Québec science, 1 janvier 1984, Octobre
Volume 23, numéro 2 OCTOBRE 1984 2,95 $ tPECIAL BIOTECHNOLOGIE 3ES MICRO-ESCLAVES^^ >OUR DEMAIN >ES MICROBES ÆNTABLES E QUÉBEC MISE UR LA SANTÉ ES PROMESSES >E L’OR VERT A LONGUE MARCHE E B.T.GAGNE HJ TERRAIN INE ARME v?^ DOUBLE TRANCHANT HOTECHNOLOGUES ÎECHERCHÊS.m ( JRGENT Wk /IARC GARNEAU IN QUÉBÉCOIS >ANS L’ESPACE > mi /«aEr F ¦ “ - > U* Port de retour garanti COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1052 Port payé à Québec CP 250 Si Mer y Québec GIT 2R1 France: 23 FF BIBLIOTHEQUE NATIONALE QUEBEC BUREAU DEPOT LEGAL 01977 1700 ST DENIS G SEPT S2 MONTREAL P.Q.AOUT S5 H2X 3K6 ¦ m ~ s> '• -i'; 1 _ LES COMMUNICATIONS OUVRENT LA VOIE AU NOUVEAU MONDE mm m v + # 1 # # % ?• mam3mm m «m T I,p m wêl:> i mBZfcàiïk'êÆ .^yL^.K i I I UnûÉfSPïï 1 JL** i** , x i7*T »' * ?/?f-v - ‘ Belr ¦y f .V - Aj»- * L* 'W^v; #; 1 «/', wWf\ *1 1 1 Refloduction partielle d’un circuit imprimé grossi 30 fois.miette nouvelle tecriliologie a permis d'augmenter la puissance des équipêments de télécommi|pications et de créer des services intégrés voix, imaaes, oonnées.t 'k '1 4 I Volume 23, numéro 2 QUÉBEC SCIENCE SOMMAIRE OCTOBRE 1984 ENQUÊTES/REPORTAGES SPÉCIAL BIOTECHNOLOGIE 18 DOS microbes rentables Jean-Pierre Rogel Le génie génétique apporte une impulsion nouvelle à des techniques millénaires.Et ce n'est qu'un début! 28 Le Québec mise sur la santé Ginette Beaulieu Produits de diagnostic, anticorps monoclonaux, peptides; les nouveaux défis des sociétés d'ici sont nombreux 36 Les promesses de l'or vert Gilles Drouin Biodégrader les déchets de la forêt.Brillante idée.Mais de là à la réaliser industriellement.24 Brevets: la longue marche Gilles Drouin De l'innovation au produit, la route est longue et sinueuse 27 Le B.T.gagne du terrain Louise Desautels Cette année, 300 000 hectares de forêts ont été arrosés par ce bio-insecticide 42 Une arme à double tranchant François Goulet Des espoirs pour les pays pauvres, mais aussi des ombres au tableau 44 Biotechnologues recherchés.Urgent Gilles Drouin La formation humaine, une priorité en biotechnologie au Québec 48 Avez-vous l'esprit scientifique?Nous vous proposons un jeu-test original, expérimenté sur des cobayes consentants (l'équipe de Québec Science), un test sans prétention scientifique, créé pour le plaisir du jeu.À vos crayons! 50 Marc Garneau, un Québécois dans l'espace Claude Lafleur Sa mission à bord de la navette spatiale, ce mois-ci, est un fleuron du programme spatial canadien ACTUALITÉS 6 Endocrinologie Pleins feux sur les hormones 8 Les têtes à Papineau Le Michel Goulet des caisses pop 9 Malaria Bientôt un vaccin 56 Tourbières Des pneus aux couches 56 Océanographie Le hareng en vedette.par ricochet 57 Faune L'orignal menacé 58 Serre Cultiver sous un capteur solaire géant CHRONIQUES 12 Sans frontières Revue de presse internationale 55 Info/puce Apprivoiser l'informatique 59 C inéscience La science à l'écran 60 Bientôt demain La technologie des années 80 61 Boîte à livres Lus pour vous 66 En vrac Les p'tits mots de la fin Gilles Drouin François Picard Gérald Baril François Picard Vonik Tanneau if I I m De tous les déclenchements qui se produisent annuellement sur le vaste réseau d'Hydro-Québec, près de 25 % sont dus à la foudre.La protection du réseau contre la foudre est donc une question de première importance.Grâce aux dispositifs de protection installés dans les postes et sur les lignes de transport et de distribution, la plupart de ces déclenchements ne durent qu'une fraction de seconde et n'entraînent aucune interruption de service.0) O) '0 Gare aux ondes à front raide ! La foudre engendre non seulement des courants de forte intensité, pouvant atteindre 200 000 ampères, mais aussi des surtensions qui sont particulièrement dommageables aux appareils comme les transformateurs.La vitesse d'établissement de ces surtensions (« raideur » des ondes de tension) entre en ligne de compte : une tension qui atteint une amplitude de deux millions de volts en l'espace de quelques microsecondes peut causer des dégâts importants.Lorsque les tensions deviennent trop élevées pour le degré d'isolement des lignes, elles peuvent aussi causer l'amorçage d'arcs électriques entre les conducteurs et les pylônes; il y a alors contournement d'isolateurs.Û£ 3 *£ an 3 111 OE'«c LL 80S < O "ü Au départ, un réseau bien conçu Dans la conception d'un réseau, le tracé des lignes a son importance : les sommets de montagnes ne sont pas recommandés.On a constaté aussi que certaines zones sont particulièrement exposées aux orages.La vallée du Saint-Laurent en est un bon exemple ; les lignes sont vulnérables surtout à la hauteur des traversées comme celle de l'île d'Orléans.Malheureusement, il n'est pas toujours possible d'éviter ces zones.les postes situés de part et d'autre du point d'impact; les surtensions transitoires qui apparaissent peuvent provoquer sur la ligne des amorçages d'arcs.Pour empêcher la foudre d'atteindre lés conducteurs, on installe au-dessus d'eux, au sommet des pylônes, un ou deux câbles de garde qui jouent le rôle de paratonnerres: ils captent la foudre et l'écoulent dans le sol par l'entremise des pylônes.La foudre peut aussi tomber sur les pylônes.Encore là, un arc peut s'amorcer entre le pylône et le conducteur.On atténue ce risque en augmentant la longueur des chaînes d'isolateurs.Mais surtout, les pylônes sont soigneusement mis à la terre au moyen de longs fils conducteurs, appelés contrepoids, qui sont reliés aux pieds des pylônes et enfouis dans le sol parallèlement à la ligne de transport.Comme les pylônes Relié à la ligne et à la terre, le parafoudre se compose essentiellement d'un éclateur et d'une résistance variable disposés en série.À la tension normale du réseau, aucun courant ne le traverse car sa résistance est très élevée.En présence d'une surtension, un arc s'amorce dans l'éclateur, la résistance devient très faible et le parafoudre laisse passer le courant de choc.Dès que la décharge est terminée, la résistance redevient élevée et l'arc s'éteint.Les parafoudres sont utilisés dans tous les postes du réseau, où ils protègent les transformateurs et les inductances, et sur les lignes de distribution à basse tension, où ils protègent les transformateurs installés sur le circuit primaire à 12 000 ou 25000 volts.D'autres dispositifs interviennent parallèlement aux parafoudres.En quelques centièmes de seconde, ils détectent les courts-circuits que la foudre a pu engendrer, ils isolent du réseau la pièce d'équipement affectée et, si le court-circuit est de nature fugitive, ils rebranchent l'équipement.Ces dispositifs sont les systèmes de protection par relais et les disjoncteurs qui leur sont Des essais spectaculaires Les parafoudres utilisés sur le réseau sont mis à l'épreuve dans les laboratoires de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ).Par ailleurs, pour des raisons de rentabilité, le matériel du réseau doit être capable de supporter un certain niveau de tension.Par exemple, les