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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1982, Collections de BAnQ.

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Volume 20, numéro 6 FÉVRIER 1982 2,50$ PER J -69 JEBEC SCIEMCE Longent ÉLECTRDniDUE / » \ \ ^ ^ UUlÙUl \ V V V v 1 v ^ - ^ ^ ^ ^ ^ ^ 9>i£ X?H 0*d 19 Éd1N 9 W LLbi 1V991 i C d " 3 H VI c 19 \ Dda^no 31vno11vn 3n^3Hioiiaia-i P de retour garanti !C 'RIER 2ième claa nregutrement jméro 1052 ê *yx -k payé à Quebec Un grand maga zine d'information sur tout ce qui compose la vie de tous les jours.Musique, en- Avec Renee Larochelle, Andreanne Lafond et Pierre Raquette, du lundi au vendredi de 9 h 1 5 à 11 h 00.trevues de service, témoignages, romans feuilleton, rencontres avec des artistes d'ici et d'ailleurs./ M % GBF-690Ü9» CBV'980 Montréal Québec et aux stations de la chaîne française de Radio-Canada Sommaire Volume 20, numéro 6 FÉVRIER 1982 20 L'argent électronique Luc Chartrand De plus en plus, l'argent s'exprime en bits.Qui va y gagner?QQQO 28 Demain, la paternité Yanick Villedieu Sommes-nous en train d'assister à l'avènement d'une société de pères nouveaux et - enfin - présents?36 L'anguille sort de l'ombre Gérald LeBlanc Mais elle a une longue côte à remonter pour aboutir dans les assiettes des Québécois 41 La science à l'étroit Albert Jacquard Albert Jacquard, dans cet extrait de Au péri! de la science?.nous présente le dilemme du scientifique: se spécialiser sans se couper de l'opinion publique Actualités ^Chroniques 5 Post-Scriptum 6 Santé au travail La prime qui tue 7 L Environnement Un filtre indulgent Mingan Un chapelet d'îles à vendre 10 Meuneries Des poussières explosives 12 Sans frontières 16 Prisme: Rives à la dérive 47 Qualité du poisson Des millions pour l’industrie?48 Cancer Quand il n'y a plus rien à faire.53 Bientôt demain 54 Boîte à livres 56 Courrier 58 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1982.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de: CPPA ©Copyright 1981 —QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés. ùÆIïS! TROUVEZ LA SOLUTION GRÂCE À LA NOUVELLE HP-11C de $ Jsan-Mai ‘ HEWLETT * UNE PROGRAMMATION ÉLABORÉE AVEC: • 63 étapes et 21 mémoires adressables ou 203 étapes de programmation et 1 mémoire adressable.• 4 niveaux de sous-routines.• Enregistrement indirect (1 ).• 5 clés à définir (A-E).• 15 étiquettes de programme.• Facilité de modifications du programme (TOUCHE INSERT/DELETE).PACKARD * GÉNÉRATEUR DE NOMBRES ALÉATOIRES * FONCTIONS MATHÉMATIQUES • Trigonométriques.• Hyperboliques et leurs inverses.* FONCTIONS SCIENTIFIQUES • Conversion entre degrés et radians.• Conversion entre coordonnées rectangulaires et polaires.• Calculs de logarithmes, fonctions exponentielles, fonction gamma.* STATISTIQUES • Moyenne et écart type.• Régression linéaire.AUTRES CARACTÉRISTIQUES • Boîtier mince et léger.• Affichage à cristaux liquides.• Mémoire continue afin de conserver les programmes et les données.• Fonctionnement avec piles alcalines ou à l’oxyde d’argent.AUSSI DISPONIBLES: HP-12C $227.95, HP-32E $81.50, HP-37E $110.95, HP-41C $368.95, HP-41CV $479.95, HP-34C $223.50.UNE RÉDUCTION SUPPLÉMENTAIRE EST ACCORDÉE À NOS MEMBRES.Des dépliants détaillés sont à votre disposition.,.:te ûoiM ù'itji : ;:'Jd fers Psi Prfe-.; bis Ont Ssitalj Ispni lit» te lipiisni fflfiST SIPUSUC ftllsct ' Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé; prière d'ajouter la taxe de vente provinciale [8%] et les frais d'expédition de $1*.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.\.COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal C.P.6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél.: (514) 344-4841 lï Se CHEMIN DE POLYTECHNIQUE QUEEN-MARY QUÉBEC SCIENCE / février 1982 5 QUÉBEC SCIENCE DIRECTION: Jean-Marc Gagnon, directeur général RÉDACTION: Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Luc Chartrand, André Delisle, Claude de Launière, François Picard, Vonik Tanneau, Yanick Villedieu collaborateurs réguliers PRODUCTION GRAPHIQUE: Pierre Parent, responsable de la production Andrée-üse Langlois (réalisation graphique) Louis Ducharme (photo couverture) Gaëtan Laroche (illustration) Raymond Robitaille (typographie) Litho Acme inc.(séparation de couleurs) Imprimerie Canada inc.(photogravure et impression) ADMINISTRATION, VENTES ET PUBLICITÉ: Gilles Lachance, directeur Raynald Lavoie, responsable marketing et publicité Marie Prince, représentante publicitaire (institution) Nicole Bédard (abonnements) Messageries Dynamiques (distribution en kiosques) "I Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements! Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos) : 38,00 $ Régulier: (1 an / 12 nos): 21,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 19,00 $ A l'unité: 2,50$ A l'étranger: Spécial (2 ans / 24 nos): 51,00 $ Régulier: (1 an / 12 nos): 28,00 $ A l'unité: 3,00$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le ministère de l’Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes Bell Canada M Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J.Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l’Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur Recherches Bell Northern M André J Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de l’Ile des Soeurs Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée Longueuil, P.Q., y jCRIPTUM Récemment, le film Kramer contre Kramer décrivait une saisissante relation père-fils, vue par la lorgnette des années 80.Il n'en fallait pas plus pour que la paternité, de sujet futile et inintéressant, redevienne un sujet important et à la mode.À vrai dire, nous rappelle Yanick Villedieu, on a carrément oublié le père pendant des décennies.Pour les chercheurs en sciences sociales, la paternité n'était qu'une question très secondaire.Livres et films colportaient une image stéréotypée de l'homme absent de la maison, maladroit et mal à l’aise dans sa relation avec les enfants.Le brave docteur Spock assénait ses sempiternels conseils d'éducation en s'adressant1 directement aux femmes et en oubliant les hommes.Aujourd'hui, le «retour du père» — et des études sur la paternité — se manifeste partout.Parce que les rôles des hommes et des femmes face à la fécondité, face au désir de l'enfant et face à l'éducation de ces enfants, sont en pleine redéfinition, la paternité, elle aussi, est redéfinie.Les hommes découvrent ou redécouvrent l'importance de la relation père-enfant et vivent des situations nouvelles de paternité.Le père adoptif, le père d'occasion, le père substitut, aussi bien que le père seul — à temps partiel ou à plein-temps — sont des «modèles» de plus en plus répandus.Assistons-nous dès lors à une société de pères nouveaux et enfin présents?Yanick Villedieu souligne qu'il est prématuré pour conclure et que nous assistons à des phénomènes culturels limités, dont on peut se demander s'ils procèdent d'une mode passagère ou d'un réel mouvement de fond.Son article nous permet un premier éclairage sur ce «continent noir», comme il l'appelle, de la nouvelle paternité.(Notre collaborateur photographié en pleine action dans son rôle paternel.) Luc Chartrand, quant à lui, a couvert pour Québec Science un récent colloque sur les modes de paiement électroniques, sous les auspices de l'Office de protection du consommateur à l'automne dernier.C'est sans enthousiasme, rapporte-t-il, que les associations de consommateurs envisagent le recours à la monnaie instantanée de demain.Sortirons-nous gagnants de ce nouveau pas technologique?De façon très classique, il est difficile de dire en quoi cette nouvelle technologie léserait les individus, sinon qu'elle leur fait perdre le contrôle direct d'une autre petite partie de leur existence, cette capacité de dépenser en dollars palpables et bien tangibles.En somme, tout dépendra, une fois de plus, de l'usage qu'on fera de cette technologie et la stratégie de «l'œil ouvert et un peu méfiant» des consommateurs est tout à fait justifiée.Trois morceaux de choix complètent l'essentiel de ce numéro: un «Prisme» sur un de ces problèmes méconnus, passés sous silence par la grande presse, mais non moins significatifs: le «saccage» des rives du lac Saint-Jean.Puis, une réflexion de qualité d'un chercheur qui n'a plus à être présenté: il s'agit d'Albert Jacquard, l'auteur de L'éloge de la différence.Exprimé avec rigueur et vigueur, le message de Jacquard aux scientifiques ne laissera personne indifférent.Pour terminer, Gérald LeBlanc a pêché un curieux poisson, l'anguille, dont il nous conte les secrets, après avoir observé ses voisins du Bas du fleuve pêcher à l'aide de fascines, l'automne dernier. février 1982 / QUEBEC SCIENCE ACTUALITES SANTÉ AU TRAVAIL LA PRIME QU! TUE Suède, 1975.Les travailleurs de la forêt, mécontents d’un système de rémunération au rendement dont ils estiment qu'il les désavantage de plus en plus, déclenchent un vaste mouvement de grève.Le conflit, qui durera plus de deux mois, leur permettra d’obtenir gain de cause: le salaire mensuel fixe.Résultat immédiat — et durable —, la fréquence des accidents de travail diminue de 32 pour cent, tandis que leur indice de gravité chute de 35 pour cent.Pour la première fois ou presque, on vient de mesurer avec précision un phénomène évident sous l’angle du bon sens : l’impact négatif de la rémunération «à la pièce» et des «primes de rendement» sur la santé et la sécurité des travailleurs.Car les résultats de l’enquête suédoise sont patents, a expliqué Carin Sundstrom-Frisk, psychologue à la Commission nationale suédoise de santé et de sécurité au travail, à l'occasion du dernier congrès de l’Association pour la santé publique du Québec.Les améliorations spectaculaires enregistrées à partir de 1976 sont dues, dans une très large mesure, à l'abolition du travail entièrement payé au rendement.Quand il est payé à salaire fixe, en effet, le bûcheron n’est plus obligé d’adopter des comportements risqués dans le cours de son travail.Si, par exemple, l’arbre qu’il a coupé reste accroché dans un autre arbre, une situation dangereuse s’il en est, il lui est plus facile de choisir une façon de faire sécuritaire, même si elle prend une quinzaine de minutes contre seulement trois ou quatre minutes pour la façon dangereuse.Il peut au besoin avoir recours à l’aide d’un camarade de travail, à qui il n’a pas l’impression de faire perdre son temps et son argent en lui demandant un service.Toujours selon l’étude, la diminution du stress ressenti par les travailleurs est un autre facteur expliquant la baisse des accidents en forêt.De plus, et de l’avis d’à peu près tous les intéressés ren- contrés par les enquêteurs suédois, le système de rémunération au rendement constitue en soi un «obstacle» à tout effort en vue d’améliorer la sécurité sur les chantiers de coupe.«Lorsqu’une prime de rendement existe, résume Lucie Laflamme, qui présentait au congrès de l’ASPQ un document de réflexion sur la question, les activités de production et de sécurité sont en conflit.De façon générale, les travailleurs rémunérés au rendement ont un taux de gravité d’accident plus élevé.Et ceux d’entre eux qui ont des niveaux de revenu plus hauts sont aussi ceux qui ont le plus d'accidents.» Cause de fatigue physique et nerveuse, de tension, d’usure et même de vieillissement précoce, incitation directe à la «prise de risques» par le travailleur, la rémunération au rendement est cependant encore le lot d’un nombre important de travailleurs et de travailleuses.On les retrouve surtout dans l’industrie du vêtement, du meuble, de la chaussure, de la métallurgie, des mines, de la forêt.Fortement contestée par les organisations syndicales — la vice-présidente de la CSN, Gisèle Cartier, la qualifie de «vestige de l’esclavage dans les temps modernes » et en réclame l’abolition pure et simple —, elle est utilisée comme un moyen de contrôle des coûts et de la productivité de la main-d’œuvre.Des études comme celle qui a été menée en Suède mettent effectivement en évidence une certaine baisse de la productivité après l’adoption de la rémunération fixe.Mais cette baisse peut être compensée par une plus grande satisfaction du travailleur difficile à quantifier, ainsi que par une amélioration qualitative du travail elle aussi difficile à mesurer.«D’ailleurs, commente Carin Sundstrom-Frisk, il n’y a aucun domaine à risque élevé, que ce soit l’aviation ou l’industrie nucléaire par exemple, où l’on prenne la chance d’essayer la rémunération au rende- Yanick Villedieu ment.» Verra-t-on bientôt disparaître cette forme de rémunération dont même le prudent représentant de la Commission de la santé et de la sécurité du travail du Québec reconnaissait quelle «va à l’encontre des programmes de prévention mis de l’avant par la CSST » ?Il serait sans doute prématuré d’en faire le pari.Mais les travailleurs, eux, ont certainement fait leur choix.Lors du renouvellement de leur convention, en 1980, les bûcherons suédois pouvaient décider, sur une base individuelle, d'être rémunérés à taux fixe ou au rendement: 85 pour cent d’entre eux ont choisi le taux fixe.Si l’esprit humain était assez simple pour qu’on le comprenne, nous serions nous-mêmes tellement simples d'esprit que nous en serions incapables.Lyall Watson falsest tel»] le pi tièsem IKHm fuit pi nfm-, cuefepo feu® ®ï fit» “iprèsîj Ot, N 4 Hjd Un U ^étf rH U U H p Hd y.^ H TC ce cin>!t! ;teüH npf - DOlï ce (oils H luill-oimiie Si#le enévi-sseili idûptlOfi te.