Québec science, 1 janvier 1979, Octobre
Volume 18, numéro 2 OCTOBRE 1979 ER -69 fi Ôe bmckti mti de lient i IA VALSE-HÉSITATION DE VIENNE L’HOMME DE L’AMIANTE • VOYAGE AU-DELÀ DU VISIBLE LE MAÎTRE DE L’UNGAVA La «bible» de la santé des Québécois ii {-iASÈi iijnjftj ''O''''.' ?, .'-'.'.V'.'.'S -•Af Un livre qui fait réfléchir Louis Brunei TÉLÉCOMMUNICATIONS DES MACHINES ET DES HOMMES LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE Un livre d'une actualité criante Onze collaborateurs du magazine QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE DEMAIN LA SANTÉ par Yanick Villedieu, postface de Fernand Seguin 13,5x21,5 cm, 296 pages, index, bibliographie, ISBN-0-91 971 2-00-2, 4e trimestre 1976, $8.50 Télécommunications: DES MACHINES ET DES HOMMES par Louis Brunei préface de Gérard Pelletier 13,5x21,5 cm, 175 pages, index, bibliographie, ISBN-0-91 971 2-00-2, 4e trimestre 1978, $7.50 FACE AU NUCLÉAIRE par J.-M.Carpentier, L.de Bellefeuille, A.Delisle, M.Gauquelin, F.Gruhier, B.Lévy, F.Picard, G.Provost, J.-P.Rogei P.Sormany et Y.Villedieu.13,5x21,5 cm, 320 pages, index, bibliographie, ISBN-2-920073-00-1, 1er trimestre 1979, $9,50 Fernand Seguin, Prix Kalinga 1978 «Un volume excellent et indispensable».Anne Richer, La Presse «On lit ce qu'on n'osait pas dire à haute voix».Marie Laurier, Le Devoir «Quiconque s'intéresse de près ou de loin à ce problème (la santé) ne saurait se dispenser de parcourir cette étude».Ghyslaine Rheault, Le Soleil «Tous les Québécois ne sont pas égaux, ni dans la vie, ni dans la mort.Plusieurs appréhendaient déjà cette vérité, mais voilà que Yanick Villedieu en donne la confirmation».Pierre Sormany, L’Actualité «Un premier bilan vulgarisé de notre état de santé».Bon de commande Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?DEMAIN LA SANTÉ, Yanick Villedieu, 296 p., $8.50 ?DES MACHINES ET DES HOMMES, Louis Brunei 176 p„ $7.50 ?FACE AU NUCLÉAIRE, collectif.320 p„ $9.50 | ?Ci-joint mon paiement au montant de $.?Veuillez me facturer pour la somme de $.Nom.Adresse.Code posta!.¦ Q LES DOSSIERS DE QUÉBEC SCIENCE • C.P.250, Sillery, Québec, Jean-Louis Morgan, ANTENNES «Il y a maintes matières à réflexion dans cette étude, où l'on retrouve des références, des préoccupations techniques chères à nos lecteurs (fibre optique, Symphonie, Antiope, télédistribution).C'est pourquoi ce petit ouvrage devrait faire partie de la bibliothèque de tout Québécois intéressé aux communications.Livre à rêver, car derrière les merveilles que nous promettent les communications techniques, se profile le visage d'un Big Brother bionique qui, déjà, nous catalogue, nous fiche, nous dicte nos goûts, nos loisirs, nous fond dans la grisaille de l'uniformité, nous informe de la manière qui convient, nous abrutit s'il le veut.» Pourquoi le nucléaire?Quels en sont les risques pour la santé, l'environnement, la sécurité?Avons-nous le choix, nous, Québécois, face au nucléaire?Comment fonctionne le nucléaire?Quel est l'état de la recherche en ce domaine?L'homme se serait-il donné des outils trop complexes pour le servir?Rédigé en termes simples et accessibles par onze collaborateurs de QUÉBEC SCIENCE, FACE AU NUCLÉAIRE est un livre objectif et complet (le premier livre québécois sur le sujet rédigé et publié par un organisme indépendant) qui vous permettra de faire un choix éclairé et de participer au référendum de QUÉBEC SCIENCE sur le nucléaire au Québec.Quantité Total .Téléphone.GIT 2R1 Téléphone: (418) 657-2426 3 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l’Université du Québec avec le soutien du ministère de I Éducation du Québec et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.©Copyright 1979 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d assurance sur la vie M- Clément Gauthier président Sommaire Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Raymond Robitaille composition typographique Andrée-Lise Langlois maquettiste Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur Itée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $17.00 Groupe (10 et plus): $1 5.00 À l'étranger: $21.00 A l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 TéL: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à Tordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 5 Technologie Un siècle de lumières 6 Contraception Une approche en finesse 7 Recherche Des cerveaux migrateurs 8 Entrevue avec Stella Baruk La logique de nos erreurs 9 Pomoculture La McIntosh détrônée 10 Astrophysique Pièges pour neutrinos 47 Ophtalmologie Le laser remplace le scalpel 48 Médecine L'or rouge bientôt traité au Québec 49 Environnement Drôles d'odeurs.50 Éthologie Le matriarcat chez les oiseaux 51 Énergie Des fermes d’algues 52 Ingénierie L'écran qui vibre 54 Ces chers ancêtres 56 Parutions récentes 57 En vrac 16 Se brancher sur le vent François Beaulieu Encore malhabile.Tentant terrible des énergies nouvelles au Québec fait ses premiers pas 22 La valse-hésitation de Vienne Léo Kaiinda Les deux partenaires, le Nord et le Sud, accorderont-ils un jour leurs pas pour mettre la science au service du développement?29 L'homme de l'amiante Victor Charles Pour le profgsseur Selikoff, la préservation de l'environnement est le nouveau défi social à relever 33 Voyage au-delà du visible Jacques Beaulieu Le microscope électronique à balayage permet d'aller explorer Tinfiniment petit en trois dimensions 39 Le maître de TUngava André Lamoureux Le plus imposant troupeau de caribous au monde vit et prospère au Nord du Québec 4 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE LES PRÉMONITIONS DES ANIMAUX Au début du mois d'août, la région de Charlevoix a subi quelques secousses sismiques et j'ai remarqué alors des comportements bizarres chez les animaux.Pouvez-vous me dire si l'on peut relier ces changements de comportement aux tremblements de terre eux-mêmes et, si oui, a-t-on effectué des recherches sur ce sujet?Jean Roy Montréal // ne fait plus de doute maintenant que les animaux présentent un comportement anormal avant un tremblement de terre.Le service géologique des États-Unis a même organisé une conférence internationale sur ce sujet à la fin de 1976.Ce sont les Japonais qui firent tes premières études scientifiques dans ce domaine, et cela en 1923 et en 1932.Elles montrent la sensibilité particulière du poisson-chat qui réagit 24 heures avant un séisme dans 80 pour cent des cas.U fallut attendre ensuite les années 70pour que de nouvelles expériences sur ce sujet soient entreprises aux États-Unis.Une expérience, entre autres, est d'autant plus intéressante qu'elle ne visait pas à étudier le comportement des animaux aux séismes spécifiquement.Des chimpanzés étaient installés à l'extérieur, sur le terrain de l'Université de Stanford.H.Kraemer et ses collaborateurs notaient une dizaine de fois par jour l'attitude de ces animaux.Les singes manifestèrent un accroissement très net d'agitation le 18 juin 1975, ce qu'on put mettre par la suite en relation avec un essaim de séismes non ressentis par l'homme (d'une magnétude plus faible que 3,1) survenus le lendemain, le 19, et dont !'épicentre était à six kilomètres de l'université.La même chose se reproduisit le 24 et 25 juin et cela put être relié à un séisme de magnitude 1,4 survenu le 25 juin 1975.Plusieurs hypothèses furent émises pour tenter d'expliquer cette sensibilité particulière des animaux aux secousses sismiques, mais aucune n'apparaît satisfaisante pour le moment.On a pensé, par exemple, à une sensibilité à de faibles variations du champ magnétique.Connaissant la faculté de perception des ultrasons par les animaux, on a pensé aussi que ces ultrasons pouvaient avertir les animaux d'un séisme prochain.Ces deux hypothèses n'ont pas été retenues, mais une troisième ouvre une voie de recherche plus prometteuse.U s'agit de la sensibilité des bêtes aux variations du champ électrique dans leur habitat naturel.Les changements dans le comportement des animaux avant un tremblement de terre peuvent constituer un moyen de déceler celui-ci avant qu'H ne se produise et d'en prévenir les conséquences souvent désastreuses.La Chine est particulièrement avancée dans ce domaine.Ainsi, en 1975, le comportement animal put être suffisamment étudié dans te Liaoning pour donner Heu à des documents cartographiques et a été un élément de la décision d'évacuation de la population avant le séisme.COMMENTAIRES SUR LE BRUIT Suite à l’article paru dans la revue d'août 1979, sous le titre: «Le Scandale du bruit», il me plairait d'apporter quelques commentaires supplémentaires.L'Arrêté en Conseil 3787 de la Loi des établissements industriels et commerciaux (S.R.Q., 1964,chap.1 5)stipuleque «le chef d'établissement doit s'assurer qu'aucun travailleur n'est exposé à un niveau de bruits et de vibrations supérieur à la limite maximale permise.» (art.5.3.1.).De plus, «les bruits et vibrations susceptibles de produire sur les travailleurs des effets nuisibles doivent être réduits par l'un ou les moyens suivants: a) l'isolation des sources de bruits: b) la limitation de l'intensité et de la durée de ces bruits; c) l'installation d'un dispositif d'insonorisation pour isoler les lieux de travail des sources de bruits et de vibrations».(art.5.3.2) Il est clair que le législateur désire éliminer à la source les risques d'exposition au bruit et que la protection de l'ouïe par des protecteurs auriculaires n'est qu'un moyen temporaire et de derniers recours.Dans le dédale des lois relatives à la protection de la santé et la sécurité au travail, l'article 65 de la Loi de la protection de la santé publique (1972, chap.42) spécifie que les règlements adoptés en vertu de la Loi de l'hygiène publique (1964, chap.161 ) demeurent en vigueur jusqu'à ce qu'ils soient abrogés, modifiés ou remplacés.Or, il sont encore en vigueur.À défaut d'autres règlements, il est toujours utile d'y référer.Entre autres, l'article 52 de ces règlements exige que l'examen physique demandé par un officier du ministère des Affaires sociales, ou tout inspecteur des établissements industriels du ministère du Travail, soit aux frais de l'employeur à des intervalles spécifiés par un ou des médecins qualifiés.Il importe donc de se fier à la pratique médicale pour obtenir des précisions sur la qualité et le contrôle des examens de l'ouïe.Pour voir à l'application des règlements relatifs à la santé au travail et plus particulièrement aux règlements concernant le bruit, les travailleurs peuvent compter sur les 36 médecins-hygiénistes nommés par Arrêté en Conseil.Le rôle du médecin-hygiéniste est prévu par la Loi des établissements industriels et commerciaux.Il s'agit de surveiller, sous la direction du ministère des Affaires sociales, les conditions de salubrité des établissements industriels et commerciaux tels que définis par la loi, ainsi que l'exécution des règlements sanitaires adoptés par le lieutenant-gouverneur en conseil.(.) Il est vrai que les amendes prévues dans les cas d'infractions devraient être proportionnelles à la capacité de payer des contrevenants mais, entre temps, la contre publicité engendrée par une poursuite de ce genre ne peut que faire réfléchir le chef d'établissement.Pour l'instant, les syndicats qui s'intéressent aux problèmes du bruit offrent un support moral aux travailleurs.Mais lorsque plus des deux tiers des travailleurs québécois ne sont pas syndiqués, il devient plus difficile d'assainir le milieu de travail.Seule l'information dirigée à tous les niveaux de l'entreprise (travailleurs, patrons, syndicats) par des personnes qualifiées peut aider à changer plus rapidement cet état de faits.Alain Perreault Conseiller technique en Santé au travail QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 5 TECHNOLOGIE UN SIÈCLE DE LUMIÈRES Il est une controverse qui devrait être réglée une fois pour toutes: Thomas Alva Edison n’est pas l’inventeur de la lampe à incandescence.Quand, le 21 octobre 1879, une ampoule munie d’un filament s'illumina, ce n’était pas nouveau car le premier brevet pour l’invention d’une lampe à incandescence avait déjà été accordé en 1841 à l’Anglais Frederick de Moleyns.Ce qui était nouveau et ce pourquoi Thomas Alva Edison pouvait revendiquer l’antériorité, c’était d’avoir réussi à mettre au point un filament qui brûlait pendant plusieurs heures sans se consumer.De plus, il avait perfectionné les méthodes de pompage de façon à obtenir le vide le plus poussé possible dans les ampoules.Ce dernier point était jusque-là une des causes premières des échecs rencontrés par ses prédécesseurs.La recherche de la «lumière électrique» débuta avec le chimiste anglais Humphry Davis qui, en 1802, parvint à produire une lumière en faisant passer un courant électrique au travers de rubans ou filaments de platine.11 a aussi découvert le principe de la lampe à arc en 1809.Le premier brevet pour l’invention d'une lampe à incandescence fut décerné en 1841 à Frederick de Moleyns.Elle fonctionnait sur le principe de la lampe à arc: une ampoule de verre contenant deux fils de platine réunis par du carbone en poudre constituait son prototype.En 1850, un autre Anglais, Sir Joseph W.Swan, fut le premier à se servir d’un filament constitué d’une bande de papier carbonisé au préalable.La fibre obtenue était fixée entre des fils métalliques dans une ampoule que l’on avait, en partie, vidée de son air.Malheureusement, ces lampes, trop volumineuses, ne pouvaient servir à l’éclairage domestique.Lors d’une visite aux ateliers de William Wallace, co-inventeur de la première génératrice électrique américaine, Edison put voir fonctionner «huit lumières à arc d’une luminosité de 500 bougies chacune ainsi que la génératrice de huit chevaux vapeurs qui les alimentaient».Il eut alors l’intuition qu’il devait trouver un moyen de subdiviser l’intense lumière produite par l'arc en petites quantités destinées à l’usage domestique et de contrôler chacune individuellement.Cette idée allait à l’encontre des techniques d’éclairage employées alors qui voulaient que l’avenir soit dans les lumières à arc, malgré la violence de son éclairage.De plus, il avait à découvrir et à fabriquer le contenant idéal pour un filament qui, bien que soumis à une chaleur intense, ne fondrait pas ou ne brûlerait pas en quelques minutes.Il s’attaquait à un problème que les scientifiques de l’époque étudiaient depuis près de 50 ans déjà.Edison chargea donc une équipe de perfectionner les méthodes de pompage pour obtenir le vide le plus poussé possible à l’intérieur des ampoules de verre, une autre d’améliorer les performances des génératrices d’électricité et une troisième de mettre au point un filament répondant aux critères visés.Avec l’ampoule de verre que lui avait fabriquée le souffleur de verre allemand Ludwig Boehm selon ses spécifications, Edison obtenait au mois d’août 1879 un vide de moins d’un pascal, ce qui n’avait jamais été réussi jusqu’alors.À la fin de cet été, Edison possédait aussi une génératrice qui assurait un voltage constant.Il ne lui restait plus qu’à trouver un matériau pour fabriquer un filament durable.Déjà plus de 1600 matériaux différents avaient été testés par son équipe.Conscient de sa faiblesse en mathématiques, il s’était adjoint Francis Upton, mathématicien, qu’il avait nommé chef scientifique assistant au laboratoire de Menlo Park.Avec l’aide d’Upton, il essaya donc durant le dernier trimestre de 1879 de solutionner ce problème ultime.Il cherchait un principe éclairant supérieur au platine en se servant de sa propre interprétation de la loi d'Ohm de résistance électrique.Il en était venu à la conclusion que ce principe éclairant devait avoir une très petite section ou surface de radiation, section qu’il estima à un maximum de 0,04 centimètre de diamètre.De plus, la longueur devait être de 15 centimètres approximativement.À la mi-octobre 1879, il fit des expériences avec du fil à coudre conventionnel.Il en plaça une longueur, avec du carbone en poudre, dans un creuset qui était scellé avec de la terre à cuire et chauffé à haute température.Il obtint ainsi un fil carbonisé ou filament qu'il fixa ensuite entre des pinces délicates au bout de fils de platine.Dans les notes prises par Edison, on peut lire: «Oct 21 — No 9 ordinary Thread Coats Co.cord No.29, „ came up to one half candle and w was put on 18 cells battery § permently at 1:30 a.m.» I Quelques 40 heures plus tard, S ce fil à coudre allait assurer à O â Thomas Alva Edison des titres Z ., § de gloire qui lui sont envies | depuis.La lampe à incandescence qui brûla le 21 octobre 1879 n’était pas la première à exister, mais c’était la première qui se révélait pratique et assez économique pour penser à en faire un usage domestique ainsi qu’industriel.Dans la semaine qui suivit Noël 1879, des centaines et des centaines de visiteurs se rendirent à Menlo Park à la suite des déclarations fracassantes des journalistes de l’époque.Déjà, ce minuscule globe de verre ébranlait le monde des sciences et autant celui de la finance qui y voyait des débouchés lucratifs intéressants.À la veille du Nouvel An, une foule de 3 000 personnes envahit l'endroit.Elle ne cessait de s’émerveiller devant les lumières qui s'allumaient et s’éteignaient dans le laboratoire de Menlo Park.Edison prédisait déjà que sa lampe se vendrait $0.25 et coûterait moins de quelques cents par jour pour fonctionner.Nikola Tesla, qui a travaillé pendant quelque temps (1882-1883) avec Edison, disait de celui-ci: «Si Edison devait trouver une aiguille dans une botte de foin, il procéderait avec la diligence d'une abeille à l'examen de chacun des brins jusqu’à ce qu’il trouve l’objet de sa recherche.» Edison déclarait 6 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE fièrement, un jour, qu’il avait dû tester plus de 6 000 produits végétaux et fouiller la planète entière pour trouver le matériau propice à la fabrication d’un filament durable.Finalement, de la fibre provenant d’une canne de bambou permit la fabrication d’un filament qui pouvait brûler plus de 1200 heures.La valeur commerciale de la lampe à incandescence étant déjà admise, il fallait mettre au point la distribution d’électricité sur une grande échelle.Cette entreprise impliquait de nouvelles inventions et le développement de toute une nouvelle technique qui allait être aussi originale que la lampe.Il fallut trois ans de travail acharné à Thomas Edison et à ses collaborateurs pour mettre au point la première centrale et le réseau de distribution s’y rattachant.En janvier 1880, il fit application pour un brevet (n° 369280) prévoyant un système complet de distribution à partir d’un certain nombre de génératrices alimentant un circuit de fils métalliques.Durant cette même année, il déposa des demandes pour 60 brevets parmi lesquels on en trouve cinq couvrant les parties auxiliaires, six pour les génératrices, sept pour des systèmes plus perfectionnés de distribution et 32 qui avaient trait à l’amélioration de la lampe à incandescence.La première centrale de distribution électrique au monde fut érigée dans le district financier de New York sur la rue Pearl.Mise en opération le 4 septembre 1882, elle s’avéra très rapidement un succès retentissant.Cet inventeur moderne qu’était Edison, chercheur ingénieux entouré d’équipes complètes et non «patenteux» isolé et bricoleur du dimanche, s’installait alors au cœur d’un empire financier qui aujourd’hui encore domine, avec quelques autres, le petit monde des compagnies distributrices d’électricité.Roger Hachez CONTRACEPTION UNE APPROCHE EN FINESSE De manière un peu paradoxale, c’est en travaillant sur des moyens de traiter l’infertilité chez l’homme ou chez la femme que des chercheurs du CHUL (Centre hospitalier de l’université Laval, à Québec) ont été mis sur la piste de ce qui pourrait devenir «le» moyen de contraception des prochaines années: une hormone qui normalement stimule les fonctions ovariennes ou testiculaires, mais qui les inhibe dès qu’elle se trouve en quantité légèrement trop forte dans l’organisme.Cette hormone, la LHRH, peut en effet déclencher chez la femme le processus des menstruations en causant une chute de la formation de progestérone.Chez l’homme, elle bloque aussi bien la formation des hormones sexuelles mâles que des spermatozoïdes.C’est du moins ce que des expériences sur des rats effectuées depuis huit ans au laboratoire d’endocrinologie moléculaire de l’université Laval ont réussi à montrer, expériences qui ont été suivies, depuis deux ans, par des essais cliniques sur des sujets humains.Ces essais sont réalisés par trois hôpitaux de Québec (le CHUL, Saint-François-d’Assise et l’Enfant-Jésus) auprès d’une cinquantaine de volontaires, dont une Dr Fernand Labrie, directeur du Groupe de Recherche en Endocrinologie Moléculaire du Conseil de Recherches Médicales du Canada établi au Centre Hospitalier de l’Université Laval vingtaine d’hommes.Les résultats de ces essais préliminaires — et de ceux de plusieurs autres laboratoires dans le monde — sont suffisamment encourageants pour qu’on puisse dès maintenant parler d’une nouvelle approche physiologique en matière de contraception.Mais de contraception au féminin seulement.Chez l’homme en effet, l’administration de LHRH a été effectuée seulement à des fins de vérification des résultats obtenus sur les rats en ce qui concerne la formation des hormones sexuelles mâles, ces androgènes dont dépendent les caractères sexuels secondaires comme la pilosité ou la voix grave; pour bloquer aussi la formation des spermatozoïdes, il faudrait administrer la LHRH pendant une période de temps très longue, ce qui entraînerait des effets indésirables trop marqués sur les caractères sexuels secondaires en question.Pour le moment, la LHRH va servir, chez l’homme, au traitement de maladies reliées à une trop forte sécrétion d’hormones sexuelles mâles, comme le cancer de la prostate; actuellement, seule une intervention chirurgicale très éprouvante, la castration, peut enrayer le cours de la maladie.C’est donc comme moyen de contraception féminin que la LHRH risque d’être le plus rapidement utilisée.Selon le principal responsable de toutes ces recherches à Québec, le Dr Fernand Labrie du CHUL, ce moyen de contraception présente maints avantages par rapport à la célèbre «pilule».Entre autres, on sait que celle-ci agit en empêchant l'hypophyse d’envoyer normalement le message chimique qui déclen- cherait l’ovulation; pour obtenir un tel résultat, on utilise une forte dose de stéroïdes qui ont des récepteurs non seulement dans l’hypophyse, mais aussi un peu partout dans l’organisme; d’où les effets secondaires bien connus de la pilule.La LHRH, elle, vient,au contraire modifier beaucoup plus discrètement le cycle naturel: administrée une fois par mois — c’est la solution actuellement retenue par l’équipe de Fernand Labrie — elle ne fait qu’avancer les menstruations de quelques jours.D’où le grand avantage de cette approche en finesse: l’absence d’effets secondaires.