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Titre :
Québec science
Principal magazine d'information scientifique généraliste québécois. [...]

Le mensuel d'information scientifique Québec Science est publié à partir de 1970. Il est le résultat de l'acquisition par l'Université du Québec de la revue Jeune scientifique, qui était publiée par l'Acfas. C'est Jocelyne Dugas, auparavant responsable de la revue Techniques, publiée par le ministère de l'Éducation, qui préside à cette mutation.

Québec Science opte pour une formule plus journalistique que pédagogique. La revue sera un terreau de développement de la profession de journaliste scientifique. Michel Boudoux, Yannick Villedieu, Christian Coutlée, Daniel Choquette, Solange Lapierre-Czerniecki, Pierre Sormany, Michel Gauquelin, Madeleine Harbour, Fabien Gruhier, Lise Laberge, Gilles Provost, Gilles Paquette, François Picard y participent.

La revue vise à intéresser les jeunes à la science et aux carrières scientifiques en leur offrant une information scientifique à jour présentée par des articles rigoureux et approfondis. Un accent est mis sur l'attractivité visuelle; une première couverture signée par le graphiste Jean-Pierre Langlois apparaît ainsi en septembre 1973. Pierre Parent et Richard Hodgson poursuivront le travail de ce dernier. Diane Dontigny, Benoit Drolet et André Delisle se joignent à l'équipe au milieu des années 1970, alors que Jean-Pierre Rogel en dirige la rédaction à partir de l'automne 1978.

Les premières années sont celles de l'apprentissage du journalisme scientifique, de la recherche de l'équilibre entre la vulgarisation, ou plutôt la communication, et la rigueur scientifique. Les journalistes adoptent styles et perspectives propres à leur métier, ce qui leur permet de proposer une critique, souvent liée à l'écologie ou à la santé. Plus avant dans les années 1970, le magazine connaît un grand succès, dont témoignent l'augmentation de ses ventes et la résonance de ses dossiers.

Québec Science passe sous la responsabilité des Presses de l'Université du Québec en 1979. La revue est alors prospère; en 1980, le magazine est vendu à plus de 25 000 exemplaires, dont 20 000 par abonnement. Les années 1980 sont plus difficiles à cause de la crise économique. Luc Chartrand pratique le journalisme d'enquête pour la revue, dont l'équipe de rédacteurs se renouvelle. On assiste ainsi à l'arrivée de Gilles Drouin, Bernard Giansetto, Claude Forand, Louise Desautels, François Goulet et Vonik Tanneau. Québec Science produit des articles sur les sujets de l'heure : pluies acides, sida, biotechnologies.

Au tournant des années 1990, le magazine fait davantage appel à des collaborateurs externes - journalistes, professeurs et scientifiques. Le cégep de Jonquière devient l'éditeur de la revue. Il en gardera la charge jusqu'au transfert de Québec Science à Vélo Québec en 2008.

Au moment de l'arrivée, en 1994, du rédacteur en chef actuel, Raymond Lemieux, le magazine est encore en difficulté financière. Il connaîtra cependant une relance, fort de la visibilité engendrée par la publication, depuis février 1993, d'un numéro spécial sur les découvertes scientifiques de l'année au Québec. Québec Science devient le premier média québécois à se trouver sur Internet, ce qui lui offre un rayonnement international. Le magazine surfe sur cette vague, avec davantage de contenus et de grands reportages qui franchissent les frontières du Québec; il obtient un soutien accru du gouvernement québécois, ce qui lui permet de recomposer une équipe de journalistes : Catherine Dubé, Vincent Sicotte, Marie-Pierre Élie, Joël Leblanc viennent travailler pour la revue.

Québec science profite ensuite de l'engouement pour les avancées technologiques et s'attire de nombreux collaborateurs qui maintiennent le dynamisme de la revue.

Source :

LEMIEUX, Raymond, Il était une fois¿ Québec Science - Cinquante ans d'information scientifique au Québec, Québec / Montréal, MultiMondes / Québec Science, 2012, 165 p.

Éditeurs :
  • Québec :Les Presses de l'Université du Québec,1970-,
  • Montréal :Vélo Québec éditions inc.
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Jeune scientifique
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Références

Québec science, 1986, Collections de BAnQ.

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2,95$ AVRIL 1986 QUEBEC SCIENCE LE MAGAZINE SANS FRONTIÈRES LES GRANDS BRULES L'ASPARTAME SUR LA SELLETTE LES PAYS-BAS CONTRE VENTS ET MARÉES L'ASTROLOGIE, LE VENT DANS LES VOILES /s*.JL , /y.L'HOLOGRAPHIE PARMI NOUS APPRENDRE À PARLER UN JEU D'ENFANT! B.IblluTiïE ÛUt NATI'üNàLE üütBkC BUREAU UEPOT LEGAL 01977 170U ST -DENIS G SEPT 8b MUNTREAl P .U• AGUT 9ü HBX 3Nù Courrier de 2e classe, enregistrement n' 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti.C.P.250.Sillery.Québec.Canada GIT 2R1 AUX PRES E L'UNIVERSITE DU QUEBEC LES CONDITIONS D'INTÉGRATION des enfants en difficulté d'apprentissage Marcel LAVALLÉE en collaboration avec les membres du GREC 252 pages, 1 5,95 $ Cet ouvrage réalisé par Marcel Lavallée en collaboration avec les membres du GREC décrit les conditions d'intégration des enfants en difficulté d'adaptation et d'apprentissage.Le Groupe de Recherche en Évaluation des Curriculum (GREC) de l'Université du Québec à Montréal propose, par l'entremise de son inventaire de la recherche, des conditions d'intégration réalistes, mais nécessaires selon qu'il s'agit de déficients mentaux, auditifs, visuels, de handicapés physiques ou d'enfants souffrant de troubles légers d'apprentissage.L'ensemble de l'ouvrage tente aussi d'illustrer un concept fondamental du curriculum constitué par la didactique ou l'organisation des situations d'apprentissage en fonction de chaque type de handicap.DICTIONNAIRE DES PARTICULARITÉS DE L'USAGE Jean DARBELNET 1986, 216 pages, 18,95$ La langue se développe pour répondre à des besoins sans cesse accrus et diversifiés d expression.Des usages se créent, plus ou moins respectueux des ressources disponibles de la langue et souvent différents, suivant les régions de la francophonie et l'environnement linguistique.Se plaçant dans le contexte nord-américain, ce Dictionnaire passe en revue plus de douze cents mots ou locutions.Dans une perspective délibérément normative, I auteur constate et évalue l'usage pour ensuite énoncer une recommandation.Un index très détaillé facilite la consultation de cet ouvrage fondamental sur la langue parlée et écrite au Québec et au Canada.Professeur émérite de l'Université Laval et membre du Conseil international de la langue française, Jean Darbelnet observe le français contemporain depuis plus d un demi-siècle.Auteur de plusieurs travaux portant notamment sur la stylistique, la terminologie et la traduction, il présente dans le Dictionnaire une somme d'observations très sûres sur le plan de la méthode et d'un intérêt pratique évident pour les spécialistes aussi bien que pour le public.LA DANSE TRADITIONNELLE AU QUÉBEC Robert-Lionel SÉGUIN 1 84 pages, 1 3,95 $ Presses de l'Université du Québec Dans La danse traditionnelle au Québec, Robert-Lionel Séguin évoque les occasions qui à différentes époques, favorisaient ce divertissement chez le peuple et la bourgeoisie et il met en lumière la vindicte civile et ecclésiastique qui frappait ceux qui s'y adonnaient Puis il passe en revue les danses de pas, de figures et de gestes, s'arrêtant au fêtes et travaux saisonniers, temps forts de ce divertissement, et termine avec le légendaire de la danse.Séguin a mérité les prix du Gouverneur général (1968), de l'Académie française (1969) et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (1973).Il était membre, entre autres, de I Academie des Lettres et des Sciences humaines de la Société royale du Canada.En vente chez votre LIBRAIRE ou chez l'éditeur, en postant ce coupon: Veuillez m'expédier les titres cochés ?LES CONDITIONS D'INTÉGRATION ?DICTIONNAIRE DES PARTICULARITÉS ?LA DANSE TRADITIONNELLE Prix 15,95$ 18,95$ 13,95$ Quantité Nom ?Chèque ?Mandat postal ?Carte Mastercard ?Carte Visa n°_ Signature __________________________ Frais de port et manutention Total Adresse 1,75$ Code postal -Date d'expiration_ Expédiez à Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 de l'extérieur sans frais: 1-800-463-4799 -[.e, tnMûZùtâ— CUÊBEC SCIENCE VOLUME 24, Numéro 8 AVRIL 1986 Page 16 Page 22 Page 42 Faire peau neuve Louise Desautels Aujourd’hui, la médecine réussit à maintenir en vie les victimes du feu.Son nouveau défi: les aider à se reconstruire une nouvelle peau 16 Les Pays-Bas contre vents et marées Jean-Pierre Rogel Depuis des siècles, ils inventent des technologies originales pour se battre contre leur ennemie héréditaire, qui est aussi leur alliée: la mer 22 L’aspartame sur la sellette Claude Forand Vingt ans après sa découverte, cinq ans après son approbation, l’aspartame suscite encore des inquiétudes chez certains scientifiques 28 L’astrologie, le vent dans les voiles Gilles Drouin Et maintenant elle s’infiltre même dans le très sérieux milieu des affaires.36 L’holographie parmi nous Texte: Eve-Lucie Bourque / Photos : Philippe Plailly Elle sort du cercle restreint des expérimentateurs pour rejoindre le grand public 40 Apprendre à parler : un jeu d’enfant ! Madeleine Huberdeau Ne croyez plus que l’enfant communique avec son entourage seulement lorsqu’il commence à parler.Bébé naissant, il y arrive déjà, en utilisant différentes stratégies 42 ACTUALITÉS Énergie éolienne: ça ne tourne pas rond 7 Des mines électriques 8 Gagnon, l’enterrement d’une ville 9 De l’ordre dans l’herboristerie 10 Des jardins sous terre 12 Le nouveau visage d’Uranus 47 Un tunnel sous la Manche, enfin! 49 Quand la rentabilité se fait plasma 51 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 Infopuce Apprivoiser l’informatique 13 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 54 Cinéscience La science à l’écran 55 En vrac Les p’tits mots de la fin 56 Mois prochain 57 Courrier 58 QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 3 PAS BESOIN D’ATTENDRE 76 ANS POUR VOIR ¦vie c/v m •s • - • .ELLE REVIENT TOUS LES MOIS! Nom.Adresse.Ville.Code postal ?1 An /10 numéros 19$ ?2 Ans/20 numéros 33$ ?3 Ans/30 numéros 45$ ?Chèque ?Visa ____ Prénom _ Province _ Téléphone ?À l’étranger 30$ ?Par avion 44$ ?MasterCard Numéro de la carte Expiration La Vie en rose, 3963, rue St-Denis, Montréal PQ, H2W 2M4 Ce que vous lirez dans La Vie en rose, vous le retrouverez rarement ailleurs.Chaque mois, des entrevues avec des femmes remarquables, des dossiers percutants, des critiques d’événements culturels.Et surtout, toujours, le point de vue des femmes d’abord.Le magazine féministe d’actualité QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551; 1-800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, Gilles Drouin, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Jacki Dallaire, directeur de la production Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Les Communications 2005 Raymond Denis 1209, rue Bernard ouest.Bureau 203 Outremont, Québec H2V 1V7 Tél.: (514) 277-8080 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Marie Prince, adjointe à la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,005 Spécial: (2 ans/24 nos): 44,005 Groupe: (1 an/12 nos): 23,005 (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,005 Spécial: (2 ans/24 nos): 61,005 À l’unité: 3,505 Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1986, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA © Copyright 1986 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.LE MO CHEF RÉDACTEUR Chaque année, les urgences des hôpitaux du Québec reçoivent plus de 1 000 grands brûlés, des écorchés vifs.Jusqu’à tout récemment, la médecine s’avouait impuissante devant ces victimes du feu.Et puis, voilà que depuis deux ans, l’espoir apparaît: on commence à maîtriser la culture d’épiderme en laboratoire à partir de minuscules échantillons de peau — le point crucial d’un traitement efficace.Notre collaboratrice Louise Desautels (sur la photo, à droite) a suivi la piste de cette percée médicale remarquable.Son enquête l’a conduite à Boston l’été dernier auprès du docteur Howard Green, l’inventeur de la technique.Puis à Montréal et à Québec où un récent regroupement de ressources permet à des équipes de pointe de se pencher sur ces nouveaux développements.Bientôt, nous dit Louise Desautels, les grands brûlés — qui sont souvent aussi de grands traumatisés — auront de meilleures chances de «faire peau neuve».Nous présentons aussi dans ce numéro un article de Madeleine Huberdeau sur l’apprentissage de la communication chez les bébés.Il est rassurant que des chercheurs s’intéressent à ce sujet, à une époque où les mots «technologie» ou «retombées économiques» doivent être au centre de tout projet de recherche.Et vive les études scientifiques qui n’ont pas d’impact économique et qui nous font progresser dans la connaissance de nous-mêmes ! Très souvent, elles contribuent directement à notre PBB, Produit de Bonheur Brut, un ingrédient indispensable à une haute qualité de vie.Voilà un des rôles de la recherche qu’on risque d’oublier par les temps qui courent, mais qui est pourtant fondamental — et vieux comme le monde: contribuer au bien-être général par une meilleure compréhension de la nature humaine.Ce numéro vous offre aussi un aperçu sur les surprenantes technologies hydrauliques des Néerlandais, un retour sur la bataille que suscite l’aspartame, un substitut du sucre, un coup d’œil sur l’holographie, et un clin d’œil aux gens d’affaires qui versent dans l’astrologie.Ne cherchez pas de lien entre ces sujets, il n’y en a pas, sinon qu’ils tentent de vous donner un reflet de l’actualité scientifique d’aujourd’hui.Pour mieux comprendre les enjeux de la science dans nos sociétés, mais aussi pour se cultiver, se divertir.Soigner sa qualité de vie, quoi ! QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 5 AVEZ-VOUS SONGÉ À DES ÉTUDES DE MAITRISE OU DE DOCTORAT.L’Institut national de la recherche scientifique et son centre de recherche sur l'eau (INRS-Eau) peut devenir pour vous une occasion unique de relever le défi dans un secteur d’avenir.L’INRS-Eau vous offre: — Un programme de maîtrise qui développe le savoir-faire des candidats dans la solution des problèmes qui se posent aux sociétés modernes; — Un programme de doctorat qui pousse la formation des chercheurs vers de nouveaux sommets dans des domaines de pointe.Le candidat inscrit à l’un de ces programmes bénéficie d’un encadrement multidisciplinaire de haute qualité et a accès en permanence à un service de documentation spécialisé dans le domaine de l’eau, à des services d’informatique complets, ou encore, à des laboratoires de soutien entièrement adéquats pour la recherche.Si vous êtes enclin à relever le défi de la recherche, l’INRS-Eau vous invite à vous confronter à des problèmes inhérents au domaine de l’eau aussi divers que la modélisation mathématique des écoulements, les répercussions des pluies acides, l’érosion des berges, les technologies d’assainissement et la biotechnologie, l’approfondissement des connaissances fondamenta- les sur la dynamique chimique et biologique du milieu aquatique, la valorisation de la biomasse aquatique, le contrôle administratif de la pollution, l’analyse de politique et l’approche décisionnelle dans le secteur de l’eau.Renseignements Pour obtenir plus de renseignements sur l’un ou l’autre de ces programmes d’enseignement, sur les conditions d’admission particulières à chacun, ainsi que sur l’aide financière disponible, veuillez remplir la carte-réponse qui suit: J’aimerais obtenir des informations sur le programme de: — maîtrise ?— doctorat ?Nom.Adresse.Code postal Retournez à : ^ INRS-Eau Responsable de l’enseignement Institut national de la recherche scientifique Case postale 7 500 2700, rue Einstein Sainte-Foy (Québec), Canada G1V4C7 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique PUBLIREPORTAGE QUÉBEC D’ AILLEURS E T NOUVELLES ENERGIE EOLIENNE : ÇA NE TOURNE PAS ROND C’est à l'automne 1986 que l’on devrait inaugurer l’éolienne de Cap-Chat, le plus gros engin à dompter le vent au pays.¦ -K i.«SS îÊÊM ¦' -r’- îÆn few •r- =-•»' - ; '• >¦* 1.C5 est un vent de défaitisme qui souffle actuellement sur le plus important projet d’éolienne au pays, celui de Cap-Chat, en Gaspésie.Cet énorme «virevent» aussi haut qu’un édifice d’une trentaine d’étages devrait finalement être achevé à l’automne 1986, avec près d’un an de retard ; au même moment, un de ses deux parrains, le Conseil national de recherches du Canada, s’apprête à fermer sa division des énergies nouvelles.Et ce n’est pas uniquement la faute des compressions budgétaires.Des années 70 aux années 80, les priorités ont changé, le prix des hydrocarbures s’est mis à baisser, puis à dégringoler alors qu’on prévoyait exactement l’inverse, et les programmes officiels mis de l’avant pour domestiquer les énergies douces ont fonctionné.bien doucement.Résultat: ce n’est pas demain la veille qu’on pourra reconsacrer 35 millions de dollars à un seul projet de centrale éolienne comme c’est arrivé pour Cap-Chat.Pourtant, ce qui sera la plus importante éolienne à axe vertical au monde offre des mensurations impressionnantes: haute de 111 mètres, d’une puissance de 4 mégawatts, elle pourrait en principe combler les besoins en énergie de 400 maisons — s’il ventait régulièrement, bien entendu; dans les faits, l’éventuelle production d’électricité devrait cependant être intégrée au réseau d’Hydro-Québec.Mais cet ambitieux prototype devait par la suite engendrer une nouvelle génération d’éoliennes destinées à dépanner les communautés isolées difficilement accessibles, et peut-être même augmenter l’auto-suffisance énergétique de certains pays du Tiers-Monde.À ce moment, la baisse de coûts engendrée par la fabrication en série rendrait la facture plus abordable, entre trois et cinq millions de dollars.C’était du moins l’intention des deux instigateurs du projet, le CNRC et l’Institut de recherches en énergie du Québec, à son origine en 1979.À l’époque, on était encore sous le charme de l’éolienne des îles-de-la- Madeleine, également propriété du CNRC et de 1TREQ, une naine en comparaison avec ses 235 kilowatts, mais qui n’en était pas moins un sujet de fierté.