Québec science, 1 janvier 1983, Octobre
Volume 22, numéro 2 OCTOBRE 1983 2,95$ ŒM! im PüK q : q FISSILES CRUISE IN DOSSIER IXPLOSIF fi res! 00 MILLIONS E SACRIFIËS?ARCTIQUE L’HEURE DE CESAR iges, ES FERMIERS E LA MER ES HAUTS ET LES BAS )E LA MÉDECINE ’URGENCE P X wc % S" /' J ¦¦ mmi m i i ffaii tiie4 Port de retour qaranti OURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1052 Port payé à Québec C P 250 Sillery Québec G1T2R1 ¦ EQUE NATIONALE QUEBE'w BUREAU DEPOT LEGAL 0197^ — 1700 BT DENIS :;W^' iMfeaC SQDA F ies mesures prises par des pays en vue de protéger certaines espèces de singes contribuent à diminuer leur nombre dans les laboratoires.Quant aux lapins, utilisés surtout en cosmétologie, on envisage de les remplacer, entre autres, par des cellules en culture.totalité ou en partie l'utilisation d'animaux à des fins de recherche: la Norvège, pour ce qui est des cosmétiques, et le Liechtenstein, qui interdit toute forme d'expérimentation animale.Mais comme ce dernier pays ne possède pas d'industries pharmaceutiques et que la Norvège n'est qu'un importateur de cosmétiques, ce sont des interdits qui ne coûtent pas cher.DÉJÀ UNE MOYENNE ENTREPRISE Ce sont toujours les rats, dont on a développé pas moins de 40 souches (sélectionnées pour un caractère donné par une série de croisements consanguins), et les souris qui ont la faveur des laboratoires, mais on y trouve aussi des lapins et des moutons.En fait, ce sont des véritables arches de Noé qui peuplent ces laboratoires.Les porcs et même les miniporcs (moins de 50 kilogrammes) qu'on avait pourtant spécifiquement développés pour fins d'expérimentation n'ont jamais pu s'imposer.Trop de problèmes sanitaires.Par contre, l'utilisation des singes est en voie de régression, à cause des coûts élevés et, disons-le, des pressions des groupes pro-animaux.Aux États-Unis toutefois, on trouve encore pas moins de neuf centres d'élevage de primates et, en France, le seul domaine des Oncins, installé dans une magnifique propriété en plein cœur du Beaujolais, produit 3 000 singes par année.Au Québec, les trois fournisseurs locaux, Ani-Lab de Sainte-Foy, F.Cimon de Loretteville et Ferme et laboratoire canadien d'élevage Limitée de Saint-Constant vendent à eux seuls deux millions de rats, de souris et de lapins parannée.Il semble bien que ces producteurs arrivent assez facilement à satisfaire la demande.À elle seule, l'entreprise de Saint-Constant, une filiale de la multinationale américaine Charles River, vend pour plus de 35 millions de dollars par année partout au Canada.Rares sont ceux qui prônent la suppression de toute expérimentation animale.Un moratoire n'est donc pas pour demain.La liste des champs de recherches où l'expérimentation animale s'est avérée fort utile, sinon carrément indispensable, est imposante.Ne citons qu'un seul cas: c'est en étudiant le choléra des 26 octobre 1983 / QUEBEC SCIENCE ïîkjr.Les chats sont particulièrement recherchés en neurophysiologie à cause de leur système nerveux très développé.poules que Pasteur élabora le principe même de la vaccination.Il ne faudrait cependant pas exagérer cette importance.Comme le souligne Jean-Louis Guenet, de l'Institut Pasteur à Paris, s'il est exact que les animaux constituent «un matériel expérimental de premier choix, il n'est pas vrai de dire qu'ils sont un facteur sine qua non du progrès scientifique».De plus, continue-t-il, «il n'y a pas si longtemps qu'il existe des souris diabétiques et, bien avant elles, on connaissait presque tout de la maladie».Dans certains cas, il y va du bien-être même de l'espèce animale.Pour Michel Côté, directeur du département de pharmacologie à l'Université de Montréal, c'est là un argument que ceux qui s'opposent à l'utilisation scientifique des animaux ont trop souvent tendance à escamoter: «Je vois mal comment on pourrait évaluer la toxicité pulmonaire de certains insecticides déversés en forêt sans des expériences sur ces mêmes animaux.» Mais alors où se trouve le problème?S'agit-il seulement d'une interrogation philosophique, aussi importante soit-elle, quant à notre droit à utiliser de cette façon d'autres espèces animales?Ne doit-on pas aussi poser la question sur un plan purement scientifique, celui des bénéfices (évidents) de l'expérimentation animale et des coûts (toujours moins apparents) de notre «façon de faire la science».Car, une fois qu'on a rappelé le caractère de mal nécessaire de l'expérimentation animale, il reste encore la double question du comment et du pourquoi.PARLONS TORTURE Les histoires d'horreur ne manquent pas en expérimentation animale.C'est le cas du baril de Noble-Collip, cette triste invention de deux chercheurs torontois qui remonte à 1 942, mais qui sert parfois encore dans les laboratoires de physiologie.Le but de cet appareil : faire tomber l'animal 80 fois par minute pour le trauma- tiser.Comme le soulignent les auteurs: «Le nombre d'animaux qui meurent présente une courbe proportionnelle au nombre de révolutions.Les animaux, qui au début étaient mis dans l'appareil sans avoir les pattes immobilisées, donnaient des résultats irréguliers, car ils sautaient au-dessus des bosses jusqu'à épuisement afin de se protéger.» Et puis il y a la presse de Blalock qui permet d'écraser les musclesdes pattes des chiens sans briser les os et la canule de Collison qu'on implante de façon permanente dans le crâne de divers animaux au moyen de vis en acier inoxydable afin de faciliter le passage répété d'aiguilles et d'électrodes mais qui créent ainsi invariablement une bosse de pus qui finit par causer la mort de l'animal.Le livre de Hans Ruesch, Ces bêtes qu'on torture inutilement, déborde de cas d'horreur invraisemblables, tous parfaitement bien documentés.Depuis Claude Bernard et sa fameuse Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865), l'utilisation d'animaux est souvent devenue l'un des symboles les plus visibles de la démarche scientifique.Le médecin français y voyait enplusune certaine poésie: «Le savant dans son laboratoire n'entend plus les cris des animaux, il ne voit plus le sang qui coule, il ne voit que son idée.il ne sent pas qu'il est dans un charnier horrible; sous l'influence d'une idée scientifique, il poursuit avec délices un filet nerveux dans des chairs puantes et livides.» Il ne faudrait pas croire que la torture animale ne concerne que les universitaires américains, prisonniers de leurs courses aux subventions.Dans son livre choc, Hans Ruesch n'est pas tendre pour Hans Selye, le célèbre chercheur montréalais, qui y est accusé d'avoir brûlé, empoisonné, écrasé les os, gelé et éviscéré des millions de petits animaux pour découvrir que ce genre de traitement causait chez eux un syndrome de stress.Mais comme il le souligne, «il est idiot d'étudier les mécanismes neuro-endocriniens chez l'animal en captivité, placé en situation de stress permanent».De plus, l'animal extériorise très mal les symptômes subjectifs que sont les maux de tête, la fatigue, la surdité.Mais alors pourquoi les tests?LE DIFFICILE SAUT DE L'ANIMAL À L'HUMAIN Bon nombre d'animaux développent spontanément ou après intervention des conditions pathologiques que SQDA QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 27 z^r.i l'on retrouve chez les humains.Comprendre le phénomène chez l'animal n'est-il pas le meilleur moyen de trouver comment guérir l'homme?Tout dépend du modèle et de la façon dont on fera le saut à l'humain.Dans le cas des modèles homologues qui offrent des répliques exactes des affections humaines, le saut est plus facile à réussir.Ainsi la mutation sparse-fur (a\ns\ nommée parce qu'elle produit un pelage clairsemé chez la souris) décrit très bien le syndrome d'hyperammoniémie congénitale (augmentation du taux d'ammoniaque dans le sang) qui, après seulement quelques semaines, entraîne la mort chez certains nouveau-nés.L'animal de laboratoire est alors un «outil» privilégié pour découvrir l'enzyme déficiente, et ce d'autant plus que la maladie ne peut encore être provoquée artificiellement.Les modèles analogues, beaucoup plus fréquents car ils constituent les deux tiers des modèles recensés, ne sont le plus souvent que des approximations qui peuvent lancer sur autant de fausses pistes.Ainsi, chez l'animal, la plupart des cancers et des leucémies expérimentales sont dus à des virus.Chez les humains, il n'existe pas de preuves formelles de situations semblables.On a déjà expérimenté 300 000 substances chimiques sur des millions d'animaux pour enrayer le cancer.Dans près de 6 000 cas, ce fut un succès.L'échec ne devint apparent que lorsqu'il fallut passer à l'expérimentation sur l'homme.Certes, il n'est pas impossible qu'après quelques millions de tests sur des animaux, on finisse par découvrir une relation entre deux La souris est le plus populaire des animaux de laboratoire.Ses avantages cette espèce est très diversifiée, prolifique et de petite taille.Toutefois, 80 pour cent des souris utilisées ne présentent pas de caractéristiques particulières.variables, mais on peut s'interroger sur la pertinence d'invoquer la fiabilité de la méthode expérimentale pour y aller ainsi à l'aveuglette, en espérant un jour découvrir un résultat significatif.Il est bon de se rappeler que la pénicilline ne vit peut-être le jour que parce que ses inventeurs ne disposaient plus de cochons d'Inde pour leurs tests de toxicité.Ils durent se contenter de souris.Heureusement, car la pénicilline est mortelle pour les cochons d'Inde qui peuvent, par contre, digérer sans danger la strychnine.À ce sujet, le mot «cancer» semble la clé magique permettant toutes les latitudes.Des procédures de recherches qui seraient tournées en dérision s'il s'agissait de géologie ou de physique sont excusées si un lien peut être établi avec la lutte contre le cancer.Dans une étude exhaustive de toute la littérature scientifique canadienne impliquant des animaux, Anne Doncaster mentionne, entre autres, ce projet du ministère fédéral de la Défense qui prévoyait l'irradiation de beagles (ce chien est devenu le favori des laboratoires à cause de sa facilité d'élevage en communauté.pauvre Snoopy ! ) afin d'étudier leur réaction de vomissement comme mécanisme de défense.Le but de l'expérience: trouver des moyens pour aider les militaires à fonctionner normalement et à apporter les secours requis à la population civile en cas de conflit nucléaire.Lorsqu'on lui fit remarquer que le projet était voué d'avance à l'échec car les chiens, contrairement aux humains, vomissent très facilement, le porte-parole du ministère s'empressa d'expliquer que cette étude pourrait aussi servir à mieux traiter les patients souffrant de cancer et devant se soumettre à un traitement de radiations.Ce même porte-parole ne broncha pas lorsqu'on lui fit remarquer que les doses utilisées dans l'expérience correspondaient pourtant à celles d'un conflit nucléaire.Mais il y a plus grave encore.FAUSSE SÉCURITÉ Que dire de toutes ces erreurs tragiques occasionnées par la fausse sécurité qu'engendrent les tests sur les animaux.La thalidomide avait pourtant été expérimentée pendant des années sur des milliers d'animaux sa ns qu'on ne remarque a uc un effet secondaire.On parlait même du médicament miracle.Si la firme allemande Chemie Grunenthal, qui a lancé ce produit sur le marché, put s'en tirer avec un verdict d'acquittement, c'est en faisant défiler devant les tribunaux une brochette impressionnante de scientifiques qui tous affirmèrent que les essais les plus rigoureux sur des animaux ne peuvent pas confirmer l'acceptabilité d'une substance chez l'humain.La compagnie se trouva ainsi dégagée de toute responsabilité.Pour prouver le sérieux de sa démarche, la firme allemande fit même effectuer des tests supplémentaires de doses massives de thalidomide sur 1 50 espèces et sous-espèces de lapins pour bien montrer quemêmeen sachant à l'avance que la thalidomide était nocive chez l'humain, il n'était pas facile de le démontrer à partir de tests sur les animaux.Ce n'est que lorsqu'on arriva au lapin blanc de Nouvelle-Zélande que les premiers résultats négatifs apparurent.Mais encore là, ils n'auraient pas été jugés concluants car, à des doses équivalentes, des substances aussi innocentes que le sucre ou le sel auraient elles aussi entraîné des déformations chez le foetus.La liste des erreurs monstrueuses non prévues par les expérimentateurs a de quoi faire frémir.Elle n'est pas facile à établir car aucun organisme n'en tient le registre.En 1971, la Marzine, utilisée contre les nausées et le mal de mer, est retirée du marché à cause des troubles graves qu'elle provoquait surtout chez les enfants.En 1973, l'aérosol Isoproté-rénol fabriqué en Angleterre est lui 28 octobre 1983 / QUEBEC SCIENCE aussi retiré après avoir tué quelque 3 500 asthmatiques à travers le monde.En 1976, les laboratoires Salvoxyl-Wander doivent faire de même avec leur produit Flamanil, vendu pour combattre les rhumatismes, mais aussi susceptible de provoquer des syncopes.En 1978, un tribunal japonais tint responsables trois compagnies pharmaceutiques, dont la Ciba-Geigy Japan, d'avoir vendu des médicaments contenant du Clioquinol.Ce produit, qui n'a aucune valeur thérapeutique, entraîna dans ce seul pays la mort de 1 000 personnes, sans compter 30 000 handicapés.LE MODÈLE DE LA FACILITÉ La possibilité d'expérimenter un nouveau médicament sur des milliers d'animaux débouche aussi sur des détournements de logique scientifique qui ne manquent pas d'étonner.Ainsi pour évaluer la toxicité génétique d'un produit qui sera éventuellement utilisé par des millions d'individus sur une période de plusieurs générations, il faudrait aussi pouvoir expérimenter sur des milliers d'animaux pendant des durées assez longues.On pallie à cette impossibilité par le raisonnement suivant: si un produit n'a pas d'effet nocif immédiat lorsqu'il est utilisé à très forte dose sur un petit nombre d'animaux, il ne devrait pas non plus en avoir à long terme lorsqu'il sera utilisé à petite dose sur un grand nombre d'êtres humains.Ce n'est pas un hasard si les rats et les souris sont les grands favoris de nos laboratoires.Leur petite taille en facilite la manipulation, ils ne coûtent pas cher d'entretien et quelle bonne volonté pour se reproduire! Ajoutez à cela que l'on peut fournir sur mesure des individus sans poils, obèses, rhumatisants, diabétiques.De plus, comme la souris ne peut régurgiter, elle est particulièrement indiquée dans les tests de toxicité.Résultat de ces millions d'expéri- l a a LORD TENS’* SON BiiyflWfl « ¦U* ;.Yf: { jV / ; ; mentation: la souris est aujourd'hui l'espèce vivante dont le code génétique est le mieux déchiffré et pour laquelle on a rassemblé la plus importante collection de mutations, environ 500, entraînant un syndrome pathologique.C'est à croire que si la souris n'existait pas, elle aurait été inventée pour fins d'expérimentation .UNE QUESTION DE COMPÉTITION L'activité scientifique est une activité sociale.Tout chercheur fait partie d'une communauté de travail.Il est en compétition continuelle avec ses collègues.Il ne faut donc pas se surprendre si des considérations de prestige, des rivalités personnelles Pour mettre au point un cœur artificiel, diverses expériences ont été tentées sur des veaux ainsi que sur des chèvres (page opposée).et la possibilité de gains financiers y jouent le rôle habituel.La course à la reconnaissance et la compétition toujours plus grande pour des fonds de recherche en chute libre poussent les chercheurs à développer des comportements qui frisent souvent la pathologie.En sciences sociales, on aura tendance à juger plus scientifique une étude qui fait appel, à tort très souvent, à des modèles mathématiques.En sciences physiques, le coût et la complexité du matériel utilisé servent souvent de caution à la qualité de l'expérience.Dans les Goldberg/Sygma Des spécialisations douteuses Les SOURIS et les RATS servent surtout en génétique et en cancérologie.Les CHATS sont particulièrement recherchés en neurophysiologie à cause de leur système nerveux très développé.Par contre, on leur reproche de mal s’adapter à la vie en communauté qu’exige l'élevage industriel (agressivité, problèmes sanitaires).Les CHIENS se retrouvent surtout en chirurgie expérimentale car ce sont de gros animaux sur lesquels on peut travailler dans des conditions qu’on juge plus réalistes.Les PRIMATES sont utilisés principalement en pharmacologie et dans des expériences neurologiques complexes (habilités sensori-motrices, cortex).Les LAPINS servent avant tout à vérifier la nocivité des cosmétiques.sciences biologiques, la possibilité d’effectuer des expériences sur des animaux contribue très certainement à différencier les chercheurs.Selon que vous utiliserez des souris, des chats ou des babouins, votre prestige en sera proportionnellement accru.Vous ne manquerez pas de susciter l’admiration des étudiants et l’envie des collègues.On pourrait se contenter de rire de ces comportements.Après tout, ils ne font que confirmer que les scientifiques sont eux aussi des «animaux sociaux».Ce qu’il y a de plus grave, c’est que cette façon de hiérarchiser les activités de recherches à partir de critères fort secondaires n’aide pas à remettre en question des attitudes et des méthodes souvent désuètes.Comme ne cesse de le clamer la Société québécoise pour la protection des animaux, ce n’est pas être «contre» la science que de le faire remarquer.FAIRE AUTREMENT Faire remarquer qu’à l’heure actuelle les alternatives concrètes et efficaces à l’expérimentation animale sont peu nombreuses, c’est l’évidence même.On peut en effet penser que si de telles alternatives existaient, les chercheurs les utiliseraient de bon gré.Nous sommes plutôt en présence d’un autre de ces cercles vicieux si fréquents lorsqu'il s'agit d'infléchir des comportements collectifs.Qui va commencer?L'autre, évidemment ! Si ces alternatives sont si peu