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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1984, Collections de BAnQ.

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Volume 23, n DECEMBRE 1984 IIES ALIMENTS RAYONNANTS >E FRAÎCHEUR I ! RETOUR DU TURBO IES MUTANTS I ANS VOTRE ASSIETTE ES MESSAGERS E LA CELLULE ij IA RECHERCHE E IA MÉMOIRE Port de retour garanti COURRIER 2ième classe Enregistrement numéro 1 052 Port payé à Québec C P 250 SiMery Québec GIT 2R1 ^BLIOTRfcvaK.|BUREAU DEPOT LEGAL 1700 ST DENIS [MONTREAL P.G.H2X 3K6 01977 G SEPT 82 AOUT 35 .PSiWi'i i ¦jiïnv.ICi L AVENiR! » Dès aujourd'hui, vous pouvez effectuer vos transactions bancaires courantes aux guichets automatiques, participer aux loteries gérées par ordinateur, bénéficier de meilleurs services de télémédecine entre les hôpitaux ou regarder, en direct, une émission de télévision provenant de l'autre bout du pays.Vous pouvez faire tout cela dès aujourd'hui, grâce aux technologies de pointe que Bell met à votre portée.Pour Bell, aujourd'hui c'est déjà l'avenir.Et demain, grâce à Bell, communiquer deviendra peut-être un jeu d'enfant?L'avenir passe par Bell. Volume 23, numéro 4 QUÉBEC SCIEnCE SOMMAIRE DÉCEMBRE 1984 ¦Page 1 6 Page 22 Page 34 ENQUETES/REPORTAGES 16 Des aliments rayonnants de fraîcheur Louise Desautels Parmi les technologies mises au point pour conserver la fraîcheur des aliments, il en est une qui gagne de plus en plus de terrain: l'irradiation 22 Le retour du turbo Bruno Gilbert et Stéphane-Billy Gousse Dans la guerre des moteurs, la conquête de la Force passe par le turbo, une vieille idée remise au goût du jour 28 Des mutants dans votre assiette Gérald LeBlanc Pour la première fois, on a démontré que les antibiotiques administrés aux animaux d'élevage avaient un effet sur le consommateur de viande La science à la poste François Picard 34 Les messagers de la cellule Ginette Beaulieu On comprend de mieux en mieux le mode d'action des hormones, ces nouvelles vedettes de la biologie moléculaire 40 À la recherche de la mémoire Claire Chabot Grâce à des recherches de pointe, dont certaines se déroulent à Montréal, on commence à en percer les mystères ACTUALITES Transports Pays en développement Oies blanches Mendel Biotechnologie Génie chimique Les têtes à Papineau Un avenir imprévisible L'automobile, un nouveau fléau Elles se portent bien, mais.Ni génie, ni méconnu?Des POU à la canadienne Des géotextiles plus efficaces Quand esthétique et écologie s'allient CHRONIQUES Sans frontières Revue de presse internationale Info/puce Apprivoiser l'informatique Cinéscience La science à l'écran Bientôt demain La technologie des années 80 Boîte à livres Lus pour vous En vrac Les p'tits mots de la fin Gilles Drouin François Picard Gérald Baril François Picard Vonik Tanneau Page 40 décembre 1984/ QUÉBEC SCIENCE jfBa-1 AucoeurdeïNFçB-ÉducatioH 'Æmmimm À l'INRS-Éducation, lorsque, depuis 1972, on observe l'ampleur de la production des chercheurs, leurs percées dans la communauté scientifique canadienne et internationale, leurs efforts soutenus pour s'assurer la collaboration des enseignants, des professionnels non enseignants et des administrateurs scolaires, de même que le recours à l'école comme leur laboratoire privilégié, il faut conclure que le Centre accomplit sa mission.Cette mission permet à l'éducation québécoise d'enfiler en regard de la pédagogie éducative, des avenues améliorées et efficaces.LA RECHERCHE Les travaux de recherche effectués au centre INRS-Éducation sont, à partir de situations vécues, dirigés vers l'avenir.Ils se regroupent autour de trois thèmes majeurs: 1) les applications pédagogiques de l'ordinateur; 2) les instruments de mesure; 3) l'efficacité de l'enseignement et de la formation.Pour ce qui est de l'ordinateur, les scientifiques du Centre se penchent sur l'évaluation de logiciels et de didacticiels d'enseignement.Également, des projets ont trait aux utilisations de l’ordinateur en classe, plus particulièrement, dans le domaine du français écrit et de l'évaluation des apprentissages.La mesure du rendement scolaire est essentielle dans la pédagogie.Les instruments utilisés doivent donc être de première valeur.