Québec science, 1 janvier 1986, Octobre
OCTOBRE 1986 GUEBEC SCIENCE LE MAGAZINE SANS FRONTIÈRES ,JJIL L Jl LE SPECTACLES BU SONS il QUILLES •PTTSEZ EN BIT MAJEUR QUAND IURS >E L'OR EU ORDINAT ORMONES LA COURSE » .Æ.H .lCCIN i iHJ Courrier de 2e classe, enregistrement n° 1052.Port payé à Québec.Port de retour garanti SilleryTQuôbec.Canada -GTT-2R1. ¦ RDIIVN CHICOUTIMI OUÉBEC TROIS-UIVliUES HUEE MONTRÉAE m RIMOUSKI Créée en 1968 par l’Assemblée nationale, l’Université du Québec constitue aujourd’hui un réseau implanté dans sept villes et rayonne, en outre, dans quelque 35 sous-centres.Le réseau compte 11 établissements: six universités constituantes — l’Université du Québec à Montréal (UQAM), l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), l’Université du Québec à Hull (UQAH), l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT); deux écoles supérieures — l’École nationale d’administration publique (ENAP), l’École de technologie supérieure (ETS); deux instituts de recherche — l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Institut Armand-Frappier (IAF); un établissement de formation à distance — la Télé-université (TÉLUQ).L’Université du Québec regroupe aujourd’hui une communauté universitaire de plus de 74 000 étudiants, 1 800 professeurs réguliers et 3 000 employés non-enseignants.L’Université du Québec offre 366 programmes d’études de 1er cycle, 87 programmes d’études de 2e et 3e cycles.Elle rassemble aussi une communauté scientifique travaillant sur plus d’un millier de projets de recherche recensés et disposant annuellement de 28 millions de dollars en subventions, contrats et commandites.Université du Québec QUEBEC SCIENCE VOLUME 25, Numéro 2 OCTOBRE 1986 Page 44 Page 36 Page 16 ü ¦ ; -¥ IM - ¦ ENQUÊTES/REPORTAGES Spécial MUSIQUE Le spectacle total Renée Bourassa Danse, mime, vidéo, musique, éclairage, odeur.Le spectacle multimédia, c’est tout cela et encore plus 16 Des sons bien maquillés Pierre René de Cotret Les sons, on les manipule, on les transforme, on les recrée grâce à une technologie de plus en plus perfectionnée 22 Composez en «bit» majeur Stéphane Toth Avec l’ordinateur, le musicien part à la conquête de sons nouveaux 30 Quand les murs ont de l’oreille Claire Chabot N’importe quelle salle ne peut s’improviser salle de concert.Elle doit démontrer ses qualités acoustiques 36 Sida: la course au vaccin Claude Forand Il faut un vaccin, et vite.Mais aussi des médicaments antiviraux pour ceux qui sont déjà atteints 42 Un ordinateur dans une soupe d’hormones Yanick Villedieu Notre cerveau, dit Jean-Didier Vincent, règle nos passions avec des puces qui nagent dans des hormones 44 ACTUALITÉS Si La Ferme avait su 7 Les «bleus» de l’automne 9 Des singes en blanc 10 Agriculture : la fuite dans les rivières 12 Trompettistes trompés 47 Politique scientifique: 70 ans dans les limbes 49 Et les dents lâchent prise 52 Post-scriptum Le mot du rédacteur en chef 5 Infopuce L’informatique à votre portée 13 Boîte à livres Nous avons lu pour vous 54 Cinéscience La science à l'écran 55 En vrac Les p’tits mots de la fin 56 Mois prochain 57 Courrier 58 Ol'ÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 3 INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (INRS) PROGRAMMES D'ETUDES DES 2e ET 3e CYCLES Défis à relever L'implication dans des domaines de pointe L'association à des équipes scientifiques multidisciplinaires La réalisation de travaux de recherche axés sur des problèmes d'actualité au Québec L'interaction avec les milieux privés ou publics et industriels Domaine 5* îîW.Bill! KO) UH Ufa1 ht! t* Bill y* PS M bit ttli» mm M Ite b il; ÜlllE lu Oie i:e P® lau Sciences de l'eau M* D X Ce centre encadre des étudiants inscrits à la maîtris > et au doctorat de l'Universil du Québec à Rimouski.INRS-Santé '•f INRS-Urbanisation INRS-Océanologie INRS-Géo ressources * M : Maîtrise Notes: Renseignements : Le Registraire de l'INRS Case postale 7500 Sainte-Foy, Québec G1V 4C7 Téléphone: (418) 654-2606 Bourses Des bourses sont disponibles pour les étudiants inscrits aux programmes d'étude de l'INRS.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Ce centre, comme les autre centres de l'INRS, peut accueillir, en stages de recherche, des étudiants inscrits à différentes universités D: Doctorat L C Ce programme, présentement à l'étude, pourrait être offert en janvier 1987.(-) Ce programme est offert conjointement avec l'École nationale d administration publique et l'Université du Québec à Montréal - QUEBEC SC IE MCE 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551 Abonnements: poste 2854; Rédaction: poste 2494 DIRECTION Jacki Dallaire, directeur Jean-Pierre Rogel, rédacteur en chef RÉDACTION Diane Dontigny, adjointe à la rédaction Gilles Drouin, responsable de l’information Gérald Baril, Ginette Beaulieu, François Picard, Pierre Sormany, Vonik Tanneau, journalistes, collaborateurs réguliers Claude Forand, correspondant à Toronto Bernard Giansetto, correspondant à Paris Ève-Lucie Bourque, recherches iconographiques PRODUCTION Richard Hodgson, conception graphique Line Nadeau, réalisation graphique Pierre Gagné, typographe Alain Vézina, photo couverture Les ateliers graphiscan Itée séparation de couleurs Imprimerie Canada inc., Sillery, Québec photogravure et impression PUBLICITÉ Marie Prince 2875, boulevard Laurier Sainte-Foy, Québec G1V 2M3 Tél.: (418) 657-3551.poste 2842 COMMERCIALISATION René Waty, directeur de la commercialisation Nicole Bédard, abonnements Messageries dynamiques, distribution en kiosques Presses de l'Université du Québec Québec Science Abonnements Au Canada: Régulier: (I an/12 nos): 25,00S Spécial: (2 ans/24 nos): 44,00S Groupe: (1 an/12 nos): 23,00S (10 ex.à la même adresse) À l’étranger: Régulier: (1 an/12 nos): 35,00$ Spécial: (2 ans/24 nos): 61,00$ À l’unité: 3,50$ Voir le coupon d'abonnement à la fin du magazine QUÉBEC SCIENCE, mensuel à but non lucratif, est publié par les Presses de l’Université du Québec.La direction laisse aux auteurs l’entière responsabilité de leurs textes.Les titres, sous-titres, textes de présentation et rubriques non signés sont dus à la rédaction.Le soutien financier du magazine QUÉBEC SCIENCE est assuré par ses lecteurs, ses annonceurs, l’Université du Québec, le Fonds FCAR pour l’aide et le soutien à la recherche, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, ainsi que le Programme d’appui fédéral à la sensibilisation du public à la science et à la technologie.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec, quatrième trimestre 1986.1SSN-0021-6I27.Répertorié dans POINT DE REPÈRE.Courrier de deuxième classe, enregistrement n° 1952.Port de retour garanti.Port payé à Québec.Télex: 051-31623 Membre de: CPPA ® Copyright 1986 — QUÉBEC SCIENCE — PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DU QUÉBEC.Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés.LE MO CHEF RÉDACTEUR La musique, c’est la vie: omniprésente, mobile, fluide.Elle est partout autour de nous.Et grâce aux technologies modernes, la musique devient de plus en plus accessible et peut être reproduite à l’infini tout en conservant une qualité exceptionnelle.S’ils pouvaient venir passer ne serait-ce qu’une journée parmi nous, au milieu de nos systèmes de son et de nos magnétophones, Mozart et Beethoven seraient affolés, sidérés, estomaqués: l’univers de sons que la technologie a ouvert à nos sens était inconcevable à leur époque.Les possibilités d’expérimentation qu’ont aujourd’hui les musiciens sont énormes, et les possibilités d’appréciation qu’ont les simples mortels amateurs de musique sont, elles aussi, sans précédent.C’est en nous rendant compte de l’importance de la musique dans nos vies que nous avons conçu ce numéro spécial sur la science et la musique.Nous l’avons voulu ouvert sur toutes les formes de musique — pas de goulag symphonique, pas d’impérialisme hard rock —, mais le plus possible actuel.Comme une occasion d’explorer le foisonnement bien incarné dans l’évolution des arts du spectacle, avec son avant-garde expérimentale.C’est d’ailleurs à une des artisans de ce groupe que nous avons confié le premier article, puisque Renée Bourassa est musicienne et auteure de spectacles multimédia (elle a notamment participé à la création de Lux l’an dernier).Mais ce numéro devait aussi présenter les notions fondamentales du traitement du son, de façon vulgarisée et vivante, dans une perspective technique et scientifique.Un peu notre «touche maison»; l’explication sans douleurs d’un certain nombre de concepts de base qui permettent de comprendre ce qui se passe dans les milieux spécialisés.C’est Pierre René de Cotret qui a signé cette partie.Son tour des studios de son (notre photo) l’a rendu un peu plus sage et un peu moins impressionné qu’avant, nous dit-il.«Les studios ne sont pas des lieux de miracles.On y rencontre principalement des gens et des machines», nous a-t-il dit sentencieusement à son retour.Le lien entre la musique et l’ordinateur devait être exploré plus systématiquement dans ce numéro, et c’est Stéphane Toth qui s’est chargé de cette partie.Stéphane, 24 ans, frais sorti de l’université, en est à sa première collaboration avec Québec Science.Claire Chabot, qui a déjà signé plusieurs dossiers dans Québec Science, s’est intéressée à un aspect fascinant de l’interface musique-science: la psycho-acoustique et la science de l’architecture des salles de concert.Ou plutôt l’art de les construire en évitant la cacophonie.Nous ne prétendons pas à l’exhaustivité sur un sujet d’une telle richesse.Faites-nous part de vos réactions, nous continuerons ensemble cette exploration de l’univers des sons ! QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 CONFERENCES HYDRO entrée libre /C , 0.• Y/7/% M y %^U4 / a Hydro-Québec Direction Environnement ES Université de Montréal Faculté de l'aménagement 10 conférences les mardis à 18 h Bibliothèque nationale 1700, rue Saint-Denis Métro Berri-de-Montigny 30 septembre Franklin Joker Pittsburgh : une renaissance et demie.La mutation d'une ville et de son image.7 octobre Kenneth Greenberg Toronto, une ville entre deux mondes : la part du public et du privé dans la politique de design urbain.14 octobre Georges Prêche Montpellier : les équipements culturels au coeur de la renaissance urbaine.21 octobre Gary Hack The consumable city: evolving downtown functions.28 octobre Dean Macris et George Williams The San Francisco Downtown Plan: innovative planning at work.4 novembre Serge Moureaux Bruxelles : du projet Manhattan à l'opération Botanique.11 novembre James MMinazzo Lowell, Mass.: a unique experience in recycling and reviving.From textile mills to computer plants.18 novembre Manuel Caste/ls La cité informatique : nouvelles technologies, espace de flux et centralité urbaine.25 novembre Miche! Cantal-Dupart Le grand plan de Paris : lieux magiques et trames urbaines.2 décembre Pane! L'avenir du centre-ville de Montréal : options et projets.Québec Les conférences ont lieu le mercredi à 17 h 30.Implanthéâtre : 2, rue Crémazie.Sous l'égide de l'université Laval. QUÉBEC NOUVELLES E T D’ AILLEURS SI LA FERME AVAIT SU Avec un biocapteur, on aurait pu déceler sur-le-champ, avant que le lait soit distribué, la présence de contamination.WF X.En août dernier, la laiterie La Ferme cessait ses activités et était achetée par le groupe PURDEL.À l’origine de cette fermeture, deux contaminations du lait par des colibacilles.Bien que dotée d’un excellent service de contrôle de la qualité, la laiterie a pris deux jours pour détecter la présence des bactéries.C’était trop tard, le lait contaminé ayant déjà été distribué sur le marché.Cette triste affaire aurait pu être évitée si la laiterie La Ferme s’était servie d’un dispositif de contrôle de la qualité fonctionnant en temps réel.Une telle technologie existe déjà.Ce sont les biocapteurs, dont on a beaucoup parlé lors d’un symposium international sur les biotechnologies et l’alimentation, tenu à Québec fin août dernier.«Un biocapteur est une fonction biologique associée à un capteur électrique; la fonction biologique devient partie intégrante de l’instrument électronique», explique David Thomas, de l’Université de technologie de Compiègne, en France.Les biocapteurs sont généralement faits d’une électrode au bout de laquelle une membrane semi-perméable retient un «capteur» biologique: cellule, enzyme, bactérie, anticorps, tissu animal ou végétal.L’élément biologique est choisi pour réagir seulement avec le produit que l’on cherche à identifier.Si ce produit est présent, le capteur réagira chimiquement avec lui, et de façon proportionnelle à sa concentration.L’électrode transforme alors l’information chimique en signaux électriques.Selon David Thomas, le biocapteur peut être utile pour le contrôle et la régulation dans les industries biotechnologiques.11 permet de suivre les composantes d’une transformation biologique et d’en assurer la qualité.Une fois le support physique trouvé, les applications des biocapteurs sont presque illimitées.«Pratiquement, on peut faire un anticorps pour chacune des molécules existantes», explique-t-il.Il suffit alors de placer l’anticorps au bout d’une électrode pour révéler la présence et la concentration de la molécule correspondante.Développé en 1962, le biocapteur fut longtemps une curiosité de laboratoire.C’est dans le domaine médical qu’on lui trouva ses premières applications.Selon Isao Karube, du Tokyo Institute of Technology, il existe maintenant au Japon une dizaine de modèles de capteurs de glucose pour le diagnostic du diabète.Dans le domaine de l’alimentation, Isao Karube a présenté à Québec un système qu’il a développé pour déterminer la fraîcheur du poisson, produit de base de l’alimentation japonaise.Trois capteurs enregistrent la présence d’éléments produits lors de la décomposition du poisson, l’acide inosinique, l’inosine et l’hypoxanthine.L’information obtenue est présentée sous la forme de graphiques sur l’écran d’un micro- o ordinateur.