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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1984, Collections de BAnQ.

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IA RECHERCHE DES CHEVEUX PERDUS ES ÉRABLES IN DÉTRESSE________ ES PREMIERS PAS >E SPACELAB________ A TERRE IN SERRE CHAUDE ES ENFANTS TERRIBLES )E L’INFORMATIQUE 2,95$ 7 Port de retour garanti COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 C P 250.Sillery Québec GIT 2R1 Canada in Space «£' A Le Canada dans l’espace *-mV v 11 13 1 Alouette I (1962) 2 Alouette II (1965) 3 Isis I (1969) 4 Isis II (1971) 5 Anik A-1 (1972) 6 Anik A-2 (1973) 7 Anik A-3 (1975) 8 Hermes/ Hermès (1976) 9 Anik B (1978) 10 Canadarm/ Bras canadien (1982) 11 Anik D-1 (1982) 12 Anik C-3 (1982) 13 Anik C-2 (1983) 14 Anik D-2 (1984) 15 Anik C-1 (1984) 16 MSAT (1988) 17 Direct Broadcasting Satellite/ Satellite de diffusion directe (1989) 18 Radarsat (1990) \ Government of Canada Gouvernement du Canada Department of Communications Ministère des Communications Canada mmmmm.QUEBEC SCIEnCE SommaireI AVRIL 1984 Volume 22, numéro 8 ENQUETES/REPORTAGES Les erables en detresse Normand Provencher Alerte chez les producteurs de sirop! Un mal étrange frappe nos erables depuis deux ans A la recherche des cheveux perdus Gilles Drouin Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (et que vous n avez jamais osé demander) sur la calvitie Les premiers pas de Spacelab Louise Desautels Le labo en orbite retourne à bord de la navette l'automne prochain La Terre en serre chaude Suzanne L Allier Les effets de l'augmentation du C02 dans I atmosphere sont au cœur d'une intense polémique scientifique ^age 16 Les enfants terribles de I informatique François Picard Micro-ordinateurs en poche, ils franchissent allègrement les barrières de sécurité des gros systèmes.Comment les arrêter?ACTUALITES La science servie a la française?L'Inde à bord du Saliout Arsène Lupin revu et corrigé Le cholestérol plaide coupable Un premier grand miroir liquide Piloter d'un œil Triumf se cherche un avenir La bourse des déchets Muséologie Espace Les têtes à Papineau Maladies coronariennes Astronomie Physiologie Physique des particules Recyclage 3age 26 Page 34 CHRONIQUES 12 Sans frontières Revue de presse internationale Gilles Drouin 55 Info/puce Apprivoiser l'informatique François Picard 61 Cinéscience La science à l'écran Gérald Baril 62 Bientôt demain La technique des années 80 François Picard 63 Boîte à livres Lus pour vous 66 En vrac Les p'tits mots de la fin Vonik Tanneau Page 48 lit so Les inventions quotidiennes Cette année, Hydro-Québec a 40 ans! Quatre décennies déjà depuis la naissance de la compagnie en 1944, et quatre décennies de production d'électricité.Mais, contrairement à ce que vous croyez, Hydro-Québec ne fait pas que produire de l'électricité.En effet, l'entreprise cherche sans cesse à améliorer les moyens de production, de transport et de distribution de cette électricité.Elle explore aussi de nouveaux domaines qui vont du laser à la fusion nucléaire, en passant par les programmes informatiques spéciaux et les véhicules électriques.Toutes ces recherches se font à l'IREQ, c'est-à-dire à l'Institut de recherche d'Hydro-Québec.Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est qu'il y a d'autres innovations et d'autres inventions qui se font tous les jours, par les employés, un peu partout dans l'entreprise.Ces gens-là ne sont pas des chercheurs de métier ou des scientifiques.Ce sont des individus comme vous et moi qui inventent un jour quelque chose, poussés par le besoin de résoudre un problème dans leur travail quotidien, ou simplement guidés par leur imagination et leur intuition.Vous vous demandez sans doute ce qu'ils peuvent bien inventer.Eh bien, par exemple, Hydro-Québec engage des foreurs qui prélèvent des échantillons du sol à diverses profondeurs afin que les ingénieurs puissent déterminer le meilleur endroit pour construire une digue ou un barrage.Ces employés avaient beaucoup de difficulté à dévisser les tuyaux après le forage.Au point où ils se trouvaient exposés aux accidents lorsque le tuyau cédait brusquement à leur poussée.C'est alors qu'un mécanicien sur place a mis au point un bras articulé qui s'adapte à la foreuse hydraulique et permet de visser et de dévisser les tuyaux en toute sécurité.Le bras ne coûte pas cher, il est relativement léger et il est surtout très efficace.Il n'y a plus de risques de glissades, de chutes, d'entorses et de blessures au dos.Camion électrique Ailleurs, un ouvrier spécialisé dans la réparation des outils a inventé un porte-pince d'ancrage.Grâce à ce dispositif, un seul homme, au lieu de deux, peut sans aucun effort installer une pince d'ancrage dans une chaîne d'isolateurs de portée sur les lignes à 25 kV.Auparavant, un ouvrier devait tenir tant bien que mal le porte-pince au bout d'une perche, tandis qu'un autre ouvrier s'affairait à poser les boulons à la main.Plusieurs boulons tombaient et se perdaient et tout le procédé était difficile.Maintenant, le temps de pose est passé de 2 heures à 30 minutes, et la nouvelle méthode est bien plus pratique que la précédente.Autre invention: un monteur à Thetford Mines a trouvé le moyen d'ouvrir un coupe-circuit à distance, afin d'éviter le risque que le fusible éclate devant sa figure.L'outil est très simple : une tige que l'on introduit à l'endroit prévu pour recevoir la perche de travaux sous tension et une corde en fibre de verre.On s'éloigne du coupe-circuit, on tire sur la corde et le tour est joué! Le coupe-circuit est ouvert.Un autre employé a inventé un levier qui permet de soulever sans sourciller le couvercle de 123 kilos d'un puits d'accès.Il a évité ainsi à ses collègues bien des maux de dos.Enfin, un attaché commercial a eu l'idée de faire profiter Hydro-Québec d'une idée déjà en pratique ailleurs dans le monde: l'électrification des camions de chantier.En effet, au lieu de fonctionner au pétrole, ces énormes poids lourds peuvent tirer leur énergie de caténaires, selon le :c) Bras hydraulique même principe que les trolleys ou les tramways.Ce système serait très rentable pour le secteur minier qui se prête bien à ce genre d'exploitation puisque les parcours sont fixes et que le rythme du déblaiement est important.Ce procédé est actuellement à l'étude car il représente un marché intéressant pour l'électricité.Au cours des 40 ans d'Hydro-Québec, il y a eu de très nombreuses autres inventions.Comme il nous est impossible de les mentionner toutes, nous nous sommes contentés de certaines des plus récentes.Mais cela n'enlève rien à l'utilité et à la valeur des autres.Toutefois ces génies méconnus ne restent pas toujours dans l'ombre.Certains de ces inventeurs obtiennent des brevets et leurs inventions sont parfois commercialisées, ce qui aide à diversifier les activités de l'entreprise.Cependant, même si une découverte n'est jamais brevetée, Hydro-Québec bénéficie toujours de l'ingéniosité de ces employés.Ces innovations améliorent directement la productivité de l'entreprise et la qualité du service au consommateur.r# Dispositif d'ouverture à distance d'un coupe-circuit Publireportage Hydro-Québec Avril 1984 ton» K* teJS lutta ftffl Ce lia 9sta httiiP t’ira hi II iteii! Voil i»io« Isitife kiwi fePiij mus; ffluiac few fesî-o; tajCïyjll •«P.P.1 7*5' ¦# C' 18 avril 1984 / QUEBEC SCIENCE NOS CAPRICIEUX HIVERS Le dépérissement des érables met en danger une industrie dont le Québec a presque le monopole, puisqu'il produit près de 75 pour cent du sirop d'érable consommé dans le monde.expliquer plusieurs phénomènes, et non seulement celui que l'on vit actuellement, note Gaston Allard, responsable de l’acériculture au MAPAQ.L'érable est une essence extraordinairement agressive qui s'installe partout, même en dehors des endroits où elle devrait pousser normalement.C'est un feuillu exigeant en termes de sol, de drainage et d'éléments nutritifs.Or, on le retrouve dans des endroits impossibles qui répondent mieux à des feuillus beaucoup moins exigeants.» Il y subsiste tant que les conditions le lui permettent.Mais qu'une période difficile survienne et il en est affecté mortellement.«C'est comme si la nature revenait périodiquement rétablir un certain équilibre, renchérit M.Dessureault.Les érables qui ont envahi les coins non appropriés vont disparaître, tandis que les autres qui sont sur des sites optimaux pour cet arbre ne seront pas affectés par ces stress.» Les conditions d'aménagement des érablières sont également une cause importante de l'émergence de ce phénomène.Dans plusieurs cas, les arbres y sont âgés et très nombreux du fait qu'on tente de maintenir leur productivité le plus longtemps possible, au détriment d'une régénération et d'un espace de croissance.De façon naturelle, l'érable s'accapare d'une aire qui correspond à la capacité du site écologique à le supporter.Mais si, artificiellement, on élimine du boisé toutes les autres essences compagnes, on exige beaucoup plus du sol.Et si, par la suite, le producteur ne coupe plus aucun érable à moins qu'il ne meure, cela conduit à l'apparition graduelle d'une forêt homogène.«Arrivés à une même hauteur et un même âge, ils s'affaiblissent mutuellement pour combler leurs besoins, devenant ainsi plus vulnérables», explique Robert Ficher, biologiste et pathologiste forestier au MER.De plus, la disparition des autres espèces d'arbres occasionnera des «vides écologiques» que les érables devront combler.«Donc, on crée une situation artificielle qui rend l'érable plus susceptible de mourir.L’érable à sucre, placé dans de bonnes conditions de croissance, n'est pas un arbre plus fragile qu'un autre.C'est nous, jusqu'à un certain point, qui l'avons placé dans des conditions difficiles», poursuit M.Dessureault.L'extraction immodérée de la sève, les blessures causées par les véhicules d'exploitation et la mauvaise habitude de faire pâturer des animaux dans le boisé: autant de facteurs qui contribuent également à accentuer le dépérissement de certaines exploitations érablières.Les étranges conditions climatiques des derniers hivers ont également affecté nos forêts.Plusieurs se souviendront des dommages qu'ont subis les pommiers il y a trois ans, mais peu de gens se seraient douté que les caprices de notre climat iraient jusqu'à mettre les érablières en péril.L'hiver 1980-1981 a battu bien des records : températures douces, faible accumulation de neige au sol — responsable du gel en profondeur des racines —, nombreuses heures d'ensoleillement.De plus, une période de dégel prématurée, au mois de février, a frappé pendant une dizaine de jours l'ensemble du Québec.Les jours suivants, le mercure revenait à un niveau normal pour la saison.Ça ne s'était jamais vu depuis Lise Lemelin QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 19 s#*1' ; é tioisjf: .nt^ - |!^ yres^ y#'’ ,/i F?' J i Les érables affaiblis deviennent une cible de choix pour l'armillaire.un champignon dont le mycélium s'attaque aux racines des arbres diminués et se répand dans l'arbre (photo du haut) le début du siècle.Et pour finir, une sécheresse importante survint lors de la feuillaison en mai et juillet 1982.Sur l'ensemble, toutefois, le dégel de février demeure sans contredit le premier responsable du dépérissement soudain des érables.D'ailleurs, il épargna les régions au nord du Saint-Laurent où la période de dégel fut moins longue et moins prononcée.Ces désordres météorologiques affectèrent particulièrement les éra- bles qui croissaient sur des sols inadéquats.Les autres espèces, moins sensibles aux conditions extérieures, furent plus ou moins touchées par ces variations.Pourtant les plaintes des producteurs ne se sont fait entendre que près de deux ans après le soubresaut météorologique de février 1 981.C'est qu'il faut tenir compte des causes accidentelles, qui entrent en jeu à tour de rôle selon un scénario dont la compréhension s'avère importante pour cerner le phénomène.COMME UNE HORLOGE DÉRÉGLÉE Chaque arbre possède sa propre «horloge interne» qui lui indique, à tous les printemps, le moment propice pour débuter la feuillaison.Physiologiquement, l'érable est plus sensible aux conditions extérieures que les autres espèces.Le dégel hâtif de février 1981 a donc déclenché chez lui le début des opérations de feuillaison, un peu comme si le printemps était déjà là.Le cambium, cette infime couche de cellules qui assure toute la vie et la croissance de l'arbre, se met à fabriquer de nouvelles cellules qui, chez les feuillus, sont plus grandes que chez les conifères afin de faciliter le passage de la sève.C'est lui le maître d'œuvre de la croissance de l'arbre: sans cesse, il fabrique, du côté interne, des cellules de bois — le xylème — et, du côté externe, des cellules de liber, couche spongieuse dans laquelle descend la sève.Survient alors un retour à des températures froides.L'érable, surpris en pleine activité, n'a plus le temps de faire appel à des mécanismes de protection.Le contenu cytoplasmique des cellules du cambium, riches en eau, se cristallise et fait éclater leurs parois.Les dommages sont d'ores et déjà irréversibles.Quelques semaines plus tard, lors de l'entaillage, rien n’y paraît car les érables n'ont pas encore de feuilles et les dégâts se situent au niveau cellulaire.La saison continue et, lors de la montée de la sève, l'arbre génère un nouveau feuillage en puisant dans ses réserves.Sitôt parues, les feuilles sont dévorées par la «livrée des forêts», chenille très vorace dont l'apparition suit des cycles.Les étés 1 980 et 1 981 favorisèrent sa prolifération.Habituellement friand de peupliers faux-trembles, cet insecte peut s'attaquer aux érables s'ils sont en nombre très élevé.Dans plusieurs érablières, une défoliation sévère a provoqué une nouvelle génération de feuilles en juillet ou en août de la même année et, pour ce faire, les érables devaient de nouveau miser sur leurs réserves.Pour compenser, l'arbre va donc essayer d'utiliser l'énergie solaire le plus tard possible dans la saison, au risque de rater l'aoûtement.Il s'agit de cet «ensemble de réactions et de séquences physiologiques par lequel l'arbre se prépare à hiverner, explique M.Allard.Autrement dit, il enrichit ses cellules, en particulier celles du cambium, d'une sorte d'antigel qui lui permettra de résister à des froids épouvantables.» Si l'érable est bouleversé lors de cette étape primordiale, «les gelées de l'automne peuvent le perturber et, par conséquent, l'arbre est plus vulnérable en hiver», conclut-il.Le feuillage étant dévoré par la «livrée des forêts», il devenait difficile à un observateur néophyte de déceler sur l'arbre les symptômes reliés à un désordre physiologique.Finalement, au printemps 1982, plusieurs producteurs notent l'étrange couleur de la sciure s'échappant des entailles et la piètre apparence de leurs érables.L'absence de feuilles ou encore leur petitesse durant la saison estivale viendront confirmer leur appréhension.On connaît la suite. 20 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE wwm 'v y mm mm km- •4> ® tiSi S* VI '.S t •«Và- i'.-.¦¦¦-.ftS-'iS t.' ¦r~ ¦^SEÿ I?ï iV j, C*H.r; .ç.-jv •Aw.i-V^V; iv ^-V "•"Éi-r Des érables malades: défoliation sévère et décollement de l'écorce en sont les symptômes les plus évidents.Mais une régénération vigoureuse au pied des érables touchés laisse entrevoir des jours meilleurs.Quant aux causes contributives, elles n'entrent en jeu qu'en dernier lieu, alors que les érables sont déjà affaiblis par les causes permanentes et accidentelles.La présence de l'ar-millaire couleur miel, un champignon s'attaquant aux racines des arbres diminués, est alors suffisante pour les faire succomber.LES PLUIES ACIDES SERAIENT INNOCENTES Et les pluies acides?«Notre comité a pu prendre connaissance d'études démontrant sans aucun doute que, dans plusieurs érablières, le pH, qui est la mesure de l'acidité du sol, n'avait pas changé durant les 15 dernières années, constate M.Ficher.De plus, le dépérissement a été constaté seulement dans la Beauce, les Cantons de l'Est et la région de Trois-Rivières.Dans la région de Montréal, il n'y a pas eu de plaintes portées à ce sujet.Et à ce que je sache, les pluies acides tombent sur à peu près tout le Québec», ajoute-t-il.Même son de cloche en ce qui a trait au système de collecte sous vide — tubulures de plastique — dont l'utilisation est de plus en plus répandue chez les producteurs.On connaît les avantages qu'il procure: rendement doublé par entaille, meilleure qualité du sirop, entaillage plus hâtif, etc.Selon Mme Lise Robitaille, ingénieure forestier au MER et présidente du comité ad hoc sur le dépérissement des érablières, aucune différence n'a été remarquée, dans les érablières visitées, entre les érables entaillés à la tubulure et ceux entaillés au chalumeau traditionnel.On a même observé un dépérissement dans des érablières qui n'avaient jamais été entaillées.Pour un arbre qui est déjà stressé, l'extraction en plus grande quantité de la sève pourrait être fatale, mais pour un arbre vigoureux, l'entaillage aura des conséquences beaucoup moins dramatiques.UNE COOPÉRATION SANS PAREILLE La multiplication des sites touchés par le dépérissement en septembre 1982 a nécessité la mise sur pied rapide de plusieurs équipes de recherche par les deux paliers gouvernementaux et d'autres issues du milieu universitaire.Leurs travaux furent dirigés par le comité d'acéri-culture du Conseil des productions végétales du Québec.