transformateurs à 735 000 volts doivent pouvoir supporter, pendant de courtes durées, des tensions de 2 millions de volts.Ces appareils sont donc soumis à des essais de surtension.Au laboratoire Haute tension de l'IREQ, les essais sont effectués à l'aide de générateurs de choc qui, soit dit en passant, peuvent maintenant produire des tensions de choc atteignant 6 millions de volts.La foudre aurait-elle une rivale?Le fin mot de la protection du réseau consiste donc à prévenir l'amorçage des arcs ou à réduire leur durée, et à empêcher les ondes de courant et de tension d'atteindre les appareils vulnérables.Câbles de garde et contrepoids Sur les lignes de transport à haute ou moyenne tension, la foudre peut tomber directement sur les conducteurs.Dans ce cas, les ondes se propagent vers microsecondes).Il interrompt le faible courant de suite (environ 200 ampères), rétablissant ainsi l'isolement de la ligne.Enfin et surtout, il limite la surtension à des valeurs que peuvent supporter les appareils.Marguerite Draper Publireportage Hydro-Québec Octobre 1984 tir «ru?r r sont eux-mêmes en métal, la fou dre peut ainsi se frayer sans difficulté un chemin vers la terre.Les conducteurs, les transfor mateurs et les autres compo sants dans lesquels le courant normal circule doivent être bien isolés afin que le courant ne s'en échappe pas: d'où les chaînes d'isolateurs et l'espace laissé autour des conducteurs, l'air ser vant aussi d'isolant.Toutefois, l’isolement ne protège pas adé quatement contre les fortes ten sions de la foudre.On doit donc employer des moyens plus spécifiques.f*6 a 31 JÈBEC SCIENCE / octobre 1984 QUEBEC SCIEtlCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551 ; 1-800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur général Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny.adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, Gilles Drouin, François Huot, François Picard, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers PRODUCTION Véronique Morin, directrice de la production Richard Hodgson, conception graphique Andrée-Lise Langlois, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan, séparation de couleurs Imprimerie Canada, photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince, publicité (418) 657-3551, poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Les nouvelles messageries de la presse parisienne (N.M.P.P.), distribution en kiosques pour la France Presses de l'Université du Québec Québec Science llAbonnements llAu Canada: Régulier: (1 an/12 nos): Spécial : (2 ans/24 nos): Groupe: (1 an/12 nos): (10 ex.à la même adresse) IIIA l'étranger: Régulier(1 an/12 nos): Spécial: (2 ans/24 nos): À l'unité : |[En France: Régulier: (1 an/12 nos): Spécial: (2 ans/24 nos): À l'unité : 25,00$ 44,00$ 23,00$ 35,00$ 61,00$ 3,50$ 225 FFt.t.c.385 FFt.t.c.23 FFt.t.c.Voir le coupon d'abonnement à la fin du magazine I QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l'Université du Québec.¦ La direction laisse aux auteurs l'entière responsa-I Dilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes I de présentation et rubriques non signées sont dus la rédaction._e soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l'Université du Québec, le Fonds FCAC pour l'aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi ue par les contributions privées suivantes: ell Canada.M.Claude St-Onge, vice-président— Banque e Montréal.Jean Savard, vice-président: Division du ~ uébec — Conseil de la langue française.Michel Plourde.résident — Control Data Canada.George J Hubbs, pre-ident — Imasco Limitée, Imperial Tobacco Limitée — nstitut de recherche de l'Hydro-Québec, M.Lionel oulet, directeur — Pratt & Whitney Aircraft Canada Ltée, ongueuil, P Q.— Recherches Bell-Northern, M.Claude Proulx, directeur général; Laboratoire de L Île des Sœurs épôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, uatrième trimestre 1984, ISSN-0021-61 27.épertorié dans POINT DE REPÈRE, ourrier de deuxième classe, enregistrement ‘ 1052.Télex: 051-31623 TWX 610-571-5667 embre de: CPPA © Copyright 1984 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés.scriptum Pour saisir le fabuleux essor des biotechnologies, il faut recourir à quelques raccourcis saisissants; il y a 6 000 ans, les Babyloniens et les Sumériens produisaient les premières bières à partir de fermentations de levures; en 1857, Louis Pasteur élucidait la fermentation lactique, clef de la microbiologie industrielle; en 1978, pour la première fois, une hormone était produite par une bactérie «recombinée», c'est-à-dire dans laquelle on avait inséré un gène (morceau d'ADN, dont la structure a été déchiffrée en 1953 seulement) étranger.Entre ces trois dates, et surtout entre ces deux dernières, il y a une aventure et une révolution.L'aventure, c'est celle de la science repoussant très vite les frontières de la connaissance.La révolution, celle de la maîtrise croissante du vivant qui en résulte.Car nul doute aujourd'hui que les percées des 130 dernières années ne nous amènent aux commandes des mécanismes de la vie.Nouveau pouvoir, pouvoir prometteur mais aussi inquiétant pour une espèce apparue il y a à peine quelques millions d'années et ne disposant, aux dernières nouvelles, que d'une petite planète bleue pour vivre! Ce numéro, nous l'avons voulu comme une photographie de l’état des biotechnologies aujourd'hui, après le début de l'ère du génie génétique.Cette photographie porte, bien entendu, les teintes et l’éclairage de l'endroit d'où elle a été prise, le Québec de 1984.Elle porte aussi la marque de ceux qui l’ont prise, la petite équipe saisie à son tour ci-dessous, par l'objectif du photographe-maison un matin d'août.Autant dire que ce numéro spécial est partial et partiel, car il était impossible d'explorer de façon exhaustive et objective un tel sujet en un seul numéro.Aussi avons- nous privilégié une approche de vulgarisation pas à pas, avec peut-être un peu plus d'explication pédagogique et un peu moins de reportages que d'habitude.Le contexte économique ainsi que les questions de sécurité des manipulations génétiques sont esquissées, mais nous ;¦:/./ .A- T-.