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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1978, Collections de BAnQ.

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Volume 16, numéro! 1 JUILLET 1978 La forêt potagère MEGANTIC, LE QRRURE EN CAGE Z-VOUS D^ ETOILES NOUVEAU CONTRETEMPS Une des principales erreurs de notre temps est de croire résolu le problème de la production.Le système industriel moderne épuise chaque jour un peu plus les richesses sur lesquelles il s'est édifié: les ressources fossiles, les marges de tolérance de la nature et l'espèce humaine elle-même.Pour éviter une catastrophe, nous devons susciter un nouveau style de vie et de nouvelles habitudes de consommation.Les structures sont devenues trop grandes: organisations, hôpitaux, écoles, gouvernements., rien n'est plus à la mesure de l'homme, qui se sent perdu.Afin de redonner à ce dernier le sens de ses responsabilités et la possibilité de s'épanouir dans son travail et sa vie quotidienne, l'auteur propose d'adopter une technologie intermédiaire utilisée dans le cadre de plus petites unités de travail décentralisées, permettant de tirer parti de la main-d'oeuvre et des ressources locales.C'est en se référant à la petitesse naturelle de la race humaine que E.F.Schumacher, stigmatisant la tendance actuelle au gigantisme, affirme: «Small is beautiful», expression devenue slogan dans le monde anglo-saxon.Ernst Friedrich Schumacher (191 1-1 977), économiste britannique d'origine germanique, fut conseiller économique du British National Coal Board de 1950 à 1970.Il fut par ailleurs consulté par de nombreux gouvernements du tiers monde.Créateur du concept de technologie intermédiaire, il sut mettre en pratique sa théorie et ouvrit des centres de développement des techniques intermédiaires dans de très nombreux pays.Ses ouvrages ont un grand retentissement aux États - Unis et en Grande -Bretagne.Jerry Brown, le gouverneur «écologiste» de Californie, a fait de Small is beautiful son livre de chevet et Jimmy Carter lui-même, après avoir reçu E.F.Schumacher à la Maison-Blanche, s'écrie aujourd'hui «Small is beautiful».SMALL IS BEAUTIFUL, 320 pages, $11.9 : ITIFUL SMALL IS •••C.>=7 /•- :v.tJ.'i L à /V Contretemps / Le Seuil ¦ Une société à la mesure de l'homme cACÿk&ji > Ce volume est aussi en vente dans ;.*.les librairies , .Veuillez me faire parvenir.exemplaires de SMALL IS BEAUTIFUL au prix de $11.95 chacun Vous trouverez ci-joint ?un chèque ou ?un mandat postal au montant de.le Seuil Nom: .Adresse: .Code postal: .Téléphone: < DIFFUSION DIMEDIA INC., 539, boulevard Lebeau, Ville Saint-Laurent, Québec H4N 1S2 (514) 336-394 Sommaire Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1978.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti; LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 © Copyright 1978 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Impérial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Oie d’assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Université du Québec Jean-Marc Gagnon directeur et rédacteur en chef Diane Dontigny Louis de Bellefeuille adjoints à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Marie Prince promotion et publicité Patricia Larouche administration et secrétariat Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Raymond Robitaille composition typographique Distribution postale Paul A Joncas Photogravure et impression L’Éclaireur liée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: SI 7.00 Groupe (10 et plus): $1 5.00 À l’étranger: $21.00 À l’unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 6 La tête en fleurs 9 Physique Einstein a toujours raison 10 Génétique Un grand bond grâce au Québec 11 Prospective Faire plus avec moins 13 Le Saint-Laurent Le sommet de Rimouski 14 Sociologie Les entreprises Centraide inc.39 Vision Une découverte révolutionnaire Biologie Des roches porteuses de vie 41 Tiers-Monde Le soleil compétitif Santé La malaria revient en force 42 Énergie Les promesses de l'hydrogène 43 Nucléaire Des débats qui tournent en rond 44 Francophonie Des espèces en voie de disparition 46 Temps pleins 47 Parutions récentes 49 En vrac 15 La forêt potagère Jean-Marc Fleury Quand agriculture et foresterie s'intégrent en une harmonieuse mise en valeur des sols 21 Le marché commun des bactéries Pierre Sormany Loin de jouir de leur merveilleuse liberté d'uni-cellulaires, les bactéries constitueraient un immense organisme planétaire 27 Mégantic, le rendez-vous des étoiles Jean-René Roy Le nouvel Observatoire du Québec vient d'ouvrir ses portes.ou plutôt ses yeux sur le ciel La fourrure en cage André Lamoureux Plus rentable que la trappe, l'élevage est devenu la principale source d’animaux à poils 4 COURRIER.LES ARTISANS DES COULEURS VÉGÉTALES À la suite de votre article «Le retour des couleurs naturelles», dans votre revue d'avril, je serais très intéresséeàcommu-niquer avec l'Association des artisans en teinture végétale.Il m’a été impossible de trouver leur adresse et leur numéro de téléphone; aussi vous me seriez d'un grand recours si vous pouviez me les communiquer.Carole Collard Montréal L'Association des artisans en teinture végétale loge au 38, rue Young, à Granby.DEUX DROGUES QUI N'EN SONT QU'UNE J'aimerais porter à votre attention une erreur qui s'est glissée dans l'article «La science mène l'enquête» parue dans votre magazine (volume 16, numéro 7, mars 1 978, pages 38 à 45).On parle de certaines drogues qui peuvent être mortelles si elles sont mal utilisées (en page 43).Je cite: «.certaines drogues telles que le DARVON et le PROPOXY-PHÈNE peuvent être mortelles.» Cette phrase laisse croire que le DARVON et le PROPOXYPHÈNE sont deux drogues distinctes.Il n'en est pas ainsi puisque le propoxyphène (dénomination commune, nom générique) et le Darvon® (nom déposé, marque de commerce) représente une même entité chimique: le alpha-d-4-diméthyl-amino-1,2-diphényl-3-méthyl-2-propionoxy butane.De plus, pour fins de démonstration, on peut se questionner sur le choix du propoxyphène, car ce n'est pas la substance pour laquelle on rapporte un grand nombre d'intoxications.Les manifestations d'un surdosage important de cette substance sont semblables à celles produites par les narcotiques, et les narcotiques, on le sait, sont d'usage plus répandu et sont la source de plus d'intoxications.Le propoxyphène, d'ailleurs, est remis en doutequant à sa valeur analgésique et il véhicule des risques de dépendance psychologique et rarement physique.Denyse Demers Pharmacienne Québec SE CHAUFFER AVEC LE SOLEIL Dans un article intitulé «Harnacher le soleil», paru dans le numéro de février 1978 de Québec Science, vous faites mention d'un document intitulé«Lesproblèmes et les perspectives du chauffage juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE solaire domestique au Canada».Vous serait-il possible de nous indiquer où nous procurer ce document.Votre revue est très intéressante et nous croyons qu'elle répond vraiment à un besoin d'information de la population étudiante.Sylvain Belisle Relations extérieures pour le Mouvement d'information sur l'énergie libre Sainte-Thérèse de Blainville Les auteurs de ce document sont Harold D.Forster et W.R.Derrick Sewell.La référence complète de ce document est la suivante: Solar Home Heating in Canada Problems and Prospects.Contribution to Energy Self Reliance Under the Conserver Society Theme of the Advance Concept Center, Office of the Science Adviser, Report 16, 1977, ministère des Pêcheries et Environnement, Ottawa.Vous pourrez donc vous procurer ce document en vous adressant à ce ministère et en indiquant ta référence complète du document.DES AMPOULES CHAUFFANTES?Ayant eu d'importantes discussions sur la conservation de l'énergie avec maintes personnes, certaines interrogations, sur lesquelles j'apprécierais des informations, ressortent particulièrement de ces débats.Il s'agirait de savoir si l'énergie calorifique produite par les ampoules électriques est égale à celle dégagée par une plaque chauffante ayant le même wattage.Dans l'affirmative, il pourrait s'avérer inutile (hormis l'usure des ampoules) de fermer les lumières par temps froid puisque cette lumière produirait une chaleur profitable.Finalement, qu'est-ce qu'un photon et son énergie est-elle calculable?J.Dumais Lachute L'énergie calorifique dégagée par une ampoule électrique est quelque peu inférieure à celle dégagée par une plaque chauffante de même wattage, puisqu'une partie de l'énergie émise par une ampoule le sera sous forme de lumière visible.Malgré tout, dans un espace fermé, la quantité de chaleur produite par une ampoule sera en fin de compte à peu près équivalente à celle produite par une plaque chauffante.En effet, la lumière visible sera absorbée par les parois et réémise sous forme de rayonnement infrarouge, c'est-à-dire de rayonnement calorifique.Des ampoules peuvent donc certainement servir comme source de chaleur par temps froid.Ainsi, pour protéger des tuyaux du gel, on peut mettre sur le même courant un thermostat et, par exemple, de grosses ampoules de 150 watts.Le thermostat laissera passer le courant lorsque la température descendra en-deça de la température désirée, ce qui allumera les ampoules jusqu'à ce que la température devienne suffisante.Le photon est le véhicule de l'énergie transmise sous forme de rayonnement électromagnétique.Celle-ci se subdivise, en ordre croissant de longueur d'onde, en rayons gamma, rayons X, rayons ultraviolets, lumière visible, rayons infrarouges et ondes radio.// est difficile de définir la nature exacte du photon.Selon les cas, il se comporte soit comme une particule, soit comme une onde.On ne connaît même pas sa masse, si elle existe.On sait seulement qu'elle est extrêmement petite, inférieur à 10-63 gramme.L'énergie d'un photon est proportionnelle à sa fréquence.Plus précisément, l'énergie d'un photon est égale à h x fréquence, où h est la constante de Planck.U en découle que les rayons gamma sont les plus énergétiques des rayons électromagnétiques, les ondes radio étant les moins énergétiques.LE VOCABULAIRE DE LA BIÈRE Nouvel abonné à votre revue, j'ai apprécié votre article relatif à la bière, publié dans votre numéro de janvier 1978.Ingénieui brasseur français, je signale à vos lecteurs deux documents intéressants:Lex/-que des boissons gazeuses (anglais-français) publié par la Régie de la langue française, 700 Est, Boulevard Saint-Cyrille Québec, GIR 5A9; et Lexique simple, Malterie, Brasserie, Boissons gazeuses, ENSIA, 105 rue de l'Université, 5950f Douai, France.J.P.Mebert Boumerdes, Algérie < às Ü: !$ W it.a« ÿ: 'È il!! lu B.Dr' Mil « Jr a (üt JiÉ ma îii !Rl Wt lü is » !» iis LE SOLEIL MESURÉ Je suis étudiante en sciences pures ai niveau collégial, et je m'intéresse énor mément à l'énergie solaire.J'aimerai savoir si des mesures de la quantit d'énergie solaire annuelle reçue par I surface terrestre (habituellement ei kWh/m2 /an) ont déjà été effectuées a1 Québec.Si cela était le cas, je désirerai en avoir les résultats.J'apprécierais également que vou m'indiquiez où m'adresser pour avoir de précisions sur les piles solaires (photc piles) et leurs récentes améliorations.:ï: ïî «a li: S»» •y toi I to.Line Michaud Québec V, Vous obtiendrez sûrement beaucoup d'ir QUÉBEC SCIENCE / juillet 1978 I I i Ici kf É fe! IP é m t îf." ¦£! lifî 3 s:'! Il II1 I Efi :ïC ill & ¦fi! rX SI 1^ ,e^ formations sur les piles solaires en vous adressant à la Société d'énergie solaire du Canada Inc., École Polytechnique, Case postale 6079, succursale A, Montréal.H3C 3A7.Au Québec, l'énergie solaire reçue serait en moyenne, au niveau du parallèle 45,5, c'est-à-dire au niveau de Montréal, Sherbrooke et Ottawa, de !3 607 kilojoules/m1 ou 3,78kW-h / m2; au niveau du parallèle 47, ou au niveau de Québec, Trois-Rivières et Mont-Laurier, de 12 560 kilojoules /m2 ou 3,5 k W-h/m2; et au niveau du parallèle 48,5, ou au niveau de la péninsule gaspésienne, de la Côte-Nord, de Tadoussac et de Chicoutimi, de 11 932 kilojoules/m2 ou 3,3 kW-h/m2.POLYPORE OU VESSE-DE-LOUP J'aimerais vous adresser toutes mesféli-citations pour l'article de Michel Chevrier «Les connaître pour mieux les manger».J'ai été très agréablement surpris de constater jusqu'à quel point on pouvait faire d'un article de vulgarisation scientifique, un article très précis et très poussé tout en étant concis et facile à lire.Ce monsieur Chevrier pourrait me donner une grande leçon de stylistique! J'apprécierais également, pour le bien de la Science et celui de votre revue, qu'un erratum soit publié dans l'édition de juillet car les photos de la page 38 ont été inversées ce qui, j'en suis certain, n'est dû qu'à une erreur de mise en page.Je continue à lire votre revue que je n'hésite pas à placer au même rang que Scientific American qui ne compte pas, malheureusement, des collaborateurs aussi sobres que nos Québécois scientifiques.Réal Coutu Montréal Nos lecteurs prendront sûrement note de l'inversion qui s'est produite de façon malencontreusement entre la photo du polypore des brebis et la vesse-de-loup piriforme.Nous vous remercions de nous Lavoir signalée.LA NUTRITION: UNE PRIORITÉ Enfin un excellent article sur la nutrition dans Québec Science, livraison de mai: «Le mal d'être trop gros».L'approche glo-bale et multidisciplinaire procure au dossier une rigueur assez exceptionnelle.Souhaitons que cette démarche se ENCORE DES PRIX POUR QUÉBEC SCIENCE Le 29 mai 1978, le magazine Québec Science vient encore de se voir décerner des prix d'excellence en journalisme scientifique.En effet, MM.Gilles Provost et Pierre Sormany ont reçu au début du mois dernier, le premier et le second prix des magazines canadiens 1977, catégorie «sciences et technologie», pour leurs articles intitulés: «Ne jouez pas avec les gènes» (Québec Science, mars 1977, p.12) et «Les fronts du cancer» (QuébecScience, octobre 1977, p.30 et novembre 1 977, p.32).Rappelons que Pierre Sormany avait obtenu le mois dernier le prix canadien d'excellence en journalisme médical pour «Les fronts du cancer».Ce sont également deux collaborateurs de Québec Science qui se sont vu décerner les deux mentions honorables de la catégorie «science et technologie», soit MM.Jean-Marc Fleury et Louis de Bellefeuille pour leurs articles intitulés: «Les nouvelles armes de la contraception» (Québec Science, juin 1 977, p.1 2 et «La glace nousguette»(QuéèecSc/e/7ce, décembre 1 977, p.1 6).Dans la catégorie «photo en studio», M.Jean-Pierre Langlois, directeur de la production de Québec Science s'est mérité une mention d'honneur pour la photographie figurant en couverture du numéro de juin 1977 de Québec Science.Enfin, dans la catégorie «articles d'intérêt général», M.Claude Marcil a reçu une mention honorable pour son article intitulé: «La renaissance des Indiens» paru dans l'édition d'avril 1977, p.32 de Québec Science.