Québec science, 1 janvier 1984, Février
•'iJ )ES MUSCLES £N PILULES fINTÉRIEUR DU CORPS N DIRECT N PASSIONNÉ IE IA FOLIE if en Volume 22, numéro 6 FEVRIER 1984 Port de retour garanti ~i\ '¦COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec C P 250 Sillery Quebec G1T2R1 BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 Les pylônes Configurations et types Les pylônes font partie du paysage québécois.Ce sont des supports métalliques réservés aux lignes de transport à partir de 120 000 volts et plus, contrairement aux poteaux en bois ou en béton qui servent plutôt aux lignes de distribution.Les pylônes constituent un élément essentiel du réseau de transport d'Hydro-Québec.Ils supportent les conducteurs des lignes aériennes qui relient les points de production et les points de consommation.Leur rôle est d’isoler les conducteurs du sol et des obstacles éventuels pour assurer la sécurité des personnes et des installations situées au voisinage de la ligne.Mais pourquoi les pylônes ne sont-ils pas tous uniformes ?Les pylônes doivent avoir une forme et une hauteur appropriées de même qu’une résistance mécanique suffisante pour subir sans dommage les contraintes auxquelles ils sont soumis, par exemple le vent, le givre et la neige, contraintes qui se traduisent principalement par des efforts de traction et de compression dans les membrures.La forme du pylône varie également selon remplacement auquel on le destine, le nombre de conducteurs et certains critères d’économie (capacité de supporter les conducteurs au moindre coût).La détermination de ses caractéristiques obéit donc à des règles techniques définies, à une volonté de normalisation et de sécurité ainsi qu’à des préoccupations esthétiques et financières.Matériaux Les matériaux qui entrent dans la constitution des pylônes sont l’acier galvanisé, et dans certains cas, les alliages d’aluminium, sous forme de profilés et de tôles.L’acier offre une grande résistance mécanique en traction et en compression.Les principales qualités des alliages d’aluminium sont la légèreté et la résistance à la corrosion atmosphérique naturelle ou industrielle.Cependant, le coût des supports construits avec ce matériau est élevé.Les cornières constituent les profilés traditionnellement utilisés pour la réalisation des pylônes.Elles peuvent être assemblées facilement à l’aide de plaques en utilisant des boulons, comme un jeu de mécano.Détermination de la silhouette Les deux parties principales du pylône sont la tête (a) et le fût (b).La tête doit être conçue en fonction des éléments suivants : 1) l’ARMEMENT, c’est-à-dire la disposition des conducteurs dans l’espace.Parmi les types d’armements utilisés au Québec, on distingue deux grandes catégories : l’armement en nappe horizontale et l’armement en double drapeau.2) la DISTANCE À LA MASSE ET LA DISTANCE ENTRE PHASES La distance à la masse représente la plus petite distance qui doit exister entre les pièces sous tension électrique et le pylône lui-même, afin d’éviter une décharge électrique entre les conducteurs et le support.Quant à la distance entre phases, elle doit tenir compte des risques d’amorçage (ou d’arc électrique) entre deux conducteurs du même circuit ou entre deux conducteurs de circuits différents portés par le même support.3) la POSITION DU CÂBLE DE GARDE La tête du pylône doit également permettre aux câbles de garde de jouer efficacement leur rôle de protection de la ligne contre la foudre.La silhouette de la tête étant fixée, le fût destiné à la supporter est conçu de manière à obtenir la hauteur minimale requise des conducteurs au-dessus du sol.Dans la presque totalité des cas, le fût est un tronc de pyramide dont les arêtes sont constituées par des membrures principales (c) qui sont jointes entre elles par des membrures secondaires.Principaux types de pylônes utilisés par Hydro-Québec Les pylônes actuellement utilisés sur les lignes de transport à 735 000 volts d'Hydro-Québec sont de deux types principaux : les pylônes rigides et les pylônes haubanés.Comparativement au pylône haubané, le pylône rigide occupe moins d’espace au sol.Par contre, il est visuellement plus apparent et son coût est plus élevé.Ses fondations doivent avoir une grande résistance à la fois en compression et en soulèvement.L’effondrement d'un pylône rigide cause généralement des dommages aux conducteurs.Ce pylône se prête difficilement à des réparations d’urgence.Il convient aux terrains dont la topographie est très accidentée, à cause de la souplesse de ses méthodes de montage et de la pente de terrain à laquelle il peut s’adapter.Il convient également bien aux zones de fortes charges de givre.Hydro-Québec a une grande expérience de ce type de pylône.Il supporte la presque totalité des lignes à 735 000 volts implantées avant celles de la Baie James Les pylônes haubanés, dont les plus connus sont le pylône en V et le pylône à chaînette, ont l’avantage d’être plus économiques et leur impact visuel est moindre que celui des pylônes rigides.Pour une même charge de givre ou de vent, le pylône en V requiert moins d’acier que le pylône rigide.Mais il ne convient pas aux topographies très accidentées, à cause des distances entre les ancrages des haubans et des difficultés d’assemblage au sol.Le pylône à chaînette utilisé pour les lignes à 735 000 Pylône rigide Pylône à chaînette Pylône en V volts par Hydro-Québec représente une première mondiale.Il est facile à monter et de fabrication simple.Les délais et les coûts de construction en sont réduits.Par ailleurs, en cas d’effondrement, il se prête très bien à toutes les formes de réparation.Les risques de dommages aux conducteurs sont faibles.Enfin, il est peu sensible aux mouvements des fondations dus au gel.Mais il ne convient pas aux terrains très accidentés, surtout à cause de la pente des haubans.Les pylônes sont construits et installés de façon à durer longtemps.Certains pylônes d'Hydro-Québec sont très anciens.Ils nécessitent cependant un entretien, notamment préventif, régulier.Cet aspect sera étudié dans un article ultérieur.Publi-reportage Hydro-Québec Février 1984 C3UÉBEC SCIENCE Volume 22, numéro 6 SOMMAIRE FÉVRIER 1984 Page 18 Page 26 Page 38 -ÎS-' ¦¦¦ 18 26 32 38 44 7 8 9 11 12 50 51 52 52 14 49 57 58 59 62 ENQUÊTES / REPORTAGES Des muscles en pilules Raynald Pepin Combien d’athlètes rêvent, pour gagner les Jeux, de trouver la potion magique qui leur assurera la victoire?L'intérieur du corps en direct Ginette Beaulieu De nouvelles techniques douces pour une médecine de pointe Le grand jeu d'Ariane jean-Pierre Rogei Cette fois, la fusée européenne est prête à affronter la concurrence de la navette spatiale.La bataille est engagée.Psychologie à la mode de Coca-Cola c/aire chabot Ou comment Coca-Cola peut vendre de l'illusion en bouteille depuis bientôt 100 ans Un passionné de la folie Géraid LeBianc Psychanalyste et écrivain, Julien Bigras traque la folie sous toutes ses formes pour en élucider les mystères ACTUALITÉS Astronautes canadiens Espace Les têtes à Papineau Industrie minière Biotechnologie Microscopie Anthropologie Technologie Énergie Un défi très spécial La super-fusée soviétique Un physicien-fonctionnaire et inventeur Un lendemain pour Schefferville?Québec joue ses cartes L'écho de la matière Photographier l'homme de Cro-Magnon! L'élite des composites La biomasse pour l'an 2025 CHRONIQUES Sans frontières Revue de presse internationale Info/puce Apprivoiser l’informatique Cinéscience La science à l'écran Bientôt demain La technologie des années 80 Boîte à livres Lus pour vous En vrac Les p'tits mots de la fin Gilles Drouin François Picard Gérald Baril François Picard Vonik Tanneau MATERIAUX DE REFERENCE Le Projet canadien de matériaux de référence (PCMR) tiendra deux ateliers d’une journée chacun sur les matériaux de référence; l’un aura lieu le 16 février 1984 à Ottawa (Ontario), et le second, le 22 mars 1984 à Fredericton (Nouveau-Brunswick).Les discussions relatives aux matériaux de référence porteront essentiellement sur les sujets suivants: - préparation et nature - confirmation de l’homogénéité - processus d’homologation - conséquences pour l’usager de l’incertitude dans les valeurs recommandées Le PCMR et le statut international actuel des matériaux de référence feront l’objet d’une brève description.Bien qu’essentiellement il s’agisse de matériaux géologiques, les concepts et les principes s’appliquent aux matériaux de référence en général.Pour plus de renseignements, prière de remplir le coupon-réponse ci-dessous et de le retourner au: Coordonnateur, PCMR Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie Énergie, Mines et Ressources Canada 555, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0G1 Téléphone: (613) 995-4738 Participation gratuite aux ateliers.Les ateliers auront lieu en anglais avec traduction simultanée.Nom Organisme Adresse__ Prière d’indiquer l’atelier choisi: ?Ottawa ?Fredericton Energie, Energie, Mines et Energy, Mines and Ressources Canada Resources Canada Canada QUÉBEC SCIENCE / février 1984 5 QUÉBEC SCIEMCE C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1-800-463-4799 Abonnements : poste 2854 ; Rédaction : poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, André Delisle, Gilles Drouin, François Huot, Gerald LeBlanc, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, responsable de la production Richard Hodgson, conception graphique A.-L.Langlois, L.Nadeau, réalisation graphique Louis Ducharme, photo couverture Raymond Robitaille, typographie Les ateliers graphiscan, séparation de couleurs Imprimerie Canada, photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité institutionnelle (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, responsable de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Les nouvelles messageries de la presse parisienne (N.M.P.P.) , distribution en kiosques pour la France Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Canada: Spécial: (2 ans/24 nos): 40,00$ Régulier: (1 an/12 nos): 23,00$ Groupe: (10 et plus — 1 an): 21,00$ À l'unité: 2,95$ En France: Régulier: (1 an/12 nos): 225FFt.t.c.Spécial: (2 ans/24 nos): 385FFt.t.c.À l'unité: 22,75FFt.t.c.À l'étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 32,00$ À l’unité: 3,50$ France: Dawson France, B.P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tél.: (6)909-01 -22 — Télex : 600 394 QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signées sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que par les contributions privées suivantes: Bell Canada, M.Claude St-Onge, vice-président— Banque de Montréal, Jean Savard, vice-président; Division du Québec — Conseil de la langue française, Michel Plourde, président — Control Data Canada, George J.Hubbs, président — Imasco Limitée, Les produits Imperial Tobacco Limitée — Institut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel Boulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, Longueuil, P.Q.