«Cette concertation fut très positive, note avec enthousiasme M.Allard.Il s'est accompli beaucoup de travail de façon très coordonnée, efficace et rapide, ce qui suppose énormément de bonne volonté de la partdes divers intervenants.» En décembre 1982, à la suite d’une enquête postale du MAPAQ auprès de 7 000 producteurs acéri-coles, 150 érablières furent sélectionnées comme endroits possibles d'investigation.De ce nombre, 40 furent scrutées à fond au cours de l’été 1983, principalement dans les comtés de Beauce, Mégantic, Frontenac et Arthabaska.De son côté, une équipe des Services de la recherche en entomologie et pathologie du MER a échantillonné au cours de l'été dernier 62 sites d'études semi-permanents, répartis dans ces 40 érablières.Dans chaque lieu d'investigations, des relevés dendrométriques (diamètre de l'arbre, âge, hauteur, etc.), pathologiques et entomologiques (classe de dépérissement, présence de champignons, d'insectes, etc.), et écologiques (pH du sol, drainage, etc.) furent exécutés par des équipes de techniciens forestiers.Finalement, les propriétaires des érablières visitées ont dû se soumettre à un questionnaire d'évaluation afin de connaître les conditions antérieures d'aménagement de leur exploitation, ainsi que les dommages déjà subis par le passé.Le gouvernement fédéral, par le biais du Centre de recherches forestières des Laurentides, a également pris d'assaut les érablières québécoises.Plus de 250 d'entre elles, réparties dans tout le Québec, furent passées au crible.Et à la fin de l'été dernier, conjointement avec le MER, un relevé aérien par hélicoptère, visant à localiser et quantifier les dommages reliés au dépérissement, Claude Moffet / CRFL QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 21 K SB slijasi ¦ ; ]0 is,8t£i: jsfr'S : tHI jo#*-1 : ;-W' *:i - i ;‘S ’ ' V ; •>?'fâ-'M WW mm -«V' V’ m mm .a été effectué sur une superficie d’environ 13 000 kilomètres carrés.Enfin, des chercheurs de la faculté de foresterie et de géodésie de l’université Laval ont entrepris des recherches sur le bilan nutritif des érables dans les Appalaches pour cerner les causes de leur dépérissement.On espère ainsi «préciser les caractéristiques des érablières sensibles et résistantes aux perturbations et intégrer ces informations aux prescriptions d’aménagement.» En attendant les conclusions de ces travaux, le comité de recherche recommande toutefois aux producteurs de revenir à des pratiques d’exploitation plus conservatrices.Il les exhorte également à cesser la coupe des essences compagnes et même des érables morts.Le vieux principe de Lavoisier est toujours vrai: «Rien ne se perd.Rien ne se crée.Tout se transforme.» Tout sys- tème écologique, y compris les érablières, obéit à cette loi.L’érable croît, développe des feuilles qui tombent au sol en automne avant d’être décomposées en humus sous l’action des micro-organismes.Cet humus, composé de multiples éléments minéraux tels que le calcium et le phosphore, est finalement récupéré par les racines de l’arbre qui s’en sert pour assurer sa survie.La boucle est alors bouclée.Retirer un arbre de cet écosystème équivaut à pénaliser le site.La sève prélevée de façon immodérée par certains producteurs hypothèque également les chances de survie d’une érablière.Mais encore là, si les arbres enfouissent leurs racines dans un sol adéquat, ils ont beaucoup plus de chance de survivre.C’est une loi de la nature: seuls les plus forts et les mieux adaptés à leur environnement triomphent.B/en qu’on l’ait déjà soupçonné, le système de collecte sous vide, de même que le système traditionnel au chalumeau, n’est pas une cause du dépérissement des érables.Mais extraire sa sève en trop grande quantité n’aide pas un arbre déjà affaibli.La fertilisation azotée devrait aussi être abandonnée temporairement car l’arbre risque d’en souffrir.L’azote stimule la croissance alors que l’arbre, déjà affecté par de multiples stress, tente de retrouver son équilibre par rapport à ce que le sol peut lui donner.Stimulé artificiellement et replié sur lui-même à cause des conditions du milieu, l’érable vit un «dilemme écologique» pouvant lui causer des torts irréparables.L'ARPENTEUSE NOUS VISITERA-T-ELLE?Même si les érables affectés continuent à dépérir, les spécialistes croient que le phénomène semble se résorber, aucun nouveau cas n'ayant été signalé aux bureaux des ministères concernés, et ce malgré des conditions météorologiques très sèches qui ont eu cours l'été dernier.De plus, la présence d'une régénération vigoureuse, saine et variée, observée au pied des érables touchés, laisse entrevoir des jours meilleurs pour les acériculteurs québécois.Mais subsiste un impondérable: l'arpenteuse de Bruce, un insecte défoliateur dont on craint une infestation pour le printemps prochain.Très peu remarquée au Québec avant 1960, cet insecte, qui s'attaque principalement à l'érable à sucre, à l'hêtre à grandes feuilles et au peuplier faux-tremble, semble être en voie de répéter son exploit de 1972 alors que plusieurs comtés du Québec en avaient été envahis radicalement.Les relevés entomologi-ques des dernières années laissent prévoir une récurrence pour cette année.Et si cette prévision s'avérait juste, on craint une amplification du phénomène de dépérissement.«Les risques sont énormes, surtout si certaines érablières se font défolier encore une fois», soutient M.Allard, pour qui la venue probable de cet intrus constitue un véritable «cauchemar». 22 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE Le phénomène du dépérissement des érables est encore récent et, même s'il est loin d'avoir l'ampleur catastrophique qu'on lui attribuait au départ, il mérite cependant d'être étudié de façon intensive afin qu'on soit mieux en mesure de contrer ce fléau advenant sa réapparition.À cet égard, «il faudra encore plusieurs années d'investigation pour déterminer les véritables causes de ce phénomène car de nombreuses hypothèses restent à vérifier», conclut Pierre Jean, technicien forestier au MER de Victoriaville, une région durement éprouvée par ce mal.Néanmoins, l'apparition du dépérissement a permis de mettre en évidence une lacune dans la recherche consacrée à l'aménagement des forêts de feuillus et des érablières en particulier.Comment savoir si une érablière est apte à supporter une exploitation aux tubulures?Ne devrait-on pas lesclasserenfonction de certains paramètres qu'il reste encore à définir?Quels sont les véritables effets à long terme des pluies acides sur les érablières?Autant de questions qui demeurent en suspens et auxquelles devront répondre les experts mandatés par le gouvernement au cours des prochaines années, grâce aux quelque 75 000 données, récoltées sur environ 3 600 arbres, brassées actuellement dans les mémoires des ordinateurs du MER.Entre-temps, les érables restent soumis aux aléas de notre capricieux climat, aux invasions de chenilles et de champignons, à des conditions d'aménagement déficientes et à une kyrielle de facteurs qui les affectent régulièrement.«Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés», conclurait le fabuliste La Fontaine.?Pour en lire plus De feuille en sucre.d'érable, publié par le groupe Inter-paysages, 596 rang Saint-Jean, Saint-Patrice-de-Beaurivage, GOS 1 BO, 1983, 64 pages ÉVOLUTION OU RÉVOLUTION?Où sont passés les dinosaures?Après avoir régné en maîtres sur la Terre pendant des millions d’années, ces géants de la préhistoire sont mystérieusement disparus.Ont-ils été la victime du processus Ineluctable de révolution ou la proie d’un cataclysme aussi dévastateur qu’une guerre nucléaire?On veut comprendre les phénomènes qui ont marqué, pendant des millions d’années, révolution de la planète sur laquelle nous habitons.Cela exige l’apport et la conjugaison d’un grand nombre de disciplines scientifiques: la géologie, la paléontologie, la géophysique, l’astronomie et bien d’autres._Oeuvrant depuis plus d’un siècle dans le domaine des sciences de la Terre, Énergie, Mines et Ressources Canada se retrouve aujourd’hui dans une situation privilégiée pour effectuer une approche multidisciplinaire de l’histoire de la Terre.L’hypothèse voulant que les dinosaures et plusieurs autres espèces animales aient été brusquement victimes d’un «hiver nucléaire» trouve des adeptes chez es scientifiques de la Terre d’EMR.Bien des raisons ont été avancées pour expliquer cette révolution dans l’histoire de la vie terrestre, survenue il y a quelque 65 millions d’années, et l’explication de ce phénomène continue de faire l’objet d’un vif débat au sein de la communauté scientifique internationale.Selon certains scientifiques, ce sont les changements climatiques, les variations de température et la hausse du niveau des océans qui auraient graduellement entraîné l’extinction des dinosaures.La nouvelle hypothèse qu’étudient et débattent les scientifiques de la Terre propose une explication beaucoup plus radicale: les dinosaures auraient été victimes de la chute d’un énorme météorite qui aurait laissé la planète dans un état de dévastation comparable à celui du lendemain d’une guerre nucléaire.Les nombreux cratères qui marquent la croûte terrestre, comme celui de Manicouagan, au Québec, qui mesure 70 km de diamètre, prouvent que la terre a été soumise depuis ses débuts à ce bombardement de météorites.Les études indiquent que le météorite qui s’est abattu dans la région de Manicouagan mesurait une dizaine de kilomètres de diamètre.Les données puisées de ces études indiquent que la fréquence de la chute de ces bolides venant de l’espace est inversement proportionnelle à leur taille.Les scientifiques ont pu établir qu’un météorite d’une dizaine de kilomètres de diamètre et se déplaçant à une vitesse de 20 km à la seconde aurait, en s’écrasant sur la surface terrestre, l’effet d’un engin nucléaire de quelque 100 millions de mégatonnes.Utilisant des ordinateurs, les scientifiques ont tenté de simuler les effets de l’explosion de plusieurs ogives nucléaires, d’une force totale de 5 000 mégatonnes.Les débris projetés dans l’atmosphère obstrueraient rapidement les rayons du soleil.En l’espace de quelques mois, la température aurait chuté de 30°C.La végétation disparaîtrait rapidement à cause du gel, qui atteindrait une profondeur de 1,5 mètre dans le sol.Les lacs et les rivières seraient recouverts d’une épaisse couche de glace.En d’autres mots, la Terre connaîtrait un «hiver nucléaire».L’impact des météorites n’a certes pas donné lieu à de forts niveaux de radioactivité, comme ce serait le cas advenant une guerre nucléaire, mais les données provenant des diverses études sur l’impact des météorites ont forcé certains scientifiques à repenser leurs hypothèses sur les lendemains d’une telle guerre: le froid glacial et l’obscurité totale pourraient avoir des effets beaucoup plus dévastateurs que la radioactivité.Si cette nouvelle hypothèse sur la disparition des dinosaures ne fait pas l’unanimité, la recherche qu’elle a suscitée a cependant fourni de nombreuses données scientifiques qui seront d’une grande utilité pour la découverte et la mise en valeur des ressources du sol canadien.On peut obtenir plus de renseignements sur l’impact des météorites et sur les autres travaux menés par les scientifiques de la Terre d’EMR en communiquant avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) Kl A 0E4 (613) 995-3065 Énergie, Mmes et Ressources Canada Canada Le défi canadien: les technologies de l’avenir 215 MILLIONS DE DOLLARS POUR FAIRE PROGRESSER NOS ENTREPRISES L'avenir s’annonce prometteur dans tous les domaines des technologies de pointe où le Canada a fait ses preuves.Les entreprises et les industries de chez nous, tout comme les centres de recherche, vont bénéficier de près de 215 millions de dollars de fonds du gouvernement du Canada pour accélérer leurs travaux de recherche et de développement.1 Une aide massive aux centres de recherche À Laval, Mont-Joli, Montréal, Pointe-Claire, Sainte-Foy et Saint-Hyacinthe, c’est 154 millions de dollars qui vont aider nos chercheurs, dans différents domaines, à gagner la course des technologies de pointe.une course mondiale où nos spécialistes sont déjà bien placés.Le programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) 5,5 millions de dollars de fonds dans les entreprises de chez nous, pour les aider à développer de nouveaux produits, propres à conquérir les marchés internes et externes.Le programme des projets industrie / aboratoires (PPILl Le Conseil national de recherches versera 2,2 millions de dollars pour accélérer l’acheminement des résultats de ses laboratoires vers les industries québécoises, afin qu’elles puissent les mettre plus rapidement en pratique.Une aide précieuse pour battre la concurrence de vitesse.La formation à la recherche et l’aide à la recherche universitaire 52 millions de dollars en subventions seront accordés à différentes universités du Québec pour les aider à: • remplacer les équipements désuets • engager des spécialistes • accentuer la recherche dans des secteurs clés, à fort impact industriel ou socio-économique • former la relève en recherche La reprise est bien amorcée.Maintenant, relevons le défi de l’avenir: la haute technologie.¦ Sciences et Science and | Technologie Technology Donald Johnston Donald Johnston Ministre d État Minister of State I I I I pzHe/ietiAeîûhe.Retournez le coupon à: Publications Canada Case postale 1986 Succursale «B» Ottawa, Ontario Kl P 6G6 J'aimerais recevoir le document «L’appui du gouvernement du Canada au développement technologique».En lettres carrées S.V.P.Ad resse Ville_______________________________Provi nce Code postal 269-RD-1 Canada DES VITAMINES POUR FAIRE En juin dernier, au concours organisé annuellement à l'intention des étudiants gradués par l'American Society of Animal Sciences, Jacques Matte, un étudiant au doctorat de zootechnie à l’Université Laval, se faisait remarquer par la présentation de ses travaux: Jacques Matte a en effet obtenu une augmentation de l'ordre de 10 à 15% par portée du nombre de porcelets vivants en combinant une technique déjà connue, le «flushing», avec des injections d'acide folique durant les deux premiers mois de la gestation.Un gain inattendu.et payant Pour le profane dont les points de référence sont plutôt anthropocentriques.faire passer la moyenne des portées de 10,5 à 12 porcelets peut paraître une performance négligeable : à ce niveau de prolificité on n'en est plus à 1 ou 2 porcelets près ! La production porcine représente une part importante des recettes monétaires agricoles au Canada.En 1983, il y aurait eu environ 1 800 000 mises-bas dans les troupeaux canadiens.Une amélioration de 10% du nombre de naissances vivan- tes par portée pourrait permettre de produire plus de carcasses de porcs ou d'en produire autant avec moins de truies.Pour les éleveurs, en effet, une augmentation de 1 5% de la prolificité correspond à une augmentation presque équivalente de la rentabilité de leur élevage puisque la principale dépense de production — l'entretien et l'alimentation des truies — reste sensiblement la même quelle que soit l'importance de la portée.Du côté des chercheurs, on estimait, depuis quelques temps, qu'après les progrès déjà réalisés tant du côté de l'alimentation que du côté de la génétique, il serait difficile d'obtenir à court terme des gains aussi substantiels de prolificité.Une hypothèse de départ qui s'est révélée vraie Au départ, le sujet de la thèse de Jacques Matte était de déterminer l'influence, durant la gestation des truies, d'une vitamine du complexe B, l'acide folique.Il a constaté en effet, chez les truies gestantes, que le taux d'acide folique dans le sang baissait rapidement jusqu'à atteindre son plus bas niveau après 60 jours de gestation avec 40% du taux du sevrage.Comme cette vitamine est impliquée dans la synthèse des acides nucléiques et joue un rôle important dans la régénération des tissus, on pouvait se demander si une carence ne pouvait pas nuire soit au développement du placenta soit à l'implantation des ovules ou encore à la croissance des fœtus.Suppositions d'autant plus fondées que, précisément chez la truie, la littérature fait état d'un taux élevé de mortalité embryonnaire entre 15 et 25 jours après la fécondation.D'où l'idée de Jacques Matte de maintenir un taux élevé d'acide folique — au moins proche du taux au sevrage — par des injections répétées durant les premiers mois de la gestation.et de vérifier s'il n'y aurait pas ainsi une augmentation de la prolificité.Réalisée dans une porcherie industrielle de 1 000 truies, la Ferme Olympique de St-Pierre de Broughton, sur un troupeau de 220 truies, la recherche combinait deux traitements: le «flushing» et les injections d'acide folique.«Le flushing» est une technique déjà prati- Intervenir.sur qui, comment, pourquoi?En octobre 1982 se tenait à Québec les 18e assises annuelles de médecine prospective.Les comptes rendus de cette réunion viennent de sortir de presse.Recueillis et édités par Fernand Landry, du Laboratoire des sciences de l'activité physique en collaboration avec Lynn Hawkins, Pierre Lamarche, Rolande O'Brien et Robert Pampalon, les textes des présentations forment un ensemble de documents originaux utiles pour tous ceux qui s'intéressent à la santé.Le thème de la rencontre était «La mesure et l'atténuation des facteurs de risque, leur influence sur la promotion de la santé».Faut-il intervenir?En fonction de quels critères?Comment évaluer les «risques»?Qu'est-ce que la santé?.Des textes souvent provocateurs, toujours scientifiques qui donnent toute une gamme de nouvelles façons de voir un problème omniprésent et essentiel : la santé.Le volume, de près de 700 pages se divise en cinq chapitres: les comportements à I egard de la santé: présentations, analyses et critiques des indicateurs biologiques et psychosociaux: les intentions de modification et la modification effective des habi- tudes de vie : les composantes altitudinales et normatives; l'influence de l'environnement sur la santé : le dépistage intensif des facteurs de risque; l'anthropologie génétique et les possibilités de modification des attributs de l'organisme; approches, politiques, programmes et expériences en matière de promotion de la santé.Les textes, présentés en français ou en anglais, suivant le choix du conférencier, traitent aussi bien d'approches théoriques que d'expériences pratiques.Il y est question de prévention de maladies cardiaques, d'accidents de la route, de cancer, d'allaitement maternel.autant que de l'économique de la santé, de la psychologie de la prévention.de tous ces éléments qui font partie de la médecine «prospective».Cette médecine qui a trouvé son origine, comme le souligne le Dr Lewis Robbins directeur-fondateur de la société hôte du congrès, dans la faillite de quatre autres types de médecine: la médecine d'urgence, la santé publique, les soins de première ligne et les soins spécialisés.Un livre primé, une controverse toujours vive Référence: La mesure et l'atténuation des facteurs de risque et la promotion de la santé, édité par F.Landry et coll., 689 p., Ottawa 1983, 23$ publié par Association canadienne d'Hygiène publique, 1335, ave Carling, pièce 210, Ottawa, Ontario, Canada, K1Z 8N8.L'Académie nationale de médecine de France vient d'accorder à l'ouvrage de Germain Brisson, «Lipides et nutrition humaine», le Prix Pierre-et-Céline-Lhermite 1983.Ce prix lui a été remis, le 13 décembre 1983 en même temps qu'étaient proclamés une vingtaine d'autres prix décernés par l'Académie lors de sa séance annuelle.Selon le jury, ce livre a été choisi précisément parce qu'il faisait l'état d'une question simplement, clairement, dans un style à la portée de tous les médecins et en l'accompagnant d'illustrations particulièrement éclairantes; bref, un livre que «tout médecin devrait avoir dans sa bibliothèque».Aujourd'hui professeur titulaire de nutrition animale à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation, Germain Brisson a été successivement officier de recherche au Département d'agriculture du Canada, directeur de la Station expérimentale de Lennoxville, directeur du Centre de recherche en nutrition de l'Université Laval.Il est actuellement directeur du programme de doctorat en nutrition.Les quelque 70 publications scientifiques qu'il a produites et la trentaine de thèses de maîtrise et de doctorat qu'il a dirigées sont remarquables H® are itniis, J'Mlaüof tataeot le tas de law [total L'apt i Jw di ta contn ailes «ré au s :te[|iiess se«!