Québec science, 1 janvier 1984, Mai
IR m Volume 22, numéro 9 MAI 1984 2,95$ SPECIAL : LES SECRETS DE LA VOILE OUSSËS »AR IE VENT iOUS L’CEIL t’AROOS_______ A PHYSIQUE >E LA PLANCHE L VOILE ;E SOLEIL EEVIENT SUR TERRE IRICOLER LA VIE ALUMINIUM, ÎECETTE PÉCHINEY U1 tv \ Vt / n LT U ?, 2 'v?P* % , \i- '7- tp U T, Q J 1% =0" m Port de retour garanti ^ COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé è Québec C P 250 Sillery Québec GIT 2R1 rance: 23 FF BIBLIOTHEQUE NATIONALE UUEUEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT 82 MONTREAL P.Q.AOUT 85 H2X 3K6 fi DESORMAS L'ENTREPRISE QUEBECOISE EST ENCORE PLUS CONCURRENTIELLE GRÂCE AU GAZ NATUREL ¦7 / / / /1777 iUlliilillii Hi ii- k il h ir i '- iii h; ièlilsliiililï 55 h Avec le gaz naturel et l’électricité, nos entreprises peuvent maintenant compter sur deux sources d’énergie québécoise.SOQUIP, Gaz Métropolitain, inc.et Gaz Inter-Cité Québec Inc.ont accès à des réserves de gaz naturel qui garantissent aux consommateurs un approvisionnement à long terme d’énergie à bon compte.Le gaz naturel est une énergie propre et hautement efficace, ce qui le rend encore plus économique à l’usage.Ce stimulant pour notre économie prend de jour en jourjjnfrpart'^randissante du marché de l’énergie au Québec, conformément aux politiques gouvernementales.k i alits itfi epl tcf rf K .mais qui n a rien de révolutionnaire que le ministre Biron nomme «l'alu-minerie la plus avancée au monde du point de vue technologique».La fameuse «technique Péchiney de réduction à cellules électrolytiques de 180 000 ampères», clé de voûte de ce discours, n'est pas aussi neuve, ni aussi performante qu'on voudrait bien nous le faire croire.En ce qui concerne sa nouveauté, il suffit de signaler que l'aluminerie Reynolds de Baie-Comeau l'utilisera dès la fin de cette année, et que celle de Tomago, en Australie, l'utilise depuis septembre dernier.Quant à son efficacité sur le plan énergétique, elle est effectivement intéressante, mais se compare très bien à celle des nouvelles cuves des autres producteurs (13 500 kW.h par tonne produite, contre 14 500 kW.h).Sur le plan de la productivité, les cuves Péchiney (1,3 tonne de métal par jour et par cuve) ne font pas mieuxque lescuves de l'Alcoa, de Reynolds ou de l'Alcan, pour ne citer que celles-là.Il semble même que la nouvelle génération de cuves de l'Alcan, qui utilisera un courant de 275 000 ampères, portera la capacité de production à deux tonnes de métal par jour et par cuve, ce qui devrait être un avantage certain pour le producteur canadien dans son projet de Laterrière au Saguenay.Selon les experts du centre de recherches de l'Alcan à Arvida, la consommation d'électricité de ces cuves ne serait que de 13 000 kW.h par tonne d'aluminium produit: la véritable nouveauté serait donc plutôt du côté de l'Alcan de ce point de vue, pour des usines de génération comparable.En définitive, la recette Péchiney de l'aluminium n'a rien de miraculeux.Elle est simplement très bonne, voire excellente, dans un marché compétitif où aucune erreur n'est permise.Ce qui a attiré le géant français au Québec, c'est de toute évidence un coût très bas en électricité et la fiabilité à long terme de cet approvisionnement énergétique.En vertu d'une entente dont les termes précis sont restés secrets, Hydro-Québec fournira 400 mégawatts de puissance électrique à l'aluminerie de Bécancour dans sa première phase, auxquels viendront peut-être s'ajouter 200 mégawatts si les partenaires (Péchiney, Alumax et la SGF) le désirent.Enfin, la volonté de la multinationale française de mieux pénétrer le marché nord-américain, comme l'indiquait récemment le PDG de Péchiney, M.Georges Besse, a certainement pesé lourd dans la balance.Toujours est-il que les raisons économiques de cette implantation priment sur tout le reste, et que le contexte technologique et environnemental est très secondaire.Seule une inflation démesurée du vocabulaire explique qu'on parle de «percée technologique» et de «techniques de pointe», là où il n'y a que la bonne «R and D» en action.Au risque de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.mw PREMIER CONGRES INTERNATIONAL S (JR LA TOPONYMIE FRANÇAISE DE L'AMERIQUE DU NORD Ce premier congrès international auquel sont conviés les spécialistes, les professeurs en sciences humaines et le public en général s'inscrit dans le cadre des fêtes marquant le 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier au Canada, en 1534, et souligne par la même occasion l'attribution officielle des premiers noms de lieux français en Amérique du Nord.Cette rencontre organisée conjointement par la Fédération des sociétés d'histoire du Québec et la Commission de toponymie veut notamment susciter la diffusion d'études, inventaires et autres instruments de recherche et favoriser des échanges sur les méthodes de travail des chercheurs en toponymie.Si vous êtes intéressé(e) à présenter un exposé en atelier, prière de faire parvenir votre nom, occupation, adresse, numéro de téléphone et un court résumé de votre communication à : Premier congrès international sur la toponymie française de l'Amérique du Nord Case postale 35 (Haute-Ville) Québec (Québec) GIR 4M8 Commission de toponymie: Tél.: (418) 643-9705 zé mai 1984 / QUÉBEC SCIENC ROULEZ-VOUS EN LABERGE?En patinage de vitesse intérieur, l'élite mondiale«roule»en La berge.Non, ce n'est pas une nouvelle marque de voiture mais le nom de patinsfaits à Québec par Raymond Laberge, un extechnicien de Radio-Canada, quia troqué Lan dernier la sécurité d'emploi de notre vénérable société d'État pour la vie aventureuse d'une entreprise privée voulant conquérir le marché mondial de la fabrication des patins de vitesse.Chez ce jeune homme de 25 ans, ce n'est pas la nécessité qui a constitué l'aiguillon de l'invention: compétiteur, il était insatisfait du matériel courant qui n'offrait pas une résistance suffisante.Et il y avait de quoi! En patinage de vitesse intérieur, les courbes sont si accentuées que le patineur, pour ne pas perdre de vitesse dans les courbes, doit négocier celles-ci presque couché vers l'intérieur du virage.Conséquence?La bottine, ,^ dépit de tous les efforts pour la rendre solide, finissait par plier, toucher la glace.et envoyer le patineur dans le décor.Jusqu'à ce que Raymond Laberge «repense» entièrement le patin.Après de longs tâtonnements, il aboutit à un patin complètement nouveau : bottine en «alliage» de cuir et de fibre de verre (ainsi que du kevlar aujourd'hui), lame décentrée par rapport à son support et pouvant être déplacée latéralement sous la bottine.Trois grandes trouvailles.Si Raymond Laberge n'est pas le premier à avoir eu l'idée d'une lame mobile sous la coque de la chaussure, il est cependant le premier à avoir trouvé un système simple permettant de l'enlever et de la replacer en quelques secondes.Quand on sait qu'un patineur de vitesse doit aiguiser ses lames toutes les heures, ce n'est pas un mince avantage.Et la distance entre les deux pivots tenant la lame étant standardisée (selon la norme Laberge), les patineurs peuvent, éventuellement, s'échanger des lames.Les patins Laberge sont fabriqués sur mesure, à partir d'un moule d'alginate (qui sert aussi aux dentistes à prendre les mesures des prothèses dentaires) et de plâtre.Une fois l'empreinte obtenue commence la longue fabrication de la bottine dont la résistance est telle, semble-t-il, qu'une balle de fusil en traverserait difficilement la coque.Bref, grâce au moulage et à ce type de coque, Raymond Laberge réussit à conjuguer «confort et durabilité».Performants, ces patins?Oui! Aux championnats du monde de 1983 tenus à Tokyo, trois des sixfemmes(dontSylvie Daigle de Sherbrooke) et cinq des huit hommes ayant terminé en tête possédaient des patins Laberge.Parmi ces cinq hommes, il y avait les Québécois Louis Grenier, qui a terminé au premier rang, Michel Delisle et Guy Daignault.Présent sur place — à ses frais —, Raymond Laberge en a profité pour conquérir de nouvelles clientèles: désormais, il chausse toutes les filles de l'équipe américaine et la moitié des garçons.Et quand Gaétan Boucher, surtout impliqué maintenant dans le patinage de vitesse extérieur, participait aux compétitions intérieures, il récoltait presque toutes les médailles.Ainsi aux championnats du monde de 1980 tenus à Milan, il a non seulement remporté trois victoires mais établi trois records du monde sur les distances de 1 000, 1 500 et de 3 000 mètres.Avec des Laberge aux pieds.«Ce sont deux sports très différents, explique Raymond Laberge: à l'extérieur, le patin ne doit pas être aussi performant car les courbes sont longues et moins accentuées.Ainsi Gaétan court avec desi patins dont la bottine est «molle».La| courbe de la lame, entendons la partie qui est en contact avec la glace, diffère aussi : elle est d'un dixième de millimètre sur les patins pour l'extérieur mais de cinq millimètres pour les autres.» Vendus quelque 650$ la paire, les patins Laberge font l'envie de plusieurs,: d'autant plus que la force du dollar cana-^ dien par rapport aux monnaies européennes les rend très chers.Aussi certains se sont-ils empressés de les copier.«Celai ne servirait à rien d'entreprendre une guerre, ce serait coûteux et inutile.Aussi bien coopérer: je vends des lames à l'Hollandais qui me copie, mais qui n'a pas encore réussi à me rattraper.» Non seulement ne veut-il pas entreprendre une guerre, mais il n'a entrepris aucune démarche pour protéger ses inventions, indiquant que ce serait très compliqué en raison de la dizaine de1 brevets qu'il faudrait obtenir.«Ma meilleure protection, dit-il, c'est l'innovation.»?Et le patin de hockey sur glace?«Jé m'en occuperai quand j'aurai le temps, en prenant bien soin de ne pas rater mon coup car, dans ce milieu, ou tu réussis ou tu échoues, mais tu n'as qu'une seule chance.Je crois que des progrès pourraient être réalisés, mais les professionnels ne sont pas vraiment intéressés Du côté des amateurs, les perspec tives sont plus intéressantes car ils utili sent des patins destinés au hockey ou aux exercices de fantaisie.Or, ce qu'il faut pour faire du patinage de loisir, c'est à peu près ce qu'utilisent les patineurs* de vitesse, un patin à longue lame.«La longueur de la lame, explique l'inventeur de Québec, n'a rien à voir avec la vitesse; par contre elle assure un équilibre infiniment plus grand et une aisance de mouvement correspondant à une économie d'effort d'environ 40 pour cent.Bref, l'avenir est prometteur: avec les j victoires de Gaétan Boucher à Sarajevo, le patinage de vitesse sortira de l'ombre.Et si le patin de hockey devait conséquemment perdre du crédit auprès des patineurs de loisir, c'est un marché de plusieurs dizaines de milliers d'acheteurs qui s'ouvrirait.Raymond Laberge a deux employés aujourd'hui.Il pourrait en avoir beaucoup plus dans quelques années.