Québec science, 1 janvier 1978, Août
V-.r @.;,v iililijilOwiPiwiÿ .(!(((IU(HM'l!lWi^w,ll'!lll, 111111H i(as scientifique», et c'est pour éviter lemeurer au niveau des potins que no ollaborateur n'a pas restreint son t 'uête uniquement à la consultation beu ment produit par l'Association < consommateurs du Canada pour traiter de la controverse plantant sur les radiographies dentaires chez les enfants.Suivant la démarche de tout journaliste désireux de fournir au lecteur toutes les informations sur les différents aspects d'un problème afin de lui permettre de se faire une opinion, M.Choquette, après avoir donné un compte rendu de ce rapport et cité ses conclusions, a tenu aussi à donner l'avis de M.Lamarche, directeur généra! de l'Ordre des dentistes, sur ce sujet.Poussant sa recherche encore plus loin, il a aussi mis en lumière les résultats de deux études effectuées aux États-Unis, la première en 1972 par le National Research Council et la seconde en 1973 par le U.S.Department of Health Education and Welfare.On peut considérer ces deux sources comme très valables.D'ailleurs, comme vous pouvez le constater dans l'article de M.Choquette, ces études nuancent beaucoup les conclusions du rapport de l'Association des consommateurs du Canada.U faut noter que ce n'est pas l'utilité diagnostique (la qualité) de la radiographie dentaire qui est mise en cause, mais l'usage abusif (la quantité) qui en serait faite chez l'enfant.Pour éclairer davantage ce débat, certaines études statistiques pourraient permettre de vérifier s'il y a effectivement usage abusif des radiographies dentaires chez les enfants.Une étude établissant le profil de la pratique des dentistes par rapport à cette technique nous en apprendrait sûrement beaucoup.Une organisation ayant accès aux données permettant de faire ce genre d'études, comme la Régie de l'assurance-maladie, procédera peut-être un jour à une enquête sur ce sujet.En attendant, au ministère des Affaires sociales, on est à mettre sur pied un service d'inspection des appareils radiologiques qui aurait pour tâche de vérifier le fonctionnement de ces appareils dans les cliniques privées et, nous l'espérons, les cabinets des dentistes.Ce sera déjà un premier pas de fait.UNE DÉFENSE NUCLÉAIRE Je lisais l'autre jour dans votre revue du mois de juin, l'article«Tuer sans détruire» de Jean-Pierre Rogel, parlant de la bombe à neutrons et de la bombe atomique dont je me demande en passant si Einstein savait ce qu'il faisait quand il publia ses fameuses théories de physique.Bref, ce n'est pas là l'intérêt de ma lettre, mais plutôt: je voudrais savoir si notre grand et pacifique pays, le Canada, possède des armes nucléaires à l'intérieur de sa défense nationale puisqu'ayant des laboratoires de recherche sur l'énergie nucléaire et inventeur des réacteurs nucléaires CANDU, il demeure équiper et aurait probablement les moyens de fabri- quer une bombe atomique si petite soit-elle mais pouvant faire bien des dégâts.Richard Drapeau Amos La défense nationale du Canada est assurée principalement dans le cadre d'une entente avec les États-Unis, les ententes NORAD.Cette entente est dominée par les États-Unis qui craignent la menace soviétique arrivant par le pôle, d'où un réseau de bases de radar et de missiles à charges nucléaires dans le Nord canadien.Toutes ces bases sont canadiennes.Nous ne savons pas cependant si leur «équipement» est canadien.Quant à savoir si le Canada possède en propre un armement nucléaire sur ses bases à travers le pays, quand nous avons posé la question au ministère de la Défense nationale, à Ottawa, un colonel nous a répondu «Yes».EN SUIVANT LA MUSIQUE J'aimerais connaître les références qui ont servi à Joseph Risi, dans le numéro de novembre 1976, pour écrire son article: «La musique adoucit les horloges» et, si c'est possible une liste des ouvrages et publications sur le sujet.Micheline Guhur Montréal Les informations qui ont servi à écrire cet article ont été tirées d'un document appelé Spectrum, qui est un périodique informant sur les recherches scientifiques qui se poursuivent en Grande-Bretagne et publié par le Consultât de Grande-Bretagne.Vous pouvez sûrement entrer en contact avec les chercheurs qui travaillent dans ce domaine par l'intermédiaire du Consulat dont le siège est à l'adresse suivante: 500 est Grande-Allée, suite 523, Québec, P.Qué.COURRIER 6 août 1978 / QUÉBEC SCIENCE A c Thérèse Dionne et Bernard Dupuis La plate-bande, fontaine de couleur du jardin (1 ère partie) Bien qu'il existe des fleurs pour tous les emplace- • ments, il vaut mieux éviter d'installer sa plate-bande franchement à l'ombre et dans les endroits trop éventés.Les expositions ensoleillées ou demi-ensoleillées sont idéales, à condition de choisir pour chaque exposition les plantes les mieux adaptées.Ainsi, les digitales, lis, primevères, spirées, phlox, ancolies et lupins sont bien plus beaux à mi-ombre qu'en plein soleil.Par contre, les campanules, roses trémières, delphiniums, rudbeckies, gaillardes et échinops ne sont jamais plus florifères qu'en plein soleil.