Québec science, 1 janvier 1983, Novembre
I IDA DERNIER MALHEURS >U RONFLEUR >ES CERFS-VOLANTS M.EIN IA TÊTE MATHS LAMINE Port de retour garanti [JJJRRIER 2ième classe Enregisti __ numéro 1 052 Port payé à Québec v I, C P 250 Sillery ‘Québec GIT 2R1 1 #281 BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 Gouvernement du Québec Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pèche LA PROTECTION DES HABITATS .condition essentielle à la perpétuation de la faune ,rv; • • ., .J rïi".• Zf En tant que propriétaires de cette richesse collective, savez-vous que la faune québécoise c’est: - 364 espèces d’oiseaux; 112 espèces de poissons d’eau douce; 78 espèces de poissons d’eau salée; 88 espèces de mammifères; 35 espèces d’amphibiens et de reptiles; - plus de 1 000 000 000 générés annuellement dans l’économie; - avant tout des êtres vivants qui exigent un minimum d’habitat de qualité.- un indicateur efficace et sensible pour déterminer l’état de santé de votre environnement.Si la faune ne peut survivre à un endroit, croyez-vous que le bien-être des populations humaines puisse demeurer intact?Québec ss QUÉBEC SCIEKE SOMMAIRE NOVEMBRE 1983 ENQUÊTES / REPORTAGES 18 L énigme SIDA Mario Martin et Yvan Ouellet C'est le branle-bas de combat chez les chercheurs pour dépister le coupable, probablement un virus 26 Le dernier été Miche! Lamothe La dernière fois, il a suffi de 150 ans pour que notre été se transforme en un hiver sans fin.À quand la prochaine glaciation?34 Les malheurs du ronfleur Gilles Drouin Relations tendues avec ses voisins, mais aussi problèmes de santé sont le lot de beaucoup de ronfleurs 38 Des cerfs-volants plein la tête François Huot Si Domina Jalbert a la tête dans les nuages, c’est pour mieux étudier tous ces objets volants plus-légers-que-l'air 42 Les maths à la mine Éric Devlin Une spécialité québécoise connue internationalement: Charlemagne et la géostatistique ACTUALITÉS 6 Xle CONGRÈS INTERNATIONAL DES SCIENCES ANTHROPOLOGIQUES ET ETHNOLOGIQUES Débat Un ingénieur défie les anthropologues 7 Obésité Les dessous de la graisse 8 Médecine scientifique C'est dans la tête ! 9 Espace Le premier «franconaute» 50 Médecine Les nouvelles images 50 Anthropologie Le dernier tour de Sherlock Holmes 52 Recyclage La guerre des canettes 52 Biologie Le gène de la lumière CHRONIQUES 14 Sans frontières Revue de presse internationale Bernard Giansetto 49 Info/puce Apprivoiser l'informatique François Picard 56 Cinéscience La science à récran Gérald Baril 57 Boîte à I ivres Lus pour vous 62 En vrac Les p'tits mots de la fin Vonik Tanneau It Hydro-Québec : une entreprise à l'écoute de ses abonnés Sur deux millions et demi d'abonnés, combien déménagent chaque année ?Combien s'interrogent sur leur état de compte ?Combien désirent améliorer le rendement énergétique de leur entreprise ou de leur logement ?Ces questions valent à l'entreprise un demi-million de demandes de renseignements par an, sous forme de lettres (5 %), de visites (5 %) et, surtout, de communications téléphoniques (90 %).L’état de compte fait toujours l’objet d’un très grand nombre de demandes d'explications, mais, grâce aux informations diffusées par l'entreprise, notamment le feuillet inséré dans chaque état de compte, les demandes diminuent d’année en année.C'est d'ailleurs sur cet état de compte que figure le numéro de téléphone du bureau où l'abonné peut obtenir des renseignements.Attentive aux besoins de sa vaste clientèle, Hydro-Québec envisage d'ailleurs de consacrer au cours des deux années à venir 25 millions de dollars à l'amélioration des systèmes d'acheminement des appels.s'intéresse au gaspillage de l’électricité : comment savoir si vos appareils ménagers fonctionnent bien, et combien d’électricité ils devraient consommer.Une autre encore traite des pannes : ce que l'on doit faire en cas de panne, c'est-à-dire, entre autres, débrancher les appareils électriques et appeler Hydro-Québec.Ces brochures viennent répondre aux besoins exprimés par les abonnés : les thèmes sont choisis en fonction des renseignements les plus fréquemment demandés.p» rrifa rfel w iite?' Ml kta.itib Devant le nombre considérable d’abonnés et leur grande dispersion géographique, Hydro-Québec a mis sur pied un réseau d'intervenants, les Services de la clientèle, établis dans 46 agglomérations de la province, grandes et petites, tant Chicoutimi que Hauterive, Magog ou Caspé.C'est à ces bureaux que parviennent les demandes individuelles des consommateurs.Les Services de la clientèle les accueillent et répondent à leurs questions : l’état de compte, les tarifs, les précautions entourant les travaux d'électricité (« Attention aux lignes qui passent dans votre jardin : appelez-nous avant de couper un arbre »), les différentes conditions de vente de l’énergie, etc.Les Services de la clientèle diffusent également, sur demande, de l'information écrite, notamment des brochures traitant de l’utilisation judicieuse et sécuritaire de l’énergie, des différentes applications de l'électricité, des économies d'énergie.Ainsi, une brochure destinée aux entrepreneurs explique comment améliorer le facteur de puissance d'une entreprise : c'est-à-dire comment rentabiliser l’énergie et les immobilisations, et comment déceler si le facteur de puissance est suffisant.Une autre, destinée à chaque foyer, explique le danger inhérent aux prises de courant non mises à la terre : à quoi sert la troisième broche de la fiche d’un appareil et pourquoi il importe de ne pas l'enlever.Une autre brochure Quant aux abonnés commerciaux et industriels et aux maîtres électriciens, ce sont les représentants commerciaux qui traitent avec eux : ils rencontrent l’abonné en vue de négocier les contributions éventuelles à verser, s'il faut une nouvelle alimentation, ou si le réseau doit être modifié pour les nouveaux besoins de l'abonné.Les représentants commerciaux se chargent aussi de la signature des contrats de livraison d’électricité.En outre, les Services de la clientèle servent de porte d’entrée pour les clients éventuels des programmes Bi-énergie et Énergain Québec.Un seul chiffre donnera une idée de l'ampleur de ces programmes : d'ici la fin de 1983, environ 50 000 systèmes résidentiels de chauffage bi-énergie seront installés, c'est dire le nombre de demandes de renseignements que reçoit l’entreprise ! Les communications avec les abonnés, c'est bien sûr capital dans une entreprise de services publics, tant pour améliorer la gestion que le service lui-même.Et, à n’en pas douter, Hydro-Québec est tout à l'écoute de ses abonnés puisque environ 5 000 employés traitent, en permanence ou à l'occasion, avec la clientèle : outre les 46 bureaux de Services de la clientèle, il y a les représentants commerciaux, les représentants du programme Bi-énergie et du programme Énergain Québec (ils sont plus de 300 !), les relationnistes, les releveurs de compteur (un visiteur régulier !), les représentants du service Propriétés immobilières, les émondeurs (dans les arbres, l'été comme l'hiver I), les monteurs (juchés dans une nacelle ou un poteau, ce sont de vrais alpinistes !), les équipes d'exploitation qui réparent ou installent l'équipement, sans oublier les opérateurs des postes de répartition et de distribution : après 17 heures, ils prennent la relève au bout du fil et, en cas de panne, ce sont eux qui répondent aux abonnés.Publi-reportage Hydro-Québec Novembre 1983 BOT kqillg Wsil) élïtli HR! nSm!, itij» Kuti mti BWîi kStti l£ WW! s ip- h w s Sia |i> S QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 5 QUÉBEC SCIEMCE C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1 -800-463-4799 Abonnements : poste 2854 ; Rédaction : poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, André Delisle, Gilles Drouin, François Huot, Gerald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgdon, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Alain Vézina, photo couverture Pierre Gagné, typographie Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc.photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité institutionnelle (418) 657-3551, poste 2842 .Jacques Lauzon et associés Itée J | Montréal: (514) 382-8630 Toronto: (416)927-9911 COMMERCIALISATION René Waty, responsable de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): 40,00$ Régulier: 1 an / 12 nos): 23,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l'unité: 2,95$ À l'étranger: Régulier: (1 an / 12 nos): 32,00$ À l'unité: 3,50$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.d,'rect‘on laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada, M.Claude St-Onge, vice-président — Banque de Montréal, Jean Savard, vice-président; Division du Québec — Conseil de la langue française, Michel Plourde, président — Control Data Canada.George J.Hubbs, président — Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée — Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M Lionel Boulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, Longueuil, P.Q.— Recherches Bell-Northern, M Claude I.Proulx, directeur général; Laboratoire de L'île des Sœurs Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1983, ISSN-0021-61 27.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Télex: 051-3488 TWX 610-571-5667 Membre de: ((ABC» CPPA ® Copyright 1983 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation réservés tt-RlFTUM Une nouvelle maladie, mystérieuse et mortelle, qui prend en quelques mois des proportions de véritable épidémie, il n'en faut pas plus pour déclencher un phénomène proche de l'hystérie collective.Le mot n'est pas trop fort lorsqu'on parle de ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le SIDA, ou syndrome d'immunodéficience acquise.Voilà un cas où les media ont une responsabilité pressante: celle d'informer à partir des faits réels, bien entendu, mais aussi celle d'endiguer la peur et l'hystérie mal placées.Car s'il est vrai que la progression très rapide de la maladie est inquiétante — près de 2 000 cas ont été diagnostiqués en Amérique du Nord en moins dedeuxans —, il est tout aussi vrai que le SIDA ne se propage que dans des conditions bien particulières.En effet, il est prouvé qu'un contact sexuel intime ou un échange de sang ou de produits sanguins sont nécessaires à la transmission du syndrome: voilà qui devait, à force d'être répété, dissiper bien des peurs et aussi permettre une prévention efficace.S?Mais le SIDA reste, du point de vue de la recherche scientifique, une formidable énigme qu'il est urgent de percer à jour, si on veut enrayer la progression de ce mal fatal.Nos deux collaborateurs, Yvan Ouellet et Mario Martin (notre photo), ont suivi ce dossier depuis ses débuts.Ils tracent le portrait de cette «quête du coupable du SIDA» qui a mobilisé rapidement — fait rare en recherche médicale — de très nombreuses équipes dans le monde.Leursforma-tions sont complémentaires et les préparent bien à traiter ce dossier: Mario Martin possède une maîtrise en microbiologie et a travaillé dans des laboratoires de biochimie, de microbiologie et de virologie.Yvan Ouellet est un chimiste avec une formation en épidémiologie du cancer, au niveau de la maîtrise.Et vous, que ferez-vous lors de la prochaine glaciation?Sous letitreèe sixième hiver, un chercheur et un romancier ont déjà décrit des scénarios de bouleversements climatiques à venir, et le désarroi de citoyens envahis par l'hiver perpétuel.Nous avons fait appel à Michel Lamothe, professeur et chercheur en géologie, pour exposer le débat sur la prochaine glaciation.Rassurez-vous, ce n'est pas pour demain.Pour sa part, François Huot, notre chroniqueur des Têtes à Papineau, a déjà choisi: même s'il gèle à pierre fendre, il fera du sport et sortira ses cerfs-volants.Après sa rencontre avec Domina Jalbert, un Québécois qui a épaté la NASA avec ses inventions ailées, François est en effet devenu un mordu de ce loisir.Quant à Gilles Drouin, qui vient de se joindre à notre équipe, il déclare qu'il continuera à étudier scientifiquement le ronflement de ses semblables, et les nombreux trucs pour pansercette plaie des relations sociales.Bon, eh bien, bon hiver! 6 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE LES ANTHROPOLOGUES DU MONDE ENTIER SE RÉUNISSENT À QUÉBEC Tous les cinq ans.T Union internationale des sciences anthropologiques et ethnologiques convie ses membres à un grand congrès mondial.Entre l'Inde en 1978 et la Yougoslavie en 1988, c'était cette année notre tour de recevoir la savante confrérie.Canada oblige! C'est une rencontre à deux volets qui s'est ouverte à Québec pour se terminer à Vancouver.Incapables de trancher le nœud canadien, les dieux subventionnaires avaient, semble-t-il, réclamé ce léger déplacement de quelque 3 500 kilomètres au milieu du congrès.Ce tribut au bilinguisme et au multiculturalisme a cependant posé quelques problèmes à certains congressistes, qui ont préféré retourner en France ou en Italie après la première étape, en constatant l'ampleur du détour du grand fleuve à l'autre mer.L'Université de la Colombie-Britannique ayant d'autre part gardé la main haute sur l'organisation, la version française du programme, rédigée dans un franglais disgracieux et parfois incompréhensible, est arrivée à Québec trois ou quatre jours avant le début de la rencontre.Il ne faut pourtant pas oublier le bon côté de l'affaire: friands de recherche sur le terrain, les anthropologues ont pu respirer à pleins poumons l'air multiethnique de notre jeune pays.C'était sans doute la meilleure façon de camper un congrès qui fut justement plus ethnologique qu'anthropologique.«Dans ces époques de réajustement et de crise, la découverte de l'australopithèque Afarensis ne saura pas toujours commander les fonds et les énergies qu'elle aurait mérités à une autre époque», expliquait d'ailleurs assez crûment André Bouvette, un anthropologue québécois qui réclame une plus grande place pour la recherche-action.Toujours est-il que nos congressistes ont moins débattu ta place de l'homme dans le règne animal que les différences entre les diverses ethnies, entre les urbains et les paysans, entre les hommes et les femmes, et même entre les divers pays industrialisés.Voici donc un aperçu, forcément limité, des débats qui se sont tenus lors de ce grand colloque.DEBAT UN INGÉNIEUR DÉFIE LES ANTHROPOLOGUES Les anthropologues ont deuxgrandes manies: ils tiennent à recueillir eux-mêmes leurs données et ils se passionnent pour les systèmes qui permettent d'expliquer l'ensemble ou la totalité d'une culture ou d'une société donnée.C'est pourquoi ils s'en tiennent généralement aux sociétés primitives: les sociétés modernes complexes échappent à la capacité d'observation et de compréhension de ces nouveaux philosophes.Se présentant comme le fou du roi, «qui peut mêler la sagesse à la folie», un ingénieur-psychologue néerlandais, Geert Hofsteder, est venu secouer les colonnes du temple de l'anthropologie en invitant ces savants messieurs à sortir de la facilité.Il est grand temps, selon Hofsteder, que les anthropologues se penchent sur les sociétés où vivent la majorité de leurs contemporains, s'ils veulent continuer à être pris au sérieux.Pour contrer à l'avance les objections qui ne manqueraient pas de venir, le professeur Hofsteder a tenu à prêcher par l'exemple: ses propres recherches lui ont permis de situer une soixantaine de pays le long d'une échelle mesurant des dimensions aussi vitales que l'attitude vis-à-vis l’autorité et l'insécurité ou les tendances touchant les paires féminin/masculin et individualiste/collectiviste.La France est ainsi féminine tandis que l'Allemagne est masculine mais les deux sont individualistes.Le Japon, par contre, est collectiviste mais supermasculin tandis que la Yougoslavie est aussi collectiviste mais super-féminine.Le Canada, lui, reste fidèle à la famille anglo-saxonne (États-Unis, Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande) qui se situe en bloc dans le profil individualiste-masculin.Il faut préciser le sens donné à chaque mot-clé par le professeur Hofsteder, qui avait d'ailleurs intitulé sa conférence: «Nouveau regard sur les cultures nationales».Il ne trace pas les traits de caractère du Français ou de l'Allemand moyen, mais dégage une dimension dominante d'une culture, de la cosmologie ou vision du monde partagée par les membres de la collectivité décrite.Pour les fins de sa classification, Geert Hofsteder donne au mot «individualiste» la connotation d'une conception nucléaire et fermée de la famille par opposition à la famille ouverte ou même au clan («collectiviste»).De la même manière, masculinité fait référence à une société où les rôles sexuels sont bien délimités et où le sexe mâle est porteur de la productivité, du succès, de la compétition et de la combativité.Mais comment notre singulier chercheur a-t-il pu analyser autant de sociétés différentes?Tout simplement en consacrant une dizaine d'années à l'examen et à la classification de quelque 115 000 questionnaires ouverts remplis par toutes les catégories de travailleurs possibles, du gérant au concierge en passant par la téléphoniste.Et comment financer et obtenir les résultats d'une telle enquête mondiale?Tout simplement en travaillant pour une firme qui couvre l'ensemble de la planète.C'est exactement ce qu'a fait Geert Hofsteder, qui fut successivement ingénieur, manager et psychologue en chef pour IBM International.La multinationale américaine fait continuellement des enquêtes auprès de ses employés pour connaître leur degré de satisfaction au travail et éventuellement améliorer la productivité.Par un éclair de génie ou une «illumination du moment», les responsables de l'enquête ajoutèrent quelques questions sur la perception touchant certaines valeurs fondamentales: travail, autorité, pouvoir.En compilant ces résultats, Hofsteder arriva à la conclusion qu’il était en possession d'une mine de renseignements unique au monde.«J'ai alors réalisé que la banque de données était plus importante que mon job», ajoute Hofsteder, qui quitta alors IBM (avec la permission d'utiliser les données des 115 000 questionnaires) pour fonder l'Institut de recherche sur la coopération internationale.Malgré les limites et les imperfections de son modèle, le professeur Hofsteder estime avoir réussi le test d'une recherche anthropologique des sociétés complexes.Tout en vivant les mêmes problèmes, les sociétés complexes du monde moderne varient dans leurs réponses à ces problèmes: ces variations devraient faire l'objet de l'étude des anthropologues.Le défi est de taille mais possible si l'on s'en tient aux grandes questions fondamentales (la différenciation sexuelle, l'éducation des enfants, les besoins de nourriture et d'affection, l'organisation de l'autorité et du pouvoir), selon le chercheur hollandais, qui presse les anthropologues de passer du «primitif» au «moderne», sous peine de devenir anachroniques.Gérald LeBlanc I I U K SCIENCE QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 7 illiiit: | mlpii | tjim ¦ in m I ropolo- II lift la [ 'll pis umil i tiaii-iis qui i n IMu mis i ifsm, j ;à«s squill inde- nt to éspom :lion an io« ia erne»1 les®-ylèieel optw listed*1 liaittl1 isei!11®-ai slot* issétati ées d*s looiat tfioas of# l[ed'e,' ésto®' spiodl*-j not'd* loosas® gyiaifi11* ;prl" -, I V OBÉSITÉ LES DESSOUS DE LA GRAISSE Les Inuit présentent un ratio poids/ taille plus élevé que la moyenne observée chez les Blancs du sud.Le préjugé colonialiste aidant, il n’en fallait pas plus pour conclure à l'obésité généralisée des nomades du nord.Jugement téméraire, selon l'anthropologue canadien Roy J.Shepard.«Trapus, les Inuit sont plus musclés et non plus gras que nous.Leur fort ratio poids/taille provient d'un excédent de muscle et non de graisse», a expliqué le professeur Smith, lors d'un symposium sur les variations dans la configuration du corps selon la race, le sexe, l'âge et l'environnement culturel.Si les corps humains ne sont pas tous construits sur le même modèle, il faut éviter d’utiliser des critères uniformes pour mesurer l'obésité, par exemple.Bien plus, il faut éviter les conclusions hâtives sur les excédents de graisse car la distribution de la matière grasse dans les diverses régions du corps varie grandement selon qu'on est noir ou blanc, homme ou femme, jeune ou vieux.Plusieurs études américaines ont en effet démontré que les Blancs concentrent leur matière grasse dans le tronc tandis que les Noirs accumulent surtout leur graisse dans les membres.Assez curieusement, les femmes en général se rapprochent du modèle des mâles noirs: plus de graisse dans les extrémités que dans le tronc.Ce qui permet d'éviter un autre jugement téméraire: si un homme qui possède un gros fessier a de fortes chances d'être obèse, la même chose n'est pas du tout vraie chez les femmes.Contrairement à la croyance populaire, les femmes-athlètes présentent par ailleurs le même profil que les autres femmes, du moins dans le modèle de distribution de la graisse.Le professeur Alex F.Roche de Wright State University, qui présidait le sympo- // faut éviter de conclure rapidement à /'obésité, les corps humains étant construits différemment selon l'ethnie, le sexe ou l'âge.Uï-kÆrt tL.:-: - -vr ¦?-i.j sium, a de son côté démontré qu'il ne fa ut pas projeter d'un âge à l'autre en ce qui a trait à l'obésité.«La graisse qu’on a à un certain âge ne dit rien sur celle qu'on aura dix ans plus tard», a-t-il démontré à la suite d'études sur l'évolution d'un certain nombre d'Américains de 0 à 30 ans.Selon l'anthropologue américain, c'est d'ailleurs à la puberté que les femmes commencent à accumuler plus de graisse que les hommes.De telle sorte, qu'à l'âge adulte, la graisse corporelle essentielle représente quatre pour cent du poids total chez l’homme et dix pour cent chez la femme.Claude Bouchard, anthropologue de l'université Laval, est allé encore plus loin, en démontrant que les deux tiers des variations de la graisse dans une population donnée (en l'occurrence celle de la région de Québec) provenaient de l’environnement.Dit autrement, seulement le tiers des variations de la graisse s'explique par la transmission biologique «additive».Le professeur Bouchard tient à ajouter cette réserve «additive» pour indiquer que certains individus présentent un profil de risque d'obésité élevé en raison de leur bagage génétique.Claude Bouchard dirige une équipe de recherche sur la génétique et le métabolisme de la graisse, au laboratoire des services de l'activité physique et des sports de l'université Laval.Avec ses collaborateurs, il s'est aussi penché sur le comportement des cellules adipeuses blanches dans l'accumulation de la graisse et la libération d'énergie.L'équipe du professeur Bouchard ainsi qu'une autre équipe dirigée par le professeur Jacques Leblanc du département de physiologie de l'université Laval, participent d'ailleurs cet automne à New York, à un grand congrès mondial sur l'obésité.«On est sur le point d'effectuer des percées importantes dans la compréhension de l'accumulation et de l'utilisation de la graisse», prédit le professeur Bouchard.Mais finalement que font les anthropologues — du moins ceux qui s'adonnent à l'anthropologie dite physique ou biologique — dans ce royaume de la graisse?Deux choses, répond Claude Bouchard: «Nous tentons de répondre aux grandes questions anthropologiques sur le rôle de la culture et de l'hérédité dans les variations humaines.Ensuite, nous préparons le terrain à des interventions cliniques plus efficaces et particulièrement à des actions préventives dans le domaine de l’obésité.» G.L 8 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE MÉDECINE SCIENTIFIQUE C'EST DANS LA TÊTE! ' A v > Les anthropologues opposent souvent la médecine traditionnelle ou populaire, faite de croyances et de traditions, à la médecine scientifique, qui reposerait sur des pratiques validées par l'expérimentation méthodique.L'équipement hautement perfectionné des facultés de médecine et des hôpitaux vient renforcer cette conviction que chaque geste posé par un médecin occidental découle directement de la science.Anthropologue et psychiatre, Jean-François Saucier invite ses collègues anthropologues à jeter un second regard sur la médecine pratiquée dans les pays industrialisés.