À condition de continuer d'avoir de bonnes idées et de jouer les bonnes cartes.François Huot f : V Publi-reportage Le nouvel Institut de recherches en électrochimie (IRE) du Conseil national de recherches du Canada à Shawinigan-Sud jouera un rôle très important dans la mise au point de techniques de production électrolytique de l'hydrogène ainsi que dans son stockage et son transport.Les travaux de l’Institut porteront aussi sur tous les aspects de l’électrochimie appliquée, de l’étude des propriétés des matériaux et de la l'eau et le gaz naturel.On peut l’extraire de l’eau par électrolyse, un procédé qui fait appel à l'électricité.Une fois extrait, l'hydrogène est un gaz difficile à liquéfier et à stocker.Son utilisation comme source d'énergie demeure donc très restreinte.Par contre, en mettant au point des systèmes de conversion de l'hydrogène vers l'électricité et vice versa, et en développant des systèmes de stockage, nous pourrions utiliser l'hydrogène, non seulement comme source d’énergie, mais comme producteur.En effet, ces piles à combustible pourraient produire du courant électrique capable d'alimenter des autobus, des trains, des camions et même des automobiles (avec comme retombée importante, une réduction des émanations polluantes!).en plus de favoriser une communication directe avec le laboratoire de recherche d’Hydro-Québec (IREQ), l’industrie et les universités: De plus, l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) se propose d'établir des laboratoires de recherche en électrochimie au sein de l’Institut du CNRC.La région est déjà le siège d'activités industrielles étroitement liées à l'utilisation des processus électrolytiques sur une grande échelle.Même si l’on n’entrevoit pas l’utilisation de l'hydrogène comme forme d’énergie importante avant le début du prochain siècle, c’est maintenant qu’il faut se préparer si nous voulons que le pays demeure un leader dans ce domaine.Transport Stockage Pourquoi l’hydrogene?Parce que c’est l’élément le plus répandu dans notre univers et qu’il peut, à long terme, devenir une forme d’énergie propre, fiable et pratiquement inépuisable.Mais, comme il y a encore de nombreux problèmes à résoudre, faut, dès maintenant, favoriser et intensifier les recherches.Nucléaire Chaleur Lumière L’H2: source ou producteur d’énergie?Electrolyse Generation electrolytique Pour en savoir plus, écrivez au CNRC Service de l’information et des relations publiques Édifice M-58 Chemin de Montréal Ottawa (Ontario) Kl A 0R6 : ; S n L’urgence d’une politique nationale.Odhode Conseil national National Research de recherches Canada Council Canada Les nouvelles installations de Shawinigan-Sud, dont la construction devrait être terminée d'ici la fin de 1986, compléteront celles de l'Institute of Hydrogen Systems de Mississauga en Ontario Extraction d’hydrogène par électrolyse À l'état pur, l'hydrogène est rare, existe principalement sous forme de combinaisons, par exemple dans Canadâ 12 mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE JEUX, LIVRES ET MATERIEL SCIENTIFIQUES 3967 St-Denis, Mtl, H2W 2M4, 844-6443 nqriculKjne MceilL Renseignements: (514) 392-5306 Au ras des marguerites Tous les étés, depuis quatre ans, un Twin Otter équipé de curieux appareils survole à très basse altitude les mêmes champs, lacs et forêts de la région Montréal-Ottawa.Directeur du département de chimie et de physique agricoles de la faculté d’agriculture de McGill, M.Peter Schuepp explique les raisons de ces acrobaties aériennes."Nous mesurons ainsi les tourbillons ascendants et descendants de l’air en les comparant aux fluctuations de gaz carbonique et ce, 16 fois par seconde.À partir de ces observations, nous pouvons calculer le taux d’absorption de CO2 par les champs ou les forêts que nous survolons et évaluer ainsi leur production de biomasse car les plantes ont besoin de gaz carbonique pour croître." Cette recherche inédite menée conjointement avec des chercheurs d’Agriculture Canada et du Conseil national de la recherche permettra non seulement de prédire les rendements agricoles et forestiers bien avant les récoltes mais encore de contrôler l’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.Des laitues idéales Pouvoir acheter, de septembre à juin, de savoureuses laitues bien propres qui se gardent fraîches au frigidaire durant plus de trois semaines .Ce rêve, un professeur de phytotechnie de la faculté d'agriculture de McGill est en mesure de l’offrir sous peu aux consommateurs québécois car des maraîchers s’intéressent à sa méthode de culture hydroponique des laitues et des fines herbes.“Si l’on veut convaincre les producteurs agricoles des avantages de la culture hydroponique, il faut d'abord qu’elle soit aussi rentable que les méthodes traditionnelles," explique Mme Katrine Stewart.C’est pourquoi elle a mis au point avec ses étudiants une méthode de chauffage de la solution nutritive qui baigne les racines des plantes; ce qui permet d’abaisser considérablement la température ambiante d’une serre moyenne sans affecter les laitues.Elle est aussi parvenue à rendre laitues et fines herbes plus résistantes en prévision d’une panne des pompes qui font circuler en permanence la solution dans les gouttières.De ce fait, les laitues demeureront florissantes même si leurs racines baignent seulement dans l’eau durant plusieurs jours.L'été n’étant pas propice à la culture des laitues de serre, Mme Stewart a démontré qu'avec le même équipement on pouvait cultiver du basilic, du persil, du thym et de l'origan durant cette saison.¦ Publireportage-^^— UN OUTIL INDISPENSABLE! Quand le magazine QUÉBEC SCIENCE devient un ouvrage de référence.L'INDEX DE QUÉBEC SCIENCE vous permet de retracer rapidement tous les sujets abordés depuis octobre 1969.I Veuillez me faire parvenir: Prix Quantité Total | ?L’INDEX DE QUÉBEC SCIENCE I Octobre 1969 à Août 1979 (10 ans) .3,95$ _______ ________ I ?L’INDEX DU VOLUME 18 (Sept.1979 à Août 1980).1,00$______________ L'INDEX DU VOLUME 19 (Sept.1980 à Août 1981).1,00$______________ L’INDEX DU VOLUME 20 (Sept.1981 à Août 1982).1,00$______________ J ?L’INDEX DU VOLUME 21 (Sept.1982 à Août 1983).1,00$______________ Sous-total - Frais de port et de manutention 0,85 $ I Mastercard ft- Chèque ?mandat ?au montant de_______§ | NOM__________________________________________________________________ ¦ ADRESSE______________________________________CODE POSTAI_____________ QUÉBEC SCIENCE, C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 QUEBEC SCIENCE / mai 1984 % Q TON CORPS sa structure son fonctionnement Paul Thibault Conçu expressément pour répondre à l’esprit, au contenu et à l’objectif du programme de biologie humaine en 3e secondaire.Trois grands thèmes: • La nutrition • La fonction de relation • La fonction de reproduction Nombreuses illustrations et photographies couleurs.Documentation sur demande.loi éditions hurtubise hmh Itée 7360, boulevard Newman Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 Téléphone (514) 364 0323 Rfn» FISHER Rku» xIWChTEK DICTIONNAIRE INFORMATIQUE anglais-français Fisher, R.Le but de ce dictionnaire est de mettre l'informatique à la portée de tous, en éliminant si possible le jargon de métier et les traductions littérales.Généralement, le français technique a recours au concept, tandis que l’anglais utilise l’image.Eyrolles, 365 pages 19,60$ LES MICROPROCESSEURS 8 BITS — Nouveaux produits Horlait, E.Cette ouvrage est destiné à toutes les personnes qui désirent «comprendre» les microprocesseurs.Il peut être considéré comme formé de deux parties.La première présente de façon générale la structure et le fonctionnement d’un microprocesseur à partir d’un produit didactique regroupant toutes les fonctionnalités des produits classiques.Le lecteur ayant ainsi acquis les principes de base de la microinformatique pourra aisément passer à la seconde partie où sont présentés les produits les plus caractéristiques des grands fabricants de microprocesseurs.En guise de conclusion, quelques-uns des problèmes concrets posés par le développement de systèmes utilisant des microprocesseurs.Eyrolles, 165 pages.21,80$ MICRO-ORDINATEUR ET RADIO-AMATEUR Anderson, Ph.Ce manuel de base est une excellente introduction à l'utilisation de cet outil moderne qu'est l’informatique pour exploiter la station d’un radio-amateur.Il explique les principes de fonctionnement des ordinateurs, donne les rudiments de programmation indispensables au débutant, détaille les aspects comparés du BASIC et de l’ASSEMBLEUR, étudie les solutions pratiques aux problèmes d’interfaces.Eyrolles, 200 pages, nombreuses photos et f Ig.22,00 $ GUIDE PRATIQUE DE L’ÉMISSION D’AMATEUR D’Enying, Ph.Ce manuel consacré à l'émission d’amateur intéressera tous ceux désireux d’en savoir plus sur ce «hobby international» qui passionne plus de deux millions d'hommes et de femmes dans le monde.Les utilisations par les amateurs des stations relais et des satellites artificiels, voire les contacts via la Lune, les effets du soleil, les conditions de propagation seront expliqués sous une forme simple et attrayante, afin de donner envie au lecteur d’aller plus loin dans un domaine dont les possibilités sont immenses.287 pages.30,00 $ .' Nom et Prénom., (en capitales) Adresse__________ à découper et à retourner à Somabec Itée 2475, Sylva Clapin, C.P.295, St-Hyacinthe, Québec.J2S 5T5 Tél.: 774-8118, Mtl.: 467-8565 ZI Dictionnaire informatique a.-f.19,60$ Z Les microprocesseurs 8 bits .21,80$ Z Micro-ordinateuret radio-amateur.22,00$ Z Guide pratique l’émission d’amateur.30,00$ Règlement ci-joint n Chèque bancaire D Mandat postal LJ (¦¦91 LJ ?Date d'expi rat ion_______________________________________ 14 Gilles Drouin LA NAVETTE A BESOIN D'ANTIROUILLE Lors d'un vol de la navette spatiale en août 1983, une expérience a permis de mesurer qu'une feuille de plastique avait perdu une couche de 1/5 000ième de centimètre pendant un séjour plutôt court de 41 heures dans l'espace.Aux premiers abords, ce phénomène a surpris les spécialistes, étant donné qu'à l'altitude de croisière de la navette, entre 160 et 320 km, l'atmosphère est dix milliards de fois moins dense qu'au niveau de la mer.Toutefois, le peu d'oxygène qui existe à cette altitude se présente sous forme d'atomes simples (O) plutôt que moléculaires (02).L'oxygène atomique est beaucoup plus actif et réagit plus facilement avec les atomes constituant le revêtement de la navette.À la vitesse à laquelle se déplace la navette, environ 8 kilomètres par seconde, un atome d'oxygène vient frapper la paroi à chaque seconde, ce qui est suffisant pour entraîner une usure précoce de celle-ci.(Science 84) RIDEAU DE FUMÉE Les robots fumeurs de Labstat, une entreprise privée de recherche de Kitchener, Ontario, ont démontré que la réduction des taux de goudron et de nicotine des cigarettes vendues n'est pas aussi impressionnante qu'on l'affiche.En effet, les chercheurs de Labstat ont fait varier le nombre de bouffées tirées de chaque cigarette dans ces tests, et ils ont cherché à voir quel effet cela avait sur la réduction de goudron et de nicotine.Résultat: la quantité de goudron aspirée par le fumeur (ou par le robot fumeur) augmente avec chaque bouffée, ce qui fait que l'omission des dernières bouffées au cours d'un test peut diminuer considérablement la quantité de goudron absorbée par cigarette.(Bulletin Recherche et développement.Ottawa) mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE Sans frontières BACTERIE THERMOPHILE CHERCHE EMPLOI Deux équipes universitaires américaines ont réussi à cultiver des bactéries ther-mophiles capables de vivre à 350°C et de se reproduire à 100°C.Ceci ouvre donc la porte à une utilisation industrielle.Les possibilités sont nombreuses: certaines espèces métabolisent des métaux, d'autres pourraient servir d'intermédiaires de synthèse chimique ou encore augmenter le rendement de réactions par effet thermodynamique.Les températures élevées auxquelles ces bactéries peuvent travailler permettent aussi de réduire considérablement les risques d'infection et donc les coûts de stérilisation.Toutefois, la preuve de leur rentabilité économique reste à faire, ce qui n'empêche pas quatre importantes firmes de s'impliquer dans ce secteur: Dow Chemical, Genentech, Cenex et Novo.(Sciences et Techniques) LA RFA EN TETE La République fédérale allemande vient de prendre la tête des constructeurs européens d'éoliennes avec la mise en service d'une bipale de 100 mètres de diamètre et 100 mètres de hauteur.L'éolienne a une puissance de trois mégawatts et fournira de l'électricité à 2 500 maisons.Au Pays-Bas, le gouvernement installera un prototype d'un mégawatt et commencera l'implantation du plus grand parc éolien d'Europe : 25 turbines de 300 à 500 kilowatts.En 1985, les Britanniques monteront deux éoliennes, une de trois mégawatts et l'autre de quatre mégawatts.La France, qui menait l'Europe il y a quatre ans, inaugurera ce mois-ci une éolienne bipale de 18 mètres d'envergure et d'une puissance de 150 kilowatts.Diverses compagnies françaises travaillent toutefois sur des projets de 350, 500 et 800 kilowatts.De ce côté-ci de l'Atlantique, la Gaspésie sera dotée d'une éolienne de 110 mètres de hauteur pouvant générer quatre mégawatts à compter de 1985.(La Lettre des sciences et techniques) DESHERBER.À PETITES DOSES Utilisés au quart de la dose recommandée, les herbicides seraient plus efficaces,J tout en constituant une moindre menace pour l'environnement.Lorsque arrosés avec le quart de la dose, des mauvaises herbes ont survécu dans une proportion! de 72 pour cent comparativement à 31 pour cent pour une pleine dose.Toutefois, l'application de faibles doses, à| intervalles réguliers, ramène cette marque à 14 pour cent de survivants.(Aspects of Applied Biologylt L’OREILLE BIONIQUE DE SET/ Les promoteurs du projet Search for Extraterrestrial Intelligence (SETI) pourront maintenant compter sur un nouveau détecteur nommé Sentinel.L'appareil est capable d'enregistrer simultanément des signaux dans 8,4 millions de bandes de fréquence radio différentes.Il remplacera le détecteur situé au centre du radio télescope d'Oakridge au Massachusetts, qui n'avait qu'une capacité de 131 000 canaux.Sentinel résout donc un premier problème de SETI, soit de «couvrir» plus; adéquatement la très large bande de fréquences radio qui pourraient être utilisée par d'éventuels extraterrestres L'autre problème majeur à résoudre est d'élargir le réseau de radio-télescopes à l'écoute du cosmos.Actuellement, seul celui d'Oakridge s'y consacre entièrement.