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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1984, Collections de BAnQ.

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P£/?1 MAL DE VIVRE.T BETONS RENVOI Port de retour îranti ^ COURRIER 2ièrj e classe Enregistrern înt numéro 1 Ü 52 Port payé à (J ébec C P 250.S.I sry Québec G1| 2R1 wiSLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC RADAR 05743 1700 ST DENIS G OCT S3 MONTREAL PQ SEPT 84 H2X 3K6 àïsS JE VIN SOUS L’ŒIL DU CHIMISTE 1 CERVEAU VT-IL UN SEXE?MOS: DANGER! WSME: AUTRE TECHNOLOGIE E POINTE Cï H Sessions été et automne 1984 Études de 2e et 3e cycles certificat de 2e cycle sciences comptables** maîtrises biophysique chimie (1 ) économie et gestion des systèmes de petite et moyenne dimensions** éducation électronique de puissance** études littéraires études québécoises gestion de projet** (3) philosophie** physique psychologie** sciences de l'activité physique sciences de l'énergie** (2) sciences de l'environnement sciences du loisir** sciences des pâtes et papiers sécurité et hygiène industrielles** théologie (M.A.et M.Th.) doctorats biophysique philosophie** psychologie** (1 ) (4) sciences de l'énergie** (2) Date limite d'admission et de changement de programme: 1er avril 1984 — au doctorat: détenir une maîtrise ou l'équivalent dans la discipline choisie ou dans un domaine connexe.L'Université du Québec à Trois-Rivières offre des bourses d'études et de recherche aux étudiants admis et inscrits à ses programmes de maîtrise ou de doctorat.L'Université propose également des postes d'auxiliaire d'enseignement et de recherche.Renseignements: (819) 376-5308.renseignements Bureau du registraire Université du Québec à Trois-Rivières C.P.500, Trois-Rivières, Québec / G9A 5H7 TéL: (819) 376-5454 aide financière conditions d'admission — au certificat et à la maîtrise: détenir un baccalauréat ou l'équivalent avec une moyenne cumulative d'au moins 3.0 ou l'équivalent.* Admission à l'été seulement ** Admission à l'automne seulement (1) Programme extensionné de LU.Q.A.M (2) Programme extensionné de l'I.N.R.S.(3) Programme géré conjointement (4) Programme contingenté en 1984-85 .Un.ant.L'u jourtant.l nent et pourtë.¦o-niv ^ebec à Tri e du Québe' Université du ieulement et p tant.L’Unive •;nze ans seul» lent et pourt-es a quinze ans seulemr tivières a quinze ans ; à Trois-Rivières ersité du Québec à .ant.L'Un /ersité du .outement et p' rtant.L'Umvc tuinze ans seo ent et pourtan îivières a qui’ seulement et Trois-Rivièr- ^ ans seule eres a c, is-Rivièi à Trois-!-Ouébec à .sité du Qu .L'Univers ourlant.L't nt et pourt.ans seuler, ’uiemenx et p ns seulemen nze ans seu - a quinze a s-Rivières bec à Tro du Québe Jniversité at pourtan es a quinze s seulemen» Trois-Rivièras a quinze i Québec à Trois-Riviè iversité du Québec à .L'Université du r ourlant.L'Ur QUÉBEC SCIENCE Volume 22, numéro 5 SOMMAIRE JANVIER 1984 Page 26 Page 18 Page 30 26 30 36 40 16 6 7 9 10 11 48 49 51 52 12 47 54 55 58 ENQUÊTES / REPORTAGES Plastiques et bétons prennent leur envol André Delisle Ils retournent au laboratoire pour en ressortir plus légers et plus résistants Le mal de vivre.en apesanteur Jean-Marc Carpentier Pour s'élever dans l'espace, l'homme a vaincu les contraintes technologiques mais pas encore celles de son propre corps Le vin sous l'oeil du chimiste France Bessette Le dégustateur vous parlera de robe et de bouquet; le chimiste, lui, d'anthocyanines et de flavanes Le cerveau a-t-il un sexe?Maria de Agostini Les dernières recherches nuancent les récentes affirmations sur les différences entre le cerveau de l'homme et celui de la femme Labos: danger! Manon CorneiUer et Raymond Lemieux Mesures de sécurité quasi inexistantes et produits chimiques en liberté sont la plaie cachée des laboratoires de science PRISME: Jean-Pierre Roge! L'autre technologie de pointe ACTUALITES Transports Neurophysiologie Des Les têtes à Papineau Musées Comportement Cyclisme Cyclisme Audiologie Ressources fauniques À 270 km/h dans un TGV messagers chimiques ouvrent la voie L'homme à la pyramide La science à Terre des Hommes Les goélands déménagent en ville Bientôt les automatiques.mais déjà les semi-automatiques Une oreille électronique Au pays de «UHAHAMEKu» CHRONIQUES Gilles Drouin François Picard Géra Id Baril Vonik Tanneau Sans frontières Revue de presse internationale Info-puce Apprivoiser l'informatique Cinéscience La science à l’écran Boîte à livres Lus pour vous En vrac Les p'tits mots de la fin VOS ETUDES DE MAITRISE.FAITES-LES DONC À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI Principe • - ¦ .: Wâ s % Une université, située au coeur de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, vous propose une gamme de programmes de maîtrise capables de répondre à vos exigences de formation supérieure.Ils couvrent plusieurs domaines de pointe, se caractérisent par leur approche multidisciplinaire et sont adaptés aux besoins de notre société.Ce sont: En administration • Maîtrise en gestion de projet • Maîtrise en gestion des P.M.O.(petites et moyenne organisations) En sciences appliquées • Maîtrise en ressources et systèmes • Maîtrise en sciences de l'énergie • Maîtrise en sciences de la terre En sciences fondamentales • Maîtrise en productivité aquatique • Maîtrise en sciences de l'atmosphère (agrométéorologie) • Maîtrise en mathématiques En sciences de l'homme • Maîtrise en éducation • Maîtrise en études régionales • Maîtrise en études littéraires • Maîtrise en théologie ADMISSION On peut être admis à l'un ou l'autre programme de maîtrise si on possède: • soit un diplôme de 1er cycle (baccalauréat) dans une discipline appropriée avec une moyenne cumulative d'au moins 3,0 ou l'équivalent; • soit les connaissances requises, une formtion appropriée et une expérience jugée pertinente.On a jusqu'au 1 er juin 1 984 pour faire parvenir une demande d'admission au bureau du regis-traire, à l'adresse ci-contre.SUPPORT FINANCIER Pendant toute la durée de leur programme, les étudiants peuvent faire appel à diférentes sources d'aide financière: bourses d'études d'organismes internes ou externes, assistance d'enseignement ou de recherche.RENSEIGNEMENTS Pour obtenir plus de renseignements sur l'une ou l'autre de ces maîtrises, sur les conditions d'admission particulières à chacune, ainsi que sur l'aide financière disponible, écrivez au directeur du programme concerné à l'adresse suivante: Université du Québec à Chicoutimi 555, boulevard de l'Université Chicoutimi (Québec) G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5613 DEMANDEZ VOTRE ADMISSION À L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI Université du Québec à Chicoutimi 1 QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 5 QUÉBEC SCIEflCE C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1-800-463-4799 Abonnements : poste 2854 ; Rédaction : poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, André Delisle, Gilles Drouin, François Huot, Gerald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgson, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Alain Vézina, photo couverture Raymond Robitaille, typographie Les ateliers graphiscan, séparation de couleurs Imprimerie Canada, photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité institutionnelle (418) 657-3551, poste 2842 Jacques Lauzon et associés Itée Montréal: (514) 382-8630 Toronto: (416)927-9911 COMMERCIALISATION René Waty, responsable de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Canada: Spécial: (2 ans / 24 nos): 40,00$ Régulier: 1 an / 12 nos): 23,00$ Groupe: (10 et plus—1 an): 21,00$ À l'unité: 2,95$ À l'étranger: Régulier: (1 an / 12 nos): 32,00$ À l'unité: 3,50$ France: Dawson France, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tél.: (6)909-01-22 — Télex: 600 394 QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l'entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada, M Claude St-Onge, vice-président — Banque de Montréal, Jean Savard, vice-président; Division du Québec — Conseil de la langue française, Michel Plourde, président — Control Data Canada.George J.Hubbs, président — Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée — Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel Boulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, Longueuil, P.Q.— Recherches Bell-Northem, M.Claude I.Proulx, directeur général; Laboratoire de L'ile des Sœurs Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1983, ISSN-0021-61 27.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Télex: 051-3488 TWX 610-571-5667 Membre de: CPPA © Copyright 1984 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d adaptation réservés.pcfTScrapnJM Vous souvenez-vous de Winston Smith, petit bureaucrate de l'État totalitaire d'Océania, qui commet un beau jour l’offense suprême de tomber amoureux de Julia, une de ses collègues de travail?Mais Big Brother veille, et les deux complices sont pris sur le fait.Les voilà traînés dans les locaux du ministère de l'Amour et torturés sans merci, car la procréation ne peut se faire que par insémination artificielle dans ce pays où il ne semble pas faire bon vivre en dehors des lois.Finalement, la trahison de Winston, qui supplie ses tortionnaires que Julia soit suppliciée à sa place, le sauve aux yeux de la police de la Pensée.Il est libéré et peut retourner à son ancien travail: ré-écrire les nouvelles des anciens journaux pour le compte du ministère de la Vérité, afin de les rendre conformes à l'idéologie du Parti.( îe< C )nvcll Pauvre Eric Blair, alias George Orwell! I! nous avait raconté, dans Nineteen Eighty-Four, une merveilleuse fable socio-politique, un vibrant plaidoyer pour les valeurs individuelles face à la montée du totalitarisme, et on a voulu en faire un prophète, ou pire, un prophète «scientifique», un prospectiviste.Au contraire d'un Aldous Huxley, d'un Jules Vernes, ou d'un Arthur Koestler, George Orwell s'est très peu appuyé sur les connaissances scientifiques réelles de son époque pour scruter l'avenir et nous décrire un monde possible du futur, mais il a plutôt cherché à nous sensibiliser à des dangers qu'il pressentait quant aux libertés individuelles.Orwell est probablement plus un essayiste politique qu'un critique avisé de la technologie, mais la fortune de son titre, ce 1984 devenu langage commun pour symboliser un univers totalitaire, l'a brutalement promu «gourou de la science» à son insu.Laissant l'œuvre là où elle appartient, je me contenterai de conseiller une re-lecture de cette œuvre originale et forte, alors que chacun de nous a l'occasion d'écrire pour la première fois la fatidique date sur son agenda ou sur ses chèques.Quant à nous, nous commençons l'année sur des ballons en béton, ce qui n'est pas mal du tout comme réalisme .le dossier d'André Delisle est toutefois beaucoup plus sérieux que notre page couverture.De son côté, France Bessette, professeur à la faculté de médecine du C.H.U.de Sherbrooke, nous décortique les mystères de la chimie du vin.Avec nos trois autres articles, nous sommes de retour dans l'actua lité: celle de l'adaptation de l'homme dans l'espace, par Jean-Marc Carpentier, et celle de la sécurité oubliée dans nos labos de science, par Manon Cornellier et Raymond Lemieux, des signatures familières de Québec Science; et enfin, cet article sur le cerveau et le sexe, par Maria de Agostini, une neuro-psychologue française qui propose une perspective intéressante sur un débat connu. 6 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS TRANSPORTS À 270 km/h DANS UN TGV m Ay> \\\W\\ fon Ï:XMCF Il est 9 h 40 du matin.Devant nous, le paysage de la Saône et Loire file à 270 km/h.Nous sommes dans la cabine de conduite d'un TGV, un Train grande vitesse, qui va de Lyon à Paris en deux heures précises, pour une distance de 426 km.Il s'agit d'une ligne ferroviaire électrifiée toute nouvelle, spécialement conçue pour le TGV.Gain de temps par rapport à l'ancienne ligne: 1 h 50.C'est le train le plus rapide au monde.Même à 270 km/h, la sensation de vitesse n'est pas forte.La voie est droite, très dégagée, entièrement clôturée et sans passages à niveau — sécurité oblige.Bien installés dans leur cabine climatisée, le conducteur et son mécanicien laissent défiler les kilomètres.De temps en temps, le conducteur déplace d’un demi-tour un lourd volant et explique qu'il alterne les phases de traction électrique avec ce qu'il appelle des «allers sur l'air», c'est-à-dire des périodes où le train profite de son élan pourglissersans tirer de courant.Un œil fixé sur l'indicateur de vitesse, le conducteur surveille aussi les autres voyants et manettes du panneau devant lui.Il doit être prêt à tout instant à réduire la vitesse indiquée, mais pour le reste, ses pouvoirs sont limités.Un poste central d'aiguillage et de régulation, situé à Paris, télécommande l'itinéraire du train.Quant à la signalisation, Le TGV, le train le plus rapide au monde, a atteint la vitesse record de 380 km/h en 1981.plus besoin de la «lire» visuellement — et d'ailleurs, cela n'est pas possible à cette vitesse élevée —; ce sont des circuits de voie, automatiques, qui fournissent les indications au conducteur, par affichage en cabine.De plus, une liaison radio est établie en permanence entre le poste central et les conducteurs de TGV.Assez curieusement, ce sont les seules véritables innovations de ce train qui est le fleuron de la Société nationale des chemins de fer français, la SNCF.Tout le reste ressort de la bonne vieille technologie ferroviaire, perfectionnée au fil des années.Il est vrai que la SNCF a acquis une longue expérience dans le domaine des grandes vitesses sur rail, symbolisée par un record mondial de vitesse dès 1955, à 331 km/h (en 1981, ce record a été porté à 380 km/h par le TGV).Il est vrai aussi que les habitudes de transport en Europe, ainsi que la densité du trafic de passagers de Paris vers le Sud-Est, soit plus de 15 millions de voyageurs par an, créaient les conditions d'une «solution nouvelle».Imaginée dès 1971, celle-ci a été ouverte commercialement en 1981 sur un premier tronçon, et il y a quelques mois sur la totalité de la distance Paris-Lyon.Un avantage notoire du système TGV français est qu'il est compatible avec le reste du réseau électrifié (les trains TGV continuent sur les lignes classiques au-delà de la ligne à grande vitesse).Autre avantage: les tarifs des trains TGV sont les mêmes que ceux des trains ordinaires, ce qui assure la «démocratisation de la vitesse», selon l'argument de la SNCF.Que réserve l'avenir?Les responsables du TGV débordent d'optimisme.D'abord, les premiers bilans d'exploitation vont au-delà de leurs espérances : un accroissement du trafic de l'ordre de 13 pour cent, au lieu du 9 pour cent prévu, et des effets d'entraînement visibles.Sur la seule ligne aérienne Paris-Lyon, la SNCF calcule que le TGV a détourné plus de 30 pour cent du trafic.Par ailleurs, une nouvelle ligne, le TGV Atlantique vers Le Mans et Bordeaux, vient de recevoir le feu vert du gouvernement, et les travaux pourraient commencer avant la fin de 1984.Côté exportation, on se montre prudent, quoique certaines négociations sont assez avancées.Et puis, à l’état de projet, il y a même cette fameuse idée d'un train grande vitesse entre Montréal et New York, mise de l'avant par le maire Drapeau.À la SNCF, on n'ose rien en dire, sinon pour confirmer qu'une étude de pré-faisabilité est en cours.Un dossier dont on reparlera?