À peine un an venait de s’écouler depuis la présentation, par le ministre Guy Joron, de la politique québécoise de l’énergie, où on prévoyait que la part des énergies «redécouvertes» (bois, soleil, vent, tourbe, etc.) devrait atteindre 2% de la consommation totale québécoise en 1990, et 5 % au tournant du siècle.Plusieurs régions du Québec espéraient ardemment être choisies pour QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 7 Hydro-Qucbec recevoir le projet, notamment les îles, encore une fois, la Basse-Côte-Nord, et la Gaspésie qui devait finalement être retenue.Depuis, l’éolienne des îles est tombée, d’abord au sol puis en désuétude, au point qu’après l’avoir remise sur pied, on songe maintenant à la démanteler; des groupes locaux font cependant pression et insistent pour qu’on la conserve à tout le moins comme monument.Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir connu des revers de fortune.Un peu partout dans le monde, les gros moulins à vent se portent plus ou moins bien.L’éolienne de Growan, en Allemagne, un monstre de 4 MW à axe horizontal, connaît présentement de sérieux problèmes de fonctionnement ; sa cousine appelée WTS 4, installée au Wyoming, est en train d’être abandonnée par son propriétaire, la compagnie américaine United Technologies.Plus près de nous, il y avait toujours le modèle de l’île-du-Prince-Édouard, appa- renté, mais en plus gros, à l’éolienne des îles, qui se comportait relativement correctement; mais en décembre, une fissure est apparue sur le rotor et une des pales s’en est détachée.Chez Hydro-Québec, le maître d’œuvre du projet de Cap-Chat, on conserve un ton modérément optimiste malgré la valse-hésitation des dernières années.Selon Berge Tah-nazian, qui en est le gestionnaire, on se retrouve dans une situation semblable à celle des premiers constructeurs d’avion: la technique est encore incertaine, mais les perspectives à long terme demeurent intéressantes.Encore faudra-t-il que l’intérêt des décideurs n’évolue pas en dents de scie et qu’on ne remette pas sans cesse en question les programmes: pour arriver à des résultats probants, il faudra temps et argent.à commencer par les quelques millions supplémentaires qu’il faudra ajouter à Cap-Chat compte tenu des retards et des difficultés qu’on a connus en chemin.Actuellement, la centrale, qui sert en même temps de support au rotor, est installée, de même que la génératrice.Plus tôt, on a effectué quelques tests de vibration.Reste au manufacturier, la Vickers de Montréal, à livrer le rotor d’ici le mois de juin.Et c’est en septembre qu’on devrait normalement inaugurer l’éolienne, le plus gros engin à dompter le vent au pays.Les adeptes du «small is beautiful» continuent, eux, de regarder le projet avec méfiance; de l’autre côté, les hommes publics qui tiennent les cordons de la bourse vont sûrement questionner le bien-fondé de cet investissement si, par malheur, les choses ne tournent pas rond.C’est l’avenir qui décidera si le rêve d’une percée technologique canadienne en matière d’éolienne décollera ou s’écrasera avec l’expérience de Cap-Chat.René Vézina DES MINES ELECTRIQUES Cent mètres sous terre, un imposant camion gravit une pente, sa benne lourdement chargée de roches.Pourtant, aucun vrombissement du moteur, et pas un seul nuage de gaz sorti du tuyau d’échappement.Par contre, un curieux petit mât incliné sort de la cabine du conducteur et se frotte, un mètre plus haut, sur un rail d’alimentation électrique: en Suède, en France et, plus timidement, au Québec, Dame Électricité fait son entrée à la mine.Jusqu’à maintenant, les galeries exploitées par les compagnies minières étaient le royaume du diesel.Mais voilà que les centres de recherche européens, dans leur quête de technologie plus efficace et moins coûteuse à l’usage, s’orientent vers le moteur électrique.Ses avantages dans nos mines?Pas d’émanations difficiles à évacuer (l’air froid amené de l’extérieur doit être chauffé), moins de bruit «caverneux», une source d’énergie meilleur marché.Et surtout, la machinerie électrique constitue une première étape vers l’automatisation et, à plus long terme, la robotisation.Au Québec, dans le secteur minier, la recherche scientifique s’intéresse depuis peu à la modernisation de la technologie d’exploitation: auparavant, le traitement du minerai et la métallurgie occupaient tous les esprits.Seule innovation révolutionnaire en plusieurs décennies d’activités sous terre : la mise au point d’un appareil capable d’aller chercher le minerai logé à quelque 50 mètres de son point d’ancrage.Du coup, c’est le design même de la mine qui se transformait, les nouvelles galeries étant creusées à plus de 100 mètres les unes des autres, au lieu de 30 comme autrefois.«L’électrification des mines, prophétise Gilbert Sauriol — chef de groupe au Centre de recherche Noranda, ça va être tout aussi révolutionnaire.» Graduellement, croit-il, on adjoindra à ces camions, ces chargeuses et ces foreuses, des commandes à distance.«C’est là que le Canada peut prendre sa place.Les Suédois ont développé les camions électriques, à nous d’utiliser notre expertise en électronique maintenant.M.Sauriol, tout comme Jean-Denis Everell — directeur du Centre de recherches minérales, caresse de grands espoirs : avant même que les recherches ne soient engagées, on parle déjà en coulisse de fabrication commerciale ! C’est que la demande n’a pas attendu l’offre pour se manifester.Louise Desautels AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE GAGNON, L’ENTERREMENT D’UNE VILLE Le cœur de la ville de Gagnon a officiellement cessé de battre le 30 juin 1985.Quelques jours plus tard, les équipes de démolisseurs arrivaient sur les lieux pour offrir à la municipalité déserte, symbole éteint de la conquête du Nord québécois, un enterrement de première classe.Interrompue par le précoce hiver nordique, la cérémonie, dont le coût se chiffre à plus de quatre millions de dollars, se poursuivra l’été prochain, jusqu’à ce que Gagnon soit «retournée à la nature», selon les vœux de Sidbec Normines, dont les installations désaffectées font un immense trou à proximité de la ville.Mais comment s’y prend-on pour redonner à la nature un territoire conquis et urbanisé pendant un quart On a trouvé dans les transformateurs électriques de la mine et des services publics 118 000 litres d'huiles contenant des BPC.On les a traitées sur place.de siècle?Dans le cas de Gagnon, le terme enterrement doit être interprété dans son sens le plus littéral, puisque les 757 habitations et édifices publics qui ont abrité, en des temps meilleurs, jusqu’à 5 000 personnes, ont pour la plupart été démantelés par les pelles mécaniques, comprimés et enfouis dans leurs propres sous-sols, puis recouverts de matériaux granulaires pris sur place.Au ministère québécois de l’Environnement, on avait d’abord envisagé de simplement «déménager» la ville dans le trou de la mine, ce qui aurait été techniquement réalisable.Mais, outre les problèmes de transport, cette solution aurait créé un immense dépotoir souterrain, et on a finalement préféré morceler les décombres.Voilà pour l’aspect strictement mécanique de la destruction de Gagnon.Selon les spécialistes, une fois que les structures d’acier de l’industrie minière et les quelques autres bâtiments encore debout (dont un centre commercial) auront été rasés — ce qui sera fait cet été — la végétation reprendra peu à peu ses droits sur le site, qui devrait se fondre totalement avec le paysage environnant d’ici quelques décennies.L’autre aspect de la mise à mort de Gagnon est de nature écologique.Avant d’enfouir sous terre les structures municipales et industrielles, il a fallu les débarrasser de tout produit toxique potentiellement dangereux pour l’environnement.Conférencier au troisième colloque sur les déversements chimiques tenu en février, à Montréal, Jean Faquin, de la firme Sanexen International, qui a obtenu le contrat de dépollution de Gagnon, a raconté que les équipes de nettoyage ont trouvé dans les transformateurs électriques de la mine et des services publics 118 000 litres d’huiles contenant des BPC.Sanexen a pu traiter les huiles contaminées sur place, grâce à ses unités mobiles, ce qui a permis d’éviter les risques inhérents au transport de grosses quantités de produits dangereux.Quant aux carcasses des transformateurs, elles ont elles aussi été décontaminées et prendront le chemin du sud en vue d’une éventuelle récupération.Une partie de l’huile décontaminée a déjà été recyclée et revendue.Quant à la terre de foulon, un résidu du traitement chimique des BPC, elle a été acheminée vers des éliminateurs autorisés.Sanexen, compagnie spécialisée dans les interventions d’urgence (elle a notamment été responsable de la décontamination des édifices de l’IREQ, à Varennes, à la suite de l’incendie survenu en 1984), a aussi eu à éliminer divers produits chimiques utilisés par l’industrie minière, des solvants, acides, hydrocarbures, produits de laboratoire, etc.Ils ont tous été acheminés vers des éliminateurs autorisés, au-sud de la province.Les deux dépotoirs de la ville, qui selon certains posaient déjà des problèmes environnementaux du ÉJÉàltiiHliflil— • QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 9 temps où Gagnon était en vie, seront fermés et recouverts de sable cet été.À ce sujet, Richard Cormier, de Sanexen, mentionne que lors de la fermeture d’une ville, on fait inévitablement face aux conséquences «d’omissions» qui se sont accumulées au cours des années.«C’est comme lorsqu’on déménage, on s’aperçoit tout à coup du désordre qui régnait au sous-sol.» Était-il absolument nécessaire de réduire Gagnon à néant et de lui enlever tout espoir de devenir unjour le «Val Jalbert du Nord»?La conservation d’une ville fantôme aurait, semble-t-il, posé principalement deux problèmes.D’une part, Sidbec Nor-mines craignait d’avoir à assumer les coûts de responsabilité civile en cas d’accident éventuel.De plus, des actes de vandalisme ou de simples accidents de la nature auraient pu avoir un effet désastreux sur l’environnement.On sait, par exemple, que les BPC se transforment sous l’effet de la chaleur en dioxines et furannes, produits extrêmement toxiques qui auraient pu être libérés lors d’un incendie.Incidemment, un autre intervenant au colloque de février a raconté que, lors du nettoyage récent des installations militaires américaines abandonnées de la ligne DEW (Distant Early Warning) dans l’Arctique canadien, on a trouvé des barils remplis d’huile contenant des BPC criblés de balles par des chasseurs en mal de gibier.Dans l’histoire canadienne, on dénombre quelque 200 municipalités qui ont été un jour, pour une raison ou une autre, balayées de la carte.Au Québec, le cas de Gagnon constitue un précédent, puisque c’est la première fois que l’on anéantit une ville d’une telle importance, dotée d’infrastructures urbaines relativement complexes.Au ministère de l’Environnement, on se targue d’ailleurs d’avoir acquis, grâce à l’expérience de Gagnon, une bonne expertise en matière de démolition, expertise dont on espère n’avoir jamais à se resservir.Parce que la fin d’une ville, surtout pour ceux qui y ont vécu, c’est un peu comme la fin d’une histoire d’amour : c’est toujours une «sad story», selon les mots de Richard Cormier.Agnès Gruda DE L’ORDRE DANS L’HERBORISTERIE utilisation des produits naturels en médecine populaire devrait être autorisée à moins que l’on prouve leur inefficacité ou leur danger pour la santé.C’est l’une des recommandations énoncées par le comité consultatif présidé par James J.Blackburn, doyen de la faculté de pharmacologie de l’Université de la Saskatchewan, dans un rapport déposé en janvier dernier sur le bureau du ministre fédéral de la Santé, Jack Epp.Une telle recommandation implique que le gouvernement fédéral devra se doter de moyens pour effectuer une surveillance de cette industrie.Il n’existe actuellement aucun mécanisme de contrôle de la qualité des produits naturels, particulièrement ceux utilisés à des fins médicales (voir Québec Science, mars 1985).Les herbes médicinales peuvent ainsi être vendues à titre d’aliments sans avoir à subir des tests d’innocuité et d’efficacité.Formé au printemps 1985, le comité Blackburn avait le mandat d’analyser la réglementation fédérale touchant les produits naturels, qu’il s’agisse de fines herbes, d’additifs alimentaires ou de remèdes traditionnels.Afin de mettre un peu d’ordre dans ce domaine, le comité propose la création de quatre catégories de produits.Une première regrouperait les produits à bannir en raison de leur nocivité.Une seconde toucherait les produits pouvant être acceptés comme aliments mais qui ne devraient pas être publicisés comme médicaments.Une troisième concernerait les produits acceptables comme aliments sous certaines conditions et dont l’usage devrait être décrit sur l’étiquette.Enfin, une quatrième catégorie rassemblerait les produits pouvant être employés comme médicament à condition qu’ils soient efficaces et sans danger.Le comité demande également à l’industrie botanique de se donner L’Herboristerie un besoin de sente’ volontairement un code d’éthique pour protéger les consommateurs contre les fraudes.Le ministre Epp a laissé savoir qu’il consulterait les représentants de l’industrie, des consommateurs et de tout autre groupe intéressé avant d’établir une réglementation précise.Gilles Drouin 10 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE Ève-Lucie Bourque UNE FORCE DISCRÈTE (D'après Physical Review Letters) Une équipe de physiciens de l’Université Purdue, aux États-Unis, pense avoir découvert une cinquième force fondamentale: l’hypercharge.Cette force viendrait contrer légèrement les efforts de la force de gravitation, mais elle ne s’exercerait que sur de courtes distances, quelques milliers de mètres tout au plus.Concrètement, elle ferait en sorte qu’une plume tombe légèrement plus vite qu’un lingot de plomb.Galilée croyait que les deux tomberaient à la même vitesse lorsque lancés dans le vide, c’est-à-dire sans le frottement de l’air pour les ralentir.En 1922, le Hongrois Eotvos avait refait l’expérience de Galilée et confirmé ses résultats.Toutefois, les Américains, reprenant les calculs de Eotvos, ont constaté que les petites différences que celui-ci avait considérées comme négligeables étaient en fait significatives.Ces différences, déjà observées par un Australien, seraient causées par l’hypercharge.Avant que celle-ci ne rejoigne officiellement les quatre autres forces fondamentales — la gravitation, Félectromagnétisme et les forces subatomiques forte et faible —, il faudra encore un certain nombre d’années de calcul et de démonstration.ADN ENFUMÉ (D’après Science) Des chercheurs américains ont établi pour la première fois un lien entre l’usage de la cigarette pendant la grossesse et des modifications génétiques chez le fœtus.Ils ont repéré dans les chaînes d’ADN un type d’anomalies qui peuvent entraîner le développement d’un cancer.Ils ont identifié cette particularité dans le placenta de 16 femmes sur 17 ayant fumé pendant leur grossesse, comparativement à 3 cas sur 14 chez les non-fumeuses.CALCULATEURS HEWLETT-PACKARD Les outils de travail parfaits pour l’étudiant HP-11C HP-12C Modèle scientifique avancé, avec permutations et combinaisons, hyperboles, générateur de nombres aléatoires, mémoire étendue.Ce calculateur est pré-programmé pour les applications financières: intérêt composé, valeur nette présente, amortissement, flux de l’encaisse, dépréciation, taux interne de rendement, sont quelques fonctions sur la HP-12C.HP-15C 3NS6 cqpuEqpqcqramrarara ncqpinrarapqpqpqm in n ra fs m n n ra m n ?wwanl Innnn Modèle mathématique avancé, avec manipulation à matrice (8 x 8), intégration et solution d’arithmétique complexe.HP-16C |[qmpqpqmcqP3pqrapq| ipqmFqpq Calculateur pour les informaticiens.Opérations logiques .AND, OR, XOR .conversion décimale, hexadécimale, octale ou binaire.La série 40 de Hewlett-Packard.Calculateurs avancés qui augmentent avec vos besoins.Leur capacité n’est limitée que par votre imagination.HP-41CV ou HP-41CX m HEWLETT PACKARD Coopérative étudiante de polytechnique K 5000 Jean-Talon Ouest, suite 120 Mtl, Qc.H4P 1W9 (514) 340-4433 jâhy FAITES-LE DONC, POU R VOIR! namiciPBCTion QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 11 DES JARDINS SOUS TERRE Dans une petite ville minière de Gaspésie, une image stimule l’imagination : 250 mineurs sans emploi recyclés en.jardiniers ! Faire pousser des tomates dans certaines galeries désaffectées de la mine de cuivre serait leur nouvelle tâche.Projet farfelu?Le scepticisme des éventuels investisseurs semble aujourd’hui vaincu.Depuis 1982, inlassablement, les habitants de Murdochville ont recueilli les preuves de la faisabilité biologique, technique et économique du projet.Et enfin, cet automne, les premiers plants de tomates emprunteront l’ascenseur du puits principal.On D’une mine de Murdochville, on verrait bientôt sortir des tomates, dans une région où pas un jardin n’a encore réussi à en produire.compte en voir remonter de grosses tomates bien rouges avant Noël! Pourquoi prendre les sombres galeries de la mine pour des serres ensoleillées?Comme on le tente à Sudbury en Ontario depuis quelques années, on veut profiter de la chaleur constante qui règne sous terre été comme hiver : entre 15 et 25 0 C selon la profondeur de la galerie ! En économisant sur l’énergie nécessaire pour chauffer, on prévoit obtenir d’octobre à juin une production maraîchère capable d’entrer en compétition avec les légumes importés des États-Unis ou du Mexique.D’autant plus qu’en Gaspésie même, pas un jardin ne produit de tomates, la saison de végétation y étant limitée à 140 jours.L’idée de cultiver des légumes dans la mine a été d’abord avancée par un agronome de la région et vite soutenue par André Gosselin et Jean-Marc Trudel, du département de phytologie de l’Université Laval.À Murdochville, on a aussi constitué un comité de promotion, «Légu-Mine », qui a assuré le suivi du projet, sollicitant avis et subventions.