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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1983, Collections de BAnQ.

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jme 22.numéro 4 DECEMBRE 1 983 2,95$.D SPECIAL: L’ESPACE À LA CANADIENNE SATELLITES FABRIQUÉS AU CANADA >EUX CANADIENS k» PANS L’ESPACE N S.O.S.J’ÉCOUTE » PANS L’ESPACE .ES ARTISTES bE LA NATURE .ES HERITIERS DE NOBEL DES CRISES ORTEUSES D’ESPOIR i tit: pjr h y \ I l 1 1 ?f ü COURRIER S i me classe Enregistrement numéro 1052 Port payé à Québec C P 250.Sillery Duébec GIT 2R1 JM m f BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 / W Si Le Canada est à la fine pointe du progrès dans le domaine des satellites de télécommunications: grâce aux nombreux satellites canadiens en orbite autour de la Terre, le ministère des Communications du Canada rend des services d'une importance vitale à la nation.Le rapprochement des communautés isolées et l’échange d'informations, la télémédecine, le téléenseignement, la prospection des ressources, la surveillance du territoire, le repérage des victimes d'accidents, la radiotéléphonie mobile, sont autant d'exemples d'applications concrètes des communications par satellite que le ministère des Communications met au service des Canadiens d'un bout à l'autre de notre grand pays.Nos compétences et nos ressources font de nous des chefs de file en matière de communications par satellite.Le ministère des Communications du Canada met à notre disposition une technologie de pointe.Nos satellites sillonnent l'espace pour le bénéfice de tous les Canadiens.0° CPne,%f Profitons-en, cette science, c'est la nôtre! Gouvernement du Canada Government of Canada Ministère des Communications Department of Communications Canada QUEBEC SCIEHCE sommaire! DECEMBRE 1983 Volume 22, numéro 4 ENQUETES/REPORTAGES Satellites fabriques au Canada François Picard Parti de presque rien, le Canada est devenu le principal maître d œuvre de ses propres satellites Page 16 l isü® Deux Canadiens dans l'espace Jean-Marc Carpentier Des 4 000 candidats, deux seulement s'envoleront à bord de la navette.Mais leur voyage ne sera pas de tout repos Un «S.O.S.j'écOUte» dans l'espace Louise Desautels De là-haut, trois satellites veillent, prêts à capter et à localiser tout signal de détresse lancé par navire ou avion en difficulté Les artistes de la nature Robert Lafontaine Quelques artistes québécois pour qui la nature est l'inspiratrice et le modèle Bernard Giansetto Les héritiers de Nobel Sont-ils, comme Nobel l'indiquait dans son testament, ceux qui auront apporté les plus grands bienfaits à l'humanité?Des crises porteuses d'espoir GéraidLeBianc On ne change pas une société par décret, mais par nécessité, avance le prospectiviste Michel Godet au cours de sa rencontre avec Québec Science ACTUALITÉS Page 36 J r Page 41 6 Cancer 7 Communications 8 Les têtes à Papineau 9 Fécondation in vitro 10 Astronomie 11 Aquaculture 56 Informatique 56 Prostate 58 Télédétection 59 Tabagisme La nature n'est pas sûre Un coup de pouce à la recherche Une idée qui a fait son chemin Dans les éprouvettes canadiennes Des planètes autour de Vega?Les saumons de Miquelon L'ordinateur polyglotte Un cancer mis en échec Des algues sous observation L'autre face de la cigarette Page 48 CHRONIQUES 12 Sans frontières Revue de presse internationale Gilles Drouin 55 Info/puce Apprivoiser l'informatique François Picard 61 Cinéscience La science à l'écran Gérald Baril 62 Bientôt demain La technologie des années 80 François Picard 63 Boîte à livres Lus pour vous 66 En vrac Les p'tits mots de la fin Vonik Tanneau Publi-reportage Hydro-Québec Décembre 1983 À titre de grande entreprise publique, Hydro-Québec transmet de l’information sur elle-même, son mode de fonctionnement, ses recherches, ses projets, et mille autres sujets, à son public interne et aux publics externes : ministères et organismes gouvernementaux, abonnés, fournisseurs, milieu de l’enseignement, municipalités, représentants des médias, collectivités et tous les groupes de pression qui se forment pour faire des représentations sur certains projets d’aménagement (ceux de Grande Baleine et d'Archipel par exemple).Le public interne L’organe d’information interne par excellence est un périodique bimensuel de 16 pages, Hydro-Presse.Avec un tirage de 30 000 exemplaires, il rejoint, à leur domicile, les 19 000 employés et les 2 000 retraités de l’entreprise, en plus des employés des chantiers, des employés temporaires et des abonnés extérieurs, notamment des journalistes et des bibliothèques scolaires (Hydro-Presse est envoyé sur demande).Ce périodique d’âge respectable (il entre dans sa 63e année) émane de la vice-présidence Information : une dizaine de personnes y travaillent, sans compter les photographes, les graphistes et les correspondants régionaux.Les lecteurs y ont leur place : leurs lettres et commentaires permettent le dialogue avec l’entreprise.Bref, c’est un modèle du genre : de nombreux prix d’excellence nord-américains et européens ont reconnu sa qualité.Le public interne est choyé : il reçoit un périodique traitant des événements, des changements de personnel et des décisions qui ont trait à son lieu de travail, ainsi que des communiqués pour les nouvelles à diffusion immédiate, l’état des négociations collectives par exemple.Un bulletin, appelé La Criée, est consacré aux petites annonces : les Hydro-Québécois vendent, achètent et troquent.Une partie du personnel reçoit une revue mensuelle d’une soixantaine de pages traitant de l’évolution de l’entreprise.Autre outil de communication, la ligne téléphonique d’Hydro-Nouvelles où, chaque Les publics d’Hydro • Québec MS* : Hllfî to’rSrV Hydro-Québécois.Enfin, des tournées d’information et des documents sont préparés régulièrement à des fins de formation.Les moyens d’information ne manquent pas ! Les publics externes En 1982, Hydro-Québec a distribué 350 000 brochures et feuillets traitant des sujets les plus divers en réponse aux demandes du public : l’élagage des arbres, la fusion nucléaire, les éoliennes, les saumons de la Koksoak, les centrales de la Gatineau, les phytocides, etc.Une bonne part de ces documents est distribuée aux visiteurs des centrales, partout dans la province, ou à l’occasion de salons et d’expositions.Pour certains publics spécialisés, des documents audiovisuels ou écrits sont préparés : ainsi, à l’intention du milieu scientifique, un bulletin (anglais et français) présente les recherches de l’Institut de recherche, l’Ireq.À l’intention du milieu scolaire, il existe des programmes de communication expliquant, entre autres, les énergies nouvelles et les dangers de l’électricité.Des rencontres sont organisées régulièrement avec les professeurs, en particulier ceux de géographie et de sciences.Une trousse comportant notamment un disque, un jeu et un casse-tête a même été mise au point à l’intention des maternelles ! Quant au programme d’équipement, un groupe de communicateurs est affecté à la consultation et à l’information des publics touchés par les projets.Tout au long du processus de consultation (penser par exemple à l’interconnexion Québec — États-Unis), cette équipe établit le lien entre l’entreprise et les groupes locaux : discussions, débats publics en présence de spécialistes, consultations, voire audiences publiques.Les médias sont eux aussi des relais d’information : aux conférences de presse, aux salons et aux congrès qui se succèdent sans répit, les spécialistes de l’entreprise sont là ! Et ces activités débordent largement nos frontières.Que ce soit en Australie cet été pour le Congrès sur l’énergie solaire, à Perth.À Boston, pour la Semaine du Québec, en juin.À New York où, d’octobre à décembre, les vitrines de la Délégation du Québec vantent notre électricité par cette fenêtre américaine.En Europe, pour les accords avec notre partenaire français, EDF, ainsi qu'avec Péchiney, la firme d’aluminium qui s'installera près de Gentilly.En outre, à l’occasion de la visite d’un ministre du Québec à l’étranger, ou d'un événement particulier, Hydro-Québec publie de nombreuses pages d’information publicitaire dans les journaux étrangers.De même, elle reçoit des journalistes étrangers venus visiter un des plus grands producteurs d’électricité du monde.Sans oublier Hydro-Québec International : chaque fois qu’un contrat est en voie d’être signé, des dossiers de Les documents d’Hydro-Québec à votre portée presse sur l’entreprise sont préparés pour les journalistes du pays concerné.Et il y a bien sûr les campagnes d'information et de publicité par lesquelles Hydro-Québec affirme son rôle social et commercial : la dernière campagne d’information Prudent sur toute la ligne est axée sur la sécurité ; le programme Bi-énergie, lancé en 1982, connaît un grand succès ; en 1981 et 1982, près d’un demi-million de téléspectateurs ont suivi deux séries créées à l’initiative de l’entreprise, L'âge de l’énergie et Le temps des choix.Le calendrier des activités d’information est donc bien chargé, à la taille de l’entreprise elle-même.Enfin, dès juillet 1984, l’information du public connaîtra des modifications en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.Société d’État, Hydro-Québec y est donc soumise pleinement, et elle prépare les structures d’accueil pour répondre aux demandes du public.1983, l’Année mondiale des communications : la présence toujours croissante de la technologie a tendance à nous faire négliger l’importance des rapports qui se créent entre individus.Et pourtant, les outils de communication, les plus sophistiqués qui soient, demeurent des outils et ne sauraient remplacer ces rapports dont dépendent la qualité et l'efficacité de la communication.À Hydro-Québec, cet apport humain a sa place.Comment se les procurer ?Centre de documentation Hydro-Québec 75, bout.Dorchester ouest Montréal H2Z 1A4 KIM total* Hillnl, faDwi ilSiPiii iam taijijtM fai Ml feüit ulychi fart iÉmj Bitimie faraieC traœ «Bit faPwi I': 51-15 hui V«i aatti total i fb t Wem ^Spéi Rê§| Àl'i 5% S; 1 -ÎJiy s S* S s Si § n m 'îl® I QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 5 c II te igoes â « M- igné el nie » e jti a- ma- ila me.les Loi iis i «S Hl- lî i- ilie (i I a- QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1-800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, André Delisle, Gilles Drouin, François Huot, Gerald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgson, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Louis Ducharme, photo couverture Raymond Robitaille, typographie Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc.photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité institutionnelle (418) 657-3551, poste 2842 .Jacques Lauzon et associés Itée J à Montréal: (514) 382-8630 Toronto: (416)927-9911 COMMERCIALISATION René Waty, responsable de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): 40,00$ Régulier: 1 an / 12 nos): 23,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l'unité: 2,95$ À l'étranger: Régulier: (1 an / 12 nos): 32,00$ À l'unité: 3,50$ Les chèques ou mandats postaux doivent être établis à l'ordre du MAGAZINE QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada, M.Claude St-Onge, vice-président — Banque de Montréal, Jean Savard, vice-président; Division du Québec — Conseil de la langue française, Michel Plourde.président — Control Data Canada, George J.Hubbs, président — Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée — Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M Lionel Boulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, Longueuil, P.Q.— Recherches Bell-Northem, M.Claude I.Proulx, directeur général; Laboratoire de L'ile des Sœurs Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1983, ISSN-0021-61 27.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Télex: 051-3488 TWX 610-571-5667 Membre de: © Copyright 1983 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation réservés.rCfTSg?IPTUM Fermez les yeux, pensez «conquête de l'espace», et vous verrez probablement des images de vols spatiaux habités, américains ou soviétiques, un drapeau flottant sur la lune, un spoutnik et son bip-bip, une navette flamboyante sur son aire de lancement.Mais l'espace, c'est aussi et surtout un univers commercial complexe, fait de satellites de communication très divers, de satellites de météo et de télédétection, de techniques et de matériaux nouveaux dont on découvre chaque jour des applications «sur Terre».On l'a dit: après l'ère de l'exploration, nous entrons dans l'ère de l'exploitation de cette «nouvelle frontière» de l'aventure technologique humaine.Vingt et un ans après le lancement du premier satellite canadien.Alouette, et au moment même où seront révélés, ce mois-ci, les noms des astronautes canadiens qui voleront un jour sur la navette américaine, il convenait de tenter un premier bilan des efforts du Canada dans l'espace.Des efforts somme toute modestes, si on les compare à ceux des grandes puissances spatiales: la réalité géopolitique prime, et il ne faut pas s'en étonner.Mais ce sont des efforts remarquables à plus d'un titre, et surtout couronnés de succès dans un domaine en particulier, celui des satellites de télécommunications.Noblesse oblige, diront certains en évoquant l'immensité du pays et la dispersion des populations.Il est vrai que ces deux facteurs ont incité à trouver des solutions nouvelles pour communiquer, dont les satellites.C'est bien ce qui permet aujourd'hui aux habitants de l'Arctique de recevoir une gamme de services modernes, dont la télévision en direct, et à ceux de l'Est du Canada de lire un quotidien transmis en fac-similé de Toronto, par exemple.Mais l'imagination n'a pas suffi: il a fallu s'appuyer sur une expertise acquise de longue date et sur un tissu industriel solide, capable de réaliser le transfert des technologies.C'est bien cela qui caractérise le Canada en ce domaine.Ce numéro spécial n'est pas exhaustif, mais il met en lumière les faits saillants du programme spatial canadien.D'abord, la conception et la mise en oeuvre des satellites, avec ce bilan de François Picard.Puis, la participation canadienne à la navette américaine, du fameux bras spatial au prochain vol de nos astronautes; c'est un article de Jean-Marc Carpentier (qui d'ailleurs sera de retour au sommaire du prochain mois pour nous parler de la biologie humaine dans l'espace).Enfin, un exemple d'application particulière des satellites, avec le système de sauvetage COSPAS-SARSAT, décrit par Louise Desautels: en choisissant ce sujet, nous désirions montrer que l'industrie spatiale a aussi un impact très direct sur la vie des gens «d'en bas».Pour compléter ce numéro, deux dossiers d'actualité tournés vers l'avenir.L'un sur les prix Nobel, ceux dont le célèbre industriel suédois attendait qu'ils «portent l'espoir au monde» et l'autre sur la prospective telle que vue par Michel Godet, un expert dont on reparlera.Enfin, nous vous offrons une galerie d'illustrateurs naturalistes, qui poursuivent une carrière dans une tradition maintenant bien établie au Québec. 6 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES CANCER LA NA TU RE N'EST PAS SÛRE Au cours de la précédente décennie, les chercheurs en cancérologie se sont graduellement aperçus qu'ils avaient longtemps négligé le rôle des facteurs alimentaires dans l’apparition du cancer humain.En oubliant de tenir compte de variables diététiques parfois difficiles à mesurer ou en les considérant tout simplement comme nuisibles, ils n'avaient pas vu que des causes importantes du cancer pouvaient se retrouver dans nos assiettes.Et voilà que Bruce N.Ames, de l'Université de Californie à Berkeley, nous rappelait, avec une certaine brutalité, en septembre dernier dans la revue américaine Science, que certaines plantes «comestibles» fabriquent parfois des «toxines naturelles» qui sont cancérogènes chez l'animal ou encore mutagènes chez certaines espèces de bactéries.Une plante sans toxines, c'est un peu comme une rose sans épines et la sélection naturelle aurait vraisemblablement préservé celles possédant de bons moyens de défense contre les bactéries, champignons, insectes et divers prédateurs tel l'humain.Il est encore plus troublant de constater que ces toxines naturelles se retrouveraient dans notre diète dans une proportion 10 000 fois plus grande que les pesticides synthétiques qui contaminent parfois les plantes.?ailleurs, en 1981, un épidémiologiste anglais, Richard Doll, estimait qu'environ 35 pour cent des décès par cancer aux États-Unis seraient d'origine gastronomique.Après le tabac, l'alimentation deviendrait ainsi la deuxième cause la plus importante de cancer, bien avant le milieu de travail ou l'infection par des virus cancérogènes.En fait, les aliments que nous ingérons quotidiennement constituent un mélange extraordinairement varié de produits chimiques naturels ou synthétiques et, malheureusement, plusieurs de ceux-ci sont encore inconnus.Néanmoins, nous savons qu'une forte consommation de graisses est probablement à l'origine des taux élevés de cancers du sein, du côlon-rectum et de la prostate.En outre, une consommation excessive d'alcool, de poisson fumé ou salé et de viandes transformées (jambon fumé, bacon, pepperoni, etc.) peut favoriser un cancer de l'oesophage ou de l'estomac.Le cancer du rectum semble associé à une trop grande ingurgitation de bière alors que l'abus du café n'est pas étranger au cancer du pancréas.Saveurs et colorants artificiels sont aussi à éviter.À cette liste déjà longue, Bruce Ames ajoute des produits pourtant plus près de la nature.Des champignons comestibles commercialisés comme le champignon Eh oui! ces légumes contiendraient des produits cancérogènes.Mais ia nature recèle aussi des produits à l'effet anticancérogène.¦f*-.\ U :t , : -V de couche et le morillon contiennent plusieurs représentants du groupe des hydrazines dont la «cancérogénicité»! pour l'animal ne fait plus de doutes.Leur potentiel mutagène a d'ailleurs été établi chez Salmonella typhimurium, une bac-1 térie mutante modifiée par Ames en 1 973 et utilisée depuis dans un test qui porte son nom.L'huile de coton, utilisée couramment pour enrober les huîtres fumées, contient divers acides gras cancérogènes chez des espèces animales telles que la truite.De plus, le poivre noir contient, en poids, dix pour cent de piperine dont la structure chimique ressemble à celle du safrole, un cancérogène animal et mutagène.Jusqu'ici, il serait possible de prendre cela avec un grain de .poivre.Mais, la liste d'épicerie de Bruce Ames s'allonge: céleri, persil, panet, pomme de terre, rhubarbe, germe de luzerne et bien d'autres produits d'utilisation moinscou- | rante.Tous ces aliments contiendraient des produits chimiques cancérogènes ou mutagènes.Betterave, céleri, laitue, épinard, radis et rhubarbe contiennent également une dose non négligeable de nitrates pouvant mener, avec les nitrites et certains amines contenus dans la diète, à la formation de nitrosamines: un produit cancérogène.Mais, rassurez-vous, tout n'est pas perdu et tout n'est pas cancérogène.Car selon le biochimiste américain, la plupart de ces toxines contenues dans l'alimentation exerceraient leur effet oncogène en fabriquant des radicaux libres à base d'oxygène, une forme sous laquelle cet atome réagit beaucoup plus facilement avec d'autres atomes.Il serait alors possible de contrebalancer cet effet cancérogène en mangeant des aliments riches en composés antioxydants.Par exemple, la vitamine C, que l'on retrouve dans les fruits frais, est une véritable trappe à radicaux d'oxygène.Elle pourrait, par la même occasion, bloquer la synthèse des nitrosamines.La B-carotène, un précurseur de la vitamine A présente dans les carottes et dans les aliments qui contiennent de la chlorophylle, peut également exercer un effet anticancérogène.Il existe maintenant une quasi-certitude qu'une proportion importante des cancers humains pourrait être évitée.Pour ceux reliés à l'alimentation, les mesures de prévention devront être en grande partie l'affaire de chaque individu.Mais pour ces cancérogènes naturels, il ne sera peut-être pas facile de détecter leur présence en lisant seulement les étiquettes.Yvan Ouellet 7 QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 ieni»i ipefc COMMUNICA TIO NS mitilii islet les h jtilisee Imite istst iirate (et: miÉ miju :a® ¦eiicii Usé ss’sl ne 4 life sc# raier1 lesfc ié I» Uïîfl an- ai:' ;;'i lies UN COUP DE POUCE À LA RECHERCHE o rï' ' ecf # ¦Ier: e#e efit l'c< y(f ècs ri [fi » i Parler de recherche et développement est de plus en plus à la mode.La dernière conférence socio-économique du Québec, celle d’octobre dernier sur les communications, n’est pas allée à l’encontre de ce courant.La séance qui portait sur la recherche-développement a été l’une de celles où le consensus — parce qu’une conférence socio-économique sans consensus n’en est pas vraiment une — a été le plus rapidement obtenu.Dans l’ensemble, les participants, quels qu’ils soient, sont tombés d’accord pour dire qu’il faut au plus tôt aviver et soutenir les efforts de recherche en communication et surtout s'assurer que les fruits de ces recherches se matérialiseront en progrès technologique et économique pour les Québécois.Un sommet socio-économique constitue également une excellente tribune pour la plupart des participants.C'est probablement pourquoi les propositions concernant la recherche et le développement n'ont pas manqué.Une en particulier a suscité beaucoup d'espoir sinon d'intérêt: celle du groupe Recherche Bell Northern qui proposait une augmentation de 35 pour cent de son effort de recherche au Québec pour une période de cinq ans.En clair, cela signifierait 125 nouveaux emplois et 13 millions de dollars d’investissement.Autour de la table, les participants ont pu exprimer leurs différentes perceptions de l’avenir des communications au Québec.Toutefois, cette proposition n'arrivait pas seule.Le groupe exige comme conditions des assouplissements à la loi 101 et à la fiscalité des particuliers.Dans ces deux cas, le gouvernement a déjà manifesté son intention d'aller dans le même sens.Le groupe Bell pose également une troisième condition, peut-être plus importante parce qu'elle touche un point sensible du complexe scientifique québécois: la grande famille de Bell Canada manque de main-d'œuvre qualifiée.Léonce Montambault, vice-président exécutif de Bell pour le Québec, a expliqué que sa compagnie aurait besoin pour les deux ou trois prochaines années de 30 maîtrises et 10 doctorats par année en sciences des télécommunications et spécialités connexes comme les sciences du logiciel.Bell demande donc aux universités d'encourager les étudiants à poursuivre leurs études.Un des moyens proposés serait l'octroi de bourses d'excellence.