développées, c'est qu'on ne consacre à leur recherche qu'une très faible proportion des 400 millions de dollars que requiert annuellement la vérification des 2 000 nouveaux produits chimiques mis sur le marché.Pourtant les résultats déjà obtenus avec les premières tentatives de se passer de l'expérimentation sur les animaux se sont révélées fort prometteurs.Ainsi le test de Ames, développé au début des années 70, utilise des bactéries, les salmonelles, que l'on met en présence de la drogue à tester et dont on vérifie la toxicité à partir de la fréquence des mutations engendrées.On obtient alors des résultats aussi probants que lorsqu'il y a expérimentation sur des animaux entiers.Bien sûr, il va falloir que les mentalités changent, mais il faudra aussi accepter de réviser certains protocoles d'expérimentation qu'on a laissés devenir de véritables dogmes.Ainsi le protocole LD-50 (lethal dose 50) exige que l'on identifie la dose à partir de laquelle on obtient la mort de la moitié des animaux du groupe traité.Est-il vraiment utile de déterminer un tel seuil?Ne vaudrait-il pas mieux identifier le seuil, qui sera inférieur au LD-50, à partir duquel apparaissent les effets secondaires?Comment expliquer, si ce n'est que par la force de l'inertie, la survie de tests particulièrement atroces pour les animaux.C'est le cas du test de Draize qui sert à évaluer la toxicité des cosmétiques.On place le produit en question sur les yeux de milliers de lapins et on attend les premières lésions cornéennes.Pourquoi le lapin?Parce que cet animal n'ayant pas de paupières ne peut cligner les yeux et ne peut davantage pleurer.Lorsqu'on compare les résultats obtenus dans divers laboratoires, on constate des variations de 25 pour cent causées par la température ambiante, la peur et la détresse des animaux.Certaines compagnies, Revlon, Max Factor, tentent de ne plus l'utiliser.Les cellules cornéennes humaines en culture et l'inflammation de la membrane chorio-allan-taïque de l'embryon de poulet (sur laquelle travaille le docteur Joseph Leighton du Medical College of Pennsylvania) seront peut-être des solutions de remplacement acceptables.Les travaux sur des cultures de cellules et la détection in vitro offrent des façons peu coûteuses d'évaluer le degré de pouvoir mutagène de la substance étudiée.Mais déjà on met en doute les possibilités d'extrapolation à l'humain.L'association entre le pouvoir mutagène et le pouvoir cancérigène d'une substance est loin d'être automatique et il ne faudrait pas être moins sévère envers ce genre de tests sous prétexte qu'ils 30 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE n'utilisent pas d'animaux.De plus, on ne sait maintenir en vie que quelques types cellulaires, somme toute assez peu nombreux.Poury arriver, il faudra développer de nouvellestech-niques de culture et de nouveaux milieux nutritifs.Quant à la biomathématique, une autre voie d'avenir, elle en est encore à ses débuts.Actuellement, cette nouvelle discipline cherche davantage à maximiser l'analyse statistique des résultats expérimentaux — ce qui permettra éventuellement de réduire le nombre d'animaux utilisés — qu'à remplacer entièrement ces derniers.Pour l'instant, le contrôle des abus les plus flagrants demeurent encore l'une des solutions les plus «productives» pour protéger les animaux et amener un changement de mentalités et de priorités.C'est d'ailleurs la solution qu'ont choisie la plupart des pays industrialisés en se donnant des codes d'éthique dont les dents varient, pourrait-on dire, d'aiguisées (France) à arrondies (Canada).DES LABOS PAVÉS DE BONNES INTENTIONS Au Canada, c'est le CCPA (Conseil canadien de protection des animaux), un comité de l'Association des universités et collèges du Canada, qui conseille tous ceux qui utilisent des animaux d'expérimentation.Ce n'est pas un organisme législatif et son pouvoir incitatif repose sur le principe qu'il appartient aux scientifiques eux-mêmes de voir à s'autodisci-pliner.Le Conseil ne remet pas en question le principe même de l'expérimentation sur des animaux.Il l'accepte d'emblée et il cherche à s'assurer qu'elle se fasse dans les conditions les moins pénibles pour l'animal.En plus de publier un manuel fort détaillé sur l'utilisation et les soins à apporter aux animaux de laboratoire, le CCPA organise à l'occasion des visites dans les animaleries universitaires.Accompagnés parfois d'un Une charte des droits?Voici le texte que l'Association des médecins contre la vivisection a commencé à faire circuler et voudrait bien voir servir de base à une éventuelle Déclaration universelle.NOUS, MÉDECINS, DEMANDONS: a) que les mammifères supérieurs, tels que les singes, ne soient plus soumis à des expériences douloureuses; b) que les expériences douloureuses ne soient plus pratiquées que sous anesthésie; c) de défendre ou de limiter la vivisection comme moyen d'enseignement dans les universités et de la remplacer par des moyens de démonstrations audiovisuelles; d) que les expériences non médicales soient strictement interdites (par exemple, pour l'industrie cosmétique); e) qu'un échange international des résultats obtenus rende inutile les répétitions d'expérimentations animales; f) que les prescriptions internationales de contrôle pour l'admission de nouveaux produits soient adaptées au niveau le plus récent de la recherche; g) que toutes les méthodes et techniques aptes à remplacer les expériences sur des animaux soient encouragées et développées par tous les moyens.invité de la SCPA (Société canadienne de protection des animaux), ces comités de visite envoient leur rapport aux autorités du laboratoire et de l'université en suggérant les améliorations à apporter.Comme il n'y a qu'une dizaine de visites par année, chaque université peut s'attendre à être visitée à tous les deux ou trois ans.Et en prévenant les animaleries de la date de la visite, on évite les surprises désagréables.Dans le cas de plaintes extrêmement sérieuses, on peut organiser des visites-éclairs, mais comme l'accès à ces laboratoires est sévèrement contrôlé, l'information circule mal et de tels renseignements arrivent rarement aux oreilles du Conseil.Il ne s'agit donc que d'une pression morale mais dont il ne faut pas non plus sous-estimer l'importance.ET LA PROCHAINE GÉNÉRATION DE CHERCHEURS?Fait encourageant, il semble bien que le travail sur des animaux n'a plus tout à fait la même popularité auprès des étudiants qu'il y a quelques années.Selon Lucie Martin, une étudiante en biologie à l'Université de Montréal, le «cours de char- cuterie» n'attire plus qu'une dizaine d'étudiants, contre 40 auparavant.Évidemment, il y en a toujours qui «par sadisme aiment bien effectuer une trachéotomie sur des chiens ou tenter sans succès des lésions au cerveau pour contrôler l'appétit».En fait, ce n'est pas tant dans l'enseignement universitaire que le CCPA a rencontré ses plus sérieux problèmes, mais plutôt dans les activités scientifiques se déroulant en dehors du milieu scolaire.Jusqu'en 1 975, on a utilisé l'arme de la persuasion pour convaincre les expos-sciences de réglementer les expériences sur des animaux vivants.De l'avis même du Conseil, ces premiers efforts n'ont pas été fructueux.Il a donc fallu en venir à l'imposition de normes très sévères qui interdisent tout simplement l'utilisation d'animaux vertébrés à des fins d'exposition ou d'expérimentation.On interdit aussi les expériences produisant la reconstitution de matières génétiques tirées de diverses espèces et seule l'observation d'embryons de poulet est permise.Dans quelques années, ces jeunes pourront peut-être nous dire si la recherche a aussi une âme?Pour en lire plus Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale, Garnier-Flammarion, Paris, 1966 Conseil canadien de protection des animaux, Manuel sur le soin et l'utilisation des animaux d'expérimentation, volume 1, Ottawa, 1 980 Anne Doncaster, Experiments on Animals.A Review on the Scientific Littérature, Mississauga, Ont., s.é., 1982 Jean-Louis Guenet, «Des modèles pour les 11 maladies humaines», dans Sciences et Avenir, numéro spécial hors série n° 37 Hans Ruesch, Ces animaux qu'on torture inutilement, Éditions Pierre-Marcel Favre, Paris, 1 980 Michel Sabourdy, «L’animal de laboratoire é dans le monde», dans Sciences et Avenir, numéro spécial hors série n° 37 D.D.INFORMATIQUE EAUTIQUE ECTRONIQUE OMMUNICATIOI 5II3ÊC 19 - 20 - 21 OCT.PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL 300 exposants 48 conférences renseignements: (514) 270-5481 32 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE à/ heure de CESAR Pendant deux mois, le Canada a maintenu près du pôle Nord la plus importante expédition scientifique de son histoire par Luc Chartrand «I got it!» Le cri fait sursauter tous ceux qui sont attablés à la cantine.Dans l'embrasure de la porte où s'engouffre l'intense vapeur polaire, le professeur Carl Amos lève les bras au ciel, envahi par la griserie de la découverte.«It's a big day for science!» Ce chercheur de l'Institut océanographique Bedford, en Nouvelle-Écosse, vient d'arracher au fond de l'Arctique les dernières pierres d'écorce terrestre qui aient échappé à la géologie, celles de la dorsale Alpha.Nous sommes au camp CESAR — Canadian Expedition to Study the Alpha Ridge — à 350 kilomètres du pôle Nord.Cette colonie scientifique d'une quarantaine de personnes va flotter pendantavril et mai sur la banquise.Sa mission: pêcher à travers quatre mètres de glace et deux kilomètres d'eau, des données fondamentales sur cette dorsale Alpha, formation géologique demeurée la moins connue au monde.Le seul fond marin, en fait, qui ne soitencore cartographié.Aussi massive que les Rocheuses, la dorsale traverse l'Arctique, du large de l'île d'Ellesmere (Canada) jusqu'au plateau continental sibérien.Dans la tente de toile qui, à -30°C, lui sert de laboratoire, Cari Amos exulte.«Nous sommes sur la Lune! C'est vraiment très excitant.Ces quelques pierres justifient toute l'expédition.» À nos pieds, une dizaine de gros cailloux encore mouillés témoignent de ce gigantesque effort scientifique canadien — 1,7 million de dollars — le plus gros jamais consenti au pays pour une expédition de recherche.CESAR 1983 a été le résultat d'une conjugaison opportune d'en- > J ^ ¦ Un caillou qui vaut son pesant d'or: son analyse chimique permettra de mieux comprendre l'origine de l'Arctique jeux politiques et scientifiques.Politiques, puisqu'en vertu du nouveau droit de la mer, le Canada pourrait peut-être revendiquer des droits sur cette dorsale et ses richesses; tout dépendra en fait de sa parenté géologique avec le territoire canadien.Au plan scientifique, l'expédition organisée par Physique du globe, une division du ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources, devrait permettre aux savants du pays de contribuer de façon significative au développement d'une théorie sur l'origine de l'océan Arctique.«Si le Canada veut demeurer compétitif en tant que nation nordique, évalue Christopher Bunting, porte-parole du ministère, il doit être présent dans la région à tous les niveaux.» Et la question scientifique la plus actuelle et la plus fondamentale sur l'Arctique, c'est celle de sa formation.À cause de son éloignement, il demeure le moins connu et le moins compris des océans.Et en fait, il constitue une des principales énigmes de la géologie contemporaine, étant la seule région importante qu'on ne puisse intégrer aux théories planétaires existantes.LA NOUVELLE RÉVOLUTION GÉOLOGIQUE Pour comprendre l'importance de ce problème, il faut rappeler certains développements récents de la géologie.Cette science a connu depuis la Seconde Guerre mondiale une véritable révolution.Avant que des techniques assez récentes, tel l'échoson-dage, ne permettent de relever les fonds marins, on ne connaissait à peu près rien du relief des deux tiers de la planète.La première carte topographique presque complète des fonds océaniques n'a été publiée qu'en 1 970.Dans ce contexte, il était difficile d'élaborer un modèle planétaire des mouvements géologiques.Cependant, dès le 18e siècle, certains indices, comme la coïncidence du profil de la côte est de l'Amérique du Sud avec celle du golfe de Guinée en Afrique, avaient permis d'esquisser l'hypothèse de la dérive des continents.Depuis, ce mouvement des terres continentales, qui semblent «flotter» sur les couches plus profondes et plus fluides de la Terre, est devenu une certitude.L'observation directe a pu en être faite récemment par le calcul de variation de position des «quasars» entre deux radiotélescopes, l'un situé en Suède et l'autre au Massachusetts.Ces deux instruments s'éloignent l'un de l'autre de quelque 20 millimètres par année et avec eux, les continents qui les supportent.Ce n'est que grâce aux connaissances récentes sur les océans qu'une compréhension de ce dynamisme de la surface terrestre a pu émerger.La théorie dite de la «tectonique des plaques» a à peine 20 ans. QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 33 - .- • - -\.V Luc Chartrand §ijgÇ%L Sous le soleil boréal, les tentes du camp César, flanquées de leurs indispensables réserves de pétrole, se dressent dans l’immensité de l’Arctique.?Le professeur Carl Amos, de l’Institut océanographique de Bedford, dans son laboratoire sous la tente. 34 Selon ce modèle, la surface des fonds océaniques, la lithosphère, serait un assemblage de grandes plaques rigides.Ces plaques reposent sur le magma plus plastique du manteau supérieur (asthénosphère) et bougent en glissant parfois l'une par-dessus l’autre ou encore, en s'écartant.Lors des collisions, certaines parties de la lithosphère s'enfoncent dans le magma terrestre où elles sont refondues.II y a donc un recyclage perpétuel du fond océanique.La lithosphère s'enfonce en certains endroits et elle est produite en d'autres points par des éruptions volcaniques.Le siège principal de ceséruptions, ce sont les dorsales mid-océaniques.Ces dorsales coupent les océans en deux et sont le siège de l'expansion du fond marin.Les roches basaltiques en éruption y forment continuellement de la nouvelle croûte terrestre et, ce faisant, repoussent la croûte plus âgée loin de la dorsale.Comme la lithosphère devient plus lourde à mesure qu'elle vieillit, elle a tendance à s'enfoncer.On a donc pu en déduire cette loi merveilleusement simple de géophysique: l'altitude du plancher océanique décroît proportionnellement à la racine carrée de son âge.Le mouvement des plaques est relativement rapide.Il se forme chaque année 3,15 kilomètres carrés de lithosphère nouvelle tandis qu'un Hans Weber, directeur de l'expédition, effectuant des relevés gravimétriques qui serviront à élucider la structure et la densité de la croûte terrestre.volume de 300 kilomètres cubes «cale» vers les profondeurs de la Terre.À ce rythme, il faut entre 1 50 et 200 millions d'années pour remplacer toute la surface du fond océanique.Or, la Terre est âgée de cinq milliards d'années.UN OCÉAN JEUNE?L’Arctique serait donc un océan jeune si l'on en juge par l'altitude moyenne de son plancher.Celui-ci se situe à une profondeur de 4 000 mètres alors que celui des autres océans se trouve à 5 000 mètres.Mais il n'est pas sûr que l'Arctique obéit aux mêmes lois dynamiques que l'Atlantique ou le Pacifique.Le grand bassin de l'océan nordique est traversé non pas par une mais par trois dorsales: Alpha, Lo-monossov et Nansen-Gakkel (voir la carte).La nature de ces trois formations semble différente et, par conséquent, leur rôle dans la dynamique des plaques risque aussi de l'être.La dorsale Nansen-Gakkel, par exemple, serait un prolongement de la dorsale mid-Atlantique.La chaîne Lomonossov serait par contre un fragment détaché du plateau continental de Barents au nord de la Russie.Quant à la dorsale Alpha, on ne possédait jusqu'à la mission CESAR qu'une série d'hypothèses plus ou moins contradictoires sur son origine (voir l'encadré «L'origine de l'Arctique»), Or, le fait de savoir comment est né ce relief a une importance majeure, non seulement pour la science mais aussi pour l'économie.Cette connaissance est en effet préalable à toute prédiction quant aux richesses minérales qui peuvent s'y trouver.On sait, par exemple, que les plateaux continentaux sont riches en pétrole et en gaz, comme en témoignent les forages en mer de Beaufort.Si la dorsale Alpha était une section en dérive de cette région, les chances d'y trouver des réserves d'énergie seraient plausibles.octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Si par contre la chaîne Alpha a une origine similaire à celle des dorsales mid-océaniques — c'est-à-dire une origine volcanique — il n'y a aucun espoir d'y trouver de l'énergie fossile.UNE RENCONTRE AU SOMMET C'est la première hypothèse, on s'en doute, qui intéresse le plus le gouvernement canadien.D'autant plus que si l'origine continentale était établie hors de tout doute, il deviendrait possible au pays de revendiquer la propriété exclusive de ses richesses.Le projet CESAR se voulait donc le point culminant du vaste programme d'étude de la plate-forme continentale de l'Arctique que coordonne depuis 1960 la division Physique du globe d'Énergie, Mines et Ressources.On a même procédé, il y a quatre ans, à une répétition générale sur la dorsale Lomonossov (voir Québec Science, juillet 1979), lors de l'expédition LOREX-79.Au plan international, il était essentiel d'asseoir la crédibilité des scientifiques canadiens.Toute question de souveraineté sur ces régions concerne aussi notre puissant voisin polaire, l'URSS.Dans ces mers où la toponymie s’écrit Makarov, Mendeleev ou Lomonossov, le Grand Ours a laissé sa signature.Pendant l'expédition CESAR, les Soviétiques avaient d'ailleurs installé leur 25e station scientifique polaire à quelques centaines de kilomètres de là.Un contingent de géologues canadiens a jugé bon de rendre une visite de courtoisie à ces collègues, à