Québec science, 1 janvier 1981, Juillet
Tourisme INATK3NS Inécmtes ORIN SUPERSTAR Ateliers d'ingénierie Dominion toujours en tête avec la recherche.- % K zr.- xZ*.Les rayons laser utilisés dans le cadre de la recherche sur la machinerie des pâtes et papiers, de même que le seul laboratoire d’essai pour turbines hydrauliques en Amérique du Nord ne sont que deux des exemples de la technologie de pointe en recherches dont se sert Les Ateliers d’ingénierie Dominion en vue de répondre aux besoins de l’industrie.Cette recherche profite aussi â sa technologie des laminoirs, des engrenages ain des broyeurs destinés â l’industrie minière.Voilà pourquoi Les Ateliers d’ingénierie Dominion est une compagnie qui demeure en tête.Les Ateliers d’ingénierie Dominion Limitée, C.P.220, Succursale A, Montréal, Qué.H3C 2S5 Tél.: (514) 634-34VI Télex: 05-821673 Une filiale de la Compagnie Générale Électrique du Canada Limitée.Ateliers d'ingénierie Dominion QUÉBEC SCIENCE SOMMAIRE Volume 19, numéro 11 JUILLET 1981 14 Destinations inédites André De lisle Trois pistes pour enrichir votre bagage sur le chemin des vacances Les dédales des labyrinthes Danielle Quelle! De la mythologie à la souris-robot, un parcours sinueux SUE NT In 28 Marie-Victorin superstar Luc Chartrand Marie-Victorin, c'est bien sûr la Flore, mais c'est aussi l'homme qui incarne l'éveil scientifique du Québec 34 L'arsenal anti virus Jean Robin Un défi à relever: vaincre les virus sans nuire à l'homme 38 Panique en tête Georgette Goupil Une incursion dans le monde troublant des phobies NOUVELLES ET CHRONIQUES 4 Courrier 5 Post-scriptum Spécial ACFAS 6 Botanique Plaidoyer pour la mauvaise graine 7 Gérontologie L'âge d'or des pilules 8 Physiologie végétale Frankia, l'amie des aulnes Micro-électronique Une puce québécoise 9 Télématique Chasser sur un écran 10 Économique Investir son «capital humain» Condition physique Le gène de la forme 11 Écologie Antipathie végétale 12 Pédiatrie Le fer contesté 45 La filière verte 46 Pesticides Un laxisme inquiétant 47 Pesticides Pour un usage éclairé 48 Pluies acides Le diagnostic se précise 49 Pêche Les poissons de la relève 50 Ces chers ancêtres 51 Le livre du mois 52 Parutions récentes 53 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1981.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de : © Copyright 1981 — QUÉBEC SCIENCE — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE Jean-Marc Gagnon directeur général Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Luc Chartrand, Claude de Launière, André Delisle, Yanick Villedieu journalistes, collaborateurs réguliers Pierre Parent concepteur graphiste responsable de la production Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Louis Ducharme photo couverture Gilles Lachance marketing, promotion, ventes et administration Administration et abonnements: tél.: (418) 657-2426 Publicité (institutionnelle) Marie Prince (industrielle et commerciale) Gaston Paradis Photogravure et impression Imprimerie Canada Inc.Séparation de couleurs litho acme inc.Distribution en kiosques: Les Messageries Dynamiques Les Presses de l'Université du Québec Abonnements | Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos) : 38,00 $ Régulier : (1 an / 12 nos): 21,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 19,00$ A l'unité: 2,50$ A l'étranger: Spécial (2 ans / 24 nos): 51,00 $ Régulier: (1 an / 12 nos): 28,00 $ A l'unité: 3,00$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de THydro-Québec M Lionel Boulet directeur Recherches Bell Northern M André H Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de l'fle des Sœurs .ij,£c s, G1T COURRIER.POUR LA BICYCLETTE MESSAGERIES DEUX ROUES Suite à l'intérêt que vous avez porté à la bicyclette dans la livraison de votre dernier numéro («La remontée d'une championne»), nous aimerions porter à l'attention de vos lecteurs l'existence, depuis quelque temps déjà, d'un tout nouveau service de messagers à bicyclette desservant la Vieille Capitale.Économies d'énergie, absence de pollution à tous les niveaux, autant d'implications économiques et socialesqui nous concernent tous et toutes, et que votre publication prône avec force et raison depuis longtemps.Ajoutons simplement qu'il s'agit d'une façon sûre, rapide, économique, sérieuse et originale d'acheminer enveloppes et petits colis à destination.Nous vous prions d'agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments les meilleurs.Guy Mercier Les Messagers Tandem Enr.850 est.Saint-Vallier Québec (Québec) G1K 3R4 Tél.: 692-2855 DÉPÊCHE-TOI CHER AMI! Comme tu as pu le voir dans le Québec Science de mai, ton cher «ami», l'Hydro-Québec, t'invitait à visiter ses centrales électriques à travers le Québec.Il aurait, peut-être, pu te parler des sites étudiés pour ses futurs barrages sur la Côte-Nord et au Lac-Saint-Jean.Je voudrais donc t'inviter à venir voir la rivière Ashuapmu-chuan au Lac-Saint-Jean, où tu pourras voir les belles chutes à l'Ours, chute Chaudières et rapides du Fer à Cheval ou encore admirer les frayères de la ouana-niche, ce saumon d'eau douce à qui il ne reste pratiquement que cette rivière où aller se reproduire, les autres rivières principales étant toutes harnachées ou trop polluées.Tu pourras, si le cœur t'en dit, faire comme les Amérindiens qui empruntaient cette voie de passage en canot jusqu'à la Baie d'Hudson.Tu pourras en même temps parler aux indiens de Pointe-Bleue et à la population du Lac-Saint-Jean des projets d'Hydro-Québec sur cette rivière si intéressante.Et s'il te reste du temps, dépêche-toi d'aller pêcher la ouananiche dans le lac car dans 10 ou 15 ans, peut-être qu'on n'en rencontrera que dans les musées.Benoit Proulx Saint-Félicien Bravo pour l'article de Yanick Villedieu I sur la renaissance de la bicyclette.Il y a lieu d'en profiter pour rectifier i une erreur universellement répandue, même hélas! chez les «cyclistes militants», à savoir que la ville serait «aménagée selon un modèle proposé par Détroit».Rien n'est plus faux.Si tel était le cas, circulation et stationnement en ville ne poseraient pas de problèmes majeurs.Or, on sait que c'est loin d'être le cas.La vérité, c'est que la ville (je ne parle pas des banlieues éloignées) est demeurée fidèle à un modèle pensé pour les piétons et les cyclistes, mais qu'elle a été : envahie par l'automobile, au détriment; de ceux-ci.Pour remédier à cette distorsion, on a recours à toutes sortes de cataplasmes: interdictions de virer à gauche, sens uniques, feux de circulation, rampes d'accès contrôlées et, fina-1 lement, autoroutes urbaines.Ce sont ces aménagements seulement, ô combien : coûteux pour les trois derniers, qui sont propres à l'automobile, ou plutôt, à leur inadéquation en tissu urbain.Il suffirait de supprimer l'automobile; (en maintenant, bien sûr, la circulation des véhicules de transport en commun et de livraison) pour se rendre compte a) que presque tous ces équipements, surtout les plus coûteux, sont inutiles j et n'ajoutent rien à la sécurité et à la circulation; b) que rien n'est mieux adapté à la ville que la bicyclette, et vice-versa.C'est de la méconnaissance de cette réalité que procède sans doute la campagne en faveur des pistes cyclables séparées.En vertu du principe ci-dessus, elles mènent plutôt les cyclistes dans un J ghetto — dont ils auront du mal à sortir — que dans une ville où ils auraient droit à la place qui leur revient, soit la première, avec les piétons.Mais tant que, au moins provisoirement, la coexistence plus ou moins pacifique est inévitable, il importe de donner « aux cyclistes la même protection légale qu'aux automobilistes, c'est-à-dire celle de la Régie d'assurance automobile du Québec.Et comme, dans ce combat, on sait qui est David et Goliath, c'est aux automobilistes qu'il reviendrait de défrayer les coûts (d'ailleurs minimes) de la couverture automatique des dommages corporels survenant dans un accident impliquant tout véhicule à deux roues sur la voie publique.« Une telle reconnaissance aurait un effet psychologique considérable, indis- n îi » IE .jî i .:: ¦' É ¦il \ II .: I 5 5 bit51’ I ;;if I si*1; | (TiS:i 'J.fjj“" I QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 pensable à la vraie relance de la bicyclette comme moyen de transport.Joseph A.Soltész Saint-David d'Yamaska LE QUÉBEC CYCLABLE L'article de Yanick Villedieu sur les bicyclettes, dans le numéro de mai 1981, m'a beaucoup plu, et les usages des pistes cyclables m'ont impressionnée.J'aimerais savoir où me procurer la liste de ces pistes, pour Montréal et ses environs.Francine Paradis Chambly L'association Vélo Québec a publié, en association avec le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, une carte du Québec cyclable, où sont indiquées toutes les pistes, y compris bien sûr celles de la région montréalaise, et qui donne en plus une foule de renseignements utiles.On peut se la procurer dans les différents bureaux de Vélo Québec ou de Tourisme Québec.N.D.L.R.RAPPEL A L'ORDRE! L'Ordre des ingénieurs du Québec nous avise que M.Fernand Benoît, à qui nous avons attribué le titre d'ingénieur, dans l'article intitulé «Un nid d'abeilles pour bactéries» (janvier 1981), n'est pas membre de l'ordre.M.Benoît est docteur en sciences pédagogiques appliquées, diplômé de l'université Laval; il a obtenu sa maîtrise en sciences de l'université McGill et son baccalauréat en sciences de l'Université de Montréal.Année internationale des personnes handicapées ÿ 1981 ^ V5L# Cette année, le Jardin botanique de Montréal célèbre ses cinquante ans.À la fin du mois de mai dernier, les Jeunes Naturalistes se rassemblaient en grand nombre à Saint-Eustache pour fêter le cinquantième anniversaire de la fondation de leur premier cercle.Et en mai, l'année prochaine, c'est le cinquantième congrès de l'Association canadienne française pour l'avancement des sciences qui se tiendra à Montréal.En plus de fêter leurs cinquante années d'existence, ces trois institutions importantes dans la vie scientifique du Québec ont en commun un nom, un personnage: le frère Marie-Victorin.Depuis ses débuts, le Jardin botanique est identifié à ce botaniste, qui en a conçu le projet et qui a vu à sa réalisation.Pour souligner son cinquantième anniversaire, deux timbres, l'un à l'effigie de son fondateur, l'autre illustrant le Jardin, seront émis cet automne.Quant aux cercles des Jeunes naturalistes, Marie-Victorin y fut tellement actif qu'on croit souvent, à tort d'ailleurs, qu'il en est le fondateur.Et cela ne s'arrête pas là.Il fut aussi, pendant de nombreuses années, l'âme dirigeante de l'ACFAS et un de ses premiers présidents.Même si son nom est répandu — nombre d'institutions, de routes ou de rues le portent —, le rôle de Marie-Victorin dans l'émergence d’un mouvement scientifique québécois demeure méconnu du public.Aussi profitons-nous de cette vague de célébrations pour vous présenter un Marie-Victorin actualisé, cela sous la plume de notre collaborateur Luc Chartrand, le même qui, depuis près de trois ans, assure dans nos pages la chronique de l'histoire de la science québécoise.Nous avons aussi consacré plusieurs pages à l'ACFAS elle-même, ou plutôt à son quarante-neuvième congrès, qui setenaitdernièrementà l'Université de Sherbrooke.Cette rencontre annuelle de la communauté scientifique québécoise nous donne un aperçu des domaines de recherche les plus dynamiques, ainsi que des nouveaux champs d’exploration.Aux domaines traditionnels, tels que chimie, physique, mathématiques, génie, biochimie, s'ajoutent depuis peu de nouvelles disciplines, comme la géographie, la géomorphologie du quaternaire, la pédagogie médicale, la récréologie et la science du loisir.Parmi plus de 750 communications qui y furent présentées, Québec Science a dû faire un choix.Nous avons donc décidé de concentrer notre tir sur des sujets tels que la malherbologie, la démographie et la gérontologie, qui nous ont semblé prendre la vedette lors de ce congrès.Nous sommes par contre demeurés silencieux sur d’autres conférences, soit parce qu'elles nous semblaient trop spécialisées, soit parce qu'elles rendaient compte de recherches trop peu avancées.Plusieurs de ces recherches semblent cependant prometteuses, et nous ne manquerons pas de suivre leurs développements futurs.Mais assez de sérieux! L’été arrive, et vous vous apprêtez à partir en vacances?N'oubliez pas votre Québec Science.André Delisle vous y suggère trois sources d'étonnement et même d'émerveillement, trois haltes qui, au cours de vos voyages à travers le Québec, ne manqueront pas de susciter votre curiosité, en vous entraînant dans un monde insolite.Suivez le guide et bonnes vacances ! 6 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE !s BOTANIQUE PLAIDOYER POUR LA MAUVAISE GRAINE Les malherbologistes québécois, agronomes pour la plupart, acceptent maintenant comme un fait l'apparition parmi les plantes nuisibles à l’agriculture de variétés qui sont résistantes aux herbicides même violents utilisés pour les détruire.Le premier cas rapporté: à Sherbrooke en 1977, 50 hectares de champs sont envahis par une variété de moutarde résistante à l'adrazine, produit qui habituellement élimine cette mauvaise herbe.Au cours des dernières années, ce problème de résistance s’est intensifié; on a trouvé, dans la Beauce par exemple, d'autres spécimens de plantes qui ne réagissent plus aux poisons.Même si le phénomène, plutôt rare, ne s’observe que sur de faibles étendues, il suscite néanmoins quelques inquiétudes auprès des spécialistes de la lutte contre les mauvaises herbes en agriculture.Des recherches ont d’ailleurs été entreprises depuis peu pour comprendre ce mécanisme d’adaptation et, surtout, pour inventer des moyens de lutte encore plus efficaces.Une centaine de personnes ont pu s’initier aux progrès de la malherbologie québécoise lors d’un colloque spécialement consacré à ce thème.Les quatre conférenciers, dont trois représentants des milieux agricoles, ont fait le point sur l’importance des mauvaises herbes et sur les études actuelles dans ce Acfâs Association canadienne française pour l'avancement des sciences Au milieu du mois de mai dernier, près de 1 500 personnes envahissaient le campus de l’Université de Sherbrooke pour assister au 49e congrès de l’Association canadienne française pour l’avancement des sciences (ACFAS).Près de 750 communications, plusieurs colloques importants : l’occasion de se mettre au fait de la vie scientifique au Québec.On profite aussi de ce rassemblement annuel pour honorer les scientifiques québécois qui ont apporté les contributions les plus marquantes dans leur domaine.Cette année, dans le secteur des sciences physiques et mathématiques, le prix Archambault a été attribué à M.Robert H.Marchessault, directeur du Xérox Research Centre of Canada, pour ses travaux sur les dérivés technologiques de matériaux macromoléculaires naturels ou synthétiques.Dans le domaine des sciences biologiques, c’est AI.Jean-Gabriel Lafontaine, du département de biologie de l’université Laval, qui s’est mérité le prix Pariseau.Ses travaux de recherches sur.la structure du noyau cellulaire le placent à la fine pointe du développement de la biologie cellulaire, en particulier ses études sur l’organisation macromoléculaire de la chromatine et du nucléole, et ses innovations dans les techniques de la microscopie électronique.Le prix Bombardier, récompensant des contributions directes à l’innovation technologique, a été accordé à AIAI.Michel Bertrand et Robert Guardo de l’Institut de génie biomédical (Université de Montréal), qui ont mis au point un stimulateur cardiaque programmable.Pour les sciences humaines, AI.Jacques Henripin s’est mérité le prix Vincent pour ses travaux importants en démographie.S’intéressant aux aspects économiques et sociaux de cette science, on peut dire que AI.Henripin a fait œuvre de pionnier dans ce domaine au Québec.Le prix Rousseau a été décerné à AI.Louis Berlinguet qui a laissé sa marque dans plusieurs sphères de l’activité scientifique.Après avoir fait des recherches en biochimie, M.Berlinguet s’est distingué par ses contributions de caractère institutionnel à l’université Laval, l’Université du Québec, l’Institut national de recherches scientifiques et comme premier vice-président du Centre de recherches pour le développement international.Diane Dontigny domaine.Curieusement, la résistance problématique pour les uns, est vue par d’autres comme l’une des principales «qualités» de ces étonnantes plantes qui, en l’absence de contrôle, colonisent avec rapidité les champs cultivés.Du strict point de vue écologique, on peut même considérer une mauvaise herbe comme une plante à succès, s’adaptant merveilleusement bien aux conditions les plus rigoureuses de son milieu d’implantation.Pour le botaniste Pierre Morisset, de l’université Laval, la mauvaise herbe « idéale » offre un éven- *9% les conditions favorables à leur germination.Véritables pionnières des sols dénudés ou bouleversés, elles savent aussi s’adapter aux conditions climatiques et biophysiques les plus hostiles.Le coquelicot, par exemple, lorsqu’il se trouvera en sol très pauvre et à la limite de son aire naturelle de survie, apparaîtra sous forme d’un plant chenu dont la fleur réussira à produire seulement quelques graines.Dans des conditions plus propices, une fleur vigoureuse laissera s’échapper jusqu’à 80 000 graines ! Ces plantes agressives, coriaces, tolérantes, adaptables, résistantes et quoi encore restent toutefois des ennemies jurées des agriculteurs.Elles sont et continueront d’être mauvaises parce qu’on n’en veut pas dans tail diversifié de caractères qui assurent sa dissémination géographique sur de grandes distances et une croissance rapide de sa population.Ces privilégiées de la nature sont d’abondantes productrices de graines; certaines variétés j peuvent fabriquer jusqu’à 400 000 graines par plant en une seule saison 1 Ces dernières, même enfouies, restent souvent viables plusieurs années, attendant rnnrlifirmc Icnir ultihïir ml à Oiln % n* ante : «ttiS les champs cultivés.Les inventaires d'infestation des régions agricoles, effectués de façon de plus en plus systématique par les ministères de l’Agriculture, n’ont pour principal objectif que d’améliorer l’efficacité des campagnes d'éradication commencées au début du siècle.Même l’introduction massive des herbicides chimiques au milieu des années 50 n’a pas suffi pour gagner la guerre contre les plantes nuisibles.Pourtant, on apprenait de la bouche de M.Gilles Emond, directeur du Service de la recherche en défense des cultures du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Pêcheries, que la «nuisibilité» des mauvaises herbes n’est pas vraiment connue.Des recherches sont menées sur ce point, en même temps que sur des stratégies de répression qui tiennent compte davantage des espèces à combattre.Pour plusieurs botanistes présents au colloque, les herbes «dites mauvaises» subissent les conséquences d’une condamnation sans procès de la part des agriculteurs.Pour certains «protecteurs» présents dans l’assistance, les plantes agricoles sont parfois d’anciennes mauvaises herbes, «recyclées» à cause de leur utilité pour l’être humain.Plusieurs plantes actuellement considérées comme nuisibles commencent aussi à être reconnues pour leurs qualités alimentaires ou médicinales.Pour le botaniste Mo-risset, ces plantes constituent en plus un matériel fascinant et peu coûteux pour les recherches en botanique.Pour ce dernier, certaines des mauvaises herbes officielles ne seraient que des plantes dont on n'a pas encore découvert les vertus ! Que dire, par exemple, des qualités ornementales de certaines variétés de marguerites qui envahissent nos champs au printemps ?André Delis le GÉRONTOLOGIE L’AGE D OR DES PILULES C’est devant une salle remplie à craquer que les conférenciers du colloque de gérontologie sont venus faire la preuve d’un phénomène dont on mesure de mieux en mieux l’ampleur et la gravité: la surconsommation de médicaments par les personnes âgées.Une enquête effectuée l'an passé sous la direction de Jacques Dumas, directeur de l’Ecole de pharmacie de l'université Laval, a par exemple montré que plus de 13 pour cent des 65 ans et plus de la région de Québec prenaient régulièrement cinq médicaments et plus ; l'enquête, il faut le noter, ne portait que sur les personnes autonomes ne vivant pas en institution.Par ailleurs, a rapporté la pharmacienne Jeannine Matte, une expérience d’un an menée au foyer Lac Etchemin, dans la Beauce, a permis de réduire considérablement la quantité des médicaments prescrits aux résidents: le nombre de prescriptions par personne est passé de 5,5 à 3,6, cela grâce à une révision systématique des dossiers.D’autre part, les produits vendus aux personnes âgées ne correspondent pas toujours à leurs besoins spécifiques, ce qui peut être l'occasion d’erreurs au moment de la prise des médicaments.L’enquête dejac-ques Dumas a révélé des faits surprenants à ce chapitre : plus de la moitié des personnes âgées se sont montrées incapables de lire l’étiquette d’un flacon d’aspirine Bayer, et près de 13 pour cent de lire celles de leurs médicaments prescrits ; environ 15 pour cent des répondants éprouvent de la difficulté à ouvrir les flacons d’origine de leurs médicaments, ce qui les incite à les conserver dans d’autres contenants.Recevant généralement peu d’information sur leurs médications, les personnes âgées ignoraient dans une proportion de plus de la moitié le nom des produits consommés, et dans une proportion de près du quart, leur indication thérapeutique (plus de 18 pour cent se méprenaient même complètement sur cette question).Autre aspect du problème : le fait que les changements physiologiques dus au vieillissement entraînent des modifications considérables dans la réponse de l’organisme aux médicaments.Une personne d’ajuster leur manière de prescrire aux caractéristiques de leurs patients.Prescriptions plutôt lourdes et pas toujours très rationnelles, recours systématique à la pilule pour «soigner» la vieillesse, mauvaise adaptation des produits aux consommateurs : tout concourt à exposer les personnes âgées, plus que toute autre catégorie, aux risques des médicaments.Dans une étude qu’il a réalisée à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, un professeur en pharmacie de l'université Laval, Gilles Barbeau, a montré que 24 pour cent des admissions en soins aigus dans un centre de méde- ¦*=â\ ’H ^ •'¦m âgée, a expliqué une pharmacologue de l’hôpital Saint-Sacrement de Québec, Dolorès Lepage-Savary, ne perçoit pas la douleur comme une personne jeune.Elle ne réagit pas non plus de la même façon aux analgésiques ni.à leurs effets secondaires.La banale aspirine cause des irritations gastrointestinales plus marquées, avec des temps de saignement allongés ; elle peut également affecter l’ouïe de façon progressive, mais certaine.Même chose avec les analgésiques puissants, auxquels les personnes âgées sont nettement plus sensibles que les jeunes.Pourtant, disent à demi-mot plusieurs pharmacologues ou pharmaciens, les médecins ne prennent pas toujours la peine cine gériatrique étaient directement causées par les effets indésirables des médicaments (en général, on admet que pour l’ensemble de la population, le pourcentage des hospitalisations dues aux effets des médicaments est de l’ordre de trois à cinq pour cent).Pourtant, de noter Gilles Barbeau, il est toujours possible de diminuer de manière appréciable les quantités de médicaments ingérés.Avant leur hospitalisation, les patients de l'enquête consommaient en moyenne 5,4 principes actifs, contre seulement 2,4 après leur sortie de l'hôpital.D’ailleurs, presque le tiers d’entre eux rentraient chez eux sans prescription aucune! Yanick Villedieu M A 8 PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE FRANKIA, L’AMIE DES AULNES Il en est des plantes comme des animaux.Si certaines, comme l'aulne, peuvent tirer leur azote de l’air, comme les vaches tirent les sucres dont elles ont besoin de la cellulose, c’est bien parce que ces deux espèces vivent intimement en symbiose avec des micro-organismes, l'une par ses racines, l'autre par son tube digestif.Pour l'aulne, la symbiose se fait avec un actinomycète, Frankia, qui, installé dans les racines de la plante-hôte, permet à cette dernière de puiser son azote dans l'atmosphère.Le réservoir naturel du Frankia: le sol.Sous forme de spores, le micro-organisme peut survivre de longues années.Il envahit la plante en s'introduisant par les poils absorbants des racines et en développant des nodules, ou actinorhizes, dans la partie externe.Là, le micro-organisme se différencie, formant des filaments, des vésicules et des Avec la mise au point du Québéchip, le Groupe d’électronique de l’Université de Sherbrooke vient de faire une percée dans le champ de microélectronique, un domaine qui connaît depuis quelques années des possibilités de développement énormes.Pourtant, peu de gens de chez nous s’étaient jusqu’ici lancés à la conquête de cette technologie de pointe.Le Québéchip du G.E.U.S., c'est un circuit intégré monolithique qui se distingue notamment par le fait que tous ses circuits actifs sont placés sur la même «puce».L’application de cette innovation ouvre des voies prometteuses dans le spores, qui seront finalement relâchés dans le sol.Mais il se protège bien.La présence dans le nodule de substances oxidan-tes rend difficile son isolement par destruction de ce dernier.De plus son milieu de vie très contrôlé par la plante-hôte est malaisé à reproduire artificiellement.Ce n’est qu’en 1978 qu’une équipe de chercheurs américains a réussi à isoler et à cultiver Frankia.En 1980, une équipe de chercheurs du laboratoire de physiologie de l’arbre de l’université Laval, dirigée par Maurice Lalonde et Jacques-André Fortin, a mis au point une première méthode canadienne d’isolement et de culture du micro-organisme.Issue de nodules de l’aulne rugueux, cette souche pousse en culture pure après deux mois.Elle peut réinfester l’aulne mais aussi le myrique baumier.Une méthode améliorée permet aujourd'hui domaine de l’électronique médicale et du côté des PME.C’est en collaboration avec Mitel Semiconducteur, de Bromont, que le G.E.U.S.travaille présentement à la conception et à la réalisation d’une nouvelle famille de ULA (réseau logique universel), qui exploite les possibilités des circuits analogiques.Pour mettre au point son Québéchip, le G.E.U.S.a emprunté à Mitel une technologie de pointe, l’ISOCMOS, dont l’un des principaux avantages est de fonctionner avec très peu de courant, ce qui la rend particulièrement appropriée pour des applications médicales.L’ISOCMOS présente également un avantage énorme en terme de rapidité.Avec une vitesse potentielle de 100 mégahertz, il fonctionne actuellement à 25 mégahertz, comparé à seulement cinq mégahertz pour le CMOS, une technologie plus conventionnelle.Visant une miniaturisation de plus en plus poussée et la rapidité, Mitel, en collaboration avec le G.E.U.S., travaille actuellement à réduire la dimension de la cellule de base, qui comprend 16 transistors, tout en augmentant sa densité et sa vitesse.Les applications biomédicales du Québéchip constituent en fait l’intérêt principal de ce laboratoire de services en électronique presque unique en Amérique du Nord.Déjà, Fran- çois Duval du G.E.U.S.travaille au prototype d’une prothèse auditive pour sourds profonds, j et des pourparlers sont en cours j pour adapter cette technologie [ à une prothèse urologique.Du côté des PME, cette innovation québécoise pourrait éventuellement trouver des applications, tant dans le domaine des | textiles que de la médecine j sportive.En fait, le laboratoire d’électronique du G.E.U.S.est I V ouvert à tous les secteurs pour lesquels il reçoit des demandes de développement venant d’or- | ganismes privés, d’universités ou d’organismes gouvernementaux.Ginette Beaulieu juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE j! : ACN1AG Trois souches de Frankia évaluées sur des semis d’arbres croissant dans un sol sans azote.Au premier plan, les semis non inoculés avec le microbe Frankia n’ont pas réussi à croître.Quant aux plants inoculés, à l’arrière, ils ne fixent pas tous l’azote avec la même efficacité, selon l’origine des souches (États-Unis, à gauche, Québec, au centre ou Tadoussac, à droite).d’arriver à ce résultat en un temps plus court et de façon plus sûre.Le fait de pouvoir isoler et cultiver le micro-organisme ouvre des perspectives très intéressantes.Il est désormais possible de monter une « acti-nothèque» en prélevant des Frankia venant de différentes espèces d’aulnes et de tous les coins du monde.Cette collection, en