Québec science, 1 janvier 1986, Mai
2,95$ a iaÉiiliiiiii; LE MAGAZINE SANS FRO NTIERES DES VACHES EN SERIE ORIGINE DE L'HOMME: L'HYPOTHÈSE AFRICAINE DES ANIMAUX EN BLEU ET VERT QUE MANGEREZ-VOUS EN L'AN 2000?• • ' ' ., ' .^ , •'y' - - y - • 's ,S-s.• ' V'-'' Jk Courrier de 2e classe, enregistrement nc 1062.Port payé è Québec.Port de retour garanti.C.P.250, Sillery.Québec, Canada GIT 2R1 ¦HH iill: MM Sllll -lil UN RENDEZ-VOUS À NE PAS MANQUER Près de 60 sections • Plus de 60 colloques dont: SCIENCES BIOLOGIQUES, MÉDICALES ET PARAMÉDICALES: Images biomédicales • Les ressources de la forêt • Les communautés forestières * Morphogénèse des patterns végétaux • Stratégie de conservation de la nature • La relation parents-jeune enfant • Anticorps monoclonaux et cancer • Vitroculture des végétaux • Québec : une politique de santé • Assurance de qualité en microbiologie • Neurobiologie de la vision • Régulation métabolique à l’exercice • Métabolisme du tissu musculaire • La recherche en sciences infirmières • La membrane cellulaire • Fibres alimentaires et fonctions digestives • etc.SCIENCES PHYSIQUES, MATHÉMATIQUES ET GÉNIE : L’amiante: ses applications • Podzolisation et sols podzolisés • Microordinateur et enseignement du génie • La robotique au Québec • Ordinateur et enseignement biomédical • Gestion de l’environnement • Biologie et géomorphologie • La climatologie • La géophysique appliquée • Fonctions d’une variable complexe • Colloques de l’Ordre des Chimistes • etc.SCIENCES SOCIALES ET ÉTUDES HUMAINES: Discours sur la retraite • Construction/Destruction des idées • La formation des méthodologistes « L’inadaptation psycho-sociale • Un programme de responsabilisation • Le travail social en milieu autochtone • L’évaluation: les défis • Les catéchismes en Amérique • La transition école-travail • Le behaviorisme paradigmatique • L’anthropologie esthétique • Linguistique africaine et haïtienne • Imagerie mentale et aide psychologique • Un dictionnaire du français québécois • Archives et territoires autochtones • Consultations publiques et planification • La démographie dans le social • Mouvement, corps et conscience • IRSST • Recherches évaluatives et problèmes psychosociaux • Administration de l’éducation • La recherche en éducation: Abitibi-Témis-cammgue • Prospectives en EIAO • Bilan et prospectives LOGO • L’expérience éthique • La responsabilisation des leunes et la délinquance • L’enseignement télévisé • Un marché, deux sociétés • etc.COLLOQUES INTERDISCIPLINAIRES: Le libre-échange • Les scientifiques et la paix • Systèmes experts en milieu gouvernemental • La cooperation franco-québécoise • Identification, évaluation et conduite des projets • La statisti-que • La télédétection • Les figures de l’Indien • Sciences et Pseudo-sciences • L’expérience contre la science?• 25 anniversaire du Centre d'études nordiques • L’ergonomie dans l’entreprise • Le financement de la recherche universitaire • et caetera.Pour information: L’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences 2730, Chemin de la Côte Ste-Catherine Montréal (Québec) H3T1B7 Tél.: (514) 342-1411 2000 COMMUNICATIONS 5000 CONGRESSISTES SOYEZ DU NOMBRE! X J CD ?fa ac=] Vv Lr.il - ) À I I -rriAww— QUEBEC SCIENCE MAI 1986 VOLUME 24, Numéro 9 1 UOi'vA Page 30 Page 24 Page 14 ' Vf.ft.¦ ENQUÊTES/REPORTAGES Un pas vers l’usine automatisée Pierre Sormany Tous les experts s’entendent pour parler du retard du Québec quant à l’automatisation de ses usines.Pourtant, quand on y regarde de près, ce retard est beaucoup moins tragique qu’on ne le croit généralement 14 Des vaches en série Jean Faquin Fécondation in vitro, transplantation d’embryons, création de jumeaux : les techniques les plus modernes de reproduction animale transforment le monde de la production laitière 24 Origine de l’Homme: l’hypothèse africaine Propos recueillis par Bernard Giansetto Parce que la Terre s’est fracturée en Afrique, l’Homme, ce bipède des savanes, est apparu, nous dit Yves Coppens.Une hypothèse aussi séduisante que son auteur?30 Des animaux en bleu et vert Ève-Lucie Bourque Comment expliquer ces bleus et ces verts qui habillent les oiseaux et les papillons?36 Que mangerez-vous en l’an 2000?François Goulet Les mets que l’on mangera en l’an 2000, bien que présentés sous une apparence qui nous est familière, auront une composition tout à fait différente 40 Le couperet fédéral épargne la science 7 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 L’ordinateur se fait musicien 9 Infopuce Apprivoiser l’informatique 11 L’hormone du cœur va de l’avant 45 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 50 Au menu: scarabées sauce tomate 47 Cinéscience La science à l’écran 51 Raquettes «high tech» 49 En vrac Les p’tits mots de la fin 52 Mois prochain 53 QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 3 FONDS FcAR Régie de l'assurance automobile du Québec Fonds pour la Formation dl Chercheurs et l’Aide a la Recherche SUBVENTIONS DE RECHERCHE SUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE Un programme de subventions de recherche portant sur la sécurité routière est offert conjointement par la Régie de l'assurance automobile du Québec et le Fonds pour la formation de chercheurs et laide à la recherche (F.C.A.R.).Il s'agit d'une ACTION CONCERTÉE SUR LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE* *.À distinguer d'une précédente action concertée sur la sécurité routière offerte pour les exercices 1983-1984 à 1985-1986 inclusivement.Admissibilité: Les chercheurs, seuls ou en groupe, provenant des établissements universitaires ou collégiaux, des instituts de recherche à caractère public, ou qui n'ont pas d'affiliation institutionnelle reconnue, sont invités à présenter des demandes.Objectifs: • sensibiliser les chercheurs à l'importance d'un secteur de recherche encore peu exploité au Québec; • inciter les chercheurs issus de diverses disciplines à travailler à l'amélioration de la sécurité routière; • créer un potentiel de recherche en contribuant à la formation des chercheurs et des experts dont le Québec a besoin dans le domaine de la sécurité routière; • assister financièrement les chercheurs effectuant des travaux qui contribuent au développement de la connaissance du système de mobilité routière et de son niveau de sécurité; stimuler la diffusion des connaissances dans le domaine de la sécurité routière et encourager leur exploitation.Particularité : Les projets soumis doivent obligatoirement revêtir un caractère local ou régional Critères: Les critères d'évaluation des demandes sont les suivants: • pertinence du projet par rapport aux orientations retenues; • concertation avec les intervenants locaux ou régionaux en sécurité routière; • qualité de la démarche poursuivie (créativité, problématique, méthodologie, innovation et progrès scientifique); • qualité de l'équipe (capacité, production scientifique).Crédits disponibles pour 1986-1987: 200 000$ Inscription : Date limite de dépôt des demandes 31 juillet 1986 Annonce des subventions octobre 1986 Les documents nécessaires pour la préparation des demandes Fonds F.C.A.R.(guide explicatif et formulaires) sont disponibles dans les universités, 979, rue de Bourgogne.4e étage les collèges, ou au Fonds F.C.A.R.à l'adresse suivante: Sainte-Foy (Québec) G1W 2L4 TÉLÉPHONE: (418) 643-8560 FONDS FcAR I Régie de la sécurité dans les sports I du Québec Fonds pour la Formation de Chercheurs et l’Aide a la Recherche SUBVENTIONS DE RECHERCHE SUR LA SÉCURITÉ DANS LES SPORTS Un programme de subventions de recherche portant sur la sécurité dans les sports est offert conjointement par la Régie de la sécurité dans ,xS Québec et le Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche (F.C.A.R.).Il s'agit d'une ACTION CONCERTÉE SUR LA SECURITE DANS LES SPORTS.Admissibilité.Les chercheurs, seuls ou en groupe, provenant des établissements universitaires ou collégiaux, des instituts de recherche à ______________caractère public, ou qui n ont pas d affiliation institutionnelle reconnue, sont invités à présenter des demandes.Objectifs.• sensibiliser les chercheurs à I importance d'un secteur de recherche encore peu exploité au Québec; • inciter les chercheurs issus de diverses disciplines à travailler au développement de la sécurité dans la pratique des sports; • créer un potentiel de recherche en contribuant à la formation des chercheurs et des experts dont le Québec a besoin dans le domaine de la sécurité sportive; • assister financièrement les chercheurs effectuant des travaux qui contribuent au développement de la connaissance des exigences de sécurité dans la pratique des sports; • stimuler la diffusion des connaissances dans le domaine de la sécurité sportive et encourager leur exploitation.Critères: Les critères d'évaluation des demandes sont les suivants: • pertinence du projet par rapport aux orientations retenues; • qualité de la démarche poursuivie (créativité, problématique, méthodologie, innovation et progrès scientifique); • qualité de l'équipe (capacité, production scientifique); • concertation avec les autres chercheurs œuvrant dans le même domaine.Crédits disponibles pour 1986-1987: 75 000$ Inscription: Date limite de dépôt des demandes 31 juillet 1986 Annonce des subventions octobre 1986 Les documents nécessaires pour la préparation des demandes (guide explicatif et formulaires) sont disponibles dans les universités, les collèges, ou au Fonds F.C.A.R.à l'adresse suivante: Fonds F.C.A.R.979, rue de Bourgogne, 4e étage Sainte-Foy (Québec) G1W2L4 TÉLÉPHONE : (418) 643-8560 4 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE QUÉBEC SCIENCE C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551; 1-800-463-4799 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Fernand Grenier, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gérald Baril, Ginette Beaulieu, Gilles Drouin, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Jacki Dallaire, directeur de la production Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Raymond Robitaille, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery.Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Les Communications 2005 Raymond Denis 1209, rue Bernard ouest.Bureau 203 Outremont, Québec H2V 1V7 Tél.: (514) 277-8080 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Marie Prince, adjointe à la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (1 an/12 nos): 25,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00S Groupe: (I an/12 nos): 23,00$ (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/24 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Voir le coupon d’abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, deuxième trimestre 1986, ISSN-0021-6127.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1052.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA ® Copyright 1986 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.LE MO DU REDACTEUR EN CHEF Les scientifiques ont un faible pour les sigles et les abréviations techniques.Certains n’en sont même plus conscients et ils prendront un air étonné si vous les arrêtez au milieu de leur discours : « Excusez-moi, vous venez de parler d’une «procédure P.T.F.5» et d’un «C.C.M.H.».Qu’est-ce que cela veut dire?» Vous passerez alors pour un rabat-joie ou, ce qui est pire, un ignare satisfait.Dans cet univers de technologies pointues, il est essentiel de suivre l’apparition de nouveaux sigles pour survivre, culturellement parlant du moins.Aussi ne prenez pas un air béat d’ignorance si on vous parle de CAO-FAO ou de CAD-CAM: c’est un des mots clés des nouvelles technologies industrielles, c’est le concept qui définit aujourd’hui l’usine automatisée de demain.Ne reculant devant aucun sacrifice, comme toujours, le magazine Québec Science a demandé à son collaborateur le plus expérimenté, Pierre Sormany, de plonger dans cet univers plein de sigles pour le décoder pour vous.Pierre ramène de son enquête une constatation rassurante: «Le retard supposé du Québec en matière de production industrielle automatisée n’est qu’apparent.Il existe des exemples d’entreprises très dynamiques et en réalité extrêmement bien armées pour faire face à la concurrence.Et puis, on a investi dans la formation, et ça, c’est un atout pour l’avenir!» En ce mois printanier qui voit la nature changer de formes et de couleurs, Ève-Lucie Bourque vous propose un reportage photographique sur les animaux de couleur bleue ou verte.C’est en se trouvant face à un Morpho, un papillon bleu turquoise, lors d’une exposition l’an dernier, que notre collaboratrice s’est demandé comment ces couleurs écla- tantes pouvaient se former.Ce fut le point de départ d’une enquête journalistique en bonne et due forme, jointe à quelques séances de photographie dont Ève-Lucie a le secret, puisque la photo est sa passion depuis dix ans.Nous présentons aussi dans ce numéro deux articles qui explorent l’avenir.Celui de notre alimentation, selon François Goulet, qui a testé pour nous quelques recettes du futur.Et l’avenir de nos vaches, selon Jean Faquin, qui a visité des étables modernes, mais surtout des laboratoires où on prépare des manipulations génétiques sur les bovins de demain.L’article le plus sérieux de ce numéro est sans doute celui de notre correspondant à Paris, Bernard Giansetto, qui trace un portrait d’un anthropologue à la fois sympathique et de grand renom, Yves Coppens.Vous me direz qu’au vu de la photographie ci-jointe, représentant notre collaborateur en pleine préparation de son article, dans son salon, on a du mal à se convaincre du sérieux du sujet.Mais il m’assure qu’Yves Coppens aurait approuvé et que la science ne doit pas être trop guindée.Alors, allons-y pour Shakespeare revu et corrigé par Giansetto ! £ QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 5 LA VOI E DE L'AVENIR Les électrotechnologies, cette alliance entre l'électricité et l'industrie, représentent la fine pointe du progrès.Elles remplacent les combustibles fossiles, soumis aux incertitudes de l'approvisionnement, mais surtout, elles réduisent les coûts de production des entreprises, augmentent leur productivité, améliorent à la fois leurs produits, les conditions de travail et la sécurité.i______________________________________________________________________________________________________________________________________________ Qu'est-ce qu'une électrotechnologie?Il s'agit d'équipements ou de systèmes qui utilisent l'électricité dans divers procédés de fabrication ou de transformation: séchage, chauffage, traitements thermiques, fusion des métaux.Les grandes industries, et les PME, peuvent les adopter puisqu'elles s'appliquent à des secteurs aussi variés que l'agro-alimen-taire, les pâtes et papiers, la métallurgie, la chimie, les textiles, les mines et les minéraux non métalliques.Un exemple.Très répandu, le chauffage indirect par résistances électriques comporte de nombreux avantages.Il entraîne une économie d'énergie et il élimine toutes les nuisances associées au chauffage par combustion.Technique souple par excellence, cette électrotechnologie s'adapte, entre autres, à la cuisson de céramiques, de verres, d'émaux, à la cuisson et au grillage de produits alimentaires, au durcissement accéléré des métaux.Mais comment procède-t-on?Tout simplement en faisant passer le courant dans des conducteurs en nickel-chrome, appelés résistances.La chaleurqui s'en dégage est confinée dans une étuve ou un four.On y place le produit à traiter et le transfert des calories se fait par convection, rayonnement et conduction.Les résistances et l'enceinte varient en fonction des procédés et des températures de traitement, qui vont de quelques dizaines à 1 400 °C.Parmi les différentes sortes de fours, on trouve les fours sous atmosphère normale ou contrôlée et les fours intermittents ou continus.parmi tant d'autres Bien sûr, il existe d'autres électrotechnologies.Les principales sont les pompes à chaleur, l'infrarouge, l'induction, les micro-ondes, les hautes fréquences et les plasmas.Et elles bénéficient toutes des qualités de l'électricité: facilité d'installation, simplicité d'exploitation des équipements, précision et régulation de la température, protection de l'environnement.L'aide aux entreprises Pour contribuer à la modernisation et à l'expansion de l'industrie québécoise, Hydro-Québec offre, en plus de ses rabais tarifaires, une aide à l'implantation des électrotechnologies.Que prévoit ce programme?Un soutien technique aux études préliminaires, un soutien financier aux études d'avant-projet et de faisabilité, un soutien financier à la réalisation des projets.Vous désirez en savoir davantage?Venez assister au congrès canadien sur les électrotechnologies qui aura lieu à Montréal les 6 et 7 mars 1986.Pour vous renseigner, téléphonez au (514) 931-5921.Pour obtenir gratuitement la brochure Les électrotechnologies et /'industrie et le dépliant Programme d'aide à l'implantation des électrotechnologies, écrivez à l'adresse suivante: Centre de diffusion Hydro-Québec 75, boul.Dorchester ouest, 14e étage Montréal (Québec) H2Z 1A4 Henriette Nobert Publi-reportage Hydro-Québec Février 1 986 de l’Energie et du coeur L'ÉLECTRIFFICACITÉ Hydro-Québec PR-86-001 £95^2 * -B NOUVELLES / DU QUÉBEC ET D’ AILLEURS LE COUPERET FÉDÉRAL ÉPARGNE LA SCIENCE e couperet du ministre des Finances, Michael Wilson, a épargné la communauté scientifique lors du dernier budget fédéral.Mieux encore, la contribution d’Ottawa au financement des Conseils de recherches universitaires sera accrue de un milliard de dollars pour atteindre 3,4 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.Plus de la moitié de cette augmentation est cependant conditionnelle à la contribution financière de l’entreprise privée.Le gouvernement fédéral s’engage, en effet, à égaler tout investissement fait par le secteur privé jusqu’à un maximum de 369 millions de dollars, dans les prochaines années.Cette formule, qui a pour but de stimuler l’investissement du secteur privé dans le financement de la recherche universitaire, prévoit donc un financement égal du gouvernement, jusqu’à un maximum de 6 % du budget annuel de chacun des conseils.De cette façon, au lieu d’investir davantage de fonds publics dans la recherche, le gouvernement se tourne du côté de l’industrie pour relever les finances des Conseils de recherches.En vertu de la nouvelle formule, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) devra aller chercher, sur une période de cinq ans, plus de 214 millions de dollars auprès de l’entreprise privée afin d’obtenir son plein budget.Le Conseil de recherches médicales et le Conseil de recherches en sciences humaines devront, pour leur part, aller chercher respectivement 111 millions et 43,9 millions de dollars de la même source.Ce sont ces trois organismes paragouvernementaux qui sont chargés de la gestion et de l’attribution des fonds aux différents groupes de recherche universitaire à travers le pays.