Québec science, 1 janvier 1981, Mai
volume 1», 'jm ML ^ "I’y 'f V | t’ a '’((ÿi .«t *•’ % hïtei yén îi»! or o ^ ^ y* 'mmm 11 QUÉBEC SCIENCE / mai 1981 il HS c;ïtJ Le coup d'assommoir est Ivenu vers 1970, lorsqu’un cher-Scheur de l’université Cornell, à iNew York, a démontré qu’en |irradiant massivement le sucre, ||on provoquait l’apparition de P substances cancérigènes.Du coup, le procédé d’irradiation tombait sous les prescriptions : de l’amendement Delaney qui, aux États-Unis, stipule que r| tout ce qui peut causer le cancer )nchez les animaux ou les hom-ï! mes doit être exclu des aliments.Hj Déjà, l’usine de Saint-Hilaire, ijau Québec, avait fermé, ses activités s'étant soldées par un fort déficit.Privés de son seul débouché, ainsi que de subventions, les travaux à l’université Laval étaient abandonnés peu de temps après la publication des résultats de Cornell.Et depuis, au Québec comme dans le reste du Canada, c’est le calme plat, puisque les recherches sont, sinon interdites, du moins peu encouragées.Aux États-Unis, on poursuit cependant bon nombre d’expériences, en observant malgré tout une certaine discrétion, l’alerte radioactive de Three Mile Island étant encore fraîche dans les esprits.On assiste même à un regain d’intérêt pour la question : le recueil Food Science and Technology Abstracts recense, pour la seule année 1979, plus de 200 articles publiés sur ce sujet.Pour les chercheurs, l’avertissement donné par les résultats de Cornell mérite considération, mais on est loin d’être certain que la réaction est toujours dangereuse.C’est un peu l’opinion du Dr Jean-Paul Julien, professeur au département des vivres du département d’agriculture de l’université Laval, qui dirigeait justement les travaux sur le jus de pomme, il y a une dizaine d’années.Pour le Dr Julien, on ne pourra statuer équitablement sur la question qu’après avoir fait des essais nutritionnels sur chaque cas.Déjà, on sait que l'irradiation peut provoquer une légère altération du goût des aliments ; de même, l’interaction avec l’eau produit ce qu’on appelle des radicaux libres, substances qui réagissent très fortement avec les constituants des aliments et peuvent provoquer l'oxydation ; des graisses ou l’apparition d’autres substances toxiques.Le champ d’étude est tellement vaste, et les ressources tellement limitées ! Si le débat a repris autour de cette question, c’est qu’aux yeux de ses défenseurs, l’irradiation représente la solution à long terme au gaspillage et pourrait aider à résoudre la pénurie alimentaire mondiale.Chaque année, se tient en Autriche une grande conférence — à laquelle le Canada ne participe plus — qui réunit les scientifiques concernés, qui font le point sur la question.Pour l’instant, toutes ces discussions demeurent très discrètes, puisque le contexte n’est pas trop favorable.On se contente d’irradier les matériaux, pour accroître leur résistance, ou les plantes pour les débarrasser des parasites.Quant aux aliments, il faudra attendre que la science, avec les moyens limités dont elle dispose actuellement, sépare le bon grain de l'ivraie.René Vézina DES ROUTES DE SOUFRE ET DE PLASTIQUE Connu et utilisé depuis des temps immémoriaux, le soufre effectue un retour en force ces dernières années, devait souligner un colloque de la section des sciences appliquées de l’AAAS.En effet, la récupération du soufre au cours du raffinage des hydrocarbures et du charbon ne cesse d’augmenter, à mesure que l’on utilise des gaz et des pétroles plus riches en soufre et que l’on se remet, du moins aux États-Unis, à exploiter le charbon.De nouveaux débouchés existent et déjà la recherche a amené la mise au point d’une première génération de matériau de revêtement de route en soufre et en plastique, appelé Sulphex.Ce matériau, aux dires de John Dale, du Southwest Research Institute, combine les avantages de l’asphalte et du ciment Portland.Le Sulphex est d’ailleurs sorti du laboratoire il y a deux ans lorsqu’on s'en est servi pour paver quelque 300 mètres de route à San Antonio, dans le Texas.L’expérience a semblé satisfaisante et, l’été dernier, plusieurs portions de routes américaines ont reçu un revêtement de Sulphex.Pour sa part, Witold Rybczinski, de l’université McGill, a soutenu qu’on pourrait facilement intégrer le soufre dans des matériaux de construction à des prix très abordables, ce qui serait d’un grand intérêt, entre autres, pour certains pays du Tiers-Monde.