plus de permettre une meilleure connaissance de la systématique du micro-organisme, va rendre possible les comparaisons entre les «rendements».L’actinothèque de cette équipe de recherche, compte actuellement 500 espèces.Les premiers essais en culture contrôlée montre très clairement que certains microorganismes sont nettement plus efficaces que d’autres pour ce qui est de la fixation de l’azote atmosphérique.La prochaine étape : s’attaquer à l’amélioration génétique des souches de Frankia.Marianne Kugler MICRO-ÉLECTRONIQUE UNE PUCE QUÉBÉCOISE QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 9 MkSPÈCIAL(~81 Association canadienne française I pour /'avancement  des sciences « TÉLÉMATIQUE CHASSER SUR UN ÉCRAN D'ici la fin de la décennie, vous pourrez peut-être préparer une excursion de chasse à partir de votre salon, à l’aide d’une console informatique.Au Service de la recherche faunique du ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, on ne sera pas pris de court par l’entrée de l’ordinateur à domicile.Déjà, les grandes lignes d’un programme d’accès aux vastes connaissances sur la faune du Québec sont tracées.Travaillant en collaboration, les spécialistes d’INRS - Télécommunications et de la Société de recherche Bell-Northern ont mis au point à l’intention des biologistes un système interactif de communication visuelle directe avec les banques de données, par ligne téléphonique et écran cathodique.Pour le moment, les informations sur la faune et son habitat sont dispersées entre plusieurs sources et sous des formes différentes.Le recours à l'ordinateur permettra de regrouper à une seule adresse informatique tout le matériel présentement disponible.Actuellement, les développements rapides en gestion de la faune, en études d’impact et en protection du milieu ont pour effet d’augmenter les besoins d’informations précises sur l’environnement naturel.Mais, des recherches longues et fastidieuses sont requises pour obtenir ne serait-ce que quelques données de base sur la localisation des habitats à protéger ou sur la distribution géographique d’une espèce faunique.L’analyse de système effectuée au ministère avait pour but de trouver les moyens de corriger cette situation ; on a donc élaboré un programme permettant d’intégrer, d'informatiser et de diffuser les informations techniques.La configuration du matériel nécessaire a aussi été définie ; la télévision en est une composante essentielle, du fait de la dimension géographique de l’information à communiquer.Une application très concrète du PIIF, ou Programme d’information intégrée sur la faune, a été préparée à l’intention des futurs utilisateurs du système.1 ' Loisir Chasse & pêche Quelques intéressés ont pu s’initier à son fonctionnement, au cours d’un atelier dirigé par le responsable du projet au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Michel Lagacé.La première étape d’implantation vise prioritairement les bureaux du ministère dans les régions.Ces gestionnaires régionaux pourraient ainsi disposer d’ici quelques années d’outils de connaissance rapides et efficaces pour leurs interventions sur le territoire.L’ac- cès à ce service pour les intervenants du secteur privé, de même que pour les particuliers, reste encore du domaine de la pure hypothèse, compte tenu des efforts et des coûts supplémentaires que suppose l’utilisation de tels systèmes par le public.Les chasseurs informaticiens risquent d’avoir encore l'avantage sur leurs confrères.du moins sur les cartes, sinon sur le terrain.André Delis le DES MURS ÉPONGES « Il faudra bientôt «encager» les transformateurs d’électricité installés à proximité des secteurs urbanisés.Déjà bien connu pour ses travaux sur les bruits dans la ville, le professeur J.G.Migneron, du Centre de recherches en aménagement de l’université Laval, s’inquiète maintenant de l’impact acoustique des postes de transformation de plus en plus puissants qu’Hydro-Québec doit installer en nombre croissant dans les villes.La percée de l’électricité pour le chauffage urbain n’est pas étrangère à ce phénomène.La recherche de M.Migneron sur cette question a déjà permis d’établir un modèle précis du niveau sonore autour des installations électriques.Diverses méthodes de contrôle sont envisagées, portant surtout sur des dispositifs physiques de protection, tels que des murs «coupe-bruit», absorbant ou réfléchissant les ondes sonores, et des enceintes «totales», confinant le bruit à l’intérieur d’un bâtiment.A.D. 10 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE ECONOMIQUE INVESTIR SON «CAPITAL HUMAIN» CONDITION PHYSIQUE LE GÈNE DE LA FORME Malgré une réforme de l’éducation entreprise il y a plus de 20 ans sous le signe de la démocratisation, l’origine socioéconomique des jeunes demeure de première importance en matière d’accès à l'enseignement universitaire.L’existence de ce phénomène n’était certes pas inconnue, mais c’est à en comprendre le détail que se sont attachées des économistes de l’Université de Montréal, sous la direction de Rachel Houle.Utilisant la théorie dite «du capital humain», dans laquelle l’éducation n’est plus vue comme un bien de consommation mais comme un investissement, les chercheuses ont analysé les intentions de faire des études supérieures, telles que manifestées par un échantillon de plus de 5 000 étudiants du secteur pré-universitaire.Selon cette étude, il est très clair que les intentions d’entrer à l’université deviennent plus fréquentes avec l’élévation de la scolarité des parents et de la catégorie d’emploi à laquelle ils appartiennent.Ainsi, plus de 97 pour cent des cégépiens dont le père a une maîtrise ou plus ont l’intention de faire des études universitaires, contre 76 pour cent de ceux dont le père est autodidacte ou n’a pas dépassé le primaire.Ces données sont d’autant plus lourdes de sens que, pour les jeunes, le processus de sélection scolaire commence bien avant le niveau collégial.Par ailleurs, le nombre de frères et sœurs, surtout s’il est supérieur à quatre, influence négativement les projets d’études universitaires, tandis que le fait d’être de sexe masculin ou d’être non-francophone les influence positivement.L’éloignement des universités, l’âge plus avancé, le revenu plus faible gagné par l’étudiant ont également des effets négatifs sur les projets scolaires des individus.De plus, les facteurs socio-économiques pèsent encore plus lourds pour les étudiants du secteur professionnel que pour les étudiants du secteur général, ce dernier se révélant ainsi doublement comme «la voie royale» vers l’université (même si l’on se rend compte que ce cours de deux ans se fait, en moyenne, en presque trois ans.).C’est également en utilisant la théorie du capital humain qu’un autre économiste de l’Université de Montréal, François Vaillancourt, et Lise Lefebvre, de la Banque nationale du Canada, ont étudié la probabilité que les francophones du Québec parlent anglais.Comme pour l’éducation supérieure, il apparaît, d’après leur étude, que le bilinguisme est fortement déterminé par des variables socio-économiques.Ainsi, plus des trois quarts des francophones québécois dont les parents ont 14 ans de scolarité et plus parlent anglais, contre 42 pour cent seulement de ceux dont les parents ont huit ans de scolarité et moins.La probabilité d’être bilingue est également reliée à l’occupation des parents et, bien sûr, à leur origine ethnique.De plus, on constate que les femmes sont généralement moins bilingues que les hommes (la probabilité quelles le soient est de 11 pour cent inférieure), confirmant par là qu’elles bénéficient d’investissements en capital humain moins importants que les hommes, cela aussi bien pour l’apprentissage d’une langue seconde que pour la poursuite d’études supérieures.Yanick Villedieu Une partie importante des différences de condition physique observées dans la population est directement reliée aux différences de bagage génétique des individus.Telle est la grande conclusion qui commence à se dégager de la vaste enquête menée depuis plus de deux ans auprès de 400 familles d’ascendance française de la région de Québec, sous la direction de Claude Bouchard, du Laboratoire des sciences de l’activité physique de l’université Laval.Cette enquête, unique en son genre (les chercheurs mettront des années à en analyser les multiples facettes grâce à un appareil statistique fort sophistiqué) vient tout juste de livrer ses premiers résultats, et plusieurs d’entre eux ont été présentés lors du dernier congrès de l’ACFAS.C’est ainsi que Rolland Savard s’est penché sur la question de la graisse corporelle et a pu montré qu’environ 40 pour cent des variations rencontrées à cet égard dans la population s’expliquent par des facteurs génétiques.L’âge et le sexe en expliquent pour leur part 50 à 55 pour cent, tandis que les variables de l’environnement (ingestion et dépense énergétiques, niveau socio-économique, etc.) comptent pour 4 à 15 pour cent.L’étude portait sur 481 individus appartenant à 114 familles et a mis en évidence des ressemblances significatives entre parents et enfants et entre frères et sœurs, alors que de telles ressemblances n’ont pu être trouvées entre époux et épouses.Ce même travail a également permis de montrer, toujours par voie d’analyse statistique, que les effets génétiques détectés pour la graisse corporelle ne sont pas déterminés par les chromosomes sexuels X ou Y.En d’autres termes, si l’on décou- vre un jour le gène de la sveltesse, ce ne sera pas sur les chromosomes en question.Étudiant pour sa part 564 1 si individus de 143 familles (les ; différences d’échantillon tien- | se nent au moment où a été effec- • tuée la recherche, la collecte des ; it données n’étant pas encore ; achevée), Rolland Diano s’est intéressé à la dimension du i m cœur de ses sujets, et plus par- j r ticulièrement à celle de leur | k ventricule gauche.Les mesures t m étaient effectuées par échogra- | * phie, une technique bien connue : jé du public pour ses applications | en obstétrique.En éliminant I l’effet de variables comme la I taille, le poids, la tension arté- [ rielle, l’âge, le sexe, on arrive, là I encore, à mettre en évidence I des ressemblances entre parents i ~ et enfants et entre frères et | sœurs, alors qu’il n’en existe pas entre époux.L’hérédité est ¦ donc responsable d’une proportion importante de la variation observée dans les dimensions.du ventricule gauche, la grosseur de cœur — à défaut de la grandeur d’âme — étant ainsi [ en bonne partie inscrite dans j les gènes.Toujours dans le cadre de cette même recherche, Gilles Lortie s'est intéressé de son côté aux effets de l’âge, du sexe, du niveau socio-économique, de la consommation de ciga- j rette, de la graisse corporelle et de la dépense d'énergie sur la puissance aérobie maximale, ce déterminant de la condition physique considéré comme le !i * plus significatif de tous.Selon le chercheur, plus de 50 pour cent des variations observées à ce chapitre dans la population viendraient de l’âge J et du sexe, et près de 50 pour J cent de l’hérédité, les facteurs | dits environnementaux n’en expliquant tout au plus que 7 à 10 pour cent.Cette même étude indique de plus qu’une faible QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 11 Association canadienne française pour l'avancement des sciences H tStë lOtfi- quantité de graisse corporelle, une grande dépense énergétique habituelle et un niveau socio-économique élevé sont associés à une puissance aérobie maximale légèrement plus élevée.Par contre, la puissance aérobie des fumeurs et des non-fumeurs de cette étude ne présente pas de différence, une «surprise» que le chercheur attribue à un échantillon sans doute composé de sujets plus conscients de leur santé que la moyenne de la population, et qui compenseraient leur usage du tabac par un surcroît d’autres comportements bénéfiques au maintien de leur puissance aérobie.Yanick Villedieu ECOLOGIE ANTIPATHIE VEGETALE Ceux qui connaissent les plantes savent depuis longtemps que certaines «s’aiment» et que d’autres «se fuient».Ces affinités et ces inimitiés peuvent en partie s’expliquer en termes de facteurs de l’environnement, mais elles pourraient aussi trouver leur origine dans des substances chimiques produites par les plantes en cause, qui feraient quelles «attirent» ou «repoussent» une autre espèce végétale.C’est ce qu’on appelle une interaction allélopathique.Les substances en question peuvent être produites par n’importe quelle partie de la plante et être libérées dans l’environnement de plusieurs façons.Robert Jobidon et Jean-Robert Thibault, du département de pédologie et d'écologie de la faculté de foresterie de l’université Laval, ont amorcé l’étude des interrelations allélopathi-ques entre le peuplier baumier et l’aulne crispé: deux espèces que l'on retrouve sur les fronts de colonisation forestière.En faisant agir, à différentes concentrations, des extraits de certaines parties du peuplier (feuilles, bourgeons, etc.) sur des graines d’aulnes, les chercheurs ont clairement montré que des toxines entraînaient chez l’aulne, d’une part, des modifications de la croissance et, d’autre part, des changements morphologiques, comme l’inhibition de la croissance des poils absorbants des racines.Dans le cas de l’aulne, ce changement est lourd de conséquence, car c’est par ces poils que les micro-organismes qui permettent à l'aulne d’absorber directement l’azote de l’air s’introduisent dans le système radiculaire.Bien sûr ces études, réalisées dans des conditions très contrôlées en laboratoire, ne permettent pas d’expliquer toutes les situations réelles, en forêt.Dans les faits, le milieu peut se «détoxifier», soit en lessivant les toxines, soit en les fixant.Mais il apparaît évident qu’il faut tenir compte de ces «antipathies » pour mieux comprendre les successions de peuplements forestiers.Marianne Kubler •ara- re liï1' Éditions Saint-Martin vous présentent pi led deux études sur la médecine (1) Médecine et société, les années 80 Au moment où la science biomédicale semble à son apogée, voilà qu’une véritable .école de pensée apparaît qui critique la médecine, non seulement pour ses pouvoirs et ses privilèges, mais jusque dansj ses postulats épistémologiques.(2) Du pain et des services La réforme de la santé et des services i sociaux au Québec.?En fonction de quels principes, de quels intérêts?Dans quel but?BON DE COMMANDE Les Éditions coopératives Albert Saint-Martin C.P.68, Succursale Vimont, Laval, Québec H7M 3N7 Tél.525-4346.Nom .Adresse .Ville (1) : 18,00 S ?.Code postal .(2) : 12,00 $ ? : Association canadienne française pour /'avancement des sciences PEDIATRIE LE FER CONTESTE Contrairement à ce qu’on serait porté à croire, une alimentation riche en fer pour le jeune bébé n’a guère de chance d’en faire un bébé fort.En effet, le supplément de fer absorbé dans les préparations de lait enrichi s’ajoute aux réserves de fer naturelles du nourrisson, engendrant ainsi un excès qui, loin d’augmenter sa résistance, le rendra très sensible aux infections.Les infections respiratoires, qui sont assez fréquentes durant les premiers mois de la vie, trouvent alors la porte grande ouverte ou presque.C'est ce que Louise Aucoin-Larade démontre dans une étude menée au Centre de recherche en croissance humaine de TUni- versité de Montréal.Partant du fait que, parmi les facteurs nutritionnels susceptibles d’influencer la résistance à l’infection, l’état de nutrition en fer est l’un des seuls susceptible, autant par l’excès que par la déficience, de modifier les mécanismes de défense de l’enfant, cette recherche montre que jusqu’à trois mois, la fréquence des infections est positivement associée aux apports de fer et aux valeurs d’hémoglobine les plus élevées, alors qu’à six mois, plus rien ne subsiste de cette association.L’excès de fer favorise en quelque sorte l’infection, du fait qu’il accélère le processus de croissance des bactéries, qui captent le fer à leur profit.Ce phénomène disparaît ensuite graduellement, à mesure que les aliments solides sont introduits dans la diète de l’enfant, le fer entrant alors en compétition avec d’autres éléments nutritionnels.Les résultats de cette étude tendent à prouver que les préparations de lait enrichies de fer sont plutôt nuisibles que profitables pour le jeune bébé.Ils mettent cependant en évidence le fait qu’à dix-huit mois, une carence en fer nuirait au bon fonctionnement du système immunitaire.Il apparaît en somme que l’enfant réagira différemment aux infections dépendant de son âge, de son état nutritionnel et du développement de son système immunitaire.Ginette Beaulieu PERTOIRE DES PRODUITS FABRIQUÉS AU QUÉBEC 1981 4 8 140 manufacturiers 4 400 produits québécois 160 laboratoires privés, gouvernementaux, pa rag ou vern ementau x et universitaires du Québec ?BON DE COMMANDE Quantité Description Prix unitaire Total Repertoire des produits fabriques au Quebec 1981 30 $* Repertoire des laboratoires d essais et d analyses du Québec 1981 10 $ S.V P Payable à l'avance par chèque ou mandat au nom du Centre de recherche industrielle du Québec.' Pour une commande de 10 exemplaires ou plus, prix unitaire: 20$ Nom: Entreprise: Poster à: Centre de recherche industrielle du Québec Banque d'information industrielle 333 Franquet Case postale 9038, Sainte-Foy (Québec) G1V 4C7 Adresse: 1 .Code postal:. La matière grise est aussi une matière première. 14 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE Destinations Trois pistes pour enrichir votre bagage sur le chemin des vacances par André Delisle „ e touriste, ce voyageur qui profite de ses vacances pour découvrir un coin de pays, un endroit étranger ou un site de son voisinage, trouve aujourd'hui des outils de plus en plus nombreux pour aiguiser son sens de l'observation.La grande vogue des centres d’interprétation de la nature ou des bases de plein-air s'inscrit dans cette tendance qui invite à «découvrir en voyageant» (Québec Science, juillet 1979).Les organismes de loisir scientifique s'intéressent d'ailleurs de près à cette forme de tourisme, traduisant une préoccupation de connaissance scientifique.Récemment, le Conseil de développement du loisir scientifique (CDLS) faisait un premier pas concret pour offrir au voyageur des instruments de découverte du milieu visité, sous la forme de guides de tourisme scientifique, touchant dans un premier temps les régions de la Gaspésie, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Québec.La collection, intitulée «Québec en nature», traduit une conception du voyage axée sur une meilleure compréhension du paysage visité et sur l'identification des ressources qu'il recèle.L'observation des oiseaux, des écosystèmes, des formations géologiques, des particularités climatiques et des paysages naturels sont quelques exemples des activités offertes aux visiteurs pour saisir les différents aspects d'une région ainsi que leur interaction.Les sciences naturelles et écologiques sont ainsi privilégiées par cette définition du tourisme scientifique.Une autre formule d'activités de vacances «à teinte scientifique» insiste plutôt sur ces lieux de culture proprement scientifique que sont, par exemple, les jardins zoologiques ou botaniques, les bases de sciences naturelles et les aquariums, qui attirent des visiteurs de plus en plus nombreux.Le Groupe de travail sur les Musées scientifiques relevait, dans un rapport remis l'an dernier au ministre des Affaires culturelles, une assez bonne variété, quoiqu'insuffi-sante, d'équipements se situant déjà dans l'optique de la muséologie scientifique.De telles infrastructures permettent de compléter l'image que l'on se fait d'une région.C'est le cas, par exemple, du musée minéralogique et minier de la région de l'amiante, à Thetford Mines.On peut aussi mentionner le musée maritime de Nslet-sur-Mer, dans le Bas du fleuve, le musée ferroviaire de Saint-Constant et le musée de l'électricité de Longueuil, non loin de Montréal.Un peu partout au Québec, on peut trouver de ces petits musées à couleur locale, souvent d'initiative privée et peu publicisés.En dehors de cela, le Québec aura peut-être un jour son musée des Sciences et de la Technologie, comme le souhaitait le groupe de travail sur les musées scientifiques, dirigé par M.Fernand Seguin.Celui-ci pourrait alors venir, en quelque sorte, couronner le réseau muséologique que constitue l'ensemble de ces centres régionaux, auxquels viendraient s'ajouter de nouveaux.En attendant qu'aboutisse la discussion sur la notion de tourisme scientifique ou que se concrétisent les projets de musées scientifiques, Québec Science a choisi à l'intention des adeptes des «sciences en vacances», quelques lieux d'attraction d'un intérêt particulier.Trois sites sont ainsi suggérés aux vacanciers; ils ont été retenus aussi bien à cause de leur pertinence que parce qu'ils sont encore peu connus du public québécois.D'abord, sur les îles de Terre des Hommes, à proximité du centre de Pavillon de l'insolite Terre des Hommes.Montréal Ouvert du 23 juin au 30 août, de 10 h 30 à 20 h Entrée: adultes 6$ 8 à 17 ans 2,50 $ — Montréal, un pavillon qui, année après année, se donne pour mission d'introduire ses visiteurs aux étonnants mystères de la science moderne; le Pavillon de l'insolite est peut-être l'amorce d'un musée des sciences, du moins en ce qui concerne les questions scientifiques d'actualité, souvent parmi les plus controversées.Puis, à l'écart des villes, les amateurs de grands espaces et de dépaysement pourront s'offrir un joyau unique de notre patrimoine ki V, lui le I Mie I tyai I p s.De QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 15 QUÉBEC ITREAL i M EGA NT IC SHERBROOKE Parc de Métis Métis.40 km à l'est de Rimouski Ouvert du 6 juin au 12 septembre, de 8 h à 20 h 30 Entrée : 2 $ • MATANE • MÉTIS '• RIMOUSKI I Observatoire astronomique du mont Mégantic Ouvert du 25 mai à la fête du Travail, de 2 h de l'après-midi au coucher du soleil, visite guidée: observation sur réservation, samedi en soirée, jusqu'à minuit Entrée gratuite floral?Chaudement blottis au fond d'une vaste baie de l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, les jardins de Métis n'ont rien à envier aux plus beaux spécimens de la science horticole et constituent une aventure très agréable dans le monde de la botanique.Enfin, ceux qui préfèrent «quitter» la terre pour un voyage astral sauront apprécier la puissante lunette pointée vers le ciel, au sommet du mont Mégantic, dans les Cantons de l'Est.Ces quelques suggestions n'ont aucunement la prétention d'être exhaustives, pas plus que de régler la discussion sur l'orientation que doit prendre le tourisme scientifique en terre québécoise.On pourrait ainsi nous reprocher l'omission de foyers dynamiques de culture scientifique populaire, aux formes très variées.Que dire, par exemple, des stations forestières ou piscicoles, ou des fermes expérimentales ouvertes aux visiteurs?Il faudrait aussi men- tionner au passage certaines reconstitutions de lieux ou d'événements historiques qui, en quelques heures, nous apportent parfois une foule de connaissances.Les visites proposées peuvent néanmoins enrichir agréablement un séjour déjà fructueux dans la métropole ou dans des régions touristiques, telles que l'Estrie ou la Gaspésie.? 16 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE discrètement et en douceur, à l'intérieur d'un ancien pavillon thématique de Terre des Hommes, à Montréal, pousse ce qui pourrait devenir le premier musée québécois des sciences, accessible au grand public.À travers des illustrations concrètes de thèmes tels que l'archéologie, l'exploration spatiale, l'origine de la vie et l'évolution de l'univers, le visiteur est initié aux grandes questions des sciences modernes.Dans une atmosphère très spéciale, subtil mélange de spirituel, d'ésotérique et d'esthétique, se côtoient les explications de phénomènes naturels mystérieux et les théories les plus audacieuses sur les relations entre la matière et l'esprit.Aujourd'hui animé par les soins du service socioculturel de la ville de Montréal, ce pavillon vous invite à un voyage insolite dans le monde des sciences.Chaque année depuis plus de dix ans déjà, cette aventure aux frontières du savoir humain emprunte une avenue nouvelle d'exploration d'un univers, immense et étrange, que nous connaissons trop peu.Aujourd'hui, le pavillon «Un monde insolite» touche ainsi les aspects les plus importants de la science.Il nous emmène au-delà des limites du globe, grâce aux étonnants progrès de l'astronomie, qui expliquent la naissance des étoiles, leur mort spectaculaire, la lente formation des galaxies, la connaissance des planètes et l'énigme de la vie dans l'univers astral.Intéressants aussi, les outils d'observation de ce spectacle cosmique, depuis l'ancienne et primitive lunette grecque jusqu'au télescope astronomique conçu pour équiper un futur laboratoire hors de l'atmosphère terrestre.La «soif de voir» des astronomes s'alimente maintenant à des technologies qui repoussent de plus en plus loin les limites de leurs instruments: ces prolongements de l'oeil humain Insolite > ce musée des sciences tes maquettes de la navette spatiale et d'éléments de stations orbitales nous font entrer de plain-pied dans le quotidien des futures colonies de l'espace.s'appellent, dans l'infini, les satellites voyageurs de l'espace et, dans l'in-finiment petit, les fibres optiques.Après ce plongeon dans les étoiles à la vitesse de la lumière, les visiteurs entrent de plain-pied dans l'ère de l'industrialisation de l'espace, inaugurée de façon probante par le récent exploit de la navette américaine.Cette familiarisation avec les instruments de la colonisation de l'espace se fait à l'aide de maquettes, parfois de grandeur surprenante, représentant des laboratoires, des manufactures, des entrepôts, des centrales énergétiques, etc., qui annoncent tous l'imminence de stations orbitales habitées.On offre même au regard des curieux les fusées de lancement, les cabines des passagers, les repas des astronautes, qui nous projettent dans l'univers quotidien des futures colonies de l'espace ! Les voyages de l'espace réservent peut-être des surprises aux passagers: ils pourraient apporter des explications inédites sur la nature des objets volants encore non identifiés ou sur leurs occupants.Si les seules rencontres d'extra terrestres rapportées jusqu'ici ont eu lieu sur notre planète, que nous réserve le vide interstellaire?Le spécimen d'humanoïde exposé à Terre des Hommes, réplique de ceux qui seraient jalousement conservés par les services secrets américains, à la suite d'opérations de récupération de soucoupes volantes échouées, troublera les plus incrédules.Des photos d'OVNI, accompagnées de témoignages vécus, compléteront cette expérience inoubliable de la rencontre d'extra terrestres.Cette projection dans le futur soulève de façon encore plus cruciale le mystère de nos origines.Serions- 17 QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 nous venus de l'espace?Des références à des civilisations passées nous suggèrent des éléments de réponse à ces interrogations.Les anciens prêtaient à la terre un esprit et démontraient un très grand respect des forces naturelles.Les quelques exhibits de sites sacrés de l'antiquité et les reproductions de créations artistiques primitives permettent au visiteur de s'initier aux croyances ancestrales, dont certaines avaient des fondements scientifiques.Des objets étranges, mis au jour par les archéologues, tendent aussi à montrer que les vieilles civilisations, parmi les plus avancées, avaient atteint un degré de raffinement technologique qu'on commence à peine à soupçonner.Par les découvertes archéologiques, certaines énigmes appartenant encore au domaine du mysticisme, de la magie et de l'ésotérisme (croyances astrologiques, phénomènes paranormaux, expériences alchimiques, etc.) pourraient un jour recevoir le «sceau» de la science officielle.