Québec science, 1 janvier 1980, Mai
$200 Volume 18, numéro 9 MAI 1980 LA ROUTE OUI TUE UNE SEDUCTION NOMMÉE ARCHIPEL APRÈS LES FLORALIES UN SCÉNARIO VERT NOUVEAUTE aux éditions hurtubise hmh paul thibault Diologle humaine Ce manuel a été élaboré pour répondre à l’esprit et au contenu du programme d’anatomie, de physiologie et d’hygiène humaines au niveau secondaire (biologie 442).Chacun des chapitres de ce volume est construit sur le même plan.On y retrouve: ¦ une entrée en matière qui introduit le contenu du chapitre ; ¦ un texte et des illustrations expliquant les notions d'anatomie, de physiologie et d’hygiène humaines ; ¦ une séquence de fiches comprises, non dans le volume même mais dans un cahier d'exercices et d'expériences qui accompagne le manuel; dans le texte, la référence au cahier est indiquée par l’abréviation CEE : ¦ un résumé : ¦ des questions d’auto-évaluation qui permettent d’évaluer les connaissances acquises et la compréhension des notions.Des feuilles-réponses, placées à la fin du CEE ont été prévues pour répondre à ces questions.cahier d’expériences et d’exercices paul thibault Diologie humaine hurtubise hmh méditions hurtubise hmh 7360 boulevard newman, ville lasalle, H8N 1X2, tél.: (514) 364-0323 3 QUÉBEC SCIENCE SOMIVMIRE Volume 18, numéro 9 MAI 1980 La route qui tue Yanick Villedieu Des conducteurs fautifs, mais surtout une société de l'automobile à remettre en question Une séduction nommée Archipel Miche! Gauquelin Pour vendre Archipel aux Montréalais, il faudra choisir entre plusieurs objectifs et prendre des risques 36 Après les Floralies François Picard .il nous restera à développer une industrie québécoise des plantes et des fleurs d'ornement 42 Un scénario vert *r T -—i.s ife,- L'industrie de la navigation de plaisance représente des millions de dollars en investissements.Que ce soit à Deux-Montagnes, Dorval ou sur les rives de /'/7e de Montréal, les marinas sont florissantes et souvent saturées.Pourtant, il en coûte une petite fortune pour y placer son bateau.sont aujourd’hui des terrains privés dans leur presque totalité.Personne ne s'objecte à améliorer les possibilités récréatives des eaux de l'archipel, l'objectif est louable et il y a beaucoup à faire.Mais pas un Montréalais ne vous croira si vous lui prétendez que la navigation de plaisance, en pédalo, à rame, à voile et à moteur n'existe pas déjà.Si ce Montréalais n'est pas pêcheur, c'est un biologiste du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche qui vous dira que des centaines de milliers de truites ont été introduites dans la partie sud de l'archipel et que les prises se chiffrent par milliers.Bien sûr, il estpasséletempsoùonse baignait près des berges ou à l'île des Sœurs.À cause d'une urbanisation et d'une industrialisation croissantes et peu soucieuses de leurs rejets, la qualité physico-chimique des plans et cours d'eau s'est fortement dégradée.Mais un ministre de l'Environnement vous annoncera que, depuis quelques années, des efforts ont été entrepris pour régler le problème à sa source.Il vous dira même, au cours d'un automne 1979, qu'une nouvelle phase de dépollution des eaux est entreprise, au coût de plusieurs centaines de millions de dollars et avec comme conséquence de générer des dizaines de milliers d'emplois.Quant à atténuer les inondations, problème sur lequel s'est longuement penché un comité fédéral-provincial, c'est un objectif louable pour lequel on a déjà fait beaucoup et pour lequel d'autres projets existent.Par exemple, jouer avec les niveaux en amont, avec le lac des Quinze selon une hypothèse, ou même avec les ouvrages que possède et contrôle à sa guise Hydro-Québec sur l'Outaouais.Dans la région de Montréal même, les impacts ont été fortement minimisés grâce au zonage interdisant de nouvelles constructions sur les sites inondés.Les autres objectifs ne représentent guère mieux que des bénéfices secondaires, des retombées qu'on souhaite positives, et qui peuvent être discutables, surtout dans le cas de «préserver le milieu naturel» alors qu'on reconnaît «artificialiser» la région.Dans ce puzzle, la pièce maîtresse, pour ne pas dire unique, est donc bien de produire de l'hydro-électri-cité avec comme conséquence première de créer des emplois.UN PREMIER COUP DE BARRE À côté du manque d'enthousiasme de la population, il s'est développé un mouvement d'opposition, surtout sur la rive sud de Montréal, visant principalement à préserver les rapides de Lachine, considérés comme un patrimoine naturel important.Les opposants, dont un conseiller municipal de Lasalle, Robert Cordner, marquent des points, notamment en faisant signer des pétitions contre ce projet qui transformerait les rapides en un plan d'eau sans ces tourbillons appréciés et affecteraient sans aucun doute poissons et oiseaux.Pour Jean Burton, attaché de recherche au Centre de recherches écologiques de Montréal et ex-président de l'Association des biologistes du Québec, Archipel signifie une modification des débits, des niveaux, des couverts de glace dont il est très difficile d'apprécier les impacts sur les espèces vivantes.Un des aspects majeurs du projet est d'amener dans les rapides une quantité accrue des eaux brunes de l'Outaouais, polluées par les industries, alors que, jusqu'à présent, les eaux vertes, plus propres, du Saint-Laurent permettaient la vie de nombreuses espèces.À lui seul, le lac Saint-Louis, tout juste en amont des rapides, abrite 75 des 105 espèces de poissons que compte le Québec, ce qui constitue un record de variété.La richesse faunique de la région, plus connue des scientifiques que de la population, représente donc un enjeu majeur que nombre de citoyens se chargent de faire connaître et de défendre.Ce qui oblige les promoteurs d'Archipel à marcher sur des œufs.Trop engagé pourfaire marche arrière et les sonnettes d'alarme tintant de toutes parts, le gouvernement du Québec donnait un premier coup de barre en novembre dernier en créant un Comité technique d'harmonisation, sorte de conseil d'administration d'Archipel, composé de deux représentants d'Hydro-Québec, et d'un représentant des orga- Jean-Guy Lebel QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 33 Grâce à la construction de 21 ouvrages, le projet Archipel va changer les niveaux et les débits des eaux, de même que leur répartition.C'est ainsi que l'amplitude des écarts de niveaux selon les saisons va être réduite et qu'un contrôle des eaux provenant du Saint-Laurent et de l'Outaouais va permettre de fournir un débit accru et plus régulier à la hauteur des rapides de Lachine de manière à rentabiliser les deux centrales hydroélectriques.Dans le projet initial, les rapides de Lachine perdent 80 pour cent de leur débit, et cessent donc d'être des rapides, puisque ce volume est retenu pour devoir passer dans la centrale en amont.a , sum m.mm j a île Sainte-Thérèse Rivière des Mille fies - .\ ê Rapides de Rivière-des- Prairies Centrale de Rivière-des-Prairies x Laval Terrebonne y || il i *-S I P ¦ mm % Rivière des Prairies 'v lal du Moulin ^ MR Pont Jacques-Cartier ' X tfarie -^ i Rapides Sainte-Marie Montréal Canal de Lachine X » du Cap Saint-Jacqu e-Anne Lac Saint-Louis X—L Longueuil fie - Sainte- Hélène fie Notre- Dame /ictoria Hi Pont Champlain fie iss» 's r Sœurs • île aux Hérons Laprairie i de t|lf Fleuve Saint-Laurent traie e Beauharnois Be3uham°is Québec Science. 34 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE mm ¦¦KZÀ •r' .• ¦':: jywss ^4i-.''mIî ui:uiiiuiHHÛ;iul;iu.i;;"amn?.v'*”, ?**>* nismes suivants: ministère de l'Énergie et des Ressources, Office de planification et de développement du Québec, ministère de l'Environnement, ministère des Loisirs, de la Chasse et de la Pêche, ministère des Affaires municipales, Communauté urbaine de Montréal.Le comité est coordonné par le secrétaire-adjoint du Secrétariat à l'aménagement, Jean-Paul Gagnon, et appuyé par des conseillers tant pour les aspects techniques que pour la dimension consultation et communication.C'est au sein de ce comité technique d'harmonisation que s'est décidé, et certainement négocié, le réalignement du projet Archipel.Sous l'égide d'un conseil des ministres qui voit poindre le jour du référendum et, sans doute encore plus important, celui des prochaines élections provinciales.CONSULTER ET SÉDUIRE Tout en visant à produire de l'énergie hydro-électrique, Archipel doit également, maintenant, signifier une sorte de réappropriation des eaux de Montréal par les Montréalais.Leur redonner leurs rivières, leurs lacs, leurs berges pour pouvoir à nouveau s'y baigner, comme il y a 25 ans, s'y promener, y pêcher, y rêver.Plusieurs vous diront que les Montréalais aiment les projets grandioses, d'envergure, jusqu'à ce que la facture apparaisse en tout cas.L'Expo, les Jeux Olympiques font la fierté, sinon la richesse, des Montréalais, qui en témoigneraient une certaine reconnaissance à leur maire.Alors, pourquoi ces mêmes Montréalais ne témoigneraient-ils pas une reconnaissance identique et même accrue à un gouvernement qui soulèverait leur fierté avec une réalisation d'envergure, comportant des avantages tangibles doublés d'une valeur patrimoniale, tout cela sans faire monter le compte de taxe municipale?L'hypothèse peut être séduisante, mais elle comporte des risques.Non seulement faut-il éviter de mécontenter qui que ce soit, mais encore faut-il satisfaire le plus de monde possible.Pour passer à travers un tel défi, rien ne vaut une bonne consultation, une vraie.C'est-à-dire aller demander à tout un chacun comment il perçoit le projet, s'il a des idées pour l'améliorer, quelle variante il préfère, etc.Tout en prenant connaissance des désirs de la population et des corps intermédiaires, il est ainsi possible d'évaluer et d'ajuster la pièce maîtresse, la centrale hydro-électrique, pour qu'elle nuise au minimum et qu'on en profite au maximum.Il faut bien avoir en tête que sans cette centrale et ses ouvrages de contrôle, l'ensemble Archipel ne tient pas.Il y a plus de 20 ans qu'Hydro-Québec étudie la possibilité d'une centrale La-chine.La dernière version, citée dans l'étude de pré-faisabilité, date de 1971 mais était restée dans les filières pour des raisons d'impact sur le milieu, de techniques et de choix de sites de développement.Aujourd'hui, alors que c'est un ministère qui lance l'idée, l'Hydro-Québec fait un pas en avant.Après tout, le fardeau est largement assumé par le gouvernement lui-même.DES BULBES EN PLEINE VILLE Alors que la construction de centrales à de grandes distances des centres de consommation entraîne des coûts imposants, tout comme le transport de l'énergie produite, quel planificateur d'Hydro-Québec ne rêve pas d'une centrale en plein centre de consommation, urbain et industriel?Une centrale au charbon va asphyxier les quartiers avoisinants, et vous n'aurez même pas prononcé le mot «nucléaire» que des opposants de tous poils vont vous tomber sur le dos et emporter l'adhésion de la population en criant «Three Mile Island», sinon «Hiroshima».Quant à aménager hydro-électrique-ment des chutes Niagara, si vous en avez, autant ne pas y penser à moins de vouloir faire hurler l'industrie touristique.Toutefois, il ne faut pas en conclure trop vite que tout aménagement hydro-électrique Tout près d'Habitat 67 et de Terre des Hommes, pourrait se situer une des deux centrales hydro-électriques du projet Archipel.Profitant d'une chute de 5,8 mètres, les turbines de type Bulbe pourraient fournir une puissance de 575 mégawatts, Tautre centrale, près de Kahnawake (Caughnawaga) ayant une puissance de 866 MW.est éliminé.En effet, grâce à une technique connue sous le nom de «groupe Bulbe» et développée depuis moins d'un quart de siècle, il est maintenant possible de produire de l'électricité sans disposer de chute d'eau importante.Pas de grande chute, donc, pas de grands barrages, pas de grands réservoirs qui inondent: les problèmes d'impact sur l'environnement sont grandement réduits.Les installations sont moins voyantes puisque la turbine et l'alternateur sont immergés, la machinefonction-nant sur un axe horizontal avec une hélice, plutôt que sur un axe vertical avec des roues dans le cas des turbines traditionnelles.Une chute d'une dizaine de mètres, cinq mètres au besoin, suffit.Les avantages des groupes Bulbe, mis au point et encore monopolisés par les Français et les Russes, sont multiples et se manifestent tout particulièrement dans le cas des moyens et petits cours d'eau.Pour le moment, il n'existe que deux centrales de ce type en opération sur le continent américain, l'une au Manitoba (Jenpeg) avec six unités d'une puissance totale de 168 mégawatts (technologie QUEBEC/AMERIQUE Se goût de lire Québec/Amérique publiera cette année son centième ouvrage.Ce sera un tournant important, d’autant plus que notre programme d’édition prévoit pour la saison 1980-1981 la parution de plus de 30 nouveaux titres, soit quelque 150000 exemplaires.Pour marquer cette étape significative et pour appuyer notre campagne “le goût de lire” (et aussi pour faire de la place.), nous vous proposons, pour un temps limité, nos meilleurs ouvrages à des prix tout simplement incroyables.Feuilletez ce supplément-catalogue et vous verrez.?Mais ce n’est pas tout : Québec/Amérique vous offre, avec toute commande de $10.et plus, un abonnement gratuit à son nouveau magazine d’information.Par ailleurs, malgré les bas prix que nous consentons dans ce supplément, vous pourrez bénéficier des livres-primes habituels, c’est-à-dire: • Avec tout achat de $30.et plus vous obtenez un livre gratuit • Avec tout achat de $40.et plus vous obtenez deux livres gratuits.