«Tout dépend des autorités politiques», souligne-t-on.Jean-Pierre Rogel LA GENETIQUE MARQUE DES POINTS L'annonce, à deux semaines d'intervalle au début de novembre, de la découverte de méthodes permettant éventuellement un diagnostic précoce de la chorée de Pluntington, d'une part, et de la phényl-cétonurie, d'autre part, a suscité beaucoup d'intérêt dans le monde scientifique.Le gène causant la chorée de Huntington, une maladie dégénérative du cerveau, a été localisé par une équipe américaine sur le quatrième chromosome humain, ce qui ouvre la voie à un dépistage précoce de cette maladie héréditaire.Quant à la seconde maladie, nommée PKU selon ses initiales, une méthode mise au point par des chercheurs de Houston, Texas, permettrait de diagnostiquer 75 pour cent des cas prénataux.Le traitement, par diète spéciale, serait alors facilité dans le cas de cette maladie héréditaire qui déclenche une arriération mentale et des troubles neurologiques chez les jeunes enfants qui en sont atteints.S ifs I ilijfi eiis I Pit [.Niis [ « \ Mlii Ce r,., F»! [ «S P U'ï I Blip t*Sr "ft 1*8 (t I %»! I His) b\ les 'H U- "svep iS&i A ; lîüPt 1 s QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 7 «éti» NEUROPHYSIOLOGIE DES MESSAGERS CHIMIQUES OUVRENT LA VOIE Si l'évolution du savoir a permis à l'homme de se lancer avec succès à la conquête de l'espace ou de réussir à apprivoiser l'infiniment petit, il apparaît pourtant que l'on connaisse encore peu de choses de l'organe clé pour l'acquisition du savoir, le cerveau.Mais les chercheurs défrichent petit à petit ce qui paraît être une piste de première importance.Cette piste, ce sont les neurotransmetteurs, des espèces de messagers chimiques qui assurent la liaison entre nos neurones; ils ont déjà amorcé une révolution dans l'approche de traitement pour certaines maladies mentales.Toutefois, les progrès sont lents et difficiles et, pour l'heure, les recherches soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses.C'est, entre autres choses, ce qui s'est dégagé du symposium international sur les neurotransmetteurs cérébraux qui se tenait récemment à Québec.Les neurotransmetteurs jouent un rôle de premier plan dans l'activité nerveuse car ils transportent l'information et assurent la transmission de l'influx nerveux d'un neurone à l'autre.Les messages ainsi transmis sousformed'impul-sions électriques commandent la stimulation ou l'inhibition de processus physiologiques, susceptibles de provoquer des effets variables sur le sommeil, la faim, l'humeur, etc.On a identifié actuellement une vingtaine de substances pouvant agircomme neurotransmetteurs dont une dizaine sont maintenant acceptés comme susceptibles de changer l'environnement de nos neurones et de moduler notre comportement.Parmi les mieux connus, notamment en psychiatrie, mentionnons la dopamine, la nora-drénaline, la sérotonine.On sait maintenant qu'un neurotransmetteur donné peut être impliqué dans plusieurs fonctions physiologiques.La dopamine, par exemple, intervient dans le contrôle de la motricité, de l'activité sexuelle et de la tension artérielle.Par contre, une fonction physiologique comme le sommeil peut dépendre de l'activité de plusieurs systèmes de neurotransmetteurs à la fois.On commence à comprendre certains systèmes impliqués dans les maladies mentales.On croit, par exemple, qu'une perturbation du système dopaminergique pourrait être en cause dans la schizophrénie.Théoriquement, on pourrait donc traiter en régularisant les substances dopaminergiques.On sait également qu'un autre neurotransmetteur, la nora-drénaline, entre en jeu quelque part dans la chaîne de réactions qui donnent naissance aux symptômes anxieux.Les chercheurs engagés dans cette voie pensent qu'en agissant sur le système noradré-nergique, on pourrait modifier les niveaux d'anxiété.Mais, ce n'est pas si simple! «En effet, on a souvent cru découvrir la molécule de la dépression, de la schizophrénie ou de l'anxiété, mais à cause du nombre de substances chimiques en cause, il est impossible d'isoler un système de neurotransmetteurs d'un autre car le tout est étroitement relié comme un système de boucles dans un ordinateur», explique Yvon Lapierre, directeur de la recherche en psychiatrie et pharmacologie à l'Hôpital royal d'Ottawa.Pour André Villeneuve, président du symposium et chef de l'unité de neuropsychopharmacologie au centre hospitalier Robert-Giffard, cela se compare à une montre: «Lorsqu'on touche à une partie du mécanisme, c'est tout le mécanisme qu'on dérange, qu'on dérègle.» André Villeneuve parle des neurotransmetteurs comme d'une révolution en psychopharmacologie! «La mise à jour de ces médiateurs qui sont capables de modifier leséchangeschimiquesdans notre cerveau est en voie de changer radicalement notre conception de la maladie mentale et même notre façon de la traiter.» Dans cette veine, une nouvelle génération de médicaments est en train de voir le jour, faisant appel à de nouvelles molécules et parfois à des mécanismes nouveaux avec peu ou pas d'effets secondaires.C’est ainsi qu'est né un antidépresseur nouveau genre, le Salbu-tanol, un médicament qui vient stimuler les récepteurs de la noradrénaline.Ginette Beaulieu mw PREMIER CONGRES INTERNATIONAL SUR LA TOPONYMIE FRANÇAISE DE L'AMERIGKJE Dü NORD Ce premier congrès international auquel sont conviés les spécialistes, les professeurs en sciences humaines et le public en général s'inscrit dans le cadre des fêtes marquant le 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534, et souligne par la même occasion l'attribution officielle des premiers noms de lieux français en Amérique du Nord.Cette rencontre organisée conjointement par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et la Commission de toponymie veut notamment susciter la diffusion d'études, inventaires et autres instruments de recherche et favoriser des échanges sur les méthodes de travail des chercheurs en toponymie.Si vous êtes intéressé(e) à présenter un exposé en atelier, prière de faire parvenir votre nom, occupation, adresse, numéro de téléphone et un court résumé de votre communication à : Congrès international sur la toponymie française de l'Amérique du Nord Case postale 35 (Haute-Ville) Québec (Québec) GIR 4M8 Commission de toponymie: Tél.: (418) 643-9705 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE ! AVEZ-VOUS SONGÉ À DES ETUDES DE MAÎTRISE OU DE DOCTORAT.L’Institut national de la recherche scientifique et son centre de recherche sur l’eau (INRS-Eau) peut devenir pour vous une occasion unique de relever le défi dans un secteur d’avenir.les sur la dynamique chimique et biologique du milieu aquatique, la valorisation de la biomasse aquatique, le contrôle administratif de la pollution, l’analyse de politique et l’approche décisionnelle dans le secteur de l’eau.L’INRS-Eau vous offre: — Un programme de maîtrise qui développe le savoir-faire des candidats dans la solution des problèmes qui se posent aux sociétés modernes; — Un programme de doctorat qui pousse la formation des chercheurs vers de nouveaux sommets dans des domaines de pointe.îv) Le candidat inscrit à l’un de ces programmes bénéficie d’un encadrement multidisciplinaire de haute qualité et a accès en permanence à un service de documentation spécialisé dans le domaine de l’eau, à des services d’informatique complets, ou encore, à des laboratoires de soutien entièrement adéquats pour la recherche.Si vous êtes enclin à relever le défi de la recherche, l’INRS-Eau vous invite à vous confronter à des problèmes inhérents au domaine de l’eau aussi divers que la modélisation mathématique des écoulements, les répercussions des pluies acides, l’érosion des berges, les technologies d’assainissement et la biotechnologie, l’approfondissement des connaissances fondamenta- Renseignemenfs Pour obtenir plus de renseignements sur l’un ou l’autre de ces programmes d’enseignement, sur les conditions d’admission particulières à chacun, ainsi que sur l’aide financière disponible, veuillez remplir la carte-réponse qui suit: J’aimerais obtenir des informations sur le programme de: — maîtrise — doctorat Nom .Adresse Code postal.Retournez à : ^ INRS-Eau Responsable de l’enseignement Institut national de la recherche scientifique Case postale 7 500 2700, rue Einstein Sainte-Foy (Québec), Canada G1V4C7 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE L'HOMME À LA PYRAMIDE Les biberons Playtex, c'est lui! À 16 ans, Jean Saint-Germain invente, en utilisant un condom comme sac de plastique, le biberon «permettant-à-bébé-de-ne-pas-avaler-d'air-avec-son-lait».Vendue pour une misère—1 000$ — cette invention a rapporté gros à Playtex qui a vendu quelque 100 millions de ce genre en 30 ans.Un inventeur québécois, demande-ton?Le nom de Jean Saint-Germain est régulièrement cité, même si cet inventeur de Saint-Simon ne peut être associé à une découverte importante.Par contre, nul ne peut nier son sens incroyable du marketing qui tient non pas à des «études» mais à un cran que rien — surtout pas le fisc — ne saurait arrêter.A I arrière du livre qu'il a écrit en 1979 sur ses aventures et ses inventions, n avoue-t-il pas qu'«inventer pour vivre place un homme dans toutes sortes de situations.Il faut être prêt à tout risquer, même sa vie, faire face aux finances, aux spéculateurs, à la loi, etc.» Si le récit de ses aventures nous apprend que Jean Saint-Germain a eu de la difficulté à tenir comptabilité, il nous indique qu'il aime bien les comptes rendus exacts: avant de se marier, il a montré à sa future épouse Adrienne, avec laquelle il a eu par la suite 12 enfants, un calepin noir contenant les dates, lieux et noms des 277 femmes avec lesquelles il avait fait l'amour entre 17 et 22 ans.Des inventions, Jean Saint-Germain n'en a pas moins une quarantaine à son crédit; à défaut d'être toujours utilitaires, presque toutes portent la marque d'une imagination débridée: veste motorisée, chaloupe volante, manche à balai flexible, réchauffeur de batterie, moteur à réaction aquatique, pichet à lait, cerf-volant motorisé, système antipollution pour cheminées, économiseur d'essence, déflecteurs d'air pour camions.Homme éclectique, Jean Saint-Germain invente tous azimuts! «Les idées me viennent comme par enchantement.» «Penser, inventer, confie-t-il, c'est facile.Mais trouver des capitaux, financer, voilà qui est difficile, mais non impossible: quand tu vis librement, sans barrière, il n'y a aucune limite.Ce n'est pas parce qu'un arbre a beaucoup de branches qu'il va manquer de sève; au contraire, c'est lui qui en aura le plus et sera capable de faire face aux vents les plus forts!» Ce n'est probablement pas par hasard que Jean Saint-Germain parle de vents.Passionné d'hélicoptères (il en a encore acquis un récemment) et d'avions (il fut propriétaire pendant quelque temps d'un DC-3), il a inventé il y a quelques années l'aérodium, bâtiment circulaire ou silo au bas duquel tourne un hélice de DC-3 dont la force de poussée est telle qu'on peut «flotter» sur l'air au-dessus.Et, avec une certaine habileté, il est possible de monter, descendre, tourner à volonté, à l'image des parachutistes de la série télévisée Les hommes volants d'il y a quelques années.Jean Saint-Germain a déjà vendu des franchises pour l'aérodium dansquelque 70 pays: les sensations fortes sont toujours à la mode.Et l'aérodium en offre: entrant par une porte de côté située au haut de la tour, on a l'impression de plonger dans un cratère d'où sort de tempête.Les personnes circulant en automobile entre Drummondville et Saint-Hyacinthe sur l'autoroute transcanadienne peuvent d'ailleurs apercevoir le prototype construit par Jean Saint-Germain.À quelques dizaines de mètres de l’aérodium se trouve la dernière création de Jean Saint-Germain: une pyramide! Composante principale du Centre de méditation Saint-Simon inc., cette pyramide en granit de 10,58 mètres de base et orientée vers le nord astronomique abrite en son sein une chambre de marbre au centre de laquelle se trouve une colonne d'eau plongeant dans le sol.Au tarif de 5$ par minute ou de 20$ pour cinq minutes, une personne peut y prendre place, pieds nus sur la plaque vitrée au-dessus de la colonne d'eau et en se tenant orientée vers le nord ou l’est.Cet exercice doit permettre de «se restructurer, et ce le plus naturellement possible au niveau de l'esprit, du corps et de l'imagination».Quant à cette restructuration, elle proviendrait «d'un transfert d'énergie, la personne étant branchée sur l'univers en jouant le rôle d'une antenne tirant l'énergie cosmique».Bien que passablement fatigué lors de son passage et de son essai de la pyramide, l'auteur de ces lignes ne s'en trouva, à la sortie et dans les heures suivantes, aucunement ragaillardi.Il est vrai que les journalistes sont d'éternels sceptiques et, conséquemment, qu'ils résistent à tout, même aux vrais effets placebo.François Huot 10 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Wr Pour ^ le chercheur.WP l'étudiant, Y l’universitaire, La Recherche cons- Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 nos) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom ________________________________________________________ adresse ____________________________________________________ pays________________________________________________________ à retourner accoampagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.MUSÉES LA SCIENCE À TERRE DES HOMMES Verra-t-on dès cette année les premiers travaux d'une future Maison des sciences et des techniques à Montréal, plus précisément à Terre des Hommes?Il semble que l'annonce de décisions publiques soit imminente, si elle n'est pas déjà faite lorsque ces lignes seront publiées.En effet, en octobre dernier, un comité consultatif sur l'établissement au Québec d’un musée des sciences et des techniques remettait au ministre Raquette son rapport.Selon certaines informations, le Comité recommanderait d'établir une Maison des sciences et des techniques à Montréal, sur un modèle qui tiendrait tout autant de l'Ontario Science Center de Toronto que du projet français de musée national des sciences, à La Villette à Paris.Dans ce concept mis de l'avant par le comité, on retrouverait la dimension dynamique et pédagogique de la «science qu'on peut toucher et expérimenter soi-même», chère au Centre des sciences de Toronto, jumelée avec une approche systémique dans laquelle la composante historique et sociale des technologies est soulignée, comme les promoteurs du musée de La Villette le proposent.De plus, on verrait à souligner la dimension proprement québécoise de cette Maison (le terme «Maison» serait retenu pour marquer l'aspect convivial du musée et laisser s'établir le parallèle avec les maisons de la culture dans l'esprit des gens).Ce projet tombe pile au moment où le gouvernement du Québec a annoncé son désir de «redéfinir et revitaliser» le site de Terre des Hommes à Montréal.Plusieurs consultations préliminaires semblent indiquer que les autorités montréalaises verraient d'un bon œil l'arrivée de cette Maison des sciences à Terre des Hommes, en tant que projet moteur pouvant attirer plusieurs manifestations culturelles.Les coûts restent à préciser, mais on semble parler d'un montant global pouvant varier entre 50 et 100 millions de dollars, «clés en main», et d'un budget de fonctionnement de 7 à 8 millions de dollars par année, pour une centaine d'emplois permanents.Jean-Pierre Rogel QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 £$ ispie-liaison pies à ira iîi nceie «le, si ilisoes ïrtie lain» lato-eMai-10 i ¦odiaii Canif1 ;ais df flelte l'aiani imen' .de il lelle li île iite lu iiw" ;oise* , 56^'' OI#1 jiallèif t dam [0io»!î , le s||e ial.^’ îSSl"' [i»fl * i(il*S ¦ülP»1' italic nétii"; y ACTUALITÉS COMPORTEMENT LES GOÉLANDS DÉMÉNAGENT EN VILLE Avez-vous déjà remarqué, à l’automne, ces nuées de goélands qui s'abattent sur le sol fraîchement retourné derrière la charrue du cultivateur?Ce qui les attire, ce sont les larves de hanneton et les vers de terre que le labour leur offre ainsi en pâture.Si pittoresque soit-elle, cette scène commence cependant à agacer les agriculteurs qui n’apprécient pas toujours la perte des vers, précieux alliés pour ameublir la terre.Mais les goélands ont faim et se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent, mettant à profit leur remarquable sens de l'adaptation depuis qu'ils ont élargi leurs horizons d'oiseaux de mer.On les voit maintenant de plus en plus tant en ville qu'à la campagne, et ce changement d'habitat ne va pas sans entraîner quelques inconvénients.Ce n'est pas que la coexistence entre oiseaux et humains dans les zones occupées par les derniers soit forcément difficile, encore que des accrochages se produisent à l'occasion.On n'a qu'à penser aux pigeons, ces mal aimés qui se retrouvent de temps à autre au centre de controverses comme celle qui avait éclaté dans le port de Québec alors qu'on avait décidé d'en empoisonner une partie; ou plus récemment, lorsqu'ils envahissaient littéralement, au nouveau Palais de Justice de Québec, le stationnement réservé aux voitures des juges, le mettant temporairement hors service! Si les pigeons ont quand même acquis, au cours des siècles, leurs titres de citoyenneté un peu partout dans les grandes villes, il en va tout autrement des goélands.Dans la région de Québec, l'immigration a cours depuis les années 70, constituée massivement des goé- Les goélands étendent leur territoire et envahissent maintenant villes et campagnes, parfois au déplaisir des résidents de ces régions.lands à bec cerclé.