(J,P.R.) V T Ri AL',,.4s Une nouvelle salle d'exposition permanente au Musée traite de l'évolution, de la biologie et de l'habitat des plantes.Elle présente au visiteur une végétation luxuriante où figurent mousses, fougères, plantes toujours vertes et plantes qui fleurissent, ainsi que d'autres attrayants thèmes d'exposition qui sont mis en valeur par des travaux d'art originaux, des photographies, des documents audio-visuels et des maquettes.Musée national des sciences naturelles Pour nous, c'est spécial.Pour vous aussi, nous l'espérons.Demandez-nous par écrit une bibliographie de la documentation gratuite que le Musée produit à l'adresse des esprits scientifiques et du grand public.Musée national des sciences naturelles Ottawa KlA 0M8 Musées nationaux du Canada 12 mai 1981 / QUÉBEC SCIENCI SNMUamMK tëL««SSIKSa PUBLIREPORTAGE La résistance an froid et les protl En recherche scientifique, comme dans bien d'autres domaines, ce sont souvent les «résultats aberrants» qui sont les plus intéressants.De par leur divergence avec une hypothèse mûrement réfléchie, ils forcent le chercheur à réexaminer de près ses conditions expérimentales.le «petit détail» oublié peut ouvrir de nouveaux horizons.Quand Olivier Héroux, professeur chercheur au Département de diététique de l'Université Laval, explique l'évolution de ses travaux de recherche sur l'adaptation au froid, il ne manque pas d'insister sur plusieurs de ces «divergences» qui ont permis de faire avancer ses connaissances.Ce scientifique a travaillé pendant presque trente ans, au Conseil national de la recherche du Canada, sur les rôles de différents facteurs dans l'adaptation au froid: le régime alimentaire, la thyroïde, les glandes surrénales, le magnésium .Alors qu'il travaillait sur le rôle de la thyroïde, il observa que des rats nourris de moulée commerciale, placés dans des cages à l'extérieur, supportaient très mal des températures d'environ -20° C alors qu'un autre groupe d'animaux placés dans les mêmes conditions thermiques résistait relativement bien.La seule différence entre les deux groupes: le deuxième recevait comme alimentation un régime semi-purifié à base de caséine.Vu que la plupart des recherches antérieures, basées principalement sur l'étude calorique de la valeur du régime alimentaire, n'avaient pas permis de conclure qu'il existait un régime alimentaire permettant de mieux résister au froid.ces résultats étranges faisaient réfléchir.Par ailleurs, des chercheurs ont mis en évidence que cette différence de régime alimentaire pouvait engendrer des différences dans la résistance au stress que ceux-ci soient liés à la présence de DDT ou de radiations dans l’environnement.Il semble donc que les scientifiques se trouvent face à un phénomène non spécifique, c'est-à-dire qui n'est pas lié au facteur de stress lui-même mais bien au contrôle de la résistance à ce stress, qui lui se situe au niveau du cerveau.Des recherches subséquentes ont mis en évidence des variations de la résistance au froid au cours de la journée, la résistance étant au plus bas pendant la période normale de sommeil.Après avoir : constaté un parallélisme entre ce cyclej quotidien et ceux de la synthèse de certaines hormones du système nerveau' central connues pour leur rôle dans le contrôle de la température, Olivier Hérou>j émis l'hypothèse que le régime alimentaire pouvait fort bien influencer la pro-j duction de ces mêmes hormones.Ce qui| devait être confirmé par l'expérience: la