Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (14)

Références

Québec science, 1979, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1183 Volume 17, numéro 8 AVRIL 1979 $1.75 ÎIER -69 -^ Sans piMes et sans >e .%*.L> ! » 4 • R, i' Bl DE L’INFORMATIQUE • LES PREMIERS BIPÈDES SA SANTE AU TRAVAIL (il - l’accouchement difficile d’une politique) Robert Reid Marie Curie derrière la légende Seuil Qui était Marie Curie?Cette biographie trace un portrait très différent de l'image sainte traditionnelle.Menant ses recherches à l'aube de ce siècle, femme en avance sur son temps, elle dut se singulariser par une extraordinaire force de volonté.La société réagit avec une cruelle ambiguïté, la plaçant d'abord sur un piédestal pour l'exposer ensuite à l'opprobre d'un scandale de mœurs parisien.L'amertume née d'un drame qui bouleversait une existence déjà marquée par de tragiques incidents ne fit qu'endurcir son caractère.Appartenant à la dernière génération des tenants de la science pure, Marie Curie préfigura aussi l'ère des chefs de laboratoire promoteurs.Son premier prix Nobel lui apporta la consécration; mais dans quelle mesure le second fut-il mérité?Jusqu'à quel point la communauté scientifique n'essayait-elle pas de compenser la suspicion de la société?Avec autorité et sympathie, Robert Reid raconte ici l'histoire d'une femme passionnée.Vous pouvez vous procurer ce volume chez votre libraire ou en nous retournant le coupon ci-dessous.BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le volume Marie Curie, derrière la légende au prix de $21.85 Nom.Adresse .»-.Code postal.Vous trouverez ci-joint un chèque ?ou un mandat postal ?au montant de $21.85 Diffusion Dimédia, 539, bout.Lebeau, Ville Saint-Laurent, Québec H4N 1S2 QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 3 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil national de recherches du Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021 -6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P 250, Sillery, Québec GIT 2R1.c Copyright 1979 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M Claude St-Onge vice-président Zone provinciale à Québec Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M Clément Gauthier président Sommaire Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Raymond Robitaille composition typographique Andrée-Lise Langlois maquettiste Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Distribution postale Paul A Joncas Photogravure et impression L'Écla ireur Itée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 1 2 numéros) Régulier: SI 7.00 Groupe (10 et plus): SI 5.00 À l'étranger: $21 00 A l'unité: SI .75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 7 Environnement Le retour de la dioxine Médecine Une prothèse cardiaque 8 Énergie Les experts qui venaient du froid 9 Physique Un monde enfin cohérent 19 Sans pilules et sans stéthoscope Miche! Gauquelin La nature seule guérit, disent les naturopathes.Oui, mais.11 Patrimoine Une histoire de baleine 12 Cancérologie L'ADN innocenté 52 Recherche Opération artichaut 53 Énergies nouvelles La tourbe va de l'avant 54 Énergie De quel bois vous chauffez-vous Vénus Le voile se soulève 30 Brûler sa santé au travail Il —- L'accouchement difficile d'une politique Jacques Larue-Langlois Après le livre blanc, il reste beaucoup à faire.38 Les premiers bipèdes Jean-Pierre Rogel On commence à en savoir plus sur ce bipède des savanes sèches, omnivore, astucieux et prudent apparu il y a trois millions d’années en Afrique: l'Homme 56 Science et art Des peintres-géologues 57 Année de l'enfant Le monde malade de ses enfants 59 Agriculture Une technique qui ne s'acclimate pas 60 Ces chers ancêtres 62 Parutions récentes 64 En vrac 45 Les Arsène Lupin de l'informatique Jacques Larue-Langlois Intrépides et ingénieux, ils fraudent les grandes entreprises privées et publiques.Leur arme: l'ordinateur 4 avril 1979 / QUÉBEC SCIENCE Les Éditions du CNRS publient des ouvrages dans tou tes les disciplines relevant des sciences exactes et naturelles ou des sciences humaines Il s'agit moins de livres de lecture courante que de documents de référence, d’instruments de travail élaborés par des chercheurs pour d'autres chercheurs ou pour un public cultivé soucieux d'améliorer un niveau culturel déjà élevé Le fonds des Éditions du CNRS corn prend plus de 2000 titres presque tous disponibles Editions du CNRS ANALYSE ET VALIDATION DANS L’ÉTUDE DES DONNÉES TEXTUELLES Ouvrage collectif 2-222-02035-2 304 pages $12,25 COMPORTEMENT DES INSECTES ET MILIEU TROPHIQUE Colloque 2-222-02056-5 496 pages $49,40 DÉCALAGES VERS LE ROUGE ET EXPANSION DE L’UNIVERS Colloque 2-222-02022-0 620 pages $46,80 MÉCANISME D’ALTÉRATION ET DE RÉPARATION DU D.N.A.Relations avec la mutagenèse et la cancerogenèse chimique Collogue 2-222-02007-7 480 pages $49,40 CRITIQUE ET CRÉATION EN FRANCE AU XVIIe SIÈCLE Collogi/e 2-222-01961-3 496 pages $42,90 Vient de paraître dans la série Les Voies de la création théâtrale Vol.6 Théâtre et musique : /'«Histoire du soldat» de C.-F.Ramuz et Igor Stravinsky Mises en scène d’oeuvres anciennes : Racine : Andromaque, Phèdre ¦ Molière : Tartuffe ¦ Marlowe : Le Juif de Malte ¦ Shakespeare : Le Roi Lear ISBN 2-222-02194-4 514 pages $28,35 Je désire recevoir votre documentation ?Veuillez m • xpédier les titres cochés ?•Paiement ci-joint à l'ordre des Presses de l'Université de Montréal %r Nom Adresse COURRIER.COURRIER • •• DES PHÉNOMÈNES PSI J'effectue présentement une recherche sur les phénomènes «psi».Est-il possible de savoir si, actuellement, il y a des recherches de ce type qui sont poursuivies au Québec?Si oui, par qui et où?Danier Silverwood Sherbrooke Pour le moment, le Québec ne possède encore aucun laboratoire équipé pour faire de la recherche sur les phénomènes psi.Cependant, des expériences sont effectuées dans trois cegeps, soit celui de Saint-Jean sur le Richelieu, celui d'Ahunt-sic et celui de Rouyn.Elles sont dirigées, dans les trois endroits, par M.Philippe Mabilleau, ingénieur, de l'Université de Sherbrooke.Toutefois, au Québec, plusieurs groupes s'intéressent à ta parapsychologie et pourront vous donner plus d'information sur ce sujet.// s'agit du Centre d'études psychophysiques et psychospirituelles de l'Institut international des Sciences humaines intégrales, que vous pouvez rejoindre par l'intermédiaire de son directeur, M.John Rossner, à Montréal, au numéro de téléphone 937-8359; et du Montreal Society for Parapsychology and Paraphysics dirigée par Charles Small, 4640 avenue Plamondon, appartement 1, Montréal, H3W !E5(téléphone: 738-1949).U y a aussi M.Louis Bélanger, spécialiste québécois des phénomènes psi, qui donne des cours sur la psilogie au département de théologie de l'Université de Montréal.Il a interrompu ses cours cette année pour effectuer une tournée à travers le Québec et présenter un film sur ce sujet, mais il les reprendra cet automne.EAU DE SOURCE Pourriez-vous s'il-vous-plaît, dans le courrier de votre très intéressante revue, donner l'adresse où je pourraisfairefaire une analyse complète et détaillée d'eau de source et à quel coût?Connaissez-vous les propriétés de l'eau de source de Chambord au Lac Saint-Jean?Mimi Gagnon Hauterive ment de votre région qui, à Hauterive, est situé au 842, rue Bossé.La personne responsable est M.Frédéric Mercier, et son numéro de téléphone, 589-9944.Les analyses y sont faites gratuitement.Pour connaître les propriétés de F eau de source de Chambord, vous pouvez communiquer avec Mme Nicole Riverdy, si cette eau est embouteillée.L'adresse est la suivante: Contrôle des eaux em- ] bouteillées.Service de Protection de l'environnement, Recherche et planifica- | tion, 201, Crémazie Est, Suite 220, Mont- j réal, H2M 1L2; téléphone: 873-4174.QUAND LES NOMS CHANGENT Je vous écris pour discuter de la terminologie scientifique employée pour la sarcelle à ailes vertes dans l'article «Les dégâts d'un dragage» dans le numéro de février 1979 (Richard Boily).Il serait bon d'informer les gens au sujet des changements effectués dans les noms scientifiques des animaux, végétaux, champignons ou protistes.Quand j'ai lu Anas crecca pour «notre» sarcelle à ailes vertes et non la sarcelle européenne, j'ai cru qu'il s'agissait d'une erreur grotesque, mais en poussant mes recherches, j'ai découvert que «notre» sarcelle fait partie d'une sous-espèce soit Anas crecca carolinensis, pendant que celle d'Europe se nomme Anas crecca crecca.Ce changement doit être assez récent car dans Les oiseaux du Canada de Godfrey (1 967) et dans The Birds of North America de Robins et aussi dans Field Guide for the Birds de Paterson, la sarcelle à ailes vertes se nomme A/ias carolinensis pendant que la sarcelle européenne se nomme Anas crecca.Donc il serait bon qu'à mesure que des noms communs français, anglais ou scientifiques changent de les mentionner; ce serait profitable pour tous et, en même temps, une explication de ces changements serait profitable.Il serait également très intéressant de faire paraître des listes des noms français, anglais et scientifiques des êtres vivants retrouvés au Québec, comme des protozoaires, algues, champignons, plantes herbacées, plantes ligneuses, oiseaux, mammifères, reptiles, etc.Code Doslal DIFFUSION AU CANADA â Les Presses A de l’Université de Montréal C.P 6128.Suce "A" W Montréal.Que .Canada H3C 3J7 Tel 343 6929 Pour faire analyser une eau de source, vous pouvez vous adresser au bureau des Services de protection de Fenvironne- Richard Blanchet Université de Sherbrooke • •• COURRIER • • • COURRIER QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 5 COURRIER.// existe un livre publié par !'American Ornythologists Union, The A.O U.Checklist of North American Birds, qui donne tous les noms des oiseaux, en anglais et en latin, avec un historique.Les études de systématique devenant plus poussées et plus précises, il arrive que certains oiseaux que l'on considérait comme des espèces différentes apparaissent comme des sous-espèces ou des variétés d'une même espèce.U s'ensuit donc une évolution dans les noms aussi.C'est ce qui est arrivé avec la sarcelle à ailes vertes et la sarcelle européenne qui appartiennent COURRIER.toutes deux à la même espèce.Anas crecca, mais à deux sous-espèces, la première carolinensis et la seconde crecca.Ce changement a été indiqué dans un supplément de la revue The Auk, n° 90, pages 411 -419, en 1973.Cette revue est aussi publiée par /'American Ornythologists Union.INITIATION À L'ASTRONOMIE J'apprécie beaucoup votre revue et particulièrement votre chronique sur les livres.Symposium sur les fibres optiques Du 28 au 31 mai 1979 La Pocatière La Commission de formation professionnelle de la Main-d'Oeuvre de la région Bas St-Laurent - Gaspésie en collaboration avec le CEGEP de La Pocatière organise du 28 au 31 mai 1979 à La Pocatière un Symposium sur les fibres optiques.Ce Symposium s'adresse surtout aux techniciens, ingénieurs, chercheurs, enseignants et industriels préoccupés par cette nouvelle technologie en communication.Contenu : Types de fibres, caractéristiques des fibres, émetteurs-récepteurs coupleurs et dérivateurs, principales utilisations et importance économique.Activités : Conférences de spécialistes européens et nord- américains, exposition et montages opérationnels.Pour de plus amples renseignements ou pour toute inscription, adressez-vous à : La Commission de formation professionnelle de la Main-d’Oeuvre de la région Bas St-Laurent - Gaspésie 350, boulevard Arthur-Buies ouest Rimouski, Qué.Tél.: (418) 723-5677 Commission de Formation Professionnelle de la Main d'oeuvre region Bas St Laurent Gaspésie COURRIER.Dans votre dernière édition vous mentionnez le livre: Initiation à l'astronomie, par Agnès Acker, des éditions Masson.J'ai cherché ce dernier dans plusieurs librairies, mais sans succès.Pourriez-vous me renseigner où je pourrais me le procurer.Il serait très utile de toujours trouver l'endroit où l'on peut acheter ces articles, inscrits à la fin de chaque rubrique.Alain Dubuc Brossard Vous pouvez vous procurer les livres des éditions Masson à la maison même qui les distribue au Québec, soit chez Soma-bec, C.P.295, Saint-Hyacinthe, J2S 7B6.ou dans des librairies universitaires, comme celle des Presses de /'université Laval, ou des Presses de l'Université de Montréal.Vous pouvez aussi vous procurer chez Somabec les livres des maisons d'édition suivantes: Doin, Maloine, Armand Colin, Edisem, etc., qui sont de caractère plus académique.LE QUÉBEC À TRAVERS QUÉBEC SCIENCE Votre revue m'intéresse beaucoup non pas tellement à cause de son contenu scientifique qui est parfois faible (je ne suis pourtant pas du tout un savant!) mais à cause de l'étude qu'elle me permet sur le Québec au travers de vos articles.Je regrette que trop de Français ignorent vos préoccupations, votre lutte pour maintenir un foyer de culture française.Je souhaite que notre gouvernement fasse un effort.Je vais écrire à Valéry G.E.pour suggérer: 1 ° dans chaque ville une rue rappelant le Québec (ville, nom de personne, nom de lieu géographique), 2° plus de jumelages.J.M.Lagarde Maisons-Alfort France .COURRIER L'Hydro-Québec, hier.aujourd'hui.Historique L'Hydro-Québec est une société d'État qui a été fondée en 1944, par suite de la nationalisation de la Montreal Light, Heat and Power Company.Une seconde série de nationalisations eut lieu en 1963.Les huit compagnies achetées à cette occasion ont fait doubler la taille de l'Hydro-Québec qui, pour fins d'administration locale, a départagé le territoire en dix régions.Aujourd'hui l'Hydro-Québec possède 80 pour cent des moyens de production d'énergie électrique du Québec.Le reste est produit par quelques grandes industries et quelques petits réseaux municipaux qui subviennent à leurs propres besoins.L'Hydro-Québec dessert plus de 2 300 000 abonnés répartis sur un territoire de 1 554 000 km2.La valeur de ses installations dépasse les $7 milliards, et sa puissance installée est de près de 13 millions de kilowatts.L'Hydro-Québec est classée parmi les grandes entreprises d'électricité au monde.Mais elle est la seule à pouvoir compter sur une production hydroélectrique à 99,6 pour cent, ce qui représente un immense avantage dans le contexte actuel des ressources énergétiques, l'hydroélectricité provenant d'une richesse naturelle renouvelable, l'eau.Structures L'Hydro-Québec a pour fonction d'assurer la production et la distribution de l'électricité sur tout le territoire du Québec, aux tarifs les plus bas et compatibles avec une saine administration financière.L'Hydro-Québec prévoit les besoins du Québec