Québec science, 1 janvier 1982, Mars
IPER J -69 2,50$ PENSER DEMAIN Port de retour garanti ^/j OURRIER 2ième classe I Enregistrement ¦ numéro 1 052 Port payé à Québec C P 250.Sillery Québec GIT 2R1 PRISME / LES PHOQUES RS ET DRAPEAUX ¦ J dt* inov - o a i,j__ B ^Z II nr y SIN3G 1S 0./L i- — iiôi 1V93i iod3g rïviàna D3a3no aiv.NoiivN jiiuiHionaib CEST/AJJSSI UN DE NOS PRODUITS.De 1973 à 1985, Alcan aura consacré plus de 298 millions de dollars à l'assainissement de l'air, de l'eau et à l'amélioration des conditions de travail de ses employés au Québec.Une usine en couleurs dans un paysage immaculé.Et le sport garde ses droits pour Michel, Nathalie, Luc et Louise Pelletier.ALCAN H S K 3 Sommaire Volume 20, numéro 7 MARS 1982 20 Penser demain André Delisle La passivité face à l'avenir est un luxe que la société ne peut se permettre Les phoques vont bien Mariette Tremblay Exploité sans scrupules il y a quelques décennies, le phoque du Groenland n'est plus menacé de disparaître 30 I Les chasseurs d'étoiles François Beaulieu L'observatoire du mont Mégantic, un tremplin vers le ciel pour nos astronomes f — La clé de l'innovation Luc Chartrand Pour Marcel Risi, directeur commercial du CRIQ, innover, c'est contester Actualités (^Chroniques Post-Scriptum Recherche Au détriment des femmes 8 Science Mea culpa 10 Pétrole Quelques millions pour le golfe 12 Circoncision Le débat se ranime 14 Sans frontières 18 Prisme: Microbes, dollars et drapeaux 49 Amiante Exploiter les déchets 53 Alimentation Protéines de bois au menu 54 Énergie Se convertir au propane?58 Boîte à livres 59 Livre du mois 60 Courrier 62 En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1982.ISSN-0021 -6127.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de: CPPA ©Copyright 1981 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. dunçcLva.INUIT 0CUC.d-Htxlioh •/ r*- ! -1 ; § îfyÊk Kfel ^ 4 * \ N ASCAP'S M0NTAGMA1S ^ * >4or ¦- ^, Qu:NA .< v.w-w contes amérindiens texte et idée originale: Michel Noël illustrations: Joanne Ouellet SÉRIE I — L’ORIGINE ISBN 2-89045-502-5 1.Les Papinachois 2.Les Papinachois et la création du monde 3.Les Papinachois et le grain de sable SERIE II — LES VOISINS ISBN 2-89045-503-3 4.Les Papinachois et les chasseurs 5.Les Papinachois et les agriculteurs 6.Les Papinachois et les ancêtres SÉRIE III — LA CUEILLETTE ISBN 2-89045-504-1 7.Les Papinachois et le panier d’écorce 8.Les Papinachois à la rescousse d’Eskéo 9.Les Papinachois et la fête des bleuets in Éditions hurtubise hmh 7360, newman, lasalle, H8N 1X2 tél.: (514) 364-0323 QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 QUÉBEC SCIEI1CE DIRECTION: Jean-Marc Gagnon, directeur général RÉDACTION: Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Luc Chartrand, André Delisle, Claude de Launière, François Picard, Vonik Tanneau, Yanick Villedieu collaborateurs réguliers PRODUCTION GRAPHIQUE: Pierre Parent, responsable de la production Andrée-Lise Langlois (réalisation graphique) Louis Ducharme (photo couverture) Gaëtan Laroche (illustration) Raymond Robitaille (typographie) Litho Acme inc.(séparation de couleurs) Imprimerie Canada inc.(photogravure et impression) ADMINISTRATION, VENTES ET PUBLICITÉ: Gilles Lachance, directeur Raynald Lavoie, responsable marketing et publicité Marie Prince, représentante publicitaire (institution) Nicole Bédard (abonnements) Messageries Dynamiques (distribution en kiosques) Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements I Canada : Spécial : (2 ans / 24 nos): 38,00 S Régulier (1 an / 12 nos): 21,00$ Groupe : (10 et plus — 1 an) : 19,00 $ A l'unité: 2,50$ A l'étranger: Spécial (2 ans / 24 nos): 51,00 $ Régulier: (1 an / 12 nos): 28,00 $ A l'unité 3,00$ fiLes chèques ou mandats postaux doivent être ¦ établis à l'ordre du MAGAZINE 11,QUÉBEC SCIENCE SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l'Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada Claude St-Onge Ivice-pré'ident Banque de Montréal IJean Savard vice-président — Division du Québec Control Data Canada George J Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée l Institut de recherche de l'Hydro-Québec M Lionel Boulet ¦directeur Recherches Bell Northern André J.Beauregard i/ice-président adjoint .aboratoire de l’Ile des Sœurs :>ratt & Whitney Aircraft Canada Ltée ‘.ongueuil, PQ 5 > h ; SCRIPTUM Chômage, inflation, perte de pouvoir d'achat.Comment sortir de la crise?Une fois de plus, nous noustournons vers les oracles en oubliant même à l'occasion qu'ils n'ont pas été capables de la prévoir, cette crise profonde.Ils sont modernes, ces prophètes du futur, munis d'ordinateurs.Jamais les études sur le futur n'ont été plus nombreuses, à l'Ouest comme à l'Est.Futurologie et prospective s'entrecroisent, le vocabulaire grossit, rebondit, les experts martèlent les mots: prévisions, prospectives, conjectures, scénarios, tendances lourdes, futuribles.Qu'en est-il exactement?Peut-on sérieusement décrire la réalité de demain, prévoir un avenir qui, selon le mot du prix Nobel Dennis Gabor, est plus à inventer qu’à prédire?Un des grands mérites du dossier de fond que nous présente André Delisle ce mois-ci est de bien définir les termes et de démystifier cette prétention d'une certaine futurologie à la Herman Kahn, plus soucieuse de publicité que de méthodes sérieuses de travail.Que nous n'ayons pas de «science du futur» infaillible ne veut pas dire en effet que nous ne puissions préparer l'avenir, de façon rationnelle et éclairée.Au contraire.nous montre André Delisle dans ce dossier, il existe des méthodes précises d'analyse du présent et de diagnostic de futurs, qui peuvent être très utiles.Notre collaborateur a arpenté avec soin le terrain de la futurologie depuis deux ans, puisqu'il a assisté à plusieurs congrès sur cette question et qu'il a lui-même déjà «pratiqué» plusieurs scénarios, comme ingénieur-consultant.Son article s'enrichit donc d'une double expertise et constitue un dossier éclairant sur le sujet.Dans ce même numéro, nous réouvrons un dossier d'une grande actualité, celui de la chasse aux phoques.C'est à une biologiste de profession, Mariette Tremblay, que nous avons confié le soin de faire le point sur cette question qui fait l'objet d'une intense polémique.«Pour une fois, observe-t-elle, les écologistes militants contre la chasse font fausse route: l'espèce n'est pas menacée.».Elle nous le prouve, études scientifiques à l'appui.La chronique «Prisme» de ce mois-ci est consacrée à la biotechnologie.À la veille de décisions importantes au niveau gouvernemental fédéral et provincial, Yanick Villedieu fait le point de ce défi majeur de la décennie 80, après avoir rencontré de nombreux chercheurs et interrogé le ministre québécois responsable du dossier.Enfin, une entrevue d'un des «ténors» de l'innovation technologique, Marcel Risi, directeur commercial du CRIQ, le Centre de recherches industrielles du Québec.Luc Chartrand a recueilli des propos qui, vous le constaterez, ne manquent pas de vigueur.«Innover, c'est contester», affirme M.Risi à sa façon colorée.Il reste à passer aux actes. mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES RECHERCHE AU DETRIMENT DES FEMMES Longtemps écarté des grands débats, le thème de la subjectivité en science fait à nouveau surface dans les congrès internationaux, comme en témoigne un récent symposium lors du congrès de l’American Association for the Advancement of Science, le célèbre AAAS, tenu à Washington en janvier dernier.L’utilisation de la science pour «prouver » l’infériorité de la femme, la déficience intellectuelle de certains groupes d’immigrants et l'infériorité des Noirs sont des faits trop récents pour qu’on puisse tenir pour acquis que ces erreurs ne se reproduiront pas, ont rappelé plusieurs intervenants.La question des tests de quotient intellectuel a de nouveau été au centre des polémiques.Intervenant avec force contre l’utilisation discriminatoire de ces tests, le paléontologiste Stephen Jay Gould, de l’Université Harvard, a affirmé : «Ces tests reposent sur l’idée que l'intelligence est une entité définie, localisée dans le cerveau et objectivement quantifiable.Toutes ces tentatives pour mesurer les êtres humains ont comme intention cachée de les classer dans une hiérarchie.» Le docteur Estelle Ramey, professeur de physiologie et de biophysique à l'École médicale de l’université Georgetown, a de son côté démontré comment l’allocation des fonds de recherche et donc la recherche se font au détriment des femmes.Son esprit limpide, sa verve intarissable et son humour mordant lui ont vite permis de voler la vedette à ses prestigieux confrères et de gagner son auditoire à la cause féministe.Peu de recherches ont été faites sur les maladies des femmes.Faut-il s’en étonner ?Oui, puisque la moitié de la population est féminine.Non, puisque ce sont des hommes qui décident de la direction des recherches et que 90 pour cent de celle-ci est effectuée par des hommes.Pourtant la femme est biologiquement supérieure à l’homme, nous rappelle le docteur Ramey.Les fœtus qui meurent dans le sein de leur mère sont majoritairement mâles.La femme supporte beaucoup mieux le stress que l’homme.Les femmes vivent plus longtemps que les hommes.Ne serait-il pas dans l'intérêt de ceux-ci d’étudier ce qui distin- Xrfrr» Young r/iimfxmzrr Apollo Brlvidrrr Young chimpanzee Exemple frappant de théorie discriminatoire, la crâniométrie, ou étude de la mesure des crânes, a fait fureur au 19e siècle.Selon ce manuel de 1868, la race blanche avait, bien sûr, un volume crânien supérieur à celui de la race noire.gue biologiquement la femme de l'homme afin de pouvoir améliorer ou allonger leurs propres vies ?Pour l'instant, la peur fait retarder la recherche, on préfère l’ignorance.Les femmes vont chez le médecin plus souvent que les hommes.Elles sont pourtant moins bien informées qu’eux sur leurs problèmes de santé.Selon le docteur Ramey, c’est l’attitude autoritaire et paternaliste des médecins qui entretient cette situation.Ceux-ci n’encouragent pas les femmes à poser des questions.Et que dire de la pilule ?Malgré tous les dangers qu’elle comporte, les femmes continuent de la prendre.Les recherches sur une pilule pour les hommes ont été à peu près toutes abandonnées.Les hommes craigne-raient-ils de devenir impotents.Les maisons de vieillards sont peuplées à 75 pour cent par des femmes.La maladie la plus répandue chez elles est l’ostéoporose.Pourquoi si peu de recherches ont-elles été menées sur cette dégénérescence ?Toute activité humaine est teintée de valeurs et la recherche de la connaissance est orientée non seulement par un but avoué mais par une option morale préalable.L’entreprise scientifique n’y a pas encore échappé.Unda Corriveau L'HÉLI-DIR/GEABLE ARRIVE L’Alberta semble avoir trouvé une solution au problème du transport des sables bitumineux entre les régions éloignées et les raffineries.Pour l’instant, cela se fait par camion, en hiver alors que le sol est gelé.Le gouvernement de cette province se montre très intéressé par un projet présenté par la firme américaine Goodyear: un « héli-dirigeable.» Il s’agit en fait d’une combinaison d’hélicoptère et de dirigeable.En forme de cigare, la partie dirigeable serait gonflée à l’hélium, gaz très léger et surtout ininflammable, et mesurerait 140 mètres de long.Fixés à une nacelle, quatre moteurs équipés d’hélices feraient avancer l’engin tandis que quatre autres systèmes de propulsion de type hélicoptère, deux de chaque côté du dirigeable, aideraient à soulever la charge.Cet héli-dirigeable transporterait jusqu’à 1 000 tonnes à 110 km/h dans un rayon de 450 kilomètres.La société Goodyear, qui fabrique déjà des pneus, n’en est pas à son coup d’essai en la matière: depuis 1923, elle a construit 301 dirigeables, dont 57 seulement à usage commercial, les autres étant destinés à l’armée américaine.La société estime que son engin, permettant de transporter quatre fois plus de marchandises que l’hélicoptère le plus puissant, entraînerait une économie de coûts de l’ordre de 40 pour cent.Il reste à construire le prototype de 150 millions de dollars, mais Goodyear ne veut pas en assumer les frais.Le premier client devra donc payer tout en sachant que les modèles suivants ne coûteront que 40 millions de dollars; de quoi hésiter à faire le premier pas.F.P. PROGRAMMES D'ÉTUDES AVANCÉES OFFERTS PAR LA COMMISSION PRÉTAGEC La Commission des programmes d'études avancées gérés conjointement est un organisme de l’Université du Québec, formé de représentants des établissements de son réseau, qui gère certains programmes de façon à permettre l'association des ressources professorales nécessaires pour dispenser des activités académiques en divers points du territoire québécois.MAÎTRISE EN SCIENCES DE L'ATMOSPHÈRE Ce programme fournit à l'étudiant les connaissances de base en physique de l'atmosphère et vise à initier l'étudiant à des recherches spécifiques: à l'UQAM: recherches reliées à la couche limite et à la météorologie synoptique, avec applications aux précipitations, aux prévisions, à laqualitéde l'airet à l'environnement urbain; à l'UQAC: recherches sur les échanges air-sol, avec applications à l'agrométéorologie, à la limnologie nordique et aux problèmes reliés au froid.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme: Université du Québec à Chicoutimi Département des sciences pures Tél.: (418) 545-5489 Université du Québec à Montréal Département de physique Tél.: (514) 282-3302 MAÎTRISE EN GESTION DE PROJET Ce programme vise à former des administrateurs capables d'une vision systémique et globale de la gestion de projet tout en ayant une bonne connaissance des techniques analytiques.Les finissants seront appelés à administrer des projets d'envergure, de la phase d'études de rentabilité jusqu'à la dernière phase de réalisation.Conditions particulières d'admission: Le candidat doit exercer un emploi à temps complet dans un domaine connexe à la gestion de projet et avoir un minimum de deux ans d'expérience pratique pertinente.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme au département des sciences administratives de: Université du Québec à Chicoutimi Tél.: (418) 545-5246 Université du Québec à Hull Tél.: (819) 776-8297 Université du Québec à Montréal Tél.: (514) 282-4274 Université du Québec à Trois-Rivières** Tél.: (819) 376-5732 ** Le programme est dispensé également à Québec pour les étudiants de la région.Pour renseignements: appeler à frais virés à l'UQTR au numéro (819) 376-5732.MAÎTRISE EN MATHÉMATIQUES (orientation: enseignement de niveau collégial) Ce programme, à caractère professionnel, est offert à temps partiel pour parfaire la formation des enseignants de mathématiques, notamment dans le domaine de la pédagogie de la mathématique.Renseignements: s'adresser aux responsables du programme: Université du Québec à Chicoutimi Tél.: (418) 545-5419 Université du Québec à Rimouski Tél.: (418) 724-1615 Université du Québec à Trois-Rivières** ** Le programme est dispensé également à Québec pour les étudiants de la région.Pour renseignements: appeler à frais virés à l'UQTR au numéro (819) 376-5392.Université du Québec Commission des programmes d’études avancées gérés conjointement.1 mars 1 982 / QUÉBEC SCIENCE IC SC® SCIENCE ME A CULPA la Lg interaction entre science et les croyances a fait l'objet d’un symposium qui a suscité beaucoup d’intérêt au congrès du AAAS, qui s’est récemment tenu à Washington.La controverse entre les créationnistes et les défenseurs de la théorie de l’évolution était au cœur de la discussion parce qu’elle témoigne à la fois de l’empiètement des croyances sur le terrain de la science et du débordement de la science sur le terrain des croyances.Au dire de Dorothy Nelkin, de l’université Cornell, les scientifiques ont tendance à écarter les remises en question de la science sous prétexte que ce ne sont que des manifestations de luttes entre des forces rationnelles et des forces irrationnelles, entre la neutralité scientifique et les croyances religieuses sans fondement.Cette polarisation ne permet, selon elle, ni de résoudre la controverse, ni de restreindre l’influence toujours grandissante des créationnistes; la réaction des chercheurs manque de réalisme dans ses considérations du contexte politique dans lequel se fait l’éducation scientifique et des facteurs idéologiques qui permettent au grand public de comprendre et d’accepter la science.Il est illu- Vient de paraître aux Presses de l’université Laval MICRO-ORDINATEURS Applications individuelles et professionnelles mKLRO-ORDtnflTEURS Rppficofions irxjivk*xflw et profowionnetea par Daniel R.McGLYNN traduit de l’anglais par Charles Vermealen À l’intention des utilisateurs ou futurs acquéreurs d’un micro-ordinateur, une présentation des ordinateurs individuels, leurs possibilités, leurs limites, leur choix en fonction de l'utilisation prévue.Rédigé dans un style très accessible, couvrant un savoir encyclopédique dans le domaine des micro-ordinateurs, l’ouvrage est complété par un lexique bilingue d'environ 200 termes et abréviations couramment utilisés en informatique.ISBN 2-7637-6955-1 16 x 24 cm, 246 pages, 77 figures, 42 tables, 22,50$.BON DE COMMANDE Date.Veuillez m’envoyer.exemplaire(s) de l'ouvrage MICRO-ORDINATEURS.L’exemplaire, 22,50 $.d Paiement ci-joint (chèque ou mandat) $ ?VISA NO.?MASTER CARD NO Date d’expiration de ma carte de crédit Signature.Nom (en majuscules) Adresse LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL, C.P.2447, QUÉBEC G1K 7R4 soire de penser que la neutralité et la rationalité de la science suffisent comme bases pour faire accepter l’enseignement de la théorie de l’évolution.Le grand public ne croit pas à la neutralité de la science.Selon Langdon Gilkey, un théologien de l’Université de Chicago, la société américaine dans son ensemble ne comprend pas encore la relation entre la science et la religion et c’est ce qui est à l’origine de cette controverse.« L’omniprésence de la science dans nos vies incite à croire que la connaissance est unidimensionnelle, que la science traite de toute la vérité et que la théorie de l’évolution et le récit de la Genèse sont comparables et donc mutuellement incompatibles.Beaucoup de savants et de créationnistes font l’erreur de croire que la connais- sance scientifique remplace, à mesure quelle avance, le mythe religieux.» Gilkey prétend que le créationnisme est une réaction au naturalisme scientifique.Cette philosophie se fonde sur la science, mais elle l’outrepasse en tentant de donner un sens à toute l’expérience humaine et en versant dans le religieux.Les savants qui tombent dans le piège du naturalisme ne sont pas conscients de leur erreur et se croient justifiés dans leurs extrapolations.Toujours selon Gilkey, cette attitude reflète une grave lacune dans l’éducation que reçoivent les scientifiques et ils paient maintenant le prix pour ce manque de réflexion sur la méthode, l’étendue et les limites de la science.«Une interprétation critique et réfléchie de la science et de la religion s'impose autant au savant qu’à l'homme religieux.» Après ce mea culpa, les manches étaient retroussées, l’atmosphère était à l’attaque.Jusqu’à ce jour, l'intégration du créationnisme au programme scolaire a davantage mobilisé l’Association nationale des professeurs de biologie que les scientifiques eux-mêmes.Les professeurs ont donc fait connaître des stratégies de défense qui ont eu un certain succès en Géorgie, en Iowa et au Kentucky.Mais pour continuer la lutte légale, ils souhaitent voir un plus grand nombre de savants se joindre à leurs rangs.Une des rares vedettes à s’être impliquée dans la lutte est l’éminent paléontologiste et vulgarisateur scientifique, Stephen Jay Gould, de Harvard.Auteur prolifique, darwinien convaincu et convaincant, Gould a témoigné devant la cour fédérale à Livermore, en Arkansas, dans l’effort du American Civil Liberties Union pour renverser la loi sur le droit d’égalité d’enseignement du créationnisme dans les écoles de cet Etat.Pendant que se déroulait le AAAS en janvier, le juge Over- tonarcFa bi V a r.:\a s; bare «lie» ptoii* pf soi limit (k le aéaiio tipti *b(on .Hr, 9 UÉBEC SCIENCE / mars 1982 ton a rendu public son jugement leœi f sur l’inconstitutionnalité de la loi.Voici la réaction de Gould : «Un examen minutieux de la position créationniste dévoile i sa banqueroute intellectuelle complète.Un questionnement i intense suffit à montrer que la rhétorique créationniste s’ap-i puie sur une interprétation i littérale du livre de la Genèse.Le créationnisme n’a rien de positif à affirmer qui s’appuie sur des preuves scientifiques.» Gould était convaincu d’avance que les savants gagneraient la cause puisque celle-ci reposait sur une démonstration du caractère non scientifique mais religieux de la position créationniste.Il rappela cependant que la même bataille aurait à être menée dans tous les Etats concernés et d’une commission scolaire à l’autre.Son optimisme était aussi atténué par le fait que les textes scolaires laissent de moins en moins de place à la théorie de l'évolution.Quand la religion se déguise en science, c’est pour retrouver l’autorité religieuse là où elle se cache.Le danger est peut-être que les grands-prêtres ne sont guère que des magiciens sans sagesse.Linda Corriveau LA PISCINE QU! CHAUFFE itf M I 111^ «i».itjiSr lu*' K K ,r € Un grand trou tapissé de plastique noir et rempli d’eau salée: cette formule ingénieuse est celle d’une véritable centrale d’énergie actuellement en fonctionnement à Varennes, au Québec.Une véritable centrale, en effet, car elle peut fournir 100 000 kWh de chaleur par saison, selon son concepteur, M.Daniel Crevier, professeur à l’université McGill.Le principe est simple.Dans un étang ordinaire, toute partie du liquide réchauffée à une température qui excède celle du liquide environnant monte à la surface, où elle se refroidit au contact de l’atmosphère, ou bien s’évapore.Dans ce type d’étang solaire, on dispose au fond de l’eau salée à forte concentration et, en surface, de l’eau douce.Lorsque la saumure du fond du bassin est réchauffée par le rayonnement solaire, elle est maintenue au fond par sa densité, qui est supérieure à celle de l’eau douce.Isolée par la couche d’eau douce qui la surplombe, la saumure conserve sa chaleur.Des bassins semblables à celui de M.Crevier existent en Israël pour produire de l’électricité, mais dans le cas présent, il ne s’agit que de générer de la chaleur.A Varennes, cette chaleur sert à sécher les grains de la compagnie Valcide.Ce prototype québécois semble prometteur et M.Crevier pense qu’il pourrait servir à lancer une véritable industrie des piscines chauffantes.J.