Québec science, 1 janvier 1982, Août
Volume 20, numéro 12 AOUT 1982 2,50 $ I Port de retour garanti ~7 VJ L.r\ Ç é i fl 'J î ’ Q ' d i V 3 ci i l'i û rt sz imr 9 siNaa is jtiZi.nt> t *1^931 iOdiu n/3dna 33 8300 iltfNOliVN j 0 03 o 1JI 1 d I a EMOIRE DU CORPS COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec C P 250 Sillery Québec GIT 2R1 Devant le succès remporté par le livre «Le petit débrouillard» (plus de 15 000 exemplaires vendus), QUÉBEC SCIENCE et HEBDO-SCIENCE ont uni leurs efforts pour présenter à leur jeune public une collection: «La collection des petits débrouillards».js sympathiques personnages créés par Jacques Goldstyn seront, bien sûr, en vedette dans chacun des livres de «La collection des petits débrouillards».Le premier de ces livres vient tout juste de paraître: «Les voyages fantastiques de Globulo», texte et microphotographies de Jacques Beaulieu et illustrations de Jacques Goldstyn.Le second «Jardinez avec le professeur Scientifix» sera sur le marché au cours du mois d'août.•-vouü, même si la saison du jardinage est quelque peu avancée, les auteurs, Huguette Beauchamp et Robert Richards, y ont prévu des expériences pour toutes les saisons.Un peu plus tard cet automne, le professeur Scientifix récidivera avec: «Les nouvelles expériences du professeur Scientifix».ût.Réservez dès à présent votre exemplaire chez votre libraire ou chez QUÉBEC SCIENCE Éditeur.¦ lit cléhrov 'ard : : iiences faciles à nee par 1- professeur 'dix, il.^frétions de T-Cç as Goldstyn ' «cjcccc Editeur 2v,àbec, 1981 d cm.120 pages IN 2-920073-18-4 9,95$ A.- * « j - .LT.Les voyages fantastiques de Globulo l'exploration microscopique du corps humain par Jacques Beaulieu illustrations de Jacques Goldstyn Québec Science Editeur Québec, 1982 19 x 20,5 cm, 104 pages ISBN 2-920073-23-0 12,95 $ Jardinez avec le professeur Scientifix des expériences pour toutes les saisons par Huguette Beauchamp-Richards et Robert Richards illustrations de Jacques Goldstyn Québec Science Éditeur, Québec, 1982 19 x 20,5 cm, 148 pages, ISBN 2-920073-24-9 (parution en août 1982) 14,95 $ D* LA “ELECTION DES PETITS DÉBROUILLA™ .IBRAIRE ou a Quebec Sctence Éditeur en utilisant le coupon ctHessous-Nom BON DE COMMANDE Adresse .Veuillez me fane parvenir le(s) volume(s) suivant(s):.LE PETIT DÉBROUILLARD Prix Quantité LES VOYAGES FANTASTIQUES DE GLOBULO.9'95 $ _________ JARDINEZ AVEC LE PROFESSEUR SCIENTIFDC.12'95 $ _________ .14,95$_______________________ Sous-total Frais de port et de manutention ^ .Ci-joint chèque ?mandate au montant de QUEBEC SCIENCE ÉDITEUR, C P 250, Sill„y.Q„êb.c G1T 2H1 Total 1,75$ $ QUÉBEC SCIENCE / août 1982 Sommaire Volume 20, numéro 12 AOÛT 1982 Couper le gras ! Yanick Villedieu Le procès contre les graisses alimentaires a été mal instruit, affirme un livre-choc récemment publié.Il n'en fallait pas plus pour que le débat rebondisse La mémoire du corps Gérald LeBlanc L'abandon corporel, une trouvaille thérapeutique née dans un sous-sol de la rue Lacombe, à Montréal Carcajou, le diable du Nord Marcel Soucy Recherché sous tous les chefs d'accusation, le glouton mystifie les biologistes aussi bien que les chasseurs Le temps, c'est relatif! Claude de Launière De Newton à Einstein, la conception du temps a beaucoup évolué.Mais on ne peut encore voyager dans le temps Actualités ^Chroniques 16 PRISME: La chasse aux navires 5 Post-Scriptum Spécial AMIANTE 6 Réhabilité, l'amiante?Oui, mais.7 Le casse-tête des substituts 8 Consommateurs avertis.et inquiets 10 Tiers-Monde Le bois de village 11 66 Herbes fines Tourisme Des aromates québécois L'été à balconville Santé L'ail éloigne.le cancer 67 Culture maraîchère 12 Des mines de légumes Sans frontières 69 63 Bientôt demain Hernie discale Le papayer fait reculer 70 le bistouri Boîtes à livres La voix de son maître 72 64 Courrier Télédétection Le regard perçant de SPOT 74 65 Agriculture Pour sauver le maïs et le miel En vrac QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, troisième trimestre 1982.ISSN-0021-6127.Répertorié dans PÈRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti: QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tel.: (4181 657-2426 Télex: 051 3488 TWX 610-571-5667 Membre de : ¦ CPPA © Copyright 1982 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés. LE SYSTÈME HP-IL DE HEWLETT-PACKARD 0 UN PAS DE PLUS VERS LE FUTUR Avec ce nouveau module boucle/interface HP-IL, il sera possible pour votre HP-41C ou HP-41CV de communiquer avec une variété de périphériques compatibles tels que des unités de stockage de masse ou des impri- mantes ou des appareils de me- sures (multimètre, oscilloscope de marque Hewlett-Packard nou velle génération) jusqu’à une ca pacité de 30 unités à la fois.Voici quelques unités déjà disponibles et leurs caractéristiques: O MODULE HP-IL 82160A @ 188,95 $ - Affectation automatique des adresses - Identification des périphériques - Mise en service ou en attente des périphériques.r O UNITÉ DE CASSETTE HP-82161A @ 845,50 $ - Lecteur-enregistreur numérique de cassette 131,000 octets pouvant être enregistrés sur une seule cassette - Vitesse de lecture/écriture: 23 cm/s - Mémoire tampon contenant le répertoire des fichiers avec leur adresse pour une recherche rapide.O IMPRIMANTE THERMIQUE HP-82162A @ 767,95 $ Semblable au modèle déjà existant HP-82143A avec en plus: - positionnement précis des marges - génération de caractères spéciaux - impression de texte sans coupure de mots.fi ¦ D’autres modules tels que module TEMPS, EXTENSION DE FONCTION ET DE MÉMOIRE ET EXTENSION DE MÉMOIRE, sont également disponibles.'i'i «SI Les prix sont sujets à changements sans préavis.I v Ces articles et toute la gamme de calculatrices et accessoires HEWLETT-PACKARD sont disponibles à la: I ' i L-.I c COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE École Polytechnique 2900 Edouard-Montpetit, C.P.6079, suce.“A* Montréal, Qué.H3C 3A7 Tél.: (514) 344-4841 S 1UÉBEC SCIENCE / août 1982 QUÉBEC SCIEÜCE DIRECTION: t Jean-Marc Gagnon, directeur général RÉDACTION Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Luc Chartrand, André Delisle, Claude de Launière, François Picard, Vonik Tanneau, Yanick Villedieu collaborateurs réguliers ois.PRODUCTION GRAPHIQUE: Pierre Parent, responsable de la production Andrée-Lise Langlois (maquettiste) Louis Ducharme (photo couverture) Raymond Robitaille (typographie) Litho Acme inc.(séparation de couleurs) Imprimerie Canada inc.(photogravure et impression) ADMINISTRATION, VENTES ET PUBLICITÉ: Gilles Lachance, directeur Raynald Lavoie, responsable marketing et publicité Marie Prince, représentante publicitaire (institution) Nicole Bédard (abonnements) Messageries Dynamiques (distribution en kiosques) iff# B ( Presses de l'Université du Québec Québec Science f.Abonnements! Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): 38,00$ Régulier: (1 an / 12 nos): 21,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 19,00 $ À l'unité: 2,50$ À l'étranger: Spécial (2 ans / 24 nos): 51,00 $ Régulier: (1 an / 12 nos): 28,00 $ À l'unité: 3,00$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE ! SOUTIEN FINANCIER Le soutien financier de QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le ministère de l’Éducation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada M.Claude St-Onge vice-président Banque de Montréal Jean Savard vice-président — Division du Québec Conseil de la langue française Michel Plourde président Control Data Canada George J Hubbs président Imasco Limitée Les produits Imperial Tobacco Limitée Institut de recherche de l’Hydro-Québec M.Lionel Boulet directeur Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée Longueuil.P Q Recherches Bell Northern M.André J.Beauregard vice-président adjoint Laboratoire de l'Ile des Sœurs CTRIPTUM Au printemps dernier, sortait au Québec un petit livre fort sérieux, signé par le docteur Germain Brisson, de l'université Laval.Sous le titre Lipides et nutrition humaine, le docteur Brisson bousculait allègrement bon nombre de préjugés sur le rôle des graisses animales ou végétales dans notre alimentation et sur leurs responsabilités dans les maladies cardio-vasculaires, une plaie de notre époque.Ce pavé dans la mare de nos habitudes alimentaires ne manquait pas de relancer parmi les spécialistes le vieux débat beurre et margarine (Québec Science, septembre 1979), mais débouchait rapidement sur des remises en question beaucoup plus larges.D'un point de vue de journaliste, la suite de l’histoire est extrêmement intéressante, puisque ce livre est devenu un événement', salué par les uns, critiqué par les autres, il a été au centre de débats et de conférences dans quelques universités et a suscité diverses prises de position, parfois très polarisées (voir l'encadré «Lobby contre lobby» dans notre article).Dès le début, nous avons pensé que cette polémique concernait aussi le grand public, et Yanick Villedieu a suivi de près le dossier afin d’en rendre compte le plus tôt possible, soit dans ce numéro.Témoin de l'actualité, Québec Science est aussi pédagogue des acquis importants de la science.L'article de Claude de Launière sur le concept de temps se veut une incursion dans la physique contemporaine autant qu’un exercice d'initiation que nous espérons intéressant.Notre collaborateur a d'ailleurs sa méthode, dite de «rétroaction préventive»: il fait lire ses textes au préalable par ses voisins d'immeuble pour vérifier s'ils sont bien accessibles.J'applique assidûment cette méthode depuis quatre ans.Il est curieux, d'ailleurs, que mes voisins de palier changent chaque année: fuiraient-ils, écœurés d'être des lecteurs-cobayes?Ce n’est pas b Portugal,mais.Daniel Harvey, de Repentigny, était un homme heureux le soir du 2 juin dernier lorsque le directeur de QUÉBEC SCIENCE, M.Jean-Marc Gagnon, lui a remis un chèque au montant de 2 000 $.Nos lecteurs se souviendront que M.Harvey était le gagnant du premier prix du concours d'abonnement «20 ans merci!»: un voyage au Portugal offert par.Vacances Skylark, une compagnie qui a fait faillite au lendemain du concours! Qu'à cela ne tienne! La petite PME QUÉBEC SCIENCE respecte ses engagements et M.Harvey a presque crévé le ciel montréalais tant sa joie était grande.(Photo Louis Pépin) HSi 6 août 1982 / QUÉBEC SCIENCE Symposium mondial sur F AMIANTE Organisé conjointement par la Commission des communautés européennes et par les gouvernements du Canada et du Québec, le Symposium mondial sur l’amiante s’est déroulé à Montréal du 25 au 21 mai dernier.U avait pour thème « l’amiante, la santé et la collectivité».Plus de 500 personnes ont participé à ce qui a été présenté comme a la plus imposante manifestation scientifique à avoir jamais eu lieu sur l’amiante».Quarante-six pays étaient représentés, le Canada et les Etats-Unis bien sûr, mais aussi des pays européens, France, Italie, Pays-Bas, Suisse, Royaume-Uni, Allemagne de l’Ouest.L’Union soviétique, premier producteur mondial d’amiante (environ 40 pour cent de la production), ne participait pas aux travaux.RÉHABILITÉ, L'AMIANTE?OUI, MAIS.Dans le kitsch polynésien du bar d'un hôtel montréalais, où les conférenciers du Symposium mondial sur l'amiante défilent depuis deux jours dans une salle de bal pleine à craquer, Daniel Perl-stein hume avec satisfaction les effluves de sa pipe et l'arôme de son cognac.Président de la Société nationale de l’amiante, il n’a pas besoin d’attendre la soixante-huitième et dernière intervention, le lendemain, pour savoir que l’événement a déjà atteint son objectif: la réhabilitation, même nuancée, d'un matériau qu’on dit dangereux pour la santé et dont le Québec est le premier producteur du monde occidental.«Même Seiikoff n’a pas réclamé le bannissement de l’amiante », souligne avec un solide sourire le responsable de la société d’Etat québécoise.La veille pourtant, le médecin américain avait ouvert les débats de vigoureuse façon.« Les dangers de l’amiante pour la santé, ils restent les mêmes et on les connaît depuis au moins 18 ans, depuis la conférence de New York, en 1964, quand nous avons lancé notre premier cri d’alarme.» Bien connu pour les études épidémiologiques qu’il a effectuées, avec son équipe de la Mount Sinaï School of Medicine, sur les travailleurs de l’isolation américains ou sur ceux des mines et moulins québécois, Irving Seiikoff dénonce sans se lasser les risques d’une exposition, même de courte durée, à la poussière d’amiante.Selon lui, on commence tout juste à voir apparaître les cas de cancer causés par une fibre dont l’usage ne s’est généralisé que dans les années 50 et 60.C’est ainsi que sur les neuf millions de travailleurs américains exposés depuis 1940, calcule le médecin, plus de 200 000 en mourront d’ici la fin du siècle.Moins spectaculaire dans ses déclarations, le spécialiste canadien, John Corbett McDonald, de l’université McGill, y est lui aussi allé de sa charge.Même s’il est vrai que les effets varient considérablement selon le type de fibre ou la durée de l’exposition, et surtout selon qu’on fasse ou non usage du tabac, l’épidémiologiste explique qu’il faut se rendre à l’évidence.Il existe une relation directe entre l’exposition à l’amiante et le risque de cancer de l’appareil respiratoire.D’ailleurs, tout le monde reconnaît aujourd’hui que l’amiante peut causer une panoplie de maladies comme l’amiantose, une fibrose pulmonaire fortement incapaci-tante et pratiquement irréversible, les calcifications pleurales, et surtout le cancer du poumon et le mésothéliome, une forme de cancer de l’enveloppe pulmonaire au temps de latence très long, mais rapidement fatale une fois déclarée.Même l'Association internationale de l’amiante déclara à Montréal, par la bouche de son président, Etienne van der Rest, que l’amiante est dangereux et qu’il faut en faire une utilisation bien «contrôlée».Malgré cela, réhabilité, l’amiante?Assez paradoxale- - , ment, oui! Car tout ce qu’a cherché à démontrer le symposium, c’est que le spectre de l'amiante appartiendrait de fait à une autre époque.À ces temps «lointains» d’avant les luttes syndicales, alors que les techniques de protection et de dépoussiérage étaient encore inappliquées ou inconnues.À cette époque où les usages carrément dangereux du produit, comme l’isolation par flocage d’amiante, n’étaient pas encore interdits.Et où les consommateurs n’avaient pas encore pu faire valoir leur réserves et leurs inquiétudes.Face au front commun parfois curieux de l’industrie internationale et des syndicats québécois de l’amiante — et peut-être surtout face à l’énorme accumulation de données contradictoires, partielles ou tout bonnement ni chair ni poisson déballées sur le plancher du symposium — les opposants à l’amiante, représentants de syndicats internationaux ou scientifiques, ont plutôt fait figure de tireurs têtus, mais isolés.Pourtant, et personne dans la salle ne l'aurait nié, l’amiante est un produit cancérigène, et il l’est peut-être même à des doses relativement faibles.Mais tout s’est passé comme si, au-delà de ce constat factuel, on préférait s’entendre pour faire preuve d’un «réalisme» a saveur fortement économique.