«Les grands prix des magazines canadiens» existent depuis un an et sont patronnés par la fondation nationale des grands prix des magazines canadiens, une fondation à but non lucratif vouée à l'augmentation de la qualité des magazines canadiens.Plus de 800 participants avaient soumis des articles et des illustrations à ce prestigieux concours.5 poursuive, la nutrition étant devenue un facteur prédominant dans le choix des aliments des Québécois et une priorité gouvernementale! Louise Lambert-Lagacé DES FRUITS ET DES LÉGUMES J'ai lu dans le Sélection de Reader's Digest de mai 1978 un article sur les plantes sauvages comestibles.Pourriez-vous m'indiquer les publications plus complètes traitant des plantes, fruits et fleurs sauvages comestibles ou utilitaires du Québec, le tout accompagné de gravures.Auriez-vous aussi l'obligeance de me dire où je pourrais trouver ces publications.Thérèse A.Desjardins Saint-Basile-le-Grand Nous avons publié quelques articles sur le sujet, articles dus à la plume de Miche! Chevrier: dans le numéro 9 du volume 15 (mai 1977), Manger du printemps; dans le numéro 12 du volume 15 (août 1977), Les fruits de l'été; et, dans le numéro 10 du volume 16 (juin 1978), Les connaître pour mieux les manger (sur les champignons).Miche! Chevrier, sous le nom de La Mère Michel, vient de publier un livre aux éditions de LAurore, sous le titre Le jardin apprivoisé, qui contient quelques chapitres traitant des légumes et des fruits sauvages, ainsi que des champignons.H a aussi publié chez le même éditeur Le jardin naturel.Plusieurs autres livres peuvent vous être utiles, tels que Sur la piste des fleurs sauvages du Québec, de P.Darveauparu aux éditions É du corn en 1977, ou encore Plantes sauvages printanières, de Gisèle Lamoureux et collaborateurs, publié par l'Éditeur officie! du Québec en 1975, et bien sûr La flore laurentienne du frère Marie-Victo-rin, publié par les Presses de l'Université de Montréal.Vous pouvez vous procurer ces livres dans toutes bonnes librairies.COURRIER 6 juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE it 0^ U n Thérèse Dionne et Bernard Dupuis L'eau, source de vie Il faut par contre respecter le repos de certaines plantes comme les lis blancs et les iris, car celles-ci entrent en repos immédiatement après leur floraison.Une fois les fleurs passées, ne les arrosez plus pendant quelques semaines; vous les forceriez aussitôt en feuillaison, ce qui les fatiguerait.Au contraire, les arbustes à floraison printanière, c'est-à-dire fleurissant sur les rameaux de l'année précédente, tels pommiers décoratifs, lilas, spirées, etc.ont une feuillaison qui culmine aussitôt après leur floraison; il faut donc les arroser normalement.D'une façon générale, il vaut mieux arroser peu souvent mais copieusement que souvent et peu.Les appareils d'arrosage doivent rester en place jusqu'à ce que l'eau arrive en-dessous des racines.Celles-ci iront ainsi chercher l'humidité en profondeur et non pas en surface, ce qui arrêterait leur croissance.Mais ne compactez jamais la terre en l'arrosant Une plante, c'est d'abord de l'eau: 70 à 90 pour cent de son poids total.L'eau est un des constituants fondamentaux de la cellule.Elle sert de moyen de transport aux aliments minéraux absorbés par les plantes et véhicule les produits élaborés par les feuilles.Mais elle doit aussi être éliminée, par le phénomène de la transpiration.C'est donc un élément vital pour la survie des plantes, qu'il faut savoir comment conserver sans gaspiller.Aussi paradoxal que cela puisse paraître sous notre climat peu aride, et même à proximité du majestueux Saint-Laurent, il y a encore un bon nombre de résidents de villes et municipalités qui doivent économiser l'eau s'ils ne veulent pas en être privés complètement.Il y a pourtant moyen de donner au jardin l'eau essentielle à l'épanouissement des plantes qui l'habitent, sans enfreindre les restrictions imposées.L'eau de pluie est gratuite! Pourquoi ne pas la recueillir?Elle est douce, sans chlore ni calcaire, pure et aérée.Excellente pour l'arrosage des cultures en général, elle est particulièrement recommandée pour les semis, les repiquages, les plantes d'appartement.On peut utiliser à cette fin un bac quelconque qu'on place sous la descente d'eau des gouttières.Pour empêcher la prolifération d'algues pendant les périodes de sécheresse ou l'envahissement par les poussières, il suffit de recouvrir le bac d'un couvercle opaque ou d'une feuille de matière plastique noire.Comment économiser l'eau Il faut tenir compte de la nature du sol.Les terres légères, poreuses ne retiennent pas l'eau.En revanche, les terres lourdes (argileuses) la retiennent bien.On arrosera donc souvent et relativement peu à la fois dans les terres légères.Dans les terres lourdes, on arrosera copieusement et peu souvent.Bien qu'il vous appartienne de trouver vous-mêmes la bonne cadence de vos arrosages, on peut dire grosso modo qu'un arrosage copieuxtous les dixjours suffit en terre lourde, un toutes les semaines en terre normale et trois par semaine en terre légère.En été, les arrosages doivent être donnés le soir.Les plantes profiteront de la nuit pour se gorger d'eau.Au printemps et en automne, il est préférable d'arroser dans le courant de la matinée ou au début de l'après-midi; le sol pourra ainsi se ressuyer et se réchauffer avant l'abaissement nocturne de la température.Les jeunes plantes munies de racines peu développées doivent être arrosées souvent et peu à la fois.Les légumes-fruits (tomates, cornichons, melons, concombres) et les haricots ne doivent recevoir que des arrosages restreints au moment de la floraisôn pour éviter la «coulure» des fleurs.Dès que les fruits sont formés, arrosez plus abondamment.Pour lutter contre le dessèchement du sol peu abondant Arroser peu mais souvent mouille superficiellement le sol et entraîne un développement des racines en surface.Au contraire, un arrosage abondant, moins fréquent, permet aux racines de se développer en profondeur, ancrant mieux la plante dans le sol, augmentant sa résistance et la protégeant de la sécheresse et des gelées.I %! I ' I ^ I h I ^ S ^ I h I ^ II QUÉBEC SCIENCE / juillet 1978 Ift nÿ fl» *?Ut': te «[ iK Oïf li' *f I» ite- 'IS- $ 5HÜ •V tsf1 ¦V L'ail s'est avéré un des meilleurs Les tagètes sont de grande utilité «pesticides» pour éloigner puce- pour tenir à l'écart les insectes, rons et moustiques.IMii sous forte pression.Faites également attention de ne pas mouiller le feuillage des plantes qui prennent facilement des maladies cryptogamiques comme les rosiers, ou les plantes qui viennent d'être traitées.Dans ce cas, faites couler l'eau sous faible pression en la laissant s'écouler d'un tuyau sans lance ou d'un arrosoir sans pomme (voir l'illustration).Si vos réserves sont à sec Si vous manquez d'eau, voici quelques conseils pour maintenir quand même vos plantes en vie.— Entourez les troncs des arbres plantés depuis moins de cinq ans avec du jute ou de la paille.— Sarclez, binez vos légumes et vos massifs.On dit qu'un binage vaut deux arrosages, et c'est vrai.Car en détruisant les mauvaises herbes vous conserverez ainsi l'eau que celles-ci auraient absorbée.De plus, en brisant la croûte de terre, vous empêcherez l’apparition de crevasses, par lesquelles l'eau remontera vers l'atmosphère, sans passer par les racines.— Un excellent moyen pour limiter les pertes en eau, c'est le paillage.Celui-ci consiste à couvrir le sol, entre les plantes cultivées, d'une couche de sept à huit centimètres de paillis fait de mousse de tourbe, de paille ou de coupes de gazon séchées.Cela empêchera l'eau du sol de s'évaporer et enrayera la croissance des mauvaises herbes.— Au potager, ombragez vos légumes en posant un écran fait de sacs de jute, toile ou vieux draps sur des piquets au-dessus des rangs en culture.En réduisant ainsi l'éclairement, la feuillaison sera moins active et, partant, les besoins en eau moins grands.La guerre aux parasites On entend souvent parler de parasites, terme qui désigne en général tout ce qui est petit et nuisible, qu'il s'agisse d'insectes, de champignons, etc.Car la lutte contre les parasites pose de sérieux problèmes.Doit-on faire appel à tout l'arsenal chimique ou laisser faire la nature, c'est-à-dire les oiseaux, les insectes prédateurs, les intempéries?En effet, lorsqu'on répand des insecticides, ceux-ci détruisent généralement avec le parasite indésirable les insectes utiles, qui mangent les nuisibles.Il a déjà été question dans Québec Science (juillet 1977) des insectes nuisibles et des dommages qu'ils causent; nous ne parlerons ici que des moyens naturels pour les éloigner.Il est reconnu qu'une plante présente beaucoup moins d'attrait pour les insectes si elle est vigoureuse et en santé.D'où I importance d'appliquer les principes de base concernant les amendements et la fertilisation du sol afin d'assurer la croissance harmonieuse des plantes.Une période prolongée de sécheresse les rendra plus vulnérables si on n'a pas prévu de conserver l'eau dans le sol.Les arbres affaiblis par des blessures au tronc ou aux racines lors d'excavations seront également plus facilement attaqués par les parasites.Il y a beaucoup plus d'alliés qu'on ne le croit pour nous aider à jardiner organiquement.Même si vous n'aimez pas les couleuvres, elles mangent les rats et les souris, ce qui limite leur population.Les chauve-souris et musaraignes sont réputées pour tenir les sols propres et exempts des animaux nuisibles.La taupe, la mal aimée parce qu'elle brise les gazons en les labourant, mange une grande quantité d'organismes nuisibles dans le sol tels que le ver blanc et les hannetons.Et qui peut oublier nos alliés favoris, les oiseaux?Attirez-les dans votre jardin en les nourrissant l'hiver et en leur donnant de l'eau en toutes saisons.Une mésange consomme chaque jour 1 5 grammes d'oeufs de papillons et de fourmis et 200 000 insectes par an.Un couple donne à sa couvée 40000 chenilles.Les pic-bois sont d'une grande valeur économique car ils détruisent beaucoup d'insectes dans les arbres forestiers.Les pluviers kildir sont des mangeurs voraces de sauterelles et chenilles.Aussitôt la nuittombée, les grenouilles et crapauds sortent de leur cachette pour dévorer des quantités innombrables de chenilles, mites, poux, scarabées, araignées.Les coccinelles, ou «bêtes à bon Dieu», sont des prédateurs à préserver.Une larve de coccinelle dévore, selon les espèces, d'une centaine à plusieurs milliers de pucerons et cochenilles chaque jour.Les plantes, par leur association entre elles, contribuent aussi à éloigner les parasites.On sait que la plupart des insectes n'aiment tout simplement pas l'odeur forte des oignons, ails, échalottes ou autres herbes aromatiques.Plantez-en un peu partout, même autour des arbres fruitiers.La sarriette, semée entre les fèves, les protège des attaques des insectes nuisibles.Le basilic, planté en rangs éloignés de 30 centimètres des plants, tient à l'écart des tomates insectes et maladies.La menthe poivrée est le meilleur allié de toutes les familles de choix et une jardinière de menthe près de la porte d'entrée tient les mouches au loin.Les moustiques, qui gâchent souvent le plaisir d'être dehors, fuient l'odeurde l'ail.Des chercheurs à l'Université de Californie ont d'ailleurs réussi à exterminer presque complètement les moustiques d'étangs où on faisait leur élevage par vaporisation avec une huile à base d'ail.Parmi les fleurs les plus réputées pour arrêter l’invasion d'un grand nombre d'insectes, grâce à leur senteur prononcée, figurent les tagètes, œillets d'Inde et zinnias.Ils repoussent surtout les nématodes, qui attaquent les pommes de terre, les fraisiers, les rosiers et différents bulbes.Les achillées, arthémises, lavandes, asters, chrysanthèmes et pyrèthres (lesquels servent de base à un insecticide naturel)sont autant d'aides pour garder les parasites au loin tout en sauvegardant la vie des insectes pollinisateurs utiles, des oiseaux, etc.et en préservant notre environnement contre toutes les formes de pollution par l'abus des pesticides.Un dernier petit truc.Versez de la bière dans un récipient dont l’ouverture est à l'égalité du sol — les limaces et escargots y accoureront de toutes parts, pour finalement s'y noyer! Pour en savoir plus C.Aubert, Le Jardin potager biologique.Le Courrier du livre, 1973 Organic Gardening and Farming (mouvement collectif), Getting the Bugs out of Organic Gardening, Rodale Press Inc., 1973 Mon jardin, ma maison /mensuel) Vingt ans plus tard Outardes 2 La mise en service du troisième et dernier groupe de la centrale Outardes 2, au mois de décembre prochain, complétera le programme des aménagements prévus il V a 20 ans au complexe hydroélectrique Manicouagan-Outardes.La construction d'Outardes 2, la septième centrale du complexe, s'est effectuée en deux étapes.Les premières livraisons d'énergie de la centrale de Churchill Falls, dont I Hydro-Québec s'est assurée la presque totalité de la production pour une période de 65 ans, auront permis de suspendre en 1968, la construction d'Outardes 2, qui avait débuté en 1966.Les travaux ont repris en 1974 et il est prévu que les différents groupes seront respectivement mis en service en juillet, septembre et décembre 1978.Outardes 2 n'aura pas connu la gloire de Manie 5, mais les 454 mégawatts que cette centrale ajoutera à la puissance installée du réseau permettra à l'Hydro-Québec de répondre à la pointe de 16 000 MW et plus prévue pour décembre 1978.Outardes 2, tout en ne comptant pas parmi les grandes centrales de l'Hydro-Québec, n'en contribuera pas moins à satisfaire alors près de 3% de la demande aussi bien en puissance qu'en énergie.La centrale Outardes 2 est située à peu de distance de l'embouchure de la rivière aux Outardes, à environ 24 kilomètres de Baie-Comeau et 660 km de Montréal.Outardes 2, une fois complétée, prendra la relève de la petite centrale Outardes 1 de 61 MW, mieux connue sous le nom de centrale de Chute-aux-Outardes, qui est exploitée depuis 1937 par la Compagnie de