«Nous sommes heureux que le budget ne nous ait pas oubliés, car c’est déjà reconnaître notre travail.Nous considérons que nous sommes privilégiés car d’autres organismes, dont la productivité était reconnue, ont été coupés et nous ne l’avons pas été», a souligné le docteur Gilles Julien, directeur général du CRSNG, lors d’une entrevue qu’il accordait à Québec Science.«Cette augmentation est cependant nettement en dessous de ce que nous avions suggéré au gouvernement.Nous avions demandé un cumulatif de 1,4 milliard de dollars pour cinq ans et notre budget garanti est de 300 millions de dollars par année.11 y a donc un manque à gagner», a-t-il ajouté.Le docteur Julien a néanmoins reconnu qu’il y avait une stabilisation du budget du CRSNG et que le conseil était assuré d’une certaine base financière, au moins pour les cinq prochaines années.Il faisait ainsi écho aux propos du ministre d’État chargé des Sciences et de la Technologie, Frank Oberle, qui s’est fait fort de souligner, au moment du budget, que le gouvernement fédéral avait non seulement augmenté le financement des conseils en leur accordant des subventions pour la recherche universitaire mais qu’il leur assurait en plus la stabilité du financement au cours des cinq prochaines années, ce qui ne s’était jamais fait auparavant.Moins enthousiaste que le ministre Frank Oberle, le président du CRSNG, Gordon McNabb, a déclaré, à l’issue de la conférence de presse annonçant cette nouvelle formule, qu’à moins d’investissements accrus du secteur privé, le financement fédéral à la recherche universitaire ne suffirait pas à contrer les effets de l’inflation.Gordon McNabb a également exprimé sa crainte de voir le secteur privé transférer dans ce programme les fonds qu’il investissait ailleurs au niveau universitaire, pour bénéficier de crédit d’impôt à la recherche scientifique.«Dans un sens, la décision du gouvernement nous rend compétiteur de notre propre client, les universités, a fait remarquer Gilles Julien.En effet, les milieux industriels pourraient très bien se dire qu’au lieu de donner un million de dollars à l’Université de Montréal, ils le donneront au CRSNG, puisque c’est plus avantageux.C’est une situation délicate et il nous faudra être très prudent avec les mécanismes que nous allons mettre en place pour aller chercher ces investissements industriels», a-t-il indiqué.Soulignant qu’il s’exprimait en son nom personnel, Gilles Julien a toutefois indiqué que le succès de cette QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 7 nouvelle forme de financement reposait en grande partie sur les investissements industriels: «La première année sera difficile car il nous faut aller chercher 19 millions de dollars dans l’industrie pour obtenir notre plein budget.L’industrie fournit déjà 40 millions de dollars, ce qui veut dire que nous devons encore aller chercher l’équivalent de plus de la moitié de ce montant ! Nous avons heureusement un an pour bouger, puisque le programme ne commence qu’en 1987.» A ndrée Poulin MANQUERONS-NOUS L’AVION?Lancée à la fin des années 70, la série de moteurs PW 100 de Pratt & Whitney va bon train.Ce turbopropulseur équipe actuellement cinq types d’avions d’affaires ou de transport régional {commuters), du Dash 8 de De Havilland au nouveau ATP de British Aerospace.Quoique la compagnie de Longueuil travaille encore au développement de ce moteur (qui est au banc d’essai sur notre photo), notamment pour les modèles PW 124 un peu plus puissants, Pratt & Whitney considère cette famille de moteurs complète et en pleine production.Déjà les regards se tournent vers la prochaine génération de moteurs pour ce marché des petits transporteurs d’affaires dans lequel la compagnie canadienne excelle.Selon le directeur commercial Georges Ostiguy, Pratt & Whitney surveille de près les développements du nouveau moteur à hélices «propfan» (voir Québec Science,)a.nV\tx 1986, page 51) et pourrait se décider à investir dans cette direction «d’ici quelques années».Les concurrents, eux, se sont déjà avancés sur ce terrain et on apprenait récemment que McDonnell Douglas ainsi que General Electric venaient de s’allier avec Saab Scania de Suède pour mettre au point un propfan qu’on testera dès l’an prochain.J.-P.R.L’ACFAS À MONTRÉAL L’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS) tiendra son 54e congrès à l’Université de Montréal du 12 au 16 mai prochain.Cette rencontre annuelle est considérée comme le plus important événement scientifique au Québec.Cette année, on attend quelque 5 000 chercheurs qui pourront assister ou participer à près de 2 000 communications, une cinquantaine de colloques, plusieurs symposiums et un Salon du livre scientifique.Le congrès de l’ACFAS est aussi l’occasion de la remise de prix visant à souligner le mérite de scientifiques québécois dans les principaux champs scientifiques.Quelques colloques porteront sur des thèmes à la mode: le libre-échange, les scientifiques et la paix, l’amiante, la robotique, les applications pédagogiques de l’ordinateur.D’autres ne manqueront pas d’exciter la curiosité des plus blasés: sciences et pseudo-sciences, de quelques applications «scientifiques étranges», la production des catéchismes en Amérique française ou encore les interrelations entre la biologie et la géomorphologie.Une semaine bien remplie pendant laquelle il sera possible de prendre le pouls de l’activité scientifique québécoise.Bien entendu, Québec Science en fera état dans ses prochains numéros.BOUFFEURS DE BPC (D’après New Scientist) Une équipe de scientifiques japonais a entrepris d’améliorer génétiquement un microbe afin qu’il puisse dégrader les biphé-nyles polychlorés (BPC).Ils ont isolé d’une bactérie quatre gènes qui permettent de briser les molécules de BPC.Ils tenteront maintenant d’identifier un organisme capable de porter les quatre gènes de façon à pouvoir concevoir un système complet de destruction de ces encombrants polluants.8 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE L’ORDINATEUR SE FAIT MUSICIEN Lorsqu’on juxtapose deux mots comme musique et ordinateur, on rassemble deux cultures, deux courants de pensée si fondamentalement différents que la seule expression «musique numérique» sonne faux à bien des oreilles.Pourtant la musique, ça se compte et des opérations mathématiques, ça s’harmonise.Les experts des deux camps devront s’entendre sur l’orientation des recherches et des applications à développer.Voilà ce qui ressort de la première édition de la Semaine internationale de musique par ordinateur (SIMO) qui se tenait en mars dernier au Centre d’art de Lévis.Organisée par Nil Parent, professeur de musique électro-acoustique à l’Université Laval, la semaine avait pour but de sensibiliser les non-initiés, comme de permettre aux experts (chercheurs ou musiciens) d’échanger sur leurs problèmes actuels et de préparer la musique de demain, en plus de faire comprendre la révolution musico- technologique qui s’enracine profondément dans la musique populaire, les vidéo clips, les messages publicitaires, le cinéma, etc.En plus de faire une percée dans les communications de masse, l’ordinateur voit aussi ses applications se multiplier dans des domaines aussi diversifiés que l’enseignement de la musique et la recherche fondamentale.On parle de musique numérique lorsqu’on se sert de microprocesseur à une étape ou l’autre de la production d’une œuvre musicale.L’ordinateur permet de faire le traitement de l’information musicale ou encore d’en faire la synthèse à partir de paramètres prédéterminés.Fondée sur les théories mathématiques de Fourier, la synthèse additive s’oppose à la synthèse soustractive des synthétiseurs analogiques en ce sens qu’au lieu de façonner le son par filtrage, on détermine à la source quelles seront les composantes principales du son (voir Québec Science, août 1984).Les microprocesseurs d’aujourd’hui permettent de faire les mil- Synclavier, développé par la firme New England Digital.Il a notamment imité les sons complexes d’instruments acoustiques tels que la cithare et le tabla.Par voie d’échantillonnage numérique, il a pu reproduire l’ambiance sonore d’un canyon près d’Hollywood: criquets, vent, chien et le reste.Il existe une version québécoise de ce type de «boîte à musique», soit le synthétiseur numérique dit «de Fourier».Développé par Lyre, une nouvelle compagnie formée de jeunes ingénieurs et informaticiens de Québec, ce prototype exploite une approche graphique tout aussi ergonomique que celle du Macintosh, mais utilise un PC d’IBM.Il n’est pas à point pour affronter la scène, mais il ajoute une contribution intéressante à cette industrie en pleine croissance.Un autre aspect intéressant de la musique numérique consiste en sa facilité de traitement.On peut traiter l’information musicale simultanément avec un autre signal, en l’occurrence un signal vidéo.On peut ainsi faire de l’animation audio-vidéo par ordinateur.Il n’est donc pas étonnant de voir le codirecteur du Dynamic Graphics Projects de l’Université de Toronto, M.William Buxton, nous faire la preuve de son savoir cette fois en tant que musicien.Également président du Computer Music Association à San Francisco, M.Buxton joue du Lyricon, instrument hybride qui ressemble à la clarinette mais conçu pour être couplé à un synthétiseur.La programmation de la SIMO a réservé une place de choix à la branche la plus lucrative de la musique par ordinateur, soit la publicité.La musique, une fois numérisée, est facilement et rapidement traitable, ce qui explique sa popularité dans le monde des mass media.Et comme le rappelle Suzanne Ciani, présidente de Ciani/ Musica de New York, la musique numérique se prête bien à toutes sortes de modifications, à peu de frais.Avant tout musicienne, Mme Ciani fréquenta Stanford (Californie).Elle a suivi les cours de Max Mat- Le synthétiseur numérique dit «de Fourier», développé par Lyre Inc.Ce prototype exploite une approche graphique, utilisant un IBM PC.liers de multiplications et d’additions nécessaires à la génération des différentes harmoniques d’un son, et ce au rythme d’une horloge dont la seconde doit être multipliée par un million pour être comparable à la nôtre.Pour démontrer la puissance de cette technologie qui date du début des années 80, la SIMO fit appel à l’Américain John Appleton.Cet homme d’une quarantaine d’années enseigne aujourd’hui au Collège Darthmouth, au New Hampshire.Il est le père du synthétiseur numérique de concert, QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 9 thews, puis de John Chowning, concepteur du système à modulation de fréquence (audio).Aujourd’hui, elle a une clientèle plutôt vaste: Atari, AT&T, Coca-Cola, G.M., ITT, RCA, Sony, pour n’en nommer que quelques-uns.Elle nous en a mis plein la vue et surtout plein les oreilles.À court terme, cette exploitation de la musique rapporte beaucoup, bien sûr, mais à long terme, on risque fort de sombrer dans un gouffre technologique si elle n’est pas coordonnée avec la recherche à long terme.Il faut «établir des relations d’un type nouveau entre musiciens, chercheurs et techniciens afin que les premiers puissent peu à peu utiliser et orienter les nouvelles ressources sonores et les seconds, comprendre la vraie nature des problèmes musicaux».C’est un des objectifs de l’Institut de recherche et de coordination acoustique/ musique (IRCAM) de Paris.LTR- CAM ne fait pas que de la recherche fondamentale, elle s’implique sur le terrain en produisant et en diffusant les nouvelles créations musicales qui suivent les avenues tracées par ses objectifs.Et, pour citer Pierre Boulez, directeur et fondateur de 1TRCAM: « La connaissance virtuelle de la technologie contemporaine doit faire partie de l’invention du musicien; autrement, scientifiques, techniciens et musiciens se côtoieront, se rendront service, mais leurs activités resteront en marge les unes des autres.Le grand dessein actuel sera donc de préparer cette intégration, et, par un dialogue de plus en plus pertinent, d’arriver à un langage commun qui tienne compte des impératifs de l’invention musicale et des priorités de la technologie.» Jean-François Perreault ENCORE LES MÉTÉORITES ! (D’après Omni) Un géologue de l’Uni-versité Cornell a réussi à convaincre le Power Board de Suède, le U.S.Cas Research Institute de Chicago et quelques autres agences de subventionner un projet de forage pétrolier dans un cratère de météorite situé en Suède.Tom Gold est convaincu que le pétrole n’a pas une origine organique mais qu’il provient de météorites.Ces météorites, riches en carbone, auraient été ensevelis sous terre où les grandes pressions auraient permis la formation d’hydrocarbures.Pour Gold, les traces de matières organiques que l’on retrouve dans le pétrole ne sont que des contaminations apparues après la création du pétrole.Le forage devrait être complété en 1987.Une réalité qui nous touche ÉTUDES DE L'ENVIRONNEMENT Vous désirez connaître les multiples dimensions de l'environnement?Vous œuvrez dans ce domaine et vous voulez acquérir la formation nécessaire à votre pratique et à votre engagement social?L Université de Montréal vous propose un programme de trente crédits en Etudes de l'environnement qui comporte les quatre axes suivants: AMÉNAGEMENT ÉCOLOGIE SANTÉ ÉCOLOGIE HUMAINE Les cours sont offerts le soir ou les fins de semaine.La date limite d'admission pour l'automne 1986 est le 1er juin.Venez nous voir au 3335, ch.Queen Mary Montréal, (514) 343-6090.Université de Montréal Faculté de l'éducation permanente ï 3^ Données socio-économiques, utilisation du sol, activités économiques, parts de marché, indicateurs sociaux, résultats d'études et de simulations, etc.-Li/i ( La représentation cartographique est un outil irremplaçable pour l'analyse et la communication de données à caractère spatial.GEO-GRAF est un logiciel de cartographie thématique pour micro-ordinateurs.Simple, polyvalent et économique, il répondra à vos besoins.Pour en savoir plus: mm LUC MICHAUD inc.LOG ICI EL5 EXPERT5 1400 ouest, rue 5auvé Suite 208 Montréal, (Québec) M4M 1C5 O (514)'354-3268 10 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE L’ I N F O R M A TIQUE À VOTRE PORTÉE ^r-a OÜ SE CACHE LE LOISIR INFORMATIQUE?Fait pour le moins inattendu et remarqué à la Conférence sectorielle sur le loisir culturel, scientifique et technique, début mars, à Montréal: l’absence du loisir scientifique.Pourtant, ce loisir a déjà de nombreux adeptes et les clubs de micro-informatique ne manquent pas.En fait, il en existe des dizaines, voire des centaines, tant dans les écoles que dans des communautés diverses, mais ils ne sont pas regroupés et personne, même au ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, n’a réussi à en dresser la liste.