« Le bannissement de l’amiante serait une mesure de discrimination internationale», devait lancer le ministre québécois de l’Énergie et des Ressources, Yves Duhaime, en faisant allusion à des décisions que certains partis politiques ouest-allemands réclament de leur gouvernement et dont l'effet pourrait être désastreux pour 1 industrie.Après tout, comme dirait l’autre, l’amiante n’est pas dangereux.À condition, bien sûr, de ne pas en inhaler.F h;.esi K- cher r man iliali crée, Utiü (U, dtiu te ft $01 C::; : ‘ m, 'feu «4 It p» ttirt Mée 'fc,.Yanick Villedieu Hii' j QUÉBEC SCIENCE / août 1 982 ¦ If :lb | spra LE CASSE-TETE DES SUBSTITUTS liai IIS fil Slttifl DDir^l TjftiCJ | part* Fi ¦if [fO^ b*5 s^' m tf iaut-il, pour des raisons i aussi bien technologiques qu’économiques, « apprendre à vivre avec l’amiante»?Faut-il au contraire, si l’amiante est effectivement dangereux pour le consommateur, chercher par tous les moyens à s’en passer?Et cela est-il à la fois souhaitable et possible?Le débat sur les substituts de l’amiante, auquel toute une matinée du Symposium mondial de mai dernier était consacrée, est loin d’être simple.Utilisé de façon industrielle depuis un peu plus d’un siècle, l’amiante se retrouve aujourd’hui dans plus de 3 000 produits différents.Ses propriétés remarquables, sa technologie bien développée, son abondance et son prix en font un matériau difficile à battre.Et technologiquement, pas toujours facile à remplacer.Comme l’a en effet expliqué avec force détails un ingénieur britannique, Andrew Pye, on ne pourra pas remplacer l’amiante par un seul et unique matériau.Chaque application, chaque produit doit plutôt faire l’objet d’études et de solutions spécifiques.Le cas des garnitures de frein, fabriquées à base d’amiante depuis 1908, est un bon exemple de la complexité de la substitution.Plusieurs types de fibres ont été utilisées pour cet usage particulier, mais sans réussir à dépasser la qualité de l’amiante et en restant de toute façon plus coûteuses.Tout récemment cependant, une nouvelle fibre synthétique, encore chère il est vrai, a fait son apparition et connaît déjà certaines applications dans l’industrie automobile, en Allemagne de l’Ouest.Les produits fabriqués avec cette fibre, appelée Kevlar, sont trois fois plus résistants que les produits à base d’amiante et pourraient faire une percée significative -f sur le marché dans les années à venir.Presque toujours possible quand on y met le temps et l’argent, la substitution n’est cependant pas nécessairement toujours la bonne solution.Selon Andrew Pye, il y a «un compromis à faire entre la performance et le coût ; la plupart du temps, il faut payer le prix pour l’usage du substitut, ou bien accepter un produit de moindre qualité».Évidemment, quand on parle de protection contre le feu ou de matériel de freinage, il serait inadmissible d’accepter une baisse de qualité.Mais il y a plus.Pour plusieurs intervenants, c’est également toute la question des risques pour la santé des produits de substitution qu’il faut poser.Selon les études actuellement disponibles, a souligné un pathologiste anglais, John C.Wagner, rien ne prouve que les fibres minérales artificielles constituent une menace pour la santé humaine.Mais pour certains participants, c’est de prudence qu’il faut jouer avant de mettre sur le marché de nouveaux matériaux, dont les effets à long terme, en matière de cancérogenèse notamment, sont évidemment inconnus.De plus, a-t-on souligné, ce n’est pas seulement de risque absolu qu’il faut parler, mais de risque relatif.Il ne faut pas se demander si les canalisations d’amiante-ciment peuvent polluer l’eau de consommation: on peut toujours répondre que oui.Il faut se demander si elles le font plus ou moins que les autres types de canalisation disponibles sur le marché.Techniquement faisable dans bien des cas — et le mouvement est déjà amorcé, volontairement ou par obligation législative, en Angleterre et dans les pays Scandinaves —, le rempla- i %, ATLAS TURNER iiu.cement de l’amiante par des produits de substitution va-t-il devenir la règle dans les prochaines années ?Les jeux ne sont sans doute pas encore faits, tant et aussi longtemps du moins que des pays comme l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, ne suivront pas l’exemple suédois du bannissement pur et simple.Aux yeux des deux représentants des pays en développement invités par les organisateurs du Symposium, des représentants de l’industrie de l’Inde et du Zimbabwe, cette mesure radicale est d’ailleurs considérée comme un luxe de riches.L’amiante-ciment leur semble une nécessité vitale, à la fois à cause de ses qualités et de son prix, pour la construction comme pour les travaux d adduction d’eau potable et d assainissement.Charles Levinson, Plus de 3 000 produits différents contiennent de l’amiante, par exemple ces tuyaux d’amiante-ciment.Et oit ne peut penser le remplacer par un seul et unique produit.représentant d’une fédération internationale de syndicats prônant l’interdiction de l’amiante, ne leur en prêche pas moins la méfiance.«On a affaire à une substance extrêmement toxique et dangereuse, lance-t-il, pour laquelle il existe déjà beau nombre de substituts.Ne tombons pas dans la nouvelle mode, qui consiste à dire que l’amiante peut être sécuritaire si on le manipule et l’utilise en prenant des précautions.Et n’oublions surtout pas que toutes les considérations sur le rapport coût-efficacité des nouveaux produits, ou sur le développement économique des pays producteurs ou consommateurs, n’oublions pas que tout cela n’a rien de très objectif ni de très scientifique quand on parle de santé des travailleurs ou des utilisateurs de l’amiante.» (Y.V.) 8 août 1982 / QUEBEC SCIENCE Symposium mondial sur TAMIA?CONSOMMA TE U RS AVERTIS.ET INQUIETS ' wâJm- Omniprésent dans les produits de consommation courante, l'amiante l’est du même coup dans notre environnement.L’isolation des bâtiments, la poussière des freins, mais aussi.les sèche-cheveux sont responsables de cette contamination.Cette exposition à de faibles doses a-t-elle une influence sur la santé du grand public, qui ne travaille pas dans les mines ?Peut-on en quantifier les effets ?Existe-t-il un seuil au-delà duquel les problèmes se font sentir et en-deçà duquel ils sont inexistants ?Cheval de bataille des associations de consommateurs et casse-tête des épidémiologistes, ce débat est loin d’être tranché.Mais certains chiffres rapportés au Symposium ont tout de même de quoi inquiéter.Selon les estimations de Philip Enter-line, professeur de biostatistique à l’Université de Pittsburg, l’exposition non professionnelle à l’amiante causerait chaque année environ 360 décès par cancer dans la population américaine (comparativement à plus de 4 000 en ce qui concerne l’exposition professionnelle).D’après les mêmes calculs, chacune de ces deux formes d’exposition à l’amiante est responsable du même nombre de décès par mésothéliome, soit plus de 330 par année.Dans une étude sur les causes de décès à Thetford Mines et à Asbestos, deux villes où l’environnement est fortement plus contaminé qu’ailleurs, les épidémiologistes n’ont pu mettre en évidence aucune surmortalité par cancer dans la population non exposée professionnellement.Rassurant?Peut-être.Mais selon un des auteurs de la recherche, Jack Siemia-tycki, de l’Institut Armand-Frappier, «cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risque ; cela veut dire seulement qu’il n'y a pas de risque détectable du point de vue statistique».Après tout, il ne faut pas oublier qu’une seule fibre d’amiante est théoriquement capable de déclencher une tumeur.EN BREF.EN BREF.EN BREF.