«Après huit ans de recherches fondamentales et appliquées sur la LHRH, affirme le chercheur, il serait excessivement étonnant que nous ayons des mauvaises surprises: nous ne venons pas perturber en profondeur les mécanismes physiologiques normaux.» Publicisées récemment à Québec à l’occasion de la tenue, à l’université Laval, du congrès annuel de la «Society for the Study of Reproduction», ces recherches sur la LHRH ont attiré l’attention des media par un aspect qui a surpris les chercheurs eux-mêmes: ce nouveau contraceptif sera administré par voie nasale.«De cette façon, note Fernand Labrie, on a besoin de doses nettement moins fortes que si l’on avait retenu l’administration par voie orale.» Il faut de plus noter que ce n’est pas l’hormone elle-même qui est employée, mais des produits de synthèse analogues, dont certains sont jusqu’à 500 fois plus puissants que la LHRH naturelle.Le vaporisateur nasal contraceptif se retrouvera-t-il donc bientôt sur les rayons de nos pharmacies?Probablement, mais dans un avenir tout de même un peu éloigné.Dans cinq ans peut-être, estime Fernand Labrie, mais plus plausi-blement dans sept ou huit ans.Car même si l’on en sait maintenant assez long sur cette hormone et sur les phénomènes physiologiques qu'elle commande, toute la partie développement reste à faire.Yanick Villedieu QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 7 RECHERCHE DES CERVEAUX MIGRATEURS Si on ne retenait que l’exemple du déménagement de la Direction générale des pêches maritimes à Gaspé pour porter un jugement sur le projet de décentralisation du gouvernement du Québec, on croirait bien que cette dernière ne peut s’effectuer qu’avec des pleurs et des grincements de dents.Décidée lors du sommet sur les pêcheries qui se tenait à Gaspé en mai 1978, la relocalisation de cet important centre de recherche qui emploie 90 fonctionnaires a depuis soulevé vents et marées.Plusieurs chercheurs sont même passés aux Services de pêches et océans Canada alors que le gouvernement du Québec annonçait un important programme de relance des pêcheries de 225 millions de dollars.Le débat fonctionnaires-gouvernement sur ce déménagement fait souvent référence à l'expérience de la Station de biologie marine de Grande-Rivière, rapatriée en 1970, du temps où l’on qualifiait déjà la Gaspésie de «Sibérie des fonctionnaires».La décentralisation en général n'inquiète pas les fonctionnaires, mais ceux-ci proclament bien fort que l'efficacité d’un organisme de recherche ne repose pas principalement sur sa proximité du milieu d'étude, mais sur l’ampleur de ses moyens de recherche et de diffusion.Qui dit recherche fait allusion à laboratoire bien équipé, échanges professionnels fréquents, bibliothèque de référence bien garnie, etc.En revanche, le gouvernement fait état du syndrome de l’appareillage et de la possibilité de pratiquer les mêmes recherches à Gaspé.Grand Théâtre et Colisée en moins! Plusieurs ont parlé du compromis de Rimouski qui possède déjà une section océanographique à l’Université du Québec de l'endroit, l’INRS-Océanographie et le groupe interuniversitaire en recherches océanographiques.C’est une bonne proposition, mais le déménagement s’effectuera même si on doit remplacer la majorité des chercheurs démissionnaires par des Gaspésiens qui ont à cœur le développement des pêcheries.Tandis qu'à Gaspé on prend le refus des fonctionnaires comme une insulte, aux Iles-de-la-Made-leine on dit qu’on aurait pu avoir quelques pommes dans l’Est du Québec, mais pas nécessairement tout le pommier! Par contre, pendant ce temps, le gouvernement fédéral réalisait un programme sans précédent de décentralisation.Ce déplacement de fonctionnaires d’Ottawa aux régions touchait 2 600 employés fédéraux à temps plein et 1 500 à temps partiel.Bien entendu, plusieurs ministères ou services gouvernementaux touchés ne donnent lieu qu'à un changement de lieu où «l’on brasse de la paperasserie».L’exemple du déplacement de la Division du contrôle des chèques du ministère des Approvisionnements et Services à Matane donne une bonne idée de ce qu’est la décentralisation: seulement cinq anciens fonctionnaires, tous des cadres supérieurs à l’administration, ont suivi.La grande majorité des 250 employés viennent donc de la Gaspésie, sauf une trentaine de spécialistes en informatique.On estime que la productivité est de dix pour cent supérieure à Matane puisque le classement annuel des 130 millions de chèques fédéraux ne se fait plus entre les mains de vieux fonctionnaires sur le bord de la retraite, mais entre celles de personnes dont la moyenne d’âge est de 27 ans et la peur de retourner faire la file au Centre de main-d’œuvre est viscérale.Quoi qu'il en soit, le déménagement de services plus techniques du gouvernement fédéral ne semble pas poser de complication en région.Ainsi on installera le Laboratoire de lutte contre la maladie du ministère de la Santé nationale à Kamloops, C.B., le service de la règlementation des télécommunications à Québec et on retrouvera la Direction des levés et de la cartographie du ministère de l’Energie, des Mines et des Ressources à Sherbrooke.La fin de ces déménagements est prévue respectivement pour 1980, 1981 et 1982.Avant d’effectuer cette décentralisation vers 12 localités canadiennes, le gouvernement central concentrait 30 pour cent de la fonction publique dans la région d’Ottawa comparativement à 12 pour cent dans le cas de l’administration américaine à Washington, D.C.Au Québec, la comparaison est plus difficile en raison des deux pôles administratifs d’importance que sont la Métropole et la Capitale qui se partagent respectivement 22 et 55 pour cent, ce qui laissent aux «provinciaux» un peu plus de 20 pour cent de la fonction publique.La majeure partie de ces fonctionnaires répondent aux besoins de la population, travaillent à l’administration de leur service ou, dans quelques cas, effectuent un certain travail scientifique sur le terrain.ce qui n’enlève pas tellement d’ouvrage aux fonctionnaires du Complexe scientifique de la Vieille Capitale.L’exode des cerveaux des régions vers les grands centres est cependant de moins en moins vrai.La création du réseau des collèges d’enseigne- NOUVEAU PROGRAMME CERTIFICAT DE PREMIER CYCLE EN ÉCOLOGIE • Ce programme s'adresse aux détenteurs d'un DEC, aux personnes déjà engagées dans le milieu de travail qui ont besoin de connaissances en écologie pour leurs activités professionnelles et aux personnes cherchant à parfaire leur culture dans le domaine scientifique.• Ce programme vise à: - Donner une formation de base dans le domaine de l'écologie à des personnes dont l'activité professionnelle pourrait en être améliorée.- Permettre l'acquisition de connaissances de base en biologie, nécessaires à la compréhension de l’équilibre des écosystèmes, de même que celle des techniques utilisées en écologie terrestre et aquatique - Faciliter la compréhension des nombreux déséquilibres apportés aux écosystèmes par l'activité humaine.- Faciliter l’accès aux nombreux travaux scientifiques consacrés à l’écologie et permettre ainsi une implication plus fondée et plus considérable dans les pro blêmes de conservation des ressources renouvelables.- Initier aux concepts de base et aux méthodes de travail de l'écologie.CONDITIONS D'ADMISSION Détenir un DEC ou l'équivalent ou Posséder des connaissances appropriées, une expérience jugée pertinente et être âgé d'au moins vingt-deux (22) ans POLITIQUE D'ADMISSION • Programme non contingenté.• Pas de cours spécifiques de niveau collégial exigés DATE LIMITE DE DEMANDES D'ADMISSION Session d’automne: Temps complet: 1er mars Temps partiel: 1er juillet Session d'hiver: Temps complet et temps partiel: 1er novembre POUR INFORMATION Famille des Sciences Pavillon des Sciences.1200.rue St Alexandre, Montréal.Québec.HEC 3P8 Tél : 282-6960 "I Module de Biologie Pavillon des Sciences.1200, rue St-Alexandre, Montréal.Québec.H3C-3P8 Tél : 282-7105 FORMULAIRES D'ADMISSION Service de l'Admission.1187.rue Bleury.local 2930.Montréal.Québec.H3C-3P8 Tél: 282-7161 Université du Québec à Montréal 1969 1979 Le réseau de l'Université du Québec: dix ans de réalisations 8 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE mm ment général et professionnel (CEGEP), puis du réseau de l’Université du Québec a aidé à la formation des travailleurs dans les régions en répondant en partie aux besoins de ces régions.L’expérience de décentralisation du fédéral n’a pas donné de si mauvais résultats et la présence dans les régions d’un bon nombre de stations de recherche d’Agriculture-Québec, de services du ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche ou la promesse d’une plus grande régionalisation pour le futur ministère de l’En- vironnement font oublier la mésaventure dans le domaine des pêcheries.Le poids démographique des grands centres ne permettra jamais un retour de pendule en faveur des régions, mais il reste à savoir à quel point la bonne intention gouvernementale qui vise à remettre aux régions l’administration de leur développement et de leurs ressources est réalisable alors que les fonctionnaires, ceux qui peuvent aider à réaliser ce projet, sont partagés sur le sujet.A?idré Lamoureux L'OREILLE DU QUÉBEC ¦¦'LT a- .-.'rt 1 Le 7 septembre dernier a été inaugurée à Weir, à quelque cent km de Montréal, la station des Laurentides de Téléglobe Canada.Utilisant la bande de 6/4 GHz, elle est actuellement reliée à l’un des trois satellites Intersat de transmission situé au-dessus de l’Atlantique.Son emplacement a été choisi en raison de la protection naturelle qu’offrent les montagnes environnantes contre le brouillage radioélectrique, et de la proximité des stations terminales de trafic international de Montréal et de Toronto.Relativement libre de toute pollution industrielle et de trafic aérien, il se prête bien à l’expansion de la station qui prévoit une exploitation dans les bandes plus élevées des fréquences 11/14 GHz.ENTREVUE AVEC STELLA BARUK LA LOGIQUE DE NOS ERREURS «tiDJu,! ’Hkairi Cfiit jj.Au mois d’avril dernier, Mme Stella Baruk, auteur de Echecs et Maths et de Fabrice ou l’école des mathématiques, effectuait un court séjour au Québec.A cette occasion, Mme Baruk a donné une série de conférences, entre autres dans les principales universités de la province, au cours desquelles elle a exposé ses idées sur l'enseignement actuel des mathématiques.Quinze années d’expérience dans l’enseignement des mathématiques, dont une large partie à des enfants «caractériels» ou «enfants-problèmes», ont conduit Mme Baruk à constater que «l’échec en maths n’est pas l’échec de l’enfant mais celui de l’enseignement».C’est en effet la thèse qu’elle soutient dans Echec et Maths paru en 1973.Mme Baruk fait, dans ses livres, une critique très acerbe de l’enseignement des mathématiques en France, critique que le lecteur québécois peut facilement transposer à l’enseignement dispensé au Québec.Stella Baruk utilise une métaphore pour le moins surprenante pour nous parler des mathématiques: il est question, en effet, des mathématiques du ciel, des mathématiques de la terre et de celles des limbes! Auquel de ces endroits trouverons-nous la paix éternelle?À vous de choisir! Les mathématiques du ciel sont les mathématiques dont seule une élite peut apprécier les subtilités, et cela après une longue initiation.Le monde céleste des axiomes, des théorèmes et des démonstrations est en effet une source de joie pour certaines personnes, cependant il est malheureusement trop facile pour le commun des mortels de se perdre dans les dédales de la pensée abstraite.Par contre, les mathématiques de la terre relèvent d’un réalisme profondément enraciné dans la vie de tous les jours.Mais les notions mathé- matiques fondamentales ne peuvent pratiquement plus être identifiées.C’est ici que l’on devra résoudre le problème existentiel du monsieur qui vend dix balayeuses par jour pendant 25 jours et qui se demande s’il pourra manger le 26ième jour! On se perd dans une concrétisation souvent mal à propos des mathématiques qu’on ne peut plus transcender.Ce «problème concret» détourne l’étudiant du but poursuivi qui est de lui faire assimiler une notion nouvellement apprise.Le bonheur se trouve donc, selon Mme Baruk, dans les limbes! Celles-ci sont identifiées aux mathématiques de l’erreur, c’est-à-dire qu’un enfant qui fait des erreurs a toujours une bonne raison.Le but de Mme Baruk est de réussir à «reconnaître tous les liens qui ligotent littéralement la pensée d’un enfant et de les dénouer».Par exemple, ce cas rencontré par Mme Baruk: un enfant à qui on faisait répéter: «une application est une relation entre deux ensembles telle que chaque élément du premier ait une image unique dans le deuxième».Toute la classe avait compris, sauf ce petit garçon qui, connaissant la défi-: nition de l’application, s’obsti-.nait à dessiner plusieurs flèches au lieu d’une seule.Il répétait:, une image unique, et de nouveau de nombreuses flèches apparaissaient.Intriguée, Mme Baruk lui demande: «Qu’est-ce que ça veut dire, pour toi, uni-Ça veut dire qu’il est seul.— Oui et alors?— Ça veut dire qu’il a toujours plein de cadeaux.» Pour cet enfant, unique voulait dire comblé, beaucoup! Les enseignants doivent donc s’efforcer d’être conscients de leur discours ainsi que des ambiguïtés qu’il est susceptible de susciter chez l’étudiant, que ce soit à un niveau simplement phonétique, ou même au niveau de la compréhension du sens fc mis jjiïÜll a je qui lu [ai:, 11» Jefaiiefc Biliémi «lise sont [06 Je If» Ainsi, i b mil b react» ki io (ooiact L net chu ions qui mu gi rairÉso |éei les ni lires, m nnt pl pierqne fw par toi s et u b, consi isrment if on to «r eicelli île.fftontteL hpsi une om ; j fwspoïKiei ipiekeitj '«lest CfS|p lue le ¦ois aie, nlS QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 9 ' • ' * - des mots employés.Chaque individu a une expérience de vie qui lui est propre et, de ce fait, il lui est tout à fait normal de faire des erreurs, surtout en mathématiques, où les mots utilisés sont souvent assez éloignés de leur sens premier.Ainsi, il ne fait nul doute que les mathématiques provoquent les réactions les plus diverses chez les personnes qui entrent en contact un jour ou l’autre avec cette «bête noire»: réactions qui peuvent aller d'un certain goût ou même amusement à résoudre des problèmes chez les uns jusqu'à un réel traumatisme chez plusieurs autres, traumatisme qui sera d’autant plus difficile à surmonter que les mathématiques sont par tous, parents, éducateurs et même confrères de classe, considérées comme un instrument de sélection infaillible ou comme le passeport par excellence de la réussite dans la vie.Mme Baruk croit que tout cela est «une formidable mystification qui cache en fait une opération de sélection apparemment inattaquable».En effet, si les bonnes notes correspondent à une bonne compréhension des mathéma- tiques, ce qui est loin d’être une règle absolue, cela prouverait simplement que l'étudiant possède une certaine habileté de l’esprit à jouer avec un certain nombre d'énoncés mettant en cause un certain type de logique intellectuelle.Selon Mme Baruk, c’est un exercice spécialisé qui peut aller très loin dans la complication mais qui, au point de vue de l’enrichissement affectif, intellectuel ou culturel, reste très limité.Les mathématiques ne doivent surtout pas servir d’instrument de sélection qui n’a aucune raison d’être.C’est donc toute une philosophie bien enracinée de l’enseignement des mathématiques que Mme Baruk remet ici en question.À la suite de toutes ces critiques, ces mises au point sur l’enseignement des mathématiques, Mme Baruk propose une nouvelle approche, une nouvelle façon de les enseigner: dispenser une culture de base, c'est-à-dire un ensemble d’idées sur ce qu’est la méthode mathématique, ce qui la distingue des autres sciences, son histoire.En plus d'élargir les horizons du professeur lui-même, la connaissance des différentes raisons qui ont influencé l’appari- tion de certaines notions mathématiques, même les plus simples, ne peut qu’être bénéfique à l’apprentissage de l’étudiant et le sécuriser.Prenons par exemple une notion aussi banale que le «zéro».Même dans des classes pré-universitaires, on retrouve les raisonnements suivants: «trois multiplié par zéro, ça fait trois, parce que zéro c’est rien, alors multiplier par rien, ça fait qu’on n’a rien fait et ça laisse le trois comme ça.Zéro moins trois.Zéro, c’est rien, alors je ne peux pas enlever quelque chose de rien!» Cette litanie du zéro pourrait se prolonger fort longtemps! Pourtant, savoir que le zéro n’est apparu que très tard historiquement dans le langage mathématique et que ce sont des raisonnements comparables à ceux effectués par les étudiants qui furent la cause exacte de l’apparition tardive du zéro, ne pourrait que rassurer l’étudiant sur sa propre faculté de raisonner.Par la même occasion l’enseignant, en prenant conscience du fait que son étudiant suit un cheminement de pensée similaire à celui de la pensée des hommes au cours des âges, ne pourrait que constater que les erreurs commises sont tout à fait naturelles.Danielle Ouellet POMOCULTURE LA McINTOSH DÉTRÔNÉE La pomoculture québécoise est une industrie qui a vieilli trop vite et qui a besoin d’un sérieux coup de barre si elle veut maintenir ses exportations à l'étranger.Cette industrie, beaucoup trop dépendante des défauts et aussi des qualités de la pomme McIntosh, laquelle occupe près de 80 pour cent de la production québécoise, est menacée de stagnation et même d’un envahissement éventuel de la part des Américains qui ont su transformer leur production selon les goûts de la clientèle.C’est peut-être un bien pour un mal que les consommateurs québécois aient adopté la McIntosh, elle, qui s’est imposée sur le marché dès les années 40 alors qu’on comptait plus de 300 variétés de pommes.Longtemps auparavant, les pomi- culteurs avaient misé sur la Fameuse qui, ayant acquis ses lettres de noblesse au tournant du siècle, a été grandement décimée lors du rigoureux hiver de 1917-1918.Comme quoi, on ne doit jamais miser sur un seul cheval à la fois! D'ailleurs, les fondateurs de la Société pomologique et fruitière de la province de Québec reconnaissaient, lors de leur première réunion, le 8 février 1894, le besoin de diversifier la production.La McIntosh est excellente au goût, mais son grand défaut c’est qu’elle ne se conserve pas longtemps.Deux ou trois mois au plus; ce qui laisse le marché de la consommation des pommes du printemps jusqu’au mois d’août aux producteurs de l'extérieur.Pourtant les recher- ches faites avec la McIntosh sont nombreuses et portent autant sur sa transformation génétique, qui a donné plusieurs mutants, que sur la protection des insectes et des maladies particulièrement nombreuses dans le cas de la pomme en général.Ceux qui s’intéressent le moindrement à la pomoculture connaissent l’importance des greffes sur les pommiers et c’est en 1823 que furent effectuées les premières à Abbotsford, près de Rougemont, ce qui démontre que les travaux scientifiques sur la pomme ne datent pas d’hier.Ce qui est plus près de nous toutefois, c’est la décision du ministère québécois de l’Agriculture de motiver les pomicul-teurs québécois à rajeunir leurs vergers par un programme de réorientation de la production lancé en août 1978.«Il n’est pas question, soulignait à l'époque le ministre Jean Garon, d'éliminer la McIntosh, car elle demeure un atout majeur pour l’industrie de la pomme dans la province, mais l’accent doit être mis sur la diversité afin de pouvoir satisfaire toutes les exigences des consommateurs de fruits frais et des entreprises de transformation.» La McIntosh est sûrement délicieuse à croquer à l'automne, mais elle pose d'insurmontables problèmes de conservation aux fabricants de jus de pomme, de sauces et de préparations à tarte qui ont besoin d’approvisionnement à l’année longue.S’ils ne se fiaient qu’à la McIntosh, les transformateurs rencontreraient certainement des pépins! 10 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE »V.• ^ .'fA, ?< '-1 ^ .