Québec science, 1 janvier 1979, Janvier
183 Volume 17, numéro 5 JANVIER 1979 $175 ?i \ / ALLEGRO La SinZ vdu 9à5 ?\ Æ LE CHARBON VERT IA FEMME BIOLOGIQUE • UNE ARCHITECTURE SANS BARRIERES UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À TROIS-RIVIÈRES QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.© Copyright 1978 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l’Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Raymond Robitaille composition typographique Andrée-Lise Langlois maquettiste Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard Claire D’Anjou diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur liée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $17.00 Groupe (10 et plus): $15.00 À l'étranger: $21.00 A l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à Tordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE Sommaire 4 Courrier 6 Démographie Des chiffres-dynamite Viticulture Opération raisins 9 Génétique Un sexe au-dessus de tout soupçon 10 Agriculture De la canne en morceaux 11 Recyclage Des minounes en or Sociobiologie L'enveloppe et la brindille 13 Paléontologie Né de père inconnu 47 Économie Le maillon le plus faible 48 Recherche Le Nord déménage dans TOuest Communications Suicide à la une 49 Aérodynamique Le vent dans les voiles 52 Ces chers ancêtres 55 Parutions récentes 57 En vrac 16 La fin du 9 à 5 Jacques Larue-Langlois Les mille et une façons d'aménager son temps de travail 26 Une architecture sans barrières René Viau Allons-nous vers une architecture plus sécuritaire, plus accessible, qui profiterait à tous?32 La femme biologique Jean-Pierre Rogel Après des siècles de préjugés, on réhabilite la nature biologique de la femme 42 Le charbon vert André De!is le Un combustible bien de chez nous pour diversifier nos sources d'énergie 4 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE "I PROGRAMMES DE BACCALAURÉAT ET DE CERTIFICATS PROGRAMMES RENSEIGNEMENTS (Code régional.514) Baccalauréat en biochimie (B SC.)' 282-6960 Baccalauréat en biologie (B Sc )' — Options biologie moléculaire écologie 282-7105 Baccalauréat en chimie (B Sc.)' — Options chimie chimie industrielle 282-4741 Baccalauréat en géologie (B Sc ) 282-7285 Baccalauréat en géographie physique (B.Sc.) 282-7285 Baccalauréat en informatique de gestion (B Sc A )' 282-7812 Baccalauréat en mathématiques (B.Sc.)' — Options statistiques et recherche opérationnelle informatique mathématiques fondamentales autres, administration, économique, biologie, physique, sciences de la Terre.282-6907 Baccalauréat en physique (B.Sc.)’ — Options physique géologie météorologie.282-7824 Baccalaureat d'enseignement (B.Sc.)’ — biologie — chimie — mathématiques — physique 282-7105 282-4741 282-6906 282-7824 Baccalauréat d'enseignement en électrotechnique (B.Sc.A.)' 282-6963 Baccalauréat d'enseignement en technique de la mécanique (B.Sc.A.)' 282-6963 Certificat de premier cycle en méthodes quantitatives' 282-6907 Certificat de premier cycle en sciences de l'environnement' 282-6963 Les programmes marqués d'un astérisque peuvent être suivis entièrement à temps partiel.CONDITIONS D'ADMISSION À CES PROGRAMMES.— Posséder un diplôme d'études collégiales (D E C.) ou l'équivalent ou — Posséder des connaissances appropriées, une expérience pertinente et être âgé d’au moins vingt-deux ans.DATES LIMITES DES DEMANDES D'ADMISSION.— Temps complet .1 er mars 1 979 — Temps partiel .1 er juillet 1 979 POUR SE PROCURER LE FORMULAIRE DE DEMANDE D'ADMISSION.Bureau du Registraire, Service de l'Admission.Case postale 8888, Succursale "A", Montréal.Qué.H3C 3P8 .Tél .282-7151 Université du Québec à Montréal COURRIER.DANS LES ÉTOILES Ce fut pour moi une très grande joie de découvrir votre magazine Québec Science.Ce premier numéro que j'ai acheté (et ce ne sera pas le dernier) fut celui de novembre 1978.Mon nouveau hobby étant l'astronomie, j'ai adoré votre article traitant de la «fatigue ou l'expansion de l'univers».Votre article sur le gaz naturel au Québec était aussi un petit bijou.Si je vous écris aujourd'hui, c’est que j'aurais besoin de quelques renseignements afin de faire de nouveaux pas comme «astronome amateur».Voici les questions auxquelles j'aimerais que vous me répondiez (si cela est possible) par l'entremise de votre «Courrier aux lecteurs».1.Où pourrais-je m'adresser pour obtenir un éphéméride des planètes et de comètes pour 1979 (en langue française, si possible) ainsi qu'une planisphère céleste?À quel prix?2.Quelle est l'adresse du planétarium de Montréal?Est-ce que le planétarium a dans ses buts l'aide aux astronomes amateurs?Si oui, qu'offre-t-il à ceux-ci?Quels sont ses moyens d'action?3.Existe-t-il un club d'astronomes amateurs au Québec?Si oui, quel en est son adresse et comment peut-on y adhérer?Denis Grenier Shawinigan 7.Un éphéméride pour l'année 1979 vous est fourni par la Société d'astronomie de Montréal (3860 est, rue Rachel, Montréal HIS 1Y9.254-1224), dans sa publication annuelle Annuaire astronomique de l'amateur qui coûte $3.50.Le Centre de Québec de la Société royale d'astronomie du Canada (C.P.9396, Sainte-Foy, Québec, GIV 4B5) publie quant à /u/TAImanach graphique, qui est un tableau synthèse de l'activité céleste, disponible gratuitement.Vous pourrez vous procurer également à la Société d'astronomie de Montréal un cherche-étoile qui donne pour chaque jour de l'année et chaque heure la carte du ciel que vous pouvez observer.// se vend approximativement $15.2.Le planétarium Dow, qui est intégré au Service des loisirs de la ville de Montréal, est situé au 1000 ouest, Saint-Jacques, Montréal.Aucun service n'est fourni à l'extérieur des spectacles qui y sont organisés.3.Il existe au Québec une quinzaine d'associations régionales d’astronomes .COURRIER QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 5 (Il - i liera életü lO® éai le»- ionili i»iîl ¦ joe.îilfll! ;eij» y* pii licite | MS ilelp | y* te- { tp» îseli | ntaise j spfee ! COURRIER.amateurs.Ces associations ont fondé, if y a deux ans, l'Association des groupes d'astronomes amateurs (1414 est, rue Jarry, Montréal, H2E 2Z7).Dans votre région, H y a une association régionale d'astronomes amateurs à Trois-Rivières.Vous pouvez rejoindre cette association en communiquant avec M.Mario Groteau, au 3070, rue Talbot, Trois-Rivières, G8Y 2J5.LES INSECTES DU QUÉBEC Tout d'abord je tiens à vous dire que c'est toujours avec grand intérêt que je prends connaissance des différents articles contenus dans votre magazine.Si je m'adresse à vous aujourd'hui, c'est pour savoir s'il existe un livre en français qui me permettrait d'étudier et de classer les insectes du Québec.iliitf llillM monte ûilï-l'J nions lente1 ?lt-0111 ,10 il/0 HiM jji»5-’ iSi# iP infi" # Andrée Leblanc Victoriaville Le ministère de l'Agriculture a réédité en 1974 un Guide de l'amateur d'insectes 70 pages, $1.00, chez l'Éditeur officie! du Québec.De plus, le Camp-école de Chi-cobi (Guyenne, Abitibi-ouest, Québec, JOY 1 LO) a publié en 1977 dans sa collection «Techniques en sciences naturelles,,, un excellent guide intitulé Les insectes qui traite de la pratique de l'entomologie.Pour connaître toute autre publication pertinente sur ce sujet, vous pouvez vous adresser à l'Association des entomologistes amateurs du Québec (2400, chemin Sainte-Foy, Sainte-Foy, Québec, GIVI T2) qui publie, entre autres, une revue: Fabrerie.f0li: S#.(S# 'tsfl11 ni/ SI LA TECHNOLOGIE ENVAHIT LA CAMPAGNE Je voudrais vous féliciter pour la qualité de votre revue et la diversité de vos articles.Bien entendu, on ne peut pas toujours être tous d'accord sur un même sujet; c est pourquoi j'ai tenu à vous faire parvenir quelques idées en rapport avec I article de M.Fleury paru en septembre.J aimerais proposer quelques réflexions sur I article de M.Jean-Marc Fleury, Le défi rural paru dans Québec Science, volume 17, numéro 1.À mon avis, une bonne analyse du milieu rural devrait débuter par une définition, selon l'auteur, de son sujet.COURRIER.Qu'est-ce qui définit le milieu rural comme tel?Non seulement géographiquement, mais sociologiquement, économiquement et aussi écologiquement.On devrait aussi différencier ces espaces ruraux selon certaines caractéristiques établies dans leurs définitions, car l'on ne peut traiter de la campagne chinoise comme de la campagne française et des régions du sud du Québec, comme celles du nord.Ces deux traits manquants rendent l'article ambigu et souvent dangereux.En recherchant le but d'un tel article, il est surprenant d'y retrouver un si vif intérêt pour «les pauvres de la campagne» ou «la nécessité de créer des conditions de vie acceptables pour eux».D'où sortent ces idées englobantes.On ne pourra pas «plier» la technologie aux exigences rurales, on ne fera que l'implanter.Il me semble évident que les termes de technologie ou développement rural, ne signifient qu'lndustrialisation, nous y voilà.Bien naturellement, les régions fortement productives seront considérées les premières, ainsi la hiérarchie s'établira sur le rendement; où est l'équilibre?À mesure que les besoins grandiront, les dirigeants ouvriront les yeux plus grands, regarderont des régions non exploitées et trouveront des moyens pour en ressortir le maximum possible grâce à la technologie.L'échange est proposée, on vous donne des commodités, vous nous donnez vos ressources.Il y a trois siècles nos ancêtres employaient le troc des petits miroirs pour amadouer les Indiens, rien de nouveau.Il ne faut pas chercher dans l'exploitation maximale de toutes nos ressources la réponse à la demande, il faut plutôt réviser cette demande.Finalement, on nous affirme «l'humanité n'a pas le choix».La phrase miracle, la bouée de plomb à laquelle on s'accroche, alors allez-y mes frères, plongez dans l'un des derniers bassins écologiques.Malheureusement, tout éclabousse, se disperse et le réservoir se vide.Pierre Laforte Ottawa Votre crainte que Ton se contente de transférer dans les campagnes les techniques urbaines actuelles me semble tout à fait justifiée: c'est ce qui s'est produit jusqu'ici et ce que Le défi rural dénonce.Par contre, la révolution scientifique et technique affecte inévitablement les campagnes.Au Heu de s'enfer- 0 COURRIER.mer dans le passé et de résister à tout changement, H me semble que le monde rural survivra plus facilement s'il se dote d'une dynamique technologique propre.Plus la campagne supposera de techniques qui respecteront ces caractéristiques, plus elle aura de chances de garder ses habitants et de se développer d'une façon distincte et originale, face au dynamisme de la ville.Jean-Marc Fleury CROISEZ ET MULTIPLIEZ J'ai beaucoup de plaisir à lire Québec Science.Les articles sont toujours très intéressants.Bravo.J'aimerais, si c’est possible, connaître par quel procédé ou de quelle manière arrive-t-on à faire un croisement entre les plantes pour en arriver à une nouvelle génération, soit de fleurs ou de légumes, etc.Est-ce par greffe ou autre, et à quelle source puis-je me renseigner?Avez-vous déjà traiter du sujet dans Québec Science?Si non, avez-vous l'intention d'en faire un article ou connaissez-vous un ou des livres touchant ce sujet?Je vous remercie à l'avance de tout renseignement qui pourrait m'éclairer sur le sujet.Raynald Dumont Boucherville La chronique La tête en Ueuts du numéro 3 du volume 17 de Québec Science (novembre 1978, page 6) traitait des procédés de multiplication des plantes, soit par bouturage, division des touffes, marcottage ou greffage.Le croisement des plantes nécessite toutefois davantage de connaissances de la génétique des plantes qui nous intéressent.Le Dr Marc Trudel.à la faculté d'agronomie de l'université Laval, s'intéresse depuis quelques années, avec son équipe, à la recherche sur ce sujet, plus particulièrement en ce qui concerne les tomates.Le Dr Trudel pourrait vous fournir des renseignements utiles sur les croisements.En attendant, voici quelques titres de livres sur ce sujet: Propagation of Plants, par M.G.Kains et L.M.McQuesten, Orange Judd Publishing, New York; Plant Propagation,par7/.T.Hartmann et Dale F.Kester, Prentice-Hall Inc., New Jersey: L'art de bouturer, V.D.Heede et F.Lecourt, Maison Rustique, Paris: La pépinière, tome 1, par G.Krussmann, Maison Rustique, Paris.COURRIER .COURRIER .COURRIER 6 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE DÉMOGRAPHIE DES CHIFFRES-DYNAMITE «La démographie nous amène au cœur de choses intolérables.» Louis-Edmond Hamelin, directeur du Centre d'études nordiques de l'université Laval et auteur de Nordicité canadienne (Hurtubise HMH, 1975), ne l'envoie pas dire.L'étude qu'il vient d'effectuer sur la population des Territoires-du-Nord-Ouest jusqu'en 1985 dépasse le simple exercice de comptabilité — même si l'exercice en soi n'était pas nécessairement facile à faire — et met en lumière des vérités parfois brutales.En 1970 par exemple, les Déné et les Inuit représentaient 48,7 pour cent des 15-65 ans de la population dite permanente (un an et plus de résidence dans les Territoires), mais n'occupaient que 15,5 pour cent des emplois rémunérés.Étendus à l'ensemble de la population, permanente et de passage, ces chiffres passaient respectivement à 38,2 et 9,6 pour cent.Selon la façon de présenter les données, d'expliquer Louis-Edmond Hamelin, on doit considérer que les Amérindiens sont chômeurs dans une proportion variant entre la moitié et les trois quarts.Et compte tenu des projections démographiques qui ressortent de l'étude, «il faudra trouver (d'ici 1985) 5 000 nouveaux emplois et un autre 5 000 dans le cas où les Amérindiens acquièrent un faciès de participation à la main-d'œuvre et un taux de non-chômage comparable à celui des Blancs».Quand on les rapporte à une population permanente qui devrait être, en 1985, de 57 355 personnes, ces chiffres montrent l'ampleur du problème de l'emploi et révèlent la nature du «développement» que le Sud apporte au Nord canadien — un espace où les Blancs continuent de s'implanter dans un mouvement démographique qui équivaut à «refouler» les Amérindiens vers le nord.Dans le Moyen-Nord, montre encore l'étude de Louis-Edmond Hamelin, les Déné et les Inuit représentaient 27 pour cent de la population en 1977, mais n'en représenteront plus que 24 pour cent en 1985; dans le Grand et l'Extrême-Nord par contre, ils passeront de 73 à 75 pour cent de la population au cours de la même période.De façon globale d'ailleurs — et ces autres résultats ont aussi leur petit côté dynamite — on assiste à une minorisation progressive des Amérindiens dans les Territoires-du-Nord-Ouest: ils sont passés de près de 54 pour cent de la population totale en 1966 à 48,5 pour cent en 1976, la proportion prévue pour 1985 étant de 46,5 pour cent.Et cela malgré un taux d'augmentation naturelle de la population plutôt élevé et stable, contrairement à ce qui se passe avec l'immigration: l'instabilité des développeurs (l'euphorie du Centenaire a amené un flot de «political money» et d'immigrants il y a une dizaine d'années, mais les années de vaches maigres ont vu par la suite le robinet se refermer), cette instabilité, donc, crée une «évolution saccadée» de la démographie des Territoires-du-Nord-Ouest.Autre résultat intéressant ressortant de l'étude dont Louis-Edmond Hamelin a présenté les grandes lignes lors du colloque sur «les contraintes au développement du Moyen-Nord» tenu à l'Université du Québec à Chicoutimi en octobre dernier: le type de développement induit dans cette région a, entre autres, pour effet de provoquer une concentration de la population autochtone dans des villages de plus en plus gros.Alors qu'en 1961 la très grande partie de la population résidait dans des villages de 50 à 300 habitants et qu'il n'existait aucune agglomération de plus de 6 000 personnes, la majeure partie de la population se retrouvait, en 1977, dans des villages de 750 habitants et plus.Plus de 20 pour cent de la population résidait, cette année-là, dans une agglomération de plus de 6 000 habitants, Yellowknife, qui «a capté, depuis dix ans, 63 pour cent de toutes les migrations territoriales nettes».Ce phénomène de «concentration urbaine» (dont le chercheur situe le seuil, en milieu nordique, à 750 habitants) a un impact considérable sur le mode de vie traditionnel des autochtones: en plus de tous les phénomènes sociaux propres à la vie «urbaine», l’approvisionnement par la chasse devient plus que problèmatique pour ces populations trop regroupées.Seuls y gagnent les développeurs du Sud, qui économisent sur le coût des services offerts.Parmi les nombreuses suggestions effectuées par Louis-Edmond Hamelin à la suite de cette étude démographique sur les Territoires-du-Nord-Ouest, relevons pour finir celle de la diminution de la population flottante de cette région (106000 personnes y sont passées entre 1962 et 1977.) et celle du respect du mode de vie traditionnel des Amérindiens, notamment de leur polyethnicité.À ce propos, Louis-Edmond Hamelin raconte avec un brin de désabusement qu'au cours de ses travaux à YelloWknife, il avait un jour réclamé qu'un document officiel intéressant au premier chef Déné et Inuit, mais rédigé bien entendu en anglais, soit traduit.Qn n'avait fait ni une ni deux: quelques jours après, on lui présentait une traduction du document en question.En français.Yanick Villedieu VITICULTURE OPÉRATION RAISINS À Rougemont, le 14 octobre 1978, l'an 1 du ban des vendanges québécoises a été célébré dans le faste et selon tous les rites de cette tradition venue tout droit des pays où Ton «élève le vin» à la gloire de Dieu, pour le plaisir de l'homme.Cette cérémonie venait couronner non pas tellement une récolte de raisins mais la première année d'un plan quinquennal de recherches intensives sur la culture de la vigne.Cette recherche a été entreprise par les Vignobles Chan-tecler Ltée, une filiale de la Cidrerie du Québec.Le coût total du projet est de $250000, soit $50000 par année, et il est défrayé conjointement par les ministères de l'Agriculture fédéral et provincial et par la maison Chantecler.Pour mener à bien ce projet, on a retenu les services du vigneron Michel Croix et de l'œnologue Jean Berthelot.Pourquoi s'intéresse-t-on tout à coup à la culture de la vigne au Québec?Le but visé par Chantecler, selon son président M.Jean-Denis Côté, est de «mettre sur le marché d'ici quelques années des vins de fabrication entièrement québécoise de première qualité et à prix abordables».Et qui dit «prix abordables» dit contrôle sur le prix de revient de la matière première et facilité d'approvisionnement.Cette «opération raisins» tire son origine du fait que les vins actuellement produits au Québec le sont à partir de matière première importée: du moût, du raisin ou du concentré.Pour leur part, les sept vins différents produits par Chantecler proviennent de moûts frais QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 7 importés d'Europe et sélectionnés sur place.Ces moûts sont vinifiés (fermentés) au Québec.Cultiver la vigne en terre québécoise, c'est combler cette lacune qu'est la dépendance sur le plan de l'approvisionnement.Selon M.Jean Berthelot, un œnologue qui est également maître de chai, à la fois pour le vin et pour le cidre: «La culture de la vigne commande un sol graveleux: un mélange de gravier et de terre légère.Une terre argileuse rend le drainage difficile et conséquemment entraîne le pourrissement des racines de la vigne.