• Même si certains pays Scandinaves ont décidé d’interdire complètement l’usage de l’amiante, sauf cas d’exception, «le scénario d'apocalypse qu’on nous annonçait il y a un an ou deux est loin de se concrétiser», a expliqué le ministre Yves Duhaime aux nombreux journalistes de la presse internationale invités pour la couverture du Symposium.Le bannissement aurait cependant un poids beaucoup plus inquiétant s’il venait d’Allemagne de l’Ouest, où d’ailleurs la « bataille de l’amiante» fait rage, à cause de l’effet de boule de neige qu’il pourrait avoir, pense le ministre.• Lune de miel Québec-Etats-Unis ?C’est du moins ce qu’on a l’impression de vivre quand on a entendu la responsable de l’Environment Protection Agency (EPA), Mme Anne Gorsuch, expliquer comment l’organisme qu’elle dirige entend faire preuve de pondération, de prudence et de sens bien compris du civisme dans le dossier de l’amiante.Dans le plus pur esprit de l’administration Reagan, Mme Gorsuch s’est dit d’avis qu’un bannissement de l’amiante outrepasserait ce qu'il serait légitime de faire dans l’état actuel de nos connaissances scientifiques.Doucereuse, elle a ajouté, en évoquant la question des pluies acides : «Si nous avions pris des décisions aussi rapides à propos de l’amiante que certains nous le demandent aujourd’hui à propos du dioxyde de soufre, l’amiante aurait pu être interdit dès que sont apparus les premiers doutes contre lui.» Mme Gorsuch n’avait pas manqué de rappeler auparavant que « le Canada, et particulièrement les mines possédées et exploitées par la province de Québec, fournit 95 pour cent de l’amiante consommé aux États-Unis».À bon entendeur.• Profitant de la tribune du Symposium, le gouvernement du Canada a annoncé la création du Centre canadien d’information sur l’amiante.Doté d’un budget initial de 400 000 S, il aura ses bureaux à Ottawa et à Montréal.Instrument de promotion et de marketing, le Centre aura pour mission de « distinguer tant au Canada que dans le monde entier, et en particulier dans les pays en développement, des renseignements sur la saine utilisation de l’amiante».Rappelons que l’industrie canadienne de l’amiante, deuxième productrice mondiale, est, principalement concentrée au Québec (80 pour cent) et en partie en Colombie-Britannique.Elle emploie directement 8 500 personnes et représente 60 pour cent de la production occidentale.Elle génère des revenus de l’ordre de 650 millions de dollars.(Y.V.) EN FORME MAINTENANT ET COMMENT' Comment être en forme sans faire de jogging Le jogging, c'est très bien.Mais il y a bien d'autres moyens d'être en forme.Par exemple Allez jouer dans le parc.Marc.Faites de la raquette, Hu-guette Prenez des cours de danse.Hortense Faites ce que vous aimez.Aimé.Après tout.Vous pouvez vous baigner dans la mer, Orner.Escalader une montagne, Charlemagne.Faire du patin à roulettes.Ginette.Ou juste aller dehors, Hector.Et bientôt Vous retrouverez votre haleine, Hélène.Vous deviendrez un as, Jonas Vous serez encore plus belle, Isabelle Pensez-y Trois fois par semaine.Philomène Quinze minutes chaque fois, François L'important, c’est de commencer, André.Dieudonné et Zoé.Y a-t-il autant de façon d'être en forme qu'il y a de gens qui veulent être en forme9 Oui, Louis et comment.Armand! (Y.V.) Vous avez toujours rêvé d'une carrière où votre esprit de décision, votre audace et votre sens des responsabilités seraient mis en pratique?Les Forces canadiennes vous ouvrent des horizons en vous offrant d'entreprendre une carrière de pilote ou de navigateur.3 V"ot ço»c®eS.Ne laissez pas s'envoler l'occasion.Pour plus de renseignements, visitez le centre de recrutement le plus proche de chez vous, ou téléphonez à frais virés.Vous nous trouverez dans les pages jaunes, sous la rubrique Recrutement ou postez ce coupon.la vie dans les Forces LES FORCES ARMEES CANADIENNES AU: Directeur du Recrutement et de la Sélection, Quartier général de la Défense nationale, Ottawa, Ontario K1A0K2 Une carrière dans les Forces armées canadiennes m'intéresse, j'aimerais recevoir plus de renseignements à ce sujet.i Nom ________________________ Adresse œ -:-œ Téléphone ° dt airn e dre deso^^ti^ est n s’ Vue o ’"‘e Identifiez la plante illustrée sur cette page et faites parvenir votre réponse à QUÉBEC SCIENCE avant le 25 août 1982 (le cachet de la poste en fera foi).Si votre réponse est juste, qu'il s’agisse du nom latin, français ou anglais de la plante à identifier, vous courez une chance de gagner l'un des trois exemplaires de E’ARBRIER QUÉBÉCOIS* offerts en prix chaque mois au cours de l’été.Les noms des gagnants seront publiés dans QUÉBEC SCIENCE.Fruit: une gousse T 7?/ Bien sûr, les trois plantes qui font l’objet du concours dans les numéros de juin, juillet et août de QUÉBEC SCIENCE sont identifiables à l’aide de l’album L’HERBIER QUÉBÉCOIS**.Mais tel n’est pas l'objet du concours: nous préférons grandement que nous les identifiez par vous-même ! Voici d’ailleurs quelques indices pour la plante d’août: Tige aplatie Grâce aux vrilles qui terminent ses feuilles, cette plante peut s’aggriper sur ses voisines et s’élever ainsi jusqu’à au-delà d’un mètre du sol.Bien qu’on ne la cultive pas, elle est ordinairement présente dans les cultures fourragères.BONNE CHANCE/ Les noms des gagnants des tirages des mois de juin, juillet et août seront publiés dans notre édition d’octobre 1982.COUPON DE PARTICIPATION À REMPLIR ET À RETOURNER AVANT LE 25 AOÛT 1982 Le nom de la plante d'août est:____________________________________________________________________________ NOM.ADRESSE.CONCOURS LES HERBES DE L'ÉTÉ, QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 * L'ARBRIER QUÉBÉCOIS, par E.Lacoursière et P.Leduc, Série Québec Science Nature, Québec, 1981, ISBN 2-920073-17-6, 64 pages.** L'HERBIER QUÉBÉCOIS, par E.Lacoursière et P.Leduc, Série Québec Science Nature, Québec, 1982, ISBN 2-920073-22-2, 104 pages. 16 août 1982 / QUEBEC SCIENCE Prisme LA CHASSE AUX NAVIRES par André Delisle Les ports québécois devront ancrer solidement leur rôle spécifique dans le jeu économique nord-américain pour éviter d'être emportés par la vague qui entraîne le commerce vers l'ouest du continent.Où qu'ils soient situés, les ports deviendront des étapes nécessaires pour les marchandises destinées à l'intérieur du pays, des plaques tournantes où convergeront les axes majeurs de circulation et d'échanges internationaux.C’est en misant sur une option technologique encore peu développée, soit «l'intermodalité» ou la conjonction planifiée des divers moyens de transport des marchandises, qup les Québécois pourraient se donner une avance précieuse sur leurs concurrents.Car plusieurs routes sont possibles pour accéder au cœur du continent nord-américain, en provenance d'outre-mer.Les ports en eau profonde de la côte atlantique et du golfe du Mexique, comme les havres intérieurs des Grands Lacs sont autant de portes d'entrée qui s'offrent comme solutions de rechange aux escales le long du fleuve Saint-Laurent.