• Avec tout achat de $50.et plus vous obtenez trois livres gratuits.(Comme toujours, vous pourrez choisir ces livres gratuits parmi tous les ouvrages annoncés.) * ?* N.B.Hâtez-vous de profiter de cette offre exceptionnelle qui expirera le 15 juillet 1980.négligeable pour Hydro-Québec, sa filiale Hydro-Québec international pourrait arriver sur les marchés étrangers, en collaboration avec des firmes privées québécoises ayant acquis une expertise avec les groupes Bulbe au Québec, avec une pompées, sans oublier une plus ou moins grosse tranche de nucléaire à Gentilly.Sinon, le plan d'investissement d'Hydro-Québec, déjà très chargé avec environ cinq milliards de dollars par an, risque encore de s'alourdir.Dans ces conditions, APRES LES FLORALIES .il nous restera à développer une industrie québécoise des plantes et des fleurs d’ornement par François Picard «Il est beaucoup question en ce pays de couper des arbres, d'abattre des forêts, mais bien peu d'en planter.Il n'est donc pas étonnant qu'on réussisse peu quand on entreprend de le faire.» Cette citation, c'est en 1 837 qu'elle fut publiée, dans le Glaneur de Saint-Charles, un journal mensuel; mais elle ne nous aurait pas semblé dépassée si elle était parue dans une édition plus récente.Toutefois, depuis une dizaine d'années, un revirement de la situation se fait sentir.L'intérêt pour les arbres, arbustes ou fleurs, en tant qu'ornements, n'a cessé de croître au Québec au cours de la dernière décennie.Le succès des concours du genre Villes et villages fleuris en est le témoin, et cette grande foire horticole que sont les Floralies internationales de Montréal encouragera sûrement ce mouvement.On découvre de plus en plus le plaisir de décorer notre environnement avec des plantes, de préférence au béton et à l'asphalte.Et, bien sûr, par la même occasion, on donne un coup de pouce à une jeune industrie en plein essor, mais bourrée de problèmes que l'on espère voir se régler bientôt.Les consommateurs devraient retirer quelques avantages d'une meilleure organisation de l'horticulture québécoise, qui est pour l'instant à la remorque du Canada anglais, des États-Unis et de l'Europe.UNE NOUVELLE-FRANCE FLEURIE On a bien facilement tendance à croire que le goût des Québécois pour l'horticulture ornementale est très récent.Cette erreur provient du fait qu'il y a eu une période creuse entre les années 30 et les années 70.En réalité, même si un grand pas a été fait depuis une dizaine d'années, on se rend compte, en fouillant les archives, que cet intérêt remonte au premier siècle de la colonie.Les communautés religieuses, les riches bourgeois et les gouverneurs avaient certes les plus beaux jardins d'agrément avec beaucoup de fleurs et d'arbres.Mais on ne sait que peu de choses du reste de la population, si ce n'est que, dès 1664, le botaniste Pierre Boucher, lieutenant général de la Nouvelle-France, signale la présence de fleurs dans les plates-bandes, près des maisons: «Pour des fleurs, on n en a pas encore beaucoup apporté de France, sinon des Roses, des Oeillets, Tulipes, Lys blancs, Passes-roses (rose trémière), Anémones et Pasd'alouettequi sonttous comme en France.» C'est dire l'intérêt porté à leur environnement par des gens qui avaient beaucoup de mal à faire venir des denrées d'Europe.À cette époque, la majorité de la population avait un potager, puis quelques arbres fruitiers; la survie passait avant tout.Aussi, du 17e au 20e siècle, la tradition horticole des Canadiens français consistait-elle surtout en un aménagement de plantes utiles autour de la maison: des légumes, des arbustes et des arbres fruitiers.Chacun de ces éléments égayait les alentours des habitations par la couleur de ses feuilles ou de ses fruits.Selon M.Paul-Louis Martin et M.Jean Provencher, du Groupe de recherches en histoire du Québec rural, les mentions de fleurs ne manquent pas.Ainsi, en 1 834, le capitaine Basil-Plall raconte qu'il a vu à Montmorency, «tout autour des maisons, des pots de fleurs disposés en ligne, entourés de lianes grimpantes qui rappelaient les provinces d'Italie ou de la France méridionale.» Un autre voyageur, James B.Brow, décrit en 1851 les villages de la région de Montréal: «Les petites fenêtres face à la rue sont occupées par une variété de géraniums, de roses et d’autres plantes.Le goût pour les fleurs est presque universel parmi toutes les classes de Canadiens français.» Ce goût pour les fleurs, mais aussi pour les arbres, l'abbé Provancher (1 820-1892), un botaniste émérite, l'a donné davantage aux Québécois en publiant sa Flore canadienne.Ainsi, on pouvait lire dans la Gazette des Campagnes, de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, le 7 mars 1 878: «Si nous jetons les yeux sur l'arbo- Jardin botanique de Montréal — Roméo Meloche 37 Certaines variétés d'arbres peu connues au Québec peuvent bien s'adapter à notre climat.Par exempte, le Betula papyrifera var.kenaica, variété inconnue au Québec de notre bouleau à papier, supportant mieux les conditions urbaines; et ce mélèze hybride, Larix Czekanowskii, au port particulièrement régulier et dense.riculture qui, depuis quelques années, marche à si grands pas, nous reconnaîtrons que ces progrès sont dus à certains de nos pépiniéristes canadiens qui, non seulement ont voulu faire un objet de spéculation par la vente des arbres fruitiers, mais ont fait une étude des différentes espèces d'arbres pouvant être adaptées à notre climat et fournir les meilleures espèces de fruits propres à être livrées à notre commerce.M.l'abbé Provancher en a donné le premier mouvement, et son exemple a été secondé.» Ce qui est encore plus frappant, c'est un Rapport du ministre de l'Agriculture de la province du Québec qui, en 1 91 6, mentionne la présence de jardins scolaires dans 759 écoles et 1 7 880 élèves qui, cette année-là, apprennent à cultiver des légumes et des fleurs ou à greffer des arbres fruitiers.Pourquoi n'a-t-on pas continué dans cette voie?Il semble en effet que, depuis la publication deLa flore laurentienne, du frère Marie-Victorin et ses premiers cours à l'Institut de botanique de Montréal, en 1 920, on ait préféré laisser davantage l'horticulture aux mains de spécialistes ou que l'on ait perdu l'intérêt des jardins d'agrément face à l'invasion massive du béton et de l'asphalte.UN TITRE QUI NE FAIT PAS A TOUT LE MONDE La marge est maintenant énorme entre la bénédiction des jardins par le curé, au 18e siècle, pour assurer la bonne croissance des plantes et les protéger des insectes, et les connaissances indispensables à l'heure actuelle pour «jouer» dans les engrais, pesticides ou insecticides qui assurent le succès des cultures.M.Fernand Bourbeau, président de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec, définit ce domaine comme étant «l'art et la science de produire, commercialiser, utiliser et entretenir des plantes décoratives, vertes ou florales, arbustes, arbres, gazon, pour contrôler, embellir et améliorer l'environnement de l'homme.» Ainsi, l'horticulture ornementale québécoise fait travailler quelque 2 000 professionnels et plusieurs milliers de techniciens, manœuvres et vendeurs.On compte parmi eux une cinquantaine d'horticulteurs diplômés, qui ont fait des études Un exemple de jeu de formes, de textures et de couleurs, te long d'un ruisseau. 38 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE '1' fiy' ; s v’v.L‘9£.'^è4 •i »-2%JK'f£v1.Transplantée directement de la baie James à Tîle Notre-Dame pour les Floralies internationales, cette tourbière contient des milliers de rossolis, de sarracénies, de lédons, de kalmias en fleurs, ainsi que des mélèzes et des épinettes.supérieures en horticulture, et d'autres qui se sont formés sur le tas et ont dix à vingt ans d'expérience.Ceux-ci ont droit, sans conteste, au titre d'horticulteur, et ils y tiennent.Par contre, bien d'autres personnes oeuvrant en horticulture s'attribuent très vite ce titre, alors qu'ils sont en fait pépiniéristes, techniciens en horticulture, directeurs ou gérants de centres-jardins ou encore fleuristes.De la même façon, de simples entrepreneurs en construction, ou même des chauffeurs de camions se disent un beau jour entrepreneurs-paysagistes, et c'est au tour des vrais entrepreneurs-paysagistes et des architectes-paysagistes de ne pas être contents.Il y a vraiment de quoi tromper le plus consciencieux des consommateurs! Malgré tout, on remarque une constante dans ce monde de l'horticulture ornementale: le pépiniériste, le fleuriste ou le technicien compétents sont assez fiers de leur métier pour ne pas chercher à être quelqu'un d'autre.En fait, les professionnels consciencieux souffrent beaucoup de cette situation qui diminue la confiance que l'on pourrait avoir en eux.PARTIR POUR APPRENDRE Les horticulteurs sont des spécialistes dans l'art de cultiver les plantes; arbres, arbustes, plantes à fleurs, herbes, sols n'ont pas de secrets pour eux.Grâce aux connaissances acquises dans des écoles spécialisées, à l'université, ou par la pratique, ils sont en mesure de conseiller aussi bien les pépiniéristes que les fleuristes ou les techniciens en horticulture.Jusqu'à tout récemment, comme il n'y avait pas de cours de formation d'horticulteurs dans nos universités, les Québécois devaient aller suivre des cours en Europe.Par ailleurs, une bonne partie des horticulteurs qui oeuvrent au Québec sont d'origine étrangère; ainsi, ceux du Jardin botanique de Montréal proviennent de 1 7 pays différents.Mais maintenant, un enseignement supérieur en horticulture est donné à l'université Laval, à Québec.On forme aussi des techniciens en horticulture aux Instituts de technologie agricole de Saint-Hyacinthe et La Pocatière.Cependant, cet enseignement est fortement critiqué aussi bien par les horticulteurs que par les pépiniéristes qui ne comprennent pas comment des étudiants sortant de ces établissements avec un diplôme ne sont pas capables de recon- naître certaines espèces d'arbres et de fleurs ou de faire une greffe.D'après M.Pierre Bourque, horticulteur en chef de la ville de Montréal, on devrait arrêter d'essayer de faire des chefs et penser plutôt à former de bons jardiniers.Seul, en effet, le Jardin botanique de Montréal s'occupe pour l'instant de la formation de jardiniers et de la revalorisation du métier.Il y a aussi au Québec des architectes-paysagistes.Ceux-ci obtiennent un diplôme à l'Université de Montréal ou à l'université McGill à la suite d’études en architecture du paysage, donc en architecture et en horticulture ornementale.Le