Québec science, 1 janvier 1983, Février
E BRANCHER UR LE GAZ?ILBERT RAQUETTE BOUCHÉES DOUBLES S NEUF AUTRES AÇONS DE FAIRE IN BÉBÉ Z BIEN POUR ORMIR BIEN UR L’AMOUR ES MATHS ire Furrier 2ième claMe ^nr8gistrem8nt numéro 1052 d ivaaiNOW dIN30 13 OOZÏ • Luc Chartrand J comme quelque chose de rigide, d'impénétrable.En réalité, il y a des interactions continuelles et des rapports d'une grande beauté qui s'établissent entre des phénomènes apparemment très éloignés.» À la suite de F.William Lawvere, mathématicien américain, Joyal s’est appliqué pendant plusieurs années à reconstruire les concepts de logique à partir de la théorie des catégories.Ces deux branches sont des outils conceptuels qui se sont développés indépendamment pour résoudre des problèmes différents.Après les travaux de Lawvere et de Joyal, la logique catégorique fait aujourd’hui le pont entre les deux.«Les mathématiques sont remplies d'exemples où des concepts apparemment sans rapport finissent par se rejoindre en un tout cohérent, poursuit Joyal.Nous sommes devant une science qui possède une unité très profonde mais qui est parfois longue à percevoir.Je ne suis pas du tout d'accord avec l'opinion de plus an plus répandue chez les mathématiciens à l'effet que les mathématiques aient éclaté de façon irrémédia-ole en une infinité de disciplines.» Cette unité a toujours été «sentie» aresque intuitivement par les grands mathématiciens.C'est Descartes, aar exemple, qui établit le premier un aontact entre la géométrie et l'algè-are en créant la géométrie analytique.Les exemples de tels rapports sont nombreux.Cependant, la tendance à la spécialisation des sciences au 20e siècle fait souvent perdre de y / vue cette ^VV, dimension.«C’est, poursuit Joyal, aller à l'encontre d'un but de la science qui est de se donner une vision du monde.» Cette approche généraliste a été dans son cas particulièrement féconde.On lui doit un nombre impressionnant de découvertes dans des domaines très différents.«Je poursuis toujours mes travaux sur plusieurs fronts.Lorsque rien ne progresse sur un problème donné, je passe à un autre et c'est souvent en travaillant sur le deuxième que je découvre des éléments de solution pour le premier.» La seule lecture des titres de ses réalisations suffit à décourager le non-initié: description catégorique La seule lecture des titres de ses réalisations suffit à décourager le non-initié: description catégorique des théories élémentaires (pré-topos), établissement de rapports entre la sémantique des faisceaux et la sémantique de Kripke, établissement d'une nouvelle démonstration d'un théorème de Brouwer sur la continuité des fonctions réelles, élaboration d'une théorie générale du calcul combinatoire utilisant les fonctions génératrices et, enfin, une extension de la théorie de Galois.x.Ht * 7 Un seul de ces travaux suffirait probablement à faire remarquer son auteur.André Joyal, pour sa part, refuse d'en retirer quelque orgueil que ce soit.«J'ai du plaisir à découvrir des choses mais d'autres que moi ont fait des travaux beaucoup plus admirables.Je suis très loin d'avoir gagné une médaille Fields — l'équivalent du prix Nobel chez les mathématiciens.Et il faut comprendre qu'il s'agit de travaux collectifs, dont les résultats sont ceux d'équipes.» PARLER LA LANGUE DE L’UNIVERS Il partage avec la plupart des mathématiciens la conviction que les mathématiques ont une valeur universelle et qu'elles sont un résultat inévitable de toute forme d'intelligence qu'on puisse imaginer.