< D’autres utilisations des biocapteurs sont à l’étude dans le domaine médical aussi bien que dans le domaine alimentaire : contrôle de la concentration en alcool lors de procédés de fermentation; renseignements sur la concentration de diverses hormones dans le sang pour aider à la mise au point d’organes artificiels; détection de la contamination du lait par des antibiotiques .Pour la plupart de ces applications, il existe déjà des méthodes de détection : chromatographie, marquage radioactif de molécules, ensemble de détection.«Mais le biocapteur, lui, donne une information électrique, donc quantitative et en temps réel», explique David Thomas.«Des tests prennent maintenant quelques secondes plutôt qu’une semaine», déclare pour sa part Isao Karube.Le fait de donner une information électrique sera très utile pour automatiser les futurs procédés biotechnologiques industriels.Couplé à un QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 7 microprocesseur, les biocapteurs pourront contrôler toute une chaîne de montage : le taux d’alcool dépasse-t-il le seuil pré-établi, hop ! un biocapteur le détecte et l’ordinateur commande l’addition d’eau.Si un autre biocapteur détecte la présence d’un contaminant, l’ordinateur pourra stopper la production avant que les opérateurs humains ne sachent ce qui se passe.«En traitant l’information fournie par plusieurs biocapteurs, l’ordinateur pourra même identifier les situations qui sont potentiellement génératrices de contamination», explique David Thomas.Sans être une finalité de la recherche en biotechnologie, le biocapteur est reconnu par les experts comme un outil essentiel pour la percée des biotechnologies en industrie.«Sans biocapteur, le biotechnicien des années 90 ne pourra tirer profit du potentiel informatique», conclut David Thomas.François Goulet MALADES DE LA MUSIQUE (D’après Scientific American) Une violoniste ressent des douleurs au cou et un engourdissement des bras.Un clarinettiste a des problèmes avec ses jointures.Le coude, le poignet ou la main d’un pianiste le font régulièrement souffrir.Un chanteur a les cordes vocales trop tendues.Ce ne sont que quelques exemples de problèmes que peuvent rencontrer les artistes, des ennuis qui parfois menacent même leur carrière.Des problèmes tellement particuliers que le Massachusetts General Hospital, le Hospital for Joint Diseases de New York, la Cleveland Clinic Foundation et l’Université de la Californie à San Francisco ont mis sur pied des équipes médicales spécialisées pour les étudier et les traiter.Il y a même un nouveau magazine consacré au sujet, le Medical Problems of Performing Artists.La Recherche a des lecteurs dans 83 pays: pourquoi pas vous?Pour le chercheur, l'étudiant, ^l'universitaire, La Recherche cons- Offre spéciale* Je désire souscrire un abonnement d'un an (11 n0s) à la Recherche au tarif de 36 dollars canadiens au lieu de 46,75 dollars (prix de vente au numéro).nom ___________________ adresse ____________________________________________________ pays __________________________ à retourner accompagné de votre paiement à DIMEDIA, 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent, P.Q.H4N 1 S2 * offre réservée aux particuliers, à l'exception de toute collectivité.OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE LES «BLEUS» DE L’AUTOMNE C5 est presque un lieu commun que de le répéter: nous préférons tous une belle journée ensoleillée à un matin d’automne pluvieux et frisquet.Mais dans quelle mesure la température affecte-t-elle notre humeur?L’intérêt pour l’influence des climats et de la température sur les êtres vivants ne date pas d’hier.La bioclimatologie, la science qui étudie de tels rapports, est à la fois récente et ancienne.Récente, par ses méthodes de mesures scientifiques complexes.Ancienne, parce que depuis la nuit des temps, l’homme a toujours cru que son comportement et ses maladies étaient régis par la nature.Au cours du 20e siècle, quelques chercheurs se sont intéressés à ces questions, notamment l’Américain William Petersen.Mais ces études ont eu peu d’impact.Surtout parce que l’analyse sérieuse de variables aussi importantes que nos états d’âme quotidiens et de nos cycles biologiques reste scientifiquement très floue.Cela explique que les travaux récents du psychiatre Robin East-wood, de l’Institut Clarke de Toronto, misent sur des modèles mathématiques élaborés, et notamment sur les rythmes circadiens, une version sophistiquée des biorythmes, pour étudier la périodicité à long terme chez les dépressifs.«Chez la plupart des individus, les changements d’humeur sont tellement progressifs qu’ils ne sont pas ressentis quotidiennement», fait valoir ce chercheur.Il y a quelques années, la compilation de 274 000 admissions psychiatriques en Ontario avait permis au docteur Eastwood de confirmer les soupçons de son prédécesseur américain: la dépression, le suicide et les épisodes de thérapie électro-convulsive font effectivement l’objet de variations saisonnières très importantes.Surtout en automne, avait constaté Petersen.Surtout en automne.et au printemps, constate Robin Eastwood.Une évidence, pourtant, qui défie toute logique.Pourquoi tant de rechutes au printemps?questionne ce chercheur.On savait déjà que la fin de l’été, et en particulier la réduction de l’ensoleillement, semble provoquer chez certains individus des réactions apparentées à la dépression : léthargie, difficultés de concentration, perte de l’appétit et du sommeil, etc.Un syndrome nommé Seasonal Affective Disorder (SAD), que le psychologue Norman Rosenthal de New York a traité avec succès chez 90 % de ses patients déprimés en les exposant, à longueur d’année, à une intensité lumineuse six fois plus intense, tant à la maison qu’au travail.