«La médecine dite scientifique est aussi un amalgame d'expertise scientifique, de croyances et d'habitudes, qui varient d’ailleurs souvent d'un pays à Il n'y a pas si longtemps, la mère était considérée comme un nid de microbes pour son enfant naissant.l'autre», affirme le docteur Saucier, professeur titulaire à la faculté de médecine de l'Université de Montréal.Si la médecine occidentale constituait un bloc monolithique, comment se fait-il, demande le professeur Saucier, que les Français attribuent au «foie paresseux» les troubles neurasthéniques qu’ils traitent en conséquence, alors que les mêmes maux sont plutôt rattachés au système nerveux et traités au valium par les Américains.Dans le même sillon, deux anthropologues œuvrant au Cameroun ont reçu des traitements différents pour la même hépatite virale, selon qu'ils Gompren Jre chinons arrive - ¦ salon des cnrnmunicatinns plateau parc édifice CERflS derrière le palais des sports iCHH2-i3 nevembre nâ3 sherbrooke dans le cadre de l'année mondiale des communications ont fait appel à un médecin formé en I France ou en Angleterre, ce qui s'explique par la nature même du Cameroun, fait d’ex-colonies anglaise et française.Quant au caractère scientifique de cette médecine occidentale, il existerait! souvent uniquement dans la tête des : médecins et de leurs patients.À titre d'exemple, le docteur Saucier a men-j tionné trois usages en obstétrique qui ne | reposaient sur aucune base scientifique.«Tout le monde, y compris nos professeurs, croyait que ces pratiques décou-j laient d'expérimentation effectuée par quelqu'un, quelque part.Après vérifica-j tion on s'est aperçu que ce n'était pas lel !| cas», a expliqué le docteur Saucier.Quelques exemples: — on recommandait aux mères de faire L I chauffer à 37°C le lait du biberon afin d'éviter les coliques et les régur gitations.On s'est rendu compte que cette pratique était absolument inutile et sans fondement scientifique.— on prenait bien soin d'éloigner l'enfant naissant de la mère, «ce nid de micro-bes».On a depuis constaté que l'hôpital était aussi un lieu de prédilection des microbes et qu'il valait même mieux exposer le nouveau-né à ceux de sa mère qu'à ceux des autres.— la position couchée avec les pieds J dans les étriers pour l'accouchement^ était imposée à la mère, malgré le risque sérieux de comprimer la veine cave, au nom de la science médicale.1 En fait, cette pratique relativement récente est apparue avec l'arrivée;: des hommes accoucheurs.Elle aurait même été généralisée en France lors-i : que Louis XIV voulut une place de; choix pour surveiller l'accouchement d'une de ses maîtresses.L'on revient ! maintenant aux positions assise oui accroupie en vigueur au Moyen-Âge,; en Europe et encore aujourd'hui chez11 les Amérindiens.On pourrait, selon le docteur Saucier,, ¦ multiplier ce genre d'exemples dans chaque spécialité de la médecine occi-i dentale.Il importe donc, selon lui, dei refaire le tour du jardin et de bien distinguer ce qui relève de l'expertise scientifique des pratiques découlant de l'habitude ou du mimétisme.«Un groupe de recherche en épidémiologie obstétricale de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne a entrepris, en collaboration avec LFIôpital général de Dublin, de vérifiei toutes les pratiques modernesde l’obstétrique», a indiqué le professeur Saucier en souhaitant que cet exemple soit suiv dans les autres spécialités et dans le; autres pays industrialisés.Gérald LeBlaniK ; «« QUEBEC SCIENCE / novembre 1983 oime en s'eiplr iinewn 'antaise.lique inisleui léle de! À lim ye noun intiffe s pioles s décou tuée pa i vénfica aiipe: lier.i bitooi esiéja' ]»e.ïl'en demi®1 yel'hopi édileclii ni «n oeàce» lOtres.les Pî(* jche*1 n# |(lai«û jiîdnaiS jliieu*1 ; l'an»1 ante li' place c iicP onia*1 ¦k lot#- dWi* iiSa»cl pies ' icine & on 1“'' lien»' se st" (jjl ier:i ESPACE ;él# iti* [Sa^1*1 LE PREMIER «FRANCONAUTE» Les astronautes ne sont pas des surhommes.Pourtant la sélection est sévère et, manifestement, on ne choisit pas n'importe qui: Jean-Loup Chrétien, le «premier spationaute français», un pilote de chasse au visage carré, aux épaules solides, est, à 45 ans, une sorte d'athlète dont les prouesses seraient les voltiges, le combat aérien tournoyant, les virages à forte accélération, les décélérations brusques — de 28 000 à 800 kilomètres à l'heure en dix minutes, à bord de Soyouz-T-6 — et l'instabilité permanente de la vie en apesanteur.Lors de son séjour au Québec en septembre dernier, à l'invitation du congrès de l'Ordre des technologues des sciences appliquées du Québec, le premier francophone de l'espace a affirmé que si l'Homme était l'artisan de machines très puissantes qui l'emportent à la conquête de l'espace, il en est encore le maillon le plus faible.On se souvient que Valentin Lebedev, «locataire» pendant sept mois de la station Saliout, l'un des compagnons de vol du cosmonaute français, a avoué que son séjour en orbite avait été très déprimant: «De fait, confirme Jean-Loup Chrétien, les vols longue durée sont possibles techniquement mais pas psychologiquement.La claustration, l'impression, au bout de quelque temps, d'avoir tout vu, donnent envie de revenir sur Terre.» Le spationaute d'origine bretonne n'a pas eu le temps de connaître cette dépression, ce «mal de la Terre», puisque son voyage n'a duré qu'un peu plus d'une semaine, entre le 24 juin et le 2 juillet 1982.Il n'en a pas eu non plus le loisir, la mission franco-soviétique s'étant vu confier une écrasante charge de travail par les scientifiques des deux pays.L'une de ces tâches, la plus importante selon lui, faisait appel à un échotomographe à ultrasons, un appareil de pointe conçu par les Français et utilisé dans ce cas-ci pour étudier le comportement du système cardio-vasculaire en apesanteur.On comprend encore mal, en effet, les réactions de l'organisme lorsque privé de Jean-Loup Chrétien qui séjourna une semaine à bord du Soyouz-T-6, en orbite autour de la Terre.son poids et on ne peut sur Terre se préparer réellement à l'apesanteur en raison de l'impossibilité de l'y recréer de façon durable.Le problème deviendra peut-être caduc lorsque des stations permanentes pourvues d'une gravité artificielle tournoieront au-dessus de nos têtes.Auparavant, il faudra construire ces laboratoires dignes de l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick; Jean-Loup Chrétien estime que les Soviétiques s'apprêtent à le faire pièce par pièce: «Cela serait une station modulaire qu'ils ont commencé à tester en accola nt différents éléments spécialisés.» C'est l'ensemble Saliout-Soyouz-Prog-ress, le premier module constituant la base permanente où séjournent les astronautes, les deux autres servant à assurer la relève en hommes et en matériel.Les vaisseaux Soyouz et Progress sont eux-mêmes mis en orbite par des gros lanceurs qui n'ont pratiquement pas m changé depuis les premiers Spoutnik.Les Russes ont-ils donc un tel retard par rapport à la navette américaine?«On est frappé par la rusticité et même la simplicité du matériel soviétique, dans ce domaine comme dans bien d'autres, raconte Jean-Loup Chrétien.Ils se satisfont de ce qui marche; quand ça fonctionne, ils le conservent et l'utilisent même si le système comporte de petites imperfections.Leur fusée, ils la connaissent dans ses moindres détails puisqu'ils ont effectué près de 800 tirs avec elle.Je ne pense pas qu'il y aura de grosses modifications dans ce domaine dans les années à venir.Ils m'ont toujours affirmé qu'ils n'étaient pas intéressés par une navette, beaucoup trop onéreuse selon eux.Mais ils n'éludent pas le recours à ce système et, à mon avis, ils ont commencé à faire des recherches de ce côté.» En fait, dans les milieux «informés», on assure qu'une mini-navette est déjà en cours d'expérimentation: une façon d'expliquer que les mystérieux Cosmos 1374 et 1445 aient pu rentrer sur Terre en planant en juin 1982 et en mars 1 983; l'armée australienne a d'ailleurs photographié le repêchage de ce dernier dans l'océan Indien.Les Français, quant à eux, ont officiellement des projets très précis dans ce domaine: baptisé Hermès, leur véhicule réutilisable serait un planeur hypersonique de dix tonnes à ailes delta, capable de transporter cinq personnes et mis en orbite par une fusée Ariane-5.Une décision à ce sujet est imminente, mais le lancement n'aura pas lieu avant 1992.Depuis le vol de Jean-Loup Chrétien, le Centre français d'études spatiales (C.N.E.S.) a engagé une révision totale de ses projets et envisage de participer à la conquête spatiale autrementqu'avec des satellites automatiques.D'une part, la participation française d'ici 1986 au projet international Spacelab est l'objet de pourparlers et, d'autre part, un éventuel programme de vols habités serait tout à fait compatible avec l'offre américaine de participer à la construction d'une station spatiale prévue pour les années 90, surtout si cette collaboration se double de facilités d'accès.Jean-Loup Chrétien ne voyait pas si loin.Tout comme son alter ego Patrick Baudry (l'autre cosmonaute français qui a reçu le même entraînement de deux ans en Union soviétique, maisqui n'a pas encore eu l'occasion de voler), il attend impatiemment le prochain voyage qui, si les pourparlers progressent entre Français et Américains, aura lieu aux alentours de 1 986.Bernard Giansetto VOS ÉTUDES DE MAITRISE.FAITES-LES DONC À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI ^Principal _ Une université, située au coeur de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, vous propose une gamme de programmes de maîtrise capables de répondre à vos exigences de formation supérieure.Ils couvrent plusieurs domaines de pointe, se caractérisent par leur approche multidisciplinaire et sont adaptés aux besoins de notre société.Ce sont: En administration • Maîtrise en gestion de projet • Maîtrise en gestion des P.M.O.(petiteset moyenne organisations) En sciences appliquées • Maîtrise en ressources et systèmes • Maîtrise en sciences de l'énergie • Maîtrise en sciences de la terre En sciences fondamentales • Maîtrise en productivité aquatique • Maîtrise en sciences de l'atmosphère (agrométéorologie) • Maîtrise en mathématiques En sciences de l'homme • Maîtrise en éducation • Maîtrise en études régionales • Maîtrise en études littéraires • Maîtrise en théologie ADMISSION On peut être admis à l'un ou l'autre programme de maîtrise si on possède: • soit un diplôme de 1er cycle (baccalauréat) dans une discipline appropriée avec une moyenne cumulative d'au moins 3,0 ou l'équivalent; • soit les connaissances requises, une formtion appropriée et une expérience jugée pertinente.On a jusqu'au 1 er juin 1984 pour faire parvenir une demande d'admission au bureau du regis-traire, à l'adresse ci-contre.SUPPORT FINANCIER Pendant toute la durée de leur programme, les étudiants peuvent faire appel à diférentes sources d'aide financière: bourses d'études d'organismes internes ou externes, assistance d'enseignement ou de recherche.RENSEIGNEMENTS Pour obtenir plus de renseignements sur l’une ou l'autre de ces maîtrises, sur les conditions d'admission particulières à chacune, ainsi que sur l'aide financière disponible, écrivez au directeur du programme concerné à l'adresse suivante: Université du Québec à Chicoutimi 555, boulevard de l'Université Chicoutimi (Québec) G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5613 DEMANDEZ VOTRE ADMISSION À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI Université du Québec à Chicoutimi PROGRAMME D'AIDE A LA DIFFUSION DU LIVRE SCIENTIFIQUE FRANÇAIS AU QUÉBEC Année universitaire 1983-1984 TITRES SELECTIONNES MEDECINE • Dictionnaire de médecine, préfacé par J.HAMBURGER (Flammarion Médecine-Sciences) - $ 36,80.• Biochimie.Bases moléculaires de la structure et des fonctions cellulaires, par AL LEHNINGER (Flammarion Médecine-Sciences) - $ 76,65.• Physiopathologie cardio-pulmonaire.Deux volumes, par H.DENOLIN (Simep) - Volume 1 : $ 51,20 -Volume 2 $ 41,60.• Gynécologie pour le praticien, par J LA,NSAC et P LECOMTE - $ 50,60.• Morphiniques et antimorphiniques.Journées d'enseignement post-universitaire d Anesthésie et de réanimation, C.H.U.Pitié-Salpêtrière (Arnette) - $ 48.• Complications anesthésiques, risques opératoires.Journées d'enseignement post-universitaire d'Anesthésie et de réanimation, C.H.U.Pitié-Salpêtrière (Arnette) - $ 64.• Bases fondamentales de prothèse fixée, par HT.SHILLINGBURG, S.HOBO, L.D.WHITSETT (C D P ) - $ 47,55 - Cart.$ 54,60.SCIENCES ET TECHNIQUES Chimie, Biotechnologie.Industries alimentaires • Génie de la réaction chimique.Conception et fonctionnement des réacteurs, par J VILLERMAUX (Technique et Documentation) - $ 37,60.• Biotechnologie, par R.SCRIBAN (Technique et Documentation) - $ 51,20.• Conservation et stockage des grains et graines et produits dérivés.Céréales, oléagineux, protéagineux, aliments pour animaux, par J.L.MULTON (Technique et Documentation) - $ 104.Gestion de l'entreprise.Informatique • Traitement des données statistiques, par L LEBART.A.MORINEAU, J.P FENELON (Dunod) - $ 34,90.• Méthodes statistiques appliquées à la gestion, par AM.DUSSAIX et J.P INDJEHAGOPIAN (Éd d'Organisation) - $ 30,10.• Téléinformatique.Transport et traitement de l'information dans les réseaux et systèmes téléinformatiques, par C.MACCHI et J.F.GUILBERT (Dunod) - $ 29,95.• Technologie des systèmes bureautiques, par X ROBIN (Éd d'Organisation) - $ 21,1 5.• Les enjeux-clés de la bureautique, par J.P.de BLASIS (Éd.d'Organisation) - $ 27,20.• Conception des produits industriels.Méthodes et moyens, par J CADIOU (Éd Techniques) -$ 156,80.Sciences de la terre • Éléments de géologie, par P.BELLAIR et Ch.POMEROL (Armand Colin) - $ 25,60.• Géologie, objets et méthodes, par J.DERCOURT et J PAQUET (Dunod) - $ 23,20.• La fracturation des roches, par J.L.BLÉS et B FEUGA (Éd.du B R.G M.) - $ 14,40.• Méthodes d'analyse structurale des granitoïdes, par J MARRE (Éd.du BRGM) - $ 12,80.• Manuel du prospecteur minier, par J B CHAUSSIER et J MORER (Éd du B.R.G.M.) - Cart.: $ 16 - Plast.: $ 20,80.Le prix mentionné pour chaque ouvrage tient compte d'une remise de 20 % 12 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE VUE.PAS VUE! Depuis maintenant plus de vingt ans, on est en pleine révolution audiovisuelle.Les images se sont associées aux textes ou les ont remplacés et pourtant il n'y a que peu de connaissances scientifiques sur les modalités d'extraction de l'information provenant d'une image.On a parlé d'images efficaces, surtout en publicité, mais toutes ces connaissances sont très largement empiriques.Depuis maintenant trois ans le Groupe d'étude sur le traitement de l'information visuelle (GETRIV) de l'Université Laval mène un programme de recherche qui tente d'accroître ce champ de connaissances autant pour l'image pédagogique fixe ou le film d'enseignement que pour les informations vidéotex de type Télidon.Ce groupe de recherche réunit les professeurs Maurice Fleury et Jacques Rhéaume, rattachés au Département de technologie de l'enseignement, Guy Paquet du Département d'information et de communication, ainsi que Louis-Paul Rivest du Département de mathématiques.Leur laboratoire est équipé d'outils de mesure et de logiciels informatiques très perfectionnés qui permettent de suivre les moindres pulsations du regard de l'observateur sur une image, d'en analyser statistiquement les trajets et de comparer ces variables à des paramètres de compré- hension et de mémorisation des messages, par exemple.Une première étude publié en 1981, subventionnée par le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, était centrée sur la relation entre les habiletés personnelles en lecture, le style cognitif et la reconnaissance des éléments de l'image chez l'enfant de 5ème année primaire.Un groupe de 17 enfants âgés de 11 ans de trois écoles de Ste-Foy, en banlieue de Québec, sont venus au laboratoire et ont travaillé sur des images soigneusement préparées pour cette étude.Les images se présentaient sous trois formes d'organisation particulières: un schéma de type réaliste annoté, un schéma linéaire et un schéma circulaire.Ces trois types étant ensuite multipliés selon le nombre d'éléments internes présentés.Le protocole expérimental plaçait l'enfant face à trois blocs de trois images chacun, de complexité croissante.Le test de la reconnaissance de cette information visuelle était fait après le visionnement de chaque bloc.Les mouvements des yeux étaient enregistrés par un ophtalmokinétographe, appareil qui peut suivre les mouvements occulaires au 1/60e de seconde et enregistrer ces informations sur un mini-ordinateur.Suite à l'analyse des données mettant en rapport l'habileté de lecture et la reconnaissance des images, il ressort que globalement les lecteurs habiles obtiennent une performance supérieure en reconnaissance visuelle et ce, dans les trois ensembles d'images considérés.Seules deux images permettent aux non-habiles lecteurs de se faire valoir en réussissant aussi bien que les autres et ces images sont: la linéaire de L'UNIVERSITÉ LAVAL EN CAPSULES L'éducation en prison Première au Canada francophone: grâce à une subvention de la Fondation canadienne Donner, le Groupe de recherche sur l'éducation en prison (GREP), est né La formation d'une équipe de chercheurs dans le domaine de l'éducation en milieu carcéral constitue une première dans les universités canadiennes de langue française.Déjà, en 1980, l'Université Laval avait fait œuvre de pionnier dans ce domaine en mettant sur pied un projet de Baccalauréat ès arts (général) à l'Institut Laval.Le but premier du GREP qui est rattaché à la faculté des sciences de l'éducation est de montrer comment l'éducation, entendue dans son sens le plus large, peut non seulement contribuer à la réhabilitation mais encore à renouveler l'orientation et le fonctionnement des pénitenciers.Les travaux de ce groupe viseront également à trouver un sens et un rôle nouveaux à la justice pénale et préventive et à inventorier les moyens de sensibiliser l'opinion publique à cette vision renouvelée du système pénitentiaire.Le GREP espère, par son action, susciter une révision des théories et des pratiques criminologiques actuelles.Le modèle qu'il entend développer — «l'approche éducative intégrale» — repose sur quatre postulats: une vision réconciliatrice du détenu; une orientation développementale et andragogique de l'éducation pénitentiaire; une vocation éducative de la prison; et une conception métajudi-ciaire de la prison.Dans le domaine de la recherche proprement dite, les trois prochaines années seront consacrées: à approfondir les assises théoriques de l'approche éducative intégrale; à contrôler les éléments constitutifs du modèle par une analyse du fonctionnement actuel du milieu carcéral et à appliquer, dans une prison pilote, les résultats de la recherche.Le GREP veut agir également comme structure de coordination pour les projets universitaires qui se rapportent à l'éducation pénitentiaire.Ainsi par exemple: il contribuera à l'étude que mène actuellement le professeur Jean-Réal Nadeau sur les besoins de formation et de perfection- nement des formateurs en milieu carcéral, étude commandée par le Service correctionnel du Canada; en novembre 1983, il collaborera au «Séminaire sur le défi du changement dans la justice pénale», à Ottawa, en présentant un mémoire intitulé : «Philosophie et structures d'un nouveau partage des pouvoirs en matière de justice pénale et de justice correctionnelle» et enfin, il établira des échanges et développera un projet de recherche conjoint avec l'Université Paris VII sur l'enseignement ; supérieur en milieu carcéral.L'influence des champs magnétiques sur le comportement.pas si négligeable que ça Une recherche menée dans le cadre d'une thèse de doctorat, par M.-R.Sadeghi, au Laboratoire de psychologie expérimentale de l'Université Laval, sous la direction de Plubert Laforge et la codirection du géologue Maurice Seguin, vient d'établir, pour la première fois, des corrélations expérimentales précises entre le comportement des animaux, en l'occurrence des souris, et l'augmentation d'intensité du champ magnétostatique.Plusieurs chercheurs avaient suggéré auparavant que le champ PUBLIREPORTAGE QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 .le ie ni ni se i a- pe «n ml lt- oie OIS nié sle »e- un «il fft ons lanl »¦ Ja- une ince lest pue letk moins de 10 éléments et la circulaire de plus de 15 éléments.Cette constatation pouvait suggéré aux maîtres de favoriser plutôt une schématisation linéaire lorsque les étudiants s'avèrent de piètres lecteurs; bien sûr en autant que le contenu s'y prête.Quant à l'autre volet, celui portant sur le style cognitif, il ressort que les étudiants qui se caractérisent par une perception visuelle analytique reconnaissent plus facilement le contenu des images de toutes catégories dans deux situations précises: lorsque la quantité d'informations est de moins de dix éléments et lorsque celle-ci se situe entre 15 et 20 éléments.Les globalistes, c'est-à-dire ceux qui perçoivent plutôt globalement sans trop s'arrêter aux détails, performent aussi bien que les analytiques, habituellement les plus brillants, sur les images de type réaliste, notamment lorsque le nombre d'éléments se situe entre 12 et 14, soit une image de densité moyenne.Fait à noter, peu importe le temps donné à un étudiant pour regarder une image, celui-ci pourra utiliser plus de la moitié de ce temps à regarder dans le vide, histoire de mémoriser l'information regardée.Quant à la stratégie visuelle découlant d'un visionnement, il semble que ce ne soit pas le nombre, ni la durée des fixations sur un élément qui assurent sa mémorisation, :c cért U#- 183.il ilii» le’, > litolé: mean 1# Je’" iveW' itai* [jinee1 P magnétique pouvait agir comme stresseur et que des intensités magnétiques élevées pouvaient causer des effets caractéristiques du syndrome général d'adaptation, notamment un surcroît d'activité et une réduction du gain de poids.Les recherches de Sadeghi montrent qu'effectivement, lorsque l'animal est soumis à des champs magnétiques d'une certaine intensité, il y a augmentation de l'activité et diminution du gain de poids, celle-ci accompagnée d'une augmentation de la consommation d'aliments et d'eau, ce qui semblerait prouver que le métabolisme est déréglé.De plus, cette recherche montre que l'importance des effets constatés est liée, de façon quasi linéaire, avec l'augmentation de l'intensité du champ magnétique.Il faut noter cependant que les intensités utilisées dans l'expérimentation ont été très élevées, variant de 0.9 à 257.5 mililesla (mT).Par comparaison, l'intensité du champ magnétique terrestre est très faible, de l'ordre de 0.06 mT, soit 1 5 fois moindre que celle utilisée dans ses expériences par Sadeghi.Par contre, dans les usines utilisant l'électrolyse pour le traitement des métaux (aluminium, cuivre) et dans certaines centrales hydro-électriques, l'intensité du champ magnétostatique peut atteindre 40 à 90 mT à proximité des appareillages.Il n'est donc pas certain que les effets des mais bien les réseaux internes construits en vue d'une mise en relations interprétative.Ce dernier niveau sera considéré dans la prochaine étuoe que ce groupe s'apprête à entreprendre sur le film d'enseignement.Une analyse sémiologique du contenu sonore, de même que l'usage d'une échelle métrique susceptible de révéler certaines particularités du genre: taux d'iconicite d'images pivots, taux de balayage des séquences, taux de complexité.seront utilisées.Une importance toute particulière sera apportée aux instruments de mesure permettant ainsi de mieux comparer les niveaux d'efficacité des diverses sections du message.Une seconde recherche publié en 1 982 se voulait une tentative de modélisation de comportement visuel des écoliers impliqués dans la première étude.Pour approfondir la dimension stratégique visuelle une grille d'analyse à neuf entrées fut élaborée.Cette grille révélait notamment: le point de départ et d'arrivée du sujet sur une image particulière, son niveau de focalisation sur une surface, l'étendue des écarts entre ses fixations, le taux d'ignorance de certains stimuli.Il a été possible de caractériser chaque démarche individuelle et de déterminer des modèles d'exploration en fonction des performances enregistrées en champs magnétiques soient si négligeables que cela et d'autres expériences devront être poursuivies pour vérifier, notamment, si, à la longue, les sujets s'adaptent à de fortes intensités magnétiques et si les effets constatés ont tendance à diminuer avec le temps et avec l'accoutumance.L'orignal des salines Il y a, dans les forêts de la réserve de Matane, un nombre inhabituel d'orignaux, presque 2 au km2 alors qu'ailleurs au Québec la densité de la population est dix fois moindre.Ce phénomène est bien connu des chasseurs et les listes d'attente sont longues pour pouvoir y chasser.Ce n'est pas sans raison que ces grands cervidés se retrouvent à cet endroit.En effet, des conditions géologiques et hydrologiques particulières font affleurer à une trentaine d'endroits des eaux salines et sulfureuses.Ce sont ces sources qui attirent les orignaux et les cerfs de Virginie.Au printemps, la croissance du panache chez le mâle et la lactation chez la femelle, provoquent chez les orignaux un déséquilibre physiologique qui crée de grands besoins en sel.