matériau avec lequel ils travaillent est le végétal dans son évolution.Ils dressent des plans d'aménagement de jardins, de parcs, de pistes de ski, de bords de routes, de rivières ou de lacs, participent à l'élaboration de plans de zonage.Ils travaillent avec des architectes, des ingénieurs, des écologistes ou des biologistes, mais le marché semble assez restreint pour ces spécialistes.L'un d'eux, M.Jean Landry, a effectué pour le ministère de l'Agriculture du Québec une recherche qui devrait permettre d'assurer l'avenir de l'horticulture ornementale d'extérieur.En effet, avec d'autres architectes-paysagistes il a d'abord dressé un inventaire complet des arbres, arbustes et autres végétaux du Québec.Puis, dans un second temps, il a constitué des listes des plantes les mieux adaptées à chaque région du territoire.Ces informations, accompagnées de cartes, seront publiées prochainement, mais elles ne seront cependant pas vulgarisées avant plusieurs années.M.Jean Landry pense qu'elles encourageront la production d'un nombre croissant d'espèces rustiques à des fins ornementales.85 POUR CENT D'IMPORTATIONS Ce serait une bonne chose pour l'industrie horticole québécoise puisque, d'une part, près de 85 pour cent des 85 millions de dollars de plantes d'extérieur vendues annuellement au Québec proviennent d'ailleurs et que, d'autre part, le consommateur ne connaît, souvent à ses dépens, que quelques espèces et variétés.Ainsi, nos 250 pépiniéristes ne produisent que 1 5 pour cent de nos besoins, soit la presque totalité des plantes à fleurs annuelles mais une toute petite partie des arbres et arbustes.On importe la balance d'Ontario, de Colombie-Britannique, du nord-est des États-Unis, de Californie et même d'Europe.Cette situation a des retombées économiques négatives, bien sûr, et il en découle aussi une mauvaise adaptation de certaines espèces à notre climat.Les quelque 1 200 hectares de pépinières que nous avons actuellement pourraient très facilement être doublés ou triplés avec une meilleure planification de ce genre de culture.Certaines pépinières n'ont que 200 ou 300 plants, d'autres jusqu'à un million et plus, mais il ne s'agit pas forcément des espèces les plus intéressantes et même les plus rentables.D'un autre côté, la clientèle est là puisque l'accroissement des ventes dans les centres-jardins atteint, semble-t-il, 20 pour cent par an et que le jardinage devient un hobby pour de plus en plus de Jardin botanique de Montréal — Roméo Meloche QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 39 Des centaines de milliers d'arbres sont produits chaque année dans les pépinières québécoises.De plus en plus souvent, on fait pousser les arbres dans des contenants (au second plan) avec lesquels on les enterre pour limiter le choc de la transplantation.r, Xwiïu gens.On estime que 80 pour cent des Québécois achètent des plantes d'intérieur ou d’extérieur chaque année.Le plus grand problème que rencontrent les centres-jardins et les pépiniéristes est celui de l'approvisionnement.Bien des arbres ou arbustes importés réagissent mal sous le climat québécois.Les plantes étrangères qui s'adaptent le mieux sont donc celles qui proviennent d'autres pays nordiques, comme par exemple le Pin de Norvège ou le Pinus leucodermis, originaire des Balkans.Avant d'importer toute nouvelle espèce, il faut effectuer des essais de rusticité, c'est-à-dire de résistance, car il s'agit d'un investissement sans aucune assurance.On ne trouve pas non plus tout ce que l'on veut et la concurrence internationale est très forte.«Prenez le Colorado, commente M.Pierre Bourque, c'était le plus grand producteur d'œillets jusqu'au jour où la Colombie, en Amérique du Sud, s'est lancée dans cette culture.Elle a rapidement écrasé le Colorado à cause de ses faibles coûts de production.Alors, les producteurs de cet État se sont mis à cultiver des roses en plus des œillets, ce qui a engendré une véritable bataille entre eux et la Californie.Alors, vous savez, le Québec, là-dedans.Dans certains domaines, comme les roses à Saint-Bruno, on peut avoir une production marginale, mais les roses d'Israël ou de Grèce restent très concurrentielles.» Les commandes sont coupées aussi à l'occasion et si l'on se plaint trop, on risque seulement de ne plus pouvoir s'approvisionner auprès du fournisseur en question.«Atout cela, de dire M.Gilles Laçasse, directeur de Botanix, un regroupement de producteurs, vous ajoutez le transport qui est risqué et coûte cher.Ainsi, un camion venant de Colombie-Britannique avec 1 000 conifères, cela revient à environ 3 500 dollars, simplement pour le transport.Vous comprendrez l'intérêt de développer la culture en pépinières et en serres au Québec même.» Aussi le but de l'industrie horticole québécoise est-il d'atteindre un taux Des plantes bien adaptées mais ignorées A cause de leur peu de connaissances dans le domaine de l'horticulture ornementale d’extérieur, les Québécois concentrent leurs achats sur des plantes à fleurs, des arbres ou des arbustes très communs, que l'on retrouve dans presque tous les jardins, alors qu'il en existe une très grande variété.Voici quelques suggestions que l'on nous a faites: Arbres Érable de Norvège Érable argenté Érable royal Érable à sucre (croissance lente — importé de l'Illinois habituellement) Pin noir d'Autriche (feuillage or — très bon comportement dans la région de Montréal) Pinus leucodermis (feuillage vert très foncé et écorce très pâle) Bouleau à papier, variété kenaika (branches du bas horizontales, cime arrondie) Frêne Pommetiers décoratifs Sorbier Tilleul (bien adapté ici) Maronnier (il faut bien le protéger durant les premiers hivers) Arbustes Sumac aromatique (à tendance rampante, feuillage vert luisant et fruits rouges, origine Outaouais) Sherpherdie du Canada (petite plante épineuse, feuillage argenté, fruits rouges) Thuya (plus communément appelé cèdre) Cornouiller Cotonnier astre (feuillage vert foncé) Hydranger Physocarpe Azalée Forsythia Plantes à fleurs Anénomes Encolies Asters Campanules Rudbeckia Pivoines Certaines plantes peuvent avoir des difficultés à se développer dans certains microclimats, aussi est-il indispensable de se renseigner auprès de personnes compétentes avant d'effectuer tout achat. 40 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE d'autosuffisance d'au moins 50 pour cent d'ici 1985.Pour cela, il faut développer unetechnologie bien adaptée pour favoriser une culture sur une plus grande échelle à partir de semis, de boutures, de greffes ou même de méristèmes.La culture méristémique, utilisée par exemple pour les orchidées, consiste à reproduire une plante à partir de quelques cellules d'un bourgeon, mais une telle opération demande des connaissances et un matériel approprié.IL FAUT ÊTRE RICHE OU JOUEUR Et il y a d'autres problèmes techniques issus tout droit du manque de bons jardiniers ou du fait que certains pépiniéristes sont davantage hommes d'affaires qu'agronomes.M.Gaëtan Hamel, un pépiniériste qui produit à Québec 70 pour cent de ce qu'il vend à partir de semences et surtout de boutures, a beaucoup souffert de ce manque de personnel compétent.Il suggère un système d'enseignement comme dans une école de Genève, en Suisse, où on devient jardinier la première année, chef de culture la seconde et ingénieur horticole la troisième, le tout avec beaucoup de travaux pratiques.Ou encore, en attendant une telle école, qui ne serait pas un luxe lorsqu'on sait qu'il y en a 71 en France, il recommanderait à des étudiants de suivre une année de cours à l'Institut de technologie agricole, puis de partir en stages dans d'autres pays avant de se lancer dans l'exploitation d'une pépinière.Au niveau information, aussi tout reste à faire.Les publications sur le sujet ne sont pas légion et, même si une soixantaine d'entre elles, en général de petits fascicules, sont disponibles au service d'information des ministères de l'Agriculture, le pépiniériste, à l'instar de tous ses concitoyens, ne peut en commander que dix par année et doit donc attendre six ans avant de connaître tous les conseils gouvernementaux.Ce n'est pas la seule raison que les pépiniéristes trouvent de se plaindre des services gouvernementaux.En effet, même s'ils sont reconnus par l'UPA comme des producteurs agricoles, ils ne le sont pas par le gouvernement.Ils ne peuvent donc profiter des avantages de financement gouvernemental dont bénéficient les agriculteurs.Ce ne serait pas si grave si ces pépiniéristes pouvaient obtenir des prêts auprès des sociétés de financement, mais là on leur fait remarquer qu'on les considère comme des agriculteurs, comme les producteurs de sirop d'érable.En plus, comme il s'agit de denrées périssables, les banques hésitent à leur prêter de l'argent.Pour M.Philippe Martin, un agronome, l'un des deux seuls spécialistes que le ministère de l’Agriculture a mis à la disposition des pépiniéristes et des producteurs en serre depuis deux ans, «il faut donc être riche ou joueur pour partir une pépinière et il faudra encore plusieurs années avant que cela change».M.Philippe Martin, pour la région de Montréal et M.Jean Maurice Hamel, qui est horticulteur, pour celle de Québec, ne sont pas capables de fournir aux producteurs toutes les informations dont ils ont besoin; ce n'est pas faute de compétence, mais ils essaient défaire untravail qui nécessiterait cinq ou six spécialistes de plus et des techniciens.Comment deux personnes pourraient-elles sans cesse courir d'un bout à l'autre de la province pour donner au producteur en horticulture ornementale qui en a besoin des informations sur les techniques et les produits les mieux adaptés?C'est l'une des questions que posent les producteurs au gouvernement.UNIR TOUTES LES VOIX POUR SE FAIRE ENTENDRE Pour mieux se faire entendre, tous les maillons de l'industrie horticole ornementale ont décidé de se rattacher.Il y eut d'abord la création d'associations par discipline.Mais elles se rendirent compte de leur faiblesse vis-à-vis des organismes ontariens et américains qui les écrasaient.Le sursaut ne s'est fait qu'il y a une douzaine d'années, alors que l'on ressentait pleinement un besoin de faire aboutir les revendications.Cela a abouti, en 1977, à la création de la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec, un regroupement de six associations professionnelles dont les membres sont des producteurs ou des commerçants de fleurs, de diverses plantes décoratives, d'arbres, d'arbustes et de gazon.A la conférence socio-économique sur l'horticulture ornementale, organisée par le gouvernement du Québec en Les Floralies internationales de Montréal Plus de 20 pays participent aux Floralies, une grande foire-exposition de fleurs et de toutes sortes de plantes ornementales, mais aussi d'équipement indispensable aux travaux horticoles.Cette grande manifestation se déroule en deux phases.Au cours de la première, du 17 au 29 mai, au Vélodrome olympique, on peut admirer une vallée fleurie, soit 6 000 mètres carrés harmonieusement recouverts par des fleurs et des plantes de nombreux pays.Ensuite, du 31 mai au 1er septembre, le public pourra se promener dans un immense parc voué à l'art paysagé contemporain: les quelque 40 hectares de l'île Notre-Dame ont été choisis de préférence à tout autre endroit dans la région de Montréal.Les organisateurs des Floralies veulent en faire un lieu de vulgarisation écologique et culturelle.Les visiteurs pourront y découvrir une multitude de plantes, adaptées à notre climat, qu'ils sont en mesure de faire pousser chez eux.Le Jardin botanique de Montréal s'est vu confier, par le gouvernement du Québec, le soin de réaliser un jardin québécois.Il sera composé d'une falaise rocheuse, d'une pinède avec éricacées et rhododendrons, d'un jardin de plantes vivaces, d'une érablière et de grands massifs de plantes annuelles.De quoi donner des idées aux jardiniers-amateurs québécois! On peut aussi penser que la tourbière va attirer bien des curieux.Transplantée directement de la baie James à l'île Notre-Dame, au printemps 1979, sous forme de gros blocs d'une