À l'INRS-Éducation, la recherche fait le point entre la théorie et la pratique et vise la conception, l'expérimentation et l'implantation de modèles d'instruments de mesure concernant, entre autres, l'identification de la nature des difficultés spécifiques d'apprentissage et de celle des représentations sociales.Les rapports entre le curriculum, l'acte d'enseignement et le degré de réussite des élèves constituent un des points importants de la recherche sur l'enseignement.Il en est également ainsi de la pédagogie du succès (individualisation).Dans le secteur de la formation professionnelle initiale, les chercheurs analysent, à titre d'exemple, l'arrimage de la formation scolaire aux compétences professionnelles exigées des jeunes adultes qui doivent se préparer à œuvrer dans une société en mutation technologique.QUELQUES NOUVELLES DU CENTRE Le Laboratoire d'évaluation des didacticiels et des logiciels connaît de plus en plus d'activités pour le mieux-être de la pédagogie québécoise.L'INRS-Éducation est le correspondant du Canada français dans un grand projet de recherche sur l'enseignement des sciences (IEA).Les unités d'enseignement du système SAGE (Système d'Apprentissage Géré par l'Élève) sont maintenant disponibles auprès des « Éditions FM» (Ville de Laval).De multiples publications de recherches peuvent être obtenues du Centre même.RENSEIGNEMENTS Pour de plus amples renseignements sur les travaux de recherche de l'INRS-Éducation et sur ses possibilités d'accueil de stagiaires, ainsi que sur les activités des autres centres de recherche de l'Institut, on peut s'adresser au: Secrétariat général INRS Case postale 7500 Sainte-Foy, Qc G1V 4C7 Téléphone: (418) 657-2560, poste 2564 ou 2565 Université du Québec cf.S TÈtl4' ji:"/ 0IBEC1 jB»-r BÉDAt Dims GiuW Fi«o jouri PRODs1 Vé* RiylTiSl Jliioi' les sis linpiim PUBLIC Mine t COMM René V Nicole Messe?Ltsnoi IN.MP Hi Métrai Voir le QUEBE publié La did bilué de deprésf èlaréd Usouti-estassL versité r SOUtiPn en scier o comité en a profité pour souligner le rôle clé des mathématiques dans le développement des sciences et dans la résolution de problèmes complexes, notamment en aéronautique.De 1968 à 1973, les fonds fédéraux consacrés à la recherche en mathématiques avaient diminué de 33 pour cent, pour ensuite demeurer à ce niveau jusqu'en 1982.Depuis 1982, le budget de recherche consacré aux mathématiques a de nouveau augmenté pour rejoindre celui de 1968, en dollars constants.(News Report) 5ADR : de la feuille de relevés au micro-ordinateur La région administrative Maisonneuve, qui englobe Montréal et ses environs, représente plus du tiers de la charge raccordée au réseau d'hydro-Québec.Tous les ans, vingt-cinq millions de données relatives à l'état du réseau sont recueillies dans les postes de la région.Ces lectures sont essentielles non seulement à l'exploitation quotidienne du réseau, mais aussi aux analyses de besoins en matière d'équipement.Or, la quantité de données recueillies dans les postes de transport et de répartition de la région dépasse largement sa capacité de les traiter par des méthodes manuelles.En attendant la mise en place des télémesures, d'ici la fin de 1987, il fallait donc prévoir une solution simple et peu coûteuse de saisie et de traitement de données, ainsi que leur intégration à une banque centrale.Cette solution, c'est le système d'acquisition de données régional (5ADR), un système informatique qui sert à : a) recueillir les données relatives à l'état des réseaux de transport, de répartition et de distribution ; b) les emmagasiner dans une banque de données centrale ; c) leur faire subir un traitement statistique à des fins de planification.Les maillons de la chaîne Pour comprendre à quel point le 5ADR simplifie la tâche de tous les intéressés, il faut connaître l'ancien système.L'opérateur se présentait au poste et notait ses lectures sur un imprimé, qu'il transmettait par courrier.,1 il t Ces feuilles de relevés étaient ensuite classées dans d'énormes casiers où l'on conservait les données des cinq