À vrai dire, on peut se demander si le peu d’enthousiasme que manifestent les clubs à se regrouper ou à officialiser leurs activités ne s’explique pas par la situation particulière dans laquelle la plupart d’entre eux se trouvent.En effet, il n’est pas facile d’avouer publiquement que l’on échange et que l’on «pirate» des logiciels.C’est effectivement la principale activité de ces clubs, la plus lucrative pour les membres et une sorte de privilège que l’on n’aimerait pas perdre.Certains clubs de micro-informatique offrent davantage à leurs membres: au cours de leurs réunions, on peut y discuter sur l’utilisation d’un logiciel ou échanger des trucs de programmation.Selon les clubs, ces rencontres peuvent se tenir régulièrement, ou encore occasionnellement à la demande des membres.C’est peut-être la meilleure occasion de rencontrer d’autres personnes plus avancées que soi en programmation ou au moins d’un niveau équivalent, et de profiter de leur expérience.Le loisir informatique ne se pratique cependant pas uniquement dans les clubs.C’est surtout un loisir individuel, un passe-temps.Pour certains, les jeux électroniques occuperont tout leur temps, tandis que d’autres voudront mieux connaître l’ordinateur et explorer ses possibilités au maximum, en particulier sur la programmation, le traitement de texte ou la communication.Pour bien connaître son appareil et ses possibilités, il suffit la plupart du temps de lire le manuel qui l’accompagne (quand on a la chance qu’il soit en français) et de faire les exercices proposés.Par la suite, on peut essayer d’entrer plus à fond dans le monde mystérieux de la programmation que l’on peut comparer au jeu d’échecs.C’est tout un défi pour l’intelligence, qui donnera beaucoup de plaisir à certaines personnes, peu à d’autres; tout dépend des goûts et de la patience de chacun.On peut apprendre à programmer en consultant les nombreux livres écrits sur ce sujet au cours des dernières années et dont certains sont excellents.Mais, attention, les langages de programmation varient d’un ordinateur à l’autre; il faut donc acheter des livres généraux ou encore des livres consacrés exclusivement à l’ordinateur qu’on utilise.L’autre façon de profiter de l’ordinateur dans ses temps libres, c’est de se familiariser avec des logiciels spécialisés pour diverses tâches.Ce peut être le traitement de texte pour écrire du courrier ou des poèmes, par exemple, ou encore pour mettre au propre des recettes de cuisine ou toutes autres données personnelles.De plus en plus de gens se servent aussi de leur ordinateur pour communiquer avec d’autres par les babillards électroniques ou aller chercher de l’information offerte par des serveurs comme CompuServe, The Source ou INFOPUQ.Les babillards — il y en a maintenant une cinquantaine dans la seule région de Montréal — sont habituellement gratuits tandis que l’accès aux services d’information entraîne des déboursés liés à la quantité de données qu’on y puise.Même sans statut officiel, le loisir informatique est bien vivant.Mais c’est un loisir individuel ou de petits groupes, chacun s’organisant selon ses attentes et ses moyens.Il n’existe pas un regroupement des individus et des organismes pour se développer davantage.Les adeptes de ce loisir cherchent surtout des sources d’informations adaptées à leurs besoins.Le plus souvent, ce que l’on désire savoir, ce n’est pas comment effectuer telle ou telle prouesse en programmation, mais tout simplement quel type d’ordinateur correspondrait le mieux à nos besoins, quels sont les logiciels disponibles pour cet appareil, où on peut se les procurer, comment on peut relier tel ordinateur à telle imprimante, quel type de modem utiliser.Bref, tout ce qu’on ne dit pas dans les magasins ou dans les manuels accompagnant les ordinateurs.Pour répondre à toutes ces questions, l’idéal serait un organisme disposant de personnes ressources.Souhaitons qu’un tel organisme voie le jour bientôt.EN BREF.• À partir du 1er mai 1986, on pourra faire réparer son ordinateur, son imprimante ou tout matériel informatique dans des centres de service de Bell Canada, répartis dans 30 villes canadiennes.Ce service sera offert aussi bien pour des systèmes autonomes que pour de grands systèmes intégrés, qu’ils proviennent de Bell ou de tout autre fournisseur d’équipement.On peut écrire à l’auteur de cette chronique ou laisser un message par courrier électronique sur Infopuq (INFOPUQ) ou CompuServe (ID 72135, 1410).QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 11 COOPOLY PRESENTE LE PC P3102 ÿ/W / ?/ f i t j < r { t t “>v\ t f* 1 j 1 i* i* r* JÊÊÊbà\ ' PHILIPS Le nouveau PC P3102 de Philips est maintenant compatible à 100% avec le PC et le XT d'IBM et permet l'utilisation de centaines de progiciels réalisés par des tiers.Doté d'une alimentation électrique de 130 watts entièrement intégrée, le P3102 peut prendre en charge certaines des options les plus sophistiquées conçues pour les ordinateurs personnels comme le disque rigide, le coprocesseur et la tablette graphique.Les diverses possibilités d'extension offertes permettent l'ajout de périphériques en vue de répondre à vos besoins futurs.Le PC P3102 présente toutes les caractéristiques de transmissions requises pour la mise en réseau.L écran de 640 x 400 pixels de l'ordinateur personnel Philips P3102 offre la meilleure résolution et l'affichage le plus net de tous les ordinateurs personnels compatibles avec IBM.Non seulement les caractères sont-ils plus faciles à lire, mais les graphiques sont plus nets.L'excellente résolution de l'écran du PC P3102 permet de minimiser la fatigue de la vue et donne un affichage graphique précis et net.Aucun autre ordinateur ne vous offre un rapport qualité/prix aussi intéressant.De plus COOPOLY vous offre une gamme complète de produits informatiques tel que: — Imprimantes: EPSON, HEWLETT-PACKARD — Modem: HAYES, EMP — Logiciels: ASHTON-TATE, MICROSOFT, DIGITAL RESEARCH, etc.Ne vous laissez pas devancer.Allez de l'avant avec le Philips PC P3102.Service personnalisé (514) 340-4487 coopolv coo^f^rv* a» *-;x • -K - ira 1 «5* 5000 Jean-Talon Ouest Suite 120 Mtl, Qc.H4P 1W9 Revue d'histoire de Québec et de la région.LAPAUX-DIAMANTS C.P.609, Haute-Ville, Québec, GIR 4S2.Tel.656-7970.Pour connaître et apprécier pleinement une ville comme Québec où le patrimoine architectural, les places publiques et les monuments évoquent sans cesse le passé, il faut recourir à l’histoire.La revue Cap-aux-Diamants offre un moyen privilégié de revivre le passé de Québec et de la région environnante.• Chacun de ses numéros présente des articles variés, abondamment illustrés, touchant la vie sociale et culturelle, l’activité économique et les modes de vie à différentes époques.• Des rubriques sur les livres, la généalogie, les événements marquants et les activités à caractère, historique complètent le sommaire.11 n’en coûte que 10 $ par année pour recevoir cette publication trimestrielle.Abonnez-vous et participez à la découverte d’un passé et d’un patrimoine dont la valeur jouit d’une reconnaissance internationale.12 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE Gens d'affaires, empruntez la voie express, celle de l'innovation technologique.PRENEZ LA VOIE TECHNOLOGIQUE! Trois programmes de recherche et de développement viennent d'être créés à l'intention des entreprises.Ils favorisent la réalisation d'études de faisabilité ou d'opportunité, la modernisation des équipements ou encore l'élaboration de projets novateurs.Si vous oeuvrez dans les domaines de l'informatique, des biotechnologies, de l'électronique ou des techniques de fabrication, ou encore si vous êtes intéressés au développement de ces secteurs technologiques dans votre entreprise, vous pourriez être admissibles à d'importantes subventions.Programmes d'appui au développement technologique Pour tout renseignement, s'adresser au Bureau conjoint d'évaluation des programmes Entente Canada-Québec sur le développement scientifique et technologique C.P.1690, Succursale B Montréal (Québec) H3B 3L3 Tél.: (514) 842-7883 Ministère d’Etat Ministry ot State Sciences et Technologie Science and Technology Canada Canada Gouvernement du Québec Ministère du Commerce extérieur et du Développement technologique Québec Canada TECHNOLOGIE Tous les experts s’entendent pour parler du retard du Québec quant à l’automatisation de ses usines.Pourtant, quand on y regarde de près, ce retard est beaucoup moins tragique qu’on ne le croit généralement PIERRE SORMANY 1 y a quatre ou cinq ans, quand Mario D’Avirro parlait de CAO-FAO, on l’écoutait distraitement.Ah ! cette manie des sigles ! Et le petit consultant italien avait beau avoir tous les talents de vendeur, la technologie dont il faisait la promotion — la conception et la fabrication assistées par ordinateur — semblait relever encore de l’industrie-fiction.L’association qu’il représentait comprenait quelques dizaines de membres.Des consultants en automatisation industrielle, des vendeurs d’ordinateurs aussi, quelques universitaires .mais à peu près pas de représentants des entreprises dont l’avenir reposait, en principe, sur ces technologies.Le système de CAO-FAO de Pratt & Whitney < -V-iv «iti 14 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE in des plus avancés au Canada.Il sert, entre autres, à la conception de pièces et à 1 analyse des contraintes QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 15 TECHNOLOGIE La robotique?N'y pensons pas.C'est l'automatisation qui représente l'avenir de nos usines Certes, lorsqu’il se mettait à parler de robots industriels, de notre retard catastrophique par rapport aux Japonais, aux Européens, aux Américains, il parvenait à capter l’attention; les nouvelles alarmistes ont toujours un certain attrait.Mais comment faire comprendre que, pour spectaculaires qu’ils soient, les robots ne sont qu’un détail dans le tableau d’ensemble de la production automatisée?Que les enjeux véritables ne sont pas là ! En effet, la robotique ne jouera sans doute jamais au Québec le rôle majeur qu’elle tient au Japon ou aux États-Unis, car les activités de montage et de manutention, où ces bras polyvalents s’imposent désormais, n’occupent guère qu’une place secondaire dans notre industrie.Par contre, le Québec n’échappera pas pour autant à l’usine automatisée: dessin par ordinateur de patrons, de pièces ou de moules, contrôle numérique de la machinerie industrielle programmable, tests de qualité réalisés «en direct» par l’ordinateur, logiciels d’optimisation des calendriers de production, des inventaires, de la distribution des composantes et des produits finis.Ce sont ces réalités diverses que couvre le vocable de CAO-FAO (CAD-CAM, en anglais; on parle aussi, de plus en plus, de TPAO, ou technologies de production assistée par ordinateur).Dans l’univers des concepts nouveaux que l’informatique a introduits en usine, c’est le complément de la bureautique (automatisation des activités de bureau) dans ce que les Français ont baptisé la «productique»! Aujourd’hui, Mario D’Avirro n’est plus président de l’Association CAO-FAO.Mandat accompli, estime-t-il.La «révolution productique» est en marche.Trop lentement, selon lui, 16 S—ï-VTK H jaiap > ; mais la compagnie qu’il dirige, Sys-Tech, organise en ce domaine un Salon annuel et un colloque de plus en plus courus.Elle n’y est plus seule : en mars dernier, le plus important organisateur canadien de salons à caractère technologique, Hugh McGregor, est venu implanter à Montréal une extension du Toronto CAD-CAM & Robotics Show.«C’est un secteur où les entreprises québécoises vont investir massivement dans les prochaines années, et les promoteurs le sentent bien ! » explique le nouveau président de l’association, Yves Carmel, de la firme Charette, Fortier, Hawey, Touche, Ross & Associés.Pendant ces années de gestation, le Québec a progressé surtout du côté des ressources d’appui.En effet, il s’est doté, l’an dernier, d’un Centre québécois de l’informatisation de la production (CQIP, prononcer «cé-quipe») et son premier président, Roland Dugré, annonçait en avril l’implantation de sept laboratoires associés dans autant de régions du Québec.Ces investissements viendront appuyer les efforts déjà consentis par le réseau éducatif québécois dans ces technologies de production automatisées: une douzaine de cégeps offrent l’option informatique de systèmes ou possèdent des équi- pements de pointe en conception ou en production automatisée.Et l’Institut d’ordinique de Sainte-Thérèse est sans doute le centre d’apprentissage le mieux équipé au Canada.Enfin, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) termine l’implantation d’un centre de démonstration de plus de trois millions de dollars, «pour que les industriels puissent voir ces technologies en action, essayer les postes de travail, comprendre concrètement les enjeux», explique le vice-président aux opérations, Clifford Baronnet.DU CÔTÉ DE LA FAO Au niveau industriel, les statistiques recueillies par le CRIQ en 1984 établissaient que 5 % des 7 200 entreprises manufacturières québécoises avaient automatisé leurs opérations en partie ou en totalité.Deux ans plus tard, cette proportion pourrait bien avoir doublé.Dans la plupart des cas toutefois, il ne s’agit encore que de quelques machines-outils programmables, îlots de technologie récente au cœur d’usines désuètes.Car la véritable production automatisée suppose une conception nouvelle des aires de travail pour rationaliser les mouvements de matériaux, MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE I» fi li » le se lii ï 4 it 11 11 P s des non de I: «ist, «( Can TECHNOLOGIE fe’ tris lit lot is* inîli (B- ta» iqllfl UN ESPERANTO POUR LES ROBOTS -r 5 histoire des technologies de de la machine pour épargner ce fasti- ! production automatisée re- dieux travail de programmation?monte à la fin des années 1960, Dans un premier temps, c’est par lorsque certains fournisseurs d’équi- l’intermédiaire de bandes magnétiques pements industriels ont mis en marché que les ordinateurs centraux parvenaient des machines-outils programmables: à communiquer aux machines-outils la au lieu d’avoir à ajuster manuellement «recette» de fabrication de chaque nou- les poinçons, cisailles, toupies, frai- vel objet.Mais ordinateurs et machines seuses et autres outils de transforma- programmables parlent leurs propres tion du bois ou du métal, on n’avait langages, et les premiers logiciels «inté- qu’à placer le matériau sur un «banc grés» de CAO-FAO ont cherché à de travail» polyvalent, à dicter à la assurer ce dialogue en offrant aux con- machine, par commandes numériques, cepteurs de développer directement des la marche à suivre, et l’outil réalisait bandes-programmes assimilables par la tâche immédiatement, avec une diverses machines, précision remarquable.C’est la nais- L’arrivée des micro-processeurs et la sance de la FAO.généralisation de leur utilisation depuis Vers la même époque, la précision 1975 permettent toutefois une intégra- requise par les industries aéronauti- tion plus intime: le dialogue direct entre ques et aérospatiales et leur besoin l’ordinateur de conception et les dispo- d’optimiser les matériaux utilisés sitifs de contrôle des machines.On parle (résistance maximale, poids minimal, alors de machines contrôlées par ordi- etc.) ont nécessité le recours aux capa- nateur (CNC, en anglais), une famille cités de calcul des ordinateurs.Lock- qui comprend, entre autres, les robots, heed, Boeing, McDonnell Douglas Voilà pour la théorie.En pratique, ont donc développé parallèlement, au cette intégration n’est pas si simple.Car tournant des années 1970, des logiciels à moins de développer ses propres logi- de conception assistée à la fois pour le ciels de communication ou ses propres dessin des pièces (dessin assisté par machines-outils programmables, chaque ordinateur, ou DAO) et les calculs industriel se heurte tôt ou tard à la «Tour d’ingénierie (ou FAO; le concept de de Babel» des systèmes informatiques.CAO regroupe ces deux aspects, lors- Un exemple éloquent: General Motors, qu’ils sont intégrés dans le même Dans le nouveau campus technologique poste de travail).de Frosch (6 000 employés, sur un terrain Nées simultanément, ces techno- de 130 hectares), l’ordinateur assiste logies de conception et de fabrication toutes les phases de la création d un assistées par ordinateur paraissaient nouveau modèle.Le logiciel Autocolor complémentaires.En effet, la machi- permet au dessinateur de visualiser, avec nerie à contrôle numérique impose à une «qualité-photo», la voiture qu’il l’opérateur de programmer en détail esquisse.Puis un sculpteur robotisé chaque «geste» de l’outil.Si une réalise la traditionnelle maquette de entreprise ne produit ses pièces qu’en glaise.Divers logiciels gouvernent en- quelques exemplaires, cet effort de suite la conception des circuits et des programmation peut devenir trop pièces, ainsi que les études d’ingénierie lourd pour les gains escomptés.Pour- (aérodynamisme, vibration des panneaux quoi alors ne pas coupler directement de finition, design des roues, etc.), tout ça le logiciel de dessin avec le contrôleur sur une voiture qui n’existe pas encore.Pourtant, l’intégration s’arrête là.Lorsqu’il s’agit de passer à la chaîne de production, il faut traduire les codes dans la langue de chaque machine! Le résultat, selon Roger Smith, président et chef de l’exécutif de GM, «c’est un vaste archipel où chaque machine est comme un îlot d’automatisation.Et en 1990, nous aurons au-delà de 200 000 îlots de ce genre dans l’ensemble de nos usines ! » Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que GM ait senti le besoin de proposer un standard de communication, un «espéranto» pour le dialogue entre CAO et FAO en somme: le protocole MAP.Dans l’usine modèle de la Saturn Corporation, la filiale Hi Tech de GM à Saginaw, au Michigan, tous les robots et toutes les machines programmables devront dialoguer selon ce protocole.Mais hors des murs de GM, les utilisateurs demeurent sceptiques.