végétation rabougrie congelée, cette tourbière contient des milliers de ros-solis, de sarracénies, de lédons, de kal-mias en fleurs, ainsi que des mélèzes et des épinettes.Les Floralies internationales de Montréal seront aussi prétexte à des expositions commerciales de nature horticole, tant au vélodrome que sur l’île Notre-Dame De même, les professionnels ou les amateurs d'horticulture sont invités à toute une série de conférences, colloques et séminaires sur le sujet. QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 41 NiSaP; ISSiS 4V ; V- ^ ¦ '•O:, février dernier, la fédération a présenté toute une liste de recommandations: en particulier, la création au ministère de l'Agriculture d'un département au service de l'industrie horticole, une sensibilisation des divers intervenants de la construction et autres pour qu'ils ne gaspillent pas et conservent la terre arable.Elle a aussi insisté pour que les porte-paroles de l'industrie de l'horticulture ornementale soient reconnus comme intervenants dans le dossier de l'environnement au Québec.Les membres de la fédération, maintenant officiellement reconnue par le ministère de l'Agriculture, sont repartis de cette rencontre avec beaucoup d'optimisme.En attendant des retombées intéressantes, sous forme d'aide à la recherche et aux producteurs, la fédération prépare des normes et un code d'éthique qui, une fois acceptés par les membres, permettront d'assurer une meilleure qualité du travail et des produits présentés au public.D'autre part, selon M.Bourbeau, le président de la fédération, leur grand projet, c'est un service de téléphone-vert, un service d'information horticole pour les consommateurs.Pour leur avantage et, semble-t-il, celui du public, les producteurs et les commerçants commencent à se regrouper aussi dans le but d'augmenter leur pouvoir d'achat de gros et d'employer des techniques de mise en marché modernes.L'intérêt pour le consommateur réside dans le fait que de tels groupements sont obligés de faire une sélection des membres et de soigner le produit et les informations qu'ils présentent s'ils veulent garder une bonne réputation, qui est pour eux la clef des bonnes affaires.C'est aussi le meilleur moyen de lutter contre la concurrence des centres de jardinage des grandes chaînes de magasins comme La Baie, Steinberg ou Dominion qui ne disposent pas d'un aussi bon service de conseils aux clients.FRAPPER A LA BONNE PORTE Actuellement, s'il ne frappe pas à la bonne porte, le consommateur risque de perdre, non seulement des plantes et de l'argent, mais aussi le goût de faire du jardinage.Après avoir discuté des maux et malheurs des jardiniers amateurs avec les spécialistes que nous avons rencontrés, nous retirons un premier commandement: le consommateur doit s'informer le plus possible et s'adresser de préférence à un pépiniériste, un architecte paysagiste ou un centre-jardin dont l'une ou l'autre de ses connaissances est satisfaite.C'est le point le plus important avant tout achat de plantes ou de produits.M.Bourque recommande la lecture de livres sur le jardinage ou les plantes du Québec, et la visite du Jardin botanique de Montréal, du Jardin Van-Den-Hende à Québec ou des jardins de Métis pour mieux connaître les plantes disponibles chez nous.Pour M.Landry, «tant que la provenance et la qualité d'un végétal ne sont pas prouvées, le consommateur peut avoir des doutes sur sa rusticité».M.Martin, quant à lui, se demande pourquoi on n'enseignerait pas des bases d'horticulture dans les écoles et pourquoi les publications gouvernementales ne sont pas plus accessibles, au grand public Avec un investissement d'une cinquantaine de dollars chaque année, on peut déjà aménager les abords d'une habitation avec des plantes à fleurs, des plantes de rocaille, des arbustes.comme aux spécialistes, et au prix coûtant.Pour lui, le consommateur doit être informé et motivé «car il ne suffit pas d'acheter un livre pour que nos plantes poussent et soient aussi belles que sur les photographies».Selon M.Bourbeau, l'erreur la plus communément commise, c'est de mettre trop d'engrais et trop d'eau en transplantant une plante: «Le jardinier amateur voudrait que sa plante pousse le plus vite possible, alors, si on lui a dit de mettre une cuillère d'engrais, il en met trois ou quatre et brûle les racines, ou encore il met trop d'eau et les racines pourrissent.» M.Hamel conseille aux amateurs de gazons de bien les fertiliser pour qu'ils résistent aux sécheresses de l'été; une bonne fertilisation nécessite, semble-t-il, deux fois moins d’eau.Il insiste sur lefait que certaines personnes perdent leurs arbres parce qu'elles n'ont pas fait les arrosages contre les insectes ou les maladies fongiques au moment voulu, ce qui est pourtant très important.Il fait aussi remarquer que dans 90 pour cent des cas, on a tendance à faire un trop petit trou pour y transplanter un arbre ou un arbuste.On s'aperçoit donc qu’on a beau avoir le goût de se rapprocher de la nature et des plantes, on ne s'improvise pas jardinier du jour au lendemain; un coursthéo-rique de botanique ne suffit pas, il faut mettre la main à la pâte pour apprendre. 42 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE UN SCÉNARIO >•••>•' •> Trolleybus/Canada Wide Office du film du Québec i **'r ' -y- • .y-vv y It±' .y *4 .V A Pour le Québec, Hélène Lajambe propose un avenir énergétique fondé sur des sources renouvelables et exploitables écologiquement, incluant le solaire, la biomasse forestière et l'électricité.3«| Zi^*a QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 43 VERT Avec un peu d’imagination et beaucoup de courage, le Québec pourrait aborder «en douceur» le tournant énergétique du siècle par André Delisle DÉBUT 1980, sortait «en douce» un petit document publié aux frais de son auteur, document dont l'actualité et la pertinence pour la situation québécoise ont été éclipsées par les brillantes performances des experts du monde entier réunis en conférence à Montréal sous la coupole de l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, mieux connue sous le nom de la conférence UNITAR sur l'avenir des ressources énergétiques.Rendu public quelques semaines seulement avant l'annonce de la création officielle de «Nouveler», la société d'État québécoise pour le développement des énergies nouvelles, ce modeste ouvrage rend compte des résultats d'une étude sur «l'autonomie énergétique du Québec dans une perspective écologique».Signée par Mme Hélène Lajambe, économiste maintenant connue pour ses analyses critiques, particulièrement documentées, des plans de développement d'Hydro-Québec, l'étude ébauche un avenir énergétique fondé sur des sources renouvelables et exploitables écologiquement.Près de deux ans après le livre blanc sur la politique québécoise de l'énergie, cet essai propose pour l'horizon 2025 une «autre» voie pour faire face à la dépendance de plus en plus grave du Québec de l'importation du pétrole.Un futur différent de celui esquissé dans les prévisions gouvernementales qui limitent l'apport des énergies redécouvertes à une faible proportion de deux pour cent de la demande totale d'énergie en 1990 et de cinq pour cent en l'an 2000.Pour la première fois, complètement en marge des organismes de prévision et de décision dans le domaine de l'énergie, l'hypothèse d'une «voie douce» vers l'autosuf-fisance (voir «L'énergie en douceur», Québec Science, décembre 1 977, vol.16, n° 4) est explicitée et quantifiée dans le contexte spécifique du Québec.Cette recherche d'initiative privée, réalisée il va sans dire avec des moyens très réduits, réussit tout de même à esquisser un chemin qui saurait permet- tre au Québec de s'alimenter entièrement, et uniquement, à des sources domestiques d'énergie renouvelable dès l'an 2025.S'appuyant sur une analyse serrée des besoins des Québécois au cours des prochaines décennies, la proposition d'Hélène Lajambe offre les moyens d'harmoniser cette demande avec les diverses formes d'énergies douces disponibles.Cette approche se distingue nettement des scénarios traditionnels auxquels nous ont habitués les experts.Que l'on se réfère à l'étude prospective Québec 1995, menée par l'Office de planification du Québec, ou au projet Société de conservation effectué par le groupe Gamma de l'université McGill, on retrouve toujours une évaluation des besoins basée sur l'extrapolation des tendances passées et axées sur les caractéristiques, non pas de la consommation, mais des ressources énergétiques offertes à l'utilisation.Ces stratégies énergétiques à la façon d'Amory Lovins, le prophète des énergies douces auprès des dirigeants des sociétés modernes, découlent des lois fondamentales de la physique et visent l'utilisation la plus efficace des richesses énergétiques de la biosphère.S'inspirant de ces principes, l'étude Lajambe attache ainsi une importance toute spéciale à la détermination précise de la demande énergétique des années futures, non seulement en termes de quantités nécessaires, mais aussi du point de vue de la forme sous laquelle ces énergies sont requises: chaleur, carburant liquide ou électricité.OFFICIELS VS MARGINAUX L'option douce, telle que traduite pour le Québec par Hélène Lajambe, n'est pas le fruit de l'effort d'un chercheur solitaire.Au contraire, elle est l'aboutissement d'une recherche concertée, effectuée dans chacune des dix provinces canadiennes par une vingtaine de spécialistes des questions énergétiques et écologiques réunis à l'instigation du groupe «Les Amis de la Terre» du Canada.L'aventure a commencé à l'automne 1 978, lors d'un séminaire d'initiation aux méthodes d'élaboration de scénarios basés sur les énergies renouvelables.Ce séminaire qui s'est tenu à l'université Trent, à Peterborough en Ontario, était animé par Amory Lovins en personne.Le but de la rencontre était clair: établir des stratégies énergétiques parallèles pour faire contrepoids aux politiques officielles, offrant ainsi aux citoyens un choix quant à leur destinée énergétique.Dotés des outils d'analyse et des grilles de calcul fournis par Lovins, ces chercheurs volontaires devaient tenter d'étoffer une approche théorique que tous les planificateurs connaissent, mais que les gouvernements provinciaux ont refusé d'explorer en profondeur.Cette étude canadienne se situe dans le prolongement d'un vaste projet de recherche à l'échelle planétaire, mis sur pied par les Amis de la Terre (Friends of the Earth) des divers pays.Le «Projet international pour la promotion des voies douces en énergie», dont le centre névralgique se trouve en Californie, vise à concrétiser en scénarios plausibles l'option douce pour l'avenir énergétique des pays du monde.Déjà, plusieurs gouvernements ont accepté de mener à terme l'exercice de planification selon les modalités de Lovins.La Chine, l'Allemagne, la Norvège, la Suède et certains États américains, dont l'État d'accueil du projet, ont accompli des pas significatifs en ce sens.Les esquisses en main sont suffisamment étayées et complètes pour être considérées comme des alternatives valables au cheminement classique misant sur le pétrole, le gaz naturel, le charbon et l'énergie nucléaire.Ceci ne veut évidemment pas dire que l'option douce est acceptée au niveau des décisions politiques.Au Canada, le Conseil des sciences a fait office de précurseur en ce domaine, dans le cadre du projet d'étude sur les paramètres d'une société de conservation terminé à l'automne 1977.A cette époque, les membres du Conseil avaient consulté Amory Lovins, lui demandant de tracer les grandes lignes d'un tableau énergétique canadien conforme aux objectifs d'une société plus écologique.Les travaux et les recommandations du physicien anglais avaient alors été publiés dans les Carnets d'épargne, revue d'information sur le projet du Conseil dont la distribution fut malheureusement limitée.Ce premier scénario canadien s'attachait à la situation énergétique globale du 44 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE Canada.Il restait à examiner le cas particulier de chacune des régions, ce à quoi se sont