« La dépression en automne, ça se comprend, indique le docteur East-wood.Mais à l’approche de l’été, l’explication psychologique ne tenait pas debout.Nous avons cherché du côté biologique.» Pour cela, il fallait utiliser des méthodes scientifiques laborieuses et éprouvées, capable de mesurer précisément les changements d’humeur tout en éliminant les simples variations causées par les vicissitudes de la vie quotidienne.C’est ici que son collègue, le docteur Joel Whitton, est passé à l’action.Ce psychiatre doublé d’un statisticien a misé sur deux outils: la fiabilité des rapports personnels remis par les sujets et l’analyse spectrale des résultats.Durant 14 mois, l’équipe de l’Institut Clarke a comparé les rythmes circadiens de 34 sujets du groupe contrôle et de 30 patients souffrant d’épisodes maniaco-dépressifs.Chaque matin, au lever, ils devaient remplir une fiche indiquant leur degré de joie ou de tristesse, d’énergie ou de lassitude, de relaxation ou de tension.Ses résultats indiquent non seulement que 81 % de tous les sujets démontrent des cycles à long terme de l’humeur, de sommeil, d’anxiété et d’énergie, mais que pour certains (33 % des patients et 30 % du groupe contrôle), ces variations sont saisonnières, revenant à des intervalles réguliers de 85 à 128 jours (une saison étant 90 jours) et pourraient bien être attribuables à des facteurs climatiques.La seule différence observée entre les participants réside dans l’amplitude des cycles, plus marqués — comme il fallait s’y attendre — chez les patients dépressifs et qui témoignent de leur désordre clinique maniaco-dépressif, fait de highs et de downs.Voilà où l’on en est.La prochaine étape, indique Eastwood, consiste à comparer les rythmes circadiens des sujets aux relevés météorologiques journaliers, afin de vérifier une nouvelle hypothèse: celle voulant qu’en plus du cycle des saisons, l’intensité lumineuse du soleil puisse aussi expliquer les dépressions en automne et au printemps.Eastwood soupçonne que les variations saisonnières d’humeur pourraient être provoquées par l’épiphyse (glande pinéale), alors que la sécrétion d’une substance nommée méla-tonine serait plus ou moins influencée par l’intensité lumineuse.On sait déjà que cet organe, longtemps perçu comme inutile chez l’humain, règle les cycles de reproduction sexuelle chez certains vertébrés, s’ajustant aux variations d’intensité lumineuse.Claude Forand Au fü du temps se déroule ta gestation cosmique.À chaque seconde, l'univers prépare quelque chose.H monte lentement les marches de ta complexité.Hubert Reeves QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 9 DES SINGES EN BLANC Vous vous souvenez du petit animal qui tournait fébrilement la manivelle d’un orgue de Barbarie?Ce Capeus bella ou singe capucin, originaire de la jungle sud-américaine, est passé de son rôle de musicien à celui d’infirmier ! Ce changement de vocation s’est fait à Boston, en 1977, lorsque le docteur Joan Mary Willard, émue par la détresse des grands paralysés, décide d’utiliser les loyaux services de singes capucins pour leur venir en aide.Elle choisit ces animaux, doués d’une intelligence remarquable, car ils démontrent aussi de nombreuses habiletés et sont capables d’une grande tendresse.Le programme de formation est concluant.Assez rapidement, les singes peuvent ouvrir et fermer des portes, allumer et éteindre des lumières, déplacer des objets, nourrir une personne, etc.Bref, effectuer avec brio les gestes répétitifs de la vie rendus impossibles aux personnes lourdement handicapées.Au Québec, le docteur Jacques-Gilles Laberge, directeur du Centre de réadaptation Lucie Bruneau, s’intéresse depuis longtemps à l’utilisation d’animaux pour aider les per- sonnes handicapées.Il entend parler du projet, se rend aux États-Unis et rencontre.les petits singes.Il est tout simplement épaté par ce qu’il voit: «Le singe ne brime personne; il répond aux demandes précisément, sans interprétation humaine, sans donner de conseils.Ça, c’est important pour quelqu’un en quête d’autonomie.Puis, ils sont si adorables.» En 1985, l’Institut de dressage simien du Québec est né.Depuis ce temps, on prépare le projet, à partir de celui du docteur Willard, et on a aménagé quelques pièces d’un ancien hôpital pour le dressage: salle de jeux, salle de lavage, salle de dressage et lieux d’interaction pour les personnes handicapées qui se familiariseront avec leur singe.Dans sa nouvelle demeure, Félixe, une petite capucine née dans un zoo du Québec, attendait avec impatience ses coéquipiers pour le début des cours ! Quatre autres singes, arrivés en juillet, proviennent de centres d’approvisionnement situés aux États-Unis.À quatre ans, Félixe a Pierre Banville, qui s’occupe du dressage des singes capucins, est actuellement un des seuls à pouvoir s’approcher de Félixe.atteint sa taille d’adulte : elle mesure 50 centimètres et pèse environ deux à trois kilogrammes.Elle pourra vivre ainsi jusqu’à 30 ans.Pierre Banville, titulaire d’une maîtrise en psychologie expérimentale et responsable de cet ambitieux projet de dressage, est un des seuls à pouvoir approcher Félixe pour l’instant.Mais elle devra s’habituer à trois autres personnes qui entreront bientôt en fonction.Le primatologue et son équipe prévoient dresser une vingtaine de singes en trois ans.«Nous voulons assurer aux personnes handicapées un plus grand contrôle sur leur environnement.En plus du soutien mécanique, elles pourront bénéficier de plus de souplesse dans leurs mouvements, tout cela sous le signe d’une relation d’amitié avec l’animal.» Durant les six premiers mois, le singe apprendra à faire confiance aux éducateurs qui tenteront de contrôler ses instincts turbulents, agressifs et destructeurs.Ensuite, l’animal devra assimiler les comportements d’aide.S’il agit correctement, il recevra un renforçateur alimentaire et dans le cas contraire, une petite impulsion électrique sur la queue.La personne handicapée pourra se faire obéir de son singe par une commande verbale et en pointant un crayon lumineux sur l’objet désiré.En tout, la période de dressage dure un an et peut coûter environ 10 000$ pour chaque singe, le même prix que pour un chien-guide d’aveugle.Au Québec, on évalue à 3 500 le nombre de personnes paraplégiques ou quadraplégiques (paralysées des quatre membres).Bien entendu, les singes ne pourront répondre aux besoins de toutes les personnes handicapées mais deviendront essentiels à certaines d’entre elles.Comme il n’est pas toujours possible de mettre à leur disposition, 24 heures sur 24, une infirmière ou une personne bénévole, le petit singe deviendrait l’auxiliaire de leur quotidien et qui sait.peut-être leur meilleur ami ! Danielle Turgeon OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE -%— GRATUIT %*» AFFICHE 4 COULEURS DE J.L.GRONDIN À L'ACHAT DE CES PRODUITS ET DE BIEN D'AUTRES.BUSHflELL Spacemaster Zoom 1 5-45X PDS 449,95$ Notre prix 31 9,95 $ BUSHflELL Custom Compact 7x26 PDS 339,98$ Notre prix 209,90 $ CATALOGUE GRATUIT LIVRAISON GRATUITE AVEC ACHAT DE $40.ET PLUS.4, rue de l'E/éché est Rimouski (Québec), Canad( G5L 1X4 Tel.: (418) 724 6622 1-800-463-0870 IE WTimiSTE DANIELLE OUELLET ADRIEN POULIOT UN HOMME EN AVANCE SUR SON TEMPS Pionnier de l’enseignement des sciences au Québec, homme d’action, bâtisseur, polémiste et communicateur, Adrien Pouliot a tenu tout au long de sa vie un rôle de premier plan dans la société québécoise.Découvrez un personnage fascinant! Vol.de 248 pages, illustré, 14,95$ BORÉAL MNIHUli OmtBI ADRIEN POULIOT i;N HOMMiE EN AVANCE SUR SON TEMPS ÿ ^ g, Pour découvrir la faune marine du Saint-Laurent Calendrier 1987 Enfin! 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centaines de milliers de tonnes de polluants dans le milieu aquatique.