(La Recherche)] lu: COf toi PS! le i'ii le cSC9l| QUÉBEC SCIENCE / mai 1984 15 ANTARCTIQUE MALMENÉE La reconstruction des stations de recherche australienne en Antarctique donnerait lieu à «de petits mais significatifs désastres environnementaux», selon les mots d'un enquêteur nommé par le Sénat australien.Les premiers travaux ont eu comme conséquence la destruction de nombreuses zones de nidification de pétrels des neiges.L'enquêteur croit que le pire est à venir avec l'aménagement d'une piste d'atterrissage, ce qui semble être confirmé par les travaux entrepris par les Français pour leur propre piste.De ce côté, le dynamitage de trois îles a LES LAISSÉS-POUR-COMPTE ?Le plein exercice du droit à l'éducation est encore loin d'être réalisé à l'échelle mondiale.L'analphabétisme en est un bon indice.En 1 980, les taux d'analphabétisme chez les adultes étaient de 60,3 pour cent en Afrique, 37,4 pour cent en Asie et 20,2 pour cent en Amérique latine.Si le pourcentage mondial est passé de 32,9 pour cent en 1970 à 28,6 pour cent, en 1980, en chiffre absolu le nombre d'analphabètes adultes ne cesse d'augmenter.Il y en avait 760 millions en 1970, 824 millions en 1980 et, si les tendances actuelles se maintiennent, 900 millions représente un chiffre fort probable pour la fin du siècle.L'UNESCO espère toutefois arrêter ou même renverser ces tendances avec un plan à moyen terme pour la période 1 984-1989.Le plan visera principalement le renforcement des capacités de chaque État en matière de recherche, planification et formation en alphabétisation.Des programmes coopératifs régionaux seront également mis sur pied.:: - Ai' v > -r- i-v" - >3* \%,f- complètement ravagé les nids de plusieurs espèces d'oiseaux comme des pétrels, des pigeons du Cap et des pingouins.L'enquêteur australien, Gavin Johnstone, estime que la région de Vest-fold Hills, la plus grande zone libre de glace des côtes de l'Antarctique est encore la plus menacée.Elle sera vraisemblablement le site des futurs centres touristiques, des usines de transformation du poisson, des stations terrestres pour l'exploration pétrolière offshore, des puits de forage et des entreprises d'exploitation minière.(New Scientist) PILULE POUR HOMME Des savants allemands pensent avoir trouvé le produit chimique idéal pour fabriquer une pilule anticonceptionnelle pour les hommes.Il s'agit de la 19-nortestostérone, un stéroïde synthétique proche de la testostérone, une hormone sexuelle mâle.Le produit a la faculté d'interrompre la production de spermatozoïdes sans causer d'effets secondaires comme la perte d'appétit sexuel.Il est administré par injection, mais les scientifiques pensent un jour pouvoir le présenter sous forme de pilule.Il faut 10 semaines d'injections hebdomadaires pour arrêter la production de spermatozoïdes.Le traitement est réversible, six semaines suffisant pour retourner à la normale.Toutefois, certains athlètes consomment parfois illégalement de la 19-nortesto-stérone pour améliorer leur performance sportive.Des études ont démontré que, dans leur cas, l'absorption de petites quantités de ce produit augmentait les risques d'attaque cardiaque, d'hypertension artérielle et de diabète.(Courrier de /'UNESCO) (The Lancet) Erb B S'ILLUSTRE Des chercheurs ont trouvé un deuxième virus oncogène (c'est-à-dire qui favorise l'apparition de tumeurs) relié aux fonctions d'un facteur de croissance.Erb B pourrait être dérivé d'un gène codifiant le récepteur d'un facteur de croissance épidermique, ou à tout le moins d'un gène très près de celui-ci.Cette découverte vient appuyer la théorie voulant que les oncogènes soient le produit de gènes cellulaires normaux qui règlent la division cellulaire et la différentiation.En fait, Erb B serait un produit tronqué du facteur de croissance.Il lui manquerait la partie qui se situe à l'extérieur de la cellule et qui permet à une cellule normale de savoir à quel rythme elle peut se diviser.Ainsi, la cellule recevrait continuellement l'ordre de se reproduire sans égards à ses voisines.Une telle découverte permettra peut-être de mieux comprendre les mécanismes de contrôle de la division cellulaire et partant le développement des cellules cancéreuses.(Science) UN RAT QU! CLAQUE DES DENTS Tout comme sa lointaine cousine, la chauve-souris, le rat de Norvège aurait la capacité de se guider au moyen d'une sorte de sonar naturel.La biologiste Julia w ¦ V- f Chase a remarqué qu'un rat ayant les oreilles bouchées n'arrivait pas à se retrouver dans un labyrinthe dans l'obscurité.Par contre, sans bouche-oreilles, il y parvenait sans difficulté.La biologiste a observé plus attentivement le comportement du rat, avec un microphone plus sensible pour finalement se rendre compte que le rat claquait légèrement des dents et émettait un petit sifflement nasal, suffisamment faible pour ne pas être entendu de ses ennemis naturels.Le sifflement lui servirait pour les courtes distances alors que le claquement est réservé pour les plus grandes distances.(Omni) La plancha aux éditions GaUin*ard "IsS'S irtUationet r^î'Z Disponibles en librBine r * i ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ± Québec 84___^ U N • É T É TOUTES•VOILES HORS Cet été, les grands voiliers, tous plus impressionnants les uns que les autres, remonteront le fleuve, à l’instar de la Grande Hermine à bord de laquelle, il y a 450 ans, Jacques Cartier longeait nos rives.Québec Science, magazine né à Québec, est de la fête à sa façon.Dans ce numéro spécial, nous avons voulu lever le voile sur ces engins futuristes, mus par la force du vent et issus des dernières technologies.Nous vous présentons aussi Argos, ce système de surveillance par satellites qui permettra de suivre depuis Québec jusqu’à Saint-Malo les participants à la course Transat.Et pour ceux que cette fête de la voile encouragera à pratiquer encore plus leur sport favori, la planche à voile, quelques notions de physique pour améliorer davantage vos performances.Nous vous souhaitons un bon été de voile, de mer et de loisir scientifique.¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ ¥ POUSSÉS par le vent Ces drôles de machines éoliennes qui demain sillonneront les mers pourraient bien se passer de voiles par André Delisle Depuis que la navigation commerciale a abandonné la voile, la navigation de plaisance a pris la relève, et en force.L'Office du tourisme du Canada estime à environ 40 000 le nombre de plaisanciers au Québec, incluant l'amateur de pêche dans sa petite chaloupe en aluminium.Le nombre de bateaux capables d'entreprendre une croisière dequelques jours dépasserait actuellement 9 000.Et c'est la voile qui attire la grande part de ces adeptes des voyages sur l'eau.En 1982, la Fédération de la voile du Québec comptait 50 clubs de voile et 80 écoles, enseignant aussi bien la planche à voile que le dériveur et la navigation hauturière.La Canadian Yachting Association précise que près d'un million de Canadiens pratiquent maintenant la navigation de plaisance: en 1981, plus de 20 millions de dollars furent dépensés pour l'achat de nouvelles embarcations.Mais se pourrait-il que reviennent sur nos eaux des bateaux ou des navires à voile à vocation commerciale, pour la pêche ou pour le transport maritime, par exemple?Si la question ne se pose pas encore au Québec, elle est d'actualité dans d'autres pays, notamment en Angleterre, aux États-Unis et au Japon, où la navigation commerciale à voile est devenue au cours des dernières années un secteur de recherche et d'expérimentation pour les ingénieurs et les architectes navals.À la fin de l'année 1980, un important symposium international a réuni à Londres les spécialistes s'intéressant à la propulsion à voile des navires.Deux ans plus tard, ces experts se retrouvaient en Virginie, dans la ville por- tuaire de Norfolk, pour faire le point sur les plus récents développements technologiques dans ce domaine.LE VENT SE SUBSTITUE AU PÉTROLE Les quelques innovations décrites au cours de ces rencontres d'experts étaient le fruit de recherches amorcées quelques années auparavant, à la suite de la crise du pétrole de 1 973.La rareté de ce combustible et son prix très élevé incitèrent plusieurs pays à explorer les possibilités d'une navigation complètement ou partiellement assistée par le vent.Plutôt que de revenir aux techniques traditionnelles de la voile, la majorité des projets intègrent dans les vaisseaux motorisés des équipements mettant à profit l'énergie éolienne.Ne requerront aucun marin supplémentaire pour effectuer les manoeuvres sur les voiles, ces équipements modernes combinent les matériaux légers de l'ère spatiale et les contrôles perfectionnés de l'ère électronique: ils peuvent réduire de 20 à 30 pour cent la dépense de carburant sur les navires commerciaux transocéaniques.Un architecte américain, ex-concepteur de sous-marins atomiques consacrant aujourd'hui ses énergies à la propulsion éolienne, Lloyd Ber-geson de Norwell au Massachusetts a pu démontrer l'avantage du vent en équipant un navire grec de voiles spécialement conçues.Long de 80 mètres, le navire de transport a été doté d'un mât hexagonal d'une hauteur de près de 40 mètres sur lequel se déploie automatiquement une voile triangulaire de quelque 280 mètres carrés.L'installation qui a coûté environ 250 000$ a permis de réduire les dépenses en carburant mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE r il I àîh ¦ lifff de près de 20 pour cent.Dans une étude effectuée pour l'Agence maritime américaine, Lloyd Bergeson, décoré en 1980 pour ses réalisations en génie naval par la Société américaine des ingénieurs, a calculé qu'un bateau propulsé à voiles et à moteur représente pour l'armateur une économie véritable d'environ 15 pour cent, une fois remboursés les frais requis pour aménager le navire.Les plus grands navires doivent conserver environ 60 pour cent de leur capacité de propulsion conventionnelle et l'utiliser à peu près en permanence.Le charme et le silence des déplacements à voile ne sont pas pour la navigation commerciale. QUÉBEC SCIENCE / mai 1984 19 s*s (nkk) mmi, 11*1 nit’ Moins spectaculaires, mais beaucoup plus connues dans le monde entier, les expériences japonaises de voile commerciale sont aujourd'hui largement citées en exemple.Ce pays est en effet le premier à avoir équipé de voiles auxiliaires des navires de commerce.Un pétrolier d'acier de 66 mètres jaugeant 3 000 tonnes, le Shin Aitoku Maru, a d'abord été gréé de deux mâts rotatifs et de voiles rectangulaires de près de 200 mètres carrés, déployées ou retirées à demande par un système hydraulique.Par vent arrière de 30 noeuds, les voiles fournissent au cargo plus de 50 pour cent de sa puissance motrice à une vitesse de Les voiles du Shin Aitoku Maru sont de véritables panneaux mobiles qui, grâce à un ordinateur placé dans la cabine de pilotage, peuvent être orientés dans la direction du vent.déplacement de 12 noeuds.Des contrôles électroniques assurent la mise en place des voiles et leur orientation pour profiter au maximum des vents.Toutes les manoeuvres peuvent être effectuées de la cabine de pilotage sans manipulation directe, sans équipage supplémentaire.f?i Pascal Parrot/Sygma 20 Cette nouvelle technologie éolienne a aussi été incorporée à un deuxième navire japonais, construit en 1981, le Aitoku Maru.Ce dernier n'a qu'un mât, mais il est doté des mêmes contrôles automatiques que son prédécesseur.Selon les informations disponibles, deux autres navires à propulsion partiellement éolienne seraient présentement en construction dans les chantiers maritimes du Japon.D'autres pays, notamment la Suède et la Norvège, ont à leur crédit certaines expériences dans la propulsion éolienne des navires commerciaux.Leurs réalisations sont toutefois encore loin de susciter autant d'intérêt que celles du Japon.LA PÊCHE À LA VOILE En Europe et aux États-Unis, les développements dignes d'intérêt concernent les bateaux de pêche.Ainsi, la France a lancé au début de l'année 1980 le projet d'un bateau pour la pêche au thon mû par la force du vent et équipé d'un simple moteur auxiliaire.Les plans nous montrent un bateau d'une longueur de 18,5 mètres, gréé d'une voilure moderne mais de forme conventionnelle, capable de pousser la coque à une vitesse de huit nœuds par bon vent.Alors qu'un thonier motorisé consomme environ 240 000 litres de carburant par an, le thonier à voiles n'en dépensera que 40 000 litres.Aux États-Unis, l'«Option Voile» est