en énergie et les moyens de les satisfaire dans le cadre des politiques énergétiques que le gouvernement peut établir.La loi 41, sanctionnée le 13 juin 1978, a modifié les structures administratives de l'Hydro-Québec.Elle est maintenant administrée par un conseil d'administration formé de onze membres dont les présidents-directeurs généraux de l'Hydro-Québec, de la Société d'énergie de la Baie James et d'Hydro-Québec International.Le président-directeur général de l'Hydro-Québec est assisté de sept vice-présidents responsables, chacun respectivement, des Finances, Ressources humaines, Programme d'équipement.Production et Transport, Clientèle et Régions, Administration et Information.La Société d'énergie de la Baie James, filiale à part entière de l'Hydro-Québec, devient une société de gérance de travaux pour le compte de l'Hydro-Québec.Une disposition de la loi permettant à l'Hydro-Québec d'exporter son savoir-faire, une filiale a été créée à cette fin sous le nom d'Hydro-Québec International.Production Pour répondre à un volume de ventes annuelles d'environ 91,2 milliards de kilowattheures, l'Hydro-Québec exploite actuellement 50 centrales hydroélectriques, 15 centrales thermiques, ainsi qu'une centrale nucléaire prototype.Elle achète également la plus grande partie de l'énergie de la centrale Churchill Falls, au Labrador.L'énergie produite par ces centrales est acheminée vers les centres de consommation par un réseau de transport interconnecté, auquel s'ajoutent un réseau non intégré dans le nord-ouest du Québec et un certain nombre de réseaux non reliés alimentés par des centrales Diesel dans les localités isolées du nord du Québec, de la rive gauche du Saint-Laurent et des Iles-de-la-Madeleine.Le réseau Bien que certains échanges d'énergie se fassent avec les réseaux voisins (Ontario, Nouveau-Brunswick et États-Unis), le réseau principal de l'Hydro-Québec demeure un réseau intégré autonome.Le parachèvement du réseau à 735 kV conçu pour transporter vers Québec et Montréal l'énergie du complexe Manie-Outardes et de Churchill Falls a coïncidé, en 1975, avec le début des travaux pour les cinq grandes lignes d'un autre réseau à 735 kV, celui de la Baie James.Mis en service en l'espace de dix ans, de 1965 à 1975, l'actuel réseau à 735 kV comptait, au 31 décembre 1978, 4 376 km de circuits et douze grands postes de manoeuvre et de répartition.Au cours d'une période de cinq ans, de 1980 à 1984, plus de 5 370 km d'autres circuits à 735 kV et 17 grands postes viendront s'ajouter à l'infrastructure électrique du Québec, y compris une boucle à 735 kV autour de Montréal.Distribution Au 31 décembre 1978, le réseau de distribution de l'Hydro-Québec comptait plus de 80 300 km de circuits à 34,5 kV ou moins.A cette même période, la distribution souterraine en service couvrait une longueur totale de 3 100 km environ.La plupart des régions administratives de l'Hydro-Québec sont à réaliser d'importants programmes de conversion des circuits de distribution à 25 kV ou plus, de façon à mieux faire face à l'augmentation future de la charge des circuits.010 demain Réseau de production et de transport actuel de l'Hydro-Québec • 65 centrales • 4 376 km de circuits à 735 kV • 5 814 km de circuits à 315 kV • 3 350 km de circuits à 230 kV • 7 214 km de circuits à 120 et 161 kV • 3 102 km de circuits à 69 kV • 12 postes à 735 kV • 20 postes à 315 kV • 23 postes à 230 kV • 152 postes à 120 kV • 24 postes à 161 kV Télécommunications Pour assurer la sécurité du mouvement de l'énergie électrique sur l'ensemble du territoire, l'Hydro-Québec a dû créer un réseau parallèle de télécommunications qui compte aujourd'hui parmi les plus importants d'Amérique du Nord.Au total, près de 200 000 km de circuits portés par des faisceaux hertziens, par des lignes câblées aériennes et souterraines et par des courants porteurs sur les lignes de transport assurent la téléprotection des lignes et de l'appareillage, la télécommande des centrales et des postes, en plus de servir à la conduite du réseau.Réseau La Grande Les lignes de transport qui achemineront l'électricité produite par les centrales aménagées sur la Grande Rivière, dans le territoire de la baie James, vers les grands centres urbains du Québec, seront construites et exploitées par l'Hydro-Québec.Les quelque II 400 mégawatts produits dans les quatre premières centrales du complexe La Grande seront acheminés par cinq lignes d'une longueur totale de 5 150 km.Ces lignes, réparties en trois corridors, seront mises en service progressivement, de 1980 à 1984.Une autre partie du réseau à 735 kV, qui servira de lien entre le réseau actuel et les lignes en provenance de la baie James, est déjà amorcée; cette partie encerclera la région métropolitaine de Montréal.Ladio extrêf célèbi Se selon des ( d'aulf Murai quepi polé Lac de la ni liait d Ma-eion He 2,40 les ell se m; du au mente États.loom normi I En] usine l( Mit présgf.sonsi taon WjjjJ Vn, laSeil| «est Itconi laite e Quelques chiffres Avec un actif de plus de $12,2 milliards, au 30 novembre 1978, un revenu net de $500 millions et un effectif de quelque 16 930 employés permanents, l'Hydro-Québec est l'un des principaux leviers économiques du Québec.Ses investissements — pour réaliser ses programmes de construction en cours à la baie James, sur la Côte-Nord et à Gentilly, afin de répondre à l'accroissement prévu de la demande d'électricité — s'établissent à quelque $2 milliards annuellement.eptéi, COyh.i ftlij leu, ^tattp ’'Eo, Su, QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 / ENVIRONNEMENT LE RETOUR DE IA DIOXINE La dioxine, ce produit chimique extrêmement toxique, rendu célèbre par la catastrophe de Seveso à l’été 1976, pourrait se former lors de la combustion des déchets municipaux et d'autres substances tout à fait courantes.C’est du moins ce que prétendent les chercheurs de la compagnie Dow, dans un rapport pour le moins étrange publié récemment.La dioxine est le nom courant de la TCDD ou tétrachloro 2,3,7,8 dibenzoparadioxine; de fait, des composés en hexa-, octa- et hepta- existent aussi et on devrait plus précisément parler des dioxines.Dans la fabrication de certains herbicides tels que le 2,4,5 T et le 2,4 D, c’est une impureté présente à l’état de traces.Des traces bien gênantes, puisque les effets tératogènes du TCDD se manifestent à des doses infinitésimales, à tel point qu’aucune autorité gouvernementale ne s’est résolue, aux États-Unis, à fixer un seuil maximal d’exposition acceptable.En fait, pour l’Agence américaine de protection de l’environnement, ce seuil, cette norme, c’est tout simplement zéro, pas de dioxine.En 1977, des chercheurs à l’usine Dow de Midland, dans le Michigan, avaient relevé la présence de dioxines, dont la TCDD, dans la chair des poissons de la rivière dans laquelle la compagnie déversait ses eaux usées.Inquiète de se voir obligée par les autorités de fermer son usine de Midland, la seule à fabriquer ces pesticides courants aux États-Unis, la compagnie avait promis de faire enquête et de corriger la situation.Finalement, un an après, les chercheurs de Dow annoncent qu’ils tiennent le coupable: c’est l’environnement entier.Les dioxines ont été retrouvées dans les cendres d’incinérateurs, les cheminées, les fumées industrielles; ce sont des particules de cendres venues d’une usine voisine qui ont atterri dans la rivière et ont contaminé le poisson, dit l’étude.En réalité, les dioxines peuvent se former naturellement au cours de certaines combus- tions, dans des conditions variées et encore mal définies, dès que des résidus chlorés et carbonés sont en présence.«Nous pensons maintenant que les dioxines sont parmi nous depuis l’avènement du feu», avance même un responsable de Dow Chemical.C’est ici qu’on comprend tout l’intérêt de l’étude pour la compagnie, et qu’apparaît une ficelle un peu grossière.Puis que le TCDD se forme naturellement lors de certaines combustions, dira Dow, nous ne pouvons être tenus responsables de la pollution.Et surtout, qu’on ne nous demande pas d’arriver avec des produits ou des rejets ne contenant aucune dioxine, c’est impossible et c’est être plus puriste que la nature elle-même.Comprenant l’enjeu, les responsables du gouvernement américain ont été jusqu’ici très discrets et circonspects dans leurs réactions.Le ministère des Ressources naturelles du Michigan a demandé à la compagnie de réévaluer son hypothèse.Les experts en toxicologie de l’Agence de protection de l’environnement sont sceptiques quant aux résultats de l’étude de Dow.L’un d’entre eux, Lyman Condie, note que les doses les plus élevées de toxines ont été relevées non loin de l’usine de Midland.«Les incinérateurs de Dow pourraient bien en être le cause», remarque laconiquement Condie.Les doses décelées sont parfois à la limite des techniques de détection les plus sophisti- Ce sont encore les maladies de l’appareil circulatoire, et principalement les maladies du cœur, qui constituent la première cause de mortalité au Canada comme aux États-Unis.On observe cependant une tendance à la baisse de ce taux de mortalité à la suite, pense-t-on, de l’amélioration des soins intensifs dans les hôpitaux, de la diminution du nombre de fumeurs et d’un régime alimentaire plus équilibré.Cependant, plus de 700000 Américains meurent encore chaque année de maladies cardiaques et on estime que plus de 50000 d’entre eux pourraient être sauvés par l’implantation permanente d’un cœur artificiel.quées et l'incertitude sur les mesures est assez grande.Nul doute qu’il faudra reprendre ces mesures, essayer de reproduire les résultats obtenus par les 1 8 chercheurs de Dow.Nul doute aussi que la polémique va durer quelque temps.Mais on sait maintenant qu’il y a dans l’environnement plus de dioxines qu’on le croyait.Qu’elles soient naturelles ou synthétiques, ces substances sont des poisons dangereux pour l'homme.Et après tout, s’il y en a déjà tant dans l’environnement, ce n’est certainement pas l’addition volontaire de dioxines synthétiques qui va arranger les choses, au contraire: on aurait donc tout intérêt à supprimer leur production.C’est un point de vue que pourrait bien suivre l’APE, qui requiert actuellement de Dow qu’elle fasse la preuve de l’ino-cuité du 2,4,5, T ou arrête sa production.Si tel devait être le cas, la recherche scientifique de Dow aura servi indirectement à faire condamner un produit de la compagnie.Comme dit le dicton: tel est pris qui croyait prendre.C’est en 1964 qu’un programme de recherche dans ce domaine fut mis sur pied au National Heart, Lung and Blood Institute aux États-Unis.Comme le rapporte le professeur Harvey M.Sapolsky, du Massachusetts Institute of Technology, dans la revue The Sciences (volume 18, n° 10), trouver une source d’énergie adéquate est vite apparu comme le problème clé à résoudre dans le développement de cette nouvelle technologie.On devait trouver un système capable de produire 50 watts d’électricité, soit l’équivalent de l’énergie fournie par le cœur naturel.On voyait deux possibilités: l’énergie pouvait être fournie par une batterie électrique ou Jean-Pierre Roge! MÉDECINE UNE PROTHÈSE CARDIAQUE Source: The Sciences, volume 18, numéro 10 8 avril 1979 / QUEBEC-SCIENCE ¦mil La recherche sur le cœur artificiel est bien avancée aux États-Unis.On en a déjà conçu plusieurs modèles, comme celui-ci dû à Michael E.DeBakey.Actuellement, le cœur artificiel alimenté par une source nucléaire existe déjà, avec ses dangers.Et il est probable qu’un modèle présentant moins de risque deviendra bientôt réalité.La mise au point de ce cœur artificiel, que l’on pourrait qualifier de technologie dure de la médecine, pourra sûrement être considéré comme un grand progrès technologique, et il permettra de sauver plusieurs vies.Cependant le véri- table progrès sera d’élucider les causes mêmes des problèmes cardiaques afin de-prévenir ces derniers plutôt que d’éliminer tout simplement le cœur malade.Surtout que ce cœur ne sera pas à la portée de toutes les bourses.On peut déjà évaluer que son coût de fabrication et d’implantation chirurgicale s'élèverait approximativement à $50000 l'unité.Diane Dontigny ÉNERGIE LES EXPERTS QUI VENAIENT DU FROID par un système nucléaire.Le système choisi ne devait entraîner aucune restriction ni aucune entrave aux activités futures du receveur.Sous cet aspect, la batterie électrique présentait plusieurs inconvénients, car elle nécessiterait vraisemblablement d'être rechargée fréquemment ou même d'être remplacée au moyen d'une opération chirurgicale, maintenant ainsi un haut niveau d'anxiété chez le receveur.Un dispositif alimentépar 40 à 60 grammes de plutonium 238 a eu la faveur des chercheurs.Ce système ne nécessitait plus aucune intervention une fois implanté dans le receveur.Par contre, s'il sauvait la personne d'une mort provoquée par une maladie cardiaque, il laissait planer sur elle la menace d'un cancer qui pouvait se développer à la suite des fuites inévitables de radiations.Et ce danger existait aussi pour ses proches tels que le conjoint.Il faut y ajouter aussi les mesures de sécurité qu'exigeaient les manipulations de ce matériel nucléaire.Les recherches se tournent maintenant vers le développement d'un système alimenté par une batterie d’une longue durée de vie, qui pourrait transmettre son énergie à travers la peau.Ainsi, plus besoin d’intervention chirurgicale pour la recharger ou la remplacer.Avec sa population de cinq millions d'habitants, concentrés principalement dans le sud du pays, avec son climat froid, avec la proximité d’un puissant voisin commercial, et son absence de ressources énergétiques autochtones, mises à part l'hydro-électricité et les forêts, la Finlande se compare en bien des égards au Québec.Avec une nuance importante, toutefois.Parcequ'ilsne jouissaient pas d'un marché commun aussi «protecteur» que le Canada, les Finlandais ont pris conscience bien avant les Québécois de leur dépendance énergétique.Dès les années 1950, à l'époque de la chute vertigineuse des prix des produits pétroliers, ils investissaient massivement dans les techniques de recyclage des chaleurs industrielles, et commençaient l'implantation d'un réseau de chauffage collectif résidentiel à Flelsinki.De 1 959 à 1977, les livraisons d'eau chaude, puisée à même la chaleur résiduelle des processus thermiques de production électrique, ont atteint près des deux tiers des besoins de chauffage de la capitale, alors qu'une cinquantaine d'autres villes devenaient ainsi partiellement ou entièrement chauffées par de tels réseaux collectifs de distribution.Cours du programme de certificat Un art méconnu: la gestion La publicité