Québec science, 1 janvier 1979, Juin
$1.75 HARRISBURG, 28 mars 1979, 4 heures du matin: la défaillance d'une petite pompe à eau plonge l'Amérique dans la pire crise de l'histoire de l'industrie nucléaire commerciale.Pour évaluer tous les tenants et les aboutissants de cette crise, un livre: Face au nucléaire, publié par le magazine Québec Science.Onze collaborateurs du magazine QUÉBEC SCIENCE ¦ I QUÉBEC SCIENCE Vous pouvez vous procurer ce volume chez votre libraire ou en nous retournant le coupon ci-dessous.BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir le livre Face au nucléaire, au prix de $9.50 Nom.Adresse.Code postal.Vous trouverez ci-joint un chèque ?ou un mandat postal ?au montant de $9.50 LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec, GIT 2R1 QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE.C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.©Copyright 1979 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Sommaire Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Raymond Robitaille composition typographique Andrée-Lise Langlois maquettiste Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur Itée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $17.00 Groupe (10 et plus): $1 5.00 À l'étranger: $21.00 A l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 5 Technologie Pomper la chaleur du Québec 6 Médecine du travail Des vibrations qui font des ravages Arctique La menace de l'or noir 7 Écologie Sociologues et mouches tsé-tsé 9 Foresterie Le B.t.contre la spongieuse 10 Médecine nucléaire Comme un cheval blanc 43 Astronomie Rencontre avec un géant 44 Physique Un point de plus pour Einstein Éducation Une géographie en mouvement 46 Ces chers ancêtres 48 Parutions récentes 49 En vrac 12 L'utopie bionique André Lemelin La micro-électronique lorgne du côté de la biologie, mais l'homme de six millions n'est pas pour demain Le drap qui résiste à la science Luc Chartrand Scruté à la loupe, le Saint-Suaire garde encore son secret 25 Livre vert A la recherche d'un scénario Jean-Marc Fleury Les acteurs de la recherche scientifique sont en place.Reste à venir: le scénario 34 La vraie nature de la fusion Pierre S or many Énergie de l'avenir, la fusion est-elle aussi propre et aussi sûre qu'on le dit? 4 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE COURRIER.UNE ARMURE CONTRE LES MOUSTIQUES Dans votre livraison de mars 1979, un lecteur de la Côte-Nord nous fait part de ses observations quant aux mouches noires et leurs «habitudes de vie», si je peux dire.Autant ces observations que votre réponse m'ont fort intéressé.Je suis moi-même un adepte de la marche et j'ai satisfait ce plaisir à de multiples reprises dans le Nord du Québec et l'Ex-trême-Nord du Québec (Ungava) alors que j'y travaillais.Je me suis toujours demandé pourquoi ces «maudites bibites» dépensaient tant d'énergie à nous poursuivre et pourquoi elles mettaient tant de consistance dans leurs attaques.Peut-être est-ce qu'elles savent leur vie très courte (une vague de froid peut les anéantir en plein mois de juillet)?Peut-être aussi est-ce parce que la saison de chasse est très courte (en tout cas dans la Baied'Ungava, leur saison de chasse est relativement courte: deux à trois semaines de l'avant-dernière semaine de juillet à la première semaine d'août; parfois plus tôt et ça peut durer plus longtemps)?Et quelle férocité! Et il n'y a pas que les mouches noires, il y a les maringouins.À ces latitudes, ils sont monstrueux.Mais j'en viens au but même de cette lettre.Comme de multiples autres individus qui travaillent au Nord.Je cherche encore le meilleur moyen de me «garantir» des attaques féroces de ces bibites.Bien sûr, il existe une multitude de produits insecticides mais ils sont tous plus ou moins efficaces, sans compter qu'ils sont tous plus ou moins graisseux et qu'ils dégagent tous une odeur de parfum qui est fort déplacée dans l'air sain du Grand-Nord.J'ai toutefois entendu parler à plusieurs reprises des effets de la vitamine B absorbée par l'organisme sur les mouches noires, maringouins et autres espèces volantes du même acabit.Est-ce que vraiment, le fait d'absorber de la bitamine B peut chasser ces insectes?Si oui, à quelle dose doit-on porter le «remède»?Finalement y a-t-il quelque danger pour l’organisme?Daniel Beauvais Sherbrooke En effet, il a été prouvé que le groupe des vitamines B peut être un moyen d'éloigner les moustiques.Comme pour tous les autres produits vendus sous forme d'aérosol ou de crème, c'est l'odeur dégagée par la personne qui a absorbée de cette vitamine qui tient les attaques de ces «bibites» en échec.U faut toutefois en absorber en plus grande quantité que ce que l'on trouve normalement dans notre nourriture.On consomme alors cette vitamine sous forme de pilules que l'on peut se procurer dans les pharmacies.Cela ne représente aucun danger pour l'organisme.Les vitamines du complexe B étant hydrosolubles, elles sont éliminées de l'organisme par l'urine et, en partie, par la sueur.C'est cette partie éliminée par la sueur qui dégage une odeur très forte qui éloigne les moustiques.LE GRAND PRIX POUR QUÉBEC SCIENCE La moisson 1 978 des prix a été excellente pour Québec Science: un grand prix général des magazines canadiens et deux prix de journalisme, parmi les 17 catégories et sur un total de 1 350 participants.( ;hwi )s im nt-.s mh; v.ims r'.wu «txs x'iriôNAj.MAùv'jNi: wv vtns im Pm dftrts jur Ui Dirictrurs (\>ur naifumpn auetùmnelu en 197J par vn magazine (MM» qïjîÜeririVncf./lÙT: ' *«n- ’'••AV ll.ÇtfM ,nV C_ W» J‘ ALT Ur \ UXSNT/- PtUX * RatcfliuîtJir/1 ; : nr.-iMi-ttiNlv-*-' Le grand prix des directeurs de la Fondation nationale des grands prix a en effet été attribué à Québec Science, pour sa qualité exceptionnelle générale.Ce prix a aussi été attribué à Maclean's et à Ow!, un magazine pour enfants.Par ailleurs, Michel Gauquelin, collaborateur de Québec Science depuis dix ans, a reçu le premier prix de la catégorie «Science et technologie» pour son reportage intitulé La Baie James, pour le meilleur et pour le pire et paru dans nos numéros de septembre et d'octobre 1978.Danielle Ouellet a vu couronner son deuxième essai dans Québec Science en recevant le deuxième prix de la catégorie «Articles d'intérêt général» pour son article Du béton sur les battures paru dans notre édition d'octobre 1978.Trois autres auteurs de Québec Science ont reçu des mentions d'honneur: Luc Chartrand, pour Le ma! d'être gros (QS-16-09), Jean-Pierre Drapeau, pour Les insecticides, des armes à double tranchant (QS-16-09) et Nicole M.Gratton, pour Contraception: aux grands maux les grands remèdes (QS-16-09).SEXE À VOLONTÉ Le texte encadré page 38 dans le numéro de janvier dernier, sous le titre «Sexe à volonté» affirme qu'on ne peut agir sur la détermination du sexe avant la naissance et ainsi avoir des garçons ou des filles à volonté.Pourtant j'ai entendu parler d'une méthode qui serait scientifique.Elle serait basée sur les dates des rapports sexuels et les différences dans l'acidité du milieu vaginal.L'acidification des sécrétions vaginales étant supposément défavorable aux spermatozoïdes porteurs d'un chromosome Y, on conseille d'avoir des rapports sexuels au moment où les sécrétions vaginales sont les plus acides, soit deux à cinq jours avant l'ovulation, si on veut une fille, et au contraire après l'ovulation si on veut un garçon.Une étude scientifique aurait même vérifié que ceci permettrait d'obtenir l'un ou l'autre sexe à volonté, à 85 pour cent.Avez-vous des précisions et qu'en pensez-vous?G.Tremblay Montréal La méthode à laquelle vous faites référence est sans nu! doute celle exposée à l'origine par L.B.Shettles, dans une communication publiée dans /'International Journal of Gynecology and Obstretrics (Vol.8, n° 5, 1970).C'est d'ailleurs le Dr Shettles qui prétend que cette méthode permet d'obtenir le sexe désiré dans 85 pour cent des cas.Toutefois cette étude a été mise en doute à maintes reprises: elle apparaît comme nullement fiable et ses résultats ne sont pas statistiquement significatifs.Aucune confirmation sérieuse de la méthode n'a par ailleurs pu être établie.Mais surtout, plusieurs gynécologues soulignent qu'elle présente certains risques pour Tembryon, car le décalage, jusqu'à cinq jours, du coït de l'ovulation entraîne le danger de fécondations retardées, dans lesquelles «le vieillissement de l'un ou l'autre des gamètes dans les voies génitales de la femme est préjudiciable à la qualité du produit de la fécondation» (Dr Odette Thibault, dans Le Fait féminin, p.75).Ce danger des fécondations retardées est amplement démontré et explique la raison pour laquelle la méthode que vous évoquez est très critiquée et n'est actuellement pas conseillée par les médecins, même si elle connaît encore — malheureusement, pourrait-on dire — une certaine faveur dans le public.COURRIER POMPER IA CHALEUR >U QUÉBEC liïl lül rül IF?] rêil (ill QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 TECHNOLOGIE Dans le cadre de recherches sur une meilleure gestion de l'énergie, l'Institut de recherche de l'Hydro-Québec (IREQ) à Varennes se penche plus particulièrement sur l'étude de projets de chauffage de locaux au moyen de pompes à chaleur tirant leur chaleur de l'eau de nappes souterraines.Il ne s'agit pas vraiment d'une nouveauté: Lord Kelvin, le physicien anglais qui a donné son nom à une échelle théorique des températures, y pensait déjà en 1852 lorsqu'il a découvert le refroidissement provoqué par la détente d'un gaz dans le vide.La thermopompe sert à transporter la chaleur d'un endroit où la température est basse, mais où on peut puiser une grande quantité de chaleur, vers un endroit où la température est plus élevée, mais que l'on désire chauffer davantage.Elle fonctionne ainsi à l'inverse d’un climatiseur; il existe d'ailleurs des appareils utilisables des deux façons grâce à un système de valves.Un fluide frigorifique, habituellement du fréon, passe à basse température dans un échangeur de chaleur.Mis en contact avec de l'air ou un liquide frais et cependant à une température plus élevée que lui, il s'évapore en absorbant cette chaleur extérieure.La vapeur obtenue est comprimée Mi par un compresseur et sa température s'élève.Elle passe alors dans un autre échangeur de chaleur: le fréon communique ainsi sa chaleur à l'air d'une pièce ou à l'eau du système de chauffage.Par la même occasion, ses vapeurs se condensent et il se refroidit en traversant un dispositif d'expansion comme celui mis au point par Lord Kelvin il y a plus d'un siècle.Ensuite, le cycle recommence.Les sources froides utilisables par une thermopompe peuvent être très variées: l'air d'une pièce froide, l'eau d'une rivière, d'un lac, de la mer, d'une nappe souterraine.Des thermopompes fonctionnent actuellement dans un certain nombre de pays, en particulier en Suisse et dans le sud des États-Unis.Cependant, la plupart d'entres elles n'ont pas été conçues dans un but d'économie d'énergie.Si elles permettent de diminuer la consommation d'huile à chauffage pendant qu'on les utilise, elles demandent beaucoup d'énergie électrique pour créer l’énergie mécanique nécessaire au compresseur, au dispositif d'expansion et à la pompe elle-même.De plus, ce besoin d'énergie mécanique est proportionnel à l'importance de la transformation de chaleur demandée.Donc, la consommation d'électricité est d'autant plus importante que la zone d'utilisation de la thermopompe est froide.Il y a une grosse différence entre chauffer une maison de Floride et chauffer une maison du Québec, une maison bien isolée et une autre mal isolée.Pour l'instant, les thermopompes existant sur le marché ne sont pas adaptées à notre climat et leur emploi coûte cher.Autant de problèmes auxquels doivent faire face les chercheurs de ITREQ.M.John Bowles, ingénieur à l'IREQ, chauffe sa maison depuis deux ans avec une thermopompe; elle semble être efficace puisque le système de chauffage original n'a pas eu à fonctionner au cours des deux derniers hivers.Cette