«Si nous devions communiquer avec des intelligences extraterrestres, il est probable que nous le fassions d'abord par le biais des mathématiques.Tous ceux qui ont réfléchi à cette question en arrivent à cette conclusion parce 46 février 1983 / QUÉBEC SCIENCE que les mathématiques semblent universelles.On ne peut imaginer de monde où elles cesseraient d'exister.Nous avons tendance à penser que l'intelligence est un produit de l'évolution.Mais avec une évolution différente, avec un support biologique différent, d'autres formes d'intelligence connaîtraient-elles les mêmes mathématiques?La plupart des mathématiciens pensent que oui.» Pour certains philosophes grecs, Platon par exemple, la réalité mathématique était encore plusforte que la réalité physique.Seules les mathématiques peuvent offrir un monde de perfection.Un cercle parfait est un produit de l'esprit humain, une abstraction.Mais on est porté à croire que toute intelligence pourrait le concevoir.La connaissance de tt, par exemple, devrait faire partie du bagage de toute intelligence avancée.«Je pense qu'il existe une sorte de physique de l'esprit, poursuit André Joyal.Les choses profondes en mathématiques, on a l'impression de les découvrir.Cellesqu'on invente ne sont pas nécessaires.Je ne veux pas dire que les mathématiques «existent» déjà, mais on dirait que leur découverte est inévitable.» L'INERTIE DU QUÉBEC Revenant sur un sujet plus terre à terre, André Joyal ne peut s'empêcher de déplorer le faible niveau de développement des mathématiques au Québec.Malgré des structures nombreuses — six départements universitaires de mathématiques, un centre de recherche à l'Université de Montréal, un séminaire de mathématiques supérieures — le Québec ne rayonne pas.« Un très faible pourcentage des mathématiciens du Québec, chez les anglophones comme chez les francophones, possèdent une connaissance sérieuse des grands courants qui circulent ailleurs dans le monde.» «Le problème, poursuit Joyal, n'est pas celui des structures mais celui de la vie mathématique.» À Columbia, au sein d'une équipe très réduite de chercheurs triés sur le volet, il est à même de constater que la créativité en mathématiques n'est pas fonction du nombre des chercheurs.«Ici, on s'étonne d'apprendre comme il est facile de devenir professeur permanent dans une université du Québec.Cette facilité tend à ralentir la créativité, à développer une sorte d'inertie où l'incompétence se reproduit elle-même.» Bien sûr, les mathématiciens du Québec publient.Un peu dans les Annales des mathématiques du Québec, et aussi dans les revues internationales.«Mais il n'est pas du tout sûr que les publications originaires du Québec soient lues à l'étranger.» À travers le flot incroyable de la production mathématique d'aujourd'hui, la création de nouvelles «variations sur un même thème» n'offre qu'un intérêt relatif.MONTRÉAL OU NEW YORK?Pour la première fois, André Joyal peut bénéficier, à New York, d'une vie mathématique stimulante.On ne peut s'empêcher de lui demander s'il serait tenté d'y demeurer advenant une offre intéressante.«Je préfère ne pas envisager la question sous cet angle.Disons qu'il vaut mieux se demander comment faire pour rendre la vie mathématique québécoise plus intéressante.Il est clair que, pour ce faire, il nous faudrait quelques mathématiciens de premier ordre.Dans le moment, nous n'en avons aucun — je ne me considère pas comme tel — et nous ne savons pas les attirer.Je sais que des institutions montréalaises ont raté plusieurs occasions d'en accueillir.Ces aubaines sont souvent uniques et ne risquent pas de se représenter.» Montréal, dit-il, a pourtantd'énor-mes atouts susceptibles d'attirer des gens de premier plan.«C'est une ville cosmopolite; le climat social y est meilleur que dans plusieurs grandes villes américaines.Il n'y manque qu'un milieu scientifique vraiment actif.Il faut bien comprendre que si la vie mathématique devient intéressante, le danger de voir nos mathématiciens aller ailleurs sera compensé en sens inverse.» Lui-même se prend à rêver à la création d'un Institut de mathématiques à Montréal.