¦ De gauche à droite, en arrière-plan, Jean-Pierre Rogel.Gilles Drouin, François Goulet et, dans le même ordre à l'avant, Diane Dontigny et Ginette Beaulieu laissons une large place à des explications sur les connaissances scientifiques proprement dites.C'est en grande partie parce que nous nous sommes rendu compte que ces connaissances étaient mal comprises du grand public, qui souvent n'arrive pas à démêler la science de la science-fiction en ce domaine.Il fallait donc faire un effort spécial pour parler des «microbes» et de leurs fonctions: de bactéries, de cellules, d'ADN et de gènes, de recombinaisons et de fermentations.Voilà quel fut notre choix: à vous de nous dire maintenant si ce dossier s'avère éclairant pour vous! P 6 octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE ACTUALITÉS ENDOCRINOLOGIE PLEINS FEUX SUR LES HORMONES Un nombre impressionnant de commun! Jamais Québec n'avait vu autant de scientifiques dans ses murs pour un même événement et, qui plus est, en plein été.Réunir quelque 6 500 spécialistes en endocrinologie provenant d’une cinquantaine de pays, dont trois prix Nobel et plusieurs sommités de réputation mondiale, et organiser de main de maître le séjour de tout ce beau monde dans la Vieille Capitale, il fallait le faire! On peut comprendre que l'équipe du docteur Fernand Labrie, du Centre hospitalier de l’université Laval (CHUL), soit fier de ce tour de force qui a donné lieu à un momemtum d’une rare intensité dans l’histoire de l’endocrinologie.Il régnait dans ce congrès-monstre (des milliers de communications) un climat d’excitation et d’effervescence, un bouillonnement caractéristique d’une science en pleine évolution, en plein éclatement.Première constatation faite dans le cadre de ce congrès international: notre corps est littéralement sous le contrôle des hormones qui sont présentes à peu près partout.On sait que chaque hormone agit sur un certain type de cellule, et ce de façon bien spécifique.On en avait dénombré jusqu’à présent une cinquantaine, produites surtout par les glandes endocrines classiques que sont la thyroïde, le pancréas, les glandes sexuelles, etc., mais on réalise maintenant que tous les organes en produisent, autant l’estomac, le cœur que l’intestin ou le cerveau.Les hormones interviennent ainsi dans toutes les fonctions de l’organisme que ce soit la digestion, le fonctionnement du cerveau, la croissance, la reproduction ou le vieillissement pour n’en nommer que quelques-unes.En somme, tout notre corps ferait l’objet d’une régulation très fine, assurée par une multitude d’hormones.Il s'agit là d'une véritable révélation qui va changer notre façon d'envisager le rôle de ces messagers de la cellule que sont les hormones.C'est grâce aux techniques de pointe de la microbiologie, qui permettent de mettre le doigt sur des substances difficilement détectables, que les spécialistes en endocrinologie sont parvenus à repérer et à isoler toute une gamme de substances hormonales appelées peptides, des molécules beaucoup plus petites que les stéroïdes qu'on retrouve, par exemple, dans les hormones sexuelles.Ainsi, lors de ce congrès, il a été question de neuropeptides, des hormones qui régulariseraient le fonctionnement du cerveau, ainsi que de la dernière-née des hormones, sécrétée par le cœur, elle aussi un peptide.Deuxième constatation: les mécanismes d'action des hormones restent encore une vaste zone grise.Pour plusieurs hormones, on sait assez bien à quoi elles servent mais on ne sait pas comment elles agissent, comment elles arrivent à inhiber ou stimuler certains tissus ou certains organes.Et cela se complique avec les hormones peptidiques qui ont un mode d’action encore plus complexe.Comprendre l'action des hormones constitue le défi de l'heure pour les endocrinologues car c'est à la base de tout projet thérapeutique.Ils cherchent à décoder le message qui est transmis par la cellule à la substance hormonale et à voir comment celle-ci dirige ensuite les opérations de régulation et de contrôle.cations et de «posters»: une avalanche d'information pour les 6 500 chercheurs en endocrinologie réunis à Québec.À l'interface de toutes les disciplines j médicales, cancérologie, neurologie, gastro-entérologie, reproduction, l’endocrinologie risque fort d'être, pour les années à venir, cette science par qui la lumière arrive, peut-être même celle qui apportera des réponses à certains problèmes de santé, encore sans solution.La fébrilité et l'enthousiasme avec I lesquelles les endocrinologues de tous j pays ont échangé, discuté, fait des projets de collaboration et sympathisé, laissent entrevoir que nous n'avons pas fini de vous parler d'hormones.D’ailleurs plusieurs s'accordent pour dire que l’endocrinologie sera la grande vedette de cette fin de siècle avec son cortège de nouvelles substances, contraceptives entre autres, et de nouveaux médica- 1 ments sur mesure.Ginette Beaulieu QUÉBEC SCIENCE / oclobre 1984 7 % ik MM!#' (ata* isciptei ) POtHJUWSEWK ^ • VICEOBIAVIUE v • M0NIREA1 - VtlO PlEIB AIR - BlACTCS-CAMP'lAG - IA CORDEE A MOS - EUREKA SPORE - GIOBE TROTTEUR GASPf - CARTIER SPORE - 1EVASIOK ER PIEIK AIR BJMOUSKl - - GEROROR SPORE - AZIMUT PIE IR AIR PPtVOSI - - eO'JïlOUE IE GIEE BOUTIQUE RORDIK IROIS-fllVltRfS - If NOROn • SHERBROOKE - ESCALADE ESTRlf SHAWIIItGAN-SÙD - PLEI» AIR • CHARlOTTETOWH - CAMPER S CITY SHAWIRIGARSUO OUEOOOR SPECIAUTY VIUF SI-PASCAî - SPORIACIE SHOP SACR?COEUR - SPORT AT0U1 • S! IOHKS IKEID) - OUTDOOR HUE LOKGUEUIl - BOUTIQUE COURIR • IOROKTO - BIAEXS CAMPIRG GUT lEPiHf • PETERBOROUGH - IOYCES OUTDOOR SEORf .v .'•O-'' SPORT-AIOUI • OTTAWA ’RAIL HEAD X renforts Atfl Epaules et coudes en CORDURA 500 coupe-vent sous la fermeture Eclair FERMETURES ECLAIRS SOUS LES BRAS POCHE CHAUFE-MAINS MUNIE D’UN RENFORT COL HAUT POUR PROTECTION OU COU POIGNET ET CEINTURE EN TISSU ELASTIQUE - COUPE ALLONGÉE EXTERIEUR: 100% ANTRON INTERIEUR: 100*'.POLYESTER BANDE ÉLASTIQUE: 100% POLYESTER FERMETURE ÉCLAIR YKK H \JW L’ÉQUIPE CHLOROPHYLLE EST DÉSOLÉE DE VOUS AVOIR FAIT ATTENDRE POUR LE NAHANNI RESSOURCES HUMAINES Le plus important groupe de recherche en biotechnologie 16 chercheurs (bactériologistes, biochimistes, biologistes moléculaires et cellulaires, chimistes, immunologistes, microbiologistes industriels, pathologistes vétérinaires, virologistes) appuyés de 35 techniciens, techniciennes, et de 10 fellowships post-doctoraux, encadrent et dirigent 26 étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat.PROGRAMMES DE RECHERCHE Trois programmes de recherche: -accélération du développement de la microbiologie appliquée - accentuation du développement de nouveaux produits biologiques - développement d'outils analytiques et diagnostiques nouveaux GÉNIE INVENTIF Plusieurs inventions récentes: - nouvelle méthode d'isolement de micro-organismes capables de biotransformation et biodégradation: cellulose, BPC.- pesticides biologiques - procédés de fermenteur - appareil à électrophorèse - chambre de vaccination-aérosol - virosomes (virus artificiels) - hybridomes - anticorps monoclonaux - culture cellulaire animale en masse 36 octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE LES PROMESSES DE L'OR VERT Biodégrader les déchets de la forêt.Brillante idée.Mais de là à la réaliser industriellement.par Gilles Drouin Soudain, le petit homme s'interrompt et se lève en cherchant du regard dans une bibliothèque placée derrière moi.