux constituent, avec l'énergie, la clé de voûte de notre économie industrielle.On estime qu'en 1972, la consommation de matériaux a excédé 21 tonnes par personne.Ils pénètrent tous les secteurs de l'économie.Hélas, ils vieillissent.Leur détérioration est coûteuse.Les pertes dues à la corrosion et à la défaillance des matériaux se chiffrent au Canada à 5 milliards de dollars par année et à 75 milliards aux États-Unis.Un tiers de ces pertes pourraient être évitées grâce à de meilleures pratiques industrielles et à une meilleure connaissance des phénomènes de dégradation et de vieillissement des matériaux.6Sr-' einf' ;; A' i #! | ans* ^ ; ,eSft • •A ^ t ¦ 30 associés professionnels de recherches.Il sera situé au coeur de l’industrie manufacturière québécoise, sur l'axe Longueuil-Sorel.L’objectif de l'Institut est de contribuer à la création et l'application des connaissances sur les matériaux d'ingénieur.Il veut favoriser l'essor de l'industrie canadienne et créer un environnement francophone de recherches de qualité.La nécessité de s'attaquer aux problèmes de la ruine des matériaux répond aux préoccupations d'une société de conservation et de recyclage.Si de graves pénuries de matériaux se font sentir, elles nuiront à l'industrie.Il est donc urgent de développer des tech- A cause de l'importance socio-économique des matériaux et de leur détérioration, on assistera vraisemblablement au cours des prochains mois à la mise sur pied au Québec, sous l'égide du Conseil national de recherches du Canada, d'un Institutdegéniedes matériaux.Entièrement francophone, ce nouvel institut axera ses activités sur la dégradation des matériaux d'ingénieur.Le projet nécessite des immobilisations de 15 millions de dollars.Quand il aura atteint sa vitesse de croisière en 1 983, l'Institut aura des effectifs de 210 personnes, dont 50 chercheurs et Éditeur officiel nologies adaptées au recyclage des matériaux.Tout matériau représente par ailleurs un investissement d'énergie.Or l'approvisionnement en énergie nécessite le confinement de la source d'énergie, lequel touche naturellement de près les matériaux.Les principaux champs d'activités du nouvel Institut des matériaux seront la corrosion, le soudage et les joints, la tribologie (usure), la mise en forme et la solidification.Les recherches seront pluridisciplinaires.Car la dégradation des matériaux résulte d'un grand nombre de phénomènes physiques, chimiques, biologiques et mécaniques (corrosion, cavitation, biodégradation, décollement, épile-ment, défaillance, toxicité, etc.).Quelques exemples illustreront la dimension du problème.La corrosion, par exemple, est un problème de taille.La rouille accroît d'environ 200 dollars la dépréciation des voitures dans l'Est du Canada; les coûts de la corrosion dans l'industrie des pâtes et papiers s'élèvent à environ dix pour cent de la valeur des expéditions.La biocorrosion affecte les biomatériaux utilisés dans le corps humain.Pour les fabricants de matières plastiques, la décoloration des revêtements sous l'effet des rayons ultra-violets constitue un problème sérieux.On ignore trop souvent que la quantité de soudage par habitant effectuée au Québec est une des plus élevées au monde, à cause de l'importance de nos industries navale (Marine, Davie), de machinerie lourde, de matières premières, des transports (Bombardier-MLW, Canadair).sansoublier nos conditions climatiques.Au Canada, les dépenses en soudage et celles des industries connexes s'élèvent à plus d'un milliard de dollars.La firme Dominion Bridge consomme annuellement à elle seule 600 tonnes de matériaux de soudure.Les sources de difficultés tiennent à la méconnaissance de la métallurgie du soudage, du comportement des matériaux métalliques sous l'action des cycles thermiques de soudage, de la soudabilité de matériaux dissemblables, etc.L'Institut aura certes de quoi s'occuper, d'autant plus que les recherches pourront aller jusqu'à la sciencedescollages.On envisage en effet de remplacer un jour les soudures par des joints collés.Autres voies de recherche: les fonderies sont à la recherche de mesures visant à empêcher l'usure précoce des moules et des matrices.En sidérurgie, à Sidbec, on fait face à l'usure des cylindres de laminoirs et l'on recherche la mise au point de revêtements de fours plus durables.En énergie, à l'Hydro-Québec, on cherche des matériaux isolants plus durables, de meilleurs isolateurs, des matériaux plus fiables pour les centrales nucléaires.Le sujet est donc vaste et fertile.De plus, la technologie des matériaux évolue rapidement.Un pays ayant une faible capacité d'innovation en ce domaine — le Canada en témoigne — voit sa croissance dépendre pour une large part des technologies étrangères.L'établissement au Québec d'un Institut gouvernemental de recherches à vocation industrielle n'est donc certes pas superflu.Quant à l'échéancier de l'Institut des matériaux, il est maintenant au niveau des décisions politiques.On a avancé les noms d'institut Cugnet de génie des matériaux et d'institut Archambault de génie des matériaux.François-Étienne Cugnet (1719-1751) était l'un des premiers «ingénieurs» et entrepreneurs de la Nouvelle-France.Urgel Archambault fut le premier directeur de l'École polytechnique de Montréal, il y a un siècle.Claude Tessier CANCER LE MARCHÉ DE L’ESPOIR L'histoire rapporte que le 6 juillet 1789, George Washington consulta le Dr Benjamin Rush, médecin de Philadelphie et signataire de la Déclaration de l'indépendance, à propos de sa mère qui souffrait d'un cancer du sein.Le Dr Rush lui déconseilla fortement d'avoir recours à un élixird'origineindiennerendu populaire par un dénommé Martin, et qui faisait alors fureur.Mme Washington est morte.Martin aussi.Et son élixir avec lui.Mais tant et aussi longtemps que la médecine n'offrira aux victimes du cancer que des explications pondérées et des hypothèses statistiques, les produits miracles, qui promettent quant à eux une efficacité à cent pour cent, aveccommeseuleexigence un acte de foi et un porte-monnaie bien rempli, continueront à se vendre.Il y a une dizaine d'années, le gouvernement américain et les autorités médicales entamèrent un long procès contre les promo- 10 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE ifK leurs du Krebiozen, procès dont les conclusions demeurèrent étrangement nuancées, car le jury estimait que si certaines promesses de l'élixir semblaient frauduleuses, des témoignages permettaient d'accorder quelques mérites au produit, qui devrait donc être étudié de manière plus rigoureuse.Mais un jury n'est pas formé dans les facultés de médecine, et le conseil n'eut pas de suite.D'autant plus que le Krebiozen semble avoir disparu de lui-même sous la pression d’un autre produit miracle, le Leatrile, un extrait cyanidé de noyaux d'apricots mis au point en 1 952.Phénomène cyclique.Chaque décennie a son flacon-miracle.Et l’Association médicale américaine, avec la Société américaine du cancer, se préparait à une nouvelle guerre d'usure.Mais cette fois, l'adversaire était plus coriace! Car du côté du Leatrile, les media d'information aidant, un véritable mouvement de masse devait d'organiser, mouvement hétéroclite, comptant par exemple l'ultra-droitiste John Birch Society, dont le président Robert W.Bradford est comme par hasard distributeur clandes- tin de ce produit.On y retrouve aussi des groupements pour la défense des droits de l'homme, qui défendent la liberté pour la victime du cancer de choisir son traitement, et des mouvements libertaires de gauche qui s'en prennent au quasi «monopole» que la médecine officielle exercerait sur la santé des gens, «pour sauvegarder ses privilèges».Aux États-Unis comme au Canada, pour être autorisé, un médicament doit d’une part avoir été prouvé non nocif, dans des études scientifiquement contrôlées, et s'être révélé efficace dans une certaine mesure.Le Leatrile, ne répondant à aucun de ces deux critères, n'est donc autorisé ni au Canada, ni aux États-Unis.Mais une loi se contourne facilement.Ce qu'on ne peut vendre comme médicament, il suffit de le déguiser en vitamine! Et c'est ainsi que les promoteurs de Leatrile ont changé leur fusil d'épaule.L'hypothèse qui voulait que le Leatrile soit un médicament anti-cancer efficace, qui s'attaque directement aux cellules tumorales, s'est muté en une théorie présentant l'amygdaline —nouveau nom du même produit— comme une vitamine essentielle à l'organisme pour prévenir la transformation des cellules au stade précancéreux.Édifice sans fondation?Qu'importe, puisque les résultats positifs sont là! Si le médicament.(oh pardon!) la vitamine est efficace, qui se soucie de savoir pourquoi?Et c'est ainsi que la famille des vitamines «B» a grandi d'un dix-septième rejeton, et que le lobby pro-Leatrile a réussi à contourner la loi fédérale américaine en faisant légaliser par 12 états américains sa vente dans les épiceries «naturistes» ou les pharmacies.Interdit comme médicament anti-cancer, il est devenu une vitamine préventive (ou, sous divers noms comme Aprikern, un additif alimentaire.pour donner un goût amer aux jus par exemple!).Une fois esquissée cette toile de fond, il n'est pas étonnant que les médecins rejettent d'emblée toute prétention du Leatrile.Encore plus que le Krebiozen qui l a précédé, et dont on ne peut encore affirmer sans risque le caractère parfaitement inutile, le Leatrile-amygdaline sent la fumisterie à plein nez! Les études scientifiques —car il en faut toujours, si l'on veut pouvoir établir l'inefficacité d'un produit— ont donc été faites un peu à reculons, et avec un fort préjugé négatif.Comment aurait-il pu en être autrement?La première, dès 1970-1971, portait sur 44 patients atteints de cancers terminaux, et qui avaient de leur propre initiative essayé «l'option Leatrile».Parmi eux, un bon nombre avaient semble-t-il éprouvé une amélioration dramatique.Mais les deux experts dépêchés par la Société américaine du cancer ont établi que l'amélioration était plus souvent psychologique que réelle; et lorsqu'elle était réelle, elle pouvait toujours être attribuée à une autre cause, puisque ces patients suivaient aussi d'autres formes dethérapies.On condamna donc! Une étude scientifique aurait exigé que l'on compare ce groupe à un groupe analogue, subissant les mêmes traitements pour des cancers identiques, mais où le Leatrile aurait fait place à un placebo.Sans ce groupe témoin, aucune conclusion n'était donc possible.La condamnation était hâtive.Toutefois, deux autres études plus récentes ont été menées, Le groupe d'assureurs au service des membres du secteur public POINTS SAILLANTS DU RAPPORT ANNUEL L4 MUTU£üf\A£ ŒSfCfCTONNdlftÉS CUâUÉBéC et sa ri filiale Wzi ÜMcy G4P1L4UE Compagnie d'assurance generale itforuÉaf-to œsfOcrçiNMtfxs ÛUâüSéC 1977 1976 Augmentation La Mutuelle-Vie des Fonctionnaires du Québec 625, St-Amable Case Postale 16040 Québec, Qué.GIK 7X8 La Capitale.Compagnie d’assurance générale 625, St-Amable Case Postale 17100 Québec, Qué.G IK 7X2 Bureau de Montréal 1, Complexe Desjardins Suite 1906 Montréal, Qué.H5B 1B2 Actif $71 millions $56 millions 27% Revenus 26 millions 20 millions 30% Participations des assurés aux bénéfices 2.6 millions 2.1 millions 24% Assurance en vigueur 2.2 milliards 1.7 milliard 31% Taux net de rendement des placements 9.21% 8.63% Nombre d’assurés 154,000 146,500 iâLt OHHlÆi Actif $ 3.5 millions $ 1.9 million 84% Primes souscrites 4.5 millions 2 millions 125% Participation des assurés aux bénéfices 100.000 _ Excédent net d’exploitation 165,000 19,000 Rapport annuel disponible sur demande Nombre d'assurés 14,000 6,500 0i ¦ va j«; jtCfî «.Si ti- iiferi ni iw •«S ££2 (Sï lH.il læ* Jtr S>5 1*5 (: tWi «R ’h hi.:; ' MÜï " S ijlli’-i > >< N*!:), ) h t *«.H *'¦% Ti| H h.S If:-, N N,i % \ V %, "h % v: S Si QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 11 L Art de bien faire.La créativité sous plusieurs formes.Paul-Émile Borduas par François-Marc Gagnon.64 ill- n.et b., 12 ill.coul., 118 p.$3.95 Les fours à pain au Québec par Lise Boily et Jean-François Blanchette, ill.coul., n.et b., 127 p.$6.00 Guido Molinari par Pierre Théberge.ill.coul., n.et b., 160 p.$17.50 Envoyez votre commande à l’adresse suivante: Les Musées nationaux du Canada, Section des commandes postales, Ottawa, Canada K1A 0M8 LES MUSÉES NATIONAUX DU CANADA Et d’histoires en Histoire.‘'sj par l'Institut national du Cancer lui-même, division de chimio-fct thérapie, d'une part, et le Sloan-ntl Kettering Institute for Cancer ®tj Research de New York, d'autre R part.Cette fois, les expériences ¦1 étaient plus rigoureuses.Et les tel conclusions «officielles» aussi tld: claires: le Leatrile n'a pu démonte trer le moindre effet de cure, de fr contrôle, ou de ralentissement tn de croissance des cancers hu-.râj mains, ni aucun effet préventif sis sur les cancers animaux, te C'est donc fort de cette certitu-Ito de que l'Institut national du il [is cancer du Canada n'a guère jugé e(s bon de mener ses recherches lié propres.Il y a bien d'autres (P produits qui semblent plus pro-ysj metteurs avant les tests prélimi-a naires pour que l'on perde du jes> temps (et de l'argent) à étudier une substance, simplement ijjj parce que ses promoteurs sont r: rusés! Üü?Tout en reconnaissant la logi-gj que d'une telle prise de position, 5jjl: au moins deux nuances doivent ,ji être faites, qui laisseront le débat ouvert, malgré la certitude jjji des médecins.yij* D'une part, en affirmant que ¦des études répétées et parfaite-j!tv; ment contrôlées par de presti-jj-k gieux établissements scientifi-^ ques ont prouvé l'inefficacité du Leatrile», comme on pouvait le lire il y a quelques mois dans un I article du Journal de l'Association médicale du Canada, on oublie de mentionner que toutes ces études ne «prouvent» pas réellement lesconclusionsqu'on eur a fait dire.Kanematsu Sugiura, à qui l'on 3 confié en 1972 l'étude du Sloan-Kettering Institute, arrive i la conclusion surprenante, cour lui comme pour les autres nédecins, que si le Leatrile est mpuissant à soigner la tumeur otincipale, il diminue la fréquente des métastases (implanta-•' ions secondaires en d'autres tarties de l'organisme) chez les mimaux traités.Ces résultats.It i lui auraient jeté de l'eau au noulin des charlatans, n'ont pas ité publiés.Ils étaient trop pré-iminaires, a-t-on dit, avant de eprendre six fois les expérien-:es, toujours avec la même conclusion.En fin de compte, au ! irand dam de la rigueur scienti-yt ique, l'institut a publié les autres ésultats l'année dernière (après inq ans de recherches, qui evaient ne durer que quelques 'y \ toisl), en omettant simplement e parler des métastases.L'étude y du National Cancer Institute, elle aussi, a été lourdement critiquée.En agissant de la sorte, les médecins répondent aux charlatans en utilisant leurs méthodes: ne prendre de la réalité que ce qui sert leurs convictions.Mais la science n'est pas qu'une affaire de foi.Ou alors, qu'on affirme clairement que c'est la conviction et la bonne foi qui condamnent le Leatrile, et non pas la science.C'est cette attitude non scientifique qui finit par donner à certains l'impression que la médecine «officielle» pro- L’orfèvrerie en Nouvelle-France par Jean Trudel.ill.n.et b., 239 p.$12.00 John Vanderpant Photographies par Charles C.Hill.ill.n.et b., 96 p.$5.95 tège ses théories, sinon ses privilèges.La seconde nuance quant à la valeur des recherches effectuées concerne l'effet placebo possible du Leatrile ou de toute autre substance, y compris l'eau pure.Deplusenplusd'évidences scientifiques associent le cancer à un relâchement des mécanismes naturels de défense de l’organisme, relâchement dont certains déséquilibres émotifs pourraient être causes.À l'inverse, la foi dans un traitement ne pourrait-elle pas parfois entraî- ner la guérison?On pourrait trouver là l'explication de certains témoignages de «miraculés» du Leatrile.Bien sûr, il y a des placebos moins coûteux que le Leatrile, qui coûte deux dollars la tablette bien que celle-ci ne coûte que quelques sous à produire.Mais il faut la foi! A moins que l'on ne vende désormais de l'eau sucrée avec l'étiquette du Leatrile pour qu’elle soit efficace! Pierre S or many 12 FORMATION PROFESSIONNELLE LE BIOLOGISTE CE MÉCONNU «D'après vous, que fait un biologiste?En quoi son travail vous concerne-t-il?Voyez-vous un lien entre le biologiste et l'environnement?»Cesques-tions posées entre deux boutiques de Place Desjardins et feu Place Dupuis ontsuscitétoutes sortes de réponses, allant des plus générales: «Un biologiste, ça fait de la biologie», aux plus spécifiques: «Moi, mon chat, il perd ses poils.P'têt qu'un biologiste pourrait me dire pourquoi.» Règle générale, des réponses confuses, marquées par le manque de connaissances du sujet.Quelques étudiants de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) avaient déjà remarqué la même situation chez leurs confrères.Le chômage forcé favorisant les rencontres, des finissants, dont Nicole Vézina, Marc Surprenant et Louise Lapierre, ont décidé d'organiser une semaine d'information, de recherche et de réflexion sur le rôle du biologiste dans la société québécoise.Le chat, avec ou sans poils, allait-il sortir du sac?Première étape: démolition du mythe du scientifique.Pierre Bérher, responsable de cet atelier, explique: «Les problèmes qui requièrent une solution scientifique ne touchent pas le monde.La réponse se trouve dans le contexte actuel: on oblige les gens à s'en remettre aux spécialistes.Un exemple bien simple: sur la majorité des appareils électriques, on retrouve un avertissement qu'en cas de bris, on doit s'en remettre à une personne compétente, alors que très souvent il s'agit d'une réparation mineure, exécutable par n'importe qui.Ce qui entraîne un climat d'infériorité devant la «Science» et seules les personnes qui possèdent les pouvoirs économiques et décisionnels se sentent concernées par les problèmes scientifiques.» Seconde étape, on attaque le problème de front: des biologistes, issus de milieux de travail privés et gouvernementaux, sont venus s'entretenir avec les participants du colloque.L'animation de certains débats aidant, on a dû regarder la vérité de face.Avertis à l'avance, les conférenciers interrogés sur l'impact des travaux des biologistes, ont bien sûr cité des cas où leur intervention.a été bénéfique.Cependant, il devint assez clair, à travers les propos de Dominique Roy de la SEBJ, entre autres, que malgré les belles études scientifiques, souvent effectuées après les travaux, les promoteurs de projets arrivaient à leurs fins sans en tenir compte.«On les envoie (les biologistes) survoler le territoire en hélicoptère, et la question est réglée», de dire Pierre Bérher.Évidemment, les intérêts financiers priment.«De plus, la grande mobilité des biologistes en place et leur manque de préparation publique et sociale entravent déjà leur possibilité d'action», ajoute Nicole Vézina.Ce n'était encore que les premières gouttes de la douche froide que ce colloque réservait aux futurs biologistes sur ce que leur promettait leur carrière.Lors des discussions sur la politique d'embauche des employeurs, la question de la femme biologiste est rapidement venue sur le plancher.Même bien camouflée, la discrimination estflagrante.François Guibert, du ministère du Tourisme, Chasse et Pêche, a expliqué que la situation est délicate.Selon lui, il est difficile d'envoyer une équipe mixte sur le terrain.Réponse immédiate de Danielle Lalon-de: «Pensez-vous qu'on a peur des hommes à ce point-là?Pensez-vous que les gars sont assez sauvages pour nous sauter dessus à la première occasion?» L'indignation fit place aux rires.De plus, de rétorquer M.Guibert, ce sont lesfemmes qui s'opposent.les femmes des biologistes! Il révéla enfin que sur 70 biologistes engagés par son ministère, 35 travaillaient sur leterrain, dont, jadis, une du sexe féminin.A compé- mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE a®: Office national du film tence égale, l'employeur choisit l'homme.La même intervenante proposa alors d'appliqüer une politique d'embauche inverse: favoriser la femme pour contrebalancer les difficultés diverses qu'elles connaissent, tant sur les plans social et familial quescolaire.Quand on sait qu'il sort deux fois plus d'hommes diplômés en biologie, alors qu'à l'inscription hommes et femmes sont en nombre égal, cette idée y trouve toute sa justification.Cependant, l'assemblée resta froide: avec toute la concurrence déjà existante, les biologistes mâles refusent pareille alternative.En système socialiste, un tel favoritisme est possible, mais fort difficilement ici, où seule une minorité privilégiée au départ a droit à sa part du gâteau.La situation diffère légèrement lorsqu'il s'agit de travail en laboratoire: on utilise les femmes biologistes comme techniciennes, en réservant les postes supérieurs aux hommes.D'autres problèmes d'insertion dans le milieu de travail guettent les biologistes.Fréquemment, des ingénieurs forestiers ou des agronomes sont embauchés pour des postes rêvés pour biologistes.La raison est fort simple: «C'est toujours un maudit écologiste qui veut pas qu'on fasse d'autoroutes, du béton, des grosses usines polluantes.Autrement dit, qui empêche le bonhomme de faire autant de profits qu'il veut», de commenter Denis Giguère.Danielle Lalonde ajoute: «On préfère embaucher l'ingénieur; lui, il est pour les intérêts des compagnies privées.Il a une formation sociale supérieure à la nôtre, mais dans le mauvais sens!» À plus forte raison lorsqu'on connaît la virginité des programmes universitaires en biologie et autres sciences pures et appliquées au chapitre de la politique, des sciences sociales, de l'économie et des relations publiques.La semaine s'est clôturée par un débat sur la formation des biologistes.De cet atelier s'est dégagée toute une série de recommandations destinées aux étudiants, à l'Université, à l'Association des biologistes du Québec (ABQ) ainsi qu'au gouvernement.Les étudiants envisagent d'étudier en profondeur les recommandations formulées par le groupe «Opération sciences fondamentales» dans une enquête menée par le ministère de l'Education en 1974 et qui pourrit sur les tablettes depuis ce temps.Ils exigent de plus l'accréditation d'activités étudiantes qui favorisent l'ouverture sur les besoins du milieu, un meilleur accès au matériel didactique pour les projets étudiants autonomes, et l'élaboration d'un curriculum plus fortement axé sur la pratiquescien-tifique.Pour ce dernier point, on recommande la mise sur pied d'une banque de cours «para-scientifiques» dans le but de mieux préparer l'étudiant à son futur milieu de travail.L'ABQ y trouve son compte.On lui recommande de faire tes, wm ’»«« J'il: T* ««si rte (ü»s |ter ' 14 'H «feiî %» its "S ai I?" % h; % J te k "K fct: R \S Ass , ^ h», CA CA 1 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 13 connaître le rôle du biologiste, d'intervenir dans les divers dossiers scientifiques, de se manifester à travers les mass media et de donner plus de pouvoir aux associations étudiantes de biologistes.On a également émis des recommandations à l'intention des instances gouvernementales.On souhaite que tout ce qui touche l'environnement soit regroupé dans un seul ministère, efficace et bruyant.Celui-ci devrait définir clairement les lois régissant l'environnement.On recommande aussi que tout projet de développement soit amené automatiquement en audience publique et non gouvernementale.Pour donner suite à leurs .réflexions, les étudiants sen-sf tent le besoin de coordonner ïî- leurs actions de façon structu-?j rée.D'abord à l'UQAM, ques-iji tion de se faire la main.Ils esti-(,fi ment nécessaire d'établir des contacts plus étroits avec la population, d'oeuvrer en colla-t» boration avec les syndicats et, ¦ si nécessaire, d'exercer des isi' pressions sur le Service de ;v protection de l’environnement bu Québec.Ils entrevoient même la mise sur pied d'un .service d'«aide biologique» analogue au service d'aide i;, uridique.Toutes ces recommandations sont le fruit de cette semaine de biologie où, pour y.ane fois, on a joué cartes sur table.De plus, on travaille acti-/ement au montage de trois /idéos ayant pour thème «la ormation du biologiste», «les emmes» et «l'implication so-;iale», tous trois disponiblesau module de biologie de l'UQAM.Bilan positif?Sûrement.