«Mais un sol graveleux ne suffit pas, poursuit-il, il faut compter sur l'ensoleillement.Ces deux conditions indispensables, après études géologiques et météorologiques, nous les avons trouvées réunies à Saint-Bernard de Lacolle, Ri-gaud, Saint-Jean-Baptiste et Rougemont.«La vigne a un cycle végétatif très rapide: 185 jours.Nos premières expériences portent et porteront chaque année sur une vingtaine de vignes hybrides et de «vinifera».Dans un premier temps, nous avons procédé par analogie.Nous avons mis en parallèle les régions «choisies» du Québec avec certaines régions d'Europe réputées assez froides.En Alsace, par exemple, les vendanges se terminent parfois avec de la neige.C'est direqu'il y a là-bas de très bons cépages (plants de vigne) résistants au froid et très précoces.«L'ennemi de la vigne, ce n'est pas tant la neige que les gelées printanières.Une fois la récolte terminée et les feuilles tombées on chausse le pied de vigne en lerecouvrantdeterre.lesquelles nous planterons les «Nous avons déjà «repéré», La neige qui viendra plus tard cèpes.Ces feuilles de plastique poursuit l'œnologue Berthelot, servira d'isolant.auront le double avantage de trois variétés dites «de rouge» «Pour contrer les gelées, maintenir le degré d'humidité et deux de «blanc» qui donnent nous envisageons d'utiliser à et de chaleur nécessaires tout des résultats satisfaisants.» titre expérimental des feuilles en empêchant l'herbe de pous- Le plan de recherche sur de plastique noir à travers ser.cette culture intensive de la i fc t.: y.•!' s ^ PROGRAMMES DE BACCALAURÉAT EN TECHNOLOGIE Le vigneron Miche! Croix (à gauche) et le président des vignobles Chantecler, M.Jean-Denis Côté, examinent les premières grappes de raisin.ÉLECTRICITÉ MÉCANIQUE CONSTRUCTION CIVILE Université du Québec Ecole de technologie supérieure 180 est, rue Ste-Catherine, Montréal, Québec.Tél : (514) 282-7784 1 8 vigne prévoit qu'avant la fin du plan quinquennal environ quatre hectares seront devenus vignobles.Au terme de l'expérience, les propriétaires de ces lopins de terre loués par Chan-tecler pour cinq ans seront libres de continuer à cultiver la vigne ou d'utiliser leur sol à d'autres fins.Advenant le cas où les sols propices recensés au cours janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE des recherches géologiques et climatiques seraient entièrement consacrés à la culture de la vigne, il serait possible de cueillir annuellement une quantité suffisante de raisins pour produire neuf millions de litres de vin.Le vin de table est actuellement consommé au Québec à raison de 36 millions de litres par année et selon certains indices il semble que cette consommation soit en voie d'augmenter dans une proportion pouvant atteindre 50 pour cent au cours de la prochaine décennie.C'est dire que la production du vin québécois y trouverait largement son compte et que sa rentabilité serait assurée.Charles Meunier NOUVEAU PROGRAMME BACCALAURÉAT EN BIOCHIMIE (B.Sc.) Large ensemble de cours de biochimie, de biologie et de chimie, le programme aide à assurer une formation interdisciplinaire répondant aux exigences de la biochimie.L'organisation de stages et d'activités reliées à des domaines d'application (biochimie de l'alimentation, biochimie médicale) donne au programme une orientation appliquée.CONDITIONS D'ADMISSION.— Posséder un diplôme d'études collégiales (D E C.) ou l'équivalent.Cours de niveau collégial exigés: • Mathématiques.103,203.• Physique.1 01,201,301.• Chimie.101,201.• Biologie.301.— ou Posséder des connaissances appropriées, une expérience jugée pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux (22) ans.PROGRAMME NON CONTINGENTE.— Tous les candidats répondant aux conditions d'admission sont admis.DATES LIMITES DES DEMANDES D'ADMISSION Temps complet .1er mars 1979 Temps partiel.1 er juillet 1 979 RENSEIGNEMENTS SUR LE PROGRAMME — Famille des Sciences, 1200, rue St-Alexandre, local 1200, C.P.8888, Succursale "A Montréal, Qué.H3C 3P8, Tél.(514) 282-6960.FORMULAIRES D'ADMISSION.Bureau du Registraire, Service de l'Admission, 1187, rue Bleury, local 2930, C.P.8888, Succursale "A Montréal, Qué.H3C 3P8, Tél.(514) 282-7161 Université du Québec à Montreal Lors de compétitions sportives importantes, comme les Jeux olympiques par exemple, les experts ont désormais recours à des tests pour s'assurer de la féminité des athlètes.Telle femme présentant des caractères secondaires masculins est-elle vraiment une femme?Un moyen de le déterminer est d'examiner les chromosomes de chacun.En effet, une caractéristique observable au niveau des chromosomes sexuels permet de distinguer les deux sexes.Ce sont les corpuscules de Barr.Deux jeunes pathologistes canadiens, M.L.Barr et E.G.Bertram, ont découvert en 1949, en travaillant sur les cellules nerveuses d'une chatte, une toute petite tache noire collée sous la membrane du noyau cellulaire.On observe par la suite la même structure dans tous les tissus et pour tous les animaux, y compris l'homme.Ce corpuscule de Barr se rencontre presque uniquement dans les cellules féminines et correspond au chromosome X inactif.La cellule sexuelle de la femme, l'ovule, contient tou- 1 QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 GÉNÉTIQUE pou» îsJmi plia [(CM rerifeï M' m icw-1 JF'iS.# ec®, (IM i*j ¦ ¦ IllSÏ self JifS1 ÿl eiM UN SEXE AU-DESSUS DE TOUT SOUPÇON tient intellectuel inférieur à la moyenne.Mais ce syndrome ne démontre aucune anomalie jours le chromosome sexuel X, tandis que dans celle de l'homme, le spermatozoïde, on retrouve le chromosome sexuel X ou Y.Au moment de la fécondation, lorsque deux cellules sexuelles qui possèdent le chromosome X se rencontrent pour donner un enfant de sexe féminin, un des deux chromosomes, celui d’origine paternelle ou maternelle au hasard, devient inactif dès la deuxième semaine du développement embryologique.Cette hypothèse, défendue par Mary F.Lyon dès 1961, expliquerait que la femme, bien que possédant deux chromosomes X, n'a pas une double dose de ces mêmes gènes.Cet X inactif, souvent appelé le X dormant, se présente sous une forme condensée plutôt que déballée et correspond au corpuscule de Barr.Ainsi, une femme normale ayant 44 chromosomes «ordinaires» et deux chromosomes sexuels XX aura dans ses cellules un corpuscule de Barr, tandis que les cellules de l'homme normal n’en contiendront aucun.Cependant, on observe parfois dans les cellules de certaines femmes la présence de plus d'un corpuscule de Barr ou au contraire aucun, et il arrive qu'un homme possède un corpuscule de Barr dans ses cellules.On peut observer ces aberrations en examinant, au microscope optique, les cellules de l'épithélium buccal que l'on a recueillies avec une spatule, puis que l'on a étalées sur une lame et colorées.Dans le cas d'une présumée femme, si on trouve un corpuscule de Barr, l'athlète est bien génétiquement une femme et est autorisée à participer aux épreuves féminines.Mais il arrive qu'on ne trouve pas de corpuscule de Barr et une formule chromosomique XY: on en est donc indubitablement en présence d'un homme, au sens génétique, même si l'athlète ne présente que des caractères féminins.Ce syndrome porte le nom de féminisation testiculaire car un examen gynécologique approfondi révélera la présence de testicules, malgré l'existence de seins développés, du périné et du petit vagin.Mais cette technique ne s'applique pas qu'aux athlètes.Elle permet aussi d'étudier d'autres aberrations chromosomiques.Les deux plus connues sont celle du syndrome de Turner et celle des triple X ou superfemelles.Découvert en 1938 par Turner, ce syndrome se caractérise par une formule chromosomique de 44 autosomes et d'un seul chromosome sexuel.Ces femmes ont une taille au-dessous de la moyenne, soit entre 1,4 et 1,5 mètre.Elles ont généralement un cou palmé élargi à la base et ont de la difficulté de fermer les bras le long de leur corps.Les seins ne se développent pas, la pilosité pubienne est nulle, les organes génitaux demeurent dans un état infantile, les ovaires sont réduits à de simples masses fibreuses.Ces femmes ne sont jamais menstruées.Du point de vue hormonal, on constate un faible taux d'oestrogène.La fréquence de ce syndrome est d'un cas sur 3 000 femmes.Deux corpuscules de Barr chez une femme révéleront une formule chromosomique 3X.Dans la majorité des cas, ces femmes possèdent un quo- morphologique évidente qui permette de dire à coup sûr, comme dans le cas du syndrome de Turner, le type d'aberration chromosomique dont la personne est atteinte.La fréquence est de 0,1 pour cent.La recherche sur les aberra tions chromosomiques se pour suit actuellement dans plusieurs pays du monde.En attendant, ce petit examen des cellules de la bouche se généralise dans toutes les compétitions sporti ves d'envergure; on évitera ainsi qu'un homme, même s'il ne se sait pas tel, prenne la place des femmes dans un sport.Roberto Agro 4 N 3 (YTM s 10 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE AGRICULTURE DE LA CANNE EN MORCEAUX C'est au cours de vacances aux Antilles dans les années 60, alors qu'il visitait une sucrerie, que le comptable albertain Bob Miller remarqua la résistance de la canne à sucre sous la pression de cylindres d'écrasement.Pourquoi ne pas séparer l’écorce et les fibres de la canne au préalable, se demanda-t-il.Son associé en affaires, Ted Tilby, un architecte bricoleur, saisit l'idée au vol.De retour au Canada, il se mit à construire un séparateur de canne à sucre.C'est une machine simple qui débite à haute vitesse les tiges en trois parties: l’écorce extérieure, la couche externe cireuse ou épiderme, et le noyau central de consistance molle, la moelle.Auparavant, la canne était écrasée en cascade, sous de lourds cylindres.Une fois le jus extrait, on utilisait les débris ou bagasse pour les convertir en carburant.Avec le séparateur de Tilby et Miller, l'enlèvement de l'écorce avant extraction du jus demande moins d'énergie et on récupère les fibres plutôt que de les broyer.Mieux, on en utilise une partie pour fabriquer des panneaux de bois agglomérés.Ce séparateur d'origine canadienne n'est pas sans concurrents dans tous les pays qui produisent de la canne.Il a toutefois le grand avantage de tirer profit des sous-produits de la canne en fabriquant du bois aggloméré à bon marché, ce qui est intéressant pour un pays comme La Barbade qui importe beaucoup de bois de construction.C'est sans doute ce qui explique que, bon gré mal gré, l'invention de Miller et Tilby a réussi à s'implanter dans les usines gouvernementales de ce pays, au terme d'un projet financé par l'Agence canadienne de développement international.L'ACDI a d'ailleurs investi 11 millions de dollars de nos deniers publics Un séparateur canadien de la canne à sucre permet de mieux utiliser les déchets de la canne à sucre à La Barbade.: : 5^; y - •J y vvv depuis 1969 dans ce projet.Outre l'établissement de la viabilité commerciale du séparateur, l'Agence vise à évaluer les répercussions éventuelles de cette technologie sur l'économie des pays en voie de développement.La mise au point du séparateur n'a pas été sans péripéties.Sans système de nettoyage, il semble que la machine se grippait constamment.Après divers ennuis, la compagnie des deux inventeurs déclara faillite en octobre 1974; la Société canadienne des brevets et de l'exploitation céda en 1975 une licence à deux autres compagnies canadiennes.Les La cosmogonie récréative SCIENCE POUR TOUS ED TONS LH MOSCOU • Synthèse des données concernant l’origine et le développement des corps célestes et leurs systèmes.• Autrefois purement spéculative, la cosmogonie contemporaine commence à s’appuyer sur des faits, à user de données d’observation.• N'appartient-il pas à chacun de nous de réfléchir sur les canaux de Mars, les mystérieux signaux du cosmos, les énigmatiques quasars, les hypothétiques «trous noirs» ou.aux films fantastiques sur les «souvenirs du futur»?SCIENCES POUR TOUS ou LA VULGARISATION SCIENTIFIQUE SOVIÉTIQUE En vente dans toutes les librairies ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: Librairie Nouvelles Frontières 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 PÉKELIS.V.: Les possibilités de l’homme, 271 pages, broché.1977 NOVIKOV, E.: La planète des énigmes (la terre), 325 pages, broché, 1978 KONDRATOV.A.: Les mystères des trois océans, 316 pages, relié.1975 ZÉLÉNINE.V.: Guide de santé du cœur et des artères.240 pages, broché, 1966 OPARINE.A.: L’origine et l’évolution de la vie.333 pages, broché.1977 TOMILINE.A.: La cosmogonie récréative.270 pages, broché.1978 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ .NOM .ADRESSE.VILLE.CODE POSTAI.?$ 3.15 ?$ 4.75 ?$ 3.10 ?S 3.50 ?$ 2.25 ?S 4.50 11 ®î: | QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 V-' j n » | ÉcinH H; iii (Sfi slfi E Ü' j il it j f essais menés en 1977 furent satisfaisants et la machine remise en condition peut séparer la moelle de l'écorce au rythme moyen de 22 tonnes l'heure.Cela semble toutefois en dessous des objectifs prévus et l'ACDI indique que l'expérience se poursuivra.L’agence a également fourni 14 petits séparateurs d’une tonne, mis au point en cours de route pour fournir des aliments au bétail, à partir de la moelle de canne additionnées d'urée.Toutefois lorsqu'on ôte l'avantage de produire en même temps du bois aggloméré, le séparateur semble peu rentable face à ses concurrents sud-américains.Jean-Pierre Roge! RECYCLAGE DES MINOUNES EN OR élimine les matériaux légers comme le tissu ou le plastique, tandis que des électro-aimants récupèrent l'acier, c'est-à-dire 80 pour cent de la voiture.A ce moment-là, il ne reste que des métaux non-ferreux et des débris non métalliques.Grâce au nouveau procédé de l'usine de Laprairie, décrit dans Science Dimension, une publication du CNRC, il est maintenant possible d'aller chercher les quelque 45 kg de zinc, de cuivre, d'aluminium et d'acier inoxydable qui restent.Tout d'abord, le reste des débris est nettoyé dans un bassin où un courant d’eau ascendant emporte presque tous les matériaux légers, tandis que métaux et matériaux lourds restent au fond.Dans la phase suivante, ce qui reste de matériaux est plongé dans une cuve qui contient un liquide de densité ajustable.Il s'agit d'une suspension aqueuse d'un composé dense, le ferro-silicone, dont la concentration va varier de un à 3,5.Réglé à 2, le mélange permet à toutes les impuretés non métalliques de flotter à la surface.À 3,2 c'est L - r' SlUa» - *>.Les industries spécialisées dans la récupération des métaux ne voient pas d’un mauvais œil la crise de l'énergie et le coût croissant des métaux.La plus grande compagnie canadienne dans ce secteur, Intermetco, en est même rendue à aller chercher dans les autos au rebut tout le métal que ces engins accidentés ou rouillés comportent, alors que jusqu'à présent on se contentait d'en récupérer le fer et l'acier avec des électro-aimants.C'est une de ses filiales, Fers et métaux recyclés limitée, qui a innové en ouvrant à Laprairie une usine pilote dont les procédés d'extraction des différents métaux ont été mis au point grâce à une aide du Conseil national de recherches du Canada.La première étape de récupération est effectuée selon des méthodes élaborées mises au point dans les années 1960.L'auto au grand complet, réservoir de carburant en moins cependant, s'en va dans un déchiqueteur qui la réduit en petits fragments dont le diamètre va d'un à quelques centimètres.Un puissant jet d'air au tour de l'aluminium devenir en surface tandis que les autres métaux coulent.Après lavage à l'eau, les dernières particules de fer qui avaient pu passer à travers le processus sont captées magnétiquement et les métaux restants sont transférés dans un four à 593°C.Fondu, lezincest coulé dans des moules, tout comme on avait précédemment transformé en lingots l'aluminium.Cuivre et acier inoxydable, dont les quantités sont faibles, sont finalement triés à la main.Capable de traiter jusqu'à 125 voitures à l'heure, l'usine de Laprairie est en train de faire ses preuves non seulement sur le plan technique, après que des expériences aient été réalisées en laboratoire à Hamilton, mais aussi au plan rentabilité financière et énergétique.L'aluminium recyclé, par exemple, coûte trente fois moins d'énergie pour sa fabrication que celui fait avec la bauxite.Sans compter que nombre de cours à «scrap» risquent de disparaître de notre paysage, ce dont personne ne se plaindra.Miche! Gauqueün SOCIOBIOLOGIE L’ENVELOPPE ET U BRINDILLE Quelle est la vraie nature de l'homme?Nos comportements sont-ils déterminés par nos gènes ou par des conditionnements culturels?Depuis que la sociobiologie a fait irruption dans le champ des sciences comme une nouvelle tentative de synthèse entre la biologie et les sciences humaines, ces questions éternelles sont vivement débattues.En publiant un nouveau livre l'été dernier, On Human Nature, le «père» de la sociobiologie, Edward O.Wilson a fortement contribué à entretenir ce débat, un des plus «chauds»qui soità l'heure actuelle dans la communauté scientifique (Québec Science.mars 1978).Si Wilson a apporté quelques nuances à ces thèses controversées, le ton du débat reste soutenu, alimenté de part et d'autre d'arguments contradictoires.Le meilleur exemple en est peut-être le dialogue approfondi entre Marvin Harris, un anthropologue de l'université Columbia aux États-Unis, et Wilson lui-même.Ce dialogue, commencé lors d'une émission de radio à Washington en février dernier, a été repris par le New York Times.par la revue Society (mo\.15, no 6) et s'est poursuivi sous les auspices de la revue The Sciences, qui en livre l'essentiel dans son numéro d'octobre dernier (vol.18, no 8).Harris et Wilson y développent la fable de l'enveloppe et de la brindille.Selon Wilson, il existe une «enveloppe» biologique qui détermine génétiquement — encercle et définit — les limites des répertoires des réponses de l'homme en société.Non pas que chaque réponse soit nécessairement déterminée par un gène ou une série de gènes en particulier, insiste Wilson, mais que l'éventail des réponses soit programmé par les gènes.Aussi on remarque, par exemple, une prédisposition de l'espèce humaine à développer une peur envers les araignées et les serpents qui doit avoir une cause génétique, dit-il, alors qu'on n'observe aucune phobie envers les couteaux ou les prises de courant électrique, pourtant aussi dangereux, sinon plus, pour l'espèce humaine.Mais non, pas du tout! objecte Harris: «Même s'il y a une «brindille» génétique qui pousse dans la direction d'une phobie envers les serpents et les araignées, la brindille peut être courbée dans l'autre sens facilement.Les hommes peuvent apprendre à aimer les araignées, à s'y intéresser, à utiliser les serpents dans leurs rites, les manipuler et développer des relations avec eux.» Si ces peurs étaient transmises seulement par les gènes, «nous 12 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE n'aurions pas tout le jeu avec les brindilles que nous avons», enchaîne l'anthropologue.L'exemple de la peur des araignées est peut-être trivial, mais il débouche sur l'explication de phénomènes humains globaux.Ainsi, pour Harris, l'émergence des sociétés gouvernées par un État, l'apparition des classes sociales et des castes, les différences entre les sociétés pré-agricoles, agricoles, industrielles et autres — tout peut s'expliquer au strict niveau socio-culturel.Les causes biologiques demeurent possibles, probables, mais elles n'expliquent, pour l'anthropologue Harris, que certains cas limites de l’espèce, comme la prohibition de l'inceste, par exemple.Il reproche alors aux thèses des sociobio-logistes de n'être pas très convaincantes, ou pas très utiles.