— Recherches Bell-Northem, M.Claude I.Proulx, directeur général; Laboratoire de L'ile des Sœurs Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, premier trimestre 1984, ISSN-0021-6127.Répertorié dans PÉRIODEX et RADAR.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Télex: 051-3488 TWX 610-571-5667 Membre de : © Copyright 1984 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.scriptum Le dopage dans le sport ne date pas d'hier.Déjà, il y a dix ans, Québec Science publiait, sous la signature de Fabien Gruhier (qui depuis quelques années est devenu reporter au Nouvel Observateur à Paris) un dossier sur ce sujet (Qt/ébec Science, Vol.12, n° 7, mars 1974).Notre collègue y interviewait notamment le docteur Robert Dugal, de l'INRS-Santé, qui est une autorité internationale en matière de contrôle antidopage, et que nous retrouvons dans l'article de Raynald Pepin qui fait le sujet-couverture de ce numéro.À deux ans des Jeux olympiques de Montréal, le Canada se préparait à soumettre les athlètes à des contrôles sévères contre les drogues et on espérait enrayer ce fléau du sport amateur de compétition.Las!, dix ans plus tard, comme le montre Raynald Pepin, nous sommes encore au même point.Faut-il parler d'un phénomène de société plutôt que d'un bobo du sport?Pour notre jeune collègue, qui signe ici son second article dans notre magazine après un dossier sur l'acupuncture publié en juillet dernier, la réponse est évidente : tant qu'il y aura un climat de compétition à outrance et des athlètes pour entretenir ce système (et en être les victimes), le dopage dans le sport sévira.Claire Chabot, qui se présente comme «anthropologue recyclée et en quête d'emploi», nous offre dans ce numéro une vision critique du marketing de Coca-Cola.Depuis près de cent ans, cette boisson rythme notre vie quotidienne et a pénétré dans presque tous les pays du monde: comment ce conditionnement, qui use de ce que Vance Packard appelait la persuasion clandestine, est-il rendu possible?Claire Chabot a rencontré sociologues et psychologues de la communication de masse pour y répondre.Nous vous présentons parailleurs un reportage sur le programme spatial européen à l'heure de la concurrence entre la navette américaine et la fusée Ariane pour le lancement de satellites.C'est à l'invitation d'Air France, avec la collaboration des Chambres de commerce de Toulouse et de Lyon, que j'ai pu me rendre en France l'automne passé, au sein d'un groupe de journalistes canadiens.Pendant neuf jours, nous avons pu visiter plusieurs centres de technologie de pointe, et notamment le CNES et Matra-Espace à Toulouse, où est réalisé en bonne partie le programme Ariane.(Sur cette photo, votre reporter visite la salle de montage des satellites chez Matra, en grande tenue de visiteur aseptisé.) Pour terminer ce numéro, un article de Ginette Beaulieu, notre chronique médical, sur la nouvelle technologie des images, qui permet de voir à l'intérieur du corps humain, sans douleur et sans dégâts; enfin, cette entrevue de Gérald LeBlanc avec le psychiatre et écrivain Julien Bigras, qui a des choses fascinantes à nous dire sur sa passion, la folie.En commençant par ceci, qui va faire grincer quelques dents parmi les scientifiques «froids»; c'est la passion qui nous permet de bien comprendre les choses, au-delà des aveuglements passagers.À lire ! L’INRS-ÉDUCATION ET SON APPORT À L’ÉCOLE QUÉBÉCOISE On note depuis un certain nombre d'années, dans notre société, des changements remarquables dans les divers domaines d’activités.En regard de la pédagogie et de l’école, ces changements revêtent une grande importance et leur implantation est de conséquence pour, entre autres, des milliers et des milliers d’élèves et d'enseignant(e)s.À l’INRS-Êducation, c’est en 1972 que les chercheurs se sont donné comme objectif général de rendre tout travail de recherche et de développement qu’ils entreprendraient immédiatement profitable aux apprenants d’un niveau donné.Plusieurs d'entre vous ont été sensibilisés, en particulier, à des réalisations du Centre comme le système SAGE (Système d’Apprentissage Géré par l’Étudiant) et les questionnaires PERPE (Perception Étudiante de la Relation Professeur-Étudiant).luation de didacticiels pour contribuer à la définition de normes de qualité en ce domaine et développer des approches méthodologiques quant à l’application de ces normes.Afin d’en savoir davantage sur les différents travaux de recherche de l’INRS-Éducation ainsi que sur ses divers services, prière de communiquer à l'adresse suivante: L’Agente de liaison INRS-Éducation 2383, chemin Sainte-Foy Sainte-Foy, Québec G1V1T1 Téléphone: (418) 657-2560, poste 2649 «SC t U: ""111 En 1984, les scientifiques de l'INRS-Éducation œuvrent au sein de quatre thèmes majeurs: 1 — Le développement et l'évaluation d’alternatives aux régimes pédagogiques actuels; 2 — Le phénomène de l’enseignement; 3 — Les instruments de mesure; 4 — Les problèmes socioculturels et langagiers à l’école.En un mot, les chercheurs du Centre s'attaquent aux problèmes de la pédagogie contemporaine et les solutions proposées sont à l’avantage du système éducationnel québécois.Comme on le sait, le virage technologique qui occupe le Québec à l'heure actuelle se retrouve tout autant à l'école qu’en industrie et la rapidité des développements dans ce secteur n’est pas sans en inquiéter plusieurs.C’est pourquoi, à l’INRS-Éducation, on vient d'établir un laboratoire d'éva- En outre, si vous désirez des renseignements généraux sur l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), vous pouvez vous adresser au: Secrétariat général INRS S lies it,' lis Case postale 7 500 Sainte-Foy, Québec G1V4C7 Téléphone: (418) 657-2560, poste 2564 ou 2565 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique ÿOH1 (f ÆTUALITÉS ASTRONAUTES CANADIENS UN DEF! TRÈS SPÉCIAL Un francophone, Marc Garneau, et une femme, Roberta Bondar, se retrouvent parmi les six astronautes récemment sélectionnés par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC), afin de subir un entraînement de deux ans pour voler à bord de la navette spatiale.De ces six candidats, deux seulement voleront effectivement sur la navette, comme experts scientifiques, tandis que deux autres serviront de «doublures» jusqu'au moment du vol; les deux derniers seront éliminés du programme d'ici un an.Les six candidats retenus à la suite d'un long processus de sélection (voir Québec Science, décembre 1983) ont tous une formation scientifique de premier plan, une expérience riche dans leur domaine, et sont évidemment en excellente forme physique.Trois sont destinés à se spécialiser dans le système de vision dont on compte équiper le bras canadien de la navette: Marc Garneau (du ministère de la Défense, à Ottawa), Steven MacLean (de l'Université de Toronto) et Bjarni Tryggvason (du CNRC).Les trois autres se prépareront pour l'autre expérience que le Canada entend mener à bord de la navette, soit l'étude du mal de l'espace : Ken Money (de l'Institut civil et militaire de médecine de l'environnement, à Toronto), Roberta Bondar (de l’université Mac Master, à Hamilton) et un anglophone québécois, Robert Thirsk (de l'hôpital Queen Elisabeth, à Montréal).Le seul francophone du groupe, Marc Garneau, âgé de 34 ans, est natif de Québec.Diplômé en génie électrique, spécialiste des systèmes de communications sur les navires de combat depuis une dizaine d'années (un expert de la guerre électronique, en somme), le commandant Garneau voit dans sa nouvelle carrière «une occasion de participer à une aventure exaltante».Contrairement à son collègue Tryggvason, ce n'était pas un fanatique de la conquête spatiale jusqu'à présent etil n'a jamais rêvé d'être un jour astronaute.Calme et réfléchi, Marc Garneau se présente comme un scientifique «les deux pieds sur terre».Canapress Photo Service Cinq des six astronautes canadiens récemment sélectionnés: de gauche à droite, Tryggvason, Bondar, Maclean, Thirsk et Garneau.Quelques jours avant d'être choisi, il nous disait son excitation de se retrouver parmi les candidats encore en lice et avouait craindre «l’exposition» publique à laquelle il serait éventuellement soumis s'il était sélectionné.«Je comprends le rôle de relations publiques qui nous est réservé, mais nous ne sommes pas des héros, nous sommes des scientifiques qui travaillent à un défi très spécial, mais qui en vaut bien d’autres», confiait-il à Québec Science un peu avant que le ministre canadien des Sciences et de la Technologie, M.Donald Johnston, rende publique la liste finale des six candidats retenus, le 5 décembre dernier à Ottawa.C'est un défi très spécial en effet, dont nous aurons sans doute l'occasion de reparler.Jean-Pierre Rogel B 8 février 1984 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITES BIENTOT LA SUPER-FUSEE SOVIETIQUE n nouveau type de fusée, capable de placer cent tonnes sur orbite terrestre, doit être prochainement mis à l'essai par les Soviétiques.Ce super-lanceur permettra de réaliser de grands projets, tels que la mise en service de stations spatiales habitées en permanence par un grand nombre de cosmonautes et, éventuellement, l'exploration des planètes par des hommes.Jusqu'à présent, la con- ____________ quête du cosmos par l'Union soviétique s'est faite au moyen de fusées capables de mettre sur orbite tout au plus 20 tonnes de charges utiles.Cette capacité de lancement suffit amplement, car la plupart des satellites (de télécommunications, de météorologie, ou de reconnaissance militaire) ont une masse inférieure à sept tonnes.Cependant, certains projets requièrent l'utilisation de véhicules beaucoup plus lourds; un complexe orbital Soyouz/Saliout/Progress par exemple, où séjournent de deux à cinq cosmonautes, a une masse de 32 tonnes.Nous savons de plus que les Soviétiques envisagent dans un proche avenir l'exploitation de stations orbitales pouvant héberger en permanence une douzaine de cosmonautes.Ce type d'entreprise nécessitera l'emploi de grandes stations dont la masse dépassera les 100 tonnes.