«Tout ça est encore assez flou mais une chose est sûre, il s'agirait d'une porte ouverte sur le milieu international des mathématiques.Il devrait être indépendant des institutions académiques et gouvernementales; on y retrouverait très peu de permanents et ceux-ci seraient exclusivement des mathématiciens de calibre international.» L'influence, l'effet d'entraînement qu'un tel centre pourrait avoir sur la formation des jeunes mathématiciens du Québec seraient incalculables.Les invités venus d'un peu partout dans le monde pourraient y séjourner et les étudiants québécois participer avec eux à diverses activités.Mais pour devenir un véritable centre de gravité des mathématiques, le futur institut devrait faire école.Or, les écoles de pensée naissent des grands maîtres.Le principal intéressé s'en défend bien mais il y a fort à parier que si un jour, au plan international, on doit parler de l'influence de l'école québécoise de mathématiques, on parlera surtout d'André Joyal.O UÈBEC SCIENCE / février 1983 47 M llrf tsi* !Slll Ü; tiéifî'1 jllllîl'1 el5»r üvern [811^ ,81^*] ;3lC«|}! J ¦aie1111 a*.;ÿ al' |f8 «¦ 1 est encore trop tôt pour I fixer des limites aux possi-® bilités de l’appareil, mais on peut déjà affirmer qu'il va révolutionner les méthodes de diagnostics en neurologie, en cardiologie et dans une foule d’autres domaines.» C’est ainsi que Roméo Éthier, directeur du département de radiologie de l’Institut neurologique de Montréal, présente le système NMR (résonance magnétique nucléaire), un nouvel outil qui permettra d’observer l’intérieur du corps humain comme jamais il n’a été possible.Ce qui rend le NMR particulièrement intéressant, outre ses performances, tient au fait qu’il ne requiert pas l’utilisation de rayons X ou de substances radioactives.Le risque de radiations se trouve donc éliminé tant pour les patients que pour les opérateurs.Même les substances de contraste que le patient doit habituellement ingurgiter sont inutiles.Tout ce qu’on lui demande, c’est de passer quelque temps à l’intérieur d’un tube.Le fonctionnement de l’appareil, constitué d’un immense aimant, repose sur les propriétés magnétiques de certains noyaux atomiques ayant un nombre impair de protons et de neutrons.Le principe n’est pas nouveau.Depuis une trentaine d’années, les chimistes l’utilisent pour analyser des petits échantillons.Un peu comme les planètes, ces noyaux d’isotopes tournent sur eux-mêmes, produisant un champ magnétique qui leur est propre.À l’intérieur du NMR, ils subissent l’action d’un champ magnétique artificiel, ce qui les oblige à se réaligner selon les lignes de force de ce champ statique.Ils exécutent cette .réorientation dans une espèce de mouvement de précession analogue à celui d’une toupie.Mais avant que le changement soit complété, un deuxième champ magnétique puisant est appliqué perpendiculairement au premier.Résultat: le mouvement de précession des ACTUALITÉS MEDECINE LE NMR, UN APPAREIL RÉVOLUTIONNAIRE plexes, restitue sous forme d’images.Et, contrairement à ces prédécesseurs, le NMR ne donne pas que des coupes axiales, un peu comme un pain que l’on tranche.«Nous pouvons obtenir des images selon les trois axes sans avoir à répéter l’examen.Plus le malade passe de temps dans l’appareil, plus l’image contient d’informations », commente Roméo Éthier.Cette image permet, par exemple, de différencier les tumeurs des lésions bénignes.Avec le NMR, on peut obtenir des images plus détaillées.Ici, une coupe axiale d’un cerveau où on peut observer une lésion ronde typique de la sclérose en plaques.noyaux est perturbé.Quand on enlève ce deuxième champ, les noyaux perturbés retournent à leur position initiale en émettant des ondes électromagnétiques.de l’information que le chimiste recueille sous forme de spectre, mais que le NMR, grâce à des programmes d’ordinateur extrêmement corn- Picker International Dans certaines applications, le NMR pourrait même remplacer les appareils de tomographie axiale qui utilisent un fin faisceau de rayons X pour obtenir des images en coupe axiale.Ainsi, des chercheurs britanniques ont utilisé les deux techniques pour examiner une dizaine de patients souffrant de sclérose en plaques, une maladie dégénérative qui s’attaque à la gaine de myéline entourant les fibres nerveuses, la remplaçant par des plaques dures.La méthode de tomographie assistée par ordinateur a