pompe à chaleur utilise comme source de l'eau de 6 à 10°C provenant d'un puits.Dans les meilleures conditions, pour obtenir une certaine quantité d'énergie thermique, la thermopompe consommera trois fois moins d'énergie électriquequ'un système de chauffagetraditionnel alimenté uniquement à l'électricité.On dit alors que son coefficient de performance est 3.Une fois utilisée, et donc refroidie, l'eau est renvoyée dans le sol via un bassin d'infil- 5 tration.Pour le système de John Bowles, il s'agit d'une sorte de puisard de trois mètres de diamètre environ.Les problèmes à résoudre: la fiabilité du système, les coûts d'installation et d'utilisation, la disponibilité en nappes d'eau souterraines.Les chercheurs de l'IREQ essayent de perfectionner le système actuel en même temps qu'ils font l'étude économique de l'emploi de thermopompes dans les différents types d'édifices.D'autre part, ils recherchent au niveau international la disponibilité sur le marché de pompes à chaleur adaptées à notre climat.Parallèlement à cet effort, la compagnie FORATEX International Inc., de Dorval, réalise pour le gouvernement du Québec l'étude de la disponibilité en eau souterraine, selon sa température et son degré de pureté.D'ici quelques mois, on devrait en savoir beaucoup plus sur l'intérêt d'utiliser des thermopompes au Québec.Le coût actuel des installations par rapport à leur rendement médiocre n'en font pas un moyen privilégié de lutte contre la crise de l'énergie, mais au moins cela permet de diminuer un peu la consommation de pétrole.François Picard .le droit à une enfance heureuse 1979 Année Internationale l'Enfant I nicef Canada ® 6 MEDECINE DU TRAVAIL DES VIBRATIONS QUI FONT DES RAVAGES Aux côtés de maladies industrielles tristement célèbres telles que l'amiantose ou la silicose, il en est d'autres dont on parle moins et qui font pourtant des ravages.On peut classer le syndrome de Raynaud dans cette catégorie.Cette maladie apparaît chez des ouvriers de la forêt, d'usines, de fermes, de la construction soumis à de fortes vibrations pendant de longues périodes.Il s'agit d'un champ de recherche nouveau pour les médecins spécialisés dans le domaine de la santé au travail.Depuis près d'un an, des chercheurs de l'université Laval et de l'université McGill se penchent sur le problème, subventionnés respectivement par le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral.À l'université Laval, le Dr Gilles Thériault, avec un autre médecin et un statisticien, doit déterminer l'importance de la maladie, sa prévalence et son incidence chez les travailleurs de la forêt qui utilisent la scie mécanique: c'est là que le syndrome de Raynaud frappe le plus fort.La maladie doit son nom à un médecin français, Maurice Raynaud, qui a publié en 1862 un important travail sur l'asphyxie locale et la gangrène symétrique des extrémités.Le syndrome de Raynaud consiste en des troubles circulatoires au niveau des mains, et parfois des pieds, causés par une diminution du calibre des vaisseaux sanguins.Il s'ensuit une syncope et une asphyxie des extrémités du corps.Les doigts deviennent blancs, pendant un temps assez court au début de la maladie, puis de plus en plus longtemps.Le doigt est alors insensible.Puis, en se rétablissant, il est d'abord bleuté avant de rougir, et cela s'accompagne de douleur et de picotements.Ensuite, tout est de nouveau régulier.Cela peut arriver plusieurs fois dans une même journée.Ordinairement, dans les débuts de la maladie, les symptômes apparaissent plus fréquemment lorsqu'il fait frais et humide.Par la suite, ils se manifestent chaque fois que l'ouvrier utilise une scie mécanique.En fait, il y a contraction des vaisseaux qui sont traumatisés par le froid et par les vibrations.Quand seules les vibrations sont présentes, par exemple en été, le phénomène se produit plus lentement D'après des études déjà faites hors du Québec, on pense que 40 à 60 pour cent des individus qui utilisent en permanence une scie mécanique sont touchés par la maladie après un certain nombre d'années d'exposition.Et les premiers symptômes peuvent apparaître après seulement quatre ou cinq ans.La maladie reste ensuite au moins au même degré aussi longtemps que l'individu continue d'utiliser une scie.Il semble, mais on n'en est pas certain, qu'il y ait une certaine régression quand l'ouvrier cesse de manier la scie.Certaines personnes restent toute leur vie avec la maladie à son plus haut degré, chez d'autres le mal diminue mais sans disparaître pour autant.Une fois la maladie installée, un rien peut déclencher ses manifestations: être exposé à l'humiditéou au froid, conduire une automobile ou toucher un objet qui émet des vibrations.Les recherches actuelles devraient permettre de déterminer l'importance de la maladie au Québec où l'on compte un grand nombre de travailleurs de la forêt.À l'université Laval, elles comportent deux étapes.Dans la première, les chercheurs sont allés rencontrer environ 1 500 ouvriers forestiers dans une vingtaine de milieux différents, et leur ont soumis un questionnaire.À partir de ces données, on peut établir combien d'ouvriers présentent des symptômes de la maladie et à quel degré: certains ont juste les doigts blancs tandis que d'autres ne sont même plus capables de travailler et songent à quitter leur emploi.La deuxième étape des recherches, celle en cours présentement, consiste à faire venir à Québec 60 des personnes atteintes selon un échantillonnage prédéterminé et à les soumettre à des tests en milieu hospitalier à l'Hôtel-Dieu sous la supervision du Dr Gilles Laroche.Ainsi, on peut examiner les malades avec tous les moyens possibles et diagnostiquer leur état avec un maximum de précision.D'autres études sont faites en parallèle à l'université McGill et à l'Institut de santé et de sécurité au travail de Mont-Saint-Hilaire, sous la direction du Dr P.V.Pilnar.Il s'agit du même type de recherches mais sur un échantillonnage d'un millier de travailleurs de la forêt dans la région de Mont-Laurier et le sud du Québec.Cependant, si toutes ces recherches devraient permettre des mesures de prévention, s'il en est, elles ne changeront rien au sort de ceux qui sont déjà sous l'effet de la maladie de Raynaud, un mal incurable.Le seul remède connu: changer de métier.Ce qui n'est pas toujours possible.juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE ARCTIQUE LA MEN# «Au large du Labrador, la violence des mers et la forte compression des champs de glaces flottantes créent des conditions nettement au-delà des capacités de tous les systèmes technologiques actuels.Aucun pays, ni aucune société ne possèdent d'équipements qui puissent contenir une fuite de pétrole, ou en récupérer ou détruire la moindre portion significative.» L'homme qui parle ainsi, c'est Allastair Allan, directeur du Groupe de recherche sur les glaces maritimes, à Saint-Jean, Terre-Neuve.Sa vision pessimiste n'est pas qu'intui-tion d'universitaire: elle est la conclusion clairement dégagée d'une série de 12 études théoriques sur un «scénario de catastrophe plausible» au cours des forages prévus au large du Labrador.Mais surtout, son équipe de recherche a pu appuyer ses conclusions sur une étude expérimentale en dimensions réelles: le naufrage du Curtis Dam, en plein hiver, juste au large de Terre-Neuve, ne constituait sans doute pas une reproduction exacte de ce que provoquerait une rupture de puits de forage ou un naufrage plus au nord, mais il permettait tout de même de mesurer expérimentalement le comportement de 10000 barils de pétrole, dans l'eau froide et dans la glace.«Et le comportement des autorités officielles aussi», note avec un peu de cynisme le jeune chercheur terre-neuvien, en rappelant à quel point les informations que son groupe recevait, comme celles transmises aux journalistes, étaient constamment faussées.C'est au sein du programme C-CORE (Centre for Cold Ocean Resources Engineering) de l'université Memorial qu'ont été menées ces études théoriques d'impact d'une fuite pétrolière, dans un environnement de glaces et d'icebergs tel qu'on en découvre en remontant la côte du Labrador.Avouons-le tout de suite, toutes les conclusions ne sont pas aussi négatives.Ainsi, s'il François Picard E DE L’OR NOIR law- «¦delà QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 WM Kit* ainsi, «leiit Saiiii-vision ïnliii-est ia iIiîo-lio lit MOIS HJîdi ses élude msions Cuit» istea» s tons-une ted"* uiede iuW ¦metB11 ueie»' daP*' eidam j,,# nfOUf’ I in18'» îiJiî':| semble qu'aucun équipement de «sauvetage» régulier ne puisse fonctionner adéquatement dans un tel environnement, et que la fragmentation de la nappe pétrolière par les glaces empêche toute récupération ou toute combustion d'une proportion significative du pétrole dispersé, ce même effet de dispersion diminue grandement les effets destructeurs de la marée noire, alors que la bande de glaces côtières protège le littoral.«Je pourrais presque dire, commente M.Allan, que l'on est plus démuni face à une fuite pétrolière en environnement de glaces, mais qu’heureusement, de telles fuites risquent d'être moins catastrophiques.» A court terme, du moins, car plus tard la situation peut se compliquer à nouveau.Dans ce processus de dispersion, le goudron semi-solide formé par le pétrole gelé est moulé en boules, puis effrité en petites billettes, entraînées par les glaces dans leur voyage vers le sud.Il s'ensuit que la multiplication de désastres écologiques aux effets apparemment mineurs pourrait conduire à une dangereuse augmentation de la teneur de l'eau en résidus pétroliers, non pas seulement aux sites des accidents, mais plus au sud.là où les glaces viennent fondre au printemps.Or, cette «zone de fonte», c'est justement à l'heure actuelle, le paradis des pêcheries terre-neuviennes.La «mer du Labrador» est une des régions les plus riches, à la fois sur le plan des pêcheries (trois pour cent seulement des bateaux qui s’y trouvaient en 1977 étaient canadiens!) que sur celui des promesses pétrolières.Après s'être orientées vers le large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, les sociétés détenant les permis d'exploration sont progressivement remontées vers le nord, et les premières découvertes, qui datent de moins de deux ans maintenant, révèlent une richesse qui pourrait bien dépasser, en volume pétrolier, celle de la mer du Nord.Malheureusement, les glaces demeurent encore l'adversaire implacable qu'elles étaient pour le Titanic, et les fuites pétrolières ou les ruptures de puits, dans l'état actuel de la technologie, ne constitueraient pas une malchance, mais une certitude, si le feu vert était donné à l’exploitation.«Ce qui me désole, commentait le chercheur terre-neuvien, au cours d'une entrevue accordée lors du séminaire annuel de l'Association canadienne des rédacteurs scientifiques à Toronto en avril dernier, c'est qu'après le désastre de Saint-Jean, comme celui, beaucoup plus ancien, qui avait affecté les berges de la Nouvelle-Écosse, c'est le ministre de l'Environnement qui a pris les choses en main et a annoncé des mesures diverses (et inefficaces).Pourquoi n'a-t-on pas entendu le ministre du Transport?Il n'y a qu'une façon de réduire l'impact des désastres pétroliers en mer: c'est de construire des bateaux capables d'affronter les glaces et de modifier la technologie de forage.C'est de prévenir».Il y cinq ans, Jeanne Sauvé, alors ministre d'État à la Science et la Technologie, lançait à Ottawa un vaste programme quinquennal sur les océans, qui devait faire du Canada le leader mondial des recherches, dans le domaine arctique en particulier.L'hiver dernier, six bateaux ont été emprisonnés dans les glaces du Labrador.dont deux des plus puissants brise-glaces canadiens! «Je ne sais pas la définition qu'on donne à Ottawa à «programme d'excellence», mais jusqu'ici, les efforts ont été dérisoires» déplore donc Allastair Allan, en espérant que la naissance récente de son groupe C-CORE pourra changer un peu les choses.Pierre Sormany ÉCOLOGIE SOCIOLOGUES ET MOUCHES TSË-TSË «Équipe internationale d'entomologistes, engagée dans la guerre contre la mouche tsé-tsé, recherche sociologues pour préparer les populations à la période d'après-guerre».Cette petite annonce, vous ne la lirez probablement pas dans les journaux.Pourtant, elle n'a presque plus rien de science-fiction! Dans le continent africain, en effet, l'homme et les animaux domestiques ne sont pas naturellement protégés contre le tripanosome, parasite porté par la mouche tsé-tsé, et responsable de la maladie du sommeil.Les animaux sauvages, toutefois, le sont en général.La mouche a donc servi en quelque sorte de véritable «barrière écologique» contre la progression de l'homme dans de vastes régions de ce continent.