Papier Québec North Shore.L’aménagement Le réservoir a été créé au moyen d'un barrage principal en enrochements avec parement amont en béton, construit sur un rocher sain, et de deux digues reposant presque entièrement sur une argile sensible et compressible.La rivière aux Outardes alimente ce réservoir avec un débit moyen de 400 mètres cubes par seconde provenant d'un bassin versant de 18 900 kilomètres carrés.Cette masse d’eau a permis d’aménager une hauteur de chute de 84,4 mètres, qui fournira une puissance électrique de 454 MW exploitable selon un facteur d'utilisation de 65,5%.La galerie d’amenée souterraine, qui conduit l'eau du réservoir aux conduites forcées, a un diamètre de 13 mètres et une longueur de 985 mètres.Les conduites forcées mesurent 7 mètres de diamètre et 103 mètres de longueur.La prise d’eau comporte deux grilles à débris et une vanne large de 13,4 mètres et haute de 16,7 mètres réglant le débit d'eau à rentrée de la galerie d amenée.Celle-ci est reliée par une cheminée à une chambre d'équilibre en acier haute de 53,3 mètres.Quant au canal de fuite, il a une largeur de 33,5 mètres et une longueur d'environ 1 200 mètres.La centrale, de type classique construite en surface, mesure 90 mètres de longueur.Les turbines sont du type Francis et les vannes papillons qui servent, entre autres, à interrompre le débit lors de la réparation des turbines sont les plus grosses du monde.Cette centrale produira annuellement 2,6 milliards de kilowattheures.Les aménagements permanents comprennent, outre les routes d'accès, un poste de sectionnement situé sur le toit de la centrale, une ligne de transporté 315 kv de 4,8 kilomètres de longueur, ainsi que l'appareillage nécessaire pour transporter l’électricité d'Outardes 2 jusqu'au poste Hauterive.De là, l’énergie sera conduite au poste Manicouagan, qui la versera dans le réseau à 735 kv en direction de Québec et Montréal.Caractéristiques particulières Du côté technique, Outardes 2 se caractérise par les aspects suivants: 1— Utilisation, lors de sa construction, du barrage-déversoir de la petite centrale Outardes 1 pour dériver l eau dans la branche "est" de la rivière pendant la construction de l’évacuateur de crues sur la branche "ouest", évitant ainsi la construction de tout autre ouvrage de dérivation au cours des travaux.Barrage principal en enrochements avec parement amont en béton.Le déversoir existant a été incorporé dans le pied amont de ce barrage, formant un ensemble étanche et continu avec la dalle de parement en béton.• Hauteur du barrage: 35,6 mètres • Épaisseur du parement: 0,3 mètre en béton armé.• Pentes aval et amont: 1,4 m.• Premier barrage de ce type construit au Québec.Digues en enrochements et gravier avec noyau étanche, de conception assez particulière étant donné qu elles sont construites sur une couche d'argile très sensible dépassant 30 mètres d'épaisseur.Fabrication d'un matériau pour le noyau étanche à partir d'argile sensible et de sable, à défaut d’avoir pu trouver un matériau imperméable naturel (till) à proximité.Cette façon de faire serait un précédent dans le domaine de la mécanique des sols.5— Évacuateur de crues avec vannes de fond, permettant de maintenir le niveau de l’eau dans le réservoir à 71,3 mètres durant la construction des autres ouvrages (digues, barrage principal, prise d'eau) et de le hausser plus tard au niveau d'exploitation normal de 84,4 mètres.6— Pieds des digues et du parement amont du barrage principal situés à un niveau supérieur à l'élévation actuelle du plan d'eau de 71,3 mètres de sorte qu'il serait possible éventuellement de procéder à la réparation et à l'inspection de ces ouvrages à sec, tout en continuant à exploiter la centrale à puissance réduite.AMENEE EVACUATEU Hydro-Québec" QUÉBEC SCIENCE / juillet 1978 9 PHYSIQUE EINSTEIN A TOUJOURS RAISON Pour bien des gens, physiciens compris, on peut dire sans exagérer que la gravité ce n’est pas de la tarte.Bien que ce brave Newton ait trouvé il y a environ 300 ans une loi décrivant très bien l'effet de la gravité sur notre environnement planétaire, sa nature profonde demeure toujours mystérieuse.Malheureusement, la théorie de Newton possède plusieurs failles, et il aura fallu attendre le début de ce siècle et l'arrivée d'Einstein pour pouvoir approfondir la notion de gravité.La théorie générale de la relativité repose sur des bases conceptuelles très différentes de celles de la théorie de Newton.Désormais, on ne considère plus la gravité comme une force mystérieuse.Einstein affirme qu'il y a seulement la structure de l'espace-temps lui-même.Selon sa théorie, un corps massif distor-sionne l'espace-temps environnant, perturbant ainsi le mouvement d'autres corps à proximité.La Terre décrit donc une trajectoire courbe autour du Soleil, non en raison d'une force quelconque, mais tout simplement parce qu'elle suit, libre de toute intervention, la courbure de l'espace-temps (bref, elle suit le trajet le plus facile).Depuis quelques années, des physiciens s'acharnent à vérifier expérimentalement cette théorie.Pour détecter l'infime distorsion de l'espace provoquée par le Soleil, on dirige un signal radar de sorte qu'il frôle ce dernier pour ensuite se réfléchir sur une planète située derrière, Vénus par exemple.À cause de la courbure de l’espace temps provoquée par la présence du Soleil, la distance parcourue par les rayons réfléchis sera très légèrement supérieure à ce qu'elle serait si ces mêmes rayons ne passaient pas près du Soleil.I C est cette différence de temps qu'on tente de mesurer.Malheureusement, les planètes ne sont pas des boules de billard et leur relief accidenté occasionne des erreurs dans les résultats.Il faudra donc poursuivre cette expérience pendant plusieurs mois pour réduire la marge d'erreur.Jusqu'à présent, les résultats confirment l'existence de la courbure de l'espace-temps en accord avec la théorie avec une précision de huit pour cent.L'arrivée des sondes Viking sur Mars en été 1977 a fourni une merveilleuse occasion de mettre cette théorie à l'épreuve.Car, dans ce cas, on sait précisément d'où proviennent les signaux puisqu'ils sont captés par les ondes et retransmis vers la Terre.Cette fois, les résultats concordent à un pour cent près avec la théorie d'Einstein — il mérite bien une bonne main d'applaudissement.Si l'on adopte le point de vue d'Einstein, plusieurs effets gravitationnels sont analogues à certains phénomènes électrodynamiques.Ainsi, quand des charges électriques sont déplacées, des ondes électromagnétiques sont créées et se propagent à la vitesse de la lumière.De la même façon, la relativité générale prédit que si des masses sont perturbées, des ondes gravitationnelles seront émises et se propageront à la vitesse de la lumière.Plusieurs événements astronomiques devraient être capables d'en générer; enfait, toute rencontre violente de grandes quantités de matière dense suffirait.Le problème réside cependant dans la faiblesse de l'intensité de ces ondes.Seules des catastrophes astronomiques hautement énergétiques peuvent produire des perturbations suffisamment intenses pour que ces ondes gravitationnelles soient détectables avec les moyens techniques existants.La méthode de détection est très simple.Quand les ondes gravitationnelles passent à travers de la matière, cette dernière se met à vibrer à la même fréquence (c'est le phénomène bien connu de la résonance).Le problème se limite donc à détecter ces vibrations.On utilise généralement une barre de métal cylin- I'm drique de un ou deux mètres de longueur, que l'on isole du sol et que l'on refroidit près du zéro absolu pour réduire au minimum l'agitation thermique des molécules.Car les vibrations générées par les ondes gravitationnelles ont une amplitude de l'ordre des dimensions du noyau atomique, c'est-à-dire de l'ordre du millier de milliardième de mètre.Détecterdesdéplacements de cet ordre requiert une technologie très sophistiquée.Aussi ce type d'expérience n'a pas encore donné de résultat concluant.Il faudra probablement attendre quelques années et la venue d'une nouvelle génération de détecteurs plus sensibles avant d'obtenir la confirmation de l'existence de ces ondes.On entend souvent parler des trous noirs, ces cadavres d'étoile tellement denses que même la lumière ne peut s'en échapper et dont l'existence fut prédite par la relativité générale.Depuis 1974, grâce aux travaux de Hawking, on pense qu'il existe dans l'univers des trous noirs de la di- mension d'un atome mais qui posséderaient une masse énorme (de l'ordre de celle du mont Everest).Ces mini-trous noirs auraient été formés à la naissance de l'univers, immédiatement après le b/g bang originel.Après avoir passé des milliards d'années à dissiper leur masse en irradiant de l’énergie, leur vie «active» prendrait fin paruneviolenteexplo-sion libérant autant d'énergie que plusieurs bombes H.Il semble que la meilleure façon de détecter de tels événements serait de rechercher à l'aide de radio-télescopes les ondes radio qui seraient générées durant la désintégration du trou.En effet, il y a alors émission violente de particules chargées dans l'espace interstellaire.Puisque celui-ci baigne dans de faibles champs magnétiques, il en résulte l'émission d'ondes radio.Il serait ainsi possible de vérifier la théorie pour des champs gravitationnels extrêmement denses, puisque la gravité à la surface de ces mini-trous noirs serait d'environ 1030 fois plus grande que sur le soleil. 10 juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE Lorsqu'un courant électrique circule dans un fil, il induit un champ magnétique.Si le fil forme une bobine, l'effet magnétique créé est analogue à celui d'un aimant.Dans le domaine de la gravité, l'analogue du courant est une masse en rotation.Selon la théorie newtonienne, la gravité à l'extérieur d'un corps est la même, qu'il soit en rotation ou fixe; selon la relativité générale, la rotation d’un corps crée en quelque sorte des tourbillons invisibles dans l'espace.Ces tourbillons ont une action sur d'autres corps proches, les entraînant ainsi dans la rotation.Carlton Caves a proposé une expérience qui reproduirait en laboratoire cette situation.L'appareil serait un tube creux torroïdal, recouvert d'une surface supraconductrice formant un réflecteur très efficace.Des micro-ondes seraient générées dans le tube et formeraient un patron d'ondes stationnaires, analogues à celles d'une corde de guitare pincée.Au centre de ce tube on placerait une masse de cinq kilogrammes qui tournerait sur elle-même à la vitesse de un kilomètre à la seconde.L'effet de dérive devrait agir sur les ondes stationnaires et déplacer le patron d'onde d'environ un milliardième d'une rotation par deux semaines.En attendant que la technologie de la supraconductivité permette de maintenir une onde stationnaire sur une si longue période de temps sans être absorbée par les murs de la cavité, il faudra se contenter d'y rêver.Une autre possibilité est d'essayer de détecter une interaction que l'on pourrait qualifier d'interaction de type «magnétique», en raison de certaines analogies avec l'élec-tromagnétisme.Cette interaction se manifesterait entre deux masses en rotation, en plus de la force de gravitétrou-vée par Newton.Mais là encore on n'en est qu'à l'étape de la conception des expériences.Contrairement à d'autres théories, celle d'Einstein ne prévoit pas que la gravité change avec le temps ou qu'elle décroît progressivement avec l'expansion de l'univers.On a utilisé certaines observations de la lune pour soutenir le point de vue des objecteurs, mais il semble qu'en raison de la complexité du mouvement de notre satellite il soit impossible d'en tirer des conclusions valables.D'autre part, il serait en principe possible de mesurer un affaiblissement delagravité de notre bonne vieille terre en observant son effet sur la période d’oscillation d'un pendule.Après un millier d'années on observerait peut-être un retard du pendule d'environ une seconde par rapport à une horloge atomique.Le Programme de recherche en démographie historique de l'Université de Montréal, qui est un projet de reconstitution de la population québécoise à l'époque pré-industrielle, commence à intéresser de plus en plus de scientifiques de diverses disciplines.Le dernier en liste: Albert Jacquard, directeur du Service de génétique de l'Institut national d'études démographiques de Paris.En effet, dans un rapport d'évaluation remis aux responsables de ce programme, MM.Légaré et Charbonneau, de Montréal, le généticien français affirme que tous les para- Évidemment, ceci n'apportera rien dans notre assiette, me direz-vous.Mais si ça amuse les physiciens.De toute façon, c'est ainsi que la connaissance de l'univers progressera.Claude de Launière mètres utilisés jusqu'ici par la génétique des populations ont été établis à partir d'enquêtes réalisées sur des «isolats», c'est-à-dire de petites populations complètement coupées de tout échange avec l'extérieur pendant plusieurs générations, et sur lesquelles on peut donc suivre l'évolution des divers caractères génétiques d'une génération à l'autre.Pourtant, si la génétique des populations veut étendre son champ aux populations plus vastes et moins parfaitement isolées, il lui faudra de nouvelles méthodes, et sans doute beaucoup d'imagination.«Ce station de CKRL-MF radio communautaire, à but non lucratif, 89,1 -v ,1 iiSPl Depuis cinq ans, il existe à Québec une station de radio MF qui possède des objectifs de travail fort différents de ce qui existe, à l'heure présente, au sein du milieu des télécommunications.Sa programmation, son fonctionnement interne, de même que la participation du milieu à ses activités radiophoniques et à son financement, illustrent, de façon concrète, ces mêmes objectifs.Quelque 90 producteurs bénévoles y réalisent hebdomadairement 125 heures de programmation.De par son mandat, CKRL-MF est une radio différente.CKRL-MF, suite 0447, Pavillon de Koninck, Université Laval, Ste-Foy, P.Q.G1 K 7P4.GÉNÉTIQUE UN GRAND BOND GRÂCE AU QUÉBEC ss:'* 0 B® jjKi 1 tæ’ K* | ^ Isfe1 fil* I ré I ï?l! I m I ail as y, f !J5Jl I ïtep 1 ï'ï V: jfe: SSI I ts | fe i: | t• j;:: ' 11: ; *:• K : it: uth iii: Si: m, li.iltfi N K si !3i K: [": Si: ir »: |li R : ic l j»» ii la l.