À l'ombre, on peut aussi avoir une plate-bande très intéressante.Les plantes ne manquent pas: aconit, anémone du Japon, ancolies, astilbes, digitales, hémé-rocalles, funkias, fuchsias, primevères, pervenches et, bien entendu, toutes les fougères.Il n'est pas au jardin de décor plus enchanteur qu’une plate-bande de fleurs bien réussie.Elle est la consécration des talents de jardinier de celui ou celle qui l'a conçue et réalisée.La plate-bande de fleurs peut être composée de plantes vivaces, annuelles ou à bulbes.Les plantes vivaces sont des plantes dont la partie aérienne reste herbacée et dont la souche passe l'hiver en pleine terre en supportant les intempéries normales de notre climat (humidité et froid).Les plantes annuelles sont celles qui, semées au printemps, croissent, fleurissent et grainent avant l'automne; elles périssent à l'arrivée du froid.Les plantes à bulbes ont la propriété de projeter une tige aérienne à partir d'un «oignon» planté en terre; elles comprennent le groupe des tulipes, jonquilles, jacinthes, crocus, muscaris, narcisses, etc.Dans cette première partie, il sera surtout question de plates-bandes réalisées avec des fleurs vivaces.Éclipsées pendant un temps par les mosaïques florales vivement colorées, les plantes vivaces sont redevenues à la mode, et on peut penser que cet engouement sera durable parce qu'elles apportent dans l'entretien des jardins des économies de temps et d'argent.Chaque espèce de fleur vivace fleurit à une époque donnée, la durée de cette floraison étant généralement limitée.Les formes des fleurs et des coloris sont infiniment diverses.Aussi l'aspect de la plate-bande de fleurs vivaces n'est-il jamais monotome; il se renouvelle constamment du printemps à l'automne.Par contre, la plate-bande peut ne pas être tout le temps entièrement fleurie.À côté d'une touffe en fleurs se trouve une autre qui achève defleurir, et peut-être une troisième qui fleurira plus tard.Où nicher sa plate-bande Au point de vue esthétique, l'endroit idéal pour établir une plate-bande de fleurs vivaces est en général le long d'un mur, surtout s'il est tapissé de rosiers et de clématites.Mais on peut tout aussi bien l'installer en avant d'une haie ou un massif d'arbustes dont elle épouse les contours.Ou encore devant une clôture de grillage que l'on drape avec des plantes grimpantes ou comme bordure des deux côtés d'un sentier.Dans ce dernier cas, on n'utilise que des plantes basses ou moyennes.Il faut commencer par la base On peut faire pousser des fleurs vivaces sur tout bon sol à jardin bien égoutté, mais comme la plate-bande doit être permanente, nous conseillons de préparer le sol parfaitement.Après avoir délimité les contours de la bordure, il faut bêcher le sol en profondeur, c'est-à-dire sur une épaisseur de 30 centimètres.On profite du labour pour nettoyer et enfouir la fumure et les amendements.Le nettoyage consiste à retirer de la terre toutes les racines de mauvaises herbes vivaces: liseron, chiendent, chardons, pissenlits, etc.Si la terre est très sableuse ou au contraire très argileuse, il convient de l'amender pour améliorer sa consistance.Nous avons déjà traité de la question des amendements et des fertilisants dans la chronique de février.Il est utile de faire un bon apport d'engrais avant la plantation, et si possible un mois avant de planter.Les apports d'engrais ultérieurs stimuleront le développement des pousses de la circonférence qui ont déjà tendance à être envahissantes.Ce n'est qu'au moment de la réfection de la plate-bande ou du rajeunissement des plantes par la division qu'on renouvelle l'apport d'engrais.Procéder au bon moment Il n'y a pas de règle immuable en ce qui concerne le temps de la plantation.On peut transplanter de nombreuses plantes vivaces d'en endroit à l'autre, à n'importe quel temps, ou presque, si l'on a soin d'enlever avec la plante une motte de terre bien humectée.En général, les plantes qui fleurissent avant le 15 juin doivent être déplacées au début de septembre et les espèces à floraison plus tardive, en avril ou en mai.Toutefois, certaines espèces à racines superficielles ou à racines charnues ne doivent pas être déplacées, à moins de le faire à un moment précis de l'année: en septembre pour les pivoines, et tout juste après la fin de la floraison pour les iris et les primevères.Il n'existe aucune règle touchant le nombre d'années pendant lesquelles les plantes vivaces ne doivent pas être transplantées.Les plantes à racines pivotantes comme le dicentre, le dictame et le gypsophile ne doivent être déplacées qu'en cas d'absolue nécessité.« QUÉBEC SCIENCE / août 1978 7 Les pivoines, les phlox paniculés et les hémérocalles viennent bien au même endroit pendant plusieurs années sans qu'il soit nécessaire d'y toucher.Par contre, plusieurs autres plantes comme les phlox nains et les campanules donneront de bien meilleurs résultats si elles sont divisées à tous les deux ou trois ans.On saura qu'une fleur vivace a besoin d'être divisée lorsque la touffe se dégarnit au centre ou lorsque la floraison est moins abondante.Chaque chose à sa place.Une des parties les plus délicates du travail est l'association des plantes.Certes, une plate-bande de fleurs vivaces peut être plantée avec beaucoup de fantaisie, mais il ne faut jamais perdre de vue que l'ensemble doit être harmonieux, tant en ce qui concerne les plantes qu'en ce qui concerne l'association des couleurs.Les plantes doivent être groupées de façon à se mettre en valeur les unes les autres.Enfin, toute plante défleurie doit être masquée par une autre fleurissant après elle ou avoir un feuillage suffisamment décoratif.Première étape, on représente sur une feuille quadrillée les contours de la bande de terrain dans lequel on désire installer la plate-bande.De préférence, il est bon d'adopter une grande échelle, car ce sera plus facile de suivre le plan quand il s'agira de