À cette époque, les nouveaux arrivants ont réalisé qu’ils pouvaient diversifier leur menu en exploitant des sources de nourriture peu ou pas utilisées.Un peu comme auparavant, ils font office de vidangeurs, tout en n'hésitant pas à chaparder lorsque l'occasion se présente.Leur emplacement préféré?Les abords des casse-croûte, dont les poubelles débordantes et la clientèle compatissante font bien l'affaire des goélands.Pas étonnant, dans ces circonstances, que les populations aient considérablement augmenté.Toujours dans les environs de Québec, on comptait, en 1971, 900 nids pour 1 800 adultes; lors du dernier relevé, en 1979, le nombre avait déjà grimpé à 6 700 nids, soit une hausse de 645 pour cent.Il semble que les conditions de vie plus faciles que les goélands retrouvent dans le voisinage des villes aient supprimé en bonne partie la compétition interspécifique pour la quête de nourriture, diminuant du même coup la mortalité chez les jeunes.L'aire de nidification elle-même s'élargit: autrefois concentrée dans un groupe d'îles de l'estuaire du fleuve, en face de Montma-gny, elle s'étend maintenant jusqu'à l'entrée du port, où les résidus accumulés ont fini par former un îlot.Parfait exemple de symbiose avec les activités humaines que le goéland, opportuniste, finit par tourner à son avantage.Tout le monde n'est pas nécessairement ravi de ces nouveaux voisins.Quel- 1 1 ques producteurs de bleuets de Portneuf sont aux prises, depuis trois ou quatre ans, avec des goélands qui viennent picorer dans leurs bleuetières.Pour l'instant, les dommages ne dépasseraient pas quelques centaines de dollars, mais il semble que les goélands prennent de plus en plus goût aux bleuets, et les méthodes mises à l'essai par le Service canadien de la faune pour décourager les intrus n'obtiennent qu'un succès très relatif.Ballons gonflés à l'hélium, épouvantails, assiettes d'aluminium dont le reflet et le bruit auraient pu effaroucher les goélands ne paraissent pas les traumatiser beaucoup.Plus mordant est le grief de Philippe Demers, directeur du Jardin zoologique de Québec, qui traite les goélands à bec cerclé de fauteurs de troubles dans son parc.En un mot, les goélands voleraient la nourriture déposée à l'intention des oiseaux pensionnaires du zoo et ne se priveraient pas de venir reluquer les paniers à pique-nique des visiteurs, tout en maintenant un bon achalandage autour du restaurant central, dont les abords témoigneraient visiblement du passage des goélands.On doit constamment brosser et nettoyer tables, bancs et même stationnements tachés par la fiente.Le docteur Demers s'en est plaint au Service canadien de la faune et attend qu'on lui indique comment procéder pour réduire les incursions des goélands.Il n'est évidemment pas question d'abattre les oiseaux, le goéland étant protégé par une convention internationale qui date de 1917.Pour Philippe Demers, il serait toutefois injuste de placer tous les torts du même côté : à ses yeux, «c'est la saleté et la malpropreté des humains qui ont fait la fortune des goélands à bec cerclé».Sans aller jusque-là, il est clair que les goélands n'ont fait que profiter des nouvelles opportunités que nos modes de développement leur ont offertes.Les dépotoirs à ciel ouvert ont constitué assez tôt une alternative de choix aux bords de mer; leur fermeture obligea le goéland à se recycler vers les zones urbaines, casse-croûte et bleuetières au programme.Il ne faudrait pas croire non plus que l'oiseau soit devenu soudainement nuisible, lui dont on chantait les mérites de dépollueur il n'y a pas si longtemps.Ainsi, les grandes volées de goélands qu'on peut apercevoir au mois d'août se repaissent des nuées d'insectes qui pullulent à cette période de Tannée.Il reste maintenant à trouver un terrain d'entente pour que chacun continue à y trouver son compte.René Vézina 12 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE PROTÉGER LES PONTS DES NA VIRES Au cours des 20 dernières années, 22 navires sont entrés en collision avec des ponts à travers le monde, la plupart chez nos voisins du Sud.Ces accidents ont causé des dommages qui se chiffrent en millions de dollars et surtout la perte de plus d'une centaine de vies humaines.Cette situation inquiète les Américains.Deux commissions sur le transport maritime ont publié des rapports sur le sujet.Il semblerait que les ponts sont assez solides pour affronter tremblements de terre et tempêtes mais qu'ils n'ont jamais été conçus pour résister à une collision avec un navire.Entre autres correctifs, les rapports suggèrent de façonner les piliers des ponts pour qu'ils puissent encaisser ou dévier les coups, que les ponts soient toujours perpendiculaires au cours d'eau et qu'ils ne soient pas construits aux endroits les plus étroits, particulièrement .dans les tournants.Des recherches ont également démontré que la profondeur des cours d'eau influencerait beaucoup la manœuvrabilité des navires.(News Report) UNE CERVELLE D'OISEAU \ ILv - üîüï >3?Les pigeons se tireraient probablement mieux d'affaire que les humains dans un monde sens dessus dessous.Confrontés à un milieu instable, les pigeons mettent entre une et deux secondes pour se situer et reconnaître leurchemin.Les humains, dans une même situation, ont pris régulièrement jusqu'à trois secondes pour s'y retrouver.Les chercheurs allemands qui ont fait l'expérience pensent que l'efficacité du pigeon s'explique par son habitude à approcher les choses sous tous les angles, tête en haut, tête en bas.(The Sciences) Sans frontières l'i k « a fe L’ÉGALITÉ POUR LES MÂCHOIRES DANS L'INTIMITÉ DES MATÉRIAUX Selon un orthodontiste américain, Leon Kussick, l'emploi de rectificateur dentaire, les fameuses «broches», est souvent évitable et surtout inefficace.Particulièrement pour les gens qui ont les dents supérieures-avant plus ou moins ressorties.Kussick croit que dans ces cas, c'est le sous-développement de la mâchoire inférieure qui est la véritable cause.Il préfère alors parler de remodelage des os.Sa technique consiste à appliquer un dispositif qui pousse sur la mâchoire supérieure et tire sur l'inférieure, aidant celle-ci à poursuivre sa croissance pour finalement rejoindre la mâchoire supérieure.Le patient doit porter l'appareil trois heures consécutives par jour et aussi pendant toute la nuit.Le traitement peut durer de un à trois ans selon la gravité des cas.D'après Kussick, sa méthode est plus efficace chez les enfants parce que leur système osseux est encore en pleine croissance.Les 2 000 cas traités jusqu'à ce jour l'ont convaincu de l'efficacité de son approche.(Science Digest) LA CORROSION BRÉSILIENNE f L'utilisation de l'alcool comme carburant ” est de plus en plus répandue, particuliè-I rement au Brésil où 80 pour cent des » véhicules roulent avec ce sous-produit | de la canne à sucre.Toutefois, l'alcool < est un produit corrosif qui attaque l'équipement de production, les camions citernes, les réservoirs d'entreposage et de véhicules automobiles.Pour remédier à ce problème, les Brésiliens développent une méthode de fabrication utilisant du carbonate de sodium pour neutraliser l’acidité de l'alcool.Un tel procédé permettrait vraisemblablement des économies de 30 à 60 pour cent et rentabiliserait la vente de ce carburant qui est présentement subventionnée à grands frais par le gouvernement brésilien.(Inter Press Service) Le premier microscope électronique réel- r lement capable de voir les atomes à l'intérieur des matériaux vient d’être mis au point à l’Université de Californie, à Berkeley.Auparavant, pour obtenir des images semblables on devait utiliser des faisceaux d'électrons très puissants et avoir recours à une reconstitution par ordinateur.Avec une moindre puissance, le nouveau microscope, l'ARM (Atomic Resolution Microscope), donne une meilleure résolution et permet de voir avec un peu plus de précision les liaisons atomiques.Ce microscope donnerait une certaine avance aux Américains dans le développement de nouvelles technologies basées sur l'emploi de matériaux expérimentaux.(New York Times) DES SARRAUX ANTI-BACTÉRIES Les Français présenteraient bientôt un nouveau textile qui aurait la surprenante caractéristique d'être bactéricide.Les chercheurs sont parvenus à fixer une molécule organique, l'ammonium, sur une fibre de coton.Le nouveau produit n'est pas irritant pour la peau etdestests d'allergie sont en cours.La molécule a même résisté à une quinzaine de lavages industriels.L'utilité pour les hôpitaux d'un tel super-coton ne fait pas de doute.(La Recherche) te Si ¦il tg t'ï te 4ll U I ^ I 1 ^ I \ *1 r 't scacE je reel- I il Hr- I misât I IBei' I ii das I sefiai aiiis e: I onpî! I leao.leurs niqi® ertaioe ,ef^ jn/ «r^1 wf.Iécn|8 ¦ QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 13 LE SEIN CONTRE LE DIABÈTE LES SECRETS D'UNE HUILE ERE LA TÉE DES SÉISMES ÉLECTRIQUES L'allaitement au sein préviendrait l'apparition du diabète chez les jeunes de moins de 18 ans.Un chercheur danois a émis cette hypothèse après avoir constaté une corrélation entre l'augmentation rapide des cas de diabète juvénile en Scandinavie et en Grande-Bretagne entre 1940 et 1970 et l'utilisation de plus en plus fréquente de substitut de lait pendant la même période.En 1970, avec le retour en vogue de l'allaitement au sein, le taux de diabète juvénile a de nouveau diminué.Cependant, il aura fallu environ neuf ans avant que les changements dans l’allaitement se réflètent dans le nombre des cas de diabète.Il est reconnu que l'enfant allaité au sein est moins vulnérable aux infections virales.Aussi, si le diabète est causé par un virus, les chercheurs croient que cela pourrait expliquer la diminution de cette maladie.(New Scientist) Il semble de plus en plus certain que l'empoisonnement de 20 000 Espagnols en 1981, avec de l'huile de colza frelatée, soit dû à la production de radicaux d'oxygène par des composés présents dans l'huile.Lors d'un congrès en Italie, l'automne dernier, un chercheur japonais a fait remarquer que les symptômes des victimes de l'intoxication espagnole étaient les mêmes que ceux d'un empoisonnement aux BPC qui avait touché plus de 1 000 Japonais en 1968.La véritable cause n'est pas tant le BPC comme les radicaux d'oxygène qui sont produits par celui-ci.Sous cette forme, l'oxygène est hautement réactif et associé depuis un certain temps à divers types de cancer.La solution seraitdoncdeconsommer des produits capables de neutraliser ces radicaux, comme de l’huile polyinsaturée.Le problème, c'est qu'il faut un agent anti-radical précis pour chaque radical d'oxygène.(New Scientist) UN PAS VERS LE SOLEIL Les États-Unis, le Japon et les pays européens de l'Ouest uniront leurs efforts pour entreprendre un programme de recherche sur la physique des plasmas et les interactions Terre-Soleil.Le projet prévoit l'utilisation de quatre vaisseaux spatiaux en orbite autour de la Terre dont un sera de fabrication japonaise.Les lancements devraient se dérouler entre le milieu de 1989 et la fin de 1990.(NASA News) SE DÉVELOPPER PROPREMENT De plus en plus, la pollution industrielle devient le lot quotidien des habitants du Tiers-Monde.La production de l'huile de palme, principale industrie de la Malaisie, est responsable de la dégradation des cours d'eau de ce pays par le rejet d'effluents contenant de fortes quantités de matières organiques.Une usine moyenne produit l'équivalent d'une ville de 140 000 habitants en pollution de ce type.Depuis 1978, cependant, les réglementations ont contraint l'industrie à réduire leurs effluents de 222 tonnes à 16 tonnes par jour.(CRD! Explore) MAUVAIS PERDANTS Pour combler leur retard en physique des particules face aux Européens, les Américains projettent la construction d'un gigantesque collisionneur de protons dont la circonférence pourrait atteindre plus de 200 kilomètres, soit presque le tour de la Belgique.Le Désertron, c'est son nom, aurait une puissance de 20TeV (mille milliards d'électrons-volts) et sa construction prendrait au moins 12 ans tout en coûtant plus de cinq milliards de dollars américains.En plus, il serait conçu pour explorer une zone d'énergie où les théories actuelles ne prévoient l'existence d'aucune particule élémentaire.(Sciences et avenir) Des satellites américains et soviétiques auraient enregistré l'apparition de champs électromagnétiques sur le site d'un tremblement de terre quelques heures avant l'événement.Les savants supposent que les déplacements de masses importantes dans les profondeurs de la terre s'accompagnent d'impulsions électromagnétiques dans l'écorce terrestre, ce qui provoque des perturbations électriques dans l'ionosphère, détectables par les magnétomè-tres des engins spatiaux.Mais il y a un hic.Ces signaux se font dans les basses fréquences enregistrables seulement la nuit et on ne parvient à déceler que les séismes d'une intensité de 6 à 7 sur l'échelle Richter, situés à plus de 80 kilomètres de profondeur.(Agence de presse Novosti) CONTRE LA LEPRE: UN STYLO L'Organisation mondiale de la santé fera l'essai sur le terrain d'un stylo-torche pour le diagnostic très précoce de la lèpre.Ce petit appareil génère une chaleur de 40°C à une extrémité et demeure à la température ambiante à l'autre.L'impossibilité pour les malades de faire la distinction entre le chaud et le froid sur les parties de la peau atteintes par la lèpre est un des premiers symptômes de la maladie.(Santé du monde) Des livres de fonds au Boréal Express Kenneth McRoberts et Dale Posgate DÉVELOPPEMENT ET MODERNISATION DU QUEBEC 352 pages, 14,95$ Publié originellement en anglais, ce livre est considéré, à juste titre, comme une oeuvre magistrale, à coup sûr comme l'une des analyses les plus remarquables à paraître sur le Québec contemporain depuis au moins dix ans.Anthony Wilden SYSTEME ET STRUCTURE Essais sur la communication et l'échange LVII * 685 pages, 27,50$ Une prodigieuse synthèse critique de la psychanalyse, de l’anthropologie, de la philosophie, de la linguistique, de la biologie, de la théorie de l’information et de la communication, de la cybernétique, des études marxiennes, de la littérature, de la pensée féministe.Un outil fondamental dans le «pari de survivre au 20e siècle».Stanley Hoffmann UNE MORALE POUR LES MONSTRES FROIDS Pour une éthique des relations internationales 258 pages.14,95$ LA NOUVELLE GUERRE FROIDE 272 pages, 14,95$ Deux ouvrages fondamentaux par l’éminent professeur de Harvard, l’un des plus grands spécialistes de la scène politique internationale.Alors que le premier pose avec lucidité le problème moral dans les relations entre les États, le second analyse les grandes questions qui ont agité le monde depuis 1945 jusqu’à la guerre du Liban.«Une pensée d’une probité exemplaire».(Roger Duhamel, Le Devoir) Françoise Van Roey-Roux LA LITTERATURE INTIME DU QUEBEC 256 pages, 12,95$ La première étude systématique des écrits à travers lesquels les Québécois, depuis deux siècles et demi, parlent d'abord d’eux-mêmes.Françoise Van Roey-Roux nous fait découvrir une étonnante production d’au-delà quatre cents oeuvres (journaux intimes, mémoires, souvenirs, autobiographies, correspondances) qui révèlent les multiples facettes de la personnalité d’un peuple.Sous la direction de Renée Cloutier, Jean Moisset et Roland Ouellet ANALYSE SOCIALE DE L'ÉDUCATION 348 pages, 17,50$ Un instrument d’analyse et de réflexion sur les composantes socio-culturelles, économiques et politiques de l’éducation, préparé par une équipe de spécialistes de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.Un ouvrage de références indispensable pour les étudiants et les spécialistes des sciences de l’éducation.Roger Levasseur LOISIR ET CULTURE AU QUÉBEC 192 pages, 12,50$ Une analyse sociologique et un bilan remarquable de l’évolution des loisirs depuis l'organisation des premiers terrains de jeu, en 1929, jusqu’à la création d’un ministère du Loisir en 1979.Louis GUI ECONOMIE MONDIALE ET IMPERIALISME 416 pages, 16,50$ Un exposé rigoureusement documenté des fondements de l’économie mondiale contemporaine: nature et évolution du phénomène impérialiste; le capital financier et ses formes institutionnelles; les échanges internationaux; le système monétaire.kenru-th UcRoberl* Dale Posgate Développement et modernisation du Québec /.ii lillrniluiv inlinir tin Québec Économie mondiale et impérialisme lAnUmnyWililen [SYSTEME ET STRUCTURE Eisal> tur la communication at I échango Bartdbqns " Boréal Express p LA NOUVELLE GUERRE FROIDE Stanley Holïmann ¦-^‘ •l'-'ÎIt )wlt>'>.> îiiliwiiife V,"-::,i' m?i3 mms, ¦¦¦ r/vM; - WÊM ÎSRi "¦ >• ; ¦ Ks:2fS -• 5£ •.{ iî-^ •'*^ V* ?• i;S ^-:- «r'ïi - Vs^ir Sî?v t ’ •, tî> mwjmï iWM iMKiai ffPSgWgr.t^*ùCHC 20 En 1983.General Motors a mis sur te marché la première voiture de grande série, dont la carrosserie est complètement construite de plastique moulé.semble appelée à un brillant avenir dans le domaine des matériaux composites.Ajoutée au plastique, elle en augmente la résistance de façon exceptionnelle.Ainsi, en la combinant à des résines de plastique, on a réussi à fabriquer des poutres de construction sept fois plus rigides que leurs équivalentes en acier.L'intérêt grandissant qu'on porte à cette fibre est dû à sa rigidité et à sa résistance aux plus hautestempé-ratures.On la retrouve aujourd'hui aussi bien dans la fabrication de pièces de structure pour des véhicules spatiaux que de biomatériaux pour le remplacement de tissus cardiaques usés.Pour Raymond Gauvin, responsable de la recherche sur les plastiques à l'Institut de génie des matériaux (I.G.M.), l'introduction des fibres de carbone dans les plastiques amènera des changements fort significatifs dans ce domaine: «Ces changements deviendront plus évidents lorsqu'on aura dépassé la phase des applications restreintes aux technologies de pointe que sont l'aéronautique et l'aérospatiale.» SYNTHÉTIQUE SUR ROUES Ce transfert des méthodes n'est qu'une question de temps.Pour Raymond Gauvin, «la fabrication de composantes destinées à l'aéronautique peut être comparée à l'artisanat face aux exigences de la production en chaîne de l'industrie automobile».Les tests des nouveaux produits se font d'abord dans les conditions les plus difficiles de l'exploration spatiale et de l'aviation.Pour sa part, le secteur automobile doit pouvoir recourir à des méthodes de fabrication largement automatisées pour ensuite introduire de façon économique des nouvelles composantes dans les chaînes de montage.Le passage du métal au plastique est néanmoins résolument amorcé dans l'industrie automobile.Selon General Motors, les plastiques de janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE toutes sortes devraient d'ici cinq ans constituer plus du tiers du contenu en matériaux des voitures américaines.Déjà, on trouve dans la plupart des véhicules plus de 100 kilogrammes d'une vingtaine de variétés de plastiques.Au Canada, l'industrie automobile absorbe ainsi dix pour cent de la production des fabricants.L'introduction des plastiques extradurs dans la voiture est visible surtout au niveau des pare-chocs.On devrait les retrouver graduellement dans plusieurs autres parties de la carrosserie et certains dispositifs mécaniques.En 1983, la compagnie General Motors a mis sur le marché une voiture dont la carrosserie est toute de plastique moulé.Certaines pièces d'engrenage de la transmission sont en plastique plutôt qu'en métal.Même renforcées, les matières plastiques restent plus légères que le Au Centre de recherche sur les pâtes et papiers, B.Kokta (à gauche) a mis au point un composite de plastique et fibres de bois.Et une micrographie d'un composite de plastique et de mica étudié à l'I.G.M.par le docteur Van Gheluwe.verre et les métaux.Pour le consommateur, cela se traduit par une économie de carburant.Pour le concepteur, le facteur économie joue plutôt au niveau du coût des matériaux de base; en effet, à volume égal, le coût de plusieurs variétés de plastiques bruts est inférieur à celui de métaux tels que le zinc, l'aluminium ou le laiton.La possibilité de remplacer un assemblage de pièces métalliques par une seule moulée, par exemple dans la fabrication des sièges, représente aussi un potentiel d'économies.Cette pénétration importante des plastiques renforcés sur le marché de l'automobile devrait s'étendre P.Van Gheluwe/I.G.M.General Motors QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 21 Comme la farine et le gâteau.Le ciment est au béton, cequelafarine est au gâteau: tout simplement un ingrédient de base.Le ciment est une poudre dans laquelle s'amorce, en présence d'eau, une réaction chimique conduisant au durcissement.Si le mélange eau-ciment est enrichi de sable, le gâteau obtenu se nomme «mortier».Ajoutons du gravier, et apparaît le «béton».Un peu de chaux ralentira le rythme du durcissement et augmentera la plasticité de la pâte de ciment.Enfin, le béton armé gagne en solidité grâce à l'addition d'acier à l'intérieur du mélange.rapidement à celui des articles ménagers.