À cette fin, il serait possible de lancer plusieurs modules de type Saliout, et de les joindre les uns aux autres pour former une superstation.Cependant, ces multiples lancements seraient fort coûteux.De plus, la jonction de modules aussi lourds devra se faire très délicatement, car toute collision, si minime soit-elle, d'éléments aussi massifs causera d'importants dommages à la station.En fait, la formule de l'avenir consistera à lancer une superstation à l'aide d'une seule fusée.Cela nécessitera des lanceurs beaucoup plus puissants que ceux actuellement disponibles.Dans le passé, un seul type de fusée fut en mesure de placer une masse de 100 tonnes sur orbite: c'est la Saturn 5 américaine.Celle-ci permit à six équipages du programme Apollo de fouler le sol lunaire; elle lança également la superstation Skylab, en 1973.Les Saturn 5 furent retirées du service par la suite, car aucun autre projet ne requerrant leur utilisation n'était envisagé par les Américains avant 15 ans.Par contre, les aspirations soviétiques nécessitent depuis longtemps un super- 100 SUPER-FUSÉE - SOVIÉTIQUE - NAVETTE SPATIALE AMÉRICAINE 20 mètres La super-fusée soviétique est constituée de deux étages entourés de propulseurs.Comparable à la navette pour ses dimensions à la base, elle est toutefois deux fois plus haute.lanceur; celui-ci est en préparation depuis maintenant 20 ans ! C'est à partir de 1965 que des responsables soviétiques mentionnent le rôle de ce type de fusées pour la conquête de la Lune.Les Soviétiques développaient à cette époque un lanceur fort semblable à la Saturn 5.Ils se butèrent cependant à de grandes difficultés lors de sa mise à l'essai.Au début de juin 1969, un premier exemplaire a été assemblé sur son pas de tir.Cependant, un incident survint alors que les trois étages du lanceur étaient presque remplis de carburant: une fuite massive de combustible au niveau du second étage.Le carburant se répandit et prit feu.La formidable série d'explosions qui s'ensuivit détruisit l'ensemble des installations de lancement.Ce n'est que deux ans plus tard qu'on procéda à un second vol d'essai.À la mise à feu, en juin 1971, la fusée ne quitta même pas le sol, certains de ses moteurs ne s'allumant pas! Le troisième essai eut lieu le 24 novembre 1972: le lanceur s'éleva jusqu'à quelques kilomètres avant d'être détruit par les techniciens au sol alors qu'il devenait incontrôlable.À la suite de ces trois échecs, tout le programme fut remis en question.C'est en 1979 que des sources soviétiques révélèrent un nouveau projet de superlanceur destiné, cette fois, à mettre sur orbite des stations orbitales semblables au Skylab américain.Selon ces sources, cette fusée devait être mise à l'essai en 1983 afin d'entrer en opération dès 1985.Selon un rapport du département de la Défense américain, publié en mars 1983, le super-lanceur soviétique serait constitué d'une fusée centrale haute de 95 mètres (équivalant à un immeuble de 30 étages), flanquée de deux ou trois propulseurs, d'environ 35 mètres chacun.Une telle fusée serait capable de placer sur orbite terrestre une superstation orbitale pesant de 130 à 150 tonnes, soit le double du Skylab ! En octobre 1983, la revue Aviation Week rapportait qu'une super-fusée était en préparation pour son lancement, au cosmodrome de Baïkonour.L'hebdomadaire ajoutait de plus qu'elle était recouverte de toiles, afin d'empêcher les satellites de reconnaissance américains de la photographier en détail.Le lancement semble donc imminent; il aura probablement eu lieu à l'heure où paraîtront ces lignes.La mise en service éventuelle de ce type de fusée ouvrira la voie aux Cités du Comos, baptisées «Kosmograd» par les Soviétiques.C'est à partir de ces installations spatiales que seront assemblés les vaisseaux qui mèneront des hommes aux planètes.rat, (fe« lese Mût, -un ksdu Àt ténor Lut ffintre Hune nique Wei téU|)| Hint % to Hii Ou ntnti Hijeoi Pou dél télftef > \ pl,%i 'Pis iusqi \ S 1ue„ Claude Lafleur A. UN PHYSICIEN-FONCTIONNAIRE ET INVENTEUR Efficacité du service multipliée par 15, trois fois plus de vérifications mais à un coût réduit de 90 pour cent, protection accrue contre les dangers de radiation pour les citoyens et, surtout, les enfants.voilà quelques-uns des avantages introduits par une invention — un système postal de vérification des appareils de radiologie — de Richard Tremblay, un physicien-fonctionnaire à l'emploi du ministère des Affaires sociales du Québec.À une époque où c'est plutôt la «faible productivité» des fonctionnaires qui est dénoncée, le communiqué de presse gouvernemental consacré à Richard Tremblay prend l'allure d'un baume sur une plaie encore ouverte car on y rencontre ces ingrédients devenus, selon les Cassandre gouvernementales,fort rares: «esprit inventif», «réalisation peu commune», «retombées (médicales et économiques) intéressantes».Physicien, Richard Tremblay est «inspecteur» — le mot ne lui plaît guère — d'appareils de radiologie dentaire, au nombre de 2 700 au Québec présentement.En vertu d'un règlement adopté en 1979, ces appareils doivent être vérifiés tous les trois ans par un physicien privé (tous les deux ans pour les appareils des cliniques radiologiques, des bureaux de chiropraticiens et de quelques médecins).Coût de cette vérification?300$.Outre que ce système est relativement coûteux, il présente l'inconvénient majeur d'être très lent, un appareil pouvant fonctionner longtemps tout en étant dangereux.Et attention! C'est environ 15 pourcentdesappareilsqui présentent un défaut de fonctionnement, dû bien souvent à la méconnaissance des utilisateurs.Des défauts, il y en a : émission d'une trop forte quantité de radiations, durée d'impulsion deux fois trop longue, faiblesse du kilovoltage (si bien que des photons ne sont pas assez «forts» pour traverser la peau et.y restent.Bonjour cancer!), trop grande surface irradiée (jusqu'à 17 centimètres alors que le champ ne devrait être que de 7 centimètres).Travail de détection que celui qu'effectuent Richard Tremblay et les autres inspecteurs qui, bon mal an, n'ont le temps que d'examiner une centaine d'appareils de dentistes choisis au hasard.Présentement, ils ne remplacent aucu- nement les inspecteurs privés qui, avec l'introduction du nouveau système inventé par Richard Tremblay et ses acolytes, verront cependant leur part du marché sensiblement réduite.Les appareils de radiologie dentaire, on l'a vu, peuvent pécher de plusieurs façons: dose à la peau, grandeur de champ, kilovoltage, qualité des faisceaux, temps d'exposition.Ce sont ces aspects qu'on analyse lors d'une inspection dont la durée moyenne est de 30 minutes.Désormais — et c'est là que «l'esprit inventif» de Richard Tremblay est venu simplifier tout le système — le dentiste pourra procéder lui-même à l'opération en quelques secondes.Comment?Tout simplement en radiographiant une cassette dans laquelle il aura préalablement introduit un film sensible aux rayons X et, surtout, une «carte» reçus par la poste.Cette carte, qui ressemble à un petit contenant dans lequel sont logées des piles rondes d'appareils photographiques ou de montres, contient quatre cristaux thermoluminescents.Ceux-ci ont la pro- priété de capter les radiations et, unefois chauffés, d'émettre de la lumière en proportion de la quantité de radiation reçue.L'utilisation de ces cristaux est déjà fréquente chez les employés de laboratoires radiologiques, qui disposent ainsi d'un instrument précis de mesure des radiations accumulées au fil des semaines et des mois.Ce système est connu sous le nom de dosimétrie personnelle.Un jour de décembre 1979, Richard Tremblay s'est demandé si certains des tests qu'il effectuait ne pourraient pas emprunter la voie des cristaux thermoluminescents.C'est le début d'une longue aventure de recherche et de travail à laquelle collaboreront son supérieur Jean Tremblay, qui lui laisse une grande marge de manœuvre, ainsi que Jean Saint-Arnaud, un autre physicien, et Jacques Côté, un technicien en sciences physiques.En cours de route, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) est venu prêter main forte pour le dessin et la réalisation du prototype opérationnel.De fait, on pousse si loin l'ingéniosité que l'autre côté de la cassette dans laquelle le dentiste insère le film et la carte de cristaux peut servir de cadre pour l'affichage — obligatoire — du permis d'utilisation des appareils radiologiques .Ce travail a souvent mobilisé Richard Tremblay.Aujourd'hui, alors que les problèmes sont résolus (ou presque, car il reste à régler celui de la durée d'exposition), il se demande avec un étonnement non feint: «Comment cela n’a-t-il pas été fait auparavant?» Le ministère des Affaires sociales ne pouvant détenir le brevet d'invention, celui-ci appartient à Richard Tremblay et à son supérieur, qui ont cependant cédé tous leurs droits au ministère.Dans le cadre du Programme de primes à l'initiative, la prime maximale de 5 000$ a été donnée à Richard Tremblay et ses collaborateurs Saint-Arnaud et Côté (ces deux derniers ont reçu cinq pour cent de la prime).Mais Richard Tremblay ne veut pas en rester là, l'invention, ça lui plaît.Il lorgne du côté de l'utilisation de vieux pneus.Mais il ne veut rien en dire pour le moment, surtout pas à Québec Science.François Huot L’ETAT DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES Sous la direction de Marcel Blanc \ SCltHCES ttCHHK**5 x /- ¦ Destinée aux chercheurs comme au grand public, une entreprise originale pour comprendre les enjeux contemporains des progrès scientifiques et techniques.¦ Science, technique et société.Un panorama des impacts sur la société du progrès scientifique et technique et des débats passionnés qu’il suscite: vie quotidienne, travail, enjeux politiques, idéologiques, éthiques et philosophiques, relations internationales.¦ Bilan des recherches.Un bilan des principales découvertes scientifiques et innovations techniques au début des années quatre-vingt, dans tous les domaines: de l’astrophysique à la biologie moléculaire, de la robotique à la vidéo-communication et aux énergies nouvelles, etc.¦ Les déterminants du progrès.Un tour d’horizon mondial des facteurs politiques et économiques qui conditionnent la recherche et le développement scientifiques et techniques dans les différents pays.¦ Par 128 spécialistes, 152 articles de fond, 103 bibliographies, 28 tableaux statistiques et des dizaines d’adresses utiles.¦ Volume de format pratique, relié, en vente en librairie à 17,50$.Si vous ne pouvez vous procurer ce livre chez votre libraire habituel, retournez ce coupon à l'adresse ci-dessous en y joignant un chèque.Nous assumons les frais d'expédition.I- Éditions du Boréal Express 5450, chemin delaCôte-des-Neiges, bureau 212, Montréal, H3T1Y6 Veuillez me faire parvenir_____exemplaire(s) de l'État des sciences et des techniques.Ci-joint un chèque de Nom: __________________________ Adresse:_______________________ __________________ Code postal QUÉBEC SCIENCE / février 1984 11 ACTUALITÉS INDUSTRIE MINIERE UN LENDEMAIN POUR SCHEFFERVILLE?Il semble que le vent de problèmes économiques qui balaie les villes minières de la Côte-Nord depuis 1982 soit l'occasion de réagir et de s'attaquer de front aux problèmes posés par l'exploitation du fer.«Le Centre de recherches minérales (CRM) se doit de répondre aux besoins immédiats de l'industrie minière, explique Marc-Denis Everell, directeur général du Centre.C'est pourquoi nous sommes attentifs à ce qui se passe sur la Côte-Nord.» Bien que le fer représente, en valeur, la plus importante exportation parmi les matières premières (près de 450 millions de dollars en 1982), il existe relativement peu de recherches ayant pour but l’amélioration de l'exploitation de ce minerai.Pourtant, la forte concurrence à laquelle les producteurs québécois ont à faire face sur les marchés extérieurs, particulièrement de la part des Brésiliens et des Australiens, aurait dû constituer une raison plus que suffisante pour mettre l'accent sur le développement de méthodes de production plus efficaces.Le CRM, un organisme de recherche sous la juridiction du ministère de l'Énergie et des Ressources du Québec (MER), consacrera le quart de ses efforts de recherche à l'industrie du fer pour l'exercice 1983-1984.L'an dernier, l'ensemble du budget de recherche et développement de cet organisme se chiffrait à près de 2,5 millions de dollars.Le CRM effectuera donc divers travaux de recherche pour améliorer la qualité du minerai de fer vendu sur les marchés Une vue d'ensemble de Tusine-pilote du CRM.Les chercheurs y expérimentent de nouveaux modes de traitement du fer.