leur camp NP-25.Le touts'estdéroulé de façon un peu inattendue.Ayant avisé leurs homologues la veille de leur arrivée dans l'après-midi, les scientifiques de CESAR sont arrivés à l'heure dite chez les Soviétiques.Ils ont trouvé un camp endormi, où quelques fêtards achevaient une vodka.Après s'être interrogés un QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 35 Naviguer sur une banquise Même s'il était bien ancré dans ta glace, le camp CESAR était en mouvement constant.Comme on le sait, la banquise flotte sur l'océan et l'action des vents et des marées peut déplacer la glace de plusieurs dizaines de kilomètres par jour.Dans la mesure où l'expédition se devait de faire un relevé bathy-métrique, on comprend l'importance de faire le point avec précision.On a donc installé sur place une station de navigation qui était en opération constante de façon à pouvoir localiser à chaque moment l'endroit où une mesure avait été effectuée.Dans la mieux chauffée de toutes les tentes, bien dorloté, un précieux ordinateur HP-9000 calculait sans relâche la position à partir de trois sources de données.Le contact se faisait d’abord avec les systèmes de radionavigation à basse fréquence Oméga et Decca.Il s'agit de réseaux utilisés normalement pour la navigation aérienne et qui permettent aux ordinateurs de bord de se localiser par les relations qu'ils établissent entre les émissions provenant de différents points des réseaux.Dans cette région où l'aiguillede la boussoledevientfolle.ces systèmes sont essentiels, surtout par temps nuageux.Différents satellites fournissaient des données supplémentaires.En calculant le décalage de fréquence (effet Doppler) des signaux émis par ceux-ci et en tenant compte de leur trajectoire, l'ordinateur peut localiser le récepteur.La précision de ces trois modes de repérage combinés était de plus ou moins 24 mètres.moment sur les habitudes de travail de leurs collègues, les Canadiens ont fini par comprendre qu'en ce pays du soleil de minuit, eux vivaient à l'heure de Resolute Bayet les Russes à l'heure de Moscou ! LA BONNE ET LA MAUVAISE NOUVELLE Assis devant les précieux cailloux qu'il avait arrachés par dragage au fond de l'Arctique, Carl Amos s'étonnait: «Ce sont de grandes nouvelles pour la science mais de sacrées mauvaises nouvelles pour le gouvernement canadien !» Les roches d'apparence éruptive — du basalte — laissaient présager une origine volcanique.Donc, la dorsale pourrait avoir émergé du fond marin et être — ou avoir été — un centre d'expansion du fond de l'Arctique.De retour à la chaleur de son laboratoire de l'Institut océanogra- L'origine de l'Arctique La bathymétrie générale de l'Arctique indique bien l'importance qu'y occupent les plateaux continentaux (en blanc sur la carte).Comme l'explique Jean Pilon, géophysicien à l'emploi de Physique du globe, «la plate-forme continentale canadienne est une source de pétrole.Si la dorsale Alpha en est un morceau à la dérive, il serait logique de penser y trouver aussi du pétrole un jour.» Cette question cruciale ne pourra toutefois être résolue avant d'avoir pu interpréter correctement l'histoire de l'Arctique.Celui-ci se subdivise en deux bassins principaux, Eurasia et Amérasia, avec au centre la dorsale Lomonossov.On s'entend généralement pour penser que le bassin Eurasia a été formé il y a 70 millions d'années par une extension de la dorsale mid-Atlantiquedont la dorsale Nansen-Gakkel serait le prolongement.L'extension de ce bassin se poursuit toujours au rythme de six millimètres par année entre la dorsale Lomonossov et le plateau continental de Barents.Sur l'histoire du bassin Amérasia qui va de la dorsale Lomonossov jusqu'au plateau de l'Alaska, les avis sont partagés.Selon une première thèse majeure, la dorsale Alpha se serait détachée du plateau sibérien pour subir ensuite une rotation contraire au sens des aiguilles d'une montre, et se retrouver dans sa position actuelle.L'autre possibilité voudrait qu'elle soit plutôt une dorsale de type mid-océanique dont l'activité tectonique aurait séparé les deux sous-bassins, (Makarov et Canada) qui forment le bassin Amérasia.phique Bedford, le professeur Amos attendait toujours les résultats d'analyse de ses précieux spécimens au moment d'écrire cet article.«À ce stade, les deux grandes hypothèses, celle de l'origine continentale et celle de l'origine sous-marine, demeurent en lice.» «Il faut se garder de conclure sur la base de ces seuls échantillons, prévient de son côté Hans Weber, directeur scientifique de CESAR.Nous n'avons trouvé ces pierres qu'à un seul endroit et il est possible qu'elles correspondent à un phénomène isolé.Bien sûr, si on trouvait de telles roches partout, je devrais m'asseoir et réviser ma propre théorie !» D'une façon assez ironique, rares étaient les chercheurs délégués à grands frais par le Canada sur la calotte polaire, qui croyaient pouvoir démontrer une liaison de cette for- mation avec leur pays.«Je ne crois pas du tout à cela, affirmait catégoriquement Weber aux journalistes campés à CESAR.Même si la bathymétrie indiquait une liaison avec le plateau continental canadien, cela ne voudrait rien dire sur son origine.» Compte tenu du mouvement rotatif présumé qui s'est jadis produit entre le continent eurasien et l'Amérique, il serait plus plausible en effet que la chaîne Alpha ait appartenu au plateau sibérien.Il est peut-être difficile pour un profane de saisir l'importance géopolitique de ce problème, mais les experts en droit international sont catégoriques.«La question de l'origine de la dorsale est absolument essentielle si on veut déterminer des droits sur ses ressources, explique un de ces experts, Donat Pharand, de l'Université d'Ottawa.Elle est si importante qu'en vertu du nouveau droit de la mer, elle prime sur toute exploration antérieure des lieux lorsque vient le temps de décider de la propriété réelle de ces richesses.Un autre type de données sismiques, de «réfraction», permet de «voir», beaucoup plus profondément dans la croûte.On les mesure à partir d'un récepteur situé à près de 200 kilomètres du point d'émission de l'onde.À CESAR, l'onde de choc était produite par des explosions de 50 kilos de dynamite.Comme l'explique David Foresyth, chercheur attaché à Physique du globe Canada, responsable de ces mesures, «la vitesse de réfraction nous renseigne sur la structure profonde de la croûte.Chaque type de formation a sa vitesse, sa «signature» particulière.» Il existe un point de «discontinuité sismique» entre la croûte et le manteau, la ligne «Moho».Son repérage permet d'établir l'épaisseur totale de la dorsale.L'épaisseur typique de la croûte océanique est de 10 à 15 kilomètres.«D'après la bathymétrie de la dorsale, ajoutait David Foresyth au camp CESAR, 36 U.RS.S- 3 000 4000 PLATEAU BARENTS DORSALE / NANSEN-GAKKEL Scandinavie DORSALE \ LOMONOSSOV Svalbard / BASSI MAKARO1 180° Est ALERT Ulesmere BASSIN CANADA Groenland Alaska 500 Km Canada des données à travers la glace.Un véritable arsenal géotechnique a été nous pouvons estimer que l'épaisseur de la croûte ici sera d'à peu près 25 kilomètres.» Un autre type de mesure, celle du flux thermique, servira à établir un profil des variations géothermiques en relation avec l'allure générale de la formation.La chaleur émise par la Terre se répartit d'une façon particulière dans le cas des dorsales mid-océaniques.Pour évaluer ces variations, les scientifiques de CESAR joignaient à une sonde des thermomètres électroniques capables d'enregistrer des écarts de 0,01 °C.Les membres de l'expédition risquent donc d'avoir passablement de matériel à digérer lors des réunions qu'ils tiendront au cours des prochains mois.L'interrelation des données est évidemment très importante et, pour cette raison, le camp de base a été doté d'un système de navigation capable de fournir en tout temps une position exacte (voir l'encadré «Naviguer sur une banquise»), DEUX MOIS DE MESURES À INTERPRÉTER Le butin scientifique de CESAR est évidemment plus consistant que le sac de quelques cailloux ramené en mai dernier.Pendant deux mois, les chercheurs de l'expédition ont pêché déployé sous les rafales d'avril: sismographes, gravimètres, échoson-deurs, carottiers, etc.Une équipe volante a effectué le relevé bathymétrique et gravimé-trique de la dorsale.Dans le premier cas, les mesures réalisées à l'aide d'un échosondeur permettront de tracer un relief plus précistandisque les mesures gravimétriques fourniront les données nécessaires à l'évaluation de la structure et de la densité de la croûte en différents points.Cette dernière évaluation est rendue possible grâce au phénomène de variation du champ de gravité qui se produit selon les variations de la croûte terrestre.Outre ces évaluations du profil général de la dorsale, une série d'observations plus directes vont nous renseigner sur la nature du terrain.À l'aide d'un carottier, conçu de façon à ne pas être incommodé par le déplacement de la banquise, une collection d'échantillons de sédiments a pu être récoltée et devrait pouvoir nous éclairer sur l'histoire de la dorsale depuis sa naissance.Des carottes de plus de neuf mètres de longueur ont été extraites et on calcule que leur interprétation mettra en évidence les variations climati- octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Sur cette carte de la région du pôle Nord, on peut observer la bathymétrie de l'océan Arctique, c'est-à-dire les mesures de la profondeur marine.ques qui ont pu survenir dans la région.Ces échantillons seront interprétés parallèlement aux données sismiques à faible profondeur prises continuellement pendant l'expédition.Ce premier type de données sismiques, dit de réflexion, est recueilli à partir des ondes réfléchies par la couche superficielle de la croûte (deux kilomètres) lorsqu'on émet une onde de choc à partir d'un fusil à air comprimé.Plusieurs mois de travail et plusieurs rencontres interdisciplinaires seront nécessaires pour venir à bout d'une explication de l'histoire de l'Arctique.Il faudra aussi finir par savoir ce qu'en pensent les chercheurs soviétiques qui ont été jusqu'ici très avares de communications sur le sujet.C'est une image vertigineuse que celle du camp CESAR qui se perd dans le plus grands des déserts à mesure que s'éloigne notre avion, un «Twin Otter».Une parcelle de civilisation — une douzaine de tentes — battue par des vents féroces et des froids qui atteignent -50°C.Ses plus proches voisins sont faciles à recenser: 350 kilomètres au sud, une base militaire et deux stations scientifiques canadiennes.à l'ouest, la station soviétique.au pôle, un groupe de touristes, millionnaires de Californie, se prépare à atterrir pour sabrer le champagne.Au milieu de nulle part, un Italien marche tentant de rejoindre à pied le Nord suprême.dans notre avion, un Anglais vient tout juste de renoncer au même défi et rentre au chaud.Ici, la nature ne fait pas de cadeau.Pourtant, il y aura à brève échéance une course aux richesses de l'Arctique.La prospection de cette «autre planète» ne fait que commencer et, comme le fait miroiter Hans Weber: «Le pays qui du point de vue de la loi pourrait démontrer que la dorsale Alpha lui appartient, ce pays aurait accès à une zone économique additionnelle de cinq millions de kilomètres carrés!» ? L'INSTITUT N HERCHE SCIE Un instituT^de recherche de l'Univeæité du Quëü&a**mji effectue de la recherche orient^d^ndarnentale et appliquée ¦ un insmArd^recherche qui offre des pr^rarnm^^ijemaitrise/t de doctorat en sciences de^&fc^ten sciences de l'énergie ainsi qîï^dgSMog ram mes de maîtriser en télécomiT?ft«*« nications et ef\ pharmacologie ^nlN^mstitut de recherche dont les huit fc^qtres de ^cherche oeuvrent d^is le^^mames desigéoressources et téleOTHi^nuycations, de l'eau, l'énergie, l'éduc^^jLTocœnologie, la santé, I'urbanisaHja^^i un institut Ai recherche dontl^Jycture permet des collaboratjpnsolwjsplusieurs licteurs, comme ceu>wd^mndustrie, des gouvernapients, duplNi^publicf etc., en regard du d#reloppem^h4^ocial, économique et culturel dinSuÆec.g iat général, INRS, Téléphon Renseigné , Case postale 7 500, Scto idf (418) 657-2560, post ¦¦ Université du Québec s^^nstitut national de la recherche scieruNioue Ê I Foy, Québec, G1V 4C7 r t octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Les fermiers de la mer L’aquaculture s’affirme de plus en plus comme une solution au déclin de la pêche traditionnelle par Bernard Giansetto De quelle couleur voulez-vous votre homard?Bleu, jaune, blanc ou rouge?La question pourrait bientôt ne plus paraître incongrue : «Je peux fort bien imaginer un chef cuisinier à l’esprit inventif, se disant qu'il serait original et plaisant à l'œil de servir le homard dans sa carapace, en prenant soin de coordonner sa couleur avec les coloris de la nappe, de la vaisselle et de la verrerie», déclarait Arthur May, sous-ministre à Pêches et Océans Canada, à l'ouverture de la Conférence nationale sur l'aquaculture qui s'est tenue en juillet dernier à Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick.«Cette idée exotique, ajoutait-il, démontre le chemin que nous avons parcouru dans l'application de la science et de la technologie à l'ancien métier de pisciculteur.» La station biologique de Saint Andrews élève et étudie ainsi des homards dont la «pigmentation» variée s'expliquerait par leurs penchants au camouflage.L'aquaculture, que le sous-ministre définissait comme «l'élevage en ferme — et la multiplication contrôlée — des animaux et des plantes aquatiques», est sur le point de prendre une place de premier plan parmi les nouvelles alternatives de développement au Canada.UNE BOUÉE DE SAUVETAGE Pourquoi l'aquaculture?Les media révèlent presque quotidiennement les difficultés qui accablent l'industrie traditionnelle de la pêche; d'ailleurs, la reprise en main des pêcheries québécoises par Ottawa, en juillet, pendant la conférence de Saint Andrews, est l'illustration politique de problèmes dont les solutions ne semblent évidentes pour aucun gouvernement.En 1982, le groupe de travail Kirby sur la côte atlantique et la commission Pearse pour le Pacifique ont clairement identifié les maux qui font gémir nos bateaux: diminution des bancs de poissons par surexploitation; pollution; non rentabilité à cause d'un surinvestissement technique ajouté à un trop grand nombre de pêcheurs.Dans un tel cadre, l'aquaculture apparaît comme une bouée de sauvetage.Aujourd'hui, la consommation mondiale des produits halieutiques (qui concernent l'art de la pêche) s'élève à 75 millions de tonnes par an et on prévoit que les besoins devraient presque doubler d'ici l'an 2000.«La pêche traditionnelle a maintenant atteint un plafond et seule l'aquaculture est capable d'augmenter sa production», a-t-on affirmé d'emblée à Saint Andrews.Chiffrés à un million de tonnes en 1967, les produits aquicoles pèsent maintenant presque dix fois plus lourd dans la balance alimentaire de la planète.Le Canada n'y apporte qu'une «contribution insignifiante» (moins de 5 000 tonnes), comme le dit John Anderson, président du comité de rédaction des recommandations de la conférence nationale.Nos voisins américains estiment leur production à 1 50 000 tonnes, ce qui place l'Amérique du Nord loin derrière l'Europe et surtout l'Asie.Nos 5 000 tonnes canadiennes recouvrent cependant une gamme relativement variée d'espèces, de l'huître de Colombie-Britannique au saumon de l'Atlantique, en passant par les truites du Canada continental.Avec un peu d'audace et un goût du risque (financier surtout), ces embryons d'aquaculture canadienne semblent avoir l'avenir devant eux.En définitive, l'aquaculture au Canada a tout pour s'épanouir, comme le disait un entrepreneur de Colombie-Britannique invité à la conférence : « En plus des ressources infinies en eau, nous sommes bien pourvus en estuaires, côtes abritées, eaux intérieures.Du côté des ressources humaines, nous avons probablement les meilleurs experts au monde en matière de pêche et de biologie halieutique.» Sans oublier les pêcheurs qui ne demandent qu'à se lancer dans l'aventure de l'élevage aquicole.LE MODÈLE NORVÉGIEN Quant au climat, s'il ne facilite pas la tâche, notamment au Québec, les conférenciers se sont empressés de balayer l'objection de sa rigueur en invoquant le modèle Scandinave : «Le Canada est trop froid et la Norvège assez tempérée?» a demandé Stuart Smith, président du Conseil des sciences du Canada, organisateur de la rencontre avec Pêches et Océans Canada.La Norvège était dans toutes les conversations et est apparue comme le modèle à suivre: climat comparable et esprit d'entreprise capitaliste soutenu par l'État.Presque tous les intervenants ont témoigné de leurfoi en l'initiative privée en dehors de laquelle l'aquaculture ne pourrait se développer, mais ils ne s'accordaient pas tous sur le degré d'intervention souhaitable de l'État.Car, après avoir discuté desquestions de savoir-faire — «on n'élève pas des poissons comme on élève des poulets; l'aquaculture est plus compliquée que l'agriculture» — la conférence nationale sur l'aquaculture s'est préoccupée surtout de questions de gros sous.