À première vue, c'est une catastrophe agricole (la perte de vastes territoires de plus de dix millions de kilomètres carrés) qui s'ajoute aux effets épidémiologiques de la mouche (10000 cas d'infections par année).Toutefois, la progression de l'homme dans le nord de l'Afrique s'accompagne depuis plusieurs siècles d'une augmentation déraisonnable du cheptel, considéré comme symbole de richesse plus que comme source de protéines.Élevés en trop grande quantité, ces animaux, les chèvres surtout, constituent la première cause de la destruction du couvert végétal africain et de la progression subséquente du désert.D'où une question fondamentale: la victoire éventuelle de l'homme contre la mouche tsé-tsé n'aura-t-elle pas comme effet à long terme la destruction irréversible de l'écologie naturelle des steppes africaines, non seulement comme potentiel agricole, mais aussi comme niche écologique de nombreuses espèces sauvages?La question n'est pas qu'académique.S'il est un insecte que l'homme peut espérer vaincre à moyen terme, c'est bien cette énigmatique mouche tsé-tsé.«Cet insecte, affirme en effet l'entomologiste toron-tois William Friend, c'est une bête bien improbable, un accident évolutif sans doute!» Dans le grand jeu de dés des mutations génétiques, sélec- | ", | 8 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE tionnées ensuite par un environnement fort exigeant, où seuls les plus aptes survivent, la plupart des insectes (au-delà de 30 millions d'espèces différentes recensées) ont développé progressivement certaines réponses communes.La carapace extérieure qui les protège efficacement contre les prédateurs leur impose par contre une contrainte: celle de croître par à-coups.Or, pendant ces phases de croissance rapide, ou de mutations radicales, les insectes deviennent fort vulnérables.Il en meurt des quantités phénoménales, et seul un rythme de reproduction «époustouflant» permet à l'espèce de traverser ces hécatombes.«Mais la mouche tsé-tsé, note William Friend, professeur à l'Université de Toronto, a une descendance très peu nombreuse après un seul accouplement par femelle et elle a une faible densité de population.» Si cette faible densité rendait d'autant plus difficile le contrôle de l'insecte par des insecticides chimiques, elle désigne par contre la mouche tsé-tsé comme victime de choix d'une autre technique de lutte: la saturation de territoires par des mâles stériles.Utilisée la première fois il y a une dizaine d'années contre un parasite fruitier, dans la péninsule de la Floride, cette technique avait alors nécessité la mise en place d'une usine capable de produire 50 millions de mâles stériles par semaine, de les placer dans des avions, et de les répartir abondamment sur tout le territoire visé.Le défi était si gros que bien peu de scientifiques croyaient aux chances de succès.«Dans le cas de la mouche tsé-tsé, prétend William Friend, cette saturation ne poserait guère de problème, d'autant plus qu’il est possible d'utiliser des barrières d'insecticides chimiques pour créer des «îlots écologiques» rapidement dominés par les mâles stériles.» Le professeur torontois présentait sa communication en avril dernier, devant un auditoire d'une vingtaine de journalistes scientifiques canadiens.À travers cet exemple de la mouche tsé-tsé, c'est le caractère de plus en plus interdisciplinaire et fondamental de toute La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?dîlî cesl jours pour nous li Offre spéciale Je désire souscrire un abonnement d’un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 26 dollars canadiens au lieu de 33 dollars.nom_____________________________________________________ adresse_________________________________________________ pays____________________________________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, bd Lebeau, Ville-St-Laurent P.Q.H4N 1S2.* offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 9 «lutte écologique» qu'il tentait de faire ressortir.«Le problème, reconnaît-il, c'est que nous nous condamnons nous-mêmes à friser toujours la catastrophe.Nos connaissances sont trop partielles pour que nous remportions de victoire décisive.Mais dès que nous croyons avoir remporté une bataille, nous capitalisons nos gains sous forme d’une augmentation de la production agricole, d'une augmentation de la population humaine et d'une pression encore plus forte de la demande.Nous nous retrouvons toujours coin-çés à notre ultime limite, sans marge de sécurité dès qu'un nouveau fléau apparaît, ou que nos gestes produisent des conséquences imprévues».À ses yeux, la lutte millénaire entre l'homme et les insectes est certes une aventure scientifique, mais elle devra aussi devenir sociologique, politique, et impliquer aussi une meilleure gestion des ressources.Pierre S or many FORESTERIE LE B.t.CONTRE LA SPONGIEUSE C'est au cours des dernières semaines que devait commencer officiellement la guerre ouverte contre la spongieuse, cette chenille poilue qui attaque depuis quelques années les feuillus du sud du Québec, et constitue selon les amateurs de randonnées pédestres un fléau encore plus incommodant que la trop célèbre tordeuse des bourgeons de l'épinette.En effet, si cette dernière représente pour les exploitants forestiers un véritable désastre cyclique, la seconde qui s'attaque presque exclusivement aux chêne, hêtre, bouleau et peuplier ne semble guère devoir prendre une aussi grande importance dans les forêts québécoises.La situation est toutefois différente à une échelle locale, dans le cas de petits domaines forestiers où ces espèces feuillues dominent, tels les forêts d'Oka, du Mont Saint-Bruno, du Mont Saint-Hilaire, et de certains boisés de l'Estrie.Or, ces forêts présentent souvent plus d'intérêt pour les amateurs de nature à cause de leur grande diversité.Le Mont Saint-Hilaire, par exemple, est le seul domaine au Canada désigné comme réserve écologique dans le programme «l'homme et sa biosphère» de l'Unesco.Sur les 90000 visiteurs de ce parc, l'année dernière, bon nombre d'entre eux ont estimé fort désagréables ces chenilles qui leur «pleuvaient dessus» à la moindre brise.La spongieuse est apparue au Québec en 1924.Depuis quelques années, elle s'est réellement adaptée à nos conditions climatiques et elle a pu prendre le dessus sur ces compétiteurs naturels.Aussi, les biologistes du domaine Gault, de l'université McGill, en collaboration avec Environnement Canada et le ministère québécois desTerres et Forêts, ont-ils décidé d'opter pour un programme de lutte biologique qui ne chercherait pas nécessairement à éliminer toutes les spongieu-.ses, mais simple ment à rétablir l'équilibre de la compétition naturelle, qui n'a chaviré que récemment.Outre qu'elle n'implique l'usage d'aucun insecticide chimique (aux effets secondaires non négligeables, surtout dans des forêts destinées partiellement à la protection écologique et la récréation) la lutte biologique envisagée apparaît en fait moins coûteuse, et risque moins d'entraîner l'apparition de variétés de spongieuses résistantes aux armes utilisées.Le programme proposé repose sur la pulvérisation du Bacillus thuringiensis, une bactérie pathogène pour les insectes mangeurs de feuilles.Cette bactérie est bien connue au Québec, puisque des expériences visant à son utilisation prochaine dans la lutte intensive contre la tordeuse des bourgeons sont en cours depuis quelques années au Centre de recherche forestière des Lau-rentides (Environnement Canada) à Québec.Normalement, deux pulvérisations, à environ une semaine d’intervalle, doivent avoir eu lieu au cours des derniers jours de mai.Cette première phase vise à ramener cette année l'infestation à un niveau auquel les contrôles naturels devraient recommencer à s'exercer.Mais pour éviter de voir à nouveau l'insecte reprendre le dessus au fil des prochains mois, de petites quantités d'un parasite de l'œuf de cette bestiole seront importées dans les principales forêts infestées.Ce parasite, dont le nom scientifique est Anastatus dispars, est déjà établi dans le Maine, et vient d'être délibérément introduit en Ontario pour les mêmes fins.C'est un ennemi naturel de la spongieuse, largement répandu en Europe, et c'est grâce à lui que la spongieuse semble normalement tenue en échec sur ce continent.Interrogé sur l'efficacité prévue de ce programme en cours, G.S.Kingdon, de l'université McGill, estime poursa partque tous les espoirs sont permis.«Normalement, on ne devrait pas avoir besoin de répéter l'expérience chaque année, si le contrôle naturel de la spongieuse reprend comme prévu.» On pourrait renouveler le traitement à des intervalles d'environ cinq ans, si des mesures faites sur le terrain indiquent une reprise de l'infestation par la spongieuse dans certaines régions du Québec.En tout cas, rien n'indique pour l'instant que la spongieuse ne doive prendre la relève de la tordeuse au rang des grands fléaux forestiers québécois.Pierre Sormany K 10 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE COMME UN CHEVAL BLANC MÉDECINE NUCLEAIRE Avec les techniques de la médecine nucléaire, on a pu faire la cartographie du cerveau et mettre en évidence cet astrocytome, ou tumeur primitive du système nerveux central.Dernière-née des spécialités médicales, la médecine nucléaire met à profit les propriétés des éléments radioactifs pour étudier le métabolisme et la morphologie d'un organe ou d'un système.De plus, elle permet de quantifier le phénomène et cela très tôt, aux premiers stades du développement de la maladie.Cette discipline, qui n'a été reconnue qu'en 1 969 par le Collège des médecins et chirurgiens du Québec et en 1975 par le reste du Canada, prend toute son importance dans la contribution qu'elle apporte au diagnostic et au traitement de la pathologie néoplasique, c'est-à-dire la formation de tissus nouveaux ou de tumeurs.Elle permet aussi, sans risque ni exposition indue aux radiations, de localiser le site primitif d'une lésion.La médecine nucléaire est essentiellement une méthode d'investigation.Au cours d'un examen, la technicienne injecte au patient une substance en tout point similaire aux agents normalement présents dans le corps humain: calcium, iode, phosphore, etc.Une seule différence: elle est radioactive et émet des photons, ce qui la rend scintillante.L'isotope radioactif suit le flux sanguin et va so fixer dans l'organe qui lui est propre.A l'aide d'appareils telsque lescintigrapheou gamma-caméra (du nom du rayonnement utilisé), on pourra suivre son cheminement et évaluer son accumulation dans l'organe visé.Par exemple, la glande thyroïde métabolise l'iode.L'iode radioactif qu'on injecte au patient circule dans le sang comme le ferait l'iode naturel.En approchant de la glande thyroïde, il est capté par cette dernière qui en a un constant besoin.Aussi longtemps que l'iode 131 scintille, on peut observer son comportement en plaçant le patient devant le scintigraphe ou la gamma-caméra.Ces substances ont des demi-vies courtes et leur force décroît rapidement.Ainsi l'iode 131 a une demi-vie de huit jours et le Technétium 99m, l’agent radio- actif le plus utilisé lors des examens, de six heures.De six heures en six heures, la force du Technétium 99m décroît de moitié jusqu'à élimination.