* r ASTROPHYSIQUE PIÈGES POUR NEUTRINOS Bon an, mal an, le Québec produit de cinq à six millions de boisseaux de pommes; les deux tiers de cette production se consomment à l’état frais, alors que les industries de transformation se divisent le reste pour le jus de pomme et le cidre, qui, depuis sa légalisation en 1971, prend dix pour cent de la cueillette annuelle.Les cidreries ne sont pas tellement regardantes puisqu'elles prennent même les pommes tombées par terre, mais «l’industrie du dessert» est plus difficile et c’est vers les pomiculteurs américains et ontariens qu’elle se tourne pour assurer ses approvisionnements.La qualité de la McIntosh n’est pas mise en cause, mais ce sont plutôt les nouvelles avenues qu’offrent les autres variétés de pomme qui sont intéressantes.Pour remplacer graduellement la McIntosh, les variétés Empire, Spartan, Greensmith, d’origine américaine, reviennent le plus souvent dans la bouche des spécialistes de la pomme au Québec.Elles ont toutes fait l'objet d’expérimentations poussées au Centre de recherches d’Agriculture-Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu où les pommes n’ont presque plus de secrets pour les spécialistes de l’endroit.Ceux-ci recevaient d’ailleurs l’hiver dernier le Dr Masayuki Ishiyama, une sommité dans la pomoculture au Japon, qui s’est arrêté au Québec en effectuant une tournée nord-américaine.De son passage, on retient que les Japonais ont mis en pratique la culture de pommiers nains qui permet d’avoir 2 500 pommiers nains à l’hectare.Chez nous, les pommiers conven- tionnels ne sont rarement plus de 125 dans un hectare et c’est justement vers ce nouveau genre de culture que se réoriente l’industrie de la pomme au Québec.Bien sûr, on ne laisse pas tomber les variétés Melba, Lodi, Quinte et quelques autres pommes que l’on peut cueillir en août ou au début de septembre parce quelles répondent à un besoin et c'est donc la McIntosh qui devra céder sa place.Quant aux nouvelles variétés auxquelles on ajoutera assurément certains croisements particulièrement bien réussis avec la McIntosh, tels la Charlotte, la MacFree et la Priscilla, on leur promet un bel avenir.Pour ce qui est des insectes nuisibles aux pommes, comme la tordeuse, la mouche et la pyrale de la pomme, ils n’ont qu’à bien se tenir puisque le service de défense des cultures d'Agriculture-Canada vient de mettre à l’essai dans des vergers québécois deux sortes de pièges: l’un fonctionnant sur l’attractivité de la couleur et des substances alimentaires et l’autre sur les phérormones sexuelles synthétiques correspondant aux substances naturelles des femelles.Si par hasard ces pièges-appâts ne donnent pas les résultats escomptés, les pomiculteurs peuvent toujours compter sur le réseau d’informations phytosanitaires de la station de protection des vergers de Farnham qui analyse jour après jour les conditions climatiques et recommandent aux pomiculteurs l’application ou la non-application de traitements protecteurs.André Lamoureux Au cœur de la fournaise solaire se déroule la fusion de l’hydrogène, processus donnant naissance à l’hélium et qui se poursuivra durant la majeure partie de la vie active de l’astre.Dans ce processus de fusion thermonucléaire, chaque fois que quatre noyaux d’hydrogène se combinent pour former un noyau d’hélium, deux neutrinos sont émis.Combinaison se réalisant moult fois chaque seconde, si bien que les scientifiques évaluent le flux de neutrinos atteignant le sol de la Terre à cent milliards par centimètre carré par seconde.Malheureusement, ces énigmatiques particules, sans masse et sans charge, interagissent très peu avec la matière et peuvent pratiquement la traverser sans subir «l’ombre» d’un ralentissement, d’où la difficulté de les ü' détecter.Il y a un peu plus de dix ans débutait une expérience visant à réaliser cette mission impossible.Les physiciens installèrent par 1480 mètres de profondeur, dans une mine d’or du Dakota du Sud, un immense réservoir contenant 380000 litres de perchloréthylène.Chaque fois qu’un neutrino frappait un noyau de chlorine-37, cible de moins de 10~42 centimètre carré, il le transformait en argon-37 radioactif, à partir A.ACKER N71ATION A L’ASTRONOME A L'ASTRONOMIE A.ACKER C'est pour tous les amis de l'astronomie qu'est publiée la deuxième édition de cet ouvrage d’^initiation», écrit à partir des cours donnés par l'auteur.Le panorama général de notre univers y est présenté, et les lois fondamentales qui régissent les positions et mouvements des astres, ainsi que leurs caractéristiques physiques et leur évolution dans le temps, sont décrites en n’utilisant que des termes et des calculs simples, illustrés par de nombreuses figures.Plusieurs exercices sont indiqués, et les données numériques fournies tant pour le système solaire que pour les étoiles et les galaxies sont sélectionnées parmi les plus récentes et les plus sûres basées sur les nouvelles découvertes en astrophysique et les résultats des dernières expéditions spatiales.Tous les astres, de masses, dimensions, morphologies.diverses découverts par les observations les plus récentes ou soupçonnés par les théories modernes, sont décrits et placés dans une échelle correcte dans le temps et l'espace (protoétoile.nébuleuse planétaire, pulsar, trou noir, quasar, galaxie, etc.).MASSON, 1979, 2e éd., 160 pages, 186 figures .*14.40 Veuillez m'expédier.ex.de l’INITIATION À L’ASTRONOMIE au prix de $14.40.?CHÈQUE ?MANDAT-POSTE Paiement ci-joint à l’ordre de SOM ABEC, 275 Sylva Clapin, Case Postale 295, St-Hyacinthe, Qué.J2S 5T5 NOM.ADRESSE .VILLE.CODE POSTAL .5673 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 11 duquel on pouvait évaluer le nombre de neutrinos capturés.Selon le -modèle théorique, le détecteur devait en compter, en moyenne, trois par semaine.Les données expérimentales sont inférieures à cette prédiction par un facteur de deux à trois.Résultat étrange et inexplicable.Cependant, cette étude de longue haleine apporte des données fragmentaires, les neutrinos assez énergétiques pour produire la transformation chlore-argon ne constituant que 0,01 pour cent de tous les neutrinos solaires.Les chercheurs ont donc décidé d’aller chercher d'autres informations avant de remettre en cause leur compréhension des processus de fusion thermonucléaire et de nucléosynthèse se déroulant à l’intérieur du Soleil.Ainsi, depuis quelques années, plusieurs équipes à travers le monde élaborent des projets de détecteurs plus sensibles et plus sophistiqués que celui du Dakota.Un de ces projets, le plus ambitieux, utiliserait comme détecteur du gallium-71.L’impact d’un neutrino transformerait un noyau de gallium-71 en germanium-71 radioactif.On a donc développé une méthode pour séparer avec précision quelques atomes de germanium-71 d’un grand volume de gallium-71.Avantage important du détecteur, des neutrinos de très basse énergie (minimum 0,233 Mev) pourraient agir comme déclencheurs de la transformation.Seules ombres au tableau, la quantité de gallium-71 nécessaire et son corollaire, le coût.John N.Bah-call, de l’Institut for Advanced Study, a calculé que l’expérience nécessiterait une soixantaine de tonnes de gallium-71, soit plus que la production mondiale annuelle.Le coût de l’opération se chiffrerait à 25 millions de dollars.Toutefois, on pense qu’une fois l’expérience terminée, le produit pourrait être revendu.Une autre expérience, plus modeste, utiliserait un détecteur basé sur la conversion de rindium-115 (In) en étain-115 (Sn).Dans ce projet réalisé par les laboratoires Bell, les neutrinos seraient comptés directement, et on espère arriver à mesurer l’énergie de chaque particule capturée.On obtiendrait ainsi un spectre du nombre de neutrinos en fonction de l’énergie.Quand un noyau d’indium capture un neutrino de très haute énergie, il émet un électron qui se déplace dans la même direction que le neutrino.En enregistrant le mouvement de cet électron et en le comparant avec la position du Soleil, les chercheurs pensent pouvoir prouver de façon définitive si ces neutrinos proviennent effectivement du Soleil.Ce projet de dix millions de dollars devrait débuter très bientôt.Enfin, un autre détecteur qui utiliserait le lithium-7 fait l’objet d’étude.Cette propriété de faible interaction avec la matière qui rend si difficile la capture des neutrinos leur confère une importance capitale dans la compréhension des mécanismes se déroulant à l’intérieur du Soleil.En effet, ils constituent les seules sondes du cœur de cet astre.On comprend donc l’importance que les physiciens attachent à leur détection.Les expériences projetées devraient apporter, sinon une solution, du moins un éclairage nouveau à l’énigme des neutrinos solaires.Claude de Launière SCIENCt POUR TOUS ÉDITIONS DE MOSCOU Les abeilles, pharmaciennes ailées • Ouvrage consacré à l’apiculture médicale.• L’auteur examine les propriétés thérapeutiques et prophylactiques du miel, du venin d’abeilles, de la cire, de la propolis, du pollen, de la gelée royale et de l’extrait alcoolique de faux-bourdons.• Montre l’intérêt que présentent les produits de la ruche dans l’ensemble des facteurs exerçant une influence sur la santé, la capacité de travail et la longévité de l’être humain.• Réédition très attendue.SCIENCES POUR TOUS ou LA VULGARISATION SCIENTIFIQUE SOVIÉTIQUE En vente dans toutes les librairies ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: LIBRAIRIE NOUVELLES FRONTIERES 185 est, rue Ontario Montréal H2X 1H5 TéL: 844-3636 KEDROV, F.: Six physiciens à la découverte de l’atome, 270 p., broché, 1979 ?$ 5.25 LEVY, V.: Les mystères du cerveau, 317 p., broché, 1979 ?$ 5.40 PEKELIS, V.: Les découvertes «inutiles», 381 p., broché, 1978 ?$ 6.40 MARKELOVA, L.: Clés pour les planètes, 185 p., broché, 1978 ?$ 3.95 lOIRICHE, N.: Les abeilles, pharmaciennes ailées, 240 p., broché, 1979 ?$ 4.95 EINSTEIN, LE LIVRE DU CENTENAIRE (Éditions Hier et Demain, France) — Sous la direction de A.P.French, Président de la Commission Internationale pour l’enseignement de la physique — Préface d’Alfred Kastler, Prix Nobel — Souvenirs de scientifiques ayant personnellement connu Einstein, abrégé de l’oeuvre d’Einstein, correspondance d’Einstein, écrits d’Einstein — Comprend une bibliographie, un index des sujets et un index des noms — 340 p., grand format, 1979 ?$28.90 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ .NOM .ADRESSE.VILLE.CODE POSTAL. 12 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE PUBLIREPORTAGE L’UNIVERSITE LAVAL EN CAPSULES La biomasse forestière: une source alternative d’énergie Un projet d’étude mené au Département d’écologie et pédologie de l’Université Laval par le professeur J.-André Fortin, s’inscrit dans une perspective d'économie de l’énergie en tentant de démontrer comment le potentiel biologique d’arbustes fixateurs d’azote et mycorrhiziens tels que les aulnes peuvent permettre de maximiser et de rentabiliser la production de biomasse végétale destinée à la transformation en substituts du pétrole.L'utilisation des plantes fixatrices d’azote revêt une importance capitale dans le contexte actuel de crise énergétique, en sachant que l’agriculture moderne consomme annuellement plus de 40 millions de tonnes métriques d’engrais azotés, production qui nécessite près de 100 millions de barils de pétrole.Ce qui explique le coût exhorbitant des engrais azotés et cette tendance à cultiver des plantes fixatrices d’azote pour économiser l’énergie.Le concept de biomasse apparaît dans une nouvelle perspective d’utilisation de la forêt.La raison principale de cette nouvelle orientation est, selon le professeur Fortin, la conservation de l’énergie et la nécessité d’augmenter notre autonomie en matière d’énergie.L’arbre devient matière première pour la production d’énergie, de combustible, de produits chimiques et pharmaceutiques et même de nourriture pour le bétail.Pour maximiser la masse végétale récoltée, il est possible d’avoir recours à la plantation et aux cultures intensives à courtes rotations avec des essences à croissance rapide et il est également possible d’améliorer ces techniques par la récolte complète ou entière de l’arbre.Il est à souligner que les cultures intensives ont une incidence notable sur la fertilité du sol.La production de biomasse végétale par la méthode agro-forestière est riche de promesses.En effet, certaines essences, notamment le peuplier, permettent de produire, sur un minimum de surfaces, une biomasse annuelle de l’ordre de 15 tonnes de matière sèche par hectare et par an, ce qui dépasse de loin l’augmentation de biomasse annuelle pour une forêt naturelle telle la sapinière, qui est inférieure à une tonne.Les quantités d’énergie et les coûts occasionnés par la fabrication, le transport et l’épandage des engrais azotés qui sont essentiels pour obtenir un bon rendement en biomasse causent cependant un problème assez grave.C’est dans cette optique que le groupe de recherche en biologie de l’arbre de l’Université Laval a expérimenté, avec succès, l’utilisation de l’aulne pour refaire la végétation à Manic V et a ainsi permis d’obtenir des rendements de 12 tonnes de matière sèche à l’hectare par an, sans aucun apport de fertilisants et à partir d’un sol dont la fertilité était nulle au départ.C’est cependant en culture intensive mixte que l'aulne montre les résultats les plus prometteurs.Les expériences menées sur le champ par le groupe de recherche de Laval révèlent que le peuplier et l’aulne cultivés ensemble sur une même unité de surface produisent presque deux fois plus de biomasse.Ainsi, en plus d’un effet regénérateur sur le soi, l’aulne comme plante fixatrice d’azote apparaît comme un moyen très intéressant pour favoriser la croissance d’essences exigeantes en fertilisation azotée comme le peuplier.La technologie moderne peut produire, à partir de cette biomasse, des sources alternatives d’énergie qui sont susceptibles, à plus ou moins longue échéance, d’assurer une part de notre autonomie énergétique (5 à 8%).Le professeur Fortin souligne cependant que cette production énergétique ne pourra devenir significative que si on arrive à produire un volume de biomasse suffisamment grand à un coût économique.On entrevoit la possibilité de produire, entre autres formes d’énergie, de l’hydrogène, du méthane et du méthanol (alcool de bois), lequel peut être substitué à l’essence en tout ou en partie.D’après le Dr A.Carlisle, de l’Institut de recherches forestières du Canada, la production de méthanol à partir de la biomasse forestière constitue la seule option faisant intervenir un nouveau combustible liquide qui pourrait procurer aux régions de grandes possibilités d’expansion, notamment dans certaines régions rurales défavorisées de l’est du Canada.Colloque international d’économie pétrolière Le Groupe de recherche en économie de l’énergie (GREEN) de l’Université Laval tiendra, du 29 au 31 octobre 1979, au Château Frontenac, son 4e Colloque international d’économie pétrolière.Sur le thème «Prix, financement et équilibres économiques», trois points seront particulièrement considérés: l'évolution des prix pétroliers durant la prochaine décennie et ses effets d’une part sur l’exploitation des substituts du pétrole, d’autre part sur la conjoncture économique mondiale; le problème du financement des besoins énergétiques; les relations entre les politiques nationales de l’énergie et les exigences de l’équilibre économique.L’objectif de ces Colloques qui, depuis, 1973, ont acquis une grande audience sur le plan international, est d’offrir un forum où les points de vue des compagnies, des gouvernements, des universitaires et des organismes internationaux, sont débattus d’une manière très libre et dans un esprit de dialogue plutôt que dans un climat de confrontation.Pour tout renseignement complémentaire, on peut s’adresser au secrétariat du Colloque-GREEN, Département d’économique, Université Laval, Québec.Tél: (418) 656-7479- Vers la contraception de l’avenir Dans le cadre du 12e Congrès annuel de la «Society for the Study of Reproduction» qui se tenait dernièrement à l’Université Laval, le Dr Fernand Labrie, directeur du Laboratoire d’endocrinologie moléculaire du CHUL, faisait état d’une approche nouvelle et fort prometteuse à savoir la contraception par voie nasale.Cette méthode de contraception a été mise au point et testée au Laboratoire d’endocrinologie moléculaire du CHUL.Celle-ci consiste à administrer sous forme d’aérosols, une hormone synthétique analogue à la LHRH, qui, en quantité normale, stimule l’ovulation et la sécrétion des hormones sexuelles chez la femme et la spermatogénèse chez l’homme alors qu’en quantité légèrement trop élevée, cette hormone inhibe les fonctions de l’ovaire et du testicule.C’est ainsi que l’administration par voie nasale d’une hormone analogue à la LHRH une fois par mois chez la femme normale cause l’apparition des menstruations et offre l’espoir d'une nouvelle approche physiologique de la contraception sans effet secondaire.Comme l’explique le Dr Labrie, la chute de la formation de progestérone et l’avènement des menstruations sont un phénomène naturel mensuel qui n’est avancé que de quatre à cinq jours par l’administration de ce produit.Bien que ce procédé contraceptif ait déjà été expérimenté avec succès chez un certain nombre de femmes, il ne serait vraisemblablement pas commercialisé avant 5 à 6 ans. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 13 PUBLIREPORTAGE La généalogie pour retracer les chromozomes dans le temps La découverte de l'atome et la mise au point de la bombe atomique ont été faites bien avant que l’on sache ce qui se passe dans nos cellules.En effet, le nombre exact de nos chromosomes n’a été découvert en Suède qu’en 1956.Depuis, les recherches dans ce domaine se sont intensifiées et ont même pris, à l’occasion, une tournure tout à la fois intéressante et inusitée.C'est ainsi que le Docteur Paul Genest, chercheur au Laboratoire de cytogénétique du Département de pathologie de l'Université Laval, s'intéresse depuis quelques années au chromosome Y et plus spécialement à certaines variations que présente ce chromosome.Le tout a commencé lorsque le Docteur Genest a découvert chez un individu, en 1967, un chromosome Y plus grand que la normale et possédant à une de ses extrémités des appendices satellitiformes (Fig.1), éléments propres uniquement aux chromosomes acrocentriques du complément chromosomique humain.C’était la première fois que l'on trouvait une telle particularité chromosomique.Depuis, quatre autres observations similaires ont été rapportées dans la littérature médicale, soit en Suisse, au Japon, aux États-Unis et, tout récemment, en France.Rappelons que le chromosome Y est spécifique aux cellules masculines et qu’il est responsable de la formation des organes sexuels mâles dans l’oeuf fécondé.De plus, parce qu’il possède des caractéristiques morphologiques et tinctoriales uniques, le chromosome Y est, de tous les éléments chromosomiques, celui qui peut être identifié le plus facilement.S'il présente en plus des variations structurales, il devient alors un élément marqueur dont l’existence chez certains individus permet une identification biologique précise et irréfutable.Figure 1: Métaphase cellulaire partielle montrant un chromosome Y à satellites (flèche).L’identification de deux autosomes des groupes F et G sont pour fin de comparaison.Grossissement original X 3 400.Comme les chromosomes d’une progéniture sont d’origine parentale, il est donc possible de retracer l'ascendance paternelle de sujets porteurs d’un Y particulier, de suivre ses errances dans l’arbre généalogique et de déterminer le moment de son apparition dans les gamètes d'un ancêtre.Une telle recherche peut éventuellement être utile dans des cas particuliers où la paternité est contestée.C’est à la suite de la découverte faite en 1967 que le Docteur Genest s’est intéressé au cheminement de la transmission héréditaire de chromosomes Y particuliers dans une lignée familiale.Si l'on considère par exemple le cas du grand chromosome Y à satellites, dont il est question plus haut, celui-ci résulterait vraisemblement d’une translocation d’un segment du bras court d’un autosome acrocentrique.Ce type d’Y satellité a été retracé, tout d’abord, chez quelques individus descendants tous d’un certain Pierre B., né en 1832.Puis, subséquemment on le retrouve chez d’autres sujets portant un patronyme différent et l'étude généalogique de ces derniers révéla qu’ils étaient tous issus d’Antoine R., tonnelier français, né en 1635 à Joigny près de Sens, qui émigra au Canada en 1665.De plus, la prétention d’un Argentin, de la région de Buenos-Aires, à la descendance de cet ancêtre français, s’avère exacte quand on mit en évidence cet Y particulier, dans la culture lymphocytaire de son sang.Bien que l'origine de cet Y à satellites soit difficile à déterminer de façon certaine, une recherche poursuivie chez des R.français, et dont les résultats ont été négatifs, permet de croire que cet Y satellité est québécois et que le premier porteur serait Pierre R., né en 1669 d’Antoine R.L’existence de cet Y à satellites dans la lignée familiale R.porte à croire que l'Y identique observé précédemment dans une autre famille ne pouvait avoir une origine différente.La similitude des caractéristiques structurales et une étude statistique des deux Y ainsi qu'une recherche analytique dans les archives locales tendent à démontrer que cet Y marqueur serait apparu dans cette dernière famille vers 1830, grâce à une paternité illégitime mais discrète d'un porteur inconscient de la lignée familiale R.Figure 2: J B m I6S6 ¦ Grand chromosome Y © Avortement ?Non examiné D’autre part, des rapports sur la fréquence du chromosome Y, chez des couples mariés ayant des troubles de grossesse, montrent qu’il y a un risque élevé d’avortement spontané à répétition quand le mari a un chromosome Y de grande taille.Le Docteur Genest pense que cette particularité peut être héréditaire.Afin de vérifier cette hypothèse, il a fait une étude de la fréquence de l’avortement spontané chez des couples mariés appartenant à quatre lignées familiales différentes et dont les maris de chaque lignée avaient des Y distinctifs, soit deux grands, un petit et un de taille normale.Une première constatation résultant de cette recherche démontre-que, dans une des deux lignées familiales porteuses d’un Y de grande taille, le nombre d’épouses qui ont avorté et celui des avortements spontanés sont anormalement élevés (Fig.2) comparativement à ceux observés dans les trois autres lignées familiales et cette différence est statistiquement significative.Il y a donc évidence qu’un Y de grande taille augmente le risque d’avortement spontané chez le conjoint et que cette caractéristique est héréditaire et transmissible dans une lignée patrilinéaire.Par contre, l’influence négative manifestée dans la deuxième lignée familiale ayant aussi un grand Y démontre que tous les grands chromosomes Y ne possèdent pas les mêmes caractéristiques.Afin d’expliquer cette différence, le Docteur Genest émet l’hypothèse qu’il existe plusieurs mécanismes de production des Y de grande taille.Par ailleurs, le nombre de grossesses chez les épouses dans les quatre lignées familiales investiguées est comparativement similaire.Selon le Docteur Genest, il y aurait là une indication que l’influence adverse d’un grand Y se manifesterait non sur la fertilité du mari, mais plutôt sur la vitalité de l’embryon.Bibliographie: DUTRILLAUX, Bernard, Sur la nature et l'origine des chromosomes humains.Expansion scientifique française, Paris 1975 Grouchy, Jean de, Catherine TURLEAU, Atlas des maladies chromosomiques, Expansion scientifique française, 1977 Ford, E.H.R., Human Chromosomes, Academie Press, London, 1973 BORGAONKAR, Digamber S., Chromosomal Variation in Man, Alan R.Liss Inc., New York, 2e éd„ 1977 German, James, Chromosomes and Cancer, John Wiley & Sons, New York, 1974 Ginette Beaulieu Division de l’information Université Laval SOCIÉTÉ DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES INC.ENTREPRISE QUEBECOISE A LA MESURE DES NATURALISTES QUEBECOIS SERVICES OFFERTS: • Librairie spécialisée en sciences naturelles, la plus complète au Canada.