«C’est un problème relativement nouveau qui découle de l’industrialisation récente de l’agriculture québécoise», explique M.Bernard, qui est responsable du dossier au ministère de l’Environnement du Québec.Nous faisons face à une pollution diffuse, c’est-à-dire qu’il est plus difficile d’en localiser les sources, contrairement à la pollution urbaine ou industrielle.» Claude Bernard a réalisé l’année dernière une étude touchant trois La pluie qui ruisselle sur les terres agricoles entraîne avec elle résidus d’engrais et de pesticides qui viendront polluer l’eau des rivières.rivières.Les résultats sont révélateurs de l’ampleur du problème.Ainsi, on a calculé que 99,5% des matières en suspension dans la rivière Bayonne, qui se jette dans le lac Saint-Pierre, provenaient du secteur agricole.Pour la rivière Coaticook, dans les Cantons de l’Est, c’est un chiffre de 96% que l’on obtient et pour la rivière Ouareau, 91%.«Ces relevés ne sont pas vraiment surprenants, ils confirment ce que nous pensions après avoir analysé les données américaines et ontariennes là-dessus.Il est certain que ce sont surtout les cours d’eau de la vallée du Saint-Laurent qui sont les plus atteints parce qu’on y retrouve la majorité des terres agricoles.» Dans la même foulée, on a aussi enregistré que 93% du phosphore retrouvé dans la rivière Bayonne provient du monde agricole.Les pourcentages sont de 52 et 56 dans les eaux des rivières Coaticook et Ouareau.Impact de tout ce cocktail : une augmentation de la turbidité et une eutrophisation des cours d’eau, dont les effets menacent directement la faune aquatique.Cette pollution diffuse est une conséquence directe de l’appauvrissement des sols.«Il y a une perte importante des matières organiques qui constituent le ciment retenant ensemble les particules minérales.On se retrouve donc avec un sol qui a une structure plus compacte.L’eau s’infiltre difficilement dans le sol et ruisselle ainsi en surface, entraînant avec elle des engrais chimiques et des pesticides.Ce compactage provoque une baisse de productivité agricole.» Ainsi, le ministère de l’Environnement du Québec et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation se retrouvent à la même table.De concert, ces deux ministères, avec l’appui de l’association «À court d’eau», ont entrepris un projet pilote de sensibilisation auprès des agriculteurs dans la région de la rivière L’Assomption.«Ce n’est pas un problème insoluble.Cela ne demande pas des immobilisations aussi lourdes et coûteuses que pour la dépollution industrielle et urbaine», affime M.Bernard.«Il n’y a qu’à changer certaines techniques culturales», note-t-il.En plus de créer une bande de végétation large de quelques dizaines de mètres pour filtrer l’apport des matières en suspension entre le champ et le cours d’eau, on souhaite, par exemple, voir les cultivateurs modeler leurs labours dans le sens de la topographie du terrain.Un truc pour éviter l’érosion de leurs terres.Cet été, les fonctionnaires se sont donc promenés avec un simulateur de pluie pour sensibiliser les producteurs agricoles.«On intervient sur leur gagne-pain après tout.Ensuite, il faudrait leur offrir des incitatifs comme une aide technique ou financière en plus d’un suivi professionnel fait par des agronomes.Avec la loi du zonage agricole, on a protégé l’étendue de nos terres agricoles.Il reste maintenant à en protéger la qualité.» Raymond Lemieux 12 OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE PORTÉE VOTRE INFORMATIQUE UN MARCHÉ EN PLEINE CROISSANCE UNE MÉMOIRE DE 64 TRILLIONS DE CARACTÈRES DES QUOTIDIENS SE METTENT EN BANQUES Infomart Online, de Toronto, qui offrait déjà le Téléguidé, à Toronto, en mode Télidon, met maintenant en accès des banques de données textuelles.Il s’agit, entre autres, du texte complet du Montreal Gazette, du Ottawa Citizen, du Toronto Star et du Financial Times of Canada.Pour sa part, Info Globe, la banque d’information du Globe and Mail, présentera de nouveaux services dès cet automne.Les services d’Infomart coûtent 100$ à l’adhésion, puis 95$ de l’heure le jour et 60$ de l’heure le soir.Pour profiter d’Info Globe, il faut payer 125$ à l’adhésion et 90$ de l’heure.D’autres services du genre devraient s’offrir au cours des prochains mois.CINQ ANS DÉJÀ Le IBM PC a cinq ans.Le PC a fait plus que rapporter à IBM.Il est à la source de toute une industrie: les compatibles PC, la production de nombreux logiciels, le développement des systèmes de réseaux locaux (LAN).On s’attend à ce qu’au cours des prochains mois, on lui trouve davantage d’applications utilisant le disque compact et qu’on l’adapte à un nouveau microprocesseur 32 bits.On prévoit aussi des baisses de prix du modèle de base, permettant à IBM de rester compétitif avec les fabricants de compatibles PC, et un nouveau PC à (relativement) bas prix pour l’automne.Robert Payne, directeur des recherches de marchés pour la compagnie Evans Research Corp., déclarait en août dernier à la revue Computing Canada que le marché des banques d’information textuelles augmentait actuellement de 35 à 40% par année et qu’il devrait dépasser neuf millions de dollars cette année.COMMODORE EN ICÔNES En juillet dernier, Commodore présentait au public son nouvel ordinateur 64C et son système opérationnel d’environnement graphique GEOS.Le 64C a la même forme que le Commodore Cl28 mais le même clavier que son prédécesseur.L’ordinateur 64C comprend un programme complet d’édition de texte en 16 couleurs pour fonds, bords et caractères, ainsi que des possibilités de graphisme à haute résolution.Malgré tout, le 64C reste compatible avec le Commodore 64 original et peut donc utiliser plus de 6 000 logiciels déjà disponibles.GEOS transforme le 64C aussi bien que le Commodore 64 en un puissant ordinateur avec fenêtres, icônes et graphiques utilisant une souris ou un manche à balai.Geo-write et Geopaint ne manquent pas de rappeler Macwrite et Macpaint.LE RÉSEAU S’ÉLARGIT Télécom Canada propose un nouveau service aux utilisateurs de Datapac, son réseau de transmission de données par paquets déjà très économique (3$ pour une heure à 300 bauds par seconde entre Montréal et Vancouver).Grâce à Datapac Outdial, ils peuvent maintenant établir des communications à destination de tout appareil du même genre raccordé au réseau téléphonique public, pourvu que leur destinataire soit aussi un utilisateur reconnu de Datapac.Auparavant, on ne pouvait envoyer des données par Datapac qu’à des ordinateurs reliés à ce réseau spécialisé par une ligne dédiée, ce qui entraînait des coûts supplémentaires et limitait le nombre de destinations possibles.INFO: au Québec, 1-800-361-8441 ailleurs au Canada, 1-800-267-4747 Selon John Markoff, du San Francisco Examiner, IBM et Apple s’apprêtent à mettre sur le marché d’ici un an de nouveaux micro-ordinateurs très puissants, basés sur un microprocesseur à 32 bits.IBM aurait choisi la puce 80386 de Intel et Apple le MC68020 de Motorola.Ces micro-ordinateurs seront 16 ou 17 fois plus rapides que les ordinateurs personnels les plus puissants actuellement.La mémoire interne de ces micro-ordinateurs 