À ce chapitre, M.Montambault a souligné que plusieurs compagnies pourraient apporter leur contribution dans le cadre d’entente industrie-université comme c'est le cas entre Bell et INRS-Télécom-munications.D'autre part, la Fédération nationale des communications (FNC) a proposé avec insistance la création d'un institut de recherche sur les communications.Pour le syndicat, le développement des nouvelles technologies en communication aura trop d'impact sur la société pour qu'on laisse l'entière direction de ce développement aux entreprises privées seules.L'État devrait l'assumer.Mais les compagnies et les universités ne partagent pas les vues syndicales.On juge qu'il s'agit d'un investissement insuffisamment productif et d'une procédure administrative de plus.Le gouvernement, quant à lui, n'est pas contre le principe d'un tel institut, à la condition, comme le soulignait Jean-François Bertrand, ministre des Communications, «que cela ne signifie pas une immobilisation de 50 millions de dollars en infrastructure».Le ministre Bertrand estquand même parvenu à dégager un certain consensus sur l'idée qu'il faut un organisme de coordination de toutes les actions entreprises en recherche-développement au Québec.L'institut pourrait jouer ce rôle.Il semble cependant que la priorité gouvernementale sera plutôt de faire l'inventaire des ressources et des besoins de façon à mieux orienter l'aide à la recherche.Cela permettrait de développer des «centres d'excellence».Il y a fort à parier que la stratégie gouvernementale suivra le même chemin que celle en matière de biotechnologies.Finalement, la proposition de la FNC demandait que la recherche plustechno-logique se fasse en parallèle avec celle portant sur les impacts sociaux, non au détriment de cette dernière.Cela rejoignait la position de l'Association de la recherche en communication du Québec, dont la présidente, Monique Caron-Bouchard, est intervenue à plusieurs reprises pour exiger qu'on ne néglige pas la recherche du côté des sciences humaines.Gilles Drouin Environnement Québec UNE IDÉE QU! A FAIT SON CHEMIN Un test simple, peu coûteux permettant de distinguer en quelques secondes une urine normale d'une anormale, et la même chose pour le sang, est-ce possible?Oui, et ce test servant à la détection des anomalies, qui est susceptible d'avoir des applications dans des domaines aussi différents que l'alimentation et la médecine humaine et animale, est le fruit d’une longue histoire.En 1957, un jeune étudiantquébécois de 29 ans, Marcel Gagnon, travaille au Department of Foods Sciences and Technology de l'Université du Massachusetts.Son objectif?Vérifier si l'utilisation de déchets atomiques émetteurs de rayons gamma ne serait pas un moyen plus efficace que le trempage dans l'eau chaude d'effectuer le blanchiment des légumes avant leur congélation ou leur mise en conserve.Par la destruction des enzymes, dont le catalase qui, dans son expérience, lui sert d'indice ou de marqueur, le blanchiment conserve au légume sa texture, mais entraîne une perte de minéraux et de vitamines.D'où l'idée d'utiliser les rayons gamma.Idée «mauvaise» puisque les rayons gamma n'attaquent les enzymes qu'en dernier lieu .C'est à l'occasion du visionnement d'un film sur les antibiotiques que Marcel Gagnon voit tout d'un coup la lumière.En voyant l'efficacité des antibiotiques présentée visuellement au moyen de la grandeur du cerne entourant le disque sur lequel chacun des antibiotiques est déposé, il a alors l'idée d'une nouvelle méthode de détection des enzymes.Sachant que le peroxyde d'hydrogène est décomposé par la catalase, il laisse tomber un disque imbibé d'une solution riche en catalase, par exemple du jus de haricot, dans un tube de peroxyde (H2O2 à 3 pour cent).Résultat?Le disque de papier de 12,7 millimètres de diamètre (qui ne contient ni fer ni cuivre car ces métaux ont aussi pour effet de décomposer le peroxyde) coule au fond, puis remonte à la surface, poussé vers le haut par les bulles d'oxygène dégagé par la réaction.Et cette remontée est d'autant plus rapide qu'il y a davantage de catalase.À défaut d'une nouvelle méthodè de blanchiment, Marcel Gagnon et ses collègues, Ward Hunting et William Esselen, ont donc découvert un nouveau moyen de déterminer le degré de blanchiment des légumes.En 1959, ils publient un article sur la question dans Analytical Chemistry.Et le temps passe.Marcel Gagnon rentre au pays, travaille dans diverses entreprises privées avant de participer à la fondation de l'Université du Québec à Montréal et de créer, en avril 1972, le Centre de recherches en sciences appliquées à l'alimentation (CRESALA).Un peu plus tard, il engage un étudiant pour effectuer une revue de la littérature sur sa méthode.Surprise ! Un urologue américain, Abraham Braude, l'utilise pour déterminer le degré de catalase dans l'urine.Dans son article publié en 1961, Braude conclut que la méthode de Gagnon permet de vérifier la normalité de l'urine car, explique-t-il, la catalase ne se rencontre que dans l'urine anormale, infectée, ou dans celle de patients souffrant de problèmes rénaux d'origine non infectieuse; pour certains malades même, le test Gagnon fut le seul moyen de détecter une anomalie, qui passait 1 autrement inaperçue.^ À partir de ce moment, Marcel Gagnon | reprend l'affaire en main ; il veut arriver à mesurer automatiquement et précisément le temps pris par le disque pour remonter à la surface du peroxyde, ce qui indique la quantité de catalase dans la solution.Sous la direction du professeur François Gros D'Aillon, deux étudiants de physique électronique, Michel Baril et Claude Savoie, mettent au point en trois ans et moyennant 1 50 000$ un «catala-semètre».Entre-temps, l'UQAM adopte une politique relativement aux inventions faites au CRESALA: 20 pour cent des «royalties» à l'auteur de l'idée, 20 pour cent à ceux qui en assureront le développement et 60 pour cent à l'université «pour les dépenses du Centre».Selon Marcel Gagnon, la perspective d'obtenir un certain gain est de nature à favoriser des mutations rapides, «de transformer des chercheurs en trouveurs».Commercialisé par une entreprise montréalaise, Bio-Êlectronique, le cata-lasemètre (3 000$) est promis à une carrière mondiale importante car appliqué comme test de «première ligne», il coupe les frais et les délais reliés aux analyses, dont les résultats sont souvent négatifs.Et les applications du test Gagnon semblent aussi nombreuses que variées.En alimentation, par exemple, il sert à déterminer la qualité bactériologique des aliments: un excès de catalase pourra être le signe d'une infection bactérienne car les bactéries pathogènes aérobiques (sauf les straptocoques) produisent cette enzyme; on peut aussi l'utiliser pour l'analyse du lait et la détection précoce de la mammite, cette inflammation du pis de la vache qui occasionne des pertes de centaines de millions de dollars aux producteurs.Il pourrait même, en médecine humaine, servir à la détection du cancer qui, selon des analyses de chercheurs japonais, provoque une baisse du taux de catalase dans le sang.En dépit des utilisations possibles de son test, Marcel Gagnon se défend de jouer au médecin : «Ce que je peux faire, c'est déterminer si un sang est normal ou non.C'est aux médecins de faire le reste.» Inventeur, Marcel Gagnon est satisfait de voir que son idée a été développée au Québec et commercialisée par une société montréalaise (il a refusé défaire affaire avec une société américaine qui ne pouvait garantir que le catalasemètre serait fabriqué au Canada).Par contre, il déplore le manque de fonds consacrés à la recherche et surtout au développement: «Beaucoup d'idées provenant de cerveaux canadiens sont développées ailleurs, et nous devons les racheter, en payant les frais de douane en plus!» François Huot JÈBEC SCIENCE / décembre 1983 9 FECONDATION IN VITRO DANS LES ÉPROUVETTES CANADIENNES Voilà déjà plus de cinq ans qu'est né à Londres l'un des bébés les plus célèbres au monde, Louise Brown, le premier bébé-éprouvette.Cette réussite d'envergure souleva bien sûr, et avec raison, l'espoir chez nombre de couples stériles, mais elle fut en même temps le signal de départ d’une véritable course entre quelques équipes de chercheurs qui aspiraient elles aussi à jouer au bon Dieu.Depuis, la fécondation in vitro a fait des petits! À travers le monde, on compterait plus de 200 enfants à avoir vu le jour grâce à cette technique, et cela dans une cinquantaine de cliniques.Au Canada, nous attendons toujours le nôtre mais plus pour longtemps.car la cigogne devrait passer à Vancouver au début de 1984 avec sa «commande spéciale».Quant au Québec, qui est dans la course depuis trois ans, les efforts de la seule équipe à s'être aventurée dans la fécondation in vitro jusqu'à récemment n'ont pas encore porté fruit.Cette équipe, le Laboratoire de génétique moléculaire du développement du Centre hospitalier de l'université Laval, obtient pourtant des taux de fécondation, de développement et de réimplantation de l'embryon équivalant à ceux des meilleures équipes, anglaises, australiennes ou américaines.Question de chance?On pourrait le croire quand le taux de réussite de la fécondation in vitro est de l'ordre de 72 pour cent et qu'on attend toujours une grossesse en bonne et due forme! Pourquoi diable cela ne colle-t-il pas ici comme ailleurs?Peut-être simplement parce qu’on n'y croit pas.Il semble y avoir plusieurs facteurs en cause mais, au premier chef, c'est une question de priorité et de «gros sous».Au Québec, on ne semble guère intéressé à mettre des œufs dans le panier de la fécondation in vitro, comme c'est le cas dans d'autres pays qui ont décidé de miser sur une telle approche du traitement de l'infertilité.Ici, c'est encore considéré comme un luxe, surtout en période de compression budgétaire.Il s'agit là, est-il besoin de le préciser, d'une technique coûteuse.Car, avant de réussir une fécondation in vitro, il faut souvent en avoir d'abord fait plus d'une centaine, de façon à maîtriser à fond la technique, à acquérir le tour de main.Il faut donc en faire, en faire encore et même ne faire que ça.alors que l'équipe du CHUL, puisque la fécondation in vitro n'est pas au nombre des priorités, n'a d'autre choix que de s'y consacrer à temps partiel.Elle ne peut procéder à une fécondation in vitro qu'occasionnelle-ment, lorsqu'une patiente est prête à débourser 500 $ pour couvrir les frais de laboratoire.Cela a pour effet de réduire considérablement le nombre de femmes disposées à tenter l'expérience.En fait, en trois ans, une cinquantaine de femmes seulement ont bénéficié du programme de fécondation in vitro, ce qui est, à peu de chose près, le rythme hebdomadaire des équipes productives.En somme, on y va au petit bonheur la chance alors qu'il faudrait y mettre le paquet ! Le célèbre premier bébé-éprouvette, Louise Brown.Depuis, 200 autres sont nés grâce à cette technique et on attend le premier canadien.Peut-être s'agit-il de savoir si le jeu en vaut la chandelle.Pour Raymond Lambert, qui fait partie de l'équipe du CHUL, il n'y a pas de doute, le besoin existe.La stérilité est, en effet, le lot d'un nombre croissant de femmes qui, souvent à la suite d'une infection vénérienne conduisant à l'obstruction des trompes de Fallope, ne peuvent concevoir un enfant de façon naturelle.Le fait de ne pouvoir avoir d'enfant devient même pour certains couples un problème majeur.Il faut les aider, estime Raymond Lambert.Et ce faisant, on élargit nos connaissances, on comprend mieux les phénomènes complexes et encore mal connus qui entourent la reproduction.Les travaux poursuivis en vue d'obtenir un bébé-éprouvette génèrent aussi des retombées fort intéressantes.L'équipe de génétique moléculaire, en collaboration avec le Centre de recherche en immunologie et rhumatologie du CHUL, a ainsi mis au point un test pour détecter de façon précoce la présence ou la perte d'embryon, en identifiant dans le sang de la mère la présence d'immunosuppresseurs.En effet, pour éviter d'être rejeté par l'organisme maternel pour lequel il constitue au départ un corps étranger, l'embryon signale sa présence dès les premiers jours suivant la fécondation.Ce message déclenche chez la mère la production de ces immunosuppresseurs qui bloquent le mécanisme de rejet.Ce test est maintenant utilisé de façon routinière chez les femmes après la réimplantation de l'ovule fécondé.Il est aussi extrêmement important dans le traitement de l'infertilité.«On avance encore à l'aveuglette dans ce domaine et on obtient bien peu de succès», note Raymond Lambert.Ce test servira notamment à préciser le diagnostic d'infertilité et à intervenir directement sur la cause du problème.Dans la foulée des travaux sur la fécondation in vitro, on s'intéresse actuellement à développer.un utérus artificiel.Mais, soyez sans crainte, l'utérus maternel ne disparaîtra pas! Il s'agit tout au plus de créer un milieu plus favorable au développement primaire de l'embryon et de pallier certaines difficultés de la fécondation in vitro.La culture de cellules utérines, qui conservent les mêmes propriétés quïn vivo, constitue selon Michel Fortier, un système idéal pour observer les choses secrètes qui président au développement de la vie.En fait, on sait encore fort peu de choses sur les caractéristiques du milieu utérin et sur le rôle qu'il joue dans la nidation de l'œuf.Avec l'utérus artificiel, il sera possible d'assister pendant sept à dix jours — au lieu de deux à trois jours comme actuellement — au développement de l'embryon et d'observer comment celui-ci réagit à la réponse que l'organisme maternel fera à ses signaux.Pour une raison ou pour une autre, les cellules utérines peuvent ne pas répondre aux messages de l'embryon, peut-être parce qu'elles ne sont pas capables de les reconnaître ou que l'embryon ne produit pas les bons signaux.Si on en arrive à identifier la nature de ce signal et à en comprendre le mécanisme, les chercheurs du CHUL pensent qu'il serait peut-être possible de donner un coup de pouce à l'œuf fécondé en facilitant son implantation ou sa fixation dans l'utérus maternel.Ginette Beaulieu 10 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS ASTRONOMIE DES PLANÈTES AUTOUR DE VEGA?Cari Sagan et de nombreux partisans de la vie extraterrestre viennent enfin de marquer un point.Au mois d’août 1983, deux astronomes américains, George Aumann et Fred Gillett, annonçaient la découverte d'une ceinture de particules solides en orbite autour de l'étoile Vega, située à 27 années-lumière de la Terre.Cet anneau de matière comprend peut-être des planètes, ce qui en ferait le premier système planétaire connu en dehors de notre système solaire.L'existence de tels systèmes augmenterait la probabilité de trouver de la vie ailleurs que sur Terre.La découverte est due aux progrès récents de l'astronomie infrarouge.Le spectre électromagnétique est en effet divisé en plusieurs domaines, reliés à différentes gammes d'énergie, et exploités d'une façon ou d'une autre en astronomie: rayons gamma, rayons X, ultraviolets, visibles, infrarouges, ondes radio, etc.Chacun de ces domaines permet d'observer différents phénomènes, dépendant de l'énergie et de la température en cause.Les infrarouges sont particulièrement utiles pour observer les processus se déroulant à une température assez basse, ce qui est le cas de plusieurs systèmes dans l'univers: les planètes éloignées dans notre système solaire, les nuages interstellaires, etc.Sur Terre, la détection du rayonnement infrarouge pose des problèmes: la vapeur d'eau et diverses molécules de l'atmosphère absorbent et diffusent la radiation provenant des étoiles.On peut s'affranchir de cette contrainte en établissant les observatoires à une altitude élevée, comme l'observatoire Canada-France-Hawaii situé à 4 200 mètres d'altitude, ou bien en installant les télescopes sur des avions ou, mieux, des satellites.Un des dernier-nés de la NASA, le satellite IRAS (Infrared Astronomical Satellite), lancé en janvier 1983, contient un télescope de 57 centimètres de diamètre refroidi à -269° C par 60 litres d'hélium liquide.En effet, au-dessus du «zéro absolu» (ce qui correspond à -273° C), tous les objets émettent un rayonnement dans diverses longueurs d'onde, y compris en infrarouge.Même vous et moi: c'est ce qui permet, par exemple, de prendre des photos dans l'obscurité grâce à un film sensible aux infrarouges.Dans le cas d'IRAS, comme l'intensité de la radiation originaire des étoiles est faible, il faut éliminer le plus possible le rayonnement indésirable provenant du télescope lui-même, et pour cela refroidir celui-ci.L'ensemble acquiert ainsi une puissance mille fois plus grande que celle de n'importe quel autre système de détection infrarouge.Le télescope pourrait même percevoir la chaleur produite par une ampoule de 20 watts sur Pluton! Cette performance n'est pas sans contrepartie: IRAS a coûté 180 millions de dollars et ne fonctionnera que jusqu'en janvier 1 984.À ce moment, l'hélium liquide sera épuisé, et le rayonnement infrarouge provenant de l'espace sera noyé sous la contribution venant du télescope lui-même.La découverte d'un énorme anneau de matière autour de Vega relève un peu du hasard.Vega, une étoile bien connue des astronomes, est la cinquième plus brillante du ciel et elle est souvent employée pour calibrer les instruments d'observation.C'est dans ce but qu'IRAS fut braqué sur l'étoile, dans les mois suivant son lancement.À la surprise des astronomes, la brillance de Vega dans l'infrarouge était beaucoup plus forte que prévu.L'émission ne venait pas d'un point situé devant ou derrière l'étoile, comme on a pu le confirmer par des observations faites à des moments différents (la Terre s'étant déplacée sur son orbite), et la possibilité de jets de matière chaude expulsée par Vega ayant été rejetée, la conclusion s'imposait: le gain d'intensité du spectre infrarouge provenait de matière chauffée par l'étoile centrale, à une température de 90° K (ou -183° C).Cet anneau de matière, distant de Vega d'environ 80 fois la distance Terre-Soleil, serait constitué de particules ayant un diamètre de l'ordre du millimètre: d'une part, l’âge de Vega (de 400 millions à un milliard d'années) implique que les particules plus petites auraient déjà été capturées par l'étoile; d'autre part, l'intensité du rayonnement émis par des corps plus massifs serait nettement plus faible que celle observée, à cause d'une surface globale moins grande qu'avec la poussière.La découverte d'un anneau de matière autour d'une étoile, même sans satellites confirmés, assure un certain support aux théories actuelles décrivant l'évolution stellaire, du nuage de gaz primitif à la formation possible de planètes.C'est le coup de pouce qu'attendaient les tenants de l'existence d'autres planètes ou de vie extraterrestre.Aux États-Unis, par exemple, le projet Orion vise à mettre sur orbite un télescope opérant dans le visible, pour repérer d'autres systèmes planétaires.En mesurant les trajectoires des étoiles 500 fois plus précisément qu'au sol, il pourrait permettre le repérage de satellites: en effet, une étoile entourée de planètes ne se déplace pas tout à fait en ligne droite dans l'espace.Mais au coût projeté de 200 millions de dollars, l'idée n'est pas encore approuvée par la NASA.L'humanité vient donc de faire un pas de plus vers la connaissance de sa vraie place dans l'univers.La controverse autour de l'existence d'autres planètes ou d'autres formes de vie (et aussi autour des investissements qui devraient être consacrés à la recherche dans ce secteur!) n'est pas près d'être tranchée.Ce qui ne nous empêchera pas de laisser aller notre imagination, et de nous précipiter en foule au cinéma applaudir E T.Raynald Pepin UNE PREMIERE AU QUÉBEC UT • " ' " ¦ .- - i s -4- A>*T> K fc4***’ Sierra d'été.Tel est le nom du premier poulain québécois obtenu par transfert d'embryon.Les vétérinaires du Centre de recherche en reproduction animale de l'Université de Montréal ont eu recours à cette technique parce que la mère naturelle n'avait jamais mené à terme une grossesse depuis neuf ans.Les chercheurs ont donc retiré l'embryon, de moins d'un demi-millimètre de diamètre, par un lavement utérin et l'ont transféré chirurgicalement à sa mère adoptive.Il s'agit du quatrième poulain canadien produit par cette technique pourtant fort répandue chez les bovins. QUEBEC SCIENCE / décembre 1 983 1 1 ’tfll AQUACULTURE LES SAUMONS DE MIQUELON â * _ * 4 f J ïMÊgËâ * JF * P^2»fc5%’- Tout comme les îles de la Madeleine, l'archipel français de Saint-Pierre et Miquelon a ses lagunes: l'eau y est chaude, riche en plancton.C'est un milieu abrité, idéal pour y poser des cages en toute sécurité.Et dans les cages, des saumons.En réalité, ce ne sont pas tout à fait des cages, mais plutôt des grandes nasses qui mesurent cinq mètres de côté sur trois mètres de profondeur.Un peu plus loin au milieu de l'étang, des bouées signalent la présence invisible de longs boudins immergés qui, dans leurs mailles, portent des pétoncles qui mûrissent.Chaque cage est ceinte d'un petit ponton de bois sur lequel on aborde en doris, ces petites barques de pêche que l’on voit partout dans l'archipel.Nous sommes précisément à Miquelon, là où l’espace et les lagunes offrent un site idéal à l'aquaculture.L'expérience est intéressante car le climat miquelonnais ressemble à celui du Québec: ici non plus, il n'est pas question de faire hiverner les saumons en eau de mer, tant elle est froide: seuls les phoques et les icebergs semblent la trouver à leur goût.À l'Institut scientifique et technique des pêches maritimes (ISTPM) de Saint-Pierre, on estime que l'étape expérimentale est maintenant terminée et qu'on entre dans la phase développement.Le point délicat consiste évidemment à pas- Dans les lagunes de Miquelon, c'est dans des cages immergées que Ton élève les saumons.ser l'hiver.Les Français ont tout simplement inversé le cycle naturel du saumon qui dorénavant passe l'été dans l'eau salée des lagunes et la saison froide en eau douce.L'animal supporte très bien, paraît-il, ce déménagement «à contre-courant».Mais l'hiver reste l'hiver au large de Terre-Neuve.Les poissons sont placés dans des bacs clos et non chauffés mais protégés par un isolant thermique ainsi que par la neige, isolant naturel.La température ne descend pas en dessous de 0°C.«À 0°, dit Hervé Dupuy de l'ISTPM, leur croissance est ralentie.On ne les nourrit pas et ils ne bougent pratiquement pas pendant six mois.» À l'écloserie, située dans une bâtisse entre la lagune et la mer, une série de bassins contiennent des saumons et des truites à différentes étapes de leur croissance.Ils n'ont pas de problèmes de santé car l’eau est d’excellente qualité et, surtout, «les souches ont été importées de Terre-Neuve où les maladies graves du saumon sont rares», souligne Charles Caïtucoli, biologiste responsable de leclo-serie.L'originalité du lieu réside dans le fait qu'il s'y consomme très peu d'énergie: «Ici, avec les tempêtes, les pannes d'élec- tricité ne sont pas rares, poursuit le biologiste.La seule énergie dont nous ayons besoin va aux nourrisseurs automatiques qui fonctionnent sur une batterie de 12 volts.L'alimentation en eau fonctionne par gravité : du ruisseau aux bassins qui, eux-mêmes, se déversent en aval dans le ruisseau qui continue sa descente vers la mer.» L'autre originalité, toute aussi économique, concerne la nourriture.Elle est fabriquée à partir de sous-produits de la pêche locale (foies, estomacs de morue .).Tous les matins, la petite dizaine d'employés de l’écloserie s'arrêtent à l'usine de conditionnement du poisson pour prendre livraison de bacs pleins de petits boudins brunâtres fleurant bon le poisson et sur lesquels les saumons et les truites ne manqueront pas de se jeter avec voracité.Le personnel est constitué en partie de spécialistes formés en France et de pêcheurs miquelonnais auxquels on a donné quelques rudiments d'aquaculture.«Quand il y a un tissu social habitué et familier aux techniques de la mer, dit Hervé Dupuy, l'aquaculture apparaît comme un complément idéal de la pêche.» Bernard Giansetto L'HORMONE QUI VIENT DU CŒUR Le cœur vient maintenant de se voir reconnaître une nouvelle fonction importante: il agit comme glande endocrine.Des travaux poursuivis depuis plusieurs années à l'Institut de recherches cliniques de Montréal (voir Québec Science, septembre 1980) sont en effet parvenus à montrer que les cellules des oreillettes du cœur sécrètent une hormone qui, libérée dans le sang, influe sur le métabolisme du sodium, modifie la tension artérielle et contrôle le volume de sang dans l'organisme.Gaétan Thibault, Raul Garcia et Marc Cantin ont ensuite réussi à obtenir cette substance à l'état pur.La molécule, composée d'une trentaine d'acides aminés, a pu être récemment synthétisée en laboratoire, en collaboration avec la compagnie pharmaceutique américaine Merck, Sharp et Dhome, ce qui ouvre la voie à des applications très intéressantes en médecine.L'hormone en question pourrait servir dans le traitement de l'hypertension, car elle diminue celle-ci en dilatant les vaisseaux sanguins.Elle pourrait aussi être utilisée comme puissant diurétique.(R.P.) 12 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE DES ORMES À LA VIE DURE Alors que nos ormes meurenttousà petit feu, ceux du Sussex, dans le sud de l'Angleterre, semblent résister admirablement bien à la terrible maladie hollandaise de l'orme.II y aurait 90 pour cent des arbres qui y survivraient depuis l'apparition de la maladie dans ce pays.L'explication du phénomène résiderait dans l'isolement de l'ormaie.Au nord et à l'est de cette forêt d'ormes, il n'y a que des plaines dénudées d'arbres.Au sud, c'est la mer.La forêt n'est vulnérable qu'à l'ouest.Les vents dominants dans cette région viennent de la mer, ce qui fait qu'ils ne transportent pas d'éléments menaçants.Cependant, cette année, les vents dominants soufflaient de l'ouest et l'infection a effectivement pris de l'ampleur.Mais, comme l'ennemi, un champignon, n'attaque que d'un côté, il est plus facile de le contrôler avec les fongicides.(New Scientist) UNE AUTRE PREMIÈRE Le premier chromosome artificiel vient d'être fabriqué par deux chercheurs américains.À partir d'éléments d'une cellule de levure, on a reconstitué un chromosome que les cellules de levure ont accepté, copié et transmis aux cellules filles lors de la division cellulaire.Toutefois, la stabilité de ce chromosome artificiel est dix fois plus courte que celle d'un naturel.Néanmoins, cette prouesse du génie génétique permettra peut-être de mieux comprendre le comportement des chromosomes qui renferment tout le bagage génétique d'un organisme vivant.Par exemple, on pourrait intervenir contre des maladies génétiques comme le mongolisme.