le reporter sur le terrain.Si la plate-bande est ainsi placée qu'on ne la voit que d'un côté, règle générale il faut planter les plants les plus élevés à l'arrière, ceux de taille moyenne au centre et les nains à l'avant.sans qu'il n'y paraisse trop Il ne faudra pas que l'agencement semble trop rigide, car l'effet de «liberté» serait gâté.Ce qui est important, c'est justement d'avoir l'impression que les fleurs ont du relief et qu'elles soient groupées par de grandes taches de couleurs de valeur inégale.Il est préférable que les taches de couleur aient une forme irrégulière et allongée, de façon à pouvoir s'imbriquer, se couler les unes dans les autres, et qu'elles soient orientées parallèlement au bord de la plate-bande ou légère- Bordure de fleurs vivaces pour floraison estivale 12 m Distance entre eux Plants Distance entre eux (centimètres) (centimètres) 1.Aster.Harrington Pink 30 2 Delphinium.Pacific Géant 40 3.Heliopsis.Scabra Zmmæflora 40 Incomparabihs 4 Aster.Purpurea 30 5 Delphinium.Black Kmght 40 6 Tritoma.Hybride en mélange 50 7.Phlox.Starfire 30 8.Gypsophile.Bristol Fairy 50 9.Heuchera.Muguet Rose 25 10 Dahlia.Or ou bleu violet 40 11 Chrysanthème.Maximum 40 12 Coréopsis.Grandiflora Sundurst 35 13 Dahlia.Orange 40 14 Anthémis.Tinctona Kelwayi 35 15 Erigeron.Speciosa 30 16 Helemum.Automnale 30 17 Anchusa.Itahca Dropmore 40 18 Phlox.Elizabeth Arden 30 19 Campanule, Calycamthema Hybride 40 20 Alyssum.Montanum 20 21 Campanule.Carpatica bleu 25 22 Benoîte 30 23 Nepeta Mussmi 30 24 Achillea.La Perle 30 25 Dahlia.Jaune 40 26 Arthémise 25 ment en oblique.Il faut éviter l'accumulation detaches de couleurs trop petites.Plus la plante-bande est large, plus les taches de couleurs seront importantes.Il est bon d'ailleurs de numéroter chaque couleur sur son dessin.Les tons tendres et frais vont bien dans les endroits situés à mi-ombre.En plein soleil, les couleurs chaudes et brillantes seront encore plus vives.Une fois les couleurs déterminées, il faut faire le choix des plantes correspondant à chaque tache dessinée en tenant compte des hauteurs des plants et de la durée de la floraison désirée.Ensuite, on note sous les noms les quantités de plantes nécessaires pour «meubler» chaque compartiment.Un bon principe à suivre est d'espacer les plantes proportionnellement à leur hauteur.À titre indicatif, on compte 5 plants au mètre carré pour les espèces à grand développement, 10 plants pour celles à moyen développement, de 20à 50 plants (toujours au mètre carré) pour les plantes naines de bordure.Du rêve à la réalité Le sol ayant été retourné, ratissé et correctement nivelé, le premier travail consiste à reporter le plan sur l'emplacement ainsi préparé.À l'aide d'un bâton pointu, on dessine aussi exactement que possible les contours des taches prévues.Puis on fixe en terre une planchette portant le numéro de chaque compartiment.Afin d'éviter de piétiner le sol, on peut marcher sur une planche.Il ne faut pas faire l'erreur de planter trop serré: rappelez-vous que vous n'obtiendrez pas dès la première année des plants adultes.Dans la prochaine chronique, il sera question des plantes annuelles qui conviennent le mieux aux endroits ensoleillés ou ombragés, des plantes à bulbes qui se plantent l'automne, de la multiplication des fleurs vivaces ainsi que de l'entretien des plantes-bandes fleuries.Pour en savoir plus: Fuchs, Henry, Mille et une idées pour votre jardin, Hachette, 1965.Perron, W.H., Encyclopédie du jardinier horticulteur.Les Éditions de l'Homme, Montréal, 1971. 8 août 1978 / QUÉBEC SCIENCE j( PHYSIQUE DES ÉCHAFAUDAGES DEVENUS GÊNANTS Plus de 50 ans après la fin de la révolution scientifique qui donna naissance à la physique dite moderne, l'enseignement de cette science est encore lourdement englué dans des concepts erronés ou inadéquats, hérités directement du corpus de la physique classique.Pour Jean-Marc Levy-Leblond, professeur de physique à l'Université de Paris et spécialiste de la mécanique quantique, ce fait pose plus qu'un simple problème de vulgarisation ou de terminologie.Parce qu'on a jusqu'ici été incapable de vidanger notre représentation de la physique de ses figures archaïques et de tirer toutes les conséquences épistémologiques de la révolution scientifique survenue au début du siècle, il y a probablement des avenues de recherche qui nous échappent complètement.Mais en outre, cela pose un double problème aux étudiants en physique.On continue de leur apprendre la maîtrise d'instruments qui ne sont plus guère utiles aujourd'hui et de leur enseigner des concepts qui cadreront mal par la suite avec leur expérience et qui finiront même par gêner profondément leur compréhension ultérieure des résultats expérimentaux plus récents.S'adressant en avril dernier à des professeurs des départements de physique de l'Université de Montréal puis de Laval, lors de son séjour au Québec, le physicien a donné de nombreux exemples de cette mauvaise pédagogie.Mentionnons le cas du célèbre principe d'incertitude d'Heisenberg, qui dit qu'on ne peut guère connaître à la fois la position et la vitesse d'une particule fondamentale.Aussi, dans l'optique de la physique classique, cela se présente-t-il comme une limite théorique infranchissable pour la connaissance humaine.Outre son caractère peu satisfaisant sur le plan philosophique, ce principe a abusivement été utilisé dans nombre d'arguments d'ordre métaphysique sur les limites de la connaissance humaine, voire sur l'existence de Dieu! Pourtant, un simple regard sur le formalisme mathématique de la physique classique nous permet de voir qu'une formule analogue liait déjà la largeur du spectre d'un paquet d'onde en mécanique ondulatoire et sa dispersion dans l'espace.