attaqués les participants du groupe de travail des Amis de la terre du Canada, sous la direction de David Brooks, ancien directeur du Bureau de conservation de l'énergie au ministère canadien de l'Énergie, des Mines et des Ressources.Quatre années après la première percée de l'option douce au Canada, dix stratégies sont maintenant offertes aux diverses autorités provinciales pour ajouter des balises nouvelles dans leurs choix des avenues énergétiques de demain.Déjà, le journal des Amis de la Terre du Canada, Alternatives, a publié les résultats détaillés des études pour l'Ontario, Saskatchewan, Alberta, Manitoba, Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve.Le prochain numéro de la revue, qui devrait paraître sous peu, traitera de la situation des autres provinces, dont le Québec.UN MOULE, PLUSIEURS RECETTES Évidemment, l'enveloppe de chacun des scénarios reste sensiblement la même quel que soit l'endroit considéré.Par contre, la combinaison des énergies offertes est fortement marquée par la disponibilité des ressources locales.La recette spécifiquement québécoise repose en grande partie sur une énergie renouvelable dont la réputation n'est plus à faire, l'énergie hydro-électrique.Le plan, défriché par Hélène Lajambe, fait aussi largement appel à d'autres ressources abondantes chez nous.La filière biochimique, mettant à contribution la tourbe souterraine, la biomasse forestière, les résidus de l'agriculture et les déchets organiques urbains, occupera une place de choix dans la brochette des énergies douces exploitées au siècle prochain.L'énergie solaire brillera aussi à cet horizon énergétique relativement lointain.Pour leur part, les énergies éoliennes et micro-hydro-électriques auront à jouer un rôle, quoiqu'effacé, sur cette scène réservée aux seules énergies renouvelables et écologiquement acceptables.Avant d'aborder les détails de l'étude, publiée par l'auteur avant sa parution dans la revue des Amis de la Terre du Canada, il faut souligner les réserves de l'économiste Lajambe quant à l'exactitude de ses calculs: les chiffres comme tels ont une importance toute relative puisqu'ils ne constituent que des points Stratèges énergétiques douces pour le Québec ENVELOPPE Scénario A Option expansionniste: «Faire plus avec autant» ?Scénario B Option conservationniste: «Faire plus avec moins» ?Point de départ (1975) pj % PJ 274 18.3 électricité 14 0.6 charbon "ITÏ 5,4 gaz nat.888 59.2 pétrole 243 16.2 pertes Énergie secondaire par source Importation 1193 Production 307 Point d'arrivée (2025) PJ % PJ % 185 12.3 électricité 678 45.2 sup.140° C (134) (10.7) chaleur inf.140° C (544) (43,2) 394 26.3 combustibles liquides 243 16,2 pertes Répartition qualitative (1 257 PJ) pj pj 108 8,3 252 26,8 ÉLECTRICITÉ HVDI O ET ÉOLIENNE ÉLECTR inf.140° C inf.140° C soIai CHALE UR BIOMA COMBUST BLES LIQUID! S (1 300 PJ) (942 PJ) Énergie secondaire Répartition par source Importation 0 Production 1 300 qualitative pj 296 26.4 résidentiel et agricole 159 10.6 commercial 432 28,8 industriel 370 24,6 transports 243 16,2 pertes ?renouvelable ?non renouvelable Utilisation pj pj 9.4 COMM 223 17,7 RÉS Df NTIEL 425 32,7 530 40.8 90 ERCIAL TRANSPORTS 9,5 320 34 382 40,5 Utilisation QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 45 de repère balisant le chemin esquissé pour près d'un demi-siècle, période pour laquelle il serait prétentieux d'affirmer que les chiffres puissent être très précis.L'essentiel de la démonstration réside dans les points d'arrivée de ce chemin énergétique des 50 prochaines années, points fixés selon «nos besoins, nos ressources, nos aptitudes et nos désirs légitimes», peut-on lire dans l'article d'Hélène Lajambe.Seule l'utilisation finale permet de connaître la forme la plus appropriée, la qualité de l'énergie qui puisse satisfaire les besoins des utilisateurs.On doit faire appel à des formes d'énergie très différentes pour faire rouler sa voiture, chauffer sa maison ou fondre un métal précieux.L'électricité, l'eau et l'air chauds, I l'essence et l'huile ainsi que les très hautes températures requises par certains procédés industriels sont des formes d'énergie aux qualités très différentes.Jusqu'ici, les statistiques officielles sur la consommation n'ont pas tenu compte de cette caractéristique pourtant fondamentale.Au Québec, aucune étude n'a encore été menée pour faire ressortir la dimension qualitative des besoins.À défaut de mieux, Mme Lajambe a donc ; supposé la similitude entre les situations québécoises et canadiennes au chapitre de la répartition qualitative des besoins.Au total, plus de 50 pourcent de l'énergie est acheminée aux utilisateurs sous forme de chaleur; près du tiers circulent sous forme de carburants ou combustibles liquides, réservant la part résiduelle à la I consommation d'électricité.Il est plus facile de tirer de la masse des statistiques sur l'énergie le portrait quantitatif de la situation québécoise.Ainsi, au cours des cinq dernières années, le Québec disposait d'un potentiel d'environ 1 500 pétajoules (1 500 x 10'5 joules), dont les quatre cinquièmes provenaient de sources non renouvelables et importées.À cause des pertes au fil des processus de production, de transforma-I tion et de transport de l'énergie, la quantité disponible était amputée d'une tranche approximative de 15 pour cent, ne laissant à la consommation que 1 250 pétajoules.Les transports, requérant à eux seuls 30 pour cent de cette énergie totale, puisent la part du lion dans les hydrocarbures liquides, 370 des 394 pétajoules affectés à ce secteur.Pour sa part, l'industrie, très gourmande, absorbe environ 35 pour cent du gâteau en chaleur de procédés — la totalité des 125 pétajoules de cette catégorie —, et en électricité soit 140 des 185 pétajoules produits au Québec.Les chaleurs très élevées sont aussi complètement dépensées par l'activité industrielle.Reste la gamme des basses chaleurs, inférieures à 100° C, qui sont nécessitées surtout pour le chauffage de l'eau ou des espaces résidentiels et commerciaux.Ce tableau en quelques traits rapides laisse facilement voir ses faiblesses: les transports essentiellement liés aux produits pétroliers importés, plus de trois quarts de l'électricité captée par des industries énergivores, celles du traitement des métaux ou de la fabrication du papier.Ces lacunes suggèrent des axes de développement du scénario.D'une part, il importe au plus haut point de trouver des substituts au pétrole pour les transports.Évidemment, la biomasse sera le débouché de l'option douce pour l'extraction des carburants.L'hypothèse la plus surprenante de l'étude Lajambe touche néanmoins l'électrification des transports urbains et interurbains, surtout dans les corridors les plus fréquentés.D'autre part, il devient crucial pour les industries d'améliorer considérablement l'efficacité énergétique de leurs procédés.Pour le moment, les statisticiens évaluent le rendement global du système d'utilisation de l'énergie au Québec à un peu moins de 60 pour cent.Performance nettement trop basse qu'il faudra rehausser par tous les moyens, d'abord en cherchant à remplacer le plus possible l'électricité dans les usages où elle n'est pas indispensable.UNE AUTOSUFFISANCE PROPRE La quête de l'autosuffisance énergétique d'un pays, dans la perspective écologique et rationnelle pensée par Lovins, ne doit pas se faire au prix de destructions majeures de l'environnement et de coûteux sacrifices au plan de l'efficacité.À ce chapitre, on devine que le Québec a déjà La transition énergétique du Québec dans le scénario A (expansionniste) Pétrole Hydraulique Charbon Biomasse carburants liquides Solaire basse température Solaire haute température Biomasse carburants solides Solaire photovoltaïque et éoliennes 1975 1990 2000 2010 2025 années 46 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE On cherche depuis de nombreuses années à produire une auto électrique qui pourrait répondre aux besoins de la circulation urbaine.Même l'Hydro-Québec a fait des essais dans ce domaine.atteint la limite d'exploitation de ses ressources hydrauliques.L'aménagement de sites nouveaux, forcément très éloignés et le plus souvent dans des écosystèmes fragiles, ne peut être envisagé à l'avenir sans dommages écologiques irréversibles et sans pertes importantes d'énergie au cours de son transport sur de grandes distances.Le potentiel actuellement harnaché est heureusement plus que suffisant pour combler les besoins de cette forme noble d'énergie d'ici le milieu du siècle prochain! L'étude d'Hélène Lajambe offre deux scénarios qui pourraient envelopper l'évolution énergétique du Québec d'ici 2025.Le premier, qualifié d'expansionniste, s'assoit sur des hypothèses de forte croissance à tous les niveaux, sauf le gaspillage.Plus modérée, la seconde approche mise sur un ralentissement du développement industriel et économique; d'après l'auteur, cette voie s'avère plus proche de la réalité telle qu'elle semble se dessiner maintenant.Les stabilités démographiques et économiques permettraient d'atteindre plus rapidement l'autonomie énergétique grâce à une pression moindre sur la demande d'énergie.Les deux scénarios sont néanmoins construits sur le postulat de la suppression du gaspillage et du recours à des mesures sévères de conservation d'énergie.À cette règle déjà largement acceptée, le scénario conservationniste ajoute la mise en œuvre de techniques d'amélioration de la productivité énergétique qui, bien qu’elles soient peu répandues, sont tout de même connues et applicables dans l'immédiat.Il ne suffira plus aux industries d'améliorer leur façon d'utiliser l'énergie, mais bien de choisir la forme d'énergie la mieux adaptée à son utilisation finale.Le calcul de ce que demande chacune des activités est basé sur des suppositions généralement acceptées par les experts.¦ Ainsi, Énergie Québec prévoit une réduction de la consommation résidentielle, pour le chauffage, de 32 pour cent d'ici 1 990.Sur la foi de ce pourcentage, Hélène Lajambe postule une pour- a B :ï OlMl ^ TZ suite de la tendance au cours des dix années suivantes; la maison de l'an 2000 pourrait consommer 42 pour cent moins d'énergie que son équivalente de 1975.La consommation domestique d'électricité suivra vraisemblablement le même patron, l'apparition d'appareils électriques beaucoup plus efficaces expliquant en grande partie ce phénomène.Il faudrait deux fois moins d'électricité que maintenant pour alimenter le foyer de l'an 2025.Globalement, ces performances feront plus que compenser l'augmentation du nombre de ménages: une baisse absolue de consommation pourrait être enregistrée dans ce secteur.De la même façon, au plan commercial, le ministère de l'Énergie estime que les économies seront de l'ordre de 36 pour cent dès 1990.Hélène Lajambe reste donc prudente en retenant une réduction supplémentaire de dix pour cent avant l'an 2000 et probablement de dix à vingt pour cent au cours du quart de siècle suivant.Le problème des transports, complètement dépendants de l'importation, est plus sérieux.L'incidence des mesures de conservation (diminution de 31 pour cent des besoins d'ici 1990), combinée à l'efficacité supérieure des nouvelles technologies — le transport routier devrait doubler son rendement avant la fin de la présente décennie — ne mènent pas à l'autonomie de ce secteur d'utilisation.Les besoins de carburants augmenteront constamment; le méthanol et les autres carburants de substitution ne suffiront pas à la tâche, à moins d'alléger leur fardeau par le recours à des technologies du monde de l'après-pétrole.Hélène Lajambe propose l'électrification des chemins de fer, seule issue vers l'autonomie énergétique à moyen terme.Dès l'an 2000, un tiers du bilan énergétique des transports serait alors électrique; en |j 2025, la moitié.Les industries subiront aussi la pression des coûts prohibitifs de l'énergie.Quelle que soit la croissance envisagée dans ce secteur, rapide ou modérée, il appert que la consommation d'énergie pourra être ou bien stable, ou bien légèrement diminuée.De leur propre initiative, les