Québec science, 1 janvier 1981, Août
Volume 19, numéro 12 AOUT 1981 2,50 $ 10.1 URRIER 2ième classe UN OPTIMISTE A CONTRE-COURANT • OBJECTIF SATURNE Enregistrement numéro 1 052 DES ECRANS PLEIN LES YEUX • LES PERCEURS DE CONSCIENCE Port payé à Québec Port de retour garanti I Normand Davi les oiseaux au Québec preface de Pierre Dansereau W- k ¦ », OBSERVER LES OISEAUX AU QUÉBEC Un guide complet d'initiation à l'observation des oiseaux qui arrive à point nommé, alors que de plus en plus, dans nos boisés, on troque le fusil contre les jumelles.Ornithologues renommés, Normand David et Michel Gosselin s'adressent à quiconque veut s'adonner à ce passe-temps à la mesure des ambitions et des capacités de chacun, dans une langue très simple.Ils rejoignent les amateurs d'oiseaux jusque dans des dimensions de leur curiosité dont aucun autre ouvrage n'a jamais traité: leur volume est en effet le premier qui nous livre un répertoire complet et très précis des sites d'observation des oiseaux au Québec.De plus, un calendrier ornithologique permet à quiconque de suivre au jour près, les déplacements de toutes les espèces d'oiseaux observables chez nous.Préfacé par Pierre Dansereau, le volume n'est pas non plus avare d'illustrations: plus de 70 photos complètent le texte, dont la moitié sont en couleur.OBSERVER LES OISEAUX AU QUÉBEC par Normand David et Michel Gosselin coll.FAIRE Québec Science Éditeur / FQLS Québec, 1981 ISBN; 2-920073-10-0 250 pages env.12,95 $ ?OBSERVER LES OISEAUX AU QUÉBEC, par Normand David et Miche! Gosselin, coll.FAIRE, 250 pages env., 12,95 $ ?CHERCHONS NOS ANCÊTRES, par Miche! Langlois, coll.FAIRE, 168 p, 12 photos couleur, 8,95 $ ?DEVENEZ ASTRONOME AMATEUR, par Jean Vallières, coll.FAIRE, 242 p., 100 illustrations (dont 22 photos couleur) 10,95 $ Quantité Total Sous-total Frais de port et de manutention Ci-joint chèque ?mandat O au montant de 1,75 $ TÉLÉPHONE .Chez votre LIBRAIRE ou chez Québec Science Éditeur, C.P.250, Sillery, Québec G1T 2R1 NOM ADRESSE CODE POSTAL. 3 QUÉBEC SCIENCE SOMIVWIRE Volume 19, numéro 12 AOÛT 1981 20 Un optimiste à contre-courant René Vézina et Jean-Pierre Marquis Pour Alvin Toffler, «se complaire dans le pessimisme et ajouter au désespoir serait, à ce stade-ci, immoral» Des écrans plein les yeux Yanick Villedieu La nouvelle maladie des cols blancs n’a pas fini de faire parler d'elle 14 Garder l'été au frais François Picard .pour l'inscrire au menu durant toute l'année + J\ mm Objectif Saturne Jean-Marc Carpentier Les mille et une questions auxquelles devra répondre la sonde Voyager 2 38 Les perceurs de conscience Luc Chartrand Ces messages subliminaux qui peuvent nous atteindre à travers le mur de notre conscience NOUVELLES ET CHRONIQUES 4 Courrier 5 Post-scriptum 7 Faune Le leurre des normes 8 Dinosaures L'astéroïde de la mort 12 Consommation Les mollusques de l'été 45 La filière verte 46 Communications Questionner son téléviseur Énergie Les algues à plein gaz 50 Ces chers ancêtres 51 Le livre du mois 52 Parutions récentes 53 En vrac 9 Astronomie Le Canada voit grand 48 Santé Des athlètes plus chromés?10 Biotechnologie Un train à ne pas manquer 49 Tourisme Sept îles écologiques QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par Les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1981.ISSN-0021 -61 27.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de : CPPA © Copyright 1981 — QUÉBEC SCIENCE — LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. 4 août 1981 / QUÉBEC SCIENCE Jean-Marc Gagnon directeur général Jean-Pierre Rogel rédacteur en chef Diane Dontigny adjointe à la rédaction Luc Chartrand, Claude de Launière, André Delisle.Yanick Villedieu journalistes, collaborateurs réguliers Pierre Parent concepteur graphiste responsable de la production Andrée-Lise Langlois réalisation graphique Louis Ducharme photo couverture Gilles Lachance marketing, promotion, ventes et administration Administration et abonnements: tél.: (418) 657-2426 Publicité (institutionnelle) Marie Prince (industrielle et commerciale) Gaston Paradis Photogravure et impression Imprimerie Canada Inc.Séparation de couleurs litho acme inc.Distribution en kiosques: Les Messageries Dynamiques "I Les Presses de l'Université du Québec Abonnements | Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): Régulier: (1 an / 12 nos): Groupe: (10 et plus — 1 an): A l'unité: 38,00 $ 21,00$ 19,00$ 2,50$ 51,00$ A l'étranger: Spécial (2 ans / 24 nos): Régulier: (1 an / 12 nos): 28,00 $ A l'unité: 3,00$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l'Hydro-Québec M Lionel Boulet directeur Recherches Bell Northern M.André H Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de l'Ile des Sœurs LE POINT DE VUE D'UN PROSPECTEUR .^tc S, gu oj.L'article d'André Delisle paru dans Québec Science de mars 1981 sur la fièvre de l'or se termine par la question : Les Québécois resteront-ils en dehors de l'aventure?Par un hasard, qui est assez logique, le même article illustre précisément les trois principaux handicaps qui empêchent la société québécoise d'embarquer dans l'aventure de l'exploration de l'or.L’un de ces handicaps a trait à la façon que l'on perçoit les découvertes minières.On voudrait qu'elles soient cartésiennes, logiques, alors qu'elles sont souvent le fruit de l'intuition.Le deuxième handicap a trait au financement des mines.Une partie de la société, soit nos courtiers et notre Commission des valeurs mobilières, voudrait nous protéger de la spéculation minière, alors que ce n'est qu'une spéculation honnête qui peut nous permettre de réussir.Le troisième handicap a enfin trait à notre perception du rôle des sociétés d'État.On les perçoit trop comme des panacées à tous les maux, alors quelles ne sont que l'amorce d'une solution et que, par leur nature, elles ont des difficultés de fonctionnement que ne connaissent pas les petites entreprises privées.(.) [Il est remarquable] que Silverstack, société minière québécoise, est passée sous le contrôle d'un groupe financier ontarien, la L.L.L., après la découvertedu gisement [de la mine Doyon], Quel que soit le détail des péripéties qui ont mené à cette transaction, les dirigeants de Silverstack étaient à bout de ressources.Une des raisons déterminantes de la vente fut l'absence d'un mécanisme qui aurait permis au public québécois d'investir dans cette société minière de façon à lui permettre de continuer à fonctionner.Pour un entrepreneur, il est difficile de comprendre cet esprit qui anime encore aujourd'hui nos courtiers et notre Commission des valeurs mobilières et qui empêche le financement de projets de prospection minière.Notre Commission et nos courtiers refusent même d'offrir à leurs clients des parts d'une société québécoise qui chercherait des mines et dont le seul bénéfice potentiel serait une découverte éventuelle.Le risque est trop grand, nous ne vendons pas de billets de loterie, disent ces courtiers! Cette même Commission des valeurs mobilières permet aux Québécois d'acheter des parts spéculatives de la bourse de Calgary ou de Vancouver, (XURKEER et nos bons courtiers s'empressent d'en vendre, mais là, ils ne se sentent pas responsables des pertes éventuelles.Dans le but de permettre aux Québécois d'investir, le gouvernement du Québec a créé une loi des sociétés en commandite et a accordé aux Québécois qui y investissent des avantages fiscaux fort généreux.Mais, la Commission des valeurs mobilières et les courtiers font tellement de difficultés dans l'application des règlements, que seules les sociétés d'État et les sociétés étrangères font «profiter» à date aux Québécois de ces avantages, et à quelles conditions.Il faudrait que ces agents prennent certaines responsabilités et acceptent certains risques afin de permettre aux Québécois d'occuper le champ de l'exploration et des mines, car pour réussir nousdevrons mobiliser des capitaux.Pour l'instant, les Québécois inscrivent et financent leurs compagnies sur la bourse de Calgary, car au Québec on leur refuse ce droit.Même si la découverte d'une mine coûte en moyenne 35 000 000 $, il n'en coûte effectivement que 100 000$ à 500 000$ pour faire une découverte minière, quand un projet réussit il va de soi.De nombreux prospecteurs et géologues québécois gèrent déjà des budgets de cette ampleur, et il suffirait de simplifier les formalités et sans doute d'augmenter les marges de profit des courtiers pour leur permettre de financer et d'organiser de tels projets.Il faudrait aussi permettre le commerce de parts, car certains investisseurs devraient avoir le droit de prendre leurs bénéfices et de se retirer après un premier bon forage alors que d'autres préféreraient attendre la «Mine».(.) Puisque les sociétés d'État, en exploration minière, ne suffisent pas seules à la tâche de développer le Québec, il sera sans doute bon de favoriser les activités des nouvelles sociétés minières et des entrepreneurs indépendants.Grâce aux prospecteurs, aux jeunes du métier formés d'abord par les universités et cégeps, puis par Soquem et l'industrie, il y a une relève nombreuse et qualifiée.De plus, de nombreux Québécois sont prêts à risquer une partie de leurs économies dans l'aventure des mines.Cependant, pour que le privé puisse fonctionner, il faut que tous les intermédiaires acceptent les risques spéculatifs et financiers de l'exploration et s'adaptent aux lois de la statistique, suffisamment pour permettre la jonction des bonnes volontés et la création des sociétés québécoises.Il faut encourager de nombreuses initiatives individuelles et/ou privées car s:; «se v, S jase: #(i s* î'JcS ( "’tSÜfi I2iS ttwin ii le ?.Te m h un T' :i : " N HH QUÉBEC SCIENCE / août 1981 l'exploration minière est le seul domaine avec la recherche où celui qui réussit est non seulement celui qui estqualifié, mais surtout celui qui persévère même s'il sait qu'il sera déçu 99 fois sur 100.Il faut casser bien des pierres avant de trouver une mine.Mais quand on réussit, la récompense à un investissement de quelques dizaines de milliers de dollars se mesure parfois même en milliards de dollars.Edwin Gaucher, Ing.Sainte-Foy Ph.D.POUR LES MORDUS DES BALEINES Originaire de la Gaspésie, j'avale tout ce qui touche le sujet des baleines avec une avidité insatiable.J'ai apprécié votre article énormément.J'aimerais recommander un livre vraiment poignant, écrit par un auteur canadien fasciné par ces mammifères : Farley Mowat, A Whale for the Killing, aux éditions Penguin.Françoise LaFontaine Saint-Bruno SANS ISSUE ipl) w îijnpjpïït 1^1 1 .1 ri1111 h Lzr s -VrJ _-ll J HËf