permis de détecter 19 de ces plaques.Avec le NMR, les scientifiques en ont compté 112.Présentement, l’appareil ne détecte que les noyaux d’hydrogène, les plus abondants dans le corps humain.Mais il n’est pas impossible que, dans un proche avenir, on puisse également «observer» les noyaux de phosphore-31 et de sodium-23, par exemple.Bien que l’on soit encore à découvrir de nouveaux champs d’application au NMR, il est déjà disponible commercialement.Jusqu’à tout récemment, quatre institutions hospitalières canadiennes attendaient la livraison du merveilleux appareil, mais aucune au Québec.La situation est maintenant changée.L’Institut neurologique de Montréal vient de passer une commande.Le bébé devrait arriver au cours de l’été prochain.Claude de Launière r-n Venez-vous à peine de dire "je suis fatigué"?K pafrnapacnon^® L» mowffltn c*n*«Jl«n Ou DMn-fcr* pny»Kjue ÉCRANS CATHODIQUES VISION EMBROUILLÉE « • e travail continu sur écran cathodique pendant une période de cinq ans n’a entraîné aucune atteinte du système oculaire et visuel.Les radiations susceptibles de provenir de l’écran lui-même n’ont nullement affecté la santé oculaire.» Cette conclusion d’une étude de deux ophtalmologistes, Ide Dubé et Hollande Michaud, constituerait-elle le point final de la polémique sur les effets dangereux des écrans cathodiques?(Voir l’article de Yanick Villedieu «Des écrans plein les yeux » dans le numéro d’août 1981.) Que non! La guerre, si l’on peut dire, ne fait que commencer.L’intégrité de l’œil constitue un premier sujet de querelle.Alors que nos ophtalmologistes concluent à l’absence de danger, une étude française (Dessors et al., 1979) citée dans une étude de novembre 1980 du CLSC Centre-Ville, à Montréal, semble indiquer le contraire: « Dans le cadre de cette même étude, on a fait subir aux opératrices un examen de la vue avant et après le travail.Ces tests ont révélé trois changements au niveau de la vision occasionnés par la haute sollicitation de près.» Ces changements consistaient en une augmentation de la distance minimale à laquelle LE COMPTE D'EPARGNE À INTERET QUOTIDIEN CHAQUE DOLLAR VOUS RAPPORTE CHAQUE JOUR! UNE INITIATIVE ¦¦¦ D'AVANT-GARDE DE LA BANQUE DE MONTREAL WMé WÆ février 1983 / QUÉBEC SCIENCE OUÉ0ECI l’image vue par chacun des yeux se fusionne en une seule (proximum de convergence), une augmentation (de 23 pour cent) de la distance minimale à laquelle on voit encore clairement (proximum d’accomoda-tion) et, finalement, un changement au niveau des mesures de phorie, c’est-à-dire de la recherche et de l’évaluation d’un désalignement éventuel du point de fixation des deux yeux.Changements permanents que ces trois symptômes habituels de la myopie?On ne le sait pas mais, continue le document du CLSC, «plusieurs recherches sur la myopie ont mis en évidence que, dans certains métiers, ceux où la vision de près est fortement sollicitée, on dénote un pourcentage élevé de myopes ».Une certitude malgré tout: la performance de l’œil est réduite.Sur ce point, tous sont d’accord: le travail sur écran cathodique entraîne son lot de maux : irritation des yeux, picotements, douleurs oculaires, yeux larmoyants ou secs, céphalées, éblouissement en lumière du jour.Diagnostic de Ide Dubé et Hollande Michaud: ces malaises sont causés par des facteurs sur lesquels il est possible d’agir, qu’il s’agisse de l’envi- ronnement (éclairage, écrans plus ou moins bien adaptés, type de travail) ou des yeux eux-mêmes (par le traitement des maladies déjà existantes ou par une correction visuelle appropriée).De plus, et c’est là l’un des points fondamentaux de la recherche, les «symptômes notés en cours d’étude étaient passagers et sans gravité».Conformément aux résultats de leur étude, les ophtalmologistes Dubé et Michaud ont recommandé le passage d’examens oculaires pré-emploi et de contrôle à tous les deux ans, l’incorporation d’un filtre antireflets aux écrans et d’un bouton d’ajustement pour le contraste du fond et du lettrage.Sur ces symptômes et leur disparition, tous sont loin d’être d’accord.Jean-Pierre Lagacé, optométriste à la Clinique d’optométrie Centre-Sud de Montréal, explique que la disparition de symptômes (mal de tête, vision double) n’est pas nécessairement un bienfait pour le travailleur.