ï' médicale.Dans certains cas, toutefois, ces fragments viraux habitant une cellule bactérienne deviennent virulents.Au lieu de se reproduire très lentement, au rythme du métabolisme cellulaire et à mesure que celle-ci se subdivise, ces virus hyperactifs se multiplient alors jusqu'à l'éclatement de la cellule et sont libérés par centaines dans l'environnement.Parmi ces centaines de virus, de nombreuses enveloppes, au lieu de contenir une réplique du génomeviral, ontsimple-ment encapsulé des fragments du chromosome principal de la bactérie éclatée.Dans cette optique, la lyse bactérienne peut être vue comme un mécanisme par lequel une bactérie «sème à tous vents» ses propres gènes.Échanges de plasmides, infections virales, transduction d'ADN parsexualité ou par lyse bactérienne, suivie d'une transformation de la cellule réceptrice, voilà donc autant de mécanismes par lesquels toute bactérie, quelle qu'elle soit, semble susceptible tôt ou tard d'être modifiée, enrichie, à même ce «marché commun génétique» que constitue la gente bactérienne.UN ORGANISME PLANÉTAIRE pu:: fit .s: (If » put ci - La prise de conscience de ces réalités force aujourd'hui les microbiologistes à repenser complètement leur approche de la bactériologie.Formés à l'école de la biologie descriptive, qui cherchait à classer tous les êtres vivants en espèces (selon leur capacité de se reproduire entre eux) puis en familles, groupes ou autres catégories (selon leurs ressemblances morphologiques), les premiers microbiologistes ont donc cherché à appliquer le même type de classification aux bactéries.Toutefois, dès qu'il est «permis» à une cellule bactérienne d'échanger du matériel génétique avec ses voisines, fussent-elles classées dans des espèces différentes, la frontière entre ces espèces devient une zone floue, peuplée de millions d'individus intermédiaires! En septembre 1976, dans la Revue canadienne de biologie, deux microbiologistes de la faculté de médecine de l'Université de Montréal publiaient un manifeste visant à redéfinir, à la lumière de ces données, ce que pourrait être une «nouvelle bactériologie».Pour MM.Sorin Sonea et Maurice Panisset, trois caractéristiques fondamentales distinguent d'abord les bactéries de tous les autres êtres: l'absence, au cœur de la cellule, d'un noyau comme celui dans lequel sont regroupés les gènes des cellules supérieures (eucaryotes); la petite taille de l'ADN bactérien; enfin, la taille réduite de la bactérie elle-même.La première caractéristique est sans doute la plus importante, puisque c'est cette liberté de mouvement de l'ADN Transformation Bactérie A Mort de la bactérie par la chaleur ?Libération de petits fragments de l'ADN ?T T Pénétration d’un petit fragment de l'ADN de la factérie A dans la bactérie B ?Bactérie B transformée dont le chromosome contient une partie de l'ADN de la bactérie A bactérien dans le cytoplasme qui rend possibles les mécanismes d'échange décrits précédemment.Dans les cellules eucaryotes au contraire, le fait que l'ADN soit protégé par un noyau rend impossibles de tels contacts avec l'extérieur.Ainsi isolé, le génome d'un individu apparaît «fixé» dans le temps, et ce phénomène est à l'origine du concept des espèces biologiques.La seconde caractéristique est, d'une certaine manière, une conséquence de la précédente.Ayant ainsi accès à de fréquents échanges génétiques avec l'environnement, les bactéries n'ont guère besoin de porter en elles une multitude de gènes «inutiles».Ainsi, 90 à 95 pour cent des gènes bactériens sont exprimés.Chez les eucaryotes, au contraire, le noyau cellulaire comporte en général une forte proportion de gènes muets, d'où sont susceptibles de surgir éventuellement des mutations bénéfiques, et donc une certaine évolution.Toutes les cellules du corps humain, par exemple, comptent exactement les mêmes gènes.Pourtant, les cellules apparaissent comme fort diversifiées parce que seulement une infime fraction des gènes est exprimée en chaque point de l'organisme.D'une manière analogue, on peut voir toute la classe des bactéries comme un seul organisme pluricellulaire.Tout comme les cellules nerveuses et les globules rouges sont fort différents, bien qu'ayant le même génome, deux bactéries d'espèces éloignées sont dissemblables, mais ont le même génome «potentiel».La capacité d'échanges dispense tout simplement les cellules bactériennes spécialisées de continuer sans cesse à transporter les gènes non exprimés! Dans cette optique, l'ensemble des bactéries (aussi appelées procaryotes par opposition aux cellules nucléées) devient un seul et même organisme pluricellulaire, ramifié à l'échelle planétaire.Si on vous demande quel est l'être vivant le plus lourd sur la terre, ne répondez plus la baleine bleue, ou le séquoia californien, mais.la bactérie! UNE MERVEILLE D'ADAPTATION La troisième caractéristique, soit la petite taille des bactéries pourrait sembler moins fondamentale.D'ailleurs, le mécanisme qui préside cette limitation de leur taille (le plus petit diamètre est toujours de l'ordre du millionième de mètre n'est pas encore entièrement connu.Mais cette réduction d'échelle a un effet important: pour une masse donnée de cytoplasme cellulaire, la surface extérieure augmente considérablement si l'on réduit la taille des individus.Or, cette augmentation du rapport surface-volume a une conséquence directe sur l'efficacité des processus métaboliques.D'une part parce qu'elle assure des échanges nutritifs plus abondants 24 juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE Il existe plusieurs méthodes pour retracer l'histoire de l'évolution des être vivants.La datation des fossiles ou des sédiments rocheux dans lesquels ils se trouvent (mesure du carbone 14, ou identification des strates rocheuses) est sans doute à la fois la plus facile et la plus précise, lorsqu'il s'agit de retracer l'histoire récente (quelques centaines de millions d'années, par exemple).Toutefois, lorsqu'on remonte jusqu'à l'apparition de la vie, les données fossiles sont à la fois rares et difficiles à interpréter.La structure sédimentaire la plus vieille, qui adopte une forme rappelant celle des bactéries, fut découverte au Swaziland, en Afrique du Sud, et remonterait à 3,1 milliards d'années.On retrouve ensuite des exemplaires de la «bactérie bleue» (appelée jusqu'à tout récemment «algue bleue» dès trois milliards d'années avant notre ère.Elle est de loin la plus ancienne forme de vie à avoir subsisté, moyennant de nombreuses mutations sans doute, jusqu'à aujourd'hui.Aux environs de 2,3 milliards d'années, les fossiles bactériens se font plus nombreux, tant dans les formes filamenteuses que sphériques.La diversité croissante du monde bactérien est déjà évidente.Mais en même temps, les vestiges géologiques indiquent qu'à cette date, l'atmosphère terrestre commence à s'enrichir d'oxygène (ce qui prouve que les premières bactéries capables de photosynthèse existaient depuis de nombreux siècles déjà).C'est vers 1,4 milliard d'années qu'apparaissent les premiers vestiges de cellules de grande dimension, ayant donc enfreint une des trois lois sacro-saintes de l'entité bactérienne: celle de la taille réduite.Ces grosses cellules, condamnées à un métabolisme plus lent, ne pouvaient survivre qu'en conservant en leur cytoplasme un génome très abondant, leur donnant un grand potentiel d'adaptation «instantanée».C'est donc probablement par phagocytose (absorption d'une bactérie entière) ou par utilisation intensive des plasmides et virus «libres» de l'environnement qu'elles ont considérablement enrichi leur génome.D'ailleurs, les mitochondries contenues dans nos cellules, ou les chloroplastes responsables de la photosynthèse végétale demeurent, aujourd'hui encore des structures de la taille d'une bactérie, possédant leur propre ADN et leur propre mode de réplication, ayant donc tout à fait l'air d'être autant de bactéries vivant en symbiose dans les cellules qui les auraient autrefois absorbées.Cette symbiose aurait pu se produire il y a environ un milliard d'années, puisque des fossiles de métazoaires et de végétaux unicellulaires, déjà fort diversifiés, remontent au-delà de 700 millions d'années.Dès lors, le rythme d'évolution s'accélère considérablement, et notre connaissance des dates s'améliore elle aussi.La seconde approche disponible constitue.la bonne vieille logique! Le simple fait que, pendant les deux premiers milliards d'années de notre planète, l'atmosphère ait été presque complètement dépourvue d'oxygène libre permet aux biologistes de supposer que les bactéries anaérobies, dont les mécanismes vitaux libèrent du méthane, ont dû apparaître sur terre avant tous les fossiles précédemment mentionnés.C'est ainsi que récemment la NASA et la National Science Foundation des États-Unis annonçaient la découverte d'une troisième forme de vie, différente à la fois des procaryotes (bactéries) et des eucaryotes (cellules nucléées).En fait, c'est en constatant la dissemblance entre le génome de ces bactéries méthanigènes et celui des autres bactéries qu'on instaurait cette «nouvelle classe» d'être vivants.Mais la méthode la plus complexe et la plus intéressante sans doute, est fournie par la biochimie moléculaire.Elle repose sur l'observation de l'ADN de diverses cellules.Si l'on suppose que toutes ces molécules génétiques descendent d'une cellule unique, le taux de ressemblance entre le même fragment, lorsqu'ob-servé chez deux espèces différentes, devient un indice de leur «rapprochement» dans l'arbre de l'évolution.Si cette méthode ne permet guère de mettre de dates précises (puisque le taux de mutations est sans doute aléatoire et, de toute façon, son rythme nous est inconnu), il permet à tout le moins de placer en ordre chronologique les divers événements.Robert Schwartz et Margaret Dayhoff ont réalisé cet exercice à partir de trois structures typiques de l'ADN de nombreuses cellules.Dans leur article, publié dans la revue Science en janvier dernier, ils établissent ainsi un «arbre généalogique» de l'apparition de la vie sur terre et de son évolution initiale, arbre qui confirme totalement l'hypothèse selon laquelle les mitochondries et les chloroplastes des cellules supérieures (eucaryotes) seraient en fait des symbiontes (des bactéries incluses).Dans leurs hypothèses, la vie provient effectivement de structures semi-inertes capables de fermentation anaéro-bique (en absence d'oxygène).Les bactéries anaérobies constituent le premier embranchement de la vie, mais très tôt apparaissent des bactéries, anaérobies elles aussi, mais capables de photosynthèses.La quasi-totalité des cellules d'aujourd'hui descendraient de ces premières cellules photosynthétiques, la plupart ayant par contre perdu cette faculté.Notons que ce point est assez nouveau, les biologistes ayant toujours cherché à établir une filiation directe et exclusive entre les bactéries photosynthétiques et les végétaux.D'une certaine manière, le fait que les cellules eucaryotes (nucléées) soient ainsi apparues par symbiose de bactéries explique sans doute que les virus, destinés à l'origine à servir de vecteurs de communication génétique entre cellules procaryotes, puissent aujourd'hui contaminer aussi les cellules supérieures.Il demeure donc fort possible que ce type de contamination ait grandement servi, dans l'histoire de l'évolution des organismes supérieurs, à «enrichir» le génome qui, à l'origine, devait être aussi réduit que celui des bactéries.On a ainsi retracé, dans le génome de rats de laboratoire, de singes, voire de l'homme, des fragments qui ressemblent fort à des ADN viraux.Cette origine virale pourrait d'ailleurs expliquer qu'occasionnellement, des parties non exprimées de notre message génétique se délient, donnant naissance à des cancers, par exemple.Une fois de plus, on voit que l'histoire de l'évolution, même la plus lointaine, nous fait déboucher sur les problèmes actuels de notre médecine! DANS LA NUIT DES TEMPS QUÉBEC SCIENCE / juillet 1 978 25 fiS(; ite iluidg1 «lait tlass'i r la plu 'niepj liont tests ique.fe sq»'* fat [to-I doit: .an) lise k \DNii.laes È Imw reels e »iiiir| dite iealF, eeeiti maàt- : avec le milieu ambiant et, en second lieu, parce qu'elle réduit la distance entre cet environnement nutritif et le siège des opérations de synthèse à l'intérieur de la cellule.En somme, c'est surtout grâce à leur taille réduite que des bactéries peuvent se diviser toutes les vingt minutes, dans des conditions nutritives optimales.Cette activité fébrile de l'organisme bactérien devient d'ailleurs le facteur dominant dans sa capacité d'adaptation à divers environnements.Le terme en effet ne peut héberger qu'un certain nombre maximal de bactéries.Les variations de ce nombre total s'effectuent de manière imperceptible, au fil des siècles.Pourtant, les bactéries ne cessent de se multiplier frénétiquement.C'est donc qu'il y en a aussi un nombre considérable qui meurent.Or, c'est à travers ce processus essoufflant de la lutte pour la survie d'un petit nombre que le clone bactérien a pu évoluer, se diversifier, jusqu'à devenir parfaitement intégré à des niches écologiques souvent fort différentes.Des bactéries se sont intégrées, en parfaite symbiose avec d'autres êtres vivants.C'est le cas du rumen des animaux herbivores, où la digestion est affaire de bactéries.C'est le cas des bactéries qui fixent l'azote au profit des légumineuses qu'elles parasitent.Dans d'autres cas, des bactéries se complètent les unes les autres, comme c'est le cas dans les processus de fermentation et de compostage des sols.Mais dans la descendance de chaque bactérie, il y a toujours une forte proportion d'erreurs de réplication, d'où des bactéries qui ne seront pas viables, sauf si un changement d'environnement devait survenir.Il y a aussi ces mécanismes d'échange, déjà présentés, qui viennent introduire dans chaque micro-société, dans chaque «organe» de notre animal planétaire, quelques gènes intrus.En situation normale, ces intrus sont eux aussi éliminés, ou laissés en minorité.Mais que survienne un bouleversement dans les conditions de survie (l'addition de bactéricides par exemple), et l'intrus d hier peut paraître avantagé.En quelques heures, quelques jours tout au plus, il a repeuplé la niche écologique durement frappée.L'organisme, dans son ensemble, est demeuré stable.D'une étrange stabilité même! Le Bacillus licheniformis est une bactérie résistante à la pénicilline, contre laquelle elle possède deux types d'enzymes (selon les souches choisies).Or, la réanimation en 1 962 d'une souche de B.licheniformis adhérant aux racines de plantes scellées au British Museum en 1 689 a permis de montrer que la pénicil-linase produite alors était du même type gu une de celle qu'on retrouve aujour-d hui.Ce n'est qu'un exemple parmi tant d autres qui démontrent, dans tous les cas où on a pu retracer le passé plus ou Bactéries photosynthétiques Bactéries aérobiques (Rhodo-pseudomonasl^^ggagESÏSÈv Mitochondries (Pseudomonas) (Algues dorées) Chloroplastes \ (Algues bleues) ^l&sdaerichia y y c^iTT-yÉ-—¦ Levures Règne animal Végétaux Bactéries facultatives (aérobiques ou anaérobiques) (Bacilles licheniformis et megatenum) Apparition O de la respiration x ^ (dégagement d'oxygène) ^ Bactéries fossiles l ^ de type «algue bleue» \ (3 milliards d'années?) Apparition S ^ du cycle de la chlorophyle .Bactérie anaérobique (désulfovibrio) Bactéries anaérobiques photosynthétiques (Chlorobium) (Chromatium) ^ Bactéries anaérobies (Clostridium) Milieu de fermentation anaérobique.