32 bits peut emmagasiner potentiellement jusqu’à 64 trillions de caractères.COCO 3 EST ARRIVÉ Le premier août dernier, Tandy présentait à New York son dernier-né, le COCO 3.Il a la même apparence générale que le COCO 2 avec un nouveau clavier de 57 touches dont CTRL, ALT, Fl et F2.Sa mémoire vive de base est de 128 Ko et on peut l’étendre à 512 Ko.Il a de meilleures capacités graphiques que son prédécesseur (qui étaient déjà très bonnes d’ailleurs) et comporte une sortie moniteur à laquelle on peut même brancher le nouveau moniteur RGB de Tandy, présenté aussi aujourd’hui.Le COCO 3 va se vendre 220$ US avec 128 Ko et seulement 130$ de plus avec 512 Ko, ce qui en fait l’ordinateur avec le meilleur rapport capacité/prix actuellement sur le marché.Par la même occasion, Tandy dévoilait deux nouvelles versions de son microordinateur Tandy 1000, l’un des moins chers compatibles IBM sur le marché.Il s’agit du Tandy 1000 EX et du Tandy 1000 SX.Le premier est destiné au marché domestique et aux écoles.Il a une mémoire vive de base de 256 Ko, extensible à 640 Ko et une unité de disquette (la deuxième en option).Le SX est plutôt tourné vers le marché des entreprises.Il a une mémoire vive de 348 Ko et deux unités de disquettes de 360 Ko chacune.37 INFQPUQ DE L'INFORMATION POUR TOUS LES GOÛTS Voici les différents sujets traités sur INFOPUQ avec les codes qui permettent aux utilisateurs d'accéder directement à l'information Achat de logiciels ACHAT Actualité vulgarisée IM1 Ajouts récents sur INFOPUQ MG1E Agendas des manifestations en informatique MI3 en éducation IM2 Animaux PA3 amphibiens, batraciens PA3D arthropodes PA3F mammifères PA3A mollusques PA3G oiseaux PA3B poissons PA3E reptiles PA3C Annuaire des usagers IM6 APO CH2C Apple II logiciels à télécharger MI6A logiciels pour graphisme GR2 Astronomie AS1 astronomes amateurs AS4 jeux-questionnaires AS2 observation AS6 Babillards (liste des) MI2C Bourse REA Bulletins Amtem/ettre CHID Mot de passe MI9 Repères PA7 Ciel (observation du) AS6 Clubs astronomes amateurs AS4 informatique MI2 Comètes AS1B Commodore 64 logiciels à télécharger MI6D logiciels pour graphisme GR2 Communiqués d'intérêt public IM4C Conférences d'INFOPUQ MG9 Conférences et congrès (agenda) IM2C Conseil des sciences du Canada GP4 Coordonnées célestes AS6B Courrier électronique (Menu général) Cours micro -informatique MI4 Télé-université TU Didactique (matériel) CH3 Éducation CH nouvelles brèves CHIA maternelle CH2C primaire CH2C secondaire CH2C télématique scolaire CH5 jeux-questionnaires CH6 Étoiles généralités AID position des AS6C Événements sportifs SP5 Expositions (agenda) IM2D Festivals (agenda) IM2B Forums (Menu général) Francophonie Amérique du Nord FAI Belgique FA2 France FA4 Suisse FA3 Fruits et légumes FL Graphisme (section) GR Histoire des villes et villages PA1 Hôtels (par ville avec prix) PA1 IBM et compatibles logiciels à télécharger MI6C logiciels pour graphisme GR2 Index d'INFOPUQ INDEX Index de Québec Science QS1C Infopuce MI7 Innovations technologiques Canada PA5B Québec PA5A Inventions II jeux-questionnaires 112 Jeux-questionnaires éducation CH6 inventions 112 sport SP2 Livres catalogue des PUQ PU1 Catalogue du Conseil des sciences du Canada GP4A Logiciels à télécharger Apple MI6A Commodore MI6D IBM-PC et compatibles MI6C TRS-80 (mod.3-4, 100, cou/.) MI6B Loisir scientifique LSO calendrier des activités LS04 index des organismes LS01 publications LS03 sources LS02 Magazines (lectures suggérées) IM3 Maladies SA1 Manifestations culturelles IM2 Marché aux puces MPI Météo (prévisions) MTO Micro-informatique babillards MI2C clubs MI2A Infopuce (chronique) MI7 logiciels à télécharger MI6 Naturalistes amateurs MAO arbres NA1 jardinage NA3 Nouvelles brèves micro-informatique Mil A éducation CHIA santé SA1 F sport SP1 Patrimoine (par municipalité) PA1 Planètes (position des) AS6C Presses de l'Université du Québec PU1 Publications d'intérêt public GP4 Publications gouvernementales GP3 Publicité (pages de) MG7 Québec Science QS1 (Sommaire et index) Recettes de cuisine FL Ressources naturelles PA2 Salons et expositions (agenda) IM2D Santé SA maladies SA1 prévention SA2 urgence SA3 Sexualité Bl ressources BI5 tests BI3 Spéciaux d'INFOPUQ MG1C Spectacles (agenda) IM2A Sport SP biographies SP4 événements SP5 jeux-questionnaires SP2 règlements SP6 Statistiques (extraits) Canada P A4 B Québec PA4A Tarifs d'INFOPUQ MG2A Télé-achat ACHAT Télématique scolaire CH5 Téléphone (numéros de) GP2 Télé-université TU1 cours offerts TU4 programmes d'études TU3 Télévision (choix d'émissions) IM3 Toponymes (par municipalité) PA6B Toponymie (Commission de) PA6A Tourisme parcs et réserves PA1 villages PA1 villes PA1 Transport autobus (Voyageur) GP1 A avions (Québécair) GP1C trains GP1B traversiers GP1D TRS-Couleur logiciels à télécharger MI6B logiciels pour graphisme GR2 TRS-Modèle 100 logiciels à télécharger MI6B logiciels pour graphisme GR2 TRS-Modèles 3-4 logiciels à télécharger MI6B logiciels pour graphisme GR2 Trucs bricolage GP5B maison GP5A Université du Québec UQ1 agenda UQ4 constituantes UQ1B magazine Réseau UQ2 résultats de recherche UQ3 Télé-université TU1 Utilisateurs dossier (Menu général) annuaire IM6 PmrFObpuor Ÿfi%TheiT|mentS Y ,e ST',Ce d'infor™«°" par ordinateur, contactez: INFOPUQ 2875, boul.Laurier, Sainte-Foy, QC G1V2M3 Tél.: (41 8) 657-3551 viv; ¦' NOUVELLES PARUTIONS cm Presses de êïdmersitejlco Québec eù à, Québec Pcierce Edoteur RavnXMid (SERVAIS r» Rh3h*nJ LEDUC u/METEO LA A1ETEO EN PHOTOS DES MÊMES AUTEURS CONNAITRE LA MÉTÉOROLOGIE Richard LEDUC, Raymond GERVAIS 96 pages, 88 photos, 8,95$ ÉGALEMENT DISPONIBLE DÉCOUVREZ LE QUÉBEC SOUTERRAIN rams .VJliarlrETfl Miche! BEAUPRE Daniel CARON Québec Science Éditeur 256 pages 19,95$ C'est à la découverte de richesses naturelles insoupçonnées, d'un monde étrange et fascinant, que vous invitent Michel Beaupré et Daniel Caron dans ce premier livre québécois sur la spéléologie La pluie et le beau temps.Voilà un sujet de conversation universel.En de nombreuses occasions, la météo fait la manchette des médias d'information mais la plupart des gens n'ont qu'une vague idée de cette science et des problèmes auxquels elle fait face.La météo en photos est un guide pratique conçu pour donner au lecteur une vue d'ensemble de la météorologie et de la climatologie.Il lui permettra de se familiariser avec les nuages et le fonctionnement des instruments et lui fournira une explication de divers phénomènes météorologiques.