dernières années.Pour obtenir les renseignements dont il avait besoin, le planificateur devait relever les données pertinentes et faire ses propres analyses et statistiques.Aujourd'hui, l'opérateur a troqué son encombrante feuille de relevés pour une unité terminale programmable de la dimension d'une calculatrice de poche, la MP 41 CV, aussi puissante qu'un micro-ordinateur.Environ 125 opérateurs se servent actuellement des 21 calculatrices en service.Saisie des données : Chaque calculatrice contient les fichiers de renseignements propres à plusieurs postes (c'est-à-dire l'identification des éléments de chaque poste - lignes, barres, transformateurs, etc.).Lorsque l'opérateur se rend à un poste, il interroge la calculatrice ; celle-ci lui pose automatiquement des questions sur l'état de chacun des éléments qui se trouvent dans le poste.Les réponses que l'opérateur fournit sont stockées dans la mémoire de la calculatrice.Introduction des données dans les centres d'acquisition : À la fin de son quart, l'opérateur se rend au centre d'acquisition (un micro-ordinateur HP 86) pour introduire les données recueillies pendant la journée.Pour ce faire, il se sert d'une prise spéciale, d'un type tout à fait nouveau.Transmission des données : Tous les soirs, les données relatives à l'état du réseau sont transmises par l'opérateur du centre d'acquisition à la banque de données (un mini-ordinateur HP 3000).Traitement : Les données subissent immédiatement un traitement statistique, de façon à ce que les données cumulatives soient instantanément rafraîchies.Ainsi, une ou deux heures à peine après le début de la transmission, les utilisateurs peuvent consulter la banque pour obtenir des renseignements complets sur l'état du réseau.Économie de temps pour le planificateur Les immenses casiers que l'utilisateur devait feuilleter, la masse de données qu'il devait compiler, analyser et traiter sont remplacés par un terminal qui fournit à la demande les statistiques nécessaires à l'exploitation et à la planification du réseau.Il peut obtenir notamment : l'état d'un groupe d'éléments dans un poste (lignes, barres ou transformateurs) ; la puissance totale du poste en mégawatts à une heure donnée; l'état d'un élément donné pendant le mois en cours.La banque fournit aussi des données cumulatives, c'est-à-dire les pointes et les moyennes, qui sont quotidiennement mises à jour.Grâce à ces renseignements, le planificateur peut par exemple comparer la charge actuelle d'un poste à sa capacité maximale et prévoir le moment où celle-ci sera atteinte.La planification des ajouts d'équipements, en prévision d'une augmentation de la demande, est donc grandement simplifiée.Le 5ADR permet également d'optimiser l'exploitation du réseau, et notamment la maintenance des équipements : puisque l'on connaît rapidement leur facteur d'utilisation d'une part, et les pointes mensuelles d'autre part, on peut choisir le meilleur moment de les mettre hors circuit, de façon à réduire au minimum les perturbations de l'alimentation électrique des abonnés.Rappelons que le 5ADR n'est qu'une mesure temporaire, puisque d'ici quelques années l'installation des télémesures (lectures à distance) le rendra périmé.Entre-temps il rend un service inestimable, d'autant plus que c'est un système simple et que sa mise en place s'est faite rapidement et à peu de frais.Johanne Dufour Publi-reportage Mydro-Québec Décembre 1984 | • FRANCE 30 FF • SUISSE 8 FS • BELGIQUE 207 FB • CANADA 3,50$ • 1 He raeoDsooeO (spDâfeêsefe < ooiteje^DDifexMiS la too % ¥@0o D ABONNEMENT 15 $ pour 1 2 parutions AIRE PAIEMENT A ; .'ORDRE DE: /1ICR0 MAG 057, Ave.Laurier ouest )utremont, QC H2V2L2 -1 3our informations: (514)270-5481 Telex: 055-60317 ndiquez votre nom adresse ît no de téléphone no de carte si nécessaire) OARTES M/C ET \/ISA ACCEPTÉES ^ÊÊF‘ jtm K Q:@S gadea ux de/la \micr« Los feefe OSD 8 illards électroniques xr! Batiaue scolaire : qui fait quoi comptabilité ^ en français sur IBM-PC^ micro à l’ENAP décembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE 17 Parmi les technologies mises au point pour conserver la fraîcheur