« L’appareil visuel s’adapte au stress, entraînant ainsi une disparition des symptômes, mais le problème visuel reste, s’amplifie au fil du temps.Ainsi une per-1 sonne affectée d’une déficience au niveau de l’alignement des yeux s’adaptera à un problème Je la Ml» tous Wts "tin QUEBEC SCIENCE / février 1983 #«i Ut I ^ I fili H LI #1 ». I J,;î H A p| A [if I | M r‘J A de vision double par un mécanisme de compensation consistant en l’annulation au niveau du système nerveux central de l’image d’un œil, d’où une perte de performance du système visuel qui, d’un autre côté, demeure toujours affecté du problème d’alignement des yeux.» C.Q.F.D.?Peut-être.Pour l’instant, la remise en question de l’étude semble pouvoir emprunter le biais de la méthodologie utilisée.Ainsi, bien que l’étude ait porté au départ sur 392 personnes (toutes examinées), les examens subséquents n’ont rejoint ensuite que 268 personnes, soit 50 par année au cours des quatre premières années et 68 lors de la cinquième.L’étude de cinq ans n’a donc porté, en fait, que sur 68 personnes.Et même si les changements d’acuité visuelle intervenus chez 26 d’entre elles sont qualifiés de normaux, on ne peut que rester sceptique devant la faiblesse de l’échantillon.Celle-ci s’explique en partie par le fait que de nombreuses employées — on parle au féminin puisqu’il s’agit presque exclusivement de femmes — ont quitté leur emploi en cours d’expérience.Mais justement, il aurait été intéressant de savoir combien ont abandonné leur poste en raison de problème de fatigue visuelle et oculaire ! Le dossier des effets des écrans cathodiques n’est donc pas fermé.Ide Dubé, en dépit du ton péremptoire de son étude, en est conscient: «Si notre étude suscite d’autres recherches, tant mieux ! Il ne faut pas s’endormir sur les résultats que nous avons, il convient d’aller plus loin, d’étudier, entre autres, le problème des radiations provenant des écrans.Ils ne produisent pas d’effets néfastes après cinq ans, mais qu'en est-il après dix A la librairie des P.U.L PLUS DE 20 000 TITRES DE TOUTES LES DISCIPLINES Heures d’ouverture : lundi à vendredi 8h30 à 17h30 Samedi 9h à 17h DES MILLIERS DE DISQUES DE MUSIQUE CLASSIQUE ET POPULAIRE D'INNOMBRABLES ARTICLES: DU SIMPLE CRAYON À LA CALCULATRICE ÉLECTRONIQUE Librairie des Presses de l’université Laval, Pavillon Pouliot, avenue de la Médecine, Cité universitaire, Sainte-Foy Téléphone : 656-2320 LA VIE PAYSANNE 1860-1900 GERMAIN! LEMIEUX lx> Edition-.PRISK DE PAROLK Les Muions FM La vie paysanne 1860-1900 Comment nos grands-pères ont vécu, ce qu ’ils ont inventé ou amélioré, les multiples adaptations de technique ou d’outillage qu’ils ont dû faire sur la ferme ou dans la forêt, c’est cet ensemble de connaissances que contient La vie paysanne 1860-1900.C’est un livre qui sera utile surtout aux jeunes, mais qui rappellera aux aînés d’émouvants souvenirs.Ci-inclus un chèque ou mandat-poste de.à l’ordre de: Éditions FM 1113, rue Desnoyers LAVAL (Québec) H7C 1Y6 exemplaire(s) de LA VIE PAYSANE (couverture rigide) 17,00$ (couverture souple) 14,95$ Adresse Editions 1113.rue Desnoyers.LAVAL.(Québec) H7C 1Y6 (514) 324-0712 François Huot > [F . ACTUALITÉS PSYCHIATRIE LE «KRACH » DE L'ÂME?Rien de bien original pourtant.Le congrès de l’Association canadienne de psychiatrie avait inscrit à son programme un colloque intitulé: «L’argent et l’esprit».En pleine heure du lunch, près de 400 psychiatres s’entassaient tout de même dans la salle pour s'entendre raconter ce qu’ils savaient déjà : la crise économique accroît les désordres mentaux.Il faut croire que l'on attendait quelques solutions, sinon économiques, peut-être médicales.On dut se contenter de constatations.Harvey Brenner, de l’Université de