À partir du moment où la physique quantique nous a appris à considérer les particules non plus comme des êtres solides et ponctuels, mais comme des entités physiques liées à un phénomène ondulatoire, la relation d'Heisenberg n'exprime plus une incertitude métaphysique, mais simplement une indication que la dispersion dans l'espace de cette entité est liée au spectre d'énergie qui la caractérise.Il en est de même pour la fameuse dualité onde-particule, qui a entraîné certains des pères de la physique moderne à ne plus vouloir reconnaître leur enfant.Une fois de plus, le fameux paradoxe de Landé ne tient plus (celui-ci démontre que si l'équation reliant la quantité de mouvement d'une particule à une fréquence ondulatoire était vraie dans un système, elle ne pouvait pas être vraie dans tout autre système en mouvement par rapport au premier).En effet, l'entité physique qu'on continue à appeler tantôt particule, tantôt onde, est en fait tout autre chose, qui n'a pas d'équivalent classique et possède une dispersion dans l'espace qui est fonction du module (amplitude au carré) de l'ondequi la décrit.Mais nous voici en plein cœur d'une terminologie fort complexe qui rebutera sans doute le lecteur inhabitué à de telles représentations mathématiques.Contentons-nous donc de souligner que pour Levy-Leblond, le plus grave c'est qu'aucun physicien ne parle d'incertitude ou de l'ambiguïté onde-particule dans son travail quotidien.Tous se comportent en laboratoire comme s'ils maîtrisaient fort bien non seulement les équations mais aussi leurs représentations physiques réelles, tout en étant incapables de les enseigner dans les mêmes termes à leurs étudiants.Étrange «dualité»! «En fait, note le physicien, les principaux historiens des sciences ont toujours accordé une grande importance aux précurseurs des révolutions scientifiques et à ceux qui ont réalisé les grandes synthèses, mais trop peu au travail de refonte des concepts qui doit nécessairement suivre toute révolution du genre:» Dans ses premiers écrits, Maxwell, le père de l'électromagnétisme classique, tout en formulant ses équations mathématiques encore valables de nos jours, continuait à se référer à un quelconque milieu inélastique mais invisible et insensible comme vecteur des ondes lumineuses.Ses premières descriptions de champs faisaient référence à des déformations mécaniques de ce milieu plutôt fantomatique.Ce n'est qu'après quelques années qu'on a découvert l'illogisme de cette attitude et qu'on a libéré la théorie de Maxwell de ses échafaudages mécanistes.Après tout, plus personne ne doute aujourd'hui de l'existence de champs comme entités physiques autonomes.C'est cette même démarche de destruction des échafaudages qui a été trop longuement négligée dans la physique moderne.Jean-Marc Levy-Leblond, qui prépare présentement un manuel de mécanique quantique pour les étudiants du premier cycle, espère affranchir la théorie actuelle de ses vestiges les plus gênants.Il reconnaît que le même travail de nettoyage devrait aussi être fait en relativité.Et si vous n'avez pas bien compris tous les énoncés de cette courte rubrique, c'est peut-être parce que, vous comme moi, nous avons appris notre physique à travers ce dédale d'échafaudages et de concepts boîteux.Peut-être y verrons-nous plus clair dans quelques années.si le message a porté fruit.Pierre Sormany f .: ü | • f I ® r ! f P \U ¦j iî IGI i: II as M* .jj U r f: ENVIRONNEMENT UNE EAU.LOURDE DE CONSÉQUENCE «Implications environnementales et sécuritaires de l'usine La Prade».Tel est le titre d'un rapport du Conseil consultatif de l'environnement remis le 2 février dernier au ministre délégué à l'Environnement.La préparation de ce rapport a été suscitée par la requête du Comité de citoyens de Gentilly, qui s'interrogeait sur les conséquences possibles de ce projet d'usine d'eau lourde, un projet de grande envergure impliquant des investissements de l'ordre de 800 millions de dollars.Le choix du site, les dangers pour l'environnement et la santé publique, les restrictions au développement de Gentilly, autant de questions qui préoccupaient le Comité.Le Conseil consultatif de l'environnement (CCE), dont le rôle est défini par la Loi de la qualité de l'environnement, a donc entrepris une série de rencontres et de recherches pour en venir à des conclusions et des recommandations au ministre Marcel Léger.Le principal facteur de danger à l'usine La Prade est l'utilisation de l'hydrogène sulfuré (H2S), un gaz extrêmement toxique.L'hydrogène sulfuré est partie intégrante du processus de fabrication, plus précisément d'extraction, de l'eau lourde.L'eau lourde se distingue de l'eau ordinaire, l'eau légère, par le fait que les atomes d'hydrogène du H20 sont remplacés par du deutérium, un atome d'hydrogène alourdi par un neutron.On l'utilise en grande quantité dans les réacteurs atomiques de la filière canadienne CANDU comme modérateur de réaction et comme caloporteur.L'eau lourde est présente dans l'eau ordinaire en très faible proportion; 1 sur 7 000 — le problème est de l'en extraire.Dans ce processus d'extraction, le H2S sert simplement de transporteur pour le deutérium.En effet, ce gaz a la propriété de réagir avec l'eau de façon fort commode: à haute température, le