au Québec Initiation à la coopération Initiation à l'économie du Québec L'environnement: un bien collectif menacé Action-environnement I Action-environnement II Action-environnement III Français pour tous, français pour tout Histoire du Québec d'aujourd'hui: économie pouvoirs, idéologie Histoire du Québec d'aujourd'hui: population travail, nation Le patrimoine québécois L'informatique.c'est pas sorcier L'individu: son affectivité, sa sexualité Affectivité, sexualité et relations interpersonnelles CHEM r.I Je désire recevoir plus d information sur les cours du programme _ i CHEM i 1 NOM .p I ADRESSE ¦ .Code postal | L.J Bureau du registraire Télé-université 214, avenue du St-Sacrement Québec, Québec GIN 3X7 Bureau du registraire Télé-université 3465.rue Durocher Montréal.Québec H2X 2C6 QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 9 Lfer-J i'r»v Une des technologies où les Finlandais s'estiment experts: les turbines électrogènes pour l'exploitation des petites rivières, de faible puissance.La turbine installée à cette station de Kan-nu skoski en 1958 a une puissance de 250 kW.Les Finlandais ont développé une grande compétence dans la construction de cavités souterraines pour stocker le pétrole sur une très longue durée.En 1969, alors que les prix pétroliers n'avaient pas encore commencé leur escalade, le gouvernement finlandais décidait de créer une société de la Couronne responsable de l'exploitation énergétique de la tourbe.De 0,2 pour cent de la consommation énergétique nationale en 1975, la tourbe est passée à deux pour cent en 1978, ce qui place la Finlande juste derrière l'URSS et l'Irlande sur ce plan.Toutefois, uniquement avec les projets présentement en construction, la part de la tourbe dans le cocktail énergétique devrait atteindre huit à neuf pour cent en 1982.et on parle de 20 pour cent en 1990! À l'échelle internationale, la Finlande fait donc un peu figure de pionnière des techniques nouvelles de production ou d'épargne de l'énergie, et le ministère des Affaires étrangères de ce pays décidait cette année de tenter en conséquence une importante percée commerciale dans les autres pays qui pourraient avoir besoin de ce genre de technologies.C'est donc dans le cadre de cet effort de promotion internationale que les représentants d'une quinzaine de sociétés finlandaises étaient invitées à participer, entre les 17 et 30 janvier derniers, à une tournée nord-américaine incluant les villes de New York, Washington, Chicago et Ottawa.On avait mis à l’honneur quatre technologies dans lesquelles les Finlandais s'estiment «experts»: les systèmes de chauffage collectifs urbains et les centrales de co-génération (électricité-chaleur); l'utilisation de la tourbe comme combustible; les turbines électrogènes pour l'exploitation des petites rivières (faible puissance); et la construction de cavités souterraines de stockage pétrolier à très longue durée.Quelque 200 personnes assistaient à ce symposium, à Ottawa, le groupe comprenant surtout des industriels et des représentants gouvernementaux.Les sujets de discussion, plutôt techniques comme il se doit dans ce genre de tournée commerciale, permettaient tout de même d'apprécier les «limites» de l'expérience finlandaise lorsqu'on désire la transposer au Québec.C'est ainsi, par exemple, que les exposés concernant la cogénération (électricité-chaleur) et l'utilisation de la tourbe, réservée elle aussi principalement pour de telles centrales thermiques, supposent que ces centrales comptent pour une bonne part de l'équipement énergétique.Au Québec, mis à part les équipements de Tracy et de Gentilly, au fonctionnement très intermittent, toute notre filière électrique vient de l'hydraulique, sans grande vocation sur le plan du chauffage collectif.Pour la même raison, les études de compétitivité de la «tourbe» par rapport au pétrole n'ont guère de sens ici, où les centrales thermiques au pétrole n'ont guère leur place.Enfin, l'abondance des gisements gazéiers au Canada, et en particulier la possibilité que le Québec devienne leterminal de distribution du gaz de l'Arctique, fournit au Québec une ressource de rechange qui n'existait pas en Finlande.Ceci dit, la collaboration des sociétés québécoises avec leurs consœurs finlandaises n'est pas sans intérêt, et de nombreux contacts précis auraient été établis lors de ce symposium d'Ottawa, notamment dans le domaine de la machinerie vouée à l'exploitation des tourbières, dans la conception et le fonctionnement des petites turbines, et dans la technologie des bouilloires thermiques.Peut-être verra-t-on bientôt des sociétés comme Ekono Oy, Suokone Oy ou Stromberg s'associer avec l'Flydro-Québec ou quelque compagnie locale ici en territoire québécois.Pierre Sormany PHYSIQUE UN MONDE ENFIN COHÉRENT Depuis quelques mois, le monde de la physique est en effervescence: après plusieurs années de tâtonnement, on serait prêt de déboucher sur la théorie unificatrice de la physique, la supergravitation, sur laquelle Einstein avait si longtempstra-vaillé sans aboutir.La physique moderne se divise, grosso modo, en deux branches principales: la relativité et la mécanique quantique.Chacune de ces théories a fait ses preuves, tant en rendant compte d'observations expérimentales qu'en éliminant les embûches théoriques qui se présentaient, chacune dans son domaine d'application: le monde microscopique pour la théorie quantique, l'infiniment grand pour la relativité générale.Elles reposent cependant sur des bases conceptuelles fondamentalement contradictoires; l'univers étant continu dans l'une et discontinu dans l'autre; les forces provenant des propriétés géométriques de l'espace-temps dans la théorie d'Einstein, et découlant de l'échange de «paquets d'éner- gie» (quanta) en physique quantique.Situation gênante, mais qui n'empêchait pas toutefois les «praticiens» de la physique de fonctionner et la science de progresser.Les théoriciens, eux, acceptaient plutôt mal cette dichotomie, preuve évidente de leur compréhension incomplète des lois régissant la nature.De fait, depuis plusieurs décennies, ils s'acharnaient à réconcilier ce qui semblait irréconciliable: deux visions opposées de l'univers.Einstein, père de l'unification, y consacra les trente dernières années de sa vie, essayant obstinément, mais en vain, d'unifier l'électromagnétisme et la gravitation.Quelques chercheurs l'épaulèrent, et poursuivent depuis son travail.Malheureusement, jusqu'à fort récemment, ces efforts n'aboutissaient à rien de concret, en partie parce qu'on n'avait pas envisagé d'adopter une «vision quantique» de la gravitation.En réalité, pour être exact, depuis dix ans l'unification progressait, mais très lentement, 10 avril 1979 / QUÉBEC SCIENCE en sourdine.Au prix d'efforts considérables, Steven Weinberg, de l’université Harvard, et Abdus Salam, du International Center for Theorical Physics à Trieste, balayèrent de sérieux obstacles théoriques, permettant de «servir» l'électrodynamique avec une «sauce» quantique: les forces faible et électromagnétique ne devenaient que deux manifestations symétriques d'un même champ.La force forte pourrait joindre les rangs, elle ne serait alors qu'une autre manifestation de ce champ.D'autre part, l'arrivée du modèle Quark, vers 1965, entraîna une certaine mise en ordre du monde corpusculaire, un début d'unification.Néanmoins, à la fin de 1975, malgré ces progrès, on ne comprenait toujours pas quelle relation pouvait exister entre la gravitation et les trois autres forces, aucune théorie de la gravitation cohérente avec les principes de la physique quantique n'existait.Depuis 1976, une nouvelle théorie propose une solution à ces vieux problèmes: la supergravitation, fruit des labeurs de dizaines de chercheurs éparpillés à travers le monde, unifie les quatre forces, rendant possible le rêve d'Einstein, la théorie unitaire.Cette nouvelle hypothèse ne remet pas en cause l'œuvre du célèbre physicien, elle en est plutôt une extension.Elle fait les mêmes prédictions pour les tests classiques de la relativité généra- lisée: précessions des orbites planétaires, décalage vers le rouge des lignes spectrales, etc.Toutefois, au niveau micro-scropique, elle diffère de cette dernière.Alors que l'évaluation de la probabilité de certains effets mécanico-quantiques de la gravité donne un résultat impossible en relativité, on a obtenu en supergravité une réponse finie dans tous les calculs réalisés jusqu'à présent.En fait, la pierre angulaire sur laquelle repose le nouvel édifice, c'est une symétrie tellement inattendue que les physiciens parlent de «supersymétrie».Expliquons brièvement ce concept de symétrie, excessivement important en physique moderne.Imaginons un cube qui exécute une rotation de 90° autour d'un axe passant par les centres de deux faces opposées.Une photo prise avant la rotation sera identique à une photo prise après: le mouvement une fois réalisé garde l'objet ou la forme inchangés.Les théories physiques possèdent des symétries analogues.Ce qui demeure cependant invariant après la transformation, ce n'est pas un objet ou une forme mais les lois mathématiques de lathéo-rie.Ainsi, lors d'une interaction, l'objet perturbé (particule) subit une transformation qui conserve certaines propriétés (charge, spin isotopique, etc.) mais qui en modifie d'autres; bref, il existe une symétrie entre l'état initial et l'état final.Cette supersymétrie inespérée relie les deux grandes classes de particules élémentaires: les fermions (l'électron, les baryons-protons, neutrons, etc.) et les bosons (photons, mésons).Ces deux familles possèdent des propriétés très différentes, d'où l'étonnement des chercheurs.On associe aux fermions un spin entier et aux bosons un spin de grandeur demi-entier.Rappelons que le spin est habituellement représenté comme une rotation de la particule autour d'un axe qui la traverse.Cette différence dans la caractéristique «spin» entraîne aussi une différence dans le comportement des particules, les fermions et les bosons n'obéissant pas à la même loi statistique.Cette nouvelle symétrie permet main- À la découverte des oiseaux du Québec.vient de />araitre NICHOIRS D’OISEAUX par Raymond Cayouette illustrations de Jean-Luc Grondin La description de 20 espèces d’oiseaux qui occupent les nichoirs.Des trucs pour les attirer et les faire nicher.Plus de 25 modèles de maisonnettes.IS planches en couleur.36 pages, illustrées en couleur.S4.00 nouvelle édition LES OISEAUX DU QUÉBEC par Raymond Cayouette et Jean-Luc Grondin L’habitat, les mœurs, le nid.le chant, la distribution, les migrations et lieux d’hivernage de 243 espèces d’oiseaux du Québec.Un complément idéal aux guides d’identification sur le terrain.120 pages, illustrées en noir et blanc.S5.00 Les Oiseaux (¦iiidc Konotv des oisoiutxdn.Quolxr J't V7© GUIDE SONORE DES OISEAUX DU QUÉBEC Vol.I réalisé par Jean Bédard Disque microsillon présentant les chants et les cris de plus de 80 espèces d’oiseaux du Québec enregistés en pleine nature.Un outil indispensable pour l'identification des oiseaux et l’enseignement des sciences naturelles.$5.40 (taxe incluse) LES ÉDITIONS DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC, INC.Nom .Adresse.Code postal.Nichoirs d’oiseaux ?$4.00 Les Oiseaux du Québec ?$5.00 Guide sonore des oiseaux du Québec ?$5.40 Chèque ou mandat à l’ordre de La Société zoologique de Québec, inc.8191, avenue du Zoo, Charlesbourg, Qué.GIG 4G4 QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 11 tenant de transformer des particules de spin demi-entier en particules de spin entier.Cette transition de bosons à fermions, ou inversement, s'effectue par l'entremise d'un champ particulier qui permet le basculement de la particule d'un état à l'autre (spin demi-entier à spin entier).Ceci nécessite l'entrée en scène d'une nouvelle particule de spin 3/2 et de masse nulle: legravitino.Mais là ne s'arrêtent pas les «prouesses» de cette symétrie.Elle permet aussi de transformer des particules sans masse en des particules massives, ce qui est nécessaire pour l'unification des champs.Fait intéressant de cette théorie, non seulement elle englobe le modèle Quark, mais, grâce à la transformation de spin et de masse, elle en renforce l'unité, permettant de réunir baryons (qui sont des fermions) et mésons (bosons) sous un même «toit» et de considérer les leptons comme différents états d'une superparticule.En supergravité, on se retrouve donc, comme en relativité, avec un graviton, mais maintenant il a un compagnon, le gravitino qui, lui, transmet la force gravitationnelle à l'échelle microscopique.Cette théorie demeure encore à l'état d'hypothèse.Ceci implique une vaste quantité de modèles proposés par différents groupes de chercheurs.Il existe même une théorie de supergravité complètement unifiée, appelée «supergravité étendue», qui ne comprend pas moins de huit modèles.Le temps et de nouvelles données expérimentales permettront sûrement une élimination graduelle des modèles inadéquats.Ne restera alors que le meilleur.Claude de Launière PATRIMOINE UNE HISTOIRE DE BALEINE L'été dernier, une baleine de bonne taille venait s'échouer dans la baie de Grand-Pabos, près de Chandler, en Gaspésie du Sud.Mort, noyé, depuis au moins six mois, le cétacé, un rorqual commun long de 1 6,75 mètres, n'avait sûrement pas choisi ce lieu précis pour accoster.Au départ, il importe de comprendre que Pabos a été, sous le régime français, un des seuls établissements permanents de toute la péninsule, devenant même, au 18e siècle, le chef-lieu civil et religieux de la Gaspésie.Concédée en 1696 par le gouverneur Frontenac à Louis-René Hubert, la seigneurie de Pabos allait connaître ses heures de gloire à partir de 1729 sous l'impulsion des sieurs de Bellefeuille.Le poste devait cependant perdre progressivement de son importance pour être finalement abandonné à l'aube du 19e siècle.Dans les années 1960, on entreprit de le tirer de l'oubli où il s’était enfoncé; au bout du compte, ces recherches amenèrent le ministère des Affaires culturelles à classer ce lieu comme site archéologique historique, en 1975.La partie n'était pas encore véritablement gagnée, car si on se réfère à un document de la Direction générale du Patrimoine touchant cette décision, on peut lire: «Considérant la vulnérabilité du site de Pabos, il serait opportun et souhaitable que ces fouilles soient effectuées dans un délai assez bref au risque de perdre ces vestiges importants mais fragiles.» Pourtant, pour des raisons inconnues, cette recommandation est demeurée lettre morte.Quoi qu'il en soit, certaines personnes doivent aujourd'hui s'en mordre les pouces, puisque