Baltimore, a pour sa part présenté différentes courbes où il apparaît clairement que c’est pendant la grande crise de 1929 que le chômage et le suicide aux Etats-Unis atteignirent leurs taux les plus élevés de l'histoire.Discutant ensuite de la valeur prédictive des différents indicateurs économiques sur les troubles psychiques et physiologiques, Brenner notait qu’en dépit de la faiblesse des données, il était évident que l’économie représentait aujourd’hui une source centrale de stress sur la vie des gens et qu’on ne pouvait en sous-estimer l’influence sur le plan psychiatrique.Il y aura cette année au moins 9 000 faillites personnelles au Québec; en 1970, il n’y en eut que 862.Le taux de suicide, lui, est passé de 4,2 pour 100 000 habitants en 1954 à 15 en 1979.Mais une fois qu’on a établi un lien entre ces deux courbes de croissance, on n’a pas dit grand-chose.Il ne s’agit certes pas d’un rapport simple de cause à effet.«Pour comprendre ce rapport, affirmait Vivian Rakoff, de l’Université de Toronto, il nous faut réexaminer notre idée du « concept de soi ».Nous avons toujours limité ce concept à l’univers intime alors qu’en fait, notre perception de soi est très sociale.» Le rang, dans notre société, est défini par l’argent, l’autorité et le prestige, trois indices de la valeur individuelle qui sont déterminés, règle générale, par - ¦ B, \ CHÔMAGE le travail.Une perte d’emploi porte donc atteinte à plusieurs composantes de la perception de soi.Or, la façon dont la perte financière nous affecte dépend largement de l’importance que le milieu ambiant accorde à la fonction économique.« La pauvreté est entièrement relative, soutient Vivian Rakoff.Regardez Terre-Neuve, la province la plus pauvre du Canada, leur taux de suicide est le plus bas, 3 pour 100 000 habitants.En Alberta, le taux est de 17 pour 100 000!» La société terre-neuvienne est par ailleurs beaucoup plus traditionnelle tant au niveau de son économie que de sa structure sociale.Elle ne compte certes pas comme l’Alberta un nombre important de gens déracinés parmi sa population.«Notre identité, poursuit Mme Rakoff, repose beaucoup sur notre sentiment d’apparte- nance a un groupe, a une fraternité.Dans un environnement où l’organisation sociale est trop déterminée par le travail, la perte d’emploi amplifie le sentiment d’exclusion.Nous sous-estimons généralement beaucoup ce besoin social de fraternité.Cela est si important que les révolutionnaires, pendant la Révolution française, en avaient même fait un slogan politique : « Liberté, égalité, fraternité».En temps de crise, selon la psychiatre, alors que le sentiment d’exclusion atteint son point le plus élevé, le taux général de problèmes psychiatriques augmente.En temps de guerre, il retombe précisément parce que les gens retrouvent ce sentiment de cohésion sociale, de solidarité, de direction.Une observation qui ressemblait à une mise en garde.Luc Chartrand L’AIR SALIN DES ROUTES Les bords des routes ressembleront-ils bientôt aux bords de mer?C’est possible, du moins en Angleterre et dans certaines régions des États-Unis.Des chercheurs anglais ont prouvé que l’apport en «sels» (sels de sodium, de potassium, de magnésium ou de calcium), utilisés depuis de nombreuses années pour déglacer les routes et les rendre praticables, est aussi important et même souvent supérieur à celui des embruns au bord de la mer.En plus de rendre les sols argileux moins perméables à l’air et à l’eau, les sels modifient les possibilités d’absorption de l’eau par les plantes.Il s’ensuit que certaines espèces de plantes peu résistantes vont disparaître, remplacées par des plantes de milieu salin, des halophytes, donnant à la flore des bords de route l’allure de celle des bords de mer.Le travail d'un botaniste anglais A.Bull, rapporté dans la revue Nature, montre que ce phénomène a bien lieu et ressemble d’une certaine façon aux modifications floristiques qui ont suivi l’établissement du chemin de fer au siècle dernier.Verra-t-on le même phénomène