«MAP, c’est une bonne idée, mais ce n’est encore qu’une idée ! commente André Novakoff, directeur du Centre d’ingénierie de Pratt & Whitney Canada à Longueuil.Nous en avons fait l’essai ici, et je peux vous dire que ce protocole fonctionne très bien lorsque nous voulons communiquer les coordonnées de lignes et de cercles ! Mais rien d’autre ! » Est-ce dire que l’intégration CFAO n’est qu’un mythe?Bien sûr que non.Les grands noms de l’aéronautique, de l’automobile, de l’électronique ou de l’électroménager ont déjà appris à faire le pont entre leurs systèmes de dessin, leurs outils de calcul d’ingénierie et leurs équipements de fabrication.Mais ils l’ont fait en investissant massivement dans des solutions «sur mesure».Et c’est un luxe que seuls les géants mondiaux pouvaient se payer jusqu’à maintenant ! ;a® Kiai liait |[0' iB" jiH' # iaai une gestion efficace des commandes, des inventaires et des livraisons, une nouvelle organisation du travail et de la gestion du personnel.Coresponsables d’une étude sur la problématique de la C AO-FAO au Québec, Gabriel Laroche, économiste au ministère de la Main-d’œuvre et de la Sécurité du revenu, et Cannelle Benoît, sociologue au Cen- QUÊBEC SCIENCE • MAI 1986 tre de recherche et de statistiques sur le marché du travail, constatent d’emblée «qu’il n’existe pas à l’heure actuelle, au Québec, d’exemple achevé d’intégration de ces technologies».Ils auraient pu ajouter, en fait, que même à l’échelle internationale, de tels exemples sont rarissimes (voir l’encadré «Un espéranto pour les robots»).Un cas pourtant, celui de la nouvelle usine CGE de Bromont, érigée au coût de 100 millions de dollars dans la foulée du contrat des F-18: 300 employés, une vingtaine de robots, des opérations entièrement supervisées par ordinateur et une organisation du travail en équipes autonomes, sans contremaîtres.C’était un concept beaucoup plus facile à 17 TECHNOLOGIE implanter dans une nouvelle usine, reconnaît William Westley, consultant de CGE pour ce projet.«Si une usine existe déjà, les modifications à apporter à l’environnement physique peuvent être si nombreuses et si coûteuses qu’elles risquent de ne jamais être réalisées.» Un second cas, à l’état de projet celui-là : l’usine de Pratt & Whitney, à Longueuil.Pour l’instant, le système de CFAO qu’on y trouve est l’un des plus avancés au Canada.La compagnie compte sur 157 terminaux graphiques, plusieurs grands ordinateurs, tout un système de contrôle direct de ses machines-outils, dans un réseau qui relie les installations montréalaises à celles de Toronto.Mais Pratt & Whitney vient d’annoncer un investissement de 90 millions de dollars dans une usine entièrement intégrée à Halifax (inauguration en fin d’année 1988), suivi d’un investissement du même ordre pour moderniser les installations montréalaises d’ici 1990.«Dans notre créneau des turbines à gaz, nous sommes les leaders mondiaux; nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas avoir recours aux meilleures technologies », annonce fièrement André Novakoff, du département d’ingénierie de l’entreprise.Le troisième «cas-type» est plus intéressant encore parce qu’il s’agit d’une petite entreprise, dans un secteur plus traditionnel, celui des appareillages de climatisation et de ventilation.En 1980, Pierre Marcotte, p.d.g.de Mark Hot de Longueuil, fait face à une brusque hausse des commandes.Comme alternative: agrandir, à un moment où les coûts de construction sont prohibitifs, ou renoncer à des ventes.Comme solution, il optera plutôt pour un «atelier flexible», c’est-à-dire une station de travail entièrement contrôlée par ordinateur pour le poinçonnage et la coupe du métal en feuille selon des «patrons-référence» conservés en mémoire et modifiés au besoin.Avec cet atelier, le premier du genre au Canada, non seulement Mark Hot remplira-t-il ses engagements, mais il en tirera même un profit additionnel grâce à des contrats de sous- traitance.Aujourd’hui, l’entreprise s’est associée au Conseil national de recherches du Canada dans le plus important des projets d’aide à la recherche industrielle (PARI).Au programme: le mariage entre les logiciels de gestion et les contrôles de production, une meilleure organisation des surfaces de travail, l’ajout de nouveaux ateliers flexibles pour le pliage, le montage, la soudure, la peinture.bref, l’usine intégrée.Bien sûr, quelques exceptions heureuses ne sauraient tenir lieu de panorama global.Mais dans ce domaine, l’effet d’entraînement de quelques leaders est inestimable.«Les entreprises qui songent à installer un atelier flexible ne se fient pas aux vendeurs d’équipements ou aux analystes.Elles veulent voir un système en opération dans une vraie PME», estime Marcel d’Anjou, directeur du département de recherche-développement chez Mark Hot.Mark Hot sert donc de «vitrine technologique», et l’entreprise compte bien un jour tirer profit de l’expertise acquise en développant des services de soutien à l’implantation de ces technologies dans les PME.LES ÉCRANS QUI RAPPORTENT Du côté de la conception assistée par ordinateur, les données sont plus difficiles à préciser.Si l’on considère l’ensemble des outils de dessin assisté par ordinateur, il y a peut-être plusieurs milliers d’utilisateurs au Québec ! Si l’on se limite aux systèmes de calibre professionnel, ceux qui pourront un jour soutenir une véritable intégration, l’Association CAO-FAO évalue plutôt entre 75 et 100 le nombre actuel d’utilisateurs.«La table à dessin électronique, c’est peut-être un outil intéressant, mais ce n’est pas une justification suffisante pour investir massivement dans la CAO, reconnaît Yves Carmel.Dans ce cas, on est peut-être mieux de se contenter d’un petit système sur micro.Mais on passe à côté de l’essentiel.Les véritables gains, ils viennent du couplage entre les outils de conception et la machinerie de fabrication, lorsqu’on parvient à optimiser l’utilisation de la matière première, réduire les délais de fabrication, augmenter la précision du design.» Presque toutes les étapes de production peuvent être automatisées.Ici, chez Pratt & Whitney, la vérification informatisée des pièces.i 3-t de deri dei CA tior les « Ce ?oil dei celi Eve det en mai Sur ensi «Cl la si moi Ces 18 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE TECHNOLOGIE pai plus pin au- a 3' S idD11 CRIQ RESEAU MONTREAL DECNET/ETHERNET TRACEUR DESIGN CONCEPTION INDUSTRIEL MECANIQUE W3 A CONCEPTION MECANIQUE MECANIQUE ANALYTIQUE ROBOTIQUE MICRO -» VAX II VT 100-200 COMMANDES NUMERIQUES IBM'PC ILOTS DE FABRICATION METAL EN FEUILLES US NAGE Voici, en schéma, le réseau intégré de production assistée par ordinateur dont dispose le CRIQ à Montréal.Il comprend un réseau de communication, un ordinateur central, des stations CAO-FAO, des micro-ordinateurs et un Micro Vax II pour superviser les opérations d’usinage.Un exemple parmi les quelques dizaines de pionniers québécois: IPL, une entreprise de moulage de produits en plastique de Saint-Damien de Bellechasse, qui a acheté l’année dernière pour 15 millions de dollars de matière première.Un système de CAO permettant l’étude des conditions d’écoulement du plastique dans les moules a permis d’économiser 3% du volume de plastique requis.Ce pourcentage, en apparence insignifiant, représente une économie de 450 000$ par année ! Un autre exemple, dans un «secteur mou» de l’industrie québécoise celui-là : l’usine de vêtements Corning Event de Saint-Léonard, spécialisée dans les vêtements de maternité.Ici, un système Lectra de dessin assisté par ordinateur permet de simplifier la préparation des patrons à partir de «pièces standardisées» conservées en mémoire et de procédures automatisées pour modifier les tailles.Sur écran, un dessinateur dispose ensuite les pièces de manière optimale sur chaque bande de tissu.«Chaque centimètre que je sauve de la sorte représente 0,07 ou 0,08$ de moins sur une blouse, estime-t-il.C’est souvent la différence qui nous permet d’être compétitifs.» Ici, les opérations subséquentes de coupe sont encore réalisées manuellement.Le volume d’affaires ne justifiait pas les investissements énormes en production automatisée.Mais Frank Salerno, vice-président aux opérations manufacturières, reconnaît qu’il faudra bien y venir un jour: «Ce n’est pas compliqué! Dans notre secteur, les seules entreprises qui ont survécu à la crise, elles l’ont fait en adoptant ces technologies de conception assistée par ordinateur.On n’a pas le choix.Il faut se moderniser au rythme de la concurrence ou fermer boutique.» UNE RÉVOLUTION IMMINENTE «Quand on me pose la question, j’ai d’abord tendance à répondre que le Québec a dix ans de retard sur les États-Unis, affirme George Saloum, coordonnateur du groupe de recherche sur la CFAO à l’Institut de génie des matériaux de Varennes (un laboratoire du Conseil national de recherches du Canada).Mais en fait, c’est parce que j’ai tendance à comparer l’état lamentable de nos petites et moyennes entreprises avec les réalisations remarquables des grandes multinationales.C’est une comparaison injuste.Si on regarde plutôt secteur par secteur, pour des entreprises de taille comparable, je dirais qu’on a peut-être un retard de deux ans ! » Gérald Turp, directeur du groupe de CFAO au CRIQ, est encore plus optimiste.«C’est vrai qu’on est peut-être un peu en retard sur les États-Unis dans de nombreux secteurs, mais par rapport au reste du Canada, ce sont les entreprises établies au Québec comme Pratt & Whitney et Mark Hot à Longueuil ou CGE à Bromont, qui ont poussé le plus loin l’intégration des technologies.Et dès lors que l’exemple est donné, beaucoup d’autres entreprises pourraient suivre sous peu.» On parle donc d’investissements majeurs dans ce secteur au Québec, du côté de la FAO essentiellement.«C’est là que les entreprises enregistreront de véritables gains de productivité», estime Clifford Baronnet, en avançant le chiffre de 200 millions de dollars dans la seule année 1987.Jusqu’à deux fois plus l’année suivante.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 19 TECHNOLOGIE Alphonzo Minicozzi, président d’Outils coupants international, parle même du «cercle vicieux de l’automatisation».Il y a quelques années, c’est parce qu’il avait du mal à recruter des artisans-fraiseurs compétents qu’il a décidé de miser sur des machines contrôlées par ordinateur.« Mais ces bras-là, c’est comme s’ils te poussaient dans le dos ! Au bout de deux ou trois ans, de meilleures machines apparaissent et si tu veux demeurer compétitif, il faut les acquérir.Alors tu dois rentabiliser ton achat en moins de deux ans.Il faut donc que ça roule tout le temps ! Ça devient hallucinant», avouait-il récemment, sur les ondes de Radio-Canada.LE CHEVAL DE TROIE N’empêche que jusqu’ici la pénétration des technologies de CFAO a été plutôt lente dans l’industrie québécoise.Gérald Touchette, de l’Institut d’ordinique du Québec (une constituante du Cégep Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse) n’accepte pas le prétexte trop souvent invoqué des réticences syndicales.« Quand on s’arrête pour parler avec les dirigeants des petites entreprises, on constate tout le chemin qu’il y a à faire ! Il ne faut pas se faire d’illusions: sauf exception, c’est pas eux qui prennent l’initiative.Au contraire, si tu veux vraiment vendre une technologie comme la CAO, la meilleure façon, c’est de former des techniciens compétents et de les faire entrer dans l’atelier.Très vite, ce sont eux qui vont réclamer de meilleurs outils et la mutation va se faire en douce, sans conflit, parce qu’elle aura été demandée de l’intérieur.Roland Dugré était autrefois directeur de l’École de technologie supérieure de l’Université du Québec.Depuis près de trois ans, il s’est donné pour tâche de mettre sur pied le réseau de laboratoires spécialisés que regroupe désormais le CQIP.De tous les intervenants du secteur, il est sans doute le plus optimiste: «Il y a quelques années, on pouvait bien parler de robotique et de CAO-FAO, mais si nos entreprises avaient ON ATTEND LES ROBOTS INTELLIGENTS L} exemple de Hewitt Equipment explique fort bien les derniers obstacles à l’automatisation.En 1975, la compagnie (qui vend de la machinerie lourde, de Caterpilar surtout, en l’adaptant aux besoins du client) décide d’informatiser son département d’ingénierie.Elle acquiert ce qui se fait de mieux à l’époque, le système CADAM de Lockheed, vendu par IBM, et décide de coupler ces nouvelles «tables à dessin» électroniques avec une torche au plasma (un dispositif qui assure la taille de plaques de métal).Aucun problème: la torche dont elle fait l’acquisition est un prototype qui sera développé selon ses spécifications ! Un coup de chance, en somme.En fait, si l’on exclut les entreprises du secteur aéronautique, Hewitt était parmi les premières entreprises au monde à faire le saut dans la CFAO intégrée.Onze ans plus tard, Hewitt ne possède toujours pas d’autre machine «branchée» à son ordinateur.«Nous aurions besoin d’un robot soudeur capable de manipuler des pièces très lourdes, reconnaît Jean Robitaille, le pionnier qui avait introduit le système, il y a dix ans.Je peux obtenir un tel robot pour 250 000$.Pour une entreprise comme la nôtre, ce n’est vraiment pas cher! Mais si, pour le faire fonctionner, je dois engager un technologue-programmeur qui réclame un salaire deux fois plus élevé que celui des deux soudeurs qu’il remplace, où sera l’économie?Ne cherchez pas plus longtemps.Si les entreprises n’ont pas plus de robots, c’est parce que ces machines sont encore bêtes.Elles ne voient rien.Il faut tout leur dire.Et pour comble, elles ne comprennent pas encore le langage des ordinateurs de conception.» mi voulu massivement s’automatiser, on n’aurait pas eu suffisamment de ressources humaines.Acheter une machine-outil, c’est facile.Ça prend quelques semaines.Mais former quelqu’un, ça prend des années.Alors il fallait commencer par là.Et au Québec, on a investi dans la bonne filière.C’est par la formation que cette bataille va se perdre ou se gagner, et on est aujourd’hui très bien placé», estime-t-il.N’empêche que, du strict point de vue des équipements industriels, Roland Dugré reconnaît le retard considérable qu’il faudra désormais combler.«Mais les gens commencent à se parler.Nous aurons des laboratoires sectoriels (électro-mécanique; textile; vêtement; matériel de transport; fabrication mécanique; meuble et bois ouvré) un peu partout à travers le Québec.Puis les cégeps commencent à donner un bon support en région.Ça grouille pas mal ! » Et puis, par-dessus tout, les prix baissent.Yves Carmel rappelle qu’en 1981, il fallait compter environ 300 000 à 500 000$ d’investissement par poste de travail de CAO (Com-putervision, Applicon, Intergraph, Prime ou autres).Aujourd’hui, le prix s’établit à environ 100 000 à 120 000 $ par poste, et la puissance de travail s’est accrue ! «Et les nouveaux super-micros annoncent de la puissance informatique encore moins chère alors que, du côté des logiciels, il y a de nouveaux outils qui permettent de développer en moins de deux ans ce qui nécessitait trois à cinq ans de travail jusqu’à maintenant», estime ce conseiller en systèmes.Fernand Landry, du département des technologies physiques du Cégep de La Pocatière, un des plus fortement impliqués dans l’effort d’informatisation des PME, fait le même constat: «Les gens regardent le coût des super-systèmes, des ateliers flexibles les plus performants, et ça les décourage.Mais avant de courir un marathon, il faut faire des kilomètres.Or, nous venons d’automatiser un petit atelier de soudage dans notre région pour moins de 250 000$, et cela comprend les logiciels et l’installation.À ce prix-là, ça se rentabilise vite, et ça devient la meilleure des démonstrations pour les autres entreprises.» 