aussi offerte aux pêcheurs par quelques constructeurs de bateaux.Elle trouve néanmoins peu de preneurs, les pêcheurs voyant là un embarras plus qu'un moyen de réduire leurs coûts d’essence.C'est toutefois une attitude qui surprend car les bateauxdotésd'une voile sont beaucoup plus stables et plus confortables sur les mers agitées.En Inde, par contre, les bateaux de pêche à voiles n'ont jamais vraiment disparu.Les gréements en usage sont encore les mêmes que THONIER À VOILES Grand'voile arrière Radar Voile avant Poste d'équipage Cuisine Gouvernail V Chambre froide Hélice ceux d'autrefois.Face à la crise du pétrole, le gouvernement indien fait présentement des efforts pour moderniser sa flotte de pêche, mais en conservant les avantages de la voile.De façon générale, ces applications de la navigation à voile recourent à des gréements classiques ou à des perfectionnements de ces derniers.Même les grands cargos japonais sont dotés de mâts et de voiles, quoique les formes de ces dernières diffèrent sensiblement des voiles triangulaires ou carrées que l'on voit généralement.Le concept des voiles rectangulaires verticales, montées sur des tubulures métalliques rigides, a été mis au point à l'Université de Hambourg en Allemagne.Moteur 140 cv diesel Le premier dessin d'un cargo propulsé uniquement à voile, projet baptisé «Dynaship», prévoyait six mâts et des voiles souples de 1 600 mètres carrés dont la manœuvre devait être entièrement automatisée.Les performances théoriques de ce navire, sur papier, sont très élevées: poussé par un vent moyen, un tel bateau se déplacerait plus de deux fois plus vite qu'un grand voilier traditionnel de même dimension.Une société californienne fit le test de cette nouvelle voilure sur un petit voilier de 15 mètres à trois mâts.Devant les résultats relativement encourageants de ces essais, certains armateurs européens envisagent de construire des bateaux de cette nouvelle génération. mm 9HMH6 QUÉBEC SCIENCE / mai 1984 Antennes Clinfoc 742_L y VENTS DE FACE, VENTS DE DOS ytf ft #, I», ;f! 1! f! Même si les gréements modernes conçus pour les navires commerciaux sont plus souples et plus faciles à manœuvrer, il n’en demeure pas moins que leur efficacité dépend des humeurs du vent.Pour Paul Barbeau, ingénieur naval québécois s'intéressant à titre personnel à la technologie de propulsion éolienne des navires, toutes ces expériences sont intéressantes.«Par contre, souligne-t-il, les systèmes actuels de propulsion ont toujours les mêmes inconvénients que leurs ancêtres traditionnels.» Au nombre des obstacles à une implantation large de la voile sur les bateaux commerciaux, mentionnons l'encombrement des ponts par les équipements supplémentaires, qui peut nuire lors des opérations de chargement et de déchargement.De plus, sur un grand nombre de routes maritimes, les vents sont loin d'être En France, les pêcheurs de thon mettront bientôt les voiles sur des bateaux semblables à celui-ci, mû par la force du vent et équipé d'un moteur auxiliaire.En mettant le vent à contribution, ce type de voilier ne consommerait annuellement que 40 000 litres de carburant plutôt que 240 000.fiables: ils doivent être constants et dans la bonne direction pour que la voile soit avantageuse.«En plus, ajoute Paul Barbeau, les entreprises maritimes ont de fortes réticences à cause desconnaissancestechniques que suppose la navigation à voile, connaissances que n'ont pas la majorité des marins d'aujourd'hui.» Pour sa part, l'ingénieur Barbeau croit beaucoup plus prometteurs des modes de propulsion éolienne radicalement différents des voiles conventionnelles.Passionné de la technologie des éoliennes «terriennes», Paul Barbeau souhaiterait intéresser des organismes de recherche à un concept qui fait le pont entre la technologie des éoliennes verticales de type «batteurs à œufs» et celle de la construction navale.Pour le moment, son projet n'a la forme que d'une petite maquette de démonstration : l'hélice du bateau est entraînée par la rotation d'une éolienne verticale montée sur sa coque.Ce moteur éolien a évidemment l'avantage de «tourner» quelle que soit la direction du vent, et encore plus vite contre le vent.Le concept choyé par l'ingénieur naval québécois rejoint plusieurs tentatives d'autres spécialistes du domaine, tentatives tombées dans l'oubli jusqu'à récemment.Au début des années 20, un ingénieurfrançais a remonté la Seine contre le vent sur un canot dont l'hélice était actionnée par une éolienne conventionnelle à deux pales.Quelques années plus tard, un aérodynamicien allemand, aussi capitaine de marine, Anton Flettner, appliqua un principe de propulsion aérodynamique à la navigation, celui du cylindre tournant ou rotor.Un cylindre en rotation dans un courant d'air produit une poussée perpendiculaire à ce courant.Cet effet de poussée atteint des niveaux très importants, supérieurs aux performances d'une voile classique: pour une superficie équivalente d'expo- sition au vent, la poussée obtenue à l'aide d'un rotor est de huit à dix fois plus grande.Flettner expérimenta son invention sur une goélette de 45 mètres dont les trois mâts avaient été remplacés par deux cylindres verticaux de 1 5,5 mètres de hauteur et de 2,8 mètres de diamètre entraînés par des moteurs auxiliaires installés à la base des cylindres.Ce premier navire à rotors navigua en mer du Nord pendant plusieurs années; il offrait l’avantage de remonter au vent et de filer à des vitesses supérieures à celles qu'il atteignait lorsqu'il était poussé par ses anciennes voiles.En 1927, un second navire équipé de rotors «Flettner» traversa l'Atlantique à une vitesse moyenne de 7,5 nœuds, ce qui se comparaît très bien aux performances des bateaux de cette époque.QUAND COUSTEAU S'EN MÊLE Aujourd'hui, les recherches théoriques et expérimentales sur la propulsion éolienne des navires à l'aide de cylindres ont été reprises dans les laboratoires du CNRS en France.Bertrand Charrier, expert en aérodynamique, y a élaboré un projet de catamaran destiné à la pêche et mû par un cylindre tournant.En 1980, cette proposition fut choisie dans un concours organisé par la Marine marchande française pour trouver un modèle de bateau de pêche économe et performant.Cette distinction attira l'attention du célèbre océanographe Jean-Yves Cousteau, qui était à la recherche d'une deuxième Calypso.Pour ce navire de recherche océanographique, l'équipe de Bertrand Charrier et de Lucien Malavard a choisi un système de propulsion inspiré des cylindres de Flettner, mais modifié pour des raisons de sécurité et de commodité : cette fois, le cylindre est fixe.L'effet de poussée est alors 22 mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE Le Moulin à vent de l'océanographe Jean-Yves Cousteau.Les voiles sont remplacées par un cylindre fixe.C'est le mouvement de la colonne d'air qui s'engouffre dans le cylindre qui imprime une poussée au voilier.obtenu par le mouvement de la colonne d'air dans le cylindre, dans lequel on a percé les ouvertures où s'engouffrent les courants d'air.Un système tout à fait nouveau d'aspiration coiffe le cylindre; l'opération de ce ventilateur constitue d'ailleurs la seule dépense d'énergie de ce cylindre «aspiré et soufflé».Le premier bateau de Cousteau, baptisé Moulin à Vent mesure 22 mètres de longueur et 7,4 mètres de largeur.Sa première sortie officielle a eu lieu en France en juin dernier et la démonstration fut très concluante.Le mât haut de 13,5 mètres de forme elliptique et orienté en fonction de la direction des vents poussait le bateau de 42 tonnes à une vitesse comparable à deux moteurs de 38 chevaux.Lors de sa première traversée de l'Atlantique, le catamaran sans voile a cependant été soumis à rude épreuve.Le cylindre d'aluminium n'a pas une stabilité suffisante pour affronter des vagues très fortes et des vents de tempête et il a tendance à «décrocher» du navire porteur.Des essais sont présentement en cours pour corriger ces problèmes.Selon le commandant Cousteau, une fois ces ajustements complétés, le catamaran pourrait servir de modèle pour la construction d'autres navires, même à vocation commerciale.Sur des bateaux de la taille de superpétroliers combinant la propulsion à hélice et les «cylindres aspirants», l'économie de carburant pourrait atteindre 35 pour cent, sans que soient affectées la manoeuvrabilité et la facilité de pilotage.LA FOLIE DE LA VITESSE Pour sa part, tout en admettant le grand intérêt de toutes ces expériences, Paul Barbeau n'en croit pas moins que de telles innovations n'accéderont pas à courtterme au monde de la navigation commerciale.«Si les chantiers maritimes et lesarmateurs «HS1 — ¦ .,v.,'/.-r.’.-jl'-" •r-— ¦' .-VT:?;" .' ' *»»- .r ¦ • .- , - ijnrjci’î11- • & ¦ - • * - se sont montrés intéressés à de tels projets au milieu et à la fin des années 70, c'était à cause des prix fort élevés des carburants.Du fait que les prix du pétrole ont maintenant considérablement baissé, l'enthousiasme à ce chapitre s'est refroidi dans les milieux commerciaux de la navigation.» Plusieurs plans de navires sont restés dans les filières de leurs concepteurs depuis la stabilisation de la situation énergétique mondiale.Ce n'est pourtant pas la fin de l'innovation en marine à voile.Les sportifs ont pris la relève des armateurs pour renvoyer les architectes navals à leurs tables à dessin.En appliquant les découvertes les plus récentes de l'aérodynamique et en s'inspirant des progrès de l'aéronautique, les dessinateurs de bateaux perfectionnent constamment les conceptions des coques et des voiles.Dans ce domaine, la motivation n'est pas la conservation d’énergie, mais bien la vitesse.À cause des affinités entre les voiles des bateaux et les ailes des avions, les voiliers les plus rapides prennent de plus en plus l'allure d'avions filant au ras de l'eau.C'est présentement un catamaran asymétrique dessiné par l'architecte anglais Rod Macalpine Downie, le Crossbow 2, qui garde depuis plusieurs années la suprématie mondiale de la vitesse sur l'eau par propulsion éolienne.Ce catamaran spécial est fait de deux coques d'égale longueur (21 mètres), mais décalées, et portant chacune un mât et une voile.Le décalage vise à exposer le plus possible au vent les deux voiles voisines.Ainsi gréée, cette«machine éolienne» atteint des vitesses de 35 nœuds (65 kilomètres à l'heure).Son créateur espère dépasser bientôt les 40 nœuds! Ht i U W I s,ss, i K Stfiîii.ht, % aUEBEC SCIENCE / mai 1984 1 \eUWeeV.( liarles Les aspirants au titre de champion du monde de la vitesse sur l'eau ont maintenant une idée en tête: sortir la coque de l'eau.On connaît aujourd'hui quelques modèles très fantaisistes, intégrant des voiles rigides aux formes d'ailes d'avions et des coques au profil aérodynamique dessiné par ordinateur.Un sérieux compétiteur américain à Crossbow 2 a été mis au point pour atteindre des vitesses maximales de 60 nœuds; cet «avion sur l'eau» décolle littéralement lorsque la coque atteint la vitesse de 20 nœuds.À ce moment, la friction est réduite à son minimum, l'efficacité de la poussée éolienne étant portée à son maximum.Aux dernières nouvelles, ce voilier volant se cherche encore un riche commanditaire .Ces machines éoliennes extrêmement rapides, à cause de leurs performances exceptionnelles, ont peu à voir avec les voiliers conventionnels, même ceux qu’on appelle les «Formules 1 de la mer».Les vitesses de pointe des voiliers de course, du type des grands multicoques qui participeront à la course transatlantique de l'été prochain, dépassent rarement 30 nœuds.Par contre, certains 23 Ce «maxi-trimaran» Charles Heidsieck sera de la course Transat Québec-Saint-Malo.Ce voilier intègre les derniers développements en conception navale et même en aéronautique.designs de bateaux modernes s'inspirent grandement des innovations découlant de la quête de la vitesse.Ainsi, un architecte naval français, Gilles Vaton, a conçu un trimaran qu'il qualifie de révolutionnaire.Construit pour participer à la Transat Québec-Saint-Malo, ce « maxi-trimaran» baptisé Charles-Heidsieck du nom de son commanditaire, sera un véritable laboratoire de la mer, aussi bien par la conception de son ensemble mât-voiles que par la forme de sa coque.Ce supervoilier, d'un poids de 12,5 tonnes et d'une longueur de 28 mètres, est muni d'ailerons sous-marins qui hissent les coques hors de l'eau à mesure que la vitesse augmente.Son mât léger, de forme elliptique, repose sur des pivots qui lui permettent de rester perpendiculaire à la mer quelle que soit l'inclinaison du bateau.Les bras reliant la coque centrale aux flotteurs se comparent à des ailes d'avion.Enfin, les voiles fabriquées d'une double épaisseur de toile sont gonflables à partir d'une admission d'air aménagée en haut du mât d'une hauteur de 30 mètres.Du point de vue technologique, ce voilier met donc en pratique les acquis des développements les plus récents en conception navale, et même en aéronautique.DES VOILIERS SANS VOILES Pour l'ingénieur Paul Barbeau de Québec, les innovations dans le monde de la compétition n'ont que peu à voir avec les quelques percées de la propulsion à voile en navigation commerciale.