«La manière la plus simple de comprendre le processus est de comparer la substance à un cheval blanc», dit le docteur Raymonde Chartrand, spécialiste en médecine nucléaire, attachée à l'hôpital Saint-Luc de Montréal.«Vous voulez observer son comportement dans un milieu donné, alors vous le lâchez au milieu d'un troupeau de chevaux noirs.Vous pouvez ainsi suivre ses déplacements.Après quelque temps, quand il aura bien couru, traversé plaines et rivières, roulé dans la boue, il sera aussi noir que ses congénères et vous le perdrez de vue.C'est exactement la manière dont se comportent nos isotopes radioactifs.» Les isotopes radioactifs utilisés irradient moins le patient que lors d'une simple radiographie.Calculées, reconnues et acceptées par la Commission d'énergie atomique du Canada, les doses administrées sont infinitésimales, éliminant en pratique, les risques d'effets de seuil, d'allergie ou d'accumulation.Par ces méthodes les médecins peuvent visualiser un organe particulier ou bien le corps au complet et identifier une lésion.Ainsi, lors d'une Des appareils comme la gamma-caméra permettent de suivre le cheminement de l'isotope radioactif dans le corps et dans l'organe où il va se fixer, par exemple dans le foie ou le cerveau.scintigraphie osseuse, la substance injectée (méthylène-diphosphonate marqué au Technétium 99m) suit le métabolisme osseux, c'est-à-dire le mouvement de calcium ou de phosphore dans l'os.Au niveau de la fracture ou de la tumeur, il y a une plus grande captation de la substance.Cette captation accrue s'explique par une augmentation du métabolisme osseux (hyper-vascularité) qui tend à compenser et à réagir contre l'agression.Cette zone de captation est qualifiée de chaude.Inversement, une lésion du foie, dans laquelle il y a destruction de cellules, ne captera pas les isotopes radioactifs qui seront absorbés par les cellules saines environnantes.Cette zone de non-captation est qualifiée de froide.La plupart du temps, la localisation et la forme de ces zones chaudes ou froides permettent aux médecins d'identifier la tumeur.Quand un doute persiste, un examen histologique de la lésion doit être fait par d'autres moyens d'investigation, par exemple la biopsie.Les «nucléistes», comme se plaît à les appeler le docteur Étienne Le Bel, radiobiologiste et professeur à l'Université de Sherbrooke, savent comment chaque organe réagit face à une substance déterminée.On peut ainsi élaborer des critères afin de localiser, d'identifier et de quantifier une maladie.Le Dr Le Bel précise: «Plusieurs ont encore tendance à considérer la médecine nucléaire comme une simple technique de mise en image.En réalité, la mise en image n'est qu'un aspect de la méthode radioisotopique et c'est dans ses aspects quantitatifs que la médecine nucléaire apporte une contribution originale.On pouvait le faire auparavant mais uniquement en éprouvette; c'était impossible «in vivo» (chez l'humain).» Cette méthode évite aussi des erreurs grossières de diagnostic souligne le Dr Le Bel: «Nous avons plusieurs cas bien documentés dans nos départements de médecine nucléaire, de malades porteuses d'un cancer du sein classifié au stade II en raison d'une série métastatique radiologique négative et chez qui la scintigraphie du squelette a montré des métastases extensives, identifiant un stade IV.Ces erreurs de classification lorsqu'elles ne sont pas corrigées, entraînent un coût excessif humain mais aussi social et économique.» Solange Guilbert Les visites industrielles à l’Hydro-Québec :v.: 0) ro 0) «3 C ' • ni • ¦> •m -m -m in «»1 0) 0) is ^ :>::f tigf3- o£^, .^'rr^Tr^ TO 0) -J -O ' En 1978, plus de soixante-quinze ressé à mieux connaître ses installa- mille visiteurs ont été reçus dans tiens.Ces dernières sont les plus les différents postes et centrales susceptibles de projeter une image ouverts aux visiteurs.globale de l’entreprise, de sa rai- Cette année encore, l’Hydro-Québec son d’être, de ses moyens d’action, est prête à accueillir le public inté- de sa technique et de son avenir.été seulement — Région Maisonneuve Centrale Carillon (514) 842-7861, poste 212 21 mai - 4 septembre Visites guidées tous les jours de 9 h à 16 h la semaine Centrale Rivière-des-Prairies 21 mai - 4 septembre 9 h à 16 h — Région Mauricie Centrale LaTuque (819) 378-4581, poste 256 22 mai - 8 septembre Visites guidées tous les jours de 9 h à 17 h la semaine — Région Manicouagan Centrales Manie 2, Manie 3 et (418) 296-5581, poste 220 Manie 5 Visites guidées tous les jours de 16 juin - 3 septembre la semaine Manie 5: 11 h - 13 h - 14 h - 15 h Manie 3: 10 h - 13 h 30 Manie 2: 9 h - 13 h - 15 h — Région Matapédia Éolienne des îles-de-la-Madeleine (418) 724-1216 24 juin - 1er septembre Visites guidées tous les jours de 9 h à 17 h la semaine toute l’année — Région Maisonneuve Centrale Beauharnois (514) 842-7861, poste 212 N.B.On peut visiter, sur demande, les postes Dorchester, Berri, Duvernay ou Boucherville.— Complexe nucléaire Gentilly Centrale Gentilly 2 (819) 298-2943, poste 275 8 h 30 à 16 h 30 — Région Montmorency Poste Lévis et Laurentides (418) 529-8711, poste 456 (sur demande seulement) — Tracy Centrale thermique (514) 742-3731 (sur demande seulement) — Institut de recherche de Laboratoires de recherche l’Hydro-Québec (514) 652-8508 (sur demande seulement) Pour obtenir des renseignements complets sur les visites des installations de l’Hydro-Québec, téléphoner au numéro suivant: (514) 285-1711, poste 8778 ou écrire à: Ci^l Hydro-Québec Relations collectivités Relations publiques 75 boul.Dorchester ouest 19e étage Montréal, Québec H2Z 1 A4 Pour vivre le Québe< ensemble juin 1979 / QUEBEC SCIENCE L’UTOPIE BIONIQUE fM?La micro-électronique lorgne du côté de la biologie, mais l’homme de six millions n’est pas pour demain 7: ! 1 / % “'em QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 13 par André Lemelin La souris Moonlight, jusqu'ici invaincue et détentrice du record mondial, fera face ce mois-ci, à New York, à une forte compétition lors de la finale du labyrinthe de 1,5 mètre sur 2,5 mètres.Cette course de championnat, YAmazing Micro-Mouse Maze Contest, est une initiative de la revue Spectrum, organe de l'Institut des ingénieurs en électricité et électronique, et aura lieu au Congrès américain d'informatique.Sous ses belles et grandes oreilles roses, la Souris bionique dissimule des diodes, des photodétecteurs et un microprocesseur Z-80 qui lui permet de prendre 99 décisions en cours de route, mais surtout de s'améliorer d'une course à l'autre.C'est la souris la plus débrouillarde fabriquée par l'homme.Pour être bionique, en effet, point n'est besoin d'être une vraie souris, un vrai homme, une vraie femme ou un vrai chien.Il n'est pas nécessaire non plus d'avoir subi un accident mortel, puis d'avoir eu le privilège d'être remonté pièce par pièce par des super-médecins travaillant dans l'ombre d'un bon gouvernement.Il suffit d'être machine, pur agencement de pièces de métal et de circuits électroniques.Ce qui brouille les cartes, quand on parle de bionique, c'est la référence automatique aux séries télévisées américaines, Y Homme de six millions et la Femme bionique, basées sur le roman de Martin Caidin, Cyborg, paru en 1972.Leur impact est considérable.Il y a quelques années, les enfants ont commencé à imiter les magnétoscopes de la Soirée du Hockey: ils faisaient voir la «reprise» de leurs jeux.De la même façon, aujourd'hui, ils s'amusent à copier les gestes ralentis, suggérant vitesse et force, de l'homme et de la femme bioniques.Le mot a été vidé de son sens et I usage en a fait un cliché, un simple superlatif à sensation.On dit que tel joueur de hockey est bionique.C'est le nouveau mythe de l'homme parfait: un être hybride, Y homme-machine.De fait, certaines réalisations techniques étonnantes peuvent contribuer à alimenter ce mythe.Il y a une dizaine d'années déjà qu'a été inventé l'exos/re-leton, littéralement «squelette extérieur».Cette structure métallique, dans laquelle prend place un homme, est couplée à des moteurs électriques qui amplifient les mouvements musculaires.Ainsi équipé, un individu peut assez facilement soulever un poids d'une ou deux tonnes.Un exploit qui cadre bien avec notre Homme de six millions.UN RÉVEIL-MATIN SOUS-CUTANÉ Dans un bouquin fort sérieux publié en 1971, L'âge de l'information, on trouve un article de T.C.Helvey intitulé Contrôle bionique du sommeil chez les astronautes.Faisant d'abord le point sur l'anatomie, la physiologie et la psychologie du sommeil, l'auteur passe en revue les principales méthodes de contrôle du sommeil (drogues, hypnose, électrochocs et électronarcose) pour en arriver au résultat de ses propres expériences: un stimulus électrique sinusoïdal appliqué au nerf optique provoque le sommeil chez la plupart des sujets en quelques minutes et son effet est stable même en présence de stimuli extérieurs, une douce musique de jazz par exemple.Débordant le problème des vols spatiaux, où cette technique est d'une utilité évidente, T.C.Helvey forme de grands projets pour la société de demain.«Le temps pourrait même venir, écrit-il, où des implants bioniques prendront en charge le sommeil et la veille.Réagissant aux symptômes biophysiques ou biochimiques de fatigue, ils auraient l'avantage d'éliminer la surcharge imposée à l'organisme et de prévenir l'exposition du psychisme à un stress excessif.De quoi augmenter de façon significative l'espérance de vie de l'humanité.Même en tenant compte de la dégénérescence du tissu cardiaque, nous pourrions vivre 1 50 ou 200 ans.» Voilà une perspective intéressante, que les courbes démographiques tendent cependant à relativiser.Mais allons plus loin, dans la vie de tous les jours: «Bien sûr, quand ce temps arrivera, notre modèle d'activité en sera grandement modifié.La sensation d'une piqûre sur votre peau au-dessus de l'implant pourrait signifier: Tu travailles trop fort, tu ferais mieux d'aller au Ht — parce que dans cinq minutes je vais t'endormir.Le dispositif pourrait vous réveiller deux heures plus tard.Admettons que vous restiez couché.Si vos rythmes cardiaque et respiratoire sont suffisamment réduits, il émettra des chocs électriques doux et continus signifiant: Tu es paresseux.Je M.Yves Lozac'h, ingénieur à l'emploi du Centre de réadaptation de Montréal, a conçu ce pré-amplificateur utilisé dans les prothèses des membres supérieurs du monde entier.Jean-Guy Lebel lEEE-Spectrum 14 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE Initiative de la revue américaine Spectrum, la souris Moonlight, avec ses diodes, ses photodétecteurs et son microprocesseur Z-80, peut prendre 99 décisions en cours de route.Elle a été construite par quatre ingénieurs de Battelle-Northwest à Richland aux États-Unis.%, f /h.sais que tu es bien reposé.Debout et fais quelque chose.» Et T.C, Helvey conclut: «Ceci n'est pas de la science-fiction.» Mais qu'est-ce donc que la bionique?UNE SCIENCE CARREFOUR Pour une fois, le Petit Robert nous induit en erreur.Et il n'est pas le seul.Nombre de scientifiques sont incapables de donner une définition correcte de cette science marginale.Isaac Asimov lui-même, dans son Asimov's Guide to Science, s'est laissé prendre à l'assemblage facile de b/ologie et électron/gi/e.Mais le major Jack E.Steele, de la division médicale aérospatiale de l'armée de l'air américaine, a forgé le mot bionics, un soir d'août 1 958, à partir du grec b/on, «unité de vie».Toute la force du néologisme tient au fait qu'il suggère immédiatement l'idée de l'être vivant.D'ailleurs, en biologie, bion a souvent le sens d'/nc//-vidu.Comme le remarque Lucien Gérardin dans son livre, La bionique, «le nom a été nettement conçu pour favoriser l'introduction de cette nouvelle venue.» Les 1 3, 14 et 15 septembre 1960, plus de 700 biologistes, ingénieurs, physiciens, mathématiciens et psychologues se réunissaient à Dayton, Ohio, pour fonder la science nouvelle.La bionique est ce qu'on a convenu d'appeler une science carrefour.Son apparition coïncide avec la grande vague de renouveau qui caractérise la fin des années 50 et le début des années 60.C'est l'époque où on a senti la nécessité de remettre en question la spécialisation extrême de la science moderne.