(d'après Schwartz et Dayhoff, Science, janvier 1978) L'arbre généalogique bactérien Des cellules fort différentes peuvent avoir, dans leurs gènes, des fragments servant à peu près à la même fonction.Si ces fragments sont identiques, il y a de fortes chances que les cellules soient très voisines, dans leur évolution.Au contraire, plus les fragments analogues diffèrent, plus les cellules sont éloignées.La comparaison de gènes codant pour trois enzymes différents permet, par recoupement, d'établir l'arbre généalogique suivant de l'évolution bactérienne, allant des bactéries anaérobiques, aux bactéries facultatives, puis aux bactéries aérobiques et autres êtres «supérieurs».Les zones hachurées représentent la partie de l'évolution de certains êtres qui s'est déroulée à l'intérieur de cellules eucaryotes, et la flèche indique à que! moment s’est effectuée cette symbiose.Les analyses ont porté sur moins d'une vingtaine de cellules typiques, l'arbre complet devrait en comporter des milliards et des milliards! 26 moins récent, que le génome bactérien avait «inventé» ses armes de défense bien avant de subir l'attaque planifiée de l'homme.L'ORDINATEUR BACTÉRIEN La chose s'explique fort bien.Les premières bactéries sont apparues sur la terre il y a trois milliards d'années.Depuis cette date originelle, l'environnement terrestre s'est modifié de manière radicale, surtout avec l'apparition des bactéries puis des végétaux capables de photosynthèse.Notre atmosphère s'est enrichi d'oxygène.Puis la multiplicité des formes de vie, avec la compétition qu'elle a suscitée entre eucaryotes et procaryotes, a conduit à l'apparition d'un grand nombre d'armes biologiques ou chimiques que l'homme commence à peine à redécouvrir (la pénicilline, par exemple, est le produit d'une moisissure).Mais les bactéries ont deux avantages sur leurs concurrents dans la lutte pour la survie.La rapidité de leur métabolisme et la succession essoufflante des générations leur donnent d'abord, comme expliqué précédemment, un potentiel d'évolution et d'adaptation accéléré.En second lieu, leur capacité d'échanges génétiques permet à toute «réussite» locale d'être tôt ou tard diffusée partout où elle deviendra nécessaire.Aujourd'hui, il semble que le génome total de toutes les bactéries réunissent à peu près tous les gènes possibles pour couvrir tous les métabolismes imaginables dans notre environnement terrestre (y compris la digestion des poisons que l'homme croira «découvrir»).D'ailleurs, la variété des gènes de l'ensemble bactérien atteint celle de tous les eucaryotes, des unicellulaires à l'homme, en passant par les végétaux et les animaux! En somme, ce génome se comporte un peu comme une banque de données, mémoire d'un gigantesque ordinateur biologique.Depuis trois milliards d'années maintenant, les bactéries, à la faveur de mutations ou de recombinaisons, accumulent de nouvelles informations, sur des recettes potentiellement utiles dans telle ou telle situation.Que cette situation survienne, et aussitôt l’espèce bactérienne fait appel à sa prodigieuse «mémoire» génétique.Comme pour l'ordinateur humain, le système bactérien fonctionne lui aussi selon une mathématique binaire: dans un environnement perturbé, les bactéries qui ont reçu par hasard la bonne information survivent, celles qui ont la mauvaise disparaissent.C'est le tout ou rien de l'adaptation.UNE APPROCHE RÉVOLUTIONNAIRE Cette vision de l'univers bactérien n'est pas exclusive à deux chercheurs montréalais.Leur manifeste diffère toutefois des théories admises sur au moins un point majeur: si les microbiologistes admettent aujourd'hui les possibilités d'échanges génétiques entre les espèces, bien peu d'entre eux acceptent de généraliser ce concept pour inclure toutes les espèces sous le même réseau.L'exercice consisterait donc à reclassifier les bactéries en 10, 20 ou 100 groupes plus ou moins isolés, parce qu'incapables d'échanges véritables (et efficaces) entre eux.La vision de MM.Sonea et Panisset est plutôt celle d'un vaste réseau unique.«Nous ne connaissons que très peu, écrivent-ils, la fréquence de la transmission d'informations génétiques entre diverses sources.Chez les entérobactéries, les colibacilles semblent dominer toutes les autres espèces par leur capacité exceptionnelle de recevoir les plasmides les plus variés et d'en permettre la multiplication.C'est le seul carrefour important que nous connaissions.Il serait intéressant de rechercher les principales voies de communication génétique entre les diverses entités bactériennes).).Une telle recherche découvrira probablement aussi des zones de blocage, des voies indirectes de communications, peut-être des voies à sens unique».En somme, ce sur quoi les deux chercheurs montréalais aimeraient voir leurs collègues se concentrer, c'est cette mise à jour du réseau d'information, du système nerveux génétique de l'organisme planétaire bactérien.Mais leur conception entraîne aussi d'autres changements d'attitude de la part des microbiologistes.Comme celle, aussi empruntée de l'autre biologie, de ne considérer comme «fondamental»que le chromosome principal des procaryotes.«La majorité des bactériologistes ne semblent pas se rendre compte que ce sont les petits réplicons qui constituent le dénominateur commun de nombreuses souches qui participent à cette caractéristique strictement bactérienne de l'échange étendu, varié et imprévu du matériel génétique.Ainsi, les petits réplicons (plasmides et ADN viraux) occupent une position centrale dans la vie de cette entité.» Cette vision des choses a des applications surtout dans le domaine médical.Trop longtemps, médecins et vétérinaires ont traité les maladies comme s'ils avaient affaire à un microbe à la fois.Mais c'est en fait à toute une «société» microbienne qu'on fait face, et c'est toute l'écologie de cette société que l'on perturbe en intervenant.Comme dans le cas déjà mentionné des infections mammaires, où les streptocoques ne sont disparus que pour faire place à d'autres agents aussi nocifs, le bacille tuberculeux n'a été contenu qu'au profit d'une foule d'autres mycobactéries autrefois inoffensives, mais devenus aujourd'hui aussi pathogènes (et plus résistantes) que la bactérie qu'elles juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE remplacent.Dans certains cas, d'ailleurs, les bactéries ne sont pas seules impliquées dans cette capricieuse écologie.La lutte contre les staphylocoques au moyen d'antibiotiques a souvent eu pour effet, ces dernières années, de permettre le développement d'infections dues à une levure, Candida albicans, généralement incapable d'envahir notre organisme (voir Québec Science, avril 1977, «L'écologie des microbes», page 43).LES NOUVELLES MALADIES Cette infection aux levures n'est qu'un cas de maladie nouvelle.La mélioidose, ou pseudo-morve, apparue dans le Sud-Est asiatique, commence à se répandre dans le monde à la suite des «échanges» qu'aura permis la guerre du Vietnam.Cette maladie ressemble beaucoup à la morve, maladie grave et contagieuse du cheval, transmissible à l'homme, et qui était due à la bactérie Pseudomonas mallei.Or, c'est une bactérie très voisine qui transmet aujourd'hui la mélioidose, et il n'est pas exclu qu'il y ait eu échange entre les deux micro-organismes.Un cas sans doute plus connu: la maladie du légionnaire qui frappa 151 personnes ayant assisté en juillet 1976 au même congrès eucharistique à Philadelphie, et en tua 29 (en plus de causer la faillite de l'hôtel).La bactérie n'avait jamais été identifiée auparavant, et les symptômes qu'elle provoquait n'étaient pas répertoriés dans les manuels de médecine.Bien sûr, il est possible que cette bactérie soit tout de même fort ancienne (près de la moitié des cas de pneumonies sont attribuables à des agents mal identifiés), mais le fait le plus remarquable, c'est que cette bactérie était spontanément résistante à la pénicilline et à douze autres antibiotiques, tels le chloramphénicol, la streptomycine, la tétracycline, etc.Seul l'erythromycine eut une action positive.Mais pour combien de temps?Pour en lire plus Sorin Sonea et Maurice Panisset, Pour une nouvelle bactériologie, dans la Revue canadienne de biologie, volume 35, numéro 3, septembre 1976, pages 103 à 167 QUÉBEC SCIENCE / juillet 1978 27 MËGANTIC, LE RENDEZ-VOUS DES ÉTOILES Le nouvel Observatoire du Québec vient d’ouvrir ses portes.ou plutôt ses yeux sur le ciel par Jean-René Roy Un grand observatoire d'astronomie optique a vu le jour au Québec au printemps 1978.Disposant d'une base de départ I appréciable en astrophysique et à la faveur d’une conjoncture politique favorable, l'Université de Montréal et l'uni- Iversité Laval avaient présenté au Conseil national de recherches du Canada en i novembre 1974 une demande conjointe de subvention en vue d'obtenir un télescope important au Québec.En juin 1 975, le Conseil accordait l'instrument principal demandé, sous réserve d'un accord quant au site et de la participation du gouvernement du Québec au projet.Le Québec ayant donné son entier appui, les deux universités participantes choisirent le mont Mégantic comme site de l'Observatoire astronomique du Québec et signèrent un protocole d'entente pour l'opération de ce dernier dès août 1975.Depuis, un réflecteur Ritchey-Chrétien de 1.6 mètre a été construit par la compagnie Boiler & Chivens de la Californie.Le télescope, livré à Montréal à la fin d'octobre 1977, y fut temporairement I entreposé à la suite d'un délai de quelques mois dans l'érection du bâtiment de ! la coupole.Ce dernier édifice est complété depuis mars 1 978.Le retour du printemps a permis l'installation du télescope qui est entré en opération à la fin d'avril 1978.Les astronomes du Québec disposent donc d'un important télescope dans un observatoire appelé à devenir un centre de recherche fondamentale unique au Québec et l'un des plus importants du ^ Canada.L'observatoire, propriété de I Université de Montréal, est géré par I Université de Montréal et l'université Laval qui partagent les frais de fonctionnement.FUIR LES LUMIÈRES DES VILLES Plusieurs facteurs déterminent la qualité d'un site devant servir à des observations astronomiques des ondes lumineuses émises parles astres: les plus importants sont la brillance du ciel nocturne, l'altitude, l'accessibilité, la fréquence des nuits claires, l'éloignement des centres urbains éventuels, la stabilité atmosphérique et enfin les coûts d'aménagement.La brillance du ciel nocturne, la grande ennemie des astronomes, est due à deux causes principales.La première, naturelle, prend son origine dans l'excitation des molécules et des atomes de l'atmosphère terrestre par les rayons ultraviolets et les particules énergétiques du Soleil.Les aurores boréales induites par des particules énergétiques précipitées dans l'atmosphère sont une manifestation spectaculaire de telles émissions.La seconde source, plus facilement évitable en principe, est celle de la lumière des agglomérations urbaines diffusées par les fines particules en suspension dans l'air.Cette pollution lumineuse des grands centres s'aggrave d'année en année et affecte la qualité des observations astronomiques jusqu'à des centaines de kilomètres à la ronde.La luminosité du ciel due aux villes croît proportionnellement avec la racine carrée de la population.Plus les villes seront grosses, plus il faudra s'en éloigner.La présence, à basse altitude, de turbulence, de brumes matinales, de plus grandes quantités de vapeur d'eau et de poussières en suspension font que les astronomes préfèrent un site sur un sommet aussi élevé que possible.SUR UN DES PLUS HAUTS SOMMETS DU QUÉBEC Parmi les sites envisagés à l'origine, c'est celui du mont Mégantic, au cœur d'une des plus belles régions du Québec, qui satisfaisait le mieux tous les critères.Le mont Mégantic (autrefois le mont Saint-Joseph), situé à une longitude de 71 °09', une latitude de +45°27' et une altitude de 1 130 mètres au-dessus du niveau de la mer, est à environ 200 kilomètres à l'est de Montréal et à autant de kilomètres au sud de Québec (60 kilomètres à l'est de Sherbrooke).Le mont Mégantic, un des plus hauts sommets du Québec, est précédé au nord-ouest par un long plateau ondulant jusqu'à une distance de 40 kilomètres, avec au nord deux lacs importants, les lacs Aylmer et Saint-François.Cette disposition du terrain ajoutée au relief arrondi en forme de dôme et à sa situation en retrait de la chaîne des Appalaches devraient contribuer beaucoup à la qualité des images.D'après les relevés du Service météorologique du Québec, la région du mont Mégantic jouirait d'environ 150 nuits claires (soit 1 200 heures) par année.Les conditions de précipitation de 28 juillet 1978 / QUÉBEC SCIENCE À 200 kilomètres des grandes villes L'Observatoire astronomique du Québec est situé sur le mont Mégantic dans LE strie près des villages de Notre-DAme-des-Bois, Va! Racine et La Patrie.Le site est aménagé à 1 130 mètres d'altitude.Les télescopes ont bien changé Le télescope de 22 tonnes est de type réflecteur.H est constitué d'un grand miroir primaire de 1.6 mètre de diamètre.Le cylindre noir au sommet du télescope renferme les deux miroirs secondaires renvoyant la lumière des astres au foyer situé sous le miroir primaire.neige au sommet ne sont pas connues précisément.Les premières chutes de neige arrivent en septembre et les dernières en mai.Toutefois, le verglas et le givre pourront handicaper les opérations durant la saison hivernale.Il importe d'avoir un ciel le plus noir possible pour distinguer et mesurer le flux lumineux des objets très faibles comme les nébuleuses et les galaxies les plus lointaines.Le fond du ciel au mont Mégantic est d'une noirceur qui se compare avec celle des meilleurs sites astronomiques au mont de Mauna Kea, par exemple, site du grand télescope Canada - France - Flawaï et considéré comme l’un des meilleurs sites sur terre, le ciel est d'une brillance 30 pour cent plus faible qu'au mont Mégantic.Le secteur du mont Mégantic est peut-être le moins densément peuplé parmi ceuxqui sont aisément accessibles à partir des villes de Montréal et de Québec.Sa situation géographique protège ce site de la croissance urbaine future tant du côté américain que québécois.D'autre part, l'observatoire moussera la vocation touristique de la région et stimulera le projet d'une réserve naturelle dans la région du mont Mégantic.Les citoyens des environs, en particulier ceux des municipalités bordant le mont Mégantic, La Patrie, Notre-Dame-des-Bois et Val-Racine, ont d'ailleurs manifesté depuis les débuts un enthousiasme prometteur pour ce grand projet scientifique.UN OEIL OUVERT SUR LE CIEL Le bâtiment du télescope, que recouvre une coupole de 14 mètres de diamètre construite par la compagnie Observa Dome de l'État du Mississipi aux États-Unis, est simple.La coupole hémisphérique à peau simple d'aluminium est recouverte d'une peinture blanche à l'oxyde de titane.La coupole tourne sur elle-même de façon à diriger la fente vers la région du ciel à observer.La base de l'édifice a la forme d'un cône tronqué, accroissant ainsi l'espace disponible au rez-de-chassée, qui comprend la salle pour un éventue spectographe coudé (un spectographe est un appareil servant à analyser les propriétés de la lumière reçue des astres en fonction de son énergie), les espaces pour la machinerie auxiliaire et le rangement.