À l'heure du partage d'un butin qui s'annonce fort lucratif d'ici la fin du siècle, les compétiteurs rivalisent d'ingéniosité pour attirer l'attention sur leurs attraits.Les uns font miroiter la profondeur de leurs eaux ou la longueur de leur saison d'ouverture.D'autres se vantent de leur proximité des marchés ou du modernisme de leurs installations.Chose certaine, tous se voient comme «le carrefour unique et polyvalent» que tout commerçant sérieux devrait choisir, sans faute.Le Québec a clairement décidé de tirer son épingle du jeu dans cette opération de marketing à l'échelle internationale.Le prestigieux symposium sur le système de navigation recouvrant les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent, tenu à Québec au début de juin dernier, fut la pièce maîtresse de cette stratégie de séduction.Les vendeurs québécois, forts d'un plan bien orchestré, ont réussi là l'exploit de faire parler pendant trois jours de leur argument vedette: la complémentarité des modes de transport maritimes et ter- restres dans Taxe Saint-Laurent-Grands Lacs.Le concept du transport intermodal, «version québécoise», a été défini par le ministre québécois des Transports, Michel Clair.Au cours de l'allocution de clôture du symposium, le ministre a insisté sur le fait que cette option permet «de profiter des grands volumes et des bas coûts offerts par le transport par eau, des avantages des chemins de fer pour le transport sur de grandes distances à l'intérieur du continent, ainsi que de la flexibilité et de la rapidité du transport routier des marchandises».Ce recours à l'«intermodalisation» du transport des marchandises annonce un véritable tournant techno- logique dans l'exploitation de l'axe fluvial.D'artère principale de commerce entre le centre du continent et l'océan qu'il était dans le passé, le «système Grands Lacs-Saint-Lau-rent» évolue donc pour devenir une des composantes du circuit utilisant le fleuve Saint-Laurent comme avenue de pénétration vers l'ouest.Les principaux responsables de cette évolution du rôle de la voie maritime laurentienne sont les conteneurs, déchargés dans des grands ports ouverts à l'année ou presque et dotés d'installations spécialisées pour la manutention de contenants de format uniforme.Ces «boîtes-de-toutes-les-couleurs» sont apparues sur les ponts des navires, sur les Le «terminal-conteneurs» Racine du Port de Montréal, un exemple de système de transport intermodal.¦T >- ¦«—-C.*3 5.» M WIB CPSH0 ft*'"' Canadien Pacifique QUÉBEC SCIENCE / août 1982 17 JM wagons ouverts et derrière les camions-remorques au début des années 70.Depuis, ces contenants bouleversent en douce le secteur de la livraison des marchandises générales, qui ne peuvent être acheminées en gros volumes et empilées de façon commode.En plus de faciliter la manipulation et de réduire les dommages aux objets, ce qui se traduit par des coûts d'envoi moindres, les conteneurs offrent la souplesse d'un service «porte-à-porte» de l'expéditeur au destinataire.On constate l'avantage qu'ils représentent par rapport aux mouvements «port-à-port» qui était la règle jusqu'à récemment encore.Vantant les mérites du «système de transport multimodal le plus vaste du monde», le vice-président des ventes pour CP Rail, M.Ryan, a cité Pour assurer le développement des ports québécois, on a choisi de jouer la carte de rintermodalité.comme cas pratique de circuit intermodal, le corridor partant de Montréal vers l'intérieur des terres partout au Canada.L'interface de cette route est le «terminal-conteneurs» Racine du Port de Montréal, relocalisé en 1978 après avoir desservi le Port de Québec pendant près de dix ans.De là, 70 pour cent du matériel est rechargé sur des trains qui peuvent alors atteindre toutes les villes d'importance de la zone d'influence des Grands Lacs.Le réseau des terminaux intermodaux ferroviaires, qui servent de jonctions pour les transferts des «blocs-marchandises» aux transporteurs routiers, touche ainsi l'ensemble du pays et le centre-nord des États-Unis.M.Ernst Frankel, de l'Institut de technologie du Massachusetts (MIT), attribue à l'introduction des conteneurs l'augmentation phénoménale du transit de marchandises observée dans les ports de Montréal et de Québec.L'expert américain affirme en plus qu'un tel dynamisme met en évidence la relative stabilité, sinon le déclin de l'activité portuaire sur les Grands Lacs, particulièrement dans le cas des marchandises générales.Ainsi, les rêves d'expansion des ports ontariens et américains sont «brisés» à cause de cette vitalité nouvelle des ports en aval du chenal maritime faisant le lien entre le fleuve et les mers intérieures.Mais tout est loin d'être réglé en ce qui concerne l'avenir de la Voie maritime et, par conséquent, celui des ports du Québec.En effet, les prévisions pour les dix prochaines années indiquent une augmentation lente, mais régulière, du trafic dans l'axe Saint-Laurent.Selon Transports Canada, une croissance annuelle moyenne de deux pour cent se traduira par un tonnage additionnel transité de plus de 25 millions de tonnes, qui s'ajoutera aux quelque 55 millions de tonnes de marchandises qui sont annuellement transportées entre Montréal et le lac Ontario.Les intervenants voient donc poindre à l'horizon le «point critique d'encombrement» des installations de la Voie maritime, limite de capacité généralement fixée à 90 millions de tonnes.Déjà, on envisage plusieurs solutions à ce problème éventuel de la trop grande fréquentation des canaux et des écluses du passage maritime.À première vue, l'agrandissement des infrastructures, haussant par là leur capacité d'accueil de navires plus gros, semble attrayant.De tels travaux, fort coûteux, sont d'ailleurs préconisés par certains groupes intéressés.L'État d'Ohio, par exemple, prône le doublement des écluses américaines de Sault-Sainte-Marie.Toutefois, en période économique difficile, les projets supposant de lourds investissements sont peu populaires.En plus, seulement pour ajuster les installations aux besoins des dix prochaines années, l’administration de la Voie maritime prévoit dépenser 55 millions de dollars en aménagements.Ces améliorations permettront, entre autres, de desservir 800 navires supplémentaires.La barrière géographique naturelle entre le fleuve et les Grands Lacs reste donc un obstacle colossal, dont l'élimination complète est impensable économiquement.Ce han- dicap, d'autres voies maritimes l'ont connu dans le passé; ce fut, par exemple, le cas du canal de Suez et de celui de Panama, lors de l'avènement des superpétroliers géants, trop gros pour les installations en place.Conscients des contraintes économiques et surtout très pragmatiques, les transporteurs concernés optent plutôt pour une amélioration de l'efficacité des réseaux déjà en place.Le représentant de CP Rail, M.W.J.Ryan, déplorait néanmoins la rareté des discussions sur cette approche innovatrice, supposant de nouvelles combinaisons des modes de transports disponibles.En mettant en place un système reliant le rail, le transport maritime et le tissu autoroutier, les handicaps éventuels des infrastructures de la Voie maritime pourraient être contournés.en intégrant les modes de transport maritime et terrestre Avant que ne soient prises les-décisions politiques favorisant l'implantation généralisée d'opérations portuaires intermodales et déterminant les circuits majeurs de ce nouveau réseau de transport des marchandises, une concurrence féroce risque de s'engager entre les ports des Grands Lacs et ceux du Saint-Laurent pour l’obtention du terminus qui sera le coeur du système intermodal de transport.La rencontre de Québec avait précisément pour but d'éviter ce piège de luttes stériles et coûteuses entre intervenants dépendant d'un même axe fluvial, luttes qui pourraient conduire à une perte nette du marché.