«lieue urdiffi- ijiiepii ijiivei» ileiW' uieoie 3d'!1 élevé, iWus- tple,»* iei»le- fcpjni' le Is linis''»1 .elle in-Jlli lise»" j J’ffl tu"**' iiiewe1® ne# vein»1 .s# ilK^ 1(1#^ eiiî® irjrf ENVIRONNEMENT UN FILTRE INDULGENT La première année d’application du règlement québécois sur les études d’impact s’est récemment achevée dans une certaine confusion qui ne manque pas d’inquiéter.Le premier sujet d'inquiétude semble être la facilité avec laquelle le gouvernement s'est permis de soustraire certains projets de développement à cette procédure d’évaluation préalable des impacts sur l’environnement.Bien que cette procédure soit maintenant obligatoire pour tous les projets d’envergure au Québec, il existe une disposition de la loi (l’article 31 0 qu> permet au Conseil des ministres de soustraire à cette procédure «un projet dont la réalisation physique doit commencer au plus tard un an après l’entrée en vigueur du règlement».Or, on constate que le Conseil des ministres ne s’est pas privé de ce droit d’exclusion, puisqu'il s’est penché sur pas moins de 70 projets présentés en vertu de cet article de la loi, entre le 30 décembre 1980 et la fin de novembre 1981.De ce nombre, au moins 58 projets auraient été effeaivement soustraits de la procédure des études d'impact, selon M.Gilles Coulombe, responsable du dossier des études d'impact au ministère de l’Environnement et la décision du gouvernement serait pendante pour la douzaine de dossiers restants.Même si M.Coulombe souligne que plusieurs de ces projets avaient déjà fait l’objet d’une évaluation satisfaisante avant 1980 (ce serait le cas de 16 projets d’Hydro-Québec), on peut se demander si un certain nombre de promoteurs, tant privés que publics, ne se sont pas précipités dans ce «trou» du règlement avec un empressement zélé, et si le gouvernement n’a pas cédé un peu facilement à ces demandes.Un second sujet d’inquiétude semble être la complexité de l’application de ce règlement.Bien qu’une procédure formelle existe pour soumettre des projets à études d’impact (voir Québec Science, février 1981, page 10), il reste de nombreuses « zones grises » dans ce règlement, soulignent certains consultants en écologie ou en aménagement du territoire, et le rôle des fonctionnaires chargés de l’application du règle- ment est très délicat.Si on ajoute que ces fonctionnaires, de leur propre aveu, sont littéralement débordés de travail, il est à craindre que certains projets passent à travers les mailles d’un filet que l’on voulait serrées.Sans compter, bien sûr, les projets soustraits de la procédure selon le texte du règlement lui-même, à la suite de compromis et de pressions bien senties sur le gouvernement actuel.Ainsi, les projets de drainage agricole — nombreux au Québec et dont l’impact sur l’environnement est évident — ne sont pas assujettis à la procédure.Plusieurs genres de travaux miniers et industriels peuvent être aussi soustraits de la procédure, à la faveur de l’article 17 du règlement général sur ces études d’impact.Récemment d’ailleurs, le Conseil consultatif de l’environnement prenait l’initiative d’émettre au minis- tre un avis sur cette question.Dans un texte vigoureux, le Conseil dénonçait la confusion et là complexité du règlement et estimait de son devoir « d’attirer l’attention sur certaines amputations et adoucissements au dit règlement».«Avec la parution de ce règlement, le Conseil doit en conclure qu'un grand nombre d’activités qui ont un impact sur l'environnement ne seront désormais assujetties à aucun contrôle», avertissait le C.C.E.L’organisme soulignait par la même occasion que la consultation du public avait été escamotée dans cette histoire.« En d'autres mots, on a profité de la parution officielle d’un règlement pour en altérer un second», accusait-il.Parmi les exceptions autorisées récemment à la loi par décret du Conseil des ministres, on trouve la construction d’un chemin forestier de première BACCALAUREAT EN PHYSIQUE (ORIENTÉ VERS LES SCIENCES DE L'ATMOSPHÈRE) OBJECTIFS DU PROGRAMME: Le programme vise à assurer à l'étudiant une base étendue de connaissances en physique complétée par l'acquisition de connaissances relatives à l'atmosphère axées sur le souci de préparer ce dernier à oeuvrer dans des champs d'activités reliés: • A L'ENVIRONNEMENT: contrôle de la qualité de l air, transport, dispersion des polluants: identification et mesure des polluants: réduction et/ou élimination des émissions (fumée, gaz, particules).• A LA PRÉVISION DES CONDITIONS ATMOSPHÉRIQUES: (L'UQAM est la seule université francophone à offrir un tel programme de 1er cycle.Le service fédéral de l'environnement recrutera des diplômés de ce programme pour combler ses besoins en prévisionnistes francophones).• AUX SCIENCES DE L'ATMOSPHÈRE: problèmes reliés aux différents types de précipitation: brouillard, pluie, neige; modifications artificielles des conditions météorologiques ou climatiques, océanographie dans l'aspect de l'interaction air-mer; hydrologie, etc.CONDITIONS D'ADMISSION: Détenir un diplôme d'études collégiales (DEC)ou l'équivalent ou être âgé d'au moins 22 ans, posséder une expérience pertinente et des connaissances appropriées CONDITIONS PARTICULIÈRES: Le postulant détenteur d'un DEC doit avoir suivi et réussi les cours du profil d'accueil de sciences pures appliquées.Le candidat adulte admissible qui ne possède pas l'équivalent des cours de niveau collégial devra suivre et réussir un ou des cours d'appoint INFORMATION: Module de Physique 1200, rue Saint-Alexandre C.P.8888, Succursale A Montréal (Québec) H3C 3P8 Tél.: 282-3672 DEMANDES D'ADMISSION: Service de l'admission Université du Québec à Montréal C.P.8888, Succursale A Montréal (Québec) H3C 3P8 Tél.282-3121 DATES LIMITES DES DEMANDES D'ADMISSION: SESSION D'AUTOMNE: Temps partiel: 1er juillet Temps complet: 1er mars SESSION D'HIVER: Temps complet et temps partiel: 1er novembre Université du Québec à Montréal 8 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE IL classe sur la Côte-Nord dans la région de Forestville.Un ingénieur forestier de Québec, M.Gil Lambany, a récemment soulevé le problème publiquement par une lettre ouverte dans un quotidien.«Sur quelle base le ministère de l’Environnement a-t-il cru bon d’émettre ce décret et déroger par le fait même à l’essence de la loi ?» se demande M.Lambany.Ayant participé aux études préliminaires de ce dossier et ayant ainsi contacté les personnes affectées par ce projet (pourvoierie, conseil Attikamek-Montagnais, etc), cet ingénieur dit avoir conclu que ce projet aurait dû normalement être soumis à une étude d’impact.«Ce décret permet d’étouffer efficacement toutes les doléances de personnes ou associations utilisant le territoire à d’autres fins que celles de l’exploitation forestière,» écrit M.Lambany.Doit-on y voir le signe de pressions politiques bien senties de la part de compagnies forestières ?M.Lambany n’est pas loin d’en arriver à cette conclusion et presse le ministre Marcel Léger de se reprendre avant que ce genre de décisions nous plongent dans une «grande noirceur» de l’environnement.Si on en juge, par ailleurs, par la décision, prise le 18 novembre dernier par le Conseil des ministres québécois, de fractionner deux parcs provinciaux, celui de la Gaspésie et celui des Laurentides, ce qui ouvre un accès plus large aux compagnies forestières et minières, il est à craindre en effet que tout ceci représente un pas en arrière significatif sur le plan de la protection de l’environnement, malgré la «belle allure» des lois et règlements en ce domaine.Jean-Pierre Rogel Le vrai danger, ce n 'est pas que les ordinateurs se mettent à penser comme des hommes, mais que les hommes se mettent à penser comme des ordinateurs.Sydney J.Harris La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Offre spéciale Je désire souscrire à un «abonnement promotionnel» d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens.à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.Offre non valide après 3 mois de la date de publication.H4N 1 S2 2-82 II eso itain, r.imn\ Jûiitlyi comité i.à ili Sèi-Pi «e if ment.* Havre! ÏKltL ^Ui toeseï ®iiii|iie: I» le mil 'Ne sciekce QUÉBEC SCIENCE / février 1982 9 MING AN UN CHAPELET D UES À VENDRE Le sort des îles de Mingan reste encore plus qu’incertain, après quelques années d’études et de projets pour leur mise en valeur à des fins touristiques (voir Québec Science, août 1978).Fin mai dernier, un comité interministériel du gouvernement du Québec présentait à la population de Havre Saint-Pierre et des environs une proposition de statut pour la protection de leurs îles, entre autres contre la horde de touristes qui augmente annuellement.Dans le cadre d’un colloque sur l’avenir de l’archipel de Mingan, tenu à cette occasion à Havre Saint-Pierre même, les scientifiques gouvernementaux ont proposé un scénario de développement.Essentiellement, cette portion du territoire sera consacrée « réserve faunique » et gérée comme telle par le ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche.À cause de leurs qualités particulières, deux îles recevront le statut de «parc de conservation», aussi sous la juridiction du MLCP.Enfin, le titre de «réserve écologique» sera donné à une ou deux îles particulièrement représentatives de l’ensemble de Mingan mettant ces dernières sous la tutelle du ministère de l’Environnement du Québec.Cette nouvelle vocation, axée fortement sur la conservation des îles de Mingan à l’état naturel, ne nécessite pas l’acquisition de la propriété foncière des espaces visés.Les auteurs des études envisagent plutôt des ententes à long terme avec les propriétaires actuels pour les droits d’usage des îles.Parmi les quelques propriétaires en cause, dont le gouvernement fédéral, la com- pagnie albertaine Dome Petroleum est sans aucun doute le plus important.Un dossier impressionnant sur les ressources naturelles et l’utilisation humaine.de chacune des 29 îles sert à étayer ce choix d’affectation pour un site qui, malgré son éloignement, présente un grand intérêt pour la collectivité québécoise.Les statues de pierre, sculptées par la mer sur certaines des îles, sont d’ailleurs devenues un symbole connu de la plupart des Québécois.Habitués à fréquenter les îles à leur guise, même à y construire illégalement des petits chalets, les gens résidant dans la région se demandent s’ils pourront toujours bénéficier d’un accès facile à des îles désormais soumises à des réglementations plus ou moins sévères de protection.De plus, on s’interroge sur l’efficacité de telles mesures de protection, si le gouvernement ne procède pas à l’acquisition des terrains.En mai dernier, les discussions entre les citoyens de la région et les fonctionnaires chargés du dossier portèrent en grande partie sur ces préoccupations.Au terme de la rencontre de Havre Saint-Pierre, les positions des participants semblaient difficiles à concilier.Les citoyens, d’une part, affirmèrent leur volonté de protéger «leurs» îles contre l’agression des «étrangers», visiteurs venus par la route ou travailleurs attirés par les développements Musées nationaux du Canada 0> W' miniers et énergétiques; et, d’autre part, en tant que «gardiens volontaires » des îles depuis plus de cent ans, ils ne voyaient pas d’un bon œil les contraintes à l’accessibilité, imposées sur quelques îles particulièrement intéressantes.Confrontés à l'expression populaire de cette préférence pour une forme de statu quo pacifique et peu interventionniste, les experts ne purent apporter aucune formule de rechange pour la préservation de l’état naturel du milieu.Plus de six mois après l’événement de Havre Saint-Pierre la question de la propriété de l’archipel est toujours en suspens.Dome Petroleum demeure propriétaire de la majorité des îles.Les ministères impliqués dans le plan de protection, principalement le ministère du Loisir, de la Chasse National Museums of Canada >9 r & O 11) S81 7226 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE DEUX SYSTEMES.DEUX NORMES La plus grand partie des recherches sur les normes de travail se fait aux États-Unis et en Union soviétique.Et il est frappant de constater à quel point ces normes reflètent une différence fondamentale dans la façon d'envisager la santé et la sécurité, autant dans le milieu de travail que dans l'environnement en général Sans frontières LE GENE DES JEUNES CARDIAQUES .S jw C'est ainsi qu'en Union soviétique, la «concentration maximale permise» de n'importe quelle substance dangereuse désigne la concentration qui, compte tenu d'une journée de travail de huit heures et du nombre d'années d'activité, ne causera aucune maladie ni aucune détérioration de la santé des travailleurs, que ce soit pendant ou après les années de travail.La norme est fixée au plus bas niveau qui modifie de façon mesurable un certain nombre d'indicateurs extrêmement sensibles des réactions comportementales ou biochimiques des travailleurs.En résumé, les normes soviétiques sont strictement basées sur des considérations d'ordre médical, alors que les normes américaines, en plus d'adopter pour point de départ que le milieu de travail est sain, prennent en ligne de compte «la technologie de contrôle souhaitable», la «faisabilité économique» et la «capacité pratique de mesurer les concentrations».Comme on le voit, l'approche est très différente, l'objectif déclaré de l'U.R.S.S.étant de modifier les facteurs environnementaux qui affectent la santé des classes laborieuses.Cependant, souligne l'auteur, aussi importante que soit la définition des normes, ce qui compte avant tout, c'est la façon dont on les applique, à l'ouest comme à l'est.(Environment) Un enfant de cinq ans qui meurt brusquement d'une crise cardiaque.Un bébé qui naît au Japon avec un tauxde cholestérol de 1 000, alors que le taux normal serait de 200.Ces enfants souffrent d'une maladie héréditaire qui porte le nom d'hypercholestérolémie familiale (FH).C'est la plus répandue des grandes maladies génétiques et on calcule quelle atteint une personne sur 500 aux États-Unis.On distingue deux catégories de victimes: les hétérozygotes, qui n'héritent que d'un seul gène défectueux et souffrent d'une forme atténuée de la maladie et les homozygotes à qui les deux parents ont transmis le gène défectueux, et qui vivent difficilement au-delà de 20 ans.Un espoir est aujourd'hui permis grâce aux travaux d'une jeune équipe de chercheurs de l'université de Dallas, dirigée par deux spécialistes de génétique moléculaire, Michael Brown et Joseph Goldstein.Par leurs recherches, ils ont découvert le processus de transport et de métabolisation du cholestérol dans la cellule et, à partir de là, le défaut génétique à l'origine de la maladie.Dans une cellule normale, une série de molécules protéiniques, appelées récepteurs LDL (pour low density lipoprotein) captent dans le sang les molécules de LDL, principaux véhicules du cholestérol, et les introduisent dans la cellule où elles sont transformées en acides aminés et en cholestérol.Mais chez les victimes de l'hypercholestérolémie familiale, ces récepteurs n'existent qu'en nombre insuffisant ou sont totalement absents.La cellule ne peut donc absorber et métaboliser le cholestérol présent dans le sang et se met à en fabriquer elle-même.Le cholestérol mis en circulation par le foie s'accumule alors dangereusement dans le sang, provoquant le blocage des artères.Jusqu'ici, la principale façon de soigner les homozygotes est la plasmaphérèse, généralement réservée aux cas avancés.Cette technique consiste à filtrer tout le sang du patient dans une machine qui retient la plus grande partie du cholestérol.Mais le taux de cholestérol ne tarde pas à remonter, et il faut répéter le traitement au bout de quelques semaines.Pour les patients hétérozygotes, un médicament formé d'un composé résineux, le colestipol, combiné à un acide nicotinique, semble donner des résultats assez satisfaisants, dans les cas les moins graves.Ainsi, avec ce traitement, lié à un régime et à un mode de vie appropriés, on peut espérer réduire les risques d'attaque cardiaque à un niveau proche de la normale, chez les hétérozygotes.Mais pour les futures générations d'homozygotes, il faudra attendre que les spécialistes en génie génétique puissent les doter d'un gène normal, capable de fabriquer les récepteurs de LDL qui régulariseront leur taux de cholestérol.Cette voie est aujourd'hui ouverte grâce aux découvertes que vient de faire cette équipe de chercheurs de Dallas.