SisTii: ;>“l — -1 — etSr* eolr.Par définition, une fois engagé dans un labyrinthe, on ne peut trouver le chemin vers l'unique sortie.Cela est d'autant plus vrai pour celui que nous avons publié à la page 25 du numéro de juillet qu'une toute petite ligne en trop rendait impossible à résoudre.Post-scriptum, n'est-ce pas incongru d'intituler ainsi la chronique qui occupe les premières pages d'un magazine, nous demande-t-on quelquefois.Bien sûr, si on ne considère que sa position, le titre n’est pas très approprié.Mais si on regarde le moment où elle s'écrit, c'est un titre tout à fait adéquat.En effet, c'est dans les dernières heures, alors que le stress de la tombée est à son maximum, que la fermeture du numéro nous pend au bout du nez comme une épée de Damoclès, que tous les textes sont composés, montés et prêts à partir pour l'imprimerie, que cette chronique s'écrit.Ainsi, elle mérite vraiment de s'intituler post-scriptum.C'est la tête pleine des sujets qu'on traite dans ce numéro (qui s'emmêlent d'ailleurs avec ceux du numéro suivant dans lequel on est déjà «embarqué»), que l'on doit faire le point sur celui-ci.Ainsi on vous amène sur Saturne, avant mêmeque Voyager 2 y soit arrivé.C'est en effet à la fin de ce mois que la sonde se trouvera dans les parages de cette planète.Jean-Marc Carpentier, qui se trouvait à la base de la Nasa en Californie lors du passage de Voyager 1 près de Saturne, fait ici le bilan des résultats de la première mission et nous indique les questions auxquelles, espère-t-on, la sonde Voyager 2 apportera des réponses.La technologie, qui nous permet d'explorer l'espace interplanétaire, est toutefois source d'inquiétude lorsque l'on revient sur Terre.Il en est une, entre autres, qui est actuellement au centre d'un véritable débat, les écrans cathodiques.Après avoir soulevé l'enthousiasme et s'être répandus comme une traînée de poudre dans les milieux de travail administratif, ils soulèvent aujourd'hui de nombreuses inquiétudes.Yanick Villedieu fait le point sur ce dossier chaud qui implique la santé visuelle, mais aussi les conditions de travail des cols blancs.La technologie, capable de grandes choses ou.responsable de tous nos maux.Les opinions balancent entre ces deux extrêmes.Pour Alvin Toffler, il ne s'agit pas d'être un adepte aveugle de la technologie ni de devenir technophobe.Il opte plutôt pour développer un esprit critique par rapport aux technologies qui se développent.Et il s'en explique dans l'entrevue qu'il a accordée à nos collaborateurs René Vézina et Jean-Pierre Marquis.Au mois d'août, les marchés débordent de fruits et de légumes frais.C'est aussi le branle-bas dans les cuisines pour mettre en conserve la fraîcheur de l'été.Un exemple de technologie douce, même artisanale, que François Picard vous invite à mettre en pratique.C'est une façon de prolonger l'été si court. : v' ¦ , août 1981 / QUÉBEC SCIENCE «UN NOUVEAU-NÉ CHEZ HEWLETT PACKARD LA HP-41CV» *40 7 * > / HP-41CV * Une version améliorée de la HP-41C vous permettant: - L'utilisation maximale de ses 319 registres adressables déjà incorporés ou plus de 2000 étapes de programmation.- L'utilisation maximale de ses périphériques (lecteur de cartes, imprimante, lecteur optique).- .L'utilisation de modules préprogrammés plus les caractéristiques existantes de la HP-41 C, soit: * Plus de 130 fonctions.* Affichage alphanumérique.* 10 tests conditionnels, 56 indicateurs internes (Flags).* Contrôle des boucles, adressage indirect, touches personnalisées, mémoire continue.* 12 caractères visibles, décalages pour visualier 24 caractères, fonctionnement mémoire permanente.Modules mémoires * Modules de spécialité préprogrammés disponibles.Lecteur optique * Lecture de codes-barres imprimés, traduction des données et des programmes dans le calculateur.* Livres de solutions avec codes-barres disponibles (en anglais seulement).Lecteur de carte * Conserve des programmes complets et des données sur cartes magnétiques.* Cartes magnétiques des HP-67 et 97 compatibles.L'Imprimante * Caractères numériques et alphabétiques (majuscules et minuscules).Tracés et graphiques ainsi que dessins à caractères spéciaux.Intensité d'impression réglable, extrêmement silencieuse.«LES PRIX: HP41CV: $471.75, LECTEUR DE CARTE: $287.50, IMPRIMANTE: $536.50, MODULES MÉMOIRE; $42.50, LECTEUR OPTIQUE; $171.95.(Une réduction est accordée aux membres}.» Des dépliants détaillés sont à votre disposition.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé: prière d'ajouter la taxe de vente provinciale [8%] et les frais d'expédition de $4.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.\ «Les prix sont sujets à changement sans préavis « COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C.P 6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél.: (514) 344-4841 (/) CHEMIN DE ïï O POLYTECHNIQUE Z O {2 QUEEN MARV O O I IM jïlfl \u opin èli ;¦ i«i èc [¦ ta ire (SI! kn K modi S) de Iftjll « Slid Fl Kl «10 Le ;meni ni ment Iota KOI îiis' ;fie,i L tt loml ; i ^e.t S «s QUÉBEC SCIENCE / août 1981 7 FAUNE LE LEURRE DES NORMES Le vice-président de la Consolidated Bathurst, M.James MacLeod, n’a pas une très haute opinion du type de conservation de la faune qui se fait actuellement dans le secteur de l’exploitation forestière.«Laisser une bande verte le long des routes qui traversent une zone de coupe, c’est une insulte à l’intelligence des gens.Nous faisons de la cosmétique forestière, en pensant que le public est assez stupide pour vouloir une industrie forestière en bonne santé et, en même temps, une forêt qui ne subit aucune modification ! » S’exprimant ainsi dans le cadre d’un mini-sommet sur la protection de l’habitat faunique et l'exploitation forestière, convoqué par la Fédération québécoise de la faune (FQF), M.MacLeod a su attirer l’attention des participants sur le fait que nos normes actuelles ne font souvent que camoufler un manque total de véritable conservation.Le mini-sommet visait justement à faire le point sur l’efficacité de ce qui se fait actuellement à ce chapitre.On a pu, à l’occasion, évaluer l’accroissement considérable de la pression qui s’exerce sur l’habitat faunique, à mesure que se développe la coupe et qu’augmente le nombre des chasseurs et des pêcheurs.Dix pour cent des Québécois chassent, et près de un sur quatre va à la pêche.Un record mondial ! Mais, si le taux de participation à ces activités augmente chaque année, le nombre de prises, lui, est stable.« Les utilisateurs sont inquiets, soulignait M.Robert Joyal, biologiste de la FQF.Nous savons que l’exploitation forestière peut avoir un impact favorable sur certaines espèces fauniques comme les ongulés, qui profitent de la régénération abondante pour se nourrir.Mais lorsque la superficie des coupes devient trop grande, et que le couvert forestier disparaît complètement, les orignaux n’ont plus d’abri, et la population diminue.» Citant une étude menée par des biologistes de l’Université du Québec, M.Joyal faisait état de densités d’orignaux passant de 0,73 individu par 10 kilomètres carrés, en forêt, à 0,36 par 10 kilomètres carrés, en territoire coupé à blanc et ce, dans une même région, soit celle de Lebel-sur-Quévillon.Il est évident que la superficie illimitée des coupes, telle quelle se rencontre dans le Moyen-Nord québécois, pose de sérieux problèmes à la survie des populations d’orignaux.Autre cas abordé lors de cette rencontre d’une journée, celui de l’impact des coupes sur le Les orignaux subissent les contrecoups de l’exploitation forestière.Couper une trop grande superficie boisée les prive d’un abri.Et on observe alors une diminution de leur population.milieu aquatique.L'augmentation de l’écoulement annuel des eaux étant proportionnelle à la superficie coupée à blanc, la coupe et son organisation ont une influence directe sur la vie aquatique.La sédimentation des lacs constitue vraisemblablement le plus gros problème rencontré.Une trop grande concentration de particules en suspension dans l’eau réduit la production biologique.Les conditions de vie aquatique sont jugées mauvaises lorsqu’on rencontre plus de 400 mg/1 de sédiments en suspension.Or, on a pu observer des concentrations allant jusqu'à 1 000 mg/1 dans certaines régions des Appalaches où on avait effectué des coupes à blanc.Ces données, fournies par M.André Plamondon, spécialiste en hydrologie forestière de l’université Laval, illustrent bien l'inefficacité des normes actuelles.«Dans certains cas, soutient M.Plamondon, la concentration la plus élevée a été enregistrée là où la bande de forêt protectrice laissée autour des rives était le plus large.» Plusieurs exemples de la sorte ont mis en lumière le fait qu’en matière de conservation, la norme est souvent un leurre, et qu’il faut analyser les cas séparément afin de prévenir les dégâts.«Il ne sert à rien de garder une bande verte autour des cours d’eau, soutient M.Plamondon, si en même temps, la machinerie se promène dans les ruisseaux qui s’y déversent.Le problème, ce ne sont pas les normes, mais la planification avant coupe.» Pour répondre à ce besoin de planification, le ministère de l'Énergie et des Ressources (MER) et celui du Loisir, de la Chasse et de la Pêche (MLCP) comptent organiser des sessions d’information à l'intention du personnel forestier et, particulièrement, des contremaîtres de «première ligne», qui ont à faire face quotidiennement sur le terrain à des problèmes de planification.Le mini-sommet n'aura pas fourni d’autres propositions très concrètes sur les mesures à prendre.Il s’agissait d’une rencontre de type « tour d’horizon », où chacun semblait tout de même prêt à aborder honnêtement les problèmes.Pour le reste, il faudra attendre que soit terminée la révision du Guide d’aménagement du milieu forestier - le document produit conjointement par le MER, le MLCP et des gens de l’industrie qui détermine les modalités de coupe - actuellement en cours, pour savoir jusqu’où les autorités concernées ont l’intention de pousser ce dossier.Luc Chart rand SAUTER NE FAIT PAS MAIGRIR Même si elle connaît actuellement une vogue sans précédent — on en a vendu deux millions aux États-Unis en 1978 et six millions en 1980 —, la corde à sauter n’est pas nécessairement la panacée que d'aucuns racontent en matière de lutte contre l’obésité.Un programme expérimental pour femmes obèses, monté sous la direction de Julien Vallières, du Laboratoire des sciences de l’activité physique de l’université Laval, a montré que ce type d’exercice ne permet pas des pertes de poids significatives, mais tout au