À l'étage, on trouve la salle du télescope qui est entourée, sur le tiers de sa circonférence, de la salle de contrôle et d'acquisition des données.Les locaux périphériques comprennent une galerie vitrée donnant accès à la salle de contrôle et permettant l'accueil des visiteurs et une salle de rangement et d'essai pour l'instrumentation.Certains de ces espaces, notamment la salle de contrôle, sont chauffés et climatisés, bien que ceci aille à l'encontre des principes que plusieurs astronomes maintiennent à propos de la construction des coupoles astronomiques.On s'est laissé convaincre par le fait que 80 pour cent des nuits d'observations auront lieu à des périodes de l’année où les températures extérieures seront inférieures à 0°C et, au cœur de l'hiver, elles atteindront facilement -30°C au sommet du mont! Le télescope et les instruments auxiliaires seront donc pilotés à distance à l'aide d'un pupitre de commande, de microprocesseurs et d'un système de visualisation par télévision.Le télescope de 22 tonnes, de type réflecteur, a été construit par la compagnie Boiler & Chivens (maintenant Perkin-Elmer) de la Californie.Il est constitué d'un grand miroir primaire de Cer-Vit (verre à coefficient d'expansion thermique très bas) de 1,6 mètre de diamètre dont la surface est taillée selon une forme parabolique.Dépendant du mode d'observation, la configuration des miroirs secondaires peut être adaptée selon le foyer désiré, c'est-à-dire le foyer ordinaire Cassegrain ouvert à f/15 avec un champ réduit, ou une configuration plus complexe permettant d'observer une plus grand partie du ciel (lefoyer Ritchey-Chrétien, ouvert à f/8).Le champ maximum au foyer sera de plus d'un degré d'angle, correspondant à une échelle de 1 5 secondes d'arc par millimètre au plan focal; par comparaison les diamètres > apparents du Soleil et de la Lune sonl d'environ un demi-degré ou trente minutes d'arc.B ‘(l-.DES LENTILLES ET DES MIROIRS Tout comme la lentille de la lunette astronomique d'antan, le miroir primaire oi principal est la composante optique le plus importante du télescope.Il sert è capter la lumière des étoiles; son rôle est | aussi simple que de collecter les photons de lumière et de les faire converger ai foyer pour en faire une image.Plus le miroir est grand, plus la quantité de lumière captée est grande, plus on peu' étudier des objets faibles et lointains.Le grandeur du miroir n'a rien à voir avec le; grossissement qui dépend plutôt du rap port de la longueur focale de l'objectf (lentille ou miroir) à celle de l'oculaire.Le lumière est réfléchie par une mince cou che d'aluminium recouvrant la surface des miroirs.Cette couche sera renouvelée à intervalle régulier dans la cuve à vide ai rez-de-chaussée du bâtiment de la coupole De nos jours, les miroirs sont utilisé: de préférence aux lentilles parce qu'uni lentille de même dimension serait s épaisse qu'elle absorberait une bonm partie de la lumière incidente.De plus, il n'est nécessaire de meuler et de poli qu'une seule surface d'un miroir.Le: grandes lentilles et les grands miroir sont aussi très lourds et doivent êtn supportée de façon adéquate.Cependant comme la lumière doit traverser un1 lentille, on ne peut soutenir celle-ci qu Esta QUÉBEC SCIENCE / juillet 1978 29 i.foil J îoioiU i ter; i iéiitts iomufi 'PlWl es, é i miw de tf] ion tel ledra nuneld modeoi des ri éesfïj lopr| 15aiM ; oralB^ seiH-* yeiîiïi èiiesil» ;dli** i LoseS lenies* | optln ie.l^ lesPl,sj onit1?'® aje.H |U3Û^ ]loso*r jyoilîd' IllIOl1 de^: il It -l vf, iiveî'4 je'a^ soq )3l£î?Jj onî*1" le-^'J [ei*' i#"j doi*811] :c«i^ fi par les bords avec le résultat qu'elle fléchit sous son propre poids et se déforme rapidement.Par contre, un miroir, soutenu sur la totalité de sa surface inférieure, peut maintenir sa forme.La monture du télescope doit être telle que l'astronome puisse observer tous les points du ciel.Le miroir doit être supporté de manière à maintenir son alignement et à éviter toute déformation dans toutes les positions.La monture du télescope du mont Mégantic est de type allemand modifié, c'est-à-dire que le tube et son contrepoids sont disposés de part et d'autre de Taxe horaire autour duquel tourne le télescope pour ses déplacements est-ouest.Le télescope est entraîné par un mouvement d’horlogerie afin de compenser pour le mouvement apparent des astres dû à la rotation de la Terre.Le mécanisme de suivage est conçu pour garder le télescope pointé sur un objet-cible du ciel avec une précision d'une seconde d'arc, soit l'angle fait par une pièce de dix sous à 4 000 mètres.Le télescope peut être pointé sur un astre avec une précision meilleure que 10 secondes d'arc.QUAND LES CHERCHEURS BRICOLENT Une importante instrumentation auxiliaire est en phase de conception et de construction à l'Université de Montréal et à l'université Laval.Le système de guidage et de visualisation partélévision construit par J.Glaspey de l'Université de Montréal est terminé ainsi qu'une caméra photographique pour des plaques de 20 centimètres par 25 centimètres.E.Borra, de I université Laval, a aussi terminé un polarimètre à filtres spécialisé.Cet instrument permettra d'étudier cette propriété de la lumière appelée polarisation qui veut que l'intensité de la lumière est plus grande lorsque vue parallèlement à certains axes.Les étoiles ayant un grand champ magnétique à leur surface ont aussi la propriété de polariser la lumière.Les observations au polarimètre permettront donc de déduire l'intensité et la configuration du champ régnantdansces étoiles, dont certaines ont un magnétisme des milliers de fois plus élevé que celui de la Terre ou du Soleil.Un grand spectrographe, au coût de 592 000, a été commandé à la compagnie Perkin-Elmer en août 1977 et a été livré à l'observatoire en mai 1978; cet important instrument sera consacré aux analyses spectrales des étoiles, des nébuleuses et des galaxies et permettra de déterminer plusieurs des paramètres caractéristiques des conditions physiques régnant dans ces milieux.Un photomètre photoélectrique qui servira à mesurer rapidement et avec grande précision la fluctuation du flux lumineux des objets astronomiques est en construction à Montréal.Enfin l'arrivée récente des détecteurs de lumière très sensibles basés sur les réalisations de la science de l'état solide a révolutionné les techniques d'enregistrement des images limitées jusqu'ici à la plaque photographique.Ce nouveau détecteur de grande sensibilité et de pouvoir discriminateur élevé compte chaque photon de lumière; on peut donc observer des objets extrêmement faibles et obtenir leur spectre en quelques minutes.Pour s'assurer une position à l'avant-garde de l'astronomie observationnelle, les chercheurs de l'OAQ étudient un système de détection d'images à deux dimensions auquel se greffera une unité de traitement et d'analyse des images.Enfin, il s'avère essentiel de fournir tous les efforts pour attirer et former aux niveaux de la maîtrise et du doctorat des chercheurs québécois afin de remédier au sous-développement flagrant décrit précédemment.Il importe d'ailleurs d'assurer notre pleine participation au projet international du grand télescope de 3,6 mètres à Mauna Kea (Hawaï) initié par le Canada, la France et l'Université d'Hawaï.Les Québécois ont payé de leurs taxes une partie de ce télescope; il faut s'assurer que nous utilisions ce grand télescope dès son entrée en opération vers 1 980.Le temps d'observation exclusif au mont Mégantic et les 42,5 pour cent du temps pour les astronomes du Canada et du Québec à Mauna Kea nous aideront à atteindre nos objectifs.Enfin, il faut que tous les organismes concernés prennent au sérieux leurs engagements antérieurs.MAIS PROMISE À UNE CROISSANCE VIGOUREUSE Les intérêts de recherche des astronomes québécois couvrent l'ensemble des domaines de l'astrophysique contemporaine.Ils s'attaquent à des problèmes fondamentaux des processus d'évolution des étoiles, du milieu interstellaire, des amas d'étoiles et des galaxies par l'étude de l'abondance des éléments dans les galaxies, de la dynamique des gaz et de l'importance des champs magnétiques et de la diffusion dans la structure et l'évolution des étoiles.L'astronomie optique pourrait sembler, dans cette ère spatiale, démodée à cause de son domaine spectral restreint.Mais c'est avec surprise qu'on a vu les nouvelles techniques redonner un second souffle aux techniques optiques durant la dernière décade.Les astronomes québécois envisagent déjà des projets conjoints avec des groupes ayant des instruments à bord de satellites en orbite permettant d'observer dans l'ultraviolet, les rayons X et les rayons gamma.Pour comprendre les phénomènes ésotériques des quasars, des galaxies compactes ou des sources de rayons X, il est crucial de coordonner des observations couvrant tout le spectre des ondes électromagnétiques afin d'éta- ry * # ^ : ¦ En tournant avec la Terre Voici une vue en plongée de l'axe horaire autour duquel un mouvement d'horlogerie entraîne le télescope pour compenser le mouvement de rotation de la Terre.Un miroir astronomique Ce trou au centre du miroir, dit primaire, du télescope laisse passer la lumière réfléchie par le miroir secondaire vers le foyer.ROV 30 juillet 1 978 / QUÉBEC SCIENCE blir des corrélations dans le comportement photométrique et spectroscopique de ces sources.Enfin, tous les chercheurs québécois poursuivent des projets d'observation sur les grands télescopes internationaux des hémisphères nord et sud.L'Observatoire du mont Mégantic constituera un banc d'essai pour les projets à compléter sur les grands télescopes internationaux.Ces missions demeurent essentielles pour assurer le maintien et le caractère compétitif de la recherche québécoise, et en même temps fournissent les outils capables d'observer les objets les plus lointains et les plus vieux de l'univers.Divers projets en collaboration sont en marche avec des chercheurs du Canada, de la France, des États-Unis, du Chili et de l'Allemagne.La jeune astronomie québécoise semble promise à une croissance vigoureuse.À nous d'y voir?D'autre part, plusieurs objets peu lumineux nécessitent pour être observés le pouvoir collecteur d'un grand miroir, mais il faut réduire le rapport focal du télescope pour reproduire les objets étendus (comme les nébuleuses et les galaxies) avec suffisamment de contraste.L'auteur de cet article a à construire un tel réducteur focal qui accroîtra la luminosité des objets diffus de 16 fois.Combiné à un interféromètre à lames de verre parallèles, de Fabry-Perrot, cet instrument servira à l'étude détaillée de la cinématique, de la dynamique des nébuleuses de notre galaxie et des galaxies situées à moins de 10 millions d'années-lumière.Tous ces instruments modernes sont essentiels à la conduite d'observations de haute précision, à l'achèvement d'un niveau compétitif au plan de la recherche internationale et comme garantie aux étudiants d'un apprentissage de haut calibre.UNE SCIENCE SOUS-DÉVELOPPÉE AU QUÉBEC Malgré les développements très récents, la recherche astronomique est demeurée très négligée au Québec.Il est à espérer que l'instauration de l'OAQ assurera l'évolution d'un vigoureux programme d'astrophysique, science fondamentale où le Québec a fait jusqu'ici piètre figure pour des raisons historiques et politiques trop bien connues.D'après une compilation de René Racine (directeur de l'OAQ), on trouve au Canada (sans le Québec) 179 astronomes professionnels (résidents du pays et membres de la Société d'astronomie du Canada, de l'American Astronomical Society ou de l'Union astronomique internationale); il y a donc onze astronomes par million d'habitants comparativement à treize par million aux États-Unis.Des chiffres variant entre dix et quinze par million d'habitants s'appliquent aux autres pays industrialisés (Australie, Grande-Bretagne, France, CEUX QU! ÉPIENT LE CIEL Université Laval A.Boivin Structure des objets non résolus et traitement des images télescopiques; optique théorique et instrumentale.E.Borra Polarimétrie des étoiles, des galaxies compactes et des quasars; mesure des champs magnétiques dans les étoiles; évolution des étoiles.E.Hardy Détermination des types de populations stellaires dans les galaxies; galaxies et cosmologie; analyse des clichés astronomiques.J.