«Ce que nous voulons réellement savoir, c'est pourquoi il y a la pauvreté dans certaines sociétés et pas dans d'autres.C'est pourquoi le sexisme dans ses formes manifestes, dans ses multiples aspects, non pas en tant que généralité.Nous voulons savoir quelles différences il y a dans des sociétés différentes et pourquoi.» Autrement dit, même si on admet avec les sociobiologistes qu'il y a une pré-programmation génétique, une enveloppe, cela ne dit rien de l'éventail de possibilités à l'intérieur de l'enveloppe, de la complexité et la variété des comportements humains observés.Ou plutôt, cela laisse champ libre à l'explication par des déterminismes socio-culturels, en l'absence d'explications biologiques prouvées.Finalement, conclut-il, «il revient aux sociobiologistes de faire la preuve formelle de cas dans lesquels il y a un élément génétique plus grand que l'élément djapprentissage.» Ce qui est un défi parfaitement valide et acceptable, répond Edward Wilson.Pour le fondateur de la sociobiologie, il reste du chemin à parcourir.«Seul le temps nous dira à quel point la biologie changera l'anthropologie et les sciences humaines.» Mais la position de ces dernières est faible lorsqu'elles admettent en théorie un niveau d'explication génétique à la nature de l'homme, tout en refusant en pratique de les intégrer sous prétexte que les causes culturelles expliquent très bien la réalité observée.«C'est une conclusion hâtive», souligne Wilson.Le socio-biologiste se voit travaillant à dégager les principes de base ou l'infrastructure d'une grande superstructure qui est l'objet des sciences humaines.Peut-être que seul l'ensemble, infrastructure comme superstructure, permet de rendre compte de la nature de la nature humaine, suggère-t-il.Un débat essentiel, dont il sera intéressant de suivre le développement.Jean-Pierre Rogel NOUVEAU PROGRAMME CERTIFICAT DE PREMIER CYCLE EN SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT Nouveau programme de dix ( 1 0) cours de connaissances de base sur l'environnement dans ses aspects qui relèvent plus particulièrement des sciences physiques (chimie, géologie, physique.de l'eau, de l'air, du sol et implications humaines).Il s'adresse aussi bien aux personnes qui travaillent déjà en environnement qu'à celles qui n'en ont aucune connaissance particulière.CONDITIONS D'ADMISSION Posséder un diplôme d'études collegiales (D E C.) ou l'équivalent ou Posséder des connaissances appropriées, une expérience pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux (22) ans POLITIQUES D'ADMISSION Aucun cours préalable n'est exigé.Est jugée pertinente toute expérience d'une année dans l'industrie, l'enseignement, les services, etc.Le programme n'est pas contingenté tous les candidats répondant aux conditions d’admission sont admis.DATES LIMITES DES DEMANDES D'ADMISSION.Temps complet .1er mars 1979.Temps partiel .1 er juillet 1 979.RENSEIGNEMENTS SUR LE PROGRAMME.Module des Sciences techniques, 1200, rue St-Alexandre, local 1200, C.P.8888, Succursale "A ", Montréal, Qué.H3C 3P8, Tél.(514) 282-6963.FORMULAIRES D'ADMISSION.Bureau du Registraire, Service de l'Admission, 1187, rue Bleury, local 2930, C.P.8888, Succursale "A ", Montréal, Qué.H3C 3P8, Tél.(514) 282-7161.Université du Québec à Montréal QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 13 PALÉONTOLOGIE NÉ DE PÈRE INCONNU Tout le monde s'entend aujourd'hui pour dire que le premier oiseau connu a vécu il y a quelque 150 millions d'années.Il s'appelle l'archéoptéryx et les cinq fossiles de ce vertébré découverts à travers le monde confirment sans l'ombre d'un doute qu'il s'agissait d'un oiseau.Où l'on ne s'entend pas, c'est pour savoir d'où sont issus les oiseaux, et dans quelle lignée il faut chercher l'ancêtre de l'archéoptéryx.La période se situe à l'ère secondaire, alors que les archosauriens régnaient, tout particulièrement les ptérosauriens comme le ptérodactyle.Ces reptiles volants, dont certains ont une envergure qui peut atteindre sept et même quinze mètres, disparaissent au crétacé, la dernière période du secondaire; l'archéoptéryx, lui, date du jurassique, juste avant le crétacé.Alors qu'il manquait aux reptiles les caractéristiques reconnues aux oiseaux, l'archéoptéryx en possède déjà les premiers éléments, bien rudimentaires.Gros comme un pigeon, ses ailes sont dotées de plumes et il possède une queue pour lui servir de gouvernail.Par contre, il lui manque le bréchet, cette partie du sternum auquel sont attachés, comme aux clavicules et à l’humérus, des muscles pectoraux qui permettent la propulsion, c'est-à-dire le vol battu plutôt que le simple vol plané ou le parachutage.L'archéoptéryx tient des reptiles la présence de dents, absentes chez les oiseaux, une longue queue osseuse, trois doigts à griffes complètes sur ses membres antérieurs et le péroné complet allant du genou à la cheville.Comme caractère intermédiaire, on trouve les vertèbres soudées qui forment le sacrum, et qui sont au nombre de 11 à 23 chez les oiseaux «modernes».L'archéoptéryx n'en a que six, mais c'est beaucoup et même trop pour un reptile.En plus des plumes et de sa queue rudimentaire, il possède un autre caractère rencontré uniquement chez les oiseaux, soit la fourchette, qui a la forme d'un boomerang.Son pelvis.orienté vers le bas et l'arrière, tient aussi de l'oiseau, tandis que le premier doigt du pied semble avoir été capable de s'opposer aux autres, ce qui lui aurait permis de se percher en serrant une branche.Pour tous ceux qui sont d'accord avec la théorie de l'évolution, les oiseaux ont évolué à partir des reptiles et l'archéoptéryx est un exemple classique de «l'évolution prise sur le fait».La question est de savoir maintenant quels reptiles furent ses ancêtres immédiats.À peu près tous les spécialistes s'entendent pour dire qu'il faut chercher parmi les archosauriens, qui datent du début du secondaire, c'est-à-dire du trias.Mais après cela, les avis diffèrent.Pour certains paléontologues, les oiseaux sont directement issus du tronc des thécodon-tiens et si l'on ne trouve aucune trace d'un vertébré faisant la transition entre le dernier des thécodontiens et l'archéoptéryx, soit un laps de temps de 50 millions d'années, c’est que les fossiles d'oiseaux, légers et fragiles, sont rares.Cette explication est plausible puisqu'il est déjà connu que même les fossiles de vertébrés terrestres datant du jurassique sont plutôt rares.Cette théorie, qui disait en somme que les thécodontiens avaient donné naissance non seulement aux crocodiliens, aux dinosauriens saurischiens, aux ornithischiens et aux ptérosauriens, mais aussi à une autre lignée, les oiseaux, cette théorie est maintenant délaissée au profit de trois autres qui affirment que les oiseaux sont issus non du tronc mais d'une des quatre lignées.Après que Peter Gallon, de l'Université de Bridgeport (Connecticut), ait avancé en 1970 que les oiseaux étaient issus des ornithischiens et se soit rétracté un peu plus tard, l'Anglais Alick Walker, de l’Université de Newcastle, prétendait deux ans plus tard qu'il fallait plutôt chercher chez les crocodiliens, les ancêtres de nos actuels crocodiles.En 1973, John Ostrom, de l'Université de Yale, arrive avec la thèse que l'archéoptéryx avait pour parent un sauris-chien, datant non du trias, mais de la fin du jurassique soit peu de temps avant lui.Selon A.J.Charig, paléontologue au British Museum, les théories de Walker et d'Ostrom ont chacune leurs points forts et leurs faiblesses, même si jusqu'à tout récemment celle d'Ostrom faisait fureur avant de commencer à perdre un peu de terrain.Tandis que Walker se fonde sur des ressemblances au niveau du crâne et, à un degré moindre, du coude, du poignet, de la cheville et de la ceinture scapulaire, Ostrom établit une liste de 21 caractères propres aux cœlurosauriens, bipèdes de petite taille qui étaient des saurischiens, que l'on retrouve dans le squelette de l'archéoptéryx.En fait, seules les plumes et la fourchette distingueraient le premier oiseau des cœlurosauriens.Si l'on n'a toujours pas d'explication confirmée et non contestée sur l'origine des oiseaux, il reste qu'il est à peu près certain que l'archéoptéryx, comme l'affirme Ostrom, ne devait pas être très habile pour le vol.Le paléontologue Hep-tonstall a étudié l'archéoptéryx d'un point de vue mécanique et en arrive à la conclusion qu’il n'avait pas de muscles pectoraux assez développés pour effectuer la vingtaine de battements d'ailes par seconde nécessaires à un vol battu (le double du pigeon).Sans bréchet, sans sternum ossifié, avec des os creux mais non pneumatiques, avec une queue plus encombrante que directrice, mauvais planeur, ce premier oiseau pouvait tout au plus faire un bref vol battu, sous la forme de brusques sauts verticaux.Pour un oiseau, ce n'est pas très brillant, mais pour un ex-reptile aux ambitions d'oiseau moderne, ce n'est pas si mal après tout.Miche! G auquel in mm y./' s-' Les ptérodactyles, comme le Pterodactylus kochi illustré ici.étaient des reptiles volants.C'est en examinant, dans un musée, un fossile classifié parmi les ptérodactyles que le professeur John Ostrom.de l'Université de Yale, découvrit le quatrième spécimen d'Archéoptéryx.Son examen, plus attentif, lui fit remarquer en effet que ce prétendu ptérodactyle avait des plumes! a Hydro-Québec Produire l’électricité Une série expliquant les divers procédés actuellement employés dans le monde pour produire l'électricité et ceux qu’on est à mettre au point.Les génératrices magnétohydrodynamiques Toutes les grandes centrales électriques font appel au même principe pour produire l'électricité: celui de Faraday selon lequel un courant est induit dans un conducteur lorsqu'on l'amène à traverser les lignes de force d'un champ magnétique.C’est aussi le principe sur lequel sont basées les génératrices magnétohydrodynamiques, mieux connues sous l'abréviation de génératrices MHD.Mais, dans ce dernier cas, l'application du principe est tout à fait originale.Ce qui fait l’originalité de la génératrice MHD, c’est la nature gazeuse du conducteur qui est déplacé dans le champ magnétique.Dans les génératrices classiques, les lignes de force agissent sur des enroulements de fils de cuivre, donc sur des conducteurs solides.La génératrice MHD constitue une simplification par rapport aux autres moteurs dont le fonctionnement est basé sur la dilatation d’un gaz porté à haute pression.Les moteurs à turbines sont déjà une simplification par rapport au moteur à pistons parce qu'ils comptent moins de pièces mobiles.La génératrice MHD va plus loin dans ce sens en permettant de supprimer la turbine elle-même pour n'en conserver que l'enceinte.Essentiellement, la génératrice MHD est un moteur sans pièce mécanique.Description et fonctionnement La génératrice MHD est un appareil des plus simples à décrire.Elle se compose d'une chambre de combustion qui débouche dans un conduit conique ou pyramidal.La première section de ce conduit est entourée par un aimant électromagnétique.Des électrodes y sont disposées de façon à être diamétralement opposées.Le reste du conduit sert de diffuseur pour l’échappement des gaz utilisés.La chambre de combustion est conçue pour produire le conducteur gazeux.Celui-ci sera constitué des produits de combustion du combustible utilisé (charbon pulvérisé, charbon gazéifié, gaz naturel ou autre).Il sera porté à une température suffisante pour être ionisé, c’est-à-dire pour que les atomes qui le constituent libèrent des électrons.Il mérite donc le nom de «plasma».La conductivité du plasma est augmentée en l’ensemençant au moyen de particules d'un métal comme le potassium ou le césium qui s’ioniseront également.En se dilatant, le plasma quitte la chambre de combustion à une température de 2000 C ou plus et à une vitesse pouvant dépasser celle du son.Il vient traverser le champ magnétique et s'engage dans le diffuseur.Lorsque le plasma rencontre les lignes de force du champ magnétique, un courant électrique est engendré.Ce courant est perpendiculaire au déplacement du plasma dans l'appareil.Il est capté au moyen des électrodes.Le courant obtenu est un courant continu.Un convertisseur doit compléter la génératrice MHD si c’est du courant alternatif qui est désiré.Rendu dans le diffuseur, le gaz s'est quelque peu refroidi, mais il n'a pas encore livré toute l'énergie utilisable qu'il recèle.Il est encore assez chaud pour servir à la production de vapeur d'eau afin de faire fonctionner un turbo-alternateur classique, ce qui est un moyen d'ajouter à l'électricité produite.Variante La description précédente est celle d’une génératrice MHD à cycle ouvert: les gaz résultant de la combustion sont utilisés directement par l’appareil puis rejetés après usage.Il est également possible de construire des génératrices MHD à cycle fermé.Dans ces modèles, l'élément principal fait partie d'un circuit fermé où circule un gaz comme l'argon.Le gaz est chauffé au moyen d’une source de chaleur extérieure au circuit.Il se dilate en se propulsant à travers le champ magnétique comme dans les modèles à cycle ouvert, mais il est conservé après avoir rendu son énergie, est refroidi puis est ramené vers la source de chaleur pour un nouveau cycle.Dans les modèles à cycle fermé, il faut chauffer le gaz à une température de l'ordre de 1600 C.Entre autres usages prometteurs, des génératrices MHD à cycle fermé pourraient être intégrées aux diverses filières nucléaires.Elles utiliseraient en premier lieu la chaleur produite par ces centrales, à un niveau de température supérieur à celui qui est admissible à l'entrée d’une turbine.Les turbo-alterna-teurs classiques viendraient s’insérer en second lieu, après les génératrices MHD.Rendement Les génératrices MHD utilisent les carburants beaucoup plus efficacement que les centrales thermiques habituelles.C'est leur principal avantage.Là où, dans les meilleurs cas, on s’approchait à peine d’un rendement de 40%, elles promettent des rendements de l'ordre de 60% pour un usage mixte avec des turbo-alternateurs classiques.Perspectives Malgré les réalisations faites à titre expérimental, les gé- nératrices MHD doivent encore être considérées comme appartenant à la technologie de demain.Plusieurs objectifs restent à atteindre: la fabrication d'aimants très puissants à prix abordable, la mise au point de matériaux capables de résister aux conditions qui existent dans l’appareil (les électrodes, entre autres, résistent difficilement plus de 250 heures), le développement d'un procédé économique pour maintenir la pureté de l'argon dans les modèles à cycle fermé, etc.Les progrès réalisés depuis quelques années sont incontestables.Les Russes ont le plus travaillé: une génératrice MHD de 25 000 kilowatts est raccordée au réseau près de Moscou et une autre, plus considérable, est en gestation.Les Américains s’intéressent de plus en plus au magnétohydrodyna-misme, de même que les Japonais, les Allemands, les Polonais et l'UNESCO.Les premiers modèles commerciaux devraient voir le jour au cours de la dernière décennie de ce siècle.Une génératrice MHD à cycle fermé Une génératrice MHD à cycle ouvert combustible chambre de combustion aimant électromagnétique diffuseur plasma courant alternatif électrode particules métalliques convertisseur CC-CA » tl f| !