À m juger par un sondage effec-ué après la dite semaine, plus le la moitié de 350 biologistes .s* ,j| a i# dp ÈtV till1 ill le l'UQAM (les deux tiers en ' >ption écologie) y ont participé; >n a particulièrement apprécié es exposés-débats.95 pour :ent des participants considè-ent qu'on a eu raison d’avoir •upprimé les cours et soudaient reprendre l'expérience an prochain.On est bien loin les scientifiques blêmes à irosses lunettes, isolés dans eurs laboratoires.Bref, les uturs biologistes y auront ap-ris à appeler un chat, un chat! Pauline Gagnon r I ASTRONOMIE IA VÉRITÉ SUR PHOBOS A la fin de février 1977, le vaisseau spatial Viking- Or-biter-1 passait à 80 km de la surface de Phobos, le plus interne des deux satellites de Mars.Déjà, auparavant, les sondes Mariner et Viking avaient frôlé Phobos de suffisamment près pour renvoyer à la terre des photos absolument remarquables.Mais, Viking-Orbiter-1 est passé si proche de Phobos que les chercheurs de la NASA ont pu mesurer avec précision les légères déflections de la sonde provoquées par l'attraction gravitationnelle du satellite de Mars.Pour la première fois il devenait possible de déterminer «directement» la masse de cet étrange satellite naturel.L'intérêt de cette mesure était considérable.Phobos se trouve à seulement 9 200 km de la surface martienne et son orbite le fait se rapprocher lentement de la planète; Phobos devrait s'écraser sur Mars dans 100 millions d'années.Pour expliquer cette désintégration de l'orbite de Phobos on avait proposé une densité très faible, permettant à un objet d'aussi petite taille (ellipsoïde à trois axes dont le plus grand mesure 13,5 km et le plus petit 9,6 km) d'être freiné par l'atmosphère ténue de Mars.L'astronome russe Chklovsky avait même suggéré que Phobos était un satellite artificiel creux construit par une ancienne civilisation martienne.Plus récemment, les astro- physiciens se demandaient si Phobos s'était formé en même temps que Mars dans l'orbite de la planète ou bien s'il n'était qu'un astéroïde capturé par la planète rouge.Puisque Phobos se trouve dans le plan de l'équateur martien et qu'il tourne autour de Mars dans le même sens que la planète tourne sur elle-même, on a longtemps favorisé l'hypothèse d'un satellite partageant la même origine que Mars.Par ailleurs, la surface très foncée de Phobos indiquait qu'il pouvait aussi s'agir d'un énorme bloc basaltique plutôt que d'un astéroïde commun du type chondrite.Si Phobos devait s'avérer fait de basalte, cela voudrait dire que Phobos est un fragment de l'intérieur d'un ancien satellite de Mars qui se serait désintégré.Les basaltes sont des roches à densité élevée (de PROGRAMME DE MAÎTRISE ET DE DOCTORAT EN VIROLOGIE Objectif Ces programmes visent à fournir à l'étudiant une formation susceptible d'être appliquée à divers champs d'activités en virologie humaine et animale, en diagnostic, en recherche fondamentale et appliquée et en enseignement.Conditions d'admission MaTtrise ès sciences (virologie) Baccalauréat spécialisé en microbiologie et immunologie, doctorat en médecine, doctorat en médecine vétérinaire ou l'équivalent.Doctorat (virologie) Maîtrise ès sciences en virologie ou en microbiologie et immunologie ou l'équivalent.Demandes d'admission Les demandes d'admission pour la session d'automne 1978 doivent parvenir avant le 1er mai 1978, au: Coordonnateur de l'enseignement.Institut Armand-Frappier 531, boulevard des Prairies, Case postale 100 Laval-des-Rapides, Québec H7N 4Z3 Téléphone: (514) 687-5010 Université du Québec Institut Armand-Frappier 1 14 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE l'ordre de trois grammes par centimètre cube).Ils se forment dans les objets planétaires de grande taille par fusion partielle de roches sous-jacentes plus denses.Ils sont donc le produit de la séparation d'éléments lourds et légers.Les chondrites, de leur côté, constituent de véritables fossiles solaires, vestiges de l'extrême jeunesse du système solaire.Dans les chondrites, (dont la densité n'est que de deux grammes par centimètre cube) éléments lourds et légers ne sont pas séparés.La plupart des astéroïdes et des météorites sont des objets de ce type, laissés pour compte de blocs dont l'agglomération a donné naissance aux planètes, il y a des milliards d'années.Ces restants n'ont jamaisfait partie de corps célestes importants et leur composition ne démontre aucune ségrégation des éléments lourds et légers.Or, grâce à la sonde Viking-Orbiter, on sait maintenant que la densité de Phobos n'est que de deux grammes par centimètre cube.Donc, Phobos ne serait nas un franment d'une n'est qu'une vulgaire chon-drite.Sa densité est même si faible qu'elle se classe parmi les chondrites qui possèdent encore tous leurs éléments volatils.De telles chondrites n'ont fait l'objet d'aucun échauffement et se trouvent à la limite extérieure de la ceinture des astéroïdes qui gravitent entre Mars et Jupiter.Phobos aurait donc été un astéroïde capturé par Mars il y a très longtemps.En fait, pour expliquer ses caractéristiques orbitales, si bien en accord avec Mars, la capture devrait avoir eu lieu à une époque où Mars possédait une atmosphère beaucoup plus dense.La densité de Phobos est si faible que certains chercheurs ont proposé une structure très poreuse, remplie de glace et de vide.Les photos de Viking-Orbiter montrent que le fragile Phobos est même fracturé de part en part sous l'action gravitationnelle de la planète qui l'a capturé.Vraiment pas un endroit où les Martiens auraient cherché refuge.Jean-Marc Fleury M-NËSTOUBKK L'HOMME • Expose les principaux aspects de l’évolution de l’homme, les traits de parentée entre l’homme actuel et les primates, etc.• Une qualité précieuse de ce livre réside dans les positions athées et antiracistes de l’auteur.• Ce livre en est à sa onzième édition en URSS.• L’ouvrage intéressera aussi bien le spécialiste que le lecteur simplement curieux de savoir.LA SCIENCE SOVIÉTIQUE AU QUÉBEC .EN FRANÇAIS S.V.P.En vente dans toutes les librairies ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: Librairie Nouvelles Frontières 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 MARGOULOVA, Th.: Les centrales nucléaires, 479 pages, relié sous jaquette, 1977 ?$11.75 KEDROV, B.: La classification des sciences, t.I.relié sous jaquette, 1977 ?$11.75 VYGODSKY, M.: Aide-mémoire de mathématiques supérieures.861 pages, relié, 1975 ?S 7.50 YAVORSKI & DETLAF: Aide-mémoire de physique, 963 pages, relié.1975 ?$ 8.75 KUROSH, N.: Cours d’algèbre supérieure, 443 pages, relié, 1973 ?$ 8.00 NESTOURK, M.: L’origine de l’homme, 441 pages, relié sous jaquette.1976 ?$ 4.95 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de % NOM .ADRESSE.VILLE .CODE POSTAL < ( Certains accessoires illustrés sont offerts en option.Le'Chnac" fa s'attrape! Indéfini, mais pourtant réel, contagieux, mais inoffensif, le «Chnac» se répand au Québec comme une traînée de poudre.Mais qu’est-ce donc, au juste, que ce fameux «Chnac»?Une chose est certaine, la Renault 5 est la cause de cette épidémie.Et les raisons et les façons de l’attraper sont aussi nombreuses que diversifiées.Résultat d’une séduction par le confort, par la ligne, par la robustesse, par la maniabilité ou par la logeabilité, le «Chnac», c’est croyons-nous, la sensation unique et excitante que l’on éprouve au volant de la 5.(A en croire ceux qui l’ont déjà attrapé).Pour savoir vraiment ce qu’est le «Chnac», le mieux c’est encore de vous rendre chez votre concessionnaire^ Renault et d’essayer la 5.Les concessionnaires Renault sont présents dans tout le Québec: Acton Vale, Alma, Brome, Chicoutimi, Drummondville, Granby, Grand’mère, Greenfield Park, Joliette, Laval, Longueuil, Magog, Montréal, Ottawa-Hull, Pierrefonds, Portneuf, Québec, Repentigny, Rimouski, Rivière-du-Loup, Rouyn-Noranda, Ste-Agathe, St-Antoine-des-Laurentides, St-Da_vid, St-François, St-Jean, Ste-Méthode, St-Nicolas, Ste-Thérèse, Sept-Iles, Sherbrooke, Trois-Rivières, Valleyfield, Victoriaville.RENAULT 5 par Luc Chartrand «Une clinique d'amaigrissement vient de m'offrir gratuitement un traitement qui coûte normalement 500 dollars.Il faut croire que j'ai une maudite bonne gueule», me dit Gilles Leblanc, président de l'Association des personnes obèses du Québec.L'apparition d'un regroupement d’obèses, le premier du genre au Canada, inquiète de toute évidence certains promoteurs de cures miracles qui tirent avantage de l'ignorance des Québécois en matière diététique.L'Association qui se veut porte-parole des 500 000 obèses du Québec, amorce une campagne de dénonciation de toutes les supposées solutions qu'on leur vend et revend sous des noms différents et qui ne peuvent rien pour le traitement à long terme de l'obésité.Il faut dire qu'en plus de faire rouler l’économie des charlatans, les gens gros coûtent cher à l'État.Selon Nutrition-Canada, nous sommes les plus grassouillets du pays.Un Québécois sur deux souffre d'embonpoint.En 1971, 1972 et 1 973, les soins hospitaliers destinés aux obèses ont coûté 15 millions de dollars à la Régie de l'Assurance-Maladie.Mais ce ne sont là que les cas diagnostiqués comme obésité, ce qui ne tient pas compte des troubles reliés de près ou de loin à l'excès de graisse.Les statistiques du projet MEDICS, du ministère des Affaires sociales, évaluent à 200 millions de dollars les dépenses annuelles de l'appareil de santé qui sont reliées au problème.L'obésité serait à la source de près de 25 pour cent des maladies coronariennes qui déciment 47 pour cent de la population de la province.Ces mêmes maladies qui frappent 35 pour cent des Nord-Américains de 35 à 45 ans ne touchent que 5 pour cent des Japonais du même âge.Aux États-Unis, en 1977, la commission McGovern qui fut chargée d'enquêter sur ce fléau national notait dans son rapport que toute baisse de 10 pour cent du poids d'un obèse moyen réduisait le risque d'accident cardio-vasculaire de 20 pour cent tandis qu'une hausse de poids de 10 pour cent augmentait le même risque de 30 pour cent.Quant au diabète, le Dr Léo Boyer, qui dirige une clinique d'obé- sité à Montréal, estime qu'il est le lot de près de 50 pour cent de ses patients.Les problèmes liés à notre malnutrition ont été abondamment chiffrés en dollars tant par les Américains que par les Canadiens.Mais au-delà de ces motivations économiques, l'aspect socio-culturel du problème en appelle à des correctifs urgents.Gilles Leblanc estime que son Association parle au nom de 300000 Québécois pesant plus de 135 kilogrammes.L'obèse qui a atteint ce stade rejoint inévitablement les rangs des exclus de la société.Dès l'enfance, les gros sont éliminés des jeux violents, deviennent la risée des autres et sont plongés dans un isolement qui ne peut que perpétuer le cercle vicieux dans lequel ils sont engagés.Or, selon des enquêtes menées au département de nutrition de l'Université de Montréal, bon nombre des obèses le deviennent dès leurs premières années de vie.La première étude, menée par Ma-rielle Barré en 1971, et la seconde par Yolande Giasson en 1973, qui portaient sur des groupes de quelque 250 écoliers de niveau élémentaire, notèrent respectivement des taux de 18,3 et 9,2 pour cent d'obèses.UNE DIÈTE POUR LE PORTEFEUILLE La médecine moderne fait figure d'alchimie en face du problème.Quoique certaines cliniques diffusent une large publicité où l'on fait état de pertes de poids dépassant 4,5 kilogrammes par semaine, et affichent des taux de réussite variant entre 60 et 90 pour cent, il faut bien voir que ce sont là des succès généralement très provisoires.Dans les milieux scientifiques, on estime que le succès d'une thérapie de l'obésité se mesure en fonction du maintien du poids idéal durant une période de cinq ans.Dans cette optique, le Dr Verdy, endocrinologiste et professeur à l'Université de Montréal, faisait remarquer: «.il nous faut avouer que nous ferons face à un échec dans 80 à 98 pour cent des cas traités.» QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 m IfROP ¦ité, >uis toujours (Tialadie, intenant TOme commun oj de maux En fait, une perte de poids, si radicale soit-elle, ne saurait être considérée comme une victoire sur l'obésité si le sujet reprend les kilos chèrement perdus dans les deux années qui suivent la diète.C'est, semble-t-il, le lot d'une très grande quantité de patients qui rebondiront leur vie durant d'une clinique à l'autre en investissant à chaque cure des sommes pouvant atteindre 500 dollars ou davantage.C'est cet échec de la médecine qui entraîne une exploitation de l'obèse.Une cohorte de médecins marginaux, diététistes, chimistes, acupuncteurs et charlatans de tout acabit montent chacun de leur côté à l'assaut du portefeuille des gros.Tout le monde possède sa solution, sa révolution diététique, son injection miracle ou son supplément alimentaire anticalorique.On joue avec la santé du patient sans toujours connaître l'effet à long terme des substances et traitements utilisés.L'Ordre des médecins du Québec et la Corporation professionnelle des diététistes du Québec s'élevaient récemment contre l'usage non restrictif des protéines liquides pratiqué par certains médecins.Le collagène hydrolysé (protéines liquides) est devenu très en vogue dans le traitement de l'obésité.La substance en soi n'a aucun pouvoir amaigrissant.C'est le jeûne qui occasionne la perte de poids et le collagène ne sert que de support protéinique; c'est pourquoi on parle de «jeûne modifié».Or, selon le Dr Augustin Roy, président de l'Ordre des médecins, «les effets à long terme d'un tel produit sont encore méconnus.Même le Dr Blackburn, qui a mis au point ce traitement aux États-Unis, ne le recommande que pour les cas d'extrême obésité qui comportent un danger imminent pour la santé du patient.» En janvier dernier, la revue américaine Medical Post rapportait 30 cas de décès mystérieux chez les adeptes du jeûne modifié.L'American Heart Association (AHA) recommandait par la suite une sévère restriction de ce mode de cure, qui ne devrait être utilisée que sous surveillance médicale régulière, et ajoutait: «.même avec une surveillance médicale, on a aucune garantie de sécurité et d'absence d'effet secondaire.» Au Québec, un groupe de médecins réunis dans l'Association de recherche et de traitement de l'obésité (ARTO) — qui n'a jamais mené l'ombre d'une recherche — persiste néanmoins à préconiser ce traitement et se contente d'afficher une mise en garde contre l'achat des protéines liquides en pharmacie.Les cliniques de l'ARTO les vendent par ailleurs le double ou le triple du prix des magasins.LE SECRET DE LA CURE MIRACLE Le collagène hydrolysé n'est que le dernier-né des produits dits amaigrissants utilisés sans connaissance adéquate.Depuis 20 ans, on a connu plusieurs vagues de popularité des piqûres aux hormones.Le procédé consiste à injecter au patient une dose minime d'hormone gonadotrophine chorionique humaine (GCH) six fois par semaine.On n'a jamais pu prouver le pouvoir amaigrissant de ce produit.Les pertes de poids observées sont davantage imputables au régime de 500 calories qui accompagne le traitement qu'aux injections.La seule certitude que l'on ait sur les effets du GCH est qu'il peut entraîner, à court terme, la formation de kystes ovariens.À long terme, les effets sont méconnus.Il faut bien voir que tous les procédés qui garantissent une perte de poids radicale d'un demi-kilo ou plus par jour, sont basés sur une diète à très faible quantité de calories.Pourtant, il est considéré comme acquis dans les milieux diététiques que tout régime qui réduit l'apport calorique au-dessous de 25 pour cent de la normale entraîne une perte de masse corporelle autre que la masse grasse, comme celle de tissus musculaires.Ainsi, une déficience de 3 600 calories appliquée à la masse maigre entraînera une perte de 4,5 kilogrammes tandis qu'un même déficit calorique appliqué aux graisses ne réduit le poids que d'un demi-kilogramme.Par exemple, une protéine éliminée draine avec elle quatre fois son poids en eau tandis que la graisse n'en entraîne que le sixième de son poids.Tout régime qui s'attaque aux tissus musculaires cause donc une perte beaucoup plus rapide que s'il se limitait à faire maigrir.Tel est le «secret» de toutes les diètes et cures miraculeuses.Maigrir ou perdre du poids?La médecine a choisi officiellement la première approche.Mais son impuissance emmène à questionner le bien-fondé des méthodes classiques.Un médecin montréalais s'élève depuis quelque temps contre l'approche médicale traditionnelle.Pour le Dr Jean-Guy Boileau, de la clinique CETBON (Centre d'évaluation et m!&\ 18 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE de traitement en bioénergétique, obésité et nutrition), «il faut démédicaliser le traitement de l'obésité.Ce qu'il y a de plus aberrant, c'est que les gens se tournent vers le plus incompétent des professionnels en ce domaine pour régler leur problème.La seule approche qui soit valable et vraiment thérapeutique doit être multidisciplinaire.» UN PROBLÈME MÉDICAL?«Culturellement parlant, poursuit Jean-Guy Boileau, le médecin a toujours été obligé de jouer le rôle d'homme-orchestre.Avec le développement de nouvelles professions travaillant surtout au niveau de l'agir humain — psychologues, sociologues, psycho-éducateurs —, la médecine a vu son influence se faire gruger d'une manière extrêmement efficace.Tout ce qui a été fait a été de replacer dans un contexte plus normal le travail de chacun.» Que devient le rôle du médecin dans le traitement de l'obésité?À cela, le Dr Boileau répond simplement que l'obésité n'est pas une maladie en soi, mais essentiellement un symptôme commun à une foule de problèmes d'ordre sociologique, psychologique, émotif et, dans une moindre mesure, physiologique, héréditaire ou endocrinien.Le rôle du médecin devient presque nul dans la perspective où celui-ci ne possède aucune formation véritable en psychologie.Dans l'optique de Jean-Guy Boileau, le médecin se réfugie derrière une image socio-culturelle-ment prestigieuse et la protège par une technologie et une connaissance livresque qui ont plus ou moins à voir avec le traitement d'un individu.Ainsi, le traitement devient un rapport dominant-dominé, savant-ignorant, où ce qui tient lieu de psychologie est simplement le paternalisme de certains traitants qui vont gronder les patients qui ne répondent pas au traitement.Une des méthodes les plus en vogue pour contrôler le patient consiste à lui faire collectionner chaque semaine quelques bouteilles d'urine.On contrôle par la suite létaux de corps cétoniques éliminés par l'urine de manière à savoir si l'obèse a triché dans sa diète.«Les médecins, reprend Jean-Guy Boileau, entretiennent, inconsciemment ou non, un bassin d'obèses dont ils tirent leur revenu par la suite.C'est une des formes d'exploitation les plus ahurissantes que je connaisse.» Une étude publiée dans le magazine Psychology Today (mai 1 976) montrait que l'individu moyen suit et abandonne une diète ou une cure d'amaigrissement 1,4 fois par année.Psychologiquement, l'échec d'un traitement entraîne un abandon de volonté et c'est cet abandon qui aggrave l'excès de poids.L'espoir de guérison du nouveau patient est proportionnel à sa grosseur.La déception qui suit dans la majorité des cas est plus grande encore.Toute intervention non thérapeutique qui échoue ÈS2 ¦ Éditeur officiel s'accompagne d'une pénalité allant parfois jusqu’à 4,5 ou 7 kilogrammes.À ce titre, il n'y a pas que l'intervention médicale qui soit iatrogénique, mais toute forme de curequi netouchequ'uneseule facette de l'individu.Dans cette optique, les thérapies de type Weight Watchers oeuvrent de la même façon.Il est impossible d'atteindre un seuil d'efficacité thérapeutique sans avoir identifié le problème-cause de l'excès de graisse.Un traitement partiel ne peut venir en aide à long terme qu'à des individus souffrant d'une obésité adulte qui repose sur des habitudes faciles à modifier.Alors, toutes les cures-béquilles qui fonctionnent par tapes dans le dos ou par culpabilisation du patient tournent en queue-de-poisson dès que l'individu se retrouve seul.Sans tenter de rendre le patient autonome, il est illusoire d'espérer générer autre chose qu'une nouvelle obésité.C'est à ce niveau que la psychologie s'impose de plus en plus dans ce que l'on qualifie d'approche globale.LA TOXICOMANIE ALIMENTAIRE «Une femme sur quatre et un homme sur dix sont atteints d'une obésité importante,» affirme le document de politique québécoise en matière de nutrition.Pourquoi cette différence?Il y a bien sûr chez la femme un sédentarisme moyennement plus élevéquechez l'homme.«Mais il ne faut pas oublier, souligne Madeleine Blanchet, que la plupart des toxicoma- nies, y compris l'alcoolisme, sont encore socialement inacceptables pour une femme.On se dirige alors vers d'autres exutoires.» Le Dr Blanchet est Chef du Service des études épidémiologiques du MAS.«L'obésité, dit-elle, est d'abord une maladie psychologique.La médecinetra-ditionnelle n'est pas équipée pour traiter une maladie psychique.La plus grande logique pour le moment est celle d'éduquer les gens.» «Un succès en obésité déborde la dimension numérique, dit le Dr Boileau.Je trouve irrespectueux, irresponsable et archaïque le concept qui veut qu'on mesure la réussite par la quantité de graisse fondue.Un succès en obésité tient compte de toutes les dimensions humaines.Le but premier d'une thérapie est d'emmener l'obèse à fonctionner socialement et à atteindre un degré d'autonomie qui lui permette de progresser.On ne chiffre pas un résultat en obésité, on le qualifie.La façon de mesurer un succès est le miroir de la qualité du traitement.Un traitement qui ne va toucher qu'une dimension de l'être humain va s'arrêter à chiffrer cette seule dimension.Dans l'ensemble de l'individu, il y a un item qui s'appelle le poids et on doit tenter de l'améliorer de concert avec les autres.» Traditionnellement, on a perçu la boulimie comme un problème endocrinien relié au dérèglement de l'hypophyse.Aujourd'hui, on s'entend pour ramener cette cause à une dimension n'excédant pas 3 pour cent des cas.D'autres facteurs ont retenu l'attention, dont celui de l'hérédité.Les chercheurs américains Johnson, Burke et Mayer ont observé, en 1 956, que 9 pour cent des enfants nés de parents non obèses sont obèses alors que ce chiffre passe à 40 pour cent si un des deux parents est obèse et à 80 pour cent si les deux le sont.