-R Roy Étude du milieu interstellaire et des nébuleuses gazeuses; perte de masse dans les étoiles; physique du Soleil et des éruptions solaires.Université de Montréal G.Beaudet Structure et évolution des étoiles; astrophysique nucléaire, genèse et abondance des éléments dans l'univers; cosmologie.S.Demers Photométrie des étoiles; étude des étoiles variables et des galaxies naines.G.Fontaine Processus de refroidissement des étoiles dégénérées et structure des étoiles naines blanches.J.Glaspey Système de détection et de traitement des images télescopiques; études spectroscopiques d’étoiles particulières et de galaxies compactes.G.Michaud Processus de diffusion des éléments dans les étoiles; analyse des abondances chimiques dans les étoiles.AJ.Moffat Détermination de la structure de la Galaxie; photométrie et spectroscopie des étoiles massives et des jeunes amas stellaires.R.Racine* Instrumentation et optique astronomique; populations stellaires des halos de galaxie et des amas globulaires; observations cosmologiques.J.-L.Tassoul Hydrodynamique et mécanique des fluides appliquées à l'étude de la stabilité, de la rotation et de la dynamique des étoiles.Un ingénieur en électronique, R.Sabourin, et un technicien, D.Launois, complètent l'équipe technique et scientifique de FUniversitéde Montréal.* Directeur de l'observatoire Allemagne, Hollande, Belgique, Suède, Suisse).La situation au Québec avec seulement onze astronomes professionnels (Ontario 105), soit 1.8 astronome par million d'habitants, est tout simplement éberluante! Il faudra un apport d'environ 45 nouveaux astronomes (soit près de quatre fois le nombre existant) au Québec pour rejoindre la moyenne canadienne; pas moins de 70 nouveauxpostes seraient nécessaires pour atteindre une moyenne comparable à celle des États-Unis ou des pays de l'Europe de l'Ouest.Il est évident qu'une expansion massive du nombre d'astronomes au Québec peut être justifiée pour rejoindre le niveau qu'on retrouve dans les pays «civilisés» à structure sociale et développement économique et culturel similaires au nôtre.L'astronomie constitue une science fondamentale où un investissement raisonnable de ressources peut engendrer une recherche de pointe et des résultats significatifs.Fascinante pour le public, elle constitue de plus un outil crucial pour l'information et l'éducation scientifique populaires. QUFBFC SCIENCE / juillet 1978 IA FOURRURE EN CAGE Plus rentable que la trappe, l’élevage est devenu la principale source d’animaux à poils X le gageure pour un éditeur.Il aut malheureusement constater lue Gallimard a perdu ce pari ivec la parution de Drogues suivi le Écrits sur la toxicomanie par e docteur Claude Olievenstein.’eu connu au Québec, cedernier :st une célébrité en France où il ut l'un des premiers à s'écarter ie la voie répressive dans le trai-ement des toxicomanies.Ce-tendant, le simple fait de préfé-er la carotte au bâton ne fait pas fe l'auteur une autorité dans le fomaine des drogues, surtout si )n se base sur son livre.Comme l'écrit Fauteur lui-même: «Le monde de la drogue 3st en constante évolution.» On 3st alors désagréablement surpris de constater que Drogues édition 78, n'est qu'une nouvelle édition de textes dont les plus récents date de 1 973 (écrits sur la toxicomanie), et les autres ont été fait en 1970 et sont basés sur l'expérience acquise par l'auteur depuis qu'il avait commencé à s’intéresser à la drogue trois petites années plus tôt.«Nouvelle édition» ne doit pas faire illusion et un coup d'œil à la bibliographie montre que l'auteur ne semble pas tenir compte des dernières publications sur le sujet, et ce, malgré un recherchiste qui a collaboré à la préparation de ce livre.Une fois disséqué, l'abondante bibliographie permet malheureusement de constater que la plupart des références sont des articles de revues dont les seuls titres sont un programme pour ne pas dire un engagement: «Psychoses cannabiques aiguës», «Du haschisch et de l'aliénation mentale», etc.Quant aux volumes, ils sont nettement dépassés et on peut s'inquiéter à juste titre de la valeur d'une bibliographie où l'on retrouve pêle-mêle Le haschisch publié en 1839, Poisons sacrés et ivresses divines en 1936, ou encore Haschisch, herbe de folie et de rêve publié en 1934.Aucun ouvrage global sur le sujet si on excepte Les paradis artificiels, de Lewin (1928) dont Olievenstein adopte la classification au début de l'ouvrage: Phantastica, Euphorica etc.On trouve regroupés ensemble l'opium et la cocaïne, erreur que ne fait plus aucun chercheur sérieux de ce côté-ci du code criminel.Ce qui n'empêche pas Fauteur de préciser que le livre fait toujours autorité.On lira avec déception la définition des toxicomanes, et on relèvera un bon nombre d'erreurs scientifiques sur les drogues et leurs effets.En fait, si ce livre est un bon portrait de l’opinion «éclairé» d'un Français de 1970 sur les drogues, on peut être sceptique devant ce que Féditeur appelait: «un renouvellement en profondeur de plusieurs thèses psychiatriques fondamentales.» Claude Mardi PSYCHOLOGIE, SOCIOLOGIE, INTERVENTION Sociologie et Sociétés, octobre 1977, revue semestrielle.Les Presses de l'Université de Montréal, Montréal, 196 pages, $6.00 Par un de ces curieux caprices de l'édition, ce n'est qu'en avril dernier qu'est apparue en kiosque la dernière parution de la revue québécoise Sociologie et sociétés, libellée malgré tout «octobre 1977».L'attente en valait la peine, du moins pour ceux que le domaine de l'intervention psychologique (la psychothérapie surtout) intéresse.À noter surtout les regards historiques et critiques de Robert Sévigny, Luc Racine (qui passe trop rapidement, toutefois, sur les soi-disant techniques «d'expansion de la conscience» et d'Eugène Enriquez.Une démolition en règle, habile parce que serrée, des prétentions de la «nouvelle psychologie» (par analogie avec la «nouvelle culture»).Ceux qu'aura intéressés le premier regard que Québec Science jetait en février dernier sur les «médecines de l'âme» trouveront cette fois une documentation plus difficile d'accès, certes, mais à la fois plus profonde et plus caustique.À noter aussi un échange à quatre voix, qui n'a rien de représentatif ni de formel, mais qui permet de sentir, à défaut de la décrire, l'évolution de la psychothérapie au Québec, depuis l’arrivée de la dynamique de groupe jusqu'au renouveau écologique naissant.Quelques réserves toutefois sur les deux «emprunts» qui cadrent mal dans la démarche de la revue: un texte de Cari Rogers, tout de même assez intéressant, et un texte de Keleman absolument sans intérêt.Mais il faut peut-être quelques grands noms, pour faire lire une revue! À moins que la vacuité du texte de Keleman ne serve justement à illustrer à rebours une critique sévère de l'édifice psychothérapeutique actuel dont Féditeur Fa entouré.Pierre Sormany MONUMENTS ET SITES HISTORIQUES DU QUÉBEC Marie-Thérèse Thibault, Cahier du Patrimoine N° 10, publication du ministère des Affaires culturelles du Québec, Québec, 1978, 250 pages, $5.00 chez l'Éditeur officiel du Québec Des vieilles maisons et des vieilles églises, il semble qu'il y en ait au Québec beaucoup plus que l'on ne le pense.Ces fameux sites et monuments historiques classés ou reconnus, on peut enfin les voir sans traverser tout le pays un guide touristique à la main.Le numéro 10 des Cahiers du Patrimoine les présente enfin au public.La compilation des documents est l'œuvre de l'historienne Marie-Thérèse Thibault.Chaque site ou monument est présenté en quelques phrases qui résument les données recueillies par le ministère des Affaires culturelles sur chacun d'eux.Cest clair, simple et précis; souvent incomplet aussi, mais cela vient du fait que l'on ne sait pas encore tout sur ces trésors de notre patrimoine.On y apprend que la Maison Jacquet datée de 1677, sur la rue Saint-Louis à Québec, ne fut pas le lieu de décès de Montcalm comme le voudrait la tradition populaire.Les murs de la chapelle huronne Notre-Dame-de-Loret-teville datent de 1730.La Maison Armand, située sur le boulevard Gouin à Montréal (Rivière-des-Prairies), a près de 250 ans et présente un trait architectural typique dans la région de Montréal à cette époque: une cheminée en chicane.Les couvertures en chaume de bâtiments de ferme sont devenues rares, mais c'est une bonne occasion que trouve là Fauteur pour nous en expliquer la technique.En fait, ce livre est un bon prétexte pour faire sortir de l'anonymat ces merveilleux témoins du passé architectural du Québec.Après les avoir vus en photo et lu un extrait de leur biographie, on veut en savoir plus, on aimerait les observer de plus près.Ceci est facilité par des cartes régionales présentant les divers points d'intérêt historique.Un ouvrage recommandé pour tous les amateurs de «vieilles choses», pour les spécialistes et les chercheurs, mais aussi pour tous les autres.François Picard PLEINS FEUX SUR LA CORNEILLE pleins feux sur la corneille — par Yvon-Louis Paquet, Leméac, Montréal, 1978, I 85 pages, $7.95 C'est le premier ouvrage d'un jeune amateur de sports de plein air, de chasse et de pêche.Les livres sur la chasse aux corneilles sont plutôt rares, presque aussi rares que les chasseurs qui s'adonnent à ce genre de sport.À en croire Fauteur, cette activité n'est pas dépourvue d'attrait.M.Paquet nous familiarise avec les diverses espèces de corneilles qui fréquentent nos régions, avec leurs caractéristiques et leurs habitudes, puis il expose les techniques de chasse avec et sans armes à feu, d'affût et de camouflage, voire d'équipement électronique sophistiqué pour attirer ces oiseaux par I imitation du croassement.Pourquoi chasser la corneille?Pour vivre en plein air, aiguiser la patience et la ruse.Assurément, ce n'est pas le gibier qui est empaillé le plus souvent.Est-il bon à bouffer?II faut croire que oui, en lisant les recettes de «corneilles en soupe» et de «corneilles en daube».La qualité de la chair n'est donc pas nécessairement une fonction du plumage plutôt triste de cet oiseau.Joseph Risi ÉVOLUTION DU SYSTÈME D'ENSEIGNEMENT ANGLOPHONE AU QUÉBEC Numéro spécial de la revue de l'Association canadienne d'éducation de langue française, volume 7, numéro 3, mars 1978, 52 pages, $3.00 Introuvable dans les tabagies, doté du titre peu accrocheur de Évolution du système d'enseignement anglophone du Québec et desservi par une illustration ennuyante, ce numéro spécial 48 juillet 1978 / QUÉBEC SCIENC de la revue de L'ACELF a les meilleures chances du monde de passer inaperçu.Et ce serait dommage car les synthèses sur le sujet sont plutôt rares et les nombreux articles publiés sur les écoles anglaises depuisquel-ques années n'ont pas particulièrement éclairé le débat.L'Association canadienne pour l'éducation de langue française avait déjà publié des études sur la situation des francophones hors Québec.On a fini par se demander quelle était la situation scolaire d'une autre minorité, celle des anglophones du Québec.Ils ont quoi?Cela tient à quoi?Dans une quarantaine de pages aérées, Claude Quentin nous brosse sobrement l'ensemble du dossier.Il examine d'abord les premières écoles protestantes, les tentatives d'assimilation et les grandes lois et enquêtes qui ont abouti à l'implantation dans le Québec du 19ième siècle de deux grands systèmes, l'un catholique, l'autre protestant.Au début de ce siècle, les bases sont bien en place et, de la maternelle à l'université, le système scolaire des anglophones sera autonome.L'auteur ne trace pas seulement l'évolution de ce système; il évoque au passage les grandes affaires de notre histoire scolaire, les biens des Jésuites et les écoles juives de même que la progression du système anglo-catholique.Il examine également la période qui suit la révolution tranquille de même que les lois qui balisent les conflits linguistiques des dernières années.Deux brefs chapitres évoquent la situation juridique de la confessionnalité et de la langue dans l'éducation.Après ce portrait clair du système scolaire anglophone, on se demande en songeant aux francophones hors Québec: Ils ont quoi?Cela tient à quoi?Claude Mardi C'EST LE CORPS QUI TRIOMPHE par Ronald Classer, Robert Laffont, collection Réponses-santé, Paris, 1978, 276 pages, $16 70 D'une certaine manière, ce livre est le plus passionnant de tout ceux que j'ai pu lire dans cette collection médicale publiée par Robert Laffont.Traduit de l'américain (The Body is the Hero, 1 976), l'ouvrage est un récit à la fois historique et anecdotique des grands bonds de l'immunologie.Les explications scientifiques y sont habilement diluées, pour qu'on les découvre un peu comme dans un roman d'aventure qui transmettrait non seulement la connaissance, mais le goût, l'amour de la science.Après la lourde charge de Fernand De- larue (L'intoxication vaccinale.Le Seuil, 1977), qui m'avait laissé un arrière-goût amer face à l'immunologie, le témoignage vivant de Classer rassure, même si le médecin américain ne semble guère conscient du caractère purement artificiel des statistiques liant la régression des maladies infectieuses à l'introduction des vaccins.Entre deux positions si diamétralement opposées, on pourrait argumenter longuement, mais le dossier de Ronald Classer a au moins le mérite d'être un panorama complet des tout premiers pas de cette science de l'immunologie (et même, auparavant, de la bactériologie), jusqu'aux inquiétudes soulevées aujourd'hui par les maladies auto-immunes, le phénomène du rejet, ou la naissance des cancers.Des points, plus récents, demeurent toutefois dans l'ombre, peut-être simplement parce qu'on n'en parlait que très peu il y a deux ans à peine, au moment de la publication originale! Mentionnons, par exemple, le rôle des anticorps facilitants dans la propension au cancer, ou la production de substances démyéli-nisantes dans toute réaction antigénique (et son action potentielle sur le vieillissement), puis enfin du rapport entre les gènes du système FILA et la vulnérabilité à diverses maladies ou à divers troubles multifactoriels (sclérose ën plaques, arthrites, etc.).Moins que des lacunes, il s'agit plutôt de témoignages que l'immunologie est une science en plein bouillonnement.Pierre Sormany ches dans les archives de la paroisse et des descendants des anciens seigneurs, bref, une monographie historique de grande valeur qui remonte vraiment aux sources pour nous montrer comment les habitantsdecemerveilleux coin du Bas du fleuve «travaillaient, s'amusaient, priaient, s'instruisaient, vivaient en société».Dans une première partie, ITsIe-Verte est décrite comme «terre d'éternelles migrations» des Amérindiens et des blancs avant 1627.Vient ensuite un chapitre sur cette «terre de noblesse» (de 1 627 à 1 711 ) où il est question de l'arrivée des missionnaires et de l'établissement des premiers seigneurs.La troisième partie (de 1711 à 1819) décrit la «terre de colonisation» sous