À proprement parler, il n'y a pas de bioniciens.Il y a des spécialistes de tous les horizons qui partagent le point de vue suivant: la poursuite délibérée de la compréhension et des méthodes des systèmes naturels, fruits de milliards d'années d'évolution, doit certainement accélérer la découverte de principes applicables aux problèmes d'ingénierie, au sens le plus large.D'où la définition du major Steele: la bionique est la science des systèmes 1 —qui ont un comportement copié sur celui des systèmes naturels, 2—ou qui présentent les caractéristiques des systèmes naturels, 3 — ou encore qui leur sont analogues.FAC-SIMILÉ OU CONTREFAÇON?L'exemple classique d'une quasi-copie de la nature, c'est la peau artificielle de dauphin.On cherchait depuis longtemps une explication à la vitesse du dauphin, sans commune mesure avec son carénage et sa puissance musculaire.Une maquette en tous points identique se déplacera dix fois moins vite que son modèle vivant.C'est le paradoxe de Gray, du nom du naturaliste qui cerna le problème.Puis on s'est rendu compte que l'eau s'écoulait le long de son corps de façon parfaitement régulière (ou laminaire).À l'inverse, un sous-marin en pleine vitesse crée de fortes turbulences. QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 En 1 960, après quinze ans de recherche, le Dr Max 0.Kramer, savant allemand émigré aux États-Unis, découvrit dans son microscope le secret du dauphin: deux couches de peau.La première est mince (1,5 mm), lisse et très élastique; la seconde, épaisse et formée d'une couche de matière spongieuse, absorbe les secousses transmises par l'épiderme et annule les turbulences.La compagnie U.S.Rubber produisit une peau artificielle en caoutchouc, baptisée : "te. QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 31 Même à l'intérieur du système fédéral, nous aimerions dépenser nous-mêmes une partie des fonds pour la recherche.Par exemple, depuis dix ans que le fédéral met l'accent sur la recherche industrielle, et cela fait dix ans qu'il se trompe; c'est le sénateur Lamontagne qui le dit, pas moi.Et nous ne sommes pas sûrs que leurs nouvelles politiques soient les meilleures possibles.De notre côté, nous pensons à une meilleure articulation des programmes, que ce soit par l'intermédiaire du Centre de recherche industrielle du Québec ou du nouveau Centre de recherche sur les matériaux.Nous pensons aussi à d'autres formules, par exemple à des projets de recherche en commandite, parfois effectués à l'initiative du gouvernement et impliquant une participation des chercheurs, de l'université ou de l'industrie.Q.S.— Mais il vous faudra plus d'argent.C.L.— C'est certain.Si on n'obtient pas les fonds du fédéral, on reviendra à l'«opting out».On va calculer ce à quoi on a droit et ainsi reprendre une part de plus en plus grande du financement de la recherche.Q.S.— Est-ce que l'application intégrale du livre vert suppose que votre gouvernement gagne le référendum?C.L.— Bien sûr qu'il s'appliquerait mieux avec une majorité de oui au référendum.Mais même si nous le perdons, ce qu'il contient va nourrir des demandes très énergiques en vertu d'une formule d'opting out.Q.S.— Quelle proportion du financement de la recherche voulez-vous récupérer du gouvernement fédéral?La totalité?C.L.— Je ne puis vous dire exactement les sommes en jeu.Tout de même, à l'heure actuelle, comme le gouvernement québécois en finance le tiers, il faudrait au moins que cette proportion soit inversée.Je dirais même qu'il nous faudrait pouvoir financer environ 80 pour cent de la recherche universitaire.Le rapport Pépin-Robarts dit que le droit exclusif du financement de cette recherche revient au Québec.Donc, nous nous sentons en droit pour le réclamer et ceci répond à votre question quant aux conflits entre les politiques fédérale et provinciale de financement de la recherche universitaire.Q.S.— Dans le chapitre sur la recherche industrielle, le livre vert s'adresse presque exclusivement à la petite et moyenne entreprise (PME).Pourquoi n'y a-t-il presque aucune mesure prévue pour les laboratoires des grandes entreprises implantées au Québec?C.L.— C'est qu'on sait qu'elles font déjà de la recherche et que le fédéral s'en occupe.On sait aussi que les laboratoires de recherche des grandes entreprises ont plus faci-lement accès aux sources de l'information scientifique et 4 f technique, ce que l'on appelle l'IST.Par ailleurs, on va demander aux multinationales de faire plus de recherche [?! ici.Elles devraient participer pleinement à l'activité de : 1 recherche québécoise, au niveau de la recherche appliquée, mais aussi en sciences fondamentales.Enfin, on reconnaît que certaines politiques fiscales pour les grandes entreprises devront être ajustées.\ Q.S.— Le livre vert n'offre pourtant rien de spécifique aux grandes entreprises.Il ne fait que leur demander de s'intégrer davantage dans le contexte québécois de la recherche.N'est-ce pas la manifestation d'une certaine indifférence à leur égard?C.L.— Non, pas du tout.Je leur ai déjà fait part de notre intérêt à leur égard lors des discussions sur la loi 101.J'ai même envoyé une mission en Europe pour définir les mesures à prendre et j'ai inclus les laboratoires des grandes entreprises dans l'entente particulière sur l'application de la loi.C'est déjà une preuve d'intérêt non équivoque.Q.S.— Mais est-ce suffisant?On dit que les grandes entreprises déménagent leurs laboratoires à l'extérieur du Québec.C.L.— Je ne suis pas sûr que ce qu'on dit soit vrai.Cela fait partie des pressions générales exercées sur notre gouvernement.Et les raisons de ces déménagements, s'il y a lieu, tiendraient plutôt au déplacement des bassins de population vers l'Ouest.Ceci dit, si elles ont besoin d'un message, c'est certain que je leur réitérerai notre intérêt.Nous tenons à ce qu'elles restent.Les laboratoires des grandes entreprises sont non seulement un actif sur le plan de la recherche scientifique, mais aussi sur le plan culturel grâce à la grande diversité des personnes qu'elles recrutent.Mais en même temps on veut qu'elles comprennent leurs responsabilités à l'endroit du pays qui les accueille et leur permet de faire des profits.Mon message sera donc double.Sympathie, bien sûr, mais aussi: Prenez conscience de vos responsabilités et conduisez-vous comme de «good corporate citizens».Q.S.— Comme le livre vert le précise dès le début, il n'a pas pour ambition de définir une «véritable» politique de la recherche et de la technologie, mais seulement de conduire à la définition des conditions préalables à une telle politique, à la mise en place des instruments qui permettront ensuite de promouvoir le développement de domaines prioritaires.Quel est votre échéancier pour la mise en place d'une véritable politique de la recherche?C.L.— Pour nous, une politique scientifique doit s'appuyer sur une politique culturelle —on l'a — et sur une politique de développement économique — on devrait l'avoir d'ici un an.C'est certain que tant que l'on aura pas cette dernière politique, on ne pourra lancer la véritable politique de la recherche.En même temps, notre politique sociale est drôlement en train de prendre forme, un de ses volets importants étant le supplément de revenu au travail, contenu dans le dernier budget.Enfin, la définition d'une politique d'aménagement du territoire est bien amorcée.Voilà autant de piliers du développement du Québec et la politique scientifique va nous permettre d'atteindre nos objectifs dans les autres secteurs.Mais pour répondre précisément à votre question, je crois, en terme de temps, que nous serons en mesure d'établir les bases d'une véritable politique à l'hiver 1979 ou au printemps 1980.D'ailleurs, nous sommes déjà en train de mettre en place quelques éléments de cette politique.Nous avons annoncé la création d'un centre de recherche sur l'amiante, nous sommes en train d'en créer un sur la culture et nous allons en avoir un autre sur le travail. ' — ç\ r y t-\ rJ r r _j ^ ?' ^TE MVi?- i.^ ' iU-TH vsËWMi +i*~ -, J, Ajoutez -y votre pièce Morceau par morceau, le magazine QUÉBEC SCIENCE peut mettre fin au casse-tête qui est le vôtre devant la complexité des problèmes auxquels l'actualité vous confronte chaque jour.Ajoutez votre pièce en vous abonnant à QUÉBEC SCIENCE.Vous ferez partie de la grande mosaïque des lecteurs du magazine qui réussit à démêler tous les morceaux du puzzle et à rendre l'ensemble intelligible à tous.En ajoutant votre pièce, vous pourrez gagner l'une des cinq embarcations de fabrication entièrement québécoise offertes en prix.Prix offerts Non, nous ne vous montons pas un bateau.Voici les prix que vous pouvez gagner en vous abonnant (ou en vous réabonnant) à QUÉBEC SCIENCE: Premier prix: Un voilier LASER complet /une valeur de SI 375) Deuxième prix: Une embarcation LA PIROGUE (une valeur de $400) Troisième prix: Un canot d'eau vive D.B.R.SPORT (une valeur de $250) Quatrième prix: Un canot de lac D.B.R.SPORT (une valeur de $250) Cinquième prix: UJn kayak D.B.R.SPORT (une valeur de $250) Règlements du concours Participants: Toute personne qui s'abonne, se réabonne ou recrute un nouvel abonné à QUÉBEC SCIENCE, a droit à une chance par année d'abonnement de gagner l'un des prix offerts (à l'exception de tout notre personnel, rédacteurs, représentants et fournisseurs).Durée du concours: Du premier avril au 30 juin 1979.Tirage et remise des prix: Le tirage au sort sera effectué au cours du mois de juillet 1979.Les prix seront décernés de façon spécifique à chacun des gagnants et leur seront livrés gratuitement.J'ajoute ma pièce* ?en m'abonnant ou ?en me réabonnant à QUÉBEC SCIENCE au prix de $17.00 (pour 1 an / 12 numéros) pour .année(s).1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 II II 1 1 1 I 1 1 1 II 31 nom 1 1 l l 1 l l l l l l l Il 1 1 1 1 1 1 1 1 60 61 prénom 80 LËJ U 7 8 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 i i i i i i i i i i 9 numéro rue 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 29 ville 11-1111111111 48 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 49 province ou pays 68 1 1 1 1 1 1 1 69 code postal 74 ?Chèque ou mandat postal ci-joint ?Veuillez me facturer Québec Science, C.P 250, Sillery, Québec G1T2R1 J'ajoute ma pièce* ?en faisant s'abonner I I I I I I I I I I I I I I I I I i I I I I I I I II I 61 prénom 80 lU U 7 1 | 8 1 1 1 II 1 1 1 1 1 1 i i i i i i i il 9 I | numéro rue 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 1 29 1 1 ville 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 48 1 1 1 1 1 1 1 1 1 49 province ou pays 68 l i 1 1 1 1 1 ?Chèque ou 69 code postal 74 ?Veuillez me facturer iQuébec Science, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 i * Offre valable jùsqu'au 30 juiml979 et au Canada seufema 34 juin 1979 / QUÉBEC_SCIENCE LA VRAIE NATURE DE LA FUSION Énergie de l’avenir, la fusion est-elle aussi propre et aussi sûre qu’on le dit?par Pierre Sormany Place Desjardins, début avril 1979.À l'occasion de l’expo-science annuelle de Montréal, devant le kiosque de la Fusion Energy Foundation, un homme dans la quarantaine ne demande qu’à être rassuré.«Cette fusion, dont vous nous parlez, c'est pas du nucléaire, hein?» Réponse embarrassée des deux «vendeurs» de la FEF, sorte de pèlerins d'un monde meilleur où toute énergie ne serait que fusion d'hydrogène.L'homme insiste: «Mais ce n'est pas une pile nucléaire, ça.Il n'y a pas d'uranium, pas de plutonium!» C'est un témoignage de ce qu'on pourrait appeler le «syndrome d'Harris-burg».