«La recherche dans le domaine sportif est intéressante parce qu'elle vise seulement la performance sans contraintes de sécurité et de rentabilité.Les concepts théoriques peuvent alors être exploités au maximum et sans réserve; les matériaux sont, par exemple, utilisés à la limite de leur résistance.Mais si on tient compte des coefficients de 24 mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE sécurité essentiels en navigation commerciale, les innovations développées deviennent souvent non rentables et non faisables.» Selon Barbeau, la voile sportive est à la navigation ce que la course automobile est à l'industrie du transport: «Ce sont en quelque sorte des laboratoires où sont expérimentés des concepts très audacieux.Par contre, certaines inventions peuvent influencer et modifier graduellement les designs des navires commerciaux.» C'est ainsi que les voiles rigides et les mâts elliptiquesontd'abordété installés sur des bateaux de course avant de faire leur apparition sur des cargos de transport.«À titre d’exemple, souligne Paul Barbeau, on peut mentionner les systèmes hydrauliques et électroniques d'ajustement des voiles en tenant constamment compte des vitesses et des directions du vent.» Ces équipements très perfectionnés, d'abord installés sur des voiliers de compétition pour en faciliter la manœuvre et en optimiser le rendement, deviendraient indispensables sur les grands naviresque l'on voudrait un jour doter de voiles.L'intégration de nouveaux concepts et de nouvelles technologies dans la navigation à voile a ainsi le mérite de rendre plus plausible le recours à l'énergie éolienne dans la marine commerciale.L'apparition de moteurs éoliens tout à fait différents des voiles traditionnelles ouvre la porte à des applications commercia- les de plus en plus nombreuses.Les voiles rigides ou semi-rigides, les cylindres tournants ou aspirants et les turbines éoliennes amènent sur l'eau les techniques de pointe les plus évoluées de l'aérodynamique.Cette fécondation croisée de deux techniques de transport offre évidemment l'avantage non négligeable d'une énergie complémentaire à celle du pétrole pour la propulsion des navires.Toutefois, elle pourrait faire disparaître, du moins dans le monde de la navigation commerciale et celui de la compétition, l'image toute romantique des voiles qui, gonflées au vent, colorent les paysages marins.Au tournant du siècle, les voiliers pourraient bien se passer de voiles.?ù < La vraie SOLUTION Au bout dudoigt ACCESSIBLE Dans toutes les régions du Québec, les 120 centres de Travail-Québec peuvent donner suite à vos demandes RAPIDE Un simple appel téléphonique et Travail-Québec peut vous fournir sur-le-champ plusieurs noms de candidats(es) disponibles SELECTIF Les centres Travail-Québec peuvent trouver des étudiants(es) au niveau local, régional ou provincial, conformément à vos besoins.SOUPLE Après avoir rencontré les candidats(es) vous pourrez choisir la personne qui vous convient vraiment.Placement étudiant Gouvernement du Québec Ministère de la Main-d'oeuvre I et de la Sécurité du revenu Québec a i a i BU BASE PLEIN AIR ST-GEDEON LAC-ST-JEAN Au rythme des saisons.• Voile, planche à voile, croisière • Séjour auberge.• Grande randonnée • Canot en eau vive (avec l’École de l’Aventure - Tél.: 418-545-2251) - .1 III O T3 O k Z < U Vacances pour adultes: une variété de séjours Vacances familiales: un site aménagé spécial* Chalet, tente-roulotte, camping.Pour de belles vacances naturellement 250, Rang des Iles, St-Gédéon, Lac-St-Jean, GOW 2P0 - (418) 345-2589 Une descente de rivière hors de l’ordinaire.Un voyage de 5 jours sur la grande rivière Saguenay de Chicoutimi à Tadoussac, Départ tous les lundis de l’été ’84.Saguenay la découverte Ces séjours sont adaptés au rythme de la nature et à la progression du groupe.ure a i/en ecoie Chicoutimi a; o Ë E 0 ^ Canoter sur le Saguenay, c'est voir passer devant soi les tableaux vaste et long panorama muet, superbe et varié, que l’on se pro de retrouver un jour.Aussi possibilité de 12 jours en Rabaska sur le majestueux lac St-Jean - Voir: Base Plein-Air St-Gédéon - 418-345-2589 B R LES RELEVÉS GÉODÉSIQUES ET Les équipes de relevés géodésiques reviennent le long des routes avec le mois de mai et la fonte des neiges (bien qu'au moment où cet article est écrit on puisse douter que la neige fonde jamais).Jusqu'à l'été dernier, être secrétaire d'une équipe de nivellement de grande précision était .exigeant et fastidieux, encore que ces deux adjectifs soient relativement modérés.Mais depuis l’été 83, les équipes du ministère de l'Énergie et des Ressources du gouvernement du Québec ont un nouvel outil de travail.En effet, Jacques Jobin, professeur au Département de géodésie et de cartographie et France Plante, professionnelle de recherche au même département, ont mis au point des logiciels de captage de données, pour une calculatrice programmable.Ils ont opté pour le modèle CV de Hewlett-Packard, le principal avantage de celui-ci étant d'être alpha-numérique, c'est-à-dire qu'il accepte et utilise des lettres, autant que des chiffres.Il peut donc répondre par des messages «en clair», du genre «je ne comprends pas».Avant cette innovation, le travail se déroulait de la façon suivante: le secrétaire prenait des notes dans un carnet, il vérifiait les lectures de façon à respecter les normes, puis il compilait les dénivelées et distances parcourues entre les points de départ et d'arrivée.En dernier lieu, il vérifiait ses données en soirée, afin de détecter des erreurs de calcul.Actuellement les étapes se déroulent ainsi: les valeurs dictées par l'opérateur de niveau sont entrées immédiatement sur la calculatrice par le secrétaire.À l'aide d'un programme spécialement adaptée, la calculatrice vérifie les critères au fur et à mesure sur le terrain.De plus elle garde en mémoire les données essentielles et nécessaires au traitement mathématique désiré.En cas d'erreur, un message est affiché à l'écran.Il indique la lecture qui doit être reprise.Les résultats du travail sont conservés dans des modules de mémoire enfichés dans les ports de la calculatrice.Le travail de terrain étant terminé, on enregistre les données sur ruban magnétique.En tout moment on peut y retrouver jsfané noies ( tailler eoirnel t .i CA/ ~â\ î l Un Laboratoire remporte un trophée de « productivité > Pour la première fois cette année la Chambre de commerce de Sainte-Foy, remettait à des entreprises de la ville son trophée : «Fidéides».La Chambre de commerce a voulu, par cette action, stimuler les entreprises locales et les rendre plus «visibles» au reste de la population.Les 14 entreprises retenues pour la sélection finale sont celles qui ont été citées le plus souvent par les 40 personnes qui siègent au sein de la direction et des comités de la Chambre de commerce.La sélection finale a été faite par un jury de sept personnes, aidé par un conseiller expert en analyse d'entreprise.Le jugement a porté bien précisément sur les activités de l'année 1983: les objectifs fixés, les moyens utilisés et l'évaluation des résultats obtenus.Parmi les trois gagnants de cette année, un laboratoire de recherche hospitalier et universitaire: le Laboratoire d'endocrinologie molé-.culaire du Centre hospitalier de l'Université Laval dirigé par le Dr Fernand Labrie avec dans son dossier de réalisations pour 1983: la mise au point d'un nouveau traitement pour le cancer de la prostate, les retombées économiques régionales possibles de cette découverte et les retombées certaines, du Congrès international d'endocrinologie en juillet 1984.Les deux autres gagnants — et les responsables de la Chambre de commerce insistent bien sur le fait qu'il n'y a pas de 1er, 2, 3e, mais bien trois gagnants — sont les entre-: prises Gaz intercité et Gentec.La fécondation «in vitro» jusqu'où peut-on aller?Le Groupe de recherche en éthique médicale (GREM) de l'Université Laval tiendra, le 19 octobre 1984, un colloque sur la fécondation «in vitro».Qualifiée de la percée biotechnologique la plus spectaculaire de la dernière décennie, la fécondation «in vitro» à but thérapeutique telle qu'elle a été appliquée en Angleterre pour la naissance du bébé Brown est, à toute fin pratique, socialement acceptée.Des scientifiques s'interrogent cependant «B,.;,, « Itcori ^•aios H Q *0 «a* 7* De; %e, î i sin i: s r*! ou | '¦-a':; •-L '"«ta.! !Siry Ne® % K,,, k 'S,|i v,“; % ^Olk .r ilii 5 ET LA CALCULATRICE les données afin de faire éditer un carnet de notes ou encore le résultat de tous les cheminements conservés sur la cassette.Le carnet de notes conventionnel a été , remplacé par un autre beaucoup plus ivisuel.En effet, on y retrouve les déni-Ivelées et distances parcourues après chaque station du niveau.De plus un iprofil du cheminement est dessiné à l'aide de ces valeurs.Il est finalement possible d'obtenir un tableau résumé de tous les cheminements contenus sur la cassette.Celui-ci contient la date et l'heure du travail, le nom des repères de départ et d'arrivée, les noms des opérateurs de niveau et du secrétaire, le nombre de stations du niveau, la dénivelée et la distance parcourue, l'écart permis entre les résultats obtenus entre l'aller et le retour et enfin le numéro du cheminement sur la cassette.La méthode de nivellement qui a été automatisée et celle utilisée par le service de Géodésie du ministère de l'Energie et des Ressources du Québec pour capter les données nécessaires à un nivellement géométrique de grande pré- cision.Cette méthode utilise un niveau muni d'un micromètre à lame à faces parallèles ainsi qu'une paire de mires en invar à double échelle.L'homme d'instrument fait quatre mesures sur chacune des mires, tout au long du cheminement.Ce nivellement géométrique de grande précision s'effectue en respectant certains principes généraux.Habituellement, l'erreur totale se propage proportionnellement à la racine carrée de la distance, par exemple pour un nivellement spécial l'erreur est inférieur à 2 mm par km.Les instruments doivent être vérifiés et ajustés au début des opérations.Par la suite, les niveaux doivent être fréquemment contrôlés tandis que les mires peuvent être recalibrées seulement à la fin des opérations, à moins qu'on ne soit conscient qu'elles aient subi un traitement pouvant les altérer de façon significative.Le laboratoire du Département de géodésie et cartographie de l'Université Laval est d'ailleurs depuis deux ans, le seul laboratoire agréé au Canada pour émettre des certificats de calibration pour les mires en invar utilisée pour les relevés de précision.Les techniciens et les responsables de ce laboratoire ont mis au point des procédures qui leur permettent de vérifier ainsi, au moyen d'un appareil à rayon laser, la précision de mires qui leurs sont envoyées de tous les coins du Canada, que ce soit par des compagnies privées ou des organismes gouvernementaux fédéraux.Après l'essai des logiciels par plusieurs équipes de nivellement, la conclusion semble évidente : les gains de temps et de précision font qu'il est très intéressant d'utiliser ce genre de programme pour la prise de notes.Il reste à souhaiter que cette technique soit généralisée de façon à éliminer complètement les étapes de vérification et à alléger le travail des secrétaires d'équipes.Marianne Kugler Pour plus d'informations s'adresser au: Service des relations publiques Local 214, Pavillon Félix-Antoine-Savard Université Laval, Cité universitaire Québec G1K7P4 Tél.: (418) 656-2572 s.lesnF liais -v ‘ -T J^__l 4 -J^f?-4, ' 44 Dans les maisons R-2000, une grande importance est attachée à l'isolation.L'isolant est disposé de façon à couvrir toute la charpente, de façon continue, et un papier pare-vent en assure l'étanchéité.et des Ressources: «Si l'industrie peut vendre des systèmes comme des hot dogs, elle pourra supporter seule l'effort de développement.» Le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources a lancé à l'été 1 983 un programme de 79 millions de dollars pour aider à la mise en valeur de l'énergie solaire active au Canada.Un des objectifs de ce programme est de baisser de plus de 50 pour cent les coûts des chauffe-eau solaires résidentiels.Le coût actuel d'un tel système se situe entre 300$ et 350$ par gigajoule/année (voir l'encadré).Le prix cible à atteindre d'ici cinq ans estd'environ 125$ par gigajoule/année.