«Combien parmi vous croient que l'aquaculture est une activité renta- QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 39 J) fl—~ Bernard Giansetto Les homards bleus de la Station biologique de Saint Andrews ont attiré l’attention lors de la conférence sur l’aquaculture.Mais cette station poursuit aussi de nombreuses recherches sur d’autres espèces, comme la truite arc-en-ciel.ble?» a demandé aux 150 spécialistes présents un aquaculteur de Colombie-Britannique.Une quinzaine de personnes ont timidement levé la main.Le feu sacré couve peut-être sous la cendre mais trop d’entrepreneurs et de banques ont peur de s’y brûler: «Trouvez un investisseur prêt à mettre plusieurs milliers de dollars sans être sûr du résultat ! » me lance Bruno Myrand, biologiste à la Direction des pêches maritimes des lles-de-la-Madeleine.Pour investir aujourd'hui, il faut donc être à la recherche éperdue du Pisces pecuniaris, comme l’a dit avec humour un autre spécialiste venu de Vancouver; cette recherche du poisson aux œufs d'or n'est pas aisée car il est difficile d'obtenir des prêts pour se lancer dans l'aquaculture: «Les banques semblent se faire des idées très bizarres sur cette activité», remarque John Anderson.Il est vrai que les échecs ne sont pas rares car le manque de formation et, a fortiori, d'expérience peut être fatal à l'aquaculteur débutant et à son élevage.D'autant que les épidémies sont fréquentes chez les poissons — sans parler du stress — quand, par appât du gain, on les entasse comme des sardines, sans se soucier d'un minimum d'espace vital.Pendant long- 40 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE La pisciculture au Québec est maintenant dotée d'une technologie nationale qui va des bassins préfabriqués et démontables jusqu'aux «aérateurs d'étang» pour l'oxygénation.temps, l'aquaculture n'a été qu'une activité de loisir, un hobby pour agriculteur.Pourtant, il est temps de s'y mettre.Certes, les Canadiens ne sont pas des gros consommateurs de fruits de mer.Selon Arthur May, en 1982, il s'est mangé 7,2 kilos de poisson par personne au pays contre 1 8 kilos en Scandinavie et 32 kilos au Japon.Mais, pour John Anderson, notre marché naturel est au sud de la frontière, «à quelques kilomètres d'ici et les Européens ont commencé à l'envahir».Les New-Yorkais mangent ainsi du saumon norvégien.Pour rattraper nos dix ans de retard, la conférence de Saint Andrews a conclu ses travaux en émettanttoute une série de recommandations.Ainsi, il est demandé à Ottawa de déclarer l'aquaculture nouvelle avenue prioritaire de développement, après consultation avec les provinces et le secteur privé.Conséquemment, le gouvernement devrait mettre sur pied «d'ici douze mois, une politique nationale et un plan de développement» — d'ici douze mois, «et non dans trois ans comme cela est malheureusement plus probable», a lancé avec amertume un aquaculteur du Nouveau-Brunswick, entreprenant mais sans illusions, qui n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier et en a placés une bonne partie dans le Maine, selon lui plus accueillant.Un tel plan de développement suppose la mise sur pied de projets pilotes, le financement public de programmes de recherche et développement et, bien sûr, l’extension à l'aquaculture des aides financières fédérales et provinciales.Pour cela, il reste à savoir si cette nouvelle activité relève plus de l'agriculture que des pêcheries.La réponse n'était pas unanime à Saint Andrews mais les bons résultats de l'aquaculture dulçaquicole (en eau douce)québécoise, chapeautée par le ministère de l'Agriculture, m, " /N ^ JS, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et financée aussi en partie grâce aux prêts de l'Office du crédit agricole, semblent démontrer qu'il est plus réaliste et efficace de recourir aux critères de l'élevage qu'à ceux des pêcheries.D'ailleurs, «contrairement à l'industrie de la pêche, l'aquaculteur peut contrôler la taille, la qualité et même, dans beaucoup de cas, le moment auquel son produit est prêt à être mis sur le marché, déclarait J.Douglas McDonald, conseiller économique du programme d'amélioration des salmonidés à Vancouver.De plus, on peut parfois modifier les caractéristiques telles que la couleur de la chair afin de répondre aux préférences des consommateurs.Ces avantages peuvent contrebalancer le coût relativement élevé de l'aquaculture.» «Il ne faut donc pas perdre de temps, dit John Anderson.On ne pourra pas se permettre de nouvelles querelles fédérales-provinciales sur les questions de juridiction.Les deux paliers de gouvernement doivent convoquer une conférence puisque l'aquaculture n'existait pas en 1 867; il faut surtout espérer que ce ne seront pas les tribunaux qui régleront la question.«De plus, ajoute le président du comité de rédaction, pour négocier avec Ottawa et pour échanger nos connaissances — bien souvent, on ignore ce qui se fait d'une province à l'autre — il faudra mettre sur pied une association nationale.Les universités ont un plus grand rôle à L'aquaculture en quelques chiffres Production aquicole mondiale: 10 millions de tonnes métriques.• Production «régionale»: Asie: 84, 43 pour cent Europe : 1 3,05 pour cent Amérique du Nord : 1,61 pour cent Amérique du Sud: 0,86 pour cent Afrique: 0,05 pour cent • Production nationale: Canada : environ 5 000 tonnes États-Unis: environ 150 000 tonnes Inde: environ 900 000 tonnes Japon: environ 1 million de tonnes Chine: environ 3 millions de tonnes (estimation) jouer dans le développement de nos connaissances car il n'est pas certain que les trois centres de formation en techniques aquicoles (Saint Andrews au Nouveau-Brunswick, Saint-Félicien au Québec, et Malaspina en Colombie-Britannique) soient suffisants.« L'aquaculture est une voie pleine d'avenir, conclut John Anderson, car elle ne constitue pas seulement une source supplémentaire de protéines.Cette activité, puisqu'elle alimente aussi la pêche sportive, est très liée aux loisirs, autrement dit à la qualité de la vie des Canadiens eux-mêmes.D'ailleurs, le Québec, l'Ontario et les Prairies se sont surtout engagés dans cette voie.» L'EXPÉRIENCE QUÉBÉCOISE L'aquaculture au Québec et dans tout le Canada continental, de l'Ontario aux Prairies, c'est presque uni- ( MAPAQ QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 41 Une longueur d'avance pour les Maritimes Cette fois-ci, ce n'est pas de l'Ouest lointain que viennent les grands projets: en Colombie-Britannique, jusqu'à ce jour, la production a été «faible et décevante», selon le directeur de la station biologique du Pacifique.C'est à l'autre bout du pays, dans les Maritimes, que s'épanouit la fine fleur de l'aquaculture canadienne.«C'est dans cette région, affirme David Aiken, chercheur à la station biologique de Saint Andrews, que se rencontre la plus grande diversité d'activités aquicoles.On y élève commercialement six espèces — le saumon atlantique, les truites arc-en-ciel et brune, le thon rouge, l'huître américaine, la moule bleue — et des recherches sont en cours pour huit autres espèces.La souche la plus spectaculaire, ajoute-t-il, a été le saumon élevé en cage.De 6 tonnes en 1979, la production est passée à 150 tonnes.Pour le moment, celle-ci a été limitée à la baie de Fundy où les échanges d'eau et les températures hivernales sont convenables.Le Nouveau-Brunswick a la chance d'abriter à Saint Andrews, tout près de la frontière du Maine, le Centre nord-américain de recherche sur le saumon qui, depuis 1974, mène des études sur le bagage génétique de ce poisson en tâchant de discerner les caractéristiques attribuables aux gènes de celles déterminées par l'environnement, car d'une rivière à l'autre, les individus ne sont pas les mêmes.Les chercheurs se livrent donc à des croisements et à des tests complexes.Depuis 1980, plus de 100 000 saumoneaux ont ainsi été marqués et lâchés et un peu plus d'un millier sont revenus.Proportion normale, semble-t-il, mais qui illustre des difficultés de faire commercialement de l'élevage «semi-extensif».Le semi-extensif, ou Sea Ranching, utilise l'océan comme «pâturage»: les saumons y deviennent adultes plus rapidement qu'en captivité, puis ils reviennent à leur rivière maternelle pour se reproduire.À condition qu'ils n'aient pas été pêchés ou dévorés entre-temps dans la jungle atlantique, du côté de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve ou même du Groenland, car ils remontent très loin vers le nord, même s'ils sont natifs de l'ancienne Acadie.Le Nouveau-Brunswick, toujours à la fine pointe de l'aquaculture, a démontré par ailleurs comment la chaleur perdue des centrales électriques peut être utilisée pour accélérer la croissance des poissons, car ceux-ci ne grossissent pas au seindes eaux froides de l'hiver.L'eau chaude de la centrale de Grand Lake, récupérée et maintenue pour ainsi dire gratuitement à 11°C pendant la saison froide, est aussi utilisée pourfaire éclore des œufs de saumon et des œufs de truite en décembre plutôt qu'au printemps.Enfin, les Néo-Brunswickois ont mis à profit l'érection du barrage hydroélectrique de Mactaquac pour construire en son voisinage une des plus grandes stations piscicoles du monde qui comprend notamment une écloserie de saumons.quement (à 99 pour cent) l'élevage des truites arc-en-ciel et mouchetées (ou ombles de fontaine) qui, pour moitié, proviennent de nos lacs et rivières.La proportion n'était que de dix pour cent il y a sept ans et Pierre-Louis Landry, chargé de l'aquaculture au MAPAQ, n'hésitait pas à déclarer à Saint Andrews que son gouvernement avait dépensé «une petite fortune» pour lancer la pisciculture québécoise.De 1 976 à 1981, cinq millions de dollars y ont été investis à parts égales par le secteur privé et l'État.Le Québec a ainsi réussi à mettre au point une technologie nationale qui va des bassins préfabriqués démontables et donc déménageables, à l'oxygénation par des «aérateurs d'étang».Si une petite tranche des 348 570 kilos produits en 1981 a échoué dans votre assiette, la plus grande partie des truites d'élevage sont allées peupler les étangs de pêche.Jusqu'à maintenant une loi interdit la commercialisation d'une espèce comme la truite mouchetée, la réservant à l'ensemencement des rivières et des lacs où l'on pratique la pêche sportive.Toutefois, un projet de loi est actuellement à l'étude, visant à lever l'interdiction pour certaines espèces.«Les pisciculteurs québécois ont bien développé l'élevage de l’omble de fontaine, constate Pierre-Louis Landry; on aimerait maintenant améliorer la production de truites arc-en-ciel et lancer l'élevage du saumon en mer ainsi que celui de la moule bleue.On a abandonné l'idée de faire des huîtres car leur croissance est trop lente.» Le saumon est devenu, de la Norvège aux provinces maritimes, l'animal favori des aquaculteurs.Son prix de vente, lié à une forte demande du marché, en fait une production très lucrative.Au Québec, les salmoni-culteurs n'en sont qu'au stade expérimental.Lars Hansen, professeur chargé du programme de pisciculture au Cégep de Saint-Félicien, explique qu'au Québec, en raison des glaces et des eaux trop froides, il est impossible d'élever du saumon selon les méthodes traditionnelles: les glaces peuvent facilement broyer les structures flottantes (cages, filets); la température de l'eau de mer descend fréquemment jusqu'à -1,8°C, ce qui est suffisant pour tuer un saumon bien portant.En attendant, pour échapper au chômage, un groupe de biologistes a fondé une petite compagnie aquicole et s'efforce d'élever 350 saumons à Pointe-au-Père, près de Rimouski.Du côté du Saguenay, des chercheurs de l'Université du Québec à Chicoutimi ont mis quelques saumons «en cage».À mentionner aussi un projet commun de l'Institut national de recherche scientifique (I.N.R.S.) et du MAPAQ visant à faire passer des truites mouchetées de l'eau douce à l'eau de mer: ce conditionnement permettrait de produire des truites de mer et donc de contourner la loi qui interdit la commercialisation de la truite mouchetée.LES PROTÉINES DE LA MER Aux Iles-de-la-Madeleine, des entrepreneurs privés se sont lancés dans l'engraissement du homard en essayant de tirer profit de l'eau chaude des lagunes pour une croissance plus rapide.Parmi toutes ces expériences, fort limitées au demeurant, la plus prometteuse quoique moins spectaculaire pourrait bien être la production de phytoplancton par dialyse.Le phytoplancton, c'est, comme le dit Réal Fournier, responsable de ce projet à la station de l'I.N.R.S.à Pointe-au-Père, la nourriture de base 42 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Depuis 1974, le Centre nord-américain de recherche sur le saumon, situé au Nouveau-Brunswick, mène des études sur ce poisson.Recette pour élever des moules «^lle survit à des températures de Ë -1 5° C et peut tolérer un gel de 60 pour cent de ses liquides corporels.»; «la culture de la moule bleue (myticul-ture) offre des perspectives intéressantes au Québec», affirme une étude récente sur la «biologie de la moule bleue et ses techniques d'élevage au Québec» produite par la Direction générale des pêches maritimes à Cap-aux-Meules.Car c'est justement aux lles-de-la-Madeleine depuis 1974 et, beaucoup plus récemment, dans la baie des Chaleurs (région de Carleton) qu'ont été adaptées les techniques européennes de myticulture.Contrairement aux huîtres (totalement absentes), les colonies de moules se sont largement répandues le long des côtes de l'estuaire et du golfe Saint-Laurent.Leur culture, cependant, se heurte à certaines difficultés.Si l'on se contente, par exemple, de cueillir de jeunes moules sur les gisements naturels et de les ensemencer sur des fonds privés, on sous-utilise l'espace disponible du site choisi puisque toute la colonne d'eau au-dessus des fonds demeure inutilisée.Quant à la méthode européenne sur bouchot (pieux de bois), elle est inapplicable au Québec à cause de la glace et de ses effets dévastateurs au printemps.C'est finalement la culture en suspension qui a été retenue.Les jeunes moules sont placées dans un filet tubulaire de trois mètres de longueur, en suspension dans l'eau à la verticale.Il faut éviter que les moules soient en contact avec la surface ou avec le fond.Pour ce faire, une des extrémités du boudin est munie d'une bouée et l'autre d'un poids d'environ dix kilogrammes.Les bouées sont enlevées durant l'hiver afin d'éviter l'effet des glaces.Un cycle d'élevage relativement court (14-23 mois) permet une production de moules commercialisables.On contourne ainsi un problème de mortalité massive affectant les moules de deux ans et plus.Ce phénomène qui survient après la période de ponte demeure inexpliqué.Globalement, cette méthode de culture semble optimale dans un site tel que les lagunes des iles-de-la-Madeleine et permet une utilisation maximale des trois dimensions du milieu marin.Les moules échappent ainsi davantage aux prédateurs, et elles ont accès à la nourriture plus facilement que le mollusque fixé sur le fond, ce qui explique la croissance plus rapide des animaux de culture.Il reste maintenant à faire passer la myticulture québécoise du stade expérimental au stade commercial.Vk de tous les animaux filtreurs (palourdes, pétoncles, moules, huîtres, etc.).C'est aussi une source inépuisable de protéines qui non seulement peut être utilisée comme nourriture animale mais aussi pour produire des antibiotiques ou encore servir d'engrais.Les premiers dialyseurs à plancton ont été conçus en Norvège, mais les chercheurs québécois croient avoir trouvé le moyen d'assurer une production massive de plancton, ce qui était impossible jusqu'à maintenant.En écho, un intervenant à la conférence de Saint Andrews rappelait que «l'aquaculture, tout comme l'agriculture, se regénère par la photosynthèse.Il est donc illogique de donner des protéines, sous forme de moulées artificielles, à des espèces vivantes pour faire de celles-ci des protéines plus comestibles.En fait, nous pourrions assurer un apport protéique direct sous forme de plancton pour nourrir nos crustacés, par exemple.Il serait même possible de sélectionner génétiquement et d'améliorer ces organismes unicellulaires.Il faudrait aussi accorder à la culture des algues marines plus d'attention qu'on ne l'a fait jusqu'à présent.» Si ce dernier point relance un vieux débat — est-il rentable ou même moral de dépenser 5,4 kilos de moulée pourobtenirl kilo de chair de bœuf ou, plus économiquement, 1,5 kilo pourobtenir 1 kilo de poisson — il révèle aussi, indirectement, les obstacles culturels à l'aquaculture.Si l'on mange beaucoup d'algues en Asie, ce n'est pas le cas en Amérique du Nord et, jusqu'à présent, a-t-on souligné à Saint Andrews, on n'a pas réussi à mettre les Canadiens en appétit avec les végétaux marins.BIENTÔT LA MOULE DE NEIGE?Bruno Myrand, biologiste pour le MAPAQà Cap-aux-Meules, explique que les fruits de mer sont «un marché d'immigrants.Si on prend l'exemple des moules, la demande n'est pas suffisante.Ça fait dix ans qu'on expérimente la culture des moules aux1les-de-la-Madeleine et il n'y a encore personne qui le fasse sur une base commerciale.En Europe, cela fait des siècles qu'il s'en cultive.D'ailleurs, pour les Madeli-nots, la moule, c'est l'aliment du pauvre.À l'inverse, le marché de la truite est là.Tout Québécois a au moins une personne dans sa famille qui va à la pêche.» À l'instar de nombreux spécialistes venus à Saint Andrews, Bruno Myrand rappelle que pour développer le marché intérieur, il faut être capable de l'approvisionner sur une base constante; autrement, et c'est souvent le cas, le grossiste se tourne vers l'étranger.Mais il faut aussi savoir susciter un besoin.Il évoque l'aristocrabe, cette campagne publicitaire qui, il y a quelques années, avait fait grimper la demande pour le crabe, un produit jusqu'alors peu recherché.S'il paraît difficile, sans crainte du ridicule et du plagiat de lancer aujourd'hui l'aristomoule, il n'est pas impossible que, demain, certains publicistes particulièrement imaginatifs ne nous mettent l'eau à la bouche avec la moule de neige du Québec.?Bernard Giansetto LES RÉSEAUX D’ENTREPRISE Pujolle, G.Cet ouvrage présente les divers aspects des réseaux d’entreprise en partant des couches les plus basses formées du réseau de communication local jusqu’aux couches les plus hautes composant les éléments de la bureautique.Ce livre convient aussi bien aux étudiants et informaticiens désirant connaître les bases des réseaux d'entreprise qu’aux utilisateurs potentiels ou non, voulant approfondir leurs connaissances dans ce domaine.Eyrolles, 1983,8801, 149 pages.21,85 $ US RKUUX r^r." MICRO-ORDINATEUR UNE SOLUTION POUR VOTRE GESTION Bejar Ce livre donne à la fois des éléments techniques et méthodologiques permettant d’orienter et de maîtriser le développement d’applications professionnelles en micro-informatique.On verra ainsi que, pour un investissement souvent très inférieur à 15 000 $, il est non seulement possible de traiter les fonctions traditionnelles mais aussi de mettre en oeuvre des procédures nouvelles: gestion prévisionnelle, gestion de trésorerie, aide à la décision.Eyrolles, 1983,8803, 134 pages 20,70 $ DICTIONNAIRE D’INFORMATIQUE Ginguay, M.Nouvelle édition largement actualisée de ce dictionnaire de définitions, portant sur les termes usuels des professionnels de l’informatique: mots courants du «hardware» et du «software», de la programmation et des centres d’informatique, plus de 1 700 entrées et sous-entrées.Complète les deux dictionnaires de traduction (a.