plus une stabilisation du poids.Bien qu’il puisse avoir une certaine influence sur la condition physique de ses adeptes, le saut à la corde ne peut rien pour leur ligne en l’absence d’une modification parallèle du régime alimentaire.Il est donc loin d’être prouvé que «dix minutes de corde à saurer valent 30 minutes de jogging».Y.V. août 1981 / QUÉBEC SCIENCE 8# Il y a cinq ans, des chercheurs du Musée national des sciences naturelles et de l’Institut Herzberg d'astrophysique à Ottawa formaient un groupe multidisciplinaire inusité.Ils voulaient explorer les causes de la crise dans la biosphère à la limite géologique crétacé-tertiaire qui accompagna la disparition des dinosaures.Après un atelier de deux jours, riches en idées jetées en l'air et de questions sans réponses, ils relançaient l’hypothèse que les dinosaures avaient disparu à la suite de l’explosion d’une supernova dans le voisinage du système solaire.Ils la prolongeaient en faisant une suggestion qui ressemble aujourd’hui à une prédiction : les sédiments de cette époque devraient contenir des isotopes de certains éléments générés lors d’une telle catastrophe.Et chacun retourna à son laboratoire préparer des munitions pour la prochaine rencontre.Les 19 et 20 mai derniers, le groupe avait grandi: 23 chercheurs, certains de grande renommée dont un prix Nobel, discutèrent sans interruption, formalité, ni politesse.Ils s’étaient réunis parce que, chacun de leur côté, plusieurs DINOSAURES L’ASTÉROÏDE DE LA MORT d’entre eux avaient identifié, sans erreur possible, une concentration anormale de métaux lourds dans les roches de l’époque.Les mesures effectuées à plus de 20 sites autour du globe concordent: il s’est produit il y a 65 millions d’années un événement tel que la Terre fut recouverte d’une mince couche de débris, enrichie d’éléments de la série du platine (osmium, iridium, platine, or.).La présence d’iridium est particulièrement frappante parce que cet élément est très rare dans la croûte terrestre.Par contre, il est plus commun ailleurs dans le système solaire, et son abondance dans les sédiments analysés est comparable à celle trouvée ou postulée dans certaines météorites et comètes.Des chercheurs de Berkeley avaient donc proposé qu’un astéroïde d’un diamètre de dix kilomètres avait percuté la Terre, se pulvérisant et projetant un nuage de débris, de poussière et d’eau dans la haute atmosphère.Le nuage engloba rapidement la planète, bloquant totalement la lumière solaire et coupant le souffle à la production biologique.Adieu dinosaures.Imaginez le cratère : depuis le rebord, il vous faudrait marcher 200 kilomètres pour le traverser de part en part : Québec — Rivière-du-Loup.Un impact dans l’océan aurait formé un cratère tout aussi impressionnant.Laissez choir un astéroïde de dix kilomètres en plein Atlantique au large de la Nouvelle-Ecosse où les abysses sont à 4,7 kilomètres de profondeur.Si l'objet s’enfonce jusqu’au fond, sa moitié supérieure dépassera au-dessus du niveau de la mer ! Sachant à quel point le catastrophisme déplaît à la communauté scientifique, le meeting s’est déroulé dans un calme inattendu.C’est que les suppor-teurs de l’hypothèse astéroïde étaient bien préparés, forts de leur réputation et de leurs données irréfutables.Bien qu’hésitants encore quant à la nature exacte (météorites, astéroïde, comète) et au point d’impact du corps céleste qui heurta la Terre, ils ne semblaient absolument pas douter de l’origine extraterrestre de l’incident.Face à eux, plusieurs participants non convaincus ont eu l’impression de n’avoir été invités qu’à titre d’experts à qui on demandait de voter pour un scénario déjà dessiné.On les y impliquait en leur demandant d’évaluer l’effet probable des divers phénomènes accompagnant l’impact : cyanures se répandant dans les mers, chaleur intense, blocage de la lumière solaire.Seul un géologue américain s’est fermement opposé à toute hypothèse extraterrestre.Selon lui, il existe en Inde un gigantesque plateau de laves qui datent de 65 millions d’années.Les cendres et produits toxiques éjectés par ces volcans disparus auraient certes pu causer des extinctions, mais il faut alors trouver un mécanisme pour amener depuis le noyau de la Terre les éléments rares que les sédiments ont livrés.Les chercheurs se sont quittés après avoir établi un programme de recherches visant à infirmer ou non certaines prédictions découlant de l’une ou l’autre hypothèse.Ce furent deux journées passionnantes pendant lesquelles on a vu se côtoyer les squelettes des grands dinosaures, les minuscules enveloppes d’unicellulai-res coulant sans bruit au fond des mers pendant des millénaires, la ronde des astéroïdes entre Mars et Jupiter, les comètes que notre système solaire capture parfois en passant par quelque nuage interstellaire dans sa dérive à travers la galaxie.Un accident est si vite arrivé.Mais, heureusement pour nous, il y eut des survivants à la catastrophe: la vie est une maladie, et les planètes qui l’ont attrapée n’en guérissent pas facilement.Pierre Béland ¦ ^ Environnement Environment Canada Canada Canada Les déchets?C’est encore utile Si vous connaissez un nouveau moyen de réduire, récupérer ou recycler les déchets, DRECT pourrait subventionner la mise au point et la démonstration du prototype Écrivez à DRECT Service de la protection de l'environnement Environnement.Canada Ottawa, Ontario K1A1C8 OOlï JBI les Ijiie iii] É tadi laçoi la QUÉBEC SCIENCE / août 1981 9 [ ASTRONOMIE LE CANADA VOIT GRAND Leader en astronomie dans les années 60, rattrapé ensuite par les Américains et les Européens, le Canada cherche à reprendre son- ancienne place grâce à un nouveau projet scientifique de grande envergure.Fin mai, lors de son congrès annuel tenu à Québec, la Société canadienne d’astronomie a en effet annoncé un projet de réseau de radiotélescopes.Utilisé seul pour scruter des zones éloignées de l’espace interstellaire, un radiotélescope ne permet d’observer que des taches qui correspondent à des points d’émission d’énergie, à des ondes radio-électriques émises par des corps célestes.Mais plusieurs télescopes, distants l’un de l’autre et reliés de façon artificielle, fonctionnent comme s’ils ne formaient qu’un seul grand télescope.Le pouvoir séparateur’ de ce télescope géant est augmenté, même si son pouvoir collecteur ne change pas.Autrement dit, on ne «voit» pas plus de choses, mais on distingue mieux la radio-source que l’on observe ; au lieu de taches, on obtient des points distincts et des formes plus précises.Permettant de découvrir des objets extrêmement éloignés de nous, l'interférométrie à longue base existe déjà.Pour l’instant, on n’utilise cette technique d’observation de l’espace qu’entre des stations existantes, entre les Etats-Unis et l’Europe, par exemple.Le principal problème dans ce cas est de prévoir plusieurs années à l’avance de telles expériences effectuées par des radiotélescopes qui sont habituellement autonomes.La Société canadienne d’astronomie a donc présenté au gouvernement canadien un projet de huit télescopes, dotés d’antennes de 32 mètres de diamètre, répartis de l'Atlantique au Pacifique.Il y en aurait un au Québec, aux environs de Gaspé.Les performances de ce super-radiotélescope de 5 000 kilomètres de long seraient supérieures d’au moins cent fois à celles du meilleur radiotélescope existant actuellement.Pour l’instant, la société bénéficie d’un octroi gouvernemental pour étudier la faisabilité et le coût de l’opération.Ce coût devrait approcher celui du télescope Canada-France-Hawaï, soit près de 30 millions de dollars.A cause de Leur alignement au sud du pays, les radiotélescopes canadiens projetés permettront de transformer le Canada en un radiotélescope géant.Les États-Unis possèdent déjà des radiotélescopes autonomes de grande puissance, mais comme ils ne sont pas alignés, ils ne peuvent être reliés pour travailler tous en commun comme ceux prévus au Canada.Et les États-Unis ne prévoient aucun projet semblable pour l'instant.L’astronome Jean-René Roy, organisateur du congrès de Québec, estime que ce coût est raisonnable étant donné l'intérêt et les retombées économiques d’un tel projet.Le principal avantage est que les ondes radio sont moins absorbées par la poussière interstellaire que les ondes visibles, d’où la possibilité d’observer des points plus éloignés dans l'univers qu’avec les télescopes ordinaires.De plus, les radiotélescopes permettent d’observer l’univers tant de jour que de nuit, beau temps, mauvais temps.Les géophysiciens pourront aussi se servir du radiotélescope géant pour étudier de façon plus précise la dérive des continents et peut-être mieux prédire les tremblements de terre.D’un autre côté, le projet entraînera le développement de l'équipement de recherche pour les antennes et les récepteurs de radio, plaçant les compagnies canadiennes impliquées à la fine pointe de cette technologie.Selon Jean-René Roy, «l'astronomie est un luxe que l’on peut et que l’on doit se permettre.L’homme est là depuis si peu de temps et l’univers va durer encore longtemps.L’homme contribue à sa survivance en essayant de comprendre au maximum l’univers complexe qui l'entoure.A court terme, les retombées sont minimes; par contre, à long terme, cela peut apporter beaucoup.François Picard J.G.tfottier (1977) INC.TOUJOURS AU POSTE .J.G.TROTTIER ouvert les soirs et fins de semaine à son nouveau local au 151 Chemin Ste-Foy toujours premier pour vous servir -=ir7 üh^/ r~ Il i=I LETRASET —f>— (418) 522-1285 10 août 1981 / QUÉBEC SCIEN' BIOTECHNOLOGIE UN TRAIN À NE PAS MANQUER Si le Canada ne veut pas manquer sa chance de jouer un rôle significatif dans la révolution biotechnologique actuellement en cours, son gouvernement doit rapidement mettre les bouchées doubles pour stimuler la recherche et le développement dans ce domaine de pointe.C’est même à des investissements de l’ordre du demi-milliard de dollars en dix ans qu’il devrait s’engager dès maintenant, estime le Groupe de travail sur la biotechnologie, dans le rapport qu’il a remis ce printemps au ministre d’Etat chargé des Sciences et de la Technologie, à Ottawa.Ces investissements consisteraient essentiellement en mesures de stimulation pour l’industrie (aide à la recherche et au développement, sous forme directe ou par voie de réductions fiscales), mais aussi en efforts consentis dans la recherche fondamentale et la formation de main-d’œuvre spécialisée, déjà peu nombreuse et très en demande partout dans le monde.Quant aux domaines d’application de la biotechnologie que le groupe juge «essentiels», il s’agit de la fixation de l’azote, de l’utilisation de la cellulose, de la création de nouvelles lignées végétales, du traitement des déchets, de l’extraction de minerais par des micro-organismes, ainsi que de la fabrication de médicaments.Toutes ces techniques, on le sait, seront appelées à de profondes modifications au cours des prochaines années, à la suite des développements rapides que connaissent la biologie, la biochimie et le génie génétique.Selon Maurice Brossard, président du groupe de travail et directeur de l'exploitation à l’institut Armand-Frappier, en banlieue de Montréal, le Canada n'aurait guère le choix de ne pas s’embarquer dans la biotechnologie, ne serait-ce que parce que celle-ci est appelée à jouer un rôle prépondérant dans l’exploitation et la production des richesses naturelles.