«C'est un sacré défi devant nous», commente Jim Rollefson.En attendant que cet objectif soit atteint, 45 des 79 millions de dollars vont à un programme de démonstration des chauffe-eau solaires domestiques.Le gouvernement fédéral subventionnera la moitié du coût d'installatiôn de tels chauffe-eau dans 2 000 foyers.Au Québec, la Direction des programmes d'énergies nouvelles poursuit sensiblement les mêmes objectifs: réduire les coûts de production et d'installation des systèmes de chauffage solaire.Tous les projets qu'elle supervise impliquent des spécialistes et des fabricants qui pourront éventuellement prendre en charge le projet.Le budget de la direction est cependant beaucoup moins élevé que celui du ministère fédéral de l'Énergie, des Mines et des Ressources : 1,2 million de dollars que l'énergie solaire doit partager avec la biomasse et l'énergie éolienne.DU SOLEIL PAR LE ROBINET La grande victime de cette course à la rentabilité est le chauffage actif des locaux.Cette application qui jouissait d'un certain engouement il y a quelques années (voir le dossier «spécial solaire» dans Québec Science, avril 1980) a pratiquement disparu mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE 4 de la carte.On lui préfère le solaire passif, plus simple et plus économique.Le chauffage solaire des piscines, lui, connaît une certaine popularité.Les capteurs pour piscines, utilisés surtout en été, n'ont besoin ni d'isolant thermique à l'arrière, ni de vitrage à l'avant, contrairement aux capteurs utilisés durant l'hiver.Leurs coûts moins élevés (environ 2 600$ pour un système complet) peuvent donc être amortis en deux ou trois ans.Entre les deux, il reste le chauffage solaire de l'eau domestique.Les nouveaux programmes gouvernementaux y consacrent le gros de leurs efforts.et de leur budget.C'est que les chauffe-eau solaires, malgré leur longue période d'amortissement des coûts, permettent des économies importantes: ils peuvent subvenir à 50 pour cent des besoins annuels en eau chaude d'une famille.OÙ SONT LES MAISONS PASSIVES?Les possibilités du solaire passif pour le chauffage d'appoint des locaux sont aujourd'hui largement reconnues.De 20 à 25 pour cent des besoins en chauffage d'une nouvelle construction résidentielle peuvent être comblés par des systèmes solaires passifs, en orientant les fenêtres vers le sud.Il n'y a pratiquement pas de surcoût pour une telle solution.Le bon taux d'ensoleillement dans la plupart des régions habitées du Canada pendant les périodes froides et la simplicité de l'approche expliquent l'intérêt qu'elle suscite depuis quelques années au pays.Intérêt sur le papier, car si beaucoup parlent des maisons solaires, bien peu en construisent.Les maisons solaires passives habitées au Québec sont rarissimes.«Si on arrive à en identifier une vingtaine, c'est beau!» déclare Claude Parisel, qui enseigne l'architecture à l'Université de Montréal.L'architecte et designer Michel Dallaire, de Québec, confirme: «Les architectes québécois sont peu sensibilisés au solaire.» «Ils ne sont pas tellement au courant, poursuit Claude Parisel.Et même lorsqu'ils sont intéressés, ils ne trouvent pas les instruments et les matériaux.» Selon lui, il y a absence de techniques pour faire une architecture solaire adaptée à notre climat.Les publications, lorsqu'elles ne sont pas américaines, proposent des solutions qui sont importées des États-Unis, qui sont I QUEBEC SCIENCE / mai 1984 Comment capter l'énergie solaire Il y a trois façons d'utiliser l'énergie solaire: 1.Les systèmes actifs sont faits d'un capteur plan qui absorbe le rayonnement solaire.On y fait circuler un fluide pour récupérer la chaleur et la transporter là où on en a besoin : dans une piscine, un chauffe-eau ou dans une pièce de la maison.L'eau est le plus souvent utilisée comme calopor-teur, mais ce peut être le fréon ou l'air.2.Dans les systèmes passifs (ou bioclimatiques), c'est le bâtimentqui sert de capteur.Sa conception architecturale lui permet de tirer parti du rayonnement solaire.3.Avec des cellules photovoltaïques, le rayonnement solaire est converti directement en électricité.Ce genre de système trouve très peu d'application dans le domaine de l'habitation.Notonsque la résistancethermiqued'un matériau est une mesure de résistance au mouvement de la chaleur.Elle est indiquée en R (RSI).Plus la valeur R (RSI) est élevée, plus le matériau isole.Enfin les coûts de chauffage sont parfois donnés en dollars par gigajoule/ année.C'est une mesure de l'investissement par rapport à la production annuelle d'énergie.Un gigajoule représente un milliard de joules.efficaces pour les États-Unis mais pas toujours adéquates pour le Québec.«On n'a pas un réservoir de stratégies architecturales efficaces testées ici, dont on peut donner les rendements ici», ajoute-t-il.Une des rares conceptions architecturales qui soient faites spécifiquement pour le climat du Québec et du Canada est la maison R-2000, issue du programme de maisons à haut rendement énergétique, instauré par le ministère de l'Énergie, des Mines et des Ressources du Canada.Sur ces maisons, une petite place est faite au gain direct par les fenêtres orientées au sud.Mais l'accent est mis surtout sur l'isolation: le meilleur système de chauffage passif ne donnera pas de très bons résultats s'il est installé sur une passoire à chaleur ! Une maison R-2000 est conçue de façon à ce que ses occupants utilisent le moins d'énergie possible.Le programme a été instauré pour permettre aux constructeurs de se familiariser avec les procédés de construction des maisons à haut rendement énergétique.Quelque 49 45 maisons auront été construites au Québec à la fin de 1 984.En plus de l'isolation rigoureuse et du calfeutrage des portes et fenêtres, les maisons R-2000 sont littéralement enveloppées dans une membrane de polyéthylène qui élimine les courants d'air et empêche l'humidité de pénétrer dans les murs.On a eu la bonne idée de limiter les fenêtres donnant vers le nord pour minimiser les pertes de chaleur.Par contre, même au sud, la surface de vitrage est limitée : isolée comme elle est, la maison R-2000 serait surchauffée si le vitrage était plus important.Voilà posé le problème de la fenestration: même sur une maison conventionnelle, augmenter la surface vitrée sur le côté sud procure des gains d'énergie fantastiques dans le jour.et des pertes fantastiques la nuit! SUPERFEIMËTRE À LA RESCOUSSE Le vitrage est à l'origine d'un drame cornélien pour les concepteurs de système de chauffage solaire passif.Les vitres laissent passer la lumière (transmissivité), mais aussi la chaleur (conductance).Capteurs solaires par excellence, les fenêtres ont une faible valeur isolante.Au cours d'une saison de chauffage, celles à double ou même à triple vitrage captent en moyenne à peine plus de chaleur qu'elles n'en perdent.Quelques chiffres: le verre ordinaire a une résistance thermique de R 0,03 (RSI 0,006).Le coefficient R d'une fenêtre à double vitrage scellée est de 2,00; c'est de six à dix fois moins que la valeur isolante d'un mur extérieur (R 1 2 à R 20, RSI 2,10 à RSI 3,50).Une fenêtre à triple vitrage fait à peine mieux avec R 3,03 (RSI 0,53).Et l'on ne peut augmenter indéfiniment le nombre de vitrages: le coût deviendrait prohibitif, les fenêtres perdraient en plus de leur transmissivité.Bref, les fenêtres, capteurs passifs d'énergie, simples et peu coûteuses, sont aussi de véritables «trous» dans l'isolation des maisons.De 1 5 à 30 pour cent des pertes de chaleur d'une résidence sont dues aux fuites à travers les fenêtres.Il n'est donc pas surprenant que le CNRC ait fait de l'amélioration des fenêtres la clé de son plan de recherche et de développement pour le solaire passif.Des recherches sont entreprises à travers tout le Canada pour créer une superfenêtre qui laisserait passer le plus de lumière et le moins de chaleur possible.Des recherches sont menées simultanément sur toutes les composantes de la fenêtre, et plusieurs solutions sont envisagées.Certaines sont si originales qu'il sera difficile d'y reconnaître une fenêtre! La firme de design industriel et d'ingénierie G.I.D.Ltée, de Québec, et l'architecte Michel Dallaire sont les artisans de la superfenêtre.On y fait de la recherche aussi bien sur le cadre que sur le vitrage pour améliorer la résistance thermique de l'ensemble de la fenêtre.Un prototype nouveau de cadre a déjà été envoyé au CNRC à Ottawa pour y être testé.Il est fait de polyuréthane moulé.Alors que l'extérieur est rigide, l'âme du cadre est fait d'alvéoles soufflées au fréon, un produit bien connu pour son utilisation dans le processus d'échange de chaleur des réfrigérateurs et des congélateurs.L'avantage du fréon est sa stabilité, plus grande que celle du bioxyde de carbone (C02) habituellement utilisé pour mousser le polyuréthane et qui a tendance à s'échapper à la longue.Avec le fréon, le cadre a de meilleures propriétés isolantes et pour plus longtemps.Sa résistance thermique serait, selon des simulations, de R 8 à R 10 (RSI 1,4 à RSI 1,75); c'est beaucoup plus que le R 2 (RSI 0,35) d'un cadre de fenêtre en bois. COMME UN THERMOS À CAFÉ La firme G.I.D.Ltée, en collaboration avec l’architecte Michel Dallaire, travaille maintenant à la conception d'un nouveau type de vitrage dont on sait peu de chose, sinon qu'il pourrait «stocker» de la chaleur.Avec la vitre et le cadre, les chercheurs espèrent atteindre une résistance thermique de R9 (RSI 1,58).«Ce qu'on fait risque de révolutionner l'industriede la fenêtre au Canada», estime René Matte de la firme G.I.D.Ltée.La valeur isolante d'une fenêtre provient essentiellement du volume d'air emprisonné entre les vitres.La recherche sur les superfenêtres concentre ses efforts pour augmenter cette valeur isolante.Il est envisagé de doubler l'espace d'air, ou de faire le vide entre les vitres.C'est le principe du thermos à café; les pertes de chaleur par conduction sont minimisées, faute de conducteur! Mais le vitrage est alors soumis à de fortes contraintes sous l'effet de la pression atmosphérique.Le CNRC, par le biais du programme «Énergie Solaire», subventionne plusieurs entreprises et centres de recherche pour trouver des solutions à ce problème.On en visage aussi de remplacer l'air dans un vitrage scellé par un gaz inerte dont la valeur isolante est supérieure, l'argon par exemple.Une autre hypothèse de travail prometteuse : l'aéro-gel.C'est un gel de silicone avec lequel on peut faire un vitrage contenant jusqu'à 95 pour cent d'air sous forme de bulles microscopiques.Comme ces bulles sont plus petites que la longueur d'onde de la lumière visible, il n'y a pas de réfraction ou de diffusion et la vitre demeure parfaitement transparente.Inutile de dire qu'avec un tel pourcentage d'air, la valeur isolante d'un panneau d'aéro-gel est très élevée.Son prix aussi ! Les recherches effectuées en France et en Suède ont aussi démontré que l'aéro-gel se Une architecture biochmatique se veut adaptée à notre climat.Ainsi, l'architecte Miche! Dallaire a conçu ce mur rideau, fait de verre, qui crée un effet de serre entre celui-ci et le véritable mur et qui surpasse l'efficacité annuelle moyenne des capteurs actifs.I Rayons infrarouges Energie solaire «Caloriver» dégrade lorsqu'exposé à l'humidité.Au Canada, l'Ontario Research Foundation étudie comment sceller l'aéro-gel pour le soustraire à l'humidité de l'air, sans toutefois altérer sa fragile structure de bulles d'air.Le CNRC subventionne aussi des recherches pour trouver un procédé de fabrication de l'aéro-gel qui soit moins coûteux.UN MIROIR À CHALEUR La recherche sur les superfenêtres a déjà engendré un produit disponible sur le marché.C'est le miroir à chaleur «Caloriver», distribué au Québec par Arcon Canada.Il est appelé miroir de chaleur parce qu'il réfléchit celle-ci comme un miroir, même s'il est aussi transparent que le verre.Il s'agit plus précisément d'un filtre sélectif transmettant le rayonnement de courte longueur d'onde du soleil, y compris la lumière visible, mais bloquant par réflection 85 pour cent du rayonnement infrarouge de la chaleur radiante provenant de l'intérieur de la maison.Pour faire ce filtre, on vaporise une mince couche d'atomes métalliques sur une pellicule de deux millimètres de polyester.Installé entre deux vitres scellées, le miroir à chaleur «Caloriver» fait passer la résistance thermique d'une fenêtre à double vitrage de R 2 à R 4,34 (RSI 0,35 à RSI 0,76).Le prix, lui, est de 1 5 à 30 pour cent plus élevé que pour des fenêtres à triple vitrage de même dimension.Le «Caloriver» a été développé au département d'architecture du Massachusetts Institute of Technology durant la dernière décennie.Depuis, d'autres types de miroirs à chaleur ont été imaginés.Pour la superfenêtre canadienne, on étudie les performances de revêtements d'oxyde d'étain et de cuivre, ou encore d'oxyde de zinc et d'argent.L'Ontario Research Foundation travaille même sur un revêtement transparent de semi-conducteur.En ajustant la conductivité électrique du semi-conducteur lors de la fabrication, il serait possible d'en faire un bon filtre sélectif, réfléchissant la chaleur.il'aic STOCKER LA CHALEUR DANS LES MURS Toutes ces améliorations aux fenêtres permettent, ou permettront de régler le problème des pertes de chaleur.Le facteur d'isolation élevé des superfenêtres rendra même possible leur installation du côté nord des habitations.Mais le problème de I 1 \ I S Ni Ces "lés QUÉBEC SCIENCE / mai 1984 47 Chauffe-eau solaire © La lumière solaire pénètre dans le capteur solaire par le vitrage en verre ou en plastique.La chaleur est absorbée par une plaque absorbante noircie (absorbeur) et est transférée au fluide caloporteur circulant dans le capteur (en général, une solution antigel).