au Québec ?Il n’y a pas d’étude sur le sujet en cours, mais il semble qu'une bonne partie des sels de déglaçage soit entraînée par les eaux de fonte au printemps.ne causant pas de modifications écologiques aussi importantes que dans les régions où la couverture de neige est peu importante ou inexistante.Marianne Kugler 0 k | l»ir sala èsigi Him ftiti léaiai Ha U «sei i Ci P]|K fef; Me: Otr.Ji: fef: oè ts i, pis 4f, k djjj k h N i [Kf [vjvVAv ¦Av/A’XvV.y.v.: v QUÉBEC SCIENCE / février 1983 INFORMA TIQUE ‘ L I I 3T k i I- ABATTRE LES BARRIÈRES 500 npo.' aires.1 i» ilia d Oïl! S0) U»' n assiste, depuis quelques années, à une explosion des micro-ordinateurs à fins de réadaptation.Et y 0 : des ji pour cause ! Son coût abordable, .:sa facilité d’intégration à un t: design et sa flexibilité font 1 maintenant du micro-ordinateur un outil indispensable en réadaptation, comme l’explique J.R.Charbonneau, qui œuvre à la section de génie médical du Conseil national de recherches : du Canada.Ses dimensions i compactes permettent de le placer facilement à la portée de |l’usager, par exemple en le branchant sur la pile électrique d’un fauteuil motorisé.L’informatisation de la société fait disparaître des barrières dans beaucoup d’autres secteurs d’activités.Entre autres, dans le milieu du travail où l’avènement de la micro-1 informatique favorise Légalité des chances.Dans les bureaux notamment, une personne handicapée peut satisfaire aux exigences de l’emploi si elle a accès à un micro-ordinateur permettant le traitement de textes ou le classement de dossier par manipulation électronique de fiches.De même, dans les usines, l’automatisation lui rend plus facile, ou à tout le moins possible, l’opération de la machinerie.Ainsi, une fraiseuse automatisée peut être contrôlée par un terminal placé à distance.Mais c’est sans doute dans le domaine de l’éducation que le micro-ordinateur est davantage perçu comme un outil indispensable, autant pour l’étudiant que pour le professeur.L’adaptation bien conçue du microordinateur permet en effet au professeur de mieux suivre le progrès de l'étudiant souffrant d’un handicap et de structurer des cours personnels.Mais, selon M.Charbonneau, il est important de tenir compte de l’habileté de l’étudiant à contrôler les fonctions du micro-ordinateur.Parfois, un simple guide du doigté placé au-dessus du clavier peut suffire.Dans les cas où l’étudiant n’a pas l’habileté suffisante pour se servir d'un clavier, il OOGOOOOOOOA oooooooooo O'GOOOOOOO 1,lt ; ; Le clavier à sélection directe actionné par la bouche, à gauche, et le clavier de grande dimension, à droite, permettent à la f personne handicapée d’utiliser le micro-ordinateur.51 faut prévoir une interface compatible avec le micro-ordinateur.Quant à la préparation du matériel éducatif adapté au micro-ordinateur, elle a été allégée de beaucoup depuis l’introduction du langage LOGO que le CNRC a adapté pour l’étudiant handicapé avec le programme Turtle Graphics.En communications, on parle maintenant d’accoupleur téléphonique ou de synthétiseur de la parole.Ainsi, une personne handicapée peut, par l’intermédiaire d’un micro-ordinateur, placer et recevoir des appels sans avoir à manipuler l’appareil.Pour une personne qui n’a plus l’usage de la parole, le Centre national de recherches a démontré récemment qu’un micro-ordinateur Apple muni d’un synthétiseur de la parole rattaché au téléphone pouvait lui permettre de communiquer à partir d’un clavier.Du côté récréatif, la majorité des jeux vidéo disponibles pour les micro-ordinateurs personnels requièrent une rapidité de réaction qui dépasse les capacités d’une personne handicapée.Pour contrer cet obstacle, Hqriculhjpe mcgHL Renseignements: (514) 392-5306 Le malheur des uns .La crise de l’énergie a eu des retombés bénéfiques pour les maraîchers québécois.C’est ce que vient de démontrer un chercheur du département d’agro-économie de la faculté d’agriculture de McGill, M.Lewis A.Fischer.