des aliments, il en est une qui gagne de plus en plus de terrain: l’irradiation par Louise Desautels Saint-Hilaire, 1965: plusieurs millions de tonnes de pommes de terre, soumises à des radiations ionisantes, sont expédiées dans nos marchés d'alimentation.Négligence criminelle?Machination visant à «irradier» subtilement les Québécois?Pas du tout! Il s'agissait simplement d'expérimenter, à l'échelle industrielle, une façon d'empêcher les «patates» de germer dans nos armoires de cuisine.Depuis plus de 25 ans, ce procédé, qui permet d'augmenter le temps de conservation d'un aliment à la température ambiante ou au réfrigérateur, a connu une carrière mouvementée en Amérique du Nord.Farouchement défendue au nom du progrès ou décriée au profit d'autres procédés plus naturels, l'irradiation alimentaire, longtemps mise au ban par des lois qui en rendaient l'usage difficile, gagne maintenant du terrain.L'épicerie du coin pourrait bien offrir d'ici peu des oignons et pommes de terre «garantis sans germe», des fraises encore fermes 30 jours après leur cueillette, sans parler du filet de sole toujours frais même après une semaine à l'étalage.IRRADIÉE, MAIS NON RADIOACTIF L'irradiation d'un aliment vise à prolonger sa vie en altérant les mécanismes de reproduction du produit lui-même (la germination), des microbes, virus et insectes qui s'y développent.Ceci est provoquée par des faisceaux d'électrons accélérés ou par un rayonnement gamma.Instinctivement, le procédé suscite des craintes qui subsistent toujours après une vingtaine d'années de recherche et de débats.L'une de ces craintes est cependant sans fondement: l'irradiation ne peut pas rendre la nourriture radioactive.«Tout comme la radiothérapie ne rend pas les cancéreux radioactifs!» précise Marcel Gagnon, directeur du Centre de recherche en sciences appliquées à l'alimentation (CRE-SALA).Pour s'en convaincre, il suffit de plonger dans la matière jusqu'à l'atome.De ce point d'observation, on aperçoit des particules (neutrons et protons) groupées en un noyau.Gravitant autour comme autant de planètes aux orbites diverses, se trouvent les électrons.Le tout forme un atome dont les charges électriques positive (nombre de protons) et négative (nombre d'électrons) sont égales.Rendre radioactif consiste à diriger sur l'atome une énergie assez forte pour en désintégrer le noyau; c'est la fission nucléaire.La matière formée des atomes ainsi perturbés émet alors un rayonnement(la radioactivité), capable d'entraîner la mort des cellules vivantes qu'il rencontre.L'irradiation consiste, pour sa part, à frapper un électron de façon à l'arracher à son orbite autour du noyau de l'atome, au moyen d'une énergie plus faible que dans le.cas précédent.Une fois l'équilibre de la charge électrique rompu, l'atome prend le nom d'«ion», d'où l'expression radiation ionisante.Les deux procédés sont distincts.Le premier porte sur le noyau — hau- 18 décembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE JUi''* ?€ # IW» .- * -e '•© V'> Le cobalt 60 est utilisé largement dans le milieu médical pour la téléthérapie, la désinfection d'accessoires médicaux, etc.Ci-haut, une image du cerveau obtenue après avoir injecté au patient un produit radioactif.Le Canada est le principal fournisseur mondial de cobalt 60.Le cobalt 59 sert d'élément modérateur dans les réacteurs nucléaires ; // devient radioactif et il est alors utilisé pour l'irradiation alimentaire.tement résistant aux attaques extérieures — et le second touche les électrons — plus vulnérables — qui circulent en périphérie.Dans un cas comme dans l’autre, on s'assure que seule la cible visée est atteinte, en choisissant la source d'énergie selon la nature et la puissance des rayons qu'elle peut produire.Seuls deux types de rayonnement peuvent être employés lorsqu'on irradie un aliment: les électrons accélérés émis par un appareil électrique ou les rayonsgamma émanant du cobalt 60 ou du césium 137 (ce dernier est peu utilisé dans l'industrie).Théoriquement, on pourrait aussi se servir de rayons X mais la technique se révèle trop onéreuse pour être appliquée à l'échelle