-P.R.1 + Énergie, Mmes et Ressources Canada Energy, Mmes and Resources Canada Nouvelle carte des anomalies de gravité au Canada Maintenant disponible La quatrième édition de la carte des anomalies de gravité au Canada GMS 80-1F (échelle 1:5 000 000) est maintenant disponible.Le prix de cet instrument indispensable de planification n est que de 3,50 $, auxquels il faut ajouter 0.50 cents pour les frais de manutention.Remplissez le coupon-réponse et faites parvenir à l'adresse indiquée.Prière d’ajouter la taxe provinciale pertinente.Poster au: Bureau des cartes du Canada Ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources 615, rue Booth Ottawa, Canada K1A 0E9 Nom ______ Entreprise Adresse Code postal Téléphone Vous trouverez ci-inclus un chèque ou un mandat-posteau montant m de__________________$ pour_____________exemplaire(S) de la carte I des anomalies de gravité au Canada “ Veuillez libeller le chèque ou mandat-poste à Tordre du Receveur général du Canada.Pour plus de renseignements au sujet de la disponibilité des données gravimétriques sous d'autres formes, veuillez faire parvenir vos demandes â l’adresse suivante: Le Directeur.Division de la gravité et de la gèodynamique Direction de la physique du globe Ministère de l'Energie, des Mmes et des Ressources Ottawa.Canada K1A 0Y3 j1*1 Canada 10 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE êt PÉTROLE QUELQUES MILLIONS POUR LE GOLFE orsqu’il a annoncé, l’été dernier, l’intention de son gouvernement d’investir 100 millions de dollars dans l'exploration pétrolière dans le golfe — montant porté à 200 millions au mois de novembre dernier —, le ministre de l’Énergie et des Ressources, M.Yves Duhaime, a pris tout le monde par surprise.Observant les réactions peu enthousiastes des sociétés pétrolières, le public pensa que le ministre jetait de l’argent à l’eau.Qui plus est, il semble que le maître-d’œuvre du programme d’exploration, la Société québécoise d’initiatives pétrolières (Soquip), n’avait pas été prévenu de cet investissement bien qu’il comptait entreprendre des travaux de ce type un jour ou l’autre.Encouragées par les incitatifs fiscaux attachés à l’exploration pétrolière, dans le dernier budget Parizeau, quatre sociétés pétrolières décidaient de s’associer à Soquip pour fouiller les entrailles du Saint-Laurent.Il s’agit de la société Impériale, de la filiale canadienne d’Exxon, qui s'intéresse à la partie marine du sud-est de l’île d'Anticosti, de la société fédérale Pétro-Canada, qui regarde davantage du côté de l'île d’Anticosti proprement dite, et du consortium Western Star, qui explorera le territoire allant de la pointe est de l’île jusqu’au détroit de Belle-Isle.Déjà l’été dernier, Soquip et l'Impériale avaient réalisé une série de sondages sismiques sur les 800 kilomètres compris entre la pointe ouest d'Anticosti et la péninsule gaspé-sienne.Des travaux de huit millions de dollars qui, aux dires du responsable des explorations à Soquip, M.Henri Lizotte, «constituent les premiers pas d’une véritable exploration pétrolière dans le golfe ».On a donc décidé « d’en avoir le cœur net avec le golfe », pour reprendre l’expression du ministre Duhaime.Cette décision est essentiellement basée sur les sondages déjà effectués sur l’île d’Anticosti, entre 1961 et 1970, pour le compte du propriétaire de l’île à l’époque, la Consolidated Bathurst.«Des indices suffisamment sérieux nous ont motivé à dépenser 25 millions de dollars pour acheter Anticosti, en 1974», d’indiquer l’ex-Premier ministre Bourassa lors d'une visite à Sept-Iles, l’automne dernier.« Les résultats du forage des huit puits encore non exploités d’Anticosti nous permettent de croire que le golfe présenterait, lui aussi, certaines caractéristiques favorables à la présence de pétrole.De plus, l’étude des relevés sismiques devrait nous en dire plus long sur les puits à forer dans le golfe.Tout au moins cela nous évitera de jeter notre argent à l’eau car un forage marin coûte de 15 à 25 millions de dollars selon la profondeur», de souligner le géologue Allen Petryk, de la Direction générale des énergies conventionnelles au ministère d’Énergie et Ressources.Cet intérêt pour le golfe est d’autant plus grand que la formation géologique qui caractérise ce territoire est la même que la majorité des sites où furent trouvés des hydrocarbures : une roche d’un âge intéressant que les études paléoenvironnementales situent entre 300 à 400 millions d’années.André Lamoureux ESPÈCES EN PÉRIL Il existerait 32 espèces animales menacées au Québec, selon l’Association des biologistes du Québec.L’A.B.Q.attirait récemment l’attention sur ce phénomène de disparition d’espèces qui frappe toutes les régions de la planète et annonçait la création d’un comité de sauvegarde de ces espèces menacées au Québec.Parmi la liste des 32 espèces — une liste que le comité dit préliminaire — on trouve onze espèces de poissons, sept espèces de mammifères et huit espèces d’oiseaux.Parmi les poissons, le saumon de l’Atlantique est encore en difficulté, signale le comité, ainsi que le brochet vermiculé.Le dernier spécimen de bar rayé a été signalé en 1964 et on s’inquiète de l’avenir de l’esturgeon noir et du thon rouge, deux espèces jadis abondantes ici.Chez les reptiles, la couleuvre verte, la couleuvre à collier et la couleuvre tachetée, la tortue géographique, la tortue des bois et la tortue ponctuée, en plus d’occuper des aires très restreintes, sont de plus en plus rares.Du côté des mammifères, le carcajou est considéré comme quasi disparu.Le comité signale que le loup-cervier ou lynx, ainsi que la martre d’Amérique et le pékan sont en régression inquiétante partout au Québec.irv ¦ .r ' ' À cause du développement, le caribou des monts Chic-Choc en Gaspésie est très vulnérable.Enfin, les populations de bélugas dans l'estuaire du Saint-Laurent ont diminué de 1 100 individus en I960 à 350 en 1978 et il faudrait accentuer les mesures de protection au plus tôt, estime le comité.Enfin, cette petite nomenclature exclut les espèces indigènes déjà disparues, comme le grand pingouin, la tourte et le canard du Labrador.ÜPR) Si vous pensez que la qualité de votre milieu de vie vous concerne.Il VOUS faut savoir que: '[C'oi OA L'ENVIRONNEMENT EST OBLIGATOIREMENT PRIS EN COMPTE DANS LA CONCEPTION DE LA PLUPART DES GRANDS PROJETS Un règlement visant à intégrer harmonieusement le développement au cadre de vie oblige maintenant les promoteurs à évaluer, dans une étude d'impact, l'ensemble des répercussions de leur projet sur l'environnement.Les projets assujettis à cette obligation sont ceux qui risquent d'avoir des incidences majeures sur le milieu.Ils sont énumérés de façon très précise dans la réglementation, adoptée en décembre 1980 I LES CITOYENS ONT DÉSORMAIS LE DROIT D'ÊTRE INFORMÉS DES CONSÉQUENCES D’UN PROJET AVANT QU'IL NE SOIT RÉALISÉ Le même règlement prévoit que l'étude d'impact est rendue publique et soumise à la consultation des citoyens pendant 45 jours, avant que le projet ne soit autorisé.La population est toujours informée des dates de cette période de consultation et des endroits où elle peut prendre connaissance de l'étude d'impact et des autres documents reliés au projet, par la voie des médias d'information.ILS PEUVENT AUSSI INTERVENIR GRÂCE A DES MÉCANISMES QUI LES ASSOCIENT AU PROCESSUS DE DÉCISION Ces mécanismes sont ceux de l'audience publique et de l'enquête; ils sont à la disposition de tous les citoyens.Pendant la période de 45 jours, au cours de laquelle le dossier est mis à la disposition du public, toute personne, groupe ou municipalité peut en effet demander la tenue d'une audience publique sur le projet proposé.• La requête acheminée au ministre de l'Environnement doit préciser les motifs de la demande et l’intérêt des citoyens par rapport au milieu touché.À moins qu'il ne juge la demande frivole, le ministre demandera au Bureau d'audiences publiques de tenir une audience.Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement est au service de la population Dans le cas de tous les projets soumis au règlement relatif aux études d'impact, le Bureau intervient en facilitant l'accès aux documents et à toute l'information pertinente.Il intervient également en tenant une audience publique si le ministre le requiert.Il lui fait alors rapport de ses constatations et de l'analyse qu'il en a faite.Le rapport du Bureau est toujours rendu public dans les 60 jours suivant son dépôt.Son champ d'intervention ne se limite pas aux seuls projets réglementés.Il peutaussi recevoir le.mandat de tenir enquête — -avec ou sans audience — sur toute question reliée à la qualité de l'environnement.Outre ces interventions ponctuelles, le Bureau offre des services permanents de documentation dans ses locaux de Montréal et de Québec.Les deux centres offrent de l'information sur des projets qui ont fait l'objet d'enquêtes ou d'audiences, sur la méthodologie des études d'impact et les mécanismes de participation.Gouvernement du Québec Bureau d audiences publiques sur I environnement 12 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE CIRCONCISION LE DEBA T SE RANIME he Rape of the Phallus t (Le viol du phallus) ; c’est * le titre pour le moins provocateur d’un article au style vitrioloque publié il y a une quinzaine d’années par le Journal of the American Medical Association au sujet de la circoncision.L’auteur, un médecin du nom de W.C.K.Morgan, allait jusqu’à avancer que la pratique du coït sans prépuce revenait à «admirer un Van Gogh ou un Renoir tout en étant daltonien»! Le papier fit du bruit et sonna le début d’une remise en question de cette pratique alors fort répandue.Depuis, la question n'a jamais cessé d’être au centre de controverses entre médecins.Dans une récente édition du Journal de l’Association médicale canadienne, deux médecins de Toronto, Ellen Warner et Elliot Strashin, cherchaient à relancer le débat au Canada et concluaient une revue de littérature sur la question en statuant que «pour des raisons tant économiques que médicales, la circoncision de routine des nouveau-nés devrait être généralisée au pays».Il n’en fallait pas plus pour ranimer la controverse.Le Journal de l’Association médicale canadienne accumule depuis les lettres d’appui et de dénonciation.Il faut dire que les deux médecins rament à contre-courant.Depuis une dizaine d’années, le taux de circoncision des nouveau-nés au Canada est passé de 50 à 40 pour cent et c’est peut-être au Québec que la baisse fut la plus importante.En 1971, l’American Academy of Pediatrics déconseillait l’opération et fut imitée par la Corporation professionnelle des médecins du Québec, puis par l'Association des pédiatres du Québec.À l’hôpital Sainte-Justine, il s’agit d'un acte médi- cal interdit purement et simplement depuis cinq ans, à moins qu’il ne soit rendu nécessaire pour réparer une anomalie précise.Du reste, si on excepte Terre-Neuve où seulement deux pour cent des nouveau-nés mâles subissent l’ablation du prépuce, c’est au Québec que l’opération est la moins populaire en Amérique du Nord.Avec un taux de 13 pour cent, nous nous situons loin derrière la moyenne nationale et encore plus loin des Américains chez qui 80 pour cent des garçons y sont soumis.Pour le docteur Luc Chicoine, chef du département de pédiatrie à l’hôpital Sainte-Justine, l’article du Journal de l'Association médicale canadienne ne risque pas d’ébranler les positions des pédiatres du Québec.«Il n’y a absolument aucune raison d’ordre médical derrière la circoncision de routine.C’est tout simplement un héritage de la tradition et de la religion.Il est ridicule de procéder à une intervention chirurgicale pour prévenir d’hypothétiques problèmes plus tard dans la vie.S’il fallait procéder à l’ablation des amygdales, de l’appendice ou de tout ce qui peut occasionner des problèmes plus tard dans la vie, on n’en finirait plus de couper.» Un des arguments majeurs avancés par les médecins to-rontois est basé sur le fait qu’à l’âge adulte, environ dix pour cent — moins de cinq pour cent affirme de son côté le docteur Chicoine — des hommes non circoncis devront subir l’opération à cause d’une difficulté du prépuce à se rétracter.L’opération deviendra alors plus risquée, douloureuse et coûteuse.De plus, disent-ils, la circoncision présente des avantages préventifs non négligeables : diminution du cancer du pénis et de la propagation d’une maladie vénérienne, l'herpès génital.Peu d’études à ce jour confirment le rapport entre l’herpès et la circoncision, mais il en va autrement dans le cas du cancer du pénis.Le smegma, ce liquide blanchâtre sécrété par le gland du pénis, a une réputation cancérigène bien établie.Or, en l’absence d’une hygiène appropriée, le smegma s’accumule sous le prépuce et peut favoriser l’apparition d’une tumeur cancéreuse.On a cru un moment, pour la même raison, que les relations sexuelles avec un homme non circoncis pouvaient entraîner chez la femme le cancer du col de l’utérus, mais ce lien n’a pu être démontré à ce jour.«Il faut aussi savoir, répond le docteur Chicoine, que le cancer du pénis vient presque au dernier rang de tous les cancers en termes d’incidence.Dans une société où l’hygiène est développée comme chez nous, c’est un problème insignifiant.» La question est donc de savoir s’il vaut la peine d’imposer une opération prophy- Médecine Mceill Renseignements: (514) 392-5306 L'espace d'une génération Il aura fallu des millions d'années d'évolution pour que la descendance d'un protozoaire marin, devenue sur terre homo sapiens, puisse en une seule génération s'élancer vers l'espace.Or, on ne brûle pas impunément les étapes de l'évolution.Les astronautes en savent quelque chose, eux qui souffrent quelquefois de nausée et d'une forme curieuse de désorientation durant les premiers jours de vol orbital."Mais lors de vols spatiaux plus longs," explique le docteur Geoffrey Melvill-Jones, directeur de l'Unité de recherches en médecine aéronautique du département de physiologie de McGill, "ces astronautes flottent avec bonheur, parce que leur système neurophysiologique s'est adapté à l'apesanteur.On a douté fort longtemps que le cerveau humain adulte soit capable de pareille adaptation jusqu'à ce que des expériences que nous avons faites ici, à la fin des années soixante, aient clairement démontré le contraire.Mon collègue, le docteur Douglas Watt, va d'ailleurs diriger trois expériences qui seront menées à bord des prochains vols du SpaceLab afin d'étudier plus directement le processus d'adaptation du système neurophysiologique des astronautes." Si la santé vous intéresse "Ces étudiants s'intéressaient déjà aux questions de santé communautaire avant de s'inscrire chez nous.Ils ont donc fait un choix de carrière plus réfléchi que ceux et celles qui optent pour les sciences infirmières à 18 ans." Cette nouvelle sorte d'étudiants de l'Ecole des sciences infirmières de McGill dont parle le professeur Hélène Ezer, ce sont des diplômés de premier cycle en lettres ou en sciences qui ont été admis au programme de maîtrise après une année de propédeutique en sciences infirmières.L'Ecole des sciences infirmières de McGill est la seule au Canada à offrir aux bacheliers qui n'ont pas de formation dans cette profession la possibilité de poursuivre trois années d'études menant à l'obtention d'une maîtrise en sciences infirmières ainsi qu'à l'accès aux examens de l'Ordre des infirmières du Québec.A McGill, on compte beaucoup sur le regard neuf de ces infirmières nouveau style pour pousser la recherche universitaire en santé communautaire.[Sllt E< dtüH «, se I ¦Publi-reportage SCBig; QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 ® til lactique à des milliers d’individus avec les risques de complications que cela entraîne, pour éviter une dizaine de cas de cancer du pénis par 100 000 habitants.Le débat est, bien sûr, largement émotif et dominé par le ;r:|| background culturel des inter- nine 11 lOOIftl.l fcp; I *8 I ied« K its-«Jifi î venants.Les médecins juifs et musulmans sont beaucoup plus enclins à embrasser les arguments en faveur de la circoncision que ne le sont les praticiens de tradition catholique ou protestante.Comme le souligne le docteur John McKim dans un éditorial de la même revue médicale : « La réparation d’une hernie ombilicale, une opération comparable en matière de justification et de risques, ne soulève pas la même passion.» La nature du sujet en appelle ! à la controverse.Ainsi, la question sous-jacente que l’on pose i rarement tout haut mais qui domine tout le débat est de connaître l’effet de la circoncision i sur la vie sexuelle.Outre la possibilité d'un hypothétique traumatisme psychologique qu’on peut difficilement évaluer, se pose la question du plaisir.S’il est généralement admis : que la circoncision, en exposant la peau du gland, contribue à ’insensibiliser, on ne s’accorde pas lorsqu’il est question de savoir s’il s’agit d’un avantage ou d’un inconvénient.Certains croient que cela entraîne une diminution générale du plaisir tandis que d’autres y voient une bonne façon de pallier au problème de l’éjaculation précoce.En fait, ce dernier argument semble improbable puisque l’éjaculation précoce est surtout un problème d’ordre psychologique.La décision de circoncire ou pas risque donc de demeurer longtemps encore marquée par des arguments tout à fait subjectifs.La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Offre spéciale Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 n os ) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.a retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.offre réservée aux particuliers, à l’exception de toute collectivité.H4N 1S2 Luc Chartrand 14 par Vonik Tanneau LA RICHESSE QUI TROMPE Les variations du taux de mortalité infantile sont aussi représentatives que les fluctuations du PNB, lorsqu'il s'agit d'évaluer la santé d'une société.C'est ce qu'affirme une étude publiée par le Worldwatch Institute, aux États-Unis, qui remet en question le schéma classique voulant que la baisse de la mortalité infantile aille de pairavec l'augmentation des richesses.L'auteur de l'article, Kathleen Newland, cite l'exemple du Brésil, de l'U.R.S.S.ainsi que de la ville de Washington, qui ont connu récemment une hausse du taux de mortalité infantile alors que les revenus augmentaient.Selon l'étude, l'écart dramatique qui existe entre lestauxde mortalité infantile dans le monde n'est pas uniquement fonction de la richesse des pays concernés.Des pays pauvres comme le Sri Lanka et la Chine ont une faible mortalité infantile, alors qu'elle est élevée dans des pays à fort PNB comme la Lybie et l'Arabie Saoudite.Le taux de mortalité infantile serait plutôt un signe révélateur de la façon dont une société répond aux besoins de ses membres et il est lié de très près à la distribution relative des richesses.Par ailleurs, comme le note Newland, lorsque des gouvernements conservateurs coupent dans les programmes d'aide alimentaire, de soins aux mères et aux enfants et de protection de l'environnement, s'adressant aussi bien au pays qu'à l'étranger, il est inévitable que leurs décisions affectent en premier lieu les chances de survie des membres les plus jeunes et les plus vulnérables de la société.mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE Sans frontières DES DATTES À L’ORDINATEUR Les palmiers-dattiers sont probablement les plus anciens arbres fruitiers qui aient été cultivés dans le monde: on sait qu'ils existaient il y a plusieurs milliers d'années.Bien que leur aire d'origine soit le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, on les rencontre aujourd'hui dans bien d'autres parties du globe, telles que les États-Unis, le Mexique, le Pérou et l'Afrique de l'Est.La production mondiale des dattes est de l'ordre d'un million et demi de tonnes annuellement, mais dans les régions de culture traditionnelle, les rendements sont bas.C'est pourquoi a été créé un centre de recherche régional (Proche-Orient et Afrique du Nord), le NENA-DATTES, dont l'objet est de coordonner les initiatives visant à améliorer les variétés de dattes et les techniques de culture.Installé à Bagdad, le nouveau centre d'information sur les dattes et les palmiers-dattiers fonctionne à l'heure de l'ordinateur.Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), qui a aidé à l'établissement de centres d'information de ce genre dans d'autres domaines, fournira une formation et donnera des conseils au personnel chargé des travaux, de même qu'une assistance technique à la mise en oeuvre du service d'information.(Centre de recherches pour le développement international) AU SECOURS DES ARBRES Étreindre les arbres pour les empêcher de mourir.Cette tactique curieuse a été utilisée pour la première fois en 1973 dans un petit village du nord de l'Inde, aux confins de l'Himalaya, pour empêcher un fabricant de matériel de sport d'abattre quelque 2 500 arbres destinés à son usine.Pour défendre leur source de bois de chauffage et de fourrage, les villageois se sont interposés entre la hache et l’arbre en se collant au tronc.Depuis ce jour, le mouvement Chipko (étreinte) n'a cessé de s'étendre.Organisé par Chandi Prasad Bhatt, un adepte LA MER A BOIRE LA BATAILLE N’EST PAS GAGNÉE de Gandhi, il est aujourd'hui divisé en deux factions.La nouvelle, plus radicale, se bat pour arrêter le déboisement qui a déjà causé des glissements de terrain et des crues catastrophiques dans la grande plaine de l'Indus et du Gange.Le groupe de Bahuguna a déjà obtenu l'arrêt total des coupes gouvernementales dans l'État du Uttar Pandesh.Bhatt, lui, ne va pas aussi loin et est prêt à admettre une certaine exploitation de la ressource forestière, à condition que celle-ci se fasse sur une base locale, au profit des habitants.En dépit de ces divisions, le mouvement continue, et on dit même qu'il y a moins d'arbres abattus dans les régions gagnées aux idées de Bhatt que dans les autres.(World Environment Report) Le manque d'eau potable force de plus en plus de pays des régions arides à faire appel aux techniques de désalinisation de l'eau de mer.Ainsi, une nouvelle usine vient d'être mise en service à Saint-Thomas, dans les îles Vierges, aux Antilles.Elle a été conçue et construite par une entreprise israélienne et serait la première du genre en Occident.Grâce à une nouvelle technique utilisant une source de chaleur à bon marché, elle permet une réduction de 30 à 90 pour cent du prix de revient de l'eau désalée.L'usine produit 1 200 mètres cubes d’eau douce par jour, ce qui est supérieur aux prévisions, et suffit aux besoins de 55 000 habitants.Une seconde usine du même type est en voie d'être terminée sur l'île voisine de Sainte-Croix.(Environment) Cîtlu ouïe res: v: i tpi ^ lui ( Il y a quelque temps, des représentants du Canada et des États-Unis, réunis à Cleveland, se portaient mutuellement des toasts à l'eau du lac Érié, annonçant la bonne nouvelle que la pollution des Grands Lacs par le phosphore était en voie d’être vaincue.C'était l'aboutisse- K ; I indu* • Pour tl frSfKf. StB(i S QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 15 pitii?Jlii- liSIi' 011^ |îi,p bsin- sert*1 Siàti' lll*, iA W'-' Il ISJ^ ¦ 0l> «inî 1 1# ment des mesures prises il y a une dizaine d'années et d'une mise de fonds de plus de six milliards de dollars de la part des deux pays, pour la construction ou le remplacement d'usines de traitement des eaux dans les villes situées autour des Grands Lacs.Mais il ne faut peut-être pas se réjouir trop vite.Lors de la même rencontre, des conseillers scientifiques de la Commission mixte internationale chargée des problèmes environnementaux touchant les deux pays annonçaient que la pollution des Grands Lacs était loin d'être une affaire réglée.Les récentes coupures annoncées par le gouvernement Reagan et le ministre des Finances canadien pourraient même compromettre gravement le programme de dépollution en cours.En effet, même si le phosphore a pratiquement disparu des lacs Êrié et Ontario, ce qui a demandé un effort colossal, près de 400 substances hautement toxiques continuent d'être déversées, en plus ou moins grandes quantités, dans le bassin des Grands Lacs.La partie la plus contaminée est la rivière Niagara qui fournit de l'eau à plus de 400 000 personnes.Bien sûr, il y a des usines de filtration, mais plusieurs sont désuètes et on craint qu'elles ne laissent passer une partie des produits toxiques.LA PETROCHIMIE EN GRAND Le plus grand centre industriel du monde est actuellement en cours d'édification en Arabie Saoudite.Cet énorme complexe pétrochimique, qui coûtera de 10 à 15 milliards de dollars sera construit à Jubail et à Yanbu, sur les côtes du golfe Persique et de la mer Rouge.La première partie du projet devrait être terminée en 1986, au prix de deux millions de dollars.Elle donnera de l'emploi à 1 200 personnes et pourrait priver les grosses compagnies chimiques européennes de huit à dix pour cent de leur marché d'ici la fin des années 80.Les pièces maîtresses des sept premiers complexes pétrochimiques prévus seront entièrement construits au Japon, sous forme de modules, qui seront ensuite transportés en Arabie et assemblés sur place par un petit nombre d'ouvriers peu qualifiés.Selon The Economist, la décision saoudienne de mettre sur pied un complexe industriel de cette envergure aura certainement des conséquences importantes pour trois grands secteurs industriels mondiaux: la pétrochimie, la construction navale et la construction d'usines de transformation.L'ORDINATEUR AUX CHAMPS Ml Grâce au programme PAPA (Programme d'accouplements prédéterminés automatiquement), toutes les vaches françaises auront bientôt à leur disposition un fichier sur ordinateur pour jeter leur dévolu sur le taureau de leur choix.Tout ça n'a pas l'air très sérieux, mais la réalité est moins humoristique qu'il n’y paraît.En fait, depuis la généralisation des techniques d'insémination artificielle, les neuf dixièmes des vaches ne savent même plus ce qu'est un taureau, si ce n'est par l'entremise des doses de sperme congelé que le fermier commande au centre d'insémination artificielle le plus proche.Le programme PAPA aide seulement le fermier à faire le choix, après avoir pris connaissance sur catalogue des caractéristiques de chaque taureau, et le rôle de l'ordinateur se résume à une simple histoire de gestion de fichier.C'est quand même moins poétique qu'une rencontre par-dessus la clôture! Mais efficacité fait loi.