À travers ces excursions aux frontières du savoir, hors des limites de notre galaxie et à la lumière d'un lointain passé, se dessine une nouvelle vision du monde, globale et cosmique.Les distinctions traditionnelles entre matière et esprit, entre temps et espace, entre ordre et chaos, entre hasard et nécessité tombent une à une, sous les yeux du visiteur averti.Ainsi, on apprend que les structures et la croissance d'un cristal inerte ont beaucoup d'affinités avec la construction d'une molécule d'ADN.Des formes naturelles offrent d'étranges similitudes avec des figures animales et anthropomorphiques.D'exemple en exemple, l'intelligence de l'univers nous saisit! Toutes Humanoïde extraterrestre Le mystère est autant dans te passé que dans l'avenir.Combien d'énigmes nous ont en effet léguées les civilisations anciennes d'où nous vient cet objet étrange qui, croyez-le ou non, n'est rien d'autre qu'une calculatrice servant à mesurer ia position des astres ?Et en saurons-nous davantage demain sur ce petit homme venu d'autres planètes et dont ia vue troublera les plus incrédules?ces pages d'un monde insolite se sont enrichies cette année des manifestations omniprésentes de la vie intelligente de la cellule.Grâce à des exhibits significatifs et instructifs, les amateurs de biologie cheminent à travers les hypothèses encore fébrilement discutées entre scientifiques, allant des origines de la cellule vivante et des ancêtres préhistoriques de Yhomo sapiens, aux théories actuelles de l'évolution et aux lois fondamentales de l'écologie humaine.Des sujets aussi divers que la symbiose, la génétique, la biotechnologie et la chimie du cerveau ouvrent les portes de l'esprit curieux aux visages fascinants du «monde invisible», que nous ne savons pas toujours saisir.Chaque été, le pavillon «Un monde insolite» devient donc un musée saisonnier de la science où, dans une atmosphère de calme et de réflexion, les visiteurs accèdent aux vastes labyrinthes de la connaissance du monde intérieur et extérieur.La visite du pavillon est aussi une fête spirituelle et esthétique unique, inspirée des beautés cachées de la nature et de la matière.Même les scientifiques de carrière seront amenés, par cette aventure passionnante, à déborder le strict domaine de leur spécialisation.Plusieurs concepts bien ancrés pourraient même éclater au contact de provocations intellectuelles aussi stimulantes.Et pour occuper les enfants, si la visite devait se prolonger, pourquoi ne pas faire un saut au pavillon de l'UNESCO, où la scène de théâtre s'anime quotidiennement de divertissements scientifiques sur lethème de la magie de la chimie?Musée minéralogique et minier de la région de l'amiante Thetford Mines Ouvert de février à décembre, de 10 h à 12 h et de 13 h 30 à 17 h, du mardi au vendredi ; de 13 h à 17 h, le samedi et le dimanche Entrée: adultes 1 $ moins de 18 ans 50C Musée maritime de l’Islet-sur-Mer Ouvert de 9 h à 1 7 h, de novembre à avril; de 9 h à 18 h, en mai, juin, septembre, octobre; de 9 h à 21 h, en juillet et août Entrée: adultes 1 $ enfants 25 C famille 2,50$ Musée de l'électricité 440, chemin de Chambly Longueuil Ouvert toute l'année, tous les jours, sauf le lundi; en semaine, de 10 h à 12 h et de 13 h à 17 h ; samedi et dimanche, de 11 h à 17 h Entrée: adultes 1 $ enfants 50C Musée ferroviaire de Saint-Constant 122A, rue Saint-Pierre Saint-Constant (dir.La Prairie) Ouvert du 2 mai à la fête du Travail et en fin de semaine en septembre et octobre; en semaine, de 9 h 30 à 16 h 30; en fin de semaine, de 10 h 30 à 17 h 30 Entrée : adultes 3 $ étudiants 2 $ 5 à 12 ans 1,50 $ et réductions de groupes Musée régional des mines et des arts de Malartic 650, rue de la Paix Malartic Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h Entrée: adultes 2 $ troisième âge et enfants 1 $ famille 5 $ Musée d'histoire naturelle de Miguasha Miguasha Ouvert du 1er juin au 1er lundi de septembre, de 9 h à 18 h Entrée libre 8 Pi .^ w es amateurs de botanique sont choyés pour leurs activités estivales.Certains jardins connaissent déjà une grande notoriété.Ainsi, le Jardin botanique de Montréal, le troisième au monde pour sa grandeur, après ceux de Londres et de Berlin, accueille chaque année deux millions de visiteurs.Une trentaine de parcelles et neuf serres couvrent une superficie de 73 hectares, où poussent près de 20 000 espèces et variétés provenant des quatre coins du globe.Toujours à Montréal, pour ceux qui doivent rester en ville, il ne faudrait pas oublier les jardins floraux de Terre des Hommes, hérités des Floralies de l'an dernier.Dans la région de Québec, un autre jardin, beaucoup plus petit, situé sur les terrains de l'université Laval, constitue un îlot de verdure et de fleurs sur le campus universitaire.Les six hectares du jardin Van den Hende, du nom de l'horticulteur qui les a aménagés, abritent une collection unique de notre flore indigène, ainsi que des plantes adaptables aux conditions climatiques de l'Est du Québec.Mais il est un jardin qui, quoique considéré par plusieurs spécialistes en horticulture comme le plus beau de tout l'est du Canada, reste très peu connu des Québécois : le Parc de Métis aux portes de la Gaspésie.Curieusement, la vingtaine d'hectares de ce petit parc gaspésien a attiré l'attention de botanistes de plusieurs pays du monde; l'an dernier, certains d'entre eux ont profité de leur passage aux Floralies de Montréal pour se rendre à quelques centaines de kilomètres de là admirer ce qui est pour eux une exception dans le monde de la botanique.Les jardins du domaine Reford, du nom de ses anciens propriétaires, sont les seuls du genre à fleurir dans une région aussi nordique; les succès des cultures en étonnent plusieurs, compte tenu du climat rigoureux et juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE Un joyau floral ei J L'entrée des jardins marie avec bonheur le paysage nature! et le travail du jardinier, dans ce sentier bordé de plantes annuelles qui se découpent sur le fond sombre des arbres de la pauvreté proverbiale des sols de la région.La revue américaine A/orf/-culture a d'ailleurs consacré quelques pages de son numéro d'été 1979 à cette merveille de la nature «aidée par l'homme».L'idée et l'initiative de cette oeuvre horticole originale appartiennent à une dame remarquable, lady Elsie Reford.Débordant de chrysanthèmes, de marigolds et de pétunias, l'observatoire qui surplombe l'embouchure de la rivière Métis et le Saint-Laurent et d'où les anciens propriétaires du domaine entendaient le salut des transatlantiques de la compagnie Reford.Au début des années 20, cette vigoureuse maîtresse de maison, en bonne anglaise traditionnelle, transformait le territoire forestier hérité depuis peu de son oncle, en vaste domaine, réputé mondialement pour sa résidence luxueuse et ses magnifiques jardins.En 1 929, ellefut reçue membre de la Société royale d'horticulture de Londres, à cause de sa réalisation de jardins aussi splendides, dans un arrière-pays aussi perdu et aussi reculé du Québec.À partir de 1954, année où Mme Reford légua son domaine à son fils, les jardins furent plus ou moins laissés à l'abandon.En 1962, les jardiniers du gouvernement du Québec prenaient à leur charge le domaine, acquis par le ministère du Tourisme, l'année précédente.Au début, ces «successeurs» de lady Reford eurent à redécouvrir les plans originaux des aménagements sous la flore sauvage qui avait envahi le parc au cours des années.Puis, la conception des jardins fut légèrement modifiée pour faciliter l'accès aux visiteurs, de plus en plus nombreux: des allées plus larges, des m I Pi Hûci jWir » itliai QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 aspésie 19 le * La rocaille, où les plantes poussent sur un sol incliné, est le Heu de prédilection des espèces alpines comme les tagètes, le phlox simulate, l'œillet et le lis ponceaux solides et des indications techniques y furent installés.Enfin, d'année en année, de nouvelles créations florales viennent embellir le domaine, lui apportant encore plus de couleur et de variété.La plupart de ces ajouts sont effectués par des achats de plantes vivaces et annuelles, ou par des échanges avec d'autres jardins.Mais le nouveau «maître» du jardin, en poste depuis l'acquisition par l'État, cherche aussi à augmenter la part des plantes indigènes représentatives de la flore régionale: on devine les excursions saisonnières de récolte et les difficiles opérations de transplantation qui demande l'introduction des fougères de montagne, des arbustes de grèves et même des fleurs sauvages qui poussent en bordure des routes.Le résultat de ces efforts patients et soutenus est aujourd'hui fort apprécié des visiteurs.Près de 25 000 mètres carrés de jardins aménagés, dont plus de 3 000 mètres carrés en plates-bandes savamment cultivées; le tout harmonieusement blotti dans des sous-bois protégés, depuis des décennies, des intempéries et du vandalisme.Un ensemble ornemental extraordinaire, à l'intérieur duquel se marient doucement plantes indigènes et fleurs exotiques, dans un cadre forestier d'une richesse unique.Dès son entrée, le visiteur est gagné par la beauté d'un massif floral aux couleurs vives et joyeuses.Plus loin, des rocailles fleuries sur les rives d'un petit ruisseau serpentant entre les roches ajoutent au charme d'un sous-bois d'un vert tendre.Au fil de sentiers, courant à travers les rhododendrons et les pommetiers, le promeneur découvrira des gammes d'arrangements agréables à l'œil, mais aussi des jeux de parfums enivrants.L'accès à la Villa Reford, maintenant transformée en centre d'animation et d'artisanat, emprunte une «allée royale», pavée de pierres et bordée de plates-bandes luxuriantes.Tout au long de la promenade, l'atmosphère feutrée et humide du sous-bois envahit le flâneur.Les fruits appétissants des arbres stimulent son goût et son appétit.La danse des couleurs, des ombres et des lumières remplit son regard.Une petite pause, qui pourra s'accompagner d'un repas traditionnel, à l'intérieur de la grande résidence ou sur les vastes pelouses qui l'entourent, permet au marcheur de découvrir l'âme du domaine et sa belle histoire.Des artisans de la région font même revivre chaque été les pièces de la maison; les produits et les mets du pays des «Métissiens» n'ont évidemment pas été oubliés! Le botaniste amateur, aussi bien que l'horticulteur de profession, ne peuvent rester indifférents devant une telle réussite.Dans ces jardins du bout du monde, aménagés au cœur de la forêt de Grand-Métis, des plantes rares autrefois complètement absentes de la région ont été implantées et acclimatées.Des jardiniers fidèles, ceux du passé et ceux d'aujourd'hui, ont su, par leur travail minutieux et respectueux de la nature, intégrer harmonieusement à la forêt environnante les plus belles compositions horticoles.Pour l'actuel ministère du Loisir de la Chasse etde la Pêche, le Parcde Métis présente surtout un intérêt en tant qu'exemple d'ensemble ornemental; on peut regretter que la fonction pédagogique de tels aménagements ne soit pas plus développée.Malgré cela, les visiteurs curieux y trouveront une inspiration nouvelle pour leurs propres travaux domestiques d'horticulture.La beauté des plantes sauvages et leur agencement planifié surprennent; plusieurs variétés conviennent très bien à la décoration d'un parterre ou des abords d'une résidence.La décision de transplanter des fleurs indigènes, plutôt que de renouveler annuellement une provision de plantes exotiques, peut aussi représenter une économie substantielle dans les travaux d'embellissement.Mais attention, il ne faudrait pas se lancer à l'aveuglette dans la transplantation et causer ainsi, par négligence, la destruction d'espaces naturels.Les plantes sauvages ne se domestiquent pas facilement; elles ont des exigences de sol, de saison et de climat bien particulières.Un esprit d'observation rigoureux est essentiel pour réussir l'expérience.Le botaniste amateur désireux de se lancer dans l'aventure de l'«imitation» de la nature devrait d'abord s'astreindre à une longue et attentive initiation aux secrets des plantes indigènes.Les jardins de Métis constituent en ce sens un laboratoire de choix, en même temps qu'une bonne introduction à l'histoire et au patrimoine d'une région encore peu connue.? , , A r Tremplin vers le ciel es activités s'adressant aux amateurs d'astronomie sont très en vogue.L'Annuaire des loisirs scientifiques, publié chaque année par la Fédération québécoise du loisir scientifique (FOIS), répertorie une vingtaine de clubs ou de sociétés répartis dans autant de villes du Québec.Certains de ces groupes organisent régulièrement des soirées d'observation à l'intention du public.C'est là l'occasion d'excursions très intéressantes vers de petits observatoires, parfois installés à des fins pédagogiques par des institutions d'enseignement.Dans la région de Québec par exemple, le télescope du collège de Lévis est installé à Saint-Nérée de Bellechasse, celui de l'université Laval, à Saint-Elzéar de Beauce.Un peu partout au Québec, les adeptes de l'astronomie peuvent également participer à des stages d'initiation plus ou moins longs et à des sessions d'observation au télescope.Les plus mordus préféreront néanmoins prendre rendez-vous avec les étoiles à l'Observatoire astronomique du mont Mégantic, à une soixantaine de kilomètres à l'est de Sherbrooke.Situé à plus de 1 100 mètres d'altitude, sur un des sommets les plus LE TOURISME SCIENTIFIQUE POUR TOUS ! Trois excellents guides de la collection “Québec en nature” qui vous permettront de mieux profiter de vos séjours dans les régions suivantes : - Saguenay/Lac St-Jean - Québec - Gaspésie En vente au prix de $5.95, frais de poste inclus, au : Conseil de développement du loisir scientifique 1415 rue Jarry est, Montréal, Québec H2E 2Z7 Commandez des maintenant et.Bonnes vacances ! ADRESSE VILLE CODE POSTAL Faites-moi parvenir copie(s) de Saguenay/Lac St-Jean à $5.95 chacun copie(s) du Québec à $5.95 chacun.copie(s) de la Gaspésie à $5.95 chacun.Ci-joint un ?chèque ?mandat poste de $ QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 21 , élevés du Québec, l'Observatoire astronomique du Québec est ouvert depuis le printemps 1978 (Québec Science, juillet 1978).Il se place aujourd'hui parmi les grands observatoires du monde; la noirceur du ciel de nuit dans cette région, où on ne trouve que quelques petits villages, le classe aussi parmi les meilleurs sites d'observation.Loin des villes principales du Québec, et pour cette raison à l'abri des pollutions atmosphériques et des lumières urbaines, le mont Mégantic est au cœur d'une très belle région de l'Estrie, parsemée de nombreux lacs et à proximité de la chaîne des Appalaches.Au faîte de cette montagne isolée, le visiteur peut ainsi jouir d'une vue exceptionnelle en attendant l'aventure dans les profondeurs de la nuit.Une petite incursion technique dans la mécanique du télescope et de son abri a de quoi en étonner plusieurs.Le dôme, qui abrite les instruments, a 14 mètres de diamètre; sa forme en coupole se dessine très nettement dans le ciel et se voit de loin.À l'intérieur de cet abri de métal blanc, le groupe des instruments, c'est-à-dire le télescope et ses appareils connexes, constitue un ensemble impressionnant, pesant en tout 24 tonnes ! Cette lunette tournée vers le ciel permet de distinguer des astres dix millions de fois moins apparents que ceux que l'œil nu peut saisir.Un mécanisme complexe d'horlogerie permet de maintenir le télescope aligné sur l'astre-cible dans le ciel; À l'intérieur de la coupole, le télescope et ses appareils connexes constituent un ensemble impressionnant.U permet de distinguer des astres dix millions de fois moins apparents que ceux visibles à l'œil nu.— m un mouvement lent, pratiquement imperceptible, compense le déplacement du télescope par rapport aux astres, causé par la rotation de la Terre.Une salle de contrôle complète ce décor technologique, où pupitres de commandes électroniques et écrans de télévision viennent ajouter à l'atmosphère d'étrangeté qui entoure cet œil géant tourné vers le vide de l'espace.Propriété de l'Universitéde Montréal, l'Observatoire astronomique du Québec est géré conjointement avec Le théâtre des étoiles Au cœur de Montréal, et en plein jour, l'amateur d'astronomie peut assister au «spectacle de l'univers cosmique» confortablement installé dans un fauteuil I La scène de cette aventure quotidienne, où se succèdent planètes, nébuleuses, galaxies et constellations, est le gigantesque dôme-écran du Planétarium de Montréal.Dans cette reproduction visuelle très fidèle du ciel, des équipes d'astronomes, de spécialistes en exploration spatiale, d’ingénieurs et d'artistes ont su transcrire les mouvements des astres et les phénomènes cosmiques les plus variés.Sous les yeux des spectateurs, le Soleil, la Lune et les autres planètes se déplacent dans la voûte étoilée selon leur propre vitesse relative.En quelques minutes, grâce à la compression du temps, on assiste à des éclipses du Soleil ou de la Lune, à des pluies de météorites, à des courses d'étoiles filantes.Une multitude d'effets spéciaux ajoute à ces scènes déjà grandioses des notes spectaculaires: des nuages, des éclairs, des chutes de neige, des aurores boréales.Le Planétarium offre même le luxe d'un voyage spatial sans bouger de son fauteuil; le spectateur voit alors le ciel comme le voit un cosmonaute en orbite, sans oublier le panorama saisissant de l'horizon de la Terre, de la Lune et des planètes, avec leurs satellites ! L'œil magique qui recrée quotidiennement cet exploit est un instrument d'optique très complexe.Dominant le centre du théâtre de 400 places, le «planétaire» est composé de plus de 1 50 projecteurs principaux, doublés de 200 projecteurs auxiliaires, pour les effets spéciaux; un mécanisme d'horlogerie de grande précision actionne le tout.Les possibilités d'illustration du planétaire sont quasi illimitées.Les spectacles, modifiés tous les deux mois environ, développent certainsthèmes astronomiques d'actualité et s'attachent aux plus récentes découvertes.On peut donc faire plusieurs visites au Planétarium sans avoir à craindre les répétitions monotones.On découvrira chaque fois de nouveaux secrets.l'université Laval.La plus grande partie des heures d'observation est réservée aux recherches des astronomes de profession.Cependant, depuis l'an dernier, un programmée été mis sur pied pour accueillir les visiteurs et leur faire partager l'expérience de l'observation des étoiles.Ce programme, subventionné par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, comprend deux volets: l'un de jour, l'autre de nuit.Tous les jours, les locaux de l'observatoire sont ouverts au public; des guides aident même les visiteurs à s'y retrouver à travers les tubes, les miroirs, les caméras et les écrans, et leur en expliquent le fonctionnement.En plus, un diaporama d'une vingtaine de minutes introduit les visiteurs aux travaux effectués à l’aide du télescope et leur montre certaines images qu'ils pourraient éventuellement y voir.Mais le clou de la visite est sans aucun doute la séance d'observation des astres, possible sur réservation les samedis soir de l'été, quand le ciel est clair, évidemment.On a de bonnes chances de tomber sur une belle nuit, puisque la région du mont Mégantic est très avantagée sur ce point, avec ses 150 nuits claires par année.Le fait d'être installé sur un sommet élevé et isolé, «au-dessus des nuages», soustrait le dôme à certaines perturbations atmosphériques, telles que les brouillards au sol et les précipitations dispersées.Les malchanceux pourront toujours se consoler en admirant la vue panoramique unique, le long du trajet particulièrement accidenté qui mène au mont Mégantic.Et puis, en cas de rendez-vous manqué avec les étoiles, vous pouvez toujours vous rattraper par une visite au Théâtre des étoiles du planétarium de Montréal.?Pour en lire plus : Jean Vallières, Devenez astronome amateur, Québec Science Éditeur, Québec, 1 980 .22 Le dédale des LABYRINTHES De la mythologie à la souris-robot, un parcours sinueux par Danielle Ouellet «Le labyrinthe est à la fois le cosmos [.], l'homme [.], les entrailles de la Terre mère [.] et la voie.» Cette définition que nous propose Jill Purce, dans son W\ne La spirale mystique, traduit bien l'aura mystérieuse, pour ne pas dire mystique, qu'on a toujours prêtée au labyrinthe et dont la science contemporaine est en train de le dévêtir petit à petit.Pour l'homme primitif, le premier mystère, le premier labyrinthe fut sans doute le corps humain lui-même.À ses yeux, les intestins entremêlés d'une victime étaient la preuve que la forme du labyrinthe symbolisait l'origine de la matière vivante.Plus tard, c'est par l'intermédiaire de la mythologie grecque que nous découvrons le labyrinthe sous sa forme concrète.Virgile raconte, dans YÉnéide, comment Dédale, ayant quitté le petit royaume d'Athènes pour entrer au service de Minos, qui dirigeait alors la Crète de son palais de Cnossos, construisit pour lui le Le labyrinthe, avec en son centre le Minotaure, a souvent servi d'emblème.Comme dans de nombreuses illustrations anciennes, le Minotaure est ici représenté sous la forme d'un centaure.• "ni"' / 7 .* v j , Ssr fameux labyrinthe où fut enfermé le Minotaure, fils des amours adultères de la reine Pasiphaé et d'un taureau blanc.Par la suite, lorsque Minos apprit que Dédale avait également construit la couche qui avait servi aux ébats de sa femme, il le punit en l'enfermant, avec son fils Icare, à l'intérieur de son propre labyrinthe.C'est là que, faisant une fois de plus preuve d'ingéniosité.Dédale fabriqua, pour lui et son fils, des ailes de cire qui leur permirent de s'évader du labyrinthe.On connaît lasuite: Icare, n'écoutant pas les conseils de son père, vola trop près du soleil, qui fit fondre ses ailes, et il fut précipité dans la mer.Par la suite, le jeune héros grec, Thésée, voulant libérer Athènes du lourd tribut humain qu'elle devait verser annuellement à Minos, tua le Minotaure au cours d'un combat sanglant et réussit à échapper au labyrinthe grâce à Ariane, qui lui avait remis un fil à dérouler afin de l'aider à retrouver aisément la sortie.Tous ces héros de la mythologie grecque furent une source d'inspiration pour de nombreux poètes grecs et latins, dont Ovide et Plutarque, tandis que, plus près de nous, on les retrouve dans les oeuvres de Chaucer, Bruegel, Shakespeare, Goethe, Picasso, Matisse et Gide.DANS LE DÉDALE DE L'HISTOIRE Malgré cette célèbre histoire de Dédale, on n'a pas vraiment de preuve qu'il y ait eu un labyrinthe au palais de Cnossos.Tout ce qu'on a trouvé, ce sont quelques pièces de monnaie crétoises, sur lesquelles est illustrée l'histoire de Thésée tuant le Minotaure.Les premiers palais cré-tois qui semblent avoir été dotés d'un labyrinthe furent construits environ 2 000 ans av.J.-C.Cependant, le concept était connu bien avant, en juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE m Égypte.Dès 3400 av.J.-C., on trouve des tombes égyptiennes construites sur le principe des labyrinthes.Vers l'an 2000 av.J.-C., celles-ci sont devenues de plus en plus complexes, et Hérodote en a décrit qui pouvaient contenir jusqu'à 3 000 chambres.Il est donc permis de penser que c'est en visitant l'Égypte de cette époque qu'artistes et architectes crétcis trouvèrent leur inspiration.On a aussi retrouvé, en Grande-Bretagne et en Europe du Nord, des traces de labyrinthes qui remontent à 4 500 et 2 500 ans av.J.-C.Ailleurs, en Inde et en Chine, les labyrinthes h QUÉBEC SCIENCE / juillet 1 981 4-r 2311 '¦ 7,2 qu'on a retrouvés étaient construits à l'entrée des villes, où ils servaient de moyens de défense contre l'envahisseur, quand ce n'était pas pour exorciser les esprits maléfiques.Toutes ces découvertes semblent démontrer que l'idée du labyrinthe n'a pas une origine unique, mais qu'elle est née simultanément dans plusieurs régions du monde.Retracer les origines des labyrinthes, c'est aussi tenter de comprendre les motifs des gens qui les dessinaient sur le sable, les gravaient dans la pierre ou les édifiaient à l'aide d'arbustes ou de murs de pierre.Il semble qu'à seSTcîébuts, le labyrinthe ait toujours été associé à la mort.Ainsi, il aurait sans doute pour ancêtres les spirales que l'on retrouve gravées sur les pierres funéraires de nombreux pays, dont l'Irlande.La plupart des historiens s'entendent sur leur signification: spirales et labyrinthes seraient des représentations des mondes après la vie.La voie menant au centre de la spirale symbolise la mort, tandis que le chemin inverse représente une nouvelle naissance à la vie.Dans la mort, on retourne à la terre, la mère, de laquelle on renaîtra.— ! HZ On comprend à partir de cela pourquoi le labyrinthe était souvent présent dans les rites initiatiques de sectes religieuses ou mystiques.Ainsi, certaines populations exécutent encore aujourd'hui des «danses du labyrinthe», où hommes et femmes, reliés par une corde, décrivent des figures complexes, jusqu'à ce qu'ils soient entremêlés et tombent tous ensemble dans un trou creusé au centre.Un rappel certainement de rites plus anciens.Pendant tout le Moyen Âge, les murs et le sol de nombreuses cathédrales étaient décorés de dessins de 24 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE Le labyrinthe de gauche est simplement connexe: tous ses murs sont reliés entre eux : tandis que celui de droite, dont les murs sont détachés, est multi-connexe.On peut résoudre le premier par la méthode «de la main gauche», mais celle-ci ne s'applique pas pour les labyrinthes multi-connexes.Seule la méthode de Trémaux peut résoudre infailliblement n’importe quel type de labyrinthes.labyrinthes.Curieusement, cette coutume, très répandue en Europe occidentale, ne se retrouve pas en Angleterre, où existaient pourtant de célèbres labyrinthes comme celui de Woodstock, imaginé par Henri II pour éloigner sa maîtresse Rosamonde de sa femme, Éléonore d'Aquitaine.Par contre, on y plantait volontiers des arbres, formant un labyrinthe à l’extérieur de l'église.Le traverser constituait une partie du rituel religieux, et c'est une coutume qui s'est maintenue un peu partout en Angleterre jusqu'au 18e siècle.À la fin de la Renaissance, c'étaient les jardins en forme de labyrinthe qui étaient devenus très à la mode.Les plus populaires d'entre eux, où de nombreux touristes se sont amusés à se perdre, sont ceux du palais de Hampton Court, réalisés en 1680, sous le règne de Guillaume d'Orange.A LA CONQUÊTE DE L'AMÉRIQUE Aux États-Unis, le premier labyrinthe digne de ce nom fut construit, au début du 19e siècle, par une secte protestante allemande, les Harmonistes, d'où son nom: le labyrinthe Harmonie.Sa signification religieuse était la même que celle des labyrin- thes des églises du Moyen Âge: il symbolisait les chemins tortueux du péché et la difficulté de demeurer dans la bonne voie.Il fut restauré en 1 941, mais commeon avait perdu les plans originaux, cette restauration se fit selon des plans entièrement nouveaux.Plus près de nous, une version moderne du labyrinthe crétois a été réalisée au début des années 70 par l'artiste, sculpteur et écrivain anglais, Michael Ayrton (1921-1975).C'est après avoir lu une autobiographie fictive de Dédale, par Michael Ayrton, que le financier multimillionnaire américain, Armand G.Erpf, demanda à Ayrton de lui construire ce qui est maintenant le plus grand labyrinthe au monde, dans les montagnes Cat-skills, dans l'État de New York.Selon Ayrton, son œuvre est «le seul labyrinthe de pierre construit depuis le 4e ou le 5e siècle av.J.-C.» Tous ses passages totalisent une longueur de 500 mètres, avec des murs d'une hauteur variant de 1,80 à 2,50 mètres.Erpf décrit le labyrinthe comme une «expérience esthétique, un symbole dans un monde tellement envoûté par le rationalisme qu'il ne sait plus où il va».Pour lui, le labyrinthe est, en soi, une vérité spirituelle.Erpf n'a pas tout à fait tort lorsqu'il parle de la vision scientifique du monde qui caractérise notre époque.Il a fallu en effet attendre l'avènement du 20e siècle pourque les labyrinthes soient pour la première fois appelés à servir une autre cause que symbolique, mythologique ou mystique: la cause scientifique.LA TOPOLOGIE OU COMMENT BOIRE SON CAFÉ DANS UN BEIGNE D'un pointde vuestrictement mathématique, les labyrinthes constituent un beau problème de topologie.En effet, cette branche des mathématiques s'attachant à l'étude et à la classification des objets en fonction de leur forme, les labyrinthes sont tout indiqués pour susciter la curiosité et l'intérêt des topologistes.Un topologiste est quelqu'un qui ne fait aucune différence entre un bon beigne tout chaud et une tasse de café.Cela peut sembler aberrant, mais ce qui compte pour lui, c'estque le beigne et la tasse de café ont une caractéristique commune: ils possèdent tous les deux un seul trou ! De la même manière, une coquille d'œuf percée aux deux extrémités et une monture de lunettes appartiennent toutes deux à une autre famille topologique, celle des objets à deux trous! Même si cette «vision»du monde peut sembler à première vue assez farfelue, il n'en reste pas moins que la topologie est une branche importante des mathématiques.C'est donc fi fi ne dn sa de coi P3I toi te pe1 de de: ma ‘(in pot lab i W eni îlj ma (R iép )bc ,tei les, ten sao est dot fûi Cîû San » . QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 25 Le mathématicien britannique IV.W.Rouse Ball a construit ce labyrinthe dans son jardin.Pour parvenir à coup sûr au centre, marqué par un point noir, // suffit d'appliquer l'algorithme de Trémaux.dans cette optique que les mathématiciens se sont intéressés aux labyrinthes.Deux questions se posaient : d'une part, les labyrinthes appartiennent-ils tous à la même famille topologique et, d’autre part, existe-t-il une méthode universelle pour résoudre un labyrinthe?