«Si vous le désirez, je vais vous montrer de quoi a l'air mon champignon acidophile», insiste-t-il avec la délicatesse propre aux Asiatiques.Il se dirige alors vers la bibliothèque, s'étire au-dessus de quelques boîtes déposées devant les rayons, déplace quelques documents et plonge la main pour en ressortir un flacon de verre.Là, dans mon dos, sans que je me sois méfié de quoi que ce soit, une flopée de champignons filamenteux microscopiques s'affairent depuis environ trois ans à digérer du papier journal déchiqueté dans une solution très acide.Ce champignon, Anh LeDuy l'a découvert dans un bêcher semblable aux autres en faisant le ménage d'un laboratoire de l'Université de Sherbrooke pendant ses études postdoctorales.Il l'a ramené dans ses bagages lorsqu'il a décroché un emploi de professeur à l'université Laval où il occupe ce bureau bien rempli du département de génie chimique.Ce petit bêcher à l'apparence anodine représente, avec ses champignons, ce que les biotechnologies peuvent faire avec la biomasse, à une échelle de laboratoire, bien sûr.De leur côté, ces petits bouts de papier journal font partie d'une famille que l'on désigne sous le vocable de biomasse forestière, laquelle s'insère dans la très grande famille, presque sans fin, de la biomasse.La forêt, l'agriculture, les déchets urbains, les résidus des pâtes et papiers, les fumiers animaux, la tourbe, la faune et la flore marines et les déchets d'êtres humains en sont autant de sources.La biomasse, c'est, en définitive, tout ce qui contient une parcelle de vie, un élément organique.UNE RICHESSE MAL UTILISÉE Comme tout ce qui est organique, il est possible de transformer, de dégrader la biomasse pour en tirer divers produits utiles.Avec le lisier de porc par exemple, on peut faire de l'engrais et du méthane tout en annulant la charge polluante de ce sous-produit odoriférant de l'industrie porcine.D'ailleurs, de la plupart des éléments de la biomasse, il est possible d'extraire du méthane, de l'éthanol ou encore du méthanol, mieux connu sous le nom d'alcool de bois.Ceci s'explique par le simple fait que la biomasse est constituée de chaînes d'atomes de carbone et d'hydrogène qui sont à la base de tous les hydrocarbures, comme le pétrole.Il suffit donc de les réassembler pour obtenir un combustible.Si, au Canada, les efforts de recherche portent à peu près autant sur la valorisation énergétique de la biomasse agricole que sur celle de la biomasse forestière, cette dernière, au Québec, semble vouloir voler la vedette.Cela se comprend aisément puisque la forêt occupe le haut du podium pour les industries manufacturières en termes d'impact économique pour le Québec.En 1982, les exportations de produits forestiers représentaient une valeur totale de 3,4 milliards de dollars, soit 23 pour cent de toutes les expéditions hors Québec.Le secteur forestier compte pour 14 pour cent des emplois manufacturiers et, si on considère les emplois indirectement soutenus par la forêt, ce sont dix pour cent de tous les emplois du Québec qui dépen- dent du bois.La fleur de lys devrait être remplacée par une épinette! Impressionnant, vous pensez?Eh bien, selon Jean-Guy Routhier, un ingénieur forestier de la firme de consultants Darveau, Grenier, Lussier et Associés, le Québec n'utilise pas le tiers du potentiel de sa forêt et nous ne parlons que de la forêt accessible.Et encore, dans le secteur mis à profit, le pourcentage d'utilisation n'est que de 46 pour cent.L'écorce, la cime, la partie non marchande des tiges, le feuillage, la souche et les arbres non marchands restent la plupart du temps sur le terrain.En fait, pour utiliser optima-lement cette richesse, il faudrait récolter tout l'arbre, des racines à la cime, mais aussi trouver des moyens de le mettre à profit autrement que par la combustion directe.UN JEU DE BLOCS En fait, le bois se compose de trois principaux éléments, la cellulose, l'hémicellulose et la lignine, que l'hydrolyse nous permet d'obtenir.L'hydrolyse est tout simplement la séparation des éléments par dissolution dans une solution aqueuse.La bonne vieille méthode couramment utilisée et bien connue se nomme hydrolyse acide.Mais tout commence par un prétraitement du bois qui le réduit en fines particules.Actuellement, un des moyens les plus prometteurs consiste à confiner l'arbre dans une sorte de cuve, de chauffer celle-ci sous pression et d'ouvrir soudainement une valve par laquelle le bois explose littéralement.Après cette opération, le bois se prête mieux à l'hydrolyse.Dans ce cas-ci, une solution acide s’occupera de décortiquer le bois en ses trois éléments qui seront retirés de l'hydro- QUÉBEC SCIENCE / octobre 1984 37 S 3 i n 9 Èà wEŒ&yjts- ËL Seulement 46 pour cent de la foret exploitée est actuellement utilisée Le reste — cime, feuillage, etc.reste souvent sur te terrain alors que, grâce à des micro-organismes on pourrait en tirer des produits utiles C'est un hasard qui a conduit Anh LeDuy à découvrir ce champignon NC-11 qui, depuis trois ans, vit de papier journal dans une solution très acide.lysat, une boue innommable qui sort d'un premier réacteur.C'est à ce moment que la fermentation entre en jeu pour transformer les trois sœurs en une variété de produits.Bien sûr, l'énergie est un sous-produit important du bois.Mais il est possible d'en tirer certains produits à forte valeur ajoutée entrant dans la fabrication de cosmétiques, de colle, ou encore des protéines unicellu-laires pour nourrir les animaux, ou des polysaccharides pour enrober des médicaments par exemple.La deuxième méthode fait appel à un processus naturel: utiliser un micro-organisme qui se nourrit du bois ou plus précisément des sucres 38 octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE mm M mmm ma, mwÊÊËm «En biotechnologie industrielle, les souches sauvages n'ont aucun avenir», dira Anh LeDuy.U faut donc, par mutation, les rendre plus productives et NC-11 n'échappe pas à cette règle.du bois.Nous entrons alors dans le grand royaume des biotechnologies, domaine plein de promesses et d'embûches.Le procédé global suit le même cheminement que pour l'hydrolyse acide, à l'exception de l'acide qui cède la place à des champignons microscopiques.Le processus est simple: le champignon sécrète des enzymes qui vont chercher les sucres dont il se nourrit.Les enzymes sont les couteaux et les fourchettes des champignons microscopiques, comme des autres micro-organismes qui ont un avenir biotechnologique.Elles «découpent» en quelque sorte le substrat, la matière nourricière sur laquelle repose le champignon, elles prennent les molécules de sucre et les apportent au champignon.UN APPÉTIT À STIMULER Le problème, c'est que le microorganisme produit l'enzyme pour se nourrir et lorsqu'il a suffisamment de nourriture, il en cesse la production jusqu'au prochain repas.Il existe peut-être quelques souches, des variétés, souffrant de boulimie mais, même dans ce cas, l'industrie n'a que faire de ces souches qui ne pensent qu'à elles.Le génie enzymatique met donc tout en œuvre pour faire en sorte que le champignon, ou n'importe quel micro-organisme, produise sans arrêt ces enzymes.Il faut donc partir à la recherche d'une variété mutante qui soit plus généreuse.