© Une pompe fait passer le fluide caloporteur chaud des capteurs jusqu'à un réservoir isolé et non pressurisé comportant un échangeur de chaleur.© L'eau froide domestique entre dans le serpentin de l'échangeur de chaleur et y est chauffée par transfert thermique de la solution qui se trouve dans le réservoir.© Un chauffe-eau ordinaire sert de système auxiliaire afin de fournir l'énergie supplémentaire dont pourrait avoir besoin le système pour chauffer l'eau © la surchauffe reste entier.Augmenter la surface vitrée au sud occasionne des hausses de température considérables pendant le jour, même en hiver.La surchauffe sera même plus considérable avec des superfenêtres, dans la mesure où leur transmissivité est améliorée.Un des remèdes les plus envisagés pour solutionner ce problème est de récupérer l'excédent de chaleur, de le stocker dans les murs, le toit, le sol et de le récupérer plus tard lorsque le besoin s'en fait sentir.Il existe déjà des méthodes simples pour emmagasiner la chaleur excédentaire.Un mur ou une dalle de béton, parexem-ple, exposé à la lumière directe du soleil va dégager pendant la nuit la chaleur accumulée durant le jour.Mais cette solution est peu adaptée à l'architecture résidentielle québécoise, généralement tout en bois.L'eau et la roche peuvent être aussi utilisées pour réaliser une masse thermique.Ces matériaux ont l'avantage d'être abondants et peu coûteux, mais ils présentent un grand inconvénient: de grands volumes sont nécessaires pour emmagasiner une quantité appréciable de chaleur.Ces dernières années, des chercheurs en Amérique et en Europe ont concentré leurs efforts sur les possibilités des matériaux à changement de phase, certains sels notamment, pour stocker la chaleur dans les habitations.Le point de fusion ou d'évaporation de ces matériaux est généralement près ou un peu plus élevé que la température de confort d'une habitation, soit environ 21°C.En changeant de phase(en passantde la phase solide à liquide, ou liquide à gazeuse), ils peuvent emmagasiner une quantité importante de chaleur qu'ils libéreront lors du changement de phase inverse, c'est-à-dire en refroidissant.DU SEL PLEIN LES MURS À l’École polytechnique de Montréal, Jean Paris et son équipe s'intéressent tout particulièrement à un sel hydraté : le chlorure de calcium hexa-hydraté (CaC^-Ch^O).C'est un produit commun, tout juste un peu plus pur que le chlorure de calcium que l'on étend sur les routes l'hiver.Il possède plusieurs caractéristiques avantageuses, comme la plupart des matériaux à changement de phase.D'abord, sa capacité de stockage: pour un même volume d'eau, le chlorure de calcium peut stocker plus d'énergie thermique.Le volume de stockage nécessaire serait ainsi divisé par trois ou quatre.Deuxièmement, le stockage et la récupération de la chaleur se font à température constante: la température de fusion ou de condensation du sel, soit 29° C.Et, bien sûr, le coût du chlorure de calcium est un facteur déterminant.C'est un déchet industriel très courant.Ceux qui en ont sont généralement bien contents d'en être débarrassés.Parce que les sels hydratés nécessitent un moins grand volume que des stockages plus classiques, les chercheurs envisagent de les intégrer dans les matériaux de construction pour les incorporer aux murs et autres parois.Ainsi placés, ils devraient, en plus d'emmagasiner l'excédent de chaleur, avoir un effet régulateur sur la température des locaux.M.Paris et son groupe ont pensé mettre du chlorure de calcium hexa-hydraté dans des capsules d'une quinzaine de millimètresqui seraient mélangées au béton.Mais comme on l'a vu, le béton n'est pas un matériau fréquemment employé dans la construction résidentielle au Québec, sauf pour les fondations.On envisage maintenant d'intégrer dans du placo plâtre les capsules de sels.Mais il y a d'abord un problème à régler: quand le chlorure de calcium hexahydraté fond, il y a formation d'autres sels indésirables.Après plusieurs fusions et cristallisations, la part de ces sels est assez importante pour gêner et même empêcher le processus de changement de phase.Il n’y a plus de stockage de chaleur.Le but des recherches en cours à l'École polytechnique est de trouver des additifs qui empêcheraient la formation de cessels«parasites».On cherche aussi à abaisser la température de fusion du chlorure de calcium plus près de la température de confort, en utilisant d'autres additifs.LA MAISON OBÈSE Au centre d'études sur le bâtiment de l'Université Concordia, M.Marvin Shapiro s'intéresse à un matériau à changement de phase que la nature utilise depuis des millénaires: 48 1984 / QUÉBEC SCIENCE la graisse, ou plus exactement, les acides gras.Comme les sels hydratés, les acides gras peuvent stocker une grande quantité de chaleur dans un volume relativement restreint.Mais contrairement aux sels, ils ne sont pas corrosifs, et leur efficacité ne s'altère pas à l'usage.On peut donc les mélanger à plusieurs matériaux de construction sans les encapsuler.M.Shapiro et ses assistants ont pu intégrer des acides gras à du béton, du plâtre et même de la fibre de verre.Les acides gras pourraient trouver une application originale dans un murTrombe, pense M.Shapiro.Dans un mur Trombe normal en béton, orienté au sud, la chaleur du rayonnement solaire est emmagasinée pendant le jour dans le mur.Elle traverse le béton et commence à chauffer la maison pendant la nuit.Le grand désavantage d'un tel mur capteur est d'être opaque et de bloquer la visibilité vers le sud de la maison.M.Shapiro a pensé faire un mur d'acides gras emprisonnés entre deux couches de plexiglas.Le soleil plombant sur ce mur fait fondre les acides gras qui emmagasinent ainsi la chaleur.En phase liquide, les acides gras sont transparents, donc le soleil pourrait chauffer la pièce durant le jour et les habitants pourraient voir à l'extérieur comme au travers d'une fenêtre.La nuit, en revenant à la phase solide, les acides gras retournent à la maison la chaleur emmagasinée.De plus, à la phase solide, les acides gras ont une valeur isolante équivalente au bois.La maison serait isolée dans la graisse! Pour l'instant, ce scénario de M.Shapiro n'est qu'à l'état de modèle réduit dans un laboratoire.Les résultats sont prometteurs.Reste toutefois à savoir comment les utilisateurs réagiront les jours de temps couvert, quand leur mur-vitre, au lieu d’être transparent, sera rempli de graisse figée! ?SAMEDI le 5 mai à 19 heures Scène de la Salle des Congrès Réception à la Salle Langevin UN SIECLE DE VIE HOSPITALIÈRE AU QUÉBEC par Normand PERRON ISBN 2-7605-0352-6 466 pages, 00,00$ LE CANCER MALADIE DE LA VIE par Michel RAGÉ ISBN 2-920073-09-5 184 pages, 13,95 $ COMMENT ENSEIGNER LES CONCEPTS «Vers un système de modèles d'enseignements: par Rachel DESROSIERS-SABBATH ISBN 2-7605-0349-6 104 pages, 9,95 $ FORMATION DES ESPACES RÉSIDENTIELS «Le système de production de l'habitat urbain dans les années soixante-dix au Québec» par Gérard DIVAY et Marcel GAUDREAU ISBN 2-7605-0351-8 204 pages, 4 hors-texte, 22,95 $ QUÉBEC SCIENCE / mai 1984 49 & oQ'^1 Mangez moins et faites plus d’exercice.paiwciPDCTian Le programme spatial Les yeux du Canada dans l’espace Si tout se déroule comme prévu, le premier Canadien à participer à une mission de la navette spatiale aura l’occasion, dans quelques mois, de taire l’essai d’un nouveau système qui améliorera considérablement la précision du bras télécommandé Canadarm.Grâce à un système de vision automatisé, ce télémanipulateur de conception canadienne, qui est maintenant un outil indispensable de la navette spatiale américaine, deviendra un «bras qui voit».Le succès du Canadarm et la participation de Canadiens à des missions dans l’espace sont certes des réalisations éclatantes, mais une bonne part des efforts déployés au cours de la dernière décennie, dans le cadre du Programme spatial canadien, ont plutôt porté sur les «satellites qui voient».La télédétection, qui consiste à observer et analyser des objets à distance, a été et demeure une composante importante du Programme spatial canadien.Le Centre canadien de télédétection (CCT), un service d’Énergie, Mines et Ressources Canada, a non seulement réussi à faire du Canada un chef de file dans ce domaine, mais aussi à mettre au point un ensemble de techniques (réception, traitement et analyse des données) qui répondent aux besoins spécifiques d’un pays aussi vaste que le Canada.Les satellites d’observation des ressources, en orbite à quelque 900 km de la Terre, portent des instruments de télédétection qui fonctionnent dans la bande visible et infrarouge du spectre ou dans les fréquences radar.Ils ont ouvert la voie à une multitude d’applications qui revêtent une importance cruciale pour l’économie canadienne.Les logiciels mis au point par les spécialistes du CCT, en collaboration avec d’autres organismes fédéraux et provinciaux ainsi qu'avec l’industrie privée, permettent aujourd'hui d’évaluer avec précision l’état des sols, des cultures et des forêts.Il est aussi possible de suivre le mouvement des glaces qui peuvent gêner la navigation et les plate-formes de forage opérant au large des côtes canadiennes.Ces « yeux » dans l'espace peuvent même capter ce qui est invisible à l'oeil humain.À l’aide d’ordinateurs, les spécialistes du CCT préparent, à partir des données provenant des satellites, des images qui reproduisent, par exemple, le rayonnement infrarouge d'un secteur donné.Il est ainsi possible d’évaluer l'état de santé d’une culture, de répertorier les arbres feuillus et les essences de conifères dans une forêt, ou même d’identifier, dans une vaste région boisée, les zones où le risque d’un feu de forêt est le plus élevé.La technologie de pointe de la télédétection et ses produits sont donc devenus des outils indispensables pour l’industrie forestière canadienne qui, pour assurer sa survie, doit renforcer sa position sur les marchés internationaux.La télédétection sert aussi le secteur canadien des ressources minérales.Les images dressées à partir des données provenant des profondeurs de l'espace permettent d’identifier dans l’immensité du territoire canadien les régions les plus prometteuses pour la recherche de pétrole ou de minéraux.Pour mener à bien cette composante de son Programme spatial, le Canada n'a pas hésité à s'associer à d’autres pays.Plusieurs projets ont été mis en oeuvre en collaboration avec la NASA, et le Canada s'est joint à l'Agence spatiale européenne pour participer au lancement et à l’exploitation d'un satellite de télédétection, vers la fin des années 80.Le Programme spatial canadien pourrait franchir un autre grand pas dans le domaine de la télédétection, au début de la prochaine décennie.On prévoit en effet lancer de la navette spatiale, en 1990, le premier satellite de télédétection véritablement canadien, le RADARSTAT.On peut obtenir plus de renseignements sur le Programme canadien de télédétection en communiquant avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 Énergie, Mines et Ressources Canada Canada PUB Ll-REPORTAGE 50 mai 1984 / QUÉBEC SCIENCE Bébés-éprouvettes, embryons congelés: les vrais problèmes ne font que commencer par Ginette Beaulieu «Naissance de quadruplés fécondés in vitro.» «Une femme stérile