À la première de ces questions, la réponse est non.Les labyrinthes ne sont pas tous équivalents d'un point de vue topologique.En réalité, ils se séparent en deux types distincts.Certains labyrinthes, appelés «simplement connexes» ne contiennent pas de circuits indépendants dans leur configuration, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de murs détachés des autres: tous les murs se touchent.Par contre, d'autres labyrinthes, qu'on appelle «multi-connexes», sont formés de plusieurs murs séparés les uns des autres.Ainsi, si l'on avait une maquette de caoutchouc d'un labyrinthe simplement connexe, on ne pourrait pas obtenir en l'étirant un labyrinthe multi-connexe, à moins de couper des murs.C'est ce qui fait que l'on a deux familles distinctes de labyrinthes.UN GUIDE INFAILLIBLE À la deuxième question, à savoir s'il existe un procédé mécanique (un algorithme comme disent les mathématiciens) pour résoudre systématiquement tous les labyrinthes, la réponse est oui.Sur papier, on peut résoudre un labyrinthe facilement en rayant d'un trait toutes les allées qui aboutissent à un cul-de-sac, jusqu'à ce qu'il ne reste que les routes directes.Mais lorsque vous devez vous rendre au centre d'un labyrinthe sans en connaître le plan, le problème est différent.Dans le cas d'un labyrinthe simplement connexe, il existe une façon d'arriver sûrement au centre : il suffit de toucher de la main en entrant le mur du côté gauche (ou droit, selon le choix), et d'avancer en gardant la main sur le mur.Cette technique permet d'atteindre le centre d'un labyrinthe simplement connexe, mais pas nécessairement par le chemin le plus court.Par contre, dans le cas des labyrinthes multi-connexes, qui possèdent plusieurs réseaux de murs distincts, la «technique de la main gauche» ne sert à rien : le visiteur effectuera le trajet le plus long et se retrouvera à la sortie du labyrinthe sans avoir atteint le centre.La solution à ce problème, attribuée à un certain M.Trémaux, a été décrite pour la première fois, en 1882, par Édouard Lucas, dans son livre Récréations mathématiques-, elle permet d'arriver au centre de n'importe quel labyrinthe.Pour se servir de l'algorithmedeTrémaux, on procède de façon suivante : à mesure qu'on avance dans le labyrinthe, on trace une ligne sur un des murs, le droit par exemple.Lorsqu'on arrive à une intersection, on choisit une voie au hasard et on continue sa route en traçant toujours sa ligne du côté droit; si, en marchant le long d'une nouvelle voie, on revient à une intersection déjà visitée, ou à un cul-de-sac, on doit retourner sur ses pas; si on prend un chemin déjà parcouru (donc marqué sur la gauche), on continue et, arrivé à une intersection, on choisit un nouveau chemin ou, s'il 26 La partie restaurée de la ville de Williamsburg, en Virginie, comporte une centaine de jardins, dont ce labyrinthe qui date d'une quarantaine d'années.Ses haies de houx américain mesurent environ 300 mètres de long.n'y en a pas, un ancien qui n'est pas marqué des deux côtés.Cette «recette» conduit infailliblement au cœur de n'importe quel labyrinthe, mais pas forcément par le chemin le plus court ! Elle se traduit facilement en langage mathématique.PROFESSION: CONCEPTEUR DE LABYRINTHES Même si les mathématiques sont considérées par la plupart des gens comme une science assez rébarbative, il est souvent étonnant de constater que des non initiés sont considérés comme des maîtres dans certains domaines des mathématiques.Ainsi, de la même façon que le peintre Escher, qui ne connaissait rien aux mathématiques, suscitait l'admiration des mathématiciens pour sa maîtrise exceptionnelle de la notion de perspective dans ses œuvres, le jeune Anglais Greg Bright, surnommé en Angleterre The Maze-Man.étonne les topologistes par ses nombreux et très astucieux dessins de labyrinthes.Depuis sa plus tendre enfance.Bright s'est amusé à se perdre : «J'ai toujours aimé et recherché la sensation d'être perdu.» Depuis l'âge de six ans.Bright s'est amusé à dessiner des labyrinthes dont les solutions étaient de plus en plus complexes à mesure qu'il grandissait.À l'âge de 23 ans, il devenait officiellement labyrinthologiste de carrière avec la publication de Greg Bright's Maze Book, une collection de ses dessins.Une des réalisations les plus imposantes de Bright a été subventionnée par lord Weymouth : il s'agit d'un labyrinthe construit en trois dimensions et comprenant six ponts couverts.La construction de ce laby-tinthe à Longleat House, dans le Wiltshire, en Angleterre, a débuté en 1975 et devrait être terminée sous peu.Les plans de Bright sont beaucoup plus complexes que ceux du fameux labyrinthe du palais de Hampton Court.Il y utilise en effet une de ses inventions personnelles qu'il appelle le principe des «valves partielles».Celui-ci consiste à introduire juillet 981 / QUÉBEC SCIENCE •> s.V'- ¦I*-*-! ÆK: mm* -VA- V : dans le labyrinthe un système d'ouvertures où certains passages, ouverts dans un sens, sont bloqués dans l'autre.Ainsi, il est plus facile de joindre deux points dans une direction que dans le sens inverse.En dépit de son flair (certains disent même son génie) pour la topologie, Greg Bright est un drop-out ¦.il a quitté l'école à l'âge de 1 7 ans pour se consacrer à sa carrière personnelle, la conception de labyrinthes.Il a aujourd'hui 30 ans, et une de ses ambitions est de construire un labyrinthe de la vie ou de la mort: pour être à son idée, ce labyrinthe devra être construit au pôle Sud ou au pôle Nord à l'aide d'énormes blocs de glace, et celui ou celle qui s'y aventurerait devrait en trouver la solution très rapidement, sinon ce serait la mort.Après cela, on ne s'étonne plus que Bright considère les labyrinthes comme une aventure cosmique! LES RATS DE LABYRINTHES Pendant que les mathématiciens se torturent l'esprit à essayer de résoudre les énigmes posées par les labyrinthes, les psychologues préfèrent, pour leur part, s'en remettre à des petits rats de laboratoire.L'intérêt des psychologues pour les labyrinthes, quoique très différent de celui des mathématiciens, n'en est pas moins justifié par les résul- tats obtenus.Les psychologues qui étudient les mécanismes du processus de l'apprentissage chez les animaux s'intéressent à trois aspects principaux: les caractéristiques de la mémoire, le développement des processus de la connaissance et les stratégies employées par les prédateurs à la recherche de leur proie.Dans chacun de ces trois cas, l'utilisation des labyrinthes en laboratoire est tout indiquée.On peut même affirmer que les labyrinthes ont joué un rôle de premier plan dans le développement de la psychologie.Au début du 19e siècle, alors que la psychologie était une science naissante, les labyrinthes devenaient l'instrument privilégié pour étudier le comportement animal et même, dans plusieurs cas, le comportement humain.La plupart des premières descriptions du comportement animal ont été déduites de l’observation des réactions de cobayes dans des labyrinthes, et ces descriptions influencent encore aujourd’hui notre façon de penser.Les premiers labyrinthes de laboratoire utilisés par les psychologues étaient calqués sur le labyrinthe anglais de Hampton Court, dont les nombreux angles aigus et obtus avaient toutefois été remplacés par des angles de 90 degrés.Il s'agissait alors, pour l'animal observé, d'at- tei ta vei ré: b rei lin 'Oil ay qui rip QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 27 teindre le centre du labyrinthe où se trouvait sa nourriture.En 1901, Small introduisit une version modifiée du labyrinthe de Hampton Court, et ses travaux devinrent rapidement célèbres : l'un de ses résultats les plus connus est la constatation du caractère automatique des réactions de l'animal une fois sa leçon bien apprise.Plusieurs expériences confirmèrent ces observations, mais la plus cocasse est celle où l'on avait entraîné des rats à reconnaître, dès le premier essai, leur chemin jusqu'au centre du labyrinthe où se trouvait leur nourriture; un jour on plaça d'autre nourriture mais cette fois-ci dans un des corridors que les rats empruntaient pour se rendre au centre du labyrinthe.Il fallut répéter la nouvelle expérience au moins une dizaine de fois avant que les rats s'intéressent au premier monticule de nourriture, plutôt que de l'enjamber pour aller manger à l'endroit habituel.À la suite de cela, on a un peu boudé pendant un certain temps l'emploi du labyrintheen laboratoire; mais on y est revenu depuis quelques années.Grâce à l'emploi du labyrinthe, on a pu situer dans le cerveau le siège de l'orientation verticale ou horizontale.On a aussi montré que des petites doses d'amphétamines et de caféine injectées aux rats augmentaient la rapidité du processus de décision, tout en diminuant le nombre de mauvais choix.La vitesse d'apprentissage est de plus améliorée à la suite d'injections relativement faibles de cannabis, tandis qu'elle décroît rapidement à mesure qu'on augmente la dose.THÉSÉE: LA SOURIS-ROBOT Une nouvelle catégorie d'utilisateurs des labyrinthes est apparue depuis quelques années: les concepteurs d’ordinateurs.Certains d'entre eux s'intéressent en effet à la fabrication de machines qui, à l'instar des animaux, savent utiliser les connaissances acquises au cours d'expériences pour améliorer leur rendement ultérieur.L'ancêtre de ces robots est Thésée, la souris-robot, capable de retrouver son chemin dans un laby- Cette affiche des transports londoniens était accompagnée d'une comptine, où une institutrice à bout de patience met toute la classe dans l'autobus pour emmener ses élèves se perdre dans le labyrinthe de Hampton Court! rinthe.La «souris» commence par trouver une première fois son chemin dans un labyrinthe qui lui est inconnu.Celui-ci peut être simplement connexe ou multi-connexe, et la «souris» utilise, pour résoudre le problème, une variante de la solution élaborée par le mathématicien Trémaux.Lorsqu'elle a atteint une première fois le centre du labyrinthe, elle peut, grâce aux circuits de sa mémoire, retrouver son chemin vers la sortie, en n'empruntant aucune des voies qui aboutissent à un cul-de-sac.Une vraie souris met bien plus de temps à retenir le parcours.Cela s'explique par le fait que les tâtonnements de la vraie souris sont beaucoup plus aléatoires que celles d'une souris programmée et que, contrairement à celle d'une souris-robot, la mémoire d'une vraie souris n'est pas infaillible ! Une souris-robot relativement perfectionnée a été construite par Jaroslav A.Deutsch, de l'Université d'Oxford : elle peut utiliser ce qu'elle a appris dans un labyrinthe pour résoudre un labyrinthe différent, mais topologiquement équivalent.Toutes ces charmantes souris-robots sont les ancêtres de plusieurs de nos ordinateurs actuels dont, entre autres, les ordinateurs joueurs d'échecs! Ces machines qui savent apprendre peuvent éventuellement acquérir des pouvoirs importants et jouer un rôle majeur jusque dans la conquête de l'espace.En effet, au cours des longs voyages interplanétaires qui se dessinent à l'horizon et qui appartiennent de moins en moins au domaine de la science-fiction, les ordinateurs devront être en mesure d'utiliser les informations nouvelles obtenues en cours de mission, pour modifier au besoin le plan de vol.Labyrinthes et vols spatiaux.Nous voilà ramenés au mythe grec des temps anciens.Le labyrinthe du roi Minos ne fut-il pas construit par Dédale, celui-là même qui donna des ailes à l'homme et dont le fils Icare mourut pour avoir voulu s'approcher de trop près du soleil? 28 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE MUaE-VCTORIN super^Star, Marie-Victorin, c’est bien sûr la Flore, mais c’est aussi l’homme qui incarne l’éveil scientifique du Québec par Luc Chartrand La section des noms propres du Petit Larousse, édition 1980, comporte une nouvelle rubrique.«Marie-Vic-torin: (frère) [Conrad Kirouac], religieux et naturaliste canadien, né à Kinsey Falls (Québec) [ 1885-1944], fondateur du Jardin botanique de Montréal.» C’est bref.Mais c'est aussi, bêtement, la place la plus importante que «la gloire nationale des Canadiens français» peut espérer occuper parmi cette collection de «grands».Marie-Victorin ne sera jamais une célébrité qu'à l'échelle québécoise, même si ses contemporains l'ont souvent regardé comme un Einstein ou un Darwin.Mais il demeure quand même une célébrité.Au chapitre de la toponymie, il est bien leseul de nos scientifiques à rivaliser avec Jacques Cartier, Samuel de Champlain et la Sainte Vierge.Une île, deux lacs, une route nationale, un cegep, des pavillons universitaires, des écoles, des rues, des parcs portent aujourd'hui son nom.Il fut bien un chercheur, un pédagogue et un vulgarisateur remarquable, mais il y avait plus encore: il était devenu, dans un pays sans aucune tradition scientifique, la première vedette, le premier monstre sacré de la science! S'imposant brillamment au moment où la communautéscien-tifique nationale était en quête d'un leader, il devint vite, et de son vivant, une légende, voire l'objet d'un culte.Assez curieusement toutefois, il reste méconnu de la génération d'après-guerre.Peut-être en partie parce que son histoire ne fut jamais écrite autrement que pour en chanter les louanges et le proposer comme modèle à imiter.Or, depuis quelques années, les modèles ont la vie difficile.On a beaucoup écrit pour dire à quel point l'homme était bon, généreux et croyant, et avec quelle abnégation il se voua à la cause de la Science mais, en somme, bien peu pour analyser son rôle tant scientifique que social.Depuis quelques années cependant, les historiens ont commencé à l'entrevoir sous un jour nouveau.L'image qui en ressort est moins angélique, moins sanctifiante, mais elle demeure fascinante.On découvre un religieux québécois qui va réussir à résoudre après un long cheminement personnel la traditionnelle contradiction entre la doctrine catholique et le matérialisme des sciences naturelles.Ensuite apparaît le scientifique qui joue habilement la cart# politique, construit autour de la vie scientifique nationale un mouvement de masse et crée un véritable lobby des sciences auquel les politiciens seront forcés de tendre l'oreille.«Ce qui reste de plus remarquable chez Marie-Victorin, affirme Jean-Claude Guédon, professeur à l'Institut d'histoire et de socio-politique des sciences à Montréal, ce n'est pas tant son œuvre scientifique "personnelle que son rôle de créateur d'une vie et d'une communauté scientifiques.Sans être un «grand» chercheur, il fut tout de même un bon chercheur qui a posé sa pierre.Mais là où il devient intéressant, c'est lorsqu'on considère d'où il partait et ce qu'il a créé autour de lui.» Et il partait de loin.SUS AU DARWINISME! Conrad Kirouac prend l'habit religieux en 1901 et reçoit alors le nom sous lequel il sera connu par la suite.En 1903, une grave hémorragie pulmonaire le contraint au repos forcé et, pour meubler ses longues heures d'ennui, il commence à herboriser.À ce moment, la botanique québécoise n'est pas encore tout à fait sortie de sa préhistoire.L'abbé Léon Provancher, curé de Cap-Rouge, avait bien publié une Flore canadienne, en 1862, mais cet ouvrage demeurait une référence très discutable.Très vite aü cours de ses herborisations, le jeune Marie-Victorin saisit les limites du livre de Provancher.Il recourt alors aux travaux plus avancés de ses contemporains américains et devient bientôt un amateur-expert.En 1908, il publie son premier article : dans le Naturaliste canadien : «Additions à la flore d'Amérique».Vers la même époque, il décide de sortir de : son isolement en correspondant avec ; divers botanistes du Canada anglais : ainsi qu'avec Merrit L.Fernald, alors ; considéré comme la plus grande : autorité en Amérique du Nord dans ; le domaine de la systématique.À ce moment, de grands débats animent le milieu des sciences natu- j relies.Les naturalistes sont encore : très divisés sur la question des causes : de l'évolution.Marie-Victorin, on le : devine, se joint aux opposants de : Darwin.Il vit dans un'pays où le rejet i du darwinisme fut unanime au siècle précédent (voir Québec Science, février 1981).De plus, il est un religieux et on ne saurait s'attendre à le voir contester de prime abord la position traditionnelle des catholiques sur le sujet.En 1913, il publie un article au style pamphlétaire, Notes sur deux cas d’hybridisme naturel, où il tente de s'appuyer sur les travaux de Men-del en génétique pour décréter que «le darwinisme se trouve donc sapé i dans sa base même» et ne ménage aucun coup contre « la pacotille transformiste».Malgré la maladresse — la géné- I tique ne s'oppose en rien à la théorie j de l'évolution quoique, historique- QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 Illustration: Pierre Parent ment, d'autres que Marie-Victorin aient avancé cette thèse —, le jeune botaniste vient tout de même de reconnaître que les espèces ne sont pas immuables.Il cherche en fait, à démontrer qu'il ne saurait être question de transformation par voie de sélection naturelle.«Il ne peut plus être question, écrit-il, d'une transformation continue des formes organiques par la sélection ou le croisement des races ou variétés : c'est par brusques sauts que les nouvelles variétés paraissent se former.» LES GALAPAGOS DU SAINT-LAURENT Avec les années, Marie-Victorin est devenu un véritable botaniste expert.Avec son compagnon d'herborisation, le frère Rolland-Germain, il entreprend chaque été des voyages de cueillette.Pendant plusieurs saisons, les deux collaborateurs s'attarderont aux régions du golfe Saint-Laurent, réputées pour leur insularisme floristique.La flore de la région laurentienne se caractérise dans son ensemble par une unité qui ne se démentqu'en quelques sites très précis: les hauts plateaux de la Gaspésie, les îles-de-la-Madeleine, l'île d'Anticosti et les îles de Mingan.Ces régions sont, d'une certaine manière, les Galapagos du Saint-Laurent.Pour des raisons que le frère s'explique encore mal autour de 1920, elles regorgent d'espèces endémiques (qui ne se retrouvent nulle part ailleurs).Or, les endémiques posent un problème en biologie.Pourquoi des espèces géographiquement isolées présentent-elles des traits différents?Cette question, Charles Darwin s'y heurta devant les endémiques des Galapagos, et elle le conduisit sur la piste de l'évolution.Marie-Victorin et Rolland-Germain découvrent alors de nombreuses espèces endémiques parmi lesquelles certaines, comme le chardon de Mingan, soulèvent des interrogations majeures.Le chardon de Mingan qui, dans l'est de l'Amérique, ne se retrouve que dans deux ou trois stations de Minganie, présente une parenté évidente avec un chardon des montagnes rocheuses.L'explication appelle des hypothèses.Le frère retiendra plus tard celle voulant que les endémiques rencontrées soient les témoins d’une flore préglaciaire pancanadienne et que les reliques en question aient échappé à la glaciation du Wisconsin pour ensuite rester confinées à des zones restreintes, leur dispersion étant tenue en échec par la concurrence des espèces postglaciaires.Depuis leur isolement, ces espèces auraient légèrement dévié de leurs cousines des Rocheuses.Au moment où Marie-Victorin herborise dans ces régions du golfe, les réponses ne sont pas encore formulées de façon définitive.Mais il a déjà commencé à s'aventurer sur le terrain privilégié de son maître à penser, Fernald, soit la phytogéogra-phie ou l'étude de la répartition géographique des populations végétales.Une discipline encore neuve en Amérique et qui en appelle forcément au soutien de l'évolutionnisme.UN DOCTORAT POUR AUTODIDACTE En 1920, un événement capital vient précipiter sa carrière.L'Université de Montréal, tout juste affranchie de la tutelle de l'université Laval, fonde la première faculté des sciences au Canada français.Un problème se .30 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE La flore des îles de Min g an a captivé l'intérêt du frère Marie-Victorin par ses particularités.// y herborisa plusieurs saisons de suite dans les années 20.pose toutefois, il n'y a au Québec que bien peu de gens qualifiés poury enseigner.En fait, seul le directeur, le docteur Ernest Gendreau, possède un doctorat.en philosophie et théologie! Marie-Victorin à qui on a confié la chaire de botanique est un pur autodidacte.On se doit de le «doctorifier» rapidement.Il prépare une thèse sur les Filici-nées du Québec pendant l'été de 1920, thèse qui lui vaudra un doctorat avec «très grande distinction».«On peut se demander de qui il se distingue, souligne l'historien Raymond Duchesne, puisqu'il devient ainsi le premier docteur ès sciences canadien français.» (!) Les débuts du laboratoire de botanique sont difficiles à tous points de vue, mais Marie-Victorin y trouve son premier tremplin vers les hautes sphères de la science.Le frère, que ses collaborateurs disent modeste, affectionne quand même les titres, surtout lorsqu'il est question de s'adresser aux savants étrangers.Alors qu'il n'était que professeur au collège de Longueuil, il s'était fait imprimer, pour les besoins de la cause, du papier à en-tête à titre de «directeur du Laboratoire de botanique du Collège de Longueuil».Letitre comme le laboratoire étant tout à fait imaginaires.Cette fois, à partir de sa chaire universitaire, il pourra vraiment traiter sur un pied d'égalité avec les botanistes étrangers.«Il fut, rappelle Pierre Dansereau, écologiste et ancien élève du frère, un des premiers à sentir la nécessité de s'intégrer dans cette espèce de franc-maçonnerie que constitue la communauté scientifique internationale.» Toujours dans cette optique, il lance les Contributions du Laboratoire de Botanique qu’il expédie à travers le monde, jusqu'en URSS.Il signera à lui seul les 21 premières contributions, de 1922 à 1932.Bien que sa figure domine largement tout ce qui «sort» du laboratoire, il n'en a pas moins le mérite d'avoir monté une véritable équipe de Wm.recherche, en fait, la première au Canada français.LE MAÎTRE ET LE GUIDE Au moment où Marie-Victorin entre de plain-pied au cœur de la «vraie» communauté des sciences, un mouvement d'éveil scientifique se dessine au Québec.La décennie 1920 marque la fondation de la faculté des sciences à Montréal et celle de l'École supérieure de chimie à Laval.C'est aussi le moment de l'apparition des sociétés savantes, l'Institut scientifique franco-canadien et l'Association canadienne française pour l'avancement des sciences (ACFAS) dont le botaniste deviendra l'âme dirigeante.Toutefois, cette floraison nouvelle d'institutions ne suffit pas à garantir la survie du mouvement.Encore faut-il secouer l'inertie des pouvoirs publics qui n'ont guère l'habitude d'investir dans la science.Le mouvement finira par se transformer en croisade.Marie-Victorin va s'imposer à la fois comme leader et comme symbole de cette nouvelle tendance.Ce n'est pas tant par sa position-clé dans le monde de l’enseignement et de la recherche — en fait la botanique est encore victime d'un certain snobisme de la part des sciences «dures» — que le frère prend de l'importance.Son émergence tient à un ensemble de facteurs complexes parmi lesquels on ne saurait passer sous silence un charisme personnel indéniable.Pour ses élèves, il n'est pas un professeur, mais un «maître»; il n'a pas de collaborateurs, mais des «dis- ciples».Il engendre chez plusieurs de ceux qui le côtoient un véritable culte de la personnalité.Parmi les nombreux témoignages d'admiration qui lui furent consacrés, même de son vivant, celui de Georges Maheux, agronome, demeure un des plus saisissants: «Une trentaine d'agronomes, de forestiers, entendirent lesoir un nouveau sermon sur la montagne prononcé par le frère Marie-Victorin.Nous sortions de là enthousiasmés, rajeunis, éclairés comme Saul sur le chemin de Damas.Nous avions trouvé un maître, un chef, un guide! Le prédicateur du nouvel évangile de la Nature avait accompli un miracle: le miracle de la multiplication des énergies, de l'orientation des intelligences vers la science, des spécialistes vers la recherche.Nous étions sauvés! (.) 11 est notre maître à tous, maître aimé et admiré, maître vers qui monte dans une harmonie parfaite la reconnaissance de tous les naturalistes .du Canada français.» «Dès qu'on essaie de faire l'étude sérieuse de Marie-Victorin, observe Raymond Duchesne, on est un peu prisonnier de ce genre de témoignage.Quatre-vingt-dix-huit pour cent de ce qui s'est écrit sur lui constitue une œuvre de récupération.Le monde des sciences a besoin de héros et trouve le moyen de s'en fabriquer.Ces héros, une fois mis en place, servent à justifier le travail actuel des scientifiques, à rendre indiscutable son bien-fondé.» Bien sûr, on ne fabrique pas un héros à partir de rien.Au-delà d'une personnalité forte, Marie-Victorin I* (< I) ik ft i si is st » is de ti 1» I» (lî fii sei ïi K| lîs iio sé| flit QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 31 possède d'autres atouts.Il a un sens politique aigu et, surtout, un sens de la contestation véritable.La façon dont il résout la question de l’évolution en est le meilleur exemple.UN MANIFESTE SCIENTIFIQUE Depuis son attaque de 191 3 contre la «pacotille transformiste», il était resté silencieux sur cette problématique.Mais entre-temps, ses centres d'intérêt se sont élargis.Bien sûr, comme beaucoup de botanistes venus à la science via l'amateurisme, il demeure un collectionneur et un taxonomiste.Le frère ne néglige pas d'explorer d'autres avenues et finit par se plonger dans la génétique, l'écologie et surtout la phytogéographie.Dans ce dernier domaine, les exemples d'évolution des populations sont nombreux.Depuis l'étude des endémiques de Mingan, il a rencontré plusieurs cas intéressants.Alors qu'il est confronté à ces questions, le botaniste se passionne pour les écrits de l'aile progressiste des scientifiques catholiques.En France, Theillard de Chardin et l'abbé Breuil s'appliquent à réconcilier catholicisme et évolutionnisme.«Pendant les années 20, raconte Ernest Rouleau, un de ses anciens collaborateurs, il lira tous les articles qu’il pourra trouver sur le sujet et en discutera beaucoup.Ces influences seront décisives chez lui.» En 1929, il pubWe Le dynamisme dans la flore du Québec.Essai sur les forces d'évolution et d'élimination en oeuvre dans certaines populations végétales.«Les flores, écrit-il, comme les faunes, sont des unités dynamiques constamment en voie d'évolution.» Il vient de rompre la digue qui séparait les naturalistes d'ici du monde scientifique depuis le 19e En 1929.une expédition scientifique conduit Marie-Victorin jusqu'en Afrique du Sud.// a l'occasion de s'y lier d'amitié avec l'abbé Breuil et de rencontrer Pierre Teilhard de Chardin.On le voit ici dans le palais du sultan de Zanzibar.siècle.On ira jusqu'à parler d'un «manifeste scientifique».Son ouverture d'esprit face aux idées traditionnellement bannies de la pensée québécoise devient en quelque sorte sa marque de commerce.Dans un système scolaire dépourvu de passé scientifique, il va attaquer de front toutes les résistances traditionnelles envers les sciences de la nature, allant jusqu'à dénoncer les «idées médiévales face au Déluge» qu'on continue d’enseigner sans se soucier des contradictions géologiques.LE MAIRE DRAPEAU DES SCIENCES NATURELLES Malgré son rayonnement à l'intérieur du milieu scientifique, le Marie-Victorin du début des années 30 n'a pas encore atteint la notoriété publique.En fait, la «communauté» scientifique est plutôt divisée, et le groupe qu'anime le botaniste vit des heures sombres.Chacun des deux partis politiques provinciaux se ménagent des appuis chez les hommes de science et, sous le règne des libéraux de Taschereau, Marie-Victorin se trouve du mauvais côté de la clôture.D'une part, l'Institut scientifique franco-canadien dirigé par le biologiste Louis-Janvier Dalbis, ennemi personnel du frère, reçoit l'appui moral et financier du gouvernement et finit par occuper toute la place publique que tient le monde savant.D'autre part, l'ACFAS, qui compte déjà plus de dix années d'existence, se voit incapable de sortir de la pénombre avant la venue au pouvoir de l'Union nationale de Maurice Duplessis.Marie-Victorin atteindra le sommet de sa gloire en même temps que le député deTrois-Rivières et ce n'est pas par hasard.