À l'Institut de génie des matériaux, on prévoit que, d'ici la fin du siècle, seulement 1 5 à 20 pour cent des articles de plastique commercialisés seront composés uniquement de résines.Pour Raymond Gauvin, il ne fait aucun doute que les plastiques composites sont les matériaux de l'avenir: «Si de tels matériaux ne sont pas plus répandus aujourd'hui, croit-il, ce n'est pas seulement pour des raisons techniques.Le malheur des plastiques, c'est qu'on leur demande d'abord d'imiter les propriétés de leurs ancêtres.» Encore une fois, l'exemple de l'automobile est frappant: au début, les pièces plastiques qu'on a introduites devaient avoir la même apparence que les métaux qu'elles remplacent.Mais, petit à petit, les goûts des consommateurs évoluent.Ainsi, on est maintenant moins surpris des pare-chocs profilés de couleurs sombres qui supplantent les «nickelés» traditionnels.«C'est seulement quand la barrière psychologique est tombée que l'on peut exploiter les nouveaux matériaux au maximum de leurs propriétés», conclut Raymond Gauvin.À partir de là, les changements possibles sont majeurs: on peut s'attendre à ce que les véhicules de demain aient des formes très différentes de ceux d'aujourd'hui.LES BÉTONS SPÉCIALISÉS Comme les plastiques, les bétons sont aussi renforcés à l'aide de fibres.«Mais pour nous, ce n'est pas nouveau, affirme Yves Lapalme, chercheur à l'emploi de Ciments Canada Lafarge, à Montréal.Dans l'antiquité la plus reculée, on renforçait déjà la brique avec des brins de paille.Et d'ailleurs, la combinaison amiante-ciment est un matériau classique qui fut breveté au début du siècle ! » On incorpore de plus en plus des fibres de toutes sortes dans les bétons d'aujourd'hui.«Tout ce qui a l'air d'un fil peut être envisagé comme armature du béton», ajoute Yves Lapalme.Le verre, le nylon ou la cellulose sont quelques exemples de nouvelles fibres de renforcement.Des aiguilles d'acier de faible diamètre sont déjà ajoutées aux bétons de pavage des routes, ce qui en ralentit l'usure.La fibre de carbone s'avère aussi un additif idéal, mais son prix très élevé en limite actuellement l'utilité et la valeur commerciale.Pour la construction du stade olympique de Montréal, on utilisa des mélanges bétons-plastiques, qui se prêtent bien au moulage de composantes de structures que la géométrie expose à des efforts spéciaux.Les renforts du béton n'en changent pas fondamentalement les caractéristiques intrinsèques de poids et de densité.Selon les chercheurs, l'avenir réside plutôt du côté des bétons «spécialisés».Par l'addition de diverses substances, les fabricants réussissent à faire des mélanges adaptés à des usages spécifiques: on peut ainsi obtenir des formules de bétons lourds ou légers, isolants ou imperméables, résistants aux chocs ou aux flexions, à la chaleur ou au gel.Les recettes changent alors d'un produit à l'autre.Des additifs, tels que le mica expansé, c'est-à-dire éclaté par la chaleur (vermiculite ou perlite), les billes de polystyrène ou l'argile expansé, allègent significativement le béton tout en augmentant ses propriétés d'isolant thermique et d'écran acoustique.Ainsi dans la construction d'édifices en hauteur, on peut alléger le béton à mesure que s'élève la structure de façon à diminuer la charge à supporter par les fondations.À l'opposé, l'introduction de minerai de fer brut ou de granules de fer crée des bétons très lourds et très denses bien adaptés à l'érection de murs de protection contre les radiations; l'enveloppe extérieure des centrales nucléaires en est fabriquée.On utilise aussi des «bétons-plastiques», mélanges dans lesquels une résine remplace l'eau.Ces bétons additionnés de «super-plastifiants» se prêtent bien au moulage des composantes de structures que la géométrie expose à des efforts spéciaux.L'illustration la plus spectaculaire d'une œuvre offrant cette originalité architecturale reste sans contredit le stade olympique de Montréal.La résistance aux cycles annuels de gel et de dégel, de même que les performances mécaniques, sont aussi améliorées par la présence de microbulles d'air qui, entraînées à l'intérieur du béton au cours du mélange, se substituent à une partie du sable et de l'eau. 22 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE i Un aggloméré de béton et d'époxy que l'on peut mouler pour lui donner la forme désirée, fournit un revêtement idéal, par exemple pour les piliers des viaducs sur les autoroutes, les protégeant des effets du sel, du gel et du dégel.FAUSSAIRES À L'ŒUVRE Les bétons spécialisés, comme ceux ordinaires, gardent cette apparence qui leur a souvent fait mauvaise réputation, notamment dans les villes où on en a fait grand usage.Pour conserver leur part du marché, et même l'augmenter, les fabricants ont dû se résoudre à «déguiser» leur produit.Les changements les plus évidents sont donc superficiels.Au-delà des développements touchant les formules de mélange, les recherches s'attachent à revêtir les bétons de parements nouveaux qui les rendent plus attrayants pour les «consommateurs».Dans cette veine, l'I.G.M.amisau point, en collaboration avec Ciments Canada Lafarge, un procédé particulièrement efficace pour fixer un revêtement de plastique sur du béton.L'apparence de celui-ci est modifiée, mais non ses propriétés de base.Plutôt que d'ajouter le film de plastique au béton à la façon d'une peinture, on l'applique dans le moule avant d'y couler le béton.Le durcissement simultané des deux matériaux, permettant une réaction chimique superficielle, assure une adhésion exceptionnelle de la couche de surface.«Dans ce procédé, explique le chercheur Yves Lapalme, la peinture est posée avant de faire le mur.» Des revêtements d'une telle solidité ont l'avantage de dresser une barrière physique entre le béton qu'on veut protéger et son environnement.Par exemple, les murets de sécurité séparant les voies des autoroutes résisteront mieux à l'attaque constante du sel et de l'humidité, s'ils sont recouverts d'une couche protectrice de plastique.Par un tel procédé, on crée alors des matériaux aussi résistants que les meilleurs plastiques, mais à un coût inférieur.«Cette technique de revêtement rend possible la substitution de matériaux comme le béton, à d'autres plus dispendieux comme les plastiques de qualité», affirme .M.Lapalme.Les applications de la technologie de «déguisement» des bétons sont nombreuses.Déjà, certains fabricants de béton offrent à leurs clients des tuiles de parterre imitant les «finis» d'ardoise, de granite ou de céramique.À la Ville de Montréal, le mobilier de certains parcs, que l'on pourrait croire fait de céramique, cache en réalité du béton bien ordinaire.Pour Yves Lapalme, «grâce aux techniques développées pour traiter les surfaces de béton, on peut imiter n'importe quoi.Il suffit de prendre l'empreinte du matériau qu'on veut remplacer, que ce soit du bois, du plastique ou de la céramique».On en tire ensuite un moule dans lequel on étend une couche de résine plastique adéquatement préparée, avant d'y couler le ciment à déguiser.Et le tour est joué ! En construction, les «préfinis» prennent aussi une place grandissante.Si les minces feuilles de bois ou de plastique montées sur des panneaux de bois sont très répandues, et imitent à peu près tous les matériaux imaginables, il en est autrement des «préfinis» montés sur béton.Récemment, on a mis au point une technique de coupe de blocs de granite en feuilles de quelques millimètres d'épaisseur qui a permis de lancer une nouvelle génération de modules de béton dont la face visible est couverte de granite collé.On obtient ainsi des blocs de construction presque aussi économiques que le béton, tout en étant aussi colorés Recyclables ou non Les plastiques sont généralement divisés en deux catégories, les «thermodurcissables» et les «thermoplastiques».Les premiers sont les produits d'une réaction chimique entre leurs constituants, lors de la mise en forme.À cet égard, ils se comparent au béton.Il est donc impossible de les fondre et de les mouler à nouveau.Sous l'effet de la chaleur, ils craquent, se détériorent et finissent par se carboniser.Pour s'en débarrasser, la destruction reste la seule solution.Les polyesters, les époxydes, les polyuréthanes et les silicones sont de ce nombre.Les résines thermoplastiques peuvent au contraire être refondues et remoulées à volonté.De ce fait, elles s'apparentent plus aux métaux ou à la cire.Ces plastiques d'usage courant constituent 75 pour cent du volume des plastiques vendus sur le marché.L'ABS, l’acrylique, le nylon, le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène et le PVC sont parmi les plus connus.Certains thermoplastiques à hautes performances sont spécifiquement destinés à des usages industriels notamment certains nylons (polyamides), les fluorocarbones (par exemple le teflon) et les polycarbonates.et résistants que la lourde pierre dont la réputation n'est plus à faire.DU TRAVAIL SUPERFICIEL Les métaux n'échappent pas à la vogue des revêtements de parement ou de protection.Déjà, les vendeurs de matériaux disposent d'une large gamme de feuilles de métal, dont la surface est traitée d'une façon ou d'une autre pour résister à la rouille Marc Plumat/Ciments Canada Lafarge QUEBEC SCIENCE / janvier 1984 23 i f'V ^ »t€ h; % ^ ^ w â et conserver sa couleur d'origine.Le choix de la couche protectrice dépasse de loin la traditionnelle peinture d'émail cuite.Ainsi, la tôle d'acier ou d'aluminium peut être livrée avec un «micro-couche» de protection particulièrement résistante aux agressions de l'environnement, telles que l'attaque corrosive par l'air et les précipitations acides, ou réchauffement et la déformation par les rayons du soleil.Ces particules métalliques de recouvrement sont fixées au matériau support pardes procédés perfectionnés, comme l'«anodisation»ou la «projection par plasmas».Dans un cas, les atomes de métal sont transportés vers leur cible par un courant électrique; dans l'autre, ils sont dirigés vers la plaque par un «canon à plasma» dont le jet est constitué d'un gaz très chaud dans lequel sont dispersés les ions du métal de protection.À l'Institut de génie des matériaux, plusieurs projets de recherche visent à développer ces boucliers de protection pour les pièces de métal destinées à servir dans des conditions extrêmement difficiles.On expérimente de nouveaux alliages ou à des métaux composites qui devront avoir une résistance à l'usure supérieure.En collaboration avec des chercheurs de la compagnie Noranda, ceux de l'I.G.M.ont vérifié les performances d'un alliage à base de zinc et d'aluminium qui viendrait remplacer de façon efficace et économique les bronzes communément utilisés dans la fabrication de coussinets.Quoique déjà satisfaisant, un tel alliage gagnerait énormément en résistance à l'usure si on pouvait le renforcer avec des fibres, à la façon des plastiques et des bétons.Mais jusqu'à maintenant, on se bute contre la difficulté de réaliser un mélange complet et homogène de fibres et de métaux en fusion.À l'I.G.M., on veut donc modifier les techniques de coulée et d'alliage des métaux pour faciliter l'incorporation de corps étrangers tels que les fibres d'amiante.Toutefois, on en est encore aux expériences en laboratoire.Une classe de matériaux, tenant à la fois du métal et de la céramique, est appelée à jouer un rôle crucial dans l'avenir: les «cermet».Ces dernières, déjà bien connues dans l'industrie aérospatiale, sont des mélanges de petites particules de céramique enchâssées dans un métal.Particulièrement résistants, ces matériaux de pointe sont aussi très dispendieux.Pour contourner cet obstacle, des chercheurs du département des mines et métallurgie de l'université Laval ont conçu un composite combinant la résistance des «cermet» et le bas prix de certains métaux.Agglomérations de «cermet» dispersées dans une matrice de fer, ce matériau est obtenu par le mélange des constituants sous forme de poudre par un procédé inventé à l'I.G.M.D'autres combinaisons métal-cermet sont d'ailleurs envisagées, utilisant l'acier comme base.Ces composites atteindront, à des coûts raisonnables, la résistance des aciers les plus durs.Dans le laboratoire de Biaise Champagne, à l'I.G M., on obtient, en dispersant dans une matrice d'acier des cermet constituées de carbure de tungstène et de cobalt, un composite qui résiste davantage à l'usure abrasive.Les combinaisons céramique-métal s'avèrent aussi fort appropriées pour le revêtement de pièces fabriquées de métaux conventionnels et utilisées dans des procédés industriels particulièrement éprouvants, notamment à cause de très hautes températures ambiantes.À l'I.G.M., on a expérimenté la projection par plasmas de «cermet» spécialement conçues pour usage dans ces milieux très destructeurs.DE LA PIERRE AU SILICONE La maîtrise des matériaux nouveaux a de tout temps accompagné les progrès de l'humanité.De l'âge de pierre à la vallée du silicone, en passant par la révolution du fer, les matériaux ont constitué une des principales clés de voûte des économies industrielles.À l'heure des technologies de pointe, des voyages dans l'espace et de l'épuisement rapide des ressources de la planète, l'innovation dans le domaine des matériaux est encore plus nécessaire.La dimension économique des problèmes reliés aux matériaux ressort de façon saisissante si l'on considère les seules pertes dues à la corrosion.D’après une évaluation du Groupe d'étude sur les matériaux de l'École polytechnique de Montréal, groupe ayant effectué les études préliminaires à l'implantation de l'Institut de génie des matériaux du Conseil national de recherches, les pertes canadiennes engendrées par la dégradation des matériaux sont de l'ordre de cinq milliards de dollars par année.À titre d'exemple, le groupe estimait qu'environ 50 pour cent des coûts d'entretien de l'équipement à Hydro-Québec peuvent être imputés à la dégradation, dépenses qui dépassaient déjà 50 millions de dollars en 1975.Bois, métal, céramique ou plastique, les matériaux ne peuvent donc que gagner à retourner périodiquement se refaire les qualités au laboratoire.? a* { L'UNIVERSITAIRE QUÉBÉCOIS PI Il est difficile actuellement d'ouvrir un journal sans qu'il y soit question, à la une ou dans des pages moins prestigieuses, de la “science», qu'il s'agisse du «virage technologique» des politiciens, de celui des scientifiques ou des industriels.Chaque groupe a-t-il sa vision propre de ce que signifie la science et sa pratique?Au Québec la plus grande partie de la recherche scientifique se fait dans les universités, c'est donc dans ce milieu que se trouve un des plus grand et un des plus puissants groupe de pression dont le gouvernement doit tenir compte dans l'élaboration d'une politique scientifique.Mais comment les universitaires parlent-ils de leur fonction?Forment-ils un groupe homogène?Ont-ils une même idée de ce qu'est et de ce que doit être la «science» au Québec ou bien est-ce que chaque groupe, voire chaque individu, a sa propre conception de son rôle d'universitaire et de chercheur?André Turmel, professeur au département de sociologie de l'Université Laval a choisi comme domaine de recherche de se pencher sur ses collègues.Depuis maintenant dix ans, il étudie, d'un point de vue Les pluies acides ont-elles une influence néfaste sur la croissance des forêts?Une équipe de l'Université Laval, dirigée par le professeur J.