Évidemment, ces observations peuvent être interprétées sous des jours multiples.Il est toutefois démontré qu'une mutation du chromosome 6 peut entraîner l'obésité chez le rat.L'incidence de ce facteur reste fort peu étudiée et il est difficile d'en tirer des données précises.Si bien qu'aujourd'hui, psychologie et sociologie se «disputent» le terrain.Après plusieurs siècles de recherches, on se trouve ramené à cette seule certitude digne de LaPalice: «L'obésité est, dans la plupart des cas, le résultat de la non-correspondance entre l'apport calorique et la dépense énergétique.» Et tac! .OU UN PROBLÈME DE LA MÉDECINE Selon le Dr Boileau, la médecine contribue au développement quantitatif d'une nouvelle forme d'obésité: Vobésité iatrogénique.Cette obésité prend du poil de la bête dans le cabinet même du médecin.Le patient aggrave son cas à mesurequ'il multiplie les traitements puisque la majo- scia QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 lient out ,¦ ïiüi CM iques; Wt ane: um: s S® Ht; koisj Boitej elt il i]ii; mtilé obs leris: Wiï ;lio«i jiéi'i iote' suiei.j îioR uct:' tic ' ne® ilyi ouï ave; étés p# (au?e«ce:i la® bel' s# ei'é s® esi; ¦enis 801» eat' fpitî oaïf ] rité des cas considérés comme échec accusent une reprise de poids systématiquement supérieure à celle d'avant la cure.Cela explique, bien sûr, en grande partie la limite des guérisons opérées par la médecine.S'il faut considérer que l'obésité est une maladie à forte incidence psychosomatique, à l'instar des autres toxicomanies, et qu'elle se développe dans un climat social donné, la médecine technique aura du mal à en venir à bout.De plus en plus, on applique une thérapie psycho-sociale au traitement de l'alcoolisme ou de la narcomanie.Sur ce plan, le traitement de l'obésité accuse un retard de quelques années.Les quelques cliniques qui appliquent une dose de psychothérapie à leur cure connaissent un succès plus élevé que la moyenne.Grosso modo, les psychothérapies appliquées à l'obèse se campent derrière les deux grandes écoles de la médecine du cerveau: la psychanalyse et l'approche behaviorale.Peut être en raison de son accessibilité, la technique behaviorale est beaucoup plus appliquée que sa «rivale».Il est certain que les diverses approches seront différemment qualitatives pour tous les sujets.Sans vouloir tracer ici le portrait détaillé des deux types d'intervention (voir l'article de Georgette Goupil, «Les médecins de l'esprit», Québec Science, février 1978), il est bon de résumer la conception de chacune sur la nature de l'obésité.La psychanalyse a fréquemment avancé que l'obésité était principalement causée par des troubles émotifs internes (psychosomatiques).Peu de recherches sont venues appuyer cette thèse.Robert Pauzé, qui prépare actuellement un doctorat en psychologie de l'obésité, note à ce sujet que les études menées l'ont été principalement à partir d'étudiants; il s’agissait par conséquent de sujets marqués par une obésité infan- - tile (30 pour cent de tous les cas) et dont l'origine sociale aisée laissait peu de possibilités d'apprécier le facteur socio-logique.Il est impossible de généraliser à partir de tels échantillons.thodes peuvent alors s'appliquer et la •.L: .: SOIGNER LA SOCIÉTÉ POUR GUÉRIR L'OBÈSE Les behavioristes, pour leur part, voient peu d'influence des désordres internes sur le comportement alimentaire.C’est bien davantage le conditionnement du milieu ambiant — culturel, familial, éco-inomique, etc.— qui permet de développer des comportements nocifs.Essentiellement, la thérapie consiste à reconditionner l'individu.«Une des premières exigences qui est posée au début de notre traitement, explique Robert Pauzé, c'est l'absence de diète.Il faut en premier lieu identifier avec le traité ses comportements discriminatoires et les changer.» Diverses mé Y**.« < • plus employée est sans doute celle du journal alimentaire que l'obèse tient lui-même au jour le jour.On est loin du contrôle des corps cétoniques dans l'urine.«Les médecins, poursuit Robert Pauzé, ont peu de choses à voir avec le traitement de l'obésité.Plus il y a de diètes, plus elles sont compliquées, plus les médecins vivent.La solution au problème de l'obésité n'est ni médicale, ni psychologique, elle est d'ordre socio-politique.» L'étude commandée par le gouvernement américain au psychiatre Stunkard et à ses deux co-équipiers Goldblatt et Moore, est la plus vaste jamais menée sur l'incidence socio-économique du problème: effectuée à New York, elle porte sur plus de 1 000sujets.La prédominance de l'obésité en milieu socio-économique faible apparaît clairement.Dans la même veine, le Dr Boileau souligne que «la solution s'inscrit dans un continuum politique, professionnel et social.Il faut réagir aux trois niveaux.Former un professionnel compétent, débloquer des fonds et changer les mentalités.» Il faut bien avouer que quelle que soit la priorité qu'on accorde aux causes de l'obésité, celles-ci ne peuvent agir massivement que dans un contexte socioculturel donné et que seule une modification de ce contexte laisse entrevoir une amorce de solution.Comment songer, en effet à une guérison d'ensemble dans une société où l'absence d'éducation alimentaire se double d'une publicité tapa- 20 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE I:.® geuse?Au Québec, il se dépense près de 80 millions de dollars par année pour la publicité sur les aliments dont 1 2 millions pour la bière.Quelque 60 pour cent des commerciaux télévisés sont alimentaires.«.la majeure partie de cet effort publicitaire est consacré (sic) à la promotion des aliments les moins nutritifs, et on pourrait ajouter par conséquent les plus dommageables: sucreries, boissons gazeuses, bière, croustilles, etc.» note le document du MAS.50 pour cent des aliments subissent aujourd'hui une transformation industrielle comparativement à 10 pour cent en 1 951.«Quels sont les effets de la chimification progressive de notre alimentation?Entre autres, quels sont les effets à long terme des additifs?» Ces questions sont soulevées par le rapport du MAS.Les réponses, personne ne peut encore les fournir en bloc.Mais les doutes sont de plus en plus généraux.VERS UN QUÉBEC MINCE Une politique québécoise en matière de nutrition marque sans doute un pas important dans le traitement politique de nos maux alimentaires.Pour la première fois, l'État québécois pose le problème de l'alimentation nationale de façon globale et analytique.Qu'adviendra-t-il des voeux exprimés dans ce rapport?Aux États-Unis, les recommandations de la commission sénatoriale McGovern commencent à tomber dans l'oubli.Le lobbying des multinationales de l'alimentation est encore assez puissant pour multiplier les jambettes à ceux qui recherchent le changement.Au Québec, on sent bien que le Service épidémiologique du ministère des Affaires sociales cherche à éveiller le ministère des Consommateurs à un éventuel contrôle de la publicité sur les aliments à faible valeur nutritive.Pour la première fois, le gouvernement songe à soigner la publicité alimentaire.On est encore à parler de «sensibilisation de l'industrie» et, concrètement, les propositions ne pieu vent pas.On peut néanmoins parler d'une tentative louable d'ouvrir la porte aux changements.Jusqu'où irons-nous?Le rapport voit deux façons de modifier l'état nutritionnel d'une nation: 1 ) modifier le comportement alimentaire; 2) modifier la composition des aliments qu'elle consomme.Le MAS se reconnaît juridiction au premier palier.S'il n'est pas de son ressort d'agir au second, il souligne avec justesse que cela ne relève pas de la science-fiction.On entend donc employer toutes les mesures d'éducation et de persuasion pour changer le comportement.Sept objectifs doivent guider ce procédé: 1 ) favoriser la consommation journalière de trois repas équilibrés comptant pour 80 pour cent de la consommation calorique journalière: 2) réduction de 50 pour cent de la consommation de sucre; HERTA ISJahrealf L 500tt EinePrSmiev.50,000 G.Mark^K9 - dejnjenigen.der pin zwiteslflnd im glekhen ûewichf und gleithen Alter nachwcisenkann 3) réduction de 25 pour cent pour les matières grasses; 4) hausse de 100 pour cent (de 1 6 à 35 pour cent) du taux d'allaitement maternel; 5) augmentation de l'apport en cellulose; 6) conservation de la valeur nutritive des aliments; 7) diversification du régime alimentaire.Il faut donc faire maigrir le Québec.Mais il serait dommage de clore un article sur l'excès de poids sans avoir parlé de cette véritable course à la maigreur dans laquelle Québécois et Québécoises investissent des milliers de dollars par année.Marielle Perronnet, diététiste, dirige présentement une étude sur les «services» offerts aux consommateurs qui désirent perdre des kilos.«On est rendu au stade où les cliniques ou les studios d'amaigrissement vendent des pertes de poids même aux gens qui n'en ont aucun besoin.Dans notre enquête, nous avons fait la tournée des studios de santé.Partout, on me promettait que j'allais perdre des kilos sans savoir si cela m'était nécessaire.» Elle n'a, je m'en porte garant, aucun besoin de maigrir.On assiste à une véritable obsession collective de la minceur.Les journaux «jaunes» appuient leur tirage sur les articles les plus «graisseux».L'important est de devenir conforme au standard de la beauté officielle.La cellulite, qui angoisse tant de femmes et qui agace tant de regards masculins, n'est en fait qu'un caractère sexuel féminin secondaire.La publicité tente de l'effacer de la même façon que le système pileux de la femme.Pire, il est loin d'être certain que la minceur cadavérique qui constitue l'idéal de plusieurs soit un gage de santé.Une des dernières trouvailles du marché, faire l'amour pour rester mince, a au moins un mérite: ça ne coûte rien d'essayer, pas même le prix du livre.* Pour en lire plus Dietary Goals for the United States, rapport McGovern Select Committee on Nutrition and Human Needs, reproduit intégralement dans la revue Nutrition Today, septembre-octobre 1977 Nutrition-Canada, Enquête nationale.Nutrition: une priorité à l'échelle nationale, ministère canadien de la Santé nationale et du Bien-Être social, Ottawa, 1973 Nutrition-Canada: Rapport sur les habitudes alimentaires, ministère canadien de la Santé et du Bien-Être social, Ottawa, 1977 Une politique québécoise en matière de nutrition, Direction des Communications des Affaires sociales, ministère des Affaires sociales, Québec, 1 977 Marielle Barré, État de nutrition d'un groupe d'écoliers montréalais.Université de Montréal, Montréal, 1 971 Yolande Giasson, L'obésité chez un groupe d'écoliers canadiens-français.Université de Montréal, Montréal, 1973 Clémence Legros, L'obésité et son traitement par les thérapies behaviorales, mémoire de maîtrise, département de psychologie, Université de Montréal, Montréal, 1976 QUÉBEC SCIENCE / mal 1 978 21 COMMENT MOURIR Une entrevue avec un historien des mentalités, Philippe Ariès, qui a étudié surtout celles qui entourent la mort 22 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE propos recueillis par Diane Hardy a renommée de Philippe Ariès n'est plus à faire.Historien des mentalités, H s'inscrit dans le courant de la «nouvelle histoire française» qui s'occupe d'étudier l'évolution des mentalités, s'opposant ainsi, en partie, à la façon traditionnelle de traiter l'Histoire, par exemple en tenant compte de son aspect chronologique.U a collaboré à la création de la nouvelle revue d'histoire appelée L'H istoire et il a déjà écrit trois livres, H istoire des populations françaises et de leurs attitudes devant la vie depuis le XVIIIe siècle, L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime et Essais sur l'histoire de la mort en Occident, du Moyen-Âge à nos jours.Ce dernier livre sert d’ailleurs d'introduction à un autre, plus considérable, traitant également de la mort, qui paraîtra bientôt aux éditions du Seuil sous le titre de L'homme devant la mort.C'est une communication présentée à l'Académie des sciences morales de France et ayant pour thème /'intérêt des gens pour les cimetières qui a suscité celui de Philippe Ariès pour la mort et, depuis plus de !5 ans, il étudie, à travers l'histoire, l'évolution des mentalités face à cette dernière étape de la vie.Québec Science: Pourriez-vous nous expliquer ce qu'est un historien des mentalités?Philippe Ariès: C'est un historien qui s'intéresse aux représentations mentales, c'est-à-dire à des phénomènes psychologiques.Il s'intéresse moins aux réalités statistiques qu'aux motivations psychologiques qui déterminent des actes réels.Par exemple, un historien démographe peut s'intéresser aux statistiques de mortalité et de natalité.Un historien des mentalités cherchera les raisons psychologiques expliquant les montées et les descentes de ces courbes démographiques, non pas comme on cherche l'explication d'un phénomène scientifique, mais en considérant ces phénomènes comme des manifestations mesurables représentant d'autres phénomènes intérieurs de nature psychologique, inaperçus.C'est toute la surface immergée de nous-mêmes.Nous-mêmes dans ce qu'il y a de plus profond, en tant que mouvement collectif inséparable de l'élément intérieur.C'est ce qu'on pourrait appeler l'inconscient collectif.Q.S.: Vous avez écrit un livre, Essais sur l'histoire de la mort en Occident du Moyen-Âge à nos jours, qui sert d'introduction à un second ouvrage, beaucoup plus considérable, qui paraîtra bientôt.Pourriez-vous nous en parler?P.A.: Le premier livre est constitué d'une série de conférences que j'ai données en 1973 à John Hopkins University.Ces conférences ont été pour moi le moyen de faire la maquette de ce que j'avais en tête et que je voyais encore mal.Je faisais des recherches depuis plus de dix ans, je les accumulais; j'avais des directions, mais confuses, sans fil conducteur.L'obligation de faire ces conférences me l'a donné.C'est de cette ligne directrice dont je me suis servi pour écrire mon gros livre.Je l'ai conçu à partir de l'hypothèse de départ du premier livre: la relation entre l'attitude devant la mort et le sens de l'individu, de la conscience de soi.Au fur et à mesure de la rédaction du second livre, j'ai vu apparaître d'autres paramètres qui auraient pu également me servir de ligne directrice.Les voici: il y a d'abord le sentiment de la collectivité face à la nature sauvage.La collectivité humaine ressent le besoin de se défendre contre la nature afin de vivre dans un ordre social et humain.Mais cette défense a des points faibles, dont la mort.Il y a toute une stratégie pour domestiquer la mort.Troisièmement, le sens du mal, physique et moral.La mort a toujours été liée au mal.Par exemple, dans le christianisme, le dogme du péché originel a toujours été lié à la mort.La mort est la sanction du péché du premier couple.On a l'habitude de dire que c'est une idéologie dépassée par le rationalisme.Je pense, au contraire, que c'était l'expression d'un besoin métaphysique profond des plus populaires pour expliquer la mort.La mort est liée au mal, autrement, elle est incompréhensible.Finalement, il y a le sens de l'au-delà.Vous avez là les paramètres essentiels de mon second livre.Q.S.: Dans votre premier livre qui traite de la mort, vous parlez de la médecine moderne qui a réussi à prolonger la vie, à enrayer de nombreuses épidémies, etc.Mais elle se heurte encore à la mort qu'elle n'a pas contrôlée.Croyez-vous que la médecine ait mis un tabou sur la mort parce qu'elle la considère comme un échec?P.A.: Oui.Mais ce n'est pas dû exclusivement à l'attitude médicale.Je ferai ici une parenthèse.Les grands progrès de la longévité ne sont pas la propriété exclusive de la médecine moderne.Si on remonte au début du 19ième siècle, on s'aperçoit qu'il existe à cette époque une attention plus grande envers l'hygiène et la préservation de la vie, surtout en ce qui concerne les enfants.C'est depuis les 50 dernières années que la médecine a le plus contribué à l'allongement de la vie humaine grâce à de nombreuses découvertes, par exemple les antibiotiques.Cependant, l'attitude contemporaine de la société face à la mort et à la médecine est fort complexe.Il y a deux phénomènes distincts.Le premier débute au milieu du 19ième siècle.Par amour pour le mourant, sa famille essaie de lui cacher son état et, inversement, le mourant fait semblant qu'il ne sait pas, afin que les choses se passent sans trop d'émotion.S'installe le mensonge.Le malade a démissionné.Il ne préside plus sa mort.Il demande à son entourage de se charger de lui: «Prenez-moi en charge.Je ne suis déjà plus grand-chose, je vous fais confiance.» Puis interviennent les progrès de la médecine.Ses exploits dans le domaine des maladies dites incurables, l'espoir de la guérison, cette lutte incessante que mène le médecin contre la maladie (et qui se considère comme battu si le malade meurt) impressionne la famille du mourant.Comme elle n'aurait pas bonne conscience si elle ne participait pas à cette bataille, alors à son tour, elle a cédé au médecin la responsabilité du mourant.C'est une deuxième démission.Cela fait partie de toute une attitude contemporaine de faire comme si le malade n'allait pas mourir.Il s'ensuit un isolement de plus en plus grand pour le malade, car ce mensonge supprime la communication.Et pour rétablir la communication, il faut rétablir la vérité.Mais il y a un second phénomène: pourquoi la société s'oppose-t-elle avec une telle force aux manifestations du deuil par les survivants.Elle ne l'accepte pas.La personne qui pleurerait un mort d'une manière trop visible serait considérée comme hystérique, morbide et mise à l'écart.Ce n'est pas l'indifférence qui motive les survivants (ils sont même parfois traumatisés par cette obligation de ne jamais dire leur peine, de ne la dire qu'en cachette).Et c'est là je crois que la société toute entière est atteinte par ce que vous disiez à propos du médecin: l'échec devant la mort.Et même plus que l'échec, le non-sens de la mort.Autrefois, la mort était comprise comme quelque chose qui devait arriver, une nécessité liée à l'existence du mal.Et toutes les civilisations ont lié la mort au mal ou à QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 mit.une certaine conception du monde.Le mal a été peu à peu démoli par la modernité.On a commencé par le mal moral (l'enfer, la damnation, etc.); tout ceci a été supprimé par petites étapes au cours du 1 9ième et du 20ième siècle.Il ne restait plus que la souffrance physique, très isolée.La médecine a permis la suppression de la souffrance.Mais elle n'est pas au bout de ses progrès.En 1990, la souffrance n'existera plus.Alors, qu'est-ce ça veut dire la mort dans un monde où il n'y a plus ni souffrance, ni mal?C'est un épisode entièrement incompréhensible.On fait comme si elle n'existait pas, ou alors, réaction plus intelligente, on fait comme si c'était une simple nécessité, un changement, une chose sans importance.Ce sera la réponsede la société face à l'absurdité de la mort.O.S.: Le sort fait aux vieux dans notre société serait-il une conséquence du tabou mis sur la mort?P.A.: Oui.C'est la continuité de ce tabou.L'attitude contemporaine face à la vieillesse est riche d'interprétations.D'abord, le vieillard, c'est quelqu'un qui va mourir: c'est très embêtant! Ensuite, c'est peut-être qu'il est déjà mort.La société contemporaine fait mourir l'homme d'une mort sociale avant sa mort naturelle: à partir du moment où elle considère qu'il n'a plus de fonction économique, il n'est plus rien; il est déjà mort.Mais il y a peut-être une troisième raison.Dans la société actuelle, l'individu ne compte plus.«Nul n'est irremplaçable», dira-t-on.Autrefois, lorsque la société perdait l'un des siens, elle avait le sentiment de s'affaiblir dans son entité.Ceci n'existe plus.Dès le moment où un homme prend sa retraite, il ne compte plus.Il doit développer d'autres attitudes pour pouvoirsurvivre, car le reste de la société s'en balance! Et lorsqu'elle s'en soucie, c'est parce qu'elle a des préoccupations humanitaires, tout comme elle se préoccupe des handicapés, des malades mentaux, etc.Mais c'est une charge pour elle.Et l'idée que le vieillard puisse avoir une fonction dans la société, elle ne s'en inquiète pas, même si elle est consciente de leur situation.Bon, on cherche à l'aider en l'envoyant à des cours de recyclage dans une université, en lui apprenantà bricoler, mais c'est exactement comme si on lui faisait une piqûre reconstituante.On le drogue.On s'occupe de lui en le distrayant.Q.S.: Dans votre livre, vous parlez des malades «qui ont la décence de mourir à l'hôpital».Mais on naît aussi à l'hôpital, et dans des conditions que les mères décrivent comme étant inhumaines.Tout comme on frustre les gens de leur propre mort, on les frustre aussi de leur naissance.Depuis quelques années, on a vu apparaître des mouvements comme celui de «naissance sans violence» du docteur F.Leboyer.Qu'en pensez-vous?P A.: Je ne connais pastrès bien le docteur Leboyer, mais qu'il y ait un parallélisme entre la naissance et la mort à l'hôpital ne me surprend pas du tout.Cette médicalisation de la naissance est parallèle à la médicalisation de la mort.Le corps humain est devenu un objet de technique.C'est l'une des étapes de la colonisation de la nature par l’homme.Il a considéré son corps comme un objet de connaissance, comme un objet de manipulations technologiques.La naissance et la mort deviennent des opérations technologiques.D'ailleurs, la mort devient une opération technologique même quand elle est certaine: le mourant est emprisonné de tubes qui sont, en principe, pour son bien.C'est presque inévitable qu'à un moment donné, la société, ayant considéré que la nature n'existait plus mais que c'était elle qui la faisait, elle conçoive son corps et, par 24 conséquent, les limites de son corps et de la nature (la naissance, le sexe et la mort sont les moments de la vie où on est le plus près de la nature) comme des phénomènes qui ne sont plus de la nature, mais du domaine de la technique.C'est curieux car, en y regardant de plus près, on aperçoit un double mouvement: il y a un recul de la part de la nature qui s'est ensauvagée.Par exemple, la mort est devenue sauvage dans la modernité.Et, d'autre part, beaucoup d'aspects qui étaient naturels ont été conquis.Q.S.: Il y a quelques années, Elizabeth Kubler-Ross, psychiatre, a dirigé un groupe d'étudiants à l'Universitéde Chicago cherchant à connaître comment une personne réagissait durant les derniers moments de sa vie.Ils ont dégagé cinq étapes: la négation, la colère, la coopération, la dépression et enfin, la résignation.Ces étapes ont-elles toujours existé?P.A.: Je me suis posé la mêmequestion.Jecroisqueoui.On les retrouve.Cette typologie est, en gros, constante.Mais ce côté de la question, je laisse aux psychiatres le soin de le déterminer.C'est le comportement global face à la mort qui m'intéresse.Pourtant, à travers mon étude, je retrouve ces étapes, mais atténuées, à travers les récits qu'on a des morts anciennes.Par exemple, la négation n'existe pas: on sait qu'on va mourir.La colère correspond au regret de sa vie, des bons moments, des gens qu'on aime, etc.La coopération a une certaine relation avec la cérémonie des adieux: le mourant demande pardon pour les fautes commises et dit «au revoir».La dépression n'existe pas.Quant à la résignation: il faut mourir, c'est tout.Q.S.: Souhaiteriez-vous que l'on retourne vers la «mort apprivoisée» telle que vous en parlez dans votre livre?P.A.: Souhaiter ce retour voudrait-il signifier qu'on renonce aux progrès que la médecine a permis pour adoucir la souffrance?Je ne suis pas pour ça du tout! Dans la mesure où ma recherche n'est pas innocente, je peux vous dire que nous avons gagné sur certains points et perdu sur d'autres.Où se dirige-t-on me direz-vous?C'est difficile à dire.Si on prend l'exemple de Mme Kubler-Ross, l'essentiel de son oeuvre a été de rendre au mourant son initiative, de lui laisser le pouvoir de vivre sa mort.Seulement, l'attitude devant la mort ne peut être un phénomène isolé de tout un vaste comportement à la fois psychologique et social: d'une conscience de soi d'abord, et de la société, et de soi dans la société, et de la société sur soi-même.Peut-on traiter la mort comme un phénomène isolé du reste de la vie?Je ne le crois pas.Il arrivera que ces nouveaux traitements psychothérapeutiques (Mme Kubler-Ross mit le doigt sur l'importance de faire parler les malades sur le point de mourir.Ce processus les aide à envisager la mort.) seront une nouvelle technologie bienfaisante opposée à la technologie purement matérielle des soins donnés par les tubes et les piqûres.Il y aura une thérapeutique psychologique à côté d'une thérapeutique chimique, la seule utilisée à présent par la médecine.Ce sera un traitement plus humain de la maladie, mais ça restera une mort dans un petit coin d'un hôpital.La mort restera toujours un petit coin à part.Q.S.: Après avoir fait des recherches pendant plus de 1 5 ans sur ce sujet, avez-vous songé à votre propre mort?P.A.: Forcément.J'ai été amené à y réfléchir.L'Histoire nous apprend à mieux nous comporter parce qu'elle nous donne le sens du relatif.Il me semble que la familiarité mai 1978 / QUEBEC SCIENCE Diane Hardy avec des attitudes différentes de celles que nous voyons autour de nous, attitudes qui avaient leur sagesse et leurs illusions comme celles d'aujourd'hui, nous enrichit énormément et nous donne une sorte de pouvoir que nous gnorons.Le fait même que nous ayons acquis une familiarité avec des attitudes existentielles profondes, qui n'existent plus aujourd'hui, nous les digérons, nous les assimilons: un jour, elles nous aideront peut-être.Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles nos contemporains ont un intérêt face à l'histoire des menta-ités.Ce sont des cordes auxquelles on se raccroche dans le flot de la modernité qui nous emporte on ne sait où. 25 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 CONTRACEPTION AUX GRANDS MAUX LES GRANDS REMÈDES La Québécoise qui veut s’assurer une contraception efficace et permanente, fait de plus en plus appel à la stérilisation mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE Èfi par Nicole M.Gratton Doit-on le répéter, la natalité au Québec a connu en moins de quinze ans une chute des plus spectaculaires.Le taux brut de natalité, c'est-à-dire le nombre annuel de naissances vivantes pour 1 000 habitants, se situait en 1959 à 28,3 pour mille, soit au-dessus de la moyenne canadienne et certes bien au-dessus de la moyenne des pays développés à l'époque.Même si les «grosses familles» de 10 ou 12 enfants commençaient à se faire rares, on pouvait croire que la revanche des berceaux n'avait pas encore dit son dernier mot.Puis ce fut le réveil subit, l'amorce du déclin rapide dont on hésite encore à prévoir la fin définitive.Dès 1968, le Québec se retrouvait au dernier rang des provinces canadiennes avec un taux de natalité de 16,3 pour mille; en 1 972 et 1 973, son taux de natalité atteignait son niveau le plus bas, à 1 3,8 pour mille, côtoyant alors, sur la scène mondiale, les pays à très faible fécondité.Le Québec était entré tardivement, mais de plain-pied dans l'ère malthusienne.Une telle performance ne saurait s'expliquer sans un recours massif à la contraception et une modification radicale, et surtout généralisée, des moeurs de la population qui l'a pratiquée.Autrefois une pratique restreinte et limitée, la contraception s'est répandue en cette période de changement rapide à l'ensemble de la société québécoise.De plus, fait surprenant, c'est la stérilisation qui, depuis 1971, a vu son utilisation augmenter.Ainsi la Régie de l'Assurance-Maladie du Québec rapportait en 1971 que 5 122 ligatures de trompes avaient été effectuées au Québec au cours des 12 derniers mois.Dès l'année suivante, on en dénombrait 1 2 234 et, depuis lors, c'est au rythme de plus de 20 000 par année que Ton procède à cette opération stérilisante dans les hôpitaux de la province.Au surplus, pas loin de la moitié de ces interventions sont maintenant pratiquées sur des femmes âgées de moins de 35 ans.On peut donc se demander qui sont ces femmes qui ont été touchées par cette évolution et comment elles l'ont été; comment elles se distinguent de celles, s'il s'en trouve, qui sont demeurées contre vents et marées des non-con-traceptrices; si elles ont choisi d'utiliser des méthodes de contraception qui leur soient propres ou si elles ont adopté d'emblée lestechniques modernesque la science a mises à leur disposition au cours de la dernière décennie.Autant de questions auxquelles deux enquêtes effectuées sous la direction de Jacques Henripin, du département de démographie de l'Universitéde Montréal, ont apporté des réponses.La première enquête date de juin 1 971:1 737 Québécoises, âgées de 1 5 à 65 ans, représentatives de l'ensemble des femmes mariées de la province, ont répondu à plus de 100 questions centrées sur leur vie féconde, le nombre d'enfants qu'elles désiraient et les moyens envisagés pour y arriver.Au cours de la seconde enquête, en mars 1 976, on a réinterrogé 466 femmes parmi celles qui avaient moins de 35 ans en 1 971 : cette enquête-rappel a permis de vérifier, cinq ans plus tard, si les prévisions des répondantes de 1971 avaient bien été réalisées.DEUX GÉNÉRATIONS, DEUX MONDES La contraception n'a véritablement pénétré les moeurs québécoises que récemment, avec les bouleversements de la révolution tranquille.La première enquête révèle en effet une croissance très nette des taux d'utilisation de la contraception chez les femmes qui se sont mariées après 1 960.Seulement 28,7 pourcent desfemmes mariées avant 1 946 avaient employé une méthode contraceptive.Ces dernières se recrutaient surtout dans certains groupes privilégiés, soit chez les femmes les plus instruites, anglophones, protestantes, et dont le mari occupait un emploi de cadre supérieur.Par contre, 84,6 pour cent des Québécoises mariées entre 1 966 et 1 971 avaient déjà utilisé la contraception ou se proposaient de le faire.En plus d'atteindre des taux d'utilisation inégalés par les aînées, on assiste à une homogénéisation du comportement si remarquable que seule une faible scolarité (0-6 ans) caractérise chez ces nouvelles mariées les quelques femmes encore non-contraceptrices.L'écart entre la génération des mères et celle de leurs filles, au point de vue de la contraception, ne fait donc plus de doute.La contraception fait désormais partie des moeurs québécoises.Les Québécoises mariées après 1960 ont donc participé d'emblée à la vague contraceptrice qui a si fortement réduit la natalité du Québec.Ce sont surtout ces femmes qui ont été réinterrogées en 1976 pour déterminer l'évolution de leurs pratiques contraceptives depuis 1 971 et, par la suite, étudier les tendances de la contraception au Québec.Ce que nous observons au Québec n'est pas un phénomène isolé, même si on peut noter des modalités qui nous sont propres.Regardons, par exemple, comment se comportaient les contraceptrices québécoises en 1971 par rapport aux Américaines du même âge en 1970 et 1973.se W lïia 1 «I SU ‘si# ^joe M* fUi H:; ‘¦J ¦ f>3-, VOISINES, MAIS DIFFÉRENTES L'utilisation de la pilule est aussi répandue parmi les Québécoises que parmi les Américaines, mais les ressemblances s'arrêtent là.Chez les contraceptrices québécoises mariées avant 1 960, la pratique de l'abstinence périodique l'emportait de très loin sur les autres méthodes: quelle que soit l'année du mariage ou le nombre d'enfants déjà nés, le taux d'emploi de cette méthode dépassait celui de «es 4-.- Will tel U, Ù'U QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 27 Méthodes contraceptives utilisées par les Québécoises mariées (%) i 1971 et 1976 3.0 leni'i 1.0 2.0 1.0 1.9 2.1 2,7 5,0 9.7 31,9 S stérilisation «non contraceptive» mari stérilisé femme stérilisée avortement abstinence prolongée diaphragme gelée (crème, mousse) méthode sympto-thermique abstinence périodique 16,3 8,7 19,1 1,3 0,8 7,2 6,5 3,7 3,9 8,6 pilule anovulante 23,7 1971 toutes les autres méthodes réunies.En 1 971, la valeur accordée à cette méthode n'est pas tout à fait disparue puisqu'en-core une contraceptrice sur trois l'utilise au Québec, ce qui constitue un premier point de différenciation majeure par rapport aux Américaines.Le deuxième point, qui découle du premier, est la concentration des Québécoises: la pipule et l'abstinence périodique se partagent à elles seules la faveur de 70 pour cent des utilisatrices du Québec en 1971.Les taux d'utilisation des autres méthodes (à l'exception du retrait) sont donc tous beaucoup plus bas que ceux observés chez les Américaines.Et fait à noter, les pourcentages de stérilisation contraceptive au Québec, en 1971, sont largement inférieurs à ceux relevés chez les Américains.On ne compte en effet que 2,5 pour cent des couples volontairement stériles alors qu'en 1970, aux États-Unis, on en relevait déjà 15,8 pour cent, et cette proportion grimpait à 23,5 pour cent en 1973.On a retenu seulement les stérilisations dites «contraceptives», c'est-à-dire celles pour lesquelles la femme affirmait que l'opération avait eu lieu dans le but de ne pas avoir d'autres enfants.Lors de l'enquête québécoise de 1971, cette précision sur le but de l'opération semble avoir été pour certaines femmes une espèce de porte de sortie leur permettant de ne pas avouer leurs véritables motifs, ne faut pas oublier par ailleurs que, du 1976 point de vue de la fécondité, le résultat est le même, que la stérilisation ait lieu pour des fins contraceptives ou non.Quoi qu'il en soit, même si nous rajoutions aux chiffres de 1971 les stérilisations dites «non contraceptives» le pourcentage de couples stériles parmi les contracepteurs ne monterait qu'à 3,9 pour cent.C'est donc dire qu'en 1971, la stérilisation n'avait pas vraiment encore fait son chemin dans les moeurs québécoises.CINQ ANS PLUS TARD.L'enquête-rappel nous a donné ce rare avantage de pouvoir confronter, après une période de cinq ans, les répondantes de 1971 avec ce qu'elles étaient devenues en 1 976.Les premiers indices indiquent qu'en 1976 ces femmes avaient réduit leurs aspirations de fécondité, lesquelles n'étaient déjà pas particulièrement élevées en 1971.C'est ainsi qu'en 1971 ces femmes avaient en moyenne donné naissance à 2,0 enfants et souhaitaient en avoir encore 1,25; de 1971 à 1 976, elles en ont eu, toujours en moyenne, 0,5 et, en 1976, elles n'en prévoyaient plus que 0,2 en surplus.Ce qui équivaut à une coupure de 44 pour cent du nombre d'enfants qu'elles désiraient encore en 1971.Les modifications qu'elles ont apportées à leur comportement contraceptif au cours de la même période, démontrent bien qu'elles n'ont pas hésité à avoir recours aux moyens les plus sûrs pour s'en tenir à une famille de la taille qu'elles jugent suffisante.Il faut toutefois noter que si, en 1971, le groupe de femmes constituant l'échantillon représentaient statistiquement l'ensemble des femmes déjà mariées du Québec, on ne peut prétendre, en 1976, que l'échantillon a toujours les mêmes qualités de représentativité.Tout au plus s'agit-il d'un groupe de femmes mariées depuis au moins cinq ans et dont l'âge varie maintenant de 20 à 40 ans.Son intérêt réside surtout dans le fait que l'on peut suivre l'évolution qui s'est produite chez ces femmes en cinq ans, évolution qui est certes indicatrice d'une tendance mais qu'il faut se garder d'élargir et d'attribuer imprudemment à l'ensemble des femmes du Québec.LA STÉRILISATION PREND LE DESSUS La grande révélation, c'est évidemment l'incroyable poussée de la stérilisation: pour 1 00 de ces femmes qui utilisaient la contraception en 1 971, on en comptait 6 qui appartenaient à un couple dont un conjoint avait été stérilisé; cinq ans plus tard, on en dénombre 44 sur 1 00 qui ont eu recours à cette solution.Si l'on modifie le dénominateur pour mesurer ce phénomène sur l'ensemble des femmes de l’échantillon plutôt qu'aux seules contra-ceptrices, on trouve alors qu'en 1 976 une femme sur trois fait maintenant partie d'un couple dont un conjoint a subi une intervention chirurgicale stérilisante.Avec la hausse du taux de stérilisât ion, les méthodes qui avaient précédemment connu un usage répandu voient leur popularité fluctuer entre 1971 et 1976.Ainsi, parmi les répondantes, le taux d'utilisation de la pilule anovulante accuse une chute de 40 pour cent.Le cas de l'abstinence périodique est encore plus flagrant: si, en 1971, presque une contraceptrice sur trois l'employait, son taux d'utilisation en 1976 est devenu quasi marginal à 12,5 pour cent.Il n'est certes pas risqué de croire qu'une bonne partie de ces pertes sont attribuables à la croissance simultanée du nombre de candidates à la stérilisation.C'est donc dire que même l'emploi d'une méthode comme la pilule, dont l'efficacité est reconnue quasi totale, ne résiste pas à l'attrait de la stérilisation quand le moment vient où la femme décide de mettre un terme à sa fécondité.Par ailleurs, même si l'utilisation du stérilet a presque triplé en cinq ans, c'est une méthode qui n'a pas connu l'essor que nous lui avions prédit en 1971 : seulement 10,3 pour cent des contraceptri-ces de l'échantillon l'ont déjà utilisé.Il semble bien que cette méthode aussi se soit fait damer le pion par la stérilisation.Quant au condom et au retrait, il apparaît que ce sont là des méthodes d'appoint dont l'usage est plutôt temporaire et qui ne caractérisent pas vraiment le compor- mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE tement contraceptif de l'échantillon.Et en dernier lieu, seulement deux femmes de l'échantillon répondent avoir eu recours à l'avortement pour éviter une naissance non désirée.DES VALEURS BOULEVERSÉES Si l'on peut parler de «révolution» au sujet de la pratique de la contraception au Québec, ce n'est pas tant à cause des changements majeurs survenus dans ce domaine, mais bien plutôt à cause de la rapidité avec laquelle ces changements sont survenus.La généralisation de l'utilisation de la contraception liée à l'emploi de méthodes de plus en plus efficaces sont des phénomènes qu'on observe communément dans l'ensemble des pays du monde occidental.Le fait notoire au Québec, c'est que tout cela s'est produit presque simultanément, révélant des bouleversements d'attitudes d'autant plus marqués que cette société avait toujours projeté l'image d'un peuple pour lequel une fécondité généreuse demeurait une valeur fondamentale.L'exemple de la stérilisation est particulièrement frappant.Ainsi une femme sur trois de l'échantillon appartient à un couple stérilisé, et une femme sur cinq admet qu'elle ou son mari se sont fait stériliser pour ne plus avoir d'enfants.Ces chiffres peuvent sembler exorbitants.Ils se situent pourtant à des niveaux tout à fait comparables aux taux observés aux États-Unis à la même époque.Et pour les sceptiques, nous avons estimé, à partir des statistiques annuelles de la Régie de l'Assu-rance-Maladie du Québec, le taux des stérilisations contraceptives parmi les Québécoises réunissant les caractéristiques de l'échantillon: la concordance ne laisse guère de doute sur la validité de nos observations.Si l’ampleur du phénomène est étonnante, son caractère subit l'est encore bien davantage.Aux États-Unis, la surprise n'est pas du même ordre puisque dès 1965, on pouvait observer l'amorce sérieuse du mouvement; au Québec, ce mouvement semble d'autant plus violent qu'il était tout à fait imprévisible cinq ans auparavant.AU QUÉBEC, LA FEMME PLUS QUE L'HOMME Caractéristique propre au couple québécois: c'est la femme qui, dans une proportion vraiment écrasante, assume la responsabilité de la stérilisation.Si l'on s'en tient aux stérilisations dites contraceptives, on compte au moins deux Québécoises pour un Québécois qui subissent l'opération, et ceci est vrai tant pour notre échantillon que pour l'ensemble du Québec.Les statistiques de la Régie de l'As-surance-Maladie démontrent même, à partir de 1 973, trois fois plus de ligatures de trompes que de vasectomies.Cette situation est fort différente de ce qu'on peut observer aux États-Unis où, depuis au moins 1 970, on compte autant de stérilisations de l'homme que de la femme.Que dire de cette particularité?Certains voudront y voir un trait typique d'un comportement latin! Quant à nous, tout au plus nous permettons-nous de poser certaines questions.Traditionnellement, au Québec, c'est la femme qui a assumé la responsabilité de la contraception: on l'a vu, l'usage du condom et le retrait n'ont jamais été importants.Cette tradition s'est-elle perpétuée quand la stérilisation est devenue accessible aux couples contracepteurs?Les médecins eux-mêmes n'ont-ils pas contribué consciemment ou non à ce phénomène en suggérant plus facilement la ligature de trompes que la vasectomie?Les résultats de nos enquêtes ont montré que l'influence du médecin dans le choix d'une méthode contraceptive est effectivement déterminante dans la décision prise par la femme.Autre aspect qui donne peut-être aussi une partie de la réponse: le coût d'une ligature de trompes qui, requérant hospitalisation et anesthésie, est certes plus élevé que le coût de la vasectomie.Ce coût différentiel peut-il inciter davantage les Américains à avoir recours à la vasectomie, alors qu'au Québec la ligature de trompes se trouve entièrement défrayée par le régime d'assurance-hospitalisation?Les réponses à toutes ces questions demanderaient une mini-enquête sur le sujet! PAS SEULEMENT LES MÈRES DE FAMILLE NOMBREUSE 16(111 eb!i UV: h" •T;; -• j"; r; jHHl "Tieo Si Au Québec, en 1971, les quelques femmes appartenant à des couples stérilisés parce qu'ils ne voulaient plus d'enfant, répondaient encore aux exigences de ce que les médecins appelaient commodément la «règle du 100».Selon cette règle, en multipliant l'âge de la femme par le nombre d'enfants qu'elle avait eus et en y ajoutant gratuitement 10 points, on devait arriver à un minimum de 1 00 pour admettre une candidate à la stérilisation.Ce qui se traduisait tout à fait dans les résultats de l'enquête de 1 971 : chez les femmes de moins de 40 ans, le groupe d'âges ayant le plus fort taux de stérilisation contraceptive était celui des 35-39 ans où l'on ne comptait quand même que 7 pour cent de couples stérilisés.Et toujours chez les moins de quarante ans, le taux de stérilisation contraceptive le plus fort pouvait atteindre 17 pour cent, mais on ne le trouvait que chez les femmes ayant au moins cinq enfants; dans l'ensemble, seulement 3 pour cent des femmes âgées de moins de 40 ans appartenaient en 1 971 à un couple dont un conjoint s'était fait stériliser pour ne plus avoir d'enfant.En 1976, la stérilisation n'est plus réservée aux mèresdefamillesnombreuses: 45 pour cent des couples de l'échantillon qui ont eu trois enfants sont maintenant stériles par suite d'une opération.H-h «Scs S, S5s' *3 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 29 Au-dessus de trois enfants, cette proportion continue à monter.Toutefois ce qui est surprenant, c'est de voir que, chez les couples ayant deux enfants, elle se situe déjà à 27,5 pour cent.Dans le cas de familles où il n'y a qu'un enfant, le chiffre de 18 pour cent semble énorme: même si on peut facilement croire qu'il s'agit là, pour la plupart, d'opérations à but non contraceptif, il y a quand même 2,7 pour cent de ces femmes qui admettent une stérilisation contraceptive, ce qui est du même ordre que pour l'ensemble des femmes de moins de 40 ans en 1971.La répartition des stérilisations selon l'âge de la femme ne laisse également plus de doute sur l'abrogation de la «règle du 100» comme critère d'éligibilité.Impossible d'évaluer sérieusement ce qui se passe chez les plus jeunes femmes de l'échantillon (15-19 ans en 1971): nous ne comptons que neuf femmes de 20-24 ans dans l'échantillon de 1976.Mais il est très surprenant de constater que, dans le groupe qui a entre 25 et 29 ans en 1 976, une femme sur cinq fait partie d'un couple devenu stérile.Et ce pourcentage grimpe à 42,2 pour cent des femmes qui ont entre 35 et 39 ans en 1976.N'oublions pas cependant que ces femmes sont toutes mariées depuis au moins cinq ans.L'IMPRÉVU N'EST PLUS ACCEPTÉ Grâce aux deux enquêtes, nous pouvons comparer la taille des familles des répondantes en 1 976, avec ce qu'elles avaient prévu pour l'avenir en 1971.La répartition des stérilisations selon que le nombre d'enfants attendus en 1 971 a été ou n'a pas été atteint, ou encore a été dépassé, est très révélatrice.Le premier cas est celui des femmes qui n'ont pas encore eu en 1976 tous les enfants qu'elles s'attendaient à avoir en 1 971, et qui en conséquence prévoient d'autres naissances dans l'avenir: évidemment, aucune de ces femmes ne fait partie d'un couple rendu stérile par une opération.Le second cas est celui des femmes qui, comme les premières, n'ont pas produit le nombre d'enfants prévus en 1971, mais qui, par ailleurs, ne prévoient plus en 1976 avoir d'autres enfants: c'est le groupe des femmes qui ont réduit leurs aspirations de fécondité et qui constituent le plus gros contingent de l'échantillon.Or, le tiers d'entre elles appartiennent à des couples stérilisés et, pour au moins une femme sur cinq de ce groupe, il s'agit nettement d'une réduction volon- taire de leurs aspirations puisque la stérilisation est associée au désir de ne plus avoir d'enfant.En troisième lieu, c'est le second plus grand groupe de répondantes, le groupe de celles qui ont atteint mais non dépassé le niveau de fécondité prévu en 1 971.Le pourcentage de stérilisation monte alors à 40,7 pour cent.En dernier lieu, c'est le groupe le plus petit, mais sûrement révé- Taux d'utilisation des méthodes contraceptives par rapport à l'époque du mariage Québec 1971 avant 1 946 lateur, des femmes qui ont mis plus d'enfants au monde en 1976 qu'elles n'en avaient prévu en 1 971.Malgré leur petit nombre, la différence de leur comportement est statistiquement significative: 66 pour cent d'entre elles appartiennent à des couples rendus stériles.La progression est nette.Quand la Québécoise d'ajourd’hui atteint un niveau de fécondité qu'elle juge suffisant, elle n'hésite pas à prendre les moyens qu'il faut pour s'y maintenir.De plus, la stérilisation ne semble pas au Québec réservée à des groupes particuliers.Que ce soit du point de vue de la langue, de l'instruction, de l'habitat, de la profession du mari, voire de la religion, aucune des différences de pourcentages observées n'est véritablement significative quand on ne distingue pas les motifs de la stérilisation.Il semble bien que le nombre d'enfants que l'on ne veut pas dépasser soit beaucoup plus déterminant dans la décision de se faire stériliser que les caractéristiques du groupe social auquel on appartient.Ces caractéristiques sociales semblent toutefois jouer un certain rôle quand on introduit la notion de stérilisation «non contraceptive».Certains résultats permettent de mettre en doute sérieusement la proportion parfois assez élevée de femmes qui au raient eu recours à la stérilisation pourdes raisons «autres» que contraceptives.Cest ainsi que, dans l'échantillon, les francophones subissent N’ont pas l’intention Ont l’intention utilisé 1966-1971 1961-1965 plus d'opérations «non contraceptives» que les anglophones, les catholiques plus que les non-catholiques, les agriculteurs plus que lesouvriers, et lesfemmes peu instruites trois fois plus que celles qui sont allées au collège ou à l'université.On sait que bon nombre d'hystérectomies ont été effectuées, à une époque où la stérilisation n'était guère admise, en invoquant la protection de la santé de la mère, alors qu'au fond cette «santé» se trouvait surtout protégée du fait que la mère ne courait pas le risque d'avoir un autre enfant! De telles considérations n'ont pas manqué d'influencer les réponses, et c'est pourquoi nous croyonsqu'en fait le véritable taux de stérilisation contraceptive se situe quelque part entre les deux séries que nous proposons.Il ne faut pas oublier par ailleurs que toutes les stérilisations véritablement effectuées pour raisons de santé n'ont pas nécessairement créé des femmes frustrées dans leur fécondité: bon nombre de ces opérées ont sans doute récolté en prime le bénéfice de ne plus avoir à se poser ce genre de question! Quoi qu'il en soit, le tiers des femmes de l'échantillon n'ont effectivement plus à se poser la question.Mais que se passera-t-il avec les autres?Vont-elles à l'avenir se laisser tenter elles aussi par une solution qui leur est de plus en plus facile d'accès?Déjà en 1 976, nous avions 40femmes sur 100 dans l'échantillon qui avaient 30 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE CONTRACEPTION & MILIEU SOCIAL Chez les femmes qui se sont mariées avant 1 946 % Seulement 1 9 pour cent des femmes dont le mari est ouvrierou manoeuvre ont utilisé la contraception, alors que cette proportion grimpe à 57,4 pour oentdans lecasdesfemmesdecadres supérieurs.