«Si nous ne maîtrisons pas les techniques de fixation d’azote par les plantes, cite-t-il en exemple, nos arbres ne seront bientôt plus concurrentiels.» Notant de plus qu’après avoir manqué la micro-électronique dans les années 70, nous ne pouvons pas nous permettre de manquer la biotechnologie dans les années 80, le président du groupe précise que si le volume annuel des ventes quelle génère actuellement dans le monde est évalué à 27 millions de dollars, il sera de l’ordre de 27 milliards dans dix ans.Malheureusement, note le rapport, le Canada accuse déjà un sérieux retard dans la course au nouveau Klondike.La recherche scientifique universitaire et gouvernementale a connu un « affaiblissement progressif » au cours de la dernière décennie, ce qui a eu pour effet de diminuer notre capacité de relever le défi de la biotechnologie.Par ailleurs, lit-on encore dans le document, « les efforts actuels sont caractérisés par un éparpillement considérable des activités de recherche (.), de même que par l’absence d’industries importantes qui œuvrent dans ce domaine.» D’où l’urgence d’adopter un plan national de développement à long terme de la biotechnologie et la nécessité d’investir massivement dans ce domaine, insiste Maurice Brossard selon qui le rapport a été accueilli «très positivement» par le ministre.«D’ailleurs, ajoute le président du groupe, les sommes que nous demandons au gouvernement fédéral d’investir ne représenteront probablement que la moitié de l'ensemble des investissements, les gouvernements provinciaux et les industries étant également appelés à s’intéresser à la question.» En Ontario par exemple, le gouvernement provincial s’est associé à la Corporation de développement du Canada et à la compagnie Labatt pour investir 10 millions de dollars par an pendant 10 ans dans le domaine de la biotechnologie.L’Alberta a pour sa part voté des budgets de recherche, tandis que la Colombie-Britannique créait une compagnie de la Couronne pour fabriquer de l’interféron.Au Québec enfin, «pas mal placé à l’échelle canadienne» d’après Maurice Brossard, il existe plusieurs équipes travaillant en biotech- nologie, notamment à l’institut Armand-Frappier, à Laval, à McGill, à Sherbrooke, à l’Institut de recherche sur les pâtes et papiers, à l’Institut de recherches cliniques de Montréal.Mais là encore, d’ajouter le président du groupe de travail, il va falloir faire des choix, consentir des investissements à long terme et coordonner les efforts.» Yanick Villedieu BRONZER AU LASER ?Tout le monde connaît les effets du soleil sur la peau.Mais personne n’en connaît avec précision les mécanismes fondamentaux.Car si l’on sait que ce sont surtout les rayons ultraviolets qui sont en cause, si l’on comprend assez bien le comment de certains de leurs effets bénéfiques comme la conversion photochimique de la pré-vitamine D en vitamine D,, on n’explique pas encore très bien le secret des photoréactions de la peau.On aurait pourtant intérêt à mieux comprendre ces phénomènes car on les soupçonne fortement de causer le vieillissement de la peau et même certains cancers.On pense généralement que les rayons UV peuvent endommager la structure même de l’ADN des cellules.Pour tenter de vérifier et d’expliquer ce phénomène, Roy Pottier, du Collège militaire de Kingston, et C.Ramsay, du Women’s College Hospital de Toronto, utilisent un faisceau laser pour observer ce qui se passe avec des rayons d’une longueur d’onde bien précise (celle des rayons UV varie de 200 à 400 nanomètres).Ils n en sont encore qu’à leurs essais préliminaires, mais ils ont déjà pu constater comment certaines longueurs d'onde parviennent à détruire les cellules de peaux sensibles au soleil.Les tests sur un grand nombre de sujets ne sont pas encore commencés — et il faut espérer que l’initiative n’en reviendra pas à quelque propriétaire de studios de bronzage trop vite fasciné par la technologie du laser.Y.V. QUÉBEC SCIENCE / août 1981 11 Vous avez toujours rêvé d'une carrière où votre esprit de décision, votre audace et votre sens des responsabilités seraient mis en pratique?Les Forces canadiennes vous ouvrent des horizons en vous offrant d'entreprendre une carrière de pilote ou de navigateur.3 V"0t cote®* O»*'3 Ne laissez pas s'envoler l'occasion.Pour plus de renseignements, visitez le centre de recrutement le plus proche de chez vous, ou téléphonez à frais virés.Vous nous trouverez dans les pages jaunes, sous la rubrique Recrutement ou postez ce coupon.la vie dans les Forces LES FORCES ARMEES CANADIENNES AU: Directeur du Recrutement et de la Sélection, Quartier général de la Défense nationale, Ottawa, Ontario K1A0K2 Une carrière dans les Forces armées canadiennes m'intéresse, j’aimerais recevoir plus de renseignements à ce sujet.! Nom Adresse Téléphone Université Faculté | Spécialité O h- 12 août 1981 / QUÉBEC SCIENC CONSOMMATION LES MOLLUSQUES DE L’ÉTÉ VST.v'J s.Vv ‘ V ' L’été nous invite aux voyages.Plusieurs iront notamment le long des côtes maritimes de l'est du Canada.Le plaisir de ramasser des mollusques pour ensuite les déguster en attirera sans doute un grand nombre.Ils pourraient connaître de mauvaises surprises ! En effet, malgré divers avertissements à ce sujet, plusieurs personnes se font encore «surprendre» chaque été par une intoxication due aux mollusques.En effet, quelques espèces de mollusques marins (myes ou coques, moules noires, moules géantes, et bourgots) contiennent, surtout de juin à septembre, une toxine qui cause une grave intoxication paralysante, pouvant aller jusqu’à la mort chez l’homme.Ce type d'intoxication est depuis longtemps connue.Dès 1609, Lescarbot signalait, dans son Histoire de la, Nouvelle-France, que, durant l’été, les Indiens de Port-Royal ne consommaient pas de mollusques, malgré leur abondance.Même si la famine sévissait, ils préféraient se nourrir d’écorce d’arbre ou de chien.En 1793, trois membres de l’expédition du capitaine Vancouver sur la côte de la Colombie-Britannique furent intoxiqués par des moules, et un en mourut.Aujourd’hui encore, l’intoxication paralysante affecte chaque été plusieurs touristes.Dans l’Est canadien, le risque existe surtout dans l’estuaire du Saint-Laurent — sur la rive nord, entre Tadoussac et Min-gan, et sur la rive sud, entre Trois-Pistoles et Percé —, au Nouveau-Brunswick, dans la baie de Fundy, entre Saint-Jean et Saint-Andrews, et en Nouvelle-Écosse, entre Grand Pré et Yarmouth.L'intoxication se manifeste d’abord par un engourdissement et un picotement des lèvres, puis de la figure et des doigts.Le picotement s’-étend par la suite aux bras et aux jambes qui souffrent aussi de raideur.Il est accompagné d’un affaiblissement général et la respiration devient difficile.En phase critique, ce sont la paralysie et l’étouffement.La toxine produite, ou saxi-toxine, est un composé organique azoté stable.Son action ressemble à celle du curare, un paralysant neuromusculaire réputé utilisé par les Incas, mais son intensité est 20 fois plus forte.Elle inhibe la transmission des influx nerveux, surtout au niveau du système nerveux périphérique^ des centres respiratoires et des contrôles de la circulation.De plus, elle diminue l’entrée massive d’ions sodium qui accompagne l’excitation des membranes musculaires par l’influx nerveux ; le potentiel d’action musculaire se trouve ainsi très réduit, ce qui provoque graduellement une paralysie, notamment dans les muscles moteurs et le muscle cardiaque.La toxine se trouve surtout dans le système digestif et les branchies des mollusques.La consommation de leur muscle (comme c’est le cas pour les pétoncles, les grosses coques et les bourgots) n’entraîne pas d’intoxication.Les mollusques ne synthétisent pas eux-mêmes la toxine; ils l’ingèrent en même temps qu’une espèce planctonique, Gonyaulax tamarensis, dont ils se nourrissent abondamment durant l’été.Or, le développement des Gonyaulax est favorisé, l’été, par la hausse de la température de l’eau, et la baisse de la salinité, la longue durée d’ensoleillement, un milieu riche en substances organiques provenant, par exemple, de rejets d’égout.Mais heureusement, il y est aussi freiné par une espèce de zooplancton, le cilié Favella sp, qui s’en nourrit.La cuisson réduit d’environ 70 pour cent la toxicité des mollusques pour autant qu’elle dure 20 minutes ou davantage.Les cuire à la vapeur ou à la poêle s’avère beaucoup plus sécuritaire que les préparer en potage ou en chaudrée.En effet, 50 pour cent ou plus de la toxine se retrouve alors dans le bouillon : le rejet de ce dernier est certainement une précaution recommandable.La cuisson n’est cependant pas une garantie d’innocuité; de fait, la plupart des intoxications t répertoriées durant la période k estivale furent provoquées par p une ingestion de mollusques t cuits.La mise en conserve commerciale des myes, moules et ci bourgots se révèle par contre : Il beaucoup plus sûre.Les exigen- P ces (cuisson, décoquillage, lavages, autoclavage) sont telles que leur toxicité est abaissée d’au moins 95 pour cent mais.ceci s’accompagne malheureusement d’une perte de saveur.On étudie actuellement un autre type de prévention : faire rejeter la toxine par les mollusques en leur imposant, avant cuisson, un traitement à salinité 1 11 et/ou température supérieures i ou inférieures aux normales estivales.En attendant, les organismes publics ne peuvent qu’alerter les habitants et touristes dans les régions touchées par l’in-„ ¦ ¦ , r i« toxication paralysante.Germaine VanCoillie SCIER EN SILENCE Une simple visite dans un «moulin à scie» permet de constater le bruit infernal et strident qui y règne.La conception même des équipements de traitement du bois explique ce niveau élevé de bruit, en