Étudiant, agriculteur, forestier, pilote, navigateur ou amateur de plein air, La météo en photos répond à vos interrogations à I égard de la météorologie et, saura vous donner le goût d'en savoir plus long sur cette science passionnante.Disponible chez votre libraire ou chez l'éditeur, en postant ce coupon.Veuillez m'expédier : • LA MÉTÉO EN PHOTOS - • CONNAITRE LA MÉTÉOROLOGIE - • DÉCOUVREZ LE QUÉBEC SOUTERRAIN Prix Quantité 8,95$ 24,95$ 19,95$ Total $ $ $ ?Chèque ?Mandat postal / ?Mastercard ?Visa n° Date d'expiration Signature -— Nom - Adresse- Code postal Expédiez à : Presses de l'Université du Québec C.P.250, Sillery, Québec GIT 2R1 Tél.: 657-3551, poste 2860 QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 15 OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE Lux/compo.photo.R.Bourassa et A.Hebert U SPECTACLE RENEE BOURASSA Danse, mime, vidéo, musique, éclairage, odeur.Le spectacle multimédia, c’est tout cela et encore plus ur scène, un mur d’images mobiles se déchire avec fracas alors que la musique soulève les spectateurs de leurs sièges, les emportant dans un véritable délire sonore.Les acteurs brûlent et se consument sous les feux scéniques, alors qu’autour d’eux, les projections s’abîment en mille éclats.Dans quel espace sommes-nous?De quel temps?.Un décor devient le protagoniste d’une bien étrange fête.D’immenses blocs géométriques ’espace et s’emparent des centaines d’yeux rivés sur la lumière prise de vertige.Lux, Spectrum de Montréal, 5 décembre 1985.w modulent De Michel Lemieux, avec Solid Salad, aux tournées internationales du groupe «L’écran humain» qui l’ont conduit jusqu’au Japon, en passant par le spectacle Lux, l’art technologique multimédia pulvérise de son extravagance toutes les traditions et catapulte la représentation scénique vers ses formes de l’avenir. Avec cet ordinateur Amiga et le logiciel De Luxe Paint, on peut transformer une image une fois qu’elle est numérisée.Sur l’écran, la Muraille de Chine.! fÂMKM HSHI -1 < '’O"* De Paris à Tokyo, entre Montréal et Times Square, projeté à 180 kilomètres à l’heure dans le trafic dense de nos imaginaires, l’art technologique, version «années 80», révèle notre sensibilité de bêtes urbaines.Langage transculturel solidement ancré dans ses racines citadines, le spectacle multimédia provoque le même enthousiasme devant les publics les plus divers, d’un bout à l’autre de la planète.Ce public formé à l’ère du cinéma et de la télévision, au siècle de la vitesse et du mouvement, exige le renouveau des arts de la scène; le multimédia, vidéo clip live, correspond à ce titre à ses attentes.Le spectacle contemporain doit maintenant battre au rythme d’une nouvelle esthétique où l’artiste sur scène, qu’il soit chanteur, mime ou comédien, partage la vedette avec les artifices électroniques des marchands de rêves modernes.Lorsqu’ils s’emparent du spectacle technologique, les mass médias, fabricants de vedettes, confinent souvent dans l’ombre les réels artisans de ces œuvres.Derrière la scène, dans les coulisses de la création, se terrent tous ces prestidigitateurs de l’espace et de la lumière qui manipulent l’illusion comme le balancier d’un funambule.C’est à l’intérieur de cet univers fascinant du multimédia que ses concepteurs vous proposent une incursion.Ni de la danse ni de la sculpture ni de la peinture ni de la poésie, mais un peu de tout cela; du spectacle à l’état pur.Musique à la frontière du réel et de l’imaginaire où cohabitent toutes les tendances, tous les styles, vertige visuel projetant le spectateur à l’intérieur d’un kaléidoscope en perpétuelle mutation; tel est le spectacle multimédia.Pourtant, malgré l’engouement du public pour ce type de représentations, aucun art expressif n’est si peu connu.Dépouillé du carcan des traditions, le média cherche son identité, il revêt autant d’apparences qu’il a de concepteurs.Symbiose du spectacle live et de l’audiovisuel, il se démarque des formes médiatisées telles que le cinéma ou la vidéo, bien que ces dernières contribuent fréquemment à sa mise en forme.Laser, multi-images programmé par ordinateur, musique électro-acoustique, dispositifs scéniques tridimensionnels, éclairages et odeurs contrôlés électroniquement.Puisant ses ressources de multiples moyens d’expression, il vise l’osmose entre ces médias.LA MUSIQUE AU CŒUR DE LA FÊTE Contrairement au cinéma, le multimédia favorise la pleine expressivité de chaque composante.La musique, en particulier, ne s’asservit plus à l’image.Jamais aucun média scénique ou audiovisuel, sinon l’opéra, ne lui aura consacré une place aussi cruciale.D’abord, les conditions techniques de diffusion en salle servent mieux les exigences de qualité sonore que le cinéma ou la télévision le permettent actuellement.N’ayant rien à envier aux meilleurs concerts de musique «rock», les haut-parleurs forment une enceinte sonore qui imprégnera de toutes parts les spectateurs.De plus, la musique n’est pas qu’un simple accompagnement au service d’une trame narrative, comme cela est fréquemment le cas au cinéma; elle imprime plutôt sa marque dans la façon même de concevoir l’œuvre multimédia, un peu à la manière du vidéo clip où l’image s’adapte au rythme musical dans une sorte de polyphonie visuelle et sonore.Marcelle Deschênes, compositeu-re reconnue dans le domaine du multimédia, signe notamment la musique de Operaaaahhh et plus récemment de Lux.«L’œuvre multimédia gagne à être vue et entendue plusieurs fois, dit-elle.À la première audition, le spectateur est ébloui; sa mémoire ne retiendra souvent que cet enchan- 18 OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE Jacques Collin tement passager qui laisse parfois une impression quelque peu chaotique, ce feu d’artifices sonore et visuel.» Par contre, la seconde, puis la troisième écoute enrichiront le degré de compréhension de l’œuvre globale.«Souvent un premier contact avec l’œuvre n’est pas suffisant pour amorcer le processus de décodage de ces hyéroglyphes sonores, nécessaire à la perception de la musique dans ses multiples dimensions.» Puisant dans une variété de langages musicaux, Marcelle Deschênes bâtit son œuvre en puisant dans l’infini des possibles acoustiques, où tous les sons de l’univers ont droit de cité.Ici, le média électro-acoustique est à l’honneur, mais dépouillé de toute austérité de technocrate.«Pour le musicien, tout le défi consiste à faire sentir la continuité de l’œuvre au sein d’un média discontinu», déclare Marcelle Deschênes.C’est là que se concrétise tout le talent et le savoir-faire du compositeur: sa capacité de s’adapter avec précision et souplesse à un déroulement en métamorphose perpétuelle.«La création multimédia procède d’un processus moléculaire, de ren- chérir Célia Bengio, porte-parole du groupe «L’écran humain».Un atome d’oxygène combiné à deux atomes d’hydrogène donnent lieu à un changement qualitatif des substances: l’eau possède des propriétés tout à fait différentes de celles de ses composantes.Il en est de même du jeu combinatoire des ressources artistiques dans l’art multimédia.» UNE AVALANCHE D’IMAGES Les concepteurs multimédia font souvent appel à un média audiovisuel fort singulier qui mystifie le spectateur: le multi-images programmé par ordinateur.La technique?Un dispositif électronique contrôle une série de projecteurs à diapositives dont le déroulement se synchronise avec la bande-son.C’est là qu’interviendra l’ordinateur, qui manie en virtuose les arabesques visuelles et sonores.Ce dernier enregistre les diverses instructions pour chaque projecteur; ainsi, il pourra créer de complexes superpositions d’images ainsi que des animations entre ces images, régir le degré d’illumination des projecteurs, leur vitesse d’avancement, etc.Occa- sionnellement, il pourra même prendre en charge diverses dimensions du spectacle tels que les odeurs ou les éclairages, grâce à une interface MIDI.La place respective de chaque composante se règle dans le temps comme dans l’espace avec une précision «atomique».