moulée commerciale favorise la pro-l duction de sérotonine, hormone qui! diminue la résistance au froid, alors quel l'autre régime fait augmenter le taux del noradrénaline, qui elle, stimule la pro-| duction de chaleur.Parallèlement, une équipe de chercheurs du MIT à Boston a démontréï récemment que le taux de synthèse de* ces hormones dépendait de la disponi-l bilité dans le sang de certains acidesf aminés précurseurs apportés par l'ali-j mentation.Or, la différence majeurel entre les régimes alimentaires des deuxl groupes de rats réside dans le type dej protéines et donc dans les acides aminést qui en dérivent.La moulée commercialel est un mélange de viande, de poisson, dej tourteaux.alors que le régime semi-purifié est à base de caséine.te:( L’UNIVERSITE LAmL EN CAPSULES L'ordinateur et les enseignants En inaugurant, le 9 mars, son Laboratoire des applications pédagogiques de l'ordinateur, l'Université Laval prend le leadership dans une entreprise qui vise en premier lieu à démystifier l'emploi de l'ordinateur chez les enseignants du Québec et, ensuite, à plus long terme, à préparer une génération d'écoliers qui sera habitués à «jouer» avec l'ordinateur.L'enseignement des applications pédagogiques de l'ordinateur n'est pas nouveau à Laval où dès 1971, un cours intitulé «Ordinateur et enseignement programmé» était offert au 1er cycle par le Département de technologie de l'enseignement.Depuis, d’autres cours sur le même thème ont été développés, au 2e cycle.Mais le nouveau laboratoire permettra de répondre à une demande qui s'accroît rapidement et mettra en œuvre des possibilités insoupçonnées il y a dix ans.Jacques Sainte-Marie, le responsable du laboratoire, est, à l’origine, un enseignant en chimie qui, comme beaucoup d'informaticiens de la première génération, est venu à l'informatique par des chemins détournés, notamment celui de la didactique.Le laboratoire est basé sur l'utilisation de micro-ordinateurs pour lesquels le professeur Sainte-Marie a mis au point un système — MICROSCOPE — qui a pour fonction principale de permettre et d'entretenir un dialogue entre un humain et un scénario mis en mémoire par l'ordinateur.Il utilise comme base le langage LEGATO (Langage évolué pour la génération et l'analyse des textes par ordinateur).Ce système est une adaptation du système SCOPE qui fonctionne sur un «gros» ordinateur.Une autre version TÉLESCOPE pour le télétraitement verra le jour sous peu.2** i Le grand intérêt du système SCOPE, c'est de permettre au professeur, qui n’a reçu aucune formation poussée en informatique, de développer sur micro-ordinateur un matériel didactique dans la matière qu'il enseigne: de «professeur-consommateur», de matériel didactique l'enseignant devient «professeur-producteur».L'expérience menée avec SCOPE sur quelque 250 étudiants a montré qu'il était possible, pour l’enseignant, de progresser avec le temps et d'améliorer, par des modi-?fications successives, un matériel entré sans effort au départ.Ce système a un autre avantage, celui d'être indépendant de toute stratégie d'enseignement: l'enseignant n’est nullement tenu de s'en tenir aux principes de l’enseignement programmé et peut concevoir des types d'enseignement, ou de dialogue, fort différents.Le Laboratoire sur les applications pédagogiques des micro-ordinateurs comprend, au départ, trois micro-ordinateurs PET, cinq APPLE, et cinq TRS-80, trois types d'appareils qui sont maintenant d'usage courant au Québec.Pour terminer, soulignons que l’Université Laval a réalisé ce projet en un temps record: en effet, c'est seulement en septembre dernier que le projet, caressé il est vrai depuis quelques années, a été présenté au Conseil exécutif.Cinq mois après, le laboratoire est inauguré, ce qui montre bien qu'une bonne cause bien défendue est réalisable rapidement, même dans une uni-, versité.Études écologiques fcst1 «c Pie !« ta Été; Btimi Wst :
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