-f.et f.-a.) de Ginguay.Masson, 1982, 77760, 352 pages___ 37,60 $ «SicKsfwwira d’mforma&iy® (Sctiomaire d’informatique «.WfcWW*», r&TVAVrtK* DICTIONNAIRE D’INFORMATIQUE -bureautique, télématique — anglais-français Ginguay, M.Panorama très large du vocabulaire de l’informatique, de la télématique et de la bureautique.Cette 6e édition bénéficie de 1 000 modifications par rapport à l’édition précédente (10 000 mots et composées).Masson, 1981, 75097, 6e éd., 240 pages .22,60 $ Bon de commande ?Les réseaux d’entreprise — 8801 .21,85 $ D Micro-ordinateur une solution pour votre gestion — 8803 .20,70 $ ?Dictionnaire d’informatique — 77760 .37,60 $ LJ Dictionnaired'informatique A.-F.— 75097 .22,60 $ Règlement ci-joint ?Chèque bancaire ?Mandat postal ?)¦¦¦¦! ?Date d’expiration _ Nom et Prénom (en capitales) Adresse__________ Ville________________________________________ Date _____________________ Signature ________ à découper et à retourner à somabec Ltée 2475, Sylva Clapin, Case postale 295, St-Hyacinthe, Qué J2S 5T5 Tél.: 774-8118, Mtl.: 467-8565 Gouvernement du Québec Ministère de la Science et de la Technologie CONCOURS DE JOURNALISME SCIENTIFIQUE 1983-1984 Ce concours a pour but de favoriser la diffusion de la culture scientifique en offrant des stages de formation en journalisme scientifique.Les trois lauréats du concours auront la possibilité d’effectuer un séjour de trois mois dans l’un des organes de presse participants.Il s'agit du Soleil, de Québec Science, d’Hebdo Science, du Courrier Médical, de Science et Technologie, de l'Actualité médicale et de la Société Radio-Canada.Admissibilité : Sont admissibles à ce concours, tous les résidents du Québec, hommes et femmes, n'ayant jamais occupé d'emploi régulier dans un organe de presse, ni déjà tiré la majorité de leurs revenus d'une activité de rédacteur scientifique ou de journaliste à la pige.Les lauréats des concours précédents ne sont pas admissibles.Participation : Les candidats devront présenter, sur un thème scientifique ou technique de leur choix, quatre copies d'un dossier comprenant: — une description de l'ensemble des recherches, lectures, interviews et démarches préparatoires à la rédaction: — le produit final de leurs travaux, un article inédit de 5 à 10 feuillets, dactylographié à double interligne sur du papier blanc de format 215x280 mm; — un curriculum vitae mis à jour.Les quatre exemplaires du dossier devront parvenir au Ministère de la Science et de la Technologie au plus tard le 31 janvier 1984.Aucun dossier, ou pièce de dossier, ne sera retourné aux candidats.Évaluation Un jury composé de trois experts, évaluera chaque dossier selon les critères suivants: 1.le niveau de la langue, la qualité de l'écriture journalistique et la vivacité du style; 2.le sens critique du journaliste et sa capacité de synthèse; 3.la qualité des recherches, la diversité des entrevues et de la documentation; 4.la pertinence sociale du sujet traité; et 5.la polyvalence du rédacteur, Le., sa capacité d'aborder adéquatement un sujet en dehors de sa formulation académique ou professionnelle.Ce jury classera dans l’ordre les trois lauréats selon leur mérite.Les décisions du jury sont finales et sans appel.Les résultats du concours seront annoncées par le ministre de la Science et de la Technologie vers le 30 mars 1984.Stage de formation Les trois lauréats dans l'ordre de leur classement choisiront celui des organes de presse participants où ils désirent effectuer un stage d'une durée de trois mois, aux dates de leur choix.Chacun des lauréats touchera pour cette période une allocation-salaire de 3 900$.Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec : Georges Lagacé Ministère de la Science et de la Technologie 875 est, Grande-Allée, Édifice «H» 3e étage, Québec (Québec) G1 R 4Y8 Tél.: (418) 643-5570 Québec ss 44 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Les hauts et les bas de la MÉDECINE D'URGENCE Formation spécialisée et équipements perfectionnés aideront la médecine d’urgence québécoise à rattraper son retard par Hélène Bourassa et Pierre Cayouette Fort Chimo, 9 h 30.Dans les locaux exigus du dispensaire de soins de santé, la tension monte.L’équipe médicale a épuisé toutes ses ressources pour venir en aide à une jeune femme qui vit un accouchement plus difficile que prévu.Au même moment, Québec reçoit un appel de détresse: on demande Valentine.10 h 30.Valentine s'envole avec, à son bord, un médecin et une infirmière.1 2 h 30, et 1 270 kilomètres plus tard, le jet HS 125 se pose à Fort Chimo où l'attendent l'équipe médicale locale et la patiente.Après un bref échange de renseignements, Valentine repart en direction de Québec avec une passagère supplémentaire.En fonction depuis juillet 1981, Valentine Lupien est plus qu'un taxi aérien.Sous le fuselage jaune se cache une véritable unité de soins intensifs, comprenant respirateur, moniteur défibrillateur cardiaque, matériel d'intubation et toute une gamme d'autres appareils médicaux.Financée conjointement par le ministère des Transports et le ministère des Affaires sociales, Valentine est le seul avion-ambulance au Québec.Valentine est à l'image de la tendance actuelle de la médecine d'urgence: si le patient ne peut se rendre à l'hôpital, l'hôpital doit se rendre au patient! «Il faut cesser de penser qu'on ne devient un patient que lorsqu'on est hospitalisé!» affirme Hélène Lamontagne, médecin et présidente de la Société québécoise pour l'avancement des services médicaux d'urgence (SOQUASMU).Mais la médecine québécoise a du [Ml 1 ».>').>- /V ' Quand le cœur a des ratés, // est important de lui faire retrouver rapidement son rythme normal.Un grand nombre d'ambulances sont maitenant équipées de ce type de moniteur défibrillateur qui permet d'agir avec célérité lorsque quelqu'un a une attaque cardiaque.chemin à faire : l'urgence n'y est pas encore reconnue comme une spécialité.DES SPECIALISTES DE L'URGENCE «On peut difficilement s'improviser médecin d'urgence! s'exclame Tim Allen, membre de l'équipe régulière de médecins d'urgence du Centre hospitalier de l'université Laval à Québec.Trop souvent dans le passé, on a confié les salles d'urgence à de jeunes médecins plus intéressés à se bâtir une clientèle qu'à maîtriser des méthodes diagnostiques et des approches thérapeutiques propres à la médecine d'urgence.Malheureusement, cette situation prévaut encore dans la plupart des hôpitaux du Québec.» Marguerite Dupré, du Royal Victoria Hospital de Montréal, abonde dans le même sens: «Les médecins qui font de l'urgence leur spécialité sont plus aptes à répondre aux exigences particulières de ce service.Pour passer d'une fracture du cou à un infarctus en quelques minutes et ensuite faire face à un surdosage, il faut une formation spécialisée.Cette formation permet également aux médecins de départager rapidement les cas mineurs des cas plus graves et d'assurer ainsi un meilleur fonctionnement du service.» McGill a été l'une des trois premières universités en Amérique du Nord à offrir des études supérieures en médecine d'urgence.Depuis ses débuts en 1971, la durée du programme est passée de deux à quatre L K pal la Y h QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 45 Mmsmmà W-rÆ M&smæms É« #Mpa K»| iïtïiK^ > agaSiv V • , , .¦'ggffê mmmSt g8œ£eœ ' œiæ ¦ ¦ Swis liüfi :- ' S4: ' .v.*';?%>• • -ü-'.- Pls>’*%Ay 'Kw.PSKïiSI W:fWêi pSÿf '• • W:- W'*- 'mm 1 ¦ __.¦ X' a ¦;¦ jl.iKsigS rasssfe,'.' - ¦ Si ¦'jgsszs&t ¦¦Wi;-;] mm '' '-¦: ‘ • SV-; ; .V V Mil : ¦ ¦ ¦ ira v.’^: m - : : mm ' ans, et le nombre de demandes d'inscription a fait un bond de 20 à 110.Pourtant, l'encadrement actuel limite à 1 2 les résidents inscrits.De plus, le Québec accuse un retard face à l'Ontario où cinq universités offrent maintenant un tel programme.L'orientation générale du programme de l'université McGill favorise une attention particulière à l'égard du patient, que ce dernier soit à l'hôpital ou non.On prévoit également l'acquisition d'une plus grande dextérité dans la pratique d'interventions déjà connues.Le troisième volet touche davantage la recherche.«Nos études por- tent principalement sur les méthodes diagnostiques.Plus le diagnostic est précis et rapidement obtenu, plus nous sommes en mesure d'évaluer si le patient doit être admis ou non, et à quel établissement, compte tenu de ses besoins spécifiques», déclare Wayne Smith, directeur de ce programme.La toute récente formation de l'Association québécoise de la médecine d'urgence témoigne d'un intérêt marqué pour ce secteur de la pratique médicale.Créée en décembre 1982, l'Association regroupe 80 médecins.Mais n'en fait pas partie qui veut.«Nous exigeons de nos membres un minimum de 25 heures de formation médicale continue en urgence, et plus de 1 000 heures de pratique à l'urgence par année», précise la présidente de cette association, Marguerite Dupré.LA POPULATION IMPLIQUÉE Il n'y a pas que le corps médical qui s'intéresse à cette question.Dans certaines régions, la population s'est impliquée de façon significative dans des programmes de premiers soins.À Seattle, dans l'Ètatde Washington, 50 pour cent de la population a suivi un cours de réanimation cardiorespiratoire (RCR) d'une durée de Hélène Bourassa 46 quatre heures.Le taux de survie des victimes d'arrêt cardiaque hors des hôpitaux a atteint 43 pour cent (selon Hélène Lamontagne, ce taux de survie n'est que de 4 pour cent au Québec).Plus près de nous, à Pointe-Claire dans l'ouest de Montréal, une expérience similaire a été tentée et a rejoint plus de 8 000 personnes.Depuis cinq ans, on y offre un programme comprenantdessessionsde réanimation cardiorespiratoire (quatre heures), de soins d'urgence de base (quinze heures) et un cours spécialement adapté pour les premiers soins d'un jeune enfant (six heures).«Nos cours préparent le citoyen à prodiguer les soins de base, des premières minutes d'un accident jusqu'à l'arrivée d'un personnel plus qualifié», déclare Sandra Clark, directrice du programme.Un sondage réalisé en mars 1983 montre que un pour cent des participants ont utilisé la réanimation cardiorespiratoire, ce qui correspond aux statistiques américaines.PLANIFIER L'URGENCE Il est également important de faire intervenir le personnel qualifié le plus rapidement possible.C'est ce que l'on vise avec Urgences Santé.Pour les Montréalais, Urgences Santé, c'est d'abord un numéro de téléphone puisque cet organisme, relevant du Conseil de la santé et des services sociaux de la région du Montréal métropolitain, a pour principal mandat de coordonner les services ambulanciers du Montréal métropolitain.«Urgences Santé reçoit les appels d'urgence, identifie les besoins, affecte le personnel ressource, répartit les patients dans les différents centres hospitaliers et voit à l'admission de ces patients.Aucun autre endroit en Amérique du Nord ne coordonne les services de l'appel à l'admission», affirme avec fierté Pierre Masson, le directeur d'Urgences Santé.octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE / Avant 1 982, année de l'entrée en fonction d'Urgences Santé, la situation de Montréal était particulièrement déplorable.Avec son taux de lits d'hôpitaux disponibles per capita le plus faible en Amérique du Nord, ses 18 compagnies d'ambulances indépendantes et ses cinq compagnies de véhicules-médecins (Télé-Médic étant la plus connue), Montréal souffrait de l'encombrement perpétuel de ses salles d'urgence et d'une couverture parcellaire de son territoire.Il est impossible d'établir si la situation s'est améliorée de façon significative depuis la mise en opération d'Urgences Santé puisqu'au-cune étude statistique n'a été réalisée.Afin d'intervenir rapidement et efficacement aux situations d'urgence, le personnel hospitalier et ambulancier doit avoir reçu une formation adéquate.Et nombreux sont ceux qui mettent en doute l'efficacité réelle du système.Pourtant, le principe et l'organisation d'Urgences Santé sont séduisants.À la base de cette imposante machine, il y a d'abord un système informatisé qui enregistre la capacité d'accueil des hôpitaux des 29 municipalités du Montréal métropolitain.Un autre système distribue équitablement les appels téléphoniques entre les 12 infirmières affectées à la réception des appels.En collabo- Bjnog yjiBu QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 47 Ce petit appareil, le TIMS (Transcuteneous Nerve Stimulation), permet d'intervenir sur les sites mêmes des compétitions sportives pour soulager ia douleur chez le joueur qui a subi un accident.ration avec un médecin, celles-ci évaluent la gravité de chaque cas et acheminent la demande vers une équipe de répartiteurs qui verront à dépêcher une ambulance, un véhicule-médecin ou une voiture de superviseur.Chaque jour, Urgences Santé reçoit en moyenne 900 appels, assure 1 50 visites médicales et effectue 350 transports par ambulance.L'utilisation de cinq fréquences de la bande UHF facilite la coordination de tous ces déplacements.POUR QUE LE CŒUR RETROUVE SON RYTHME Actuellement, on vise à augmenter le nombre de moniteurs défibrillateurs cardiaques.Muni d'un écran cathodique et d'une imprimante, le moniteur permet d'obtenir sur-le-champ un électrocardiogramme du patient.Quant au défibrillateur, il est utilisé dans les cas de fibrillation cardiaque, c'est-à-dire quand les fibres musculaires du cœur ne se contractent plus de façon synchronisée.On pourrait comparer la fibrillation cardiaque aux multiples ondes produites par une poignée de cailloux lancés dans l'eau.Le défibrillateur a le même effet qu'aurait une grosse pierre en tombant dans la même eau : il rétablit une seule onde.Les progrès technologiques ont permis de réduire considérablement la taille de ce modèle combiné et de faciliter sa manipulation.Urgences Santé possède actuellement quatre de ces appareils mais prévoit qu'à la fin de 1983, chaque véhicule-médecin en sera doté.Jointe à une action préventive comme celle de Pointe-Claire, la multiplication de tels appareils laisse présager un espoir important pour les victimes de troubles cardiaques.Urgences Santé pense aussi à équiper ses ambulances de pantalons antichoc et de nitronox.Fonctionnant selon le principe de l'autotransfusion, les pantalons antichoc sont utilisés surtout dans les cas d'hémorragies importantes.Ils ont l'allure de bas-culottes à double épaisseur que l'on peut gonfler afin de comprimer les membres inférieurs et l'abdomen, refluant vecs le cœur un important volume sanguin.Cela permet de rétablir un certain équilibre en attendant une transfusion sanguine.Le mot antichoc n'est pas étranger aux conséquences d'une grave hémorragie.En effet, lorsque le volume de sang diminue de façon trop marquée, les différents mécanismes régulateurs de l'organisme sont perturbés: c'est l'état de choc.Les modèles les plus récents intègrent un contrôle automatique de la pression en fonction de la tension artérielle.Le nitronox, également connu sous le nom d'entonox, est un gaz analgésiant dont l'usage est déjà répandu en Ontario et aux États-Unis.L'inhalation de ce gaz soulage 80 pour cent de la douleur du patient mais son effet ne dure que 1 5 minutes.«Le nitronox n'est pas sans inconvénients, note Pierre Masson.Son inhalation peut provoquer des étourdissements.D'autre part, ses effets à basse température deviennent incontrôlables, de sorte qu'on doit absolument le conserver à des températures supérieures à 10°C.» LE CERVEAU MIS EN GRAPHIQUE Si la médecine d'urgence préhospitalière est de mieux en mieux équipée, celle qui se pratique à l'hôpital a également fait des acquis dignes d'intérêt.Ainsi, la tomographie axiale informatisée constitue un apport majeur.Cette nouvelle méthode radiologique permet de dépister rapidement la présence d'hématomes dans les cas d'accidents cérébrovasculaires ou de traumatismes intracrâniens.La tomographie axiale s'effectue en deux opérations.Un rayon X arpente d'abord le cerveau couche par couche.Puis, un ordinateur en trace la représentation graphique à partir des milliers de petites densités obtenues.Beaucoup moins spectaculaires, le lavage péritonéal n'en permet pas moins de déterminer rapidement s'il y a hémorragie abdominale interne et si une chirurgie est nécessaire.Le principe est très simple: après avoir pratiqué une petite ouverture sous le nombril, on introduit, en utilisant le principe de la gravité, une certaine quantité d'une solution physiologique à l'intérieur de l'abdomen.La deuxième étape inverse le processus, c'est-à-dire que le contenant de soluté est placé plus bas que l'abdomen du sujet pour en retirer le liquide.La concentration de sang dans le liquide recueilli indique l'ampleur des lésions et oriente l'approche thérapeutique à suivre.La médecine d'urgence au Québec devra cependant surmonter deux obstacles majeurs: le manque d'autonomie des services d'urgence en matière d'admission des patients et la formation encore insuffisante du personnel médical.«La technologie nous devance toujours, déplore Tim Allen.Il faudra apprendre à tirer le maximum de l'appareillage déjà existant.» ? 