«À petite échelle, on arrive assez facilement à cultiver tomates et concombres en enceinte close», assure M.Gosselin.Depuis trois ans plusieurs expériences ont été menées à fUniversité Laval, tentant d’établir les conditions optimales de croissance.Dans la mine, on dispose de chaleur naturelle, mais pas de soleil.Il devient donc possible de jouer avec la photopériode, éclairant les plantes plus ou moins longtemps selon leur âge.Les pieds dans l’eau — puisqu’il s’agit de culture hydroponique où les racines plongent dans la tourbe imbibée d’eau — le plant de tomate peut aussi recevoir plus ou moins d’azote et autres éléments chimiques qui viennent compenser l’absence de terre.Cependant, maîtriser ces modes de culture ne suffit pas pour garantir le succès de l’entreprise.Au Kentucky, où l’on a songé en 1976 à souffler l’air chaud d’une mine de charbon dans une serre construite en surface, une analyse semblable avait révélé la présence de gaz phytotoxi-ques libérés par le charbon et le projet n’avait pas connu de suite.Première précaution, on a donc analysé la qualité de l’air dans la mine de Murdochville: composition, débit, humidité relative.Résultat?Conditions favorables à la culture.Restait encore à pressentir un marché et à calculer les coûts de production.Une telle étude réalisée par une firme indépendante vient d’être remise au comité Légu-Mine.Si on arrive à produire une tomate de qualité à un prix se situant entre 2,75$ et 3,50$ le kilo, les acheteurs seront légion tout au cours de la saison morte.«Il n’est pas question d’entrer en compétition avec le sud du Québec ou l’Ontario, affirme Michel Roy, un omnipraticien de Murdochville et membre actif de Légu-Mine.On vise les périodes où le Québec doit importer ses tomates.» En septembre prochain, on passera donc à une première culture «sous terre».Si les coûts de production restent au niveau prévu pour 0,4 hectare initial, on s’étendra graduellement sur les 18 hectares disponibles.De nouvelles expériences suggéreront peut-être, d’ici là, d’élargir la culture au concombre et à la laitue.Les pousses de conifères destinées au reboisement ont déjà été écartées des plans vu le monopole d’État sur leur achat.Louise Desautels Je ne trouve dans aucune littérature, ancienne ou moderne, une description adéquate de cette nature avec laquelle je suis familier.C’est encore la mythologie qui s'en rapproche le plus.Henri David Thoreau 12 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE H rvg^E n ç &^r L’ INFORMATIQUE_À_VOTRE__PORTÉE L’ORDINATEUR, DANS LA BOULE DE CRISTAL alors coûter Même si on assiste régulièrement à des développements spectaculaires dans le domaine des micro-ordinateurs, on constate que le marché ne suit pas le même rythme et que les innovations d’aujourd’hui mettront des mois, voire des années à atteindre l’utilisateur moyen.Auparavant, elles auront été testées par des laboratoires ou des entreprises qui actuellement les achètent au prix fort, car nécessité fait loi! Cela nous permet d’envisager ce que sera l’ordinateur personnel d’ici 1989.Les ordinateurs se rapprocheront de plus en plus de types d’appareils bien déterminés et reconnus.On peut s’attendre à ce que les IBM-PC et compatibles occupent une part encore plus grande du marché car les consommateurs cherchent à investir dans des valeurs sûres.Le Macintosh, qui a maintenant fait ses preuves, devrait / être bon second, offrant plus d’attraits pour un prix équivalent, tandis que le Apple II sera de moins en moins populaire.Quant aux Amiga et Atari 520 ST, ils disposeront seulement d’une variété suffisante de logiciels pour les rendre polyvalents.La diversité restreinte des types d’ordinateurs en service, entraînera une réduction des prix des appareils, mais aussi de ceux des mémoires, des périphériques et des logiciels.On ne parlera plus de «monter» son ordinateur à 256 ou 512 kilo-octets de mémoire vive (RAM), mais plutôt à 1,5 ou 2 mégaoctets.C’est déjà possible avec les nouvelles cartes d’extension de mémoire produites par Intel Corp.pour la plupart des compatibles IBM.Les unités de disquettes 5 pouces y4 se feront rares car même IBM et Apple ont délaissé ce standard pour le 3 pouces x/i.Et beaucoup plus d’utilisateurs feront installer des unités de disque dur, étant donné la chute des prix que nous connaissons depuis quelques mois et qui se poursuivra: dix mégaoctets devraient moins de 500 S pour les compatibles IBM, peut-être un peu plus pour le Macintosh.Les mémoires coûteront moins cher; or, le graphisme haute résolution nécessite beaucoup de mémoire; il faut donc s’attendre à des développements rapides et très intéressants de ce côté.Il est déjà question de cartes graphiques multistandards produites par des firmes comme Video-7, aux États-Unis, et qui font, semble-t-il, des merveilles.Les images affichées sur les écrans d’ordinateur se rapprocheront de plus en plus de la photographie en couleur.Plus de mémoire signifie aussi plus de possibilités d’utiliser des icônes et des fenêtres, ce qui facilitera l’interaction homme-machine et les travaux multitâches.Les logiciels de bases de données, de tableurs ou de traitement de texte accroîtront leur puissance en fonction de ces nouvelles capacités de mémoire.Déjà, les colonnes et les rangées de chiffres dans les tableurs ne se comptent plus par centaines mais "T3 par milliers, comme dans la dernière version de Multiplan, de ^ Microsoft (2 225 » 4 096).En fait, du côté des logiciels, une compétition sans précédent entraînera à la fois une augmen-^ tation de la qualité et une baisse des prix.Cette guerre des prix s’est d’ailleurs déclenchée aux États-Unis dès janvier 1985.On a pu constater des baisses atteignant jusqu’à 300% en un mois seulement.Cela laisse présager une lutte très dure qui obligera les producteurs de logiciels à rivaliser d’intelligence, d’astuce et d’excellence pour s’assurer un marché qui soit rentable.Le consommateur ne peut qu’y gagner même si des logiciels réputés comme Lotus c 1-2-3 ne sont pas de la partie.En | effet, Mitchell Kapor, président de § Lotus Development, déclarait _ | dans la revue Personal Computing ___f de février dernier, que même si tous les autres baissaient leurs prix, sa compagnie maintiendrait les siens, car elle veut continuer de réserver une partie de ses revenus à l’amélioration de ses produits.La grande inconnue dans le proche avenir de la micro-informatique, c’est comment s’y prendront les compagnies productrices pour développer de nouveaux logiciels, et donc survivre, alors qu’on a déjà créé presque tous ceux dont les compagnies et les individus avaient besoin.L’imagination des créateurs est mise à rude épreuve dans un marché de plus en plus dur où chaque logiciel ne s’adapte qu’à un nombre restreint d’appareils.Il faut souhaiter que cette situation apporte rapidement du nouveau en synthèse et reconnaissance de la parole, un domaine très prometteur où les développements ont été relativement lents au cours des dernières années.On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 13 NOUVEAUTÉS BORÉAL/HISTOIRE Wx Boréal: I.: ' François-Marc Gagnon et Denise Petel HOMMES EFFARABLES ET BESTES SAUVAIGES Abondamment illustré, 240 pages, 17,958 Une relecture passionnante des récits de voyage de Jacques Cartier! Un livre qui propose, à travers l’examen des textes et de l’iconographie qu’ils ont inspirée, une interprétation stimulante des images que les Européens se sont faites du Nouveau-Monde et de ses habitants.Nos publications vous intéressent?Alors n’hésitez pas à nous retourner le coupon-réponse ci-joint.Sans obligation de votre part, vous recevrez chez vous de plus amples renseignements sur nos nouveautés.ÉDITIONS DU BORÉAL 5450, Côte-des-Neiges, bureau 212 Montréal (Québec) H3T 1Y6 Alfred Laliberté LES ARTISTES DEMON TEMPS Texte établi, présenté et annoté par Odette Legendre, notes biographiques, index, 380 pages, 34,95S Un ouvrage de référence unique dans lequel Alfred Laliberté commente avec verve et passion les oeuvres de ses contemporains, peintres et sculpteurs, les plus célèbres comme les plus obscurs.33 oeuvres reproduites en quadrichromie.François-Marc Gagnon - Denise Petel I - COUPON-REPONSE Nom.Adresse .| Ville.Code postal Téléphone Vous aimez les oiseaux ££££ - Le condo climatisé des hirondelles La sobriété extérieure de cette maisonnette Mouler l-.V-J ; CONDO CLIMATISE I Bon de commande Veuillez me faire parvenir_exemplaires de « Construisez vos maisonnettes et mangeoires u oiseaux» au prix unitaire de 14,95$.Nom_______________________________ Ad resse- Code postal__________Tél- Mode de paiement ?chèque O mandat ?VISA ?MasterCard Carte n° Date d'expiration- Signature- Veuillez faire votre paiement à l'ordre de Québec Agenda, 200, avenue Lambert, Beauceville, Qué.COM 1A0.CONSTRUISEZ VOS MAISONNETTES ET MANGEOIRES D’OISEAUX Attirez les oiseaux sur votre terrain grâce aux maisonnettes et mangeoires que vous construirez vous-mêm Chardonneret jaune Cardinal Si vous aimez les oiseaux, voici le livre qu’il vous faut! 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détruit jusque dans ses couches génératrices, le revêtement cutané du grand brûlé ne vaut guère mieux que le scaphandre percé d’un astronaute.Sans barrière, les liquides de l’organisme fuient vers l’extérieur et les agents infectieux s’installent facilement dans les chairs vulnérables.Il y a quelques années, on mourait d’avoir été brûlé profondément sur une grande surface.Mais aujourd’hui, la médecine maîtrise l’art de maintenir en vie ces écorchés vifs, à coup de dizaines de litres de sérum, de plusieurs pots d’onguent antibiotique et de quelques pansements temporaires faits à partir de peau de cadavres ou d’animaux.Le nouveau défi que pose ce raffinement médical: aider les victimes moribondes à faire peau neuve.Dans cette quête d’un nouveau tissu cutané rapidement disponible pour une greffe permanente, c’est à Boston que la recherche est la plus intense, et les découvertes les plus prometteuses : derme et épiderme produits in vitro à partir de biomatériaux ou d’échantillons de peau du patient lui-même.16 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE I À partir d'un minuscule échantillon de peau saine, prélevée chez le patient, nettoyée et débarrassée du derme, on obtiendra, après culture, une surface 75 fois plus grande d'épiderme prêt à être greffé chez !e même patient.?Les cellules épidermiques séparées les unes des autres à l’aide d’une enzyme, la trypsine, sont ensemencées dans des flacons.Elles s’y multiplient rapidement, prenant appui sur une couche de cellules support.Claude Marin / Hôpital Saint-Sacrement QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 17 Claude Marin / Hôpital Saint-Sacrement MÉDECINE À Québec, on leur emboîte le pas, sans attendre la profession de foi sonnante des instances publiques.Déjà, dans un laboratoire de l’hôpital Saint-Sacrement, équipé au coût de 60 000$, une somme qui a été fournie par une loterie des pompiers, on cultive à la fois de l’épiderme humain et de grandes ambitions scientifiques.MANQUE DE PEAU Chaque année au Québec, plus de 1 000 personnes doivent être hospi-talisées pour de graves brûlures.Deux paramètres déterminent la gravité de leur blessure: la surface brûlée, — que l’on apprécie en pourcentage — et la profondeur — c’est le premier, deuxième ou troisième degré dont parlent les faits divers des quotidiens.Parfait exemple de la brûlure de premier degré, le coup de soleil n’entraîne aucune mort cellulaire mais une inflammation vite guérie.Au second degré, la brûlure détruit la couche superficielle de la peau, l’épiderme, mais épargne les cellules de la partie profonde qui se divisent sans arrêt et fournissent normalement les couches supérieures de l’épiderme.Au prix de cloches et de douleurs, la peau se reforme en quelques semaines.Par contre, lorsque la brûlure est dite du troisième degré, ce processus de régénération est interrompu avec la destruction du derme, véritable coussin que tapisse l’épiderme.Du même coup sont supprimés follicules pileux, glandes sudoripares (sueur) et sébacées (huile).Devant un patient brûlé au troisième degré sur plus de 40% de son corps, la médecine devait jusqu’à tout récemment avouer son impuissance: bien qu’on ait compris comment sauver un grand brûlé du choc hypovolémique (perte des liquides: plasma, électrolytes et protéines), celui-ci mourait un peu plus tard, faute de fournir assez de peau saine pour être greffée sur les parties atteintes.Toute tentative de greffer une peau étrangère a été écartée puisque, assez rapidement, l’organisme rejette l’intrus, l’épiderme étant densément pourvu d’éléments spécifiques à chaque individu.Un organe complexe épiderme derme tissu conjonctif couche cornee àfiaaiûft I couche cellulaire t glande sébacée follicule pileux glande sudoripare La peau n’est pas seulement une enveloppe qui recouvre notre organisme.C’est un organe vivant, complexe, qui comprend des terminaisons nerveuses, des glandes, des follicules pileux, des cellules pigmentaires.En laboratoire, on ne peut encore reconstituer toute cette complexité.BRÛLÉS PAR LES DEUX BOUTS En 1984 pourtant, le New England Journal of Medecine publiait la désormais célèbre histoire du traitement de deux jeunes enfants brûlés à plus de 95%.Pour la première fois, de l’épiderme cultivé en laboratoire à partir d’un minuscule échantillon de la peau du patient était greffé en grande quantité.Résultat : « Les deux enfants sont retournés chez eux dans le Wyoming ; ils sont aujourd’hui très actifs, jouent et vont à l’école», raconte dans un excellent français le docteur Howard Green, père de la méthode.Aujourd’hui, cette méthode est pratiquée dans quelques rares laboratoires européens et américains spécialement équipés, et on la reproduit depuis peu à Québec.De par le monde, à peine une vingtaine de grands brûlés ont déjà reçu une telle greffe, mais pas un seul au Canada : la technique fait beaucoup de bruit mais relève toujours du domaine expérimental.Avant les années 80, les chercheurs se heurtaient toujours au I -.: t Le docteur Howard Green, du Harvard Medical School de Boston, qui a mis au point cette méthode pour cultiver de l’épiderme en laboratoire.même problème: les cellules épidermiques ne se régénèrent facilement que lorsqu’elles sont nourries des substances fournies par le derme.Les deux couches de tissus ne peuvent cependant être cultivées ensemble, le derme prenant vite le dessus en raison de sa croissance accélérée.La principale trouvaille du docteur 18 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE Louise Desautels MÉDECINE tf*l4 b*YS F IN«L lo 'ÊAY/ - IS bAYS IZ bAYS gM/f r .Après une vingtaine de jours, chaque flacon contient un mince feuillet épidermique mesurant environ cinq centimètres sur huit, ressemblant à un mouchoir de papier détrempé, prêt à être greffé (photo de gauche).La série de flacons, à droite, résume le processus de culture de cellules épidermiques, depuis l’ensemencement, l'apparition des premières colonies qui croissent jusqu'à occuper tout l'espace.Dans ce cas-ci, pour en faciliter l’examen, les cellules ont été colorées.Green a été de mettre au point un tissu qui supporte adéquatement les cellules épidermiques et leur permet de se multiplier rapidement jusqu’à donner une couche prête à recouvrir les chairs nues du brûlé.Rencontré dans son bureau du Harvard Medical School à Boston, Howard Green rappelle qu’on avait déjà réussi à cultiver de l’épiderme, «une très petite surface à partir d’un large échantillon prélevé sur un être humain», dit-il.Cette fois, on peut, en moins de trois semaines, multiplier par 75 la grandeur de l’épiderme prélevé sur le grand brûlé.Les cellules de support — des fibroblastes 3 t3 — sont prélevées chez la souris, puis irradiées de façon à arrêter leur croissance.On en tapisse un flacon, puis on «sème» quelques cellules de l’épiderme du grand brûlé.«On a besoin d’un mor- ceau à peine grand comme un dix sous, s’étonne encore Yann Barran-don, un chercheur de l’équipe Green.Lorsque quelqu’un est brûlé sur une très grande surface, il faut chercher une région où la peau n’a pas été touchée, souvent sous le bras.» CHERCHEZ L’ENZYME Une fois en possession de l’échantillon, on sépare les cellules — mécaniquement d’abord, puis à l’aide d’une enzyme: la trypsine.Les cellules germinatives ainsi isolées sont ensemencées dans plusieurs flacons.Prenant appui sur la couche de fibroblastes 3 t3, elles se multiplient rapidement grâce à une puissante formule liquide, un mélange d’éléments nutritifs et de stimulants de croissance également mis au point dans les laboratoires du docteur Green.Une vingtaine de jours plus tard, chaque flacon contient un mince feuillet épidermique d’environ cinq centimètres sur huit qu’il faudra détacher des cellules-support.C’est un problème sur lequel le docteur Green s’est buté pendant plus de deux ans, jusqu’au jour où on a mis la main sur une enzyme — la dis-pase — qui brise les liens entre les deux tissus sans détruire ceux qui unissent entre elles les cellules de l’épiderme.Les feuillets d’épiderme, aux allures de mouchoirs de papier détrempés, sont maintenant prêts à être greffés sur le patient, bien qu’ils soient dépourvus de poils, de glandes, de corpuscules nerveux et de pigmentation.Mais ce qui manque surtout à cette nouvelle peau, c’est le derme qui lui procurerait la consistance caractéristique d’une peau QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 19 MÉDECINE LE DOULOUREUX RETOUR À LA NORMALE Victoire médicale indéniable, la seconde peau ne représente pour le grand brûlé qu’une première étape dans sa longue marche vers une vie normale.Sur le plan strictement physique, il lui faudra des années pour retrouver sa bonne forme, toujours entravée par la quantité incroyable d’interventions chirurgicales dites de reconstruction.Après chaque nouvelle greffe—qui occasionne douleurs et pertes sanguines —, il lui faudra aussi porter des attelles; celles-ci sont destinées à empêcher la nouvelle peau de se rétracter.Aux plans psychologique et social, les séquelles sont encore plus graves.En plus d’avoir souvent perdu dans les flammes des êtres chers et des biens matériels, le grand brûlé y a souvent laissé.sa propre image.Aussi perfectionnée que soit la science de la chirurgie plastique, elle ne lui redonnera jamais les traits de son visage, la texture d’une peau normale, l’élasticité nécessaire à l’aisance des mouvements.Ceux qui sont passés par cette épreuve parlent difficilement de la première expérience du miroir.intégrale, de même que la force, la résistance mécanique et l’élasticité.A Boston, on travaille aussi sur ce problème.Pas dans les laboratoires de Howard Green, mais dans ceux du Massachusetts General Hospital.Le capitaine de cette équipe: le docteur John F.Burke, autre vedette du domaine et par le fait même — dans le plus pur style bostonien — compétiteur du docteur Green.Avec l’aide de loannis Yannas, un spécialiste de la science des polymères (plastiques) du M.I.T., John F.Burke a développé une peau totalement artificielle qui imite derme et épiderme (Québec Science, septembre 1981).Sur le patient, le derme synthétique est bien accepté.Cependant, la couche superficielle ne peut demeurer en place plus de quelques semaines.Elle doit être remplacée par des autogreffes qui ne sont pas toujours disponibles lorsqu’il s’agit d’un très grand brûlé.De là les ambitieux espoirs de Québec.En dehors de la chicane de Le tout nouveau regroupement des soins aux grands brûlés présente à cet égard quelques avantages.Le premier: l’événement a attiré, par le moyen des journaux, les regards d’un public souvent très intolérant.