«En biotechnologie industrielle, les souches sauvages n'ont aucun avenir», juge Anh LeDuy.La façon la plus spectaculaire de provoquer une mutation, c'est de manipuler génétiquement le micro-organisme.Il s'agit d'isoler les gènes qui contrôlent la production des enzymes et de les modifier à son profit.Quelques chercheurs, comme Anh LeDuy, préfèrent travailler avec les compétences dont ils disposent à l'intérieur de leur spécialité respective.Ainsi, pour obtenir des muta- tions, il est également possible de recourir à différents procédés comme des chocs thermiques, chimiques, acides, ou des radiations.«Pardetels moyens, nous pouvons espérer obtenir des variétés mutantes intéressantes dans un délai d'un an environ», précise Anh LeDuy.Ces souches mutantes devront être plus productives que leur ancêtre: dans un contexte industriel, on parle d'hyper-productivité.LA SOUCHE VEDETTE Le champignon découvert par Anh LeDuy n'est ni le premier, ni le mieux connu des «bouffeurs de biomasse».Dans la valorisation de la matière ligno-cellulosique, la vedette, c'est Trichoderma reesei dont le second nom rappelle le patronyme de son découvreur, un Américain, un certain Reese.Au Canada, Forintek Canada et lotech Corporation d'Ottawa, deux noms à retenir en biotechnologie, travaillent avec Trichoderma reesei pour la production d'éthanol.Mais il existe une foule d'autres micro-organismes pouvant être utilisés pour digérer la biomasse.Ainsi, au Centre national de recherches du Canada (CNRC), une bonne équipe qui gravite autour de A.W.Khan y explore des variétés de bactéries.Même chose à l'Université de Guelph, avec C.W.Forsberg et D.Groleau.À l'université Western Ontario, l'équipe de A.Mar-garitis et E.Creese travaille avec un autre champignon, Sporotrichum.À l'Institut canadien de recherche sur les pâtes et papiers, L.Jurasek et Michel Desrochers utilisent également un champignon, Schizophyllum commune.Forintek possède à elle seule une collection de 2 500 cultures de micro-organismes amateurs de cellulose.Cependant, le champignon de LeDuy, alias NC-11, possède un atout de taille dans son jeu.Étant donné qu'il adore se reproduire en milieu acide, les problèmes d'asepsie, qui se rencontrent avec une souche comme Trichoderma reesei, se dissolvent dans l'acide.En effet, dans un milieu non acide, il faut s'assurer que d'autres micro-organismes, comme des bactéries, ne viendront pas importuner la souche productrice.Le champignon NC-11 ne partage pas ses qualités acido-philes avec beaucoup d'autres souches connues.Il est donc plus susceptible de travailler en paix.À l'échelle industrielle, cela veut dire plusieurs millions de dollars d'économie et lorsqu'il faut concurrencer le pétrole, le gaz naturel et l'électricité, chaque dollar compte.LA COURSE DES FILIÈRES L'hydrolyse enzymatique a-t-elle un avenir?« De toutes lesfilièresactuel-les, c'est probablement celle qui promet de se rapprocher le plus des rendements optimaux, d'utiliser au maximum la biomasse», évalue Benoit Drolet, chargé de projet à la Direction des énergies nouvelles du ministère QUÉBEC SCIENCE / octobre 1984 39 TT • ^ de l'Énergie et des Ressources du Québec.Et NC-11 pourrait prendre une bonne place à cause principalement de sa capacité à se reproduire dans un milieu acide et donc aseptique.Toutefois, il faudra développer des souches plus productives, car NC-11 appartient encore au monde des sauvages qui ne se laissent pas domestiquer.Au Canada, la firme lotech détient probablement le leadership en hydrolyse enzymatique.On y est à l'étape de l'usine pilote.Tout le monde attend les premiers résultats avec impatience, surtout qu’on en ignore les détails.Business is business et le secret industriel règne.Tout ce que l'on sait, c'est qu'ils prétraitent le bois par explosion de vapeur.Une fois que le champignon NC-11 s'est nourri de la biomasse, il en résulte, entre autres, ce polysaccharide (photo du bas) qui peut par la suite trouver de multiples applications.Ainsi, au Japon, on a réussi par méthylation à obtenir un matériau ressemblant à du plastique te! celui servant à faire des sacs.Mais actuellement, l'hydrolyse acide a de bonnes longueurs d'avance.Connue depuis la Seconde Guerre mondiale, alors qu'on l'utilisait dans la fabrication d'éthanol, utilisé comme carburant pour les véhicules, le procédé est mieux maîtrisé, bien qu'il y ait encore de la place pour l'amélioration.La plupart des usines produisant une quelconque forme d'énergie > à partir de la biomasse, autrement ^ que par combustion directe, ont Ü recours à l'hydrolyse acide.Au Québec, par exemple, une usine ouvrira ses portes à Mont-Laurier, au nord de Montréal.Mohawk Oil y fabriquera de l'éthanol en utilisant l'hydrolyse acide.Toutefois, on connaît bien aussi les limites de l'hydrolyse acide en rendement et en rentabilité.Ce qui n'est pas encore le cas pour la filière enzymatique.APPLIQUER LA RECHERCHE Au Centre de recherches industrielles du Québec (CRIQ), l'un des plus beaux fleurons québécois de la recherche appliquée, les biotechnologies n'en sont qu'à leurs premiers balbutiements.«L'absence d'une industrie biotechnologique au Québec rend impossible l'obtention de contrats de recherche par le CRIQ», explique François Dugal, directeur de la section de génie chimique au CRIQ.En effet, le CRIQ fonctionne habituellement sous forme de commandites, dans lesquelles une compagnie le chargera de développer tel ou tel procédé tout en partageant les frais.Les procédés biotechnologiques en foresterie sont tellement nouveaux, il reste tellement de problèmes à surmonter que les industriels hésitent encore à y investir.Seules quelques firmes spécialisées, lotech par exemple, tentent d'exploiter un créneau.Actuellement, le CRIQ développe lentement mais sûrement, à même ses propres fonds, une expertise bio- 40 octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE ¦ .¦- ' ' ^ V1 , •, n< : • < : i.^ ¦ ¦; V f'v .¦ ,, î: J: V - ' ' y.'••rx/, V Autre domaine biotechnologique : l'amélioration génétique des plantes.On a ainsi obtenu ces peupliers hybrides, à croissance rapide.Le bois de ces arbres peut être utilisé pour la combustion directe ou pour l'hydrolyse.technologique qui sera fin prête, espère-t-on, lorsque les contrats se pointeront le nez.On y inaugure d'ailleurs des laboratoires tout neufs et chromés, équipés de centrifugeuses, réacteurs, hottes biologiques, spectromètres automatiques, bref tout ce qu'il faut pour étudier le comportement industriel de ces microorganismes.Lorsqu'on y entre après avoir vu les laboratoires d'un LeDuy, on ne peut s'empêcher de se demander s'ils ne sont vraiment qu'à quelques kilomètres l'un de l'autre ! LeDuy travaille plutôt avec des seaux en plastique ou des bricolages (bien faits) des ouvriers de l'atelier de son département.Et il n'est sûrement pas le seul dans cette situation! VERS LES LIGUES MAJEURES Des promesses.C'est bien tout ce qu'offrent les biotechnologies à la biomasse forestière pour le moment, si l'on fa it exception de l'amélioration génétique des plantes (voir Québec Science, juin 1983).Si, en laboratoire, des résultats encourageants ont été obtenus jusqu'ici, il faudra par la suite faire la preuve de la rentabilité à l'échelle industrielle.C'est toute l'étape de la mise à l'échelle, de l'usine pilote (scale up).Ici, nous touchons au point faible de l'industrie biotechnologique canadienne et québécoise.Au Québec, le futur centre de valorisation de la biomasse, qui se concentrera d'abord sur les traitements biologiques, devrait pouvoir combler cette lacune mais pas avant 1986.