«es lirait le [Rlltîtsi ificaii tKotal: I tataite bipioü ce Mes de lOO! pio ftlemen 10-Hei; h ib> feî »de| T1*! Ill \i N fc/‘srll a 1 an on contrôle des paramètres expérimen-aux.Les truies recevaient 10 injections ntramusculaires de 15 milligrammes, me au sevrage, une à la saille, une ihaque semaine pendant les 4 premières ;emaines et une aux deux semaines Jurant les 8 semaines suivantes.Les ésultats ne montrent une augmentation significative que pour un groupe expéri-nental: les truies qui ont cumulé les Jeux traitements flushing et acide folique, .eur prolificité moyenne était de 12 por-oelets, ce qui dans la réalité suppose des jortées de 6 à 18 porcelets.fait rare ! Le groupe témoin des truies «non-traitées» 3 une prolificité de 10,5, l'acide folique seulement 10,7 et le «flushing» seul 10,9.Le rapport final de ces travaux a fait l'objet d'une partie de la thèse de doctorat présentée par Jacques Matte en mars de cette année, thèse réalisée avec la collaboration de Christiane Girard sous la direction de Germain Brisson.Une subvention de 30 000$ du CRSIMG pour la mise en application Mais les travaux de Jacques Matte n'en resteront pas là: dans le cadre de ces subventions thématiques, le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie vient d'accorder à l'équipe du professeur Germain Brisson, la somme de 300 000$ pour 3 ans afin de mettre au point les moyens pratiques de faire profiter les éleveurs des effets bénéfiques de l'acide folique.En premier lieu, on songe, évidemment, à remplacer les injections intramusculaires, bien pratiques au niveau expérimental mais trop coûteuses pour un éleveur, par l'addition d'acide folique dans les moulées, une addition qui ne devrait pas en augmenter le prix de façon importante.Ces expériences devraient commencer dès le printemps prochain sur un lot d'au moins 75 truies.Pour sa part, Jacques Matte partira en Angleterre pour des études post-doctorales mais à son retour de la Station de recherche d'Agri-culture Canada à Lennoxville où il est déjà engagé, il ne manquera pas de suivre, comme consultant, les suites de cette recherche qu'il a si bien commencée.André Desmartis ï 4 jar la diversité des sujets abordés.En effet, ïlles concernent toutes les principales îspèces animales domestiques (bovins, ovins, porcs et volailles), et les principales composantes de la nutrition (minéraux, /itamines, protéines, lipides).Mais ce sont inalement les efforts systématiques réaisés en nutrition animale pour diminuer la eneur de l'alimentation humaine en gras jnimal, qui ont amené Germain Brisson à ;e poser un jour la question préalable: ces îfforts sont-ils justifiés sur le plan de la Jiététique humaine?«Jusqu'ici, les études scientifiques l'ont toujours pas démontré que le choles-:érol contenu dans les aliments jouait un ôle important dans les maladies corona-iennes en ce qui concerne la population en général et, par conséquent, on ne devrait oas effrayer le public avec cette question».J’est toujours la position de Germain Brisson qui fait remarquer par ailleurs «qu'il est important que les personnes à :aux de cholestérol élevé qui présentent un 'isque évident d'artériosclérose, soient dépistées, aidées et traitées de façon adéquate, mais ce n'est pas une raison pour affoler la population avec l'affaire du cholestérol alimentaire».Pour le nutritioniste, la recommandation la plus fondée demeure toujours, en ce domaine, la modération.Les secrets des cœurs bien conservés Une équipe de chercheurs de l'Université Laval et de l'Institut de cardiologie de Montréal viennent d'obtenir une subvention de plus de 370 000$.Ce groupe, placé sous la responsabilité de Robert Guidouin du Département de chirurgie expérimentale associe deux cliniciens — Gilles Lepage et Charles Solymoss de l'Institut de cardiologie de Montréal, un pathologiste — Paul-Emile Roy, un géologue — Robert Ledoux, un ingénieur en génie mécanique — Alain Cardou, un biochimiste — Marius Lepage, des étudiants gradués et des assistants de recherche.Et maintenant, la question à 370 000$: sur quel sujet commun peut se pencher une équipe aussi diversifiée?La réponse: les prothèses de valves cardiaques.Il se pose au Québec environ 1 000 valves cardiaques par an depuis l'arrivée sur le marché de ces prothèses au début des années 1960.Elles viennent remplacer les valves qui ont été déformées par le rhumatisme articulaire, celles qui n'ont jamais été vraiment adéquates ou celles qui subissent les contre-coup de l'une ou l'autre maladie dégénérative.Sans ces valves, la circulation sanguine et la vie sont impossibles.LAVAL Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214, Pavillon Félix-Antoine-Savard Université Laval, Cité universitaire Québec G1 K 7P4 Tél.: (418) 656-2572 Mais, comme tout autre prothèse, les valves cardiaques doivent d'une part, avoir une durabilité plus grande que l'espérance de vie du patient qui la reçoit et d'autre part, elles ne peuvent provoquer une perturbation plus grande que celle que l'organisme est capable de contrôler.Deux hypothèses qui n'ont encore été vérifiées par aucune étude de grande envergure.Les chercheurs dont il est question ici, comptent étudier environ 800 cas: 800 cœurs qui ont été conservés avec beaucoup de soin par l'Institut de cardiologie de Montréal.Les valves implantées seront excisées et étudiées tant sous l'angle de l'histoire clinique du patient, de la pathologie, de la minéralogie et de la biochimie des dépôts qui s'y trouvent ou des caractéristiques mécaniques de la prothèse.i m UNIVERSITE [coq! an 26 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE A IA RECHERCHE ŒS CHEVEUX PERÇUS Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (et que vous n’avez jamais osé demander) sur la calvitie par Gilles Drouin «Le front lui pousse», «patinoire à poux» ou «boule de billard» sont des railleries que connaissent bien ceux dont le crâne se dégarnit à vue d'œil.Toujours à leur sujet, un certain nombre de préjugés circulent toujours: les chauves seraient plus intelligents et plus virils ou encore ils perdent leurs cheveux parce qu'ils se font trop de soucis ou qu'ils pensent trop.Quoi qu'il en soit, pour le moment, ce qui nous pousse et nous tombe de la tête a toujours éveillé les plus vives passions.Très tôt, la chevelure a acquis une grande valeur, un fort symbolisme dans la plupart des sociétés et à la plupart des époques.Aussi loin qu'on puisse remonter, les cheveux sont entourés de rites souvent très précis.On leur a accordé des pouvoirs magiques, bénéfiques ou maléfiques.À certaines époques, une chevelure longue et épaisse était le signe par excellence de la puissance; c'était le privilège des chefs et des rois.Jules César lui-même, qui souffrait d'une calvitie assez avancée, obligea les Gaulois à couper leurs tresses, symbole de courage guerrier, pour bien marquer leur défaite.Plus près de nous, les Amérindiens accordaient une très grande importance à leurs cheveux et à ceux de leurs ennemis Une longue et belle toison représentait force et courage.Il n'était d'ailleurs jamais question pour eux de couper les cheveux d'un malade ou d'une femme enceinte.Certains croisés appréciaient, eux aussi, les scalps.Ils collectionnaient ceux des Sarrazins pour s'en faire des perruques.À cette époque, une perruque bien montée et bien gonflée représentait richesse et pouvoir.D'ailleurs, le commerce des cheveux, blonds de préférence, était une activité commerciale assez lucrative.Bien que quelquefois l’absence de cheveux ou la calvitie ait reflété la sagesse, on peut dire que la tonte est considérée dans la plupart des sociétés et la plupart des époques comme un châtiment ou une pénitence.Religieuses et moines étaient tonsurés en signe de renoncement aux biens terrestres et de grande humilité.Ce geste marquait aussi la non-disponibilité sexuelle tout comme les femmes juives qui portent les cheveux courts une fois mariées.À la fin de la Seconde Guerre mondiale, des Françaises furent rasées pour avoir collaboré avec l’ennemi.La répugnance et même l'horreur que peut soulever en nous la vue de ce genre de traitement montrent bien l'importance culturelle de la chevelure.Se faire raser n'est pas tellement douloureux physiquement mais attaque de plein front la personnalité, l'identité d'une personne et même la définition de sa propre sexualité.Car la chevelure joue un rôle important dans la séduction.Elle reflète l'état d'esprit de chacun de la même façon que le vêtement ou l'automobile.D'ailleurs, lorsqu'une personne se sent mal dans sa peau, elle réagira souvent en changeant de coiffure.Qu'on pense aussi au courant Beatnik des années 60 et 70 pour lequel les cheveux longs et défaits exprimaient le rejet d'une société rigide.Ou encore, au mouvement punk qui se fait un point d'honneur de «massacrer» la chevelure pour bien prendre ses distances de la société actuelle.Finalement, un simple coup d'œil à n'importe quel comptoir de cosmé- tiques ou dans un magazine de mode suffira pour évaluer le poids économique de l'industrie des soins capillaires.UN CHOC CULTUREL On pourrait s'étendre longtemps sur l'importance du cheveu comme véhicule de message dans nos sociétés.Mais ce qui importe ici, c'est de bien voir que tout nous conditionne socialement à mal accepter une perte excessive de cheveux.Devenir chauve peut parfois occasionner des troubles psychologiques assez graves.Cela peut signifier une importante baisse de la libido, voire carrément l'impuissance.Une expérience tentée avec des chiens de race Colley le montre.Après avoir été tondu, un chien sur deux a connu une baisse considérable de sa libido.«Ce n'est pas toujours la vanité pure et simple qui conduit un homme à demander une greffe de cheveux ou un autre traitement, explique Guy Bédard, un médecin spécialisé dans les greffes capillaires.Souvent, nous rencontrons des gens profondément affectés, qui n'acceptent pas leur nouvelle image, qui ne se sentent pas bien dans leur peau», poursuit-il.En fait, la moitié des hommes auront un problème de calvitie vers l'âge de 45 ans, alors qu'à 70 ans, 80 pour cent en seront atteints.Chez les femmes, ces pourcentages peuvent être réduits de moitié.Mais il faut tout de suite faire une distinction.Dans le cas de calvitie héréditaire, les femmes ne connaîtront pratiquement jamais de pertes de cheveux Drame pour les uns, objet de fierté pour les autres.L'Association des chauves beiges ne pleure pas sur ia toison perdue. 27 28 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE Qu'est-ce qu'un cheveu?Les cheveux, outre leur importance culturelle, joueraient aussi un rôle dans l'élimination par l'organisme de certaines substances toxiques comme l’aluminium ou le plomb.C’est, pour l’instant, à peu près la seule utilité que les chercheurs leur trouvent.Ainsi, notre tête compte en moyenne de 120 000 à 140 000 follicules pileux responsables de la fabrication des cheveux.Ceux-ci se forment par multiplication de cellules et sont composés à 97 pour cent de protéines, plus précisément de kératine.Le cheveu pousse obliquement sur le cuir chevelu et comprend deux parties principales: la tige et la racine.Celle-ci s’enfonce dans l'hypoderme: Elle est fixe et on y retrouve, à la base, une papille dermique qui contient, entre autres choses, des mélanocytes qui transportent les mélanines, les pigments responsables de la coloration du cheveu.Plus haut, une zone bulbeuse, la partie blanche du cheveu, coïncide avec le site principal de fabrication du cheveu.La tige est constituée de trois parties concentriques.Au centre, on retrouve la moelle dont les caractéristiques déterminent souvent le type de cheveu et particulièrement son épaisseur.Le cortex, qui entoure la moelle, est la partie la plus importante.Constitué de cellules fortement cimentées entre elles, son épaisseur et sa résistance détermineront la longueur à laquelle le cheveu cassera.Enfin, le cuticule englobe le tout et se présente comme une imbrication d’écailles, un peu à la façon d’une pomme de pin.L’évolution du cheveu se fait en trois phases.Une première, la phase anagène, est caractérisée par une croissance régulière qui peut durer de deux à six ans.Le taux de croissance moyen est de 0,35 millimètre par jour et varie selon l’âge, le sexe et les saisons.Une seconde, appelée catagène, en est une de régression de l’activité du follicule.Elle s'étend sur une période de deux à trois semaines.Enfin, la phase télogène s'étale sur trois ou quatre mois et représente une phase de repos pendant laquelle le cheveu peut tomber.De 84 à 95 pour cent des cheveux sont en phase anagène alors que la phase catagène ne compte qu'un pour cent des follicules.Il reste donc Racine Zone bulbeuse Papille dermique entre 4 et 1 5 pour cent des cheveux en phase télogène et c'est pourquoi il est tout à fait normal de perdre quotidiennement quelques cheveux, qui seront d'ailleurs normalement remplacés.conduisant au traditionnel crâne dégarni.Généralement, leurs pertes sont diffuses, réparties également sur toute la calotte.Souvent, une nouvelle coiffure permettra de bien camoufler le tout.Chez les hommes, par contre, la chute de cheveux suivra presque toujours le même cheminement.Un recul des tempes, puis le développement de «golfes» dans la zone pariéto-frontale, là où se termine le front et commence la tête.Ensuite, un petit cercle ou un ovale se dégagera derrière la tête et/ou sur la calotte.Finalement, toutes ces zones de défrichage se rejoindront pour dénuder complètement le dessus de la tête, ne laissant qu'une couronne autour de celle-ci.C'est ce qu'on appelle l'alopécie de type mâle.Alopécie venant du grec alopekia qui veut tout simplement dire renard, cet animal étant sujet à attraper une maladie qui lui fait perdre son pelage.INSCRIT DANS LES GÈNES L’alopécie typique mâle est le résultat d'un processus inscrit dans le bagage génétique de chaque individu.Elle se manifeste généralement entre 20 et 40 ans.Le mécanisme est depuis assez longtemps relié aux hormones mâles.Déjà Hippocrate avait remarqué que les femmes et les eunuques en étaient exempts, sans savoir évidemment que des hormones étaient en cause.Plus tard, on a cru que le problème ne s'expliquait que par une sécrétion excessive d'hormones mâles ou testostérone, mais maintenant c'est la sensibilité ou plutôt la réceptivité des follicules pileux à ces hormones qui est considérée comme le facteur prédominant.Situé à la base du cheveu, sous la peau, le follicule est l'endroit où se forme le cheveu.Cette réceptivité est déterminée génétiquement.Lorsque la testostérone parvient à une cellule folliculaire, elle rencontre un des récepteurs et s'associe à lui pour pénétrer à l'intérieur du noyau de la cellule.Là, le couple se fixera le long de la chaîne d'ADN dont sont constitués les gènes.Ensuite, par l'intermédiaire de molécules messagères, les ARN, une synthèse de protéines sera commandée pour conduire finalement à la constitution d'un cheveu, celui-ci étant fait à 97 pour cent de protéines.Donc, deux facteurs sont à considérer dans la chute de cheveux.D'abord, la réceptivité des cellules folliculaires et ensuite l'excès de testostérone en circulation.Pour des raisons inconnues, les cheveux de la couronne ne connaissent jamais ce problème de réceptivité ou de surplus d'hormones.En conséquence, ils ne tombent jamais, à moins d'accidents, et c'est pourquoi ils sont utilisés dans la greffe capillaire.Le «gène de la calvitie» peut être transmis autant par le père que par la mère.Cependant, il sembleque les hommes soient plus «chanceux» car, pour eux, il suffit qu'un seul des deux parents l'ait pour qu'il fasse sentir sa présence.Chez la femme, les deux parents doivent être porteurs pour qu'elle en hérite.LES GUÉRISONS MIRACULEUSES La calvitie est, dans la majorité des cas, un phénomène héréditaire.Mais il arrive parfois que des causes QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 29 ' N ^ S^S< \\ V La réduction tonsurale diminue la partie chauve du crâne.La zone encerclée montre la section de peau qui sera enlevée.La plaie refermée, la calvitie sera moins apparente.externes entrent en jeu pour provoquer la chute des cheveux.Deux ou trois mois après un grave accident, il est assez courant de constater une perte rapide de cheveux.Le même phénomène peut se produire après une anesthésie ou un accouchement.Parfois aussi, l’usage de contraceptifs, certaines maladies accompagnées de fortes fièvres ou certains médicaments très forts peuvent entraîner une alopécie plus ou moins importante.Des diètes sévères, celles qui vous font perdre trois ou quatre kilos par semaine, peuvent avoir le même effet.Chez les enfants, la pelade, où les cheveux tombent par plaques, demeure inexpliquée bien qu’elle est souvent reliée à un grave choc émotif.En fait, «tout ce qui peut déséquilibrer le fonctionnement de l’appareil endocrinien est susceptible d’entraîner une chute de cheveux», estime Rolland Tremblay, endocrinologue au Centre hospitalier de l’université Laval (CHUL).Dans la plupart des cas, la chute sera très rapide, souvent en moins d’un an.Mais la repousse se fera également à un bon rythme; trois ou quatre mois suffiront pour retrouver la chevelure d’antan.Ce phénomène assez particulier permet à certains vendeurs d'illusions de réaliser des guérisons miracles alors que le cheveu aurait repoussé seul, sans aucune intervention.Un autre facteur permet également une multiplication des thérapies: il est pratiquement impossible de prédire l’évolution de la calvitie.«La perte de cheveux évolue en paliers, explique Richard Cloutier, endocrinologue à l’Hôtel-Dieu de Québec, avec des périodes de grandes pertes et des moments d’arrêt au cours desquels on peut avoir l’impression que nos cheveux repoussent.» GREFFE: PENSEZ-Y BIEN! Des solutions pour contrer la calvitie, il en existe plus d’une.sur le marché.Mais de l’avis quasi général, aucune n’est vraiment efficace à long terme, aucune ne parvient à enrayer le mal à sa source.Il ne reste en définitive que des palliatifs, des moyens de camoufler le travail du temps et des hormones.