(Science 81 ) CŒUR: UN MEDICAMENT PROMETTEUR Le 29 octobre dernier, le National Heart Lung and Blood Institute, aux États-Unis, annonçait qu'il mettaitfin, neuf mois plus tôt que prévu, à l'étude d'un nouveau bêtabloquant cardiaque, le Propanolol, une substance qui diminue le travail du myocarde et sa consommation d'oxygène.La raison invoquée?Les résultats obtenus étaient tellement positifs que le comité responsable de l'étude a jugé qu'il serait immoral de continuer à administrer un placebo à la moitié des participants.L'étude a en effet montré que le propanolol augmentait nettement les chances de survie des patients ayant été victimes d'une crise cardiaque.Rien qu'aux États-Unis, 1 250 000 personnes par an ont un accident cardiaque; 350 000 survivent.Avec le propanolol, on pourrait sauver au moins 6 500 personnes par an, soit une diminution de 26 pour cent de la mortalité.Des chiffres impressionnants, qui expliquent la décision de ne pas attendre plus longtemps pour mettre ce nouveau médicament en circulation.(Science) Uijioi Betolet ïiSeiei fiisceau i«W rtiai •ale ati iMieur, «isifj %s fcBerti “"t lai! kisceaii h.Il % '’•place % d( Sc 'H '’•eSl il N v Sos* SOfSC! QUÉBEC SCIENCE / février 1982 13 LES /OA/S QUI GUÉRISSENT ¦: §| m acide asultats cas les de« «eles inivea» [C#,l0a m iCeM an ««cedi' I iitUl I WlK1 I1«eJ: .Llgflti' I ]wi!6^.I.jdimfl'S-1 liai «le •Id Un groupe du laboratoire Lawrence de Berkeley étudie actuellement une nouvelle technique qui permettra, grâce à un faisceau radioactif, d'améliorer l'utilisation des ions lourds accélérés pour le traitement des cancéreux.À l'inverse du faisceau stable présentement utilisé, le faisceau radioactif émet des rayonnements qui peuvent être visualisés, ce qui permet de mesurer la profondeur de pénétration et de déposer la dose maximale avec précision à la profondeur de la tumeur.La technique des faisceaux radioactifs n'est utilisable qu'avec des accélérateurs d'ions lourds comme le Bévalac de Berkeley, car son succès dépend dans une large mesure de l'utilisation d'un faisceau assez intense et d'un dispositif de détection sensible.À Berkeley, un analyseur de faisceaux utilisant l'émission de positrons (PEBA) sert de détecteur.Il se compose de deux groupes mobiles de 24 cristaux d'iodure de sodium chacun.Ces deux groupes sont placés de part et d'autre du patient allongé sur la table de soins, l'écart étant réglé selon l'emplacement de la tumeur.Si la technique du faisceau radioactif devient d'usage courant, il sera possible d'améliorer de beaucoup la précision du traitement par les ions lourds.En attendant, même si les travaux de mise au point n'en sont qu'à leurs débuts, les premiers résultats sont très encourageants, et un PEBA est en cours de transformation pour des essais cliniques.(Courrier CERN) REAGAN ET LE SOLEIL Les choses vont mal pour le SERI, l'Institut américain de recherche sur l'énergie solaire.Il vient de perdre en quelques mois son directeur et plus de la moitié de son budget annuel.Le directeur, Denis Hayes, a été remercié en juin dernier et le budget du SERI est passé de 120 à 50 millions de dollars.Plus de 300 personnes ont perdu leur emploi.Le rôle du SERI est de promouvoir l'utilisation des ressources énergétiques renouvelables, mais le moins que l'on puisse dire, c’est que M.Reagan n'y attache pas une importance vitale.Hayes a même accusé le département de l'Énergie de vouloir «saboter systématiquement l'option solaire».(Science) LES JAPONAIS ONT DES COMPLEXES Dans un article du New Scientist.Terry Boardman, ancien professeur d'université au Japon s'interroge sur les dessous du miracle japonais.En effet, le Japon aussi se met à douter de lui-même.Bien sûr, il peut être fier de son industrie et de l'avance qu’il a prise dans certains domaines techniques.Mais comment se fait-il que si peu de Japonais aient reçu le prix Nobel?Le Japon peut-il se contenter de prendre les idées des autres et de les commercialiser?De plus en plus mt .de gens, au gouvernement, dans l'industrie et dans les universités, se posent des questions.Ils craignent que ce qui manque à leur pays, ce soit des esprits créateurs, capables d'innover et de mener des recherches originales.Le gouvernement est prêt à encourager l'esprit d'invention, à y consacrer des fonds, et l'industrie cherche à attirer de jeunes chercheurs imaginatifs.Mais on se demande si ce n'est pas toute l'organisation sociale du Japon qui est en cause.Dans une société où le conformisme et l'appartenance au groupe sont tellement valorisés, les jeunes se rendent vite compte du prix à payer pour vivre leur originalité.Et cela se répercute forcément sur l'orientation de leur carrière et sur leur vision de la recherche, lorsqu'il s'agit de jeunes scientifiques.(New Scientist) FORAGE DANS LE TEMPS Une équipe internationale de glaciologues américains, danois et suisses a réussi à forer la calotte glaciaire qui couvre le Groenland jusqu'à une profondeur de près de 2 000 mètres.Les opérations continuent, et on espère atteindre bientôt le fond de la couche de glace jusqu'à toucher le sol rocheux, un des plus anciens de notre planète.Au fur et à mesure que le forage progresse, on prélève des carottes de glace pour les analyser, comme cela s'est déjà fait dans l'Antarctique.Les glaces polaires sont une accumulation de couches horizontales, qui correspondent aux chutes annuelles de neige.On peut très bien identifier ces couches, et à mesure qu'on descend en profondeur, on descend aussi dans le passé.À la profondeur actuellement atteinte, la glace que l'on trouve date de 60 000 ans.Lorsqu'on atteindra le fond de la calotte glaciaire, on pense trouver une glace vieille de 100 000 ans.(Agence française d'information scientifique) GASTRONOMIE PRÉHISTORIQUE Nos ancêtres préhistoriques appréciaient et consommaient de grandes quantités d'escargots, comme en témoigne la mise au jour près de Toulouse, en France, d'une fosse recelant 100 000 coquilles.Sur ce site occupé par quelques tribus, il y a six millénaires, des travaux de terrassement ont déjà permis de découvrir des vestiges divers, notamment de repas, ossements, etc.La fosse mise au jour, d'environ un mètre cube, contenait des coquilles d'escargots dénommés Cepæsa nemoralis.Ce gisement atteste le goût prononcé de l'homme préhistorique pour les gastéropodes car il s'agit exclusivement, selon les spécialistes, d'escargots récoltés, l'élevage n'existant pas à cette époque.L'espèce n'a d'ailleurs pas survécu à la gourmandise des populations préhistoriques, et les Cepæsa nemoralis ont été remplacés par nos «petits gris» contemporains.(Panorama du médecin) >?wM 14 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE Les possibilités d'emploi sont nombreuses dans la GRC.teut-être avons-nous ;e qu’il vous faut.C EST PEUT-ETRE CE QUE VOUS RECHERCHIEZ! Le Commissaire Gendarmerie royale du Canada Ottawa (Ontario) Kl A 0R2 A l'attention de l'officier recruteur GRC RCMP RUE VILLE PROVINCE NOTÉE CODE POSTAL La GRC vous offre la possibilité de réaliser votre plein potentiel grâce à votre instruction supérieure.Venez relever le défi.Prenez votre vie et votre avenir en main.un avenir dans la GRC.Si vous répondez aux conditions ci-dessous et si un salaire de départ de $20 650 vous intéresse, vous pourriez vous tailler un avenir de choix sein de la GRC.Vous devez, à cette fin: —être citoyen canadien avoir terminé vos études secondaires ou l'équivalent posséder un permis de conduire valide —avoir une conduite exemplaire et être en bonne santé posséder une connaissance pratique du français ou de l’anglais—être âgé d’au moins 18 ans.Pour les candidats qui répondent aux conditions essentielles d'admissibilité, la connaissance la deuxième langue officielle constituera un atout précieux sur le plan des perspectives d’embauche et des possibilités de carrière.Une fois accepté, vous recevrez une formation intensive dans tous les aspects du travail policier: droit, enquêtes, premiers soins et relations communautaires, par exemple, une possibilité d’avenir à ne pas manquer.Pour de plus amples renseignements sur la façon de vous joindre à la GRC, remplissez le coupon ci-dessous et postez-le dès aujourd’hui ou téléphonez au bureau de la GRC le plus près de chez vous.Cette offre d'emploi s’adresse également aux hommes et aux femmes. VIENT DE PARAÎTRE PLUIES ACIDES Un sujet qui est véritablement « dans l’air ».C’est un document extrêmement bien documenté sur ce problème particulièrement angoissant.On y explique tout le dossier des pluies acides : d’où elles proviennent, leurs effets sur les plantes, les poissons et l’écosystème en général.On y évalue aussi les pertes que ces pluies causent à notre économie et on étudie les solutions gouvernementales qui ont été proposées jusqu’ici.UN DOCUMENT UNIQUE! UN LIVRE ESSENTIEL! 280 p.14,95$ (Nous assumons les frais d’expédition) BON DE COMMANDE Veuillez m'expédier______ exemplaires de Pluies Acides au prix de 14,95 $.Frais de port et manutention à nos frais.Commandes téléphoniques acceptées Tél.: (514) 288-2371 Vous trouverez ci-joint la somme de_________$ sous forme de ?chèque ou ?mandat à l’ordre de: ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE 450 est, rue Sherbrooke Suite 801 Montréal, P.Q.H2L 1J8 ou veuillez porter à mon compte: VISA n°:.NOM :______ MASTER CARD n°:.ADRESSE: Date d’expiration :.Signature:.Code postal : 16 par André Delisle Vieille de plus de 50 ans, la tragédie du lac Saint-Jean est à la veille de son dénouement.Depuis des dizaines d'années, ce lac, dont les eaux sont retenues par des barrages, déborde sur les basses terres de son pourtour, élargissant son emprise à même les propriétés riveraines.Si les plans de la société Alcan se réalisent, les berges seront protégées, d'ici 1986, contre l'érosion par les vagues et les variations du niveau d'eau.(Cette société est détentrice, depuis 1926, des droits d'exploitation du lac Saint-Jean comme vaste réservoir d'eau pour alimenter ses installations hydro-électriques.) Le problème n'est pas neuf.Déjà en 1925, les citoyens de la région s'insurgeaient contre la possibilité de rehaussement du lac et d'inondation des plages et des champs riverains.Malgré ces résistances, les barrages furent construits, le lac absorbant alors des centaines d'hectares à même les rives naturelles.Encore aux prises avec le même problème, puisque la compagnie Alcan, pour ses besoins, peut encore élever le lac, les citoyens disposent néanmoins d'outils législatifs, fournis par la Loi de la qualité de l'environnement.Ils peuvent.se défendre et faire respecter leur droit d'accès et d'usage d'un lac, dont l'attrait en a fait une zone particulièrement fréquentée par les touristes et les villégiateurs.Les épisodes de l'histoire tragique de l'artificialisation d'un immense lac se ressemblent tous.En 1981, une hausse du niveau de l'eau de quelque 20 à 30 centimètres est en cause, hausse encore permise par les vieux contrats conclus entre l’État et la société Alcan.Quelques centimètres d'eau d'apparence anodine, qui représentent des millions de dollars pour l'industrie de l'aluminium.Quelques centimètres d'eau qui risquent aussi de gruger encore plus profondément à l'intérieur des terres, détruisant les plages sablonneuses et les escarpements argileux.Quinze ans plus tôt, un rehaussement équivalent des eaux avait provoqué l'indignation des riverains, les rives naturelles du lac ayant été dévastées de façon irréversible.février 1982 / QUÉBEC SCIENCE Prisme ;r: > jS(6S fiojressi ddemiei isilîiocl RIVES A LA DERIVE | *V\ F* f* * .7?—rt A -rt TTITM A1 -t~-< La compagnie fut alors forcée de fabriquer de toutes pièces, à coups de bulldozers et de dragues, de nouvelles rives, soit pour les plages publiques, soit pour les occupants de L'histoire se répète.Le premier groupe de pression opposé au débordement du iac Saint-Jean a vu te jour en 1925.Les dernières négociations intensives entre Alcan et le Comité de citoyens remontent à 197!.En 1981.le conflit est encore entier.chalets.Le sable, charrié au fond du '.lac par les eaux en mouvement, était I ¦ ainsi remis en place.Temporairement cependant, puisque quelques années | plus tard, l'opération était à recommencer, la nature ayant continué son œuvre de transport et d'usure des i terrains riverains.La deuxième construction des berges, pour être durable, ne pouvait plus imiter la nature; les graviers et les roches massives ont alors remplacé le sable fin, au ®0(! QUÉBEC SCIENCE / février 1982 1 7 19 ¦ ; fcia : kV a"e ÿl es3^"ji ttn Al *»*:» grand désespoir des amateurs de plages et des villégiateurs.Les résultats de cette submersion progressive des berges naturelles et de leur remplacement pardes barrières de roches et de graviers sont plus que désastreux.Un rapport non publié du ministère de l'Environnement dont Québec Science a pris connaissance qualifie la situation d'alarmante.Dernière d'une série de 19 études réalisées par le ministère, cette étude, complétée en 1980, mentionne la perte irréversible de portions de «rives qui partent littéralement à la dérive» quand les eaux du lac sont très hautes et que les vents défavorables créent de puissantes vagues.Ce «rapport 19», rédigé par un biologiste et un géographe à l'emploi du ministère, déplore l'ampleur de la dégradation des berges.Il précise que «pas moins de 42 kilomètres de rives sont maintenant recouvertes de perrés», tapis de Au lac Saint-Jean, on consulte pour (re)refaire les rives.pierres dont on recouvre les rives pour briser les vagues et éviter l'érosion.Ces rubans de roches massives se déroulent sur toute la longueurdu rivage entre Desbiens et Roberval! Au fil des années, si les plans de la société Alcan sont exécutés tels que décrits dans un numéro spécial du journal de l'entreprise.Le Lingot (été 1981 ), une véritable ceinture de roches et de graviers, recouverte, par endroits, de sable, entourera la presque totalité du lac d'ici 1 986.Ce plan de protection des berges, rendu nécessaire pour le rehaussement des eaux du lac à la cote maximale permise, pourra toutefois être modifié à la suite des études d'impact environnemental, désormais obligatoires, avant d'entreprendre des aménagements d'une telle envergure.En plus, une vaste opération d'information et de consultation des occupants de chalets et des municipalités riveraines est envisagée, de façon à connaître les attentes de la population concernée.Ces procédures préalables à l'obtention des autorisations gouvernementales peuvent évidemment apporter un éclairage neuf au vieux problème du lac Saint-Jean.Par contre, la marge de manoeuvre dans l'amélioration des mesures de protection proposées est très mince.D'une part, les techniques de protection sont peu nombreuses, se limitant à des plages de sable déposé sur une base de roches, à des murs de pierres et à des revêtements rocheux pour stabiliser les pentes riveraines.D'autre part, la progression de l'eau sur les berges est très rapide en l'absence de barrière; à l'occasion d'observations sur le terrain dans des zones non protégées, Germain Tremblay, géomorphologue, rapportait des reculs de falaises et de talus pouvant atteindre 1 5 mètres en une seule année.Des cas de grande urgence peuvent ainsi être créés, lorsque des chalets menacent de glisser dans l'eau du lac, une fois leurs fondations sérieusement érodées.Pour les citoyens, la perspective de voir apparaître une barrière de roches, devant leurs chalets ou sur leurs plages, est peu reluisante.La consultation menée par la compagnie, si honnête soit-elle, ne réglera pas le conflit d'usage du lac, entre une industrie qui veut rentabiliser ses installations hydro-électriques et une population qui veut préserver la vocation récréative de son lac.De toute façon, la plus grande partie des rives du lac Saint-Jean, soit environ 66 pour cent, appartient de droit à la société Alcan; les occupants des résidences riveraines sont donc locataires des terrains et susceptibles d'être évincés en tout temps, selon le bon vouloir de la compagnie.De là à dire que les citoyens sont bâillonnés, il n'y a qu'un pas.Les individus concernés, regroupés en association, n'hésitent aucunement à parler de consultation «bidon».Un immense lac de propriété privée.Une population amputée de la jouissance entière de son environnement.Une consultation de citoyens ayant le couteau sur la gorge.Que vient faire dans un tel dossier une lourde et longue procédure, très légale, d'évaluation des impacts?Procédure qui, en plus de coûter quelques millions de dollars à l'Alcan, fera dépenser des sommes importantes au trésor public.Les auteurs du «Rapport 1 9», encore caché dans les coffres du ministère de l'Environnement, parlent d'une mauvaise approche, d'un faux problème.