étrangers.Le Centre finance à 75 pour cent ces travaux, le reste est défrayé par l'industrie.L'amélioration de la qualité du produit correspond à une stratégie un peu plus complexe qu'il ne le paraît à première vue.Le Brésil et l'Australie disposent d'un minerai ayant une teneur en fer beaucoup plus élevée que celui du Québec.Il en coûte donc plus cher pour obtenir un résultat similaire.Par conséquent, il faut améliorer les techniques de production pour soit diminuer les coûts ou soit améliorer la qualité du produit.Au CRM, on croit qu'il est plus réaliste de tenter de présenter des boulettes de fer plus pures, par exemple, dont l'utilisation serait plus rentable pour l’industrie de transformation en dépit d'un coût plus élevé.D'autre part, le CRM étudiera également les moyens de mettre en valeur des gisements de différents métaux qui sont localisés dans la Fosse du Labrador, notamment le gisement du Lac Brisson, situé à 250 kilomètres au nord-est de Schefferville.Ce gisement contiendrait d'intéressantes réserves de différents métaux comme du niobium et du zirconium, considérés comme minerais stratégiques en raison de leur utilisation dans la confection de nouveaux alliages plus légers et résistants.Le niobium, par exemple, est utilisé dans les industries de l'aéronautique, de l'aérospatiale et de l'informatique.La mise à profit de ces gisements permettrait évidemment de consolider l'économie de la région en diversifiant ses produits d'exportation.Toutefois, la dépendance de l'industrie minière québécoise face aux marchés extérieurs demeure son problème majeur.Il existe peu de débouchés locaux, c'est-à-dire qu'il y a peu de transformation de la matière première au Québec; les producteurs doivent donc exporter le minerai non transformé.De la même façon, un nombre trop restreint d'utilisations commerciales constituera un frein à l'exploitation d'une ressource.C'est le cas du niobium et du vanadium où le marché est limité et la concurrence forte.L'existence de cartels dans des secteurs comme le lithium complique encore plus les percées commerciales.Par contre, pour ce dernier cas, l'industrie de l'aluminium, en plein développement au Québec, représente un des rares débouchés locaux, plus facile à utiliser.Le lithium peut être utilisé comme substitut au fluorure dans la fabrication d'aluminium.Il a l’avantage de réduire la consommation d'énergie tout en diminuant l'impact négatif des fluorures sur l'environnement.L'or est un autre métal qui jouit d'une situation privilégiée en raison de son fort prix sur le marché.Il est donc possible de développer des techniques, même un peu plus coûteuses pour retirer jusqu'à la dernière goutte d'or du minerai extrait.La marge de manoeuvre de l'entrepreneur est plus large.D'ailleurs, le CRM aide continuellement les nombreuses petites entreprises, qui caractérisent ce secteur, à tous les stades de la production, de l'extraction au traitement des effluents en passant par les méthodes de lixiviation.Finalement, toujours dans une optique d'aide à l'entreprise minière, le MER organise annuellement un séminaire d'information sur les travaux de recherche interne ou subventionnés par lui.Cette année, les universités québécoises se sont jointes au séminaire en présentant leurs propres travaux.À cette occasion, chercheurs comme industriels peuvent prendre connaissance de l'état des recherches géologiques et des explorations minières.L'ensemble de ces travaux vise à dresser un portrait, à cartographier le sous-sol québécois afin de faciliter le travail des compagnies minières qui cherchent de nouveaux gisements.Gilles Drouin 12 février 1984 / QUÉBEC SCIENCE BIOTECHNOLOGIE QUÉBEC JOUE SES CARTES Le gouvernement québécois consacrera 25 millions de dollars sur cinq ans au paiement des salaires de 85 anciens chercheurs de la compagnie pharmaceutique Ayerst qui oeuvreront dans la nouvelle société de recherche en biotechnologie à Montréal.Cette compagnie se concentrera sur le développement d'applications médicales ou alimentaires des biotechnologies.Cette somme représente une portion de l'argent que le gouvernement québécois aurait pu investir dans la création d'un institut international de biotechnologie à Montréal, en collaboration avec le gouvernement fédéral.Un autre montant de sept millions de dollars sera investi par la Société générale de financement (SGF) dans les recherches industrielles effectuées par cette compagnie qui sera située à Laval, vraisemblablement tout près de l'Institut Armand Frappier (IAF).D'ailleurs, l'IAF a suggéré que le nouveau centre de recherche soit installé sur son campus et qu'il y ait un accord de collaboration scientifique entre les deux organismes, ne serait-ce que pour éviter la duplication des recherches.Toutefois, l'IAF n'a pas accepté de participer directement à la création de la nouvelle compagnie.La société de recherche devient ainsi la seconde filiale de Bio-Méga, une compagnie opérant dans le secteur biotechnologique, propriété à 1 00 pour cent de la SGF.Celle-ci avait déjà créé, avec Biocel (un regroupement de chercheurs universitaires), la société Bio-Endo qui commercialise des produits médicaux et confie sa recherche en commandite aux actionnaires de Biocel.La nouvelle entreprise devrait également établir des liens étroits de collaboration avec l'INRS-Santé qui dispose déjà d'un équipement d'analyse intéressant.Cependant, ni leschercheursde cet organisme, ni ceux de Ayerst ne sont, pour le moment, des spécialistes en biotechnologie.D'ailleurs, les efforts initiaux de l'entreprise devraient porter sur des produits de chimie fine comme des peptides.La SGF prévoit des entrées de revenus dès la fin de la première année d'opération et un autofinancement après cinq ans.Gilles Drouin NOUVELLES PARUTIONS aux Presses de TUniversité du Québec CURMONT OUQAS LES RÉGIONS PÉRIPHÉRIQUES TEMPS, CULTURE ET SOCIETE Essai sur le processus de formation du loisir et des sciences du loisir dans les sociétés occidentales par Gilles Pronovost ISBN 2-7605-0328-3 1983, 354 pages 16,95$ Cet essai dresse un bilan des transformations dans l'espace, le temps et la culture qui ont contribué directement à la formation du loisir moderne, ainsi qu'un réquisitoire critique des études du loisir.Il soulève la question des limites actuelles des perspectives de la recherche.LES RÉGIONS PÉRIPHÉRIQUES Dédi au développement du Québec par Clermont Dugas ISBN 2-7605-0340-2 1983, 272 pages, 16,95$ Analyse critique des enjeux multiples qui sous-tendent /'organisation de la vie socio-économique, l'ouvrage étudie le cas des régions périphériques suivantes du Québec: Gaspésie—Bas-Saint-Laurent, îles-de-la-Madeleine, Côte-Nord, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Abitibi—Témiscamingue et Baie-James.En vente chez votre LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec G1T2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 Joindre votre paiement en incluant 1,75$ pour les essais d'envoi MATÉRIAUX DE REFERENCE DE RADIUM-226 Le Projet canadien de matériaux de référence annonce que les minerais d’uranium-thorium DL-1 a et DH-1 a et d’uranium BL-4a et BL-5 sont désormais reconnus comme matériaux de référence pour l’activité du radium-226 en analyse radiochimique.DL-1 a 0,0116% U, 0,0076% Th, 1,40 Bq/g Ra-226 DH-1 a 0,2629% U, 0,091% Th, 31,5 Bq/g Ra-226 BL-4a 0,1248% U, 15,5 Bq/g Ra-226 BL-5 7,09% U, 857 Bq/g Ra-226 Pour plus de renseignements sur ces matériaux ou sur tout autre matériau relevant du PCMR, veuillez vous adresser au: Coordonnateur du PCMR CANMET 555, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0G1 ¦ jél Énergie, Mines et Energy, Mines and I t Ressources Canada Resources Canada Canada QUEBEC SCIENCE / février 1984 13 LES BIOTECHNOLOGIES AU CRIQ Depuis trois ou quatre ans, les biotechnologies apparaissent pour plusieurs en mesure de régler de nombreux problèmes auxquels est confrontée notre époque: épuisement des matières premières non renouvelables, crise énergétique, pollution chimique, etc.De par sa vocation même, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), se devait d'être à l’écoute de ce qui se passait dans ce domaine de façon à pouvoir réagir rapidement et d'être en mesure d'aider les industries québécoises à se développer en utilisant au mieux ces nouvelles technologies.C'est dans ce contexte que le CRIQ a adopté, en mars 1983, un plan de développement de ses activités en biotechnologie.L'application de ce plan a conduit dans l'année en cours à des investissements d'environ 0,5 M$ en équipements et aménagement de laboratoires et à la mise en place d'une équipe de douze personnes en biotechnologie.Cette équipe est essentiellement constituée d'ingénieurs-chimistes et biologistes, de microbiologistes, de spécialistes en alimentation et de techniciens.Bien que peu nombreux, les membres de ce groupe sont toutefois entourés et supportés par les autres spécialistes du CRIQ dans les domaines des matériaux (plastiques et céramiques), de l'automatisation et du contrôle, de la conception d'équipement, de la thermique et du génie des procédés.LES AXES DE DÉVELOPPEMENT RETENUS Dans ce vaste monde des biotechnologies, qui va du génie génétique et des manipulations cellulaires à la lixiviation bactériologique des minéraux, en passant par la production d'antibiotiques et la culture de cellules végétales, le CRIQ a dû préciser davantage son domaine d'interventions en biotechnologie.Basé sur son objectif fondamental (aide technique à l'industrie québécoise) et sur ses compétences existantes (engineering et développement), le CRIQ a tout naturellement choisi d'oeuvrer au niveau du développement et de la mise au point des procédés biotechnologiques et des équipements qui seront ainsi requis.Mais travailler au niveau des procédés demeure un champ d'activités beaucoup trop vaste.Il fut ainsi décidé que l'action du CRIQ en biotechnologie serait orientée vers la transformation et la valorisation de la biomasse sous toutes ses formes (forestière, agricole, aquatique, déchets organiques divers) et vers la dépollution.Les produits qu’on espère ainsi obtenir par voie biologique sont de nature: Alimentaire: protéines d'organismes unicellu-laires, saveurs, acides aminés, additifs alimentaires, etc.