Québec science, 1 janvier 1979, Novembre
$1.7 I DELA.PLANETE w?-y .\ y**- fytàf&lphlo- Tte-.ml **sinjoJ •-So M ^',','^0‘y' K ES S1- 2Ka?v s£fa\¦• ?°' \ ’ .V P/ ¦¦¦ ^ I Jttoow o.IvOII.* %ài/f ’ v'â ^r „.„0 .«Jtocsi ^xuS '5" .V J^oîdo""0?^ AI»e'W I i i i,iji|ï MM! ! ^TffffflfJIfl'ï , * t • fil ?.f ^ ’ i ! i ! ! fi ^ 5 - t ?r ^ .I 1.1' V^ ' «gfc :v ' '¦ ^ïïr.-' , 15’0.M ^'O Obido» A!'"8lflrpT Equateur !P”!e iso^DP.li Jodt Noronht ai> i i/l'#» kirotomd fcife .- ^ s /Ts S.^H'î feo.wbo’ ’ - ?Pn^e': # ,0i Lrio.« M2 L A * LES GOBE-TOUT ) DE L’ESPACE • LES PIÈGES À MENSONGES LE DOSSIER QUI FAIT GRINCER DES DENTS CHANGER LE MONDE PAR LES COMPORTEMENTS MMMflflQflOQ NOUVEAUTE aux éditions hurtubise hmh Ce manuel a été élaboré pour répondre à l’esprit et au contenu du programme d’anatomie, de physiologie et d’hygiène humaines au niveau secondaire (biologie 442).Chacun des chapitres de ce volume est construit sur le même plan.On y retrouve: ¦ une entrée en matière qui introduit le contenu du chapitre ; ¦ un texte et des illustrations expliquant les notions d'anatomie, de physiologie et d’hygiène humaines ; ¦ une séquence de fiches comprises, non dans le volume même mais dans un cahier d'exercices et d'expériences qui accompagne le manuel; dans le texte, la référence au cahier est indiquée par l'abréviation CEE ; ¦ un résumé ; ¦ des questions d'auto-évaluation qui permettent d’évaluer les connaissances acquises et la compréhension des notions.Des feuilles-réponses, placées à la fin du CEE ont été prévues pour répondre à ces questions.paul thibault Diobgie humaine hurtubise hmh cahier d’expériences et d'exercices paul thibault Diologie humaine ifcftfc Qfcc ’>•1 ;i !i \ k Si méditions hurtubise hmh 7360 boulevard newman, ville lasalle, H8N 1X2, tél.: (514) 364-0323 V.nmw QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 3 Le magazine Québec Science, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec avec le soutien du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie Canada.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques sont dus à la rédaction.ISSN-0021-6127.Dépôt légal, Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1979.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement no 1052.Port de retour garanti: LE MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1.©Copyright 1979 — le magazine Québec Science — Université du Québec.Tous droits réservés pour tous pays.Sauf pour les citations dans une critique, il est interdit, sans la permission écrite de l'éditeur, le magazine Québec Science, de reproduire ou d'utiliser ce mensuel, ou une partie de ce mensuel, sous quelque forme que ce soit, par des moyens mécaniques, électroniques ou autres, connus présentement ou qui seraient inventés à l'avenir, y compris la xérographie, la photocopie et l'enregistrement, de même que les systèmes d'informatique.COMITÉ DE SOUTIEN Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur La Sauvegarde Cie d'assurance sur la vie M.Clément Gauthier président Sommaire Jean-Marc Gagnon directeur Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Jean-Pierre Langlois directeur de la production Raymond Robitaille composition typographique Andrée-Lise Langlois maquettiste Patricia Larouche administration et secrétariat Marie Prince promotion et publicité Nicole Bédard Claire D'Anjou diffusion Distribution postale Paul A.Joncas Photogravure et impression L'Éclaireur liée Distribution en kiosques Les Messageries Dynamiques Abonnements (1 an / 12 numéros) Régulier: $17.00 Groupe (10 et plus): $15.00 À l'étranger: $21.00 A l'unité: $1.75 Port de retour garanti Le magazine QUÉBEC SCIENCE Case postale 250 Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX: 610-571-5667 Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE 4 Courrier 6 Commentaire Un sapin nucléaire?8 Ressources minières Le métal de Saint-Honoré 10 Patrimoine Le lin d'antan revit Astrophysique Un quasar et son double 11 Développement Du tourisme au Nord?12 Pollution Le cas flagrant de Saint-Régis 14 Tourisme scientifique Safari-photo à la baleine 47 Lévi-Strauss Un passage remarqué 48 Sexualité Les enfants aussi 51 Médecine Au bout de la lorgnette, le fœtus Génétique Des bactéries contre des virus 52 Archéologie Toutankhamon nous visite 53 Physique Le gluon existe 54 Ces chers ancêtres 56 Parutions récentes 57 En vrac 16 Les bistouris de la planète Jean-Marc Fleury Les nouvelles armes sont des engins précis et, malgré les accords Salt II, faits pour s'en servir.22 Les «gobe-tout» de l'espace Danielle Ouellet Même s'ils ne sont plus de la fiction, les trous noirs n'existent encore qu'en théorie 26 Les pièges à mensonges Luc Chartrand Les détecteurs de mensonges ne disent pas toujours la vérité 34 Le dossier qui fait grincer des dents Miche! Gauquelin Faut-il fluorer l'eau du robinet?Les avis sont partagés et la lutte qui s'engage sera chaude 42 Changer le monde par les comportements Georgette Goupil Une entrevue avec Burrhus Frederic Skinner, le père du behaviorisme : ______________________________________________________________________ LE CHOIX SOLAIRE Une énergie qui entre dans la vie quotidienne Ch.Vauge L’utilisation de l’énergie solaire n’est plus une utopie et devient même, depuis la crise énergétique de 1973, une solution de rechange à long terme.Première des énergies dites «naturelles», le soleil dégage en direction de la terre une puissance de 173 millions de gigawatts, soit près de six millions de fois la consommation du réseau électrique français.L’idée était tentante de puiser à cet énorme réservoir l’énergie nécessaire aux activités humaines.L’énergie solaire est-elle rentable?Les expériences ont-elles été concluantes?«Le choix solaire» répond à ces questions.2-222-02326-2 254 pages $16 (Coédition Tchou) RAPPEL : L’ÉNERGIE SOLAIRE.PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES 2-222-01819-6 216 pages $12 BON DE COMMANDE Veuillez m’expédier : ?Le Choix solaire à $16 $ .L'Énergie solaire à $12 $ .Je désire recevoir votre documentation %r ?Paiement ci-joint à l'ordre des Presses de l'Université de Montréal À percevoir sur mon crédit Chargex - Visa n° i i i i i i i i i i i i Code postal DIFFUSION AU CANADA û Les Presses A de l’Université de Montréal C P 6128.Suce •A ’ W Montréal.Que Canada -H3C3.I7 Tel 343 6029 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE A la suite de l'article «Les nouveaux asiles» de notre collaborateur Yanick Villedieu dans le numéro de septembre 1979 de Québec Science, plusieurs personnes nous ont écrit pour nous faire part de leurs commentaires ou apporter leur témoignage.En voici de larges extraits.UNE RÉPONSE A L'IMPUISSANCE (.) Le problème de la psychiatrie, ce n'est pas sa relative «impuissance» mais son infatuation.L'«impuissance», la contrepartie fausse d'un autre faux problème, la «puissance», ne fait pas problème; elle est à l'image de la vie.La psychiatrie, et ce fait est rarement souligné, c'est justement la «réponse» à l'impuissance.Comme preuve nous invoquerons seulement le fait que la «médecine» «curative» «puissante» récupère les entités pour lesquelles un traitement «efficace» est trouvé; par exemple, la syphilis.Il serait assez long et fastidieux d’élaborer davantage, par écrit, mais nous sommes heureux finalement que vous «pataugiez» dans la chose médicale et psychiatrique québécoise.Ça aide à demeurer vigilant! Pierre Migneault, psychiatre Cowansville CHANGER L'ATTITUDE SOCIALE (.) Les querelles entre les différentes écoles ne règlent rien et je ne crois pas aujourd'hui que l'on soit encore bien prêt de trouver la solution idéale (je n'aurais pas osé écrire la solution finale).Psychiatrie politique je veux bien, politique salariale je veux bien aussi.Les asiles, je pense qu'il ne faut jamais l'oublier, ne sont pas crés seulement par les médecins, mais bien par une société qui veut oublier une classe de ses citoyens.Si les neuroleptiques ne guérissent pas, il ne faut pas oublier que les schizophrènes non plus.Ils demeurent souffrants et je pense qu'il ne faudrait pas oublier, tout comme la morphine vient soulager le cancéreux sans pour autant modifier le processus néoplasique et, par surcroît, en réduisant les capacités intellectuelles du patient, il en est de même pour le neuroleptique.Il rend moins souffrant le malade, altère parfois les symptômes manifestes, en le rendant plus acceptable socialement, mais ne guérit pas ce pauvre schizophrène que tout le monde veut bien prétendre aider, mais qui finalement n'est accepté nulle part.Certains projets communautaires veulent bien investir chez quelques schizophrènes, si possible jeunes et pas trop repoussants.Lorsqu'on parle de trois à quatre cents patients, âgés, «brûlés», les nouveaux théoriciens s'esquivent volontiers.On peut souscrire à lathéorieque l'on veut sur l'origine psychologique, biologique, sociale ou autres, il demeureque les schizophrènes sont nos grands éclopés et nous avons besoin d'un changement dans l’attitude sociale pour être capable un jour de leur offrir des solutions valables.Si je parle d'attitude, je m'adresse non seulement à leur acceptation publique mais également aux priorités que l'on veut bien donner à nos budgets de Santé.Gilbert Pinard Département de psychiatrie Sherbrooke MAIS COMMENT S'EN SORTIR (.) Je suistrès concernée par le problème de la schizophrénie puisque, depuis 14 ans, mon frère, qui a présentement 28 ans, voltige d'hôpitaux en hôpitaux, ces séjours étant entrecoupés de retours à la vie «normale» en société.Il est catalogué schizophrène et sous médication constante.Il est présentement suivi en clinique externe pour contrôle de sa médication et reçoit des allocations du Bien-être social.Ma famille et moi savons bien que cela n'est qu'un autre sursis avant qu'il ne retourne dans un autre hôpital psychiatrique où il séjournera un ou deux mois.Et par la suite, on le parachutera à nouveau dans la société avec ses pilules.Nous avons essayé, à plusieurs reprises, d'avoir des entretiens avec les différents psychiatres qui l'ont suivi mais, ou ils n'avaient pas le temps de nous rencontrer, ou on nous regardait de haut sans trop nous expliquer et parfois en nous accusant, indirectement, de la ma- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 ladle de mon frère.Quand on leur demande les-ressources extérieures pour une meilleure réinsertion, ils restent évasifs, nous disant qu’ils ne peuvent faire plus qu’ils ne font actuellement.(.) S’il vous était possible de m’indiquer une personne ou un organisme de la région de Montréal qui pourrait me renseigner sur les ressources externes, c'est-à-dire des groupements qui s'occupent de la réinsertion sociale graduelle du patient schizophrène.Je vous en serais fort reconnaissante car je suis désorientée et ne sais où m'adresser.Cette partie de ping-pong n'a que trop durée; s'il est humainement possible de l'en sortir, je l’en sortirai.J'aimerais être au courant de tout ce qu'il y a de nouveau et qui semble avoir de meilleurs résultats qu'une médication constante et abrutissante.C.G.Région de Montréal Les ressources de ce genre sont des plus rares.Toutefois, dans la région de Montréal, il existe la Maison Saint-Jacques, un organisme communautaire pour les jeunes qui souffrent de problèmes de santé mentale.En voici les coordonnées: La Maison Saint-Jacques, a/s Hernan Ortega, 1629, rue Saint-Hubert, Montréal.tél.: (514J 526-0103.LE SOCIAL ET LE BIOLOGIQUE Dans un article intitulé «Les Nouveaux Asiles», Yanick Villedieu nous présentait un tour d'horizon des différents points de vue et approches qui se sont développés, au Québec et ailleurs, autour des problèmes schizophréniques.Ce n'était pas là une tâche facile et l'auteur a réussi, dans l'ensemble, une synthèse remarquable.Toutefois, le nombre et la variété des points de vue rapportés pouvaient entraîner l'auteur à les simplier quelque peu.C'est ainsi que, pour ma part, j'ai trouvé que certains passages exprimant mon point de vue en réduisaient dangereusement la complexité.Dire, par exemple, quej’«in-siste sur la dimension essentiellement politique et sociale du problème de la schizophrénie», ou encore, un peu plus loin, que «les problèmes de santé mentale ont fondamentalement une dimension collective qui les rend impossibles à individualiser» me paraît mal rendre compte du point de vue que je soutiens et que je voudrais reprendre brièvement ici.L'essentiel de ce point de vue, c'est que les problèmes psychiatriques en général — et non pas seulement les schizophrénies — naissent et se développent chez les individus sur un arrière-plan social et économique qui en constitue la toile de fond.Cet arrière-plan social et économique, résultat de notre système politique, détermine non seulement des conditions de vie fort différentes selon les classes sociales, mais aussi des niveaux de santé différents.Dans le domaine de la psychiatrie, pour un, les recherches épidémiologiques établissent clairement en effet une corrélation entre les faits de désorganisation sociale et les faits de désorganisation personnelle, c'est-à-dire les manifestations psychiatriques.Ces données ne s'opposent pas forcément à l'hypothèse d'une prédisposition biologique ou d'une constellation familiale particulière dans le cas spécifique des schizophrénies.Elles permettent cependant d'établir un lien complexe mais réel entre le système économique, les conditions de vie, le niveau d'intégration sociale et la santé mentale.Comme en témoigne le fait que les populations asilaires proviennent en majorité des couches sociales dites «défavorisées».Luc Blanchet, psychiatre Montréal NOS EXCUSES Mille excuses, chers lecteurs; dans l'article intitulé Le maître de TUngava publié dans notre dernier numéro, nous faisons peser le caribou moyen de 600 à 900 kilogrammes.Il s'agit bien évidemment d'une grossière erreur, il aurait fallu lire: de 60 à 1 60 kilogrammes.