industrielle.COBALT «MADE IN» CANADA Le Canada est le principal fournisseur mondial de cobalt 60.On utilise d'ailleurs le cobalt 59 comme élément modérateur de la réaction en chaîne dans les réacteurs nucléaires Candu.Une fois soumis à ces fortes radiations, le métal devient radioactif et prend le nom de cobalt 60.Il est alors récupéré et vendu par Énergie atomique du Canada Limitée (EACL), société de la couronne, pour qui l'irradiation alimentaire constitue un marché considérable.Jusqu'à présent, elle a tiré profit des autres applications du cobalt 60: téléthérapie, stérilisation sanguine, désinfection d'accessoires médicaux et de laboratoire.Seringue, bêcher ou aliment, l'installation industrielle a l'aspect d'un entrepôt dont les épais murs de béton empêchent les rayons de s'échapper, et où la marchandise défile automatiquement, sur convoyeur.Les rayons gamma ayant un grand pouvoir de pénétration, on privilégie ce type de rayonnement pour les produits en vrac, déjà emballés ou de forte densité.Les électrons accélérés conviennent mieux aux produits plats et minces ou de faible densité.Autre différence notable, l'accélérateur d'électrons a besoin d’électricité pour fonctionner, alors que le cobalt 60 génère ses propres rayons pendant une période pratique de 15 ans.Le premier est énergivore mais a l'avantage d'être facile à inter- rompre lors d'un arrêt des opérations.Quand on emploie le cobalt 60, il faut aménager un réservoir d'eau, profond de cinq à sept mètres où il sera immergé et dans lequel les rayons seront absorbés par l'eau.Si on s'accorde à dire que l'irradiation n'entraîne pas la radioactivité, il reste que le procédé engendre des modifications importantes dans le produit traité.Ces modifications sont pour la plupart bénéfiques, puisqu'elles permettent de conserver l'aliment plus longtemps.CHAISE MUSICALE ATOMIQUE Pour comprendre le principe, il faut revenir à l'atome.L'électron, dévié de sa course normale, cherche à se recombiner ailleurs.Tous les atomes touchés vont alors se livrer à un véritable jeu de «chaise musicale».Des liens se brisent et se refont.Cette réorganisation ne dure qu'une fraction de seconde et reproduit, à peu de chose près, l'état original.Mais certaines molécules sont irrémédiablement affectées.Le principal changement se situe au niveau des molécules d'ADN.Plus !}|r|[f' ¦."c-}: V C:' : iMmi \ .Biopréserv Le 19 septembre dernier, un mariage «de raison» était annoncé à Montréal: l'Institut Armand-Frappier et la firme d'ingénieurs-conseil Lavalin inc.s'unissaient pour former l'entreprise Biopréserv inc.Leur projet?Construire — au coût de 5 millions de dollars — le premier centre canadien d'irradiation alimentaire.Chacun des deux partenaires a investi une somme de 250 000$ et espère obtenir la différence des gouvernements provincial et fédéral.Bâti sur le site même de l’Institut Armand-Frappier, le centre pilote d'irradiation aux rayons gamma abritera un appareil conçu par Énergie atomique du Canada Liée.On prévoit y mener un programme de recherche et de développement dans le but d'adapter le procédé aux produits canadiens et à leurs caractéristiques spécifiques: espèce, variété, contaminants.Biopréserv pourra ainsi mettre au point, tester et commercialiser certains produits qui réagissent particulièrement bien à l'irradiation.«Le pays possède déjà la technologie nécessaire, d'expliquer Marcel Gagnon, vice-président de Biopréserv et directeur du CRESALA, centre de recherche de l'IAF.Mais au plan des applications, on est en retard de 20 ans!» M.Gagnon espère que le nouveau centre saura rattraper ce retard et du même coup «convaincre l'industrie alimentaire et les autorités gouvernementales de la valeur du procédé.» Le fonctionnement de ce centre, à vocation industrielle, permettra de former les spécialistes qui auront peut-être à travailler avec des irradiateurs, ici ou dans les pays qui pensent en acquérir.Déjà le Sénégal s'intéresse à la mise en chantier du Centre et songe à utiliser l'irradiation pour régler ses problèmes de perte agro-alimentaire, de l'ordre de 40 pour cent.Plusieurs autres pays en développement sont