«Le vrai problème, disent-ils, c'est celui des privilèges de 1922» donnant à une industrie le droit d'utiliser à sa guise un vaste lac et ses eaux, au détriment des autres usagers.Cette tragédie historique ne peut conduire qu'à des «situations anarchiques» dans l'aménagement des berges.«Il est donc urgent de réexaminer cette convention dans le contexte de 1 980», concluent les spécialistes du ministère de l'Environnement.Voilà précisément ce que la procédure d'évaluation environnementale ne peut pas faire.Car il s'agit là .mais le véritable problème n 'est-il pas celui de la propriété des rives?des droits acquis d'une compagnie, dont la région dépend pour sa vitalité économique.L'hypothèse la plus optimiste permet de prévoir que l'autorisation du plan'de protection des berges soit émise par le gouvernement, à la fin de 1983, une fois complétées les études techniques et les consultations populaires.En attendant, au nom de l'urgence, certains travaux sont autorisés pour réparer les pires dommages.Malheureusement, ces aménagements «d'exception» sont permanents, et curieusement «parmi les plus sales», glissent entre les dents certains inspecteurs du ministère de l'Environnement.En ce sens, la réglementation environnementale, à cause de tous ses détours, risque de devenir l'écran de fumée qui cache l'immunité des compagnies et qui cautionne un statu quo contre lequel les citoyens ne peuvent rien. 18 février 1982 / QUEBEC SCIENCE La glace.cPune Parmi les sujets de recherche brûlants d'actualité, il en est un qui est particulièrement froid de nature: le génie des glaces.Mais de plus en plus, on fait appel aux ressources naturelles de l'arctique, il faudra donc être capable de la domestiquer cette glace.Glace d'eau douce, glace de mer, glace flottante, glace en formation, couverts de glace, iceberg.autant de types d'eau gelée qui n'ont souvent en commun que leur constituant principal.Pour le reste, tout peut être différent: la structure cristalline, les impuretés gazeuses et minérales, le mode de formation, la résistance aux pressions, aux tensions, aux chocs.L'ingénieur Bernard Michel est professeur au département de génie civil de l'Université Laval, depuis 1958, il dirige le laboratoire de mécanique des glaces.Les recherches de cette unité ont tout d'abord été orientées vers une compréhension du phénomène du «frasil».Cette glace floco-neuse qui se forme dans des conditions bien particulières de turbulence de l'eau et qui adhère fortement aux structures qui se trouvent sous l'eau.C'est à cette variété de glace que l'on doit l'obstruction des grilles d'entrée de centrales électriques et d'importantes accumulations appelées barrages suspendus qui peuvent causer des inondations d'hiver et réduire la production.Avec le temps l'équipe de Bernard Michel et le laboratoire ont pris de l'extension et les domaines de recherches se sont diversifiés: processus d'embâcle et de débâcle, cristallographie, propriétés mécaniques de la glace d'eau douce et d'eau de mer, impact de la glace sur des structures (pont, quai, plate-forme de forage).tensions internes dans un couvert de glace.Les recherches du laboratoire de mécanique des glaces sont avant tout théoriques et fondamentales.Bernard Michel a mis au point en une cire qui permet de simuler un couvert de glace et de reproduire, à l’échelle, ses propriétés mécaniques.Ce matériau est encore utilisé aujourd'hui par les bureaux d'ingénieurs consultants pour prévoir le comportement de champs de glace dans des conditions données, comme par exemple autour de l'île artificielle de Tarsuit que la compagnie Dome construit dans l'arctique.Les interactions entre le laboratoire et le terrain sont choses courantes et, toujours dans le cas de l'île artificielle de Dome, cette structure sera instrumentée de façon à récolter des mesures très précieuses parce que réelles et représentatives de ce qui se passe.Quand un couvert de glace est continu, il se développe au fur et à mesure que l'hiver passe un système complexe de tensions internes.Dans une petite étendue d'eau, elles sont principalement dues à la dilatation et à la contraction thermique de la glace et dans un espace largement ouvert, comme l'océan arctique, elles sont liées aux vents et aux courants.Ces champs de pression dans les glaces de mer sont le principal obstacle à la m ; Lame mince de glace de rivière montrant deux types de structure cristalline frasil congelé, au sommet, et glace columnaire, à la base.|M» ÈS-lilï L’UNIVERSITE LAmL EN CAPSULES Plus ou moins apte à l'entraînement?Existe-t-il des athlètes-nés?ou est-ce seulement une question d'efforts et de persévérance.Avoir une réponse si complexe soit-elle, à cette question serait fort utile autant au niveau de l’individu, que des gestionnaires des politiques sportives ou des entraîneurs.L'équipe du Laboratoire des sciences de l'activité physique, dirigée par Claude Bouchard, va tenter, durant les trois prochaines années, de trouver les causes des variations de l'adaptabilité des propriétés de la machine humaine à l'influence de l'entraînement physique.À refaire souvent les mêmes gestes qu'exige la pratique d'un sport, la machine humaine se modifie et s'adapte fonctionnellement mais à des vitesses très variables.De même, il existe un niveau maximal d'adaptation aux stimuli de l'entraînement physique — la traînabilité maximale — qui, elle aussi, varie de l'un à l'autre.Par exemple, il est bien connu que la pratique régulière de l'activité physique provoque une diminution des réserves de graisses de l'organisme, ce qui explique la place importante du conditionnement physique dans les programmes dits «amaigrissants».Mais tout le monde ne «fond» pas de la même façon.Il y a des individus très réceptifs à la pertede graisse etd'autresqui le sont beaucoup moins.Quels sont les ¦¦ facteurs responsables de ces variations individuelles au plan des changements dans la graisse corporelle?Une question de métabolisme, de nombre et de taille des cellules des tissus gras.?Le programme de recherche poursuit trois objectifs prioritaires qui peuvent se résumer ainsi : étudier pour quatre propriétés de la machine humaine (la capacité et la puissance aérobie, la capacité et la puissance anaérobie, la force et la puissance musculaire et la graisse corporelle) l'importance quantitative des variations dans la sensibilité à l'entraînement physique; les causes de cette variation dans la traînabilité et, dans une dernière étape, de poser les premiers fondements théoriques d'un système qui permettrait de distinguer a priori les «bons répondants» à l'entraînement des «mauvais répondants».Les sujets qui participeront à l'étude viendront de la région de Québec, où l'équipe a déjà une bonne expérience acquise lors de ses projets sur la composante génétique des facteurs de la condition physique.Ils ont, entre autres, une «ban- QUÉBEC SCIENCE / février 1982 1 9 actualité brûlante MWrt laijeiw elles sa! testas istle > Il ijinieÉ navigation durant toute l'année dans ces régions.Il est presque impossible de naviguer perpendiculairement à ces forces.Or, d'après le professeur Michel, la direction de ces contraintes serait à peu près constante d'une année à l'autre.Ses collaborateurs sont actuellement en train de mettre au point un appareillage qui sera capable de mesurer les composantes de ces contraintes.Une fois les contraintes mesurées et cartographiées, les navigateurs auraient en main un document essentiel qui leur permettra de se faufiler plus facilement dans les glaces, parallèlement le plus possible, à la direction de ces contraintes internes.La dilatation ou la contraction thermique de la glace est surtout importante dans un environnement fermé.C'est la force la plus importante à s'exercer sur les barrages de moins de 20 mètres de hauteur.La dilatation sera d'autant plus forte que l'écart de température est grand et la hausse lente.Les pressions s'exercent sur les berges et les structures avec parfois des effets assez spectaculaires.Solutions: avoir des structures suffisamment résistantes ou mobiles qui reculeront sous les pressions de la glace sans céder ou encore créer un amortisseur entre la glace et l'obstacle.Par exemple, les portes de l'écluse qui relie le bassin Louise au fleuve, prévue dans le cadre des travaux d'aménagement du Vieux Port de Québec, seront montées sur des supports de caoutchouc.Dans ce cas, le coût de construction global sera un peu plus faible, car les portes pourront être faites d'acier beaucoup moins épais que si elles avaient été fixes et calculées pour résister aux pressions considérables qui peuvent se développer dans le couvert de glace du bassin Louise par une belle journée d'hiver, une fois que le vent a soufflé toute la neige.Car le meilleur moyen de ne pas avoir de variation de volume de la glace c'est de l'isoler même par une couche mince de neige.Brise-glace s'attaquant à une embâcle dans le port de Montréal.Mais il y a glace et glace.Il y a la glace en couvert continu et le glaçon en mouvement.Dans le cas des glaces en mouvement comme celles qui montent et descendent le fleuve St-Laurent avec tant de majesté, il s'agit aussi de calculer et de construire des structures capables d'y résister.Quand un glaçon vient frapper, par exemple, une pile de pont, la force sera maximale pour une taille donnée de glaçon; cette force sera reliée aux caractéristiques de la glace et à la forme géométrique de la structure rencontrée.Depuis la glace monocristalline formée dans des conditions bien particulières qui est la plus résistante jusqu'à la glace de neige drainée, la moins résistante, il y a un facteur d'ordre 100.La glace de mer, elle est en général plus faible.Comme il n'y a que l'eau qui gèle, elle contient de petites inclusions de saumure qui l'affaiblissent mécaniquement.De tous les domaines du génie civil, celui de la mécanique des glaces est celui qui a avancé le plus vite ces dernières années et ce n'est qu’un début, car il faudra en savoir pas mal plus long pour pouvoir naviguer dans ces eaux et pour construire, en toute sécurité, les infrastructures d'exploitations et de ports nécessaires au développement des ressources énergétiques de l'arctique.Marianne Kugler H#1 dis»» ,ti«p que» de «vrais» jumeaux.chose précieuse quand on parle de génétique! Il y a l'aspect de la recherche fondamentale, celui de l'amélioration de l'entraînement d'une éventuelle élite sportive, mais ce projet a aussi des retombées sur le monde ordinaire.Le payeur de taxes participe involontairement à la mise sur pied de projets fédéraux et provinciaux d'initiation à l'activité physique, qu'il s'agisse de Kino-Québec ou de la construction de l'aréna du coin.En connaissant les variations qui existent dans la population, il sera désormais possible de fixer des objectifs généraux et spécifiques réalistes aux différentes catégories de personnes.Des traditions améliorées Traditionnellement, les aliments étaient conservés dans des solutions de sel ou de sucre: marinades, charcuteries, gelées, confitures, sirops.et puis après, pas besoin de congélateur, les tablettes de la cuisine suffisent.Mais les besoins ont évolué, les techniques de l'industrie alimentaire aussi et, en mêmetempsqu'elles, lafactureéner-gétique.Les méthodes actuelles de conservation comme le séchage, l'évaporation, le refroidissement et la congélation sont très.énergivores.François Castaigne, chercheur au département de sciences et technologie des aliments de l'Université Laval, revient aux méthodes traditionnelles en les améliorant.Le sel, le sucre et d'autres produits diminuent de façon significative l'activité de l'eau dans un aliment, c'est-à-dire la quantité d'eau qui est disponible à la fois à l'aliment lui-même pour les réactions enzymatiques et aux bactéries et micro-organismes qui y vivent.On sait très précisément, sur l'échelle de l'activité de l'eau, qu'elle est la valeur minimale sous laquelle telle bactérie dangereuse, par exemple les salmonelles, ne peut survivre.Il suffit donc de doser la quantité de sel ou de sucre en conséquence.La méthode a été utilisée avec beaucoup de succès pour la conservation des légumes, à l'échelle familiale.Le travail s'estfait au Sénégal, en utilisant de l'eau de mer concentrée par évaporation au soleil.Les légumes, trempés dans la saumure, se sont conservés de façon tout à fait satisfaisante.Les villageois ont ainsi pu prolonger la période de consommation de légumes qui avant se trouvait limitée au moment de la récolte.?V yj Au Québec, c'est le traitement des œufs liquides qui semble le plus prometteur.L'industrie alimentaire consomme des œufs surtout dans ses fabrications de gâteaux, de pâtes alimentaires et de mayonnaise.Actuellement, ils sont utilisés frais (dans les 3 jours), congelés ou en poudre.François Castaigne, lui, offre des œufs concentrés sucrés ou concentrés salés, selon l'usage.Premièrement, les œufs sont débarrassés d'une partie de leur liquide par ultrafiltration, ensuite on y ajoute 60% de sucre ou 1 2% de sel.Le mélange se conserve de deux à huit mois à température de la pièce et peut être utilisé comme des œufs frais.Les propriétés fonctionnelles — texture, capacité de mousser.— ne sont pas modifiées.De plus, ces œufs peuvent facilement s'exporter, ne requérant aucune installation de réfrigération.Si la température monte.tant mieux, l'activité de l'eau baissera et, en fait, le milieu sera encore moins propre à l'existence des bactéries.Comme quoi, nos ancêtres avaient déjà la bonne formule.mais il fallait bien la comprendre pour pouvoir en tirer tous les avantages.Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 21 4, Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 PUBLIREPORTAGE Louis Ducharme février 1982 / QUÉBEC SCIENCE I .i v' â v a41» -,v‘ ».*» vV£>' ppv .uuAu-^V,VAV.'* ¦;vnnun ^ to ‘V _____:f ^ t TïlL QUÉBEC SCIENCE / février 1982 21 Longent ELECTROniQUE par Luc Chartrand Imaginez un instant que vous êtes un dollar de 1982 — ce n'est pas facile, j'en conviens, mais essayez.La presse du Bureau de la monnaie vient tout juste de vous mettre au monde et vous voici, en compagnie de 9 999 clones de votre espèce à l'effigie d'Ëlizabeth, entassé dans un fourgon blindé à destination des coffres de la Banque du Canada.Là, vous attendez.Vous attendez, mais rien ne se passe.Au point que vous vous demandez si vous n'allez pas moisir dans cette pouponnière qui, par ailleurs, ressemble plutôt à un tombeau.À l'extérieur pourtant, on vous a déjà lancé sur le marché.Vous avez été déposé dans la mémoire électronique du compte courant de la Caisse centrale du Mouvement Desjardins, transmis par ligne téléphonique à une succursale de Québec, prêté à un membre qui vous a fait «virer» par satellite à un compte de la Banque Royale à Vancouver.Enfin, à Ottawa, quelques «bits» (unités d'information électronique) échangés dans un ordinateur vous ont envoyé dans la mémoire du compte de la Banque d'Ëpargne à qui, incidemment, la Banque Royale devait quelques millions ce jour-là.Et vous, vous dormez toujours dans une voûte sinistre de la capitale fédérale en attendant qu'une pénurie de «liquide» vous appelle en quelque coin du pays.L'argent est-il en train de mourir?De devenir un simplefigurantdu processus économique?Il s'agit d'un retour des choses pour le moins paradoxal : l'instrument privilégié par lequel s'est édifié le monde capitaliste est devenu inapte à suffire à la vitesse du système qu'il a lui-même engendré.La société sans argent est en train de naître d'une société qu'on avait fondée sur l'argent.Malheureusement pour ceux qui rêvent d'un monde débarrassé du «vil métal», le paradoxe s'arrête au niveau du jeu de mots.Car même si l'argent en espèces finissait par disparaître complètement, il ne serait vraisemblablement pas remplacé par les échanges primitifs sans capital ni intérêts.La valeur s'exprimera peut-être de plus en plus en bits immatérielles, en impulsions électroniques plutôt qu'en papier-monnaie, mais les grands principes de roulement du capital n'en seront pas modifiés.D'ailleurs, l'argent n'en est pas à sa première abstraction.L'or, point de départ de nombreuses monnaies, était lui-même une représentation de la valeur, utile pour remplacer le troc.La monnaie devait par la suite servir à symboliser une réserve d'or et, depuis une dizaine d'années que le papier-monnaie n'est plus échangeable automatiquement pour de l'or, il n'est plus que le symbole d'une valeur abstraite qui fluctue au gré des échanges internationaux.Le passage à l'argent informatique n’est donc que l'accession à un niveau supérieur d'abstraction, où l'écriture de la valeur repose sur le stockage d'information électronique.Nous sommes loin du troc ! LA MONNAIE ACCÉLÉRÉE Si la révolution informatique n'a pas changé la nature de l'argent, elle n’en n’a pas moins bouleversé sa façon de circuler, sa «vie» en somme.Et ce changement, appréhendent certains, va entraîner une mutation culturelle importante dans notre façon de transiger.Comment le grand public réagira-t-il à la disparition progressive de la monnaie matérielle?Comment surtout s'adaptera-t-il aux nouveaux problèmes de gestion du budget que pose l'accélération des échanges?Car la caractéristique ük 'is t w Verra-t-on bientôt disparaître ces symboles de la circulation de l'argent?Circulation trop lente, semble-t-il, pour répondre aux exigences du système économique.majeure de toute cette révolution demeure la vitesse.La réduction de la circulation physique de la monnaie s'esttraduite par une augmentation sans précédent de la vélocité monétaire.Le turnover 6e l'argent — le temps théorique qu'il faut à un dollar pour traverser le système — était de 60 jours en 1 953 ; il avait été ramené à 34 jours en 1978 et sera probablement de moins d'un mois en 1985.Les économistes ne s'entendent pas sur ce point mais il est possible que cette accélération soit génératrice d'inflation.Mais pour les banques et autres institutions financières, cette vélocité est particulièrement attrayante car elle permet de supprimer ce que, dans le jargon, on appelle le float, c'est-à-dire la période de flottement pendant laquelle l'argent transite entre un retrait et un dépôt.La période improductive.C'est au rythme de 10 à 14 milliards de dollars par jour que les chèques se signent au Canada.Tout retard dans le traitement pourrait se traduire par des pertes considérables et c'est pourquoi le traitement des chèques est à l'heure actuelle le système informatique le plus au point du réseau bancaire.Un chèque encaissé n'importe où au pays sera débité au compte du signataire et crédité à celui du bénéficiaire en moins de 24 heures.C'est la meilleure performance au monde.Cette efficacité propre aux banques canadiennes est attribuable au nombre très restreint des institutions financières du pays.On y compte seulement 11 banques à charte et Andrée-Lise Langlois 22 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE dukhctcy^il l^utomatiogy PHIUK quelques quasi-banques comme les Caisses populaires.Aux États-Unis par contre, où on dénombre 15 000 banques, la concurrence est plus vive et la concertation plus difficile.On n'y a pas encore réalisé la centralisation que nécessite un système national de traitement.DES FORTERESSES DE L'INFORMATIQUE Pour comprendre comment s'est opérée l'informatisation, il faut remonter à la prolifération des chèques survenue au cours des années 60.En 1955, seulement huit pour cent des comptes de banque du Canada étaient des comptes avec chèques.Même la paye était distribuée comptant.Or, aujourd'hui, à travers le pays, il se signe quotidiennement de quatre à neuf millions de chèques.Chacune de ces transactions sollicite désormais le concours d'une institution bancaire, ce qui n'était pas le cas autrefois.C'est cet accroissement du rôle joué par les banques, conjugué aux possibilités nouvelles de l'informatique qui ont forcé la mise en œuvre du système.Le mouvement s'est opéré en douce, sans que les usagers — ou même les concepteurs — en saisissent sur le coup toutes les implications.Dès la fin des années 50, l’encodage des chèques à l'encre magnétique commençait à faire son apparition tandis que les premiers lecteurs-trieurs de chèques ouvraient la porte à la centralisation de la compensation des chèques.Une soixantaine de super-centres de calcul ont été mis sur pied, traitant chaque nuit tous les chèques de la journée et transmettant le lendemain matin le résultat de leurs échanges avec les autres institutions à une des dix «chambres de compensation» qu'on trouve au Canada.Cette fois, l'informatique cède sa place à un comptable émérite qui passe en revue les chiffres venus des centres de calcul, juge de leur réalisme et les transmet à la Banque du Canada qui débite ou crédite les comptes des diverses institutions selon le cas.La centralisation excessive que nécessitent ces prouesses informatiques constitue à la fois la force et la faiblesse du système.Elle engendre une véritable paranoïa du secret des données : chaque centre de compensation et chaque fichier central deviennent une forteresse, gardée, épiée et logée dans un édifice fantôme.«La localisation de ces centres, explique M.Jacques Beauregard de l'Association des banquiers canadiens, tient presque du secret d'État! Aucune institution ne tient à attirer l'attention sur leur localisation pour des raisons évidentes.» Un des plusconnusde ces centres appartient au Mouvement Desjardins et est situé dans un édifice sans C'est à Trois-Rivières que les Caisses populaires ont testé leur premier guichet automatique.On prévoit leur implantation massive pour 1983.fenêtre du Complexe Desjardins à Montréal.Lors de notre visite dans ce «bunker» de l'électronique, le photographe de Québec Science a dû soumettre certaines de ses prises de vues à la vérification pour éviter qu'il ne photographie de trop près les écrans cathodiques! Comme l'indique M.Yves Leblanc, de la direction de l'informatique à la Fédération de Québec des Caisses populaires, «il y va de la survie des institutions.Nous devons protéger le système contre les fraudes par ordinateur et aussi contre le terrorisme et le vandalisme gratuit.Nous nous souvenons de Sir Georges Williams!» En 1969, on s'en rappelle, la salle d'informatique de cette université avait été complètement saccagée pendant une occupation étudiante.«Autrefois, confie un banquier, la nuit, on fermait la voûte et on dormait tranquille.Maintenant, même la nuit, quelqu'un d'habile peut entrer en douce dans le système.».Évidemment, il est plus difficile de perpétrer un vol par ordinateur que de dévaliser une succursale.En revanche, c'est beaucoup plus payant.500 000$ en moyenne selon une étude de IBM ! LES ENFANTS DU SYSTÈME C’est la concentration de la compensation des chèques qui a amené à son tour la concentration des données de base sur les comptes des épargnants.Pour les usagers, la première manifestation de cette centralisation fut l'apparition du terminal au comptoir des Caisses populaires.Rapidement, de nouveaux services sont apparus.D'abord les cartes de crédit bancaire, Visa ou Mastercard, qui n'auraient jamais pu voir le jour sans l'enregistrement automatisé des données sur le crédit, ont été mises sur le marché.On en compte aujourd'hui 11 millions en circulation au Canada.Ensuite, divers raffinements de l'art bancaire sont venus se greffer : les comptes à intérêt quotidien, les guichets automatiques ouverts 24 heures par jour, les sys- 23 isoaci Cara QUÉBEC SCIENCE / février 1982 aini i I “ta I 1*1 ai I «e I ileiiis I près te I llieî:l CaissK I ifviecfii pioiefl aies E' I le»! igesW- stteiia'l leniKi'j J on^'H maitfl iUtert'î'l ivrl ,|16(c'e?| \0'l elle ¦0 coi#11 aoie^l des J iptes i ageiî' J ;etiete1 1 iie'cJft tèmes de crédit automatiques et ceux de transactions interbanques ou intercaisses.Pratiquement, tous ces réaménagements se traduisent par une formidable disponibilité de l'argent et du crédit et par la disparition de la nécessité de transporter de l'argent dans ses poches.Dans son bureau à l'Association des banquiers, M.Jacques Beauregard pose 36 cents sur la table.«C'est tout ce que j'ai sur moi et je n'ai aucun besoin d'en transporter davantage.Si par hasard j'ai besoin d'un peu de liquide, je n'ai qu'à descendre au rez-de-chaussée où à n'importe quelle heure, je peux faire un retrait à partir d'un guichet automatique.Pourquoi risquerais-je de me promener avec de l’argent liquide?» À toutes fins pratiques, il est devenu possible de vivre dans le centre-ville de Montréal sans argent comptant dans ses poches et alimenté par un compte qui se trouve dans une succursale à Chicoutimi.Même le taxi accepte aujourd'hui une des deux cartes universelles et si, pour acheter des cigarettes à deux heures du matin, on a besoin d'un peu de comptant, il suffit de se rendre au guichet automatique.À la limite, ce robot pourra vous donner de l'argent même si votre compte est légèrement dans le rouge! Si cet accès à l'argent et au crédit inquiète quelques associations de consommateurs qui n'aiment guère voir ainsi leurs fidèles soumis à la tentation, les consommateurs, eux, adorent.En plus de la prolifération des cartes de crédit, on enregistre 275 000 transactions intercaisses (seulement chez les Caisses populaires) par semaine; après les 35 millions de transactions de ce type effectuées depuis l'entrée en vigueur du système, on n'a encore enregistré aucune plainte.Quant aux guichets automatiques, il viennent de passer le stade d'essai avec succès.Actuellement, on en compte 240 au Canada, dont une cinquantaine à Montréal.À la fin de la Louis Pépin présente année, le nombre sera passé à 1 000 au pays.Chez nos voisins du Sud, on en recense déjà 8 000, une avance qui s'explique surtout par le fait que la législation de certains États limite le nombre de succursales que chaque banque peut ouvrir, ce qui les incite à contourner le problème en ouvrant des comptoirs.Chez les Caisses pop, on teste un premier comptoir intelligent à Trois-Rivières et on prévoit une implantation massive pour 1983.Selon Louis-Marc Ducharme, spécialiste des questions économiques au groupe de recherche en prospective GAMMA, «on pourrait assister bientôt à une diminution des emplois des caissières et caissiers.Jusqu'ici, il ne s'est pas produit de pertes d'emplois dans les institutions financières qui soient imputables à l'automatisation.Au contraire, de 1965 à 1975,ilyaeuun accroissement de 63 pour cent de l’emploi dans ce secteur, surtout en informatique.Il se pourrait cependant que la tendance soit inversée avec l'introduction de ces guichets».Tout le monde préfère traiter avec une caissière, mais il faut être sérieusement en mal de relations humaines pour accepter d'attendre 20 minutes en file pour échanger un bonjour.Le secret des données devient une préoccupation constante.Chaque centre de compensation et chaque fichier centra! deviennent une forteresse gardée, épiée, logée dans un édifice fantôme.COMME LA COURSE AUX ARMEMENTS Techniquement parlant, tout est théoriquement prêt pour accéder au palier suivant.Mais c'est justement ce prochain palier qui fait peur, celui de la disparition — complète ou presque — de l'argent en espèces au profit des systèmes de paiement électronique (SPE).Si la venue des SPE inquiète, c'est qu'elle suppose pour les consommateurs un réapprentissage complet de la façon d'utiliser l'argent et, surtout, la perte de certains avantages propres au bon vieuxcomptant, à commencer peut-être par le plaisir de le sentir dans ses poches! C'est pour tenter de saisir le pour et le contre de ce changement appréhendé que l'Office de la protection du consommateur organisait à Montréal en octobre dernier un colloque où s'affrontèrent les vues des banquiers et des associations de consommateurs sur la question.Un colloque mené sur le mode guerre froide.D'une part, les banquiers tentant de vendre l'avenir sur la base d'un passé relativement sans douleur en cette matière et, de l'autre, les militants du corrsty/na/vsm manifestement méfiants.«L'avons-nous demandé?À quel impérieux besoin du consommateur va répondre le système de paiement électronique?» demandait Mme Nicole Forget, présidente de l'Association des consommateurs du Québec.En fait, on n'avait que des griefs flous à manifester envers ces possibles SPE, ce qui est assez normal quand on discute d'un plan qui dort encore dans les dossiers des futurologues.Par contre, on avait l'impression que, comme bien des changements technologiques, celui-là était en train de s'imposer par en haut, sans considération pour les intérêts des gens.