• TECHNICIENS SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL • DIPLÔMÉS DU CEGEP PROFESSIONNEL BACCALAURÉAT EN TECHNOLOGIE dans les programmes de: CONSTRUCTION CIVILE ÉLECTRICITÉ MÉCANIQUE Le bachelier en technologie est un technicien qui a reçu une formation collégiale pratique, à laquelle on ajoute une solide formation universitaire.RÔLE DU BACHELIER DANS L'INDUSTRIE: • Améliorer des procédés de fabrication; • Développer de nouvelles méthodes et de nouveaux produits; • Superviser des opérations industrielles et des chantiers de construction, • Résoudre des problèmes pratiques de gestion industrielle.CONDITIONS D'ADMISSION: • Diplôme d'études collégiales (DEC professionnel en techniques physiques); • Diplôme d’un ancien Institut de technologie; • ou l'équivalent dans un programme correspondant aux programmes de TE T S.Pour renseignements et admission; Bureau du registraire École de technologie supérieure 180 est, rue Sainte-Catherine Montréal, Québec H2X 1 K8 Téléphone: (514) 282-7784 Université du Québec Ecole de technologie supérieure 1969-1979 Le réseau de l'Université du Québec: dix ans de réalisations '4 / ft 1 6 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE COMMENTAIRE ^ UN SAPIN NUCLEAIRE?Le 27 septembre dernier, une mystérieuse fuite dans les journaux présentait un plan de développement de l’Hydro-Québec pour les 15 prochaines années.Ce plan contenait des informations précises sur le nucléaire, passées alors presque inaperçues: la société d'État prévoyait construire la centrale nucléaire Gentilly 3 d’ici 1995, mais sous forme d’une super-centrale de quatre réacteurs groupés, d’une puissance de 850 mégawatts chacun.De fait, ce projet ressuscitait les projets de centrales Gentilly 3, Gentilly 4, 5 et 6, mais en un seul complexe nucléaire géant.Il s’agissait d’un nouveau bond en avant très significatif.La position officielle du gouvernement était alors très en deçà de cette proposition, puisque, suite à l’arrêt des travaux de construction de l’usine d’eau lourde de La Prade et à la mésentente avec le fédéral à ce sujet, le ministre délégué à l’Énergie d’alors, Guyjoron, avait laissé entendre que Gentilly 3 ne serait peut-être jamais construite.Quoi qu’il en soit, on avait toujours parlé de Gentilly 3 comme d’une centrale ordinaire, allant jusqu’à 900 MW, et non d’un complexe représentant quatre centrales en une seule.Enfin, il faut rappeler que, sur le fond, le gouvernement parie dans son livre blanc sur les économies d’énergies et sur une exploitation accrue des ressources hydrauliques, ce qui est la meilleure façon d’éviter de plonger dans le nucléaire.On lit d’ailleurs, dans le livre blanc sur l’énergie, à la page 69: «Si l’on tient compte des objectifs de consommation énergétique que se donne le gouvernement du Québec d’ici 1990 et des orientations prévues à l’horizon 2000, ainsi que de son programme de développement énergétique, tout donne à croire que les énergies et notamment l'électricité requises durant cette période seront disponibles sans que le Québec ait besoin de recourir à la fission nucléaire au delà des intentions qu’il a déjà exprimées.» C’est-à-dire, le parachèvement de Gentilly 2 (600 MW) et la construction, d’ici 1990, de la centrale Gentilly 3, dont la puissance est fixée à 900 MW à la page 50 du livre blanc.Selon nos informations, l’Hydro, renvoyée fin septembre à préparer un nouveau plan de développement qui corresponde mieux aux priorités du gouvernement, se présentera bientôt en commission parlementaire avec un plan peut être plus modéré, mais surtout plus habilement présenté.Les prévisions ne vaudraient notamment que pour dix ans au lieu de 15 et on s’accorderait sur le principe de révisions annuelles.À court terme, l’Hydro ne demandera que la permission de continuer les études préliminaires de centrales nucléaires, ce qui ouvre l’option de la centrale en quatre tranches, sans l’engager définitivement.Une chose est sûre, l’Hydro a fait ce choix d’implanter progressivement le nucléaire et par groupes Le mini-référendum organisé par Québec Science pour les lecteurs du livre Face au nucléaire a donné les résultats suivants: sur les 243 bulletins reçus par le magazine, 222, soit 91 pour cent, se prononcent contre le développement de l’électro-nucléaire au Québec.Vingt et un bulletins, soit neuf pour cent, se prononcent en faveur de ce développement.Bien que les répondants viennent de tout le Québec et de milieux sociaux variés, il va de soi que nous n’avons pas la prétention d’avoir organisé un sondage scientifique et que les résultats ne sont qu’indicatifs.intégrés de réacteurs plutôt que par centrales isolées.À court terme, la stratégie de la société d’État serait de préparer la voie à ces supercentrales.Et, face à l’opinion publique, de «faire le gros dos», en attendant que l’orage passe.ou que le gouvernement change.Pour le gouvernement, donner le feu vert à un tel projet serait un acte inconséquent, contraire aux intentions qu’il a déjà exprimées.Mais surtout, accéder aux demandes de l’Hydro serait manifester un mépris certain de l’opinion de la majorité des Québécois.À l’heure où tous les sondages, y compris le nôtre, indiquent que la majorité de la population est, au bas mot, inquiète face au nucléaire, le moins que le gouvernement puisse faire est de tenir tête à sa société d’État et de prolonger le moratoire.Plus, il doit en faire un véritable moratoire suspendant toute décision de construire de nouveaux réacteurs nucléaires, gelant les études d’avant-projets en ce domaine et permettant de consulter l’ensemble des Québécois.Ce pourrait être par référendum, comme cela s’est fait en Suisse, en Autriche, en Californie et ailleurs, mais aussi par d’autres moyens.L’enjeu du nucléaire est tel qu’on ne peut se permettre d'en décider à la sauvette, en deux jours de commission parlementaire entre experts et députés.Plus que jamais, le débat doit être prolongé, approfondi et accessible à tous.Sinon le moratoire n’aura été qu'une pause furtive au détour de la route qui conduit au nucléaire, un simulacre de participation d’où les experts-qui-décident-pour-les-autres sortiront plus forts et plus infaillibles.Et nous, plus manipulés.Jean-Pierre Rogel i HEWLETT-PACKARD Vous propose les calculatrices scientifiques de la série «E».Cette nouvelle série offre des caractéristiques jamais vues à des prix pareils.Caractéristiques générales: * Messages d'erreur explicites * Affichage incliné, non directif et très lisible * Séquence de test automatique préprogrammée * Choix de 3 modèles scientifiques * Notation RPN * 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ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé; prière d’ajouter ta taxe de vente provinciale [S%] et les frais d’expédition de $4.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.].COOPÉRATIVE ÉTUDIANTE DE POLYTECHNIQUE COCPCIV Tél.: (514) 344-4841 LOCAL C-106 École Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 8 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE RESSOURCES MINIÈRES LE MÉTAL DE SAINT-HONORÉ Depuis les années 30, un métal, jusque-là peu connu, entre dans la composition de certains alliages de l’acier: le niobium, appelé aussi columbium.Le Canada est le deuxième pays producteur de niobium au monde et il le doit à une petite entreprise en pleine expansion, à Saint-Honoré, près de Chicoutimi.Niobec est la propriété conjointe de deux entreprises: Teck Corporation, de Vancouver, spécialisée dans l’industrie minière, et la Société québécoise d’exploitation minière (SOQUEM), responsable de la mise en marché du produit sortant de l’usine.En exploitation depuis 1976, l’entreprise comporte une mine souterraine, une usine de concentration de l’oxyde de nobium et un laboratoire de recherches.Selon Michel Rodrigue, le directeur de la mine, après une phase d’essai encourageante, l’entreprise compte augmenter sa production quotidienne de près de 30 pour cent d’ici le début de 1981.Niobec produit un concentré de pyrochlore qui est une poudre grisâtre faite de grains très fins, de structure dipyra-midale, de minerai niobifère.Outre l’oxyde de niobium, en concentration variant de 60 à 65 pour cent, le pyrochlore contient différents oxydes, en particulier des oxydes de calcium et de sodium.À l’état pur, l’oxyde de niobium est une poudre blanche, mais un tel raffinage ne se fait pas à l’usine de Saint-Honoré, même si une méthode y a été mise au point.Avant d’être utilisé, le pyrochlore vendu par Niobec doit subir des transformations, soit être purifié, ou mélangé à d’autres métaux.Le niobium sert surtout à la fabrication de micro-alliages avec de l’acier.Un kilo de ferro-columbium ajouté à deux tonnes d’acier permet d’en augmenter la résistance de 20 à 25 pour cent.Ainsi, pour une même résistance, l’économie d’acier peut atteindre 25 pour cent.Aussi les applications sont-elles nombreuses.Avec de tels micro-alliages, on fabrique des poutres métalliques, des plates-formes de forage en mer, des oléoducs, des équipements de chemin de fer, des carosseries d’automobiles, etc.Actuellement, Ford et General Motors font des pare-chocs avec des alliages au niobium.Avec des superalliages, à plus forte concentration en niobium, on fabrique des pièces de moteurs d’avions, des superconducteurs, des gaines pour les produits radio-actifs utilisés dans les centrales nucléaires.Sous forme de carbure, le niobium est l’une des plus dures substances connues et il sert à la confection de lames de scies, de mèches de perceuses, de dents de pelles mécaniques.La demande en niobium a beaucoup augmenté depuis 1956, mais les prix sont demeurés assez bas, ce qui en fait un attrait supplémentaire.C’est le Brésil, avec 76 pour cent de la production mondiale, qui fixe les prix.Les autres pays, Canada (18 pour cent) et Nigeria (trois pour cent), doivent s’adapter au marché.Actuellement, Niobec est la seule mine canadienne de niobium depuis la fermeture de St.Lawrence Columbium, à Oka, en 1976.Étant donné qu’aucune industrie canadienne n’est intéressée à utiliser ce métal, l’entreprise québécoise exporte la totalité de sa production vers le Luxembourg (60 pour cent), le Japon (20 pour cent) et les États-Unis (20 pour cent).Il faut extraire un peu plus d’une tonne de roche pour obtenir 10 kilogrammes de pyrochlore.En effet, la concentration moyenne de pyrochlore dans la roche extraite n'est que de 0,69 pour cent.Découvertes en 1967, les deux zones majeures de pyrochlore s’étendent sur une superficie de 450 000 mètres carrés entre 90 et 200 mètres de profondeur.La réserve minière est évaluée à 13 450 000 tonnes et l’extraction journalière est de 1 360 tonnes.La mine est très spectaculaire avec ses 16 kilomètres de galeries et Lucien Gendron, le surintendant de la mine, qui a connu le travail au pic et à la pelle il y a près de trente-cinq ans, la considère comme l’une des mieux mécanisées au Canada.En fait, la technique de base est assez simple.Il s’agit de forer la roche à extraire, d’y placer des charges d’explosif que l’on fait sauter.L’exploitation de la mine se fait à partir de trois niveaux, soit à 90, 140 et 182 mètres de profondeur.Cependant, la smjj./Vf.] J mi* 'v : Vv ' y i ______________________________________________________________________________________ ¦ zone de minerai niobifère est dynamitée, petit à petit, en remontant vers la galerie supérieure, créant des cheminées de 3,65 mètres de côté et de plusieurs dizaines de mètres de hauteur.Ainsi, le minerai est toujours récupéré au niveau inférieur pa'r une chargeuse-navette et deux gros camions, puis déversé dans une cheminée à minerai vers un concasseur à mâchoire situé à 230 mètres de profondeur.De là, le minerai sort en blocs de moins de 20 centimètres et partiellement en petits morceaux et en poudre.Le tout est alors dirigé vers le fond de la mine, à une profondeur de 260 mètres, puis un monte-charge de type classique remonte le minerai à la surface dans des silos.Étant donné la mécanisation très efficace, une cinquantaine d’hommes suffisent pour faire fonctionner la mine.Dans l’usine, on procède à la concentration de l’oxyde de niobium, de moins d’un pour cent parmi les autres minéraux dans le sol à près de 70 pour cent.Il s’agit donc d’éliminer le plus possible tout ce qui n’est pas du niobium: les carbonates, les minéraux magnétiques et les sulfures.Pour y parvenir, on fait passer le minerai dans une série de concasseurs, de broyeurs, de cyclones.Puis on procède au triage des divers éléments par flottation dans des bains de différentes compositions: pour éliminer les carbonates, la flottation se fait avec de l’acide gras et du silicate de sodium, pour la pyrite avec des xanthates à pH élevé, pour le pyrochlore lui-même avec des amines.Le concentré est lavé plusieurs fois, séché et empaqueté.Parmi les rejets de la concentration, il en est un, l'apatite, un phosphate de calcium, que l’on pense de plus en plus à récupérer car, après traitement, il pourrait servir d'engrais.Le ministère de l'Agriculture étudie actuellement cette possibilité en laboratoire.François Picard SOCIETE DE RECHERCHES SCIENTIFIQUES INC.ENTREPRISE QUEBECOISE A LA MESURE DES NATURALISTES QUEBECOIS SERVICES OFFERTS: • Librairie spécialisée en sciences naturelles, la plus complète au Canada.• Matériel de récolte, de collection et d'étude en sciences naturelles.• Service complet de taxidermie.• Cartes topographiques.• Cours d’éducation populaire: Botanique, ornithologie, mammalogie, ichtyologie, entomologie, minéralogie, géologie du Québec, cartographie et boussole, technique de récolte en sciences naturelles, 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peut-être encore, c’est le tissage du lin.L’idée était suffisamment bonne pour lancer dans cette petite localité un festival populaire différent de bien d'autres puisqu’il met en évidence autre chose que «la canette».La culture du lin, malheureusement de moins en moins pratiquée aujourd’hui, exige de nombreuses précautions et surtout, ce qui n’est plus beaucoup à la mode, une manipulation spéciale à la main.En effet, le lin s’arrache à la main, tige par tige, et aucune machinerie ne peut lui assurer autant de délicatesse.La récolte est d'autant plus compliquée que cette plante doit être retournée sur le terrain, toutes les semaines durant un mois, pour lui permettre de bien sécher.Il n’est pas étonnant alors que la mise sur pied du Festival de Portneuf nécessite, pour organiser une fin de semaine d'activité, la participation de près de 300 bénévoles sur une population de seulement 1 000 personnes! Evidemment, l’utilisation du lin dans la fabrication des vêtements n’était pas de mise uniquement dans cette région; toutes les familles rurales du Québec filaient le lin, souvent pour pallier au manque de laine de mouton lorsqu’on ne pratiquait pas l’élevage de cet animal.Le plus souvent le lin servait à fabriquer la literie de nos grands-mères: draps, rideaux, linges à vaisselle, serviettes de table, etc.Sans doute parce que c’est une fibre particulièrement rude, le lin était moins à la mode et était associé davantage aux classes les moins favorisées lorsqu’il contribuait à l’habillement.Encore aujourd'hui, les artisans québécois préfèrent confectionner des objets d’utilité courante plutôt que des vêtements en lin.De plus, le grand nombre d’heures que nécessite le traitement du lin brut en décourage plus d’un.Il faut le battre, toujours manuellement, au fléau, le sécher au feu, le broyer, l’écorcher, le peigner et enfin le filer au rouet.Les organisateurs du Festival du lin ont évalué que la production d’un mètre de tissu revient à $135 en ne rétribuant les artisans qu’à un taux horaire de $2.On constate donc qu’il est plus profitable aux producteurs agricoles d’utiliser leur -.-.W I terrain mi-sablonneux (le plus propice à la culture du lin) à d’autres productions plus rentables, comme la pomme de terre par exemple.Toutefois, cette plante a bien d’autres propriétés dans des domaines aussi différents que la pharmacie, l’alimentation et l’entretien de la maison.Ne retrouve-t-on pas de la peinture ou des laxatifs préparés à partir des graines de lin?Autrefois, les tiges trop rugueuses que l’on retirait des premières opérations du traitement servaient par ailleurs à isoler les maisons ou encore à «étouper», du nom de ce résidu, les chaloupes pour ne pas qu’elles prennent l’eau.La mise en valeur de cette tradition suscite depuis quatre ans un certain succès à Saint-Léonard-de-Portneuf si l’on en juge par les 15 000 participants de l’extérieur que ce festival populaire de deux jours attire depuis 1975.La tradition reprend vie également avec la cuisine canadienne et le folklore qui donnent encore plus d’entrain aux festivités.Comme une pratique ancestrale ne revit rarement seule, le Festival du lin est accompagné d’une autre tradition bien de chez nous: la fabrication du savon à la maison.La recette ne présente rien de compliqué et les résultats sont même étonnants.Tout comme pour le tissage du lin, la recette de fabrication du savon en plein air vient d’un aïeul.Il suffit simplement de faire bouillir, dans un énorme chaudron de fonte, de la résine, de la soude (ce que les habitants appellent toujours du «caustique»), du sel, de la graisse animale et de l’eau.Le produit peut être utilisé pour le récurage des planchers, le lavage du linge, de la vaisselle et même des cheveux.Ce savon tout a fait naturel, ne contenant aucune enzyme synthétique, présente une bonne senteur et son efficacité est hors de l’ordinaire.Il n’est d'ailleurs pas étonnant que plusieurs soient retournés à cet usage et que la vente du «savon du pays» soit de plus en plus populaire dans les marchés publics.La corvée qu’effectue chaque été la population de Saint-Léonard-de-Portneuf pour remettre en valeur le lin et le savon du pays constitue en tout cas deux bons exemples d’un retour aux sources et à des valeurs plus traditionnelles, où ce qui était fait à la main prenait sans doute plus de temps qu’aujourd’hui, mais la qualité, au moins, y était.André Lamoureux ASTROPHYSIQUE UN QUASAR ET SON DOUBLE 29 mars 1979: trois astronomes, travaillant à l’Observatoire national de Kitt Peak (E.