industries sauront s'ajuster au contexte de pénurie, par de sévères 1 mesures d'économie pouvant se traduire par une diminution de la consommation moyenne de l'ordre de 65 pour cent sur l'ensemble de la période de 50 ans.Cette brève analyse de la demande énergétique future dans une optique de conservation nous amène à des constatations pour le moins imprévisibles.Grâce J aux mesures déjà acceptées par les administrations gouvernementales, les besoins du début du siècle prochain seront j à peine supérieurs à ceux d'aujourd'hui, cela sans que les sociétés aient à sacrifier | la croissance économique.L'économie devrait-elle ralentir un tant soit peu, en s'orientant différemment par exemple, [ que l'on pourrait se retrouver en 2025 avec une demande inférieure à celle de 1975! Les prévisions officielles, s'arrêtant généralement autour de 1 990, n'au-raient-elles pas péché par abstention en ne regardant pas suffisamment loin dans l'avenir?Hydro-Québec 47 SCIENCE I 1 - -: teschî- lOOON'® _ r que to - - jne# iélfe11 : • sé»eto ![# ' jinaflJe ljque*j lésa*1' n se'0’1 iuiJW1 s# coi'01’* e» .A 2^ ce»0* s'jdî- QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 SftDS SfHEUCES Sîï\ •s?"’ru On prend de plus en plus en considération les possibilités d'établir des transports mus à l'électricité pour diminuer notre dépendance du pétrole.Trains et métros électriques existent déjà.D'ailleurs, les transports en commun électriques ne sont pas nouveau.Au début du siècle, les trolleybus sillonnaient les rues des grandes villes et fournissaient un service de transport de qualité.Ils furent mis au rancart pour être remplacés par des véhicules consommateurs de pétrole.LA VRAIE CURIOSITÉ DE L'AVENIR C'est là le point central de la recherche de stratégies énergétiques selon les méthodes d'Amory Lovins.Le fait de regarder le point d'arrivée du système énergétique à la fin d'une période suffisamment longue, dans ce cas-ci 50 ans, permet l'élaboration de scénarios qui mènent vers la cible préalablement choisie, en réajustant continuellement le tir.Même si l'objectif fixé ne devait pas être atteint, la direction à suivre est claire grâce à certains guides prédéterminés.Une période de planification ou de prévision trop courte ne laisse pas place aux profondes modifications des infrastructures sociales et économiques que suppose une voie énergétique s'éloignant radicalement des tendances passées.Un rythme lent vers l'autosuffisance énergétique québécoise saura ainsi respecter les résistances populaires et institutionnelles aux changements et garantira des délais raisonnables pour la mise en place des entreprises de la nouvellegénération technologique.L'établissement d'objectifs-cibles et l'harmonisation du chemin à suivre vers ces points à partir d'une situation de départ bien analysée, essence même de la technique de scénarisation normative, n'est pas l'apanage exclusif des stratégies signées Lovins.Tout planificateur du domaine énergétique peut choisir cette méthode prospective pour soutenir les décisions à court et à moyen terme.Ainsi, l'énergie nucléaire, le gaz naturel et les grands développements hydro-électriques pourraient très bien combler les besoins du début du siècle prochain, tels que calculés précédemment.Dans le cas spécifique du Québec, on ne pourrait alors qualifier ce scénario d'autonomiste.Bien plus, la différence fondamentale d'une telle brochette de filières par rapport aux propositions de Lovins est inscrite dans leur dimension écologique.Les voies douces doivent nécessairement se projeter dans l'avenir supportées par des sources d'énergie renouvelables et à incidences minimales sur l'environnement.L'option «renouvelable», il faut le répéter, est d'ailleurs la seule à pouvoir mener le Québec vers une véritable et complète autosuffisance énergétique.Malgré l’horizon lointain de 50 ans, les mesures décisives, tant au plan de la conservation de l'énergie que de la substitution des sources d'approvisionnement 48 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE Dans le scénario d'Hélène Lajambe, la combinaison des techniques de chauffage solaire des habitations et de ia transformation directe du rayonnement solaire en électricité fournira ia plus grande partie de ia demande énergétique des ménages.seront prises au cours des années qui viennent.Les progrès les plus visibles, et les plus faciles, seront accomplis d'ici l'an 2000.La période suivante sera sûrement moins spectaculaire, puisque l'amélioration de la productivité énergétique proviendra dès lors surtout de modifications structurelles longues à mettre en branle, par exemple au niveau de l'aménagement des quartiers urbains et des techniques de construction des logements, ou d’innovations technologiques dans le domaine des transports et des communications.DÉFRICHER UNE VOIE NEUVE Reste à examiner comment les sources nouvelles d'énergie pourront satisfaire la demande des années à venir.Compte tenu des moyens à sa disposition, Hélène Lajambe a envisagé quelques possibilités qui, pour être approfondies, supposeraient des recherches plus poussées.Trois filières sont privilégiées dans cette première esquisse, soit l'énergie de la biomasse, l'énergie solaire et l'hydroélectricité.La production de carburants liquides à partir des matières végétales devra prendre la relève du pétrole.À ce chapitre, la technologie n'a rien de nouveau, ni de mystérieux.Certains pays, tels que le Brésil, sont déjà résolument engagés dans cette substitution.Selon les hypothèses de Mme Lajambe, le Québec peut facilement trouver l'équivalent liquide de 170 pétajoules par la récupération des déchets agricoles, municipaux et industriels.La pyrolyse des ordures urbaines, la fermentation des fumiers et la distillation des résidus végétaux livreraient sous forme de méthanol ou d'hydrocarbures synthétiques respectivement 40 pétajoules dans les deux premiers cas et 90 pétajoules dans l'autre.On devra aussi extraire des essences forestières encore non exploitées l'équivalent de 287 pétajoules en méthanol, ce qui semble possible même en l'absence de plantations énergétiques.Les résidus de l'industrie du bois seront aussi mis à contribution: les estimés officiels fixent à 345 pétajoules le potentiel québécois en cette matière.Ces ressources seront transformées à la fois en combustibles solides, pourfournir 58 pétajoules aux industries, et en carburants, laissant une tranche de 287 pétajoules aux transports.Au total, l'énergie dérivée de la biomasse permet I «SiæüÈ- Les résidus de bois, sciures, planures.copeaux et écorces, peuvent être utilisés pour produire des basse et haute pressions et de l'eau chaude pour l'industrie.Cette chaudière pour résidus de bois, mise au point par Volcano et utilisant les résidus de bois comme combustible, peut trouver des applications dans l'industrie du bois.Cumulus/Louis Ducharme QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 49 ainsi de combler plus de 40 pour cent des besoins énergétiques globaux en 2025.Malgré de faibles rendements, l'énergie solaire sera aussi largement utilisée, vu l'ensoleillement généreux des régions habitées du Québec.La combinaison des techniques de chauffage solaire des habitations et de la transformation directe du rayonnement solaire en électricité fournira la plus grande partie de la demande énergétique des ménages.Un apport de 443 pétajoules doit ainsi être envisagé sous forme de chaleur de basse température.Quant aux très hautes températures requises par certaines industries, l'installation de fours solaires pourrait permettre la production des quelque 1 90 pétajoules nécessaires.Durant la période de transition, l'électricité jouera ce rôle énergétique très exigeant, même si elle doit subir une transformation coûteuse à cette fin.La question de l'électricité, dans l'optique des stratégies douces, est caractérisée par l'embarras du choix.Déjà, le Québec est suréquipé quelle que soit l'option de croissance considérée.Même le scénario faisant appel à l’électrification des chemins de fer suppose une offre totale de 252 pétajoules par an.Actuellement, le potentiel installé permet d'atteindre une production annuelle dépassant 300 pétajoules.Temporairement, les surplus d'électricité seront affectés aux activités industrielles, accordant ainsi une phase d'ajustement plus longue dans ce secteur.Au chapitre de l'électricité, l'option Lajambe suppose néanmoins la fin des grands projets d’aménagement.En 2025, la plupart des centrales existantes auront donc cédé leur place à la nature, étant remplacées au besoin par des sources locales d’envergure moindre, ou de petites centrales hydro-électriques, ou des centrales thermiques alimentées à même les ressources végétales proches, ou des éoliennes faisant appel à des technologies intermédiaires.UNE CURE DE DÉSINTOXICATION La démarche de la société québécoise vers l'autonomie énergétique, proposée par Hélène Lajambe sur le modèle d'Amory Lovins, ne sera pas facile.Pour y parvenir, tous les secteurs d'activités devront passer à travers une véritable cure de désintoxication énergétique pour se débarrasser de l'héritage de l'époque de l'abondance.L'étude Lajambe suggère quelques remèdes possibles.Bien sûr, on peut déplorer le manque d'exactitude des prescriptions.L'auteur déplore aussi ce fait, mais affirme que l'on ne peut espérer davantage puisque les données précises et les analyses pertinentes manquent encore à l'heure actuelle.Une longue série d'études devraient être entreprises dès maintenant pour combler ces lacunes.Sans offrir de solutions très concrètes aux problèmes énergétiques du Québec, l'étude Lajambe fournit néanmoins des éléments de discussion pour aborder un avenir différent de celui qu'on nous offre présentement.Ce n'est pas tant l'exactitude des prévisions exprimées tout au long du scénario qui compte, que la détermination d'objectifs à viser dès maintenant et la fixation des balises à respecter dans le choix du chemin à suivre au cours des prochaines années.Si les politiciens et les experts ne saisissent pas l'occasion de réfléchir et continuent d'aligner leurs programmes sur des tendances marquées par le laisser-aller qui a caractérisé l'évolution du secteur énergétique dans le passé, alors les décisions appartiendront au public.Au public de prendre ses responsabilités et de critiquer les décisions de ses gouvernants.C'est du moins la conclusion que l'on peut lire dans les dernières pages du rapport d'Hélène Lajambe.Mais qu'on ne s'y trompe pas.Cette démarche critique est déjà engagée; la description de l'autonomie énergétique du Québec dans une perspective écologique est un premier pas.Un premier pas d'importance puisqu'il met à la disposition des individus et des groupes concer- nés de sérieux outils d'évaluation des politiques gouvernementales.On a pu constater les premières retombées de ces efforts d'élaboration de stratégies douces pour les provinces canadiennes à l'occasion de la récente élection fédérale qui, on le sait, touchait de près les questions d'énergie.