«Les SPE, c'est comme la course aux armements, ironisait un représentant des ACEF.Tu peux être contre, mais tu ne peux rien faire pour l'arrêter.» 24 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE Mais comment fonctionnent ces fameux systèmes?Déjà, des amorces ont été mises en place.Les paiements pré-autorisés d’un emprunt à partir du compte en sont un exemple.On songe éventuellement à agir de la même façon pour le règlement des factures d'électricité, de téléphone ou de gaz.Vos fournisseurs viendraient alors, moyennant votre autorisation — du moins l'espère-t-on ! — se servir à même votre compte chaque mois.Une autre forme assez courante de paiement automatique se pratique actuellement par un nombre croissant d'employeurs qui déposent directement la paye de leurs employés dans leur compte en banque.Le seul frein à l'expansion plus rapide de ce mode de versement des salaires demeure le coût du procédé qui n'est pas encore toujours avantageux.Dans la mesure cependant où on généralisera cette procédure, on réduira d'autant le volume des chèques.Non pas par souci écologique mais bien pour réduire la manipulation excessive qu'exige l'actuel système de compensation: dans son cycle de 24 heures, le chèque sera manipulé par 15 personnes, trois services de messageries et deux ordinateurs.En transigeant toutes les payes sans chèque, on réduirait le nombre de ces documents de 400 millions par année.«PITON N ER» AU MAGASIN DU COIN La formule de paiement électronique la plus discutée actuellement, la plus souhaitée et aussi appréhendée, est celle des terminaux aux points de vente, ou TPV.Par ce système qui suppose l'installation aux caisses des magasins de terminaux reliés au r- H,- -Wf ' ¦ _ fi système bancaire, il serait possible pour le consommateur de faire débiter instantanément de son propre compte au profit de celui du commerçant, le montant exact d'une facture.Le scénario se dessinerait à peu près comme suit.Muni d'une carte dite de débit — à l'allure approximative d'une carte de crédit actuelle — portant sur une plaque magnétique toutes les informations relatives à son compte, le consommateur se présente au comptoir, tape sur un clavier son numéro de code secret qui assure qu'il est bien le propriétaire de la carte et introduit celle-ci dans une petite fente prévue à cet effet.Le montant apparaissant sur l'écran est alors transféré automatiquement de son compte à celui du magasin, sans douleur et sans bruit.Cela suppose évidemment une prolifération spectaculaire des tentacules informatiques, mais le système se présente à la limite comme une alternative à l'argent comptant.Il s'agit d'un scénario qui relève à peine de la futurologie.En Suède, les TPV sont déjà passablement répandus tandis qu'au Mouvement Desjardins, on se prépare à émettre une carte qui sera utilisable à la fois dans un guichet automatique et dans un éventuel système de TPV.Trop tôt pour en parler?C'est ce qu'on croit du côté de l'Association des banquiers.«C'est du futurisme boîteux, affirme M.Beauregard.Au niveau des banques canadiennes, il n'y a actuellement aucune planification en ce sens et, personnellement.je ne crois pas que les TPV percent facilement au Canada.À la grandeur du pays, l'installation serait trop complexe.» Mais même sans planification, le futur vient très vite dans le domaine.«Sur une question comme celle-là, affirme Louis-Marc Ducharme de chez GAMMA, des prévisions de 1978 apparaissent déjà comme moyenâgeuses, alors.Il y a certainement de bons arguments contre, mais aussi plusieurs pour ce système.» À ce titre, l'Office de la protection du consommateur et lesquel-ques associations qui ont attiré l'attention sur le sujet ont le mérite d'avoir, pour une fois, sonné le réveil du consommateur avant le fait accompli.Bien sûr, le morceau est gros et il n'est pas clair qu'on soit prêt à y investir sans savoir si tout le monde va suivre.Car, on est porté à l'oublier, ce n'est pas parce que l'argent est moins manipulé en espèces qu'au-trefois, qu'il est devenu un moyen d'échange insignifiant.Selon un rapport préparé en 1975 pour la National Science Foundation, aux États-Unis, 87 pour cent de toutes les transactions effectuées aux États-Unis se font en argent comptant et 95 pour cent d'entre elles sont d'un montant inférieur à dix dollars! Le papier-monnaie et le «petit change» sont tout de même des moyens d'échange passablement efficaces et le fameux risque de perte ou de vol, même dans un grand centre urbain, n'est pas très élevé QUÉBEC SCIENCE / février 1982 25 — AC — V c AD - C ?A£ «7 » Une soixantaine de super-centres de calcul traitent chaque nuit tous les chèques de la journée et transmettent le lendemain matin le résultat de leurs échanges avec les autres institutions à une des dix chambres de compensation qui existent au Canada.pour quelqu'un qui marche sur la rue.Il l'est cependant davantage pour le commerçant ou le chauffeur de taxi.«Mais combien de petitscommer-çants vont accepter de payer pour un terminal et une ligne téléphonique supplémentaire?demande M.Beau-regard.Ensuite, pourquoi les consommateurs, qui disposent de 60 jours de crédit gratuit avec Visa ou Mastercard, accepteraient-ils un débit instantané?Et finalement, les problèmes de sécurité seraient énormes.Imaginez tout le monde «piton-nant».» Pour les institutions bancaires, ce dernier point demeure la pierre d'achoppement du système TPV de même que de cet autre mode futuriste de transiger que serait le paiement à partir d'un terminal à domicile.Peut-on se permettre de raccorder ainsi tout le monde au fichier central?«Nous croyons à l'intelligence humaine, dit M.Beauregard et nous ne pensons pas que les machines parce qu'elles sont grosses, sont capables de se protéger.» Déjà, les guichets automatiques, par mesure de sécurité, ne fonctionnent pas on Une, c'est-à-dire en contact avec les banquesdedonnées centrales.Ils enregistrent les transactions en «différé» et le montant qu'il est possible d'y retirerest limité.Par contre, dans le cas d'une transaction entre deux comptes, on n'aurait d'autre choix que d'accéder directement au centre des informations.Très dangereux.Aux États-Unis, il se commet chaque année des fraudes électroniques de l'ordre de 100 à 200 millions de dollars.Les fraudeurs peuvent toujours déjouer un système à partir du moment où ils peuvent entrer en contact avec un centre de traitement.L'intelligence est sans limite et c'est là un problème auquel on n'a pas encore trouvé de solution.DÉPLACER LA CRIMINALITÉ De l’autre côté, on ne manque pas d'arguments non plus.Les grands noms de la futurologie, Alvin Toffler et Christopher Evans prévoient l'implantation massive du réseau, au moins dans les grands centres, pour 1995.L'implantation sera telle que l'argent en espèces finira par être presque complètement éliminé.Les avantages, croient-ils, devraient primer.Pour les banques, il y aurait élimination du temps où l'argent dort dans nos poches.Les vols par clavier étant plus difficiles à perpétrer que les vols de banque ou ceux des fourgons blindés, on assisterait à une diminution du vol d'argent.Les gens n'en transportant plus sur eux auraient moins de chances d'être attaqués dans Central Park.Certains envisagent que la criminalité affectera davantage les biens de consommation que l'argent elle-même.On éliminerait aussi les fraudes avec les cartes de crédit.Comment?Grâce à une carte de plastique comportant photo, signature et empreintes digitales encodées magnétiquement.C'est toutefois cette dernière caractéristique du système qui fait le plus peur.Les groupements démocratiques s'opposent depuis longtemps à l'introduction de la carte d'identité obligatoire et la carte de débit viendrait jouer exactement ce rôle.En somme, le développement à venir des SPE comporte de nombreuses inconnues, mais les consommateurs ont tout de même intérêt à surveiller l'évolution des choses.Sans peut-être freiner le « progrès», il n'est pas exclu qu'on puisse imposer des balises au système.Déjà, l'informatisation bancaire a engendré, pour les usagers, des pertes du pouvoir qui auraient peut-être pu être évitées.L'élimination du délai de circulation d'un chèque a réduit d'autant la possibilité de l'annuler et surtout a éliminé une période de crédit automatique dont jouissait le consommateur une fois son chèque émis.Pour les banques, il n'y a pas de quoi verser une larme.«Autrefois, soutient M.Beauregard, tout le monde jouait sur le float.On faisait un chèque sans fond le lundi en calculant qu'au moment de son encaissement, le vendredi, on aurait l'argent pour le couvrir.Ce n'était pas un droit, un avantage légal, mais bien une anomalie du système.Nous avons réussi à supprimer le float et cela impose de nouvelles obligations à tous.» Mais traditionnellement, les consommateurs ont toujours bénéficié de ce flottement.À chaque fois qu'un paiement pré-autorisé est prélevé aujourd'hui sur leur compte, ils perdent cette marge de manœuvre comptable qui comporte des avantages indéniables dans la vie courante.L'efficacité du système est accrue mais au service de qui?Un autre problème sensible des SPE, c'est qu'ils font disparaître la preuve écrite.Comment retracer une erreur dans le système?Tant qu'un chèque ou un ordre de retrait est traduit en langage informatique, il 26 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE L'apparition des terminaux aux comptoirs des Caisses populaires fut la première manifestation de la centralisation des données de base sur les comptes des épargnants.subsiste un «support-papier» de l'information pour relever une erreur.Avec un système de TPV, il peut devenir impossible de remonter jusqu'à la source d'une erreur, car il ne subsiste aucun témoin écrit.D'autres questions surgissent.Qui aura le fardeau de la preuve en cas de conflit?Jusqu'où iront les responsabilités?Bref, un bel imbroglio juridique qui a nécessité un volumineux rapport d'un groupe de travail du gouvernement fédéral.Le groupe présidé par M.Stanley Goldstein proposait en 1979 une réforme en profondeur du système juridique en la matière.La mise en œuvre des recommandations se fait toujours attendre.LA CARTE DU CONFORMISME Une autre inquiétude et non la moindre: elle concerne le libre choix du mode de paiement.Inquiétude non fondée prétendent les banquiers; il est plus vraisemblable que les modes de paiement coexistent.Mais en pratique, même si le liquide demeure une voie possiblede paiement, on court le risque que la monnaie en espèces soit «folklori-sée».Déjà, on assiste à ce que d'aucuns ont appelé la dévaluation sociale de l'argent.Certaines compagnies de location d'automobiles refusent les clients sans cartes de crédit.Les grandes chaînes d'hôtel exigent de leurs clients qui paient comptant le règlement à l'avance de leur chambre.Autrement dit, le système économique a une tendance inhérente à encourager le conformisme.La carte de crédit devient un certificat de bon citoyen, la preuve d'une certaine responsabilité, assortie d'un emploi stable, d'une adresse fixe et autres conditions requises pour faire partie du membership de la carte maîtresse.Naturellement, le monde du commerce tend à favoriser un système de paiement au détriment des autres — chèques ou comptant — qui comportent des risques accrus pour lui.I—g-"T êl&ê» Même si les SPE n'éliminent pas les autres modes de paiement, ils risquent à tout le moins de les marginaliser.Enfin, toute la centralisation des données sur l'état des transactions de chaque citoyen pose le problème de la confidentialité.Potentiellement, une fois le système bien en place, s'inquiète Mme Nicole Forget de l'Association des consommateurs du Québec, l'ordinateur pourra dire «où je fais mon marché, ce que je mange; que j'ai retenu une chambre double dans un hôtel de Québec la semaine dernière, que j'y ai consommé du scotch (beaucoup trop pour une femme seule) et que le lendemain matin, j'ai commandé deux pichets de café à ma chambre; que j'ai placé un interurbain à Vancouver toutes les semaines chez un monsieur qui n'est pas mon mari; que je viens de perdre mon emploi pour la troisième fois en cinq ans; qu'aucun crédit ne m'est plus accessible.» La liste pourrait s'étendre.«Je serais porté à croire, défend pour sa part Me Benoît Morin de l'Association des banquiers canadiens, que le danger pour le citoyen en ce domaine vient plutôt de l'appétit des services publics pour la vie privée des gens.» En effet, de nombreuses lois, déjà, permettent à l'État de mettre son nez dans nos comptes en banque.Les banquiers, lors du colloque de l'OPC, ont souligné qu'en ce domaine, leurs institutions avaient plutôt une tradition de respect de la confidentialité.Mais les banques, en face d'un pouvoir totalitaire, nous défendraient-elles?VOUS ME FEREZ CENT LIGNES DE PERFORATIONS y “Au carrefour des espoirs et des craintes pour l’avenir: l’informatique Au carrefour des choix disponibles: l’éducation Car ce seront moins les instruments informatiques qui dessineront, le monde de demain, que la relation que nous aurons su établir avec eux”.iJjean-Claude Simon L’éducation et T informatisation de la société Simon Nora AjanMinc l'informatisation de la société Kappsrt>u; président de la Hépucliqui LA DOCUMENTATION FRANÇAISE L’informatisation de la société Rapport Nora-Minc Paris, 1978.163 pages ?7,70$ L’éducation et l’informatisation de la société Rapport au Président de la République Paris, 1980.276 pages ?6,75$ ÉGALEMENT DISPONIBLES L’informatique Informatisation F et l’éducation et société ^ .Rapport Schwartz Une collection unique H Paris, 1 981.