«Car, comme le soulignait M.Michel Clair, avec le développement des systèmes de transport et surtout de rintermodalité, les ports ont perdu leur zone d'influence réservée et les marchandises prennent la direction des services de transport qui sont les plus efficaces.» À l'intérieur d'une même «chaîne de transport», les intervenants ont alors tout intérêt à viser l’efficacité et les bas prix pour conserver leur part de l'activité commerciale internationale. 18 Ji J ^ 4t jvm r.: ai t V» IT ri par Yanick Villedieu «Après des années d'efforts en prévention, ce livre-là, ça nous rentre dans le corps.» L'image est forte.Entendue de Marielle Ledoux, professeur au département de nutrition de l'Université de Montréal, elle résume cependant une opinion souvent exprimée dans les milieux intéressés suite à la publication, le printemps dernier, d'un livre peu orthodoxe sur les graisses alimentaires et le cholestérol, Lipides et nutrition humaine.L'auteur: un autre spécialiste des sciences de l'alimentation, Germain Brisson, professeur à l'université Laval.La thèse: le procès intenté contre les graisses animales depuis plus d'une vingtaine d'années a été mal instruit, rien neprouvant horsdetout doute qu'elles soient effectivement une cause de maladies cardio-vascu-laires.Il est donc inutile, et par surcroît possiblement dangereux pour la santé, de vouloir les remplacer par des graisses d'origine végétale.Le message enfin: ne cherchons pas à modifier nos bonnes vieilles habitudes alimentaires au nom d'une «cholestérophobie» sans fondements août 1982 / QUÉBEC SCIENCE Le problème des graisses alimentaires dépasse la question du choix entre le beurre et la margarine.Il concerne en fait l'apport total en matières grasses que l’on retrouve, par exemple, dans les viandes rouges et les œufs. QUÉBEC SCIENCE / août 1982 20 août 1982 / QUÉBEC SCIENCE ni justifications, du moins pour la très grande majorité de la population, celle des gens bien portants.UNE SIMPLE HYPOTHÈSE «C'est parce que j'étais frappé par le mythe de plus en plus répandu des effets prétendument bénéfiques de la margarine par rapport aux effets néfastes du beurre que j'ai écrit ce livre», raconte Germain Brisson du ton paisible de ceux qui ont arrêté leur idée sur une question qui chicote encore tout le monde.«Je fais de la recherche appliquée en nutrition animale depuis plus de trente ans, poursuit-il, et comme tous les nutritionnistes, j'ai longtemps cru à la fameuse hypothèse lipides.Malheureusement, il faut bien reconnaître aujourd'hui qu'aucune preuve scientifique définitive n'a pu confirmer ni infirmer cette hypothèse, et qu'il est même très légitime de la mettre sérieusement en doute.» Selon cette hypothèse, largement acceptée dans les milieux médicaux comme dans le grand public, l'athérosclérose, une maladie cardio-vasculaire, est étroitement associée à un taux élevé de cholestérol dans le sang; de plus, ce taux est lui-même influencé par une alimentation riche en cholestérol et, de façon générale, en graisses d'origine animale.Les œufs, dont le jaune est une véritable mine de cholestérol, le beurre, la crème du lait et le gras des viandes, apparent aussi bien que caché, devraient donc être consommés en quantités limitées.La place que ces produits ont pris dans notre alimentation expliquerait, en bonne partie en tout cas, l'épidémie de maladies cardio-vasculaires qui dévaste les pays occidentaux.Et de toutes ces maladies, l'athérosclérose est de loin la plus fréquente.On n'en connaît pas encore avec précision les mécanismes.Mais on sa it qu'elle se caractérise par un durcissement et un épaississement des artères, dont les parois «s'encrassent» de graisses et de cholestérol, puis de dépôts calcaires.Mono, poly, cis, trans.Les acides gras sont les principaux composés des huiles et des graisses alimentaires, qu'elles soient d’origines végétale ou animale.Ils se présentent sous la forme de chaînes d'atomes de carbone plus ou moins longues, auxquelles sont liés des atomes d’hydrogène et des groupements d'hydrogène et d'oxygène.Dans le corps de la chaîne, chaque atome de carbone est lié à ses deux voisins ainsi qu'à deux atomes d'hydrogène: si tel est le cas, sans exception, on a affaire à un acide gras dit saturé.Lorsque un atome d'hydrogène manque, il se forme une double liaison entre les deux atomes de carbone voisins: l'acide gras est dit monoinsaturé.Lorsque plusieurs de ces doubles liaisons apparaissent sur la chaîne, l'acide gras est dit polyinsaturé.Les graisses animales sont riches en acides gras saturés, alors que les graisses végétales contiennent de fortes proportions de polyinsaturés, dont un acide gras dit essentiel (parce que l'organisme ne peut le produire), l'acide linoléique.À l'état naturel, les acides gras polyinsaturés des huiles végétales ont une forme recourbée, dite c/s.Pour donner à ces huiles la stabilité et la consistance voulues et pour les transformer en shortenings ou en margarines, on leur fait subir une série de traitements physicochimiques.L'hydrogénation, par exemple, a pour effet de saturer une partie des acides gras polyinsaturés, en même temps qu'elle provoque la formation d'acides gras de forme linéaire, dits trans.Les acides gras se rencontrent rarement à l'état libre dans les graisses alimentaires.Associés le plus souvent à une molécule de glycérol, ils forment des glycérides.Un triglycéride est composé d'une molécule de glycérol et de trois acides gras.Les acides gras entrent également dans la composition d'autres substances lipidiques, comme les phospholipides.Le cholestérol, qui n'est pas une graisse à proprement parler mais qu'on assimile tout de même aux composés lipidiques, n'existe que dans le règne animal.Naturellement abondant dans tout le corps et essentiel à plusieurs fonctions physiologiques, il peut être entièrement synthétisé par l'organisme ou provenir d'apports alimentaires.Un équilibre naturel s'établit normalement entre cholestérol endogène et cholestérol exogène.ei hi ri cli er Pour Germain Brisson, dont le livre constitue en fait une revue critique de l'abondante littérature scientifique publiée sur la question, il existe effectivement une association statistiquement significative, à l'échelle d'une population, entre le taux de cholestérol sanguin et les maladies cardio-vasculaires.Mais, insiste-t-il, il ne s'agit que d'une association d'ordre mathématique, qu'il ne faudrait surtout pas confondre avec une relation de cause à effet.Autrement dit, ce n'est pas parce qu'un individu donné a un haut taux de cholestérol qu'il souffrira