(Le Monde) ALERTE À LA PLUIE JAUNE On aurait aujourd'hui de nouvelles preuves que des armes biologiques sont utilisées actuellement en Asie du Sud-Est.Des avions déverseraient des toxines mortelles pour «terroriser» les tribus montagnardes du Laos, du Kampuchea (ex-Cambodge) et peut-être de l'Afghanistan, qui résistent aux forces militaires appuyées par les Soviétiques.Le Département d'État américain a en effet annoncé en novembre dernier qu'il avait en main quatre échantillons — provenant de rochers, de l'eau d'un étang et d'une plante — qui contenaient des quantités anormalement élevées de mycotoxines mortelles produites par une variété de champignons appelée Fusarium.Ces toxines seraient probablement les responsables de ces pluies jaunes devant lesquelles fuient les réfugiés de cette région du monde.Le gouvernement américain dit que son but, en rendant publiques ces accusations, est de sensibiliser l'opinion mondiale et en particulier les Nations Unies, pour que cesse l'utilisation de ces armes biologiques, «qu'on avait réussi jusqu'ici à bannir des champs de batailles du monde moderne».Mais, comme le note Christopher Joyce dans New Scientist, la sous-commission du Congrès chargée d'étudier cette question a gardé le silence le plus total sur les crédits que le président Reagan vient d'approuver pour la production d'armes chimiques binaires.On peut néanmoins s'attendre à ce que le gouvernement Reagan brandisse le spectre de la «pluie jaune» pour défendre son propre programme d'armes chimiques.(New Scientist) L'ORDINA TE UR-ARBITRE Les ordinateurs jouent de plus en plus le rôle d'arbitre dans les conflits touchant l'utilisation des sols en Allemagne de l'Ouest.L'Institut de conservation de la nature, qui fait partie du ministère de l'Agriculture, vient en effet de créer une banque de données qui contient des informations sur les sols, la topographie et l'hydrographie de chaque région.Grâce à ces renseignements, les planificateurs peuvent, par exemple, savoir rapidement quelles conséquences la construction d'une route aura sur une région.La banque de données a récemment permis aux parties concernées d’évaluer deux tracés possibles pour la construction d'une autoroute dans l'État du Schleswig-Holstein.Les ingénieurs chargés du projet optaient pour un tracé passant par le sud; mais les analystes de l'institut ont découvert qu'en passant par le nord, l'autoroute empiéterait moins sur les terres agricoles et nuirait moins à la conservation de la nature.C'est finalement l'avis de l'ordinateur qui a été retenu.Dans un autre cas, on a demandé à l'institut de servir d'arbitre entre deux projets de périphérique dans les environs de Dusseldorf, l'un émanant du gouvernement, l'autre d'un groupe de citoyens.Il a finalement proposé un troisième parcours qui évitait la plupart des problèmes que posaient les deux autres.Le ministère des Transports s'est plié à sa décision.(New Scientist) yv# Vous avez toujours rêvé d'une carrière où votre esprit de décision, votre audace et votre sens des responsabilités seraient mis en pratique?Les Forces canadiennes vous ouvrent des horizons en vous offrant d'entreprendre une carrière de pilote ou de navigateur.«¦"tV1'- Zk i Ne laissez pas s’envoler l’occasion.Pour plus de renseignements, visitez le centre de recrutement le plus proche de chez vous, ou téléphonez à frais virés.Vous nous trouverez dans les pages jaunes, sous la rubrique Recrutement ou postez ce coupon.la vie dans les Forces LES FORCES ARMEES CANADIENNES AU: Directeur du Recrutement et de la Sélection, Quartier général de la Défense nationale, Ottawa, Ontario K1A0K2 Une carrière dans les Forces armées canadiennes m’intéresse, j'aimerais recevoir plus de renseignements à ce sujet.Nom Adresse Téléphone Université Faculté Spécialité VIENT DE PARAÎTRE PLUIES ACIDES Un sujet qui est véritablement « dans l’air ».C’est un document extrêmement bien documenté sur ce problème particulièrement angoissant.On y explique tout le dossier des pluies acides : d’où elles proviennent, leurs effets sur les plantes, les poissons et l’écosystème en général.On y évalue aussi les pertes que ces pluies causent à notre économie et on étudie les solutions gouvernementales qui ont été proposées jusqu’ici.UN DOCUMENT UNIQUE! UN LIVRE ESSENTIEL! 280 p.14,95$ (Nous assumons les frais d’expédition) BON DE COMMANDE Veuillez m’expédier______ exemplaires de Pluies Acides au prix de 14,95 $.Frais de port et manutention à nos frais.Commandes téléphoniques acceptées Tél.: (514) 288-2371 Vous trouverez ci-joint la somme de_________$ sous forme de ?chèque ou ?mandat à l’ordre de: ÉDITIONS QUÉBEC/AMÉRIQUE 450 est, rue Sherbrooke Suite 801 Montréal, P.Q.H2L 1J8 ou veuillez porter à mon compte: VISA n°:.NOM : _____ MASTER CARD n°:.ADRESSE: Date d’expiration :.Signature:.Code postal : 18 par Yanick Villedieu La guerre des microbes est commencée.Sur fond de millions de dollars et de course à l'innovation scientifique et technique, et parfois de guerres de drapeaux, les pays industriels se livrent à une lutte farouche pour le contrôle de ce nouveau pactole que sont — ou promettent d'être — les biotechnologies.Les percées fantastiques des dernières années dans le vaste domaine des sciences biologiques (biologie moléculaire, biochimie, microbiologie, virologie, génétique, pour ne citer que ces disciplines) et le développement de techniques comme le génie génétique ou enzymatique, les cultures ou les fusions de cellules, sont à la base de cette nouvelle fièvre.La «révolution biotechnologique» et ses micro-organismes «domestiqués» devraient en effet toucher ou bouleverser aussi bien l'industrie pharmaceutique que la production d'énergie ou de produits chimiques, l'agriculture que l'exploitation des ressources minérales et végétales.Aussi, la valse des investissements et le tango du recrutement de la main-d'œuvre spécialisée se jouent-ils à l'échelle mondiale, avec des orchestres surtout japonais et américains, et parfois allemands, britanniques, français ou suisses.Mais rarement canadiens, même si certaines initiatives prises depuis un an ou deux par les gouvernements semblent vouloir remédier à cet état de choses.Dernière en date de ces initiatives: celle du gouvernement du Québec.Son ministre d'Ètat au Développement culturel et scientifique, Jacques-Yvan Morin, publiait en décembre dernier un «document de consultation» sur la question.Issu de nombreuses discussions avec les milieux intéressés, et semble-t-il généralement bien accueilli, ce document devrait conduire à l'adoption, dès ce printemps, d'un plan quinquennal pour le développement des biotechnologies au Québec.Certaines des mesures qu'il préconise sont d'ailleurs déjà en application, puisque quatre postes de chercheurs en biotechnologie ont été créés en janvier, dans le cadre du programme gouvernemental de soutien à la recherche mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE Prisme Prisme MICROBES, DOLLARS ET DRAPEAUX Pour développer la biotechnologie au Québec, en plus de former des personnes spécialisée dans ce domaine, il faudrait aussi maîtriser certaines techniques.Par exemple, construire une usine-pilote en fermentations, technique qualifiée d'essentielle dans ce domaine.en milieu universitaire et industriel.On prévoit d'ailleurs que d'ici 1986, ce programme aura permis l'installation de 20 chercheurs en biotechnologie dans les universités, et de 14 dans les industries.Si l'on ajoute un programme analogue visant à la création de postes de techniciens à partir de 1983, un effort spécial en matière de bourses de maîtrise, de doctorat et d'études post-doctorales, ainsi qu'une volonté de contribuer au perfectionnement ou au recyclage de chercheurs en place ou d'en engager OUÉü mis si coise en 13 0 mire! >«01 P, S|S"E’ L:'-îre; Sy ;-: llîissa Cefitrf "'em, Bce QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 19 ^ I ieJ«r à l'étranger au besoin, on comprend ce que le document Morin appelle «une priorité aux cerveaux» dans le domaine des biotechnologies.Il est à noter de plus que le document prévoit la mise en place, dès l'été prochain, de plusieurs «unités de formation technique et méthodologique» (UFTM) chargées d'assurer l'entraînement de stagiaires dans des domaines bien précis.Ces UFTM, «dont il ne faudrait pas s'attendre à voir une floraison», nous précisait le ministre lors d'une rencontre avec Québec Science, seront en fait des laboratoires universitaires ou industriels dûment accrédités et subventionnés pour fins de formation de chercheurs et de techniciens.Par ailleurs, un accent particulier sera mis sur la coopération franco-québécoise en biotechnologie: pas moins de 150 missions devraient avoir lieu en 1 982-1 983 entre les deux parte- Québec joue la carte de la biotechnologie.naires, incluant il est vrai les participations à des colloques, congrès et conférences.Ces échanges devraient toutefois contribuer à initier ou renforcer des projets de recherche conjoints, par exemple entre l'Institut Armand-Frappier à Montréal et l'Institut Pasteur à Paris, qui viennent de signer, début janvier, un important protocole de collaboration.Très précis et presque «généreux» au chapitre de la formation, le document proposé par le gouvernement du Québec reste par contre assez vague et réservé au chapitre de ce qu'il identifie comme son second grand objectif: le transfert de connaissances produites en laboratoire vers l'industrie.En fait, il se contente de formuler une simple«hypothèse», celle d'un consortium de recherche et développement pouvant impliquer une ou des sociétés d'État, des entreprises privées et éventuellement des centres universitaires reconnus.Selon le ministre Morin, «le gouvernement n'a pas encore d'idée arrêtée sur la question et attend beaucoup de la consultation en cours» pour savoir comment s'attaquer à ce problème.Quoi qu'il en soit, le ministre au Développement scientifique souligne le fait que son collègue du Développement économique «s'occupe très activement de la bioindustrie».Selon plusieurs commentaires recueillis, le Québec devrait en effet aller rapidement de l'avant s'il veut pouvoir jouer un rôle significatif en ce domaine de pointe.«Il faut dès maintenant créer un Cetus ou un Genentech québécois, déclare un de nos interlocuteurs, sous peine de voir s'en aller en Ontario ou aux États-Unis la main-d'œuvre qualifiée que nous nous apprêtons à former.» D'où l'inévitable et cruciale question des gros sous, un chapitre auquel on reproche au rapport d'être trop «conservateur».Selon le directeur de l'Institut Armand-Frappier, Aurèle Beaulnes, le projet ne prévoit pas assez d'argent nouveau.«Ce n'est pas de 9,8 millions de dollars qu'on aurait besoin au cours des cinq prochaines années, mais de 40 ou 50.» À titre d'indication, la seule usine-pilote en fermentations, qualifiée de «technologie essentielle» et de «lacune à combler» par les auteurs du document, coûterait un minimum de cinq millions de dollars, selon le directeur de l'IAF.C'est environ la moitié de l'effort financier additionnel que le gouvernement du Québec songe à consentir en cinq ans pour les biotechnologies (en tenant compte des programmes déjà existants, sa contribution sera supérieure à 20 millions).Fait à souligner, le document québécois paraît au moment où le gouvernement canadien s'apprête à adopter son «plan de développement national» en matière de biotechnologies, un projet de politique élaboré à la lumière des recommandations du rapport Brossard publié il y a un an (voir Québec Science d'août 1981, page 10), auquel le ministre Morin reproche d'avoir sérieusement sous-estimé le potentiel québécois.Un avant-projet daté de l'été dernier avait suscité de vives réactions de la part du Québec notamment, qui le jugeait excessivement centralisateur et «inacceptable» dans la mesure où il soumettait ses institutions de recherche, gouvernementales et universitaires, à la «tutelle» d'organismes scientifiques ou de ministères fédéraux érigés en noyaux de «centres nationaux de recherche en biotechnologie».Trois centres étaient censés être créés à Saskatoon, Toronto et Ottawa, pour s'occuper de fixation de l'azote, d'utilisation de la cellulose et traitement des déchets, de lixiviation des minéraux et récupération des métaux.Il était question d'un quatrième centre, à Toronto lui aussi, qui se spécialiserait en recherche sur les soins médicaux.Selon les responsables du dossier au ministère fédéral des Sciences et de la Technologie, la nouvelle version du plan verrait les centres nationaux comme des réseaux de communication et d'échanges d'information plutôt que comme des structures de recherche à proprement parler, et les mais Ottawa voudrait bien contrôler la donne laboratoires fédéraux ne seraient plus les noyaux de ces réseaux.De plus, un comité fédéral-provincial serait mis sur pied en plus du comité consultatif auprès du ministre, dont la création était déjà prévue l'été dernier.Cette nouvelle version du «plan de développement national» satisfera-t-elle les provinces, dont plusieurs, à l'instar du Québec, ont déjà posé des gestes concrets dans le domaine des biotechnologies?Le gouvernement fédéral parviendra-t-il à se placer en position de leader, malgré le leadership que certains gouvernements provinciaux entendent assurer en la matière?Les jours ou les semaines qui viennent permettront sans doute d'entrevoir des réponses à ces questions.Et nous dirons si l'on doit s'attendre à une autre algarade entre Ottawa et Québec.Sur le dos des microbes cette fois. Illustration Hélène Matteau mars 1982 / QUEBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 21 PENSER DEMAIN par André Delisle Tireurs de cartes, chiromanciens et diseurs de bonne aventure de tout acabit sont encore fréquentés avec assiduité par ceux qui sont anxieux de connaître leur futur.Dans le passé, ces magiciens, voyants ou astrologues, forts de leur capacité de lire les signes du ciel et d'en tirer des présages, ont su influencer les destinées des sociétés.Cette fascination pour le futur a existé de tout temps.Encore aujourd'hui, la «boule de cristal» exerce un attrait considérable; la crainte suscitée par les bouleversements sociaux qui se succèdent à un rythme accéléré explique peut-être la multiplication de ces rendez-vous avec les messagers de l'avenir.Toutefois, la prédiction est devenue une activité respectable, réservée à des spécialistes.Les sociétés confient à des «prospecteurs» le soin d'explorer les contours du futur et d'en tracer les cartes les plus précises possible.L'étude du futur est ainsi devenue une science, la futurologie, dont le rôle consiste à réduire, par des méthodes bien précises, l'incertitude sur les événements à venir.Parmi ces prophètes des temps modernes, les plus brillants ont réussi à captiver l'imagination du public grâce à des prédictions très évocatrices, spectaculaires dans certains cas.Qui ne connaît pas L'an 2000 de Herman Kahn et Anthony Wiener, Le choc du futur et La troisième vague d'Alvin Toffler, Halte à la croissance du Club de Rome, ou Small is Beautiful de E.F.Schumacher?Des noms tels que Illich, Mumford, Laborit, Morin évoquent aussi des chercheurs sur le futur, dont les intuitions marquent notre temps.Plusieurs colonnes seraient nécessaires pour dresser une liste exhaustive de ces vedettes de la prédiction et de leurs livres à succès.Pour saisir l'intérêt de la futurologie, il est toutefois plus pertinent de se questionner sur le sérieux de cette jeune discipline dont les méthodes se situent aux frontières de l'orthodoxie scientifique, au carrefour de la science, de l'art et de la philosophie.UNE SCIENCE REFROIDIE En 1976, les auteurs d'un ouvrage intitulé Québec 2001, Pierre-André Julien, Pierre Lamonde et Daniel Latouche, avaient choisi comme sous-titre : Une société refroidie.Il est encore trop tôt pour vérifier les propositions de ces prospectivistes québécois de la première heure, réunis au Centre de recherches sur l'urbanisation de l'Institut national de la recherche scientifique.Chose certaine, depuis cette époque des premiers scénarios de l'avenir du Québec, la ferveur pour la futurologie, fût-elle scientifique, s'était, elle, refroidie.Malgré ces fluctuations de la cote d'amour de la boule de cristal, le futur n'a jamais perdu tout à fait son attrait.Plusieurs événements récents indiquent que la futurologie, peut-être faudrait-il dire la prospective, reprend peu à peu du poil de la bête et revient à la mode au Québec.Contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, cette impulsion nouvelle est l'œuvre non d'institutions gouvernementales, mais d'artisans convaincus, penseurs, autodidactes, «expérimentateurs de modes de vie» ou chercheurs universitaires.L'étincelle qui a rallumé l'enthousiasme des adeptes québécois de la recherche sur l'avenir s'est produite à Toronto, en juillet 1980, lors d'une rencontre de portée internationale: la «Première conférence mondiale sur l’avenir».À cette occasion, une cinquantaine de Québécois intéressés à la question en profitaient pour jeter les bases d'un réseau des intervenants québécois intéressés aux études sur le futur.En septembre 1980, naissait en douce la Société d'étude et de réflexion sur l'avenir (SERA), organisme qui s'est défini comme un outil de communication et d'information dans le domaine de la prospective et de la futurologie.Par la suite, en mars 1981, SERA organisait un premier symposium sur l'avenir.La rencontre, tenue à Montréal, fut l'occasion d'échanges entre des intervenants de tous les milieux, prospectivistes et chercheurs de pointe.Elle constituait aussi une première étape dans le repérage des individus et des groupes engagés dans des recherches ou des projets en rapport avec le futur.Coïncidence peut-être, au cours des quelques mois qui suivirent, le Québec fut le théâtre d'événements de première importance dans le domaine des sciences du futur.Fin mai dernier, ce fut, à Québec, le sommet de quelque 500 spécialistes de la prévision, sous le thème de l'«Unification de la théorie et de la pratique» en prospective.Puis, en octobre, l'Association canadienne des études prospectives (ACEP) tenait, à Montréal, sa sixième conférence annuelle; le rôle particulier du Canada dans «Les avenirs Nord-Sud» était à l'ordre du jour des discussions et des ateliers de travail.Immédiatement après cet événement, une journée sur le futur, organisée par SERA, permettait aux participants de s'initier aux méthodes et aux applications de la prospective.DISSÉQUER LE PRÉSENT La plupart des spécialistes des sciences de l'avenir se perçoivent d'abord comme des analystes du présent.M.Jean Roy, fondateur et premier président de SERA, n'affirme-t-il pas: «Aujourd'hui, philoso- mars 1 982 / QUÉBEC SCIENCE Hu pher sur le présent, c'est faire de la prospective.» Ce que confirmait Pierre-André Julien, dans le cadre d'un atelier d'introduction aux méthodes prospectives, à Montréal au début d'octobre dernier: «L'objet véritable de la prospective, c'est le présent.La prospective constitue une façon d'éclairer les décisions actuelles, utile du fait que ces décisions construisent le futur.» Depuis les premières études «scientifiques» sur le futur, il y a plus de 25 ans, le privilège de lire l'avenir fait l'objet de querelles d'écoles.Celles-ci s'articulent autour de deux approches principales.La première, d'origine américaine, s'appuie sur des projections déduites de l'analyse historique du passé et du présent: la Rand Corporation aux États-Unis appartient aujourd'hui à cette école de pensée.Inventée en France par Gaston Berger, la méthode prospective se sert des visions du monde pour comprendre le présent et y discerner les tendances significatives: l'association française Fu-turibles est habituellement identifiée à cette façon d'aborder l'avenir.Avec le temps, les deux écoles se sont influencées mutuellement.Les démarcations entre les deux approches sont même devenues de plus en plus difficiles à établir, compliquées d'ailleurs par la multiplication des termes désignant la réalité futurolo-gique.Prospective et futurologie.Projection et pronostic.Prédiction et prévision.Présage et prophétie.Autant de mots qui, pour nous profanes, évoquent plus ou moins le futur.Pour les spécialistes, ils recouvrent des réalités fort différentes, selon la discipline futurologique à laquelle ils se rattachent.On a même dû inventer d'autres mots pour mieux cerner les nuances entre les différents concepts des sciences de l'avenir.Le néologisme «futurible», désignant les futurs possibles, en est un bon exemple.Certains termes sont même revenus dans le langage courant, chargés d'une nouvelle signification : _ Quelques images d'un Québec possible en 1995: Montréal voit un déclin significatif de ses activités économiques, y indus un abandon progressif de son port, ce qui lui fait perdre son rôle de chef-lieu du Québec.Près de 20 pour cent des foyers québécois sont maintenant dotés de systèmes de communication audio-visuels interactifs, ce qui permet le travail à domicile et un renouveau spectaculaire d'un grand nombre de municipalités rurales.le recours à des «modèles» et à des «scénarios» pour décrire l'avenir ne surprend plus personne.Mais il vaut mieux s'en remettre à un expert mondialement reconnu pour expliquer les distinctions entre des termes qui présentent entre eux une très étroite parenté.Bertrand de Jouvenel, en tant qu'inventeur de la conjecture, a fortement influencé les instituts américains de recherche sur le futur.Ce dernier repousse le terme de futurologie qui serait «bien commode pour désigner l'ensemble des activités prévisionnelles, mais qui donnerait à penser que les fruits de ces activités sont des résultats scientifiques, alors qu'ils ne peuvent l'être, l'avenir n'étant pas un domaine d'objets passivement offerts à notre connaissance».Ailleurs, il affirme qu'une prévision reste une opinion sur l'avenir de sorte que «la prévision sera l'activité intellectuelle de formation de telles opinions sérieuses, étudiées, mais dont la vérification est incertaine».Quant à es: : tioiH anal» la conjecture, sa spécialité, il la définit comme l'art de construire un futur, une «composition de l'espritoù l'on fera figurer autant de relations causales, crues nécessaires, qu'on pourra en trouver de pertinentes».Enfin, ajoute-t-il, la prospective n'a d'autre prétention que d'avertir: «Si telle décision est prise, il risque d'arriver telle chose.» Pour Pierre-André Julien, professeur et chercheur à l'Université du Québec à Trois-Rivières, «il ne faut pas trop insister sur les différences d'approche des sciences du futur.À toutes fins pratiques, le résultat de l'exercice futurologique est le même, c'est-à-dire des images de l'avenir.» L'important n'est pas tellement le contenu de ces visions du futur que les directions qu'elles suggèrent pour y parvenir.Le futur appartient à l'incertitude; les sciences du futur ont précisément pour fonction de réduire cette incertitude.