À partir de 1929, le frère commence à nourrir des ambitions grandioses pour la botanique québécoise; il devient un véritable maire Drapeau des sciences naturelles.Ses projets sont ambitieux et démesurément grands, compte tenu de la petite taille du pays et, surtout, de la crise économique.En 1930, il met en branle le processus qui conduira à la réalisation de son rêve le plus démesuré: doter Montréal d'un Jardin botanique qui puisse rivaliser avec ceux de Kew, de Paris ou de New York.Il est évident qu’il ne pourra réaliser une telle ambition sans appuis politiques.Une première ouverture se crée en 1932 lorsque son ami Camilien Houde accède à la mairie de Montréal.La ville lui consent 100 000 dollars pour la mise en chantier du Jardin.Mais ce n'est pas suffisant: Marie-Victorin rêve d'un jardin comparable aux plus prestigieux de la planète et il n'est pas du genre à reculer.C'est la crise, les fonds sont rares et il se trouve isolé du pouvoir.Une occasion unique se présente alors à lui, qui lui permettra de sortir de son isolement.Les Cercles de jeunes naturalistes (CJN), forme de scoutisme axé sur les sciences naturelles, viennent d'être lancés par un frère de Sainte-Croix, Adrien Rivard.Boudés dans un premier temps par Marie-Victorin qui hésite à perdre son temps dans les mouvements de vulgarisation, les cercles prennent quand même un essor phénoménal (voir Québec Science, mai 1981).Le botaniste comprend alors tout le parti qu'il peut en tirer et s'associe étroitement au mouvement, au point qu’on verra en lui le fondateur de l'organisation.Le frère se place ainsi à la tête d'un mouvement de masse unique au monde.Au faîte de leur activité, les CJN regrouperont 30 000 naturalistes pratiquants.Ils réalisent du même coup, remarque Jean-Claude Guédon, «l'encadrement de tout un segment de la population pour drainer vers le centre, c'est-à-dire vers Marie-Victorin, les découvertes plus ou moins fortuites que les jeunes naturalistes pourraient faire».VIVE LA BOTANIE ! Duplessis, qui saisit la popularité grandissante du frère, va se ménager son appui.Crise ou pas, le Jardin Le Jardin botanique de Montréal, qui fête cette année son 50e anniversaire, a acquis une réputation internationale, comme le souhaitait le frère Marie-Victorin.En 1938, on en était à la construction des cascades que l'on peut admirer à l’entrée principale du Jardin.botanique est subventionné et les CJN sont reconnus «d'intérêt public».Marie-Victorin et ses partisans lui sont reconnaissants et font ouvertement campagne pour l'Union nationale.L'un d'entre eux, Georges Préfontaine, se porte même candidat sous les couleurs de l'UN.«Duplessis, remarque Raymond Duchesne, n'a jamais aimé la science.Il ne s'y est jamais intéressé personnellement.Mais c'était un habile opportuniste.En tout cas, en 1936, c'était véritablement l'homme du progrès (.) Avec son équipe, il incarnait l'avenir et le renouveau par opposition au vieux gouvernement Taschereau corrompu jusqu'à la moelle.» Le ministre du Travail, William Tremblay, soutient personnellement le projet du Jardin botanique, d'autant plus qu'il sera érigé dans son propre comté.Il déclare à Marie-Victorin: «La botanie, j'suis ben en faveur de ça », et ouvre les cordons de la bourse sans regarder.Lorsque les libéraux reviendront au pouvoir en 1939, ils dénonceront ce «gaspillage», véritable éléphant blanc du temps et qui, aujourd'hui, se dresse ironiquement à côté du stade olympique.Godbout dira de ses prédécesseurs qu'ils ont «planté quelques fougères dans un jardin coûtant onze millions.» Quoiqu'il en soit, le botaniste a obtenu victoire.Il en connaîtra d'autres: transformation du laboratoire de botanique en Institut botanique, création d'un Institut de géologie, achèvement de sa titanesque Flore laurentienne, résurrection de l'ACFAS à la faveur du nouveau climat politique, etc.Il s'avère un animateur de la vie scientifique auquel on aurait du mal à trouver un équivalent.Ses discours débordent largement les sciences naturelles pour plaider en faveur de la science en général.Et, fait à souligner, il s'appuie sur un nationalisme ardent.Dans un discours présidentiel donné devant l'ACFAS en 1938, «La science et notre vie nationale», il déclare: «Il faut bien l'avouer, nous * T autres, Canadiens français, ne collaborons guère comme peuple au grand mouvement scientifique moderne», et il ajoute: «N'est-ce pas là l'attitude des peuples esclaves d'autrefois, des peuples inférieurs d'aujourd'hui ?» Mais l'élément-clé de l'argumentation esttoujours économique.«Nos problèmes économiques, et les problèmes économiques en général, sont avant tout des problèmes scientifiques.» La manœuvre est d'autant plus habile que l'œuvre personnelle du frère ne sera jamais très liée aux problèmes de l'économie.Le Jardin botanique constitue sans aucun doute un capital culturel important mais ses retombées industrielles sont plus que douteuses.Quant à l'utilité ne serait-ce que sociale de son œuvre floristique, elle ne fait que commencer à s'imposer aujourd'hui avec l'émergence des préoccupations écologiques.«Marie-Victorin, explique Jean-Claude Guédon, était assez habile pour savoir ajuster son discours en fonction de ce que les gens voulaient entendre et de façon à servir sa cause.» En somme, il faut voir en lui un opportuniste au sens flatteur du terme.SUR LA TRACE DE L'ATLANTIDE Miné par des problèmes pulmonaires jusqu'à la fin de ses jours, le botaniste passe les derniers hivers de sa vie à Cuba où il herborise en compagnie d'un autre membre de sa communauté, le frère Léon.Leurs observations sont compilées dans trois volumes intitulés Itinéraires botaniques dans File de Cuba.Marie-Victorin s'avance toujours de plus en plus loin sur le terrain de la phyto-gëographie, surpris par les affinités qu'il découvre entre la flore antillaise et celle de l'Afrique.Il finit par expliquer cette parenté par l'existence d'un ancien pont continental entre l'Afrique et l'Amérique, l'Atlantide! «On pensera certainement à l'hypothèse séduisante, à la réalité plutôt, d'une ancienne continuité africano-antillaise, d'une migration Atlanti-dienne.» Par la suite, l'hypothèse de l'Atlantide sera abandonnée au profit de la théorie de la dérive des continents, mais les affinités qu'il décrivit alors sont restées et témoignent d'un sens aigu de l'observation.«On peut dire sans exagérer, soutient Pierre Dan- | sereau, que la qualité de son observation était du même calibre que celle d'un Charles Darwin.» Marie-Victorin est mort en 1944 dans un accident d'auto, au retour d'un voyage d'herborisation.Un symbole était né.Le symbole d'une émancipation nationale passant à travers la culture scientifique.Ses biographes l'ont présenté comme ' l'incarnation du renouveau des sciences entre les deux guerres.Il fut certainement le meilleur propagandiste d'une nouvelle vision de la société québécoise.Ses interventions en faveur d'une ouverture du système scolaire aux réalités Jardin botanique de Montréal QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 33 * * * ¦iz&irs ^yy.â œ%?^ ¦ -^S tiàssg«Æ .scientifiques et d'une école moins figée dans un certain dogmatisme religieux en font un précurseur de la réforme scolaire qui viendra quinze ans après sa mort.Comme l'a justement souligné Jacques Rousseau, un de ses proches collaborateurs, «la réforme scolaire ne date pas, comme la création du monde, de 1960.En réalité, 1960 a commencé 30 ans Iplus tôt et Marie-Victorin, le père de l'Université moderne au Québec, en a été un des plus brillants initiateurs.En 1930, on semait, en 1960, on récoltait.» Il lui revient aussi le mérite d'avoir véritablement fondé une école de botanistes au sens le plus complet du terme.Pendant et après lui, l'Institut botanique de l'Université de Montréal a développé une activité de recherche vraiment multidirectionnelle orientée notamment vers la génétique, l'écologie, l'ethnobotanique, la mycologie, la phycologie (étude des algues), la paléobotanique et plusieurs autres sections de la botanique.La plupart de ces voies de recherche avaient déjà été introduites par le frère des écoles chrétiennes.Pierre Dansereau, pour sa part, refuse d'interpréter la gloire de son ancien professeur comme le simple résultat de son impact social.«Il n'aurait jamais pu jouer ce rôle d'animateur s'il n'avait eu derrière lui une compétence de chercheur hors du commun.Des animateurs des sciences, il y en avait beaucoup à cette époque, mais Marie-Victorin était le premier universitaire québécois à avoir imposé des idées qui eurent leur impact sur la science internationale.Sa répercussion passe bien sûr par l'école de Harvard et par Fernald, mais elle est là quand même.Son apport social n'a de poids que dans la mesure où il est lié à une œuvre personnelle remarquable.Il C'est un accident d'auto, au retour d'un voyage d'herborisation, qui mit fin aux jours du frère Marie-Victorin en 1944.Cette photo, où on te voit se promenant dans un jardin d'écoliers, est ia dernière que l'on ait de lui.ne faisait pas qu'alimenter des scouts avec ses idées.Il alimentait des chercheurs!» ?Pour en lire plus : Francine Descarries-Bélanger, Marcel Fournier et Louis Maheu, «Le frère Marie-Victorin et les «petites sciences»,» dans la revue Recherches sociographiques, vol.XX, n° 1, 1979 Raymond Duchesne, La Science et le pouvoir au Québec, Éditeur officiel du Québec, Québec, 1978 Jean-Claude Guédon, «Du bon usage de la vulgarisation: le cas de Marie-Victorin», article à être publié sous les auspices de l'Institut québécois de recherche sur la culture Robert Rumilly, Le frère Marie-Victorin et son temps.Frères des écoles chrétiennes Éditeurs, Montréal, 1949 Canada Visitez nos expositions itinérantes dans votre musée local, cherchez nos livres dans votre librairie préférée ou si vous avez des questions sur l’histoire naturelle, écrivez-nous! Venez nous voir quand vous serez dans la région de la capitale nationale.Ottawa Kl A 0M8 1 + Musées nationaux du Canada National Museums of Canada 34 h 'U'- fl » Un défi à relever: vaincre les virus sans nuire à l’homme par Jean Robin Au cours des années 30 et 40, le traitement des infections bactériennes a connu unevéritablerévolution.Avec la mise au point des sulfamides et la découverte des antibiotiques, on pouvait enfin guérir facilement et rapidement la plupart.Malheureusement, il n'en est pas de même des maladies causées par des virus.On attend toujours le médicament miracle qui agira de façon radicale sur ces micro-organismes, sans nuire à l’organisme humain.On n'est cependant pas totalement désarmé.Plusieurs vaccins existent déjà, qui permettent à l'organisme de se prémunir contre une attaque virale.Par ailleurs, on a mis au point quelques médicaments qui combattent les virus une fois qu'ils ont envahi un organisme.Mais on demeure aux prises avec un dilemme de taille: comment trouver le moyen de détruire le virus, sans tuer l'organisme qu'il parasite?Car la plupart des produits mis au point jusqu'ici ont un effet aussi nocif sur la cellule-hôte que sur le virus.Le virus est une entité biologique extrêmement simple, constituée d'un acide nucléique, ADN ou ARN, entouré d'une capside de nature protéique.On donne le nom de virion à cette structure.Une fois que ce virion a pénétré à l'intérieur d'une cellule, les enzymes sécrétées par cette dernière détruisent la capside, libérant ainsi l'acide nucléique viral.Celui-ci va alors se multiplier, donnant un grand nombre de copies de lui-même, en même temps qu'il va diriger la synthèse des protéines qui formeront de nouvelles capsides.Ces acides nucléiques et ces protéines vont ensuite s'assembler pour reconstituer de nouveaux virions.La cellule-hôte éclatera alors, libérant tous ces nouveaux virions qui, à leur tour.ri pénétreront dans d’autres cellules, s’y multiplieront, les feront éclater, et ainsi de suite.Guérir une maladie virale revient donc à empêcher le virus de se multiplier à l'intérieur des cellules et de les détruire.Le traitement visera à bloquer la synthèse de l'acide nucléique et des protéines viraux dans la cellule-hôte.L'objectif est clair, mais difficile à atteindre, car les synthèses d'acides nucléiques et de protéines ne sont pas spécifiques aux virus : les cellules-hôtes, dans le cadre même de leur fonctionnement normal, effectuent aussi de telles synthèses.Qui plus est, le virus utilise pour ses propres synthèses, les enzymes et la machinerie de la cellule-hôte.Par conséquent, on se trouve réduit, si on veut bloquer la multiplication des virus, à bloquer des activités similaires chez les cellules-hôtes, provoquant ainsi, inéluctablement, leur mort ainsi que celle de l'organisme qu'elles constituent.1 Cette boîte de Pétri contient des cellules infectées avec le virus de la vaccine.On y a aussi déposé un disque (A) imprégné d’une substance antivirale.Après trois jours, on colore les cellules avec du rouge neutre, un produit qui ne pénètre que dans les cellules vivantes, et on a photographié le résultat.On voit qu’au voisinage du disque les cellules sont vivantes puisqu'intensément colorées; elles ont donc été protégées contre le virus.Mais plus on s’éloigne du disque, moins les cellules sont colorées, indiquant ainsi que plusieurs sont mortes ou détruites.L'herpès, virus dont l'acide nucléique est un ADN, sera sensible à l'action de Hododéoxyuridine.Ce composé s'introduira dans son ADN au moment de sa réplication et conduira les synthèses subséquentes à une impassé.Sur cette photo, le virus est grossi 298 800 fois.Jean Robin QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 35 La solution ne serait-elle pas alors de détruire le virus avant qu'il ne pénètre dans la cellule?On ne peut y penser car, à l'extérieur de la cellule, le virion est complètement inerte, aucune réaction biochimique ne s'y produisant.De ce fait, les médicaments, dont l'action consiste à bloquer les réactions biochimiques, sont totalement inefficaces.La seule solution réside donc dans la mise au point de substances qui agiront dans la cellule en arrêtant la multiplication des virus, mais sans affecter de façon grave et irréversible le métabolisme cellulaire.UNE SÉLECTION SÉVÈRE On a déjà découvert un grand nombre de substances aux propriétés antivirales, mais seulement quatre d'entre elles peuvent être utilisées chez l'humain.Cesont l'amantadine, l'iododéoxyuridine, l'adénine-arabi-noside et la N-méthyl-isatine-/3-thio-semicarbazone.Le hasard a joué pour beaucoup dans la découverte des premières substances antivirales.C'est le cas, entre autres, de l'iododéoxyuridine, synthétisée par le docteur Prusoff, en 1 959, dans le cadre d'une recherche sur des produits anticancéreux, et dont l'action antivirale a été démontrée par le professeur Herrmann en 1 961.À l'heure actuelle, il en va tout autrement.Plusieurs grands laboratoires, tels Allergan, Parke-Davis ou Warner-Lambert, situés pour la plupart en République fédérale allemande et aux États-Unis, synthétisent de façon systématique de nouvelles substances et les essaient contre divers groupes de virus.Toute nouvelle substance qui s'est révélée antivirale doit par la suite subir une batterie de tests.On vérifie d'abord sur des tissus en culture si elle protège bien les cellules contre l'attaque d'un virus.Puis, on l'injecte à des animaux de laboratoire, qu'on expose en même temps au virus, pour s'assurer qu'elle fournira sur eux la même protection, mais sans avoir d'effet nocif sur l’organisme.Dans une étape ultérieure, on essayera prudemment ce médicament sur des volontaires humains et, s'il s'avère là encore efficace et non toxique pour le malade, on pourra, après une longue période d'essai en clinique, l'introduire dans la pharmacopée.Il s'agit là de l'étape la plus difficile à franchir, car on prend toujours un risque lorsqu'on extrapole les résultats observés sur l'animal à ceux qu'on escompte obtenir chez l'homme.Jusqu'à présent, seulement quatre produits ont passé avec succès ces différents tests, tandis que plusieurs dizaines d'autres, présentant des effets toxiques ou, à La grippe qui nous assaille tous un moment ou l'autre, c'est à ce petit virus à ARN.grossi ici 160 OOO fois qu'on la doit.tout le moins, déplaisants, ont été éliminés.METTRE DES BÂTONS DANS LES CYCLES VIRAUX Le premier de ces quatre médicaments, l'amantadine, agit au tout début du cycle viral.Le virus se fixe à la surface de la cellule, mais il ne va pas plus loin, ce composé bloquant sa pénétration dans la cellule.Son action ne s'exerce cependant que sur les virus de la grippe, ou influenza, et plus spécifiquement sur ceux de type A et C.Des études ont démontré que, chez des volontaires humains exposés au virus A2 de l'influenza, l'aman-tadine prévenait la grippe dans 70 pour cent des cas.Compte tenu du mécanisme d'action du composé, il est bien évident que celui-ci doit être ingéré avant ou, à la rigueur, immédiatement après l'exposition au virus.L'amantadine ne peut donc avoir qu'un rôle essentiellement préventif, par exemple, avant une épidémie.L'amantadine pourrait également agir sur d'autres virions que celui de la grippe, notamment le virus de la rubéole et le virus syncitial respiratoire.On ne l'a toutefois pas encore essayée en clinique, contre ces derniers.Le deuxième composé, l'iododé-oxyuridine (ou IUDR), agit pour sa part en trompant le virus.En effet, il a une structure très proche de celle de la thymine, une des quatre bases entrant dans la composition de l'ADN.Aussi, quand un virus à ADN effectue ses synthèses d'acide nucléique dans une cellule qui aura incorporé de l'iododéoxyuridine, ce composé prendra la place de la thymine dans l'ADN du virus.Les nouveaux virions contiendront ainsi un acide nucléique anormal.Lorsqu'ils infecteront des cellules voisines, leur acide nucléique sera incapable de diriger les synthèses nécessaires à la formation de nouveaux virions; ou alors il fonctionnera, mais provoquera une chaîne de réactions qui, tôt ou tard, aboutira à une impasse, empêchant la syn- 36 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE thèse de tout nouveau matériel biologique.Pour mieux visualiser le mécanisme d'action de cette substance, imaginons le cas d'un ouvrier daltonien, à qui on demanderait d'enfiler des perles rouges pour faire des colliers.Mais, par inadvertance, on a mêlé, à son lot de perles rouges, des perles vertes de même dimension et de même poids.Étant donné son défaut visuel, il ne se rendra pas compte qu'il fabrique des colliers comportant, par-ci, par-là, une perle verte.Et il pourra se passer plusieurs opérations, empaquetage, expédition, etc., avant qu'au bout de la ligne, le destinataire ne s'aperçoive de l'erreur et refuse la marchandise.Toutefois, l'IUDR n'agit pas seulement sur la synthèse de l'ADN du virus, mais aussi sur celle de l'ADN de la cellule-hôte, la bloquant, au prix de dommages considérables pour l'organisme.Pour cette raison, on n'utilise l'IUDR que de façon externe, sous forme d'onguent contre les atteintes cutanées du virus herpès simplex, ou sous forme de solution ophtalmique, contre les atteintes oculaires dues aux virus de l'herpès (kératite herpétique) ou de la vaccine.Sous ces formes, les seuls effets secondaires signalés sont l'œdème de la paupière ou des réactions de type allergique.La troisième substance, l'adénine-arabinoside, a été découverte à l'état naturel chez certaines éponges, par le docteur Bergmann en 1951.In vitro, elle est efficace contre beaucoup de virus à ADN comme l'herpès, le virus de la variole et celui de la varicelle.Bien que son mode d'action soit le même que celui de l'IUDR, elle semble malgré tout moins toxique pour l'organisme que ce dernier composé.Quant à l'isatine-jS-thiosemicar-bazone, elle a un effet puissant en culture de tissus et chez les animaux de laboratoire, contre les virus du groupe poxvirus.Elle inhibe la formation des protéines de la capside, empêchant ainsi, dans chaque cellule, LE PÉRIPLE D'UN VIRUS À L'INTÉRIEUR D'UNE CELLULE Adsorption L'amantadine bloque la pénétration du virus Le virion est enfermé dans une v« cuole La capside est déti reste l'acide Pénétration Reconstitutu n des virions [Acide nucléic ue + protéines) Synthèse des protéines de capside ite, seul cléique Acide nucléique viral (ADN ou ARN) La cellule éclate et les nouveaux virions sont libérés L'isatine-^-thiosemicarbazone inhibe la synthèse des protéines de la capside Réplicationiie l'acide nucléique viral L'IUDR prend la place de la thymine et fausse ainsi le code génétique du virus.L'adénine-arabino-side agit de façon similaire la constitution de nouveaux virions.Ce composé est utilisé dans le traitement de la gangrène causée par le virus de la vaccine.DES ARMES COMPLÉMENTAIRES Il a donc fallu des années d'efforts pour arriver à la mise au point de ces quatre substances, dont l'action, par ailleurs, est assez limitée.Par contre, dans le même laps de temps, de nombreux vaccins ont pu être créés.Est-ce à dire que les médicaments antiviraux ne sont pas promis à un grand développement?Pour répondre à cette question, il faut tenir compte de différents facteurs.D'une part, fabriquer un vaccin qui protégera contre un virus exige d'abord qu'on puisse cultiver ce virus en laboratoire.Or, tous les virus ne se prêtent pas à cette mise en culture.C'est le cas, entre autres, du virus responsable de l'hépatite.La chimiothérapie reste alors le seul recours.D'autre part, on ne peut envisager la vaccination quesi la maladie virale menace toute une population, par exemple contre la tuberculose et la poliomyélite.Certains virus, par contre, ne frappent que très rarement et de façon dispersée, comme dans le cas des maladies causées par les arbovirus.On doit à ce moment-là avoir recours à la chimiothérapie.De plus, chaque année, nos connaissances des mécanismes de répli- cation des virus se font plus précises.Les virologues sont ainsi de plus en plus en mesure d'élaborer des composés qui auront une action spécifique sur ces micro-organismes, sans affecter la cellule-hôte.Par exemple, on sait à présent que certains virus synthétisent eux-mêmes quelques-unes des enzymes qui leur serviront par la suite à la synthèse de leur acide nucléique, en plus des enzymes de la cellule-hôte.Si on arrive à trouver des composés qui inhiberont sélectivement ces enzymes viraux, on sera en mesure d'interrompre le cycle de ces virus, sans perturber le métabolisme cellulaire.Les perspectives de la chimiothérapie antivirale relèvent davantage de la recherche fondamentale portant sur les relations entre la structure et l'activité des médicaments que du tri non raisonné parmi toutes les molécules nouvellement découvertes.Établir de telles corrélations nécessitent un large éventail de connaissances scientifiques, allant de l'informatique à la virologie en passant par la physique, la chimie, la biochimie, la physiologie, la pharmacologie, etc.Ces connaissances ne peuvent être l'apanage d'un seul individu.Aussi, c'est sur la recherche pluridisciplinaire que l'on fonde actuellement de grands espoirs.?I 501 les Véj ml ter sol le; soi k toi lue nvi 1“' *8 iii eut I I «ifl (or (li s’ef dial «n déo (si «li si» mèi (di QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 37 Les h Cheminement des herbicides Dans l'environnement À la suite d'une application, les herbicides sont sujets à divers processus qui sont responsables de leur transport et de leur élimination.Le schéma ci-contre illustre les différents phénomènes qui peuvent survenir après un arrosage.Dans le milieu terrestre Au niveau de l'écosystème terrestre, les herbicides sont soit interceptés par la végétation, soit absorbés par les particules de sol.Ils peuvent aussi se déplacer vers les couches plus profondes du sol si les conditions pédologiques permettent une percolation significative de l'eau ou, encore, se déplacer latéralement si l'herbicide choisi est très soluble dans l'eau et s'il est appliqué très près du front d'eau.Dans l'atmosphère L'atmosphère peut être contaminée soit par volatilisation, soit par une dérive du brouillard lors de l'application.La contamination par volatilisation est quasi inexistante lorsque les herbicides utilisés ont une pression de vapeur inférieure à 10-6 mm Hg (mercure).Quant à la dérive du brouillard d'herbicide, on estime qu'elle peut entraîner, pendant l'arrosage, des pertes de l'ordre de 5 % tout au plus.Or, ce pourcentage peut être encore diminué si l'application est effectuée par temps calme et avec un équipement propre à réduire la formation de gouttelettes de faible diamètre.Dans les eaux de surface Différents facteurs conditionnent ou influencent le transport des herbicides du lieu d'application vers l'écosystème aquatique : les propriétés physicochimiques du produit lui-même (solubilité, persistance dans le sol), les conditions naturelles du milieu (topographie et nature du sol, densité du couvert végétal, volume et intensité des pluies, force et direction des vents) et les modalités d'usage (quantité utilisée, type de produit, équipement d'arrosage).La contamination des eaux de surface s'effectue principalement par l'intermédiaire des eaux de ruissellement ou, encore, par l'érosion.Mais des études ont démontré que cette forme de pollution est minime, à moins que des conditions extrêmes ne favorisent un ruissellement sur les lieux ou une érosion au moment même de l'application.Hydro-Québec e r b i Cheminement des phytocides dans l'environnement Atmosphère Application Gouttelettes Transformations atmosphériques Condensation Déposition volatilisation Photodécomposition Erosion Erosion Ecosystème terrestre Diffusion Ecosystème aquatique Dégradation Adsorption Diffusion Dégradation — biologique — chimique Adsorption Colloïdes Herbicides Infiltration Eau dans l'eau Impacts possibles 2.Sur le milieu terrestre La sélectivité plus ou moins grande de la destruction de la végétation par les herbicides résulte de l'interaction plantes-herbicides.Les herbicides changent le métabolisme des plantes mais, de leur côté, les plantes modifient la structure de l'herbicide.Une fois appliqué, l'herbicide est absorbé soit par les racines, soit par les tiges, soit par les feuilles de la plante.Il est subséquemment transporté vers les autres zones et généralement se concentre dans les parties aériennes de la plante.La vitesse à laquelle s'effectuent l'absorption et la translocation compte pour beaucoup dans l'efficacité de l'herbicide.La plupart des réactions des plantes sont enzymatiques : réactions d'oxydation, de synthèse, d'hydrolyse et de réduction.Souvent, ces réactions entraînent la disparition de la phytotoxicité de l'herbicide, c'est-à-dire de sa capacité à détruire les plantes.Les plantes non cibles peuvent être touchées par une dérive du brouillard d'herbicide et par des pertes dues à la c i d e s volatilisation ou au ruissellement.Toutefois, des normes strictes d'application et un choix rigoureux d'herbicides permettent de réduire ces pertes et, du même coup, les atteintes à la végétation voisine.2.Sur la faune terrestre Le contrôle chimique de la végétation peut affecter la faune terrestre directement, par toxicité aiguë, ou indirectement, en entraînant une perte d'abri et un changement de diète.3.Sur le milieu aquatique Le milieu aquatique peut être contaminé par les eaux de ruissellement, par l'érosion de particules de sol sur lesquelles des herbicides sont retenus, par déversement accidentel et par dispersion à la suite d'une application aérienne.Mais des études ont démontré que la contamination des eaux naturelles par les herbicides est très peu fréquente et, si le cas se présente, les concentrations sont très faibles.En outre, les normes d'aménagement et d'entretien d'Hydro-Québec prévoient le maintien des zones de verdure en bordure de tous les plans d'eau et des sources d'approvisionnement.Respect de l'environnement Dans son souci constant de protection de l'environnement, Hydro-Québec a établi des normes et des directives très rigoureuses pour l'entretien des emprises de ses lignes de transport.Des scientifiques de nombreuses disciplines étudient de près les caractéristiques de chaque herbicide, le climat, la flore, la faune, le milieu aquatique, les cultures vivrières de chaque région.Et c'est toujours avec la plus grande circonspection que les traitements sont appliqués.Les programmes d'entretien se poursuivent durant toute l'existence de la ligne, mais ils peuvent être ajustés aux changements du milieu.A titre d'exemple, une section d'emprise peut être soustraite à l'application d'herbicides si elle est mise en culture.Hydro-Québec oeuvre dans un environnement dont elle connaît bien le prix et elle emploie à en conserver l'équilibre la même rigueur scientifique que dans ses aménagements hydroélectriques.Publi-reportage Hydro-Québec Juillet 1981 (deuxième partie) juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE / juillet 1 981 39 BMOUE ENTÊTE Une incursion dans le monde troublant des phobies par Georgette Goupil «Non, je ne pourrai jamais, j'ai beaucoup trop peur!» C'est ce que j'ai répondu à un ami qui, ayant appris mon intention d'écrire un article sur les phobies, me suggéra de faire disparaître ma peur des serpents afin de raconter au lecteur comment le thérapeute s'y prend.et ce que ressent son client.Il est vrai que j'avais (et notez que j'emploie le passé) très peur des serpents et des couleuvres.Peur au point d'éviter, lorsque j'étais petite, d'approcher de trop près les statues de la Vierge écrasant la tête du reptile ou de ne pas trop m'arrêter sur les pages d'un volume avec des illustrations de serpents.Encore adulte, une rencontre fortuite avec une couleuvre me causait de fortes émotions.Mais celles-ci ne m'empêchaient tout de même pas d'aller en forêt; alors peut-on réellement parler de phobie?MAMAN, J'AI PEUR ! «Les phobies, dira Luc Granger, directeur du département de psychologie de l'Université de Montréal, se définissent comme un comportement de frayeur en face d'un objet, comme une crainte irraisonnée qui n'a pas de rapport avec l'objet en face de nous.Au sens clinique, on parle de phobie lorsque la peur empêche l'individu de faire des gestes normaux et que ceci perturbe une partie de sa vie.» Ainsi, on parle de phobie des ascenseurs lorsqu'une personne refuse systématiquement d'y monter et que cette crainte l'empêche, par exemple, d'occuper des emploisdans des bureaux situés aux étages supérieurs des immeubles.Mais, il est parfois délicat de trancher entre une peur «réelle» et le début de la phobie.Gilles Trudel, professeur à l'Université du Québec à Montréal, a particulièrement bien étudié le cas des phobies d'avion.