«Le centre n'est pas là pour s'accaparer toute la recherche etagir d'une façon directive», explique Pierre Coulombe, responsable du dossier des biotechnologies au ministère de la Science et de la Technologie.Mais, rapidement, on peut s'attendre à ce que ceux qui appartiennent vraiment aux ligues majeures se démarquent des autres.Car la mise à l'échelle, c'est du sérieux! Il faut prouver que son procédé peut devenir rentable, intéresser des investisseurs sérieux qui prendront le risque de poursuivre le développement.Nous ne sommes plus sur les bancs de l'université ou devant quelques béchers.La biomasse recèle une foule de richesses.Présentement, il semble que la filière éthanol, plus généralement l'énergie, soit la plus en vogue.La crise de l'énergie a laissé des cicatrices.Aux États-Unis, l'éthanol se mélange dans une proportion de dix pour cent à l'essence et est utilisé dans un bon nombre d'automobiles.Au Canada, la Canadian Renewable Fuels Association vient de voir le jour avec, entre autres membres, lotech et Mohawk Oil, et espère développer le marché de l'éthanol au Canada, évalué à 40 millions d'hectolitres par année.Mais cette orientation ne fait pas l'unanimité.«La biomasse, ça veut dire des petites usines décentralisées, des entreprises de troisième vague, qui mettront toute la biomasse en valeur et non pas un ou deux de ses aspects», explique François Dugal, du CRIQ.Celui-ci voit beaucoup plus loin que la simple filière énergétique.Les huiles essentielles de différents types d'arbres ou de plantes, très en demande sur le marché mondial des cosmétiques, méritent d'être valorisées.Les biotechnologies offrent ici la possibilité d'opérer avec des moyens plus doux, plus efficaces et moins énergivores.«Ce qui nous intéresse au ministère, ce n'est pas nécessairement l'autonomie énergétique par l'éthanol, ce qui est impossible de toute façon, mais plutôt de créer des emplois», avoue Benoit Drolet du MER.Intéressant.D'autant plus que les emplois pourraient voir le jour dans des endroits traditionnellement démunis à ce chapitre: Côte-Nord, Gaspésie, Abitibi, finalement tout ce qui est en dehors des grands centres urbains.D’autres gens sont encore plus pragmatiques, ce qui ne lesempêche pas de tenir sensiblement le même discours.«Notre rôle est de faire de l'argent, d'être rentable; nous avons du capital de risque à investir mais pas n'importe où, ni n'importe comment», explique Guy Drouin, directeur du développement chez Nouveler, la firme d'énergie nouvelle au Québec.Celle-ci possède, entre autres, par sa filiale Biosyn, l'usine de méthanol de Saint-Juste-de-Brete-nière qui produira, dans un premier temps, des gaz de synthèse à partir du bois pour ensuite éventuellement passer au méthanol.Guy Drouin croit que la filière énergie sera rentable surtout dans les pays en voie de développement qui n'ont pas de ressources énergétiques et surtout pas les moyens d'en acheter au prix fort du marché.«Ici, il sera difficile de concurrencer avec les bas prix de l'hydro-électricité et du gaz naturel», précise-t-il.D'autant plus que si l'on tient absolument à Joanne Simard/MER 41 CSC QUEBEC SCIENCE / octobre 1984 I IMIS- Ml l'éths-le toote' lesern-M-lue les uidacs leme* l'éthanol, le gaz naturel en est une bonne source, plus facile d'accès.I Nouveler projette de développer une technologie, un /mon/ftow exportable sous forme d'usine «clé en main».Guy Drouin aussi pense que l'avenir de la biomasse passe par la valorisa-i tion de tous les produits qui y sont i présents.Particulièrement de ceux ) qui ont une forte valeur ajoutée.PENSEZ INDUSTRIE Dans un rapport sur la recherche en ! hydrolyse enzymatique et en fermen-c tation du bois au Canada qu'il a effectué pour le MER, Anh LeDuyen arrive à cette conclusion : « La plupart ides recherches canadiennes sur la i production de cellulases extracellulaires et sur la production de biocom- bustibles n'ont pas tenu compte des contraintes d'application industrielle.Les expériences ne sont qu'au début de l'échelle de laboratoire et les volumes de culture pour ces expériences sont trop petits.» Nul doute qu'un centre de valorisation de la biomasse, enfournissant les moyens de vérifier les capacités industrielles des divers procédés, devrait contribuer à améliorer la situation.Toutefois, la politique de la porte ouverte ou de la recherche tous azimuts qu'il faut pratiquer compte tenu du niveau de développement de la recherche, risque d'éloigner encore plus le jour où la valorisation biotechnologique de la biomasse sera une affaire avant tout d'industrie.Autrement dit, on ne peut encore privilégier le développement d'une filière particulière.Cela veut dire qu'on ne concentre pas l'argent sur un ou deux procédés qui pourraient être plus prometteurs.Dans un contexte où l'argent est plutôt rare, on s'imagine facilement l'éparpillement des dollars.Le Canada compte actuellement suffisamment de bons chercheurs dans le domaine de la valorisation de la biomasse pour s'accaparer une place de premier choix sur l'échiquier mondial.Mais il faudra peut-être que ceux-ci orientent leurs recherches dans l'idée de développer des procédés transférables plus rapidement à l'industrie.Cela, ils ne pourront le faire que de concert avec les principaux intéressés: les industries.?laide i s awes lif MS! leçon-: insd'611 hé.'lt'1 ;e,aiet ficité®1 A6 trade 80 P'USJsc\cu\es ’"naob"65 Une collection qui couvre tous les domaines de la technologie Des ouvrages qui ne vieillissent jamais présentés sous une reliure élégante (format 32 x 27 cm npeclie l-ffi-' Librairie accréditée : ÉDITIONS ARTS LETTRES ET TECHNIQUES 901, bd Ste Croix MONTRÉAL H4L 3Y5-Tél.847.47.84 et 85 à jour GÉNÉRALITÉS (11 tomes) CONSTANTES PHYSICO-CHIMIQUES (2 tomes) MESURES ET CONTRÔLE (8 tomes) TRAITÉ PRATIQUE D'INFORMATIQUE (3 tomes) ÉLECTRONIQUE (8 tomes) ÉLECTROTECHNIQUE (8 tomes) ANALYSE CHIMIQUE ET CARACTÉRISATION (4 tomes) GÉNIE ET PROCÉDÉS CHIMIQUES (4 tomes) PLASTIQUES (3 tomes) MÉCANIQUE ET CHALEUR (11 tomes) CONSTRUCTION (7 tomes) MÉTALLURGIE (11 tomes) LEXIQUE TECHNIQUE (1 tome) MÉCANIQUE-AUTO (2 tomes) CONCEPTION DES PRODUITS INDUSTRIELS (1 tome) 42 octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE par François Goulet Des espoirs pour les pays pauvres, mais aussi des ombres au tableau Santé, alimentation, approvisionnement énergétique: les biotechnologies offrent de nouveaux outils qui pourraient aider à résoudre les grands problèmes du Tiers-Monde.Il reste à savoir comment faire bénéficier les pays en voie de développement des progrès de la biotechnologie, presque tous réalisés dans les pays industrialisés.La fabrication d'insuline par des bactéries génétiquement manipulées est déjà une réalité de