• Matériel de récolte, de collection et d'étude en sciences naturelles.• Service complet de taxidermie.• Cartes topographiques.• Cours d’éducation populaire: Botanique, ornithologie, mammalogie, ichtyologie, entomologie, minéralogie, géologie du Québec, cartographie et boussole, technique de récolte en sciences naturelles, taxidermie.• Pour les membres: local et équipement mis à leur disposition, 7 jours par semaine -10% d’escompte sur les livres et le matériel S.V.P.me faire parvenir Nom Date de naissance / / • Catalogue de livres et matériel scientifique (gratuit) ?Adresse • Index des cartes topographiques (gratuit) ?• Prospectus de NABEC (gratuit) ?Tél.Date • Carte de membre ($5.00) ?Signature S.R.S.NABEC INC.- 4057 Ste-Catherine est, Montréal, Qué.H1W 2G9 — Tél.(514) 523-3945 15 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 SE BRANCHER SUR LE VENT Encore malhabile, l’enfant terrible des énergies nouvelles au Québec fait ses premiers pas par François Beaulieu L'énergie éolienne est-elle l'énergie des rêveurs et des barbus?Dans la tête de plusieurs personnes, que le vent puisse développer de l'énergie reste un mystère.Pour d'autres, c'est essentiellement une belle utopie, «du vent», diront-ils.Pourtant, dans les vieux pays tels que la Hol- Mais il ne faut pas s'illusionner; actuellement, le vent ne fournit même pas un pour cent du total de l'énergie que nous consommons, et cette part du bilan énergétique restera longtemps modeste.De plus, au Québec, le vent n'a encore réussi à séduire aucun entrepreneur, et l'industrie éolienne y est inexistante.Pourtant ici et là du travail s'effectue.lande, le Danemark, ou la Norvège, on a commencé à harnacher le vent depuis belle lurette et, dans les années 30, il s'est vendu aux États-Unis pour plusieurs millions de dollars d'éoliennes domestiques.Alors que le spectre des lignes d'attente aux pompes à essence semble veiller à nos portes, de plus en plus, par journée de grands vents, on se prend à rêver à cette nouvelle génération de moulins à vent.D'ailleurs, à la très officielle société d'État qu'est l'Hydro-Québec, on fait plus qu'y rêver, on tire des plans et on étudie des sites.L'énergie «gratuite» et inépuisable qui circule abondamment le long de la Côte-Nord et sur le golfe du Saint-Laurent en général est considérée comme un potentiel d'appoint intéressant pour le développement du réseau électrique.SOUMIS AUX CAPRICES DU VENT Mais d'abord le fonctionnement d'un système éolien n'est peut-être pas aussi simple qu'on peut le penser.Le vent lui-même est capricieux, il souffle quand bon lui semble et il faut s'en accommoder.Mais quand vient le temps de répondre à une demande qui, elle, impose sa loi, il faut imaginer une façon adéquate d'intégrer les éventuelles éoliennes au réseau électrique existant, parfois aussi prévoir des systèmes de stockage d'énergie.Également, pour arriver à produire uncourant alternatif stable à 60 hertz et à voltage constant, à partir de rafales fluctuantes, il y a toute une quincaillerie à concevoir: transformateurs, régulateurs, etc.Le rotor lui-même (la partie qui tourne dans octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE le vent pour entraîner la génératrice) peut prendre des formes des plus inusitées.Disons tout de suite qu'il existe deux grandes classes d'aérogénérateurs: ceux à axe horizontal (comme une hélice d'avion) et ceux à axe vertical (comme une balerine tournant sur elle-même).Mais voyons un peu ce qui se fait chez nous.Au Québec, la conjoncture a amené le gouvernement à jouer un rôle prédominant dans la recherche en ce qui a trait aux éoliennes.Le gouvernement québécois escompte arriver à combler, en l'an 2000, cinq pour cent de nos besoins énergétiques à Laide des diverses énergies «redécouvertes» (le solaire et les éoliennes, mais aussi la tourbe, le mé-thanol de bois, etc.).Pour y parvenir, il a encouragé depuis plus de quatre ans la poursuite d'un programme de recherche sur les grandes éoliennes et les systèmes éoliens complets.En mai 1977, l'IREQ (Institut de recherche en électricité du Québec) installait aux îles-de-la-Madeleine une grande éolienne de 230kilowatts.Une telle puissance correspond à l'équivalent de la consommation électrique d'une trentaine St' *,[ l3( 51e, p3fV( tout AEROMACHINES DE PUISSANCES SUPERIEURES 1 000 kW Hauteur en mètres Direction du vent Tvmd Danemark 1 800 kW (1978) Growian Allemagne 3 000 kW (1980) Mod-2 É.-U 2 500 kW (1980) Mod-1 É.-U 2 000 kW (1979) ;• 1 ill I II WE QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 17 dem ceut chet Mêle uéhé-elm isoira émit les î mé-it ill ms la eiche ernes iere- tsal- :r:e - - : de maisons environ.L'éolienne des îles est de type Darius à axe vertical.Ce type d'éolienne est encore peu connu et donc beaucoup moins répandu que celui à axe horizontal, mais grâce à sa forme aérodynamique, qui lui permet de tourner à haute vitesse, il est, avec les récents modèles à axe horizontal bipales et tri-pales, un des modèles les plus appropriés à la production d'électricité.UN ACCIDENT RICHE DE LEÇONS La chute de cette éolienne a constitué un événement assez spectaculaire.Elle provoque encore, chez plusieurs, des réactions ironiques face à cette forme d'énergie.Toutefois, avant l'accident, on était parvenu à produire jusqu'à 120 kilowatts tout en étudiant le comportement du modèle.Et le «pépin» lui-même s'est avéré riche d'enseignement pour l'IREQ.Ainsi, on croyait jusqu’alors que l'on devait fournir de l'énergie à l'éolienne, par l'intermédiaire du générateur, pour qu'elle se mette en mouvement.On s'est aperçu que, même lorsque le rotor est découplé du générateur comme au moment de l'accident, l'éolienne peut dé- Les grandes éoliennes dans le monde les puissances indiquées correspondent aux puissances nominales, c'est-à-dire à la puissance qu'on tire d une éolienne lorsqu'elle atteint son rendement maximal.Ceci se produit à une vitesse de vent donnée (vitesses nominales, sur le tableau).W P.G G.B 700 kW (1980) Wind Power Products USA 3 000 kW (1979) marrer seule.Le système de freinage a aussi révélé son inefficacité.Il était constitué de deux volets, fixés sur chacune des deux pales du rotor, qui, à une vitesse donnée, devaient se déplier par force centrifuge, ralentissant ainsi l'élan de l'éolienne.Cependant, au moment de l'accident, ces volets se sont rompus.Dans le nouveau prototype, on a donc ajouté à ces volets un système de contrepoids pour éviter qu'ils ne dépassent une position maximale et on a installé un frein supplémentaire sur l'arbre du rotor.De plus, on a remplacé le système de déploiement hydraulique des volets par un système à électro-aimants.Finalement, le système d'ancrage, que les vibrations avaient fait céder, a aussi été modifié.Tout en apportant les améliorations nécessaires, on a toutefois conservé le design de base de l'éolienne.Avec la remise sur pied de l'éolienne des îles, cet automne, on amorce une seconde phase d'expérimentation.On peut se demander pourquoi l'Hy-dro-Québec, parallèlement aux projets hydro-électriques d'envergure, s'intéresse aux grandes éoliennes.D'abord, certaines régions isolées, telles les îles-de-la-Madeleine, auxquelles on pense toujours en premier, mais aussi la basse Côte-Nord et l'île d'Anticosti par exemple, ne sont pas reliées au réseau électrique et l'énergie éolienne peut offrir une alternative valable au pétrole importé à des coûts croissants.De plus, ce sont justement les régions où Éole se manifeste avec le plus de constance.De façon plus réaliste, il faut voir qu'à long terme, rien n'est à négliger, et que le vent peut devenir une source énergétique d'appoint appréciable.Question de gros sous, l'Hydro-Québec a dépensé, depuis huit ans, 3,3 millions de dollars pour la recherche éolienne.C'est beaucoup et peu à la fois.Beaucoup si l'on considère qu'il n'y a encore aucune réalisation concrète, ce qui est tout à fait normal à ce stade-ci du développement d'un domaine peu connu.Mais c'est peu comparativement aux milliards investis dans le développement de la fission nucléaire.UNE SUPER-ÉOLIENNE AUX ILES Les chercheurs, à travers le monde, diffèrent d'opinions quant à la validité des éoliennes de type Darius.Ces éoliennes ont l'avantage d'accepter les vents de tous côtés et n'ont donc pas à être orientées face au vent comme celles à axe horizontal.Toutefois, ce qui est un désavantage, les pales doivent «remonter» le vent à chaque rotation.Mais la théorie des pales Darius est complexe et encore peu connue, contrairement à la théorie, plus vieille, des hélices à axe horizontal.Il y a actuellement à travers le monde de nombreux projets déjà réalisés ou en phase de réalisation, de très grandes Cette éolienne, mise au point par /'Energy Research and Development Administration, est installée à Lewis' Plum Brook Station.Les deux pales ont une envergure de 38 mètres et sont montées sur une tour de 30 mètres de hauteur.Elle est d'une puissance de 100 kilowatts.NASA 18 Une géante en chantier Aucune limite théorique n'existe pour la grosseur que pourraient atteindre les éoliennes.En pratique, au-delà de quatre mégawatts, elles atteindraient des dimensions monstrueuses.Celle-ci est en construction à Bonn, en Caroline du Nord.éoliennes de l'ordre du mégawatt (MW).Jusqu'à maintenant, le Québec est le seul à expérimenter sur les Darius à grande échelle, d'où l'intérêt suscité au niveau international par les projets de l’Hydro-Québec.En fait, la confiance règne à l'IREQ et on prépare un projet pour une très grosse éolienne, on parle de quatre mégawatts, soit 17 fois plus puissante que celle présentement installée aux îles-de-la-Madeleine.La géante y serait d'ailleurs probablement installée, ou alors sur la Côte-Nord.On s'attend à ce que le Québec et le Canada financent le projet à parts égales et le budget total prévu pour la recherche et la construction s'élève à 17,5 millions de dollars.Vers 1 982, le projet devrait être suffisamment avancé pour qu'on puisse faire une première évaluation du modèle expérimental, de son rendement, etc.La plupart des autres projets de très grandes éoliennes dans le monde pourront être évalués vers 1983; nous sommes donc de la partie.Mais ce ne sont pas là les seuls projets de l'Hydro-Québec dans le domaine.DES MOULINS A VENT EN SÉRIE La théorie n'impose aucune limite quant aux dimensions d'une éolienne.En pratique, les plus grosses machines existantes sont de l'ordre de quatre mégawatts et atteignent des proportions presque monstrueuses (1 50 mètres); les vitesses au bout des pales atteignent quelques centaines de kilomètres/heure, aussi on ne songe pas à aller au-delà.Dans certaines régions, pour en venir à fournir une quantité suffisante d'énergie, il faut envisager l'installation de plusieurs éoliennes sur le même site.On devra donc parler de parcs d'éoliennes.Encore une fois, on aborde un domaine vierge: l'étude de la disposition géomé- octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE l_______________________i Ak trique de plusieurs éoliennes sur un même site et de leurs interactions (problèmes de perturbations de l'air sur un site) est un projet qui n'a encore jamais été réalisé.L'IREQ se propose (quand les effectifs et les fonds le permettront) de construire un parc expérimental d'une puissance totale de 200 kW sur ses terrains, à Varennes.On pourrait y installer, par exemple, dix éoliennes de 20 kW, ou encore une vingtaine de 10 kW chacune, etc.Cela reste à déterminer.Cette première étape permettrait d'apprendre à évaluer un site globalement et mènerait éventuellement à la réalisation d'un parc d'éoliennes de grosseur intermédiaire, environ 200 kW chacune, dans un futur plus éloigné.Ces parcs d'éoliennes seraient probablement plus rentables si on les branchait directement sur le réseau, utilisant l'énergie du vent comme source d'appoint durant les périodes de plus forte demande, en hiver par exemple, au moment où justement les vents sont les plus forts.La vallée du Saint-Laurent et toute la région du golfe, qui sont des zones déjà développées et où soufflent de très bons vents, constitueraient par conséquent des sites de choix pour la création de parcs d'éoliennes.Cependant, aucune cartographie des vents du Québec n'a été réalisée jusqu'à maintenant.C'est un travail qu'il y aurait à effectuer avant la détermination de sites précis.METTRE LE VENT EN BOlTE Dans les régions isolées, il faut prévoir un système de stockage de l'énergie pour les périodes sans vent.À grande échelle, l'utilisation de piles électriques n'est pas concevable.Aux îles, l'Hydro-Québec songe plutôt à comprimer de l'air dans les dômes de sel qui s'y trouvent.À cet effet, l'IREQ a entamé des recherches, à Varennes, avec de petites éoliennes tripales de 600 watts.On cherche la méthode la plus efficace d'utiliser l'air comprimé par l'éolienne pour produire de l'électricité.Pour cela, il faut utiliser une turbine à air qui fait tourner une génératrice.On a constaté qu'on peut tripler l'efficacité de la turbine en brûlant du kérozène avec l'air comprimé pour augmenter sa température, ce qui fait tourner la turbine plus rapidement.Outre les machines géantes en construction ici et là, et que Don Quichotte n'aurait certainement pas osé défier, il existe des éoliennes d'un autre ordre de grandeur, et qui sont déjà disponibles sur le marché: les éoliennes domestiques.Les puissances offertes varient en gros entre 500 watts et 20 kilowatts.Pour une installation moderne de 1 500 wattsfsans système d'accumulation), on peut avoir à débourser près de $5 000.L'ÉOLIENNE DOMESTIQUE AU QUÉBEC L'acquisition d'un système éolien complet et éprouvé est donc possible.Cependant, c'est un choix qui doit être considéré dans tous ses détails car, «selon M.Marian Noronka de l'Institut Brace de l'université McGill: de nombreuxfacteurs défavorisent un tel choix dans notre province».En tout premier lieu, le prix exceptionnellement bas de l'électricité au Québec.Alors que nous ne payons que $0.02 du kW/h, de très nombreux Américains payent $0.04, et les prix atteignent $0.08 dans certains États.Ensuite, vu l'absence complète chez nous de producteur d'éoliennes, un acheteur éventuel devra débourser quelques centaines de dollars supplémentaires pour l'importation de son équipement, et parfois en plus le transport par avion de l'installateur pour avoir droit à la garantie de la compagnie.Il peut être bon de noter que, outre les prix, la qualité et la fiabilité des modèles sur le marché varient énormément.L'achat d'un système complet ne sera probablement justifié, financièrement, que si le site envisagé est trop éloigné du réseau de l'Hydro-Québec pour y être rattaché, ou si le site est exceptionnellement venteux.Cependant, dans le domaine des petites éoliennes, il y a place pour l'initiative personnelle, bien que l'aventure risque de ne s'adresserqu'aux «patenteux» chevronnés.M.Marian Noronka, de l'Institut Brace, effectue depuis des années des recherches sur la confection-maison de petites éoliennes à bon marché en vue de leur utilisation dans les pays du Tiers-Monde.S'appuyant sur son expérience, M.Noronka recommande une certaine prudence.Des plans américains d'éoliennes sont disponibles, cependant il est parfois difficile, voire impossible, de se procurer, ici, les pièces nécessaires.De trop nombreux cas malheureux se sont présentés où une éolienne s'est lit- QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 19 r ' mn oa J Wmmr' mm »S téralement désintégrée au premier vent assez fort, à cause de vibrations dues, par exemple, à un mauvais balancement.Les plus déterminés noteront tout de même que des plans pour la construction d'une éolienne Darius sont disponibles au Conseil national de recherches du Canada (CNRC).POUR BRICOLEUR AVERTI SEULEMENT Malgré tout, des expériences heureuses existent.Dans le cadre des CCEE (centres communautaires d'économie de l'énergie), de nombreux projets ont vu le jour durant l'été 1978.À Hauterive, Cari Barthe, avec un groupe s'intéressant aux énergies douces, a monté cinq éoliennes.On y a, entre autres, expérimenté un Delta Vortex; il s'agit d'une planche triangulaire qu'on dispose devant une éolienne pour créer des tourbillons d'air favorables à son mouvement.On peut ainsi arriver à multiplier par cinq ou six le rendement d'une éolienne ordinaire.Et dans les Cantons de l'Est, David Simms est un des rares Québécois à être parvenu à l'auto-suffisance en électricité grâce à son éolienne (Perspective, le 16 décembre 1978).Il faut réaliser qu'un système éolien complet n'est pas nécessairement simple.Outre l'aérogénérateur lui-même, qui est peut-être le plus difficile à réaliser de toutes pièces, il faut aussi pouvoir concevoir un système d'accumulation de l'électricité (piles branchées en série); ensuite choisir un voltage correspondant à l'utilisation que l'on veut faire de son énergie.En effet, l'éolienne peut produire de l'électricité à 12, 24, 32, 110 volts, etc., et le plus souvent en courant continu (DC), dépendant de la génératrice utilisée.Or, les appareils électroménagers fonctionnent habituellement sur 110 volts en courant alternatif (AC).Il faut donc planifier l'ensemble du système et prévoir: un régulateur de courant pour obtenir un débit régulier d'électricité et, si nécessaire, un transformateur pour ajuster les voltages, en plus d'un convertisseur de courant continu en courant alternatif (DC-AC).Il faut aussi bien prendre le temps d'évaluer les vents sur le site envisagé, ce qui nécessite des mesures étalées sur une année complète autant Moulins à vent en série Pour les gros travaux, comme le pompage de Peau en Hollande, une seule éolienne ne suffit pas.Sans doute verrons-nous dans un futur plus ou moins rapproché, la naissance de parcs d’éoliennes. 