“Nous exportons la plupart de nos choux, carottes et oignons vers les grands centres du nord-est des États-Unis,” explique M.Fischer.“Or, si au cours des quatre dernières années, nos ventes ont plusieurs fois centuplé dans ces villes, cela est dû à l’augmentation des prix de l’essence qui nous a avantagés au détriment’ de nos principaux concurrents du Texas, du Mexique et de la Californie.Comme les maraîchers québécois sont non seulement des producteurs efficaces mais encore des entrepreneurs - plusieurs possèdent leur parc de camions pour vendre eux-mêmes leurs légumes à Boston, Philadelphie, New York et Washington - ils ont rapidement profité de leur position géographique avantageuse.Évidemment, nous ne jouissons pas du climat de nos concurrents.C’est pourquoi j’appuie la décision de nos gouvernements de subventionner la construction d’entrepôts modernes pour pallier à la brièveté de notre saison agricole! L’évolution in vitro M.Robert Angus MacLeod s’intéresse depuis de nombreuses années aux processus d’évolution microscopiques qui ont permis à un organisme marin de s’adapter à la vie sur terre.Ce professeur du département de microbiologie de la faculté d’agriculture de McGill a d’ailleurs réussi, par manipulations génétiques, à faire agir des gènes d’une bactérie marine (alteromonas haloplanktis) dans une bactérie terrestre (Escherichia coli).Contrairement à la plupart des espèces terrestres ou d’eau douce, les bactéries marines ont besoin d’ions de sodium pour croître.Ce sont en effet les ions de sodium qui stimulent les mécanismes de transport des molécules nutritives à travers la membrane cellulaire.A l’heure actuelle, M.MacLeod et son équipe cherchent à savoir s’il est possible de transférer le mécanisme de transport d’un élément nutritif de la bactérie marine à sa consoeur terrestre.Ce, afin d’établir si oui ou non le mécanisme de transport acquis par les E.coli a besoin d’ions de sodium pour agir.“Si tel devait être le cas," conclut M.MacLeod, "nous aurions démontré que la bactérie terrestre est capable d’acquérir l’une des plus importantes caractéristiques de la bactérie marine." Publi-reportage—¦— 52 février 1983 / QUÉBEC SCIENCE une planchette permettant de ralentir l'action du jeu sera bientôt disponible sur le marché.Le principal avantage de cette planchette réside en ce que le logiciel n’est pas obligatoirement modifié pour chaque jeu.Récemment, plusieurs travaux de recherche visaient à rendre plus facile lutilisation du micro-ordinateur par la personne handicapée.Généralement, un système adapté sur le clavier pour guider ses doigts suffira à répondre à ses besoins ; on peut aussi munir le microordinateur d’un clavier de grande dimension.La prochaine étape sera d’introduire, entre l’usager et le micro-ordinateur, un second micro-ordinateur qui traduira pour le premier les demandes de l’usager.Le micro-ordinateur principal, lui, sera équipé d’un logiciel regroupant plusieurs fonctions, une sorte de super-logiciel.Un tel système peut rendre accessible un grand nombre d’ordinateurs dans les universités, les bureaux de travail et dans les usines.Ginette Beaulieu LE PLUS LONG CÂBLE AU MONDE Télésat Canada ¦ vaiazrt g?-v- Ce navire britannique, Cable Venture, a été conçu pour remplir une fonction bien particulière : poser les câbles sous-marins qui servent aux télécommunications.En novembre dernier, il arrivait à Port Alberni, sur l’île de Vancouver, pour entreprendre la pose du premier tronçon du câble ANZCAN, qui joindra la station d’atterrissement de Port Alberni à celle de Keawaula, à Hawaii, ce qui représente une distance de 4 500 kilomètres.Le câble ANZCAN, qui contiendra 1 800 circuits, aura une longueur totale de 15 000 kilomètres, reliant le Canada, Hawaii, Fidji, l’île Norfolk, l’Australie et la Nouvelle-Zélande d’ici la fin de 1984.Téléglobe Canada est le deuxième participant en importance à ce projet qui regroupe 14 partenaires.RECHERCHES INTERDISCIPLINAIRES BBB—I KÎStfU** : t
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