depuis la fin de juillet, il y a une baleine en état de putréfaction qui gît en plein cœurdecequi a étéledomaine seigneurial de Pabos.Les événements qui ont conduit à l'enfouissement de cette dépouille au milieu de ce site Charles Rhéaume Ce rorqual commun, de près de 17 mètres de longueur, s'est échoué dans la baie de Grand-Pabos, en Gaspésie.Malheureusement, l'endroit choisi pour enfouir la carcasse est justement au milieu d'un site historique protégé.supposément protégé confinent à l'inconscience pure.En fait, lorsque la décision fut prise, au début de juillet, de couper court à l'agression visuelle et surtout olfactive que représentait le cadavre de l'animal en décomposition, c'est d'abord un banc de sable qui servit de cimetière improvisé.Or, le lendemain, la baleine, libérée par la marée, flottait comme si de rien n'était.II fallait donc trouver un dépotoir plus sûr, et résoudre en même temps l'épineux problème posé par la prise en charge du corps de la défunte, que se refilaient mutuellement les pouvoirs fédéral et provincial.Une fois cette querelle de juridiction réglée en «faveur» du Québec, tenu de payer la note de l'opération, la compagnie Gaspésia, de Chandler, fit savoir qu'elle acceptait de céder un terrain vague, juste à la pointe sud de la baie, afin qu'on y enfouisse une fois pour toutes la carcasse.Le temps de déblayer à la hâte un chemin avec grues et camions, de creuser un trou, et partie la baleine! Oui, mais partis également quelques morceaux du site historique, puisque ce terrain vague recouvrait les vestiges de l'ancienne seigneurie.Les facilités de communication interministérielle aidant, la manœuvre, décidée par les Richesses naturelles, se déroula sans que les Affaires culturelles en aient connaissance.Il a fallu que l'indignation de citoyens de l'endroit se transporte dans les media pour que l'opinion publique soit alertée et que le ministère des Affaires culturelles, pris de court, ordonne la suspension des travaux.Depuis lors, la baleine repose paisiblement près des anciens séchoirs à morue, et la Direction générale du Patrimoine se retrouve avec une 12 avril 1979 / QUÉBEC-SCIENCE bien gênante situation sur les bras.Le plus navrant de toute l'affaire, c'est que ce même mammifère, judicieusement mis en valeur, aurait pu enrichir le patrimoine gaspésien au lieu de contribuer indirectement à sa destruction.En effet, pendant les quelques semaines où le sort de la dépouille était toujours en suspens, une équipe du Parc Forillon mettait au point un plan pour la rapatrier chez eux.Forillon serait alors devenu le deuxième endroit, en Amérique du Nord, où il aurait été possible de contempler le squelette intact d'une telle baleine, le seul autre étant exposé au Smithsonian Institute, à Washington.Placé à côté du centre d'interprétation de Cap-des-Rosiers, l'exhibit aurait ainsi pu apprendre aux visiteurs, par exemple, que le rorqual commun est une des huit espèces de baleines à fanons qui sillonnent le golfe Saint-Laurent, la plus grande après la fameuse baleine bleue qui se fait de plus en plus rare.On aurait également été en mesure de démontrer à quel point les proportions d'un tel animal sont impressionnantes, avec ses mâchoires lourdes chacune de 135 kilogrammes, sa queue large de 3,65 mètres, ses 376 fanons, son poids total excédant 30 tonnes, etc.Un précieux actif pour une meilleure compréhension de l'habitat marin et, pourquoi pas, un précieux atout pour le tourisme local! Malheureusement.à cause de complications administratives, le projet échoua à la dernière minute.En désespoir de cause, un des biologistes, M.Maxime Saint-Amour, entreprit in extremis, à son compte et à ses frais, de resca-per, en s'improvisant macro-chirurgien, tous les os récupérables à travers cette masse de chair, avant que le cortège funèbre ne s'ébranle.Il conserve aujourd'hui son insolite collection, et attend qu'une occasion se présente pour qu'on applique, dans la mesure du possible, le plan original, mais avec une moitié de baleine en pièces détachées.Quant au reste, il se décompose tranquillement au fond du trou.L'hiver a ralenti le processus, mais c'est ce printemps qu'on pourra sommairement évaluer si les dégâts sont majeurs ou si, par chance, les constructions les plus importantes ont été épargnées.La conclusion est là: la seigneurie de Pabos vient de faire son entrée dans le large cercle des sites archéologiques en perdition en Gaspésie, sur'.la Côte-Nord et partout ailleurs au Québec.René Vézina CANCÉROLOGIE L’ADN INNOCENTE Depuis quelques années, on utilise des cultures bactériennes particulièrement fragiles pour évaluer le potentiel mutagène des nouveaux produits chimiques que l'industrie tente d'introduire.Si les bactéries meurent ou sont altérées, c'est qu'il y a mutation chromosomique, et le produit est considéré comme suspect pour l'homme.Fort utiles, ces tests n'ont pourtant jamais réussi à incriminer formellement des carcinogènes aussi connus que le béryllium, le nickel, les nitrosamines et combien d'autres.Second fait troublant: puisqu'on a effectivement démon- tré le caractère mutagène de nombreux autres carcinogènes, on a vite émis l'hypothèse qu'en dernière analyse, de telles mutations devaient expliquer tous les dérèglements tumoraux, et que l’échec des tests bactériens s'expliquait par la spécificité de certains mutagènes au niveau de l'ADN des cellules supérieures.Dès lors, qui dit «mutation», dit possibilité de protéines anormales, et on a fondé beaucoup d'espoir sur la découverte de ces protéines anormales comme base d'une chimiothérapie spécifique aux cellules tumorales.Pourtant, après cinq ans de recherche, on n'a pas encore V.Jdanov, F.Erchov, A Novokhatski Randonnées dans le monde des virus ÉDITIONS DE MOSCOU SCIENCES POUR TOUS ou LA VULGARISATION SCIENTIFIQUE SOVIÉTIQUE En vente dans toutes les librairies ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: Librairie Nouvelles Frontières 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 Tél.: 844-3636 MIRONOV, I.: La bionique, 253 p.broché.1970 SERGUEIEV.B.: Tout sur le cerveau, 347 p.broché.1976 TOMILINE.A.: La cosmogonie récréative.270 p.broché.1978 KONDRATOV.A.: Les mystères des trois océans.316 p.relié.1975 IVANOV.S.: Les mystères de la mémoire.334 p.broché.1977 JDANOV.V.: Randonnées dans le monde des virus.253 p.broché.1978 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ : ment r*sten Depuis la nuit des temps, 1 etre humain connaît deux règnes: le règne végétal et le règne animal.L’humanité n’a fait connaissance avec le troisième, celui des virus, que depuis quelques dizaines d’années.Au prix de milliers d’expériences, les viro logistes ont réussi à rassembler une multi tude de faits sur la structure, la composition chimique et les propriétés morbifiques des virus.NOM ADRESSE VILLE C ODE POST \ QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 trouvé de telles protéines monstrueuses.Oh! certes, il y a bien des 111 ! J protéines produites anormalement par les cellules cancéreuses, mais il s'agit toujours jusqu'ici de substances pro-düites normalement par d'autres cellules de l'organisme, et par conséquent déjà codées par l'ADN.Tous les tests de cancer basés sur la production de ces protéines ne permettent que d'évaluer des «probabilités», puisque ces protéines sont présentes même chez les sujets sains.Bien sûr, on a très tôt supposé que les mutations responsables des cancers affecteraient non pas les gènes chargés de la fabrication des protéines, mais plutôt les «gènes opérateurs», responsables de l'expression ûi» I ou de la répression de chaque segment d'ADN.Outre que cette sélectivité arbitraire de l'action des mutagènes pouvait avoir quelque chose d'agaçant, on a tôt fait de se demander si ce n'est pas plutôt sur les protéines cellulaires qui interfèrent avec ces régulateurs que les cancérigènes agiraient.Et vlan! Nous voilà avec une toute nouvelle théorie sur la cause des cancers.Plutôt que d'incriminer la moindre mutation, certains chercheurs affirment désormais que l'ADN reste normal, mais que ce sont les processus cellulaires de contrôle de son expression, en d'autres mots les mécanismes i de différenciation, qui sont jiii ! seuls déréglés.Le cancer n'est pas une maladie de l'ADN, mais une maladie du cytoplasme, et des protéines dites «histones» qui régissent l'action de cet ADN.Certains faits viennent étayer ¦•i cette nouvelle théorie dont le 51 Dr J.Barry Pierce, de l'Université du Colorado à Denver, fut le premier défenseur.Il a publié |i un livre sur ce sujet l'an dernier 1 ji (Cancer is a Disease of Differentiation, chez Prentice Hall, l| New Jersey).D'abord la bonne vieille expérience des grenouil-, I les: prenez une cellule différenciée, une cellule de la peau |i| par exemple.Retirez-en le noyau et implantez-le dans un ovule.Laissez croître comme un foetus normal, et vous obtenez une grenouille par-l faite.Cette expérience déjà : classique montre que la diffé- lefc 0' -1 ' -v ' J Mintz, à partir de tumeurs où l'on retrouve des cellules différenciées, montra que ces cellules, implantées dans un autre organisme, donnent une tumeur à cellules indifférenciées, lesquelles, greffées à un embryon de souris dans le milieu utérin, donneront naissance à une souris normale.renciation est un processus réversible au niveau du noyau, et dépend du cytoplasme et de l'environnement cellulaire.Second fait cité comme preuve de la nouvelle théorie: les étranges souris de Mintz.Ici le chercheur américain utilise un type de cancer tout à fait particulier, caractérisé non pas par des cellules «a-typiques» (non différenciées), mais par des cellules développées hors contexte, si Ton peut dire.Dans ces tumeurs, baptisées «carcino-embryonnaires», on retrouve côte à côte des cellules du poumon, de la peau, de l'oeil, des cellules osseuses, des cellules du foie, ou des cellules hybrides qu'on aurait bien du mal à identifier, dans un mélange qui ferait pâlir le plus déséquilibré des créateurs fous de la science fiction.Or, chacune de ces cellules apparemment différenciées donne naissance, lorsqu'implantée dans un autre organisme, à une tumeur aussi monstrueuse, à preuve que même leur différenciation est le fruit d'une régulation anarchique.Pourtant, lorsque Mintz prélève dans cette masse des cellules a-typiques pour les greffer à un embryon de souris, dans le milieu utérin, les cellules s'intégrent à l'ensemble, pour donner naissance à une souris normale.Replacé dans un environnement qui favorise fa différenciation originelle des cellules, les «malades» ont réappris la coordination et sont redevenus normaux! Enfin, dernier élément de preuve: la théorie mutationnelle ne peut guère expliquer comment certaines cellules cancéreuses donnent naissance à des cellules saines.Une mutation, par définition, est un changement permanent, et donc irréversible, sauf par un hasard hautement improbable.Au contraire, un dysfonctionnement des mécanismes régulateurs peut se replacer sous l'influence de l'environnement.Le Dr James Whitfield, du Conseil national de recherches du Canada à Ottawa, est un des tenants de cette nouvelle approche du cancer.A partir de l'étude des cancers de la peau et des tissus épithéliaux, il a en effet émis l'hypothèse que diverses structures de la membrane, agents du contact entre les cellules et leur environnement, pouvaient être les gestionnaires de la différenciation cellulaire.Dans le cas de ces tissus en effet, la première couche de cellules, fixée à une membrane (dite «basale»), est à peu près parfaitement a-typique, et apte à assurer la relève à mesure que les tissus épithéliaux s'usent.Cette première couche est donc en activité de division en permanence.Pourtant, dès que les cellules-filles produites lors de ces divisions quittent la membrane basale, elles se différencient et ne se reproduisent plus.Pour James Whitfield, ce sont sans doute des structures de surface des cellules qui inhiberaient le processus de différenciation, et maintiendraient l'activité de division.C'est le contact de ces «protéines» avec la membrane basale qui serait importante.Sitôt ce contact coupé, la cellule entrerait en différenciation normale.Dès lors, il n'en faut pas plus pour incriminer de mauvaises «structures de contact» dans le cas des cellules qui continuent à se diviser même après avoir quitté la membrane basale.Pour étayer sa théorie, le chercheur canadien a soumis des colonies de cellules épithéliales normales et cancéreuses à des solutions contenant divers taux de calcium.Alors que les structures de la membrane des cellules normales sont très sensibles à la concentration de cet élément (sans calcium, pas de développement), les cellules cancéreuses prolifèrent même en absence de calcium.Bien sûr, admet le chercheur, cet exemple n'est peut-être valable que pour un type de cellule.Mais il souligne le rôle de l'environnement (ici le calcium) dans la régulation et la différenciation cellulaire.