48 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE PETIT POISSON pi GRAND INCONNU?Il y a plus de trente ans que les scientifiques s'intéressent aux épinoches.Ce petit poisson de quelques 5 à 10 cm n'a aucune valeur pour le pêcheur.Au début du siècle, en Russie, il a déjà servi de nourriture aux animaux.Mais il est bien plus intéressant en tant qu'individu et société qu'en tant que poisson.L'épinoche est à la science du comportement un peu ce qu'est la bactérie E.Coli à la microbiologie ou la mouche Drosophile aux études de génétique.C'est un poisson qui s'élève facilement et supporte bien la vie en aquarium.Il y en a un peu partout dans l'hémisphère Nord.Les premières études sur le comportement des épinoches ont été faites aux Pays-Bas dans les laboratoires de l'étholo-giste Niko Tinbergen.Étudiant le comportement de ces petits poissons en captivité, il en a décrit en détail le comportement amoureux compliqué et les manifestations d'agressivité.À l'Université Laval, au Département de biologie, Gérard FitzGérald et ses étudiants étudient depuis maintenant 7 années les épinoches dans leur milieu naturel, leur comportement et leur interaction avec les autres habitants de l'écosystème et il devient clair que ce n'est pas un petit poisson si peu important.Lors de travaux de terrain dans la rivière Matamek près de Sept-lles, les biologistes ont suivi de près l'interaction entre les épinoches — commercialement peu utiles — et les truites mouchetées — bien plus intéressantes pour l'homme.Malheureu- L'habitat des épinoches: les marelles de /'île Verte, alors que les mâles construit le nid et reste dans une marelle, les femelles dérivent en banc d'une marelle à l'autre.sement pour les truites, leurs œufs éclosent à peu près au moment où lesépinochesfont leurs amours.À ce moment-là, l'épinoche mâle se défini un territoire qu'il défend avec une agressivité peu commune, agressivité tournée aussi bien vers les femelles — une fois les œufs pondus — que vers les autres épinoches ou tout intrus.Les pauvres alvins ont donc fort à faire pour trouver à se nourrir dans une zone de rivière où les épinoches peuvent atteindre une densité de 5 à 6 mâles par mètre carré.Mais si les épinoches font la concurrence aux alvins, elles peuvent servir de nourriture aux truites adultes.Les études n'ont pas été poussées assez loin pour pouvoir déterminer exactement dans quelles conditions la population d'épinoches peut nuire de façon significative à celle des truites mouchetées.Mais si les alvins de truite viennent déranger les épinoches, celles-ci sont encore plus sensibles à la concurrence avec d'autres épinoches.Dans les marelles de llle Verte, lieu d'étude principal de l'équipe du professeur FitzGérald, coexistent trois espèces d'épinoche celle à 3 épines, l'épinoche à 9 épines et l'épinoche tachetée.Chaque espèce, bien que frayant dans le même lieu et ayant un cycle parental similaire, a défini ses propres stratégies.Le il M Ett I nu I ^ 11® ; « « SR ns pn tn n«i h li feili febl kai liki Mei tes hs fc.l L'UNIVERSITE LAVAL EN CAPSULES Les généticiens de Laval mènent une lutte à l'échelle mondiale contre la jaunisse des céréales Grâce à une subvention de quelque 150 000$ du CRDI (Centre de recherche pour le développement international du Canada), deux spécialistes de la génétique végétale, Claude-André Saint-Pierre, du Département de phytologie et André Comeau, entomologiste à Agriculture-Canada, ont pu étendre à l'échelle internationale les travaux qu'ils avaient déjà entrepris dans le but de développer des cultivars de céréales résistant au virus de la jaunisse nanisante de l'orge (VJNO), qui est considérée comme la plus importante maladie virale des graminées, affectant notamment l'orge, l'avoine et le blé.La maladie, qui est transmise exclusivement par les pucerons, affecte surtout les céréales d'automne: elle diminue la taille des tiges, le poids du grain, la grosseur des épis, affecte la maturité et la résistance à l'hiver, et, bien entendu, le rendement qui, selon les auteurs, peut être diminué de 20 à 50 pour cent.Jusqu'à présent, le développement de cultivars résistants est apparu comme le meilleur moyen de lutte contre le virus.Les résultats les plus remarquables ont été obtenus sur l'orge, où on a pu identifier un gène de résistance qui a été incorporé avec succès dans plusieurs lignées de cette céréale.Par ailleurs, la résistance génétique naturelle du seigle est généralement bonne tandis que celle du triticale, un hybride de seigle et de blé, semble variable mais excellente pour certaines lignées.En ce qui concerne lesblésd'automne, les plus sensibles, on n'a pu encore trouver de géniteurs vraiment résistants et les chercheurs visent de plus en plus à transférer sur le blé la résistance du seigle en passant par le triticale.Évidemment, les chercheurs devront démontrer l'héritabilité de la résistance au virus lors des différents croisements: ils devront réussirà incorporer cette résistance dans des lignées de céréales présentant un intérêt agronomique certain; enfin, il leur faudra sélectionner les plants résistants dans la population issue des croisements.Au total, six années devraient être consacrées à cette recherche dont on mesure l'envergure quand on sait que quelque 1 5 000 lignées de blé, d'orge, d'avoine et de triticale seront soumises à des essais comparatifs, avec ou sans inoculation du virus.Déjà, le rapport publié en 1982 fait état des essais sur quelque 6 000 lignées et de nombreux sélectionneurs s'intéressent aux travaux menés par les chercheurs de Laval qui travaillent, par ailleurs, en relation étroite avec le célèbre Centre international d'amélioration du maïs et du blé de Mexico (CIMMYT).Le choix de Laval pour cette recherche s'explique par l'expertise déjà acquise dans l'étude de la jaunisse nanisante, dans la production de cultivars à haut rendement (Blé Laval—19, orge Sophie) et dans les inoculations virales.À l'issue de cette recherche, on devrait être mieux en mesure d'évaluer les dégâts réels causés par le VJNO et de répondre aux interrogations multiples que pose cette maladie encore mal connue.t .Ifol) % k.Des étudiants qui gagnent Le directeur de l'École d'architecture de l'Université Laval, le professeur Takashi Nakajima, est très heureux, depuis 1 981 les étudiants ont remporté les premiers prix de quatre concours nationaux et d'un concours international.En 1981 et 1983, ils ont raflé les premiers prix de la Fondation canadienne pour la protection du patrimoine (Héritage Canada).Ce concours est ouvert à tous les étudiants finissants des universités canadiennes pour des projets de conservation, rénovation et recyclage de structures existantes.En 1981 c'est un projet visant à faire du Pont de Québec un musée scientifique qui a remporté la palme alors qu'en 1983 Sylvie Chabot et Claudette Lavallière ont «te PUBLIREPORTAGE QUEBEC SCIENCE / octobre 1983 S comportement reproducteur de l'épinoche à trois épines est bien connu : le mâle fait un nid, attire une femelle par une coloration particulière et des «danses».Une fois que l'épinoche a pondu elle est chassée du nid et c'est le mâle qui s'occupera des œufs et des petits en les défendant contre les comportements canibales des autres poissons et particulièrement ceux des femelles.Mais comme il faut bien survivre, il devra, lui-même, se nourrir à même ses œufs s'il veut bien surveiller sa couvée.aller chercher de la nourriture hors de son territoire est parfois trop risqué.Pour bien partager un territoire relativement petit, les différentes espèces d'épino-ches nichent à des moments légèrement différents.Ce sont les épinoches tachetées qui construisent leurs nids les premières suivies de près par les épinoches à 3 épines alors que celles de 9 épines attendent l'installation d'une couverture d'algues vers la fin mai pour commencer leur fraie.À la même période alors que la population maximale est atteinte, il peutyavoir jusqu'à 7 nids au mètre carré dans les marelles de l'ile Verte.Bien que les mâles des trois espèces soient aggressifs, ce sont les épinoches à trois épines qui remportent la palme.Les études détaillées sur le terrain montrent que les mâles les plus agressifs ont.les moins belles portées.À trop se battre, ils ne s'occupent pas assez de leurs œufs.Dans la même marelle, ce sont les poissons qui ont les plus petits territoires et les territoires les plus protégés qui ont le plus de jeunes.£*.'WMMi Le mâle devant son nid.espèces d'épinoches dans le même écosystème.En s'attaquant systématiquement à une seule espèce, le béhoreau noir vient, sans doute sans le savoir, aider l'espèce concurrente à survivre.Même après plus de 7 ans d'études des épinoches du fleuve Saint-Laurent, il reste encore bien des inconnues, par exemple les chercheurs ne savent que très peu de chose sur la façon dont ces poissons passent l'hiver.Ils vont sûrement dans le fleuve puisque les marelles gèlent jusqu'au fond.Mais qu'y font-ils?Et même si, actuellement, directement, les épinoches n'ont pas de valeur économique, leur interaction avec des espèces plus intéressantes suffit à les justifier comme sujets d'études.Et bien sûr, il reste aussi à voir comment, dans leur milieu naturel, peuvent se transposer toutes les études éthologiques qui ont été faites en aquarium.Même si le profane ne fait que difficilement la différence entre les 3 espèces d'épinoche, le béhoreau noir lui est très spécifique, de préférence aux autres, il mangera seulement l'épinoche à trois épines.qui n'est pourtant pas la plus courante.La préférence de cet oiseau peut expliquer d'ailleurs la coexistence des trois présenté un travail portant sur l'aménagement du couvent des Franciscaines en résidence pour personnes âgées.En 1982, François Brillant remportait la «Travelling scholarship» de Calgary.Cette bourse prestigieuse offerte par un bureau d'architectes de Calgary est décernée après évaluation de toute l'œuvre de l'étudiant pendant ces quatre ans d'études.En 1983, Apostouros Carrousos, étudiant à Laval lui remportait le 2e prix.Au niveau international, une équipe de l'école a remporté en 1981, le premier prix du concours du «Precast concrete Institute».Ce concours est ouvert aux étudiants finissants de toutes les écoles d'architecture en Amérique du Nord et porte sur des projets utilisant le béton préfabriqué.Les étudiants de Laval avaient présenté un projet de logements coopératifs qui devraient être construits au Mexique.Cette année encore, André Boucher et Gilles Rocheleau ont remporté le 1 er prix de l'Association de tir du Canada.Dans ce cas il s'agissait de proposer un bâtiment et des aménagements pour les locaux de cette association: salles de tir, vestiaires cafétéria, bureaux.Un faux malade.¦ pour mieux comprendre le vrai, c'est l'idée à la base d'une étude menée au centre d'auto-instruction et de recyclage de l'Institut de cardiologie de Québec.Le Dr Yves Marquis, cardiologue et responsable de l'enseignement vient de terminer une expérience d'évaluation d'une approche d'apprentissage individualisée.Le principe de cet enseignement est le suivant: le médecin omnipraticien reçoit, par la poste, la description d'un cas clinique simulé avec des attitudes à prendre, des examens et des éléments diagnostiques à choisir.Il renvoie son document après l'avoir complété au centre qui le corrige et lui retourne un «corrigé» qui en plus de lui donner des explications sur le cas clinique en question, lui présente les recommendations d'un spécialiste et la position de ses réponses par rapport à celles de son groupe de pairs.Faite en 1981, avec la collaboration de plus de trois cents omnipraticiens de tout le Québec, l'étude pilote a montré l'efficacité de ce mode d'enseignement.En effet l'étude, qui comportait l'envoi de 9 cas cliniques simulés répartis sur un an, montre que pour une maladie cardiaque donnée, soit l'angine, les connaissances des médecins se sont améliorées dans le groupe qui recevait le «corrigé».Par ailleurs les médecins ont fortement apprécié ce type d'enseignement qui leur offre l'occasion de jouer, quand et où ils veulent, un jeu de rôle qu'ils connaissent fort bien.Ce projet financé par l'Institut de cardiologie de Québec les Fondations canadiennes des maladies du cœur a permis à Yves Marquis d'envisager d'autres domaines d'applications de cet enseignement : l'adapter à d'autres maladies cardiaques et d'autres spécialités médicales et l'informatiser sur micro-ordinateur pour pouvoir couvrir les cas d'urgences en bureau privé.en cardiologie, 60% des décès ont lieu hors de l'hôpital.Marianne Kugler Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214, Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 PUBLIREPORTAGE seme mo sill Renseignements: (514) 392-5306 Elles les ont toutes eues! “Les gens sont en général surpris d’apprendre que je suis étudiante en génie.C’est encore un choix de carrière inattendu pour une femme.Mais une fois revenus de leur étonnement, ils me félicitent,” déclarait en juin dernier Margaret Furst, l’une des quatre Montréalaises à avoir remporté toutes les médailles d’or que la faculté de génie de McGill décerne chaque année aux plus brillants de ses bacheliers.Malgré leur petit nombre — elles ne constituent que 15% des étudiants en génie — des femmes ont déjà remporté l’une ou l’autre de ces distinctions.C’est la première fois cependant qu’elles sont toutes décernées à des ingénieures.Il ne faudrait pas croire toutefois qu’Anne McQueen, Margaret Furst, Caroline Firstbrook et Diana Julia Durnford sont seulement des fortes en thème.“Si le choix des médaillées reflète d'abord l’excellence des résultats obtenus au cours des quatre années d’études, il témoigne aussi des qualités de leadership et d’esprit d’équipe dont ont fait preuve les lauréates dans le cadre de la vie étudiante,” précise M.Gerald Farnell, doyen de la faculté de génie de McGill.Plus simple, plus vite Les informaticiens sont arrivés à réduire à quelques lignes de code les centaines de pages d’instructions nécessaires il y a quinze ans, à la programmation du fichier de paye d’une grande entreprise.Il n’en va pas de même pour la mise en mémoire d’un texte.“Succession de mots sans ordre ni longueur fixes, le texte se prête à des opérations multiples comme la mise en page, la correction et l’indexation par exemple.Il est donc extrêmement ardu de la traduire en langue d’ordinateur,” explique M.Timothy Merrett, professeur à l'école d’informatique de McGill.“On y parvient, mais c’est un peu comme bâtir le Taj Mahal avec des allumettes.C’est pourquoi je cherche avec mes étudiants à démontrer les principes fondamentaux du texte ainsi que ceux régissant sa manipulation.Nous espérons donc arriver à ce que le traitement des données d’une bibliothèque soit plus facile à comprendre et de ce fait, fournir aux informaticiens les moyens de faire évoluer le système plus aisément.” —«i—i Publ i-reportage —— SmmmBSmÊmM JEUX, LIVRES ET MATERIEL SCIENTIFIQUES 3967 St-Denis.Mtl, H2W 2M4, 844-6443 MH Quatre bonnes taisons d’aider l’Unicef pendant l’halloween L'UNICEF réalise des programmes d'éducation dans les pays où deux enfants sur cinq ne vont pas à l'école.L’UNICEF s'efforce d'assurer de l’eau potable à tous les enfants du monde.L’UNICEF appuie des programmes de soins de santé primaires car aucun enfant malade ou blessé ne doit être laissé sans soins.L’UNICEF apprend aux populations locales à cultiver des potagers dans les pays où un enfant sur quatre souffre de la faim.MONTREZ AUX ENFANTS QUE VOUS VOUS SENTEZ CONCERNES.AIDEZ L’UNICEF PENDANT L’HALLOWEEN QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 51 | ar Uî qc UC Ul iir n Bv UC O' qc ;bï i l nr j fl Plusieurs milliers de Québécois ont déjà un micro-ordinateur à la maison, mais la proportion de ceux qui l'utilisent à des fins éducatives est minime.Cestque l'on sous-estime le potentiel de ces petits appareils.Avec des logiciels adéquats, ils peuvent en effet aider un enfant à apprendre à écrire ou à compter, aussi bien que lui donner du plaisir à découvrir l'histoire et la géographie ou à développer ses connaissances générales.Une chose est sûre, cependant: il ne suffit pas d'asseoir un enfant devant cette machine pour qu'il devienne un Einstein ou un Léonard de Vinci.