20 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE MADE IN USA Une ombre au tableau, toutefois: on pourrait combler assez facilement le retard du Québec quant à l’informatisation de ses entreprises, mais les machines requises, elles, seront étrangères.Côté matériel, c’est presque le désert: à peine quelques fabricants de machines-outils à contrôle numérique de petites dimensions; un nouveau venu dans le domaine des véhicules automates pour les déplacements de matière en milieu industriel (Tor Group); deux fabricants de robots (dont la firme Sicotte, déjà impliquée dans la machinerie pour l’industrie du bois ouvré); deux ou trois nouveaux venus dans le secteur des contrôleurs de machinerie ou les senseurs, et c’est à peu près tout.Côté logiciel, le panorama est un peu mieux garni.Le programme de recherche de l’Institut de génie des matériaux porte sur le développement d’un ensemble intégré de logiciels de CAO dans le domaine du moulage.La société ACADZ offre un des meilleurs logiciels de conception architecturale qui soient disponibles ; ICAM, de Pointe-Claire, produit d’excellents logiciels de FAO; la firme ACDS, de Hull, spécialisée dans l’architecture et la cartographie (géomatique), a réussi l’exploit de vendre son logiciel à la Chine; Céli-bec, de Trois-Rivières, a fait de même pour la conception de tout le filage de l'usine Saturn de GM; Techtrol termine la mise au point d’un système de CAO de haute performance; Technologies Asyst, filiale du groupe Atkinson Tremblay, a pris un leadership dans l’automatisation du développement de logiciels; les cabinets de génie-conseil Lavalin et SNC travaillent sur de nouveaux outils de CAO et de EAO dans les domaines de la géomatique et des ouvrages hydrauliques, etc.Malgré tout, il s’agit le plus souvent de cas isolés.Rien qui puisse contribuer à équilibrer la balance des paiements, lorsque les entreprises québécoises décideront de plonger dans la productique intégrée.D L'ANTIROUILLE À L'HUILE MÉTROPOLITAIN Une formule brevetée, vous permettant de conserver votre véhicule durant 15 ans La rouille Parmi tous les problèmes auxquels doivent faire face les automobilistes, celui de la rouille en est un de taille.La rouille, hydroxyde de fer, produit de la corrosion du fer en présence de l'oxygène de l'air et en milieu humide, est un mal naturel qui affecte les véhicules.Il existe deux types de rouille: la rouille de surface et la rouille interne.La première origine de la disparition de la couche protectrice, la peinture, et la deuxième, beaucoup plus grave, ronge le métal à partir du dessous de la carrosserie.Les antirouilles Les procédés conventionnels d'antirouille sont connus et offrent des garanties.Aujourd'hui, la majorité des manufacturiers accordent des garanties de trois à cinq ans contre les perforations externes.Mais ces garanties (assurances) ne suffisent pas, à elles seules, à empêcher la rouille de s'installer Le traitement à l'huile Métropolitain est excellent pour tous les véhicules, neufs ou usagés.Il est particulièrement recommandé parce que moins onéreux que les antirouilles conventionnels (moins de 50$) et parce que l'efficacité du traitement est telle qu'une perforation causée par la rouille conservera la même apparence et la même dimension un an plus tard.L'huile, chauffée à 52 °C, a la fluidité nécessaire pour traverser tous les replis de la carrosserie et ainsi stopper la progression de la rouille.La mise au point En partant du principe qu'il fallait protéger le métal de l'action néfaste de I eau, de l’humidité et du calcium avec un enduit d'huile, il se révéla important de considérer les caractéristiques du produit.L'enduit devait avoir les caractéristiques suivantes: visqueux, afin d'adhérer aux surfaces traitées, incolore ou de couleur pâle et aussi limpide que possible, inodore ou du moins être d'odeur agréable.Une formule fut trouvée et ensuite confiée au CRIQ, Centre de recherche industrielle du Québec, pour une analyse sévère et pour apporter les modifications et améliorations qui s'imposaient.Les quatre premiers critères d'évaluation des mélanges effectués en laboratoire étaient les objectifs originaux des travaux: adhérence, couleur, odeur, viscosité.À ces critères de base, venaient s'ajouter: miscibilité des composantes, facilité de mélange.Ainsi, le produit fut constitué de six composantes: trois huiles dont les chaînes de molécules sont de longueurs différentes, des additifs chimiques anticorrosifs et une fragrance pour éliminer l'odeur de l'huile.Le secret L'huile est chauffée à 52 °C et projetée sous pression.L'enduit pénètre donc aisément dans tous les replis de la carrosserie, et ce aussi facilement que l'eau peut le faire; lors de l'application du traitement, l'huile Métropolitain ressort toujours par les mêmes interstices.Cette huile imbibe les tôles et son action pénétrante combinée à une facilité d'adhésion travaille pendant plus d'un an.Un investissement sûr! Un calcul simple permet de constater que pour un investissement de moins de 50$ par an, vous évitez des réparations majeures à la carrosserie (tout près de 1 000$) et pouvez facilement retarder de quelques années l'achat d'un autre véhicule ou obtenir une meilleure valeur de revente, soit une économie de 1 000$ à 10000$ à 15 pour cent d'intérêt par an, ce qui fait du traitement à l'huile Métropolitain un investissement sûr! La garantie Antirouille à l'huile Métropolitain vous offre une garantie d'un an.Si le véhicule reçoit le traitement à tous les ans, la garantie se prolonge pour une durée maximale de 15 ans.Maintenant trois succursales Antirouille à l'huile Métropolitain a maintenant trois succursales à travers la province : soit à Québec, au 2343, bout Hamel, Québec (418) 687-5660; soit à Trois-Rivières (Saint-Louis-de-France), au 1600.bout Saint-Louis (819) 378-8222; et maintenant au 340, Roiland-Therrien à Longueuil (514) 651-5531.Antirouille à l'huile Métropolitain prévoit, d'ici un an, s'implanter à Montréal.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 21 QUÉBEC: IN BOURSES POST-DOCTORALEi A partir de ses fonds de recherche externes, l'INRS offre un nombre limité de bourses post-doctorales à des chercheurs en sciences naturelles, en sciences de l’ingénieur et en sciences humaines dans ses centres de recherches thématiques: Le stage de recherche peut commencer à n’importe quel moment de l’année soit entre le 1e' octobre 1986 et le 30 septembre 1987 et obligatoirement, après l’obtention du diplôme de doctorat.Cependant, il est souhaitable d’en prévoir le début en octobre.?INRS-Eau (Québec) ?INRS-Énergie (Varennes) ?INRS-Géoressources (Québec) ?INRS-Océanologie (Rimouski) ?INRS-Santé (Montréal) ?INRS-Télécommunications (Montréal) ?INRS-Urbanisation (Montréal) En dehors d’une période de vacances normale d’un mois, les boursiers doivent se consacrer exclusivement aux travaux dont ils auront convenu à leur entrée en fonction.Ces bourses permettent à des jeunes chercheurs particulièrement prometteurs de poursuivre des recherches qui coïncident avec les objectifs des divers centres.Aucune indemnité n’est prévue dans les bourses postdoctorales de l’INRS pour l’assistance à des congrès ou pour payer des frais de publication, mais les boursiers peuvent cumuler d’autres bourses dont le total n’excède pas 6,000 $.its É irtl ïiÉtt it II Elles ont également comme objectif de favoriser leur formation dans le cadre d’un milieu de recherche stimulant et dynamique.CARACTÉRISTIQUES Les bourses post-doctorales sont d’une valeur de 22,000 $ pour douze (12) mois et peuvent inclure des indemnités de voyage pour se rendre à l’INRS.Elles peuvent être renouvelées une fois seulement pour une autre période de douze (12) mois consécutive à la première.):i plus te Strom ¦ .ChlI ; Les bourses sont attribuées uniquement pour des travaux de recherche dans les domaines où oeuvre l’INRS, aux candidats ayant obtenu leur doctorat entre le 1e' juillet 1984 et le 1er janvier 1987. PUBLIREPORTAGE IS 1986-1987 -H- ftp | hk I ffitf'I 1É1 I peri Li PRÉSENTATION DES DEMANDES Il n'y a pas de formulaire particulier.Les candidats doivent joindre à leur demande un curriculum vitae, des relevés de notes des études universitaires des divers cycles suivis, et deux lettres de recommandation dont l'une provenant de leur directeur de thèse de doctorat.En outre, les candidatures doivent être accompagnées d'un avant-projet faisant état de l’intérêt des candidats pour l’un ou l’autre des programmes de ITNRS.Il est du reste fortement recommandé aux candidats d'entrer en relation avec les centres qui les intéressent via le décanat, car l’excellence du dossier académique ainsi que la complémentarité avec les domaines de recherche de l’INRS, constituent les éléments déterminants dans le choix des boursiers.Les candidatures devront être soumises au plus tard le 1" juin 1986.Les résultats du concours seront communiqués à la fin du mois de juin 1986 au plus tard.Prière d’adresser les dossiers ou toute autre demande de renseignement concernant l’INRS au: Doyen des études avancées et de la recherche concours 1986-1987 Case postale 7500 2700, rue Einstein Sainte-Foy, Ouébec, Canada G1V 4C7 Université du Québec Institut national de la recherche scientifique INFOPUQ c'est aussi un guide touristique très intéressant et complet.Pour chaque ville et chaque village du Québec, vous y trouvez des renseignements qui vous permettent de profiter pleinement de vos voyages et de vos vacances.En voici un exemple : *> BIC 3 °90 h' ni» Bic désiane an village, un Le vocable Bic oesiu rivière et un chenal, une île, un mont, une nvie lac appelé Petit Bic.BENTILE Bicois, -oise TOPONYME rartier, ce lieu a attiré ,.^10^: ^rs^vi gateurs par sa beauté -t f son^a ,u.net ra^^iUe - !%té municipalité de vi lage du Bic * le ¦fusionnée a la municipalité oe p 29 Lors' de ^deuxième vovage en^S-l^, Jacques Cartier s'arrête dans & du BU^ertdparioird9enHaSvre6d"vi°eux Bic.U lui souvenir du" i our"^51 ^décol \ at i ^ de saint Jean-Baptiste.HISTOIRE sei Céci patronage de "¦'g +évrier 1B30.érection canonique le IB tevri ethnologie s de la Une légende raconte q d'orner la créât i on du monde 1 -^chargé^ ^ ^ terre de ses relie rplus de montagnes composé d pansem 5 imposantes rDChert ?Ue Biquette et l'Ile du Bic, où nïch^la'plus1 importante colonie de canards elders à l'est du pays.- qol-f de IB trous - la Goélette "La Ste-Gemma HEBERGEMENT 2 terrains de camping Le Vieux Manoir Du (418) 736-4345 Hotel Laval De Bic (418) 736-4344 Motel Marino (418) 736-4439 Francais Pour plus d'informations, contactez: INFOPUQ 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy, Qc Canada G1V 2M3 Tél.: de Québec, (418) 657-3551, poste 2647 de l'extérieur, 1-800-463-4799 QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 23 AGRICULTURE VACHES ENSÉRIE JEAN FAQUIN Fécondation in vitro, transplantation d’embryons, création de jumeaux : les techniques les plus modernes de reproduction animale transforment le monde de la production laitière n n’a plus les bovins qu’on avait.L’époque est révolue où le plus beau taureau du comté pouvait jouer au «macho» avec les vaches du coin et espérer avoir des descendants dans plusieurs fermes des environs.Seulement un petit nombre de taureaux, triés sur le volet, servent maintenant à la reproduction de nombreux troupeaux laitiers québécois par l’intermédiaire de l’insémination artificielle.De plus, seules les meilleures vaches donnent des embryons que les autres vaches porteront jusqu’au moment de leur naissance.Et ce n’est là qu’une des formes d’intervention dans le processus de reproduction.Grâce à la fécondation in vitro, on peut maintenant contourner certains problèmes d’infertilité chez des vaches de grande valeur.De plus, on pourra bientôt choisir le sexe des embryons, avoir des jumeaux sur commande.et peut-être manipuler les gènes pour produire les super-vaches dont l’industrie laitière a besoin.DES JUMEAUX SUR DEMANDE «Avec le transfert d’embryons, explique Jacques Tourigny, un des propriétaires de la ferme DesLacs, située dans les Bois-Francs, un producteur peut rentabiliser davantage ses animaux.Il a un plus grand nombre de bonnes vaches à vendre ou, encore, il peut augmenter plus rapidement la production laitière de son troupeau.» Grâce à cette nouvelle technique, une vache peut avoir jusqu’à 30 veaux dans une année.La recette: un traitement hormonal qui lui permet de produire plus d’ovules.On effectue ensuite une insémination artificielle.Normalement, on obtient plusieurs embryons.24 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE vX'Vvav:; '//////, Z///m QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 aammêt ÜMI m ¦ AGRICULTURE Serv.de photo du CHUL 'iC- - < La fécondation in vitro est maintenant une technique de reproduction possible pour les bovins.La laparoscopie (photo 1) facilite le prélèvement des ovules qui, en laboratoire, sont mis en présence des spermatozoïdes (photo 2).Une fois fécondé, l’œuf commence à se diviser (photo 3).On les récolte par lavage de l’utérus, puis on les implante dans l’utérus des «vaches-porteuses».Celles-ci permettront aux embryons de poursuivre leur développement jusqu’à la naissance des veaux.La technique semble complexe, mais elle est aujourd’hui bien maîtrisée.Si bien que, depuis 15 ans, 30 000 veaux sont nés de cette façon en Amérique du Nord.Au Québec, où on utilise commercialement le transfert d’embryons depuis 1979, on compte maintenant plus de 5 000 veaux nés grâce à cette technique.Mais on pousse encore plus loin cette recherche de moyens pour obtenir plus de descendants d’une vache de grande valeur.Comment?En divisant les embryons.On coupe en deux à l’aide d’une lame spéciale un embryon de cinq ou six jours et on obtient ainsi des jumeaux identiques.Lorsqu’en 1981, à Cambridge, en Angleterre, on a réussi la première division d’embryons de bovins, cette technique n’a pas suscité beaucoup d’intérêt.Mais, pour les chercheurs, c’était une véritable aubaine ! Ils pourraient enfin avoir les animaux nécessaires pour réaliser des expériences nécessitant l’emploi d’individus identiques.Par exemple, on peut comparer la production laitière de jumelles élevées dans des conditions physiques différentes et ainsi déterminer les conditions idéales d’élevage.Mais la division d’embryons n’est pas demeurée l’apanage des scientifiques très longtemps.Grâce aux travaux de chercheurs français et américains, on a simplifié cette technique de reproduction qui est maintenant utilisée dans certaines fermes.Un vétérinaire récolte les embryons dans l’utérus de la vache, les sort de leur enveloppe (appelée zone pellu-cide) et les divise en deux.Puis il place une moitié dans l’ancienne enveloppe et l’autre dans une nouvelle, une sorte de gélatine artificielle.Ce travail terminé, il implante chaque demi-embryon dans l’utérus d’une vache.Une technique intéressante pour les éleveurs?Oui, répond Jacques Tourigny, surtout quand leurs vaches produisent peu d’embryons malgré le traitement hormonal.« La semaine dernière, explique-t-il, une de mes vaches a donné 43 embryons transférables, mais on ne connaît jamais le nombre à l’avance.Donc, pour les vaches qui ne donnent qu’un ou deux embryons, c’est intéressant de pouvoir les diviser.» LA HANTISE DES MÂLES Le vétérinaire, lui, se montre moins enthousiaste: «Avant de diviser les embryons, précise-t-il, nous devrons d’abord maîtriser les techniques permettant de déterminer leur sexe.Nous serons alors assurés de multiplier les femelles et non les mâles.» En effet, les producteurs de lait veulent des vaches, pas des boeufs ! Alors, puisque ce sont des jumeaux identiques, pourquoi ne pas sacrifier un des demi-embryons, en étudier les chromosomes et s’assurer que celui qu’on implante donnera naissance à un veau du sexe désiré?On a essayé avec succès cette méthode mais il y a un problème: on détruit un demi-embryon, celui qui a fait l’objet de l’étude.Evidemment, si on pouvait séparer, avant l’insémination, les spermatozoïdes contenant un chromosome femelle de ceux ayant un chromosome mâle, ce serait plus facile.Par exemple, les séparer en fonction de leur charge électrique différente ou de leur poids différent.Mais cela s’est révélé jusqu’à maintenant irréalisable.On doit donc mettre au point des techniques pour déterminer le sexe à partir des embryons eux-mêmes et cela, sans les détruire.C’est précisément ce à quoi travaillent des membres du Centre de recherche en reproduction animale (CRRA) de l’Université de Montréal.En collaboration avec deux laboratoires privés américains, ils étudient une substance, l’antigène H-Y, qui réagit lorsqu’elle est en présence de cellules mâles.26 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE AGRICULTURE Mais cette possibilité de déterminer le sexe des embryons ne semble pas prioritaire pour tous les éleveurs, du moins chez ceux qui font le commerce d’animaux.