«Or, souligne-t-il, dans ce domaine, tout reste à faire, ou à peu près.Notre nouvelle théorie ébranle bien des hypothèses actuelles, mais elle indique, à mon avis, dans quelle voie il faut désormais tourner notre regard.» Un espoir à très long terme: alors que la théorie des mutations postule qu'en principe, toute cancérisation est à peu près irréversible, la nouvelle hypothèse postule qu'en principe, une cancérisation serait toujours virtuellement réversible.Malheureusement, avouons-le, on ne sait absolument pas comment s'y prendre pour obtenir ce retour à la normale.Pierre S or many —i 14 avril 1979 / QUEBEC SCIENCE I,A1 curriculum vitoe DEMANDE D'EMPLOI ((CltlR! BIEN USIILIMENT) "coqoNNELLE m/n/stère ou oueBeêTION À l USAGE LU BUREAU SEULEMENT FOR G HCE USE ONLY é: Attendu que J&Lgbjeral \ Ul (JiSCf•n'ir,A,,0° ,i' M i L\ un finissant du CEGEP lit .couramment iouvernement du Québe listère de l’Éducation m QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 PUBLIREPORTAGE L'INRS DES CHERCHEURS AU SERVICE DES QUÉBÉCOIS Ml\7 * : Ai 'T^v < Km '•K*' Les résultats jusqu’ici obtenus à l’INRS ont été surtout redevables à la nature même de l’Institut et auraient été presque irréalisables dans un tout autre contexte.Une foule d’organismes québécois et canadiens et, en définitive, le public bénéficient des travaux de l’Institut.Au Québec, en effet, du côté universitaire, on ne recontre pas d’organismes qui.comme l’INRS, possèdent, entre autres, les | caractéristiques naturelles suivantes à tin très haut degré: h chercheurs à temps plein, chercheurs à exclusivité de services, chercheurs à compétence prouvée (plus grand nombre de doctorats), équipes interdisciplinaires motivées, recherche thématique orientée vers les besoins réels du Québec, collaboration vécue université-industrie, études de 2e et 3e cycles uniques au Québec, gestion efficace décentralisée de la recherche, services particuliers rendus à diverses communautés, etc.Comme toutes les universités du Québec, l’INRS reçoit une subvention de base du ministère de l’Éducation du Québec, laquelle est plus faible que celle des autres organismes universitaires et ne permet pas de financer toutes les activités de recherche de l’Institut.Ainsi donc, afin que la recherche soit conduite à bonne fin, les travaux de l’Institut doivent être subventionnés pard’autres sources de financement.Cette aide fournie à l’INRS par ces autres organismes subventionnaires l’est surtout en fonction de l’excellence et de la possibilité de poursuivre des études particulières et sophistiquées.Les divers centres et groupes de recherche de l’Institut reçoivent donc, selon le cas, un encouragement d’organismes de subvention que tous connaissent, comme, entre autres, le FCAC (programme de subvention à la recherche du ministère de l’Éducation), le Conseil national de recherches du Canada (dont la fonction subvention revient maintenant au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie), le Conseil de la recherche médicale du Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines (qui émane du Conseil des arts).Il va de soi que les sommes en provenance de ces organismes ont permis la réalisation d’études nécessaires qui n’eussent pas été possibles autrement.Toutefois, une foule d’autres actions ponctuelles ont été posées sur demande ou grâce à l’appui d’un grand nombre d’organismes dont la variété montre jusqu’à quel point 1TNRS a été impliqué dans des travaux qui intéressent les gens d’une manière ou d’une autre par les retombées qui en découlent.C’est pourquoi nous donnons ci-après divers exemples qui illustrent comment l’INRS contribue au développement socioéconomique et culturel du Québec. PUBLIREPORTAGE avril 1979 / QUÉBEC-SCIENCE Ministères québécois______________ Affaires culturelles L’INRS a effectué une étude quant au développement urbain en regard de la sauvegarde du patrimoine immobilier dans la région de Montréal.Comme on le sait, le patrimoine, qui nous tient tant à cœur, est constitué d’une foule de choses.Vu que les arts font partie de la vie de tous les jours, on a fait appel à l’Institut pour la réalisation d’un mémoire portant sur l’évaluation de l’enseignement des arts d’interprétation.Affaires intergouvemementales La collaboration avec ce ministère a rendu possible l’importation et l’exportation de savoir-faire qui est à l’avantage du Québec.Ainsi, entre autres, les secteurs de la géologie pétrolifère et du chauffage par énergie solaire sont des domaines qui nous préoccupent tous de ce temps-ci.De création québécoise, le modèle hydrologique CEQUEAU intéresse de plus en plus les Européens.A ff aires municipales Le marché du logement ainsi que la taxe foncière, qui nous touchent de près, ont été l’objet d’études à TIN RS afin que des solutions soient apportées à cet épineux problème de l’habitat.A ff aires sociales Ce ministère a confié à l’INRS des mandats d’étude quant aux expériences de décentralisation urbaine, au regroupement municipal en fonction de l’intégration sociale, au rôle des groupes sociaux et des groupes de citoyens.Il va de soi que l’aménagement des villes doit se faire en accord avec les souhaits de la masse de la population.Éducation.En plus de son programme FCAC, diverses directions du Ministère ont permis la réalisation et l’implantation du système SAGE (individualisation de l’enseignement à l’élémentaire) et du questionnaire PERPE que bon nombre d’étudiants et d’enseignants connaissent au Québec pour les avoir utilisés à bon escient.Afin d’évaluer les clientèles scolaires, des prévisions démographiques ont été établies jusqu’en 1986.Une autre étude a aussi porté sur l’ouverture communautaire de l’école.Énergie Plus spécifiquement, la Direction générale de l’Énergie a chargé des chercheurs de l’Institut de procéder à l’évaluation de capteurs solaires et d’une maison à chauffage solaire intégré (qui n’a pas besoin d’autre chauffage d’appoint).Cet organisme a aussi été intéressé par des recherches en géologie des hydrocarbures afin de découvrir le potentiel du Québec en sources pétrolifères (croisons-nous les doigts!) Environnement L’environnement, c’est l’affaire de tous et il faut mieux le connaître et le préserver.L’INRS, dans ce domaine, a œuvré pour le compte de la Direction générale des eaux et les Services de protection de l’environnement qui font maintenant officiellement partie du Ministère.Afin de bien gérer la ressource essentielle qu’est l’eau, les chercheurs se sont penchés sur la rationalisation des réseaux en regard de la quantité et la qualité et de plusieurs aspects qui s’y rattachent.Qu’elles soient reliées à la baie James, au Saguenay-lac Saint-Jean, à la Yamaska, à la rivière des Prairies, au fleuve Saint-Laurent, etc., les études permettent de mieux saisir les problèmes et de recommander les solutions qui s’imposent.Quant aux travaux sur le fleuve Saint-Laurent financés par un Comité Canada-Québec et auxquels plusieurs scientifiques de FIN RS ont collaboré, les assidus de Québec Science ont pu en apprécier une synthèse qui leur a été distribuée il y a quelques mois.Protégeons tous cette eau, source de vie.h Lîi 11)' Iles k Plll! Coït COE Haut Commissariat aux Loisirs et aux Sports Pour des fins de planification et d’établissement de loisirs, les scientifiques ont procédé à des études quant à l’organisation des loisirs et à l’analyse des équipements dans diverses régions du Québec.Il a donc fallu, afin de mieux cerner le problème, effectuer des travaux, entre autres, sur le tourisme.Le loisir et le sport constituent une bonne soupape pour le stress, d’où leur nécessité de nos jours.Immigration La natalité baisse au Québec, et c’est pourquoi l’immigration devient une composante de notre développement.L’étude de l’INRS quant à l’aspect économique de l’immigration cadre bien avec les préoccupations de l’heure.Industrie et commerce Comme dans plusieurs pays, le secteur tertiaire se développe rapidement au Québec.Quelle est l’évolution du réseau urbain québécois et son rôle sur la «fonction tertiaire des villes»?C’est ce à quoi ont répondu des chercheurs de l’Institut.Les statistiques sont nécessaires de nos jours à plusieurs activités, et une bonne régionalisation de la statistique procure des données très intéressantes.Le Bureau de la Statistique du Québec a déjà demandé une étude à cet effet.Justice Ce ministère a sollicité des chercheurs de l’Institut au sujet de l’étude des conséquences sociales du contrôle des loyers.Pour ce qui est de l’Institut de médecine légale, il a eu accès à des méthodes sophistiquées de laboratoire mises au point à l’INRS.O.P.D.Q.L’Institut a effectué bon nombre de travaux complexes et variés utiles au développement du Québec.L’impact économique de Mirabel, la Région Sud de Montréal, les flux des biens et services dans l’Outaouais, les flux interrégionaux de biens et services au Québec, le tertiaire privé, le rôle des autoroutes sur le développement économique ou, plus globalement, de la prospective économique ne constituent que quelques domaines qui ont fourni des données essentielles à une saine planification pour le bénéfice des Québécois.H î/ivi h» dtie, Its ft k: QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 PUBLIREPORTAGE Transports Les résultats d’une étude portant sur la faune benthique, l’hydrologie et les conditions des vagues à Cap-du-Dauphin, îles-de-la-Madeleine, ont été dirigés vers ce ministère en prévision de la construction d’un port.Autres études Plusieurs autres études ont été conduites pour le compte d’autres ministères ou organismes particuliers du Gouvernement du Québec: Conseil exécutif, Conseil de planification et de développement du Québec (logement des ménages à faible revenu, etc.).Bureau sur les substances toxiques, Comité interministériel sur le mercure, Conseil du Statut de la femme.Comité interportuaire (superports-vrac solide et pétrolier).Conseil de la politique scientifique, etc.Une constante, dans tous ces travaux pour ces organismes, consistait à trouver des solutions à des problèmes bien précis rencontrés au Québec.Ministères fédéraux- Affaires urbaines L’écologie factorielle des villes canadiennes, le développement économique régional en fonction du réseau d’autoroutes, le déménagement forcé sont des points qui touchent les citoyens de près.L’INRS s’y est donc intéressé.Approvisionnement et services Ce ministère voit, entre autres, à l’adjudication des contrats de recherche pour le compte des divers ministères du gouvernement canadien.À l’INRS, lorsqu’on parle de palynologie du , paléozoïque, cela signifie que c’est une voie vers l’identification de sources de pétrole.Énergie, Mines et Ressources Le domaine précité (palynologie) a pu être étudié à fond grâce au support de ce ministère.Environnement La mise au point d’une méthodologie, soit d’une méthodologie d’évaluation des répercussions environnementales ou soit, simplement, d’une méthodologie de la qualité de l’eau pour différents usages assure des moyens de sauvegarder nos ressources.Des études en océanologie sur les copépodes ou bien, globalement, sur les échanges de matières nutritives et polluantes conduiront à fournir plus de poissons et mollusques, et de meilleure qualité, 1 qui font les délices des gastronomes.Santé et Bien-être Le problème des drogues existe et il faut y trouver des solutions.L’INRS poursuit une étude sur le traitement de l’abus des drogues.Que dire des efforts qui ont été faits aussi en regard du tabagisme ou des méthodes de relaxation! Une bonne santé facilite beaucoup les choses.4 I Statistique Il est nécessaire de connaître les migrations de la population canadienne dans les diverses régions, car c’est, avant tout, le dynamisme des hommes qui crée la prospérité et la joie de vivre d’une région.Science et technologie Les chercheurs de TIN RS ont été appelés à collaborer intensivement à un dossier complet (Fusion Canada) sur l’avenir de la thermofusion nucléaire au pays.Cette forme d’énergie de l’avenir (pas si lointain) nous fera oublier certains problèmes d’approvisionnement.Autres collaborations En plus des divers ministères (liste partielle présentée ici) au service desquels il a œuvré, l’IN RS a consacré des énergies à des organismes gouvernementaux canadiens, comme l’ACDI, en ce qui a trait à l’évaluation d’un projet de développement économique au Maroc.Le Tiers-Monde doit être l’affaire de tous: l’homme vit à divers endroits sur cette terre unique.Organismes parapublics- Précédemment, nous avons donné quelques exemples d'actions qui ont été épaulées par divers ministères québécois ou canadiens.La collaboration ne s’arrête pas là: elle se concrétise encore auprès d’organismes parapublics auxquels vous avez peut-être affaire.CRIQ Cet organisme, qui œuvre pour l’industrie, a eu recours aux services de l’Institut quant au contrôle de certaines végétations aquatiques et à l’étude, par microscopie électronique, du comportement de liants particuliers.Hydro-Québec et IREQ On connaît bien la collaboration constante qui existe entre les chercheurs de l’INRS et l’IREQ dans le domaine de l’énergie (thermofusion, arc soufflé, etc.).Cependant, on connaît moins bien peut-être les études hydrologiques ou météorologiques qui ont intéressé l’Hydro-Québec.Le destin du bois submergé lors de la création d’un réservoir, l’effet du harnachement des rivières de la Côte Nord sur l’estuaire du Saint-Laurent, le comportement des rivières Petite Baleine et G.ande Baleine représentent des domaines particuliers d’intérêt de notre Hydro-Québec en vue de la production d’énergie tout en préservant l’environnement.Société de la baie James Des chercheurs de l’Institut ont surtout œuvré à la rivière La Grande, à la baie James.À l’aide du modèle hydrologique CEQUEAU, on y a simulé les crues.Ce modèle a aussi été appliqué à d’autres rivières de cette région.Société d’Habitation du Québec Ce n’est que la minorité au Québec qui possède sa propre maison.Pour la région de Montréal, des scientifiques de l’INRS ont mis au point un modèle de simulation du marché du logement.Cet instrument s’avère très utile en fonction des besoins.SOQUEM Il y a du sel en quantité dans le sous-sol des Îles-de-la-Madeleine.Un port est donc requis à cet endroit.Des chercheurs de l’Institut ont effectué différentes études environnementales afin de voir à la préservation du milieu. PUBLIREPORTAGE avril 1979 / QUÉBEC SCIENCE SOQUIP Lors des forages exploratoires, les carottes doivent être analysées à l’aide de méthodes sophistiquées.Des laboratoires de l’INRS ont procédé à de multiples analyses du genre afin d’évaluer le potentiel pétrolifère du Québec.Villes ___________________________ Demeurez-vous à Sainte-Foy, Laval, Longueuil, Saint-Eustache ou au Saguenay?Il faut comprendre que le programme d’économie d’eau quant à l’arrosage des pelouses a été conçu par les chercheurs de l’INRS.Son fonctionnement est maintenant assuré par l’Association québécoise des techniques de l’eau (AQTE) avec la collaboration des stations radiophoniques.De plus, pour l’AQTE, des scientifiques de l’Institut ont coopéré à la rédaction de mémoires au point quant à la gestion de l’eau au Québec.Le ministère de l’Environnement du Québec a mis en application plusieurs des recommandations qui ont été formulées.Vous êtes de la région de Montréal?Eh bien! nos chercheurs ont travaillé pour vous, par le biais, entre autres, de la Communauté urbaine et de la Commission des Transports quant à la prévision de l’emploi et dans d’autres domaines de planification.Vous demeurez au Québec tout simplement?LTNRS a établi toute la problématique et les recommandations qui s’imposent en fonction des eaux usées et de leur traitement.Les résultats des études sur les nouveaux espaces résidentiels des régions de Montréal et Québec pourront avoir un impact sur toutes les régions.Vous êtes peintre ou céramiste?L’INRS a réalisé une étude pour l’Association des Métiers d’Art du Québec quant à l’avenir de ce secteur.Vous êtes sportif?L’INRS a assuré le contrôle du dopage des athlètes aux Jeux Olympiques de Montréal.La répétition de cette opération à Lake Placid, en 1980, sera une deuxième consécutive et une première en regard des Jeux Olympiques.Vous êtes étudiant à la Télé-université?L’INRS a procédé à l’évaluation de divers programmes de cet organisme.Vous êtes membre de