-André Fortin de la Faculté de foresterie et géodésie, vient de recevoir une subvention de 275 000 $ du ministère de l'Environnement du Canada pour étudier l'influence des pluies acides sur la décomposition de la matière organique et le fonctionnement des ectomycorhizes, ces champignons vivant en symbiose sur les racines des arbres, qui jouent un rôle capital dans la croissance des espèces forestières.L'hypothèse de base que ces expériences chercheront à vérifier, est que l'augmentation de l'acidité nuit à la décomposition des résidus forestiers, et donc à la fertilité des sols, et tend à augmenter la mise en solution d'éléments tels que le fer, l'aluminium et le manganèse susceptibles de nuire au développement des mycorhizes.Les expériences qui s'étendront sur une période de trois ans, seront faites sur des parcelles forestières, à la Forêt Montmorency, et en laboratoire.En forêt, les parcelles seront traitées avec des arrosages d'acidité croissante, correspondant de 1 à 5 fois à l'acidité des apports naturels.Des copeaux de bois mince seront enfouis au début de l'expérience puis pesés et analysés après deux ans d'enfouissement.On mesurera la croissance des plants forestiers qui se trouvaient à l'état naturel sur les parcelles et on étudiera le développement des mycorhizes sur des plants préalablement inoculées, qui seront mis en place au début de l'expérience.En laboratoire, une série d'expériences visera à étudier l'influence du pH et de diverses concentrations de fer, aluminium et sociologique, le métier de l'universitaire au Québec.Il en analyse les transformations au travers des écrits des universitaires eux-mêmes: une analyse très détaillée de ces regards parfois narcissiques d'universitaires d'ici sur leur propre fonction et l'exercice de leur métier.L'université au Québec est, de façon permanente, dans un état de crise plus ou moins larvée.A la fin des années 1960 plusieurs universités québécoises ont élaboré des rapports internes.En 1969, le Conseil des Universités est né et a effectué deux grandes opérations: une portant sur les objectifs de l'université et l'autre sur ses grandes orientations.Les plus récentes de ces remises en question nationales sont la commission d'étude sur les universités (la commission Angers en 1 977-1 978)et l'élaboration d'une politique scientifique pour FÈtat québécois.Il est indéniable qu'historiquement la fonction du professeur d'université se soit modifiée.Au XIXe siècle le professeur d'université ne faisait pas de distinction claire entre enseignement et recherche.Cette différenciation s'est établie peu à peu au début du XXe siècle.Et si la fonction manganèse sur le développement des ectomycorhizes inoculés sur des plants de sapins et de bouleaux à papier.Les observations seront hebdomadaires et on mesurera, en fin d'expérience, l'épaisseur et la profondeur du réseau développé par les champignons.En laboratoire également, on mesurera la capacité des racines de sapin à absorber du phosphore marqué, en présence de diverses concentrations de fer, aluminium et manganèse.Cet ensemble imposant d'expériences permettra de répondre à un problème concret: est-ce que nos forêts, qui sont soumises à d'importantes pluies acides en raison de leur situation, sont affectées par ce phénomène, qui pourrait engendrer une diminution de la croissance et un changement dans la répartition des espèces?On sait qu'en agriculture, plusieurs expériences ont, au contraire, trouvé des effets bénéfiques aux pluies acides.Par ailleurs, les expériences menées par J.-A.Fortin permettront à son équipe de mieux connaître la manière dont les mycorhizes réagissent, notamment sur le plan de l'assimilation du phosphore, lorsque les concentrations de fer, manganèse et aluminium augmentent avec l'acidité.Donc, à la fois des résultats très appliqués et d'autres plus fondamentaux.André Desmartis Centre d'études nordiques Au Nord des arbres Un arbre vit longtemps, ses graines peuvent s'envoler loin et trouver ou non un terrain et un climat favorable faisant reculer bu avancer le front pionnier de la forêt.Cette limite des arbres a autant de signification dans les climats froids pour évaluer si oui ou non le d'universitaire avant 1960 au Québec englobait les pratiques de la recherche scientifique et de l'enseignement, il vient s'y ajouter, peu à peu, avant la Révolution tranquille la fonction d'expert.L'équilibre entre les fonctions recherche, enseignement et expertise a assez largement fluctué entraînant des modifications profondes à la fois de la pratique quotidienne de l'universitaire et de celle de la recherche.Parallèlement la notion de «recherche» a elle-même évolué.Au fur et à mesure que s'exercent les pressions sociales, politiques et économiques la recherche se différencie.On remplace le terme générique et indifférencié par des mots plus précis: recherche fondamentale et recherche appliquée et, plus récemment, viennent s'ajouter les notions de recherche libre, concertée, orientée, recherche-action.Termes qui ont pris un sens plus précis depuis les publications du Livre vert sur la politique de la recherche scientifique, du Livre blanc qui a découlé de la consultation et tout récemment, au printemps dernier du «Virage technologique»: documents gouvernementaux qui ont provoqué de nombreuses réactions.climat s'adouci ou se refroidit.Dans un milieu marginal comme celui de la limite nord des forêts tout événement perturbateur — un feu, une invasion d'insectes.— a un effet beaucoup plus déstabilisant que dans un climat tempéré.En juin 1981, un groupe de chercheurs Scandinaves, américains et canadiens tenaient à Poste-à-la-Baleine, à l'instigation du Centre d'études nordiques (CEN) de l'Université Laval, un congrès sur le terrain: la seconde conférence internationale sur la limite des arbres.La conférence précédente avait eut lieu en Finlande et en Suède.Le dernier numéro, n° 47, de la collection nordicana publié par le CEN reprend sous forme d'articles les principales communications de cette réunion.Les sujets portent sur des études de synthèse aussi bien que sur des analyses ponctuelles tant en écologie végétale qu'en géomorphologie, en physiologie des arbres et en entomologie — formant un tout k Ml* dKtt e: IMi en remis i nuée c mna diifisjii eiaéii » j é:* leu dpi dire® pet» (j delUiiïf te nie «mrissii (trmissi PoIrk ç ft maiéi StC'.ijjj pries du sa-.; fc î.v1 :: %l 'sué fill k 1 l»>< Ne SerS & torils .!S w>' ¦•Xi IrXll % X m.d, fiuX, HA; SV ¦ '(ii V, .mW P® W''ïvM : .; :v:' PAR LUI-MÊME Mta heitlie il «ni olulion iniie msne- ll«tlllé‘ te 3 la ynsa' tea!?-a elle- ’ si; l'M' m 'llîli^ « a-W te s'-s; :• BIS It! ;:r: ai t-S no:J-a r:'- Alors que les organismes gouvernementaux décrivent les activités de recherche et, en général, les activités universitaires en termes quantitatifs en ayant recours à des données de type statistique: nombre de diplômes de troisième cycle, montant des subventions, nombre d'étudiants gradués encadrés., André Turmel et son équipe ont, eux, décidé de s'intéresser à un autre aspect de cette même réalité: des données de type récits.Ils ont basé leur étude sur l'analyse de textes, tous écrits par des universitaires, qui parlent de leur expérience dans trois cadres bien différents: la revue «Forum Universitaire» publiée par l'Association des professeurs de l'Université Laval entre 1967 et 1973, les quatre-vingts mémoires présentés à la commission d'étude sur les universités (commission Angers) et les 153 mémoires rédigés pour répondre au Livre vert sur la politique scientifique québécoise en 1979.Ce matériel documentaire couvre une dizaine d'années et du point de vue du sociologue, dix des années les plus importantes du développement de la recherche scientifique dans les universités québécoises.La démarche d'analyse d'André Turmel considère le discours que l'universitaire tient sur son expérience de travail comme une partie intégrante de l'exercice de son métier.La démarche du chercheur consiste donc à analyser le processus de transformation de la pratique universitaire tel que ce processus se manifeste au travers du discours que les universitaires tiennent sur leur métier.À quel type de connaissances les universitaires ont-ils recours quand ils parlent de leur métier?Utilisent-ils la perception, la comparaison, l'impression, vont-ils faire des allusions, des plaidoiries, des analyses, des recours à l'histoire.?Comment l'utilisation de ces différents modes de connaissance produit des effets de sens comme celui de la légitimation, du réalisme, de la différenciation.?La méthodologie d'analyse du discours ne fait pas une analyse de contenu en tant que telle — que pense le syndicat X ou le Dr Y de telle ou de telle question — mais une analyse du cadre au partir duquel les intervenants appréhendent la réalité.Cés cadres de la connaissance sont ceux de l'espace, du temps, des métaphores liées à la religion, à la technique, au domaine biomédical.C'est-à-dire que l'analyse porte non pas sur ce que disent les textes mais sur la façon dont ils le disent.L'analyse, à la fois manuelle et informatisée, de cet imposant matériel documentaire n'est pas encore terminée mais des résultats préliminaires permettent de constater que le discours des universitaires porte les traces d'un discours scientifique — en faisant appel à des hypothèses, des vérifications, des analyses quantitatives — mais à d'autres égards il s'identifie au discours de monsieur tout le monde en faisant largement appel à l'impression, par exemple.Ce regard scrutateur sur les écrits des universitaires québécois devrait, à son terme, indiquer quelles sont les grandes formes d'activités de recherche qui existent dans les institutions de la province et vers où elles se dirigent.Marianne Kugier tes ' jr: 7 représentatif des travaux les plus récents d'Amérique du Nord et d'Europe.Référence: Tree-line Ecology.Proceedings of the Northern Québec Tree-line Conférence, Edited by Pierre Morisset and Serge Payette, Published by the Centre d'études nordiques, Université Laval, Québec, Canada, G1K 7P4, 1983, 15$, 188 pages.L'Université Laval, au centre d'un vaste projet canadien d'éducation populaire L'Université Laval sera appelée à jouer un rôle prépondérant, au cours des prochains mois, dans la mise sur pied d'un vaste projet canadien d'éducation populaire qui devrait se concrétiser, d'ici cinq ou six ans, avec la jjpublication de volumes ou de cahiers théma-[tiques sur le Canada.C'est ce qu'a laissé entendre le ministre [Serge Joyal, secrétaired'État du Canada, alors I qu'il était de passage à l'Université Laval, le )l|vendredi 28 octobre.Pour mieux «comprendre» le Canada Le ministre Joyal a alors rendu publiques et ce, de façon très «générale», les grandes lignes ou plutôt la philosophie qui servira de canevas à cet important exercice qui devrait, selon lui, donner la possibilité aux citoyens de mieux «comprendre» le Canada.C'est toutefois Benoît Robert, directeur du Centre d'études en enseignement du Canada (CEEC) et professeur à la Faculté des sciences de l'éducation, qui a rajouté, dans les jours qui ont suivi, de la «chair» aux propos du ministre.Benoît Robert s'est en effet vu confier par le secrétaire d'État du Canada la lourde tâche de mettre en branle l'opération qui, pour l'instant, porte le nom de «Focus Canada 2000».En gros, on fera le «Focus», la mise au point, pour reprendre les termes de Serge Joyal, sur «les événements, sur la façon dont le territoire s'est développé, sur la manière dont les gens l'ont peuplé.et sur la perception du pays par ses habitants».Pour B.Robert, il n'est cependant pas question de refaire carrément l'histoire et la géographie du Canada: l'équipe qui sera constituée se penchera sur des problèmes particuliers et travaillera surtout autour de thèmes — et concrètement «sur» — comme ceux des Amérindiens, de Lhistoiredu Québec ou de l'économie en général, par exemple.«Il vaut mieux partir de problèmes, de préciser le directeur du CEEC: si l'un d'eux touche l'histoire, ce sont les historiens qui vont s'en occuper, si un autre concerne la géographie ou l'anthropologie, ce sera au tour des spécialistes de ces domaines de l'analyser.et ainsi de suite».Le responsable de «Focus Canada 2000» est bien conscient, par contre, du travail qui attend son groupe de défricheurs»: «Le gros effort, avoue-t-il, ne sera pas tellement d'aller chercher la documentation.il y en a en masse: ce sera de la «processer» pour qu’elle soit accessible au grand public.Il va falloir doubler à gauche le Reader's Digest ou Time-Life.ce qui va être difficile».Et c'est à ce moment que se pointe la Faculté des sciences de l'éducation qui devra «processer» l'information de façon pédagogique, ajoute Benoît Robert.Rappelons que l'implication de l'Université Laval dans ce projet pluridisciplinaire est énorme puisque c'est le Centre d'études en enseignement du Canada (CEEC) de la Faculté des sciences de l'éducation qui présidera aux destinées de «Focus», un leadership qu'il assumera avec l'aide des «collègues» des autres provinces.Les millions d'en haut Qui dit projet dit budget et celui dont bénéficierait «Focus Canada 2000» serait de l'ordre de quelques millions: en fait, il se situerait officieusement entre cinq et six millions de dollars.Rien d'officiel de ce côté mais on dit que le ministre Joyal a fait «débloquer» les sommes nécessaires.Le calendrier de la conception Benoît Robert a contacté une dizaine d'universitaires — sociologues, anthropologues, géographes, historiens.tous des spécialistes en études du Canada — qui se sont réunis à Ottawa, au début de décembre, dans le but d'«accoucher» des problèmes et des thèmes qui constitueront le «cahier de travail» du projet pour les cinq ou six années à venir.Ce n'est toutefois pas avant la mi-janvier que le coup de départ serait donné officiellement si, bien entendu, tout se déroule comme prévu à .Ottawa.O O O UNIVERSITE LAVAL Pour plus d'informations s'adresser au Service des relations publiques Local 214, Pavillon Félix-Antoine-Savard Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Téb: (418) 656-2572 S«l 26 Le mal de vivre en apesanteur janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE Pour s’élever dans l’espace, l’homme a vaincu les contraintes technologiques mais pas encore celles de son propre corps par Jean-Marc Carpentier «Au début, on ne savait même pas s'il était possible de survivre en apesanteur et c'est pour ça qu'on a d'abord envoyé des singes dans l'espace.Quant aux premiers vols du programme Apollo, ils visaient surtout à démontrer qu'on pouvait, sans trop de problème, vivre en apesanteur pendant la dizaine de jours nécessaires pour aller à la Lune et en revenir.» Ces propos sont ceux de Paul Rambau, responsable de la division Science de la vie à la NASA.Il s'exprimait ainsi lors d'un colloque international qui se déroulait ce printemps à Toulouse, en France.Le sujet de ce colloque: une science relativement nouvelle, la physiologie spatiale.Évidemment, les choses ont bien changé depuis les premiers pas bien timides de l'homme à l'extérieur de son «vaisseau spatial Terre».Un équipage soviétique a même passé plus de six mois à bord d'une station orbitale.Mais bien qu'on ait réussi à circonscrire les problèmes biologiques qui se posent quand la gravité cesse de s'exercer, on est loin d'en comprendre les mécanismes fondamentaux.Il faut d'abord distinguer les problèmes à court terme et ceux à long terme.Si le vol ne dure que quelques jours, le mal de l'espace est le premier souci de l'équipage dont il affecte en moyenne un membre sur deux.Après quatre ou cinq jours, l'organisme s'habitue à l'apesanteur et l'indisposition disparaît.Si l'équipage reste beaucoup plus longtemps là-haut, d'autres difficultés apparaîtront alors, principalement au niveau du système cardio-vasculaire et du système osseux.LE NOUVEAU MAL DU SIÈCLE Pour la NASA, le mal de l'espace reste le principal problème à résoudre avant de pouvoir utiliser la navette spatiale de façon vraiment efficace.Comme les vols de la navette durent toujours moins de dix jours, on ne peut se permettre que la moitié de l'équipage soit malade pendant au moins la moitié de la mission.De plus, il est à peu près impossible de prévoir qui sera malade et de diminuer les symptômes du mal par des médicaments ou des traitements.Selon la théorie la plus acceptée, les nausées et les vomissements qui caractérisent le mal de l'espace résulteraient de l'impossibilité pour le cerveau d'intégrer les informations sensorielles contradictoires qui lui parviennent des différentes parties de l'organisme.SurTerre, la position de l'horizon visuel, la tension musculaire dans les jambes et les signaux de l'oreille interne aident le cerveau à maintenir l'équilibre de la posture.Dans le vide, l'horizon visuel est aléatoire, les tensions musculaires à peu près nulles et les petits balanciers que constitue l'appareil otoli-thique de chaque oreille ne sont même pas d'accord entre eux.Comment l'estomac peut-il alors savoir où se trouvent le haut et le bas?Pour vérifier cette hypothèse, il faut faire des expériences en apesanteur.Heureusement, le Spacelab est maintenant disponible.Ce grand laboratoire de l'espace, développé et construit par l'Agence spatiale européenne, sera installé dans la baie de service de la navette spatiale pour effectuer des expériences scientifiques beaucoup plus élaborées que celles qu'on peut faire dans le com- partiment passager de la navette.On pourra ainsi observer avec précision comment le mal de l'espace commence à se manifester et aussi par quelles réactions l'organisme réussit, après quelques jours, à s'adapteraux conditions d'apesanteur.On étudiera également certaines techniques de lutte au mal de l'espace comme la rétroaction biologique qui, dans certains cas, semble efficace.S'ADAPTER POUR SURVIVRE L'adaptation de l'organisme reste la clé de voûte de toute la question.Il semblerait qu'après un certain temps, le cerveau décide tout simplement d'ignorer les signaux d'équilibre contradictoires qui lui parviennent pour se fier à un seul facteur, par exemple l'horizon visuel.C'est ce que devait vérifier l'astronaute français Jean-Loup Chrétien lors de son vol à bord de la station orbitale soviétique Saliout-7, en juin 1982.Dans le cadre de l'expérience «Posture», qui a duré quatre jours, on a mesuré comment la tension musculaire et la position des membres de l'astronaute étaient affectées par une modification de son horizon visuel.Toutes les données alors accumulées devraient nous en dire plus sur la façon dont le cerveau change la hiérarchie des signaux d'équilibre lorsque ces derniers cessent d'être cohérents.Pour ces expériences, Jean-Loup Chrétien était en compagnie de trois cosmonautes soviétiques.Deux d'entre eux, Anatoli Berezovoy et Valentin Lebedev, étaient déjà dans le Saliout-7 depuis deux mois.Ils devaient y rester jusqu'au 11 décembre et compléter ainsi le vol le plus long de l'histoire, avec 211 jours là-haut. / des expériences plus élaborées sur le ma! ¦* h.Le Spacelab.installé dans la navette spatiale, permettra maintenant de l'espace.Ce problème est aussi étudié par les Soviétiques, entre autre avec Jean-Loup Chrétien dans le cadre de l'expérience Posture -. 