Énergétique: éthanol et biogaz.Chimique: matières de base pour l'industrie des plastiques, alcools simples et supérieurs, agents sucrants ou édulcorants, acides organiques, etc.La fabrication au Québec de ces produits permettra de voir I implantation de nouvelles industries (donc, de nouveauxemplois), de diversifier la structure industrielle et de diminuer notre dépendance vis-à-vis des produits importés.QUELQUES EXEMPLES DE PROJETS EN COURS — Digestion anaérobique du lisier de porc La digestion anaérobique est une technique déjà utilisée pour la production de biogaz (mélange de bioxyde de carbone et de méthane) d'une part, mais aussi, et surtout, afin de réduire la charge polluante de plusieurs types de déchets organiques.C'est ainsi que le CRIQ a entrepris, il y a trois ans, le développement et la mise au point d’un digesteur dit «à films fixes» pour le traitement du lisier de porc, à partir d'une technologie développée par le Conseil national de recherches du Canada.Après avoir mis au point un petit digesteur à films fixes d une capacité de 50 litres, le CRIQ a installé et équipé chez un éleveur de porcs un laboratoire mobile (roulotte) de méthanisation, dans lequel il a installé un digesteur de 1 000 litres, une unité de séparation solides/liquides ainsi qu'un purificateur de biogaz.Ce système permet l'acquisition de données et le développement des différentes étapes du procédé.Enfin, le CRIQ a entrepris récemment, dans le cadre d'un contrat avec Agriculture-Canada, la construction d'un digesteur pilote à surfaces fixes de 50 m3.Ce digesteur, construit chez un éleveur de procs, pourra traiter le lisier d'environ 1 400 porcs et permettra d'expérimenter un nouveau type de surfaces fixes développé par les spécialistes en plastique du CRIQ, et fabriqué par un industriel de la région de Québec.— Fermentation Le CRIQ a amorcé depuis maintenant un an quelques projets en fermentation; mentionnons simplement, à titre d'exemples: • la valorisation protéinique de la pulpe de betteraves, par voie microbienne: ce projet vise à développer un procédé de fermentation en milieu solide qui permettrait d'augmenter la teneur en protéines de la pulpe de betteraves à sucre, rendant ainsi le produit plus attrayant pour des fins d'alimentation animale; • la fermentation d'hydrolysats de stocks lignocellulosiques: en collaboration avec le département de génie chimique de l'Université de Sherbrooke, le CRIQ s'est impliqué dans le développement d'un procédé d'hydrolyse acide des stocks lignocellulosiques; ce procédé vise à convertir l'hémi-cellulose et la cellulose en sucres fermentescibles; ces sucres, ou mélasses, seront par la suite fermentés afin d'obtenir différents types de produits chimiques, alimentaires ou énergétiques.• la fermentation du lactosérum: en collaboration avec le département de génie chimique de l'université Laval, le CRIQ a entrepris certains travaux de fermentation du lactosérum en utilisant une nouvelle souche de micro-organismes acidophiles qui permet d'opérer la fermentation dans des conditions relativement acides (pH 2).Ce sont là quelques exemples des travaux entrepris par le CRIQ dans le domaine des biotechnologies.Bien qu'il soient encore trop tôt pour juger de la valeur de ces travaux et de leurs retombées potentielles, on peut cependant affirmer que ces initiatives du CRIQ lui permettent d'être à l'écoute de ce qui se passe dans le monde dans le domaine des biotechnologies: c'est là una cquis positif non négligeable.PERSPECTIVES À MOYEN ET LONG TERMES Tel que mentionné au début de cet article, les biotechnologies ont fait naître de très grands espoirs, peut-être trop grands.Entre les prouesses du génie génétique et l'application industrielle, il y a un monde de difficultés à franchir.Pour s'implanter au niveau industriel, les procédés biotechnologiques se doivent d'être rentables et compétitifs.Tous les procédés et équipements de biotechnologie sont d'abord développés au niveau laboratoire, mais ils doivent par la suite subir l'épreuve de la mise à l'échelle jusqu'à l'implantation industrielle.Ces différentes étapes de mise à l'échelle des procédés sont généralement longues et coûteuses; on ne parle plus alors uniquement d'un bioréacteur ou d'un procédé de fermentation, mais plutôt d'un procédé global, incluant la préparation des matières premières et l'extraction, la purification ou la concentration du produit fini.Or, il apparaît que de nombreux problèmes, qui n'ont rien à voir avec la biotechnologie, demeurent encore à résoudre afin de rentabiliser ces procédés.Dans ce contexte, le CRIQ est heureux de pouvoir compter prochainement, dans la région de Québec, sur des facilités pilotes en fermentation qui seront implantées dans le cadre du centre de biomasse annoncé récemment par monsieur Gilbert Raquette, ministre de la Science et de la Technologie.La disponibilité de ces installations permettra d'accélérer la mise à l'échelle des procédés et facilitera le transfert technologique vers l'industrie.Avec son nouveau plan de développement en biotechnologie et ses professionnels dynamiques, le CRIQ entend contribuer selon ses moyens et ses compétences au développement des bioindustries au Québec, en étroite collaboration avec les milieux industriels et politiques intéressés, ainsi qu'avec les autres organismes de recherche impliqués dans le domaine de la biotechnologie.Source: Service des communications Centre de recherche industrielle du Québec PUBLIREPORTAGE 14 LE MONDE INTERLOPE DE L ADN Il semble de plus en plus évident que la proportion dans laquelle on retrouve deux protéines dans le sang soit un indice de prédisposition aux attaques cardiaques.En étudiant une famille particulièrement touchée par les maladiescorona-riennes, des chercheurs américains ont établi une relation entre un taux faible de lipoprotéines à haute densité dans le sang (HDL) et la précocité des attaques cardiaques.Cette lipoprotéine facilite l'engorgement des vaisseaux sanguins par certaines graisses.•Les chercheurs se sont ensuite rendu compte que le gène responsable de la fabrication de HDL était occulté par une grosse pièce d'ADN nomade.Cet intrus parasite appartient à un groupe de 6 500 bases d'ADN sans signification apparente qui joueraient un peu le rôle d'un dé dans l'évolution des espèces.(Nature) LA LAINE D'AGNEAU COMME APÉRITIF La laine d'agneau aiderait les nouveau-nés trop légers à gagner du poids plus rapidement que ceux qui sont langés dans des draps de coton.Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont fait cette constatation un peu par hasard, lorsqu'ils se sont rendu compte que des bébés sous incubateurs avaient pris du poids pendant deux jours consécutifs.Ils ont donc procédé à une petite expérience qui a donné les résultats suivants: sur 17 poupons langés de laine d'agneau, 12 ont engraissé de 22,7 grammes par jour tandis que 14 des 17 bébés-coton se sont contentés d'une moyenne journalière de 18,2 grammes.Les médecins croient que la laine d'agneau aurait un effet calmant alors que le coton serait une cause de stress.(The Lancet) février 1984 / QUÉBEC SCIENCE Sans frontières MAITRES CERAMISTES Les Britanniques viennent de marquer un point dans la course aux céramiques industrielles résistantes à la chaleur.Leur produit, le Syalon, compte parmi ses principaux acheteurs le Japon et les États-Unis, qui sont précisément leurs plus sérieux adversaires.Le produit vendu peut résister à des températures de 800°C, il est très dur, résistant au choc et aux variations subites de température tout en étant léger.Les céramiques sont présentement utilisées par les Japonais pour des chambres de pré-combustion de moteurs diésel.Elles ont aussi l'avantage de peu souffrir de la friction ; il semblerait, qu'en s'usant, la céramique dégagerait un gaz d'azote qui agirait comme lubrifiant.Dans les prochains mois, les Britanniques lanceront sur le marché des céramiques plus résistantes encore.(New Scientist) UN FREIN À L'HÉMORRAGIE Une équipe de chercheurs américains est parvenue à isoler le gène du facteur huit, un des agents coagulants du sang dont les hémophiles sont dépourvus.Actuellement, ce facteur huit est extrait du sang de donneurs.Il en coûte 500$ pour une dose d'une efficacité de quelques heures seulement.Une personne hémophile qui voudrait vivre sans risque d'hémorragie prolongée devrait débourser au bas mot 10000$ par année.Une opération chirurgicale moyenne pourrait facilement lui coûter 75 000$ de ce produit.En plus, une dose d'un facteur huit d'origine humaine, qui peut provenir de plusieurs centaines d'individus, a aussi l'inconvénient de transmettre régulièrement des maladies comme l'hépatite.Les chercheurs pensent que le gène devrait produire son premier facteur huit d'ici l'été prochain.Une production commerciale est possible d'ici cinq ans.Un facteur huit plus pur et plus économique serait donc à la disposition des hémophiles d'ici la fin de la décennie.(The Washington Post) UN APPÉTIT D'ENZYME Des chercheurs ont isolé une enzyme qui dégrade la lignine du bois rendant la production de papier plus propre et plus économique.La lignine est cette partie du bois qui est pratiquement intraitable.L'enzyme parvient à rompre les liens qui unissent les molécules de la lignine.Ceci permet d'utiliser moins de produits de blanchiment de la pâte comme le dioxyde de chlore et le peroxyde d'hydrogène.L'enzyme pourrait aussi être employée pour la récupération de certaines parties intéressantes des effluents comme le phénol ou le xylène.(High Technology) L'UNIVERS EST SALE C'est IRAS, le satellite- télescope à infrarouge qui rend ce verdict.Le satellite congelé (-2710 C), qui a cessé ses opérations fin novembre, a pu repérer une quantité incroyable de poussières interstellaires suggérant ainsi que le rythme de formation de nouvelles étoiles serait plus élevé que prévu par les astronomes.Il pourrait atteindre le taux d'une par année dans notre Voie lactée.IRAS a également vu une cinquantaine d'étoiles susceptibles d'entraîner des systèmes planétaires, découvert cinq nouvelles comètes et une petite lune de moins de deux kilomètres de diamètre autour de Mercure.En tout, le satellite de 250 millions de dollars a récolté des informations de 200 000 sources différentes dont l'analyse occupera les scientifiques pour plusieurs mois encore.(Time Magazine) «lîl 1 llin (eso Ctp peut ses li près i » :-ï § j Ü13 K [filisj 1 Ile 1 ««k 2 ifei I *5 ne seür ; fcinj Stills Psi: liîi «îltif hnd Hi fr»Mr 11 in tte 1 V S 15 QUÉBEC SCIENCE / février 1984 .LES CAPRICES DU VENT Il arrive parfois qu’un fort courant d'air descendant éclate en une multitude de petits courants de vélocités différentes.Ce phénomène, le cisaillement du vent, peut avoir des conséquences désastreuses lorsqu'il se produit en basse altitude près d'un aéroport, comme l'écrasement d'un Boeing 727 en juillet 1982 à la Nouvelle-Orléans.Les météorologues comprennent bien certains types de cisaillement qui se produisent près des montagnes ou aux limites d'un front froid ou chaud.Par contre, ceux qui apparaissent à basse altitude sont pratiquement imprévisibles.Ils ne durent que quelques minutes et s'étendent sur un espace de quelques kilomètres seulement (un à trois).Les seuls moyens de prévention se limitent pour l'instant à deux possibilités: un entraînement des pilotes pour leur permettre de faire face à ces conditions de vol et d'éviter les zones potentiellement dangereuses; l'installation d'un plus grand nombre d'appareils de surveillance des mouvements de l'air à proximité des aéroports.