À Matane, ils trouvent ce sel dans les sources minérales, ailleurs ils vont le chercheur le long des routes.Serge Couturier, étudiant à la maîtrise au Dépar- 13 reconnaissance visuelle.En utilisant une formule empruntée à la théorie de l'information et adaptée par le mathématicien Louis-Paul Rivest, les chercheurs ont pu calculer le niveau de systématisation d'une démarche d'exploration individuelle et se sont rendu compte qu'elle jouait un rôle significatif dans la performance.Dernièrement, le groupe GETRIV s'est intéressé aux images de type vidéotex, ces dernières seront, en effet, de plus en plus utilisées pour couvrir toutes sortes d'informations à domicile ou au bureau.Cette fois ce sont les facteurs organisationnels d'une page d'affichage comme: les titres, les sous-titres, les indices visuels, les couleurs, les figures et fonds, les indentations.qui sont en cause.Plusieurs équipes de recherche, au Québec et au Canada, s'intéressent à l'étude des mouvements occulaires et des phénomènes rattachés à la lecture.L'originalité de l'équipe de l'Université Laval est de vouloir mieux comprendre la partie communicationnelle de l'image en général, mais particulièrement celle de l'image pédagogique, afin de favoriser une meilleure intégration de celle-ci en milieu scolaire.Marianne Kugler tement de biologie de l'Université Laval choisi comme sujet de thèse l'étude de l'orignal, des salines et du rôle des sources sur l'apparition d'un comportement grégaire inhabituel.Fasciné par ce qu'il a vu durant sa première saison de terrain, il a entrepris de partager ces images et de faire un film.Produit par la Société zoologique de Québec, le film est aujourd'hui terminé et disponible en 16mm ou en vidéo cassette.Il dure près d'une demi-heure et montre, en images superbes, toute une année de la vie sociale des orignaux, grandset petits.Serge Couturier a pu, avec la collaboration de Jacques Bouffard, caméraman de Radio-Canada à Matane, et d'autres, fixer sur pellicules des comportements peu ou pas connus chez cet animal habituellement solitaire.UNIVERSITE LAVAL Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214.Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1 K 7P4 Tél.: (418) 656-2572 PUBLI REPORTAGE novembre 1983 / QUEBEC SCIENCE SOURIEZ ET TOUT IRA BIEN! Sans frontières Tous les gens du spectacle vous le diront: le simple fait de simuler une émotion peut vous donner les mêmes sensations physiques que si vous la viviez réellement.Par exemple, mimez la peur et, si vous êtes bon comédien, votre organisme entamera un processus physiologique caractéristique de ce sentiment.LE CHAINON MANQUANT UNE NOUVELLE PLANÈTE Paul Ekman, un psychologiste américain, est parvenu à identifier des réactions typiques pour six émotions.Lors des expériences, des comédiens répondaient le plus automatiquement possible à des ordres tels que «relevez les sourcils», «écarquillez les yeux», etc.Plus le geste était mécanique, plus le corps réagissait fortement.Ekman croit donc que ses recherches tendent à montrer un lien évident entre les muscles faciaux et le système nerveux central, responsable de ces réactions.(Science) Une équipe de paléontologues américains, pakistanais et français a découvert le crâne d'un cétacé datant de l'Eocène inférieur, soit d'il y a environ 50 millions d'années.Baptisée Pakicetus inachus, cette baleine est la plus ancienne découverte à ce jour.Amphibie, les chercheurs croient quelle serait le chaînon manquant dans l'évolution des baleines de la terre à la mer.Des fossiles de baleines plus jeunes de deux à trois millions d'années montraient déjà les signes d'une adaptation totale à la vie marine.De nombreux arguments militent en faveur du caractère amphibie de Pakicetus.D'abord, on a retrouvé le crâne parmi des restes de mammifères terrestres, mais aussi de poissons, de tortues et de crocodiles, ce qui évoque un milieu mi-terrestre, mi-aquatique.De plus, son système auditif, tel que reconstitué, lui aurait interdit de vivre sous l'eau.On ignore tout du corps de Pakicetus, mais les paléontologues croient qu'il ne devait pas être énorme puisque le crâne ne mesure que de 30 à 35 centimètres de long sur 14 à 15 centimètres de large.(Science Digest) LES ARCHIVES DE L'ÉVOLUTION Trois astronomes de l'Université de Californie pensent avoir découvert ce qui deviendrait la première planète à l’extérieur de notre système solaire.Selon les chercheurs, cette planète serait encore en formation, ramassant gaz et poussières près d'une étoile appelée T-Tauri dans la constellation du Taureau à environ 450 années-lumière de la Terre.L'hypothétique planète est désignée par le sigle TIRC {T Tauri Infrared Companion).Elle a été repérée par ses émissions infrarouges.On estime qu'elle serait de cinq à vingt fois plus massive que Jupiter, mais environ huit fois trop petite pour devenir une étoile.Toutefois, d'autres scientifiques pensent qu'il n'y a pas suffisamment de données pour se prononcer définitivement sur la nature de l'objet céleste.(Science 83) T VITESSE MAXIMALE Les trains à très grande vitesse seraient maintenant en mesure de franchir l'équivalent du mur du son sur rails.Un ingénieur de la Société nationale des chemins de fer de France, Jean-Pierre Fortin, rapporte que certains trains auraient rattrapé une onde de déformation qui se déplace devant eux.DES ALGUES PÉTROLIÈRES En l'an 2000, le pétrole pourrait bien provenir non pasdufonddespuitsarabes ou albertains, mais plutôtd'algues microscopiques.Il existe au moins 31 espèces d'algues qui produisent de l'huile pouvant être raffinée en essence ou utilisée pour fabriquer des plastiques et autres dérivés habituels du pétrole.Les coûts de production à grande échelle sont encore trop élevés mais, avec l'aide du génie génétique, il sera peut-être possible unjourde rendre plus rentable le travail de ces algues microscopiques.(Science Digest) L'Académie des sciences soviétiques travaille présentement à la création d'une banque de gènes qui contiendra des embryons congelés de mêmequedes génomes, ou lots complets de gènes, de bêtes sauvages et domestiques.Les scientifiques soviétiques accorderont une attention particulière aux espèces en voie de disparition afin de conserver leur patrimoine génétique et qui sait, un jour, les reproduire.Elle permettra également la préservation de la diversité des espèces.Finalement, la banque servira d'ar-chive: grâce à elle, on pourra, dans 100 ou 200 ans, voir les changements qu'aura subis chaque espèce.(Agence de presse Novost) •' VT- Il semble que chaque voie ferrée posséderait une vitesse de propagation différente, pouvant varier entre 300 et 500 kilomètres à l'heure.Pour l'instant, on ignore tout des conséquences d'un éventuel dépassement de cette barrière.(La vie du rai!) k ki k:i h s,; k#i i’i K rE Hi- qui nié- nets saut I itoila I md» I nièie I qnée I Cam-1 sesl y'eüe I iss« I î W | 10' at* lilifr I ileste | IS® liaient l'éqi'-is.U" jg clfiS | J QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 L'INFORMA TIQUE POLLUE La Silicon Valley, ce paradis californien de l'informatique, n'est pas exempte de pollution.En effet, ces industries laissent échapper une importante quantité de produits toxiques utilisés dans le traitement des puces électroniques.Solvants et acides résiduels sont stockés dans des réservoirs souterrains.Or, depuis 1981, on a repéré des fuites dans ces réservoirs.Résultats: de nombreux puits d'eau potable sont contaminés.En décembre 1981, un puits alimentant un bassin de 16 500 foyers était contaminé par du 1,1,1-trichloroéthane provenant d'un réservoir de la Fairchild Corporation, situé 600 mètres plus loin.Ce solvant-dégraissant peut endommager le système nerveux central, le foie et le cœur.La compagnie a dépensé 14 millions de dollars pour réparer les dégâts mais les puits sont toujours souillés.Depuis cet accident, toutes les compagnies de la vallée ont vérifié leurs installations et 67 d'entre elles ont trouvé des fuites.(New Scientist) ANTIGEL BACTERIEN Nous savons depuis quelques années que certaines bactéries facilitent le gel des plantes.Steven E.Lindow, de l'Université de Californie à Berkeley, a constaté que certaines plantes pouvaient résister à une température de -6° C lorsque ces bactéries étaient absentes.Le même Lindow a donc modifié le bagage génétique d'une de ces bactéries responsables du gel: Pseudomonas syringae.On a tout simplement identifié et retiré le seul gène à l'origine de cette propriété chez la bactérie.L'équipe californienne procède présentement aux essais sur le terrain dans un champ de pommes de terre au nord de la Californie.En plus de l’impact révolutionnaire que pourrait avoir une telle découverte sur l'agriculture, cette expérience constitue un précédent: c'est la première fois qu'un produit modifié génétiquement est répandu dans la nature.(New York Times) 15 OYEZ OYE! JEUNES INVENTEURS L'Institut de l'invention et de l'innovation du Japon organise sa troisième exposition mondiale d'invention pour les jeunes.Cet événement ne revient qu'à tous les dix ans et se veut une contribution à l'unité mondiale.L'exposition aura lieu de mars à décembre 1985 à Tsukuba, au Japon.Les participants doivent être nés le ou après le 1er janvier 1964.Les inventions proposées devront répondre à un besoin de la vie quotidienne.Les organisateurs retiendront le meilleur travail pour chaque pays participant et, à la fin, les trois meilleurs inventeurs seront invités à se rendre au Japon accompagnés de leurs parents ou tuteurs.Pour obtenir de plus amples informations de même que les formulaires d'inscription et de description de votre trouvaille, vous pouvez écrire à l'adresse suivante : • Administration Office for the World Exhibition of the Young People's Invention, c/o Japan Institute of Invention and Innovation, 9-14, toranomon 2-chome, Minato-ku, Tokyo 105, Japan.Vous pourrez obtenir un formulaire en français.UNE INDUSTRIE RENTABLE.Les États-Unis ont réalisé des profits de 30 milliards de dollars entre 1961 et 1972 avec l'aide des travailleurs scientifiques étrangers.La Grande-Bretagneya gagné 3,5 milliards, alors que le Canada a dû se contenter de un milliard.Ce n'est là qu'une des retombées de l'exode des cerveaux qui saigne les pays du Tiers-Monde.Parmi ceux-ci, l'Inde se signale particulièrement avec 13 pour cent de ses médecins travaillant à l'extérieur du pays.Après leurs études aux États-Unis, payées soit par leur gouvernement ou des intérêts privés indiens, de 15 à 25 pour cent des étudiants indiens demeurent en terre américaine.Pour chacun de ceux-ci, les États-Unis ont réalisé, en 1976, des économies de 100 000$.Le gouvernement indien tente actuellement de favoriser le retour à la mère patrie par un programme d'emplois scientifiques avantageux pour les jeunes diplômés, tout en essayant d'obtenir des compensations pour ceux qui restent à l'étranger.(World Press Review) UN TRAVAIL D'ÉQUIPE Il faudrait au moins deux gènes cancéreux pour induire un cancer dans une cellule normale.C'est ce qui semble se dégager des recherches de trois équipes différentes de chercheurs.Ceci confirme ce que plusieurs scientifiques prévoyaient: le processus cancéreux requiert plusieurs changements à l'intérieur de la cellule.Cela expliquerait également pourquoi un cancer humain prend habituellement plusieursannéesà se développer.Une des équipes, américaine, a constaté qu'il fallait introduire deux gènes dans une cellule de rats pour la rendre cancéreuse et que ni l'un ni l'autre n'était en mesure de transmettre seul le cancer.Pour sa part, une équipe britannique a constaté qu'un gène cancéreux transmet le cancer à une cellule de hamster seulement si celle-ci avait été exposée auparavant à un cancérigène chimique.Toutefois, les scientifiques ignorent toujours la nature exacte de ces changements.(Nature) LE BLÉ POUSSE TROP VITE La pollution par l'ozone pourrait réduire la récolte américaine de blé de 10 à 25 pour cent.L'ozone accélère la maturation du blé, diminuant ainsi la période de travail de la photosynthèse et, par conséquent, la grosseur des grains de blé.Dans la basse atmosphère, l'ozone est le produit d'une réaction photochimique entre l'oxygène et lesgazd'échappement des automobiles.(New Scientist) Gilles Drouin HP-1 5C ET HP-1 6C LES CALCULATEURS DE HEWLETT-PACKARD QUE VOUS ATTENDIEZ POUR METTRE FIN À D’INTERMINABLES CALCULS TSC HP-15C 174,50$* Pour vos calculs scientifiques avancés et complexes CARACTÉRISTIQUES: - calcul matriciel (jusqu'à 5 matrices ou 64 éléments) - opérations sur les nombres complexes - intégration - détermination des racines réelles d’une équation (SOLVE) - 5 clés à définir - 25 labels de programmes - 10 indicateurs binaires - 12 tests conditionnels - 7 niveaux de sous-routine - affichage crystal liquide Prix sujets à changement sans préavis HP-16C 174,50$* Pour vos conversions en différentes bases - langage ordinateur CARACTÉRISTIQUES: - CONVERSIONS: arithmétique, hexadécimale, décimale, octale, binaire - 203 lignes de programmation (ou 101 registres de 16-bit) - touche INSERT/DELETE - 4 niveaux de sous-routine - 16 labels de programmes - taille de mots: 64 bits maximum - opérateurs logiques: AND, OR, XOR, NOT - 8 tests conditionnels - notation polonaise inverse (RPN) - atîichage crystal liquide Ces deux nouveaux modèles ainsi que les autres calculateurs Hewlett-Packard sont disponibles à la: COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE 2900 Edouard-Montpetit C.P.6079, suce.< A > Montréal, Québec H3C 3A7 tél.: (514) 344-4841 Veuillez nous contacter pour des commandes postales RESSOURCES HUMAINES Le plus important groupe de recherche en biotechnologie: 16 chercheurs (bactériologistes, biochimistes, biologistes moléculaires et cellulaires, chimistes, immunologistes, microbiologistes industriels, pathologistes vétérinaires, virologistes) appuyés de 35 techniciens, techniciennes, et de 10 fellowships post-doctoraux, encadrent et dirigent 26 étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat.PROGRAMMES DE RECHERCHE Trois programmes de recherche: -accélération du développement de la microbiologie appliquée - accentuation du développement de nouveaux produits biologiques - développement d'outils analytiques et diagnostiques nouveaux GÉNIE INVENTIF Plusieurs inventions récentes: - nouvelle méthode d'isolement de micro-organismes capables de biotransformation et biodégradation: cellulose, BPC.- pesticides biologiques - procédés de fermenteur -appareil à électrophorèse - chambre de vaccination-aérosol - virosomes (virus artificiels) -hybridomes - anticorps monoclonaux - culture cellulaire animale en masse novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE *1356 | -1#,: , ’ ' 1 KJ','-, : JT :: - ,'V -v :r-,c rr., .1 QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 19 C’est le branle-bas de combat chez les chercheurs pour dépister le coupable, probablement un virus par Mario Martin et Yvan Ouellet Quand des entrepreneursde pompes funèbres de la ville de New York ne veulent plus s'occuper des victimes d'une étrange maladie, quand des dentistes de San Francisco exigent de l'équipement de protection pour soigner les dents de leurs patients homosexuels, quand, détail frivole, de riches clientes n'osent même plus embrasser leur coiffeur, on peut parler d'hystérie collective ou de panique à cause du SIDA.En juillet 1983, les médecins américains avaient observé près de 2 000 cas de ce nouveau syndrome mortel.Au Canada, le Laboratoire de lutte contre la maladie (LLCM) rapportait un total de 34 cas, dont 22 au Québec seulement.Le SIDA, ou syndrome d'immunodéficience acquise, se trouve à nos portes.Et puisque nous avons la mauvaise habitude d'imiter les Américains dans bien des domaines, parfois avec beaucoup de succès, il se pourrait que nous ayons droit nous aussi à une épidémie.Parce qu'ici comme ailleurs, l'incidence double à tous les six mois, depuis que les premiers cas ont été rapportés aux Centers for Disease Control (C.D.C.) d'Atlanta en juin 1981.Tout comme les maladies transmises sexuellement, ce nouveau syndrome se propage dans des conditions bien particulières.Ainsi, les données épidémiologiques actuelles tendent de plus en plus à confirmer qu'un contact sexuel intime ou l’échange de sang ou de produits sanguins sont nécessaires à la contagion du syndrome.Qui plus est, le SIDA est concentré dans des régions géographiques données et il ne touche que des groupes distincts de la population générale.Ainsi, trois fois sur quatre, les patients atteints du SIDA sont des hommes, homosexuels ou bisexuels.Les autres sont pour la plupart des individus qui ont absorbé de manière chronique diverses drogues par voie intraveineuse, des Haïtiens immigrés aux États-Unis ou au Canada, des hémophiles ayant subi de nombreuses transfusions sanguines, ou 'ut t •'** Aux C.D.C.d'Atlanta, c'est l'augmentation du nombre de cas de sarcome de Kaposi et de pneumonie à P.carinii qui permet aux chercheurs de déceler les premiers cas de SIDA.encore des enfants en très bas âge.Plus récemment, des femmes hétérosexuelles, dont certaines sont des partenaires d'homosexuels mâles, sont venues s'ajouter à ces groupes à risque élevé.Ce qui a poussé certains politiciens américains à déclarer que le SIDA n'était pas seulement une maladie des homosexuels, mais également un sérieux problème de santé publique.VULNERABLE DEVANT TOUTE ATTAQUE La principale caractéristique du SIDA est une baisse importante, permanente et spécifique des lymphocytes T, ces cellules qui font fonction de piliers dans le système de défense immunitaire de l'organisme.Il en résulte que les individus atteints deviennent vulnérables à la moindre infection par divers agents: des bactéries, mais surtout des virus, des champignons et des protozoaires.Ces germes sont qualifiés d'opportunistes car ils profitent de la faiblesse du malade pour l'envahir.Une fois bien établie, la déficience immunitaire s'accompagne de toute une panoplie de maladiesqui, à deux ou trois ensemble, s'acharnent sur une victime désarmée.Le plus souvent il s'agira de la pneumonie causée par le protozoaire Pneumocystis carinii (PCP), du sarcome de Kaposi (KS) et de diverses infections plus ou moins sévères: pneumonies causées par d'autres agents, méningites, encéphalites, œsophagites ou entérocolites chroniques.Le plus étonnant est que la pneumonie à P.carinii et le sarcome de Kaposi étaient rares aux États-Unis avant l'apparition de la présente épidémie.Au tout début de la maladie, l'individu présente des symptômes qui ressemblent à ceux d'une atteinte virale générale: maux de tête, transpirations nocturnes, fièvre persistante, fatigue, perte d'appétit et de poids.Puis son état s'aggrave: les ganglions lymphatiques, véritables réservoirs de lymphocytes, deviennent durs et enflés.À cette étape, il est encore difficile de diagnostiquer le SIDA.Survient alors la phase aiguë et des difficultés respiratoires graves se manifestent.Voilà la pneumonie à P.carinii\ S'il survit, le 20 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Lors d'une conférence de presse à San Francisco, en juin dernier, deux de ces victimes du SIDA rapportaient s’être vu interdire de participer à une émission de télévision, les techniciens leur refusant l'accès au plateau.Un exemple du sentiment de crainte qui entoure ce syndrome aux États-Unis.malade pourra remarquer l'apparition de plaques roses ou violacées sur sa peau, surtout aux membres inférieurs.Voilà une tumeur maligne de la peau, le sarcome de Kaposi.Seulement 40 à 60 pour cent des personnes atteintes du SIDA survivront plus de deux ans.Mais la déficience immunitaire demeurera, de façon irréversible, laissant ses victimes complètement vulnérables devant les moindres infections.LES HERPÈS: PREMIERS SUSPECTS Le SIDA est une véritable énigme médicale qui retient l'attention des chercheurs dans des domaines aussi variés que l'épidémiologie, la virologie, l'immunologie et la cancérologie.Dès que les résultats des enquêtes épidémiologiques ont révélé l'existence d'un nouveau syndrome d'origine infectieuse et possiblement virale, les virologistes du monde entier se sont mis au boulot, à la recherche du virus qui en serait la cause.Étant donné que les personnes qui ont de fréquentes relations sexuelles, qu'elles soient homosexuelles ou hétérosexuelles, sont souvent porteuses de virus de la famille herpétique, tels que le cytomégalovirus, le virus Epstein-Barr et YHerpes simplex, communément appelé herpès, il n'est donc paséton-nant que les chercheurs de microbes se soient tournés vers ces trois premiers suspects.Le cytomégalovirus (CMV) possédait déjà plusieurs méfaits à son actif: suppression des mécanismes immunitaires chez des animaux de laboratoire et transformation in vitro de cellules normales en cellules cancéreuses.Les résultats de plusieurs travaux ont incité les chercheurs à voir ce virus comme une cause possible du sarcome de Kaposi.Une étude publiée en juillet 1982 dans le journal britannique The Lancet appuyait encore cette hypo- Ces importants lymphocytes T L'immunité à médiation cellulaire est un des systèmes de défense de l'organisme contre des agents étrangers.Ce système se caractérise par la formation de cellules appelées lymphocytes!.Cette synthèse origine dans le thymus, petit organe situé près du cœur.Ces lymphocytes T jouent un rôle essentiel pour la réponse d'anticorps spécifiques, c'est-à-dire les IgM — immunoglobulines de la classe M, vis-à-vis de la plupart des antigènes, entre autres en augmentant l'affinité de ces anticorps au cours de la réponse immunitaire.Les lymphocytes T se montrent également indispensables au maintien de la mémoire immunologique, cette capacité de répondre plus rapidement et plus fortement à une deuxième injection d'un même antigène.Ils jouent aussi un rôle dans l'hypersensibilité de type retardé, phénomène qui s'observe, par exemple, dans le rejet des allogreffes, comme les tissus provenant de la transplantation d'organes.Les lymphocytes thymiques pourraient de même, selon de récentes hypothèses, permettre de combattre les cellules cancéreuses, en tout début devolution.Les lymphocytes T interviennent dans le contrôle de la formation des anticorps qui, eux, sont sécrétés par un autre type de cellules, les lymphocytes B.Les lymphocytes T dits «potentialisateurs» et les lymphocytes T dits «suppresseurs» stimulent ou stoppent l'accumulation des anticorps.