| | \ .f*.: : '«i IA FIN DU 9 A 5 Les mille et une façons d’aménager son temps de travail par Jacques Larue-Langlois «Au siècle dernier, les ouvriers vendaient leur force de travail.Aujourd'hui, ils vendent leur temps de travail.Il s'agit d'une transformation profonde qui accélère les rapports entre l'homme et son métier.Elle oblige à reconsidérer bien des «idées reçues» sur la durée du travail, le rôle du loisir et les aspirations du travailleur.» (W.Grossin, in Les informations, 27 juillet 1970.) Effectivement, des concepts profondément ancrés ont dû subirdesérieux bouleversements depuis le début du 20ième siècle.Sous bien des rapports, il faut s'en réjouir; sous d'autres, la méfiance est de rigueur.Ainsi, de 1896 à 1936, la productivité (c'est-à-dire la production par homme et par heure) a été multipliée partrois.Dans le même temps, laduréedelasemainede travail a été divisée par 1,4.Pendant la période qui va de 1 936 à aujourd'hui, on peut estimer que la productivité a augmenté encore davantage, étant multipliée par 3,5, cependant que la durée hebdomadaire du travail ne variait pratiquement pas, se maintenant, comme norme, autour des 40 heures officielles.Six heures de travail suffisent aujourd'hui grâce au progrès technologique à accomplir des tâches qui en exigeaient 60 à la fin du siècle dernier, d'où une augmentation de la productivité de 1 000 pour cent.Entre-temps, la durée de la semaine de travail n’a été diminuée que de 30 pour cent.Un choix de civilisation a été fait: utiliser les possibilités offertes par le développement prodigieux de la technique au cours des cent dernières années non pas pour réduire le temps du travail mais pour accroître la production.Et à quelles fins?L'usage d'une automobile coûte (amortissement du prix d'achat, assurances, enregistrement, permis de conduire, essence, huile, pneus, réparation, entretien et stationnement) environ $2 500 par année.S'il l'utilise pour se rendre au travail, son propriétaire, compte tenu de ses sorties de fin de semaine, y passe au moins une heure par jour.Considérant par ailleurs que le travailleur propriétaire d'une voiture travaille pendant 50semai-nes de 40 heures par année à $7.50 de l'heure pour gagner $15 000, on peut conclure qu'il investit 333 heures par année, ou 6,6 heures par semaine à «gagner» son auto et y passe 365 heures par an, soit sept heures par semaine, dépensant ainsi 1 3,6 heures par semaine ou près de deux heures par jour à payer ou à utiliser ce seul joujou polluant, dangereux et souvent mortel.Pendant ce temps, des forces qu'on peut qualifier d'idéologiques et que la société a placées en chacun de nous plus ou moins à notre insu —préjugés, habitudes acquises par l'éducation, information filtrée et déformée par les media, habitudes culturelles, manières de manger, de s'habiller et de vivre que nous empruntons à notre entourage — moulent notre pensée, canalisent notre révolte et nous empêchent de remettre en cause certains aspects de l'ordre établi, tellement ils nous paraissent naturels.La durée du travail, en particulier, apparaît déterminée avec la rigueur d'une donnée fondamentale et le fait de diminuer l'horaire journalier de huit heures (c'est la norme canadienne fixée voilà plus de quarante ans) nous semble aussi inconcevable que de réduire le nombre de jours de l'année ou que de changer le nombre d'heures que compte le jour.Pourquoi le progrès technique a-t-il été utilisé presque uniquement pour développer la pro- duction de biens matériels et de services consommables et a-t-il si peu servi à diminuer la durée du travail?DE VIEUX PRÉJUGÉS «Tout travail mérite un salaire»: voilà bien une expression toute faite qui n'est pas née du hasard et qui exprime, dans un langage courant, ce que la société nous impose de penser: qu'il y a un lien obligatoire entre le travail et l'argent qui sert à le rémunérer.Le travail devient alors une marchandise comme une autre.Il ne vaut que parce qu'on peut le vendre, n'étant estimé qu'à la mesure de son coût.Une étude sérieuse effectuée en France, en 1977, et rapportée par le groupe Adret dans Travailler deux heures par jour établit à 37,2 milliards d'heures par année le travail rémunéré dans ce pays.Le travail non rémunéré et tout aussi essentiel qu'accomplissent les femmes dans une proportion de 80 pour cent (cuisine, nettoyage, entretien, jardinage, soins aux enfants, courses) s'établit par ailleurs à 49 milliards d'heures par année.Près de 60 pour cent du travail fait dans notre société échappe donc, selon ces données, à l'économie de marché.Et pourtant, il est accompli par une population active dont la journée de travail est généralement plus longue que celle des salariés.Pourquoi notre société ne valorise-t-elle que le travail rémunéré en déclarant hypocritement: «Tout travail mérite un-salaire»?Parce que le travail rémunéré est lié à la production et qu'il est essentiel à la croissance de l'économie capitaliste.Et cette croissance provoque des tensions et des contradictions, qui engendrent des besoins.Ceux-ci entraînent des productions nouvelles, qui accélèrent encore la croissance du capitalisme, qui provoque des tensions, etc.La boucle est bouclée.On croyait, au 19ième siècle, que les machines, en libérant l'homme des tâches serviles, lui permettraient de consacrer plus de temps aux activités nobles, à I art, à la pensée, à l'action politique.Elles n'auront en fait que permis d'ac- 18 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE * A v V V sSmâ SL ijc '•le en l|U'! L'étalement des heures de travail, les horaires étalés, présente l'avantage de diminuer la congestion des transports publics et de la circulation aux heures de pointe, diminuant ainsi le temps perdu en transport pour aller et revenir du Heu de travail.croître la production des biens matériels dans des proportions dépassant toute espérance.Comment se fait-il que l'homme n'ait jamais été moins disponible?On avait tout simplement oublié de prévoir que consommer prend autant de temps, sinon plus, que produire! Et plus on produit, plus il faut consommer.Mais à qui donc profite un tel système?Un coup d'œil sur les revenus individuels des citoyens nous en dit long à ce sujet.Pendant qu'à une extrémité de l'échelle 50 pour cent de la population —gagnant $1 2 000 et moins par année — netouche que 20 pour cent des revenus nets globaux de la production capitaliste et du fonctionnement de l'État, à l'autre bout, cinq pour cent des citoyens (les nantis — revenu annuel de plus de $40000) reçoivent 25 pour cent de la somme totale des revenus répartis.Une répartition aussi inégale n'empêche pas les gagne-petit de se tirer littéralement à la tâche, en vertu d'une notion judéo-chrétienne, que nous charrions depuis des millénaires.Une notion qui a sa source dans la sentence d'un dieu à qui répugne le plaisir de ses créatures: «Tu travailleras à la sueur de ton front!».Victimes de cette condamnation, les travailleurs du 20ième siècle sont-ils heureux dans leur situation de travail?Une équipe spécialisée du Secrétariat américain de la Santé, de l'Éducation et du Bien-Être, dont les travaux sont consignés dans un rapport intitulé Work in America, nous permet de constater qu'une forte proportion de la main-d'œuvre active est insatisfaite de son travail.À la question posée: si c'était à refaire, est-ce que vous choisiriez le même travail?, les professionnels, avec en tête les professeurs d'université, répondent affirmativement dans une proportion variant entre 75 et 93 pour cent; les cols blancs, dans une proportion de 43 pour cent; les manœuvres et autres travailleurs non spécialisés dans l'industrie de l'acier et de l'automobile donnent une réponse affirmative dans une proportion variant entre 1 6 et 21 pour cent seulement.Les sources d'insatisfaction apparaissent sous deux catégories distinctes: celles qui ont trait à un mécontentement à l'endroit des éléments intrinsèques à la tâche, telle l'impossibilité de se réaliser, de se développer, de s'impliquer personnellement, l'impossibilité de retrouver une identité personnelle basée sur l'estime ou sur une image favorable de soi.La deuxième catégorie englobe l'ensemble des facteurs extrinsèques à la tâche, telles les conditions physiques et monétaires du travail, la supervision, le climat des rapports sociaux, etc.Il en ressort clairement, en tous cas, que le sentiment d'impuissance est beaucoup plus prononcé chez les ouvriers de la ligne de montage ou d'assemblage que chez ceux dont les tâches ont conservé des caractéristiques de l'artisanat, chez les opérateurs d'ordinateurs et les employés affectés à la perforation ou au triage des cartes que chez les programmeurs, les analystes ou même les secrétaires.lit QUEBEC SCIENCE / janvier 1979 19 AMÉNAGER LE BUDGET-TEMPS Sous le titre aguichant «Ce qui nous manque pour être heureux», Michel Bosquet élaborait, dans l'édition du 11 septembre 1978 du Nouvel Observateur, un projet de fonctionnement socio-économique fort plausible qui devrait retenir notre attention en ce qu'il servirait à réconcilier le fonctionnement de la société et le sort des travailleurs.Il convient d'en examiner trois des propositions concrètes: • «puisque la productivité doublera facilement dans les vingtansqui viennent, il sera possible, en travaillant moitié moins, d'assurer à tous et à chacun tout le nécessaire et beaucoup de superflu, à condition de supprimer les destructions inutiles et les gaspillages somptuaires» • «le seul objectif raisonnable pour les années 1990 est la semaine de 20 heures pour tous et le revenu social garanti à vie à chacun, en échange de 20000 heures de travail à accomplir en autant ou aussi peu de journées qu'il lui plaira» • «le défi auquel le capitalisme est incapable de répondre, ce n'est pas le maximum d'emploi et le maximum de consommation et de produits, mais le maximum de satisfaction avec le minimum de travail, de produits et de contraintes.» Ce projet est peut-être possible et c'est dans cet esprit que travaillent les ergonomes depuis quelques années.L'ergonomie consiste en une approche multidisciplinaire et pratique des problèmes humains qui se posent dans le vécu quotidien du travail.En mettant l'accent sur l'objectif de l'adaptation du travail à I homme (et non le contraire) l'ergonomie englobe les problèmes relatifs au facteur temps.La vie active s'insère entre deux extrémités qui sont marquées, d'une part, par l'âge d'admission à l'emploi et, d'autre part, par l'âge de la retraite.Entre ces deux pôles mobiles, que les plus récentes statistiques nord-américaines situent entre 18,4 et 63,4 ans, se déroule la durée normale du travail, entrecoupée de périodes d'interruption plus ou moins prolongées — repos, congés, jours fériés, temps consacré aux études ou à la formation.Déjà la constante observée permet de prévoir que, sans coup férir, les revendications syndicales aboutiront, d'ici 20 ans, à porter cette durée normale du travail de 45 à 40 ans du fait que l’accès au marché du travail sera porté progressivement à 19,8 ans et que l'âge de la retraite de facto tombera à 59,8 ans.À l'intérieur de ce cadre, toutes les personnalisations sont permises.Elles tendent à la suppression des cloisons entre I âge des études, la période de vie professionnelle et l'âge de retraite par un jeu d'alternances entre travail, études, loisirs et repos en vue d'un meilleur équilibre.Cette approche permet de déboucher sur la notion d'un budget-temps dont la gestion est applicable non pasà lajournée, mais à toute la vie active, ce qui devrait correspondre à l’objectif global recherché par tous.Un tel aménagement à l'échelle d'un pays, par exemple, outre qu'il permettrait une plus grande mobilité d'emploi et une meilleure distribution des revenus, ouvre la porte au congé-éducation.Celui-ci devient un facteur capital de la mise en valeur des ressources humaines et un instrument de première importance dans la planification de la politique de l'emploi.Jusqu'ici, le problème de la durée du travail n'a été examiné qu'en termes quantitatifs: il s'agissait essentiellement de fixer le nombre des heures de travail puis d'en envisager la réduction.Dorénavant, il s'agit de savoir comment travailler moins, différemment et mieux pogr que le temps consacré au travail s'harmonise avec le temps de repos et celui des loisirs de façon à satisfaire à la fois l’individu et la communauté.Il faut dépasser le dicton «le temps c'est de l'argent», affirme D.Marie dans L'aménagement du temps de travail «parce qu'il ne tient compte que A vec les progrès technologiques, on a pu multiplier par trois la productivité entre 1896 et 1936.Durant la même période, par leurs luttes, les travailleurs ont gagné une réduction de la durée de leur semaine de travail qui a été divisée par 1,4.De 1936 à nos jours, la productivité a continué à augmenter mais la durée de la semaine de travail est restée la même.> ¦ ^ / 20 W0*^C de ce que l'on gagne et pas du tout de ce que l'on perd en travaillant pendant un temps déterminé».Dans Le travail et le temps, W.Grossin fait remarquer à juste titre que si les travailleurs «se dépossèdent de leurs journées de travail, c'est pour mieux s'approprier le temps de non-travail, qui est pour eux le temps de la désaliénation».On est loin du temps où la journée et la sémaine de travail représentaient l'unité de compte.Ces cadres temporels classiques ne suffisent plus.Ainsi, les expériences faites à ce jour montrent que les différentes formes d'aménagement du temps de travail s'interpénétrent et se complètent.Il a en effet été relevé que la mise en place de l'horaire variable, par exemple, est suivie plus ou moins rapidement de demandes tendant à assouplir l’aménagement de la semaine, du mois ou de l'année, ainsi que le démontre Jacques de Chalendar dans Vers un nouvel aménagement de l'année.Examinons donc les inter-relations qui peuvent exister entre les différentes tendances nouvelles dans l'aménagement du temps de travail.RÉDUIRE LA DURÉE DU TRAVAIL Alors qu'on travaillait 70 heures par semaine en 1 850, 60 heures en 1900 et 40 heures depuis 1 940 environ, le ministère du Travail du Canada rapporte que, si la semaine de travail régulière des travailleurs industriels s'est stabilisée à 40 heures depuis autant d'années, celle des employés de bureau se situe aujourd'hui à 37 heures et demie.Cette réduction du temps de travail sans diminution correspondante du salaire tient à trois facteurs principaux: le développement de la technologie qui a entraîné un accroissement de la productivité, le dynamisme de l'action syndicale et le progrès de la législation.La situation varie cependant d'un pays à l'autre.Ainsi en Belgique, ce n'est qu'en 1 975 que la semaine de 40 heures et les quatre semaines de congé annuel ont été pleinement réalisées, grâce à la concertation entre travailleurs et employeurs que le gouvernement n'a fait qu'entériner.Aux États-Unis, dans de nombreux cas, la durée hebdomadaire du travail, qui était de 40 heures, a été réduite, depuis les années soixante, à 35 heures environ et on y prévoit de nouveaux progrès imminents.En Suède, les partenaires sociaux ont convenu de réduire la durée du travail à 36 heures par semaine au début des années 70 et un débat est déjà engagé sur une nouvelle réduction de la durée du travail.En vue d'assurer l'égalité entre hommes et femmes dans la vie professionnelle comme pour les travaux collectifs et les soins aux enfants, la principale revendication des organisations de travailleurs, janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE qui est approuvée par le gouvernement mais rencontre la résistance des patrons, vise à y ramener la durée du travail à six heures par jour et à 30 heures par semaine.Il est intéressant de signaler par ailleurs que la CES (Confédération européenne des syndicats), lors de son deuxième congrès statutaire à Londres en avril 1976, a retenu, parmi les remèdes proposés pour lutter contre le chômage et l'inflation, la suggestion de réduire dans tous les pays d'Europe la durée de la semaine de travail à 35 heures et de porter les congés payés à cinq semaines par année.Au Canada, on peut estimer, si on en croit le ministère fédéral du Travail et de la Main-d'œuvre que l'intérêt porté ces derniers temps à la semaine de travail comprimée et à l'horaire flexible (deux mesures que nous examinerons plus loin) renforcera encore à la longue la tendance à réduire la durée du travail.On avance même que la norme d'avenir la plus plausible est celle de 32 heures en quatre jours.La durée du temps de travail est également réduite sur une période plus longue: le nombre de jours légalement fériés s’est accru considérablement et les vacances annuelles rémunérées se sont allongées.Elles sont passées d'une semaine à trois et même quatre semaines au cours des 40 dernières années au Canada.Il semble que si certains pays européens (la Suède en particulier) sont plus avancés que nous en ces matières, c'est que nos travailleurs, même quand ils gagnent suffisamment pour satisfaire leurs besoins et ceux de leur famille, conservent une préférence marquée pour un revenu plus élevé ou des loisirs sous la forme de vacances plus longues ou de jours fériés plus nombreux, tandis que les Suédois, chez qui la social-démocratie a servi de philosphie politique pendant plus de 40 ans, préfèrent améliorer la qualité quotidienne de la vie plutôt que de céder aux multiples pièges de la sur-consommation.LA SEMAINE COMPRIMÉE La semaine comprimée est établie selon un horaire comportant une réduction du nombre de jours réguliers de travail et une augmentation proportionnelle des heures quotidiennes de travail.Ses formes les plus répandues sont connues sous les noms de «semaine de quatre jours» (quatre fois neuf ou dix heures de travail) et «semaine de trois jours» (généralement trois fois 12 heures).