28 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE i VV\Y\&- T' >> Ce vol avait évidemment pour but d'en savoir plus sur les conséquences à long terme de la vie en apesanteur.Il est important de connaître ces effets qui pourraient compliquer l'utilisation des stations orbitales permanentes que Russes et Américains désirent lancer vers le tournant du siècle.En apesanteur, les liquides du corps ne sont plus attirés vers le bas, mais se répartissent uniformément dans l'organisme.Ce déplacement sanguin, qui donne lieu à un gonflement de la cavité cardiaque, se traduit également par la bouffissure du visage.Encore une fois, l'organisme se méprend sur ce qui lui arrive vraiment et croit qu'il s'agit d'une réelle augmentation du volume sanguin qu'il tentera de contrer en excrétant de l'eau et des sels minéraux.Il s'ensuit alors une augmentation de la concentration apparente de globules rouges à laquelle l'organisme réagit, ce qui provoque indirectement un état d'anémie.Cette redistribution des pressions à l'intérieur de l'organisme constitue d'ailleurs une autre cause possible du mal de l'espace.Une fois transmises au niveau de l’oreille interne, ces variations de pression pourraient affecter les mécanismes d'équilibre de l'astronaute et déclencher indirectement le malaise.Du côté américain, on a tenté, mais sans succès, de mesurer ce phénomène au cours de missions précédentes de la navette.On reprendra cependant ces mesures avec plus de précisions à bord du Spacelab et on espère alors en savoir plus sur les fluctuations de pression à l'intérieur même de la boîte crânienne.LES MUTANTS DE L'ESPACE Les effets sur le système cardiovasculaire sont heureusement réversibles une fois l'astronaute revenu sur Terre.On n'est malheureusement pas sûr qu'il en soit de même des conséquences de l'apesanteur sur le système osseux.Dix ans après leur retour sur Terre, les astronautes qui avaient passé près de trois mois à bord du Skylab montrent encore des carences en calcium.Cette élimination anormale du calcium via les urines affecte sérieusement le mécanisme de reconstitution des os dont le tissu se renouvelle en permanence.Le plus inquiétant, c'est que, contrairement aux autres effets physiologiques de l'apesanteur, la décalcification des os semble se poursuivre indéfiniment.De même que l'atrophie musculaire qui résulte de la vie en apesanteur, la décalcification se fait sentir davantage au niveau des jambes que des bras.Cela laissait croire que le manque d'exercice était à la source Les Soviétiques ont développé différentes méthodes pour habituer le plus possible leurs cosmonautes aux effets de l'apesanteur avant d'être en orbite ; par exemple, la chaise tournant à grande vitesse, ou la simulation d'un état d'apesanteur, ou encore la «balançoire» pour s'habituer à contrôler ses mouvements malgré les rotations imprévisibles de la chaise.du problème et qu'un programme d'entraînement physique adapté aurait permis de contrer l'effet de l'absence de gravité.Les Soviétiques ont d'ailleurs, sur ce terrain, plusieurs longueurs d'avance sur les Américains.C'est ainsi qu'ils ont mis au point tout un ARN A.Mokletsov/APN QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 29 m ::: * ‘'j* ¦ A'T programme d'activités physiques qui contribuent à réduire de façon notable les effets d'un séjour prolongé en apesanteur.Les cosmonautes soviétiques doivent chaque jour consacrer deux heures à ce programme.Ils partagent alors leurs efforts entre une bicyclette fixe et un tapis roulant sur lequel ils font du jogging.Il va sans dire que, dans ce dernier cas, ils portent un harnais sur lequel sont attachées des bandes élastiques qui créent une force vers le bas, semblable à l'effet du poids sur Terre.Ce programme d'entraînement a pour effet de garder «en forme» le cœur aussi bien que les muscles des jambes, tout en maintenant une tension sur les os de ces membres, ce qui ralentirait la décalcification.Les Soviétiques ont également mis au point un appareil spécial pour lutter contre la remontée des fluides des jambes vers le thorax.Il s'agit tout simplement de pantalons à dépression qui attirent le sang vers les jambes et créent ainsi des conditions ressemblant davantage à celles qui existent sur Terre.Ce programme de conditionnement physique a également l'avantage de garder les cosmonautes occupés et de les distraire d'une monotonie qui devient de plus en plus oppressante au fur et à mesure que les jours, les semaines et les mois s'écoulent.Cet effet psychologique d'un long séjour dans l'espace apparaît clairement à la lecture du journal personnel que Valentin Lebe- dev rédigea au cours de son vol record de 211 jours etqui a été publié dans la Pravda en août dernier.Le Soviétique y relate qu'il éprouvait de plus en plus de difficultés à dormir, qu'il devenait progressivement plus susceptible et aussi plus anxieux de revenir sur Terre et de revoir sa famille.C'est d'ailleurs dans cet esprit que deux psychologues américains recommandaient récemment d'inclure un spécialiste du comportement dans les équipes qui effectueraient des missions prolongées.En plus de servir de «conseiller», ce psychologue «de service» aurait pour mission d'observer la dynamique sociale du groupe et l'évolution psychologique des individus.LE POIDS DU RETOUR Bien que le retour sur Terre soit un heureux événement sur le plan psychologique, il n'en est malheureusement pas de même sur le plan physique.En quelques minutes seulement, un cœur devenu paresseux doit alimenter, à même un volume de sang réduit, des muscles atrophiés qui devront garder en équilibre sur des os affaiblis les 70 ou 80 kilos que pèse à nouveau le corps de l'astronaute.Dans l'espace, l’astronaute a oublié son propre poids.Le cerveau ne sait plus, par exemple, quelle force il doit demander aux muscles d'exercer pour soulever un membre.L'astronaute ne sait plus doser l'effort physique à faire pour soulever un verre d'eau et l'amener à sa bouche; cela peut évidemment donner lieu à quelques petits incidents.Dès le lendemain de leur retour sur Terre, le cosmonaute français Jean-Loup Chrétien et son camarade de vol Ivantchenkov ont tenté de jouer une partie de tennis.Ils ont dû renoncer bien vite à cet exercice car aucun des partenaires n'a réussi à retourner une seule balle et à plus forte raison les balles .tombantes.? 30 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE J ¦?'* ' - ; Æ.'Z*r La pellicule de ces raisins «noirs* contient tout ce qu'ii faut de colorants naturels pour faire un beau vin rouge.Une méthode traditionnelle.Un œil averti peut reconnaître un vin de qualité seulement en l'obsevant à ia lueur d'une d'une chandelle.N, V Ht i ' "H j.u'$! 3 Pliiî H QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 31 sous Ibeil du chimiste Le dégustateur vous parlera de robe et de bouquet; le chimiste, lui, d’anthocyanines et de flavanes par France Bessette Juger de la qualité et de l'évolution d'un vin à la lueur d'une chandelle est encore une pratique courante.Mais de plus en plus, le langage international des courbes et des chiffres se taille une place de choix aux côtés du goût et de l'odorat des maîtres dégustateurs.D'ailleurs, la vinification n'est plus ce qu'elle était; elle n'est plus uniquement le fruit du hasard comme dans l'Antiquité alors que la culture de la vigne était répandue toutautour de la Méditerranée.À cette époque, on dégustait surtout les vins jeunes, car leur vieillissement résultait souvent en une détérioration.Vers la fin du 18e siècle, Antoine Lavoisier montra, en observant la fermentation (du latin fervere : bouillir) des raisins écrasés, que le sucre qu'ils contiennent se transforme en alcool et en gaz carbonique.D'ailleurs, c'est justement à propos de la fermentation qu'il a formulé le premier principe de la chimie: «Rien ne se perd, rien ne se crée».Toutefois, ce n'est qu'il y a un peu plus d'un siècle que Louis Pasteur révolutionna les connaissances qu'on avait sur le vin.Outre sa découverte du rôle des levures, champignons microscopiques recouvrant la pellicule (la peau) du raisin, dans la fermentation alcoolique, il étudia l'effet de l'oxygène dans la maturation du vin.Ayant noté que le vin issu d'un tonneau peint au Clos de Vou-geot, vignoble de Bourgogne, avait toujours le goût d'un vin un à deux ans plus jeune que celui provenant des autres tonneaux non peints, il scella du vin dans des éprouvettes en présence et en absence d'oxygène.Ainsi, il put démontrer que le vin rouge en présence d'oxygène passe rapidement du rouge à une couleur tuilée (rouge brique) avec formation de dépôts, donc que l'oxygène accélère le vieillissement du vin et peut mener à sa détérioration.La première observation scientifique reliant l'évolution de la couleur du vin à un processus chimique déterminé entrait dans l'histoire.La voie s'ouvrait donc vers la prédiction des capacités de vieillissement de la plupart des vins rouges selon leur «âge chimique».De même, l'avènement dans les 20 dernières années de techniques physico-chimiques améliorées d'extraction, d'isolement et d'analyse a permis d'étudier avec plus de rigueur scientifique cette chimie des colorants du vin rouge.À L'ORIGINE: LES PIGMENTS DU RAISIN Les cépages servant à la fabrication du vin rouge sont classifiés comme raisins «noirs» mais, dans les faits, leurs couleurs varient du rouge au bleu noir.À l'exception des cépages «teinturiers» qui en contiennent également dans la pulpe (la chair du raisin), c'est effectivement dans la pellicule que l'on retrouve la presque totalité des pigments.D'ailleurs, certains raisins «noirs» sont utilisés dans la fabrication de vin blanc où seule la pulpe est mise à fermenter.Les raisins «blancs» à peau claire fournissent des vins blancs auxquels l'appellation «blanc de blanc» est strictement réservée.Ces pigments présents dans les cépages «noirs» sont des anthocya-nines (du grec: fleur bleue).Les anthocyanines, très répandues dans la nature, sont responsables des multiples coloris des feuilles, fleurs et fruits dont la gamme de tons se situe dans les rouges, pourpres, violets et bleus.Elles sont synthétisées par des molécules spécialisées, appelées enzymes, durant la maturation des plantes.Leur accumulation se manifeste par une accentuation progressive de la couleur.Par exemple, une fleur deviendra de plus en plus rouge en vieillissant.Chez les anthocyanines du raisin, la coloration intrinsèque est donnée par cinq pigments de base dont le plus courant est la malvidine.Elles comprennent toujours soit une, soit deux molécules de sucre (le glucose) dans leur structure.Ce sont respectivement les mono et di-glucosides.Les pigments de l'espèce Vitis vini-fera, la vigne européenne à partir de laquelle on obtient les vins d'appellation d'origine contrôlée, ne se trouvent jamais sous forme de di-glucosides.Par contre, les vignes américaines telles Vitis labrusca, Vitis riparia, Vitis rupestris ainsi que les vignes hybrides, contiennent des mono et di-glucosides.Il est aussi possible de différencier entre les vins issus de Vitis vinifera et des hybrides.De plus, chaque cépage a une composition spécifique en anthocyanines, c'est-à-dire une répartition entre les cinq pigments de base, qui est indépendante du lieu de culture.Ceci lui confère sa coloration particulière (Camay: rouge, Concord: bleu).Toutefois, la quantité totale d'antho-cyanines (grammes/kilogramme de raisin) dans les pellicules des raisins varie beaucoup selon le cépage.Le raisin Syrah de la région des Côtes du Rhône en contient cinq fois plus que le Camay de la région du Beaujolais.D'ailleurs, le rouge foncé de certains Côtes du Rhône contraste bien avec le rouge clair des Beaujolais. 32 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE Jr ' Les vins présentent une gamme presque infinie de teintes qui sont autant d’indices sur leur âge et leur qualité.La qualité du vin et la quantité totale d'anthocyanines dans un cépage peuvent être différentes selon la région de culture.La synthèse des anthocyanines dépend autant de l'ensoleillement et de la température, donc du climat, que du sol où la vigne pousse.Certains sols conviennent mieux à un cépage donné: le Cabernet Sauvignon, cultivé avec succès en Californie et dans le Frioul, dans le nord de l'Italie, préfère néanmoins le sol du Bordelais où il y produit les plus grands vins du Mouton Rothschild.DE LA VIGNE AU VIN Le foulage des raisins est la première étape en vinification traditionnelle.Cela consiste à faire éclater les raisins pour obtenir un jus dans lequel macèrent les parties solides.C'est le moût.La macération favorise la dissolution des substances nécessaires à l'obtention d'un vin équilibré.Après macération, il y a fermentation alcoolique, c'est-à-dire transformation des sucres du vin en alcool et en gaz carbonique avec dégagement de chaleur et bouillonnement.Cette transformation n'a lieu qu'en présence des levures.Ces micro-organismes sont habituellement présents sur la pellicule des raisins et se reproduisent rapidement dans un milieu nutritif comme le moût.Les levures libèrent des enzymes qui déclenchent une série de réactions menant à la formation de l'alcool.Après la transformation du sucre en alcool, on passe à l'étape de la fermentation malolactique, c'est-à-dire la transformation, par des bactéries, de l'acide malique du moût en acide lactique avec un dégagement de gaz carbonique.L'acide malique est responsable du goût acide caractéristique des pommes vertes.Les bactéries appelées «lactiques» sont courantes dans la nature et se retrouvent également sur la pellicule des raisins, donc dans le moût.La fermentation malolactique permet ainsi la désacidification biologique du vin.Après les fermentations alcoolique et malolactique, des dépôts résiduels se forment: les marcset les lies.Distillés, ceux-ci donneront des eaux-de-vie comme les Marcs de Bourgogne ou le Grappa d'Italie.Notons que la vinification peut aussi se faire par macération carbonique.Les grappes entières, sans foulage préalable, sont placées dans des cuves étanches sous une pression de gaz carbonique.Après la fermentation, le vin est encore un liquide trouble.Il sera clarifié par sédimentation (dépôt progressif des particules en suspension) et par collage, c'est-à-dire par l'addition d'un produit capable de coaguler et de sédimenter les particules qui troublent le vin.Le blanc d'œuf est la «colle» la plus courante pour les vins rouges.S'il a été obtenu par macération carbonique, le vin ainsi clarifié est prêt à être mis sur le marché comme vin primeur.C'est le cas du Beaujolais nouveau.Par contre, si on l'obtient par vinification traditionnelle, le vin devra vieillir en fût et être filtré avant d'être embouteillé.Les fûts en bois (habituellement de chêne) présentent certaines caractéristiques qui les distinguent de ceux en acier inoxydable.Le vin respire à travers le bois.Le processus de maturation peut être accéléré à cause de réactions chimiques avec l'oxygène, ce qui n'est pas toujours souhaitable.Mais le bois a l'avantage de conférer un quelque chose d'indéfinissable à la qualité des vins.On utilise donc des fûts en chêne bien «abreuvé», de façon à minimiser les échanges avec l'air, pour le vieillissement des grands vins.L'absence de contact avec l'oxygène est toujours cruciale pour la conservation d'un vin.Le vin contenu dans une bouteille présentant un «creux» entre le bouchon et le niveau supérieur du vin risque donc de s'oxyder.C'est pourquoi il est préférable de conserver les bouteilles de vin couchées.UNE QUESTION D'ÉQUILIBRE Chimiquement, que se passe-t-il chez les pigments du raisin pendant la vinification ?Le foulage des raisins «noirs» permet de libérer une partie des anthocyanines qui sont en équilibre chimique sous plusieurs formes, selon le pH, l'acidité, du moût.Elles Société des alcools du Québec QUEBEC SCIENCE / janvier 1984 33 La vinification en rouge MARCS FERMENTATION MALOLACTIQUE VIEILLISSEMENT EN FÛT MISE EN BOUTEILLE MACÉRATION DU MOÛT CLARIFICATION FILTRATION FERMENTATION ALCOOLIQUE FOULAGE s'associent entre elles et avec d'autres molécules de type flavane.Les flavanes ressemblent par leur structure aux anthocyanines; cependant, les sucres en sont absents et elles ne sont pas colorées.Ces molécules ont un autre rôle important: ce sont les précurseurs des tanins.Ceux-ci résultent de l'association de molécules de flavanes entre elles par un processus appelé polymérisation.Ces tanins sont déjà présents dans le raisin et dans son moût, mais ils sont peu polymérisés.Ils réagissent également avec les anthocyanines.Les tanins contribuent à la couleur du vin pendant le vieillissement.Les différentes étapes de la vinification agissent sur l'équilibre entre anthocyanines et tanins qui est primordial pour la couleur et le bon vieillissement.D'abord, la période de macération permet la libération des anthocyanines et favorise la formation d'associations entre anthocyanines et tanins.Par contre, l'augmentation du contenu en alcool lors de la fermentation alcoolique et la diminution de l'acidité du vin pendant la fermentation malolactique ont pour effet de dissocier progressivement ces associations.La clarification permet également l'élimination d'une partie des tanins.La coloration du vin nouveau est alors stabilisée.Pour que le vin ait une jolie robe et qu'il se conserve bien, l'acidité ne devrait pas excéder un pH de 3,6.Les vins nouveaux ou primeurs ont du pourpre dans leur teinte comme la plupart des vins jeunes.Avec le temps, ces derniers se nuanceront vers un rouge brillant ou rubis ou cramoisi, selon le type de vin.Les vins vieux ou de garde acquièrent en général une couleur rouge brique, tuilée.S'ils sont dépassés, on les dit madérisés et ils ont une coloration brune.Il est à noter que le vin est la plus acide des boissons fermentées.Sa forte acidité n'est tolérable que parce qu'il est suffisamment alcoolisé.D'ailleurs, c'est précisément à cause de ces deux éléments qu'il peut se conserver longtemps.De la vigne dans la crème glacée à la fraise Comment se fait-il qu'on puisse s'intéresser aux pigments du raisin et du vin pour colorer les aliments ou enrober les médicaments?La raison majeure est que plusieurs colorants alimentaires, en particulier la famille des colorants dérivés du goudron tel le rouge n° 2, ont été bannis à la suite d'études toxicologiques.Un intérêt s'est donc développé pour des colorants naturels.Or, les pigments des fruits offrent un grand éventai! de coloris, ils sont considérés inoffensifs et sont facilement disponibles.Les sous-produits de l'industrie du raisin «noir» (jus de fruit, vin) sont une grande source de pigments puisque le raisin constitue le quart de la production mondiale de fruits et les deux tiers de résidus de cette industrie.Même s'il existe en Italie depuis 1879, une préparation commerciale d'extraits de raisins «noirs», connue sous le nom d'Enocianina, l’usage des anthocyanines des raisins et d'autres fruits n'est pas encore très répandu à cause de l'instabilité de leur coloration.