«Chirurgicalement parlant, il n’existe que deux traitements qui soient acceptés et reconnus, tranche Richard Cloutier.Il s'agit de l'auto-greffe et de la réduction tonsurale.» Évidemment, ces deux techniques ne font pas repousser les cheveux disparus mais elles permettent, chacune à leur manière, de réduire le manque d'esthétique.Mais attention! ne subit pas une greffe qui veut! D'abord, il faut envisager la possibilité d'avoir à débourser jusqu'à 3 500$ ou plus dans certains cas.Et, comme il s'agit de chirurgie plastique, la carte-soleil n'est d'aucune utilité.Le temps est un facteur important également car deux, trois ou mêmequatre interventions sont souvent nécessaires pour compléter la greffe.Dans une autre étape, il faut évaluer si la zone donneuse, le pourtour de la tête, est capable de fournir suffisamment de greffons pour recouvrir la zone dégarnie sans en être affectée elle-même.«C'est une erreur qui se voit assez souvent, explique Guy Bédard, un des pionniers de la greffe au Québec.Le chirurgien prend trop de greffons et le résultat est une tête avec une chevelure éclaircie un peu partout.» Ou encore, il n'y a pas assez de greffons par rapport à la surface qu'il faut couvrir, ce qui donne un effet de cheveux de poupée.La greffe capillaire est une technique relativement simple.Avec un scalpel circulaire de quatre millimètres de diamètre, le chirurgien enlève des rondelles de peau situées dans la zone receveuse, sur la calotte.Par la suite, avec le même outil, il extraira un greffon comprenant plusieurs cheveux avec leur follicule.Il déposera ce greffon sur les incisions déjà pratiquées sur la calotte.D'abord, les cheveux greffés tomberont mais, deux ou trois mois plus tard, ils repousseront normalement. 30 avril 1984 / QUEBEC SCIENCE j»?.' N< ¦' X ' .A w- 3r 2 mm Les cheveux de la zone donneuse devront être d'une bonne densité.Un greffon de quatre millimètres doit contenir un minimum de six cheveux pour donner de bons résultats.La couleur du cheveu, sa texture et la teinte de la peau jouent également.Un cheveu noir sur une peau blanche pose souvent des problèmes: il en faudra plus pour cacher la calvitie.«L'idéal, c'est un cheveu poivre et sel ou très blond», estime Guy Bédard.Comme les cheveux greffés proviennent de la personne même qui les reçoit, le phénomène de rejet est inexistant et la teinte et la texture seront uniformes.Pour réaliser une bonne greffe, le chirurgien doit également faire preuve d'un excellent sens artistique.«Le principe d'une greffe, explique Guy Bédard, c'est de bien encadrer le visage.Mais le cheveu greffé ne sera jamais aussi beau que le naturel; une greffe n’est jamais parfaite», avoue-t-il.Il faudra donc que le patient soit prêt à accepter les petits défauts; malgré tout, la greffe représente une amélioration.D'ailleurs, le docteur Bédard effectue un tri psychologique de ses clients.«On vérifie d'abord si c'est vraiment lui qui désire la greffe; souvent ce sont ses proches qui le poussent à le faire», raconte-t-il.Seuls ceux qui sont bien motivés et qui sont vraiment affectés par leur calvitie seront éligibles à la greffe.«La greffe ne s'apprend pas à l'université, déplore Guy Bédard, il y a beaucoup d'empirisme dans l'évaluation des cas et l'apprentissage se fait lors de congrès ou en flânant dans les salles d'opération d'autres spécialistes.» Il s'agit d'une pratique assez courante aux États-Unis mais très peu répandue dans les cliniques du Québec.ÇA S'ÉTIRE! La réduction tonsurale part du principe que le cuir chevelu est exten- sible.Mise au point au Québec par les docteurs Guy et Bernard Blanchard, cette technique consiste, dans un premier temps, à décoller la peau du crâne au moyen de massages et en introduisant, par de petites incisions, un ciseau épousant la courbe de la tête.Ensuite, au centre de la zone dégarnie, on enlève une section de peau dont la dimension peut varier selon l’importance de la calvitie.Finalement, le chirurgien étirera la peau pour refermer l'ouverture, ce qui ramènera les cheveux du côté de la tête vers le milieu réduisant ainsi la section chauve.Cette technique peut être utilisée comme complément à une greffe, par exemple.Selon Guy Bédard, elle doit être limitée à ceux qui ont vraiment le cuir chevelu élastique et doit couvrir une superficie d'au moins dix centimètres afin de compenser pour les pertes dues à la cicatrice et au relâchement de la peau.COUPER LA VOIE AUX HORMONES Depuis quelques années déjà, une nouvelle technique chirurgicale a fait son apparition au Québec.D'abord développée, il y a plus de 20 ans, par Raymond Maréchal, un médecin belge, elle a été surtout popularisée au Québec par le docteur Paul Des-Ruisseaux.Cette fois-ci, le traitement se veut encore plus simple et efficace.On promet ni plus ni moins qu'une reprise à 100 pour cent de la Un cordonnier ma! chaussé.Scène typique de notre univers: le salon de barbier du quartier.pousse des cheveux lorsqu'on suit le traitement en entier.Raymond Maréchal est parti du principe que si les hormones étaient responsables de la chute des cheveux, il suffisait de réduire l'arrivée de celles-ci au cuir chevelu.La méthode consiste à ligaturer soit les deux artères temporales, soit les deux occipitales ou encore les quatre dans les cas où la calvitie est générale.L'opération ne dure que quelques minutes, ne laisse pas de cicatrices et, à Québec, coûte 650 $ pour quatre ligatures, ce qui est généralement le cas, toujours non remboursables par l'assura nce-maladie.Pour compléter le traitement, Paul DesRuisseaux effectue ce qu'il appelle une «normalisation du cuir chevelu».Pendant une période de six à douze mois, le patient devra s'appliquer une lotion à base de biotine sur le cuir chevelu, se donner des shampooings sans détergent et prendre des comprimés de zinc qui favoriserait la pousse des cheveux.«Avec le traitement complet, il y a une reprise de la pousse dans presque 100 pour cent des cas», m'assure Paul DesRuisseaux.Un examen des typiques photographies avant et après montrent effectivement des résultats spectaculaires.En deux ou trois mois, Ève-Lucie Bourque QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 31 DES CHEVEUX EN BOUTEILLE S'il est un type de thérapies où le charlatanisme court les rues, c'est bien celui des lotions miracles.«Il faut se méfier du produit qu'on annonce dans les journaux, généralement dans les pages sportives, et auquel on associe souvent les noms de chercheurs Scandinaves impossibles à rejoindre par téléphone», avertit Guy Bédard.Dans la plupart des cas, leur efficacité se limite à venir chercher quelques dollars de plus dans vos poches.Dans le meilleur des cas, elles pourront apporter un soulagement, un ralentissement de la chute des cheveux.C'est le cas notamment de | certaines lotions qui assèchent | l'excès de sébum ou qui contiennent g de la progestérone, une hormone | sexuelle féminine qui contrecarre “ l'effet de la testostérone.Efficace Se raser la tête, se teindre les cheveux ni lui ni personne ne I ont encore chez les femmes, elle a par contre ou les laisser pousser sont autant fait.» Les résultats à courtterme sont pour I homme un effet secondaire de moyens efficaces, sinon faciles, effectivement spectaculaires mais embarrassant: perte des caractères de remettre en question un système dans la banque de photographies sexuels ou, si vous préférez, une de valeurs.observées, peu excédaient un délai féminisation plus ou moins prononcée.- d'un an.Il existe également des antitesto- certains patients ont vu leur cheve- Pourtant, aucune plainte n'a été stérones qui sont interdits en Améri- lure s'épaissir considérablement.déposée contre Paul DesRuisseaux que du Nord pour les mêmes raisons.Mais là s'arrête la belle histoire.Car, et il semble que les gens traités par De plus, chez les femmes qui peuvent s'il y a une chose qui a fait l'unani- lui soient satisfaits des résultats.« La les employer sans effets secondaires, mité parmi les médecins rencontrés, réaction du milieu médical est bien la qualité du nouveau cheveu laisse c'est bien que la méthode de Maré- caractéristique de l'attitude habi- parfois à désirer, chai n'est pas valable.tuelle envers les nouvelles appro- «Je ne conseille à personne de «Cette méthode fait preuve d'un ches, déclare Paul DesRuisseaux.La magasiner parce qu'il n'y a pas de manque de rationnel évident, évalue même chose s'est produite avec les solutions miracles pour le moment», le docteur Rolland Tremblay.La chiropraticiens à qui la médecine a souligne Richard Cloutier.Il faut se nature a des mécanismes de défense finalement répondu par la physiatrie.» rappeler que le nombre de thérapies et quelque temps après la ligature, Qui croire?Difficile à trancher sur le marché donne une bonne il se formera un réseau de petits pour le moment, d'autant plus qu'on mesure du manque de connaissances vaisseaux qui compenseront pour a vu précédemment que la quantité du problème de la calvitie.«Lors- celui ligaturé.» Paul DesRuisseaux d'hormones n'était pas aussi déter- qu'on connaît la cause première et s'objecte: «Il n'y a pas de reprise minante que celle des récepteurs.qu'on comprend tout le mécanisme, importante de la circulation.» Il sou- Dans ce cas-ci, il est peut-être préfé- il est plus facile de trouver le médi- tient d'ailleurs que ses succès parlent rable de chercher des gens qui ont cament efficace», de conclure Rolland pour lui.subi l'opération il y a trois, quatre ou Tremblay.En attendant, le contexte «Il faudrait qu'il fasse des études cinq ans et de constater les résultats socio-culturel continue à faire son à long terme avec plusieurs cas, tout en vérifiant bien s'il s'agissait travail et plusieurs marchands de rétorque Guy Bédard, et actuellement d'une alopécie héréditaire.rêves y trouvent bien leur compte.?MarT ; I fi t r/ ¦* L’ETAT DES SCIENCES ET SES TECHNIQUES Sous la direction de Marcel Blanc i SCltHCES TECHH'O065 ^4- ¦ Destinée aux chercheurs comme au grand public, une entreprise originale pour comprendre les enjeux contemporains des progrès scientifiques et techniques.¦ Science, technique et société.Un panorama des impacts sur la société du progrès scientifique et technique et des débats passionnés qu’il suscite: vie quotidienne, travail, enjeux politiques, idéologiques, éthiques et philosophiques, relations internationales.¦ Bilan des recherches.Un bilan des principales découvertes scientifiques et innovations techniques au début des années quatre-vingt, dans tous les domaines: de l’astrophysique à la biologie moléculaire, de la robotique à la vidéo-communication et aux énergies nouvelles, etc.¦ Les déterminants du progrès.Un tour d’horizon mondial des facteurs politiques et économiques qui conditionnent la recherche et le développement scientifiques et techniques dans les différents pays.¦ Par 128 spécialistes, 152 articles de fond, 103 bibliographies, 28 tableaux statistiques et des dizaines d’adresses utiles.¦ Volume de format pratique, relié, en vente en librairie à 17,50$.Si vous ne pouvez vous procurer ce livre chez votre libraire habituel, retournez ce coupon à l’adresse ci-dessous en y joignant un chèque.Nous assumons les frais d’expédition.|- Éditions du Boréal Express 5450, chemin de la Côte-des-Neiges, bureau 212, Montréal, H3T1Y6 Veuillez me faire parvenir______exemplaire(s) de l'État des sciences et des techniques.Ci-joint un chèque de Nom: __________________________ Adresse:_______________________ __________________ Code postal L'UNIVERSITE DU QUEBEC QUINZE ANS APRÈS Teluq Télé-Université INRS Institut nationale de la recherche scientifique ENAP Ecole nationale d'administration publique ETS École de technologie supérieure IAF Institut Armand-Frappier f UQAT Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue UQAH Université du Québec à Hull UQAC Université du Québec à Chicoutimi UQAR Université du Québec à Rimouski UQAM Université du Québec à Montréal UQTR Université du Québec à Trois-Rivières Siege social 11 unités constituantes (universités, instituts de recherche et écoles supérieures) 339 programmes d'études de 1*' cycle 98 programmes d'études de 2' et 3e cycles 60 000 étudiants 1 700 professeurs réguliers 2 600 chargés de cours 2 900 employés non-enseignants Une communauté scientifique travaillant sur un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de plus de 24 millions de dollars, en subvention, contrats et commandites.Plus de 300 millions de dollars de budget annuel.L'Université du Québec, c'est enfin la seule université publique, implantée à la grandeur du Québec, décernant aujourd'hui plus de 10 000 diplômes par an. 34 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE les premiers pas de SPAŒIAB Le laboratoire en orbite retourne à bord de la navette l’automne prochain par Louise Desautels Un rêve se réalise.Des scientifiques, fioles en main, télescope à l'œil, formules en tête, s'envolent dans l'espace afin de profiter des conditions particulières qui régnent là-haut.Mieux, ils bénéficient d'un laboratoire des plus perfectionnés d'où ils peuvent mener, sans scaphandre, des dizaines d'expériences.Et au terme de chaque mission, ce laboratoire retourne au sol intégralement — avec données, instruments et chercheurs — bientôt prêt à repartir.Un rêve se réalise.mais à quel prix! Pour les Européens, concepteurs du laboratoire Spacelab, le déboursé frise le milliard de dollars.Sans compter le coût du lancement et du voyage lui-même.On estime que chaque minute de séjour du Spacelab au-dessus des nuages en novembre dernier a coûté plus de 20 000 dollars américains.De quoi financer de très nombreuses recherches sur Terre, clame une partie de la communauté scientifique.Le Spacelab, objet de passions contradictoires, représente la première contribution notable de l'Europe au Système américain de transport dans l'espace.L'Agence spatiale européenne (ASE) qui regroupe onze pays de l'Ouest, chapeaute depuis 1973 ce projet de fabrication de deux laboratoires destinés à la NASA et faits sur mesure pour prendre place dans la soute d'une navette spatiale.Le premier Spacelab a été livré l'été dernier et a permis à l'ASE de profiter gratuitement du vol de novembre dernier, où la moitié des expériences appartenaient aux scien- tifiques européens.Le second laboratoire sera vendu cette année aux Américains, au prix de 280 millions de dollars.C'est lui qui doit prendre l'air en novembre prochain pour la seconde mission Spacelab.Chacun des Spacelab est constitué d'une série d'éléments de base, interchangeables selon les besoins de la recherche.Il s'agit d'abord de deux modules pressurisés où les spécialistes de la NASA ainsi que les deux représentants des scientifiques peuvent circuler, observer le déroulement d'une expérience, effectuer des manipulations, enregistrer ou transmettre des résultats.De forme cylindrique, ces modules peuvent être aboutés l'un à l'autre ou utilisés solo.Adossés aux parois, une kyrielle d'instruments nécessaires aux expériences de l'heure sont installés, puis facilement remplacés au retour.Les modules peuvent aussi être percés d'un hublot ou même d'un sas qui permet, à partir du laboratoire, d'exposer un instrument à l'environnement extérieur.Pour chaque Spacelab, on trouve ensuite un jeu de cinq palettes en forme de U.Lorsque la navette ouvre les portes de sa soute, le module pressurisé protège son contenu mais la palette, elle, offre télescope, caméras, spectromètres et détecteurs de radiations au milieu ambiant.Lors de l'utilisation des palettes sans association avec un module, un dernier élément s'ajoute: l'igloo, petit silo abritant le centre de contrôle des expériences.Les manœuvres humaines indispensables sont alors initiées depuis la cabine de pilotage de la navette.Tel sera le cas pour le troisième voyage du Spacelab, annoncé pour mars 1985.~~ I ^ Tï IT ON JOUE SUR DEUX TABLEAUX ¦ m ï I La réalisation du laboratoire spatial donne une première étoile dans le cahier de devoir européen.Mais l'investissement est trop considérable pour que l'ASE ne se contente que d'une simple reconnaissance de ses compétences techniques.Depuis dix ans, l'Agence joue, en gros, sur deux seuls tableaux: le développement de fusées Ariane, financé à 60 pour cent par la France, et la mise au point du Spacelab, dont l'Allemagne fédérale assume 54 pour cent des coûts.Le premier projet, bien qu'entrepris avec sa bénédiction, entre direc- S, N üli.% ; v, QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 35 I I F: m T s l l S J I - life: Depuis l’automne dernier, c’est dans l’espace même que les chercheurs peuvent mener leurs expériences, grâce au laboratoire européen Spacelab, monté dans la soute de la navette spatiale américaine.[#\f ;#1| W' k ! ,el#.it!