À l'usine pétrochimique de Gulf Canada, située à Varennes en banlieue de Montréal, quelque 150 préposés aux opérations de fabrication de l'éthylène un gaz dérivé du naphte, qui découle lui-même de la distillation du pétrole brut — ainsi qu'aux laboratoires et à l'expédition, QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 21 fonctionnent à l'intérieur d'un système d'équipes rotatives selon un cycle de 13 jours: ils travaillent trois journées de 12 heures, bénéficient de quatre jours de congé, travaillent trois nuits de 12 heures et ont droit à trois jours de congé.Une enquête, effectuée après un an de fonctionnement, a démontré un très grand niveau de satisfaction chez les travailleurs et a incité la compagnie à reconduire le programme.On peut estimer que plus de quatre millions de travailleurs nord-américains bénéficient de l'horaire comprimé et on établit à une centaine environ le nombre d'entreprises québécoises où il a été mis sur pied.Bien qu'en expansion, cette formule d'organisation du travail est freinée par la résistance des syndicats et par les lois actuelles du travail qui limitent, par exemple, les heures quotidiennes à tarif ordinaire, le nombre d'heures de travail pour les femmes, etc.Il importe de savoir que si la semaine comprimée répond à un profond besoin de plus longues périodes de loisir chez les travailleurs, son implantation vient habituellement de la direction.Initiative patronale donc, dans la plupart des cas, et fort justifiée pour les dirigeants d'entreprises si on examine quelque peu certaines études effectuées sur le rendement par suite de l'implantation de la semaine comprimée.Accroissement de la production, réduction des coûts d'opération par suite du fonctionnement continu dans certains cas ou, au contraire dans certains autres, parce que la machinerie n'est mise en branle que trois ou quatre jours par semaine, tous ces résultats contribuent à une augmentation des profits de l'entreprise.S’il est évident que l'employé, bénéficiant de plus longues périodes de repos, peut mieux aménager ses loisirs et sa vie familiale, se consacrer à l'entretien de sa maison au moins une journée par semaine et passer plus de temps avec ses enfants, l'extension de la journée de travail n’en présente pas moins le risque d'endommager sa santé physiologique et mentale par suite de l'accroissement cumulatif de la fatigue physique et psychologique.Pour Florian Ouellet, ergonome à l'emploi de l'Institut de recherchers appliquées sur le travail (IRAI) de l'Université de Montréal, il importe que la compression des horaires de travail, s'accompagne d'une réorganisation de l'équilibre entre le temps effectivement travaillé et les temps de repos institutionnalisés.En effet, s'il travaille trois journées au lieu de cinq, l'employé perd quatre pauses café bi-quotidiennes de 15 minutes, ce qui entraîne une augmentation de la charge de travail en termes de durée sans rétribution équivalente.Il n'est donc pas étonnant, dans ces circonstances, que les regroupements de travailleurs se rejoignent dans leur oppo- M i.¦* f r «f.¦ü-y f i.-,r> «À l'heure dite, ils «punchaient» et s'en allaient»: cette scène traditionnelle de sortie d'usine, dans les années 40 au Québec, reste familière encore aujourd'hui.Mais de plus en plus, horaires flexibles, comprimés, variables et individualisés, se substituent, surtout dans les bureaux, à ces horaires fixes de travail.Dans les usines, l'utilisation optimale des machines pousse à l'établissement d'horaires continus pour les travailleurs.Depuis quelque temps, la semaine de travail comprimée sur quatre jours se répand de plus en plus.Ce n'était toutefois pas le cas pour ces ouvriers de l'arsenal de Québec en 1941.1 ' f - r y ~ 22 sition à cet aménagement comprimé du temps de travail.D'autre part, le Congrès du travail du Canada adoptait dès 1972 une résolution invitant «instamment tous les salariés canadiens à résister aux pressions tendant à leur faire accepter des changements aux heures de travail, comme la semaine de quatre jours et de 40 heures, ce qui rétablirait la journée de dix heures et mettrait sérieusement en danger le régime de huit heures ou moins par jour que le syndicalisme est parvenu à faire accepter».Cette résolution comporte d'ailleurs un second volet invitant «tous les groupements affiliés à insister énergiquement pour obtenir une semaine de travail qui comporterait 32 heures au maximum en insistant sur quatre journées de huit heures ou moins sans perte de salaire net».Pour sa part, le ministère du Travail et de la Main-d'œuvre du Canada considère que «l'introduction de la semaine de travail comprimée peut être le présage d'une réduction des heures de travail hebdomadaire».L'objectif visé, la réduction effective de la durée du temps de travail, tant à l'échelle de la journée qu'à celle de la semaine, est donc le même chez les syndicats qu'au ministère du Travail.Mais les moyens pour y parvenir diffèrent du fait que, pour le monde syndical, l'augmentation des heures de travail au cours d'une même journée semble aller à l'encontre de toutes les luttes menées jusqu'ici.LES HORAIRES ÉTALÉS Ici, il ne s'agit pas de réduire à proprement parler la durée des heures de travail mais d'en aménager pour chaque jour le début et la fin de façon à ce que les déplacements des salariés pour se rendre au travail et en revenir cessent de coïncider au point de provoquer une véritable congestion des voies de communications.Cette mesure va de pair avec la journée continue, qui n'est pas une nouveauté ici, en Amérique du Nord.La congestion des transports est en effet fort coûteuse pour la société et nous en payons le prix avec nos taxes.Le fait de l'éliminer réduirait la dépense et nous permettrait donc à tous de travailler moins.Dans une ville comme Montréal, la CTCUM dispose d'un parc d'environ 2000 autobus affectés au transport urbain.Plusieurs de ces véhicules sont, à tour de rôle, en entretien ou en réparation alors que plusieurs autres sont nolisés à des fins privées.Il reste cependant que 1 700 autobus sont en circulation à 8 h, un matin de semaine, 1 500 à 17 h et seulement 580 à 1 3 h.Ces 1 000 véhicules qui ne servent que quelques heures par jour — et leurs 1 000 chauffeurs! — nous coûtent fort cher.L'étalage des heures de travail n’implique plus qu'une seule entreprise à la fois, mais signifie que les participants aux différentes sphères d'activité dans un milieu géographique donné doivent se consulter en vue d'avancer les heures de travail des bureaux, ateliers et usines pour, au contraire, maintenir ou retarder l'heure de fermeture des commerces de détail ou des administrations.Ceci permet à l'immense majorité des salariés de s'approvisionner ou de faire les démarches administratives nécessaires après leur travail.Les conditions de vie quotidienne des travailleurs s'en trouvent facilitées et, grâce à un écrêtement de la pointe, les transports s'effectuent dans de meilleures conditions, d'où une appréciable économie de fatigue physique et nerveuse.On peut en effet estimer à 12 pour cent des heures ouvrées le temps perdu par les travailleurs d'une agglomération comme Montréal pour les seuls trajets du matin et du soir.Des expériences d’étalement des heures de travail ont été tentées dans plusieurs villes européennes, depuis 1955, avec le résultat quand même appréciable que les compagnies de transport, faisant une économie de véhicules, n’ont pas eu à augmenter le prix des billets depuis 12 ans, sans compter le décongestionnement du transport automobile.À Manhattan, où l'horaire traditionnel était de 9 h à 1 7 h, des horaires décalés d'une demi-heure plus tôt ou plus tard sont appliqués depuis 1970.Cès horaires sont observés par 400 entreprises et suivis par 220000 travailleurs, soit environ 60 pour cent des salariés.LES HORAIRES FLEXIBLES L'horaire flexible, également appelé horaire variable, comporte pour l'employé le choix, à l'intérieur de plages de temps mobiles fixées par la direction de l'entreprise, des heures variablesd'arrivée et de départ au cours d'une journée de travail avec l'obligation d'assumer une présence au cours d'une période fixe appelée «temps bloqué»(cf.Québec Science, août 1975).Ce système diffère des horaires au choix en ce qu'il comporte la possibilité de reporter des heures d'une semaine sur l'autre ou même d'un mois sur l'autre, alors que l'horaire au choix exige un nombre fixe d'heures par jour.D'une manière générale, l'horaire flexible comporte trois plages, une «fixe» ou «bloquée», pendant laquelle tout le personnel doit être présent, et deux autres, dites «mobiles», précédant et suivant cette dernière, durant laquelle chacun peut choisir librement le début et la fin de sa journée de travail, à condition d'effectuer en moyenne le nombre d'heures fixées habituellement par semaine ou par mois.L'horaire prévoit également une pause médiane d'une durée minimum, pour le repas, pause qui peut elle aussi être mobile ou tout simplement être comprise dans la plage fixe.En somme, l'employé est QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 23 k Dans la majorité des usines, le temps de travail est contrôlé d'une façon très stricte.Les patrons utilisent les poinçons pour s'assurer de la présence des employés.habilité à aménager comme bon lui semble son temps de travail quotidien et à le fixer lui-même chaque jour.Il ne ressort par exemple du travail qu'à 18 h s'il y est entré à 10 h ou, au contraire, peut rentrer chez lui à 15 h SOs'il a choisi de se rendre au travail dès 7 h 30 le matin.Née en Suisse en 1961 puis implantée sur une plus vaste échelle dans plusieurs entreprises allemandes au cours des années 60, cette façon d'aménager le temps de travail a fait son chemin dans le monde international des affaires.On peut estimer qu'à l'heure actuelle, plus de 10000 entreprises, totalisant trois millions d'employés, répartis dans une vingtaine de pays ont entrepris des expériences pilotes en ce sens ou adopté des horaires flexibles.Bien entendu, c'est dans les bureaux surtout que se manifeste sa généralisation, compte tenu des difficultés à l'appliquer au secteur de la production (exigences rigides de la productivité, travail à la chaîne, etc.).À Montréal, au début de 1973, plus de 9 000 travailleurs avaient déjà des horaires flexibles.On peut estimer que ce nombre a atteint aujourd'hui quelque 15 000 employés qu'on retrouve dans des compagnies d'assurance (Desjardins, Sun Life entre autres), des bureaux du gouvernement fédéral, chez Air Liquide, Oxfam-Canada, de même qu'à l’Alcan, à Bell Canada, à Consolidated Bathurst et le reste.À Ottawa, 50 000 fonctionnaires travaillent selon l'horaire flexible.Pour Marie-CLaire Boucher, conseillère en horaire variable, ce mode de fonctionnement est d'abord «un instrument au service d'une philosophie de gestion et suppose un style de leadership particulier.Cette philosophie de gestion, pré-cise-t-elle, prend sa source dans une conception nouvelle de l'Homme, à partir d’une connaissance accrue de ses besoins complexes et changeants; dans une conception moderne de l'Autorité et du Pouvoir, fondée sur la collaboration et la raison, plutôt que sur la coercition, la répression ou la menace; dans une notion différente des valeurs organisationnelles appuyée sur un idéal démocratique et humaniste, qui se substitue à un système de valeurs impersonnel et bureaucrate.» Pour sa part, le sociologue français Jean-François Baudraz soutient également dans L'horaire variable de travail «que le système variable est la résultante d'une nouvelle philosophie, d'une autre éthique, qui bouleverse plusieurs idées reconnues immuables jusqu'à ce jour en matière de gestion du personnel.Il oblige à reconsidérer et souvent à reviser la notion de rentabilité du travail au sein des entreprises.» Il ajoute cependant: «Au premier abord, on pourrait penser que des considérations sociales ont joué un rôle important.Il n’en est rien.Seuls des impératifs économiques sont à la base de cette innovation.Animée du désir d'évi- ter un conflit, la direction arriva rapidement à la conclusion que le système en vigueur n'était plus valable.» Étant donnée l'ampleur qu'a pris rapidement le phénomène des horaires variables, les études consécutives à son application ne manquent pas.À elle seule, la direction de la recherche du ministère du Travail et de la Main-d'œuvre du Québec a publié quatre rapports imposants et fort documentés portant sur un Examen de la littérature, sur une Mission d'étude en Allemagne et en Suisse, sur L'horaire variable au Québec: rapport d'enquête et sur Les répercussions de l'horaire variable sur l'individu.UNE LIBERTÉ D'ACTION ACCRUE Nous nous contenterons ici de résumer les avantages et les inconvénients de la méthode, tant pour les employeurs que pour les employés.Pour ces derniers, la possibilité de choisir des horaires personnalisés constitue déjà un avantage notoire qui se traduit par une liberté d'action accrue; la suppression du contrôle de la ponctualité entraîne par ailleurs une souplesse qui permet des sorties pour rendez-vous sans qu'il y ait pénalité ou sentiment de demander une faveur; de l'adaptation du travail au rythme de vie individuel et au mode d'existence personnel découle un meilleur climat de travail et le sentiment d'une plus grande liberté; une meilleure organisation du contexte de travail témoigne de la confiance que manifeste l'entreprise envers ses employés; outre que cet aménagement permet d'éviter l'encombrement de la circulation aux heures de pointe, il facilite l'intégration sociale en permettant une plus grande vie sociale et l'accès à la culture par le biais d'une amélioration possible de la qualité des loisirs; enfin, il importe de noter les nombreuses possibilités d'aménagement de la vie familiale et du temps consacré au conjoint et aux enfants à l'intérieur d'un tel système.Les avantages de l'horaire flexible sont également considérables pour l'entreprise et, dans chaque cas, ou presque, on a noté une augmentation de la productivité découlant à la fois de la plus grande satisfaction des employés, du fléchissement de la rotation du personnel et d'une nette régression de l'absentéisme.Il faut aussi noter une économie de temps et d'argent par suite de l'élimination des retards et de l'utilisation de la caisse d'heures accumulées (disparition à toutes fins pratiques des heures supplémentaires) de même qu'une augmentation du sens des responsabilités des employés.De plus, en étalant les heures de sortie des travailleurs, on peut constater une réduction des dépenses d'infrastructure imposées à la collectivité et une réduction de la fréquence des accidents de circulation, sans compter de nouvelles 24 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE **• * possibilités en matière de recrutement et une réduction de l'instabilité du personnel, tous effets qui contribuent à accroître la rentabilité de l'économie toute entière.Quant aux inconvénients de la méthode, ils sont rares mais valent qu’on en fasse état.Pour les travailleurs, il y a d'abord l'amertume de ceux à qui leurs tâches ne permettent pas d'utiliser l'horaire flexible, la perte d'avantages «paternalistes» qui permettaient certaines absences «motivées», lesquelles n'ont dorénavant plus cours où doivent faire l'objet d'une reprise des heures perdues.Et, bien sûr, la difficulté de communiquer avec les collègues dont le choix d'horaires différents fait qu'ils sont absents à certains moments de la journée.Le plus grand inconvénient de la compagnie est sans doute la difficulté, pour les cadres, d'organiser le travail en vue d'une efficacité maximale.S'y ajoutent certains retards dans les prises de décision consécutifs à la disparité des horaires qui compliquent la communication d'information.Enfin, il y a le travail additionnel occasionné par la compilation et le contrôle des formules d'horaires de travail et l'administration de la caisse d'heures.On peut tout de même conclure que l'horaire variable constitue un progrès indéniable dans les efforts que l'homme déploie pour améliorer sa condition.Et que, malgré la diversité de ses modalités, il ne peut être appliqué sans distinction à toutes les activités ni à tous les services.À cet égard, le secteurtertiaire, et notamment celui des services administratifs, constitue un terrain privilégié pour l'implantation de cet horaire.Il n'en reste pas moins que, selon les informations dont on dispose pour l'instant, il n'y a jamais eu, là où l'horaire variable a été introduit, de demandes visant au retour à l'horaire fixe.Finalement, pour Heinz Allenspach, auteur de L'horaire variable, cet aménagement, «pas plus que les systèmes qui l'ont précédé ou qui sont encore en vigueur, ne saurait être considéré comme la panacée.Mais il peut être, dans de nombreux cas, la solution la mieux appropriée lorsqu'on a à faire face à une multitude d'exigences et d'objectifs.» LE TRAVAIL À TEMPS PARTIEL Défini principalement comme un travail qui est exécuté pendant un nombre d'heures inférieur à la durée de lasemaine normale de travail, le travail à temps partiel a fait l'objet d'une étude bien documentée, signée par Colette Bernier et Hélène David et publiée en avril 1 978, par TIRAT.Elles y démontrent d'abord, hors de tout doute, que le travail à temps partiel est accolé aux emplois du secteur tertiaire où se trouve une majorité d'emplois non qualifiés et mal rémunérés et qu'il concerne surtout les femmes occupant des emplois de commis-vendeuses, caissières, réceptionnistes, femmes de chambre, concierges, etc.De ce premier aspect de leur étude, elles concluent que le travail à temps partiel est lié dans les faits à la «déqualification» du travail.Après s'être penchées sur le statut, les conditions de travail et la sécurité de revenu des travailleurs à temps partiel, Bernier et David affirment que, même à travail égal, ces employés se voient imposer un statut inférieur, un emploi restrictif, des conditions de travail différentes des employés à plein temps et une sécurité de revenu nulle.Elles démontrent d'autre part, ce qui n'est pas étonnant dans ces circonstances, que les patrons favorisent le travail à temps partiel et concluent qu'«il est nécessaire de s'opposer au développement abusif du travail à temps partiel et de ne l'admettre que lorsqu'il a été démontré qu'il est absolument essentiel», ainsi que «d'améliorer les conditions de travail des travailleurs à temps partiel actuels parce que ces travailleurs ont droit à des conditions de travail équitables et également dans le but de freiner son développement».À cet effet, l'ensemble des revendications présentées au cours des différents chapitres de cette brochure d'une centaine de pages touche à la fois l'analyse des politiques globales du travail, la législation et la négociation des conventions collectives de travail.Malgré tout, de plus en plus de gens, des jeunes et des femmes en particulier, QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 vivent du travail à temps partiel, surtout dans le secteur tertiaire.C'est le cas, j entre autres, de nombreux étudiants qui fps I occupent des emplois d'été ou travaillent, ta !