(Nature) & Sans frontières CHALEUR LATINE D'ici la fin du siècle, dix pour cent de l'électricité latino-américaine proviendra de sources géothermales.Cette énergie qui est générée par de la vapeur venant du cœur de la Terre est déjà couramment utilisée dans trois pays latino-américains, le Mexique, le Salvador et le Nicaragua.Dans ce dernier pays, l'énergie géothermale compte déjà pour 55 pour cent de l'électricité du pays.Trois autres pays ont également un bon potentiel: le Chili, le Costa Rica et le Guatemala.Dans celui-ci, l'utilisation de la vapeur permettrait une réduction de 20 pour cent de la consommation de pétrole.Le Guatemala doit importer les deux tiers de ses besoins pétroliers du Venezuela etdu Mexique.Curieusement, les recherches de sources géothermales sont financées à même un fonds provenant de l'OPEP.(Inter Press Service) LE RETOUR DU PALUDISME Après une première visite au plancher, le paludisme s'est relevé pour revenir plus fort.De 50 000 cas annuels en Inde en 1 961, on est passé maintenant à 1 50 millions de nouveaux cas et près d'un milliard de gens en sont atteints dans le monde.Le paludisme est une infection transmise aux humains par l'entremise d'un insecte, l'anophèle.Elle se caractérise principalement par de l'anémie et de la fièvre.Après avoir combattu le fléau avec des pesticides et tenté d'enrayer la maladie par des médicaments, les médecins ont dû abandonner la partie parce que les insectes et la maladie développaient des résistances aux produits employés.On pense maintenant recourir à d'autres moyens comme le drainage des marécages, l'épandage de mâles stériles et le changement des attitudes populaires face à cette maladie.Pour sa part, l'Organisation mondiale de la santé entend concentrer son énergie sur la mise au point d'un vaccin.DÉPRESSIF OU LUCIDE?«La fusion nucléaire ne pourra tout simplement pas fonctionner.» Celui qui tranche ainsi la question n'est pas un «vert» de l'Allemagne de l'Ouest ou d'ailleurs.Il s'agit plutôt de Lawrence Lidsky qui est, ni plus ni moins, que directeur adjoint du Centre de fusion des plasmas du Massachusett's Institute of Technology et éditeur du Journal of Fusion Energy.Selon ce vétéran de la recherche en fusion nucléaire, les problèmes techniques rencontrés sont pratiquement insurmontables et même si on parvenait à construire un réacteur, personne n'en voudrait parce qu'il serait trop gros, trop complexe et trop coûteux.3^ -J r.r Il va sans dire que les propos de ce monsieur ont rencontré des objections de la part de ses collègues.L'argument principal invoqué est qu'il serait trop tôt pour lancer la serviette.Les scientifiques n'en sont qu'à la dixième année d'un programme de recherche de trente ans à la fin duquel on espère commercialiser l'énergie électrique produite à partir de la fusion.Aux Etats-Unis, on consacre un budget d'environ 450 millions de dollars par année à ce programme.Les partisans de la fusion pensent que ni Lidsky, ni qui que ce soit d’autres ne peuvent prédire les futures percées technologiques dans ce domaine.(Technology Review) (Reportage CRD!) __ $0!K- QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 13 MÉLANGER AVEC DOUCEUR i I £?Il SIS M» aso- SH laid H» mife aleii «Il keï idi«t mit naiti n'a iJH /v Une équipe britannique dirigée par le docteur Brian Bellhouse a produit un nouveau type de cœur-poumon artificiel.L'appareil offre les avantages d'être moins encombrant, moins coûteux et plus sûr.Le poumon-cœur artificiel est principalement utilisé lors des opérations à cœur ouvert.Il assure la circulation et l'oxygénation du sang.Le sang est oxygéné soit en le faisant barboter dans l'oxygène, soit en utilisant une membrane filtrante.Ces deux méthodes ont tendance à abîmer de petites cellules responsables de la coagulation du sang.Celle-ci est la première étape de la cicatrisation.L’innovation britannique utilise la technique de la membrane, en réduisant la surface et en mélangeant le sang et l’oxygène par un vortex, ce qui élimine pratiquement la destruction des cellules coagulantes./London Press Service) H A TTENTION AUX CHARLATANS! Selon plusieurs experts américains, la commercialisation de la fécondation in vitro, les bébés-éprouvettes, devrait connaître un développement très rapide dans les 12 ou 18 prochains mois aux États-Unis.Actuellement, cinq centres médicaux offrent des programmes de fécondation, mais il devrait s'en ajouter entre 100 et 200 autres.Cette progression posera certains problèmes aux éventuels clients.Le taux de succès de chaque tentative n'excède pas 15 pour cent et il faut entre 12 et 20 personnes qualifiées pour former une équipe valable.(Science) L’ADN GAUCHER Il y a 30 ans, James Watson et Francis Crick découvraient, dans leur laboratoire de Cambridge en Angleterre, la structure de l'ADN.En 1 983, des chercheurs de tous les pays se sont donc réunis à deux reprises pour célébrer l'événement.Mais, science oblige, on a également discuté des problèmes de la biologie moderne.L’ADN Z a été le principal sujet de discussion.Celui-ci a l'étrange caractéristique d'être «tourné» vers la gauche contrairement aux habitudes de l'ADN.Cette «malformation» ne se retrouve que chez 0,01 pour cent de tout l'ADN.On croit que ce mouton noir pourrait jouer un rôle important dans la transcription et l'expression des gènes.Toutefois, une petite protéine, qui se situe le plus souvent sur notre ADN Z, pourrait également être le responsable de cet important mécanisme.La réponse dans 30 ans, peut-être?(New York Times) LE DÉSERT FERTILISÉ Les régions désertiques sont le théâtre d'un processus essentiel à la croissance des arbres: la fixation de l'azote atmosphérique.La plupart des plantes sont incapables de consommer directement l'azote sous cette forme.Dans nos régions, il est majoritairement rendu disponible par des micro-organismes ou la lumière.Par contre, dans les déserts, ce processus n'est pas principalement biologique.Les chercheurs ont remarqué que la lumière du soleil interagissait avec des particules de titane et de fer.Ceci catalyserait la réduction de l'azote atmosphérique en matière comestible pour les plantes.Dix millions de tonnes d’azote sont ainsi fixées dans tous les déserts du monde.(New Scientist) L'INVASION DES PLASTIQUES Après les moteurs turbo de Renault, ce seront probablement les moteurs en plastique qui seront la nouvelle sensation sur les pistes de course automobile, et ce possiblement dès l'an prochain.Ces moteurs sont 50 pour cent plus légers que les traditionnels moteurs d’acier et aussi plus économiques en consommation d'essence.Toutefois, ils sont onéreux: 28$ le demi-kilogramme contre 0,25$ pour les moteurs de métal.(Science Digest) LA CHASSE AUX SATELLITES Ce mois-ci, un chasseur F-15 de l'aviation militaire américaine lancera dans la haute atmosphère, au-dessus du Pacifique, une mini-fusée de deux étages.L'engin sera porteur d'un petit cylindre métallique de 30 centimètres de diamètre par 32 centimètres de longueur.Il sera téléguidé et se dirigera à une vitesse de près de 13 kilomètres à la seconde vers sa cible: un satellite.Il s'agit des essais de la première arme antisatellite américaine.L'élaboration de ce premier missile antisatellite a déjà coûté 4,5 milliards de dollars américains.Pour l'instant, les satellites soviétiques menacés ne sont qu'au nombre de quatre, c'est-à-dire ceux dont l'orbite se situe à environ 2 000 kilomètres d'altitude.Toutefois, ce programme n'est qu'une première étape devant conduire à la mise au point d'une version améliorée, capable d'atteindre les 17 satellites Molniya responsables de la surveillance du lancement des missiles intercontinentaux américains porteurs d'ogives nucléaires.(Science) VOTER LE 1er JUILLET Deux chercheurs américains ont tenté de mesurer l'effet des politiques de taxation des États américains sur la migration des populations.Ils ont fait la surprenante constatation qu'une augmentation des taxes ne correspond pas nécessairement à une forte émigration.Tout dépend si les services offerts par le gouvernement sont proportionnels au compte de taxes.(Social Science Quarterly) Gilles Drouin HP75C L’ORDINATEUR QUI VOUS SUIT DANS VOS DÉPLACEMENTS - 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SOQUiPS un groupe-énergie diversifié PU BLI-REPORTAGE Parti de presque rien, le Canada est devenu le principal maître d’oeuvre de ses propres satellites SATELLITES 4/i par François Picard Si, parmi les projets gouvernementaux, le développement des satellites canadiens fait autant l'unanimité, c'est dû surtout au fait que personne ne peut en nier l'importance.En effet, grâce à ces satellites on a doté le pays de l'un des réseaux de télécommunications les plus modernes et les plus puissants au monde.De plus, en développant les nouvelles technologies aérospatiales, le Canada a acquis un savoir-faire de renommée internationale qui lui permet de s'impliquer davantage dans la réalisation de divers types de satellites ou dans l'interprétation des données qu'ils recueillent.PLUS DE 20 ANS D'EXPÉRIENCE Une grande partie des Canadiens profitent des satellites que nous avons mis en orbite.Grâce à eux, les populations de l'Arctique peuvent recevoir toute une gamme de services de télécommunications jusque-là inaccessibles ou de mauvaise qualité; le Globe and Mai! est retransmis en fac-similé dans plusieurs villes pour publication simultanée; ou des spécialistes peuvent faire des diagnostics médicaux à distance.Et ce ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d'autres.De 1962, avec Alouette, à 1982, avec Anik DI, le Canada a avancé très vite dans la technologie des satellites.Avec Alouette, le Canada était le troisième pays à entrer dans l'ère spatiale, après les États-Unis et l'U.R.S.S., et il a conservé son avance.Dès le début, on cherchait à améliorer le système de télécommunications entre les diverses régions de ce vaste pays.Pendant une dizaine d'années, Alouette I (1962) et Alouette Il (1965) ont fourni à des chercheurs du monde entier quantité d'informations sur la ionosphère et ils ont plus particulièrement permis de comprendre un peu mieux les problèmes de transmission radio que l'on rencontre dans l'Arctique canadien.Les satellites de la série Isis marquèrent le stade suivant dans la recherche scientifique spatiale.Lancés respectivement en 1 969 et 1 971, Isis I et Isis II transmettent toujours vers les stations terrestres des données sur les couches les plus hautes de notre atmosphère.Leur conception a été l'occasion de mettre au point de nouvelles technologies qui devaient servir dans le développement de nouveaux satellites, plus utilitaires: les satellites de communications de la série Anik (ce mot signifie frère en langue inuit).LA GÉNÉRATION ANIK Anik Al (1972) fut le premier satellite national de télécommunications au monde placé sur une orbite géostationnaire, c'est-à-dire qui se déplace sur son orbite, à 35 800 kilomètres de la Terre, de façon à demeurer vis-à-vis un point fixe sur la Terre, dans le même plan que l'équateur.Cela lui donnait l'avantage de retransmettre en permanence des signaux radio vers les mêmes stations terrestres dont l'antenne était fixe (dans le cas de satellites en orbite polaire, le satellite ne survole un même pays que quelques minutes par jour et une antenne doit suivre sa trajectoire avec précision pour capter les signaux qu'il transmet).Les deux autres satellites de la même série, Anik A2 (1973) et Anik A3 (1975), eux aussi géostationnaires, avaient pour mission de desservir le décembre 1983 / QUEBEC SCIENCE Nord canadien en radio, télévision et téléphone.Anik A2 a rempli sa mission avec succès jusqu'en 1981.Anik A3 est encore en service sur les mêmes fréquences qu'Anik B et Anik DI.Parallèlement à la mise sur pied de ce premier système de télécommunications par satellites, le Canada développait, conjointement avec les États-Unis, le satellite de communications le plus puissant au monde à cette époque: Hermès.Son principal avantage: transmettre des signaux assez forts pour que l'on puisse les capter avec une antenne parabolique de petites dimensions, et donc beau- lusnyp I5]j' sese) ftk tïtjj; Am (i[S, ' dîs !iiSSi ijfc. QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 17 Anik A-1 19?» .Anik A-2 1973 • r • • Anik A-3 1975 Hermes 1976 r4 • /7 / AnikC-3 1982 Anik C-2 (1983) Anik 0-2 Sî le! - :: ' * coup moins coûteuses que les grosses stations terrestres indispensables jusque-là.Durant les quatre années qui suivirent son lancement, en 1976, Hermès a servi à de nombreuses expériences, en particulier de téléconférence, de télémédecine ou de télé-enseignement.Anik B (1978) complétait les services offerts tant par les Anik A que par Hermès.Ce satellite hybride comportait les principaux équipements de chacun des deux types de satellites précédents.Il a donc servi à des applications commerciales aussi bien qu'à des expériences de radiotélédiffusion directe vers des zones rurales ou éloignées des grands centres.Par exemple, grâce à Anik B, un radiologue de Montréal pouvait examiner des radiographies de patients faites dans un hôpital au chantier de la Baie James.Anik A et Anik B furent fabriqués en grande partie aux États-Unis.Toutefois, au milieu des années 70, l'industrie astronautique canadienne s'était acquis un savoir-faire tel que le Canada pouvait devenir le principal maître d'œuvre de ses propres satellites.Ainsi, c'est à Spar Aérospatiale Limitée, de Sainte-Anne-de-Bellevue au Québec, que l'on a confié la construction des satellites de la série Anik D.Leur contenu est canadien à près de 90 pour cent.Les Anik D — le premier fut lancé en 1982 et le second sera mis en orbite en 1984 — doivent remplacer les Anik A et couvrir les besoins internes du Canada en télécommunications par satellite pour toute cette décennie.C'est également de cette compagnie que le Brésil a décidé d’acheter des satellites de ce type pour son propre système national de satellites, Brazilsat.Expulsé de la soute de la navette spatiale en novembre 1982, Anik C3 était le satellite de télécommunications commerciales le plus puissant Ministère des Communications 18 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE 'Il ’ H • De cette salle de contrôle, Télésat surveille constamment ses satellites de télécommunications, corrigeant leur trajectoire s'il y a Heu.du monde occidental.Quelques mois plus tard, Anik C2 le suivait dans l'espace.Les Anik C permettent la transmission directe d'émissions de télévision vers de petites stations terrestres de moins de 1,8 mètre de diamètre.Ainsi, en installant une petite antenne sur le toit de leur maison ou au sol, des particuliers peuvent recevoir les signaux du satellite.Les Anik C ont été commandés à Hughes Aircraft Company de Los Angeles, mais la moitié de leurs composantes ont été produites par des sous-traitants canadiens.Les Anik C comportent 16 répéteurs capables de transmettre chacun deux émissions couleurs de télévision ou 1 344 voies téléphoniques à sens unique.Anik Cl et Anik D2 seront lancés d'ici deux ans, complétant le système de télécommunications par satellites de grande capacité du Canada.LES NOUVEAUX PROJETS FOISONNENT Dès 1980, plusieurs ministères canadiens ont entrepris des études conceptuelles sur un projet de satellite de télécommunications destiné à des récepteurs mobiles, le M-Sat.Selon Colin A.Franklin, directeur général des programmes spatiaux au ministère fédéral des Communications, «si le projet est mené à terme, ce satellite sera utilisé pour les communications des gouvernements fédéral et provinciaux, de même que pour divers services commerciaux dans des régions éloignées des grands centres.Il servira à acheminer les communications de personnes se déplaçant à pied ou dans des véhicules.» On pense en particulier aux pêcheurs, au personnel de chantiers forestiers et miniers, ainsi qu'aux liaisons radio directes avec des bateaux, des avions ou hélicoptères, des véhicules ou des stations terrestres, surtout dans le Grand-Nord.Ce satellite, dont le lancement est actuellement prévu pour 1988, aura aussi un usage militaire, pour les communications tactiques et stratégiques.Le principal avantage du M-Sat sera de pouvoir être capté par de petites antennes paraboliques de seulement 60 centimètres de diamètre.Les coûts de l'étude de faisabilité et de conception de ce satellite ont déjà dépassé 15 millions de dollars.Pour sa part, le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources participe au projet Landsat.Les satellites américains Landsat ont pour tâche la télédétection.Grâce à des capteurs, ils fournissent des données sur la surface du globe.Ils contribuent de façon de plus en plus efficace à l'inventaire des récoltes, à la gestion des forêts et de la faune, aussi bien qu'à la cartographie des terres ou à l'exploration minière ou pétrolière.Le Canada a signé un accord avec les États-Unis pour utiliser les données transmises par ces satellites; il lui a cependant fallu mettre sur pied ses propres stations de réception, de traitement et d'analyse des informations.Il y en a deux, l'une à Prince Albert, en Saskatchewan, et l'autre à Shoe Cove, à Terre-Neuve, et leur exploitation coûte environ 1,5 million de dollars par année.Cette expérience a permis au Canada de développer ses compétences dans le domaine de la télédétection, au point de songer à présent à utiliser ses propres satellites.On est ainsi en train de mettre au point Radarsat, un satellite de télédétection équipé d'un nouveau système de radar à ouverture synthétique (SAR) et d'autres analyseurs à microondes.Ce nouveau satellite servirait à la fois à la cartographie du mouvement des glaces dans les eaux arctiques, à l'exploration minière et à la gestion des ressources renouvelables.Selon Shabeer Ahmed, le gestionnaire du projet, «son avantage sur Landsat, qui n'opère que dans les fréquences visibles, est de pouvoir fournir des images à haute résolution des terres et des mers jour et nuit, que le ciel soit dégagé ou couvert».Ce projet est coordonné par le Centre canadien de télédétection du ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources.Il y a 20 ans ce mois-ci, le Canada recevait ses premiers signaux d'un satellite météorologique.Depuis, le Service de l'environnement atmosphérique, situé à Toronto, a participé à la mise au point de divers instruments placés à bord des satellites.Un satellite météo est muni de capteurs sensitifs, d'un ordinateur central qui traite les données recueillies, puis les stocke avant de les transmettre par un émetteur vers les stations de réception terrestres.Des QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 19 L'industrie canadienne de l'espace La société Spar Aérospatiale Limitée, qui construit des satellites dans son usine de Sainte-Anne-de-Bellevue, fut créée en 1968 à partir de la division Special Products and Applied Research de De Havilland Aircraft; c'est une société à capitaux canadiens depuis 1979.Spar a été impliquée dans la mise au point de tous les satellites qui ont suivi Alouette I.Cette société fut chargée de la conception d'un type spécial d'antenne et de dispositifs mécaniques sécuritaires avant d'avoir à concevoir et à aménager l'ossature même des engins spatiaux.Dès 1 969, Spar fut le principal fournisseur de sous-systèmes de satellites au Canada.En 1978, la compagnie fit l'acquisition de la division spatiale de RCA Canada, située elle aussi à Sainte-Anne-de-Bellevue, puis elle devint, l'année suivante, le premier maître d'œuvre canadien d'un projet aérospatial alors que Télésat lui confiait la construction des satellites Anik D, dont le premier fut lancé en 1 982.D'un autre côté, la société Spar a contribué à la conception ou à la fabrication d'une cinquantaine de satellites.En 1982, par exemple, malgré une très forte compétition, elle a obtenu du Brésil le contrat de construction de deux satellites semblables à Anik D.En 1 983, Spar a signé un autre important contrat qui l'engage à fournir à l'Agence spatiale européenne des panneaux de capteurs solaires, des amplificateurs et des tests environnementaux pour son projet de super-satellite de télécommunications, le L-Sat, dont le lancement est prévu en 1986.Le chiffre d'affaires de la compagnie, uniquement en ce qui a trait aux satellites, est passé de 1 million de dollars en 1 968 à 1 20 millions en 1 983.Sur une trentaine de compagnies canadiennes fortement engagées dans le programme spatial, la majorité ont leur siège en Ontario et les autres sont dispersées dans les autres provinces.À l'exception de Spar, elles ne font que fabriquer des composantes de petite taille ou des antennes.CAE Electronics, de Saint-Laurent, a ainsi produit des commandes manuelles et un tableau d'affichage pour le télémanipulateur de la navette.MPB Technologies, de Sainte-Anne-de-Bellevue, fabrique des mo- dems et divers dispositifs électroniques, et fait la mise au point d’antennes.Andrew Antenna Company, de Whitby (Ontario), Canadian Astronautics, d'Ottawa, MacDonald, Dettwiler & Associates, de Richmond (C.-B.), Raytheon Canada, de Waterloo (Ontario), ou SED Systems, de Saskatoon, fabriquent quant à elles des stations au sol et des antennes.Toutes ces compagnies peuvent profiter du laboratoire David Florida situé à Shirley Bay, près d'Ottawa.Celui-ci fait partie du Centre de recherches sur les communications du ministère fédéral des Communications.Le laboratoire comporte d'imposantes installations qui servent lors de l'assemblage ou des essais des engins spatiaux ou de leurs composantes.Il existe depuis le début des années 70 et il a été agrandi en 1 979 pour qu'on puisse y travailler sur les nouvelles générations de satellites, de plus grandes dimensions.Dans des chambres thermiques à vide, on y analyse le comportement des satellites ou de divers appareils et éléments qui seront placés à leur bord.On y fait aussi des tests de vibrations, de transmission des ondes et d'interférences.C'est dans ce laboratoire qu'on a procédé, entre autres, à tous les essais environnementaux des satellites Anik DI et Anik D2, ainsi que du bras télémanipulateur (Canadarm) de la navette.On y attend actuellement les deux satellites de communications Brazilsat construit par Spar Aérospatiale et le L-Sat, un satellite polyvalent lourd de l'Agence spatiale européenne.Au cours des derniers mois, le ministre des Communications, Francis Fox, a mis sur pied un groupe de travail, comprenant des représentants des secteurs public et privé, qui étudie comment on pourrait sortir du gouvernement le Centre de recherches sur les communications pour en faire un centre indépendant.Le ministre y voit des avantages évidents.Il explique que le gouvernement continuera d'utiliser le centre et de lui fournir des revenus, mais que Ton s'arrangera pour qu'il soit de plus en plus accessible au secteur privé et aux provinces.Les résultats de l'étude de faisabilité seront rendus publics au printemps.panneaux solaires alimentent le satellite en électricité.Le Canada a collaboré avec les États-Unis et la France à la construction du satellite météorologique Noaa-E, lancé au début de 1983.De plus, ce satellite fait partie du système SARSAT de repérage et de sauvetage, programme conjoint Ètats-Unis/Ca- nada/U.R.S.S./France qui permet de repérer rapidement la position des émetteurs de détresse grâce à l'utilisation d'un groupe de satellites.INTÉRÊT MILITAIRE À L'ORIGINE Dès le début de son implication dans la recherche spatiale et la conception de satellites, le Canada s'est tourné vers ce qui semblait le plus important pour ce pays: le développement de son système de télécommunications.Bien sûr, il y a 25 ans, on n'imaginait pas toutes les possibilités qu'offriraient les satellites.Selon J.G.Chambers, directeur général de la planification des télécommunications spatiales au ministère fédéral des Communications, «l'entrée du Canada dans l'ère spatiale avait surtout des fins militaires.On voulait essayer de comprendre pourquoi les ondes radio se propagent parfois très mal dans les régions nordiques du pays et tenter d'y remédier.Mais cet intérêt des militaires pour les satellites a cependant eu du bon, ajoute-t-il, car cela a permis de débloquer des budgets qui n'auraient autrement jamais été consacrés à l'espace.» À ce moment-là, deux ans après le lancement de Spoutnik, le service de recherche dépendait du ministère de la Défense et l'argent nécessaire fut trouvé facilement.La majorité des expériences poursuivies à bord des Alouette, puis des Isis permirent de déterminer l'intérêt qu'aurait un système de satellites commerciaux de communications pour le Canada.Dès 1 968, le gouvernement avait publié un Livre blanc basé sur les recommandations d'un groupe d'étude présidé par John H.Chapman, le coordonnateur des premiers projets de satellites.Cela aboutit la même année à la création du ministère des Communications, de Télésat l'année suivante, et au lancement d'Anik Al, en 1972.Entre-temps, une partie de la recherche militaire dans le domaine des satellites passait entre les mains du ministère nouvellement créé ou de l'industrie canadienne.D'après Colin A.Franklin, directeur général des programmes spatiaux, on s'était rendu compte qu'il fallait miser davantage sur des applications des satellites que sur la recherche scientifique spatiale.Selon 20 décembre 1983 / QUEBEC SCIENCE Un modèle du satellite Anik D.installé dans une immense chambre insonorisée du laboratoire David Florida.près d'Ottawa.lui, «quand Télésat a commandé ses trois satellites à la compagnie américaine Hughes Aircraft, en 1969, la réaction a été de dire que, si nous ne pouvions pas fournir cette première génération de satellites, le gouvernement devait mettre sur pied un programme qui permettrait que les suivants soient des produits canadiens».Le satellite Hermès aura ainsi 70 pour cent de contenu canadien alors que la participation canadienne dans la construction des Anik A et B se résumait presque uniquement au répéteur, l'appareil qui assure la retransmission des signaux radio.QUATRE PHASES À TRAVERSER Habituellement, la conception d'un satellite comprend quatre phases: l'étude de faisabilité, la définition du projet, le design du satellite et enfin sa construction.Durant la phase A, des experts déterminent si le projet présente suffisamment d'intérêt pour le pays et s'il est réalisable.Dans le cas du M-Sat, le projet de satellite de communications mobiles maintenant retenu par le gouvernement, la phase A a coûté 2,2 millions de dollars et a duré un an.