-U.), observent deux étranges objets stellaires bleus.Un examen de vingt minutes suffit pour accoler aux deux compères célestes le qualificatif de quasar (Quasistellar Objects).Deux de plus, sur une liste qui contient déjà plus d’un millier de ces énigmatiques corps célestes qui, bien que ressemblant optiquement à des étoiles, rayonnent de 100 à 1 000 fois plus d’énergie que notre galaxie, qui rassemble à elle seule environ 100 milliards d'étoiles.Tout pourrait se terminer là, mais une étude plus minutieuse des données recueillies révèle des coïncidences extraordinaires.Ces deux quasars, dont la séparation angulaire n’est que de six secondes d’arc, possèdent des spectres pratiquement identiques.Pourtant, la plupart des quasars ont des spectres différents.Qui plus est, les raies des deux spectres sont également décalées vers le rouge.Ils se trouvent donc à la même distance, soit six milliards d’années-lumière.Après avoir passé en revue les explications les plus conventionnelles, les chercheurs en sont venus, par la force de l’évidence, à émettre l’hypothèse qu’en réalité il n’existe qu’un seul quasar dont la lumière a été divisée en deux images par le champ gravitationnel d’un objet extrêmement massif, optiquement invisible, situé à mi-chemin entre la Terre et le quasar.On parle de lentille gravitationnelle.On sait que la gravité peut courber un rayon lumineux; cet effet, prédit par la théorie de la relativité généralisée, a été vérifié pour la première fois lors de l’éclipse solaire de 1919.La lentille gravita- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 11 On croyait au début que 0957 + 561 A, B étaient deux quasars distincts.Mais les diverses observations ont amené les chercheurs à émettre l’hypothèse qu’il s’agit d’un seul quasar dont la lumière a été divisée en deux images.tionnelle n'en est qu’un cas extrême.Ce phénomène se produit lorsqu'une source de gravité, plusieurs milliards de fois plus massive que le Soleil, fait dévier la lumière provenant d'astres plus éloignés.Plus le rayon lumineux passe à proximité du centre de la source gravitationnelle, plus la déviation est grande.Si l’objet massif se trouve exactement dans la ligne de visée, la lumière apparaîtra pour l’observateur sous forme d’un anneau.Un léger désalignement donnera deux images séparées.Ce serait le cas ici.Fin avril: l’équipe d’astronomes du nouveau télescope à miroirs multiples (Smitshonian Astrophysical Observatory) décide d'inaugurer l’instrument en observant le déjà fameux «quasar double».Ce télescope, capable d'une très haute résolution, est formé d’une combinaison de six miroirs de 1,8 mètre de diamètre dont la puissance est équivalente à un miroir de 4,5 mètres.Les nouvelles données acquises confirment l'exactitude des résultats de Kitt Peak.Selon Fred Chaffee, qui présentait dernièrement ces nouvelles données à la 17e Assemblée générale de l’Union astronomique internationale, qui se tenait à l’Université de Montréal, l’objet massif, responsable de cet effet de lentille, serait une galaxie, probablement ellip- tique, ayant une masse de l’ordre de 5 000 milliards de fois celle du Soleil.Bien que tout tende à confirmer cette hypothèse de lentille, y compris une étude radio très récente, la confirmation finale viendra de l’observation de la variation de la luminosité sur une certaine période de temps.Si les deux images proviennent d’une source unique, les courbes de luminosité devraient présenter le même profil.Malheureusement, en raison des parcours différents effectués par les deux faisceaux de lumière, il pourrait exister entre les deux profils un déphasage allant de quelques mois à plusieurs années.Claude de Launière DÉVELOPPEMENT DU TOURISME AU NORD?Les Québécois sont des experts mondiaux des grands chantiers.Après la Manie, ce fut la Baie James.Nous organisons avec une compétence reconnue des villes-champignons, des villages sur quilles et sur roues, sillonnés de camions, souvent dans des conditions climatiques difficiles.Vient un jour où il faut plier les grands chantiers.A LG 2, l’heure a sonné.Déjà, au début de septembre, il n’y avait plus que 3 000 travailleurs sur le chantier, alors que l’on en comptait 6 140 lors de la pointe de 1978.Après la mise en marche officielle des premiers groupes électrogènes de la centrale le 27 octobre dernier, les effeaifs vont continuer à décroître lentement, de 3 000 jusqu’au minimum de 300 ingénieurs et techniciens requis pour faire fonctionner LG 2.Du jour au lendemain, les roulottes et maisons préfabriquées se retrouvent juchées sur des mastodontes qui les convoient vers les autres chantiers du complexe La Grande.Il en va de même pour la majeure partie de la machinerie roulante et de l’équipement de chantier, lorsqu’ils ne sont pas vendus aux enchères.Quelques sous-contracteurs, quant à eux, acheminent leur matériel très spécialisé vers les grands chantiers d’Amérique du Sud ou du Moyen-Orient.Quel sera le sort de Radisson, village familial temporaire situé à quelque 20 kilomètres du campement de LG 2 et de la centrale?À la Société de développement de la Baie James (SDBJ), on affirme qu'aucune décision n'est encore prise à ce sujet.A court terme, la construction de la centrale de LG 2 n’est pas terminée — elle ne le sera pas avant la fin de 1981 — et le début de la phase deux du Complexe La Grande devrait même, avec la proximité de LG 1, susciter un regain de vigueur dans les activités du village dans deux ans.Mais à long terme, il n’y aurait aucune raison de maintenir Radisson si les seuls «clients» de la SDBJ étaient les 300 employés de l’Hydro-Québec à LG 2 et on fermerait donc le village.Toutefois, la SDBJ songe actuellement à d’autres «clients» éventuels, comme certains ministères, de nouveaux pourvoyeurs de chasse et de pêche et même une société hôtelière.«Si tous ces clients potentiels décident de s’installer, alors on établira Radisson en ville définitive au Nord», indique le maire de Radisson et responsable des relations publiques de la SEBJ à LG 2, Jean-Paul Fontaine.Rien n’est donc acquis et c’est peut-être le marché du tourisme qui détient une des clefs de l’avenir de Radisson.Déjà, le nombre de visites à LG 2 a progressé régulièrement depuis quelques années.Selon le rapport annuel de la SEBJ, 22 126 personnes ont visité le chantier en 1978, dont 7 824 travailleurs du Complexe, mais aussi 14 302 visiteurs de l’extérieur.En outre, des excursions de pêche et de chasse sont organisées chaque année par des agences privées et par SOTOUR, la filiale de la SDBJ pour le tourisme.Les prix sont élevés, soit près de $150 par jour, transport compris, mais il existe une clientèle, principalement ontarienne et américaine.Des agences de voyages caressent aussi d’offrir aux Européens de goûter les joies du Nord, motoneige ou ski de fond par - 50° C en prime.Mais ce qui est en jeu aujourd’hui est l’arrivée ou non du tourisme de masse à la Baie James.toutes proportions gardées, bien entendu: Old Orchard et Miami restent des destinations indétrônables à cet égard pour les Québécois.Déjà quelques agences de voyages offrent depuis cette 12 année des excursions d’une journée à la Baie James, pour environ $185, avion et trois repas compris.Pour l’instant, les clients sont surtout des pionniers du troisième âge qui se font meurtrir les muscles du postérieur sur les bancs d'autobus scolaires cahotant sur le chantier poussiéreux, mais qui reviennent dans l'ensemble enchantés de leur voyage.Si un nouvel hôtel s’installait à Radisson, évidemment la perspective changerait alors: les excursions pourraient être plus longues et les réjouissances plus variées.Il y a là une perspective de marché qui laisse songeurs les gens de SOTOUR et des agences de voyages.L’avenir de Radisson devrait se dessiner d’ici un an IM» ou deux, le temps d’évaluer plus sérieusement les différentes options et leur rentabilité relative.En attendant, à l’agence de voyages Marco Polo — celle-là même qui avait organisé des vols nolisés pour les funérailles d’Elvis Presley — les «spéciaux LG 2» se vendent comme des petits pains chauds et les organisateurs s’affirment ravis de l’expérience.Après tout, si nous avons inauguré avec LG 2 la Mecque de l’électricité, il ne faudra peut-être pas s’étonner que les Hydro-Québécois que nous sommes, arabes de l’or blanc, veuillent aller y faire des pèlerinages! Jean-Pierre Rogel POLLUTION LE CAS FLAGRANT DE SAINT-RÉGIS Des enfants amérindiens habitant Hie Cornwall, dans le fleuve Saint-Laurent en face de la ville ontarienne du même nom, portent des traces d’empoisonnement au fluor attribuables aux retombées provenant d'une fonderie d’aluminium située de l’autre côté du fleuve, en territoire américain.Telle est la révélation faite, au début de l’été dernier, par un dentiste à l’emploi du gouvernement américain, à la suite de l’examen dentaire de 152 enfants membres de la tribu des Mohawks, pour qui l’île constitue une réserve fédérale en territoire canadien.«Ils en sont atteints, déclare le porte-parole américain, cela ne fait aucun doute.Pour le moment, l’empoisonnement est bénin, mais une exposition continue pourrait provoquer des effets véritablement dommageables.» Voilà un an que le docteur William Burns a entrepris d’examiner les dents des enfants de la réserve de Saint-Régis, après qu’Ottawa eut cessé de défrayer les soins dentaires des Indiens.Selon lui, certains ont les dents tachées et d’autres, cassantes.En fait, ces symptômes sont les mêmes que ceux qu’on a observés chez le cheptel bovin de File, depuis quelques années déjà, et qui ont entraîné la disparition de plus de la moitié de ces quelque 380 animaux en 20 ans.Des recherches ont démontré que onze millions de kilogrammes de composés fluorés ont pollué l’île Cornwall et la réserve de Saint-Régis, qui y est située et où habitent 1 300 Indiens Mohawks, depuis l’entrée en opération de l’usine de Reynolds Metal, dans l’Etat de New York, en 1959.Durant les neuf premières années, les émissions atmosphériques de composés fluorés atteignaient au moins 139 kilos à l’heure, puis, à mesure que l’usine devait se conformer aux normes américaines, diminuaient à 51 kilos à l’heure de 1968 à 1973, pour enfin atteindre leur niveau actuel de 34 kilos à l’heure, soit 0,816 tonne métrique par jour.Des relevés opérés au cours de l’été de 1978 ont permis de déceler, au-dessus de l’île Cornwall, de 60 à 100 microgrammes de fluorures par mètre cube d’air, alors que la norme prescrite par le gouvernement ontarien est de 40 microgrammes.L’usine Reynolds, située aux Etats-Unis, se conforme cependant aux normes américaines plus laxistes et établies à 100 microgrammes par mètre cube d’air.John Marier, chimiste et membre du secrétariat à l’Environnement du Conseil national de recherches du Canada, est au courant du problème de pollution par le fluor sur l’île Cornwall depuis 1971, alors que le ministère ontarien de l’Environnement avait déjà déclaré la situation «sérieuse».M.Marier, a signé, en 1977, avec Dyson Rose, un Rapport sur le fluor dans l’environnement, à l’intention du Conseil national de recherches.Pour lui, l’ampleur du phénomène n’est pas étonnante quand on sait qu’à structure chimique comparable, le fluor est 100 fois plus dommageable pour la végétation que l’anhydride sulfureux.En fait, le problème dépasse de beaucoup l’île Cornwall, et novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE on l’a rencontré de façon également sérieuse à proximité des trois grands, «coupables» que sont, par ordre d'importance, les industries d’aluminium, les usines d’engrais phosphatés et les aciéries, à Kitimat en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve, à Port-Maitland en Ontario, mais aussi à Arvida et à Shawinigan, au Québec.«Dès qu’on constate une dévastation végétale et des mortalités animales, insiste John Marier, la chose devient sérieuse.En effet, le fluor, comme le strontium, le plomb et les pesticides, est un élément bio-accumulatif, c’est-à-dire que plus on y est exposé, plus la substance s’accumule dans l’organisme.De plus, poursuit-il encore, la sous-alimentation et les problèmes métaboliques, tels le diabète et les maladies rénales, accentuent la sensibilité au fluor.Aussi faut-il s’assurer que les normes ne visent pas à ne protéger que les individus jeunes et en bonne santé, mais tiennent compte de ceux qui sont moins équipés pour résister par suite de problèmes métaboliques ou alimentaires.» En fait, c’est l’étude publiée en avril dernier par les Américains Lennart Krook et George A.Maylin, dans le cadre des travaux du New t Les premiers symptômes d’empoisonnement au fluor chez les vaches de la réserve de Saint-Régis remontent à 1962.Depuis ce temps, c’est plus de la moitié du cheptel bovin que l’on a perdu à cause du fluor. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 13 York State College of Veterinary Medecine, qui a mis le feu 'aux poudres à l’île Cornwall.Ce travail démontre que les premiers symptômes d'empoisonnement au fluor chez les vaches de la réserve de Saint-Régis remontent à 1962 et ont provoqué de graves retards de croissance et des empoisonnements dentaires d’une telle intensité qu’ils empêchaient les animaux de mastiquer et même de boire.Les vaches mouraient ou étaient tuées après un troisième vêlage parce qu’elles étaient incapables de continuer à se reproduire.Leurs veaux étaient d’ailleurs entachés du même mal qui a finalement décimé les troupeaux laitiers de l’île, lesquels constituaient la source première d’économie locale.Dès juin 1977, une commission consultative internationale, chargée d’étudier la pollution atmosphérique à Cornwall Island, présentait un rapport d’où il ressortait que le fourrage récolté sur l'île était impropre à la consommation animale, ce qui constituait un dommage à la propriété dont il fallait rendre responsable la compagnie Reynolds Métal.Les experts consultés alors prétendaient cependant que les données qu’ils avaient en main leur permettaient d’affirmer qu’il n’y avait aucun danger pour la santé des humains.Le rapport notait en outre que Reynolds s’engageait à «faire des efforts soutenus pour réduire les émissions de fluor en modifiant son processus de fabrication».De leur côté, la Fraternité nationale des Indiens du Canada et le Conseil de Bande de la réserve de Saint-Régis hésitaient à coopérer et refusaient à la compagnie l'accès à l’île afin d’y opérer des relevés qu’ils n’avaient eux-mêmes aucun moyen de vérifier.Le rapport Krook et Maylin vient de relancer le débat.En plus de préciser le degré de pollution dont l’île est atteinte depuis 20 ans, il a remis en évidence l’incapacité d’en arriver à une entente entre les industriels américains et les Indiens de la réserve de Saint-Régis.Ces derniers, après s’être butés pendant plusieurs années à l’incapacité d’agir du gouvernement Trudeau en ce domaine, ont reçu, au cours de l’été, la visite du nouveau ministre fédéral de la Santé, David Crombie, qui a accepté les conditions de la Fraternité sur lesquelles achoppaient toutes les tentatives d’entente jusqu’ici.Crombie a consenti à ce que soit mis sur pied un comité scientifique de consultation dont la responsabilité est attribuée, à la demande de la Fraternité des Indiens, à un chercheur américain, le docteur David Parkinson, de l’Université de Pittsburg.Ce comité doit en outre regrouper des experts canadiens et américains de même que des délégués de la réserve de Saint-Régis et exclure tout représentant officiel du ministère canadien de la Santé.