la Société Saint-Jean-Baptiste?Votre association encourage les travaux effectués à l’Institut, sur les capteurs solaires.Enfin, si vous demeurez à Sainte-Foy, Rimouski, Montréal, Varennes ou Verdun, vous rencontrez fréquemment les chercheurs de l’INRS et discutez avec eux, puisque les centres de recherche de 1TNRS sont situés dans ces villes.c *1 1TNRS et Recherches Bell Northern, dans le domaine de l’ingénierie des télécommunications.Si vous participez à des téléconférences ou utilisez le Datapac, vous pouvez conclure que 1TNRS a apporté sa part dans ces technologies.Pour soigner vos maux, si le médecin vous a prescrit un médicament «nouveau», il se pourrait qu’il ait été évalué à l’INRS en vue de votre protection.En effet, les chercheurs de l’Institut ont expérimenté plusieurs produits des compagnies pharmaceutiques suivantes: Ayerst, Ciba-Geigy, Hoffman-La Roche, Ledearle, Mc Neil, Merck, Nordic, Pfizer, Poulenc, Rickers, Roche, Schering, Upjohn, etc.Dans le domaine pétrolifère, des travaux ont aussi été exécutés, entre autres, pour BP Exploration, Eastcan Corporation, l’Union minière d’Exploration, etc.En ce qui concerne l’environnement, des recherches pour Acres, Alcan et Canadian Bechtel ont porté respectivement sur l’implantation du superport pétrolier à Gros-Cacouna, la rationalisation d’un réseau hydrologique et l’implantation d’un oléoduc entre Rivière-du-Loup et Montréal.De plus, que penser de la valorisation de minerais par laser, de l’utilisation d’un système avec microprocesseur pour le contrôle de températures, de l’évaluation d’une calculatrice auto-correctrice pour le compte respectif de Noranda, Fer et Titane du Québec et Monroe?En outre, la compagnie IBM a épaulé des recherches sur l’étude du cloquage, problème rencontré dans les réacteurs à fusion.Formation de chercheurs Par des programmes d’études de 2e et 3e cycles uniques au Québec, en i sciences de l’eau, de l’énergie ou en télécommunications, par la possibilité offerte à des assistants de recherche, par l’accueil de stagiaires, PIN RS a permis à plus de 500 Québécois et Québécoises de rayonner dans diverses sphères d’activités.Ce chiffre exclut les autres centaines de Québécois qui ont bénéficié de l’enseignement dispensé par des professeurs de l’Institut dans les autres universités québécoises.Le prêt de services de scientifiques de l’INRS a aussi été bénéfique aux organismes gouvernementaux ou autres.Au service des Québécois: Oui _________________________ Que ce soit en agissant directement pour vous ou bien par l’intermédiaire d’un tiers, l’INRS a travaillé et travaille pour vous.Si vous désirez plus de renseignements sur l’Institut national de la recherche scientifique afin de savoir ce qu’il peut faire pour vous, prière d’adresser votre demande au: Industrie De nos jours, il est essentiel que l’université s’associe de près à l’industrie qui produit des biens pour le public.Ce mariage procure de grands avantages pour l’une et l’autre partie.La plus grande collaboration université-industrie (peut-être à la grandeur du Canada) est vécue au Québec par Secrétaire général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Téléphone: (418) 657-2508 ou (418) 657-2564 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique QUEBEC SCIENCE / avril 1979 19 SANS PILULES ET SANS STÉTHOSCOPE La nature seule guérit, disent les naturopathes.Oui, mais.par Michel Gauquelin Il y a dix ans, les naturopathes étaient à l'offensive sur tous les fronts.Ils étaient à la radio, à la télévision, à la première page des journaux, ils tenaient leur premier congrès naturiste à l'hôtel Windsor à Montréal, ils pourfendaient inlassablement «la chirurgie qui cisaille à qui mieux mieux, la médecine qui gave tout le monde de pilules artificielles, la publicité la plus effrontée qui assiège les foyers de tous ses derniers cris en matière de cure-tout, et l'industrie alimentaire qui chimifie sans vergogne les repas de tout le monde dans l'éprouvette accueillante du ministère de la Santé.» Il y a cinq ans, la croisade naturiste vivait des moments plus difficiles.Un «comité contre la fraude à la santé» exigeait que les naturistes et leur café-terrasse de jus de fruits soient expulsés de Terre des Hommes, tandis que le Petit JournalX\Xta\V.«Une doctrine qui brise les foyers et qui met des vies en danger.Les naturopathes: des fraudeurs».Après avoir été si souvent traînés en cour pour exercice illégal de la médecine, les naturopathes y allaient d'eux-mêmes cette fois-ci et une vingtaine d'entre eux échouaient dans leur tentative pour obtenir $100 000 de dommages-intérêts de la part du Petit Journal.Aujourd'hui, ils sont la discrétion même, à l'exception de quelques chroniques à la radio ou dans les journaux.Plus de grands congrès, plus de journaux tapageurs, plus de déclarations fracassantes annonçant le prochain avènement d'une société québécoise naturiste.Pourtant, ils sont toujours là.Ni médecins, ni guérisseurs, ils sont sans doute moins nombreux qu'auparavant mais leur confrérie aux diverses chapelles en groupe au moins une cinquantaine qui pratiquent, régulièrement ou à l'occasion, ce qu'ils prétendent être un art et une science: la naturopathie.Traqués par la Corporation des médecins ou l'administration fédérale dont relèvent les aliments et les drogues, concurrencés par la mise en place de l'assurance-maladie, reniés par l'Office des professions du Québec, dépassés par les chiropraticiens qui ont su trouver le tour de se faire donner un statut de corporation professionnelle en 1973, ils sont encore des marginaux, même si l'engouement pour les aliments naturels, la lutte contre la pollution et pour la prévention en matière de santé ont gagné du terrain.UNE VÉRITABLE DOCTRINE Les naturopathes viennent de milieux divers.À l'origine, ce sont des enseignants, des agents d'assurances, des infirmières par exemple.Aucun d'entre eux n'a de diplôme de médecin et rares sont ceux qui ont suivi des cours de niveau universitaire dans le domaine scientifique.Leur nombre se situe quelque part entre cinquante et cinq cents, la vérité se rapprochant sans doute de la centaine.Les évaluations sont extrêmement difficiles à faire car la définition de naturopathe varie d'un groupe à l'autre et, d'autre part, plusieurs n'exercent que de façon sporadique.La majorité des naturopathes se retrouve à Montréal, y compris les chefs de file du mouvement: Jean-Marc Brunet, qui préside le Collège des naturopathes du Québec, Raymond Barbeau, qui préside la Société de naturopathie du Québec, et Jacques Baugé-Prévost, qui préside l'Ordre des naturothérapeutes du Québec.Le statut de ces trois sociétés est une simple incorporation provinciale en vertu de la troisième partie de la loi des compagnies, c'est-à-dire à but non lucratif.S'ils ne s'entendent guère entre eux, surtout les deux premiers avec le troisième, ils se réclament tous d'une «vraie» naturopathie.Ce que Raymond Barbeau, pour sa part, exprime en ces termes: «La naturopathie est l'art et la science de promouvoir la santé, de prévenir et de guérir les maladies par les méthodes naturelles, excluant les médicaments chimiques, la chirurgie et la radiothérapie».De son côté, l'Association canadienne de naturopathie, dont Jean-Marc Brunet est le secrétaire-trésorier, affirme que «la médecine naturopathique est la philosophie, la science et l'art de guérir qui vient en aide aux processus auto-régulateurs i 20 du corps grâce à la mise en oeuvre de forces naturelles physiques, biochimiques et psychologiques, dans un système intégré pour obtenir un effet physiologique optimal, par l'application des lois naturelles de la vie à l'homme pris comme un tout, en vue du rétablissement et du maintien de la santédemêmequepourla prévention et le traitement des maladies».Selon le rapport de l'Opération sciences de la santé préparé à la demande du ministère de l'Éducation en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, et dont Roland Stafford était le coordonateur pour le dossier naturopathie, ces définitions montrent qu'il «ne s'agit pas d'acte médical comme tel, mais plutôt d'une doctrine, d'un système de guérison et d'une thérapeutique».Promotion et prévention de la santé priment et par guérison on entend débarrasser l'organisme des toxines accumulées à la suite de procédés et d'activités anti-naturelles.La thérapeutique consiste en des méthodes qualifiées de naturelles: l'alimentation surtout, mais aussi le jeûne, la chaleur, le soleil, la mer et l'exercice physique notamment.S'ils acceptent la chirurgie mineure quand elle est nécessaire, les naturopathes excluent cependant la chirurgie de résection (les amputations et les ablations par exemple), l'usage des rayons X et les médicaments chimiques.Ils s'insurgent également contre les vaccins qui, selon ce qu'écrit Raymond Barbeau dans Votre santé par la naturopathie, sont des substances étrangères, des poisons au sens fort du terme qui affaiblissent le corps, affectent les importantes fonctions cellulaires et chimiques et «préparent le terrain aux maladies dégénératives comme l'anémie, les troubles cardiaques, le diabète, la tuberculose, le cancer».LES CHINOIS ET LES GRECS Si le terme naturopathie est une invention moderne, l'utilisation des méthodes naturelles remonte aux époques les plus reculées de l'Antiquité.Raymond Barbeau cite les Égyptiens qui avaient développé l'art du massage et des manipulations, les Israélites qui avaient des règles pour maîtriser la contagion, se nourrir correctement, les anciens Grecs qui s'adonnaient à l'athlétisme et à la culture physique, les Romains qui étaient de fervents adeptes des bains chauds et froids.Bref, les naturopathes se réclament de toutes les méthodes naturelles anciennes, y compris de la phytothérapie, à base de plantes, feuilles, fleurs, racines et herbages qu'utilisent les Chinois depuis 5 000 ans.Ils se réclament également d'Hippocrate puisque celui-ci rappelle souvent dans ses œuvres «l'effort du corps pour se guérir lui-même» et qu'il considérait que «la maladie aiguë n'est que l'effort de l'organisme pour éliminer ses poisons».Les ancêtres directs seraient le groupe des éclectiques formés par Galien au second siècle et qui développa la théorie des humeurs dont il fallait se débarrasser avec force vomitifs et purgatifs.Ancêtre plus récent (1 6e siècle), Paracelse fonoa sa thérapeutique sur l'alchimie et, comme il insistait sur la nécessité de soigner l'homme total, les naturopathes le voient comme l'un des leurs.Mais le mouvement naturiste moderne serait né en Europe centrale entre 1 800 et 1 850 grâce à «un simple paysan doué d'une intuition étonnante», Victor Priessnitz, qui lança l'hydrothérapie.D'autres Européens développèrent les cures d'air et de soleil (Arnold Rickli), le végétarisme (Berg), la psychologie naturelle (Coué), l'éducation physique (Georges Hébert).Les naturopathes font également souvent référence à Paul Carton, médecin français décédé en 1947, auteur d'une doctrine de la santé et de la maladie fondée sur une synthèse entre la doctrine hippocratique, les découvertes des empiriques, ses observations cliniques, la science médicale de son temps et sa philosophie religieuse.S'appuyant sur tous ces précurseurs, les adeptes de la naturopathie ont aujourd'hui une philosophie de base dont les concepts clés sont la nature, l'unité de l'homme, la santé et la maladie.«La naturopathie est la science de la santé, comme l'allopathie (la médecine) est la science de la maladie.la condition normale de l'homme devrait être la santé.personne ne devrait être malade», écrit Raymond Barbeau.En respectant les lois de la nature, nous pouvons vivre en bonne santé et nous épanouir de façon corporelle et spirituelle, de même que seule la nature peut nous guérir car «le pouvoir prophylactique des meilleures forces de la nature élimine les matières empoisonnées et étrangères du système, restaure la vitalité des nerfs et du sang, rend vigoureux les organes et les tissus, et régénère l'organisme entier».Si la médecine moderne est contestée par les naturopathes c'est parce qu'elle traite l'être humain comme un assemblage de divers ensembles formés d'organes, de systèmes, de tissus, etc., alors qu'il faudrait plutôt y voir un tout indivisible.Par conséquent, une maladie qui va toucher un organe particulier intéresse en fait l'organisme tout entier, ce qui fait du naturopathe un généraliste et non un spécialiste.UN ESSOR FOUDROYANT C'est sur la base de ces théories que la naturopathie s'est implantée sur le continent nord-américain, introduite par l'Allemand Benedict Lust au New Jersey à la toute fin du siècle dernier.avril 1979 / QUEBEC SCIENCE RAYMONL & ASS NATURC LA S(( DE N AT U( DU Cl Un des chefs de file du mouvement naturiste au Québec, Raymond Barbeau préside la Société de naturopathie du Québec QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 , l;-C-1-r" .0 3EAU 7CIES ATHES 5(CIETE ^OPATHIE (JEBEC Au Québec, avant 1 960, le naturisme se résume à un magasin d'herbes sur la rue Saint-Laurent à Montréal, ouvert dans les années 20, et à celui de M.et Mme Vogel, rue Saint-Denis, venus de Suisse avec leurs herbes au lendemain de la seconde guerre mondiale.La paternité de la naturopathie moderne québécoise est revendiquée par Jacques Baugé-Prévost qui affirme que tous les autres sont les élèves et les continuateurs de son association, mais il semble en fait que ce soit Raymond Barbeau qui ait lancé pour de vrai le mouvement, en 1959-1960, quelques années après qu'il ait commencé à se dévouer à une autre cause, celle de l'indépendance.En 1963, il fonde le Collège des naturopathes auquel sera rattaché l'Institut de naturopathie, destiné à la formation des futurs praticiens.Collège, Institut, magasin d'aliments naturels et Clinique naturiste de Montréal logent à la même enseigne à Montréal, avenue Laurier.Le mouvement prend rapidement de l'expansion, 18 naturopathes œuvrent au 21 sein de la clinique naturiste qui change de nom pour clinique Barbeau car d'autres cabinets se sont ouverts dans la métropole.À la fin des années 60, le mouvement naturiste québécois prétend compter plus de 100000 adeptes qui selon leur publicité «mettent quotidiennement en cause les dogmes de la chimiothérapie».Les noms de Gratien Gélinas, Andrée Lachapelle, Marie-Josée Longchamps sont associés à cet essor.