«Ce faisant, il faut bien l'admettre, dira le professeur Julien, elles ont pour effet d'augmenter la probabilité que les futurs envisagés ou prévus se réalisent.» laciliii 5*13 I QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 23 uni | Mi J 1 L't Vi .,11 ^ ll (lllf (8»' ne'1; [éie^I IllW'l é p,, I se,:' LES FILMS DU FUTUR L'outil privilégié, le seul peut-être, pour faire cette exploration de l’avenir est le «scénario», fiction soigneusement construite, œuvre d'imagination d'artistes de la prévision.Par analogie au cinéma, le scénario trace un «film» du futur, description en images concrètes et «visuelles» des divers aspects de l'avenir.Par conséquent, toutes les fantaisies sont permises quand vient le temps de bâtir ces scénarios.Dépendant du traitement qu'on en fait, ces derniers facilitent la manipulation des conceptions de l'avenir à des fins de recherche.Ainsi, un scénario tendanciel ne vise qu'à extrapoler les futurs possibles, «faisables» disent certains experts, à partir des événements actuels, en supposant qu'ils continuent de se succéder selon les règles du présent.Ces explorations, on l'aura soupçonné, postulent que demain découle directement des tendances d'aujourd'hui.Certaines balises peuvent encadrer les trajectoires prévues pour le maintien du statu quo, par exemple les contraintes imposées par la rareté croissante de l'énergie, le spectre des pénuries alimentaires et la dégradation graduelle de l'environnement.L'étude prospective du Québec de 1995, effectuée pour le compte de l'Office de planification et de développement du Québec (OPDQ), s'inscrit dans cette approche exploratoire conservatrice.Mais il ne faut pas se leurrer, l'avenir n'est pas figé à ce point.Des interventions adéquates, bien planifiées, peuvent en modifier significativement le déroulement: on parle de futurs «souhaitables».Les scénarios alors tracés sont qualifiés de «normatifs» par leurs auteurs, du fait qu’ils sont fabriqués en choisissant des matériaux de construction spécifiques, valeurs, visions du monde, .Pierre-André Julien affirme que «les scénarios normatifs sont les seuls véritables scénarios d'anticipation», où les influences des individus et des groupes occupent un rôle non négligeable.La «Société de conservation sélective» du groupe GAMMA s'est inspirée d'une telle approche.Entre ces deux extrêmes, les simplifications évocatrices de la «prospection de l'avenir» passent par toutes les variations possibles.Par exemple, les conflits menés à leur paroxysme peuvent suggérer des «films» du futur autrement imprévisibles: qu'adviendrait-il si les pays exportateurs de pétrole coupaient subitement et totalement les vivres aux sociétés industrielles?.L'insistance excessive sur un facteur unique crée aussi des esquisses contrastées, mettant en lumière des éléments de l'avenir qui, autrement, seraient passés inaperçus: quelle influence aurait une robotisation massive des entreprises industrielles?.La complexité que posent les multiples visions du futur, visions aussi nombreuses qu'il y a d'individus, peut aussi être réduite par le recours à des scénarios «interactifs», où les perceptions individuelles sont compilées pour modeler certains visages de À la fin des années 1980, l’exode des centres de recherche des firmes multinationales est à peu près terminé ; seuls Hydro-Québec et «Amiante Québec» maintiennent une activité scientifique importante.l'avenir: comment voyez-vous votre habitation d'ici l'an 2000?.Enfin, l'instantané d'une situation, sa «photographie», prendra l'allure d'un scénario «diagnostic», soulignant les grands traits d'un problème et les avenues de solutions prévisibles.Le présent, laboratoire du futur, est ainsi décortiqué.ATHÈNES SANS ESCLAVES Le portrait des adeptes des sciences futurologiques et de leurs institutions est plutôt difficile à tracer.Individualistes et ennemis de l'encadrement, les penseurs du futur et les concepteurs d'alternatives semblent réticents à se confiner dans des organisations structurées et hiérarchiques, ou à être identifiés à des associations officielles.Aussi, les organismes ont tendance à se définir comme des réseaux d’échange et d'interaction, plutôt que comme des regroupements homogènes de spécialistes.Ainsi, en plus d'être pour ses membres un lieu de rencontres et un carrefour d'idées, la société québécoise SERA se veut un centre de cueillette et de distribution d'informations sur le futur.Pour ce faire, le groupe québécois communique avec d'autres organismes qui, ailleurs dans le monde, ont des préoccupations analogues.En dehors de ce forum des intervenants québécois en prospective, la réflexion québécoise sur l'avenir se fait en grande partie au sein d'un groupe interuniversitaire, connu maintenant par son étude sur la société de conservation.Fondé en 1974, le groupe GAMMA, parrainé conjointement par l'Université de Montréal et l'université McGill, opère à partir d'un noyau restreint de chercheurs qui, selon les besoins particuliers des études, s'adjoignent des équipes multidisciplinaires.Jusqu'à maintenant, le groupe GAMMA a concentré ses activités sur quelques grands axes d'exploration des avenirs possibles au Québec et au Canada.En plus de la «Société de conservation» au Canada, des concepts tels mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE la société informatisée développement international» et «le Québec de demain» retiennent l'attention des chercheurs de GAMMA.À cause de son implication dans toutes les grandes initiatives québécoises de prospective, le groupe GAMMA assume un rôle de leadership dans l'implantation et le développement des sciences du futur au Québec.Du point de vue philosophique, le directeur du groupe, le professeur Kimon Valaskakis du département des sciences économiques de l'Université de Montréal, situe GAMMA dans une position mitoyenne entre les«inconditionnels de l'abondance» et les «annonciateurs de catastrophes».Ainsi, les auteurs du rapport sur Une société de conservation sélective n'ont-ils pas caché leur préférence pour une option qui consiste à «faire plus avec 1 moins».La publication d'un livre « Selon Aurelio Peccei, fondateur du Club de Rome, chaque personne dans le monde est «assise» sur une puissance nucléaire équivalente à trois tonnes d'explosifs.reprenant l'essentiel des résultats de cette recherche sur les possibilités d'une croissance contrôlée n'est pas étrangère à la bonne réputation de l'équipe universitaire dans ce domaine.Plongés aujourd'hui dans l'évaluation des promesses et des dangers de la société informatisée, les chercheurs de GAMMA s'affichent encore comme des «optimistes conditionnels», se départageant ainsi clairement des «optimistes technophiles béats» tels que Herman Kahn, ou des «pessimistes technophobes» comme Ivan Illich.L'image qu'aime évoquer M.Valaskakis pour décrire la société de l'avenir, façonnée par les progrès de l'informatique et des communications, est celle d'une «Athènes sans les esclaves, c'est-à-dire d'une société de loisirs où les machines travailleront pour les hommes».À condition, bien sûr, que les conséquences négatives possibles soient Entre le calcul et la fantaisie Les recherches sur l’avenir procèdent de plusieurs manières, se distinguant les unes des autres par leurs approches.Souvent, ces différences, très subjectives, deviennent de simples nuances dans les attitudes face à l’avenir.Le recours à un schéma, malgré ses limites, permet tout de même de dissiper beaucoup d'incertitude sur le sens des mots dont on se sert pour parler des sciences du futur, globalement regroupées sous le terme de «futurologie».LA PRÉVISION PRÉVOIT LE FUTUR EN PENSANT AUX STRUCTURES LA CONJECTURE PRESSENT, DEVINE LE FUTUR EN PENSANT AUX OBJECTIFS LA PROSPECTIVE INVENTE LE FUTUR EN PENSANT A L’ÊTRE HUMAIN ET SES VALEURS Science portant sur le futur à court terme, relevant du domaine de la recherche appliquée à des fins opérationnelles.Art s'attachant au futur à moyen terme s'inscrivant dans une démarche de recherche dirigée en vue de la planification.Philosophie réfléchissant sur le futur à long terme et de ce fait, secteur de recherche fondamentale.Le présent y est considéré comme écho du regard rétrospectif sur le passé, son histoire et ses traditions.Les conjonctures présentes sont examinées sous plusieurs angles en se fondant sur des données et des informations caractérisant le passé.Une vision normative (et morale) du présent sert à échafauder des modèles dont les composantes sont formulées en référence au passé (sémantique).Des hypothèses sont déduites à l'aide de calculs statistiques ou de probabilités, d'expériences ou de précédents.Des hypothèses surtout qualitatives sont obtenues par des extrapolations, des analogies et des anticipations.Des synthèses et des simulations sont construites, le cadre en étant fixé par des analyses d'intentions, des réflexions intuitives et des exercices d'imagination rigoureuse.Le tableau est une adaptation d'un texte publié par la centrale des bibliothèques du ministère de l'Education du Québec: Écrits sur l'Avenir, par Yvon Allard, Collection Bibliothèmes, n° 2, Québec, 1981 QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 25 ïfTflT&'ï tëjgisjüGii '•iSS» identifiées le plus tôt possible de façon à inventer les moyens efficaces de les éviter.Autrement, l'avenir technologique pourrait réserver aux prochaines générations des surprises désagréables.Que dire, par exemple, d'une guerre nucléaire déclenchée «par erreur» par suite d'une panne ou du mauvais fonctionnement d'un ordinateur?Pour le moment, aucune autre équipe structurée d'experts québécois du futur ne peut apporter de contrepartie aux hypothèses et aux suppositions de GAMMA.Les seuls interlocuteurs potentiels sont des chercheurs universitaires isolés ou des groupes spécialisés dans certaines branches de la futurologie telles que la prévision technologique ou la simulation politique.C'est le cas notamment du Groupe de prévision technologique, de l'École polytechnique, ou du Secrétariat des études prospectives, du ministère canadien des Sciences et de la Technologie.Pourtant, un nombre étonnant de chercheurs de tous les domaines consacrent une partie de leurs efforts à des études prospec-tivesi que ce soit sur l'avenir énergétique, sur l'évaluation environnementale, sur les systèmes économiques ou sur les modèles sociaux.UN DOMAINE DÉSERTÉ Du côtédu gouvernementquébécois, l'horizon est vide depuis quelques années.Évidemment, plusieurs ministères abritent dans leurs services de recherche de petites unités plus ou moins occultes de prospective.Certains consacrent aussi de maigres budgets à des études sectorielles sur ce qui les concerne directement.On ne peut toutefois parler de démarche systématique de décodage de l'avenir.Depuis le printemps 1978, l'agence théoriquement attitrée à la mise en marche et à la coordination des recherches sur l'avenir, l'Office de planification et de développement du Québec, a pratiquement abandonné toute activité de réflexion globale sur le futur.L'heure est à l'action, dit-on.Cette décision de quitter le champ de la prospective a interrompu une des plus ambitieuses tentatives d'analyse de la société québécoise et de ses possibilités futures.Financée par l'OPDQ, cette entreprise d'exploration des avenirs spécifiques du Québec avait été confiée à un regroupement spontané de chercheurs, le Groupe interuniversitaire pour une prospective québécoise.Après une première phase, l'étude indiquait déjà plusieurs voies ouvertes pour le développement et l'épanouissement du Québec; ces voies n'ont pu être explorées et précisées, puisque les phases ultérieures ont été annulées.Ces résultats très partiels et, en apparence du moins, très sommaires des études effectuées jusque-là, ont déçu les attentes des politiciens, avides d'orientations claires et d'indications concrètes pour faciliter leurs décisions.C'était mal connaître les bases de la démarche prospective.Et peut-être espérer beaucoup trop d'une discipline, jeune encore, dont les techniques en sont au stade de l'expérimentation.Il reste tout de Un second avertissement d'Aurelio Peccei: à chaque jour, la population du monde augmente de 200 000 individus, une somme de 1,5 milliard de dollars est dépensée en armements et 100 espèces animales ou végétales sont détruites.même de ce gigantesque effort de réflexion sur la société québécoise ayant mis à contribution plus de 50 chercheurs une série de 27 volumes, dont plusieurs sont encore brûlants d'actualité, mais qui n'en dorment pas moins sur les tablettes des bibliothèques gouvernementales.Au moment où cet article sera publié, un livre reprenant l'essentiel des acquis de l'étude prospective sur le «Québec de 1995» sera probablement rendu sur les rayons des librairies, adaptée par Pierre-André Julien sous le thème de Québec: futurs antérieurs.LE FUTUR N'EXISTE PAS.Au Québec, les seules facettes de l'avenir explorées au cours des dernières années l'ont été à travers la lentille économique.Ainsi, l'OPDQ a élaboré un scénario de référence dégageant les grandes variables de l'évolution de l'économie québécoise au cours des dix prochaines années.De leurcôté, le ministère de l’Énergie et Hydro-Québec ont multiplié les modèles de prévision du secteur énergétique: encore ici, l’horizon observé reste «proche», puisqu'il ne dépasse pas le tournant du siècle.Ces travaux ont essentiellement pour but de fournir un cadre pourdes décisions immédiates ou pour une planification à courte vue.De la même façon, les travaux d'évaluation sur les développements technologiques menés sous l'impulsion du Conseil des sciences du Canada ne débordent pas l'échelle d'une décennie.Dans les autres domaines, les prospectivistes ne semblent pas avoir de voix officielle.Selon Pierre-André Julien, cet abandon relatif des recherches sur le futur à long terme s'explique par la succession très rapide des événements qui supposent de la part des décideurs des actions pressées: «Les études prospectives effectuées présentement ne visent donc qu'à régler des problèmes urgents, qu'à éteindre des feux.» Peut-on vraiment parler d'études prospectives dans ces cas?Sans mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE vouloir trancher, le professeur Julien répond : «À cause de sa vision à long terme, la prospective ne peut traiter que des problèmes quelle invente.» Cette «création de futurs, caractéristique même de la prospective, reste peut-être son principal écueil.Le gestionnaire, aux prises avec ses problèmes quotidiens, n'y trouve pas de réponse à ses interrogations concrètes; dans certains milieux décisionnels, on qualifie «d'experts en utopies» les auteurs d'études futu-rologiques.L'hermétisme du jargon technique associé à cette discipline accroît cette «allergie à la futurologie» remarquée chez plusieurs technocrates.À ces critiques qu'ils acceptent de bonne guerre, les prospectivistes répondent qu'ils préparent les esprits des individus à des éventualités plus ou moins probables; la raison d'être des scénarios les plus improbables doit être recherchée dans la gravité des aspects qu'ils mettent en évidence.«Bien sûr, on se trompe souvent, admet Pierre-André Julien.Toutefois, les tentatives demeurent utiles du fait qu'elles ajoutent des éléments de choix au moment de décider, dans le présent, d'orientations qui impliquent le futur.» Si la prospective demeure une «discipline qui se cherche», tous n'en doivent pas moins en comprendre le discours.Le futur n'existe pas.Chaque geste le construit d'instant en instant.Par leurs interventions, les spécialistes des études sur le futur, quelles que soient leurs méthodes, agissent sur l’avenir des sociétés.Mais attention! Un projet idéologique se cache souvent derrière le masque scientifique.Cet avertissement a été lancé par le Conseil des sciences du Canada à l'occasion d'une étude sur les mécanismes de prospective technologique: le scénario est «souvent l'expression d'un souhait plutôt que d'une réalité».Pouréviterce dangerde réunirau hasard des prophéties plus ou moins romanesques jouant sur la crédulité I; Agora en réseau La société canadienne du futur, l'ACEP, depuis sa fondation en 1976, offre aux prospectivistes canadiens un forum «multi-culturel, multi-ethnique et bilingue».La société mondiale du futur, la World Future Society, basée à Washington, compte aussi au nombre des regroupements aux objectifs similaires, ayant ses antennes dans une centaine de villes à travers le monde.Sur une plus grande échelle encore, une gamme très diversifiée d'individus, de groupes communautaires, de sociétés savantes, de centres universitaires, d'instituts de recherches privés et publics, ainsi que d'organismes nationaux et internationaux sont reliés en un vaste réseau d'interaction: le réseau mondial du futur (Global Future Network).Des quartiers généraux jumelés, situés au Canada et en Inde, constituent les points d'ancrage de cette structure, n'ayant rien de pyramidal, à laquelle sont greffés des représentants d'une quarantaine de pays.On retrouve sur la liste des participants de cette «agora mondiale» des nomsaussi prestigieuxque Bertrand de Jouvenel, pionnier français de la futurologie et fondateur de l'association internationale Futuribles, de même que Aurelio Peccei, inspirateur et fondateur du fameux Club de Rome.Évidemment, chacune de ces pièces du casse-tête mondial de la futurologie et de ses artisans assure sa cohésion interne par un bulletin de liaison, alors que les ponts sont maintenus avec les autres pièces de l'ensemble par le biais de publications spécialisées.De France, la revue Futuribles a maintenant acquis une réputation internationale à cause de son leadership scientifique.Au Canada, la publication, plus modeste, a pour titre Futures Canada et est l'oeuvre de l'ACEP.Pour sa part, la société mondiale du futur publie le magazine Futurist.Le Québec fait encore figure de parent pauvre: le journal Futurs, promis par SERA, n'a pas encore vu le jour ! D'après les animateurs de la société, c'est une question de quelques mois.¦ ' ¦ .y-* Un troisième avertissement de M.Peccei: l'hémisphère Sud de la planète est un amalgame de 120 pays indépendants les uns des autres.Les deux plus puissants économiquement, l'Inde et le Brésil, affichent ensemble un PNB brut inférieur à celui de l'Italie, qui n'est qu'une province de l'Europe! du public, ou des essais futurolo-giques basés sur des prévisions «pseudo-scientifiques», M.Kimon Valaskakis soumettait une démarche systématique aux participants du premier colloque de SERA.«Il faut développer une problématique de l'avenir du Québec, dans le but d'établir un agenda des recherches prospectives à entreprendre au cours des prochaines années.» La passivité face à l'avenir est un luxe que les sociétés modernes peuvent difficilement se permettre; l'accélération du changement a créé le besoin d'inventer rapidement les trajectoires de cette course vers l'insondable ! ?Pour en lire plus Bertrand de Jouvenel, L'art de la conjecture, éditions Flachette, Paris, 1972 Pour en savoir plus Inventaire Québec 81, répertoire des intervenants en prospective et en recherche de pointe, éditions SERA, Montréal, 1981 Et pourquoi pas une visite à: Les outils planétaires, librairie scientifique de SERA, 3579 rue de Bullion, Montréal I Les interactions entre les universités et Vindustrie Abrégé de l’exposé annuel 1981 de l’ancien président du Conseil des Sciences du Canada, le docteur Claude Fortier v A l'instar des citoyens de nombreux pays, les Canadiens x J.prennent conscience de la nécessité de resserrer les liens entre les universités et l'industrie.L’intérêt croissant des autorités publiques pour ces interactions facilite la mise en oeuvre de méthodes nouvelles, plus efficaces, pour les encourager.Dans son Message, le Président du Conseil des sciences examine les problèmes que pose aux universités leur double responsabilité de former, d’une part les cadres qui dirigeront l’exploitation des entreprises industrielles, de l’autre ceux qui mettront au service de l’industrie l’expérience qu’ils auront acquise,en recherche.Il étudie également certains des mécanismes susceptibles de favoriser les interactions entre universités et industrie, ainsi que les problèmes qui s’y rattachent.La formation des cadres industriels qualifiés En ce qui regarde l’industrie, le rôle essentiel des universités est de donner une formation appropriée à ceux qui seront chargés de faire fonctionner l’appareil industriel du pays et qui devront, pour ce faire, être en mesure de concevoir des usines, des installations minières, des réseaux routiers et ferroviaires, et d’en diriger la construction et l’exploitation.Les besoins de cadres industriels répondant à ces exigences sont actuellement plus pressants qu’ils n'ont jamais été en temps de paix.On a même évoqué la possibilité de créer de nouvelles facultés de génie pour contribuer à la formation des effectifs indispensables et assurer une meilleure répartition géographique de ces effectifs en fonction des besoins régionaux.Cependant, la création de nouvelles facultés se heurterait à de sérieuses difficultés, en raison de la pénurie de professeurs de génie.Plus de cent postes sont actuellement vacants dans les écoles canadiennes d’ingénierie, et cette situation est aggravée par la vétusté des locaux et de l’appareillage utilisés pour la recherche et l’enseignement.Ce sont là certains des facteurs qui expliquent pourquoi ces établissements ont atteint le point de saturation quant au nombre des candidats qu’ils peuvent accepter au premier cycle.Il faudrait faire preuve d’ingéniosité pour remédier à ce problème au cours des quatre ou cinq prochaines années.Ainsi devrait-il être possible de mettre sur pied et de financer des programmes et des cours accélérés de formation, de recyclage ou de perfectionnement pour ceux dont les qualifications professionnelles sont inadéquates.Il faudrait également apprendre à mieux utiliser les effectifs scientifiques et technologiques disponibles car, dans certains cas, les pénuries ne sont qu’apparentes et résultent de l’utilisation peu judicieuse de ces effectifs: c’est ce qui se passe quand, par exemple, on demande à un ingénieur de faire le travail d’un technicien.La formation de cadres industriels qualifiés devrait faire l’objet de concertations plus fréquentes et d’une collaboration beaucoup plus étroite entre les administrations fédérale et provinciales.La situation actuelle laisse grandement à désirer.Par exemple, le gouvernement fédéral se préoccupe sérieusement du dynamisme de l’industrie canadienne.Or, il est évident que le potentiel d’innovation de cette dernière dépend des activités de toute une gamme de spécialistes allant des gens de métier aux cadres de formation supérieure.Néanmoins, la participation directe du gouvernement fédéral à l’enseignement de 1er cycle est inférieure à ce qu’elle est dans tout autre pays industrialisé.Tout en respectant le partage constitutionnel des compétences, les autorités fédérales devraient accorder à la formation des scientifiques et des ingénieurs de 1er et 2e cycles une importance égale à celle qu’elles accordent à la formation des candidats au doctorat (PhD), et ceci tant sur le plan du nombre que sur celui de la qualité.La mobilité inter-provinciale des diplômés universitaires constitue un autre aspect du problème de l’insuffisance des effectifs.Selon les relevés de 1967 et de 1973, il apparaît qu’une forte proportion des bacheliers en sciences et en génie trouvent un emploi dans une autre province que celle où ils ont obtenu leur diplôme.Cette caractéristique, qui est maintenant bien établie, présente des avantages, car l’autosuffisance du pays sur le plan des effectifs de scientifiques et d’ingénieurs est ainsi mieux assurée qu’à l’échelle des provinces individuelles.Dans son Message, le Président du Conseil met en relief certains principes fondamentaux qui devraient guider l’action fédérale et attire l’attention sur les leçons à tirer de la mise en oeuvre de la Loi sur la Caisse d’aide à la santé, adoptée en 1966, pour conclure, à la lumière de cet exemple, qu’une collaboration plus