À la suite des travaux effectués sur le vin, il est maintenant connu que certaines formes polymérisées des anthocyanines sont responsables de la résistance accrue de leur coloration au temps, à l'acidité et à l'anhydride sulfureux.Ces facteurs sont tous très pertinents dans l'industrie alimentaire: une couleur stable dans le temps est essentielle, les préparations sont souvent très acides et l'anhydride sulfureux est couramment utilisé comme agent de préservation sous forme de bisulfite.Quelques essais effectués avec des boissons gazeuses non alcoolisées ayant comme colorant un extrait de pigments des marcs et lies du raisin se sont avérés particulièrement intéressants.La saveur de ces boissons ne présentait pas de goût fermenté et la coloration est demeurée intacte pendant une période de cinq mois à 3,5°C, c'est-à-dire sans congélation.On semble donc sur la bonne voie.Une meilleure compréhension des facteurs gouvernant la polymérisation des anthocyanines rendra possible l'utilisation à grande échelle des pigments issus de la vinification en rouge dans l'industrie alimentaire.Et ce n'est pas qu'une promesse d'ivrogne ! 34 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE Au Service de contrôle de la qualité de la SAQ, les analyses sensorielle et chimique font bon ménage pour mieux passer les vins au crible.VIEILLIR EN BEAUTE L'évolution de la couleur du vin avec l'âge a longtemps été interprétée comme étant le résultat de la dégradation des anthocyanines et de la polymérisation graduelle des tanins, allant d'unités constituées de deux à trois molécules de flavane pour les vins jeunes jusqu'à une dizaine ou plus pour les vins vieux.Il était tout de même difficile de réconcilier les très grandes vitesses de dégradation des anthocyanines en solution alcoolique et la coloration toujours rouge de vins âgés de cinq ans, par exemple.Les méthodes plutôt radicales d'extraction et de séparation des pigments ne permettaient pas de tirer des conclusions sans équivoque quant aux origines des pigments polymérisés isolés des vins.La simple découverte par un chercheur australien, T.C.Somers, que l'alcool iso-amylique peut complètement extraire les anthocyanines du vin alors que les pigments polymérisés demeurent en solution dans le vin, a permis de s'assurer que ceux-ci ne pouvaient être le résultat des manipulations de chercheurs.Il a ensuite montré que la couleur des vins jeunes était due surtout aux anthocyanines, mais qu’après un an, la couleur des vins devenait progressivement celle des pigments polymérisés.Le chercheur australien a pu vérifier que ces pigments étaient des polymères d'anthocyanines et de tanins.On a donc appelé ces pigments: anthocyano-tanins.Le bon vieillissement d'un vin dépendra donc d'une proportion adéquate d'anthocyanines et de tanins dans le moût après la macération: s'il y a trop de tanins par rapport aux anthocyano-tanins formés, le vin n'évoluera pas vers une couleur rouge brique mais vers une couleur brune et sera vite dépassé; s'il n'y a pas assez de tanins, le vin sera instable et perdra rapidement sa belle couleur.I : •1 Marier l'art et la science Dans les laboratoires du Service de contrôle de la qualité de la Société des alcools du Québec (SAQ), maîtres dégustateurs et chimistes allient art et science pour débusquer les alcools tarés.Chaque année, on y traite entre 20 000 et 25 000 échantillons de vins, liqueurs et spiritueux.Ce criblage permet d'intercepter et de retourner plus de 500 000 caisses de boissons alcoolisées, soit 3,1 pour cent de la valeur des 20 millions de caisses achetées annuellement par la SAQ.Il arrive quand même qu'un vin réussisse à se faufiler jusqu’au verre d'un client.Dans ces cas, les succursales de la SAQ reprennent inconditionnellement le produit défectueux et si un même vin est refusé plus souvent qu'à son tour, le Service de contrôle procédera à une enquête plus approfondie.Même si les éprouvettes ont leur mot à dire dans l'évaluation des vins, elles ne jouent pas un rôle plus important que le «palais» des connaisseurs.«L'analyse sensorielle a la même valeur que l'analyse chimique pour déterminer si un vin est bon», opine Jocelyn Tremblay, directeur du Service de contrôle de la SAQ.Dans le cas des vins, le coup d'œil du connaisseur permet de mesurer l'âge et les possibilités d'un bon vieillissement aussi rapidement, sinon plus, que l'analyse chimique et surtout avec presque autant de précision.«L'analyse chimique est un complément à la dégustation», ajoute-t-il.Le chimiste pourra donner plus de poids aux papilles du dégustateur en reliant des indices comme la couleur et l'intensité colorante à des données plus précises, à des réalités chimiques.L'un et l'autre sont indispensables.«Le vin est avant tout un produit de consommation, des questions de goût entrent en jeu et une formule chimique ne pourra probablement jamais dire si un vin est bon à boire», précise le directeur du Service.La chimie a permis à la production vinicole de faire de réels progrès.«Nous connaissons mieux les conditions nécessaires à la bonne vinification, explique Jocelyn Tremblay.La production est moins aléatoire qu'il y a 25 ans.» Selon lui, les vins d'aujourd'hui sont de qualité nettement supérieure à ceux d'il y a 50 ou 100 ans.Il semble que la chimie aura un apport encore plus important dans le cas des spiritueux et liqueurs où des indices comme la couleur sont moins révélateurs.Par exemple, le Service de contrôle de la qualité effectue des expériences de vieillissement avec des cognacs pour pouvoir être en mesure de déterminer avec précision l'âge de celui-ci.Ceci constituerait une protection intéressante pour le consommateur puisque l'âge est un facteur très important dans le calcul du prix d'un cognac.Gilles Drouin Société des alcools du Québec QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 Le pourcentage de coloration due aux anthocyano-tanins dans un vin peut être déterminé directement par la mesure du maximum d'intensité colorante avant et après l'addition d'anhydride sulfureux qui décolorera les anthocyanines mais non les anthocyano-tanins.Utilisant, entre autres, les méthodes d'acidification et de décoloration décrites plus haut, des études sur des vins jeunes ont permis de faire certaines corrélations.Le contenu en anthocyanines a été relié à la qualité du vin telle que déterminée par dégustation traditionnelle, c'est-à-dire selon la robe, le bouquet et le goût.L'intensité colorante du vin, paramètre qui représente surtout la contribution des formes colorées d'anthocyanines dans la coloration d'un vin jeune mais qui inclut aussi celles des anthocyano-tanins, a également été reliée à la qualité du vin.La complexité croissante de la composition de la coloration alors que le vin avance en âge oblige toutefois que ces études comparatives se fassent à partir de vins jeunes dont on suivra le vieillissement jusqu'à l'apogée.Peut-être pourra-t-on alors prédire selon l'évolution de l'«âge chimique» d'un vin nouveau s'il sera de garde ou devra être bu jeune.Parallèlement, la connaissance de critères bien établis de stabilité de coloration des pigments du raisin et du vin ouvre un tout nouveau champ de possibilités pour les industries alimentaires et pharmaceutiques.?Pour en lire plus P.Markakis, Anthocyanins as Food Colors, Academie Press, New York, 1982 G.Masson, Vigne etvin au Canada : manuel de vinification.Presse de la cité, Montréal, 1983 E.Peynaud, Connaissance et travail du vin, Dunod-Bordas, Paris, 1981 35 LES ÉVENTS HYDROTHERMIQUES: DES USINES DE MÉTAUX POUR L’AVENIR Il y a à peine quelques millénaires, il suffisait d'effleurer la surface terrestre pour découvrir l’or, le fer, le zinc et les autres métaux.Aujourd’hui, les puits de certaines mines s'enfoncent à des centaines de mètres dans les entrailles de la Terre et il devient de plus en plus difficile d’extraire ces métaux dont le monde moderne ne peut plus se passer.Il existe cependant des usines naturelles de minéraux qui pourraient, d'ici quelques décennies, fournir à l'industrie une bonne part des métaux dont elle aura besoin.Ces usines ressemblent, à certains égards, aux installations manufacturières que l’on voit tous les jours; certaines, par exemple, sont dotées de cheminées.La différence cependant, c'est que ces usines de la nature sont à des milliers de mètres sous la mer.La Commission géologique du Canada, une direction d’Énergie, Mines et Ressources Canada, porte depuis environ quatre ans une attention particulière à ces usines minérales sous-marines appelées évents hydrothermiques.Divers travaux et expéditions ont déjà permis d’identifier plusieurs de ces évents au large des côtes de la Colombie-Britannique.La présence de ces usines minérales est liée au mouvement des plaques tectoniques, ces éléments qui forment l’écorce terrestre.La croûte terrestre n'est en effet pas une masse uniforme.Les diverses masses, ou plaques, qui la composent sont en mouvement constant.Là où ces plaques se rencontrent, on retrouve donc des failles ou fissures dans la croûte terrestre.Dans les fonds marins, l'eau peut donc s'infiltrer dans ces fissures, parfois jusqu'à 5 km de profondeur dans l'écorce terrestre.Cette eau froide arrive alors en contact avec la matière incandescente du noyau terrestre.Vaporisée, l’eau remonte alors à la surface, transportant des minéraux des profondeurs de la Terre.Lorsque cette vapeur et ces gaz se condensent, les minéraux se précipitent au fond de la mer, soit en cristaux, soit sous forme de nodules.Dans certains cas, les minéraux se forment en colonnes à la bouche de ces évents, créant ainsi des «cheminées», qui peuvent atteindre jusqu’à 10 mètres de hauteur.Les spécialistes de la Commission géologique et du Centre géoscientifique du Pacifique d'Énergie, Mines et Ressources ont intensifié depuis 1979 leurs travaux afin de produire des cartes diverses de ce secteur prometteur, le long de la côte du Pacifique.Ils ont pu établir, à l’aide d'appareils perfectionnés, que les évents situés dans une vallée longeant la cordillère sous-marine de Juan de Fuca, avaient produit des gisements importants de zinc, de fer, de cuivre et de plomb.Fait notable, les océanographes du Centre géoscientifique ont réussi à prélever des échantillons à 2 500 mètres de profondeur.Vu ces grandes profondeurs, il sera nécessaire de mettre au point des nouveaux appareils pour poursuivie l’exploration de ce secteur et ensuite, pour mettre en valeur ces gisements métallifères.Ailleurs dans le monde, plusieurs autres pays ont entrepris des démarches similaires afin de répertorier ces richesses des fonds marins.En collaboration avec les États-Unis, la France et l’Allemagne de l’ouest, Énergie, Mines et Ressources Canada a entrepris de constituer des groupes de travail qui permettront peut-être d’accélérer les travaux de recherche.En plus d’identifier de précieuses réserves de métaux pour l’avenir, cette démarche apporte aussi aux scientifiques d’EMR une foule de données sur les processus géologiques de la Terre.On peut obtenir plus d’information sur les évents hydrothermiques ou sur les autres travaux menés par la Commission géologique et le Centre géoscientifique du Pacifique en communiquant avec: Communication EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 Énergie, Mines et Ressources Canada Canada 36 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE I I Mesures de sécurité quasi inexistantes et produits chimiques en liberté sont la plaie cachée des laboratoires de science par Manon Cornellier et Raymond Lemieux Au cinquième étage dg pavillon des sciences de l'Université du Québec à Montréal, un avis est affiché à la suite d'une farce au laboratoire de minéralogie: on a fermé la valve de sortie d'eau tout en laissant ouverts les robinets d'eau chaude et d'eau froide, ce qui a entraîné un réchauffement de l'eau froide dans les tuyaux.«Certains appareils de recherche au département exigent un refroidissement constant.Un ralentissement de ce refroidissement peut provoquer des bris coûteux ou pire: de graves explosions.J'ose croire que ce fut un acte irréfléchi et je compte sur la collaboration de chacun pour que de tels incidents ne se répètent pas.La sécurité de tous est en jeu.» Suit la signature du directeur du département des sciences de la Terre.De telles «farces» arrivent çà et là dans les laboratoires des maisons d'enseignement de tous les niveaux, mais elles sont rarement signalées aux autorités.Absence de sensibilisation, paraît-il.En fait, dans la plupart des maisons d'enseignement, le tableau des mesures de sécurité mises en application dans les laboratoires n'a rien de glorieux.D'un endroit à l'autre, les problèmes se ressemblent: ventilation inefficace, espace de rangement insuffisant et classement inadéquat des produits de toutes sortes, port non obligatoire de lunettes de protection, formation en prévention presque inexistante, etc.Des négligences issues de l'habitude auxquelles s'ajoutent des lacunes administratives en matière de santé et sécurité: les protocoles de sécurité et les règlements sont rares.« On sait qu'il y en a qui s'en occupent sérieusement, certains qui s'en désintéressent, d'autres qui font semblant de s'en occuper», constate Yvon Pépin, directeur du département de chimie à l'UQAM.Gérard Talbot, spécialiste en santé communautaire et en santé-sécurité au CLSC Centre-Ville de Montréal, fait un constat peu encourageant.«Le principal problème est que souvent il n'y a pas l'équipement nécessaire pour la manipulation des produits chimiques et la protection de l'utilisateur.C'est une situation classique dans les milieux d'enseignement.Souvent les gens ne sont même pas sensibilisés aux mesures minimales qui nous paraissent de gros bon sens, comme les précautions à prendre pour l'entreposage, le rejet, la ventilation.» À l'Université de Montréal, par exemple, «l'an dernier, l'escouade tactique de la police de la Communauté urbaine de Montréal a dû intervenir pour sortir des produits explosifs, présents depuis trop longtemps sur nos tablettes», révèle Patrick Montagne, responsable syndical en santé-sécurité.La direction dit élaborer un programme d'entreposage et de récupération des produits chimiques.Actuellement, seul le département de chimie effectue ce contrôle.À l'UQAM, même si en chimie et en biologie, on se préoccupe de prévention, les installations, elles, demeurent inadaptées aux utilisations quotidiennes.En 1980, dans une lettre adressée à leur directeur, les techniciens en biologie faisaient état de diverses lacunes: nombre insuffisant de sorties de secours de même que d'armoires pour ranger les pro- duits dangereux, locaux exigus, surcharge de travail, etc.Un sombre tableau.L'HABITUDE REND INSOUCIANT Pour M.Marion, directeur du service de protection du Service des incendies de la ville de Montréal, « les gens qui travaillent dans les laboratoires, de par leur éducation, leur habitude de manipuler ces produits-là, en viennent à penser qu'ils sont au-dessus des dangers.Pour eux, le danger, c'est pour le voisin.» En milieu scolaire, l'enjeu est particulier.L'insouciance peut avoir des conséquences sur plus d'un individu, le professeur et le technicien ont donc une responsabilité plus grande.Yvon Pépin, lors de séances d'information, répète avec philosophie que la sécurité résulte d'un jugement sur l'acceptabilité des risques.«On se doit d'éliminer tous les risques possibles jusqu'à ce que ceux qui restent soient acceptables par la personne qui travaille dans le milieu.Alors, celle-ci peut considérer l'endroit sécuritaire.Toutefois, cela reste bien subjectif.Il y a des gens qui acceptent des niveaux de risques plus élevés que d'autres.Qu'eux prennent des risques, c'est une chose, mais qu'ils les imposent à leurs employés ou encore à leurs étudiants en est une autre.» L'Ordre des chimistes essaie de suivre tant bien que mal le dossier.En juin 1 981, l'association révèle les résultats d'un sondage-enquête dans les laboratoires de chimie des écoles secondaires.La conclusion est cinglante: aucun de ces laboratoires ne répond aux critères de sécurité jugés essentiels par l'ordre.Neuf pour cent des répondants affir- QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 37 maient d'ailleurs n'avoir aucun élément pour la protection des yeux (lunettes, douches oculaires, solutions neutralisantes).Cette situation est «aberrante», commentent les chimistes.De plus, 20 pour cent des répondants considèrent eux-mêmes leurs laboratoires comme de «véritables nids à feu».Si plus de la moitié d'entre eux manipulent des produits volatiles et toxiques dans des endroits mal ventilés, une intoxication pourrait être funeste, car seulement un pour cent dispose de tous les éléments nécessaires pour administrer les premiers soins.Pour ce qui est du port des lunettes et du sarrau, il s'agit d'un vœu pieux dans 86 pour cent des cas.