deutérium présent Sfï ttili kss K h«6i K U K il QUÉBEC SCIENCE / août 1978 (IM Ut» sent ip IC.i artfrl ÏKÈÎ enr^ jasli «I dans l'eau passe dans le gaz alors qu'à basse température, il passe du gaz à l'eau.On extrait donc l'eau lourde par étapes successives selon un procédé dit bithermique.Cependant, la toxicité du gaz implique des mesures de sécurité extraordinaires.D'après ce qui a pu être observé dans d'autres usines de l'Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL), en Nouvelle-Écosse, compte tenu en particulier du quasi-accident de l'usine de Glace Bay, il est clair que la sécurité est plus que jamais une priorité à l'EACL.Les mesures les plus strictes sont prises de telle sorte que les risques d'accidents catastrophiques sont à peu près nuis ou très faibles, du moins espère-t-on.Le Conseil s'est d'ailleurs dit satisfait à cet égard.Par contre, on s'inquiétait plutôt des pertes prévues de H2S.Ces pertes sont estimées à environ 230 tonnes métriques par année pendant les premières années d'opération dans l'air par les raffineries de pétrole de Montréal.Dans sa réponse au Conseil consultatif, le ministre délégué à l'Environnement se dit assuré que les normes des Services de protection seront respectées en tout temps.Quant aux aspects sécuritaires, on s'est assuré que l'EACL se verrait accorder le certificat d'autorisation de la Commission de l'Énergie Atomique du Canada, responsable des questions de sécurité.Bref, quant aux aspects environnementaux et sécuritaires, il semble bien que l'EACL a prévu des mesures satisfaisantes et que les conséquences sur l'environnement seront très minimes.Ce qui fait réfléchir, à la lecture du rapport du CCE et de la réponse du ministre, c'est que la constructfon de l'usine a débuté en 74, avant l'autorisation des SPE.Le rapport d'impact a été déposé en mai 77 et le certificat d'autorisation des SPE émis en janvier 78.Appa- v-VÂfe.-«Mt ifHiio&i'.; |et à environ 40 tonnes lorsque 'usine sera à «maturité».La plus grande partie du H2S :(90 pour cent) est destinée à être brûlée et, de ce fait, transformée en anhydridesulfureux (S02), un gaz beaucoup moins toxique.De tels chiffres, s'ils paraissent importants à première vue, permettent aux spécialistes des Services de protection de l'environnement (SPE) d'affirmer sans crainte que l'usine de La Prade nesera pas une usine particulièrement polluante.En effet, ces chiffres sont presque dérisoires en regard des 150 tonnes de H2S déversées chaque jour remment, il ne s'agit pas d'une procédure particulière au cas de l'usine La Prade.Le fait est que les règlements prévus par l'article 22 de la Loi de la qualité de l'environnement ne sont pas encore en vigueur.En ce sens, le ministre endosse la recommandation du Conseil à l'effet que les études d'impact devraient à l'avenir précéder l'étape de la planification dans des projets de ce genre.Par ailleurs, et c'est aussi remarquable, il semble que peu de choses aient été faites pour impliquer la population dans un projet dont les retombées économiques seront con- 9 sidérables: 1 500 emplois pendant la construction de l'usine et 400 lorsqu'elle fonctionnera.Le Comité de citoyens de Gen-tilly aura dû faire une requête auprès du Conseil consultatif pour savoir exactement à quoi s'en tenir quant aux conséquences possibles du projet et au développement futur de la région.On voit mal, du moins si on s'en tient à cet exemple, comment on pourrait s'attendre à des changements radicaux en ce qui concerne la qualité de l'environnement si la population n'est pas impliquée en tout premier lieu dans la gestion de cet environnement.Si l'on ne s'est pas assuré avec plus de conviction de l'accord de la population de Gentilly et de Bécancour, c'est peut-être que quelqu'un, quelque part, a péché par omission.Vincent Choquette EXPO-SCIENCE IA SCIENCE SUR IA PLACE PUBLIQUE De l'étude amateur des grenouilles jusqu'à la recherche professionnelle de pétrole, en passant par la construction d'un robot et la minéralogie, il y en avait pourtous les goûts à la dix-huitième Expo-Sciences de Montréal.Pour la première fois, celle-ci avait lieu hors du milieu scolaire, au Complexe Desjardins, et regroupait, outre les jeunes exposants, des sociétés professionnelles, des clubs amateurs ainsi que des universitaires.Ce large éventail de participants a illustré d'autant de façons la méthode scientifique, sous le thème «La Terre, astre vivant».Les kiosques des plus jeunes, du niveau secondaire, se distinguaient par leur agréable présentation, riches en couleurs et dessins.Aucune ressemblance avec les ternes rapports de laboratoire conventionnels, où les graphiques et les commentaires rivalisent en austérité.Les conclusions étaient parfois inattendues: suite à leurs recherches sur le poids et l'adiposité chez les adolescents, David Brown et Michel Laurin expliquent l'adiposité supérieure chez les filles par leur conditionnement au rôle de mère, ce qui les force bien souvent à s'occuper ménage et popotte plutôt que de participer à des activités sportives.Ou encore, Alain Fafard et Philippe Morel concluent leurs observations minutieuses du comportement des gerboises en déclarant que celles-ci agissent suivant leur tempérament, tout bonnement! L'alimentation a été abordée par plusieurs groupes.Après avoir travaillé sur la chaleur nutritive des aliments, Nathalie Bremshey et Marie-Claude Elie établissent qu'il faut deux cuillerées à soupe de noix pour parcourir un peu plus de trois kilomètres