grande partie d’origine vibratoire.Ainsi, le remplacement de la lame conventionnelle par une scie de conception spéciale pourrait diminuer son impact acoustique d’environ 15 pour cent.Cette suggestion n’est qu’un des moyens proposés par M.K.Ghosh, du département d’ingénierie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, pour diminuer l’exposition au bruit des travailleurs de l’industrie du bois.Les quelques mesures effectuées par le chercheur à l’intérieur des usines révèlent que, dans la majorité des cas, les normes sécuritaires sont largement transgressées.Pourtant, avec un peu d’imagination et surtout une préoccupation réelle de l’hygiène en milieu de travail, la situation pourrait être considérablement améliorée.Des réaménagements mineurs des locaux et des machines suffiraient parfois à protéger les travailleurs contre les effets néfastes du bruit: stress, fatigue et surtout possibilité de surdité à long terme.A.D. un système d'arpentage par inertie Accéléromètre *ORo ^Gyroscope Schéma simplifié d'une plate-forme d'inertie (Gracieuseté de la revue Arpenteur géomètre) les V 2 allemands.C'étaient aussi des instruments de ce type dit par inertie qui permettaient aux pilotes de revenir sur leur porte-avion sans en chercher la position.De nos jours, les avions commerciaux sont équipés de ces appareils.On a même installé des plates-formes d'inertie à bord de sous-marins, surtout ceux qui doivent voyager sous la calotte polaire, de même que sur les fusées du programme Apollo.Pour fins géodésiques, on n'en compte aujourd'hui qu'une dizaine à travers le monde, à quelque un million de dollars pièce.Le système d'inertie Mais quel est donc ce système qui semble magique ?Il comprend les éléments suivants : la plate-forme d'inertie, un ordinateur, un clavier de commande avec écran cathodique, un enregistreur de données sur bande magnétique et un bloc d'alimentation.Les accélérations Au décollage, en vol, tout comme à l'atterrissage, le système inertiel, le pilote, de même que l'opérateur sont soumis à différentes accélérations dues aux déplacements de l'hélicoptère d'un point vers un autre.La sensation d'enfoncement ou de soulèvement de son siège, les tensions soudaines de la ceinture de sécurité lors des virages prononcés, d'ascensions ou de descentes rapides sont des signes apparents dits d'accélération.Le rôle de la plate-forme d'inertie est de mesurer toutes ces accélérations, peu importe la quantité, la durée et la direction.Cette plate-forme consiste en pièces mécaniques et électroniques très complexes renfermées dans un boîtier métallique maintenu à quelque 65° C.C'est ce boîtier qu'on considère comme «magique» dans les milieux de la géodésie, mais on peut cependant dire, en peu de mots, qu'il s'agit d'une plaque circulaire maintenue par deux gyroscopes dans une position horizontale et dans un axe nord-sud, c'est-à-dire entièrement indépendante des oscillations et des orientations de l'hélicoptère.À cette plaque sont fixés trois accéléromètres dans trois axes orthogonaux : axe avant-arrière, axe gauche-droite et axe haut-bas.L'ordinateur Quant à l'ordinateur, ses principales fonctions consistent à prélever continuellement (tous les 17 millièmes de seconde) les quantités d'accélérations mesurées par les trois accéléromètres, de les traiter en tenant compte de l'altitude des mesures, de la courbure de la terre et de sa vitesse de rotation, de la pesanteur, de la déviation de la verticale, etc.L'ordinateur traduit finalement ces accélérations en termes de distances, de directions et de dénivelés et il les accumule aussitôt à la position du point de départ inscrite en mémoire.Mission impossible Pour implanter les infrastructures du futur complexe hydroélectrique Grande Baleine, Hydro-Québec a dû établir les levés et la cartographie nécessaires à la construction d'une route de 480 km à travers un territoire constitué, en grande partie, de formations rocheuses et de lacs.En Amérique du Nord, les cartographies des grandes régions habitées sont, en général, réalisées à l'échelle 1 : 20 000.Pour de grands projets d'aménagements, l'échelle peut passer à 1 : 5 000.Or, pour optimiser le tracé final de la route projetée, Hydro-Québec a décidé de réaliser une cartographie des corridors à l'échelle I : I 000.C'était aller à l'encontre de l'opinion courante dans les milieux de la géodésie.Hydro-Québec a relevé ce défi en établissant et en mesurant 2 150 points de contrôle avec une précision relative de 10 cm et un espacement moyen de 1 km entre ces points, sur un territoire d'une superficie égale à deux fois celle de la Belgique.Les difficultés étaient nombreuses à cause, d'une part, de l'étendue du territoire à cartographier ; car s'il est assez facile, en soi, d'établir des points de mesure, il est très difficile de maintenir leur exactitude sur une grande surface.D'autre part, l'éloignement du territoire mesuré compliquerait l'organisation et la coordination des travaux : problèmes de ravitaillement, d'alimentation en carburant et en électricité et, enfin, problèmes de pannes des appareils de mesure, de communications, etc.Plate-forme inertielle : une technologie nouvelle ?Hydro-Québec n'avait aucune expérience dans la technologie nécessaire à ses nouveaux projets géodésiques.Elle a donc eu recours aux services de la firme INERSAP Inc.de Québec pour les programmes informatiques de mesure, programmes qui sont les plus avancés actuellement dans le monde.Pour le savoir-faire logiciel, l'entreprise s'est adressée à SPAN International Inc.de l'Arizona.En combinant la technologie américaine aux programmes informatiques canadiens, elle a réussi une première internationale.Mais la technologie utilisée n'était nouvelle que dans son application à l'échelle 1 : 1 000 sur un vaste territoire.Déjà, au cours de la Seconde Guerre mondiale, c'est par des instruments de guidage gyroscopiques qu'étaient dirigés Le système doit être solidement installé à bord d'un hélicoptère (ou d'un camion si les points sont accessibles par route — ce qui n'était pas le cas pour Hydro-Québec) ; il nécessite une alimentation constante en électricité (24 volts).L'hélicoptère transporte le système complet sur un point de départ dont la position est déjà connue et se déplace rapidement vers un nouveau point.Les accélérations durant ce déplacement sont soigneusement mesurées.aPubli-reportage Hydro-Québec Août 1981 L'avenir Hydro-Québec vient de participer à Banff, en Alberta, à un symposium international sur l'utilisation de la technologie inertielle en arpentage et géodésie.Un exposé des travaux réalisés dans la région de la Grande rivière de la Baleine y a été présenté.L'ampleur de ces travaux et, surtout, la preuve qu'il est possible de les réaliser sont désormais connues à travers le monde.La terre n'est peut-être plus qu'un «village», mais il reste d'immenses territoires à cartographier avec précision.Il semble donc probable que la plate-forme d'inertie ne fait que commencer à bouger. 14 août 1981 / QUÉBEC SCIENCE GARDER L’ÉTÉ AU FRAIS Textes et photos par François Picard Le prix du panier à provisions augmente sans cesse.Les fruits et légumes peuvent coûter, au milieu de l'hiver, jusqu'à quatre fois plus cher qu'au moment de leur pleine production.Pour les viandes, les augmentations sont de moindre importance, mais elles existent.Du poisson frais, il n'en est pas question en hiver.Et pourtant, il faut bien nous alimenter à longueur d'année sans que notre budget en souffre trop.Face à cette situation, qui va en empirant, de plus en plus de gens se décident à acheter ou à faire des conserves, à congeler des aliments ou à les traiter pour en profiter plus tard, à retourner en fait à de bonnes vieilles habitudes.L'avantage de conserver les aliments pour une utilisation future n'est pas seulement économique, il est aussi nutritif car, au milieu de l'hiver, bien des fruits et légumes vendus comme frais n'ont plus vraiment toute leur fraîcheur.Mais encore faut-il que ces conserves soient faites avec des aliments frais et sains, qu'elles ne reviennent pas plus cher que les mêmes produits vendus en épicerie.Et, surtout, pour les réussir, il faut respecter les règles.DES VITAMINES INDISPENSABLES Pour se développer correctement, notre organisme a besoin d'éléments vitaux, de substances naturelles absorbées par voie digestive.Les aliments fournissent calories, vitamines, sels minéraux, hydrates de carbone, graisses et protéines.Ces matières premières se trouvent en proportions adéquates dans une alimentation équilibrée, surtout si elle est composée de produits frais.Mais plus on attend longtemps après leur cueillette pour les manger, plus les fruits et les légumes perdent de leurs vitamines.S'ils sont mal cuits, leurs valeurs nutritives diminuent encore.Et, ce qui est encore plus important, des micro-organismes se multiplient facilement sur toute nourriture, la transformant parfois en poison.Autant de facteurs avec lesquels il faut compter.Les vitamines, à des doses très faibles, agissent comme catalyseurs dans une série de réactions chimiques nécessaires au bon fonctionnement de certaines cellules et de certains tissus de notre organisme.Ces substances chimiques sont indispensables à l'organisme qui semble mieux les assimiler si elles sont apportées par l'alimentation plutôt que sous forme de médicaments.Un manque de vitamines peut entraîner des problèmes de santé.La vitamine A, par exemple, présente dans le lait, le beurre, l'huile de foie de morue ou les légumes crus, est nécessaire pour la croissance des os, la vision en lumière faible ou en cas de grossesse.Une carence de vitamines C, contenues dans les légumes et les fruits frais, peut causer le scorbut.On estime qu'en trois jours environ, un légume frais perd jusqu'à la moitiéde sa vitamine C, c'est dire qu'au bout d'un mois, le temps qu'il lui faut souvent pour arriver dans notre assiette, un légume n'a pas du tout la même valeur en vitamines qu'au moment de sa cueillette.D'où l'intérêt pour la mise en conserves et la surgélation de fruits et légumes, par lesquelles on peut garder jusqu'à 95 pour cent des vitamines C, et pour les confitures, qui en conservent 75 pour cent.Selon l'agronome Jean-Marie Morin, du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, «la simple exposition prolongée à la lumière entraîne une diminution de vitamines C ou A, tandis que dans les mêmes conditions, le contenu en vitamines D augmente.Quant aux éléments minéraux indispensables à la biochimie cellulaire, comme les sels de sodium, de calcium ou de potassium, une cuisson trop longue des légumes et des fruits dans l'eau bouillante en détruit une partie.Plus précisément, ils se retrouvent dans l'eau de cuisson.Il s'agirait donc de récupérer le liquide.» À moins qu'on ne les enlève sciemment, ce qui pourrait être le cas pour les graisses, les autres éléments restent présents dans les aliments, sauf si des microbes les transforment en s'y multipliant.UN MONDE INVISIBLE Microscopiques, les bactéries sont des organismes vivants unicellulaires.Certaines, utiles, peuvent produire, par exemple, des vitamines du groupe B dans l'intestin; d'autres, nuisibles, peuvent provoquer des maladies à cause des toxines qu'elles sécrètent.On trouve des bactéries un peu partout, dans l'air, l'eau, le sol, dans et sur les êtres vivants, l'homme y compris.Lorsque les conditions leur sont favorables, elles se multiplient rapidement.Si elles se développent dans des aliments, ceux-ci deviennent toxiques; leur absorption peut être dangereuse, causer des douleurs à l'estomac, des diarrhées, des nausées, des vomissements, des maladies graves et parfois même la mort.Le milieu préféré des bactéries est celui dans lequel nous évoluons la plupart du temps: un air doux et humide.C'est aux alentours de la température du corps humain qu'elles se multiplient le plus rapidement: leur nombre peut doubler en une vingtaine de minutes.