• • • 26,6 pour cent des catholiques sont contraceptrices, le taux monte à 42,4 pour cent dans le cas des protestantes.• • • 25,2 pour cent des francophones ont utilisé la contraception tandis que ce taux se situe à 52,6 pour cent chez les anglophones.• • • Plus le niveau d'instruction de la femme est élevé, plus le taux de contraception est fort.Ont utilisé la contraception: — 13,1 pourcentdesfemmesàfaible scolarité (0-6 ans); — 32,5 pour cent des «7 à 11 ans»; — 49,0 pour cent des «11 ans et plus»; — 56,9 pour cent des femmes ayant fait des études collégiales ou universitaires.Chez les femmes qui se sont mariées entre 1 966 et 1 971 Quel que soit l'emploi du mari, entre 8 et 9 femmes sur 10 se déclarent contraceptrices.• • • Catholiques ou protestantes, plus de 85 pour cent des femmes se déclarent contraceptrices.• • • Au-dessus de 6 ans de scolarité quel que soit leur niveau d'instruction, entre 8 et 9 femmes sur 10 sont contraceptrices.Les femmes à faible scolarité (0-6 ans) demeurent à un niveau inférieur (64,5 pour cent) mais elles ne représentent plus que 8 pour cent de leur promotion.des raisons de croire qu'elles ne pourraient plus procréer: 33 d'entre elles appartenaient à un couple dont un conjoint avait été stérilisé.À ces 40femmes, on en rajoute 7 qui nous ont dit spontanément qu'elles avaient l'intention d'avoir recours à la stérilisation à l'avenir.Quand on demande aux 53 autres s'il est possible qu'elles ou leurs maris se fassent stériliser, 20 répondent affirmativement et enfin, parmi les 33 autres femmes qui jusqu'alors n'avaient pas montré d'intérêt pour la stérilisation, 10 envisageaient la stérilisation comme possible si elles se trouvaient confrontées à une grossesse non désirée.Ce qui nous amène à un total de 77 femmes sur 100 qui sont déjà stériles ou qui préféreraient à l'avenir la stérilisation au risque d'avoir un enfant de plus qu'elles n'en souhaitent.Les choses ont sûrement changé au pays du Québec.La réaction aux résultats que nous publions peut être positive ou non selon le point de vue où l'on se place.Certains se réjouiront de voir enfin les Québécoises maîtriser leur fécondité et adopter, pour atteindre les fins qu'elles se proposent, les moyens que le vingtième siècle a mis à leur disposition.D'autres, plus pessimistes, s'inquiéteront de voir qu'à l'heure où la survie de notre collectivité est directement remise en question, la relève semble de moins en moins assurée.Le tout porte certes à réflexion.Pour en lire plus Nicole Marcil-Gratton, La pratique de la contraception au Québec, thèse de maîtrise, département de démographie, Université de Montréal, août 1 975 C.F.Westoff, Trends in Contraceptive Practice: 1965-1973, dans la revue Family Planning Perspectives, volume 8, numéro 2, mars-avril 1976 La statistique de l'état civil, volume I — 1 974, Statistique Canada, juin 1976 QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 31 CHINE UN NOUVEAU BOND EN AVANT Pour avoir un pays socialiste puissant et prospère en l’an 2000, les Chinois entreprennent aujourd’hui les «4 modernisations», dont celle des sciences et des techniques ~w PS?! He ISSsi »: émoignages de visiteurs qui rentrent de ndnb Bhine.Il apparaît que c'est toute une iîési* jénération de jeunes instruits qui man-iffli lue aujourd'hui à la Chine.Étudier les 0' jciences et les techniques ne pouvait que à fs1 :réer le retour au capitalisme selon la ssiàlf Bande des Quatre.En conséquence, les jopi:.1 :hercheurs se faisaient tout-petits, le ¦0 lombre des publications scientifiques .jdH itait tombé pratiquement à zéro, nombre jgsifï ^ instituts de recherche et de départe- ments dans les universités avaient été >urement et simplement fermés.Quant lux écoles primaires et secondaires, cela 16 valait guère mieux.Pour rattraper le temps perdu, les -hinois sont-ils en train de mettre sur la llace les principes politiques?Il semble ’ien que non lorsqu'on se donne la peine .7; lire de près les dernières déclarations ; hinoises et notamment les documents asus du onzième congrès du RCC.Com-ne l'écrivait le spécialiste de la Chine ean Daubier dans un article paru dans v e Monde Diplomatique de septembre 977 et intitulé «L'impératif du redressées lent économique», «.La Chine semble i ntrer dans une sorte d'ère des mana-'f ers.Gardons-nous pourtant d'affirmer ne les idéologues cèdent le pas aux echniciens.» Les Chinois semblent donc partis pour continuer à marcher sur leurs deux jambes, selon le mot de Mao, et cela malgré le fait que la Bande des Quatre les ait fait boîter pendant quelques années.DU MOYEN-ÂGE AUX SATELLITES Le premier octobre 1949, à Pékin, Mao Tsé-toung s'adresse à plusieurs millions de personnes massées sur la place Tien An Men: «Le peuple chinois est debout., personne ne pourra plus jamais nous humilier.» Avec l'arrivée au pouvoir du Parti communiste chinois, la république populaire de Chine est fondée.Près de trente années de lutte ont permis au peuple chinois de venir à bout, les armes à la main, d'une invasion japonaise, de l'occupation de son territoire par une bonne demi-douzaine de puissances coloniales et d'une guerre civile.Il reste à construire un pays.En ce milieu de 20ième siècle, la Chine est au Moyen-Âge.Seules quelques grandes villes, près du bord de mer le plus souvent, ont connu un certain développement économique et possèdent une poignée d'industries rudimentaires qu'exploitaient Américains, Français, Belges, Allemands, Anglais, etc.Partout ailleurs, économieetsociétésont très arriérées.Pas d'électricité, pas ou peu de moyens de communications, économie de subsistance très affectée par les famines, société féodale dans laquelle croupissent des centaines de millions de Chinois.C'est le peuple qui fait l'histoire, dit-on en Chine, et très vite ce peuple se met au travail avec un grand enthousiasme, chaque journée de travail étant une victoire sur la faim, le froid, les calamités naturelles, l'analphabétisme et la misère.Par bonds successifs, comme avec le mouvement des Cent fleurs et le Grand bond en Avant de 1958, avec plusieurs revers mais sans jamais se décourager, la Chine arrive à donner le minimum vital à chacun de ses citoyens en moins de vingt ans.La Révolution culturelle de 1 965 donnera un nouvel élan politique à cet intense développement.Aujourd'hui, la nouvelle société permet à chacun de se nourrir, de se loger, de se vêtir et de se mettre à l'abri des inondations, sécheresses et autres calamités qui accablaient tant le pays.On est loin de la richesse, du confort et de l'aisance que connaissent les pays industrialisés occidentaux mais la misère, qui sévit encore dans nombre de pays africains, d'Amérique du Sud ou d'Asie, y a disparu.Des millions d'hectares de terres réputées incultes ont été récupérées, une mécanisation rudimentaire est en bonne voie de modernisation, tandis que l'industrialisation va bon train, suffisant à peu près aux besoins actuels de la Chine.Si le niveau de développement est encore faible, notamment au plan industriel, il profite également à toutes les classes de la société et on est arrivé, dans Une écriture qui se simplifie Le nombre de caractères, ou pictogrammes, a déjà été considérablement réduit et on tend également à en simplifier le dessin.L'alphabet latin est maintenant enseigné à l'école primaire, en même temps que les caractères chinois, même si on ne prévoit pas encore l'utiliser couramment dans un avenir rapproché.Pour apprendre à aimer le travail manuel Dans une école primaire de Nankin, les enfants lavent des gants qui sont fabriqués par une usine voisine dont un atelier est installé dans les locaux de l'école.Les enfants vont y travailler à tour de rôle pour se familiariser avec le travail manuel. mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE l'ensemble, à en faire profiter autant les campagnes que les villes, même si des différences parfois importantes existent encore.Dans certains secteurs, signalés par des spécialistes occidentaux en visite en Chine et repris dans des articles ou dossiers comme ceux publiés par La Recherche (dossier d'avril 1 971 ), New Scientist, Science ou Nature (fin 1977 et début 1978), la Chine atteint cependant un niveau plus qu'honorable à l'échelle mondiale.Le bactériologie, l'astronomie, les télécommunications, la recherche agronomique, la cytogénétique, les mathématiques, l'énergie atomique, sont les domaines les plus souvent cités, dans lesquels les Chinois ont parfois une avance ou du moins un bon niveau par rapport à ce qui se fait ailleurs.Résultats obtenus en étant restés coupés du monde pendant de longues années, et dont plusieurs publications chinoises très récentes parlent abondamment.LES RUSSES S'EN VONT Le développement chinois s'est effectué avec très peu de techniciens, chercheurs ou ingénieurs, puisque l'analphabétisme régnait sur la presque totalité du pays et que seulement 185 000 diplômés sont sortis des établissements d'enseignement supérieur entre 1 929 et 1 949.Par contre, la population tant paysanne qu'ouvrière a joué un rôle déterminant, y allant de ses connaissances traditionnelles et d'initiatives qui, si elles n'avaient pas de bases scientifiques au sens où on l'entend d'habitude, ne s'en sont pas moins révélées efficaces.Le mot d'ordre «s'appuyer sur les masses» n'a pas seulement une signification politique, il comporte également des aspects très concrets.Fortement affectée par le départ de l'aide russe en 1960, la Chine s'est trouvée dans une situation très difficile qui a engendré un grand mouvement visant à «ne compter que sur ses propres moyens, avec autonomie et indépendance».Les exemples de difficultés héritées des Russes abondent et les visiteurs de passage à Nankin, par exemple, se font expliquer comment les experts soviétiques sont partis précipitamment en emportant dans leurs bagages les plans du grand pont sur le Yang-Tsé dont la construction venait tout juste de commencer.La technologie était soviétique, les alliages aussi, et il a donc fallu tout reprendre à zéro, produire un nouvel acier, refaire des plans.En 1 968, ce pont, long de 4,6 kilomètres, était terminé et aujourd'hui 1 20 trains le traversent quotidiennement.Plus grave, l'arrêt de l'approvisionnement en pétrole par les Russes en 1 960 a donné cependant le véritable coup d'envoi à la recherche pétrolière chinoise.Alors que tous les experts étrangers affirmaient que la Chine ne possédait pas de réserves de pétrole dignes de ce nom, des ouvriers et techniciens venus de tous les coins du pays se sont mis à la tâche et ont fini, en dépit de premiers insuccès, par découvrir et mettre en exploitation les vastes champs pétrolifères de Taking.Cette politique de fonctionnement avec «les moyens du bord» permet à la Chine de signer, début 1978, un accord pour l'exportation de plusieurs dizaines de millions de tonnes de pétrole brut vers le Japon.De tels exemples sont aussi nombreux dans le secteur de l'agriculture que dans celui de l'industrie.Le plus connu, qui donne lieu à un grand mouvement national d'émulation, est celui de Tatchai, village où une brigade de production (90 familles environ) a travaillé d'arrache-pied durant plusieurs années pour transformer une montagne aride en champs en terrasses.Le mouvement a fait boule de neige.UN BARRAGE DANS LA MONTAGNE «Nous n'avions aucune connaissance technique pour la construction de ce bar- i rage, pas de machinerie, ni explosifs, ni ciment, il a fallu tout faire par nous- 1 mêmes avec nos mains,» explique le responsable du réservoir Shihmen à un groupe de Québécois en visite en Chine au mois d'octobre dernier et dont l'auteur de cet article faisait partie.Situé dans une région montagneuse de la province du Flonan, le district de Fluihsien était une région très pauvre qui subissait des sécheresses neuf années sur dix.Dix ans après la Libération, le rendement agricole a déjà doublé grâce à des travaux d'irrigation.Le problème principal est le manque d'eau.Parmi les réalisations de ces dernières années, la création de 35 réservoirs, dont celui de ; Shihmen, se révèle déterminante.Situé dans une vallée très encaissée, I le barrage peut retenir jusqu'à 30 millions de mètres cubes d'eau qui vont irriguer des champs en terrasses gagnés à j flanc de montagne sur la rocaille et plus } loin dans la vallée.Environ 4 000 hectares sont ainsi irrigués.Il n'aura fallu que 1 8 mois à 2 500 paysans et paysannes venus des villages avoisinants pour! remuer plus d'un million de mètres cubes de terre, tailler des milliers de blocs de pierre et compléter l'ouvrage.Les plans ont été élaborés sur place, vérifiés par des spécialistes en hydraulique et l'apport des techniciens s'est limité surtout à une étude préliminaire des sols et roches, j Par contre, des «spécialistes» de construction de barrages se sontformés sur le tas et travaillent actuellement à la cons-i truction de deux autres réservoirs dans les environs.Parmi les conséquences sociales,, l'accès des femmes à des tâches tradi-i tionnellement réservées aux hommes, : comme la taille de la pierre, n'est pas des moindres.Ce sont également des femmes, une équipe de soixante jeunes paysannes, qui ont contribué pour une bonne part à la construction de la petite centrale hydro-électrique (1 800 kilowatts), y compris au montage des turbi- f: ! \f::- • : : Li: I N i I k I : j I oint d'un laser automatique, toujours - tar les ouvriers, qui permet de percer jjipliè >lus de 30 000 rubis par jour, chiffre qui (jdUtI ;e compare avec ceux des industries j(3|;»| iccidentales.Dans d'autres cas, les (?/ ouvriers vont voir les réalisations d'une ni5P^|jsine voisine et en copier les plans, jjijiWjpomme cela est arrivé pour une nouvelle Jnité à l'usine pétrochimique de Nankin /isitée par le groupe québécois.Dans le secteur médical, c'est la con-: haissance qu'ont les vieux paysans des ¦L fi: ¦f% tile, ¦VU: « ^ts R r l* QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 la tordeuse; tout au plus, le Québec rem-; l placera-t-il cette huile par une autre.UC.'I LE SYNDROME DE REYE En 1976, une équipe de scientifiques dirigée par le Dr J.Crocker, de l'Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse, apportait au débat une dimension presque dramatique.Dans l'édition du 25 juin 1976 de la revue américaine Science, le Dr Crocker et ses collègues émettaient une hypothèse pour le moins inquiétante: l'usage des émulsifiants et possiblement aussi des solvants chimiques associés au fénitrothion augmenterait peut-être l'incidence du syndrome de Reye, les effets pathologiques causés par ce virus pouvant être augmentés, en présence de ces produits chimiques, de façon synergique (il y a synergie lorsque les effets toxiques d'un produit sont multipliés par l'application simultanée d'un autre produit).Le syndrome de Reye est une maladie neurologique généralement mortelle affectant surtout les enfants.Cette hypothèse, formulée à la suite d'expériences cliniques sur des souris de aboratoire, fit l'effet d'une bombe au 'Jouveau-Brunswick où une commission d'enquête fut chargée d'établir s'il y avait )u non un lien entre la fréquence du syndrome de Reye et les pulvérisations Contre la tordeuse.La nuance peut sem-tler minime mais le mandat de la commission s'éloignait déjà quelque peu de idée-maîtresse du Dr Crocker: un lien Dossible entre les arrosages aux insecti-:ides chimiques et l'augmentation de la susceptibilité biologique à un virus habi-uellement anodin.La commission en arriva à la conclusion que les données et es informations actuellement disponi-iles ne permettaient pas de conclure sositivement à l'existence d'un lien entre e syndrome et les arrosages.Pour sa part, le Québec, dans la prépa-ation des insecticides, n'utilise pas d'émulsifiants, mais il emploie très sou-'ent l'arotex, un produit soupçonné de rouvoir causer une telle augmentation de la susceptibilité au syndrome de Reye.;n 1977, cependant, une enquête effec-uée auprès des hôpitaux d'enfants du Duébec, pour le compte du ministre des erres et Forêts, Yves Bérubé, n'a démontré aucun lien entre les arrosages :ontre la tordeuse et les cas de syndrome de Reye.Mais cette maladie est peu connue; die est même classifiée, dans plusieurs lôpitaux, avec quelque 200 autres mala- , ,J ne ilafl te J., .Iie nfectieuse telle que la varicelle ou : irome de Reye n'est donc pas facile et ieule une étude épidémiologique propre-nent dite sur le syndrome de Reye au iuébec pourrait enfin permettre d'en irriver à une conclusion un peu plus 45 * t v.It’ * Du papillon à l'oeuf Après être passée par les six âges larvaires, la larve se transforme en chrysalide.Huit à dix jours plus tard, le papillon de la tordeuse, d'une teinte gris brun, émerge de cette chrysalide.Les papillons s'accouplent puis les femelles vont d'une branche à l'autre et d'une aiguille à l'autre pondre leurs oeufs.Sur une période de dix jours, une femelle pond une dizaine de masses d'oeufs de 1 5 à 20 oeufs chacune.Enfin, après une semaine d'incubation, les oeufs éclosent et les jeunes larves se réfugient dans les fentes de l'écorce, dans les lichens des branches ou du tronc, ou encore dans les cônes.Elles y tissent de minces enveloppes de soie dans lesquelles elles passent l'hiver.Au printemps suivant, les larves sortent de leur hibernation et le cycle recommence.objective que celle de l'enquête du ministre Bérubé.LE CNRC SONNE L'ALARME En 1 977, c'était au tour d'une institution prestigieuse de sonner l'alarme.Le Conseil national de recherches du Canada publiait en effet le rapport d'un comité de neuf experts mis sur pied pour évaluer scientifiquement les effets et les dangers du fénitrothion.Ce «Comité associé sur les critères scientifiques concernant l'état de l'environnement», dirigé par le Dr M.McTaggart-Cowan, dénonçait avec une rare virulence l'«inconscience» avec laquelle le gouvernement du Québec épandait chaque année des centaines de tonnes de fénitrothion.Le comité trouvait même «impressionnante» l'absence de données adéquates sur la toxicité de ce produit pour un individu qui le respirerait ou le recevrait sur la peau.Il soulignait la toxicité du fénitrothion et mettait en question les études dont les conclusions à ce sujet étaient différentes.Il mettait en évidence la carence de données relatives au syndrome de Reye et à tout danger potentiel semblable pour la santé de l'homme.«Outre lesquestions évidentes de synergie et de potentialisation (virale), lit-on dans le rapport, l'absence de données sur les effets toxicologiques directs des additifs et des diluants utilisés avec le pesticide est déconcertante.» Le comité dénonçait surtout l'absence d'études d'impact des effets à long terme du fénitrothion: comment et en combien de temps sedégrade-t-il vrai ment?Quel le est la toxicité de ces produits de dégradation ainsi que des solvants et émulsifiants?Quels facteurs influencent létaux de mortalité enregistré chez certains oiseaux?Enfin, il affirmait qu'utiliser un autre pesticide dont la toxicité est moins connue n'était pas une solution aux problèmes actuels.Il souhaitait voir un organisme central chargé de mener les études qui s'imposent relativement à cet insecticide et d'élaborer des politiques permettant d'en évaluer plus adéquatement les avantages et les risques.En 1 975, l'un des neuf membres de ce comité, le Dr J.M.McLeod, alors en stage à l'Institute of Resource Ecology de l'Université de Colombie-Britannique, laissait déjà entrevoir, au cours d'une interview qu'il nous accordait, les préoccupations majeures du comité.Le Dr McLeod nous avait alors entretenu de ses recherches sur les effets résiduels du fénitrothion sur la tenthrède de Swaine, Neodiprion swainei Midd., communément appelée mouche à scie du pin gris.Le Dr McLeod avait observé chez cet insecte un taux de mortalité larvaire atteignant 99 pour cent, dû à un traitement au fénitrothion effectué 15 mois auparavant! Cette découverte donnait 46 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE TRAITEMENTS apparents Une démographie galopante Sur un cycle d'un an.le taux de mortalité naturelle de la tordeuse peut aller jusqu'à 98,8 pour cent.