À Princeton, New Jersey, cette petite localité située à moins de 100 kilomètres de New York, où l'on construit présentement la plus importante machine expérimentale de fusion au monde, même commentaire de l'agent d'information du laboratoire de physique des plasmas.Anthony R.DeMeo: «Depuis Harrisburg, les gens viennent nous voir et semblent encore plus intéressés.Comme s'ils n'attendaient plus que la fusion pour se libérer du danger de l'atome!» FUSION ET FISSION La fusion thermonucléaire, a-t-on coutume de dire, c'est l'énergie des étoiles.En fait, c'est l'énergie de l'univers en entier! Dans ce monde où tout a commencé par des neutrons, des protons et des électrons, les étoiles se sont formées lorsque les forces gravitationnelles ont entraîné d'immenses nuages de ce «gaz fondamental» à s'écrouler sur eux-mêmes.Propulsés les uns sur les autres, protons et neutrons forment le noyau du deutérium (l'hydrogène «lourd»), et deux noyaux de deutérium forment l'hélium (assemblage de deux neutrons et deux protons).V.¦> t'-S-A C- mm \ QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 La technologie nécessaire pour produire la fusion est d'une très grande complexité, comme le démontre le PLT ou Princeton Large Torus.On a pu atteindre avec ce tokamak ia température de 74 millions de degrés en novembre dernier.¦ m ¦f Mais le produit fini est alors moins massif que la somme de ses composantes.La différence, c'esten énergiequ'elle s'envole, selon la formule célèbre du physicien Einstein.C'est ainsi que les étoiles se sont «allumées».Toute l'énergie de l'univers contemporain vient donc de cette fabrication d'hélium puis, plus tard, de la fabrication analogue des éléments de plus en plus lourds.Dans ce gigantesque brassage stellaire, quelques éléments ont été trop loin.Par fusion ils ont formé des assemblages si lourds que leur construction a nécessité un surplus d'énergie, plutôt que d'en libérer.Ces corps «accidentels», ce sont les obèses du tableau des éléments, ceux qui dépassent le poids du fer.À l'extrême limite, ils deviennent tellement instables qu'ils se brisent d'eux-mêmes: ce sont les corps radioactifs qui, en se scindant, remboursent en quelque sorte l'énergie qu'ils avaient voléejadis à l'alchimie stellaire, à la fusion des plus légers.Si la fission des atomes lourds est donc l'accident de la nature, elle présente toutefois l'avantage, pour nous terriens, d'être facile à produire.Il suffit qu'un neutron de faible énergie heurte l'uranium 235, par exemple, pour que celui-ci se brise et émette à son tour des neutrons destructeurs.Mais cet avantage se paie: le combustible est radioactif, il existe en quantités limitées, et ses produits de réaction sont encore plus dangereux.UNE ÉNERGIE PROPRE ET SÛRE Le deutérium, matière première de la fusion thermonucléaire, n'est pas, quant à lui, radioactif.Même à raison d'un atome de deutérium par 6 500 atomes d'hydrogène dans l'eau de mer, c'est déjà la surabondance: un kilomètre cube d'eau de mer contient assez de cet «hydrogène lourd» pour libérer par fusion autant d'énergie que l'ensemble de nos réserves de pétrole.Et voilà repoussé de quelques milliards d'années le spectre de l'épuisement de nos ressources.un délai suffisamment long pour nous donner le temps d'apprendre à maîtriser ensuite la fusion de l'hélium en éléments plus lourds, et ainsi de suite.À court terme toutefois, cette «maîtrise» n'est pas si simple.Nous ne jouissons pas sur terre des forces gravitationnelles stellaires (heureusement pour nous!) et les noyaux atomiques, tous de même charge électrique, se repoussent avec force.Pour les contraindre à fusionner, malgré leur «répulsion naturelle», il faudra les chauffer à de très hautes températures pour leur donner une vitesse qui leur permette de franchir cette «barrière» électrique.Mais il faudra aussi confiner le gaz chaud dans le plus petit volume possible afin défavoriser les rencontres.Ce qui ne peut évidemment 35 être fait par une paroi matérielle qui se volatiliserait au contact du gaz surchauffé.Deux voies possibles: l'implosion (explosion vers l'intérieur) d'un petit volume de deutérium, ou la compression forcée de ce gaz sous l'achon de champs magnétiques.La première approche est la plus simple.Elle a déjà connu un succès «éclatant» avec la bombe à hydrogène (la «bombe H»), où c'est une charge de plutonium (une bombe atomique classique) située en périphérie du gaz qui en assurait l'implosion.On tente maintenant de reproduire cette réaction à petite échelle en utilisant des faisceaux lasers très puissants pour bombarder de toutes parts une billette de deutérium.Mais l'éventuelle centrale au laser ne pourra fonctionner que par explosions successives, ce qui pose d'énormes problèmes techniques.L'approche par confinement magnétique, quoique technologiquement plus complexe a priori, permet d'envisager un réacteur en régime continu: du deutérium introduit en certains endroits, de l'hélium évacué ailleurs et, entre les deux, une énorme production de chaleur, continuelle.Comme l'intensité de chaleur dépend directement des gaz injectés et du maintien de forts champs magnétiques, en aucun cas la centrale ne pourrait s'emballer.Il suffirait d'une fraction de seconde d'interruption pour que le gaz thermonucléaire se dissipe et se refroidisse.UN ARRIÈRE-GOÛT DE «DÉJÀ VU» En principe, on parle donc d'une source d'énergie «propre», inépuisable, et parfaitement sécuritaire.C'est la théorie.Car ce langage optimiste des pionniers de la recherche en fusion thermonucléaire rappelle étrangement le discours que tenaient, peu après la guerre, les promoteurs de l'énergie de fission nucléaire «pacifique».Pendant 15 ans, comme pour compenser l'horreur d'Hiroshima, les ingénieurs nucléaires promettaient en effet que cette boîte de Pandore allait bientôt assurer la surviedenotrecivilisation.Les réacteurs atomiques devaient eux aussi être propres, fiables, et tellement sécuritaires qu'on envisageait de les construire dans les villes, aux États-Unis comme au Tiers-Monde! Il aura fallu tout près de 20 ans pour que l'opposition s'organise et qu'elle mette en évidence une réalité technologique beaucoup moins rassurante, à défaut d'être catastrophique.Or, le discours des promoteurs des deux «filières» d'énergie nucléaire n'est pas le seul point qui les rapproche.La complexité technologique en est un autre.Si la critique anti-nucléaire s'en est prise très souvent au caractère hyper-spécialisé de cette technologie «inhumaine», comment réagira-t-elle devant les ma- 36 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE Configurations magnétiques ouvertes bouteille magnétique à miroir simple ¦r:v.v ?-% j * bouteille magnétique à miroir et quadripole Les premières machines magnétiques pour confiner le plasma utilisaient le principe de «l'effet miroir».Elles empruntaient diverses configurations telles celle de la bouteille magnétique à miroir simple ou à miroir et quadripole.Un champ magnétique empêche les particules de s'échapper verticalement et, à chaque extrémité, une concentration du champ magnétique forme une espèce de goulot dans lequel les particules se bouscoulent, se repoussent à cause de leur charge électrique identique et rebondissent vers le centre.Des particules réussissaient toutefois à s'échapper par les extrémités.chines de fusion, à côté de quoi les centrales actuelles ont l’air de jouets d'enfant! Lors de sa visite à Princeton, la réaction d’Amory Lovins, physicien du groupe «Les Amis de la Terre» et porte-étendard le plus écouté des scénarios non nucléaires, est fort intéressante sur ce point.«Nous avions beau lui faire valoirtous les avantages de cette énergie, note Anthony DeMeo, il n’en démordait pas.Pour lui, il faut à tout prix abandonner cette lutte, et revenir au charbon et au bois, en attendant le soleil!» La fusion thermonucléaire, en fait, c’est le bond technologique, la fuite en avant.Il faudra investir encore des milliards de dollars dans la recherche, puis tout autant dans la construction de chaque centrale, dont la complexité est telle que personne n’en pourra garantir la fiabilité de fonctionnement continuel.Mais surtout, la distance risque là aussi d’être grande entre les pronostics rassurants des spécialistes des plasmas et les esquisses des concepteurs de centrale.Les premières réactions de fusion impliqueront sans doute non seulement le deutérium, mais aussi un autre isotope de l’hydrogène, le tritium, contenant un proton de plus.De «section efficace» plus grande, cet élément est donc plusfacile à «fusionner», mais il est radioactif.Une demi-vie courte, certes, mais nous voilà retombés dans le problème qu’on cherchait à éviter.Et ce premier accroc au scénario optimiste survient avant même qu’on ait abordé la quincaillerie du réacteur.A partir de là, les choses se compliqueront encore plus.LA VRAIE NATURE DU TOKAMAK Pour comprendre cette escalade de la complexité, repassons un par un les problèmes que pose la fusion thermonucléaire contrôlée dans ces gigantesques machines magnétiques.Aux températures requises pour la fusion, les atomes ont depuis longtemps perdu leur cortège électronique.On parle alors de «plasma», c'est-à-dire un gaz ionisé où noyaux positifs et électrons négatifs circulent indépendamment, dans un ensemble neutre.Cette ionisation est avantageuse d’ailleurs, puisque seules les particules chargées sont vulnérables aux effets de confinement des champs magnétiques.Toutefois, si ces particules parviennent difficilement à s'échapper perpendiculairement aux «lignes de champs», elles peuvent voyager librement le long de celles-ci.L'ionosphère terrestre constitue un excellent exemple de ce phénomène: prisonnières des lignes du champ magnétique terrestre qui vont d'un pôle à l'autre, les particules ionisées de la haute atmosphère voyagent sans cesse entre ces deux bornes.Les premières machines magnétiques utilisaient d'ailleurs ce principe de «l'effet miroir».Comme pour le champ magnétique de la Terre, on s'arrangeait pour que la puissance des aimants et la «concentration» du champ soient beaucoup plus grandes aux deux extrémités d'une enceinte à vide, de telle sorte que les ions, poussés les uns sur les autres dans ces goulots d'étranglement, se repoussent en vertu de leurs charges électriques semblables et rebondissent sans cesse vers l'autre extrémité.Malheureusement, aucun goulot n'est parfaitement étanche, et les plasmas perdaient toujours leurs particules les plus chaudes.et les plus intéressantes; ces particules ont atteint des vitesses si élevées qu'elles ne sont plus arrêtées par le goulot d'étranglement.La première solution envisagée consiste, bien sûr, à faire en sorte que l'enceinte à vide n'ait pas de bouts.Pour y parvenir, il suffit en principe de la recourber sur elle-même, d'en faire un tore (la forme d'un beignet).Mais les premiers essais furent décevants.En chauffant le gaz, on accélérait ses particules qui réagissaient dès lors différemment aux champs magnétiques externes, pour finalement se disperser sur les parois intérieures du tube circulaire.Ce que les Soviétiques réussirent à prouver expérimentalement en 1968, avec leur célèbre «Tokamak» (pour «machine toroïdale magnétique»), c'est qu'en forçant la circulation d'un courant électrique au sein même du plasma, non QUÉBEC SCIENCE / juin 1 979 37 seulement on chauffait celui-ci (le plasma froid exerçant naturellement une certaine résistance au courant, il se comporte comme un «élément» de chaufferie), mais en outre ce courant générait son propre champ magnétique qui venait dès lors sur-comprimer le plasma.En principe, plus le plasma est ainsi chauffé, plus il devient dense et plus il est stable, c'est-à-dire moins il tend à se disperser et il est confiné avec d'autant plus d'efficacité.La fusion thermonucléaire n'était plus qu'une question d'échelle, et le début des années 1970 vit la mise en place de nombreux programmes nationaux de construction de tokamak géants.PLUS CHAUD QUE LE SOLEIL Première limite des tokamak: plus le plasma s'échauffe, moins il exerce de résistance au courant et moins sa température augmente.Le fort courant qui le traverse ne contribue donc plus qu'à î maintenir sa stabilité et non plus à le réchauffer.En pratique, aucun tokamak ( classique ne parvient, par simple chauffage résistif, à dépasser quelque 1 1 millions de degrés.C'est un peu moins à que la température au centre du Soleil, et ( environ quatre fois moins que la tempé-e rature requise pour que les réactions de fusion puissent rembourser l'énergie s qu'on investit dans le confinement.La solution pour dépasser cette limite a été mise au point d'abord en France, sur le petit Tokamak de Fontenay-aux-Roses (TER).Un accélérateur de particules dirige s un faisceau de protons vers un gaz d'hy-e drogène dense.Des collisions s'effec-s tuent en grand nombre, et des atomes s neutres sont éjectés, à grande vitesse, vers le tube du réacteur.Quant aux ions s positifs accélérés, ils sont déviés par un e champ magnétique, de sorte que seules les particules neutres pénètrent dans le ,1 plasma, et contribuent par leur grande vitesse à réchauffer celui-ci, sans perturber son équilibre électrique.Si le petit TER français a pu de la sorte 5 atteindre rapidement 18,5 millions de ,1 degrés (en Kelvin), c'est le Princeton Large Torus (PLT) qui détient aujourd'hui tous les records.Avec ses quatre injec-ie teurs de particules neutres, il a atteint l'été dernier les 60 millions de degrés, !, i'~ hissa «Plus de journaux: les nouvelles seront enregistrées sur des cylindres phonographiques et transmises, à toute heure du jour et de la nuit, au domicile des abonnés, qui n'auront que la peine de tourner une petite clef pour en ouïr le récit.