confrontés aux mêmes problèmes, dus notamment au climat chaud et humide, à la présence d'insectes et autres contaminants, aux délais de livraison causés par un réseau routier insuffisant.L'irradiation peut régler certains de ces problèmes mais requiert une technologie coûteuse que seuls les pays hautement développés peuvent mettre au point.Biopréserv aura une vocation commerciale, complémentaire de ses activités de recherche et de formation.Le centre pourra aussi irradier une gamme de produits autres que les aliments, la nuit et les fins de semaine.La stérilisation d’accessoires médicaux et de laboratoire, qui ne se fait actuellement qu'en Ontario, représente un débouché prometteur et lucratif.19 fragiles que les autres, elles contiennent tout le bagage génétique de la cellule.Une fois perturbées par la radiation, elles cessent de se dupliquer, inhibant ainsi le processus de division cellulaire.Pour le produit traité, cela signifie l'arrêt de la germination.Pour tout micro-organisme qui contamine l'aliment, cela signifie la stérilité et la mort.L'irradiation provoque aussi un autre changement, non désiré celui-là.Les lipides — substances graisseuses — vont réagir aux rayons et former un composé indésirable: l'hy-droperoxyde.Ainsi, les denrées riches en lipides supportent mal l'irradiation: elles prennent un goût rance et une odeur inusitée.Le lait, le fromage, les poissons gras comme le hareng ne sont donc pas de bons candidats à l'irradiation.L'effet sur les glucides et les protéines est au contraire minime.Aussi, l'irradiation est-elle destinée principalement aux fruits et légumes, herbes, céréales et viandes maigres.Lorsqu'on traite ces produits, avec une dose préalablement établie, on y retrouve si peu de transformations qu'il est impossible de le distinguer d'un produit non traité, même en laboratoire.Les doses idéales varient selon l'aliment et l'effet recherché.Le principe général veut que plus un organisme est développé, plus il est sensible à l'action des radiations.Il ne faudra donc qu’une faible dose pour éliminer les vers parasites de la viande (trichine) ou les insectes des stocks de céréales et de fruits séchés.On parle alors de 0,3 kGy, le kiloGray étant l'unité qui quantifie l'absorption des rayons.Pour venir à bout de micro-organismes, tels que les bactéries, levures ou moisissures, qui sont responsables de la dégradation biologique des viandes, des fruits et légumes frais et qui sont susceptibles de contaminer la charcuterie, les épices et 20 décembre 1984 / QUÉBEC SCIENCE Une question d'étiquette Quel procédé préférez-vous?«Traité à l’énergie ionisante», «protégé à l'aide de rayons gamma», «ionisé», «irradié»?Dans tous les pays où l'irradiation alimentaire fait son apparition, on cherche l'expression juste.mais rassurante, qui puisse être inscrite sur les produits traités.L'Afrique du Sud et la Hollande ont opté pour un symbole.Aux États-Unis, les pressions sont fortes pour que les â*\ produits ne portent aucune mention.Au Canada, la question n'est pas encore tranchée.L'Association des consommateurs canadiens juge que le public a le droit de savoir ce qu'il achète.Un fruit irradié, aussi beau et bon soit-il, n'est pas un fruit frais.Mêmesi le principe est admis, la peur d'effaroucher le consommateur persiste.Le gouvernement fédéral, de qui relève le problème doit décider si seuls les produits de consommation directe doivent être identifiés.Sinon, les compagnies qui offrent des aliments transformés devront identifier sur l'emballage quels éléments ont été irradiés.Une commission, qui regroupe 122 pays, et s'occupe de protection de la santé des consommateurs et de commerce alimentaire international se penche actuellement sur la question de l'étiquetage.