À titre d'exemple, un aliment qui contient au départ une centaine de bactéries, sera le siège de plus de 1,5 milliard de bactéries au bout de huit heures.Ainsi, on peut imaginer combien en con- UaulOc.alt.ttsvx* -11 fl- tiendra un sandwich au jambon gardé à la température de la pièce toute une matinée, à plus forte raison une journée entière.Encore heureux que la plupart des bactéries soient inoffensives! Malgré tout, il y en a assez dans un tel sandwich pour causer une intoxication alimentaire.Les staphylocoques, les salmonelles et les conformes fécaux sont parmi les bactéries les plus nocives que l'on trouve dans les aliments.Les staphylocoques contaminent surtout le jambon cuit, la volaille rôtie, les salades de viande ou de pommes de terre, le poisson et les desserts à la crème.Les toxines qu'ils produisent résistent aux températures élevées.Les salmonelles, présentes le plus souvent dans les volailles, les œufs et leurs sous-produits, les viandes, les coquillages, les crèmes, sont facilement détruites par la chaleur.Les conformes fécaux se développent dans les eaux polluées et, de là, peuvent se propager aussi bien dans des crustacés, de la viande ou d'autres aliments.Tous les aliments ne se contaminent pas avec une égale facilité.Parmi les plus fragiles, on compte la chair, crue ou cuite, des animaux, le lait, la crème, les œufs et les mets qu'ils ont servi à confectionner, les légumes cuits, comme les pois ou les fèves, et le gruau.D'un autre côté, les aliments les plus sûrs comprennent le pain, les biscuits, le beurre et les huiles, les confitures, le miel, les céréales sèches, les fruits crus, cuits ou secs, les marinades, les saucissons secs, les fromages et certaines viandes ou poissons en conserve.DU RÉFRIGÉRATEUR.Laisser de la nourriture exposée à une température entre 4° et 60° C pendant deux heures est considéré comme un maximum pour limiter la contamination à un degré acceptable.Si on veut la conserver plus longtemps, il faut absolument la maintenir à une température plus basse ou plus éleyée pour réduire le développement des bactéries.Ainsi, il faut réfrigérer les aliments dès que possible entre 2° et 4° C, la température normale d'un réfrigérateur.On n'arrête pas alors le développement des bactéries, mais on le ralentit.On repousse le moment où la contamination deviendra trop importante.La durée maximale d'entreposage des aliments au réfrigérateur dépend de l'attrait qu'ils présentent pour les bactéries.À 4° C, on ne peut Les conserves et les confitures permettent de profiter des fruits et légumes toute l'année.En chauffant l'aliment à une température élevée ou en l'additionnant de sucre, de sel, d'alcool, on le préserve d'une détérioration irréversible et on peut le garder intact un an ou plus.pas y garder sans risque de la viande crue plus de trois jours, du crabe ou des homards plus de 24 heures, du beurre non salé plus de deux semaines, de la charcuterie plus de sept jours, des tomates ou de la laitue plus d'une semaine, des œufs plus de trois semaines.[I faut réfrigérer les aliments cuits ou cuisinés sans attendre qu'ils aient refroidi, sinon les bactéries profitent de la chaleur douce dans laquelle ils baignent pour se multiplier.Cependant, pour conserver chaud un mets, on doit maintenir sa température, après cuisson, au-dessus de 60°; c'est le cas, par exemple, du poulet rôti chaud que l'on propose dans certains magasins d'alimentation.Selon M.Jean-Marie Morin, de la Direction de l’inspection des produits végétaux, «avant que des produits alimentaires arrivent sur notre table, il peut y avoir des problèmes de con- 16 août 1981 / QUÉBEC SCIENCE '#8! m i ItBE âiHl ) ¦ *kr 2.l/lËsïïir^ ~n—— ! r ¦ «IliJ m ; *'* ' ¦* i m .¦ * fli / w servation dus à la longueur des chaînes de distribution, mais ils sont rares.Les industries ont leurs spécialistes, leurs chimistes, et ne prennent pas de risques.Il peut arriver par contre que le système de réfrigération d'un camion tombe en panne, parfois celui du magasin.Mais je pense que le pire, c'est le temps d'entreposage dans les automobiles lorsque les gens font leur marché, en particulier en été.» Chez soi, la règle d’or est de garder toujours les aliments, quels qu'ils soient, à l'abri de la chaleur, de l'humidité et de la lumière.Une chambre froide qui répond à ces exigences peut donc servir de complément au réfrigérateur pour la conservation pendant plusieurs mois des fruits et légumes les moins fragiles, comme des pommes de terre, des carottes, des oignons, des pommes ou des poires.AU CONGÉLATEUR Alors que la réfrigération ne peut durer, en général, que quelques jours, la congélation permet de conserver des aliments pendant des mois.La réussite de la congélation dépend cependant du soin avec lequel elle est faite.La congélation arrête presque totalement le développement des bactéries, mais en détruit très peu.D'un autre côté, elle ralentit l'activité enzymatique qui, normalement, à une température supérieure à 4° C, favorise le mûrissement, puis la détérioration des fruits et légumes, fait rancir le gras des viandes, volail- les et poissons.Le froid intense transforme en glace l'eau des aliments, bloquant ainsi, en grande partie, les réactions biologiques, biochimiques et microbiennes.Ces réactions continuent cependant à se produire, bien qu'à une vitesse très réduite, ce qui limite la durée de conservation des aliments sous forme congelée.De plus, à la sortie du congélateur, les microbes se développent de nouveau rapidement.La congélation ne peut se faire de façon vraiment efficace qu'à une température constante, égale ou inférieure à -18° C.Ainsi, un fruit ou un légume se conservera environ un an à -18° C, mais seulement cinq mois à -1 5° et un mois à -9°.Marie-Paule Bernardin, auteur d'un livre sur les conserves, recommande de «saisir» rapidement les aliments par le froid pour que les cristaux soient les plus petits possibles.Dans le cas contraire, les cristaux de glace sont gros et ils endommagent lestissus; à la décongélation, l'eau s'échappera alors facilement des cellules de l'aliment qui aura une apparence flasque et perdra de ses valeurs nutritives.Aussi conseille-t-on de refroidir le congélateur au maximum quelques heures avant d'y placer une quantité importante de nourriture, de ne pas y mettre plus de sept kilogrammes à la fois par 100 litres de volume, de réfrigérer au préalable la nourriture, de faire de petites portions et de les placer à l'endroit le plus froid de l'appareil, au fond ou contre les parois.En moins de 24 heures, et même en quatre heures si possible, Problèmes importants pour la conservation : — La pire épreuve pour les aliments: leur transport à température élevée dans une automobile entre le magasin et la maison — Le bœuf à congeler doit être plus frais que celui que l'on achète pour consommer immédiatement — La stérilisation des légumes ou de la viande n 'est pas sûre si on se sert d'un chaudron plutôt que d'un autoclave la température de l'aliment à congeler doit descendre à -18° C ou moins.Plus l'opération est rapide, meilleurs sont les résultats.Il faut aussi viser un emballage le plus étanche possible, sinon l'air desséchera le produit congelé, amoindrira sa saveur et son contenu en vitamines.En fait, la congélation est la méthode de conservation qui permet de garder les aliments au plus près de leur état naturel.Cependant, comme le fait remarquer Mme Sylvie Veilleux, conseillère en alimentation au ministère de l'Agriculture du Québec, «la congélation n'améliore pas l'état des produits.Il est donc de première importance que les aliments à congeler soient de bonne qualité et qu'on utilise la méthode de préparation appropriée.Les fruits peuvent être empaquetés nature, avec sucre, avec sirop ou avec acide ascorbique; tout dépend de l'usage qu'on leur réserve.L'acide ascorbique, de même que le sucreou le jus de citron ralentissent le brunissement causé par les enzymes.Pour éliminer au maximum les effets des enzyn pis ne ne les c! Asrici n'utili sone anse alimei ssten mien* cialisj La p me h al QUÉBEC SCIENCE / août 1981 17 r-Z.' * v :.Jv c.Les conserves dans le bon vieux temps Pour réfrigérer leur nourriture, les «habitants» la mettaient dans les endroits les plus froids auxquels ils avaient accès.Pour certains, c'était un caveau à légumes situé sous la maison ou à l'extérieur; pour d'autres, c'était tout simplement une cache enfouie sous la neige, à la manière des Amérindiens.Toute pièce fraîche était utilisée, été comme hiver.Nos ancêtres parvenaient ainsi à garder des fruits ou des légumes jusqu'au printemps, les uns à l'état naturel, les autres en conserve ou séchés.Ils faisaient habituellement boucherie en décembre, alors que le gel semblait là pour rester.Une partie de la viande était alors congelée et on pouvait la conserver ainsi jusqu'au dégel du printemps; le reste était salé, séché ou mis en conserve.Les jambons et les anguilles étaient fumés dans la cheminée du foyer ou au-dessus de la bouilloire, dans la cabane à sucre.Une grande partie du printemps et de l'été, les familles se nourrissaient surtout de lard salé, c'est-à-dire les parties grasses des côtés et du UPPER TOWN MARKET, QUEBEC: 17° below ZERO