(New Report) ROULER LA NUIT Pendant une période de trois ans, les conducteurs interceptés la nuit ont écopé de billets de contravention dans une proportion de 71 pour cent alors que, pendant le jour, ce pourcentage tombait à 58 pour cent, le reste n'obtenant que des avertissements.Les psychologues qui ont fait l'étude croient que l'absence de sommeil rendrait les policiers plus irritables et agressifs.À moins que la nuit incite les conducteurs à l'imprudence.Pourtant, une autre étude, israélienne celle-là, a montré que les automobilistes nocturnes se souvenaient davantage des signaux de sécurité situés en bordure de la route dans un rapport de trois contre un (17 pour cent contre 5 pour cent).(Psychology Today) TOUT EST RELATIF Des habitants de Seveso, en Italie, seraient sur le point de pouvoir cultiver de nouveau leurs jardins situés dans une zone contaminée par la dioxine en 1976.Non, la dioxine ne s'est pas envolée, mais les autorités songent sérieusement à augmenter la norme.Elle passerait de 5 à 15 microgrammes par mètre carré.Environ 5 000 personnes sont toujours autorisées à vivre dans cette zone.Toutefois, ils ne peuvent ni jardiner, ni élever des animaux, ni laisser leurs enfants jouer dehors.Si la norme est modifiée, les gens pourront recommencer à vivre normalement dans cette zone.Le problème, c'est que, pour l'instant, personne ne sait vraiment de quelle façon la dioxine est absorbée ou accumulée par l'organisme humain, ni quelle menace elle représente réellement pour la santé humaine.(New Scientist) LE SIXIÈME SENS SOVIÉTIQUE Le service de recherche du Congrès américain s'est intéressé dernièrement à la parapsychologie.Dans son rapport, on apprend que les États-Unis ne consacrent qu’un maigre 500 000$ à de telles recherches alors que le même budget en Union soviétique est estimé à quelques dizaines de millions de dollars.Aux États-Unis, les travaux porteraient principalement sur la perception extrasensorielle et la télékinésie.Les possibilités d'interactions avec les ordinateurs captivent également les chercheurs.Les Soviétiques n'admettent seulement que l'utilisation des pouvoirs de sourciers pour l'exploration minière pendant que les Chinois, eux, explorent les possibilités médicales.(Science) DE L’EAU DANS L’ESSENCE Les automobilistes de Mexico pourront bientôt faire l'essai d'un mélange de carburant un peu spécial: 90 pour cent d’essence et 10 pour cent d'eau.La technique, connue sous le nom d'Emul-sistem a été développée en Italie par la société Agip qui l'a essayée sur les Ferrari turbo pendant la dernière saison de formule un.L’avantage principal ne serait pas une performance supérieure mais plutôt une diminution de l'émission de polluants de 40 à 60 pour cent lorsqu'on roule à 65 kilomètres/heure.(Interpress Service) MEFIEZ-VOUS DES EAUX CALMES On croyait jusqu'à récemment que le fond de l'océan était un endroit froid, sombre et calme.Eh bien, un chercheur américain qui étudiait le fond marin au large de Boston a mesuré un courant pouvant atteindre jusqu'à 1,6 kilomètre/ heure.Cette vitesse peut sembler faible, mais il ne faut pas oublier la masse importante d'eau déplacée et les forces en cause.Le chercheur pense qu'il est impossible de garantir, dans ces conditions, qu'un objet lourd, comme un contenant de déchets radioactifs, restera à l'endroit où on l'aura déposé.(Science Digest) LES PREMIERS AMÉRICAINS Tout le monde sait que les Amérindiens étaient ici bien avant Christophe Colomb ou n'importe quel autre représentant du vieux continent.Par contre, la date de l'arrivée des premiers habitants de l’Amérique demeure un objet de controverses.Jusqu'ici, on a cru que remonter à 12 000 ans était suffisant, mais des découvertes successives de vestiges d'installations humaines semblent vouloir faire reculer le jour «J» à près de 40 000 ans, pour les plus conservateurs.En effet, des fouilles effectuées au Mexique ont permis de découvrir des outils placés près d'ossements d'animaux disparus dont l'âge oscille entre 20 000 et 40 000 ans.Actuellement, le site le plus près des 12 000 ans se trouve en Argentine.Il semble donc évident que les Asiatiques qui ont émigré en Amérique en empruntant le détroit de Béring au nord, ont dû le faire bien avant 12 000 ans pour aller oublier leurs outils en Argentine.C'est un peu pourquoi les plus enthousiastes risquent même le chiffre de 200 000 ans comme premier débarquement asiatique en terre américaine.(Scientific American) Gilles Drouin ONF VOICI DEUX NOUVELLES FAÇONS DE RÉSOUDRE VOS PROBLÈMES GRÂCE À HEWLETT PACKARD i n n irTcl l.u U ____________________ ________________________ ______ _______ ING »«> jSST | |gîo| | SIN | jcosj | TAM | jEExj HEWLETT PACKARD h gel i 3 n n I C.U U La HP-11C et HP-12C rn du f 1 f 1 f ct° 1 f C’' 1 t N' 1 I DflTE 1 [ BEC ] [ END 1 [ MEM 1 f 1 PRICE SOYD PRGM «ÿj [ÇLXj HEWLETT PACKARD $1 31 -50 $174,50 HP-11C HP-12C UNE PROGRAMMATION ÉLABORÉE UNE PROGRAMMATION AVEC: • 8 étapes de programmation et 20 AVEC: • 63 étapes et 21 mémoires adressables ou 203 étapes de programmation et 1 mémoire adressable.mémoires adressables ou 99 étapes de programmation et 7 mémoires adressables.• 4 niveaux de sous-routines.• Enregistrement indirect (1 ).• 5 clés à définir (A-E).CALCULS DE: • Prix et dates à l’échéance d’obliga- tions.• Taux internes de rentabilité.• Taux d’hypothèques.• Dépréciation.• Intérêts pour période différée.GÉNÉRATEUR DE NOMBRES ALÉATOIRES FONCTIONS HYPERBOLIQUES FONCTIONS SCIENTIFIQUES FONCTIONS STATISTIQUES FONCTIONS STATISTIQUES AUTRES CARACTÉRISTIQUES - Boîtier mince - Affichage à cristaux liquides - Mémoire continue afin de conserver les programmes et les données - Fonctionnement avec piles alcalines ou à l’oxyde d’argent.* Une réduction supplémentaire est accordée à nos membres.Des dépliants détaillés sont à votre disposition.Pourquoi payer plus cher ailleurs?Venez nous voir.* Commandes postales acceptées avec chèque visé, prière d'ajouter la taxe de vente provinciale [9%] et les frais d'expédition de $4.00 [$6.00 pour les modèles de plus de $200.].¦Las prix sont sujets à changement sans préavis» COOPERATIVE ETUDIANTE DE POLYTECHNIQUE Voocjo/ C.P 6079, Suce.«A» Montréal H3C 3A7 Tél : (514) 344-4841 LOCAL C-106 Ecole Polytechnique Campus de l'Université de Montréal CHEMIN DE POLYTECHNIQUE QUEEN MARY U O Au cours des dix prochaines années, l'on s’attend à ce que la biotechnologie remplace de nombreux procédés de production traditionnels et que, de ce fait, elle apporte une importante contribution à la croissance économique du pays.L’univers de la biotechnologie est extrêmement vaste et requiert l’intégration de domaines aussi variés que le génie, la microbiologie, la biologie cellulaire, la génétique, la biologie moléculaire, la physiologie, la biochimie, la microélectronique, l'économie, le commerce et le droit! La biotechnologie offre, de plus, des possibilités très intéressantes dans des domaines comme l'exploitation forestière, la mise au point de plantes à très haut rendement ou la récupération du minerai.Des techniques très spécialisées Le potentiel économique de l’exploitation des processus biologiques des cellules végétales, animales et des micro-organismes pour la production de produits chimiques et pharmaceutiques, d’aliments ou d’énergie est considérable.De plus, ce sont des nouvelles techniques hautement spécialisées qui en sont responsables.À l’aide de techniques telles la recombinaison génétique, on insert de nouveaux gènes dans l’ADN de cellules vivantes pour leur conférer des caractères nouveaux.Cette méthode de recombinaison génétique a déjà été utilisée au Canada pour la mise au point de cellules productrices d'insuline humaine.En raison de sa souplesse et des possibilités d’application qu’elle représente, cette technique de recombinaison génétique sera appelée à jouer un rôle important dans les réalisations futures.On se sert également d'une méthode plus directe s'appuyant sur la fusion cellulaire.Dans ce procédé, l’objectif n’est pas d’introduire des gènes nouveaux à travers la membrane cellulaire, mais plutôt d’éliminer cette Les plasmides qui sont des boucles d’ADN rencontrées chez les bactéries (1) permettent de démontrer la production de protéines utiles par les cellules.Des enzymes (composés organiques) transportent le plasmide hors de la cellule bactérienne et le coupent à un site particulier (2).Un nouveau segment d’ADN contenant l’information génétique nécessaire à la production d’une protéine recherchée est inséré dans le plasmide puis soudé aux extrémités à l’aide d’autres enzymes (3).Le plasmide ainsi refermé est réintroduit dans la bactérie (4) et les instructions relatives à la production de la protéine sont transmises aux générations suivantes (5).L’insuline et l’hormone de croissance humaines sont deux exemples de protéines biologiquement fabriquées à l’aide de cette technique.L’institut de recherche biotechnologique de Montréal Le nouvel institut du CNRC sera construit au coût de 61 millions de dollars et lorsqu’il sera terminé en 1986, il emploiera 220 personnes et pourra accueillir 80 chercheurs des universités et de l’industrie.L’un des principaux objectifs de l’institut sera de travailler en collaboration avec l’industrie canadienne pour lui permettre de poursuivre des travaux de recherque qui, autrement, seraient hors de la portée d’une seule compagnie.C’est un pas de plus dans rétablissement de réseaux entre les gouvernements, les universités et l’industrie pour favoriser la recherche en biotechnologie et assurer à l’industrie canadienne l’aide dont elle a besoin pour accroître sa productivité et sa compétitivité dans ce secteur en rapide expansion sur la scène internationale.Pour en savoir davantage sur la biotechnologie, écrivez au: CNRC Service de l’information et des relations publiques Édifice M-58 Chemin de Montréal Ottawa (Ontario) Kl A 0R6 Conseil national National Research de recherches Canada Council Canada Canada dernière complètement.Une fois débarrassées de leur membrane, deux cellules de type différent (ou même plus) peuvent être unies par fusion pour donner de nouvelles formes hybrides sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à la reproduction sexuelle qui, dans ce cas, est difficile à réaliser.Publi-reportage 18 Des MUSCLES en pilules février 1984 / QUEBEC SCIENCE Combien d’athlètes rêvent, pour gagner les Jeux, de trouver la potion magique qui leur assurera la victoire?par Raynald Pepin Caracas, dimanche le 28 août 1 983 : c'est la fin des compétitions.Jamais des Jeux panaméricains n'auront fait autant la manchette.Mais pas de la façon souhaitée: 16 athlètes, dont 11 