«On m’a déjà demandé de changer de place au restaurant», racontait à un journaliste une jeune fille défigurée par le feu.La concentration a aussi permis aux victimes et à leurs familles de rencontrer des gens aux prises avec les mêmes problèmes.«Il ne faut pas négliger cet aspect», estime Thérèse Villeneuve, travailleuse sociale à l’Hôtel-Dieu de Montréal.Partager les mêmes luttes et se sentir soutenu par un personnel familier avec cette souffrance et ces remises en question, cela devient primordial.En France, où les regroupements ont une histoire plus longue, des chercheurs ont découvert qu’environ 50% des brûlés faisaient partie d’un même groupe à risque: handicapés physiques ou psychologiques, enfants négligés, fumeurs.Ces observations, recueillies par Mme Villeneuve, serviront à orienter la prévention.clocher qui empêche les équipes Green et Burke de travailler conjointement, le laboratoire du docteur François Auger saura peut-être tirer le meilleur des deux techniques.«Ce domaine de recherche est tout neuf, s’enthousiasme le docteur Auger.Il est encore temps de prendre le train et nous travaillons à réunir toutes les conditions favorables.» La première de ces conditions a été réalisée l’an dernier: le regroupement des soins aux grands brûlés dans deux centres hospitaliers de Québec (Saint-Sacrement) et Montréal (Hôtel-Dieu).De telles concentrations permettent non seulement de développer une expertise et des ressources techniques plus spécialisées — chambres aseptisées et isolées, équipement médical complexe, salle d’opération sur le département — mais également des laboratoires de recherche.Ce que Montréal ne fait pas encore «faute d’argent», soupire le docteur Gilles Beauregard de l’Hôtel-Dieu.Depuis septembre dernier, François Auger, une assistante de recherche et un étudiant-chercheur de l’Université Laval travaillent à cultiver de la peau-éprouvette selon la technique Green; on pense pouvoir greffer un premier patient d’ici le printemps.«En moins de trois mois, on avait déjà obtenu un feuillet épidermique, s’enorgueillit le docteur Auger.Pour une petite équipe qui débute avec les moyens du bord, ce n’est pas mal ! » Un stage à Boston a aussi permis de prendre contact avec l’équipe Burke.Mais là ne sont pas les seules avenues possibles.Le groupe de l’hôpital Saint-Sacrement a déjà commencé à faire croître du derme humain auquel on essaiera d’adjoindre de l’épiderme obtenu séparément.On lorgne aussi du côté d’une troisième équipe de Boston, celle du docteur Bell, qui met au point un derme à partir de fibres et de cellules naturelles.Enfin, la peau cultivée en laboratoire pourrait trouver des preneurs autres que les grands brûlés, notamment en chirurgie plastique (problèmes de fibrose) et pour les maladies cutanées.Un menu fort chargé.Le docteur Auger en est bien conscient : il leur faudra d’abord se limiter, choisir les pistes les plus prometteuses et les plus réalistes.En comparaison de Boston, l’énergie humaine et monétaire consacrée au domaine est encore bien faible.Du côté de la chirurgie elle-même, la principale amélioration qu’envisage le docteur Alphonse Roy de Saint-Sacrement est le remplacement du scalpel par le laser.Prélever de la peau saine pour couvrir les zones atteintes occasionne une perte sanguine.On doit donc procéder en plusieurs étapes, ce qui impose des délais parfois mortels.Avec le laser, on obtiendrait non seulement une plus grande précision dans l’épaisseur de la peau saine retranchée, mais on éviterait également le saignement.Le docteur Roy déplore tout autant le délai nécessaire à la culture de l’épiderme.«On voudrait, rêve-t-il, trouver le produit miracle que l’on puisse greffer dès le lendemain de l’accident.» ?20 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE INFQPUQ LE SERVICE D'INFORMATION PAR ORDINATEUR DES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC 00 h 1 5, Pierre relève le courrier électronique laissé à son attention deux heures plus tôt.Coût: 25 cents 08 h 02, Isabelle.enseignante s'informe du contexte géopolitique d'une nouvelle 20 h 40, Isabelle consulte des références bibliographiques Salut Pierre je suis bien content de ton adhésion à INFOPUQ.Ça va simplifier nos communications.Avec le temps, tu découvriras sûrement d'autres usages à cette banque Je fais suivre le texte A bientôt André HaMr i, Titri.h'nh» k-.v ^ 18 h 35, Yan.14 ans télécharge un logiciel éducatif de la banque.Coût: moins d’un dollar 14 h 12, Pierre, chargé d’affaires obtient le relevé des congrès tenus cette semaine 17 h 23, Sophie, 12 ans, se documente sur les ressources fauniques Une excellente raison de s'équiper d'un micro et.de l'utiliser Reliez votre ordinateur personnel à INFOPUQ, le service d'information accessible instantanément par le réseau téléphonique, sans frais interurbains de presque partout au Québec.Il vous suffit de transformer votre micro-ordinateur, quel qu'il soit, en terminal de communication à l'aide d'un logiciel et d'un modem.INFOPUQ vous offre une vaste gamme d'informations sur des champs d'intérêts variés, dont: • l'actualité et son contexte • la micro-informatique: ses clubs, ses nouveautés, des tests .• le loisir scientifique: astronomie, sciences naturelles.• l'éducation : ses nouvelles brèves, des expériences d'enseignement, du matériel didactique • la santé: la prévention et les urgence-santé • le sport • la sexualité • les inventeurs et les inventions • des connaissances générales sur le pays: ses ressources, ses statistiques; la toponymie et l'histoire.Des guides pratiques.Et des services sans précédent: le courrier électronique privé entre usagers, des forums, des conférences par ordinateur, des logiciels à télécharger- ¦ ¦ Il y en a pour toute la famille et tous les goûts.INFOPUQ, l'information au doigt et à l'œil Tarif : • Les frais d'adhésion sont de 35 $.• Le service est facturé selon le nombre de minutes passées en ligne.Le taux horaire varie selon la période d'utilisation, de 4 $ à 8 $ pour la banque d'information et de 4$ à 15$ pour le courrier électronique.• Un (1 $) dollar par mois de frais d'administration.Pour plus d'informations ou pour obtenir un formulaire d'adhésion, contactez: INFQPUQ 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy, QC Canada G1V 2M3 Tél.: de Québec, (418) 657-3551 poste 2647 de l'extérieur, 1-800-463-4799 NOTE: N’envoyez pas de chèque sans le formulaire '' 5 rra^e anti-tempête sur l’Escaut oriental, vu ici du sud, laissera la marée aller et venir ne se fermera qu’en cas de grosse tempête.Sur l’île artificielle de Neeltje Jaos, au mîj ont été construits les piliers du barrage.—- ^ - :-.¦ Aérocàméra/ Ban Hofmeerster LES PAYS-BAS ! LES TRAVAUX DU ZUIDERZEE Frise Hollande septentrionale • LELYS T AD • AMSTERDAM Hollande méridionale LE PLAN DELTA Rhin • ROTTERDAM ) Meuse / ANVERS \ L \ ROTTERDAM Haringvliet MER DU NORD BARRAGE l .'7 ANTI-TEMPÊTE ^ Veerse gat ESCAU- Barrages ^secondaires EAU SALÉE SOUMISE AUX MARÉES EAU SALÉE STAGNANTE EAU DOUCE ESCAUT TECHNOLOGIE PAYS-BAS Depuis des siècles, ils inventent des technologies originales pour se battre contre leur ennemie héréditaire, qui est aussi leur alliée: la mer JEAN-PIERRE ROGEL 1 février 1953: une date que les O T* Néerlandais ne sont pas prêts d’oublier.Ce jour-là, des vents violents du nord-ouest poussèrent d’énormes masses d’eau à travers la mer du Nord pour les jeter contre les rivages de la - province du Sud, la Zélande.En quelques heures, l’eau monta très haut, à une période de l’année où les marées sont d’elles-mêmes déjà hautes.Les digues cédèrent sur 160 kilomètres, et l’eau envahit les terres basses, d’Anvers à Rotterdam.Le bilan fut catastrophique: 1 835 morts, 50 000 maisons détruites, 200 000 hectares de riches terres agricoles recouvertes d’eau de mer.En décembre dernier, par une journée froide et brumeuse qui faisait penser à la chanson Le Plat Pays de Jacques Brel «avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu», un vieux paysan de Saint-Philipsland m’a raconté comment il avait vécu ce drame.Désignant la digue sur laquelle nous marchions, dans un polder situé à cinq kilomètres à l’intérieur des terres, il me montra l’endroit où elle avait été submergée, écrasée par un torrent de boue.Dans une ferme située à un kilomètre de là, son oncle, handicapé, avait péri noyé, faute d’être secouru à temps.Quant à lui, il avait vu sa maison inondée jusqu’à la hauteur des fenêtres et ses vaches mourir par noyade ou des suites de maladies.Dans un anglais hésitant, il évoque le choc de l’inondation, le drame, la solidarité, les mois à tout reconstruire, les pieds dans la boue.«Never that again!», plus jamais cela, me dit-il avec force.UNE BARRIÈRE CONTRE LES TEMPÊTES En 1953, le gouvernement des Pays-Bas a promis que cette catastrophe ne se reproduirait plus.Sa solution: le Plan Delta, qui touche deux provinces, la Zélande et la Hollande méridionale (une province riche et très peuplée qu’on confond souvent avec l’ensemble des Pays-Bas, un royaume qui rassemble pourtant 11 provinces). TECHNOLOGIE Le Plan Delta devait amener la fermeture de tous les bras de mer du sud-ouest du pays, à l’exception des accès aux ports de Rotterdam et d’Anvers.L’objectif était de mettre hors de portée des hautes marées les centaines de kilomètres de digues entourant les îles des deux provinces concernées.Ce plan vise aussi, par la construction de barrages secondaires et d’écluses, à mieux répartir les eaux fluviales et marines.On veut surtout éviter que les rares nappes d’eau douce du sous-sol, indispensables à l’agriculture, ne deviennent salées.On prévoit enfin que plusieurs bras de mer fermés par des barrages deviendront des lacs de villégiature.De 1958 à 1972, sept grands barrages sont construits.Il reste alors à fermer l’estuaire de l’Escaut oriental.Trois îles artificielles sont construites, et on s’apprête à ériger le dernier barrage.C’est alors que tout est remis en question.Une campagne de presse demande l’arrêt des travaux.Des associations d’écologistes, de pêcheurs et d’ostréiculteurs s’élèvent contre la fermeture du dernier bras de mer du delta.Selon eux, la protection qu’assurent les digues le long des rivages est suffisante et il faut conserver une vaste zone où le mouvement naturel des marées puisse se faire.Pour protéger les oiseaux migrateurs, des hôtes traditionnels de l’estuaire.Mais aussi et surtout pour préserver les emplois des pêcheurs et des éleveurs d’huîtres et de moules.Ils font face aux influents agriculteurs et horticulteurs zélandais qui font campagne pour la réalisation du plan initial.C’est leur seule chance de disposer d’un nouveau réservoir d’eau douce pour leurs cultures.L’opinion publique s’enflamme, le gouvernement suspend les travaux en 1974.Et en 1976, c’est le compromis final: on construira un barrage anti-tempête fait de 66 piliers de béton.Entre ces piliers coulisseront des vannes d’acier qui, en temps normal, resteront levées.Elles ne se refermeront qu’en cas de tempête (de quatre à dix jours par année au maximum, prévoit-on).Ouvertes le reste du temps, elles permettent le «/JH Construit au milieu de la mer et divisé en deux sections, le gigantesque puits de construction de Schaar est situé à 15,20 mètres au-dessous du niveau de la mer.Les piliers du barrage anti-tempête, chacun haut comme un immeuble de dix étages, ont tous été construits dans un bassin au milieu de l’Escaut.On a mis le bassin en eau et des bateaux spéciaux ont remorqué ces mastodontes.Lm ' iff mouvement naturel des marées à 77% du volume habituel d’eau.La taille de l’ouvrage est impressionnante.Chacun des 66 piliers de béton est haut comme un immeuble de dix étages, et a été construit sur place, dans un bassin entouré de digues et asséché, en plein dans le milieu de l’estuaire à fermer.Puis des bateaux spéciaux les ont transportés et alignés, grâce à des techniques d’une ingéniosité remarquable (voir l’encadré «Comment déposer 15 000 tonnes en douceur»).DES PORTES DE 300 TONNES Visité en décembre dernier, le chantier était encore une ruche bourdonnante d’activités, même si on en était aux phases finales de construction puisqu’on prévoit que le barrage sera terminé en octobre de cette année.Je suis entré dans la galerie qui relie les piliers: le seuil fait 15 mètres de largeur, et les instruments de contrôle l’encombrent, alignés dans des cages de verre sur le côté droit.ci di s'i f El ic El fl L P c t ai N ai lr Wif 24 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE Aerocamera / Bart Hofmccrstcr Rijkswaterstaat TECHNOLOGIE COMMENT DEPOSER 15 000 TONNES EN DOUCEUR La mise en place des piliers du barrage anti-tempête fait appel à des technologies originales, spécialement adaptées aux conditions naturelles de l’endroit.D’abord, il a fallu renforcer le fond de la mer pour supporter le poids des piliers.Un bateau spécial, le Mylilus, a été conçu pour cette tâche: ses aiguilles vibrantes de 40 mètres ont compacté le sol sur une profondeur de 15 mètres.Puis des matelas géants de protection du sol ont été étendus par un autre bateau spécial, le Car-dium (notre photo 1) qui déroule ces moquettes sous-marines faites, elles aussi, sur place.C’est alors seulement que VOstréa (notre photo 2), un espèce de fer à cheval flottant, transporte et met en place les piliers.L’alignement de ceux-ci se fait au centimètre près, grâce à un système de positionnement informatisé.Rijkswaterstaat Nous sommes sous la route du sommet, juste au-dessus des gigantesques portes d’acier.Devant nous, un couloir large de plusieurs mètres, à perte de vue, dans cette galerie de béton.Des électriciens passent, flegmatiques Hollandais sur leurs vélos noirs.Mon guide, l’ingénieur .lan Geluk, m’explique: «Ils doivent contrôler chaque jour des appareils distants l’un de l’autre de deux kilomètres dans la galerie; alors on les a équipés de vélos.» Voici un hublot de verre sur le côté: une quinzaine de mètres en dessous de nous, la mer du Nord s’engouffre avec force sous les portes d’acier, larges chacune de 43 mètres et pesant plus de 300 tonnes.En voyant la violence du courant, en ce jour où la mer est calme, on frémit en imaginant ce qu’il peut être lorsque les vents soufflent en tempête.Les portes résisteront-elles?Pas de problème, m’assure Jan Geluk.En cas d’urgence, elles peuvent se refermer en moins d’une heure et résister aux pires tempêtes de la mer du Nord, celles qui se produisent statistiquement tous les 4 000 ans.Nous avons fait des tests de modélisation très précis.Notre installation tient!» À titre de comparaison, il précise que la tempête de 1953 était de celles qui arrivent statistiquement tous les 300 ans.UN CONSENSUS NATIONAL Coût du projet de l’Escaut oriental?Huit milliards de guildes fin 1985, soit environ quatre milliards de dollars canadiens, dont 2,5 milliards pour le barrage anti-tempête à lui seul.N’est-ce pas payer très cher pour assurer la sécurité des Zélandais et protéger des frayères à poisson et des nids d’oiseaux migrateurs?Le gouvernement, les agriculteurs et les environnementalistes s’entendent aujourd’hui pour dire que cette solution était la bonne: il fallait une sécurité absolue pour les trois millions de Néerlandais du Sud-Ouest, et il fallait tenter de préserver une partie importante de l’environnement naturel, aussi bien à cause de sa richesse qu’à cause des emplois qu’il procure.Aujourd’hui, les écologistes militants, comme ceux du groupe de pression Netwuur und Milieu, fort de quelque 30 000 membres et grassement subventionné par le gouverne- ment, ont d’autres chats à fouetter, avouent-ils.Ils s’inquiètent de la pollution industrielle à l’intérieur du pays, des pluies acides, ou de l’implantation future de centrales nucléaires (les Pays-Bas ont décidé l’an dernier d’en construire deux, après un âpre débat).JOUER AVEC LES MASSES D’EAU Un dicton dit que «Dieu a créé la Terre, mais les Hollandais ont fait la Hollande».On pourrait ajouter qu’ils l’ont faite contre vents et marées.La mer, cette alliée qui leur a permis de lancer leurs flottes marchandes à la conquête du monde, est aussi leur ennemie héréditaire.De tout temps, ils ont eu à se prémunir contre ses colères brutales.Le Plan Delta est l’ultime bataille pour se protéger contre l’ennemi, à l’aide de techniques de cette seconde moitié du 20e siècle.Mais les Hollandais ont eu aussi à combattre la lente invasion de la mer vers l’intérieur de leurs terres.Depuis le début de notre ère, la mer du Nord grignote sur les zones littorales.Au 12e siècle, une mer intérieure peu profonde se forme au nord, le Zuiderzee.Puis les Hollandais réagissent et commencent une reconquête de leur territoire, avec des moyens rudimentaires.C’est grâce aux moulins à vent, qui permettent de pomper l’eau, qu’on réussit l’assèchement de plusieurs lacs, à partir du 17e siècle.Ces terres gagnées sur l’eau sont des polders, qui deviennent de bonnes terres agricoles.Aujourd’hui, plus de 20% de la surface du pays se compose de terres gagnées sur la mer.TERRES SANS FRONTIÈRES?Jusqu’en 1850, les surfaces récupérées étaient en fait de taille modeste, quelques centaines ou milliers d’hectares à chaque fois, surtout dans le sud-ouest.Mais à la fin du 19e siècle, un ingénieur nommé Cornélius Lély proposa un plan audacieux touchant tout le nord-est: fermer le Zuiderzee en construisant une digue d’une QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 25 TECHNOLOGIE longueur de 30 kilomètres entre la Hollande septentrionale et la Frise.Puis l’assécher et y créer cinq polders agricoles, totalisant 205 000 hectares.Il fallut attendre 1932 pour que la dernière passe de la digue de fermeture soit bouchée : le Zuiderzee allait devenir progressivement un lac d’eau douce.Le premier polder terminé, celui de