à bicyclette.Elles soulignent également que les protéines sont essentielles au bon développement de l'intelligence.On les retrouve dans la viande, les œufs, les noix, les céréales et les produits laitiers.Personne, malheureusement, ne s'est intéressé au «baloné», aux saucisses fumées et au ragoût en boîte, aliments qui, malgré leur faible valeur nutritive, sont pourtant consommés abondamment.La botanique et la biologie semblent avoir captivé davantage les étudiants.Seul Normand Delisle traite de chimie organique, dans son impressionnante recherche sur les anthocyanes du pétunia hybride, c'est-à-dire sur ce qui différencie un pétunia rouge d'un bleu.C'est grâce à ses aptitudes particulières qu'il travaille comme chercheur au département de chimie de l'LIOAM.tout en poursuivant son secondaire! Il a exécuté aussi quelques démonstrations spectaculaires à l'aide de fréon et d'azote liquide (fleurs cassantes, caoutchouc solidifié), le tout dans un nuage de vapeur d'eau.Sur les 49 jeunes participants, il y avait un nombre record de 34filles.Cela s'explique simplement: 18 kiosques 10 août 1978 / QUÉBEC SCIENCE f «ffi {'iU sur 25 provenaient de l'école Pierre-Laporte, de Ville Mont-Royal, à majorité féminine.Une seule équipe est issue de la CECM, et ses travaux ont dû être exécutés en dehors de l'école! Le document de la Centrale des enseignants du Québec (CEQ), École et lutte de classe, aurait-il raison?Les jeunes de milieux favorisés ne reçoivent-ils pas plus d'encouragement et ne disposent-ils pas de meilleures facilités pour mener à terme leur curiosité scientifique?Le niveau collégial n'était guère plus représenté: deux kiosques seulement.«Nous voulons démystifier le côté magique du phénomène et en donner l'explication scientifique», expliquent Louis Bernier, Luc Couture et Claude Dufresne à propos des «boules instables».Il s'agit de boules de naphtaline plongées dans une colonne d'eau acidifiée.L'acide réagit avec du bicarbonate de sodium pour former du gaz carbonique qui se fixe sur les boules.Celles-ci montent, portées par les bulles qui crèvent à la surface.Les boules redescendent et le processus recommence.Ils en ont profitépourexpliquer les divers liens chimiques, l'acidité, les révélateurs, la densité, etc.Les sociétés scientifiques du Québec étaient également présentes: on a abordé la botanique, la minéralogie, l'astronomie, la spéléologie, l'astronautique et les mathématiques.La Société québécoise d'initiatives pétrolières de même que le ministère des Richesses naturelles du Québec ont exposé l'état de leurs recherches.Le contraste entre les kiosques coûteux de ces organismes et ceux des amateurs est frappant: d'un côté des moyens matériels qui ne manquent pas, de l'autre des moyens réduits et.beaucoup d'enthousiasme.Les universitaires, pour une première fois, sont descendus de leur tour d'ivoire pour expliquer les glaciations, l'évolution de la vie, les processus de stratification, etc.Les géologues de l'UQAM, en grande partie grâce aux efforts de Jacques Major, ont pris contact avec Monsieur tout-le-monde.Les questions des non-initiés ont souvent été plus embêtantes que celles des spécialistes: par exemple, «pourquoi y a-t-il eu des glaciers?» Durant toute la semaine, des spécialistes ont pris la place des coqueluches pour tenir un tout autre discours aux quelque 100-150 personnes réunies chaque soir.C'est ainsi que Yvon Pageau, directeur du département des Sciences de la Terre de l'UQAM, a tracé les grandes lignes de l'évolution de la vie sur terre.Il procéda comme suit: condensons le temps d'existence de la planète (soit quatre à cinq milliards d'années) en une période d'un an.À cette échelle, la vie n'est apparu qu'au quatrième mois, sous forme d'unicellulaires très simples.Suit un lent processus de mutation, d'adaptation et de «complexification» des organismes vivants.«L'homme est apparu il y a à peine une minute.C'est nous! Bonsoir!», devait-il conclure.Pierre Richard, de l'Univer- sité de Montréal, a démontré comment on avait pu reconstituer la végétation du Québec sur 12 000 ans, grâce à l'analyse pollinique.En effet, chaque espèce végétale se reproduit à l'aide de pollen, dont les caractéristiques permettent de distinguer les espèces des unes des autres.Il suffit dès lors d'extraire le pollen des différentes couches du sol, dont on détermine l'âge, pour pouvoir retracer l'évolution de la végétation de l'endroit.En Gaspésie seulement, on estime qu'il netombe pas moins de 30 tonnes de pollen par saison! Pas étonnant qu'il en reste quelques grains, des milliers d'annéesplustard.Marc Durand, également de l'UQAM, a décrit la géologie de la région de Montréal à travers les problèmes concrets suscités par la construction du métro et des gros immeubles.Plusieurs ont souligné la présence de nombreuses failles, mais il a insisté sur la solidité du sol montréalais.Roger Pouliot a représenté l'École polytechni- * que: il a élaboré de façon assez sérieuse sur la minéralogie.La spéléologie et l'environnement arctique étaient aussi au programme, offrant ainsi d'autres facettes peu connues du Québec.Mais comment le public a-t-il réagi à cet afflux soudain de connaissances, venu parfois des hautes sphères?Le corps des retraités, en tout cas, grands habitués du Complexe Desjardins, a fourni un public régulier et très attentif aux exposés.Ils ont témoigné de leur appréciation, en soulignant cependant leur peu d'instruction.Bref, l'expérience de la place publique, malgré ses limites, en