| durant la période des fêtes, au bureau j des postes ou à la Société des alcools.Le monde du spectacle et des communica-M: T tions fournit également un certain nombre d’emplois à temps partiel.Il faut dire i que cet aménagement convient particu-i lièrement à un grand nombre de femmes i qui ont à élever de jeunes enfants et qui etf I peuvent, à condition de bénéficier de ser-)« .1 vices de garderies appropriés, passer la ïè I moitié de la journée avec eux et travailler p I durant l'autre.D'ailleurs, toutes celles ni i qui le font ne sont pas nécessairement I victimes d'exploitation de la part de leur employeur.Cependant, les conclusions de Bernier et David rejoignent celles de D.Marie dans L'aménagement du temps S de travail, lequel, notant l'attitude néga-j tive des syndicats envers cette pratique, I rappelle la nécessité, pour le rendre j acceptable du point de vue social et éco-j*' i nomique, d’entourer le travail à temps 5 partiel de certaines garanties minimales I visant à assurer aux intéressés les avan-I tages conformes aux principes généraux Oil I reconnus.L'AMÉNAGEMENT DE L'ANNÉE Enfin, une série d'hypothèses sont J permises face à l'aménagement possible du travail sur une base annuelle.Cela i peut résulter du calcul de la durée du : travail en moyenne au cours de périodes I plus ou moins longues, dans le cas des I activités saisonnières notamment, ou de I l'octroi aux travailleurs, au cours de H l'année, d'un certain nombre de jours 1 chômés payés qui réduiraient la durée de Ij travail calculée sur une base annuelle.Il |l peut en outre découler de l'application de I] certaines formules d'aménagement du I travail librement choisies, du travail à temps partiel ou du travail temporaire, : par exemple, ou encore de périodes de ; travail entrecoupées de périodes d'éducation récurrentes.Quoi qu'il en soit, tous ces modes d'aménagement ou d'étalement du travail sont le résultat d'expériences valables ‘if ' certes, mais dont l'ampleur est limitée par la primauté accordée aux impératifs de productivité d'une société fondée sur le profit lié à la production.On a tendance à oublier que l'homme est né libre et que, dès le siècle dernier, Paul Laffargue, médecin français, militant au sein de l'Internationale socialiste et gendre de Karl Marx, réclamait déjà «Le droit à la paresse».UN REGARD NEUF Un état d'esprit nouveau s'impose en vue du remaniement des temps de travail.À partir de témoignages de travailleurs qui ont découvert comment il importait d'abord d'assujettir la production aux besoins réels de la population et non de s'appliquer à créer des besoins nouveaux comme le fait la publicité, Adret, nom collectif que ce sont donnés les auteurs d'un merveilleux petit livre intitulé Travailler deux heures par jour, démontre clairement comment nous sommes quotidiennement appelés à «faire le jeu du capitalisme» et préconise des moyens concrets pour s'en sortir, pour apprendre à vivre dans un milieu, dans une société, sans en être les esclaves: «C'est la richesse des pauvres, ça».À cette fin, les auteurs préconisent que nous nous employions le plus rapidement possible à diviser le «travail lié» du «travail libre».Le «travail lié» est celui qui, pénible et ennuyeux, est nécessaire au fonctionnement de la société dans son ensemble, le «boulot» qui n’a d'autre intérêt que de procurer les moyens matériels de l'existence.Perdu, noyé dans la masse de ses collègues, le travailleur qui l'effectue est peu motivé.Il importe donc de réorganiser les structures économico-sociales en vue de l'autogestion du travail lié qui serait fait dans l'intérêt de tous et non plus au profit de quelques-uns.En contingentant la production pour répondre strictement aux besoins essentiels de la population, en séparant ce travail lié du travail dit «libre», on pourrait arriver à l'accomplir en quelques courtes heures par jour: quatre au plus, deux idéalement.Quant au «travail libre», c'est celui qui a un sens pour celui qui l'accomplit.C'est l'activité créatrice qui est auto-justificatrice, c’est la tâche au service d'une communauté d'individus restreinte à laquelle on se sent une appartenance qui suffit à donner envie de «participer».Il doit s'organiser de manière décentralisée et, visant essentiellement à satisfaire des besoins de vie en commun, échapper à l’économie de marché.Il implique lefonc-tionnement par petites unités géographiques, villages, quartiers de grandes villes, de même que la fin de la centralisation de la production dans tous les cas ou la chose est possible.Le succès d'une telle méthode table sur le sentiment d'être utile, sur la curiosité de tous et de chacun, sur le goût de faire et ne peut découler que de l'éducation à la créativité plutôt qu'à l'obéissance.Dans L'inventaire de l'avenir Jean Fourastié, qui n'est pas un utopiste, prévoit déjà que nos petits enfants parleront de l'ère économique (1750-1985) comme de quelque chose de révolu, car ils seront entrés, à partir de 1985, dans l’ère où le genre de vie est destiné à primer résolument sur le niveau de vie.Ce sera, prophétise-t-il, l'époque des 20 heures de travail parsemaine, des 40000 heures par vie (comparativement aux 80 000 actuelles).Ce n'est pas encore deux heures par jour, mais, à cinq jours 25 par semaine, ce n'est que quatre heures par jour.En attendant, on peut viser un but qui soit plus rapproché, plus «réaliste» et qui constitue en même temps une étape dans cette stratégie à long terme.Cette revendication immédiate serait la semaine de 30 heures sans diminution de salaire.Ce progrès est imminent et constitue un pas vers l'accomplissement du rêve raisonnable.Car, comme le souligne Adret «l'espoir n'est pas fou.Laissons courir l'imagination, réalisons l'utopie!» Pour en lire plus: Adret, Travailler deux heures par jour.Seuil, Paris, 1977 Heinz Allenspach, L'horaire variable.Bureau international du travail, Genève, 1975 Jean-François Baudraz, L'horaire variable de travail.Les éditions d'organisation, Paris, 1973 Jacques De Chalendar, Vers un nouvel aménagement de l'année, La documentation française, Paris, 1970 Jean Fourastié, L'inventaire de l'avenir, Laffont-Gauthier, Paris, 1965 D.Marie, L'aménagement du temps de travail, Bureau international du travail, Genève, 1977 » lï i ! HBH Hi ygSKsaam^r- ,K34rif*iMi nr -**r ’ MW* W , ' ‘SATÿitf '.d .1 ' ’’iBt •'«rw»uv> «at*.,*.*.MWOllWj*»» ’ -rj‘ •Mf i ’*(* ru, B g] " ii "ffr1 ¦'"sar Hti+W»r- ^SSÊa^i ' .u: •¦-¦A* * iKJ.\ù ï\ WM vH ! ' ¦ • jszszart.^-.* — , .¦SlJgpVr-aÊKT 'SGÏ V«*?T mr-*?.—-.saw?.~ mp met: m rat ' m9 ¦ Mcew 1 gigawatt) sur une cible solide, une couche mince de plasma est formée et absorbe la radiation incidente.Pour comprendre les mécanismes de déposition et de transfert, il est important d'étudier l'interaction à haut flux avec des cibles solides.À cette fin, les chercheurs ont recours aux avantages d'une chaîne laser C02 de puissance (1 2 J, 1,5ns) et à un laser à rubis (2mJ, 20ps) comme outil de diagnostic.janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE 0* r Alignement d'un miroir de l'expérience interaction laser-matière par un chercheur de l'INRS-Énergie.ir • Confinement de plasma chaud Vu l'impossibilité financière de fabriquer un tokamak (machine de pointe pour l'étude du confinement magnétique), l'INRS-Énergie a mis au point les machines KEMP ll-B et DOUBLE CUSP.À l'aide de cet équipement, il est possible de mieux connaître le confinement d'un plasma au moyen de champs magnétiques électriques et de prédire la performance réalisable de machines plus grosses et plus puissantes.Ces expériences permettent aux étudiants de se perfectionner dans les techniques requises pour le programme canadien de fusion.Technologie des réacteurs à fusion Parallèlement aux travaux de recherche sur la production d'énergie par fusion, les chercheurs se penchent aussi, dès maintenant, sur les problèmes qui existeront dans les futurs réacteurs à fusion.Dans le cycle de combustion thermonucléaire, le plus facile à opérer, on aura affaire aux particules alpha (créées à 3,52 MeV) et aux neutrons (créés à 14,06 MeV).Malgré le champ magnétique de confinement, les neutrons et certaines particules alpha bombarderont des parois de l'enceinte.C’est pourquoi des études expérimentales visent à déterminer le dommage causé par le bombardement.En regard des neutrons, il a été déterminé qu'ils pénètrent profondément l'enveloppe du réacteur et que celle-ci doit être conçue pour l'extraction de la chaleur fournie par leur énergie cinétique.Ces neutrons pourraient servir, entre autres, à la génération d'uranium 233 à partir de thorium 232 et, par le fait même, permettre au réacteur CANDU d'utiliser un combustible sans plutonium et d'augmenter sensiblement les réserves de combustibles.di c PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 41 les Je ¦le se jlia »(lti Of- ÉNERGIES NOUVELLES La situation énergétique actuelle exige une étude des sources de remplacement pour les combustibles fossiles utilisés, en particulier, pour les besoins domestiques.L'INRS-Énergie, à cet effet, a donc mis sur pied un programme de recherche spécifique sur l'énergie solaire.Il faut aussi comprendre que le centre favorise les applications industrielles de ses résultats dans le domaine des plasmas.Énergie solaire Après une évaluation théorique des diverses techniques d'utilisation de l'énergie solaire, l'INRS-Énergie travaille maintenant à la détermination du système de chauffage solaire le mieux adapté aux conditions climatiques du Québec caractérisées par des extrêmes sévères de températures et d'ensoleillement.Une première approche de cette recherche consiste à étudier et à mesurer les propriétés thermiques (efficacité, temps de réponse, pertes, etc.) des capteurs solaires plans ou à concentration qui utilisent un caloporteur liquide.Grâce à un haut degré de précision des mesures, traitées par ordinateur, on pourra aider les manufacturiers québécois dans l'évaluation des capteurs, établir les normes et standards adéquats des capteurs et former des chercheurs dans le domaine de l'énergie solaire.D'autres travaux, dans un premier temps, visent à démontrer la faisabilité d'un système capable de remplir 100% des besoins en chauffage d'une maison typique de banlieue à l'aide d'un stockage dans une citerne d'eau thermiquement isolée et de capteurs solaires appropriés.Au moyen d'une simulation numérique, la rentabilité sera évaluée, mais il se pourrait que les résultats conduisent à la proposition d'établir, par exemple, des mini-centrales qui seraient capables de répondre à la demande d'une centaine de maisons.Parallèlement à ces travaux, des recherches seront effectuées sur diverses techniques de stockage et de collection de l'énergie.Station d'essai des capteurs solaires sur le toit de l'INRS-Énergie.\ / Par l'injection de microparticules (de tailles différentes) de divers matériaux dans l'arc d'un disjoncteur à voltage majeur (courant continu), l'INRS-Énergie vise à établir une meilleure interruption du circuit en éteignant l'arc ou en évitant son réallumage à l'entrée de la chambre d'extinction.À ces deux applications, s'ajoutent des travaux sur la séparation isotopique du deutérium par laser C02.RENSEIGNEMENTS Pour de plus amples renseignements sur l'INRS-Énergie et ses programmes de maîtrise et de doctorat en énergie ainsi que sur les activités des autres centres de l'INRS, s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V4C7 — Tél.: (418) 657-2508 'ils pa' isf Applications En plus des travaux de recherche déjà mentionnés, les chercheurs considèrent que les fours à plasma offrent un grand potentiel d'application dans le raffinage de minerais de métaux rares (Ti, Mo, Nb, etc.).Dans ce domaine, les scientifiques, à partir d'un arc transféré d'environ 100 kW, étudient les effets d'érosion des électrodes dans diverses conditions d’opération dans une atmosphère contrôlée.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE 42 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE LE CHARBON VERT Un combustible bien de chez nous pour diversifier nos sources d’énergie par André Delisle Accroître son autonomie énergétique.Voilà le défi que le Québec, à l'instar de la majorité des pays industrialisés, a à relever pour faire face aux transformations récentes du monde énergétique.Quelles assurances devront être prises, dans le cadre de la politique québécoise de l'énergie, pour garantir cette indépendance?Le récent Livre blancsur l'énergie est explicite là-dessus.En plus d'encourager l'utilisation efficace de l'énergie et de renforcer la sécurité des approvisionnements en énergie importée, il faudra doubler la part des sources québécoises dans le bilan énergétique, d'ici 1990.L'énergie québécoise par excellence?L'hydro-électricité, on l'a deviné.Le Québec opte pour l'accélération de l'aménagement du potentiel encore inexploité dans le secteur.L'Hydro-Québec s'en chargera.Il existe néanmoins d'autres ressources énergétiques proprement québécoises qui prennent un intérêt nouveau dans ce contexte autonomiste.Rebaptisées «énergies redécouvertes» dans le jargon technique des planificateurs de l'avenir énergétique, ces sources réfèrent d'abord aux énergies nouvelles, désormais célèbres, du vent et du soleil.D'autres ressources abondantes sur territoire québécois, quoique moins connues, sont aussi considérées: le bois et la tourbe.Au cours des derniers mois, on a beaucoup parlé du potentiel énergétique des forêts québécoises.Des projets de développement sont déjà annoncés.L'industrie forestière a commencé à utiliser les déchets de sa production pour le chauffage.Par contre, la tourbe n'a pas reçu la même attention.Pourtant, la carte des tourbières du Québec est assez bien garnie.Les inventaires du ministère des Richesses naturelles, bien qu'effectués à des fins autres que la production d'éner- gie, sont éloquents: réparties dans toutes les régions, les réserves sont estimées à près de 2,5 milliards de tonnes, seulement dans les zones accessibles (excluant le Grand-Nord).La superficie totale de ces tourbières, ne tenant compte que des dépôts de plus de 40 hectares, atteint 13 000 kilomètres carrés.À elles seules, ces réserves connues représentent un potentiel énergétique qui, selon les prévisions sommaires de la Direction générale de l'énergie du Québec, pourrait suppléer en totalité à la demande en hydrocarbures pour les deux ou trois prochaines décennies.On comprend les efforts de recherche et de développement dans ce domaine.Ainsi, le gouvernement a confié récemment à l'Université de Sherbrooke une étude sur la mise en valeur de la tourbe comme combustible.L'I.R.E.Q., institut de recherche sur l'énergie de l'Hydro-Québec, envisage pour sa part l'intérêt de centrales thermiques alimentées à la tourbe, dans les régions éloignées.Une société d'État rattachée au ministre de Richesses naturelles, S.O.Q.U.E.M., a par ailleurs la fonction d'améliorer la connaissance des ressources québécoises en tourbe et d'explorer toutes les possibilités de sa mise en marché.ENGRAIS OU COMBUSTIBLE Jusqu'à maintenant, la tourbe était surtout connue pour ses propriétés fertilisantes.Comme engrais naturel, la mousse de tourbe génère pour une cinquante d'exploitants des recettes annuelles de plus de 10 millions de dollars pour une production dépassant 250 000 tonnes.Son usage comme combustible est récent dans le monde, et encore inexistant au Québec.Véritable éponge organique imbibée d'eau, la tourbe est un matériau formé par l'action de l'eau en absence d'air, à partir de résidus animaux et végétaux.La formation de la tourbe est également appelée humification, processus ayant eu lieu dans des dépôts sédimentaires vieux de 8 000 à 10 000 ans.Provenant d'une décomposition très lente, la tourbe est parfois considérée comme une ressource non renouvelable.La décomposition peut cependant avoir atteint différents stades, changeant ainsi ses propriétés.Très peu décomposée, la tourbe est fibreuse, de couleur blonde et peut être cueillie en surface.À un stade plus avancé de décomposition, elle devient brunâtre et ressemble plus à la terre noire.Plus vieille encore, on la retrouve en profondeur en masses noires et compactes.La tourbe de surface n'est pas avantageuse pour la combustion à cause de sa très faible densité; on la conserve pour les fins horticoles.Il n'y a donc pas compétition entre l'usage énergétique de la tourbe et son usage agricole.Comme combustible, elle se compare avantageusement à d'autres sources d'énergie plus conventionnelles.Ainsi, sa capacité calorifique est environ la moitié de celle du charbon, et légèrement supérieure à celle du bois.Le principal facteur influençant la qualité calorifique de la tourbe est la teneur en eau.Un accroissement d'un pour cent de l'humidité contenue dans la tourbe suffit à diminuer d'un pour cent la valeur calorifique de la tourbe sèche.Cette chute substantielle s'explique par la quantité d'énergie nécessaire pour extraire l'eau de la tourbe.Sous un autre angle, un des intérêts majeurs de la tourbe, en comparaison du charbon par exemple, est sa faible teneur en soufre.Cet avantage en fait un combustible propre, d'autant plus intéressant que le haut pourcentage de matières volatiles réduit considérablement le volume des cendres résiduelles.On peut aussi libérer le potentiel énergétique de la tourbe en l'utilisant comme source éventuelle d'hydrocarbures.Sa teneur en hydrogène et en carbone est suffisamment élevée pour permettre sa conversion, par des procédés biologiques ou chimiques, en hydrocarbures gazeux ou liquides.Encore ici, la proportion d'eau combinée à une présence importante d'oxygène gêne les réactions en cause, en diminuant considérablement le rendement.PASSER PAR LE CHARBON?La tourbe est utilisée directement comme combustible depuis plusieurs années, surtout dans quelques pays du Nord de l'Europe.Finement broyée ou modelée en forme de cylindres, on la brûle pour produire de la vapeur à faible pression (destinée au chauffage des habitations) ou de la vapeur à forte pression pour la génération d'électricité.Les quelques procédés déjà en opération ont démontré l'intérêt de la tourbe finement broyée en QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 43 •ïer.v J*ri k 'rt' J* .3>- »! • .