étroite entre les autorités fédérales et provinciales aiderait les universités à fournir à l’industrie les cadres d’exploitation compétents qui lui sont nécessaires.PUBLIREPORTAGE Les effectifs formés à la recherche Les statistiques canadiennes ne sont guère explicites sur les domaines d’activité professionnelle des détenteurs de doctorat en sciences ou en génie oeuvrant dans l’industrie.Même si les activités de R-D se prêtent mal à une évaluation quantitative, il semble que de nombreux titulaires de doctorat travaillent hors des laboratoires industriels.En 1973, par exemple, 43 pour cent seulement des 2 931 détenteurs de doctorat en sciences ou en génie oeuvrant dans le secteur industriel accomplissaient de la R-D, ou exerçaient des fonctions administratives en ce domaine.Les autres, qui avaient également reçu une formation en recherche, n'étaient sans doute pas occupés à des travaux exigeant moins de compétence ; et il est vraisemblable que nombre d’entre eux apportaient une contribution valable sous forme d’apport de technologie nouvelle à la fabrication ou d’innovations ne découlant pas de l’effort interne de R-D.Le Message déplore la pénurie de données statistiques postérieures à 1973 au sujet des cadres industriels et des effectifs formés à la recherche, et recommande fortement à l'Administration fédérale d'obtenir des données plus récentes, condition essentielle à la planification du développement industriel et à la formation des effectifs requis.Collaboration entre les universités et l’industrie Le Message évalue l’efficacité des divers genres d’instituts para-universitaires au service de l'industrie, et qui vont de l’Institut canadien de recherches sur les pâtes et papiers, oeuvrant dans le cadre de l’Université McGill, aux divers instituts de recherche industrielle implantés dans le campus de certaines universités.Alors que ces derniers sont essentiellement conçus pour favoriser l’attribution de contrats industriels à des chercheurs universitaires et pour leur fournir un cadre administratif, l’Institut de recherches sur les pâtes et papiers offre un exemple réussi de collaboration étroite et constante entre les chercheurs universitaires et une association d'entreprises aux intérêts communs.Les responsables envisagent la création d'autres instituts de ce genre.Le programme de subventions à la recherche industrielle constitue un autre mécanisme favorisant les interactions entre universités et industrie.Le programme de financement des projets de recherche avec applications industrielles (PRAI), administré par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), vise à tirer parti des retombées industrielles de la recherche fondamentale «libres.Pour bénéficier de ce programme, il est indispensable que le chercheur universitaire oeuvre en collaboration très étroite avec une entreprise industrielle.Les subventions accordées dans le cadre du programme PRAI, en raison de leur nature et de l’objectif qu'elles visent, ne sont pas destinées au soutien de certains domaines particuliers de recherche.Si elles l’étaient, elles risqueraient d'étouffer l'innovation et d'encourager la médiocrité.Les grands traits du programme de subventions thématiques, également administré par le CRSNG, contrastent avec ceux du programme PRAI.Ces subventions sont conçues pour encourager les chercheurs universitaires à oeuvrer dans certains domaines importants pour le Canada, mais elles ne visent pas à favoriser les interactions entre chercheurs et utilisateurs des résultats de la recherche, ni un courant inverse d’idées.En l'absence de mécanisme auxiliaire de diffusion du savoir-faire technique, les subventions thématiques ne constituent probablement pas un moyen bien efficace pour multiplier ces interactions.La création récente au Québec du Centre d’innovation industrielle (Montréal) sur le campus de l'Ecole Polytechnique et du Centre d’innovation industrielle sur celui de l’Université de Waterloo, en Ontario, constitue un pas dans la bonne direction: ces deux établissements disposent en effet des moyens nécessaires pour établir des liens solides et efficaces avec l’industrie.Le Message passe en revue certaines initiatives récentes de l'industrie, notamment la tenue, sous les auspices de l’Association des manufacturiers canadiens, d'une importante conférence sur « Les universités et l’industrie et leur interface en R-D », la création subséquente d'un groupe de travail universités-industrie, et le projet de convocation d'Ateliers techniques en collaboration avec les universités, en vue de favoriser les contacts directs entre les intéressés.La création, par l’industrie, d’un certain nombre de chaires universitaires au cours des deux dernières années constitue une initiative très intéressante en matière de financement de l'enseignement et de la recherche.De telles initiatives témoignent du désir de l'industrie canadienne d’accroître son soutien aux universités pour les aider à remplir leur double rôle traditionnel de formation des cadres industriels qualifiés et de diffusion des connaissances issues de la recherche.Cette collaboration plus étroite entre les universités et l'industrie est encourageante.Cependant, il reste beaucoup à faire pour relever le défi des années 1980, car le Canada doit pouvoir compter sur des cadres industriels et des chercheurs nombreux et très qualifiés.r% w Vous pouvez vous procurer des exemplaires de la déclaration auprès du Conseil des sciences du Canada 100, rue Metcalfe, Ottawa, Ontario KIP 5M1 '.V.Ce- 0,;- C.- 3li Qu;- V: '.K: Ci- Ci- Gu h- un ls -l PUBU-REPORTAGE Québec Science Editeur Presses de l'Université du Québec Le best seller scientifique à la portée de tous L'indispensable initiation à la recherche fAHEMCt 04N$ L’AZUR l'évolution cosmique L'univers entier est notre cocon.À la recherche de nos racines profondes.Ce livre raconte l'histoire de notre cosmos.La science moderne nous révèle un univers en état de gestation permanente.Quel sera l'avenir de l'Univers, de la Galaxie et de la Terre?L'astronomie nous apporte ici quelques lumières qu'Hubert Reeves a su brillamment rendre accessibles à tous.PATIENCE DANS L'AZUR, par Hubert Reeves Québec Science Éditeur Québec, 1981, ISBN 2-920073-21-4, 320 pages, 16,95 $ k'S®* D’abord rédigé pour les fins d'un cours en méthodologie de recherche en éducation, PROCESSUS DE RECHERCHE constitue une innovation dans ce domaine.Sa présentation à la fois globale et détaillée permet aux lecteurs de saisir l'interaction des principaux éléments conceptuels, fonctionnels et pratiques qui sont rattachés au processus de recherche.Les étudiants et les professeurs y trouveront un outil de travail et de référence.Parution récente : • UN PARADIS DE LA POLLUTION, par Jean-Pierre Rogel Collection les Dossiers de Québec Science Québec Science Éditeur Québec, 1981, ISBN 2-920073-20-6, 276 pages, 14,95 $ Un dossier complet et percutant sur l'état de la pollution au Québec À paraître prochainement: • L'HERBIER QUÉBÉCOIS, par Estelle Lacoursière et Pierre Leduc, série Québec Science Nature Québec Science Éditeur Québec, 1982, ISBN 2-920073-22-2, 104 pages, 12,95$ PROCESSUS DE RECHERCHE, par André Ouellet Presses de l'Université du Québec Québec, 1 981, ISBN 2-7605-0295-3, 268 pages, 1 9,95 $ Autres livres utiles pour vos recherches: GUIDE MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE par Robert J.Gravel Presses de l'Université du Québec Québec, 1978, ISBN 0-7770-0228-0, 56 pages, 6,95 $ GUIDE DE PRÉSENTATION D'UN TRAVAIL DE RECHERCHE par Benoit Bernier Presses de l'Université du Québec Québec, 1973, ISBN 0-7770-0080-6, 56 pages, 6,95 $ Un guide illustré pour reconnaître et collectionner les principales plantes du Québec Exigez ces livres chez votre LIBRAIRE ou commandez-les aux éditeurs à l'aide du coupon ci-dessous i i BON DE COMMANDE Quantité Total PROCESSUS DE RECHERCHE, André Ouellet.268 p GUIDE MÉTHODOLOGIQUE DE LA RECHERCHE, Robert J.Gravel, 56 p GUIDE DE PRÉSENTATION D'UN TRAVAIL DE RECHERCHE.Benoît Bernier, 56 p PATIENCE DANS L'AZUR, Hubert Reeves, 320 p UN PARADIS DE LA POLLUTION, Jean-Pierre Rogel, 276 p L'HERBIER QUÉBÉCOIS, Estelle Lacoursière et Pierre Leduc, 104 p 19.95 $ 6,95 $ 6,95 $ 16.95 $ 14.95 $ 12.95 $ Sous-total Frais de port et de manutention chèque ?mandat ?au montant de 1,75 S CODE POSTAL Presses de Université du Quebec / Québec Science Editeur, 250, Sillery, Québec GIT 2R1 30 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE Les phoque 31 vont bien par Mariette Tremblay Paris-Match, 11 janvier 1969.Marc Heimer, un soi-disant «phocophile», affirmait en parlant du phoque du Groenland: «Il a été calculé que l’espèce aura disparu entre 1972 et 1975 au plus tard.Sur la glace, l'horreur cessera faute de bébé à torturer!» Pour la saison 1982, le Conseil scientifique de l’organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest (OPANO) a recommandé au gouvernement canadien de fixer le quota de chasse à 186 000 prises, dont 80 pour cent de jeunes et 20 pour cent d’animaux âgés d’un an et plus.Situation exceptionnelle en 1981, les grandes banquises n’étaient pas au rendez-vous dans le golfe du Saint-Laurent.De plus, à la grande déception des Madelinots, les quelques glaces à proximité des lles-de-la-Madeleine ont été déplacées par les vents qui entraînèrent avec eux le fameux troupeau de phoques vers l’île-du-Prince-Èdouard.Cette île est donc devenue, pour la première fois depuis 12 ans, un centre important des activités de chasse.Les différents groupes de protestataires étaient là eux aussi, rassemblés pour pratiquer leur activité que l’on pourrait maintenant qualifier de «saisonnière».Depuis le temps, les arguments n’ont pas changé.Une espèce en voie de disparition, l’agonie sanglante des «bébés-phoques», (’exploitation des phoques pour le marché de la fourrure et non pour l’alimentation, sont les principaux points décriés par ces opposants de la chasse.Sur quelles bases se fondent les déclarations de ces partisans antichasse?Ont-ils raison d’alerter l’opinion publique ou essaient-ils d’ex- ploiter, à des fins discutables, les réactions émotives des cœurs sensibles?BIEN AVANT JACQUES CARTIER Il y a belle lurette que la chasse aux phoques est pratiquée dans l’est du Canada.En effet, les Indiens du Labrador exploitaient cette ressource marine bien avant l’arrivée des premiers explorateurs européens.Ce sont les Bretons qui furent les premiers prédateurs blancs des phoques du Groenland.Au début du 16e siècle, ces «vaillants» Français, qui étaient venus tout d’abord pour pêcher la morue aux environs du détroit de Belle-lsle, se lassèrenttrès vite des phoques en migration qui s'empêtraient continuellement dans leurs filets.C’est alors qu’ils décidèrent d’attraper ces créatures, considérées «très nuisibles», à l’aide de longs filets à grandes mailles.Cette pêche aux phoques devint bientôt une activité lucrative, surtout à cause de la valeur commerciale de l’huile de ces animaux.Bien vite, ils auraient été suivis par les Celtes, les Islandais et les Scandinaves.Ils venaient de toute façon pour la morue, la baleine et le morse (une espèce aujourd'hui disparue dans le golfe Saint-Laurent).Cette tradition hivernale devint importante surtout vers la fin du 18e siècle quand les chasseurs terre-neuviens et étrangers se rendirent avec des goélettes sur les grandes banquises où se reproduisait le troupeau, la quantité d'animaux rapportés par la chasse côtière ne satisfaisant plus les chasseurs, et encore moins les commerçants.Quel essor fantastique: de 1830 à 1900, une moyenne d'au-delà 350 000 peaux 32 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE de phoque débarquées par année à Terre-Neuve.Ces statistiques, tirées de l'annuaire Chafe's Sealing Book, Terre-Neuve, excluaient alors toutes les prises provenant de la chasse côtière.La nourriture miraculeuse semblait pour ces aventuriers, une denrée intarissable.Le nombre de leurs captures n'augmenta pas avec l'arrivée des bateaux à vapeur et des bateaux à coque d'acier.Au contraire, le troupeau ne cessait de décroître au fil des ans, si bien que la moyenne des débarquements (excluant toujours la chasse côtière) s'est située à 150 000 pour la période de 1 91 5 à 1939.Puis, arriva la Seconde Guerre mondiale.Le peu d'activités de chasse durant la guerre favorisa une certaine croissance de la population de phoquesdu Groenland.Estimée à environ 1,5 million d'individus avant la guerre, la population passa à près de trois millions dix ans plus tard.Aussitôt la guerre terminée, les adeptes s'adonnèrent à nouveau à leur occupation de fin d'hiver.Munis d'embarcations plus solides et sécuritaires, de brise-glaces, et même d'hélicoptères et d'avions, les Canadiens comme les Européens exploitèrent le troupeau avec plus ou moins de sagesse.Plus de cinq millions de phoques furent abattus durant les seules 20 années d’après-guerre.C'est seulement à partir de 1964 que le gouvernement décida enfin de prendre certaines mesures afin de protéger les espèces de phoques, qui avaient, sans contredit, subi une surexploitation.Aujourd'hui, le Canada s'occupe de la gestion de la chasse aux phoques et fait appel à la consultation internationale pour l'évaluation des stocks et la recherche sur les mesures de protection.À l'heure actuelle, le phoque du Groenland et le phoque à capuchon sont les deux principales espèces de phoques exploitées dans l'Atlantique Nord-Ouest.La chasse aux phoques demeure encore aujourd'hui une activité saisonnière très importante pour les - à-B Sssm mm: communautés des côtes de l'Atlantique (principalement pour Terre-Neuve et les îles-de-la-Madeleine).Les autochtones du Groenland et de l'Arctique canadien en retirent également certains revenus.Selon les termes d'une entente internationale renouvelable à chaque année, la Norvège peut encore participer aux activités de chasse dans les eaux canadiennes.Pour 1982, leur quota de chasse (pour le phoque du Groenland) a été fixé à 24 000, soit environ 13 pour cent du nombre total de prises.EN SUIVANT LES BANQUISES Que sait-on sur les mœurs du phoque du Groenland, dont près de 18 millions ont été capturés dans l'Atlantique Nord-Ouest, en l'espace de 80 ans seulement?Depuis le début du siècle, l'homme a beaucoup élargi son champ de connaissance sur la vie marine.Le cycle vital du phoque du Groenland, c'est-à-dire l'ensemble de ses activités biologiques de reproduction, d'alimentation et de migration, est à notre époque l'un des mieux connus chez les mammifères marins.Le phoque du Groenland (Pago-philus groenlandicus) appartient à l'ordre des Pinnipèdes, tout comme l'otarie.Espèce grégaire et migratrice, il partage avec d'autres espèces les eaux arctiques et subarctiques de l'Atlantique Nord.Sa population se divise en trois régions importantes de reproduction, celle de l'île Jan Mayen à l'est du Groenland, celle de la mer Blanche (URSS) et celle de Terre-Neuve, appelée aussi celle de l'Ouest.C'est ce dernier groupe que l'on exploite au Canada.Ce troupeau, qui passe l'été à se nourrir dans le Grand-Nord, migre ensuite vers le sud et forme deux sous-groupes, celui du «Front» (au large du nord-est de Terre-Neuve) et celui du golfe du Saint-Laurent.L'alimentation du phoque du Groenland, diversifiée, varie en fonction de l'âge des individus et de la période de l'année.De façon générale, elle est constituée en majeure partie de poissons pélagiques (surtout de cape-lans), de poissons de fond.Pendant l'hiver, les femelles se nourrissent abondamment.Bien engraissées, elles pourront ainsi assurer l'allaitement de leur petit qui naîtra sur les glaces vers la fin de février ou au début du mois de mars.La fourrure jaunâtre recouvrant le nouveau-né deviendra blanche QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 33 % ¦,*•1 \ ¦ ' i-' , -r'- .u7»v à' -.%* % ‘WÆ.rjJ»-'* -¦ •«•tiar':.*- I ; es* ist Jî"j lier le* le*' ase - ;-im .(ai i#1® le *J le*1] poiî'j le1*1® I (d'où son nom de blanchon) au cours des trois premiers jours de son existence.Grâce au lait maternel, riche en protéines et en matières grasses, le blanchon engraissera très rapidement.D'environ sept à neuf kilos à sa naissance, il pèsera facilement 30 kilos et plus au bout de 1 5 à 1 Sjours.Lorsque la période d'allaitement est terminée (moins de deux semaines), les femelles abandonnent leurs petits sur les glaces et ceux-ci commencent à perdre leur fourrure blanche.À la fin de la mue, ils revêtent un pelage de couleur gris argenté parsemé de taches, qu'ils conserveront toute l'année.Dès l'âge de quatre semaines, le jeune phoque acquiert son autonomie.Il peut donc nager seul et se nourrir.Simultanément, les phoques plus âgés muent sur les glaces, comme c'est l'habitude à chaque printemps et comme ce le sera pour bien des années encore.Le phoque du Groenland peut en effet vivre jusqu'à l’âge de 30 ans et même plus.L'accouplement des phoques a lieu aussitôt que la période de lactation est achevée.Cependant, l'embryon ne s'implante dans l'utérus que 11 semaines après l'accouplement.Par conséquent, la période de Une scène de chasse aux phoques que publiait le Canadian Illustrated News en 1871.développement du fœtus dure environ 39 semaines, comme chez les humains, et de ce fait, la mise bas, au printemps, coïncide habituellement avec les bonnes conditions de glaces et avec l'abondance de nourriture.La mise bas, l'accouplement et la mue terminés, le troupeau remonte vers le Nord pour y passer l’été.Et le cycle recommence.MILLIERS, MILLIONS.DE PHOQUES?«Toute politique de gestion d'une ressource se doit, par certains principes de conservation, d'assurer le maintien de cette ressource pour en retirer le maximum d'avantages socio-économiques.» Voilà une phrase que l'on rencontre dans toutes les brochures explicatives du ministère des Pêches et Océans (MPO) concernant ses politiques de gestion de la chasse aux phoques.Selon le MPO, l'estimation de la population est incontestablement l'étape primordiale à l'exploitation de toute ressource.À cet effet, les scientifiques canadiens, norvégiens et danois se réunissent chaque année afin d'étudier les données récentes sur les populations de phoques.Ils conseillent ensuite le gouvernement canadien sur les stratégies possibles pour la gestion de la chasse.Depuis 1 979, ces réunions sont organisées par le Conseil scientifique de l'OPANO.Jusqu'à maintenant, des données biologiques accumulées depuis 1950 ont permis d'appliquer cinq méthodes générales à l'évaluation de la population de phoques du Groenland: le recensement des sites de reproduction, l'analyse par cohortes (classes d'âges), l’indice de survie ou taux de mortalité naturelle, les statistiques de chasse et la méthode de capture et recapture de jeunes marqués (voir Québec Science, mars 1978, p.29).Mais ce n'est qu'à partir de 1977 que les conseillers sur les pêches de l'Atlantique Nord-Ouest ont pu prévoir à court terme (pour trois à cinq ans) la densité de la population du phoque du Groenland en fonction de l'exploitation.En effet, après des analyses plus poussées, les docteurs Lett et Benjaminsen, maintenant aviseurs scientifiques de l'OPANO, ont proposé un modèle tenant compte à la fois de l'exploitation et des variations dans le taux de mortalité naturelle de la population.Ce modèle est devenu par la suite un des principaux outils de gestion de la chasse.En 1981, d'après les données supplémentaires des recaptures d'animaux marqués en 1978, 1979 et 1980, combinées aux estimés des années antérieures, le Conseil a évalué que, pour cette même année, la population de phoques du Groenland se situait entre 2,04 et 2,15 millions d'individus.Malgré la littérature bien documentée sur l'estimation de la population, les opposants de la chasse refusent de reconnaître l'évaluation des spécialistes.«Personne ne sait», affirme un porte-parole de l'International Fund for Animal Welfare, John Nye, qui croit qu'il faudrait stopper la chasse pour au moins deux ans afin d'étudier plus à fond l'état de la population.Il soutient aussi que ces études devraient être effectuées par d'autres scientifiques que les conseillers de l'OPANO.Il se dit inquiet, tout comme ses confrères partisans anti-chasse, et croit que les quotas de chasse sont trop élevés et qu'ils mèneront tôt ou tard à un déclin du troupeau de phoques.Pourtant, selon des observations et des estimations effectuées depuis 1977, les évaluations des scientifiques auraient été, jusqu'à l'an dernier, inférieures à la réalité.De plus, il semble que la densité du troupeau n'ait pas cessé d'augmenter, au moins depuis les cinq dernières années.Mais ces phoques sont-ils suffisamment nombreux pour continuer à être exploiter sans danger?UNE EXPLOITATION CALCULÉE Bien que les premiers ont été fixés au début des années 70, ce n'estque 34 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE sa?lull's 6 U I Jssp’ .¦‘i I I Un aspect positif de la lutte contre la chasse aux phoques, dans les années 60, fut d'amener le gouvernement canadien à prendre des mesures pour protéger cette espèce.Ci-haut, une expédition de l'Organisation Greenpeace pour empêcher la chasse au phoque gris en Écosse.depuis 1977 que les contingents de chasse sont déterminés en vue d'une exploitation soutenue de la population, c'est-à-dire que l'on peut prélever un certain nombre d'animaux, et ce de façon continue.Ceci sous-entend, par le fait même, que l'on peut maintenir la population exploitée à un niveau relativement stable.Il faut donc pour cela connaître assez bien la densité du troupeau.Étant donné la part d'incertitude dans la meilleure évaluation d’une ressource marine, les chercheurs poursuivent continuellement des études de la dynamique de population.Certains paramètres, comme le taux de mor- talité naturelle, l'âge moyen de la maturité sexuelle et le taux de fertilité, sont réexaminés à chaque année.On peut ainsi arriver à un bon estimé de la production de jeunes, réajuster les prédictions à court terme et, s'il le faut, les quotas.Dans le cas particulier du phoque du Groenland et en accord avec la politique canadienne de gestion, un contingent de 1 70 000 captures pour 1981 devait permettre à la population d'atteindre d'ici 1985 un nombre de 1,7 million d'individus âgés d'un an et plus (en ne considérant pas le nombre de naissances).Toutefois, pour conserver cette croissance annuelle de près de deux pour cent, ce quota devait être maintenu durant la période de 1981 à 1985.Même si la plus récente évaluation de la population a quelque peu modifié les projections des spécialistes, il n'y a pas eu de changements majeurs dans la stratégie de gestion pour 1982, le contingent de chasse passant à 186 000.Cette augmentation du quota fait suite à la recommandation du Conseil scientifique de l'OPANO qui, de plus, a proposé que ses calculs statistiques soient révisés par des biostatisticiens indépendants.Advenant une confirmation, le groupe de conseillers juge qu'une augmentation du nombre de captures dépassant de 50 pour cent le quota actuel n'aurait pour tout effet que de maintenir la population de phoques à son niveau actuel (autour de deux millions selon les récents estimés).Nous saurons peut-être dans un avenir rapproché à quel niveau, selon ces aviseurs, devrait être maintenue cette population.En plus de recommander un «total des prises admissibles» (186 000 pour 1982), le Conseil scientifique de l'OPANO a considéré depuis quelques années une autre mesure de préservation de l'espèce: l'exploitation des animaux immatures.En ce sens, environ 80 pourcentdes prises de 1 982 seront des nouveau-nés.De cette manière, le nombre des animaux reproducteurs pourra être conservé afin d'assurer la productivité.