«C'est bien difficile à définir.C'est en fin de compte les gens qui le définissent eux-mêmes.On peut parler de phobie à partir du moment où l'individu évite systématiquement d'aller en avion.Mais, il y a des gens qui y sont contraints et qui, une fois à bord, éprouvent une peur intense.» Gilles Trudel et Luc Granger utilisent, dans leurs traitements des phobies, les thérapies behaviorales.Ils mettent donc l'accentsur les comportements observables et mesurables, ainsi que sur les éléments qui contribuent à maintenir en place ces comportements phobiques.La psychanalyse considère la phobie sous un angle différent: «La phobie, selon Germain Lavoie, chef du service de psychologie de l'hôpital Louis-Hippo-lyte Lafontaine, est en quelque sorte une manière pour la personne d'exprimer quelque chose qui ne peut se dire autrement.» Germain Lavoie distingue aussi la peur de la phobie: cette dernière est irrationnelle, alors que la peur d'un ours devant soi serait par exemple tout à fait justifiée.«La phobie est complètement exagérée.Elle dit quelque chose au thérapeute.C'est un révélateur: elle nous dit que la personne souffre d'angoisse, qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans sa vie.Pour un thérapeute d'orientation dynamique, la phobie est vue comme quelque chose de déformé.On assume qu'il y a un problème sous-jacent à l'existence d'une phobie.» Phobie des avions, des serpents (ophidiophobie), des ascenseurs, de la noirceur (nyctophobie), des animaux (zoophobie), certaines phobies sont plus répandues que d'autres.On peut se demander à juste titre pourquoi certains objets ou certaines situations sont plus susceptibles que d'autres de devenir des objets de phobie.Yves Lamontagne, directeur du Centre de recherche psychiatrique de l'hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, dira qu'il y a aussi un facteur d'exposition à l'objet phobique.Ici, au Québec, il y a beaucoup de personnes qui ont peur des serpents.En Afrique, Yves Lamontagne dit avoir très peu observé ce genre de phobie.De la même manière, en Angleterre, la peur des chiens est très rare.Toutefois, Luc Granger avoue que le modèle behavioral ne répond pas entièrement à la question.On peut aussi avancer une autre hypothèse, selon laquelle le conditionnement aurait lieu parce que l'organisme est déjà prédisposé à réagir, la base due à l'apprentissage étant complétée par la constitution génétique de l’individu.Si beaucoup de personnes ont eu, comme moi, très peur des serpents, cette réaction est également fréquente chez les grands primates, pour qui les reptiles sont un ennemi naturel.La peur des grands espaces, l'agoraphobie, bien connue en thérapie, n'est pas, elle non plus, réservée à l'homme.Les rats aussi ont peur des vastes espaces, où ils deviennent plus vulnérables face à leurs prédateurs.DES COMPORTEMENTS ACQUIS Il y a aussi influence de nos normes culturelles dans ledéveloppementde nos peurs.«À une certaine époque, dira Germain Lavoie, pour être vraiment féminine, la femme devait avoir peur de quelque chose.L'homme occupait alors ainsi une position paternaliste et jouait un rôle dans la protection de la femme.» Les thérapies comportementales ou thérapies behavioristes (voir Québec Science, vol.14, n° 9) s'appuient sur les principes du conditionnement et de l'apprentissage.Plusieurs modèles peuvent expliquer le dévelop- SHv.\vX Illustration: Gaétan Laroche 40 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE ?'i ; £ ¦ pement des phobies.La première explication repose sur le conditionnement classique, superbement illustré par le cas, célèbre dans la littérature psychologique, du jeune Albert.Notons en passant qu'au point de vue déontologique, ce cas célèbre soulève des réserves, et que son déroulement n'est pas étranger à la mauvaise réputation qu'ont eue les behavioristes dans certains milieux.C'était en 1 920.Watson, le père du behaviorisme, fit réaliser un étrange apprentissage à Albert, un jeune enfant de 11 mois à peine: il lui apprit à avoir peur.Avant cette curieuse expérience, Albert ne manifestait pourtant aucune crainte envers les rats blancs: le chercheur considérait donc ce stimulus comme «neutre», par rapport à la réaction de peur.Par contre, un bruit violent déclenchait automatiquement des réactions de peur chez l'enfant.Pour conditionner l'enfant, Watson eut l'idée de faire suivre immédiatement la présentation du rongeur par un bruit violent.Après quelques pairages, la présentation de l'animal déclenchait à elle seule les réactions de peur.Mais le pairage seul explique-t-il cette peur des rats?On peut une fois de plus supposer l'existence de prédispositions physiologiques puisque, quelques années plus tard, en 1929, un autre chercheur, English, essaya en vain de reproduire le même conditionnement, avec des animaux en bois.La bête n'était peut-être pas aussi «neutre» que le bois! (U -C U O ro _i c ro :a5 ta C?c g ta JD L'explication par le conditionnement classique n'explique d'ailleurs qu'une partie des phobies.Un autre mécanisme fréquent, sans doute, entre en jeu: le renforcement de la phobie par l'évitement systématique.On note en effet que les personnes ont tendance à éviter systématiquement un objet associé une fois à une réaction de peur.Ces comportements d'évitement acquièrent ainsi, à la longue, une valeur «motivante», puisqu'à chaque évitement réussi, l'anxiété baisse et que la personne est en quelque sorte récompensée, soulagée.Par ce mécanisme, plus on évite l'objet de sa phobie, plus cette dernière s'installe et se consolide.Ce principe est bien connu par les moniteurs d'équitation: si un cavalier fait une chute de cheval, ils le forcent à remonter immédiatement en selle, de crainte qu'il ne renonce à tout jamais à l'équitation.Mais les phobies peuvent aussi s'apprendre.par imitation! Il n'est pas rare en effet que les parents communiquent leurs propres craintes, leurs propres peurs à leurs enfants.Enfin, certains comportements de peur apparaîtront ou disparaîtront en fonction des conséquences qu'ils suscitent.Un exemple: un jeune enfant voit un chien et se met à crier, ses parents accourent, le serrent dans leurs bras, le consolent, bref, lui donnent une attention fort réconfortante.L'enfant découvre ainsi des «bénéfices marginaux» très intéressants ! Pour obtenir toute cette atten- des animaux les plus inoffensifs sont souvent l'objet de phobies.On peut toujours contourner celle-ci par des comportements d'évitement, mais la phobie sera toujours là, de plus en plus solidement ancrée.tion, il peut alors apprendre à crier en présence des chiens, au point de se bâtir une véritable phobie.À toutes ces explications, s'ajoute le développement des phobies par manque d'habileté.Si on ne vous a jamais appris à passer des examens ou à parler en public, il est possible que vous évitiez et craigniez systématiquement ces situations.LE SERPENT APPRIVOISÉ Le thérapeute behavioriste doit donc initialement faire une analyse détail- ¦ lée de chaque situation.Les procès- • sus d'acquisition et de maintien peuvent varier, et il est même fréquent que les modèles précé- • demment énumérés se combinent: acquisition par conditionnement classique, puis renforcement par l'environnement social, par exemple.Parmi les traitements proposés, les plus connus sont la désensibilisation systématique et l'immersion.La désensibilisation systématique se déroule en plusieurs séances, et l'immersion généralement en une seule.Derrière ces deux modes de thérapie, une même constatation: il faut confronter, réellement ou en imagination, la personne avec l'objet de sa peur.Dès 1963, Wolpe avançait qu'un état de relaxation est incompatible avec l'anxiété.Dans la désensibilisation systématique, il suffit donc d'apprendre à la personne à se relaxer, puis de la confronter dans cet état avec l'objet de sa peur.La première phase de la thérapie inclut donc l'apprentissage de la relaxation et aussi la constitution d'une liste des situations génératrices de peur.Cette liste est ordonnée dans une hiérarchie allant des situations les moins anxiogènes aux situations les plus redoutées.Tout en maintenant : son client en état de relaxation, le thérapeute l'incite à faire face à des situations de plus en plus anxiogènes.Cette procédure est réalisée en imagination (in vitro) ou réellement : (in vivo).Des thérapeutes combinent aussi les deux méthodes.C'est ce lei i u' û, C:j sèi l8| V 'y de Ga, QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 41 Sympathique boa Après évaluation et discussion, Gilles Gaudette, psychologue à l'hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, choisit de faire disparaître ma peur des serpents par une thérapie qui se déroulera en une seule séance et où l'approche du boa se fera graduellement.Gilles Gaudette indique qu'il utilisera le «modelage»; à chaque étape, il me montrera comment m'y prendre.Mais avant le traitement, il faut établir un diagnostic précis de la phobie.Je passe un questionnaire: un inventaire des objets et des sentiments générateurs de peur.On me demande à quel degré (pas du tout, un peu, beaucoup, énormément) j'ai peur des aspirateurs, d'entrer dans une pièce où des personnes sont déjà assises, des insectes, des personnes laides ou malades, des odeurs de médicaments, des cimetières, d'être punie par Dieu, de laisser les portes de ma maison débarrées.En tout 149 points dont, bien sûr, les serpents inoffensifs.Conclusion de ce questionnaire : j'ai une seule phobie, celle des serpents.Les indices physiologiques, le pouls, les sueurs, sont aussi des révélateurs de la peur.Gilles Gaudette prend donc mon rythme cardiaque à chacune des étapes : en route vers le parc Angrignon, pendant la visite des quartiers d'hiver des animaux et à chacune des phases du traitement.Entre autres, mon rythme cardiaque augmente de 20 pulsations à la seule vue de deux boas derrière une vitre.Puis, nous nous retrouvons dans un local où le boa se repose dans une cage de verre.Ce boa constrictor a une longueur totale de 1,20 mètre.On nous recommande de ne pas trop le manipuler puisqu'il vient à peine d'avaler son déjeuner: six souris vivantes.Gilles Gaudette me donne d'abord des informations sur les serpents: ils ne sont pas sales, ni gluants comme je l'imaginais, ils ne mordent pas, leur langue ne pique pas et ne transmet pas de venin.Mais, pour les lecteurs que la chose intéresse, un serpent c'est froid! Puis Gilles Gaudette me demande de m'approcher le plus possible du serpent.C'est inutile, je ne peux y toucher.C'est alors que le traitement proprement dit commence.Je dois franchir une série d'étapes bien définies et hiérarchisées selon leur difficulté.À chacune de ces étapes, Gilles Gaudette me montre comment m'y prendre avec le serpent, me félicite et se retire graduellement lorsque je maîtrise le comportement.Voici les principales étapes que je dois franchir: — Approcher tout près de la cage et regarder le serpent; — Toucher la cage avec les deux mains et regarder le serpent; — Enlever le couvercle; — Toucher le serpent du bout des doigts durant une, trois, cinq secondes; — Toucher le serpent à main ouverte durant trois, cinq secondes; — Flatter le serpent avec une main durant trois, cinq secondes; — Flatter le serpent avec les deux mains durant trois, cinq secondes; — Relever lentement une main au milieu du corps du serpent et soulever un peu ; — Refermer lentement une main à trois pouces de la tête du serpent et soulever un peu ; — Refermer une main à trois pouces de la tête, l'autre au milieu du corps, soulever le serpent d'environ six pouces et le tenir ainsi; — Sortir le serpent de sa cage et le déposer sur la table.Suivent des étapes oùjedoisprendre le serpent sur moi et le caresser un peu comme je fais avec mon chat favori.Gilles Gaudette prolonge cette situation suffisamment longtemps pour que je m'y habitue, que j’avoue ne plus ressentir aucune crainte et que mon rythme cardiaque confirme mes dires.On note aussi que mes propos sur l'animal changent au fur et à mesure que se déroule la session: au début je n'hésite pas à caractériser notre boa de «hideux, d'anti-sympathique»; à la fin de la rencontre je le qualifie de «pas si laid et de quand même sympathique».Cette séance de thérapie aura duré en tout 55 minutes.J'ai encore du mal à le croire et je me demande où était le rationnel de ma peur.Je suis retournée cinquante jours plus tard au parc Angrignon revoir Nestor (ainsi avions-nous nommé ce boa); j'ai réussi immédiatement à le prendre.Essayez, vous verrez ! Nous remercions le personnel du parc Angrignon d'avoir aimablement consenti de nous accueillir dans leurs locaux et d'avoir mis un boa constrictor à notre disposition. 42 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE qu'a fait Gilles Trudel pour traiter un groupe de 56 personnes souffrant de la phobie des avions.Dans les premières séances, Gilles Trudel apprend la relaxation musculaire à ses clients.Au cours des séances suivantes, il propose aux personnes, en état de profonde relaxation, d'imaginer différentes scènes, toutes reliées aux voyages en avion.Ces séances sont accompagnées d'information sur le mode de fonctionnement des avions et la sécurité à bord, une partie de la phobie étant bien sûr entretenue par les catastrophes relatées par les media d'information.Les dernières rencontres se déroulent in vivo: les clients sont invités à se détendre dans un avion au sol, puis dans un vol réel.Deux ans après le traitement, 78,2 pour cent de ces personnes sont toujours capables de prendre l'avion.Néanmoins plusieurs d'entre elles éprouvent une certaine anxiété à bord.Dans la seconde méthode couramment employée en thérapie behaviorale, l'immersion, le client est placé en présence de l'objet de sa phobie jusqu'à ce que cette dernière disparaisse.Ces deux méthodes de thérapie sont souvent combinées à d'autres démarches: l'information donnée, le renforcement social (le thérapeute félicite et approuve à chaque étape réussie), le modeling (apprentissage par imitation du thérapeute).Gilles Gaudette, psychologue à l'hôpital Louis-Hippolyte Lafontaine, avait choisi, pour faire disparaître ma peur des serpents, de combiner plusieurs procédés : informations sur les serpents, approche graduelle de l'animal avec imitation du thérapeute.À chaque étape réussie, renforçateurs sociaux et passage à une étape plus difficile.Ces procédures, si elles paraissent simples, demandent beaucoup d'habileté de la part du thérapeute.«Il ne suffit pas d'avoir lu un rapport d'expérience, dira Gilles Gaudette, pour pouvoir réussir la thérapie d'une phobie.» Outre le fait de servir de modèle à chacune des étapes, le thérapeute doit s'assurer que le client ne fuit pas la situation, augmentant ainsi sa peur.La plupart des phobies banales, comme celle des serpents, sont bien circonscrites et en général faciles à traiter.«En général, dira Luc Granger, le modèle behavioral est réputé pour être efficace; on obtiendra environ de 80 à 85 pour cent de succès.» DES RACINES PLUS LOINTAINES Mais pour la psychanalyse, le problème des phobies semble se poser sous un tout autre angle.«Lorsque vous parlez d'efficacité, dit Germain Lavoie, vous me posez là une question typiquement nord-américaine! Je n'aurais pas tendance à poser la question de cette façon.Je pense que ça dépend de la nature de la demande que nous adresse la personne, de ce qu'elle cherche, de ce dont elle a besoin.Si vous parlez de phobies banales, de phobies communes, dans des cas comme ça, on peut parler d'efficacité.Parmi les techniques les plus efficaces, il y a les techniques comportementales; il y a aussi l'hypnose.Mais pour beaucoup de phobiques, la demande qui est adressée au thérapeute est beaucoup plus profonde, elle déborde le cadre de la simple phobie.» La phobie est une façon pour la personne de focaliser son angoisse et de l'empêcher de s'étendre, de toucher toutes sortes de situations.Si la phobie tire son origine des profon- deurs de la personne, l'environnement social joue également un grand rôle dans son développement: «Éventuellement, il y a une forme d'intendance dans le développement de la phobie, dit Germain Lavoie.Il y a souvent un autre individu qui prend en charge une partie de la vie de la personne phobique et qui fait certaines choses à sa place.» Pour la psychanalyse, tout peut devenir objet de phobie: l'étouffement, le cancer, le papier, les crayons, les murs.À mesure que l'on s'éloigne des phobies communes, le thérapeute est confronté avec des organisations psycho-pathologiques plus complexes.Si la personne a réellement une phobie très rare, elle aura souvent un potentiel créateur plus original.«La phobie unique nous indique nécessairement que le thérapeute rencontre un individu différent de tous les autres, et sa phobie nous renvoie à une organisation de sa vie psychique individuelle.Une phobie unique n'est généralement pas de celles dont on parle dans les salons.» Toute phobie qui se développe de manière incompréhensible renvoie à des peurs infantiles; toute phobie aurait le pouvoir d'évoquer des conflits d'enfance.Par le biais de la phobie, c'est une porte qui s'ouvre sur la vie psychique de la personne.Le thérapeute constate un conflit inconscient se traduisant par un symptôme qui, apparemment, n'a pas de sens.La psychanalyse et QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 43 «tas ; £((7 On peut, dans certaines situations, avoir peur en avion.Mais la phobie, elle, est irrationnelle et résiste à une évaluation réaliste de la situation.l'hypnose permettront souvent de mettre en évidence les ramifications du symptôme.Serait-ce donc que certaines phobies bien précises correspondraient à des conflits bien définis?La phobie des serpents, par exemple, correspondrait-elle comme certains le prétendent à des symboles phalliques?À cette question, Germain Lavoie répond que l'inconscient possède toutes les possibilités de combinaisons: «À partir de mon expérience, je ne suis pas partisan des écoles qui cherchent à donner des significations fixes à des phobies précises.Je laisse la porte ouverte à toutes les possibilités d'interprétation.Dans tous les cas de phobie rencontrés, la phobie remontait à une problématique enfant-mère-père.La phobie indique que la personne a des points conflictuels non résolus.» UN CONFLIT DÉGUISÉ Mais alors comment expliquer que certaines personnes développent des phobies à la suite d'incidents bien précis, par exemple après s'être fait mordre par un chien ?À cela, Germain Lavoie répond que ce ne sont pas tous les «mordus» qui développent une phobie, et qu'il faut faire la différence entre la simple peur et la phobie.«Pour qu'une phobie vienne se greffer sur un traumatisme réel, il faut que l'incident traumatique, du point de vue psycho-dynamique, ait évoqué des peurs anciennes, une angoisse qui est celle de l'enfance.Toute personne est obligée de renoncer à la position de l'enfant, du bébé dorloté.Tout individu doit faire le passage vers l'autonomie.L'existence signifie nécessairement un état de conflit, manifeste ou potentiel.Dans la phobie, au sens dynamique, le refoulement a échoué.C'est l'angoisse qu'on a voulu conjurer par le refoulement qui réapparaît, déplacée.Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas traiter utilement une phobie par des méthodes directes.Il y a des personnes pour qui la seule chose qui compte est de se débarrasser de leur phobie, de recouvrir l'angoisse et de la mettre de côté.Mais pour la psychanalyse, cette demande peut être largement dépassée : «Il y a certaines personnes chez qui les phobies prennent de plus en plus de place, des personnes qui se défendent jusqu'à la dernière limite contre le développement d'une psychose.» Pouvons-nous alors supposer que le traitement de la phobie entraînera l'apparition d'un autre symptôme?«Chez la personne équilibrée, dans la majorité des cas, il n'y aura pas de symptôme de remplacement.Avant, l'angoisse s'était cristallisée sur certains objets.Après le traitement, cette angoisse ne s'est pas envolée.Il y a conversion, transformation des ¦>.- modes de contrôle de l'angoisse.À l'origine, précise Germain Lavoie, les recherches dérivées du traitement behavioral des phobies ontdémontré que l'occurrence du symptôme de remplacement était beaucoup moins grande que ne le croyait les cliniciens de formation professionnelle.» Ainsi, même si à première vue les phobies apparaissent comme des phénomènes plutôt simples, aux manifestations évidentes, l'étude approfondie du problème révèle qu'elles font entrer en jeu les processus les plus complexes de la dynamique de la personne.?I* Environnement Environment Canada Canada Canada Les déchets?C’est encore utile Si vous connaissez un nouveau moyen de réduire, récupérer ou recycler les déchets, DRECT pourrait subventionner la mise au point et la démonstration du prototype Écrivez à ORECT Service de la protection de l’environnement Environnement Canada Ottawa, Ontario K1A1C8 44 Ibitageons nos « CONNAISSANCES » GRATUIT Recevez gratuitement l'index décennal de Québec Science, d'une valeur de 3,95 $.Il vous suffit pour cela d'être parmi les 2 500 premiers abonnés à nous faire parvenir le nom et l'adresse de trois de vos connaissances qui pourraient trouver autant d'intérêt que vous au magazine Québec Science.Qû u e o ÔQ vy y?Aujourd'hui, Québec Science vient faire appel à vos connaissances afin d'élargir la diffusion de l'actualité scientifique.Vos connaissances, ce sont des gens et des amis(es) que vous connaissez bien mais qui ne connaissent pas - ou peu - Québec Science.Si vous pressentez que ces personnes auraient avantage à connaître Québec Science, vous n'avez qu'à inscrire leurs noms et adresses sur la carte ci-jointe, et la poster.De notre côté, nous ferons parvenir à vos connaissances un numéro-spécimen du magazine ainsi qu'une offre d'abonnement; et ce, sans aucun engagement de leur part, ni de votre part.Merci de partager vos connaissances avec nous.QUÉBEC SCIENCE Si Cl «loi Depuis 20 ans, Québec Science partage ses connaissances avec vous.km uiu tipm ticili I «yen I ipe |pïéfi QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 Repenser l'automobile par Gilles Parent O i, comme nous l'avons vu le mois dernier, la nécessité de revaloriser le transport en commun s'impose d'elle-même, il demeure peu probable qu'un changement intermodal massif survienne à court terme, /'auto way of life a la vie dure en Amérique du Nord, d'autant plus qu'aux États-Unis, six travailleurs sur dix vivent de cette industrie.Cependant, malgré les contraintes de la «réalité automobile», on dispose de plusieurs moyens permettant d'améliorer /'efficacité des véhicules neufs et de mieux utiliser le parc automobile existant.Un de ceux-ci, le co-voiturage par voiture ou minibus, est en train de faire de plus en plus d'adeptes.On sait que le taux moyen d'occupation des voitures est de 1,4 à Montréal; en augmentant ce taux à 3,0, on réduirait de moitié le nombre de véhicules sur la route.Sur une période d'un an, pour un trajet aller-retour de 80 kilomètres, huit automobiles (18,8 HUE DE STE-FOÏ FEUX SYNCHRONISES _v m 45 litres/100 km), avec une moyenne de 1,4 personne par auto, vont consommer 29 000 litres d'essence tandis que la consommation d'un minibus (28,4 litres/100 km) de 11,2 passagers se chiffrera à 5 450 litres.En plus d'économies appréciables pour l'employé, l'employeur peut aussi y trouver son compte.L'aménagement d'un seul espace de stationnement coûte entre 400 $ et 600 $, à quoi // faut ajouter une vingtaine de dollars par année pour /'entretien, les taxes et l'enlèvement de la neige.Il n'est donc pas étonnant de voir certaines compagnies prendre l'initiative d'organiser de tels services.Un des programmes les plus avancés sur ce plan aux États-Unis est celui de T.V.A.(Tennessee Valley Authority), à Knoxville.La compagnie subventionne la caisse d'épargne des employés, qui possède 400 minibus de 11 passagers et 40 autobus de 60 passagers.Entre 1973 et 1977, on enregistrait une baisse de 50 pour cent du nombre de véhicules/ kilomètre, ce qui signifie 1 400 voitures de moins aux entrées et sorties de la ville chaque jour.La compagnie prétend même avoir économisé sept millions de dollars sur la réfection des voies d'accès à l'une de ses Installations.L'État de la Californie subventionne ce genre de service à raison de sept millions de dollars par année.On estime qu'un montant additionnel de 13 millions de dollars permettrait d'économiser annuellement l'équivalent de 25 millions de dollars d'essence.Par ailleurs, les exigences des consommateurs, ajoutées aux déboires de Chrysler et à /'augmentation des ventes des importés, ont eu raison des réticences des constructeurs américains à produire des voitures plus efficaces.D'une consommation moyenne d'environ 22 litres/100 km en 1974, on est passé à 10,2 litres/100 km en 1981.Si tout le monde a entendu parler des bienfaits d'une mise au point régulière et du gonflement suffisant des pneus, les économies associées aux habitudes de conduite sont moins connues.Un programme éducatif expérimenta! a été mis sur pied dans le comté de Santa Clara, en Californie.On y enseigne, à l'aide d'appareils de contrôle, des techniques de conduite qui permettent de diminuer de 10 à 20 pour cent la consommation de carburant.Des améliorations peuvent aussi être effectuées aux différents signaux de circulation.A Washington, une étude a démontré que la consommation des véhicules pouvait être réduite du quart, grâce principalement à une meilleure synchronisation des feux de circulation.On y apprend, qu'à 65 km/h, deux arrêts au 1,5 km augmentent la consommation d'essence de 56 pour cent, par rapport au même trajet sans arrêt, et qu'avec un seul feu, l'arrêt de mille voitures entraîne le gaspillage de 130 litres d'essence.Si on cherche à éviter les arrêts inutiles en ville, il faut penser à diminuer la vitesse limite sur les routes et autoroutes.À 120 km/h.la résistance de l'air est deux fois plus grande qu'à 97 km/h.La consommation d'essence, elle, augmente du quart.Pour vous donner une idée de l'impact possible de toutes ces mesures, mentionnons qu'une diminution de 20 pour cent de la consommation des voitures au Canada, sur une période de dix ans, permettrait des économies comparables à la production annuelle de deux usines de traitement de sables bitumineux de type Syncrude, qui requièrent des investissements de quatre milliards de dollars. lliiiii wwbPPPw1 w?v y un LAXISME INQUIETANT «.' 