«Moi, déclare Jacques Tourigny, j’ai peur que le marché de la vente d’animaux soit vite saturé si les producteurs peuvent acheter des embryons dont ils connaissent le sexe.En quelques années, ils pourront se procurer les bonnes vaches nécessaires à la reproduction du troupeau.» Les producteurs achèteraient donc moins d’animaux sur le marché.«Au contraire, selon Richard Landry, la possibilité de déterminer le sexe des embryons, combinée avec de bonnes méthodes de congélation, permettra au marché d’embryons de connaître un grand essor sur la scène internationale.» En effet, ce qui bloque le développement du commerce des embryons, c’est le fait de ne pas connaître leur sexe àl’avance.Vous achetez 1 000 embryons et vous courez le risque de vous retrouver avec 500 mâles dont vous n’avez pas besoin.Encore cette hantise des mâles ! ET LES VEAUX-ÉPROUVETTES Présentement, le producteur doit se défaire d’une vache qui a des problèmes de reproduction à cause d’une infection ou qui est trop vieille, car elle n’est plus rentable.«Mais, pense Jacques Tourigny, si la technique de fécondation in vitro est efficace, il y a des bonnes vaches qui, plutôt que de s’en aller à l’abattoir, pourront continuer à avoir des veaux.Avec des garanties de succès, les producteurs seront intéressés.» Toutefois, cette nouvelle technique de fécondation sera réservée à «l’élite bovine».«Il faut se rendre compte, explique le biologiste Raymond Lambert, directeur du laboratoire de recherche en ontogénie et reproduction du Centre hospitalier de l’Université Laval, que la fécondation in vitro est une manipulation de laboratoire qui coûte relativement cher.En conséquence, ce type d’intervention s’appliquera uniquement pour des animaux de grande valeur.» La méthode est au point.La naissance de six «veaux-éprouvettes», l’été dernier, à la ferme expérimentale de l’Université Laval, a prouvé l’efficacité des améliorations apportées par l’équipe dirigée par Raymond Lambert.Une des innovations, la laparoscopie, permet de prélever les ovules sans recourir à la chirurgie, et ce plusieurs fois de suite si nécessaire.On introduit dans la cavité abdominale de l’animal un petit télescope muni d’une source lumineuse qui permet au manipulateur de voir les organes de la vache.Puis par une deuxième incision, on insère une pince qui sert à manipuler l’ovaire.Avec une aiguille à ponction, on prélèvera le contenu des follicules, c’est-à-dire les ovules.Puis les ovules, une fois fécondés, passent par une période d’incubation de cinq jours dans l’oviducte d’une lapine.Il s’agit d’une étape importante qui permet d’augmenter le taux de succès (voir l’encadré ci-dessous).UN VEAU DANS UNE LAPINE ! A première vue, ça semble bizarre mais c’est une étape essentielle à la réussite de la fécondation in vitro.Dans une éprouvette, les embryons ne peuvent se développer suffisamment pour être implantés dans l’utérus d’une vache.En effet, seulement 5% des embryons atteignent la taille de 16 cellules.Ce taux est insuffisant.La solution : trouver un incubateur plus naturel que l’éprouvette pour les quatre à cinq premiers jours.Ainsi, le docteur Marc-André Sirard, membre de l’équipe du CHUL, a décidé de tenter l’expérience avec des lapines.Après la fécondation, on dépose les embryons dans l’oviducte d’une lapine.Puis, cinq jours plus tard, on tue celle-ci pour récupérer les embryons.Ceux-ci sont ensuite transférés normalement dans les utérus de «vaches-porteuses» où ils poursuivent leur développement.On tente aussi de diminuer le nombre de spermatozoïdes nécessaires pour ne pas gaspiller la pré- cieuse semence d’un taureau de grande qualité.Présentement, il en faut un million par fécondation.Mais, selon Daniel Bousquet (un des membres de l’équipe de Pennsylvanie qui a réussi la première fécondation in vitro chez un bovin, en 1981), l’arrivée de méthodes de micro-injection permettrait d’injecter le spermatozoïde directement dans l’ovule à féconder.Un spermatozoïde au lieu d’un million ! ON JOUERA AVEC LES GÈNES?Les méthodes de micro-injection peuvent aussi servir à introduire de nouveaux gènes et modifier le bagage génétique des animaux.C’est une étape de plus dans la manipulation de la reproduction.Ici, il faut voir le spermatozoïde comme une «usine» de réparation de gènes.En effet, lorsqu’il arrive dans l’ovule, il règne, à l’intérieur du spermatozoïde, une intense activité pour réparer l’ADN contenu à l’intérieur de son noyau.Pourquoi?Parce qu’il peut y avoir des bris au cours du «voyage».C’est donc à ce moment qu’on désire intervenir.On pense qu’en injectant des nouveaux gènes, ils pourraient être incorporés à la structure en réparation.D’ailleurs, aux États-Unis, en 1980, on a créé une souris géante.Comment?En injectant dans le noyau mâle le gène qui contrôle la production de l’hormone de croissance chez le rat.Cette expérience est importante parce qu’elle a démontré qu’il était possible de modifier le bagage génétique d’un mammifère.Du moins, chez des souris de laboratoire.Et chez les bovins?Ici, l’intérêt ne réside pas dans la possibilité de créer des vaches géantes.Ce serait même le contraire : on voudrait des animaux plus petits et plus productifs! On discute donc beaucoup de cette nouvelle possibilité d’intervention dans le processus de reproduction animale.Lors d’un symposium tenu à Davis, en Californie, en septembre dernier, les participants ont discuté QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 27 AGRICULTURE Cinq des veaux nés à la suite des fécondations in vitro qu'a réussies l’équipe du CHUL l’été dernier.DES «ACCOUPLEMENTS» INFORMATISÉS Vous êtes producteur laitier et vous voulez augmenter la quantité de lait produite par votre troupeau de vaches.Comment faire?En choisissant un taureau dont les descendantes sont reconnues comme étant de bonnes productrices.Vous espérez donc qu’il transmette ses qualités à ses nouvelles «filles».11 y a deux façons de faire votre choix: sélectionner un taureau en consultant les catalogues du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ) ou demander à l’ordinateur de ce centre de vous faire des suggestions.Il s’agit ici d’un tout nouveau service offert par le CIAQ.Un service dont la popularité ne cesse de croître.En effet, depuis 1984, l’ordinateur de ce centre d'insémination artificielle a «accouplé» plus de 35 000 vaches laitières.Comment cela se passe-t-il?On commence d’abord par entrer de gènes intéressants.Parmi ceux-ci, il y a celui qui contrôle la production de l’hormone de croissance et celui qui est responsable de la surovulation naturelle chez une espèce de mouton australien (l’espèce Boo-roola).Mais il y a encore beaucoup de travail à faire avant l’application du dans l’ordinateur les données relatives aux vaches de votre troupeau.Puis, l’ordinateur les compare aux données que l’on a sur les taureaux du centre, dans le but de trouver les meilleures combinaisons possibles.Le processus terminé, vous recevez des suggestions pour chacune de vos vaches.Présentement, le système fonctionne en utilisant les données concernant les taureaux de races Holstein et Ayrshire du CIAQ.Toutefois, si vous décidez d’acheter de la semence d’un taureau canadien qui n’appartient pas au centre, on peut introduire dans l’ordinateur les données concernant cette semence.À la suite d’une analyse, on vous dira avec quelle vache les résultats seront les meilleurs.On peut aussi faire la même chose avec un taureau américain à condition que cet animal soit évalué selon le système en vigueur au Canada.génie génétique sur une base régulière en agriculture.Comme l’explique Keith Betteridge, un chercheur du CRRA qui a participé au symposium californien, on doit tout d’abord travailler à bien comprendre le processus qui permet l’incorporation de nouveaux gènes.Chez les bovins, on travaille donc présentement avec des marqueurs, c’est-à-dire qu’on ne vise pas à modifier le matériel génétique des animaux selon des objectifs précis, mais plutôt à faire des tests permettant de vérifier si les gènes injectés sont transmis aux cellules de l’animal.Les travaux se poursuivent donc, notamment dans des centres de recherche américains situés en Pennsylvanie, au Maryland, au Texas et en Ohio et on enregistre déjà certaines réussites chez des lapins, des porcs et des moutons.On a fait des expériences avec des bovins, mais les veaux ne possédaient aucun des gènes qu’on avait tenté d’introduire dans leurs cellules.Le génie génétique offre également certaines perspectives à plus long terme, notamment dans la lutte contre les maladies.«Si on comprenait les mécanismes de certaines maladies, explique Keith Betteridge, et si on pouvait identifier des gènes impliqués dans une certaine forme de résistance, on pourrait, en théorie au moins, penser à leur incorporation et ainsi créer des animaux plus résistants à certaines maladies.» Mais on en est loin actuellement.Toutes ces manipulations pourraient-elles déboucher sur la création de nouveaux animaux?On l’a déjà fait.Par exemple, à Cambridge, des chercheurs ont mélangé des cellules provenant de deux animaux distincts et ont créé, en 1984, un animal mi-chèvre, mi-mouton ! C’est ce qu’on appelle des chimères.Des curiosités sur le plan scientifique dont on ne voit pas l’intérêt pour les producteurs d’animaux domestiques, sinon une meilleure maîtrise des techniques de manipulation de cellules.La voie est donc ouverte à l’arrivée dans nos fermes de «supervaches» très productives et très résistantes aux maladies.Vous désirez vous constituer un excellent troupeau de vaches laitières ?Rien de plus simple! Vous commandez des embryons provenant de vaches ayant de bonnes qualités de production et le tour est joué ! Vos embryons vous donneront les vaches tant désirées.Et pas de mâles indésirables ! ?28 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE L’ UNIVERSITÉ DU QUÉBEC TROIS-RIVIERES Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes qui rayonnent, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscaminpue (UQAT); deux écoles supérieures — l'Ecole nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L'Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 73 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 26 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec laiPS PALEONTOLOGIE Origine de l'Homme L'HYPOTHÈSE AFRICAINE Parce que la Terre s’est fracturée en Afrique l’Homme, ce bipède des savanes, est apparu, nous dit Yves Coppens.Une hypothèse aussi séduisante que son auteur?BERNARD GIANSETTO Métro Trocadéro.Il sort de la station et la tour Eiffel, toute proche, jaillit entre les deux ailes du Palais de Chaillot, ce grand croissant coupé en deux par un architecte intuitif, sans doute désireux d’ouvrir une perspective monumentale sur ce qui devait devenir, avec le temps, le symbole de Paris.Minuscule sur cette scène grandiose, un Homo sapiens sapiens parmi tant d’autres se demande ce qu’il y aura ici dans 100 000 ans.Il se dirige vers l’aile droite du Palais, celle du Musée de l’Homme.Il marche dans un interminable corridor courbe, passe devant la collection des instruments de musique du monde entier: l’endroit est silencieux et désert.Le voici enfin sur le territoire de la paléoanthropologie et de ses collections répétitives de squelettes sagement alignés dans des «garde-robes» qui leur sont réservées.Le bureau où il s’assoit est garni d’une grande carte de l'Afrique ainsi que de fossiles animaux, dont une belle mâchoire d’un éléphant disparu il y a très longtemps.En face de lui, Yves Coppens, directeur du Centre de recherches anthropologiques au Musée de l’Homme, un homme affable, ouvert et simple, au ton posé et doux. ?Chimpanzés Gorilles Australopithèques et premiers Hommes Lac Victoria Lac Tanganyika \ J.-P.Guillaume L Express - - •>., .' ' ' ' Lac Nyass ,» r h- ^ Yves Coppens fut de ces paléontologues qui, pendant 20 ans, ont fouillé la Rift Valley.Selon lui, l’homme résulte de l’adaptation à la vie dans l’aride Afrique orientale, alors que les grands singes, eux, auraient évolué dans la forêt de l'Afrique occidentale.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 31 PALEONTOLOGIE Si l'entrevue ressemble parfois à un cours de paléontologie, elle s’apparente, à d’autres moments, à une conversation entre deux hommes qui se laissent naturellement aller à parler de l’humanité et de son avenir.Tout est lié, bien sûr.La paléontologie elle-même ne consiste plus simplement à ramasser de vieux fossiles qu'un docte personnage examine tranquillement dans un institut.Cette «science qui s’efforce de ranger les êtres vivants en un immense arbre généalogique», comme l’écrit Yves Coppens dans son livre Le singe, l’Afrique et l’homme, est devenue multidisciplinaire.Les grandes expéditions de fouilles comprennent maintenant divers spécialistes (géologues, géomorphologues, paléontologistes, préhistoriens, zoologistes, botanistes, entomologistes, parasitologues, anthropologues) qui facilitent l’interprétation des «archives sédimentaires» de la Terre.«La paléontologie, écrit encore Yves Coppens, va tenter de reconstituer les acteurs et leur décor.» L’acteur le plus connu est une actrice prénommée Lucy.Découverte en Ethiopie lors d’une expédition franco-américaine dont l’un des responsables était Yves Coppens, elle est, avec ses 3,5 millions d’années, notre plus vieil ancêtre connu.C’est aussi une jeune femme très bien conservée puisque, fait exceptionnel, on a retrouvé 40% de son squelette.Poursuivons les présentations.Yves Coppens est, à 51 ans, un représentant éminent de la paléoanthropologie française, l’une des trois premières dans le monde avec celles des États-Unis et de la Grande-Bretagne.Par paléoanthropologie, il faut comprendre le mariage de la paléontologie, centrée sur la biologie de l’évolution humaine, et de la préhistoire qui s’intéresse à l’évolution culturelle de l’esprit humain et de ses créations.Yves Coppens est aussi professeur au Collège de France, vénérable institution fondée en 1530, et membre de l’Académie (française) des sciences (voir l’encadré « L académie de l’élite»).Ses recherches le conduisent à effectuer de fréquents voyages en Afrique, berceau supposé de la naissance de l’homme.Il a élaboré une théorie originale à ce sujet.l£s hominidés seraient apparus sur Terre grâce à un accident géologique qui a eu pour théâtre l’Afrique de l’Est il y a quelques millions d’années.L’effondrement du interne des rifts (des fossés tectoniques), qui court du nord au sud de l’Afrique, de l’Éthiopie jusqu’au Mozambique, a créé une «saignée» comme l’écrit Coppens, une véritable frontière climatique.À l’est, la forêt a disparu pour faire place à une «aridité de plus en plus prononcée car la Rift Valley, en s effondrant, aurait perturbé, par le relèvement de ses bords, le régime des précipitations.» Cette «barrière écologique» aurait paradoxalement accéléré l’adaptation de notre ancêtre à ce milieu difficile et nous aurait, dans le même temps, séparé de nos cousins panidés (singes) demeurés dans la forêt occidentale africaine.De cette époque, nous aurions hérité d’un système nerveux qui va se compliquer et permettre l’apparition de la conscience réfléchie, de la vie sociale, de l’émotion, du langage «et ceci, écrit Coppens, sans doute parce que le milieu difficile où l’homme se trouve exposé l’oblige à un comportement particulièrement attentif; la société se resserre, la mère et l’enfant restent liés plus longtemps, la chasse s’organise en groupe, la nourriture est partagée, tout est mis «naturellement» en oeuvre pour vivre, protéger la progéniture, préserver l’espèce.» En résumé: d’un côté (à l’ouest), l’ancêtre commun (supposé) des hominidés et panidés a pu continuer à vivre confortablement dans sa forêt, en évoluant tranquillement vers le gorille et le chimpanzé; tandis qu’à l’est, il a dû s’adapter bien vite, devenir Australopithèque (Lucy) puis Homo et ainsi pouvoir, quelques millions d’années plus tard, écrire cet article après s’être entretenu avec un éminent paléontologiste.Classé dans le genre Homo sapiens sapiens, il est capable d’utiliser un langage articulé relativement élaboré, ce qui lui permet, accessoirement, de poser sa première question à Yves Coppens : À partir de quel moment devient-on Homo ?Yves Coppens: À mon avis, le genre Homo apparaît biologiquement de manière très claire.Je précise cela parce que les préhistoriens ont tendance à dire que l’homme apparaît en même temps que l’outil, ce que je refuse tout à fait.Mettons-nous dans la peau d’un paléontologiste sans idées préconçues: j’arrive en Afrique orientale où, semble-t-il, sont apparues la famille des hominidés et celle du genre Homo-, je recueille tout le matériel récolté pendant les 20 dernières années et j’étale ça sur une table.Je ne m’occuperai de ces objets que d’un point de vue comparatif, regardant ce qui se ressemble le plus et ce qui diffère.J’obtiens deux tas, deux sous-ensembles des pièces en question.Je m’aperçois que, d’un côté, j’ai mis tous ceux que l’on appelle les Australopithèques et, de l’autre, j’ai réuni tous ceux que l’on appelle Homo habilis, Homo erectus ou Homo sapiens.Comment le genre Homo se démarque-t-il?Il est plus droit; la musculature de ses membres inférieurs et supérieurs est plus grêle et garde moins de traces du grimpé aux arbres; les articulations sont modernes et le genou n’a plus cette laxité que conservent les grands singes et les Australopithèques parce qu’ils continuent à grimper aux arbres; la denture, ce qui est très important, est celle d’un omnivore; et l’encéphale apparaît plus gros, beaucoup mieux irrigué.Québec Science: Votre grande idée, c’est de dire qu’on ne trouve des hominidés qu’en Afrique de l’Est.C’est un peu provocant car on a l’impression — et vous le laissez entendre — que s’il n’y avait pas eu cette cassure de l’écorce terrestre, il n’y aurait pas eu d’hommes.Je ne sais pas si vous le pensez.?Y.C.: Oui, oui.Q.S.: Donc l’apparition de l’homme est due au hasard.Y.C.: Oui, aux circonstances; ce n’est pas pareil: car il faut que les circonstances soient un hasard.C’est un fruit de la tectonique, en somme.32 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE PALÉONTOLOGIE 'e st Di, Il Mill} mt ma ‘ ; I idlr srîil v Ils i:; lïî! pli! :ll« a® d'n :oop a nt pii in- jrtt s « ril nil Yves Coppens était l'un des responsables de l'expédition en Ethiopie, au cours de laquelle on découvrit les restes fossilisés de Lucy, notre plus vieille ancêtre.Sur la photo de droite, on peut voir (au centre) les restes du crâne de Lucy, comparé au crâne d’un chimpanzé moderne (à gauche) et à celui d’un homme moderne (à droite).QUI EST LUCY?