Wieringermeer, fut un cauchemar.La terre était boueuse et imprégnée de sel, les sols souvent acides et impropres à la culture.On était allé trop vite, sans méthode.Les second et troisième polders, ceux du nord-ouest (48 000 hectares) et du Flevoland-est (54 000 hectares), furent planifiés avec plus de soin dans les années 40 et 50.Ils livrèrent aux agriculteurs une terre riche.On y construisit une quinzaine de villages, en les planifiant pour qu’ils ne soient jamais espacés de plus de huit kilomètres.Vers 1960, cependant, de nouveaux besoins apparurent dans l’aménagement des nouvelles terres.En Hollande, les villes surpeuplées menaçaient d’éclater.Les polders offraient une solution tentante pour décongestionner notamment Amsterdam et La Haye.Et puis l’ère des loisirs se faisait sentir: on planifia donc de vastes réserves naturelles, des parcs et des lacs de bordure, pour les deux nouveaux polders du Fle-voland.DES VILLES-DORTOIRS Aujourd’hui, on est toujours sur cette lancée, qui a complètement réorienté la conquête de nouvelles terres.Le polder de Flevoland-sud est encore en voie d’assèchement.Il touche presque Amsterdam en un de ses coins, et ce coin consiste en une grande ville nouvelle «éclatée» en trois centres, Almere.Environ 30 000 personnes y habitent aujourd’hui et on prévoit que ce nombre passera à 250 000 d’ici dix ans.De futures villes-dortoirs?Les autorités néerlandaises aimeraient bien l’éviter : elles ont mis au point un système compliqué d’attribution de maisons à Almere, mais on signale déjà de nombreux cas de personnes LE POLDER, MODE D’EMPLOI Tout commence par la construction d’une digue de ceinture dans laquelle on installe quelques stations de pompage.Cela peut durer cinq ou six ans, car on travaille sous l’eau, mais la phase suivante ne dure que huit ou neuf mois: c’est le pompage de l’eau de la zone endiguée.L’eau baisse, le clapotis cesse, un polder va naître.Mais ce n’est pour l’instant qu’un dangereux lac de boue, situé entre 1,5 et 4,5 mètres en dessous du niveau de la mer.Des avions sèment des roseaux; le lac se transforme en une vaste étendue de roseaux.Puis les machines sortent: des pelles mécaniques de tout acabit, des machines à drainer, des fraises à fossé.On trace un réseau de canaux et de routes (il faut refaire celles-ci tous les six mois au début, car le polder s’affaisse rapidement).Après un an, on brûle les roseaux, car ils ont joué leur rôle d’assèchement.Le défrichement proprement dit commence avec la mise en place d’un système de drainage très dense: on creuse des rigoles entre les fossés déli- mitant les futures parcelles de culture et, plus tard, on posera des tuyaux de drainage tous les 48 mètres dans ces parcelles.La terre se raffermit progressivement et on peut ensemencer la première plante agricole, généralement le colza.C’est toujours l’État qui assèche et prépare la terre, et même la cultive les premières années.Puis les parcelles reçoivent leur vocation définitive.Les trois quarts des terres sont cédées en location (50% en moyenne) ou vendues (l’autre 50%) à des cultivateurs originaires de zones soumises au remembrement rural ou expropriés à cause de l’urbanisation.qui le contournent.À court terme, de toute façon, la proximité d’Amsterdam — une trentaine de kilomètres — rend presque inévitable ce phénomène des cités-dortoirs.Et la planification soignée de villes avec parcs, sentiers pour bicyclettes et aires de jeux entre des maisons proprettes et standardisées n’évitera peut-être pas non plus la kyrielle de problèmes sociaux des villes neuves où l’on s’ennuie.Chose certaine, l’époque héroïque des pionniers des polders est révolue.Il reste un polder à assécher et à aménager, celui de Markerwaard, mais au rythme lent où vont les discussions, il ne semble pas qu’il soit entrepris avant plusieurs années.Et quoi qu’on en fasse, il accordera, lui aussi, une large place aux loisirs et à l’habitation urbaine, tout autant qu’à l’agriculture.Peter Van Oyen, un grand gaillard blond dans la quarantaine, est de ceux qui ont vécu ces changements dans les polders.Il est arrivé en 1968 à Lelystad, fuyant La Haye où son métier d’enseignant lui pesait.«Lelystad n’était qu’un gros bourg de 500 habitants, le long d’une rue centrale, avec un magasin général.Les loyers, subventionnés par le gouvernement, étaient ridiculement bas.Les gens étaient tous jeunes, construisaient leur propre maison; l’été, on allait parfois donner un coup de main aux agriculteurs qui s’installaient.» Aujourd’hui, explique-t-il en me faisant visiter ce pays plat entrecoupé de canaux, ces agriculteurs sont parmi les plus riches d’Europe.Ils cultivent principalement des céréales, du colza — dont les vastes étendues d’un jaune éclatant attirent les visiteurs en mai et juin — et aussi un peu d’arbres fruitiers.Toutefois, le centre principal du polder, Lelystad, n’arrive plus à attirer ni jeunes ni vieux en nombre suffisant pour imprimer assez de dynamisme économique à ce polder du Flevoland-est.«La crise économique des dernières années a freiné la poldérisation agricole.Nous attendons les décisions de La Haye quant au Markerwaard et, entre-temps.26 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE TECHNOLOGIE Les Néerlandais ont inventé plusieurs machines à creuser ou à drainer, comme celle-ci qui sert à creuser des fossés dans un polder fraîchement asséché.* 4.*' •* -jV tS»: • ut «V’,- — r» ' -v«% - ’-v• • V> v .t • - t: v.- SSSSSia" Pour construire un polder dans l'Ijsselmeer, on a d'abord érigé des digues de ceinture, faites de plusieurs couches de roches et d'argiles, avec des routes au sommet, à six mètres au-dessus du niveau de l'eau à l'extérieur.Puis on a pompé toute l'eau emprisonnée.nous aménageons des plans d’eau pour que les Allemands viennent y faire de la planche à voile le dimanche ! » ALLONS JOUER DANS LES POLDERS Les lacs de bordure des polders sont, en effet, idéalement profilés pour la pratique de la voile et de la planche à voile.«Il y a eu, cette année, plus de trois millions de visiteurs de nos plages artificielles», m’a-t-on déclaré à Almere, en me remettant une liste de plus de 50 terrains de camping.On a diversifié les boisés plantés en bordure du Flevoland pour les rendre plus attrayants aux yeux des touristes.les rangées d’arbres bien alignés sont annoncées par des pancartes.Et une brève visite au parc «naturel» de Lelystad n’a pas manqué de m’étonner: on y voit, dans des sites très aménagés, plusieurs espèces d’oiseaux, mais aussi.des bisons et des rennes, ruminant aussi paisiblement que des vaches hollandaises! Les polders sont-ils en train de devenir un immense terrain de jeu, doublé d’un terrain de «parcage» de citadins?Il faudrait se garder de sauter à des conclusions hâtives.Aux yeux du visiteur étranger, le caractère artificiel de ces réalisations surprend, mais toute la société hollandaise s’est bâtie sur une relation très particulière avec la nature.Tout l’art des Hollandais a été de prospérer en aménageant un espace restreint et peu inspirant.À l’aube du 20e siècle, ils ont acquis une sécurité totale vis-à-vis des inondations, se sont constitué des réserves d’eau douce, ont raccourci leurs liaisons routières et se sont enrichis de terres nouvelles où prospère l’agriculture la plus intensive du monde.Il leur reste à décongestionner leurs centres urbains surpeuplés et à réconcilier le développement industriel et urbain avec l’agriculture.Leur ingéniosité et leur imagination ont jusqu’ici bien servi les Néerlandais, qui n’ont jamais vécu de problèmes sociaux déchirants et dont le niveau de vie est un des plus élevés au monde.À part le dernier polder de Markerwaard, il existe d’ailleurs de nouveaux projets d’agrandissement de la Hollande.L’un d’entre eux suscite beaucoup d’intérêt: on étendrait la côte près de La Haye en y amenant tout simplement d’énormes quantités de sable.En attendant, les ingénieurs néerlandais sont des experts mondialement reconnus pour toutes les questions de drainage à grande échelle ou de plates-formes en mer (une firme hollandaise en construit une, en ce moment, dans la mer de Beaufort pour le compte du Canada).Comme quoi, il est sans doute possible de vivre à 14 millions sur un territoire presque sans ressources naturelles, 50 fois plus petit que le Québec.et lancer sa technologie et son savoir-faire à la conquête du monde ! ?QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 27 a y MT II CLAUDE FORAND SUR LA Vingt ans apres sa decouverte, cinq ans après son approbation, l'aspartame, ce succédané du sucre suscite encore des inquiétudes chez certains scientifiques Æ T est l un des plus beaux contes de fée de l'industrie alimen-¦ taire: en décembre 1965, James Schlater, un chimiste à % l'emploi de la compagnie pharmaceutique Searle à Chicago, s'affairait à synthétiser des peptides pour trouver un traitement aux ulcères gastriques.Il échappe soudain une fiole contenant un produit en voie de purification qui se répand sur ses doigts.Le goût est sucré.Très sucré.Schlater venait de découvrir l'aspartame, une petite mine d'or 200 fois plus sucrée que le sucre de table.mais sans les calories, puisqu'on l'utilise en très petite quantité.En plus défaire l'affaire des 37 millions d’obèses et des 6 millions de diabétiques en Amérique du Nord, l’aspartame — comme, avant elle, la saccharine et les cyclamates — venait répondre au goût du jour des années 70: surveiller sa ligne tout en se sucrant le bec.Une préoccupation telle que l’Association américaine des diététistes estime qu’un individu sur deux se mettra un jour ou l’autre à la diète.-—1 % T' m,Sfm \ > *»> .» B, - %v "•' * AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE WÊmmM ! * » * ® » 'I J# ¦ ,w IMMHplli I Ql ÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 ‘ ‘VWiîkvW -j .Vv-.v.-S®» «Très vite, Searle réalisa que l’aspartame répondait à tous les critères exigés d’un sucre artificiel nutritif et hypocalorique», explique le chimiste Léo Benoiton, de l’Université d’Ottawa.Cette poudre cristalline, blanche et inodore, est soluble dans l’eau, chimiquement stable, non toxique, sans arrière-goût métallique et n’interagit pas avec les médicaments et les aliments.Un vrai coup de maître, lorsqu’on sait que la structure chimique des sucres est tellement complexe qu’il est plus facile de gagner le million à la Loto-Québec que de mettre au point un super-sucre.Avec des états de service aussi brillants, l’aspartame semblait destinée à faire oublier bien vite la saccharine et les cyclamates, deux sucres artificiels de triste mémoire, tombés en disgrâce lorsqu’on découvrit qu’ils étaient cancérogènes chez les rats de laboratoire.Il ne restait plus à l’aspartame qu’à réussir haut la main les tests d’innocuité les plus sévères de la Food and Drug Administration américaine.Simple formalité, croyait-on chez Searle, puisque, contrairement à ses deux prédécesseurs, le produit est tout ce qu’il y a de «naturel»: il est, en effet, formé de deux acides aminés déjà présents dans notre organisme, l’acide aspartique et la phénylalanine.Mais Searle allait apprendre que le chemin qui mène au profit est souvent long et tortueux: même si l’aspartame a la mère Nature de son bord, la sécurité du produit a fait l’objet d’un débat orageux qui dure encore, 20 ans après sa découverte, cinq ans après son approbation chez nous, rappelle Léo Benoiton.Depuis 1981, l’aspartame (brevetée par Searle sous le nom de Nutra-sweet! Nutrasuc) est vendue au pays comme édulcorant de table et elle est utilisée dans les aliments secs, les boissons gazeuses et leurs concentrés, les desserts et mélanges pour desserts, les glaçages et garnitures, la gomme à mâcher et les rafraîchisseurs d’haleine.Il aura fallu plus de 100 études de sécurité; des révisions par 40 agences scientifiques; 15 millions de dollars dépensés en recherche par ALIMENTATION L’INDUSTRIE A L’HEURE DE L’ASPARTAME Jusqu’à l’arrivée des boissons gazeuses hypocaloriques dans les années 60, le sucre de la canne à sucre ou de la betterave sucrière était le seul édulcorant utilisé par l’industrie pour adoucir ses produits.Puis l’industrie fit allègrement usage des cyclamates, jusqu’à leur retrait en 1969, ainsi que de la saccharine jusqu’à son interdiction à la fin des années 70.Entre le retrait de la saccharine et l’introduction de l’aspartame, il s’est écoulé deux années, longues et mortelles, pendant lesquelles il a fallu revenir au bon vieux sucre de table pour édulcorer les boissons gazeuses.«Nos membres ont perdu 10% du marché, notamment auprès des diabétiques», fait valoir Tibor Gregor, directeur de l’Association canadienne des boissons gazeuses, à Toronto, qui regroupe 250 entrepreneurs, dont 60 au Québec, s’affairant à l’embouteillage et à la distribution des boissons gazeuses.Avec l’aspartame, c’est le retour en force.Une boisson gazeuse sucrée avec ce produit ne renferme que deux calories, soit une fraction des 100 calories contenues dans une boisson régulière.En quatre années seulement, les boissons gazeuses hypocaloriques ont accaparé 25% du marché canadien, mais seulement 9% au Québec.Un chiffre que M.Gregor attribue à nos moeurs latines, qui nous font préférer les eaux minérales.Quelle est la quantité d’aspartame utilisée au Canada?La réponse reste un secret bien gardé.On sait toutefois que 90% de toute l’aspartame vendue par Searle au pays est engloutie dans l’industrie des boissons gazeuses.Cette compagnie, détentrice du brevet de l’aspartame, possède le monopole exclusif de fabrication et de vente jusqu’en 1987 (jusqu’en 1992 aux États-Unis).Aux États-Unis, la composition d’un mélange saccharine-aspartame dans les boissons gazeuses reste permise.La saccharine, plus stable que l’aspartame, permet de prolonger la durée d’entreposage des boissons gazeuses d’environ trois mois.Une situation qui fait l’envie de nos embouteilleurs.L’aspartame reste limitée dans ses applications industrielles.Son instabilité — la substance se décompose à 86 °C — l’empêche d’être incorporée dans des produits de cuisson comme les gâteaux et autres.Pour l’instant, estime le chimiste Léo Benoiton de l’Université d’Ottawa, le plus grand facteur de risque pour l’aspartame reste l’arrivée éventuelle d’un autre super-sucre sur le marché.Vous voulez parier?Alors misez sur l’acétosulfame, pour lequel les études d’innocuité vont bon train en Allemagne de l’Ouest.Ou encore sur l’hernandulcine, 1 000 fois plus sucré que le sucre de table, que Cesar Com-padre et ses collaborateurs de Chicago ont redécouvert en consultant un ouvrage de médecine datant du 16e siècle.Searle.La question reste posée: l’aspartame est-elle vraiment sans danger?LE SYSTÈME NERVEUX MENACÉ?Un féroce adversaire de la mise en marché de l’aspartame dans les années 70 fut un neurologiste de Saint Louis, le docteur John Olney.Ce chercheur administra l’aspartame à fortes doses (3,6 g/kg de poids corporel) à de jeunes rats et à des singes, durant 30 semaines.Ses résultats ont de quoi nous couper l’appétit: John Olney rapporte des convulsions, des lésions cérébrales et des troubles du système neuro-endocrinien.Ce cher- cheur nota aussi des lésions chez des rats nouveau-nés dont les mères avaient été gavées de cette substance en cours de grossesse.On devine la suite: consommée par des femmes enceintes, l’aspartame, selon Olney, risquait d’être toxique pour les bébés, provoquant notamment un retard mental.Si les résultats obtenus par le docteur Olney ont depuis été décriés, ils ont néanmoins le mérite d’avoir lancé d’autres scientifiques sur la piste de ce super-sucre qui continue de faire grincer des dents.Lorsqu’elle est ingérée, l’aspartame se dégrade rapidement en acide aspartique et en phénylalanine, deux des acides aminés qui forment les protéines de notre organisme.La 30 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE ALIMENTATION Selon le chimiste Léo Benoiton, de TUniversité d’Ottawa, ce qui risque le plus de déloger l'aspartame comme édulcorant, c’est l'arrivée éventuelle sur le marché d’un nouveau super-sucre.- présence de phénylalanine dans l’aspartame inquiète certains chercheurs en raison de l’effet subtil de cette substance sur notre système nerveux.Depuis quelques années, l’endocrinologiste Richard Wurtman, du M.I.T., soutient que l’aspartame absorbée en grande quantité peut causer une hausse brutale de la phénylalanine, modifiant ainsi l’humeur.On s’empressa de rassurer Wurtman: certains aliments déjà présents dans notre diète, notamment le lait, les œufs et le poulet, contiennent jusqu’à six fois plus de phénylalanine que l’aspartame: mais, fit remarquer Wurtman, contrairement à l’aspartame, ces aliments renferment d’autres acides aminés qui luttent pour l’accès au cerveau, limitant ainsi l’apport en phénylalanine.Il nota de plus que l’aspartame bloquerait la production d’un neurotransmetteur, la sérotonine, impliqué cette fois dans le contrôle de l’appétit.«Ce qui n’est pas exactement l’effet recherché par les individus à la diète», dit-il.Il ne se cache pas pour affirmer que la mise en marché de l’aspartame est une «décision précipitée».Les craintes de Richard Wurtman ont été passées au peigne fin par la Food and Drug Administration (F.D.A.), aux États-Unis.Des variations du niveau des substances chi- miques furent effectivement notées.Mais ces résultats n’ont pas pesé lourd, la F.D.A.indiquant en 1983 — deux ans après la mise en marché de l’aspartame — qu’il était «à peu près certain» que cet édulcorant ne causait pas les symptômes décrits par Wurtman.Seul risque évident, reconnu par tout le monde: les individus souffrant de phénylcétonurie — une maladie enzymatique associée à un trouble du métabolisme de la phénylalanine — doivent éviter l’aspartame.Les compagnies sont d’ailleurs tenues par la loi d’indiquer la présence de cette substance sur l’étiquette de tout aliment sucré à l’aspartame.Un autre produit de dégradation de l’aspartame est l’ester méthylique, un dérivé de l’alcool de bois qui a rendu aveugle plus d’un buveur téméraire.Une bouteille d’eau gazeuse de 280 millilitres en contient environ 14 milligrammes.C’est suffisant pour inquiéter Woodrow Monte, un chercheur de l’Université d’État en Arizona.En 1983, celui-ci demanda qu’on retire l’aspartame des boissons gazeuses et exigea qu’on en suspende la vente.Il échoua aussi à faire tenir une commission d’enquête sur la toxicité du produit.On servit à Monte un argument «indiscutable»: un simple verre de jus de tomates contient deux fois plus d’ester méthylique qu’un cola hypocalorique.Et tous deux sont bien en deçà de ce que notre organisme peut absorber avant d’être intoxiqué.La dose jugée fatale se situe entre 80 et 200 grammes de méthanol.IL Y A BIEN QUELQUES «HYPERSENSIBLES» Pourtant, l’aspartame provoque bel et bien des réactions.Le Centre for Disease Control (C.D.C.), aux États-Unis, a enquêté l’an dernier sur 517 plaintes provenant de consommateurs de produits sucrés à l’aspartame.Ses conclusions sont tranchantes: «Les symptômes tels que les maux de tête, urticaire, problèmes menstruels, insomnie sont en général peu importants.La plupart des cas ne démontrent pas que l’aspartame a des effets sérieux et nocifs sur la santé humaine.» Chez nous, il existe très peu de rapports sur des réactions négatives à l’aspartame.Le ministère fédéral de la Santé fait état d’environ 25 plaintes des consommateurs.