20 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE DEUX NOUVELLES ÉOLIENNES NOUS ARRIVENT Le Service des énergies redécouvertes (qui relève de la Direction générale de l'énergie) annonce que deux projets viennent d'être acceptés pour promouvoir le développement d'une industrie éolienne québécoise.Le premier projet (subvention accordée de $45 000) permettra l'achat en France d'une éolienne à axe horizontal Aérowatt de quatre kilowatts, d'un diamètre de neuf mètres, à Lauzon, pour l'éclairage du parc des Anciens Combattants.L'installation d'une telle éolienne au Québec pourra inciter les chercheurs et d'éventuels producteurs à venir constater l'efficacité d'une machine qui a fait ses preuves depuis quelques dizaines d'années.Question échéances, on prévoit pour le printemps prochain la réalisation du projet, cela dépendra du temps requis pour la livraison de l'éolienne.Le second projet, pour lequel une subvention de $47 000 a été accordée à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), est l'installation d'une éolienne de 20 kW de type Darius (comme celle des îles-de-la-Madeleine) pour alimenter en électricité le système d'éclairage du pont Dubuc qui traverse le Saguenay à Chicoutimi.La construction même de l'éolienne sera confiée à une compagnie privée, toujours dans l'espoir de stimuler des initiatives dans ce secteur.que possible.Une particularité du terrain, une colline par exemple, peut modifier la force des vents par rapport à la moyenne calculée par une station météorologique de la région avoisinante.Mais surtout il faut réaliser qu'un tel système impose des contraintes quotidiennes quant à l'utilisation de son énergie: ne pas tout faire fonctionner en même temps, réserver certains travaux exigeant un surplus d’électricité pour les jours de grands vents, etc.C'est toute une philosophie de la conservation qu'il faut intégrer.Une connaissance précise de ses besoins en électricité est donc nécessaire pour déterminer la puissance totale (en watts) du système qu'on envisage d'installer.Une partie indispensable de cette installation, c'est la tour qui soutient l'éolienne.Cette tour permet d'aller apprivoiser le vent là où il se trouve, à moyenne altitude.Elle compte souvent pour une part importante du coût d'un système.M.Noronka souligne que construire une tour en bois (au lieu d'en métal) permet déjà d'économiser près de $1 000.EN PLASTIQUE OU EN BON VIEUX BOIS?M.Noronka est également partisan des pales en bois, mais pour des raisons de durabilité cette fois.En effet, à chaque tour d'hélices, les pales subissent un stress physique que les ingénieurs appellent la fatigue.Or, chaque matériau a un taux de résistance à la fatigue différent et il s'avère que le bois, très élastique, possède une très bonne cote dans ce domaine.Son désavantage est d'être lourd.Les pales en aluminium sont déconseillées, car elles sont susceptibles de se briser après un certain temps.C'est ce qui fut utilisé aux Îles-de-la-Madeleine, mais le choix du matériau pour les pales sera reconsidéré pour le projet de la grande éolienne de quatre mégawatts.Le professeur Baruir Ashikian, du département de génie mécanique de l'Université de Sherbrooke, et son équipe ont expérimenté des pales constituées d'une coque de fibre de verre, à l'intérieur de laquelle on a injecté de la mousse de polyuréthane.Ce prototype a l'avantage d'être très léger, permettant ainsi à l’hélice de démarrer et de ralentir plus rapidement, donc de suivre plus aisément les fluctuations de la vitesse du vent.Le modèle ainsi conçu a passé avec succès un premier test d'une année complète de fonctionnement sous notre climat.Cependant, à plus long terme, le bois a fait ses preuves: les vieux modèles américains Jacobs et Wincharger, après environ 30 ans de bon fonctionnement, sont toujours là pour en témoigner.D'ailleurs, des compagnies optent de nouveau pour le bois.Enertech Corp.au Vermont a testé des pales de deux mètres avec des poids d'une demi-tonne, ce qui corres- pond à des vents de 265 kilomètres à l'heure, équivalents aux plus forts ouragans connus.M.Yves Mercadier, de l'équipe de Sherbrooke, a conçu un programme d'ordinateur pour déterminer la forme géométrique idéale des pales de façon à en tirer un rendement maximal.L'éolienne expérimentale de l'équipe a prouvé la validité du programme; on a en effet atteint en soufflerie un rendement de 85 pour cent, ce qui peut être qualifié d'exceptionnel.Toutefois, la forme vrillée non linéaire et aussi la conicité non linéaire du modèle le rendent difficile à réaliser industriellement.Certaines compagnies américaines, plus pragmatiques, développent actuellement une solution de compromis qui sacrifie un peu de puissance et permet la fabrication mécanisée des pales.Ils dénomment leur système LTLT (Linear Tapered and Linear Twist, ou conicité linéaire et vrillage linéaire).Un problème important auquel se sont heurtés les chercheurs de Sherbrooke est le choix d'une génératrice adéquate.La plupart des génératrices disponibles sur le marché sont conçues pour des usages autres que pour une éolienne.La génératrice idéale ne semble pas exister; elle devrait pouvoir se relier directement à l'arbre de l'éolienne, afin d'éliminer la boîte de transmission.Celle-ci rétablit les fréquences entre les rotations de l'hélice et celles de la géné- ratrice, et engendre habituellement une diminution du rendement de l'ordre de 1 5 pour cent.Pour M.Ashikian: «La solution pourrait être du côté des génératrices à aimants permanents qui éliminent toute usure par frottement».On attend toujours l'initiative de l'industrie.DES ÉOLIENNES SANS ÉLECTRICITÉ Il existe des modèles plus simples d'éoliennes qui peuvent être fabriqués plus facilement et à bien meilleur marché.Ce sont les aérogénérateurs à rotation lente qui, cependant, récupèrent une plus faible fraction de l'énergie du vent et qui sont, par conséquent, d'une efficacité plus faible.Ces éoliennes ont un taux de rotation trop bas pour produire efficacement de l'électricité, mais on les utilise avec succès à des fins mécaniques.Ces roues à pales multiples nous ont été rendues familières par les films westerns; elles sont encore assez répandues pour le pompage de l'eau pour le bétail.L'Institut Brace a perfectionné l'idée du rotor vertical Savonius et des plans sont disponibles pour la construction de tels rotors à l'aide de barils d'huile (vides) qu'on sectionne verticalement en deux.On peut ainsi se confectionner une pompe à eau éolienne pour moins de $100.On peut aussi éviter les problèmes de transformation (DC-AC) de courant et de QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 régulation de voltage, en utilisant une éolienne à générateur pour produire tout simplement de la chaleur.Pour cela, il s'agit d'utiliser le courant direct (DC) produit par l'éolienne pour réchauffer l'air ou de l'eau à l'aide d'éléments chauffants appropriés, faciles à recycler.DES COMPTEURS A REBOURS Certains systèmes éoliens disponibles sur le marché permettent de produire de l'électricité exactement semblable à celle que nous utilisons couramment (110 volts, 60 cycles); il est aussi possible de réaliser soi-même un tel système.Pour un usager déjà branché au réseau public, il peut être avantageux de ne pas se doter d'un système d'accumulation et d'utiliser l'électricité du réseau lorsqu'il n'y a pas assez de vent.À certains endroits, il est même possible de vendre au secteur public l'excédent d'électricité produite par votre éolienne.Deux solutions sont alors possibles.Ou bien vous possédez deux compteurs, le premier qui calcule votre consommation qui vous sera facturée normalement, le deuxième la quantité d'électricité que vous avez en surplus et que la compagnie d'électricité vous achètera, mais au prix du gros.Ou encore mieux, il n'y a qu'un seul compteur qui calcule l'électricité que vous achetez et qui tourne à rebours si vous produisez un excédent.Une troisième solution peut cependant exister: le réseau refuse d'acheter l'électricité des particuliers.Jusqu'à maintenant, l’Hydro-Québec ne s'est pas encore prononcée sur cette question.Aussi, dans les faits, est-il impossible de se doter d'un tel système actuellement.Même un propriétaire d'éolienne complètement indépendant se trouve défavorisé face aux usagers du réseau; en effet, il se trouve à payer des taxes pour des services qu'il n'utilise pas.Aux États-Unis, les propriétaires d'éoliennes ont droit à une exemption de taxe fédérale sur leur revenu imposable égale à 25 pour cent du prix de leur éolienne.De plus, de nombreux États offrent de tels avantages à ces propriétaires: au Colorado, déduction du prix de l'éolienne du prix imposable; au Connecticut, exemption de taxe de propriété pour 1 5 ans, etc.Finalement, aussi bien sur le plan des grandes éoliennes de recherche que sur celui des petites éoliennes domestiques, il est clair que le Québec n'est pas dans le peloton de tête des pays les plus avancés.La recherche et le développement n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements et, malgré quelques efforts remarquables, il reste beaucoup à faire.La priorité au Québec, même dans le seul domaine des énergies nouvelles, n'est pas non plus à I énergie du vent, et dans l'immédiat, on peut s'attendre à ce que la phase active de mise au point s'étende sur une ou deux décennies encore.¦ I Sans doute, la création d'une société d'État des énergies nouvelles —promise par le livre blanc en juin 1977 et prévue pour la fin de cet automne — donnera-t-elle un bon coup de pouce à cette énergie encore marginale.Mais les handicaps sont nombreux: ceux d'une société qui centralise, d'une société qui privilégie l'électricité — et il faut travailler sur plusieurs fronts.Tout en développant les grosses machines à vent, il est souhaitable qu'on encourage le désir légitime des particuliers à accroître leur autonomie énergétique en utilisant de petites éoliennes domestiques.Par ailleurs, l'époque des rêveurs et celle des «petits pépins» technologiques devraient rapidement céder la place à celle des industriels d'une forme d’énergie du 21e siècle.L'énergie éolienne d'appoint, balbutiante, des années 80 sera certainement présente en bonne place dans nos bilans énergétiques de l'an 2025.Pour en lire plus: Wind Power Digest, revue trimestrielle américaine, qui répertorie tout ce qui est produit dans le champ des éoliennes.On y trouve aussi des annonces classées pour de l'équipement usagé.S'adresser à: Michael Evans, 54468 CR 31, Bristol, Indiana 46507 Documents du Brace Institute: — F.7.Marche à suivre pour déterminer la désirabilité de l'utilisation d'éolienne pour le pompage de l'eau sur une ferme.6 pages, septembre 1978, $1.00 (en français) — F.16.Commercially Available Windmill Systems and Components (équipement éolien disponible sur le marché), équipements commercialisés revus par les gens de l'Institut Brace, 11 pages, novembre 1978, $1.50 — L.5F.Comment construire une éolienne Savonius bon marché pour le pompage de l'eau, 12 pages, $0.65 Ces documents sont disponibles à l'adresse suivante: Brace Research Institute, Macdonald College of McGill University, Sainte-Anne-de-Bellevue, P.Qué., HOA ICO Énergie éolienne, numéro spécial de la revue Ecologie, n° 6, avril-mai 1976, 84 pages L'énergie éolienne et le chauffage domestique.Université de Sherbrooke.Département d'énergie mécanique.Sherbrooke 21 Cette éolienne à axe vertical fut construite en 1977, par l'Hydro-Québec, aux îles-de-la-Madeleine.A vant sa chute, on était arrivé à produire jusqu'à 120 kilowatts avec cette éolienne de type Darius. 22 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE LA VALSE-HÉSITATION DE VIENNE Les deux partenaires, le Nord et le Sud, accorderont-ils un jour leurs pas pour mettre la science au service du développement? r i _ ___ QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 Ce ne fut pas un succès.C'est le moins qu'on puisse dire de cet important forum organisé par l'ONU qui s'est déroulé à Vienne cet été, du 23 au 30 août.Déjà, la presse s'était fait tirer l'oreille pour couvrir le sommet d'experts du développement qui avait précédé la conférence de l'ONU proprement dite.Mais le lendemain de la clôture de cette conférence, il fallait fouiller dans les nouvelles brèves du New York Times pour trouver une courte dépêche de Vienne en page 11.Au même moment, le sommet des non-alignés à la Havane faisait la manchette et une banale étude sur le pétrole dans le Tiers-Monde se taillait une place en page trois du Times.Pourtant, l'enjeu de la conférence de Vienne était grand: faire basculer la science et la technique au service du développement.Briser les cercles vicieux, établir de nouvelles relations Nord-Sud de la science et de la technique.Il s'agissait de remédier à une situation de fait qui voit le Tiers-Monde bénéficier de seulement trois pour cent des 150 milliards de dollars dépensés chaque année dans le monde dans le domaine de la recherche.Le seul résultat concret de Vienne aura été le dégagement d'un fonds de 250 millions de dollars destinés à la recherche scientifique dans le Tiers-Monde d'ici 1981.«Des graines pour les oiseaux», commentaient le lendemain ceux qui avaient espéré un déblocage beaucoup plus important et plus significatif.Mais le communiqué final de Vienne se contentait, en outre de l'annonce de l'attribution de ce fonds à courtterme, d'en appelerà l'Assemblée générale des Nations Unies pour établir un nouveau comité intergouvememental chargé d'établir des transferts de technologie des pays développés vers les pays moins développés.Sur le fond du problème, la mésentente pays riches-pays pauvres a tout simplement persisté.Les pays développés allèguent une conjoncture économique serrée et proposent des programmes de transfert de technologie limités.Les pays en voie de développement veulent plus, et tout de suite: des échanges de technologie sur une base désintéressée, sans modèle d'aide qui les rendent encore plus dépendants de la science et de la technique des riches.Ce forum important, qui s'inscrivait dans la lignée des grands débats de l'ONU sur le développement, n'aura donc abouti à aucun déblocage.Dans les pages qui suivent, notre collaborateur Léo Kalinda, qui assistait aux débats de Vienne, analyse le fond du problème et les «petits pas» de Vienne, tandis que le journaliste africain Olabi Iré da Cruz expose, de Lomé au Togo, le point de vue des pays africains.par Léo Kalinda L'an 2000, c'est dans 20 ans.Les pays en développement compteront alors une quarantaine de villes de plus de cinq millions d'habitants dont 18 de plus de dix millions.«Au lieu de raser les bidonvilles, d'interdire le colportage et les modes de transport traditionnels sur la voie publique et de construire, à grands frais, des logements publics, métros et autoroutes — qui servent essentiellement les intérêts des catégories les plus favorisées — il faudrait formuler pour les villes une politique d'investissement et des règlements propres à encourager le développement des catégories de transport, logement, réseaux d'assainissement et services divers, qui répondent, à faible coût, aux besoins de la majorité des citadins, y compris les plus pauvres.» Ce ne sont pas là rêveries de gauchiste en mal de révolution.Il s'agit bel et bien d'extraits du très officiel dernier rapport de la Banque mondiale pour le développement.Eh oui! C'est que depuis quelque temps, la mode est aux analyses d'une impitoyable lucidité dans les organisations internationales.Les chiffres les plus étonnants sont publiés et connus de tous.Ainsi, à la fin du siècle, 600 millions de personnes, dans le Tiers-Monde, vivront encore dans la pauvreté absolue.Cela veut dire que ces gens ne pourront s’alimenter de façon équilibrée, n'auront pas de véritables toits, et ne bénéficieront pas de services aussi essentiels que l'éducation et la santé.Même l'Agence américaine d'aide au développement y va de son discours humaniste.Les critères de ses subventions sont les suivants: participation des pauvres, production fortement consommatrice de main-d'œuvre, distribution plus équitable et plus sûre des terres.Le L'approvisionnement en eau potable est une priorité pour nombre de pays en voie de développement.(suite page 26) CRDI 24 C est au cours d'une série de colloques préparatoires à la Conférence de l'ONU à Vienne, tenus ce printemps sur les cinq continents, que se sont élaborées certaines positions communes à plusieurs pays ou groupes de pays.De Lomé au Togo, le journaliste Olabi Iré da Cruz nous faisait parvenir ce texte, quelques jours avant l'ouverture de la Conférence de Vienne, qui résume la position de certains pays africains et expose les principes généraux d'action du groupe des pays en voie de développement lors de ce forum international de Vienne.Technologie, science, transfert.Trois mots clés du langage actuel des pays aussi bien développés qu'en voie de développement.Aussi la nécessité de créer des mécanismes efficaces et représentatifs dans le domaine de la coopération technique et scientifique a constitué ces derniers temps la pierre angulaire de nombreux colloques et conférences internationaux.En prélude à la conférence mondiale de Vienne sur la science et la technologie au service du développement, quelque 200 délégués d'Afrique, d'Amérique latine, d'Asie et d'Europe se sont réunis à Lomé, au Togo, du 21 au 26 mai pour un symposium international.Le but de la rencontre était de définir le type de technologie propre à faciliter le développement des pays pauvres.octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE COOPÉRATION PLUTÔT QUE SIMPLE TRANSFERT Pendant les six jours qu'a duré le symposium de Lomé, les participants ont discuté des dangers socio-économiques découlant de la méconnaissance des questions techniques, des facteurs déterminants pour le choix des techniques, de la planification de la recherche et du développement technique, de la coopération technique entre pays en voie de développement d'une part et entre pays en voie de développement et pays riches d'autre part.De toutes ces discussions, il est souvent ressorti un point: le choix doit être celui des pays en développement.Certes, les Africains reconnaissent la nécessité pour leurs pays de se doter de technologie.Mais, disent-ils, cette technologie doit être adaptée à l'environnement.M.Boum-bera Amassounouma, ministre togolais de l'Éducation et de la Recherche scientifique, faisait d'ailleurs cette remarque dans son discours d'ouverture du symposium de Lomé.Il ajoutait aussi que «le développement technologique des pays africains serait donc un problème de choix, car la solution la plus rentable ne sera pas toujours celle qui fait entrer en ligne de compte le matériel le plus sophistiqué».En voulant parler de la position de son pays quant à l'usage de la technologie importée, M.Amassounouma avait fait allusion à la polémique existant sur ce point.Certains, avait-il dit, expriment leur inquiétude face à des techniques simples qui ont l'avan- tage d'utiliser une main-d'œuvre abondante mais qui les condamneraient à utiliser une technologie spécifiquement inférieure, les maintenant à un niveau technique de deuxième ordre.D'autres soutiennent que les techniques complexes à fort coefficient du capital ne conviennent pas aux pays en voie de développe- : ment où les capitaux et les qualifications professionnelles posent encore des problèmes brûlants.La position togolaise est que les deux catégories de technologie peuvent convenir mais dans des cas bien particuliers.Car, les options technologiques doivent être faites en fonction des objectifs fixés par chaque État.De nombreux pays africains partagent le point de vue togolais mais.(il y a presquetoujoursdes maisdans ces problèmes d'ordre international).Ainsi que le déclarait récemment le directeur du Centre international de physiologie et d'écologie de l'insecte de Nairobi, le professeur Thomas Odhiambo, «la réalisation des objectifs fixés doit faire face à un double impératif: développer au mieux les ressources naturelles et l'économie, puis constituer des ressources humaines nécessaires pour mener à bien le programme».Pour cela, il est essentiel, compte tenu des problèmes particuliers des pays africains, qu'ils disposent de solides compétences autochtones.Car, si les connaissances scientifiques et les techniques fondamentales sont les mêmes au Nord et au Sud, du moins 25 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 T |fg ; rai- - ":r- - ¦"ri !::r r”.:.:¦ :ri - : ' .¦ ; i: poi»S '¦U** IL dans certains domaines, elles peuvent avoir une application très différente quand il s'agit d'innover ou de fournir des services et des produits précis.Pour faire face à cette différence, il faut créer une infrastructure de formation adaptée aux réalités du milieu et aux besoins réels des populations.«Le développement d'un peuple est une conquête de ce peuple lui-même.En conséquence, il ne peut pas résulter de la copie servile des modèles importés et du mimétisme que cette copie engendre dans le comportement.Il n'y a pas et il ne peut y avoir de modèle universel de développement dans la mesure où, «développement» implique «identité culturelle», elle-même fondement du dialogue des cultures et des civilisations».Cette affirmation du Secrétaire adjoint des Nations Unies pour le département de la science et de la technologie, le Nigérien Issoufou Djermakoye au Symposium de Lomé a amené les intervenants à cette position: le moteur principal du développement d'un pays se trouve dans la volonté de changement et de progrès du peuple de ce pays, et dans sa capacité de participer à sa transformation.Le développement n'est pas et ne peut pas être octroyé à un peuple par des éléments qui lui sont extérieurs.L'Union soviétique et la Chine sont des exemples illustrant bien cette assertion.Même si l'on considère que la Chine fait partie des pays dits sous-développés, nous devons reconnaître que ce pays a atteint un stade de développement assez poussé.À ce qu'il nous semble, les autorités responsables ont su fixer clairement une stratégie générale en vue de la réalisation d'un certain modèle de développement répondant aux aspirations sociales et économiques ainsi qu'aux traditions culturelles des populations chinoises.C'est en raison de toutes ces conditions que M.Djermakoye avait souhaité à Lomé que le transfert de technologie fasse place à la coopération technologique.Le professeur Thomas Odhiambo lui fait implicitement écho.Il estime que les pays en développement ne devraient pas tabler exclusivement sur l'aide extérieure, car ils peuvent réaliser bien des choses eux-mêmes.Depuis quelque temps, il est apparu une certaine évolution dans l'attitude des pays du Tiers-Monde en général et ceuxd'Afrique en particulier.Il y a environ quatre ans, les pays africains revendiquaient un transfert pur et simple de la technologie occidentale vers leur continent.Aujourd'hui, les choses ont évolué et les Africains ont compris qu'il ne s'agit pas pour eux d'implanter sur leur sol n'importequelle industrie.Ils se sont aperçus que les Occidentaux, pour les contenter, ne leur proposeront que des industries dont eux-mêmes ne voudront plus, en l'occurrence les industries polluantes.Et encore! pour faire marcher ces industries, il faut des capitaux, des A Vienne, les délégations de plusieurs pays du Tiers-Monde ont réaffirmé qu'elles ne voulaient pas d'un simple transfert de technologie, mais beaucoup plus d'une coopération multilatérale répondant à leurs besoins spécifiques.techniciens et des structures appropriées.