nécessairement d'athérosclérose.Et ce n'est pas non plus parce qu'il diminue son taux de cholestérol qu'il réduira ses propres risques face à la maladie.PLUS OU MOINS DEUX ŒUFS De plus, avance encore Germain Brisson, les comparaisons entre pays n'indiquent pas toujours des relations très claires entre le cholestérol consommé et la fréquence relative des maladies cardiaques.Bien sûr, les pays où l'on consomme très peu de cholestérol, le Japon par exemple, ont des taux de maladies cardiovasculaires très bas, comparativement à des pays comme les États- Unis ou la Nouvelle-Zélande, où l'on en consomme beaucoup.Mais dans de nombreux cas, la corrélation est au contraire négative: les Français, qui mangent 500 milligrammes de cholestérol par jour, ont un taux de maladies cardio-vasculaires cinq fois inférieur à celui des Finlandais, qui en mangent pourtant moins de 400 milligrammes.D'ailleurs, toujours selon l'auteur de Lipides et nutrition humaine, rien ne prouve clairement qu'on puisse faire varier de façon importante le taux de cholestérol sanguin en modifiant le cholestérol dans l'alimentation.Des essais effectués aux États-Unis et en Hollande étayent le doute du chercheur, selon qui ajouter ou retrancher deux œufs par jour à l'alimentation normale d'une personne bien portante n'a aucune influence sur son taux de cholestérol.Tout semble en effet se passer comme si l'organisme, exception faite des cas pathologiques, pouvait établir un équilibre entre le cholestérol ingéré et le cholestérol qu'il fabrique lui-même.Autre point du dossier lipides: la nature des graisses consommées.On incrimine fréquemment les acides gras saturés (voir l'encadré «Mono, poly, cis, trans.»), qu'on trouve et à L b: dj QUÉBEC SCIENCE / août 1982 21 Le cholestérol est la substance mère de nombreux composés essentiels à la vie.surtout dans les graisses animales, en même temps qu'on vante les bienfaits des acides gras polyinsa-turés, qu'on trouve en quantitésdans les graisses et huiles végétales.Pourtant, d'expliquer Germain Brisson, rien ne prouve non plus qu'une consommation accrue d'acides gras polyinsaturés puisse effectivement faire baisser le taux de cholestérol sanguin.Et encore moins la mortalité par maladies cardio-vasculaires.Dernier point, et non le moindre à ses yeux, les «grandes interventions» visant à prévenir les maladies de cœur par des modifications significatives du régime alimentaire n'ont pas donné de résultats très concluants.Que ce soit aux États-Unis, en Angleterre, dans les pays Scandinaves, en Australie, elles n'ont entraîné que des baisses mineures des taux de cholestérol chez les sujets soumis à des régimes pauvres en graisses animales — et pratiquement pas de gains au plan de la mortalité par maladies cardio-vasculaires.PAS DE PREUVE, MAIS .Inutile de préciser que ces points de vue pour le moins non conformistes ont fait l'effet d'une véritable petite bombe dans les milieux scientifiques et médicaux aussi bien que dans les media — soigneusement «préparés» à la controverse depuis déjà de nombreux mois (voir l'encadré «Lobby contre lobby»).Car à défaut d'une preuve qui établirait sans appel le lien diète-cholestérol sanguin-maladies cardio-vasculaires, les tenants de la thèse officielle, il faut le reconnaître, disposent d'arguments nombreux et respectables.À commencer d'ailleurs par ces études épidémiologiques dont Germain Brisson propose une lecture nouvelle, certes, mais qui indiquent pratiquement à tout coup, à des degrés plus ou moins importants, l'existence d'une corrélation positive entre graisses alimentaires et maladies cardio-vasculaires.Dernière en date de ces études, celle dite d’Oslo a été publiée en Hormones stéroïdes mâles Acides biliaires Hormones stéroïdes gestagènes Provitamine Cholestérol Acide cholique Hormones stéroïdes femelles Vitamine D Hormones stéroïdes cortico-surrénales Principaux dérivés du cholestérol décembre dernier par The Lancet, une revue qui fait autorité à l'échelle internationale.Pour les fins de cette étude, 1 232 hommes âgés de 40 à 49 ans, en bonne santé mais présentant des taux de cholestérol au-dessus de la moyenne (entre 290 et 380 milligrammes par décilitre de sang), ont été sélectionnés pour un essai de cinq ans.Ils ont par la suite été divisés en deux groupes: un groupe dit d'intervention, auquel on recommandait d'adopter un régime à base de graisses polyinsaturées et qu'on invitait à cesser de fumer, et un groupe témoin, dont on ne cherchait pas à modifier les habitudes.Résultats: le taux moyen de cholestérol sanguin du groupe d'intervention a été de 13 pour cent inférieur à celui du groupe témoin, et l'incidence d’infarctus et de morts subites y a été plus inférieure de 47 pour cent.Des analyses statistiques poussées montrent, selon les auteurs, que c'est le changement du taux de cholestérol plutôt que la réduction du tabagisme qui explique cette diminution du risque coronarien.En avril dernier par ailleurs, le comité nutrition de l'American Heart Association (AHA) publiait son nouveau rapport sur «la question diète-cœur».C’est en 1957 que l'AHA avait pour la première fois soulevé le problème des rapports entre l'alimentation, les graisses en tête, et l'athérosclérose.Depuis lors, elle n'a cessé de mettre à jour sa position, publiant ses statements tous les quatre ou cinq ans.Selon celui de 1982, « les résultats d'expériences sur l'animal (dont le singe), d'enquêtes épidémiologiques et d'essais cliniques suggèrent fortement la preuve que le régime alimentaire peut influencer les risques de maladie coronarienne.Au-delà de ces études, poursuit l'Association, deux faits bien établis demeurent: les graisses saturées et le cholestérol dans l'alimentation font augmenter le taux de cholestérol total et de LDL-cholestérol, et un taux élevé de cholestérol total et de LDL-cholestérol contribue directement à l'athérosclérose et à la maladie coronarienne.» (Voir l'encadré «HDL, LDLet compagnie».) À L'ENVERS Aussi l’American Heart Association continue-t-elle de recommander une alimentation axée sur une baisse du cholestérol et des graisses saturées.Fait nouveau cette année, c'est désormais à toute la population, qu'elle soit ou non à risque, qu'elle adresse cette recommandation.Selon elle en effet, le taux idéal de cholestérol chez l'adulte devrait se situer entre 130 et 190 mg/dl — alors que plus de la moitié des hommes, aux États-Unis, dépassent les 200 mg/dl.Or, souligne l'American Heart Association, tout porte à croire que le risque coronarien n'augmente pas de façon linéaire en fonction du taux de cholestérol.Passé un certain seuil, probablement situé vers les 200 à 220 mg/dl, ce risque croît plutôt de façon quasi exponentielle.Source: G.Brisson, Lipides et nutrition humaine août 1982 / QUÉBEC SCIENCE ¦ * -X- YhU 40 août 1982 / QUEBEC SCIENCE Canada Québec Science a ce mois-ci vingt ans révolus! À cette occasion, je suis heureux de saluer les lecteurs de ce magazine et d'adresser mes félicitations chaleureuses à sa dynamique équipe.La longévité de Québec Science, le nombre croissant de ses abonnés et les distinctions obtenues récemment par ses collaborateurs attestent de la qualité et de l'utilité de ce magazine.En novembre prochain, m'a-t-on dit, vous consacrerez un numéro spécial à la télématique.C'est bien la preuve que vous êtes en prise avec le réel.Vous avez compris que sensibiliser les Canadiens à cette révolution technologique est une question vitale.C'est donc moins par «hasard» que par «nécessité» que vous et nous poursuivons depuis des années un même but.Francis Fox La prochaine révolution industrielle est déjà commencée.Demain, il sera trop tard pour préparer le Canada à exceller dans la microtechnologie.Le Conseil des sciences a récemment publié un rapport sur cette question des technologies nouvelles, intitulé: « Préparons la société informatisée, demain il sera trop tard ».On peut se procurer des exemplaires gratuits du résumé du rapport en s'adressant à: Service des publications.Conseil des sciences du Canada 100.rue Metcalfe.Ottawa (Ontario) K1P5MI (613) 902-1142 I I QUÉBEC SCIENCE / août 1 982 41 ICON Une victoire canadienne en suprat ech nolog ie ?A- K w .N A •v-v; .