FAHT Gravure d'après un dessin de W.0.Carlisle pour Recollections of Canada, publiée par Chapman & Hall.Londres, 1873.ventre du porc conservées dans de la saumure, dans des récipients en grès ou des barils.En été, dans les villages de pêche, on séchait la morue sur des vigneaux après l avoir placée dans la saumure une dizaine de jours.On faisait des confitures et des compotes avec la plupart des fruits, on séchait de fines tranches de pommes enfilées sur une petite corde au-dessus du poêle.Selon l'ethnologue Paul-Louis Martin, chacun laissait aller son imagination ou son ingéniosité pour mettre au point de nouvelles méthodes de conservation.Il a ainsi noté, dans la région de Yamaska, l'utilisation d'un baril comme glacière.Au début de l'hiver, ce baril était rempli d'eau.Au fur et à mesure, que la glace se formait à la surface, on découpait le centre du cercle.Une autre pellicule de glace se formait un peu plus bas, on la découpait encore.Et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on obtienne un cylindre vide entouré de glace.On y plaçait alors la nourriture à conserver.Au marché, à Québec, au 18e et au 19e siècles, les fermiers des environs venaient même vendre leurs produits congelés; quartier de bœuf, poulets, œufs ou encore du lait dont on coupait des morceaux de la grosseur désirée.enzymes naturelles sur les légumes frais, on congèle ceux-ci dans les premières heures qui suivent leur cueillette, non sans les avoir d'abord blanchis dans quatre litres d'eau par 500 grammes de légumes.Certains ne nécessitent pas cette opération: les champignons, la citrouille, les betteraves, les courges, les fines herbes, les oignons et les piments.Dans La congélation des aliments.Agriculture Canada recommande de n'utiliser que des viandes de bonne qualité et d'effectuer une congélation rapide pour ne pas altérer le produit.De même, comme la maturation de la viande se poursuit lentement durant son entreposage au congélateur, on conseille de vieillir le bœuf à congeler quelques jours de moins que si on le servait frais.Cette méthode permet aussi de conserver des produits laitiers, des œufs hors de leur coquille ou des aliments préparés.Chaque produit est en fait un cas particulier et il vaut mieux se référer à la littérature spécialisée si l'on veut réussir son coup.La décongélation constitue une i opération aussi délicate que la congélation.Plusieurs erreurs fréquentes sont à éviter, par exemple laisser une dinde décongeler sur une table de cuisine pendant toute une nuit, ou attendre un jour ou plus pour cuisiner un mets dégelé, ou encore recongeler un aliment décongelé sans l'avoir d'abord fait cuire.Dès que la température de l'aliment atteint 4° C, les J bactéries recommencent à se multiplier; et la contamination atteint son maximum à la température de la pièce.Dans la revue Pra-v/s/orrs, Mme Sylvie Veilleux conseille la décongélation au réfrigérateur dans l’emballage d'origine, ce qui réduit la perte de jus, de sucs et d'éléments nutritifs, tout en protégeant les aliments.Si, pressé par le temps, on laisse le produit décongeler à l'air ambiant, on court un grand risque d'intoxication alimentaire si celui-ci, une fois dégelé, reste plus de deux heures à la température de la pièce.Il est alors préférable de décongeler les aliments dans leur emballage d'origine, sous l'eau froide.Dans chaque cas, il faut cuire, cuisiner et consommer les aliments dans les heures qui suivent immédiatement la décongélation.UNE CHALEUR STÉRILISANTE Avant que les congélateurs domestiques ne soient disponibles, les con- serves en bocaux étaient la méthode de préservation à long terme des aliments la plus répandue.Maintenant, le principal avantage qui leur reste est que, lors de leur confection, on détruit complètement les microorganismes et leurs spores, de même que les enzymes naturelles.Cette méthode nécessite la stérilisation des bocaux en verre ou des boîtes de conserves, une fois remplis et scellés, en les portant à une température assez élevée pour détruire les bactéries et les spores.La bactérie la plus dangereuse est le Clostridium botulinum, qui produit, au cours de sa croissance dans le produit en conserve, une toxine qui peut causer le botulisme, une intoxication alimentaire entraînant souvent la mort.Selon le Conseil des denrées alimentaires du Québec, entre 1960 et 18 Qu'ils soient conservés cuits, en confiture, dans l'alcool et même séchés, les aliments doivent rester à l'abri de la lumière si l'on veut éviter une perte de leur valeur nutritive par réaction photosensible.1975, on a identifié au Canada 53 cas de botulisme impliquant 11 7 personnes dont 45 sont mortes.Dans seulement trois de ces cas, des produits du commerce étaient en cause; autrement il s'agissait de produits préparés à la maison.C'est dire l'importance de vérifier si une boîte de conserves n'a pas le couvercle bombé, ou de ne pas goûter aux légumes mis en boîtes ou en bocaux à la maison avant de les faire bouillir pendant au moins dix minutes tout en les recouvrant.«Le degré d'acidité des aliments, explique Sylvie Veilleux, détermine la température nécessaire à leur stérilisation.En effet, pour un aliment à pH inférieur à 4,6, comme les tomates et la plupart des fruits, l'acidité s'ajoute à la haute température pour lutter contre les micro-organismes.Il suffit alors d'un traitement à l'eau bouillante (100° C).« Celui-ci est possible dans une simple bouilloire avec une claie et un couvercle fermant hermétiquement, les boîtes ou les bocaux étant recouverts d’au moins cinq centimètres d'eau.Le temps de stérilisation dépend de la grosseur des bocaux.Pour les aliments moins acides, dont le pH est supérieur à 4,6, c'est-à-dire tous les autres aliments, la stérilisation doit se faire dans un autoclave sous une pression de 70 kilopascals pendant au moins 30 minutes à une température de 116° C.Normalement, les produits alimentaires sont mis en conserve à leur maximum de valeur nutritive.Toutefois, selon la conseillère en alimentation du ministère de l'Agriculture, à Québec, les gens perdent une partie de la valeur de l'aliment en tentant de stériliser les boîtes ou les bocaux à plus basse température et pendant plus longtemps.Ou encore, ils font bouillir un bon moment les légumes avant de les mettre dans des bocaux stérilisés, une autre méthode déconseillée comme celle de faire la stérilisation complète au four.On n'est jamais sûr que la stérilisation a bien eu lieu dans ces cas-là.Si l'on n'est pas prêt ou pas en mesure d'effectuer une stérilisation adéquate, il vaut encore mieux acheter des boîtes de conserves commerciales.Pour celles-ci, la température de stérilisation choisie est supérieure à la normale de façon à limiter les risques au minimum.Les quelques boîtes au couvercle bombé sont vite remarquées par le fabricant ou le commerçant dans la plupart des cas, mais il faut malgré tout que le consommateur ouvre l'œil; c'est vraiment une question de vie ou de mort.D'autre part, chez soi, il est recommandé d'entreposer les aliments en conserve dans un endroit frais, sec et, dans le cas de bocaux, sombre, car les aliments perdent une partie de leurs vitamines et de leur couleur par réaction photosensible.LES ANTISEPTIQUES COMESTIBLES On peut aussi conserver des aliments par séchage ou par addition d'antiseptiques comestibles.Le séchage des aliments à l'air, au four ou avec un appareil prévu à cette fin, les déshydrate, rendant très difficile le développement de micro-organismes.Entreposés dans des contenants hermétiques, à l'abri de la lumière, de la chaleur ou de l'humidité, ces produits peuvent se conserver à peu près intacts un an ou plus, pour la plupart.Il y a cependant une perte de vitamines par oxydation ou par la chaleur, mais les aliments conservent leurs minéraux.Employés à dose appropriée, les antiseptiques comestibles sont des poisons pour les bactéries, mais ils sont inoffensifs, semble-t-il, pour les consommateurs.Ces antiseptiques sont le sucre, le sel, le goudron, l'alcool, l'acide acétique ou le vinaigre, des produits chimiques comme l'acide salicylique et l'anhydride sulfureux.En concentration de 60 à 65 pour cent, le sucre permet de conserver pendant des années les fruits au sirop, les confitures ou les marmelades.En concentration plus faible, il favorise le développement des microbes et entraîne une fermentation; pour limiter ces effets, on peut ajouter un gramme d'acide salicylique par kilogramme de fruits.D'un autre côté, trop de sucre cristallise les confitures.Le sel, en cristaux ou sous forme de saumure, fait sortir l'eau des aliments et agit comme antiseptique en concentration de 1 5 à 20 pour cent.La méthode la plus simple consiste à frotter la denrée avec du sel jusqu'à ce qu'elle n'en accepte plus, puis à la déposer dans des bocaux, des pots en grès ou des tonneaux.En regardant la belle couleur du saumon fumé, qui pense qu'il s'agit en fait d'un dépôt de goudron sur un filet de saumon.La combustion lente de bois produit en effet de la créosote qui imprègne le saumon.Mais comme le goudron n'est pas suffisamment efficace comme antiseptique, il faut absolument que les aliments à fumer soient séchés ou salés auparavant.L'alcool devient antiseptique à partir de 18°, en montant.On emploie donc de l'alcool à 40° ou 45° pour y conserver des aliments qui contiennent de l'eau, surtout des fruits.Il faut prendre en considération que ce mélange ne va alors titrer que 25° à 30° et que la teneur en alcool diminue pendant les premières années après la mise en conserve.Le vinaigre doit être assez concentré en acide acétique pour arrêter le développement des microbes.On y conserve des morceaux de fruits ou de légumes auparavant blanchis.Les méthodes de conservation de la nourriture ne manquent donc pas.Selon les goûts et les particularités de cl te doive d'évil Le séchage des fruits et légumes est souvent la méthode la plus efficace et la plus économique de les conserver analyser en laboratoire la nourriture suspecte afin d'identifier la source du problème et d'éviter qu'il ne se reproduise.?Pour en lire plus Repas de tout repos: votre affaire, publié par le ministère de la Santé et Bien-être social Canada iï,1 .salit)1-D'if 1 lalliü fert I es a1-1 ]M I iceni I de chaque aliment, on peut choisir l'une ou l'autre.Mais certaines règles doivent toujours être respectées afin d'éviter la transformation d'une nourriture saine en poison.Si la qualité d'un aliment semble douteuse, mieux vaut s'abstenir de le manger.Mais, s'il est trop tard et que des signes d'une intoxication alimentaire se manifestent, par exemple des nau- sées, des douleurs abdominales, des diarrhées et des vomissements, on recommande de se rendre rapidement à l'hôpital ou d'appeler un médecin.Une fois l'empoisonnement diagnostiqué, on avertit la Direction générale de l'inspection des produits alimentaires, au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, qui se chargera de faire La mise en conserve des fruits et légumes.Agriculture Canada Confitures, gelées, marinades.Agriculture Canada La congélation des aliments, Agriculture Canada 1 iis®1 iir iii un Optimiste à Contre-Courant Pour AMn Toffler, «se complaire dans le pessimisme et ajouter au désespoir serait, à ce stade-ci immoral» Propos recueillis par René Vézina et Jean-Pierre Marquis L’homme a toujours été hanté par l'inconnu.