vaut sûrement le coup.Mais elle nereprésentequ'une infime partie du travail de vulgarisation à accomplir pour faire de la Terre un astre vivant.Pauline Gagnon ASTRONAUTIQUE MILITAIRE LES SATELLITES-TUEURS En 1963, l'Union soviétique et les États-Unis signèrent un traité interdisant l'essai d'armes nucléaires dans l'espace.Quatre ans plus tard, ils en signèrent un second, lequel interdisait le déploiement de telles armes dans l'espace.Est-ce à dire que l'espace sera dorénavant, un peu comme l'Antarctique, un lieu où seules seront admises les activités pacifiques?Non point.Car il est bien spécifié dans les accords qu'il s'agit d'armes nucléaires.Rien n'empêche d'envoyer dans l'espace des armes non nucléaires.Méfiance oblige, c'est précisément ce que l'on a fait.Ce sont les Américains qui ont commencé le bal.De fait, dès 1963, ils avaient lancé et dirigé un missile Thor près d'un étage de fusée en orbite basse.Il s'agissait de passer assez près de la cible pour simuler sa destruction par l'explosion d'une ogive nucléaire.Suite aux traités de 1963 et 1967, on a confié à la Vought Corporation, à Dallas, la mise au point de missiles à ogives conventionnelles qui seraient dirigées sur leur cible par détecteur infrarouge.On a procédé à deux essais, mais tous les deux ont échoué.On a finalement abandonné le projet, : car on ne croyait pas pouvoir î diriger l'intercepteur assez près de la cible pour que celle-ci soit détruite par l'explosion d'une ogive conventionnelle.Ne voulant pas être en reste, les Soviétiques ont créé dès 1965 une unité spéciale pour la défense spatiale (la PKO).On n'en entendit plus parler après la signature du traité de 1967, ce qui ne les empêcha guère de mettre à l'essai à partir de 1968, dans le cadre de la série Cosmos, leurs propres satellites intercepteurs.Les Soviétiques ont réalisé jusqu'à présent une trentaine d'essais.Si, à au moins huit ) reprises, il y a eu explosion du véhicule-intercepteur, celui-ci était toujours assez éloigné de la cible pour ne pas l'endommager.Quel intérêt auraient- i ils d'ailleurs à donner aux Américains quelque indice sur « la nature de leur arme?Fait sûrement significatif, les Soviétiques n'ont procédéà SC"“ QUÉBEC SC ENCE / août 1978 ’oillu I» M® %ie.l iiteis 'aup daiSi Oüét! ica-i ufein paè Lttt'j s»ti (lal* llSP?jiiaf e#: sjii^ die* sP'K1 |(S' fil^ # : La Recherche a des lecteurs dans 82 pays : il doit bien y avoir une raison La Recherche a une audience internationale parce que son contenu est international.Chaque mo'S.dans ses sommaires, des chercheurs du monde entier se donnent rendez-vous.La Recherche est une revue interdisciplinaire : elle vous offre chaque mois une synthèse de tout ce qui se casse d important sur tous les fronts de la recherche, de la biochimie à l'astrophysique.Offre spéciale* Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 numéros) à La Recherche au tarif de 23 dollars canadiens au lieu de 33 dollars.nom.adresse à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bd Lebeau, Ville-St-Laurent P.Q.H4N 1S2.Offre reservee aux particuliers, a I exception de toute collectivite aucun tir d’essai de 1972 à 1 975.Deux coïncidences sont révélatrices à cet égard.D’abord, l’arrêt des essais suit de peu l’annonce du projet américain de la navette spatiale.Les Soviétiques auraient-ils modifié leur stratégie en conséquence?Car la navette est très vulnérable aux missiles inter-cepteurs.De grande taille, elle gravite à environ 500 kilomètres de la Terre, altitude relativement faible à laquelle la plupart des essais d’interception soviétiques ont eu lieu.Seconde coïncidence, la reprise en 1 976 des essais soviétiques suit de peu la mise en orbite par les Chinois, en juillet 1975, de satellites, probablement de reconnaissance.Le rapprochement est d’autant plus plausible que l’orbite des intercepteurs soviétiques est plus propice à l’interception des véhicules chinois.nérables.Par exemple avec des piles solaires capables de résister à des températures élevées et à de fortes doses de radiation.Les piles solaires restent malgré tout exposées, et c’est pourquoi les Américains songent à utiliser des réacteurs nucléaires pour alimenter leurs satellites en énergie, domaine où les Soviétiques ont une très nette avance.Les Américains ont par ailleurs annoncé dès 1975 la signature d’un contrat avec la même Vought Corporation pour la mise au point d’un redoutable intercepteur de satellites.De petites dimensions — 30 centimètres de longueur par 20 centimètres de diamètre — il est conçu pour détruire un satellite par collision.Lancé par fusée ou par avion, il se dirigerait sur sa cible soit par radar, soit par détection à l’infrarouge, et ce Compte tenu de l’usage courant par les Soviétiques de réacteurs à fission nucléaire pour alimenter en énergie leurs satellites (le désormais célèbre Cosmos 954 en est un exemple), il n’est pas du tout impossible qu’ils puissent utiliser cette puissante source d’énergie pour émettre à partir d’un tel satellite de puissants faisceaux laser capables de détruire un satellite ou de le mettre hors d’état de fonctionner.La rumeur veut qu’en 1977 les Soviétiques se soient servis ainsi de lasers pour «aveugler» temporairement un satellite américain.Le ministère américain de la Défense a eu beau la démentir, ledoutesub-siste toujours.Aussi les Américains travaillent-ils actuellement à améliorer la résistance de leurs satellites et à rendre leurs systèmes de communications moins vul- même si la