À ce moment, dans le cadre d'un texte expédié aux membres et diffusé auprès du grand public, les Amis de la Terre du Canada ont commenté en détail chacun des points des programmes des partis en lice.Aux avenues énergétiques, finalement très similaires, promises par l'un ou l'autre des chefs, les citoyens pouvaient alors opposer des choix bien documentés, plausibles et de nature à dissiper certaines inquiétudes du public.Pour en lire plus: Soft Energy Paths, dans la revue Alternatives, vol.8, nos 3 et 4; vol.9, n° 1, 1979-1980.On peut se procurer cette revue en s'adressant à: Les Amis de la terre, B.P.569, Station B, Ottawa, Ontario, Kl P 5P7 ($2.75 par numéro, abonnement $10 par année) Soft Energy Notes.International Project for Soft Energy Paths, 123 Spear Street, San Francisco, California, 94105 L'autonomie énergétique dans une perspective écologique, par Hélène Lajambe, Québec, novembre 1979.On peut se procurer ce document à Hélio-Québec, B.P.342, Saint-Bruno de Montarville, Québec, J3V 4P9, au coût de $3.00 ennen Quand vous demandez des Lois et n’acceptez rien de moins, vous ne faites pas preuve d’entêtement, mais de discernement.Vous ne demandez que ce qui vous va le mieux, rien d’autre. QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 51 BFilière VERTE par Guy Larin La poubelle du fonctionnaire V oilà que le gouvernement en est rendu à fouiller dans les poubelles de ses fonctionnaires! Façon de parler.on s'est simplement rendu compte que les 60000 employés de l'appareil gouvernemental québécois consomment annuellement plus de 10000 tonnes de papier et que, de ce total, 2 000 tonnes aboutissent dans ce qu'il est convenu d'appeler la «poubelle du fonctionnaire».On a donc pensé qu'il pourrait être avantageux de récupérer ce papier, dont une forte proportion est composée de papier de qualité pour lesquels les moulins paient le prix fort.C'est ainsi que, depuis janvier 1980, le Centre Innovation de Sainte-Foy, immeuble déformé pyramidale qui abrite 450 fonctionnaires des ministères des Finances, de Communications et surtout de l'Environnement, est le théâtre de l'Opération récupération.Opération fort simple, dont le succès dépend plus des techniques d'animation utilisées que de son organisation logistique.En effet, les employés sont d'abord conviés à une séance d'information destinée à leur expliquer surtout le pourquoi du projet.À l'aide d'un diaporama, on met ainsi en relief les aspects néfastes de la surexploitation actuelle de nos forêts: érosion des sols, contamination des cours d'eau, perte d'habitats pour la faune, etc.Puis on lui oppose les avantages du recyclage qui permet d'épargner 20 arbres par tonne de papier récupéré, tout en diminuant la pollution de l'air et de l'eau durant le procédé de fabrication.Chaque employé se voit ensuite remettre un porte-papier qui, placé sur son bureau, servira à mettre de côté les vieux papiers jugés récupérables.Si l'originalité de ce système tient à son caractère incitatif — personne n'étant forcé d'y participer — il semble que ce OPERATION RECUPERATION Porte-papier pour papier recyclable OUI* NON soit là aussi sa force.On manifeste en effet beaucoup d'enthousiasme et les quantités recueillies excèdent les projections initiales.On s'était donné six mois au ministère de l'Environnement pour évaluer les résultats de l'entreprise et proposer alors son extension ou son arrêt: or, voilà qu'on brûle maintenant les étapes.À Montréal, la compagnie de papiers Cascades, ayant eu vent du projet et manifestement affamée de fibres recyclables, a demandé et obtenu — en retour de sa participation aux frais d'immobilisation — la mise en marche dès février d'un tel système à l'édifice Parthenais qui regroupe 1 500 membres du ministère de la Justice et de la Sûreté du Québec.La prochaine cible serait l'Assemblée nationale et ses 1 200 employés, pendant que les demandes de renseignement en provenance des autres ministères affluent.Rappelons que le projet-pilote detri de papier de bureau au Centre Innovation était l'un des trois éléments importants de la politique sur le recyclage rendue publique par le ministre de l'Environnement en avril 1979.Les deux autres éléments concernaient le tri à la source des déchets domestiques, par le biais d'une subvention de recherche octroyée au groupe communautaire Écologie-Sage afin de procéder à une étude d'implantation du tri à la source dans Charlevoix-Ouest, ainsi qu'un appui technique et financier au programme expérimental de Récupération Bois-francs (La filière verte, mars 1980).Cette politique faisait suite aux nombreuses pressions de groupes de récupérateurs et s'inspirait directement de certaines recommandations faites dans le premier mémoire remis au ministre Marcel Léger par le Regroupement des récupérateurs à la source.Ces éléments de politique ne sont cependant qu'une première intervention du gouvernement dans cette voie.On aura voulu tâter le terrain et surtout rassembler rapidement les informations de base permettant de délimiter certains champs d'intervention.Il semble grand temps de poser un deuxième jalon et d'étoffer cette politique en fonction du long terme.Car malgré les progrès remarquables des deux dernières années, le Québec n'est pas en avance: tout au plus avons-nous rattrapé le peloton.L'Ontario, par exemple, a déjà pris une option sérieuse sur le recyclage.Pendant ce temps, au Québec, le plan de modernisation des pâtes et papiers dans lequel les deux niveaux de gouvernement, de concert avec l'industrie, vont investir bientôt des centaines de millions, laisse de côté tout l'aspect du marché des fibres secondaires.Pourtant, l'industrie papetière fait face à une concurrence de plus en plus serrée de la part des États-Unis — où 250 usines sur 700 utilisent surtout de la fibre secondaire — et l'Association des producteurs de pâtes et papiers admet que nous aurons atteint la limite de croissance d'exploitation de nos forêts en 1985-1990.Et ceci n'est qu'un exemple.En fait, la raréfaction de certaines ressources fera du recyclage, d'ici 20 ans, un principe central de notre économie.Il est significatif de constater que deux études de prospective menées par deux groupes ont abouti à la même conclusion à ce sujet, soit le développement d'une industrie du recyclage en forte expansion au point même d'occuper l'avant-scène du secteur secondaire (Service de planification à long terme de l'Hydro-Québec, et Groupe interuniversitaire de prospective québécoise).L'élaboration d'une politique à long terme de recyclage n'est possible que dans l'optique d'une approche multidisciplinaire et surtout d'une collaboration interministérielle, de la part surtout des ministères de l'Environnement, de l'Énergie et des Ressources et de l'Industrie et du Commerce.Afin de mettre sur pied, par exemple, une politique d'achat gouvernementale de papier contenant de la fibre recyclée.Nous y reviendrons. 52 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE LA BOUFFE STEUAET J0ELDERO5NAY COMMENT SE NOURRIR POUR MIEUX VIVRE ÉDITIONS OLIVIER ORBAN $11.95 - EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES Pour une nouvelle alliance entre l’homme et la nature « La science classique, avec Newton, a substitué à notre mode de qualité, celui où nous vivons, le monde de la quantité où il n’y a pas de place pour l’homme.Prigogine et Stengers, au contraire de Newton, plaident pour une science ouverte à l’innovation, au changement, ancrée dans la culture environnante, soucieuse de l’humain, de l’aléatoire, plus que de lois immuables et simplificatrices.» (Bernard Goulard) « Avec ce livre, le vingtième siècle est-il enfin né?(Michel Serres) .I *> t h ^ ?* SC IKIN'CK S HCMAINKS La Nouvelle Alliance M é t a m o r pli o n e de la Nclence par ILYA PRIGOGINE et ISABELLE STENGERS nef En vente dans toutes les librairies $22.50 QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 53 ASTRONOMIE UNE BULLE FÉCONDE?Depuis des années, des astronomes se posaient des questions sur ce qu'ils pensaient être les restes d’une supernova et du gaz chaud qui s’échappait de notre galaxie.Mais, selon une communication faite le 16 janvier dernier à une réunion de l’American Astronomical Society, à San Francisco, on apprend que ce qu’ils avaient repéré n’est autre que deux parties seulement d’une gigantesque bulle de gaz très chaud.Cette bulle est centrée dans la constellation du Cygne, dans l'hémisphère boréal.Elle est éloignée de nous de 6000 années-lumière, soit 56 millions de milliards de kilomètres, et elle mesure 1200 années-lumière de diamètre.Évolution de la superbulle I.Le nuage et l'étoile II.L’étoile devient supernova et l'onde de choc frappe le nuage III.De nouvelles étoiles sont formées à partir du nuage IV.Plusieurs nouvelles étoiles se transforment en supernovae et créent la bulle qui commence à gonfler V.La bulle devient de plus en plus grosse et peut donner naissance à des étoiles comme notre Soleil < CO < Z.La bulle sphérique a été découverte par le Dr Webster Cash, de l’Université du Colorado, et le Dr Philip Charles, de l’Université de Californie, alors qu’ils effectuaient des recherches sur les données recueillies par les détecteurs de rayons-X du High Energy Astronomy Observatory-I, un satellite en orbite autour de la Terre de août 1977 à mars 1979.Selon le Dr Cash, la bulle renferme suffisamment de gaz, à une température d’environ deux millions de degrés Celsius, pour donner naissance à près de 10 000 nouvelles étoiles semblables au Soleil.À titre de comparaison, sa production d’énergie équivaut à dix fois l’énergie totale émise par le Soleil depuis sa formation, il y a près de cinq milliards d’années, et à trente fois l’énergie libérée par une supernova lors de son explosion.Aussi les chercheurs se demandent-ils quelle peut être l’origine d’un tel phénomène.Pour le Dr Cash, il pourrait s’agir de l’explosion d'une série de 30 à 100 supernovæ dans cette même région de notre galaxie au cours des derniers trois millions d’années.Au départ du processus, il y a environ trois millions d’années, on trouve à proximité l’un de l’autre un énorme nuage de gaz froid, mesurant 800 années-lumière par 300; et une supernova dans sa phase d’explosion.Le nuage, qui existe toujours, contient assez de matière pour donner naissance à des millions d’étoiles.L’impact de l’explosion sur le nuage entraîne en l’espace de 100 000 ans une compression du gaz et la formation d’un millier d’étoiles.Une dizaine d’entre elles deviennent ensuite elles-mêmes des supernovae.Puis, c’est une réaction en chaîne au cours des millions d’années qui suivent.Et, en même temps que naissent de nouvelles étoiles, la force des explosions cause autour d’elles la formation d’une bulle d’hydrogène à très haute température, qui ne cesse de grossir.Pour sa part, le Dr Cash pense que «notre Soleil a très bien pu se former sur la bordure d’une telle bulle».François Picard PSYCHOLOGIE PETITS GÉNIES SOUS SURVEILLANCE Soixante ans de recherche, 1528 «cobayes» et de grosses équipes de chercheurs qui les ont suivis presque pas à pas sur le chemin de la vie.Il s’agit de la première grande enquête psychologique lancée par Lewis B.Terman, un psychologue de l’université Stanford, en Californie, en 1921.Tout cela ne date donc pas d’hier, mais c’est seulement aujourd’hui, à un moment où l’utilisation des tests de quotient intellectuel est de plus en plus contestée, que les résultats commencent à sortir.Au départ, les buts de Terman étaient plutôt modestes.Il s’agissait de démontrer la fausseté d’un préjugé, fort répandu à l’époque, voulant que les enfants précoces, les petits génies, deviennent des adultes «à problèmes», sujets à des troubles mentaux, faibles physiquement et inadaptés du point de vue social.Terman décida d’étudier un groupe de 1 528 jeunes, (857 garçons et 671 filles), âgés de 3 à 19 ans, dont le quotient intellectuel était supérieur à 135.Il ne tarda pas à démontrer que ces enfants surdoués n’étaient pas plus malades ni plus inadaptés que d’autres.Cela fait, il se dit qu’il serait intéressant de voir comment ces jeunes exceptionnellement intelligents allaient se comporter dans la vie, et c’est ainsi qu’une équipe de chercheurs étudia pendant 60 ans les hauts et les bas de ces «élus».Aujourd’hui, le dernier questionnaire ayant été administré aux enfants Terman en 1977, les premiers résultats commencent à sortir (Psychology Today, février 1980).Selon Pauline et Robert Sears, qui administrent maintenant le projet, c’est seulement en 1982 que les milliers de données recueillies seront prêtes pour l’analyse, mais il est déjà possible de tirer un certain nombre de conclusions et d’ébaucher quelques grandes lignes.Qu’apprenons-nous?Entre autres, qu’une intelligence exceptionnelle ne va pas à l'encontre d’un bonheur «ordi- 54 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE naire» et de la réussite sociale.Par contre, elle ne constitue pas non plus la garantie de réalisations hors du commun.Pas de grands génies, pas de prix Nobel, pas de grands artistes parmi les enfants Terman.Mais des hommes et des femmes qui, dans l'ensemble, réussissent mieux que la moyenne des gens ont une