«Quoi qu'en disent les protestataires, déclare Paul Montreuil, biologiste du MPO, le phoque du Groenland n'est pas menacé de disparaître.Loin de là, on exploite présentement, de façon rationnelle, un troupeau en santé qui se reproduit avec une efficacité maximum.» UN BILAN DE SANTÉ SATISFAISANT Le coordonnateur des activités scientifiques de la chasse aux phoques, qui compare la situation actuelle avec celle d'après-guerre, ajoute: «Le peu de chasse durant la guerre 1939-1945 a permis à la population de phoques du Groenland de proliférer et d'atteindre ainsi, au début des années 50, un niveau estimé à environ trois millions d'individus, soit à peu près le double decequ'elle était avant la guerre.D'après plusieurs observations sur l'état de santé du troupeau, il semble qu'à Peter Marlow / Sygma QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 35 cette époque, le nombre de phoques avait dépassé la capacité de support de son environnement.» Il rappelle alors que le docteur Sergeant, de la Station de biologie arctique du MRO, observa, de 1952 à 1954, la pauvre condition d'adultes mâles lors de la mue; plusieurs avaient des blessures qu'ils s'étaient probablement infligées lors de compétitions pour la nourriture ou la reproduction; et un certain nombre de phoques étaient porteurs de parasites.Ces observations, il y a près de 30 ans, étaient le signe de conflits causés par une surpopulation.En effet, lorsqu’une population atteint une trop grande densité par rapport à ce que son habitat peut supporter, une combinaison de facteurs entrent en jeu dans le but de la stabiliser.Citons, par exemple, les limitations de nourriture et d'espace vital.Dans ce cas-ci, le principal facteur a été l'action des prédateurs.La chasse excessive a provoqué une diminution de plus de la moitié du troupeau de phoques, de 1952 à 1972.Heureusement, depuis l'introduction des quotas, la population s'est stabilisée et a par la suite augmenté à chaque année.D'autres recherches viennent appuyer les commentaires de M.Montreuil sur l'état de santé actuel du troupeau de phoques.En outre, dans une publication récente (1979), on signale deux changements qui ont suivi les fluctuations marquées de la densité de la population, soit une diminution de l'âge moyen de la maturité sexuelle et une augmentation du taux de fertilité.Selon le docteur Bowen, une réduction du nombre d'animaux dans un même espace diminuerait la compétition pour la nourriture qui, étant disponible plusfacilement, permettrait une croissance plus rapide des individus.Ainsi, les animaux atteindraient plus tôt leur maturité sexuelle.Les données accumulées depuis 1952 semblent confirmer ces hypothèses.L'âge moyen de la maturité sexuelle, qui se situait à environ r m.6,2 ans en 1952, était en 1981 de 4,4 ans.De même, des femelles en bonne condition seraient beaucoup moins sujettes à l'avortement.De 1952 à 1980, alors que le taux de fécondation n'a pas varié, le taux de fertilité, lui, est passé de 85 à 94 pour cent.C'est donc dire qu'en 1980, pour le même nombre de femelles fécondes, neuf pour cent de plus qu’en 1952 ont réussi à mener leur petit à terme.Puisque la population du phoque du Groenland ne semble plus en danger, pourquoi donc continuer cette chasse aux phoques qui suscite tant de controverses?CHERCHER L'ÉQUILIBRE «Si les phoques n'étaient plus capturés, ils détruiraient l'industrie de la pêche de l'Atlantique Nord», expriment certains partisans de la chasse.«Bien au contraire, s'il n'y avait plus d'exploitation, la population de phoques pourrait s'équilibrer naturellement et probablement atteindre son niveau primaire d'autrefois», soutiennent les opposants.Ces deux arguments semblent plutôt extrémistes et cette question, pas si simple que ça, nous amène inévitablement à parler d'écologie.Tout d'abord, avant de pouvoir déterminer l'impact réel de la consommation de nourriture par le phoque du Groenland sur les pêches, ou pour savoir si le taux (actuel et futur) de la pêche commerciale peut compromettre l'augmentation de la population de phoques, il est impor- te phoque du Groenland est l'un des mammifères marins dont on connaît le mieux le cycle vital.Le phoque fut l'objet de nombreuses recherches.Par exemple, par cette équipe de chercheurs entreprenant, en 1977, son étude sur le terrain.tant de connaître les interactions qui existent entre les différentes espèces de l'écosystème marin.On sait, d'une part, que le phoque du Groenland se nourrit de plusieurs espèces de poissons de valeur commerciale, de même que d'invertébrés.La qualité et la quantité de sa nourriture varient selon son âge et aussi selon la période de l'année.D'autre part, il existe peu de documentation sur les proportions relatives (saisonnières et annuelles) des différentes espèces constituant sa diète.Des diverses recherches effectuées sur des Pinnipèdes en captivité, on retient des valeurs allant de 1,75 à 10 pour cent du poids de l'animal par jour.Cette gamme de pourcentages signifie une marge d'erreur qui, selon le docteur Bowen, du MRO à Terre-Neuve, peut aller jusqu'à six fois l'estimation de la consommation.En raison de la difficulté à répondre de façon sûre aux trois questions fondamentales: à combien s'élève la population de phoques du Groenland, qu'est-ce qu'ils mangent et combien ils mangent, Bowen a tenté une autre approche.Il utilisa plutôt un procédé indirect en se servant d'observations faites par une équipe de recherche de l’Université de Guelph, en Ontario.Les docteurs Stewart et Lavigne ont noté les changements survenus dans la condition de la femelle et de son jeune dans les aires de reproduction.Pendant quelques années de suite, l'équipe effectua certaines mesures morphométriques, particulièrement celles de l'épaisseur de la couche de graisse chez la femelle et du poids des nouveau-nés.Les femelles se nourrissent de façon intensive pendant l'hiver pour assurer l'allaitement de leur petit.À partir de ce fait, les scientifiques de Guelph ont alors supposé qu'un changement dans la disponibilité de la nourriture se refléterait sur la condition de la femelle et sur la grosseur de son petit.Effectivement, ils ont observé une diminution de l'épaisseur de la couche de graisse chez la femelle ainsi qu'une diminution de 36 Les nombreuses campagnes anti-chasse ont tenté jusqu'à présent d'atteindre la base économique de l'industrie du phoque, le marché de la fourrure.poids chez le nouveau-né.Serait-ce un signe de surpopulation?La pêche au capelan est-elle excessive, diminuant la nourriture disponible pour le phoque?Selon le docteur Bowen, le manque de données ne permet pas, pour l'instant, de répondre avec précision à ces interrogations.UNE MORT RAPIDE ET EFFICACE À chaque année, en plus des nombreuses recherches sur la biologie du phoque du Groenland et même sur l'adaptation des mammifères marins à leur environnement, d'autres concernent spécifiquement l'aspect humanitaire de la chasse.Aux dires de Penny Feltz et de Narca Moore-Craig: «Les chasseurs sont des gens cruels.Les «bébés-phoques» sont souvent écorchés vifs ! » Ces affirmations de deux membres de l'Animal Protection Institute de Californie sont-elles véridiques?N'y a-t-il pas eu des études à ce propos?En 1971, le gouvernement canadien a décidé de créer un comité indépendant, le Comité d'étude des phoques et de leur chasse (CEPC), chargé d'étudier les aspects humanitaire, écologique, sociologique et économique de la chasse.Composé de scientifiques, de vétérinaires et de cadres de sociétés canadiennes et internationales de protection des animaux, le CEPC a de plus, depuis sa création, le mandatée recommander au ministre des Pêches et Océans toute modification jugée nécessaire du règlement de la chasse aux phoques.Dans cette optique, le CEPC a invité, depuis 1979, l'Association canadienne de médecine vétérinaire (ACMV) à venir observer les activités de chasse pour évaluer l’efficacité et les aspects humains des diverses méthodes d’abattage.Deux vétérinaires de cette association assistaient aux activités de chasse de 1981.«Tuer un animal de façon «humaine», c'est l'abattre rapidement, mars 1 982 / QUÉBEC SCIENCE !ü WWW» ïâi WIH MP* WOU-fN' .r- n C LEBEN ‘¦SLAUGHTER ‘bbenkinder iE WiftssAi HZ*.Plus de peaux pour l'Europe?Au moment d'écrire ces lignes, une résolution visant à imposer un embargo ou à limiter sérieusement les importations des peaux de phoque dans les pays de la CEE ne manquait pas d'inquiéter les milieux canadiens.L'impact d'une telle résolution, déposée auprès du parlement européen pour discussion à la fin de janvier, serait réel sur le marché de la fourrure, si toutefois la résolution était adoptée.Cette mesure de limitation affecterait en effet une bonne part du marché, car 70 pour cent des peaux traitées sont acheminées vers la CEE; le principal consommateur de peaux traitées est l'Allemagne de l'Ouest.Il semble que certains incidents lors de la chasse à l'Ile-du-Prince-Édouard, l'an dernier, (plusieurs blanchons auraient été «écorchés vifs» par des chasseurs inexpérimentés ou du moins abattus d'une façon non conforme à la méthode prescrite) aient rallumé les passions et soient à l'origine de cette résolution.Affaire à suivre.avec le minimum de stress physique et psychologique», témoigne le docteur Jim Ashman.«Les deux principaux instruments utilisés pour l'abattage, le gourdin et l'hakapik, sont très efficaces lorsqu'ils sont employés de la manière prescrite», d'ajouter ce vétérinaire canadien qui a pratiqué des autopsies détaillées sur les animaux abattus.En 1980, cette association a remis au CEPC un rapport des observations effectuées en 1979 et 1980.D'une part, le Comité considère que les deux instruments utilisés pour la chasse sont efficaces.Toutefois, il recommande au MPO de continuer à donner des cours aux chasseurs sur les pratiques humaines de chasse.Il recommande, d'autre part, aux chasseurs qui sont confrontés avec une femelle voulant protéger son petit, de ne pas la molester, ni de tuer son petit.Les vétérinaires ont tenu à faire cette recommandation, bien qu'ils n'aient observé qu'un très faible pourcentage de femelles cherchant à défendre leur jeune.Du côté américain, plusieurs groupes de protection des animaux ont étudié une variété de techniques d'abattage plus mécanisées.De toutes ces méthodes (drogues, pistolets à chevilles percutantes, asphyxie, etc.), aucune n'était plus humaine que celle de l'abàttage au gourdin et de la saignée.On sait que cette méthode d'abattage sans souffrance est utilisée très couramment dans les abattoirs.Un autre vétérinaire, le docteur Eugen Weiss, s'était rendu observer la chasse en 1981, invité par Brian Davies, partisan anti-chasse bien connu.Ce vétérinaire allemand, très prudent dans ses commentaires, n'a pas voulu dévoiler clairement ses impressions.Il a dit quand même qu'il ne savait pas vraiment si les profits de la chasse valaient les coûts de toute cette réglementation.En tout cas, les chasseurs qui ont la fièvre à l'approche du troupeau croient que oui.LA FIÈVRE DU PRINTEMPS À chaque printemps, à Terre-Neuve comme aux îles-de-la-Madeleine, la fièvre s'empare de la population.La chasse aux phoques annonce la fin de l'hiver.Pour ces habitants, qui dépendent en grande partie des ressources de la mer, le phoque est une espèce à exploiter au même titre que la morue ou le homard.Ancien chasseur, Donald Delaney s'occupe maintenant du marché des peaux de phoque.«Les contestataires protestent parce qu'ils ne comprennent pas.La chasse aux phoques est une tradition et elle apporte des revenus appréciables à une popula- decl lape lion! fee 601 de de ci QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 37 Mes La mise bas.l'accouplement et la mue terminés, le phoque du Groenland migre vers le nord pour y passer l'été.Et le cycle recommence.' SSUf I I aux I avec son ituei mua bien liés ont dels Inet ante bans Brian bien jrès s, n'a ises tion en chômage à ce temps-ci de l'année.» «Les chasseurs arrêteraient de chasser s'il y avait un doute que la population soit en voie de disparition», de conclure celui-ci.Selon des statistiques du ministère des Pêches et Océans, l'apport économique de la chasse aux phoques a été évalué à 1 2,8 millions de dollars en 1981.Et entre 5 000 et 6 000 personnes auraient bénéficié de la chasse, soit dans le secteur primaire (pêche) ou secondaire (traitement).Il est bien certain que les profits de cette chasse ne dépendent plus autant qu'autrefois de la vente de l'huile et de la viande.Avant 1930, l'huile et la viande étaient responsables de 50 pour cent des revenus de la chasse.Le développement des techniques pour le traitement des peaux a modifié cette tendance au cours des années 30 et 40.Aujourd'hui, si l'on veut que la chasse soit rentable, il faut rapporter des peaux de très bonne qualité.Il n'en demeure pas moins qu'à l'heure actuelle, plus du tiers des revenus proviennent encore de la vente de l’huile et de la viande.U ^ I I En I »! 3 I pî3l 16,13 I U.E3 I |3 fi" 1 lies- ti# eflye ;6St UNE QUESTION À TRANCHER Malgré la quantité étonnante d'informations que nous possédons sur la chasse aux phoques, la question n’est toujours pas tranchée.Peu de gens ignorent aujourd'hui qu'à une certaine époque, les phoques ont été exploités sans scrupules.Heureusement que les groupes dits «protecteur^ de la nature» ont été là au cours des années 60 pour alerter l'opinion publique.C'est en partie ce qui a amené le gouvernement canadien à adopter certaines mesures pour protéger, entre autres, le phoque du Groenland.Néanmoins, après une étude objective de la situation, il semble qu'à l'heure actuelle, nous ne subissions plus ce dérangement écologique.Peut-on encore parler de lutte pour la conservation d'une espèce, sachant que la population de GROENLAND Ile Baffin Détroit de^\ Cumber/andl Baie Frobisher DÉTROIT\ d'HUDSON BAIE d'HUDSON LABRADOR jRégions de Igestation et de mue 1 — «Le front» 2 — «Le golfe» [Principales routes Ides migrations QUÉBEC GOLFE ST-LAURENT, principaux consommateurs étant présentement les chasseurs et leurs phoques du Groenland compte environ deux millions d'individus?Les nombreuses campagnes antichasse menées auprès de la communauté internationale ont tenté jusqu'à présent d'atteindre la base économique de l'industrie du phoque, le marché de la fourrure.La valeur des peaux de phoque a en effet connu une baisse entre 1973 et 1977, durant la période des campagnes majeures.Mais, ces campagnes d'opposants, qui protestaient contre la chasse aux bébés-phoques, ont affecté seulement les ventes de fourrures que l’on pouvait reconnaître comme étant du phoque.Si bien qu'au Canada, la part du marché affectée a été celle des autochtones, pour qui la chasse aux animaux à fourrure est le principal moyen de subsistance.Ces Nordiques chassent le «brasseur» (jeune phoque âgé de 25 jours à un an), dont la fourrure gris argenté parsemée de taches noires est vendue naturelle, alors facilement identifiable.Par contre, les ventes de peaux de blanchons, qui sont teintes avant leur mise en marché, n'ont pas été touchées par toute cette propagande, pas plus que celle du cuir, de l'huile et de la viande.Les contestataires n'ont, pour ainsi dire, pas tout à fait atteint le but qu'ils s'étaient fixé.La valeur des peaux de phoque est à la hausse depuis 1 978.Quantà celle de l'huile, elle augmente d'année en année, les huiles de certaines espèces de poisson se faisant de plus en plus rares.Et la viande de phoque?Bien sûr, le marché est à créer, les familles.Le cas du phoque du Groenland est à peu près similaire à celui de son proche parent, l'otarie à fourrure de l'Alaska.Cette espèce du Pacifique Nord, décimée au débutdu 20e siècle a été protégée en 1911, puis chassée à nouveau, mais sous un contrôle strict, par les Américains en Alaska.On évalue maintenant sa population à environ deux millions d'animaux.La chasse à l’otarie à fourrure ne suscite pas de controverse comme celle du phoque du Groenland bien que la méthode d'abattage utilisée soit la même.Est-ce parce que le jeune otarie mâle n'a pas la beauté esthétique du blanchon?Jean Dorst n'a-t-il pas raison lorsqu'il dit dans son ouvrage Avant que Nature ne meure: «Entre une destruction inconsidérée et une protection statique, il y a place pour une exploitation rationnelle, assurant au mieux la survie des espèces et un bénéfice légitime pour l'homme»?Mais il est quand même rassurant au fond de savoir que les principaux intéressés surveillent toute l'affaire de près.En plus, il y a tous les autres qui surveillent ceux qui surveillent; ceux-là ne vont peut-être pas se retirer de sitôt du débat! ?Pour en lire plus Pol Chantraine, La Grande Mouvée, Héritage, Québec, 1 980 M.C.Mercer, La chasse aux phoques.Direction de l'information, Pêches et Océans, Ottawa, 1977 (Tiré de M.C Mercer, 1977) 38 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE LES CHASSEURS D'ÉTOILES par François Beaulieu Des nouvelles fraîches sur l'univers nous parviennent continuellement: on identifie de titanesques étoiles dépassant cent fois en grosseur toutes celles connues jusqu'à maintenant.On découvre d'intrigantes régions vides où devraient normalement se trouver plus de 2 000 galaxies.On se met à soupçonner les neutrinos de posséder une masse propre.Les pièces du casse-tête cosmologique s'accumulent et modifient du même coup l'ensemble du tableau pour à la fois éclairer et accentuer le grand dilemme: expansion infinie de l'univers ou ralentissement de son élan et contraction finale.L'astronomie et la cosmologie, toutes deux à l'affût des progrès de la physique des particules, nous propulsent avec plus d'élan que jamais aux confins de l'espace et au cœur de l'évolution de l'univers.Derrière les manchettes les plus éclatantes, on découvre une communauté de chercheurs qui, par-dessus les frontières, collaborent à la grande enquête cosmique.L'équipe d'astronomes québécois tient bien sa place dans ce domaine des sciences, grâce à l'observatoire du mont Mégantic, dirigée par Serge Demers, astronome de l'Université de Montréal, et aussi, bien sûr, au grand télescope Canada-France-Hawaii, dont le directeur est le Québécois René Racine.Le réflecteur de 1,6 mètre' de Mégantic peut paraître modeste à côté du géant de 3,6 mètres qui domine le Mauna Kéa.Il permet cependant à nos chercheurs de donner l’élan initial à des projets, qu'ils peuvent ensuite poursuivre sur de plus grands instruments.Bien que le travail de longue haleine sur des questions de fond, comme la structure des étoiles et des galaxies, constitue le pain quotidien des astronomes, la courte histoire des observatoires de Mégantic et d'Hawaii a déjà été ponctuée de quelques moments plus remarquables, qui n'ont pas toujours trouvé leur écho dans le public.UNE PREMIÈRE À MÉGANTIC Gilles Fontaine, professeur à l'Université de Montréal, a étudié durant plusieurs années les processus de refroidissement des naines blanches, ces étoiles mortes qui ont complètement épuisé leur combustible.En 1976, un astronome américain publiait la nouvelle de ses découvertes de naines blanches animées de mouvements vibratoires.Vivement intéressé par ces étoiles d'un type inconnu auparavant, Gilles Fontaine s'est appliqué à en préciser les critères d'identification.Il a déterminé un indice spectrophotométrique correspondant mieux à leurs températures caractéristiques.Cet indice est d'autant plus efficace qu'il utilise les zones du spectre situées entre les raies.On améliore ainsi la précision des mesures photométriques en évitant les baisses de luminosité qu'occasionnent les raies spectrales.Sa méthode s'avère fructueuse: jusqu'à maintenant, toutes les naines blanches qu'il a examinées se sont révélées variables.Ainsi, depuis 1 979, il a pu enrichir de six nouveaux spécimens la liste des naines blanches variables connues.On en compte maintenant une vingtaine.Toutes les naines blanches variables découvertes jusqu'à maintenant sont incluses dans un intervalle de températures relativement étroit.Les modèles indiquent qu'à une faible distance sous leur surface, les températures correspondent à celle de l'ionisation de l'hydrogène dont ces étoiles sont constituées.Cette ionisation étant partielle, des mouvements de convection, c'est-à-dire de transfert d'énergie (chaleur), sont engendrés, ce qui entraîne en surface les déplacements de matière ou instabilités observés.L'étude tend à démontrer que toutes les naines blanches traverseraient une telle période d'instabilité au cours de leur existence.Or, on estime que les naines blanches pullulent littéralement dans notre Galaxie, bien qu'on en observe peu en raison de leur faible luminosité.Les naines blanches variables deviendraient alors plus nombreuses que les autres types d'étoiles variables.Leur étude vise aussi à obtenir davantage d'informations sur leur composition interne, une donnée essentielle en astrophysique nucléaire pour la définition des mécanismes de formation des éléments au sein de ces étoiles.SUPERNOVAE RETROUVÉES Anthony Moffat, également rattaché à l'Université de Montréal, en collaboration avec Michael Shara de l'Université d'Ëtat de l'Arizona, ont de leur côté réussi à retracer les restes de deux novæ.Ils se sont d'abord mis en quête des restes d'une nova dont l'éclat avait attiré l'attention du Français d'Agelet, en 1783.Se fiant aux observations très précises que celui-ci avait consignées, ils décidaient, en octobre 1981, de pointer le télescope d'Hawaii sur une étoile de 19e magnitude.(La magnitude est un indice de luminosité.Elle s'exprime par un nombre de plus en plus élevé à mesure que la luminosité décroît.) L’analyse de son spectre lumineux indiqua qu'il s'agissait de la relique de la nova recherchée.À leur surprise, au cours de l'observation, l'étoile disparut brusquement.Les novæ font le plus souvent partie de systèmes binaires.L'une des deux étoiles accumule des gaz QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 39 provenant de l'autre et, à un certain moment, l'accumulation provoque une explosion qui multiplie la brillance du système par 1 000 ou 10 000.Dans le cas présent, la nova retrouvée est périodiquement éclipsée par sa compagne invisible.Une fois de retour à Mégantic, Moffat put chronométrer une seconde occultation de la nova de 1783.Une étude plus poussée de la variation de luminosité du système permettra de déduire la période de révolution des étoiles et leurs propriétés.La seconde nova recherchée avait été rapportée en 1670.Les deux chercheurs ont retracé ce qu'il en reste dans la constellation Vulpécula, sur un cliché obtenu à Mauna Kéa.Elle se présente comme une étoile très faible (magnitude 21 +), entourée d'une nébulosité en expansion.De nombreux autres projets de recherche occupent les 11 astronomes québécois, mais il serait trop long d'en donner la liste complète.Contentons-nous de signaler l'apport de deux nouveaux venus dans l'équipe, Daniel Nadeau, qui s'intéresse à la spectroscopie des nuages interstellaires et qui développe l'instrumentation nécessaire à l'observation dans l'infrarouge, et François Wese-mael, qui étudie, quant à lui, la définition d'atmosphères de naines blanches.En 1978, on s'inquiétait du nombre relativement réduit d'astronomes au Québec.