À l'état normal, il y a chez l'homme deux fois plus de potentialisateurs que de suppresseurs.Chez un patient SIDA, le rapport potentialisa-teurs/suppresseurs est inversé ou presque nul, signant une réduction marquée de ces lymphocytes potentialisateurs.Il semble maintenant admis que des dommages au système des lymphocytes T accroissent la susceptibilité à diverses infections virales, fongiques ou parasitaires et favorisent l'apparition de cancers.Ce déficit immunitaire, donc très spécifique, observé dans le SIDA semble permanent.Par contre, rien n'indique que d'autres systèmes de défense de l'organisme, celui des macrophages par exemple, ne soient directementtouchés.thèse, car on observa chez dix patients atteints du SIDA et souffrant du Kaposi, tous des signes d'une infection par le CMV.Un grand nombre d'études, particulièrement celles menées par G.Giraldo, de l'Institut italien de recherches sur le cancer, démontraient également des signes d'infection par le CMV chez des individus atteints du SIDA.Mais, dans l'ensemble, aucune de ces recherches n'a permis de déterminer si la présence du CMV précédait ou suivait le début du déficit immunitaire.Aujourd'hui, on admet que le CMV joue un rôle important dans le développement du Kaposi, mais il n'est pas certain que ce même virus soit aussi à l'origine du déficit immunitaire particulier au SIDA.Le CMV profiterait plutôt de ce déficit pour déclencher un Kaposi.Le virus Epstein-Barr et YHerpes simplex seraient eux aussi des agents * Franken/Sygma QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 21 mm.opportunistes.Ainsi que le commentait Michael Gottlieb, de l'Université de Californie à Los Angeles, «le lien entre les virus herpétiques et le SIDA ne prouve rien, puisque les virus herpétiques ont probablement parasité les êtres humains et leurs prédécesseurs depuis des milliers d'années sans jamais causer de tels dommages au système immunitaire».Un virus africain nommé ASFV [African Swine Fever Virus) a également intéressé les enquêteurs.Celui-ci infecte les porcs sauvages et domestiques d'Afrique et d'Haïti, et la maladie qu'il provoque ressemble au SIDA.Maisilya unhid Personne n’a encore pu démontrer que ce virus puisse être transmis du porc à l'homme.De plus, toutes les recherches visant à démontrer la présence d'anticorps contre ce virus dans le sang des personnes atteintes du SIDA ont échoué.Le virus a donc été disculpé et libéré.HTLV: UNE CIBLE DE CHOIX En 1 980, Robert C.Gallo, du National Cancer Institute au Maryland, isolait un nouveau virus responsable de leucémies et de lymphomes chez l'humain.Ce virus, le Human T-cell Leukemia Lymphoma Virus (HTLV), infecte de façon exclusive ces cellules au rôle primordial dans le système immunitaire, les lymphocytes T.Il devint donc la cible rêvée des enquêteurs.Le sang et ses dérivés sont un des moyens de transmission du syndrome.Aussi contrôle-t-on avec soin le sang des donneurs pour s'assurer que ces derniers ne présentent aucune trace du SIDA.Il s'agit d'un rétrovirus.Le matériel génétique de ce type de virus est composé d'ARN et, lorsqu'il infecte des cellules humaines, il doit commencer par produire une copie de son ARN sous la forme d’ADN, grâce à une enzyme, la transcriptase réverse.Cet ADN est ensuite intégré dans la génome de la cellule hôte.De leur côté, Max Essex et ses collaborateurs de l'université Harvard ont détecté, chez 19 des 75 personnes atteintes du SIDA qu'ils observaient, la présence d’anticorps dirigés contre le HTLV.Par contre, ce résultat n'a été obtenu que chez deux des 336 témoins.Une autre équipe américaine, dirigée par Robert Gallo lui-même, isolait le HTLV à partir des lymphocytes d'individus atteints du SIDA et l'identifiait comme appartenant au sous-groupe 1.Parallèlement à ces recherches, Barré-Sinoussi et une équipe de virologistes de l'Institut Pasteur isolaient aussi le HTLV des cellules de ganglions lymphatiques d'un individu montrant les signes précurseurs f du SIDA.Pour les Français, il s'agirait i QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 23 nombre de contacts différents et anonymes.Le nitrite d'amyle, cette drogue de divertissement communément appelée poppers, serait également en cause.Cette drogue circule librement dans les milieux gais.Sa vente est répandue et.légale.L'inhalation de ce produit pourrait contribuer à un effondrement du système immunitaire, du moins si on se fie aux résultats d’études préliminaires menées par le National Cancer Institute.De plus, dans l'étude des C.D.C., on observe une plus forte consommation de cette drogue chez les patients que chez les témoins.Mais tous les individus atteints du syndrome n'en avaient pas consommé.Les poppers pourraient donc contribuer à l'apparition de la maladie sans être la cause tant recherchée.D'autres facteurs de risque, tels que la malnutrition ou la consommation de drogues illicites, ont également été reliés à l'apparition du SIDA.UNE HYPOTHÈSE ENCOURAGEANTE Tous les homosexuels ne sont pas atteints, mais le candidat idéal possède un grand nombre de partenaires et les microbes lui courent après de façon chronique.Il continue néanmoins ses fréquentations, jusqu'à 500 annuellement, selon certains auteurs.Selon l'hypothèse récente émise par deux chercheurs américains, deux conditions sont nécessaires pour être l'élu du SIDA: être prédisposé, c'est-à-dire déjà souffrir d'une carence immunitaire à la suite d'infections chroniques et, surtout, rencontrer sur sa route l'agent causal du syndrome.Selon Jay Levy et John Ziegler, deux chercheurs de l'Université de Californie à San Francisco, le SIDA serait ni plus ni moins qu'une infection opportuniste.Elle n'entraînerait des conséquences graves que chez les individus dont le système immunitaire est déjà compromis par des infections virales, bactériennes ou parasitaires répétées.L'agent causal du SIDA, encore là probablement viral, viendrait précipiter ses victimes, déjà affaiblies, dans un état de carence immunitaire irréversible.Selon cette hypothèse, on peut imaginer des porteurs sains qui, naïvement, sèment à tout vent l'agent SIDA.À l'inverse, il existerait aussi des individus immunodéficients qui ne l'ont pas encore rencontré.Pour ces derniers, Levy et Ziegler estiment qu'il est possible de prévenir le syndrome, tant que le déficit immunitaire n'est pas devenu permanent.L'élimination des facteurs ayant provoqué le déficit contribuerait alors à remettre sur pied leur système immunitaire chancelant.Lorsque le déficit immunitaire est bien installé, il semble que les diverses manifestations du syndrome deviennent difficilement curables.Rien n'y fait: aucune chimiothérapie ne permet vraiment de renverser la vapeur.En admettant que l'agent causal du SIDA soit réellement un virus, il faudrait, pour éliminer le syndrome, inhiber l'action du virus sur le système immunitaire.En attendant l'identification de ce virus et la préparation subséquente d'un vaccin et pour paraphraser James Curran, le p.d.g.du groupe SIDA aux C.D.C., il faudra peut-être apprendre à «vivre» avec le SIDA.Devant l'ampleur du phénomène SIDA, les pouvoirs publics américains ont initié un formidable branle-bas Tous les traitements, même les plus perfectionnés comme l'interféron, se révèlent peu efficaces pour soigner les infections et tumeurs qui accompagnent le SIDA.de combat.Pour Mme Heckler, ministre de la Santé publique aux États-Unis, le SIDA est devenu la priorité n° 1, d'où sa décision d'investir une somme de 26 millions de dollars au cours de l'année 1983 dans la recherche sur ce syndrome.Les géants de l'industrie pharmaceutique américaine, Hoffmann-La Roche et Schering, par exemple, ont emboîté le pas en promettant de subventionner en partie l'établissement de cliniques spécialisées et la création d'une revue scientifique, AIDS Research, consacrée à la recherche sur le SIDA (AIDS étant l'abréviation en anglais pour le syndrome).Cette revue, appuyée par le AIDS Medical Foundation, s'adresse aux médecins et aux chercheurs et s'annonce de très haut calibre.Des chercheurs éminents comme Mathilde Krim, du Sloan-Kettering Institute for Cancer Research, et David Baltimore, prix Nobel de médecine, font partie du bureau de direction.Vingt pour cent des profits du journal seront affectés à la recherche sur le SIDA, ce qui est un précédent dans l'histoire de la médecine.Au Canada, Mme Bégin, ministre de la Santé et du Bien-être social, a formé un comité national d’étude sur le SIDA, tandis qu'au Québec, le comité SIDA-Québec, composé de médecins, de chercheurs et d'observateurs provenant du milieu gai, fonctionne déjà depuis plusieurs mois.Partout, on se mobilise pour travailler sur ce nouveau syndrome.Toutes les informations recueillies de par le monde convergent vers les C.D.C., à Atlanta.Cette mobilisation générale permettra peut-être d'en apprendre plus que durant toute la précédente décennie sur la virologie et le cancer en général et, les deux sciences étant dorénavant forcées de s'unir, sur les virus oncogènes.Peut-être tiendrons-nous enfin le chaînon manquant entre les virus, l'immunité et le cancer! ? 24 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Conseil national de recherches Canada National Research Council Canada Postes d'attachés de recherche — 1984 pour des recherches en science et en génie, dans les laboratoires du CONSEIL NATIONAL DE RECHERCHES DU CANADA.Le Conseil national de recherches est le principal organismede recherche du Canada.Les travaux de laboratoire du CNRC couvrent la plupart des domaines des sciences physiques, des sciences biologiques et de l'ingénierie.Les candidats aux postes d'attachés de recherche doivent avoir reçu récemment un doctorat ès Sciences (Ph.D.), ou une maîtrise dans un des domaines du génie, ou être sur le point d'obtenir un de ces diplômes avant d'entrer en fonction.Les postes d'attachés de recherche sont accessibles aux ressortissants de tous les pays, même si la préférence est accordée aux citoyens canadiens.Les attachés de recherche seront nommés au personnel du Conseil national de recherches pour une période déterminée.Ils se verront offrir les mêmes salaires et avantages dont jouissent présentement les membres permanents du personnel.En guise d'exemple, le salaire actuel au niveau du doctorat est de 28 914$ par année.La nomination initiale portera, en général, sur une période de deux ans et pourra être renouvelée sujet au rendement de l'attaché de recherche et selon les besoins de la Division.On peut obtenir un formulaire d'inscription auprès du Bureau des attachés de recherche, Conseil National de recherches du Canada, Ottawa, Ontario, K1A 0R6.Date limite d'inscription : le 1 5 décembre 1 983 Canada Médecine Mceill Renseignements: (514) 392-5306 Il n’y aurait pas que le cholestérol Pourquoi la moitié des victimes d’une crise cardiaque ont-elles un taux de cholestérol normal mais des artères aussi endurcies que celles d’un vieillard, quand la plupart d’entre elles ont moins de 65 ans?Professeur de cardiologie à McGill et chef de l’unité de recherches cardiovasculaires de l’hôpital Royal Victoria, le Dr Alan Sniderman pense avoir trouvé une réponse à cette question.“On s’est peu intéressé à l’étude des protéines porteuses de cette substance grasse de l’organisme.Et ce n’est pas en mesurant le taux de cholestérol sanguin qu’on peut arriver à les décrire," explique-t-il, “car il faut séparer le cholestérol du plasma sanguin pour étudier ces protéines.” C’est ainsi que le Dr Sniderman a pu démontrer qu’à un taux de cholestérol normal pouvait correspondre un taux anormalement élevé d’apoprotéines qui, en outre, ont une taille et un comportement fort différents de celles d’un sujet en bonne santé.“Il semble donc,’’ conclut-il, “qu’un taux élevé d’apoprotéines soit un facteur de durcissement des artères aussi important que celui du cholestérol.” Le Ra5, une protéine très spéciale A la fin de chaque été, 20% des Canadiens éternuent car ils sont allergiques à une ou plusieurs des innombrales variétés de protéines contenues dans le pollen du foin.Il y a une dizaine d’années, un biochimiste de McGill, M.Lawrence Goodfriend, avait réussi à isoler l’une des protéines du foin, l’allergène Ra5.L’allergène a d’ailleurs intéressé de nombreux chercheurs à travers le monde car c’est une protéine minuscule et relativement simple.On a découvert ainsi que le Ra5 est la seule protéine pour laquelle on a identifié un marqueur génétique chez l’homme, le DR2.Or tout récemment M.Goodfriend a réussi avec son collègue de la division d’immunologie clinique de l’hôpital Royal Victoria, M.Abdul Choudhry, le tour de force d’unir chimiquement les 45 acides aminés du Ra5 et cette chaîne synthétique a pris d'elle-même la forme qui la rend biologiquement active.“Lorsque nous lui aurons fait les quelques modifications nécessaires notre allergène synthétique pourra “fermer” les cellules qui fabriquent les anticorps allergiques à la protéine naturelle et nous pourrons de ce fait guérir les personnes allergiques au Ra5,” de conclure M.Goodfriend.Publi-reportage POSTES DE BIOLOGISTES EN RECHERCHE Produits pharmaceutiques Notre entreprise, un chef de file de l’industrie pharmaceutique, possède des installations modernes à Kirkland, au Québec.Nous avons actuellement à offrir deux emplois intéressants en recherche, dans le domaine de la biologie.Ces postes devraient convenir à des chercheurs qualifiés désirant se joindre à une équipe de recherche internationale qui travaille activement à découvrir des nouveaux médicaments.Ces postes sont offerts aux personnes suivantes.— Les détenteurs d'une maîtrise en pharmacologie, en biochimie ou immunologie; une certaine expérience de la recherche dans un domaine connexe serait certainement un atout.— Les détenteurs d'un Ph D.en pharmacologie, en biochimie ou dans une science biologique connexe, possédant au moins une ou deux années d'expérience de recherche postdoctorale dans l'une des disciplines suivantes.1) Pharmacologie des voies respiratoires 2) Pharmacologie des muscles lisses 3) Études biologiques sur les leucotriènes ou les prostaglandines 4) Études biologiques sur les plaquettes, les leucocytes ou les macrophages 5) Recherche fondamentale en dermatologie ou sur des modèles animaux pour l'étude des maladies de la peau Si l'un de ces postes vous intéresse, veuillez envoyer votre curriculum vitæ, une liste de vos publications ainsi que trois références à l'adresse suivante.Le chef du Service du recrutement Merck Frosst Canada Inc.C.P.1005 Pointe-Claire, Dorval, Qc H9R 4P8 QUEBEC SCIENCE / novembre 1983 25 L'INRS-OCÉANOLOGIE ET L’ESTUAIRE ET LE GOLFE DU SAINT-LAURENT Le Saint-Laurent représente, à plusieurs points de vue, un atout important pour le Québec.L’Estuaire et le Golfe constituent, entre autres, pour beaucoup de gens de l'Est du Québec, leur survivance, leur façon de vivre.C’est pourquoi il est important de bien connaître les différentes divisions du Saint-Laurent, de les rendre plus productives, de les préserver.Pour les chercheurs de l’INRS-Océanologie, l'estuaire et le golfe Saint-Laurent sont, en fait, un laboratoire naturel de premier ordre.En effet, c’est au niveau des estuaires que des éléments physico-chimiques, biologiques et géologiques, responsables de la vie marine, revêtent une importance déterminante.D’où les choix quant aux recherches effectuées au Centre.üagl&gi Le milieu biologique et biochimique côtier Dans ce domaine, les scientifiques de l’INRS-Océanologie se penchent sur la chaîne alimentaire planctonique, et leurs travaux portent surtout sur l’ecophysiologie du plancton ainsi que sur la çlynamique des populations de zooplancton.Egalement, les différents niveaux de pollution de notre grande nappe d'eau retiennent l'attention (éléments traces, hydrocarbures, pollution organique).Le milieu physique côtier Le littoral forme le lieu géométrique de rencontre des interfaces air-mer et mer-terre, et cette zone s'avère la plus sensible de l’environnement marin.Des activités non pertinentes dans ces régions peuvent alors causer des problèmes graves pour l'environnement.En regard des processus littoraux, l’INRS-Océanologie se préoccupe de la dynamique sédimentaire littorale et, surtout, de la dynamique côtière.Les études concernent^ les impacts d'aménagements côtiers et le développement de modèles pertinents.La recherche halieutique Dans l’Est du Québec, le secteur des pêches est un domaine primordial dans l’économie régionale.Il ne faut donc pas perdre de vue la rentabilisation de ce secteur de la pêche ainsi que celui de la transformation des produits marins.Dans le cadre de la recherche halieutique, les chercheurs retiennent des projets reliés surtout à l'aquaculture et à la microbiologie marine.Pour la communauté Par sa collaboration avec, spécialement, l’Université du Québec à Rimouski et d’autres universités, les organismes comme Agriculture Québec et Pêches et Océans Canada, la cgmmunauté scientifique dans le domaine de l’océanologie et de l’océanographie, l’INRS-Océanologie, avant tout, oeuvre pour la société québécoise.Au Québec, les chercheurs ont accès à des services assurés par le Centre dont, nommément, ceux qui sont fournis par le Laboratoire océanologique de Rimouski (LOR) et la Station aquicole de Pointe-au-Père.Soulignons également que les chercheurs du Centre collaborent intensément à la formation des gradués inscrits aux programmes en océanographie de l’UQAR.Renseignements Pour de plus amples renseignements sur les programmes de recherche de l'INRS-Océano-logie ainsi que sur ceux des autres centres de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), on peut communiquer à l’adresse suivante: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec GW4C7 Téléphone: (418) 657-2560 poste 2564 ou 2565 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE 26 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Fin juin 1981.à 80 kilomètres au nord de la rivière de la Grande Baleine, le sol était encore recouvert de neige dont une partie persistera jusqu'à l'hiver suivant.K*.dl M >¦: .t : *?V'‘ rfgüj^ 'y -iw^Vr liÿiJSTs:^ .î^iïrü'm.»v:w .viiv’l**-, ¦ .> V "i* « , s^ÿîàüi PS53B ;mtys ry.~-*¦ :ûb§m i ïrï&ir rmm ,~-^gr vT?!mmS9 -i-r ¦ - four certains chercheurs, les masses de glace, telles que cet iceberg tabulaire dérivant au large de la côte ouest du Groenland, influencent le bilan thermique de la planète, en faisant diminuer la température de l'océan et augmenter la réflectivité de la surface terrestre. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 27 Le dernier été 1 U '¦U.7- La dernière fois, il a suffi de 150 ans pour que notre été se transforme en un hiver sans fin.À quand la prochaine glaciation?par Michel Lamothe «L'évacuation de Chicago en était à son troisième jour.Tout d'abord, d'énormes congères s'étaient formées dans la zone industrielle, recouvrant les aciéries et les raffineries installées tout le long de la rive sud.Des cargos, pris dans les glaces, s'étaient évanouis sans laisser de traces.Et puis, la neige avait pris possession de la ville.Elle s'entassait en couches de vingt, de trente mètres de haut.La Nationale 173, elle, était un vrai cimetière.Dès la seconde journée, les gens au bord de la route ne s'agitaient plus.Les cadavres s'entassaient dans la neige.» Le Sixième Hiver, aux éditions du Seuil.C'est ainsi que récemment le cli-matologiste John Gribbin et le romancier Douglas Orgill décrivaient le début de la prochaine glaciation.L'événement constituait une véritable catastrophe mondiale: une couche de neige de plusieurs dizaines de mètres recouvrait plus de la moitié du continent nord-américain, une partie de l'Europe et les grandes plaines de la Sibérie.Cette masse blanche étouffait les traces de la civilisation humaine et formait l'assise de la future calotte glaciaire continentale.Histoire farfelue ou scénario climatique plausible?En fait, il est inéluctable que, tôt ou tard, une grande partie de l'hémisphère Nord sera à nouveau recouverte par d'immenses calottes glaciaires, comme elle l'a déjà été au moins à quatre reprises dans le dernier million d'années.Nous vivons présentement la fin d'une période interglaciaire, l'Holocène.Depuis 7 000 ans, la moyenne des températures semble s'abaisser doucement.Quand entrerons-nous dans la prochaine période glaciaire?Les paléo-climatologistes ne s'entendent pas et nous livrent des chiffres variant entre 200 ans et 23 000 ans (voir l'encadré).Mais si on ne sait donc pas quand, on imagine maintenant mieux comment nous devrions entrer dans l'ère glaciaire qui nous attend.Et ce parce qu'on connaît aujourd'hui les conditions qui ont prévalu à la fin de la période interglaciaire précédente.LES ISOTOPES HISTORIENS Il y a environ 100 000 ans, le climat a connu des bouleversements dramatiques.L'évolution de l'environnement physique terrestre de cette époque a pu être retracée grâce à une science multidisciplinaire, la paléoclimatologie.Ses outils sont nombreux, mais le plus puissant est, sans aucun doute, l'analyse géochimique des isotopes stables.Cette technique nous indique comment, au début de la dernière glaciation, ont varié le volume des glaciers, le niveau de la mer et la température de l'air.L'oxygène, cet élément chimique qu'on retrouve dans presque toutes les substances naturelles, possède trois isotopes (atomes d'un même élément, en l'occurrence l'oxygène, dont le poids atomique diffère à cause du nombre différent de neutrons dans leur noyau), caractérisés par des masses atomiques de 1 6, 17 et 18.Le premier est le plus connu et le plus abondant dans la nature, comptant pour 99,76 pour cent de l'oxygène total.Le deuxième est relativement rare, 0,04 pour cent, tandis que le troisième, le plus lourd, doit son importance non à son abondance, 0,20 pour cent, mais à sa sensibilité aux processus naturels.Que ce soit dans l'eau de mer, la coquille d'un organisme marin, un gaz atmosphérique ou la neige des glaciers, la quantité relative d'atomes d'oxygène de masse 18 par rapport à ceux de masse 1 6 (rapport exprimé par 8 ) sera dans chaque cas légèrement différente.Ces écarts naturels très faibles (ils s'expriment non en pour cent, mais en pour mille) varieront aussi dans le temps en fonction des changements climatiques.Afin de les mesurer, on emploiera un appareil très sensible, un spectro-mètre de masse.LES GLACIERS IMPRIMÉS DANS LES COQUILLES Certains organismes marins s'entourent d'une coque protectrice qu'ils synthétisent en utilisant les substances composant l'eau marine, entre autres l'oxygène.Ces coques protectrices contiennent donc des isotopes 16 et 18 de cet élément.Dans une eau à température constante, l'isotope 18, à cause de sa masse plus élevée, se retrouve en quantité plus grande dans la calcite constituant cette coque.Et plus la température de l'eau change, plus la composition isotopique de la coque varie.Cependant, les variations naturelles de température de l'océan ne peuvent être seules responsables des écarts des compositions isotopiques mesurées dans les coquilles marines anciennes.Ceci est particulièrement vrai dans le cas de certaines faunes benthiques — celles qui vivent sur les grands fonds océaniques, où la température de l'eau est près du point de congélation.Même durant les périodes glaciaires, il est impossible d'imaginer que cette