vie sociale active, de l’ambition et des valeurs somme toute assez traditionnelles (travail, famille.).On apprend aussi que, contrairement à une idée fort répandue, les gens qui travaillent beaucoup et recherchent la réussite, qui connaissent donc un certain stress, ne sont pas plus sujets aux attaques cardiaques que les autres.Le taux de mortalité est deux fois plus élevé chez les sujets Terman qui réussissent médiocrement que chez les autres.Mais, surprise, même parmi les favorisés, il y en a qui le sont plus que d’autres! En 1960, Terman et ses assistants ont voulu établir une comparaison entre ceux qui connaissaient le plus de succès au plan professionnel (100 hommes formant le sous-groupe A) et ceux qui s’en sortaient plus ou moins (100 hommes formant le sous-groupe C).Résultats de ce petit concours: du point de vue santé, à peu près la même chose mais, quand même, en 1960, seuls huit A étaient morts, contre 16 C.L’alcoolisme frappait plus durement les C que les A, 15 pour cent contre trois pour cent.Tous les A s’étaient mariés, alors que un sur cinq des C était resté célibataire.Plus de divorces aussi chez les C.Et on retrouve à peu près les mêmes tendances dans les autres aspects de la vie.Du côté des femmes maintenant.Il semble que les «femmes Terman» soient entrées plus tôt que les autres dans le monde du travail, quelles se soient mariées et aient eu des enfants plus tard que la moyenne.Avant de tirer des conclusions de cette étude, il faut toutefois noter, comme le précisait Daniel Goleman, l’auteur de l’article paru dans Psychology Today, que l’échantillon de Terman n’était en aucune ma- nière représentatif, même de la Californie où il a été sélectionné.Ainsi, il ne comptait que deux enfants noirs, un seul amérindien, aucun représentant de l’ethnie chinoise, pourtant fortement présente dans cet Etat, 33 pour cent des enfants provenaient du milieu professionnel alors que celui-ci ne constituait que trois pour cent de la population et les parents de très peu d’entre eux étaient des ouvriers non spécialisés, ces derniers formant pourtant 15 pour cent de la population.On comprend mieux que les tests de QI, jugés par de plus en plus de gens comme culturellement et radia-lement biaisés aient été récemment interdits en Californie.SANTÉ QUAND LE SOMMEIL S’ENVOLE EN FUMÉE Tout comme la toux, la perte d’appétit, les nausées, la fatigue, les douleurs à l’estomac ou dans la poitrine, l’insomnie affecte souvent les fumeurs.Pour compléter cette facette du dossier de la cigarette, une équipe de chercheurs du Centre de recherche et de traitement du sommeil de l’Université de Pennsylvanie vient d’annoncer que ses travaux lui permettent d’affirmer qu’il existe un lien entre le fait de fumer de façon chronique et un sommeil difficile.De plus, arrêter brusquement de fumer améliore le sommeil.Une première expérience s’est déroulée avec cinquante fumeurs (avec une moyenne d’un paquet et quart par jour depuis au moins trois ans) et un groupe-témoin de cinquante non-fumeurs.Il est apparu que les fumeurs dorment moins longtemps, surtout du fait qu’ils prennent plus de temps pour s'endormir (43,7 minutes contre 29,8 minutes pour le groupe-témoin).Au passage, les chercheurs ont pu constater que boire du café n’intervenait pas dans les résultats car les buveurs de café développent une tolérance pour la caféine, ce qui n’est pas le cas pour les fumeurs avec la nicotine.Dans la seconde expérience, huit fumeurs qui avaient consommé en moyenne deux paquets par jour depuis au moins deux ans, furent suivis en laboratoire pendant leur sommeil.Les trois premiers jours, alors qu’ils continuaient à fumer selon leur habitude, les données de base furent recueillies, puis on leur demanda de cesser de fumer complètement pendant cinq jours, et même sept de plus dans le cas de cinq d’entre eux.Les résultats sont nets: entre la première et la troisième nuit d’abstinence, le temps total passé éveillé a diminué de 45 pour cent, principalement avant le début du sommeil.Autrement dit, ils se sont endormis beaucoup plus vite.Toutes ces constatations sont conséquentes avec les connais- Vonick Tanneau Le sport dans l’ordinateur Pour améliorer ses performances, le sportif doit perfectionner ses mouvements, qui sont constitués de toute une série de gestes, afin d’acquérir précision, force et vitesse.Dans le tennis, par exemple, un service précis et rapide est un atout important.Ainsi, celui de Bjorn Borg atteint en moyenne 180 à 190 kilomètres à l’heure et celui de l’Américain Tanner, 220 kilomètres à l’heure.Pour étudier le mouvement qui wiprime une telle vitesse à une balle, l’œil humain ne suffit pas, et l’ordinateur vient à la rescousse avec le système informatique mis au point par le Dr Gideon Ariel, spécialisé en sciences de l’éducation physique et en informatique.Le sportif est filmé en action à très grande vitesse (64 à 10000 images par seconde).Chaque image est ensuite étudié, et le mouvement décomposé apparaît sur un écran cathodique.L’ordinateur a alors les données nécessaires pour calculer la vitesse, l’accélération, la direction, l’angle, les forces générées par les différentes parties du corps et, par analyse mathématique, déterminer les points faibles et les points forts du mouvement.Soumis ainsi à l’analyse, le sportif, qu’il pratique le tennis, le golf, ou le lancement du disque, aura en main les données nécessaires pour améliorer ses performances. QUÉBEC SCIENCE / mai 1980 55 Robbins Baiun GUIDE des ^ OISEAUX d'AMÉMQUE du NORD Guido d identification sur le torrnm F VIENT DE PARAÎTRE.Enfin en français, la traduction du fameux «Birds of North America» Guide des oiseaux d'Amérique du Nord Guide d'identification sur le terrain cet ouvrage, le premier du genre en français, constitue un outil de référence indispensable aux ornithologues amateurs ou professionnels.• plus de 640 espèces reproduites; • aires de nidification; • plumages; • sonogrammes; • migrations; • toutes les illustrations en couleurs', • noms des oiseaux: en français, canadiens et européens, anglais, latin; • 346 pages; ISBN: 2-89000-006-0 $14.95 Bon de commande Veuillez m’envoyer.exemplaire(s) du GUIDE DES OISEAUX D'AMÉRIQUE DU NORD au prix de $ .l'exemplaire.(écrire en lettres moulées s.v.p.) NOM .ADRESSE .CODE POSTAL .TÉLÉPHONE.Inclus mop chèque ?ou mandat ?Portez à mon compte CHARGEX N° .Portez à mon compte MASTER CHARGE N° (L'éditeur assume les frais d'envoi) marcof bronuaT Retournez à: Casier postal 310 La Prairie, Québec Tél.: (514) 659-4819 J5R 3Y3 la D'AMUIiOMÉDÊ IVAN EFREMOV • La Nébuleuse d’Andromède a été édité et réédité plusieurs fois dans plusieurs langues.C’est un classique de la science-fiction mondiale.• Efremov nous fait entrevoir dans ce roman le développement de la science et de la technique, de la nouvelle organisation de la société et de la vie dans l’Univers à «L’ère du Grand Anneau».LA SCIENCE-FICTION SOVIÉTIQUE AU QUÉBEC .EN FRANÇAIS S.V.P.! En vente dans toutes les librairies qui tiennent un rayon de science-fiction ou bien retournez-nous ce coupon accompagné de votre paiement à l’adresse suivante: LIBRAIRIE NOUVELLES FRONTIÈRES 185, rue Ontario Est Montréal, Québec H2X 1H5 Tél.: 844-3636 EFREMOV.1.: La Nébuleuse d'Andromède.445 p.relié.1979 ?S 8.50 EFREMOV.I.: Aux confins de l'OEcumène.365 p.relié.1979 ?S 8.50 SAVTCHENKO.V.: Découverte de soi-même.425 p.relié.1975 ?S 5.50 ABRAMOV.A.et C: Cavaliers venus de nulle part.310 p.relié.1975 ?$ 4.50 Ci-joint un chèque ?ou un mandat ?au montant de $ NOM .ADRESSE.VILLE.CODE POSTAI. 56 mai 1980 / QUÉBEC SCIENCE sances déjà acquises sur les effets de la cigarette au plan physiologique: fumer accroît la concentration de catécholamine dans le sang et les urines, augmente la pression sanguine et le rythme cardiaque, etc.A l’inverse, si vous arrêtez de fumer, pression, rythme et catécholamine baissent tandis que votre comportement change: apparition d'irritation, d’anxiété, d’état dépressif notamment.M.G.PSYCHIATRIE LE LITHIUM SORT DE L’HÔPITAL Depuis quelques années déjà, le lithium est utilisé efficacement dans le traitement des malades souffrant de réactions maniaco-dépressives, caractérisées par des périodes successives de manie et de dépression.Un pas important a été franchi quand on s’est rendu compte par l’expérience qu’il n’était pas indispensable d’hospitaliser le malade pour déterminer la dose de lithium à lui prescrire.En effet, les malades ainsi que leur famille, qui ne décèle pas toujours dans le comportement du patient le symptôme d’une maladie mentale, résistent souvent à l’admission en milieu hospitalier.Selon le Dr J.Ananth, chercheur en psychiatrie à l’université McGill, c’est contre les périodes d’exaltation maniaque anormale qu’agit le carbonate de lithium.Bien qu’il soit un poison, ce produit ne présente pas de danger aux doses administrées, et il donne de bons résultats.D’autre part, nous dit le Dr Ananth, «il s’agit d’une médication qui empêche le retour de la maladie.» Avant d’entreprendre le traitement, il est important d’effectuer des tests sanguins afin d’établir le degré de tolérance du patient aux effets toxiques.C’est pour subir ces tests que l'on devait jusqu’à récemment hospitaliser le malade.Un des problèmes qui demeurent, et sur le lequel le Dr Ananth et d’autres chercheurs travaillent actuellement, réside dans le dépistage des malades susceptibles de réagir au traitement au lithium.«Il semble que les patients qui réagissent au lithium soient ceux qui souffrent ou ont souffert de crises épisodiques de folie, en particulier ceux qui passent par des périodes de folie des grandeurs et d’exaltation», déclare le Dr Ananth.«L’histoire familiale est très importante dans le dépistage de ce genre de troubles, explique encore le spécialiste.Elle permet aussi de prévoir plus facilement la façon dont le malade réagira au traitement.Si un membre de sa famille a déjà réagi de façon positive à un traitement au lithium, il y a des chances pour que l’état du patient s’améliore avec la même médication.» Mais jusqu’ici, aucune des études qui ont été faites dans ce domaine n’a permis de définir de façon certaine quels étaient les malades susceptibles de réagir au traitement.Fred Poland À la découverte des oiseaux du Québec.vient de paraître NICHOIRS D’OISEAUX par Raymond Cayoüette illustrations de Jean-Luc Grondin La description de 20 espèces d’oiseaux qui occupent les nichoirs.Des trucs pour les attirer et les faire nicher.Plus de 25 modèles de maisonnettes.18 planches en couleur.36 pages, illustrées en couleur, S4.00 nouvelle édition LES OISEAUX DU QUÉBEC par Raymond Cayoüette et Jean-Luc Grondin L’habitat, les mœurs, le nid, le chant, la distribution, les migrations et lieux d’hivernage de 243 espèces d’oiseaux du Québec.Un complément idéal aux guides d’identification sur le terrain.120 pages, illustrées en noir et blanc, $5.00 Les Oiseaux du Québec (initie sonore dos oiseaux du .Québec .S GUIDE SONORE DES OISEAUX DU QUÉBEC Vol.1 réalisé par Jean Bédard Disque microsillon présentant les chants et les cris’de plus de 80 espèces d’oiseaux du Québec enregistés en pleine nature.Un outil indispensable pour l’identification des oiseaux et l’enseignement des sciences naturelles.$5.40 (taxe incluse) LES ÉDITIONS DE LA SOCIÉTÉ ZOOLOGIQUE DE QUÉBEC, INC.Nom____ Adresse.Code postal.Nichoirs d’oiseaux ?$4-00 Les Oiseaux du Québec ?$5.00 Guide sonore des oiseaux du Québec ?$5.40 Chèque ou mandat à l’ordre de La Société zoologique de Québec, inc.8191, avenue du Zoo, Charlesbourg, Qué.GIG 4G4 Milieu est un magazine trimestriel consacré à l’environnement et au travail qu’effectue au Québec, Environnement Canada.Il est distribué gratuitement.Chaque numéro de Milieu s’attache à un thème en particulier.Les sujets sont variés et tentent de toucher les nombreux aspects de l’environnement.Les prochains numéros de Milieu seront consacrés aux oiseaux migrateurs, aux substances toxiques, à l’énergie ainsi qu’aux pluies acides.I* 1 .* -L ¦ rit v ¦sa I '‘'‘VSt ’•A ,v - • ** P* J Ar W -'V> Mt>\ •y ¦
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