« Des toxicologues ont contacté le médecin de famille des plaignants pour établir un lien clair entre la consommation d’aspartame et les malaises, précise le chimiste John Salminen.Mais cette relation de cause à effet est très difficile à obtenir.» «La preuve directe qu’un additif alimentaire comme l’aspartame est nocif pour la santé humaine est presque impossible à établir», fait valoir Gary Henderson, biochimiste chez General Foods à Toronto.Cette compagnie sucre ses mélanges à desserts avec l’aspartame.On sait que la toxicologie n’est pas une science exacte.Une dose excessive d’un produit donné permet en général de «forcer» la réponse de l’animal durant un court laps de temps.Les résultats sont ensuite extrapolés à l’humain, même s’il est évident que notre alimentation et nos habitudes sociales n’ont rien à voir avec celles d’un rat en cage! «Les données animales restent pour l’heure la meilleure façon d’évaluer la sécurité d’un additif alimentaire», précise M.Henderson.QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 31 ALIMENTATION SACCHARINE ET CYCLAMATES: UN SOMBRE AVENIR.Fait intéressant, le Centre for Disease Control suggère qu’un faible pourcentage de consommateurs pourraient bien être «hypersensibles» à l’aspartame.Cet argument rejoint l’opinion du docteur Harvey Levy, de l’Hôpital pour enfants de Boston.Ce spécialiste fait valoir que 10% des individus auraient des difficultés à métaboliser la phénylalanine, mais l’ignorent.DE LA SOURIS À L’HOMME Aux États-Unis, l’aspartame fut d’abord autorisée par la F.D.A.en juillet 1974 comme édulcorant de table et rehausseur de saveur.Mais à la suite des protestations de certains groupes, une commission d’enquête publique fut créée à Chicago.La plupart des craintes soulevées par le docteur Olney ne résistèrent pas à l’analyse sérieuse.On invoqua qu’une large part de ses déductions reposaient sur de simples hypothèses.Il fut impossible de répéter la plupart de ses travaux.L’aspartame fut donc jugée sans danger pour la consommation humaine et reçut la bénédiction finale le 24 juillet 1981.Au pays, Santé et Bien-être social Canada endossa l’aspartame quelques jours plus tard.«Peu d’additifs alimentaires ont fait l’objet d’études aussi détaillées que l’aspartame», justifia le sous-ministre adjoint de l’époque, A.B.Morrison, dans son rapport.Le produit reçut le feu vert après qu’on ait revu les 112 études d’innocuité sur l’aspartame.L’argument principal: des travaux indiquant que le rat, la souris et le chien métabolisent l’aspartame de façon identique à l’homme, ce qui, croit-on, permet d’extrapoler les données animales pour les appliquer à l’humain.LES ABUS NE PROUVENT RIEN Dès le départ, Santé et Bien-être social fixa la dose journalière limite d’aspartame à 40 mg/kg de poids corporel.Une norme 20% plus sévère que la norme américaine.Ce qui signifie qu’un individu pesant 65 Le vrai procès de la saccharine, le premier édulcorant non nutritif à être découvert il y a plus d’un siècle, eut lieu en 1977: une étude canadienne démontra que c’était la saccharine — et non pas un autre contaminant — qui causait le cancer de la vessie chez des rats.La suite, on la connaît, ne fut qu’une longue série de moratoires.La F.D.A.américaine tenta bien de proposer le retrait de la saccharine dès 1977.Mais l’argument économique intervint: avec le retrait des cycla-mates en 1969, la disparition soudaine de la saccharine aurait laissé l’industrie alimentaire, notamment le secteur des boissons gazeuses, sans édulcorant artificiel.En 1977, le Congrès américain trancha plutôt en faveur d’un moratoire de 18 mois .qui dure toujours.La décision originale de bannir la saccharine, tant aux États-Unis qu’au Canada, est basée sur les résultats obtenus par la Direction générale de la santé (Ottawa) après une étude de trois ans.Deux générations de rats furent nourris avec de la saccharine à raison de 2 500 mg/kg de poids corporel par jour.Une dose journalière équivalant à 800 bouteilles de boisson gazeuse sucrée à la saccharine ! Les deux générations développèrent des tumeurs malignes et des cancers de la vessie.L’incidence élevée de cancers de la vessie pour la seconde génération fut attribuée à l’exposition du fœtus à la saccharine, dans l’utérus maternel.La saccharine avait pourtant connu un bon départ: découvert il y a plus d’un siècle par hasard (tout comme l’aspartame), ce sulfimide benzoïque est 500 fois plus sucré que le sucre de table et son apport calorique est nul.Bien qu’on n’ait aucune preuve que la consommation de saccharine ait accru le nombre de cancers chez les humains, son utilisation comme additif alimentaire n’est plus autorisée.Elle est vendue, sur demande dans les pharmacies, à titre d’édulcorant personnel.Une mise en garde doit aussi figurer sur son emballage à l’effet qu’elle peut causer le cancer chez les animaux.C’est une approche différente de celle des États-Unis.La Food and Drug Administration a décidé d’at- tendre qu’on ait fait plus de recherches sur la saccharine avant de prendre une décision.Chez nos voisins, l’utilisation de la saccharine dans les aliments et les boissons gazeuses est autorisée, bien qu’une mise en garde doive aussi être indiquée.Entre-temps, l’avenir de la saccharine s’annonce peu prometteur: en 1977, une équipe de l’Université John Hopkins suggéra qu’un produit de dégradation de la saccharine, découvert dans l’urine de souris, pourrait être cancérogène.L’année suivante, Melvin Reuber, de l’Institut national sur le cancer, trouva que la saccharine provoquait le cancer non seulement dans la vessie des animaux mais aussi dans les poumons.Et en 1983, une équipe japonaise confirma que la saccharine déclenchait l’action de substances cancérogènes dans l’organisme des rats.Les cyclamates n’eurent guère plus de chances.Mis au point en 1937 et commercialisés dans les années 50 sous la marque Sucaryl, les cyclamates sont 40 fois plus sucrés que le sucrose et furent d’abord utilisés sous forme de cristaux légèrement solubles dans l’eau et stables à la chaleur.Cette substance fut très recherchée par les consommateurs, vu qu’elle ne laissait pas l’arrière-goût amer souvent reproché à la saccharine.L’édulcorant est synthétisé à partir des sels de cyclohexylamine, réputés depuis comme cancérogènes et mutagènes et interdits par la F.D.A.dans l’industrie alimentaire depuis 1969.Plus récemment, l’Académie américaine des sciences a demandé la révision du dossier sur la sécurité des cyclamates.D’après de nouvelles données, les cyclamates ne seraient pas cancérogènes en soi, mais tout comme pour la saccharine, ils favoriseraient plutôt l’action cancérogène d’autres substances.Depuis 1980, la vente de cyclamates, même comme édulcorant de table, est interdite aux États-Unis.Au Canada par contre, les cyclamates sont toujours vendus dans les pharmacies et les épiceries comme édulcorant de table pour usage personnel.Santé et Bien-être social Canada invoque que Faction cancérogène des cyclamates était probablement liée à un contaminant qui a été éliminé depuis.32 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE ALIMENTATION kilos pourrait consommer sans risques jusqu’à 2,6 grammes d’aspartame par jour.L’équivalent de boire coup sur coup 50 cannettes de cola édulcoré à l’aspartame! Cette norme tient compte de la quantité totale d’aspartame qu’il serait possible de consommer, si tous les sucres de notre diète quotidienne étaient remplacés par ce produit.En un mot, si nous abusions de l’aspartame.Or, c’est justement à ce petit jeu que s’amusent les chercheurs préoccupés par l’innocuité de l’aspartame: forcer la dose et vérifier si le produit est inoffensif pour la santé humaine.Que diriez-vous d’avaler l’équivalent de 60 cannettes de cola sucré à l’aspartame par jour, durant trois mois, et de vous porter comme un charme?C’est pourtant le résultat obtenu par Willard Visek, un chercheur de l’Université de l’Illinois.Forçant la prétendue limite de sécurité des 40 mg/kg de poids corporel, Visek a demandé à ses 300 sujets de tous âges d’absorber une dose quotidienne de 50 mg d’aspartame.Pour dire vrai, Visek a effectivement noté des maux de tête et des problèmes menstruels.mais chez les sujets qui avaient reçu le placebo ! Ce chercheur en conclut que la nocivité à long terme de l’aspartame reste encore à démontrer.Chez Searle, des volontaires ont bu trois boissons gazeuses à l’heure, édulcorées à l’aspartame.Huit heures plus tard, on n’a noté aucune modification du métabolisme, indique le pharmacologiste Frank Sturtevant.À une autre reprise, on a carrément forcé la note.«Certains sujets ont absorbé en une seule fois l’équivalent de 67 boissons gazeuses ! Les changements métaboliques étaient négligeables, rapporte M.Sturtevant.Pas plus élevés qu’après avoir avalé un Big Mac.» Fort bien ! Mais dans quelle mesure ces doses éléphantesques, absorbées durant quelques mois, nous renseignent-elles sur les risques de consommer une faible quantité du produit durant plusieurs années?Là-dessus, les experts restent silencieux.Car ces «prouesses alimentaires» ont de quoi inquiéter.«Si personne ne consomme quotidiennement de telles quantités d’aspartame, il reste Physiologiques ou psychologiques, les réactions à l'aspartame?et si __ QA JÇÇIICRF ii “ SA 4S SUCRE 1 y v y y y A v///syr-wü WTBPSANS SUCR MC ASPAfflÜ' , COLA SANS SUCRE HYPOCALORIQUE ''AVEC ASPARTAME* 24 ©NutraSuc S&îwaSuc1 PRIT ml I M ml] ;T*1 L’industrie des boissons gazeuses hypocaloriques accapare 90% de l’aspartame vendue au pays.que 70 millions d’individus l’absorbent à faible dose jour après jour, année après année», s’inquiète la diététiste Michèle Houde-Nadeau, de l’Université de Montréal.L’absence de réactions apparentes à des choses excessives s’explique facilement, selon David Horwitz, de l’Université de l’Illinois.«Contrairement aux autres sucres, l’aspartame est une petite molécule vite dégradée dans l’organisme humain.Pas d’accumulation dans les tissus.Il ne faut pas s’étonner si même une dose excessive d’aspartame chez des enfants n’entraîne aucune variation de plasma sanguin.» C’est un argument souvent repris pour démontrer jusqu’à quel point l’ingestion massive d’aspartame par des adultes reste «sans danger».«Même chez des enfants âgés d’un an, la consommation de sept cannettes de cola en dix minutes ne ferait pas grimper la phénylalanine à un seuil alarmant», fait valoir, pour sa part, Harley Anderson, biochimiste à l’Université de Toronto.Même chose chez les nouveau-nés gavés d’aspartame.Searle rapporte que la phénylalanine n’a pas augmenté à des niveaux associés au retard mental.La compagnie soutient que, même en excès, l’aspartame traverserait difficilement le placenta.Quant aux risques pour les adolescents et les adultes, le docteur Sturtevant fait valoir que l’excès d’aspartame n’est pas pour demain: la compagnie avait prévu que si l’aspartame remplaçait tous les sucres de notre diète en 1982, elle totaliserait 25 milligrammes, un chiffre bien en deçà de la dose limite des 40 mg/kg de poids corporel par jour.L’an dernier, ce chiffre n’était que de 9,1 milligrammes.Alors, ces réactions à l’aspartame : psychologiques?Pour les experts du Centre For Disease Control, qui ont analysé plus de 500 réactions des consommateurs à l’aspartame, la réponse vient comme une douche froide: 50% des plaintes reçues au début de 1984 provenaient de l’Ari-zona, à la suite d’une campagne de publicité fort négative dans cet État.?QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 33 34 Marc Allard, Aylmer; Philippe Allard, Ste-Foy; Hélène Aimeras, Cap-Rouge ; Danielle Amyot, Laval; Pierre-Paul Amyot, Laval; Michel Anger, St-Janvier; Luc Archambault, St-Théophile de Chertsey; Marie-Josée Arcouette, Roxton Pond; Julie Arsenault, Notre-Dame ; Daniel Auger, Laval; Christine Babin, Ste-Foy; Claude Baillargeon, St-Isidore; Josée Baillargeon, Québec; Serge Barbeau, Montréal; Benoît Barry, Montréal; Luc Beaudoin, Sherbrooke ; Bruno Beaulieu, Edmonton; Clément Beaulieu, St-Conslant ; Joseph-Octave Beaulieu, Rivière-du-Loup ; Monique Beaulieu, Gatineau; Paul et Madeleine Beaupré, Ste-Foy; Jean-C.Bédard, Longueuil; Michel Bégin, Québec; Bertin Bélanger, Québec; Claude Bélanger, Ste-Martine; Gérard Bélanger, Ste-Foy; Patrice Bélanger, Ste-Foy; Hélène-J.Belisle, Mont-Royal; Guy Bellemare, Sillery; Onil Bergeron, Victoriaville; Rachelle Bergeron, Black Lake; Pierre Bernard, Ste-Foy; Michel Bernatchez, Québec; Carmen Bertrand, Hull; Lise Bérubé, Ste-Foy; Martin Bérubé, Montréal; Rafik Berzi, L'Annonciation; Denis Besner, Ste-Foy; Rémy Bilocq, Val d’Or; Christian Bilodeau, Beauport; Hélène Bissonnette, Québec; Murielle Bissonnette, Beauport; André Blanchette, Gatineau; Jean-Guy Boisbriand, Sillery; André Boisvert, Laval-des-Rapides; Jean-Jacques Boisvert, Sherbrooke ; Line Boisvert, Charlesbourg ; Alain Bossé, Baie-Comeau; Agathe Bouchard, Montréal; Céline Bouchard, Montréal; Denis Bouchard, Charlesbourg ; Jean Bouchard, Gatineau; Pierre Bouchard, Longueuil; Réal Bouchard, Hull; Alban Boudreau, St-Hyacinthe; Jacques Boulais, Standon; Pierre Boulanger, Brassard; Guylain Boulay, Gaspé; Bertrand Boulianne, LaSalle; Daniel Boulianne, Hull; Manon Boulianne, Ste-Foy; Jacques Bourbonnais, St-Gervais; Gaétan Bourgeois, Longueuil; Charles Bourget, Ste-Foy; Gilbert Bourguignon, Laval-des-Rapides; Sylvie Boutin, St-Léonard; Benoît Bradet, Baie St-Paul; Nancy Brassard, Ste-Foy ; Luc Brazeau, Gatineau; Yolande Breton, Jonquière; Pierre Brillant, Longueuil; Jeannine Brousseau, Les Saules; Stéphane Brunet, St-Jérôme; Bruno Bussière, Normandin; Frédéric Bussière, Alma; André Cadotte, Montréal; Marcel Cailloux, Montréal; Jean Campagna, Bernières; Claude Cantin, Lanoraie; François Cantin, Québec; Raymonde Carbonneau, St-Hubert; Réjeanne Cardinal, Sherrington; Denis Careau, Orsainville; André Caron, Roberval; Jean-Benoît Caron, Sillery; Chantal Carrière, Brownsburg; Germaine Castonguay, Radisson; Julie Chabot, Québec; Pierre Chabot, Charlesbourg; Claude Chalifoux, Montréal; Suzanne Champagne, Magog; Monique Champoux, Chicoutimi; Denis Chaput, Montréal; Monique Charlebois, Montréal; Pierre-Paul Charlebois, Sherbrooke ; Paul Chartres, Maria; Stéphane Chevigny, Varennes; Jocelyne Chevrier, Montréal; Yves Chevrier, St-Théodore d'Acton; Lorraine Chiasson, Québec; Guy Choquette, Outremont; Ghislain Chouinard, Sle-Julie; Élisabeth Comtois, Joliette; Christian Corbeil, Québec; Henriette Corbeil, LaSalle; Robert Corbeil, Trois-Rivières ; Jimmy Côté, St-Georges ouest; Pierre-René Côté, Sillery; Raymond Côté, St-Rédempteur ; Roger Côté, Québec; Yves Couillard, Montréal; Claude Courchesne, Sle-Marthe-sur-le-Lac ; Danièle Courchesne, Montréal; Marie Crète, Montréal; Lise Croteau, Sherbrooke ; Paul Croteau, Montréal; J.P.Cruvellier, St-Lambert ; Louise Custeau, Chomedey, Laval; Grégoire Cyr, Montréal; André Dallaire, Sherbrooke; Raynald Dallaire, Boucherville ; Serge Dallaire, Anse St-Jean; Nathalie Damphousse, La Plaine; Doris D’Astou, Ste-Foy; Conrad Delisle, Varennes; Jean-François Delisle, Sillery; Michel Denis, St-Eustache; Germain Denoncourt, Ste-Foy; Natacha De Ponce, Montréal; Renée Desautels, Ste-Julie; Fernand Desbiens, Repentigny; Sylvain Deschênes, Hull; Vital Deschênes, Terrebonne ; Nicole Desharnais, St-Gervais ; Marcellin Deslauriers, Chomedey, Laval; Serge Desnoyers, Brassard; Claude Des Rochers, Montréal; Clément Desrosiers, Ferme-Neuve ; Charles Dionne, Ste-Foy ; Louise-Aurore Dionne, Montréal; Florence Dô, Québec; Christian Dompierre, St-Denis-sur- Richelieu ; Denis Dorais, Ste-Foy : Jean-Pierre Dorais, Jonquière; Louise Doré, Québec; Dominique Doucet, Berthierville; Jean-Jules Doucet, Jonquière ; Patrick Doucet, Montréal-Nord; Johanne Drouin, Laval; Marc Drouin, Montréal; Jean-Pierre Dubé, Mont-Joli; Daniel Dubois, Nicolet; Denis Dubois, Chomedey, Laval; Guy-Luc Duchesne, St-Urbain; Thérèse Duchesne-Picard, Courcelette; Camille Dufresne, Lennoxville; Richard Duguay, Beauport; Carmen Dumas, Charlesbourg; Pierre Dumont, Montréal; Carole Dumouchel, Québec; Maurice Dupras, St-Antoine-des-Laurentides; Aristide Durand, Longueuil; François Durand, Montréal-Nord; Pierre-H.Durand, St-Laurent Gallichan; Patrice Élément, L Échouerie ; Chantal Éthier, Montréal; Isabelle Éthier, Ste-Foy; Claude Ferland, Repentigny ; Lyne Ferland, Thelford-Mines; Denise Filiatrault, LaSalle; Dominique Fillion, Montréal; Manon Fillion, Québec; Michel Foisy, Montréal; Mylène Forest, Montréal; Jean-Yves Forget, Mont-Laurier ; Monique Forlan, Ste-Foy; Claude Fortin, Sherbrooke ; Jacques Fortin, Sillery; Louise Fortin-Senay, St-Césaire; Brigitte Fournier-Bergeron, Québec; Chrystiane Fournier, Montréal; Georges-V Fournier, Sherbrooke; Hélène-Barbara Fournier, Ste-Perpétue ; Jean Fradet, Québec; Martine fradet, Montréal ; Gaétan Fraser, Val Racine; Gilbert Fréchette, Montréal ; Robert Frenette, Ste-Béalrix; Jean-Louis 1-rund, Sl-Edouard ; Annie Gagnon, Chicoutimi ; Donald Gagnon, Lotbinière ; Doris Gagnon, Québec; Mario Gagnon, Ste-Marie de Beauce; Martin Gagnon, St-Cyprien; Michel Gagnon, St-Cyrille-de-Wendover; Raymond Gagnon, Nobertville ; Réjean Gagnon, Port-Cartier ; Serge Gagnon, Montréal; Marie-Josée Gariépy, Beauport; Mario Garito, Longueuil ; Ginette et Claude Garon, Chicoutimi ; Lise Gaudet, Montréal; Francine Gaudreault, Jonquière ; Luc Gauthier, Ste-Foy; Steve Gauthier, Ste-Foy; François Gauvin, Longueuil; Marcel Gauvin, Montréal; Michèle Gay, Montréal; Marco Giannetti, Montréal; France Giguère, Ste-Foy; Martin Gilbert, Ste-Foy; Clothilde Gingras, Sle-Edwige; France Gingras, Charlesbourg ; Robert Gingras, St-Nicolas ; Gilles Girard, Montréal; Yves Girard, Ste-Foy; Rita Gosselin, Thelford-Mines; Daniel Goulet, St-Jean-sur-Richelieu; François Goulet, Québec; Mireille Gourde, Ste-Foy; Danielle Goyer, Montréal; Richard Goyette, St-Jean; Claude Gravol, Montréal; Michel Grenier, Aylmer; Gérald Griffin, Trois-Rivières; Yves Groleau, Ste-Foy; Daniel Groulx, Ste-Thérèse ; Paul Guertin, St-Hyacinthe ; Izold Guihur, St-Grégoire ; Marcel Guillemette, Dorval; Louis Guimond, Ste-Foy; Jean-Marie Hallé, Lévis; Patricia Hallé, Montréal; Jeannine Halley, Ste-Rose-Lava! ; Jean et Thérèse Hamel, Sherbrooke ; Lise et Jacques Hamel, Contrecœur ; Michel Hamelin, Pont-Viau; Gaétan Hardy, Cap-Rouge; Guy Harvey, Charlesbourg; Marianne Harvey, St-Joseph de Kamouraska; Yvon Hemery, Greenfield Park; François Hénault, Montréal; Alain Heppell, Rimouski;SocAyne Hervieux, Longueuil; Pierre Holdrinet, Ste-Agathe-des-Monls; Colette Houle, Drummondville ; Gisèle Huot, St-Jérôme ; Marie-Josée Huot, Ste-Foy ; ch M.Fernand Grenier, dir de l’Université du .Québ M.Georges Gilbert, pr du Naturaliste Inc.