À partir de ces réflexions, les Africains ont commencé à mettre l'accent sur la coopération scientifique et technologique plutôt que sur le transfert pur et simple de la technologie.Il est alors apparu chez presque tous une constante: le désir de changement mais pas n'importe lequel.Le changement doit intervenir en fonction des objectifs fixés, l'environnement devant aussi être mis en ligne de compte.Les pays africains sont allés à Vienne avec une position commune.Comme le dit le proberbe africain cité par M.Djermakoye, «la sagesse est un tronc de baobab qu'une seule personne ne peut entourer».Et cela, les Africains le savent.Ils sont donc allés à Vienne avec une base et une détermination communes.Ils sont allés défendre dans la capitale autrichienne la mise sur pied d'une coopération horizontale efficace devant constituer un complément indispensable aux autres coopérations bilatérales et internationales.Ces dernières cependant doivent être reprises et réadaptées defaçon que l'échange technologique n'aboutisse pas à une autre forme d'aliénation et de recolonisation des pays africains.Des conditions qui font parler de coopération technologique plutôt que de transfert pur et simple de la technologie.Chaque pays doit tenir compte de ses objectifs et de son environnement.Olabi Iré da Cruz 26 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE •a: a ¦ • ^•'V kf- - ¦ ; •'3 *.;j prêteurs, faux et vrais bénévoles.Mais par-dessus tout, des conférences en tous genres.La dernière en date de ces rencontres, celle qui nous concerne, a réuni 5 000 personnes venues de tous les coins du monde, à Vienne, du 23 au 30 août dernier.Elle a été décidée par l'Assemblée générale des Nations Unies de 1 976 et a nécessité 500 réunions préalables.Elle a de plus été précédée d'un colloque organisé par le comité pour l'application de la science et de la technologie, plus connu sous le sigle anglo-saxon de l'ACAST.Dès les quatre premiers jours, la documentation remise à chacun des 200 journalistes pesait dix kilos, vérification faite.Entre la publicité de l’International Banking de Vienne et une recommandation de visiter la maison de Beethoven, quelques pages seulement représentaient un intérêt réel nouveau.Mais, comme le progrès, on n'arrête pas les conférences.Et, comme en sourdine, loin du Danube ou des salons feutrés de Rome, de New York et autres grandes métropoles, ces rencontres «au sommet» sont ponctuées d'émeutes paysannes et d'insurrections d'affamés.Imperturbables, les fonctionnaires font régulièrement le point, avec une belle unanimité: pas de progrès.Pire: il y a recul.La production alimentaire par habitant dans les pays riches a augmenté de 50 pour cent mais demeure stationnaire dans le Tiers-Monde.Toutefois le plus grand scandale réside ailleurs: comme l'ont montré plusieurs experts, la faim résulte de la pauvreté et non du manque de ressources.Par exemple, cette année, alors que l'on meurt de faim en Inde, le gouvernement de New Delhi exporte des céréales car ses silos sont trop pleins.Dans les autres pays, si l'on excepte les catastrophes naturelles exceptionnelles, il existe une calamité quotidienne: les manipulations 4* Un problème des pays du Tiers-Monde: réussir à nourrir convenablement leur population.Les possibilités agricoles pourraient être grandes, mais on ne peut produire en grande quantité avec des techniques souvent aussi artisanales que celles illustrées ici.courage théorique est grand.Sur le terrain cependant, les réalités sont moins emballantes: un commerce inique ennemi des artisans, des superprofits pour les multinationales, des classes privilégiées autochtones prospères.Ces élites mettent littéralement à genoux leurs compatriotes, principalement par des expropriations déguisées en achats réguliers de terres.Et le nombre de paysans sans terres ne cesse d'augmenter.Au temps de Somoza, il dépassait 40 pour cent au Nicaragua.Toujours selon la Banque mondiale, 50 pour cent des paysans égyptiens ne possèdent aucun terrain.Première conclusion?Ce n'est pas toujours l’étranger qui bloque les réformes agraires.DIX KILOS DE DOCUMENTS Mais, optimistes increvables, les organisations internationales ne se découragent pas.Depuis 1960, chaque décennie est solennellement proclamée «celle du développement»! Et toujours le même scénario: fonds d'aide, experts, investisseurs, 27 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 du marché qui font monter régulièrement les prix des grains.L'ÉCHEC DE LA RÉVOLUTION VERTE Que faire?Sûrement pas la «Révolution verte», panacée des années 60.Ce concept a été imposé — brillamment, il faut le reconnaître — par les géants industriels de l'agriculture, ceux qu'on nomme l’agro-business.La révolution verte, qui vise à étendre les cultures et à augmenter les rendements, cache mal ce qu'il est convenu d'appeler «les intrants» des firmes transnationales.A savoir: semences sélectionnées, engrais, pesticides, équipements lourds, barrages et canaux que ces mêmes compagnies transnationales fournissent aux pays assistés et qui les rendent encore plus dépendants de la technologie occidentale.Même le secrétaire général actuel des Nations Unies, M.Kurt Waldheim, l'a dénoncée en 1975.Les raisons?Concentration et augmentation des paysans sans terres, réduction des surfaces cultivées, modification des habitudes alimentaires, dépendance accrue à l'égard des importations, cultures orientées vers l'exportation.Car il est vrai qu'il n'a jamais été question de révolution verte pour le sorgho ou pour le mil, cultures qui intéressent peu les pays développés.Les experts, il est vrai, sont prompts à jeter la pierre aux politiciens, qu'ils jugent trop accrochés sur le court terme: élections ou ré-élections.L'argument est sans doute juste en partie, mais commode lorsque —comme la plupart d'entre eux — l'on est membre de délégations officielles, quand on ne les dirige pas.Du reste, les 300 technocrates de pays riches et pauvres réunis à Vienne n'ont pas pu se mettre d'accord eux-mêmes.Ils n'ont même pas pu présenter la déclaration solennelle qu'ils étaient censés remettre à la presse au début de la CNUSTED.Ceci est d'autant plus regrettable que plusieurs pays en développement n'ont pratiquement aucune politique scientifique à cause de mœurs politiques regrettables mais aussi par manque de cadres et d'expertises valables.Lorsqu'on y ajoute la fuite des cerveaux (brain drain), le tableau global est sombre à souhait.L'ESPOIR DES O.N.G.Heureusement, il y a les organisations non gouvernementales (O.N.G.).Tout au long de la conférence officielle, elles ont tenu leur conférence à elles, à Vienne aussi, avec l'évidente sympathie de la presse.Ces organismes sans but lucratif travaillant sur les problèmes de développement sont composées de militants du Tiers-Monde persuadés que le centre et la périphérie sont embarqués dans le même bateau, d'anciens fonctionnaires internationaux dont l'idéalisme a été floué, d'anciens coopérants restés fidèles aux régions où ils ont servi et d'organismes religieux à forte tendance sociale.De par leur idéologie d'être au service des peuples les plus pauvres, sans recherche du profit, ces O.N.G.suscitent beaucoup d'espoir, surtout dans le Tiers-Monde.Au Canada, ce sont des organismes tels que le SUCO, Service universitaire canadien d'outre-mer.On peut citer également, près de Montréal, l'Institut Brace spécialisé dans le solaire.Quant au C R D I.(Centre de recherches en développement international) d'Ottawa, ce n'est pas à proprement parler un O.N.G., bien que son action soit très proche de celle des O.N.G.Parmi ces organismes, qui font un travail réel, ici et maintenant, on peut citer l'exemple du G.R.ET.(groupe de recherche et d'échanges technologiques) qui travaille en relation directe avec le TRANET américain (Transnational Network, de Rangeler, Maine).Cette association française sans but lucratif a été créée en 1976 par une équipe pluridisciplinaire d'économistes ruraux, de chercheurs agronomes, d'architectes.Les thèmes?Situations agricoles du Tiers-Monde, santé, éducation, construction et habitat.Ils se sont progressivement ouverts aux questions occidentales et l'Institut Brace est un peu leur correspondant au Québec.Ils ont par ailleurs mis récemment sur pied un Centre d'études méditerranéennes.Anciens coopérants, ils n'ignorent pas les implications politico-sociales des techniques.«Le monde de la technique est un ensemble d'objets, d'outils et de machines liés à des sujets organisés en communautés sociales, vivant sur un territoire et selon une histoire.» Pour les chercheurs et ingénieurs du G.R.ET., «le développement se reconnaît à ce qu'il détruit les dualismes entre riches et pauvres tout en respectant l'écosystème».La clef d'une intervention efficace est de faire passer le développement par des technologies appropriées — appropriées aux peuples sous-alimentés, aux pays dépourvus de ressources ou qui les utilisent mal.Appelées aussi technologies douces, ces technologies correspondent aux traditions agraires de toutes les paysanneries du monde d'abord.Ensuite, aux innovations apportées par des techniciens en situation concrète.Enfin, il s'agit généralement de recherches appliquées qui n'intéressent pas le secteur commercial et industriel (profit), ni le secteur universitaire (honneurs académiques).En somme c'est l'alternative à l'initiative «intéressée» des compagnies transnationales.PIÈGE À RAT ET POMPE SOLAIRE Quelques exemples concrets?Au Niger, un piège pour rats meilleur que tous les raticides.En Haute-Volta, des cuisinières r- r, IL :i -.$ •V'Cl.T'.'rT Pllii Différents pays présents à la Conférence de TON U sur le transfert technologique ont profité de l'occasion pour exposer diverses techniques qu'ils ont mises au point.Neill McKee 28 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE ir>V.'„X A /i On La canne à sucre est une ressource importante des pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud.voit ici le broyage de ta canne à sucre avec le broyeur Chetumal à Mexico.solaires qui permettent d'éviter le déboisement, le bois de cuisine étant ainsi épargné.Au Sahel, des distillateurs d'eau.Au Moyen-Orient, des pompes solaires thermodynamiques.Dans les oasis du Sud marocain, une agriculture dequalité, réponse adéquate au milieu, meilleure que toutes les propositions éventuelles de l'agro-business.En Chine, des cuisinières au gaz méthane, gaz obtenu par fermentation microbienne.Au Yemen, des techniques architecturales de qualité exceptionnelle tout comme au Guaté-mala.Ce dernier cas est particulièrement éclairant.Après le grand tremblement de terre de 1 917, on avait reconstruit les maisons en brique lourde.Onygagnaitensolidité, mais le danger pour les habitants, lors d'effondrements, était beaucoup plus grand.Lors du tremblement de terre de 1973, la question se posa à nouveau: comment trouver un système de construction à la fois plus solide et résistante tout en étant légère?L'innovation qui en résulte est remarquable.Il s'agit de mettre au point un matériau, la «pouzzolane», autrefois utilisée en Europe.Une brique crue, faite par pression, plus solide que la brique traditionnelle, et beaucoup plus légère.DE NOUVEAUX RÉSEAUX La pluridisciplinarité est donc chose acquise.On ne peut plus parler de médecine sans parler nutrition et alimentation.Et lorsque l'on construit une route, on tient compte de l'habitat.Puisque le paysan ou l'artisan vit une situation globale et non une vie cloisonnée en secteurs.Pour beaucoup cependant, le doute persiste: les technologies appropriées ne seraient-elles que des technologies au rabais, faites d'expédients tout justes bons pour les pays pauvres?À Vienne, cette crainte a été plusieurs fois exprimée, notamment par des délégations de certains pays africains et asiatiques.À cela, les O.N.G.ont répondu qu'il faut regarder les buts et les résultats plutôt que les moyens.Si seule l'amélioration du niveau de vie d'une majorité des habitants des pays pauvres compte, disent-elles en substance, alors qu'importe qu'une technique soit moins élaborée, moins sophistiquée, moins spectaculaire dans ces résultats que d'autres, si elle atteint son but.Surtout si elle permet — et c'est un autre critère important — aux gens du pays de se prendre en charge eux-mêmes.Sont-elles malgré tout rentables?Didier Chabrol, du G.R.E.T.répond: «les paysans éthiopiens ont acheté à l'Inde des centaines de moulins à blé, trois fois moins chers que sur les autres marchés»! La technologie appropriée est donc fondamentalement efficace mais les échanges ne sont pas à sens unique.Après l'exemple trop connu de la médecine tra- ditionnelle, l'agriculture.Henri Rouillé d'Orfeuil du G.R.E.T.explique: «Prenons un exemple de génétique agricole.Dans les zones arides du Sahel, le mouton de race D'Mane (mot berbère signifiant sans cornes) peut améliorer les races d'autres climats».Les moutons D'Mane ont effectivement un taux de fécondité exceptionnel.Contrairement aux autres qui ont un agnelage par an avec une ou deux portées, les D'Mane ont deux agnelages par an avec des portées multiples.Ce dernier exemple nous mène à la notion essentielle des réseaux.Ce sont des liens informels ou plus organisés qui se tissent entre les O.N.G.dans le but d'échanger le plus possible d'informations techniques et scientifiques, voire de services et de compétences.En faisant circuler l'information le plus largement possible, ces réseaux veulent élargir l'éventail des choix possibles pour les responsables du développement.Comment?En recensant, par exemple, des technologies non classiques qui s'insèrent avec bonheur dans les réalités (comment transformer l'ananas, comment conserver le poisson, comment construire avec du bambou.) Dans le cas du G.R.E.T., ces renseignements sont rassemblés sur des fiches auxquelles on peut s'abonner.C'est donc une façon pratique et peu coûteuse de contribuer à l'éternel débat sur l'accès à l'information.Si tant est vrai que trois pour cent seulement de la recherche mondiale est effectuée dans le Tiers-Monde tandis que 95 pour cent des inventions brevetées appartiennent d'ores et déjà aux pays riches.Dans le même temps, la moitié de la recherche couvre les préoccupations militaires.Est-ce là le résultat tangible de la CNUSTED?Ce ne serait pas si mal.Désormais, les apôtres des technologies appropriées sont respectables.Ils seront probablement un peu plus entendus par les grandes organisations et les gouvernements hésiteront peut-être moins à s'associer avec eux.Malgré les limites tangibles du pouvoir des O.N.G.— et de leurs budgets, souvent octroyés en grande partie par ces mêmes gouvernements — c'est un petit pas de franchi. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 29 L’HOMME DE L’AMIANTE Pour le professeur Selikoff, la préservation de l’environnement est le nouveau défi social à relever ¦ \ » i Propos recueillis par Victor Charles À 64 ans, les yeux bleus et les cheveux blancs, le professeur Irving Selikoff est passionné et optimiste.«Nous avons réussi à produire partout de l'eau potable, du lait pasteurisé.La circulation automobile est réglementée.Nous sommes donc capables maintenant de nous attaquer à ce nouveau problème social: la préservation de notre environnement», dit-il fermement.Directeur du laboratoire des sciences de l'environnement du Mount Sinai Hospital de New York, le professeur Selikoff lançait le premier, il y a quinze ans, un cri d'alarme: «L'amiante tue!» Depuis, de nombreuses études sont venues étayer ses affirmations.Inlassable, rigoureux, il y a participé en première ligne, souventsur leterrain, dans les mines d'amiante et les usines.Il s'est ainsi bâti une réputation mondiale, tandis qu'on commençait à en savoir plus long sur les maladies de l'amiante, l'amiantose et certains types de cancers.C'est lui qui dirigeait en 1 974 une longue enquête au Québec, dans les mines des Cantons de l'Est.Son rapport révéla notammentque les taux de cancer de mortalité par cancer du poumon étaient respectivement 4,33 fois et 1,55 fois supérieurs parmi les travailleurs fortement et faiblement exposés aux poussières d'amiante, comparativement à des travailleurs non exposés.Ces découvertes, jointes à celles de plusieurs chercheurs de par le monde, ont finalement été prises au sérieux.Au Québec, le rapport Beaudry de 1976 a recommandé plusieurs mesures correctives à la situation.Et puis, lentement, ces travaux scientifiques et l'action législative qui s'est ensuivie ont fini par révolutionner une industrie omni-présente, du frein des voitures à l'isolation des bâtiments, en passant par les sèche-cheveux et les brosses à peinture.«Nous avons fait un grand pas en avant, estime-t-il aujourd'hui.C'est merveilleux: nous, scientifiques, avons découvert une cause importante de maladies.Les ingénieurs et les hommes politiques doivent y remédier.» Gouverneur à vie de l'Académie des sciences de New York, le professeur Selikoff a reçu en 1966 pour ses travaux sur l'amiante le prix de la société américaine de lutte contre le cancer.Il nous a reçus à New York pour un entretien entièrement consacré à l'amiante et ses effets. 30 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE 14 ü.S.— Dans ce cas, doit-on interdire définitivement l'em ploi de l'amiante?Québec Science: Quelle influence vos travaux ont-ils eue sur l'emploi actuel de l'amiante dans le monde?! « ' Irving Seükoff: Nous avons prouvé que l'amiante était employée depuis plusieurs décades sans aucune précaution scientifique et qu'elle était extrêmement dangereuse.Nous avons enfin remédié à une erreur scientifique majeure des années d'après-guerre, pendant lesquelles personne n'a songé à analyser les effets de ce matériau.Mais surtout, en analysant systématiquement les dossiers médicaux de milliers de travailleurs de l'amiante, nous avons fait découvrir au public une chose immense: pour la première fois, la science pouvait affirmer qu'un produit, utilisé sans précautions, pouvait avoir des conséquences à long terme, à très, très long terme sur notre santé.Nous avons fait prendre en compte le facteur temps dans toute analyse de nocivité d'un produit.Q.S.— Les dangers de l'amiante sont-ils chiffrables?Combien de cas de cancers lui sont-ils dus, par exemple, en comparaison avec ceux qu'occasionne le tabac?/.S.— Nous vivons dans un monde complexe.Les effets de l'amiante ne sont pas seuls à nous menacer, mais l'accumulation de toutes les pollutions est de plus en plus grave.Tenant compte de tous ces facteurs, je peux affirmer aujourd'hui que l'amiante est responsable de sept à quinze pourcent des cancers mortels aux États-Unis.Certaines fourchettes, encore contestées scientifiquement, parlent même de dix à vingt pour cent.Cela veut dire qu'aux États-Unis, de 30000 à 60000 personnes meurent chaque année à cause de l'amiante! Et pas seulement les ouvriers qui l'emploient ou la traitent tous les jours dans les chantiers navals ou la construction par exemple.Tout le monde, dans une ville, a respiré ou respire des particules d'amiante.Si l'on ajoute à cela les effets de la cigarette, c'est encore plus grave.Onacalculéqu'un ouvrier de l'amiante avait déjà cinq fois plus de chances qu'un autre de mourir d'un cancer des poumons.Si, en plus, le travailleur fume, il multiplie par deux ses chances de cancer.Statistiquement, cela veut dire que sur 100 000 travailleurs dans ce cas, 110 mourront chaque année d'un cancer des poumons.Onze seulement dans la population générale, parmi ceux qui ne travaillent pas avec l'amiante et ne fument pas./.S.— La Suède, et peut-être bientôt le Danemark, ont décidé, eux, de l'interdire.En Amérique du Nord, nous avons choisi une voie beaucoup, beaucoup plus difficile: le contrôle.Cela nous donne, à nous scientifiques, une immense responsabilité.Nous devons fournir aux organismes chargés de ce contrôle les éléments dont ils ont besoin, et les réévaluer en permanence.Les gouvernements, l'industrie, ont multiplié les erreurs en appliquant, quand ils le faisaient, des seuils de tolérance beaucoup trop hauts.En 1 972, aux États-Unis, nous avons fixé ce seuil dans les mines d'amiante et usines de traitement à deux fibres par centimètre cube d'air (NDLR: cette norme est de cinq fibres au Québec).Nous nous rendons compte aujourd'hui que c'est encore bien trop élevé et dangereux.Le gouvernement américain est en train de réviser ces normes et nous proposons une réduction draconienne, à 0,1 par centimètre cube.C'est-à-dire un vingtième de ce que nous avons considéré bon en 1972! Nous n'interdisons pas l'emploi de l'amiante.Nous voulons simplement qu'elle ne tue plus.Et aussi, qu'on développe des produits de substitution sécuritaires.Q.S.— Que peut-on faire là où l'amiante existe déjà?/.S.— Entre 1945 et 1 970, des milliers d'immeubles, d'écoles, 14 de maisons, ont été isolées avec ce «produit miracle».Les écoliers, les enseignants, les employés de bureaux en subissent 20, 30 ans plus tard, les conséquences.L'amiante s'est | entre temps souvent détériorée, tombe en poussière des plafonds et dans les sous-sols, est transportée par l’air conditionné.Depuis 1972, son utilisation comme isolant est interdite, mais que faire?Prendre d'abord d'immenses précautions.Ne pas remuer inutilement la poussière d'amiante, couvrir les surfaces avec des films plastique, et surtout attendre, quand c’est possible, que le bâtiment soit désaffecté pour gratter l'amiante.C'est un procédé extrêmement coûteux, et personne n'a encore mis au point une méthode véritablement satisfaisante.Q.5.— Le danger pour le public est-il si important?/.S.— Inhaler quotidiennement des particules microscopi- ; ques d'amiante est en effet très grave.Mais je pense surtout Jet QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 31 /> -— ( Photos: A.P.I.