À l'issue de sa prochaine réunion prévue pour mars prochain, elle fera connaître ses recommandations.Comme les denrées alimentaires sont au centre d'un commerce international très actif, une certaine uniformité des lois et pratiques serait souhaitable, tant en matière d'étiquetage que des doses d'irradiation acceptables.les aromates, la dose doit être plus forte (entre 1 et 10 kGy).Lorsque l'on veut stériliser complètement une denrée alimentaire — comme on le fait actuellement pour la nourriture destinée aux astronautes — on a recours à des doses massives.Elles peuvent même être supérieures à 50 kGy, si on veut éliminer toute vie et toute activité enzymatique.Aucun pays n'autorise actuellement des doses aussi importantes (plus de 50 kGy).Les usages habituels de l'irradiation trouvent de plus en plus d'adeptes.Au début des années 70, quelques pays, dont le Japon et la Hollande, se sont dotés de centres d'irradiation.Aujourd'hui, une vingtaine de pays leur ont emboîté le pas.SECOND DÉBUT Le Canada, y trouvant un intérêt certain, a été parmi les premiers pays à investir dans la recherche et le développement de l'irradiation.Vers la fin des années 50, les chercheurs estimaient que le procédé était suffisamment au point pour se prêter à l'expérimentation à grande échelle.Cela s'est réalisé en Ontario et dans les Maritimes en 1962 et au Québec en 1965, avec l'accord du ministère de la Santé et du Bien-être social.La méfiance du public et l'accueil mitigé que lui ont réservé nos voisins du Sud, a cependant freiné l'expansion du procédé.« L'industrie alimentaire américaine avait trop investi dans la fumigation et les insecticides chimiques pour se tourner vers un nouveau procédé», constate Marcel Gagnon du CRESALA.Vingt ans plus tard, la situation a changé.Certains agents chimiques de conservation ou de désinfection, notamment le dibromure d'éthylène (DBE), ont mauvaise presse.L'industrie alimentaire se montre donc plus ouverte aux solutions de rechange.De leur côté, les chercheurs ont étudié les effets plus à fond.«De nombreuses études portant sur la toxicité, le potentiel cancérogène ou d'éventuelles altérations génétiques, observées chez des animaux nourris aux aliments irradiés, démontrent qu'aucune modification n'altère leur état de santé», déclarait récemment le docteur V.Micusan, de l'Institut Armand-Frappier, lors d'une conférence sur l'irradiation.Abondant dans le même sens, un comité international parrainé par l'ONU et chargé depuis 1961 d'enquêter sur la comestibilité et l'innocuité des aliments irradiés concluait en 1980: «L'irradiation desaliments, pour la conservation, jusqu'à une Le principal changement qu'entraîne l'irradiation se situe au niveau de i'ADN.Il y a alors lésion ou déformation d'un brin ou l'autre de la molécule, ou pontages anormaux entre les bases.Le mécanisme de reproduction de cette molécule est alors bloqué.dose de 10 kGy ne représente aucun risque du point de vue toxicologique.» L'impact de ce jugement est déterminant pour l'avenir du procédé.Le gouvernement canadien a assoupli, en juillet 1 983, ses règlements concernant l'irradiation alimentaire, conformément aux recommandations du comité, jusqu'à présent, aucune entreprise commerciale ne s'est encore prévalue de ces modifications.Les États-Unis s'apprêtent aussi à modifier sa réglementation.Les promoteurs du procédé prédisent que l'irradiation sera bientôt aussi populaire que l'ont été la mise en conserve et la congélation.Malgré cet optimisme, des questions restent toujours sans réponse.Groupes d'écologistes et associations de consommateurs rappellent que la recherche doit se poursuivre.Deux points importants restent à surveiller: l'effet à long terme des nouveaux composés chimiques de l'aliment irradié et la possibilité que des bactéries résistantes se développent.? LE RÉSEAU DE [UfWERSiïÊ DU QUÉBEC Plus de 300 millions de dollars de budget annuel.11 unités constituantes (universités instituts de recherche et écoles supérieures) 2 600 charges de cours 2 900 employés non-enseignants La seule université publique, implantée à la grandeur du Québec, décernant aujourd’hui plus de 10 000 diplômes par an Une communauté scientifique travaillant sur un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de plus de 24 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.339 programmes d’études de 1er cycle 98 programmes d’études de 2e et 3e cycles 70 000 etudiants 1 700 professeurs réguliers £ P -o
de

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