eau puisse avoir été plus froide.La composition isotopique de ces espèces benthi- 28 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Sur les traces de la dernière glaciation A CAROTTE DE GLACE B PALYNOLOGIE 0 50 100 Pollen (%) C CORAUX I D D m D -.35 -.65 -.95 **•' UN PARACHUTE AUX MILLE ET UNE CELLULES Jalbert a véritablement révolutionné le parachute et cela justifie qu'on fasse un rapprochement entre lui et Léonard de Vinci.Comme pour de nombreuses autres découvertes, il faut remonter jusqu'à ce Florentin François Huot 40 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE Le Kytoon, ce plus-léger-que-l'air qui offre /'avantage de rester, en dépit de forts vents, au-dessus de son point d'amarrage.pour trouver les «premières études sérieuses» sur le sujet.Voici comment ce dernier concevait un parachute: «Un cadre de bois solide sert de base à une sorte de pavillon pyramidal de forte toile empesée, haut de douze brasses (7,20 mètres) et large d'autant sur chaque côté.Des angles partent quatre cordes convergentes qui soutiennent un homme.» Il est heureux que Léonard de Vinci n'ait jamais fait l'essai d'un tel parachute.Si cette comparaison avec Léonard de Vinci est audacieuse, elle est, semble-t-il, fondée.Mais Nicolaïdes aurait dû l'appliquer au parachute aérodynamique multicellulaire, souvent identifié par les lettres RAM AIR, que Jalbert inventa en 1956.Contrairement à tous les parachutes classiques, qui ne contiennent qu'un seul centre de poussée (au milieu de la demi-sphère formée par la toile), le parachute de Jalbert contient autant de centres de poussée que de cellules qui, en fait, équivalent chacune à un petit parachute.Dans son livre Le parachutisme, Claude Bédard présente ainsi la découverte de Jalbert: «Capables d'une très grande vitesse (jusqu'à trente milles à l'heure) (.) les parachutes aérodynamiques fonctionnent sur le même principe de vol que les planeurs.Les approches d'atterrissage doivent être effectuées avec une très grande prudence et avec une connaissance parfaite des lois aérodynamiques, car tel un avion, ces parachutes peuvent décrocher soudainement à quelques pieds du sol sous l'effet d'une fausse manœuvre.» Avec ce genre de parachute, dont les vitesses, aujourd'hui, atteignent 70 kilomètres à l'heure, l'utilisateur se transforme en pilote.Les plus habiles contrôlent parfaitement la vitesse et la direction de leur «machine».Dans les épreuves sportives de parachutisme, il faut désormais avoir une cible électronique pour déterminer les vainqueurs car il n'est pas rare qu'un sauteur touche à tout coup et à une vitesse presque nulle la cible de seulement dix centimètres de diamètre (c'est particulièrement le cas lors des championnats mondiaux où, d'ailleurs, les Québécois amassent régulièrement les lauriers de la victoire).DEUX «PLUS-LÉGERS-QUE-L'AIR» EN UN Une autre invention de Jalbert, plus ancienne celle-là, est le « Kytoon» ou «cerf-volant-ballon».Combinaison de ces deux «plus-légers-que-l'air», le kytoon est une sorte de poire comportant quatre ailerons sur sa partie mince et arrière.Pour Laurent Hardy, le Kytoon est un «appareil apparemment très simple en soi, mais que seule une intelligence vraiment extraordinaire pouvait imaginer».Gonflé à l'hélium, le Kytoon peut soulever des charges tout en offrant l'avantage de rester, même en dépit de vents forts, au-dessus de son point d’amarrage.Il fut utilisé, entre autres, dans l'Antarctique pour l'établissement de contacts radio, dans la jungle du Brésil dans le cadre d'une étude de l'Institut Rockefeller sur la malaria, en mer de Norvège pour la recherche de baleines harponnées, au-dessus de certains plans d'eau pour filmer le frai des saumons, dans le ciel de villes pour des études sur la pollution, ou encore.au cours de campagnes électorales.Le Kytoon a aussi servi à des fins militaires.Inventé en 1939, il ne fut, pour des raisons stratégiques, révélé au public que quatre ans plus tard.Au demeurant, Jalbert fut invité dans les années 50 à participer à certains projets restricted (il refuse d'en révéler les détails) concernant les «missiles téléguidés, les satellites et l'espace».Ce ne furent pas les seules expériences de nature militaire auxquelles Jalbert a participé puisque, en 1 939, il entrait à l'emploi de la U.S.Rubber Company et prenait la direction du département des ballons.Livrés à l'Angleterre, ceux-ci étaient envoyés par paquets dans le ciel afin de constituer un barrage aux bombardiers allemands qui effectuaient leurs raids la nuit.LE VENT DANS LES VOILES Avis aux «véliplanchistes», Jalbert, toujours préoccupé par les questions de vent, a récemment mis au point une nouvelle voile dont la caractéristique principale est un centre de poussée plus bas que sur une voile classique, facilitant ainsi l'apprentissage et la pratique de ce sport dont la popularité croît de façon fulgu- , rante.Le dessin de la nouvelle voile, qui comporte une partie rigide, est breveté, toutefois Jalbert aimerait collaborer avec une entreprise québécoise pour la commercialiser.Ce n'est pas le premier essai de Jalbert en navigation puisqu'il a introduit en 1973 une modification au spinnaker (voile en forme de parachute).Au lieu d'être «vide», le spinnaker de Jalbert comporte des cellules intégrées à la voile, augmentant ainsi la poussée et la vitesse des voiliers.Le nombre de cellules est proportionnel à la grandeur du spinnaker.Selon Jalbert, ce spinnaker n'a pas reçu l'attention qu’il mérite de la part des compagnies.Il aimerait rouvrir le dossier.À 79 ans, cet Américain d'origine québécoise souhaite renouer avec ses origines, «sa» province comme il dit, avec la langue française qu'il aime bien entendre et qu'il s'efforce de réapprendre.Son «retour au pays», il veut l'effectuer par le biais des affaires, de la production ici d'une nouvelle voile.Que ceux qui .sont intéressés se lèvent.? PUBLIREPORTAGE a/v coMBusmce PEPOWE Que ce soit par le biais du recours à de nouvelles sources d'énergie, de l'introduction de techniques améliorées de production ou d’un partage différent des marchés de distribution, l’industrie énergétique n'échappe pas aux changements qu’introduit le virage technologique amorcé dans les sociétés modernes.La poussée récente du gaz naturel, en Europe et en Amérique du Nord, n’est pas étrangère à ces bouleversements rapides des économies industrielles.L'affinité de cette forme d'énergie avec plusieurs technologies de pointe lui assure maintenant une place de choix dans la brochette des énergies qui s’offrent aux industries de l'avenir.L'énergie de la précision À l'heure de la révolution télématique, l'industrie de l’électronique est appelée à jouer un rôle crucial dans le développement économique des pays et des régions.Au Québec, le virage technologique passe, entre autres, par l’implantation d'un secteur de l'électronique vigoureux et concurrentiel.Or, le gaz naturel pourrait être parmi les facteurs déterminants dans la course pour attirer les industries de pointe de ce secteur sur un territoire.En Californie, berceau de la révolution électronique, les usines de fabrication de composantes électroniques ont choisi le gaz naturel comme source d’énergie pour assurer le contrôle très précis des températures et des taux d’humidité des locaux et des aires de travail.Les appareils de chauffage et de climatisation, alimentés au gaz naturel, offrent l’intéressante propriété d'un contrôle rapide, facile et précis, notamment en comparaison d’un élément électrique qui est lent à réagir aux changements commandés.Dans le domaine de la fabrication et de l'opération d'ordinateurs, et surtout dans celui de la micro-électronique de précision, cette caractéristique est essentielle.Pour M.Robert Jean, Directeur des ventes industrielles à Gaz Inter-Cité Québec, le transfert des technologies américaines vers les endroits voulant se doter d’usines de fabrication d'équipements électroniques maintiendra le recours au gaz naturel comme combustible.Sur ce plan, la région de Sherbrooke disposera d'un réseau d’approvisionnement en gaz naturel, dès l'automne 1983, et pourra alors concurrencer des villes ontariennes, comme Burlington, non loin de Toronto qui peuvent offrir un tel service ».D'autres industries profitent déjà de la possibilité de contrôler précisément le degré de chaleur des procédés par l'emploi du gaz: les fours de cuisson des cimenteries, de l'industrie du verre et des briqueteries nécessitent une chaleur uniforme pour fabriquer des produits de qualité.Avant même l'arrivée des conduites de gaz naturel dans la région de Québec, la Compagnie Brique Citadelle achetait et se faisait livrer par camion le gaz naturel produit parSOQUIP dans son puits de Saint-Flavien, non loin de Québec.Président de Brique Citadelle, M.Cajetan Côté soulignait les avantages de son choix: ‘ L'Utilisation du gaz naturel a permis d'améliorer la qualité de nos produits, de réduire le coût d'entretien de nos équipements de production et de réaliser des économies par rapport à l'huile légère que nous utilisions auparavant.» Le contact direct avec la flamme, possible dans le cas du gaz naturel à cause de sa pureté, le rend aussi particulièrement approprié aux procédés de séchage et de cuisson, par exemple dans le secteur agroalimentaire ou dans celui des textiles.Contaminé par le souffre et certains métaux lourds, le mazout enflammé ne peut être exposé directement aux objets ou aux pièces qu’on doit traiter.La nécessité d’ajouter des réseaux de transfert de chaleur, par le biais de vapeur d'eau ou d’air chaud, contribue alors à une perte significative d'efficacité par rapport au séchage direct.À coût égal du combustible, le remplacement du mazout par le gaz naturel peut représenter des économies de l'ordre de 30 à 40 pour cent des coûts de production, notamment dans l’industrie textile.Cette performance vaut son pesant d’or dans des secteurs manufacturiers dont les difficultés économiques sont bien connues.L’industrie du bois tire aussi profit du recours au gaz naturel.Pour le séchage du bois d’œuvre, cette énergie augmente l’efficacité de plus de 10 pour cent.Il n'y a qu'au Québec que le gaz est à peu près absent du secteur des pâtes et papiers.En Ontario, le gaz compte pour 55 pourcent de l'ensemble de la consommation énergétique de ce secteur industriel important.Encore ici, le besoin d'augmenter la compétitivité et la rentabilité des usines est fondamental, dans un marché mondial en plein effervescence.La modernisation de l'industrie québécoise des pâtes et papiers, que ce soit sous l’angle de l’amélioration du rendement des procédés ou dans son volet environnemental, devrait inclure l’introduction du gaz naturel à certaines étapes.Ne serait-ce que pour atteindre la consommation moyenne de cette industrie au Canada, soit 29 pour cent.L’une des compétitrices du Québec dans la fabrication et l'exportation du papier a d'ailleurs dépassé cette proportion dans son bilan énergétique: la consommation de gaz de l'industrie des pâtes et papiers de Colombie-Britannique s’établit à 35 pour cent du total de la consommation des industries.L’énergie de la propreté L'industrie des métaux est reconnue grande consommatrice d’énergie.Voilà donc un secteur où les diverses formes de combustible sont en vive concurrence.Mais, même à prix de vente égal, le gaz naturel offre des atouts fort adaptés au contexte social actuel.Exempt de soufre et de contaminants métalliques, le gaz naturel est non polluant.Aussi bien les normes de qualité de l'air que les conditions de salubrité du milieu de travail à l'intérieur des usines sont alors respectées plus facilement.Pour se soumettre aux exigences gouvernementales dans ces domaines, les industries fonctionnant au mazout doivent aujourd’hui faire appel à des pétroles de meilleure qualité, donc plus dispendieux.Le transfert au gaz naturel s'avère ainsi attrayant du point de vue financier.Au Québec, le gaz naturel compte pour 53 pour cent de la consommation énergétique de l’industrie de l’acier, en grande partie à cause des installations de Sidbec à Contrecœur qui sont alimentées par Gaz Métropolitain inc.Au cours des prochaines années, l'industrie de l’aluminium est sujette à des développements importants.Le Québec aura sa grande part de cette croissance, du fait de ses ressources hydro-électriques disponibles à des coûts très avantageux.Il reste néanmoins certaines phases des procédés de fabrication ou de transformation qui nécessitent une combustion.Pour éviter la pollution de l'air sans frais supplémentaires pour l’achat d'équipements de dépollution et ainsi assurer une meilleure rentabilité, le gaz naturel doit alors être envisagé.Aux États-Unis, les usines du géant de l’aluminium ALCOA font déjà largement appel à cette source d'énergie propre.Un choix plus que commode La commodité du gaz naturel ne se limite pas à sa propreté.L'absence d'installations d’entreposage au point de livraison réduit les besoins d'espace des usines et permet une meilleure intégration aux paysages environnants.L'industrie obtient l'énergie à demande, au rythme de ses besoins, grâce à un cheminement constant dans des conduites de distribution.En plus, le système de canalisations souterraines assure une fiabilité de livraison à toute épreuve, les aléas de la température étant éliminés.Rnies les inquiétudes et les retards à cause des embouteillages ou des tempêtes de neige.Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact d'une facturation basée sur l’énergie consommée, non pas entreposée.Ce tableau des avantages du gaz naturel pourrait être allongé encore.Bon vendeur de son produit, M.Robert Jean de Gaz Inter-Cité Québec Inc.va même jusqu'à mentionner la réduction du rythme de corrosion des voitures stationnées autour des cheminées d'usines alimentées au gaz naturel plutôt qu'au mazout lourd ! Aucun test scientifique n’a encore prouvé cet avancé.Les intervenants de l'industrie n'ont toutefois pas besoin de cette démonstration pour se convaincre des avantages du gaz naturel.PU B Ll-RE PORTAGE 42 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE toc MOT UC Ain MINC L£5f minja|ai ##iil Une spécialité québécoise connue internationalement: Charlemagne et la géostatistique par Éric Devlin Fermont et son gisement du mont Wright: ville de fer à la frontière du Labrador qui alimente les villes d'acier du sud.Avec seulementquel-ques godets, une pelle mécanique déposera près de 150 tonnes de minerai dans la benne d'un camion.L'aide arpenteur s'appuie sur sa chaîne près de la roue avant du camion, sa tête ne dépasse pas l'essieu.Il fait figure de lilliputien au pays des géants miniers.D'ailleurs ici tout est gigantesque à commencer par l'équipement et son coût: 800 000$ pour un camion de 150 tonnes et trois millions de dollars pour une pelle de 15 mètres cubes.Mais pourtant, le prix de la tonne de minerai n'est que de 18$ ou 20$.Il est donc important de ne pas faire attendre ces dinosaures à quatre roues si la compagnie veut demeurer rentable dans une industrie où la concurrence est féroce.Les compagnies minières recourent donc de plus en plus à de nouvelles armes: la géostatistique et l'informatique.Au mont Wright, c'est Charlemagne qui s'occupe de l'affectation des camions.Au début, Charlemagne était très efficace.Il assignait les camions, contrôlait leur niveau d'essence, assurait la relève des employés, calculait le nombre d'heures d'opération des pneus et variait les trajets des camions pour que ceux-ci ne s'échauffent pas.Charlemagne était un ordinateur heureux: on le présentait fièrement aux visiteurs, il était l'orgueil de cette industrie plutôt conservatrice.Un jour ses patrons ont considéré que Charlemagne était dépassé.mais heureusement pour lui, on a décidé de le recycler et voilà Charlemagne sur les bancs de l’Université de Montréal.RECYCLER UN ORDINATEUR François Soumis, du Centre de recherche sur les transports de cette université, a pris en main la rééducation de Charlemagne.«La faiblesse du système est qu'il n'assigne qu'un camion à la fois, ne s’occupant pas des répercussions de sa décision sur le reste de la flotte, explique François Soumis.Sa première décision ne sera peut-être pas la bonne, compte tenu des événements qui surviendront.En quelque sorte, Charlemagne affecte les camions de la même manière qu'un joueur d'échec déplace une pièce sur l'échiquier sans analyser les réactions possibles de l’adversaire.Nous voulons donc lui inculquer quelques notions d'intelligence artificielle.» «Notre système est valable pour minimiser les temps d’attente aux pelles.C'est un bon système de communication, affirme Martial Côté, ingénieur minier à la Compagnie Québec Cartier.Maintenant on veut optimiser la production du concentrateur, en contrôlant mieux la teneur du minerai.» Cette teneur est un élément très important pour l'industrie métallurgique.Un client peut exiger 0,1 pour cent de titane dans le minerai de fer livré et la fiabilité de ce faible pourcentage déterminera qui obtiendra le contrat.La concentration est, comme son nom l'indique, l'étape après l'extraction du minerai, où la roche est broyée et le minerai concentré.Les méthodes utilisées exigent que la roche jetée dans le concentrateur ait toujours la même teneur et la même dureté pour obtenir un rendement optimal.Par exemple, si le minerai, au concentrateur, a une teneur moyenne de 55 pour cent de fer et que le minerai extrait en contient 70 pour cent, on devrait nécessaire- ment diluer ce minerai trop riche avec du plus pauvre.Ce facteur est contrôlé par un programme d'exploitation, mais il ne peut tenir compte de certains éléments impondérables comme des bris mécaniques à une pelle.«Pour contrôler la teneur, les ingénieurs de Québec Cartier mettaient une pelle en réserve mais évidemment cette méthode représentait une perte de productivité puisque cette pelle n'était pas occupée de façon continue, explique François Soumis.Avec son nouveau logiciel, Charlemagne pourra établir des plans à très court terme qui ne serviront qu'une heure etqui assureront l'équilibre entre la productivité et la teneur.» Toute la géologie de la mine devra être mise sur ordinateur.Les raffinements informatiques qui seront appliqués à Fermont feront du gisement du mont Wright une des mines les plus informatisées au monde.«En fait, il ne s'agit que de l'application de la théorie des files d'attente à l'industrie minière», fait remarquer Jorgen Elbrond, professeur au département de génie minier à l'École polytechnique de Montréal, qui a été un des pionniers dans ce domaine.Il a appliqué cette théorie mathématique, entre autres, aux trains minéraliers en Afrique du Sud et au Brésil.Ceux-ci sont formés de 200 à 300 wagons transportant chacun 100 tonnes de minerai.«C'est toujours le même problème, dit-il, il faut évaluer la capacité de transport en minerai et la teneur de celui-ci pour en arriver à une estimation au concentrateur.» VOIR PLUS LARGE Un des principaux apports des mathématiciens et des informaticiens à l'industrie minière a été de considérer un gisement comme un en- QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 43 AM M Q -ï/iai] ¦ ** A» ¦ X ; I Ces mastodontes que l'on charge du minerai de fer arraché au cœur du mont Wright, c'est à l'ordinateur Charlemagne que l'on en confie le contrôle.semble de blocs ayant chacun une teneur en minerai bien précise.La difficulté est de jauger la dimension et la teneur de chaque bloc puis de déterminer l'ordre dans lequel ils seront extraits.C'est le mariage entre la géologie et les sciences statistiques.«On s'attend toujours à plus de minerai dans l'exploitation d'une mine.C'est le côté humain, l'enthousiasme du chercheur d'or qui l'emporte sur le côté rationnel», constate Michel David.Cet ingénieur et professeur à l’École polytechnique f **./.¦âmm mm* WliïFj, U,___ 44 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE On utilise maintenant de plus en plus les outils mathématiques pour évaluer les ressources minérales.Entre autres, la géostatistique, dont Michel David est un des spécialistes mondiaux.de Montréal est considéré comme un des experts mondiauxen estimations géostatistiques des réserves minérales.Il en compte déjà plus de 200 à son actif.Michel David a prodigué ses conseils à plusde 50compagnies réparties dans une douzaine de pays à travers le monde.L'Unesco et l'Otan ont également eu recours à ses services.Finalement, il a donné le premier cours intensif de géostatistique aux États-Unis en 1974.«Les échantillons sont les seules choses dont tu peux être sûr dans les mines mais les gens pensent que ce qu'ils ont entre les mains correspond exactement ce qu'ils retrouveront sous terre.» Michel David s'est ainsi aperçu que les ingénieurs miniers ne font pas la différence entre la mesure en un point et une moyenne.«Si tu mets ton pied sur une bouche d'égout, tu sais que tu ne passeras pas au travers car, en moyenne, ton pied est soutenu.Mais si tu n'avais analysé qu'une zone entre le treillis métallique, tu en aurais déduit que c'était dangereux de poser ton pied là !» Lors de l'évaluation de la richesse d'un gisement, une série de trous sont forés pour nous donner quelques indications.Le facteur humain joue énormément lorsqu'une section de carotte de forage contient une teneur élevée en minerai.Michel David est toujours étonné de voir avec quelle rapidité le géologue dessine autour de cet échantillon riche en minerai un bloc ayant la même teneur.UNE NOUVELLE APPROCHE.«La géostatistique a apporté plus de rigueur dans l'évaluation d'une réserve minérale, ce qui n'était pas le cas auparavant, remarque Michel David.Maislescompagniesminières viennent toujours nous voir seulement quand elles ont des problèmes.» À titre d'exemple, Michel David me montre le plan d'une mine d'or en Nouvelle-Guinée.Après avoir creusé, ¦¦-‘i la compagnie n'a pas trouvé tout le minerai espéré.Un nouveau calcul a permis de mieux localiser le gisement.La compagnie, peut-être trop pressée, avait foré au mauvais endroit.«Il y a des questions élémentaires à se poser, affirme Michel David.Même si on connaît bien l'échantillon, on ne sait pas vraiment ce qu'il y a autour.Si on assimile la teneur d'un bloc de minerai à celle de son échantillon, on commet une erreur, mais de quel ordre de grandeur?» La géostatistique permet d'évaluer cette erreur en «mathématisant» la continuité du minerai.I! s'agit de trouver une fonction mathématique qui nous donne la ressemblance existant entre deux échantillons situés en deux points quelconques du gisement.Une fois cette fonction trouvée, on devrait être capable de déduire la ressemblance moyenne entre la teneur d'un bloc et celle des échantillons qui l'entourent.« Chaque mine est presque un cas particulier pour lequel il faut réadapter la théorie, avoue Michel David.Comme la géologie est presque un art tandis que les statistiques sont plutôt une science, ils font un drôle de menage.» .ET DE NOMBREUSES APPLICATIONS Les applications de la géostatistique sont nombreuses.Le gouvernement albertain exigeait que le charbon extrait n'émette pas plus qu'une certaine quantité de soufre dans l'atmosphère chaque mois.Cette moyenne mensuelle était facile à respecter: si un jour le charbon était trop riche en soufre, il suffisait de contrebalancer un autre jour avec un charbon à teneur plus faible en soufre.Le problème s'est corsé lorsque le gouvernement a modifié sa norme mensuelle pour une moyenne horaire.L'exploitation du gisement de charbon devenait presque impossible avec cette contrainte.Par calcul géostatistique, il a été possible de refaire un plan d'exploitation de la mine qui tienne compte à chaque heure de la teneur du charbon en soufre. QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 45 En Saskatchewan, il existe un gisement d'uranium tellement riche que son exploitation présentait une difficulté majeure si on ne voulait pas exposer les ouvriers à des doses de radiations supérieures à la norme permise.Le gisement contient également de l'arsenic.Michel David a conçu un modèle du gisement que les ouvriers peuvent interroger pour déterminer dans quelle partie de la mine ils travailleront en fonction des taux de radiations et d'arsenic auxquels ils ont déjà été exposés.