À mesure que le cap psychologique de l'an 2000 se profile, dans un monde où le rythme des changements est essoufflant, on tente plus que jamais de déceler les possibles.Pas à la manière des prophètes, oracles et astrologues de tout ordre, mais en mettant à profit les instruments que la science a développé.C'est un peu l'ambition de ce qu'on appelle la futurologie, dont Alvin Toffler est un des plus éminents représentants.Alvin Toffler a été tour à tour correspondant de presse à Washington, directeur de la revue Fortune, professeur à l'université Cornell et à la New School for Social Research.Il est devenu une personnalité mondialement reconnue en matière de prospective lors de la publication de son livre, Le Choc du Futur, en 1970.Son dernier ouvrage, La Troisième Vague, reprend là où il nous avait laissé, et explore la voie dans laquelle l'humanité s'engage à grands pas, avec les développements scientifiques et technologiques des dernières années.Si, dans le Choc du Futur, Toffler insiste davantage sur le processus de cette transformation radicale qui, d'après son analyse, est déjà en train d'ébranler nos sociétés, La Troisième Vague démonte plutôt les structures, anciennes et nouvelles, qui émergent de ce processus.Aux yeux de Toffler, les deux livres sont complémentaires, mais il n'est pas nécessaire d'en avoir lu un pour comprendre l'autre.La Troisième Vague se présente cependant comme une vaste fresque, qui évoque les époques antérieures de l'humanité et les met en relation les unes avec les autres.Quelles sont ces «vagues» (wave, en anglais)?L'état de latence, qu'on pourrait appeler lé stade zéro, c'est celui où l'être humain est nomade, où la société préhistorique n'existe qu'en fonction de ce que la nature veut bien lui donner, sans qu'il ait de prise sur son destin.Progressivement, par l'entremise de son contrôle sur l'agriculture, l'humanité se stabilise et érige des structures qui évolueront très lentement: c'est la première vague.Survient la révolution industrielle, qui bouleverse les institutions et établit une hiérarchie entre les sociétés: la connaissance technique devient décisive.Alvin Toffler voit maintenant surgir les signes avant-coureurs d'une révolution, aussi radicale que les précédentes, et qui est déjà en marche dans les sociétés dites avancées: c'est la troisième vague.Qu'est-ce que ce constat entraîne, et comment l'auteur en est-il arrivé à leformuler?C'est pour tenter de répondre à ces questions que Québec Science a interrogé Alvin Toffler lors de son passage à Montréal, il y a quelques mois.Québec Science — M.Toffler, on vous associe directement à la futurologie, avec tous les sens, entendus ou pas, que le terme comporte.En ce qui vous concerne, comment vous considérez-vous?Comme un visionnaire, un médecin qui pose son diagnostic, ou carrément comme un futurologue?Alvin Toffler — Non, je me considère d'abord comme un auteur, un écrivain dont le champ d'intérêts est très large.Je peuxfacilement m'imaginer écrivant des livres sur des sujets n'ayant rien à voir avec la science ou la technologie.Mais parmi mes intérêts, je pourrais dire que j'ai une préoccupation particulière pour la question du changement social, et août 1981 / QUÉBEC SCIENCE j'ai toujours été intéressé par la relation entre la technologie, la science et les changements sociaux.Q.S.— Mais acceptez-vous l'étiquette de futurologue?A.T.— Oui, je l'accepte, mais je le répète, je suis d'abord et avant tout un écrivain, un critique social.C'est ma première identité, même si le public me voit surtout comme un futurologue.Je ne rejette pas cette image qui, en soi, n'a rien de négatif, même si à mes yeux ce n'est qu'une partie de moi-même.Mais je ne prétends pas connaître le futur, et je % solut QUÉBEC SCIENCE / août 1981 21 I » JérnÈ t-v-u WJ crois que quiconque prétend le connaître ou le prédire est un peu cinglé.G.S.— Il nous a semblé, à la lecture de vos livres, qu'il s'en dégageait un diagnostic, que vous perceviez des malaises découlant des changements sociaux, avec hypothèses de solution, surtout dans/.a Troisième Vague.A.T.— Je pense qu'il est de la responsabilité d'un intellectuel (enfin j’estime que c’est ma responsabilité) de faire plus que simplement poser un diagnostic.Je ne crois pas avoir toutes les réponses, je ne connais pas tout ce qui doit être fait; mes idées, en fait, peuvent être erronées.Mais pour moi, moralement en tout cas, ce ne serait pas correct de présenter une analyse négative de la situation, sans suggérer des solutions.Et si je pense de la sorte aujourd'hui, plus encore qu'il y a une dizaine d'années lorsque j'ai écrit Le Choc du Futur, c'est que le public est submergé d'informations à saveur pessimiste.C'est pourquoi j'ai tenté dans La Troisième Vague, de présenter les deux côtés de la chose.D'une part, il y a l'optimiste; car je pense qu'il existe potentiellement des avenues ouvertes et constructives, et que nous pouvons nous servir de la science à des fins utiles et humaines.Mais il y a aussi ce que j'appelle des maladies «mineures», et je les expose dans mon livre.G.5.— Il demeure surprenant que nous ayons, aujourd'hui encore, à imaginer un monde meilleur, engendré par la technologie, puisque déjà au départ, dans la deuxième vague, cette même technologie devait en principe conduire l'humanité au bonheur.Est-ce que le mécanisme s'est déréglé quelque part?Louis Pépin 22 » '5 .r C1 ¦ i : !r;; I : li ; i ,>,.À MiS /4.T.— Bien, je pense que.oui, si vous l'envisagez dans cette perspective; nous pouvons regarder en arrière et constater certaines erreurs.Il est facile, après coup d'imputer à la technologie de la deuxième vague des méfaits, tels que la pollution, le gaspillage d'énergie et la déshumanisation.Mais la question demeure: «Comparé à quoi?» Évidemment, par rapport à ce qu'on connaît aujourd'hui, la technologie passée est à bien des égards désastreuse.Mais par rapport aux conditions de vie des paysans, antérieures à la deuxième vague, elle a marqué le départ d'une formidable libération.C'est pourquoi des millions de gens affluèrent vers les villes et, même s'ils étaient souvent réduits à vivre dans des baraques sales et misérables, ils y allaient de plein gré.Parce que, dans l'ensemble, ils pouvaient espérer une amélioration objective de leur condition de vie.L'Europe du 15e siècle, vous savez, ce n'était pas le paradis.Q.S.— Mais au début, quand les philosophes ont lancé les idées nouvelles (pensons à Francis Bacon, John Locke, René Descartes et les autres), ils espéraient aussi l'avènement d'une nouvelle humanité.Ne faisons-nous pas face au même danger, à la même désillusion, actuellement, avec cette puissante technologie?A.T.— Sûrement ! Q.S.— Alors comment être optimiste plutôt que pessimiste?A.T.— Il n'existe malheureusement pas de vérité absolue, et ce n'est pas la science qui va nous la livrer.Elle nous enseigne que tout est conjecture et que chaque loi peut être réfutée par de nouveaux faits.Et je pense que c'est doublement vrai pour la question du changement social.Nous ne pouvons pas, par exemple, être certains des effets à long terme des technologies nouvelles, mais nous pouvons au moins poser de meilleures questions.Et mon intention est justement de poser de meilleures questions.Je ne suis cependant pas un adepte aveugle de la technologie, non plus qu'un technophobe.Une chose est certaine: il faudra dorénavant être plus critique à l'égard des nouvelles technologies.À l'époque de la révolution industrielle, le critère de sélection était simple: si une innovation était payante et militairement applicable, ça devait être bon, et elle était intégrée au système.Aujourd'hui, les laboratoires de recherche recèlent tant de potentiel scientifique et technologique qu'il nous est impossible de tout mettre à contribution.En conséquence, il faut choisir, mais sur des bases autre- août 1981 / QUÉBEC SCIENCE ment plus soucieuses des conséquences qu'autrefois.Q.S.— Malgré cela, certains ne sont pas prêts à répéter l'aventure et trouvent même que nous sommes déjà allés trop loin; des gens comme Ivan Illich ou des organisations comme le Club de Rome voient d'un œil plutôt sombre l'avenir avec l'invasion de la technologie.Ils sont plutôt sceptiques.A.T.— Je pense que, d'abord, ils constituent des phénomènes différents.Illich, c'est une chose, et le Club de Rome, c'en est une autre.Ceci étant dit, je crois qu'il y a, chez Illich et ceux qui partagent ses idées, une romantisation de la première vague et, à mes yeux, ils sont ce que j'appelle des «réversionnistes».C'est une glorification d'une société moyenâgeuse, qui oublie que le monde d'alors baignait dans l'ignorance, la misère et la tyrannie.Et je ne suis pas prêt à affirmer cavalièrement que la science et la technologie sont maléfiques, et que nous en sommes esclaves.Nous étions esclaves bien avant, et davantage.Q.S.— Dans le cas du Club de Rome, la mise en garde est différente, ce n'est pas tant pour revenir à un paradis perdu que pour prendre conscience des problèmes que nous aurons à affronter, si nous ne contrôlons pas le développement mondial.On ne parle pas de technophobie, ici, mais d'inflation sauvage d'une technologie sans âme.(appi plais te| elpr : valei iÛS.ilbl: MJ,.A.T.— En fait, mes sentiments sont partagés à l'égard du Club de Rome.Quand j'ai pris connaissance, il y a quelques années, du premier rapport du Club de Rome, intitulé Halte à la croissance, j'ai été un des seuls à ne pas endosser instantanément les thèses exposées dans cet ouvrage, si intéressantes soient-elles.Par contre, quelque temps plus tard, je me suis retrouvé dans une situation «COI b i Nalle teie complètement opposée, où j'ai été amené à prendre la défense du 15 k attilu
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