À un tel taux, les populations se maintiennent à un niveau numérique stable d'année en année puisque, de tous les oeufs pondus par une femelle, deux individus seulement atteindront le stade adulte, ce qui équivaut à une stabilité de la population.Mais la plus petite diminution de ce taux de mortalité conduira à un état épidémique.Ainsi, si le taux de mortalité ne dépasse pas 95 pour cent pendant quatre années successives, les populations augmenteront de 326 fois et seront 5 200 fois supérieures pour une mortalité de 90 pour cent! une idée des niveaux de perturbations écologiques dues aux résidus des insecticides et de la possibilitéquedetelsrési-dus éliminent de façon radicale un organisme vivant autre que l'insecte-cible.Il attribuait cette mortalité à la présence de fénitro-oxone, un résidu du fénitrothion persistant sur le feuillage; le fénitro-oxone est un produit d'oxygénation peut-être 10 à 100 fois plus puissant et plus toxique que le fénitrothion et qui s'est stabilisé.De plus, chez les populations de mouches à scie, létaux de parasitisme était de beaucoup supérieur dans les zones traitées que dans les régions non traitées.L'équilibre naturel entre le parasite et l'hôte avait donc été sérieusement perturbé.Le simple fait qu'un insecticide tel que le fénitrothion agisse aussi longtemps et de façon draconnienne sur un système écologique non-cible inquiétait au plus haut point le Dr McLeod.En effet, le fénitrothion lui apparaissait désormais comme un insecticide incontrôlable et non spécifique présentant des risques de causer une perturbation à long terme dans l'environnement, en déstabilisant complètement la niche écologique d'une espèce vivante non visée.UNE RECHERCHE TOUTE QUÉBÉCOISE Le gouvernement du Québec réagissait quelques mois plus tard, en novembre 1977, en envoyant au Dr McTaggart-Cowan une lettre qui fut rendue publique par le ministre Yves Bérubé.La réplique du ministre n'ajoute pas beaucoup au débat, si ce n'est l'enquête effectuée sur le syndrome de Reye.Il y justifie plutôt de façon traditionnelle la position et les décisions du gouvernement du Québec d'arroser aux insecticides chimiques.Quant à l'alternative biologique, le ministre la dit «pas encore tout à fait au point».Il reprend en cela le reproche que nombre de fonctionnaires provinciaux font aux arrosages avec l'insecticide biologique Bacillus thuringiensis: à savoir, donner de très bons résultats à un niveau expérimental mais nécessiter la réunion de tellement de conditions optimales au moment d'arroser de grandes superficies que les traitements opérationnels s'avèrent très difficiles à réussir.M.Bérubé met surtout l'emphase sur la dimension économique et politique du problème de la tordeuse.«En somme, écrit-il, Dr McTaggart-Cowan, vous avez parfaitement raison lorsque vous affirmez que la décision de procéder à des arrosages est de nature politique.J'en sais quelque chose, puisque c'est en tant qu'ancien chercheur devenu politicien que j'ai eu à comparer les connaissances techniques actuellement disponibles et l'impact économique prévisible.J'ai eu à prendre une décision entre l'idéal scientifique, qui dicte de laisser la nature suivre son cours, et la réalité économique, qui dicte de sauvegarder les emplois d'une population déjà durement éprouvée par le chômage.» Le ministre des Terres et Forêts du Québec refuse de confier les recherches sur la tordeuse à un organisme central, notamment le Comité associé du CNRC, parce que l'Ontario accapare présentement 64,4 pour cent des activités scientifiques financées par le gouvernement d'Ottawa, en comparaison de 6,2 pour cent pour le Québec.Enfin, annonce très importante pour la communauté scientifique québécoise, il dit caresser «depuis quelques mois cette idée de centraliser au Québec, où nous avons d'excellents chercheurs, les recherches relatives à la tordeuse des bourgeons de l'épinette».À cet effet, il a demandé à ses fonctionnaires de lui présenter un projet qui sera soumis au Conseil des ministres pour approbation et pourquesoient débloqués les budgets nécessaires.LE SCIENTIFIQUE OU L'ÉCONOMIQUE?UN CHOIX DIFFICILE Le dossier des arrosages aux insecticides chimiques contre la tordeuse apparaît donc d'une complexité troublante.Des raisons sociales, politiques et surtout économiques forcent presque littéralement le gouvernement du Québec à intervenir pour tenter de garder la forêt verte et la matière ligneuse vivante.Afin de soutenir l'emploi et l'activité industrielle dans cette période économique passablement difficile, la majorité des citoyens acceptent probablement le principe d'une telle intervention de l'homme dans le déroulement d'un processus naturel.Mais le seul moyen d'action à grande échelle consiste en des arrosages aux insecticides chimiques dont la propriété de protéger la capacité de photosynthèse laisse à désirer.Et ces arrosages introduisent de puissants biocides polluants et toxiques dans un système écologique naturel biologiquement stable, soumettant ainsi l'environnement à un stress permanent dont les conséquences à long terme ne peuvent être évaluées précisément.Tous souhaitent évidemment l'avènement de solutions idéales telles que la lutte biologique ou l'aménagement des forêts.Mais d'ici là, l'on est très souvent pour ou contre les arrosages actuels contre la tordeuse.Et le choix n'est pas facile, entre «l'idéal scientifique» et «la réalité économique».Il Uü H Si m :f-‘: iCiï : !î isjp w :: Ü-U Pour en lire plus Paul Benoit, La tordeuse des bourgeons de l'épinette, dans Feuillet d'information CRFi 5, mars 1975, publié par le Centre de recherches forestières des Laurentides, Service canadien des forêts, ministère de l'Environnement, C.P.3800, Sainte-Foy, Québec, G1V4C7 Jeremy N.McNeil, Lutte contre la tordeuse et conservation de la nature, dans la revueAn/ta-les de la Société entomo/ogique du Québec, volume 22, numéro 2, mai 1 977 Wladimir Smirnoff, Pour que la forêt reste verte, numéro spécial de la revue Milieu numéro 8, mai 1974, Centre de Recherches forestières des Laurentides, ministère de l'environnement, Sainte-Foy, Québec Dossier sur la tordeuse, numéro spécial de la revue Forêt conservation, volume 41, numéro 5, mai-juin 1 975 Fénitrothion: effets à long terme de son utilisation dans les écosystèmes forestiers — Situation actuelle, rapport du sous-comité des pesticides et substances apparentées.Comité associé du CNRC sur les critères scientifiques concernant l'état de l'environnement.Conseil national de recherches du Canada, publication no 1 6074, Ottawa, 1 977 La tordeuse des bourgeons de l'épinette, dans Bulletin technique numéros 3, 4et 5, publiépar le Service d'entomologie et de pathologie du ministère des Terres et Forêts, Québec \Ü ÎUÉBEC SCIENCE / mai 1978 47 CSCH liqujjj j PROSPECTIVE 5 DE NOUVEAUX SCÉNARIOS S)*; POUR L’AVENIR DU QUÉBEC eiM ilioiii ces lourdes» — pour parler en jargon de prospective — qui sont propres à d'autres pays industrialisés.Par exemple, la post-industrialisation, le vieillissement de la population, l'enrichissement global, le poids grandissant de l'État et tionales, l'intégration des marchés rendent caduque l'ancienne stratégie de développement et obligent les Québécois à mettre au point des approches innovatrices; troisième point: l'ordre actuel des choses est remis en question par les iy"r Depuis quelque temps, la pros-jective a pignon sur rue au 1!,n Québec.Après les travaux du ilK*¦ jroupe Gamma sur la société le conservation et l'étude de 3ierre-André Julien, Pierre La-nondeetDanielLatoucheinti-ulée Québec 2001, société efroidie, voici qu'un nouveau so" jroupe, le G.I.P.Q.ou Groupe nteruniversitaire pour une esa- >rospective québécoise, vient P®: le publier la première tranche le ses travaux.II s'agit d'une tranche volu-s# riineuse (plus de 5000 pages, »K éparties en 26 documents), sofc'1 édigée par un groupe impo-J® ;ant d'une cinquantaine de iesi ;hercheurs venant de Gamma, î’*1 les H.E.C., de l’École Polytech-lique, de l'U.Q.A.M., et de 'I.N.R.S.-Urbanisation.Mais objectif du GIPQ, lui aussi, est impressionnant; «tenter un diagnostic global de la société québécoise et identifier divers futurs possibles pour le Québec des vingt prochaines années».Pour l'instant, seule la première étape de cette «mission impossible» a étéfranchie, grâce à une subvention de 300 000 dollars de l’O.P.D.Q.et l'aide des institutions universitaires concernées.La seconde étape, qui consistera à concevoir des scénarios d'avenir, devrait s'engager sous peu, dès que l'O.P.D.Q.aura décidé de renouveler sa subvention au groupe de recherche.Que voit-on du bout de la lorgnette prospectiviste?On voit d'abord s'agiter un Québec aux prises avec des «éléments structurants» et des «tendan- télécommunications et des problèmes d'énergie.Mais on voit aussi des faits plus spécifiquement québécois: un certain déclin de l'économie, accentué dans les «secteurs mous» ou dans l'économie de la région métropolitaine, l'émergence de nouvelles élites technocratiques ou bureaucratiques, une focalisation sur la question nationale.Rien de cela n'est fondamentalement nouveau.La formulation de trois points clés qui résument, dans l'étude-synthèse, le diagnostic global est cependant intéressante sous plusieurs aspects.Premier point: le système socioéconomique québécois est fortement influencé par les variables extérieures (influences politiques, économiques et culturelles); deuxième point: l'évolution des firmes multina- de variables clés telles que la technologie, l'information et même les valeurs.Autrement dit, comme le souligne un des responsables de l'étude, Pierre-André Julien: «Les choix sont ouverts.Nous constatons des facteurs d'ouverture à l'extérieur de la société comme à l'intérieur.S'il y a une nouvelle hypothèse, c'est de dire que le Québec est actuellement un enjeu.C'est à dire que rien n'est joué, les jeux sont à faire, à venir.» S'il laisse sur sa faim, ce premier constat augure bien de l'étape suivante.La méthodologie retenue est en effet celle des scénarios.Un tel scénario est une narration synthétique de l'enchaînement des événements pouvant conduire un système à une situation future, narration suivie d'une image de celle-ci (ce que les CKRL-MF station de radio communautaire, à but non lucratif, 89,1 Depuis cinq ans, il existe à Québec une station de radio MF qui possède des objectifs de travail fort différents de ce qui existe, à l'heure présente, au sein du milieu des télécommunications.Sa programmation, son fonctionnement interne, de même que la participation du milieu à ses activités radiophoniques et à son financement, illustrent, de façon concrète, ces mêmes objectifs.Quelque 90 producteurs bénévoles y réalisent hebdomadairement 125 heures de programmation.De par son mandat, CKRL-MF est une radio différente.ɧ||§g| CKRL-MF, suite 0447, Pavillon de Koninck, Université Laval, Ste-Foy, P.Q.G1 K 7P4 48 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE spécialistes appellent un paradigme entre l'image et le modèle).On aura ainsi des scénarios d'avenir logiques, qui prolongent les tendances lourdes actuelles, et des scénarios d'avenir alternatifs, qui mettent l'accent sur les facteurs de changement.Ces facteurs s'étant révélés importants lors de la première phase de la recherche, on peut s'attendre à plusieurs scénarios alternatifs assez contrastés.(Déjà, on parle d'un scénario de la qué-bécitude maximale et d'un scénario du Québec de la conservation).Restera ensuite à choisir entre ces scénarios, ce qui, soulignent bien les chercheurs, n'est pas du domaine de la science prospective, mais du ressort des décideurs, les politiciens et citoyens québécois Jean-Pierre Roge! MÉDECINE LES MAUVAIS CONSEILS D’UNE INDUSTRIE SATISFAITE De plus en plus, les responsables de la santé publique prennent conscience que c'est avanttouten éduquant chacun à se soigner lui-même, et non plus en luifournissanttoujours des services institutionnalisés qu'on améliorera réellement le niveau de santé du public.Ce souci nerépondpasqu'à des fins économiques.Dans une société où nombre de gens souffrent de la déshumanisation des services professionnels, le rêve d'autarcie s'intensifie: prendre en mains sa propre santé devient un objectif partagé par plusieurs, d'autant plus que le niveau d'éducation augmente et rend cette indépendance possible.Il est pourtant, de manière paradoxale, un secteuroùcette liberté de se traiter soi-même semble couvrir des intérêts plus douteux: celui de l’automédication.Traditionnellement, Tauto-traitement curatif était largement dominé par les remèdes de famille et les pratiques folkloriques, certaines inspirées de techniques infirmières reconnues, d'autres d'étranges superstitions (comme le bandeau aux pommes de terre pour une céphalée, ou la tranche de steak pour faire régresser les cancers de surface!).Aujourd'hui, la publicité aidant, c'est le dernier médicament miracle qui procure des recettes.Conscient du danger croissant pour la santé que constitue la vente libre de ces médi- caments, la Division de la protection de la santédu ministère fédéral de la Santé entreprenait, il y a quelques années, une réforme draconnienne des critères d'admissibilité à cette catégorie de médicaments, dite «grand public».«Ceux pour lesquels le public avaient une longue expérience, confie le Dr Lecavalier, porte-parole de ce service fédéral, ont été laissés en vente libre.C'est le cas de l'aspirine, par exemple, ou de certains autres médicaments sans grand risque, et servant à traiter des troubles mineurs.» Et il s'empresse de rappeler qu'il y a encore des coins du pays où il n'y a pas de pharmacie dans un rayon de 50 kilomètres.C'est beaucoup, lorsqu'il s'agit de traiter un trouble digestif! En outre, d'autres médicaments' ont été autorisés en vente libre, à condition que le fabricant fasse la preuveque le produit est parfaitement inoffensif.«Un produit n'est inof-fensifque lorsqu'il est parfaitement inefficace», notent les pharmaciens.Alors pourquoi en autoriser la vente?Aussi, l'Association canadienne des spécialités grand public a organisé en février dernier, à Ottawa, un colloque sur cette épineuse question.L'entreprise ressemblait plutôt à une opération de relations publiques qu'à un examen de conscience.Tout avait été mis en place pour souligner l'importance économique et sociale pour le citoyen de l'accès à des traitements autonomes, pour inscrire l'automédication dans le cadre plus général de la prise en charge de la santé individuelle par chaque citoyen.On voulait aussi montrer hors de tout doute que les nouvelles normes fédérales, d'une rigueur sans faille, fournissaient désormais toutes les garanties contre les abus.Quant à l'inefficacité des médicaments, quant à l'insuffisance des recherches, quant au fait que le public continue de ne pas lire les étiquettes régies par l'État et de se laisser duper par une publicité pourtant très «honnête» (comment retenir autre chose, dans un texte scénarisé d'une minute, que le nom du médicament et le fait qu'il guérit tout?), tous ces problèmes n'ont été qu'effleurés.C'était le colloque de réflexion d'une industrie par ailleurs fort satisfaite! Certaines données méritent malgré tout d'être citées.Ce sont, semble-t-il, les vieillards qui ont le plus souvent recours à ces médicaments en vente libre ou aux autres médicaments distribués en pharmacie, mais sans ordonnance.Ce fait s'explique de multiples façons.En vieillissant, on acquiert, ou on croit acquérir, une expérience qui nous dispense des conseils du médecin ou du pharmacien.Les malaises accompagnant l'âge sont vus comme «naturels» et le vieux cherche plutôt des médicaments qui apaiseront les symptômes; la difficulté de se déplacer l'incite à garder ses réserves de médicaments à la maison.Or, deux études canadiennes, citées au colloque de février dernier, établissaient entre 75 et 80 pour cent la proportion des personnes âgées ayant eu recours à des médicaments non prescrits, sans qu'ils en aient avisé leur médecin dans la majorité des cas.Voilà justement le problème avec les médicaments: pris seuls, ils sont le plus souvent sans conséquence, mais en combinaison avec une médication régulière ils peuvent être dangereux.Bien sûr, la publicité télévisée d'une minute à peine ou l'étiquettesurchargée (on ne lit pas ce qui est trop petit) informent mal sur de telles contre-indications.Éditions du Lanaudière DICTIONNAIRE ANGLAIS-FRANÇAIS D ELECTROTECHNIQUE par Jean-Guy Grenier, SI2 Voici le meilleur, le plus complet et le plus à jour des dictionnaires anglais-français concernant l’électricité, l’électronique générale, la radiophonie, la télévision, les télécommunications, la téléphonie, le radar, l’instrumentation, l’électronique médicale, la logique, l’informatique et l’audio-visuel.1! H C.P.275, Joliette (Québec) J6E 3Z6 UÉBEC SCIENCE / mai 1978 49 SS® Le rôle d'informateur privi-jgié devrait, de l'avis de tous, eposer sur le pharmacien, lais, selon une des deux en-uêtes, seulement deux pour ent des médicaments utilisés ans ordonnance avaient été ecommandés par un pharma-° ien, contre 33 pour cent par le 6,111 * iais de la télévision! “Il^ L’exemple des personnes ** gées est le plus frappant.Il ne ;ur est pas exclusif.La ques-on demeure à savoir si l'on ne ; : evrait pas limiter la vente de Dut médicament efficace pré-sllS::: entant certaines contre-indi-ations aux officines des phar-IK‘i: Dacies.Dans le bazar le phar-*:i Dacien ne contrôle rien, mais lls' >tl ans son officine il pourrait à M» haque fois en profiter pour te» Dformer son client, le diriger pioNn ans ses choix.C'est la posi-inli'ti on de l'Ordre des pharma-ssob iens du Québec, mais?«Ceseraitdiminuerla liberté eméte es gens et la disponibilité des iveulfe lédicaments», objecte le Dr ,1a («S miraiil Lecavalier.Selon lui, «beaucoup estiment, avec raison souvent, qu'ils connaissent assez bien l'aspirine ou lesirop Lambert pour se passer des conseils du pharmacien à chaque fois».De nombreuses autres voix rassurantes se sont fait entendre lors du colloque.Bien sûr, disent-elles, l'automédication présente des risques.Mais connaît-on une seule action humaine qui n’en présente aucun?Pour ces optimistes, il suffira de maintenir le contrôle des produits vendus et de la publicité, en parallèle avec une meilleure éducation du grand public, pour que le risque devienne négligeable comparé à celui engendré par les autres activités commerciales.Après tout, le Coke et le café ne sont pas sans danger, eux non plus! Pierre S or many LE MOYEN-ÂGE, UN TOURNANT DANS LA VIE DES FEMMES s Moyen-Âge ne date pas hier et il est parfois difficile e trouver des documents his->riques sur certains aspects e la vie quotidienne d'alors, es chroniques et autres écrits lilitaires et religieux de l'épo-ue parlent principalement es faits et gestes des rois et rélats et fort peu de.la con-ition des femmes.C’est en examinant à la >upe des documents, en dé-hiffrant les inscriptions que ortent des pierres tombales ue des historiens comme ‘avid Herlihy, professeur histoire à l'université Har-ard, sont arrivés à évaluer uelque peu ce que représen-ht la vie des femmes au loyen-Âge en Europe.Dans un texte publié par la ‘ 9vue Natural History, David erlihy se préoccupe particu-èrement des aspects biologi-ues de la vie des femmes qui nt vécu entre les années 500 11400 de notre ère, aux alen-îurs des Xlème, Xllème et lllème siècles notamment.C'est à cette époque que les femmes européennes auraient commencé à vivre plus longtemps que les hommes et qu'elles auraient acquis les bases du statut qu'elles ont dans notre société contemporaine.L'espérance de vie des femmes comme des hommes dépendait beaucoup au Moyen-Âge des famines et des épidémies.Si en dehors de ces catastrophes on pouvait espérer vivre jusqu'à 35 ou 40 ans, cela se réduisait à 1 7 ou 18 ans en moyenne lors des années d'épidémies.Des «biologistes» comme Albert le Grand pensaient alors que les femmes vivaient plus longtemps, puisqu'elles faisaient moins d'efforts pendant les rapports sexuels, que les menstruations les lavaient de leurs impuretés et qu'elles travaillaient moins que les hommes.Ces idées allaient à l'encontre de la thèse de l'homme supérieur, qui était sensé vivre plus longtemps.Les recherches effectuées de nos jours tendent à prouver que tôt dans le Moyen-Âge les hommes étaient en plus grand nombre que les femmes.Pour des questions de mariage, la présence de deux ou troisfilles dans une famille était source de richesse, alors que le fait d'avoir beaucoup de garçons entraînait la pauvreté.Mais dès les Xlème et Xllème siècles le nombre relatif des femmes commence à augmenter sérieusement, ainsi que leur espérance de vie.En Italie, par exemple, elles sont en aussi grand nombre que les hommes et elles peuvent espérer vivre une trentaine d'années, surtout si elles habitent en ville.Ces changements sont dus tout d'abord à une certaine stabilité politique qui réduit la mortalité découlant des conflits violents.De plus, avec l'évolution de la notion de chevalerie, le rôle des femmes dans les guerres s'en va diminuant.On retrouve donc moins de mortes au combat et de victimes d'enlèvements et de viols.Mais ce sont les changements économiques qui, selon David Herlihy, semblent les plus décisifs.L'agriculture primitive, à faible rendement, employait beaucoup de femmes et d'enfants.Avec la «modernisation» de cette activité l'homme doit délaisser les guerres et ses tendances à la paresse pour mettre ses muscles au service d'un meilleur rendement agricole.D'autre part, l'urbanisation va grandissante et donne peu de travail aux femmes, si ce n'est d'être servantes ou.religieuses.Bien vite les filles deviennent le fardeau de la famille et le mariage se retourne contre elles: les frais sont à leur charge ou du moins à celle de leur famille.Globalement, donc, tandis que leur espérance de vie augmente sensiblement, les femmes voient leur condition sociale se détériorer.La différence entre ville et campagne va même jouer biologiquement.Les meilleures conditions d'alimentation et de milieu social permettent une croissance plus rapide en ville, de sorte que les jeu nés filles en milieu urbain se marient plus vite (vers 12 à 13 ans) que celles q"i habitent la campagne ou vivent dans de pauvres conditions (vers 15 ans).De même, la ménopause arriverait plus vite en milieu rural, vers l'âge de 40 ans.Le rôle de la femme comme éducatrice des enfants tend à s'accroître, surtout en milieu urbain et chez les nobles où elle est plus prolifique.Veuve, elle va s'attaquer à assurer l'avenir de ses enfants et leur consacrera beaucoup de temps.Elle exercera sur eux par conséquent une grande influence, modelant ainsi la culture et les moeurs de tout un milieu ou une ville, comme Florence par exemple. 