(au Rogel, rédacteur en Science (à droite), ont t du concours d’abonnei Chacun de ces gagnar boussoles offertes à ceti Nous félicitons chaleur dont les noms appara nous remercions les qui ont participé au concoi.un AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE l(M| «1! t r(0f Inc.lu 0l" Ji 'eur général des Presses (à gauche de la photo), 'dent directeur général i^itre) et M.Jean-Pierre du magazine Québec les noms des gagnants «fyit à Québec Science.recevra l’une des 500 dbccasion.il sement les 500 abonnés i ent dans ces pages et 3 000 personnes qui «sfc , ’’ - , .Pierre Huot, Beauport; Hugues Jacob, Val-Bélair; Robert Jacques, LaSalle; Sylvain Jolicoeur, Pierrefonds; Pierre Joly, Cap-de-la-Madeleine; Roch Joncas, Ste-Blandine; Josée Julien, Ange-Gardien; Jacques A.Juneau, Drummondville; Esteban Justo, Montréal; Julie Kemp, St-Roch de Richelieu; Johnny Kesserwany, Sl-Bruno; Cheft Ketata, Ste-Foy; Jean-Yves Labaie, Vallée-Jonction; Maurice L’Abbée, Montréal; Marie-Claude Labelle, St-Eustache; Maurice Labelle, Boucherville; Reynald Labelle, Aylmer; Denys Labrecque, Montréal; Daniel Lacoste, Les Éboulements; Bertrand Lacroix, Disraéli; Mireille Laforest, Verdun; Raymond Lafrance, Québec; Josée Laganière, Ottawa; Guy Laliberté, Québec; Isabelle Lalonde, St-Léonard; Pierre Lalonde, Loretteville; René Lambert, Limoilou; Stéphane Lambert, Pont-Rouge; Gilles Lamothe, Portneuf; Gaétan Lamy, Sherbrooke; Michel Lamy, Varennes; Serge Langford, Verdun; Paul Langlais, Québec; Paul Langlais, St-Jean-Port-Joli; Richard Langlois, Loretteville; Richard Laniel, St-Léonard; Marc Lapierre, Ste-Foy; Richard Lapierre, Montréal; Robert Laplante, Montréal; Claude Lapointe, Rouyn; Réal Laporte, LaSalle; Jean Laroche, St-Émile; Michèle Larose, Montréal; Carl Larouche, Chicoutimi; Céline Lavallée, Trois-Rivières; François Laverdure, Boucherville; Carole Lavigne, Mont Sl-Hilaire; Martin Lavigne, Montréal; Jacinthe Lavoie, St-Laurent; Loïc Lavoie, Dorval; Marie-Paule Lavoie, Ste-Foy; Normand Lavoie, Jonquière; Régis Lavoie, St-Prime; Serge Lebœuf, Ticouapé; Yvan Lebourbonnais, Montréal; Louise Lefaibre, Laval; Louis Lefaivre, St-Laurent; Brigitte Legault, Lafontaine; Marc Léger, Lachine; Michel Legris, Repentigny; Serge Legris, Ste-Foy; Madeleine Lemay, Asbestos; Joël Lemieux, Ste-Foy; Michel Lemieux, Brassard; Daniel Lépine, Ste-Foy; François Lessard, Iberville; Bernard Letarte, Sillery; Marie Léveillé, Montréal; Charlyne Lévesque, Gaspé; Claudette Lévesque, Montréal; Denis Lévesque, Dollard-des-Ormeaux ; Guy Lévesque, Boucherville; Laurier Lévesque, Alma; Marie Lévesque, St-Modeste; Ghislain Lizotte, Ste-Foy; Francyne Longpré, Deux-Montagnes; Conrad Lortie, Alma; Johanne Maher, St-Léonard; Louis Maher, Montréal; Yannick Maher, Brassard; Julien Maltais, Trois-Rivières; Geneviève Marcotte, Ste-Foy; Roger Marcotte, Montréal-Nord; Sylvie Mareil, Ste-Julie; Jean Marier, St-Nicolas; Natalie Marquis, Charlesbourg; Marc-Aurèle Marsan, Montréal; Solange Martel, Ste-Marie de Beauce; Michel Martin, Verdun; Tony Masciotra, Montréal; Jean Massicotte, St-Jacques ;iean Mathieu, Québec; Louise Mathieu, Sillery; Sylvain Matte, Lava/; Joanne Mc Calla, Ste-Foy; Béatrice Mc Nicoll, La Malbaie; Jean-François Melançon, Amqui; Danielle Mercier, Lévis; Pierre Mercier, Montréal-Nord; Guy Messier, Brassard; Benoît Michaud, St-André-de-Kamouraska; Benoît Morin, Longueuil; Bernard Morin, Jonquière ; Florent Morin, St-Léon-le-Grand ; Hélène Morin, Ste-Foy; Jean-Marie Morin, St-Jean-Port-Joli; Sylvie Morin, Ste-Foy; Johanne Morissette, Trois-Rivières; Sylvie Mottet, Québec; Line Munger, Stoke; André Nadeau, New-Richmond; Jean Nadeau, Montréal; Natalie Noël, Cap-Rouge; Bernard Nolin, Alma; François Normandeau, Bedford; Jean-Pierre Olivier, Ottawa; André Ouellet, Chicoutimi; Julie Ouellet, Baie-Comeau; Norbert Ouellet, Montréal; Sylvie Ouellette, Saint-Eust ache ; Jacques Pagé, Fortierville; Yvan Paquet, Les Saules; François Paquette, Québec; Martin Paré, Ste-Foy; Sylvie Parent, Ottawa; Michelle Paulin, Hinton; Pierre Pelchat, New-Glasgow; Érick Pelletier, Jonquière; Louis Pelletier, Longueuil; William Pelletier, St-Pascal; Yvette Pelletier, Rimouski; Juan-José Perada, Longueuil; Régis Perron, Dolbeau; Laura Petit, Châleauguay; Caroline Picard, Québec; F tançais Piché, St-Tite; Gilles Pinsonneault, St-Michel; Raymond-G.Pitre, Gatineau; François Poey, St-Isidore; Claudette Poiré, Arthabaska; Jean-Luc Poirier, Franklin Centre; J.R.Poirier, Montréal; Sylvain Poirier, Afonrréa/; François Poliquin, Montréal-Nord; Jean Poliquin, LaSalle; Éric Portebois, St-Laurent; Alain Potvin, Matane; Julien Poulin, Montréal; Odette Poulin, Neufchâtel; François Pouliot, Ville d’Anjou; Raynald Pouliot, Longueuil; Jacques Prémont, Ste-Foy; Daniel Proulx, St-Benoît Labre ; André Quirion, Québec; Carole Raby, Thurso; Christian Raymond, N.-D.-du-Bon Conseil ; Marc Renaud, Loretteville; Martin Rhéault, Outremont; Martin Rhéaume, Chicoutimi; Rénald Richard, Brassard; Yves Richard, Senneterre; Gracia Rivard, Nicole! ; Hélène Robert, Ste-Angèle-de-Monnoir; Nicole Robert, Québec; Louyse Robitaille, Ste-Foy; Gino Roger, Cap-Rouge; Léonard Ross, Charlemagne; Victor Ross, Moncton; Johanne Rouillard, Laval; Carmen Rousseau, Amos; Frémont Rousseau, Sherbrooke ; Lorraine Roussel, Anjou; René Roux, Ste-Foy; Fabienne Roy, Rivière-du-Loup ; Fernand Roy, Montréal ; Guillaume Roy, St-Anselme ; Hervé Roy, Rimouski ; Jacqueline Roy, Ste-Foy; Mario Roy, St-Georges de Beauce; Martine Roy, Rimouski; Alain Royer, Longueuil; Christian Royer, Outremont ; Sigrid Rusch, Montréal; Jean-Philippe Saia, Boucherville; Denis Saint-Arnaud, Québec; Mario St-Gelais, Sillery; Jean-Claude St-Hilaire, Québec; Dominique St-Martin, Cap-Rouge; Daniel Saint-Pierre, Rimouski; Jacqueline St-Pierre, Trois-Rivières; Alain St-Vincent-Rioux, LaSalle; Luc Samson, Ste-Foy; Marlène Savard, Longueuil; Sylvain Savard, Ste-Foy; Geoffroy Scott, Hull; Claude Séguin, Chute St-Philippe; Raymond Séguin, Greenfield Park; Jean Shoiry, Sherbrooke; Jocelyne Sicard, Montréal; Gervais Simard, St-Jean-Chrysostome; Jean-François Simard, Kingston; Lucie Simard, Québec; Paul Simard, Chicoutimi; Yvan Simard, La Pérade: Gaétane Simoneau, Charlesbourg; Jean-François Sirois, Québec; Maurice Sirois, Gaspé est; Jacques Souligny, Montréal; Anne Steven, Kanata; Jean-Paul Sylvestre, St-Barthélémy ; Isabelle Tailleux, Charlesbourg; Brigitte Tanguay, Brassard; François Tardif, Charlesbourg; Michel Tardif, St-Thomas-d’Aquin; Benoît Tessier, Ste-Martine; Réjean Tessier, Rimouski; Carole-Lucie Tétreault, Montréal; Thérèse Théberge, Québec; Denis Théorêt, Montréal; Arthur-N.Thériault, Ste-Foy; Guy Thériault, Ville Vanier; Richard Thériault, Longueuil; Jean-Hubert Therrien, Montréal; Marie-Hélène Thibault, Québec; Sylvie Thibault, Montréal; Denise Toupin, Cap-de-la-Madeleine ; Michel Toupin, Lorraine; Jean-Berchmans Tousignant, Ste-Croix; Michel Tousignant, Neuville; Angèle Tremblay, St-Fulgence; Anne Tremblay, Ste-Foy; Carole Tremblay, Ste-Foy; Claudette Tremblay, Repentigny; Hélène Tremblay, Montréal; Gaston Trudel, Roberval; Robert Trussart, St-Léonard; Alain Turcotte, Charlesbourg; Michel Turcotte, Québec; Claude Turgeon, Beauport; Louise Turgeon, Outremont ; Mélanie Turmel-Huot, Château-Richer ; Solange Vaillant, Montréal ; Jean-Yves Vallée, Beauport, Tremblay Vallier, Chicoutimi; France Veilleux, Ste-Foy; Louise Veilleux, Dollard-des-Ormeaux; François Vigneau, fles-de-la-Madeleine; Isabelle Vincent, Laval; Michel Williams, Ste-Julie; Christian Wolfe, Sillery; Marie-Josée Zangao, Chomedey Laval.QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 35 SOCIÉTÉ LASTROLOGIE, le vent dans les voiles Et maintenant elle s’infiltre même dans le très sérieux milieu des affaires.GILLES DROUIN Le Capricorne, un être responsable.Le Verseau, créateur avant-gardiste.Le Sagittaire, un catalyseur.La Balance, un conciliateur-né.Le Scorpion, l’être des grands défis.Vous êtes directeur - d’une entreprise et vous recherchez le candidat idéal pour occuper un nouveau poste?Pourquoi ne pas demander à un astrologue de vous préparer les thèmes astraux des candidats?Fumisterie?Peut-être.Mais sachez que vous ne seriez ni le premier ni le dernier à recourir à l’astrologie dans ces circonstances.L’astrologie a le vent dans les voiles.Selon un sondage fait en 1985 par l’hebdomadaire français L’Express et la maison Gallup, 50% des Français croient un peu à l’astrologie alors que 9% y croient «dur comme fer».Au Québec, une enquête réalisée l’an dernier par le ministère de la Science et de la Technologie révélait que 60% des Québécois considéraient l’astrologie comme une science.Chez nos voisins du Sud, un autre sondage Gallup révèle qu’en 1984, 55% des adolescents croyaient à l’astrologie comparativement à 40% en 1978.LES AFFAIRES DANS LES ÉTOILES La vague frapperait maintenant le milieu des affaires.Toujours dans L’Express, nous apprenons que les cadres et les patrons français sont les plus nombreux à connaître leur ascendant (23 % d’entre eux), à avoir fait faire leur thème astral (10%) et à croire à l’astrologie (10%).En tenant compte des différences culturelles entre les deux pays, ce sondage peut nous donner un aperçu de l’ampleur du phénomène de ce côté-ci de l’Atlantique, même si, pour l’instant, il est difficile d’en évaluer l’importance.Toutefois, quelques indices émergent à l’horizon.Ainsi, le magazine québécois Affaires publie des «profils astrologiques» depuis l’automne 1984.Dans le numéro de novembre 1984, le rédacteur en chef du magazine, Michel Lefèvre, rappelle qu’il y a sept ans, le très sérieux quotidien torontois Globe and Mail rapportait que «l’astrologie était déjà entrée dans l’antichambre du monde des affaires, tant aux États-Unis qu’au Canada».Il cite également l’histoire d’un industriel américain, Jack Savitt, millionnaire de la métallurgie, pour qui l’astrologie constituait un moyen supplémentaire d’évaluer les offres d’investissement qui lui étaient faites.M.Lefèvre, qui fait une distinction entre astrologie populaire et astrologie sérieuse, justifie cette dernière en disant «qu’elle peut devenir, au moyen d’expériences corroborantes, une science hautement confirmative».Après avoir souligné qu’il reste bon nombre de sceptiques qui attendent des preuves «noir sur blanc», il ajoute: «Les gens d’affaires, pour leur part, semblent avoir un point de vue plus pragmatique.S’ils peuvent observer des résultats pratiques, ils s’en serviront.» Chantal Andrée Berclaz, la consultante en astropsychologie qui a rédigé ces profils, était un peu réticente au début.Elle a été surprise de la réponse des lecteurs: «Les gens m’ont écrit pour DOW SOCIÉTÉ me dire qu’ils se retrouvaient dans ces profils.Ils étaient touchés de constater que l’astrologie pouvait être utile», ajoute-t-elle.Quelques hommes et femmes d’affaires lui ont demandé d’établir leur thème astral.Devant le succès remporté par la chronique «Profils astrologiques», qui décrit les attitudes des différents signes dans le monde du travail, le magazine Affaires a décidé de poursuivre la série.UN PHÉNOMÈNE DISCRET Le phénomène semble inconnu des facultés d’administration, des départements de psychologie industrielle et des cabinets de conseillers en administration et en recrutement de personnel.Selon Jean Archambault, professeur en relations industrielles et spécialiste de psychologie industrielle à l’Université Laval, il est possible que quelques dirigeants en tiennent compte.«Certains prendront peut-être le signe astrologique comme critère de sélection de la même façon qu’ils refuseront d’engager des Arabes, des Noirs, des handicapés ou des femmes», déclare-t-il en montrant bien son désaccord.Du côté des astrologues, le son de cloche est différent.Werner Hirsig, astrologue québécois de réputation internationale, m’assure qu’il traite régulièrement avec «environ 400 personnes», estime-t-il.«Mais ce sont des médecins qui constituent la grande partie de ma clientèle », ajoute-t-il.M.Hirsig affirme, avec lettres de témoignages à l’appui, que l’astrologie est utilisée dans tous les milieux.Alors qu’il pratiquait son art en Suisse, il y a une bonne trentaine d’années, il a été sollicité par une armée, par un gouvernement et par de nombreuses compagnies privées.Il me montre quelques lettres dont les contenus sont similaires.Des gens le remercient pour les services rendus et apprécient grandement la justesse des prévisions et des évaluations.Toutefois, il est impossible de vérifier à quelles fins véritables et dans quel contexte ces personnes se sont servies de ses conseils astrologiques.Secret professionnel.Si le phénomène est difficilement perceptible, s’il ne se montre qu’au hasard de conversations où la discrétion est exigée, il semble à tout le moins non négligeable.Officiellement, l’astrologie serait considérée comme de la bouillie pour les chats mais, dans les coulisses, elle deviendrait l’arme secrète, l’avantage sur le concurrent, l’as dissimulé dans la manche ! LE GOÛT DU MAGIQUE On peut se demander pour le moment ce qui peut bien porter des gens d’affaires à recourir à une discipline dont la validité est loin de faire l’unanimité parmi les scientifiques.Socialement, on les voit généralement comme rationnels, logiques, ne prenant pas de décisions à la légère.Pourtant, Alain Rondeau, directeur de la recherche à l’École des Hautes Études commerciales (HEC) à Montréal, n’est pas tellement surpris d’entendre que l’on s’intéresse à l’astrologie dans le milieu des affaires, même s’il ne l’a jamais constaté de visu.«Lorsque l’individu perd confiance en sa capacité de contrôler son environnement, il cherche des solutions magiques.Et plus une situation comporte d’incertitudes, plus les gens auront tendance à recourir à des solutions magiques », explique-t-il L'astrologie, une nouvelle façon d'avoir prise sur son environnement?simplement.Lui-même collabore avec des entreprises pour la sélection de personnel et est assez souvent considéré, malgré lui, comme un magicien.Alain Rondeau pense que l’astrologie se taille probablement une place en raison des lacunes de disciplines comme la psychologie industrielle.«Nous n’avons pas réponse à tout, nous n’avons pas de recettes miracles», reconnaît-il.DES PREUVES, S.V.P.! L’astrologie n’est probablement pas le seul et unique moyen auquel le milieu des affaires a recours pour prendre des décisions.Elle n’est peut-être pas plus qu’une source d’indices supplémentaires qui prend plus ou moins d’importance selon les individus et les circonstances.Mais on peut toutefois s’inquiéter du potentiel discriminatoire de l’astrologie comme critère éventuel d’embauche.Puisqu’elle n’entre pas dans les catégories de discrimination énoncées dans nos chartes des droits et libertés de la personne, il serait particulièrement 38 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE Marthe Boisjoly SOCIÉTÉ difficile pour une personne lésée de faire valoir son droit à exercer la profession de son choix.Et allez donc prouver que l’employeur refuse de vous engager parce que vous êtes Cancer plutôt que Scorpion! Même si tel magazine avertit clairement ses lecteurs que les profils astrologiques publiés ne contiennent que des «traits généraux», des «indices précieux» et «partiels», on peut se demander si les éventuels utilisateurs tiendraient vraiment compte de cette mise en garde.Situation inquiétante car l’astrologie n’a pas encore fait la preuve de son aptitude à prédire la profession selon le signe astrologique, comme nous le démontre un survol des publications en psychologie au cours des dix dernières années.Elle ne pourrait, au mieux, que déterminer très imparfaitement les qualités professionnelles de chacun.En 1984, le quotidien britannique The Guardian a réalisé la plus impor- tante étude sur le rapport entre les emplois et le signe astrologique.Plus de 2,3 millions d’individus ont été choisis à même le recensement britannique de 1971.Le journal a demandé à 15 astrologues de prédire les occupations des gens selon leur signe.Les résultats furent surprenants: 8 bons choix sur 11.Victoire pour les astrologues?Pas vraiment.La revue américaine The Skeptical Inquirer, publiée par le Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal, a repris les résultats.Par un savant calcul de statistiques, les auteurs affirment que les fluctuations statistiques et la tendance qu’auraient les gens à s’identifier à l’image et au comportement que l’astrologie leur prédit, permettraient d’arriver au même résultat.Incidemment, ce comité a mené une campagne en 1984 et en 1985 auprès des magazines et des journaux pour qu’ils abandonnent la publication des horoscopes.L’astrologue Werner Hirsig admet que l’astrologie a des limites.«Elle est un art et une science à la fois, un peu comme la médecine», explique-t-il.Pour lui, l’horoscope de votre quotidien n’a pas une grande valeur.«C’est beaucoup trop général, il y a trop d’inconnu et d’aléatoire », reconnaît-il.Reste à savoir si l’astrologie n’a pas déjà dépassé ses limites.?POUR LES SCEPTIQUES Claude de Launière, «Bélier, poissons & compagnie», Québec Science, décembre 1981, pages 38 à 44.«Faut-il croire en l’astrologie?» L’Express, semaine du 20 au 26 décembre 1985.«La néo-astrologie au banc d’épreuve», Les cahiers de l’Agence française d’information scientifique (APIS), septembre 1982.En plus de nombreux articles publiés dans The Skeptical Inquirer (journal du C.S.I.C.P., Box 229, Buffalo, New York 14215-0229).