«La situation est urgente, proclame le porte-parole de la Fraternité des Indiens, Lloyd Tartaryn, et il eut été indécent que le problème pourrisse plus longtemps.Il est difficile pour le moment, poursuit-il, de prévoir si le ministre Crombie se tirera mieux d’affaire que ses prédécesseurs, mais nous n’avons d’autre choix que de lui accorder toute notre confiance.» John Marier, choisi pour faire partie de ce nouveau comité d’étude dont l'objectif est, avant tout, d'amener l’usine américaine à se soumettre à des normes canadiennes, est lui aussi confiant que la solution est proche.Il était temps car, pour Marier, «s’il a fallu Three Mile Island pour éveiller la population aux dangers de l’énergie nucléaire, nous avons l’équivalent chez nous, en ce qui a trait aux dangers du fluor, Cornwall Island».Jacques Larue-Langlois Télé-université chez nous, pour nous L'évolution de l'homme (3 crédits) Ce cours interdisciplinaire décrit l'évolution biologique et culturelle de l'homo-sapiens et fait voir comment le développement de la science est l'expression de dons qui font de l'homme un animal unique.C'est un cours télévisé chez vous (13 émissions), accompagné d'une documentation expédiée à domicile.Aucun niveau d'études préalables n'est exigé.Bureau du registraire Télé-université 214, avenue Saint-Sacrement Québec, Québec GIN 4M6 Téléphone (418) 657-2990 Université du Québec Télé-université Bureau du registraire Télé-université 1819, boul.Dorchester ouest Suite 200 Montréal, Québec H3H 2P8 Téléphone : (514) 935-7401 Je désire recevoir de plus amples informations sur le cours.Nom ____________________Prénom Adresse _______________________ Code postal 1969-1979 Le réseau de l'Université du Québec : dix ans de réalisation 14 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE TOURISME SCIENTIFIQUE SAFARI-PHOTO À LA BALEINE Tout a commencé lorsque la Société linnéenne de Québec, désireuse de célébrer son cinquantième anniversaire d’une façon un peu spéciale, demanda à ses membres et aux abonnés de son bulletin Le Linnéen si une croisière en vue d’observer les grands rorquals bleus, qu’on appelle communément baleines bleues, les intéressait.Le projet ne séduisit que peu d'adeptes et la Société linnéenne ne planifia alors une excursion que pour 40 à 50 personnes.Mais c’était sans compter sur les média d'information.En effet, ceux-ci se sont emparé de la nouvelle pour la répandre à travers le Québec et ont ainsi contribué à transformer ce petit projet en une véritable expérience de tourisme scientifique pour plus de 650 personnes.Pour répondre à la demande, cinq excursions furent organisées les 4, 11, 12 et 18 août ainsi que le 9 septembre de cette année par la Société linnéenne, avec la participation de la Société de géographie de Québec, la Société Provencher, le Club des ornithologues de Québec, le Conseil de la jeunesse scientifique (région de Québec) et plus particulièrement la Société zoologique de Montréal dont l’apport fut majeur pour les excursions des 12 août et du 9 septembre.En tout, 652 personnes ont déboursé $50 chacune pour prendre place à bord du bateau «Le Gobelet d’argent» qui sert habituellement aux traversées Trois-Pistoles-Les Escoumins.Le périple était d'une durée de douze heures, pendant lesquelles le bateau voguait à l’intérieur d’un triangle formé par Trois-Pistoles, Les Escoumins et Tadoussac.On se permettait aussi une petite randonnée de quelques kilomètres sur le Saguenay, question de laisser l’impressionnant fjord de cette rivière en mettre plein la vue.Et les baleines ne se sont pas gênées pour se manifester.Ainsi, lors de l’excursion du 11 août, il fut possible d’observer un rorqual bleu (30 mètres, 130 tonnes), neuf rorquals communs (24 mètres), douze petits rorquals (dix mètres) et douze bélugas tout blancs (six mètres) venir et revenir faire leur petit numéro: évoluer au fil de l’eau, souffler leur jet d'eau à plusieurs mètres dans l’air et disparaître sous l’eau en arquant le dos, de la tête à l’aileron.Le spectacle était éblouissant et une atmosphère fiévreuse et emballante gagnait les excursionnistes à la recherche de la prochaine baleine à se manifester.Malheureusement, le rorqual bleu ne fut pas au rendez-vous lors des excursions des 14 et 18 août, tandis que les bélugas brillèrent par leur présence les 12 et 18 août ainsi que le 9 septembre puisqu’ils se manifestèrent respectivement au nombre de 50, 58 et 90! Au cours de la journée, des scientifiques invités donnaient des mini-conférences sur la biologie des baleines.On y apprenait, par exemple, que le Canada est le seul pays au monde à posséder dans ses eaux territoriales des populations résidentes de baleines.C’est l’abondance de nourriture (plancton, crevette, calmar) qui attire les baleines à l’embouchure du Saguenay; notons par exemple que le rorqual bleu, le plus grand mammifère de tous les temps, a besoin de quatre tonnes de plancton par jour pour se nourrir! À la croisée du Saguenay et du Saint-Laurent, les eaux du Saguenay sont subitement moins profondes et les rives du Saint-Laurent se resserrent, ce qui entraîne un mélange de types d’eaux, les unes chaudes et les autres glacées, qui s’allient au phénomène des marées pour entraîner cette abondance de nourriture.De plus, un biologiste mandaté par la Société linnéenne compilait dans un rapport d’excursion les données relatives aux espèces de baleines rencontrées ainsi que le lieu des rencontres.C’est à partir de ces rapports d’excursions que Benoît Gauthier, conseiller scientifique rattaché au Conseil consultatif de l’environnement (du Québec) et vice-président de la Société linnéenne de Québec, nous a tracé le bilan provisoire de la dernière saison d’observation des baleines.Selon M.Gauthier, c-’est la première fois qu’autant d’excursions sont effectuées dans une même saison, ce qui permet à ce bilan 1979 d’être une source utile et inégalée de données sur la présence des cétacés dans l'estuaire du Saint-Laurent.Le territoire couvert lors des excursions et les conditions atmosphériques idéales qui ont prévalu relativement à la visibilité donnent presque à ce bilan la valeur d’un recensement pour la moitié du territoire où évoluent les gros mammifères marins dans l’estuaire.Par cette contribution, la Société linnéenne dépasse l’objectif premier qu’elle s’était fixé en organisant cette excursion.Elle a permis de faire découvrir à bien des gens le milieu marin et de sensibiliser le public à la protection des baleines.Sous ce dernier aspect, elle entend d'ailleurs demander aux gouvernements de déclarer l’estuaire du Saint-Laurent sanctuaire pour les baleines et les bélugas, c’est-à-dire un lieu où il serait interdit de les chasser et de les harceler.L’an prochain, la Société linnéenne de Québec entend reprendre l’expérience.Et M.Gauthier aimerait bien que soient réalisés d’autres projets de tourisme scientifique: une excursion autour de l’île d’Orléans lors des migrations de l’oie blanche pour observer cette dernière dans son habitat naturel, un train nolisé entre Québec et le comté de Charlevoix pour l’interprétation de la nature et l'observation des paysages, une excursion pour voir les icebergs ou pour la dérive des glaces et même une expérience d'observation du caribou lors de la migration des troupeaux.Jean-Pierre Drapeau J.-P.Drapeau -%.y é; ^- — GRANDS PRIX DES MAGAZINES CANADIENS 1978 AURÉATS La Fondation nationale des grands prix des magazines canadiens félicite les lauréats de son deuxième concours annuel.Auteurs, photographes, dessinateurs et directeurs artistiques étaient en concurrence dans seize catégories différentes.Un premier prix en or de $1 000 et un second en argent de $500 ont été adjugés dans chaque catégorie.Cette année, 1 350 articles parus dans 93 magazines canadiens des deux langues ont été jugés, et les prix ont été décernés par des jurys d’experts groupant quatre-vingt-deux membres recrutés dans les milieux francophone et anglophone de Charlottetown, (Ile-du-Prince-Edouard) à Victoria (Colombie-Britannique).Les directeurs de la Fondation ont offert en outre, cette année encore, des prix pour des réalisations exceptionnelles par des magazines canadiens.Les gagnants sont: Articles d’intérêt général, prix offert par le président de l’Université Western Ontario Or: Robert Collins, ‘Kosmos 594: The Spy That Fell From.the Sky’, Reader’s Digest; Pierre Dupont, ‘La guerre des posies’, l’Actualité.Argent: Danielle Ouellet, ‘Du béton sur les battu-res’, Québec Science; Sandra Gwyn, ‘Labrador’, Saturday Night.Prix de l’humour, la Banque Toronto-Dominion Or: James Bacque, ‘The Day the Queen Came to Minnicog’, Harrowsmith.Argent: Serge Langevin, ‘L’art de faire bricoler’, Nous.Prix du reportage sur l’Actualité économique, la Mutuelle au Canada Or: lan Brown, ‘The Empire that Timothy Built’, Financial Post magazine.-Argent: David MacDonald, ‘La crise du chômage au Canada’, Sélection du Reader’s Digest.Prix du reportage scientifique et technologique, RBW Or: Michel Gauquelin, ‘La Baie James pour le meilleur et pour le pire’, Québec Science.Argent: Robert Collins, ‘Kosmos 954: The Spy That Fell From the Sky’, Reader’s Digest.Prix du reportage sportif, Molson Or: Earl McRae, ‘Coke on Ice’, The Cana- dian.Argent: Réjean Tremblay, ‘Docteur Bowman et Mister Hyde’, l’Actualité.Prix du reportage politique, Papier Abitibi Or: Marc Laurendeau, ‘Les vrais événements d’octobre’, l’Actualité.Argent: Benoît Aubin, ‘Le père Ryan ou la tentation du pouvoir’, l’Actualité.l’Actualité agricole, prix offert par Canada Packers Or: Carroll Allen, ‘Cattle Roundup’, Home- maker’s.Argent: Donna Barnett, ‘Dr.Alexander Morrison, At Your Civil Service’, Harrowsmith.Prix de la nouvelle, McClelland et Stewart Or: Gabrielle Roy, ‘The Satellites', Tamarack Review.Argent: Pierrette Dubé, ‘Les 66 ans de Lucienne Robitaille’, Châtelaine.Prix de la Poésie, du Maurier: Or: Sean Virgo, ‘Deathwatch on Skidegate Narrows’, Malahat Review.Argent: George Faludy, ‘Death of a Chleuch Dancer’, Canadian Forum.Prix de la culture, La Fondation Or: George Woodcock, ‘Mirror of Narcissus’, Saturday Night.Argent: Georges-Hébert Germain, ‘Un golfeur bien ordinaire', l’Actualité.Prix du reportage touristique, Air Canada Or: Marci McDonald, ‘The Immoveable Feast’, Toronto Life.Argent: Michael Enright, ‘The Second Great Leap’, Maclean’s.Prix de graphisme, Seagram Or: Blair Drawson, ‘Exes’, Weekend Maga- zine.Argent: Blair Drawson, ‘Alcoholics are Just Like You and Me’, Saturday Night.Prix de la photographie en studio, Kodak Canada Or: Michel Pilon, ‘Free No More’, Homema- ker’s.Argent: Gillean Proctor, ‘The 27-minute Economies Degree’, Quest.Prix du reportage photographique, La Fondation Or: Anthony Bliss, ‘Holland Marsh', City Magazine.Argent: Stephen Homer.‘Journey to Findhorn', Harrowsmith.Direction artistique, prix offert par Allan R.Fleming/MacLaren: Or: Robert Priest, ‘The Coke Campaigns’, Weekend Magazine.Argent: Georges Haroutiun, ‘Few are Chosen’, Homemaker’s.Page Couverture d’un magazine, prix offert par Bomac Batten Or: Robert Priest, ‘Seal Hunt’, Weekend Ma- gazine.Argent: James Lawrence.‘Hydroponics', Harrowsmith.Prix offerts par les directeurs de La Fondation pour réalisations exceptionnelles en 1978 par un magazine Canadien: Maclean's Magazine, Owl et Québec Science.Mentions honorables: Canadian Business et Capi-lano Review FONDATION NATIONALE DES GRANDS PRIX DES MAGAZINES CANADIENS 16 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE Æ63 - «'-«asÿ »,.• .wpm£> • x«-1lw Jfe AM ’•>"-: V-'i .•S-,.".* .V*i » F»:; W^TËt* W&Ü4C&1 •*?*** * A#®.LES BISTOURIS DE IA PLANÈTE Les nouvelles armes sont des engins précis et, malgré les accords Salt II, faits pour s’en servir.par Jean-Marc Fleury I '¦' Les penseurs de l'impensable sont en désarroi.Il y a à peine quelques années, tout était si simple au royaume de la stra- ï] tégie nucléaire.Les fusées balistiques intercontinentales demeuraient fondamentalement de grosses brutes plus ou moins aveugles, tout juste bonnes à menacer les grandes agglomérations ur- j baines.Ce n'est plus le cas.Les perfec- jl tionnements s’accumulant, les brutes J d'hier se sont muées en autant de bis- J touris planétaires capables d'inciser des j*: objectifs ponctuels situés de l'autre côté de la planète.Désormais, même les missiles balistiques intercontinentaux enfouis dans leurs abris bétonnés sont j menacés.En se tournant contre elle-même, I l'arme nucléaire a provoqué le chaos dans les doctrines stratégiques.Jusque- j là, les engins nucléaires n'existaient que pour ne pas être utilisés.Nous vivions dans un univers de dissuasion stable où "ill régnait la doctrine de la destruction mu- || tuelle assurée que les Américains appel- I lent MAD pour Mutual Assured Destruc- I tion.|!| I ‘k CHAOS DOCTRINAL Selon la doctrine MAD, chaque super- I puissance doit se doter d'une force nu- I cléaire capable d'encaisser une attaque surprise et, par une contre-attaque, infliger à l'agresseur des représailles intolérables.L'équilibre entre le châtiment et le | QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 ! r.