1> rjifaih dk~i Quatre ans après la découverte de fraudes grossières dans plusieurs centaines de tests effectués sur des pesticides par une compagnie américaine de l’Illinois, Industrial Biotest Laboratories (I.B.T.), le gouvernement fédéral canadien ainsi que plusieurs provinces s’apprêtent aujourd’hui à se doter de nouveaux moyens pour contrôler la sécurité de ces produits chimiques d’utilisation courante en agriculture.Cette étrange « affaire I.B.T.», qui commence à faire surface, met en évidence la faiblesse de tout le processus d’évaluation des risques que peuvent présenter ces pesticides, pour la santé humaine et l’environnement.Jusqu'à aujourd’hui, toute compagnie qui mettait au point un nouveau produit anti-parasitaire faisait faire des tests de sûreté et d’efficacité par un laboratoire de son choix.Celui-ci présentait les résultats au gouvernement, qui les évaluait et accordait éventuellement un permis de mise en marché.Au Canada, c’est le gouvernement fédéral qui délivre ces permis, tandis que les provinces se réservent le droit de réglementer l'utilisation de certains pesticides pour des applications particulières, telles que l’épandage en forêt ou dans les lacs.Au Québec, on est tenu, depuis décembre 1980, de présenter une étude d’impact et de demander un certificat d’autorisation pour tous les épandages aériens à des fins non agricoles, portant sur des surfaces supérieures à 600 hectares.Au niveau fédéral toutefois, les experts du ministère de l’Environnement et ceux de la Santé sont peu nombreux, et n’ont que très peu de contrôle sur les données que leur fournissent les compagnies.Ils ne disposent pas, entre autres, de suffisamment de laboratoires, pour refaire certaines expériences afin de les vérifier.Ils ont des masses de données à examiner: pour un seul pesticide, c’est plus de 60 tests de base qu’il faut effectuer, et cela seulement pour les aspects de sécurité, touchant les effets cancérigènes, mutagènes, tératogènes, etc.Les industries spécialisées calculent qu’il faut près de deux ans et plus d’un million de dollars pour passer chaque nouveau pesticide au crible de cette évaluation.II en résulte que les experts du gouvernement se fient presque aveuglément aux données de compagnies ou de laboratoires qui sont souvent des filiales d’entreprises chimiques.La fraude d’I.B.T.est scandaleuse et manifeste, mais ce n’est pas la première fois que des tests de laboratoires sont ainsi falsifiés.En 1977, la compagnie Velsicol, par exemple, a été condamnée devant un grand jury américain, pour avoir délibérément caché aux autorités que le chlordane s’était révélé cancérigène d'après ses études.On sait par ailleurs que, dans un domaine connexe, certains médicaments ont été retirés du marché après qu’on ait découvert des fraudes dans les études de laboratoire, ce qui, au passage, soulève un sérieux problème d’éthique dans certains milieux scientifiques.L’I.B.T., quant à elle, se présentait comme un gros laboratoire indépendant, un des plus importants aux Etats-Unis; mais il réalisait en fait les trois quarts de son chiffre d’affaires auprès d’une vingtaine de clients, des grosses compagnies fabriquant des pesticides.En 1977, une première enquête de l’Agence pour la protection de l’environnement, l’EPA, découvrait qu’l.B.T.avait délibérément falsifié les résultats d’un certain nombre d’études, soumis au gouvernement pour l’homologation de pesticides, et avait fourni, dans d’autres cas, des résultats truffés d’erreurs et d’inexactitudes.Il se pouvait en outre qu’au moins quatre fabricants aient été mis au courant de ce «problème», lors de la préparation des dossiers d’homologation.Aussitôt, le gouvernement américain, puis le gouvernement canadien, par un très discret communiqué du ministre de la Santé de l’époque, Marc Lalonde, annonçaient qu’ils réviseraient les tests de toxicité soumis par I.B.T.Dès le départ, la position d’Ottawa et de Washington a été de ne retirer du marché aucun des pesticides homologués, totalement ou en partie, grâce aux tests d’I.B.T., avant d’avoir réévalué les étu- juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE des.Il est évident que nombre de tests peuvent être non valides sans que cela affecte la sécurité du produit, s’ils sont jugés comme tels à cause de détails d’expérience, par exemple.Mais il est aussi évident que les erreurs ou les tricheries d’I.B.T.sur des tests-clé, comme ceux qui servent à mesurer les effets cancérigènes, peuvent cacher des risques graves pour la santé humaine, qui nécessiteraient un retrait immédiat du marché.Par ailleurs, la liste des pesticides rendus suspects à cause des agissements d’I.B.T.au Canada n’a pas été communiquée au public, ni même aux autorités provinciales, avant le 23 juin 1980, soit plus de trois ans après la découverte du scandale.Cette liste regroupait les noms de 97 pesticides, certains d’un usage très courant en agriculture.Le ministre Bégin annonçait qu’au 28 mars 1980, 405 études d’I.B.T.avaient été réexaminées, 157 déclarées w-/ides, 15 utilisables en partie et 233 non valides.«Il reste 410 études à examiner, et cela prendra un an», ajoutait-elle.Un an plus tard, on est loin du compte de Mme Bégin : ce sont 800 études, et non 410, qu’il reste à examiner.Et si 18 pesticides ont été déclarés sécuritaires sur la base de la révision entreprise, il en reste 79 encore suspects.et en vente partout.Dernièrement, le sous-ministre adjoint de Mme Bégin, le docteur Alex Morrison, se hasardait à prédire que l’enquête canadienne allait déclarer non valides les tests de 50 pesticides, qu’on exigerait des compagnies quelles refassent ces tests et que cela prendrait près de quatre ans, pour un coût de 100 millions de dollars.De leur côté, les provinces sont très embêtées par cette affaire.Après avoir arraché au gouvernement fédéral la liste des 97, la Saskatchewan tente depuis un an d’obtenir d’Ottawa les études d’I.B.T.Le Fédéral refuse obstinément, arguant que ces résultats appartiennent aux compagnies, qui auraient menacé de poursuivre quiconque les divulguerait.i i« sm# !(val 'tiw à g ¦sp.¦« s Mf' striai J Mais fcl « '(noir ran Pou Je léi tali 'ill) Cl api ittli# Mo ïons I Dites.'Ma fsire.- c.finie | ffsoi Wet, ®irs i W ttfisaj Ma Mi : Àlo, Mr Mer *4 Mei 'Mil s, K .P;f teruia en a™ - J011 ne!1 Au Québec, comme en Ontario et ailleurs, on suit de près la situation, mais on souligne que l’évaluation de ces produits relève bien de la responsabilité du gouvernement fédéral.Début mai, le Québec n’avait pas de position officielle sur le sujet.Le représentant québécois au sein du comité fédéral-provincial formé à ce sujet, M.Roland Saint-Jean, du ministère de l’Environnement, reconnaît qu’il s’agit d’« un très sérieux accident de parcours ».Mais il souligne aussi que le Québec n’a pas la capacité d’évaluation suffisante pour intervenir dans le dossier.« Recevoir les masses de données d’I.B.T., comme le réclame la Saskatchewan, ne nous servirait à rien», indique-t-il.Pour le responsable québécois du dossier, l’heure est venue de réviser tout le processus d’évaluation de la sûreté de ces produits chimiques.D’abord, au palier fédéral, « où, de façon réaliste, les tests doivent continuer à être effectués par les compagnies, mais sous un contrôle gouvernemental rigoureux».M.Saint-Jean parle alors d’un contrôle scientifique des expériences, portant sur la méthodologie et la validité des protocoles, ainsi que d’inspections régulières des laboratoires.«Mais aussi, souligne-t-il, il est temps que les provinces prennent leurs responsabilités ».Evoquant les premiers éléments d’une politique des pesticides que son ministère s’apprête à lancer, avec la mise sur pied de cours de formation pour les agriculteurs, il ajoute qu’il faudra aller plus loin.Le ministère envisage de limiter, par un système de permis obligatoires, l’utilisation et la vente des produits les plus dangereux, tels que le 2,4 D, par exemple.À long terme, il faut penser à former des toxicologues et à augmenter la capacité de contrôle des laboratoires gouvernementaux.En Ontario, le groupe Pollution Probe propose de lever une taxe spéciale sur les industries, pour financer ces laboratoires, et aussi de redonner un véritable rôle de chien de garde aux conseils consultatifs des pesticides, qui existent en Ontario et au Québec, mais sous une forme plutôt symbolique.« Il faut leur donner de la crédibilité, y faire participer, à parts égales, les groupes de pression comme l’industrie», suggère Roland Saint-Jean.Jean-Pierre Rogel POUR UN USAGE ÉCLAIRÉ À la suite d’une récente enquête auprès de 263 agriculteurs du Québec, le ministère de l’Environnement s’apprête à mettre sur pied un cours de formation obligatoire sur l’utilisation des pesticides.Cette formation s’adressera principalement aux agriculteurs, qui utilisent plus de 80 pour cent des 2,7 millions de kilogrammes de pesticides vendus chaque année au Québec, sous 3 500 dénominations commerciales différentes.Cette enquête, effectuée par une firme montréalaise pour le compte du ministère, nous apprend que 70 pour cent des agriculteurs interrogés ignorent le mode d’emploi de ces produits chimiques et leurs effets.Plus de 80 pour cent des répondants ne possèdent aucun équipement de protection.Aussi, 37 pour cent de l’ensemble souffrent de maux de tête, de nausées, d’irritations ou de difficultés de coordination.Ces malaises, ressentis assez fortement, sont considérés, dans 40 pour cent des cas, comme une conséquence normale de l’usage des pesficides.Quelques répondants rapportent, sans toutefois en spécifier les causes, des cas de bêtes malades ou mortes et de récoltes brûlées.Par ailleurs, près du tiers d’entre eux, ne tenant aucun registre, n’ont qu’une vague idée de la quantité de pesticides qu’ils déversent annuellement sur leur terre.Autre aveu surprenant, plus du quart des répondants se débarrassent des résidus d’une façon inadéquate.En effet, ils affirment les verser dans un fossé, dans un champ non cultivé, dans les égouts ou simplement par terre.Enfin, 71 pour cent des répondants reconnaissent la nécessité de recevoir une formation appropriée à l’utilisa- tion des pesticides.L’action éducative du ministère va donc aux devants de leurs souhaits et vise une utilisation plus rationnelle de ces armes utiles pour l’agriculture, mais perfides pour la santé et l’environnement.Diana Trudal Appel de candidatures mixtes Anr>é« international* des personnes handicapées / 1981 V International Year of Disabled Persons SPECIALISTE DE LA NUTRITION ANIMALE Traitement: $21 445 — $39 889 N° de réf.: 81-NCRSO-AGR-3 Agriculture Canada Recherche Ottawa (Ontario) L'Institut de recherches zootechniques d'Agriculture Canada a besoin d'un scientifique pour diriger un programme de recherche concernant la nutrition animale.Le candidat reçu sera appelé à participer à divers aspects de la recherche sur la productivité animale et la toxicologie.Conditions de candidature Doctorat en nutrition animale ou grade inférieur assorti d'une expérience de la recherche et de travaux en pharmacologie ou en toxicologie, équivalents au doctorat.Expérience liée aux exigences du poste.La connaissance du français est essentielle.N° d'autorisation: 311-090-109 De plus amples informations sont disponibles en écrivant à l'adresse suivante: Job information is available in English and may be obtained by writing to the address below: Comment se porter candidat Envoyez votre demande d'emploi ou votre curriculum vitae à: Brian Beyer Bureau de dotation de la région de la capitale nationale Commission de la fonction publique du Canada 300 avenue Laurier ouest Ottawa (Ontario) K1A0M7 (613) 593-5331 Date limite: le 31 juillet 1 981 Prière de toujours rappeler le numéro de référence approprié.Canada PLUIES ACIDES LE DIAGNOSTIC SE PRÉCISE Le moins qu’on puisse dire des premières données québécoises sur le problème des pluies acides, c’est qu’elles ne causent pas de grandes surprises.On «savait» déjà depuis un bon moment que les lacs du Québec étaient engagés dans une détérioration imputable aux précipitations acides ; les différentes études faites sur les lacs ontariens du Bouclier canadien concluaient toutes à l’acidification fatale.Par extrapolation, il était facile d’avancer que ceux du Québec étaient aussi atteints.Et on ne s'était pas trompé.Une première compilation des données recueillies dans 1 333 lacs du territoire québécois vient d’être publiée par le Service de la qualité des eaux du ministère de l’Environnement, sous le titre de Contribution à l’étude de la vulnérabilité des eaux lacustres québécoises face à Vacidification des précipitations.Il en ressort que 40 pour cent des lacs du Bouclier canadien sont actuellement en phase de «transition entre la normalité et l’acidification», et que dix pour cent sont déjà à classer comme acidifiés ! 1er au 3 novembre 1981 Hôtel Régence Hyatt Montréal .’AVENIR DU FRANÇAIS DANS LES PUBLICATIONS ET LES COMMUNICATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES Le Conseil de la langue française, en collaboration avec les plus hautes instances des pays membres de la francophonie et des institutions francophones, organise un colloque sur l’avenir du français dans les périodiques scientifiques et techniques et dans les communications orales et écrites présentées lors de congrès ou de colloques.L’objectif: procéder à une étude du phénomène de l’utilisation croissante de l’anglais dans l’information scientifique et technique par les scientifiques francophones et rechercher les mesures susceptibles d’infléchir les tendances observées.Le programme comprend des conférences, des tables rondes, des études de cas et des rencontres par groupes d’intérêts.Il sera ainsi possible de mieux connaître l’ensemble du phénomène à l’étude.En s’inscrivant avant le 15 septembre 1981, on recevra le programme détaillé du colloque et une documentation sur la situation du français dans l’information scientifique et technique internationale.Pour information : (418) 643-2740 Andrée LeMay ou Michel Amyot Conseil de la langue française 800, place d’Youville QUÉBEC (Québec) G1R3P4 PREINSCRIPTION (à l’attention d’Andrée LeMay) NOM ADRESSE _TEL.: FONCTION ORGANISME, ASSOCIATION, ENTREPRISE Ces chiffres, quoiqu’inquié-tants, étaient prévisibles, note M.Lévis Talbot, un des auteurs du rapport.«Il était clair, compte tenu de notre position géographique, que le Québec n’était pas le secteur le moins touché par le problème, sauf peut-être au niveau de la conscience des gens ! » Les seules régions laissées pour compte par l’étude sont celles de la Beauce et des Can-tons-de-l’Est.Cette lacune s’explique par le fait que les données analysées par le ministère de l’Environnement avaient préalablement été recueillies à de toutes autres fins par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche.La cueillette du MLCP avait été effectuée seulement dans les régions éloignées des centres urbains et soumises à une pression importante de pêche sportive.Selon M.Talbot, le fait que ces deux régions soient absentes de l’étude ne pose pas un problème majeur, car même si l’on y rencontre de fortes précipitations acides, les lacs y sont beaucoup moins sensibles que dans le Nord.Les premières données étudiées ont été celles de la conductivité des eaux, un paramètre indicateur de la capacité tampon des lacs, de leur résistance potentielle à un ajout d’acide.Les eaux de la région précambrienne du Québec, confirme l’étude, présentent une très faible conductivité, caractéristique des lacs faiblement minéralisés donc, plus vulnérables.64 pour cent des lacs étudiés présentent une conductivité inférieure à 30 micro-Simons par centimètre, le seuil critique généralement reconnu, au-dessous duquel les plans d’eau sont considérés comme extrêmement sensibles.Lorsqu’on exclut de ces données les lacs de la région appalachienne, qui sont, eux, plus minéralisés, on constate que la presque totalité des lacs du Bouclier canadien se rangent dans la catégorie dite de « sensibilité extrême».Dans certains cas, l’indice de conductivité se situe en deçà de 20/tS/cm! Les lacs en question, note le rapport, «présentent un degré de minéralisation équivalent à celui des lacs du sud de la Norvège qui n’ont pu contrer les effets des précipitations acides.» On sait en effet que plusieurs centaines de lacs des pays Scandinaves ont été irrémédiablement perturbés par les précipitations acides, depuis quelques décennies.Mais c’est au chapitre du degré absolu d’acidification que les données donnent le plus à réfléchir.Ce degré s’exprime par le pH, c’est-à-dire la concentration en ions d’H+ dans l’«eau».Plus le pH est faible, plus une solution est acide.Pour donner quelques points de repère, mentionnons qu’un pH de 7 correspond à une solution neutre, que la pluie normale, c’est-à-dire légèrement acide, a un pH de 5,6, tandis que le vinaigre se classe à 2,2.Généralement, les pluies acides ont un indice variant de 4,0 à 5,5.On en a cependant déjà enregistré à 2,4, presque du vinaigre! L’échantillonnage du ministère de l'Environnement indique que 60 pour cent des lacs examinés présentent un pH inférieur à 6,0, chiffre considéré comme indicateur d’un «potentiel d’acidification», alors que 28 pour cent ont un pH inférieur à 5,5 et se rangent donc dans la catégorie des lacs «en voie d’acidification».Comme pour le paramètre précédent, si l’on considère les seuls lacs du Bouclier canadien, on se retrouve avec 40 pour cent des lacs engagés dans le processus.La région la plus touchée serait celle du Nord-Ouest, avec un pH moyen de 5,3 — quoique dans ce cas, le nombre d’échantillons est faible (29) —, suivie de la Mauricie, avec un pH moyen de 5,6 (459 échantillons), puis du Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord, avec chacune 5,8.Ces données, inquiétantes a priori, présentent quelques points faibles qui empêchent d’en tirer de trop grandes conclusions.D’abord, pour chacun des lacs étudiés, il s'agit d'un instantané qui ne tient pas compte des variations dans le temps.En l’absence de données antérieures, il est impossible de parler de dégradation.On ne 1* 1* P( DEI ltIIVl!fi( flfO piphicli Ht! fOS \ CW mon J ptl S31 In* f Won k t iponsit fevers ! h'tstj i mon h dé: liénciin BSftc; Wtno iootr QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 i peut que s'en douter.De 'C'a ; toutes façons, le taux d'acidité P'% : est suffisamment élevé dans la | plupart des cas pour qu'on J®»! ! puisse deviner qu’il excède celui l| du milieu naturel.Il n’est pas impossible que, 5:Ti I dans certains cas particuliers, l'acidité soit imputable à l'ap-i'®i |l port d’acide humique, naturel-lement abondant dans certains Ififcjl types d'humus.Mais sur l’en-ï:; semble des 1 333 lacs étudiés, C:rJ - PÊCHE LES POISSONS Ü DE LA RELÈVE hé « fij.il util .[«It | .-I IjlVÜ G«af (91* Depuis 1967, l’essentiel des activités de la station de recherche que le Woods Hole Oceanographic Institute du Massachusetts possède à Matamek, sur la Côte-Nord, concernait le saumon de l’Atlantique.Il fallait en effet tenter l’impossible pour sauver cette espèce de plus en plus menacée de disparition.Au départ, les chercheurs américains et canadiens, venus d’une dizaine d’universités, ont surtout étudié le saumon en fonction de son écosystème.Mais depuis l'an dernier, le responsable des activités de Matamek, le docteur Naiman, a choisi de réorienter les recherches vers sa chaîne alimentaire.Et, c’est à partir de là que la station a été amenée à s'intéresser de près à un autre habitant de nos rivières, la truite de mer ou truite mouchetée.cet apport, somme toute exceptionnel, ne saurait être significatif.Outre ces cas d’exception, l'acide présent dans les lacs pourrait difficilement venir d’ailleurs que des précipitations, puisque les échantillons ont été choisis dans des régions sauvages, loin des sources locales de pollution.Enfin, un autre élément de preuve qui tend à incriminer les précipitations, celui de la Appelé aussi omble de fontaine, ce poisson est également bien connu et fort apprécié des pêcheurs sportifs.À Matamek, on connaît déjà assez bien le comportement de la truite mouchetée, sur laquelle les chercheurs ont accumulé pas mal de données au cours de leurs études sur les relations truites-saumons.La mouchetée présente au moins un avantage sur le saumon: comme elle ne s’avance pas tellement loin dans l’estuaire, cela lui permet d’éviter les pêcheries commerciales.Par ailleurs, bien que moins grosse, elle a une croissance comparable à celle du saumon et, comme c’est un poisson anadrome (c’est-à-dire quelle revient elle aussi frayer dans sa rivière natale) on peut dire qu’elle se présente comme la remplaçante toute désignée du saumon.Pour obtenir rapidement un grand nombre de truites, le docteur Naiman songe à l’élevage intensif en enclos ou aquaculture.«Si, par malheur, il ne restait plus de saumon dans quelques années, les pêcheurs sportifs auraient au y vm 49 corrélation entre l’indice de vulnérabilité observé et l’indice d’acidification.Les lacs les plus acides étant aussi les plus vulnérables, il faut supposer que l’ensemble des lacs étudiés ont été soumis à une source équivalente ou à peu près d’acide.On voit mal ce qui, à l’exception des précipitations, aurait pu fournir cet acide.Donc, si certains en doutaient encore, le problème des pluies et neiges acides menace le Québec de façon tout à fait tangible.Et ceux qui espèrent encore pouvoir pêcher tranquillement la truite, rendus à leur retraite, ont tout intérêt à méditer sur les solutions possibles .Luc Chartrand Claude de bannière moins la truite mouchetée à taquiner, souligne-t-il.Mais je ne veux pas être plus pessimiste qu’il ne le faut.» Cette préoccupation nouvelle des chercheurs de Matamek pour la truite de mer suscite toutefois quelques réactions.Certains spécialistes du saumon craignent en effet qu’on en arrive à négliger la recherche sur cette espèce.Ils ne voudraient pas que les chercheurs soient amenés à prendre des voies d’évitement qui les éloigneraient de leur objectif initial : sauver le saumon.Mais en général, on se garde d’être trop sévère envers cette institution privée de recherche, subventionnée à 90 pour cent par l’entreprise privée.Et puis, la Matamek est un site de recherche privilégié pour les scientifiques: les pêcheurs n’y ont pas accès et, comme les opérations forestières sont prohibées sur son bassin de 700 kilomètres carrés, elle est pratiquement libre de pollution.Alors comment ne pas laisser le champ libre aux chercheurs ?André Lamoureux Pour Pimpression de vos volumes IMPRIMERIE Les Éditions Marquis Ltée 305 est, boul.Taché (418) 248-0737 Montmagny (514) 866-0774 50 par Luc Chartrand Un aventurier de la science L a fondation Nobel publiait, il y a une vingtaine d'années, les noms d'une série de chercheurs qui auraient été dignes de remporter un de ses fameux prix mais ont été, pour une raison ou d'une autre, évincés.Sur cette liste d'infortunés, figure le nom d'un certain Félix d'H ère! le.Aujourd'hui, ce Félix d’H ère!le n’est qu’une figure obscure de /'histoire des sciences, et son nom ne dit absolument rien à la majorité de ses compatriotes.les Québécois ! Ce contemporain de Marie-Victorin fut pourtant F un des plus brillants microbiologistes de son époque, un aventurier, un voyageur invétéré et le découvreur du bactériophage, un ultravirus d'une importance considérable pour toute la microbiologie.D'Flérelle naquit en ! 873 à Montréal.Orphelin de père à F âge de six ans.il partit encore enfant pour la France, puis la Flollande, en compagnie de sa mère.On sait peu de choses de sa jeunesse.Certaines sources mentionnent qu'il étudia la médecine à Lille, puis à Leyden; d'autres /'envoient à /'Université de Paris et enfin, /'Encyclopedia Universalis/-ecow?a/ir qu'«on manque de précisions sur ses études supérieures».En fait, // est possible qu'il n'en ait pas fait, du moins pas en microbiologie.Après avoir complètement perdu sa trace à partir de 1879, on le retrouve en 1901 au Québec, à Longueuil.Se présentant alors comme un chimiste, il envoie un curieux article au Naturaliste canadien, sur la «formation» du carbone par les plantes.Il y «démontre» d'un ton catégorique que le carbone est, non pas fixé par les plantes à partir du CO 2 (comme on l'admet encore aujourd'hui), mais bien fabriqué par celles-ci, sans source originale.D'où // tire cette «évidence» grave de conséquences : «Le carbone ne peut être un corps simple [.]// ne serait donc qu'un composé difficilement dissociable [.] nous devons être capables de le reproduire au moyen de nos appareils, synthétiquement.» (!) Ce sera là sa seule contribution à la chimie.L'année suivante, piqué par le goût des voyages, il réussit à obtenir, on ne sait comment, un poste de microbiologiste au Guatemala.Ne connaissant pas cette discipline, il s'y initie pendant la durée du voyage! De là-bas, il écrit de nouveau au chanoine Eluard, juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE du Naturaliste canadien, pour lui proposer une série d'articles sur la flore et la faune de F Amérique centrale.Ce projet resta toutefois sans suite, et ce fut le début d'un long intermède dans ses contacts avec le Québec.Et .J-.;.;,-' • , IP % vw*-'**r ' x-t.i: * -r 0 n if, Pendant les années qui suivent, il parcourt /'Amérique cen- \ traie, travaillant dans divers laboratoires, sans réussir à se fixer.U aboutit bientôt au Mexique, où il fait une première découverte importante.Dans l'intestin de sauterelles mortes, i // isole un coccobacille nouveau, et cette trouvaille lui donne l'idée de lancer une guerre bactériologique contre les saute-• relies en infectant les récoltes menacées avec le coccobacille en question.Là encore, les sources ne s'accordent pas.Certaines affirment, qu'H échoua et d'autres qu'il obtint plusieurs succès en Argentine et en Afrique du Nord.Quoi qu’H en soit, à la suite de ces travaux, il prend le chemin de l'Institut Pasteur, à Paris, i C'est là qu'il va faire la découverte la plus importante de sa carrière.Chargé d'isoler les souches bactériennes d'une petite épidémie de dysenterie qui sévit chez les militaires, il remarque sur les cultures du bacille la formation de trous ou de «plages» qu'il ne peut expliquer.// se penche sur le phénomène et s'aperçoit que les plages en question représentent des régions où les bacilles sont éliminés.Transférant ensuite les résidus de ces cultures à d'autres cultures saines, ?H voit ces dernières se dissoudre «comme du sucre dans F eau».< D’Flérelle comprend aussitôt qu’il se trouve en face d’une affection contagieuse s’en prenant aux bactéries elles-, mêmes.// émet alors /'hypothèse, qui devait s'avérer exacte,.selon laquelle F agent de cette contagion est «un microbe invisible antagoniste du bacille dysentérique».Il baptise ce microbe «bactériophage».Les bactériophages — impossibles à observer avant Finven-l tion du microscope électronique — sont des ultravirus naturellement présents dans l'intestin et qui sont des parasites, non dommageables de la flore intestinale.Les bactéries^ nnÉRpr çnpwrp / iniiiet 1RR1 51 étrangères sont normalement détruites par les bactériophages, et ce n'est que lorsqu'une variété réussit à se multiplier, avant que les ultravirus n'aient modifié leur bagage génétique de façon à les détruire, que se produit une infection.Wten-» à se rmiirt i «fies; «siBfie , s Mule- | ïîjtille “k» '• îtesee i ila suite I Comme il était possible d'augmenter en laboratoire la virulence des bactériophages envers la plupart des bactéries, on était en mesure de créer et de cultiver des armes antibacté tiennes prêtes à combattre n'importe quelle épidémie.C'est du moins ce qu'affirmait d'Hérelle.La «phagothérapie» connaît une grande vogue un peu partout dans le monde entre 1920 et 1925.D'Hérelle commercialise alors sa découverte, et c'est semble-t-il à cause d'un conflit à ce sujet qu'il se fait congédier de l'Institut Pasteur par le directeur, Émile Roux.Les motifs de ce renvoi restent cependant à éclaircir.D'Hérelle est alors invité en Inde, puis en Égypte pour y travailler et se voit finalement offrir une chaire à l'Université de Yale.; tune itoiiej, S: SÏUS ; sut le 1 ' zi ntsinl ;sm r».; ms- r.