* ^ ?: snsî'; £ : /ii ,, tement en concurrence avec la NASA dans le marché des lanceurs de satellites commerciaux: plus de 200 satellites de communication doivent être mis en orbite géostationnaire d’ici 1995 et Ariane prévoit maintenant en lancer près du tiers.Au contraire, le projet Spacelab tente d’instaurer un climat de coopération entre l’Europe et les États-Unis, coopération dont on espère des suites concrètes.Par exemple, un statut NASA 36 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE OBEI Physicien de l'Allemagne de l'Ouest, UH Merbold fut l'un des deux premiers non-astronautes et étrangers à la NASA à être admis à bord de la navette spatiale.de partenaire dans le développement et l'utilisation d'une éventuelle station orbitale.Dans la vague de ses discours à saveur électorale, M.Reagan a invité, le 26 janvier dernier, l'Europe, le Japon et le Canada à se joindre aux États-Unis pour la construction d'une telle station, dont la NASA rêve depuis longtemps.Mais aucune entente n'a été signée et rien ne permet encore de tenir pour imminent le déblocage des 20 milliards de dollars américains qu'un tel projet représente.L'exploitation d'un EURECA (voir l'encadré) serait une autre forme de collaboration, aux vues un peu moins larges.En fait, la grande question en jeu dans ce flirt intercontinental se pose ainsi: «L'Europe doit-elle ou non se développer une infrastructure spatiale indépendante des États-Unis?» PLUS D'INVITÉS QUE PRÉVU Mais pour l'instant, le Spacelab a bel et bien été conçu en fonction d'un premier voyage à bord de l'américaine Columbia, qui n'a cependant pu l'admettre dans sa soute sans quelques modifications.On s'est premièrement attaqué à sa capacité d'accueil.En novembre dernier, c'est non plus quatre mais six passagers qui devaient voyager à bord, dont deux, faut-il le rappeler, ont été les premiers non-astronautes et les premiers étrangers à la NASA à y être admis: Ulf Merbold, physicien en Allemagne de l'Ouest, et Byron Lichtenberg, ingénieur biomédical du Massachusetts Institute of Technology.On a donc doté la cabine, située à l'étage intermédiaire, d'une salle d'hygiène, d'une cuisinette ainsi que de sièges et de couchettes supplémentaires.L'alimentation en oxygène et azote a aussi été revue en fonction des 1 2 poumons.Afin qu'elle puisse assumer son nouveau poids, la struc- ture de la soute a été renforcée tout comme le train d'atterrissage.On a augmenté le pouvoir électrique de façon à alimenter adéquatement le laboratoire.Dernière adaptation, un tunnel reliant la cabine au Spacelab a été mis en place.Profitant de ce que Columbia était «en cale sèche», la NASA a offert une cure de rajeunissement à sa navette.On a, par exemple, remplacé certains moteurs, ajouté des détecteurs de fuite, changé une partie du recouvrement thermique.On a de plus amputé Columbia de son bras canadien, inutile dans la mission Spacelab 1.Jusqu'à présent, aucun voyage scientifique n'a prévu utiliser le Canadarm.Challenger, qui doit à son tour emporter le Spacelab 2 l'automne prochain pour 13 nouvelles expériences scientifiques, n'aura pas à subir autant de modifications puisque, lors de sa conception, on a tenu compte de l'éventualité du transport d’une charge semblable.DÉMOCRATISER L'ESPACE?Mais l'aventure Spacelab n'arrive pas à coller à l'idéal européen.Au début des années 70, alors que l'Europe avait cru percer une brèche dans l'empire spatial américain, on parlait de «démocratiser l'espace».Tout chercheur se voyait déjà entre Terre et Lune, à deux doigts d'une découverte fracassante.Plusieurs industriels imaginaient déjà la production d'éléments importants entrant dans la fabrication d'un engin spatial.Quelques critiques s'indignaient déjà du rapport coût/bénéfice.Aujourd'hui cependant, le ballon s'est un peu dégonflé et les Européens n'auront réussi une certaine «démocratisation» que si on arrive à réduire le prix du billet d'embarquement d'une expérience à bord du Spacelab.Pour cela, il faut encore augmenter le nombre d'expériences par voyage et accroître le rythme annuel des missions.SI î#0jl fomi fy «N'i ie«iSi '•H Viji -i î?p ; \ : % \ Ve ! VlJ E», *»Sr Si Ve, Si s QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 37 yirainift Eureca: la première plate-forme spatiale?Si les voyages du Spacelab marquent réellement le début d'une étroite collaboration entre la NASA et l'ASE, l'étape subséquente pourrait bien être la première mise en orbite de Eureca, ou European Retrievable Carrier, prévue pour le printemps 1987.Eureca est une plate-forme conçue par l'ASE et destinée à recevoir l'équipement requis pour des expériences scientifiques complètement automatisées.Son avantage sur le Spacelab est double.D une part, la possibilité de laisser Eureca jusqu'à six mois à une altitude de 300 kilomètres de la Terre.D'autre part, son coût est près de cinq fois moins élevé que celui du laboratoire spatial, et ce pour une durée de vol 20 fois plus longue.Les deux concepts pourraient en définitive se compléter.Eureca pourrait être mis sur orbite puis récupéré par une navette américaine.Mais si le mariage NASA/ASE connaissait des jours difficiles, sans doute une descendante de l'Arianefran-çaise pourrait-elle se charger de la besogne.Toutefois, les coûts risqueraient alors de repartir à la hausse puisque la NASA, elle, a déjà laissé planer l'idée du largage gratuit de telles plates-formes à instruments, en échange d'une place pour ses propres expériences et d'une mise en commun des résultats.Le porte-instruments, tel que prévu actuellement, mesurerait deux mètres de largeur et quatre mètres de longueur et pèserait 3,4 tonnes.Ses principales composantes: une antenne pour la communication de certaines données vers la Terre ou la réception de messages destinés à modifier une expérience: un ordinateur assigné au contrôle des instruments; des compartiments de différentes formes et dimensions, servant d'abris aux expériences.La plate-forme fournirait sa propre énergie et pourrait même corriger sa position grâce à de petits moteurs.Plusieurs genres d'expériences pourront prendre place à bord mais, pour l’instant, on songe surtout à des essais sur le comportement de certains matériaux en apesanteur ainsi que sur la possibilité de croissance de plantes dans l'espace Deux domaines aux débouchés lucratifs.Dans les modules pressurisés du Spacelab, les chercheurs peuvent circuler, observer le déroulement d'une expérience, effectuer des manipulations, enregistrer ou transmettre des résultats.Conduire des expériences en pleine ionosphère, couche supérieure de l'atmosphère où naviguent les navettes, ne relève pas seulement de la course à l'exploit.Même s'ils ne comblent pas tous les espoirs originaux, les voyages du Spacelab ouvrent indéniablement de nouveaux horizons à divers secteurs scientifiques.À 248 kilomètres d'altitude, le point de vue sur notre planète ainsi que sur d'autres éléments de notre galaxie est unique.Jamais avant la mission Spacelab I on n'avait pu obtenir des photos de la Terre à la fois aussi globales et aussi précises.Jamais non plus on n'avait été mieux à même d'analyser le spectre solaire, la composition de l'atmosphère et aussi le comportement de certaines étoiles.Circulant dans l'ionosphère, le Spacelab peut aussi étudier des phénomènes habituellement contrés par la couche protectrice atmosphérique, tels que la présence de radiations et de particules.Les plasmas — sorte de quatrième état après les solides, liquides et gaz — qui constituent, croit-on, 99 pour cent de l'univers, y sont aussi étudiés, notamment par les Japonais qui s'associent ainsi au programme spatial américain.Malheureusement, plusieurs de leurs expériences prévues pour le voyage Spacelab 1 ont dû être reportées à cause des retards successifs qu'a pris le lancement.Autre ombre au tableau du premier voyage de Spacelab, un seul des deux satellites américains TDRSS (Tracking Data Relay Satellite System) avait pu être mis en orbite à temps.La transmission seconde par seconde depuis le laboratoire jusqu'à la Terre n'a donc pu être réalisée.On a dû stocker toute information acquise lorsque la navette était hors de portée de l'unique satellite.Ce qui n'a cependant empêché aucune recherche. 38 avril 1984 / QUEBEC SCIENCE L'HUMAIN À ÉTUDIER La présence d'êtres humains à bord du Spacelab pendant au moins une semaine laisse une grande place aux études biomédicales.Urine et sang sont régulièrement prélevés, rythme cardiaque et pression sanguine systématiquement notés, réflexes neuromusculaires scrupuleusement enregistrés.Ces données, une fois analysées, pourraient servir à rendre possible un long séjour humain dans l'espace.Elles contribuent aussi à une meilleure compréhension du «mal de l'espace», dont souffrent plus de la moitié des astronautes.Dans ce dernier secteur, l'appareil vestibulaire de l'oreille interne (organe de l'équilibre) a fait l'objet d'attentions spéciales lors de la mission de novembre dernier.Quelques expériences, auxquelles l'université McGill participait, tentaient de mieux comprendre la relation entre le mal de l'espace, la condition d'apesanteur qui règne dans la navette et la perception qu'a un astronaute des positions de son corps.L'absence de gravité terrestre est sans doute le phénomène spatial le plus intéressant, notamment pour les spécialistes du traitement de matériaux et de substances, domaines susceptibles d'applications rentables.En effet, les nouveaux comportements de toute matière en microgravité (apesanteur) font perdre le sens commun des mots suspension, -précipitation, cristallisation, convection.Alors que sur Terre, on ne peut varier que deux facteurs dans la mise au point d'alliages et autres métaux — soit la température et la pression — on peut désormais songer à éliminer à volonté la gravité et ses conséquences.Si les résultats de telles expériences s'avéraient concluantes, la conception de laboratoires industriels mis en orbite pour des durées plus longues ne sauraient tarder.?AU CŒUR DU QUÉBEC SÉË|CèT Ku/ei; OA Coeur (k Ouibe:, cest Super ! VIVEZ LE PLEIN AIR GRANDEUR NATURE Trois choix de voyages inoubliables s’offrent à vous à partir de 65$ par personne SÉJOURS «ESPACES VERTS et BLEUS» fin de semaine sympathique de canot-camping UNE CROISIÈRE AU FOND DES BOIS 8 jours de safari photos sur la rivière Vermillon LE TRIATHLON «EAU LIMPIDE» la rivière Batiscan, à pied, en canot-camping, en radeau pneumatique DEMANDEZ NOTRE DÉPLIANT: Association touristique du Cœur du Québec 197, Bonaventure, Trois-Rivières G9A 5N4 (819) 375-1222 Pour renseignements au sujet des possibilités de vacances qui vous sont offertes au Québec, téléphonez sans frais au: ou écrivez à: 873-2015 1-800-361-5405 tourisme Québec, (région de Montréal) (ailleurs au Québec) Ministère de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme (region de Montreal) (ailleurs au oueoec) c p 2Q 000 Québec (Québec) ci K 7X2 Cet hiver, au Québec, c’est super! Québec ^ m*.:a::| ¦•ijri AIR Loisir, Chasse et Pêche 1 W r3' Photo : M.L.C.P Fred Klus Quelque 700 kilomètres de sentiers entretenus pour randonnée en skis et en raquettes Légende: Parcs (P) Réserves (R) Activités et services disponibles (X) Co Qj / CO , rf/ AVoV ^ o%V ^ «r /gg/g & f/ % JP/ Renseignements c?/-v SVv?(à vos frais) Québe EU m (819) 762-8196 (819) 435-2511 (819) 454-2013 (819) 427-6974 (514) 653-7544 (514) 479-8337 (514) 372-3204 (819) 265-2098 (819) 537-6674 (819) 477-1360 (819) 843-6233 (418) 848-2422 (418) 848-2422 (418) 848-2422 (418) 826-2323 (418) 323-2021 (418) 275-3132 (418) 562-3700 (418) 763-3301/3039 de deux entités différentes iûl] (U œ ^^ikado Vélo pour le cyclotourisme Vélo de sentier Vélo de ville Vélo cyclosportif W: ' la symbiose totale Mc en Mc Mo Mc Mc Pour recevoir gratuitement notre brochure 1984, communiquez-nous vos coordonnées complètes à l'adresse suivante: Cycles Mikado du Canada itée 276, 3e rang est St-Augustin de DesMaures GOA 3E0 téléohone: f4181 878-3012 Telephone QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 41 VIRAGE TECHNOLOGIQUE ET ÉTUDES AVANCÉES À L’INRS L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) offre des programmes de maîtrise et de doctorat dans la plupart de ses centres de recherche.Leur originalité provient de leur implantation directe dans des laboratoires voués à la recherche orientée vers les besoins du Québec.De plus, l’INRS offre à ses étudiants des bourses d’études d’une durée de deux ans à la maîtrise et de trois ans au doctorat.ÜL ^ v.iaiS ' J C ' W*' Programmes Maîtrise et doctorat en sciences de l’eau Maîtrise et doctorat en sciences de l’énergie Maîtrise en télécommunications Maîtrise en pharmacologie Maîtrise en analyse et gestion urbaines (1) Maîtrise et doctorat en océanographie (2) Autres (3) Centre de l'INRS INRS-Eau INRS-Énergie INRS-Télécommunications INRS-Santé INRS-Urbanisation INRS-Océanologie Ville Sainte-Foy (Complexe scientifique) Varennes Verdun (île-des-Sœurs) Montréal Montréal Rimouski Notes: 1 : Ce programme de coopération est sujet à l’approbation des instances concernées 2: Les étudiants inscrits à ces programmes de l'Université du Québec à Rimouski peuvent effectuer leurs recherches à l'INRS-Océanologie 3: Les laboratoires de l’Institut peuvent servir de structure d'accueil aux étudiants des universités québécoises Pour en savoir plus: Toute personne intéressée à l'un ou l’autre des programmes d’études avancées de l'INRS peut obtenir de l’INRS des renseignements pertinents.Il nous sera agréable de les lui transmettre.Il s’agit de faire parvenir la demande à l'adresse suivante: Décanat des études avancées et de la recherche INRS Case postale 7 500 MBS Université du Québec Sainte-Foy, Québec MV Institut national de la recherche scientifique GIV 4C7 ¦ PUBLIREPORTAGE 42 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE uoei Lise Lemelin — * r .“¦ « “S t 1 1 Mit! QUEBEC SCIENCE / avril 1984 43 UIERKE EN SERRE CHAUDE Les effets de l’augmentation du C02 dans l’atmosphère sont au cœur d’une intense polémique scientifique par Suzanne L'Allier Fonte des calottes glaciaires, inondations des Basses-Terres du Saint-Laurent ou encore bananiers à Schefferville et palmiers bordant la Grande-Allée à Québec.Ces scènes ne sont pas tirées d'un cauchemar ni d'un rêve.Elles sont plutôt au nombre des conséquences possibles d'un réchauffement de la planète engendré par une augmentation de la concentration de gaz carbonique (C02) dans l'atmosphère.Le problème est sérieux et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) en collaboration avec le Conseil international des unions scientifiques (CIUS) a mis de l’avant un programme climatologique mondial afin de mieux coordonner les recherches effectuées dans ce domaine à l'échelle internationale.Aujourd'hui défrayant l'actualité scientifique, l'importance du C02 dans l'atmosphère n'est pourtant pas une nouvelle préoccupation pour les chercheurs.En effet, il y a près de 100 ans déjà, l'illustre chimiste suédois Svante Arrhenius avançait l'hypothèse qu'une plus forte concentration du C02 dans l'atmosphère entraînerait un réchauffementglobal de notre planète.Plus tard, en 1938, l'Anglais M.Callender démontrait que les activités de l'homme provoquaient d'importantes modifications dans la composition chimique de l'atmosphère, entre autres en augmentant le taux de C02.Ce n'est que depuis 1958 que l'on mesure sur une base régulière le taux de C02 dans l'atmosphère.Mais on peut évaluer ce qu'il était bien avant cette date en analysant les isotopes de carbone présents dans les anneaux des arbres, ou encore dans les carottes de glace prélevées dans les régions polaires, cette glace ayant piégé des bulles d'air au cours des années et même des époques antérieures.Ainsi, on a constaté que la concentration du C02 dans l'atmosphère, qui était d'environ 290 parties par million (ppm) avant la révolution industrielle, se chiffre maintenant à 340 ppm, soit une augmentation de l'ordre de 17 pour cent.DANS UN COCON DE C02 Le C02 joue un rôle clé dans la régulation de la température à la surface de la Terre.En effet, pourque la température à la surface de la planète demeure constante, c'est-à-dire pour qu'il y ait équilibre thermique, l'énergie du rayonnement solaire qui entre dans l'atmosphère doit être égale à l'énergie réémise dans l'espace.Or, les molécules de C02, si elles laissent passer l'énergie nous arrivant sous forme de rayonnement visible du spectre solaire, absorbe cette énergie réfléchie par la surface de la Terre sous forme de rayons infrarouges, l'empêchant de retourner dans l'espace.Et plus le taux de C02 augmente dans l'atmosphère, plus la quantité d'énergie, ou de chaleur, emmagasinée est grande.Ce phénomène, que l'on appelle effet de serre, s'observe sur d'autres planètes du système solaire.Par exemple, il agit de façon dramatique sur Vénus, dont l'atmosphère est constituée en grande partie de C02 et dont la température à la surface atteint les 400°C.Sur Terre, bien que la concentration du C02 dans l'atmosphère ne représentequeO,03 pour cent du volume total, ce composé joue dans la régulation thermique un rôle important.D'après des études réalisées, entre autres, par l'Académie nationale des sciences pour évaluer les effets de l'augmentation du taux de C02 dans l'atmosphère, il ressortque doubler la teneur actuelle de ce gaz — ce qui se produira vraisemblablement d'ici l'an 2025 — entraînerait une augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre de 3°C.Un tel changement de température serait sans précédent dans l'histoire de la civilisation.En fait, la dernière modification climatique de cette importance remonte à la dernière glaciation, il y a 18 000 ans.LES RAFRAICHISSANTES FORÊTS DISPARAISSENT L'augmentation du C02 dans l'atmosphère provient principalement du fait qu'en un peu plus d'un siècle, l'homme a brûlé une grande partie des combustibles fossiles qui ont été emmagasinés pendant plus de trois milliards d'années dans le sous-sol terrestre.En effet, les industries, les véhicules automobiles, etc., rejettent chaque année six milliards de tonnes de C02 dans l'atmosphère.Par ailleurs, selon une étude dirigée par G.M.Woodwell, directeur du Centre des écosystèmes au Marine Biological Laboratory du Massachusetts, l'exploitation des forêts à l'échelle mondiale contribuerait également, et de façon substantielle, à l'augmentation de la quantité de C02 dans l'atmosphère.En effet, on sait qu'un important transfert de C02 s'effectue entre l'atmosphère et la biomasse, c'est-à-dire l'ensemble de la végétation terrestre, par le biaisde la photosynthèse.C'est par ce processus complexe que les molécules d'eau et de C02 sont absorbées directement par les végétaux pour être 44 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE transformées en hydrates de carbone.D'une part, la déforestation occasionnerait le rejet de quatre à huit milliards de tonnes de C02 par année dans l'atmosphère et, d'autre part, elle annihilerait l'absorption du C02 par la biomasse.La modification du taux de C02 dans l'atmosphère par la photosynthèse fut clairement démontrée par des mesures directes effectuées au sommet du Mauna Loa, à Hawaii.Celles-ci permirent en effet de constater que ce taux varie considérablement selon les saisons: lors de la croissance des végétaux, il diminue, tandis qu'à la fin de leur période de croissance, au cours du processus d'oxydation, il augmente.Même si à l'heure actuelle, le taux de croissance des plantations d'arbres est égal ou supérieur au taux de déboisement, tant en Amérique du Nord qu'en Europe de l'Ouest, la situation qui prévaut ailleurs dans le monde est loin d'être aussi reluisante.On estime que, depuis 1950, la moitié des forêts tropicales ont été exploitées et qu'au rythme actuel de déboisement, plus des deux tiers de l'ensemble des forêts du globe seront utilisées, d'ici l'an 2000, tant à des fins domestiques qu'industrielles.Cette importante réduction de la biomasse serait, selon G.M.Woodwell, un facteur qui contribuerait autant à l'augmentation du C02 dans l'atmosphère que la combustion des combustibles fossiles.Les prévisions d'un réchauffement global de la température, généralement admises par la plupart des spécialistes depuis plusieurs années, ne font cependant pas l'unanimité.Certains chercheurs qui font autorité, dont Sherwood B.Idso, d'Arizona, et E.Newell, du Massachusetts Institute of Technology, ont récemment semé une certaine confusion dans les milieux scientifiques en réfutant de façon assez radicale l'hypothèse d'une augmentation de la tempéra- RAYONNEN INFRAROL RAYONNEMENT SOLAIRE ture moyenne de la surface terrestre au cours du 21e siècle.Selon eux, le réchauffement des températures serait à peine perceptible, sinon nul.Toutefois, la dernière étude du Conseil national de la recherche des États-Unis, sous l'égide de l'Académie nationale des sciences, confirma l'impact sur la température d'une augmentation du taux de C02 atmosphérique.En fait, il est difficile de prévoir le climat à long terme car le système climatique met en jeu non seulement l'atmosphère et les océans, mais également les glaciers, les continents et la biosphère.De plus, on comprend encore mal les mécanismes qui régissent l’absorption du C02 par certains réservoirs naturels.On sait, par exemple, d'après les données sur la consommation annuelle des combustibles fossiles compilées par les Nations Unies, que la concentration de C02 dans l'atmo- sphère ne correspond pas à la quantité qui y est rejetée annuellement.En réalité, seulement 40 à 50 pour cent du C02 y demeure en permanence.Alors dans quels réservoirs s'emmagasine le reste?Voilà une question à laquelle les scientifiques n'ont pas encore réussi à répondre.On suppose que les océans absorbent la majeure partie de ce surplus, mais aucune étude jusqu'ici n'a vraiment démontré à quel rythme cela se produit.Il serait beaucoup plus facile d'évaluer les changements climatiques prochains si la capacité d'absorption des océans était mieux connue et si les échanges entre les eaux de surface et les eaux profondes des océans étaient mieux compris.Ces données permettraient d’évaluer avec plus de précision le laps de temps qui s'écoulera avant que les mécanismes de régulation thermique des océans ne soient perturbés. QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 45 — Si le C02 atmosphérique laisse passer le rayonnement visible qui nous arrive du Soleil.