laboratoire.Ce sera bientôt possible à l'échelle industrielle, de même que pour d'autres médicaments et vaccins.On fonde aussi beaucoup d'espoir dans les protéines d'organismes unicel-lulaires, communément appelées P.O.U.Ces micro-organismes pouvant se multiplier à partir des résidus agricoles et même industriels, offrent de grandes possibilités pour l'alimentation animale et humaine.Dans le domaine de l’agriculture, beaucoup de chercheurs espèrent remplacer les engrais azotés par des bactéries qui fixeraient directement l'azote de l'atmosphère, principalement pour le bénéfice des céréales.Ces techniques et produits prometteurs pour le Tiers-Monde sont pour l'instant développés dans les pays industrialisés, et selon leurs priorités.Les pays en voie de développement risquent de n'être qu'un marché pour eux, comme ce fut le cas pour la Révolution verte dans les années 60: sous prétexte d'augmenter les rendements agricoles, les multinationales de l'alimentation et de l'agriculture avaient surtout augmenté la dépendance en équipements agricoles des pays assistés, (voir «La valse-hésitation de Vienne», dans Québec Science, octobre 1979).Toutes les biotechnologies ne sont pas automatiquement bonnes pour le Tiers-Monde.Dans une entrevue qu'il accordait à Biofutur (iévùer 1984).Albert Sasson, de la direction de l'Unesco, a fait remarquer que les nouvelles productions issues de biotechnologies ont l'inconvénient «de créer une dangereuse concurrence aux exportations du Tiers-Monde».«La production à grande échelle depuis 1974 aux États-Unis de glucose à partir de maïs, poursuit Albert Sasson, a eu des effets catastrophi- ques pour les pays qui fondent une partie de leurs économies sur le marché du sucre.» Il cite aussi les productions industrielles européennes de P.O.U., qui freinent les exportations de soja des pays en voie de développement.Selon lui, ces pays auraient avantage à ne pas compter uniquement sur les transferts de technologies, et plutôt développer des technologies traditionnelles, plus facilement adaptables, comme celle des fermentations.Le Brésil et la Chine se sont lancés dans cette voie en développant des programmes de production de méthanol et de biogaz à partir de la fermentation de la canne à sucre et des déchets agricoles.« Même si toutes leurs ressources essentielles sont limitées, la plus limitée pour les pays en développement est le personnel de scientifiques et de techniciens qualifiés et expérimentés», déclarait Joseph Hulse, vice-président à la recherche au Centre de recherches pour le développement international-Canada, lors d'un séminaire sur les biotechnologies tenu aux Philippines en avril QUÉBEC SCIENCE / octobre 1984 43 1984.Pour que les pays du Tiers-Monde profitent vraiment des biotechnologies, on reconnaît maintenant qu'ils doivent augmenter le nombre de leurs agronomes et biologistes.Les Nations Unies et l'Unesco se penchent sur ce problème depuis plusieurs années.En 1975, l'Unesco a créé dans le Tiers-Monde des centres régionaux de ressources microbiologiques appelés MIRCENS.Ils ont, entre autres, l'objectif de servir de centres de formation et de foyers de diffusion des connaissances en microbiologie.Chaque MIRCEN (il y en a neuf) recèle une banque de culture de micro-organismes.On y stocke différentes espèces de bactéries dont le bagage génétique pourra éventuellement trouver des applications dans la fixation de l'azote, les fermentations alimentaires, ou la valorisation des déchets agro-alimentaires à des fins énergétiques.L'organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) finance, quant à elle, la création de deux centres internationaux de génie génétique et de biotechnologie, l'un en Inde, l'autre en Italie.On y assurera la formation de chercheurs venus du Tiers-Monde et la promotion des transferts de technologie.Le Canada a refusé d'être l'hôte d'un tel centre, malgré les pressions de plusieurs provinces et municipalités.Le gouvernement considérait qu'il n'aurait pas le contrôle sur l'orientation du centre, ni l'accès privilégié aux utilisations commerciales de ses trouvailles.Quant à l'Angleterre, la France, le Japon et les États-Unis, dont les candidatures n’ont pas été retenues, ils ont refusé de participer au financement des deux centres.Malgré ces difficultés, plusieurs observateurs croient que les transferts de biotechnologies et autres sont nécessaires, pour le Nord comme pour le Sud: l'endettement du Tiers-Monde est tel qu'il pourrait entraîner un effondrement du système financier international.Pour Albert Sasson, aider le Tiers-Monde à valoriser ses ressources, «ce n'est plus faire de l'entraide humanitaire, mais tout simplement tenter de préserver l'ordre économique et politique international».?LA TECHNOLOGIE NOEVEELE SEE ECEES Communications, informatique, électronique, voilà des secteurs d’activité où innovation et efficacité luttent contre la montre.Il est maintenant possible, au simple lever du doigt, de rejoindre en quelques instants une personne à l’autre bout de la planète.Bien que très développée, la technologie moderne a parfois besoin de s’en remettre à une des plusvieilles inventions: la roue.Par exemple, le Centre canadien de la technologie des minéraux et de l’énergie (CANMET), un service d’Énergie, Mines et Ressources Canada, dispose d’appareils sophistiqués pour la recherche appliquée aux fonderies.Comme chaque fonderie ne peut venir à CANMET, les chercheurs ont décidé de recourir à cette vieille invention.C’est ainsi que le Laboratoire mobile de fonderie a vu le jour.L’industrie métallurgique fait souvent appel à l’électronique, à la chimie et à diverses techniques de pointe.Cependant, elle se heurte à des obstacles tels que la diffusion de cette nouvelle technologie.Grâce à de nombreux appareils, tous logés dans une modeste roulotte, les spécialistes de CANMET sont en mesure d’analyser, d’évaluer et d’améliorer sur place les méthodes de production et ia technologie actuelle des fonderies canadiennes.La petite caravane sillonne le Canada depuis janvier 1984 et sa tournée doit se terminer en mars 1985.Ainsi, tout le processus de fabrication et de production d’une fonderie sera testé, à partir de la fabrication des moules jusqu'à l’évaluation des coûts de production.La fabrication des moules est le fondement même de l'activité d’une fonderie.Pour ce faire, il faut suivre une recette précise tout comme pour réussir un bon pain.L’ingrédient de base utilisé pour produire un moule est le sable, dont la moulabilité, la perméabilité et le taux d'humidité seront facilement testés par le Laboratoire mobile.On ne se fie plus, comme autrefois, à la seule odeur du sable pour savoir s’il est propre à la fabrication des moules.Par ailleurs, les spécialistes de CANMET peuvent contrôler la qualité d’un échantillon de métal à l'aide d’un microscope métallographique en détectant, entre autres, les porosités de la pièce.Pour en savoir davantage sur ce même échantillon, un spectrographe à lecture directe, appareil encore plus