À cause du prix encore élevé des appareils et des petits budgets des commissions scolaires, il est fort peu probable qu'il y ait, dans les écoles, avant bien des années, un micro-ordinateurparélèveou même par deux élèves.En fait, avec la moyenne actuelle de trois micro-ordinateurs par école, on peut estimer que chaque élève pourra y avoiraccèsenviron deux heures au cours de la présente année scolaire, ce qui est très peu.Il en résulte que l’utilisation de l'ordinateur comme moyen d'apprentissage va se développer davantage à la maison que dans les établissements scolaires.Le micro-ordinateur domestique jouera donc un rôle en éducation seulement si les parents le désirent et font ce qu'il faut pour qu'il en soit ainsi.Il s'agit surtout qu'ils s'intéressent à ce nouveau moyen d'enseignement et qu'ils profitent des logiciels écrits à cette fin.La majorité des enfants sont, de prime abord, fascinés par l'appareil, son écran, son clavier ou ce que l'on peut arriver à en faire.Il n'y a cependant aucune raison de les forcer à se servir d'un ordinateur, mais on peut toujours leur montrer les bons côtés de ces outils que l'on utilisera bientôt aussi communément qu'un crayon.Et puis, il existe toujours les méthodes traditionnelles d'acquérir des connaissances qui restent valables et même indispensables pour tous.En fait, l'ordinateur ne retire rien à leur intérêt; il apporte seulement plus de diversité et de divertissement dans les façons d'apprendre des choses.ei Un enfant de cinq ou six ans éprouve beaucoup de plaisir à jongler avec les lettres ou les chiffres sur une machine qui, après une bonne réponse, l'encourage par des bruits, de la musique ou des dessins.Ces stimulants visuels ou sonores transforment en jeu une tâche que la plupart des enfants trouveraient pénible autrement.Et c'est la même chose pour les jeux-questionnaires ou les simulations de phénomènes biologiques, physiques ou chimiques.Bien des phénomènes difficiles à expliquer Info/puce L'OR DINA TE U R ÉDUCATEUR: À LA MAISON, OU À L'ÉCOLE?dans un texte, même accompagné de dessins, croquis ou photos, deviennent clairs lorsque le dessin est animé et plus proche du réel.D'autres jeux éducatifs développent pour leur part la curiosité et l'imagination, en plus d'apporter de nouvelles connaissances.Il existe des centaines de logiciels éducatifs, peu d'excellents, mais beaucoup de bons.Habituellement, on n’appelle didacticiels que ceux qui sont directement reliés aux cours magistraux.Leur intérêt est surtout de stimuler l'apprentissage ou de développer les connaissances générales des enfants.Le meilleur endroit pour en trouver, du moins en attendant qu'il s'en crée davantage au Québec, c’est dans les pages publicitaires des revues américaines consacrées à la micro-informatique domestique, plus particulièrement celles qui ont trait à un type particulier d'ordinateur.Ces logiciels coûtent peu cher, généralement entre 1 $ et 50$ chacun.Mais ils sont écrits en anglais; il faut donc prendre un peu de temps pour les traduire, mais cela en vaut la peine.On trouve parmi ceux-ci des logiciels qui permettent de fabriquer des jeux-questionnaires en quelques minutes.L'autre source de logiciels est constituée d'un réseau de plus en plus vaste de programmeurs québécois, surtout amateurs, qui développent des programmes éducatifs pour leurs propres enfants ou leurs élèves et sont prêts à les vendre, à les donner ou à les échanger, selon les cas.On peut les rejoindre en s'adressant soit à des clubs de micro-informatique, soit à des professeurs, soit au ministère de l'Éducation du Québec, à Montréal, qui tente de dresser une liste des plus intéressantes.* * * Principales adresses pour des logiciels éducatifs: CEDI: 539, rue Cherrier, Montréal — (514)844-5131 COMPUTERRE : 2295, rue Noël, Montréal —(514)744-9130 LOGIDISQUE: C.P.485, Suce.Place d'Armes, Montréal — (514) 842-5221 P.U.C E.: 3845, rue Coloniale, Montréal —(514)845-4848 LOGICIEL: 346, rue Notre-Dame, Montréal — (514) 759-1424 MICRO CRÉATIF : 7690A, rue Boischatel, Saint-Léonard, HIS 2L1 SOGICIEL: 955, rue Amherst, Montréal — (514) 523-1182 LE NORDAIS : 2550, chemin Bates, Montréal — (514) 738-8820 BROULT ET BOUTHILLER: 700, rue Beaumont, Montréal — (514)273-9186 LA FAMILLE COMMODORE S'AGRANDIT D'ici quelques mois, Commodore va sortir trois nouveaux micro-ordinateurs, le P500, le B700 et le BX700.Leur principal intérêt: plus de puissance de base et grandes possibilités d'extension du système.Le P500 pourra se brancher à un poste de télévision.Il aura une RAM de 128K et présentera le texte à l’écran en 25 lignes de 40 caractères.D'autre part, il permettra de faire des graphiques en haute résolution (320 pixels par 200).On pourra y ajouter facilement de la mémoire et le système d'exploitation CP/M.La mémoire du B700 pourra être étendue jusqu'à 640K et son texte apparaîtra à l'écran en 25 lignes de 80 caractères.De plus, il aura des lecteursde disquettes intégrés.On peut écrire à l'auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur CompuServe (ID 72135,1410), QL/MAIL (Casier 191) ou The Source (ID ST5310).François Picard 52 octobre 1983 / QUEBEC SCIENCE AZTUALITÉS CLIMATISATION L'HIVER EN CONSERVE Produire un bloc de glace de 43 mètres cubes — assez gros pour refroidir un verre de scotch de 100 000 litres — voilà à quoi s'affairent quelques chercheurs du Centre de recherche industrielle du Québec.Mais, rassurez-vous, le CRIQ n'a pas l’intention de l'utiliser à cette fin.Il vise plutôt a démontrer la possibilité de se servir d'immenses blocs de glace pour climatiser les édifices.«Il était temps que l'on mette à profit notre climat rigoureux», d'affirmer Sarto Buies, l'ingénieur responsable du projet.Pour ce faire, on emmagasinera le froid jusqu'au moment où on en a vraiment besoin, c'est-à-dire durant l'été.Il n'y a pas si longtemps, les glacières démontraient de telles possibilités.Mais si les principes de base sont simples et connus, il fallait tout de même rendre le système opérationnel.Le système mis au point par le CRIQ comprend une immense boîte, dont l'élément de base est un cadre constitué de madriers de bois, et qui sert de moule pour fabriquer le bloc de glace.Les cadres, superposés les uns sur les autres, peuvent se déplacer légèrement à la verticale.Les forces de dilatation de la glace qui agissent sur un cadre ne se transmettent pas aux autres et on évite ainsi l'éclatement de la boîte.Desfeuilles de tôle, disposées de façon à toujours se chevaucher l'une l'autre, recouvrent l'intérieur de la boîte pour empêcher l'eau non encore gelée de s'écouler entre les cadres.Cette boîte est abritée par un cabanon à charpente de bois, recouvert de tôle et isolé au-delà des normes habituelles.Un élément mobile comprenant un gicleur et quatre conduits d'air flexible amène eau et air froid par le dessus de la boîte; il s'élève à mesure que le bloc de glace se forme tout au long de la saison froide.L'air, poussé par un simple ventilateur, est soufflé à un débit de 280 litres par seconde.Quant à l'eau, sa fréquence de distribution est déterminée de façon à former des couches de glace de deux millimètres d'épaisseur.Pour ce faire, M.Buies se base sur un nouveau paramètre appelé degré-minute de congélation (DMC) ou quantité de froid nécessaire pour faire geler chaque couche d'eau.Pour obtenir un rendement optimal, la première couche d'eau doit avoir juste le temps de prendre en glace avant qu'on en rajoute une autre épais- seur, cela afin que le bloc atteigne la hauteur maximale dans le moins de temps possible.Au cours de l'hiver dernier, on a réussi à fabriquer un bloc de 64 mètres carrés de base et d'une hauteur de 7,5 mètres.Durant l'été, il s'agit de transférer le froid au bâtiment à climatiser.L'eau de .jfjjf '7 La Fabrikaglace: au-dessus du bloc de glace, un système simple amène l’eau et l’air froid qui la fera geler.fonte s'écoule depuis le haut du cube dont elle lèche les parois et s'accumule dans un bac situé à la base du bloc.De là, un échangeur de chaleur prend la relève et rend le système compatible avec tout autre système de distribution d'air.Toutes les opérations, y compris le réglage de la hauteur du gicleur et des conduits d'air, sont contrôlées par un micro-ordinateur.Des études de coûts comparatifs indiquant que ce système, baptisé Fabrikaglace, serait de 20 pour cent moins cher à l'achat et de 80 pour cent moins cher à opérer qu'un système conventionnel.De plus, «au lieu d'importer des appareils de l'extérieur, on pourrait en fabriquer localement avec des matériaux d'ici», d'ajouter M.Buies.Parmi les autres avantages du Fabrikaglace, on note tout de suite l'absence de bruit et d'air pollué, ainsi qu'un entretien simplifié et beaucoup moins onéreux.Il n'y a pratiquement aucune pièce mobile et les composantes ne sont pas soumises à une pression élevée.Dans certains cas, on devra cependant faire face à un problème d'espace.M.Buies souligne toutefois qu'il est possible d'ériger en hauteur des modules plus petits.Toutefois, on dispose de suffisamment d'espace près des entrepôts frigorifiques et des usines de transformation des produits de la mer, souvent situés en milieu rural, ou près d'édifices attenant à des terrains de stationnement que l'on pourrait réaménager.D'ailleurs, on risque d'en avoir bientôt un exemple.Si une proposition soumise dans le cadre du nouveau programme Ênerdémo du ministère d'Ënergie, des Mines et des Ressources est acceptée, le centre-ville de Québec verra pousser près d'une de ses rues les plus achalandées un bloc de 15 mètres par 33 mètres sur une hauteur de 6 mètres, qui servira à climatiser les édifices du ministère du Revenu fédéral.Gilles Parent r>»l Ntii '¦htli w; 53 i# jijises Kans- JOT lepif1"; « ,0^, [3lff,'e lî,^ DES GLAÇONS À L'AMÉRICAINE QUEBEC SCIENCE / octobre 1983 D ^autres recherches sur l'utilisation de blocs de glace pour la climatisation se poursuivent aux États-Unis.À Princeton, au New Jersey, un physicien nucléaire converti aux énergies douces, Theodore B.Taylor, a conçu un système dont l'élément principal est une machine à fabriquer la neige artificielle comme celles utilisées dans les centres de ski.Pour abriter la glace produite, on pratique une excavation dans le sol, on la tapisse d'une pellicule de plastique et on recouvre le tout d'un dôme de «Dacron» isolé.On a déjà testé le système dans un des bâtiments de l’Université de Princeton, et on prévoit l’installer dans les nouveaux édifices d'une compagnie d'assurances situés dans cette ville.Typiquement américain, Taylor envisage maintenant une application à grande échelle de ce système en remplissant de glace d'anciennes carrières de pierre proches des centres urbains ou encore en faisant geler d’énormes quantités d'eau de mer au niveau de New York ou Boston.Selon lui, cette dernière méthode permettrait d’en extraire les minéraux, comme le sel, le magnésium ou lesoufre, et d'obtenir en prime de l'eau potable, tout en climatisant une partie de la ville.Un autre Américain, un peu plus modeste, à mis au point un réfrigérateur qui ne fonctionne qu’à l'aide d'un bloc de glace formé durant l'hiver, sans utiliser d'énergie électrique.La maison de Scott Nielsen est située dans l'État du Vermont.Sur un de ses côtés, on a annexé un petit cabanon qui recouvrira un bloc de glace de 700 kilogrammes.Un conduit, contenant du fréon et relié à un caloduc situé à l'extérieur de la maison, évacue par thermosiphon la chaleur de 850 litres d'eau jusqu’à ce que celle-ci se transforme en un véritable bloc de glace.Ce dernier est bien à l'abri dans un réservoir isolé fait d'acier et de vinyle et dont un des côtés est contigu à un espace de rangement pour les aliments, d'une dimension comparable à celle d'un réfrigérateur ordinaire et accessible de l'intérieur de la maison par une porte.L'entretien du système est pratiquement inexistant et son fonctionnement tout à fait silencieux.Seul désavantage, l'appareil ne peut, du moins pour l'instant, conserver la crème glacée et faire.des cubes de glace.Gilles Parent Les cidùtotmis ou seince de La scmee CLLVB RÉWLC/T/O/V P/SCRÈTE Ça y est, nous ne sommes plus qu’à quelques pas de l’an 2000.Les voyages interplanétaires, les repas sous forme de comprimés, les automobiles aux lignes futuristes, enfin tout ce qu’on se plaisait à imaginer pour ce nouveau millénaire, il n’y a pas si longtemps, apparaît aujourd’hui farfelu.Contrairement à l’imagination de certains, le progrès s’est fait plus discret.C’est, entre autres, caché derrière l’écran de petites boîtes à claviers, ces terminaux qui représentent si bien le monde de l’informatique, qu’il s’est manifesté.Il est inutile de revenir sur l’importance qu’a pris l’informatique depuis 10 ans.Pourtant, au ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources, c’est depuis plus de vingt ans que les ordinateurs jouent un rôle de première importance.Subissant au fil des ans des améliorations aussi bien au niveau de son organisation que de son équipement, le Centre d’informatique d’Énergie, Mines et Ressources Canada (EMR) abrite aujourd’hui l’un des plus importants systèmes informatiques scientifiques au pays.Les deux puissants ordinateurs jumelés CYBER 74, auxquels viendra se joindre un troisième d’ici peu, ainsi que toute la gamme de matériel et de logiciel ont déjà permis aux scientifiques d’EMR et de plusieurs autres ministères fédéraux d’effectuer des percées importantes.À l’aide de modèles mathématiques, il a par exemple été possible de mesurer avec précision et rapidité les effets qu’auraient sur l’environnement des travaux d’ingénierie.Un projet de simulation mené présentement par le Centre d’informatique et le Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET) d’EMR pourrait déboucher sur des techniques plus sûres et efficaces dans les mines de charbon.Les banques de données informatisées mises au point par les spécialistes du Centre ont aussi permis aux scientifiques, autant du gouven nement que du secteur privé, d’avoir un accès rapide aux millions de données accumulées au fil des années par les spécialistes d’Ênergie, Mines et Ressources Canada, dans le domaine de la géoscience.Cette variété d’applications facilite aussi la mise en œuvre de plusieurs programmes et services d’Énergie, Mines et Ressources Canada.Ainsi, ÉnerSage, un service consultatif d’EMR chargé de promouvoir les économies d’énergie, offre comme principal service l’analyse informatique des besoins d’isolation des résidences.Le programme informatique a été élaboré au Centre et il permet d’évaluer avec beaucoup de justesse les coûts de l’isolation et les économies qui peuvent être réalisées sur les frais de chauffage.De même, dans le cadre du Programme canadien de remplacement du pétrole, qui offre des subventions pour les conversions de systèmes de chauffage fonctionnant au mazout, on utilise l’informatique pour traiter les demandes de subventions.Il a donc été possible, grâce à la rapidité du système, de distribuer plus de 190 000 subventions depuis le début du Programme.Cela ne constitue que quelques exemples des immenses possibilités qu’offre l’informatique dans un ministère comme celui d’Énergie, Mines et Ressources Canada.Pour obtenir de plus amples renseignements sur le Centre d’informatique et sur les diverses banques de données informatisées accessibles au grand public, on peut communiquer avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 Énergie, Mines et Energy, Mmes and Ressources Canada Resources Canada 54 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCE J ACTUALITÉS PHYSIQUE DE L'ATMOSPHÈRE RIDEAUX DU CIEL Si vous êtes du genre à marcher la tête en l'air, vous avez sûrement déjà remarqué ces grandes luminosités qui dansent dans le ciel nocturne.Ce sont des aurores boréales (australes, si vous vivez dans l’hémisphère Sud).Derrière ce spectacle fantastique, il y a toute la complexité de la haute atmosphère terrestre.Aussi, un groupe de scientifiques canadiens, sous la gouverne du Centre canadien des sciences spatiales, établira, au début de 1984, un réseau d'une quinzaine de stations terrestres destinées à l'étude des aurores et de la magnétosphère.Dans le cadre du projet CANOPUS (Canadian Auroral Network for Open Program Unified Study), les chercheurs récolteront des données sur les courants électriques, les champs magnétiques et les irrégularités du champ électrique entourant la Terre.Plusieurs instruments de mesure perfectionnés seront installés dans ces stations.Des magnétomètres évalueront l'importance des champs magnétiques; des photomètres enregistreront l'intensité lumineuse des aurores boréales; un appareil nommé AU Sky Imager permettra d'avoir une vue d'ensemble de la voûte céleste; finalement, on comptera deux radars pour l'ensemble du réseau.Les stations seront disséminées dans le moyen-nord des provinces de l'Ouest canadien, de l'Ontario.Le programme qui, selon Jim Wolfe du Centre canadien des sciences spatiales, devrait se terminer vers 1990, permettra une mise en commun des données entre le Conseil national de recherches du Canada, les universités, la NASA et des groupes de recherche européens.La haute atmosphère terrestre est le théâtre d'une forte activité électromagnétique.Il s'agit de phénomènes encore assez mal connus des scientifiques.La compréhension de ces mécanismes permettrait de résoudre certains problèmes de communications terrestres causés par les perturbations électromagnétiques.Elle profiterait également à la recherche en physique des plasmas reliée à la fusion nucléaire, car les aurores boréales présentent des analogies avec les plasmas de laboratoire.De façon plus générale, le projet CANOPUS servira à améliorer les connaissances en science de l'espace, essentielles à la poursuite des expéditions spatiales.Nous savons que le Soleil est à l'origine des aurores.Même si celles-ci constituent un phénomène régulier, on note une recrudescence qui suit un cycle d'environ 11 ans, soit celui des explosions solaires et non celui des taches solaires.Les particules, capturées par le champ magnétique terrestre, voyagent le long des lignes de force de celui-ci.Les explosions qui se produisent à la surface du Soleil émettent dans le cosmos d'importantes quantités de particules.Un bon nombre de celles-ci parviennent aux alentours de la Terre.Composées principalement de protons et d'électrons, elles sont alors capturées par le champ magnétique terrestre.En entrant dans la haute atmosphère, les particules gagnent de l'énergie.Leur voltage veut passer de 1 à 10 000 volts pour des raisons qui demeurent obscures; les scientifiques soupçonnent les courants électriques qui traversent la haute atmosphère de jouer un rôle important dans cet apport d'énergie.Une fois capturées, les particules entreprennent un mouvement de va-et-vient entre les pôles Nord et Sud en suivant une trajectoire hélicoïdale autour des lignes de force du champ magnétique qui relient les pôles.Ce mouvement de navette qui renvoie les particules d'un pôle à l'autre est connu sous le nom d'effet miroir.