À la suite de cette étude de faisabilité, il a été recommandé au gouvernement d'aller de l'avant.Le ministère des Communications s'est alors vu octroyer 17 millions de dollars pour mener à bien la phase suivante.Au cours de la phase de définition, on doit estimer les coûts du projet complet à 20 pour cent près, l'inflation non comprise.Si le projet traverse avec succès cette étape, on conçoit et on dessine toutes les constituantes de l'engin spatial.La dernière phase, celle de la construction, durera trois ans et le satellite sera prêt pour son lance- X.V J ment.Celui-ci aura cependant été prévu dès la phase A.En effet, les réservations pour chaque lancement se font des années à l'avance et, déjà, on a conclu des ententes avec la NASA pour tous les lancements de satellites canadiens prévus d'ici la fin de la décennie.Heureusement pour nous, ces lancements sont gratuits selon un accord Canada/Êtats-Unis qui stipule qu'il en sera ainsi chaque fois qu'un satellite de fabrication canadienne profitera d'une manière ou d'une autre à des Américains.L'approbation des projets n'es, pas toujours facile à obtenir, en particulier s'ils représentent un très gros investissement.C'est le cas, par exemple, du M-Sat, dont les coûts avant construction peuvent atteindre 80 millions de dollars et la mise de fonds totale, 200 millions de dollars.À la suite de nombreuses études de marché et des analyses économiques réalisées par les comités impliqués, on peut estimer les rapports à environ 300 millions de dollars par an à la fin du siècle.Pour Colin A.Franklin, «on peut donc dire que c'est un bon choix, mais si jamais les prévisions étaient fausses ce serait le gaspillage de beaucoup d'argent.Il peut y avoir des problèmes technologiques, même au sol, et Télésat ne peut pas prendre seule un tel risque.» La solution envisagée est donc que le gouvernement s'implique, qu'il fasse les premiers essais pendant un an ou deux après la mise en orbite, avant de transférer le satellite à Télésat.TÉLÉSAT UN RÔLE PRIMORDIAL La renommée de Télésat a depuis longtemps dépassé nos frontières.Le succès des sept satellites déjà lancés a entraîné des retombées économiques importantes pour le Canada.Par ailleurs, le réseau de près de 150 stations terrestres établi au fil des ans a permis d'apporter le téléphone, la radio ou la télévision dans des régions du pays peu ou pas desservies jusque-là.Télésat est une compagnie privée créée par le Parlement en 1 969.Son mandat est de développer etd'opérer son propre réseau de satellites commerciaux pour les télécommunications à l'intérieur du pays.En sont propriétaires le gouvernement du Canada (50 pour cent), Bell Canada (25 pour cent), les autres compagnies membres du Réseau téléphonique transcanadien (16 pour cent) et diverses autres entreprises de télécommunications.Télésat finance ses opérations et ses investissements par ses propres revenus commerciaux.Dans la mesure du possible, cette compagnie fait construire les satellites dont elle a besoin par des entreprises canadiennes.En outre, elle joue un rôle très important dans QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 21 Les antennes se font plus petites Avec les satellites Anik A, B et D, la liaison sol-satellite se fait sur la bande de fréquence de 6 GHz et la liaison satellite-sol sur celle de 4 GHz.Ces fréquences micro-ondes basses ont un inconvénient majeur: elles nécessitent des stations terrestres comportant une antenne réceptrice de 4,5 mètres de diamètre.Par contre, Anik B, à titre expérimental, et les Anik C transmettent des émissions de radiodiffusion vers le sol dans la bande de fréquence de 12 GHz.Les signaux sont alors reçus par le satellite dans la bande de 14 GHz.Ces fréquences permettent lTutilisation d'antennes d'un diamètre inférieur à 1,80 mètre.Le coût du système récepteur est alors de moins de 1 500$ et il devrait atteindre 500$ seulement d'ici deux ou trois ans, selon Eric Tsang du Département des applications spatiales, au ministère des Communications.D'un autre côté, on se dirige vers des systèmes de communications par satellite encore plus puissants, dans les bandes de fréquence 30/20 GHz, avec des antennes réceptrices qui n'auront plus que 60 centimètres de diamètre.Les Japonais utilisent déjà un satellite qui retransmet des émissions de télévision dans ces fréquences, le CS-2a, construit par Ford Aerospace et lancé en février dernier.le développement de l'industrie astronautique internationale, en fournissant, entre autres, ses services à l'Agence spatiale européenne, à l'Australie, aux États-Unis, à la Corée et au Brésil.On ne parle habituellement des satellites de Télésat que lors de leur lancement et pourtant l'histoire de chacun d'eux a commencé au moins cinq ans auparavant, au moment où l'on a décidé que l'on avait besoin d’un nouveau satellite.Selon R.M.Lester, vice-président au développement commercial de l'entreprise, «la première chose à faire et la plus diffi- cile est d'estimer ce dont on aura besoin entre cinq et treize ans plus tard, c'est-à-dire durant la période d'activité du satellite auquel on pense, li faut trouver un type de satellite dont les capacités correspondent aux caractéristiques recherchées et qui peut entrer dans le lanceur.» Selon les besoins mis de l'avant, des ingénieurs et des techniciens font des modèles, des scénarios d'utilisation d'un nombre possible de satellites différents.Puis des spécialistes en marketing testent la viabilité commerciale de chaque éventualité.En tout, une douzaine d'employés de Télésat participent à cette phase du projet.Ils s'arrangent alors pour que tous les éléments nécessaires existent afin d'éviter de trop gros risques.Durant cette première phase, qui dure deux ans, Télésat fait aussi appel à divers consultants, en particulier aux fabricants de matériel, aux chercheurs des laboratoires du ministère des Communications ou ceux de Spar Aérospatiale, ainsi qu'à la NASA qui fournit le lanceur.Quand le modèle est sélectionné, on décide du nombre de satellites à fabriquer dans une même série.Habituellement, on en fait au moins deux à cause du risque d'accident lors du lancement.C'est alors la période des appels d’offres auprès des diverses compagnies qui fabriquent des satellites.On pourra choisir une compagnie étrangère si celle-ci propose un contenu canadien suffisamment important.Ce fut le cas pour Anik B et la série Anik C, dont les contrats furent accordés respectivement à RCA et à Hughes Aircraft, qui faisaient appel à des sous-traitants canadiens dans la mesure du possible.Par contre, les Anik D sont fabriqués par Spar, près de Montréal, et ses sous-traitants sont pour la plupart canadiens.Le gouvernement canadien doit donner son accord sur le pourcentage de contenu canadien.Une fois l'offre de service acceptée, le contractant a trois ans pour construire l'engin spatial.Actuellement, à Télésat, on travaille déjà sur la prochaine génération de satellites de télécommunications.Par des études de marketing, on essaie de voir tous les besoins d'ici 1 995.Cela aboutira, d'ici deux ans, à une étude de ce que devraient être les applications de ces satellites en télévision, téléphonie et télématique, ainsi que leur coût.Il faudra que cette nouvelle génération, qui remplacera les Anik C, soit dans l'espace en 1989, avant que les Anik C soient hors service.On peut prévoir leur durée de vie par des mesures prises à bord de ces satellites et transmises sans cesse au centre de contrôle de Télésat, à Ottawa, d'où l'on surveille tous les Anik encore en service tous les jours, 24 heures sur 24.On tient compte aussi de la quantité de carburant qui leur reste; celui-ci est essentiel pour que l'on puisse remettre les satellites en place toutes les trois semaines environ, alors qu'ils ont légèrement dévié de leur orbite.Après sept ou huit ans, l'hydrazine qui sert de carburant aux petits propulseurs est épuisé.À l'instar de la majorité des intervenants du milieu des télécommunications, Francis Fox se dit convaincu qu’il faut continuer à faire beaucoup de recherches dans le secteur des satellites.Pour le ministre, en effet, «tous les efforts que nous avonsfaits en ce sens depuis les années 50 ont eu un taux de retour intéressant pour le Canada.On se rend compte que le résultat de toutes ces recherches, c'est quand même une industrie aérospatiale qui a donné au Canada une présence internationale en même temps que des emplois.» Cependant, pour l'avenir, Francis Fox estime que les emplois nouveaux apparaîtront davantage au niveau de la vente de services de consultation à l'extérieur du pays que dans la fabrication de satellites.? 22 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE IL Y A VINGT ANS.Il y a vingt ans, très exactement le 14 octobre 1963, l'honorable René Lévesque, alors ministre des Mines et des Richesses naturelles dans le cabinet Lesage dévoilait les plaques qui révélaient au public que des deux tout nouveaux bâtiments de la Faculté des sciences de l'Université Laval, porterait le nom de Vachon, en souvenir du premier doyen de la faculté, Mgr Alexandre Vachon, décédé dix ans auparavant alors qu'il était archevêque d'Ottawa pour le pavillon nord, et que l'autre, le pavillon sud, serait connu sous le nom de Pouliot, en hommage à Adrien Pouliot, deuxième doyen de la faculté et un des premiers artisans de l'École de chimie en 1921.Cette inauguration était une consécration pour une aventure qui avait commencé par l’extraordinaire succès financier de la campagne de souscription d'octobre 1920 en faveur de l'Université Laval.Les sommes recueillies à ce moment-là ont permis à Mgr François Pelletier, recteur depuis 1 91 5, de remplir une promesse faite un an auparavant aux chefs d'industrie et aux hommes d'affaires de Québec: la création d'un cours supérieur de chimie.À l'automne 1922, 14 jeunes hommes, 14 marginaux dirait-on aujourd'hui, s'inscrivaient à l'École pour suivre des cours de trois professeurs venus de l'Université de Fribourg: Paul Cardinaux, premier directeur de l'École et professeur de chimie, Alphonse Christen, professeur de physique et Joseph Guntensperger, directeur des travaux pratiques auxquels s'étaient joints l'abbé Arthur Robitaille, professeur de botanique, Althéod Tremblay, en mathématiques, Joseph Belleau, professeur d'allemand et Adrien Pouliot directeur de la bibliothèque et professeur assistant.Le Premier ministre, René Lévesque, est venu souligner les 20 ans des pavillons Vachon et Pouliot.Il fallait, à cette époque, une bonne dose d’originalité, pour ne pas dire un certain manque de réalisme, pour s'éloigner, au sortir des études classiques, des avenues traditionnelles offertes aux finissants et pour s'engager dans des études scientifiques supérieures, qui n'avaient pas précisément bonne presse dans les collèges.Malgré les défections — trois seulement des membres du premier groupe obtiendront en 1925 leur titre de chimiste diplômé — il y eut 16 inscriptions l'année suivante et la progression continue au cours des années.En 1925, l’École de chimie, déménageait dans la haute ville de Québec, sur le boulevard de l'Entente et ses nouveaux locaux sont inaugurés.En 1941, c’est au tour du bâtiment voisin qui sera baptisé l'École des mines et en 1945 venait s'ajouter aux deux premiers le pavillon Alexandre Vachon, situé un peu à l'est de l'École des mines, et qui offrait aux étudiants une cafétéria et des salles de loisir et de rencontre.Pendant ces années, le nombre d'étudiants et de programmes n'a pas arrêté de croître et l'École de chimie était devenue Faculté des sciences en 1937.L'UNIVERSITE LAVAL EN CAPSULES 100 000 $ à un projet d'Atlas sur le Canada Le ministre Serge Joyal, secrétaire d'Ètat au gouvernement fédéral, a remis une subvention de 100 000$ au Centre d'études en enseignement du Canada (CEEC) de la Faculté des sciences de l'éducation, au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée à l'Université Laval, le vendredi 28 octobre.C'est Benoît Robert, directeur du Centre et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l'éducation, qui a reçu cet octroi qui servira essentiellement à poursuivre les travaux d'un projet entrepris depuis un an, intitulé «Atlas, un pays à découvrir», une publication qui sera en même temps un outil pédagogique et un ouvrage accessible au grand public.Le Centre d'études en enseignement du Canada vise à développer l'enseignement du Canada aux niveaux élémentaire, secondaire et collégial, suivant une approche globale et notamment, en travaillant à la formation et au perfectionnement des maîtres dans le domaine des études du Canada.La création récente de ce centre couronne le travail réalisé depuis 1 970 par le professeur Benoît Robert, entouré d'une équipe de professeurs de diverses universités francophones et d'étudiants gradués.Le CEEC, qui est le plus important centre du genre du Canada, a notamment pour buts: • de former un réseau d'éducateurs venant des régions de Québec, Montréal, Ottawa, Moncton, Chicoutimi, Rimouski et Trois-Rivières: • d'élaborer et de distribuer du matériel en enseignement, entre autres sur le Canada francophone.L'équipe du professeur Robert a à son actif un Atlas des francophones de l'Ouest, un Atlas de l'Acadie, un manuel sur les partis politiques au Canada, un recueil d'échanges littéraires entre vingt-quatre classes d'écoliers francophones réparties entre Maillardville et Chéticamp.Il se propose de publier prochainement un atlas pédagogique du Québec: • de mettre sur pied des séminaires et des ateliers en études sur le Canada; • de développer des relations avec les associations d'enseignants, les divers niveaux de gouvernements et les autres centres subventionnés par la Fondation d'études du Canada.Un espoir pour les sourds profonds C'est au niveau de l'oreille interne que les très nombreuses ramifications du nerf auditif reçoivent les impulsions électriques qui permettent d'entendre.Un petit organe en forme d'escargot — la cochlée — est tapissé de cellules ciliées, rattachées au nerf auditif.Une des extrémités de la cochlée touche à l'étrier, le dernier de la série des tout petits os qui vibrent au moindre son.La cochlée accomplit une tâche que, malgré les progrès des techniques les plus récentes, l'homme n'est pas encore parvenu à faire aussi bien : transformer des impulsions mécaniques — les ondes sonores — en impulsionsélectriquesavecune subtilité telle que le cerveau peut très facilement différencier le bruit du vent dans les feuilles, des doigts sur la harpe, de la voix du politicien ou du marteau piqueur sur le béton.Les cellules ciliées ne font pas que transmettre les sons, elles sont spécialisées et certaines font des analyses de fréquence ou d'intensité.Quand la cochlée est atteinte, on parle de surdité profonde et ces surdités-là, n'étaient jusqu'à récemment, pas appareillables.Depuis un peu plus de dix ans, il est devenu techniquement possible de venir stimuler électriquement le nerf auditif au niveau de la cochlée au moyen d’une ou de plusieurs électrodes — un implant cochléaire.L'Flôtel-Dieu de Québec en collaboration avec l'Université Laval et d'autres établissements universitaires a mis sur pied un programme sur l'implant cochléaire à multiples électrodes.Ce programme multidisciplinaire de recherches fondamentales et cliniques regroupe en plus de l'équipe médicale rattachée à l'Université Laval.Une équipe de l'Université de Sherbrooke dirigée par François Duval, qui s'occupe du perfectionnement au niveau microélectroniques, et, un groupe de chercheurs de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal sous la direction de Michel Picard.PUBLIREPORTAGE 23 Sa» I QUÉBEC SCIENCE / décembre 1 983 !5to C'est le doyen Adrien Pouliot qui, au cours de la première moitié de la décennie 50, fit le siège des autorités de l'Université et les convainquit de la nécessité de construire à la Cité universitaire un édifice facultaire capable d'accueillir sans difficultés quelque 2 000 étudiants et 300 professeurs.Le 30 décembre 1955, le Conseil de l'université engageait Lucien Mainguy comme architecte de l'Université pour la construction du nouveau pavillon de la Faculté des sciences de la Cité universitaire, et quatre ans plus tard, dès que l'université avait reçu la confirmation d'une subvention gouvernementale de 20 millions, la construction commençait.Les travaux furent menés rondement.Il s'agissait de faire surgir de terre deux bâtiments d'environ 1 500 pieds, d'une profondeur moyenne de 180 pieds et d'une hauteur de 65 à 70 pieds.La surface totale des planchers était de 600 000 pieds carrés tandis que le cubage atteignait les huit millions de pieds cubes.La construction des bâtiments a coûté 25 millions, 4 de plus que les premières estimations.Les media de l'époque ont trouvé que c'était dépenser beaucoup d'argent pour 1 000 «V t:- :r- 5; : r- ¦ ¦y- y- ¦: | '!>« ¦ y" y ; >:A ¦¦y i'fi L'implant cochléaire à 13 électrodes qui sera utilisé dans le programme de l'Hôtel-Dieu a été mis au point par l'équipe du professeur Claude-Henry Chouard, de l'hôpital Saint-Antoine à Paris.C'est avec cette équipe que le chirurgien oto-rhino-laryngologiste Pierre Perron a appris et perfectionné la technique chirurgicale.La première implantation aura lieu au printemps.Pierre Perron prévoit faire trois à quatre de ces interventions pendant la première année du programme.Après l'implantation, le patient doit suivre un programme élaboré de rééducation, car si la mise en place de la prothèse lui rend une certaine forme de sensibilité aux bruits, Il faudra qu'il apprenne à faire l'association entre les sons qu'il perçoit maintenant et ceux qu'il aurait perçus dans les mêmes conditions avant sa maladie.Il y a encore beaucoup de questions qui doivent être approfondies, et donc autant de recherches à entreprendre dans desdomaines aussi différents que ceux de l'électrophysiologie de l'oreille, la micro-électronique, la rééducation et la linguistique.Le programme de recherche de l'Hôtel-Dieu de Québec est le premier du genre à être implanté avec cette envergure au Canada.L'ionosphère vue de l'intérieur Une des missions confiée à la navette spatiale Spacelab-6, dont le vol est prévu pour 1987, sera l'étude de l'ionosphère en faisant appel à des techniques développées, au départ, pour les satellites Alouette et ISIS.Mais à la différence des études précédentes, les son- ies anciens locaux sur le boulevard de l'Entente: à gauche l'École de chimie, à droite l'École des mines.ft: u; If !M I ! J# aL> Les nouveaux locaux.L’Ail-‘ t-." étudiants et que construire pour 2 000 était sinon exagéré du moins quelque peu prématuré.Pourtant, à peine sept ans plus tard, ce nombre était atteint et, à l'automne 1983, la faculté en accueille près de 4 200, encadrés par un corps professoral de 240 personnes.Le 14 octobre 1 983, le Premier ministre René Lévesque revenait dans le grand amphithéâtre du pavillon Pouliot pour en commémorer les vingt ans.Le doyen de la Faculté Lucien Huot soulignait que les autorités universitaires de l'époque n'avaient pas vu trop grand.En vingt ans, la Faculté des sciences et de génie a produit 9 288 diplômés et diplômées, dont 7 786 baccalauréats spécialisés, 1 108 maîtrises et 394 doctorats, en plus d'une impressionnante moisson scientifique de quelque trois mille communications et conférences à des congrès, colloques, séminaires provinciaux, nationaux et internationaux, plus de 5 000 publications d'articles dans des revues avec comité de lecture, de livres, de textes de vulgarisation, de rapports de recherche, .et elle compte bien poursuivre cette croissance.dages seront effectuées à l'intérieur même de l'ionosphère, l'altitude de vol de la navette pouvant être ajustée à cet effet.L'ionosphère est cette couche de la haute atmosphère où les particules sont chargées électriquement par l'effet des radiations solaires.Les caractéristiques et la position de ce plasma varient suivant les saisons et les émissions solaires.Depuis l'utilisation à grande échelle des ondes radio, l'homme se sert de l'ionosphère comme miroir pour réfléchir les ondes — et les informations qu'elles contiennent — vers un autre point de la terre.Mais l'ionosphère est encore partiellement inconnue, elle a été étudiée de la terre — d'en bas — et de satellites — d'en haut — mais les expériences de Space-lab seraient les premières à faire des analyses de l'intérieur même de l'ionosphère.Dans le cadre d'accords internationaux le Canada participe à ces travaux et c'est ainsi que le professeur Réal Gagné du Département de génie électrique de l'Université Laval a été amené à mettre sur pied un projet d'étude du comportement d'une antenne dans ce milieu bien particulier.L'étude des mécanismes de propagation des ondes dans le plasma ionosphérique est d'une grande importance non seulement en ce qui a trait à la physique même de l'ionosphère, mais, aussi, en relation avec les canaux de communication radio qui impliquent la réflexion ou la transmission par l'ionosphère.La difficulté majeure est liée aux incertitudes relatives au comportement de l'antenne beignant dans le plasma anisotrope et inhomogène que constitue l'ionosphère.Ainsi, l'adaptation d'impédance de cette antenne présente un problème beaucoup plus complexe que celui qui peut exister dans un environnement normal.Principalement, en plus des variations normales en fonction de la fréquence et de la longueur de l'antenne, on peut prévoir des variations rapides et importantes de l'impédance d'antenne qui, à cause du plasma local, devrait varier de façon complexe et imprévisible avec la fréquence, la position, et l'orientation.Vu qu'il faut que cette antenne soit la plus légère et la moins encombrante possible, il faut mettre au point un système automatique où l'adaptation se ferait de façon continue, ou semie-continue.C'est sur ce projet que travaille l'équipe de Réal Gagné, en espérant que les fruits de leurs travaux volent un jour dans l'ionosphère et permettent d'en rapporter des informations originales.Marianne Kugler UNIVERSITÉ LAVAL Pour plus d'informations s'adresser au Service des relations publiques Local 214, Tour des Arts Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 PUBLIREPORTAGE 24 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE DEUX CANADIENS DANS LESPACE Des 4 000 candidats, deux seulement s’envoleront à bord de la navette.Mais leur voyage ne sera pas de tout repos par Jean-Marc Carpentier Le 1 5 juillet 1 983 allait devenir une journée pas comme les autres pour plus de 4 000 Canadiens.Une simple offre d'emploi parue dans les principaux quotidiens du pays venait leur offrir la possibilité de réaliser un rêve jusqu'alors inaccessible.À mesure que s'égrenaient les trente secondes nécessaires pour prendre connaissance de l'avis, le rêve prenait forme et chacun s'imaginait flottant dans le cosmos à bord de la navette spatiale.