«Plus de facteurs: les lettres et matières postales seront livrées à domicile à l'aide d'un tube pneumatique qui desservira également les citoyens, leur épargnant la peine de se rendre au bureau de poste.«Plus de neige, ni de glace dans les rues et sur les toitures: un système de chauffage électrique souterrain élèvera la température l'hiver au degré constant convenable pour les chambres de malades.Le produit liquide de la fonte de la neige s'écoulera instantanément par de vastes égouts creusés sous toutes les voies de la ville.«Plus d'interruption dans la navigation: à l'aide de petites masses de radium judicieusement réparties dans des stations .sous-fluviales, le Saint-Laurent demeurera libre de glace pendant toute l'année.Les froids les plus rigoureux ne pourront rien contre le précieux agent calorifique.I j «La ville occupera toute l'étendue de l'île de Montréal.De vastes avenues plantées de décoratifs et odorants paulownias (arbre d'ornement d'Extrême-Orient), la traverseront en tous ; sens.Les distances seront nulles grâce aux flottilles d'aéronefs dont les véhicules aériens se succéderont le jour de seconde en seconde et ta nuit de minute en minute.niieitP liiei'W loncW*' ens en®1 dscei^ vitesse® '• '4 «Les maisons seront construites selon une formule qui classera nos palais actuels parmi les taudis.Le chauffage, l'éclairage, l'heure, la réfrigération seront produits par une source unique, l'électricité, qui distribuera ces bienfaits à ¦ domicile.«Les impôts de toute nature seront abolis; ils seront remplacés par des contributions volontaires qui excéderont toujours les besoins de la grande ville idéale.«Il n'y aura plus de rivalités politiques, attendu qu'il n'y aura plus qu’un seul parti, celui de la fraternité.Les députés seront pris parmi les citoyens volontaires, qui verseront au fonds public une somme de $15000 par année, juste prix de j’honneur qui leur sera accordé.En égard à la population et au grand nombre de citoyens dévoués aux intérêts généraux, le nombre de députés sera porté à mille, ce qui produira un revenu de 15 millions de dollars.Cette somme, ajoutée au milliard donné à la ville par un richissime Américain, émule de Carnegie, à la condition que l'avenue principale qui coupe la ville dans sa longueur porte son nom à la postérité, formera un budget total de 65 millions (calculde Papou-Gaba-Abidos), qui, ajouté aux contributions volontaires, constituera une somme suffisante pour entretenir les dynamos chargés de faire le bonheur des mortels qui peupleront Montréal-Paradis.«Pour tout dire, il ne subsistera que l'ordre des avocats.Ils ; seront recrutés parmi les descendants de ceux qui pratiquaient leur noble profession en 1910, date du commencement de l'évolution dont je vous annonce l'épanouissement.' I Mais le rôle des avocats sera d'ordre purement académique; j Us seront chargés de perpétuer l'éloquence de leurs aïeux et de conserver intacte dans les masses, la belle langue française dont seuls ils avaient le secret.«Voilà l'avenir brillant réservé à votre belle cité, qui, je le dis en toute sincérité, est bien digne de ces accablants bonheurs.« «Nous étions haletants et plongés dans la volupté d'un rêve féérique, » poursuit le reporter de La Presse.T T.A PRESSE 590.87 n™ AYSEB-V ffllONTRgA DANS CirNT ANS ygr £>¦ .— Mais, dit Lun d’entre nous, Mage, êtes-vous sûr que dans cent ans Montréal aura atteint ce degré idéal de perfection?» Papou-Gaba-Abidos fixa sur nous un regard sévère.U semblait indigné par la manifestation de notre doute.U allait nous pulvériser d'une apostrophe indignée, mais il eut pitié de nous en songeant à la fragilité de notre esprit et à la faiblesse de nos facultés conceptives.U sourit avec indulgence et se borna à répondre en se levant: «Vous le verrez bien.» Puis il se retira majestueusement.Cet aperçu paradisiaque, on s'en doute, ne manqua pas de faire rêver les Montréalais de 1905.Le grand bouleversement devait commencer cinq ans plus tard et pourrait satisfaire tout le monde, des disciples de Mahara Ji aux enfants de Lénine.Tout le monde, sauf peut-être ce Montréalais qui naquit quelques mois seulement après la date prévue pour le «grand commencement» et qui joindrait plus tard Tordre des avocats.Celui-ci, s'il avait lu les propos de Papou-Gaba-Abidos, aurait probablement songé: «Montréal une province?Que! manque d'envergure!» 48 QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 PARUTIONS RÉCENTES LE LIVRE DES MAISONS SOLAIRES par Donald Watson, traduit de l'américain par Roger Camous, Éditions l'Étincelle, Montréal, 1979, $13.95 Parmi tous ces individus projetant de se bâtir, qui ne pense pas secrètement à la possibilité de s'installer un système de chauffage à l'énergie solaire?Plusieurs l'envisagent, peu le réalisent.Pourtant les techniques sont maintenant assez bien connues; les coûts deviennent rapidement très acceptables.L'énergie solaire reste encore très mystérieuse pour la plupart des gens.Heureusement, les publications se font plus nombreuses et plus accessibles pour répandre les connaissances de base sur l'utilisation de cette énergie douce.Une autre traduction vient s'ajouter aux quelques parutions sur ce sujet: il s'agit du livre d'un architecte américain, traduit et présenté par un architecte de l'Université de Montréal.Le livre des maisons solaires est conçu pour répondre aux questions de ceux qui veulent profiter des bienfaits de l'énergie du soleil.Il s'agit d'une véritable mine de renseignements techniques sur l'énergie solaire appliquée au bâtiment.Un grand nombre de techniques y sont présentées et expliquées de façon très pratique, des systèmes passifs les plus simples aux systèmes actifs les plus sophistiqués.Le lecteur y retrouvera, dans un style bien vulgarisé, les connaissances nécessaires et suffisantes pour comprendre les principes de l'utilisation de l'énergie solaire.Le style pratique et fortement illustré des explications aidera sûrement le constructeur amateur à concevoir et même à construire sa propre maison solaire.Mais attentionl Ce livre n'est pas réservé aux seuls construn-teurs d'habitations solaires.Tout individu en instance de se construire une maison bien ordinaire, d'aménager les abords de sa résidence, de modifier ses installations de chauffage de l'eau ou d'améliorer les performances énergétiques de son habitation devrait d'abord consulter au moins quelques pages de cet ouvrage.Les trucs de «l'Eco-design», la conception efficace d'un bâtiment du point de vue énergétique et écologique, sont à la portée de tous.Sans représenter des économies considérables, ces techniques rendent possible une qualité d'habitation peu commune.En plus de suggestions de plans de construction, on peut aussi trouver dans le livre des maisons solaires de nombreuses photographies de maisons construites, de même que quelques noms de fournisseurs et des sources de renseignements techniques accessibles en France, au Québec et aux États-Unis.Bref, un livre qui doit faire partie de la bibliothèque des adeptes des énergies douces.André De!is le QUÉBEC.TROIS SIÈCLES D'ARCHITECTURE Québec trois siècles d’architecture Njvrtri TraiiMu) Luc Noppen, Claude Paulette et Michel Tremblay, Éditions Libre expression, Québec, 1979, 456 pages, 950 illustrations, $35.00 (chez l'Éditeur officiel du Québec ou ses distributeurs) En feuilletant ce livre, on a l'impression d'avoir chez soi tout un dépôt d'archives iconographiques et photographiques.Il faut avoir passé des heures dans des salles où des milliers de documents sont accumulés pour rechercher seulement quelques-unes des gravures présentées ici pour comprendre l'énorme travail que cela représente.Cet ouvrage n'a que des qualités: un très grand format qui permet de voir l'évolution d'un bâtiment d'un seul coup d'œil avec plusieurs illustrations, une très bonne reproduction des dessins et des photographies et une très belle représentation graphique due à Michel Tremblay, responsable du graphisme au ministère des Communications.Les deux autres auteurs ont aussi toute une expérience derrière eux.Luc Noppen, professeur d'histoire à l'université Laval, a déjà publié plusieurs livres et articles sur l'architecture au Québec.Claude Paulette, grand amateur de tout ce qui concerne le passé du Québec, est responsable de collection «Connaissance du Québec» chez l'Éditeur officiel.Québec: trois siècles d'architecture présente d'une part l'évolution architecturale de toute la ville en tant qu'ensemble et, d'autre part, l'évolution d'un certain nombre d'édifices (maisons, églises, fortifications, etc.) pris séparément.C'est une excellente banque d'informations sur l'histoire de l'architecture quand on sait que Québec est une des plus vieilles villes d'Amérique du Nord.Le livre, intéressant autant pour les amateurs d'histoire, d'architecture ou de patrimoine que pour les chercheurs, contient, en plus de documents connus, un certain nombre d'illustrations inédites, une bibliographie et un index.Les ouvrages du genre d'une aussi bonne qualité sont fort rares.François Picard L'ÉNERGIE DU DÉSESPOIR par Michel Corentin et Gil Lacq, collection Travelling sur le futur, Lidec-Duculot, Montréal et Paris, 1978, 1 87 pages, $4.95 «Quand l'eau bout dans la grosse marmite, la vapeur fait tourner les pales d'une turbine, qui fait tourner un moteur, qui fabrique du courant électrique, qui est transporté par des fils,.» Un enfant d'une dizaine d'années raconte à son père, Antoine De-mingeot, ingénieur atomiste, comment il comprend une centrale nucléaire.Ce dernier s'est fait renvoyer de l'entreprise où il travaillait à mettre au point un combustible nucléaire d'un type nouveau parce qu'il s'est permis de dire aux journalistes que ce serait dangereux de l'utiliser.Un certain nombre de péripéties découlent de cette situation.Nous n'avons pas pour habitude de présenter des romans, mais celui-ci a quelque chose de particulier.L'histoire se passe en 1988, sansqu'ils'agissevraiment de fiction.Il est question de la centrale tout à fait imaginaire de Mervilly qui n'est cependant pas sans ressemblance avec celles, beaucoup moins fictives, que l’on peut trouver un peu partout dans le monde.ou à Gentilly.Les auteurs de ce .livre dédié «aux jeunes gens à partir de 13-14 ans» utilisent le„pré-texte d'une aventure pour expliquer et vulgariser des découvertes scientifiques et technologiques actuelles, leur impact sur l'évolution de la société et les problèmes politiques et écologiques qu'elles entraînent.Le texte, très vivant, est bien écrit et on a envie de lire le livre d'une seule traite.Le lecteur doit cependant prendre conscience du message pro-écologique et anti-nucléaire que Michel Corentin et Gil Lacq font glisser sur et entre les lignes.C'est une sorte de roman d'initiation à une prise de conscience des dangers du progrès et, pour les rendre plus évidents, les avantages de ce progrès sont passés sous silence.François Picard Derniers livres reçus La sexualité dans les institutions dossier préparé par Armando Verdiglione Petite bibliothèque Payot.Paris.1978 (édition italienne.1976).179 pages.