>E.utilisant des brûleurs spécialement conçus; on injecte aussi des mélanges de tourbe et de combustibles fossiles — huile ou charbon — dans des brûleurs conventionnels.Il faut néanmoins préciser que dans le contexte économique actuel, les centrales de combustion directe s'avèrent rentables seulement dans des régions éloignées, où le coût du transport des combustibles fossiles est prohibitif, ou dans des secteurs très rapprochés des tourbières en exploitation.La forme la plus appropriée aux utilisations actuelles de l'énergie de la tourbe, comme d’ailleurs des autres composantes de la biomasse, reste toutefois le carburant liquide puisque, à moyen terme, on doit trouver des substituts au pétrole, particulièrement dans le secteur des transports.Le moteur à combustion ne semble pas devoir laisser place à une autre technologie dans un avenir prévisible: la dépendance par rapport aux carburants liquides (ou gazeux) fait donc partie du portrait énergétique de demain.Plusieurs techniques de transformation sont présentement connues pour libérer sous forme liquide ou gazeuse l'énergie de la biomasse.Développées à l'origine pour la conversion du charbon en hydrocarbures de synthèse, on les adapte maintenant, avec plus ou moins de difficultés, au traitement de la tourbe et des autres matières organiques.Depuis 1971, les chercheurs du département de génie chimique de l'Université de Sherbrooke expérimentent la conversion des substances organiques en charbons de natures diverses, du charbon activé au coke métallurgique.Le charbon activé ne sert pas comme combustible, mais plutôt comme réactif chimique; ses propriétés le destinent à l'emploi comme catalyseur de transformations chimiques dans certains procédés industriels ou comme capteur de certains polluants au cours du traitement de l'eau ou de l'air.Pour sa part, le coke — carbone presque pur obtenu par la distillation de la tourbe — sert à la fois au chauffage des hauts fourneaux et aux procédés de fabrication dans l'industrie métallurgique.Au Québec, il est surtout utilisé dans le procédé de fabrication de l'acier.Les expériences des ingénieurs et des chimistes de Sherbrooke leur ont permis de devenir familiers avec la fabrication du charbon à partir de la tourbe.Un montage pilote, de dimension réduite, a même été mis en opération avec succès.Autant pour la fabrication de charbon activé que pour celle du coke, les installations se sont avérées autosuffisantes du point de vue énergétique, par la réutilisation des gaz dégagés durant les étapes de la transformation.En plus, on récupère, de la fabrication du coke, un goudron dont on peut extraire des hydrocarbures, par exemple le benzème.Évidemment, il ne s'agit pas ici de techniques visant préci- sément la transformation de la tourbe en combustibles liquides ou gazeux.Il faudra faire appel à des technologies plus sophistiquées pour effectuer ces tâches.LA VALEUR EN LIQUIDE La composition même de la tourbe semble la destiner à une conversion en hydrocarbures.Sa teneur élevée en oxygène donne toutefois lieu à une production considérable de gaz carbonique et d'eau au cours du processus de conversion, ce qui a pour conséquence d'en diminuer le rendement.Malgré cet inconvénient, que l'on peut atténuer par des méthodes adéquates de séchage et de préparation, le contenu de la tourbe en hydrogène, en carbone et en diverses matières organiques est comparable aux autres matériaux généralement choisis pour en extraire les hydrocarbures synthétiques.Depuis le début de la décennie, les pays occidentaux ont acquis une bonne expérience dans la conversion du charbon en hydrocarbures gazeux et liquides.Les techniques développées ainsi que les procédés expérimentés pourront être appliqués au traitement direct de la tourbe, ou du moins de ses dérivés char-bonnés.De façon générale, toute conversion vise la production d'un complexe de carbone, d'oxygène et d'hydrogène.L'étape de la conversion peut être accomplie par diverses voies dont les principales sont la gazéification, la pyrolyse et la dissolution dans un solvant.D'une part, des hydrocarbures gazeux, aux rendements calorifiques très variables, peuvent être obtenus par une combustion contrôlée de matières organiques en introduisant dans les fours des mélanges d'air et d'azote, ou même de l'oxygène pur.D'autre part, l'hydrogazéification, réaction directe entre le charbon de tourbe et l'hydrogène gazeux, constitue une autre possibilité de fabrication de gaz de synthèse.Ces techniques de gazéification de Très peu décomposée, la tourbe est fibreuse, de couleur blonde et peut être cueillie en surface.A mesure qu'elle se décompose davantage, elle devient plus foncée et plus compacte. 44 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE La tourbe de surface, destinée à servir d'engrais en horticulture, est recueillie maintenant par des méthodes plus modernes: par aspiration.Cette tourbe qui, au préalable, a séché à la surface des champs, est prête à être emballée dans des sacs.On peut transformer ia tourbe, ou ses dérivés charbonnés, en hydrocarbures gazeux et liquides, cela par gazéification, pyrolyse ou dissolution dans un solvant.A l'Université de Sherbrooke, on utilise un four rotatif pour effectuer la pyrolyse de la tourbe.la tourbe sont bien maîtrisées en Union soviétique, où l'Institut soviétique de la tourbe (INSTORF) les évalue spécifiquement.Le «gaz de tourbe» peut être utilisé directement ou transformé en méthane, en méthanol ou en autres hydrocarbures par des réactions catalytiques connues.Au-delà de ces techniques de fabrication d'hydrocarbures liquides en passant par les gaz de synthèse, on vise aussi la transformation directe des charbons en carburants liquides utiles, tels le méthanol.En ce qui concerne la tourbe, un premier processus, la pyrolyse ou destruction de la matière organique par une combustion anaérobique, doit d'abord produire du charbon ou des dérivés analogues; la liquéfaction est ensuite réalisée par la voie de l'hydrogénation, c’est-à-dire d'une réaction directe avec l'hydrogène.Ce procédé, d'après les premières expériences menées à l'Université de Sherbrooke, semble prometteur, du fait que l'on peut utiliser la tourbe telle que cueillie, soit à 90 pour cent d'humidité.L'eau fournit l'hydrogène nécessaire à la réaction, ce qui évite d'assécher la tourbe avant sa transformation.La dissolution constitue une autre voie pour extraire les matières carbonées qui, après hydrogénation, deviendront des hydrocarbures liquides.PEU RENTABLE, MAIS PROPRE Ces quelques techniques de conversion énergétique de la tourbe, expérimentées dans les laboratoires nord-américains, font l'objet d'applications à l'échelle opérationnelle dans certains pays nordiques du continent européen, pays évidemment bien pourvus en tourbe.Ainsi, l'Union soviétique, principal producteur mondial de tourbe, en récolte annuellement 70 millions de tonnes pour des fins énergétiques, et deux fois plus pour les autres usages.La tourbe fournit près de 20 pour cent de l'apport énergétique de la ville de Leningrad.D'autres villes importantes, Moscou par exemple, tirent leur chauffage de 75 usines thermiques alimentées à la tourbe.Dans l'ensemble, cette énergie représente une fraction de deux pour cent de l'énergietotale utilisée en Union soviétique; les centrales thermiques utilisant la tourbe comme combustible, atteignent présentement une capacité installée de 3 500 mégawatts.L'Irlande exploite aussi ses ressources en tourbe à des fins énergétiques, surtout pour la production d'électricité: 2,2 millions de tonnes y alimentent cinq usines d'une capacité totale d'environ 400 mégawatts.Les briquettes de tourbe comprimée trouvent un usage de plus en plus répandu dans les foyers et les poêles domestiques; 800000 tonnes de tourbe sont requises annuellement pour cette fonction.Deux autres pays apparaissent aussi sur la liste des grands exploitants de la tourbe: la Finlande — où la tourbe représente 33 pour cent de l'énergie consommée — et la Suède.Dans l'ensemble des quatre pays mentionnés, les usines thermiques consomment plus de 70 pour cent de la tourbe combustible produite dans le monde.La majorité de ces usines sont des centrales thermoélectriques à vapeur, les plus récentes servant aussi au chauffage municipal.On doit, pour le moment, référer à l'expérience de ces pays pour évaluer la pertinence économique et les incidences écologiques de l'exploitation de l'énergie de la tourbe.Du point de vue énergétique, nous l'avons dit précédemment, la valeur calorifique de la tourbe est avantageuse, variant de 18 à 25 mégajoules par kilogramme, ce qui la met au même rang que le bois ou l'alcool.En plus, le coût énergétique de la production de latourbe esttrès bas en regard de l'énergie que l'on peut en tirer.Les Irlandais et les Suédois rapportent une proportion d'un pourcent, l'énergie de production prenant surtout la forme de carburant diesel pour la machinerie d'extraction.Ce bilan énergétique suppose l'utilisation de l'énergie solaire (gratuite) pour le séchage partiel de la tourbe sur le site même de l'exploitation.Enfin, la combinaison de la production d'électricité et du chauffage communautaire peut mettre à profit 80 pour cent de l'énergie théoriquement contenue dans la tourbe.Les inquiétudes écologiques concernent plus les conséquences de l'extraction de la tourbe que celles de sa combustion.Son contenu faible en soufre et la qualité de sa combustion lui confèrent des avantages tangibles sur les combustibles fossiles conventionnels, au plan de la protection de la qualité de l’air.Par contre, on ignore encore les incidences sur la qualité de l'eau des procédés d'exploitation des tourbières de surface ou en profondeur.De plus, on craint les effets de poussières de tourbes s'échappant continuellement des sites d'entreposage et de séchage.Ces problèmes restent encore non résolus, mais d'autant diminués que les sites d'extraction sont éloignés de zones peuplées.Les expériences européennes tendent aussi à prouver qu'il est possible de prévenir les pires dommages au paysage, par la restitution des sites d'extraction à d'autres usages, après leur exploitation.On peut, par exemple, procéder à la plantation d'arbres ou d'autres cultures.Cet éloignement ne constitue toutefois pas un atout économique de l'exploitation de la tourbe.La faible densité de cette dernière rend les coûts de transport prohibitifs.Une distance de plus de 80 kilomètres peut difficilement être envisagée entre le site d'extraction et le point d'utilisation.Pour leur part, les coûts d'extraction et de préparation de la tourbe combustible dépendent des méthodes QUÉBEC SCIENCE / janvier 1979 45 V): f' V , > .' «.-Éi s, *> .is -51 2} v (¦ ni Jr ¦* >t: lî'V.v ^ utilisées.Dans les pays européens mentionnés précédemment, ces coûts, quoique assez élevés, sont encore inférieurs de beaucoup au coût des combustibles (charbon ou mazout) importés.Cela pourrait se présenter différemment pour nos régions où les coûts des produits pétroliers sont encore très bas, souvent de deux à trois fois inférieurs aux prix européens.DU MÉTHANOL DANS L'ESSENCE L'industrie de la tourbe au Québec étant demeurée longtemps à un niveau d'exploitation très artisanal, ne s'est modernisée que très récemment.Il est donc difficile d'en prédire les performances économiques dans le cadre d'un recours à une technologie appropriée.L'abondance des ressources québécoises en tourbe justifie néanmoins que l'on considère sérieusement cette nouvelle avenue énergétique.Certaines régions, particulièrement bien pourvues, pourraient profiter avantageusement de son utilisation comme source thermogène.Les inventaires du ministère des Richesses naturelles indiquent, à ce titre, la région du Saguenay — Lac Saint-Jean avec des réserves prouvées de plus de 50 millions de tonnes, et celle de Montréal où l'on connaît des réserves de plus de 25 millions de tonnes.D'autres régions disposent de dépôts importants dépassant les trois millions de tonnes, soit les Cantons de l'Est, et le Bas Saint-Laurent.Sans avoir été scrutées par des inventaires systématiques, les basses terres de l'Abitibi et de la baie James semblent propices à la présence de quantités intéressantes de tourbe.La superficie des tourbières au Québec, selon les évaluations conservatrices des chercheurs du «projet tourbe» de l'Université de Sherbrooke présentées au Congrès de l'ACFAS en mai 1 976, dépasserait les 2,5 millions d'hectares et repré- senterait un potentiel énergétique de 2,8x 109 joules.Sur la base des réserves connues et prouvées à la suite des inventaires du ministère des Richesses naturelles, on obtient une figure beaucoup plus optimiste des disponibilités québécoises en tourbe.Les 200000 hectares de tourbières inventoriées peuvent représenter un équivalent de 430 millions de barils de pétrole, soit 2,4x1015 joules.Récemment, les spécialistes de Sherbrooke ont réajusté leurs estimés, mentionnant des réserves énergétiques de l'ordre de 1,3x1019 joules, chiffre dépassant la totalité de la consommation énergétique québécoise en 1978! Le pari de l'énergie de la tourbe se jouera probablement entre ces extrêmes.L'orientation des recherches québécoises dans ce domaine laisse néanmoins présager, à moyen terme, une mise en valeur de la tourbe comme combustible, non pas comme seule source de biomasse mais en combinaison avec d'autres matières biodégradables dont les déchets urbains et les résidus du traitement des eaux usées sont les meilleurs exemples.Le recours à un éventail large de ressources organiques permettra d'atténuer toute dépendance sérieuse envers une seule substance, situation risquant de mener rapidement à l'épuisement des réserves en tourbe.De plus, la polyvalence des sources thermogènes assurera la constance des approvisionnements, tout en fournissant la solution pour l'élimination de déchets aujourd'hui très coûteux pour la société.Les procédés technologiques actuels sont théoriquement préparés à la variété des combustibles; plusieurs problèmes techniques restent néanmoins à résoudre avant de mettre en place des installations de grande capacité.Le méthanol constituera vraisemblablement le produit principal de la conversion, du moins à court terme, à cause de la possibilité de le mélanger à l'essence La méthode traditionnelle de recueillir la tourbe: en cubes, à la pelle.La tourbe devait ensuite être séchée pour en enlever l'humidité.dans des proportions atteignant 20 pour cent.On devine l'ampleur du débouché pour cet hydrocarbure de synthèse.Le marché des briquettes pourrait aussi être exploré, avec la popularité croissante des poêles et des foyers domestiques.Aucune prévision ne permet toutefois d'avancer une hypothèse de mise en valeur de la tourbe combustible par ce biais.Surtout que, dans une perspective à court terme, ces diverses études de rentabilité orientent plutôt l'exploitation industrielle de la tourbe vers la production de coke pour l'industrie métallurgique, ce matériau essentiel et courant n'étant pas fabriqué au Québec.Et l'on ne peut pas en dire autant des ressources énergétiques! Pour en lire plus: Esteban Chornet et Christian Roy, Le potentiel énergétique des réserves de tourbe du Québec, dans la revue L'Ingénieur, juillet-août 1978, no 326, page 12 J.C.Cavalier et E.Chornet, Conversion de la tourbe: gazéification, liquéfaction, présentation au Congrès de l'Association canadienne française pour l'avancement des sciences, mai 1976 SOCIÉTÉ DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES INC.ENTREPRISE QUEBECOISE A LA MESURE DES NATURALISTES QUEBECOIS SERVICES OFFERTS: • Librairie spécialisée en sciences naturelles, la plus complète au Canada.• Matériel de récolte, de collection et d’étude en sciences naturelles.• Service complet de taxidermie.• Cartes topographiques.• Cours d’éducation populaire: Botanique, ornithologie, mammalogie, ichtyologie, entomologie, minéralogie, géologie du Québec, cartographie et boussole, technique de récolte en sciences naturelles, taxidermie.• Pour les membres: local et équipement mis à leur disposition, 7 jours par semaine -10% d’escompte sur les livres et le matériel S.V.P.me faire parvenir Nom Date de naissance / / • Catalogue de livres et matériel scientifique (gratuit) ?Adresse • Index des cartes topographiques (gratuit) ?• Prospectus de NABEC (gratuit) ?Tél.Date • Carte de membre ($5.00) ?Signature S.R.S.NABEC INC.- 4057 Ste-Catherine est, Montréal, Qué.H1W 2G9 — Tél.