À leur rêve, ces 4 000 canadiens y ont cru suffisamment pour poser leur candidature en vue d'obtenir un des six postes d'astronautes créés par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).Malheureusement, beaucoup sont appelés mais peu seront élus.Car 98 pour cent des candidats seront éliminés à la suite d'une première analyse de dossiers.Le comité de sélection rencontrera les candidats épargnés et retiendra six individus.Après une année d'entraînement et de tests, ce nombre sera réduit à quatre.Il s'agira en fait d'une équipe de deux astronautes pour chacune des deux expériences prévues, le premier devant voler alors que l'autre servira de relève, au cas où un problème se poserait.Pour ce qui est du grand jour, rien n'est encore sûr.Il semble, pour l'instant, qu'il soit possible de prévoir une première mission pour le tournant de l'année 1985-1986.En fait, les astronautes canadiens seront des «spécialistes de charge utile».Ceux-ci n'ont rien à voir avec l'opération même de la navette.Leur rôle se limite essentiellement aux opérations techniques de chaque mission, soit la capture ou le largage de satellites et évidemment la poursuite d'expériences scientifiques.C'est à l'automne 1982 que la NASA a offert au gouvernement canadien la possibilité d'utiliser la navette pour des expériences qui seraient réalisées par des Canadiens.'J Douglas Watt, de l'université McGill, est l'un des aspirants astronautes, mais aussi le responsable de l'expérience de physiologie sur le ma! de l'espace.Certains pays européens ont déjà sélectionné leurs spécialistes de mission qui doivent voler à bord du Spacelab.Un Allemand participera d'ailleurs au vol inaugural de ce laboratoire de l'espace vers la mi-février 84.Mais pour l'instant, on ne prévoit pas que les spécialistes canadiens voleront à bord du Spacelab principalement réservé aux pays de l'Agence spatiale européenne et dont l'opération est excessivement coûteuse.Les Canadiens s'associeront plutôt aux vols conventionnels de la navette où ils auront d'abord pour mission de réaliser leurs propres expériences.UNE QUESTION D'ÉQUILIBRE.Ces deux expériences sont maintenant très bien définies.Une première portera sur l'étude du «mal de l'espace» alors que la deuxième aura pour but de tester un système de vision artificielle qu'on attachera au fameux bras canadien de la navette américaine.L'expérience canadienne de physiologie spatiale sera la plus complète menée à ce jour.Elle a été préparée en tenant compte de ce qui a été fait jusqu'à présent et de ce qui est prévu entre-temps par la NASA.Il s'agit malgré tout d'une expérience très peu coûteuse si on la compare à ce qui se fait habituellement dans l'espace.La facture ne devrait pas dépasser les 400 000 dollars et sera réglée par le Conseil de recherches médicales du Canada et le ministère canadien de la Défense.Douglas Watt de l'université McGill, lui-même un aspirant astronaute, est le responsable de l'expérience dont certaines parties ont été préparées par Ken Money, également candidat astronaute, du DCIEM (Defence and Civil Institute of Environmental Medecine) de Toronto.Ces deux chercheurs n'en sont pas à leurs premières armes dans le domaine puisqu'ils ont également participé à la conception d'une série d'expériences pour les trois premières missions du Spacelab.Mais dans le cas de la mission canadienne, les chercheurs auront la chance de compter sur un astronaute dont la seule préoccupation pendant toute la mission sera de réaliser leurs expériences.Une série de tests est conçue pour mesurer avec soin l'ampleur et ___- *i-l ;¦/ ; 4 .¦./ S?- -''onS' •\eS^wSs; e\s d'aV'a< rètoa^a ^a°0 ^\es 'o°nS raves- \\oo en U&' ,nça's son^ n pp£S0'n £ «o00"necVV°o V-a aét° tAecaO1 Tra1 .doc’ ,\\on ^ïîS^SïS?^ se^en' a SüdaC® " Livet- irr"^6 un au* M\re' sses su' c 3Sor nüeS:„,P.eXa1 ^ricenve en P; ,aV'et ¦ ib'VvV® Oescen- d,esSa; AO On A3 \|0\ Mo' sP laA'a'- i"~ rte (ueca' " c sud^^'^uMA65' y \idesseS 'T^ tman v\Aesses' ao^'^tes^P0^ ,ca9e ,ufeS B\\o\eS s^é mes d’a1 ëvon( e's , a^'onS_;aO^' >b\oc Ce"w,:;fè,n\n'fQOe\sC'V vè'êtetîe\a’ce"Ü'! 3 0®s ; svand^^ ë^-^avAen^^dra; sv^foiessu^' 3uwet'ie?, V V®s C!^"e Boe'OP - dègW 9oU;:tanvs Catb AA B- pS ^eSXssS^e e^^de< ta9e A\on- ttva'1 in\n9 Scd°' ,o\ pat de 0*'°vd ie, pproo®'65^^ con®'5 e' PP®® .^;p.ou^p QU, uaP®^ slmp\® e' ,a^estapa0dioAld8 rte tad'°na' nte^.^pte- don -0UraujS \nV Pa ra ,\enV (épv .JeatV"*nU®'c0r \j o'c' un man de On Ae*ve c'a't, «zz»*** '*»*&**** qu®5.\ns \,es \os Atom' eo^s de too ^rad?!an>'ette"d;ot'9'ne don de ins trum ents rd de O*' AofP fut -fra'’ n'tnP .o' Scd0' eao doP ident ,rrade cede Ao's rèCSes-d''° so\- OaV'an°.edtd^'^Qadon -\e d^.^danAsP- i tn1 dép®° pat ¦ On de?:;ou^S /C^Œ ,A QO'TEST- CS MEri-KDDE?=> OP7-/QOE5 attrjboe: au D Li STBMe LIT qo' IL A FAIT 7?POCVC L'ETUDE DED PROFESSeUR- NOUS LE DIRE R.ESO AJAUCES AL FIRED KASTLERr HERTIDIELIUES DA US LES ATOMES A J itiïüil bWi «Ce qui est paradoxal c'est que vous devenez très célèbre et que 99 pour cent de la population n'a pas la moindre idée de ce que vous avez accompli.» cial, ne se sentaient pas en mesure d’assumer la charge accablante qu’un de leurs compatriotes avait tout bonnement décidé de leur confier.Tous ces millions, alors dispersés principalement entre la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Suède et la Russie, continuent aujourd'hui à rapporter des intérêts substantiels.En 1968, le capital s'élevait à 82 millions de couronnes suédoises (environ 13 millions de dollars canadiens de 1983).Les prix varient chaque année en fonction des intérêts issus du capital: en 1983, ils se montent à 225 000 dollars chacun; en 1980, ils avaient atteint la coquette somme de 212 000 dollars américains.De plus, à l'occasion de son tricentenaire, en 1968, la banque de Suède a institué un prix Nobel de sciences économiques que l'Académie royale des sciences décerne en même temps que les autres.LA CONSÉCRATION À la notable exception de William Butler Yeats, poète irlandais, lauréat en 1923, «très rares ont été les cas où cette aide économique s'est révélée nettement utile», écrit Anders Ôsterling, ancien secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise, dans le livre sur Nobel, l'homme et ses prix.Ainsi, est ignoré le voeu du savant d'aider les talents handicapés par la nécessité de gagner leur pain.Mais, ajoute l'homme de lettres, «le public ne souhaite pas être surpris par des noms qu'il n'a jamais entendus auparavant».D'ailleurs le prix Nobel de littérature récompense la production de toute une vie, alors que dans les domaines scientifiques, il s'agit généralement d'une découverte précise.Dans tous les cas, recevoir un prix Nobel représente une consécration.Selon Nicholas Wade, dans La course au Nobel, «les honneurs et les récompenses que peuvent recevoir les scientifiques sont nombreux mais seul le Nobel élève très largement le lauréat au-dessus de ses confrères; seul il lui confère une célébrité transcendant les étroites limites de son domaine de recherche, une mystérieuse aura rendant d'un brûlant intérêt public sa moindre opinion sur n'importe quel sujet».«Et des sujets sur lesquels bien souvent vous ignorez tout!» s'exclame le Canadien Gehrard Herz-berg, prix Nobel de chimie en 1971.«Ce qui est paradoxal, déclarait un jour Richard Feynman, prix Nobel de physique (1965), c'est que vous devenez très célèbre et que 99 pour cent de la population n'a pas la moindre idée de ce que vous avez accompli.» Cela n’empêche pas de nombreux scientifiques de rêver ou, comme le montre Nicholas Wade, d'aller jusqu'à flatter les jurés suédois en les citant dans des communications scientifiques ou de choisir des objets de recherche à la seule fin de bien se placer parmi les centaines — jusqu'à un millier — de propositions qui affluent, dans chaque domaine, à Stockholm.Bien sûr, il est interdit de se proposer soi-même mais le fait d'avoir des amis bien placés doit faciliter les choses.Ces manoeuvres, dont l'ampleur est évidemment impossible à évaluer, concernent moins, sans doute les prix de littérature et de la paix.Mais comme ces derniers font plus appel à la subjectivité du jury, ils semblent encore moins à l'abri des critiques.Certains grands écrivains écartés (Tolstoï, Strindberg, Valéry, Rilke) l'ont généralement été pour des raisons idéologiques.Quant à la remise d'un prix de la paix conjoint à Henry Kissinger et Lê Duc Tho en 1973 (ce dernier l'a refusé), le choix n'est pas paru des plus heureux à l'opinion publique.Jusqu'ici, aucun scientifique n'a, à l'instar de Sartre ou Pasternak, refusé un prix Nobel, même si Richard Feynman, par exemple, déclare qu'il a été tenté de le faire.L'an passé, juste avant que les noms des lauréats ne soient rendus publics, le New York Times prêtait la meilleure place de sa page éditoriale à un lauréatfictif, qui déclarait ne pas accepter de l'argent hérité d'un « marchand de dynamite soucieux de perpétuer son nom».Scandale à Stockholm et étonnement dans les revues spécialisées! L'auteur anonyme ajoutait que les recherches, aujourd'hui, sont des tâches collectives et que ses 15 collègues et étudiants méritenttout autant le prix.LES OUBLIÉS L'argument ne manquait pas de poids puisque l'on sait que le savant n'est plus le sorcier ou l'alchimiste travaillant seul dans son laboratoire.L'auteur de La course au Nobel — et du discours fictif du Times! — écrit: «Aux États-Unis, il est de règle que le directeur de laboratoire cosigne les articles de ses jeunes chercheurs, même s'il a participé peu ou pas du tout aux travaux exposés (.) On justifie cette pratique par le fait que c'est le chef du laboratoire qui a créé le cadre matériel et intellectuel des découvertes effectuées chez lui.» Mai*s, il y a plus arbitraire encore.Bien souvent des découvertes capitales ne sont, en fait, que la dernière t Quino/Quipos/Glénat 46 décembre 1983 / QUEBEC SCIENCE pierre d'un ouvrage bâti par le génie théorique et pratique d'autres savants.Mais la récompense n'est dévolue qu'à celui qui atteint le sommet le premier, même s'il est monté en partie grâce au travail des autres.En 1923, les Canadiens McLeod et Banting recevaient le prix Nobel de médecine pour la découverte de l'insuline en laissant dans l'ombre, malgré son patronyme, un Charles Best également méritant.En 1982, l'une des premières réactions de Kenneth G.Wilson, lauréat en physique, a été de rappeler les noms de deux autres chercheurs qui, à son avis, méritaient tout autant le prix.On dit même que la règle qui limite chaque domaine à trois récipiendaires par an empêche les comités Nobel de décerner des prix aux recherches collectives.Qu'en penserait aujourd'hui Alfred Nobel?Il ne regretterait peut-être pas d'avoir légué sa fortune au progrès des connaissances.Mais il serait sans doute surpris, comme, d'ailleurs, la plupart des positivistes du 19e siècle, du peu d'effet de ce progrès quant à l'instauration d'un monde meilleur.«Développer la connaissance, écrivait-il, c'est augmenter le bien-être; je veux dire le bien-être général et non la prospérité individuelle et, avec l'avènement de ce bien-être général, disparaîtront la plupart des maux qui sont l'héritage des âges obscurs.Les progrès accomplis dans la recherche scientifique et l'élargissement de ses horizons nous donnent l'espoir que les microbes, aussi bien de lame que du corps, disparaîtront petit à petit et que la seule bataille que livrera l'humanité dans l'avenir sera celle précisément menée contre ces microbes.» ?Pour en lire plus Ragnar Sohlman, Nobel, l'homme et ses prix, Èd.Rombaldi, 1966 Nicholas Wade, La course au Nobel, Êd.Sylvie Messinger, 1981 L’INVENTAIRE DES TERRES AGRICOLES DU QUÉBEC Une aide venant du ciel Comme tous les gens d'affaires, les agriculteurs québécois doivent remplir — sans répit diront-ils — une kyrielle de formulaires gouvernementaux; mais, à la différence des autres, leur tâche pourrait bientôt se voir allégée par une aide venant du ciel.Cette aide aura pour objet la préparation annuelle du répertoire des terres agricoles et des diverses cultures pour lesquelles elles sont utilisées.Cette entreprise est un processus coûteux, qui exige un temps considérable et qui constitue souvent un tracas pour les agriculteurs.Mais, il est essentiel de disposer d'un tel inventaire, en cette époque où les vicissitudes de l'agriculture peuvent avoir un impact considérable sur l'économie de toute une province et sur la vie quotidienne de ses habitants.D'ici quelques années, en effet, un satellite en orbite à 950 km de la Terre pourrait permettre de répertorier, rapidement et avec précision, toutes les plus importantes cultures en sol québécois.En collaboration avec le ministère québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation ainsi qu’avec le Centre québécois de coordination d_e la télédétection, le Centre canadien de télédétection (CCT), un service d'Énergie, Mines et Ressources Canada, a entrepris de mettre sur pied un système qui permettra de faire appel à l’informatique et aux diverses données appareils de télédétection à bord d’un satellite de ressources pour identifier les cultures de mais, de céréales ou de betteraves à sucre, les terres en friche et les sols en jachère.La télédétection par satellite a déjà fait ses preuves.Il y a maintenant plus de 10 ans que les scientifiques et techniciens du Centre canadien de télédétection s'affairent à mettre au point de nouveaux instruments permettant de mesurer à distance la vigueur des forêts ou d'observer la géologie du terrain.Le CCT a aussi joué un rôle d'avant-garde dans la recherche d'applications pour cette science de l'ère spatiale.Quant aux instruments de télédétection par satellite, ce sont en quelque sorte des appareils photographiques avancées qui voient et captent des images invisibles à l’oeil nu.Ces appareils peuvent par exemple produire des images des ondes infra-rouges émanant d'un objet.Le recours à la télédétection en agriculture n’a en soi rien de nouveau.Statistique Canada utilise par exemple les données provenant du satellite LAND-SAT pour évaluer la récolte de pommes de terre au Nouveau-Brunswick.Le travail des spécialistes du CCT, dans le cadre de l'entente avec le ministère québécois de l’Agriculture, consiste donc à adapter de tels systèmes de façon à refléter les particularités et les besoins de l’agriculture au Québec.Les terres agricoles au Québec sont par exemple beaucoup plus petites que celles de l'Ouest canadien.Puisque les images provenant du satellite LANDSAT couvrent une grande superficie, soit environ 35 000 km2, il est donc nécessaire de mettre au point un logiciel qui permette d'interpréter ces données de manière à pouvoir identifier diverses cultures sur des terres plus petites.Pour constituer leur modèle informatique, les spécialistes du CCT ont donc entrepris l'été dernier un programme de simulation.Utilisant des appareils montés à bord d'avions, ils ont recueilli des images de terres agricoles dans la région de St-Hyacinthe.Chaque culture a, dans ces images, son «empreinte digitale» propre.Il sera donc possible d’établir une liste des traits caractéristiques de chacune et, par la suite, de les reconnaître aisément sur les images satellite.Le CCT doit aussi tenir compte, dans l’élaboration de ce système, du lancement prochain de nouveaux satellites de ressources qui fourniront des images plus détaillées.La France prévoit en effet lancer, en 1985, un satellite SPOT (Système probatoire d'observation de la Terre}, qui sera doté, entre autres, d'un nouvel instrument qui fournira des images stéréoscopiques.On peut obtenir plus de renseignements sur le projet d'inventaire des cultures au Québec et sur les autres travaux du Centre canadien de télédétection en communiquant avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 Energie, Mines et Ressources Canada Canada PUBLIREPORTAGE 1UÈBEC SCIENCE / décembre 1983 47 IA RECHERCHE  UNRS-URBANISATION L'adoption du plan sexennal 1982-1988 aura fourni l'occasion de revoir les grandes orientations du Centre en matière de recherche et notamment de les situer dans le nouveau contexte qui semble devoir caractériser l'évolution des phénomènes urbains et régionaux.Huit facteurs sont apparus aux chercheurs du Centre particulièrement importants à cet égard : la croissance ralentie ou même négative de certaines économies, la faible croissance démographique et le vieillissement de la population, l’inflation, ('interdépendance économique, le nouveau contexte juridico-administratif, l'évolution de la composition sociale des milieux québécois, la technologie des communications et, enfin, la promotion de valeurs nouvelles dans l'organisation de la société.La nouvelle programmation propose les trois programmes suivants: l'espace régional, l’espace urbain et métropolitain, et l’espace micro-urbain.de la fréquentation, de la promotion et des stratégies du tourisme à Montréal ; un second, de l'offre et de la programmation des services touristiques à Montréal et un troisième, de la demande de loisir de plein-air et du tourisme à Montréal (dans le cadre du projet Archipel).L’espace micro-urbain Dans ce programme, trois projets sont en voie de réalisation : l’un porte sur la typologie de l’habitat plex à Montréal; le second a trait aux ajustements résidentiels des ménages âgés mobiles, et le troisième étudie la copropriété dans le marché du logement des agglomérations de Montréal et de Québec.Diffusion des résultats Une bibliographie de plus de 400 titres regroupe les travaux de l’INRS-Urbanisation.Cette bibliographie recense les ' 4 L’espace régional Ce programme est en bonne voie de réalisation avec le lancement de plusieurs projets.Citons, par exemple, les projets suivants: — étude des flux de biens et de services dans les principales agglomérations du champ urbain de Montréal; — recherche sur la PME comme stratégie de développement économique régional; — analyse de l’impact des technologies nouvelles sur l’emploi au Québec; — analyse et prévisions de l'emploi manufacturier dans la région montréalaise; — examen comparatif interrégional de la détermination structurelle des revenus; — plusieurs projets démographiques sont en cours, dont celui des perspectives de population pour les provinces et régions canadiennes; — d’autres ont un caractère politico-administratif, comme l’étude des municipalités régionales de comtés.L’espace urbain et métropolitain Dans ce programme, nous retrouvons, en particulier, trois projets portant sur le tourisme et le loisir.Un premier traitait rapports et documents de travail, livres, articles de revue, conférences présentées depuis 1970.Certains de ces travaux sont publiés dans les collections - Études et documents (37 titres) et Rapports de recherche (7 titres).Tous les autres documents peuvent être consultés au centre de documentation.Renseignements Pour de plus amples renseignements sur ITNRS-Urbanisation ou bien sur chacun des sept autres centres de l’Institut national de la recherche scientifique, on peut s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V4C7 Téléphone: (418) 657-2560 — poste 2564 ou 2565 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE 48 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE On ne change pas une société par décret, mais par nécessité, avance le prospectiviste Michel Godet au cours de sa rencontre avec Québec Science É ; S m ÊÊS^ÊÊlê »8ia sliSS mm PSg&SM ë m hkrtç, ' Sflftsilpl MmiÊËÈsmÊÊ wssm ¦ ,4/ ¦.m-Wm.'fysfciiX*¦ *'» •%'.îS^flïSÿÿ; mai iV.¦ ’ mm -h'rpr-ifSM WÈÊÈaêm ffiSSr® ï#-.-•.:' ¦ ofe V*':.-, \ ,.T5A,5&.miS$X$wê > rC mfisxmæs, ÊÉMSS».mm '.7r *L 1':/ ' - ; ' :;é- -r- •¦ ' .v'-'r pif®.¦ Swil ¦¦¦'>:' : miSIÊï lËIti e .;¦¦ : .' -V r^v-: mÊm mmâ 'j&ïï V:.'¦yÿS'f ->\.^ V -:: ' & " 'YÎYY r'.r.vj-j*- Propos recueillis par Gérald LeBlanc Professeur au Conservatoire national des arts et métiers de Paris, Miche! Godet détient deux doctorats et deux certificats en études avancées ; il a signé cinq ouvrages et une centaine d articles dans les revues scientifiques et les quotidiens Le Monde et The New York Times; // compte parmi ses clients la Communauté économique européenne et le constructeur automobile Renault.C'est une feuille de route bien garnie pour ce jeune homme de 35 ans, qui nous visite maintenant régulièrement depuis son affiliation au groupe GAMMA de Montréal.Tout comme le Conseil des sciences du Canada, le Conseil de la langue française, une poignée de ministres fédéraux et provinciaux, Québec Science a rencontré ce prodige de la prospective.Louis Pépin QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 49 «Z.a question n'est pas de savoir comment créer de nouveaux emplois, mais comment vivre dans une société en grande partie libérée du travail contraignant, du travail nécessaire à la vie quotidienne.» Québec Science: Êtes-vous une nouvelle version européenne d'Herman Khan, qui nous avait épatés il y a dix ans, en prédisant que Montréal deviendrait le Singapour de l'Amérique du Nord?Miche! Godet: La prospective à laquelle je me réfère n'a rien à voir avec la futurologie qui était le cheval de bataille de Khan.Cette futurologie de la boule de cristal qui voulait prédire l'avenir, comme si celui-ci était un grand livre déjà écrit de la main d'un quelconque dieu, et comme si certains petits malins pouvaient deviner avant les autres le contenu de ce livre.Mon idée, c'est que même s'il y a un livre de l'histoire, une grande partie des pages du futur sont encore blanches; elles restent à écrire.C'est l'idée de départ de la prospective, qui cherche à imaginerce que l'on peut mettre dans ces pages blanches.La prospective, c'est ce que j'ai appelé une science de l'action et de l'anti-fatalité.En prospective, c'est l'avenir qui est la raison d'être du présent.Donc, l'important, c'est de bien comprendre les projets des acteurs en présence; c'est en fonction de leurs projets qu'ils agissent dans le présent.Il faut voir l'avenir comme le fruit de l'évolution des rapports de force entre les acteurs dans un système de jeu donné.ü.S.Avec quels projets diaboliques les acteurs du monde nous ont-ils plongés dans la crise actuelle?M.G.: Il y a crise lorsque les acteurs ne veulent pas suivre les règles du jeu ou lorsqu'il n'y a plus de règle du jeu.Nous vivons une crise internationale parce que le monde n'est plus bipolaire (États-Unis / U.R.S.S.), mais pas encore multipolaire.En 1955, les États-Unis représentaient 40 pour cent du PNB mondial; en 1 980, c'était 24 pour cent et ce sera vraisemblablement 19 pour cent en l'an 2000.Il n'y a plus de règle du jeu parce que les États-Unis ne sont plus assez forts pour jouer le rôle de régulateur, mais encore assez forts pour empêcher l'instauration d’une régulation multipolaire.Nous vivons aussi une crise de l'énergie parce que les acteurs refusent de se conformer à la règle du jeu qui s'impose.Après le premier et surtout depuis le deuxième choc pétrolier, nous vivons dans une ère d'énergie chère et abondante.Mais nous refusons, surtout depuis le répit illusoire actuel, d'adapter nos structures de production et de consommation à cette nouvelle règle du jeu.Nous vivons enfin une crise sociale qui est liée à une certaine dialectique entre la rapidité du changement technologique et la lenteur du changement social.Nous avons accumulé au cours des années 60 un certain nombre de rigidités, de structures qui ont figé notre tissu social dans une inertie quasi absolue.Bref, les règles du jeu social (les conventions collectives, le travail salarié à temps plein, les régimes de pension .) sont de moins en moins adaptées à la nouvelle structure économique et technologique du monde.Q.S.: Mais les nouvelles technologies de l'information ne sont-elles pas justement en train de nous faire sortir de la crise et de nous relancer sur la voie de la prospérité?M.G.: Hélas, non! La crise que nous traversons n'est pas conjoncturelle, mais structurelle; ce n'est pas seulement une crise de transition entre deux vagues technologiques.Les nouvelles technologies ne feront qu'exacerber la crise.Même si elles sont prometteuses, à moyen ou à long terme, d'une nouvelle ère de croissance et de productivité, de nouveaux produits et de nouveaux services, les nouvelles technologies vont accélérer le changement technico-économique et rendre encore plus dramatique le décalage avec l'inertie sociale persistante.Il ne suffit pas de dire: changeons la structure sociale pour que le changement s'opère.On ne change pas une société par décret, mais par nécessité.Et c'est dans ce sens-là que les crises sont porteuses d'espoir.