À Denver, l'équipe de Michel David est intervenue dans le cas d'une usine d'accumulateurs d'automobiles de Dallas soupçonnée de contaminer le sol avec du plomb.On avait observé que les chiens mouraient davantage autour de l'usine qu'ailleurs.Les propriétaires de l'usine rétorquèrent que le plomb présent dans le sol pouvait très bien venir des tuyaux d'échappement des voitures.Une étude géostatistique de la distribution du plomb autour de l'usine comparée avec celle d’une zone urbaine témoin a permis de démontrer qu'il existait une auréole de concentration de plomb autour de l'usine.Détail amusant: dans la zone témoin on a observé des concentrations de plomb aux intersections des rues.JOUER AVEC DES MODÈLES La simulation des procédés de concentration constitue une application plus récente de l'informatique à l'industrie minière.Le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources du Canada a d'ailleurs mis sur pied en 1980 le programme SPOC (Simulated Processing of Ore and Coal).Sous la responsabilité du Centre des technologies minéraleset énergétiques (CANMET), le projet SPOC est un ensemble de programmes relatifs au traitement du minerai qui seront développés à 95 pour cent par les universités canadiennes d'ici 1985, pour répondre aux besoins de l'industrie.Construit en trois étapes, chacun des programmes vise à résoudre le problème de la collecte des données, à corriger les erreurs qui en découlent et finalement à construire un modèle informatique utilisé pour faire des simulations.«Il est plus facile de jouer avec des équations mathématiques sur un ordinateur que de déplacer la machinerie à l'intérieur d'une installation minière pour en étudier le comportement, remarque en riant Frédéric Flament, du programme SPOC.Nous offrons donc un service à l'industrie qui veut améliorer ces méthodes de traitement de minerai.» Daniel Hodouin, du Groupe de recherche en automatisation appliquée à l'industrie minérale de l'université Laval, s'intéresse particulièrement au broyage de la roche car cette phase consomme énormément d'énergie.Elle est, de plus, cruciale Le minerai que l'on achemine dans le concentrateur doit toujours avoir la même teneur en fer et la même dureté.On a donc conçu un logiciel qui permet d'assurer un équilibre entre la productivité et la teneur.pour le traitement du minerai.En effet, si le cuivre, le plomb et le zinc, par exemple, sont finement associés dans la roche, il faut que le broyage soit assez efficace pour dissocier les minéraux les uns des autres sinon la récupération des métaux sera plus faible.«Le principal ennui avec la simulation des procédés de broyage, c'est la difficulté d'obtenir des données pour bâtir nos équations, affirme Daniel Hodouin.Lorsqu'une compagnie nous demande d'étudier et d'améliorer éventuellement son procédé de broyage, nous allons sur place pour recueillir des informations, mais essayez donc de mesurer un débit de roche! Il nous faut également des précisions sur la granulométrie, la teneur, etc.» Dans les quelques cas traités, l'équipe de Daniel Hodouin a obtenu des améliorations théoriques de cinq à dix pour cent.Cela peut paraître faible, mais par rapport aux coûts de production astronomiques, c'est énorme.CHANGER SES HABITUDES Mais comment une industrie souvent qualifiée de conservatrice et de superstitieuse voit-elle l'arrivée de l'informatique et des mathématiques dans son univers?Comment le contremaître qui prenait un échantillon sur 50 wagons sortant de la mine et crachait dessus pour enlever la poussière et déterminer s'il y avait ou non du minerai, réagit-il devant le géostatisticien lui faisant remarquer que sa méthode d'échantillonnage laisse pour le moins à désirer quand elle n'esttout simplement pas une hérésie mathématique?«Il y a beaucoup de résistances de la part du personnel et de la direction des compagnies minières, constate Daniel Hodouin.C'est normal que le gars qui a travaillé 1 5 ans dans la fabrication du ciment soit méfiant quand je confronte ses méthodes de travail avec une simu- 46 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE lation par ordinateur.L'université n'a pas de leçons à donner à l'industrie; elle ne peut que l'aider si celle-ci en fait la demande.» «Les travailleurs de l'industrie minière ne connaissent pas l'informatique car ils sont éloignés des grands centres», constate Frédéric Flament.Pour Jorgen Elbrond de l'École polytechnique, il y a erreur sur l'outil.«Le directeurde mine croit que tout peut être résolu par ordinateur.En mai dernier, je donnais un cours en Chine.Ils voulaient tous savoir comment utiliser leur microordinateur et ils ne comprenaient pas que je leur parle de mathématiques appliquées.» «La consécration de l'ordinateur comme «homme de l’année» par le magazine Time en 1982 est l'événement qui a le plus contribué à l'essor de la géostatistique, opine Michel David, maintenant, on accepte plus notre message parce que le medium est reconnu.» «C'est vrai que l'industrie minière commence à être consciente des avantages de l'informatique et des mathématiques car elle réalise qu'elle perd beaucoup d'argent par son manque de rigueur, renchérit Frédéric Flament, mais elle est encore méfiante et cela va prendre du temps avant qu'elle ne l'utilise, sauf pour les grandes compagnies.» «En Australie et en Afrique du Sud, on emploie beaucoup l'informatique dans les mines, mais il se fait peu de recherche dans les universités.En Amérique du Nord, c'est le contraire: on en parle plus qu'on ne l'utilise», tranche Jorgen Elbrond.Ce n'est pas par hasard que la compagnie de Michel David, Système géostat international, a plus de contrats en Australie qu'en Abitibi.«La géostatistique a fait ses premières erreurs ici, avoue David.Aujourd'hui, continue-t-il, des développements majeurs ont été réalisés dans cette discipline.Il ne reste qu'à simplifier le système.» ?La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?¦P' Pour ^ le chercheur, WP l’étudiant, y l'universitaire, La Recherche oons» Offre spéciale* Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 n os ) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom - adresse - pays- à retourner accoampagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. rcllf • Plus de trente reproductions de tableaux en couleurs du peintre animalier Robert Bateman.• La ronde des saisons et le drame de leur beauté vus par l'artiste.Les grands phénomènes de la flore et de la faune de l'Amérique du nord.Une nouvelle excursion dans la nature à chaque page de Y Agenda, avec Robert Bateman comme guide.et recevez GRATUITEMENT ce magnifique AGENDA DU NATURALISTE 1984, ROBERT BATEMAN (Valeur de 14,95 $)* Une carte-cadeau sera envoyée directement à son destinataire en votre nom.Veuillez abonner la personne suivante pour ?1 an /1 2 numéros, au coût de 23 $ ?2 ans/24 numéros, au coût de 40$ ?1 an /à l'étranger, au coût de 32 $ 31 LL nom 1 1 M ! 1 1 1 1 ||,|,||| 50 61 prénom 80 LJ 7 1 | U 8 1 1 1 1 ! 1 1 1 1 1 1 1 M 1 1 ! ! 9 1 1 numéro rue appartement 28 29 1 | ville J 1 1 1 1 1 1 1 1 province 48 JJ 69 code postal 74 Pour avoir abonné la personne dont j'ai inscrit le nom à gauche, veuillez m'envoyer gratuitement l'agenda du naturaliste 1984 Robert Bateman d'une valeur de 14,95$.VOTRE NOM ADRESSE___ CODE POSTAL.TÉI_________ ?Chargez à mon compte Mastercard # .Date d'expiration.Signature.?Chèque ou mandat postal ci-joint Faites parvenir les deux coupons avec votre paiement à l'adresse suivante: Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854 de l'extérieur: 1-800-463-4799, poste 2854 Quantité limitée.Seuls les 1 000 premiers envois pourront bénéficier de cette offre.Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1983 Depuis un an, le monde a changé, Découvrez le nouvel ETAT DU MONDE 1983 Annuaire économique et géopolitique mondial sous la direction de François Gèze, Yves Lacoste, Alfredo Valladâo 1983 • Les États-Unis, premier client et premier fournisseur du Nicaragua, • Les 146 mouvements de lutte armée dans le monde, • Les sex-tours en Asie du Sud-Est, • La mortalité infantile augmente en URSS, • La culture des jeux électroniques, • 127 articles, • 40 cartes, • 78 bibliographies, • 1180 adresses utiles.H ¦y/\ En vente en librairie dès le 15 octobre 1983 un livre entièrement nouveau chaque année LA DÉCOUVERTE/MASPERO BORÉAL EXPRESS QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 LES ACCENTS S’EN VIENNENT Comme on l'a déjà dit plusieurs fois, le plus gros handicap pour les consommateurs québécois qui acquièrent un microordinateur est l'impossibilité de produire à l'écran ou à l'imprimante les caractères spéciaux et accentués français.Cepen- dant, la situation évolue et plusieurs individus et compagnies, autres que ceux déjà mentionnés produisent maintenant des générateurs d'accents français.Jocelyn Bérubé et Gérard Turcotte (418-397-6477) font des générateurs pour les modèles I, III et 100 de Radio Shack, ainsi que pour les imprimantes de diverses marques.Le magasin Placements Sainte-Marie, de Sainte-Marie de Beauce (418-387-3611 ), vend des ordinateurs modèle 100, de Radio Shack, mais avec les instructions affichées en français sur lecran et les caractères français sous les codes ASCII-ACNOR.Cela fait de cet appareil, dont nous avons déjà parlé en août, le portatif le plus intéressant sur le marché québécois.VOICI LE NU! Ce mois-ci, les compagnies de téléphone canadiennes offrent un nouveau service à ceux pour qui l'ordinateur sert de moyen de communication, soit la possibilité de rejoindre depuis chez eux une multitude de services télématiques au Canada et dans divers pays, en particulier les pays européens.Les personnes intéressées doivent demander à leur compagnie de téléphone respective un numéro d’utilisateur (NUI) pour fins d'identification et de facturation.Ce service entraîne des frais d'abonnement de 25$ par mois, plus un taux horaire variable selon la distance et la quantité de caractères transmis.Par exemple, de Montréal, transmettre un texte de 35 pages jusqu'à Vancouver coûtera envi-1 ton 2$ et jusqu'en France, 19$.Info/puce PROTECTION COÛTEUSE Une panne de courant électrique pendant que l'on se sert de l'ordinateur et c'est la catastrophe: on perd alors toutes les données en mémoire.Il existe cependant plusieurs systèmes de protection contre ces pannes, mais il faut y mettre le prix.Par exemple, le «Lifeline» coûte environ 1 400 dollars américains.Cet appareil régularise le courant électrique etfournit de l'électricité pendant une dizaine de minutes en cas de panne.Cela donne largement le temps d'enregistrer les informations en mémoire (ICS, Electro-Pac Division, 520 Interstate Rd, Addison, IL 601 01, États-Unis).Conçu plus spécifiquement pour les ordinateurs Commodore, le «Backpack», un système à batteries rechargeables, a les mêmes fonctions (Electronics Technology Corporation, P.O.Box G, Apex, North Carolina 27502, États-Unis).DELPHI VIENT DE NAITRE Une nouvelle banque de données grand public a vu le jour aux États-Unis: Delphi.En plus du texte complet d'une encyclopédie, elle renferme les nouvelles, diverses sections pratiques comme le télé-achat ou les informations touristiques, des jeux, un service de courrier électronique et la banque d'information Dialog.On peut y accéder par téléphone à partir de n'importe quel micro-ordinateur équipé en terminal.Elle serait plus facile d'utilisation que CompuServe et The Source, les deux autres banques de données du même genre.Il en coûte 63 $ pour en devenir membre, puis environ 13$ de l'heure d'utilisation depuis le Québec, la même chose que pour The Source (General Videotex Corporation, 377 Putnam Ave, Cambridge, MA021 39, États-Unis).EN BREF.• Commodore a mis en vente aux États-Unis le Executive 64, qui est une version améliorée du Commodore 64, insérée dans une valise qui ressemble à s'y méprendre à celle du Osborne Executive.49 • À cause des risques d'interférences électromagnétiques, la plupart des compagnies aériennes interdisent l'utilisation de micro-ordinateurs portatifs à bord de leurs avions.• La compagnie NEC a mis sur le marché un ordinateur portatif, le PC-8201, qui est une reproduction presque fidèle du modèle 100 de Radio Shack.On peut augmenter la mémoire morte et la mémoire vive de l'appareil jusqu'à 64Ko, mais, aux dires de la compagnie, l'extension de mémoire ne peut être effectuée que dans un de ses centres de service.• IBM mettra en vente un logiciel qui permettra aux usagers de ses microordinateurs de déceler la cause d'un mauvais fonctionnement du système et de faire eux-mêmes les petites réparations.Au sujet de micro-ordinateur IBM-PC, j'ai constaté dernièrement que ses accents ne sont pas sous les codes ASCII-ACNOR.Ils sont donc incompatibles, sans conversion préalable, avec ceux d'autres ordinateurs.• Nouveau bas prix pour un lecteur de disques durs: 995 dollars américains pour le Hard Disk III qui a une capacité de mémoire de cinq mégaoctets, soit l'équivalent de 2 500 pages d'informations.Il est disponible pour les Apple, IBM, Franklin, TRS-80 et LNW-80 (VR Data, 777 Henderson Blvd, Folcroft, PA 1 9032, États-Unis).• Un périphérique bien utile, le lecteur optique.Ce petit appareil est similaire à celui que l'on utilise dans certains grands magasins pour lire le prix sur les étiquettes.Il permet de lire les caractères produits par une imprimante à matrice de points et de les entrer dans la mémoire du micro-ordinateur.Le lecteur optique de la compagnie américaine Caere existe maintenant pour le IBM-PC et le Apple III (Caere Corporation, 100 Cooper Court, Los Gatos, CA 95030, États-Unis).• L'ordinateur Adam, de Coleco, a pris la vedette lors du dernier Consumer Electronics Show de Chicago.Il faut dire qu'on y proposait, pour 600 dollars américains seulement, un ordinateur, son clavier, un lecteur de cassettes magnétiques haute-vitesse et une imprimante qualité-lettres.On peut écrire à l'auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur CompuServe (ID 72135,1410), QL/MAIL (Casier 191) ou The Source (ID ST5310).François Picard 50 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENC ACTUALITES MÉDECINE NOUVELLES IMAGES « 'est pas croyable, tout ce qu'ils ¦ peuvent faire !.» La vieille dame résumait ainsi, comme auraient pu le faire des milliers d’autres visiteurs, son opinion sur les dernier-nés de la technologie en imagerie médicale.Parallèlement au dernier congrès de l'Association des médecins de langue française du Canada, qui se tenait les 14 et 15 septembre dernier au complexe Desjardins à Montréal, se déroulait en effet une exposition des nouveaux appareils.Les passants et visiteurs ont pu se familia-riserquelque peu avec lesscannographe, tomographe à positrons, système à résonance magnétique nucléaire, endoscope et autres, et repartaient, après avoir écouté religieusement les vidéos explicatifs, impressionnés mais encore étrangérs à cette technologie inaccessible et un peu magique.Voir l'intérieur du corps, un vieux rêve.Depuis une dizaine d'années, les efforts conjugués de la médecine, de l'informatique et de la physique ont permis des progrès accélérés dans le domaine et amené la mise au point de techniques d'exploration du corps, un vieux rêve.Depuis une dizaine d'années, les efforts conjugués de la médecine, de l'informatique et de la physique ont permis des progrès accélérés dans le domaine et amené la mise au point de techniques d'exploration du corps précises, rapides, respectant l'intégrité du corps.Elles rendent possible non seulement l'étude de la morphologie mais aussi de la physiologie de l'organisme.En permettant des diagnostics exacts et précoces, ces méthodes facilitent les traitements et limitent, pour les patients, les désagréments et le temps d'hospitalisation.Certaines des techniques présentées, sans être nouvelles, ont connu des améliorations importantes depuis quelques années.Avec la scannographie, ou tomographie axiale, un perfectionnement dans l'emploi des rayons X, on peut désormais visualiser des coupes très précises de l'organisme selon différentes orientations.L'ultrasonographic (écogra-phie) assure une bonne observation des organes abdominaux et du cœur.Grâce à une technique de contraste, l'angiographie numérisée produit des images des vaisseaux sanguins.Quant à l'endoscope, un tube comprenant des fibres optiques souples que l'on introduit dans les voies digestives ou respiratoires et qui sert à visualiser les cavités internes du corps, il s'est amélioré au point de se mouvoir maintenant dans toutes les directions et d'offrir la possibilité de biopsies en vision directe.Lors de l'exposition, un vidéo assez impressionnant nous faisait d'ailleurs voir, sur écran, un praticien se frayer ainsi un chemin jusque dans l'estomac d'un patient, en filmant l'œsophage ! Avec l'examen tomographique, les médecins sauront précisément ce que leurs patients ont dans le corps.Plus récentes, la tomographie par émission de positrons (TEP) et la résonance magnétique nucléaire (RMN) sont maintenant bien au point.La tomographie TEP utilise des substances radioactives de demi-vie courte qui, injectées dans les i vaisseaux, émettent des positrons; ceux-ci se combinent avec des électrons pour produire des rayons gamma captés à l'aide d'une ceinture de détecteurs.La dose de radiations est moindre qu'avec des rayons X, et la méthode permet en particulier d'obtenir d'excellentes informations sur le métabolisme du cerveau.La RMN (voir Québec Science, février 1983), quant à elle, fournit des images d'une excellente précision, sans injection de substance étrangère et sans exposi- I tion nocive à des radiations: les protons de l'eau ou des lipides placés dans un champ magnétique émettent des ondes radio qui sont beaucoup moins énergétiques que les rayons X.Près de 500 personnes, infirmières, technicien(ne)s en radiologie, physiciens et surtout médecins ont participé au congrès de l'AMLFC pour appronfondir leurs connaissancessur la nouvelle technologie.Nul doute que, si on lui en laisse les moyens, celle-ci prendra de plus en plus de place.Raynald Pepin — LE DERNIER TOUR DE SHERLOCK HOLMES Rebondissement inattendu dans l'affaire de «l'homme de Piltdown», ce crâne mystérieux découvert en 1912 en Grande-Bretagne et dont on a longtemps cru qu'il s'agissait du fameux «chaînon manquant» entre le singe et l’homme.En effet, selon un auteur américain qui signe un article dans le dernier numéro de Science 83, le bricoleur ingénieux quia fabriqué ce faux crâne, qui a fait courir tous les anthropologues de son époque, serait nul autre que Sir Arthur Conan Doyle.Le créateur de Sherlock Holmes aurait eu des motifs valables pour commettre son forfait: tenant du spiritisme, il avait été ridiculisé par des anthropologues et souhaitait se venger.Mais il aurait aussi eu la possibilité matérielle de monter cette fraude, *¦ puisqu'il a résidé à quelques kilomètres de l'endroit où fut découvert le fameux crâne.Enfin, ses connaissances précises lui permettaient de maquiller parfaitement ce crâne d'homme moderne et cette mâchoire d'orang-outan, pour en faire un «drôle de crâne» qui a intrigué toute une génération de chercheurs.Elémentaire, mon cher Watson ! J.-P.R.! fcstad Hi »e par aiéso-N|soni srapta «clues is peer iplés à urs.la |y'avec melee s iér-email léeiiei imajîs aos ue ; ondes wise- «iens :ipé ae n laisse plus en / vf ialfane , tràne Grande- il, selon , article ! ce lac* s mot® I# dicoM allaitÿ me»' i«tey ilH nm T»mÊÊ^^^^^mÊÊÊÊÊÊÊmÊÊÊÊÊm»i^^^mmÊ^^^ÊÊKÊÊÊÊÊÊÊÊ^mmÊÊÊUÊiÊÊm Hébergez un conseiller Téléforce.Vous êtes en affaires et vous voulez accroître votre productivité, diminuer vos frais d’exploitation, augmenter vos parts de marché, réduire vos mauvaises créances et augmenter vos liquidités?Notre conseil: hébergez un conseiller Téléforce pendant quelque temps! Il viendra pratiquement vivre avec vous.pour bien comprendre vos affaires et analyser vos besoins.Téléforce est un service de conseils professionnels d’affaires créé par Telecom Canada pour vous permettre de rentabiliser efficacement le service interurbain grâce à une utilisation planifiée.Telecom Canada est le résultat d’un engagement coopératif de dix compagnies de télécommuni- cations canadiennes réunies afin de vous offrir une gamme complète de services de voix, d’images et de données.Pour pouvoir héberger un conseiller Téléforce ou pour recevoir notre brochure gratuite sur le service Téléforce et ses avantages, composez sans frais le 1 800 267-8333.Le réseau de l’efficacité 52 QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 ACTUALITÉS RECYCLAGE LA GUERRE DES CANETTES Qualifiera-t-on 1984 de l'Année du recyclage au Québec?Après des années d'attente, il semble en effet qu'un important déblocage est en train de s'opérer dans ce dossier.Le 21 septembre dernier, Alcan annonçait un vaste projet de recyclage des déchets domestiques à l'échelle de la province, qui pourrait créer 700 emplois directs et autant d'emplois indirects.Il s'agirait d'implanter un réseau de 24 centres de collecte et de tri des déchets entièrement financé par le secteur privé.Gérée par une société à but non lucratif, la SACS ou Société d'aide à la cueillette sélective, cette chaîne de recyclage serait financée par une redevance de 0,02$ versée par le consortium industriel pour chaque contenant à remplissage unique mis sur le marché.Selon un document déposé par la SACS, ce projet d'environ 22 millions de dollars pourrait s'autofinancer en deux ans et permettrait la récupération et le recyclage de 11 pour cent des déchets domestiques, par la cueillette sélective porte à porte de plusieurs produits (papier journal, verre, contenants d'aluminium).La proposition de l'Alcan et du consortium industriel est loin d'être désintéressée, puisque le Québec vient d'autoriser la mise en marché de la fameuse canette d’aluminium, qu'il est très rentable de recycler pour le géant de l'aluminium (le prix du marché est actuellement de 1 300$ la tonne de canettes récupérées et on épargne 85 pour cent sur les coûts d'électricité pour fondre de nouvelles canettes).