// forme une barrière aux rayons infrarouges, réfléchis par la surface terrestre, et les absorbe.Cette énergie calorifique s'emmagasinant dans l'atmosphère contribue à augmenter la température à la surface de la Terre.Deux sources importantes de ce C02 : la combustion de combustibles fossiles et la déforestation.LE DOUX CLIMAT DU NORD?Malgré ces nombreuses incertitudes dans la prévision des climats à long terme, de nombreuses hypothèses ont été formulées quant aux impacts d'un réchauffement des climats.On sait d'abord que la diminution de l'albedo, c'est-à-dire de la réflectivité de la surface terrestre, reliée à la fonte des neiges et des glaces, occasionnerait un réchauffement deux à trois fois plus important dans les régions polaires que dans les régions tropicales et équatoriales.Selon de nombreux chercheurs, ce recul des glaces marines pourrait entraîner la fonte de la calotte glaciaire de l'An-tarctique Ouest qui repose sur des rochers se trouvant au-dessous du niveau de la mer.Les conséquences seraient plutôt désastreuses.La fonte des glaces D'ici 20 ans, les deux tiers des forêts du globe seront utilisées et le C02 qu'elles auraient absorbé s'accumulera alors dans l'atmosphère.¦ 9 ,J.-1* - ., • ¦4 '%* N élève actuellement le niveau des océans de 1 5 centimètres par siècle.Mais si les glaces situées à l'ouest de l'Antarctique devaient fondre, le niveau de l'océan pourrait augmenter de l'ordre de cinq à six mètres en l'espace d'un siècle ! Quoi qu'il en soit, si cette hypothèse se concrétisait, ce ne serait certes pas du jour au lendemain.Malgré tout, un recul des glaces est sérieusement envisagé et les pays comme le Bengladesh et les Pays-Bas, ainsi que tous les deltas habités du globe, seraient les premiers à en subir les conséquences.De nombreux chercheurs prévoient que l'augmentation du C02 atmosphérique modifierait aussi le régime des pluies.Actuellement, environ 1 5 pour cent seulement des précipitations sont drainées par les fleuves et par les rivières, tandis que 85 pour cent retournent dans l'atmosphère par évaporation.Si la température venait à augmenter, le taux d'évaporation augmenterait proportionnellement.Ce phénomène, combiné à une diminution du taux de pluviosité aux latitudes comprises entre les 35e et le 45e parallèles nord, pourrait déplacer les zones agricoles de plusieursdegrés vers les pôles.Cela aurait de graves conséquences dans l'ouest des États-Unis, notamment dans la région du Missouri, du Rio Grande et du Colorado, car on a déjà recours à l'irrigation dans la plupart de ces régions.L’éventualité d'une diminution des ressources en eau entraînerait nécessairement l'abandon d'une zone agricole aujourd'hui qualifiée de grenier du monde.Dans les pays en voie de développement et dans les pays subtropicaux, l'approvisionnement en eau est déjà un problème de taille et les perspectives d'un réchauffement des climats ne pourraient que contribuer à envenimer une situation déjà fort précaire. 46 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE T La combustion du pétrole : une source importante de C02.Et on pense remplacer ce combustible, une fois qu'il sera épuisé, par le charbon qui est deux fois plus polluant.Un réchauffement de la température n'aurait cependant pas que des répercussions négatives sur l'agriculture.Une température plus douce pourrait être très bénéfique pour les régions situées aux environs du 60° de latitude Nord.De plus, la saison de croissance des plantes des pays nordiques se trouverait allongée, plus particulièrement dans les pays du nord de l’Europe, au Canada, en Union soviétique, en Chine et au Japon.Par ailleurs, selon quelques chercheurs, dont B.A.Kimball du ministère de l'Agriculture des États-Unis, il serait bien possible que l'augmentation du C02 dans l'atmosphère accélère le processus de la photosynthèse et puisse ainsi accroître le rendement agricole de nombreuses régions du monde.Les légumineuses, telles que le soya, ainsi que les céréales, dont l'avoine, le blé, le riz auraient tout à gagner d'une plus forte concentration du C02 dans l'atmosphère.UN APPÉTIT GLOUTON DE COMBUSTIBLES Depuis quelques décennies, les pays industrialisés prennent des mesures d'économie d’énergie assez radicales et l'on prévoit que d'ici l'an 2000 la consommation des combustibles fossiles sera réduite de 20 pour cent.Par contre, dans les pays en voie de développement, où 70 pourcent de la population mondiale se trouve concentrée, on estime que les besoins en énergie augmenteront à raison de deux ou trois pour cent par année.Donc, la demande mondiale d'énergie ira en augmentant dans les années à venir.Par ailleurs, des données compilées par les Nations Unies indiquent que les ressources en pétrole et en gaz naturel s'épuiseront dans un avenir assez rapproché.En effet, la production mondiale de pétrole se chiffre présentement à 60 millions li .i ;r:‘ de barils par jour.Elle devrait atteindre son maximum vers les années 1 990, pour finalement s'épuiser vers les années 2050.Quantauxressour-ces en gaz naturel, l'épuisement de ce combustible suivra de près celui du pétrole.Donc, si aucune forme d'énergie ne vient remplacer les énergies traditionnelles d'origine fossile, il faudra dès lors avoir recours au charbon, combustible qui pollue deux fois plus, par unité d'énergie, que le gaz naturel.D'où une nouvelle menace d'accélération de l'accroissement du C02 dans l'atmosphère.Même si on estime généralement que les effets du rejet du C02 dans l'atmosphère ne seront perceptibles que d'ici une vingtaine d'années, il n'en demeure pas moins que les chercheurs multiplient leurs efforts en vue de dépister le moindre chan- gement climatique important.Ainsi, Cari Wunsch, du Massachusetts Institute of Technology, et Dean Roem-mick, de la Scripps Institution of Oceanography des États-Unis, ont récemment remarqué un réchauffement de température d'une large bande des eaux profondes du nord de l'Atlantique.S'agirait-il d'un signe précurseur des changements climatiques à long terme ou d'une simple fluctuation temporaire?Si les milieux scientifiques ne peuvent encore se prononcer définitivement sur la question, dame nature confirmera peut-être leurs théories plus tôt qu'on ne le croit.Alors, il est possible que les banquises de quelques centaines de kilomètres se baladant près des côtes de Terre-Neuve deviennent monnaie courante.O Jean-Marc Carpentier Andrée-Lise Langlois mercredi Mercredi: Le Devoir économique La vie économique de Montréal est décortiquée, pour vous, dans le Devoir économique.Au menu: indicateurs économiques, cotes des principaux marchés financiers, innovations technologiques, fiscalité corporative et critiques de livres d'économie.Le cahier des gens d'affaires.Tous les mercredis.Jeudi: Le Devoir.à loisir Le cahier des curieux de Montréal, Québec et Ottawa.Quoi faire?Où manger?Quoi boire?L'épicerie fine, le marché de l'art, les loisirs, le conditionnement physique, les voyages et les petites annonces gratuites.Le Devoir à loisir.Tous les jeudis.Samedi: Le Devoir: Culture et société Le rendez-vous bien connu des intellectuels exigeants.Une équipe de journalistes réputés commente, pour vous, l'actualité culturelle d'ici et d'ailleurs.Les livres, l'architecture, le théâtre, le cinéma et la peinture se côtoient dans le cahier Culture et société.Tous les samedis.LE DEVOIR toujours mieux informer 48 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE Soif saa.' mm mm vN» s.v;; 'y'-'/sm • • ’1.L YMàmk QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 49 U$ enfante terribles * ÜÎIFORMfïïlGUE Micro-ordinateurs en poche, ils franchissent allègrement les barrières de sécurité des gros systèmes.Comment les arrêter?par François Picard Capable d'accéder à distance à un gros ordinateur du ministère américain de la Défense et de déclencher une guerre mondiale, le hérosdufilm War Games ne sort pas entièrement de l'imagination d'un scénariste.Ses semblables existent bel et bien et l'Amérique les craint depuis qu'ils ont fait la manchette des journaux l'été dernier.On les trouve surtout dans les rangs des hackers, ces mordus d'ordinateurs dont le prin- Ils ont 14, 15 et 17 ans et, avec leur micro-ordinateur Apple, ils ont réussi à percer les barrières de sécurité de plusieurs gros ordinateurs américains.cipal passe-temps consiste à maîtriser cet appareil par tous les moyens possibles et imaginables.Ces pirates d'ordinateurs sont des gens qui s'introduisent dans des systèmes informatiques pour prendre connaissance des données, les modifier ou les détruire, au détriment bien entendu de leurs propriétaires.Jusqu'en mai dernier, on n'y prenait pas garde, mais la mise au jour d’une véritable organisation de jeunes pirates a véritablement ébranlé les milieux informatiques nord-américains.On apprenait que, durant les mois précédents, une dizaine de jeunes gens, âgés dans la vingtaine, et surnommés les 414, avaient pénétré les systèmes d'ordinateurs de banques, d'hôpitaux et surtout celui du laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, où le gouvernement américain fait des recherches sur des armes nucléaires secrètes.C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.Dès lors, la plupart des systèmes de sécurité des ordinateurs accessibles par voie téléphonique ont été perfectionnés.Mais il reste encore beaucoup de responsables de services informati-! ques qui ne croiront au “ vol de données ou à la ! possibilité d'un usage I abusif de leurs ordina- o J teurs qu'une fois mis devant le fait.Pour leur part, les gouvernements américain et canadien se sont dépêchés d'évaluer la situation et ont commencé à légiférer pour dissuader tous ceux qui désireraient faire un usage illégal de données accessibles sur un ordinateur.Selon le sergent Léo Linteau, de la section des crimes économiques à la Sûreté du Québec, le crime par ordinateur est encore rare au Canada, et c'est tant mieux.Et les amendements au Code criminel bientôt adoptés devraient en freiner le développement.DES SECRETS BIEN MAL GARDÉS En fait, la quantité d'informations à la portée d'un micro-ordinateur par l'intermédiaire d'un modem et du réseau téléphonique est gigantesque.Il s'agit de données appartenant à la plupart des grandes compagnies qui ont des bureaux en plusieurs endroits.Ce sont en particulier des données financières, des renseignements commerciaux, des informations sur les cartes de crédit, des notes de recherche, des dossiers médicaux ou du courrier confidentiel.Le nombre d'ordinateurs ainsi accessibles par téléphone est évalué à 100 000, aux États-Unis et en Europe seulement.Pour se servir de ces systèmes informatiques à distance, il suffit de connaître le numéro de téléphone de l'ordinateur que l'on désire rejoindre, de disposer aussi de codes d'accès et de mots de passe prédéterminés.Habituellement, les codes d'accès sont fournis par le responsable du système informatique tandis que le mot de passe est personnel et son utilisateur peut le changer chaque fois qu'il le désire.La sécurité des données informatiques repose donc sur ces codes d'accès.Le problème est que l'on peut parfois les deviner facilement ou les déterminer après tâtonnements.Selon les experts, plus il y a de niveaux de sécurité, mieux c'est.Et ils estiment que cinq «portes» à ouvrir avec des serrures codées est un minimum pour s'assurer une bonne protection.Pour accéder au réseau informatique de l'Université de Calgary, l'un des mieux protégés au Canada, il faut franchir sept niveaux de contrôle successifs.D'après le responsable de la sécurité de la banque de données grand public 50 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE «IEC Ordinateur cible Cryptographie Code d'entrée Protocole de vérification Mot de passe Code personnel Terminal Usager de l'intérieur Serrure Modem Système d'identification °Xo Gardien Usager de l'extérieur io oifi Pour réduire les risques d'entrées illégales dans les ordinateurs, un moyen: augmenter le nombre de portes à franchir, en multipliant mot de passe et et divers systèmes d'identification.américaine CompuServe, le meilleur code secret ou mot de passe est celui qui contient à la fois des lettres, des chiffres et certains des signes spéciaux que l'on peut produire à partir d'un clavier d'ordinateur.Ainsi, le mot de passe RTY45:6TE est beaucoup plus sûr qu'un autre qui serait facile à deviner, comme Pierre.Et c'est là que le bât blesse, en général.Interviewé à Radio-Canada, en novembre dernier, Eric Manning, du département des sciences informatiques de l'Université de Waterloo, expliquait en effet que les gens utilisent la plupart du temps comme mot de passe leur prénom, celui de leur femme ou de leurs enfants, le jour de la semaine ou le mois de l'année.C'est d'ailleurs ce qu'a pris plaisir à raconter Neal Patrick, du groupe des 414, lorsqu'il fut questionné en septembre dernier par l'un des membres du sous-comité de la Chambre des Représentants sur la sécurité des ordinateurs.Il a expliqué que cela avait été pour lui et ses amis un jeu d'enfant d'accéder à 40 ordinateurs du ministère de la Défense, à Los Alamos, en utilisant tout simplement des mots de passe comme Test et System, qui sont les mots de passe attribués par les fabricants d'ordinateurs en attendant que leurs clients les changent.Dans d'autres cas, ils ont tout bonnement employé le nom de personnes travaillant sur les appareils.DES CRIMES PRESQUE PARFAITS Le groupe des 414 n'est qu'un cas parmi beaucoup d'autres et il est difficile d'évaluer exactement l'ampleur du problème.D'un côté, les compagnies touchées ne veulent pas que leurs clients apprennent que leurs ordinateurs ont reçu la visite de pirates.D'un autre côté, les services de sécurité et de police préfèrent ne pas en parler pour éviter des abus.C'est le cas de la GRC qui préfère s'abstenir de commentaires.Mais surtout, la plupart des crimes commis sont transparents.Effectivement, celui qui s'introduit frauduleusement dans un système d'ordinateurs peut habituellementy effectuer son crime puis en effacer toutes traces, rendant difficile, sinon impos- À vous de déjouer l'ordinateur Pour vous démontrer la difficulté de déchiffrer un message codé par ordinateur, nous vous soumettons ce court texte et nous réservons une petite surprise au premier qui nous fera parvenir la transcription exacte du message.Pour ne pas rendre les choses trop difficiles, nous avons simplifié au maximum la clé cryptographique.AAB 1 DFBEBDB0B1B1BAB2BAB1A BDFBEDFAEACDFBEAADFAFADBA B2B6BAADDFAEAAB6DFBBBABCB 7B6B9B9ADBADFBCBABCB6D1 À votre ordinateur et bonne chance! sible, sa découverte.Cependant, un certain nombre de fraudes ou d'actes de vandalisme d'envergure touchant les ordinateurs n'ont pu passer inaperçus.Ainsi, en 1978, un employé de banque de Los Angeles, que tout le monde pensait honnête, a transféré en quelques secondes 10,2 millions de dollars de sa banque à un compte ^«ii if, k s Hi.% kk, Sr % s % QUÉBEC SCIENCE / avril 1984 Ufb.l y s i'- , i D'un côté, le film WarGame: un jeune garçon et son micro-ordinateur amène l'Amérique au bord d'une guerre nucléaire.De l'autre, IMeil Patrick, 17 ans, devant la Commission sénatoriale sur la protection de l'accès aux ordinateurs./Ve// aurait pénétré dans un ordinateur de Los Alamos contenant des informations sur les armes nucléaires.Peu de chose sépare la fiction de la réalité! À /i|| .A r ir51 A : ' r?1 lio ,1(1''! 