-'v-fi.17 ¦u' I siu- crime dissuade toute attaque.Tant qu’il n’existe aucune parade efficace contre le châtiment, personne n’a intérêt à amorcer un conflit nucléaire.En pratique, on garantissait la sévérité du châtiment en faisant des villes les objectifs des fusées.Par exemple, les Américains affirment pouvoir encaisser une attaque surprise tout en demeurant capables de détruire le quart de la population et la moitié des installations industrielles soviétiques en guise de représailles.La précision accrue des engins et la possibilité de modifier rapidement les objectifs inscrits dans les mémoires électroniques des ogives ont changé tout cela.Les engins nucléaires sont maintenant des armes d’une souplesse suffisante pour offrir aux stratèges une multitude de possibilités.Dans la mémoire du système de guidage de nombreux engins, les coordonnées des centaines de silos abritant les fusées balistiques intercontinentales basées à terre (Intercontinental Balistic Missiles ou ICBM) de l’adversaire ont remplacé les coordonnées de ses villes.S’il en est ainsi, c’est que les commandements militaires peuvent maintenant caresser l’idée de lancer leurs fusées au cours d’une attaque surprise qui annihilerait la force de représailles adverse.On dit que l’ancienne arme contre-cité est devenue une arme contre-force puisqu'elle peut être dirigée contre des forces militaires.L'apparition de la capacité contre-force n'avait pourtant pas été prévue par la doctrine stratégique officielle, du moins aux États-Unis, où l'on jure de ne jamais être les premiers à allumer le feu nucléaire.Mais le progrès technique a déjoué les penseurs, et la politique nucléaire américaine est devenue un mélange confus de doctrine contre-cité et de doctrine contre-force.De leur côté, les Soviétiques n’ont jamais caché leur préférence pour la doctrine contre-force, sauf qu'auparavant ils n'avaient pas les moyens de l'appliquer.LE CAUCHEMAR AMÉRICAIN Avec l'apparition de la capacité contre-force, c'est toute la stabilité de la dissuasion qui est remise en question.Les militaires peuvent envisager des scénarios nucléaires, s'accrochant à l'espoir insensé de gagner un échange nucléaire par une attaque surprise.Certains scénarios inquiètent particulièrement les Américains dont les publications titrent: «Nos ICBM sont en danger».Ces scripts de l'apocalypse ont comme point de départ le fait, confirmé par des spécialistes de milieux très divers, que dès 1982 ou 1983, les Soviétiques disposeront d'un potentiel contre-force leur permettant de détruire, dans leurs silos, la grande majorité des ICBM américains.La principale arme de l'URSS serait l'énorme fusée SS-18, le seul de la famille des «grands missiles intercontinentaux modernes à ogives multiples», les États-Unis n'ayant rien d'équivalent.La capacité d’emport du Minuteman III ne s'élèvequ'à 1,1 tonne tandisquecelledu SS-18 est de 7,2 tonnes.Avec sa formidable puissance, la fusée soviétique peut emporter dix ogives multiples séparément guidées (Multiple Independently Targeted Re-Entry Vehicle ou MIRV) d'une mégatonne chacune.Ce qui fait dire à certains que le SS-18 a été spécifiquement conçu pour détruire les 1 054 ICBM logés en Amérique du Nord (1 000 Minuteman et 54 fusées Atlas), principale branche de la triade nucléaire américaine qui comprend, en outre, 656 engins balistiques lancés à partir de sous-marins (Submarine Launched Balistic Missile ou SLBM) et 300 bombardiers B-52.En songeant aux SS-1 8, les stratèges américains font le cauchemar suivant.En 1 985, ou avant, l'URSS lance ses SS-18 contre les silos des Minuteman et les bases de bombardiers américains, détruisant près de 90 pour cent des ICBM et la plupart des bases, avec leurs bombardiers.Au terme de l'attaque, l'URSS dispose encore de nombreux missiles; les États-Unis, de leur côté, ne peuvent plus compter, essentiellement, que sur leurs SLBM, par définition moins précis et susceptibles d'atteindre uniquement les villes soviétiques.Les Américains disposent donc de tout ce qu'il faut pour infliger à l'URSS des représailles intolérables.Mais ont-ils vraiment le choix de le faire ou non?S'ils ripostent, les Soviétiques lanceront une seconde attaque, cette fois contre les cités.Conclusion: le président américain recule; les Soviétiques se lancent alors à la poursuite de leur véritable objectif en envahissant l'Europe ou en attaquant avec leurs forces conventionnelles des objectifs au Moyen-Orient, dans le golfe Persique ou en Afrique.D'autres envisagent même des situations où les Soviétiques n'ont même pas à recourir à leur capacité contre-force, se contentant de menacer de le faire pour couvrir des opérations à la périphérie de leur territoire, du côté de l'Europe, du Moyen-Orient ou de l'Asie.Bien entendu, quelques stratèges américains retrouvent leur sommeil en reprenant le concept contre-force à l'avantage de leur pays.Ils souhaitent qu'il dispose d'une capacité contre-force leur permettant d'entreprendre des actions chirurgicales limitées afin de soulager les Européens, aux prises avec une éventuelle démonstration de force de la part de l'URSS.Quoi qu'il en soit, les Américains voudraient bien affranchir leurs ICBM de la menace qui pèse sur eux et redonner un peu de stabilité à la dissuasion.Deux types de solutions se présentent alors: éliminer la menace ou protéger les ICBM.La première solution, consistant à faire disparaître, ou à réduire considérablement, la contre-force soviétique, serait la moins coûteuse.Pourquoi, en effet, ne pas demander aux dirigeants du Kremlin de détruire une partie de leur capacité contre-force dans le cadre d'un désarmement mutuel issu des conversations sur la limitation des armements stratégiques (Strategie Arms Limitation Talks ou Sait).Un tel accord marquerait le début d'un authentique effort de dénucléarisation.C'est précisément ce qu'espérait réaliser le président Jimmy Carter dans le cadre d’un nouvel accord Sait.FREINER LE PROGRÈS TECHNOLOGIQUE Initialement, le président américain entendait faire de l'accord Salt II l'une des réalisations les plus mémorables de son administration.Il voulait un traité entraînant une véritable réduction des arsenaux nucléaires et mettant un frein au progrès technologique, moteur de la course aux armements.On envisageait donc un accord fondamentalement différent des accords précédents, Salt I, qui, en se bornant à limiter le nombre des grosses pièces de quincaillerie, ICBM, SLBM, sous-marins et bombardiers, avaient transformé la course aux armements, d'une poursuite de la «quantité», en une quête de la «qualité».Le plus bel exemple de cette compétition vers la sophistication est la «mirvi- sation», technique dotant chaque fusée de plusieurs ogives séparément guidées au lieu d'une seule.En 1972, à l'époque de la signature de l'accord Salt I, les Américains étaient à l'avant-garde de la mirvisation et n'ont pas voulu que l'accord les prive de cette avance technologique.Mais, maintenant que les Soviétiques sont en voie de les rattraper, avec une contre-force de plus de 300 grands missiles armés chacun d'une dizaine de têtes séparément guidées, plusieurs négociateurs américains, dont Henry Kissinger lui-même, se demandent s'il n'aurait pas mieux valu barrer la route à cette autre étape de l'escalade technologique.Avec l'accord Salt II, le président Carter désirait fortement créer un précédent et bloquer l'escalade technique.Puisqu'il était trop tard pour éliminer les MIRV, on tenterait au moins d'en limiter l'utilisation comme capacité contre-force.Le grand objectif était de maintenir la stabilité de la dissuasion en éliminant les facteurs déstabilisants.Donc, en mars 1977, les délégués américains présentent aux dirigeants soviétiques des propositions ambitieuses, ramenant le plafond des vecteurs stratégiques de 2 400 à 1 800, et le nombre d'engins «mirvés» de 1 320 à 1 100, dont un maximum de 550 fusées mirvées basées à terre.Les Soviétiques se seraient aussi engagés à diminuer à 150 le nombre de leurs grands missiles modernes.Les mesures visant à ralentir la course «à la qualité» étaient encore plus restrictives.Elles interdisaient la modernisation des ICBM et le déploiement d'ICBM mobiles.De plus, chaque partie n'aurait eu droit qu'à six essais en vol par année pour ses ICBM et autant pour ses SLBM.Enfin, les missiles Cruise stratégiques (engins turboréactés volant à très faible altitude d'une portée supérieure à 2 500 km) auraient été interdits.Selon les experts, en limitant aussi rigoureusement le nombre des essais — il s'en effectue des centaines par année — on aurait considérablement freiné la course aux armements.Il aurait été pratiquement impossible de procéder à des améliorations puisque six tests auraient à peine suffi à vérifier le bon fonctionnement des ICBM et SLBM déjà en place.Ces limitations auraient aussi considérablement retardé l'avènement des capacités contre-force.En effet, les Soviétiques commençaient à peine à tester leurs grands missiles dans un mode MIRV.De leur côté, les Américains n'avaient pas encore testé leurs Minute-man équipés d'une nouvelle ogive plus puissante et d'un nouveau système de guidage; ces améliorations devaient pour la première fois en faire d'authentiques armes contre-force puisque chaque ogive pourrait dorénavant détruire un silo ICBM ennemi avec une probabilité de 70 pour cent.En bref, la proposition américaine accordait à chaque superpuissance d'amples capacités de dissuasion tout en préservant la stabilité de la dissuasion par une réduction des capacités contre-force.DES POUPÉES RUSSES La proposition présentée par l'envoyé du président américain fut carrément rejetée par les Soviétiques.Il fallut ensuite deux années d'âpres discussions pour recoller les morceaux et aboutir à l'accord Salt II, qui se situe à des lieues des objectifs initiaux puisqu'il consacre en quelque sorte la place des capacités contre-force dans les arsenaux nucléaires.L'image qui vient à l'esprit en lisant le texte de l'accord Salt II est celle de ces poupées russes qui s'emboîtent les unes dans les autres, bien qu'il s'agisse ici de jouets bien dangereux.Tout en haut, un grand total chapeaute une série de sous-totaux qui vont en diminuant à mesure que l'on se rapproche des engins les plus déstabilisants, les fusées mirvées basées à terre.Ainsi, à partir d'un plafond de 2 250 vecteurs de tout genre (ICBM, SLBM et bombardiers), l'accord fixe à 1 320 le nombre maximum de véhicules mirvés, y compris les bombardiers américains bientôt porteurs du missile stratégique Cruise en cours d'essai.Un autre sous-total limite à 1 200 le nombre d'ICBM et de SLBM mirvés; le plafond le plus bas limitant à 820 la quantité d'armes contre-force par excellence, les fusées basées à terre équipées d'ogives séparément guidées, les ICBM mirvés.D'autres restrictions limitent à cinq pour cent toute augmentation, ou diminution, de la taille des fusées et limitent leur capacité d'emport à celle du plus lourd des missiles dits «légers», le SS-19 soviétique d'une capacité d'emport de 3,1 tonnes.Par contre, l'URSS a droit à un traitement de faveur — qui fait s'insurger de nombreux sénateurs américains — puisqu'elle seule est autorisée à posséder 308 grands missiles SS-18 d'une capacité d'emport record de 7,2 tonnes.Les Américains n'ont rien de comparable.En théorie, le SS-18 pourrait emporter jusqu'à 40 têtes MIRV, ce qui a sérieusement incité les négociateurs américains à obtenir des limites à la mirvisation: dix ogives pour les ICBM et 14 pour les SLBM.Comme on peut le constater, bien qu'il indique la voie, l'accord Salt II n'entame guère les capacités contre-force.D'autant plus que chaque partie est autorisée à «déployer» un (mais un seul) nouveau missile pendant la durée de l'entente, soit du 1er janvier 1980 au 1er janvier 1985.Déjà, l'administration Carter a donné le signal d'aller de l'avant avec le déploiement d'un missile mobile, le MX (missile expérimental).Or, le MX mm w pa * ¦ ¦ W-r.4 •Vf* %- * % ¦'‘mm.' * & wsSÊÊmS Les bombardiers intercontinentaux B-52 peuvent transporter 20 missiles Cruise, dont 12 sur les ailes.Ils sont capables d'atteindre une vitesse supérieure à 1 000 kilomètres à /'heure, et cela à des altitudes au-dessus de !5000 mètres.H QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 19 «¦f ÿi»*’ 4- ' % ff s- .»¦*¦/»• .* 4 t;.' -Y 1-52 ;:: : , Les États-Unis et l'URSS accordent une grosse part de leur confiance aux missiles transportés par les sous-marins nucléaires, y voyant une forme très sûre de dissuasion lors de représailles.Ils se basent sur l'invulnérabilité présumée de ces sous-marins en raison de l'énorme difficulté de localiser et de détruire les sous-marins de l'opposant au début d'une attaque nucléaire.Ces sous-marins sont en effet dotés d'une grande autonomie et peuvent rester en plongée durant une longue période.?< 5 o > (/) 0) C3 D -C < sera le summum de l'arme contre-force à cause de sa précision dite «absolue».Ses dix ogives autonomes disposeront d'une telle précision grâce à un système de guidage dit «terminal» leur permettant de corriger individuellement leur trajectoire en fin de course.Tout de même, il faut accorder au crédit de Salt II, le fait que pour la première fois un accord sur les armements nucléaires renferme quelques mesures spécifiquement conçues pour ralentir la course aux armements toujours plus sophistiqués.En annexe au traité, un protocole, expirant quand même bien rapidement — en 1 981 —, interdit l'essai en vol et le déploiement (mais non la fabrication) de missiles mobiles.(De toute façon, le MX ne pourrait être déployé plus tôt.) Il interdit aussi le déploiement de missiles Cruise d'une portée supérieure à 600 km basés à terre ou lancés à partir de plates-formes marines, mais la fabrication et l'essai en vol de ces versions nucléaires des V-1 de la dernière guerre sont permises.En fait, on mesure bien l'échec relatif de l'accord Salt II en le comparant aux objectifs initiaux de Jimmy Carter, en mars 1977.Le second accord Sait n'a pas réussi à stopper la course aux armements.Faute d'écarter la menace qui pèse sur leurs Minuteman, les Américains ont donc dû se tourner vers une solution technique afin de stabiliser la dissuasion.ÉPONGE A MISSILES La solution retenue consiste en quelque sorte à protéger les ICBM américains en les sortant de leurs silos fixes, dont les coordonnées sont inscrites dans les ordinateurs de bord des engins soviétiques, pour les faire se promener dans la nature.Mais les Minuteman déjà en place resteront où ils sont, on construira 200 exemplaires d'un nouvel ICBM MX qui se déplaceront dans autant de tranchées de quelque 20 km de longueur, creusées quelque part dans les États du Midwest américain.L'accord Sait interdisant de nuire à la vérification des termes de l'entente par l'intermédiaire des satellites espions, les tranchées seront recouvertes de panneaux mobiles, périodiquement ouverts afin de permettre aux Soviétiques de constater de visu qu’il n'y a bien qu'un seul engin par tranchée.La majeure partie du temps, par contre, chaque MX sera à l'abri des caméras du ciel, quelque part le long de sa tranchée, de quoi faire perdre le nord aux ogives soviétiques.Le développement d'une capacité contre-force soviétique efficace exigerait alors tellement d'engins que ses frais de déploiement seraient prohibitifs.Un général américain, parlant des milliers d'hectares du Midwest où l'on projette d'installer les 200 MX, a ditqu'ils deviendraient «une sorte d'éponge à missiles», ce qui n'a pas été pour rassurer les habitants de la région.Les armes déstabilisantes n’ayant pu être éliminées par la voie de la négociation, il a fonc fallu se tourner vers une solution technologique évaluée à 30 milliards de dollars.Au moins, les experts semblent d'accord pour dire que les MX seront suffisamment invulnérables pour décourager toute action contre-force soviétique.Le problème, c'est qu'ils ne seront pas en place avant 1986, concédant aux Soviétiques une période de quatre à cinq années pendant laquelle les ICBM américains demeureront vulnérables, un autre cheval de bataille pour plusieurs sénateurs américains viscéralement méfiants des Soviétiques.LE DOIGT SUR LA GACHETTE Il y aurait bien un moyen moins coûteux de sauver les Minuteman.Il suffirait d'appuyer sur le bouton et de les lancer dès que les satellites de reconnaissance détecteraient une attaque.Lorsque les ogives soviétiques frapperaient à la porte des silos des Minuteman, ceux-ci seraient vides.Mais cette tactique obligerait le président américain et ses généraux à prendre en moins de 25 minutes une décision lourde de conséquences, et cela uniquement en fonction d'une attaque «appréhendée».Car les satellites peuvent se tromper, tout comme les radars transhorizon qui ont déjà sonné l'alerte en détectant de simples vols d'outardes.De plus, les satellites sont vulnérables à une attaque des satellites anti-satellites soviétiques, plus avancés que ceux des Américains.Finalement, une telle politique du doigt sur la gâchette —que les autorités américaines n'écartent tout de même pas officiellement afin de garder leur contrepartie sur le qui-vive — risque d'introduire d'autres facteurs déstabilisants.Alors, pourquoi ne pas protéger les ICBM en ressuscitant les systèmes antimissiles ou ABM (Anti-Ballistic Missiles) qui furent bannis par l'accord Salt I, sauf pour protéger un seul site ICBM et une seule ville de chaque côté.