«L'enquête a fait remuer beaucoup de boue», commente Pierre /> r Quelques éléments de base pour se protéger individuellement dans un laboratoire : le sarrau bien attaché, les lunettes ou la visière de protection et.lorsqu'on travaille avec des produits volatiles, les masques protecteurs.Lefebvre, agent de prévention à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).À la suite de ce sondage, le ministère de l'Éducation s'est empressé de mettre sur pied un comité chargé d'élaborer un programme cadre pour la sécurité dans les laboratoires d'écoles secondaires.Formé de consultants venus de divers horizons tels que Hydro-Québec, l'Association des professeurs de sciences du Québec, l'Institut Ar-mand-Frappier, ce comité prévoit publier en juin prochain un «guide technique relatif à la sécurité dans l'enseignement des sciences».Jusqu'à maintenant, les commissions scolaires élaboraient chacune leurs propres directives, parfois incomplètes.Ainsi, à la Commission des écoles catholiques de Montréal, existe déjà un guide de sécurité et de premiers soins, mais il est vieux de dix ans.«Le ministère, en publiant ses propres directives, sera reçu plus sérieusement», explique Denis Chabot, membre du comité.Ce groupe de travail examine aussi la situation dans les écoles Raymond Lemieux 38 janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE Simple expérience d'initiation à ta science physique?Peu importe.Le rôle éducatif de cet exercice pédagogique devrait aller plus loin : apprendre à travailler de façon sécuritaire.primaires, où «il y a particulièrement des dangers de coupures en manipulant la verrerie, de morsures par les animaux et de contamination par certaines plantes.Et, d'ajouter Denis Chabot, les enseignants ignorent parfois ces dangers.» L'Ordre des chimistes ne lâche tout de même pas prise.En mars dernier, il éditait, en français, son Guide de sécurité en laboratoire.Unique.Techniciens, professeurs et étudiants sensibilisés se le conseillent.Dans ses grandes lignes, il livre de multiples conseils et incite à éliminer les dangers à la source.« Il faut connaître et évaluer les produits que l'on utilise en fonction de l'équipement de protection dont on dispose.Certains produits devraient être bannis, clame Antoine Fournier, professeur au Cégep de Lévis-Lauzon.Je pense à l'acide fluorhydrique.Extrêmement dangereux, ce produit ne devrait même pas exister dans les écoles secondaires et les collèges.Rares sont les expériences intéressantes à faire avec ce produit-là.» Au Cégep du Vieux-Montréal, on a éliminé des rayons cyanures et explosifs.Pas question de faire des expériences exigeant ce genre de produits.Les auteurs du guide, inspirés par le National Institute for Occupational Safety and Health américain, ont dressé une liste exhaustive des produits nécessitant prudence et discernement.Sur les rangs: des cancérigènes, des mutagènes et des tératogènes (benzène, tétrachlorure de carbone et compagnie.), dont on interdit l'utilisation dans plusieurs grandes écoles américaines.Toutefois, l'acquisition d'équipements adéquats pour protéger techniciens, professeurs et étudiants contre la perfidie de ces produits douteux est vue d'un autre œil par les autorités.«Les administrations prétextent, et parfois avec raison, de budgets insuffisants pour ne pas intervenir, indique Pierre Lefebvre.Le coût des rénova- tions et de l'installation de nouvelles hottes peut être en effet très élevé, surtout dans les vieilles écoles.» Aux États-Unis, la prise de conscience s'est faite plus tôt.Et Gari T.Gatwood, spécialiste en santé-sécurité à Harvard, n'absout pas aussi facilement les institutions d'enseignement.Pour lui, c'est une question de priorité.«La sécurité doit faire partie des données de base du budget scolaire, tout comme les salaires, l'équipement, les articles de bureau et le chauffage.» UN PROBLÈME PRIS À LA LÉGÈRE Avec le livre de la National Fire Protection Association sous le bras, «notre bible», M.Marion fait régulièrement la tournée des écoles et des laboratoires d'enseignement.Une fois par année pour le niveau secondaire, tous les 18 mois pour les cégeps et tous les deux ans dans les universités.«On fait des recommandations, mais il y en a beaucoup qui prennent ça à la légère » «Même chose chez les étudiants, de dire Ruth Porry, technicienne au cégep Maisonneuve.Ils disent qu'on exagère quand on leur demande de toujours porter le sarrau et des lunettes lors des expériences.Chacun s'imagine qu'un accident, ça n'arrive qu'au voisin.» Antoine Fournier livre le même son de cloche.«Les étudiants sont réticents à porter du matériel de protection.Ils disent ne pas bien voir avec les lunettes, que ce n'est pas esthétique.Lesyeuxsont néanmoins les organes les plus vulnérables quand on travaille.» Raymond Lemieux QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 39 >4.-1 Premiers pas vers la sécurité Les suggestions pour l’amélioration de la sécurité dans les laboratoires d'enseignement ne manquent pas, particulièrement en ce qui concerne la protection individuelle.Il n'en coûte rien d'interdire de boire, fumer ou jouer dans les laboratoires, ni de l'indiquer adéquatement.Un bon étiquetage des produits comprenant leur composition, leur toxicité et les premiers soins à administrer en cas d'accident, non plus.Obliger le port du sarrau et des lunettes, éliminer les produits dangereux, réduire au strict minimum l'inventaire de produits chimiques exigent peu de déboursés.Au cégep du Vieux-Montréal, par exemple, on ne peut assister à certaines expériences si on n'a pas sarrau et lunettes.Dans plusieurs universités américaines, les étudiants contrevenant aux règles de sécurité élémentaires sont soumis à des sanctions qui peuvent aller jusqu'à un échec pour le cours suivi.Le guide de l'Ordre des chimistes fournit des recommandations supplémentaires pour la protection personnelle; entre autres, interdiction du port de verres de contact lors d'expériences et utilisation obligatoire d'une poire et d'une pipette pour aspirer les produits.Selon ce guide, des équipements sont essentiels à la protection collective.D'abord, des hottes vérifiées régulièrement, afin d'éviter tout retour d'air vicié dans le laboratoire, et dont la sortie sera de préférence sur le toit, assez éloignée des prises d'air du système d'aération.On verra aussi à assurer un approvisionnement toujours suffisant en air.En cas d'accidents, des respirateurs, des douches de secours et des fontaines pour les yeux devraient être à la portée de tous et faciles à utiliser.Autres équipements nécessaires: des extincteurs chimiques adéquats et vérifiés régulièrement, des armoires de rangement bien ventilées pour les produits chimiques uniquement, des réfrigérateurs spéciaux où chaque produit est contenu dans un récipient hermétique.Les produits qui peuvent réagir entre eux seront entreposés séparément.Même chose sur les comptoirs de travail où, en plus, les accumulations de produits et de divers instruments seront limitées.Quant à l'élimination des produits, il faut qu'elle soit planifiée afin d'éviter des mélanges peu souhaitables et une pollution du milieu.À cette effet, les éviers des laboratoires seront reliés à un système d'égout distinct de celui du service général.Évidemment, ces mesures doivent être ajustées selon le type de laboratoire et les produits utilisés.Mais il faut surtout que ces règles soient connues des utilisateurs et utilisatrices.D'où la nécessité d'un programme de prévention structuré, qui commence par un bon exemple du personnel de laboratoire, complété par une formation des étudiants avant chaque session.Dans la plupart des laboratoires, les produits sont classés par ordre alphabétique ; il est alors impossible de distinguer rapidement les dangereux des autres, inoffensifs Les yeux et les doigts perdus, les voies respiratoires irritées, les maux de tête, les peaux brûlées ne se comptent plus.ou plutôt ne se comptent pas.«C'est toujours camouflé, c'est peu fréquent que les accidents sont rapportés», note Yvon Pépin.«Il ne faut pas se leurrer, renchérit M.Marion, les commissions scolaires ne viennent pas nous taper sur l'épaule pour nous dire qu'il y a eu un accident à tel ou tel endroit.Il y a eu des feux dans des laboratoires dont on a eu connaissance que deux semaines plus tard, en faisant nos inspections.Ce sont les étudiants qui nous en avaient informés, les autorités de l'école, elles, n'avaient jamais appelé les pompiers parce qu'elles savaient leurs installations défectueuses.» Pour Claire Bélanger, au service de santé de l'université Laval, « le peu d'accidents dans les laboratoires rend la sensibilisation difficile».«C'est certain qu'un étudiant, qui ne «feel» pas, ne va pas voir le service de santé, réplique Rodrigue Leclerc du syndicat des employés de l'université.Il prend cela comme un simple malaise et, avec une aspirine et une journée de congé, laisse passer ce qui peut être une grave intoxication.» Selon le docteur Gingras, du CLSC Centre-Ville de Montréal, les symptômes plus évidents d'une intoxication peuvent apparaître jusqu'à trente ans plus tard.Aussi insiste-t-il: «Il ne faut jamais se mettre en contact avec le produit, surtout les solvants qui irritent les voies respiratoires, d'où l'importance d'une bonne ventilation.» ÉTUDIANTS SANS RECOURS L'étudiant et l'étudiante ont particulièrement intérêt à redoubler de prudence: la Loi sur la santé et la sécurité au travail ne les protège pas et Katherine Lippel, avocate spécialiste de cette question, admet qu'une poursuite à l'aide du bon vieux code 40 janvier 1984 / QUEBEC SCIENCE «Les étudiants sont réticents à porter le matériel de protection», dira Antoine Fournier, du Cégep Lévis-Lauzon.Souvent, ils ne revêtiront le sarrau, par exemple, que si on les y contraint.civil se révélerait toute une aventure.«Les risques pour l'étudiant sont moindres que pour les techniciens ou professeurs, défend Pierre Lefebvre de la CSST.Il y a plus de dangers pour le technicien qui dilue son acide que pour l'étudiant qui le manipule.De toute façon, si on rend les locaux sécuritaires pour les techniciens, les dangers pour les étudiants seraient eux aussi minimes.» La philosophie de la loi adoptée en 1979 préconise l'élimination du danger à la source et donne droità un employé de refuser d'exécuter tout travail dangereux.«La CSST pourrait adopter un règlement pour placer les étudiants au même niveau que les travailleurs.Moi, je crois qu'ils courent les mêmes risques et devraient avoir droit à la même protection», réplique Mme Lippel.La question se pose aussi pour le retrait préventif, une possibilité qu'offre la Loi 17 à une travailleuse enceinte.Une étudiante n'a pas ce droit.«Et puis, comment voulez-vous qu'on indemnise les étudiants puisqu'ils ne reçoivent pas de salaires?» lance M.Lefebvre.Une seule période où la loi couvre les étudiants: lors de stages.«Autrement, dit M.Lefebvre, c'est au ministère de l'Éducation à s'en occuper.» En attendant que le MEQ bouge, les institutions ne sont nullement obligées d'offrir un programme de prévention aux étudiants, de les informer sur les risques reliés aux produits qu'ils manipulent.Même à l'intérieur de plusieurs institutions, chaque département est indépendant.À l'Université de Montréal, seulement le département de chimie a un programme structuré.À l'UQAM, même chose, sauf qu'en biologie, on a élaboré un code de sécurité qui n'est cependant pas obligatoire.Au niveau collégial, c'est souvent une initiative d'un groupe de travailleurs plutôt que l'expression d'une volonté institutionnelle.Le cégep du Vieux-Montréal en est un bon exemple.Si **¦**' MOïii i_________________________________________/ Æ TWi ?i— i i Au Cégep Lévis-Lauzon (ci-contre) de même qu'à l'université Concordia, une véritable chambre forte abrite, entre autres, les produits volatiles comportant un risque d'explosion.les techniciens des laboratoires de sciences y ont pris l'aspect sécurité en main, ils ne savent pas du tout ce qui se passent dans les laboratoires des cours techniques.Au secondaire, les tentatives de ce genre sont parcellaires et réellement individuelles.Du travail en petits morceaux que chacun essaie de structurer comme il peut.À la CECM, par contre, on fait confiance au personnel enseignant.«Nos professeurs sont très vieux.Ils ont une expérience acquise et n'ont à peu près jamais d'accidents.Ils enseignent les règles au fur et à mesure», confie sereinement Claude Marineau.Mais Antoine Fournier le voit d'un autre œil: «La sensibilisation à la sécurité est délaissée au secondaire parce que les professeurs n'ont pas toujours la formation adéquate.» D'ailleurs, Pierre Lefebvre, de la CSST, estime à environ cinq pour cent le nombre de professeurs de sciences au secondaire spécialisés dans ce domaine.UNIR LES EFFORTS Alors, comment réaliser des programmes de prévention?Les avis divergent, mais une base de consensus semble vouloir se dégager: il faut que tous les intervenants travaillent ensemble, et non pas de façon cloisonnée.Où il y a eu concer- Alain Vézina / .- .tation, les résultats semblent positifs.Ainsi, à l'université McGill, il existe depuis 1975 un comité central qui regroupe tous les comités départementaux de santé-sécurité, réunissant professeurs et techniciens.«Ces comités doivent voir à ce que chaque directeur de laboratoire se préoccupe quotidiennement de la santé-sécurité, explique Sam Kingdom, responsable des ressources et du matériel physiques Ils font aussi des recommandations pour les améliorations physiques, les achats d'équipement nécessaires en santé-sécurité.» Le comité central est composé d'administrateurs, des présidents de chaque comité et de spécialistes en santé-sécurité au travail de l’université. QUÉBEC SCIENCE / janvier 1984 41 -77——ran ÏÏSW «Des espoirs, des choses intéressantes sont possibles, mais seulement si tous les gens qui vivent les problèmes, et non pas seulement les étudiants, s'impliquent et entreprennent la démarche, insiste Gérard Talbot, du CISC Centre-Ville.Et les professeurs ont un rôle extrêmement important.Ils ont un certain pouvoir; l'université les écoute.Seulement, ils ne sont pas tous sensibilisés et ne sont pas plus préoccupés que ça par la question.Ils sont pourtant dans une situation privilégiée pour informer les gens avec qui ils travaillent, à qui ils enseignent.» Pour les étudiants, privés de recours, les solutions sont limitées.Pour Katherine Lippel, il n'y en a qu'une.«Il faudrait que les étudiants se mobilisent et fassent pression sur leur institution et sur la CSST pour obtenir des mesures nécessaires.» Actuellement, seule rUQAM a un comité étudiant en santé-sécurité en sciences.Un équipement essentiel en cas d'accident : des douches de secours et des fontaines pour les yeux à la portée de tous et faciles à utiliser.Pendant ce temps, dans un pavillon isolé de l'Université de Montréal, une classe blanche au tableau vert.Insouciants, une quinzaine de techniciens, professeurs et étudiants en blouses blanches sont réunis.Cette rencontre, initiative de deux membres de leur département de médecine du travail et d'hygiène du milieu, a un ordre du jour réduit: deux films documentaires.Pas très longs.Pas assez pour ennuyer, mais suffisants pour semer la consternation.En 25 ans, c'est la première fois qu'on s'arrête pour s'interroger sérieusement sur la question.Après une heure de visionnement, les réactions sont vives.« Nos laboratoires sont-ils sécuritaires?Que faire?» Et l'intérêt est incontestable.Question de sensibilisation, dit-on.?JE M’EN SUIS OCCUPÉ À TEMPS iuW, ii, mm Heureusement.Les enfants commençaient leur cours secondaire, vous aviez une hypothèque à payer et envisagiez un grand changement dans votre cheminement professionnel.Les choses étaient alors bien différentes de maintenant.Aujourd'hui, vos enfants ont grandi.Ils travaillent, ou vont à l'université; votre maison vous appartient et vous jouissez d'une certaine sécurité dans votre métier.Mais votre testament, lui, est malgré tout resté le même.C'est le temps de mettre les choses en ordre.De vous assurer, en consignant le tout dans un document, que vos affaires seront conduites selon vos désirs.Quand vous envisagerez de le faire, souvenez-vous de nous.La Société Canadienne du Cancer a besoin de votre support.Si le Marathon de l'Espoir a pu, grâce à Terry Fox, ouvrir de nouvelles avenues à la recherche, dans cette lutte incessante contre le cancer, c'est aussi grâce à vous que nous pouvons continuer le combat.Car vous aussi maintenant et dans l'avenir, vous êtes l'un des éléments de la solution.Ensemble, nous gagnerons la bataille contre le cancer.Société Canadienne du Cancer janvier 1984 / QUÉBEC SCIENCE ,>v« ’ :«>->¦1 Wv, , /?: -!ï!;5»iMc\» , S?SMS 'ï4»M«BS^MSK&5gi&.^'8R;^a i ¦ ¦•;?>'.: ar-.v»^w>i ««aaSaa^geaKîgsasg»: ».— :*.i|«5;TL' .'•-«2rf-#v r?»!;5.:« ;5»ia»^5îi%r.; ¦ » ilNÉ^ir -fïfîïi&mh '•3''&,ri ï^îliE^ :'* *k», < ¦ * * .* y.* A % vVV'j » * ••’ > .t'.' * 4 " '.t J* *; :‘v iôI -¦c»— ;,'• -c-Y *.'.'i .i %%j,\v.*.*' 1 »> ¦ • ' .' ’: ’.à'1 »i\% , .• J.' |ÿ ; '>• ^ÎVÇi7 'ri ¦'¦K!:-.t'('.\ ¦’"rM.ftyÂwvjiuYÆÊfc .#»>xr A*^»’QrxH»«Kn •¦• -1 * • **+**.**£*-'**,» 9 æ*4' .nu’ Jl'Mïrf £?;:•;''¦:'''!>i.v.».i
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