[ST Baptisée «Lucy» à cause d’une chanson des Beatles (Lucy in the sky with diamonds) que les membres de l’expédition d’Hadar en Afar éthiopien chantaient souvent le soir au > coin du feu en écoutant une vieille cassette, les découvreurs de y notre ancêtre l’ont aussi baptisée d’un inévitable nom latin: ¦g Australopithecus afarensis (Johanson, White et Coppens 1978).T Pour sa part, Yves Coppens, en désaccord amical avec ses collè-| gués américains, préfère parler de Pré-Australopithecus.| Au-delà de cette délicate question d’étiquetage, Lucy a été S pour tous une révélation, pour ne pas dire une apparition.Elle ^ «apportait une certitude», écrit son «inventeur», Donald Johanson; «nous avions là une petite créature à cerveau de singe, dont le bassin et les os des jambes étaient presque identiques, en fonction, de ceux des hommes modernes.Maintenant je savais (.) que les hominidés marchaient debout trois millions d’années avant Jésus-Christ.Et, chose encore plus surprenante, ils avaient marché avant que leurs cerveaux n’eussent commencé à se développer.» Mon hypothèse repose sur une constatation toute simple.Je pars en Afrique orientale en 1963.J’y retrouve des collègues anglais qui y étaient déjà, mais qui démarrent pratiquement à ce moment-là la grande opération est-africaine; on est une demi-douzaine d’équipes à fouiller pendant 20 ans dans ce trou de la Rift Valley et on recueille des centaines de milliers de fossiles.On arrive seulement, 20 ans après, au bout de l’analyse de tous ces fossiles.On constate que, dans ces restes d’êtres vivants, il y a des quantités de primates mais de ceux qu’on appelle les hominoïdes, on ne trouve que des hominidés.Que des HO-MI-N1-DÉS.Et pas du tout de panidés, pas du tout de grands singes ! D’autre part, les nombreux écrits parus en biologie moléculaire ou en cytogénétique depuis une vingtaine d’années disent et redisent que les grands singes et les hommes, autrement dit les panidés et les hominidés, sont si proches, sur le plan protéinique ou sur celui de leur carte génétique, qu’ils ne doivent être séparés que par quelques millions d’années seulement, une distance extrêmement petite.Alors d’un côté, nous sommes très, très proches cousins — 99% des protéines sont les mêmes — et, d’un autre côté, quand on s’adresse aux archives du sol, on trouve les uns, on ne trouve pas les autres.Il y a là une contradiction qu’il faut expliquer! D’où ma proposition; les uns et les autres n’ont jamais été mélangés, n’ont jamais été ensemble.Les uns représentent l’adaptation des ancêtres QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 communs à un certain milieu et les autres représentent une autre adaptation des mêmes ancêtres communs à un autre milieu.C’est tout ! Q.S.: Mais si les singes ne pouvaient pas vivre dans ces zones semi-désertiques, on peut imaginer, par contre, qu’il ait pu y avoir des hominidés dans la forêt mais qu’il est impossible d’en retrouver des traces car on ne peut pas y faire des fouilles.Dans ce cas, les hominidés existaient déjà avant la cassure?Y.C.: Oui, il se peut que des hominidés préexistent à cette transformation climatique, auquel cas mon hypothèse ne serait pas bonne.C’est cette possibilité qui m’incite à participer à une opération en Afrique occidentale, au Cameroun.Pour aller voir si, d’abord, on peut trouver quelque chose, puis si ce que l’on trouve, c’est aussi un Australopithèque — dans ce cas, mon idée ne serait pas bonne —, ou si, au contraire, c’est un pré-chimpanzé — alors mon idée serait encore bonne, si j’ose dire.Ça ne sera jamais une démonstration totale.Il y a déjà eu deux campagnes de fouilles, mais on n’a pas encore trouvé LE site qui peut donner la réponse.À cause de la forêt, c’est bien moins simple qu’à l’est.Q.S.: Projetons-nous maintenant dans l’avenir, ou même dans le présent: il n’y a aucune raison pour que l’évolution se soit arrêtée au stade actuel?33 PALÉONTOLOGIE Y.C.: Aucune raison.D’une part, il y a des vitesses différentes d’évolution, c’est-à-dire que les êtres vivants n’évoluent pas tous à la même vitesse.C’est la raison pour laquelle les horloges moléculaires proposées par nos collègues biologistes ne sont pas si sûres que cela, parce qu’elles s’appuient sur une vitesse d’évolution constante.D’autre part, l’homme a inventé la culture : il a prolongé son bras par des objets et puis ces objets ont pris de plus en plus d’importance.Ils ont pris une importance telle que cette évolution culturelle est venue, petit à petit, recouvrir et supplanter, mais pas totalement, l’évolution biologique.Q.S.: Qu'est-ce qui vous permet d’affirmer cela?On n'a pas tellement de recul.Y.C.: C’est vrai, il n’y a pas le recul adéquat.Mais depuis l’avènement du genre Homo et depuis son développement culturel, il semble que nous ayons affaire à un développement continu qui pourrait être une résultante de l’évolution culturelle.L’évolution biologique semble moins rapide et même de moins en moins rapide au fil de cette évolution du genre Homo.Mais il est vrai que celui-ci a, pour les plus optimistes, quatre millions d’années, pour les gens normaux, 2,5 millions d’années, ce qui est une toute petite perspective.Q.S.: Cela expliquerait, selon vous, la difficulté de séparer distinctement les genres habilis, erect us, sapiens?Y.C.: Absolument.Les limites sont tout à fait floues.Q.S.: Si malgré tout l’évolution se poursuit aujourd’hui, avez-vous une idée du sens dans lequel elle va?Quelle nouvelle espèce apparaîtra ou est peut-être déjà apparue?Y.C.: Quand on étudie l’évolution du genre Homo, on constate que c’est le développement de son système nerveux central qui, avec le redressement du corps, a été la raison de son succès.Ce système nerveux n’a cessé de se développer, à la fois en quantité et en qualité.Alors on peut imaginer qu’une évolution future se ferait aussi pendant un certain temps dans le sens d’une continuation de cet enrichissement du système nerveux central.Et quand on fait des courbes, que l’on représente graphiquement l’évolution de ce système depuis Homo habilis et même avant, on constate que pour Y Homo sapiens actuel, il y a encore une petite marge d’accroissement possible à la fois de la taille et de la qualité du cerveau.Jusqu’à une limite qui n’est pas très éloignée, mais qui peut être de quelques millions d’années quand même.Je suis en train de m’amuser à modéliser ça, à fournir à l’ordinateur les données évolutives des dix derniers millions d’années pour voir un peu ce que peuvent donner les dix prochains millions d’années.Il peut se produire une utilisation meilleure de ce qui existe déjà.Les connexions sont beaucoup plus riches dans certaines zones de l’encéphale que dans d’autres.Autrement dit, il peut y avoir aussi une évolution dans le sens d’un enrichissement du simple réseau déjà en place: une augmentation du nombre des neurones, un enrichissement du tissu nerveux proprement dit.Q.S.: Et qui donnerait éventuellement un accroissement des capacités intellectuelles ou sensitives?Y.C.: Forcément oui.Plus rapides, plus efficaces.Q.S.: Des découvertes récentes en paléoanthropologie semblent montrer que l’évolution biologique n’entraîne pas nécessairement, du moins pas immédiatement, une évolution culturelle.Y.C.: Tout a l’air de se passer comme si l’évolution technologique prenait du retard sur l’évolution biologique et se produisait avec un décalage.11 y a un double décalage en fait.Car mon ami Jean Chavaillon (préhistorien français effectuant des fouilles en Éthiopie) a découvert, pour sa part, que le genre de vie, lui aussi, ne suivait qu’avec retard l’évolution technologique.En résumé, l’homme évolue d’abord biologiquement, puis il y a un frein, une tradition technologique, une inertie à bouger avant que ne se fasse finalement l’évolution culturelle.Et l’évolution culturelle est réalisée alors que le comportement, le genre de vie, lui, est encore plus inerte, plus difficile à ébranler.Mais, troisième étape, il finit aussi par se transformer.On peut d’ailleurs vérifier ce phénomène dans nos propres sociétés actuelles.Bien souvent, il ne sert malheureusement à rien de faire des mises en garde contre les écueils qu’ont affrontés d’autres sociétés avant nous ou les erreurs qu’elles ont commises.Qu’il s’agisse du racisme en France ou de l’explosion démographique dans le monde, la société a un comportement animal: les spécialistes lancent des avertissements mais l’information ne passe pas la rampe, ne passe pas le crâne parce qu’on n’a pas l’habitude de manipuler ces concepts.Et puis on se dit qu’on sera peut-être l’exception.La société est un corps en soi, et ce corps met un certain temps à absorber et digérer.Et on croit que la société est tout à fait libre et que l’individu n’a aucun problème de liberté de mouvement : on appartient bien au monde animal ! Q.S.: Dans votre livre, vous parlez de «l’apparition insolite du phénomène culturel et de son développement extravagant».Que voulez-vous dire par «développement extravagant»?Y.C.: Lorsque vous étudiez l’évolution du monde vivant, vous arrivez, après des milliards d’années, à un primate qui se redresse, puis qui, tout d’un coup, ne se contente plus de l’outil que représente son corps, mais prolonge cet outil.Et ce de manière permanente et en grande quantité.Il se met à ramasser du bois, des os, des cailloux et il commence à taper dessus et à s’en servir.Cette présence complémentaire, que je considère au début comme tout à fait anecdotique, devient envahissante.« L'humanité, avec ses cinq milliards d'individus, est étonnamment bonne et disciplinée.» 1 34 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE PALÉONTOLOGIE Ul[(- SillS ipæ Olll- tlï lien ipais usa laid duc itle icul, tilt, iciut mer.îuo- fc lise- l'an- BIS làli ¦P- .ü ipsà liait nu- iW’ a«L «il lise ince jl»- L’ACADÉMIE DE L’ÉLITE Le 24 juin 1985, Yves Coppens était élu à l’Académie des sciences.C’est à la fois une reconnaissance et un honneur que d’être admis au sein de cette vénérable institution française créée en 1666.Nous lui avons demandé s’il y trouvait quelque autre intérêt.«C’est une institution de prestige qu’il est très agréable d’atteindre, répond-il sans détour, surtout lorsqu’on a été élevé dans un milieu scientifique puisque mon père était physicien, élève d’Irène Joliot-Curie.» Pour Yves Coppens, il serait «hypocrite» de ne pas avouer d’emblée que l’Académie des sciences représente le couronnement d’une carrière française.Mais il y a plus: «Elle a un corps éditorial extrêmement important, ajoute-t-il.C’est une institution qui publie trois volumes chaque semaine! C’est unique au monde.Alors l’un des intérêts que j’y trouve, c’est de m’occuper activement de cette partie éditoriale qui concerne ma discipline afin au moins d’en maintenir le niveau sinon de l’élever et de rester dans le concert des grandes publications internationales.Ces comptes rendus de l’Académie ont beaucoup perdu depuis quelques années, depuis que l’essentiel de la littérature scientifique est devenu anglophone, mais ils gardent une certaine notoriété.» En outre, précise Yves Coppens, quand le gouvernement français a besoin d’un avis ou d’un rapport sur une question d’intérêt scientifique, c’est à l’Académie des sciences qu’il s’adresse.Celle-ci entretient par ailleurs des relations avec les autres grandes académies nationales.Toutefois, estime-t-il, c’est sur le rôle et la place de la langue française que semblent se jouer son avenir et le difficile maintien de son rayonnement.Ce phénomène culturel devient plus qu’une nécessité, il devient probablement une contrainte.Il nous envahit, nous submerge chaque jour.Il n’y a pas un geste que l’on fasse — oui, il y en a quelques-uns quand même — mais il n’y en a plus beaucoup qui ne soient pas culturels.Alors, l’histoire de la vie, c’est 3,5 milliards d’années, dont trois millions (vous vous rendez compte!) d’une histoire que j’appelle forcément «insolite».C’est une accélération que j’appelle «extravagante».Q.S.: N’est-ce pas justement la civilisation qui masque l’animalité dans l’homme et qui expliquerait la difficulté de répondre à certaines questions?Par exemple, pourquoi l’homme n’est-il pas capable de résoudre un certain nombre de problèmes?Une des grandes interrogations est de savoir pourquoi on ne peut mettre un terme ou un frein à toutes les horreurs du monde.Comme si l’animalité était cachée, mais dominante en fait, derrière tout l’appareil technologique.Y.C.: Il y a certainement un aspect animal.Mais il y a aussi un côté raffiné qui, lui, ne peut être lié qu’au développement intellectuel et culturel de l’homme.Je dirais presque de manière scandaleuse que l’humanité, avec ses cinq milliards d’individus, est étonnamment bonne et disciplinée.Je trouve que la place de ses violences, de ses perversités est tout à fait modeste.Q.S.: Vous pensez que ce sont des épiphénomènes?Y.C.: Non, non, je pense que c’est tout à fait inhérent à la nature humaine, à la nature humaine actuelle en tout cas ; elle peut se transformer.Je suis très surpris encore une fois par la grande organisation de l’humanité.La manière dont se gère ce corps de cinq milliards d’individus, sur un espace qui n’est pas immense, me frappe de la meilleure façon.Je trouve qu’elle s’en sort très bien, l’humanité.Elle a, et de plus en plus, un grand contrôle sur elle-même, notamment grâce aux organisations internationales.Je ne veux pas être résolument, bêtement optimiste et à l’opposé de tous les mouvements pacifistes; bien au contraire, je partage tout à fait leur point de vue.Mais en considérant ces événements depuis une certaine altitude de vol et durant un temps suffisamment long, moi ça ne me frappe pas beaucoup ces petits coups de feu.Par rapport aux dimensions de la Terre, ce sont des égratignures.?Pour en lire plus Yves Coppens, Le singe, l’Afrique et l’homme, Fayard, collection Le temps des sciences, Paris, 1984 Donald Johanson et Maitland Edey, Lucy, une jeune femme de 3,5 millions d’années, Robert Laffont, Paris La Recherche, n° 165, avril 1985, «Les premiers habitants d’Éthiopie», par Jean Chavaillon.Une femme ou deux.Film de Daniel Vigne (1985) dans lequel Yves Coppens a conseillé Gérard Depardieu qui joue le rôle d’un paléontologiste découvrant «la première Française» QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 35 mrmë Comment expliquer ces bleus et ces verts qui habillent les oiseaux et les papillons?Texte et photographies de ÈVE-LUCIE BOURQUE 1s semblent porter des habits de brocart, de satin, de velours: Ou encore, se parer de miroirs, de cristaux irisés.Le jeu de la lumière les transforme souvent en couleurs frémissantes.Mais pourquoi ces animaux apparaissent-ils en bleu et en vert?Et pourquoi autant de nuances dans leur coloris?Le ___________ secret réside dans la structure même de leur «étoffe», soit les plumes chez l’oiseau et les écailles chez les papillons.Ces bleus et ces verts tirent leur origine, selon le cas, d’une recette chimique interne ou encore d’effets optiques expliqués par la physique.LES GÉNÉRATEURS DE COULEURS Il y a deux façons de générer la couleur.La première, c’est par l’intermédiaire de pigments.La seconde, c’est par l’interaction de la lumière avec la structure fine de la plume et de l’écaille.Prenons tout d’abord la plume.De chaque côté de son axe principal se dressent les barbes, visibles à l’œil nu.