À l'époque de la signature du premier accord Sait, on percevait les installations ABM comme déstabilisantes, car elles auraient doté les adversaires d'une sorte de «gilet pare-balles» susceptible de les inviter à tenter une action contre-force parce qu'ils se seraient crus invulnérables.Leur efficacité était aussi grandement mise en doute.Or, les recherches sur les techniques ABM, autorisées par Salt I, semblent en voie de rendre la protection anti-missile réalisable.On pourrait donc s'en servir pour protéger les ICBM.Mais les Minuteman sont dispersés sur six sites et l'accord Salt I n'autorise le déploiement de systèmes ABM qu'auprès d'un seul.Il faudrait donc rouvrir tout le dossier ABM, pratiquement clos par Salt I dont c'était la principale 20 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE qualité d'avoir barré la route à ce type d'escalade technologique.Il demeure néanmoins que les progrès spectaculaires réalisés récemment dans l'application militaire des lasers, des radars, des ordinateurs et des satellites sont en voie de déclencher une véritable frénésie au sein du complexe militaro-industriel américain.Le bouillonnement technologique est si vigoureux que les négociateurs d'un éventuel accord Salt III devront faire preuve d'une virtuosité intellectuelle inégalée s'ils veulent maintenir le couvercle sur la marmite technologique.Plusieurs observateurs s'interrogent sérieusement sur la possibilité réelle de freiner la course aux armements, craignant une nouvelle escalade dans les systèmes déstabilisants, quand ce n'est pas de voir surgir le spectre d'une guerre de l'espace.UNE ÈRE DE FLOU ET D'INCERTITUDE Du côté américain, on assiste présentement à la convergence de deux programmes de recherche relativement modestes, le BMD pour Ballistic Missile Defense de l’armée et l'ASAT pour Antisatellite Technology de l'aviation, dont le mariage des résultats risque de chambarder les fondements de la doctrine MAD en donnant l'avantage à la défensive, alors que toute la dissuasion repose sur la supériorité de l'offensive.Par exemple, lorsque pendant les années 60, on a envisagé l'installation de systèmes ABM, il aurait fallu construire de gigantesques radars dont la vulnérabilité avait contribuéfortement à miner la crédibilité des systèmes.Mais, dans le cadre du programme BMD, on achève la mise au point de radars lasers, ou ladars, ultra-compacts et d'une précision considérablement accrue.En ayant recours aux ondes de l'infrarouge lointain, les chercheurs militaires affirment aussi pouvoir maintenant distinguertrèstôt les ogives des leurres, ces derniers étant des ballons ou de simples feuilles de métal que la fusée balistique libère en même temps que ses ogives et qui saturent les radars ordinaires en se déplaçant à la même vitesse que les têtes nucléaires dans le vide spatial.De plus, de nouveaux miroirs «flexibles» seraient en train de loger le pacifique télescope astronomique à l'enseigne de la shopping list militaire.Formés d'une mosaïque de petits miroirs commandés par un ordinateur qui en modifie instantanément l'orientation de façon à annuler les distorsions attribuables à la turbulence atmosphérique, ces miroirs donneraient aux télescopes un pouvoir de résolution suffisant pour suivre à la trace de bien menaçants «corps célestes».Enfin, la micro-électronique apporte sa contribution en permettant d'équiper les missiles anti-missiles d'un ordinateur de bord aussi puissant que quatre de nos grands ordinateurs actuels et qui, couplé à des détecteurs miniaturisés, en ferait d'efficaces ABM à tête chercheuse.Le programme ASAT, quant à lui, est en voie de modifier de fond en comble la mission des satellites, en particulier celle des caméras de l'espace.C'est grâce aux renseignements recueillis par celles-ci que les accords Sait existent puisque les satellites espions permettent d'en vérifier l'application sans violer l'espace national des signataires.Jusqu'ici, les satellites de renseignement ont été la technologie stabilisatrice par excellence, étant à la base même de tout accord sur la maîtrise des armements nucléaires.Il s'écoulait parfois jusqu'à deux semaines avant que l'on ait sous les yeux les images et les informations recueillies, mais de tels délais étaient parfaitement acceptables.Mais voilà que de nouvelles caméras et de nouveaux détecteurs ultra-perfec-tionnés ainsi que l'intégration de ces satellites au sein d'un véritable réseau de communication planétaire donnent désormais aux militaires les moyens de suivre ce qui se passe au sol et dans les airs en temps réel.Du coup, des machines de paix au temps de réponse plutôt lent se transforment en d'excellents éclaireurs « Un monde régi par la précision nucléaire absolue Les lettres ECP se situent au cœur du débat sur les capacités contre-force.Elles désignent l'«erreur circulaire probable», c’est-à-dire le rayon du cercle dont le centre est l'objectif et dans lequel 50 pour cent des missiles dirigés contre cette cible vont tomber.Les premiers ICBM américains avaient une ECP de huit kilomètres.Les Minuteman III ont une ECP de 250 mètres et les missiles modernes soviétiques une ECP de 400 mètres.On estime que la protection assurée par les silos bétonnés n'a plus d'effet lorsque l'ECP descend en-dessous de 200 mètres.On parle alors de «précision absolue».Or, la précision absolue est désormais à la portée des militaires à cause de l'effet cumulatif de progrès techniques de sources très diverses.Ainsi la microminiaturisation de l'électronique a permis d'équiper les ogives d'ordinateurs capables de saisir des indications beaucoup plus fines de la part des instruments de navigation de bord, de les traiter plus en détail et de donner des instructions plus précises aux systèmes deguidage desengins.La mirvisation repose en grande partie sur la micro-électronique, puisque les ogives sont libérées une à une par un «bus», dernier étage de la fusée, qu'il faut aligner successivement vers les différentes cibles.Dans le secteur civil, les systèmes de navigation par inertie informent les pilotes d'avion de leur position précise, même après de nombreux changements de direction.Les systèmes inertiels les plus avancés comportent des accéléromètres hypersensibles reliés à trois gyroscopes extrêmement stables qui mesurent, dans les trois dimensions, les accélérations associées aux plus minimes changements de direction.Le puissant mini-ordinateur de bord analyse ces accélérations et en déduit la position exacte du véhicule par rapport à son point de départ.Un nouveau système inertiel, construit autour d'une unique sphère en rotation, devrait bientôt permettre d'accroître encore plus la mesure des accélérations.Par ailleurs, puisque pendant la majeure partie de sa trajectoire balistique, le missile tombe en chute libre sous l'action de la seule force gravitationnelle, une meilleure connaissance du champ de gravité terrestre contribuerait grandement à mieux guider sa chute.Une série de satellites géodésiques ont donc été lancés par les Soviétiques et par les Américains pour cartographier le champ gravitationnel le long des routes qu'emprunteraient les missiles balistiques.Ces nouvelles données, introduites dans les mémoires des ordinateurs de guidage des Minuteman III ont fait passer leur ECP de 400 à 250 mètres, l'an dernier.De plus, grâce au réseau de satellites de navigation de la marine américaine Navstar, les capitai- itt ft: Tî : IKisJiWSW QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 21 d; I no; I ileli Odil I lies I 'coiç I Sill que I Iles I tek I dec- ce; iode ¦see euis 1 militaires et rendent les états-majors capables de diriger instantanément les attaques de demain, qu’elles aient lieu dans n’importe quel coin du sol ou de l’espace terrestres.Cette toute nouvelle vocation des caméras célestes explique l’apparition de satellites anti-satellites, non interdits par les accords de démilitarisation de l’espace puisque ceux-ci ne visent que les «armes de destruction massive».Aux États-Unis, on travaille activement à intégrer les nouvelles armes antimissiles et le réseau de satellites d’observation, ce qui permettrait peut-être d'abattre les missiles ennemis très tôt dans leur trajectoire.On parle même de blanket protection, c'est-à-dire d’une véritable «couverture», à l'épreuve des fusées balistiques, qui déplacerait l'avantage stratégique du côté de la défensive.Ce serait la fin de la doctrine MAD et le début d'une ère inévitable de flou et d'incertitudes au monde de la stratégie nucléaire.Tout cela promet beaucoup de pain sur la planche des négociateurs d'éventuels accords Salt III.Les négociations viendront-elles à bout de l'«exhubérance» technologique ou la pression technologique sera-t-elle suffisamment forte pour faire sauter le couvercle des Sait?Lorsque l'on compare la poignée de spécialistes du désarmement aux 500000 scientifiques et ingénieurs qui consacrent leurs efforts à l'amélioration des armements, on doit constater qu'ils alimentent en combustible un feu bien dangereux.Pour en lire plus: Raymond Bousquet, Force et stratégie nucléaire du monde moderne, Lavauzelle, Paris, 1974 Richard Burt, The Scope and Limits of Salt, Foreign Affairs, juillet 1978 Barry E.Carter, Nuclear Strategy and Nuclear Weapons, Scientific American, mai 1974 Colin S.Gray, The Strategic Forces Triad, Foreign Affairs, juillet 1978 Albert Legault et George Lindsey, Le feu nucléaire, Seuil, Paris, 1973 Herbert Scoville Jr, The Salt Negotiations, août 1 977 Missile anti-missiles (ABM): destiné à contrer les missiles balistiques stratégiques.Missile balistique: n'importe quel missile n'exigeant pas une surface aérodynamique pour s’élever en l'air et qui suit donc une trajectoire balistique dès que la poussée a pris fin.Missile de croisière: petit avion, sans pilote, volant à basse altitude, disposant de systèmes de guidage.Missile balistique intercontinental (ICBM): basé au sol, propulsé par fusée, cet engin peut larguer une ogive de portée intercontinentale.Véhicule de rentrée manœuvrable (MARV): missile balistique équipé de son propre système de guidage et de contrôle.Véhicule de rentrée (RV): partie d’un missile balistique destinée à porter l'ogive nucléaire et à rentrer dans l'atmosphère terrestre au cours de la phase terminale de la trajectoire du missile.Ogives multiples séparément guidées à trajectoires indépendantes (MIRV): deux ou plusieurs véhicules de rentrée portés par un simple missile indépendamment orientales.Missile balistique lancé par sous-marins (SLBM): fusée balistique portée et lancée par un sous-marin.Source: SIPRI leur han- î'r' afgn é\ 0 eû| "4 ifli® IlitlS i*! ipiiü nés des sous-marins porteurs de SLBM connaissent maintenant leur position à quelques mètres près.Associés aux nouveaux systèmes de navigation par inertie, les satellites Navstar sont en train de contribuer à transformer les SLBM en armes contre-force, contrairement à la doctrine officielle.La miniaturisation de détecteurs de plus en plus sensibles, radars, lasers, sondes à l’infrarouge ou détecteurs électro-optiques, serait aussi à la veille de permettre d'envisager de doter chaque ogive d'un système de guidage, dit «terminal».On obtiendrait alors de véritables têtes autoguidées (Maneuvring Re-Entry Vehicle ou MARV) suffisamment précises pour retrouver par elles-mêmes leur cible parmi les éléments du territoire ennemi.L'ECP des têtes «marvées» risquant d'être nulle, la «marvisation» marquerait l'avènement de la «précision nucléaire absolue».Ces mêmes détecteurs sont d'ailleurs la pierre d'assise des Les missiles Cruise, qui auraient été interdits par les accords Sait //, peuvent pénétrer les défenses de l'ennemi en volant à basse altitude.missiles Cruise qui les utilisent afin de se diriger vers leur cible en comparant constamment le profil du terrain survolé à celui enregistré dans leur mémoire.Les «Cruise», de gros cigares d'à peine six mètres de longueur, peuvent parcourir 2 500 kilomètres propulsés par de minuscules moteurs «tubofan».Ces moteurs sont l'aboutissement d'un projet visant la réalisation d'un moteur miniature, fait d'alliages ultra-légers, qui devait servir à propulser les soldats américains au-dessus des jungles du Vietnam, dans le plus pur style James Bond.De façon générale, les recherches sur les matériaux ont apporté beaucoup aux programmes militaires, même lorsqu'elles étaient effectuées à des fins civiles.Par exemple, le Kevlar, un plastique plus résistant que le fibre de verre, développé par Dupont pour les pneus radiaux, a contribué à diminuer d'une façon appréciable le poids des SLBM dont est armée la nouvelle génération de sous-marins Trident.Dans une série de trois articles publiés à partir du 22 septembre 1978 dans la revue Science, Deborah Shapley explique comment la course aux armements s'alimente en grande partie à partir d'une accumulation d'améliorations souvent peu coûteuses et qui passent inaperçues.Le pire, dit-elle, c'est que les doctrines stratégiques ne suivent pas et sont constamment à la remorque de percées technologiques imprévisibles.IMS 22 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE LES «GOBE-TOUT » DE L’ESPACE Même s’ils ne sont plus de la fiction, les trous noirs n’existent encore qu’en théorie par Danielle Ouellet C'est Isaac Asimov qui le dit: «Un trou, c'est un rien, et s'il est noir, nous ne pouvons même pas le voir.Allons-nous nous enflammer pour un rien invisible?» Et pourtant, les trous noirs sont la nouvelle folie des astronomes et suscitent des passions mouvementées depuis quelques années.L’idée de «trou noir» n'est toutefois pas si neuve: elle a été lancée il y a une cinquantaine d'années.Mais c'est seulement depuis 1968 que l'on commence à s'y intéresser sérieusement.Les théoriciens fascinés développent et enrichissent sans cesse le modèle des trous noirs, tandis que des observateurs de tous les coins de la terre scrutent le ciel, animés chacun du désir, avouéou secret, d'être le premier à découvrir la preuve indiscutable de l'existence de ces fameux trous noirs.LES «CORPS OBSCURS» DU MARQUIS DE LAPLACE Au 18e siècle, toute spéculation à propos d'un astre qui serait totalement invisible était impensable, ou alors le spéculateur audacieux pouvait s'attendre à ce qu'on qualifie ses élucubrations de douce folie! C'est pourtant ce qui arriva au célèbre mathématicien, physicien et astronome français Pierre Simon, marquis de La-place! En effet, dans son livre L'exposition du système du monde, publié en 1796, Laplace introduisait déjà le concept de «trou noir».Bien que l'appellation «trou noir» ne soit apparue que 150 ans plus tard, le système imaginé par Laplace correspond bien à la notion de trou noir de plus en plus acceptée par la communauté scientifique contemporaine comme une explication possible et tout à fait cohérente de certains phénomènes d'astrophysique.Le trou noir du marquis de Laplace est un astre qui serait tellement dense que la L'état de trou noir serait l'étape ultime de la vie de certaines étoiles, soit les plus massives.Notre Soleil échappera à ce destin et deviendra probablement, dans 3,5 milliards d'années, une géante rouge.force de gravitation exercée à sa surface n'en laisserait même pas échapper la lumière.On sait en effet que plus une étoile ou une planète est massive, plus la vitesse pour s'en échapper doit être