4 en Suisse.En 1980, un groupe d'adolescents new-yorkais, membres du club de micro-informatique d'une école privée, a utilisé le réseau téléphonique pour rejoindre des ordinateurs de grandes compagnies à travers tout le continent.Ils ont ainsi détruit d'importantes informations, en particulier un tiers de celles que contenaient les ordinateurs de l'entreprise Ciments Lafarge, de Montréal.Le mal causé était irrémédiable.Pour sa part, le groupe des 414 s'est aussi introduit sur le système d'ordinateurs d'un institut qui effectue le relevé des traitements par radiation de patients cancéreux à travers tous les États-Unis.Heureusement, ils n'ont rien modifié, ni effacé; mais cela aurait pu arriver et les conséquences auraient alors été désastreuses.MULTIPLIER LES PORTES La plupart des auteurs de crimes sur ou par ordinateur sont des amateurs.Leur portrait-robot correspond à celui d’un garçon âgé entre 1 5 et 20 ans, d'une intelligence au-dessus de la moyenne, et qui réussit bien dans ses études.Mais il y a aussi de plus en plus de professionnels du crime qui décident de s'informatiser et de tenter leur chance dans cette branche.Donn Parker, analyste en sécurité des ordinateurs pour la compagnie SRI International, estime que cette situation s'explique surtout par le fait que l'on donne de plus en plus de cours d'initiation aux micro-ordinateurs dans les écoles et dans les prisons.Il y a aussi les employés ou fonctionnaires qui finissent par se laisser tenter.Car il s'agit bien là de tentation.Dans plusieurs entreprises, on constate en effet qu'il est plus difficile d'obtenir un crayon neuf que d'accéder à un terminal relié à l'ordinateur principal, ce qui est absurde.Si, en plus, on se rend compte que des mots de passe simples permettent d'aller lire, changer ou détruire des informations importantes ou confidentielles, avec un minimum de chance d'être découvert, on a facilement envie d’essayer.C'est pourquoi les experts en sécurité des ordinateurs considèrent comme coupables non seulement les jeunes qui font du vandalisme, ou les autres criminels, mais aussi tous ceux qui protègent mal leur système informatique.Pourtant, ajouter des «portes» de sécurité à un ordinateur est extrêmement facile.Il s'agit seulement de développer en conséquence le logiciel d'accès.Mais il faut aussi trouver des codes d'accès complexes, très difficiles à deviner ou à reconstituer.Quant à l'utilisateur, le mieux est d'apprendre par cœur son mot de passe et d'en garder une copie écrite dans un endroit très sûr.Il faut aussi le changer régulièrement, tout au moins chaque fois que l'on pense qu'une autre personne a pu en prendre connaissance.Avec le développement de la télématique, le nombre de codes et de mots de passe à utiliser sur divers systèmes va 52 avril 1984 / QUÉBEC SCIENCE augmenter rapidement et il faudra être de plus en plus vigilant si l'on ne veut pas payer pour des services rendus à d'autres.METTRE LES MESSAGES SOUS CLÉ L'avenir est au codage des données avant la transmission et à leur décodage à la réception.De quoi s'agit-il?Lors du codage, le texte de base, en langage simple et lisible, est transformé en uncryptogrammefaitd'une suite de signes sans signification si l'on n'en possède pas la clé.Cette clé est un nombre unique qui sert à contrôler l'algorithme à la base du codage.Une fois codé, un document peut passer entre de nombreuses mains sans risque car un nombre minimal de personnes possèdent la clé cryptographique et peuvent en changer la combinaison à volonté.Même si le codage n'assure pas une sécurité totale de la transmission d'informations, elle l'améliore grandement.De plus en plus de matériel et de logiciels de codage/décodage sont donc mis en vente, même pour les micro-ordinateurs car ils deviennent les terminaux de communication les plus fréquemment utilisés pour transmettre des données financières, des messages confidentiels, des secrets industriels et commerciaux.Le codage par microprocesseur est encore plus sécuritaire.Il est basé sur un standard cryptographique adopté aux États-Unis et au Canada.Il s'agit de directives et de principes mathématiques sur lesquels doit être basée la conception des codeurs et décodeurs.Un cryptogramme ainsi créé à l'aide d'un microprocesseur spécial est extrêmement difficile à décoder.On estime même que cela prendrait des milliers d'années avec le plus puissant des ordinateurs actuellement en service, le Cray.Mais, à la vitesse où l'informatique évolue, il- faudra peut-être trouver bientôt autre chose.?Bruce Bosworth, Codes Ciphers and Computers.An Introduction to Information Security, Hayden Book Company, Rochell Park, New Jersey L'arrivée de Jacques Cartier, par Eugène HAMEL (circa 1890) Photographie et Collection, Musée du Québec 1 -**2i L’ACFAS : UN CONGRÈS À DÉCOUVRIR Plus de 3000 participants 1200 communications 50 sections 50 colloques Le plus important congrès scientifique francophone au monde 9, 10, 11 mai 1984 Université LAVAL Comprenez facilement l'informatique avec L'OROIURTEUR RPFRIiÆUSt La micro-informatique vous intéresse?Vous désirez acquérir rapidement des connaissances de base sur les micro-ordinateurs?L'ORDINATEUR APPRIVOISÉ a étéécritpourvous.Abondamment illustré, il vous apportera les informations essentielles à la compréhension de l'ordinateur et à son utilisation.par François Picard et Danielle Shaw 1983, 102 pages, 8,95$ ISBN 2-920073-08-7 Québec Science Éditeur F'"nCOiS Fta" frf iiOl ;¦ r.s XJ PHYSIQUE DES PARTICULES TRIUMF SE CHERCHE UN A VENIR C/est au début de l'an dernier que le monde de la physique saluait avec enthousiasme la naissance des particules WetZ, au CERN de Genève.Mais, à la même époque, se déroulait au cyclotron TRIUMF de Vancouver une expérience sur la désintégration des muons qui devait prouver un détail important sur le mouvement des particules W et Z.Ainsi, de mois en mois, TRIUMF fait vivre les équipes canadiennes au rythme excitant de la recherche de pointe de la physique des particules dans le monde.Ce grand laboratoire, situé sur le campus de l'Université de la Colombie-Britannique, est de fait le plus grand accélérateur de particules de type cyclotron au monde.Dans le casse-tête de la connaissance de l'infiniment petit, la course aux particules est à l'avant-scène.La physique des particules étudie et tente de prédire le comportement des quarks, ces constituants de la matière qui forment les protons et les neutrons, lesquels constituent les noyaux des atomes.On traque donc des «bêtes» d'une taille infinitésimale et d une durée de vie inférieure au millionième de seconde, dans des installations qui, elles, sont imposantes: des accélérateurs de particules de plusieurs centaines de mètres s'ils sont linéaires, ou des chambres à vide d'une dizaine de mètres de diamètre, s'ils sont circulaires (on parle alors de cyclotrons).TRIUMF est un cyclotron.Il accélère les atomes d’hydrogène jusqu'à 75 pour cent de la vitesse de la lumière.À cette énergie, soit 224 000 kilomètres par seconde, on peut créer de nouvelles particules de matière qui sont idéales pour l'étude du noyau et des particules en général.TRIUMF est singulièrement efficace pour produire une particule appelée «méson-pi» ou pion.Pour cette raison, on dit que c'est une «usine de mésons».Ce cyclotron est le seul au monde qui puisse produire simultanément plus de trois faisceaux indépendants de protons.De plus, il en produit de bonnes quantités, ce qui en fait un instrument unique pour un certain type de recherches qui s'avèrent très éclairantes pour les équipes de pointe travaillant dans les grands centres de recherches comme le CERN de Genève en Suisse, le Fermilab ou le SLAC de Stanford aux États-Unis.De fait, plusieurs dizaines de chercheurs parmi le personnel scientifique de TRIUMF sont prêtés par ces institutions ou participent à des échanges.TRIUMF est une des contributions majeures du Canada à la recherche pure.Le CNRC lui octroie chaque année environ 20 millions de dollars, soit les trois quarts de son budget, le reste venant d'autres organismes subventionnaires fédéraux et provinciaux.Petit à petit, TRIUMF s'expose cependant à faire des «profits», grâce aux retombées de la recherche appliquée.En effet, le faisceau de particules à haute énergie est de plus en plus «emprunté» pour mettre au point Dans l'avenir, TRIUMF aimerait établir un centre de production de kaons (un autre type de particules) en se servant de son cyclotron comme injecteur.Le nouvel accélérateur pourrait multiplier par au moins 30 l'énergie actuelle qui passerait de 520 millions d'électrons-volts à au moins 15 milliards d'électrons-volts, tout en permettant de conserver l'intensité élevée des faisceaux de TRIUMF (100 microampères).Ce centre de production de kaons permettrait de créer en abondance des particules (à intensité élevée) qu'on n'avait pas pu obtenir jusqu'à maintenant, par exemple des X y/./ / • -, > fl X L'intérieur du cyclotron canadien Triumf au cours de sa construction.des outils de recherche pour les sciences biomédicales.Ainsi, la tomographie à émission de positrons qui permet de prendre des photographies de l'activité cérébrale (voir Québec Science, février 1984), ainsi que la radiothérapie utilisant des pions pour détruire les tissus cancéreux, sont deux outils de choix appelés à se développer.Les faisceaux de TRIUMF peuvent aussi servir à des fins géologiques, pour détecter certains éléments comme For et le platine, présents seulement sous forme de traces dans des échantillons.kaons, des particules lambda, des neutrinos et des antiprotons.Il s'agit toutefois de projets à long terme, qui n'en sont qu'à l'étape de propositions initiales auprès des organismes subventionnaires fédéraux.Il semble même que le projet de réseau de radiotélescopes canadiens, mis de l’avant il y a quelques mois par un groupe d'universitaires, puisse faire concurrence directe à la future «usine de kaons», en tant que projet prioritaire dans le domaine de la recherche pure en physique.En tout état de cause, la réponse des Sphynx d’Ottawa est attendue dans les six prochains mois.Jean-Pierre Ftogel T La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Pour le chercheur, WP l'étudiant, y l'universitaire, La Recherche cons- Offre spéciale * Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 n0s) à la Recherche au tarif de 32 dollars canadiens au lieu de 44 dollars.nom ________________________________________________________ adresse ____________________________________________________ pays________________________________________________________ à retourner accoampagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4IM 1S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.mm PREMIER CONGRES INTERNATIONAL S (JR LA TOPONYMIE FRANÇAISE DE L'AMERIQUE DU NORD Ce premier congrès international auquel sont conviés les spécialistes, les professeurs en sciences humaines et le public en général s'inscrit dans le cadre des fêtes marquant le 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534, et souligne par la même occasion l’attribution officielle des premiers noms de lieux français en Amérique du Nord.Cette rencontre organisée conjointement par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et la Commission de toponymie veut notamment susciter la diffusion d'études, inventaires et autres instruments de recherche et favoriser des échanges sur les méthodes de travail des chercheurs en toponymie.Si vous êtes intéressé(e) à présenter un exposé en atelier, prière de faire parvenir votre nom, occupation, adresse, numéro de téléphone et un court résumé de votre communication à : Premier congrès international sur la toponymie française de l'Amérique du Nord Case postale 35 (Haute-Ville) Québec (Québec) GIR 4M8 Commission de toponymie: Tél.: (418) 643-9705 :BEC SCIENCE / avril 1984 59 RECYCLAGE LA BOURSE DES DECHETS Que faire lorsqu'on doit se départir de milliers de litres d'acide sulfurique, de quelques centaines de kilos de retailles de coton ouaté ou encore de ciment asphaltique en quantités industrielles?Recourir aux services d'un entrepreneur spécialisé, bien sûr.Mais on peut aussi utiliser la Bourse canadienne des déchets.Partant du principe que certains produits, matériaux ou résidus peuvent être réintroduits dans le cycle de production, la bourse agit comme entremetteur en permettant aux industriels d'annoncer les produits indésirés et aux acheteurs éventuels d'en prendre connaissance.Les participants peuvent aussi demander certains produits ou annoncer des services spécialisés, transport, recyclage ou consultation.Entre 1978 et 1983, 4 000 entreprises ont ainsi transigé au-delà de 950 000 tonnes de matière d'une valeur de remplacement approximative de 27,5 millions de dollars.Le système d'échange est fort simple.On s'abonne, au coût de 25 $, à un bulletin mensuel dans lequel on retrouve, pour chaque déchet demandé ou offert, une brève description du produit, sa quantité ainsi qu'un code identifiant le participant et son territoire d'activité.Ce système de code entraîne l'obligation de communiquer avec la bourse pour mettre en contact deux participants tout en gardant certains renseignements confidentiels.«En connaissant le type et la quantité de certains déchets, les compétiteurs pourraient évaluer la production d'un industriel et identifier certains procédés», explique Robert Laughlin, directeur de la bourse.Par ailleurs, le nombre de transactions impliquant des déchets dangereux risque d'augmenter au cours des mois qui suivent, du moins au Québec.L'adoption de la Loi sur le contrôle des déchets dangereux forcera les industriels à disposer de ces matières selon certaines normes et rendra le recyclage plus avantageux.«Le gouvernement pourra exiger de connaître la composition de certains déchets et empêcher les industriels de les mélanger à d'autres produits entravant ainsi le processus de recyclage», précise Denis Ouellette du ministère de l'Environnement du Québec.Jacques Côté, de Sainte-Foy, qui se spécialise dans l'achat et la vente de matériaux recyclables, insiste lui aussi sur l'homogénéité des produits.Il a réussi, grâce à la bourse, à vendre en Ontario de l'huile usée provenant de la région de Québec.«Au début, l'huile recueillie chez les garagistes contenait trop de liquide de vidange des radiateurs d'auto.Le produit perdait ainsi beaucoup de sa valeur.» Déchets dangereux ou non, la distance qui sépare le vendeur de l’utilisateur devient un facteur important.Les coûts de transport empêchent souvent la réalisation de transaction, surtout lorsque le produit a une faible valeur.La moitié des échanges effectués par la bourse s'effectuaient sur une distance inférieure à 70 kilomètres.Par contre, un peu moins de six pour cent des marchandises voyageaient plus de 1 600 kilomètres.Ainsi, un industriel texan, fabricant de poison à rat, s'est déjà sérieusement intéressé à l'achat de trioxyde d'arsenic provenant d'une exploitation minière de l'Ouest québécois.Des projets pour l'avenir?À la Bourse canadienne des déchets, on pense à régionaliser les opérations pour mieux tenir compte des besoins locaux.Un projet pilote est en cours en Alberta.Du côté du ministère de l'Environnement du Québec, on souhaite la mise sur pied d’une bourse plus efficace.On voudrait voir les opérations informatisées et on souhaite la levée de la confidentialité qui serait responsable de longs délais entre la mise en disponibilité d'un produit et ses possibilités d'achat.Pour ces raisons, le gouvernement du Québec ne subventionne plus les activités de la BCD depuis 1980, laissant ce soin au gouvernement fédéral et à d'autres gouvernements provinciaux.Le ministère de l'Environnement du Québec a bien un projet de bourse, mais c'est vraisemblablement le secteur privé qui prendra une telle initiative.Une importante compagnie de transport de Montréal mettrait sur pied une bourse privée d'ici l'été prochain.Gilles Parent L'ÂGE DU QUARTZ Depuis très longtemps, on utilise le quartz pour ses caractéristiques physiques.Ce minéral, qui appartient au groupe des silices (Si02), constitue plus de la moitié de la croûte terrestre.C'est dans l'industrie de la verrerie et de l'optique qu'on lui a trouvé ses premières utilisations, mettant à profit ses qualités de transparence.Puis, maintenant, en médecine dentaire, on l'incorpore dans des mélanges à obturation, contribuant à leur dureté et à leur éclat.Ces nouveaux types d'obturation ont une durée de vie de 15 à 20 ans comparativement aux deux ou trois ans que tiennent ceux obtenus avec les anciennes techniques.Ce sont les caractéristiques piézoélectriques du quartz qui sont exploitées dans le développement de nouvelles technologies exigeant de la précision.La piézo-électricité est un ensemble de phénomènes électriques causés par des pressions ou des déformations appliquées sur certains corps.Ainsi, quand le cristal de quartz est coupé selon un certain axe et qu'on lui applique une tension électrique, il se met à osciller à une haute fréquence de façon stable et continue, produisant alternativement des charges positives et négatives à chaque oscillation.La fréquence d'un oscillateur au quartz dépend premièrement de la façon dont le cristal a été coupé.Il est capable de générer 32 768 impulsions par seconde.Cette extrême précision le désignait tout naturellement pour mesurer le temps.Et en 1969, la compagnie Seiko mettait sur le marché la première montre au quartz.Elle s'avéra 10 à 100 fois plus précise que toutes les autres montres existantes sur le marché à l'époque: elle ne variait que de huit secondes par année.On en a encore amélioré la précision et aujourd'hui on parle de cinq secondes par année.L'industrie connut un engouement pour le quartz et on vit bientôt apparaître toute une panoplie d'instruments utilisant la précision du cristal de quartz.Mentionnons les appareils photographiques où le quartz constitue la base de contrôle de toutes les fonctions tributaires du temps, les tourne-disques, les chronographes, etc.Rosaire Blouin COLLECTION Pour plusieurs, l'environnement se définit comme l'eau, l'air, le sol, les végétaux et les animaux.Mais l'environnement, c'est aussi : l'homme, ses institutions sociales, économiques et politiques, ses aménagements spatiaux, son héritage culturel, sa technologie.Faire disparaître les barrières qui nous empêchent de mettre en relation ces paramètres jusqu'à ce jour analysés individuellement et suggérer de nouvelles avenues: telle est l'ambition de Perspectives 2001 Pour prendre le temps d'être mieux par Jean-Claude JAY-RAYON Québec Science Éditeur, 1983 ISBN 2-920073-14-1 192 pages, 22 photos hors texte 17,95$ Ce premier volume de la collection nous explique pourquoi nous manquons de plus en plus d'espace et de temps pour vivre et pourquoi notre qualité de vie globale en souffre de façon dramatique.Jean-Claude JAY-RAYON remet donc en question l'ensemble de notre mode de vie et nous propose des solutions simples pour le modifier en profondeur.Des animaux malades de l'homme?par Claude VILLENEUVE Québec Science Éditeur, 1983 ISBN 2-920073-30-3 336 pages, 19,95 $ Dans le contexte géographique et politique propre au Québec, il n'est pas toujours facile d'assurer la protection de la faune et de l'environnement.Exploitation ou conservation, destruction ou repeuplement?Si pour un grand nombre de ces animaux malades de l'homme et de la société industrielle, il est déjà trop tard, pour certaines espèces, on peut encore agir.Le volume amènera le lecteur à réfléchir aux modalités d'exploitation des ressources naturelles reliées à la faune, terrestre et maritime.Ces livres sont disponibles dans les LIBRAIRIES.Pour les régions non desservies, commander aux Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 Joindre votre paiement en incluant 1,75$ pour les frais d'envoi CLAUDE VILLENEUVE DES ANIMAUX MALADES DELHOMME?JEAN-CLAUDE JA Y RAYON POUR PRENDRE LE TEMPS D’ÊTRE MIEUX £ Conseil de la langue française ACTES DU COLLOQUE INTERNATIONAL Montréal 1er, 2 et 3 novembre 1981 L’AVENIR DU FRANÇAIS DANS LES PUBLICATIONS ET LES COMMUNICATIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES Conseil de la langue française VOLUME I Les conférences et les communications • Compte rendu des séances du colloque.Plus de soixante communications par des personnalités connues de la communauté scientifique internationale.VOLUME II L’avenir du français dans la science et la technologie • La problématique de la situation du français scientifique et des interrogations sur l’avenir du français dans les sciences et les technologies.VOLUME III Les études sur l’avenir du français scientifique (partie I) Le point de vue de chercheurs sur le français, langue scientifique (partie II) • Cinq études ainsi que les opinions de nombreux chercheurs constituant üne documentation de base sur l’état actuel du français scientifique.3 volumes OQ QR Ç EOQ 21199-5 EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES DE L’ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC Ou par commande postale à: Ministère des Communications Direction de la commercialisation C.P.1005 Québec (Québec) G1K7B5 IMPORTANT: (418) 643-5150 Joindre un chèque ou mandat-poste fait à l’ordre de •< Les publications du Québec» 8796 61 Cinéscience JÉBEC SCIENCE / avril 1984 UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE JEUX VIDÉO ilgefi 5- «Quand vous êtes en train j a d'apprendre un jeu vidéo difficile, ne pensez pas à la prépa-:i 1 ration de la purée en flocons! ! Apprenez à diriger exclusive-; ment votre attention sur le monde nouveau dans lequel | ) vous avez pénétré, qu'il soit i interplanétaire, sous-marin ou !i quoi que ce soit d'autre.» Voilà un conseil que la majorité des j| j samateurs de jeux électroniques | suivent pour le moins sans ji effort.D'ailleurs, Torn Hirsch-feld, auteur du livre Les jeux vidéo.Comment gagner, n'avait [ sûrement pas expérimenté j| iDrayonsEa/r avant d'écrire ça.Depuis quelques mois, une nouvelle génération de jeux I vidéo est apparue.Les Québécois qui fréquentaient lesarca-des d'Atlantic City ou d'OId :: (Orchard Beach à la fin de l'été l Idernier ont pu faire connais-ji sance avant les autres avec un , |l aîné de cette famille qui 3 J s'agrandit rapidement.Dragons li Lair, jeu vidéo interactif, est un des premiers de ces joujoux électroniques à exploiter la technologie du disque laser, ij Ironie du sort, en plus d'être : « basé sur une histoire de che-ij i| valier-dragon-princesse tout ce qu'il y a de plus moyenâgeux, le nouveau gadget doit la i! grande qualité de ses images ;l et la fluidité de mouvement de | celles-ci à la bonne vieille technique d'animation popularisée par Walt Disney.Il semble qu'il était temps ie I d'apporter quelques innovations ij il dans le domaine car, en 1983, (5 : les grands producteurs de jeux | vidéo ont accusé des baisses i sensibles de leurs profits.Peut-être les maniaques du «joy-j ; stick» étaient-ils un peu las de ! (i suivre les mouvements sacca-i (dés de leurs vaisseaux guer-! riers et les contours imprécis ij i des décors style briques Lego, ij Quoi qu'il en soit.Dragon's | \.Lair et sa descendance leur ,< promettent des sensations inu- sitées.Manufacturé et distribué par Cinematronics Game's Unit de Californie, Dragon's Lair a : coûté à ses producteurs 1,1 million de dollars et devrait i leur en rapporter rien de moins j que 540 millions.L'idée de départ des créateurs du nouveau jeu était de trouver le moyen de faire intervenir le joueur dans le déroulement d'un scénario.Leurs recherches ont débouché sur cette histoire où le héros, Dirk the Daring, doit parvenir à délivrer la princesse Daphne après avoir triomphé de mille et un dangers (42 pour être plus précis).Chaque fois que Dirk fait face soit à un plafond qui descend, soit à une patte de poulet géant, le joueur choisit pour son héros la direction à prendre pour s'échapper, ou le moment où frapper le monstre de son épée magique.Si le joueur prend une mauvaise décision ou se décide trop tard, il lui en coûtera 50 cents pour ressusciter Dirk et tenter à nouveau sa chance.Il faut en effet parler de chance et non seulement d'habileté ou de mémoire, car chaque partie jouée demande des réponses différentes de la précédente.La possibilité de changer le cours de l'histoire (quel beau rêve ! ) est due à la technologie du disque laser.Selon le geste posé par le joueur, un rayon laser contrôlé par un petit cerveau électronique balaye le disque pour y trouver la scène requise.Ce temps de recherche, qui peut durer jusqu'à trois secondes, s'accompagne d'une absence d'image à l'écran dans le casdeDragon's Lair.Dans les jeux encore plus récents, comme Eon and the Time Tunnel, les scènes se succèdent sans interruption, grâce à l'entrée en action alternée de deux unités de vidéodisque.La qualité exceptionnelle de l'animation de Dragon's Lair a été obtenue en photographiant les dessins sur acétates, image par image, comme pour Le secret de Nimh, un film d'animation du même producteur.En plus du métrage 35 mm ainsi obtenu, on a aussi trans- féré sur bande vidéo 25 mm les 14 pistes d'effets sonores, de dialogues et de musique.Enfin, la bande vidéo a été transférée sur disque laser.Au-delà de l'avènement des jeux sur disque dans les arcades, on peut déjà entrevoir pas mal de possibilités pour un avenir proche.Par exemple, les exploitants n'auront bientôt plus qu'à changer les disques et à redécorer les cabinets pour renouveler leur marchandise.Des versions pour appareils domestiques des jeux laser les plus connus feront bientôt leur apparition sur le marché.Dans quelque temps, on pourra louer les jeux en restant chez soi, par le biais des lignes téléphoniques.Des expériences toutes plus hardies les unes que les autres se bousculent à la sortie.Les Américains, qui ne reculent devant rien, ont déjà inventé le « Areobics Joystick», essentiellement une bicyclette d'entraînement couplée avec un système Atari ou Coleco.Une autre curiosité du genre demande au joueur de porter une combi-“ naison spéciale qui permet à | un ordinateur de détecter sa 0 présence et ses mouvements pour les reproduire dans un décor fantastique.Ce qu’on remarque dans tout ça, c'est que les jeux deviennent de plus en plus interactifs.L'idée fait tellement son chemin que George Lucas (encore lui!) serait en train de nous préparer un film conçu de telle façon que les spectateurs pourraient eux-mêmes décider de l'issue du récit.D'autres recherches dans le domaine de l'holographie rendront possible très prochainement la commercialisation de jeux plaçant le joueur au milieu d'un environnement tridimensionnel.Le jeu qui aura tout du rêve éveillé est maintenant en vue et pourtant, on a déjà hâte de savoir ce qui viendra après.Gérald Baril 62 ROULER SUR DU PLASTIQUE Depuis que l'on fait des pneus d'automobiles, ceux-ci onttou-jours été en caoutchouc, naturel puis artificiel.Au fil des développements de l'industrie synthétique, on a vainement tenté pendant des années d'en fabriquer en plastique.Après bien des déboires, on vient enfin d'y parvenir et les premiers d'entre eux sortiront cette année d'une usine autrichienne de la compagnie LIM Kunststoff Technologie.Ils sont faits en polyuréthane injecté dans un moule.Ils sont plus légers et plus résistants à l'usure que les pneus conventionnels et ils se vendront aussi à un prix inférieur.FINIS LES VOYAGES D’AFFAIRES?Téléglobe Canada a lancé le service Confratel qui consiste en des salles de conférences reliées par satellite.Celles-ci peuvent être en liaison au niveau national ou international.L’originalité du système est d'offrir la transmission bidirectionnelle d’images, du son, de documents par télécopie et de données informatiques permettant en particulier la production de graphiques.Le premier service numérique de téléconférence international régulier a été mis en place entre Toronto et Londres (Angleterre) en février dernier.Téléglobe estime à 50 pour cent l'économie que pourront réaliser les compagnies grâce à ce nouveau type de conférence, comparativement aux frais de voyages qu'auraient à encourir les participants._ Bientôt demain LA TÉLÉ DANS LA POCHE Ces récepteurs miniaturisés que l'on peut emporter partout avec soi envahissent le marché grâce à leurs prix fort abordables.Les deux modèles actuellement les plus intéressants sont le TV-10 de Casio et le Pocket TV de Sinclair.Le premier a un écran de cristaux liquides de sept centimètres en diagonale et ne pèse que 350 grammes; son prix est inférieur à 250$.L'appareil de la firme britannique spécialisée dans l'électronique miniature pèse 60 grammes de moins, utilise un écran cathodique plus traditionnel, est multistandard et coûtera moins de 150$ lorsqu'il sera mis en marché en Amérique du Nord au cours des prochains mois.(Info.: Sinclair Research Ltd, 50 Staniford St., Boston, Mass.02114, U.S.A.) LE PLASTIQUE AVOUE Jusqu'à tout récemment, il était extrêmement difficile pour des enquêteurs de relever des empreintes sur une surface plastifiée.Mais Paul Bourdon, de North Bay, a découvert que certains éthers normalement utilisés dans la fabrication de colles rendaient visibles des empreintes digitales que l'on n'avait pas réussi à voir par les méthodes conventionnelles.Il s'agirait en fait d'une réaction de polymérisation entre l'éther et l'un des produits chimiques sécrétés par la peau, entraînant la plastification de l'empreinte.Cette invention canadienne fait beaucoup parler d'elle en Amérique du Nord et en Europe.PROMENADE MUSICALE On offre des appareils de plus en plus perfectionnés aux nombreux amateurs de musique haute-fidélité qui veulent équiper leurs automobiles de systèmes de son.Pour sa part, la compagnie Sansui a mis au point un haut-parleur équipé d'un nouveau filtre correcteur électronique, le «Flex-Axis».Ce haut-parleur serait capable de produire des sons, sans distorsions audibles, jusqu'à une puissance de 60 watts, à des fréquences variant entre 60 et 20 000 kertz; de quoi transformer son auto en salle de concert.(Info.Carsen Co., 25 Scarsdale Road, Don Mills, Ont., M3B 3G7) PNEUS SOUS SURVEILLANCE Toujours en parlant de pneus: que dire du Tire-Tele?Il s'agit de quatre petits émetteurs de la grosseur de pochettes d'allumettes, fixés à la valve de chacun des pneus d'une automobile.Lorsque la pression d'un pneu baisse en-dessous d'un niveau prédéterminé, l'émetteur en question envoie un signal à un récepteur situé sur le tableau de bord du véhicule et le conducteur est averti par le clignotement d'une lumière ou le tintement d'un timbre.(Info.Imperial Clevite Inc., 202 Republic St., Norwalk, Ohio 44857, U.S.A.) avril 1984 / QUEBEC SCIENCE DENTS SANS PAREILLES Les dents de rechange en métal ou en porcelaine vont se faire plus rares.La compagnie de produits dentaires Johnson & Johnson a en effet découvert que l'on pouvait fabriquer des dents en céramique cristalline, un matériau maintenant très répandu dans l'industrie électronique.Ces dents semblent naturelles; elles sont plus solides que celles en porcelaine et sont moins conductrices de la chaleur que celles en métal.EXAMEN DE SANTE POUR ARBRES On est maintenant en mesure de déterminer si le bois d'un arbre, outoutsimplementd'un poteau télégraphique est sain ou pas, et à quel degré.En fait, l'appareil qui permet de le faire, le Shigometer, existe depuis plusieurs années, mais il donne maintenant des mesures plus précises sous forme digitalisée et son utilisation se répand depuis quelques mois.(SAC l¦tluill (collai: SI ^ ii «laiie léjio fcJüJ 'ccsani te [Wurfie r wi( "* itto Le shigometer sert à mesurer la résistance électrique des fibres du bois à l'aide d'une sonde que l'on fait pénétrer dans l'arbre par un trou auparavant percé avec une mèche de très petit diamètre.La résistance décroît proportionnellement à la qualité du bois.On peut donc prendre des mesures à différentes profondeurs et ainsi déterminer l'état du bois avec une certaine précision.(Info.Arbo Conseil, Ancienne- François Picard tliBEC SCIENCE / avril 1984 k w-îles jeMingan des siècles à raconter ri-'l «I (85 Itï .es Iles de mingan, DES SIÈCLES ^ RACONTER .Couillard, P.Grondin it collaborateurs iditeur officiel du Québec luébec, 1983 !41 pages, 14,95 $ rS.! - ' ¦ )epuis quelques années, l'Èdi-eur officiel nous présente des tinéraires culturels de différen-es régions du Québec.Le der-lier, d'une qualité exceptionnelle, ious amène aux îles de Mingan.Après nous avoir présenté archipel, les auteurs de ce olume nous font une des des-xiption de ses caractéristiques éologiques, puis de tous les abitats terrestres, de la forêt au arais salé en passant par la urbière, la lande, les falaises t le littoral supérieur.Ils nous xpliquent ensuite la grande liversité de la flore, en insistant ur les espèces qui confèrent à archipel son caractère d'unicité, is nous présentent également s êtres vivants que l'on trouve u niveau du littoral marin et lans la mer, en mettant l'em-hase sur les cétacés; et la aune ailée a droit également à n chapitre.Ce livre se termine n racontant l'histoire de l'occu-ation humaine d'origine euro-enne à partir du début du 16e (siècle.Ce livre s'adresse aussi bien iux géologues, botanistes, zoo-ogistes ou historiens qu'aux tersonnes non spécialisées dans :es domaines mais avides de :ompléter leur culture.Il a été icrit pour être accessible à tous nême s'il fait la synthèse de outes les connaissances scien-ifiques et techniques disponi-)les sur l'archipel.De nombreu-;es photos couleurs agrémentent e texte et une bibliographie bien îtoffée complète le volume.La lecture de ce livre est 1 issentielle à tous ceux qui se iroposent d aller visiter les îles le Mingan; nul doute que tous 63 A Boîte à livres les gens du milieu sauront aussi l'apprécier d'autant plus que les auteurs ont pris un soin particulier pour insérer des extraits, de poèmes ou de citations d'écrivains de la région.Enfin, il sera un outil précieux à la fois pour ceux qui veulent émettre leurs opinions sur la façon de planifier le devenir de l'archipel et pour les gestionnaires qui devront par la suite prendre d'importantes décisions à ce propos.Au moment où le gouvernement canadien s'apprête à aménager le parc national des îles de Mingan, il est bien que le gouvernement du Québec ait mis à la disposition de tous, les résultats des études qu'il avait d'ailleurs en grande partie subventionnées.Camille Rousseau Eviter la guerre - Réponses 1 quelques questions sur les risques de guerre Sous la direction de Philippe Lieront IVM/tvin.nu.pn.ÉVITER LA GUERRE?Réponses à quelques questions sur les risques de guerre sous la direction de Philippe Lacroix Petite collection Maspéro Paris, 1 983 31 2 pages, 9,50$ La menace d'un troisième conflit mondial préoccupe de plus en plus les gens.C’est compréhensible.La puissance de destruction des États atteint des sommets inégalés dans l'histoire.Le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, l'Amérique centrale sont autant de régions où tensions et conflits n'en finissent plus d'empirer.Les équipes de chercheurs de tous les camps ne cessent de se surpasser dans la mise au point d'armes plus puissantes, plus précises et plus meurtrières.Face à ces machines de guerre, toutefois, un fort mouvement de paix s'amplifie à vue d'oeil, particulièrement en Europe.Les manifestations pacifistes se déroulent à un rythme qui rivalise maintenant avec celui de la course aux armements.Dans cet affrontement, informations, contre-informations, désinformations, silences et propagandes s'entrechoquent et viennent mêler les cartes.Et c'est le flot des contradictions officielles.L'armement classique soviétique est supérieur.Les porte-avions américains font la différence.Les tanks soviétiques ne sont pas si terribles qu'on le dit.Le gouvernement de l'Ù.R.S.S.consacre plus d'argent à l'armement.Il serait possible d'utiliser les armes nucléaires sur un champ de bataille limité (l'Europe).Et j'en passe.Pour nous éclairer dans ce débat, les éditions La Découverte/Maspéro présentent, dans la Petite collection Maspéro, un petit livre sans prétention malgré son titre: Éviter la guerre?Réponses à quelques questions sur les risques de guerre.Un collectif d'auteurs, sous la direction de Philippe Lacroix, tentent de répondre aux questions que vous pourriez vous poser ou plutôt, qu'un Français moyen pourrait se poser.Car, ce livre s'intéresse surtout à la dimension française et européenne de ces questions avec des chapitres sur la défense civile en France, la force de frappe française, sur l'Allemagne, le mouvement pacifiste européen et les possibilités de guerre limitée au Vieux Continent.C'est d'ailleurs le seul reproche qu'on peut faire à ce livre.Pour le reste, il apporte effectivement des réponses et surtout des informations plus accessibles sur l'avenir de la planète.Les premiers chapitres, entre autres, parviennent à dresser un tableau clair et bien vulgarisé, avec un lexique, de l'équilibre des forces dans le monde.On y apprend, par exemple, que la supériorité militaire soviétique n'est pas aussi évidente qu'on veut bien nous le faire croire de ce côté-ci du rideau de fer.Ce livre explore d'autres questions comme la nature des mouvements pacifistes et les solutions de rechange aux doctrines stratégiques actuelles.Donc, c'est un livre que toute personne qui veut comprendre un peu plus le débat actuel sur la paix et les armements devrait lire mais en gardant bien en vue que l'on y parle surtout de l'Europe.Mais, après tout, les deux premières guerres mondiales ont eu l'Europe comme centre et ont d'ailleurs considérablement influencé notre vie, au Québec.Sauf que cette fois-ci, les retombées, pour nous, pourraient être plus radioactives qu'économiques.Gilles Drouin George F.Kerman LE MIRAGE NUCLÉAIRE Ixs relations américano-soviétiques à l'âge de l'atome LE MIRAGE NUCLÉAIRE Les relations américano-soviétiques à l'âge de l'atome George F.Kennan Éditions La Découverte Paris, 1983, 259 pages Pour compléter votre documentation et votre argumentation sur les risques d'une troisième guerre mondiale, voici le livre de Kennan, un des grands experts américains des affaires soviétiques, ancien ambassadeur en Union soviétique et un des premiers Américains à mettre en garde contre une politique de défense basée sur l'arme nucléaire.Dans ce livre, déjà traduit en six langues, vous trouverez des informations sur l'«estab-lishment» politico-militaireamé-ricain, ainsi qu'une argumentation montrant comment l'escalade nucléaire américaine accroît les risques d'une nouvelle guerre.Le Mirage nucléaire constitue donc une lecture intéressante pour tous ceux qui cherchent à mieux comprendre les enjeux et les dangers de la course aux armements. 64 LE FRANÇAIS DANS QUÉBEC SCIENCE Léo La Brie Hull LE SOLAIRE À BON MARCHÉ Ph.Lamarche Hull Permettez-moi de vous féliciter pour la bonne tenue générale de Québec Science qui fait le tour d'au moins deux étages dans le bureauoù je travaille.Nousavons remarqué par exemple que vous mettez les accents graves sur les «A» et nous vous en félicitons.Un prochain objectif pourrait être de faire précéder et suivre les deux-points par un espace au lieu de suivre la typographie anglaise actuelle: «rien avant, deux après».Il faudrait aussi écrire 40°C plutôt que 40° C (p.13).Les coquilles sont rares dans Québec Science, mais j'en relève une «petite vite» dans l’article sur le TGV de janvier, il s'agit des «allers sur l'air».Ne fallait-il pas plutôt écrire: «des allers sur l'erre», comme dans l'expression «l'erre d'aller», l'erre étant définie dans le Petit Robert : 2° Mar.Vitesse acquise d'un bâtiment sur lequel n'agit plus le pro
de

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