¦ ' :|^É y '• • > '•I'’V • âslL;i Le vidéotex transforme le simple téléviseur en un appareil qui nous permet d'obtenir en un clin d'oeil une grande variété de renseignements.Au Canada, le système Télidon occupera bientôt une place de choix dans nos foyers.D'ici peu, nous aurons le monde au bout des doigts.En appuyant sur les touches d'un clavier, nous ferons apparaître sur l 'écran les renseignements que nous cherchons.Sans quitter le confort de votre fauteuil préféré, vous pourrez faire des achats, lire votre courrier ou votre journal, payer des factures, retenir des places au théâtre, planifier un voyage ou effectuer des transactions bancaires.Ceci n'est pas un rêve; Télidon le fait déjà.Le téléviseur pourra se métamorphoser en école, en bureau de poste, en banque, en supermarché ou en bibliothèque, il pourra même faire partie d'un système de communication instantanée avec les services d'incendie ou d'urgence.Gouvernement Government du Canada of Canada Le système repose sur trois composantes: un téléviseur muni d'un clavier qui ressemble à une calculatrice de poche, un ordinateur relié à des banques de données et, enfin, un moyen de diffusion et de réception.Le téléviseur est relié à un ordinateur central par un moyen de diffusion comme une ligne téléphonique, un câble ou une fibre optique.Les essais Vista de la compagnie Bell Canada sont déjà en cours à Montréal.Bientôt, Télidon sera opérationnel partout au Québec.Mais ce n est pas tout.Télidon a été mis au point par le ministère fédéral des Communications, nous sommes fiers de vous dire que c'est le nôtre.Au Canada.24 millions de personnes travaillent ensemble et participent avec le gouvernement du Canada à l essor collectif.Ce grand pays favorisé, c'est le nôtrel Canada a a Gouvernement D El du Québec Le ministre d'État au Développement culturel et scientifique A titre de ministre d'État au développement culturel et scientifique, je suis heureux de m’associer à la célébration des 20 ans de QUÉBEC SCIENCE; je profite de l'occasion pour féliciter bien chaleureusement toute l'équipe de la revue.Au fil des ans QUÉBEC SCIENCE s’est affirmé comme l’élément moteur de la diffusion de la culture scientifique au Québec, concourant puissamment à la démocratisation de la science, orientation fondamentale de notre politique scientifique.De fait, au cours des deux décennies écoulées, QUÉBEC SCIENCE aura contribué de façon significative à éveiller l'intérêt du public pour les questions reliées à la recherche scientifique, de même qu’à créer les conditions d'une pleine prise en charge par le Québec de ses responsabilités en matière de développement scientifique.Mais il reste bien sûr beaucoup à faire et c'est pourquoi à QUÉBEC SCIENCE, je souhaite longue vie! Les lecteurs de QUÉBEC SCIENCE peuvent être assurés que le gouvernement du Québec, quant à lui, entend poursuivre avec vigueur sa politique de développement scientifique.Aussi, je profite de l’occasion pour rappeler à ces lecteurs que le ministre d’État au développement culturel et scientifique dispose d'un Fonds spécial d'incitation auquel on peut avoir recours pour le soutien d'initiatives qui, en matière de sciences et de technologie, ne seraient pas admissibles aux programmes déjà existants (*).A l’exemple de QUÉBEC SCIENCE, que chacun apporte sa contribution à la construction du Québec scientifique! Encore une fois, toutes mes félicitations.Gérald Godin (*) Pour toute information, communiquer avec le Secrétariat au développement scientifique, Ministère du Conseil exécutif, Gouvernement du Québec (Tél.: 418-643-7999). Le Québec, à l’aube d’une nouvelle révolution technologique, rend hommage à Québec Science pour son inestimable contribution à l’information scientifique et à sa vulgarisation.Que Québec Science assure encore longtemps le lien entre le monde de la recherche et le grand public.Gouvernement du Québec 44 août 1982 / QUÉBEC SCIENCE Êj 1 Fonds F.C.A.C.pour l’aide et le soutien à la recherche ' UNE GRANDE REVUE QUÉBÉCOISE Le Fonds F.C.A.C.pour l’aide et le soutien à la recherche est fier de souligner le vingtième anniversaire de la revue Québec Science.Ce magazine scientifique est né lors du renouveau des années 60 et il s’est inscrit dans ce mouvement de reprise en main qui a traversé tous les secteurs de la société québécoise, notamment le monde de l’enseignement et de la recherche scientifique.Dans ce contexte, Québec Science a joué un rôle déterminant en informant la population québécoise des résultats de ses investissements dans le domaine de la science et de la technologie.Il n’est donc pas abusif d’affirmer que ce périodique a suscité une prise de conscience de notre potentiel collectif et qu’il a ainsi été l’un des artisans de notre identité culturelle.Cette revue est beaucoup plus qu’une source documentaire.En reliant systématiquement la recherche scientifique aux problèmes de la société québécoise et par l’emploi d’un langage accessible, Québec Science a contribué à la création d’une Véritable culture scientifique essentielle au développement de toute société.En particulier, ce périodique suscite chez les jeunes un intérêt croissant pour les carrières scientifiques.Le Fonds F.C.A.C.a pour objectif de favoriser la formation de chercheurs et le développement de la recherche scientifique au Québec.Il administre à cette fin divers programmes de subventions et encourage notamment la diffusion des résultats de recherche en soutenant la publication de revues scientifiques.Il suit donc sensiblement la même trajectoire que Québec Science et il octroie depuis de nombreuses années des subventions à ce périodique dont l’originalité et la qualité sont reconnues.Le Fonds F.C.A.C.félicite donc tous les collaborateurs de la revue depuis sa création et souhaite longue vie à Québec Science.«Nous reconnaissons la qualité de Québec Science et nous sommes conscients du défi qui a dû être relevé pour atteindre les résultats que vous mentionnez.«Je voudrais vous féliciter, ainsi que tous les collaborateurs de Québec Science, pour le succès que le magazine a connu et continue de connaître et je vous souhaite la pleine réalisation de vos objectifs.» Raymond Blais, c.a.Président de la Confédération des caisses populaires et d’économie Desjardins du Québec mun Mécanique ene,g,e Vos projets de développement vous sont précieux?Avec ses ?1 divisions, le Groupe-conseil Roche a la bonne combinaison pour les réaliser avec efficacité et compétence IHIIË Quebec t418i 871 9600 Montreal
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