$5.25 La société de conservation.Étude sémiologique des cimetières d'Occident Jean-Didier Urbain Payot.Paris.1978.476 pages.$34.65 Les structures anthropologiques de la folie en Afrique Noire I.Sow Payot.Paris.1978.197 pages.$19.25 TV.Essai sur la représentation et la communication Jean-Marie Touratier Galilée.Paris.1978.126 pages.$11.91 Vents, nuages et tempêtes Jean Bessemoulin et Roger Clausse Éditions Maritimes et d'Outremer.France.1978.253 pages.$26.00 Vrai ou faux, docteur?Votre santé en 100 questions Léopold Bravermann, préface de Jean-Paul Escande Denoèl, Paris.1978.187 pages.$9.95 QUÉBEC SCIENCE / juin 1979 49 UN COCHON HEUREUX EST UN CHOCHON GRAS Si les hommes sont normalement plus heureux et plus en santé lorsqu'ils sont bien logés, pourquoi en serait-il autrement pour le cochon?Des chercheurs de l'Institut national de génie agricole de Silsoe, en Angleterre, se basant sur cette prémisse, ont développé un modèle montrant comment les cochons dégagent de la chaleur, et l'influence de cette émission sur l'air ambiant; ce modèle prenait aussi en considération les niveaux de nourriture, le poids du cochon, la surface de plancher, le processus de défécation et même le degré de ventilation.Les chercheurs ont alors énoncé des lignes de conduite pour la ventilation des ; porcheries en vue d'améliorer le bien-; être général des occupants.Si les fermiers suivent ces règles pour la construction des nouveaux hébergements des cochons, il y a tout lieu de croire que ces animaux vivront plus heureux et, en conséquence, seront plus gras pour l'abattoir.Il se pourrait même que les fermiers par ce moyen puissent ventiler leurs dépenses! LES SOÛLERIES A L'EAU Dans le British Medical Journal, le Dr R.Emery rapportait récemment le cas de deux femmes hospitalisées pourtroubles , mentaux et qui, privées d'alcool en institution, tentèrent de se saouler à l'eau, ayant lu quelqu'article sur cette possibilité.Hélas, les résultats obtenus sont I décevants.La première dut arrêter après la modeste consommation de 16 verres, à cause de violents maux de tête, mais la seconde poursuivit jusqu'à être frappée de convulsion et d'un coma qui nécessita une hospitalisation d'urgence.En fait, l'intoxication à l'eau n'est pas un mythe.Une trop forte consommation de ce liquide, qui augmente le volume total du flot sanguin, conduit à une migration osmotique de ce liquide des vaisseaux vers les tissus cérébraux, aboutissant aux symptômes de la polydipsie (un trouble osmotique généralement provoqué plutôt par une insuffisance de sodium chez les personnes atteintes de troubles rénaux graves).Certes, la polydipsie s'accompagne d'un certain «feeling», mais cette façon économique de se saouler est fortement à déconseiller.LA SANTÉ COMMUNAUTAIRE ET L'UNIVERSITÉ L'université et le savoir acceptent parfois de descendre de leur tour d'ivoire pour assister et conseiller ceux qui sont laissés pour compte dans la société, les désavantagés.C'est ainsi que la faculté d'éducation permanente de l'Université de Montréal a travaillé récemment avec la clinique communautaire de la Pointe-Saint-Charles à la production d'un dossier et d'un film sur la santé en milieu défavorisé.Deux documents produits dans des conditions difficiles, à cause des combats à livrer pour vaincre des résistances et des habitudes, surtout dans le clan des universitaires.Ces deux documents-coups de poing intitulés «Vous santé-vous bien dans votre peau?» seraient à voir et à lire, selon des connaisseurs en la matière.L'OREILLE VISUELLE La compagnie Northern Telecom débutera sous peu la production d'un appareil «répondant au nom de «oreille visuelle», un téléphone micro-informa-tisé qui transforme le langage parlé en langage écrit, ensuite transmis sur un écran vidéo incorporé au téléphone.L'organisme — Ontario Mission of the Deaf (O.M.D.) — qui a conçu l'idée de ce téléphone a reçu le permis de fabriquer, de faire la publicité et de distribuer ce téléphone dont le coût sera d'environ $350.L'organisme confiera la plupart du travail à la compagnie Bell Northern mais il se propose de faire l'assemblage du téléphone lui-même.Le ministère fédéral des Communications, qui a suivi de près le développement de l'oreille visuelle, croit que cet instrument est le plus avancé en Amérique du Nord, se comparant avantageusement aux modèles japonais et américains plus rudimentaires, déjà disponibles à moindre coût.DÉJOUER L'ESTOMAC Il y a environ trois ans, une technique était mise à l'essai pour vaincre les cas limites d'obésité (ceux qui sont dangereux pour la survie des obèses): la ligature des mâchoires.Les inconvénients directs étaient nombreux (nécessité de ne manger que du liquide; réadaptation nécessaire par la suite) et le succès à long terme incertain (une fois les mâchoires déliées).Le Dr Ward Griffin, de l'Univer- sité du Kentucky, vient de trouver mieux: c’est l'estomac qu'il attache.En fait, la couture s'accompagne d'un «raccourci» qui permet aux aliments d'atteindre immédiatement l'intestin.«Un sandwich, et on se sent plein» commente le médecin, dont les 300 patients à ce jour ont perdu en moyenne 20 kilos en trois mois, et plus de 50 kilos dans la première année.sans qu'il n'enregistre de cas de rechute. 50 juin 1979 / QUÉBEC SCIENCE SEXUALITÉ PRÉCOCE ET CANCER Une Québécoise sur cent est porteuse de lésions pré-cancéreuses du col utérin menant à coup sûr au cancer dans une période de dix ans si elles ne sont pas traitées à temps.Cette moyenne doit être multipliée par dix lorsqu'on parle de femmes de moins de 18 ans ayant eu des relations sexuelles.' C'est ce qui ressort d'une étude épidémiologique menée entre 1975 et 1978 par les Drs Bernard Lambert, du département de gynécologie à l'hôpital Sainte-Justine de Montréal, Richard Morissette, bactériologiste à l'Hôtel-Dieu de Montréal, Édouard Kurstak, virologue à l'Université de Montréal, et Pierre Billmans, chercheur à l'INRS.Sans inviter les femmes à la virginité, cette recherche rapporte une étude, portant sur 13 000 religieuses, qui démontrait qu'aucune religieuse n'avait de lésion pré-cancéreuse du col utérin.LE DIESEL ENCORE MEILLEUR L'HIVER On a longtemps retardé l'introduction du moteur diesel pour les automobiles, à cause des problèmes de puissance et de démarrage, par temps froid surtout.Maintenant que ces problèmes semblent résolus, c'est paradoxalement en hiver que le diesel pourrait mériter ses plus grands éloges.En voulant vérifier si les essais de consommation d'essence, qui sont presque toujours réalisés en été, pouvaient être extrapolés pour la conduite par temps froid, les chercheurs du Laboratoire de recherche sur la combustion du ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources ont en effet établi que si l'économie d'essence que permet le moteur diesel en été (21 °C) est de l'ordre de 57 pour cent en moyenne, cette économie grimpe à 82 pour cent en hiver (-12°C).À cette température, le moteur à combustion classique ne répond plus aux normes canadiennes sur l'émission de polluants, alors que le diesel est encore très satisfaisant.en JUILLET André Delisle nous pilotera dans un tour écologique j du Québec: celui des centres d'interprétation de la 1 nature et de ce plein-air tant apprécié en cette saison Georgette Goupil fait le point sur l'aphasie, cette 2 étrange maladie du langage qui n'a pour responsable que le cerveau De retour du pôle nord où il a accompagné les membres de l'expédition Lorex, Claude de Launière nous décrira cette aventure scientifique qui constitue aussi une des études les plus impressionnantes qui soit 3 de la physique de cette région méconnue du globe terrestre, au nord du Canada NE NOUS CHERCHEZ PLUS ABONNEZ-VOUS Au tarif de $17.00* (1 an / 12 numéros), je m'abonne pour .années au magazine QUÉBEC SCIENCE.?abonnement ?réabonnement COUPON D'ABONNEMENT fà remplir en lettres MAJUSCULES) 1 11 I II 1 11 11 I I 11 I I I 31 1 1 nom 1 1 1 1 II 1 1 1 M 1 60 II II 1 II 1 61 prénom 80 LU U ' 7 8 LL 1 1 1 1 1 1 1 Mill II II M II 9 numéro rue appartement 28 LL ] I I M II Mill II II II II 29 ville 48 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 Mil M M II II 49 province ou pays 68 1 1 1 1 1 1 1 ?Chèque ou mandat postal ci-joint 69 code postal 74 ?Veuillez me facturer * Tarif en vigueur jusqu'au 30 juin 1 979 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1. Lî?«bible» de la santé des Québécois ’.'V iiliü anick Vilk d r‘ m DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu, postface de Fernand Seguin 13,5x21,5 cm, 296 pages, index, bibliographie, ISBN-0-91971 2-00-2, 4e trimestre 1 976, $8.50 Fernand Seguin, Prix Kalinga 1978 «Un volume excellent et indispensable».Anne Richer, La Presse «On lit ce qu’on n’osait pas dire à haute voix».Marie Laurier, Le Devoir «Quiconque s'intéresse de près ou de loin à ce problème (la santé) ne saurait se dispenser de parcourir cette étude».Ghyslaine Rheault, Le Soleil «Tous les Québécois ne sont pas égaux, ni dans la vie, ni dans la mort Plusieurs appréhendaient déjà cette vérité, mais voilà que Yanick Villedieu en donne la confirmation» Pierre Sormany, L'Actualité «Un premier bilan vulgarisé de notre état de santé».Bon de commande Un livre qui fait réfléchir Louis Brunei TÉLÉCOMMUNICATIONS DES MACHINES OMMES LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE Télécommunications: DES MACHINES ET DES HOMMES par Louis Brunei préface de Gérard Pelletier 13,5x21,5 cm, 175 pages, index, bibliographie, ISBN-0-91 971 2-00-2, 4e trimestre 1978, $7.50 Jean-Louis Morgan, ANTENNES «Il y a maintes matières à réflexion dans cette étude, où l'on retrouve des références, des préoccupations techniques chères à nos lecteurs (fibre optique.Symphonie, Antiope, télédistribution).C’est pourquoi ce petit ouvrage devrait faire partie de la bibliothèque de tout Québécois intéressé aux communications.Livre à rêver, car derrière les merveilles que nous promettent les communications techniques, se profile le visage d'un Big Brother bionique qui, déjà, nous catalogue, nous fiche, nous dicte nos goûts, nos loisirs, nous fond dans la grisaille de l’uniformité, nous informe de la manière qui convient, nous abrutit s'il le veut.» Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 296 p., $8.50 ?DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 176 p„ $7.50 ?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.320 p„ $9.50 ?Ci-joint mon paiement au montant de $.?Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse.Code posta!.LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE • C.P.250, Sillery.Québec, GIT Un livre d'une actualité criante FACE AU NUCLÉAIRE par J.-M.Carpentier, L.de Bellefeuille, A.Delisle, M.Gauquelin, F.Gruhier, B.Lévy, F.Picard, G.Provost, J.-P.Ftogel, P.Sormany et Y.Villedieu.13,5x21,5 cm, 320 pages, index, bibliographie, ISBN-2-920073-00-1, 1er trimestre 1979, $9.50 Pourquoi le nucléaire?Quels en sont les risques pour la santé, l'environnement, la sécurité?Avons-nous le choix, nous, Québécois, face au nucléaire?Comment fonctionne le nucléaire?Quel est l'état de la recherche en ce domaine?L'homme se serait-il donné des outils trop complexes pour le servir?Rédigé en termes simples et accessibles par onze collaborateurs de QUÉBEC SCIENCE, FACE AU NUCLÉAIRE est un livre objectif et complet (le premier livre québécois sur le sujet rédigé et publié par un organisme indépendant) qui vous permettra de faire un choix éclairé et de participer au référendum de QUÉBEC SCIENCE sur le nucléaire au Québec.Quantité Total Téléphone.2R1 Téléphone: (418) 657-2426 m is JB r£:f.*' t *-i « '¦':: « *v^3*S5ï
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