grande.Ainsi pour le Soleil, cette vitesse, qu'on appelle «vitesse de libération», est de 620 kilomètres par seconde, et pour certaines étoiles beaucoup plus denses, comme les naines blanches, la vitesse de libération peut atteindre plusieurs milliers de kilomètres par seconde.Or, sachant que la vitesse de la lumière est c = 300000 km/s, Laplace imagine un astre à la surface duquel la vitesse de libération serait plus grande que la vitesse de la lumière.Alors, non seulement aucun objet ne pourrait s'échapper de cet astre, mais même la lumière s'y trouverait prisonnière.Idée surprenante, et qu'on peut même qualifier aujourd'hui de prophétique, mais qui ne put s'imposer pour la simple raison qu'à l'époque, deux courants de pensée circulaient à propos de la nature de la lumière.Il y avait, d'une part, la théorie corpusculaire de la lumière, théorie selon laquelle la lumière est composée de petits corpuscules obéissant aux lois ordinaires de la gravitation et, d'autre part, la théorie ondulatoire de la lumière, selon laquelle la lumière se propage sous forme d'ondes.Tout au long du 19e siècle, la théorie ondulatoire de la lumière prédomina, et la possibilité que la lumière puisse être influencée par le champ gravitationnel d'une planète ou de tout autre astre ne fut même pas envisagée.et les «corps obscurs» du marquis de Laplace furent, par la même occasion, relégués aux oubliettes! L'HONNEUR DE LAPLACE EST SAUF.GRÂCE À EINSTEIN! Jusqu'au début du 20e siècle, la théorie ondulatoire de la lumière était donc acceptée par tous les physiciens.C'est le physicien allemand Max Plank qui a alors émis l'idée que la lumière pouvait se propager sous forme de «petits paquets» d'énergie.Mais c'est toutefois Einstein qui développa cette idée révolutionnaire de Plank pour en arriver à la conclusion que lefaitdeconsidérerquela lumière se propage sous forme de petits corpuscules, aujourd'hui appelés photons, ne contredisait en rien les phénomènes observés.Laplace était donc réhabilité! Einstein a par la suite raffiné les modèles qu'il proposait pour la nature de la lumière, ainsi que pour les phénomènes de gravitation.Grâce à ses modèles, l'idée de trou noir n'était plus du tout absurde et trouvait même une place honorable dans les mondes abstraits que sont les théories physiques ou mathématiques.Pourtant, même si en théorie, il était possible d'imaginer un trou noir, on pou- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 vait se poser des questions: les trous noirs existent-ils réellement?Comment se forment-ils?En rencontre-t-on dans l’univers?Et comment les voir puisqu'ils sont noirs?Une réponse partielle à ces questions n'a été donnée qu'en 1939 par le physicien J.Robert Oppenheimer et un étudiant, Hartland Snyder.Ils ont montré qu'il était possible qu'une étoile suffisamment massive devienne, en mourant, un trou noir.Les trous noirs pouvaient donc exister: ils seraient peut-être autre chose que le résultat de jeux mathématiques suscités par les travaux d'Einstein.LES ÉTOILES NAISSENT.ET MEURENT La vie d'une étoile est une bataille incessante contre la gravité.De la mêmefaçon que nous sommes attirés vers le centre de la Terre par la force gravitationnelle, tout atome de gaz dans une étoile est attiré vers le centre de l'étoile.Considérons, par exemple, notre Soleil, qui est bel et bien une étoile.On peut se le représenter comme une énorme boule de gaz dont les trois parties principales sont, tout d'abord, la surface visible, appelée photosphère, puis une enveloppe de gaz qui contient la plus grande partie de la masse du Soleil, et enfin un petit noyau central à l'intérieur duquel se produisent des réactions nucléaires.Le poids de l'enveloppe exerce une pression énorme sur le noyau central, et quelque chose doit empêcher cette force de provoquer l'écrasement du noyau.Eh bien, cette pression est équilibrée par une autre, exercée en sens inverse et provenant de l'intérieur du noyau.La pression provenant du noyau est due à la chaleur intense qui y règne: la température y est d'environ de 1 5 millions de degrés Kelvin.La température et, par conséquent, la pression provenant du noyau doivent être maintenus afin de produire la force nécessaire pour résister à l'écrasement.L'équilibre est donc assuré grâce aux réactions qui se produisent continuellement à l'intérieur du noyau et qui dégagent de la chaleur.Lorsque les gaz du noyau (qui s'échappent sous forme de radiations en produisant chaleur et lumière) ne sont plus en assez grande quantité pour dégager la chaleur suffisante, le noyau cède alors un peu à la pression de l'enveloppe de gaz, se comprime, et cette compression provoque une augmentation de la chaleur et de la pression.et le Soleil peut continuer à nous éclairer.Toutefois le noyau, même s'il est énorme, ne peut pas se comprimer indéfiniment.Un jour viendra où il ne pourra plus résister à la pression.Il existe alors plusieurs façons dont le Soleil, ou toute autre étoile, peut se comporter.Nous savons à l'heure actuelle que notre soleil ne se transformera pas en trou noir.Sa façon à lui de combattre la gravité sera différente et il deviendra très probablement ce qu'on appelle en astronomie une «géante rouge».Cela se produira dans environ 3,5 milliards d'années.À ce moment, son diamètre devrait croître d'environ 400 fois, c'est-à-dire atteindre 550 millions de kilomètres, ce qui s'étend bien au-delà de la trajectoire terrestre actuelle.La température de surface sera alors de 3 000° C et la luminosité environ 10000 fois plus forte qu'aujourd'hui.La température à la surface de la Terre augmentera tellement que la vie disparaîtra sous la forme que nous connaissons.Par contre, une étoile plus massive que le Soleil pourrait «mourir» en se transformant en trou noir.En effet, seules des étoiles plus massives atteindraient ce stade où l'accélération de la pesanteur est si élevée que l'étoile se trouve privée de son rayonnement vers l'extérieur.Et la dernière barrière contre la gravité serait alors franchie! L'état de trou noir serait donc l'étape ultime de la vie de certaines étoiles.Ces étoiles, tellement massives, ne pourraient plus résister à la pression exercée sur leur noyau et elles imploseraient.Cela signifie que la force provenant du noyau ne pourrait plus résister à la force gravitationnelle et aucun objet, y compris la lumière, ne pourrait atteindre une vitesse de libération assez grande pour s'en échapper.PLUS UNE FICTION.MAIS PAS ENCORE UNE RÉALITÉ Contrairement à la plupart des phénomènes d'astronomie, comme les quasars ou les pulsars dont nous reparlerons plus loin, on n'a jamais observédetrousnoirs, que ce soit par l'observation directe ou seulement par l'observation d'effets secondaires provoqués par ces trous noirs.Ils n'existent à l'heure actuelle que comme la conclusion logique d’observations et de réflexions de ces «modélistes» que sont les mathématiciens ou les physiciens théoriques.On les appelle encore des «étoiles théoriques».Sans pour autant être nés de la pure spéculation, les trous noirs n'existent toutefois que sous forme de modèles.Leur existence serait un aboutissement logique et probable de l'évolution de certaines étoiles.On a, à l'heure actuelle, d'excellentes raisons de croire que ces trous noirs font bien partie du monde réel et ne relèvent pas de la pure fiction.En 1939, Oppenheimer et Volkoff ont montré qu'au-delà d'un certain stade de l'évolution d'une étoile, qu'on appelle stade neutronique, et pour une étoile suffisamment massive, la gravité triomphe définitivement et l'effondrement gravitationnel se poursuit indéfiniment.Déjà, en 1931, on avait montré qu'une naine blanche, étoile qui serait environ 1,4 fois la masse solaire, ne peut plus résister à la gravité et l'im- 23 plosion se produit.Par contre, dans le cas d'une étoile à neutrons, dont la masse est relativement élevée, Oppenheimer et Volkoff ont calculé que cette étoile s'effondre pour une masse supérieure à sept masses solaires et les tout récents calculs en la matière tendent à prouver que cette limite ne serait que de cinq masses solaires.Or, on connaît dans l'univers un très grand nombre d'étoiles qui ont des masses bien supérieures.En effet, certaines atteignent des masses de 50 à 70 fois celle du Soleil.Ainsi il est plus que probable que l'on puisse rencontrer ce phénomène de l'effondrement gravitationnel et donc la formation de trous noirs dans l'univers.De nos jours, cette possibilité est considérée et étudiée très sérieusement par un grand nombre de mathématiciens, de physiciens et d'astrophysiciens.Toutefois, l'intérêt manifesté pour les trous noirs n'a pas été délirant pendant les années qui suivirent les démonstrations d'Oppenheimer et de ses collègues.On considérait les trous noirs comme un résultat amusant et intéressant, mais de là à s'y attarder.Même au début des années 60, lors de la découverte des quasars (de l'expression anglaise Quasi Stellar Radiosources), ces galaxies en collapsus ou en expansion présentant une énorme émission d'énergie, personne ne songea aux trous noirs comme explication possible.C'est 1968 qui fut la date de naissance officielle des trous noirs! En effet, cette année-là, on découvrait les pulsars! Quel lien avec les trous noirs?Eh bien voici: à la même époque où il démontrait l'existence possible des trous noirs, Oppenheimer avait imaginé ce qu'il appelait les étoiles à neutrons.Ces dernières étaient des objets d'environ 20 kilomètres de diamètre, mais d'une densité énorme.En leur centre, elles seraient 1015 fois plus denses que l'eau.On n'avait pas prêté beaucoup plus attention aux étoiles à neutrons qu'aux trous noirs jusqu'à ce que la première étoile à neutrons soit découverte tout à fait par hasard par des chercheurs de l'Université de Cambridge, en Angleterre, en 1968.Ces étoiles très denses, se manifestant sous forme de sources d'ondes radio, furent appelées «pulsars».On connaissait déjà les pulsars depuis 1930, mais on n'avait pas fait le lien avec les étoiles à neutrons d'Oppenheimer.Du même coup, voilà que l'on s'intéresse à l'étude des objets superdenses: si Oppenheimer avait raison dans le cas des étoiles à neutrons, pourquoi n'aurait-il pas raison pour les trous noirs?Dès lors, et avec beaucoup d'enthousiasme, on se met donc à leur recherche.Deux aspects seront considérés: d'une part, la recherche par l'observation qui n'a malheureusement pas été fructueuse jusqu'à maintenant, quoique l'on ait certaines 24 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE 250:1 700:1 Géante roug Soleil Soleil Naine blanche Étoile O à neutrons Étoile blanche O eutrons, En comparant les dimensions d'une étoile géante, du Soleil, d'une naine blanche, d'une étoile à neutrons et d'un trou noir, il faut noter que le diamètre du Soleil est environ 100 fois celui d'une naine blanche, et que la masse d'une étoile à neutrons est du même ordre que celle du Soleil.raisons de croire qu'il y a un trou noir dans la constellation du Cygne, et, d'autre part, la recherche théorique qui nous permet d’avoir une idée très précise de ce que serait un trou noir.RENCONTRE AVEC UN TROU NOIR Même si on n'a jamais pu observer un trou noir, les modèles qui en existent nous permettent de se représenter ce qui pourrait arriver à un éventuel voyageur de l'espace qui en rencontre un sur sa route.Imaginons donc notre voyageur, solitaire, rêveur, à la recherche d'une planète hospitalière où il pourrait terminer ses jours en paix, loin des vicissitudes de son monde antérieur.Il se trouve soudain à proximité d'un trou noir.Que lui arrive-t-il?Une chose est certaine, il ne peut «voir» le trou noir en question, car aucune lumière ne s'en échappe.C'est d'ailleurs pourquoi on les appelle ainsi.Tout ce qui peut l'avertir de la présence d'un trou noir à proximité, c'est la sensation d'un changement faible, mais bien ressenti, de la force gravitationnelle qui l'attirera.Jusqu'à présent, il ne s'est rien produit de bien extraordinaire, car la force gravitationnelle est présente partout dans l'univers, et la proximité de n'importe quel objet massif aurait un effet semblable sur le vaisseau spatial.Toutefois, si notre voyageur est prudent, il choisira de ne pas s'approcher trop rapidement de la source de gravitation, mais plutôt de se placer en orbite autour d'elle (s'il a quitté la Terre après 1968, il aura certainement entendu parler de ces «gobe-tout» que sont les trous noirs).Il se trouverait alors en orbite autour d'un objet invisible.Le mouvement de son vaisseau spatial l'empêcherait de tomber dans le trou et il pourrait même se livrer à des expériences qu'il aurait pu effectuer dans le cas de n'importe quelle autre planète comme, par exemple, le calcul de la masse du trou noir à l'aide de la troisième loi de Kepler, couramment employée par les astronomes.Toutefois, la curiosité le pousse à regarder en direction du trou noir, cette masse qui l'attire, et il ne voit rien.Normalement, un objet d'environ dix masses solaires (ses calculs le lui prouvent!) est bien visible dans l'univers.On s'attendrait à voir une sorte d'étoile au centre de l'orbite décrite par le vaisseau, mais non, rien du tout! Le trou lui-même serait aussi gros qu'une pièce de dix sous à une distance de 24 kilomètres.S'il est chanceux, et même très chanceux, notre ami peut observer, mais de façon indirecte, la présence du trou noir.Pour cela, il suffirait qu'une étoile bien en vie et bien lumineuse se trouve placée à proximité et au bon endroit, de telle sorte que, du vaisseau spatial, on puisse observer la déviation de certains de ses rayons lumineux due à la gravitation exercée par le trou noir.Ce serait alors une observation indirecte du trou noir.Cette déviation est possible d'après les résultats des travaux d'Einstein qui a montré que même les photons, qui composent la lumière, sont affectés par la gravité.Toutefois si aucune étoile ne se trouve placée defaçon à satisfaire la curiositéde notre astronaute, et que celui-ci ne puisse résister à la tentation de se rapprocher de ce curieux phénomène, sa témérité lui sera très probablement fatale.Longtemps avant d'atteindre l'entrée du trou noir, il sentira les effets de la gravitation qui s'exerce sur lui, et cela de la même façon que nous la ressentons sur laTerre.Cet effet ira en s'amplifiant à mesure qu'il s'approchera du trou noir.À partir d'un certain point, il sera aspiré de façon irréversible vers l’intérieur du trou noir.Le corps humain peut supporter au maximum l'équivalent de dix fois la gravité exercée par la Terre.Lorsqu'une force de cette intensité s'exercera sur son corps, notre astronaute se trouvera alors à une distance de 3 000 kilomètres d'un trou noir dont la masse serait de dix fois supérieure à celle du Soleil.C'est donc dire que sa curiosité lui aura été mauvaise conseillère et qu'il sera mort, comprimé, bien avant d'avoir atteint son but.UN DÉFI À LA RAISON Ainsi donc, tout objet, que ce soit un vaisseau spatial, un humain, un astre ou une souris, s'il se rapproche suffisamment d'un trou noir, sera inévitablement englouti par celui-ci.