À l'Université de Montréal tout au moins, la tendance semble désormais à la hausse.Depuis deux ans, c'est-à-dire depuis l'inauguration de l'observatoire du mont Mégantic, on y constate une hausse significative du nombre d'étudiants inscrits au premier cycle d'études en physique, qui comporte de nouveaux cours d'astronomie.De plus, l'observatoire du mont Mégantic a permis l'instauration de programmes de maîtrise et de doctorat en astronomie François Beaulieu 40 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE Au télescope proprement dit.dont le miroir mesure 1,6 mètre de diamètre, se greffent de nombreux instruments complexes.d'observation qui s'ajoutent au programme d'astrophysique théorique déjà existant.Les étudiants, pour leur recherche, ont accès à l'observatoire.LA CHASSE AUX PHOTONS Les observateurs de Mégantic ont eux-mêmes confectionné ou ont promu l'acquisition d'une large gamme d'instruments qui se greffent au télescope.Ainsi, récemment, l'observatoire a fait l'acquisition d'un détecteur solide de marque Réticon.L'équipe technique de l'observatoire travaille présentement à l'adapter au spectrographe.Il devrait permettre d'obtenir des spectres beaucoup plus détaillés.Cet appareil recueille la lumière émise par les objets célestes, non sur une plaque photographique, mais sur une série de photodiodes alignées qui enregistrent les charges électriques provoquées par les photons incidents.Les signaux recueillis sont ensuite traités par ordinateur pour reconstituer les spectres.Le nombre des photons enregistrés par un instrument par rapport au nombre de photons réellement présents donne l'efficacité quantique de l'appareil.Ainsi, les meilleures plaques photographiques n'ont une efficacité quantique que de trois à quatre pour cent, tandis que le Réticon peut capter 80 pour cent des photons émis.En avril 1980, nos astronomes ont obtenu une subvention pour l'acquisition d'un détecteur à photodiodes bidimensionnel, donc pouvant reconstituer des images.Utilisant le même principe que le Réticon, cet appareil contient plusieurs rangées de cellules.Celui actuellement en construction à l'Université de Montréal aura une surface constituée de 360 par 520 photodiodes.Il fournira des images 20 fois plus précises que ce que l'on pouvait obtenir auparavant.DES TÉLESCOPES SATELLITES Plutôt que d'attendre une prochaine innovation qui donnerait une nou- velle impulsion aux grands télescopes terrestres, les scientifiques ont contourné les problèmes engendrés par l'atmosphère (qui limite la profondeur de l'espace observable en absorbant la lumière) en plaçant des instruments sur orbite.Le télescope Einstein, mis sur orbite par les Américains, qui observe dans les rayons X, a permis la détection des premiers trous noirs et de nombreux quasars.Certains de nos astronomes ont déjà complété des travaux à l'aide de cet instrument-satellite.La communauté scientifique ainsi qu'une foule d'astronomes amateurs attendent avec impatience la mise en orbite par la navette spatiale du télescope américain, prévue pour 1984.On devrait alors assister à un véritable feu d'artifice de découvertes de la part de nos voisins.D'un diamètre intermédiaire (2,4 mètres), ce télescope sera doté d'un détecteur bidimensionnel dont la surface carrée comportera un million de photodiodes, ce qui conférera un pouvoir discriminatoire jusqu'alors inégalé.On estime qu'il multipliera le rayon de l'univers actuellement observable par sept et son volume par 350.Plutôt que de donner suite aux appels d'offre internationaux pour la conception d'instruments qui auraient servi à équiper le Space Telescope américain, les astronomes canadiens ont préféré concentrer leurs efforts à la mise au point d'un projet qui les concernera plus directement.Il s'agit du Starlab, projet canado-australo-américain.Au Canada, c'est le Canadian Starlab Working Group qui est chargé de l'étude du projet.Ce comité est constitué de scientifiques, pour la plupart astronomes, ainsi que d'un membre du Centre canadien des sciences spatiales, organisme rattaché au Conseil national de recherches du Canada (CNRC).M.Georges Michaud, de l'Université de Montréal, participe à ce comité en tant qu'as-tronome.Selon lui, «ce projet conjoint, actuellement en phase d'étude préliminaire, vise à mettre sur orbite un télescope d'un diamètre d'un mètre qui complétera le télescope orbital américain».Les budgets pour le projet de télescope orbital sont encore sujets à approbation.Il faut dire qu'un autre grand projet canadien, celui des radio-télescopes synchrones (voir Québec Science, vol.19, n° 12), draine actuellement la majeure partie des fonds disponibles à ce chapitre.Il faudra donc patienter au moins jusqu'en 1988 pour assister à l'envol du nouveau venu.? A A Ax & Ne13 .g^0 ô\^ ^e C,0 .,i?P o\ 0.^eS (.&- A0'1 r ._\0\V , *0°Ve 6^> 0° an^0 aG^ Vn ¦^ro^V' 66 CBF-690'ip€BV980 Montréal ^ Québec et aux stations de la chaîne française de Radio-Canada 42 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE LACLEDE L’INNOVATION par Luc Chartrand On a dit des Québécois qu'ils sont toujours consommateurs, quelquefois producteurs mais rarement concepteurs.«C'est absolument faux! réplique d'emblée Marcel Risi, directeur commercial du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ).Nous sommes un peuple de «paten-teux» et ça, c'est fondamentalement vrai.Mais nous avons un problème.Nous sommes mal structurés lorsque vient le temps de mettre nos idées en pratique.» Mal structurés, mais aussi, pour-rait-on ajouter, nageant dans un océan technologique où notre capacité de faire des remous semble dérisoire.En 1981, General Motors investissait à elle seule 2,2 milliards de dollars dans son budget de recherche et développement.On dénombre 744 grandes entreprises américaines dont le budget individuel de R&D dépasse 35 millions de dollars par année.C'est dans un tel univers que le CRIQ, avec les 13 millions qu'il manipule, cherche à subvenir aux besoins d'innovation de toute la PME industrielle au Québec.«Notre budget, ironise Marcel Risi, c'est à peu près l'argent de poche du président de GM!» Néanmoins, depuis sa création en 1970, le CRIQ s'est avéré l'instrument privilégié du gouvernement québécois pour l'aide à la recherche industrielle.Le Livre blanc sur la politique scientifique tout comme le document Bâtir le Québec ont réaffirmé son rôle central en termes de recherche industrielle et, en ces temps de coupures, le budget du CRIQ est à la hausse.Les chercheurs du Centre y exécutent des travaux de développement pour les entreprises qui sont dans l'incapacité de défrayer pour leurs seuls besoins les coûts de l'équipement et de la main-d'œuvre nécessaires à la recherche.On y met aussi à la disposition des PME l'information scientifique et technique la plus élaborée possible.Son directeur commercial est un curieux personnage, une sorte d'agitateur public qui ne rate jamais l'occasion d'un colloque ou d'un congrès pour promouvoir la contestation, l'insécurité et l'imagination, ingrédients indispensables selon lui au processus créatif.Il adore les formules flamboyantes et ne craint pas la contradiction: «Je suis capitaliste l'après-midi, au bureau, et socialiste le soir en rentrant à la maison,» confiait-il après avoir négocié avec l'Alcan un projet de développement technologique qui devait entraîner des mises à pied.Je suis capitaliste l'après-midi, au bureau, et socialiste le soir en rentrant à la maison Il se définit lui-même comme un contestataire.« L'innovation part toujours d'un esprit de contestation et non pas, comme on le croit souvent, d’un esprit curieux ou d'un esprit scientifique.L’esprit curieux dit, par exemple, «il y a une pomme qui tombe» et il se met à étudier pourquoi les pommes tombent.Il va aboutir à l'équation de Newton sur la gravitation universelle.Maisenconsidérant la même pomme, celui qui a un esprit contestataire ne se demande pas pourquoi elle tombe.Il se dit: «Pourquoi, puisqu'il pousse des pommes, y a-t-il des gens qui meurent de faim?» Il a perçu un besoin et va essayer de lui trouver des solutions qui peuvent s'appeler texturisation des protéines ou autre chose du genre.» C'est ce genre d'épistémologie à sensation qui a fait de Marcel Risi un des meilleurs vendeurs de la recherche industrielle au Québec.Un parti pris fondamental pour les applications plutôt que pour «les grandes interrogations désincarnées».Bien sûr, il ne sauraitêtrequestiondenier la pertinence de faire ce qu'il est convenu d'appeler la recherche fondamentale.Mais il faut savoir, affirme-t-il, que les retombées sociales de la recherche ne vont pas de soi.Il faut avoir la volonté de répondre aux besoins sociaux sinon ce n'est qu'accidentellement que la recherche scientifique aura des retombées économiques valables.« La recherche fondamentale a un but en soi qui est celui d'augmenter le patrimoine intellectuel scientifique mondial.C'est quelque chose de cosmique, qui appartient à tout le monde.Mais quand Jos Boule-à-mites, lui, a un problème, il part d'un besoin.Pour y répondre, il faudra forger un outil en se servant du réservoir des connaissances scientifiques.Le développement n'est pas une conséquence de la recherche fondamentale.Il naît d'un besoin et puise dans les découvertes de la science.C'est très différent du schéma traditionnel.» «Un des grands problèmes au Québec, c'est que ceux qui font de la recherche sont détachés des besoins sociaux.La capacité de percevoir ces besoins s’apprend dans les sciences humaines.On devrait enseigner un peu plus l'histoire, la géographie, l'économie.Ce n'est pas en étudiant la physique ou la chimie qu'on peut connaître les problèmes de développement économique à Rimouski.» Première cible des critiques donc, les universités et la façon dont s'y fait la recherche.« Des gars qui rêvent de science dans leurtour d'ivoire, il yen QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 43 iMiHranuixuvi) 'i;: ' ir ¦¦ llllll! 'ih * •w * 'mmà mm* hW ' • .' A 4.' * m V' r a plein l'université.Il y a trop de gens qui cherchent simplement à reculer les frontières du savoir et qui vivent à côté de la réalité.Et c'est le reproche que le gouvernement fait actuellement aux universités en leur disant: «Hé! les Chariots! C'est beau la recherche fondamentale, mais vous allez essayer d'orienter graduellement cette recherche vers les besoins québécois.» » À la limite, on pourrait songer à appuyer les chercheurs en fonction de leur impact sur la société.«Le système de promotion actuellement en vigueur à l'université est basé sur le nombre de publications qu'accumulent les chercheurs.Que ça fasse dubienounonau monde dans lequel ils vivent, les gars s’en «sacrent».Nous, on leur dit: «Oubliez un peu vos publications et si vos recherches peuvent avoir des retombées dans l'industrie, ça c'est valable.» C'est le sens de certains protocoles que nous proposons aux universités et en vertu desquels nous offrons de commer- II y a trop de gens qui cherchent simplement à reculer les frontières du savoir et qui vivent à côté de la réalité cialiser les applications industrielles de leurs recherches.Après quoi, nous partagerons les profits.«Nous avons déjà signé une entente avec l'université Laval, à la suite de laquelle nous avons mis sur le marché une nouvelle variété de blé mieux adaptée à notre climat.Ailleurs, nous rencontrons encore des résistances.Tout le monde n'est pas prêt à accepter ce changement qui, pourtant, s'est fait en Allemagne, au Japon et en France où on fait «descendre dans la rue» les résultats de la recherche.Le vrai transfert technologique dont on a besoin au Québec, c'est celui de la technologie qui se trouve dans la tête de nos chercheurs dans les universités et les centres de recherche vers les industries.» Au Québec, nous avons peu d'histoire au chapitre de l'innovation industrielle.Seulement 1,4 pour cent des brevets attribués par le Bureau des brevets d'Ottawa vont à des Québécois.L'ensemble des Canadiens ne font guère mieux avec six 44 mars 1982 / QUEBEC SCIENCE pour cent, mais ces chiffres témoignent à quel point l'invention autour de nous vient principalement d'ailleurs : États-Unis, Japon, Allemagne.Et si nous voulons améliorer un peu notre score à ce niveau, à en croire le directeur commercial du CRIQ, il faudra miser davantage sur l'industrie que sur les inventeurs individuels.«Ici, nous avons un département d'aide aux inventeurs; c'est ce que j'appelle notre département de psychiatrie! On reçoit 600 ou 700 demandes par année et les trois quarts nous viennent de «crack pots» Le vrai transfert technologique dont on a besoin au Québec, c'est celui de la technologie qui se trouve dans la tête de nos chercheurs dans les universités et les centres de recherche vers les industries qui devraient plutôt s'adresser aux Affaires sociales.On rencontre des «sautés», des malades mentaux.Comment veux-tu expliquer la deuxième loi de la thermodynamique à un type qui a une troisième année solide, qui a patenté un mouvement perpétuel sur le ruisseau en arrière de son chalet et qui prétend créer de l'énergie?» Le grand dessein du CRIQ, d'après M.Risi, consiste à introduire au niveau industriel une nouvelle attitude mentale face à l'innovation.«L'innovation, c'est un état d'esprit.Elle peut être technologique, mais elle peut aussi se retrouver dans les méthodes de gestion, dans le comportement personnel.» Bien entendu, il existe des moyens de rattraper un retard, le plus connu étant celui du transfert technologique par l'achat de licences de fabrication à des firmes étrangères.Il semble toutefois que, dans l'ensemble, les entreprises canadiennes ne sachent pas profiter de ces transferts, surtout à cause d'un manque de personnel qualifié pour poursuivre le développement de la technologie importée.«Il ne faut jamais oublier, reprend Marcel Risi, que la technologie, c'est toujours dans la tête.Tu peux faire venir un nouveau procédé d'Europe, mais celui qui te l’a vendu, lui, là-bas, continue à progresser.Si on n'a pas ici le personnel pour continuer la recherche, on risque d'être vite dépassé.Je pense, par exemple, à une filiale de la Société générale de financement (SGF) qui avait obtenue de France la technologie pour fabriquer des isolants de 750 000 volts pour Hydro-Québec.Par la suite, la même firme française a vendu à l'Ontario ce procédé, mais d'une génération plus jeune, qui, au lieu d'utiliser la céramique, était à base de verre.On avait donc acheté une technologie sans profiter de celle qui en découlait, c'est-à-dire sans développer le développement.» Ceci dit, il est évident qu'on peut utiliser intelligemment la technologie d'importation pour initier localement de nouveaux développements.À l'époque où il dirigeait le service d'information scientifique et technique du CRIQ, M.Risi s'est appliqué à relier les services d'information aux banques de données européennes, notamment celle du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS).«Cela tient du principe, dit-il, selon lequel si tu fouilles la documentation canadienne ou américaine plutôt que celle de la Communauté économique européenne (CEE) ou du Japon, tu risques de trouverdes solutionsà ton problème qui soient déjà connues en Amérique du Nord.Mais si tu cherches ton information dans les banques européennes, tu augmentestes chances de trouver une technologie qui n'est pas encore connue ici et, au niveau du développement, d'y trouver des applications nouvelles et originales.«La recherche subit toujours l'influence du milieu culturel.C'est particulièrement évident dans le domaine du design.Regardons, par exemple, les produits allemands Braun qui ont une apparence tout à fait différente de ce qui se fait en Amérique du Nord.Le Québec pourrait servir de plaque tournante : importer des technologies et fabriquer de nouveaux produits qui n'ont pas de concurrents.«On vient de signer une entente avec une firme japonaise qui nous fournit de l'information technologique.Il faudrait peut-être regarder aussi ce que font les pays Scandinaves.Comment font-ils leurs fenê- peut île ce! 45 QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 6flU6 II M-1 volts H te, le I du a I unel lieu I base 8 une I eou11 mgni I à| :e I :bn-1 imue i(]ue i,tu Itou esen diet-1 batt'l isles I jogie I etay ttoe-1 es el| sl'in- itpat- malt* très isolantes?Peut-être ont-ils des solutions nettement supérieures aux américains.Prenons le cas de l'automobile.Il n'ya passi longtemps, l'âge moyen d'une automobile américaine était, aux États-Unis, de 13 ans.Ici, a-t-on déjà vu une voiture américaine résister 1 3 ans?Par contre, les Volvo, qui viennent d'un pays froid, durent plus longtemps.C'est parce que la technologie est liée à la façon de vivre.» Au point, selon M.Risi, que l'on peut parler d'une identité technologique de la même façon que d'une identité linguistique.«Nous voulons nous distinguer culturellement, mais nous pouvons le faire aussi en termes de technologie.La copie technologique aboutit à une copie mentale.Si nous sommes condamnés à faire ce qu'on appelle du Reverse engineering, alors copions les autres plutôt que de copier les Américains.Nous aurons plus de chances que notre produit soit un peu nouveau.» Le problème toutefois, lorsqu'il est question de miser sur une identité technologique ou même d'orienter la recherche, demeure celui des choix.Car il est hors de question pour un pays de la taille du Québec ou même de celle du Canada, de songer à jouer toutes les grandes options technologiques à la fois.Pour survivre, nous sommes condamnés à nous distinguer dans des domaines précis.«Tout le monde sait qu’il faut faire des choix, mais dans les faits nous n'avons pas de politique technologique au Québec.Pourquoi?Parceque les choix sont politiques.Avons-nous les moyens de choisir à la fois la biotechnologie, la physique nucléaire et toutes les avenues qui coûtent une fortune?• «Le jour où l'on décidera de fermer le département de physique nucléaire pour le remplacer par un département de physique du bois ou de chimie du bois, on fera un choix politique, et les choix politiques se traduisent toujours en votes.Il faut pourtant en faire des choix et en fonction des ressources que nous avons.Ces ressources sont naturelles, matérielles et humaines.«Il n'y a pas 56 façons d'établir des priorités.À l'intérieur d'une enveloppe budgétaire de dix millions de dollars, on dit qu'on place un million dans tel secteur, deux millions ici, un million là, puis ce qui reste, c'est de la graine pour les autres.Actuellement, c'est de la graine pour tout le monde! «Les économistes du gouvernement le disent pourtant que la seule façon de réussir, c'est la concentration.Actuellement, on cherche à .copions les autres plutôt que de copier les Américains.Nous aurons plus de chances que notre produit soit un peu nouveau faire plaisir à tout le monde.Un petit peu à l'Université de Montréal, un petit peu à l'université Laval, pastrop à McGill, parce que ça paraît mal.Mais, finalement, ça donne quoi?Es-tu capable de me dire pourquoi, au Québec, on a besoin de cinq facultés de physique?On peut en produire pour la planète, des physiciens!» Le CRIQ n'est évidemment pas là pour fixer des choix, s'empresse-t-il de souligner.Au mieux, on peut voir en lui un instrument de la politique technologique, chargé d'appliquer certaines priorités gouvernementales.Une de ces priorités depuis 1970 futl'aideà la PME.C'est unchoixsur lequel on pourrait s'interroger.La PME représente-t-elle véritablement un moteur de l'innovation?La grande entreprise n'a-t-elle pas été un peu oubliée par le gouvernement depuis 1976?«Je pense que c'est une option valable.D'abord parce que la grande entreprise n'a pas vraiment besoin de nous et aussi parce que dans les moments de récession, l'entreprise qui se comporte le mieux, c'est encore la PME.Une PME a beaucoup plus de versatilité, de capacité de se retourner.Pour une boîte comme IBM, changer de philosophie et d'orientation, c'est pas de la tarte! C'est une entreprise aussi grosse que le gouvernement de la province de Québec! Les grands fabricants d'automobiles, par exemple, n'ont pas su réagir assez vite aux voitures japonaises.«De toute façon, dans l'industrie et ce de plus en plus, le plus fort ce n'est pas celui qui est le plus solide Andrée-Lise Langlois Andrée-Lise Langlois 46 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE ^‘'S'SÎEt rr'pÆé %'' mm Avons-nous les moyens de choisir à la fois la biotechnologie, la physique nucléaire et toutes les avenues qui coûtent une fortune ?financièrement, mais celui qui est le plus fort techniquement.Aujourd'hui, celui qui investit dans l'achat de produits demande de la technologie.Regarde les câblosélecteurs.Les gens sont prêts à débourser 50$ de plus pour avoir la télécommande et se débarrasser du fil qui traverse le salon.Le public exige des choses de plus en plus sophistiquées, et ce même lorsqu'il s'agit des produits les plus simples.» Malgré tous nos problèmes de mise en œuvre de l'innovation, il y a tout de même pour Marcel Risi de bonnes raisons de se réjouir.Depuis la création du CRIQ, la progression des PME dans le domaine technologique a été appréciable.Il parle même d'un nouvel esprit.«Il y a cinq ans, nous signions pour deux à trois millions de dollars en contrats par année.Cette année, nous atteindrons huit millions.Mais la plus belle réussite du CRIQ, c'est la création d'une nouvelle attitude dans l'entreprise.On peut compter 500 ou 600 entreprises qui sont devenues des clientes régulières et nous avons évalué que 55 pour cent des nouvelles compagnies qui s'adressent à nous viennent d'elles-mêmes, parce qu'elles ont entendu parler de nous.» La télévision et le monde scientifique Une collaboration qui remonte aux débuts de la télévision et qui s'est poursuivie, avec le lancement des premières fusées, le premier pas de l'homme sur la lune, jusqu'au récent voyage de la navette spatiale Columbia.Science-réalité Tous les nouveaux aspects de l'actualité scientifique, présentés par l'animateur Donald Dodier.Le laser en chirurgie L'aviation ultra-légère Les jeux scientifiques Les plateformes de forage Le rhumatisme Les machines qui parient Le programme nucléaire français Cosmos Un voyage, guidé par Cari Sagan, dans le temps et dans l'espace: des premières manifestations de la vie sur Terre aux voyages interstellaires sur Mars et à la surface de Vénus.Science-réalité et Cosmos En alternance, le samedi à 18h05 WjW' u» §1 RC-TV-82-111 QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 47 Une bicyclette pourtous les “ours" ! O ui.pour tous les ours et pour tous les jours! Pour la promenade en famille, les longues randonnées ou l'aller-retour au travail.VÉLO SPORT et PEUGEOT sont les marques de bicyclettes les plus populaires! .quel que soit votre budget! VELO SPORT les bicyclettes de tous les jours fabriquées au Québec.PEUGEOT Ces deux marques sont en vente chez tous les bons marchands de bicyclettes.tites ccmme nax Notre maison autooome * c *• LA.CONVERSION BIOENERGETIOUE: Demeyer.A.LA CONVERSION BIOÉNERGÉTIQUE Ce volume présente la conversion bioénergétique en rappelant, au cours des exposés, les notions essentielles de physique, de chimie et de biologie.Le plan retenu permettra au lecteur d’avoir ep un seul volume l’ensemble des données nécessaires à la compréhension des phénomènes de la conversion bioénergétique du rayonnement solaire et les éléments pour appréhender les biotechnologies.Le rayonnement solaire est présenté sous ses deux aspects: énergétique et spectral.Les conversions biochimiques et microbiologiques sont détaillées avec indication de leur application dans le domaine industriel, agricole ou de l’habitat.Technique et Documentation, 1981, 314 pages.S55.10 Vale, B.et R.VOTRE MAISON AUTONOME Ce guide intéresse tous ceux qui.comme les auteurs, souhaitent tirer le meilleur parti possible de leur maison en mettant en oeuvre eux-mêmes tous les ‘‘trucs anti-gaspillage” et en faisant appel de façon concrète et réaliste aux énergies nouvelles.Tous deux architectes, les auteurs nous révèlent à travers une expérience vécue ‘‘outils à la main”, les secrets d’une maison autonome.Qu’il s'agisse de l'isolation, de l'adjonction d'une serre, de la construction d’une éolienne, du recyclage de l’eau, etc., les conseils sont simples et faciles à suivre, grâce aux croquis qui accompagnent chaque opération.Editions du Moniteur, 1982, 238 pages .$31.90 Yanda, B.UNE SERRE SOLAIRE L'énergie solaire suscite aujourd’hui un engouement quasi-unanime et pourtant, malgré l’apparition timide de quelques chauffe-eau, son développement demeure très lent.Ce livre sans prétention scientifique, permettra aux profanes de se familiariser avec les principes élémentaires de l'utilisation du solaire dans l'habitat.Il devrait inciter chaque lecteur habitant une maison individuelle à construire sa serre solaire.Les serres solaires ont la faveur du public parce quelles combinent la fonction chauffage à la fonction jardinage, tout en offrant une extension de l'espace habitable très agréable en hiver.Eyrolles, 1982,147 pages.