le régime des seigneurs Côté, puis, au quatrième chapitre (de 1829 à 1896), l'auteur étale une «terre riche en promesses» en parlant, en particulier, des œuvres des familles Bertrand qui ont pour beaucoup contribué à l'avancement économique de la région.Enfin, en dernière partie, Gérard Filion, fils de l'Isle-Verte tout comme Robert Mi-chaud, parle de l'histoire récente de ce coquet village tel qu'il l'a connu.L'ouvrage, bien illustré de cartes, de graphiques et de photographies, se lit comme un roman; comme le dit le professeur Noël Bélanger dans la préface, il «constitue tout à la fois un acte de connaissance, un acte d'amour, de fidélité et de fierté».Joseph Risi L'ISLE-VERTE VUE DU LARGE robert michoud L’ISLE-VERTE VUE DU LARGE ¦üJbTJil , , Ti' oec h cdoboatoo da gêwdfloi i '«¦ a Robert Michaud, avec la collaboration de Gérard Filion, Leméac, Montréal, 1978, 354 pages, $14.95 A l’occasion du 150e anniversaire de l'érection canonique de la paroissede l'Isle-Verte, M.Mi-chaud, professeur à l'Université du Québec à Rimouski, nous dote d'un ouvrage fort bien fait et riche en leçons du passé.C'est le fruit d'un travail de bénédictin, de longues et patientes recher- LES NAINS des hommes différents les nains martin monestier ,vV; ' \ T par Martin Monestier, Jean-Claude Simoen, collection Des hommes différents, Paris, 1977, 1 90 pages, $1 3.30 Les livres sur le nanisme sont aussi rares que le phénomène lui-même., Souvent on ne parle des nains que dans le cadre de livres traitant des anomalies humaines.Aussi, faut-il souligner Fouvragede Martin Mones- Derniers livres reçus Bienheureuse insécurité.Une réponse à l'angoisse de notre temps Alan Watts traduit de l'américain par Frederic Magne Stock/Monde ouvert, Paris, 189 pages, $10.50 Les écologistes Marabout, collection Flash actualité, Verviers (Belgique), 1977, 127 pages, $1.95 L'option nucléaire pour l'avenir du Canada Les ressources énergétiques renouvelables Documents présentés aux membres du Parlement pendant deux réunions commanditées par le comité scientifique et parlementaire de l'Association des scientifiques ingénieurs et techniciens du Canada (ASITC), publiés par le ministère de F Énergie, des Mines et des Ressources, 588 rue Booth, Ottawa, Canada, Kl A 0E4 lüMÉDI jfcèsa jjrwt ÉMf U feted Elan p dm «tfie tetal ifij* E.! Mu »ei ïîIIOll failli Et SOI ïllis1 *111 fees Tides U lui tier, Les Nains, publié récemmen par Jean-Claude Simoen.L( livre est très inégal, les cinquanti première pages couvrant auss bien les anomalies de la crois sance que les nains de la légendi ou de la mythologie.Par contre, il faut constater I; richesse des sources qu'il fau cependant deviner car l'auteu n'a pas inclusdebibliographiecf qui est dommagecar visiblemen il a lu tous les faits historiques sc rapportant aux nains.La partii historique sur les nains des coun ^e|j européennes ne laissera personni tjg,, indifférent.On sursaute à cha ;u «A su que page en apprenant l'existena ||(^ de fermes d'élevage pour le: nains ou ces fabriques de nain: espagnoles.Après la période de: nains de cour, l'auteur abordi celle des nains de foire et di cirque dont Barnum fut le gram promoteur.On voit au passage li changement de la situation so ciale du nain, ce qui amène l'au leur dans un dernier chapitre • un survol des nains d'aujour d'hui.Ce chapitre en surprendn: plusieurs: le calvaire de la vir quotidienne, l'industrie du spec tacle et les associations de nain: qui ont surgi dans le monde ai cours des dernières années.Le: photos sont excellentes et pro viennent aussi bien de la collée tion përsonnelle de Fauteur qui du musée de Fhomme ou de archives des grands magazines Un peu cher ce livre, mais il ni risque pas d'être dépassé avan longtemps.il * % J* Claude Marc IV1 N 1UÉBEC SCIENCE / juillet 1978 49 EN VRAC.«itt ira i ifU ie'îtii « Ml l)«Q* Si» 911 US twS insinii sis a É t Itto lltss.wt JiMi' esoit-i mill Jell1'-le Ilf?M»iî: :i ;¦ tu iw;': ¦VlSiP )ES MÉDAILLES ET DES PRIX .’Association canadienne-française pour ’avancement des sciences (ACFAS) a irofité de son congrès annuel, son 46ième, jour honorer les chercheurs qui s’étaient listingués par l’excellence de leurs tra-'aux.Le professeur Roger Leblanc, du lépartement de chimie-biologie de l'Uni-'ersité du Québec à Trois-Rivières, a reçu a médaille Vincent pour ses travaux de echerche dans le domaine de la biophy-;ique.La médaille Vincent est accom-jagnée d’un prix de $2 000, don de la :ompagnie Bell Canada.La médaille Xrchambault et un don de $2 000 de la jompagnie Alcan furent attribués au focteur Michel Chrétien, directeur du aboratoire des protéines et des hormo-tes hypophysaires de l’Institut de recher-:hes cliniques de Montréal.Et c'est le srofesseur Vincent Lemieux, du départe-nent de science politique de l'université .aval, qui s'est mérité le prix Parizeau, tuquel est attaché un don de $2000de la 3anque canadienne nationale, pour ses echerches en sciences humaines.Les nérites des étudiants au niveau supé-•ieur ne furent pas oubliés, et Marie Saint-Vincent, maîtrise en biophysique fe l’Université de Sherbrooke, et Réjean Baribeau, maîtrise en physique de l'université Laval, reçurent les prix Pfizer et $500 chacun, en raison de l'excellence de leur dossier.-A PLUIE ARTIFICIELLE Est-ce que l'ensemencement des nuages aurait accru les chutes de pluie qui ont PI , ai ;a»« (If! ie p" ies*,J ipàP nondé le sud de la Californie en février 1978?Le Conseil de ville de Los Angeles a demandé à son contentieux de faire la umière sur la responsabilité possible du contrôle des eaux du comté de Los Angeles dans ses efforts pour faire cesser une sécheresse de deux ans en employant des boîtes noires d’iodure d'argent.L'échevin Yev Yaroslavsky affirme que l'ensemencement peut être responsable de plus de 10 pour cent de précipitations additionnelles dans la chute de 8,75 cm de pluie tombée les 9 et 10 février.Le (ei!i: •’ dernier ensemencement dura six heures le 9 février.Wff AVANT LA VENUE DES BÉBÉS-ÉPROUVETTES Des rapports voulant qu'un enfant soi* né aar clone (reproduction génétiquement 'dentique de l'original par multiplication végétative) ont incité trois hommes de science américains à essayer de forcer le gouvernement fédéral américain à révéler son rôle dans ledomainedel'engineering génétique.Ces personnes déclarent ignorer si le bébé de 14 mois a été créé en laboratoire à partir d'une seule cellule comme l'a affirmé dans son livre l'écrivain scientifique David Rorvik.Ils affirment toutefois que la recherche subventionnée par le gouvernement américain a rendu un tel développement possible.Selon eux, il est temps que toute la panoplie des innovations scientifiques et médicales qui permettent de tripoter le domaine génétique soit révélée au peuple américain.Des poursuites civiles sont donc entreprises en cour du district de Manhattan par Jonathan Beckwith, professeur de génétique à l'université Harvard, Ethan Singer, professeur de génétique à l'Institut de technologie du Massachusetts et Liebe Cavalieri, biologiste chercheur à l'Institut Sloan-Kettering à Rye, New York.DES VACHES BIONIQUES Qu'est-ce qui beugle et émet des signaux radioélectriques?Une «vache bionique».Il ne s'agit pas d'une nouvelle émission télévisée, mais du fruit de recherches agricoles dont l'objet est de faciliter l'insémination artificielle des bovins de boucherie.En 1 976, plus de 53 pour cent du cheptel laitier canadien a été inséminé artificiellement contre 5,4 pour cent seulement chez les bovins de boucherie — il est plus difficile de suivre de près le cycle œstral des bovins de boucherie que des bovins laitiers.Des chercheurs de la station de Lethbridge en Alberta ont donc étudié la physiologie de l'œstrus des pre-miers bovins en espérant parvenir à mettre au point une méthode de détection électronique de l'œstrus.On croit pouvoir y parvenir par le moyen de petits émetteurs munis de détecteurs, placés par voie chirurgicale dans le corps du bovin ou fixés à son oreille, pour mesurer les variations de température des organes reproducteurs ou pour mesurer la température du cerveau.L'information captée est alors transmise au laboratoire de la station par ondes radioélectriques.QUAND LE HOCKEY BÉNÉFICIE DE LA RECHERCHE Il n'y a pas si longtemps, les bâtons de hockey étaient simples à fabriquer (deux pièces de bois accolées et sablées), peu coûteux (entre $0.99 et $3.50) et jetés après deux ou trois parties.C'était l'époque antérieure à la technologie de la fibre de verre, avant que les manufacturiers américains prouvent que l'obsolescence ne paie pas.Aujourd'hui les bâtons coûtent entre $6 et $12 et sont supposés durer des semaines.La technologie des bâtons de hockey est impressionnante; dans chaque compagnie, des ingénieurs font l'essai de différents bois, laminés, fibres de verre, etc.Une compagnie canadienne a bénéficié de l'incorporation de la recherche, celle des Industries Hockey Canadien Inc., située à Drummondville et possédée en partie par Serge Savard, Yvan Cournoyer et Guy Lapointe du club de hockey Les Canadiens de Montréal; les ventes ont triplé grâce à la recherche faite sur un.manche en bois souple et léger renforcé par de la fibre de verre.LE VENT DES ÎLES La période d'essais préliminaires de l'éolienne expérimentale des îles-de-la-Madeleine qui devait prendre fin à l'automne 1 977 (voir Québec Science, volume 1 6, numéro 7, page 8), sera prolongée jusqu'à l'été 1978.Les chercheurs de l'IREQ et du CNRC, responsables de ce projet, ont en effet rencontré des difficultés dans le fonctionnement mécanique de l'aérogénérateur, difficultés qui ont retardé sa mise en service à pleine puissance et le début de la période d'évaluation d'une durée d'un an de ce nouveau mode de production d'énergie électrique.Il reste notamment à corriger un important problème de résonance mécanique dans les haubans qui soutiennent l'éolienne.Même si la mise en service à pleine puissance a été retardée, il faut mentionner que l'éolienne est en mesure de fonctionner.On estime enfin que les difficultés techniques rencontrées ne compromettent en rien la poursuite de l'expérience.POUR UNE MESURE RAPIDE ET PRÉCISE Le micromètre à main vient d'entrer dans l'ère électronique avec la création de ce modèle numérique à étalonnage automatique, le MICRO 2000.Une société britannique a mis au point ce que l'on croit être la première version à lecture directe.Ce modèle permet de prendre facilement des mesures rapides et précises à deux millimètres près, la présentation numérique facilitant la lecture et réduisant les risques d'erreurs.Il se remet automatiquement à zéro à l'arrêt et est doté d'un bouton-poussoirqui permet de comparer des tolérances à des normes prédéterminées.L'appareil peut aussi fonctionner sur piles.LE PLEIN DE MÉTHANOL, S.V.P.Le ministre fédéral de l'environnement, M.Ben Marchand, a dévoilé dernièrement une étude selon laquelle il serait possible de produire du méthanol à partir 50 juillet 1378/ QUÉBEC SCIENCE de bois et de gaz naturel au coût de $0.07 à $0.10 pour un litre d'ici 1985.Soulignant que le prix du pétrole atteindrait probablement $0.13 le litre à cette date, M.Marchand a déclaré que la production de méthanol serait entre-temps devenue une entreprise rentable.Selon cette étude faite par le groupe d'experts «InterGroup Consulting Economists» de Winnipeg, le volume des résidus excédentaires ou inexploitablesdefaçonclassique de la biomasse forestière suffirait à alimenter une industrie du méthanol d'envergure.Bien que le méthanol ait un taux d'octane élevé et que sa combustion soit plus propre, la distance que parcourt une automobile avec deux litres de gazoline requiert trois litres de méthanol.La manière la plus économique d'employer le méthanol comme carburant serait, semble-t-il, de le mélanger à la gazoline.Le méthanol ne constitue, selon M.Marchand, qu'un des nombreux combustibles liquides de rechange étudiés par le gouvernement fédéral.MAGNÉTISME ET SAUTES D'HUMEUR Des volontaires enfermés dans une voûte en acier située profondément dans une montagne, en Allemagne de l'Ouest, n'ont montré aucun signe de détresse physique ou mentale.Par contre, dans un laboratoire au sous-sol du Conseil national de recherches à Ottawa, des rats commencèrent à montrer des signes de la fièvre du printemps même s'ils ne pouvaient voir la lumière du jour ni sentir de changement dans la température.Selon le Dr Olivier Héroux du CNRC, les résultats des deux expériences semblent indiquer que des changements dans l'activité magnétique de l'atmosphère de la terre peuvent avoir un effet sur le comportement des animaux et des hommes.Le rythme journalier du système nerveux central — l'horloge interne qui affecte les humeurs et qui détermine quand un corps doit, par exemple, dormir, manger — est réglé et modifié par l'activité magnétique de la terre.Les modifications à cette activité magnétique pourraient affecter cette horloge naturelle et en particulier l'efficacité de la production dans le corps de l'hormone sérotonine qui réagit aux détresses mentale et physique, surtout à l'automne et au printemps alors que ces modifications sont les plus élevées.en Août René Vézina nous présentera une région du Québec riche en histoire, en ressources naturelles et minières et.en controverses quant à son avenir: la Minganie Luc Chartrand nous fera connaître les derniers développements de la lutte contre la lèpre, maladie qui a aussi frappé le Canada Claire Larouche nous montrera l'importance économique de la culture commerciale des champignons et les méthodes utilisées NE NOUS CHERCHEZ PLUS ABONNEZ-VOUS Au tarif de $17.00* (1 an / 1 2 numéros), je m'abonne pour .années au magazine QUÉBEC SCIENCE.?abonnement ?réabonnement COUPON D'ABONNEMENT fà remplir en lettres MAJUSCULES) I I I M I I I I M 31 1 | nom 1 1 > 1 1 M 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 61 prénom 80 LBj U 7 1 1 8 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 M 1 1 1 1 1 1 1 9 i 1 numéro rue 1 1 1 1 II 1 1 1 1 appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 1 29 1 1 ville 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 48 1 1 1 1 1 1 1 1 1 49 province ou pays 68 LL M l l l ?Chèque ?Veuillez 69 code Rosial 74 • Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1978 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec, G1T 2R1 CIME FM 99.5 SAINTE-ADELE, P.Q. La plus jeune université s.^ t '.i 1 m'ù •D îsgbfe .•;S>, -a, .
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