à ceux qui utilisent le matériau.Les maladies qui les affectent (cancers du poumon, des intestins, asbestosis, mésothéliomes.) sont maintenant connues.L'industrie doit relever ce défi.On estime que huit à onze millions d'Américains ont été exposés dangereusement à l'amiante depuis la deuxième guerre mondiale.Et 1,5 million le sont encore chaque année.C'est inadmissible.Si vous ajoutez à cela que les particules d'amiante sont transmises par ces ouvriers dans leurs famil- LE RAPPORT BEAUDRY Dans son rapport, le comité présidé par le juge René Beaudry a recommandé spécifiquement: — que l'État applique les normes de salubrité sans prévoir d'aide financière spéciale, excepté pour les petites entreprises; — que soit établie une norme correspondant à un niveau d'empoussiérage inférieur en moyenne à deux fibres plus longues que cinq micromètres par centimètre cube, formulée en termes de paramètres convergents, soit: 1.un maximum à ne jamais dépasser de 0,20 milligramme par mètre cube, pour le contenu en amiante de la poussière totale respirable; 2.un maximum à ne jamais dépasser de 0,20 milligramme par mètre cube de poussière totale respirable dans l'air de retour ou de compensation; 3.un maximum à ne jamais dépasser de cinq fibres de longueur supérieure à cinq micromètres par centimètre cube d'air dans le milieu de travail; 4.un maximum à ne jamais dépasser de cinq milligrammes par mètre cube d'air pour la poussière totale respirable, ce qui correspond à la norme internationale; — l'institution d'un système d'inspection inclus, par une action centralisée, dans une structure globale de surveillance de la salubrité et de la les, par leurs habits, leurs chaussures ou leurs cheveux, vous vous rendez compte de l'étendue du danger.Nous avons ainsi examiné plus de 200 de ces familles: un tiers des enfants et des femmes avaient des radios pulmonaires anormales! Si l'industrie de l'amiante ne prend pas les mesures de sécurité qui s'imposent, il sera très difficile de défendre désormais son emploi.santé.Ce système comprendra des activités de surveillance continue de l'empoussiérage du milieu sous la responsabilité réglementaire de l'entreprise, des vérifications internes de l'empoussiérage des aires de travail, sous la responsabilité réglementaire des travailleurs eux-mêmes et une inspection spécialisée préventive, de la salubrité en général; — l'instauration d'un programme de surveillance de la santé des travailleurs, relié aux structures internes de santé publique; — la création d'une Régie de la santé au travail possédant une autonomie administrative, impliquant une représentation patronale et syndicale; — un régime légal d'autosurveillance, au niveau local, sous la forme d'un Comité paritaire de salubrité.Depuis, le gouvernement du Québec a décrété que la norme en vigueur serait remplacée à partir du 1er janvier 1978 par une norme correspondant aux recommandations du rapport.De plus, au plus tard le 1 er janvier 1981, toutes les mines ou carrières ainsi que tous les moulins où s'effectue la séparation des fibres de la roche devront être pourvus d'un système de traitement afin que soit respecté un maximum variant de 0,20 à 5 milligrammes par mètre cube, selon que le contenu en amiante des poussières totales respirables varie de 1 00 à 4 pour cent. ¦ TmAS INSTRUMENTS e_ i i b e b i b se r?@3 (33 É13 ® ÉP LRN) «tl In» CM» Emc Prd IsgrTI fsroîl fBCLÏl faJMfl (MJ) (XJ) PJ1 El Pause r = t Nop Op O eg I^JI I I 9 I* La TI 58C de Texas Instruments Une calculatrice programmable avec mémoire continue et modules de programmation La Tl 58C utilise les «modules de programmation», des petits cubes de mémoire contenant jusqu'à 5000 pas de programme.Vous pouvez faire appel en tout temps à un des 25 programmes qu, y sont conservés en permanence.La calculatrice est offerte avec le module de base qui comprend des programmes de mathématiques, statistiques, finance etc i La Tl'bSC offre la possibilité d'utiliser un maximum de 480 pas de programme ou de 60 mémoires, avec toutes es combinaisons intermédiaires permises (400 pas et 10 mémoires, 320 pas et 20 mémoires, etc.).De plus, la Tl 58e es dotée d'une mémoire permanente qui conserve données et programmes que la calculatrice soit en marche ou non.La Tl 58C par ces nombreuses caractéristiques vous offre une puissance peu commune.Le gui e e programmation de 250 pages, offert avec la calculatrice, vous permet de commencer vos propres programmes immédiatement./Vous avons toute une gamme de produits Texas Instruments: T! 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Vue «plongeante» dans un vaisseau sanguin.On y distingue des globules rouges, un lymphocyte (attaché à la paroi par un filament de fibrine) et des filaments de fibrine.(Grossissement: 5 800X) fcf QUEBEC SCIENCE / octobre 1979 .V V'.Les pores/e famu 1 I -f i & s P* .A Ik a.- Pore de peau normale de mammifère.(Grossissement: 190XJ Cette peau a été maquillée avec un fond de teint.L'ouverture des pores est grandement diminuée.(Grossissement: 190X) Un pore de peau maquillée te! qu'il apparaît après que la peau ait été nettoyée avec un lait démaquillant.On peut remarquer qu'il reste encore beaucoup de maquillant.(Grossissement: 190X) octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE Globules rouges accolés à une cellule nerveuse.(Grossissement: 7 0 000X1 Un des problèmes en microscopie électronique est l'interprétation des images obtenues.Par exemple, le globule rouge normal ressemble à un beigne, et tous les globules rouges que l'on voit ici sont des globules rouges déformés par un tampon hypertonique.(Grossissement: 5 800XJ QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 Sur ce frottis sanguin, on voit une cellule en train de phagocyter un globule rouge.A noter que ce frottis provient d'un sang leucémique (Grossissement: 1 600X1 Le phénomène de la coagulation sanguine est ici mis en évidence.On voit bien entremêlés les globules rouges dans un réseau de fibrine.(Grossissement: 20000XJ 38 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE Le cheveu humain est ainsi composé d'écailles en surface.Le microscope électronique peut aussi détecter les métaux lourds.Ainsi un dosage du chlore peut permettre d'identifier le sexe du porteur du cheveu et de déterminer approximativement son âge.(Grossissement: 81OX) LV ;v Tissu de denin (jean).La possibilité d'analyse des métaux avec la microscopie électronique est souvent utilisée dans /'industrie textile pour aider à solutionner les problèmes de teinture et de coloration des tissus.(Grossissement: 160X) Voici le tranchant d'une lame de rasoir.Le microscope électronique est très utilisé en métallurgie où H a de multiples applications: détection de microfaille, vérification de polissage, étude de composition métallurgique, etc.(Grossissement: 3 000X) Graine de la mauvaise herbe Galinsoga ciliata.(Grossissement: 21X) QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 39 LE MAÎTRE DE L’UNGAVA .4 ¦ .Hjiç, ; " Le plus imposant troupeau de caribous au monde h vit et prospère au Nord du Québec fl Didier Lehenoff 40 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE Les caribous sont toujours en mouvement.U leur arrive, lorsqu'ils sont en train de paître paisiblement, de partir soudainement au galop pour se rendre dans un autre pâturage.Leur allure maximale serait de 60 à 79 kilomètres à l'heure.par André Lamoureux Au début des années 50, on estimait que le nombre de caribous dans le Nord québécois atteignait une limite presque critique de 3 500 bêtes.Déjà, on évoquait le sort des bisons de l'Ouest américain qui, en quelques décennies, passaient de 60 millions à quelques milliers d'individus.Heureusement, l'accroissement naturel du Rangifer tarandus a fait disparaître toute menace d'extinction du «maître de l'Ungava».Au contraire, le troupeau de caribous de la rivière Georges, que les derniers inventaires scientifiques évaluent à plus de 200000 têtes, est la plus grosse agglomération de caribous ou de rennes sauvages au monde! Ce cervidé, dont les ancêtres ont posé pour les «artistes-décorateurs» des cavernes préhistoriques du centre de l'Europe, en avait vu bien d'autres, lui qui est arrivé en Amérique par le petit pont de glace reliant la Sibérie à l'Alaska, 20000 ans passés.Le caribou, qui forme avec le renne d'Eurasie une seule et même espèce, avec bien sûr quelques sous-espèces géographiques sur lesquelles les experts de la taxinomie ne sont pas toujours unanimes, broutait jadis l'herbe du New Hampshire.Mais à l'arrivée des Européens, il y a moins de trois siècles et demi, cet animal a préféré déménager ses pénates toujours plus au nord plutôt que de se faire passer, lui aussi, un attelage au cou.Donc, contrairement aux rennes d'Europe et d'Asie septentrionales, les caribous d'Amérique du Nord ne sont pas domestiqués.Même s'il existe quelques petits troupeaux plus au sud que celui de la région sub-arctique, la majorité des Québécois n'ont jamais vu un caribou, sauf sur les pièces de $0.25.Ce nomade à panache n'en constitue pas moins une ressource économique indispensable aux autochtones nordiques pour qui un écart de seulement quelques kilomètres dans la migration annuelle d'un troupeau de milliers de caribous représente tout simplement la famine.En fin de compte, l'Hôtel de la monnaie du Canada avait vu juste: année après année, «mère nature» joue à pile ou face avec les autochtones.Pile, c'est l'abondance de caribous, donc de la viande, du matériel pour les raquettes et les vêtements, et face c’est, on l'aura deviné, la Reine ou, autrement dit, le secours du gouvernement.L'ANIMAL QUI PIOCHE Bien qu'on le retrouve au Québec en nombre plus considérable que ses cousins, le cerf de Virginie et l'orignal, dont on évalue les cheptels respectifs à environ 100000 individus, on a commencé à étudier sérieusement le caribou seulement depuis une trentaine d'années.Cet intérêt a suivi le lent éveil du Québec à son milieu, le Nord, un peu mieux connu depuis quelques années, et aux populations qui en tirent leur subsistance, les Amérindiens, dont on se préoccupe davantage aujourd'hui, depuis que les richesses de leur territoire ont pris de la valeur.Quoi qu'il en soit, on sait que le caribou est un grand migrateur qui voyage en groupe de quelques dizaines à plusieurs milliers, sur des distances allant jusqu'à 600 kilomètres, pour se déplacer de son aire d'hivernage à son pâturage d'été.Comme 95 pour cent des caribous du Québec se retrouvent au sud de la baie d'Ungava, l'espèce s'est adaptée aux milieux arctique et subarctique: la queue et le museau sont courts et poilus, la stature massive (il mesure 1,30 mètre au garrot) avec un poids de 600 à 900 kilogrammes et une fourrure dense et longue qui le protège des grands vents.Le pelage présente une assez grande variété de teintes selon le sexe, l'âge et aussi les saisons.Le caribou porte un signe particulier: un collier de fourrure généralement blanche.L'animal est muni de sabots larges en forme de croissant qui lui servent de raquettes sur la neige et les tourbières.Bon nageur et bon coureur, il peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres en une journée.L'appellation du caribou lui vient des Mic-Macs qui le nommaient «xalibu», ce qui signifie «l'animal qui pioche ou pellete»pourtrouversa nourriture jusqu'à deux mètres sous la neige.Les bois du caribou sont presque toujours dissemblables et la femelle est la seule des cervidés à porter elle aussi des bois, du moins dans 80 pour cent des cas.Les bois du mâle tombent après la période de rut alors que la femelle et les petits les gardent jusqu'à la fin de l'hiver.Chez les jeunes, les bois se manifestent d'abord sous forme de boutons couverts d'une peau veloutée dès le premier automne.Chose curieuse, on ne retrouve que très rarement les bois du caribou et du cerf de Virginie.Ces animaux, de même que les rongeurs, les mâchent une fois tombés, profitant ainsi de leur haute teneur en calcium.LES MÈRES D'ABORD En avril et en mai, les hardes, menées par les femelles gravides, migrent vers le Nord où les troupeaux vivent tout l'été dans la toundra.Les études des biologistes québécois démontrent que les déplacements des caribous s'effectuent sur un territoire d'une superficie de 200 000 kilomètres carrés dans le nord- 5.Ifil Kl, if Pi fell dio ütpî teou «lie Spt 5'i.Lij j I |P|1 I ^ QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 41 Le lichen est à la base de l'alimentation du caribou, surtout en hiver.Son régime alimentaire est cependant plus varié durant la saison estivale, comprenant, entre autres, des champignons, des herbes et des fruits.¦ 1 est de l'Ungava et au nord du Labrador.La femelle quia accumulé des forces met bas vers le début de juin après une période de gestation de 240 jours.Quelques minutes après sa naissance, le petit, pesant de 20 à 30 kilogrammes, est déjà sur pattes et sait instinctivement que sa survie est liée à sa constante mobilité.Très tôt, les jeunes broutent l'herbe près de leur mère et forment un groupe social distinct des mâles.La protection maternelle est essentielle, car beaucoup des jeunes périssent lors du voyage de retour, soit par noyade, ou quelquefois à cause des ours ou des loups.Ces derniers suivent les troupeaux sur de grandesdistan-ces pour s'attaquer aux animaux trop vieux ou à ceux qui ne sont pas assez robustes.Finalement, on estime que seulement la moitié des veaux nés un printemps atteignent la taille adulte trois ans plus tard pour se reproduire à leur tour.Le cycle annuel du caribou est parmi ce qu'il y a de plus régulier et, dès le début de l'automne, la période du rut commence après la chute du «velours» du panache.Les mâles deviennent alors nerveux, suivent les femelles pendant des semaines dans le but, semble-t-il, de constituer des «harems» de 1 2 à 1 5 femelles.Ce qui est le plus spectaculaire lors de cette période, ce sont les combats simulés ou réels des mâles qui cherchent à démontrer leur domination en provoquant les autres mâles.Certains s'encornent, cherchent à se repousser des heures durant, mais généralement aucun des deux protagonistes s'est blessé ou tué.Quant aux moins braves, ce sont les broussailles qu'ils chargent.Comme tous les autres cervidés, le caribou possède un très bon odorat, mais une vue assez faible.C'est donc plutôt l'instinct qui, chaque année, le guide pour retrouver son chemin.Toutefois, son odorat fort développé lui permet, l'hiver, de trouver sa nourriture en creusant des cratères d'alimentation pour atteindre le lichen.Advenant que la croûte de neige soit trop épaisse, le caribou se déplacera vers un habitat temporaire, mais strictement occasionnel, où la nourriture sera plus accessible.Il mange aussi les herbes sèches, des feuilles et des branches.Les caribous ne forment de supertroupeaux qu'à quelques occasions de l'année et les biologistes ont repéré deux principales aires de concentration hivernale, la première dans la région de Fort Chimo et la seconde au Labrador près du village côtier de Nain, où le long défilé de caribous emprunte la rue principale (la seule) pendant des heures et des journées.Un spectacle inoubliable, semble-t-il.LE PLUS GROS TROUPEAU AU MONDE Tout compte fait, les études sur le caribou ne manquent pas.On en a d'ailleurs recensé 636 au ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche.Déjà toute la littérature du Service canadien de la faune résultant des études des troupeaux des Barren-Grounds, dans les Territoires-du-Nord-Ouest, s'applique en bonne partie aux caribous de l'Ungava.Le seul retard que le Québec devait rattraper au cours des dernières années portait sur l'inventaire de l'espèce, lequel a mené à la confirmation que le plus gros troupeau du monde se trouve au Québec.Que Duplessis se soit intéressé davantage à la pêche qu'à la chasse pourrait expliquer en partie le retard des études du Québec sur le caribou, mais cette lacune est due surtout au fait que le Nord était peu connu jusqu'à récemment.Peu peuplé (0,5 pour cent de la population québécoise), très vaste et fort dispendieux à étudier, le territoire nordique présentait peu d'attrait.D’autant plus que les études qui s'y rapportaient étaient plutôt l'œuvre de voyageurs en ramenant des bribes d'information.Pour le premier biologiste qui a réalisé un inventaire scientifique sur le caribou du Nord, Pierre Desmeules, «ce désintéressement envers le caribou s'expliquait par le peu de données disponibles: on croyait que le caribou était une espèce négligeable et puis, le Nord, ça coûte cher de s'y rendre! Dépenser $30000 à $40000 pour un voyage de plusieurs semaines avec, à la fin, une étude de dix pages dactylographiées, c'est toujours difficile à justifier.Encore plus difficile si c'est pour confirmer d'autres études.» M.Desmeules occupe aujourd'hui le poste de directeur québécois du Service canadien de la faune, mais il étudie maintenant les oiseaux migrateurs, le SCF ne s'occupant plus des caribous depuis 1976.Le Québec a pu déterminer, avec l'aide du gouvernement terre-neuvien, l'importance du troupeau de la rivière Georges en utilisant la technique de la télémétrie.Plusieurs femelles de ce troupeau ont été suivies par avion dans leurs déplacements après qu'on leur ait installé des colliers-émetteurs.Les études en terrains nordiques posent souvent des obstacles infranchissables comme de longues périodes de mauvais temps et rien ne vaut un signal émetteur pour retrouver l'animal que l'on veut suivre.Les femelles en question ont conduit l'équipe spécialisée dans l'étude du caribou au MTCP aux terrains de vêlage les plus fréquentés.C'est à partir des travaux sur les terrains de vêlage du lac Campdoré et de la rivière Didier Lehenaff 42 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE iï mm 'V+i m*- Ford que l'on a pu évaluer le nombre de femelles, puis par extrapolation fixer approximativement à 200 000 le nombre de caribous de la rivière Georges.Le responsable de ces études, le biologiste lan Juniper, souligne «que depuis que le Québec sait qu'il possède le plus gros troupeau de caribous au monde, les études supplémentaires sont plus faciles à faire accepter.Cependant, notre équipe est plus restreinte (il travaille avec deux techniciens) que celles qui étudient le cerf de Virginie et l'orignal.De plus, nous avons la responsabilité d'étudier l'ours polaire qui fréquente également la région nordique.» Une aide technique, comme celle apportée par les spécialistes de l'environnement de la Société de développement de la Baie James s'est par ailleurs avérée utile pour évaluer les troupeaux de caribous de cette région.Il reste donc à l'équipe de M.Juniper à déterminer le nombre de caribous se trouvant à l'est de la Baie James, ce qui se fera à compter de 1980, et à surveiller révolution du troupeau de la rivière Georges.«À 200000 têtes, nous évaluons que ce troupeau est en parfaite santé et que son habitat répond à ses besoins», souligne le technicien en aménagement faunique Didier Lehenaff en ajoutant que «la poursuite des études est cependant nécessaire pour déterminer le moment où ce troupeau connaîtra une explosion démographique et c'est ce que nous ne pouvons encore prévoir.» Les Amérindiens, pour qui la chasse et la pêche font partie de leurs pratiques ancestrales, comptent encore sur le caribou pour assurer une partie de leur alimentation.Les recherches entreprises dans le cadre du projet hydro-électrique de la Baie James, en particulier les travaux du comité de recherche sur la récolte autochtone qui est un groupe de travail du Comité conjoint Chasse, Pêche et Trappe, ont fourni quelques données sur l'apport du caribou à leur alimentation.Ce Comité a déterminé que le «seuil» viable de cette population de 5 200 Cris et Inuit, soit environ 1 280 chasseurs potentiels, serait de 770000 kilogrammes de nourriture par an.Avec des prises annuelles de 900 caribous et autant d'orignaux, ces familles assurent une bonne partie de leurs besoins alimentaires (avec La télémétrie est utilisée pour suivre les animaux sur une grande distance et pour déterminer l'importance des troupeaux.Ainsi, on fixe au cou du caribou un collier muni d'un émetteur.Ce dernier émet un signa! capté par les chercheurs à bord d'un avion.bien entendu les poissons, les oiseaux, le petit gibier, etc.).Jusqu'à récemment encore, les «restes» étaient utilisés à d'innombrables fins: les tendons servaient pour les raquettes, la fourrure pour les vêtements, les panaches et les os pour la fabrication de bijoux.Comme les Lapons se sont «enren-nisés» en associant leurs déplacements et leurs techniques d'élevage aux migrations des rennes d'Eurasie, on peut dire que les Inuit se sont créés de profonds liens de dépendance avec le caribou.Pour l'ethnologue Richard Dominique, «le caribou est un animal amérindien parce qu'il s'est installé dans la vie de tous les jours des autochtones, même en dehors des période de chasse.Il fait partie de leur organisation sociale et cette interrelation a quelque chose de sacré.» LE SUD HOSTILE AU CARIBOU Hors du Nord, point de salut pour les caribous! En réalité, cet adage n'est pas exagéré si on considère toutes les difficultés que rencontrent les caribous à vivre au sud du 52e parallèle.Les preuves: les caribous sont disparus de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick alors que les troupeaux, pourtant volumineux, que l'on retrouvait, il y a quelques années, dans la région de Val-d'Or et de la Côte-Nord, ont littéralement «fondu».Quant auxtentatives d'introduction ou de réintroduction, elles ont presque toutes abouti à des échecs, que ce soient celle du Maine ou du Cap-Breton ou encore, si l'on remonte au début du siècle, à l'île d'Anticosti.Le propriétaire de l'île, M.Henri Menier, a vainement tenté d'introduire le caribou dans son domaine du golfe, mais sans succès, QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 43 PRIS ENTRE L'INDUSTRIE ET LE BRACONNAGE Le caribou est un bon nageur.Revêtu de sa longue fourrure d’hiver, il flotte exceptionnellement haut à la surface, le dos largement découvert.U peut atteindre une vitesse de dix kilomètres à l’heure à la nage.tandis que les cerfs de Virginie, eux, sont passés d'une centaine à 60000 en un demi-siècle.La seule expérience de réinstallation des caribous dans un milieu qu'ils avaient déjà habité, expérience qui se poursuit toujours, est celle du troupeau des Grands-Jardins dans le parc des Laurentides (voir Québec Science, janvier 1975).Le promoteur de ce projet, le biologiste Pierre Desmeules, croyait que l'introduction d'une soixantaine de caribous en 1 966 donnerait un troupeau dix fois plus nombreux en 1 976.Sa prévision ne s'est pas réalisée et, encore aujourd'hui, on se perd en conjectures lorsque l’on tente d'expliquer pourquoi le troupeau ne peut dépasser le chiffre quasi magique de 80 têtes.Pourtant, le troupeau n'a pas de difficulté à se reproduire et les petits courent moins de risques que dans le Nord.La responsable du troupeau, la biologiste Hélène Jolicœur, est catégorique: «Nous avons mis toutes les chances de notre côté et même avec la télémétrie, quinze émetteurs ayant été installés sur des femelles, on n'a pu déceler de causes «naturelles» à cette stagnation.» La seule explication valable à l'état de stagnation du troupeau des Grands-Jardins est donc le braconnage.La présence de ce troupeau de caribous au nord de Saint-Urbain est connue d'à peu près toute la région de Charlevoix; les caribous rendent même visite aux terrains de camping avoisinants.L'animal s'est habitué à la présence de l'homme et il n'est pas présomptueux de supposer que certains braconniers «s'intéressent» à ce troupeau, d'autant plus que l'on a retrouvé dernièrement un caribou dépecé.au couteau de cuisine.L'étude du troupeau des Grands-Jardins, au cours de ses déplacements, a néanmoins permis aux biologistes de mieux connaître le caribou.De plus, observer ainsi l'animal en captivité a favorisé le développement de nos connaissances sur ses habitudes alimentaires, sa croissance et sa reproduction.L'idée de faire de ce troupeau un laboratoire d'étude sur cet animal a même germé dans la tête des biologistes du MTCP.Comme l'explique Mlle Jolicœur: «Nous avons tenté d'intéresser l'université Laval à nos études, mais sans succès.Cependant, nous ne perdons pas espoir que l'Institut québécois de recherches appliquées sur le caribou ne voit le jour dans quelques années, d'autant plus que la proximité des Grands-Jardins, à 80 kilomètres de Québec, jouerait en la faveur de ce laboratoire en plein-air.» On ne peut, par ailleurs, ignorer la présence d'un autre troupeau de caribous vivant «au sud» dans des conditions moins favorables qu'il y a quelques années.Il s'agit du troupeau des monts Chic-Chocs, en Gaspésie.En 1954, le biologiste Gaston Moisan, qui occupa par la suite la fonction de sous-ministre du MTCP, évaluait ce troupeau à plus de 700 bêtes.Aujourd'hui, la dimension du troupeau varie entre 250 et 300 individus, tout en étant confiné au Mont Albert.