(11 volumes) f I 100 pages ?12,25$ Veuillez m’expédier " les titres cochés à < Paiement ci-joint à Tordre du ministre des Finances H ( I J J Nom____ Adresse code postal Gouvernement du Québec Ministère des Communications Diffusion des publications 1283, boul.Charest ouest Québec, G1N 2C9 Dépositaire exclusif des ouvrages DF j (la Documentation française) : - SSSggii La Sauvegarde est présente au Québec depuis quatre générations parce qu’elle est à l’écoute des besoins des individus, des hommes d’affaires, des agriculteurs, des PME et conçoit des produits et programmes en conséquence.La Sauvegarde est à votre service en tout temps parce que ses assureurs-vie de carrière sont près de vous et en mesure de vous rencontrer à votre convenance La Sauvegarde est active par ses contributions d’ordre économique et culturel parce qu’elle est consciente que ses responsabilités financières et sociales s’accroissent et qu’elle doit partager ainsi vos intérêts. février 1982 / QUEBEC SCIENCE ^ - %n n >- w/ r » ¦ ?t_Ji • r QUÉBEC SCIENCE / février 1982 29 la paternité par Yanick Villedieu Quelque part autour de l'an 2000.Un homme dans la trentaine se présente chez le médecin.Rien de très grave, mais un peu d'insomnie, des troubles digestifs diffus et, depuis quelques semaines, une fâcheuse tendance à prendre des kilos.Tout naturellement, parce que c'est dans la routine, le médecin commence par lui demander si sa femme ne serait pas enceinte.La question ne surprend pas et la réponse vient tout aussi naturellement.Bien sûr, ils attendent un enfant, leur premier d'ailleurs.Effectivement rien de très grave, rassure le médecin.Comme beaucoup d'hommes «enceints» — le mot est entré dans le dictionnaire il y a déjà quelques années—, ce patient manifeste les symptômes d'une banale «couvade», un épisode somatique qui accompagne souvent le remue-méninges d'une paternité en gestation.Cette scène de «psy-fiction», c'est une psychanalyste et ethnologue très sérieuse qui s'amuse à l'imaginer en partant, il faut le souligner, d'observations bel et bien réelles (voir encadré).Auteure de La part du père, un livre qui se propose d'explorer la terra incognita de la paternité, Geneviève Delaisi de Parseval fait en effet le pari que notre société ne tardera pas à reconnaître qu'avoir un enfant est aussi une affaire d'homme.Qu'on rendra bientôt à ce dernier, face à l'enfant, «les réactions complexes et ambivalentes qu'on a, jusque-là, réservées à la seule mère».Bref, qu'on va redécouvrir cette espèce quasi disparue que sont les pères.UNE «NON-MÈRE» Car le père, éternel absent ou grand oublié, ne semble plus faire partie du portrait de famille que pour la forme ou le symbole.Personnage lointain, deuxième parent ou tout simplement «non-mère», il est à toutes fins pratiques inexistant.Soulignant«l'accen-tuation emphatique du rôle et de l'importance de la mère» dans notre culture, Geneviève de Parseval précise que «notre société privilégie grossesse, accouchement, allaitement, relations mère-enfant pendant les premières années, pour y voirdes moments essentiels.mais essentiellement féminins — l'homme, le père, restant «quantité négligeable» pendant tout ce processus».Cette survalorisation de la Mère et de la Maternité, bien évidemment, n'est pas innocente: comme l'ont bien noté les féministes, elle permet de maintenir les femmes dans l'univers de la reproduction et des tâches domestiques, pendant que les hommes, qui ne sont pas sans y trouver leur compte, occupent tout le champ du politique, de l'économique et du social.Mais il faut également reconnaître que cette survalorisation a aussi pour effet de tenir le père à l'écart de la relation parent-enfant.Et, à la limite, d'en faire un intrus dans un monde où il ne saurait raisonnablement prétendre avoir de place.Quand le père est aux deux, si l'on peut dire, il ne peut pas être en même temps à la maison.Car c'est peut-être curieusement cette fameuse image du père tout-puissant, mélange de sévérité et de bonté condescendante, à la fois Dieu des chrétiens et pater familias romain, qui a évincé le père de chair et d'os de la vie familiale de tous les jours.Investi d'une telle autorité, allezdonc prendre un torchon à vaisselle ou donner le bain à la petite sans que votre prestige en prenne pour son rhume ! De façon plus prosaïque, notent les historiens des mentalités, c'est sans doute au cours du siècledernier que le père a «disparu» du cercle de famille.Jusqu'au 18e siècle en effet, les hommes restaient généralement sur place, travaillant dans des groupes où d'ailleurs les «images paternelles» étaient nombreuses et variées, incluant les frères aînés, les frères-oncles, les oncles ou grands-pères, les amis.Avec la révolution industrielle, tout ce beau monde est allé en usine, laissant la mère seule à la maison et faisant de la relation mère-enfant «le» modèle presque exclusif de la relation parent-enfant.Freud, qui avait le nez collé sur la vitrine de son époque, puis les théoriciens qui l'ont suivi, ont à leur tour renforcé le modèle.Pour eux, la relation mère-enfant est si importante, si lourde de conséquences qu'elle est le prototype de toutes les relations, présentes et à venir, de l'enfant avec les autres.Reprenant par ailleurs le vieux fantasme occidental du père «toujours incertain» de bien être le père par opposition à la mère «évidemment certaine», ces analystes ont fini par placer la paternité à un niveau bien plus symbolique que concret.Et en ont fait une expérience finalement vide de tout contenu pratico-pratique, de toute saveur quotidienne.PAR MÈRES INTERPOSÉES Tant et si bien que les chercheurs en sciences sociales ne se sont pas intéressés à cette question très «secondaire», et ont même carrément «oublié» le père pendant de fort nombreuses décennies.Un livre comme Fathers are Parents Too, publié à Londres en 1953, est passé complètement inaperçu et fait aujourd'hui figure de bizarrerie historique.Plus près de nous, une analyse du contenu du Psychological Abstract pour les années 1967 à 1978 indique 30 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE a* •/ii r f'J que l'expression père-enfant y apparaît 181 fois, contre 1 293 fois pour l'expression mère-enfant; quant à l'entrée parent-enfant, qui apparaît pour sa part 2 391 fois, on nous assure qu'elle est presque toujours synonyme de.mère-enfant.«Il n'y a pas 25 ans, note James A.Levine, un spécialiste de la question rattaché au Bank Street College of Education, à New York, le père était une espèce inexistante pour le chercheur.Une importante enquête sociologique sur la famille publiée en 1958, The Changing American Parent, était fondée uniquement sur des interviews avec des mères.Les études psychologiques sur le rôle du père dans le développement de l'enfant étaient menées dans des familles dont le père était absent, et non pas dans des familles où il jouait un rôle actif dans les soins aux enfants.» Encore en 1969, ajoute Levine qui vient de publier un livre où il demande «qui élèvera les enfants» dans les années à venir, une étude qui portait sur les interactions entre les hommes et les tout jeunes enfants était accompagnée d'une curieuse note de bas-de-page: ses auteurs, deux chercheurs seniors, admettaient que leur travail aurait pu être meilleur «s'ils avaient réellement observé ou au moins parlé avec les pères qu'ils avaient «étudiés».Tous leurs résultats sur les pères étaientfondés sur des interviews avec les mères».«C'est comme étudier les effets de la gravité en se contentant d'observer des objets après qu'ils soient tombés», commentera un autre psychologue américain, Milton Kotel-chuk, de l'Université du Massachusetts.Selon ce dernier, les recherches impliquant des observations directes et effectives des interactions père-enfant ont commencé il y a à peine une dizaine d'années.URGENCE?Pourtant, les temps changent, et dans le miroir de la mode au moins, les pères commencent à ne plus tout à fait se voir de la même façon.En Amérique, Kramer contre Kramer ia\\ courir les foules et, à défaut de faire bouger les choses en profondeur, déplace au moins les hommes.Ici et là, on parle de «la paternité après Kramer» pour dire qu'elle n'est plus comme «avant».Le célèbre docteur Spock, qui en 1 974 encore se méfiait de ces balourds de pères comme de la peste, modifie considérablement La révolution industrielle a sorti les hommes de la maison.Fermiers, artisans ou petits commerçants, leurs activités ne les coupaient pas jusque-là de la vie familiale.L'usine va marquer la coupure et séparer les rôles.la version 1980 de sa bible du pou-ponnage et affirme désormais que tous les pères doivent mettre eux aussi la main à la pâte.De l'autre côté de l'Atlantique, un feuilleton télévisé, Papa poule, fait carrière honorable pendant que les media attrapent la coqueluche des «nouveaux pères», ces hommes qui «héroïquement» s'occupent tout seuls des mômes et de la popote.Ces hommes qui «paternent».Mais la paternité fait également recette au box office de la recherche et de l'édition sérieuses.Livres et numéros spéciaux de revues pointent le bout du nez sur les rayons des libraires.À Paris, en février 1 981, un colloque international sur «les pères d'aujourd'hui» réunit pendant trois jours une pléiade de chercheurs venus des quatre coins de l'Europe et des États-Unis.Avec une fraîcheur un brin malicieuse, une psychologue de Copenhague, Else Christensen, en profite pour déclarer que «les jeunes hommes danois ont découvert les joies de la paternité active».Au cours du même colloque, James A.Levine souligne que le statut de la paternité est en voie de changement rapide aux États-Unis.Jusque très récemment, explique-t-il par exemple, il était évident aux yeux de la Justice qu'un homme ne pouvait pas s'occuper convenablement de ses enfants.Aujourd'hui, de nombreux États considèrent que le père et la mère peuvent partager la responsabilité de leurs enfants en cas de séparation.La garde partagée est même devenue la présomption de base pour les cours de Californie.«D'ailleurs, ajoute-t-il, il y a maintenant dans tous les États au moins un groupe de pression qui milite pour les droits des pères.» Car un peu partout, que ce soit pour «revendiquer» ou pour«prendre conscience», des groupes d'hommes se sont formés autour des grands thèmes de «la condition masculine», dont celui de la paternité.En France, l'Association pour la recherche et le développement de la contraception QUÉBEC SCIENCE / février 1982 31 C'est du cinéma bien sûr! Toutes les paternités en gestation ne sont pas aussi évidentes.Mais les manifestations de ia couvade ne sont pas aussi rares qu'on le croit, même chez nous.pouls pue 'e eu* l'autre illeton irrière metiia «HOU- seuls , Ces emeot «lie reset polu-ns (les 81, un rheurs iclieur ilogoe insen, e :les iï* joe-16 •Unis- ue-H1 xïeui( epon- «ment ;e?«,e | lares- | msn11 prie5 .6soil jiiilte Dline’- [ante- masculine, ARDECOM, publie lepre-mier numéro de sa revue au début de 1980 et présente des expériences de contraception hormonale (la pilule pour hommes) et de contraception par élévation de la chaleur du scrotum.La paternité, dit ARDECOM, c'est aussi prendre ses responsabilités en matière de non-fécondité.Au Québec, précise Marc Chabot, professeur de philosophie à Québec et auteur de Chroniques masculines, c'est plutôt autour du rapport quotidien, concret, de l'homme à l'enfant que les interrogations ont jusqu'à maintenant porté.Hom-lnfo, un bulletin publié à Montréal par un groupe de réflexion sur la condition masculine, a consacré son édition de l'automne dernier au thème « les hommes et l'enfant» — «un thème qui s'est imposé tout de suite et a réussi à faire l'unanimité du collectif.Peut-on parler d'urgence?», ajoute le présentateur du numéro.PAR LA TÊTE Ceci dit, que trouve-t-on quand on explore, à l'instar de Geneviève Délais! de Parseval, le «continent noir» de la paternité?Bien des choses, hétéroclites et surprenantes, parfois contradictoires et quelquefois bizarres.Mais certainement pas une seule et unique conception du père et de la paternité.D'abord ethnologue deformation, l'auteure de La part du père commence son enquête par une sorte de tour du monde de la paternité.D'une culture à l'autre — et la nôtre n'est qu'un exemple parmi des centaines —, les théories de la conception, de la grossesse, de l'accouchement et du post-partum varient de façon inouïe.Parfois, le père occupe toute la place, parfois il n'en occupe aucune.La mère peut être tout comme elle peut n'être rien.Quelquefois, ce sont les deux qui n'occupent qu'une place de second rang.En fait, montre Geneviève de Parseval, le «père» peut être pratiquement n'importe quel personnage, quand on se promène d'une culture à ¦ * "% une autre.Peuvent en effet être pères: le ou les géniteurs, l'amant officiel, le protecteur de la femme pendant la grossesse, celui qui pratique la couvade, celui qui joue un rôle à l'accouchement ou pendant le post-partum, celui qui accomplit une cérémonie officielle pendant la grossesse ou après l'accouchement, le mari de la mère, le ou les frères de la mère, le ou les frères du père, le grand-père, un homme du même lignage ou du même clan, celui qui élève l'enfant, celui qui donne son nom ou qui adopte, celui qui reconnaît l'enfant, celui qui transmet une ressemblance, un vieillard réputé impuissant, un célibataire, une femme stérile, un homme réputé stérile et même.Dieu.La paternité, on le voit, est loin d'être un fait bêtement biologique.Comme la maternité d'ailleurs, comme la «parentalité» en général, elle est un phénomène éminemment culturel, éminemment «artificiel».Car ce qui est peut-être le plus surprenant, à suivre en tout cas Geneviève de Parseval, c'est qu'un père et une mère, c'est à peu près la même chose ! «Homme et femme sont tous deux des homo sapiens, écrit-elle, et ils font des enfants principalement par la tête.» Dans les deux cas en effet, le travail psychique reste le même: pour devenir véritablement parent — père ou mère —, il faut dépasser la biologie et «adopter son enfant», passer un cap psychologique, affectif et social.C'est du moins çe dont témoignent, comme en gros plan, les pères IAD que suit Geneviève de Parseval, ces hommes stériles dont la femme est devenue enceinte par insémination artificielle par donneur.Pères non biologiques d'enfants qui deviennent pourtant les leurs, ils témoignent bien du fait que la notion d'enfantement est loin d'être seulement et trop simplement «naturelle».OBSERVER LE PÈRE AVEC L'ENFANT Dans un tout autre ordre d'idées, et en chaussant cette fois les lunettes de la psychologie expérimentale, il est intéressant de souligner la «découverte récente» de l'importance de la relation père-enfant, comme dit Michael E.Lamb, de l'Université du Wisconsin.Dans un livre qu'il a édité en 1976, The Role of the Father in Child Development, il insiste sur le fait que cette relation revêt son importance dès le tout jeune âge de 32 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE l'enfant, et qu'elle peut trouver sa place auprès de la relation mère-enfant, une relation qui n'est pas en soi exclusive.Des données expérimentales, note-t-il par exemple, indiquent qu'en situation naturelle non stressante, les enfants ne montrent pas de préférence pour un parent ou pour un autre.Il semble également ressortir des études disponibles que les relations père-enfant et mère-enfant sont de nature qualitativement différente, bien que cette différence reflète peut-être des attentes culturelles spécifiques placées chez le père et chez la mère.Même si de nombreuses questions demeurent encore sans réponse définitive, souligne en fait Lamb, on a de bonnes raisons de croire que la qualité de la relation père-enfant peut contribuer au développement de ce dernier, et cela aussi bien sur le plan psycho-sexuel que sur le plan moral, moteur ou intellectuel.Cependant, reconnaît le chercheur, il y a encore beaucoup à faire pour bien comprendre la nature exacte de cette relation père-enfant.Notant lui aussi la relative nouveauté de l'intérêt des chercheurs pour la relation père-enfant, et pour la relation père-mère-enfant, un psychologue de l'Université de Pennsylvanie, Jay Belsky, souligne pour sa part, dans un article récent, que les similitudes entre les interactions père-enfant et mère-enfant dépas- sent de loin les différences.Ce fait indiquerait, selon cet auteur, qu'«au-delà de l'avantage biologique accordé à la mère en vertu de sa physiologie, les deux parents sont également capables de prendre soin de leurs enfants».DEMANDEUR D'ENFANT Mais pourquoi donc cette découverte — ou cette redécouverte — de la paternité?Il est bien sûr trop tôt pour faire l'histoire de mentalités encore en pleine évolution.Mais certains éléments d'explication se proposent presque d'eux-mêmes.Il est indéniable, par exemple, que la montée du féminisme et l'impact de ses remises en question ont quelque peu «remué» les hommes, ou certains d'entre eux en tout cas.