(514) 523-3945 iJÊBEC SCIENCE / janvier 1979 47 ÉCONOMIE LE MAILLON LE PLUS FAIBLE C'est au cours des prochaines semaines que sera publiée, à Ottawa, l'étude No 29 du Conseil des sciences, sur les problèmes de «transfert technologique» au Canada.Un événement à surveiller de près, car il risque de relancer la polémique entre le Conseil des sciences et son proche parent, le Conseil économique du Canada.Mais plus encore parce qu'il risque de soulever un débat de fond sur l'orientation économique canadienne.Le rapport à venir devrait en jeffet s'inspirer fortement d'une étude que le Conseil des sciences a rendu public en novembre dernier, sous le titre de «The Weakest Link» («Le maillon le plus faible», traduction française à venir) qui tentait de cerner pourquoi le Canada est laujourd'hui un pays «en voie Ide sous-développement», et comment remédier à cette dégradation catastrophique de notre situation industrielle.Or les auteurs, John Britton tet James Gilmour, optent clairement dans ce document pour jdes solutions de nature «inter-jventionniste»: que l'État utilise json pouvoir d'achat pour favoriser les technologies autoch-itones (une variante spécialisée jde «l'achat chez nous»); que Ton encourage «activement» les regroupements industriels, que l'on mette sur pied des «centres techniques spécialisés» offrant les ressources scientifiques de l'État au service des petites et moyennes entreprises canadiennes; et surtout, qu'on ajoute, parmi les critères de sélection de l'Agence de tamisage des investissements étrangers, des considérations d'ordre technologique.C'est court, au chapitre des solutions, mais pour certains, c’est déjà trop.Jack Horner, ancien porte-parole des Conservateurs en matière d'économie et actuel titulaire libéral du ministère de l'Industrie et du Commerce, désapprouve fortement toute politique un tant soit peu protectionniste: «l'achat chez nous» lui paraît être une béquille, et l'Agence de tamisage des investissements étrangers, une erreur monumentale des «libéraux d'avant Horner»! Or, comme pour donner un certain poids aux réticences du ministre (partagées d'ailleurs par l'opposition officielle), les concepts «libres échangistes» ont aujourd'hui le vent en poupe, dans certains milieux intellectuels.Pour le comprendre, il faut d'abord regarder l'histoire économique canadienne.Notre confédération s'est développée d'abord sous la pulsion des grands financiers et des magnats du transport, tous d'origine britannique.Peu importe ce qu'on transportait, la colonisation d'est en ouest, autour d'un pôle industriel centralisé, signifiait des affaires d'or.Au milieu de ce siècle, les gouvernements canadiens ont toutefois compris que les intérêts de ces grands financiers et transporteurs n'étaient pas nécessairement ceux de l'ensemble des Canadiens.L’exportation de nos ressources sans industrie autochtone eut été lourde de conséquences.On érigea donc de lourdes barrières commerciales, contraignant toute entreprise qui voulait vendre aux Canadiens, de s'installer au Canada.Ce fut alors ce que les économistes appellent aujourd'hui le «big take over» par les industries américaines.Une à une, toutes les entreprises industrielles implantées aux États-Unis vinrent ouvrir des filiales en sol canadien.En une génération à peine, notre économie passa sous contrôle majoritairement américain.Sur le plan du bien-être des Canadiens, l'effet fut tout aussi spectaculaire: de néo-colonie exportant ses ressources, le Canada passa presque sans transition à l'état de nation industrialisée, bénéficiant bientôt du second plus haut niveau de vie au monde, derrière les États-Unis.Mais pareil développement est artificiel: lorsque dixfiliales de sociétés américaines se partagent au Canada un marché dix fois plus restreint que celui de leurs maisons-mères, elles obtiennent aussi des résultats dix fois plus modestes.Et dans ce marché de succursales, on ne fit à peu près pas de recherche originale.On connut aussi le plus faible taux d'innovation de tous les pays industrialisés, et, conséquence la plus grave, ces entreprises sans dynamisme jouissant d'un marché «protégé» devinrent parfaitement incapables d'exporter leur production.Sur le plan du commerce international, le Canada demeura un pays du Tiers-Monde: exportateur quasi exclusif de matières premières! Puisque le mal vient du «protectionnisme» de nos pères, pensent les tenants du libéralisme économique, la seule solution, c'est d'y mettre fin.Il y a trois ans, le Conseil économique du Canada adoptait comme politique de recommander un libre-échangisme presque total (sauf pour les ressources énergétiques, en fait) pour le Canada.Cela conduisait certes à sacrifier à court terme de nombreuses entreprises moribondes (comme les secteurs «mous» du Québec), mais à long terme, notre capacité technologique et économique s'en porterait mieux, dû au renforcement des industries restantes.Le malheur, notent pour leur part Britton et Gilmour dans leur étude pour le Conseil des sciences, c'est que cette argumentation ne repose sur rien: le Canada fut protectionniste, certes, mais il ne l'est plus depuis belle lurette.Il est même le plus libre-échangiste des pays industrialisés.Et si cela nuit à ses secteurs mous, rien ne prouve que cela permettra de développer des secteurs à haute technologie.à moins qu'on ne s'y consacre pleinement.Et de manière plus interventionniste.Le Conseil des sciences, devrait adhérer à cette politique, ces jours-ci, avecd'autant plus de force que cet organisme avait déjà abordé ce thème de l'incapacité technologique des sociétés étrangères établies au Canada dans son rapport no 15, publié à la fin de 1971 (Innovation in a Cold Climate).Huit ans plus tard, constatent certains, à peu près rien n'a été fait.L'Agence de tamisage, créée entre-temps, n'a été rattachée à aucune politique d'ensemble relative à la stratégie industrielle et à la souveraineté technologique.Or, depuis lors, la «crise du pétrole» est venue confirmer le diagnostic de manière dramatique: en 1971, on nous disait «méfiez-vous, notre richesse est factice et vulnérable»; aujourd'hui, nous avons dégringolé loin de la deuxième place obtenue jadis, mais le vent politique continue à favoriser la nonintervention.Pierre S or many 48 janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE RECHERCHE LE NORD DÉMÉNAGE DANS L’OUEST Jusqu'à tout récemment, le Québec (et Montréal en particulier) était le paradis des chercheurs travaillant sur l'environnement arctique.L'Arctic Institute of North America partageait en effet entre Washington et Montréal son personnel et ses services, incluant la bibliothèque de documentation arctique la plus complète en Amérique du Nord, et Environnement Canada possédait une Station biologique de l'Arctique, à Sainte-Anne-de-Bellevue, en étroite collaboration avec l'université McGill.Le développement du pipeline de l'Ouest canadien, et l’impact technologique et scientifique qu'un tel projet impliquait forcément a incité Ottawa à chercher récemment à réorienter vers les Prairies l’essentiel des compétences canadiennes dans ce domaine.Récemment l'Arc-tic Institute déménageait ses pénates à Calgary, et le ministre délégué à l'Environnement, M.Donald D.Kinsley recevait de ses fonctionnaires une recommandation visant à transférer la Station de Sainte-Anne-de-Bellevue vers Winnipeg.À Ottawa, on affirme que cela n'implique aucune perte réelle pour le Québec.Environnement Canada possède déjà d'importantes installations à Québec même, tout près de l'université Laval, et une bonne partie des sommes consacrées aujourd'hui à la station montréalaise y seraient tout simplement transférées.L'éventuelle fermeture de ces laboratoires signifierait tout de même une relative stagnation dans le secteur de la recherche en biologie arctique au Québec, l'accent étant désormais donné au développement de la nouvelle station de Winnipeg.C'est au début de novembre dernier que la recommandation aurait été présentée officiellement au ministre, alors que la décision finale devrait être prise en janvier ou en février.Interrogé sur la probabilité de ce transfert, un fonctionnaire d'Environnement Canada a reconnu qu'au départ, il y avait «du pour et du contre», mais que de toute façon, «Il n'y a encore aucune décision à ce jour, et ce transfert n'a été étudié que comme une possibilité parmi d'autres.» (fin novembre).N'empêche que les biologistes de Sainte-Anne-de-Bellevue s'inquiètent.La plupart de leurs projets sont présentement orientés vers l'écologie maritime et leurs bancs d'essai sont situés sur la Côte Est.Les plus anciens lecteurs de Québec Science se souviendront peut-être d'un article de Jean-Marc Fleury, sur nos grandes baleines nationales, observées librement dans un «aquarium naturel» au large deTadoussac (septembre 1974).C'est une équipe de cette station biologique qui a entrepris cette étude presque unique au monde, mais la station se caractérise aussi par l'étonnante diversité (et complémentarité) de ses intérêts multiples: des bactéries marines aux baleines, en passant par le phytoplancton et les unicellulaires, ou par les phoques du Grand-Nord et de la Côte Est, etc.En outre, l'université McGill a fait depuis plusieurs années de la biologie marine une de ses sphères de recherche privilégiées, et la présence d'une station biologique fédérale tout près de son campus constituait un débouché privilégié pour ses finissants, qui devront désormais migrer vers Winnipeg à la fin de leurs études.La décision inquiète aussi sur le plus strict plan économique.Un vol direct relie présentement Montréal à Frobisher Bay, la «base externe» des chercheurs de la station biologique.En provenance de Winnipeg, il faudra faire une étape d'une nuit à Montréal.Coût additionnel, certes, mais aussi problème technique énorme lorsqu'il s'agit d'amener sur place ou de ramener aux laboratoires principaux des échantillons vivants.À Québec, il a été impossible, lors d'une brève enquête, de trouver un fonctionnaire qui soit informé de ce transfert projeté.En tout cas, si des contacts ont été pris, il n'y avait pas encore de réaction officielle l'automne dernier.Pierre Sormany COMMUNICATIONS SUICIDE  LA UNE Écrasements d'avions et histoires de «meurtres-suicide» (meurtres suivis du suicide du meurtrier) publiées dans les journaux; aucune relation, me direz-vous! Eh bien, s'il faut en croire David P.Phillips, sociologue à l'Université de Californie, ce n'est pas exact.En effet, une étude statistique, couvrant tout le territoire américain et portant sur la période 1968-1973, montre indubitablement des liens inquiétants entre ces deux catégories d'événements malheureux (Science, vol.251, 25 août 1978).Déjà des recherches démontraient que, suite à un suicide faisant «la une» des grands quotidiens, on observait un accroissement sensible du nombre de suicides et d'accidents routiers; ces derniers étant quelquefois des suicides «camouflés».Cette augmentation atteignait toujours son maximum trois jours après la mise en valeur journalistique.Tout semble se passer comme si ce premier suicide, largement diffusé dans la population pour des raisons variées, agissait comme «déclencheur» d'autres suicides.David P.Phillips a donc recherché un phénomène semblable dans le domaine de l'aviation non commerciale (privée, d'affaires et de corporation), les informations pour ce secteur de l'aviation étant facilement accessibles.Point de départ: les histoires de «meurtres-suicide» retenues pour étude devaient répondre à cinq critères précis.Ceci afin de s'assurer de l’existence de similitudes entre ces actes désespérés et la situation créée par un pilote qui a décidé d'utiliser son avion comme instrument, à la fois de meurtre et de suicide.Ici les passagers sont les victimes, le pilote faisant lui office d'assassin, et évidemment y laissant habituellement «sa peau», comme le dément qui se suicide après son crime.Les écrasements n'impliquant qu'un seul mort (le pilote) étaient rejetés, ne répondant pas à ce préalable.Enfin il fallait que l'événement «déclencheur» bénéficie d’une diffusion à la grandeur du pays.Il devait donc faire la première page de grands journaux à tirage national, (New York Times et Los Angeles Times) ou apparaître aux nouvelles des grandes chaînes de télévision (ABC ou NBC).Effectivement, on a constaté une augmentation, statistiquement significative, du nombre d'écrasements à la suite à la publication d'histoires de «meurtres-suicide».De plus on observe, comme pour les accidents automobiles, un «pic» clair et précis dans le nombre d'accidents, correspondant toujours au troisième jour après l'événement initiateur.Mais si ces histoires malheureuses sont réellement responsables de l'accroissement observé, alors cette augmentation devrait être fonction de l'importance consacrée à l'événement de base.Le nombre de journaux quotidiens aux États-Unis frisant 2 000, on peut imaginer les difficultés rencontrées dans l'évaluation de cette mise en valeur.P.Phillips dit avoir constaté une corrélation très forte entre ces deux variables.Fait à noter, cette corrélation serait beaucoup moins significative pour ce qui est de la télévision.Enfin il semblerait que cet accroissement d'accidents fatals se produise surtout dans l'État où l'événement a tenu la une; habituellement, l'État où s'est déroulé le carnage.Ces cas funestes n'étant heureusement pas légion, nul doute qu'il faudra accroître la quantité de données étudiées avant d'en arriver à des conclusions définitives.De toute façon, si vous devez prendre l'avion demain, dites-vous bien que la probabilité que vous soyez un des acteurs involon- janvier 1979 / QUÉBEC SCIENCE 49 taires de ce genre d'histoire abracadabrante, est pour le moins négligeable.Claude de Launière AÉRODYNAMIQUE LEVENT DANS LES VOILES En plus de constituer un passe- temps captivant et même un art, le cerf-volant présente un véritable intérêt scientifique.Dans un article de l'hebdomadaire New Scientist (vol.79, no 1 122), Nick Laurie en fait l'éloge.Son histoire, vieille d'au moins 2 500 ans, est remplie d'anecdotes étonnantes, de prouesses, de noms célèbres.On peut dire que les cerfs-volants ont connu leurs heures de gloire au 19ième siècle, l'époque où les avions s'apprêtaient à s'envoler pour de bon.Loin derrière, il y avait les cerfs-volants chinois, colorés, multiformes, qui servaient à apaiser les dieux; ceux des îles du Pacifique qui servaient de cannes à pêche géantes; les dragons volants du Moyen-Âge qui portaient le feu et l'effroi dans le camp adverse.Les cerfs-volants du 19ième siècle allaient porter des thermomètres, des appareils photographiques, des antennes de radio et des hommes.Pour cela, il fallait les rendre stables, maniables et assez forts pour lever des poids importants.Les systèmes d'attache ont été l'objet d'améliorations importantes.Maintenu par une seule corde, le cerf-volant était libre d'osciller au gré du vent et son mouvement était imprévisible.En divisant la corde de façon à ce qu'elle s'attache au cerf-volant en plusieurs points, on peut maintenir l'angle d'attaque par rapport au vent à peu près constant et la stabilité augmente considérablement.Pour le diriger, on a développé des systèmes parfois très sophistiqués.Par exemple, on peut le maintenir au moyen de quatre attaches indépendantes.En tirant sur une seule à la fois, on fait varier sa position par rapport au vent et on obtient un déplacement dans la direction voulue.La forme s'est aussi modifiée radicalement.Les premiers cerfs-volants étaient plats.En leur donnant une surface en angle, on allait obtenir une stabilité et une force spectaculaires.Le principe en est simple.Si le cerf-volant possède plusieurs faces disposées en angle, tout mouvement de rotation sur lui-même se corrige auto- matiquement parce que la pression n'est plus égale sur les différentes surfaces et l'engin est forcé de revenir à sa position initiale.Les cerfs-volants en forme de boîte fonctionnent de cette façon.Ces boîtes peuvent être des parallélépipèdes rectangles ou des prismes.Le prisme triangulaire est particulièrement avantageux car il est indéformable et donc plus solide pour un poids moindre.De plus, on peut assembler plusieurs boîtes ensemble pour construire des cerfs-volants gigantesques et de toutes formes.On pourrait énumérer longuement les réalisations et les prouesses accomplies à l'aide de cerfs-volants.Mentionnons seulement qu'au début du siècle, l'armée britannique comptait dans ses rangs une équipe d'hommes spécialement entraînés qui pouvaient, à l'aide d'un cerf-volant et en l'espace de vingt minutes, hisser un observateur à plus de 400 mètres d'altitude! Mais pourquoi le cerf-volant vole-t-il?Certains répondront qu'il constitue une belle application des lois de l'aérodynamique.On fera souvent inter-venirdans l'explication la loi de Bernouilli: lorsqu'un fluide s'écoule le long d'une surface, la pression exercée sur cette surface sera d'autant moindre que la vitesse du fluide sera grande.C'est pourquoi une aile d'avion est bombée sur le dessus.L'air qui s'écoule au-dessus doit parcourir un trajet plus long que l'air qui s'écoule en-dessous.La vitesse de l'air augmente au-dessus de l'aile et la pression diminue, d'où une poussée vers le haut.Si on augmente l'angle d’attaque, le phénomène s'amplifie jusqu'au point où, l'angle d'attaque étant trop grand, il se crée des turbulences et la dépression sur le dessus de l'aile disparaît.Or, un cerf-volant vole en général avec un angle d'attaque beaucoup trop grand.Ce n'est pas ce qu'on pourrait appeler une réussite aérodynamique.En effet, contrairement à un avion, ce n'est pas une dépression sur la face supérieure qui engendre la poussée vers le haut, mais la simple pression du vent sur la face inférieure.Cette pression serait insuffisante pour faire voler un avion, mais le cerf-volant, lui, peut se maintenir en l'air grâce à une surface relativement grande par rapport au poids.Bref, il vole malgré ses piètres qualités aérodynamiques.Il aura fallu attendre après la deuxième guerre mondiale pour qu'une nouvelle génération de cerfs-volants apparaisse.Francis Rogallo, un ingénieur de la NASA, conçut un type d'aile dont les qualités aérodynamiques sont infiniment meilleures que celles des cerfs-volants d'antan.Parfois maintenue en forme uniquement par les fils d'attache, parfois munie de membres rigides, cette aile a trouvé de nombreuses applications, comme le sport très populaire du «Delta Plane».Profitant à plein des progrès de la technologie de l'après-guerre, le cerf-volant a de nouveau le vent dans les voiles.Vincent Choquette «Ê -.Cours du programme de certificat CHEM Un art méconnu: la gestion La publicité au Québec Initiation à la coopération Initiation à l'économie du Québec L'environnement: un bien collectif menacé Action-environnement I Action-environnement II Action-environnement III Français pour tous, français pour tout Histoire du Québec d'aujourd'hui: économie pouvoirs, idéologie Histoire du Québec d'aujourd'hui: population travail, nation Le patrimoine québécois L'informatique.c'est pas sorcier L'individu: son affectivité, sa sexualité Affectivité, sexualité et relations interpersonnelles Bureau du registraire Télé-université 214, avenue du St-Sacrement Québec.Québec GIN 3X7 Bureau du registraire Télé-université 3465, rue Durocher Montréal, Québec H2X 2C6 r.i J Je désire recevoir plus d'information sur les cours du programme J iCHEM I ADRESSE ¦ ¦ L_________ Code postal |t J PUBLIREPORTAGE Jouer à mieux manger Une équipe du Centre de recherches en nutrition de l'Université Laval a mis au point et évalué un jeu éducatif dont le but premier est d'améliorer les comportements alimentaires et les connaissances des enfants dans le domaine de la nutrition.Un certain nombre de chercheurs ont montré que les conditions d'apprentissage par les jeux éducatifs avaient des avantages marqués sur les méthodes traditionnelles.Le joueur a un rôle donné et il apprend les comportements spécifiques qui y sont liés, comportements qu'il peut transposer ensuite dans la vie réelle.Le jeu dont il est question ici est destiné à des enfants de 5ième et de 6ième année de l'élémentaire.Cependant il y a facilement moyen d'en changer les règles pour l'adapter à un public plus âgé.+
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