«Jadis cette harde, explique M.Moisan, voyageait à travers toute la Gaspésie; on voyait quelquefois des caribous à Chandler et on savait que sa migration se poursuivait également dans les Maritimes.Maintenant, ce troupeau est quasi sédentaire, dans un milieu auquel il a dû s'adapter et qui se rapetisse tranquillement.» Comme bien d'autres, M.Moisan s'inquiète du projet de scinder en deux le parc de la Gaspésie pour permettre une exploitation industrielle à certains endroits qui sont protégés à l'heure actuelle.«En rétrécissant le parc de 400 à 240 kilomètres carrés, on restreint davantage l'habitat du caribou.En octobre 1978, lors des audiences publiques relatives à ce projet, 25 mémoires sur la trentaine qui ont été présentés au ministre Duhaime demandaient qu'on tienne compte de la présence des caribous.Ce n'étaient pas Didier Lehenaff 44 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE UN CASSE-TÊTE ANIMAL Les cervidés que l'on rencontre presque partout à travers le monde — ce qui n'est pas le cas de toutes les espèces animales — forment une grande famille, même une très grande famille si l'on en juge par ses multiples ramifications.D'une taille variant du lièvre au cheval, ils présentent certains traits communs, comme être herbivores, posséder des bois et des pattes se terminant par des sabots.Le plus grand d'entre eux, l'élan d'Amérique, notre orignal, mesure environ deux mètres de hauteur à la base du cou et ses bois atteignent 1,60 mètre d'envergure, alors que le plus petit, le chevrotin porte-musc qui vit en Asie centrale, ne pèse que dix kilogrammes et porte deux défenses saillantes sur la mâchoire supérieure au lieu des bois.Les distinctions morphologiques et géographiques jouent aussi dans la nomenclature des Rangifer tarandus, notre caribou d'Amérique ou le renne des zones boréales d'Europe et d'Asie.Dans un ouvrage de vulgarisation écrit pour le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, M.René Pomerleau indique d'ailleurs: «Les zoologistes s'accordent pour reconnaître une seule espèce, mais ils acceptent, en général, de subdiviser ce groupe en un certain nombre de sous-espèces ou races qui ne diffèrent entre elles que par des traits secondaires, notamment la taille.» Dans cette classification, plusieurs auteurs distinguent le caribou des bois de celui de la toundra parce qu'apparemment le premier est plus gros que le second.Toutefois, le biologiste lan Juniper, spécialiste du caribou au même ministère, ne souscrit pas à cette nuance parce que, selon lui, «les caribous de la rivière Georges sont aussi gros que ceux du Sud.» Les Indiens, eux, ajoutent une autre particularité dans «leurs» caribous.Ils distinguent le caribou de la forêt, celui de la toundra et une autre classe, celui de la mer.Ces derniers venaient autrefois manger du varech le long de la Côte-Nord, comme en fait foi la toponymie: un hameau situé entre Baie-Comeau et Sept-lles porte le nom des îlets Caribous.Enfin, la taxonomie reconnaît quelques autres sous-espèces, comme le caribou de Peary vivant dans les îles du Grand-Nord canadien, le caribou de Grant de l'Alaska et celui du Groenland.Les rennes d'Eurasie sont semi-domestiqués et on connaît la dépendance des Lapons envers cette espèce.Au Canada, rien n'indique qu'il y ait déjà eu des tentatives de domestication du caribou, ni de l'orignal, ni du cerf, bien que ces animaux aient déjà fait l'objet d'expérience dans des zoos européens.Ici, on a plutôt tenté, par le passé, d'introduire le renne de Laponie, mais à l'exemple du projet du Dr Greenfeld de remplacer le chien esquimau, au début du siècle sur la Basse Côte-Nord, par le renne moins bruyant, plus robuste et moins difficile à nourrir sans compter qu'il fournit du lait, on n'enregistre que des échecs.des mouvements écologiques ou des sociétés de protection de n'importe quoi, mais des Chambres de commerce et des sociétés de développement qui effectuaient cette démarche!» indique l'ancien sous-ministre.Quoi qu'il en soit, Soquip poursuit toujours des recherches en Gaspésie alors que Soquem n'a pas abandonné ses projets.D'autre part, l'envahissement toujours grandissant par des scieries de la région se fait de plus en plus sentir sur la faune.D'un autre côté, le taux de chômage est élevé là-bas.Plusieurs observateurs ne se cachent pas pour dire que si les gens ne travaillent pas, ils braconneront.Une alternative où le caribou n'a pas beaucoup plus de chance d'en sortir gagnant.Le maintien des qualités de l'habitat s'avère une condition essentielle pour la survie des caribous et les nombreux incendies de la taïga qui ont eu lieu entre le 51 e et 54e degré de latitude ont eu pour effet de limiter l'expansion du caribou vers le sud en détruisant les lichens qui prennent entre 75 à 100 ans à repousser.Dans ces conditions, le caribou ne peut assurer sa subsistance.Un autre facteur «naturel» permet, quant à lui, un meilleur équilibre de l'espèce, il s'agit du loup qui est un prédateur important du caribou.Certaines études précisent qu'un loup peut tuer de 11 à 14 caribous par année.Cela a un effet salutaire sur lestroupeaux puisque ce sont les bêtes les plus faibles ou trop vieilles qui sont tuées.Les biologistes s'accordent à dire que le rapport écologique entre le loup et le caribou est profitable aux deux espèces.Plus rarement, des caribous trouveront aussi la mort à la suite du harcèlement par des myriades de moustiques, de maringouins et surtout de gastrophiles nasaux, qui les di fit Mlf S QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 45 des uoi, des lec- imp en 'en- pai see ii Pie- pas de e[ia «le- iiel* peet P liPles mîsl ssi'J l(dî! jiiieP lei wr«îa -i—ji m forceront à courir jusqu'à épuisement total.Toutefois, Thomme demeure un prédateur important.Certaines chasses ex-j cessives, au tournant du siècle, ont affecté ; l'espèce.Les autochtones qui sont dépendants de cet animal semblent pratiquer une récolte rationnelle et la récolte officielle des dernières années qui s'est maintenue à 5 500 caribous abattus par année semble l’indiquer.Pour ce qui est des chasseurs québécois et non-résidents, leurs prises annuelles oscillent autour de 1 500 caribous depuis 1976 alors que la saison de chasse a été allongée.La chasseauxcari-! bous rapporte plusieurs millions si on considère qu'un chasseur doit se rendre à Schefferville, louer un avion, les services d'un guide, etc.Une dépense d'environ $1 000 pour une semaine.Cette année, le ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche permettra à 2 250 chasseurs de pratiquer ce sport.C'est peu en comparaison des chasseurs d'ori-Qnaux et de cerfs de Virginie qui sont respectivement 105 000 et 75 000 pour une ressource beaucoup plus restreinte.Avec environ 10000 caribous abattus par année (en comptant le braconnage), plusieurs estiment que le troupeau de la rivière Georges, avec ses 200000 têtes, s'approche d'un état de saturation, surtout s'il ne se déplace pas fréquemment pour ménager ses zones habituelles de broutage.Selon le biologiste Gaétan Hayeur, l'augmentation de la chasse sportive au caribou s'impose pour le plus grand bien des chasseurs et du cheptel: «Contrairement à ce que croient les antichasseurs, la chasse sportive demeure toujours le meilleur moyen de contrôler une population d'animaux sauvages.» Le caribou décèle le danger presque exclusivement grâce à son odorat.Un chasseur peut s'en approcher très près s'il est contre le vent.Très myope, il est peu sensible aux stimuli visuels, mais // remarque rapidement un objet en mouvement.Pour en lire plus: Pascal Grenier, François Potvin et Jean-Marie Brassard, Les cervidés du Québec, supplément au numéro 15 de YAubelle publié par l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, avril 1979 lan Juniper, Compilation des rapports d’étape de recherches biologiques du troupeau de la rivière Georges, 1973-1976, Direction de la recherche faunique, ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, 1 978 René Pomerleau, Le caribou, cahier numéro 3, Faune du Québec, ministère du Tourisme, de la Chasse et de la Pêche, 1973 (publication gratuite) Le caribou.Service canadien de la faune, série La faune de l'arrière-pays, Environnement Canada, 1973 (publication gratuite) Un groupe de recherche interdisciplinaire regroupant des archéologues, des biologistes, des ethnologues ou des anthropologues rattachés à des institutions gouvernementales ou universitaires, et sous la direction de François Trudel, professeur d'anthropologie à l'université Laval, publiera cet automne un dossier consacré au caribou dans un numéro spécial de la revue Recherches amérindiennes Université McMaster Faculté des Etudes Supérieures L'université McMaster offre des programmes d'études supérieures dans les disciplines suivantes: M.A.; Ph.D.M.Sc.; Ph.D.Maîtrise; Doctorat M.A.Anglais Anthropologie Etudes Religieuses Géographie Histoire Philosophie Psychologie Sciences économiques Sociologie Biochimie Biologie Chimie Géographie Géologie Mathématiques Métallurgie Physique Science des matériaux Sciences médicales Génie chimique Génie civil Génie électrique Génie mécanique Allemand Bien-être social Didactique Etudes classiques Etudes françaises Grec Latin Sciences politiques PhD.M.Sc.Maîtrise Etudes romaines Génie nucléaire Sciences de la gestion Biodynamique humaine Didactique Informatique Statistiques Génie métallurgique Génie physique Sciences de l'administration Sciences de la santé Aide financière C'est la politique de l'université McMaster de mettre à la disposition de tous ses étudiants à temps complet une aide financière qu prend la forme de bourses et d'assistanats, lesquels peuvent s'élever annuellement à quelque $7,000 pour les étudiants de maîtrise et à $8,000 pour les candidats au doctorat.Ces derniers reçoivent normalement une aide financière d'une durée de quatre ans au delà de la maîtrise (ou de cinq ans au delà du baccalauréat), laquelle peut être prolongée sur la recommandation du département Les étudiants de maîtrise reçoivent, quant à eux, une aide financière d'une durée d'un an, renouvelable sur la recommandation du département pour un quatrième et un cinquième trimestre.Un certain nombre de bourses au mérite provenant de fonds établis expressément à cet effet et utilisables exclusivement pour l'inscription à McMaster sont attribuées chaque année.Des assistanats sont également fournis aux étudiants qui reçoivent des bourses fédérales ou provinciales.L'Université Les activités de McMaster se déroulent sur un agréable campus sis à proximité d'importants Jardins Botaniques et par ailleurs à une courte distance du centre de Hamilton.Les salles de classe, laboratoires, salles de réunion, bibliothèques et bureaux sont fonctionnellement répartis parmi plus de 40 pavillons.Le centre du campus est réservé aux piétons.Pour de plus amples renseignements, écrire au: Directeur, Département de.Université McMaster Hamilton, Ontario Canada L8S 4K1 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1979 47 OPHTALMOLOGIE LE LASER REMPLACE LE SCALPEL La technologie moderne, y compris le laser, est en train d'aider les ophtalmologistes à contrôler, sinon à guérir complètement, une maladie qui demeure, pour une large part, mysté->| rieuse, bien qu’elle ait été décrite pour la première fois au tournant du siècle.Un médecin anglais, Henry Eales (1852-1913), nous a en effet laissé une description des hémorragies rétiniennes ou intravitreuses chez les jeunes adultes de sexe masculin.Selon l’importance de l'hémorragie, la vue peut se brouiller tout d'un coup ou graduellement.C’est en 1949 qu'on a utilisé pour la première fois la photocoagulation sur des patients.Avec l’expérience et le perfectionnement des instruments, on s’en est de plus en plus servi pour soigner un certain nombre de maladies des yeux et, à partir de I960, différents types de rayons laser ont été adoptés pour le traitement.Lorsqu’on note les premiers symptômes et que la maladie est confirmée par l’ophtalmologiste, on demande au malade d’attendre que sa vision se stabilise et cesse de se brouiller.On utilise alors la photocoagulation pour obturer les vaisseaux sanguins endommagés de façon à arrêter l’hémorragie.Mais il est impossible de prévoir à quel moment celle-ci peut se reproduire.Le traitement, sous anesthésie locale, est indolore, en partie à cause de l’action extrêmement rapide de la lumière.Le faisceau doit être deux fois plus gros que le vaisseau à obturer.La vision peut redevenir claire d’elle-même, après que le traitement ait été abandonné comme ne donnant aucun résultat, mais cela ne signifie pas que l’hémorragie ne reprendra pas.Le docteur John Locke, professeur d’ophtalmologie à l’université McGill et ophtalmologiste en chef au Royal Victoria Hospital de Montréal, a bien voulu nous expliquer en quoi la maladie de Eales, sous sa forme commune, demeurait mystérieuse.Tout d’abord, on ne connaît absolument pas les causes de cette maladie.Le rôle de l’hérédité n’a pas été prouvé et, après de sérieuses recherches, la carence alimentaire, qu’on avait d’abord soupçonnée, a été écartée.L’étude de la maladie sur une longue durée n’a pas permis d’établir de statistiques sur son incidence.Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il s’agit d’une maladie très rare.Heureusement, il est exceptionnel que les deux yeux du patient soient touchés.Elle affecte très peu les femmes.Contrairement à la description que Eales en avait faite, on ne la retrouve pas seulement chez les jeunes adultes, mais également chez les gens d’âge moyen et les personnes âgées.Lorsque l’hémorragie se produit dans un œil, sa vision est à peu près nulle, et la vue du patient s’en trouve très affectée, même s’il se sert seulement d’un œil en mettant une œillère sur l’œil malade.Fred Poland À la découverte des oiseaux du Québec.UnJORs vient de paraître NICHOIRS D’OISEAUX ‘ par Raymond Cayouette illustrations de Jean-Luc Grondin La description de 20 espèces d’oiseaux qui occupent les nichoirs.Des trucs pour les attirer et les faire nicher.Plus de 25 modèles de maisonnettes.18 planches en couleur.36 pages, illustrées en couleur.$4.00 nouvelle édition LES OISEAUX DU QUÉBEC par Raymond Cayouette et Jean-Luc Grondin L’habitat, les mœurs, le nid.le chant, la distribution, les migrations et lieux d’hivernage de 243 espèces d’oiseaux du Québec.Un complément idéal aux guides d’identification sur le terrain.120 pages, illustrées en noir et blanc, $5.00 Les Oisedux GUIDE SONORE DES OISEAUX DU QUÉBEC Vol.I réalisé par Jean Bédard Disque microsillon présentant les chants et les cris de plus de 80 espèces d'oiseaux du Québec enregistés en pleine nature.Un outil indispensable pour l'identification des oiseaux et l'enseignement des sciences naturelles.$5.40 (taxe incluse) LES ÉDITIONS DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC, INC.Nom___ Adresse.Code postal.Nichoirs d’oiseaux ?$4-00 Les Oiseaux du Québec ?$5.00 Guide sonore des oiseaux du Québec ?$5.40 Chèque ou mandat à l’ordre de La Société zoologique de Québec, inc.8191, avenue du Zoo, Charlesbourg, Qué.GIG 4G4 48 octobre 1979 / QUÉBEC SCIENCE MÉDECINE L'OR ROUGE BIENTÔT TRAITÉ AU QUÉBEC Après une douzaine d’années de tergiversations, la décision a enfin été prise: le Québec se dotera d’un centre de fractionnement du plasma sanguin.Ce centre sera construit sur le campus de l’Institut Armand-Frappier, à Laval, en banlieue de Montréal, à un coût estimé à près de huit millions de dollars.Il aura une capacité initiale de 150 000 litres de plasma par année; il sera toutefois conçu pour en traiter éventuellement jusqu'à 250 000, ce qui devrait alors correspondre à la totalité des besoins canadiens.Actuellement, un seul centre de fractionnement existe au Canada, celui des laboratoires Connaught, devenus entreprise à but lucratif depuis leur vente à la Corporation de développement du Canada en 1972 (Connaught était auparavant affiliée à l’Université de Toronto).Jugées insuffisantes, voire vétustes, les installations de Connaught ne répondent plus aux besoins quantitatifs et qualitatifs du pays en produits sanguins.Aussi, la Société canadienne de la Croix-Rouge, de loin le plus important fournisseur de sang au Canada, étudie-t-elle, depuis quatre ans, la possibilité de construire son propre centre de fractionnement plasmatique.Selon le directeur national du service de la transfusion sanguine de la Croix-Rouge, le docteur Roger Perreault, ce projet est toujours sur la table; il viserait lui aussi à assurer l’autosuffisance canadienne en dérivés plasmatiques, donc à traiter 250 000 litres de plasma par an.Actuellement, les donneurs canadiens ne fournissent que 150 000 litres de plasma par année, matière première que la Croix-Rouge fait traiter par Connaught, mais aussi par d’autres entreprises spécialisées situées aux Etats-Unis.Le projet québécois vient certes troubler les plans de la Croix-Rouge.Mais il ne faut pas oublier que cette dernière est actuellement la seule source de plasma frais: d’une façon ou d’une autre, il faudra donc discuter les modalités du partage de cette richesse entre la Croix-Rouge et l’Institut Ar-mand-Frappier.Mais d’un côté comme de l’autre, on nous affirme qu'aucune négociation n’a été entamée à ce jour entre les deux organismes: la partie se joue en effet au plus haut niveau politique, sur la trame de fond des relations entre le Québec, les autres provinces et le gouvernement fédéral.Les ministres provinciaux de la Santé en ont en effet discuté à Charlottetown, début sep- tembre, et se sont entendus sur le principe d'assurer l’autosuf-fisance canadienne en dérivés sanguins.Le ministre québécois des Affaires sociales, M.Denis Lazure, a pour sa part annoncé à ses collègues la décision prise par son gouvernement de construire un tel centre au Québec.Le sujet était de plus à l’ordre du jour de la conférence fédé-rale-provinciale des ministres de la Santé 15 jours plus tard, à Ottawa.À l’heure d'aller sous presse, les résultats de cette conférence n’étaient pas encore connus.On ne savait donc pas encore s’il y aura un ou deux centres de fractionnement au Canada (le centre québécois et celui de la Croix-Rouge, probablement situé en Ontario).On ne savait pas non plus quelles seraient les modalités de collaboration ou de participation de la Croix-Rouge, et éventuellement des autres provinces, au centre de fractionnement du Québec.Le Centre de fractionnement sanguin du Québec produira toute la gamme de dérivés du plasma couramment utilisés en médecine moderne: albumine sérique, fibrinogène, facteurs de coagulation, immunoglobulines spécifiques et non spécifiques.On sait que, de plus en plus, la tendance est à l’utilisation non pas de sang entier, mais de la fraction du sang nécessaire au traitement de telle ou telle maladie: à un hémophile, par exemple, on n’administrera que le facteur de coagulation dont la carence est cause de son hémophilie, en général le facteur VIII; à un grand brûlé, on ne donnera que cette protéine plasmatique lui faisant défaut, l’albumine sérique.En plus d’avantages strictement thérapeutiques, l’administration de dérivés du sang permet d’optimaliser l’usage de cette rare et précieuse denrée qu’est «l’or rouge»: alors que les besoins croissent sans cesse, notamment à cause de l’augmentation du nombre de certaines interventions chirurgicales grandes consommatrices de sang ou de dérivés, le nombre des donneurs plafonne ou même diminue.Tissu vivant essentiel à la vie, (voir Québec Science, août 1977, page 40) le sang est composé d’éléments dits figurés: les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes qui, en s’agglutinant, formeront un premier barrage en cas d’hémorragie.Tous ces éléments figurés baignent dans un liquide physiologique tout aussi important: le plasma; ce dernier est composé de 91,5 pour cent CITRATIO WMOU »t°00 ^ .SANG ENTIER CIT1tAT* 1H ¦ ' * *•., ‘'" ASV tu.T' - * ' -, • < .H3TI» g*ouf ~ if* c *
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