«Depuis une quinzaine d'années, explique Hervé de Fontenay, professeur à l'université McGill et coordonnateur d'un ouvrage collectif intitulé La certitude d'être mâle?(dans lequel il a rédigé le chapitre sur la paternité), les féministes nous ont posé des questions.Et des hommes ont réagi, ont voulu trouver des alternatives.» Or, c'est avec une remarquable constance que, dans les groupes d'hommes qui se sont formés à la suite de ce questionnement, la paternité arrive sur le tapis.«Toutes les fois qu'une nouvelle revue masculine est lancée, note Geneviève de Parse-val, elle y va d'abord de son numéro spécial sur le père.» -% r Ayant laissé la carapace du pater familias, de plus en plus d'hommes découvrent une nouvelle façon d'être père.Est-ce une mode, un phénomène marginal, ou les hommes sont-ils vraiment prêts à vivre les joies.et les peines d'une paternité active?Par ailleurs, les mille et un bouleversements des structuresfamiliales ont mis les hommes dans des situations de paternité nouvelles et souvent inédites pour eux.Le père seul, à temps partiel et parfois même à temps plein, est devenu chose presque banale.Le père adoptif, le père d'occasion, le père substitut sont autant de modèles eux aussi de plus en plus répandus.Et autant d'expériences que certains hommes ont même à vivre concurremment.D'où une foule de remises en question, d'interrogations, d'étonnements, d'angoisses et parfois.de découvertes qui sont venues enrichir le vécu collectif des hommes face aux enfants.Tous les modèles de paternité, et demain de maternité, sont dans l'air.En l'an 2000, on prédit qu'aux États-Unis, à peine 20 pour cent des enfants vivront toute leur jeunesse avec leurs deux parents biologiques! D'une façon intéressante, ce «réveil des pères» pourrait bien être également une des conséquences de la révolution contraceptive commencée dans les années 60.Comme l'a expliqué la sociologue Évelyne Sul-lerot au colloque de Paris, «les femmes ont doublé leur pouvoir de fécondité d'une maîtrise de sa décision, qui peut s'exercer indépendam- »it de Wnaire Het pou œieuu Hû : 1; l'fait.i la * 33 QUÉBEC SCIENCE / février 1982 miA nboulf' imiliiles et si*' eui ei sept» 'jepéis itut s011 10 f ment de la volonté ou à l'insu du partenaire masculin.Bien que lentes, les conséquences sont considérables: pouvant devenir «décidantes» de leur maternité, les femmes sont devenues «demandeuses» de sexualité.Si bien que les hommes sont conduits à vivre des attitudes pour eux très nouvelles: devenir des «demandeurs» d'enfants, solliciter et convaincre, et être eux-mêmes sollicités sexuellement».L'homme n'est donc plus le mâle qui «fait» des enfants.Et il n'est plus toujours, à cause de facteurs socio- économiques multiples, le seul et unique pourvoyeur des ressources matérielles nécessaires à la famille.Son image et son rôle ont changé.Et du même coup l'image et le rôle du père.37,7 SECONDES PAR JOUR Assistons-nous à l'avènement d'une société de pères nouveaux et — enfin — présents?Les hommes vont-ils se mettre à assumer leur part dans les soins aux enfants?Il ne faudrait sans doute pas sauter trop vite aux conclusions, tant il est vrai que Dans certaines cultures, le rôle du père ne revient pas forcément au géniteur: ce sera un onde, un vieillard impuissant ou même une femme stérile.Notre société aussi voit apparaître de nouveaux modèles de paternité : le père biologique n'est pas forcément l'homme de la famille.les phénomènes dont il est question ici restent marginaux et, souvent, aussi superficiels et passagers que les modes.Par exemple, des données statistiques rapportées par James A.Levine montrent qu'en 1965, les maris américains consacraient en moyenne neuf heures par semaine aux travaux ménagers et aux soins aux enfants; en 1975, ils avaient augmenté leur participation à 9,7 heures par semaine — ce qui représentait une amélioration de six minutes par jour en dix ans.Quant aux attitudes des jeunes Américains par rapport à l'égalité des hommes et des femmes, elles semblent s'améliorer de sondage en sondage, rapporte encore J.A.Levine; «cependant, ces attitudes égalitaires des jeunes hommes semblent s'éteindre quelque part autour du huitième mois de la grossesse de leur femme.» En fait, même si on sait bien ce qu'est un «nouveau père», on l'imagine toujours comme étant quelqu'un d'autre que soi ! Ces hommes qui couvent.le '®tl ateio* ce^l ieü^ 13 fl(i bie"8" leû^ co< ;o C- bang etn® vP nt \e co 61 prénom 80 [Bj U 7 1 1 8 1 1 1 III! 1 1 II 1 1 1 1 II II 9 numéro rue appartement 28 1 1 1 1 1 Il II 1 1 1 1 1 1 1 1 II II 29 1 | ville 1 1 1 MM III! province 4g Il 1 1 II II 49 1 1 pays 1 1 1 M 68 ?Chèque Tarif en \ 69 code postal 74 Le magazine QUÉBEC SCIENCE.case postale 250, S Illustrations: Pierre Parent 58 février 1982 / QUÉBEC SCIENCE par Vonik Tanneau SOLDATS DANS LA BRUME Les militaires américains stationnés en Europe sont de grands consommateurs de drogues.Une étude réalisée l'été dernier et portant sur 1 906 militaires, dans 22 bases situées en Italie et en Allemagne de l'Ouest, a en effet révélé que l'usage de drogues pendant le service atteignait des pourcentages assez effarants: 49,27 pour cent dans la marine, de 42,66 pour cent dans l'armée de terre et de 17 pour cent dans l'aviation.Un exemple frappant: sur le porte-avions géant USS Forrestal, plus de 60 pourcent des membres de l'équipage consomment de la drogue (principalement marijuana et uppers) quand ils sont de service.Si la vie vous intéresse.DES FOUILLES TOUT CONFORT Ce n'est pas forcément sur les chantiers de fouilles d'Afrique ou d'Asie que les paléontologues font les plus belles trouvailles.Le plus important fossile découvert en Afrique ces dernières années vient d'être «déterré» dans la collection même du Musée national du Kenya.En examinant et en triant quelque 10 000 fragments de squelettes classés parmi les fossiles indéterminés, Alan Walker, de l'université John Hopkins, et Martin Pickford ont réussi à reconstituer plus de 50 pour cent du squelette du Proconsul.qui pourrait être le plus lointain ancêtre du singe et de l'homme.Il s'agit d'une jeune femelle ayant vécu il y a de cela plus de 17 millions d'années.À titre de comparaison, la célèbre Lucy, jeune australopithèque découverte en Éthiopie en 1974, aurait vécu il y a juste un peu plus de trois millions d'années, et son squelette n'a été reconstitué qu'à 40 pour cent.(Discover) sli en Vrac L'ÉVOLUTION ROBOTIQUE niim LE MU R!EN PHITECANTHROPE GOLDO Darwin serait bien étonné.Un chercheur de l'institut de robotique Carnegie-Mellon, aux États-Unis, voit dans le robot et l'ordinateur la prochaine étape de l'évolution de l'homme.Hans Moravec pense en effet que, d'ici une trentaine d'années, les ordinateurs seront devenus plus intelligents que les humains, et les robots bien plus durables que nos pauvres corps.Résultat: les gens échangeront leur cerveau laborieux contre des ordinateurs supérieurement intelligents qui leur permettront de penser mille fois plus vite.Au début, on se contentera de transférer le contenu exact de son cerveau sur des programmes d'ordinateurs.Mais la véritable révolution sera l'étape suivante, lorsque ces robots surhumains ou ces humains super-robots commenceront à échanger des programmes.«Je te prête mon programme mathématique contre ton programme menuiserie.» Le tout n'est-il pas d'avoir une tête bien faite, même si la moitié appartient au voisin?( Omni) UNE TOMBE ANTI-TABAC Un des combattants les plus acharnés de la lutte anti-tabac en Grande-Bretagne est bien décidé à ne pas abandonner le combat, même une fois qu'il aura passé l'arme à gauche.Sur sa tombe, qu'il a fait construire à la porte de son pub, M.Showers a fait graver un poème de 27 vers intitulé The Calvacade of Cancer.Et pour ceux qui refuseraient de lire ses vers, il a préparé un enregistrement sur fond musical.Difficile pour les passants d'échapper à la «bonne parole», même venant d'outre-tombe.(The Journal) FLAMBER AU SCOTCH La combustion spontanée d'êtres humains?Un phénomène pour le moins | troublant et heureusement très peu fréquent ! Il n'empêche qu'un auteur améri-1 cain, Larry Arnold, est sur le point de publier un livre où il rapporte plus de 200 cas de ces embrasements «naturels».Le premier exemple, qui date de 1 673, décrit la disparition en fumée d’un grand | buveur dont la combustion n'avait épargné que le crâne et les os de quelques] doigts.D'ailleurs, dans presque tous les cas, il s'agit d'alcooliques invétérés dont les tissus, imbibés selon la croyance populaire, seraient devenus inflamma- w bles.À part cela, aucune explication cohérente du phénomène n'a encore été trouvée.Attention de vous transformer en petit tas de cendre, au coin d'un bar! (Le Courrier médical) \ AU TRAVAIL, MICROBES! Une application originale de la biotechnologie: la valorisation de sous-produits | jusqu'ici considérés comme des déchets et entraînant de ce fait des problèmes] de pollution.C'est ainsi, par exemple, que dans une conserverie d'ananas, la j totalité des déchets (500 kilogrammes par tonne de fruits) est récupérable sous | forme de jus fermentiscibles et de tourteaux servant à améliorer le fourrage des | animaux d'élevage; que la majeure partie | des déchets de conserveries de champignons est transformable en arômes culinaires; que les peaux de tomate peuvent I fournir du carotène.Autrement dit, rien [ ne se perd dans la conserve! Le beurre se fait purement et simplement.• Prenez d'abord du lait.• Séparez la crème du lait.• Barattez afin de séparer le beurre du petit-lait.Vc vous avez déjà du beurre.• Ajoutez du sel pour le goût (sauf dans le beurre naturellement).• Le beurre, excellente source de vitamine A, est naturellement de couleur jaune.Selon la saison, le fourrage sec d'hiver donnant un beurre plus p on peut y ajouter un colorant naturel.jff' Toutes les marques jff' de beurre sont fabriquées jO' de la même manière.La seule jM' exception étant le "beurre de jOr culture ”, qui a un goût particulier dû ' à la culture qu'on ajoute à la crème au départ.Pas son imitation.• Prenez d'abord du maïs, des fèves de soya, des graines de tournesol ou des légumes.Au Canada, la plupart des margarines sont faites à base d'huile végétale.Il est toutefois permis d’utiliser de l'huile provenant de poisson, de graisse de porc ou de suif animal.• Extrayez l'huile des légumes ou autres.Désodorisez et décolorez cette huile afin de lui faire perdre son odeur et sa couleur.• Hydrogénez ou interestèrifiez afin de la raffermir.• Ajoutez un émulsifiant.MARGARINE \ \ • Ajoutez des vitamines A et D.• Ajoutez les ingrédients et le colorant nécessaires pour lui donner le goût et l'apparence du beurre.• Ajoutez de l'eau, du lait écrémé ou des solides du lait et du sel (sauf dans la margarine douce, évidemment).• Ajoutez des agents de conservation réducteurs ou désinfectants.La nature et la quantité des ingrédients entrant dans la composition de la margarine peuvent varier d’une marque à l'autre.Le procédé de fabrication lui-même peut aussi varier.On peut également y ajouter d’autres ingrédients.A vous de choisir.natureIIement.Service de nutrition.Bureau laitier du Canada IWit Jr ft! 3S 138?La gestion informatisée appliquée à la construction orsqu'en 1959 John F.Kennedy a prédit, avec une infinie précision, que dix années plus tard un homme marcherait sur la lune, il a fait preuve d'une très grande confiance dans la technologie puisque cette prédiction ne pouvait être fondée que sur l'échéancier préparé par les scientifiques de la NASA.Comment un tel échéancier a-t-il pu s’avérer aussi précis?M.Pierre Gilbert, professeur au département de construction civile à l'École de technologie supérieure, explique qu'il s'agit d'une technique d’ordonnancement connue sous le nom de cheminement critique ou méthode CPM (Critical Path Method).«Cette technique a été développée selon des modèles mathématiques.L'introduction des mathématiques modernes, comme les probabilités et les statistiques, dans un système donné, assure à ce système une très grande fiabilité.Si l'on ajoute à cela l'avènement des ordinateurs, on peut effectuer des calculs longs et complexes avec une rapidité incroyable et un niveau de précision absolue».C'est à partir de cette méthode que tous les programmes aérospaciaux de la NASA ont été élaborés.Au cours des années 1965-1968, une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) a développé le système informatisé de gestion Project I.Bien que son utilisation se soit révélée un succès, on a quand même pu y déceler certaines déficiences au niveau des coûts, des ressources et de la représentation , graphique des résultats et du réseau d'ordonnancement.De son côté, l'École de technologie supérieure - dont la mission de recherche privilégie celle réalisée en con- cordance avec les besoins du milieu industriel québécois -a mené sa propre étude dans le but d'améliorer la version originale Project I et d'y intégrer de nouvelles caractéristiques.Cette version davantage fonctionnelle amplifiée par le professeur Edmond Miresco avec la collaboration du professeur Pierre Gilbert, peut répondre adéquatement à de multiples besoins, plus particulièrement ceux reliés à l'industrie de la construction.Les travaux de recherche et développement ont porté: (1) sur la conception et le développement d'un module capable de faire le nivellement des ressources d'un projet de construction, de déterminer sa faisabilité et de produire les rapports sur les performances quotidiennes du déroulement des activités du projet; (2) sur la conception et ledéveloppementd'un module capable de faire la représentation graphique d'un réseau d'ordonnancement à l'échelle du temps à l'aide d'un traceur de courbes du type CALCOMP et, (3) sur l'intégration de ces deux modules à la version originale du système Project I.Les résultats de cette étude démontrent que la nouvelle version de Project I est plus flexible et s'adapte aisément aux diverses situations rencontrées dans la pratique courante en construction.L'étude de l'ÉTS, comme en témoigne M.Edmond Miresco, professeur au même département, aura donc fourni, aux petites et moyennes entreprises qui oeuvrent dans le domaine de la construction domiciliaire, un instrument efficace et à coût modique.Et, élément appréciable: pas besoin d'être un spécialiste de l'informatique pour l'utiliser.?.ui; r-.Irxfnr, M;™; ciMAon
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