ï.'i stse te | Pendant cette période, H revient au Québec, en 1930, invité par l’Institut scientifique franco-canadien, et prononce une série de conférences dans plusieurs universités dont Montréal, Laval et McGill.U triomphe devant des salles «archi-combles», où il est acclamé comme «grand savant canadien français».De 1934 à 1936, on le retrouve en URSS, où // fonde des instituts de recherche sur le bactériophage, à Kiev, Kharkov et Tbilissi.Dans cette dernière ville, il se trouve mêlé à des problèmes probablement politiques et doit quitter précipitamment le pays.Un de ses collaborateurs est accusé d'avoir empoisonné un puits avec des bactériophages et se fait fusiller ! -i 0 VI sa- a a o 'lîi s ï De retour à Paris, d'Hérelle fonde le Laboratoire privé du bactériophage, en compagnie de Nicolas Boulgakov, frère du célèbre écrivain Mikhaïl Boulgakov.C'est dans cette ville qu'il î| mourra en 1949, un peu oublié semble-t-il.La phagothérapie avait connu son heure de gloire, mais la découverte des antibiotiques finit par la supplanter.Le problème de son utilisation viendrait du fait qu'en pratique, lors d'une infection, la majorité des bactéries sont détruites par les colonies de bactériophages, mais qu'il subsiste un pourcentage de bactéries résistantes qui finit par reprendre le dessus.I Selon le Dr Laurent Berthiaume de l'Institut Armand-Frappier, «c'est le même problème qui se pose avec les antibiotiques, mais il prend une forme plus aiguë dans le cas du bactériophage».I Cet ultravirus n'en a pas moins conservé une utilité clinique précieuse, car il permet l'identification des souches bactériennes.En effet, chaque sérotype (sous-espèce) bactérien est détruit par un ou plusieurs types de bactériophages, et seulement par ceux-là.// est donc possible de classer les souches d'un microbe en fonction du ou des bactériophages qui le détruisent.[ Plus important encore, le bactériophage est en passe de devenir une nouvelle «vedette» de la biologie moléculaire.| Il est aujourd'hui un des principaux outils du génie génétique, j car il détourne naturellement F ADN des bactéries qu'il attaque ] et le recombine à son profit, pour ensuite se reproduire sur \ la base d'un nouveau code génétique.VA ( L'utilisation du bactériophage est donc en train de dépasser l'imagination de son découvreur, et il n'est pas impossible qu'en vertu de cette importance toute nouvelle, on réentende parler de Félix d'Hérelle.©LIVRE BiMOIS MÉDECINE ET SOCIÉTÉ, LES ANNÉES 80 Collectif, sous la direction de Luciana Bozzini, Marc Renaud, Dominique Gaucher et Jaime Llambias-Wolff Éditions coopératives Albert Saint-Martin Montréal, 1981 554 pages, 1 8 $ «C'est à une crise de la société que renvoie la crise de la santé et de la médecine.» Ce propos, qui a gagné la scène des grands débats sociaux et politiques au cours de la dernière décennie, est le pivot autour duquel s'articulent les 20 textes — fondamentaux — réunis ici.Ce recueil, le premier du genre en français, a été préparé par une équipe de sociologues de l'Université de Montréal à partir de contributions américaines surtout, mais aussi québécoises et européennes.Présentant dans un même volume «certaines des données et des interprétations sur lesquelles s'appuie ce qu'il faut bien voir, malgré les débats internes, comme une véritable école de pensée», le livre s'attaque d'abord au modèle bio-médical devenu omnipuissant dans notre société.Ce modèle, érigé en dogme, n'est ni neutre, ni objectif, ni innocent, nous disent entre autres Irving K.Zola, René Dubos ou Richard Brown.Et il se pourrait même qu'il soit un obstacle majeur à la redécouverte des fondements sociaux de la santé et de la maladie, ajoutent les Thomas McKeown, Donna Mergler, Luc Desnoyers ou Jeanne M.Stellman.Autre aspect remarquable de la crise de la médecine: l'industrialisation du secteur de la santé, notamment dans le milieu hospitalier.Le phénomène est partout observable et il a fait de la division de travail médical «un nouveau champ de bataille», syndical bien sûr, mais aussi, pourrait-on dire, sociétal.C'est en tout cas ce que montrent des textes venus aussi bien des États-Unis que du Québec ou de la France, textes dus entre autres à Barbara et John Ehrenreich, Dominique Gaucher, Antoinette Chauvenet et Lucciano Bozzini.Mais comment expliquer, plus fondamentalement, que la médecine scientifique centrée sur l'hôpital ait pu à la fois prendre la place qu'on lui sait et subir les remises en question qu'on a dites?Quatre textes s'attardent sur cette question, pour essayer de voir plus large que la seule crise de la médecine.Ivan Illich pose le diagnostic que sa Nemesis médicale a rendu célèbre.Vicente Navarro, dans une solide critique d'Illich, puis Robert Crawford, dans un texte sur l'idéologie, fort à la mode par les temps qui courent, de la «culpabilisation de la victime», montrent à quel point les rapports de classe déterminent et l'état de santé de la population, et l'état de son système de santé.Marc Renaud, enfin, analyse la réforme québécoise et ses contradictions, expliquant que cette expérience «permet peut-être de voir en microcosme et sur une échelle temporelle réduite des phénomènes qui apparaissent ou vont apparaître ailleurs, de manière plus lente et plus diffuse».Livre de référence, Médecine et société, les années 80 est donc aussi un livre de discussion, d'analyse, de débat.Un livre que tout intervenant en santé devrait avoir lu.Un livre, en tout cas, qui manquait jusqu'à maintenant.JCHER -WOLFF COOfflWTIVBS ALBERT SAINT-MARTIN nsrl Remerciements pour leur aide à mademoiselle Germaine d'Hérelle, j^P de Montréal, et à monsieur René Gagnon, de Saint-Jérôme.Yanick Villedieu - 52 juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE PARUTIONS RÉCENTES SCIENCE ET CONSCIENCE.LES DEUX LECTURES DE L'UNIVERS Collectif d'auteurs Stock, Paris, 1980 496 pages, 49,50 $ Science et conscience a été publié à la suite du colloque international du même nom qui s'est déroulé à Cordoue en Espagne en octobre 1979.On y retrouve les exposés d'une cinquantaine de spécialistes du monde entier, dans des domaines aussi divers que la mécanique quantique, la neuro-psycho-physiologie, la philosophie, les sciences religieuses ou l'histoire.Le thème de réflexion proposé était le rapprochement de la pensée scientifique et de la pensée philosophique.En effet, depuis qu'on a assisté, aux 12e et 13e siècles, en Occident, à la dissociation entre la pensée vécue dans une expérience psychique et la pensée purement analytique, le fossé n'avait cessé de s'élargir entre les sciences et la philosophie.Cependant, depuis le début de ce siècle, le panorama s'est considérablement modifié: la mécanique quantique a largement remis en question les relations entre l'observateur et le phénomène observé, et aussi sans doute la conception même que nous avons du réel.La neuro et la psychophysiologie ont été amenées, pour leur part, à donner de nouvelles définitions des états de conscience, à réévaluer les rapports du corps et de l'âme, en situant dans une nouvelle perspective les processus qui accompagnent, par exemple, les états de méditation de certaines philosophies orientales.Face à ces démarches d'origines très diverses, France-Culture, sous la direction de M.Yves Jaigu, a rassemblé les représentants de chacune de ces disciplines, afin de leur demander de faire le point sur leurs travaux et de les confronter aux tenants des autres domaines de recherche.Au cours des conférences, le terme conscience a été utilisé dans son sens le plus large, ce qui fait que chaque participant a traité du sujet d'une façon tout à fait personnelle: on a essayé d'appliquer certains modèles de la mécanique quantique à la notion de conscience; on a fait des liens entre des résultats expérimentaux modernes et certaines philosophies ou religions exotiques: il a été question de calendriers mayas d'Einstein, de Freud, et on a même, dans certains cas, pratiquement nié l'existence d'un lienquelconqueentre la science et la conscience.Mais, toujours on a tenu à considérer deux approches du réel, l'une contemplative, l'autre dialectique.Faisant preuve d'un grand esprit d'ouverture, les participants ont essayer de définir un nouveau champ de réflexion, où science et imaginaire pourraient se concilier.Malgré la prudence, quelquefois même la fantaisie des liens proposés, il était quand même important qu'un tel colloque ait lieu: pour la première fois on a admis officiellement et à une échelle internationale l'élargissement du champ de la connaissance.C'est ce qui fait l'intérêt de cet ouvrage volumineux, qui a le mérite de s'écarter des sentiers battus.Danielle Ouellet LE GRAND AFFRONTEMENT MARX ET DARWIN l« Grand Affrontement MARX DARWIN rVISOROTIN ‘r ' - .L S dbujOo'd^vi Yves Christen Albin Michel, collection Sciences d'ajourd'hui Paris, 1981, 268 pages 22,50 $ On assiste depuis peu à un étonnant regain d'intérêt pour les grandes questions scientifiques, de théories de l'évolution aux rapports entre science et société.La plupart des grandes publications scientifiques abordent régulièrement ces thèmes; plusieurs maisons d'édition publient des ouvrages sur le sujet.C'est ainsi que l'éditeur Albin Michel sort cette année un trentième titre dans sa collection «Sciences d'aujourd'hui».L'auteur, Yves Christen, est un scientifique «converti » au journalisme scientifique, ancien rédacteur en chef de la revue La Recherche.Résultat d'une enquête historique très poussée, le volume s'attache à clarifier les rapports entre Marx et Darwin, mission que l'auteur trouve délicate puisqu'il «touche» au marxisme.Dès le début, Christen écarte ses craintes sur ce point; il concentre son attention sur Marx et Darwin comme penseurs du 19e siècle, ayant marqué de façon décisive les grandes idéologies du temps présent.L'étude des rapports entre Marx et Darwin présentée dans ce livredépasseainsi l'intérêt académique; c'est le compte rendu imagé d’un épisode essentiel dans l'histoire des idées modernes.A travers les polémiques historiques, les luttes d'intérêts et les comportements personnels des acteurs, le lecteur est introduit aux pages importantes de l'évolution des idées et aux couleurs très humaines des événements «intellectuels» de cette révolution, dont l'origine remonte à plus de 100 ans, et qui secoue encore les sociétés actuelles.Le grand affrontement entre le marxisme et le darwinisme, qui continue encore aujourd'hui de façon vigoureuse, était probablement moins explicite à l'époque.Les surprises révélées par ce document historique sont nombreuses.Marx et Darwin ont vécu presque exactement à la même époque.Jusqu'à maintenant, on admettait que Marx avait apprécié et approuvé les travaux scientifiques et les théories de Darwin sur l'évolution.Or, l'histoire révèle, au contraire, une série de mésententes flagrantes entre deux approches de la réalité bien différentes.En s'efforçant de faire ressortir ces distances idéologiques et en les situant dans leur contexte historique, Yves Christen apporte une contribution neuve à une vieille polémique; cette révision de données généralement admises était nécessaire pour replacer la rupture entre marxisme et darwinisme dans sa véritable dimension.Car cette séparation, en plus d'orienter les grands débats sur la biologie et la société, ajoute un éclairage aux principales idéologies de notre temps.André De!is le LES DOSSIERS DU FUTUR Daniel Garric, Olivier Orban, Paris, 1980, 472 pages, 19,95 $ «Ce livre est l'histoire de nos vingt prochaines années.» C'est dans ces termes que l'éditeur nous présente l'ouvrage de Daniel Garric.Et effectivement, sans vouloir minimiser les soubresauts de l'histoire et surtout les surprises que la technologie s'amuse à enfanter, il faut bien reconnaître que la plupart des éléments moteurs de la prochaine décennie se retrouvent dans ces dossiers du futur, où il est question tour à tour d'électronique, de manipulations génétiques, de conquête de l'espace et de robotique.Mais l'auteur ne s'en tient pas uniquement aux «merveilles» de la technologie.Il s'arrête également à des questions beaucoup plus globales, comme la démographie, l'enseignement ou encore l'urbanisme.Il s'agit d'abord ici d'un inventaire, et le produit porte davantage la signature du journaliste reporter que de l'essayiste.Daniel Garric est avant tout un reporter, un témoin de l'histoire qui, depuis 25 ans, a rendu compte de ses observations dans la plupart des grands journaux et magazines français.Il dirige, entre autres, une page consacrée au futur, dans l'hebdomadaire français Le Point.La forme qu'il adopte dans ce livre n'estd'ailleurspassans rappeler cette chronique.Cette forme littéraire, qui relève plus du dictionnaire encyclopédique que du développement en profondeur d'un seul sujet, n'est pas sans avantage.Dans le genre, le travail de l'auteur est tout à fait exemplaire.Cet inventaire très complet devient un ouvrage de référence qui offre au lecteur une mise à jour des réalisations scientifiques les plus significatives de ces dernières années.Après avoir traité de ce qu'il considère comme devant être les deux sources du futur: l'électronique et la génétique, l'auteur explore ce qu'il appelle ^«frontières intérieures» de l'humanité, à savoir le cerveau, la santé et la biologie.Il parle ensuite de l'environnement physique aussi bien que social de l'individu (télécommunications, école, ville, transports, informatique et robotique).Le climat, l'océan et l'espace sont les sujets d'un autre chapitre ayant pour thème les «frontières extérieures» du genre humain.Loin de s'en tenir à l'apologie de la science, Daniel Garric est conscient de la crise qui s'annonce déjà sur ces trois fronts: l'alimentation, l'énergie et la démographie.Toute cette évolution technologique et sociale peut, selon l'auteur, nous conduire à la naissance d'une nouvelle civilisation dont il essaie de saisir les principaux vecteurs, qu'ils soient politiques, économiques ou spirituels.Voilà donc, en définitive, un livre qui surprend et qui se distingue avec avantage dans la littérature philosophico-scienti-fique française habituelle.C'est peut-être que les nombreuses années que Daniel Garric a passées en Amérique lui ont permis de découvrir les avantages d'un style clair, où la primauté est accordée aux faits plutôt qu'aux effets du verbe et des jeux d'esprit.I a I i)7s I dine msn ¦Il wist (MK SOM I Mit! I ips1 I mdy I LOUISE I «sale I I un Datai là :o.Jean-Marc Carpentier S s®iCE I QUÉBEC SCIENCE / juillet 1981 f^cofe itajti (•odiiii itotii] lie l'es-èi event torn je iies.i teva-iSismis lança.I'epije sltt-tot [j teUvre 'aiçét uieieit tenieii etii'ea lins le niitesi w» MlKt iii> (fie put des te (te îffliètes tejy'il iélre!es l'aiiw iî'lmii- J,,® nié et la «le te jeeusi 'téà :le, A ipotça eiiiteü pi sto s Mis: e eA es*- secile wsM-, jM il «.A tcteus, IA " le.Ci* (te** îaiiM asi , t>r -V?53 GRAND CAR SHOW! Une occasion d'aller à Toronto.Du 1 6 mai au 7 septembre, l'Ontario Science Centre présente une exposition qui promet d'être fort intéressante.Le sujet: un engin omniprésent dans nos vies, l'automobile.Nous assistons à ses débuts, aux transformations qu'elle a rapidement provoquées dans nos milieux de vie et sommes confrontés aux choix qu'elle impose à nos sociétés.Comme d'habitude, l'Ontario Science Centre sait nous mettre dans le bain: on peut admirer les époustouflantes automobiles de demain, conduire une Lotus sur une piste de course (simulée, bien sûr!) et expérimenter sur place divers «trucs» pour économiser l'essence.De quoi passer quelques bonnes heures! Grand Hall de Ontario Science Centre, Don Mills, Ontario.LA JOYEUSE GAUCHE Y,- \ S On connaissait déjà les «vocations» distinctes des deux hémisphères du cerveau.Voici que Marcel Kinsbourne, neurologue et neuropsychologue américain, nous apprend que nos humeurs, notre «moral» seraient liés à l'influence dominante de l’un ou l'autre côté du cerveau.On a en effet constaté que les gens dont le lobe gauche était endommagé, à la suite d'un accident ou d'une opération quelconque, se montraient irritables et anxieux, tandis que ceux chez qui l'activité du lobe droit était réduite ou supprimée avait uneforte tendance à l'euphorie, malgré leurs problèmes.Normalement, en l'absence de lésion, l'influence des deux hémisphères s'équilibre, mais il reste des traces de cette dichotomie.Les sensations prove- nant du côté droit du corps, reçues par conséquent par l'hémisphère gauche, seraient plus agréables que l'inverse.Aussi, la prochaine fois que quelqu'un vous dira des paroles pas très gentilles, tendez donc l'oreille droite.Ça passera mieux! (Psychology Today) LE SAVOIR GARANTI La réputation de l'université Stanford n'est plus à faire.Et il semble qu'elle tienne à la conserver contre vents et marées.et tremblements de terre.En effet, l'université s'est munie d'une assurance auprès de huit compagnies pour qu'au cas où la Californie serait détruite par un séisme, celles-ci s'engagent à la reconstruire entièrement, à un coût prévu de 60 millions de dollars (É.-U.).La prime annuelle qu'elle verse, afin de pouvoir continuer à dispenser son enseignement dans l'éventualité d'une telle catastrophe, s'élève à 48 000$.Il faut croire que l'instruction n'a pas de prix! LES RETOMBÉES DE THREE MILE ISLAND Qui l'aurait cru ?L'accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, en 1 979, est en train de rapporter deux ans plus tard, des profits inespérés aux constructeurs de centrales.L'événement a en effet incité la Commission fédérale de réglementation nucléaire (NRC) à multiplier les ordonnances de sécurité pour les centrales existantes et à venir.Il a fallu, entre autres, accroître la surveillance des radiations, construire des postes de contrôle d'urgence, etc., à un coût variant entre 20 et 70 millions de dollars par centrale.De quoi renflouer nombre de constructeurs, architectes, ingénieurs et sous-traitants et leur permettre de surmonter les années de vaches maigres que l’on prédit à l'industrie atomique.UNE MALADIE DE RICHES Les épidémiologistes savent depuis pas mal de temps qu'il existe un lien entre les conditions de vie et la maladie.Et en général, ce sont les personnes pauvres et défavorisées qui sont les plus touchées.Mais il y a des exceptions.Ainsi, deux chercheurs de l'École de santé publique de l'université Harvard, Gutensohn et Cole, ont découvert la relation inverse dans le cas de la maladie de Hodgkin, une forme fatale de cancer du système lymphatique.En étudiant le mode de vie de 225 patients atteints de cette maladie, comparé à celui de 447 sujets en bonne santé, du même âge, ils ont constaté que cette maladie se déclarait le plus souvent chez de jeunes adultes, issus de familles peu nombreuses, avec un niveau d'instruction et de revenu très élevés.(New England Journal of Medecine) ÇA ROULE TOUT SEUL > I -V A K x ^ «9* ?„ * t "1> | X' u50 Les premiers autobus à pilotage automatique sont actuellement en service dans la ville d'Essen, en Allemagne de l'Ouest.Ces véhicules «automatiques» ont l'avantage d'être très sécuritaires sur les surfaces glacées et neigeuses.Des rouleaux montés sur les roues avant guident en effet l'autobus le long de rails courant sur le côté de la voie.Lorsqu'il doit quitter les rails, un conducteur «humain» prend les commandes.Entre-temps, peut-il lire son journal ou jaser avec les passagers?MATHUSALEM BOTANIQUE On croyait que l'organisme le plus âgé vivant sur la terre était le séquoia.Il n'en est rien.Il semble que ce soit des buissons décharnés poussant en coloniesqui remporteraient la palme.On trouve des milliers de ces colonies, en forme d'anneaux elliptiques, dans le sud-ouest des États-Unis et au Mexique.Cela fait sept ans que le docteur Frank C.Vasek s'y intéresse de près, et il a découvert que tous les arbustes d'une même ellipse descendaient d'un même «ancêtre» et étaient génétiquement identique.On pouvait donc considérer chaque colonie étant un seul et même organisme et calculer leur longévité d'après la croissance de l'ellipse.Vasek a ainsi calculé qu'à raison d'une croissance de 0,0762 cm par an, les plus grandes ellipses mesurant en moyenne 18 mètres de long, sur 9 mètres de large, les colonies les plus vieilles seraient âgées de 11 000 ans; la plus ancienne que l'on connaisse aurait 11 700 ans.(Science Digest, 1981) DE L'INFLUENCE DES FOUGÈRES Absentéisme, baisse de productivité, troubles cardiaques, maux de tête, ces nombreux problèmes frappent de plus en plus durement le personnel des bureaux modernes.Une des solutions, que recommande un groupe d'experts de Toronto, Synectica Consultants Inc., serait de remplacer les philodendrons de nos aménagements «paysagés» par des fougères.En effet, celles-ci émettent des ions négatifs.Or, la plupart de nos maux de tête et autres malaises viendraientdufaitque les systèmes de ventilation par conduites métalliques absorbent les ions négatifs présents dans l'air, entraînant une surabondance d'ions positifs.Les fougères permettraient donc, de rétablir l'équilibre et seraient, selon les experts en santé, psychologie et ergonomie de Synectica, l'antidote idéal contre le stress de la vie de bureau.(The Gazette) L'ÉPANOUISSEMENT EN PILULES La pilule ne réussit peut-être pas à toutes les femmes, mais pour les géraniums, aucun problème! Deux esthéticiennes du sud-est de la Louisiane nourrissent depuis plus d'un an leurs plantes en faisant dissoudre dans l'eau d'arrosage des pilules anticonceptionnelles dont la date d'utilisation est périmée.Les résultats sont, paraît-il extraordinaires, et les géraniums n'ont jamais autant fleuri.juillet 1981 / QUÉBEC SCIENCE en AOUT IYanick Villedieu réfléchira sur les effets, physiologiques ou plus généraux, de l'entrée massive des écrans cathodiques dans certains métiers du secteur tertiaire 2 3 René Vézina et Jean-Pierre Marquis rencontreront Alvin Toffler, auteur du Choc du Futur et de la Troisième Vague, avec qui ils parleront de ce que notre société peut faire pour s'adapter aux changements que nous réserve l'avenir Jean-Marc Carpentier fera le bilan de l'expérience Voyager I, et nous préparera à la poursuite de l'opération, avec le lancement de Voyager II 1910 FAITES-VOUS PLAISIR ABONNEZ-VOUS! Au Canada: ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros) : 38,00$ ?Abonnement régulier (1 an / 1 2 numéros) : 21,00$ ?Groupe: (10 et plus — 1 an): 19,00 $ À l'étranger: ?Abonnement spécial: (2 ans / 24 numéros): 51,00 $ ?Abonnement régulier: (1 an / 12 numéros): 28,00$ COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES) ?abonnement ?réabonnement ?changement d'adresse 31 1 1 nom Il 1 1 1 1 II 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 61 prénom 80 LBJ U 7 LL 8 1 1 1 1 1 II 1 1 II 1 1 II 1 1 1 1 9 numéro rue appartement 28 LL 1 1 1 II II 1 M 1 1 1 1 1 1 1 1 | 29 ville province 48 LL 1 1 1 1 1 1 1 1 1 M 1 1 1 1 II 1 1 49 pays 68 60 ?Chèque ou mandat postal ci-joint I__I__I__1__1___1__I Tarif en vigueur jusqu'au 31 mai 1 982 69 code postal 74 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec, GIT 2R1 UN EXCELLENT INSTRUMENT POUR JOUER AVEC VOS ENFANTS! LE PETIT DEBROUILLARD Des expériences faciles et instructives pour les jeunes et les moins jeunes EDITION LE PETIT DÉBROUILLARD par le professeur Scientifix 1 9 x 20,5 cm, 1 20 p.ISBN 2-920073-16-8 9,95 $ Faire une butte d'eau.Dessiner une oeuvre d'art avec de la laine d'acier.Fabriquer du blanc avec des couleurs.Tours de magie?Non, tours de science! Car «Le petit débrouillard» est avant tout une façon de jouer avec la science, après en avoir maîtrisé les éléments de base.Dans un premier temps : une explication courte, très claire, de phénomènes scientifiques en apparence complexes ou même inimaginables au jeune esprit curieux de 9 à 15 ans environ.Celui-ci a cependant très vite tous les atouts en main pour vérifier et assimiler concrètement ces phénomènes.Et ce, sans explosion, ni halo de fumée.Le jeune «As du laboratoire» peut puiser à Achetez-le chez votre LIBRAIRE ou postez ce coupon à: Québec Science Éditeur, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 même les réserves domestiques tout l'équipement nécessaire à ses expériences ! «Le petit débrouillard» réunit 66 des meilleures expériences présentées par l'intrigant «professeur Scientifix » aux lecteurs des journaux hebdomadaires abonnés au service de nouvelles scientifiques «Hebdo-Science ».Québec Science Editeur, la Fédération québécoise du loisir scientifique et l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences ont uni leurs efforts pour publier ces expériences dans un livre splendide et superbement illustré par Jacques Goldstyn.BON DE COMMANDE Veuillez me faire parvenir les volumes suivants: ?LE PETIT DÉBROUILLARD, par le prof.Scientifix.120 p De la Collection FAIRE: ?CHERCHONS NOS ANCÊTRES, par Miche! Langlois.168 p.?DEVENEZ ASTRONOME AMATEUR, par Jean Vallières.244 p.Prix Quantité 9,95 $ 8,95 $ 10,95 $ Sous-total Frais de port et de manutention ?mandat ?au montant de Total Publi-reportage/information Clément SIMARD Une étude exhaustive des fourmis québécoises à l'Université du Québec à Chicoutimi Ensemble, les fourmis ET LES TERMITES (qu'on appelle aussi «fourmis blanches»), pèsent plus lourd que la totalité des oiseaux et reptiles réunis, et retournent plus de sol que tous les vers de terre.Ces insectes exercent une influence considérable sur les caractéristiques physiques et chimiques de l'environnement.En fait, ces «bestioles» se rangent parmi les animaux qui dominent l'écologie du milieu terrestre; leur extermination affecterait davantage l'équilibre de la nature que la disparition de l'homme! Environ 90 espèces de fourmis composent la myrmécofaune actuelle du Québec.Ces fourmis se répartissent dans 22 genres, et 4 sous-familles: Ponerinae, Myrmicinae, DoUchoderinae et Formicinae.Le genre Formica, de la sous-famille des Formicinae, s'avère le plus important avec quelque 30 espèces.André Francoeur, professeur au Module de biologie de l'Université du Québec à Chicoutimi et responsable du Laboratoire de biosystématique de cette institution, a entrepris dès 1 964, sur le terrain et en laboratoire, l'étude exhaustive des espèces de fourmis présentes au Québec.À cette époque, seulement 25 espèces avaient été recensées.En 1977, André Francoeur publiait, dans les Annales de la Société Ento-mologique du Québec (vol 22), une liste de 82 espèces indigènes et de 7 espèces introduites.Connaître nos fourmis à nous Le professeur Francoeur a l'intention de présenter chacune de ces espèces de façon détaillée, comme il l'a fait dans un premier texte technique consacré à la sous-famille des Ponerinae (Ann.Soc.Ent.Qué., vol.24, 1979).Ce texte est d'ailleurs susceptible d'intéresser tout observateur de la nature à qui la belle saison donne «des fourmis dans les jambes»; en plus de descriptions et d'illustrations des Ponerinae, il contient une énumération des caractéristiques générales des fourmis (toutes les fourmis sont groupées dans uneseulefamille, celle des Formicidae), avec tables d'identification des sous-familles.Au cours de ses recherches, André Francoeur a rencontré de nombreux problèmes d'identification, une certaine confusion taxonomique existant visiblement au plan international.Il a donc senti le besoin de s'atteler à la révision de la taxonomie des genres, d'abord à l'échelle du continent nord-américain, puis à l’échelle mondiale (en particulier pour les genres Formica et Myr-mica).Les fourmis nuisibles À l'exception de Myrmica ame-ricana, qui peut piquer avec son dard postéro-ventral (semblable à celui des guêpes), nos espèces de fourmis ne font que mordre avec leurs mandibules, tout en injectant cependant un venin qui peut provoquer des allergies.Mais c'est surtout dans nos jardins ou nos maisons qu'il leur arrive de nous importuner.Pour s'en débarrasser, il suffit généralement de nettoyer soigneusement l'extérieur du pot de confitures qui les attire ou de détruire leur nid en enlevant quelques pelletées de terre.Si l'envahissement se révèle trop grand, il faut recourir aux insecticides.(À la suite de sa liste des espèces, citée plus haut, André Francoeur donne quelques conseils pour l'élimination des fourmis nuisibles.) .VVr?SEf W 19» DES FOURMILIÈRES QUE VOÎΧ POUVEZ RENCONTRER AU COURS DEVOS PROMENADES ESTIVÀB^S.1.Fourmjiëre de Lasius neoniger, terrains sablonneux, sans végétât ion ^è^px^tue (accotement route St-Ambroise, comté de Chicoutimi).2.Formica v/hymperi, qui niche dans le bois mort: les débris de feuilles accumulés sur la fourmilière ont pour effet de régulariser la température à l'intérieur (bleuetière de Ste-Jeanne-d'Arc, Lac St-Jean-Ouest).3.Une mégalopole contenant peut-être des millions d'habitants: Formica podzolica construit des monticules de sable pouvant atteindre un diamètre de huit mètres (pessière à Cladonia, Parc des Laurentides).En cherchant à préciser l'écologie de la faune myrmécologique dans les principaux types de milieux du Québec (érablières, pessières, bleuetières, tourbières, etc.) et à quantifier le rôle de cette faune dans les écosystèmes, André Francoeur contribue à l'édification d'un ensemble de connaissances indispensables dans les domaines de la foresterie et de l'agriculture (certaines espèces de fourmis sont, par exemple, utilisables pour la lutte biologique), de l'aménagement du territoire, et bien entendu de la biologie, de l'entomologie, etc.' J"- ¦ ; ¦ ,v£
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