ü.S.: On a finalement le choix entre une crise ou une guerre.M.G.: En effet, on peut dire, à la limite, que la crise est aujourd'hui un substitut pacifique à la guerre.Ce n'est pas par hasard que les plus grandes réussites économiques de l'après-guerre se soient produites au Japon et en Allemagne, les vaincus de la guerre.Ces pays ont été forcés de mettre à terre toute leur structure sociale et de repartir avec de nouvelles règles du jeu.Aujourd'hui, on peut entrevoir deux scénarios: un premier, pacifique, voulant qu'il faille encore plus de crises pour amener les changements qui s'imposent; un second, où l'on se brûle à force de jouer avec le feu, où la crise dérape sur le plan politique et démocratique.À force de s'armer et de s'agresser, on va finir un jour par s'entre-tuer.Q.S.: Est-ce à dire que vous êtes un vert, un partisan du désarmement?M.G.: La guerre a toujours été l'exutoire pour les contradictions internes d'un pays.Et l'histoire nous montre que les nations finissent toujours par se servir des armements qu'elles accumulent.Par ailleurs, on n'a jamais vu une nation riche et désarmée ne pas finir par être envahie par ceux qui sont pauvres et armés.Un pays qui choisirait le désarmement opterait pour sa fin prochaine, car ce serait l'invasion de Rome par les barbares.Alors.Q.S.Vous avez déjà dit que le danger le plus grave ne venait pas des relations Nord-Sud, mais des relations Sud-Sud et Nord-Nord . 50 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE «/À l'exception de quelques personnages historiques, par exemple Gandhi ou de Gaulle, les hommes politiques ne peuvent servir de guide; ils ne font que suivre le courant.» M.G.: Comme vous diriez au Québec, il faut se méfier de l'arbre qui cache la forêt.Le fossé Nord-Sud existe, on le connaît.Mais il y a une inégalité plus dangereuse parce que plus proche.C'est quand votre voisin s'achète une grosse voiture que votre niveau de vie relatif baisse.Or, on constate depuis 1 973 qu'il y a un écart croissant entre les pays développés.Les pays les plus avancés technologiquement — l'Allemagne, le Japon et une partie des États-Unis — le sont de plus en plus, tandis que d'autres, comme l'Angleterre, le sont de moins en moins.Même chose au sein du bloc des pays sous-développés; les nouveaux pays industriels du Sud sont responsables de 80 pour cent des exportations vers les pays développés.Il s'agit d'une dizaine de pays: le Mexique, le Brésil, l'Argentine dans une moindre mesure, et les pays de la périphérie du Japon, tels que la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour.Selon l'Organisation des Nations Unies, l'écartentre les «pays à revenu intermédiaire» et les «pays à faible revenu» du Tiers-Monde était de un à quatre en moyenne en 1955 et de un à dix en 1 980.Le fait que ces petits pays riches soient proches des grands pays pauvres ne peut qu'être une source de conflit énorme dans le Tiers-Monde.Q S.: Vous avez aussi laissé entendre que le Japon pourrait bientôt connaître son Waterloo.M.G.: Je me garderai bien de faire une prédiction.C'est une intuition que j'ai depuis un certain temps et qui m'a été confirmée par le diagnostic posé par un chercheur japonais dans un article paru, l'été dernier, dans la revue Futuribte.Le système japonais est fondé sur un modèle très uniforme, très monolithique; c'est à la fois sa force et sa faiblesse.Très efficace aujourd'hui, ce modèle pourrait se révéler impuissant dans une société qui ferait appel à l'autonomie individuelle et à l'imagination plus qu'aux valeurs de groupe et de consensus, qui ont fait la force du Japon.L'Irlande a perdu la moitié de sa population au siècle dernier parce qu'elle comptait sur la seule culture de la pomme de terre.C'est l'histoire des dinosaures qui dominent le monde pendant une certaine époque mais qui n'ont pas la souplesse et la diversité requises pour survivre en cas de grands changements.Q.S.Entre-temps, c'est chez nous que le chômage augmente.Quels sont vos scénarios pour créer des emplois?M.G.: Je pense que le chômage ne fait que commencer, car, actuellement, il n'est pas lié uniquement à un ralentissement de la croissance économique.Il est le reflet de l'extension à l'ensemble de l'économie de ce qui s'est passé en agriculture.Comme en agriculture, seule une oifàt petite partie de la population sera nécessaire pour produire l'ensemble des biens et services marchands.Donc, la question n'est pas de savoir comment créer de nouveaux emplois mais comment vivre dans une société en grande partie libérée du travail contraignant, du travail nécessaire à la vie quotidienne.Notre organisation sociale a été fondée sur le paradigme du travail unique, à plein temps et salarié.Ce qui a été la règle hier, risque de devenir l'exception demain.La question devient donc: comment se partager le marché du travail, le gâteau de l'emploi qui va encore rapetisser et comment faire en sorte que les gens demeurent effectivement actifs.Ce qu'il faut imaginer, c'est une société où il y aura de plus en plus de temps partiel et de plus en plus de gens ayant une pluralité d'activités.Ifoico 1*113, Il Fi O.S.: Vous prétendez qu'il faut « blanchir le travail au noir», le légaliser?M.G.: Oui, parce que le travail au noir est une source d'épanouissement pour ceux qui le font.Les enquêtes du Bureau international du travail ont montré qu'il y avait très peu de travailleurs au noir à plein temps.Ayant déjà un emploi, la plupart des gens font du travail au noir pour accroître leur revenu, bien sûr, mais aussi très souvent pour d'autres raisons: capacité d'autonomie et d'entreprise individuelle, contact direct avec un client.Bref, toutes sortes de satisfactions perdues dans le travail classique.En luttant contre le travail au noir, on supprime une source d'épanouissement pour plusieurs, Ni 'Noi Ni Ns, QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 51 Mi .V ¦ .» 1"sv,l pom laiiiis 661* ociétf liavai1 on ne crée pas nécessairement d'emploi formel et on va à l'encontre de la tendance à une réduction des heures de travail formel.La réduction du travail formel va en effet conduire à la pluralité d'activités et donc augmenter le marché potentiel des travailleurs au noir.S.S.Finalement, ne préconisez-vous pas un système P313 qui conduira directement à la répétition de l'exploita-W tion des travailleurs du siècle dernier?gei k J# 138llS te# ufüll® M.G.: Je suis pour blanchir le travail au noir, dans la mesure où c'est une activité à temps partiel, une activité complémentaire, source d'épanouissement et éventuellement de revenu.Mais je suis fermement opposé à l'instauration d'ateliers clandestins; je suis contre l’organisation industrielle du travail au noir, contre la soustraction aux impôts et aux lois sociales d'un secteur de l'activité industrielle.vai# soi# ü.S.Dans vos scénarios, y a-t-il un seuil critique, un point à ne pas franchir sous peine de tomber dans le chaos?Est-ce 20, 30, ou 40 pour cent de chômeurs?30# ;Sl',èS JlH#1 ;(#"¦ ja* (loi''01’ jsie^ M.G.: Les systèmes sociaux, comme les systèmes biologiques, ont des seuils, des points de rupture.Mais il est impossible de prévoir ces seuils.Il y a dix ans en France il y avait 400 000 chômeurs et l’on disait: «Si on atteint le million de chômeurs, la société va éclater.» Eh bien, il y en a deux millions aujourd'hui, trois millions en Angleterre, et ça n'éclate pas.Admettons qu'on aille jusqu'à 20 pour cent de la population activeenchômage: ce serait alors un peu l'histoire du jeu des quatre coins.«Un pays qui choisirait le désarmement opterait pour sa fin prochaine, car ce serait l'invasion de Rome par les barbares.» Ce n'est pas grave d'avoir seulement quatre coins pour cinq personnes, à la condition que ce ne soit pastoujours la même qui soit exclue.Q.S.: Alors, que penser des hommes politiques qui nous invitent à lutter tantôt contre l'inflation, tantôt contre le chômage, tantôt contre les deux.M.G.: À l'exception de quelques personnages historiques, par exemple Gandhi ou de Gaulle, les hommes politiques ne peuvent servir de guide; ils ne font que suivre le courant.Il y a des hommes conscients et courageux en politique, mais le problème vient de ce que le temps politique (c'est-à-dire le temps d'une échéance électorale) est trop court pour le temps économique, le temps social et encore plus pour le temps écologique.Ce qui fait que les leaders politiques doivent sous-estimer les effets à long terme et surestimer les effets à court terme.Plus c'est long à faire, plus il faut le faire tout de suite.Le changement qui doit s'opérer dans nos sociétés sera long car les inerties et les rigidités sont de taille.Mais imaginez le leader qui, demain matin, dirait aux Québécois: «La crise ne fait que commencer, le chômage va continuer à augmenter.Collectivement, nous avons accumulé un ensemble de rigidités qui nous empêchent de faire les changements requis pour sortir de la crise.» Ce serait un discours moralement courageux, mais politiquement suicidaire.Q.S.: La prospective a-t-elle un avenir?M.G.: D'une façon presque cynique, je dirais que malheureusement il y a de l'avenir pour la prospective, parce que les crises vont continuer.Chacun devra donc faire de la prospective et en fait d'ailleurs déjà, tout comme M.Jourdain faisait de la prose.J'ai aussi la conviction que la prospective a de l'avenir parce qu'elle apporte un éclairage neuf et utile.Les données purement quantitatives, comme l’offre et la demande, ne suffisent pas à expliquer le comportement des acteurs, dont les projets pour l'avenir façonnent le présent.Ayant moi-même une formation scientifique fondée sur les mathématiques et les statistiques, j'ai réalisé que l'économétrie ne suffisait pas, qu'il fallait prendre en considération les facteurs qualitatifs non quantifiables (les stratégies et les projets des acteurs, les rapports de force, les règles du jeu), comme le fait la prospective, pour comprendre l'évolution de notre monde.Pour en lire plus Michel Godet, Crise de la prévision, essor de la prospective: exemples et méthodes.Presses universitaires de France, sup.l'Économiste, 1977 (publié aux États-Unis chez Pergamon en 1979) Michel Godet, Demain les crises: de la résignation à l’antifatalité.Hachette, avril 1980 cT Suite à la participation du Canada au programme de la navette spatiale et au succès éclatant remporté par le bras télécommandé Canadarm, le CNRC et la NASA ont décidé d’intensifier leur collaboration: ainsi, des astronautes canadiens seront invités à prendre place à bord des prochaines missions de la navette spatiale.En préparation de ces événements, le CNRC a mis sur pied un programme d’entraînement d’astronautes qui a suscité énormément d’intérêt: plus de 4000 candidatures! Un comité de sélection choisira six personnes qui recevront l’entraînement nécessaire tant du CNRC que de la NASA.La première mission s’effectuera à l'automne 85 et comme vous pourrez le constater, ce ne sera pas un voyage de tout repos! /Il ÉLECTRONIQUE DU SYSTEME SPATIALE DU CNRC 88BB aBBBQ Expérience en cours avec le système de vision spatiale du CNRC.L’opérateur de la NASA du bras spatial et le spécialiste de charges utiles canadien travaillent côte à côte dans le poste de commande arrière de la cabine de pilotage de la navette.Un bras qui voit Les premiers astronautes canadiens auront pour tâche de démontrer les capacités et l’utilité d’un «système de vision automatisé» dans l’espace.Plusieurs tâches accomplies lors des rendez-vous spatiaux, lors de l’arrimage avec un autre vaisseau, ou lors de l’assemblage de structures spatiales nécessitent en effet une connaissance exacte de la position respective, de l’orientation et du mouvement de deux objets dans l'espace, alors même qu’ils sont invisibles à l'équipage.Concept d’un système de vision spatiale.Ainsi, avec ce système de vision spatiale mis au point conjointement par le CNRC et la NASA, un rayon lumineux est envoyé sur la surface réfléchissante du vaisseau, sur celle d’un élément de la structure ou de la charge utile.Un ordinateur de bord spécialisé procède ensuite à l’analyse du rayon réfléchi pour déterminer la distance et la position de l’objet-cible.Jusqu’à maintenant, les astronautes qui ont utilisé le bras spatial pour saisir et déplacer des objets s’en remettaient toujours au jugement humain pour exécuter leur travail.Avec les systèmes de vision spatiale, ils seront en mesure de fonctionner en mode entièrement automatique car cet oeil artificiel fournira des données extrêmement précises sur la position des objets à saisir et à déplacer.Une deuxième mission sera confiée aux astronautes canadiens, celle d’étudier le mal des transports qui dans une situation d’apesanteur s’accompagne parfois d’une désorientation subie par les pilotes et les astronautes.Publi-reportage Les retombées sur terre Grâce à la technologie de pointe mis de l’avant par le CNRC dans la conception du bras spatial et du système de vision spatiale, le Canada se taille une place de choix parmi les pays qui possèdent une haute technologie d’avant-garde dans le domaine de l’espace.La précision infaillible qui permettra aux astronautes de saisir en plein vol des satellites ou des éléments de structure des futures stations orbitales pourra bientôt donner aux robots industriels la capacité de saisir des pièces véhiculées par une chaîne de montage à défilement rapide.Une compagnie canadienne a déjà été approchée par de grands constructeurs d'automobiles européens et américains à cet effet.Le transfert direct à l’industrie privée canadienne de la haute technologie émanant des laboratoires du CNRC ouvre la voie à la création d’une industrie nationale des systèmes de guidage et place le Canada dans une situation très avantageuse pour l’avenir.Si vous désirez de plus amples informations sur les sujets traités dans ce publi-reportage, écrivez au: CNRC Service de l’information et des relations publiques Édifice M-58 Chemin de Montréal Ottawa (Ontario) Kl A 0R6 I* Conseil national National Research de recherches Canada Council Canada Canada UNE OFFRE EXCEPTIONNELLE Offrez QUEBEC SCIENCE en abonnement-cadeau • Plus de trente reproductions de tableaux en couleurs du peintre animalier Robert Bateman.• La ronde des saisons et le drame de leur beauté vus par l'artiste.• Les grands phénomènes de la flore et de la faune de l'Amérique du nord.• Une nouvelle excursion dans la nature à chaque page de Y Agenda, avec Robert Bateman comme guide.et recevez GRATUITEMENT ce magnifique AGENDA DU NATURALISTE 1984, ROBERT BATEMAN (Valeur de 14,95$)* Une carte-cadeau sera envoyée directement à son destinataire en votre nom.Veuillez abonner la personne suivante pour ?1 an /12 numéros, au coût de 23$ ?2 ans/24 numéros, au coût de 40$ 1 1 ?1 an /à l'étranger, au coût de 32$ , 31 1 1 nom 50 61 prénom 80 HJ U 7 LL M 1 II II II II 1 1 MM | 9 1 1 numéro rue appartement II II 28 1 29 ville 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 province 48 49 I I pays 68 1 1 69 J 1 1 U code postal 74 Pour avoir abonné la personne dont j'ai inscrit le nom à gauche, veuillez m'envoyer gratuitement l'agenda du naturaliste 1984 Robert Bateman d'une valeur de 14,95$ VOTRE NOM .ADRESSE___ CODE POSTAL.TÉI_________ ?Chargez à mon compte Mastercard # .Date d'expiration.Signature ?Chèque ou mandat postal ci-joint Faites parvenir les deux coupons avec votre paiement à l'adresse suivante: Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854 de l'extérieur: 1-800-463-4799, poste 2854 ‘Quantité limitée.Seuls les 1 000 premiers envois pourront bénéficier de cette offre.Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1983 MICROOROINATUWS a LA CONDUITE DU msR PlenerilLiAia) LA CONDUITE DU Tl 99 Willard, P.Ce livre contient des informations originales.Il apprend comment optimiser des programmes écrits en Tl BASIC, comment utiliser les fichiers sur cassette, comment se servir au mieux du clavier et de la fonction CALL KEY et lire ou écrire des données sans décaler l’ensemble de l'écran.Eyrolles, 1983,208 pages LA CONDUITE DU VIC 20 Monteil, F.Cet ouvrage vous apprend à accéder au langage machine en écrivant vos propres moniteur et assembleur, à créer votre propre générateur de caractères et exploiter ainsi les possibilités graphiques en haute-résolution du VIC.Eyrolles, 1983, 140pages .14,00 $ 17,00 $ :-:—— DU VIC 20 LA CONDUITE LA CONDUITE DU PC 1500 Gros, L.Ce livre s’adresse à tous ceux qui n’ont pas de connaissances en micro-informatique et qui veulent en découvrir tous les secrets sur un ordinateur de poche dont la puissance de traitement se compare avantageusement avec celle de nombreux ordinateurs de bureau.Eyrolles, 1983,176 pages 17,00$ LA CONDUITE DE L’APPLE II -Tome 1 Le basic de l’apple II Astier, J.-Y.Eyrolles,1983,128pages .13,00$ WOüOHCWArajRS a LA CONDUITE DE L'APPLE D Î.LESïSTtMEGMPWJE ET L’ASSEMBLEUR K L'APPLE I! jtM»«»*sries MICRO OROWATrt LA CONDUITE DE L'APPLE ïï UE BASIC DEL APPLE II a LA CONDUITE DE L’APPLE II — Tome 2 Le système graphique et l’assembleur de l’apple II Astier, J.-Y.Eyrolles, 1983,120pages .13,00$ Bon de commande Je désire recevoir les ouvrages suivants: D LaconduiteduTI99 .17,00$ ?Laconduitedu VIC20 .14,00$ D Laconduitedu PC 1500.17,00$ D Laconduitede l’apple II—Tome 1.13,00$ ?Laconduitedel’apple II —Tome2.13,00$ Règlement ci-joint I-1 r/AH ?Chèque bancaire ?Mandat postal U ?Dated’expiration Nom et Prénom (en capitales) Adresse_________ Ville Date______________ Signature______________________________ À retourner à Somabec Liée, 2475, Sylva Clapin, C.P.295, St-Hyacinthe, Québec.J2S 5T5 LES SCIENCES AU SECONDAIRE Écologie /appïïôïïvé manuel: La chimie par l’observation du milieu S'y|ppiiQ(jY|?'\ manuel: Biologie humaine manuel: cahier: 15,85 2,75 13,45 10,75 2,95 in éditions hurtubise hmh Itée 7360, boulevard Newman Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone (514) 364 0323 UÈBEC SCIENCE / décembre 1983 55 i' eh mp in* an i |;3 tlëi iO 123 Le traitement de texte est devenu, au cours des derniers mois, l’utilisation la plus répandue des micro-ordinateurs en Amérique du Nord.après le jeu, bien sûr.Cette popularité s'expliquerait par le fait qu’un ordinateur équipé du logiciel adéquat rend beaucoup plus aisées la rédaction et la présentation d'un texte.Ainsi, on n’a plus à surveiller les fins de ligne, l'ordinateur effectuant lui-même le retour à la ligne.Fini aussi le liquide ou le papier correcteur pour effacer les erreurs: il suffit de dactylographier le nouveau texte sur l'ancien ou de faire savoir à l'ordinateur ce que l'on désire qu'il supprime ou déplace, en pressant seulement une ou deuxtouches du clavier.Plus un logiciel de traitement de texte est développé, plus il offre de possibilités différentes, mais les logiciels les plus simples sont déjà très intéressants.Ils permettent de disposer le texte comme on le désire sur la feuille de papier, de le paginer et de l'éditer.Une fois le document prêt, on met l'imprimante en marche, on presse une touche et le tour est joué.Cela tient presque de la magie.C'est probablement pour cette raison, d'ailleurs, que les enfants sont fascinés par le traitement de texte.Cette nouvelle méthode de travail a aussi l'avantage de supprimer les pertes Info/puce TEXTE SOUS TRAITEMENT augmente en même tempi que leur taille diminuent.¦ ¦ Jusqu'à tout récemment, bien du mo ordinateurs, mais cette crainte de voir par la machine diminue.En fait, cette i .sur taille augmente en même temps que diminuent.* Jusqu'à tout dernièrlment, bien du des ordinateurs, irais cette crainte de supplante par la machine diminue.En fa de temps qu'entraîne la réécriture d'un document lorsqu'on veut en supprimer les ratures, corriger les erreurs, ou le remettre à jour.Les applications du traitement de texte sont nombreuses, allant de la rédaction de lettres et de factures à la communication entre ordinateurs.Comme pour tout ce qui a trait aux micro-ordinateurs, il ne faut pas hésiter à essayer plusieurs systèmes avant d'en choisir un.Pour obtenir un travail impeccable, il faut exiger un système comprenant les signes spéciaux français.Sinon, il faut les rajouter à la main.François Faguy, qui avait adapté en français le logiciel de traitement de texte Le Rédacteur, vient de terminer Le Correcteur, édité aussi par Sogiciel.Il s'agit d'un progiciel destiné aux Apple II dont le programme sur disquette permet de vérifier l'orthographe des mots que l'on a employés.Après avoir terminé de rédiger un document en mode de traitement de texte, on charge Le Correcteur dans la mémoire de l’ordinateur.Celui-ci compare alors chacun des groupes de caractères séparés par un espace à chacun des 40 000 mots qu'il a en mémoire.Cela peut prendre deux à trois minutes pour un texte d'une dizaine de pages.Si l'ordinateur repère un mot qu'il ne connaît pas, il s'y arrête et attend que l'opérateur le vérifie et le corrige, s'il y a lieu, avant d'aller plus loin.Le Correcteur est conçu de façon à pouvoir ajouter de nouveaux mots dans le logiciel.ÜtiT Etal.SB i gxi UE) ifen< il-! LE TRAIN ÉLECTRIQUE DES ANNÉES 80 Voici arrivées les fêtes de fin d'année et plusieurs d'entre vous se demandent s'ils vont s'acheter maintenant un microordinateur ou attendre encore.Depuis plusieurs mois, rares sont les jours où quelqu'un ne sollicite pas mon avis sur ce sujet.Ma réponse est à peu près toujours la même, selon que mon interlocuteur veut utiliser son ordinateur, au moins en partie, à des fins professionnelles ou non.Dans le premier cas, je l'incite à faire le pas, mais seulement après s'être bien renseigné sur ce qu'est un ordinateur et en quoi il peut lui être utile.La première question à se poser: quel logiciel permet de faire le plus adéquatement ce que j'attends de l'appareil et pour quel ordinateur est-il fait?La réponse à ces questions indique quel appareil acheter, à condition qu'il corresponde aux besoins, aux goûts et aux moyens de l'utilisateur.Il faut aussi se rappeler que l'achat de l'ordinateur ne représente que la moitié de l'investissement à faire.À tous les «amateurs» qui ont le goût de s'informatiser, je suggère de bien réfléchir avant de faire le premier pas.Étant donné que cela vous coûtera au minimum 400$, il est important de savoir ce que l'on veut en faire.Le micro-ordinateur, c'est comme la locomotive du train électrique; ce n'est pas tout ce qu'il y a à acheter pour en profiter.Et il faut se méfier des publicités alléchantes aussi bien que des vendeurs.Je n'ai que très rarement vu de la publicité sur les microordinateurs qui ne pèche pas par omission; elle se caractérise par une absence flagrante d'une bonne partie de la vérité.Les VIC-20, ZX-81 ou autres, avec moins de 1 6Ko de mémoire vive (RAM) n'ont à peu près aucune utilité et il faut payer au moins 100$ de plus, si ce n'est 150$ en suppléments de mémoire, pour leur trouver un quelconque intérêt.DES BOURSES APPLE La compagnie Apple vient de créer au Canada la Fondation Apple pour l'éducation.Une telle fondation existe déjà aux États-Unis depuis quatre ans.Elle vise à favoriser le développement de nouvelle méthode d'enseignement et d'apprentissage utilisant le micro-ordinateur (Apple, bien entendu!).Selon le président de la fondation canadienne, M.Eisenstat, la compagnie Apple compte investir plus de 200 000$ dès la première année d'opé- ration de cette organisation sans but lucratif.Cette somme sera distribuée à travers le Canada sous forme de 62 systèmes d'ordinateurs Apple complets.Vingt d'entre eux seront accordés à des créateurs de logiciels individuels, tandis que les autres seront séparés en trois groupes de 14 et destinés à des projets éducatifs inédits.Peuvent poser leur candidature des chercheurs, des créateurs de logiciels, des professeurs ou des écoles.(Pour plus d'informations: Jean-Pierre Gauthier, Montréal, tél.: (514) 871-1047) EN BREF.• Les Français produisent de plus en plus de micro-ordinateurs fort intéressants qui ne déplairaient pas aux Québécois s'ils pouvaient les trouver sur le marché.Seul handicap, ils utilisent le clavier Azerty, dont plusieurs touches ont des positions différentes.On peut écrire à l'auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur CompuServe (ID 72135,1410), QL/MAIL (Casier 191) ou The Source (ID ST5310).François Picard 56 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUAL INFORMA TIQUE L'ORDINATEUR POLYGLOTTE Lj ordinateur de la cinquième génération sera beaucoup plus intelligent; il sera capable de jongler avec les concepts, de comprendre la parole humaine, peu importe les accents.Il pourra traduire et évidemment parler.Du moins, s'il n’en tientqu'aux Japonais, plus précisément à Michiyuki Uenohara, de la Nippon Electric Company.M.Uenohara prenait la parole devant quelque 200 directeurs, et quelques directrices, de la recherche industrielle au Canada lors de la première rencontre annuelle conjointe des deux grandes associations d'administration de la recherche.