À cette occasion, le gouvernement québécois avait pensé établir une consigne de 0,05$ par canette et acheter jusqu'à 13 000 «go-beuses», des machines distributrices inversées qui avalent les canettes vides du consommateur.Pour les promoteurs de la SACS, ce projet du gouvernement ne s'attaque qu'à une partie infime du problème du recyclage et est très contraignant sur le plan économique.C'est pourquoi les industries préfèrent contribuer à mettre sur pied un système complet de recyclage multi-matériaux, plus éducatif et moins coûteux, financé à même ce qu'elles qualifient de «contribution volontaire».Le 30 septembre dernier, à la veille de l'échéance gouvernementale, nouveau rebondissement: le ministre de l'Environnement, Adrien Ouellette, annonçait qu’il en était venu à un accord de principe avec l'Association des industriels des boissons gazeuses du Québec.Selon cette entente, l'Association acceptait l'imposition d'une consigne et s'engageait à récupérer les canettes retournées auprès des détaillants, par un système de récupération à préciser.Une entente du même type se profilait avec les brasseurs, et le «front commun» des industries sous la houlette d'Alcan s'effondrait par le fait même.Plus question du plan global de la SACS, plus question de recyclage multi- matériaux par la cueillette sélective porté à porte.Si la guerre des canettes se termine en queue de poisson, la bataille du recyclage, elle, ne fait que commencer.En enlevant les canettes d'aluminium de l'ensemble des déchets domestiques à récupérer, on ote un incitatif économique important à la cueillette sélective multi-produits.Le gouvernement réussira-t-il à faire décoller une véritable industrie du recyclage?Réponse lors du prochain Sommet sur la récupération et le recyclage, en février prochain.Jean-Pierre Rogel BIOLOGIE LE GENE DE LA LUMIÈRE Dans la chambre noire, une odeur d'algue épaissit l'air.Elle provient d'une base nourricière sur laquelle s'étalent des signes lumineux.Ils ont été «peints» à l'aide d'un milieu de culture liquide où se multiplient des bactéries marines qui émettent de la lumière.Ces bactéries transforment l'énergie chimique en énergie lumineuse, comme la luciole.Cette capacité d'émettre de la lumière chez les organismes vivants est appelée bioluminescence.Dans la mer, leur lieu d'origine, ces bactéries sont très disséminées.Pour être bioluminescentes, elles doivent tout d'abord se multiplier dans un espace réduit et atteindre une certaine densité.Elles vivent en symbiose avec quelques espèces de poissons.Un poisson des profondeurs, par exemple, les «cultive» au bout d'un long filament partant de son front pour attirer ses proies.On la retrouve aussi en grande densité dans les éprouvettes de quelques laboratoires.Au département de biochimie de l'université McGill, Angus Graham, son fils Andrew et quelques collaborateurs mènent une recherche sur un mécanisme très spécifique.Ils veulent déchiffrer la section de l'ADN de cette bactérie responsable de la réaction bioluminescente.En 1980, ils partent en quête du premier clone porteur du gène de la lumière.Une chaîne d'ADN unique contient toute l'information génétique de la bactérie.Après l'avoir sectionnée, ils en introduisent chaque pièce d'information dans une bactérie non luminescente.Ces nouvelles bactéries sont ensuite cultivées pour former des clones.Au début de l'expérience, aucun n'émet de la lumière.Après quelque temps, l'équipe de recherche se rend compte que ces clones sont incapables de produire une molécule organique essentielle à la réaction: un aldéhyde.Alors débute une autre série d'expériences.Ils introduisent l'aldéhyde dans les cultures.La réaction luminescente est immédiate et on peut identifier les clones qui contiennent le gène recherché.Le gène de la lumière est le pivot de la réaction.Toutefois, la contribution de plusieurs autres gènes est importante, par exemple celui qui dirige la synthèse de l'aldéhyde.Le clonage permet de les isoler et on peut ainsi les étudier.Le but final de la recherche est d'obtenir un En disséquant l'ADN de ces bactéries, on réussira à connaître tous les gènes impliqués dans la bioluminescence. 53 QUEBEC SCIENCE / novembre 1983 We miiie iety- ei.En ; im de uese mqiie niylti- in-l-il [nedy «hein J IKj- lie de msie ¦ateeis inéca-decliil- actéiie mines' lètedu j dele onlienl la bat-ils e™ malion ite.Ces e ctf' j* de I* iipe* iclonfs «léc«S ion: in' iese'18 clone unique qui contiendrait toute l'information génétique nécessaire au processus de la bioluminescence.Angus Graham se penche sur un grand morceau de papier étalé sur son bureau.Tout en haut, sur une grande ligne horizontale: tous les gènes impliqués.Le reste du papier est strié par d'autres lignes parallèles plus ou moins courtes: les sections d'ADN contenues dans les clones.«Ceci est une carte de toute la région génétique impliquée dans la réaction luminescente.Elle comprend les gènes de tous les clones que nous avons séparés, triés.La première chose que nous avons à faire est de trouver les limites de cette carte.» Pour trouver ces limites, il leur fa ut un clone contenant le gène de la lumière et capable de produire son propre aldéhyde.Ils l'obtiennent finalement à l'aide d'une autre méthode de clonage.Il n'y a qu'un seul clone sur 3 000 qui émet de la lumière.Pour les chercheurs, il s'agit d'un terrain d'étude parfait.Il sert de point de départ à une nouvelle culture.Lorsque la culture atteint la densité appropriée, les cellules deviennent luminescentes.Il s'agit d'un signal pour ces biochimistes qui extraient alors l'ADN des bactéries pour étudier la structure des gènes, leur nombre, leur ordre.Ils ont un clone plus complet, certes.Pourtant quelque chose d'essentiel demeure incompris.Le système qui permet aux bactéries marines de s'allumer et de s'éteindre.Ce système régulateur est en quelque sorte un genre «d'interrupteur automatique».Il permettrait à la réaction de se produire et de s'arrêter.Le docteur Graham se repenche sérieusement sur sa grande carte; quand elle sera complétée, la chaîne d'ADN aura livré le secret de la bioluminescence chez la bactérie marine.Pendant ce temps, les clones continuent d'émettre une étrange lumière bleu vert à travers des contenants de plastique et de verre.Eve-Lucie Bourque jiiioeî le# eî8"8 NE MANQUEZ PAS HUBERT REEVES 01# (0# !t# # ¦ II» en vedette dans trois téléconférences, sous le titre Patience et azur présentées à Radio-Québec les samedis 12, 19 et 26 novembre à 21 h 40 SPOC: l’ordinateur au service de l’industrie minéralurgique Cest sans aucun doute la plus petite usine de traitement de minerai au monde.Pourtant, la clé de l’avenir de l’industrie minérale canadienne se trouve peut-être dans cette usine qui ne compte ni machines lourdes, ni employés.Les broyeurs, les concasseurs et les bassins de flottation qui servent à l’extraction du minerai de fer, d’or ou de zinc dans cette usine sont dissimulés dans les microcircuits d’un ordinateur.Cette usine de traitement de minerai est en tait un modèle informatisé d’usine, un jeu électronique sophistiqué, mis au point par les chercheurs du Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET), un service d’Ënergie, Mines et Ressources Canada, afin d’aider l’industrie minérale canadienne à relever les défis des années 80.Une concurrence de plus en plus forte des pays du Tiers-Monde, l’exploitation de minerais à plus faible teneur et des coûts d’énergie de plus en plus élevés ont fait en sorte que l’industrie minérale canadienne se retrouve aujourd'hui dans une conjoncture difficile.Si l’industrie canadienne doit s’adapter avec succès aux nouvelles réalités du marché minéral international, où est écoulée une grande part de la production canadienne, elle devra prendre les mesures nécessaires pour augmenter l’efficacité de ses opérations.Puisque les investissements dans ce secteur vital de l'économie canadienne, aux chapitres des équipements et de la machinerie, sont considérables, tout changement peut comporter des risques passablement élevés pour une entreprise.C'est donc pour minimiser ces risques et fournir à l'industrie un outil qui lui permette d’augmenter l’efficacité de ses opérations que SPOC a vu le jour, en 1980.Si le recours à des ordinateurs et à des modèles informatisés pourdes travaux d'ingénierie ou des procédés industriels n'a rien de nouveau en soi, le projet SPOC (Simulation des procédés minéralurgiques) se heurtait au départ à des difficultés particulières.Vu la nature de ses opérations, l’industrie du traitement du minerai est très décentralisée et fragmentée.De plus la teneur des minerais varie considérablement d'une exploitation minière à l'autre.Il arrive même qu'on note detellesvariations, d'un jour à l'autre, dans le minerai provenant du même gisement.Il était donc impossible de recourir à des modèles purement théoriques.En collaboration avec des spécialistes des universités, de l’industrie et du Centre d’informatique d’Énergie, Mines et Ressources Canada, les chercheurs de CANMET ont donc élaboré un programme qui permet d’introduire dans la simulation des données recueillies sur les lieux mêmes de l’usine ou de l'exploitation minière.Après avoir établi, en consultation avec l'industrie, le langage que parieraient les ordinateurs, les chercheurs ont ensuite décortiqué tous les aspects du traitement du minerai pour concevoir un programme qui serait le plus utile possible aux exploitants.Leurs démarches ont abouti à un logiciel qui comporte quatre volets: l’échantillonnage, soit la mesure des diverses caractéristiques des minerais ; le calcul des bilans matières ou l’évaluation des débits de minerai; la calibratipn des divers modèles mathématiques, et enfin la simulation elle-même du procédé ou d'une partie du procédé de traitement.Le projet SPOC a déjà fait ses preuves.À titre d'essai, une entreprise a décidé de recréer par simulation l'évaluation de ses bilans matières de 1980, afin d’établir une comparaison entre les chiffres obtenus par ordinateur et ceux qui avaient été compilés selon les méthodes traditionnelles.Si l’ordinateur n'a surpris personne en fournissant des chiffres plus précis, c’est l’écart qui en a étonné plusieurs.Les chiffres obtenus grâce à SPOC étaient de 800 000$ plus près de la valeur réelle de la production que ceux obtenus selon les méthodes traditionnelles.Dans une industrie où la rentabilité est liée à la fluctuation quotidienne du cours mondial des métaux, un tel écart peut avoir un impact considérable sur le bilan financier d'une entreprise.À la fin du programme SPOC, en 1985, tout le logiciel sera remis au secteur privé.CANMET considère cependant que le projet est suffisamment avancé pour procéder à l’étape de la démonstration.Ainsi, quelque 250 entreprises canadiennes auront l’occasion, au cours des prochains mois, de puiser dans les secrets de la plus petite usine minéralurgique au monde.On peut obtenir plus de renseignements sur le projet SPOC et les autres travaux menés par CANMET en communiquant avec : Communications EMR 380, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 UJu Énergie, Mines et I Ressources Canada IcHld PU BLl-REPORTAGE Fonds F.C.A.C.pour l'aide et le soutien à la recherche BOURSES DE RECYCLAGE Ce concours est conçu à l'intention des personnes qui sont disposées à entreprendre des tâches de recherche après avoir interrompu leur activité scientifique pour se consacrer à un travail de nature différente: éducation de leurs enfants, administration, etc.Ces bourses permettent aux bénéficiaires de faire un stage d'une durée de six mois à un an dans l'établissement de recherche de leur choix, situé en milieu industriel, universitaire ou gouvernemental.VALEUR DES BOURSES Les bourses sont d'une valeur maximale de 18 000 $.Le montant de chaque bourse est déterminé en tenant compte de la durée du stage envisagé.ADMISSIBILITE 1.Les détenteurs d'un diplôme de 2e ou de 3e cycle qui ont déjà obtenu un poste de chercheur, mais qui auront assumé des fonctions n'impliquant pas une responsabilité de recherche depuis au moins 3 ans à la date d'entrée en vigueur de leur bourse.OU Les détenteurs d'un diplôme de 2e ou de 3e cycle qui n'auront pas été inscrits à un tel programme d'études depuis au moins trois ans à la date d'entrée en vigueur de leur bourse et qui n'ont jamais occupé un poste supposant une activité de recherche.2.Les candidats ne doivent être inscrits à aucun programme ou certificat au cours de la période d'utilisation de la bourse.3.Les candidats doivent être citoyens canadiens ou immigrants reçus et résider au Québec depuis au moins un an.DATE LIMITE: 29 NOVEMBRE 1983 Les brochures et formulaires sont disponibles aux endroits suivants: ?FONDS F.C.A.C.pour l'aide et le soutien à la recherche 979, rue de Bourgogne 4e étage Sainte-Foy (Québec) G1W 2L4 Tél.: (418) 643-3862 ?Services aux étudiants des universités du Québec ?Directions régionales du ministère de l'Éducation ?Délégations et Bureaux du Québec à l'étranger ?Bureaux régionaux du ministère de l’Industrie, Commerce et Tourisme.INITIATION A L’ASTRONOMIE A.Acker Voilà un ouvrage qui sera apprécié par toutes les personnes intéressées par l’astronomie et notamment les astronomes amateurs.Il s’agit bien d’une initiation à l’astronomie qui présente de façon excellente les résultats des observations en indiquant sommairement les explications que la théorie donne ou essaye de donner de ces phénomènes.Masson, 1982,150 pages.18,90$ ASTRONOMIE méthodes et calculs A.Acker L’auteur présente ici 93 exercices avec leurs solutions.L’étude des exercices présentés ici exige de la part des intéressés une connaissance de base en astronomie.Il s'adresse aux étudiants et aux enseignants depuis le niveau terminal du secondaire jusqu’à la maîtrise universitaire.Il permet aussi aux observateurs astronomes non professionnels de mieux traiter et interpréter leurs mesures et il leur permet de faire un meilleur choix de sujet d’étude, en indiquant les conditions nécessaires pour obtenir un résultat significatif et valable.Chaque exercice est précédé d'un signe qui correspond au degré de formation astronomique nécessaire et à l’ampleur des calculs demandés.Masson,1981,210pages.23,70$ ASTRONOMIE methodei s>t cafcuh ASTRONOMIE ET MESURE DU TEMPS J.-J.Delcourt Ce livre s'adresse à un double public, public d’astronomes occasionnels ou amateurs, et public d’électroniciens éclairés.Devant la diversité des connaissances i’auteur a essayé d’éliminer le recours à un outil mathématique ou complexe ou souvent oublié.Ainsi, bon nombre de calculs tiennent plus de la monstration que de la démonstration.Le même souci de simplification a prévalu dans les chapitres traitant d’électronique bien que tous les schémas aient donné naissance à des prototypes qui fonctionnent pour certains depuis plus de 20 000 heures.Masson,1982,300pages.36,15$ CALCUL ASTRONOMIQUE POUR AMATEURS adapté à l’emploi d’un calculateur ou d’un micro-ordinateur S.Bouiges C’est la 4e édition de cet ouvrage que l'auteur présente | tout en conservant l’esprit et l’originalité de la première édition: permettre des calculs sans recours à| des tables ou éphémérides, avec un minimum de constantes susceptibles d’être conservées dans les mémoires d’un calculateur de poche programmable.L'auteur I souhaite que cette nouvelle édition satisfasse un plus I grand nombre de passionnés du calcul et particulièrement ses amis les amoureux du ciel.Masson,1982,165pages.19,80$ CALCUL *>ÔOR AJUATÏUXS eahfiU àl'empbx Bon de commande ?Initiation à l'astronomie.?Astronomieméthodesetcalculs .?Astronomie et mesure du temps .?Calcul astronomiquepouramateurs 18,90$ 23,70 $ 36,15$ 19,80 $ ?Chèque bancaire ?Mandat postal U! ?Date d'expiration Nom et Prénom (en capitales) Ad resse Signature à découper et à retourner a somabec 2475, Sylva Clapin Case postale 295 St-Hyacinthe, Qué.J2S5T5 Tél.: 774-8118 Mtl.: 467-8565 Navi mar Corporation Ltée QU'AVONS-NOUS EN COMMUN AVEC LA RECHERCHE EN MILIEU MARIN AU QUÉBEC?Les océanographes et les hydrographes exigent maintenant des navires plus fiables pour réaliser leurs études.En fournissant son navire «N AVI MAR UN» aux scientifiques du ministère des Pêches et Océans, des universités au Québec ainsi qu'au ministère de l'Énergie, mines et ressources dans l'estuaire et le golfe Saint-Laurent, Navimar Corporation est devenue membre à part entière de l'équipe scientifique québécoise 1983.La polyvalence de la compagnie a maintenant été prouvée par l'utilisation du «NAVIMAR UN» dans les programmes suivants: rr»; ,L «t UN II ¦ — Hydrographie : Dans le cadre d'un programme du Service hydrographique du Canada, le «NAVIMAR UN» a effectué quelques 12 000 km de sondages aux lles-de-la-Madeleine.Ces sondages permettront la réalisation des nouvelles cartes hydrographiques assurant ainsi une navigation plus sécuritaire.Ces cartes fournissent aux pêcheurs et aux navigateurs une aide essentielle en délimitant avec précision les hauts fonds autour de l'archipel.Les systèmes de positionnement les plus avancés et les microprocesseurs les plus puissants et rapides ont été utilisés par les hydrographes tant à terre qu'à bord du «NAVIMAR UN».Ces systèmes électroniques traduisent les chiffres des sondages, déterminent la position du navire et compilent les milliers de données nécessaires à la production des cartes marines.Océanographie: L'estuaire du Saint-Laurent est unique dans le monde pour les interactions physiques, biologiques, chimiques et géologiques.Il présente donc un vrai laboratoire accessible facilement aux chercheurs des centres fédéraux et universitaires pour des études des plus complexes.Cette année le «NAVIMAR UN» a navigué entre le lac Saint-Pierre, le fiord du Saguenay et l'Estuaire du Saint-Laurent jusqu'à Baie-Comeau.Parmi les études pluri-disciplinaires, un projet visait la détermination du rôle du mélange vertical dans les variations spaciotemporelles des paramètres physiques, chimiques et biologiques à l'intérieur de la couche supérieure de l'eau.Ces variations ont des effets directs sur la physiologie du phyto-plancton.Les scientifiques ont de plus analysé les interactions des processus physiques et biologiques sur la migration verticale des euphasids.Ces euphasids se regroupent en agrégation et forment une partie importante de la diète de plusieurs espèces de grandes baleines qui fréquentent chaque été les eaux du golfe Saint-Laurent.,^r.- On étudie actuellement la possibilité du développement d'une pêche commerciale de cette espèce, exploitation qui pourrait entrer en compétition directe avec la survie des baleines, d'où l'importance d'une connaissance approfondie du comportement des agrégations de ce zooplancton.Il faut s'assurer que cette activité n'engendre pas d'impacts négatifs sur les populations de mammifères marins.Les chimistes ont mené une étude importante sur la distribution du mercure total dans l'eau de l'estuaire et du fiord du Saguenay.Ils ont aussi prélevé des échantillons de sédiments afin de mesurer leur teneur en mercure dans ces régions.De plus la concentration de sélénium dans l'eau de l'estuaire moyen a été analysée entre Tadoussac et l'île d'Orléans.Les géologues du ministère de l'Énergie, mines et ressources ont entrepris une mission dont les buts ont été la synthèse d'un modèle quantitatif de la sédimentation sur le delta qui délimite la transition entre le chenal de la rivière Saguenay et le bassin même du fiord.Elles permettent aussi d'évaluer statistiquement avec une plus grande précision l'évolution annuelle des dépôts situés près de la source du fiord.Au cours de différentes missions géologiques d'autres chercheurs universitaires ont continué leurs études sur l'évaluation des variations saisonnières des taux de sédimentation dans le chenal Laurentien ainsi que dans l'estuaire fluvial entre le lac Saint-Pierre et Cap Tourmente.Au cours de toutes ces missions scientifiques le «NAVIMAR UN» a servi comme laboratoire confortable pouvant accommoder jusqu'à dix chercheurs tout en servant de plateforme stable et spacieuse pour le mouillage et le relevé de couranto-mètres, marégraphes, filets spéciaux, bennes, carottiers, systèmes acoustiques à haute fréquence, sondes CSTD, etc., et ceci dans les conditions météorologiques parfois difficiles.Navimar est fière du rôle fondamental qu'elle joue dans la réalisation de ces missions hydrographiques et océanographiques.La collaboration étroite de son personnel avec les équipes de chercheurs assure le succès de chaque mission.Qu'il s'agisse d'affrètement ou de gestion de navires de recherches, Navimar Corporation Ltée est toujours là pour fournir un service sécuritaire, efficace et professionnel aux chercheurs intéressés à l'environnement marin.Pour plus de renseignements, écrire à Navimar Corporation Ltée, à l'attention de Monsieur André Lavoie ou John Godolphin Édifice du Télégraphe, suite 102 83, rue Saint-Pierre, Québec G1K 4A3 Tél.(418) 692-4830 Télex: 051 -3786 56 Cinêscience POUR LES FRIANDS DE BD ET DE SF Rien que pour vous, chers lecteurs et lectrices, je me suis tapé les festivals de Montréal et de Québec, coup sur coup, au mois d'août dernier.Ces deux événements de la rentrée ont porté à mon attention, entre autres curiosités, trois films en rapport avec la bande dessinée, la science-fiction, ou les deux à la fois ! Pourquoi l'étrange M.Zolock s'intéressait-il tant à la bande dessinée?, un drôle de documentaire sur la bande dessinée, figurait au programme des deux festivals.Bien reçu par le public et la critique, le film de Yves Simoneau a d'ailleurs décroché un prix au Festival du film pour la télévision de Banff en août.L'intérêt du document réside dans la manière de nous présenter quelques grands noms de la bande dessinée francophone contemporaine.Tour à tour, les Fred, Moebius, Bilal, Gaboury et Garnotte nous introduisent à leurs préoccupations et à leurs méthodes de travail.De ce côté, s'il ne révèle pas tous les trucs du métier, le film nous donne une bonne idée de l'approche singulière du «bédéiste».Ce qui étonne et ravit à la fois, ce sont les entrevues avec les auteurs de BD qui sont réalisées par un enquêteur (Michel Rivard) à la solde du méchant M.Zolock (Jean-Louis Millette).Cet être machiavélique espère, avec l'aide de son super-ordinateur, découvrir les secrets de la BD et ainsi s'en accaparer le pouvoir.Pénétrant avec l'inspecteur Dieudonné dans le repaire de Zolock, nous pénétrons du même coup dans cet univers futuriste et fantastique bien connu des fervents de la bande dessinée.La fantaisie prend alors le pas sur le discours, sans que le propos du film en soit desservi pour autant.Des plans de dessins représentant les principaux protagonistes, intercalés à des moments choisis, contribuent à nous convaincre de l'origine des personnages.Ils se sont bel et bien évadés d'une bande dessinée! Un Philémon («Hey toé le toupet!» dira Dieudonné) soustrait au contrôle de Fred, son créateur, et errant dans les couloirs sombres de chez Zolock, ajoute au mystère déjà fort sympathique.Pour ceux qui l’auraient manqué au cinéma en août et septembre, Radio-Canada vous en offrira à nouveau le plaisir en janvier prochain.Le premier Festival international du film de Québec m'a donné l'occasion de visionner les deux autres trouvailles.Après La planète sauvage, René Laloux rapplique avec Les maîtres du temps, associé cette fois au dessinateur Jean Giraud, alias Moebius (un des interviewés de M.Zolock).Laloux et Moebius ont uni leurs talents pour adapter en dessin animé un roman de Stefan Wull: L'orphelin de Perdide.Bande dessinée et science-fiction sont donc ici intimement liées.Le récit et le traitement n'apportent rien de nouveau au genre, peut-être même moins que La planète sauvage.On ne saurait cependant rester complètement indifférent à la poésie futuriste qui émane de l'histoire du petit Piel.Isolé sur la planète Perdide après la mort de ses parents, le jeune garçon est en liaison radio avec le bon Jaffar qui, accompagné du vieux Silbad, se portera à la rescousse de l’orphelin.Après maintes péripéties à travers des mondes fabuleux, les aventuriers tombent aux mains des maîtres du temps aux abords de Perdide.Ce peuple supérieur colonise l'Univers en rejetant les planètes de son choix dans le passé.C'est ainsi qu’en projetant Perdide 60 ans en arrière, le vieux Silbad et le jeune Piel se révèlent être une seule et unique personne.Voilà le type de paradoxe spatio-temporel qui défie toute logique mais auquel sont habitués les mordus de science-fiction.Les enfants et les collectionneurs apprécieront beaucoup, même si dans l’ensemble l'animation n'a pas la fluidité d'un Heavy Metal.On prévoit sa sortie commerciale pour la période de Noël.novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCI Enfin, Le dernier combat, révélation du dernier Festival d'Avoriaz qui prendra l'affiche dès ce mois-ci, est définitivement à ne pas manquer (et pas seulement pour les amateurs de science-fiction!).Réaliser un long métrage en noir et blanc et sans dialogue pardessus le marché, c'est en soi un pari détaillé.Le jeune réalisateur français Luc Besson, en relevant le défi avec brio, nous donne une petite merveille de science-fiction et de cinéma.Dans un monde ravagé par une présumée guerre atomique, les survivants se disputent les quelques douceurs rescapées du cataclysme.Qu'ils soient ermites ou grégaires, l'ultime objet de convoitise de tous ces désespérés: une femme.Vision sexiste du futur?Peut-être.En tout cas, il est difficile de ne pas succomber au charme discret de cette histoire malheureusement plus que possible.Dans un décor de gratte-ciel à demi enfouis sous les sables, de carcasses d'automobiles et de villes détruites qui n'est pas sans rappeler Bilal et Hugo Pratt (encore la BD!), les hommes sont devenus des primitifs new wave.La gorge brûlée par des gaz nocifs, les survivants ont perdu l'usage de la parole, d'où l'absence de dialogue.Quand le solitaire (Pierre Joli-vet) rencontre le médecin (Jeanj Bouise), le récit prend des accents de tendresse.Lorsque les deux hommes parviennent à se dire un «bonjour» laborieusement articulé en stimulant artificiellement leurs cordes vocales, le moment atteint ce qu'il faut de comique et de pathétique pour conquérir même les inconditionnels du U U h ¦ \i : i?film en couleurs.Quant à la bande sonore, sij elle est dépourvue de paroles; elle ne manque pas de pré-! sence.Bruitages et musique, parfaitement intégrés et bien servis par le Dolby stéréo, concourent largement à créer;: : 'atmosphère apocalyptique dans laquelle nous plonge le film.En un mot: fantastique! Gérald Baril « QUÉBEC SCIENCE / novembre 1983 57 LA STRATÉGIE DU SEXE /rff Calmann-Lévy ille de LA STRATÉGIE DU SEXE Helen E.Fisher Sîpar atoé lesca-j tse de! ie!er liitm! il est i celle emenl Mes et est pas l W: ¦stioin-jiiinitifS; jléepa' ialoj»*- neJ* jnlJeae iûd ^ Loiîfl116 (ieimeel f, laW" I nsin«4 IDIS^ naiie'111 me^".Calmann-Lévy, Paris, 1983 270 pages, 1 6,95 $ La femelle humaine peut copuler quand bon lui semble.Grâce à cette propension à l'amour dont aucun autre exemple n'est connu dans le monde animal, l'humanité a pu devenir ce qu'elle est aujourd'hui.C'est du moins ce qu'avance Helen E.Fisher dans son ouvrage qui se présente comme un bilan des connaissances sur l'évolution du comportement humain.Selon l'anthropologue new-yorkaise Helen E.Fisher, lorsque notre planète connut une chute de température, il y a de ça 14 millions d'années, la vie de nos lointains ancêtres commença à se compliquer.Les protohominidés d'Afrique orientale virent la fin de cet été qu'ils avaient cru éternel.Les forêts luxuriantes qui abritaient leur vie paradisiaque se raréfièrent et ils durent se déplacer dans les savanes à la recherche de leur nourriture.La nécessité de se mouvoir sur deux pattes entraîna d'autres modifications, en particulier chez lesfemelles pourqui l'accouchement devint plus difficile à la suite d'une restructuration de leur petit bassin.