À un moment donné, les particules s'approcheront des couches atmosphériques propices aux aurores, près des pôles, soit entre 30 et 100 kilomètres d'altitude.C'est alors que des particules se dégageront de ce champ magnétique surchargé et instable pour venir «exciter» des molécules et des atomes d'oxygène, d'azote et d'hydrogène présents en assez grande quantité dans l'atmosphère.Mais ce n'est que lorsque ces atomes retrouveront leur équilibre que de l'énergie sera émise sous forme de lumière pour engendrer une aurore.Le mouvement de navette des particules dans le champ magnétique est également responsable d'une autre manifestation intéressante: les pulsations de l'aurore.L'intensité lumineuse diminue lorsque les particules sont au pôle Sud; elle augmente lorsqu'elles reviennent vers le pôle Nord.Ce pouls a une fréquence d'environ deux secondes.Finalement, le mouvement qui fait ressembler les aurores à des rideaux agités par le vent serait dû à une dérive des particules d'une ligne de force du champ magnétique à une autre.Toutefois, les scientifiques ne sont pas encore convaincus de cette explication.C'est ce genre de phénomène complexe que les scientifiques du projet CANOPUS tenteront d'élucider.CANOPUS est la prolongation du projet Waterhole qui a porté précisément sur la constitution des aurores et dont les résultats définitifs devraient être connus au cours de 1984.h L 3 Gilles Drouin seas QUÉBEC SCIENCE / octobre 1983 55 mill tas le .|'-«Iles-ci lene.oioiset plerées ~r- Ep eie, les Le» DO «ois mes; es cou-a taie rès te 1 isseï i .Mais I [eliûU'1 'értie1 ,,e pote .jioaiii- rnie" pin»1' «H irfe#1 ne J ;oiiisJÎ GREFFES LES EXPLOITS LA CYCLOSPORINE Transplantation: un mot magique pour des centaines de personnes dont le rein ou le foie ou même le cœur souffre irrémédiablement.Cyclosporine A: un mot tout aussi magique pour des dizaines de médecins qui, afin d'assurer la survie de l'organe greffé, doivent lutter contre le phénomène de rejet.La Cyclosporine A est un nouveau médicament, pas encore disponible sur le marché mais qui fait déjà bondir les résultats des expériences cliniques.Par exemple, en 1981, le centre hospitalier de l'Université de Cambridge, en Angleterre, révélait que le taux de survie après deux ans d'un rein transplanté venait de passer de 45 à 82 pour cent avec la prise de Cyclosporine A.L'an dernier, l'Université de Pittsburg donnait des résultats équivalents pour des greffes hépatiques: 65 pour cent ont conservé leur nouveau foie, contre 35 pour cent lorsque la Cyclosporine A était exclue du traitement.Des chiffres canadiens seront bientôt disponibles puisque de telles expériences se poursuivent depuis deux ans dans une dizaine de centres hospitaliers, dont Notre-Dame à Montréal.Son responsable, le néphrologue Gilles Saint-Louis, affirme que l'on peut d'ores et déjà déclarer la Cyclosporine A supérieure à tout autre médicament inhibiteur du processus immunitaire, autant par son efficacité que par la faible incidence de ses effets secondaires.Découverte au début des années 70, la Cyclosporine A a lentement franchi les étapes qui l'ont menée de la souche fongique dont on attendait un nouvel antibiotique jusqu'à son statut actuel d'agent immunosuppresseur.Une ascension qui s'est faite à mesure que la Cyclosporine révélait ses étonnantes propriétés, in vitro d'abord, puis in vivo sur des animaux et, enfin, sur des humains.On ne connaît pas encore toutes les facettes de ce médicament.Au niveau moléculaire, personne n'a encore pu en décrire son fonctionnement.Par contre, ses succès chez les patients greffés sont explicables.Lorsqu'un greffon est introduit dans l'organisme-hôte, tout un processus de défense naturelle - à l'échelle de la cellule - se met en branle et conduit, en dernière limite, à la nécrose de l'organe transplanté.Les lymphocytes T sont ces cellules pour qui aura alors sonné l'alarme, déclenchant leur multiplication en vuede l’assaut final.Une multiplication que la Cyclosporine A viendra freiner, permettant une tolérance accrue.L'altération du fonctionnement rénal, principal effet secondaire de la Cyclosporine A, est-elle toujours réversible, dès qu'on suspend le traitement?Vaut-il mieux associer stéroïdes (immunosuppresseur traditionnel) et Cyclosporine?Doit-on poursuivre la pratique de la transfusion postopératoire?Voilà quelques-unes des questions auxquelles devront répondre dans les prochains mois les études cliniques.Quant au protocole «idéal» d'administration du médicament, il reste encore à déterminer.Mais ces interrogations passent au second plan lorsqu'il s'agit de favoriser la survie d'un organe greffé, souvent liée à la survie même du patient.C'est pourquoi tous les hôpitaux américains pourront bientôt se procurer la Cyclosporine A.Si la compagnie pharmaceutique qui la produit tarde à l'introduire sur le marché, c'est plutôt parce que la Cyclosporine A n'a pas fini de dévoiler ses applications médicales (et commerciales).Outre la prévention du rejet, propriété établie, on lui ouvre des portes dans le traitement de maladies auto-immunes et du diabète juvénile ainsi que dans la lutte à certains parasites du corps humain.Si la Cyclosporine A devenait facilement disponible, on risquerait de lui accorder des effets qui ne sont pas encore scientifiquement prouvés.Louise Desautels LAVÉS PAR LA MER.IL Y A 2 MILLIARDS D'ANNÉES Les géologues soviétiques qui creusent actuellement le puits le plus profond du monde sur la presqu'île Kola (au nord-ouest de l'U.R.S.S.), ont découvert dans un carottage prélevé à une profondeur de dix kilomètres, du sable et des cailloux lavés par la mer il y a deux milliards d'années! C'est la preuve la plus ancienne des activités océaniques sur Terre.L'échantillon a été envoyé à Léningrad afin d'être analysé.Alexandre Chalimov, géologue de l'Institut des mines de Léningrad, a qualifié le puits de Kola de «première fenêtre ouverte dans le «cosmos» souterrain».Ce puits, qui a passé le cap de 11,5 kilomètres a fait radicalement réviser plusieurs postulats géologiques autrefois jugés incontestables.Deux exemples: dans les vieilles roches cristallines dites « mortes», on a découvert une circulation de solutions à des températures anormalement hautes et des processus actifs de formation des minéraux et des minerais.On a réussi à dépister des micro-organismes fossiles, ce qui fait reculer de plus de deux milliards d'années les débuts admis de l'histoire naturelle.La profondeur du puits devrait atteindre les 15 kilomètres.Alors, pensent les spécialistes, le trépan entrera en contact avec une inconnue mystérieuse: la sous-écorce terrestre.Le forage du puits a été entamé il y a 13 ans.Les spécialistes soviétiques ont conçu pour la circonstance un équipement unique, des couronnes de conception nouvelle, des alliages légers et solides pour les tubes de forage.(Agence de presse Novosti) TE '¦c-jJ Les vêtements Chlorophylle H.T.constituent un heureux mariage entre la haute couture et la haute technologie.Fruits d’une longue recherche, ils offrent une grande adaptabilité et une polyvalence surprenante parce qu’ils sont conçus pour affronter les températures les plus variées.Chacune des parties de ces vêtements a été étudiée scientifiquement et pensée en fonction d’un rendement maximal.Ce sont les vêtements par excellence pour les personnes qui recherchent la résistance et la souplesse, le confort et l’esthétisme réunis sous un même .capuchon.Les vêtements Chlorophylle sont fabriqués au Saguenay, une région tempérée habituée aux écarts marqués de température et qui constitue un terrain d’essais idéal lors de la conception de nos produits.•Poignet enveloppant en “V” avec ajustement “Vel-> Manche d’une seule pièce (RAGLAN) à coupe spéciale permettant l’amplitude des mouvements dans tous les sens.Fermeture-éclair sous les aisselles pour contrôler la température du corps.2 grandes poches gonflantes à ouverture tempête munies de rabats à fermeture Velcro, doublées de poches chauffe-mains à coupe oblique pour un plus grand confort.Casquette sur le capuchon pour protéger le visage contre la pluie.Capuchon enveloppant et tournant aisément a-vec la tête.2 poches, poitrines à ouverture tempête munies de rabats à fermeture Velcro, doublées de poches boussole a-vec cordon d’attache.Fermeture-éclair recouverte d’un coupe-vent muni de Velcro pour empêcher les infiltrations d’air.Cordon de taille à Barillets pour un meilleur contrôle de la température du corps.PARKA DE MONTAGNE Couture double sur tout le vêtement, fermeture-éclair YKK.Fil Polycoton très résistant.Grandeurs 1 à 6.Couleurs: Marine, mallard, beige et rouge.TISSUS: 70% polyester, 30% coton (MAGNUM).Très résistant à l’abrasion, offrant un bon compromis entre l’imperméabilité et la condensation excessive à l’intérieur.chlorophylle haute technologie 240 rue Hôtel de ville C.P.366, Chicoutimi, P.Q.G7H5C2 tél.:(418)549-7512 Les équipements Chlorophylle H.T.sont disponibles à Gaspé chez Cartier Sport, à Québec chez Black’s, Poliquin Sportif, à Sherbrooke chez Escalade Estrie, à Chicoutimi à l’Aventurier, à Montréal chez Black’s, La Cordée, au Globe-Trotter et chez Nordik, à Laval à l’Évasion, dans les Laurentides au Gîte, à Ottawa Trail Head, Le Nordet à Trois-Rivière, Gendron Sport à Rimouski. UÈBEC SCIENCE / octobre 1983 57 Cinéscience LE RETOUR DE HOLLYWOOD ?n Une scène du film Tron j Comme tout le reste, le cinéma américain connaît des hauts et des bas.Après le faste des années 50, qui s'accordait bien j avec une prospérité économique certaine, la réserve critique des années 60 devait faire contrepoids.Puis, la décennie 70 allait réinstaller peu à peu la suprématie du grand spectacle fantaisiste, jusqu'à l'avalanche actuelle de fantastique (qu'il soit à saveur passéiste ou futuriste).Malgré qu'ils utilisent encore aujourd'hui des techniques cinématographiques connues depuis fort longtemps, ; beaucoup de ces films exercent sur nous un extraordinaire pouvoir de fascination.Ces dernières années, la production cinématographique : dominante a déployé de nom-i breux efforts pour atteindre une nouvelle impression de réalité.Qu'est-ce à dire?On a toujours tenté de faire en sorte i que le spectateur s'identifie à un ou plusieurs personnages du film.On a toujours essayé de reproduire des images et des situations modelées sur la i vie réelle, histoire «d'embarquer» le spectateur.Mais avec ces films où la démesure devient la mesure de toute chose, il importait d'aller plus : loin que l'habituelle impression de réalité.Plutôt que de se mettre à la recherche d'inno-! valions techniques à tout prix, on a donc orienté budgets et énergies vers la construction de ce qu'on pourrait appeler un super-réalisme.C'est-à-dire qu'on a travaillé sur la vraisemblance interne de l'illustration de ces récits merveilleux au point de créer un nouveau | réalisme dont les références ne sont plus la vie réelle mais bien le cinéma lui-même.Ainsi, à un certain moment, on a voulu doter le cinéma de la parole, puis de la stéréophonie, pour se rapprocher de : la réalité.Maintenant, on multiplie dans la salle les signaux et les sources sonores pour créer un effet sonore enveloppant.On dit que ça fait plus vrai, mais c'est une façon de parler.Dans le film Ghandi, I quand, sur l'écran, la foule se presse autour du Mahatma pendant que des voix nous par- viennent du haut-parleur situé à l'arrière de la salle, il s'agit d'un «vérisme» bien particulier.Le phénomène apparaît avec encore plus d'évidence quand on parle de design sonore.Le concepteur de bruitages qui doit illustrer une explosion ne reproduit surtout pas seulement un stupide «boum!».Il fabrique un bruit original à partir de klaxons, de clochés, de cris perçants, de façon à donner à l'explosion une autre dimension.Croirez-vous que certains vrombrissements de grands vaisseaux spatiaux de La guerre des étoiles sont dus à l'enregistrement fortuit d'un système d'aération défectueux?Eh oui! Un spécialiste des effets sonores s'était rendu dans une aire d'expérimentation de missiles pour y enregistrer ces engins spatiaux.Ce qu'il rapporta de plus intéressant: les pulsations démentes du système d'aération d'un petit hôtel où il était impossible de trouver le sommeil.Et que dire des épées-lasers auxquelles nous ont habitués les films de Lucas?On arrive à y croire même s'il est parfaitement impossible qu'un rayon laser soit limité dans l'espace.Quant à ce vacarme bien métallique imitant les bonnes vieilles épées des chevaliers du Moyen-Âge, personne ne semble s'en étonner.Là où le cinéma a toujours excellé, il marque de nouveaux points.Il grossit ses mensonges et le public en redemande.Cela ne signifie pas que tout développement technologique du cinéma soit exclu.Des expérimentations plus ou moins connues et plus ou moins réussies continuent à voir le jour régulièrement.Par exemple, le film Tron, de Walt Disney» nouvelle vague», s'an- nonçait comme une révolution des techniques cinématographiques.D'une certaine façon, l'utilisation qu'on y fait de l'animation par ordinateur sur une grande échelle, en y intégrant des personnages réels, est intéressante.La synthèse du mouvement et des décors par l'ordinateur à partir d'éléments géométriques simples sera peut-être un usage bientôt répandu.Pourtant, le public n'a pas marché.Les promoteurs de Tron étaient trop préoccupés de la nouvelle image de Disney; ils ont donné aux cinéphiles un produit technologique sans précédent et ces derniers ne s'y sont pas reconnus.Il ne faut pas non plus négliger l'importance de l'idéologie véhiculée par les plus grands succès du film d'aventures fantastiques.À une époque où la situation socio-économique n'a rien de réjouissant, il est ï doux de rêver à un monde où o les problèmes sont résolus par t des êtres aux pouvoirs surna-| turels.Certains condamneront “ ces films en invoquant qu'ils g entretiennent l'apathie popu-= laire.D'autres ne voudront y ^ voir qu'un feu d'artifice éblouis-s sant.En tout cas, les plus O , % réussis (les Star Wars évidem-® ment) parviennent à émouvoir les plus réfractaires à leur morale simplette.C'est sans doute la meilleure preuve de leur valeur artistique.Hollywood, c'est Hollywood, mais ça ne veut pas dire d'aller au cinéma les yeux fermés (surtout pas!).Il est bien évident qu'à la suite de deux ou trois chefs de file, nous avons invariablement droit à une kyrielle de remakes, de plagiats et de navets authentiques.Dans ces conditions, même pour choisir le cinéma auquel on fera don d'un cinq dollars, on serait souvent bien heureux, comme dans les Star Wars, d'avoir les secours de la «force».Gérald Baril 58 octobre 1983 / QUÉBEC SCIENCI QU’EST-CE QUE L’ON N’INVENTERA PAS?.Un chercheur du Laboratoire de physique appliquée de Baltimore a mis au point un distributeur automatique de médicament.Cela se présente sous la forme d'une petite boîte d’environ dix centimètres de diamètre et de deux centimètres d'épaisseur qui est implantée sous la peau du patient.- > UNE MONTRE QU! OBÉIT À LA VOIX Les laboratoires de la compagnie suisse Asulab ont réussi à mettre au point une montre dotée d'un système de reconnaissance vocale.Elle comprend une vingtaine de mots que l'on peut changer à volonté.La montre dispose d'un microphone relié à un circuit intégré peu coûteux.Le signal vocal passe à travers un préamplificateur, puis un filtre de préaccentuation.Ensuite, un microprocesseur code et compresse le flux d'informations et établit une relation entre le mot «entendu» et les références qu'il a en mémoire.S'il reconnaît l'opération demandée, il exécute.Cette innovation ouvre la voie à l'utilisation plus fréquente de la parole pour télécommander des appareils portatifs.Bientôt demain Grâce à un circuit électronique, le médicament, sous forme liquide, est projeté dans l'organisme par une seringue à des heures et en quantités prédéterminées.Si des changements d'ordonnance sont nécessaires, on peut relier le distributeur de médicament à l'ordinateur du médecin par le biais du téléphone et le médecin fait alors le réglage à distance.EN BREF.• La firme Polaroid produit une nouvelle pile au lithium de six volts, la P500, que l'on pourra utiliser dans des postes de radio, des calculatrices ou des jeux.Elle est de la taille d'une carte à jouer et extraplate.• La compagnie Tandy met en vente un magnétophone dont on peut écouter le contenu au double de la vitesse normale sans que la voix enregistrée devienne inintelligible.Unsys-tème électronique s'occupe de faire les corrections du son qui sont nécessaires.• Le groupe Vidéotron et la société G-Tech doivent établir à Montréal une nouvelle usine pour la fabrication de terminaux et d'équipements Vida-com.Ces appareils sont destinés à un nouveau système d'information à domicile utilisant la câblodistribution.Il s'agit d'une gamme de services comprenant, entre autres, le vidéotex, le courrier électronique, le télé-achat, le téléenseignement, la télé-alarme et des jeux électroniques.• Un cours autodidactique sur les microprocesseurs est maintenant disponible en français.Il présente l'originalité d'être commenté sur cassettes par un professeur.Le cours Elé- merits essentiels des microprocesseurs est vendu avec un circuit électronique comprenant un microprocesseur 6802 et plusieurs cartes d'interfaces.(Pour informations: Waterloo Distance Education Inc., 519-884-4340).SORTIE .££'“S«e rech^ou8 ne pay^"' 1 fee^ivéquipe- ^Sssrë 1 s aimeÇ , ^c0notiues.ervices: rorrective reauUque.APP ^ æiB-cttKttr -^nikSnSioo ^““Xtinrre ,q0No“8“Nou.“u%V' •r^fe^en.du •re—?[i;(|" —- ^""“e"1" I I l|||lll||l ll II ^ MANNESMAN TALLY OKIDATA QUANTEX QUME QYX RAYTHEON SIEMENS SOROC TELETYPE CORPORATION TELEVIDEO TEXAS INSTRUMENTS VOLKER-CRAIG L efficacité passe par Bell Bell SCIENCE-RÉALITÉ AUX PORTES DE L’AVENIR Le rendez-vous de tous ceux qui s'intéressent aux connaissances d'aujourd'hui.Science-réalité vous offre cette année encore une foule de sujets passionnants.Entre autres: le cerveau, Québec et les tremblements de terre, l'homme et le froid, S pace la b, le nanisme et le gigantisme, la dérive des continents ainsi que la micro-informatique.Retrouvez l'animateur Donald Dodier et l'équipe de Science-réalité, une émission dont le travail a été maintes fois reconnu.Prix Bell-Northern 1980 et 1981; Trophée de l'Association des chroniqueurs scientifiques du Canada, Science et santé 1982.Soyez à la fine pointe de l’actualité scientifique, le dimanche à 18 h 00.* Vous méritez Ûfafiû- s&tr.
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