Écrivains prolifiques, les naturopathes publient livres sur livres pour propager leurs idées.Deux ouvrages feront date tout particulièrement: La réforme naturiste, écrit par un jeune naturopathe de 25 ans qui dédie sa première œuvre «à son maître et ami, le docteur Raymond Barbeau, à tous mes collaborateurs», et qui a pour nom Jean-Marc Brunet, et La cause du cancer dans lequel Raymond Barbeau affirme dès la première ligne: «J'ai la certitude absolue d’avoir découvert la cause du cancer».Avec sa réforme naturiste, Jean-Marc Brunet s'affirme comme un théoricien du naturisme, un homme résolument à droite qui affirme avec Alexis Carrel: «La répartition de la population d'un pays en différentes classes n'est pas l’effet du hasard, ni de conventions sociales.Elle a une base biologique profonde.Ceux qui sont aujourd'hui des prolétaires doivent leur situation à des défauts héréditaires de leur corps et de leur esprit.Aujourd'hui, 11 est indispensable que les classes sociales soient de plus en plus des classes biologiques», ou encore «pour la perpétuation d'une élite l'eugénisme est indispensable».Pendant ce temps, La cause du cancer provoque une vive réaction des milieux médicaux, une perte de crédibilité du mouvement naturiste et de son leader, Raymond Barbeau, qui affirme que le cancer est dû à la méthylxanthine, substance qu'on trouve dans le café (la caféine), le thé, le cacao, les boissons gazeuses et divers médicaments.Il n'en faut pas plus pour que peu après, Jean-Marc Brunet prenne la présidence du Collège et devienne à son tour le porte-flambeau du naturisme au Québec.Aujourd'hui, le Collège de Jean-Marc Brunet compterait 34 membres pléniers et quelques dizaines d'associés qui ne pratiquent pas régulièrement.Selon M.Barbeau, sa Société regroupe de 10 à 12 naturopathes et elle se spécialise sur des sujets comme la mégavitaminothé-rapie, la protéinothérapie, et la méthylxanthine, bien sûr.Les 158 membres revendiqués par l'Ordre des naturothéra-peutes de Jacques Baugé-Prévost ne sont pas tous des naturopathes selon les canons du Collège et Jean-Marc Brunet s'empresse d'affirmer que cet ordre «accepte et tolère à peu près n'importe qui à partir du fait qu'un bonhomme prétend pratiquer l'une ou l'autre des mé- thodes naturistes».Ce que confirme indirectement le président de l'Ordre: «Quand on parle d'hypnose ou de psychosomatique, ce sont des spécialités dans notre discipline.Il y a aussi les gens qui s'occupent de grossesses ou de maternités.» LES BACTÉRIES PAS SI MÉCHANTES QUE ÇA D'un groupe à l'autre, les naturopathes s'entendent plus ou moins pour dire que les divergences dans leur profession tiennent surtout à des questions de conflits de personnalité, d'incompatibilité de caractère, au faitquecertainssontfarou-chement indépendantistes (Barbeau affirme que c'est lui qui a mis le Parti Québécois au pouvoir) tandis que d'autres se sentent plus canadiens (Brunet) après avoir milité comme indépendantistes.De plus, M.Barbeau vous dira qu’il ne peut être d'accord avec M.Brunet sur ses déclarations, très publiques, contre le socialisme et pour un type de société mis de l'avant par La réforme naturiste, tandis que M.Baugé-Prévost en veut lui aussi à M.Brunet car «malheureusement, chez lui et dans son groupe, c'est la tendance commerciale qui l'emporte».Mais tout le monde se tolère, se voit comme une grande famille et s'entend sur les principes, c'est-à-dire sur la cause des maladies et l'approche thérapeutique.Le principe de base qu'ils avancent, c'est que la maladie est.due à l'intoxication de l'organisme, que cet empoisonnement est la conséquence de conditions de vie antihygiéniques, de mauvaise nutrition, de surmenage, de mauvaise posture, d'élimination insuffisante, et qu'il a pour origine les toxémies, c'est-à-dire l'accumulation de toxines (substances toxiques et antigéniques élaborées par un microorganisme, une bactérie).Contrairement à la médecine moderne, la naturopathie ne croit pas que les micro-organismes sont la cause des maladies.En fait, explique Raymond Barbeau, les micro-organismes «se nourrissent sur la toxémie non éliminée qui encombre l'organisme ou certains organes faibles.Ce sont des vidangeurs, des boueurs, des nécrophages, des scato-phages qui phagocytent les débris et qui ne sont pas la cause primitive, primaire ou première de la maladie mais une étape postérieure de tout le processus de la maladie».Quant aux toxines, ces déchets et poisons de l'organisme, «ces matières morbides accumulées, parfois depuis de longues années, sont réduites par l'activité des micro-organismes en substances plus simples qui peuvent, dès lors, être beaucoup plus facilement éliminées de et par le corps.Lorsque ces toxines sont éliminées, les micro-organismes de tout genre sont affamés et meurent d'inanition, et la maladie disparaît.Les fièvres, inflammations, éruptions, écoulements. 22 avril 1979 / QUÉBEC SCIENCE JEAN-MARC BRUNET «Je suis un homme de droite en recherche» «Je suis un homme de droite au sens churchillien du terme.Churchill était un homme de droite comme je les aime.De Gaulle aussi était un homme de droite, moderne et progressiste.Je suis de droite, mais pas au sens d'Hitler ou de Mussolini.M'accuser d'être un nazi, c'est aussi grossier que d'accuser Lévesque d'être stalinien».Comme on le voit, Jean-Marc Brunet tient vraiment à se défaire de la réputation qu'il traîne avec lui depuis nombre d'années et qui lui aurait été faite par «l'intelligentsia gauchiste, celle qui est à la mode».Le président du Collège des naturopathes du Québec en veut tout particulièrement à un article de Jean Stafford, professeur en sciences sociales au CEGEP Ahuntsic, publié dans la revue critère en juin 1976, et à six lignes du livre de Yanick Villedieu, Demain ta santé, publié par Québec Science.Jean Stafford fait une analyse et une critique de l'idéologie naturiste véhiculée par le livre de Jean-Marc Brunet, La réforme naturiste, et il écrit entre autres choses: «L'inégalité nous mène à la valorisation des êtres supérieurs et de là on en arrive à l'eugénisme et à l'élimination des tarés.Ce que nous propose l'idéologie naturiste ressemble fort à l'idéologie fasciste telle qu'elle est décrite par Max Gallo: Nous distinguons d'abord le culte du chef qui s'appuie sur une triple assise: l'exaltation de l'individu, une conception sociale élitiste, et enfin l'établissement en fonction de ces deux données de rapports hiérarchiques fondant une soumission de type quasi religieux».Pour sa part, Yanick Villedieu écrit: «Quant au Mouvement naturiste social, à son chef et à «son combat» pour l'édification d'une race naturiste saine et d'une société «national-naturiste» idéale, nous les laisserons à leurs occupations en regrettant peut-être de les voir encombrer toute la question de la naturopathie comme telle».La réplique de Jean-Marc Brunet est vive: «Tout cela est faux, biaisé, malhonnête, partiel et idéologiquement orienté.Cela porte préjudice à la naturopathie et à tous mes collègues.J'en suis rendu à mon 1 Sème ouvrage et on a isolé quelques phrases d'une œuvre de 2 000 pages pour les interpréter à travers une grille carrément marxiste, et on en arrive à me présenter un peu comme le théoricien sanguinaire d'un néo-fascisme».Renie-t-il son livre?Non, mais, dit-il, il faut le nuancer car il a été écrit il y a 1 3 ans, à une époque où il avait une «tendance à être trop absolutiste».«À l'époque, j'ai trouvé mon oxygène dans la droite française, car ici la gauche commençait à s'infiltrer partout, tandis que la droite québécoise vieillissait, bondieusarde et sentant le vieux fond de presbytère».S'il est attaqué aujourd'hui c'est, affirme-t-il, parce qu'il est un penseur qui ne fait pas partie de l'intelligentsia à la mode, gauchiste.Elle serait partout et se livrerait à un travail dangereux pour la démocratie.Pour elle, «tout ce qui n'est pas de gauche est, au meilleur, bourgeois et habituellementfasciste et nazi.Ces gens ont une grille d'extrême-gauche, carrément stalinienne, et ils sont dans le haut du pavé, même s'ils ne détiennent pas le pouvoir.Ils ont une vision manichéenne du monde: il y a les bons et les méchants.C'est du niveau de Lucky Luke et Astérix.» Comment voit-il l'avenir pour la droite?Selon lui, il y a une droite qui se cherche, mais il n'y a pas grand-chose à faire avec celle qui existe actuellement.À la question «avez-vous l'intention de vous lancer en politique active?» il répond non.pour le moment: «ni Hitler, ni Pinochet, gaulliste et churchillien québec-quisé et canadianisé, je suis en pleine évolution, avec une recherche libertarienne * au sens de Milton Friedman, John Hospens et surtout Henri Lepage».* Le mouvement libertarian est un mouvement idéologique américain, proche des économiste de l'École de Chicago, qui plaide pour la réinvention d'une société capitaliste fondée sur le laisser-faire le plus intégra! avec disparition plus ou moins complète de l'État.Milton Friedman est l'économiste américain, chef de file de «l'École de Chicago» qui remet en cause /'intervention de l'État dans l'économie.Ce sont des économistes de cette École qui dirigent /'économie du Chili de Pinochet.John Hospens est Fauteur du livre Libertarianism, et Henri Lepage.Fauteur de Demain le capitalisme.suppurations, évacuations et sécrétions accompagnent plusieurs maladies et sont des manifestations de l'effet détersif et nettoyeur de la nature.Il nefaut jamais arrêter ou supprimer ces phénomènes salvateurs mais intervenir, très rarement, pour les maintenir dans des bornes supportables au patient.En collaborant ainsi avec la nature, le naturopathe permet d'accélérer les procédés naturels de recouvrement.» Inutile de dire qu'un tel raisonnement est une hérésie pour la médecine moderne, qui démontre plutôt que ce sont les micro-organismes qui sont à l'origine des toxines et des maladies, et qui a donc mis au point des vaccins et médicaments pour lutter contre ces micro-organismes.Pour Jean-Claude Dillon, médecin et professeur au Centre de recherche en nutrition de l'université Laval à Québec, c'est une vieille idée qui traîne en médecine depuis qu'on a découvert les bactéries à la fin du siècle dernier.Mais, dit-il, «allez boire de l'eau avec des salmonelles dedans, vous allez voir si les bactéries ne sont pas la cause des maladies et si vous échapperez aux diarrhées ou vomissements, toxines ou pas.» Spécialisé dans la chasse aux chiropraticiens, Murray S.Katz, un médecin de Montréal qui est aussi président du comité santé de l'Association des consommateurs du Canada, pourfend également les naturopathes et surtout leur théorie: «Ils affirment mais ils ne prouvent rien».Pour lui, il s'agit d'une de ces théories unitaires, pour ne pas dire simplistes, qui disent: une seule cause, une seule thérapie, et qui sont le propre des charlatans.LA CONCURRENCE DE LA CASTONGUETTE Qui fait confiance aux naturopathes et va les consulter?«Au début, nous avions beaucoup de femmes, de milieu populaire, de 35-40 ans et plus, 75 pour cent sans doute.Maintenant, c'est moitié moitié, hommes et femmes, et on compte de plus en plus de jeunes, 30 pour cent peut-être», affirme Jean-Marc Brunet.«Leur clientèle est composée de gens naïfs, faibles, qui veulent s'accrocher à quelque chose.C'est une foi, de dire Augustin Roy, le président de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.Ce seront souvent des malades chroniques pour lesquels la médecine n'a pas de recette miracle (sclérose en plaque, paralysie cérébrale, diabète ou cancer).Il y a aussi les migraines, les maux d'estomac, des cas souvent psychosomatiques qui sont liés au travail, à l'ennui ou à la vie familiale.Autrefois, les curés, le frère André, réglaient cela, mais de moins en moins de gens croient à la religion.» La foi est également présente dans les propos de Jean-Claude Dillon: «Ils sont QUÉBEC SCIENCE / avril 1979 23 Naturopathe, Jean-Marc Brunet est aussi le président-directeur généra! d'une société avec actionnaires qui possède au Québec 32 boutiques Le Naturiste.un peu comme les prêtres, dites-moi toutes vos fautes, je vais vous pardonner et tout est effacé.Ils vendent de l'espoir, ce que les médecins ne savent pas faire.Notre médecine n'apporte pas l'espoir, elle est déshumanisante, tout est très technique, on ne comprend rien aux résultats des tests et examens, par exemple.Si les naturopathes se sont trouvés un créneau, c'est qu'il y avait une déficience quelque part.» Murray S.Katz y va d'explications psychologiques et parle d'exploitation de gens qui sont contre les médecins.Les naturopathes ont une explication simple, cela fait naturel, donc supérieur, et cela prend.On se convainc que cela marche à tout coup.«Bien des gens veulent une médecine populaire, accessible.C'est vrai qu’il y a trop de médicaments, trop d'opérations et qu'on ne fait pas de miracles.Mais il y a une exploitation d'un rêve, vivre en santé, et ils le font en se présentant comme des scientifiques de la nature.» Et pour M.Katz, aller les voir c'est faire comme le poisson qui saute de la poêle à frire pour se jeter dans le feu.Il est impossible d'évaluer en nombre la clientèle des naturopathes, mais ils sont les premiers à concéder que l'instauration du régime d'assurance-maladie au Québec, le 1 er novembre 1 970, leur a porté un coup dur.Comme une consultation naturopathique coûte la plupart du temps entre $15 et $20, la concurrence du médecin «gratuit» s'est fait sentir de façon dramatique.Cela explique peut-être toute une évolution: moins de clients en consultation, donc moins d'actes médicaux jugés illégaux, donc moins de poursuites, donc moins de bruit, donc une certaine tolérance de la part de la médecine officielle.Et aussi la nécessité pour nombre de naturopathes de fermer leurs portes, il n'en reste que trois à la clinique Barbeau, ou de se trouver d'autres sources de revenus, avec les aliments naturels par exemple.Il est clair que la seule naturopathie, la consultation, ne fait plus vivre son naturopathe, sauf exceptions.UNE CONSULTATION POUR VOUS RÉFORMER La consultation est pourtant un des points forts qui permet au praticien d'«ac-crocher» son client.Voici, racontée par Jean-Marc Brunet, comment peut se dérouler une consultation.«Je vais vous questionner au maximum, sur vos habitudes de vie, votre passé, la santé de votre famille et aussi beaucoup sur l'hérédité.Il y a aussi votre milieu de vie, au travail: y a-t-il du bruit, de la pollution atmosphérique, des grèves, des bagarres?Je vais aussi vous demander de me procurer le plus possible de vos documents médicaux.Je contrôle votre tension artérielle et j'évalue la possibilité de faire des analyses (urine et sang).Je peux faire aussi un examen iridologique complet (examen de l'œil).Je regarde vos ongles, la qualité de la peau pour déterminer des carences en vitamine, vos problèmes musculaires et de postures».