À son tour, cette situation favorisa les femmes accouchant avant terme, donc, de bébés plus petits mais aussi promis à une plus longue période de dépendance.C'est ainsi que, dans la lutte pour élever leurs prématurés, les femelles des protohominidés cherchèrent le soutien des mâles.lUSt'H Intervint alors ce que Helen E.Fisher nomme le contrat sexuel.Les femelles les plus actives sexuellement, obtenant faveurs et protection de la part des mâles, vivaient mieux et engendraient les progénitures les plus nombreuses.Progressivement, une relation d'échange, initiée par le besoin de soutien des femelles et tablant sur l'appétit A Boite à livres sexuel des mâles, entra dans les mœurs des protohominidés.Il y a plus de quatre millions d'années, pour sa survie et celle de sa descendance, la lointaine ancêtre de la femelle humaine cessa de limiter son activité sexuelle à une période de rut et devint «l'être le plus sexuellement disponible de toute la planète».Le contrat sexuel allait constituer la base de la famille, de la parenté, de la religion et des formes de plus en plus complexes d'organisation sociale.La stratégie du sexe est un livre destiné au grand public.Dans un style souvent teinté d'humour, l'auteure retrace l'histoire des principales découvertes paléoanthropologiques et commente les débats souvent orageux auxquels elles donnèrent lieu.De nombreuses anecdotes et des passages de fiction illustrant les principaux points de l'exposé allègent agréablement le texte.Ainsi, on apprendra que Richard Erskine Leaky, fils du célèbre paléontologue Louis Leaky, savait déjà reconnaître un fossile à l'âge de six ans! À lire après le visionnement du film La guerre du feu, histoire de démêler un peu ce que le film embrouille .Gérald Baril JEAN ROSTAND: PROPHÈTE?Andrée Tétry Gallimard, Paris, 1983 387 pages, 29 $ Toute sa vie, Jean Rostand a chéri la «vertu» de dépasser la condition humaine.Cet objectif, pour le moins idéaliste, était, croyait-il, à la portée de quiconque «utilise correctement toutes les ressources de son cerveau et n'admet pas que restent oisives les plus précieuses, les plus nobles de ses cellules».Après avoir lu la biographie que lui consacre Andrée Tétry, sa fidèle collaboratrice durant 40 ans, on est persuadé que Jean Rostand était un homme vertueux.Dans son livre, qui prend des allures d'autobiographie tant les citations sont nombreuses, l'auteure a préféré s'éclipser et laisser toute la place à ce génie universel qui a marqué le 20e siècle.Tour à tour et tout à la fois homme de science, humaniste, écrivain et vulgarisateur scientifique, Jean Rostand, mort en 1977, laisse derrière lui une œuvre monumentale, dont 53 ouvrages scientifiques, 22 ouvrages d'intérêt philosophique, sociologique ou historique, une quinzaine de volumes rédigés en collaboration.L'auteure nous épargne la fastidieuse description de tous ces ouvrages et nous offre en revanche une mosaïque condensée des vues et des réalisations de cet homme remarquable.On y découvre un homme de science consciencieux et foncièrement démocratique qui s'est acharné, tout au long de sa vie, à réduire l'écart entre les spécialistes et la masse.Ce besoin qu'il éprouvait d'être proche de ses semblables lui venait sans doute de son grand amour de l'humain et du grand respect, presque fétichiste, qu'il portait à la vie.Très tôt, le célèbre biologiste français s'est prononcé farouchement contre la peine de mort et l'euthanasie qu'il jugeait barbares.En fait, ce redoutable polémiste prenait position sur tout.Passionné et érudit, Rostand se plaisait à dégager des faits leurs conséquences et leurs incidences morales, sociales et politiques.Bien qu'issu d'un milieu bourgeois, il dénonçait avec véhémence les inégalités sociales: pacifiste, il pourfendait les scientifiques qui utilisaient leur savoir pour fabriquer des armes atomiques: rationaliste, il rejetait l'occultisme et les «fausses sciences» telles l'astrologie et la radiesthésie.Sa contribution scientifique n'est pas, non plus, à négliger.Le volume traite abondamment, parfois de façon trop technique pour le profane, des recherches qui ont rendu Jean Rostand célèbre.Ses travaux expérimentaux sur des amphibiens, en particulier ceux portant sur la parthénogénèse et les chromosomes, ont placé la biologie sur une voie nouvelle et ont permis de mieux comprendre le processus de la vie.Pionnier dans son domaine, il s'est attaqué aux difficiles problèmes de la sexualité et de l'hérédité par ses travaux de génétique.Selon l'auteure, Rostand est un «prophète clairvoyant» parce qu'il a saisi, bien avant les autres, l'intérêt et les répercussions de cette nouvelle science, la génétique.Il y a plus de 40 a ns, il avait déjà prévu des découvertes scientifiques modernes, telle la fécondation in vitro.Jean Rostand, nous raconte l'auteure, déplorait le peu d'intérêt que les media accordaient aux découvertes scientifiques, et, avec amertume, constatait que «la mort d'un grand savant avait moins de retentissement dans la presse que celle d'un fox-terrier de vedette».Agnostique, Jean Rostand n'était pas serein devant la mort, «ce scandale», et disait que l'affreux, en mourant, c'était de «disparaître sans avoir rien compris», c'est-à-dire en se sachant condamné «à conférer l'éternité à notre angoisse».Andrée Tétry a relevé le défi de nous faire partager les angoisses de Jean Rostand.Même si le rythme du volume est parfois incohérent, la grandeur et la beauté du personnage compensent largement cette lacune.Jocelyne Richer LES FIBRES OPTIQUES Introduction aux télécommunications par fibre optique Jean Pierre Nérou Le Griffon d'argile, Sainte-Foy, 1 983, 262 pages, 1 9 $ Les fibres optiques, ces fils de verre aussi mincesqu'un cheveu et dans lesquelles on fait voyager des ondes lumineuses, sont d'une utilisation de plus en plus répandue dans le domaine des télécommunications.Vous êtes étudiant, ou technicien ou même ingénieur et vous désirez vous initier à cette nouvelle technologie, le livre de Jean Pierre Nérou, professeur au Cégep de La Poca-tière, pourra vous être utile.La compréhension exige toutefois quelques notions de base en optique, mais les annexes vous aideront à vous rafraîchir la mémoire.À noter le lexique anglais-français qui complète le volume.Diane Don tiny BASIC POUR MICROORDINATEURS BASIC pour MICROORDINATEURS Apple, PET et TRS-80 ^ i+gi ïïifh ! ¦v.-.-îSswSï-kvSh.Roger W.Haigh/Loren E.Radford Traduction Johanne de Luca L’objectif principal des auteurs est d’amener le lecteur à se familiariser avec un langage de programmation simple, le BASIC, pourtant si déroutant à première vue.En procédant par étapes, ils présentent d’abord l’ensemble des règles du langage, puis passent à la réalisation de graphiques, sans doute la plus spectaculaire des applications de la micro-informatique.De plus, des exercices précis et faciles à exécuter permettent de mettre en pratique les notions nouvellement acquises.Bien que le langage BASIC soit évolué et puisse être utilisé avec la plupart des ordinateurs individuels mis sur le marché, la didactique imposait un choix; les auteurs ont opté pour les microordinateurs Apple, PET et TRS-80.Tous ceux que le monde de l’ordinateur passionne, et qui veulent en savoir plus long, trouveront réponse à leurs questions dans ce manuel dont le texte est aussi simple et clair que le langage qu’il explique.¦.INITIATION AUX MICRO-ORDINATEURS ^ Traduction de Crash Course in Microcomputers de Louis E.Frenzel Jr.par Jean Matte, MEQ, et Jean-Claude Oriol, Académie de Grenoble Septembre 1982 VIVRE L’ÉLECTRON par Pierre Arnold 264 pages 21 cm x 27 cm Prix: 25,00 $ Deuxième édition © 1981 par les Éditions Ex Libris, Lausanne 216 pages Prix: 19,95 $ Bon de commande Nom: Date: Adresse:_____________ rue ville province code postal QUANTITÉ TITRE ISBN PRIX TOTAL BASIC pour micro-ordinateurs 2-89113-024-3 25,00 $ Initiation aux micro-ordinateurs 2-89113-018-9 25,00 $ Vivre l’électron 2-89113-022-7 19,95 $ Retourner à: MODULO ÉDITEUR 825, Querbes Outremont, Québec MODULO Canada H2V 3X1 Important: Joindre un chèque ou un mandat-poste à l'ordre de Carte de crédit acceptées ?Visa ?Master Card N°_________._________________exp.:- MODULO ÉDITEUR Signature .vM «Après le radium, J’aurais aimé découvrir LA VIE EN ROSE.N’ayez pas de regrets plus tard.Abonnez-vous dès maintenant.» Marie Curie ABONNEMENT A LA VIE EN ROSE Le seul magazine féministe d’actualité au Québec NOM.ADRESSE.VILLE.PROVINCE .CODE POSTAL .TELEPHONE.Abonnement régulier: 1 an/6 numéros 11 $ (une économie de 4$ sur le prix de vente en kiosque); 2 ans/12 numéros, 20$ (une économie de 10$ sur le prix de vente en kiosque) Abonnement international par voie de surface: 18$, par avion: 24$.Abonnement de soutien: 25$ ou plus.Découpez ce coupon et retournez-le avec votre chèque ou mandat poste à l'ordre de VIE EN ROSE, 3963 St-Denis, Montréal, Québec.H2W 2M4 L QS oj C\>i / JEUX, LIVRES ET MATERIEL SCIENTIFIQUES 3967 St-Denis, Mtl, H2W 2M4, 844-6443 Comprenez facilement l’informatique avec CC» «l'nnniNOTC! fü 000011 inicc L ui\un h illui\ 111 1 i\ii'ui-iL par François Picard 6t Danielle Shaw 1983, 102 pages, ISBN 2-920073-08-7 Québec Science Éditeur La micro-informatique vous intéresse?Vous désirez acquérir rapidement des connaissances de base sur les micro-ordinateurs?L'ORDINATEUR APPRIVOISÉ a été écrit pour vous.Abondamment illustré, il vous apportera les informations essentielles à la compréhension de l'ordinateur et à son utilisation.En vente chez votre LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (41 8) 657-3551, poste 2860 60 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE là ICI ET AILLEURS Je lis la chronique Info/puce depuis sa parution au mois de mai.On y parle de l'évolution informatique au Québec — rien à dire sur ce point — puis on explique comment choisir son micro-ordinateur dans le numéro du mois de juillet — ce que j'ai beaucoup apprécié.Mais ce qui est dommage, c'est que vous ne parlez pas beaucoup de ce qui se passe ailleurs.On dit qu'au Japon, on fait de nouvelles découvertes tous les jours dans ce domaine.Je suis sûr que d'autres lecteurs, comme moi, seraient heureux de savoir les recherches qu'on y effectue, ce qui est en cours de fabrication, ou encore au point.J’espère avoir l'occasion de lire les récentes découvertes dans vos futures parutions.Rocco Graziosi Greenfield Park Merci de vos remarques.En tant que magazine québécois, nous considérons comme notre première mission de renseigner nos lecteurs sur la recherche effectuée au Québec.Mais nous estimons aussi important de rendre compte des travaux qui se poursuivent à l'extérieur de nos frontières.U est certain que nos lecteurs pourront lire dans nos prochains numéros de plus en plus d'informations internationales sur ce domaine de pointe en plein développement.L'ACUPUNCTURE TELLE QU'ON LA PRÉSENTE Je vous écris en référant au numéro de juillet 1983 à proposde l'article sur l'acupuncture présenté par Raynald Pepin.L’article en lui-même fait preuve d'une certaine objectivité en présentant le sujet de l'acupuncture selon la vision «énergétique», d'une part, et «scientifique», d'autre part.Quoique incomplet, cet article est tout de même valable pour un lecteur non initié.Mais là où le bât blesse, c'est à propos de la photo au début de l'article.Je ne crois pas que ce soit volontaire de votre part, mais permettez-moi de vous signaler qu'en présentant l'article par cette photo que je qualifie dans ce contexte «d'horrifiante», vous avez véhiculé un sentiment de «peur» et «d'anxiété» chez presque tous ceux qui l'ont regardée.(.) Ce qui vous échappe, semble-t-il, c'est l'idée que le public du Québec est encore en train d'apprivoiser l'acupuncture comme une thérapie naturelle llery Courrier faisant partie de la médecine dite «douce».La présentation d'une image pareille (qui ne réflète d'ailleurs aucunement le contenu de l'article; l'on parle d'environ 12 aiguilles sur tout le corps) ne peut faire autrement que d'apeurer inutilement les gens.(.) Cette photo n'est aucunement réaliste.Après maintes pratiques, je n'ai jamais implanté, je n'ai jamaisvu mes nombreux confrères ou mes ex-enseignants implanter un tel nombre d'aiguilles à aucun de nos patients.N'ayez crainte, les résultats que nous obtenons parlent d'eux-mêmes et nous renseignent très bien.(.) André Daoust Acupuncteur Longueuil Comme dans tout magazine, on essaie en débutant un article d'attirer l'attention du lecteur par une illustration ou une photo esthétiquement belle et si possible étonnante.La photo publiée en première page de l'article sur l'acupuncture respectait, pensions-nous, ces critères.Il est vrai qu'elle n'est pas conforme à la réalité, entre autres en ce qui concerne le nombre d'aiguilles implantées.Toutefois quand on observe cette dame si calme, qui semble même sourire, on peut aussi se dire que cette technique est peu douloureuse pour être si bien supportée, et nous espérons ne pas avoir nui à la réputation de cette médecine douce.UN PROBLÈME DE SUCRE?Nous consacrions, dans notre numéro d'avril 1 983, un article à l'hypoglycémie, ce mal qui affecterait 90 pour cent de la population selon certains ou 10 pour cent selon d'autres.Par la suite, plusieurs de nos lecteurs se sont montrés intéressés à communiquer avec l'Association des hypoglycémiques du Québec.Voici son adresse: 6652, rue Château-briand, Montréal, H2S 2N7.ESCHENBACH OPTIK TÉLESCOPES • TRÉPIEDS • LOUPES • TÉLESCOPES ASTRONOMIE • JUMELLES • MICROSCOPES • STÉRÉOMICROSCOPES • BALANCES PESOLA • BOUSSOLES • FIELD GUIDE • MANGEOIRES • NICHOIRS • MATÉRIEL MÉDICAL • GÉOSCOPES • HERBIER • ENTOMOLOGIE • BOUSSOLE MODÈLE 6644 28,50$ MICROSCOPE À PARTIR DE 74,50$ STÈRÉOMICROSCOPE À PARTIR DE 139,50$ y i Catalogue et livraison gratuit à l'achat de 25$ et plus LA QUALITÉ ALLEMANDE À BON PRIX SE RETROUVE CHEZ LE NATURALISTE 4 est de l'Évêché, Rimouski, Qué.G5L 1X4 (418) 724-6622 >- QUEBEC SCIENCE / novembre 1983 Alfred Nobel et sa succession.Quatre-vingt-deux ans plus tard, leè prix Nobel sont-ils désuets?Un dossier de Bernard Giansetto Gérald LeBlanc a rencontré ce prospectiviste français, Michel Godet, qui est le gourou de nos hommes politiques Avec Robert Lafontaine, nous visiterons une galerie d'illustrateurs québécois pour qui la nature est la source d'inspiration Faites-vous plaisir ABONNEZ -VOUS ! Au Canada: ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros): 40 $ ?Abonnement régulier (1 an / 12 numéros): 23 $ ?Groupe: (10 et plus, même adresse — 1 an): 21 $ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/1 2 numéros): 32$ £• CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT vigueUt d'entrée ^.DRESSE iaitem' OU PaVs jvince Code P°s'al .fi,»».I india»»»'*.?~ { .rtecoupo1111 COUPON D’ABONNEMENT (è remplir en lettres MAJUSCULES) ?abonnement ?réabonnement ?changement d’adresse 31 nom 60 61 prénom 80 LBj 7 U 8 Il 1 1 II 1 II 1 9 numéro rue 1 1 1 II 1 II appartement 28 1 1 II 1 1 1 1 1 1 29 1 | ville province 48 1 1 1 1 II 1 1 II 49 pays 1 1 1 1 J 68 ?Chèque ou mandat postal ci-joint Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 69 code postal 74 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854 de l’extérieur appelez sans frais le numéro 1-800-463-4799 62 novembre 1983 / QUÉBEC SCIENCI Vonik Tanneau RÊVE DE CHAT Le rêve est le luxe des forts.C'est, dit-on, le privilège des espèces qui ne se sentent plus menacées par leurs ennemis.Si c'est vrai, les chats sont les rois du monde! Les poissons et les reptiles dorment d'un sommeil de.bêtes.Les oiseaux doivent se contenter de quelques secondes de rêve par jour.Le rat de 30 minutes; l’homme d'un peu plus d'une heure et demie.Le chat, lui, s'offre trois heures de rêve par jour.Mais ses rêves manqueraient de fantaisie.D'après Michel Jouvet et Jean-Pierre Sastre qui, dans leur laboratoire de Lyon, étudient les mécanismes du sommeil et du rêve, la vie onirique du chat se limite à une chasse sans fin.Ça a beau faire trois générations qu'ils se nourrissent de Dr Ballard, ils se prennent encore pour des panthères.Rêves de grandeur?.DES COUCHES BIOTECHNOLOGIQUES Les bactéries, c'est vraiment bon à tout.Les voilà qui se mettent à fabriquer des couches de bébés.La compagnie britannique ICI vient en effet de lancer sur le marché des couches en fibre synthétique «tissée» par des bactéries.Le dernier produit de la biotechnologie.UN REMÈDE DE CHEVAL Votre chien montre des signes d'anxiété, a une peur bleue du vétérinaire ou fait preuve d'une nervosité inhabituelle?Une séance d'acupuncture lui ferait peut-être du bien.Un vétérinaire de Géorgie utilise les petites aiguilles chinoises depuis des années pour calmer ses patientsà quatre pattes et même les endormir.Il a pour la première fois essayer ce traitement il y a 38 ans pour calmer un cheval emballé et déclare avoir depuis améliorer les performances de plusieurs chevaux de course.(il En vrac LE COSMOS-POUBELLE .P • sa Ils sont bien finis, les «espaces infinis» dont le vide effrayait Pascal.L’éther aujourd'hui est devenu une véritable autoroute, avec, comme de rigueur, les détritus qui s'accumulent le long de la voie.À côté des quelques centaines de satellites, civils et militaires, qui vont bientôt devoir jouer des coudes pour se frayer un chemin, on a dénombré un bon millier d'objets volants de toutes sortes laissés derrière eux par les astronautes ou par des engins automatiques: gants, boîte d'équipement usagé, sangle d'arrimage de fusée, éclats de moteurs, etc.Une vraie poubelle ! DE L'ESPOIR POUR LES CHAUVES Si vous retirez tous les matins une poignée de cheveux de votre peigne; si pour la première fois vous avez attrapé un coup de soleil sur le sommet du crâne l’été dernier, ne désespérez pas.Je sais, on vous a déjà proposé mille et un trucs qui marchaient plus ou moins.Maiscette fois, c'est peut-être la bonne.On a découvert qu'un médicament puissant destiné à faire baisser la tension artérielle, le minoxidil, avait pour effet secondaire d'activer le système pileux.Malheureusement, les patients qui ont absorbé le médicament par voie orale pendant huit semaines ont également vu leur visage et leurs épaules se couvrir de poils! La solution: se frotter le crâne avec du minoxidil, au lieu de l'avaler?LES COMPUTERPHOBIQUES Encore une nouvelle maladie: la cyber-phobie (ou computerphobie).Elle frappe certains utilisateurs d'ordinateurs qui, plus ou moins frustrés de ne pas «posséder» parfaitement la machine, finissent par craindre et même par haïr l'ordinateur.Sanford Weinberg, de l'université Saint-Joseph, à Philadelphie, a observé des centaines d'administrateurs de compagnies et d'étudiants d'université.En mesurant leurs réactions pendant qu'ils travaillaient à leur terminal, il a découvert que près du tiers d'entre eux souffraient de cyberphobie.Environ cinq pour cent montraient même les symptômes classiques de la phobie: nausées, étourdissements, sueurs froides, hausse de la pression artérielle.Un utilisateur particulièrement frustré avait même versé volontairement du café et jeté des cendres de cigarette dans sa console.t UN NOUVEAU METRE Même le mètre n'est plus ce qu'il était.Défini en 1790, comme la dix-millionième partie de la distance du pôle Nord au pôle Sud, il est devenu depuis le mois dernier la distance franchie par la lumière en 1/299 792 458 de seconde.C'est un peu plus compliqué, mais tellement plus précis.disent les experts! AVERTISSEMENT AUX NAGEURS Trop de natation peut faire pourrir les dents! Ça paraît assez incroyable, n'est-ce pas?C'est pourtant la conclusion d'une série d'études effectuées par les Centers for Disease Control des États-Unis et rapportées par New Scientist.On a découvert que l'eau trop chlorée d'une piscine de Virginie provoquait des caries chez les membres de l'équipe de natation qui suivaient un entraînement intensif.Cest l'acidité excessive de l’eau qui causerait une détérioration de l'émail et serait responsable du fait que 39 pour cent de ces nageurs ont des dents en piteux état.Quand même, pouren arriver là, ils devaient sûrement passer plus d'une heure par jour dans l'eau.Z'1» ~ •-v-v-a Lévidence même Le gaz naturel:, c’est I© choix gui s’tmpo^.Le gaz naturel est incontestablement la forme d’énergie qui répond le mieux à vos besoins.En plus d’être un atout essentiel au développement industriel, l’utilisation du gaz naturel signifie économie, efficacité et sécurité d’approvisionnement.Le gaz naturel une réponse énergique 'jii GAZ INTER WEÊÊ LE LEADER DE L'ÉDITION EN MICRO-INFORMATIQUE htrodurtion au ilil JCUK I AwO \nf\ liüîîfra: rryi^rrg Introduction Introduction à au Pascal 29.95$ WORDSTAR 39,95$ Jeux d'ordinateur en Basic 23,40$ Le Basic par la pratique 25,90$ Introduction au Basic ORDDWIIUR Jeux en Pascal Sur Apple, Guide du CP/M Votre premier ^ 39,50$ avec mp/m 30,80$ ordinateur 22,30$ Au coeur des jeux en Basic 38,10$ COMPOSANT Al ““S SYSTEME: Une introduction ï arj Introduction au TRAITEMENT de TEXTE Du composant au système 34,95$ Programmez en Basic surTRS 80T.1 19,95$ Introduction au traitement de texte 24,95$ Disponibles chez votre LIBRAIRE habituel Éditions SYBEX Diffusion: DiffuHvre, 350r Lebeau, St-Laurentr P.Q.H4N 1\N6 25,90$ iSli
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