perfectionné, peut indiquer avec précision la proportion de chaque élément contenu dans la pièce analysée.Le Laboratoire mobile peut donc fournir aux fonderies des renseignements essentiels et une aide appréciable pour qu'elles puissent améliorer la qualité de leur production et répondre adéquatement aux exigences des consommateurs.De plus, les chercheurs de CANMET ont mis au point un logiciel pour microordinateur dans le but d'évaluer les coûts et les opérations particulières de chaque fonderie et d'amener les employés des fonderies canadiennes à se familiariser avec l'informatique.Toute l'information recueillie lors des visites du Laboratoire mobile aidera aussi bien les fonderies à améliorer leur situation que CANMET à orienter ses recherches futures.Le fonctionnement du Laboratoire mobile de fonderie est assuré par le personnel de la section de la fonderie des Laboratoires en métallurgie physique de CANMET.Pour éviter que le matériel du Laboratoire mobile soit endommagé lors de ses déplacements, on a dû installer un système spécial afin que les appareils restent bien en place et qu'une température idéale soit conservée à l’intérieur quelle que soit la région visitée ou le moment de l'année.Pour obtenir plus de renseignements sur le Laboratoire mobile de fonderie et sur les autres services de CANMET, on peut communiquer avec: Communications EMR 580, rue Booth Ottawa (Ontario) K1A 0E4 (613) 995-3065 Energie.Mines et ^ 11*1 Ressources Canada Lanada MflMMj 44 BIOTECHNOLOGUES RECHERCHES.URGENT La formation humaine, une priorité en biotechnologie au Québec par Gilles Drouin Planifier l'imprévisible.C'est le défi que devra relever le Québec dans la mise en place de programmes de formation académique particuliers aux biotechnologies.C'est aussi le constat du Comité sur la formation en biotechnologie mis sur pied par le Conseil des universités à la demande du ministère de l'Éducation du Québec.Le comité était composé de Yvon Sicotte, du département de chimie de l'Université de Montréal, J.André Fortin, de la faculté de foresterie de l'université Lavai, de Claude Vézina, de l'Institut Armand-Frappier et de Nicole Lapierre Vincent, du Conseil des universités.Le groupe de travail a résumé la situation ainsi dans son rapport préliminaire: «L'émergence, d'ici 20 ans, d'activités économiques fondées sur les biotechnologies est à prévoir mais il serait imprudent de privilégier dès maintenant le développement d'une discipline spécifique, d'une technique particulière ou d'une filière donnée; il serait davantage avisé de mettre de l'insistance sur la recherche fondamentale et appliquée et sur la qualité de la formation dispensée à la main-d'œuvre spécialisée en biotechnologie compte tenu du fait qu'il est impossible de prévoir actuellement de façon sûre la pertinence et la rentabilité de développements sélectifs.» Pour le Comité, « les seules orientations possibles pour l'instant» seraient: planifier à long terme la recherche fondamentale et appliquée, assurer l'exhaustivité des connaissances disponibles et leur transmission, intensifier les rapports université-industrie pour assurer le transfert de ces connaissances vers les applications technologiques.Le profil de formation en biotechnologie est évidemment dépendant de la vaste gamme d'activités propre à ce domaine.De la génétique aux techniques de contrôle de procédés de fermentation en passant par les sciences fondamentales de la vie, la chimie ou le génie biochimique, il est difficile d'imaginer le supercerveau capable de posséder adéquatement l'ensemble de ces matières.Par contre, la formation de chercheurs spécialisés dans un de ces domaines ne représente pas non plus la solution idéale.«Le «biotechnologue», estime le Comité, pourrait être le chercheur en biosciences sensibilisé aux applications de ses recherches, à leur utilité socio-économique, le chercheur en sciences appliquées aussi bien que l'ingénieur, à la condition qu'il soit orienté vers la mise au point de processus industriels.» Le Comité insiste sur le fait que le profil de formation devra prévoir une sensibilisation systématique à l'innovation industrielle.L'ouverture du chercheur à l'ensemble des domaines liés aux biotechnologies, l'interdisciplinarité et la formation d'équipes multidisciplinaires constituent également deux conditions de base pour une solide formation.S'il se dégage des points forts dans chacune des universités québécoises, il semble toutefois que quelques-unes seulement se soient dotées de structure permettant la circulation de l'information, le travail en équipe et une certaine planification.L'université McGill remporte la palme avec un solide programme axé sur les biotechnologies, une collaboration interdépartementale qui va plus loin que le papier et surtout de fortes équipes comme en biochimie (14 chercheurs).L'université octobre 1984 / QUÉBEC SCIENCE ¦IquÈBECS1 Concordia, malgré sa petite taille, possède un programme intéressant, surtout avec ses séminaires, alors que l'Université de Sherbrooke, grâce à son programme de formation conjointe avec l'industrie, offre de bonnes possibilités d'articulation d'un programme de formation en biotechnologie cohérent.En fait, l'éparpille- iteni os Nme ijj ^ coorc 45 QUÉBEC SCIENCE / octobre 1984 ment des ressources à l'intérieur même des universités et le manque de coordination entre les départements sont le talon d'Achille de la formation en biotechnologie au Québec.Pour améliorer la situation, le Comité fait une série de 22 propositions dont plusieurs visent explici- tement à promouvoir l'ouverture des futurs spécialistes vers les autres sciences du secteur biotechnologique et la préoccupation de faire des recherches pouvant déboucher sur des applications industrielles.Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, le Comité ne propose pas la mise sur pied d'un nouveau programme axé sur les biotechnologies.Il recommande plutôt que la main-d'œuvre requise en biotechnologie soit formée dans le cadre des programmes existants, en mettant l'accent sur une solide formation dans l'une des biosciences ou bioingénieries comme la biochimie, la microbiologie, la biologie, la chimie, le génie chimique et biochimique.Cette formation pourrait être complétée par une spécialisation à la maîtrise ou au doctorat.Toutefois, les membres du Comité croit qu'il serait inopportun de créer des programmes de deuxième et troisième cycle précisément identifiés aux biotechnologies.Pour favoriser l'interdisciplinarité de l'enseignement, il est suggéré de créer au moins une grande équipe interdisciplinaire dans chacune des filières d'application de la biotechnologie.À cela, il faut rajouter, bien sûr, une augmentation des subventions qui inclurait le coût des infrastructures à implanter là où il y a des carences.Évidemment, des recommanda-g tions à l'action concrète, il y a plus ^ qu'un pas.La volonté politique sem-| ble bien présente mais il reste à L savoir si les mises de fonds néces-
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.