«À partir de cela, je vais raisonner avec vous sur vos habitudes de vie qui sont manifestement les plus nocives.On peut réformer cela assez rapidement et facilement, remplacer le café par des tisanes ou des jus de fruit par exemple, régulariser l'élimination, éliminer la constipation, donner des herbages pour drainer le foie et les intestins.» Ensuite, pour faciliter la «réforme alimentaire», Jean-Marc Brunet vous donnera une fiche sur laquelle vous marquerez tout ce que vous mangez chaque semaine.Si vous êtes quelqu'un qui consomme plus de 50 kg de sucre blanc par an, qui mange en plus de grandes quantités de pain blanc fait avec des farines raffinées et boit beaucoup de café, il vous déclarera que, de toute évidence, vous faites une déficience en vitamines du complexe B.Votre régime devra donc comporter, par exemple, du pain le plus entier possible, des substances riches en vitamines B comme la mélasse de Barbade, des nouilles de blé entier, et aussi des suppléments naturels comme des comprimés de foie desséché ou de levure de bière.Vous serez prié également de réduire tous les stimulants, comme le café, d'éliminer les drogues courantes comme l'aspirine, de lire chaque jour quelques pages du Guide de l'alimentation naturelle.et de revenir dans trois ou quatre semaines.L'objectif est de vous «conscientiser» pour que vous vous guérissiez vous-même.Selon le directeur de la clinique Brunet, un traitement dure de six mois à un an et demi.Il n'y a pas d'incompatibilité à continuer à suivre un traitement prescrit par un médecin dans des cas comme le diabète ou les maladies cardiaques.D'ailleurs, les naturopathes insistent de plus en plus sur le fait qu'ils ont un peu leur champ d'activité et qu'ils ne touchent pas les maladies en phase terminale par exemple.MASSAGES ET MUSIQUE La thérapeutique de base, c’est l'alimentation, la nutrithérapie pour parler savant.Environ la moitié du traitement selon M.Brunet.Mais on emploiera aussi la désintoxication grâce à des herbes (phytothérapie) et un ensemble de facteurs naturels de santé: les exercices physi- 24 avril 1979 / QUÉBEC SCIENCE IE BIO-NATURISTE HERBES-8 CERIPIN 250 rm CERIPIN HERBI TE 810-NATURISTE HERBS-8 CERIPIN CERIPIN « pi t^T^STE- La phytothérapie, à base de plantes, feuilles, fleurs, racines et fruits, est une des méthodes naturelles dont se réclament les naturistes.ques et les sports, des bains dans lesquels seront éventuellement ajoutées des substances (hydrothérapie), les séances de sauna ou de soleil, et «beaucoup de psychologie de gros bon sens, même populiste, qui vise à avoir une attitude mentale positive.Jean-Marc Brunet, qui se déclare de foi chrétienne, n'hésite pas à discuter avec un patient croyant, quelle que soit sa religion, de l'art d'utiliser cette foi pour réformer sa santé.Il existe aussi tout une gamme d'autres méthodes que chaque naturopathe va employer selon sa «spécialité».On peut parler des minéraux naturels comme la poudre d'os, faite avec les os de veaux, sélectionnés et en parfaite santé bien sûr, de l'argile utilisée en cataplasme, en usage interne (gastro-entérites, diphtéries, etc.) ou externe (plaies, goutte, rhumatisme, brûlures, etc.), les massages, les inhalations, le jeûne, la cure de raisin (pas de vin!), le yoga, la musique, les pensées positives, l'hypnose, le magnétisme, l'acupuncture, etc.Pour prétendre en faire une science, il suffit d'ajouter le mot thérapie, et ainsi la musique devient de la musicothérapie.Si certains de ces remèdes peuvent passer pour anodins, plusieurs comportent des dangers réels.C'est le cas de l'argile, qui peut provoquer des occlusions intestinales, ou du soleil qui a une incidence sur le cancer.Il y a les vitamines aussi, surtout les vitamines A,D,E et K, les autres étant solubles dans l'eau et donc éliminées dans les urines.Les vitamines E et K sont très mal connues et peu d'études ont été faites à leur sujet, tout comme la vitamine D dont on sait cependant qu'elle a une influence sur le métabolisme du calcium.Elle retiendrait peut-être le calcium dans les artères.Pour le moment, rien n'a été véritablement démontré sauf à des doses toxiques.Par contre, la vitamine A est beaucoup mieux connue et a la réputation de comporter de sérieux dangers, spécialement chez les enfants.Liposoluble, elle va se stocker dans les graisses et y rester.La littérature scientifique, rapporte Jean-Claude Dillon, mentionne que plusieurs cas de surdosage, chez des enfants gras, ont provoqué une hypertension du liquide céphalo-rachidien qui s'est manifestée par ce que les médecins appellent une fausse méningite, avec des convulsions notamment.De son côté, Murray Katz parle de doses trop fortes données à des femmes enceintes et qui auraient causé des accidents plus graves que ceux dus à la thalidomide.Tant qu'on en reste à manger un peu plus de melon ou de dattes, de soya ou de piment vert, les risques sont sans doute inexistants.Mais dès qu'il y a prescriptions de véritables suppléments vitaminés, de véritables risques peuvent apparaître et «le danger n'est pas mesurable car ces gens-là n'ont pas de formation médicale», continue Murray Katz.Le médecin de Montréal s'en prend aussi aux diagnostics: c'est le traitement qui décide du diagnosticdans une théorie unitaire.Et aux plantes: au lieu de prendre trois feuilles qui contiennent des substances dont les doses sont inconnues, il est préférable de prendre des comprimés, dosés avec certitude, qui sont faits des mêmes substances prélevées sur les plantes.La digitaline qui sert pour le traitement des insuffisances cardiaques vient des feuilles des Digitalis purpurea, l'insuline est extraite du pancréas des porcs et des bœufs, bref, souligne Murray Katz, les médicaments viennent de la nature.LES ALIMENTS NATURELS NE SONT PAS NATURELS Vous ne trouverez pas un naturopathe pour vous soutenir que les aliments dits naturels sont vraiment naturels, mêmesi leur marque de commercé comporte le mot nature.«Ce que nous prétendons, dira Jean-Marc Brunet, c'est que, dans I état actuel des choses et compte tenu des possibilités, nous nous approchons le plus près possible de l'aliment organique et naturiste complet.Compte tenu également dumarché.Onnepe ut atteindre la perfection en tout temps et en tout lieu, on le sait, et on le dit au public.» Plusieurs études, aux États-Unis comme en Europe, ont prouvé qu'on retrouvait des résidus du milieu agricole, DDTet autres pesticides entre autres, dans les aliments naturels.L'explication est simple: les terres ont souvent déjà été traitées, les champs voisins de ceux de l'agriculteur organique sont traités, la pluie et les vents font des apports.Et puis, souligne Jean-Claude Dillon, il y a aussi QUÉBEC-SCIENCE / avril 1979 25 des applications en cachette la nuit, car il faut produire, avoir un bon rendement pour rentabiliser ou éviter les maladies.Au besoin, le produit sera vendu à l'autre bout du pays.Le nutritionniste de l'université Laval est le premier à dire qu'il n'est pas le chantre des additifs de l'industrie alimentaire, les colorants par exemple, contre lesquels s'insurgent les naturistes.Augustin Roy va plus loin et affirme qu'il n'y a aucune preuve qu'ils causent des problèmes, des maladies, et se demande s'il faut retourner au moyen-âge.Question de civilisation, de réduction des prix, de disponibilité à l'année longue de certains produits, et d'habitudes: en France, le gouvernement a dû retirer son règlement interdisant l'addition du colorant vert dans le pastis, car pour tous les buveurs de pastis, de Marseille à Paris, le pastis îst vert et non blanc.même si l'anis est Diane.Pour les médecins, les aliments natu-els ont sans doute leurs vertus mais il ist faux de prétendre qu'ils vont guérir les maladies ou même les prévenir.De ilus, ils coûtent chers.Cela, Jean-Marc frunet le sait puisque la société avec ictionnaires, dont il est président et direc-eur général possède les 32 boutiques Le laturiste, ainsi que de petites unités de onditionnement (mise en sac de produits vrés en vrac).Il se refuse à dire qu'il est lillionnaire, se contentant d'affirmer ue cela va bien, très bien: «Disons, que ai la réputation d'être un homme assez uissant financièrement».Des conflits d'intérêts?Nullement, uisque «nous sommes dans une économe de marché libre».Il faut respecter le ode de déontologie du Collège, c'est-à-ire ne pas avoir de bureau dans un lagasin, voilà tout.Mieux, il est même xcellent pour un naturopathe d'avoir un il commerce car cela «permet d'avoir ne perception plus terre à terre des esoins de la population.Le commerce st une formidable école de lucidité et 'humanisme, il faut enterrer nos vieux réjugés anti-économiques.» Comme la lupart des naturopathes, M.Brunet est n homme d'affaires, sinon un commérant.Faute de revenus venant de consulta-ons, puisque débourser $15ou $20cela lit mal quand on sait qu'avec la caston-uette il n'y a rien à payer, il y a ceux otenus par la vente des produits natu-ïls.Selon les chiffres fournis par des aturopathes, les «nutrithérapies» sont rganisées pour ne pas coûter plus de un deux dollars par jour au patient.qui se ansforme tout d'un coup en client.Le remier pas dans le magasin d'aliments aturels ne coûtent peut-être pas trop, lais le pli est pris et un marché hebdo-ladaire coûtera cher, à $1.49 la douzaine 'œufs (gros) ou $0.86 le demi-kilo de ain de blé entier.Et il y a des naturo- thérapeutes propriétaires de centres de conditionnement physique, de centres anti-tabagisme ou d'hypnose.nous dit M.Baugé-Prévost.CHARLATANS OU COMMERÇANTS?Reconnu et pratiqué ailleurs dans le monde, sous diverses formes, la naturopathie semble coincée chez nous entre le charlatanisme et la médecine officielle.Le dialogue est nul et ne semble pas prêt de s'engager, note Roland Stafford, de l'Opération sciences de la santé, et pourtant nous vivons des maladies de civilisation que la médecine n'arrive pas à régler.Citant les naturopathes allemands, des «heilpraktiker» reconnus et sous contrôle des lois, leurs confrères suisses ou anglais, l'Opération sciences de la santé envisage pour le Québec la formation d'écologistes de la santé, axés sur la prévention, et de formation multidisciplinaire accomplie dans une université reconnue.Les naturopathes, s'ils acceptaient cette formation, pourraient s'intégrer dans cette spécialité, pour travailler auprès des bien-portants.Mais cette reconnaissance ne semble pas les intéresser, car ils craignent de voir leurs principes mis au rancart.Pendant longtemps les naturopathes ont fait campagne pour recevoir un statut légal, une reconnaissance de l'État.Aux États-Unis, après l'avoir obtenu dans une trentaine d'États, il y a recul et seulement une quinzaine accorderaient aujourd'hui une certaine légalité.Aux États-Unis, comme dans l'Ouest canadien d'ailleurs, la naturopathie est plus axée sur les manipulations ou électrothérapies et utilise même les rayons X.Au Canada, toutes les provinces de l'Ouest et l'Ontario accordent un statut aux naturopathes et exigent parfois des qualifications académiques élevées.Plusieurs commissions d'enquête se sont penchées sur cette grande famille des médecines parallèles qui comprend aussi les chiropraticiens et les ostéopathes.Tant au Canada qu'aux États-Unis elles ont toujours abouti à des conclusions négatives comme celle présentée au congrès américain en 1 968: «La théorie et la pratique naturopathique ne sont pas basées sur un ensemble de connaissances de base reliées aux maladies et aux soins reconnus par le monde scientifique.De plus, indépendamment de cette théorie, l'éventail et la qualité de la formation naturopathique ne préparent pas le praticien à poser un diagnostic adéquat et à prodiguer les soins appropriés.» Chez nos voisins américains, il existe un Comité contre la fraude à la santé (Lehigh Valley) qui n'en reste pas là et s'en prend vigoureusement à ceux qu'il qualifie de charlatans, dénonçant les dangers et l'exploitation financière auxquels font face les clients des praticiens LES NATUROPATHES EN FORMATION Ms sont bardés de diplômes, mais aucun n’est décerné par une institution d'enseignement reconnue.Faute de voir la naturopathie acceptée par les universités, les naturopathes ont donc créé leurs propres écoles, collèges ou instituts.Aux États-Unis, c'est à Seattle que sont formés les futurs praticiens de cet «art et science», grâce à 5 348 heures de cours et de laboratoires.Selon le rapport de l'Opération sciences de la santé du ministère québécois de l'Éducation, c'est une traduction fidèle du programme de Seattle qu'on retrouve à l'Institut Naturopathique, fondé à Montréal en 1965, mais il est difficile d'évaluer le contenu des cours de ces institutions car très peu de détail est fourni sur le contenu de ces cours.L'Institut est rattaché au Collège des naturopathes de M.Brunet.Selon Guy Bohémier, le doyen et le directeur des études de l'Institut, «on enseigne toutes les matières utiles à la formation du naturopathe, à partir des matières de base (anatomie, physiologie, histologie, cytologie, biochimie, etc.) jusqu'aux matières naturopathi-ques à proprement parler.Cela couvre donc l'ensemble des facteurs de santé et les thérapies naturopathiques: alimentation, exercices physiques, plantes, vitaminothérapie, minéralo-thérapie, etc.Nous n'enseignons pas l'iridologie.Les élèves apprennent à interpréter les tests et analyses mais pas à les faire eux-mêmes».Les cours sont répartis sur quatre ans à raison de deux séances hebdomadaires de trois heures chacune, le soir, puisque nombre d'étudiants ont déjà des occupations professionnelles.«Mais chaque élève réalise le programme à son propre rythme, ajoute le doyen, et en moyenne cela prend six ans pour compléter le cours.» Même souplesse pour les deux séries d'examens annuels: les échecs sont «systématiquement évités» en faisant reprendre l'examen ou le travail.Il n'empêche qu'un «bon nombre d'étudiants abandonne en cours de route».M.Bohémier concède que l'Institut gradue moins qu'avant l'implantation de l'assurance-maladie et parle de trois ou quatre diplômés par an, «dans les bonnes années», alors qu'une douzaine de nouveaux élèves s'inscriraient chaque année.Les chiffres avancés sont approximatifs et il est difficile de se faire une idée juste.Un bon nombre d'indices révèlent que la santé de l'Institut n'est sans doute pas à son meilleur: M.Bohémier est le seul employé à temps plein et l'Institut ne compte qu'une dizaine de professeurs, des naturopathes du collège.Aucun médecin, bien sûr, tout reste en famille.S'il ne s'agit pas d'un Institut fantôme, au moins peut-on croire qu'il est en veilleuse. 26 avril 1979 / QUEBEC SCIENCE V -rc» r~;
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.