50 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE Pour illustrer ses analyses, David Herlihy raconte l'histoire de trois femmes, issues de milieux différents une paysanne, Alpaix, une reine française, Blanche de Castille, et une bourgeoise italienne, Alessan- Au cours des dernièresannées, les gens sont devenus plus conscients de l'importance d'avoir une hygiène buccale adéquate, non seulement par souci d'avoir une haleine fraîche, mais aussi dans le but de préserver l'intégrité de leurs dents et des tissus qui les supportent.Toutefois, il reste encore beaucoup à faire au point de vue préventif pour enrayer les maladies péridentaires (de gencives), qui atteignent un très fort pourcentage de la dra dei Bardi.Un rôle commun, enfanter, mais trois destinées différentes qui préfigurent déjà notre société contemporaine.Miche! Gauquelin population.En effet, les maladies péridentaires sont une affliction humaine universelle et constituent un problème de santé publique d'importance majeure mais trop souvent sous-estimé.Bien que les maladies péridentaires affectent de 80 à 95 pour cent des populations adultes et qu'elles soient la principale cause de la perte de dents, elles n'attaquent pas uniquement les adultes.Des études épidémiologiques ont révélé que 95 pour cent des enfants âgés de 5 à 14 ans montrent des signes de gingivite, tandis que 25 pour cent présentent une altération variable du support osseux autour des dents.Malheureusement, les maladies péridentaires s'installent insidieusement.Elles progressent sans occasionner de douleur, sauf dans les stades plus avancés où des phases aiguës sporadiques peuvent survenir en raison de la gravité de la destruction des structures péridentaires.L'inflammation, d'abord marginale, progresse plus profondément dans les couches tissulaires.C'est alors qu'apparaît, le saignement des gencives.Dès que se manifeste ce premier signe d'alarme, il faut au plus tôt améliorer ses habitudes d'hygiène.Si les saignements persistent, il est préférable de consulter un dentiste.Sinon, il pourrait s'ensuivre une aggravation chronique, une perte accentuée du support osseux ainsi que la formation de crevasses de plus en plus profondes entre les dents et la gencive.L'erreur que l'on commet le plus couramment lorsque ap- , paraissent des saignements de gencives est de se contenter de rinçages de bouche avec des solutions antiseptiques variées.Bien que constituant des adjuvants utiles, ces solutions ne possèdent pas les propriétés nécessaires à l'élimination des facteurs de maladie.Ce qu'il faut, c'est acquérir de meilleures habitudes d'hygiène buccale, entre autres une méthode de brossage adéquate et l'utilisation de la soie dentaire.Outre les saignements de gencives, d'autres signes peuvent servir d'indicateurs sur la condition des gencives.L'hali-tose (ou mauvaise haleine) peut être reliée à des facteurs extra-oraux tels des problèmes digestifs, infections pharyngées, etc.Cependant, les causes les plus fréquentes proviennent souvent de la bouche elle-même, où l'on retrouve des bactéries, des toxines, des exsudations purulentes ainsi que des débris de toutes sortes accumulés dans les crevasses.: La mobilité et la migration des dents constituent des signes d'une détérioration ART DENTAIRE SOIGNER LES GENCIVES POUR SAUVER LES DENTS lisez aujourd’hui QUÉBEC DEMAIN M > WM 100 pages d'information et de fiction sur l'avenir des Québécois.QUÉBEC DEMAIN: des dossiers d'information et des analyses sur des questions clés comme le cheminement politique du Québec, l'évolution de sa population et de son économie, la placequ'oc-cuperont les femmes, la condition physique des Québécois, etc.QUÉBEC DEMAIN: une création collective des journalistes du Soleil.0) LO Q.~ y -Q o Q.X 3 (/) O 3 O 3 0) LU ¦- ~ CO >- co O U (J C (T! ¦> Les "presqu'ordinateurs" de Hewlett-Packard HP-97 HP-67 Qu'est-ce qui peut exécuter des programmes de 224 étapes comportant 3 niveaux de sous-routines, des branchements conditionnels, des adressages indirects, etc., qui possède 26 mémoires adressables, une lectrice de cartes magnétiques pouvant enregistrer les programmes et le contenu des mémoires, ainsi qu'une imprimante contrôlable par le programme en cours ou l'opérateur?Un ordinateur; mais s'il fonctionne sur piles c'est le HP-97.Quant au HP-67, de format de poche, il possède toutes les caractéristiques du HP-97 sauf l'imprimante.Puisqu'ils parlent le même langage, chacun peut utiliser les programmes et les cartes magnétiques de l'autre.a CCCPOLV Pourquoi payer plus cher dans un grand magasin, ou ailleurs?Venez nous voir ou commandez par la poste (frais d'expédition de $5.00 et taxe provinciale en sus).COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE Ecole Polytechnique, local C-136 Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, Suce."A", Montréal Téléphone: (514) 344-4841 52 mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE US , > poussée des gencives.Ces deux signes sont souvent reliés à l'apparition progressive de diastèmes (séparation anormale des dents) et à la rétention de particules alimentaires entre les dents.Le déchaussement des dents attire très tôt l'attention car il entraîne d'évidentes conséquences d'ordre esthétique.Les causes les plus fréquentes du déchaussement sont un brossage trop vigoureux, une position trop proéminente des dents sur l'arcade ainsi que des restaurations irritantes localisées trop près de la gencive.Le facteur le plus important dans l'évolution des maladies péridentaires est la plaque bactérienne.Elle est constituée d'une agglomération de bactéries s'accolant autour des dents et plus particulièrement sur les surfaces dentaires les moins accessibles.On a d'abord relié la plaque bactérienne à la carie dentaire.Il est maintenant clairement établi que les bactéries peuvent s'infiltrer dans les tissus des gencives et provoquer une gingivite.D'autre part, la plaque bactérienne se calcifie graduellement, formant ainsi des dépôts calcaires ancrés aux dents qui peuvent causer une irritation chronique de la gencive.Celle-ci s'enflamme alors et les saignements gingivaux deviennent de plus en plus accentués.Les restaurations défectueuses, les pièces de prothèse mal ajustées, les contacts défectueux entre les dents ainsi que la mauvaise position des dents sont autant d'autres causes fréquentes des maladies péridentaires.Il existe parfois un rapport entre les maladies des gencives et certaines maladies systémiques, notamment les troubles psychiques, endocriniens, sanguins, etc.Ces diverses conditions, tout comme l'usage des tabacs et une alimentation déficiente, constituent des facteurs prédisposants aux maladies péridentaires.Que peut-on faire pour prévenir les maladies péridentaires?Beaucoup, si l'on considère que sans la participation active du patient les sommes d'argent investies par celui-ci ainsi que les efforts déployés par le dentiste sont voués à l’échec.Il faut maintenir une bonne hygiène buccale par l'utilisation de la soie dentaire ainsi que par des brossages efficaces.Mais, à vrai dire, cela ne suffit pas.Il faut développer un souci permanent d'hygiène buccale, ce qui ne va pas nécessairement sans efforts.Des mesures d'hygiène buccale appliquées quotidiennement avec diligence aideront certainement à prévenir l'apparition des saignements gingivaux chroniques, qui sont souvent le prélude à des altérations gingivales plus sérieuses.Quant à ceux déjà atteints de lésions gingivales et osseuses irréversibles, untraitement péridentaire hâtif représente la meilleure solution à ces problèmes.Il est préférable de traiter tôt avant que la structure de support des dents ne soit irrémédiablement compromise.Laisser perdurer des lésions gingivales pour de longues périodes, c'est se condamner à un traitement plus élaboré et plus coûteux.Bref, les meilleurs conseils que l'on puisse donner sont d'être vigilant dès l’apparition des signes de maladies péridentaires, de se soigner alors le mieux possible et de consulter son dentiste si la condition persiste.Marcel Proulx PHARMACOLOGIE DES PILULES  TÊTE CHERCHEUSE MS pi S! ¦sà pic pniei Lorsqu’un organe tombe malade, c'est tout le corps qui fait les frais non seulement de la maladie, mais du traitement aussi.En effet, les médicaments sont des substances capricieuses, trop souvent parentes des poisons.Mais il faut bien soulager l'organe malade.On administre le médicament sous forme de pilule, de suppositoire ou de piqûre.Dans chaquecas, avant d'atteindre l'organe malade, le médicament doit passer par la circulation sanguine, si ce n'est par le foie.Chemin faisant, le remède s'en prend au foie, à tout le système digestif, aux constituants du sang et à une foule de cellules rencontrées.Ces interférences obligent les fabricants à augmenter les doses—cequi n'arrange micromètre, les liposomes constituent autant de micropilules à tête chercheuse.Injectés directement dans le sang, les liposomes pourraient transporter dans les vaisseaux sanguins des substances qui risqueraient d'endommager les cellules sanguines ou dese dégrader.Les premiers essais ne font que commencer, mais la voie liposomique présente une telle élégance qu'elle enthousiasme de nombreuxcher-cheurs.Lors d'un congrès entièrement consacré aux liposomes et à leurs applications dans le domaine biomédical, tenu à New York à la fin de l'année dernière et rapporté par la revue Nature, plusieurs applications intéressantes ont été présentées.IIÉ 3 3 KOO llîtîfK P>.I) lit 131 !ÉltS m pl falSJ p* pii pc iltm pie milite pie pels uni Mi piimfp Me y psom b nnn AMBEf L rien — afin qu'une partie de la drogue, au moins, se rende jusqu'aux cellules visées.Ne serait-il pas possible de faire en sorte que le médicament atteigne uniquement les cellules malades?De nombreux chercheurs croient que cela sera bientôt possible grâce aux liposomes, de fines gouttelettes de substances graisseuses, remplies de médicaments qui sont véhiculées par le sang jusqu'à un site d'action déterminé.Avec un diamètre de l'ordre du Dans le domaine de la lutte contre le cancer par chimiothérapie, l'utilisation des liposomes donne déjà des résultats intéressants (voir Québec Science, mai 1977, page 43).Patients et médecins redoutent le traitement par chimiothérapie.Cette thérapeutique requiert l'injection dans le sang de substances particulièrement toxiques pour les cellules cancéreuses, mais qui s'en prennent également aux cellules saines.Unefoislesproduits chimiothérapeutiques enro- kdi pivec #eps ses Lmih Rifi L».Ile» Ni inalai sent itIBp lise.Hl QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 53 bés dans les liposomes, leur toxicité se trouve grandement diminuée.Des chercheurs de la fondation japonaise de lutte contre le cancer ont fait état de la survie prolongée des souris traitées aux liposomes, comparée à celle de souris aux-»» quelles on avait administré les ori substances anti-cancéreuses «nues».Un chercheur de To-fc ronto a aussi suggéré que les » produits liposomés étaient is libérés plus lentement dans ûk; l'organisme, d'où une action in prolongée des substances chiai miothérapeutiques.iis D'autres chercheurs ont »! proposé l'utilisation de «viro-pis somes», c'est-à-dire de vaccins iiki où le virus contre lequel on » souhaite susciter l'action immunitaire est enfermé dans un sri liposome.Danslecasduvaccin ^ contre la grippe, par exemple, ifc le vaccin fabriqué à partir d'un Id virus atténué n'est que faible-Ijs ment immunogène.Par contre, i si l'on injecte le virus vivant, on «s suscite une forte immunité, (Si ma's °n déclenche aussi une forte poussée de fièvre.Par contre, des essais préliminaires avec des virosomes de la grippe permettent d'éviter les R poussées de fièvre, tout en y conférant une forte protection immunitaire.Dans le cas du vaccin contre la diphtérie, le virosome suscite aussi une meilleure réaction immunitaire.Le traitement de nombn ses maladies d'origine gém Que semble offrir un doma d'application tout indiqué p.ies liposomes.Plusieurs de I affections entraînent un v< table empoisonnement de I' gamsme parce que les cellu hépatiques (du foie) du mal.n® possèdent pas les enzyn n cessaires à la «digestion»: certaines substances.Or, b quils soient véhiculés par sang sans subir d'altérati es i'Posomes sont finalem •avalés» par les cellules hé ''does.Chaque cellule possr usieurs «,ubes digestifs» Pjds 'Vsosomes, sorte Petl's sacs remplis d'enzym dLr^65 des 'vsosor Z!ïVen1t ''enveloppe du li me et libèrent la substai desLiMSPOrte à rintéri es cellules du foie.Ainsi, k Ïenter,ameS enzymes m dans h00 lpourrait les incl aans des liposomes.Déià des scientifiques glais ont injecté des liposomes remplis de glucosidase à un patient souffrant d'une déficience de cette enzyme.Après un traitement de 18 mois les douleurs ressenties par le malade ont diminué et il semble que le volume du foie ait diminué.Des liposomes remplis de l’enzyme amyloglucosidase ont aussi été administrés à un enfant souffrant d'une glyco-génose généralisée, déficience enzymatique qui empêche l'élimination des sucres.Le traitement des maladies à déficits enzymatiques comme la tyrosinémie, maladie qui touche une proportion anormalement élevée de gens dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean, pourrait peut-être s’effectuer par des liposomes.À plus long terme, le plus ardent propagandiste des liposomes, le prix Nobel Christian de Duve, de Bruxelles, croit qu'il sera possible de diriger des liposomes contre certaines cellules spécifiques.Par exemple, les cellules cancéreuses se recouvrent de protéines spécifiques qui les distinguent des cellules normales.Ces antigènes peuvent devenir les points de repère de liposomes recouverts d'anticorps réagissant exclusivement avec les antigènes des cellules cancéreuses.Selon le chercheur belge, il serait même théoriquement possible de faire en sorte que les liposomes se dirigent vers certaines parties de cellules.On pourrait alors leur confier la tâche d'apporter au noyau un segment d'information génétique.Dans le cas de maladies génétiques on disposerait alors d'un véhicule capable de réparer les cellules en apportant le morceau d'ADN manquant.Ceci ouvre la porte à l'«engineering génétique» chez des personnes nées avec des défauts génétiques, perspective tout à fait révolutionnaire.Et qui sait?On pourrait peut-être charger les liposomes de redonner des cheveux aux chauves.Jean-Marc Fleury L’industrie a besoin de bacheliers en Technologie .pour développer et implanter de nouvelles méthodes .diriger les opérations d’usines et de chantiers .apporter des solutions aux problèmes techniques .assumer des postes de cadres.L’École vous offre: 1 Baccalauréat en 72 crédits 3 Programmes en Mécanique, Électricité, Construction civile 12 Mois de stages en industrie, rémunérés et crédités 2 Régimes — Temps complet et temps partiel 2 Débuts de cours — Septembre ou Janvier I 1 Condition d’admission — le diplôme d’études collégiales ou 1 l’équivalent dans l’un des programmes suivants: ELECTRICITE • eteOrotechniQue (243 00) • eiecirodynamique (243 01 ) • instrumentai ion et contrôle (243 02) • électronique (243 03) • techniques de laboratoire physique t244 00) • aeronautique (280 00) • avioniqiie (280 04) CONSTRUCTION CIVILE • technologie du bâtiment et des travaux publics (22 ) 00) .oon'mt .Tecnnoioge oe !a.cl»ieclu-| 122'0l| ou I2M•>>£* .•>Z$A ¦ .>> V/t Le Québec est un pays riche en minéraux, ça les Américains le savent! (Et, à bien y penser, nos grands-pères cultivateurs eux aussi, pognés sur leurs «terres de roches».) Il n’est pas nécessaire d’aller sur la Côte-Nord pour constater la richesse du sous-sol québécois: le mont St-Hilaire, par exemple, à quel-ques minutes de Montréal, cache pas moins de 140 minéraux différents.Cependant, contrairement à d’autres domaines comme l’astronomie ou l’ornithologie, la minéralogie est très peu développée comme activité de loisir: on ne compte que trois associations d’amateurs, et seulement quelques clubs-sciences scolaires s'intéressent aux sciences de la terre.On fait cependant des efforts pour populariser davantage la minéralogie.Ainsi le module «sciences de la terre» de l'Université du Québec à Montréal et la corporation de l'Expo-sciences de Montréal ont tenu du 24 au 30 avril dernier, au Complexe Desjardins, une semaine de sensibilisation sous le thème «La terre, astre vivant».De même, le Club de minéralogie de Montréal, fondé au printemps 77, ne ménage pas ses efforts pour rejoindre de nouveaux adeptes: conférences, films, excursions, séances d'identification, publication d'un bulletin mensuel, etc.Quelque 200 personnes ont ainsi joint depuis un an les rangs de ce club.Qu'est-ce qui intéresse le minéralogiste amateur?Se monter une collection, ce qui implique beaucoup plus que le simple ramassage de roches.L'amateur est d'abord un prospecteur.Quelques connaissances en géologie lui seront utiles pour trouver des lieux susceptibles de renfermer des minéraux intéressants.Déjà, sur le terrain, il pourra en identifier plusieurs avec quelques outils très simples, qu'il voudra bientôt toujours apporter avec lui: un bon canif, une loupe, une plaque de porcelaine dépolie, un petit aimant, une petite bouteille d'acide chlorhydrique dilué pour identifier les carbonates comme lecalcaire.sansoublier le classique marteau de géolo- gue pour dégager les minéraux.(On peut aussi utiliser un burin, ou encore deux marteaux, mais il faut y aller avec beaucoup de précaution car les éclats de métal qui sont propulsés à très grande vitesse par le choc des deux surfaces métalliques peuvent perforer le globe oculaire.) Ainsi équipé, l'amateur pourra déterminer les propriétés physiques élémentaires de plusieurs de ses échantillons: couleur; couleur du trait; éclat (métallique ou non); dureté (facilité à être rayé); ténacité (résistance au bris); densité; clivage (faculté de se briser le long de plans bien définis); système de cristallisation; magnétisme.Avec en mains un bon manuel, il sera alorsen mesure de les identifier.Sa cueillette terminée, il pourra pousser plus loin l'analyse de ses échantillons, et trouver ainsi l'identité des plus énigmatiques d'entre eux.Une bonne balance lui indiquera te Ml '¦L; V5I îfi •' : - 1|1 avec précision la densité; un lampe à rayons ultraviolets L ouvrira le monde merveilleu de la fluorescence.Un brûlei à gaz, un chalumeau, des ac des, quelques éprouvettes.Ii permetttront de réaliser un multitude de tests chimique! Plusieurs voudront ensuit travailler leurs pierres.Le pc lissage des pierres dure (quartz, jaspe, agate) sur un meule à l'aide d'eau et d'abra sif leur donne un éclat qui e fait ressortir les couleurs.L taille des pierres précieuse; ou art lapidaire, ainsi que I sculpture, permettent à l'ai tiste de s'allier au scientifiqui La minéralogie appara donc comme un loisir fort com plet: excursions en naturt apprentissage de connaissan ces géographiques et géologi ques, travaux pratiques d recherche et d'identificatior artisanat.Les ressources La Commission géologique d Canada (601, rue Booth, 01 tawa, Ontario Kl A 0E8) distri bue gratuitement des brochu res («Renseignements élémen taires sur les collections d roches et minéraux», «La terre astre vivant»), posters («le roches», «les fossiles», «le pierres gemmes», «les miné raux», «les météorites») et un carte sur les principales ré gions minières du Canada (m 900 A).Le ministère québécois de Richesses naturelles offr entre autres une brochure d' 75 pages, «Notions élémen taires de minéralogie», et vem plusieurs volumes sur la géo logie des diverses région (deux dollars) ainsi que deu boîtes de roches et minérau du Québec (40 pièces, cini dollars).Comme volumes, on con seille les titres de la collectioi «Que sais-je?», ainsi que L'ana tomie de la terre (A.Cailleux Hachette) et Guide des roche, et minéraux (Frederick H Rough, Delachaux et Nestlé traduit de l'anglais).Les associations existante sont les suivantes: Club di minéralogie de Montréal, 141 ! est, rue Jarry, Montréal H2I 2Z7; Montreal Gem and Min eral Club, C.P.1717, Station B Montréal H3B 3L3; SociéL minéralogique de la région di 'amiante, C.P.462, Thetfon Mines, Québec G6G 5T4.ii ÜJlîi i!ii 8151 il» It» fl I N SIS QUÉBEC SCIENCE / mai 1978 55 S PARUTIONS RÉCENTES AU PAYS DES GLACES ÉTERNELLES rime N auonal AV/1 wrniQ U PAYS G.Miller, R.Bradley, P.Schledermann et P.Baird, sous la direction de Roger Wilson, ministère des Affaires indiennes etdu Nord, publié avec le concours des Éditions l'Étincelle et du Centre d’édition.Approvisionnements et Services Canada, 1977, 223 pages, $5.95 Voilà un ouvrage de sciences naturelles peu ordinaire puisqu'il décrit l'immense territoire ancore peu connu du parc national «Auyuittuq» situé sur l'île de Baffin, voisine immédiate de la naie d'Ungava.C'est à ce dernier :itre que l'intérêt particulier des Québécois pour cette «terre» nordique est justifié, d'autant plus qu'elle révèle des paysages mer-/eilleux qui abritent des richesses inexplorées dans le cadre d'un écosystème encore vierge.Par ailleurs, deux scientifiques québécois, Roger Le Jeune, du Centre d'études nordiques de ’université Laval, et Jean-Luc Grondin, de la Société zoologique de Québec, ont apporté leur savoir à la préparation de ce livre dont la valeur du texte et la qualité des nombreuses illustrations sont remarquables.Le panorama spectaculaire de la terre de Baffin n'a rien à envier aux Alpes, aux Pyrénées et aux Rocheuses.Afin de faire mieux connaître le visage de cette grande île de l'Arctique canadien, les auteurs présentent d'abord l'histoire géologique et les diverses périodes climatologiques qui ont façonné le territoire, en insistant, comme il se doit, sur l'évolution des phénomènes de glaciation.Logiquement, ils placent ensuite l'homme dans ce milieu plutôt rude, en arossant le tableau de la vie et des oeuvres de civilisation inuit at du peuple de Thulé, à une apoque où les anciens Égyptiens érigeaient leurs pyramides sous e ciel de Râ, trois millénaires avant que Christophe Colomb ne découvre l'Amérique.Un grand chapitre est consacré à l'étude de l'écologie arctique; onytrouve une description fort intéressante des plantes à fleurs, des oiseaux et des mammifères, le tout illustré par des reproductions photographiques d'excellente facture.L'ouvrage se termine par des recommandations pratiques à l'adresse des futurs «touristes» qui voudront explorer les merveilles de ce «Pays des glaces éternelles», car pour y survivre il faut prendre les moyens nécessaires, c'est-à-dire planifier l'itinéraire longtemps à l'avance en ne négligeant aucun détail concernant l'équipement, les provisions, les déplacements et la sécurité.Joseph Risi SCIENTISTS CONFRONT VÉLIKOVSKY MTISTS :RONT Édité par Donald Goldsmith, préface de Isaac Asimov, Cornell University Press, Ithaca, 1977, 183 pages, $8.95 Ce livre a été publié à la suite d'une grande première dans le monde des sciences.Il s'agit du compte rendu d'une session d'étude consacrée aux théories astronomiques inorthodoxes d'immanuel Vélikovsky.L'establishment scientifique rompt ainsi la règle de l'ignorance généralement pratiquée au sujet des théories produites en dehors du cercle fermé de la science officielle.La théorie de Vélikovsky s'est fait connaître du grand public principalement par le livre «Monde en collison» (voir Québec Science, mai 1977).Selon la théorie, la planète Vénus serait constituée d'une partie de la planète Jupiter, expulsée par un phénomène interne violent.La nouvelle planète serait entrée en collision avec Mars et aurait frôlé la Terre à plusieurs reprises il y a quelques millénaires.Vélikovsky démontre sa thèse en faisant appel aux multiples légendes anciennes relatant les cataclismes qui auraient accompagné ce désordre planétaire.Publiée pour la première fois en 1950, cette théorie fut par la suite largement diffusée dans le grand public.Bienquesathéorie fut désavouée par les astronomes, Vélikovsky, l'auteur, se gagna au cours des années un grand nombre de supporteurs qui menèrent et mènent encore une véritable guérilla afin de faire triompher leur théorie.Craignant le charisme habituel des chantres de la science parallèle, les scientifiques avaient longtemps hésité à discuter ce type de théories lors de réunions officielles.Quelques scientifiques réunis autour de l'astronome et vulgarisateur bien connu Cari Sagan pensaienttout autrement.Ils réussirent à convaincre les organisateurs de la réunion annuelle de l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) de 1974 d'inclure une session de discussions où les tenants et les opposants à la théorie de Vélikovsky pourraient être confrontés.Ce livre est le compte rendu de cette session.On y retrouve, en plus de la préface d'Isaac Asimov et de l'introduction de Donald Goldsmith, cinq communications qui furent prononcées lors de la session.La première de celles-ci fait état du contexte sociologique qui entoure la controverse.Les autres se veulent des analyses scientifiques rigoureuses de la théorie.Les conférences prononcées par Vélikovsky et ses supporteurs ne font pas partie du volume, les auteurs ayant refusé de les inclure.Le volume s'avère donc à toutes fins pratiques une réponse des scientifiques auxthéories de Vélikovsky.De toute façon, comme le fait remarquer Goldsmith dans son introduction, la rencontre n'a produit aucun changement d'attitude dans l'un ou l'autre des camps, et ceuxqui soutenaientqu'unetelle rencontre serait vaine ont probablement eu raison.Le tout est cependant très intéressant à lire et l'étude du contexte sociologique de l’apparition et du développement de cette théorie est plus actuelle que jamais.Jean-Marc Carpentier LES GOÉLETTES DE CHARLEVOIX Michel Desgagnés, Leméac, Montréal, 1977, 182 pages, $9.95 Ces petits navires en bois bien de chez nous qui régnaient sur le Saint-Laurent de 1850 à 1950 sont en train de disparaître.