«Mode d’expression essentiellement musical et poétique, commente Jacques Collin, photographe et programmeur multi-images, ce média diffère des autres techniques audiovisuelles par le mode de relation qu’il crée entre les images.» Il agit par une compression des impressions dans une simultanéité de perception.Le spectateur n’appréhende pas le multiimages de façon linéaire, mais plutôt dans une vision synthétique, une sorte de gestalt.De plus, précise Jacques Collin, «aucun autre média audiovisuel n’atteint présentement la même qualité d’image.Et en attendant le développement des techniques vidéo et le grand écran à haute définition, le multi-images programmé par ordinateur demeure le média privilégié des événements multimédias.» Dès lors, la programmation informatique du multi-images devient un aspect vital du travail créatif.Son réalisateur ne peut être confiné dans un simple rôle d’exécutant, confirmant le statut «d’art» à ces disciplines trop souvent perçues comme purement techniques.L’écran cathodique est au musicien et à l’artiste d’aujourd’hui ce qu’était le pinceau pour Léonard de Vinci.Le cinéma comme la vidéo participeront parfois au spectacle multimédia, non pas comme composantes autonomes, mais plutôt en symbiose avec les autres médias; un exemple: Out d’Alain Thibeault.Dans cette œuvre, la danseuse live et la vidéo interagissent sur scène en temps réel; un geste s’amorce dans l’espace tridimensionnel et se prolonge dans la série d’écrans vidéo habitant l’espace tout autour.L’image déclenchera à son tour la réaction de la danseuse dont les mouvements s’inspirent des danseurs de Bali.Cette œuvre témoigne de la prédilection des auteurs multimédias pour les thèmes de science fiction: elle raconte l’histoire Dans la pièce The Other Side of the Fog de Michel Lemieux, les images proviennent du synthétiseur vidéo Fairlight QUÉBEC SCIENCE • OCTOBRE 1986 19 d’un être voyageant dans son cerveau, dans des univers simulés appelés «out-réalités».Le spectacle de Michel Lemieux, lors de la récente exposition internationale de Vancouver, fit appel aux techniques de vidéodisque interactif.Grâce au synthétiseur d’images Fair-light, certains effets spéciaux sont réalisés directement pendant le spectacle.Trois caméras vidéo interceptent simultanément les gestes de l’artiste pour les amplifier, les multiplier, les décomposer sur six écrans géants.L’une des caméras est même installée à l’intérieur d’un robot électronique dont les mouvements sont télécommandés et qui vient «converser» sur scène avec Michel Lemieux.Toute cette chorégraphie visuelle élaborée en temps réel se combine avec diverses prises de vue réalisées, entre autres, au studio de Morin Heights, ainsi qu’avec des images de télévision numérisées puis traitées sur l’ordinateur Amiga.UN BAIN DE SENSATIONS Pionnier du multi-images au Québec et biologiste de formation, Denis Latendresse propose régulièrement à Sherbrooke un spectacle particulièrement original: Délice tropical.Le concept de cet événement multisen-soriel est basé sur une exploration de la synergie entre le goût, l’odorat, les sensations tactiles et un environnement audiovisuel.Dans une salle spécialement aménagée, 40 participants dégustent fruits de mer, agrumes, viandes épicées et fruits tropicaux.Un montage audiovisuel plonge l’assistance dans diverses atmosphères: mondes subaquatiques, jungle tropicale, environnement jamaïcain typique.Le multimédia ne fait pas que séduire, il déroute: certains spectateurs cherchent une référence qui n’est pas toujours évidente.Ils y pressentent des bribes de théâtre et réclament un «scénario» de type cinématographique qui reproduise leur vécu, une histoire les aidant à décoder la pléiade d’informations sensorielles qui les envahissent.Mais Finale de la pièce Compliqué du spectacle de Michel Lemieux, lors de l’exposition internationale de Vancouver.Les images enregistrées sur vidéodisques s'affichent sur les trois écrans vidéo géants.poésie vivante, le spectacle multimédia se garde de tout dire.Expérience sensorielle incomparable, il cherche dans le pouvoir d’imagination et de participation du spectateur l’essence même de son contenu.«On peut espérer, nous dit Célia Bengio, que la prolifération de ce type de spectacles provoquera le développement de l’esprit critique du public face au média, ce qui contribuera fortement, en retour, à son essor et développement.» LE DECOR S’ANIME Média d’intégration, le multimédia convie à son élaboration des collaborateurs qui ne sont pas nécessairement de formation artistique: ingénieurs, informaticiens, physiciens, psychologues.Ils insèrent leurs compétences respectives dans la création d’oeuvres originales.Ainsi, Daniel Lamothe, géologue au ministère de l’Énergie et des Ressources, réalisera, pour le spectacle Lux, une série de photographies microscopiques en minéralogie.Ces images, traitées pour leur pouvoir de suggestion poétique, seront intégrées à l’intérieur du montage multi-images, puis projetées sur le décor tridimensionnel en mouvement.Le spectacle multimédia intégrera fréquemment les technologies les plus récentes de création visuelle.Paul Saint-Jean, concepteur multimédia et tête de file du groupe «L’écran humain», a travaillé à la réalisation d’une série d’images par ordinateur en collaboration avec le département d’infographie de l’UQ AM.Dans leur spectacle intitulé 1999, ces images seront projetées sur les costumes-écrans des danseurs.Les lecteurs se rappelleront sans doute le fameux costume de MANTRA, pièce d’ouverture du désormais célèbre Solid Salad de Michel Lemieux.Ici, comme dans plusieurs spectacles de ce type, le costume participe à la fête: témoignant de l’esprit inventif de ses concepteurs, il acquiert des fonctions nouvelles.Dans Lux, la lumière habite les costumes triangulaires des mimes; plus que de simples accessoires, ils se métamorphosent en écrans de projection, puis dégagent leur propre symbolique.De même, la scénographie s’affranchit de sa servitude face au comédien; elle devient un véritable personnage.Dans Lux, par exemple, le décor, composé de blocs géométriques s’agençant de façon modulaire, servira d’impulsion première à 20 OCTOBRE 1986 • QUÉBEC SCIENCE J J llultl11 lies b n» «roupe lé à la i avec sif
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