À mesure que l'objet servant à l'expérience se rapproche du trou noir, les forces exercées sur lui deviennent de plus en plus écrasantes.Bien que ces forces dépendent de la masse du trou noir considéré, le résultat est le même: elles augmentent indéfiniment à mesure que l'objet se rapproche du centre du trou noir et là, que se passe- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 t-il?Eh bien, c'est ici que se termine l'aventure exaltante de la théorie.Les théoriciens se trouvent en effet devant un cul-de-sac.La théorie d'Einstein, si satisfaisante jusqu'ici, nous prédit maintenant quelque chose qu'il est très difficile d'accepter comme plausible.Le centre serait en effet UN POINT DONT LE VOLUME EST NUL, MAIS DONT LA MASSE EST INFINIE.Ouf! il y a vraiment ici de quoi faire rêver les auteurs de science-fiction une fois de plus! Les physiciens, plus réalistes, essaient de trouver des explications plus cohérentes.On n'en est cependant qu'aux premiers balbutiements en ce qui concerne la nature de l'intérieur d'un trou noir! Et si on commençait par en trouver un?Depuis la découverte des étoiles à neutrons, en 1968, on a bon espoir de pouvoir identifier des trous noirs, mais devra-t-on se fier au hasard une fois de plus?Sinon, comment orienter les recherches?Le cas des trous noirs est quand même plus encourageant, car on a une certaine idée de ce que l'on cherche, alors qu'on ne pouvait imaginer que les étoiles à neutrons se manifestaient sous forme d'ondes radio jusqu'à ce qu'on en trouve.La direction la plus logique à suivre pour l'instant est d'essayer d'identifier des étoiles mortes qui seraient d'au moins trois masses solaires.Plusieurs chercheurs sont sur cette piste mais on n'a encore rien trouvé de très concluant.Une des techniques de recherche des trous noirs a conduit plusieurs savants à considérer la possibilité de l'existence d’un trou noir dans la constellation du Cygne.On y a en effet identifié une source très variable de rayons X qui se trouve très proche d'une grosse étoile cataloguée sous le numéro H.D.226868.On a appelé cette source de rayons X, Cygnus X-l.CYGNUS X-l, UN CANDIDAT ACCEPTABLE Quoi qu'il ne soit pas entièrement certain que Cygnus X-l soit bien un trou noir, plusieurs phénomènes le laissent supposer.Découverte en 1965, elle est une des premières sources de rayons X jamais identifiées.Vers la fin des années 60, la seule information supplémentaire que l'on ait pu obtenir confirmait la variabilité de l'intensité de la source.En 1971, des informations obtenues par le satellite Uhuru confirmaient que Cygnus X-l était bien une étoile et, un an plus tard, un groupe de chercheurs japonais montraient que cette source de rayons X devait être extrêmement compacte.En effet, sa masse atteindrait, selon les meilleures estimations, huit à treize masses solaires.Cygnus X-l ressemblait de plus en plus à un trou noir.Les astronomes se mirent alors sérieusement à la tâche et, à la suite d'observa- Si on pouvait «voir» les forces qui s'exercent aux alentours d'un trou noir, voici ce qui se présenterait à nos yeux: une forme d'entonnoir comparable à un tourbillon marin à l'intérieur duquel un vaisseau spatial ou tout autre objet que l'on peut imaginer, serait attiré.Si l'objet en question franchit une certaine limite critique, il ne peut plus s'échapper et il est englouti à jamais.Même la lumière, aspirée par une force trop grande, ne pourrait s'en échapper.msm* WÊ rnte&m mmËÈÊ BSS 25 tions intenses du ciel nocturne du printemps et de l'été 1972, plusieurs chercheurs en vinrent à s'entendre sur un modèle de ce que pouvait être Cygnus X-l.On serait en présence d'un système double, soit une étoile supergéante très massive (l'étoile H.D.226868) nantie d'un compagnon invisible tellement près de l'étoile géante qu'il produirait sur celle-ci d'énormes marées de gaz.Ce compagnon (Cygnus X-l) serait lui-même un trou noir tandis que les marées de gaz en provenance de l'étoile géante, lorsque compressées sur le trou noir, provoqueraient l'émission de rayons X.Jusqu'à présent, ces phénomènes auraient tout aussi bien pu décrire une étoile à neutrons, si la masse n'avait pas excédé trois masses solaires.En 1972, pratiquement tous les chercheurs en ce domaine s'entendaient sur le fait que le compagnon en question était beaucoup trop massif pour être une étoile à neutrons.De là à conclure qu'il s'agissait d'un trou noir, il n'y a qu'un pas, et l'idée est tellement séduisante.Mais, dans son livre Black Holes, Quasars and the Universe, même s'il meurt d'envie de conclure que l'on est effectivement en présence d'un trou noir, Harry L.Shipman est bien obligé de reconnaître qu'il y a un nuage à l'horizon.En effet, on a proposé d'autres modèles pour expliquer ce qui se passe dans Cygnus X-l, et il faut se rendre à l'évidence: la preuve n'est pas faite que l'on soit réellement en présence d'un trou noir! ET SI NOUS VIVIONS DANS UN TROU NOIR! Comme à chaque fois que les scientifiques sont en présence de nouveaux concepts, surtout s'ils sont aussi fascinants que les trous noirs, on a tendance à laisser l'imagination nous emporter.On a même suggéréque l'univers dans lequel nous vivons ne serait qu'un gigantesque trou noir.Et pourquoi pas?En effet si on admet que la connaissance naît de la curiosité et de l'imagination, on peut accepter comme plausibles toutes les hypothèses, même celles qui, à première vue, semblent les plus farfelues.Depuis que l'idée de trous noirs a fait son apparition, on a à plusieurs reprises tenté d'utiliser ce concept pour expliquer des phénomènes jusqu'alors restés mystérieux.Il est même arrivé que l'on prenne des comètes pour des trous noirs, même si ceux-ci, contrairement aux lanternes, n'éclairent pas.Pour en lire plus: Isaac Asimov, Trous noirs.Opuscule, Montréal, 1979 Harry L.Shipman, Black Holes, Quasars and the Universe, Houghton Misslin Co., Boston, 1976 LES PIEGES À MENSONGES Les détecteurs de mensonges ne disent pas toujours la vérité par Luc Chartrand «Que fais-tu ce soir, ma chérie?— Oh, je crois bien que je vais aller au cinéma avec Patricia.» À ces mots, l'homme jette un coup d'œil au détecteur de mensonges soigneusement dissimulé dans son paquet de cigarettes.Quelques lumières rouges scintillent: elle a menti! Elle s'en va retrouver son amant.Cette petite scène de la vie conjugale pourrait devenir sous peu une scène de la vie quotidienne.D'ici quelques mois, la compagnie américaine Communication Control Systems lancera sur le marché un nouveau modèle de détecteur de mensonges à peine plus gros qu'une montre-bracelet.Prix suggéré: $30! Actuellement, le plus petit modèle en circulation est environ de la taille d'un paquet de cigarettes et se détaille $1 500.Même à ce coût, la firme Hagoth Corp.qui le produit en a vendu pour une valeur de dix millions depuis cinq ans et ça continue.Curieux monde que celui où la vérité s'achète.Toujours est-il que le marché de la détection du mensonge compte parmi les plus florissants de l'heure aux États-Unis.Selon M.Lee LaFollett, directeur de Hagoth Corp., tout le monde est un client potentiel: l'agent d'assurances qui veut déceler une fausse déclaration, l'avocat qui veut sonder son client, le banquier qui prête de l'argent.«Les salons de massage l'utilisent pour découvrir les policiers; je pense que chaque vendeur de drogue de l'Oregon possède le sien pour la même raison.Même les menteurs en achètent, ils peuvent ainsi avoir une longueur d'avance sur les autres menteurs avec lesquels ils négocient.» Mais l'expansion récente du «marché de la vérité» repose avant tout sur deux prémisses.Premièrement, le désir des compagnies de limiter le vol commis contre elles-mêmes par leurs propres employés.Deuxièmement, le développement d'une nouvelle technique de détection soi-disant efficace qui permettrait de déceler le mensonge simplement par la mesure des variations vocales, donc sans que le sujet sache qu'il est testé.UN PROBLÈME DE 50 MILLIARDS Une étude de YAmerican Management Association évalue à 50 milliards de dollars par année les pertes des compagnies américaines imputables aux crimes non violents.C'est l'équivalent du total des ventes d'Exxon, la plus grosse entreprise au monde.Au Canada, ces pertes étaient chiffrées à 1,5 milliard de dollars en 1 975.Or, toujours selon LAMA, une très large proportion de ces crimes sont perpétrés par des employés des firmes en question.On estime également que les travailleurs malhonnêtes sont à la source de 500 faillites par an chez nos voisins du Sud.La suite est facile à deviner.Les détecteurs de mensonges circulent par milliers dans les bureaux de personnel d'Amérique du Nord.Ainsi 200 des 1 000 plus grosses compagnies américaines en font un usage courant.Chaque année, 300000 employés nord-américains subissent une mesure de leur honnêteté.Comme il se devait, le nouveau gadget a franchi rapidement la frontière du 49e parallèle.D'après un article du Financial Post, on en compterait déjà quelques centaines au Canada.«Le marché canadien nous intéresse de plus en plus, confiait un vendeur du Mark II Voice Analyser, car il n'y a aucune restriction chez vous quant à l'usage du détecteur.Aux États-Unis, une quinzaine d'États ont déjà légiféré en vue de restreindre ou même d'interdire toute forme de détection du mensonge » L’an dernier, deux employés d'une banque de Vancouver étaient congédiés à la suite d'un test «positif».Cet incident 27 a incité le Service Office and Retail Workers Union of Canada à réclamer une loi interdisant l'emploi de détecteurs par des compagnies privées.Sans résultat, il va s'en dire.Le seul cas connu des syndicats québécois remonte à 1976.Soupçonnés de sabotage, cinq employés de l'usine Firestone à Joliette étaient convoqués pour subir un tel test.Un seul accepta de s'y soumettre et fut innocenté.Les quatre qui refusèrent furent congédiés quelques mois plus tard.L'affaire traîne toujours devant les tribunaux.Pendant que les industriels réclament la liberté de lutter contre le crime, nombreux sont ceux qui s'inquiètent de cette nouvelle brèche faite à la liberté de conscience.De plus en plus d'employeurs font de la «prévention» en soumettant tout leur personnel à un examen répété à intervalles de six mois.Un nombre sans cesse croissant de postulants à un emploi sont maintenant testés à leur insu.Bref, on ne peut pas dire que la confiance règne entre patrons et employés.Cet engouement pour la détection est d'autant plus dangereux que les techniques utilisées sont encore loin d'avoir fait leurs preuves.LE POULS DU MENSONGE Le premier usage d'un détecteur de mensonges remonte à 1885, alors que Cesare Lombroso, criminaliste et médecin ita-ien, eût l'idée de mesurer la tension rtérielle d'un sujet lors d'un interroga-pVre.Il venait de découvrir que le stress voqué par un mensonge modifie la ression sanguine.Le manque de précision de la méthode de Lombroso la fit toutefois oublier pour quelques décennies.En 1 926, le Dr Leonard Keeler inventait l'appareil connu aujourd'hui sous le nom de polygraphe.Le polygraphe classique est en fait une combinaison de trois instruments distincts: le sphygmographe qui note le rythme des pulsations cardiaques, le flux et le reflux sanguin et la tension artérielle; le galvanomètre qui mesure la conductivité électrique de la 28 novembre 1979 / QUÉBEC SCIENCE peau; le pneumographe qui note l'intensité respiratoire.Chacun des appareils enregistre sur graphique les variations qui se produisent en cours d'interrogatoire.La combinaison des trois graphiques constitue le polygramme.C'est essentiellement l'interprétation du polygramme par un technicien qui détermine la sanction du test.Sa valeur est donc intimement liée à l'habileté du polygraphiste.Ce dernier ne doit pas seulement être en mesure d'opérer l'appareil et d'en lire les résultats.Il doit être en même temps spécialiste de l'interrogatoire — certains pays exigent un diplôme en psychologie de la part de leurs opérateurs —cequi n'estpaschose facile.L'examen polygraphique nécessite un appareillage relativement compliqué; le sujet est relié aux différents instruments par plusieurs fils et, par conséquent, ne peut ignorer qu'il est sous examen.Le polygraphiste aura donc pour premier rôle d'abaisser la tension de l’interrogé au minimum en lui posant une série de questions non pertinentes à l'interrogatoire.Souvent, le vrai test de vérité n'aura lieu qu'au cours d'une troisième séance.Une fois le niveau de tension ramené à un point relativement fixe, le polygraphiste devra poser les questions clés et les variations du stress lors de ces questions lui permettront théoriquement de savoir si l'individu a menti.La majorité des études portant sur l'efficacité du polygraphe lui accordent un succès variant entre 85 et 93 pour cent.D'autres, comme celle du Dr Frank Kubis, de l'université Fordham, n'ont enregistré des résultats concluants que dans 75 pour cent des cas.Cette variation peut s'expliquer par le niveau de compétence de l’interrogateur.On a aussi souvent contesté la valeur de ces expériences faites en laboratoire sous prétexte qu'elles ne correspondent pas à la réalité et que le contexte d'une enquête criminelle, par exemple, risque d'augmenter sensiblement le niveau d'anxiété du sujet.Quoi qu'il en soit, même en accordant un taux de réussite de 93 pour cent au test, la marge d'erreur est assez forte pour que la plupart des tribunaux du monde — dont ceux du Canada — refusent de le considérer comme élément de preuve et ce, même si l'accusé demande lui-même à y être soumis.UN CRIME «ÉCLAIRCI» Malgré tout, le polygraphe demeure un outil précieux d'enquête policière.Il est suffisamment précis, croit-on, pour amener les policiers à identifier le coupable, quitte à trouver les preuves ultérieurement.Par exemple, il y a quelques années aux États-Unis, un jeune homme se présenta à la police prétendant que sa femme était mystérieusement disparue.Soumis >vX U.• •t*.V-WsS?.,V.-V- ^ I ^ êJv », ml vv o f» I Au département de psychologie de l'Université de Montréal, le docteur Luc Granger utilise le polygraphe pour mesurer les effets physiologiques du stress.U peut ainsi mesurer le rythme de la respiration et des battements du cœur.au test polygraphique, l'homme réagit «positivement» aux questions: «Avez-vous tué votre femme?», «Savez-vous où elle se trouve?», «Dites-vous toute la vérité?» Le polygraphiste n'eut aucune difficulté à reconstituer l'assassinat: le mari avait abattu sa femme, l'avait transportée dans son auto et l'avait poussée dans un lac.La police commença à trouver des preuves, confisqua l'arme du crime et tenta d'obtenir une confession du suspect.jusqu'à ce que sa femme rentre subitement de courtes «vacances» passées en Floride! Quelques incidents du genre n'ont pas empêché la polygraphie de restertrès en vogue et même de rendre de réels services aux policiers.Aux États-Unis, on recense 3 000 opérateurs qualifiés.«dont à peine 50 sont vraiment compé- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1979 29 *»• *1* •î* *J* •** •»* *1* *1' ?!« «î» »I* •!« »!• ^ *!• «î» UN BUSTE BIEN DESSINÉ | Fait valoir la beauté, la grâce de la taille £ “Les Pilules Persanes” de Tewfik Hazlz, de Téhéran, Perse, ont pour effet de développer le buste, de corriger la maigreur excessive, de supprimer le creux des épaules et d'effacer lea angles disgracieux qui déparent une jeune fille ou une jeune femme.•$» Prix : $1.00 la boîte ; 6 boîtes pour $5.00.* Mlle Angela V., écrit : “ Je viens de * prendre la quatrième boit* Je vos fameuses “ Pilules Persanes ” ; l’effet est merveilleux — j’en suie enchantée.'* SOCIÉTÉ DES PRODUITS PERSANS T Nouvelle Boite Postale 2675, Dépt.J.J.A A.*.J ** ?!»*?*>* MOffTREAL, Canada, T ninUiMr* a présent, cr-vt rom mett ra VA.rttablpmeut Un Suicide.Pourquoi Mourir de Maladie ?Pourquoi vous entêter • nipiil.antv» pour guertrt Pourquoi continuer i1 - 1 ' ' ^ Mil-, ¦ JburUt l/s ks inArtnnùcns Un taniruUiHV- ' \ pBixSOCtNTsSmBoirtft J2.5Q.v COMP.MjMV, CIVC^AT.VUANCO .VMVAnf MM".SSÛHtWCVC CKK .TAHU BOtTOIAA.A a (
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