haltérophiles, ont été trouvés coupables d'usage de drogues interdites.Deux Canadiens, Guy Greavette et Michel Viau, font partie des fautifs.Les stéroïdes anabolisants sont en cause dans 12 des 16 cas.Qui plus est, 12 athlètes américains ont quitté les lieux, avant même de concourir, par peur des contrôles antidopage.Deux mois plus tard, à Montréal, autre coup d'éclat.Quatre haltérophiles canadiens revenant des championnats mondiaux d'haltérophilie tenus à Moscou se font arrêter aux douanes de l'aéroport de Mirabel.Dans leurs valises, plus de 20 000 pilules de stéroïdes anabolisants et 400 ampoules de testostérone, «dissimulées» dans des bouteilles de vitamines.Et ce n'est probablement que la pointe de l'iceberg.L'ÉTERNELLE QUÊTE DE LA POTION MAGIQUE L'utilisation des drogues n'a pas commencé à Caracas, et ne se limite pas à l'activité sportive non plus.Il y a belle lurette que les humains essaient d'augmenter leurs capacités physiques, mentales ou psychologiques en ingérant différentes substances.Mais depuis deux siècles, le phénomène a connu une inflation vertigineuse, notamment grâce aux progrès de la chimie moderne.Le sport pouvait difficilement échapper à la tendance générale.Qui n'a pas déjà rêvé d'être Superman (ou sa contrepartie fémi- nine)?Malheureusement, le corps a ses limites, difficiles à dépasser.L'homme en vient donc naturellement à chercher des moyens artificiels pour augmenter ses possibilités.Popeye et ses épinards, Astérix et sa potion magique reflètent de façon légendaire la quête éternelle du produit miracle.Les premiers cas de dopage prouvés et documentés dans le domaine sportif remontent à la fin du 19e siècle en Europe.Petit à petit, tout y passa : caféine, cubes de sucre trempés dans l'éther, alcool, strychnine, et même la nitroglycérine! Les stimulants, largement utilisés par les armées des deux camps durant la Seconde Guerre mondiale, se sont généralisés.Puis dans les années 50, le dopage s'est répandu chez les sportifs, avec surtout les amphétamines et, par la suite, les stéroïdes anabolisants en tête de peloton.En 1962, par exemple, des contrôles inopinés chez des cyclistes italiens permirent d'estimer à 47 pour cent la proportion de ceux qui se dopaient! La mort de quelques athlètes, comme celle du cycliste Tony Simpson qui succombait d'une trop forte dose d'amphétamines lors du Tour de France 1967, devait mettre le problème en lumière et sensibiliser les milieux sportifs.TOUT LE MONDE LE FAIT.En cette année 1967, justement, le Comité international olympique publiait une première liste de substances interdites, et les Jeux d'hiver de Grenoble, l'année suivante, furent le théâtre des premiers contrôles antidopage.Mais ce n'était pas suffisant pour éliminer vraiment le problème.Une enquête menée en Suède en 1 975 devait rapporter que 75 pour cent des lanceurs (poids, disque, marteau et javelot) en athlétisme prenaient des stéroïdes anabolisants.En fait, 31 pour cent de tous les athlètes en prenaient, selon cette étude.Les athlètes apprirent à éviter le dopage avant les compétitions importantes durant lesquelles des tests avaient lieu.Aux Jeux olympiques de Montréal, en 1976, les contrôles décelèrent seulement onze contrevenants, dont huit athlètes ayant pris des anabolisants.Mais il y a eu Caracas, et les révélations d'athlètes eux-mêmes: la majorité des compétiteurs, surtout dans les disciplines de force (haltérophilie, lancers) se doperaient aux stéroïdes, au moins durant l'entraînement.D'après John wmmm QUÉBEC SCIENCE / février 1984 19 Éfc~ y •“*1 »> 1 i::W| â # McArdle, un lanceur de marteau américain, plus des deux tiers des athlètes de niveau international en prendraient aujourd'hui.Selon une enquête récente menée par le Conseil de la médecine sportive, environ 10 pour cent des athlètes d'élite canadiens utilisent des stimulants et 5 pour cent des stéroïdes anabolisants; mais seulement un tiers des athlètes sollicités ont accepté de répondre! Dans le sport professionnel, la situation n'est pas meilleure, en particulier au football américain.Est-ce la loi du sport qui le veut?Pour Robert Dugal, directeur de l'INRS-Santé, qui s'est occupé du contrôle du dopage aux Jeux olympiques de Montréal, «le milieu athlétique reste un milieu fermé, assez particulier, où courent beaucoup de mythes.Les athlètes aiment à penser que leurs capacités physiques vont être augmentées par toutes sortes de trucs ou de moyens électromécaniques, diététiques, médicamenteux et autres — ils veulent croire en quelque chose.Mais surtout ils sont poussés au dopage par tout un système social et politique.La victoire, surtout en compétition internationale qui sert de substitut pacifique à l'affrontement armé, est hautement valorisée et apporte prestige personnel et avantages financiers importants.» D'autre part, il faut considérer qu'une carrière athlétique ne dure pas longtemps: accélérer les effets de l'entraînement est drôlement tentant pour l'athlète.UME PHARMACIE BIEN REMPLIE Les médicaments qui suscitent tout cet intérêt sont nombreux: la liste du Comité international olympique (CIO) comprend une centaine de drogues interdites.Les tireurs peuvent prendre des sédatifs comme le Valium ou le Librium pour se calmer et réduire les mouvements indésirables; les barbituriques, la codéine, la morphine sont utilisés pour réduire la tension et la nervosité.Lesamphéta-mines, l'éphédrine repoussent les limites normales de la fatigue., et par là peuvent amener l'athlète à imposer un effort trop dur à son corps.Les stéroïdes anabolisants, quant à eux, favorisent l'accroissement de la masse musculaire. 20 février 1984 / QUÉBEC SCIENCE Sophie fait un malheur La détection de substances étrangères dans le sang ou l'urine a toujours présenté des difficultés, mais les appareils et les techniques d'analyse modernes en ont maintenant aplanies plusieurs.Pour le contrôle du dopage sportif, c'est l'urine qui est récoltée : cela facilite le prélèvement et la suite de l'analyse, l'urine ayant l’avantage d'être plus épurée que le sang et de contenir les métabolites des médicaments en plus grande quantité.Comme le dit Robert Dugal, il ne suffit pas ensuite de «mettre le pipi dans la machine»: les drogues bannies appartiennent à plusieurs classes chimiques, et il faut isoler ces différents groupes, concentrer et purifier les échantillons.D'autant plus que le laboratoire ne dispose que de 20 millilitres d'urine, un peu plus d'une cuillerée à soupe ! Une fois les étapes préliminaires franchies, Sophie entre en scène.Ainsi nommée, paraît-il, par un journaliste français qui en avait marre des maux de tête que lui causaient les noms techniques, Sophie représente en fait la combinaison d'un chromatographe en phase gazeuse et d'un spectromètre de masse, couplés à un système de traitement de données.Le chromatographe est constitué par un capillaire de quartz recouvert de silicone à l'intérieur, long de 50 mètres et enroulé sur lui-même, dans lequel circule un gaz porteur inerte et léger, généralement de l'hélium.Un échantillon d'un millilitre d'urine est inséré dans l'appareil, qui en prélève lui-même cinq microlitres (!) et l'injecte dans le tube.Les divers composés chimiques migrent à une vitesse différente dans le capillaire, selon leurs affinités respectives pour les parois, et sont recueillis à la sortie par un détecteur, qui enregistre un spectre sur lequel chaque substance décelée est signalée par un pic.La température de l'ensemble est maintenue aux alentours de 300°C, suffisante pour vaporiser le mélange sans amener la décomposition des produits analysés.En comparant le spectre de l'échantillon avec un spectre témoin obtenu à partir d'un mélange connu, on peut déceler avec très peu d'incertitude les substances présentes.Pour plus de sûreté, les produits séparés à la sortie sont analysés au moyen d'un spectromètre de masse, dans lequel les molécules sont bombardées et fragmentées par un faisceau d'électrons.Les ions produits sont départagés par un passage dans des champs électrique et magnétique, et leurs masses déterminées.La substance mère peut alors être identifiée de façon certaine, autant que l'est une personne à partir de ses empreintes digitales.La précision de ce système est telle que celui-ci peut détecter une quantité d'un nanogramme (un milliardième de gramme) d'une substance! Une dose très normale de cinq milligrammes d'amphétamines peut ainsi être décelée plus de cinq jours après administration ; quant aux stéroïdes, cela peut aller jusqu'à trois ou quatre mois.La durée de l'analyse varie d'une heure, quand elle ne concerne que les stimulants, à une journée entière pour le dépistage des stéroïdes anabolisants.Naturellement, les coûts varient en proportion de la précision requise.Un chromatographe vaut 35 000 dollars, un spectromètre de masse entre 275 000 et 600 000 dollars, dépendant de la sensibilité.Pour les jeux de Montréal, en 1976, l'INRS avait acheté six chroma-tographes et un spectromètre.L'équipement une fois acquis, les tests coûtent, selon le nombre d'échantillons et les produits à déceler, entre 100 et 150 dollars pour chaque échantillon : ce tarif tient compte de l'amortissement des appareils et de la quantité de manipulations nécessaires.Pour des raisons que l'on devine, les athlètes ont cherché à contourner les tests, surtout au début.Par exemple, en R.Dugal, directeur d'INRS-Santé, responsable du contrôle des drogues lors des Olympiques de 1976.>* ¦» y J lie mrMxë.absorbant des substances alcalines (basiques), ils pouvaient limiter le passage dans l'urine de bases faibles comme les amphétamines.Aujourd'hui, quand l'urine analysée, normalement acide après un exercice physique (pH de 5-6), a un pH de l'ordre de 6,5-7, on sait qu'il faut simplement chercher un peu plus.Un test positif déclenche tout un branle-bas: l'athlète est prévenu, ainsi que son entraîneur, les représentants de son pays et de la fédération sportive concernée.L'analyse est répétée devant tout ce monde sur un deuxième échantillon d'urine prélevé en même temps que le premier et conservé dans cette éventualité.Aucune de ces substances ne se trouve naturellement dans l'organisme, et c'est pourquoi leur présence dans le sang ou l'urine est l'évidence d'un dopage.