cible tente de manœuvrer pour l’éviter.Malgré tout, il ne faut pas exagérer l’importance stratégique des intercepteurs de satellite.Les satellites qui gravitent en orbite haute, comme certains satellites de navigation (20 000 kilomètres) ou les satellites de télécommunications (36 000 kilomètres), sont peu vulnérables aux attaques par intercepteur.Aussi est-il possible de placer sur orbite haute des satellites «obscurs», difficiles à détecter, lesquels peuvent remplacer des satellites en orbite basse qui auraient été détruits.Quant aux projets des Soviétiques.Pour éviter de se lancer dans une nouvelle course coûteuse aux armements, les Américains ont profité de la visite du Secrétaire d’État Cyrus Vance à Moscou en mars 1977 pour 12 août 1978 / QUÉBEC SCIENCE proposer aux Soviétiques un arrêt au développement des satellites-tueurs (à moins, naturellement, que ce ne soit pour essayer de tuer dans l'oeuf l'avance actuelle des Soviétiques dans le domaine).Ces derniers se sont montrés favorables à cette initiative, à la surprise même des Américains, et ont annoncé à la fin mars dernier qu’ils étaient En janvier dernier, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) rendait public les noms des premiers chercheurs qui ont été subventionnés dans le cadre du programme de subventions thématiques du CNRC.Il s'agit d'un nouveau programme axé sur trois domaines de recherche jugés d'intérêt national: l'énergie, la toxicologie et l'océanographie.83 bénéficiaires se sont partagés quelque $2 400 000.Plus de 450 chercheurs ont soumis une demande de subvention, la valeur totale de celles-ci s'élevant à $18 000 000.Jusque-là, rien d'étonnant, sans doute.Ce qui surprend, à l'analyse des chiffres, c'est la prêts à entamer des négociations à ce propos.Quoi qu'il en soit, il serait illusoire de croire que les deux super-puissances n'étendront pas aux confins de l'espace leur tentaculaire rivalité.De toute évidence, c'est d'ailleurs chose faite.Louis de Bellefeuille faible part du gâteau obtenue par les chercheurs québécois: en énergie, 5 subventions sur 38 (9,4 pour cent de la valeur totale), en toxicologie, 1 sur 24 (8,6 pour cent) et en océanographie, 3 sur 21 (17,9 pour cent).C'est dire que sur 83 subventions, seulement 9 furent accordées à des chercheurs québécois, qui n'ont reçu que 11,3 pour cent du montant global des subventions.Compte tenu du fait qu'environ 27 pour cent de la population canadienne habite le Québec, la disproportion saute aux yeux: elle ne saurait donc être attribuée à un quelconque hasard statistique.Ainsi les chercheurs québé- cois en fusion thermonucléaire, qui sont souvent des leaders dans ce domaine, n'ont reçu que $20 000, soit la plus faible des quatre subventions accordées pour les recherches en fusion.Au CNRC, cela serait dû au fait que les chercheurs québécois auraient fait relativement moins de demandes que leurs collègues des autres provinces.Ou encore on y justifie cette situation en soulignant que certaines provinces n'ont rien reçu du tout, à savoir Terre-Neuve (bien que 28 demandes émanaient de cette province), le Nouveau-Brunswick et le Manitoba.De toute façon, ajoute-t-on, le système d'évaluation par les pairs est le moins inéquitable de tous.Soit.Mais lorsqu'on connaît les liens d'amitié qui se nouent entre pairs — ce qui est d'ailleurs parfaitement normal — liens qui se nouent plus facilement entre gens de même culture, il y a tout lieu de craindre que les intérêts des groupes minoritaires comme les Québécois seront mal servis si seule l'évaluation par les pairs entre en ligne de compte pour l'octroi des subventions.Ne présumons guère des intentions des responsables du programme.Souhaitons seule- ment qu'après ce faux tir ils sauront apporter au plustôt les correctifs nécessaires.Et que le son de cloche sera différent en octobre prochain lorsque sera annoncée la prochaine tranche de subventions thématiques du CNRC.Louis de Bellefeuille.INDUSTRIE QUI FAIT QUOI AU QUÉBEC Jusqu'à tout récemment, celui qui voulait savoir où se fabriquait tel ou tel objet manufacturé au Québec devait consulter un répertoire ou un catalogue rédigé en anglais et par surcroît originaire de l'Ontario.L'acheteur ou l'agent d'approvisionnement, qu'il appartienne à une compagnie privée ou au secteur public, se référait généralement aux répertoires Fraser, Scott ou Pan Canadian Trade Index, qui débordent largement d'ailleurs le domaine des produits manufacturés.Dans certains de ces répertoi- RECHERCHE SCIENTIFIQUE LES IMPAIRS DES PAIRS CKRL-MF 89,1 station de radio communautaire, à but non lucratif, safe 00r ^ - Depuis cinq ans, il existe à Québec une station de radio MF qui possède des objectifs de travail fort différents de ce qui existe, à l'heure présente, au sein du milieu des télécommunications.Sa programmation, son fonctionnement interne, de même que la participation du milieu à ses activités radiophoniques et à son financement, illustrent, de façon concrète, ces mêmes objectifs.Quelque 90 producteurs bénévoles y réalisent hebdomadairement 125 heures de programmation.De par son radio différente.mandat, CKRL-MF est une CKRL-MF, suite 0447, Pavillon de Koninck, Université Laval, Ste-Foy, P.Q.G1 K 7P4.i list ik ii:i k ita) Uii fils U® : Ét ‘ till tot toll *0 iso fej i%t "Iti Gils 'ta fttl fjjl SStIC! fis hk % .11 s s St % \ s QUÉBEC SCIENCE / août 1978 13 T ( 7.t.A 'I ' 8' 7f.r pi, n .î F.’ J»u*i d’ P’ H OU' L *.sY- R Pr
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.