À une époque où l'on avait besoin de bateaux pratiques pourtrans-porter des bestiaux, du grain, de la volaille ou du bois, l’absence de quais avantageait les goélettes avec leur fond plat et leur faible tirant d'eau car elles pouvaient s'approcher très près du rivage et même s'y échouer pour un transbordement plus commode.Michel Desgagnés nous raconte leur vie et celle de leurs équipages, mais surtout celle des artisans du Comté de Charlevoix dont le travail dur et précis aboutissait à la naissance de magnifiques bateaux.Il nous décrit en particulier les nombreuses étapes de construction de la dernière goélette lancée à Saint - Joseph - de - la - Rive, le Mont Sainte-Marie.Il fait parler les artisans qui l'ont conçue, ce qui fait de ce livre un ouvrage plein de vie.On a l'envie et aussi l'impression de poser nous-même ces questions.On participe pleinement à la discussion et on apprend beaucoup de choses entre la fabrication de la maquette et le momentdu lancement en passant par ietaillageet la pose des membres ou le calfatage.Michel Desgagnés fait profiter le lecteur de ses études en ethnographie et de ses nombreuses relations familiales ou amicales avec ces artisans des goélettes qu'il connaît bien.Le document qu'il a constitué par ses recherches et ses entrevues nous livre les secrets de fabrication plus que centenaires de ces descendants de marins normands, bretons ou charentais.François Picard MODÉLISATION ET OPTIMISATION et INTRODUCTION À LA PROGRAMMATION LINÉAIRE MtTIIODES QUANTITA VIVES DE GESTION INTRODUCTION PROGRAMMATION LINÉAIRE par Gérard Baiilargeon Éditions SMG, collection Méthodes quantitatives de gestion, Trois-Rivières, 1977, 186 et 189 pages respectivement, $7.95 chacun Ces deux volumes s'adressent spécifiquement aux étudiants en sciences comptables, administration et recherche opérationnelle ainsi qu'aux gestionnaires et cadres d'entreprises.Ce sont des volumes à vocation pédago- 56 gique, qui traitent l'utilisation de différents instruments mathématiques dans la gestion des entreprises.Le premier porte sur la programmation linéaire, une technique qui, par l'utilisation d'équations linéaires, permet de solutionner des problèmes de gestion des stocks ou d'optimisation de certains facteurs.Les exemples et lesproblèmesysont nombreux et constituent une partie importante du volume.Le deuxième livre constitue une suite logique du premier.En utilisant les mêmes instruments pédagogiques, l'auteur approfondit les techniques mathématiques de gestion d'entreprises et de stocks.Il traite particulièrement de la modélisation mathématique des différents problèmes de gestion et de l'utilisation de méthodes plus raffinées d'optimisation.Jean-Marc Carpentier STATISTIQUE EN SCIENCES HUMAINES STATISTIQUE EN SCIENCES HUMAINES LES ÉDITIONS SMC ATOME, ILLUSION OU MIRACLE?Karl Winnacker et Karl Witz, Presses Universitaires de France, Paris, 1977, 440 pages, $27.10 CHRONIQUE D'UNE LUTTE CHRONIQUE D’UNE LUTTE par Guy Châtillon Éditions SMG, Trois-Rivières, 1977, 504 pages, $12.95 Ce volume s'adresse à des étudiants qui ne possèdent pas une base solide en mathématiques et qui désirent se familiariser avec les techniques de statistique.Comme les statistiques deviennent une partie de plus en plus importante de nombreux domaines des sciences humaines, ce volume semble répondre à un besoin réel.L'auteur y explique avec soin les différents éléments de base de la statistique.Il recourt à de nombreux exemples et à des carricatures amusantes qui viennent alléger le texte et rendre son assimilation moins douloureuse.Bien qu'il s'adresse en premier lieu aux étudiants en sciences humaines, ce volume peut être fort utile à tous ceux qui désirent acquérir une connaissance des bases de la statistique.Jean-Marc Carpentier Didier Anger, Jean-Claude Simoën, Paris, 1978, 224 pages, $14.30 Le premier des deux livres, traduit de l'allemand par Marcel Chabernaud, a pour sous-titre «l'énergie nucléaire en Allemagne» tandis que le second raconte «le combat anti-nucléaire à Flamanville et dans La Hague» en France.Dans le premier, deux hommes de science racontent l'histoire du développement de l'énergie nucléaire en Allemagne.L'un d'eux travaille pour une société privée qui vit du nucléaire, l'autre est physicien au Centre de recherches nucléaires de Karlsruhe.L"àuteur de Chronique d'une lutte est instituteur dans le village de Flamanville, en Normandie.Les deux livres, vous l'avez deviné, sont en totale opposition.Les deux Allemands se présentent comme faisant partie de «ceux qui croient que l'énergie nucléaire est indispensable au futur équilibre énergétique de la planète» et, par leur livre, ils entendent «venir en aide à tous ceux qui, même si la matière leur est peu familière, désirent se faire une opinion personnelle sur un domaine certes peu accessible mais lourd de conséquences économiques et politiques».Leur livre est avant tout un historique de l'énergie nucléaire en Allemagne, situé dans un contexte européen et même américain.Les liens étroits qui unissent, économiquement et politiquement, les États-Unis et la république fédérale sont donc montrés, quoique de façon idyllique, sinon naïve.Dans cet historique, on apprend que l'Allemagne n'a jamais été sur le point de fabriquer la bombe atomique, même si des travaux étaient en cours pendant la seconde guerre mondiale.Les nazis, Hitler en tête, ne faisaient guère plus confiance au nucléaire qu'aux hommes de science dont une bonne part, en plus, étaient des juifs.Les auteurs racontent le développement des diverses filières auxquelles s'est intéressée l'Allemagne et les problèmes que ce pays a rencontrés.L'ouvrage passe presque complètement sous silence les forts mouvements anti-nucléaires et se contente, dans les dix dernières pages, d'affirmer qu’il existe une profusion de mesures de sécurité.Karl Winnicker et Karl Wirtz s'opposent à tout scrutin populaire sur la question du nucléaire et se réjouissent de la création en 1 975 de la European Nuclear Society, déclarant qu'il n'y aura «jamais assez d'hommes pour aborder de façon réaliste et positive l’énergie nucléaire et pour unir leurs efforts à cette fin».Pour régler les quelques inconnues qui restent au niveau de la sécurité, ils proposent la fuite en avant car, disent-ils, il faut de plus en plus d'expérience pour savoir quels risques existent réellement.Les convertis seront satisfaits.Didier Anger enseigne dans ce village qui se situe au coeur du Cotentin, une région appelée à devenir «la poubelle atomique» du monde.Déjà, le seul centre de «retraitement» des déchets atomiques dans le monde y est installé, à Jobourg, qui accueille les résidus européens.Ceux du Japon s'en viennent également.De plus, le gouvernement français vient de décider d'y construire la plus puissante centrale nucléaire au monde, et envisage d'y implanter une usine d'enrichissement de l'uranium ainsi qu'une centrale surgénératricel L'auteur raconte la lutte menée par les pêcheurs et cultivateurs locaux, les luttes incessantes contre les politiciens locaux, contre la presse régionale, contre le silence et en fait l'accord de la Gauche française à ce projet.Le témoignage quotidien des batailles, par le menu, est riche d'enseignements pour les antinucléaires, même s'il entre parfois dans des détails très locaux.Il reste que Didier Anger pose les questions de fond, se demande notamment comment remettre en cause la croissance sans remettre en cause le capitalisme lui-même.Il refuse «l'atome de gauche comme l'atome de droite» et promet un bel avenir aux forces.de l'Utopie.Pour lui, ces forces «c'est la nouvelle gauche qui s'invente dans les luttes ouvrières et paysannes actuelles, dans les luttes dites des fronts secondaires, en particulier la lutte anti-nucléaire, dans les luttes écologiques».Contre la société nucléaire et policière, contrôlée par les technocrates, il propose «l’utopie».Avisauxama-teurs.Michel G auquel in mai 1978 / QUÉBEC SCIENt Derniers livres reçus A la quête de la vie Marino Benzi Éditions du Chêne.Paris.1977.135 pages.$42.00 Social Change and Scientific Organization.The Royal Institution 1799-1844 Morris Berman Cornell University Press.Ithaca.New York, 1978.224 pages, $17.50 Exercices pratiques de français J.Bossé-Andrieu Les Presses de l'Université du Québec.Montréal.1978.172 pages.$9.95 Chansons politiques du Québec Tome 1: 1765-1833 Maurice Carrier et Monique Vachon Leméac.Montréal.1977.361 pages, $14.95 L'esprit cet inconnu Jean E.Charon Albin Michel.Paris.1977, 255 pages.$11.75 Théorie de la relativité complexe Jean E.Charon Albin Michel.Paris.1977, 137 pages, $14.75 Les Humanoïdes Les cerveaux qui dirigent les soucoupes volantes Jean Ferguson Leméac.collection L'homme et l’univers.Montréal.1977.279 pages.$9.95 L'activité symbolique et l'apprentissage scolaire en milieux favorisé et défavorisé Yvon Gauthier et Simon Richer Les Presses de l'Université de Montréal.Montréal.1977.186 pages, $9.50 Le pouvoir des plantes Brendan Lehane, préface de René Dumont Hachette Réalités.Paris, 1977.283 pages.$58.50 La sexualité humaine.Fondements bioculturels Joseph J.Levy et Claude Crépault Les Presse de l'Université du Québec.Montréal.1978, 130 pages.$6.95 Le monde des mammifères Les Line et Edward Ricciuti Hachette Réalités.Paris, 1977.291 pages, $58.50 UÉBEC SCIENCE / mai 1978 iet EN VRAC .°né Roy iLERTE AU FEU! es procédures à suivre en cas de feu ne eraient pas basées sur le comportement éel des individus mais sur le comporte-lent que l'on attend d eux.C'est ce qu'a * écouvert le groupe de recherche sur le 3U du département de psychologie de ;* université du Surrey, en Angleterre, en tudiant une trentaine d'incendies de (Sort nutes sortes.Sur 85 personnes obser-N ées lors de quatre feux distincts (hôpital, ôtel, maison-appartement, édifice ublic), 80 n'employèrent pas les sorties e secours; 45 personnes (sur 85) ne întèrent même pas de combattre l'in-endie; sur 61 personnes ayant eu un 3 xtincteur en leur possession, une seule ut l'opérer du premier coup.Les procé-ures à suivre en cas de feu sont aussi Dj asées sur des présomptions fausses.En egard de la largeur des sorties de ecours, ne pas tenir compte du fait que 3S gens aiment à garder une certaine U) istance entre eux conduit à sous-stimer, comme l'a montré une étude anadienne, le temps requis pour l'éva-uation d'un édifice d'au moins 50 pour ent du temps.Selon cette étude, l'issue „ u feu dépend souvent du comportement es personnes; cette conclusion, habi-i® tellement, est ignorée par la recherche ui étudie plutôt le comportement du feu.nil llülj NE IMAGE VAUT MILLE MOTS force de vouloir aider les enfants à lire, n agrémentant leurs manuels scolaires pis e dessins toujours plus beaux et toujours lus gros, on finirait peut-être par leur lire plus de tort que de bien.C'est du loins la théorie de Dale Willows, de Université de Waterloo, à la suite d'une (Br ^cherche sur l’interférence des images, *1 ans l'apprentissage de la lecture.Tous is enfants ne réagiraient pas de la même îçon, mais ceux qui seraient plus /isuels» (et leur nombre augmente avec i télévision, semble-t-il) seraient aussi lus portés à de telles distractions pertur-antes.Le traitement de la dyslexie assera-t-il par l'impression de livres colaires de plus en plus austères.irfrf I ¥ I gt ••••••••••••••••••••• > A RENTABILITÉ DE L'ESPACE 'U sous-comité du Sénat sur la science, ) technologie et l'espace, qui étudie le udget de 4,37 milliards de dollars de la IASA, des experts américains (fonction-aires et représentants de compagnies 'r rivées) ont fait part des retombées révisibles de l'exploration de l'espace.À art la radio-bracelet (dont un prototype a té montré au sous-comité), les remèdes-liracles, les métaux super-résistants, / énergie solaire par faisceau, le contrôle de la température, des tremblements de terre, la détection immédiate des feux de forêt, la prévision des récoltes, les experts ont entretenu le Sénat de la prospection minière de la ceinture des astéroïdes, de la vie sur la lune, des colonies de l'espace dérivant dans le système solaire.Le Dr Kraft Ehricke, de la compagnie Space Global, a adopté un point de vue économique et a parlé de la rentabilité d’une Amérique spatiale (lire États-Unis) au moment où les pays pauvres auront réussi à produire eux-mêmes plusieurs biens manufacturés; «nous devons, disait-il, avoir quelque chose à leur vendre».MAIS LE SILENCE N'EST PAS TOUJOURS D'OR Autre résultat étonnant, dans un domaine assez proche: l'apprentissage de certaines tâches et la performance dans leur accomplissement seraient parfois aidés par l'immersion dans un environnement bruyant.C'est une équipe du Conseil britannique de recherche médicale à Cambridge qui est arrivée à cette conclusion, alors qu'elle essayait au contraire de vérifier jusqu'à quel point un bruit de 102 décibels (c'est plus que le niveau autorisé pour les véhicules commerciaux lourds!) perturberait le travail.Si les hautes fréquences semblent effectivement déranger tous les sujets d'expérience, la grande majorité d'entre eux auraient réagi très positivement et amélioré leur rendement, lorsque le bruit était dominé par les basses fréquences.On cherche encore une explication.UNE IDÉE BIEN FICELÉE Vous souffrez d'obésité?La très sérieuse publication médicale The Lancet \i\enx de trouver la solution parfaite pour vous guérir: faites-vous ficeler les mâchoires.Il suffisait d'y penser! La technique a été essayée sur 17 patients.Deux seulement ont souffert de mortifications passagères des mâchoires, 8 autres de simples ankyloses, après un maximum de 8 mois sans nourriture solide, et sans possibilité de mastiquer.Le principe de la thérapie: il n'y a pas de meilleure méthode, pour briser une mauvaise habitude, que de la rendre parfaitement impossible.Les gourmands, semble-t-il, sont beaucoup moins voraces lorsqu'on les condamne ainsi à une diète liquide! LA CULTURE MATHÉMATIQUE Parmi les disciplines de base, la mathématique ne le cède qu'à la langue maternelle.Elle est impérieusement nécessaire à la culture globale d'aujourd’hui.Les cours de formation générale donnés aux étudiants de l'enseignement collé- 57 gial devraient leur apporter une solide connaissance en mathématique, car elle est «le langage commun de toutes les disciplines scientifiques tant celles du groupe des sciences pures que celles relevant du domaine des sciences humaines, telles la gestion, l'économie, la science politique».Ce sont les principaux commentaires sur la mathématique au collégial que l'Association mathématique du Québec présentait, dans un récent rapport, aux rédacteurs du Livre Blanc sur l'enseignement collégial que prépare le ministère de l'Éducation.UN PROGRAMME UNIQUE EN SON GENRE Un test d'hormone unique en son genre au monde et administré à la largeur du Québec a prévenu au moins 80 cas potentiels d'arriération mentale au cours des trente derniers mois.Il a permis de déterminer que 80 bébés avaient la glande thyroïde déficiente: sans la production adéquate d'hormones thyroïdiennes, les liaisons entre les cellules nerveuses du cerveau ne se font pas correctement; cependant, si le problème est découvert et le traitement débute avant que le bébé n’atteigne l'âge de trois mois, les liaisons se feront normalement.Pour faire ce test, on prélève simplement du sang des talons du bébé âgé de trois à cinq jours, a rapporté le Dr Jean Dussault de Québec, à l'assemblée annuelle du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.Le coût de ce test est de $0.60.Le coût total de ce programme a été calculé comme étant le quarantième de ses bénéfices.LA COURSE D'OEUFS OU L'OEUFMOBILE Nos ressources énergétiques s'amenuisant, les recherches sur les énergies nucléaire, solaire, éolienne, fleurissent.Il reste d’autres ressources énergétiques inexplorées telles celles de la bande élastique (communément appelée élastique).Le personnel de l'Ontario Science Centre a organisé un atelier sur l'énergie en 1976 et a étudié cette nouvelle forme d'énergie.Pour agrémenter la recherche, il a lancé une Course d'oeufsqui consiste à construire un véhicule pour transporter un oeuf, sans le briser, aussi loin que possible, en n'utilisant que l'énergie d'un élastique.Cette année-là, la Course a eu lieu entre le personnel du Centre et les étudiants en design industriel du Collège des arts de l'Ontario: le véhicule gagnant parcourait 98 mètres.En mars 1977, la Grande Course d'oeufs était ouverte au public: l’oeufmobile gagnant faisait 121 mètres.Cette année, la Grande Course Internationale est ouverte aux publics des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et du Canada.Les règlements sont peu nombreux mais uniformes pour les trois mai 1978 / QUÉBEC SCIENCE pays: l'oeuf doit peser au moins 70 gr.; l'élastique employé à la finale à Toronto sera l'élastique canadien Viceroy no 10, bien que l'Eberhard Faber no 10 aux États-Unis et le Coombs no 10 en Grande-Bretagne puissent être utilisés dans les compétitions locales.LE CONSEIL DES SCIENCES RÉCIDIVE À la suite du rapport 25 du Conseil des sciences du Canada, le biochimiste et vulgarisateur québécois Fernand Seguin avait décidé de quitter cet organisme parce qu'on avait refusé(après le lui avoir promis pourtant) de publier sa dissidence sur la vision du Canada esquissée dans ce rapport.Moins de deux ans plus tard, David Suzuki, spécialiste de la génétique, qui tient depuis quelques années un poste équivalent à celui de M.Seguin sur le réseau anglais de Radio-Canada, vient à son tour d'être choisi pour siéger sur ce conseil.On lui souhaite de mieux faire passer la voix de la «science consciencieuse» qu'il entend défendre sur les ondes, au sein de ce respectable lobby partagé jusqu'ici entre la vision généreuse que les chercheurs fondamentalistes se font de la science, et cette autre vision, plus prosaïque, souvent inspirée «d'amitiés industrielles particulières», et enfin cette volonté d'être aussi, paradoxalement, la conscience de l'un et l'autre de ces milieux.Quant à la participation québécoise, notons la nomination de Roger Blais, de l'École polytechnique de Montréal, et de Léon Dion, de l'Institut de sciences humaines de l'université Laval.LE DROITÀ L'INFORMATION À la fin du mois de mars dernier, l'Association québécoise des professionnels de la communication scientifique tenait son assemblée générale.À cette occasion, l’association décidait de simplifier son nom.On la désignera maintenant sous le nom de l'Association des communicateurs scientifiques.Le cas de l'Ordre des agronomes était aussi inscrit à l'ordre du jour.La loi des agronomes réduit le droit du public à l'information en réservant aux seuls agronomes le droit de vulgariser leur science.L'ACS a décidé de blâmer l'Ordre des agronomes pour son «attitude rétrograde» et lui a demandé de retirer immédiatement les menaces et les poursuites légales contre les chroniqueurs des media destinés au grand public.L'association veut aussi amener le Conseil de presse du Québec à se prononcer sur le principe d'une telle chasse-gardée dans le domaine de l'information.Selon l'ACS, l'Ordre des agronomes devrait figurer parmi les «Ordres à titre réservé», qui n’ont juridiction que su rieurs membres et sur ceux qui prétendent l'être.en JUIN Jean-Pierre Rogel nous fournira la plus complète information sur la bombe à neutrons qui, malgré l'ajournement de sa production par le président américain Carter, demeure une menace René Goblot nous présentera un fruit défendu, le coca, et un de ses principes actifs, la cocaïne Michel Chevrier nous initiera au monde de la mycologie, avec ses champignons au goût si délicat et d'autres à l'effet mortel Jean-René Roy nous fera assister à la fin spectaculaire de ces étoiles que l'on appelle des supernovae NE NOUS CHERCHEZ PLUS ABONNEZ-VOUS Au tarif de $17.00 (1 an / 12 numéros), je m'abonne pour .années au magazine QUÉBEC SCIENCE.?abonnement ?réabonnement COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) 31 I I nom 1 M 1 1 1 1 1 1 1 1 M II 1 1 M 60 61 prénom 80 HJ U 7 8 9 numéro rue appartement 28 29 | | ville 1 1 M 1 1 1 1 1 1 1 48 1 1 1 1 1 1 1 1 49 province ou pays 68 1 I -I 1 1 1 1 ?Chèque ou mandat postal ci-joint 69 code postal 74 ?Veuillez me facturer Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1978 MÇ3 U IM PROGRAMME UNIVERSITAIRE POUR VOUS TOUT PRÈSTOUT PRÊT! TOUT PRÈS de chez vous se manifeste une présence de l'Université du Québec.TOUT PRÊT pour vous, un choix de 320 programmes dans les grands secteurs d'enseignement universitaire: sciences humaines, sciences de l'éducation, sciences de l'administration, sciences de la santé, sciences pures et appliquées, arts, lettres et plusieurs autres champs d'études.TOUT PRÈS, TOUT PRÊT, le réseau de l'Université du Québec admet aux études de 1er cycle le détenteur d'un diplôme d'études collégiales ou l'équivalent.De plus, le candidat âgé d'au moins vingt-deux ans possédant des connaissances appropriées et une expérience pertinente peut être admis.Université du Québec IRouyn Trois-Rivières# y 1.Centre d'études universitaires dans l'Ouest québécois (Rouyn), (819) 762-0971 2.Centre d'études universitaires dans l'Ouest québécois (Hull), (819) 770-3360 3.Institut Armand-Frappier, (514) 687-5010 4.École de technologie supérieure, (514) 282-7784 5.Université du Québec à Montréal, (514) 282-7161 6.Université du Québec à Trois-Rivières, (819) 376-5454 7.Télé-université, (418) 657-2990 8.Institut national de la recherche scientifique (418) 657-2508 9.École nationale d'administration publique, Mtl.(514) 282-6890 Qué.(418) 657-2485 10.Université du Québec, (418) 657-3551 11.Université du Québec à Chicoutimi, (418) 545-5613 12.Université du Québec à Rimouski, (418) 724-1432 r f LG 2 Baie~James”^ ChibougamauQ OMatagami O La Sarre OAmos Lebel-sur-^ ODévillon^ Senneterr^ OTémiscaminque Val d'OrQ ManiwakiQ St-JoviteQ L'AnnonciationQ MontÎLaurierQ Fort-CoulongeO „ ^ w BuckmghamO Lachute O ^J"Papmeauville La TuqueQ QShawinigan OJolie VictoriavilleO 'OSorel Thetford Mines-»-ISt-Hyacinthe DrummondvilleO OSaint-Félicien Sept-I leT* Rivière-Im2|Td Gaspé |
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