À l’aide d’un microscope, on distingue les barbules, c’est-à-dire tout un réseau de minuscules tiges armées de crochets.Ces derniers assurent la cohésion des barbes entre elles.Des pigments noirs, gris, bruns et beiges peuvent colorer ce réseau et, de ce fait, les plumes elles-mêmes.Toutefois, on n’y retrouve aucun pigment bleu, ce qui tend à prouver que le bleu possède une origine physique et non chimique.On dit que c’est une couleur optique, ou encore structurale, car elle est produite par l’interaction de la lumière à la surface et à travers la structure fine de la plume.En effet, la structure absorbe toutes les couleurs du spectre, sauf le bleu qu’elle réfléchit (photo 3).Lorsque ce bleu optique se combine à un pigment jaune, on obtient du vert (photo 4).Les barbes (1) se dressent de chaque côté de l’axe principal de la plume.Les barbules (2), armés de crochets, assurent la cohésion des barbes entre elles.La position de la source lumineuse met en évidence sur la queue du Couroucou la complexité du phénomène des couleurs (photos 3, 4).1 O CQ U 37 —I • .¦ V, .mm NATURE WmmWli Wmm Wlmm wmm mm/!.i imm mM 'WwMm il *¦ ' ~~y~' ' -Vî tl.*-'.* »•.; ïl.ç- ^ 7/ '///, Wmà Mr:‘^ ÆM i' •.’ 'm/lm ÜUttÿfrf • .r?‘ ‘ WiBfÉÊkéi, sapisi mm .Vf 'ma ÉSMl^fcS: 6 7 •iV/rv;v: Section d’ailes iridescentes de \'Ornithoptera priamus vert et du Morpho didius (photo 5).Le Trogonoptera trojana se transforme selon l’angle d’observation (photos 6, 7).Les écailles du papillon se superposent comme des bardeaux.Des lignes verticales, en réseau, parcourent l’écaille: ce sont les rides (photo 8).Sur cette section fortement agrandie d’un certain type d’écaille, on aperçoit les lamelles (1) sur les rides (2), les parois des rides (3), les ponts (4) et les «fenêtres» (5) (photo 9).Jean-Paul Laplante »?9 3-*- • i 38 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE NATURE La structure fine de la plume présente une conformation fondamentalement tubulaire.La modification de ces minitubes provoque les nuances des bleus et des verts, les rendant veloutés ou brillants.Ainsi, les aspérités présentes sur les barbes et barbules diffusent la lumière.Il en résulte des couleurs veloutées (photo 2).L’aplatissement et l’élargissement des barbes et barbules agiraient comme des réflecteurs, faisant ainsi briller les couleurs.L’EFFET BULLE DE SAVON Cependant, le nec plus ultra de la brillance provient des couleurs irisées comme celles de l’arc-en-ciel.Le chatoiement de certaines plumes chez le paon (photo 1) illustre bien le phénomène de l’iridescence.Il provient d’un type de réflexion encore plus spécialisé à la surface des barbes et barbules.L’intérieur nacré d’un coquillage, la trace d’huile étalée sur l’asphalte ou encore la bulle de savon s’irisent sous la lumière.Un rayon de lumière blanche comprend toutes les couleurs du spectre.Au moment où ce rayon pénètre dans la couche transparente, il se décompose selon les différentes couleurs du spectre.Celles-ci sont alors déviées chacune à leur manière, puis se réfléchissent sur la membrane intérieure et ressortent sous certaines longueurs d’onde.La conformation de la mince couche réceptrice de lumière déterminera l’étendue des couleurs du spectre que l’on pourra admirer.Chez l’oiseau, l’iridescence résulte du réseau aplati des barbes et barbules et de la présence d’une mince pellicule.De nombreuses espèces de papillons possèdent des écailles iridescen-tes.Dans le cas des Morphos, la disposition oblique de certaines structures sur les écailles et leur effet régulier d’empilement — comme de petites assiettes dans un lave-vaisselle — ne peuvent produire que du bleu.En effet, dans ce cas-ci, les couleurs ne se réfractent que selon un certain angle.Ces structures agissent, en effet, à la manière d’un prisme, ne pouvant produire qu’une seule couleur et gardant prisonnières toutes les autres.Chez d’autres espèces, la modification de l’angle de ces structures fera apparaître d’autres couleurs.L’iridescence des Morphos met en relief une particularité des couleurs optiques : la présence répétée et régulière de certains éléments entraîne la formation de ces couleurs.Pour cette raison et à condition de respecter cette configuration, pratiquement n’importe quelle partie de l’écaille peut produire de la couleur.MIROIRS ET RÉFLECTEURS Les plissements ou rides parallèles qui traversent l’écaille peuvent porter de véritables petits miroirs collecteurs; dans d’autres cas, ce sont les parois des rides qui réfléchiront la lumière; des «fenêtres», entre les rides, peuvent s’ouvrir sur l’intérieur de l’écaille.La lumière réagit alors spécifiquement avec ces éléments.Chez les papillons, les verts et les bleus peuvent, par exemple, être produits par des pigments et par des processus physiques tels que décrits précédemment.La combinaison de pigments et d’iridescence peut aussi donner la nuance finale.De même, la superposition des écailles, à la manière de bardeaux, déterminera la couleur finale.Ainsi, chez les Morphos, le chevauchement d’écailles transparentes et d’autres opaques permet l’apparition d’effets colorés spéciaux.D’autres types d’écailles, opaques et équipées de miroirs sur les rides, produisent des couleurs encore plus brillantes.Beaucoup de mécanismes interviennent dans la création de la couleur.Les recherches en microscopie électronique vont bon train pour cerner les générateurs de couleur et comprendre leurs subtils mécanismes.Peu à peu, se précise le délicat puzzle des transformateurs de lumière.?De haut en bas, Morpho neoptelemus, ^ didius et sulkowskyi.QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 QUE MANGEREZ-VOUS EN LAN 2000?Les mets que l’on mangera en l’an 2000, bien que présentés sous une apparence qui nous est familière, auront une composition tout à fait différente FRANÇOIS GOULET /^3SSila® omme plat principal, nous vous offrons aujourd'hui le jl?choix entre le poulet cloné et le poulet protéique.À moins que vous ne préfériez le pâté de protéines d’organismes .\ unicellulaires, garanti 100% naturel! çe menu vous dégoûte-t-il?C’est peut-être celui que nous réserve l’avenir.Les chefs qui le proposent travaillent moins dans des cuisines qu’en usines et laboratoires.Pour abaisser ses coûts, l’industrie agro-alimentaire veut produire des plantes et animaux croissant plus rapidement, quand elle ne cherche pas tout simplement à les remplacer par des imitations.Québec Science est allé fouiller dans les chaudrons pour savoir ce qu’il y aura à dîner dans 20 ans.LA POULE QUI RÊVE D’ÊTRE GROSSE COMME UN BŒUF Le mot clé est, bien sûr, biotechnologie.Les efforts de la recherche dans ce domaine sont considérables.Mais il y a loin de la coupe aux lèvres.Il est souvent question des tentatives pour rendre les végétaux capables de Fixer l’azote présent dans l’atmosphère. luOOO 82910 36449^ ALIMENTATION Moins connues peut-être sont les manipulations génétiques sur les animaux d’élevage.L’objectif ici est emprunté à la terminologie des gestionnaires: la productivité du bétail doit augmenter.Au collège McDonald de l’Université McGill, le docteur Urs Kuhn-lein, professeur de zootechnie, travaille à cet objectif.lia reçu440 000$ du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et 130 000$ de Shaver Poultry Breeding Farms, considérée comme une des meilleures entreprises d’élevage de volailles au monde, pour «améliorer la productivité» des poulets.Pour y arriver, il veut introduire dans leurs cellules reproductrices des gènes exprimant la résistance à la maladie et la croissance.«Je dois d’abord mettre au point une méthode pour transférer dans la volaille les gènes clonés », explique le docteur Kuhnlein.Une telle méthode existe déjà pour des mammifères.En effet, une équipe de chercheurs des Universités de Pennsylvanie et de l’État de Washington a annoncé en juin dernier, dans la revue Nature, qu’elle avait réussi à introduire par micro-injection le gène de la croissance dans le noyau d’ovules de lapin, de mouton et de porc.Pour ce faire, les chercheurs ont travaillé à vue, utilisant des techniques complexes de microscopie.Pour réaliser la même performance, le docteur Kuhnlein doit travailler à l’aveuglette, le noyau de l’ovule de poule étant plus opaque et masqué par la coquille, ce qui rend la tâche plus difficile et plus délicate.Théoriquement, de telles manipulations génétiques pourraient produire des animaux plus gros, et cela plus rapidement et avec moins de nourriture.Toutefois, le docteur Kuhnlein garde les pieds sur terre.«Les éleveurs ont déjà fait des miracles au cours des siècles; le poulet moderne est extrêmement éloigné de ses ancêtres», dit-il, en précisant que les résultats des recherches ne sont pas garantis.Les éleveurs ont effectivement fait de grands progrès, même sans l’aide de la biotechnologie.En 1950, S-tt—'— :;a| .— .i.—^ î 1 !/-< Le projet du docteur Urs Kuhnlein, de l’Université McGill: améliorer la productivité des poulets en utilisant la manipulation génétique.la production de 1,6 kilogramme de poulet à griller nécessitait 13 semaines et 5,6 kilogrammes de moulée.Aujourd’hui, il faut 7 semaines et 3,1 kilogrammes de moulée pour obtenir le même résultat.Quant aux poules pondeuses, elles sont passées de 180 œufs par année et 12 œufs par 3 kilogrammes de moulée en 1960 à 250 œufs par année et 12 œufs par 1,7 kilogramme de moulée en 1985.Produire plus et en moins de temps: un objectif qui mobilise l'industrie de l'élevage Et advenant que le génie génétique puisse faire mieux et créer une poule grosse comme un bœuf, ou un bœuf gros comme un éléphant, le docteur Kuhnlein laisse entendre qu’il faudra encore de longues recherches pour vérifier notamment les taux d’hormones stéroïdes dans les viandes génétiquement manipulées.Selon lui, l’ingénieur généticien est un peu comme un maçon qui «place une autre brique dans un édifice, espérant que l’ensemble va toujours tenir».Or, il semble que l’édifice puisse avoir des problèmes de structure.Il rapporte que des souris aux- quelles on avait injecté l’hormone de croissance ont développé des troubles de fertilité.C’est moins grave que d’être cancérogène, me direz-vous, mais c’est quand même bien embêtant pour un industriel qui veut que son «unité de travail transmette sa productivité à d’autres unités de travail».UNE DINDE SANS VIANDE En attendant de goûter aux radis gros comme des pastèques et au gigot d’escargot que nous laissent espérer les manipulations génétiques, verrons-nous dans notre assiette les substituts de viandes?On connaît déjà le surimi, pâte de poisson qui peut être façonnée pour imiter le crabe ou les pétoncles (voir «Fruits de mer «Made in Japan»», dans Québec Science, mars 1985).Mais, selon les experts, le véritable substitut sera plutôt celui où des protéines végétales ou dérivées de produits laitiers remplaceront les protéines animales.Dans le Figaro Magazine du 22 décembre 1985, un chercheur de la firme française Sanofi présente cette recette de simulacre de carotte : « Une pincée de gélatine, un zeste de carotène, une cuillerée de pectine et le tour est joué ! » Dans le même article, on présente une dinde sans la moindre parcelle de viande.Le produit est vendu en Grande-Bretagne depuis deux ans sous le nom commercial de mycoprotéine par la compagnie Rank-Flovis and McDougal.Il s’agit d’une pâte de protéines produites par des bactéries, mise en forme et aromatisée grâce à des agents de saveur.On les appelle aussi protéines d’organismes unicellulaires, ou P.O.U.Les bactéries peuvent recycler en protéines une multitude de résidus agro-alimentaires : pelures de patates, eaux de fermentation de brasseries et distilleries.«En théorie, les P.O.U.peuvent être produites de façon très économique, en grandes quantités dans des volumes relativement restreints», estime le docteur Ken Gregory, recteur du département de microbiologie de l’Université de Guelph, en Ontario.II s’intéresse justement à la production de P.O.U.42 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE ALIMENTATION 1 f t*,\ !mk o o- c o < 3 0 3 = 0 0 â S ^ Q>' C/3 a * a c CD CD 3 CD 3 0» CL û) a.ABONNEZ-VOUS! CHEZ VOTRE LIBRAIRE PARTICIPANT OU EN NOUS FAISANT PARVENIR CE COUPON D'ABONNEMENT Au Canada: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 25$ ?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 44$ À l'étranger: ?Abonnement régulier (1 an/12 numéros): 35$ ?Abonnement Spécial (2 ans/24 numéros): 61 $ En France: ?Abonnement régulier (1 an/l2 numéros): 225 FFt.t.c.?Abonnement spécial (2 ans/24 numéros): 385 FFt.t.c.?Abonnement ?Réabonnement ?Changement d'adresse 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1—1—1—1—1—1 31 NOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 l l 1 1 1 1 1 1 L 1 1 LU 60 LU 61 PRÉNOM 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 80 , 1 7 8 9 NUMÉRO 1 1 1 1 1 1 1 1 1 RUE APP 1 1 1 1 1 1 1 1 1 28 1 29 VILLE 1 1 1 1 1 1 1 1 1 PROVINCE 1 1 1 1 1 1 1 1 1 48 J 1 TÉLÉPHONE 1 1 1^l i I 49 ?Chèque Compte ?Visa ?Mastercard n° 68 69 CODE 74 ?Mandat postal Date d'expiration- Signature-—- Faites votre chèque à /'ordre de: QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec GIT 2R1 Pour informations: de Québec: 657-3551, poste 2854, de l'extérieur sans frais: 1-800-463-4799 Pour la France, faites votre chèque à l'ordre de: DAWSON FRANCE, B,P.40, 91121, Palaiseau, Cedex Tarifs en vigueur jusqu'au 1er juin 1986 J QUÉBEC SCIENCE • MAI 1986 53 LE NERF DE U GUERRE, C’EST LE DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE Grandes entreprises ou PME, des technologues travaillent pour vous! Les connaissez-vous?Les utilisez-vous?ILe nerf de la guerre c'est eux! Ordre des Technologues des sciences appliquées du Québec 4152 rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2W2M5 (514) 845-3247 Station de * Hcc-MfcRCHE O • CE'' RAPPROCHEZ-VOUS DES BALEINES Cet été, joignez-vous à l’équipe de la station de recherche des îles Mingan dans ses études sur les grandes baleines.Pendant dix jours, participez aux recherches sur les rorquals bleus, communs, à bosse, petits rorquals, marsouins et dauphins du Golfe St-Laurent.Notre implication dans la recherche sur les cétacés remonte à 1976 et nous vous invitons à venir partager cette expérience avec nous.Du 21 juin au 30 octobre, nous vous offrons des stages d’une durée de 1 à 10 jours impliquant sorties en mer avec bateaux pneumatiques, visite des îles Mingan avec guides interprètes et autres activités naturelles et éducationnelles.Ou encore, nos stages d’une durée de 7 jours sur voilier de 40 pieds vous permettant d’allier l’observation de baleines et la voile dans l’estuaire du St-Laurent.Réputée comme un des meilleurs endroits au monde pour l’observation de la très rare baleine bleue, la région des îles Mingan saura également vous charmer par sa géologie unique et ses nombreuses richesses naturelles, notamment sa grande diversité d’oiseaux marins.POUR TARIFS, RÉSERVATION OU AUTRES INFORMATIONS: M I C S inc.4850, av.Westmount 1-514-465-9176 R .Sears Après le 15 juin: Montréal, Québec 1-514-487-4354 P.Jones C.P.159 H3Y 1Y1 Sept-îles, P.Q.G4R 4K3 PHP mm '-«asfe’î; CHEZ VOTRE {,1a^ CONNAITRE LA MÉTÉOROLOGIE par Richard Leduc et Raymond Gerva/s 148 illustrations et tableaux, 31 photos 300 pages, 24,95$ La science météorologique demeure mal comprise du public et ses impacts sur les activités humaines sont méconnus.Désormais, ceux et celles qui désirent mieux comprendre les phénomènes météorologiques pourront, grâce à ce livre, s'initier aux lois qui régissent le comportement de l'atmosphère.Disponible également aux: Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: (418) 657-3551, poste 2860 Joindre votre paiement en incluant 1,75$ pour les frais d'envoi .s¦ bushmell eschenbach OPTIK I tom Compacte 6 CF $209.90 Telle Citation 55 IF $32-95 Fabrication Allemande boussoles eschenback Geo-6 64 3 Geo-6644 $29._ 5 IF $_3jt-_?_ ._7.LivrêTéoussoles .scopes • • “*7, • s-»» w s : ss -—==== ., R,7ouski (Québec) 1X4 MAI 1986 • QUÉBEC SCIENCE 54 Revolution de rinformotion Il y a eu la révolution agricole et la révolution industrielle.Nous entrons aujourd'hui dans la révolution de l'information.Le réseau informatisé de Bell Canada est au centre de cette nouvelle aventure. 'M pouft O'wa ^ BOH pB'X ¦ o OFFREZ-VOUS UN SÉJOUR DANS UNE BASE DE PLEIN AIR Accueil chaleureux, grande détente, activités variées, équipement et animateurs à votre disposition, bonne table et gîte confortable.Tout ça compris dans un forfait à prix plus qu'abordable.PROCUREZ-VOUS NOTRE BROCHURE ÉTÉ 86.Tél.: (514)252-3007 1-800-361-4784 ¦ Réseau Plein A\x _ \x 1 , Iffck' ^v
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