donne naissance à un fils conçu par une donneuse.» Depuis le début de l'année, les hauts faits de la fécondation in vitro font les manchettes.Des premières mondiales qui en disent long sur l'effervescence qui règne autour de la vie en éprouvette!.Manipuler la vie à volonté: ce rêve de science-fiction est maintenant un défi que relèvent avec de plus en plus de succès les biologistes, ces magiciens de l’ère moderne qui peuvent faire jaillir la vie, la multiplier ou même la mettre en réserve, à leur gré.Pour certains couples aux prises avec des problèmes de stérilité, avoir un enfant représenterait le bonheur suprême.Ces dernières années, la médecine a imaginé leur venir en aide avec les techniques d'insémination artificielle ou encore de fécondation in vitro.On estime actuellement qu'entre 1 5 et 20 pour cent des couples en âge d'avoir des enfants, soit environ 50 000 personnes au Canada, sont susceptibles de recourir un jour ou l'autre à la fécondation in vitro.En moins de cinq ans, cette technique est devenue une opération de routine pour quelques grandes équipes anglaise, australienne ou américaine, passées maîtres dans l'art de jouer à la cigogne avec, à leur crédit, quelque 500 bébés-éprouvettes.Mais, dorénavant, plusieurs chercheurs voient beaucoup plus loin que la planification d'une nécessaire rencontre entre ovules et spermatozoïdes ! En fait, les prouesses de la technologie biologique ouvrent des horizons qui défient l'imagination humaine: congélation d'embryons, clonage, détermination du sexe avant implantation, greffes de gènes ou même de tissus d'embryons et j'en passe.Pour l'heure, on sait que l'on peut pallier aux aléas et aux pannes des mécanismes naturels de reproduction, en stimulant avec des hormones la libération d'ovules, puis en fécondant in vitro ces ovules pour ensuite les implanter dans l'utérus maternel où l'embryon se développera.La stimulation hormonale permet d'obtenir 12 à 15 ovules d'un coup (de quoi faire une belle famille!) et, après fécondation, il n'en est transféré que trois ou quatre dans l'utérus à chaque implantation.Que faire de ceux qui restent?Pourquoi ne pas les mettre sur la glace en attendant de leur trouver une utilisation?Cette idée a fait son chemin et elle est aujourd'hui appliquée à grande échelle pour plusieurs espèces d'animaux, notamment des mammifères.Ainsi, en 1979, on dénombrait environ 1 7 000 gestations par transferts d'embryons chez les bovins en Amérique du Nord, ce qui représentait alors un chiffre d'affaires annuel de quelque 20 millions de dollars.De toute évidence, il s'agit là d'une technique au point et utilisée sur une base commerciale en médecine vétérinaire.Il n'y avait donc plus qu'un pas à franchir avant son application chez la femme .un pas qui a récemment été franchi puisque deux grossesses ont été réalisées grâce à l'implantation d'embryons congelés (une a cependant échoué).À première vue, la congélation d'embryons peut simplement permettre de faire une nouvelle implantation dans le cas où une première aurait échoué.Grâce à cette technique, un couple stérile pourrait même penser étaler sur plusieurs années l'implantation de ces embryons de façon à se constituer petit à petit une véritable famille sans que la femme soit obligée de recommencer tout le «cirque» de la stimulation hormonale chaque fois quelle désire un enfant.De même, une femme dont la carrière est incompatible avec la maternité pourrait mettre «au frais» quelques ovules et ne devenir mère qu'à un âge où la carrière est moins exigeante, mais sans courir les risques plus élevés de complications diverses liées à la conception d'un enfant à cet âge.QUE FAIRE DES EMBRYONS EN TROP?Mais que faire des embryons dont on n'a plus besoin?Qui doit en répondre?Sont-ils la propriété de quelqu'un?Est-ce que leur élimination peut constituer un crime?Une foule de questions se posent et de nombreux scénarios sont envisagés.Pourquoi ne pas instaurer des banques d'ovules ou d'embryons comme c'est le cas pour les spermatozoïdes?De la même façon, pourquoi n'accepterions-nous pas de donner droit de cité aux mères d'emprunt ou aux mères donneuses?Le cas de cette femme stérile qui, au début de février, en première américaine, a mis au monde un enfant après avoir reçu d'une donneuse un embryon fécondé par son mari grâce à l'insémination artificielle, nous confronte à une réalité qui ne nous permet plus de jouer à l'autruche.Déjà, une première clinique spécialisée dans ce type de transplantation a annoncé l'ouverture de ses portes ce mois-ci en Californie.Une dizaine d'autres sont susceptibles de voir le jour au cours de l'année. QUEBEC SCIENCE / mai 1984 e$> t Andrée-Lise Langlois 52 mai 1984 / QUEBEC SCIENCE Fécondation in vitro canadien, soulignait l'importance de manipuler les embryons humains «avec respect, avec soin et sous contrôle» puisqu'ils sont des êtres humains potentiels.UN SEXE PRIVILÉGIÉ La détermination du sexe fait également l'objet d'une grande fébrilité Les opérations de base de la fécondation in vitro: l'ovule, une fois prélevé chez la femme, est mis en présence des spermatozoïdes.Après fécondation et quelques divisions cellulaires, l'embryon est transféré dans l'utérus où il poursuit son développement.Ces pratiques ne manqueront pas de soulever toute une kyrielle de problèmes tant éthiques et juridiques que simplement humains, liés aux dons d'ovules, à l'adoption d'embryons ou encore aux mères d'emprunt.Alors qu'on a permis de prendre en charge des enfants mis au monde par d'autres, pourquoi ne pourrait-on permettre d'adopter des embryons, pour qu'ils puissent exprimer leur potentiel de vie?Est-ce qu'on est prêt, en tant que société, à accepter les donneuses d'embryons ou les porteuses comme on acceptait naguère les nourrices?Cela amènera inévitablement à remettre en cause le concept même de la maternité : qui sera la vraie mère?Ne risque-t-on pas de voir s'instaurer un clivage entre la race des.«géniteurs» et celle des «porteuses»?Il s'agit là de choix qu'il faudra sans doute faire un jour, et avant longtemps au rythme où vont les choses.Que dire de la culture des embryons à des fins thérapeutiques ou de recherche.qui ne manque pas de soulever un dilemme de taille, celui des droits et devoirs des grands manitous de la reproduction.Jusqu'à quel stade du développement de l'embryon peut-on le «cultiver» en éprouvette?Quel genre de recherches devrait être permis?A-t-on le droit de «bricoler» l'embryon et de s'en servir dans l'étude génétique de certaines maladies ou même pour traiter un autre individu?Robert Edwards, pionnier anglais de la fécondation in vitro, déclarait lors d'un congrès international sur les transferts d'embryons en France que «les droits d'un embryon de 1 6 jours doivent céder le pas devant un enfant ou un adulte cancéreux».Il est également possible, simplement en divisant de jeunes embryons en deux, quatre ou même huit, de créer des jumeaux à volonté.Le biologiste S.Willasden, de Cambridge, a récemment réussi à obtenir grâce à ce processus de clonage des quadruplets identiques chez une brebis, ainsi que des triplets chez la vache et des jumeaux chez la jument.En somme, il ne reste plus qu'à passer à la femme.si ce n'est déjà fait! Il faut dire que l'embryon humain se développe facilement in vitro durant les premiers 14 jours.L'intérêt majeur du clonage, bien que pas toujours avoué, reste la production d'embryons in vitro comme source de cellules saines pour servir à différents traitements.À la limite, on pourrait imaginer que chaque individu puisse avoir son double conservé à l'état embryonnaire, prêt à servir pour «regaillardir» l'organisme défaillant.Mais jusqu'où peut-on permettre aux chercheurs d'aller dans cette veine?Pour trancher, peut-être faudrait-il déterminer si un embryon de quelques cellules possède une vie bien à lui, une vie propre.Cela nous ramène inévitablement au classique débat de fond sur les débuts de la vie : à quel moment un embryon devient-il un être vivant et dans quelle mesure doit-il être considéré comme tel.Une question qui ne fait pas facilement l'unanimité! Pour Robert Edwards, il apparaît clairement que «nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la morale».Son coéquipier, Patrick Steptoe, qui était il y a quelques mois de passage à Québec dans le cadre du congrès du Barreau chez les spécialistes de la reproduction.Cette opération est maintenant réalisée avec succès chez la vache, en séparant en deux l'embryon de sept ou huit jours et en examinant les chromosomes sur une moitié.Selon le sexe ainsi déterminé, on décide d'implanter ou non l'autre moitié.Techniquement applicable à l'embryon humain, cette approche posait cependant certaines difficultés.Qu'à cela ne tienne ! On a fait appel à une technique issue de la biotechnologie, celle des anticorps monoclonaux, des substances biologiques qui réagissent différemment selon que l'on a affaire à un chromosome X ou Y.Au début de l'année, lors d'un congrès au Texas, on rendait compte des premiers résultats de cette technique, qui se révèle d'une grande précision.Grâce aux anticorps monoclonaux, on peut donc dorénavant déterminer le sexe d'un embryon avec beaucoup d'efficacité.Mais cette technique aura un impact social dont on peut difficilement encore se faire une idée.Peut-on imaginer un seul instant la portée sociale de l'utilisation généralisée d'une telle technique dans des pays asiatiques où on doit à tout prix limiter le nombre d'enfants par couple?Si l'on permettait que de telles pressions s'exercent librement en faveur de l'un ou l'autre sexe, certaines régions du globe risqueraient de connaître des bouleverse- QUEBEC SCIENCE / mai 1984 mm W»l—IM—W———MMM— JiUll; uiUkuhlÜi! i! e: /: ;1SÎ Sftsl iuj i rî™:j •: ( 53 En vacances, au Québec, on respire, on relaxe, on découvre, on déguste.on fête.' JliiSlSSBï^ ments démographiques d'envergure, sans compter l'impact économique, politique ou strictement humain.LE POUVOIR DES BIOLOGISTES On peut se demander si l'application de manipulations génétiques à différentes fins ne fera pas place à cette vieille tentation de l'eugénisme qui flotte toujours dans l'air, un piège vers lequel il peut être facile de glisser si l'on ne se met pas de garde-fous.Vouloir déterminer biologiquement le destin de différents groupes d'hommes, cela s'est déjà vu ! Qu'ar-rivera-t-il quand on le pourra vraiment?Pour Raymond Lambert, du Centre hospitalier de l'université Laval, il ne fait aucun doute que les biologistes ont un pouvoir sur la vie, qu'ils ont les moyens de modifier la vie sur la planète.Mais il n’y a actuellement aucune balise.Et comme l'histoire s'est amplement chargée de le démontrer, souvent les scientifiques mesurent mal l'ampleur des retombées ou des révolutions auxquelles peuvent donner lieu leurs découvertes.« C'est pourquoi, précise-t-il, non seulement les biologistes mais aussi les juristes, les philosophes et les éthiciens, les intervenants sociaux et toute la collectivité doivent se prononcer sur des questions vitales.» Des questions délicates se posent en effet et qui mettent en jeu le devenir même de la société: doit-on considérer le clonage (des jumeaux identiques à volonté) de l'homme comme un objectif souhaitable pour des raisons médicales ou d'efficacité sociale (clones humains dotés d'une petite taille pour les voyages spatiaux), ou doit-on plutôt, à l'instar de Georges Wald, prix Nobel de médecine, déclarer le patrimoine génétique humain inviolable?.Chose certaine, l'avenir de la race humaine sera ce qu'on en fera: le meilleur des mondes ou.?On vous attend au Coeur du Québec! VIVEZ LE PLEIN AIR GRANDEUR NATURE .• A>.i '/•> Trois choix de voyages inoubliables s’offrent à vous à partir de 65$ par personne SÉJOURS «ESPACES VERTS et BLEUS» fin de semaine sympathique de canot-camping UNE CROISIÈRE AU FOND DES BOIS 8 jours de safari photos sur la rivière Vermillon LE TRIATHLON «EAU LIMPIDE» la rivière Batiscan, à pied, en canot-camping, en radeau pneumatique DEMANDEZ NOTRE DÉPLIANT: Association touristique du Cœur du Québec 197, Bonaventure, Trois-Rivières G9A 5N4 (819) 375-1222 Pour informations au sujet des possibilités de vacances qui vous sont offertes au Québec, téléphonez sans frais au: 873-2015 (région de Montréal) 1-800-361-5405 (ailleurs au Québec) ou écrivez à: TOURISME QUÉBEC, Ministère —.^ ¦ de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme ( Jl |/"V I O O C.P.20 000, Québec (Québec) G1K 7X2 V vL .1 DO LES COMMUNICATIONS OUVRENT LA VOIE AU NOUVEAU MONDE • • mm m : fl.•iv 'mm V.% w 1^9 Eumt Sfr«4\l i/ ¦ :^7- I u » .«b F& IK
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.