À moins, excuse souvent employée, que l'athlète n'ait eu à l'utiliser lors d'un traitement médical.La situation est moins simple quand des substances présentes naturellement dans l'organisme ou la diète ordinaire des athlètes sont en cause.En particulier la testostérone, une hormone mâle qui contribue à la croissance des muscles, et la caféine.Pour ces produits, le CIO a dû piloter des études poussées pour fixer un seuil de concentration au-delà duquel on peut être tout à fait certain qu'il y a eu dopage.L'équipe de Robert Dugal a ainsi constaté que même après un «dopage» à coups d'expressos, la concentration de caféine dans l'urine des gros buveurs de café ne dépassait pas deux ou trois microgrammes par millilitre.Aux Jeux olympiques d'hiver de Lake Placid en 1 980, certaines des urines alors analysées contenaient 7, 10 et même 15 microgrammes décaféiné QUÉBEC SCIENCE / février 1984 21 Les vrais sportifs, ça existe encore ’ ’•mp* Une petite salle d'entraînement dans une école secondaire de Sainte-Foy, remplie de bruits métalliques et de cris exprimant l'effort intense.Une quinzaine d'haltérophiles, en majorité assez jeunes, suent sang et eau.L'énergie dépensée est presque palpable.Ravel Ramires, l'entraîneur, communique son enthousiasme: il a commencé à faire de l'haltérophilie à 18 ans et, à 46 ans, il continue encore.Denis Larochelle, 27 ans, et Claude Harvey, 28 ans, lèvent des poids depuis plusieurs années.Le premier vient de satisfaire aux standards canadiens, en réussissant à l'arraché 100, puis 105 kilos.Dans sa catégorie, les meilleurs Canadiens lèvent 120-125 kilos.Dans une discipline très échaudée par la controverse du dopage, leurs opinions sont rafraîchissantes.Pour eux, pas question de toucher à «çà».Même si Denis, compétitionnant au niveau national, sait qu'il peut difficilement rivaliser avec des adversaires bourrés aux stéroïdes, il ne semble pas trop s'en formaliser: «Je sais qu'il me faudra plus d'années d'entraînement que d'autres qui se dopent pour me rendre au même niveau, mais ça ne me frustre pas trop.En fait, ça me motive, des gars comme ça.J'aimerais arriverà lever autant sinon plus qu'eux, et pouvoir leur dire après: Regardez, je n'ai pas pris de cochonneries.» Mieux, leur sobriété presque étonnante ne s'arrête pas là.Pas de pilules de protéines, de ci ou de ça, de bourrage de vitamines, et même pas l'idée d'un ou deux petits cafés pour se stimuler! Claude a déjà participé à des compétitions nationales.La plupart des haltérophiles de niveau national ou international qu'il a connus se dopaient.C'est plus facile pour eux: ils rencontrent de temps en temps des athlètes venant des pays de l'Est, qui semblent disposer d'une véritable pharmacie et en feraient un peu de commerce.Quant à Pavel Ramires, il déclare catégoriquement qu'il ne veut pas entraîner quelqu'un qui prendrait des anabolisants.Ce n'est simplement pas conforme à sa vision du sport.par millilitre.concentrations qui ne peuvent être dues qu’à l'ingestion de pilules.À cette époque, la caféine et la testostérone n'étaient pas encore réglementées par le CIO, faute de méthodes d'analyse sûres: elles l'ont été pour la première fois aux Jeux de Caracas.LES ANABOLISANTS ONT LA VEDETTE Les «vedettes» du dopage sportif et.des Jeux de Caracas restent sans contredit la testostérone et les stéroïdes anabolisants.Ces derniers constituent une importante classe de composés chimiques, comprenant le cholestérol et les hormones sexuelles, oestrogènes et testostérone en particulier, qui sont sécrétées par les ovaires et les testicules en proportions variables selon le sexe.Chez le garçon, la testostérone déclenche la croissance de la barbe, rend la voix plus grave et le système génital fonctionnel (effets androgéniques).C'est aussi la testostérone qui favorise la croissance de la masse osseuse et surtout des muscles (effet anabolisant).Comme l'hormone se retrouve en plus grande concentration chez l'homme, la musculature de celui-ci devient plus importante que celle de la femme, alors qu'avant la puberté, les différences étaient peu sensibles.En ajoutant ou en enlevant divers radicaux chimiques au noyau original de la testostérone, on a tenté d'obtenir des molécules dont les propriétés androgéniques seraient minimisées tout en conservant l'action anabolisante : les stéroïdes anabolisants entraient en scène! Dans les années 40 et 50, ils ont servi d'abord à «retaper» les rescapés des camps de concentration après la Seconde Guerre mondiale, puis ont été utilisés pour traiter l'anémie, les grands brûlés et les patients ayant une opération majeure, car on croyait que les stéroïdes avaient une action régénérative.Les athlètes se sont dit que si la testostérone et ses dérivés contribuaient à forger le physique masculin, alors des quantités supplémentaires d'hormones feraient d'eux de vrais Hercule.Dans les années 60, l’usage des stéroïdes s'est généralisé dans le monde sportif.Après leur interdiction par le CIO en 1974, les athlètes se rabattirent sur la testostérone, plus nocive.Et maintenant la testostérone elle-même est prohibée.Quelle sera la prochaine drogue salvatrice?UNE EFFICACITÉ TRÈS CONTESTÉE L'action de la testostérone et des stéroïdes est relativement bien comprise, au moins à une concentration normale.Le nombre de fibres (cellules) musculaires ne varie pas : c'est leur grosseur qui augmente.La testostérone stimule l'activité métabolique des noyaux des cellules et la synthèse des protéines s'amplifie.Le nombre de filaments contractiles, formés de protéines, s'accroît dans les fibres musculaires, et le muscle acquiert ainsi plus de force.L'entraînement produit les mêmes résultats, mais moins rapidement; s'il est interrompu, le volume et la force des muscles décroissent peu à peu. Un assortiment de différentes drogues que consomment certains athlètes pour accroître leurs capacités.OIN 005592 £ P1 ^anabd y^handrostenolo^6 I ’aWetsN.F i frugala'?do (udénoro^ |\i fLES ^UlPLF.DOSE 1 llJliiraN a 92-puion«x *|î 'Jjfi foione Phcnpf0 ^rgnno*^; ¦ & ’mmm | En concentration élevée, l'effet des stéroïdes est beaucoup plus controversé.Certains chercheurs croient à une production accrue de protéines, mais d'autres considèrent que le gain en poids et en volume du muscle ne serait dû qu'à une rétention d'eau accentuée, sans qu'il y ait augmentation de la force directement par les stéroïdes.Cet alourdissement est quand même profitable dans des disciplines telles que les lancers en athlétisme ou le football.Le gain de poids peut être important.Un joueur de football des Chargers de San Diego, aux États-Unis, a révélé avoir pris 20 kilos en absorbant chaque jour, durant six semaines, 15 milligrammes de Dianobol, un anabolisant.La dose recommandée pour les applications médicales est de cinq ou six milligrammes par jour! Ce joueur fait pourtant partie des sportifs «raisonnables», car les cas d'ingestion de 50 ou 100 milligrammes par jour ne sont pas rares.«Les athlètes sont un peu fous, de dire Robert Dugal.S'administrer de cinq à six fois la dose correcte ne leur fait pas peur.» Certains athlètes sont convaincus que les anabolisants accélèrent le développement des muscles et l'augmentation de la force, et qu'ils peuvent ainsi remplacer des années d'entraînement.Mais si quelques recherches scientifiques ont conclu à une légère augmentation de la performance à la suite de l'absorption de stéroïdes, d'autres n'observaient pas de différence entre un groupe dopé et leur groupe témoin.Comme dans tout traitement médical, la dimension placebo du dopage est indéniable.L'athlète qui croit aux anabolisants peut inconsciemment s'entraîner davantage, croire plus en ses progrès, réels ou imaginaires.L'ENVERS DE LA MÉDAILLE L'aspect dommageable des stéroïdes suscite peu de controverse, lui.Des doses importantes prises durant une période assez longue semblent causer des lésions au foie, augmentent la pression sanguine etamènent de l'artériosclérose.Larry Pacifico, un haltérophile américain qui a obtenu neuf titres mondiaux dans cette discipline entre 1971 et 1979, est presque mort de cette dernière maladie en 1981, à l'âge de 35 ans! Il semble bien que les stéroïdes y soient pour quelque chose.Des doses même moins fortes produisent aussi des effets secondaires non négligeables, particulièrement en ce qui concerne les caractères sexuels.Le corps d'un athlète dopé aux stéroïdes cesse de produire lui-même de la testostérone, et transforme les stéroïdes en excès en œstradiol (un œstrogène), une hormone femelle: les effets secondaires peuvent ainsi être masculinisants et féminisants! Chez l'homme, les testicules rétrécissent, le nombre de spermatozoïdes diminue, des seins peuvent se développer, la pilosité s'accroît; chez la femme, la voix devient plus grave, il y a rétrécissement des ovaires, augmentation de la grosseur du clitoris, parfois irrégularité des menstruations.Les stéroïdes sont particulièrement nocifs chez les jeunes: ils provoquent la soudure des extrémités des os et interrompent la croissance.Les effets psychologiques sont aussi importants.Les personnes prenant des doses d'hormones mâles supplémentaires passent par des sautes d'humeur fréquentes et importantes, un peu comme certaines femmes souffrant du syndrome prémenstruel.La testostérone et les stéroïdes stimulent le système nerveux central et entraînent une euphorie accompagnée d'agressivité.Cette dernière, en amenant l'athlète à dépasser ses possibilités, semble provoquer un plus grand nombre de blessures aux muscles et aux tendons.Dans son numéro du 1er août dernier, le magazine Sports Illustrated rapportait le cas éloquent d'un joueur de football drogué aux stéroïdes et les commentaires de sa femme.de son ex-femme, plutôt.Celle-ci déclarait qu'après avoir corn- QUEBEC SCIENCE / février 1984 23 a 3|) c.r.nd.*** *ÙROYP ^IIOlONE riWLl,ll)J' ÜTmgTI i DAV/E PotlOM la f L'haltérophilie au banc des accusés Depuis Caracas, l'haltérophilie a fait les manchettes et reste au centre de la controverse.Claude Ranger, directeur technique de la fédération d'haltérophilie du Québec, aborde visiblement le sujet des anabolisants à contrecoeur.D'après lui, la fédération ne peut pas vraiment forcer un athlète à ne pas prendre des anabolisants, et en conséquence son action a surtout été axée sur l'information.«Le problème est général, il nous faut jouer le jeu.On ne pourra pas éliminer de façon absolue l'usage des drogues, mais on veut éviter les abus.Pour supprimer le dopage, il faudrait stopper la course aux records, la compétition à outrance, la machine sportive.C'est tout un problème d'éthique du sport, tout comme le statut d'amateur.» L'excuse classique, la situation dans les pays de l'Est, revient souvent dans ses propos.Pour des raisons politiques, les gouvernements de ces pays investissent beaucoup dans le sport, les athlètes sont supportés par toute une équipe, bien entourés et.bien approvisionnés en drogues.Selon Claude Ranger, si l'utilisation des drogues en haltérophilie était complètement abolie, la qualité des performances chuterait sûrement.Il donne l'exemple de la Suède, où des tests sont menés au hasard dans toutes les rencontres sportives: le dopage se trouve à peu près éliminé, mais les Suédois ont régressé à un niveau inférieur dans les compétitions internationales.le sport», dit Graham Reedy, ancien médecin des Raiders d'Oakland.Les athlètes de haut niveau, élevés au rang de modèles et d'idoles, sont vite blâmés s'ils sont trouvés coupables de dopage.Mais ils ne sont que le reflet d'une société qui devient un peu artificielle.Le sportif ordinaire a la même mentalité que l'athlète : il se bourre de vitamines, avale des suppléments de protéines, bouffe du sucre ou du sel, au nom d'une Qt/£iQa£s>ZnsTahTS Tims TrVtt>.TOU*
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