—• 1 Pique-Nique q ji l’Expédition l DU PIQUE-N\9UE a Xb°erna^nd^ * AUme^s dînent une tete.120 recedes et 9 menus.^ QUATBEJE^S^ ARMONIE laire et de Vélé- ^'^rde^d'exploraUon^ u^^n iucateurs du Prés,c°d'activités qu' ^ny plusieurs )eux a pour ntade- -'Reniant la découverte ^ de groupe et bnco^ jettes et 9 menus- ^ orisent 1 de Venvironnerne ) jeunes de 7 a t; un corop pique-nique à ' exP SSTÎSS-*;^ lïï-SSSW-& êscolaire 15 $ * c- re .Ouations éducatives Cahier ^mces ^ $ —'VcYcle 8,95 $ «üi#: ^d&ç^* 6 * *’9!! .Élémentaire2^^ ^ Pour obtenir notre rï^upon, ÏupÏm-air québécois 80 rue Frontenac Rivière-du-bouP G5R 1S8 QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 39 TEXTE: ËVE-LUCIE BOURQUE/PHOTOS: PHILIPPE PLAILLY Elle sort du cercle restreint des expérimentateurs pour rejoindre le grand public Le visiteur qui traverse l’espace sombre abritant des hologrammes voit à chaque pas celui-ci se transformer en véritable kaléidoscope: des gerbes de formes, de couleurs, virevoltent ! C’est bien lui qui donne la vie, la pulsion à ces images de lumière en découvrant leur troisième dimension.Depuis 1947, année où le physicien hongrois Gabor concevait la théorie de l’holographie, la technique s’est raffinée.Tout d’abord par l’emploi du laser, qui marqua, en 1960, le début de l’holographie moderne (voir Québec Science, janvier 1981, «Le défi de l’holographie»), A partir de ce moment, les images obtenues allaient être de beaucoup supérieures.On assiste maintenant à une explosion en termes d’applications possibles.Ainsi, au Musée de l’holographie de Paris, on a exposé l’hologramme grandeur nature d’un vase corinthien datant du 5e siècle avant Jésus-Christ.Certaines compagnies travaillent à perfectionner des systèmes servant à authentifier des signatures, à analyser l’écriture pour augmenter l’arsenal des graphologues.Des logos de société en relief existent aussi, de même que des publicités sur panneau extérieur, des médaillons, des tableaux, des gravures.Avec l’holographie synthétique, on peut reproduire des objets grâce à la mémoire de l’ordinateur.On parle de CAO (conception assistée par ordinateur) lorsque l’ordinateur génère les images d’objets.Côté industrie, les tests comparatifs des hologrammes d’un même objet pris à des temps différents donnent une indication précise du coefficient de déformation lorsqu’on examine les franges d’interférence qui se produisent alors.Une multitude d’autres applications existent aussi.L’holographie fait des coups d’éclat dans beaucoup de domaines, devenant un instrument d’analyse, un outil de création éblouissant et de copie indispensable.Nul doute qu’à l’aube du troisième millénaire, il devienne indispensable de posséder le langage holographique de la troisième dimension.?40 «TafliTi.- ?Montage holographique d’une statuette au laboratoire GREPA de l’Université de Strasbourg.Intitulée Voile de femme, cette conception artistique a été réalisée par A.P.-Holographie.Cette reproduction d un vase corinthien datant du 5e siècle avant Jésus-Christ appartient à la collection du Musée de l’holographie et représente un objet, propriété des Musées d’Ukraine.?Cet hologramme circulaire est exposé au Musée des sciences et de la technologie de la Villette à Paris.QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 41 AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE : un jeu d enfant ! Ne croyez plus que l’enfant communique avec son entourage seulement lorsqu’il commence à parler.Bébé naissant, il y arrive déjà, en utilisant différentes stratégies MADELEINE HUBERDEAU Un moulin à paroles.Voilà l’image «étourdissante» que j’ai de mon fils de deux ans et demi.Et pourtant, il y a à peine un an, sa conversation se limitait à quelques timides «papa» et à des «he» inquisiteurs.Cette explosion du langage structuré, qui survient habituellement entre deux et trois ans, paraît subite.Elle repose cependant sur des capacités de communication très précoces dont le fonctionnement s’enclenche dès la naissance et même avant.L’image populaire du tube digestif, longtemps accolée au nouveau-né, est définitivement écartée.«En fait, le bébé arrive au monde extrêmement bien équipé pour entrer en contact avec son environnement physique et social », constatent Gérard Malcuit et Andrée Pomerleau, psychologues à l’Université du Québec à Montréal, qui depuis 1980 consacrent leurs recherches au développement du nourrisson.D’ailleurs, depuis le début des années 70, grâce à de nouvelles méthodes d’évaluation, on a mis en évidence, dès les tout premiers jours de la vie de l’enfant, certaines capacités perceptives des nourrissons.DES FŒTUS À L’OREILLE FINE Pour parler, il faut, entre autres, bien entendre.Dès le septième mois de développement utérin, l’appareil auditif du fœtus est fonctionnel.Les chercheurs parlent même de capacité de mémorisation in utero.Ainsi, des travaux du psychologue américain Anthony De Casper, de l’Université de la Caroline du Nord, démontrent que des nouveau-nés de un à trois jours préfèrent la voix de leur mère à d’autres voix féminines.Ils préfèrent également entendre une histoire que leur mère leur a lue durant la vie fœtale à une autre qu’elle ne leur a lue qu’après la naissance.Les enregistrements de bruits intra-utérins font aussi merveille auprès des nourrissons.Cette méthode a été mise à l’essai par le médecin japonais Mu-rooka pour calmer des nouveau-nés sous soins médicaux.Dès la naissance, le bébé perçoit très bien les sons produits par son entourage.«Plus que tout autre bruit, les sons langagiers lui sont agréables et le stimulent», précise Andrée Pomerleau.«En fait, ajoute QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 43 PSYCHOLOGIE Gérard Malcuit, le système auditif du bébé répond très bien aux stimulations sonores se situant dans les zones de fréquences de la voix humaine (de 150 à 800 hertz).Pour des raisons évidentes de communication, le bébé est «prééquipé» pour réagir à cette enveloppe de fréquences.«Il a également une préférence pour les voix féminines.Cela s’explique par une sensibilité marquée du nourrisson pour les fréquences plus élevées, caractéristiques générales de la voix féminine qui comporte également une plus large étendue de variations.Pour les fins de leurs recherches, Gérard Malcuit et Andrée Pomerleau enregistrent des schèmes intonatoires de mères pendant qu’elles parlent à leur bébé.«Les mères sont capables de passer facilement de 150 à 650 Hz à l’intérieur de quelques énoncés seulement; exercice difficilement réalisable avec un appareil phonatoire masculin», remarque Gérard Malcuit.Très tôt, le bébé reconnaît les contrastes phonétiques opposant des sons comme /pa/ et /ma/, /pa/ et /ba/.Il est aussi capable de discriminer des sons qui n’existent pas dans sa langue maternelle, habileté qu’il perdra définitivement vers un an.Le nouveau-né imite également certains gestes faciaux de l’adulte.Des travaux de Bénédicte de Boysson-Bardies, du Centre national de la recherche scientifique à Paris, qui a observé des bébés ayant entre quatre et six jours, il ressort que le nourrisson peut ouvrir la bouche et tirer la langue en réponse aux mêmes gestes initiés par l’adulte.Selon Michel Imbert, professeur à l’Université Pierre-et-Marie Curie, «ces comportements imitatifs montrent que le nouveau-né dispose d’un schéma corporel interne préexistant à l’expérience, qui lui permet de situer ses propres organes en relation à ceux de l’autre».UNE COMMUNICATION _______QUI ÉVOLUE_________ Ces capacités permettent une chose au bébé: communiquer, postulat essentiel au développement du lan- 44 Des babillages de la première année émergera, entre 12 et 18 mois, le stade des 50 premiers mots.Puis l’enfant commencera à associer les mots, d’abord par deux pour indiquer, par exemple, la possession, le désir.C gage.La communication s’établit par l’intermédiaire des gestes, des mimiques, des cris du nouveau-né et, graduellement, de ses vocalisations, ses mots et ses phrases.Rapidement s’établissent les règles de la conversation: contact visuel, tour de parole.L’enfant regarde l’interlocuteur qui s’adresse à lui et il vocalise quand ce dernier cesse de parler.Pour Caroline Cronck, orthophoniste et pro-fesseure à l’Université de Montréal, «c’est dans le prolongement de cette somme d’habiletés de communication non verbales que le langage de l’enfant se développe».Le développement du langage comme tel procède par étapes bien définies.Dès sa naissance, le bébé émet des cris réflexes qui ne mettent en jeu aucune activité articulatoire, excepté l’ouverture et la fermeture de la bouche.C’est pourquoi les sons émis par tous les jeunes bébés se ressemblent, peu importe leur origine culturelle.Indicateurs de faim, d’inconfort ou de satisfaction, ces cris provoquent des réactions différentes dans l’entourage du nourrisson.Ainsi, ce dernier apprend rapidement à exercer une certaine maîtrise sur son environnement.Au vagissement succède, vers l’âge de deux ou trois mois, le gazouillis.Surtout relié au plaisir, il se compose de sons uniques, ébauches de voyelles, bruits conso-nantiques, produits avec de larges mouvements de langue peu différenciés.«Vers six mois, explique Mirelle Larose, orthophoniste à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, le gazouillis se transforme en babillage.Les organes respiratoires et phonatoires du bébé continuent de se développer, permettant une plus grande diversification de la production vocale.Le bébé émet des chaînes répétitives de syllabes: «bababa», «gagaga», etc.Peu à peu, le contrôle des mouvements fins de la langue et des lèvres, permettant l’articulation, s’accentue.Le bébé peut produire des suites de syllabes sans répétitions.L’intonation s’apparente à celle du langage adulte.À la suite du babillage se glisse un stade de transition durant lequel le bébé, qui a maintenant de 9 à 12 mois, utilisera une forme prélinguistique particulière, qui n’a pas ou peu de ressemblances avec le mot «adulte».Le «protoword» ou prototype du mot consiste en des associations de sons que fait le bébé et qui, pour lui, désignent quelque chose de précis.Par exemple, «baba» pourra systématiquement signifier ballon et s’étendre à d’autres objets ronds.Le bébé porte également de plus en plus d’attention aux mots qui lui sont dits.C’est la période de Vécholalie durant laquelle le bébé répète les mots qu’il entend.lo Pt( Pre ctr orf Its AVRIL 1986 • QUÉBEC SCIENCE «lit PSYCHOLOGIE 11 ,1 i i I f II s CE FAMEUX LANGAGE «BÉBÉ» ous avez sûrement remarqué la façon dont les adultes s’adressent aux bébés (tout le monde le fait ou presque.).Le «langage bébé» se retrouve dans de nombreuses cultures et même les jeunes enfants y recourent quand ils s’adressent à un bébé.Vu de l’extérieur, ça a un petit côté «rigolo».On ouvre grand les yeux et la bouche, on exagère les mimiques, on fait des «oh» sur tous les tons.Ce type de langage se caractérise également par une syntaxe très simple, de courts énoncés, des pauses plus longues que dans le discours adulte, de nombreuses répétitions, une tonalité plus élevée et une étendue de fréquences plus grande.DES THEORIES DIVERGENTES Toute cette suite de vocalisations produites par le bébé durant sa première année ne lui servirait, selon certains auteurs, qu’à exercer ses organes articulatoires et phonatoires.Les modifications dans sa production vocale seraient essentiellement la conséquence de la maturation de son équipement physiologique.Cette En ce qui a trait au contenu, le «langage bébé» consiste largement en un réfléchissement des comportements de l’enfant par l’adulte.Les «sujets» abordés par l’adulte font référence aux objets, aux personnes et aux événements concrets liés à la situation de l’enfant.Les références au passé ou au futur sont peu nombreuses.D’après les chercheurs, ce code de communication serait le mieux adapté au nourrisson.En plus de susciter et de maintenir l’attention du bébé, il lui fournirait de petits segments d’information, tout en lui donnant le temps de les intégrer.Alors, quand vous serez en compagnie d’un bébé, n’hésitez plus.Vous serez tout à fait dans le ton.théorie qu’on appelle «maturation-nelle» du développement du langage est maintenant largement nuancée par des études récentes.De plus en plus de chercheurs tracent un lien de continuité phonétique entre les sons du babillage et ceux produits un peu plus tard dans le langage parlé.Selon Bénédicte de Boysson-Bardies, les babillages syllabiques, auxquels s’applique le bébé à partir de sept et huit mois, ont beaucoup en commun avec les sons que l’on retrouve dans ses tout premiers mots.Vers le milieu de sa première année, le nourrisson aurait émis presque toutes les voyelles et la moitié des consonnes.Le babillage ne comporte d’ailleurs qu’une faible proportion de sons qui n’apparaissent pas dans les formes structurées des diverses langues.«Cela s’explique, selon Andrée Pomerleau, parle rôle très important de renforcement que joue l’adulte auprès du bébé, en ne répétant que les sons qui s’apparentent le plus aux sons phonémiques usuels.» Les babils tendent également à reproduire les contours mélodiques d’énoncés de conversation.Les recherches de Bénédicte de Boysson-Bardies montrent, entre autres, que, dès l’âge de huit mois, le babillage est influencé par les caractéristiques spécifiques de la langue maternelle.Caractéristiques identifiables par des adultes dont les points de repère reposent sur le rythme et l’intonation des productions vocales des bébés.Par exemple, chez les bébés arabes, les suites vocales se caractérisent par de forts contrastes d’intensité et de hauteur entre des parties accentuées et des parties non accentuées.Les bébés français, par contre, émettent des modulations plus douces, de plus longue durée et avec peu de contrastes brusques.UN IMITATEUR-NÉ Des babillages de la première année émergera, entre 12 et 18 mois, le stade des 50 premiers mots.«Mots, précise Caroline Cronk, composés principalement de verbes et des noms des personnes proches de l’enfant.Les descripteurs (adjectifs, entre autres) sont très peu nombreux.» À la fin de cette période, l’enfant commence à juxtaposer deux mots.L’analyse d’échantillons recueillis dans diverses langues révèle une remarquable stabilité dans l’ordre d’apparition des premières relations de sens.On retrouve ainsi la possession (auto-maman), le désir (encore-lait), la localisation (balle-table) et l’attribution de qualité (chien-gros).Pour observer la communication orale de la mère avec son enfant, Andrée Pomerleau et Gérard Malcuit ont enregistré les schèmes intonatoires de mères pendant qu'elles parlent avec leur bébé.QUÉBEC SCIENCE • AVRIL 1986 45 PSYCHOLOGIE Comment l’enfant associe-t-il le bon sens à un mot?En plus d’imiter les sons entendus, l’enfant apprendrait à reproduire ces sons dans les contextes appropriés (imitation discriminante).Au cours des premiers mois, le bébé réagit surtout à des situations très familières.Vers un an, il commence à réagir au mot isolé à l’intérieur de routines, de jeux.Jusqu’à l’âge de deux ans environ, c’est la situation qui donne un sens au mot.Progressivement, le mot prend un sens autonome et évoque alors une situation.Dans l’ensemble, un fait demeure : peu importe la société dans laquelle ils vivent, les enfants apprennent tous à parler à peu près au même âge, entre deux et trois ans.Partant de cette constatation, le psychologue Jérome Bruner a étudié les liens possibles entre certains jeux sociaux «universels» et le développement du langage.Les jeux, entre autres ceux de cache-cache et de balle, qui requiè- Dans toutes les sociétés l'enfant passera par les mêmes étapes dans l'apprentissage des premiers mots parlés rent de la part de l’enfant la compréhension d’actions séquentielles et réciproques (changements des rôles, chacun son tour), constituent, selon lui, une voie d’acquisition privilégiée des règles du langage.C’est dans cette perspective que Thérèse Gouin-Décarie et Marcelle Ricard, du Laboratoire de psychologie du développement (première enfance) de l’Université de Montréal, mènent actuellement une recherche portant sur les antécédents du langage : jeux, communication gestuelle et vocalisations.«Dans un premier temps, nous voulons cerner les principales étapes caractéristiques de ces trois activités préverbales, explique Mme Ricard.En second lieu, nous voulons vérifier l’existence de rapports entre cette triple évolution et l’apparition du langage.» Au cours de cette étude, échelonnée sur 12 mois, on observe 25 bébés âgés, au début, de six mois.Les données recueillies concernent la réalisation de jeux particuliers et de tâches de communication.«Une fois l’étude complétée, les résultats nous permettront de voir si les enfants qui ont un développement rapide au plan de l’apprentissage prélinguistique (compréhension et production gestuelle, habiletés ludiques) apprennent plus vite à parler.» Pendant que les linguistes, neurologues, psychologues, orthophonistes, sociologues tentent d’expliquer les différents mécanismes du développement du langage, les principaux intéressés n’en continuent pas moins d’en réinventer les règles, chacun leur tour, et de nous chavirer le cœur avec leurs doux babillages.?ENFIN DISPONIBLE EN LANGUE FRANÇAISE! GODEL ESCHER BACH les Brins d'une Guirlande Éternelle par Douglas Hofstadter Y \OMsWtYYU\A 880 pages relié 59,95$ L occasion nous est rarement donnée de découvrir un ouvrage qui nous offre véritablement des perspectives nouvelles, qui nous séduit par la dimension de son savoir, par la beauté et la spontanéité de son style, qui réussit avant tout à rendre intelligibles et établir des liens entre des modes de pensée et des domaines totalement disparates et jamais associés auparavant.Un livre exceptionnel (prix pulitzer 1980) vendu à plus de 500 000 exemplaires depuis sa sortie aux U.S.A.L’auteur examine les relations entre la conscience, l'intelligence et les structures formelles (les machines).Tous les vingt ou trente ans un auteur Inconnu nous offre un livre dont la profondeur, la clarté, la portée, l'humour, la beauté et l’originalité le font immédiatement reconnaître comme un événement littéraire majeur.Gode/, Escher, Bach: les Brins d'une Guirlande Éternelle est l'un de ces livres." Martin Gardner/Scientific American En vente en librairie
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