$27.85 Bon de commande à découper et à retourner à : somabec Liée 2475, Sylva Clapin St-Hyacinthe, Qué.J2S 5T5 L La conversion bioénergétique.Votre maison autonome .Une serre solaire.Règlement ci-joint Chèque bancaire Mandat postal $55.10 $31.90 $27.85 I Visa^S^ Master Charge OQOO OGLDOO GDOOQO Date d’expiration ______________________________________________________ Nom et Prénom___________________________________________________________ (en capitales) Adresse ________________________________________________________________ Date Signature En vanté chaz votra llbralra spécialité ou chaz SOMABEC I J&h, mWwmmmt •¦: - mm:- .TF n est en droit de se demander i le prix du propane ne va pas aire le même bond que celui de électricité à partir du moment >ù le nombre d’utilisateurs ura augmenté.! Un inconvénient majeur à utilisation du propane est l’in-erdiction de traverser des tun-icls avec une bonbonne de gaz ouverte.De plus, selon Jacques Richard, du ministère des .Transports du Québec, un ar-êté en conseil stipule que l’on oit faire vérifier à ce ministère mutes modifications effectuées ur le moteur.Les inspecteurs evraient être plus sévères dès ue le gouvernement fédéral 55 aura rendu publiques les normes d’installation et de pièces qu’il est en train d’ébaucher.Jean-Paul Blouin, chef du garage de la boulangerie Sam-son, à Lauzon, qui possède cinq véhicules d’une capacité d’une à une tonne et demie équipés au gaz, estime, pour sa part, que la conversion n’est pas vraiment aussi rentable qu’il l’aurait espéré.«Quant à moi, a-t-il ajouté, je préfère que mon auto reste à l’essence.» De son côté, Réjean Pelletier, un garagiste de la région de Québec, a acheté un véhicule au propane au début des années 70 et il s’en est débarrassé bien vite à cause de ses inconvénients, surtout après s’être fait arrêter et avoir dû payer une forte amende à la sortie d’un tunnel aux États-Unis.Il suggère plutôt la transformation au diesel, même si cela coûte beaucoup plus cher au départ, et seulement à des individus qui font 30 000 kilomètres par an ou plus.François Picard I Gouvernement du Québec Conseil exécutif I Secrétariat au développement scientifique CONCOURS DE JOURNALISME SCIENTIFIQUE Ce concours a pour but de favoriser la diffusion de la culture scientifique en offrant des stages de formation en journalisme scientifique.Les trois lauréats du concours auront la possibilité d’effectuer un séjour de trois mois dans l’un des organes de presse participants.Il s'agit du Devoir, de La Presse, du Soleil, de Québec Science, d'Hebdo Science et de la revue Chercheurs.À qui s’adresse ce concours?Tous les résidents du Québec, hommes et femmes, qui n’ont jamais fait de journalisme professionnel, sont admissibles à ce concours.Comment participer à ce concours?Les candidats devront présenter, sur un thème scientifique ou technique de leur choix, un dossier comprenant: — une description détaillée de l’ensemble des recherches, lectures, interviews et démarches préparatoires à la rédaction; — le produit final de leurs travaux, un article n’excédant pas 10 feuillets, dactylographié à double interligne sur du papier blanc de format 8"72 x 11".Les dossiers devront être adressés au Secrétariat au développement scientifique au plus tard le 15 mars 1982.Évaluation des dossiers Un jury indépendant, composé de trois experts, évaluera chaque dossier.Ce jury classera les trois lauréats.Les résultats du concours seront annoncés par le ministre d’État au développement culturel et scientifique le 30 mars 1982.Stage de formation Les trois lauréats, dans l’ordre de leur classement, choisiront celui des organes de presse participants où ils désirent effectuer un stage d’une durée de trois mois, aux dates de leur choix.Chacun des lauréats touchera pour cette période une allocation salaire de 3 600 $.Pour tout renseignement, veuillez communiquer avec: Georges Lagacé Secrétariat au développement scientifique 1020, rue St-Augustin Édifice «D», 7e étage Québec (Québec) GIR 5J1 Tél.: 418-643-7999 56 mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE Le logement nest pas suffisant Pour ceux qui ne font plus partie de la population dite active, la satisfaction de vivre est moins liée à un type d'habitat qu'à la différence entre la situation actuelle et celle des années passées et aux possibilités de modifications qu'ils peuvent apporter à leur condition.Cest une des principales conclusions qui ressort d'une enquête effectuée en 1979 auprès de trois cent cinquante ménages de la région urbaine de Québec.Verena Bernardin-Haldemann, du Laboratoire de gérontologie de l’Université Laval, vient d'en publier les résultats.Le premier objectif de ce travail était de brosser un tableau le plus global possible de l'habitat de la majorité des personnes âgées, celles qui résident en logement indépendant.Mais l'habitat c'est bien plus que le strict «logement» et l'originalité de cette étude socio-logique c'est d’avoir tenter d'appréhender d'une part les différentes composantes de cet habitat et leurs multiples relations: le logement, son prix et son poids dans le budget du ménage, le voisinage physique et le voisinage social etd'autre part l’espace de vie quotidienne, c'est-à-dire le cadre des sorties habituelles.Autre aspect nouveau, l'échantillon de personnes interrogées correspond à une notion élargie de la «retraite».La chercheuse a considéré les personnes dont les ressources sont à toute fin pratique non renouvelables : les retraités et leur conjoint.Elle a inclus les femmes qui n'ont jamais été sur le marché du travail, mais dont les ressources sont liées à celles du mari et dont le «travail», à la fois en temps réel mais aussi en valeur sociale, est fortement diminué, les enfants étant élevés et le conjoint retraité ou décédé.Géographiquement, l'étude a été réalisée dans quatre quartiers de la ville de Québec qui diffèrent autant par le milieu socio-économique que par la distance au centre-ville et les caractéristiques des logements disponibles: Saint-Dominique (Haute-Ville de Québec), Saint-Sauveur et Saint-François-d'Assise (Basse-Ville) et Saint-Rodrigue (dans la banlieue nord de Québec te irai il»' L'UNIVERSITE LAVft.L EN CAPSUL Importante subvention au Centre d'études en enseignement au Canada Le professeur Benoît Robert de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval, recevait récemment, de la Fondation d'études du Canada, une subvention de $150 000 répartie sur trois ans, pour les travaux qu’il effectue dans le cadre du Centre d'études en enseignement du Canada (CEEC).Le CEEC, qui est le plus important centre du genre au Canada, a notamment pour buts: • de former un réseau d'éducateurs intéressés à l'enseignement du Canada, venant des régions de Québec, Montréal, Ottawa, Moncton, Chicoutimi, Rimouski et Trois-Rivières: • d'élaborer et de distribuer du matériel d'enseignement, notamment concernant le Canada francophone; • de mettre sur pied des séminaires et des ateliers en études du Canada: • de développer des relations avec les associations d'enseignants, les divers niveaux de gouvernements et les autres centres subventionnés par la Fondation d'études du Canada.Un enseignement qui veut dépasser la partisannerie politique et les préoccupations régionales Pour Benoît Robert, ce n'est pas préjuger de l'avenir politique du Canada que d'étudier la géographie, l'histoire, l'évolution politique actuelle du Québec dans le cadre fédératif où elles s'inscrivent actuellement.Cette approche resterait valable, souligne-t-il, même si le statut du Québec devait changer.Non partisan, l'enseignement du Canada que préconise Benoît Robert se veut aussi global.Avec quelques nuances, Benoît Robert reconnaît que cette approche globale s'est développée en réaction, ou au moins en complément, de l'approche régfonaliste et locale qui prévaut dans le mouvement pédagogique contemporain.Pour lui, il ne suffit pas de faire découvrir à l'étudiant l'histoire et la géographie à travers son environnement immédiat, il faut encore lui permettre de faire le lien entre ces études locales et régionales et l'ensemble historique, géographique et économique canadien.Ajoutons que l'équipe de Benoît Robert s'est surtout intéressée jusqu'ici au Canada francophone, et plus particulièrement à la géographie, puisque le professeur Robert est lui-même un géographe.L'équipe du CEEC a notamment à son actif un «Atlas des francophones de l'Ouest», un «Atlas de l'Acadie», un manuel sur les partis politiques au Canada, un recueil d'échanges littéraires entre 24 classes d'écoliers francophones répartis entre Mail-lardville et Chéticamp.Mais, après cette redécouverte des minorités francophones à travers le Canada, les études du CEEC porteront maintenant à 75 pour cent sur le Québec, notamment avec la production d'un «Atlas pédagogique du Québec»: après tout le Québec est dans le Canada.et il y a encore fort à faire pour les Québécois connaissent mieux leur histoire et leur géographie.Le lait maternel n'est plus ce qu'il était Hélas non, le lait maternel n'est plus ce qu'il était.comme l'air et l'eau, il a subi les contre-coups de la civilisation.Il est pollué.Même s'il reste encore sans contredit le meilleur aliment pour le nourrisson, il faut le surveiller de plus près.Des chercheurs, un peu partout dans le monde, suivent à la trace une série de composés particulièrement résistants aux modes de dégradations naturels.Des membres du centre de recherches en nutrition de l'Université Laval, Jean-Claude Dillon, Gérard B.Martin et Huguette O'Brien, viennent de publier dans la revue «Food and Cosmetic Toxicology» un article intitulé: «traces de pesticide dans le lait maternel».Les résultats sont à première vue inquiétants.Quatre composés ont été analysés dans ce travail : les BPC (biphényl polychlorurés ou PBC en anglais), et trois résidus d'insecticides organochlorés dont le DDT.Les chercheurs ont analysés 154 échantillons de lait provenant de mères ayant accouché aux hôpitaux de Ste-Justine à Montréal, Charles-LeMoyne à Longueuil, Christ-Roi à Québec et l'Hôtel-Dieu de Lévis.Les BPC étaient présents dans 99% des échantillons et dans 93% des cas en quantités supérieures aux normes gouverne- tec t.,- b.- l!%î :'t SSpît» I iitadi jnJ s Bit .la diei-es tales alinue m UIMBjoilll ijaBiséis s ta les à) nil el 1 tairai ei'és el le aéiéiéii'l la «Ile ci] iilemib; listaKeai B desire-quelHauie » ei Salui ei Saiii- à Charlesbourg).Les données ont été recueillies par des enquêteurs sur place au cours d'une entrevue qui durait environ deux heures.Les réponses ont ensuite été codées par la responsable de la recherche puis traitées statistiquement par l’informatique.Bien qu'aucune «norme» n'ait été attribuée aux différentes variables, l'analyse statistique a montré que les éléments de l'habitat ne se regroupent pas au hasard, mais forment des types de combinaisons.Il n'y a pas de «bon» et de «mauvais» habitat, mais il y a des types d'habitat; comme par exemple: un bon logement, un bon voisinage physique mais où il y a peu de services et un voisinage social nul, ou encore un logement médiocre, un voisinage physique pauvre mais un voisinage social important et beaucoup de services.Bien que le clivage principal entre les types d’habitat suive l'axe de la qualité du logement, quand le logement est médiocre, la seconde variable en importance est celle du voisinage physique alors que pour des logements de bonne qualité, c'est le voisinage social qui fait la différence.Autre élément de cette étude: l'évaluation de l'espace de vie quotidienne.Plus de 60% des répondants ont un espace de vie restreint.Treize pour cent des ménages interrogés ne sortent pas de chez eux.Il est étonnant de voir que la distance moyenne parcourue lors des sorties est peu reliée à la santé, à l'âge ou à la distance aux différents services, mais dépend surtout des ressources économiques ou du réseau de relations sociales.Il faut avoir de l'argent à dépenser pour se rendre au Centre d'achat ou «en ville» tout comme il faut avoir quelqu'un à voir pour justifier un long déplacement.Volontairement, Verena Bernardin-Hal-demann a évité d'établir des normes.Elle voulait établir comment les personnes interrogées ressentent leur situation et non comment elle peut-être évaluée de l'extérieur.Plusieurs travaux antérieurs ont montré que les questions directes appellent la plupart du temps des réponses positives.Elle s'est donc basée sur un indice de satisfaction de vivre qu’elle a ensuite mis en rapport avec l'habitat et l'espace de vie quotidienne.Il n'y a pas de lien systématique avec la qualité du logement, mais une relation sort clairement: celle qui lie le degré de contrôle des habitants sur leur espace et la satisfaction de vivre.C'est donc la perception de la possibilité de déménager, de faire des modifications même minimes au logement, de pouvoir aller où on veut.qui rend la vie satisfaisante.Marianne Kugler mentales américaines.Les radicaux organo-chlorés provenant d'insecticides se trouvaient dans 95% des échantillons et les résidus de DDT dans 99% ! Les BPC et les insecticides organochlorés ont en commun la caractéristique d'être non biodégradables.ils ne se décomposent pas ou très lentement, et donc plus on en fabrique, plus il s'en retrouve dans l'environnement.Autre caractéristique, ces composés chimiques ont de grandes sympathies pour les graisses et ils viennent s'accumuler entre autre dans les tissus gras des animaux et des hommes.Il n'y a pas grand chose à faire.si ce n'est, quand c'est possible, éviter d'être en contact avec ces substances.Les BCP et le DDT sont, dans nos régions, interdits d'utilisation.Leur concentration dans l'environnement va diminuer peu à peu.D'ailleurs pour ces deux substances, les analyses ont mis en évidence un lien entre l'âge de la mère et la quantité de pesticide de son lait.Les femmes plus jeunes, moins exposées, en ont moins.Pour les BPC, la concentration est plus forte chez les femmes de milieu plus industrialisé que chez celles qui vivent en milieu rural.Le taux de DDT, en plus, est relié à la consommation de cigarettes, à la fois en temps et en quantité de cigarettes fumées.Ce qui se comprend quand on sait que les cultures de tabac sont traitées au DDT.une raison de plus de ne pas fumer I La concentration en BPC et en DDT est plus basse chez une mère qui allaite son deuxième ou son troisième enfant.Ce qui s'explique du fait qu'elle n'a plus été exposée à ces substances depuis son premier allaitement.ou en tout cas à des quantités beaucoup plus faibles vu leur interdiction d'utilisation.Pour les autres pesticides, cette diminution ne s'ob- serve pas, sans doute parce que la femme a de nouveau été en contact avec cette substance.conclusion, il faut, quand on peut, éviter d'utiliser les insecticides organochlorés, ce qui ne devrait pas être trop difficile vu qu'il existe d'excellents insecticides naturels ou des insecticides de synthèse qui se dégradent beaucoup plus rapidement.Les teneurs en pesticides trouvées par les chercheurs sont tout à fait comparables à celles d'autres études.Dans le cas du DDT, elles sont inférieures à celles d'une étude québécoise de 1967.Aucune recherche n'a pu mettre en évidence la toxicité de ces produits pour le nouveau-né.Les scientifiques qui ont fait l'étude, qui sont des spécialistes de la nutrition, font remarquer que le lait maternel reste l’aliment qui convient le mieux au nourrisson et que donc, il faut que les gouvernements et les scientifiques continuent à surveiller l'évolution de la quantité de «polluants» qui s'y retrouve.Étudier pour enseigner aux adultes Le besoin de former des enseignants dans le domaine de l'éducation des adultes est devenu fort évident depuis quelques années.Déjà la plupart des universités du Québec ont amorcé des programmes d'enseignement et de recherche en ce domaine.Même si depuis une quinzaine d'années, des cours d'andragogie sont offerts à la Faculté des sciences de l'éducation, il n'avait pas été possible jusqu'à maintenant de les regrouper dans un ensemble cohérent pour en faire un programme.Or c'est chose faite et depuis la rentrée 1982, l'Université Laval offre un programme de certificat ou de mineure en andragogie.L'analyse des besoins justifiant ce projet de programme a nécessité des recherches poussées; elle s'est étendue à tous les milieux; on a pris en considération toutes les clientèles possibles.Dans cette analyse, on a même cherché les meilleures orientations à donner à ce programme eu égard aux ressources disponibles, tant financières, qu'humaines ou physiques.Ces orientations suivent de près les désirs exprimés par la clientèle locale et régionale, la plupart des personnes intéressées par ce programme oeuvrent déjà dans le domaine de l'éducation des adultes, sans avoir toutefois une formation complète pour lefaire.Il s'agit donc d'un programme de perfectionnement de professionnels déjà l'oeuvre.C’est pourquoi, il est aisé de comprendre que l'on demande dans l'immédiat comme condition d’admission une expérience pertinente dans ce champ d'activité.De même, considérant que les étudiant sont déjà sur le marché du travail, ce programme sera nécessairement suivi à temps partiel.Un certificat en andragogie soulignera la réussite de ce programme de 30 crédits.Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214, Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 POUR SORTIR DU VINGTIÈME SIÈCLE EDGAR MORIN Pour sortir .du vingtième .siècb' y V 1 ' , r .C '¦m Éditions Fernand Nathan, Collection Dossiers 90, Paris, 1981, 380 pages, 21,95 $ Pour sortir du 20e siècle, Edgar Morin propose maintenant de tout reprendre à zéro.Les trois zéros du chiffre magique 2000 lui suggèrent cette voie, «la tri-plicité du zéro annonçant trois fois rien».Mais ces trois«chiffres œufs» annoncent aussi un univers tout neuf, un «degré temporaire zéro des grandes mythologies, des grandes ardeurs, des grandes espérances».Pour repartir en neuf, l'écran entre le monde et nous doit être brisé, cet écran fait de mots, d'idées et d'idéologies.La définition même des mots est à refaire, puisqu'on réinvente ainsi les concepts et les idéologies qu'ils véhiculent.Paradoxalement, le réservoir qui alimente ce rafraîchissement de la pensée est fait de désenchantement, de désillusion et de désabusement.Nous arrivons à la fin d'un millénaire, maintenant dégradé, produit d'un «pourrissement» des idées.Comme tout organisme vivant, les systèmes de pensée naissent, deviennent florissants, se dégradent et aboutissent à la désuétude.Voilà «l'écologie des idéologies» telle que vue par Edgar Morin.A l'aube d'un nouveau millénaire, toutes les conditions sont en place pour une renaissance de la pensée, fondée sur un retour à la connaissance de base, sur l'éclatement des barrières à une nouvelle compréhension du monde et de la réalité.Voir avec un regard neuf, et non plus à travers le filtre de visions du monde mutilantes.Penser avec un esprit frais, et non plus dépendamment d'idéologies menant à la myopie sociale.Si le point d'arrivée de ce passage au-delà du 20e siècle apparaît clairement, l'itinéraire pour y mars 1982 / QUÉBEC SCIENCE A Bûîte à livres parvenir reste confus.Morin propose une clef pour l'épanouissement collectif, articulée autour des mots «semer» et «s'aimer».C'est «le principe spermatique de l'action politique».Une certaine confusion se dégage par ailleurs de l'ensemble de l'essai de Morin.Pour sortir du vingtième siècle constitue sans doute un exercice magistral d'écriture sur les mots du présent et sur la nécessité de les repenser, ne serait-ce que pour disposer des outils de conception d'un monde autre que celui dans lequel nous vivons actuellement.Monde encore construit sur quelques mots pivots tels que capitalisme ou socialisme, droite ou gauche, fascisme ou démocratie.Par contre, le livre devient un traité d'épistémologie, avec la forme et le style d'un jeu de mots, où paradoxes et contrastes sont manipulés par l'auteuravec adresse et subtilité.Raison et affectivité, méfiance et confiance, certitude et incertitude sont parmi les mots qui, vidés de leur sens et de leur complémentarité, ont conduit à la «déroute idéologique» actuelle.«Le problème des mots renvoie à celui des relations entre les idées et le réel», ajoute Morin.Si les mots ont été vidés de leur sens, c'est que la réalité a été vidée de son sens.Les conflits idéologiques modernes sont devenus des «batailles de mots», sinon des «batailles qui se jouent avec des mots».Pour Morin, nos mots sont malades, il faut les abandonner pour se sortir d'un carcan idéologique trop étroit.Il faut passer des «maîtres mots», des mots «géants», des mots «forteresses» aux mots simples et opérationnels, dont le contenu soit précis et spécifique.L'avenir est aux «moindres mots».Les mots deviennent facilement nos ennemis.Dans ce livre, les mots de Morin sont aussi devenus ses ennemis.Au-delà des mots, il y a d'autres façons d écrire des choses déjà dites.Les thèmes de pouvoir, de l'information, des crises et de l'avenir sont communs.L'écri- ture dialectique ne l'est pas.Mais, la bataille des mots est loin d'être réglée au bout des quelque 400 pages du livre de Morin.Les textes ne laissent pas émerger de façon claire des signes de santé, de redressement de la «pensée malade» que Morin s'attache à dénoncer.Un livre pour intellectuels à court de mots! André De!isle HISTOIRE DE LA GASPÉSIE Jules Bélanger, Marc Desjardins, Yves Frenette et Pierre Dansereau Boréal Express, Montréal 1981, 797 pages, 29,95 $ C'est une histoire générale de la Gaspésie que nous proposent les auteurs de ce livre, une vue d'ensemble des grands et des petits moments de l'histoire de la région.La plupartdes données historiques concernant la péninsule s'y retrouvent.L'analyse du paysage gaspésien effectuée, en première partie, par Pierre Dansereau donne une bonne idée des lieux où se déroulent les faits décrits par la suite.Marc Desjardins et Yves Frenette ont puisé dans une quantité de documents une masse de références sur la Gaspésie, de la préhistoire aux années 1960.Pour sa part, Jules Bélanger décrit les 20 dernières années de vie politique et économique.Selon lui, «la mutation rapide de ces 20 dernières années implique des progrès indiscutables, mais elle a coûté une bonne partie de l'originalité gas-pésienne, voire des originalités qui caractérisaient les diverses régions de la Gaspésie.» C'est une brique qu'on nous offre, une masse de documents très dense, mais pas toujours facile à digérer.Même si les auteurs prétendent s'adresser aussi au lecteur moyen, ce sont surtout les spécialistes qui pourront en profiter, étant donné un manque de vulgarisation, de rappels du contexte historique et socio-économique de chaque période traitée.Le texte sent très fort la thèse universitaire.C'est un peu décevant, car on ne publie pas tous les jours une œuvre de cette envergure.En fait, les auteurs annoncent en introduction «une histoire des hommes et des femmes qui ont fait la Gaspésie d'aujourd'hui», mais il n'est à peu près pas question de la vie des gens ordinaires, encore moins des femmes.On suit surtout les péripéties des seigneurs, des entrepreneurs, des députés, des ecclésiastiques ou autres dirigeants.Dommage! Cela aurait pu être plus complet et plus intéressant.François Picard 1ESÛ1 te to (Oitiite .faille liSeii, ilipi;.LES EDITIONS SAINT-YVES INC ONT ¦ SK: A;i: 'iù:: K) Anal asiie S PSYCHOTHÉRAPIES ACTUELLES K.Dabrowski, Luc Granger et al., 193 pages, 8,95 $, 3,95 S Dans ce livre sont regroupées les synthèses de différentes psychothérapies en vogue au Québec.Si vous désirez connaître les principales méthodes utilisées par les personnes qui aident vos amis et autres, lisez cet ouvrage.BON DE COMMANDE Isa ‘Nu i»SS Xsliir», v,, J*! en ’'•î < Veuillez m’expédier exemplai- res de Psychothérapies actuelles à ¦ G." votre prix d’anniversaire 3,95 $ plus 1,00$ pour frais de port et 'S manutention.Vous trouverez ci- joint la somme de $ sous forme de ?chèque ou ?mandat ¦V: à l’ordre de: h.Les Éditions Saint-Yves inc.Case postale 9638 1%, Sainte-Foy, Québec : G1V 4C2 ; - Nom : R - QUÉBEC SCIENCE / mars 1982 59 ' LE ROUGE ET LE VERT Ss::.- dr?tau 'I ï ¦ R* H essefi:’: fa Boris Komarov aostface de lll'fiis .LES Cnilï
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