(L'ADRIQ, l'Association des directeurs de recherche industrielle du Québec, créée en 1 978 et regroupant 97 membres; la CRMA, ou la Canadian Research Management Association, fondée en 1963 et comptant 176 membres dont 43 au Québec.) Selon le représentant nippon, la fabrication d'un ordinateur aussi puissant demanderait la participation d'un grand nombre de spécialistes de plusieurs disciplines, telles que physique fondamentale, chimie, informatique, biologie et même psychologie.Cesdeuxdernières joueraient un rôle important dans la compréhension des mécanismes de la parole et de la pensée.Il faudrait également faire appel à d'autres sciences humaines afin défavoriser l’implantation de la microélectronique dans la société et de mieux comprendre les besoins et attentes des individus.Il reste cependant un bon bout de chemin à faire puisque l'ordinateur éprouve généralement beaucoup de difficultés à comprendre les subtilités du langage humain: les homonymes, les accents régionaux et les phrases bien tournées sont un véritable casse-tête pour un cerveau habitué au langage machine.Même s'il sera éventuellement possible un jour d’obtenir des puces pouvant PROSTATE UN CANCER MIS EN ÉCHEC Des 200 patients qui étaient atteints d'un cancer de la prostate à un stade avancé, quelques-uns en phase terminale, 192 sont aujourd'hui en rémission complète, ne montrant plus aucun symptôme de la maladie, et plusieurs vaquent normalement à leurs occupations.À première vue, on pourrait parler de traitement-miracle, mais qualifions plutôt de révolutionnaire l'approche développée par le Centre de recherche en endocrinologie moléculaire du Centre hospitalier de l'université Laval.Cette nouvelle approche repose sur un traitement en tandem: on administre en effet un agoniste, ou analogue, de la LHRH (Luteinizing Hormone-Releasing Hormone), combiné à un antiandrogène, de façon à stopper la production d'hormones sexuelles mâles.Dit hormono-dépendant, le cancer de la prostate se développe précisément grâce à ces hormones.L'effet-choc de ce traitement tient donc dans le fait qu'on coupe brusquement le cancer de ses sources de ravitaillement.À ce régime, la tumeur et ses métastases dépérissent rapidement et se résorbent.L'étude clinique menée depuis près de deux ans par l'équipe du CHUL, sous la direction de Fernand Labrie, est fort concluante pour ce qui est du traitement du cancer de la prostate, mais cette approche marque du même coup un important pas en avant pour le traitement de toutes les maladies hormono-dépendantes, y compris les cancers.Outre le cancer de la prostate, on pense pouvoir ainsi traiter chez l'homme l'hyperplasie bénigne de la prostate, sans compter que ce traitement pourrait s'avérer une approche contraceptive intéressante, son efficacité ayant déjà été démontrée chez le chien.Chez la femme, Fernand Labrie pense éventuellement appliquer cette approche de traitement auxcancers du sein, de l'endomètre et de l'ovaire, ainsi qu'à une maladie fort répandue, l'endométriose.Il faudrait cependant pouvoir remplacer l'antiandrogène par un antioestrogène, ce qui n'existe pas encore sur le marché.Quant au médicament développé pour contrer le cancer de la prostate, il devrait être mis en vente prochainement dans plusieurs pays à travers le monde.supporter un million de bits, M.Uenohara croit que «l'enjeu n'est pas tellement d'avoir le plus de bits possible par pastille, mais plutôt que celle-ci soit plus complète en elle-même».Le développement de telles puces de silicium est une condition essentielle pour la réalisation d'un ordinateur capable de converser avec n'importe quel être humain.Le porte-parole de la Nippon Electric Company croit que la tendance à la popularisation de l'équipement informatique se poursuivra jusqu'au moment où «les ordinateurs pourront être utilisés par n'importe qui, n'importe quand, n'importe où».Finalement, les Japonais mettent! beaucoup d'espoir dans la traduction automatique.Cela éliminerait un handicap de taille pour eux qui ont du mal à comprendre notre alphabet latin.et pour nous qui ne comprenons pasdavan-tage le leur.Gilles Drouin n e B ï*: il; & pa ls 1 I el 1 w SI N C’est absurde de nier le rôle de la fantaisie, même dans la science la plus stricte qui soit Vladimir lllitch, dit Lénine En s'attaquant au cancer de la pros- j tate, l'équipe du CHUL frappait un grand I coup puisque cette maladie, qui est la j deuxième cause de décès par cancer ‘ chez l'homme, apparaît au rythme de 8 000 nouveaux cas par année au Canada et de un million à travers le monde.C'est dire l'importance d'un traitement pour ce type de cancer et les retombées qu'on peut en attendre.Jusqu'à maintenantetdepuisplusde40ans, on freinait l'évolution du cancer par la : castration chirurgicale ou l'administration de doses élevées d'œstrogènes, qui sont i > à l'origine de complications cardiaques j souvent mortelles.Il faut dire que le traitement classique est incompatible avec l’approche du CHUL parce qu'il conduit à une transformation des caractéristiques des cellules tumorales qui ij deviennent ainsi insensibles aux andro- : gènes.C'est pourquoi les patients déjà j traités selon le mode conventionnel ont ! une réponse moins efficace, de l'ordre de 30 pour cent seulement, à l'antiandrogène.La tumeur développe en quelque sorte une résistance à la stimulation hormonale.Quant à l'approche de traitement, en vogue ces dernières années, qui faisait appel à l'agoniste de la LHRH seul, elle amenait une rémission dans à peine 50 à 60 pour cent des cas car on n'arrivait : ainsi à bloquer que les androgènes provenant de l'hypophyse, laissant ceux i formés par les surrénales, qui comptent II II* » «i a :: tel1 U t* iti til Hi; Djj ti % A 5:iia te» % teisi te Ils \ s*ti h % % $ N QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 57 net» Jucti# Jaw Oui' :r iesl tat*; nm1 ih ‘ vers e J1 iretH ¦e.Jus «aft )iafl»; (U! :e jtatî1 les?1 ;ai# iis |é lie1 loti’ in fl' nla^ eif% ;3^ pour 30 à 40 pour cent de tous les androgènes sécrétés par l'homme, libres de continuer à alimenter la tumeur.Avec la nouvelle approche, on agit aussi sur ces derniers.Grâce au tandem LHRH+an-tiandrogène, on arrive à faire table rase de la plupart des androgènes en circulation dans l'organisme.Ce traitement possède en outre des avantages de taille: une grande spécificité et l'absence d'effets secondaires.Il faut cependant dire que le blocage de la formation des stéroïdes sexuels amène, il va de soi, une baisse de libido.Il est intéressant de signaler ici la rapidité du transfert des données fondamentales à l'application clinique.Depuis les premières données obtenues en 1977, il s'est écoulé à peine six ans, ce qui est assez exceptionnel, avant la démonstration de leur intérêt pour le traitement du cancer de la prostate.Il nous est aussi rarement donné de parler du rapport -coût/bénéfice de la recherche, et plus particulièrement de la recherche québécoise.Dans ce cas-ci, les chiffres sont éloquents.Les travaux du CHUL sur l'inhibition des hormones sexuelles ont coûté quelque trois millions de dollars en subventions.Mais les retombées de ces recherches sur le cancer de la prostate, qui peuvent être estimées rapidement à environ 45 millions de dollars annuellement, et ce au Canada seulement montrent bien l'impact économique d'une telle approche.Selon Fernand Labrie, l'industrie pharmaceutique pourrait retirer quelque cinq milliards de dollars par année de la vente de ce médicament à l'échelle internationale.Ginette Beaulieu Actuellement les Français mangent: — deux fols moins de pain qu'il y a 40 ans: — deux fois moins de pommes de terre qu’il y a 50 ans: — deux fois plus de viande qu'il y a 50 ans: — deux fois plus de fromage qu'il y a 20 ans.Les changements alimentaires survenus depuis le début du siècle sont plus importants que ceux qui s'étaient produits durant tous les siècles précédents.mcgIIL Renseignements: (514) 392-5306 À faire rêver Mercator Une image vaut mille mots.Nul mieux que les géographes n’a vérifié la justesse de cet adage journalistique.Avec une carte, en effet, on peut visualiser des phénomènes aussi différents que la lente progression d’un glacier ou l’évolution des migrations touristiques à travers le monde.M.Norman Drummond, professeur au département de géographie de McGill, se réjouit de l’acquisition récente par l’université d’un système de cartographie informatisé car il pourra, comme ses collègues et étudiants d’ailleurs, dresser en quelques heures des cartes que Mercator n’aurait pu faire en une vie.M.Drummond se servira de l’ordinateur pour illustrer son étude sur l’influence de la frontière canado-américaine dans la répartition des modes d’affectation du sol dans les Cantons de l’Est et au Vermont.Un poisson météorologue Durant l’été 1884, Lucien McShann Turner pêchait à la main dans l’embouchure de la rivière Koksoak, au sud de la Baie d’Ungava, un petit poisson semblable à l’éperlan dont les morues sont très friandes, le capelin.Or, de mémoire d’homme c’était la première fois que le Mallotus fréquentait ces eaux.Soixante-trois ans plus tard, le professeur Maxwell Dunbar du département d’océanographie de McGill reprenait l’étude entreprise par le célèbre naturaliste américain.En quatre étés, son équipe ne réussit à capturer que trois jeunes capelins et les estomacs de 750 morues; pêchées en trois étés successifs, ne contenaient pas un seul Mallotus.Puis en 1959, M.Lejeune de l’Université Laval signalait qu’il y avait tellement de capelins dans l’Ungava que la chair de l’omble de l’Arctique avait viré du rose au blanc parce que celle-ci le préférait aux crustacés.“Étant donné qu’une variation de deux ou trois degrés celsius suffit à transformer la faune et la flore d’une région marine et que le capelin prolifère lorsque la température de surface de l’eau est de cinq à huit degrés celsius on peut déduire qu’en 1884 comme en 1959 la Baie d’Ungava a été réchauffée par les eaux de l’Atlantique, ce qui n’était pas le cas en 1947-50”, explique M.Dunbar.“Le capelin, de même que plusieurs autres espèces de poissons, est donc un excellent indicateur de variation climatique.” .ov*; sc^ct .«h ?JEUX, LIVRES ET MATERIEL SCIENTIFIQUES 3967 St-Denis, Mtl, H2W 2M4, 844-6443 Publireportage 58 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS TÉLÉDÉTECTION DES ALGUES SOUS OBSERVATION Grimper à 700 kilomètres d'altitude pour repérer et évaluer les bancs d'algues semble aberrant.Mais cela pourrait bien devenir une réalité d'ici la fin de la décennie.C'est du moins le but de la recherche qu'une équipe de l'Université de Sherbrooke a entreprise l'été dernier.Sous la direction de Jean-Marie Dubois, directeur de l'Institut d'aménagement, les chercheurs sherbrookois vérifieront si la télédétection peut constituer un bon moyen de cartographier, d'identifier et d'apprécier les stocks d'algues qui abondent dans les eaux québécoises, particulièrement autour de la péninsule gaspésienne.Ils bénéficieront d'une subvention de 29 500$ du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).Le projet devrait s'étendre sur deux ans.En 1980, le MAPAQ terminait l’inventaire de 50 kilomètres de côtes dans la baie des Chaleurs.On avait alors eu recours à des plongeurs pour récolter les données.Une méthode certes précise mais fastidieuse, onéreuse et longue.L'ensemble de l'opération avait pris deux ans.C'est donc pour rentabiliser cette étape préliminaire à l'exploitation commerciale des algues que le MAPAQ a donné à l'équipe de Jean-Marie Dubois le mandat de déterminer les meilleures méthodes de télédétection de cette nouvelle richesse marine.Les chercheurs utiliseront d'abord des photographies prises à partird'avion, qui leur donneront un premier aperçu des problèmes relatifs à la cartographie des algues.Photographier la mer pose certaines difficultés.Une pellicule photographique Sur cette photographie aérienne des côtes des lies de la Madeleine, on observe, en bleu, les bancs d'algues.ÎLES-DE-LA-MADELEINE BANC D’ALGUES r est impressionnée par la lumière que l'objet de la photo réfléchit.Or, l'eau absorbe une grande quantité de la lumière qu'elle reçoit, il y a peu de réflexion, donc la clarté et la précision de la prise de vue en souffriront.«Pour pallier à cette lacune, explique André Lavoie, un assistant de Jean-Marie Dubois, nous utilisons des capteurs multispectraux.» Ceci permet de couvrir une plus grande partie du spectre des couleurs.L'appareil principalement employé est un MEIS 2, muni de filtres bathymétriques.L'analyse numérique des images enregistrées par ce capteur permet de différencier 256 tons de gris alors que l'œil humain n'en distingue qu'une douzaine sur une photo aérienne traditionnelle.Il s'ensuivra des photos ayant une meilleure définition.Il sera alors plus facile de jauger l'importance des bancs d'algues.À partir de l'examen des différentes teintes de l'eau et de quelques données recueillies par plongée sous-marine, on pourra éventuellement connaître la densité et la nature des algues en présence.L'utilisation d'un tel équipement permettrait également de porter la profondeur d'observation à une demi-douzaine de mètres; on couvre alors les meilleures concentrations d'algues.Avec les techniques traditionnelles de photographie aérienne, on ne parvient à atteindre que les trois mètres.Avec ces données en main, les chercheurs de Sherbrooke pourront élaborer un modèle d'utilisation des images de satellites pour la détection des algues.Les satellites possèdent le double avantage de couvrir une très grande surface et d'être, à long terme, plus économiques.«On tente de simuler ce que les satellites pourraient nous fournir comme image, explique Jean-Marie Dubois.Nous voulons avant tout développer des clés d'interprétation qui nous permettront d'utiliser efficacement les satellites lorsqu'ils seront disponibles.» Ces satellites appartiennent à une autre génération qui devrait faire son apparition entre 1985 et 1990.Ils seront de fabrication japonaise et américaine et voués aux études marines.Les chercheurs sherbrookois voudraient également avoir recours aux satellites américains Landsat 3 et 4.Mais le premier est en panne, alors que le second éprouve des difficultés à fournir régulièrement des données.Gilles Drouin iOïl I QUÉBEC SCIENCE / décembre 1983 59 TABAGISME IMMIGRANTS * ci \h L'AUTRE FACE DE LA CIGARETTE A oi -'I IS ;:r: s# jelpce > sms ut® îlécc eJef1 iloisis 'iP ifllOlC Saitî'" jStW .[al#! jjes aljc-lea',Jf rjl'l ¦' pîl"1'1 assî|e! nées'' ]|jC3^ ués iss^ « ^ .a(i, iCü»îs aeî' [Jii‘ ivre sans fumer, c'est affirmer sa liberté.» Devant l'évidence grandissante des effets néfastes de la cigarette, les organismes publics ont entrepris de contrer à la source même l'usage du tabac: la publicité sociétale antitabac s'adresse donc de plus en plus aux adolescents et aux pré-adolescents.Le directeur du département d'anthropologie de l'Université de Montréal, Gilles Bibeau, ne préconise pas une poli-.tique de laisser-faire devant les dangers du tabagisme mais il s'interroge sérieusement sur l'opportunité et l'efficacité des campagnes en cours.Gilles Bibeau s'oppose particulièrement à la tendance de certains behavioristes à vouloir modifier les comportements sans en avoir mesuré les véritables dimensions.C'est ainsi qu'on réduit à tort l’usage du tabac chez les jeunes à un fléau qui serait imposé par les pressions sociales.La réalité est toute autre, comme le démontre une étude de l'équipe du professeur Bibeau faite auprès de 6 116 écoliers de la région de Québec.Les résultats de cette enquête, qui BILINGUES OU TRILINGUES?De 1975 à 1982, il est arrivé plus de 15 000 immigrants vietnamiens au Québec.Quelle langue parlent-ils?Sont-ils devenus bilingues ou même trilingues?C'est pour répondre à ces questions et pour déterminer les facteurs qui motivent les choix et les comportements linguistiques, qu'une équipe de recherche, dirigée par l'anthropologue Louis-Jacques Dorais de l'université Laval, suit depuis un an le cheminement de 150 familles à Montréal et de 50 à Québec.Les résultats préliminaires de l'enquête démontrent, selon le professeur Dorais, que trois facteurs déterminent les comportements linguistiques: le foyer, la rue et l'école.Puisqu'on parle généralement vietnamien à la maison, on sera bilingue ou trilingue selon que la langue de l'école est la même ou différente de celle de la rue.Depuis la promulgation de la loi 101 en 1977, les Vietnamiens doivent envoyer leurs enfants à l'école française.Comme la plupart d'entre eux habitent les quartiers francophones, on peut donc s'attendre à voir leurs enfants parler français et vietnamien.Le professeur Dorais souligne cependant que les Vietnamiens de Côte-des-Neiges, par exemple, ont tendance à devenir trilingues.Les résultats complets de cette recherche, qui porte également sur les conditions favorisant ou défavorisant l'intégration à la culture québécoise, seront publiés d'ici la fin de 1983.Gérald LeBlanc L 'ITALIEN À MONTREAL, L'ANGLAIS À TORONTO Il est surprenant de découvrir que partout, sauf à l'école, l'anglais vient loin derrière le français et même l'italien comme langue la plus utilisée par les Italo-Canadiens de Montréal (voir tableau).Il est tout aussi étonnant de constater que le taux d'utilisation de l'italien comme langue de communication entre les parents et leurs enfants est de 58 pour cent à Toronto et de 83 pour cent à Montréal.Ce constat étonne d'autant plus que Toronto compte la plus forte LA LANGUE LA PLUS UTILISÉE EN % (N = 400), 1980 T- numéro de la revue internationale Psychotropes.démontrent clairement que ^^^Langue An- Fran- Ita- l'apprentissage de la cigarette à la pré- Milieux glaise çaise lienne adolescence constitue certes une réponse aux pressions sociales mais aussi un Travail 27,3 46,3 26,4 rituel d'initiation au groupe et un lieu Quartier 11,4 29,4 59,1 d'expérimentation du corps.Voisins 9,6 27,4 63,0 «Si le tabac, se demande Gilles Bibeau, Commerçants 11,3 33,0 55,1 qui sert de matière première à l'élabora- Banque 13,6 53,0 33,3 tion d'un rituel de passage chez les Amis 8,9 11,3 78,9 jeunes, disparaît, autre chose viendra Organismes 12,5 59,3 28,2 sans doute le remplacer.Et quoi donc?La marijuana ou l'alcool peut-être.Mais Services publics 15,5 76,4 8,1 personne ne peut à coup sûr prévoir.» Maison 3,7 5,7 88,0 Gérald LeBlanc Source: Painchaud.C.et Poulin.R concentration italienne au Canada, à savoir environ trois fois plus qu'à Montréal.Ces résultats inattendus proviennent d'une recherche, menée en 1980 par un sociologue de l'Université d'Ottawa (Richard Poulin) et un politicologue de TUQAM (Claude Painchaud), qui fera bientôt l'objet d’une publication dans Sociologie et Société.Selon M.Poulin, les données mentionnées plus haut trouvent leur explication dans le conflit national québécois et plus particulièrement dans ses manifestations linguistiques.Le divorce entre la langue seconde des parents (le français) et la langue apprise par les enfants à l'école (l'anglais)a contraint les membres de la communauté italienne de Montréal à renforcer leur spécificité ethnique, sous peine de ne plus se comprendre entre eux.Gérald LeBlanc pamicipacTion 60 décembre 1983 / QUEBEC SCIENCE PREMIER COMGRES INTER NATION AL S CIR LA TOPONYMIE FRANÇAISE DE L’AMERIQCJE Dü NORD Ce congrès auquel sont conviés les spécialistes, les professeurs en sciences humaines et le public en général s'inscrit dans le cadre des fêtes marquant le 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534, et souligne par la même occasion l'attribution officielle des premiers noms de lieux français en Amérique du Nord.Cette rencontre organisée conjointement par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et la Commission de toponymie veut notamment susciter la diffusion d'études, inventaires et autres instruments de recherche et favoriser des échanges sur les méthodes de travail des chercheurs en toponymie.Si vous êtes intéressé(e) à présenter un exposé en atelier, prière de faire parvenir votre nom, occupation, adresse, numéro de téléphone et un court résumé de votre communication à : Congrès international sur la toponymie française de l'Amérique du Nord Case postale 35 (Haute-Ville) Québec (Québec) GIR 4M8 Commission de toponymie: Tél.: (418) 643-9705 La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Pour ^ le chercheur.WP l'étudiant.y l'universitaire.La Recherche cons- Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom -—- adresse - pays-—- à retourner accoampagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité. JÈBEC SCIENCE / décembre 1983 61 ! k.j'ai l'impression qu'il y a ‘\une espèce de film qui flotte \ dans l'air comme une pierre qu’un archéologue aurait sor-i tie de la terre et que le travail i oour faire le film va consister, avec beaucoup de précaution, i • à épousseter cette pierre jusqu'à ce qu'apparaisse en fin de \ compte une vraie forme non figurative du film que je ne uoeux pas bien expliquer, mais ^ qui m'aide à garder un certain rythme ou une certaine cou-y leur.» Celui qui parle, c’est Alain Resnais, donnant une entre-ivue aux Cahiers du cinéma en (mai dernier.Son avant-dernier film, Mon oncle d'Amérique, lavait fait courir beaucoup de monde et fait couler beaucoup | d'encre.Cette fois, avec La vie est un roman, Resnais poursuit une démarche singulière où se marient le didactique et le fantasmagorique.Entomologie ou cinématographie?Alain Resnais fait des films à partir de ses observations des insectes humains.La mémoire, la pédagogie, la crainte du conditionnement et de la guerre sont des thèmes qui se répondent mutuellement dans l’œuvre du cinéaste.À travers des documents percutants .[Les statues meurent aussi, 1950; Nuit et brouillard, 1955) ou des performances avant-gardistes (Hiroshima mon amour, 1959; L'année dernière à Marienbad, 1961 ), le réalisateur se bâtit très tôt une réputation d’inclassable.Relativement peu connu tout au long de sa carrière, le nom d’Alain Resnais accuse un gain énorme de popularité avec la sortie de Mon onde d'Amérique.Au public habituel s'ajoute en effet une masse de curieux.À quoi peut bien ressembler un film de fiction basé sur une théorie scientifique?Certains critiqueront Resnais pour son adhésion à une thèse expliquant l’homme et la société modernes par la seule biologie.D’autres, parmi lesquels beaucoup de fervents de Laborit, seront ravis.Mais le dernier film de cet homme qui, à 60 ans, n'a pas fini de nous Cinéscience POURQUOI MONSIEUR RESNAIS NOUS RACONTE-T-IL DES HISTOIRES?Pierre Arditi dans le rôle de l'éducateur Robert Dufresne.étonner, pourrait bien confirmer son non-alignement par rapport aux théories globalisantes.La vie n'est pas un conte de fées Trois récits se chevauchent pour constituer cette histoire échevelée qui a pour titre La vie est un roman.Le lieu: un magnifique château dans la forêt des Ardennes, le rêve fou d'un comte lithuanien matérialisé dans une architecture hybride et débridée (I).Commencée avant la guerre de 1914, la construction du «temple du bonheur» de Michel Forbek (Ruggero Raimondi) ne pourra être achevée entièrement.Le conflit mondial contraint le comte à réduire ses ambitions.De même, son projet d'«homme nouveau», d’ailleurs très proche de certaines vogues actuelles, tel le rebirth, s'avérera impossible à réaliser.Aujourd'hui, le château est «recyclé» en école expérimentale.Un colloque sur l’éducation y regroupe pendant plusieurs jours de nombreux spécialistes: éducateurs, psychologues, anthropologues.Pendant que, sous le thème «Éducation de l’imagination», les adultes cherchent la meilleure façon d’orienter l’enfance vers une société meilleure, quelques enfants demeurés à l’école pour les vacances imaginent un monde d'aventures* où tout finit pour le mieux.L'aspiration à une société idéale prend ici la forme d’une quête du bonheur.Le comte Forbek, personnage grandiloquent à souhait, est malheureusement prêt à tout pour arriver à ses fins.Son projet est d’avance voué à l'échec.Les enfants laissés à eux-mêmes inventent une histoire de prince affrontant victorieusement les dragons et les usurpateurs, pour enfin gagner les faveurs d'une belle princesse.Les valeurs des adultes envahissent leur jeux les plus secrets.Le colloque, c'est le discours universitaire caricaturé (exemple: Geraldine Chaplin joue le rôle d’une anthropologue ayant produit une thèse sur les fantasmes sexuels des ouvriers de la Baie James).Les spécialistes réunis ne parviennent pas à mettre en commun leurs visions respectives.Les intentions des organisateurs apparaissent bien vite illusoires.On n'organise pas le bonheur, pas plusqu'on n’éduque l'imagination.Tout en laissant paraître, comme toujours, un petit côté «pédagogique», Resnais ne propose pas une thèse bien définie.Il met en garde contre la foi aveugle genre Forbek, mais en même temps, il nous permet de nous émouvoir devant la foi naïve d'Élisabeth (Sabine Azéma).Il laisse entendre à tout le moins que la vie n'est pas simple, qu’elle ne répond pas aux lois immuables des contes de fées.Selon ses propres termes, Resnais doute de tout «sauf du sentiment que les choses pourraient être différentes».Côté image, le film est très efficacement servi par des décors et une lumière expressionnistes (époque Forbek), contrastant avec l'atmosphère plus conventionnelle du colloque et le paysage féérique issu de l'imaginaire des enfants.Le château, toujours présent, est une image fantasmatique à laquelle se rattachent tous les espoirs déçus qu'il abrite.Les passages de dialogues chantés, plus proches d'ailleurs de la chanson que de l’opéra, s’ils surprennent dans un premier temps finissent par prendre au jeu (à condition de bien vouloir s’y laisser prendre).On a alors l'impression que les personnages «décollent», livrent leurs émotions sans retenue.Et puis, il faut bien l'admettre, le tout est souvent fort comique.Au fond, c'est peut-être pour ça que Resnais a tenu à nous raconter cette histoire: pour nous faire rire.Gérald Baril 62 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE TÉLÉCONFÉRENCES À DOMICILE Telecom Canada, connu auparavant sous le nom de Réseau téléphonique transcanadien, a mis sur pied un nouveau service national de vidéoconférence par satellite bientôt disponible dans les plus grandes villes.Conférence 600.Ce service, offert pour l'instant à Calgary et Toronto seulement, permet des vidéoconférences bidirectionnelles en couleurs entre des personnes éloignées l'une de l'autre, sans qu'elles aient à voyager ou à quitter leur lieu de travail.Pour le Québec, les réservations se feront à partir d'un bureau central, situé à Montréal.Les tarifs varient selon le temps d'utilisation et la distance.TELEX DE POCHE Dès le début de 1984, il sera possible de recevoir sur un récepteur de télé-appel des messages du télex international, des nouvelles de la météo ou les cours de la bourse.Le texte de ces informations apparaîtra sur un petit écran à cristaux liquides.Selon la compagnie RCA Global Communication, associée pour l’occasion à Pageamerica, la réception des messages sera possible dans plusieurs pays où Ion utilise le réseau de communication Globcom.Cependant, au moment de mettre sous presse, on ne savait toujours pas si ce service serait accessible au Québec.Bientôt demain BREVET POUR UN ANTIROUILLE Pour la première fois en Amérique du Nord, un produit anticorrosif pour véhicules automobiles vient de se voir attribuer un brevet.Cet antirouille à base d'huile minérale, presque incolore et translucide, a été développé par la compagnie Antirouille à l'huile Métropolitain, de Saint-Louis-de-France, au Québec.Le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) a participé à la mise au point de ce produit qui, semble-t-il, désagrège la rouille et s'infiltre jusqu'à la tôle.BIOMASSE j EN CHALEUR E | La compagnie BioShell vend " un combustible un peu particulier.Il s'agit de granules solides auxquelles a été donné le nom d'Ènergex.Elles ont un pouvoir calorifique moindre que celui du charbon ou du mazout, mais coûtent beaucoup moins chères.On les fabrique à partir de n'importe quelle matière organique fibreuse, comme des déchets de bois et agricoles, ou encore de la tourbe.En fait, on récupère ainsi une partie de l'énergie de la biomasse qui ne serait autrement pas utilisée.Fait particulièrement intéressant: la combustion de ces granules n'entraîne aucune pollution.(Pour informations: BioShell, 6070, rue Sherbrooke est, Montréal, Fil N ICI) L'ESPACE EST AUX JEUNES - Vous êtes étudiants à l'école secondaire et vous rêvez de participer à la conquête de l'espace?Télésat Canada vous en offre la possibilité.Participez au concours qu'organise cette compagnie, qui exploite les satellites de communications canadiens, en soumettant un projet d'expérience qui pourrait être réalisée à bord de la navette spatiale, en novembre 1984, lorsdu lancementdu dernier satellite Anik.Vous devez former une équipe et fournir à Télésat, au plus tard le 15 décembre, la description détaillée de l'expérience envisagée ainsi que des schémas et croquis préliminaires des besoins électriques, mécaniques et chimiques.L'équipe gagnante sera connue le 15 janvier et elle aura jusqu'au 1 er août pour se préparer.Lors du vol de la navette, le montage réalisé sera placé dans l'un de ces récipients situés en-dessous du bras canadien.(Pour plus d'informations: Concours «Cosmique Spécial», Télésat Canada, 333, chemin River, Ottawa, K1L 8B9, tél.: (613)746-5920) DES OS DE RECHANGE On fabrique maintenant des os de rechange au Japon.La firme Mitsubishi, spécialisée jusqu'à présent dans les mines et ciments, se tourne vers le marché des os artificiels.On les produit en moulant un mélange de phosphate de cal-| cium, de carbonate de calcium et de divers sels inorganiques.On va mêmejusqu'à introduire une matière poreuse à l'intérieur, pour qu'il ressemble davantage à l'os original.Les hôpitaux universitaires de Tokyo et Kyoto les ont essayés sur plus d'une centaine d'animaux, avec des résultats très positifs.On peut donc s'attendre que les os en céramiques remplacent bientôt les os artificiels en acier inoxydable ou en autre métal dont on se sert habituellement.Ilil'H I toit UNE ROUE POUR L'HIVER Un ancien pilote automobile suisse a inventé un type de roue qui pourrait être très utile durant nos hivers.Au lieu d'un Tm seul pneu large par roue, il a eu l'idéed'installer deux pneus étroits sur deux petites jantes soudées l'une à l'autre.De telles roues ont plusieurs avantages: une forte diminution des risques d'aquaplaning sur route mouillée, une meilleure traction sur la neige et le verglas, ainsi que la possibilité de continuer sa route en cas de crevaison.La tenue de route d'un véhicule équipé de ces roues est cependant moins bonne sur terrain sec et on risque une accumulation de cailloux ou de neige entre les deux pneus.Malgré tout, la firme Goodyear a étudié et développé ce brevet digne d'intérêt.François Picard JÈBEC SCIENCE / décembre 1983 63 on.li oislé sum Ml els.0i am» Jata Stephen /ay Gould La mal-mesure de l’homme aés a Uni seul lal.Ls Boîte à livres LA MAL-MESURE DE L'HOMME essai-: edan atslà s’atw imiiiiî isest' Stephen Jay Gould ,es: Traduit de l'américain par Jacques Chabert, Éditions Ramsay, Paris, 1983 397 pages, 22$ Dans son dernier livre, Stephen Jay Gould s'attaque, littéralement, aux nombreuses tentatives qui ont vu le jour et qui se sont épanouies depuis un peu plus d'un siècle dans le but de classer les humains selon leur «intelligence».Il aborde successivement la craniométrie du 19e siècle (S.G.Morton, Paul Broca), l'anthropologie criminelle (Ce-sare Lombroso), les tests d'intelligence (Alfred Binet, H.H.Goddard et Lewis M.Terman) et, finalement, l'analyse factorielle de l'intelligence (Charles Spearman, Cyril Burt et L.L.Thurstone).Cet ouvrage n'est pas une histoire de la mesure de l’intelligence, mais plutôt une dénonciation des abus auxquels cette mesure a donné lieu chez ses principaux partisans: raisonnements circulaires ou erronés, méthodes inadéquates, photos truquées, données «oubliées» ou carrément trafiquées, parfois même inventées de toutes pièces, etc.Les chercheurs dont Gould décortique les travaux commirent presque tous la même erreur: ils postulaient ce qu'ils voulaient démontrer.Par exemple, lorsque Broca voulut «prouver» que les Africains noirs étaient intermédiaires entre les singes et les Européens blancs, ou encore que le cerveau était plus gros chez les classes sociales supérieures que chez les classes inférieures, il rejeta comme inadéquats les caractères qui ne venaient pas confirmer son hypothèse: autrement, prétendait-il, les données seraient inintelligibles! Gould accumule de nombreux exemples de telles iiMsl e î* 1 ,cî.b.|!; > ilet?et»1”1?H les*j la»1 ei* procédures, pour le moins douteuses, où la seule fonction des chiffres était de confirmer les préjugés du chercheur.Deux idées clés, que Gould condamne vigoureusement, sous-tendent tout le livre et reviennent constamment comme un leitmotiv: (1) l'intelligence est une entité unique qui peut être quantifiée en un seul chiffre: (2) elle est en outre une caractéristique surtout innée et héréditaire.Ces deux erreurs, que Gould nomme respectivement la «réification» de l'intelligence et son déterminisme biologique, débouchent nécessairement sur la conviction que les groupes opprimés et désavantagés méritent biologiquement leur statut inférieur puisqu'ils le doivent à des caractéristiques innées.On peut facilement imaginer les applications politiques d'une telle croyance, dans les mains d'une classe dirigeante blanche et mâle, encouragée dans ses préjugés par la «science» officielle: écoles séparées pour les classes inférieures, Immigration Restriction Act de 1924 aux États-Unis, stérilisation forcée de personnes qualifiées de débiles, etc.Tous les scientifiques, sans exception, devraient lire cet ouvrage où ils pourront constater jusqu'où l’activité scientifique peut être contrôlée de l'intérieur par des préjugés culturels.Pierre Morisset ALTERNATIVES Revue publiée par les Productions Réseau Inc.C.P.580, Succursale N Montréal, H2X 3M6 2,50 $ le numéro Écologie, pacifisme, énergies douces, nouvelle culture, voilà des sujets fort à la mode à la fin des années 60.Quinze ans plus tard, s'il n'en tient qu'à la nouvelle revue Alternatives, on risque fort d'en entendre parler de nouveau.Mieux connu pour ses prises de position politiques, Pierre Vallières, l'âme dirigeante de ce nouveau média, croit maintenant à un changement social et politique opéré à partir de chaque individu, du bas vers le haut, au lieu de l'inverse.À partir de cette prémisse, et grâce à tout un réseau de collaborateurs, la revue veut faire connaître les alternatives aux problèmes contemporains, qu'elles soient théoriques ou concrètes.Quant à ceux qui sont déjà engagés dans de telles activités, on leur permettra «d'asseoir leur complicité et de renforcer leurs échanges par le moyen de liaisons et de communications régulières».Dans un premier numéro lancé en septembre à Montréal, à Québec et en régions, Alternatives nous offre un mini-manifeste sur le mouvement alternatif, des dossiers sur l'auto-cons-truction et sur les problèmes des jeunes, des articles sur le SIDA et sur la micro-informatique sans oublier différentes chroniques et une section actualités.Si les valeurs habituellement associées à la contre-culture offrent suffisamment d'assise pour une telle publication, si la qualité du premier numéro se maintient, Alternatives réussira peut-être à intéresser les jeunes à des sujets qui accusaient une certaine perte de vitesse.C'est à souhaiter.Gilles Parent Pierre Thuillier Les savoirs LES SAVOIRS VENTRILOQUES Pierre Thuillier Le Seuil, Paris, 1983 1 80 pages, 1 5,85 $ La science fait partie de la culture.C'est avec cette convic- tion que Pierre Thuillier entreprend son dernier-né, Les savoirs ventriloques, qui paraît ce mois-ci aux éditions du Seuil.Plus loin, il nous expliquera que «la science est une construction humaine, historiquement déterminée et inséparable des autres institutions ou activités humaines».Ce qui est une évidence pour certains, demeure toutefois un sujetquasi tabou pourplusieurs, particulièrement pour ceux qui voudraient bien qu'on ne voit en la science que le meilleur, sinon le seul moyen de sauver l'humanité des calamités qui la menacent à tout instant.Au cours des 180 pages qui suivent, Thuillier s'attache à démontrer le caractère culturel de la science au travers de quelques cas historiques.Il nous entretiendra tantôt d'alchimie, tantôt de mathématique, tantôt de Newton et de son penchant pour l'alchimie.Le rôle de la religion dans le développement des sciences, l'irrationnel dans la physique et la place des femmes en science sont d'autres sujets délicats, controversés et complexes que Thuillier aborde avec un certain succès ou du moins avec un sens critique qui lui est propre.Thuillier ne parvient pas à établir, hors de tout doute, des liens entre la culture et la science.Il n'en avait d'ailleurs pas l'intention au départ.Cela est parfaitement compréhensible compte tenu de la complexité du phénomène et du nombre relativement peu élevé de travaux sur le sujet.Mais l'auteur a quand même le mérite d'ouvrir des voies de recherche fort prometteuses.En se limitant aux cas concrets, Thuillier évite de sombrer dans de vaines élucubrations abstraites et vaguement théoriques.Voilà pour la principale qualité de ce texte.Par contre, si vous ne connaissez pas les Sarton, Needham, Hessen, Struik et autres historiens des sciences, vous risquez de trouver la lecture agaçante à la longue.Dans toutes ses études de cas, Thuillier se réfère à ses prédécesseurs et cela exige un minimum de connaissances dans ce champ d'étude.Toutefois, à l'heure où la science envahit notre quotidien à une vitesse effarante, le livre de Thuillier est un ouvrage important ou à tout le moins intéressant, ne serait-ce que parce qu'il est de Pierre Thuillier.Gilles Drouin 64 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE LES DISPARUS DE NOTRE FAUNE J'ai bien apprécié l'article que vous avez publié dans votre numéro d'août 1983 sur les espèces menacées de disparition.Par la suite, je me suis demandé si certaines espèces avaient déjà disparu de l’environnement québécois?Sylvie Roy Montréal Déjà trois espèces indigènes ont disparu du Québec.U s'agit du grand pingouin, de la tourte et du canard du Labrador.De nombreuses autres espèces, tant chez les mammifères, les poissons, les reptiles ou les oiseaux sont actuellement menacées.«L'ÉQUILIBRE DE LA TERREUR EST BEL ET BIEN TERMINÉ.» Après lecture de votre article: «Missiles Cruise: un dossier explosif» d'octobre dernier, permettez-moi d'apporter quelques précisions pour corriger certaines erreurs commises.Disons tout d'abord qu'il est très difficile dans ce domaine d'obtenir des informations, de les vérifier et parfois même de les analyser.En effet, la littérature bien qu'abondante n'est tout de même pas facile d'accès.Également, les progrès technologiques modifient sans cesse les armements de toutes sortes si bien qu'il est d'autant plus ardu d'écrire des articles qui ne se retrouveront pas démodés quelques semaines après leur publication.(.) Il est écrit que le missile de croisière n'est pas détectable par les radars conventionnels (donc presque invulnérable) et qu'il est destiné à attaquer des cibles Courrier non défendues comme des villes et des centres industriels.Les Soviétiques ont développé un nouveau type d'avion radar AWACS couplé avec le dernier chasseur MIG-25M Foxhound, qui peut détecter apparemment jusqu'à 20 cibles simultanément, et avec les missiles sol-air SA-10 déployés tout autour des cibles stratégiques.De plus l'URSS possède environ 10 000 missiles SAM disposés un peu partout sur son territoire.Ces missiles sont d'ailleurs remplacés annuellement par de plus efficaces et modernes.Je suis d'accord que le missile de croisière, avec une empreinte radar équivalant à 1 /1 000 d'un B-52 et 1/100 d'un chasseur, risque de passer inaperçu.Je dis bien «risque» parce qu'il ne faut pas oublier que les Soviétiques auront d'une à trois heures pour mettre en place leur système de défense avant leur arrivée.Voilà les raisons, à mon avis, pourquoi l'US Air Force est passé tout de suite au développement du ACM.Il est mentionné aussi que l'ère des bombardiers repérables en territoire ennemi est finie.Je ne suispastoutàfait d'accord.Les bombardiers B-52 ont été des années à bombarder le Vietnam sans subir de pertes importantes bien qu'ils étaient soumis aux tirs de missiles SAM.Le brouillage électronique a tout de même une certaine efficacité et s'améliore continuellement.Il ne faut pas oublier que les B-52 et les B-1 B ont des missiles de défense et d'attaque.Derniè- rement, les bombardiers représentaient 17 pour cent du total des véhicules capables de livrer des bombes nucléaires et 50 pour cent du potentiel destructif total des forces stratégiques américaines.Les bombardiers sont évidemment plus vulnérables qu'un missile de croisière, mais ce dernier a justement été créé pour permettre aux bombardiers une meilleure pénétration en territoire ennemi.Les bombardiers ont des désavantages mais aussi plusieurs avantages dont un des plus importants est qu'il est possible de pouvoir les rappeler à leur base.(.) Les missiles soviétiques de type «Shaddock» auraient une portée, non pas de 700 kilomètres, mais de 300 à 400 kilomètres dépendant des versions.Les missiles de croisière sont un sujet complexe et presque sans limites.Il était opportun que Québec Science en fasse état spécialement dans le contexte actuel! où toutes sortes de choses sont dites et écrites.Je suis convaincu que l'article a été apprécié car il a eu le mérite d'aborder, sur plusieurs facettes, un domaine aussi vaste qu'important sur les années futures.Je mettrais toutefois en garde les lecteurs d'en tirer des conclusions trop hâtives, car plusieurs parties mériteraient d'y être traitées plus en détail et par plusieurs personnes.Une chose est certaine, c'est qu'avec l'arrivée de cette arme, nous passons du stade de l'équilibre de la terreur des années 70 à celui de l'escalade nucléaire illimitée.Gilles Lacombe Technologue en aéronautique Vaudreuil ec sc.C P 250.Sillerv ANNUAIRE ASTRONOMIQUE DE L AMATEUR LA SOCIÉTÉ D'ASTRONOMIE DE MONTRÉAL est heureuse d'annoncer la parution de son Annuaire astronomique pour l'année 1984.Il contient une bonne quantité de renseignements astronomiques et des éphémérides détaillés.C’est un outil de travail indispensable pour l’observateur sérieux.Plusieurs révisions et additions ont été apportées à cette nouvelle édition.Coût : l'unité de 5 à 24 de 25 à 49 50 et plus Au comptoir 5,50$ 4,95$ l'unité 4,40$ l'unité 3,85 $ l'unité Par la poste 6,00$ ajouter 1,50$ ajoutre 2,00$ ajouter 2,50$ COUPON-RÉPONSE Ci-inclus un chèque ou mandat au montant de —-S.pour______________Annuaire(s) Astronomique(s) de l’Amateur 1984.Nom: - Adresse:_________________________________ — ______________Code postal :-— Retourner à : Secrétariat, Société d’Astronomie de Montréal 7110, 8e Avenue Montréal, P.Q.H2A 3C4 I I I I I IÈBEC SCIENCE / décembre 1983 65 atr ras înlp'i ¦iï:\ [étp:: Pour que nous dégustions notre vin en vrai connaisseur, France Bessette nous en dévoile les secrets chimiques de sa couleur En janvier 2 3 C'est dans un véritable monde de trompe-l'œil que nous entraîne André Delisle: celui des nouveaux matériaux Jean-Marc Carpentier fait le point sur ce que l'on sait de ce mal de l'espace dont souffrent nombre d'astronautes Dans les laboratoires d'enseignement, se préoccupe-t-on vraiment de la sécurité des étudiants?Une enquête de Manon Cornellier et Raymond Lemieux ?jf les, ilsufl® dos» cou* ; parti?es.il!"?StiCi?! Faites-vous plaisir ABONNEZ -VOUS ! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT d'abonné d'enbée Numéro province Code P°s ~ nouvelle ^dïoite indiquez v abonneme - „r\e coupon u Au Canada : ?Abonnement spécial (2 ans / 24 numéros) : 40 $ ?Abonnement régulier (1 an / 12 numéros): 23 $ ?Groupe: (10 et plus, même adresse — 1 an): 21 $ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/1 2 numéros) : 32$ COUPON D'ABONNEMENT (à remplir en lettres MAJUSCULES! ?abonnement ?réabonnement ?changement d'adresse 31 nom 60 61 prénom 80 LBJ ?7 1 1 8 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 9 numéro rue Il 1 1 M II appartement 28 1 1 1 II 1 1 1 1 1 29 ville province 48 49 pays ?Chèque ou mandat postal ci-joint Tarif en vigueur jusqu'au 31 décembre 1983 69 code postal 74 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854 de l'extérieur appelez sans frais le numéro 1 -800-463-4799 66 décembre 1983 / QUÉBEC SCIENCE VIDÉO À L'EAU DE ROSE Le premier jeu vidéo sur disque laser vient d'être mis sur le marché.Il devrait, selon ses fabricants, faire un malheur dans les arcades.C'est que, contrairement aux autres jeux, celui-ci offre de vraies images.C'est une sorte de dessin animé d'une durée de 27 minutes, dont les 50 000 plans ont été dessinés par d'anciens collaborateurs de Walt Disney.Mais ici, c'est le joueur qui commande le déroulement des séquences du film dont le scénario, il est vrai, est fort simple.a a O- Jugez-en.Dirk the Daring (mélange de superman et de prince charmant) doit s'introduire dans le château d'un vilain sorcier pour délivrer la belle princesse prisonnière d’un dragon.Le joueur doit le faire triompher de 40 épreuves (gouffres, monstres, vampires, etc.) pour lui permettre de parvenir à la princesse que, bien sûr, il délivrera! La conclusion de cette histoire est que la technique évolue plus vite que l'imagination des scénaristes de vidéo.VICTIMES INNOCENTES La guerre entre l'Iran et l'Irak fait des victimes inattendues.Pendantque l’artillerie se déchaîne dans le désert, les dugongs, ces vaches marines de l'océan Indien, sont décimées dans le golfe Persique.Des hélicoptères ont récemment repéré 50 cadavres de ces mammifères dans les environs.Les puits de pétrole endommagés par les bombardements n'ont pu être réparés à cause des combats qui se poursuivent, et, d'après le World Wildlife Fund, ce serait le pétrole qui s'en écoule vers le golfe qui serait la cause de cette hécatombe qui est en train de réduire à néant une population déjà rare.ili En vrac HÉRITAGE EN BASIC L'ordinateur met son nez dans votre testament.Un avocat américain a mis au point un nouveau programme qui vous permet de dresser tranquillement votre testament chez vous, sur votre microordinateur, sans passer devant le notaire.Cependant, avertit son auteur, le programme ne vous offrira peut-être pas la souplesse et la compréhension que vous trouverez chez un notaire en chair et en os.De toute façon, Persona! Lawyer/ Wills ne vous fera qu'un testament en anglais.JOLIE COMPAGNIE! La sangsue médicinale, ou hirudinée, a été utilisée pendant des siècles pour traiter les phlébites, les hémorroïdes, les embolies et pour combattre l'inflammation.Sa propriété thérapeutique est due au fait qu'appliquée sur la peau, elle suce le sang et sécrète une salive qui empêche celui-ci de coaguler.Avec la découverte de l'héparine, une substance anticoagulante extraite du foie, elle avait peu à peu été abandonnée.Mais la sangsue revient.Jacques Naudet, spécialiste de la microchirurgie reconstructive de la main, à Bordeaux, vient de lui trouver une nouvelle application.Il l'utilise, en complément de l'héparine, pour rétablir la circulation veineuse dans les phalanges réimplantées.Quant à la réaction des malades à la vue des sangsues, il paraît que tout se passe bien.Certains malades s'occupent eux-mêmes de leur sangsue qui devient pour eux un véritable animal de compagnie.VOLTAIRE NATURALISTE On découvre de drôles de chose en fouillant un peu dans la vie des grands hommes.Ainsi un opuscule publié par Voltaire en 1768 nous apprend que le philosophe s'amusait à couper la tête aux escargots et aux limaces.Mais ce n'était pas par sadisme.Voltairefut à une époque de sa vie un expérimentateur passionné, fasciné par la faculté de régénération de ces gastéropodes dont la tête repousse quand on la coupe.Ce phénomène était pour lui un prodige devant lequel la raison, qu'il plaçait si haut, était confondue.L'ESPION PATATE Si les pommes de terre n'arrivent pas toujours en très bon état dans notre cuisine, c'est qu'elles sont souvent mal- |:| i traitées.Des manipulations trop rudes |e| " leur laissent des meurtrissures qui les JJaf font pourrir plus vite.La solution?L'espionnage.Deux ingénieurs agronomes ont inventé la patate espionne.En caoutchouc synthétique, elle ressemble à une vraie pomme de terre, sauf que, contrairement à ses compagnes muettes, elle crie quand on lui fait mal.Des récepteurs électroniques répartis sur sa surface réagissent aux manipulations brutales et actionnent un signal sonore, dont la fréquence augmente avec la rudesse du coup.Le prototype de cette Mata-Hari de la patate nécessite encore quelques améliorations, mais ces inventeurs espèrent bien pouvoir appliquer le procédé aux pommes et aux œufs.Vonik Tanneau LES COMMUNICATIONS OUVRENT LA VOIE AU NOUVEAU MONDE • # * f LL §r; « m £L A M mm & - ¦ J ^ .; -¦« ¦ - «i.Il ® m oM » ¦ • I « ^ I ^ I ÿ r.v Sfcî ifî^'rL * y production partielle «un circuit imprime ç fCette nouvelle techlologie a permis d'â puissance des équipaments de télécomrr de créer des services intégrés voix, im Loisir, Chasse et Pêche AIR S'klÊüK m h * ^ NATIO/^ ^ ‘
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